Vous êtes sur la page 1sur 10

LE COMMISSAIRE AUX COMPTES

Le rôle du commissaire aux comptes est de certifier les comptes annuels d'une
institution ou d'une entreprise. Le commissariat aux comptes, ou contrôle légal des
comptes selon la terminologie européenne, est une profession réglementée et
indépendante qui contribue à la qualité et à la transparence de l'information
financière et comptable émise par les entités contrôlées.
Les missions exercées par le commissaire aux comptes dans les entreprises et les
structures des secteurs associatif, syndical et public reposent sur une obligation
légale. Les organisations qui font contrôler leurs comptes alors qu'elles n'y sont pas
soumises par la loi expriment, ce faisant, une volonté de transparence, indispensable
au bon fonctionnement des échanges et à la confiance.
Pour être commissaire aux comptes il faut être inscrit auprès de la compagnie
régionale des commissaires aux comptes. Afin d'inspecter ce corps de métier le Haut
Conseil du Commissariat aux Comptes (H3C) a été créé par l'application de la loi du
1er août 2003. Le Haut Conseil est en étroite collaboration avec la CRCC (Compagnie
nationale des commissaires aux comptes) pour mieux examiner la profession.

L'apport économique
En certifiant la régularité, la sincérité et l'image fidèle des comptes des entreprises, le
commissaire aux comptes contribue à entretenir la confiance dans le système
économique et favorise la croissance.
La certification des comptes bénéficie à l'ensemble des parties prenantes des entités
et au monde économique en général. Elle permet ainsi aux investisseurs,
fournisseurs, clients, banques, administrations, salariés, donateurs,… de se faire une
opinion sur la situation financière d'une entreprise ou d'une association.
A ce titre, la comptabilité figure parmi les infrastructures vitales de l'économie de
marché. Dès lors que la sincérité des comptes est mise en doute, c'est l'ensemble du
système qui se grippe.
Les acteurs concernés se détournent et la croissance économique s'affaiblit.
Une mission d'intérêt public
Quand le commissaire aux comptes formule et justifie une opinion sur la régularité et
la sincérité des comptes, il exerce sa responsabilité et son jugement au service de
l'ensemble des parties prenantes. Ses travaux portent également sur l'analyse de

 la révélation au Procureur de la République des faits délictueux dont il a eu connaissance . par exemple. la sincérité et l'image fidèle des comptes annuels et consolidés . elles sont appelées diligences directement liées (DDL). Il s'agit d'un service d'intérêt général et non d'une mission contractuelle guidée par le droit privé. aujourd'hui dense et complexe. Il informe enfin sur certaines conventions intervenues entre la société et ses actionnaires ou administrateurs. est souvent l'unique moyen pour l'ensemble des parties prenantes de se forger une opinion sur leur situation réelle. la loi prévoit qu'il soit convoqué à toutes les réunions du conseil d'administration où sont examinés les comptes. fournir des attestations pour l'obtention de subventions. attester des comptes intermédiaires avant une demande d'emprunt. ainsi qu'à toutes les assemblées d'actionnaires. La finalité de la mission du commissaire aux comptes est de contribuer à la fiabilité de cette information financière. Cette fiabilisation est primordiale et confirme le lien de confiance fort que la profession crée entre les différents partenaires de l'économie. la prévention des difficultés dans le cadre de la procédure d'alerte dans certaines entités. Crédibiliser l'information financière Aujourd'hui. Lorsque ces interventions sont réalisées par le commissaire aux comptes de l'entité au-delà de la certification. Une mission gouvernée par l'intérêt général Parce que le commissaire aux comptes assure cette responsabilité forte de certification des comptes. l'accès aux états financiers des entités. Mais elles peuvent également lui demander d'autres interventions comme. Pour l'aider dans sa mission. Sa mission consiste en :  l'expression d'une opinion sur la régularité. notamment via les médias électroniques. donner une opinion sur des comptes prévisionnels. .l'information financière donnée à l'assemblée générale et sa sincérité. son audit est soumis à des principes d'indépendance et d'éthique. L'entité gagne ainsi en fiabilité et productivité. l'émission d'attestations à la demande de l'entité .  le cas échéant.  la vérification de la sincérité et de la concordance avec les comptes annuels des informations financières fournies à l'assemblée générale . Plusieurs types d'interventions Les entités font appel à un commissaire aux comptes pour une mission de certification. faire un audit d'acquisition avant une éventuelle procédure de rachat. il s'exprime devant le comité d'entreprise. Dans certains cas.

le commissaire aux comptes adapte sa mission aux besoins et à l'environnement des entités dont il certifie les comptes. si l'audit légal. La mission du commissaire aux comptes conduit à la certification des comptes. Il est également conduit à vérifier la sincérité des informations comptables et financières adressées aux actionnaires. après avis du Haut Conseil du commissariat aux comptes (H3C) et sur proposition de la Compagnie nationale des commissaires aux comptes. ni à rechercher systématiquement toutes les erreurs et irrégularités que les comptes pourraient contenir. Pour délivrer sa certification. Son objectif est d'obtenir l'assurance raisonnable qu'aucune anomalie significative ne figure dans les comptes. notamment à travers le rapport de gestion. fiscaux et liés à l'organisation générale. Celles-ci sont en harmonie avec les normes internationales. dans ses principes et ses modalités. Il n'a donc pas à vérifier toutes les opérations.Un référentiel normatif strict Pour former son opinion sur les comptes. Une connaissance globale de l'entité doit être acquise afin d'orienter la mission et d'appréhender les domaines et systèmes significatifs. Sa mission débute par une phase de prise de connaissance générale de l'entité et d'identification des risques d'anomalies significatives dans les comptes. il prend connaissance du secteur d'activité. est gouverné par un corpus de normes de référence. Le commissaire aux comptes a une obligation de moyens. Pour cela. après son analyse des risques d'anomalies significatives dans les comptes. le commissaire aux comptes. Il s'agit d'une mission légale. le commissaire aux comptes procède à un audit en appliquant les normes d'exercice professionnel homologuées par le Garde des Sceaux. de la situation économique et financière de l'entité. détermine les vérifications qu'il doit réaliser tant au niveau des procédures de contrôle interne de l'entité qu'au niveau des comptes. En effet. Les vérifications spécifiques La loi demande aussi au commissaire aux comptes d'effectuer certaines vérifications spécifiques. en fonction de son évaluation des systèmes comptables et de contrôle interne de l'entreprise. . non de résultat. comme celles relatives à l'égalité entre les actionnaires. et apprécie les risques juridiques. Une obligation de moyens Ses contrôles sont faits par sondages.

L'opinion sur les comptes Exprimée dans le rapport général sur les comptes annuels.Le rapport sur les comptes annuels Le commissaire aux comptes rend compte de sa mission dans un rapport argumenté dans lequel il exprime et justifie son opinion sur la régularité. Enfin. La procédure d'alerte du commissaire aux comptes Si le commissaire aux comptes constate l'existence de faits de nature à compromettre la continuité de l'exploitation. Le co-commissariat aux comptes est une disposition française qui suscite l'intérêt dans d'autres pays. la sincérité des comptes et l'image fidèle qu'ils donnent de la situation de l'entité. Le co-commissariat aux comptes Les entités tenues de présenter des comptes consolidés ont l'obligation de nommer deux commissaires aux comptes. comme l'exprime la loi de sécurité financière. Les observations concernant les vérifications spécifiques sont également mentionnées. un rapport spécial . il doit prévenir le président du tribunal de commerce ou du tribunal de grande instance. le refus de certification avec indication des motifs du refus. le conseil d'administration. "l'exercice concerté de la mission légale. il doit en informer le dirigeant puis. Il est ainsi disponible pour les tiers. ni un commissariat aux comptes « partagé ». Si des mesures efficaces ne sont pas décidées pour améliorer la situation. le cas échéant. de la sincérité et de l'image • • la certification avec réserves dont les causes sont indiquées. Une disposition qui vise notamment à renforcer l'indépendance de l'auditeur face aux entités contrôlées les plus importantes. mais au contraire. par deux professionnels en vue de l'examen contradictoire des comptes du bilan" (le terme « contradictoire » étant pris au sens conféré par le droit français en terme procédural). l'opinion du commissaire aux comptes peut revêtir une des trois formes suivantes : • la certification sans réserves de la régularité. issus de cabinets d'audit différents. Ce rapport est communiqué à l'Assemblée Générale des actionnaires puis déposé au greffe du tribunal de commerce. selon le cas. fidèle. Le co-commissariat aux comptes n'est ni un « double ».

Si le commissaire aux comptes découvre des fraudes qui constituent des faits délictueux. La procédure d'alerte peut être également interrompue lorsqu'une procédure de conciliation ou de sauvegarde a été engagée par le dirigeant. Avec la crise économique. ces procédures facilitent la réorganisation d'une entité afin de permettre la poursuite de l'activité. Les autres missions .devra être communiqué à l'assemblée générale des actionnaires. Qu'elle révèle un dysfonctionnement dans une procédure interne ou qu'elle soit de nature purement financière. avant cessation de paiement. Ainsi. le commissaire aux comptes peut être amené à révéler les faits délictueux dont il a eu connaissance au cours de sa mission. organisées ou non et concerne autant les grandes entreprises et les PME que les associations et autres entités du secteur public. le maintien des emplois et l'apurement des passifs. elles trouvent une actualité forte et peuvent aider les dirigeants à éviter les dépôts de bilan et leurs possibles dégâts collatéraux (pertes d'emplois. le délit d'abus de biens sociaux… Cette démarche vise à protéger l'entité et ses dirigeants autant que son environnement et ses partenaires. Complétées par la loi de sauvegarde votée en 2005. sous peine de mise en cause de sa responsabilité pénale. le commissaire aux comptes peut être amené à révéler le délit de présentation de bilan inexact. La procédure d'alerte se déroule ainsi par phases successives et peut être interrompue par le commissaire aux comptes à chaque phase lorsqu'il estime que des actions correctrices ont été prises ou que des solutions aux difficultés financières ont été trouvées. la procédure d'alerte fait du commissaire aux comptes un des moteurs d'anticipation de la conduite des affaires. liées à sa mission ou à d'autres missions prévues par la loi.DDL Au-delà de la mission de certification. Il s'agit essentiellement des faits délictueux ayant un rapport direct avec sa mission. La notion de faits délictueux inclut les fraudes. il est tenu. le commissaire aux comptes réalise un certain nombre de prestations complémentaires. de les révéler au procureur de la République. . faillites induites des fournisseurs…) La révélation des faits délictueux Au-delà de la prévention et de la procédure d'alerte.

Les deux dernières sont significatives de l'aspect très utilitaire des travaux des commissaires aux comptes. sous certaines conditions. des travaux d'attestation. à effectuer sur une société cible ou sur une société ou branche d'activité dont la cession est envisagée. . les commissaires aux comptes inscrits peuvent se voir confier des missions en tant que commissaires aux comptes aux apports.Directement liées à la mission de certification. elles autorisent le commissaire aux comptes. Bien entendu. elles excluent pour le commissaire aux comptes toute participation à la recherche d'une cible ou d'un acquéreur et toute participation à la négociation. par exemple. La loi confie aux commissaires aux comptes des missions particulières. lors de certaines opérations sur le capital ou de la cession de certaines valeurs mobilières. Sept DDL ont été homologuées depuis début 2008. ce sont des prestations réalisées à la demande des entités contrôlées. à la transformation (transformation en SA d'une société d'une autre forme par exemple). à la fusion. des consultations ou des prestations d'audit et d'examen limité des comptes. Les missions particulières et autres interventions définies par la loi Enfin. Relatives aux diligences d'acquisition et de cession.

c’est pour cette raison qu’il ne peut être. Auditeur légal et Expert comptable. Le Commissaire aux comptes s’engage à respecter les règles du Code de déontologie de la profession. Discrétion (secret professionnel).Les qualités d’un CAC La continuité de ce métier nécessite le respect de nombreux principes fondamentaux de comportement et d’éthique. . Compétence. Confraternité. Le Commissaire aux comptes ne saurait être à la fois Juge et Partie . c’est-àdire :       Intégrité. Il se doit d’être indépendant vis-à-vis de l’entreprise . ni recommandations. on ne parle pas de Client mais d’Entité contrôlée. il ne peut dispenser au Dirigeant ni conseils stratégiques. ainsi. Dans le langage du Commissaire aux comptes. Bien qu’extérieur à l’entreprise. le Commissaire aux comptes est cependant choisi et rémunéré par elle. Impartialité. pour une même entreprise. chaque terme marque cette indépendance . Indépendance.

par exemple). lors de l'assemblée générale ordinaire (AG) annuelle :  un rapport sur les comptes annuels (observations. leur conformité aux règles et leur sincérité. les observations utiles sur les méthodes d'évaluation utilisées pour leur établissement. en établissant.  un rapport spécial sur les conventions réglementées (SA et SARL). Certification des comptes Le commissaire aux comptes (CAC) doit vérifier les documents comptables de l'entreprise qui l'a désigné. Le CAC doit également informer les associés. Haut Obligation d'information Le commissaire aux comptes est tenu d'adresser aux dirigeants de l'entreprise :  le programme général de travail mis en œuvre et les sondages réalisés. Il vérifie également que l'égalité entre associés est respectée (dans la répartition des dividendes.Quelles sont les obligations du commissaire aux comptes ? Fixées dans une lettre de mission. les obligations du commissaire aux comptes portent sur le contrôle et la certification des comptes annuels.  les irrégularités et les inexactitudes qu'il aurait découvertes. .  les modifications à apporter aux comptes et documents comptables. réserves éventuelles).  sincères (de bonne foi). Certaines opérations financières (augmentation du capital.  les conclusions sur les résultats de la période comparés à ceux de la période précédente. Le CAC doit certifier que les comptes annuels sont :  réguliers (conformes aux normes comptables). par exemple) doivent faire l'objet d'un rapport présenté en assemblée générale extraordinaire (AGE).  donnent une image fidèle de la situation financière et du patrimoine de l'entreprise.  un rapport sur le contrôle interne et la gestion des risques (SA et SCA ayant des titres sur le marché réglementé). d'information et d'alerte et de signalement des délits. irrégularités.

À défaut de réponse dans les 15 jours. Haut Signalement des délits Le CAC doit informer le procureur de la République des faits délictueux (infractions) qu'il connaît. notamment dans le cas de refus de certifier les comptes. il doit les inviter. à faire délibérer le conseil d'administration (ou le conseil de surveillance). La délibération du conseil d'administration (ou du conseil de surveillance) doit ensuite être transmise :  au tribunal de commerce. par écrit. dans certains cas. il en informe le président du conseil d'administration (ou du directoire). Les faits doivent avoir une incidence significative sur les comptes sociaux (portent préjudice à l'entreprise). actes et renseignements dont il a connaissance. informer :  le comité d'entreprise qui le demande. Il est aussi tenu de déclarer les opérations relevant de la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. Haut Obligation au secret professionnel Le CAC est tenu au secret professionnel pour les faits. Cependant.  au comité d'entreprise (ou aux délégués du personnel).Le CAC doit.  l'Autorité des marchés financiers (AMF). Le CAC qui ne déclare pas les délits peut être condamné jusqu'à 5 ans d'emprisonnement et 75 000 € d'amende. Haut Obligation d'alerte Quand le CAC relève des faits de nature à compromettre la continuité de l'exploitation. le commissaire aux comptes peut en reprendre le cours au point où il avait estimé pouvoir y mettre fin. Dans un délai de 6 mois à compter du déclenchement de la procédure d'alerte. le secret professionnel est levé : .

 entre les différents commissaires aux comptes d'un même groupe pour établir les comptes consolidés. . par exemple).  en cas de révélation de faits délictueux.  pour les renseignements demandées par les autorités de contrôle (AMF.

Centres d'intérêt liés