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COLLECTION DE PHILOLOGIE CLASSIQUE Iv GRAMMAIRE HOMERIQUE TOME IL SYNTAXE Pan Pierre CHANTRAINE PROFESSEUR A L'UNIVERSITE DE PARIS DIRECTEUR D'ETUDES A L’ECOLE DES HAUTES ETUDES. Ouvrage publié avec fe concours du Centre national de la Recherche scientifique PARIS LIBRAIRIE C. KLINCKSIECK 11, RUE DE LILLE, 11 1958 Tous droits de reproduction, traduction et adaptation réservés. Copyright by Librairie C, Klincksieck, 1953, Ce volume de Syntaxe Homérique compléte la Grammaire Homeérique dont le premier tome, Phonétique et Morphologie, a été publié en 1942 et réimprimé avec quelques corrections en 1948 (il y est plusieurs fois renvoyé par la référence : cf. I, p.). Les problémes de syntaxe homérique se présentent dans des conditions tout autres que celles ot l’on doit étudier la phoné- tique ou la morphologie. I] ne s’agit plus de discuter des formes, mais d’analyser des emplois ou des structures de phrases. On a, en effet, entendu, dans ce livre, le terme « syntaxe » au sens tra- ditionnel, c’est-a-dire que l’on y a envisagé a la fois ’emploi des formes et la structure de la phrase. On s’est efforcé de montrer certains traits archafques de l’usage homérique : indépendance des termes, construction appositionnelle, emplois anciens des cas, des modes et des temps, usage libre des prépositions et des préverbes, construction paratactique de la phrase complexe. L'liade et |’ Odyssée sont, d’autre part, des ceuvres littéraires qui se sont développées par les procédés d’un style oral, au moyen de Ja technique des formules épiques. I] en résulte que telle formule, employée en un passage donné, peut étre transférée ailleurs ot elle convient ‘moins bien. En outre, le texte, on le sait, a di étre modernisé. I] convient donc de rester trés prudent dans Panalyse des exemples : pour J’emploi des particules &, xe ou te, du subjonctif ou de l’optatif, du duel, les données sur lesquelles nous raisonnons peuvent n’étre pas toujours authentiques. Pour ne pas grossir le volume a l’excés, on s’est décidé, A regret, a ne pas traduire tous les exemples. Homére a été traduit dans toutes les langues, et les lecteurs frangais disposent de deux vu AVANT-PROPOS excellentes traductions de V. Bérard et de M. P. Mazon. Lorsque Pinterprétation est controversée, le sens est toujours donné. Le sens de plus d’un passage se trouve discuté au cours de l’ouvrage. Des notes bréves donnent, notamment en téte des chapitres, les indications bibliographiques essentielles. On s’est systémati- quement référé au second tome de la grammaire de Schwyzer (cité Schwyzer-Debrunner). Ce livre doit également beaucoup aux Vorlesungen ither Syntax de J. Wackernagel, ala Syntaxe Grecque de M. J. Humbert, aux Homerische Worter de M. Leumann, & VHomeric Grammar de D. B. Monro (pour laquelle on renvoie a la seconde édition), a l’édition de I’ Jliade de W. Leaf. Deux anciens éléves, qui sont aussi des amis, m’ont aidé a rendre cet ouvrage moins imparfait. M. H. Goube a aceepté d’en lire une épreuve de mise en pages et M. G. Redard a tenu a se charger d’établir un index qui, je crois, rendra grand service au lecteur. P. CHANTRAINE. CHAPITRE PREMIER LA STRUCTURE DE LA PROPOSITION § 1. En indo-européen, la proposition pouvait présenter une double structure : verbale, lorsqu’elle comporte une forme personnelle du verbe ; nominale, lorsqu’elle n’en comporte pas. La phrase nomi- nale! est constituée d’un substantif (ou d’un infinitif) qui en est le . sujet et d’un autre substantif (ou @un adjectif, ou d’un adverbe) qui en est le prédicat. . Le réle respectif de la phrase verbale et de la phrase nominale dans Je systéme de la langue vient d’étre mis en lumiére par M. Ben- veniste?, Soit A 281: dad 8 ye eéprepig kort, imei mhedveaty dvdaaer cil est le plus fort, puisqu’il commande a plus @’hommes » : Jes deux propositions, qui comportent l'une et Yautre un verbe, énoncent une assertion déterminée, dont la conformité avec la réalité est cons- tatée. Cette constatation peut concerner soit un verbe exprimant un procés quelconque, comme dvicset, soit un verbe exprimant la notion d°étre (gor!v). — Soit maintenant A 216-217 : yph pty opulrepdy ye, 0ed, Enoc elpdsoactar, | xai udiha rep OUnd xeyehopévoy’ gap dcivoy : on ne trouve dans ces deux vers aucun élément verbal ; ypf est nomi- nal, comme le ¢ dpewov. On observe que ces propositions nominales expriment une vérité générale et un conseil. Si ’on pousse plus loin Yanalyse, on constate qu’il ne s’agit pas d’une « prédication d’étre », comme dans les phrases verbales, mais de la position d’un rapport qui établit dans V’absolu une équivalence entre deux termes. Il con- cerne l’essence plutét que existence. Si tel est bien le réle propre de la phrase nominale, il en résulte (et c’est ce que l’on observe) qu'elle ne se trouve pas, en principe, dans la description ou un récit, mais dans le discours ob le sujet parlant pose des rapparts qui ne sont ni situés dans le temps ni modalisés, Lorsque lon examine les textes grecs les plus anciens, on constate 1. Schwyzer-Debrunner, p. 623, avec la bibliographic, notamment Meillet, M- S_L. 14, p. 1-24; Brugmnann, Syntax des einfachas Saizes, p. 58-78; Benigny, 1. F. 43, p. 124-144; J. Kinzel, Die Kopula bei Homer und Hesiod, Programm Mabrisch- Ostran, 1908-1909 ; en oujre, L. Hjelmslev, Mélanges Marouzeau, p. 263-281. 2. B.S. L., 46 (1950), p. 19-86. 1 2 CHAPITRE PREMIER qu’elle apparait surtout chez Hésiode ou Pindare qui énoncent des préceptes, mais non chez un historien qui décrit ou qui raconte comme Hérodote, qui ne l’emploie guére que dans des discours. § 2. L’examen du texte homérique confirme ce trait structural essentiel. Si ’on envisage, par exemple, les chants A et I de I'Iliade, on constate que la phrase nominale ne figure jamais ailleurs que dans les discours ou propos tenus par les personnages! et qu’elle présente le plus souvent avec netteté les caractéres que nous avons définis : A 80 xpeisswy yap Pastleds Ste ywoetar... (un roi a toujours lavan- tage... »; — A 116 ei 26 y' dpevov; — A 167 avi 12 yépag mod’ peitov 3 — A156 inci} pada moda petal | obfged te ondevra Odhased te hy fesaa 3 — AATA mag’ twol ye vai Eddot...; — AAT7 ale yap cor Epic te gy d= Depot ze udyar te; — A 246-248 (voir plus haut); — A 274 énsi :leo- Aa duevoy ; — A404 § yao aire... ob narpos dwelvwy ; —A 416 Exet tor alex pivovdz mep ob te pad dhv; — A BAB Enel od ror Em Bios; — A 518 4 Bh Dotyea py’ 8 te...; — A525 sotto yap & tudder ys per’ ddavdrorst peyio- cov | réxpap: ob yag piv madwdyserov... | oe. S these On reléve la fréquence des maximes générales, P'usage des tours du type zp7,, aise, etc... Mais, dans la parole, ou, si l’on veut, dans le détail du style, le poste peut choisir le tour nominal, alors que la phrase verbale serait possible, pour conférer a I’énoncé une valeur essen- tielle ; ainsi: A 156 imei udha noANa pera | odped te oxideven Odthacca (ainsi se trouve mise en accent la distance qui sépare des Troyéns Je pays d’Achille) ; — de méme : A 167 cot <6 yépag zodb petLov; — A 404 6 yap waite... cb macpis dpelvov, Le chant I présente des données toutes comparables :'1 75 jdha b& ype mdvers Ayarods | Ebhiig xat muxwviic ; —1100 6 oe yp epi pav gdo- Gar; — I 158-159 "AiBig tot dueOuyog 98? aBiprerag | tolvexe xal te Boo- roist Gedy Eybieros amevewy ; —1 197 F te pada ype; —1 227 adpa yap pevorxde mohkd; — I 230 tv Sor 38 cawaduer ¥ dxoléobm ; — I 256 gt- Ropposivyn yap dpetvev; — I 312 Eydpde ydp wot xeivoc Suite Alaa SANS! 5 — 1318-349 ton wotpa pévovet xa ef pda tic mohepitor- | 8 88H cy.h uly naxds HBi xe Eadhdg ; —1 378 tyOed BE por co Barpa; — I 401 0d yap pot ori dvratov, o83” doa... ; —1 406 Aytatot pev yelp te Bes xal pra pada, | xemprot BE tpinedec x. 7.2.3 — 1 496 olBE af ce yeh | vndete trop Every oxpen- zot 84 ce xa Geol abrol, | sav mep xat welLwy dperh tewy te fly te; — 1 52h ol te oot adrd | pihtarot Apyetioy; — I 523 mply 8° ob wt vepecoqsov xeyo- AdaOae; — 1608 ob ri pe ravens | yped cepiis ; — 1615 xeddv cor obv eyed 1. Test vrai que, lorsque Homére décrit ou raconte, il ne Te fait jamais qu’a un temps dui passé et que Pon admet que la phrase nominale n'est possible que lorsque le verbe d’existence serait employé au présent. Mais la raison de absence de tels exemples est lige 4 la natwe propre de la phrase nominale. LA STRUCTURE DE LA PROPOSITION: 3 toy wbtery dg x! bub xq; — 1 626-627 dnayyetar Bi tdyrora | ph willov Aavactar, , Les nombreux exemples du chant I confirment ce que nous avons observé dans le chant A : la phrase nominale confare a l’énoncé une valeur essentielle; on pourrait dire aussi qu’elle comporte un juge- ment de valeur. Comme dans le chant A, la phrase nominale peut étre employée 14 ot l'on pourrait attendre un verbe d’existence : 171 whetai tor otvou xdteia ; la proposition se trouve ainsi placée dans un registre différent. La phrase nominale se trouvant posée hors du temps, si l’on vou- lait introduire un verbe, ce verbe devrait étre le verbe elvat. a la troi- siéme personne du singulier ou du pluriel de l'indicatif présent. Remarque. — Certains tours exclamatifs ou impératifs peuvent sembler proches de la phrase nominale. Ils s’en distinguent parce qu'il n’y a Pas proprement proposition : E 787 Aididc, “Apyeto. « honte, Argiens » (= © 228) ; cf. aussi § 45. — Avec un adverbe : I 247 gar &va, et Bepwovds ye « debout... » (cf. Z 334, etc...); — un tour comme I 376 Gc 3é of « en voila assez » peut bien étre interprété comme une phrase nominale. — Sur les infinitifs exprimant un ordre, voir § 460. § 3. Certains substantifs jouent un réle particuligrement impor- tant dans la phrase nominale. Ils expriment les notions de besoin, de nécessité, d’espoir, etc... :B 24 ob 7h... ebBev (cf, A 246 etc...) ; — A 606 si Bé ce ypets eusio (ef. 1 75, 1 197, ete...); — E 633 ri ror avdeyan medacery (cf. Y 251); — 2 373 ob8E mea iopy, ebBew ; — 11 707 0b vi rot alea...; — H.52 03 ydp mS ror potpa Oaveiv; — B 280 Ermwpx ror émerta teheur¥eat; — P 156 od véwests Tessas... dyea adayew; — P 336 aidins uty viv Hc... eioava6ivar ; — Y 203 H wor Byog weywdéiropos Aivelao ; — w 286 4 yap O¢,4¢ (seul exemple, cf. § 7). Avec un adjectif neutre comme prédicat : I 615 xadév to: aw bpot toy wajBety &...; — a 392 08 yey yap tt naxdv Baothenduev; — B 298 aicxedv tor Snpdv te pévery; — A 274 inet nelVestar duewov ; — B20 obx dyaloy moduxctpavin ; ete... Un type particulier de phrases nominales est constitué au moyen Wadverbes : X 453 tyybg 8% 1 xandv Mprdpoto téxzcowv ; — surtout avec des préverbes accentués, employés au sens fort : A515 énet ob rot bre Béo¢ « puisque tu n’aé rien a craindre »; — E 603 ri 8 ata niga ele ye Gedy «il a toujours prés de lui l'un des dieux » (cf. I 227, etc...) ; — +125 sqq. ob Yap Kuwddness vies nipa whromdgrar | o¥8' dvigec vay Ev téxtoves ; — E53 bo" enol Ev when Gund « toutes les peines que j’ai au coour »; — p 279 aépr tot wévos «ta force est intacte »; — 9 93 ob yp tte whee toice dvips. 4 CHAPITRE PREMIER Avec un préverbe qui équivaut simplement a un adverbe : 6 635-636 Eva pot tmmor | Bb8exa OyAeta, Omd 3° ‘plover taddepyor; — E 740 ty BY "Bats, bv 8° ’ARxy, bv BE xpubecan “Tox; — A 395 olovot 8 nepi ahéec 72 yovaixes. Voir d’autres exemples dans |’étude des prépositions et des préverbes. Homére offre des exemples variés de phrases nominales avec un substantif sujet, un substantif ou un adjectif prédicat : » 87 adth 8 abce néhwp xaxdv; — A 167 oot ro yépas todd peilov; — B 204 odx dyabey nohvxatpavin 3 etc... § 4. On peut se demander quelle place la proposition nominale tient dans les propositions subordonnées. On a observé qu’elle semble fréquente dans des relatives qui constituent une sorte de parenthése : © 524 pibos 8 Be wav vov byris, elpnpévos Eorw ; — A535, Y 500 dvevyec a? epi Blggov ; — @ 353 iydbes of xard Sivas ; — Z 146 oly rep gSAMov yeveri, roin BE xai dv3giv; — B 604 ty’ dvépec dyyimaynra’. Dot des tours comme : dee "Ayatot (I 55, ete...); — Bodv... ts dplorn (P 62); — rr tdytera (A 193, « 112); etc... On observe, notamment dans ces derniers exemples, plutét qu’une véritable phrase nominale, une sorte de tour abrégé, qu’il faut rapprocher de l’absence du verbe dans les propositions comparatives (§ 8). Propositions conditionnelles : A 116 ei <6 y’ dpetvov... ; — X 52a 8" iy teOvr xat elv ’Alao Sdporsi (suit une proposition verbale). Temporelles : x 176 b9¢' év vnt Oo% Bpdals te méarg te; — A 477 bq0' alua dapov xai yobvar’ Bodden; — o 394 npiv Gpn (dans ces exemples le verbe attendu serait au subjonctif, cf. § 6). Causales : A 156 émei % pda node peta | ollged te oxtdevci TP 106 inet ot aiBec Onepplahor xai Emaror ; ete... Propositions complétives : E 221 bgp” tyat | ofor Tpexoe tremor; — 19 B27 eiBijeers BE xat abrds... éacov dprerar | vijes Epat. Sur Y 434 et @ 108, voir §.5. . La phrase'sans verbe éfre a pu servir dans la subordonnée & fournir un tour brachylogique qui ne présente pas toujours l’originalité propre de la phrase nominale. C’est ce que l’on observe dans la structure des propositions comparatives du type de dx ére, oe andre, de et B 209 cis dre xidpa nohuphotaboro Ourdsans (cf. § 372 et les exemples qui y sont cités). + § 5. En ragle générale, s’il fallait « sous-entendre » une forme du verbe étre dans une phrase nominale, ce sont, commé nous I’avons dit, Jes formes de troisi8me personne du présent de l'indicatif éett ou cioi. Les exemples de premiére et de seconde personne sont excep- tionnels. LA STRUCTURE DE LA PROPOSITION 5 Premiére personne : © 482 yaher ror dyin pévog dvtpépestar ; — T 140 SGpa 8’ Eyby 63a mdvea napacyéwev « je suis 1d pour... »;— « 64 Eewoddxog py Eycy ; — 2 396 roi yap Ey Oepdnwy ; — 8 180 caiira 8 Ey odo moAdev ductvov pavredecOa ; — 5 372 abtap iyi nap’ besa dndtpomos ; — B 60 ‘gps 8’ od vo tr color dpuvépey ; — 1 225 Sartds pbv lang obx EmBeuete ; — T 409 832 tor hpets | atttor ddA Oedg nat poipa xparaty. — Dans une su- bordonnée : © 108 od doaac olos xai Lyd xadde te péyas te. Seconde personne : 8 206 roiov yap xat natpd¢ 3 xal nenvopéva Balers 5 — 439 dpye- od yao yevetipr vewsepos; — X 288 ob ydp cist nijpe penotoyv; — A 335 of tf pot Spec exaltiot, aA’ "Ayapenvov. — Dans une subordonhée : Y 434 ola 8’ St ob phy eabdde, Eyes 8 adev modd xelpwy. Dans certaines de ces propositions, il est possible que l’on n’ait, pas proprement une phrase nominale, mais, que le verbe étre ne soit pas exprimé. Cette derniére interprétation est évidente, lorsque Ja proposition sans verbe est coordonnée & une proposition a. verbe étre W 587-588 nohddv yap Zywye vewtepdc eft... ob 3 mpdtepog xat doetw 5 — 2 218 f pév yap Bpords éort, ob 8° dOdvaros xal dyfews ; —B 201 ... ot ago géptepot elor, ob 8 dntdhepog xa dvadxtc; — 0 533-534 bperdpou 8” obx Eott yévens Bacthebtepov &rdo | ... &AX’ byeis xaptepol alel. Remarque. — On observe que la phrase nominale est proche parfois de Pexclamation : Q 493 abrap tyd navimotuos tnel séxov... ropond a Q 255 "O por bye navdmorpog émel réxov... § 6. La phrase nominale ne permet de donner aucune indication temporelle ou modale. I] existe quelques cas particuliers, que le con- text> permet aisément d’interpréter. — Imparfait : « 477 sqq. dobre 8 Bp Srvhvbe Odpvous | ... & piv qudins, 08° Edalys; — T 43 sqq. of te xvbep- vijrae xai Eyov olfta vndy | xat taulae caps vyvaiv Eoav « eux qui étaient Pilotes « et tenaient la barre des nefs, ceux qui étaient intendants.. ete... ». — Subjonetif, en particulier dans les propositions relatives : : a 376 4 8s BE x’ avip pevévappos, Eyy 8 antyov odxos Spy, | xelpove gut Sétw (vers athétisés); — A 547 dv péy x’ Ememdc dxovésev ; — E 481 ra 7 Eber dg x’ EmBevys ; — avec Sopa: A 477 bop" alya Aapty xal you~ vat’ dodo; cf. encore x 176, o 394 et voir § 4. § 7. On a établi des statistiques pour fixer la proportion des phrases nominales et de celles ot le verbe éire se trouve exprimé. Meillet a observé que, dans le chant E, on compte vingt-quatre exemples de phrase nominale contre quatorze ou le verbe éoti ou sitet est exprimé. En réalité, les deux tours sont également anciens, mais ils ne se trouvent pas sur le méme plan, le verbe ioz{ exprimant la notion dexistence; cf. A 281 cité § 1. Ce tour est employé avec un par- 6 CHAPITRE PREMIER tictpe prédicat : A 388 pifoy 8 34 tercheopivos Earit; — E196 xai el reveesuévoy Eaciv. — En A 169, le rapprochement de viv, la considé- ration des cireonstances entrainent l'emploi de zort : viv 8’ efps bOinvd? inci % odd géotepdy tore; — de méme : A 144 énei of iév tore yspelwy ; — 1706 rd yao pévos éoti xai duh (cf. encore I 45, 164, 242, E 304, etc...). On observe que le verbe cin{ s’emploie volontiers avec la par- ticule te, de sens contingent (cf. § 498) : I 502 xat yap re Asral eto Atdg xcdpar « c’est qu’il y a aussi les filles de Zeus... »; — A 63 xai yp +’ Bvap éx Ards tort ; — I 39 3 te wptog éoti wéyrotov. On remarque aussi qu’avec Quic le verbe d’existence est toujours exprimé : I 276 4 Ocurg Zortv (cf. B 73, etc...; seule exception w 236). ~ D’une maniére générale, le sens fort de eipi est bien attesté : Z 152 tor nds Eqsen «il y a une ville... »; — Z 267 obbé xy fart... edyerda- afar; — w 263 ef mov Cder te xal Eatr ; ete... Avec d’autres formes du verbe étre : 5 79 pit’ elgg... pte yévoto 5 etc... Notamment lorsque le prédicat est adverbial : Z 1341 032:.. ‘Auxéopyos | Bay Fy... ; — B 82 evO’ Fhror pwév mavres dxy Haav... Le verbe elva: a, ‘toutefois, été concurrencé par d’autres verbes qui exprimaient originellement des nuances variées et se sont subs- titués 4 lui. Le plus notable chez Homére est néhw et surtout nédopar qui peut s’employer au sens fort avec un adverbe : ef. 1 324 xaxiie BE vé of nédet adty. On a également : A 284 & uéya n&aw | Epxog "Azaroi- ctv néAeta:, etc... A la méme racine appartient un doublet tehébo plus rare qui marque l’aboutissement de Paction (cf. H 282, 293, et. voir I, p. 327) et qui s’emploie dans des propositions de valeur géné- rale : 1 444 iva v’ dvBpes dprmpendes teAéGousty « of les hommes se font Tremarquer ». — Un autre équivalent propre a la langue épique est le parfait moyen de teiyu, tétuxta: : A 84 taping... réruxrar « (Zeus qui) est Darbitre... ». — Kigw, qui, plus tard, équivaut parfois & la co- pule, ne s’emploie chez Homére qu’au sens d’ « atteindre » avec un complément. — De méme, fouv n’est pas employé comme équivalent du verbe étre chez Homere. Parmi les verbes que la prose attique a utilisés en cette fone- tion, Homére emploie souvent y(yvea9a : A 57 Enet oly Fyepbey Sunye- péec se yévovro. Mais yitves0a: exprime l’aboutissement du proces. § 8. Il wexiste pas, a proprement parler, chez Hombre d’ellipse du verbe dans la phrase verbale. Toutefois, il peut n’étre pas répété lors- qu’il peut étre aisément suppléé : ) 413 sqq. ... xteivovto, odes id dprytdtov- reg, | of bai x’ dv dpverod dvBpbs uéya Suvapévoro | ydup % tpddy 4 ethanivy 4. Ce tour périphrastique s’observe, bien entendu, hors de la troisitme personne du singulier de V'indicatif. Gf, B 873, @ 5%, B 61, ¢ £55, ete... LA STRUCTURE DE LA PROPOSITION 7 reOaduin : il faut suppléer xtefvcvret dans la proposition subordonnée. T’omission du verbe est particuligrement fréquente dang les com- paraisons : M 299 sqq. 67 6" tev @¢ te AEwv bpscitpogos, &¢ c’ EmBevgg | Supov Ey xperdv il part, comme (part) un lion... ». Les exemples sont innombrables. — Nombreux exemples de is re : B 209 yyh, tog ote wipa... Bpéuetar « avec un fracas comme (cela se produit) lorsque... ». Enfin, il arrive que ni os ni Ste ne soient suivis dun verbe : A 462 Hine tos bce mipyos « il s’écroule comme (cela arrive) lorsque (tombe) un mur »; voir § 372. De méme : E 374 tig vi ae todd? Epebe... tie ef tt xaxdy Bélousay « qui t’a ainsi traitée ... comme (cela arriverait) si lon te traitait ainsi pour avoir commis un méfait ». En 6 292 réxcpovbe doit signifier « au lit », phrase sans verbe, et étre suivi d’une ponctuation (cf. I, p. 400). § 9. La proposition comporte, en principe, un sujet. On sait, tou- tefois, que la of Je frangais doit nécessairement employer un pro- nom personnel sujet, le grec ne l’exprime pas, sauf si l'on désire désigner ce sujet avec une vigueur ou une intention particuliére. Toutefois, Pomission du sujet s’observe méme 1a od le frangais nemploierait pas un simple pronom personnel. Ainsi, lorsque le sens du verbe est si précis que le sujet n’a pas besoin d’étre exprimé : y 142 dev cé nep olvoyeder (6 clvoydoc). Lorsque l’on donne un ordre a la troisiéme personne de l’impératif, le sujet n’a pas besoin d’étre ex- primé : 8 244 yzpoi 8 tp’ SBwe | yevdvtav; — 7 599 débe0... } yopsdie sropéoas, H to xara Sépvee Oévtwv ; ete... De méme, lorsque Je sujet a l’accusatif d’une proposition infinitive peut aisément se tirer du contexte, il n’a pas besoin d’étre exprimé : 2 168 ef nép tts Imyovioy dvOgoner | ghiow ehebcesbar « méme si quel- qu’un parmi les hommes dit qu’il (Ulysse) reviendra » (cf. » 346). Remarque. — C’est cette syntaxe que présenteraient les verbes dits impersonnels, qui décrivent des phénoménes naturels, et ou le sujet non exprimé serait Zeus. Mais Homére a Phabitude d’exprimer le sujet de ces verbes : M 25 = £ 457 te 8° dpa Zeig; — 1 237, dans un passage ot J’intervention du dieu doit étre soulignée : Zev... datpdnte. De méme, Bpdvrqce posséde un sujet : ¥ 56, x 415, € 305, etc... Toutefois, il y a peut-étre 1a rationalisation de l’expression impersonnelle primitive. § 10. Lorsqu’il s’agit d’un sujet indéfini « les gens », etc..., Homére, comme l’attique, n’exprime pas ce sujet, en particulier avec un verbe 4, Schwyzer-Debrunner, p. 620, avec la bibliographie citée, notamment Ed. Herrmann, Die subjektlosen Sdize bei Homer, Gott. Nachr., 1926, p. 265-297 ; Bran- donstein, I. F. 46, p. 1-26 ; W. Havers, Worter und Sachen 11, p. 1-26. 8 CHAPITRE PREMIER « dire » a la troisisme personne du pluriel. Ainsi acl, TI 14, ¢ 42, ete... : ef. 1114 dev pay er gast Mevoltiov, De méme : E 306 xotbdyv 3 té pty xaddever ; — LZ 125 yvotev « on comprendrait », “Tl arrive également que Ia troisitme personne du singulier soit indéfinie sans que le pronom <¢ soit exprimé : N 287 98 xev Evba tedv ye pévor ual yetpag dverto « ... On ne critiquerait pas... »; —X 199 we 8 ey dveipy ob Bivatar gedyovte Budxerw « comme dans un réve on ne peut... >; — « 400 Bsaov te yéywve Bovsas « jusqu’ot la voix porte quand on crie ». De méme dans une subordonnée a ’infinitif : 2 440-411 038" inéwecve | yvduevat... «et il n’a pas attendu qu'on le connaisse... ». I] manque et le sujet indéfini de yvdpevar et le complement d’objet. Le sujet non exprimé peut étre un neutre :+ 143 ob8: rpodgatver’ Wéobac « il ne faisait pas clair pour y voir »; — avec un prédicat au neutre pluriel : {1 128 odxéct guerad éhovea « qu’il ne soit plus possible de fuir »; — @ 203 od8¢ aot’ tex | toaerat, Passage du pluriel au singulier indéfini : 8 691 sqq. *' tort Sixx, Osiov Bacihywy | Edov x’ eyBalonet Booréy, Eoy xe gudoin. La seconde personne est employée, au sens indéfini, av sens poten- tiel ou irréel, dans des tours souvent formulaires : A 223 i906’ odx av Bptovta Yorc "Ayapépvova Stov ; — A 429 odBE xe gatns | técsov Lady Emea= at (cf. O 697, P 366, mais T 220 dans un dialogue); — E 85 ox av yvolng} ete... § 14. Un élément essentiel de la phrase nominale ou de la phrase a verbe étre est le terme que les gramnmairiens frangais appellent attribut, mais que, pour suivre l’usage général, i] vaut mieux nom- mer prédicat et qui exprime ce qui est affirmé du sujet de la propo- sition : E 695 4¢ of gidoc Hev erat pag. La phrase homérique est caracté- risée par l’autonomie des termes qui la compose et que nous mon- trera pleinement la syntaxe de l'accord (cf. §§ 15 sqq.,,ete...). I en résulte que l’emploi du prédicat nominal y est trés souple. Un prédicat au nominatif peut étre malaisé a distinguer du sujet. Ainsi, lorsque ’on donne le nom d’un personnage. Dans une proposi- tion comme 1 54 Agr 8 Svou' Zorty émdvopov, les mots "Aghty et Svona sont tous deux au nominatif (ef. 0 256, « 5, + 247, + 409) et "Apirn semble étre le sujet; — en + 183 époi 8 Sven xdutdov Afwy | omdtepog yeveh, Ie mouvement semble faire de tvou2 le sujet: et, dautre part, onAstepos yeveH s’emploie par attraction au nominatif. Avec toutes sortes de verbes (et pas seulement avec le verbe étre), le verbe peut étre accompagné d’un adjectif qui joue le réle de pré- dicat apposé : H 156 moddag ydp tug Exerto mzphooog Evia xat evOa « il gi- sait énorme, les membres étendus de part et d’autre » ; — B 148 dd6po¢ LA STRUCTURE DE LA PROPOSITION 9 tnatyitwv « agitant avec violence »; — A 543 o88i... npdgowy térAnxag « ta n’as pas voulu avec bienveillance »; — B 242 dpecpoemis Exo « i] jacassait sans mesure ». Pour exprimer une circonstance ou une attitude : § 344 tonépio.... dpinovto; — B 2 ebBov navy; — A 424 yobs t6n; — I 33 nadivopaos dnéoty, « il s'écarte en se redressant »; — A 108 dnttos tumese wéxpy « il est tombé a la renverse sur la pierre »; — E 204 melds &¢ “Dov etfovda ; — 9 146 ils puyotratog; — UW 271 ark 8 d86¢ 5 — 014 d00d5 avasrds ; ete... / L’adjectif, comme on l’observe parfois en attique, peut exprimer un résultat : A 266 xipticror 8% xetvot Emylovtioy tedpev dvipav « ile ont grandi pour devenir les plus forts... ». L’adjectif prédicat peut étre en accord avec le régime et marquer ainsi le résultat ou les circonstances de l’action : 0 38 Oot» ddeysvete Satta « préparez promp- tement un festin »; — B 257 dusev 8° dyophy alipyoyy « brusquement il leva la séance »; — © 6 Gepud dostpa&... Oepuyvg; — A 39 yapleve’ ext vay Epa; etc... Lorsque le verbe n’a pas de sujet exprimé, le prédicat s’emploie au neutre : E 674, etc... wdcormov tev; —- FP 410, etc... vepecontdy 3& xev Fev; — 170, etc... odtne derxég. Le pluriel neutre est parfois employé : & 489 olxén guxrd néhovtar « plus moyen de s’échapper » (cf. 6 299, II 128, et voir § 25). Le prédicat, peut étre constitué par un substantif qui posséde parfois une grande valeur expressive : P 556 aot wiv Sn, Mevéhac, xarygety xai Sverdog foce- cat el...; — 1 346 (= P 147) odx dipw tue zaprg Fev | pdpvactar,.. — Dans des phrases nominales sans verbe étre exprimé :T 156, etc... od vépests; — I 707, ete... 08 ws ro: afea. — Avec un pronom sujet : H 97 4 piv Bh AGSy twaBe y’ Eocetar... Les pronoms é5¢ et éxetvog sont volontiers employés pour indi- quer le lieu : E 604 xat viv ot ndpa xetvog “Apye « prés de lui, Arés est la-bas »; — K 484 Opvixec of8' dxavevbe « Jes Thraces sont ici 4 )'écart ». — De méme dans des phrases verbales : K 82 cfg 2 obtas... Eoyeat « qui va la-bas? »; — ¢ 276 alg 8° 68 Navaindg Exerat « qui suit Nau- sicaa par ici? », Le prédicat peut, enfin, étre exprimé par un adverbe : A 762 ic Yov, el not! fov ye; — I 551 Koughresa: xaxtg Wy; — H 424 Biayvovar yoreniis Hy 3 — A 838 nic t’ Bp For ciBe Zoya; — 21 336 mide Spry avig de gaiveta: etvar; — Z 134 o88t... Shy Av «et il n’a pas véeu longtemps »; — 8 82 N0" kde wey navteg dui Eoav (cf. 7 393)1. Dans ces exemples, le verbe cfya: présente sa valeur pleine de verbe d’existence. — De méme avec le verbe nédew : I 324 xaxddz Bf ré of méder adtq. 4, Sur dxéwy employs adverbialement, voir M. Leumann, Homerische Worter, p. 166. 10 CHAPITRE PREMIER § 12. Le complément n’est pas toujours un élément essentiel de la proposition. En revanche, il est rare qu’il soit omis et, lorsqu’il lest, c'est qu’il peut étre aisément suppléé. I! n’y a pas de véritable ellipse du complément en B 379 2 ye pilav Bovdedscpey, ou en E 435 thy pty fav «+. Ojxe (aprés Bieporcdto), of ladjectif indique qu'il faut tirer un subs- tantif d’un verbe voisin (S0v7v et poieav) ; cf. encore U 580. En O 359 onndt! dvite chiveog merpupevos jor, il faut sous-entendre Sdgu, dont le génitif se trouve exprimé au vers 358. — Enfin, on lit en + 188 acice 8’ év “Apvics, ot i] faut certainement sous-entendre vijas; — de méme en 7 4 atijcev dp év xpobdgorat, il faut sous-entendre ‘urdvous (le mot se trouvant exprimé au vers 2). De telles ellipses ont aidé au développement de certains emplois absolus du verbe (cf. §§ 255-256). § 13. La proposition peut étre interrogative'. C’est une proposi- tion comparable 4 toute autre dans sa structure, mais qui présente un terme inconnu du sujet qui parle. Le caractére propre de cette proposition est marqué par l’intonation. Lorsque linterrogation porte sur un mot, ce mot est représenté dans la proposition par un pronom dit interrogatif, qui est un pronom indéfini prononcé avec un accent particulier. Le grec homérique emploie en cette fonction Jes pronoms tis, xétep0g, noi2g ou les adverbes du type xod, nddev etc... La particularité la’ plus remarquable que présente ce type de phrase consiste dans la possibilité d’une interrogation portant sur des points multiples comportant plusieurs termes interrogatifs : ® 150 tig wdBev ely dvBpibv (of. « 170). Lorsqu’il y a interrogation de phrase, appelée aussi interrogation totale, cette interrogation porte sur le verbe. En ce cas, Homére présente nombre d’exemples ou, l’interrogation étant marquée par le ton, elle n’est signifiée par aucune particule : A 291 tolvexd of mp0- Bious:...; — O 553 oftw 3% Medivere pebfjoouev; — B 158 oftw 34... *Apyetor gekovea (cf. encore « 204 sqq.). — De méme dans une inter- rogation négative avec o3, qui attend une réponse affirmative : 2 33 ob ¥6 x08" Suiv | “Extop pret’ fxne Bot... 5 Toutefois, la particule affirmative % sert trés souvent a souligner Pinterrogation : TF 46% coidade inv... yyvatx’ elewde dvyyes; — Y 17% tt epi Tedov xet “Ayn pepurotterc; — 0 25 _ vi nov ivOpdmuv ayeloy cipi...; etc. Mais le ton est souvent ironique, notamment lorgqu’on donne sous forme interrogative la réponse supposée : A 203 ¥ tva S8pw iy... 5 4, Schwyzer-Debrunner, p. 627, et la bibliographie citée; voit aussi Benveniste, B.S. L, 44, B. LY. LA STRUCTURE DE LA PROPOSITION 14 — E 424 4 fd oi por xexordoca ; — O 504 % threat’... EpBzddv Geode 5 —— B 209 4 tm xai ypused emBevear ; — B 312 F ody adic... ; ete... La structure des propositions interrogatives disjonctives présente une notable variété. MIdregov n’est. pas homérique et I’on utilise la particule ‘é (4)... He (4) : on notera le recul de l’accent au second terme de alternative. La particule est. composée de % « certes » suivi de *Fe. Exemples : N 2541 sqq. yé te Bé6Anm, Bédeos BE ae telpst axons | Fé tev dyyening pet’ Sp Hudes ; — 3 632 ¥ bd ve tBaev evi gpeciv, Fe xat odxi; of. O 735, £ 120, « 408, 8 30, 4 399; ete... Le premier membre de interrogation peut n’étre pas introduit par une particule : K 534 pedcopar 7 dtupov épéw ; — a 226 cidanivy he ydpos ; — 8 314 Bysov F fav ; of. 8 372. Le premier membre de Valternative peut n’avoir pas la forme interrogative : ¢ 193 érog tf xe pubyoaiuyy H adt2s xelOw ; — 2 298 odbE al ae yph vqmdag bydewv... 4 odx dlets alov xhéog EAhabe Blog “Optarng. Remarque. — L’interprétation et, par suite, l’accentuation de certains passages font diffloulté : IT 12 }é w: MupusSéveccr meaioxent 4... He... : le premier terme est bien la particule interrogative disjonc- tive; — en Z 378 dé my bc yarday 9 elvatépwy Eunémday, / bg AOn- valng tolyerat : alternative porte sur }é... 4; le premier % devant elvartpwy est la conjanction « ou »1. § 14. Certaines interrogations rhétoriques sont définies par le ton, et l’étude en reléve plus du style que de la syntaxe : 7 22 clx ay por Bopov avépoc fiyhaaio "Auvdov; — 0 195 mids xév por imooyspevog teh setag piBov éudv; (cf. encore K 303). I] n’existe pas de formes réservées 4 la phrase exclamative. On emploie soit le théme relatif : & 441 vymitt: ws dvooy xpadinv Eyes; — « 32 & nénot, ofov 3x vu Geobs Bpotol aizidwvtar.— Soit le théme de I’in- terrogatif : A 552 atvérare Kzovldy, notov tov uidoy Eermeg; — A 350 "Arpeld2, notév ae mos gbyev Zanog dBdvewy ; etc... 4. Voir, sur ces problames, Monro § 40, La Roche, Die homerische Tezthritik im Alterthum, p. 266 5qq. CHAPITRE IL LA CONSTRUCTION APPOSITIONNELLE ET LA SYNTAXE D’ACCORD § 15. Un des traits qui commandent les procédés dela syntaxe homé- rique est la construction appositionnelle!. Selon une structure héritée de l'indo-européen, chaque mot portait en lui-méme Ia marque du réle qu’il jouait et les mots conservaient ainsi une grande autonomie. Soit les premiers vers de I’ Iliade : Mavw debe, Bed, Tn dnidBew ’AyedFos | oddopévny, pupl’ "Ayaotc ddye’ Zyxe, | moAhac 8 UgGlnoug duyds “Addr npotapev | fedov. L'ordre des mots est libre et les termes de la pro- position sont définis par des appositions qui se présentent sous des formes diverses et autonomes. Le mot pivc est déterminé par un géni- tif, puis un adjectif en rejet et disjoint, puis une relative. De méme, fords est associé a deux adjectifs qui se trouvent sur des plans diffé- rents, noddas et fpOfyous, et A un génitif feuwv, en rejet, assez éloigné du mot dont il dépend. L’autonomie de chaque terme a pour consé- quence que l’aéde peut, 4 l’occasion, perdre de vue le mot auquel il se référe, d’ou des libertés dans les régles d’accord, d’ou aussi Vintervention de groupes de mots qui ne se rattachent pas stricte- ment A ce qui précéde ou a ce qui suit. Il en résulte qu’un terme se trouve dépendre d'un autre terme, parce qu’il en est rapproché : 3 585 ot... Saxéey piv dxetpwndivto Aedvtww « ils n’avaient garde de mordre les lions »; Aedvtwv dépend de ametpw- névto, mais serait plus naturellement complément de Saxéav. § 16. Une pareille syntaxe confére a l'adjectif et a lapposition une grande importance : + 118 év 8 afyec dneiséova yeydacry | dyprae « 1a naissent d’innombrables chévres*qui sont sauvages »; — H 264 . boy efhero yetpt mayety | xeinevov Ev Big, pélzve, tonzov te péyav te « «il saisit de sa forte main une pierre qui se trouvait dans la plaine, rugueuse, immense ». 4. SchwyzerDebrirer, p. 613 sqq., avec Ja bibliographie, et notamment Schwy- zer, Zur Appotition (Berl, Ak. Abh.), 1945-1946, 3. LA CONSTRUCTION APPOSITIONNELLE ET LA SYNTAXE D’accornD 13 Le substantif se préte a servir d’apposition & un autre substantif : A 124 ypusdy "AReidvBporo SeBeypevog dyhad BGpa; — Z 844 Baep épeto novos xancpnzavou ; ele... Un substantif désignant une fonction, une situation sociale joue ainsi un réle trés proche de celui de l’adjectif : P 65 avSpec te vonies — Z 390 yovy cauln; — v 105 yovh meodyxev dderpls; — 4 347 yovh Béonowa 3; — M 433 yovi yepvijttg ; — avec un ordre des mots inverse : T 170 faotdie yao dvBpl; — B B19 Eragnbdros dondon avip ; — A514 tye apes yap avip; — B 474 aindhor dvdpeg; — A 187 yadxijes xipov dvBpeg ; — A594 Divtres dvBpes ; — 03 daryjxwv dvdpv;— 1477 pidraxde v dy- Boag Bpwpag te yovaixas ; ete... Chez Homére, ce tour s’observe avec des noms propres : A 92 dvbpx Bujvopz, notpéva hady ; — ¢ 26 gi" “Hpaxd¥a; ete... L’étendue de ’apposition est variable. A cété de formules comme Lpesporo dvaxcos (B 373), Anddrovs dvantr (A 36), Zeds 8 nartp (@ 397); Zeb xéxep (A 503), on lit : = 233 “Yrve aval ndvewy te fedy mdvewy +” avOptinwy. L’ordre des termes est variable; on trouve parfois l’apposition avant le terme auquel elle se rapporte : Zvaf dv3piiv ’Ayapéuywy (A 172, etc...; cf. E 268, 314, A 701), [niydBew "AyDios (A 1), nathe Bede (a 238, ete...) Les deux termes peuvent étre disjoints : A 11 tov Xpuenv Arimasey dpertien; — 1 282 mathe execéddero Inheds; — O 453 dvak 8 avénee sdytota... Tovdudduas. Le procédé de Papposition, grammaticalement archaique, est en méme temps caractéristique du style formulaire de l’épopée. Les for- mules appositionnelles se succédent souvent : I 664 sqq. 76 3° dpa mapnarthenro yuvii, thy AeobdBev Hye | bopbdvrog Ovydenp, Arowddy xaddte ndpnos; — A 30 hyerépep evi otup ev “Apyet, tAdhe nécpyc. Un tel style peut parfois ne pas apparaitre parfaitement clair : A 144 elg 2é tg apyas dviig Bovdngdoos Estw « qu’un chef soit pris parmi les membres du conseil » : mais la phrase ne se préte pas a une analyse logique; avfp Boudngépes joue le réle de sujet (avec apposition), zpyg doit étre prédigat ; «lg peut étre rapporté soit a dpycs, soit A Bourngdpog avinp. La répétition peut étre employée soit pour rendre la phrase plus claire : B 672 sqq. Nipeds... | Nipebg "AyAatys utd Xapdnowd 1’ dvaxros, | Nepeds 8s xdddtoro¢ dvnp Oxd “Dtov HAGE ; — soit pour produire un effet de style : X 127 sqq. & te naipbevos HiOeds te, | rapbevos RiBads te dapiferov... § 17. Un des archaismes de la langue épique consiste dans l’em- ploi étendu de l’adjectif. Ainsi le génitif adnominal s’est trouvé en concurrence avec l’adjectif, mais le grec, comme la plupart des langues indo-européennes, a tendu a substituer le génitif a l’adjectif. Tou- 14 CHAPITRE It tefois, adjectif s'est conservé, notamment, en fonction du génitif d’appartenance? : 4 524 yovatwv sivexa Sedpiov « en raison de cadeaux faits & une femme? »; — ¢ 397 dp! beacw dvartogtnatve avec les truies du maitre », mais évixtwp n’est pas un mot épique et le texte a été diversement corrigé. — Ce qui est usuel et ancien, c’est l’emploi de l’adjectif tiré d’un nom propre. Cet adjectif peut exprimer la pos- session : 60 &épov My dhtov; — B 416 “Exxdpeov 38 yrtava ; — A 597 Nadhtat tenor; — N 262 Bodpara... Tpwdia ; — 6 353 'OBvekrov be Bépov; — x55 Aloklay vncov; — K 326 vi) “Ayapepvovéeny; — Wo 525 tanov tig "Ayzpepnvovens ; —- 7 264 ‘Ayapepvovény Shoyov; — B 506 Uoardyov ayhaty ddoog. Le tour est bien attesté pour exprimer l’origine, avec une valeur patronymique : A 591 Tehapsnev vidv; — B 528 Teda- paves Atag; — UW 349 Néstwp NaAitos « Nestor fils de Nélée »; — YW 544 'Avrioxos Naditos « Antiloque, petit-fils de Nélée », — B 527 etc... Wackernagel écrit l’adjectif ‘O:zes pour le génitif Ojos. Cet emploi a donné naissance des idiotismes comme A 690 fin “Heexdyely, « le puissant Héraclés »; etc... L’expression équivaut a un tour comme f 409, etc... is Tyreuaycro. Cette syntaxe de l’adjectif patronymique, plus fréquente dans P’Iiade que dans l’Odyssée, semble étre un éolisme. Mais, originelle- ment, |’adjectif, par opposition au génitif, indiquait une appartenance particuligre. D’oi la fréquence des dérivés de noms propres.’ type B Se un génitif vient 4 occasion préciser un adjectif de ce : B54 Nestopéy nap& vat Wudnyevéos Basidijos; — E 741 Popyety ea evoio zeAwpov. Notamment aprés un adjectif possessif : T 180 Bahp ade’ twig Foxe nvvermbos ; — Z 490 ca 0 alc tera xopile ; — P 226 bpérepey. BE ixdotou Gopiv 4fu; — F185 x& a! altoid xiife’ bvfones — 0 262 cic t' abroad xepadig xai Exalpwy (ef. a 7, ete, Remarque. — I\ faut noter Vemploi d’un adjectif avec }yuzp pour dési- gner un état : alotpov ius « jour marqué par le destin » (@ 72) ; SréBprov Huap (T 294) ; poprytov Fuap (x 175); vyreds Fuap (A 484) ; Bo¥rtov Kuap « jour de Pesclavage » (Z 463) ; uap dvaryxaioy (II 836) ; eevGepov Fuap (Z 455) « le jour de la liberté x, seul emploi de l’ad- jectif @ctQepoc chez Homére avec J’expression comparable {et imi- tée?) xpytijpa... éxed8epov « un cratére de délivrance » (Z 528); de méme encore : juap 3 depavxdy (X 490); veorwov fap (a 9, etc... § 18. Un substantif se trouve librement apposé A un autre subs- tantif pour exprimer un résultat : A 155 Sivatéy vd tor dpxt’ Erapvoy 4, Voir Wackernagel, Mélanges de Saussure, p. 125 sqq.; Vorl..., 11, p. 68 saq. 5 P. Neumann, Das Verhdlmis des Genitios zum Adjektiv im Griechischen, Minster, 1910. 2. Ce vers, qui n’appartient pas a un développement ancien, est difficile. Voir Severyas, Le cycle épique..., p. 343-344. LA CONSTRUCTION APPOSITIONNELLE ET LA SYNTAXE D’accorD 15 «c’est pour ta mort que j’ai conclu ce pacte »; — O 394 gdppax’ dxés- par’ Exusae peAawdwy Sbuvdwv. Une telle apposition a 'accusatif exprime une conséquence de toute la proposition précédente : A 28 && te Kpoviwy | év vépet otypibe téeac pepdnwy dvOpuxwy « ares-en-ciel que le fils de Cronos fixe sur un nuage pour signifier un présage aux mortels »; — TP 48-50 yuvatx’ ederid’ dviiyes |... vodv dvBodv alypatdoy, | natpl te ob péya wha... | Busperéov pay yappa xatngelqy 88 oot abt « pour le malheur de ton pére ... pour la joie de nos ennemis et pour ton opprobre a toi-méme’» (cf. A 197, 207, et § 58). L’apposition 4 une phrase entiére a pu étre originellement au nominatif. Ainsi peuvent s’expliquer certains tours comme dugérepov en 1179 ’Ayapepvoy, | dupérepov Brarrede 1’ dyads xpztepig v alypatig j — N 166 yscaro 3° aiveic, | dpgdtecev, vluys te xat Eyyecs. Ils pourraient s’expliquer comme des phrases nominales’ insérées. Toutefois, les appositions libres sont volontiers a l’accusatif. De telles appositions sont parfois fort libres :@ 735 4 <¢ "Ayaév | pier yetpds EXdv dnd mipyou, huypov SAsHpov « ou quelque Achéen, te pre- nant par la main, t’ira précipiter du rempart, horrible fin » (I’ac- cusatif se n’est, pas exprimé) ; — enfin ¢ 182 sqq. od pév yep to ye xpsio- aov xat dpetov, | 7 84" aucopovéavre voripacty ofxov Eyytov | dvip 432 yuvij* nord’ Ehyea Sucpevéesat, | ydppara 8 ebpevirga « ... grand dépit des ja- loux, grande joie des amis » : l’accusatif final semble en apposition & ofxov. Le rapport entre Vapposition et le terme auquel elle se référe pose divers problémes relatifs & Paccord. I est tout naturel de trouver, apres un terme au pluriel, une apposition au singulier : H 175 of 8: xdvigov Eonwiivavto Exastos; — I B41 ds wh por cpiliqee maphyever EADobev Edhos | — E195 xapée 34 cpev exdery Siloyes fanor | iondae; — I 656 of 82 Exagtos tiv dénas dupexdmedhoy | axeloavres naga vias toav néAty (noter thoy accordé avec éxaatos, puis ameisavtes qui va avec tcav); cf. « 424,- x 397, ete... § 19. L’intervention de V'apposition peut modifier accord du verbe : I 264 of 8 Byapov rop Exovtes | mpdgaw nig xérerat nai dyuiiver olat téxeon : V'insertion de xa fait mettre le verbe au singulier; le caractére appositionnel de la phrase explique que le verbe s'accorde avec l’apposition, non avec le sujet. On observe volontiers un nominatif au pluriel ou au duel, qui est ensuite analysé, le verbe étant au singulier : H 307 tm 88 diaxpivOévte o piv pera dady "Ayady | Hie. Ce type de construction présente parfois 4, Schwyzer, Die Parenthese (Berl. Ak. Abh.), 1939, 6, p. £0. 16 CHAPITRE I une grande liberté, le second terme de analyse venant trds loin, ou méme ne présentant pas la structure attendue : I 214 dpgw 8 Lopévo yepaptirepos Hey “OBveasic | AX’ Ere... | Hvar piv Mevéhaos...; — M 400 coy 8" Alac xai Tedxpog opapshoave’ é piv l® | Pebdyxet... puis seulement au vers 404 Atag 3’ dorida vieev...; — K 224 adv xe 35’ eoyoudvw xal te pd © tod evonaev...; ine vient pas de second sujet ; — 11 317 NestopiSa 3 b udv odtas’ "Ardpvov det Bovgi..., mais OpacvyriSy¢ ne survient qu’au vers 321 dans une construction toute différente ; — p 73 oi 8 bo oxdne- Jot, 6 wev odpavdv edpby ixdver..., le second membre se présente au vers 104 sous la forme zov 3... ; — méme liberté de mouvement ent 462 EOdvtec 3) HBaov dnd omelous te xai addi | mpdros... udpny, bméhuoa 8 eralpous. Ces exemples nous aident 4 comprendre comment le nominatif intervient librement a Vintérieur de la phrase. Parfois, il constitue une brave phrase nominale insérée dans le cours du développement = a 51 vies Beviphecou, Ged 8° fy ipara valer; — K 436-437 t05 3h xah- Motoug famous iBov 488 peylaroug~ | Revxdrepot zlovos Geletv 8’ dvéporaty Opstos 5 —_ K 545-547 ... dnmug robe" tnnovg Mdberov, xaraBivees Sperov | Terwv, 4 tls aque népev Geds avmiGodijaas ; | aiviis dxtivesty Eoudres Hedow ; dans ce dernier exemple, le participe éoxétes ne peut guére constituer une phrase nominale, mais il s’agit, comme dans beaucoup de ces exemples, d’une parenth?se*. § 20. Avec de véritables anacoluthes, le nominatif arrive a s’em- ployer absolument : B 350-353 @yyt yap ody xaraveloat bmeptevéa Koo- viova | uate td Bre vausiv Ey Gxundparar Ebatvov | Apyetor Tpwesat gévov Yak xioa gépovtes, | dorpamtwy ember’... : le nominatif au dernier vers, comme si le poéte avait dit xatévevce Kpoviwv; — 9 322-323 oitt oe qév8? deatar Sloped! ob Eormev | AAW’ aloyvvdpever gdtw avBpdv FEE yu varxdv... (= &Ad’ alsyuvdpeba et oB82 Yoxev constitue une parenthése) ; 2 606 & 8 Epepvh voxel Eonds, | yoyvey robo Eywv xai ini vevgiigty Bretdy | Bewwov maxtaivoy, alty Badéover toms : le premier Eorxas est amené par le souvenir d’une formule connue (A 47) alors que lon attendrait un verbe personnel (Catalogue des dames). Voir aussi § 470. Une construction anacoluthique avec l’accusatif s'observe en « 274- 276 uvqoraipas wiv et agérepa oxiBvaadar dvny0t | pnrépa 8° et of Oops Lpoppiirar yapdecta | ap trw « ordonne aux prétendants de rentrer chacun chez soi, quant a ta mére, stson coeur la pousse au mariage, qu’elle rentre (chez son pére) ». L'accusatif pyripa est paralléle a wv7- atijpag, mais devient le sujet de icw. . Tl y a la des cas extrémes. D’une maniére générale, l'autonomie 4. Sur le nominatif absolu, voir Havers, I. F. 43, p. 207-257; Glotta 16, p. 4-127, Sur la parenthese, Schwyzer, Berl. Ak, Abh., 1939, n° 6. LA CONSTRUCTION APPOSITIONNELLE ET LA SYNTAXE D’ACCORD 17 des termes confére a la phrase une grande liberté. Elle explique bien des traits de la syntaxe d’accord ou de l’emploi du participe. § 21. L’accord! joue dans la proposition un réle essentiel, puis- qu’il permet de définir les rapports entre les termes. Toutefois, les éléments de la proposition possédant originellement une certaine autonomie, il subsiste entre des termes, qui logiquement se trouvent en rapport, une notable indépendance. Un méme terme peut étre parfois tiraillé en des directions diverses. Le verbe copule peut étre & Poccasion accordé avec tel terme ou tel autre. L’accord peut se faire suivant le sens ou suivant la proximité. Tout dépend du mou- vement de la phrase et parfois de la tradition formulaire. La syn- taxe homérique ne présente pas des traits essentiellement différents de la syntaxe attique, 4 deux réserves prés : 1°) l’autonomie des élé- ments de la proposition est plus sensible dans ce texte archaique que dans tout autre ; — 2°) la structure métrique des mots, si impor- tante dans cette poésie formulaire, a pu exercer une influence appré- ciable. VERBE ET SUJET § 22. Un sujet au singulier, au pluriel ou au duel comporte, en prin- cipe, un verbe au singulier, au pluriel ou au duel. Toutefois, un accord suivant le sens s’observe souvent, un sujet collectif pouvant com- porter un verbe au pluriel : B 278 a> gdcav % thx06s ; — O 305 4 xdy- Gb... dmovéovto ; — W157 habs Ayatdv | netsovtar wud, § 23. On sait que le pluriel neutre*, ancien collectif, est habituelle- ment accompagné d’un verbe singulier : B 396 tv 8’ obnote xbpata el- net} — B 176 1a 58 8 ndvea tedster; —1 54 dou gudda xa yew ylveta... Cet usage souffre des exceptions. Un exemple typique se trouve B 135 : xat 3% Sobaa céoyne vedv xai ondpta héhuvcat. I] est possible que Je pluriel 44vytat soit amené par sa commodité métrique. En » 43, le singulier et le pluriel se trouvent également coordonnés : od tt yuvh xal vima téxva | olxade voorisavee mapleterat ot8t yavuveat. On a proposé de lire napictavt’ (explication peu vraisemblable dans la note de l’édition Stanford). L’emploi du pluriel peut parfois se justifier par des raisons séman- tiques. Ainsi lorsque l’accent est mis sur la pluralité des sujets ou lorsque le sujet comporte un nom de nombre : O 713 nodd& 8 gdayava 4. Schwyzer-Debrunner, p. 602 sqq. 2. Schwyzer-Debrunner, p. 607; R. Franz, De verbo apud Graecos cum neutri generis subjecto plurali, Bonn, 1875 ; Bauder, De generis neutrius pluralis cum verbo constituendo vi et usu apud Homerum et Hesiodum, Leipzig, 1877; J. A. Scott, Am. J. of Phil. 50, p. 71-76. 18 CHAPITRE 11 nahi pehavbera nommevea | Edda wbv bx yerpiov yapdBig wéaov... ; — + 440 ovdata yap ag apay evo (les pis de toutes les brebis) ; — 3 437 técoapa gwxdwy éx advrov Bépyar’ Bvetxev | advea 8 cay véodagta. En ces pas- sages, la métrique admettait récev, opapaysito, Env. Cf. des exemples comparables : A 574, P 760, 794, 222, » 37, 411, avec zodAa ou névea ; B 489, A 633, § 103, avec un nom de nombre : A 633 obara... xésoug’ tony, Avec certains substantifs, ou l’idée de multiplicité est importante. Ainsi avec %0vea : B 91, 459, 464, A 724 variante, — 73, ou avec gui’ avbpcnwy eno 409. Avec le nom de certaines armes : en E 656 bodpara... autav se dit des javelines de deux guerriers qui s’opposent ; — N 134 Eyyea 8 ntissovto évoque la multiplicité des piques. Méme syntaxe lorsque le substantif désigne certaines parties du corps : péhea (P 211), wregé (W 879, Q 319). Xethea, avec le sens de « bords d’une coupe », se trouve attesté avec un verbe au pluriel (6 132 = 616 = o 146) dans un vers oi la forme verbale au singulier entrerait: malaisément. De vieilles formules présentent le verbe au pluriel, Muovto 8t yuia (116, O 435, ef. 11341); — gida yuia Réduvee (N85, of. H6, « 242); — jodev 3° Sd gaiBue yute (II 805, of. B31, 0 344); spemov 0" Sd yuis Exderou (4.527). Le vers admet le singulier dans les deux derniers exemples. Les formes de troisiéme personne du pluriel fournissaient des fins de vers commodes et I’on y trouve souvent un verbe au pluriel avec un sujet au pluriel neutre. Il existe, en particulier, de nombreux exemples de wédovrat : old te modha per’ dvOpdmors: médoveat (0 160, cf. v 60); — dphyeva Epya yévovro (O 130 = A 310); voir encore : x 223, 4 125 = 4 272; K 351; W 431; N 632; & 226, 489 ; « 367; » 223; 7 301. La majorité des exemples vient de l’Odyssée. § 24. Lorsqu’un verbe comporte deux ou plusieurs sujets, il peut s’employer au duel ou au pluriel : @ 457 sqq. a! 8 énépufay "Adnyain te nai "Hon, | adnaia aly’ Hobny...; — E544 tetyos wer p' Royo! ce gihae xat virue téxva Abat’...; — Q 710 apirrar tov y” Boyde te pay xal néwvra une | TAMoOny, cf. € 183, X 127, ete... Dans le cas que les grammairiens anciens appellent cyjjpa ’Adx- pavixéy , le verbe se rapporte a deux sujets et.se trouve au pluriel ou au duel, mais se place aprés le premier sujet! : Y 138 ei Bé x’ “Apns Spyuat udyng xai Doibag Andddwv (Zpynet, Zénodote) ; —E 774 t7: bods Sipolig avp6ddderoy H8E Uxdpavboos (cf. x 513, & 216). Souvent le verbe s’accorde avec le sujet le plus proche. Le verbe- précade : A 255 "H xev ynOyen Tplayog Upduors ce naiieg; — H 386 dyer Uplapde te xa ENAo Tpideg ; —T 258 Yorw viv Lede... PF te xat 4, O. Wilpert, De schemate Pindarico‘et Alcmanico, dissertation, Breslau, 1878. LA GONSTRUCTION APPOSITIONNELLE ET LA SYNTAXE D’ACcoRD 19 “Hé\tog xat "Eptvses ; cf. encore O 36 sqq., I 844; en E 703, la tradi- tion hésite entre le singulier et le pluriel. Avec le verbe aprés le second sujet : © 398 ei py, yp’ Eipuvdun te @frrg 0° baebéixzo xddaw ; — B 339 11q 34 cuviectar ce xal dpxia Broetar huis ef. D 327, & 291; avec le tour 038... 088 : P 398 sqq. ob8 x’ "Apns Daosadag odBé x’ "AOHvn | sév ye [Boia’ Bvdcme’; — en 6141, la tradi- tion hésite entre le singulier et le pluriel. Parfois le verbe suit le premier sujet : B 858 Mucdy 8! Xpduic Fpye xai "Ewvouog ; cf. A 61, K 563, ¥ 194; — en T 310, le duel se rapporte au premier sujet : Sofw 8° Arpela pevérny xai Bto¢ *OSuscedc. Remarques. — I. Sur II 264, voir § 19. I. En ¥ 381 perdepevoy ebpée t’ Suu | Oépyer’, le verbe est accordé avec petéppevov, comme si eipée t Sue constituait une parenthése. — En P 387, on lit : youvard te xvijual te 2b8|eq 6° Omévepbev Exdote | yeiges 2” dpBaApol te nwddacerto... I] n’est pas possible de rapporter le verbe A yosveta, ou que Pensemble des sujets soit considéré comme un tout. Il y a peut-étre une mauvaise combinaison de formules. Partout ailleurs (E 100, A 169, Y 503), maAdaceto se trouve Seale ment au quatriéme pied, ACCORD DU PREDICAT NOMINAL § 25. En principe, le prédicat nominal s’accorde en genre et en nombre avec le sujet. Toutefois, suivant une syntaxe qui se main- tiendra dans la prose attique, l’indépendance des deux termes est souvent sensible. Lorsque le prédicat est un adjectif qui exprime une notion géné- rale et le sujet un abstrait masculin ou féminin, cet adjectif peut se trouver au neutre : B 204 obx dyatby noruxotgavin ; — T 235 732 yao dtpuvtds xaxdy Eacerat. L’emploi du pluriel neutre indéterminé au prédicat ne semble pas fréquent chez Homére. En p 15 épot oth’ ahyide pobijcectar doit s’en- tendre « le vrai m’est cher a dire »; — ® 533 dtw dolyt’ Essofar « je crois qu’il va se passer des choses horribles ». — Mais on a 6 299 (cf. v 223) odxétt guxcd néAovco « plus moyen d’échapper »; — ) 456 odxét, more yuvat&y «on ne peut plus se fier aux femmes ». § 26. Le pronom démonstratif ou relatif sujet, 4 quoi répond un substantif en fonction de prédicat, subit généralement |’attraction. Le texte homérique présente des exemples typiques : abty dixn goth (. 218, + 43); — Hc’ Emdero velxeos doy, (X 116); — ¥ Oeutg bord (y 45, 187, B 73, I 33, ete...); — 4 yao Sixx Eott (w 255). — Sur les variantes orthographiques de la tradition manuscrite, voir Introduction 4 P « Iliade » de la collection G. Budé, p. 126. 20 CHAPITRE 11 Exceptionnellement, on trouve un démonstratif au pluriel qui in- troduit une notion de multiplicité, a quoi répond un prédicat sin- gulier : 2 226 obx Epavos abe y' toriv « tous ces préparatifs ne sont pas un repas par écot »; —¥ 128 vai 8h taita ye téxvov Evijrupoy (mais ef. la note de Leaf). Chez Homére comme en attique, un superlatif prédicat, accom- pagné d’un génitif partitif, peut s’accorder en genre avec le sujet, plutét qu’avec le nom au génitif : & 253 alerod... tod Onprrhigos | ¢ 0” dua xdpratég te xal Gxcatog Retenvdy (netenven est neutre); ef. X 139; — t 432 dpverds yap Env phAwy (neutre) 3y’ dprotos amdvtoy. On observe des éxemples d’accord « suivant le sens » : E 638 2A oléy ted gaat Biqy "Hpaxdnetny | Enmever. Lorsqu’il y a plusieurs sujets, l'accord peut se faire avec un seul : ATT alet yap vor Epis te gtdn wRepol te pao te; — O 193 yata 8 Ere Euvh naytwy xat paxpdc “OAvpras. Acconp DE UL’ sPITHATE § 27. Des problémes se posent également pour accord de Pépi- théte. L’accord suivant le sens est fréquent. Ainsi, lorsque l’adjectif se rapporte 4 un substantif neutre désignant une personne : X 84 gie téxvov; — E 382 céeRath sdevoy dudy, xai dvdayeo unBapcrn megs — {157 covtvbe Odhos yopdv elooryvedoav. Participe masculin en apposition & une périphrase désignant une personne : A 690 EAGdv ydp 6" éxdxwse Bi “Hpaxdneln; — 2 90 poxh Onbalov Terpesiaa | zebacov axijncpov tyay ; —v 20 tepdv wévag ’Adxivéaro | arog tiv... ; — 7 476 teph Bg TyAepayor | ... Sav. . Autres exemples d’accord suivant le sens : [i 280 éxivndev & gtdayyec| EAndpevor (pirayE est féminin) ; — EZ 604 neprlatad” Susdog | tepmdpevor 5 — 145 Keupepiooy dvtev Bids te Shee te | Hepl xat vepdAn xexahvpyrévor (accord avec Vidée implicite de dvapes); — P 756 tig te pagiiv vegas Epxerar He xohardy | oBAov xexdhyovees ; — B 462, en apposition & dpvidwy vex, la tradition flotte entre cyadAdpeva et dy adAdpevar. Lorsque l'adjectif épithéte se rapporte 4 plusieurs substantifs, on le répéte rarement et uniquement si l’on désire insister : ) 202 adda pe ode te nébog od te prea... | art” dyagpocdvy... Lorsqu’il n'y a pas répétition, ladjectif peut s'accorder avec le terme le plas proche : y 304 xodby Blorov xat zpuady dyeipwy ; — c’est ainsi que on pourrait interpréter 3 567 rapdenxat St xat HiOeor draka gpovéovees. Toutefois, on trouve aussi un accord avec le substantif le plus éloi- gné, l'autre étant considéré comme une parenthtse : X 24, O 269 LA CONSTRUCTION APPOSITIONNELLE ET LA SYNTAXE D’acconD 24 Raugyod 680g xat yobvar’ Evipat; — O 344 rdppw xat oxodsnecoty En- mdibavees Sunt ; — avec un relatif : N 623 Ad6ys te nat atayeos ode emBanets | iy pd wSioaede; — B 284 Odvarov xai xijen uédarvav, | 6 BF apt aysdov éort 5 — est ainsi que doit s’expliquer B 136 : af 82 nov ¥- pérepal <) Ghoyor xat vima céxva | elar’ Ext peydpots monBéyyevar « nos femmes, nos petits enfants restent en nos manoirs 4 nous attendre ». Ailleurs, les différents substantifs constituent, un groupe unique. C'est ainsi que s’explique le masculin pluriel en © 5414 tetyoc pév $’ royal re phar xal viima véxva | bar” Epeotadcec, werd 8 dvépec ody Eye y= pag : Epeatadcec parce que le podte songe a la fois aux femmes, aux enfants et aux vieillards. Avec les noms de choses, le neutre pluriel est employé : v 435 dpa BE psy pdnos Gro xaxdy Bédev BE itive | doyahta, pundwrta; — B 262 yasivdy ¢ 488 yerva td? aldO dypexxddrter. Noter, en particulier, le pluriel neutre 4 c6té de noms de bestiaux envisagés non comme des étres animés, mais comme des biens : A 244 mpab’ txardy Roig, Emerta 8 yOu’ bnéory | alyag S405 xat big... — A. 696 tx 8° 5 yépwv dyany te Bow xol rédv pey’ olédy | efero xprvdpevos tovnxdor’ 45é vopijas (« trois cents tétes ») ; cf. encore E 140. § 28. Le pronom relatif, qui figure dans une proposition différente de celle du mot auquel il se rapporte, présente une autonomie parti- culiérement nette : K 278 Arde véxog 4 té por alet... ; —X 87 gfhav Othog by téxov abe ; — I] 353 piauwv... | at t’ ev bpeae (le podte pense a bec). Passage du singulier au pluriel : 4 124 pets 8 Eppa ndrnoc eméx- tapev, of péy’ dprecor (Eppa est Vantécédent de o!); — I 369 datv Tpeixdy obg ddcovcas Beuxrh tépgoc Epune; — } 318 Tydemdor Ametpu- yoviny dipinavey, | of vide a” Bheaav...; — 2 BOR ca) xé tew orbEape... | of xeivoy fidwytar; ef. encore 4 67, v 223, + 40. — De méme au neutre : p97 xajrog & pupia Boones... (cf. ¢ 422); — F410 yeppadler vé fa mokAa.. j ef. encore Q 651, « 438, etc... Inversement, un relatif au singulier peut suivre un antécédent au pluriel : A 367 viv ad robs doug émel- copa by xe xizeiy; — T 260 dvOpinow civuveat dri x’ Emlopxov bpdoan 3 — of. O 734, [1 624, W 285, & 106 (Song se rapporte A alySv masculin). Au cours d’un développement, le texte présente le passage .d’un genre A un autre : & 164-167 érépip wey Boupt adxoc BaAev... to 8 Eréper... 48 Omip adtod | yain evestiprxto (Pidée d’aiywh s'est substituée a celle de pv) ; — A 238 expres’ alyph: | eal téye yerpt haGwv... (Pidée de 36gu s’est substituée a celle de atypy, : c’est la hampe que saisit Agamemnon), 4. Hest possible qu’ici il n’y sit pas daccond, mais un emploi adverbial da pluriel neutre ; cf. § 53 et Manu Leumann, Homerische Worter, p. 165. CHAPITRE II LES NOMBRES § 29. L’emploi des nombres pose un certain nombre de questions générales qui se trouvent envisagées dans les Vorlesungen de Wacker- nagel et dans la Syntaze grecgue de M. Humbert ou celle de Schwyzer?. Un premier probléme est posé par l’existence du duel. On a observé que le duel disparait 4 mesure qu’une société se développe intellec- tuellement. En grec, si l’attique a longtemps conservé le duel, l’io- nien n’en présente aucun exemple. Chez Homére, les faits sont confus*. Le duel dans I’ IJiade et l’Odyssée est une survivance du dia- lecte éolien, et il est employé par des aédes qui parlent ionien et qui ignorent I’éolien. Sil’on ajoute que certaines formes du duel manquent déja au grec a l’époque homérique, que, d’autre part, la ‘structure métrique du vers a exercé une influence sur ’emploi ou le non-emploi du duel, on s’explique que la syntaxe du duel chez Homére présente de nombreuses irrégularités. Les formes mémes de duel reflétent les conditions de son emploi. Ce n’est pas par hasard qu’un certain nombre de duels de verbes contractés présentent la flexion athématique éolienne (cf. I, p. 306). Certaines autres formes, en revanche, risquent d’étre des atticismes comme zeptibpedov (I, p. 478); enfin, "ArpefSa a été interprété soit comme un éolisme, soit comme un atticisme (I, p. 203). § 30. L’emploi du duel se trouve restreint chez Homére, d’abord parce que certaines formes sont inusitées ou exceptionnelles. Dans les thémes en 2, il n’y a pas au féminin de forme de duel distincte (I, p. 202-203). Dés lors, le gree a éliminé, dés avant la période histo- rique, les formes féminines des mots signifiant deuz; non seulement Saai et dupdrecat apparaissent comme des nominatifs pluriel appe- lant des accusatifs 5ua:, dupotée1c, mais 84w Ou Bio, iugu servent a la fois pour le masculin et le féminin. , 4. Schwyzer-Debrunner, p. 38 et la bibliographie. 2. Ibid., p. 6 et la bibliographic; Cuny, Le nombre duel en grec, Paris, 1906. Pour Homere, voir Ohler, Veber den Gebrauch des Duals, Mayence, 1884; Meillet, M.S. L.22, p. 14%; Debrunner, Glotta 15, p. 14; Bolling, Language 9, p. 298. LES NOMBRES 23 Il résulte de cet affaiblissement du duel féminin que son emploi est devenu peu courant. Un groupe comme ihzs ect yetpe Baddvte (A 211) a quelque chose d’exceptionnel et la forme yzics est largement concurrencée par yeigec et yeiors. Le nom des cnémides xvrpidas est sept fois 4 l’accusatif pluriel, jamais au duel, et le nom des gants est au pluriel yetgi8as dans unique exemple (w 230). La situation du duel au féminin entratne des incohérences comme A 9-10 : x20jpeva: elezpdwoat | céoneatov. . Au neutre, les formes de duel en gree étaient identiques A celles du masculin : Sotpe, fuy>. Les duels neutres en -w sont exceptionnels. Un seul exemple au neutre du duel So en 648; on a partout ailleurs God. I] n’y a pas d’exemple de dugoréew au neutre. Les exemples les plus clairs de neutres en -w se trouvent prés de dace; on a plusieurs fois ta 82 of Scse (O 607, ete...) bese gxeve (N 3, 7, etc...); —A 200 Bewin 32 of Sece gdavOev (ef. encore 6 186). En re- vanche, en N 435 Zace qaewvs. D’une maniére générale, le duel est exceptionnel dans les fémi- nins et les neutres. Ni vot ni jp2zp n’ont de forme de duel, cf. « 388 = £74 Bbw vixtas 860 v Hpara, ou x 142 80 7’ Hata xad Ado vinras. L’emploi du vieux duel sce présente une variété instructive. Le verbe, dont tcce est le sujet, est le plus souvent au pluriel : A 200 Bewd 34 of Soce gaavdey (cf. IT 792, P 695, T 16, 4° 396, 637, 8 704, e 154, ete...). On reléve en N 616 un exemple caractéristique ov l’on a tw Scce, mais le verbe au pluriel avec l’adjectif apposé : tw Sé ot Goce | map mociy aipaté:vez yayal nécov (la métrique admettrait aiua- téevte). Le verbe est parfois au singulier, ainsi : M 466 suet 8’ Sace Sette: (cf. W477, ¢ 131). Le duel n’apparatt que dans des formules probablement anciennes : 0 607 = T 365 ti 3€ of Zaae Aapnéodyy. Méme syntaxe en A 104 = 5 662; cf. aussi UW 463. L'accord de Padjectif apparatt souvent irrégulier : y. 228 44 Sobpe | wixp’ Ev zeosiv... Dans le groupe dhxtpa dodce (A 43 = y 125 et Tl 139), ddmpa est métriquement nécessaire (cf. ( 18). Dans 6%éx Sotp2 (E 495, Z 104, A 242), il o’y a pas lieu de corriger en 3&ée Bodpe. Noter aussi N 435 lace gaewva et of. N 616, cité ci-dessus. § 34. La langue épique ne connait de flexion ni pour 8iw, dvs, ni pour dyvw, of. K 253 tiv B80 yorpdwy; x 545 Suu zotayév. Dune ma- niére générale, la forme -ouv est peu employée. Dans. les themes en e/o : quatre exemples de toitv (A 110, N 66, UF 336, ¢ 34), aucun de *adccttv. Dans les substantifs : cing de txnouv, quatorze de dpouy, etc... Dans la flexion athématique, la forme en -ouv est exception- nelle. Bsipyvouv se trouve en p 52 et 167 dans des endroits ot Letj- ‘quoy ne ferait pas le vers (ailleurs Secoyvev et, aux cas directs, Lecgivec, 24 CHAPITRE IT Derpyvac). Si yeipe est. assez bien attesté, on n’a jamais *yepotv. A cété de trés nombreux exemples de noddv et de xé8esa., nosst, Tost, il n’y a que huit exemples de noSottv dans des formules comme la fin de vers xtinoc 4A8e nodot (n 6 = + 444), ou dans six fins de vers de P'Jliade, dont cing sont du type xé eSoity (E 477 = ¥ 537). Le duel Alavte est plus fréquent que Alavteg mais on ne trouve que Aldvtecs:. Plusieurs exemples de iéovte mais, a cété de Agovte (Z 579), on trouve Aedvtwy (2 585) ; dedvtotv n’est pas attesté. On sait enfin que, dans le systéme verbal, la premiére personne du duel n’existe pas en grec (ef. A 776-777, et voir 1, p. 478). Le systéme morphologique du duel était, on le voit, réduit dans la langue épique. § 32. Dans les emplois du duel, on observe d’abord le duel naturel, qui se fonde sur la nature des choses et s’applique aux objets qui vont par paire. Or, cette syntaxe, en particulier pour les noms de parties du corps, est rare chez Homére : il n’y a que yo3va ou yolvata, obuta, xvFpa, apupd; néSeq néSac (nosct et méSeccr sont beaucoup plus fréquents que zodciw). — “Ogbarpsd (1 503, N 474) et opbudpoiv (8 115 = 154) sont exceptionnels ; le pluriel dor, dpous est beaucoup plus fréquent que dpw, et Sporn ou spots que dpouv; si tévovte est aussi bien attesté que tévovtsc, yetpac est plus usuel que yetpe; A e6té de pnpods librement employé, ainsi que pypa on ne lit pnp qué dans deux formules : nexAyyeto wnpd (M 162 = O 113, 0 397 = vy 198) et pnpd mdyEduevoc (I 125). De méme pour le nom de la pau- piére, il y a de nombreux exemples de Brepdpwv ou de Brepdpors: et deux de Bregspouv (K 187, ¢ 490). En revanche, le duel est constant dans rjyee et dans ccc, qui reste une pure survivance (et qui ne comporte pas de cas obliques). Sur l'accord du verbe avec. dcse, voir § 30. — Noter Bée « une paire de boeufs », v32, N 703. On a observé aussi que le nom des parents toxies (37. ex.) se trouve toujours au pluriel. Un seul exemple du duel en 6 342, ot le duel est attiré par le voisinage de duu, et qui se trouve dans un développe- ment qui ne semble pas trés ancien (cf. W. Schulze, Kleine Schriften, p. 322; Wackérnagel, Spr. Unt. 2. Homer, p. 55; Vorl. 1*, p. 83). Le duel naturel est parfois souligné par ép.pw : cf. E 307 &pow... tévovte, ou = 496. Mais éy¢w est volontiers suivi du pluriel, particulidrement dans V’Odyssée : dupa... 3¢0ahpol (Il 348), dupe yetouc (0 135), né8ec Gyo (v 365), dnge ~ovara (¢ 453), oara dupa ( 302), etc... A plug forte raison avec dpostepor : B23 dpgorépyse 8 yepstv; x 312 jpiv Gugorgpos: 5 8 658 coiny 8’ dupoteporat, ete... Le duel se trouve a cété de dypdtepor en @ 115 et w 397 (voir Debrunner, Glotta 15, p. 24). § 33. On a défini aussi un duel anaphorique qui se référe & deux LES NOMBRES 25 objets dont il vient d’étre question et qui sont ainsi considérés comme un couple : E 27 vie Adpnros (of. E 10); — H 279 wraéte naide pw mohepitere; — 0 151 yaipetov & xodpw. De méme, enfin, le duel de apposition ; B 864 sqq. Moov a3 Méobhns te xai “Avzig0s hyyotobny, | ole Takapéveog, to... of... (cf. E 152, 542, N 792, Y 460, 0 242); aide et vie s’emploient comme apposition ou prédicat se rapportant a deux personnes (cf. A 709, 7501; ¢ 216). Un autre emploi ancien du duel est l'emploi avec é&w pour un groupe occasionnel de deux personnes. Ainsi, A 102 Isos et Antiphos, M 95 Heélénos et Déiphobe sont « deux des fils de Priam » (et non les deux fils) : vie Suu Lptipoo. En d’autres passages, vic Suu se trouve employé de méme sans que le sens puisse se définir aussi strictement : B 679, 822, 831, 843, A 329, M 99; ou Buo natée : X 46 « deux de mes fils »; en outre : B 734, A 126, 262, 307. On trouve des expressions comme 4u' avépe, 580 pate, Aéovte, xbve t of. T 246 dpve Bbw, 1 689 xxpuxe Bbw (puis nenvupeve Zugu). Les deux javelines du guerrier s’appellent S059: (N 241, 1 139), mais aussi io Sot¢e (K 76, etc). On emploie, en effet, parfois 880 pour ce qui constitue un couple : A 16 ’Azpetda... Bbw; E 549 Atavre Bdu. En \ 578, yixe, pour désigner deux vautours, au lieu de yore dé, se trouve dans une partie du poeme qui n’est pas ancienne et peut étre un faux archaisme. . § 34. D’une maniére générale, le duel est employé avec incohé- rence. En T' 236 sqq., Héléne, en parlant des Dioscures, dit : Sod B ob Bivayar [Blew xoaphrope Lady; — puis abroxactyvizw, wa... ody tonéobyv; mais, a partir de 240, Enovro, UOéroug, Berdtdtec, et, sans nécessité métrique, tods 8’ (243). - A propos des deux chevaux d’un char : E 363 /pustymuxas tnnoug, mais E 366, dans une formule traditionnelle : to 8° odx déxovte xe- zésdyv. De méme, YU" 377-378, les chevaux sont au pluriel : dpceves nna, et les verbes sont au pluriel, puis survient, en 379, le duel tixtmy volontiers employé en fin de vers. Dans quelques passages, la valeur du duel se voit a plein. Ainsi, 8 280 sqq. : adtip éyis xai ToBetne xat Bing "OBvsaed¢ jueves by peasoisw dxoseauer ing EEéqoac. Noi py auger ip pevevowey Boni ” *OBuaede xaéoune xa goyebev iepdvo ep. *Axsopiwve Modove navés en .\ 750 désigne «les deux Molions, fils d’Actor » (en realite fils de la femme d’Actor et de Poseidon). L’interprétation de ‘Wackernagel, K. Z, 23, p. 307, ne trouve pas d’appui dans la tradition ancienne. 26 CHAPITRE IIT Tous les duels ont ici une valeur forte et marquent Yopposition entre Ulysse et ses deux compagnons. La force du duel est également sensible en N 781 sqq., ou Paris insiste sur le fait que deux Troyens seulement se sont retirés du combat : ofw Anioobig te Bin 0” “Edévoro Svaxzog | oiysotinn, paxpyar cetuppeve eyyetyaw | dugortow... Dans la description du bouclier, le duel met en valeur les person- nages d’Arés et de Pallas Athéné : £516 jipye 8 doa ag "Apne xai [ad- das 'ASivy | dugw ypuari, ypbaca Be cipara Eobqy | xaki xai weydhn abv redyzaty ds te Baw nee, | ducts dptt Aw... En E 295-296, le duel sert. insister sur l'amour de Zeus : olay dre xi~ tov ep emrayéainy grddrat: | cle ebviv portdvee gous AiBovte toxias. De méme A propos d’Ulysse et de Pénélope : } 244 of vam aytoavto nap’ dddfdova pévoves | H6ns taprivar; — b 300 th 8° Emel obv guhdemros braomrrny tparewis | repéobyy wlctet, pbs dMAyods Evenovees. A chaque instant le pote entreméle le pluriel et Je duel. Dans son discours du chant A, Nestor commence par le duel pour marquer qu'il s’adresse 4 Agamemnon et & Achille, passe au pluriel et revient au duel. A 257-259 : «i viv Souhfy Aavadiv, mept 3 diva nufelara papvayévouy | of megt zi pdyeada: | GAA nidead” Suew 3% veurrépw éavov éyeto. Au vers 274, le pluriel figure dans une formule. — Méme mélange de duel et de pluriel en E 222-227, 239-245, etc... Si le duel met en évidence D’idée de dualité, le poete n’hésite pas 4 substituer le pluriel au duel, lorsque la métrique le demande. Le vieux composé qui se trouve dans Ja formule ézfnpes Exaigor ne pou- vait, figurer au duel (*2oiyge) devant eraigo.; au lieu d’employer, comme on Veit pu, *2er4cw (of. I, p. 232), on a gardé totngs éxatper dans deux passages ot le duel semble d’ailleurs constant ; @ 332 = N 421. Le simple désir d’éviter lhiatus peut suffire & faire substituer le pluriel au duel : % 263 totes tot rabtw 7’ Enapsvrope robs dyopeders (robs pour tH); mais en 264 xabrnévo- ® te xai dAow avec -w abrégé devant #. D’une maniére générale, le passage du duel au pluriel, ou inversement, dans les appositions est fréquent, cf. + 384, etc... Verbe au duel avec un sujet au pluriel : E 10 840 3¢ oi uides omy; — A 452 yeiuappor norapot... cvpbiareroy; — Y 158 aio 8° dvépes Evy’ doraror | és pdocy dusorépuy cuvitqy uspadre pdyeoda; — W393 ai 8¢ of txnot... Spayérqv. — Verbe au pluriel avec un sujet au duel : N46 o7d péy ve aadaete daby "Azaudy ; — U1 387 vi 8° aris Eegé- cast cuvélpapov;—W 320 diz Bt 105 Exdreobev Epnpdlata: Bio heuxu, ete... De deux verbes coordonnés, l'un est au pluriel et autre au duel dans un passage ou le duel domine : H 279 unxits, nid: gikw, nohe- piers pqBt udyecbov...; — ¢ 222 rh 8 ane ciaibicyy ef +’ eppdacawto Exaate | xraiev dp’ dpe’ 'OBua%... zetee ahéves ; — ASBL rh uby cap6r4- aavse xai alBomeven Bastdija | aviryy o88E xi wiv mposepdveoy, ob8! Eptovro ; LES NOMBRES a7 — TP" 239 3 ody tondeOny Aaxedaipovos 8 Eparewvijc, | H Bedcw mév Exovto véess’ imi novtondpoiaiv... 5 ete... § 35. Il est vrai que nous ne sommes pas toujours stirs que la tra- dition du texte soit authentique. Une certitude n’existe que 1a oi le pluriel et le duel ne sont pas métriquement substituables Pun a Pautre. D’une part, les aédes ioniens ont pu remplacer des. duels par des pluriels. D’autre part, le duel a pu étre introduit: comme un « ornement poétique », La disparition du F a pu entrainer des altérations. Ainsi, en M 367 éatadres Aavaobe Stpuvetov ip: payeatat, Ja legon ancienne peut étre Stpbvere (Fig: Toutefois, on a noté que les formes du duel sont souvent des ar- chaismes. Outre tcc, on peut relever Bityy, Exrov et eixtyy, Copbdythy (seule forme personnelle active de cet aoriste), xetaxthz1y (seule forme de cet aoriste). Parmi les exemples homériques du duel, quelques-uns présentent des difficultés que les scholies ont souvent discutées. . I n’est pas surprenant que le duel présente un sens que l’on peut, appeler « distributif ». Ainsi, en K 187 0s tev v7Supos Srvos dnd Bhepd- pouv ddbdec « de méme c’en était, fait du sommeil pour les (deux) yeux de chacun »; ef. 1.503, N 340; 4 2141, + 444, ¢ 223. Lorsque l’on connait le réle du voisinage des mots dans Vusage de Paccord, on n’est pas surpris non plus par des tours comme 4 48 xodpin 8 xpwievre Bbw xai nevrixovea | Biryy (ef. 6 35). Le duel a pu s’employer pour associer deux groupes (ou une per- sonne et un groupe). C’est du moins ainsi que l’on a tenté d’expli- quer quelques passages qui font difficulté : B 123-124 ef neo yds x’ 2WEhousev Azaol te Totdes ve | Spurz masa capsyres dpOurPhuevar pom « si nous voulions, Achéens comme Troyens, aprés un pacte loyal, nous dénombrer de part et d’autre »;— E 487 yx, xs, as apie Mvov ddbvre navdypou, | dvapder Suepevéecowy EAwo xal xdpua yévacbe « jai peur que vous ne tombiez dans les mailles d’un filet qui ramasse tout et ne deveniez la proie, le butin de l’ennemi ». Le passage a été diversement interprété dans l’antiquité. Sarpédon s’en prend a Hec- tor et lui reproche de ne pas méme donner A ses hommes l’ordre de tenir bon pour défendre leurs femmes. On a donc compris soit « vous et vos femmes », soit « toi et ton peuple ». Le passage présente une autre difficulté dans la quantité longue de I’ de d)évre (ef. I, p. 18), et Bentley a arbitrairement corrigé Afvev xaviypovo (Flarcvtes, Le cas est différent en ‘¥ 412-413 ... adtixe 8’ Ope xataxteve yore | ai x dmoxnBtonvee gepdpela zeipov defhov... « si, par votre nenchalance, nous n’avons qu’un prix sans valeur » : il y a ici en réa- 28 CHAPITRE III lité une anacoluthe. Le poéte songe d’abord aux deux cavales, puis emploie la premiére personne du pluriel sepdyeta. Le scholiaste glose par dnoxyiysdvrwy (génitif absolu). Toutefois, on a parfois voulu voir dans ce duel le sens de « moi et vous deux ». § 36. L’emploi du duel est parfois fort hardi : 11 370-374 flodol... Gxdes tumor | dbave’ bv mpdbrep goyd Mnov douar’ dvixcwv,..... « Bien des chevaux brisent leur char a Pextrémité du timon et laissent le char de leurs mattres » : a€avte s’explique par ce que le podte songe aux chevaux par attelages de deux ; la construction est peut-étre moins foreée, si l'on adopte la lecture vraisemblable Spe (Flavixswy. Mais le passage s’explique surtout parce que la formule est inspirée de Z 40 et 11 507. Méme type de difficulté en P 387 ... yetpés <’ dptadpol ce nahdsaeto papvapévorty « les bras, les yeux de ceux qui, des deux cétés, com- battent »; on explique Je duel papvanévory en remarquant qu'il s’agit des deux armées. Mais naddssero au singulier pose un autre pro- bleme (cf. § 24). Il est possible que le passage soit fait de formules mal raccordées. Il y a surtout trois passages ow l'emploi du duel, qui semble valoir le pluriel, a été longuement discuté par les Anciens, et par les philo- logues modernes : [ 278 xai of inévep0s xapdvras | évOparavs tivvalov én... «et vous deux (Hadés, le Zeus souterrain, et Perséphone) qui chatiez quiconque... » (cf. I 457): Mais Zénodote pense que tivoatov équivaut 4 un pluriel, et Yon pourrait attendre quwil soit question des Erinnyes (cf. T 259). Il est possible que la legon ancienne soit thwafe et que tivvobov ait été introduit pour effacer hiatus. En I 182-498 se trouve une série de duels : ru 8& Badryy... ixésOyy... wh St Barny... yalpetov... ixdvetov... gedrdtw Lordy. On a pensé que ces duels indiquaient que Phénix ne faisait pas originellement partie de l’'ambassade. M. Debrunner, de son cété, estime que nous avons 14 une faute de syntaxe. On peut aussi supposer que seuls Ulysse et Ajax sont envisagés par le poéte : Phénix, qui leur sert de guide et qui doit les introduire, est a part (cf. Obler, p. 24). Un probleme critique important se pose également en 4) 185 sqq. Hector s’adrease a ses coursiers Xanthe, Podarge, Eton, Lampos ea employant le duel : dnotivetov... Egopapteitoy xzi oxedderov. On sait qu’Homére ne connait, & de trés rares exceptions pres (cf. surtout I 149 sqq.), que le chara deux chevaux. Ou bien le vers 185 doit étre con- damné, comme le fait Aristarque, ou bien nous avonsaffaire A un passage « récent », ol il est question d'un char & quatre chevaux et od le duel est employé pour le pluriel. Remarques. — 1. En A 867, il est possible que nous observions égale- LES NOMBRES 29 ment le duel en fonction de pluriel : 2 wb tor od ypalopwar Scor Beot elo’ &v’Odsyxe | Xcaov iév0” bre... : la forme tévé" a été interprétée par Aristarque comme tévra « si je m’approche?... », et par Zénodote comme un nominatif duel avec sens pluriel « s’ils s’approchent ». D’une maniére générale, Zénodote admet que le duel pouvait s’em- ployer comme pluriel; ef. T 459, Z 112, etc... TE. Les vers © 73-74, 001 &CéoOqv se trouve employé avec la valeur @un pluriel, sont, 4 dautres égards, inacceptables et ont été con- damnés par Aristarque. § 37. On a supposé que, dans des passages comme E 519, Atavte désigne non « les deux Ajax », le fils d’Oilée et le fils de Télamon, mais « Ajax et son frére Teucer », ce qui constituerait un vieil usage indo-européen (Wackernagel, K. Z. 23, p. 302 sqq.; Vorlesungen 1°, p. 82). Cette hypothése ne saurait concerner que la préhistoire de ’épopée, il n’y en a pas trace dans les scholies, et dans I’Zliade, sous la forme ov elle nous est parvenue, il semble qu’il s’agisse tou- jours des deux Ajax. En H 164, il est vrai, lors du tirage au sort, il est question des Atavzec (au pluriel), puis il est plus fait mention que d’Ajax, sans précision (179, 183). C’est seulement si Alovies désignait Ajax et Teucer que la suite du récit reste claire. Mais le passage de N 46, que lon évoque en rapprochant M 400, se référe aux deux Ajax, le fils d’Oilée et le fils de Télamon ; cf. N 66-67. En M 335 : Alavte Bbw... | éctadtas Tedxpdy ts véov xhioinfey EXOdvra, Wacker- nagel veut retrouver une vieille expression que connait le sanscrit Alavte Teixpds te « Ajax et Teucer ». Mais ici encore il est bien clair que l’auteur de I’épisode pense aux deux Ajax (avee Teucer); cf. M 364-365. Pour la bibliographie, voir Schwyzer-Debrunner, p. 50-54. § 38. Il n’y a pas lieu de croire que le singulier constitue l'état normal d’un nom, tandis que le pluriel serait quelque chose que lon ajoute. Le singulier n’occupe pas dans le systeme du nombre une place prépondérante. I] arrive que certains noms ne s’emploient qu’au pluriel, que dans d’autres le singulier soit secondaire par rapport au pluriel. Le choix méme du singulier ou du pluriel dépend souvent du point de vue auquel on se place, le singulier mettant l’accent sur Punité, le pluriel sur la multiplicité. I] existe chez Homére, comme dans toute l’histoire du grec, un sin- gulier collectif : It 14 tépev xat& Baxpuoy etGete (« des larmes ») ; 4 422 xipa Saddaons (« la houle, les vagues »)* 4. Npatsuety étant suivi de Paccusatif de « ce contre quoi l'on protage + (cf, H 44: 144). - 2, Biba, Der kollektive Gebrauch des Singulars in der S pracke der Odyssee, Briix, 1904. 30 CHAPITRE Il On a toutefois surtout remarqué que le pluriel est seul employé pour certaines catégories de mots'. Le pluriel est seul utilisé pour désigner des objets dénombrables ou un objet unique, dont la struc- ture est complexe. Cette liberté d’emploi a entrainé la naissance du pluriel dit « poétique », qui présente l’idée avec une emphase parti- culiére et qui peut aussi avoir été choisi par 'aéde pour des raisons de commodité métrique. Mais il est arrivé aussi que la commodité métrique conduise 4 créer une forme de singulier, alors que le pluriel est plus usuel. Pour dire « froment », Homére emploie rupoi, mais, & Paccusatif, nupév, dont la forme trochaique est commode, fait con- currence A nvgods. Pour le nom de la viande, le singulier xpéeq (9 477, x 443, p 344) semble secondaire. La forme xpéa, quelle qu’en soit Porigine, est sentie par les aédes comme un pluriel. De méme cdpxes est originellement dépourvu de singulier (un seul exemple de oapxés en 1 450). L’emploi du singulier ou du pluriel peut indiquer que l’auteur se place a des points de vue différents : Xad¢ exprime la multiplicité non dénombrée que comporte un peuple (ou une armée), do! les hommes qui composent cette armée : A 47 xai IIpéxpos xat dads euppedto Tiptaporo « Priam et le peuple de Priam 4 la bonne pique »; — mais A 10 ddgxovto 8 Aaot « et les hommes périssaient ». Toutefois, en B 96 et 99, le pluriel, puis le singulier sont employés sans nuance de sens notable. Aussi bien le pluriel pour ce mot est beaucoup plus fréquent que le singulier, peut-étre secondaire. Tl existe, bien entendu, des mots qui ne s’emploient qu’au singu- lier, comme sitog « céréale, pain », de sens collectif, alors que le grec postérieur emploie sito: et cita, Adxpy doit étre plus ancien que Sdxpua, qui se-trouve souvent au cinquiéme pied. * § 39. Le pluriel s’emploie pour désigner des masses mouvantes et diverses, comme dans les termes relatifs 4 ’eau : raya‘ « courant », poai, pée0p2, mpoycai; de méme deetpa ; noter, au lieu de U8wp, Sata en v 109. Parmi des objets qui comportent une multiplicité, le plu- riel s’observe, par exemple, dans les noms de céréales Cael, xprbal (mais le neutre xpi au singulier), oddoysca1, Shupar, dAgita, mais au génitif ddgitov pour l’impossible ¢gitwy (-v-). Dans le méme ordre @idées, Homére emploie xovin, mais au datif pluriel xovinat; Deg au sens de « sel » (singulier seulement I 244 et p 455). Le pluriel s’emploie volontiers pour des substantiis qui désignent, une matiére : 54), elpra, pdpator, etc... Noter encore des noms 1, Schwyzer-Debrunner, p. 42 et la bibliographie citée; Witte, Singular und Plural, Leipzig, 1207. LES NOMBRES 34 de lieux comme éxtal, aussi fréquent que dxri, qudvec cOté de qusv, dupéves a cbté de Awhy, dyGar plus fréquent que by 6x. Un nombre appréciable de mots uniquement attestés au pluriel s’observe dans les noms de parties du corps : 3upata (a cété du vieux duel Bese), tplyec, -yeverdBec, Werpar, mpanidec, amdayyva, Eynara, péhen; xpéswna doit @tre antérieur A xodawnov (2 24); de gpéves, il y a prés de trois cents exemples contre cinquante et un du singulier; — de méme orca est. plus fréquent que le singulier. — En revanche, vitov et vaca se trouvent également employés. Une autre catégorie est constituée par divers noms d’objets com- posés en général de plusieurs parties : toujours mda, presque tou- jours @Jpa (soixante-deux pluriels contre neuf singuliers, cf. lat. fores), 65petpa. En revanche, Homére emploie a la fois le singulier mpébupov et le pluriel nedduga, Pour le nom méme dé la maison, le poate se sert a la fois de Sdyos et béyor, Sua et Suara; mais on a toujours oixta jamais olxiov, tandis que otxos ne s’emploie au pluriel avec le sens du singulier qu’en w 417. Méyapov et péyapa se trouvent également employés, le singulier désignant la « grande salle », le second plutét « maison, palais ». Kiiofa est fréquent, mais xdtcia, équi- valant au singulier, se trouve une quinzaine de fois. Pour désigner le lit, les aédes se servent également de déyos et dea, Mxtpov et héxtpa ; en revanche, dvi se trouve au singulier et trois fois seulement au pluriel valant le singulier. Méme emploi du pluriel pour le nom de la oiture qui est un assem- blage de parties : tyea, dyéwv, byeayt, non le singulier; d’ot ’emploi de appara A o6té de dopa. Nom de certaines armes : tedyea, dxaa (armes et gréement, deux fois au singulier au sens de cordage) ; 7&2 s’emploie souvent au lieu de téEov, parce que l’on pense a V’attirail que constituent l’arc et les fleches (cf. H 140); Bédeuva « trait » s’emploie avec la valeur d’un singulier : O 484, 489; — le nom usuel du nerf de are est veugy ; le pluriel neutre veda désigne les tendons de la jambe en II 316 et le nerf de Parc en A 122; d’ou vedpov en A 154, pour désigner le cordon qui serre le bout de la hampe. Une catégorie considérable est constituée par des abstraits, en par- ticulier de la premiére déclinaison!. L’emploi du pluriel exprime la variété des aspects de la notion abstraite : deotgeoodvga: (0 470), aSpetqor (x 234, etc..., un exemple du singulier » 41), dvadxetqor (Z 74, ete...), éppxdinat (E 649, etc..., un exemple du singulier B 368), uclquoadvya (N 108) & cOté de petrpoosvy (N 124), vanténe: (0 363, 4, Noter aussi, en p 341, Oivaror « des genres de mort ». 32 CHAPITRE IT etc..., un exemple du singulier I 491) et vidas (x 297), nodwxetgar (B 792), noduxepbefyct (w 167), meobupigs: (B 588), texcosvvduw (2 250), bnobyposivyan (O 412, « 233), etc... Noter l’opposition en N 108 thyepsvos xaxdtytt pedyuooivyst te Aadv. La plupart des exemples, mais non pas tous, se trouvent au datif. § 40. Dans diverses catégories de mots, le pluriel se trouve préféré au singulier. De plus, comme on attend, les aédes ont parfois em- ployé le pluriel lorsque la forme est plus facile 4 placer dans le vers. Ces divers pluriels ne sont pas tous de méme nature. Ceux qui sont du genre inanimé doivent étre interprétés comme des collectifs (ainsi déyee, r6Ez, etc...), plutét que comme de véritables pluriels. Certaines formes ont pu étre constituées secondairement. Ainsi les singuliers gpéva, Oven et Odpyy, ou le pluriel oixo au sens d’un singulier. Remarques. — 1. Homére a conservé certaines formules archaiques od un neutre en -ap, indifférent au nombre?, équivaut A un pluriel dans un groupe comme vixtag te xal hpap (E 490, ete...), ou dans certains adverbes comme éwijpap (A 53, etc...), ijuap (x 80, etc...), nosahyap (Q 657). IL. Sur certains prédicats au pluriel neutre, voir § 25. § 41. Si beaucoup d’emplois du pluriel s’expliquent, comme nous venons de le faire, par l’analyse de la notion qu’il s’agit d’exprimer, il n’en reste pas moins que, lorsque le poéte a le choix entre une forme du singulier et du pluriel, l'emploi du pluriel confére souvent au style une emphase particuliére : ainsi pour S@patz au lieu de Sépa. C'est un procédé qu’observe déja Aristote (Rhé. III, 6, 1407 b) et que l’on appelle souvent le pluriel poétique. Plus d’un passage des posmes homériques peut illustrer la souplesse de cet emploi du plu- riel. Ainsi, les premiers vers de la description du bouclier d’Achille (© 490-508) ne sont pas sans difficulté a cet égard. Au vers 494, il est question de yipo et d’eidax/vx : partout ailleurs, Homére em- Ploie yéuos, mais, dans le grec postérieur, yzo. s’emploie pour dési- gner les fétes d’un mariage; quant & elhanivat, le pluriel se trouve, mais, semble-t-il, avec la valeur propre de pluriel, en K 247 (partout ailleurs-le singulier chez Homére). I] serait tentant de voir la un plu- riel poétique et de traduire « une noce, un festin ». Toutefois, au vers 492, le podte poursuit vizoac... yfvecv : l'emploi d’un pluriel poétique wy4ar « une épousée » semble peu vraisemblable. I] faudrait alors admettre que le bouclier porte plusieurs cortéges de noces et 4, Sur ce cas, voir Benveniste, Origines..., p. 95; M. Leumann, Homerische Wor- ter, p.100. LES NOMBRES 33 M. Mazon traduit le tout au pluriel : des noces, des festins, des épousées. Plus loin (vers 505), les Anciens rendent la justice : oxijntga 88 xnpixwy ev yéga’ Byov Hepopmvwv’ | soiaty Emect’ rosy... Ont-ils tous un baton? ou le baton passe-t-il de main en main lorsque chacun prononce son avis? Cette seconde hypothdse semble la plus probable et oxintpa doit tre un « pluriel poétique », ce qui n’est pas sans exemple pour ce mot. § 42. Un probléme particulier se pose & propos de l’emploi du plu- tiel. I] s’agit de lemploi de la premiére personne du pluriel, lorsque Yon attendrait la premiére personne du singulier. Il s’agit 14 d’un pluriel emphatique. On entrevoit bien l’origine de ce tour. II est tout naturel pour un chef de famille de parler de « notre maison » ou pour un chef d’armée de « notre victoire ». En H 196, Ajax s’écrie od twa Se(Stpev Euzye « nous ne craignons plus personne » qui concerne |’en- semble des Achéens, puis il parle de lui-méme. II y a dans ce tour une apparente modestie, puisque les soldats sont associés au chef, mais aussi la nuance que c’est un chef qui parle avec toute son importance. Un exemple clair s’observe en X 391 sqq. : xoSgor ‘Ayaréiy | vyp- aly emi yhagupyot vedweba, tév¥e 8 dywusv’ | Apduela peya xiBo¢* Extpvo~ ev "Extopa Sov. Les deux premiers vers concernent les compagnons d’Achille autant que lui-méme : « fils des Achéens, retournons aux nefs creuses et emmenons cet homme ». Puis il s’agit de la victoire remportée par le seul Achille, mais qu’il met figrement en commun avec ses compagnons : « nous avons conquis une grande gloire, nous avons abattu le divin Hector ». Noter encore le mélange’ du singulier et du pluriel en N 257 w w yap xatedéapev 8 npty Eyeoxov (cf. encore N 785). Cet emploi explique l’'usage du pronom fyéregos & la place de épdg dans des passages comme [! 244, ot Achille appelle Patrocle tpétepoc Gepénwy ; ou I 108, ot Nestor dit 4 Agamemnon : « tu as enlevé la jeune Briséis od t: xa6’ hyérepdy ye vdov’ wdda ydp tor Eywye | OMA’ ame pobesuny « bien contre notre gré : avec quelle insistance n’avais-je pas cherché a ten dissuader » : Nestor associe 4 son avis les autres membres du conseil. Emploi comparable en & 60, ot Achille dit de Lycaon : Boups¢ dxwxys fuerésoro | yedcetat. Citons encore O 223- 224, ot Zeus déclare : ... dhevitpevos yorov atndy | hustepov; — a 441- 442 (dans la bouche d’Eurymaque) ... aip2z xehatvov Epuricer mept Bougi | fperéew; — t 344, il n’est bien question que du seul Ulysse : obBE yovh, Todds Aherar Hyeréporo; — 2 564 sqq. Ulysse, seul, s'adresse a Ajax : ty! Enog xat ploy dxoveng, | hydrepov. 1. Gf, surtout Wackernagel, Vorlesungen I, p. 98; Schwyzer-Debrumner, p. 203 et 243. 34 CHAPITRE III. — LES NOMBRES C'est a cette syntaxe que se rattache Pemploi du pluriel, lorsque le podte parle de lui-méme en s’associant 4 ses auditeurs. L’Odyssée commence par dvipd sot Ewere, Modes, mais le poste conclut au vers 10: eixt xai juiv. En B 486, aprés tonete viv por Motea..., le poete s’asso- cie ensuite aux autres hommes jpeic 8: xAgog otov dxodouev. Sur la valeur du pronom &uéz, voir I, p. 272. § 43, Dans un conseil ou un ordre, la premiére personne du pluriel est employée dans une formule de politesse* : I 26, ete... w> av éyw einw, Tedyeba aivteg; — B 273 ci 8 av epotc exdeoss mbdpeia; — O 553 sqq. obtw 8% Medivinne, petrisopev; o38¢ vw oot meg | vtoénerat... Yrop. — Noter aussi p 375 6 ot Boas Extapev het, bien qu’ Ulysse ne se soit pas trouvé avec ses compagnons lorsqu’ils ont tué les vaches du Soleil. Remarque. — “Aye et dyere étant devenus des adverbes, on observe avec ces formes soit le passage du singulier au -pluriel : I 444 dye Bh... tpameloper; y 332 kye skuvere; B 437 dar’ ye, xhpuxes, ... Raby... dyerpévtey ; — soit inverse o 418 dyer’ olvoydog usy EnapE dade ; %139 don’ dye Suty tedyen évelxo. 1, Bolling (Class. Philol. 26 [1931], p. 313), a voulu voir un pluriel de courtoi en E 249 yatsyet! ég' trey « retirons-nous vers notre char », c’esl-a-dire « retire-toi vers notre char ». Mais il est plus probable qu'il faut entendre « retirons-nous sur notre char », cf, & 356. CHAPITRE IV GENERALITES SUR LES CAS NOMINATIF ET VOCATIF § 44. Le systéme! des huit cas indo-européens eat déja réduit a cing dés les plus anciens textes grecs. Le procés de syncrétisme par lequel s’est opérée cette réduction est antérieur 4 Homére. Il est ten- tant de chercher dans I’étude du génitif ce qui continue le génitif indo-européen et ce qui vient de l’ablatif, dans celle du datif ce qui appartient au datif, au locatif et 4 Pinstrumental. Nous nous effor- cerons de mener A bien cette analyse qui est instructive, mais elle ne répond a rien dans la conscience linguistique des Grecs du temps d’Homére. Des cette époque, il n’existait qu’un génitif, qu’un datif. L’emploi des cas était trés libre. Le nom, apposé au verbe, se met- tait au cas exigé par le sens, sans étre uni a lui par un lien étroit. Avec un verbe comme xdJetv, le génitif, le datif et l'accusatif peuvent. étre employés (cf. §§ 65 et 88). I] se produit souvent une concurrence entre les cas qui, pour certaines notions, se trouvent proches l’un de autre. Il y aura lieu de définir les nuances de sens qui séparent les cas lorsqu’ils semblent s’équivaloir. Déja chez Homire, le sentiment commence & se développer que tel cas dépend du verbe; autrement dit la rection s’introduit dans la syntaxe. Ce développement a été haté par emploi des prépositions. Elles ne sont pas indispensables et Pon trouve chez Homére des compléments de lieu comme ixovra deiiv #0; (E 367). Mais les prépositions, particules originellement auto- nomes, ont tendu a se lier soit au verbe (préverbes), soit au nom (pré- positions proprement dites). Cette évolution, d’une grande impor- tance, est en cours a l’époque ot ont été composées |’ Jliade et 1’ Odys- sée, et il y aura lieu de |’examiner de prés. Plus d’un passage permet @observer le développement des prépositions : que l’on compere, par exemple i 195 gpea! névos défer ot 1 218 evi gpeai névios Lyoves. 4, Schwyzer-Debrunner, p. 52 et la bibliographie citée. Ajouter Th. Simenschy, La construction du verbe dans les langues indo-européennes (Bulletin de PInstitut de Philologie roumaine, XIIi), Jassy, 1949. 36 CHAPITRE IV § 45. Le nominatif! exprime ce dont il est question dans la phrase. Il sert donc a désigner le sujet, qui peut d’ailleurs n’étre pas exprimé, lorsque l’interlocuteur I’a présent a l’esprit (sur les verbes employés sans sujet, voir § 9). C’est sous la forme du nominatif que, hors de la phrase, le sujet se présente a esprit. Chez Homére, on le trouve parfois employé quasi absolument : cf. §§ 19 et 20; sur Z 395-396, voir § 347. 1] joue volon- tiers le réle d’une exclamation : E 403 Syéshisc, s6ptroepyd< &¢ ode Bier’ alooda Pétwy (cf., pour cet emploi de széthioc, U 13, X 86, ete...) 5 — de méme en vu 194, Sdopopos; —- A 234 enpobseoc Brardedg, enei ob- aBavotew dvdaserg ; — vijnvos est souvent employé de cette fagon : B 38 vimtag ob3é th Adm, & Zed whibero Epya (ef. E 406); — exemple typique en P 234 sqq. : dha BE agioy Ehnevo Bop, | vexpiv bx’ Afevros Epbew Tex AaywvedSuo, | viartor” H te nohdeawy én’ adrd Goudy danspa... Le nominatif sert donc a interpeller et se trouve ainsi proche du vocatif. Dans certains types de déclinaison, et en particulier dans les démonstratifs comme odtas, c’est, on le sait, la forme de nominatif qui sert de vocatif., En + 406 yap6pis Epos Qvydene te... Vadjectif possessif?, ne possédant pas de forme propre de vocatil, a entrainé yap6pog (le vocatif avec cette structure du vers était d’ailleurs impos- sible) et, tuyaryp (le vocatif Gsyater est également attesté). Dans la plupart des exemples* que V’on cite, le nominatif offre une forme métriquement commode : 2 301 xat ob, gihoc, p&ha yap... 3 — p 415 dc, gihos od pty... (la forme olde causerait un hiatus, d’ail- leurs tolérable A cette place); cf. y 375; — de méme a cété d’un substantif au vocatif : A189 pics & Mevéhac. Remarques. — 1. 1] semble que le grec archaique ait hérité de Pindo- européen Vusage qui consiste, dans une invocation a deux per- sonnes unies par la particule *k¥e (skr. ca, grec te), a employer le vocatif pour la premiére et le nominatif pour la seconde : T 276 Zed m&rep... Herds 0°... IL. I] est possible que, dans des passages od la tradition manus- crite donne le vocatif, la bonne legon soit le nominatif. Ainsi on a proposé de lire : B 8 Bdsx’ (0’ obdoc Svetpe (mss. obae}; — Z 885 Tinte Oéne tavomende est donné par quelques manuscrits; — 6 408 yoipe, wathp & Eetve (mss. wétep}. § 46. Il arrive souvent que le vocatif soit rattaché a la phrase qui suit par une particule. 4] Schwyzer-Debrunner, p. 64; Havers, J. F. 43, p. 207-257, Gloss 16, p. 94-127. 2. Cf. Wackernagel, Mélanges de Saussure, p. 151 3, Dans les exemples comme T' 9% of 2°) il s'agit proprement d’une apposition. .. tawouey (ef. T 83) avec Particle, GENERALITES SUR LES CAS NOMINATIF ET VOCATIF 37 a) Pour introduire une opposition apparente ou réelle : A 282 *Arpelty, ob 38 nabe tebv pévos...; — & 448 dotbe, ob 3 eliinoday Fhixag Bots Bouxcdéesxes; — Z 429 “Burop, drag ob pol door natha xai née wisng | 7d8 xastyvytos, ob 3¢ wo: Garephs nagxxoiens ; le mouvement est : « j'ai tout perdu, mais toi... » (cf. encore Z 86, X 331, 3 236). b) yap se trouve pour introduire une question ou une explication : x 501 & Kionn, sic yap taleyy o8%y ‘hyepovedae: ; — H 328 ArpefSy, re xai Era aprothes Mavayzidiv, zohhot yao tz6véor (explique le vers 334); of. Y 156, 890, a 337, ete...; — avec imei : 159 “Extog, ene! pe nar” aloay évelnecas 83’ Ontp aleav... « Hector, puisque tu me prends & parti a bop droit (je te dirai ceci) »; cf. N 68, + 103, etc... § 47. Un des problémes qui se posent & propos du vocatif! est celui de lemploi de la particule «. Chez Homire, ?emploi de la particule est moins fréquent qu’en attique (et plus fréquent dans l’Odyssée que dans I’Jliade). Tandis que, chez Platon, & est devenu la formule de politesse banale, l’usage de la particule répond chez Homére 4 une intention : l'interjection exprime souvent un ton assez vif et brusque. Au contraire, on n’emploie pas & en principe lorsqu’un homme s’adresse 4 une divinité ou un inférieur A un supérieur, une femme & son mari, un serviteur & son maitre. L’emploi de & est en définitive exceptionnel (huit exemples sans @ dans I’Jliade contre un avec o; cing exemples sans ® dans |’'Odyssée contre un avec a). Lorsque Athéna emploie « en s’adressant & Zeus, c’est avec un ton d’impatience, ainsi ® 31. De ménie, c’est dans une dispute qu’Arés, en © 394, interpelle Athéna : & xuvdéuua « mouche a chiens... ». Il est exceptionnel que la particule se trouve employée avec un patronymique (cf. 7 287, » 517). En revanche, elle s’observe dans des contextes, dont le ton d’émotion est sensible : A 158 éh}a a2, & wey’ crradéc, tonduct’...; —B 796 & yépor, alel cor pier gfhor duoreol claws — & 189 olhog « Mevédae (dans la bouche d’Agamemnon); — IJ 24 & "Ay:Aed (dans la bouche de Patrocle); — ¥ 19 yaipé pow, & Hd- xpoxhe (Achille s’adresse & Patrocle mort); — @ 300 6 ydva (Priam s’adresse & sa femme). *Q semble se trouver 4 sa place dans des scénes de ton familier : E415 G git, tio yap os mpizto xtedtecay toiery; — On a observé que, dans la scene entre Eumée et Ulysse a la porcherie, la particule n’est pas employée moins de six fois en quatre-vingts vers (§ 80-166), 4. Schwyzer-Debrunner, p. 59; J. A. Scott, Am. Journal of Philology 24, p. 192. CHAPITRE V LV ACCUSATIF § 48. On ne peut donner. de l’accusatif! qu'une définition fort large. Il exprime directement J’objet sur lequel porte Vaction verbale (sans introduire de précision accessoire). Par extension, il a pu s’em- ployer avec des substantifs et surtout des adjectifs. On distingue, pour la commodité de lexposé, l’accusatif d’objet direct. (avec des verbes transitifs), les accusatifs d’objet interne, de direction, d’extension spatiale ou temporelle, de relation. Mais, dans tous ces emplois, la valeur propre du cas ne varie pas profondément. Chez Homére, ’emploi de l’accusatif ne différe pas essentiellement de celui que l’on observe en ionien-attique, mais il n’est pas encore bien fixé et apparatt plus libre. L’accusatif de l’objet externe est, bien entendu, banal chez Homére, avec des verbes qui présentent aussi cette méme syntaxe en ionien-attique. Les premiers vers de Piliade contiennent des accusatifs compléments des verbes dsiSav, zBevan, mpotdarety, Tedyerv : Af Miyey derde, Ged, Tg deidew "Aarjos oddopévny, h papi’ "Ayatots dye’ Onxe, oddag 3° ighfpous puyds “Ace xpatanpev ‘ppdwy, adtobs 8 Bhdgia tedye xbvesaw... § 49. Toutefois, cet emploi de l’accusatif est plus étendu chez Homére qu’en ionien-attique. A) Les verbes signifiant « dire, parler » sont suivis de l’accusatif de la personne & qui Pon s’adresse (cf. aussi § 52) : N 725 [lovdv8spas Opasty “Husoge elne... P G51 xat tt’ do’ Atag elme Bory dyz0ov MevéAaov. A proximité de ’adverbe dvtiov : 2 155 (et ailleurs) tov 8 ab NeoropiSrs Mewsiotpxtos ivtioy ybda... Enfin, avec un verbe composé, le préverbe semble «régir » l’accusatif : 3 147 (eb ailleurs) chy 8 dxaper6dpevec npoadyy Eavidg Mevédas. 1. Schwyzer-Debrunner, p. 67; J. La Roche, Der Accusatif im Homer (Homerische Studien), Vienne, 1861. L’ACCUSATIF 39 B) Avec les verbes signifiant « dire », on emploie également l’accu- satif pour désigner la personne dont on dit quelque chose : A 90 008’ A "Ayzpéuvova elmys... « pas méme si tu veux parler d’Agamemnon »; — V' 4192 ein’ dye pot xat révbe... dg v6 63" dori « dis- moi encore celui-ci..., qui c’est ». Noter Z 480 : xat noté tis ef mor « xa- xpdc y’ Be mOAADY duetvwv » | &x ToRgwou dvidvea, Les verbes exprimant l’idée de connaissance, de souvenir, peuvent, comme en attique, étre accompagnés d’un accusatif qui se trouve souvent en concurrence avec le génitif. Avec ofda : Z 150 2p’ eb elds | tyuerépny yevehy, roddoi BE ary dvBceg Toxsw ; — E 702 enbboveo nerd Todesarv “Apna; — p 549 al x’ adrov yuo vyseptéa mive’ evénoves; — B 409 ABee yap xark Qupov dBehgedy he Enoveiso (of. N 275, E 604, ¥ 314). Avec péuvypat, Paccusatif s’emploie avec un sens un peu différent du génitif : avec le génitif « se souvenir de », avec l'accusatif, qui n’a pas la valeur partitive du génitif, « avoir le souvenir de, se souvenir complétement de » : [ 527 péuvypat rode Epyov « je me souviens de toute cette affaire »; — '¥ 361 d¢ weuvéwto Spduous « pour qu’il se rap- pelle tous les parcours de la course » (mais il y a une variante 3pdusy) ; —~ Z 222 Tudéa & od péuvqpat « mais de Tydée je n’ai aucun souvenir » (ef encore w 122). Avec les verbes signifiant « entendre », le complément exprimant la chose entendue se trouve a l’accusatif (cf. 1 76, K 354, ete...) Sur la concurrence avec le génitif, voir § 65. C) Les verbes signifiant « plaire, réjouir, rendre service » (dgehetv, avivivat, acéaxerv), ou de sens contraire (iAtraivesbar, Phanrerv, 06- piSew, Avpatvecfat), sont volontiers suivis d’un accusatif, comme il est usuel en grec. Noter l'emploi en ce sens de ¥pzpe : ¢ 95 = § 114 Enel Belnvyos xai tpapev fuutv é8ud%; au contraire avec le verbe employé intransitivement, un nom de chose sujet et complément au datif : 3 777 by xai iow evi goeciv Hoagev Aucy (cf. 1 244 et I, p. 397). D) Les verbes signifiant « fuir » (gebyetv, etc...), ou « attendre de pied ferme » (uévery, wipvery, ete...), sont -suivis d’un complément a Paccusatif : @ 11 Sco: gbyov alaby breOpov | ofnor Ecav nédepsy te meoevys~ reg 8 Odhaccav; — ayec le participe parfait moyen : : 455 dv odnw gyaul mepuypévoy clvar BheOpov; —N 106 pdvos xai ysipas "Ayziby | yi pre olan 20édesxov evavrfov 038” H6at6v. De méme aprés des com- posés : O 227 inderkev | yetpac eds... « il a échappé & mon bras », E) Comme en attique, avec des verbes signifiant que Pon atteint son objet, avec des nuances de sens divers; ainsi Stsxewv, Aaviivery, pOdverv, etc... Par exemple : 1 420 xdeas 8 Towa dafev; — 7 Of GX’ dpa pev 96% | Tydéyazac, etc... — Noter dpyew S26v (8 107) « mon- trer le chemin », distinct de &pyetv obeta, 40 CHAPITRE V F) Le verbe 2s! peut se construire en attique avec laccusatif de Ja personne. Chez Homére, on utilise de la méme fagon 7p%, qui est étymologiquement un substantif, et yet, dont le caractére nominal est évident!. Toutefois, selon une syntaxe archaique, l’accusatif indique l’objet, comme s'il s’agissait de formes verbales : H 109... od8E cl ae yeh | cadens dgpoasvys; — y 1403 udv ce yph ex’ atdoug; — ¢ 110 ti pe yon pntépos aivov; —I 75 psda Bb ypet navtag "Ayarods | eobdys...; — A 606 ti 5é ae ypew eueto. Dans ces exemples, yp est peut-étre déja senti comme un verbe, mais seus est. certainement un substantif dont « dépend » l’accusatif. Méme lorsqu’un verbe est exprimé, l’accusatif se rapporte encore souvent a yes : 8 634 ... tue BB ypedd plverar adriig; — & 322 abBE af pry yped Eorar ropGoyine. G) Les verbes exprimant un sentiment sont volontiers accompa- gnés, comme en ionien-attique, d’un complément a l’accusatif; ainsi : Seisu (x 130), alBeTobar (: 269), atcyivectar (p 323), dy bese (N 352), éepryévar (P 175), tpoudew (P 203), tap6ijom (Z 469), bnorap- 6yexn (P 533), bnotpéca (P 587), xtwacewv (1° 427), getesav (A 383), Gapsety (6 197), nevbet (T 225). L’accusatif se trouve parfois en concurrence avec le génitif. Le verbe thectv, qui signifie « avoir pitié » est suivi chez Homére comme en attique de Paccusatif (X 59, etc...). De méme 2reaipev (I 302, ete...); mais le verbe est employé coordonné avec x7Secbar auprés d’un génitif : A 665 Aavaiy od xfdera 008’ eéarger. Pour quelques verbes, ce flottement s’observe nettement : 83gouar avec Paccusatif (Q 740), mais aussi avec le génitif (8 104, 819, ¢ 250); Shopdpouat avec laccusatif : @ 245 tov 8 catie ddopdgato; mais avec le génitif : © 33 Aavaiy droqueduz6" atyuntdéwv. Des verbes proprement intransitifs, mais qui décrivent des gestes exprimant la douleur, se trouvent employés avec Paccusatif : Q 711 xpdta tév 7° Bhoyéc te gihy xa nézvea pity | tAAEcbay. H) Selon une tendance qui s’observe dans toute lhistoire du grec et dans d’autres langues indo-européennes, l’adjonction d’un pré- verbe a un verbe habituellement intransitif, en soulignant l’aboutis- sement de action, entraine aussi l'emploi, de Daccusatif. Ainsi xardpyectiat: 7 445... zépvibd x! thoy seas ce xarvpyero...; mais en y 446 = € 422, tptyac se rapporte plutét A Bidlwy qu’d inapydpevos. De méme : A 496 dyeBdceto dpa; — Y 85 xard6arv’ breotta; — E 350 Edoroy tedixaiey xarabdc; — a 330 xdipana 3° bby dhy xazebiaero 5 = 0 691 26g egeoudrar; —H 240 énatfar pdtov; — P 157 dvBoas tatpyetan; — A 29 nplv yuv xai yipas Enetow : le verbe émévar chez 1, Exemples chez R.G. Kent, J. A. 0. S., 66, p. 44-49. L’ACCUSATIF AA Homére est suivi de l’accusatif; le datif, qui est la construction usuelle en ionien-attique, est attesté en N 482. La plupart des exemples, on le voit, sont offerts par des verbes de mouvement et se trouvent proches de ceux de l’accusatif de mou- vement (cf. § 55). Tl arrive que le pote emploie librement un verbe simple intran- sitif avec des accusatifs. Ainsi les verbes xpotetv (O 453), xeotaditev (O 453), au sens non de « résonner », mais de « faire résonner »; — noter de méme t 137 ydpov onebdouary « ils hatent le mariage ». § 50. Le grec emploie également a l’accusatif un complément d’objet « interne » qui précise l’idée verbale. A) Le substantif peut appartenir a la méme famille étymologique que le verbe : B121 axpyxtov noAzuov rodzpiteryv; — 174 3¢ xev dptoryy | Boudyy Boukeban ; — 1303 imwdspel’ alnby breOeov; — N 219 dmevdat... tas Tewalv dnetheov ules "Ayadv ; — A 27 i8pi 0" dv TBpwaa. . Parfois le substantif n’est accompagné d’aucun adjectif : E 886 nipar’ Exacyov; — O 414 piyny tudyoveo véesay; — A 324, avec une emphase sensible, atypics 3’ atypdocouar vedtepot, Noter l’accusatif développant l’idée incluse dans un verbe com- posé : 7 472 civov olvoyoeivtes ; — parfois le sens propre du composé est effacé : A 3 “H6x véxtap Evoyder ; — Y 221 tnnot Ehos xdta Bouxohéovto (xdéta peut étre pris comme préposition ou comme adverbe). B) Le substantif peut étre seulement proche du verbe par le sens, mais non par l’étymologie : A 241 xoiphsato yadxeov Onvov; — 6 445 eSbyola yhuxd Envoy (cf. avec dwrziv K 159, x 548); — A154 aby 2A6d- pevat, of. x 103; avec les verbes signifiant « aller », cet accusatif est proche de l’accusatif de distance, et ne s’en distingue guére, ef. 3 483 Atyomrivd? tvar Boktyy &36v; — 0 491 Caeig 8° dya0ov Biv; — T 417 xaxdy oftev bay2; — 2 166 dndhwhe xaxtv udpov; — v 384 g0l- cecbx xaxbv ofrov; — 6 23 (&éGdouc) robe bainxes Enetpraave’ “OBusiies 5 — B 286 inteyecty iy mep onéoryy ; — avec un adjectif apposé : E 715 dov coy wiov onarnpev; — y 66 woipas Sacedpevor Satvurs’ eprmvBle Batra. C) Le substantif peut jouer un réle particuliérement important et modifier entigrement V’idée verbale : 73, 94 giddtyta xai dexta ota tapévees; — T 299 Baise yiuov; — y 309 ... Za tégov, ete... 5 — 8 170 sqq. xrre untiers Zebs... wiyng Erepadxéa vieyy; — B 384 Euvdywpev “Apa « engageons la bataille »; — Y 55 ép8a Syyvevto Bapetav. — Avec un verbe de forme passive : O 33 gtddeyg te xat adv | fy utyys. D) Avee des verbes exprimant l’idée d’un bruit, d'un appel, d’un 42 CHAPITRE V rire, etc..., on trouve un accusatif de ce genre, soit un substantif, soit, plus souvent, un adjectif ou un pronom neutre : Q 364 pévea mvelovtag "Ayatods...; —5 446 8b ptha mveiousay; — B 270 fab yéhes- cav; — ¢ 163 dypetov tyékaccev; — Z 484 Baxpudey yertoacu « avec un rire en pleurs ». Méme syntaxe avec des verbes signifiant « voir », particuliérement avec dépxeafar, qui note l'expression du regard : t 446 nip 8° dp0ah- uote: BeBopxds; — X 95 apepdaidov 8: SéBooxev; — B 269 dypetov iSov « avec un regard stupide » (ef. § 53). § 54. Le fait que l’accusatif pouvait exprimer deux objets sur des plans différents, objet externe et objet interne, a eu pour conséquence que certains verbes sont accompagnés de deux accusatifs. A) L’action verbale peut étre déterminée a la fois par un objet extérieur (généralement une personne) et un objet intérieur, expri- mant l’aboutissement, l’idée verbale (cf. § 50) : N-623 Aw6ny Hy ene FoBhoude; — 0 W5-246 dv zegi xijpr ondet Leds... | maveoiqy peddeyta — 2544-45 etvenae vinng | tay wev Eyty winx — UE 541 fhnog 8 Bh tv Tedxpos ixecaépevoy Bédev ti (ef. E 795); — E361 edxoc 6 we Booros obtasey dviip ; — t 393 oddqy thy rote uv ois HAase ; — 0 550 efx’ Svop’ Grrt ge xeiOe xd cov wxryp te TaTip Te. B) L’objet interne peut servir A limiter Pobjet externe et a le pré- ciser. C’est ce que l'on a appelé l’accusatif de la partie. En ce cas, c’est habituellement l’accusatif de la personne qui précéde : A 501 tv Bi... Gide... xdpeqv; — E 580 sqq. Modwva BAN’... |... yeppadly dyndve tuytdy pisov : dyxiw2 wécov « dépend »de Bide, non de tuyby ; — A 240 sov 8 doo: mae abyéa (cf. x 161); — Q 58 yuvatnd te Ohaato patsy; — P 438 wh pe... Oypov Evenve; — A 250 xparepdy Sd & nevioe | Spbah- pods Exadupe; — W 47 yw’... tex’ dyos ugabinv; — 1 356 G ce 6320 viet; — A 350, ete... notdv ce Exoc gtyev Epxoc S3évrwy. Apres des verbes composés : Z 355 ae wthora novos gpévag dupibesnxev; — VY 4 Tetzc 82 toduog aives Sehdude yutz exascov. I] est rare que l’accusatif de la personne suive : v 286 diy dyog xpabinv Aaeotidiny ‘Oducix (mais le génitif en ¢ 348). : Remarques. — I. L’accusatif « de la partie » peut étre remplacé par un tour prépositionnel : 0 250 6 ye... Borev Aluc | yeppadlee xpde otij6oc (cf. T 125) ; ou Paccusatif de la personne par un datif : E493 Bde 88 optvag "Exropt piBos (cf. © 452, « 88). II. Au passif, c’est le nom de la personne qui devient sujet : “A 518 BrFro... evhuny BeEerepty ; — 1 9 BeGornuevag Hrop. § 52. C) Deux accusatifs se rapportant l'un a la personne, l'autre & la chose s‘observent avec les verbes exprimant les notions : a) de L’ACCUSATIF 43 demander, interroger, ordonner; 6) d’enseigner, adresser la parole &; ¢) de faire subir tel ou tel traitement ; d) d’enlever, laver, etc... ; e) de vétir ou dévétir ; f) sens divers : cacher, etc... a). 364 Kéxduy elpords »’ Evoua xdovdv; — 2 234, ete... caidré yw’ dvetpeat BE weraddas ;— X 295 Fred rv Bop waxpdv; — B 210 caiira piv ody, dpéas Ee Mocouar ; — @ 350 prj we... ctadira xdheve, b) 6 481 apéas | ofuas wots’ ebibake; cf. ¥ 306 sqq. (& quoi répond au passif A 834 sqq. té ce nport paciv “Ay:Adios SedSayba, Sv Xelowv BiBaaxe; mais U1 811 Saaxdwevos noAduor) ; — C 233-234 bv “Hpmeros BQaev... téyvyv navtolyy (A quoi répond zabca Sahpevar « savoir cela », ZA5O, etc...)3 —y QL cadtd w’ dvéuvneas xa Zermeg; — E170 Enos cé wiv dveiov qiéa (ef. II 619, etc...); — 4 563 6 5é p’ obdtv ducibero; — Y OL mondéypevac sf ti uv efor; — Tl 207 taded pe’ dyetpduevor Ody” e6dLere (ef. 158). ¢) T 354 Eewodéxov xdxa pear; — Il 424 xaxd noddk Lopye | Tpiag {mais § 289 datif de la personne en variante); — ¢ 27 8v av x24% uyticaiuny; — w 426 udya Esyov dviio bbe ussat’ ‘Ayatols (avec une variante ‘Ayatoic); cf. K 52; — X 395 “Extoga Stov derxéa phiSeto Epya. d) A182 tc tu’ dgapetea Xpvevida Dolbos “Andhrov ; — I 58 sqq. thy ay bx yerpdv Dero... the ef tw’... peravieryy ; — O 462 Tedxcov Tedapdviev ebyos dmnipa (cf. Z 17, A 334); — 2 404 boris 0” déxovta Bing | xrjpar” dnogoaicer ;— E 155 t2atvuro bupsy | duporéow ; — P 187 (Evtea) 7a Matpo- xhovw Biry evdotta (cf. O 343); — 1 500 ef xé p’ “Ayonol | tedyex audi awa (cf. Z 70); — ® 451 tte vex Beicato wrofdy « il nous a enlevé de force notre salaire »; — ¥ 345 Sopa ttiyteta | Métgoxdov dodaerzy dm’ Bodtov alparéevta; — { 224 x pda vilero Siog ‘OBuceeds Env; — U 667 xehavepis alua xdOqpov |... HapaiBove; — 122 of 6 derecdiy | alu? dnohty whaovea , e) § 341 éx wév ws ~ratvd ce’ yrtéive te clan’ Susav; — 9 339 ésow wy Zdaivey, : 1) y 187 écea... | nevbopar... Saheea 84 ce xedaw ; — et méme B 204 bypx xev 7 ye BeatplSqmy "Ayaobs | dv yizov « tandis qu’elle occupe les Achéens avec son mariage »; — ou encore o 236 éticzto Epyov datxds | dvtibeov Nya « il a puni de son méfait Nélée, semblable aux dieux ». Remarques. — |. Lorsqu’un préverbe se trouve employé au voisinage de laccusatif, on trouve l’amorce de la « construction préposition- nelle » : A 236 mept ydp 4 & yarnds Edeve | pidha te xat protov. Il. I arrive, bien entendu, que, de deux accusatifs, l’un soit I’at- 1. Dans cet exemple, il semble y avoir trois accusatifs : doux accusatifs du tout ot de la partie : a et Greaty, et un accusatif de Pobjet enlevé : alux. Toutefois, on peut interpréter «° comme un datif : a{0t). 44 CHAPITRE V tribut (prédicat) de l'autre : + 404 dbnvoug Kupe tiOyo0a; — 1 366 Odttw 3é pe xoAhoxovew ; — I 494 of maida... rovebuny; — IL 90 dtwpdtepov Sé pe Onoers, etc... NI. Un verbe signifiant « jurer » admet un complément a Paccu- satif qui peut se situer sur deux plans différents. “Ouvoys peut étre suivi d’un accusatif d’objet : T 175, etc... duvet 8é tor Spxov; — T 187 raira 8° éydy e0éd dudoat. Mais, aussi, Paccusatif de la per- sonne ou de la chose sur laquelle on jure : © 271 8uossev ddavov Bris S8ep; — ¥ 585 yarjoyov "Ewootyatoy | Suvubk. Toutefois, il n’a pas été constitué de construction avec deux accusatifs, § 53. De l'emploi de l’accusatif interne sont issues beaucoup d’ex- pressions constituées d’un adjectif ou d’un pronom neutre (roto, robe, taica, rade, tt, oddév, urBév, etc...), dont le sens se trouve. parfois équivaloir 4 celui d’un adverbe : A 289 @ tiv’ 08 refsecbar dtm «A quoi je crois que quelqu’un n’obéira pas »; —e 245 py por de zude0 5 — TP 399 cadre Mehaie iymegonsdew ; — E 185 rade waiver; — 2298 768" txaivers (cf. 309, 2 172, « 409, ete...), od <3: signifie « ainsi »; — 4 62 wavy bd4ex0; — I 646 toov épsi Basiheve; — B 452 HXAqatov mohewilerv; — A 42 Bendy... evevev; — 1 450, ete... pansd Pibdcs — nombreuses expressions comme Z 66 paxpiy diaad; —B 224 yoxpd Boo»; — % 580 yaxpé wepunis; — B 222 Bile xexdnyac; ete... De nombreux accusatifs neutres tiennent purement et simplement la place d’adverbes : aoiirov, neiita, nohd, Todddv, noAMa, phyx, ddéyov, ricBov, Iaov, toa, Baov, sée0v, tolov, dveloy, ivavtiov, Savepov, beter, wih Dov, uddtera, deaov, dryers, HBL, Savoy, Serva, EpmeBov, tuneda, alva, xalbv, xahd, moxvd, dBivd, Bach, Baoda, 52D, capzéa, Snépuopa (B 155), evds- ka. Certains de ces accusatifs peuvent encore s’employer en attique, mais beaucoup sont proprement homériques. Remarques. — 1, Detels adverbes peuvent s’employer avec des adjectifs : of. B 239 péy’ duelvove p&ra ; — II 46 wéye vimoc; cl. § 57, Rem. IV. Il. L’article ne se trouve employé qu’exceptionnellement avec ces adverbes : mpétov ou mpdta sont beaucoup plus fréquents que vd np&rov ou te npGta. En revanche, on dit toujours + tplrov, td zétaptov. III. Certains cas posent des problémes particuliers. 2) Quelques adverbes & Paccusatif peuvent étre issus de formules of originelle- ment cet accusatif s’accordait avec un substantif voisin : rarbyece est adjectif en X 144, 204, ete... ; mais on a 0 269 et X 24 raubnek nbda¢ nal yobvat’ evoua; — de méme, d’aprés X 431, alvk naoton, a été constitué avec valeur adverbiale, alv& toxotox en A 414; — @aprés aloyza elf (O 207), on a, avec valeur adverbiale, en @ 29% alowe mivy; — au féminin, éxprétyy est certainement adjectif en A 99, mais devient, par extension, adverbe en £ 317 &v0a we (Ulysse) LACCUSATIF 45 xoptccato DeiSav fees | dmpudtyy; — on a également voulu voir le résultat d’accidents secondaires dans les adverbes évn6(yv (A 278, etc...) et dvtiBiov (I 20, ete...). b) Cest peut-dtre également la diction formulaire qui explique- rait Pemploi comme adverbe de #éoxov (d’abord adjectif) dans des formules cormme N 499 fZoxov &Akwv; ou encore Hoya (2 118, E 64, Y 158, ete...), et méme 8ya, qui est moins-ancien que toya (B 843, ete...). ¢) On a voulu montrer que tous les emplois adverbiaux de yéya et de ueydda étaient issus de utya gpovéay (@ 553), qui pourrait étre un ancien composé. d) On a justement observé que lexpression dnp pépov (I 30, @ 517, « 34, 35, € 436) a été sentie cormme un adverbe, d’oi Sép- pope en B 1551. § 54. Il n’est pas surprenant que l’accusatif s’emploie pour expri- mer la distance parcourue. Ce n’est, en définitive, qu’un cas parti- culier de Paccusatif d’objet « interne » (§ 50 B, 8 483 lévat d80v, ef. 6407, £261) + Z 202 chy obdy hy “Bdevny nep dvipyxyev; — © 259 Bopp" dv wey x’ dypovs topev xat zy" dvOgdénwv « aussi longtemps que nous irons 4 travers les champs »; — y 74 néOev whei®’ Sypd xehevds; — W529 Jelmeto... Bouprs Epwhy ; — K 357 dnecuy Soupyvents. Cet emploi de Taccusatif d’extension s’observe naturellement pour exprimer la durée : x 142 So v’ Fara nat Bo vixtag xetpeb’; — B 292 tya piva péwov; — K 3412 wixca qudaccéuevar « passer la nuit sur leurs gardes »; — E 387 aédero tproxaldexa pijvag; — w 140 Juarty wey bgatverxs péyav iatdy, | vintas 8° ddAdeoxey; — 190 yetua («pendant Vhiver ») piv B8e. 66: — 8434 ravwnyin wey fH ye xat na asice xéAsvéov... « pendant toute la nuit et pendant le petit matin Je navire faisait route ». De 1a sont issus les adverbes de temps & l’accusatif, dont quelques- uns sont propres 4 Homére : twipap (A 53, ete...), mavijuap (v 34), etvderes (2 400, y 118, etc...), etvivuyss (I 470); — dupdv (B 298), mais proprement adjectif & jomdre a ypdvev en E 206 et 305. — Noter avec l'article 73 mépos (K 309), to xpty (E54). § 55. C’est une syntaxe propre 4 Homére et a la langue poétique que l'emploi de laccusatif pour désigner le but, la direction. I] est. fréquent avec les verbes ixvéopx, txw, ixévw; plus rare avec clus, oyopat, véopat, dyw, Fydonot, etc... Dans beaucoup de cas, le complé- ment est un nom de la maison : 36, Sdpov, oixov : a 176 xodhoi foav dovéoes fadrecov 86; —C 296 ixeipedae Sdpaca nacpd;; — H 369 dyduny... 1. Sur ces faits, voir M. Leumann, Homerische Worter, p. 165 sqq., 206 sqq., 133 sq., 119 sqq., 38 note 5. 46 CHAPITRE V ‘typétegov 8. — Avec des noms de personnes : 1, 144 txer” "Apiiraqy te xai “Adxivoov; — 1 351 nig xév tig oz xal ierepav dAdos txcito. — Avec divers compléments de lieu : A 317 xvlon 8’ obgavoy Txe; — A 322 dpyeodov xktainv; — @ 40 Ayiavov... émépacce ; — Z 87 Evvdyousz yepardc vndv;— B 204 Bédog 8 Wuvev 'AOAvy, | givay — K 195 Baardfjes daor xe- xhjare Boda ; — noter 2 235 eeatny éhOdver « allant en mission », et @ 20 ekcatay nohiiy oBtv FAley “OBSucaeds, avec, edte 4 cote, un accusa- tif de but et un accusatif de distance. Remarques. — 1. On serait tenté @expliquer ainsi A 140 é&yyedlyy &)@6vra « Venu pour porter un message », mais le substantif &yyerlys « messager » est bien attesté N 252, O 640, et méme A 384 (ef. encore x 355 ctw 354). Ce singulier dyyeAtyg « messager » est issu dune fausse interprétation de F205 #Av0e Stog’OSucceds acts bax dyyedlng « pour un message qui te concernait », ot le génitif féminin é&yye- Alyg a été senti comme un nominatif masculin +. 11. L’accusatif de but est volontiers suivi de la particule « lative » de : § 296 dotv 88, Tl 697, pbyade, © 139 pdéov d¢, P 383 nédrepov 8, 1 187 Tpotyy dé; ete. HiT, Cet accusatif donne naissance a des expressions adverbiales comme &vrny tpyecban (@ 399), et ef. § 53. TV. L’accusatif se trouve parfois en concurrence avec le génitif. *Avtidav est habituellement suivi du génitif de but, mais en A 34 dudv rkyos dvadwouv, Paccusatif désigne objet entier « venant, quand je Vappelle, prendre place dans mon lit »; — dpéyeatiar est suivi du génitif, en particulier lorsqu’il s’agit d’une personne, mais, pour une partie du corps que |’on atteint, on trouve accusatif : {1 344 bpeEdpevos xpupvdy axérog « attcignant le haut de la jambe » (of. TT 322, Y 805) ; — émpetecBar « chercher a atteindre » est accom- pagné du génitif (cf. § 64), mais lon trouve également Vaccusatif, avec la nuance de sens un peu différente de « toucher, palper » : A190 Oxoc 8 inthe Empsoorrar; — t 441 btov eneyaleto vita; — 2 531 Elpeosg 8 enepatero xebmmy; — E 748 pdoruy: Bods énewoler’ tip Innovg « de son fouet vivement, elle touchait ses chevaux »; ~- méme probléme avec le verbe tASouc: souvent suivi du génitif, mais parfois de l’accusatif, avec des compléments neutres : E 484 sechuara mode wh «* EASerar be x” EmBevijc « mes trésors sans nombre dont réve indigent » (cf. a 409, 6). § 56. Les accusatifs « d’objet interne » ou d’ « extension » ont fini par exprimer simnplement une relation avec le verbe®. Ainsi s’est déve- loppé le tour dit de P « accusatif de relation » qui tient une grande 4, M, Leumamn, Honerische Worter, p. 168 saq. 2. Voir Schwyzer-Debrunner, p. 84 et la bibliographie citée ; en particulier Kiec- kers, I. F.30, 861; R. Blimel, J. F. 38, p. 15 44, p. 249; 53, p. 104; F. Sommer, /. P. 46, p. 27; Biese, Arctos 2 (1934), p. 89. L’ACCUSATIF 47 place dans la syntaxe épique : 7 210 Mevéhacs onelceyey edpéag Spcug « Ménélas les dépassait de ses larges épaules >; — Z 481 yagety peta pine — + 136 glov xararyxopa Atop; —¥ 47 Ouuiy tage 5 — E354 pehalvero 8 ypéa xahdv; — V 777 mhijto ota te éivig 125 — a 208 xepadiiv ve xai Zapata uae tomas | xeivy; — E 284 pehyar xevediva. Les verbes sont intransitifs (en particulier Zorxa) ou passifs, Les compléments sont souvent des parties du corps (cf. encore A 474, 4 518, E 797, Y 371). Les compléments sont parfois des abstraits qui expriment une qualité ou une faculté : Y 81 eleato gwviiv; — 6 248 mepleanr yovarndiy | elds ce plyeOdg xe 1B gpévag; — 1 389 088’ al ypuseln "Aggobicy xdhhog boiler | Epya 8 'AGrvaly yhauxdaiBt loogapitou. Avec d’autres substantifs : 2 474 yeveyy dyyista tdxet « i] avait tous les traits de la famille »; — ave vt A 294 niiv tpyov omeibo- pat; — E 757 ob vepecity, “Ape tide xaprepa Epya; « n’es-tu pas in- digné contre Arés de toutes ces horreurs »? § 57. Ce tour s’observe volontiers avec des participes intransitifs ou passifs (cf. @ 305, x 247, ete...) ; il n’est pas étonnant qu’il se soit étendu 4 des adjectifs constituant ainsi un procédé typique de la langue d’Homére et des poétes : A 58, etc... néag dxis "AytAdeds 3 —— B 408, etc... Bory dyabog Mevéaoc. Outre ces formules constantes ; a 164 Bappdrepor xdBas; — B 478 Bupara val xeqadty tnehog-Ath tepnixe- pad | “Aper 28 Cihvny, otégvoy Bb TMoaetBdwvt; ~~ A 272 yqbdcuves xiip — « 371 Geotg evadtyxtes addy. — A propos du corps tout entier : E804 puxpdg piv day Bena; —e 214 od wev Ony xelvng ye yepelwy edyopar elvat | 08 Bénac od88 guiv; — ¢ 217 eldec dxebvorépy, udyebdg ¢’ elosivea te ctat (cf. 1 57). — A propos des capacités physiques ou autres : © 41-642 ayetvov | maveoias dperas jyiv nébac 48 waiyeddar (noter la coordination de néSag avec payealat), | xal ydov év apdrrorat Mu- xnyatwy érézuxto « il le valait cent fois pour tous les mérites possibles, qu'il s’agit de courir cornmé de combattre, et il était pour la raison au premier rang des Mycéniens »; — 6 214 mivra yap od xaxds cis. — A Poccasion avec un substantif dont le sens est proche de celui d'un adjectif : 7 242 ysipis + atyunzhy Epevar xai emigpova Boudry. Cet emploi de l’accusatif se trouve en concurrence avec le datif instrumental. A 404, la legon d’Aristarque est 6 yap aite Bény oF nates dyzivwv, mais le plus grand nombre de manuscrits donne Biq (cf. aussi I 193 et voir § 105). Cet usage de Daccusatif a donné nais- sance a de nombreux emplois quasi adverbiaux, du type cipcc, pijxog, ete... En particulier pour indiquer une mesure : i 312 évea- mhyees Toav | cbpos, dda winds ye yevdaOny Ewedpyuror ; — 1 324 rbcaov Exy panos, tésc0v xdyog cleopdacbar ; — par extension : « 267 2& “Haxys yé- 48 CHAPITRE V voc eipé (of. E544, etc...); — % 470 avip | Altwhig every; — T 301-302 éxi 8 arevéyovro yuvaixes | Mdtgoxhov npdgact (Ll4tpoxAov est complément objet, xpégacty adverbial); — autre exemple de xpégaaty adverbial en T 262, cf. § 64. — A cette syntaxe se rattache Pemploi de dagérepoy en H 417-418, toi 8’ dxdifovro pak’ xa | apgdrepoy’ véxuds 1’ dyépev Erepot 8: pel’ Oyy « ils s’apprétaient en hate pour les deux missions, les uns pour ramener les morts, les autres pour quérir le bois » (mais cf. § 18). Remarques. — {. Le tour Ki8voc vous n'est pas attesté dans la langue épique. En revanche, énixdnaw s’emploie avec une valeur adver- biale : H 188 tdv émbednaw xopvvimy | dvBpeq xlxdnoxov (cf. € 273, TI 177, E 487, X 29, 506). Il. Parmi ces accusatifs adverbiaux, certains apparaissent origi- naux et caractéristiques du style épique. Ainsi d5éuac, employé dans une unique formule de I’Jliade pour introduire une compa- raison : Z 1 “Qe of udv pdpvavto Stuac mupd¢ alBoutvoro (= A 596, N 673, P 366). Ill. L’emploi adverbial de yépw qui devient une fausse prépo- sition en attique, ne se trouve qu’une fois chez Homére : O 744 ydpw "Extopos drpbvavtos. IV. C’est a des accusatifs de ce genre que doivent se rattacher certains accusatifs adverbiaux, lorsqu’ils se trouvent employés avec des adjectifs : mod) pettov (8 48), moddbv Epratos (A 91), mavpd- repot 8& m0X5 (P 364), 2422’ dexcdv (A 557), neyo vamor (t 44). V. On a supposé que les expressions ebpoc, u¥xos, etc..., étaient & Porigine des phrases nominales parenthétiques. Senties ensuite comme des accusatifs, elles auraient donné naissance a cette syn- taxe de laccusatif (Brugmann, J. F. 27, p. 144; Schwyzer-De- brunner, p. 86). § 58. Cos accusatifs quasi adverbiaux se trouvent employés de fagon tres libre chez Homére. Des substantifs divers peuvent qualifier l’ac- tion verbale : 1115 08 tt WeiBos Ende drac xaréheEas « c'est sans mentir que tu as énuméré mes erreurs »; — y 297 cadtd tor... adybelyy xa- téheta « toute cette histoire, je te Pai contée véridiquement ». I] arrive que Paccusatif se rapporte a la proposition entiére en en soulignant le résultat : A 196-197 = 206-207 év uo deredors tBarev rdw eb eiddg | Tedwv i Avxlov, 6 piv xidoc, Hype 8 aéwog « qui a frappé @un trait quelque bon archer troyen ou lycien, gloire pour lui, deuil pour nous »; — 2 734-735 4 ms "Ayardy pier yerpdg dv ded ndpyou duypdv bAddpov « ou bien Pun des Achéens te prendra par la main et te jettera du haut du rempart, mort affreuse »; — P 206-207 péya xpkrog EyyuahiGw | rv, nowhy « je te mettrai en main un splendide triomphe en compensation du fait que... »; cf. § 18. L'ACCUSATIF 49 § 59. On a observé que, lorsque le régime était neutre, l’accusatif était volontiers employé 1a oi l'on pourrait attendre un autre cas}. Cette tendance doit remonter a l’indo-européen et s’observe, par exemple, dans un tour comme latin id gaudeo. Chez Homére, nous avons eu l'occasion de relever des expressions comme B 270 430 yédasaay, ete... (§ 50); — E 185 7é8_ patverat, ete... Ce tour a entrainé une syntaxe comparable avec des substantifs neutres : N 424 djye pévoc (§ 255); A 34 eudv déy0g dveedwoav (§ 55); E 361 dinv dyOopen Dxog (mais E 354 dyDoutvay s86vqaw). Lemploi de laccusatif présente chez Homére une remarquable souplesse. I] exprime un rapport direct, mais que rien ne définit particuliérement. I] en résulte de nombreux doubles accusatifs situés sur des plans différents, un emploi libre d’un accusatif de relation avec des substantifs et des adjectifs, de nombreuses expressions quasi adverbiales, des accusatifs qui semblent en apposition 4 une phrase entiére. Mais il n’existe pas d’accusatif absolu tel qu’on l’ob- serve dans la syntaxe de l’ionien-attique. 1, Wackernagel, Vorl. 12, p. 29%; W. Havers, Glotta 13, p. 171-189, CHAPITRE VI LE GENITIF § 60. Les emplois du génitif! sont particuliérement difficiles 4 ana- lyser. En tant que génitif, il peut étre complément d’un substantif ou exprimer la notion d’un tout dont on prend une partie (et en cette fonction se rapporter soit a un nom, soit 4 un verbe); en tant qwhéritier de l'ablatif indo-européen, il exprime la notion d'origine, de point de départ : la notion de partitif et celle d’ablatif ne sont pas trés éloignées lune de l’autre. Or, en grec, le génitif et l’ablatif sont exprimés par une seule forme, a savoir le génitif. Des l'indo-européen, le génitif athématique (xvd¢) sert également pour l’ablatif. En grec, cette confusion s’est étendue a toutes les déclinaisons. I] est méthodique de chercher A distinguer les emplois du véritable génitif et ceux du génitif en fonction d’ablatif. Mais il ne faut jamais perdre de vue que cette distinction ne répond & rien dans la conscience Jin- guistique des Grecs. GENITIF PARTITIF § 61. I] exprime essentiellernent un prélévement sur un tout et com- porte souvent une valeur trés concréte. I s’emploie librement et peut a l’oceasion équivaloir & un sujet (cf., dans le grec postérieur, Xénophon, Hell. IV, 2, 20 : érurtov Exarépwv « il en tombait des deux cétés »). Cette syntaxe semble s’observer chez Homére : N 191 dav ob xy zpods etcaco, ce que M. Mazon traduit « elle n’atteint pas la chair »; eloaro serait Paoriste de teva (cf. I, p. 412); mais la construction de cet aoriste avec le génitif n’est guére attestée (on cite A 358, ot le verbe est composé et ot yalyg peut. aussi dépendre de 60:). Or, les Anciens voyaient dans etcato en N 191 l’aoriste de eléoua « paraltre », les scholies donnant l’équivalent éedvy. Quant a ypodc, une scholie y voit un nominatif et une autre un génitif. Zénodote écrivait ypdc. 1. Voir, sur le génitif, Schwyzer-Debrunner, p. 89 et la bibliographie citée; en outre, T. Simenschy, Le complément des verbes qui signifient « entendre » chez Homére, Bucarest, 1927, LE GENITIF 54 On se prévaudra donc d’une tradition antique en comprenant « pas un morceau de chair ne s’est laissé voir ». L’exemple de N 191 est difficile. Mais 'interprétation par le génitif partitif s’appuie sur X 325 palveto 8° H xagises dx’ Guov adydv’ Lyouar | Aavxaving (variantes paivey ou paivey et Axvxavinv; Nauck a corrigé Aavxavin). Avee le texte que nous avons écrit on entendra : « un seul point se laisse voir, 14 of la clavicule sépare l’épaule du cou, un mor- ceau de la gorge » : Axvxaving sert de sujet A palvero. Un tour comparable! semble se trouver en X 319 &¢ alypijg dxédapn’ edineog «la pique acérée brillait ». § 62. Le génitif partitif joue le plus souvent le réle de complément. L’emploi a pu en étre fort libre : « 10 tév dpdbev ye... elm xal quiv « dis-nous, 4 nous aussi, quelques-uns de ces exploits »; — = 124 “ASppasoio 8 eynue Ovyetpdv « il prit pour femme une des filles d’Adraste »; — o 98 dnrijoau... xpedv « faire cuire de Ja viande »; — «140 yapttouévy napedvtwv «en lui faisant honneur de ses réserves » (ef. p 452); — E 268 ric yevetig txrcvev « il a dérobé de ce sang-la »; — E 265 fc... daxe « dont il a donné ». Certains verbes admettent plus volontiers que d’autres le génitif partitif. Les verbes signifiant « manger » et « boire » : + 102 Awroto peydy (mais accusatif en « 94); — x 14 Sppa mlor ofvoro; — 2 96 al- patog Sppa mie « pour que je boive du sang »; mais, avec |’accusatif, 2 98 énet tev alua xeaxvdv « quand il eut bu le sang noir » (cf. encore o 391, ete..., eb avee des compléments comme xireda ou xpnthipa ; A 346, © 232) : le génitif est choisi lorsque l’attention est attirée sur une certaine quantité de boisson ou de nourriture prise sur ce qui est offert. — Méme emploi du génitif avec des verbes de sens voisins comme yelecba « goiter », ot cette syntaxe est particuliérement naturelle, cf. au figuré © 60, ete... 3ovpd¢ dxwxtc huerdporo yebaerar ; — nasdoba: « se rassasier » (a 124); — Fou « rassasier » (E 289) ou « se rassasier de » (® 168, T 307); — Svqoo « profite de » (+ 68); — A 562 txoptooato pop6ijc « il s’est repu... ». La syntaxe de cépreota mérite d’étre examinée. Le verbe signifie « jouir de, se rassasier » : A 780 énel sdprenuev e8yrbog 48t motiros « quand nous etimes satisfait notre soif et notre appétit », — y 70 énel tdpreqoay t8adij¢ « quand ils eurent joui des plaisirs de la table »; au figuré ¥ 10, A 242: — Mais, au sens plus évolué de « prendre plaisir a, se réjouir », on a le datif instrumental : 441 idérqt tpunelopev ; — 5597 widow Enesal te cotow dxokov | tépmoua, 4. Sur cet exemple, et sur le génitif partitif comme sujet, voir Nachmanson, Goteborgs Hogskolas Arskrife 48, 2 (1952). 52 CHAPITRE VI Les verbes exprimant Vidée de « baigner, laver » présentent la méme concurrence entre le génitif et le datif. Ainsi Aotesda: : Z 508 Aodeobat.,. corauoto; mais 0 216 rActcIm norapoio foyor; — de méme avec vitew :B 264 yeipas widuevog mody¢ dAd¢; mais ailleurs linstru- mental S8urt, cf. A 830 alua xedrouvdy | vit? GSant Atapg et méme IT 229 Bp’ bSarog xadjjor pofior. Le génitif exprime d’une fagon générale la chose dont on prend une partie. En particulier pour exprimer la notion de plénitude : 1244 nésoe 8 dr5¢; — I 224 minaduevos 8 olvaros — 8 134 viaros... Aefvoutvov; — @ 22 eipow | atuaress —- A 470 xpnripas emeaxtpavzo nozoto « ils couronnérent (remplirent jusqu’au bord) les cratéres de boisson »; — I 580 redloro taécOx. « tailler dans la plaine »; — + 219 sapcoi piv Twpdv Bpiov, crelvovto 88 onxol | devaav 78° Eplgav « les claies étaient chargées de fromages, les stalles bondées d’agneaux et de chevreaux 7; — y 408 droavinfovtes dAciparog « brillants d’huile » (mais le datif 5 596); — c 72 reyeéives... tou 482 ceXtvou | OFAeov: Noter lemploi avec le complément mupég : Z 331 dot mops dnforo Gépytx. « que la ville [ne] se consume dans le feu dévorant »; — e 23 rupds Oepém « se chauffer au feu»; — I 242 éympyoew podepod mupds ; — H 410 rupic pevrrootuey « faire Phommage du feu ». Un génitif de la personne se trouve avec les verbes signifiant « profiter de, etc...» : A 410 tva mivies Exmipwvrat Baorayjos; — I 34 st aev drag dvicerar ; — 2 452 ulos eumanofive: « profiter de la pré- sence de mon fils ». § 63. D’autres groupes sémantiques s’associent volontiers au génitif : a) Les verbes signifiant « toucher, atteindre, ete... ». Le verbe tuyydvew n’admet pas Vaccusatif (en A 106, E 582, ruyeav et rmxhjoag constituent des parenthéses; en O 580, civ dépend de Paddy plutét que de t5yn0e). Le génitif est bien attesté, cf. Il 609; — rayydvew admet le génitif, 2 76, « 311, et l’accusatif, A 49, Q 70, ete... ; noter a Vaoriste redouble et factitif : H 80 mpds... Aerdywor Oavdvra , — Ey- pope en A 278 Euuope teuyje; cf. peut-étre pelpeo (I 616). — Un verbe de sens contraire, épapzdve est également suivi du génitif ; ef. K 372, etc... Mais, en ce cas, l’emploi se trouve proche de celui du génitif- ablatif. Le génitif de but s’emploie avec des verbes qui indiquent un mou- vement, faisant concurrence 4 l’accusatif : H 428 vexpols mupxariis énevinecy « ils entassaient les morts sur le bidcher »; — N 613 dua & Hatav apixoveo « ils sont tous deux l'un sur l'autre en méme temps »; de méme : éri6atvew (¢ 399, E328, © 129, ete...) ; tméacxéuev (B 234). LE GENITIP 53 Cette syntaxe ne s’observe pas seulement pour les composés avec ént > O 693 &s “Extmp tOuce vedc xuavorpdpao | dvriog dibac (le génitif «dépend » et de tuce et de dvstoc); — aveifo, ou dvndw « aller vers, aller au-devant de », cf. N 215 xodéuowo .. dvnéav « affronter la bataille » ou « recevoir » (« 25, A 67, ete...); sur l’accusatif avec ce verbe, § 55; sur le datif, § 86 ; — avzGcryjou (A 342). 5) Le génitif s’observe avec les verbes signifiant « s’attacher a, prendre, tenir » : A 512 fyare youve (cf. 8 60); — zye signifie « te- nir », mais éyea0u « toucher a, s’attacher a » : ¢ 429 rig Eyero atevayov (cf. 1102, : 435). Sur l'emploi de gyouar avec le génitif-ablatif, voir § 79. Les verbes signifiant « prendre » fournissent de bons exemples : N 393 xémos de8paypévog « agrippant la poussiére »; — ¥ 711 ayxds 3° Dri dov AaBerqv; — t 225 tupéiv alwygeoug « on prenant des fro- mages » (cf. » 64); — d’ot E 310 = A 356 épeiaaro... yaing « il a pris appui sur le sol ». Le génitif a notamment indiqué par quelle partie du corps !’on sai- sit quelqu’un? : A 197 EavBijg 3b xdyyc ede Iyrctova ; — en A 323, yerpdc &6v7' « prenant par la main » est bien différent de ce que serait xsipa trove’; — A 407 2&6 -otve (cf. x 365); — A 463 tov 88 neodvee roBéy Bhate; — A 591 fie noddg cetaydv; — X 493 drrov pty yratvng Epdav, Dov 88 yratvyg; — T 78 usssov Sovpds fddv « tenant sa jave- jine 4 mi-hampe ». Apres certains verbes, |'idée de « prendre » est seulement impli- quée : A 258 xe modés « tirer par le pied » (cf. 2 477); — ¥ 854 Bhioev wodss; — Q BAS yépovex 88 yeipde dviom ; — y 439 Body 3 dyémmy xepduov. Ces derniers emplois doivent reposer sur des génitifs proprement. dits ; toutefois, ils continuent peut-étre pour une part des ablatifs. Remargque. — Le verbe Mocecba: pouvait tre suivi d'un génitif dési- gnant la personne au nom de qui l’on supplie (cf B 68 et § 82}. L’analogie de ce tour et celle de Axpédvew, datecfat ont conduit a des expressions du type de I 451 4 3° alév ué Aoofoxeto youve « elle me suppliait en me prenant les genoux » (cf. x 481, x 337). L’analogie a été aidée par les tours ot AlsceoOu et raGdy ou dhadv se trouvent associés : Z 45 daBdy éadlaceto youve (ef. @ 71, 5 142, 4 310). Sur X 845, voir § 82. § 64. Les verbes exprimant l’idée de « viser a, chercher 4 atteindre» sont proches de wyydvew et s’associent volontiers au génitif. Ainsi dpéyoun. est suivi de laccusatif, lorsqu’il s’agit d’une partie du corps (cf. § 55), mais du génitif, lorsqu’il s’agit d’une personne : Z 466 05 1, Schwyzer-Debrunner voient dans ces génitifs des génitifs ablatifs (p. 97, etc...). 2. Schwyzer-Debrunner, p. 129. 54 CHAPITRE VI rrauBdg dpéeto « il tend les bras a son fils »; — IT 322, le génitif peut dépendre de %6n, plutét que de dpetdevos ; — émtpatouar « chercher a atteindre, désirer » (¢ 344, » 220, K 401) (pour l'emploi avec Paceusatif, voir § 55); — feo « s’élancer vers, désirer » : o 69 idpevoy véoroio ; A 168 iguevor médtog (Voir encore x 529, Y 371); — DSouen « désirer » est volontiers suivi du génitif : ¥ 122 s8dpeva ne- Siow ; ete... (pour l’accusatif, voir § 55); — le parfait de ypyo9a, xé- xenua. « désirer »: & 13 vocrov xexpnudvov #88 yovaunds;— E124 xowr- Biig neypnudvor dvBpec (cf. v 378, x 50); — T 262 ot’ ebviig medqaow xe- xenuévos obce tev Hou ; ebvijic semble servir A la fois de complément a redgacw et a xexenuévos (cf. aussi la note de P’édition Leaf) « par désir avoué de son lit » (Mazon); on observe enfin que certains em- plois de xexpnuévos sont proches du sens de privation et que le géni- tif se trouve ainsi au contact de l’ablatif ; — autres verbes signifiant « désirer » : pfuova, participe ueyavia (E 732); — énetyoun (T 142, « 309); — Yeapa (1 64); — éparitwy (P 660); — tyelpo (x 555); — Aralouat (« 315; mais, avec laccusatif d'un mot neutre, E 481, « 409) ; — lyavde (¥ 300, 6 288; sur la forme, cf. 1, p. 360); — mewhpevar (v 137); — ddelovres (E 37); — noter » 159 cov neiphoera ; M 304 uiov netphoovse (of. 1 345, 9 124, x 237)1, Verbes signifiant « viser, tirer sur » : to£evew (¥ 855) ; — dxovriter (P 304) ; — troresew (A 100); — terdoxeodun (N 159). § 65. Une autre catégorie importante est constituée par des verbes exprimant une opération des sens : dxovew, etc... En principe la personne ou la chose d’oii vient le son est exprimée au génitif, ce que Von entend est 4 laccusatif : A 455 sav 8¢ te tHAdoe BSoimov.., Bove — 76... piOov dxotsag ; — A 357 tod 8 Eelve mérma ume; — 8 505 ob 8b TMocei8iwv... Bxdvev addficavrog; — 0 491 Bou dxotoas. Le com- plément de personne pourrait étre un ablatif (cf. Schwyzer-Debrun- ner, p. 94), mais la comparaison engage a y voir plutét un génitif (cf. Humbert, Syntaze..., § 374). Des termes comme 8y, o58%, etc..., peuvent désigner la voix en tant qu'elle émet un son et qui n’est pergue que particllement (géni- tif), ou le son pergu totalement (accusatif) : » 198 p0oyy%¢ Leiphvev huobouey; — X 447 xaxvrot 8° fxovse xal olworig; — X 451 aldotne éxupfig bxb¢ BAvov; mais O 270 beob Bervov bra; — 1. 401 Boke atovees ; thais © 222 ov bxx.— Combinaison des deux tours en p 265-266, poxnspod < Hxovew Bodv xbdttouevéav | oldv te BAnxiy. Méme syntaxe pour neiOoux, génitif de la personne et accusatif 1, En 6 28, accusatif dela chose et génitif de la personne, cols (a¢thous). enetpy- caver’ 'Otvoros ; accusatifen & 119 = w 238 Exacta mupieatco, cf. E 604. LE GENITIF 55 de la chose : O 379 émifovro Arde xrirov « ils entendent le fracas » (cf. P 408); mais O 224 udyne émidovto xal &Xor avec un sens différent, « d’autres ont Pexpérience de la guerre »; on opposera de méme le génitif de Z 465 et laccusatif de x 147. — Noter l'emploi du gé- nitif au sens de « s’informer sur quelqu’un » : « 281 mevodpevog ra- xpdg div otyouevoto; —-P 377 otmw... nemicOny | ... Tacspéxdoro Oavbvroe (cf. v 256). — Mais l’accusatif de la personne sur qui on apprend quelque chose : E 702. De méme avec éxotew le génitif partitif peut désigner la personne ou la chose au sujet de laquelle on s’informe ou l’on apprénd quelque chose : 8 114 ratpd¢ dxoboag « ayant entendu parler de son pére » (cf. y 15, v 256, etc...). Avec un participe : 7 304 wh mig Exett "Odvoijog dxovadta Ev8ov eévros « que personne n’entende dire qu’Ulysse est a la maison »; — Q 490 xeivbg ye oé0ev Cidbovrog dxobe | yalpet. En ce sens de « au sujet de », la prose a employé la préposition mept (cf. déja p 370 sqq.). Le génitif peut done exprimer concurremment et ce qu’on entend, et la personne au sujet de qui l'on entend, et la personne de qui l’on entend : on a ainsi deux génitifs sur des plans différents : p 114-115 *OBaayos... Cwod ob3t Oxvdvrog EmySoviaw tev cxotica « apprendre d’un des immortels quelque chose sur la vie ou la mort d’Ulysse ». Remarques. — 1. Les verbes signifiant « entendre » se sont prétés & prendre le sens d? « obéir » : 0 220 of 8° &pa tod udda pév xhhov SE riBovto ; — O 286 088° Spa narpde dvyxobornaey "Andrea (of. Y 14). Avec le génitif de la chose : 3 767 Ox 38 of Zxdvev dpiig (cf., pour le datif of, § 88). II. Le génitif exprimant la personne que l’on entend doit étre proprement un génitif partitif. Toutefois, il est proche du génitif ablatif, comme Vindique certains tours prépositionnels : Z 524 atoye’ dxot | mpdg Tea; — Y 129 ratte Oedy &x neboerar duis. Le verbe ovvinut « comprendre » s’emploie de fagon comparable : «5 34 colw 8% Euvény’ lepdv uévog *Avnvdoto (soiw génitif) ; of. 376; — ac- eusatif de la chose : B 182 Euvénxe Oetc éna ; — génitif de la chose : A 273 xe uév pev Bovréwv Ebviev. § 66. D’une maniére générale, le génitif s'est employé avec les verbes de connaissance : | 109 yvwodyel’ OXtpwv « nous nous recon- naitrons l’un l’autre » (cf. » 36, dans les deux exemples on a une variante df); avec un participe : A 357 &¢ yO yoouevoo; — avec le verbe éSénv : + 325 rs yap eued ot, Eeive, dajcex « comment sauras-tu 4 mon propos? » Les verbes signifiant « savoir » sont volontiers suivis du génitif 56 CHAPITRE VI partitif, en particulier au sens de « s’y connaitre » : M 229 é¢ odoa... eldety repdev; — O 412 céxrovos... dg bk te mos | ed el8% coping; — ® 487 modéuoro Sahwevar; — en particulier avec un participe : B 718 row &) el8ebg ; — 2 202 olaviov ade eldchg ; — A 710 03... ei8ére Botpidos deh ; — M 100 wdyng eb eldsre mons; — TI 8114 Sidxcxéyevos rorgpoto 5 — 9 406 odpyryyos Emordpevos nal doidi}c. — Noter K 493, &hOeccov yep et’ adréy «ils n’y étaient pas encore habitués ». “Verbes exprimant lidée de « se souvenir de, faire mention de », ete... : ¢ 29 uvhoxro yap xatk Ooudy dpbyovos AlyloBoro ; — a 324 bné- pynoev 8é & mo186g. Méme syntaxe pour les verbes signifiant « oublier » (ot le génitif se trouve proche du génitif ablatif) : TI 357 of 8& edéo0 | Svoxerd8ov uvhoavro AdBovro 3 Bobpides Axis; — FY 648 dc pev del pe pryyjoat evngos 008 ce AnOo tyH¢ « tu te souviens encore de mes bon- ‘tés, et tu n’oublies pas Phommage... »; — 7 221 é 3 we mévtov | Ay- Odver... (sur l'emploi de l’accusatif, voir § 49 E). C’est a ces emplois que se rattache un tour comme ) 174 elm 3¢ wot matpdg te xal vidos... 4 ere rap xelvoraw eudy yépac, He... Quelques exemples avec xepi ont un sens un peu différent : » 194 epi tours | pvnodueba « nous aviserons au retour ». § 67. Verbes signifiant « se soucier de, craindre pour », ete... : A180 alley 8° 87S obx dreyife | 053° Sous; — B 384 rorguowo uedsoo (autres compléments avec ce verbe dsxdjc, véorov, xoltov, Snvov, ete...); — & 271 éuév durdteo pide (cf. + 134); — E 708 péya mrovroro weunrde — 70 0d pv wev Cdovrog dachBerg; — 1 630 0838 perarpénerne purdentos 5 —8 820 rob 3° duoirpoyses xai SéBva pr tt wkOyot. Sur la concurrence de nept et sur K 93 et P 240, voir § 179. Concurrence de l’accusatif : € 268 vnjéw 6mrra peratvdwy drgyoust (ce qui évite une cascade de génitifs). Méme syntaxe avec des verbes signifiant « défendre » : M 155 duovbzevor cpav abtdy te xal xdovkov ; of, M 179. Le verbe a Dactif est volontiers suivi du datif (cf. § 90); tontefois, le génitif est parfois attesté : A 11 adrod spas duiver ; of. M 402, N 110, 1 522, 5 174 (avec le datif comme variantes dans ces deux derniers exemples). Mais, dans ce tour, le génitif est également proche de l’ablatif (cf. § 78). C'est ce que confirment les constructions prépositionnelles. On trouve P 182 rep Tlarpdxkoo Oavévtoc, mais TI 80 veéiv dino. Le rapport avec mept s’observe également dans Pemploi du composé reguéjver : E 24 nept- Give dBedperot (cf. § 179). § 68. Un emploi particulier du génitif est celui que Pon observe 1. Sauf pour weundts, on a, avec ce verbe, des tours comme peljaoust & gyot fexot, En revanche, N 419 038’ éo0 audinaey éruipod. LE GENITIF 57 avec les verbes signifiant « régner sur, dominer ». II s'agit bien 1a d'un génitif partitif, comme l’indique, par exemple, la comparaison du sanskrit, qui emploie le génitif avec la racine kgi- « régner », ou la syntaxe du verbe dvéccm accompagné du génitif, qui indique dans quel domaine s’exerce l’autorité : A 38 Tevé8o10 te Ipt dvdcaess (cf. Z 478, ete...). Le génitif est en concurrence avec le datif (locatif), qui s’emploie volontiers pour les noms de peuples ou de personnes (cf. § 141); noter ¥ 180 Tpdecow dvdtew inmodduor | tuts tig Tpduou « régner parmi les Troyens sur tous les droits de Priam » (de méme tutig dvdscew en w 30). Rares exemples du génitif désignant des per- sonnes : K 32 ’Apyetwy ivasae ; cf. 2 276. Méme syntaxe avec fuovelw : A 285 Tbiov Baciteve; mais a 404 Buowretac. Ayaiy; — xparéw (A 79); — onpaiva (E 85); — Sewroresor (114) ; — hyepoveso (B 527); — Hpyw (B 494, etc...); — avec Hyéonan (M 104), mais le datif I 169. Le participe pedtwv dans Awddvys uedtoy (IT 234), etc..., est isolé. § 69. Au sens partitif du génitif peut se rapporter la valeur d’appar- tenance qui apparait en particulier avec le verbe étre (cf. latin domus est patris) : Y 244 cadre tor yevetic te xad alyaros etlyouon elvan; — LT’ 457 vuch udv 5h galver’ dpnuplnou Meveddou (ef. encore ® 109, 8 232). Ce génitif, d’ailleurs voisin du génitif complément de nom (cf. § 75), se trouve parfois proche du génitif-ablatif. Cf. © 89 tHe 8b Sd0 yyevouedto. Remarques. — I. Ce tour a été concurrencé par éx suivi du génitif : ® 189 Aloxdc &x Atds fev. ~ IL. C’est, en définitive, de ce type de génitif que reléve un tour comme © 360 ti pot tides xal dpwyiic « qu’ai-je affaire d’aller a la bataille et leur porter secours »? § 70. Cest également au génitif partitif que se relie l'emploi du génitif de matiére : K 262 (xuvény) g1vod romryy ; — X 574 ypvooto te- zebyato; cf. encore + 226. Ce génitif s’est trouvé en concurrence avec le datif instrumental (cf. § 102). — Avec un substantif : A 24 ofyou... wvdvoro ; — 8 124 tamnta... getoro, ete... § 71. La notion de prix situe un objet ou une action dans une cer- taine « sphére » : ‘Y 485 tplmodog nepiSdye0ov « parions un trépied »; — W 78 éudBev nep\Sdoouai « je me donnerai en gage! ». La méme syntaxe s’observe avec des verbes comme ttpkoba : ¥ 649 1, Wackernagel, Vorl. iiber Syntax II?, p. 218, indique que Je génitif pent se trou- ver en rapport avee Je mepi du verbe. 58 CHAPITRE vi (mic) Fic te yw’ komme tetyzyode; ou avec des adjectifs comme dts (@ 234, ¥ 885, ete...). . Cette notion de prix se retrouve avec les verbes signifiant « acheter » ou « racheter »: X 50 yadxod te xpuoot +” dxodvaduela (cf. A 106, etc...) 5 — 2 327 yeradv girov dvBpd¢ ehéEaro tywhevea « recut de lor précieux pour prix de son mari ».. Ainsi s*explique l'emploi du génitif avec duel « échanger » : 2 236 tedye’ ducer ypdoeu yadxetwv « il échan- geait des armes d’or pour des armes de bronze ». Remarque. — Noter A 547 éatyov -yévw youvde duelBav « changeant de peu un genou pour l’autre », c’est-a-dire « marchant lentement ». § 72. Une des originalités du génitif est d’avoir fourni des complé- ments de lieu et de temps. Ce génitif de lieu et de temps n’est, en somme, qu’un cas particulier du partitif. Nous avons déja rencontré des génitifs qui peuvent étre considérés comme génitifs de lieu (cf. § 63, A 197, A 356, etc...). La syntaxe du génitif proprement local est nettement attestée chez Homére et tendra ensuite a disparaitre : y 254 # obx “Apyeos fev *Ayaunod « Ménélas ne se trouvait-il pas dans Argos I’Achéenne? »; — ¢@ 108 otm viv obx kore yuvh xat’ "Ayaui8a yatay | ote TTuAov lepic, oft? “Apyeos, ote Muxtyns; — a 24 of wav Svaousvou ‘“Yneplovoc. of 8° dvidvros « les uns dans la région du couchant, les autres dans celle de ’au- rore »; — I 249 dvrlov tev... | tolyou rod érépoio « il s’assied en face (du divin Ulysse) contre le mur opposé » (cf. Q 598, 4 90); — P 372 vépos 8° 08 paiveto mone yang; — u 27 9 drdg A enl rig} — 8 678 abatig éxrdc ev « étant dehors dans la cour » (plutét que « hors de la cour? »); — c’est de la méme fagon que l’on peut expliquer 239 Bxelns exréQev addic « dehors, dans le creux de la cour » (mais di- verses corrections ont été proposées). Le génitif s’emploie avec les verbes de mouvement pour indiquer Pespace dans lequel le mouvement se déroule : K 353 xéwevar veroio BaOeing mxcbv dporpov « a travers la profonde jachere » (cf. ¥ 548). I] s’agit généralement de vieilles formules, particulisrement de géni- tifs en -ovo, qui occupent la fin d’un vers : Q 264 ta nphscwyev S8ot0 « pour que nous avancions dans notre route » (cf. 8 404, y 476...). Cest surtout le génitif neSiowo qui, de facon formulaire, figure dans des expressions de ce genre : A 244 nodtog reSioto Ogovsor « courant par la vaste plaine »; — X 23 ... Oéqer tirawdpevoe meSioro « court en allongeant dans la plaine »; —E 597 ... law modéog neStowo (cf. E 222); — N64 reBioro dudxev ; — ¥ 475 redtow Steveat ; — N 820 xovtovres me- Siovo « en soulevant la poudre-de la plaine » (mais l’accusatif en 3 145) 3 — B 804 tpyovra: mBiovo; — B 785 duimpyacov xeSiow, of. T 14, ete...