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SOCRATE ET LA TRADITION

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Sommaire
1. De la philosophie, de la nature à la philosophie morale

1.1. Science et morale


1.2. La mission divine

2. Analyse de quelques phrases célèbre de Socrate

2.1. Connais-toi toi-même


2.2. Je ne sais qu’une chose c’est que je ne sais rien
2.2.1. L’ironie
2.2.1.1. La docte ignorance eiron : celui qui interroge en feignant
l’ignorance.
2.2.1.2. L’ironie interrogeante
2.2.2. La maïeutique
2.3. "Nul n'est méchant volontairement"
2.3.1. La thèse de Socrate
2.3.2. L'opinion et le savoir
2.3.3. La passion est-elle une excuse ?

1. De la philosophie, de la nature à la philosophie morale


La philosophie est née -7,-6 s avec les présocratiques.

1.1. Science et morale

Etonné par l'instabilité, la précarité; les penseurs pré socratiques (Thalés, Héraclite,
Emprédocle, Anaximandre, Democrite)se sont posés des questions grandioses : Que ce que
l'Etre, Que ce que l'être, Que ce qui est impérissable, que ce que l'essence, la substance. Ils ont
inauguré une réflexion rationnelle sur la nature. Ils ont fondé une réflexion scientifique qui ne
puisait plus son inspiration dans la mythologie, dans la théologie ils s'interrogeaient
essentiellement sur la nature (Physis). Ils ont voulu expliqué la diversité des choses par un
principe unique : ils ont voulu unifier en un tout rationnel, intelligible, la diversité des
phénomènes naturels. Pour eux, la substance recherchée est matérielle. Socrate: " Quelque
chose d'essentiel change " Que ce qui change ? En effet Socrate reprend l'antique spéculation
rationnelle mais la transporte dans le domaine de la moralité. De cosmologique, elle devient
anthropologique. Socrate reprend la question "qu'est ce que" et la déploie dans le domaine
moral. La question essentielle n'est plus "qu'est ce que l'être" mais "qu'est ce qui vaut
vraiment" . Alors que les penseurs présocratiques étaient des savants soucieux d'expliquer les
phénomènes naturels, Socrate détourne l'homme de l'étude de la nature, pour l'inviter à se
soucier de lui-même (connais toi toi-même). Le but suprême de la philosophie n'est plus la
connaissance de la nature mais le souci de la bonne conduite, de l'amélioration de l'âme. "Je
n'aît d'autre but en allant par les rues que de vous persuader, jeunes et vieux, qu'il ne faut pas
donner le pas au corps et aux richesses et s'en occuper avec autant d'ardeur que du
perfectionnement de l'âme. Je vous répète que ce ne sont pas les richesses qui donnent la
vertu, mais que c'est de la vertu que proviennent les richesses." Socrate dérange en dénonçant
l'aveugle désir du plaisir des sens et l'étroitesse des intérêts vitaux.

1.2. La mission divine

Socrate a été saisi par la conscience d'une mission divine d'une vocation philosophie lorsqu'il
reconnue le peu de portée de la nature de la science pour les choses sérieuses, importantes,
mais Socrate n'est pas un prophète. Un prophète est chargé par Dieu or Socrate n'avait a
proprement parler rien à dire, il ne professe aucune doctrine mais il interroge : "J'ai en
commun avec les sages femmes que je suis stérile en matière de savoir et la raison là voici :
c'est que le dieu me contraint d'accoucher les autres, mais ne m'as permis d'engendrer. Je ne
suis pas du tout savant moi-même et je ne puis présenter aucune trouvaille à laquelle mon âme
est le pour". Socrate n'est donc pas un théoricien, mais un praticien, un accoucheur, un
éveilleur.

2. Analyse de quelques phrases célèbre de Socrate


2.1. Connais-toi toi-même

Socrate avait pris pour devise le connais-toi toi même qui était une maxime gravée dans le
vestibule du temple de Delphes, l’homme grec apprenait le sens de la mesure. "Connaissons
notre portée" "La mesure est la meilleur des choses" Le "connais-toi toi-même" est non pas
une invitation à une introspection psychologique mais la proclamation des limites de
l’homme. Ce precept est la formule la plus haute de la sagesse des limites. Cette sagesse
pratique se dit en grec phronesis .La phronesis est une exportation à la réserve dans le savoir
et une invitation à la modération dans l’usage du plaisir.

2.2. Je ne sais qu’une chose c’est que je ne sais rien

2.2.1. L’ironie

2.2.1.1. La docte ignorance eiron : celui qui interroge en feignant l’ignorance.

Socrate prétendait ne rien savoir mais en fait, il savait quelque chose puisqu’il connaissait son
ignorance, mais ce quelque chose qu’il connaissait n’a pas de contenu objectif c’est le savoir
du non savoir. L’ironiste souligne le caractère relatif partial et partiel de tout savoir bref:
"l’ironie est le savoir de l’intelligence". L’ironie a pour mission de critiquer, Socrate est
l’esprit critique de son temps
.
2.2.1.2. L’ironie interrogeante

On peut distinguer deux manières d’interroger: -L'interrogation spéculative: il s’agit ici


d’obtenir une réponse entièrement satisfaisante, interroger ici désigne le rapport d’un individu
avec un autre individu à l’objet en question. -L'interrogation ironique Interroger désigne ici le
rapport d’un individu avec un autre individu, l’ironiste n’interroge pas d’abord en vue
d’obtenir une réponse mais pour détruire par ses questions le contenu apparemment solide du
savoir d’autrui . L’interrogation ironique vise à éveiller la méfiance d’autrui à l’égard des
préjugés. 2.2.2. L’aporie Après avoir été interroge, les interlocuteurs de Socrate se rendent
compte de leur ignorance quand a l’essentiel, ils en arrivent à la conviction que leur savoir
n’est pas fonde. Ils tombent donc dans un état de perplexité, d’embarras, d'incertitude, de
doutes qui se dit en Grec : "aporia" Jankélévitch disait "Socrate jette les hommes dans la
perplexité de l'aporia qui est le trouble symptomatique engendré par l'ironie". L'ironie est une
attitude profondément philosophique parce qu'on commence toujours en philosophie par le
doute ou par l'étonnement : Platon disait "l'étonnement, l'émerveillement, c'est le sentiment
tout à fait caractéristique du philosophe"

2.2.2. La maïeutique :

Socrate aimait à répéter que "de même que sa mère accouchait les corps, lui accouchait les
esprits". C'est donc l'art de mettre au monde des idées qui sont déjà contenu dans la
conscience de chacun.

2.3. "Nul n'est méchant volontairement"

2.3.1. La thèse de Socrate

Les anciens grecs n'ont pas de mots pour dire le "péché", mais simplement le mot "faute" (qui
se dit amarthêma : manquer la cible). Celui qui commet une faute se montre mauvais archer
de l'existence : il vise mal la cible qui est la même pour tous : le bien. Analysons donc cette
faute qui est sans malice, sans intention. Vouloir, c'est vouloir le bien. La philosophie des
grecs peut-être appelée une philosophie du désir. Tous les grecs pourrait souscrire à cette
phrase de Sénéque : "Tous les hommes veulent être heureux". Il n'y a du désir que du bien.
Vouloir le bien, c'est pour Socrate et les grecs un pléonasme. En effet, le bien est au fond le
suprême désirable. Dans un dialogue, Ménon suppose qu'on peut vouloir le mal, et Socrate
répond que non, que si l'homme veut le mal, c'est qu'il le prend pour le bien. Pour Socrate, la
volonté du mal est un monstrueux contresens : une contradiction dans les termes. L'homme
est originellement bon ; vouloir le mal serait donc contre nature. L'homme ne peut savoir que
le mal est mauvais, et le désirer tout en le sachant mauvais. C'est en voulant le bien que
l'homme fait le mal.

2.3.2. L'opinion et le savoir

Si je commets le mal, c'est que je me décide à agir selon une opinion fausse. Je prends pour
un vrai bien ce qui n'est apparent : le plaisir immédiat, l'argent. Je suis alors dupe de mon
opinion qui est le plus souvent l'opinion commune. L'action doit toujours être subordonné à
une réflexion première et sérieuse qui me donne le savoir exact du bien.

2.3.3. La passion est-elle une excuse ?

Les grecs avaient senti le drame de l'être homme, entraîné malgré lui par ses passions, à des
actes que sa raison même réponse. Ainsi Médée : "je suis vaincus par le mal, je comprends
bien l'énormité du mal que mes réflexions". Pour Socrate, tout cela n'est pas une excuse, elle
est même scandaleuse. L'homme devrait toujours pouvoir se maîtriser : "rien n'est plus fort
que le savoir, et toujours il l'emporte, là où ils se rencontrent : sur le plaisir et sur tout le
reste", "celui qui voit clairement le bien ne peut pas ne pas le faire". Comment se fait-il alors
que l'homme fasse si souvent le mal : parce qu'il oublie la fin suprême et qu'il se complaît
dans les moyens. Tous le hommes veulent le bien mais le bien n'est pas immédiat, il suppose
des moyens pour l'atteindre et les hommes en viennent à confondre les moyens et la fin
(exemple : l'argent est un moyen). L'homme confond souvent le plaisir immédiat avec le
bonheur. Le bonheur suppose la médiation de l'effort de l'exigence et de la raison L'homme est
bienveillant mais il est malfaisant. Nul n'est méchant sciemment ni par suite ne fait le mal
volontairement. On ne commet de faute que par ignorance. La faute par ignorance est une
maladresse, un défaut au sens privatif d'un manque d'intelligence. L'homme est plus bête que
méchant. C'est pourquoi l'éducation tient une place si importante chez les grecs et notamment
chez Socrate. Eduquer l'homme, c'est le forcer à se détourner de l'attrait artificiel des moyens
pour le concentrer sur la fin : le bien. Il ne s'agit pas de réfuter le désir naturel de l'homme
vers le désir. La philosophie n'est là que pour aiguillonner l'homme qui tend vers le bien, elle
remet sur une saine route l'homme fourvoyé ou dévoyé dans la multiplicité des attraits
sensibles.