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RÉDIGER UNE INTRODUCTION

L’objectif principal de l’introduction est la formulation du problème qui sera traité tout au long du devoir. Pour cela, il faut montrer que
la question qui vous est adressée se pose effectivement, qu’elle ne va pas de soi, que plusieurs réponses peuvent lui être apportées :
il faut transformer la question en problème.

Une question n’est pas un problème. Une question admet une réponse simple de type
descriptif (exemple : « quelle est la hauteur de la Tour Eiffel »). Un problème n’admet pas de
réponse a priori. Sa solution demande une prise de position intellectuelle, après examen de
ses différents aspects.

A. LA PREMIÈRE APPROCHE DU SUJET

Il faut partir d’un élément simple, général, qui permette de se faire une première idée du thème abordé, afin
d’esquisser une première façon de le traiter. Différentes méthodes sont possibles. On commence soit par :
- la formulation d’une opinion couramment répandue à propos du sujet.
- l’énoncé d’un fait d’observation se rapportant au sujet.
- un élément de définition, relatif à une des notions principales du sujet, suffisamment consensuel pour
apparaître à peu près évident.

B. LA MISE EN ÉVIDENCE D’UN PARADOXE OU D’UNE DIFFICULTÉ

Pour montrer que la question posée n’admet pas de réponse évidente a priori, il faut faire apparaître les limites
ou les contradictions de votre première présentation. Pour cela, vous pouvez passer par :
- La formulation d’une opinion s’opposant en apparence à l’opinion, au fait ou à la définition premières.
- L’énoncé d’un fait s’opposant en apparence à l’opinion, au fait ou à la définition premières.
- Un (nouvel) élément de définition s’opposant en apparence à l’opinion, au fait ou à la définition premières.
- La mise en évidence d’une contradiction interne à l’opinion première, d’un paradoxe inscrit dans l’énoncé du
sujet.

Lors de ces deux premières étapes de l’introduction, il faut à tout prix éviter les prises de
position catégoriques, puisqu’il s’agit au contraire de montrer qu’il y a problème, et que sa
solution n’est pas évidente. Il faut donc utiliser des formules telles que « À première vue.. »,
« On admet généralement que... »; « Au premier abord on pense que... »; « Mais d’autre part il
est vrai que... », etc. Ces tournures indiquent clairement qu’on n’a pas encore résolu la
question et qu’il s’agit bien d’une première approche destinée à déterminer le sens du
problème.

C. LA FORMULATION DU PROBLÈME

Une fois que vous avez mis en évidence la difficulté, la contradiction, le paradoxe qui permettent de comprendre
pourquoi la question se pose, vous pouvez poser le problème. Pour cela vous pouvez soit :
- vous contenter de reprendre la question posée, ou de recopier la citation à discuter.
- reformuler la question sous forme alternative (« On peut donc se demander si... ou bien si... »)
- reformuler la question en fonction du problème réel qu’elle vous paraît poser.

Le problème ne peut être posé qu’à la fin de votre introduction. Il faut donc absolument éviter
de multiplier les questions. Il faut au contraire essayer de préciser le plus possible le sens du
sujet. C’est pourquoi il ne faut jamais commencer par rédiger l’introduction : il faut d’abord avoir
analysé le sujet, défini les notion principales, choisi une progression d’ensemble, et parfois
même avoir rédigé le développement.
D. L’ENJEU PHILOSOPHIQUE DU SUJET / L’ANNONCE DU PLAN (FACULTATIVE)

Il s’agit ici de préciser dans quel cadre global se pose le problème que vous aller traiter, le type d’analyse qu’il
appelle, les solutions qu’il laisse prévoir. Plutôt que de donner point par point les étapes de votre démarche (« Dans
la première partie je vais... », « dans la deuxième partie je vais... »), il faut montrer le sens général du problème.

Dans la plupart des cas, l’annonce du plan est purement mécanique, et elle permet d’éviter
toute problématisation du sujet : il ne faut procéder à cette annonce que dans la mesure où elle
permet de préciser les enjeux du sujet.

Attention : évitez les formules toutes faites, comme « De tout temps… », « dans notre monde actuel… ». Essayez d’être précis et rigoureux,
car votre introduction doit avoir un contenu véritable, étant une première analyse du sujet ; sans donner la solution d’un problème qu’elle est
faite pour poser.

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