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CARICE, UNE COMMUNAUTE QUI CHERCHE

LA VOIE DE

SON PROPRE DEVELOPPEMENT

PLAN DE DÉVELOPPEMENT LOCAL

DE CARICE

PDLK 2007 – 2010

COORDINATION DU PROCESSUS: SKDK


ACCOMPAGNEMENT EXTERNE: TROIS (3) EXPERTS NATIONAUX
APPUI DES AUTORITÉS LOCALES: CONSEIL COMMUNAL DE CARICE

Validé en Assemblée des Représentants/tes en date du 7 & 8 septembre 2007


PLAN DE DÉVELOPPEMENT LOCAL DE CARICE – PDLK

2007 – 2010

II. DIAGNOSTIC ET RÊVE DE LA COMMUNAUTÉ DE CARICE...............................................................................7


2.1 Présentation de la communauté de Carice.......................................................................................7
2.2 Situation de la communauté de Carice sur le plan économique......................................................8
2.3 Situation de la Communauté de Carice sur le Plan Politique........................................................12
2.4 Situation de la Communauté de Carice sur le Plan Social.............................................................14
2.5 Rêves de la communauté de Carice pour les quinze (15) prochaines années: ses grands objectifs
de développement.........................................................................................................................20
2.6 Priorités de la communauté de Carice pour les trois (3) prochaines années..................................21
III. PLAN STRATÉGIQUE DE L’AVANCEMENT DE CARICE POUR 2007-2010.......................................................23
3.1 CADRE LOGIQUE DU PROGRAMME D’AGRICULTURE ET D’ELEVAGE........................23
3.2 CADRE LOGIQUE DU PROGRAMME D’ÉDUCATION....................................................................................27
3.3 CADRE LOGIQUE DU PROGRAMME DE SANTÉ..........................................................................................31
3.4 CADRE LOGIQUE DU PROGRAMME SOCIO ORGANISATIONNEL.....................................................................34
IV. COORDINATION, GESTION ET EXÉCUTION DU PLAN DE DÉVELOPPEMENT LOCAL DE CARICE..............................37
4.1. Coordination de la Mise en Place du Plan de Développement Local de Carice......................37
4.1.1. Les plateformes sectorielles........................................................................................37
4.1.2. Le Conseil d’administration du plan de développement local de Carice – KAP.......38
4.1.3. Le Comité de direction du plan de développement local de Carice – KDP...............38
4.2. Gestion et Exécution du Plan de Développement Local de Carice..........................................39
4.2.1. Les équipes technique et d’accompagnement – ETA.................................................39
4.2.2. Exécution des actions ou activités du plan de développement local de Carice..........40
4.2.3. L’assemblée des représentants de la communauté de Carice – AR............................41
V. DIFFÉRENTES ÉTAPES DANS LA RÉALISATION DU PDLK...............................................44
5.1 Déroulement du programme d’agriculture et d’élevage..................................................................46
5.2 Déroulement du programme d’éducation.......................................................................................47
5.3 Déroulement du programme de santé.............................................................................................48
5.4 Déroulement du programme socio-organisationnel........................................................................49
VI DEMARCHE POUR METTRE EN ŒUVRE LE PLAN DE DEVELOPPEMENT LOCAL DE
CARICE.............................................................................................................................................50
6.1. Stratégie pour le financement du PDLK....................................................................................50
6.1.1. Les sources de financement identifiées......................................................................50
6.1.2. Recherche de financement pour le plan......................................................................51
6.2. Préparation au démarrage du PDLK........................................................................................54
6.2.1. Planification opérationnelle de la première année du plan.........................................54
6.2.2. Entente avec les organisations et institutions de Carice.............................................55
6.2.3. Mise en place des instances de coordination et de gestion du PDLK........................56
6.2.4. Lancement officiel du plan de développement local de Carice..................................56
6.3.1. Le premier principe : "l’équité"..................................................................................57
6.3.2. Le deuxième principe : "l’auto-développement"......................................................58
6.3.3. Le troisième principe : "le fonctionnement en réseau".............................................59
6.3.4. Le quatrième principe : "la planification, le suivi et l’évaluation participative". . .60
VII.BUDGET DU PDLK POUR 2007-2010.........................................................................................62
7.1 BUDGET DU PROGRAMME D’AGRICULTURE ET D’ELEVAGE.........................................62
7.2 BUDGET DU PROGRAMME D’ÉDUCATION..........................................................................64
7.3 BUDGET DU PROGRAMME DE SANTÉ...................................................................................66
7.4 BUDGET DU PROGRAMME SOCIO-ORGANISATIONNEL...................................................68
7.5 BUDGET DE FONCTIONNEMENT DU PDLK..........................................................................70
7.6 BUDGET GLOBAL DU PDLK.....................................................................................................70

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AVERTISSEMENT

Ce document a été validé en Assemblée des Représentants/tes des secteurs et zones de


Carice. Il a été rédigé après que l’équipe de coordination du SKDK, l’équipe d’accompagnement
externe et les responsables des collectivités territoriales aient fini de collecter toutes les données
issues des ateliers et séances de travail qui ont été réalisés avec la population de Carice.
Dans le cadre de cette série de réflexions discussions, la population de chacune des zones
de la communauté s’est prononcée sur le diagnostic de Carice, sur ses rêves pour les quinze
prochaines années et sur sa planification stratégique pour 2007-2010.L’Assemblée des
Représentants/tes s’est prononcée de façon autonome et en toute liberté en date du 7 et 8
septembre 2007.
Tous les secteurs, tous les postes de rassemblement, toutes les organisations et
institutions qui avaient participé ont autorisé le SKDK et le Conseil Communal de Carice à
commencer à soumettre à des fins de discussion, ce document à tous les partenaires financiers,
tant au niveau de l’Etat, de la coopération internationale que du secteur privé qui seraient
intéressés à apporter leur contribution.
En ce sens, le conseil de coordination du SKDK présente ses sincères remerciements à/aux:
 L’Equipe des Agents Facilitateurs qui a accompagné la population durant tout le
processus et qui ont facilité la participation démesurée des gens au niveau des Postes de
Rassemblement.
 Responsables des organisations et des Postes de Rassemblement qui ont contribué à la
mobilisation excessive durant toutes les étapes.
 Responsables de Collectivités Territoriales et d’autres institutions publiques de la
communauté qui ont toujours répondu aux invitations et ont encouragé d’autres gens à y
prendre part.
 L’Equipe de l’Accompagnement Externe (EAE) Agr. Jean Luckner BONHEUR, Ing.
Ernst MATHURIN, Sociologue Jean Rénol ELIE, une experte en Gestion des Ressources
Humaines Rosa Parés CANELA qui a facilité la réflexion avec l’Equipe de Terrain
 Action de Carême de Suisse (ACS), Fondasyon Konesans ak Libète (FOKAL), OXFAM
GB, Centre Canadien d’Etudes et de Coopération Internationale (CECI) et d’autres
organisations qui ont contribué à la réalisation de cette expérience d’une façon ou d’une
autre.

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I. INTRODUCTION

Après les élections de 2000, beaucoup de leaders de la commune de Carice avaient


constaté les divisions qui faisaient rage dans toutes les zones de la commune. Ils avaient vu la
nécessité d’amener la population à mener un travail commun de réflexion pour dépasser cette
situation difficile. Ils savaient surtout que bien que les conflits aient toujours existé, il y avait
toujours eu plus de collaboration entre les habitants de Carice. Dans la commune de Carice, il y
avait toujours eu des conflits : pour les terres, pour les dégâts causés par les animaux dans les
plantations, pour les abus des grands sur les petits, pour les questions de religion et pour les
questions politiques. Mais les gens recherchaient toujours les moyens d’empêcher à la commune
de tomber dans des luttes entre deux camps. Les élections de 2000 ont non seulement envenimé
les conflits déjà existants mais elles ont créé en plus un climat de tension et de zizanie dans la
commune. Le travail de gestion des conflits que les leaders ont mené avec la population a
permis non seulement de diminuer les tensions mais aussi d’arriver à mettre sur pied un
regroupement d’organisations surnommé SKDK—Centre Culturel et de Développement de
Carice— qui lui-même va jouer le rôle important d’accompagner la population dans sa réflexion
sur ses grands problèmes et sur comment considérer son avenir avec plus de détermination.
Dans le cadre du SKDK, ils avaient réussi à obtenir que beaucoup de personnes qui
commençaient à se comporter comme des ennemis ou des individus qui n’avaient rien en
commun, s’asseyent ensemble pour réfléchir sur l’avenir de la commune. Ils avaient invité les
gens, dans le cadre de leur travail d’organisation et d’animation, à se rappeler toutes les pratiques
de vie communautaire qui existaient jadis dans les différentes zones, afin qu’ils reprennent le bon
cap et qu’ils travaillent à l’avancement de la communauté.
Les facilitateurs ont beaucoup insisté sur le concept de communauté, de façon à rappeler
à tous ceux qui avaient répondu à l’invitation et à tous les autres qui viendraient les rejoindre que
les gens qui vivent à Carice ont des intérêts communs à défendre. D’ailleurs, ils ont déjà acquis
l’habitude de vivre comme frères et sœurs ou comme bons voisins sur un petit bout de terre du
Nord-Est d’Haïti.
Avant que le travail de réflexion ne débute dans la communauté avec la population, le
comité de gestion des conflits avait pris la décision de mener une enquête de conscientisation sur
le problème des conflits à Carice. Cette enquête avait démontré que, malgré les divisions qui
existaient, la plupart des personnes de la population savaient au fin fond d’eux-mêmes que
beaucoup de choses les liaient les uns aux autres au sein de la communauté.
Mais l’enquête a aussi démontré que, si nous voulons parler de communauté, nous ne
pouvons nous limiter aux limites officielles que l’Etat a fixées pour les communes de la région.
Beaucoup de personnes sont, sur le plan administratif, de la commune de Mont Organisé, mais,
sur le plan de leurs intérêts et sur le plan affectif, ils sont plus proches de la commune de Carice ;
parce que c’est à Carice qu’ils règlent la plupart de leurs affaires : c’est là qu’ils envoient leurs
enfants à l’école, c’est là qu’ils se rendent à l’église, c’est là aussi qu’ils achètent la majorité des
produits dont ils ont besoin. La communauté de Carice ne peut considérer en exclusivité les
seuls habitants qui vivent dans la commune. La communauté de Carice englobe toutes les
personnes qui y habitent et aussi tous ceux qui vivent dans les zones de , Bois Neuf, Sable,
Wandéa…(section communale de Savanette, commune de Mont Organisé), Larrhée, Bas de Bois
Poux, Lagon Rouge, Haut de Bois Poux, Lapierre (section communale de Bois Poux, commune
de Mont Organisé).

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Le travail sur la gestion des conflits dans la communauté avait apporté de bons résultats parce
qu’il était basé sur une méthode participative. Le SKDK avait formé un groupe d’«agents
facilitateurs » pour travailler avec la population en vue de recueillir leur avis sur un ensemble de
grands problèmes auxquels la communauté était confrontée. Cette initiative avait contribué à
porter la population à accorder sa confiance au SKDK. Mais cela ne s’était pas arrêté là. Sur la
base des priorités discutées, la population avait identifié quelques services à développer dans la
communauté. Le SKDK avait pris la responsabilité de les aider à rechercher les moyens pour
réaliser une partie de ces services. Avec le concours du SKDK, ils ont réalisé une série
d’animations à Carice comme le théâtre populaire et la danse folklorique qui ont rappelé aux
gens les bons moments passés quand ils vivaient mieux entre eux. Le SKDK avait permis à
beaucoup de leaders et de jeunes de la communauté d’avoir accès à la formation ; il a installé une
bibliothèque et une station de radio qui fonctionnent régulièrement à Carice. Cette démarche de
travail participative ainsi que l’ensemble des réalisations citées plus haut ont permis aux gens,
aux organisations et institutions de la communauté de Carice d’accorder encore plus leur
confiance au SKDK.
Au fur et à mesure que les activités avancent, la population se rend de plus en plus
compte de leur nécessité et elle veut davantage chaque jour aller plus loin dans la recherche de
solutions aux grands problèmes de la communauté. C’est ce cheminement qui fait que plusieurs
organisations de la communauté ont commencé à comprendre la nécessité pour la population de
Carice de prendre en main le développement de la communauté. Mais pour que les gens de
Carice prennent en charge leur propre développement, ils ne peuvent pas laisser les activités
visant à améliorer la qualité de leur vie se faire de n’importe quelle façon. Il est important qu’il
y ait une coordination entre ces activités ; il est important que les gens puissent considérer les
réalisations à plus long terme ; il est important que les gens mobilisent beaucoup de ressources
pour cela ; il est important d’inviter toutes les personnes issues de la communauté à participer,
qu’elles vivent à Carice, qu’elles résident ailleurs dans le pays ou à l’étranger. Il est important
aussi de bien canaliser toutes les contributions de la communauté et toute l’aide qu’elle peut
trouver. C’est pour toutes ces raisons que tous les secteurs, toutes les organisations et toutes les
institutions ont été sensibilisés et se sont mobilisés pour construire ensemble de 2004 à 2007 le
Plan de Développement Local de la Communauté de Carice—PDLK.
C’est toute la population qui a participé à la conception du plan de développement local
de Carice, le PDLK. Il n’existe aucune zone de Carice ni aucune organisation ou institution
importante qui n’ait apporté sa contribution à la construction de ce plan. SKDK a joué un rôle
capital dans ce travail : il a recherché les moyens financiers et le concours de consultants pour
accompagner la population dans ce processus. Il a formé puis mobilisé des agents facilitateurs
pour aller travailler avec la population dans tous les coins de Carice. Cette démarche
participative fait que le processus a pris beaucoup de temps, mais personne n’est venu
l’accomplir à la place de la population ; c’est bien elle-même qui a conçu son propre plan en
même temps qu’elle apprenait à le faire avec le concours d’experts dans ce domaine. Pour cela,
une équipe d’accompagnement externe, comprenant trois (3) consultants habitués à faire le
travail d’appui aux groupes dans les activités de diagnostic et de planification participatifs, avait
aidé la communauté à réaliser le travail de conception de son plan de développement.
Mais il ne s’agit pas seulement de bâtir le PDLK sur une base participative. Il faut aussi
que toute la communauté continue à se mobiliser et que toutes les organisations et toutes les
institutions se préparent pour mettre le plan en application. Il sera constitué une plateforme
sectorielle pour chaque grand secteur d’activités pris en compte dans le plan. Le conseil

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communal ainsi que les Conseils des différentes sections communales qui viennent d’entrer en
fonction sont déjà très bien imbus du PDLK et ils se préparent à le prendre en compte et à
intégrer sa réalisation dans le cadre de leur mandat. De la même manière qu’il n’y avait pas eu
de discrimination dans la conception du PDLK, dans sa planification opérationnelle et sa
réalisation, il n’y aura pas de discrimination non plus. Toutes les institutions, publiques comme
privées, ont déjà été invitées ou le seront bientôt à apporter leur contribution propre à la
réalisation du PDLK. Ainsi, c’est dans un bel esprit de collaboration et de concertation que le
PDLK sera réalisé.
Le plan est divisé en sept (7) chapitres. Dans le premier est présenté le cheminement de
la communauté pour arriver à l’élaboration du plan. Le deuxième, la partie sur le diagnostic
participatif, présente les grands problèmes qui existent dans la communauté ; ce que les gens
veulent résoudre ou dépasser dans le cadre de cette problématique. C’est pour cela que, dans le
même chapitre, nous présentons les rêves de la population pour les quinze (15) prochaines
années. Les gens ne seront pas en mesure de résoudre tous les problèmes en un (1) ou deux (2)
ans. La population pense à faire des efforts pour que, dans quinze (15) ans, un changement
significatif de sa situation soit réalisé. Cependant, les habitants de la communauté de Carice ne
pensent pas aborder tous les problèmes en même temps. Dans leur planification, ils ont prévu de
diviser cette période de quinze (15) ans en cinq (5) étapes de trois (3) années chacune. Pour
chacune de ces étapes, ils bâtiront un plan stratégique. Dans le cadre du premier plan
stratégique, ils travailleront surtout dans les domaines de l’agriculture et de l’élevage, de
l’éducation, de la santé et du socio organisationnel. Ils ont choisi de commencer avec ces
domaines parce qu’ils croient que l’avancement qu’ils réaliseront sur ces dossiers leur donnera
plus de force pour continuer avec eux tout en travaillant aussi sur les autres problèmes. Dans le
troisième chapitre, ils présentent le cadre logique pour chacun des premiers grands dossiers
choisis. Ils en profitent pour présenter quels objectifs spécifiques ils poursuivent dans chaque
cas, quels résultats ils attendent et quelles activités ils vont mener. Dans le quatrième chapitre,
ils présentent la structure de coordination et de gestion qu’ils mettront en place pour piloter le
plan et l’exécuter. Dans le cinquième chapitre, ils présentent les diverses étapes à franchir dans
le cadre de la réalisation du plan stratégique de trois ans. Dans le sixième chapitre est présenté le
chronogramme de mise en œuvre du PDLK. Dans le dernier chapitre, ils présentent le budget du
plan pour la période 2007-2010.

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II. DIAGNOSTIC ET RÊVE DE LA COMMUNAUTÉ DE CARICE

Diagnostic de la situation de la communauté de Carice : les grands problèmes qui


existent à différents niveaux dans la communauté de Carice

Avant que la population de Carice n’entre dans la planification stratégique sur trois (3) ans,
elle avait réalisé plusieurs enquêtes sur les grands problèmes existant dans la communauté ce qui
lui avait permis de réaliser un diagnostic sur sa situation. Le document sur le diagnostic de la
communauté est disponible et l’Assemblée des Représentants des zones l’a déjà validé. Après le
diagnostic sur la situation de la communauté de Carice, la population avait construit ses rêves
selon comment elle aurait souhaité voir la communauté dans quinze (15) ans. L’Assemblée des
Représentants avait également validé le document sur les rêves de la communauté de Carice.
C’est sur le fondement de ce diagnostic et de ses rêves que la population, avec l’appui de
ses accompagnateurs, s’est basée pour concevoir le Plan de Développement Local de Carice.
Dans le cadre de ce chapitre, nous présenterons un résumé du diagnostic et des rêves de la
communauté pour une période de quinze (15) ans.

2.1 Présentation de la communauté de Carice

La commune de Carice est une des treize (13) communes du département du Nord-Est
d’Haïti. Elle est bornée au nord par les communes de Vallières et de Fort Liberté; à l’est par la
commune du Mt Organisé et par République Dominicaine ; au sud par commune de Cerca La
Source dans le Plateau Central et à l’ouest par la commune de Mombin Crochu. La commune
de Carice fait partie de l’arrondissement de Vallières. La commune de Carice comprend deux
(2) sections communales et a l’habitude depuis longtemps de mener toutes ses affaires avec deux
(2) sections communales du Mont Organisé. C’est donc le bourg de Carice et ces quatre (4)
sections communales qui constituent la communauté de Carice.
La communauté de Carice est située dans une région humide des mornes du département
du Nord-Est. La terre y est encore de bonne qualité. La couche de terre est assez épaisse et
contient encore de l’humus.
Une (1) rivière et deux (2) ruisseaux traversent la communauté de Carice. Les rivières
qui la traversent ne sont jamais asséchées mais elles ne sont utilisées pour arroser aucune
parcelle de terre de l communauté. En général, Carice reçoit beaucoup de pluie ; la quantité de
précipitations atteint en moyenne 1 700 millimètres. Les périodes de sécheresse sont de janvier à
mars et de juillet à août. Les périodes pluvieuses sont de septembre à décembre et d’avril à juin.
La température moyenne de la communauté est de 25o centigrades, mais en décembre-
janvier, la température baisse parfois jusqu’à 15o.
La communauté de Carice comprend environ seize mille (16,000) habitants dont la
majorité composée d’enfants, la plupart de sexe féminin. La communauté couvre un espace de
145 km2 et la densité de la population est 118 personnes par km2. C’est une (1) des trois (3)
communes du département du Nord-Est qui comporte le plus grand nombre d’habitants.
L’environnement de la communauté de Carice commence à se dégrader. L’érosion
emporte beaucoup de terre arable. Quand il pleut, les gens se rendent compte que c’est la terre
elle-même qui s’en va dans l’écoulement des eaux. Le déboisement entraîne le manque de
protection des terres. Chaque jour davantage, la couverture boisée diminue dans la communauté.
Depuis les années 50, l’exploitation du bois de pin avait commencé dans la zone. On continue à

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couper beaucoup d’arbres pour faire des planches, pour construire des maisons et fabriquer des
meubles et aussi pour produire du charbon de bois. Les arbustes n’ont pas le temps de pousser
pour remplacer les grands arbres. La pratique du brûlis, au moment des cultures, empêche aux
arbustes de grandir. Parfois, le feu sur une parcelle fait des ravages dans d’autres plantations.
Certaines personnes vont parfois chercher des mines de métaux dans la région ; ils creusent la
terre qui, plus tard, est emportée par l’eau de pluie. La gestion des déchets et des détritus de la
communauté laisse à désirer.

2.2 Situation de la communauté de Carice sur le plan économique


L’économie de la communauté de Carice repose sur le secteur agricole. C’est lui qui fournit du
travail à plus que la moitié de la population. Mais la production agricole n’arrive pas encore à
répondre à tous les besoins de la population et elle ne trouve pas non plus de débouchés
commerciaux pour la majorité des produits.

• La question de l’agriculture et de l’élevage


Carice jouit d’une bonne réputation dans la production du café, mais parce que le prix de
cette denrée baissait chaque année, les gens avaient commencé à s’en décourager. C’est
pourquoi ils avaient commencé à couper les arbres pour cultiver d’autres denrées qui ne
protègent pas autant la terre. C’est grâce au projet de renforcement des filières réalisé par la
coopérative de café de Carice, qui a permis de revaloriser la culture du café, que le processus de
destruction des plantations a commencé à ralentir. Carice produit toutes les autres cultures
comme la canne à sucre, le riz, le maïs, le pois, la banane, l’igname, la patate, la pistache, le
manioc et beaucoup de variétés de fruits.
En général, c’est la pratique de cultures associées qui permet aux producteurs d’avoir des
récoltes pendant toute l’année. Carice a la possibilité de faire de l’irrigation, mais elle n’a
aucune parcelle irriguée et c’est pourquoi c’est le riz de lagon qui est produit jusqu’à présent.
Certains travailleurs n’ont pas leurs propres terres ; Ils utilisent le système d’affermage ou des
deux- moitiés. La plupart des gens qui travaillent la terre n’ont pas de titres de propriété et le
plus souvent ce sont des terres d’héritage qui ne sont pas encore partagées. Ainsi, il existe un
grand problème d’insécurité foncière dans la commune de Carice. Ceci n’encourage pas la
population de Carice à faire le reboisement parce que les gens craignent qu’après avoir reboisé
des parcelles de terres des conflits éclatent et que ces parcelles leur soient enlevées.
Les paysans manquent d’encadrement pour développer leurs exploitations agricoles. Le
mode traditionnel de mise en valeur des terres ne donne plus de bon rendement mais les paysans
sont contraints de conserver l’ancien système. Les agriculteurs n’ont pas accès à des semences
de bonne qualité ni à d’autres intrants agricoles. Le crédit agricole n’existe pas à Carice; ce sont
les usuriers et les caisses d’épargne qui font des prêts dans la communauté mais ces deux modes
de crédit ne s’intéressent pas à l’agriculture. C’est donc la combinaison de tous ces éléments : le
manque de sécurité foncière, le manque d’encadrement agricole, l’absence de débouchés pour les
produits agricoles, la baisse du prix des denrées et l’absence de crédit agricole qui fait que la
production agricole de Carice baisse chaque jour davantage.
Le système d’élevage libre ne se pratique presque plus dans la communauté. Partout
c’est l’élevage à corde qui domine. L’élevage le plus pratiqué dans la communauté est celui des
bœufs, des cabris, des cochons, des poulets et d’autres bêtes de somme comme les ânes, les

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mulets et les chevaux. De même que dans l’agriculture, le système de métayage est aussi courant
dans l’élevage. La population de Carice pratique l’élevage en complément à l’agriculture.
Le manque d’encadrement technique, de boutiques d’intrants et de connaissances des
éleveurs en amélioration des races animales sont des contraintes de l’élevage. Même s’il existe
des groupes de santé animale – GSB – dans la communauté, beaucoup de maladies frappent les
animaux et les gens n’arrivent pas à leur prodiguer les soins nécessaires.

• La question de commerce et de crédit


La communauté de Carice pratique des échanges commerciaux avec plusieurs communes
du département du Nord-Est comme Mont-Organisé ,Ouanaminthe, Acul des Pins, Bois
Laurence et Vallières. Elle fait le commerce avec le département du Nord plus particulièrement
avec le Cap. Elle a aussi des échanges commerciaux avec le département de l’Ouest mais surtout
avec Port-au-Prince ; et enfin, avec le Plateau Central aussi. Mais comme toutes les communes
qui sont sur la frontière avec la République Dominicaine, Carice fait beaucoup de transactions
commerciales avec les Dominicains. Dans toutes ces transactions commerciales, Carice vend ses
produits agricoles et achète des produits de première nécessité et d’autres marchandises
manufacturées.
Les principaux problèmes rencontrés par la communauté de Carice dans tous ses
échanges commerciaux sont liés au mauvais état de la route : les produits venant de Carice
s’achètent à faible prix, ceux qui viennent des autres endroits se vendent très chers. L’isolement
de Carice dans le département et par rapport au reste du pays l’empêche de trouver de bons
débouchés pour ses produits ; ce qui représente aussi un handicap pour le développement
agricole dans la communauté. Dans les périodes de fortes averses, la route est entièrement
défoncée. Une partie des denrées agricoles, des vivres et des fruits se gâte souvent à Carice car il
n’existe aucun moyen d’aller les vendre ailleurs ou de les conserver sur place.
Dans la communauté de Carice, il y a seulement deux (2) marchés : dans le bourg de
Carice et Nan Leta dans la section communale de Rose Bonite. Dans le commerce à l’intérieur
de la communauté, il existe plusieurs catégories d’intermédiaires comme : les spéculateurs, les
propriétaires de boutique, les propriétaires de dépôt, les madan sara et les vendeurs de bétail.
Tous ces intermédiaires ont leurs affaires personnelles. C’est seulement pour deux (2) produits
que le commerce se fait sur une base associative : pour le café avec la coopérative COSAHEC et
pour la canne avec la coopérative KOPATK. La population de Carice est très intéressée à la
question de commerce en groupe. Les deux coopératives mises ensemble comprennent plus de
trois mille (3 000) membres ; les gens disent que sous cette forme, le commerce leur offre pour
eux plus d’avantages.
Le crédit n’est pas du tout développé dans la communauté. Dans le temps, seuls les
usuriers, les spéculateurs et les madan sara accordaient des crédits à Carice. Mais c’était un
crédit à couper la gorge ; les taux variaient entre 50 % et 100%. Ce mode de crédit est déficitaire
et contreproductif pour la population parce que certaines personnes ont dû travailler cinq à dix
ans pour repayer les dettes qu’ils avaient contractées. Depuis plus de trente ans, il existe un autre
mode de crédit à Carice sous forme d’épargne crédit à travers la caisse populaire KPSEK et les
mutuelles de solidarité qui elles-mêmes existent depuis moins de dix ans. Ces institutions ont un
taux de crédit qui est beaucoup plus faible ; il varie entre 20% et 30% l’an.

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Mais ces institutions accordent surtout le crédit pour le commerce et la construction de
maisons. Aucune d’entre elles n’accorde de crédit pour l’agriculture ou l’élevage. En outre,
jusqu’à présent, c’est une petite minorité de personnes de la population que ces institutions
usuraires ou alternatives arrivent à satisfaire. Les gens qui parviennent à obtenir l’épargne crédit
ne savent pas encore tout à fait comment l’utiliser et ils ne comprennent pas bien non plus le
fonctionnement des caisses populaires et celui des mutuelles.

• La question de conservation et de transformation


Dans la communauté de Carice, la production agricole accuse beaucoup de pertes, la
cause en est l’isolement, le manque de centres de stockage et les faibles moyens de conservation
des gens, surtout pour les produits périssables. La population de Carice emmagasine ses produits
dans des gwann et des soud. Ce mode de conservation sert davantage pour le riz, le maïs, les
pois, le café et les vivres. Mais il n’existe aucun mode de conservation pour les fruits et les
légumes. L’utilisation des insecticides n’est pas courante dans la communauté ; c’est seulement
une petite minorité de personnes qui savent les utiliser.
Pour faire face à ce grand problème de stockage, COSAHEC a ouvert depuis à peu près
quinze ans un centre de stockage pour le maïs, le riz et les pois. Ce centre utilise de bonnes
techniques de conservation des produits mais il n’est pas capable de desservir la majorité de la
population. Il existe deux autres expériences de stockage en groupe à Bois Gamelle et Rose
Bonite, mais elles sont également trop petites. Elles n’utilisent pas de bonnes techniques de
conservation et souvent les produits se gâtent. Certains particuliers offrent des services de dépôt
chez eux pour que les gens viennent y stocker leurs produits, mais ces services ne sont pas
efficaces non plus. La conservation des grains demeure un problème épineux dans la
communauté ; quant à la conservation des fruits et des légumes, la population en est réduite au
« Bon Dieu bon ».
La transformation des produits est très peu développée dans la communauté de Carice.
Les expériences qui existent ne sont pas nombreuses et elles ne produisent pas en grande
quantité. La coopérative COSAHEC a fait un bel effort dans la transformation du café vert en
café lavé et séché. Ceci a rendu d’énormes services à la communauté et a contribué à donner de
la valeur au café de Carice qui peut maintenant se vendre directement sur le marché mondial à
travers le réseau de coopératives REKOKARNO.
Il existe deux moulins de maïs et de riz dans la communauté de Carice. Mais ils sont tous
concentrés au bourg de Carice et les sections communales n’en possèdent aucun. C’est pourquoi
les paysans sont obligés de marcher de longues distances et d’avoir des animaux de somme pour
venir moudre leur maïs et leur riz.
Depuis plus de cinq ans, une coopérative de transformation de la canne a été constituée.
Elle devait mettre deux moulins de canne en marche : une à Bois Gamelle et l’autre à Rose
Bonite. Mais c’est un seul qui a pu commencer à fonctionner. Cette unité de transformation a
commencé à encourager la production de canne et a ralenti le gaspillage qu’il y avait parfois
avant ; en outre, elle a créé du travail dans la communauté. Cependant, jusqu’à présent, elle
fonctionne sur une échelle réduite.
Il existe aussi trois cassaveries dans la communauté : au bourg de Carice, à Laré et à La
Pierre. Elles fonctionnent pendant toute l’année ; ce qui permet une bonne valorisation de la
culture du manioc dans les zones où sont implantées ces unités de transformation. Les

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producteurs ont un revenu garanti grâce à ces cassaveries. Mais cette expérience n’a pu
s’étendre encore à toutes les sections communales.
Pour conclure avec la question de transformation, il existe une unité de production de
confitures et de gelée chez les sœurs de l’église catholique à La Pierre. Elles achètent des fruits
de la population, mais cette unité appartient aux petites sœurs de Sainte Thérèse. Leur
production n’est pas très importante non plus.
Donc, la transformation des produits agricoles n’est pas développée dans la communauté
de Carice, même si c’est un grand besoin pour la population.

• La question du transport et des communications


Comme cela a été dit plus haut, le manque de route carrossable constitue un problème
majeur pour la communauté. Carice est située dans le même arrondissement que la commune de
Vallières mais aucune route carrossable ne les relie. Ouanaminthe est relié à Carice par une
route accidentée de 36 kilomètres de long environ en passant par le Mont Organisé. Mais
lorsqu’il pleut, les camions ont d’énormes difficultés pour arriver à Carice par cette route. De
temps à autre, les TPTC réalisent un petit travail sur cette route principale.
Le prolongement de la route Ouanaminthe–Carice conduit au département du Plateau
Central en passant par Bois Laurence. C’est seulement pendant la saison sèche qu’on peut sortir
de Carice en voiture pour aller au Plateau Central. Cependant, en raison des pentes trop
abruptes, les camions ne peuvent emprunter cette voie à aucun moment de l’année.
Il existe une voie qui relie Carice à la République Dominicaine en passant par Rose
Bonite, mais c’est avec beaucoup de difficultés qu’un véhicule peut arriver à cette section
communale et le reste du trajet doit être effectué à pied ou à dos d’animal. La communauté de
Carice n’a presque pas de voie motorisée qui la relie aux autres communes du département et les
seules routes qui existent sont en très mauvais état.
Dans le domaine des communications, il existait dans le temps une centrale téléphonique
de la Téléco à Carice, mais elle a été fermée en l’an 2000. A partir de l’année 2004, les
téléphones cellulaires ont fait leur apparition dans le pays et les habitants de Carice ont pu
recommencer à utiliser le téléphone pour communiquer à distance avec les gens d’autres
endroits. Cependant, le signal n’est pas très bon ; c’est seulement dans quelques zones et de
temps à autre qu’on peut l’obtenir. De plus, ceux qui font le commerce des appels téléphoniques
vendent très cher la minute : sept (7) gourdes la minute pour les appels locaux et dix-sept (17)
gourdes la minute pour les appels internationaux.
Il n’y a aucune station de radio de Port-au-Prince qui parvienne jusqu’à Carice ; c’est
seulement de temps à autre que les stations de radio du Cap peuvent être captées à Carice.
Seules les stations de Ouanaminthe et de Fort Liberté arrivent à couvrir Carice et également
quelques stations dominicaines.
Pour tenter d’agir sur ce problème de communication, en 2004 le SKDK a ouvert au
bourg de Carice, avec les matériels de son bureau, un Cyber centre qui permettait aux gens de
communiquer à travers le monde via l’Internet, mais les jeunes sont plus nombreux à l’utiliser.
En 2005, le SKDK a ouvert une station de radio à Carice dénommée Radyo Tèt Ansanm Karis,
RTK. Ces deux initiatives ont beaucoup plu à la population et elles ont contribué à apporter
quelques changements positifs dans la situation des communications au niveau de la
communauté.

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2.3 Situation de la Communauté de Carice sur le Plan Politique

• Les administrations décentralisées de l’Etat


La communauté de Carice est gérée par un (1) Conseil Municipal, quatre (4) Conseils
d’Administration de Sections Communales – KASEK, quatre (4) Assemblées des Sections
Communales – ASEK et une Assemblée Municipale -- AM. Lors des élections territoriales
directes qui viennent de se dérouler, des nouveaux conseils ont été constitués et installés dans la
commune et les sections communales mais, jusqu’à date, les Assemblées ne sont pas encore
fonctionnelles.
La mairie a à sa disposition un local tout neuf qui vient d’être construit et tous les
KASEK ont leur local. La municipalité possède quelques équipements et un personnel mais les
KASEK n’ont ni l’un, ni l’autre. C’est au compte-gouttes que l’Etat central fournit aux
collectivités territoriales les moyens financiers dont elles ont besoin pour travailler. Ces moyens
financiers, déjà faibles, n’arrivent pas régulièrement. Cette situation génère beaucoup
d’insatisfaction auprès de la population et des élus qui ont des responsabilités qu’ils ne peuvent
honorer correctement. A ceci il faut ajouter qu’il n’y a pas beaucoup de taxes collectées dans la
commune non plus ; un grand travail de redressement est nécessaire au niveau de la fiscalité
communale. Dans une telle situation, les collectivités territoriales ne peuvent bâtir ni un budget
de fonctionnement ni un budget d’investissement dans la communauté.

• Les administrations déconcentrées de l’Etat


L’Etat central est représenté dans la communauté de Carice par une (1) vice délégation
basée dans la commune de Vallières, chef lieu de l’arrondissement. Cependant, en raison du
problème de route, les gens de Carice ne voient presque jamais ce Vice Délégué Le ministère de
la justice a un Tribunal de Paix, un bureau d’État Civil et un commissariat de la Police Nationale
d’Haïti dans le bourg de Carice. Le ministère des finances, à travers la DGI, a une agence locale.
Le ministère de l’agriculture n’a pas d’agence locale dans la communauté mais il a placé
un (1) technicien agricole et deux (2) agents vétérinaires (bénévoles) dans la localité. Le
ministère de l’environnement avait trois (3) agents d’environnement dans la communauté mais,
depuis plus 2004, ils ne sont plus en fonction.
Le ministère de l’éducation nationale est représenté à Carice par un Bureau du District
Scolaire (BDS) avec la présence d’un (1) inspecteur d’éducation, mais celui-ci devrait travailler
dans tout l’arrondissement et la communauté de Carice n’a pu voir de fonctionnaire qu’une seule
fois depuis plus 4 ans. Le ministère de la santé publique est représenté dans la communauté par
une (1) infirmière qui est responsable du centre de santé de Carice.
C’est ainsi que l’Etat central est représenté dans la communauté de Carice. Mais, de
même qu’au niveau des collectivités territoriales, ces agences sont confrontées à des problèmes
d’équipement, de matériel et de moyens financiers. Les administrations déconcentrées de l’Etat
ont d’énormes difficultés à assurer un minimum de services. C’est pourquoi la population de
Carice dit souvent que l’Etat haïtien l’a oubliée.

• La question de justice
En général tous les problèmes de justice qui se posent dans la communauté sont déférés par
devant le tribunal de paix. Mais il n’existe qu’un seul tribunal de paix basé au bourg de Carice
où siègent deux (2) juges de paix. Dans les sections communales, lorsqu’il y a un problème de

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justice les gens ont tendance à s’en remettre aux KASEK et ASEK. Malheureusement les élus
de ces instances ne comprennent pas encore très bien leur rôle et ils consentent à faire le travail
du juge sans en avoir les compétences institutionnelles et académiques.

Voici les problèmes de justice les plus fréquents au niveau de la communauté:

– litige sur des questions foncières;


– dettes;
– dégâts causés aux cultures par le bétail;
– Voies de faits (crime et viol);
– Vols dans la communauté ou à la frontière;
– Violence et insécurité;
– Dégâts causés par le bétail dominicain aux cultures haïtiennes.
Il existe quelques brigades attachées au commissariat de police qui se rendent dans les zones
éloignées pour opérer des arrestations ou rétablir l’ordre. Mais souvent ces brigades commettent
plus d’abus et de violations de droits de la personne qu’elles rendent la justice. Lorsque les gens
vont au tribunal, ils risquent la plupart du temps de dépenser beaucoup d’argent et de rester
ennemis pendant longtemps. Parce que, de même que dans tous le reste du pays, aller en justice
contre quelqu’un c’est le plus grand affront qu’on puisse lui faire.
Les affaires qui dépassent le Tribunal de Paix doivent être traitées au Tribunal Civil de Fort
Liberté. Généralement, les gens se plaignent et disent que lorsqu’ils se rendent à Fort Liberté
non seulement ils n’obtiennent pas de justice mais on les exploite davantage en leur faisant
dépenser beaucoup d’argent.
La communauté de Carice ne dispose pas de façon permanente d’arpenteurs et de notaires
pour aider à légaliser les titres de propriétés et faciliter le règlement de litiges sur des questions
foncières. L’ensemble de ces difficultés compliquent encore davantage l’administration de la
justice dans la communauté de Carice.

• La présence des partis politiques


La question des partis politiques est toute neuve dans la communauté de Carice. C’est
seulement dans les années 90 que l’établissement des structures des partis politiques a commencé
à Carice et c’est dans le bourg surtout qu’il s’est développé.
Les partis politiques qui sont représentés dans la communauté sont Lavalas, OPL, Fusion,
Alyans, et Konba. Les autres n’y sont pas vraiment représentés. La majorité de ces partis
politiques sont actifs sur le terrain seulement en périodes électorales. Le plus souvent, ils entrent
dans la communauté à travers les églises et les organisations de base. La population de Carice
n’a pas encore très bien compris le rôle des partis politiques. Beaucoup de gens ont tendance à
croire que le principal rôle des partis est de présenter des candidats aux élections et qu’ils n’ont
pas grand chose à voir avec la gestion de la communauté ni avec l’opposition pour établir
l’équilibre démocratique. Beaucoup de personnes de la communauté pensent aussi que la
présence des partis politiques et la tenue des élections ont créé plus de division à Carice.

• La présence des églises


La paroisse de Carice a été fondée dans les années 50. Pendant longtemps, l’église
catholique était seule sur le terrain. Mais, à partir des années 70, une foule de petites églises
protestantes viennent s’établir à Carice. Ainsi on y retrouve à présent les églises suivantes :

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Baptiste, Apostolique, Pentecôtiste, Adventiste, Corps du Christ, Eglise de Dieu et d’autres
encore.
La majorité de ces églises ont une ou plusieurs œuvres sociales ; soit une école, soit un centre
de santé ou un dépôt de nourriture. Elles prêchent toutes contre le vodou et elles ont tendance,
dans leur travail d’évangélisation, à confondre le serviteur des loas avec le diable ou satan.
Malgré cela, la croyance dans le vodou demeure très forte dans la communauté.
Beaucoup de personnes de la communauté disent que l’église s’évertue à changer leur
culture, leurs croyances et leurs coutumes. D’autres personnes de la communauté déclarent que
cette multiplication d’églises contribue à établir plus de désunion à Carice.

2.4 Situation de la Communauté de Carice sur le Plan Social

Dans le diagnostic de la situation sociale de Carice, nous présenterons essentiellement la réalité


des points de vue de l’éducation, de la santé, de la culture et des loisirs ainsi que de la question
socio organisationnelle.

• La question de l’éducation à Carice


Dans la communauté plus de soixante pour cent (60%) de la population a entre zéro (0) et
quatorze (14) ans. C’est pourquoi la communauté a grand besoin d’écoles pour accueillir les
enfants et les jeunes. Au niveau de l’école primaire ou fondamentale, il y a vingt deux (22)
écoles, pour le secondaire, il y en a trois (3), et pour le préscolaire, il n’en existe que une (1) ou
deux (2) dignes de ce nom. La majorité de ces institutions sont des écoles privées. Il existe une
école nationale dans presque toutes les sections communales, sauf dans une seule. A part un
centre d’arts ménagers, la communauté de Carice ne possède aucun centre professionnel. L’Etat
avait commencé à aider la population à réaliser un centre professionnel à Savane Sale mais
depuis que la construction du bâtiment a été achevée, plus rien n’a été fait.
Carice a plusieurs écoles, mais elle n’en a pas assez pour tous les enfants de la communauté.
Parfois l’école est d’accès trop éloigné pour les enfants plus jeunes. Souvent aussi il n’y a pas
assez de professeurs pour enseigner dans toutes les classes primaires ou fondamentales. Il y a
seulement cent cinq (105) professeurs pour toutes les dix sept (17) écoles de la communauté.
Rares sont les écoles fondamentales qui ont les dernières classes de ce cycle, c’est-à-dire les 7ème,
8ème et 9ème années fondamentales. Il existe bien un lycée qui a commencé à fonctionner mais il
n’a pas assez de place pour tous les enfants issus de la 6ème année fondamentale.
Il manque de professeurs dans presque toutes les écoles. La formation de ceux qui exercent
le métier n’est pas très adéquate et ils ne sont pas recyclés régulièrement. Nombreux sont les
professeurs qui délaissent le métier d’enseignant chaque année pour faire autre chose.
En ce qui a trait à la construction des écoles, il n’y a pas assez de salles de classe et d’espaces
pour les enfants. Les écoles n’ont pas de cour, l’éclairage y est insuffisant et elles ne possèdent
pas de toilette. Les élèves et les professeurs ne disposent pas de matériel pédagogique. Seule
une minorité d’écoles bénéficient d’une cantine dans le cadre du programme PNCS/ PAM ce qui
n’est pas suffisant par rapport aux attentes des parents en matière de cantines scolaires.
De la façon dont l’enseignement est fait, il ne permet pas aux enfants de mieux comprendre
la réalité de leur communauté ni la réalité de leur pays et jusqu’à présent, la méthode du « jako
repèt », basée sur la mémorisation uniquement, est pratiquée à Carice. Les inspecteurs du
Ministère de l’Education Nationale ne vont presque jamais visiter les écoles de la communauté.

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A Carice, il y a toujours beaucoup de jeunes et d’adultes qui ne savent ni lire ni écrire. Il n’y
a pas assez de centres d’alphabétisation pour les aider. Dans la communauté, il y a treize (13)
postes d’alphabétisation qui fonctionnent avec treize (13) moniteurs ou monitrices mais la
majorité d’entre eux n’a pas de matériel et fonctionne dans des conditions difficiles.
Pour finir avec la scolarisation, nous pouvons dire que les écoles connaissent beaucoup de
difficulté et de nombreux obstacles : les professeurs ne sont pas bien formés, les jeunes n’ont
nulle part où apprendre un métier. En raison de toutes ces contraintes, beaucoup d’enfants ne
vont pas à l’école, certains commencent leurs classes et après quelques années laissent tomber
l’école ; De plus, le métier d’enseignant semble avoir très peu d’avenir dans la communauté.

• La question de santé
Dans la communauté de Carice, comme dans tout le reste du département du Nord-Est,
les maladies qui occasionnent le plus de mortalités sont les infections intestinales, la
malnutrition, la tuberculose, les maladies pulmonaires, les maladies infantiles, les maladies
sexuellement transmissibles, l’hypertension, les maladies nerveuses et une ou deux autres encore.
Chez les enfants, nous retrouvons beaucoup de maladies liées au manque d’hygiène comme la
diarrhée, la grippe, les vers et la pneumonie. Le manque de suivi médical pour les femmes
enceintes et la malnutrition sont la cause de nombreux cas de maladie dans la communauté.
Mais, pour certains types de maladie, la majorité de la population de Carice se rend chez
les « médecins feuilles » ou chez les ougans pour y trouver un traitement ou un remède. Ces
maladies sont : « perdition », refroidissement, déplacement de l’utérus, fêlures ou fractures,
problèmes à la gorge, « maladies maléfiques », etc. Dans la communauté de Carice, les deux
types de médecine, moderne et traditionnelle, vivent depuis longtemps côte à côte. Même si la
population vit dans son esprit une forme de mélange des deux, ceux qui pratiquent chacun de ces
deux types de médecines ne se mêlent pas les uns aux autres et n’établissent aucune forme de
contact ni de communication entre eux. Le manque de soin dans les dispensaires, de médecins et
d’infirmières permet à la médecine traditionnelle de s’établir davantage sur le terrain.
Dans la communauté, il y a trois (3) dispensaires dont un (1) appartient à l’Etat ; il a
comme personnel soignant : une (1) infirmière, deux (2) auxiliaires et « six (6) agents de santé ».
L’un des deux autres dispensaires appartient à la paroisse ; il dispose d’une (1) auxiliaire
médicale, de deux (2) ou trois (3) aides auxiliaires et d’un (1) technicien en laboratoire médical.
Quelques médecins avaient commencé à venir chaque semaine pour travailler dans la
communauté, mais à cause des problèmes logistiques et de transport, la communauté ne
bénéficie plus de cet avantage. Il existe un troisième centre de santé dans la zone de La Pierre
mis sur pied par les petits frères et sœurs de Sainte Thérèse. Il comprend une petite pharmacie
et ce sont surtout les sœurs aidées de quelques autres personnes qui travaillent dans ce centre.
Des campagnes de vaccination sont parfois organisées dans la communauté pour éviter la
propagation des épidémies ; mais ces campagnes ne sont pas réalisées régulièrement et
lorsqu’elles le sont, la population n’est pas toujours suffisamment informée pour amener ses
enfants se faire vacciner. Le travail de prévention basé sur l’éducation sanitaire est presque’
inexistant dans la communauté : les agents n’ont pas le matériel adéquat et rien n’est fait dans ce
sens non plus au niveau des écoles. Les deux (2) centres du bourg de Carice font un effort dans
le domaine de la lutte contre les maladies sexuellement transmissibles, mais ce travail est réalisé
davantage dans le bourg de Carice que dans les sections communales.
Les soins de santé ne sont pas faciles à obtenir dans la communauté de Carice et le
minimum qui existe coûte cher et n’est pas toujours administré dans de bonnes conditions. Les

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centres de santé manquent de matériel et d’équipement ; le personnel qui y travaille n’est pas
recyclé régulièrement pour améliorer sa formation. Même si les centres ont une pharmacie, le
prix des médicaments demeure élevé par rapport au niveau de revenus de la population. De plus,
les médicaments ne sont pas toujours bien conservés à cause du manque d’équipement.
Dans la communauté, il y a des « piqûristes » et des charlatans qui disent qu’ils ont été
formés par quelque organisme venu à Carice ou ailleurs. Mais personne n’a d’informations
précises sur ce qu’ils avancent ni sur leur compétence réelle.
Plusieurs personnes font le commerce de vente de médicaments au marché et dans toutes
les sections communales mais il n’y a aucune instance de l’Etat qui assure le contrôle de qualité
pour ces médicaments. Pour accéder à un bon traitement médical, la population est obligée de se
rendre à Ouanaminthe, à Fort Liberté et en République Dominicaine. Ainsi elle obtient un
résultat satisfaisant mais après avoir consenti de grands débours ; c’est pourquoi les malheureux
sont obligés de se débrouiller avec ce qu’ils trouvent sur place ou de s’adresser à un médecin
traditionnel, à un ougan ou à une manbo.
Il y a plusieurs « matrones » dans la communauté et il y a en une dans presque toutes les
zones. Elles accompagnent la population féminine lors des accouchements. Certaines arrivent à
se procurer un peu de matériel de travail mais la majorité d’entre elles doivent se débrouiller sans
rien. De plus, comme c’est le cas pour toutes les autres personnes travaillant dans le domaine de
la santé, les matrones ou les sages-femmes n’ont pas accès à des programmes de recyclage pour
continuer à améliorer leur formation.
Depuis quelques temps, des SANT TI MOUN BYENVINI (STMBV) ont commencé à
fonctionner dans la communauté. Cette initiative est encouragée par les sœurs de l’Apostolique
de Marie Immaculée (AMI) qui donnent un appui en santé infantile et en éducation scolaire.La
population apprécie ce genre d’activités mais il n’existe que deux centres dans la section
communale de Bois Gamel,un dans le Bourg et deux dans la section communale de Rose Bonite.
Le problème de santé est assez compliqué dans la communauté de Carice : les centres de
santé n’ont pas assez de personnel, ni ne bénéficient de tous les aspects de formation qui leur
seraient nécessaires. Il n’y a pas de médecins. Au niveau des programmes de prévention et
d’éducation sanitaire, peu de choses sont réalisées ; quant aux traitements de santé, ils coûtent
chers et les gens sont obligés de se rendre dans les autres communes ou en République
Dominicaine pour y trouver les traitements appropriés. En plus des centres de santé, la médecine
traditionnelle contribue autant qu’elle le peut à apporter un mieux être à la population. Mais les
deux types de santé se pratiquent toujours séparément sur le terrain.

• La question de culture et de loisirs

Pour beaucoup de personnes de la communauté de Carice, les loisirs ne sont pas bien
organisés parce que, depuis près de deux décennies, il y a une tendance à laisser tomber les
loisirs pratiqués dans le temps dans notre pays pour faire de préférence ce qui est en vogue
ailleurs, qui semble plus moderne mais qui coûte plus cher. Les gens de la communauté pensent
que ce n’est pas une bonne chose de dévaloriser ce qui vient de chez nous.
A Carice, dans le temps, les gens s’adonnaient régulièrement à plusieurs formes de
distraction comme : veillées, fêtes, théâtre, combats de coqs, prières, festins pour les saints,
festins pour les loas, soirées de contes et devinettes, randonnées et football. Les loisirs pratiqués
davantage aujourd’hui sont : les boites de nuit, les fêtes, les journées récréatives, le théâtre, les
veillées, les festins pour les loas, le football et le volley-ball.

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Dans la pratique des sports comme le football et le volley-ball, les gens se débrouillent
comme ils peuvent parce qu’aucune école n’a un moniteur de sport. Le Ministère de la Jeunesse
et des Sports n’est pas représenté dans tout le département encore moins à Carice où il n’organise
aucune activité.
Il en est de même des jeux de société, comme : lenbou, dominos, dés, cartes, casino,
wapi, treyido, 3-7 et bèf toufe que les gens ne jouent plus de la même manière. En raison des
problèmes sociopolitiques et de la cherté de la vie, la population de Carice ne se distraie plus et
on sent que sa joie de vivre diminue davantage chaque jour.
Mais ce n’est pas seulement dans le domaine des loisirs que la communauté de Carice a
régressé ; c’est dans le domaine de la culture en général. La communauté possédait une variété
de musiques et de danses qui ne se pratiquent plus, comme : trese riban, kalbas, kalmeza,
yanvalou, kontredans, goman, raboto et beaucoup d’autres encore.
Au niveau de l’alimentation, le même problème se constate. On ne retrouve presque pas
les mets que les gens de Carice avaient l’habitude de consommer. Maintenant, les habitants de
Carice consomment davantage ce qui vient d’ailleurs et d’autres pays. Les épices traditionnelles
ont presqu’entièrement disparues ; partout, dans tous les marchés ce sont les produits Maggi et
Accent qui se vendent ainsi que d’autres produits dominicains.
Quant à l’habillement, c’est le clou de l’affaire. On ne retrouve plus de tissus syam ou
kaliko. Ce sont les vêtements usagés qui ont envahi la communauté tout entière. Il est vrai que
ces habits bon marché permettent à la population de ne pas déambuler presque nue ou en
haillons, mais les gens reconnaissent que c’est leur misère qui les force à s’habiller de cette
façon.
Beaucoup de personnes de la population de Carice sentent que sur la question de culture,
la communauté n’est pas bien lotie. Pour eux, les gens de la communauté semblent avoir oublié
qui ils sont et d’où ils viennent. Ils disent que c’est la raison pour laquelle il leur manque la
force et la détermination de pouvoir avancer dans leur vie et de faire progresser leur
communauté. Beaucoup de ces gens pensent aussi qu’il faut que la division entre le vodou et les
églises chrétiennes cesse. Ils disent que le vodou occupe une place très importante dans le pays
et pour les gens qui le pratiquent. L’un ne doit pas mépriser l’autre ; l’un doit accepter l’autre
avec ses traditions et ses croyances.

• La question socio-organisationnelle

Dans la communauté de Carice, on retrouve divers types et formes d’organisations.


Certaines d’entre elles s’occupent uniquement d’agriculture ; d’autres sont surtout concernées
par la promotion du développement économique, social et culturel ; d’autres encore portent les
revendications de la population. Nous retrouvons également plusieurs organismes de
développement issus d’autres régions du pays ou de l’étranger œuvrant sur le terrain à Carice.

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– Les organisations traditionnelles
En général, les paysans de Carice font des échanges de travail sous la forme d’un konbit :
l’un va aider l’autre régulièrement dans le travail de la terre et réciproquement. Au moment du
konbit, un groupe musical vient jouer ; on l’appelle « syndicat » ou « batterie musicale ». Mais il
y a aussi dans toutes les sections communales et dans le bourg, des associations de travailleurs de
la terre. On les appelle « société », polika, etc. Ils font un contrat avec les propriétaires des
terres à cultiver. Souvent au sein de ces associations, les gens s’entraident dans les cas de
maladie et de décès ainsi que pour construire leurs maisons. Ces organisations traditionnelles ne
se mêlent pas tellement aux autres formes d’organisations pour la promotion du développement
qui se sont installées plus récemment dans la communauté.

– Les organisations de promotion du développement


Dans la communauté depuis plus de trente (30) ans, avec l’appui des églises et des
organismes externes, une série d’associations pour la promotion du développement ont vu le
jour, comme : les groupements paysans, les coopératives agricoles, les caisses populaires, les
mutuelles de solidarité, les associations de femmes et les associations culturelles. Ces
organisations travaillent dans les domaines de l’agriculture, de l’élevage, de la transformation, du
commerce, du crédit, de la santé, de l’éducation, de la culture et des loisirs. Elles mènent des
activités d’investissement tant sur le plan économique que sur le plan social et elles font aussi la
formation de leurs membres.
Beaucoup de ces organisations jouent également un rôle de caisse de résonance pour les
revendications sur la défense des droits et des intérêts de leurs membres, comme les
organisations populaires qui œuvrent dans les grandes villes. Mais ce travail de revendications
contre les abus, les injustices, la violence et pour l’avancement de la cause démocratique
demeure très timide dans la communauté de Carice.
Les caractéristiques communes à toutes ces organisations sont les suivantes : elles sont
éparpillées, sans lien réel entre elles ; elles ne fonctionnent pas régulièrement ni sur la base de
principes formels ; leur mission n’est pas encore claire pour tous leurs membres ; elles ne sont
pas structurées et elles ont toutes une dépendance financière par rapport aux organismes d’aide
externes quant à la bonne marche de leurs activités. Tous ces problèmes affectent la capacité de
ces organisations à jouer véritablement leur rôle dans l’avancement de la communauté.

– Les institutions ou organismes de développement


Dans la communauté de Carice il existe plus d’une dizaine d’organismes de
développement qui interviennent dans les diverses zones. Certains comme CECI et FAES
travaillent dans le domaine du développement intégré. D’autres, comme Action Carême Suisse,
FOKAL, ACS, SAKS et OXFAM GB, œuvrent dans le domaine du renforcement des capacités
locales. GADRU et MPNKP travaillent dans l’agriculture, FENU dans l’infrastructure et
l’environnement. PAM/PNCS appuie les cantines scolaires ; enfin DID/ANACAPH apporte un
appui à la caisse populaire.
La majorité de ces organismes ne travaillent pas de façon continue ni permanente dans la
communauté. Mais ils rendent tous des services énormes et c’est grâce à leurs actions, même si
elles ne sont pas toujours régulières, qu’il existe sur le terrain de nombreux cadres et techniciens
capables d’engager avec la population un processus de réflexion pour bâtir le plan de
développement local de Carice. C’est également l’action de ces organismes qui a permis à la

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population d’identifier des pistes de solutions à certains de ses problèmes économiques et
sociaux.
Tous ces organismes fonctionnent isolément : il n’y a pas assez de coordination entre
eux. Il n’y a pas non plus de relations étroites entre eux et les institutions de l’Etat. L’appui
qu’ils apportent à la communauté de Carice lui est très utile, mais, très souvent, la plupart de ces
organismes définissent les projets et les réalisent eux-mêmes. Ainsi la population joue le rôle de
simple bénéficiaire, ce qui ne lui donne pas l’occasion de se prendre en charge ou de développer
son autonomie.

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2.5 Rêves de la communauté de Carice pour les quinze (15) prochaines années:
ses grands objectifs de développement

Comme nous l’avions expliqué au début, après le diagnostic participatif la population de


Carice a tracé les lignes directrices qu’elles voulaient adopter pour se sortir de sa situation
actuelle.
Si on veut atteindre le développement dans la communauté, il faudra résoudre tous les
problèmes fondamentaux identifiés dans le diagnostic. Mais ceci ne peut se faire dans un temps
très court. Les membres de la communauté ont prévu quinze ans pour arriver à résoudre ces
grands problèmes et prendre des dispositions pour toujours continuer à avancer. Ils ont regroupé
les grands dossiers sous plusieurs thèmes : agriculture et élevage, santé, éducation,
administration publique, justice et droit de la personne, ainsi que socio organisationnel. Dans les
rêves pour quinze ans, ils ont fixé un objectif général au niveau de chacun des dossiers que nous
venons de citer.

• Agriculture et élevage
La population de la communauté de Carice travaillera à établir un système d’agriculture
durable basé sur ses traditions culturelles et utilisant toutes ses ressources naturelles afin de
préserver l’environnement tout en développant la production de vivres alimentaires et de
denrées, tout en cherchant également à introduire de nouvelles techniques, de nouvelles
semences et à améliorer les variétés déjà existantes. Cela lui permettra de produire de manière
durable des denrées ou des vivres de meilleure qualité et en plus grande quantité pour satisfaire
les besoins de tous.

• Santé
Avoir un système de santé durable qui englobe toute la communauté de Carice dans le
cadre duquel la population s’engage à construire une communauté qui vit en santé physique et
mental aux niveaux individuel, communautaire et culturel.

• Education
Avoir un système d’éducation basé sur la réalité culturelle des gens qui leur permet
d’apprendre à aimer davantage leur communauté et où la population participe au contrôle, à la
surveillance et au soutien des programmes éducatifs mis en place ; une éducation qui crée des
techniciens, des artisans et des producteurs, c’est-à-dire des personnes qui possèdent un métier
qui les habilite à contribuer à l’effort collectif de développement de la communauté.

• Administration publique
Avoir un système d’administration territoriale durable qui est utile à toutes les couches de
la population afin que les services de l’Etat Central et les autres institutions publiques locales
développent un véritable dialogue avec la population ; qu’ils aient des dirigeants à la hauteur,
c’est-à-dire à même d’exercer leur rôle et leurs responsabilités ; que ceux-ci disposent du
matériel et de l’équipement nécessaires dans l’exercice de leurs fonctions. Dans ce même ordre
d’idées, la population participera et collaborera avec ces institutions tout en versant des
cotisations et en payant les taxes nécessaires.

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Validé en Assemblée des Représentants/tes en date du 7 & 8 septembre 2007
• Justice et droits de la personne
Mettre en place un système d’éducation des citoyens/ citoyennes qui devrait permettre de
réaliser la formation civique pour toutes les personnes de toutes les couches sociales au sein de la
communauté. Ce travail devrait réveiller la conscience patriotique chez tous les citoyens et
citoyennes de la communauté. Ce qui veut dire que la société civile sera formée de personnes
qui ont acquis des connaissances et développé des capacités pour exercer leurs droits et leurs
devoirs tout en collaborant avec l’Etat central et l’administration territoriale qui, eux, sont au
service de la population.

• Socio organisationnel
Arriver à mettre en place dans la communauté de Carice une société civile, c’est-à-dire
un ensemble d’organisations soudées entre elles, responsables et qui travaillent pour
l’avancement de Carice. Ces organisations existent dans différents secteurs ; elles ont des
compétences et elles fonctionnent sur une base démocratique ; de plus, elles prennent en main et
de manière autonome la gestion de leurs activités.

• Développement et progrès
Pour faciliter le développement et le progrès, plusieurs organisations et institutions
collaborent depuis plus de trente ans déjà à l’effort collectif de développement de la
communauté. Il est important de renforcer leur capacité d’organisation et de gestion tout en
profitant de l’espace de rencontres et de dialogues qui est établi pour :

– Définir un plan de formation pour renforcer les capacités locales afin que les anciens
dirigeants s’adaptent aux nouvelles réalités et créer une atmosphère susceptible
d’intégrer les nouveaux dirigeants (femmes et hommes) qui viendront assumer des
responsabilités et s’engager solidement dans l’effort collectif de développement de la
communauté.
– Etablir, pour leurs propres organisations et institutions, des objectifs clairs basés sur
les grands rêves de la population tout en exploitant toutes les opportunités qui se
présenteront lors de l’exécution du PDLK pour se renforcer dans leur secteur
d’activités.

2.6 Priorités de la communauté de Carice pour les trois (3) prochaines années

Pour que le travail de développement de la communauté avance dans la bonne direction,


la population devrait rechercher des solutions viables à tous ses grands problèmes. Cependant,
ses capacités, ses moyens et l’aide qu’elle pourrait trouver ne lui permettront pas de travailler sur
tous ces problèmes en même temps. Pour cela, elle est obligée d’établir des priorités.
Etablir des priorités ne veut pas dire attaquer les problèmes les plus graves d’abord ni
inversement. Lorsqu’on travaille à résoudre certains problèmes d’abord, cela permet de trouver
la force et les moyens en vue de résoudre les autres. La population a décidé de bâtir au fur et à
mesure une vision de développement pour quinze (15) ans à partir d’une conception de
l’émancipation de la communauté. Ceci parce qu’elle se rend compte qu’il lui sera difficile,
même impossible, d’atteindre son but en moins de temps. Cependant, elle n’est pas encore en
mesure d’envisager toutes les activités qui seront nécessaires sur un temps aussi long. Elle a

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Validé en Assemblée des Représentants/tes en date du 7 & 8 septembre 2007
donc divisé ses rêves en tranches de trois (3) années chacune après avoir considéré les moyens
dont elle dispose, les opportunités qu’elle peut trouver ainsi que les effets que les activités
entreprises peuvent produire.
La population de Carice envisage de travailler pendant la première tranche de trois (3)
ans—2007-2010—sur l’agriculture et l’élevage, l’éducation, la santé et la structuration des
organisations.
Ci-dessous les priorités qu’elle a fixées pour chacun de ces secteurs :

• Agriculture et élevage

– Protéger l’environnement
– Améliorer les techniques de production
– Faciliter l’irrigation des terres
– Faciliter aux paysans l’accès aux intrants et à l’équipement agricole
– Faciliter aux paysans l’accès aux débouchés pour leurs produits agricoles

• Éducation

– Augmenter l’accès des enfants à l’école


– Faire fonctionner correctement l’école professionnelle
– Améliorer la qualité de l’éducation
– Encourager la formation civique des citoyens et des citoyennes
– Adapter le système éducatif à la réalité de la communauté

• Santé

– Promouvoir et développer un modèle de santé qui allie la médecine occidentale


/moderne et la médecine traditionnelle
– Renforcer au sein de la communauté l’aspect préventif dans la santé
– Développer l’aspect nutrition et hygiène

• Socio organisationnel

– Augmenter la capacité des organisations et institutions de coordonner et d’exécuter le


PDLK.
– Encourager la réorientation et la structuration des organisations
– Encourager la formalisation et la légalisation des organisations
– Encourager plus d’équité de genre
– Faciliter le développement des capacités de gestion des organisations

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III. PLAN STRATÉGIQUE DE L’AVANCEMENT DE CARICE POUR 2007-2010

3.1 CADRE LOGIQUE DU PROGRAMME D’AGRICULTURE ET D’ELEVAGE


OBJECTIF GÉNÉRAL POUR LES QUINZE (15) PROCHAINES ANNÉES
La population de la communauté de Carice travaillera à établir un système d’agriculture durable
étroitement lié à sa tradition culturelle, qui utilisera toutes les ressources naturelles pour
préserver l’environnement tout en développant la production des vivres alimentaires, des céréales
ou autres denrées et aussi cherchera à introduire des nouvelles techniques et des nouvelles
semences et ainsi qu’à améliorer les variétés déjà existantes. Ceci permettra de produire de
manière permanente des produits agricoles de bonne qualité et en quantité nécessaire pour les
besoins de l’ensemble de la population.
OBJECTIFS PRINCIPAUXPOUR LES TROIS (3) PREMIÈRES ANNÉES
Faire la promotion d’un système de production et de commercialisation agricole qui permet aux
paysans d’augmenter leurs revenus et d’améliorer leurs conditions de vie; ce système devrait
renforcer la capacité de production et d’organisation des paysans tout en leur permettant de :
– Garantir et protéger leur terre et leur bétail
– Trouver les moyens pour améliorer et conserver leur production
– Trouver des débouchés intéressants pour vendre et acheter dans les meilleures conditions
OBJECTIFS SPÉCIFIQUES
OS 1 Encourager la communauté de Carice à protéger les zones boisées et celles menacées par les
désastres naturels
OS 2 Encourager les paysans/nes de Carice à pratiquer l’agriculture et l’élevage de manière plus
efficace, plus rentable qui leur permette d’améliorer leurs conditions de vie et de garantir la
protection de leur terre et de leur bétail
OS 3 Faciliter l’irrigation des terres de Carice là où il est possible de le faire sur une base rentable
et autonome
OS 4 Faciliter aux paysans/nes à Carice l’accès aux intrants et à l’équipement agricoles dont ils ont
besoin dans les meilleures conditions possibles
OS 5 Faciliter aux paysans/nes de Carice l’accès aux débouchés afin d’augmenter la valeur de
leurs produits agricoles et de leur permettre d’augmenter leurs revenus

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OBJECTIFS SPÉCIFIQUES RÉSULTATS ATTENDUS ACTIVITÉS
OS 1. Encourager la communauté R1.1. Le travail de conscientisation du A.1.1.1 Sensibilisation des jeunes,
de Carice à protéger les zones programme sur la protection de l’environnement a paysans et écoliers sur la nécessité
boisées et celles menacées par les permis aux conseils communal et de section de protéger l’environnement de
désastres naturels communale de se mettre ensemble avec le Carice
ministère de l’agriculture et de A1.1.2 Identification des zones les
l’environnement,ainsi qu’avec les associations de plus menacées et planification du
jeunes, les associations paysannes et les écoles travail à réaliser à l’affluent des
pour aménager et protéger les sources les plus sources, dans les ravins et sur les
menacées, les ravins les plus en danger et les berges des rivières
berges des rivières les plus attaquées. A1.1.3 Réalisation sur une base
participative de la protection et du
captage de 3 à 6 sources
A.1.1.4 Réalisation sur une base
participative de la correction de 2 à
4 ravins
A1.1.5 Réalisation sur une base
participative de la protection de 1 à
3 kilomètres des berges d’une rivière
R1.2. La communauté de Carice, en collaboration A.1.2.1 Définition sur une base
avec le ministère de l’agriculture et de participative, de l’orientation et du
l’environnement, a mis en place un jardin système de gestion du jardin
botanique pour préserver toutes les espèces botanique
traditionnelles d’arbres qui existent dans la A1.2.2. Implantation et réalisation
communauté ainsi qu’une pépinière centrale pour sur une base participative du jardin
faciliter le reboisement des zones. botanique
A.1.2.3 Mise en place d’un système
de gestion du jardin botanique
A1.2.4 Définition sur une base
participative du plan et de la gestion
de la pépinière centrale
A1.2.5 Implantation et réalisation
sur une base participative de la
pépinière centrale
A.1.2.6 Mise en place du système
d’approvisionnement, de gestion et
de distribution de la pépinière
centrale
OS 2. Encourager les paysans-/nes R2.1. La Plateforme Agricole dans le cadre de son A2.1.1 Identification sur une base
de Carice à pratiquer l’agriculture travail de développement agricole et participative des zones agro
et l’élevage de manière plus d’organisation des paysans/nes fait la promotion écologique et des producteurs/trices
adaptée, plus efficace, plus d’un autre système d’agriculture plus durable ; qui veulent participer à
rentable qui leur permette elle est arrivée à commencer une expérience de l’expérimentation de ce nouveau
d’améliorer leurs conditions de vie jardins techniques dans la majorité des zones qui modèle d’agriculture durable.
et de garantir la protection de leur donnent plus de garanties sans être au-dessus des A2.1.2 Définition sur une base
terre et de leur bétail. moyens des producteurs/trices. participative du nouveau modèle
d’agriculture
A2.1.3 Implantation de l’expérience
et accompagnement des
producteurs/trices qui y sont
impliqués/es
A2.1.4 Suivi-évaluation de
l’expérience en collaboration avec

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Validé en Assemblée des Représentants/tes en date du 7 & 8 septembre 2007
OBJECTIFS SPÉCIFIQUES RÉSULTATS ATTENDUS ACTIVITÉS
les producteurs/trices
A2.1.5 Systématisation et
vulgarisation de l’expérience
R2.2. La Plateforme Agricole dans son travail de A2.2.1 Identification sur une base
développement agricole et d’organisation des participative des zones agro
paysans/nes a fait la promotion d’un autre écologiques et des producteurs/trices
système d’élevage, plus durable ; elle réussit à qui veulent expérimenter ce nouveau
commencer une expérience d’élevage technique modèle d’élevage
dans la plupart des zones qui donne plus de A2.2.2 Définition sur une base
garanties sans être au-dessus des moyens des participative du nouveau modèle
producteurs/trices. d’élevage
A2.2.3 Implantation de l’expérience
et accompagnement des
producteurs/trices qui y sont.
impliqués/es.
A2.2.4 Suivi-évaluation de
l’expérience avec les
producteurs/trices
A2.2.5 Systématisation et
vulgarisation de l’expérience
R2.3. La Plateforme Agricole avec l’appui du A2.3.1 Identification des besoins en
ministère de l’agriculture et d’autres institutions formation agricole et en élevage
qui travaillent dans le domaine de l’agriculture et nécessaires au programme et des
de l’élevage est parvenue à permettre aux ressources que cela nécessite
organisations paysannes de trouver des A2.3.2 Recrutement des cadres
techniciens et des formateurs pour accompagner professionnels et des techniciens
les producteurs/trices. pour accompagner les
producteurs/trices
A2.3.3 Elaboration et validation du
plan et des modules de formation
pour les formateurs et les
producteurs/trices
A2.3.4 Réalisation et évaluation du
processus de formation
OS 3. Faciliter l’irrigation des R3.1 Les conseils de la commune et des sections A3.1.1 Réalisation d’une étude de
terres à Carice, là où il est possible communales en collaboration avec le ministère de faisabilité sur l’irrigation à Carice
de le faire, sur une base rentable et l’agriculture et les organisations de Carice sont A3.1.2 Démarches pour trouver du
autonome. parvenues à mener des études et à trouver le financement pour un (1) ou deux (2)
financement pour l’irrigation dans une (1) ou de systèmes d’irrigation
deux (2) zones de Carice
OS 4. Faciliter aux paysans/nes de R 4.1 La Plateforme Agricole, en collaboration A.4.1.1. Etude de faisabilité et plan
Carice l’accès, dans de bonnes avec le ministère de l’agriculture et quelques de mise en oeuvre de la boutique
conditions, aux intrants et à organisations paysannes, a étudié la possibilité de d’intrants agricoles
l’équipement agricole dont ils ont mettre sur pied, sur une base autonome et
besoin. rentable, une boutique d’intrants agricoles pour A.4.1.2 Mise en place et lancement
permettre aux producteurs/ trices d’avoir accès à de la boutique
ce service dans de bonnes conditions. A. 4.1.3 Mise en place de la gestion
de la boutique et de son suivi

R.4.2 La Plateforme Agricole, en collaboration A. 4.2.1 Etude de faisabilité sur


avec le ministère de l’agriculture et quelques l’élargissement du service de
organisations paysannes, a étudié la possibilité de labourage
mettre sur pied, sur une base autonome et A 4.2.2 Mise en place et lancement

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OBJECTIFS SPÉCIFIQUES RÉSULTATS ATTENDUS ACTIVITÉS
rentable, un service de labourage de terre. sur une base associative du service
de labourage
A 4.2.3 Mise en place des systèmes
de gestion et de suivi du service de
labourage
R 4.3. Avec l’appui du BCA, la Plateforme A. 4.3.1 Etude de faisabilité et plan
Agricole, de concert avec KPSEK et les de mise en œuvre d’un système de
organisations paysannes a étudié la possibilité et crédit agricole plus adapté.
ensuite a développé dans la communauté de A. 4.3.2 Mise en place et lancement
Carice un système de crédit agricole géré de d’un système de crédit agricole
manière autonome et rentable. adapté
A. 4.3.3 Mise en place du système
de gestion et de suivi du crédit
agricole
OS 5. R 5.1. La Plateforme Agricole et COSAHEC, A5.1.1. Choix des 4 produits
Faciliter aux paysans/nes de Carice avec quelques autres organisations paysannes, ont agricoles et définition des termes de
l’accès aux débouchés afin étudié la possibilité de trouver des débouchés pour référence de l’étude sur leur
d’augmenter la valeur de leurs 2 à 4 des produits agricoles les plus importants à commercialisation
produits agricoles et de leur Carice. A5.1.2 Réalisation de l’étude
permettre d’augmenter leurs A5.1.3 Restitution et valorisation de
revenus. l’étude
R 5.2. La Plateforme Agricole en collaboration A5.2.1: Développement de relations
avec COSAHEC ont aidé quelques organisations avec les commerçants ou les
paysans/annes à monter une structure pour entreprises qui veulent acheter des
commercialiser sur une base autonome et rentable produits de Carice
un (1) ou deux (2) produits pour lesquels ils ont A5.2.2: Tests de commercialisation
trouvé des débouchés. de ces produits
A5.2.3: Montage, sur une base
associative, d’une action de
commercialisation pour le produit
qui offre le plus d’avantages.

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3.2 CADRE LOGIQUE DU PROGRAMME D’ÉDUCATION
OBJECTIF GÉNÉRAL POUR LES QUINZE (15) PROCHAINES ANNÉES
Avoir un système éducatif basé sur la réalité culturelle des gens ; qui leur permette d’apprendre
à aimer davantage leur communauté; où la population participe au contrôle, à la surveillance et
au soutien des programmes éducatifs qui sont mis en place ; une éducation qui crée des
techniciens, des artisans et des producteurs c’est-à-dire des personnes qui ont un métier pour
apporter leur contribution à l’effort collectif de développement de Carice.
OBJECTIF PRINCIPAL POUR LES TROIS (3) PREMIÈRES ANNÉES
Faire la promotion à Carice d’un système éducatif fondé sur la réalité, les besoins et le
développement de la communauté qui permette à plus d’enfants, de jeunes et d’adultes d’arriver
à se former sur une base participative.
OBJECTIFS SPÉCIFIQUES
OS 1 Permettre à plus d’enfants d’avoir accès dans de meilleures conditions à
l’école préscolaire et fondamentale.
OS 2 Mettre en route l’école professionnelle de Carice sur une base adaptée aux
besoins de la communauté et qui permette aux jeunes professionnels d’être
autonomes.
OS 3 Améliorer la qualité de l’éducation et de la formation dispensée aux enfants
ou aux jeunes et promouvoir un enseignement pratique qui leur apprenne à
être plus responsables, à mieux connaître leur communauté et à valoriser la
culture et la production nationales.
OS 4 Aider les gens de Carice à développer des capacités pour remplir leur rôle de
citoyen-ne dans la défense de leurs droits et intérêts tout en œuvrant pour
l’avancement de leur communauté.
OS 5 Encourager les écoles et les centres de formation de Carice à se renforcer afin
qu’ils deviennent plus efficaces et plus stables dans leur capacité à
développer et à mieux utiliser les ressources et outils éducatifs qui existent
dans la communauté.

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OBJECTIFS SPÉCIFIQUES RÉSULTATS ATTENDUS ACTIVITÉS
OS 1 R1.1. Le programme a permis à A1.1.1 Construction d’une école nationale à
Permettre à plus d’enfants 3% plus d’enfants d’aller à Rose Bonite
d’avoir accès dans de l’école fondamentale ; et à 20% A1.1.2 Construction de 3 écoles
meilleures conditions à l’école des écoles de Carice d’être communautaires pour les enfants qui
préscolaire et fondamentale. mieux aménagées et de trouver viennent des zones éloignées
du matériel et de l’équipement A1.1.3 Acquisition des matériel et
mieux adaptés. équipement les plus nécessaires pour les
écoles privées
A1.1.4 Recrutement de professeurs pour les
écoles nationales
A1.1.5 Recrutement de professeurs pour les
écoles communautaires
A1.1.6 Démarche pour l’obtention de
cantine pour les écoles qui n’en ont pas.
R1.2. Le programme a permis à A1.2.1 Conception d’un programme de
une école préscolaire modèle de préscolaire adapté
se développer dans la A1.2.2 Acquisition du matériel et de
communauté. l’équipement nécessaires à l’école
préscolaire modèle
A1.2.3 Formation de professeurs pour le
préscolaire adapté
A1.2.4 Ouverture et fonctionnement d’une
école préscolaire pilote
OS 2 R2.1. L’école professionnelle A2.1.1 Formalisation de l’accord avec le
Mettre en route l’école est structurée, équipée et elle MENFP sur le fonctionnement de l’école
professionnelle fonctionne correctement. professionnelle
de Carice sur une base adaptée A2.1.2 Construction de dortoir, cuisine,
aux besoins de la communauté réfectoire, salle de conférence, dépôt pour
et qui permette aux jeunes l’école
professionnels d’être autonomes A2.1. 3 Acquisition de matériel et
d’équipement
A2.1.4 Recrutement du personnel
A2.1. 5 Mobilisation et sensibilisation de
jeunes
A2.1. 6 Recrutement des élèves
A2.1.7 Ouverture de l’école professionnelle
R2.2. L’école professionnelle a A2.2.1 Elaboration du curriculum de l’école
un programme et le matériel professionnelle
pédagogique adéquats et a aussi A2.2.2 Formation continue des professeurs
les professeurs compétents pour A2.2.3 Préparation et reproduction du
répondre aux besoins de matériel pédagogique
développement agricole,
artisanal et de tout autre secteur
nécessaire à l’avancement de
Carice

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OBJECTIFS SPÉCIFIQUES RÉSULTATS ATTENDUS ACTIVITÉS
OS 3 R3.1. Le programme a permis A3.1.1 Adaptation du matériel pédagogique
Améliorer la qualité de aux élèves de comprendre ce sur la botanique
l’éducation et de la formation qu’ils étudient dans leur livre de A3.1.2 Formation d’encadreurs pour le
dispensés aux enfants et aux botanique. jardin botanique
jeunes en faisant la promotion A3.1.3 Mobilisation et sensibilisation des
d’un enseignement pratique qui professeurs et directeurs d’écoles
leur permet d’être plus A3.1.4 Recrutement de 2 encadreurs pour le
responsables, de mieux jardin botanique.
connaître leur communauté et A3.1.5 Organisation de visites au jardin
de valoriser la culture et la botanique
production nationales R3.2. Un programme adapté qui A3.2.1 Adaptation du matériel pédagogique
est appliqué dans toutes les sur la géographie.
écoles a permis aux professeurs, A3.2.2 Recyclage des professeurs sur
aux élèves et aux jeunes de l’enseignement de la géographie
mieux connaître leur A3.2.3 Encourager les classes promenades
communauté. dans les écoles
R3.3. Le programme a A3.3.1 Adaptation du matériel pédagogique
développé chez les enfants, les sur l’hygiène et la nutrition.
jeunes et les professeurs une A3.3.2 Mobilisation et sensibilisation des
meilleure compréhension de professeurs, parents et élèves sur
l’importance et de la valeur l’importance et la valeur nutritionnelle et
nutritionnelle et économique des économique des produits locaux.
productions nationales. A3.3.3 Encourager le PNCS à servir de la
nourriture locale dans les cantines scolaires.
OS 4 R4.1. Le programme a permis à A4.1.1 Enquête sur la situation des droits de
Aider les gens de Carice à 30% des personnes de la la personne à Carice
développer des capacités pour communauté de mieux A4.1.2 Préparation du plan et du matériel
remplir leur rôle de citoyen-ne s’organiser et de développer de d’éducation civique pour la population
en défendant leurs droits et plus grandes capacités à A4.1.3 Réalisation et évaluation de la
intérêts tout en œuvrant pour défendre leurs droits et intérêts formation civique
l’avancement de leur tout en apportant leur
communauté. contribution à l’effort collectif
de développement local.
R4.2. 20% des personnes de la A4.2.1 Enquête sur la situation des filles et
communauté sont arrivées à des garçons dans la communauté
changer de comportement sur les A4.2.2 Préparation du plan et du matériel
rapports qui existent entre pour la formation sur l’équité de genre en
hommes et femmes (équité de éducation
genre) A4.2.3 Réalisation et évaluation de la
formation sur l’équité de genre en éducation

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OBJECTIFS SPÉCIFIQUES RÉSULTATS ATTENDUS ACTIVITÉS
OS 5 R5.1. 80% des professeurs qui A5.1.1 Préparation du plan et des outils de
Encourager les écoles et les ont participé à la formation formation pour améliorer la capacité
centres de formation de Carice maîtrisent les concepts pédagogique des professeurs
à se renforcer afin qu’ils pédagogiques adaptés et A5.1.2 Adaptation du matériel pédagogique
deviennent plus efficaces et améliorent leur manière sur l’enseignement des mathématiques, du
plus stables dans leur capacité à d’enseigner. français et de l’histoire
développer et à mieux utiliser A5.1.3 Séminaire de recyclage des
les ressources et outils éducatifs professeurs sur la pédagogie, les
qui existent dans la mathématiques, le français et l’histoire
communauté. R5.2. Un réseau et une structure A5.2.1 Mise en place de la Plateforme
de coordination sont établis pour Education de Carice
assurer l’application et le suivi A5.2.2 Accord entre tous les acteurs sur le
du programme d’éducation. programme d’éducation
A5.2.3 Recrutement de 1 professionnel et
de 2 techniciens en éducation

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3.3 CADRE LOGIQUE DU PROGRAMME DE SANTÉ
OBJECTIF GÉNÉRAL POUR LES QUINZE (15) PROCHAINES ANNÉES
Avoir un programme de santé durable qui englobe toute la communauté de Carice dans le
cadre duquel la population s’engage à construire une communauté qui vit en santé aux
niveaux individuel, communautaire et culturel tant sur le plan physique que mental.
OBJECTIF PRINCIPAL POU LES TROIS (3) PREMIÈRES ANNÉES
La communauté de Carice fait la promotion d’un système de santé qui intègre la
médecine occidentale et la médecine traditionnelle et qui est en mesure d’aider les
familles à prendre en main leur santé et à développer chez elles une culture plus
responsable par rapport à leurs conditions de vie.
OBJECTIFS SPÉCIFIQUES
OS 1 La communauté de Carice, en concertation avec le MSPP et d’autres
institutions de santé qui travaillent dans la région, a établi un réseau
d’infrastructures de santé intégré et efficace pour permettre à la population
d’avoir accès aux soins de santé dans de bonnes conditions et à tous
moments.
OS 2 La communauté de Carice, avec l’appui du MSPP et d’autres institutions
œuvrant dans le secteur de la santé dans la région a développé des
capacités pour prévenir les maladies les plus courantes, se protéger contre
les épidémies et d’être en mesure de faire face aux conséquences des
désastres naturels.
OS 3 La communauté de Carice a créé les conditions pour permettre à la
population d’établir un équilibre dans son alimentation et en même temps
de développer de bonnes pratiques d’hygiène personnelle et
communautaire.
OS 4 La communauté de Carice encourage sa population à donner plus de valeur
au modèle de santé basé sur une articulation entre médecine occidentale et
médecine traditionnelle ; elle aide les familles à recouvrer leur autonomie
en matière de santé.

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OBJECTIFS SPÉCIFIQUES RÉSULTATS ATTENDUS ACTIVITÉS
OS 1 R 1.1. La Plateforme de Santé de Carice travaille A. 1.1.1. Préparation de la définition
La communauté de Carice, en avec les différents acteurs qui sont impliqués dans et de la stratégie du modèle de santé
concertation avec le MSPP et le domaine de la santé; elle fonctionne et le intégrée et sa promotion dans la
d’autres institutions de santé qui modèle de soins de santé intégrée commence à communauté.
travaillent dans la région, a établi faire son chemin en son sein.
un réseau d’infrastructures de santé A. 1.1.2. Promotion du
intégrée et efficace pour permettre regroupement des travailleurs de
à la population d’avoir accès aux santé qui pratiquent la médecine
soins de santé dans de bonnes traditionnelle:
conditions et à tous moments a) Les matrones
b) Les médecins- feuilles
c) Les charlatans

A. 1.1.3. Mettre sur pied et faire


fonctionner la Plateforme de Santé
de Carice avec les représentants des
différents secteurs de santé
R 1.2. Il y a 4 centres de santé et 5 postes de A. 1.2.1 Construction de deux (2)
rassemblement qui sont aménagés ; ils possèdent centres de santé
l’équipement, le matériel et les médicaments qui
sont nécessaires ; les travailleurs de santé A. 1.2.2. Aménagement de cinq (5)
possèdent les compétences nécessaires pour offrir postes de rassemblement et deux (2)
des services de base à la population. centres de santé
A. 1.2.3. Recrutement du personnel
pour les centres de santé et les
postes
A. 1.2.4. Equipement et
approvisionnement des centres et
des postes de rassemblement

OS 2 R. 2.1. La Plateforme de Santé de Carice a trouvé A. 2.1.1. Recrutement d’un médecin


La communauté de Carice, avec les professionnels de la santé dont il a besoin et a et de deux infirmières pour assurer
l’appui du MSPP et d’autres assuré la formation des travailleurs de santé la coordination et la gestion
institutions œuvrant dans le secteur nécessaires à la réalisation du programme de technique du programme de santé
de la santé dans la région a prévention. ainsi que les interventions
développé des capacités pour nécessaires
prévenir les maladies les plus A. 2.1.2. Formation des
courantes, se protéger contre les professionnels et du personnel du
épidémies et être en mesure de réseau de santé de Carice dans le
faire face aux conséquences des modèle de santé intégrée.
désastres naturels A. 2.1.3. Evaluation de la formation
R 2.2. Les populations des différentes zones de la A 2.2.1. Préparation de la stratégie
communauté de Carice sont informées des et des outils pour sensibiliser la
mesures pratiques à prendre contre les maladies population des différentes zones
les plus courantes et pour combattre les A 2.2.2. Réalisation des campagnes
conséquences des désastres naturels sur la santé de sensibilisation
des gens. A 2.2.3. Evaluation des campagnes
de sensibilisation
R. 2.3. La Plateforme de Santé de Carice est A2.3.1. Préparation du plan et des
parvenu à réaliser régulièrement une série de outils pour chaque programme de
programmes de prévention qui permettent de prévention

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Validé en Assemblée des Représentants/tes en date du 7 & 8 septembre 2007
OBJECTIFS SPÉCIFIQUES RÉSULTATS ATTENDUS ACTIVITÉS
commencer à agir sur les causes des maladies. A.2.3.2. Réalisation des programmes
de prévention
A2.3.3. Evaluation des programmes
de prévention
OS 3 R 3.1. La Plateforme de Santé de Carice a conçu A. 3.1.1. Préparation du plan et des
La communauté de Carice a créé et mis en application un programme de nutrition outils sur la nutrition pour chaque
les conditions pour permettre à la qui lui a permis d’agir sur.l’alimentation de la groupe cible
population d’établir un équilibre population A. 3.1.2. Réalisation des
dans son alimentation et en même programmes de nutrition
temps pour développer de bonnes A. 3.1.3. Evaluation des
pratiques d’hygiène personnelle et programmes de nutrition
communautaire. R 3.2. La Plateforme de Santé de Carice, en A 3.2.1. Préparation du plan et des
collaboration avec les responsables des outils de formation et de
collectivités territoriales, ont défini et mis en sensibilisation sur l’hygiène dans
application un plan pour améliorer les conditions chaque espace
d’hygiène au sein de la communauté. A3.2.2 Réalisation du plan de
promotion de l’hygiène
A3.2.3. Evaluation du plan de
promotion de l’hygiène dans la
communauté
OS 4 R 4.1. Le travail de promotion de ce modèle de A 4.1.1. Préparation du plan et des
La communauté de Carice santé intégrée a permis aux deux types de outils de formation sur la production
encourage sa population à donner médecine de commencer à entrer dans une phase et l’utilisation des plantes et autres
plus de valeur au modèle de santé de complémentarité éléments naturels.
basé sur une articulation entre
médecine occidentale et médecine A 4.1.2. Préparation du plan de
traditionnelle ; elle aide les formation, /encadrement et
familles à recouvrer leur promotion sur les techniques et
autonomie en matière de santé. pratiques traditionnelles
A 4.1.3. Mise en application de ces
deux (2) plans
A 4.1.4. Evaluation de ces deux
plans de formation
R 4.2. Le travail de promotion de ce modèle de A 4.2.1. Préparation d’un plan
santé intégrée a permis à la population de mieux d’information de la population sur
comprendre le phénomène de maladie. les différents aspects et causes des
maladies
A 4.2.2. Réalisation du plan
d’information
A 4.2.3. Evaluation des campagnes
d’information

33
Validé en Assemblée des Représentants/tes en date du 7 & 8 septembre 2007
3.4 CADRE LOGIQUE DU PROGRAMME SOCIO ORGANISATIONNEL
OBJECTIF GÉNÉRAL POUR LES QUINZE (15) PROCHAINES ANNÉES
Promouvoir à Carice une société civile organisée, ce qui signifie un ensemble
d’organisations liées ensemble, responsables et qui travaillent pour l’avancement de la
communauté. Ces organisations existent dans divers secteurs ; elles sont compétentes,
fonctionnent sur une base démocratique et prennent en main de manière autonome la
gestion de leurs activités.
OBJECTIF PRINCIPAL POUR LES TROIS (3) PREMIÈRES ANNÉES
Les organisations et institutions de Carice, tout en se renforçant, se formalisant et se
légalisant, se sont mises ensemble pour concevoir et mettre en œuvre un plan de
développement local de la communauté de Carice qui est équitable et aussi pour établir
un système de gestion de ce plan efficace et transparent, capable de garantir leur
autonomie et leur indépendance.
OBJECTIFS SPÉCIFIQUES
OS 1 Développer, dans un esprit de coopération, la capacité des organisations et
institutions de Carice à préparer, planifier, coordonner et exécuter le plan
de développement local de la communauté.
OS 2 Encourager les organisations et institutions de Carice à adopter une
orientation et une structuration plus adaptées pour leur assurer un
fonctionnement plus responsable et plus démocratique.
OS 3 Encourager les organisations de Carice à se formaliser et à se légaliser
pour leur permettre de mieux exercer leurs droits et leurs devoirs.
OS 4 Encourager les organisations et institutions de Carice à travailler pour
établir des relations plus équilibrées entre les hommes et les femmes, à
leur niveau et au sein de leur communauté.
OS 5 Développer la capacité des organisations et institutions de Carice
d’améliorer la gestion de leurs activités afin de rendre leur fonctionnement
plus efficace et plus transparent.

34
Validé en Assemblée des Représentants/tes en date du 7 & 8 septembre 2007
OBJECTIFS SPÉCIFIQUES RÉSULTATS ATTENDUS ACTIVITÉS
OS 1 R1.1. La majorité des acteurs A1.1.1. Préparation et validation du
Développer, dans un esprit de organisés et institutions dans plan stratégique pour trois (3) ans.
coopération, la capacité des différents secteurs de Carice
A1.1.2. Planification et validation
organisations et institutions de ont participé à la préparation, à
du plan opérationnel pour la
Carice à préparer, planifier, la planification et à la
première année et les deux autres
coordonner et exécuter le plan validation du Plan de
de développement local de la développement local de la
communauté. communauté.
R1.2. La majorité des A1.2.1. Mise en place et
organisations et institutions de fonctionnement de la structure de
Carice ont contribué à mettre coordination et de gestion du plan
sur pied la structure de A1.2.2. Préparation et organisation
coordination et de gestion du de l’exécution du plan
plan et se sont engagés dans A1.2.3. Sensibilisation de la
son exécution. communauté à la vision, à la
démarche et aux objectifs généraux
du plan.
OS 2 R2.1. Les organisations et A2.1.1. Appui aux organisations et
Encourager les organisations et institutions les plus institutions dans la construction de
institutions de Carice à adopter sensibilisées ont commencé à leur structure de renforcement
une orientation et une s’orienter et à se structurer (vision, objectif, structuration,
structuration plus adaptées selon leur nature et la réalité de démarche…)
pour leur assurer un leur communauté. A2.1.2. Appui au processus de
fonctionnement plus structuration des organisations et
responsable et plus institutions
démocratique.
OS 3 R3.1. Les organisations et A3.1.1. Accompagnement des
Encourager les organisations institutions les plus impliquées organisations et institutions dans le
de Carice à se formaliser et à se ont commencé à se formaliser processus de formalisation de leur
légaliser pour leur permettre de et ont entamé les démarches fonctionnement
mieux exercer leurs droits et pour obtenir leur A3.1.2. Accompagnement des
leurs devoirs. reconnaissance légale. organisations et institutions dans
leur démarche de légalisation
OS 4 R4.1. Les organisations et A4.1.1. Accompagnement des
Encourager les organisations et institutions se sont mises organisations et institutions
institutions de Carice à d’accord pour développer une dans la définition et la mise en
travailler pour établir des stratégie afin d’agir sur le application d’une stratégie d’équité
relations plus équilibrées entre déséquilibre existant entre de genre
les hommes et les femmes, à hommes et femmes dans la
leur niveau et au sein de leur communauté de Carice.
communauté.
R4.2. Plus de femmes A4.2.1. Accompagnement des
deviennent membres des organisations et institutions dans
organisations et institutions, leur démarche de sensibilisation et de
formation sur la question d’équité de
genre

35
Validé en Assemblée des Représentants/tes en date du 7 & 8 septembre 2007
OBJECTIFS SPÉCIFIQUES RÉSULTATS ATTENDUS ACTIVITÉS
participent aux activités et A4.2.2. Accompagnement des
accèdent à des postes de organisations et institutions dans
direction. leur démarche pour créer les
conditions afin que les femmes aient
plus de place et de pouvoir en leur
sein.
OS5 Développer la capacité R5.1. Les organisations et A5.1.1. Accompagnement des
des organisations et institutions institutions les plus impliquées organisations et institutions dans leur
de Carice d’améliorer la ont commencé à améliorer leur processus de définition et de mise en
gestion de leurs activités afin gestion et celle de leurs place d’un système de gestion,
de rendre leur fonctionnement activités. d’administration et de finances.
plus efficace et plus R5.2. Les instances des A5.2.1. Accompagnement des
transparent. organisations et institutions ont organisations et institutions dans la
commencé à exercer de planification, le suivi, le contrôle et
manière plus efficace leurs l’évaluation de leurs activités.
rôles et responsabilités et elles
rendent compte régulièrement
de leur gestion aux autres
instances concernées.

36
Validé en Assemblée des Représentants/tes en date du 7 & 8 septembre 2007
IV. COORDINATION, GESTION ET EXÉCUTION DU PLAN DE DÉVELOPPEMENT LOCAL DE CARICE

Le plan de développement local de Carice – PDLK a été construit sur une base
participative, où tous les acteurs de la communauté, que ce soit les associations, que ce soit les
institutions et que ce soit les représentants de l’Etat ont eu leur mot à dire dans le processus.
C’est sur cette même base et dans ce même esprit de collaboration que le PDLK sera réalisée.
L’idée principale qui guidera la mise en place du PDLK, est qu’aucun acteur ne remplace un
autre. Ainsi, chaque acteur dans chaque secteur au sein du PDLK pourra trouver son espace et sa
place afin qu’il puisse assumer véritablement sa responsabilité dans l’avancement du plan sur le
terrain.
Le PDLK est une « école » pour toutes les structures et tous les individus de tous les
espaces de Carice impliqués dans le plan ; en d’autres termes, c’est en le faisant qu’ils
apprendront à le faire. C’est pour cette raison qu’il faut que toutes les forces vives de Carice
apportent leur contribution propre et que l’un ne cherche pas à remplacer l’autre. En outre, pour
que les actions menées par le PDLK puissent durer, il faut que la majorité de la population sente
et expérimente chaque jour que le PDLK, c’est leur affaire. Ce qui veut dire qu’ils prennent eux-
mêmes les décisions sur quelles actions mener, qu’ils mènent eux-mêmes ces actions et que ces
actions auront pour objectif d’améliorer leurs conditions de vie.

4.1. Coordination de la Mise en Place du Plan de Développement Local de Carice


4.1.1. Les plateformes sectorielles

Pour assurer la participation et la représentation de tous les acteurs opérant dans un secteur
et permettre un meilleur partage des idées entre eux eux, sur ce qu’il y a à faire ou qui se fait déjà
dans ce secteur d’activités, la communauté de Carice mettra en place quatre (4) plateformes
sectorielles :
– une (1) plateforme socio-organisationnelle – PFSO
– Une (1) plateforme agricole – PFA
– Une (1) plateforme d’éducation – PFE
– Une (1) plateforme de santé – PFS
Les plateformes comprendront entre 15 et 25 délégués. Chaque catégorie d’acteurs dans un
secteur d’activités choisira son représentant pour participer à la plateforme. Ces acteurs peuvent
être des organisations ou institutions qui mènent des activités dans ce secteur. Dans chaque
plateforme il y aura les représentants des conseils territoriaux. Dans quelques plateformes, si
nécessaire, il peut y avoir aussi des représentants des postes de rassemblement.

Ci-dessous, le rôle et les responsabilités que chaque plateforme aura:


– La planification générale des actions à entreprendre au niveau du secteur;
– Le suivi et l’évaluation générale des actions;
– La circulation de toutes les informations importantes sur les décisions à prendre et déjà
prises au niveau de la plateforme ;
– La préparation des grandes mobilisations à réaliser dans le secteur;
– La prise de toutes les grandes décisions concernant l’orientation du secteur y afférent au
PDLK
– L’appui nécessaire à tous les professionnels et techniciens œuvrant dans le secteur.

37
Validé en Assemblée des Représentants/tes en date du 7 & 8 septembre 2007
Chaque plateforme se réunira au moins deux (2) fois par trimestre.

4.1.2. Le Conseil d’administration du plan de développement local de Carice – KAP

Pour coordonner et suivre l’exécution du PDLK, la communauté de Carice, en


collaboration avec les conseils territoriaux mettra sur pied un conseil d’administration du plan.
Le KAP sera formé des représentants de la mairie, des représentants des KASEK, des
représentants de chacune des plateformes et du coordonnateur du comité de direction du PDLK.
Le première maire de la commune sera le président du conseil d’administration. Le KAP se
réunira au moins une (1) fois le mois. Ci-dessous, le rôle et les responsabilités que le KAP aura:
– Représenter la commune de Carice en ce qui concerne le plan de développement local;
– Prendre des engagements avec l’Etat haïtien, avec les institutions nationales ou
internationales en ce qui à trait au plan de développement local ;
– Valider la planification et l’évaluation annuelle du plan de développement local;
– Valider le budget pour trois (3) ans et le budget pour chaque année du plan;
– Valider les rapports d’activités, les rapports financiers et les audits du plan;
– Recruter et signer un contrat de travail avec le coordonnateur et l’administrateur du
comité de direction du plan;
– Réaliser un suivi global sur l’avancement du PDLK;
– Intervenir quand il y a une crise importante dans l’exécution du PDLK pour trancher et
faire avancer les choses;
– Prendre toutes les autres dispositions qui relèvent de la responsabilité du conseil
d’administration du plan de développement.
Le KAP comprendra entre 7 et 15 membres, mais il devra toujours avoir un nombre impair
de membres. Le KAP prendra des décisions par consensus, ce qui veut dire après une discussion
où l’un parvient à convaincre l’autre. Lorsque cette méthode n’arrive pas à produire la décision
qu’on recherche, on passe au vote. Toutes les décisions du KAP doivent être consignées dans un
procès verbal. Les membres du KAP, comme ceux de la plateforme, sont des bénévoles ; ce qui
veut dire qu’ils ne reçoivent pas de salaire pour le travail qu’ils réalisent au sein du conseil.
Mais, le plan couvre les frais de déplacement encourus dans le cadre de sa réalisation

4.1.3. Le Comité de direction du plan de développement local de Carice – KDP


Pour conduire l’exécution du plan, pour gérer le financement que le plan aura reçu et pour
réaliser la gestion du personnel embauché dans le cadre de la réalisation du plan, le KAP mettra
sur pied un comité de direction – le KDP. Ce comité comprendra un coordonnateur (pendant les
3 premières années, cette personne sera choisie au sein du SKDK), un administrateur, un
agronome, un éducateur, un médecin, un sociologue et un secrétaire de direction.
Tous les membres du KDP sont des employés du PDLK et ils travaillent à plein temps pour
le plan. Le KDP devra remettre au KAP un petit rapport d’activités et un petit rapport financier
chaque mois et, tous les 6 mois, un grand rapport d’activités et un grand rapport financier. Le
comité de direction se réunira au moins une (1) fois chaque 15 jours.

Voici le rôle et les responsabilités du comité de direction du plan:

38
Validé en Assemblée des Représentants/tes en date du 7 & 8 septembre 2007
– Engager tous les autres membres du personnel nécessaire à la réalisation du plan ;
– Mettre en place le système comptable du plan et réaliser sa comptabilité régulièrement;
– Entretenir des relations avec toutes les institutions ou les organisations nationales ou
internationales qui collaborent avec le PDLK;
– Rechercher les moyens financiers et matériels ou les ressources humaines dont le PDLK
a besoin;
– Veiller à faire appliquer la planification opérationnelle;
– Surveiller la manière dont la démarche de travail est réalisée;
– Aider le KAP à veiller à l’orientation générale du PDLK;
– S’assurer que l’évaluation du PDLK est faite à temps et que ses recommandations sont
intégrées dans les prochaines planifications;
– Aider à mettre en place toutes les structures prévues dans le plan;
– Prendre les dispositions pour mobiliser chaque trois (3) ans tous les secteurs et tous les
acteurs de Carice afin de bâtir une autre planification stratégique.

C’est le KDP qui détient la responsabilité de fournir les moyens financiers et les ressources
humaines pour les quatre (4) secteurs concernés par le plan, c’est-à-dire la santé, l’agriculture,
l’éducation et le socio-organisationnel. Le KDP fonctionne et prend des décisions sur une base
collégiale mais c’est le coordonnateur qui est le principal responsable du comité par devant le
conseil d’administration.

4.2. Gestion et Exécution du Plan de Développement Local de Carice

Le PDLK sera réalisé sur la base d’une logique d’accompagnement. Cela veut dire que les
professionnels et les techniciens engagés dans l’exécution du plan sont là pour aider les
organisations et institutions à réaliser leur travail, mais ils ne sont pas là pour faire le travail à
leur place. Naturellement, les activités qui exigent une connaissance technique approfondie et
une expertise pointue resteront la responsabilité de ces professionnels et techniciens. Cette
démarche de travail basée sur une logique d’accompagnement comporte ses propres exigences, à
la fois pour les professionnels et techniciens que pour les organisations et institutions qui sont
engagées dans l’exécution du plan.
Les professionnels et techniciens devront avoir une bonne compétence dans le domaine de
l’éducation des adultes. En plus des connaissances techniques dans leur profession respective,
ils devront savoir faire de l’animation de groupes. Les organisations et institutions impliquées
dans l’exécution du plan devront apprendre à se responsabiliser elles-mêmes afin de prendre en
charge véritablement les actions ou les activités qui leur auront été confiées dans le cadre de la
réalisation du plan.
En ce sens, le PDLK visera à créer dans la communauté de Carice un processus de
développement durable basé sur une participation intégrale. Participation et responsabilité sont
deux sœurs siamoises : l’une ne va pas sans l’autre. Si la population de Carice veut être le maître
d’ouvrage de son plan de développement local et le principal acteur dans sa réalisation, il faudra
qu’elle prenne dès aujourd’hui la responsabilité de faire avancer les choses tel qu’elle les a
définies dans le document de plan stratégique et dans ceux des plans opérationnels.

4.2.1. Les équipes technique et d’accompagnement – ETA

39
Validé en Assemblée des Représentants/tes en date du 7 & 8 septembre 2007
Chaque secteur d’activités couvert par le plan de développement, comme la santé,
l’agriculture, l’éducation et le socio organisationnel, aura une équipe technique responsable
d’accompagner les organisations et institutions dans la réalisation de leurs actions. Ces ETA
comprendront chacune un (1) professionnel, un (1) à trois (3) techniciens et plusieurs agents.
C’est le comité de direction du plan – le KDP – qui a la responsabilité de réaliser le recrutement
de ces personnes, avec l’appui des ministères lorsque cela s’avère nécessaire. L’agronome du
KDP dirige l’équipe technique agricole, le médecin l’équipe technique de santé, le sociologue
l’équipe technique pour le socio organisationnel et l’éducateur l’équipe technique d’éducation.
Tous les membres du personnel des équipes techniques sont des employés et, le plus souvent, ils
sont engagés à plein temps dans le travail. Ainsi, ces personnes vivront sur place pendant la
durée de leur contrat avec le PDLK et ils bénéficieront des conditions de travail prévues par la
loi dans ces cas.

Ci-dessous, le rôle et les responsabilités de ces ETA:

– Préparer et organiser avec les acteurs du secteur la planification et l’évaluation des plans
d’activités sectoriels ;
– Définir, d’un commun accord avec les acteurs du secteur, les stratégies spécifiques pour
les grandes actions à entreprendre;
– Préparer et organiser, avec les acteurs des différents secteurs, les processus de formation
prévus et réaliser, sur les mêmes bases, l’évaluation de ces formations;
– Appuyer les organisations et institutions du secteur dans la réalisation de leurs activités;
– Réaliser le suivi technique des grandes actions entreprises dans le secteur dans le cadre
du plan sectoriel;
– Demander au comité de direction, sur une base formelle, d’opérer les décaissements pour
financer les activités que les organisations ou les institutions réalisent dans le cadre du
plan;
– Préparer des rapports d’activités et des rapports financiers réguliers pour le comité de
direction;
– Préparer tous les outils de formation, de gestion ou d’accompagnement nécessaires;
– Réaliser tout autre travail que le comité de direction juge nécessaire mais qui n’est pas en
contradiction avec leur rôle ou responsabilité.

Les ETA fonctionneront aussi sur une base collégiale, mais ce sont les professionnels qui
seront les principaux responsables par devant le comité de direction du plan. Les ETA
travailleront en collaboration avec les plateformes ; elles auront la responsabilité d’animer et
d’alimenter chacune des plateformes concernées.

4.2.2. Exécution des actions ou activités du plan de développement local de Carice


Le PDLK sera réalisée sur une base déconcentrée et décentralisée, c’est-à-dire qu’aucune
instance ou structure d’exécution du plan n’aura toutes les actions concentrées entre ses mains.
De plus, ce ne seront pas les personnes ou les structures du bourg qui réaliseront les actions pour
le compte des sections communales ou des habitations. Les structures et les personnes de ces
zones réaliseront elles-mêmes les activités prévues pour elles. C’est dans le but de respecter le
principe de participation, déconcentration et décentralisation que la charpente d’exécution du
plan a la forme suivante:

40
Validé en Assemblée des Représentants/tes en date du 7 & 8 septembre 2007
– Tout en haut nous trouvons l’assemblée de représentants de la communauté de Carice qui
représente la plus haute autorité ;
– Tout de suite après nous trouvons les plateformes, qui représentent les organes de
coopération, de concertation et de mobilisation;
– Vient ensuite le conseil d’administration qui reçoit une délégation de pouvoirs de
l’assemblée pour veiller à l’orientation et au respect de ses décisions;
– Après le KAP, nous trouvons le comité de direction qui a pour rôle de veiller à ce que les
exécutions se déroulent comme prévu;
– Puis, il y a les équipes techniques chargées de la gestion technique et de
l’accompagnement;
– Enfin nous trouvons toutes les organisations et institutions du comité qui sont chargées de
réaliser les actions et les activités prévues dans le plan.

Dans les domaines de l’agriculture et de l’élevage, de la santé, de l’éducation et du socio


organisationnel, qui constituent les quatre (4) grands secteurs couverts par le plan pour 2007-
2010, ce sont les organisations et institutions impliquées dans ces secteurs qui devront réaliser
tout ce qui concerne leur secteur respectif. Le PDLK mettra les ressources financières, humaines
(professionnels, techniciens et autres) et matérielles (machines, équipement, matériel et autres
outils) à leur disposition pour qu’ils soient à même de réaliser les activités.
Mais attention ! Attention ! Le PDLK n’a pas été conçu pour venir faire la charité à la
communauté de Carice. Aucune organisation ou institution ne réalisera une action ou une
activité dans le cadre de ce plan si elle n’y apporte sa contribution. En outre, à toutes les
organisations ou institutions qui recevront un appui ou une aide du plan sous forme d’argent, de
ressources matérielles ou humaines cette aide s’octroiera dans le cadre d’un contrat entre cette
structure et le PDLK. De la même manière, toutes ces organisations ou institutions devront
soumettre régulièrement un rapport d’activités et un rapport financier sur les ressources dont ils
auront bénéficié. Le PDLK prendra des dispositions pour superviser et contrôler comment ces
activités fonctionnent et si elles se déroulent dans le cadre de l’orientation et de la démarche
définies.

4.2.3. L’assemblée des représentants de la communauté de Carice – AR


L’assemblée des représentants de la communauté est la plus haute autorité du PDLK. Elle
se réunit en session ordinaire deux (2) fois chaque trois (3) ans. Son rôle est de ratifier le plan
stratégique de la communauté et d’élire la majorité des membres du conseil d’administration du
plan. Ce n’est pas l’assemblée des représentants qui élit les membres des conseils territoriaux
qui font partie du KAP ; c’est dans le cadre des élections des collectivités territoriales qu’ils sont
élus selon le vœu de la constitution haïtienne. Le président du KAP anime et dirige l’AR. En
cas d’absence, le vice-président assume cette responsabilité.
Chaque fois que l’AR se réunit à l’ordinaire, le KAP doit lui présenter pour ratification le
plan stratégique pour trois (3) ans ainsi que pour l’évaluation du plan stratégique qui vient de se
terminer (s’il y en avait un). Le budget et le rapport financier ou l’audit doivent toujours
accompagner le document du plan ou l’évaluation qui est présentée.
L’AR doit principalement se prononcer sur le PDLK. Avant que le document du plan
stratégique ou l’évaluation soit présentée à l’AR, le président du KAP a pour devoir de le

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Validé en Assemblée des Représentants/tes en date du 7 & 8 septembre 2007
soumettre à l’assemblée communale et les premiers membres des KASEK par devant
l’assemblée des sections communales. Ces deux (2) types d’assemblées doivent donner leur
accord au plan stratégique ou à son évaluation avant qu’il n’aille par-devant l’AR de la
communauté de Carice.
L’AR ne peut comprendre plus de cent (100) délégués ; elle se réunit en quorum simple et
prend des décisions à la majorité simple. Ses réunions ne doivent pas durer plus d’une (1)
journée.
Les délégués des membres de l’AR seront issus des conseils des collectivités territoriales,
des plateformes, des postes de rassemblement et de quelques organisations et institutions de la
communauté. Mais cela devra se faire de façon à ce que toutes les grandes zones de Carice
soient représentées et que toutes les forces vives soient présentes sans aucune forme de
discrimination.
Un comité électoral sera constitué pour réaliser les élections dans le but de choisir la
majorité des membres du KAP. Les membres de l’AR qui font partie du conseil municipal et des
conseils des sections communales ne pourront pas être président de ce comité électoral.
Pour terminer avec la question de l’exécution du PDLK, réaliser une telle démarche, qui
combine la réflexion stratégique, l’intervention technique et la participation populaire, est
toujours complexe. C’est pour cette raison que le comité de direction a besoin d’avoir un réseau
de consultants qui possèdent la compétence et l’expérience pour leur fournir un appui-conseil.
C’est un ensemble de professionnels qui ne sont pas directement impliqués dans les réalisations
mais qui donnent des conseils de temps à autre ou qui peuvent accorder une consultation sur un
aspect particulier à un moment précis et quand cela s’avère nécessaire.
Ces consultants peuvent être bénévoles ou être rémunérés pour leur travail. Cela
dépendra de leurs relations avec la communauté et des capacités financières de chacun. Mais,
dans un cas comme dans l’autre, le PDLK couvrira leurs frais de déplacement et de séjour dans
la communauté.

Le PDLK aura à faire appel à ces consultants à différents moments, tels que :
– Quand ils définissent une stratégie spécifique pour chaque secteur d’activités ;
– Quand ils préparent un plan et des outils de formation spécifiques pour chaque secteur;
– Quand ils mènent les études prévues dans le plan;
– Enfin, quand ils réalisent les évaluations sectorielles ou globales du PDLK.

La communauté de Carice pourrait avoir besoin de consultants aussi quand elle préparera
un autre plan stratégique après 2010.

Le comité de direction du plan ne doit pas attendre d’avoir besoin de consultants pour en
chercher. Le travail d’identification doit se faire dès le commencement de la mise en œuvre du
plan. Pendant toute la durée d’exécution du PDLK, le conseil d’administration du plan et le
comité de direction auront besoin d’un consultant pour les accompagner dans leurs
responsabilités. Ce consultant devra posséder de bonnes compétences et de l’expérience dans le
développement local, la planification et le développement rural basé sur une approche
participative. Ce consultant devra être bien choisi pour qu’il ne devienne pas le chef de ces
structures. Son rôle est d’aider le KAP et le KDP dans leur réflexion critique sur le processus du
PDLK ; de les aider aussi à prendre les bonnes décisions dans le travail de pilotage et de
coordination qu’ils doivent réaliser. Ce consultant devrait être en mesure d’effectuer une visite

42
Validé en Assemblée des Représentants/tes en date du 7 & 8 septembre 2007
sur le terrain chaque mois pendant la première année et chaque trimestre pendant les deux
dernières années.
L’ensemble des structures que l’on a prévu de mettre en place pour la réalisation du PDLK
ne doit pas être mise en place de manière irréfléchie et précipitée. La population et les différents
acteurs de Carice doivent chacun comprendre leur rôle et leur importance. Les personnes qui
participent à ces structures doivent être choisies sur la base de critères objectifs et sans
favoritisme. De même, toutes ces structures doivent fonctionner sur une base formelle et
démocratique.

43
Validé en Assemblée des Représentants/tes en date du 7 & 8 septembre 2007
V. DIFFÉRENTES ÉTAPES DANS LA RÉALISATION DU PDLK

Le plan de Développement Local de Carice – PDLK ne peut être mis en place ni réalisé
entièrement dans l’improvisation ou l’empressement. Dans la vie en général, on ne peut pas tout
faire en même temps ; il est toujours préférable de faire ce qui est plus nécessaire et plus
important avant et les autres choses après.
Pour la réalisation du PDLK, c’est pareil. Les grandes actions seront menées l’une après
l’autre ; celles qui nécessitent d’être menées simultanément le seront pour permettre de
développer plus de complémentarité au sein d’un programme sectoriel et entre les différents
programmes.
La planification stratégique sera mise en œuvre en trois (3) étapes. Chaque étape durera
une année environ. A chaque étape on commencera avec une planification opérationnelle
participative pour terminer par une autoévaluation participative. Ci-dessous, les trois (3) étapes et
ce qui caractérisera chacune :

- La première étape: mise en place du PDLK


• Mettre en place les structures de coordination et de gestion du PDLK;
• Recruter le personnel du PDLK ;
• Démarrer les études de faisabilité les plus importantes;
• Faire les aménagements qui sont nécessaires;
• Faire l’acquisition du matériel et de l’équipement nécessaires ;
• Réaliser les formations les plus urgentes et les plus importantes;
• Entraîner les différentes structures du PDLK dans le travail qu’elles ont à réaliser;
• Démarrer dans chaque programme sectoriel les activités planifiées;
• Commencer le processus de renforcement des organisations et des institutions de Carice.

- La deuxième étape: le PDLK prend sa vitesse normale


• Poursuivre l’accompagnement des différentes structures du PDLK;
• Continuer le renforcement des organisations et des institutions;
• Améliorer et continuer les processus de formation;
• Démarrer avec les entreprises collectives à propos desquelles les études de faisabilité
avaient montré des résultats positifs;
• Renforcer les activités qui avaient démarré pendant la première étape;
• Démarrer les autres activités qui étaient planifiées.

- La troisième étape : le renforcement du PDLK


• Consolider les structures du PDLK;
• Renforcer l’autonomie de gestion des organisations et des institutions impliquées;
• Renforcer techniquement et financièrement les entreprises collectives;
• Consolider les actions stratégiques;
• Renforcer les processus de formation;
• Préparer le deuxième plan stratégique 2011-2013.

A la fin de la troisième année, en 2010, ce ne sera pas une autoévaluation participative qui
sera réalisée mais plutôt une évaluation externe participative. Ceci permettra à l’évaluation d’être
encore plus objective car des consultants évaluateurs qui ont de l’expérience en planification et
gestion de développement local seront impliqués dans l’évaluation.
Dans le cadre de la réalisation du PDLK, la démarche de travail sera graduelle. Cela veut
dire que, au fur et à mesure du déroulement des programmes, plus les compétences des acteurs se

44
développeront, plus la réalisation des actions sera précise et prendra de l’ampleur et aussi plus les
acteurs impliqués seront autonomes. Dans le cadre de cette démarche, le tableau qui suit montre
comment chaque programme sectoriel se déroulera pendant les trois étapes.

45
5.1 Déroulement du programme d’agriculture et d’élevage

OBJECTIF RÉSULTAT ANNÉE I ANNÉE II ANNÉE III


OS 1 R 1.1 ________ ________ ________
Protection de l’environnement La protection de sources, de ravines et de berges des rivières _ _ _
est assurée
R 1.2 ________ ________ ________
Le jardin botanique et la pépinière centrale sont mis en place _ _ _
OS 2 R 2.1 _____ ________ ________
Amélioration des systèmes de culture et d’élevage Développement d’un nouveau modèle d’agriculture _ _
R 2.2 _____ ________ ________
Développement d’un nouveau modèle d’élevage _ _
R 2.3
Renforcement de la capacité technique des producteurs/ trices
OS 3 R 3.1 ________ ________
Amélioration du potentiel des terres Recherche des possibilités d’irrigation
OS 4 R 4.1 ________ ________
Amélioration de l’accès des producteurs/ trices Accès aux intrants agricoles
aux moyens de production R 4.2 ________ ________ ________
Accès au service de labourage
R 4.3 ________ ________
Accès au crédit agricole
OS 5 R 5.1 ________ ________
Trouver des débouchés pour les produits agricoles Recherche des débouchés pour quelques produits agricoles
R 5.2 ________ ________
Expérience de commercialisation de produits en groupe

46
5.2 Déroulement du programme d’éducation

OBJECTIF RÉSULTAT ANNÉE I ANNÉE II ANNÉE III


OS 1 R 1.1 _________ ________ _________
Amélioration de l’accès des enfants à l’école Accès à l’école fondamentale pour plus d’enfants
R 1.2 _________ _________ _________
Développer un modèle d’école préscolaire
OS 2 R 2.1 ________ _________ _________
Amélioration de l’accès des jeunes à l’école Rendre l’école professionnelle fonctionnelle
professionnelle R 2.2 ________ _____
L’école professionnelle répond aux besoins de développement
de Carice
OS 3 R 3.1 _________ _________
Amélioration de la qualité de l’éducation dans Le niveau de compréhension des professeurs et des élèves sur
les écoles les plantes et la nature a augmenté
R 3.2 _________ _________
Le niveau de compréhension des professeurs et des élèves sur
leur communauté a augmenté
R 3.3 ________ _________ _________
Le niveau de compréhension des professeurs et des élèves sur
l’hygiène a augmenté
OS 4 R 4.1 _________ _________
Amélioration de la capacité de la population à Le niveau de compréhension de la population sur leurs droits
défendre ses droits et intérêts et intérêts a augmenté
R 4.2 _________ _________
Le niveau de compréhension de la population sur le traitement
différent donné aux garçons et aux filles dans le système
éducatif a augmenté.
OS 5 R 5.1 _________ _________
Renforcement du système d’éducation à Carice La capacité pédagogique des professeurs s’est améliorée
R 5.2 ________ _________ _________
La Plateforme Education de Carice est mise en place

47
5.3 Déroulement du programme de santé

OBJECTIF RÉSULTAT ANNÉE I ANNÉE II ANNÉE III


OS 1 R 1.1 ________ _________ _________
Mise en place d’un réseau de santé intégrée La Plateforme de Santé est constituée et le modèle de santé
efficace intégrée fait son chemin en son sein
R 1.2 ________ _________ _________
Les centres de santé et les postes sont aménagés, équipés et ils
fonctionnent
OS 2 R 2.1 ________ _________ _________
Développement de la capacité du réseau à faire Les professionnels de santé sont sur place et la formation des
de la prévention travailleurs de santé est réalisée
R 2.2 _________ _________
La population est sensibilisée aux mesures pratiques de
prévention
R 2.3 _________ _________
Les campagnes de prévention ont permis d’agir sur les causes
des maladies
OS 3 R 3.1 ________ _________ _________
Développement de la capacité du réseau de Le programme de nutrition a permis d’agir sur l’alimentation
santé dans le domaine de la nutrition et de de la population
l’hygiène R 3.2 ________ _________ _________
Le plan d’hygiène a permis d’agir sur les conditions sanitaires
OS 4 R 4.1 _________
Promotion du modèle de santé intégrée pour Les deux types de médecine commencent à entrer dans la
assurer l’autonomie de la communauté en phase où elles se complètent l’une l’autre
matière de santé R 4.2 ________ _________ _________
La population comprend mieux le phénomène de maladie

48
5.4 Déroulement du programme socio organisationnel

OBJECTIF RÉSULTAT ANNÉE I ANNÉE II ANNÉE III


OS 1 R 1.1 ______
Développer la capacité de la communauté à Le plan stratégique est planifié et validé
préparer et à exécuter le PDLK R 1.2 __________ _________ _________
La structure de gestion et de coordination du PDLK est _
mise en place
OS 2 R 2.1 __________ _________ _________
Appui à la structuration des organisations Les organisations ont leur propre ligne directrice et elles _
sont structurées
OS 3 R 3.1 __________ _________ _________
Appui à la formalisation et à la légalisation des Les organisations et institutions commencent à être _
organisations et des institutions légalisées
OS 4 R 4.1
Appui aux organisations et institutions pour Les organisations et institutions ont développé une
l’amélioration de l’équilibre dans les relations stratégie afin d’agir sur le déséquilibre existant entre ____ _________
hommes / femmes au sein de la communauté hommes et femmes dans la communauté de Carice.
R 4.2 _________ _________
La participation des femmes a augmenté; elles exercent _
plus d’influence au sein des organisations et institutions
OS 5 R 5.1 __________ _________ _________
Appui au renforcement de la capacité de Appui aux organisations et institutions dans l’amélioration _ _
gestion au sein des organisations et institutions de leur système de gestion
R 5.2 _____ _________ _________
Appui aux organisations et institutions dans la prise en _
charge de leurs responsabilités

49
VI DEMARCHE POUR METTRE EN ŒUVRE LE PLAN DE
DEVELOPPEMENT LOCAL DE CARICE

6.1. Stratégie pour le financement du PDLK

La communauté de Carice sait bien que bâtir un plan de développement est une chose,
mais trouver le financement pour le mettre en oeuvre en est une autre et l’accès au
financement n’est pas facile dans la situation actuelle du pays. Le budget de l’Etat
Haïtien n’a pas encore intégré le processus de décentralisation qui vient de commencer
dans le pays. Les partenaires de la communauté internationale parlent de développement
local mais ils ne croient pas encore en la capacité des acteurs des collectivités territoriales
de définir et de mener à bien leurs propres plans de développement.

La communauté de Carice sait aussi qu’elle ne trouvera pas chez un seul


partenaire, que ce soit l’Etat, une ONG, ou une agence de coopération, la totalité du
financement dont elle a besoin pour réaliser le PDLK. La communauté de Carice ne
s’attend pas non plus à trouver le montant intégral du budget du PDLK d’un seul coup ;
c’est au fur et à mesure, qu’elle pourra en disposer. C’est pour toutes ces raisons que la
communauté de Carice a pris le temps de définir une stratégie de recherche de
financement pour son plan.

La stratégie de recherche de financement de la communauté de Carice repose sur


quatre (4) piliers :

– La détermination et le courage dans son travail de recherche de financement;


– La mobilisation de ses propres ressources locales;
– Le fait de ne pas compter seulement sur une ou deux sources de financement ;
– La définition d’un contrat transparent avec tous les partenaires financiers.

Ce sont ces quatre piliers qui serviront de guide au Conseil d’Administration du


Plan et au Comité de Direction dans toutes les démarches de recherche de financement
qu’ils vont entreprendre. La population de Carice, à travers ses organisations, ses
institutions et ses plateformes sera informée régulièrement des financements qui seront
obtenus pour permettre au PDLK d’avancer sur le terrain.

6.1.1. Les sources de financement identifiées

Dans le cadre des discussions avec les délégués du SKDK sur les
questions de financement du plan, quatre (4) sources ont pu être
identifiées :

– Financement local dans la communauté, issu des taxes perçues par la mairie, de
la quote-part des organisations en argent ou en travail et de la contribution en
argent ou en travail de toute la population.

50
– Financement de l’Etat central, issu du budget alloué à cet effet à la mairie et
aux KAZEK et à l’appui fourni par les différents ministères pour la réalisation du
plan.
– Financement de la communauté internationale, issu des agences de
coopération directement ou à travers les ONG internationales ou nationales.
– Financement de la diaspora de Carice, issu des organisations régionales de
Carice existant aux Etats Unis, au Canada, en France et dans d’autres pays
étrangers.

La recherche de financement se fera en même temps auprès de ces quatre sources.


C’est pourquoi il devra être centralisé et mené avec beaucoup de discipline. Ainsi, la
communauté sera toujours au courant de ce qui a déjà été trouvé et de ce qui reste à
obtenir; ce qui lui permettra de déterminer ce qui peut commencer à être réalisé à chaque
étape du plan.

6.1.2. Recherche de financement pour le plan

La recherche de financement n’étant pas toujours facile, elle exige de ceux qui font
le travail d’avoir des compétences dans le domaine et de faire preuve de beaucoup
d’adresse. La communauté de Carice envisage la possibilité de demander aux ONG et
autres institutions présentes dans la commune et qui ont de l’expérience dans le domaine
de lui donner un appui dans ces démarches.

Mobilisation du financement propre de la communauté de Carice


La communauté de Carice s’est fixé pour objectif de trouver 5% du budget du plan
au niveau local.
Le Conseil communal, les KASEK, les associations de la communauté ainsi que
toutes les institutions qui y sont représentées encourageront toute la population de Carice
à payer les taxes dues à la mairie. Une partie de ces taxes servira à financer le PDLK.
Une entente sera conclue avec toutes les organisations ou institutions de Carice afin
qu’elles financent d’au moins 5% toutes les actions ou activités du PDLK qu’elles auront
à réaliser directement. Cette participation sera donnée soit sous forme d’argent, soit sous
forme de travail ou bien les deux à la fois. Le PDLK signera un contrat à cet effet avec
les organisations et institutions de Carice et n’accordera son financement que si leur
contrepartie est assurée.

Mobilisation de financement auprès de la diaspora de Carice


La communauté de Carice s’est fixé pour objectif d’aller chercher 10% du
financement du PDLK auprès de la diaspora de Carice qui vit à l’étranger.
Toutes les organisations régionales de Carice à l’étranger recevront une copie du
document du PDLK et il leur sera demandé d’apporter leur contribution. Celle-ci pourra
se donner sous plusieurs formes : argent, travail, matériel et équipement ; l’un ou l’autre
ou plusieurs à la fois.
Le président du Conseil d’Administration et le coordonnateur du Comité de
Direction du PDLK pourraient faire une visite dans les pays où la diaspora de Carice est
concentrée pour présenter le plan et mener des campagnes de levée de fonds.
Recherche de financement auprès de l’Etat central

51
La communauté de Carice s’est donné pour objectif d’aller chercher 25% du budget
du PDLK auprès de l’Etat haïtien. Pour cela, le KAP la et le KDP devront faire une
présentation du plan à tous les ministères concernés. Ils présenteront aussi le plan au
Parlement du pays et ils feront la même chose auprès de quelques organismes de l’Etat
tels que le FAES et le Bureau de Monétisation—ancien bureau du PL 480—ainsi que
d’autres organisations publiques ou para étatiques du même genre.

Pour chacune de ces institutions de l’Etat il y aura une demande spécifique qui
dépendra de sa mission dans l’Exécutif. Le KAP et le KDP chercheront toujours à
déterminer quels membres de ces institutions sont responsables du dossier de Carice et ils
feront un suivi serré avec ces personnes. L’invitation sera lancée à ces institutions de
l’Etat pour qu’elles viennent à Carice constater elles-mêmes la réalité de la communauté.

Recherche de financement auprès de la coopération internationale


La communauté de Carice envisage de chercher 40% du budget du PDLK auprès de
la coopération internationale. Pour cela, le KAP et le KDP feront l’inventaire de toutes
les agences internationales qui existent dans le pays et qui pourraient être intéressées à
participer au financement du plan de développement de Carice. Le document du PDLK
sera distribué à toutes ces agences et des rencontres seront planifiées avec elles pour
discuter du dossier. Comme avec les institutions de l’Etat, le KAP et le KDP chercheront
toujours à identifier les responsables du dossier du PDLK au sein de ces institutions de
coopération. De même, ils inviteront celles-ci à venir à Carice pour constater elles-
mêmes la réalité afin de s’engager en connaissance de cause. Les demandes qui seront
faites auprès de ces institutions de coopération dépendront aussi des programmes qu’ils
développent dans le pays.

Recherche de financement auprès des ONG internationales et nationales


La communauté de Carice envisage de chercher 20% du budget du PDLK auprès
des ONG. Pour cela, le KAP et le KDP feront l’inventaire de toutes les ONG existant
dans le pays ou à l’étranger qui pourraient être intéressées à participer à la réalisation du
plan de développement. Des démarches seront entreprises auprès d’elles sur la même
base que celles entreprises auprès des institutions de l’Etat ou de la coopération
internationale.

Les démarches qui seront faites auprès des ONG dépendront de leur sensibilité, de
leur programme de travail et du niveau de leurs moyens. Avec les ONG particulièrement,
l’appui pourrait prendre plusieurs formes : argent, consultation, matériel et équipement,
l’un ou l’autre ou plusieurs à la fois.

52
6.1.3. Un partenariat formel sur la base d’un contrat

Il est vrai que la communauté de Carice recherche des financements pour réaliser le
PDLK mais elle n’est pas décidée à le faire n’importe comment, ni à accepter les
financements qui ne respectent pas ses propres conditions. Comme le dit le proverbe
créole : « Nous sommes pauvres mais des pauvres honnêtes qui se respectent pour qu’on
nous respecte. »

En ce sens, la communauté de Carice a pris la décision de ne rechercher ni


d’accepter les financements qui se font dans les conditions suivantes :

– Un financement qui ne tombe pas d’aplomb avec l’autonomie des collectivités


territoriales de Carice ;
– Un financement qui fait fi de l’approche participative et démocratique préconisée
par le PDLK dans sa définition et dans sa réalisation;
– Un financement qui vise à détourner la communauté de la voie de développement
durable pour la contraindre à l’assistanat ou au caritatif;
– Un financement qui veut faire abstraction de la démarche d’accompagnement
prévue dans le PDLK pour ramener la communauté à une démarche
d’encadrement ou de dépendance par laquelle on réalise ou exécute à sa place;
– Un financement qui veut soustraire la communauté à l’approche de programme
intégré dans laquelle elle s’est engagée avec le PDLK pour la ramener à
l’approche de petits projets indépendants les uns des autres;

Pour toutes ces raisons, la communauté de Carice veut jouer cartes sur table avec
toutes les institutions ou les organismes auprès desquels elle mène des démarches de
recherche de financement. Il est vrai que la recherche de financement repose sur une
négociation et que, en négociation, il n’est pas toujours bon de dévoiler toutes ses cartes,
mais dans notre pays, les combats de coqs dans les arènes ne s’achèvent jamais en
conflits lorsque les règles du jeu sont claires pour tout le monde. En ce sens, la relation
que la communauté de Carice s’attachera à établir avec ces institutions de financement
est une relation de partenariat.

Ce partenariat sera basé sur la transparence; chaque partenaire connaîtra l’apport


des autres et celui de la communauté. Tous les partenaires recevront un rapport et sur ce
qu’ils financent et sur ce que les autres financent.

Ce partenariat sera formel ; ce qui veut dire qu’un contrat ou un protocole de


collaboration sera signé entre la communauté et chaque partenaire financier. Ils
discuteront ensemble de toutes les conditions de collaboration et celles-ci seront stipulées
à l’écrit dans ce contrat. Enfin, la communauté mettra en place des instances pour
respecter les engagements qu’elle a pris et maintenir une relation serrée avec tous ses
partenaires financiers.

Ce partenariat sera basé sur le long terme ; même si un partenaire a pris un


engagement sur une action ou une activité ponctuelle, il lui sera accordé le même
traitement et les mêmes égards que ceux qui ont un engagement plus définitif. Pour que

53
la relation s’établisse sur le long terme –surtout que c’est ce que la communauté de
Carice recherche pour pouvoir réaliser son rêve– il faudra que toutes les instances et
toutes les organisations qui sont engagées dans la réalisation du PDLK prennent leur
responsabilité. Il faut que la gestion des fonds, du matériel et de l’équipement du PDLK
respecte toutes les règles générales de comptabilité. Il faut que la gestion soit efficace et
qu’elle respecte les principes éthiques qui doivent guider la réalisation des programmes
de développement en général.

6.2. Préparation au démarrage du PDLK

La communauté de Carice sait bien qu’elle ne pourra pas commencer à mettre le


plan à exécution aussitôt terminée la planification stratégique pour trois (3) ans du PDLK.
De même, on ne commence pas à cuisiner aussitôt revenu du marché ; il faut prendre le
temps de faire tous les préparatifs nécessaires.

Pour démarrer le PDLK, la communauté doit avoir à sa disposition une partie du


financement du plan pour la première année. Elle doit préparer et valider la planification
opérationnelle de la première année. Elle doit également établir une bonne collaboration
avec les organisations et institutions de Carice qui vont s’engager dans l’exécution du
plan. Elle devra aussi mettre en place toutes les instances de coordination et de gestion
administrative, financière et technique du plan. D’un autre coté, il faut que la
communauté prépare le lancement officiel du PDLK. La réalisation de ces différentes
étapes est nécessaire avant le démarrage parce que, comme le dit le proverbe créole,
« twò prese pa fè jou leve. » (Il ne faut pas confondre vitesse et précipitation).

6.2.1. Planification opérationnelle de la première année du plan

Pour permettre au plan de développement d’être lancé pendant l’année fiscale 07-
08, la planification opérationnelle de la première année se fera au mois de septembre
2007. La planification opérationnelle de l’année se fera sur la même base participative
avec les représentants des organisations et des institutions dans les postes de
rassemblement et également avec la participation de tous les élus locaux de la
communauté.

La planification opérationnelle s’élaborera sur la base des opportunités qui


existent déjà pour la réussite du plan. Elle considèrera aussi les risques sous toutes les
formes qui pourraient empêcher le démarrage et l’aboutissement du PDLK ; elle
envisagera comment contourner ces risques. C’est pendant ce travail de planification
opérationnelle que la communauté mesurera vraiment quelles actions elle peut mener
pendant l’année et à quelle phase de réalisation de ces actions elle sera rendue à la fin de
l’année. C’est ce travail qui va aussi permettre de préparer le budget définitif pour la
première année.

Le document de planification opérationnelle comprendre deux aspects : la


planification pour l’opérationnalisation et une autre partie qui expliquera comment le
plan sera exécuté concrètement sur le terrain. C’est la planification opérationnelle que
l’Assemblée des Délégués de Carice, l’Assemblée Municipale et l’Assemblée des
Sections Communales devront valider comme le PDLK l’a défini et comme la

54
constitution du pays et la loi l’exigent. Le document de planification opérationnelle du
PDLK pour la première année sera communiqué à tous les partenaires financiers auprès
desquels des démarches de recherche de financement sont déjà entamées.
6.2.2. Entente avec les organisations et institutions de Carice

Le PDLK est conçu pour arriver à mettre fin au travail de développement qui se
faisait de manière dispersée et non coordonnée à Carice jusqu’à présent. L’idée centrale
du plan est d’arriver à rassembler tous les efforts qui se font dans le sens de
l’amélioration des conditions de vie des habitants de la communauté. Cela permettra
d’établir une meilleure coordination des actions de développement, d’obtenir une
meilleure concertation dans ces actions et de parvenir à des résultats plus durables et plus
conséquents.

Le PDLK n’est pas conçu pour qu’un acteur vienne remplacer un autre. Il n’est
pas conçu non plus dans l’esprit d’éliminer aucune institution sur le terrain. Au contraire,
il vise à les renforcer toutes et à créer les conditions pour qu’elles fassent encore mieux
leur travail.

Le PDLK est conçu dans un esprit d’entente, ce qui veut dire dans le respect et
l’acceptation l’un de l’autre. Mais un travail aussi important ne peut démarrer dans la
communauté sans qu’il y ait une bonne discussion entre toutes les organisations et
institutions qui vont participer à la réalisation du plan.

C’est le KAP en collaboration avec le KDP qui dirigera le travail de négociations


pour arriver à trouver une entente avec toutes les organisations et institutions de la
communauté sur la mise en œuvre du plan.

Ce travail de négociations pour trouver une entente se déroulera autour des points
suivants :
– Dans quelles conditions le plan se réalisera;
– Quelles responsabilités chaque organisation et institution aura dans le plan;
– Quels seront les droits et les devoirs de chaque acteur;
– Comment se fera la gestion des ressources humaines et financières, du matériel et
de l’équipement du PDLK;
– Quel genre de contrat sera signé avec toutes les organisations et institutions qui
participent à la réalisation du plan.

Comme nous l’avons dit précédemment, ce sont les conditions qui garantissent le
succès donc il est nécessaire de définir soigneusement toutes les règles du jeu avant de
nous lancer dans la réalisation du plan.

6.2.3. Mise en place des instances de coordination et de gestion du PDLK

Le SKDK a accompli un travail formidable en aidant la communauté de Carice à


concevoir un plan stratégique pour trois (3) ans. Mais sa mission à ce niveau est arrivée à
terme. Le SKDK va s’étendre à toutes les autres organisations qui n’en faisaient pas
encore partie afin de pouvoir devenir la plateforme socio organisationnelle de Carice, le
PSO.

55
Le PDLK pourra démarrer véritablement sur une base participative si les
instances prévues pour réaliser la coordination, la gestion financière, administrative et
technique sont mises en place.

En ce sens, la deuxième mission que le KAP et le KDP auront après qu’ils aient
commencé à chercher du financement pour le plan c’est de mettre en place, sur une base
participative, toutes les instances prévues pour assurer la coordination et la gestion du
plan.

Comme nous l’avions déjà dit, ces instances ne doivent pas être mises en place de
façon précipitée et irréfléchie, ni sur une base de favoritisme. Elles doivent être mises en
place sur la base de principes et de critères clairs ; tant leur création que leur
fonctionnement doivent être établis de façon formelle.

Au cours du processus de mise en place de ces instances, ils commenceront par


celles qui sont les plus importantes ou les plus nécessaires à cette phase. Il faut que
chaque responsable ou chaque délégué d’une instance connaisse bien le rôle de l’instance
à laquelle il appartient ainsi que le travail que lui-même devra réaliser au sein de cette
instance.

Chaque instance devra avoir des règlements simples qui indiquent les procédures
de prise de décisions, de fonctionnement et de contrôle interne. Lorsque les instances
commencent à être fonctionnelles, il faudra aussi qu’elles prévoient les mécanismes
d’échanges et de relations qui existeront entre les différentes instances.

Il est important et nécessaire que les instances centrales soient installées avant le
démarrage du PDLK et que toutes les autres instances le soient aussi six (6) mois après le
lancement du plan.

6.2.4. Lancement officiel du plan de développement local de Carice

Le moment du lancement officiel du PDLK est très important. C’est une activité
importante pour mobiliser toute la communauté de Carice derrière un même rêve, un
même plan et quatre (4) grands programmes sectoriels. Le lancement est également
important pour les autorités des collectivités territoriales et les autorités du pays parce
que c’est un symbole qui indique qu’un nouveau bourgeon en matière de développement
local et participatif vient de poindre.

Ce moment est important aussi pour les partenaires financiers qui veulent s’engager
ou qui se sont déjà engagés dans la mise en œuvre du plan parce qu’ils auront davantage
confiance dans le lieu où ils placent leur investissement. Ce geste de lancement officiel
du PDLK signifiera pour Carice qu’une lueur s’est allumée grâce à beaucoup de
solidarité et après beaucoup de travail. Ce geste symbolisera aussi pour le reste du pays
l’espoir dans le travail collectif et la collaboration au sein d’une communauté qui veut
s’approprier le processus de décentralisation en gestation en Haïti.

Pour toutes ces raisons, le lancement officiel du PDLK doit être bien préparé. De
même que tout ce qui devra être réalisé dans le plan, ce lancement doit être

56
soigneusement planifié et on veillera à ce que tous les acteurs et tous les secteurs de
Carice y apportent leur contribution propre. Il faudra également que la presse haïtienne
soit bien représentée. Le lancement officiel devra être réalisé avec beaucoup de
simplicité, sans aucune extravagance et l’ensemble des activités prévues dans ce
lancement doit être basé sur la culture et les coutumes de la population de Carice.

6.3. Principes généraux qui guideront la réalisation du PDLK

Souvent, les plans de développement sont bien préparés dans un esprit de


collaboration pour chercher à améliorer les conditions de vie des secteurs les plus pauvres
de la population, mais dans leur réalisation ces plans dévient entièrement de leur objectif
et de leur démarche de travail. La communauté de Carice a vécu ces expériences avec
plusieurs projets de développement qui ont déjà été menés dans le bourg et les sections
communales.

C’est dans le but de combattre toute forme de déviation dans la concrétisation du


PDLK que la communauté de Carice a décidé de tracer la ligne directrice de son plan.

Tous les acteurs qui vont participer au PDLK se sont mis d’accord sur les grands
principes qui doivent guider sa mise en oeuvre. Au total cinq (5) principes généraux
serviront de gouvernail à la réalisation du plan dès son lancement en 2007 jusqu’à son
évaluation en 2010. Nous allons présenter ces principes l’un après l’autre.

6.3.1. Le premier principe : "l’équité"

Dans notre pays, dans toutes les communautés comme dans celle de Carice les relations
entre les personnes ne sont pas toujours équilibrées comme :

– les relations entre les gens du bourg et ceux des sections communales
– les relations entre hommes et femmes ;
– les relations entre gens de la ville et gens de la campagne.

L’objectif du PDLK est de travailler pour obtenir un plus grand équilibre ou une
plus grande équité dans les relations que nous venons de citer. Mais, sans que le plan ne
se rende compte, dans son exécution il peut créer ou sinon encourager des déséquilibres
en son propre sein. Dans la réalisation du plan, des relations vont s’établir entre :

– des professionnels, des techniciens et des agents;


– des institutions et des organisations;
– des consultants et toutes autres personnes impliquées dans la coordination et la
gestion du PDLK;
– des femmes et des hommes;
– et aussi, des gens du bourg et des sections communales.

Les structures qui coordonnent et qui gèrent le PDLK doivent veiller au respect de
l’équité dans toutes les formes de relations qui se développeront pendant l’exécution du
plan. C’est cet équilibre au sein de ces relations qui permettront la réussite des

57
programmes ; c’est également cet équilibre qui permettra véritablement à la population de
Carice de se reconnaître à travers le PDLK.

L’équilibre dans les relations ne veut pas dire pour autant que les gens qui
partagent ces relations sont égaux en tous points. Tout le monde n’a pas le même niveau
de moyens financiers ; tout le monde n’a pas les mêmes compétences ni les mêmes
capacités. Tous ceux qui partagent une relation de travail ne fournissent ni la même
qualité ni la même quantité de travail.

Veiller à établir l’équité dans les relations au sein du PDLK veut simplement
dire : veiller à ce que l’un ne commette d’abus sur l’autre ; que l’un n’ait pas tous les
droits et tous les avantages et que l’autre se retrouve sans rien.

Etablir l’équité dans la réalisation du PDLK c’est s’assurer en permanence que les
intérêts de tous les acteurs de toutes les catégories de personnes sont protégés en même
temps que nous cherchons à défendre et à faire avancer les intérêts de toute la
communauté de Carice.

6.3.2. Le deuxième principe : "l’auto développement"

Certaines personnes appellent ce principe auto développement, d’autres,


autopromotion. Dans un cas comme dans l’autre, cela signifie que la communauté prend
en charge son propre développement ; qu’elle assure sa propre promotion. Derrière ce
principe on retrouve les notions de maturité, de responsabilité et d’autonomie.

Souvent dans les approches de développement, on compare les communautés


sous-développées à des enfants. On leur fait comprendre qu’ils sont dans la misère parce
qu’ils manquent de compréhension et de maturité. On fait croire aussi à ces
communautés que pour parvenir au développement elles devront trouver des institutions
et des personnes qui viennent d’ailleurs pour le réaliser chez eux à leur place. C’est de
cette manière qu’ils apprendront et qu’ils pourront un jour se gouverner et se gérer tout
seuls.

L’évolution des êtres humains et celle des communautés sont deux réalités qui ne
peuvent se comparer parce qu’elles ne sont pas pareilles. En outre, après plus de trente
ans de travail de développement en Haïti, comment se fait-il qu’on traite encore les
communautés comme des enfants. Cette approche de développement n’est pas correcte
et mérite d’être modifiée.

C’est pour cette raison que la communauté de Carice, après discussions, a fait
choix de l’approche d’auto développement. Elle a pris le temps de définir le PDLK, de
voir jusqu’où elle peut arriver avec lui et comment elle peut atteindre ces objectifs dans
les différents programmes.

La communauté sait aussi qu’elle s’est donné un gros défi à relever ; mais elle a
décidé de travailler pour créer les conditions afin de relever ce défi. Pour cela, il faut que
tous les acteurs impliqués dans la réalisation du plan prennent leur responsabilité dans sa
planification, sa gestion et son exécution.

58
La communauté de Carice sait bien qu’elle ne possède pas encore toutes les
compétences nécessaires au développement local. Pour cela, elle a décidé de faire appel à
des professionnels, à des techniciens et à des consultants pour l’accompagner dans le
processus. La communauté sait aussi qu’elle n’a pas encore atteint un certain degré
d’organisation ; c’est pourquoi elle a mis ces structures organisationnelles en place pour
coordonner et gérer le PDLK. De plus, elle a choisi le domaine socio organisationnel
comme un des quatre domaines prioritaires pour les trois prochaines années. Enfin, la
communauté sait qu’il lui manque encore beaucoup des moyens qui sont nécessaires à la
réalisation du plan ; c’est pour cela qu’elle a décidé d’y investir ses propres moyens puis
de commencer la mise en œuvre avec ce qu’elle a pu trouver.

L’approche d’autopromotion commencera dès le démarrage du plan pour


augmenter un peu plus chaque année jusqu’à ce qu’elle devienne un pilier central dans les
quatre (4) programmes sectoriels.

6.3.3. Le troisième principe : "le fonctionnement en réseau"

Dans la communauté de Carice comme dans plusieurs endroits, les secteurs


d’activités comme la santé, l’agriculture, l’éducation et le socio organisationnel
fonctionnent de manière cloisonnée, sans articulation et non coordonnée. Chaque
institution ou chaque organisation gère chacun de son coté et à sa manière ses petits
projets propres. Avec un tel mode de fonctionnement, les ressources sont mal utilisées
fait que beaucoup de ressources sont mal utilisées ; aucun avancement collectif n’est
possible et les résultats obtenus par chaque organisation ou institution sont très faibles.

C’est pour éviter cette erreur qui n’est à l’avantage d’aucun secteur ou acteur de la
communauté que le PDLK encourage le mode de fonctionnement en réseau. Comme le
dit le proverbe créole : « Se kolòn ki bat. » Cette nouvelle méthode d’organisation à
l’intérieur d’un secteur d’activités permettra à chaque acteur impliqué de mieux savoir ce
que fait l’autre. Elle permettra des échanges d’idées entre les acteurs ; elle leur permettra
de mieux utiliser les ressources humaines, matérielles et financières dont ils disposent.

C’est en fonction de la logique de fonctionnement en réseau que la communauté a


décidé de constituer au niveau de chaque secteur une plateforme sectorielle qui regroupe
les représentants des diverses institutions ou organisations œuvrant dans chacun des
secteurs ciblés. Ces réseaux permettront d’avoir plus d’unité dans la communauté pour
que celle-ci puisse mieux traiter avec l’Etat central, les autres communautés, les
partenaires financiers et le secteur privé.

Dès le lancement du PDLK et avant que les activités commencent à démarrer


dans chaque secteur, les plateformes seront mises en place et ce sont elles, en
concertation avec tous les secteurs impliqués, qui détermineront ce qui devra être réalisé
dans les programmes sectoriels à chaque étape de leur mise en oeuvre.

6.3.4. Le quatrième principe : "la planification, le suivi et l’évaluation


participative"

59
Dans les projets ou programmes de développement qui ne se font pas sur la base
de l’auto développement participatif, ce sont les cadres techniques qui planifient, qui
évaluent, et souvent même qui réalisent les activités. A ce moment, la population et les
organisations jouent seulement un rôle de bénéficiaires des actions de développement qui
sont menées pour eux et à leur profit. Le problème d’une telle démarche de travail c’est
la dépendance et l’esprit d’assistance qu’elle crée chez la population et au sein de ses
organisations de base.

La communauté de Carice a bâti avec le PDLK une autre démarche de travail plus
dynamique dans laquelle la population est plus impliquée dans les différentes étapes de
réalisation. Les représentants des différentes catégories de la population sont impliqués
dans la planification stratégique et le seront également dans les planifications
opérationnelles de chaque année. Les différents acteurs de la communauté participeront à
l’évaluation de tous les programmes sectoriels et à l’évaluation du plan. Au niveau du
suivi des actions, différents niveaux sont prévus : le KAP fera le suivi de l’orientation du
plan ; le KDP fera le suivi de la planification opérationnelle du plan ; les plateformes
feront le suivi de la planification opérationnelle de chaque programme sectoriel ; enfin les
organisations et institutions de la communauté, qui sont elles-mêmes chargées de
l’exécution des activités du plan, participeront au suivi des ces activités.

La dynamique de cette démarche de travail augmentera le niveau de


responsabilité de chaque acteur; elle permettra de mieux réaliser le transfert de
compétences et elle maintiendra un bon niveau de partage d’informations sur
l’avancement du plan. Ainsi pourra s’établir pendant la réalisation du PDLK la pratique
de critique constructive en vue d’apporter des corrections quand cela s’avère nécessaire

6.3.5. Le cinquième principe : "une gestion décentralisée"

De la manière dont le PDLK est conçu et comme il va fonctionner, tous les acteurs
dans les différents secteurs conserveront leur autonomie. C’est l’avantage du
fonctionnement en réseau : toutes les organisations et institutions se mettent ensemble
sans pour autant perdre leur autonomie. Ce mode d’organisation et de fonctionnement ne
marche pas avec une gestion centralisée.

Pour que la gestion du PDLK soit plus efficace, elle doit être décentralisée. Le
KAP ou le KDP recevra le financement pour les institutions ou les organisations qui
elles-mêmes seront directement responsables de l’exécution. Le transfert de fonds prévus
aux institutions et organisations se fera lorsque toutes les conditions seront réalisées.

Cette approche de gestion permettra de rapprocher le plus possible la population


de la gestion du PDLK. Mais pour qu’elle fonctionne effectivement, certaines conditions
doivent être remplies. Il exige qu’un même système de comptabilité pour tout le plan soit
mis en place et que toutes les organisations ou institutions qui participent à l’exécution
respectent ce système. Il faut aussi qu’elles reçoivent la formation nécessaire pour mettre
en application les outils de gestion de ce système. De plus, il faut que les informations
sur les financements et les mécanismes de contrôle de ces financements soient
centralisées. Le KAP et le KDP doivent être imbus de tous les financements qui sont

60
mobilisés dans le cadre du plan et ils doivent obtenir un rapport financier régulier sur
toutes les actions qui sont réalisées.

Ainsi le KAP et le KDP pourront donner à la communauté un rapport sur


l’avancement du plan ainsi que sur le niveau de dépenses encourues. Pareillement, au
sein des organisations et des institutions les comités exécutifs feront à l’assemblée de
leurs membres un rapport régulier sur les financements reçus et sur les dépenses
encourues. De cette manière, la gestion du plan ne sera pas seulement décentralisée mais
elle se fera aussi dans la transparence.

Pour augmenter la capacité et l’efficacité de tous les acteurs en gestion et rendre


compte aux partenaires financiers, le KAP, de concert avec le KDP, organisera
régulièrement un audit, c’est-à-dire un contrôle externe sur la gestion des fonds du
PDLK.

61
VII. BUDGET DU PDLK POUR 2007-2010

7.1 BUDGET DU PROGRAMME D’AGRICULTURE ET D’ELEVAGE

OBJECTIF RESULTAT ANNEE I ANNEE II ANNEE III MONTANT POUR 3 ANNEES


OS 1 R 1.1 2.130.000 2.570.000 1.310.000 6.010.000.
Protection de La protection de sources, de
l’environnement ravines et de berges des rivières
est assurée
R 1.2 1.500.000 690.000.- 690.000 2.880.000.
Le jardin botanique et la
pépinière centrale sont mis en
place
Total OE1 3.630.000 3.260.000 2.000.000 8.890.000.
OS 2 R 2.1 620.000. 1.600.000 800.000. 3.020.000.
Amélioration des Développement d’un nouveau
systèmes de culture et modèle d’agriculture
d’élevage R 2.2 450.000. 1.150.000 900.000. 2.500.000.
Développement d’un nouveau
modèle d’élevage
R 2.3 272.000. 1.240.000 600.000. 2.112.000.
Renforcement de la capacité
technique des producteurs/
trices
Total OS 2 1.342.000 3.990.000 2.300.000 7.632.000.
OS 3 R 3.1 2.000.000 80.000 2.080.000.-
Amélioration du Recherche des possibilités
potentiel des terres d’irrigation
Total OS 3 2.000.000 80.000 2.080.000.
OS 4 R 4.1 1.175.000 805.000 1.980.000
Amélioration de l’accès Accès aux intrants agricoles
des producteurs/ R 4.2 394.000 204.000 2.000 600.000
productrices aux Accès au service de labourage
moyens de production R 4.3 Accès au crédit agricole 4.545.000 6.060.000 10.605.000

Total OS 4 3.940.000 5.924.000 6.867.000 13.185.000

62
OBJECTIF RESULTAT ANNEE I ANNEE II ANNEE III MONTANT POUR 3 ANNEES
OS 5 R 5.1 170.000 230.000 400.000
Trouver des débouchés Recherche de débouchés pour
pour les produits quelques produits agricoles
agricoles R 5.2 480.000 220.000 700.000
Expérience de
commercialisation de produits
en groupe
Total OS 5 170.000 710.000 220.000 1.100.000
Accompagnement 1.375.920 1.375.920 1.375.920 4.127.760
technique
Frais généraux 425.000 141.000 141.000 707.000

GRAND TOTAL SECTEUR AGRICULTURE 7.336.920 17.400.920 12.983.920 37.721.760

63
7.2 BUDGET DU PROGRAMME D’ÉDUCATION

OBJECTIF RESULTAT ANNEE I ANNEE II ANNEE III MONTANT POUR 3 ANNEES


OS 1 R 1.1 7.600.000 4.245.000 3.105.000 14.950.000
Amélioration de l’accès Accès à l’école fondamentale
des enfants à l’école pour plus d’enfants
R 1.2 440.000 440.000 372.000 1.252.000
Développer un modèle d’école
préscolaire
Total OS 1 8.040.000 4.685.000 3.477.000 16.202.000
OS 2 R 2.1 2.050.000 1.760.000 920.000 4.730.000
Amélioration de l’accès Rendre l’école professionnelle
des jeunes à l’école fonctionnelle
professionnelle R 2.2 560.000 560.000
L’école professionnelle répond
aux besoins de développement
de Carice
Total OS 2 2.610.000 1.760.000 920.000 5.290.000
OS 3 R 3.1 460.000 185.000 645.000
Amélioration de la Le niveau de compréhension
qualité de l’éducation des professeurs et des élèves
dans les écoles sur les plantes et la nature a
augmenté

R 3.2 320.000 20.000 340.000


Le niveau de compréhension
des professeurs et des élèves
sur leur communauté a
augmenté

R 3.3 175.000 320.000 20.000 515.000


Le niveau de compréhension
des professeurs et des élèves
sur l’hygiène a augmenté

Total OS 3 175.000 1.100.000 225.000 1.500.000


OS 4 R 4.1 600.000.- 500.000.- 1.100.000.--

64
OBJECTIF RESULTAT ANNEE I ANNEE II ANNEE III MONTANT POUR 3 ANNEES
Amélioration de la Le niveau de compréhension
capacité de la des gens sur leurs droits et
population à défendre intérêts a augmenté
ses droits et intérêts

R 4.2 400.000 400.000 800.000


Le niveau de compréhension
des gens sur le traitement
différent donné aux hommes et
aux femmes dans la
communauté a augmenté.
Total OS 4 1.000.000 900.000 1.900.000
OS 5 R 5.1 1.200.000 1.200.000 2.400.000.-
Renforcement du La capacité pédagogique des
système d’éducation à professeurs s’est améliorée
Carice R 5.2 1.191.920 1.141.920 1.141.920 3.475.760
La plateforme d’éducation de
Carice est mise sur pied
Total OS 5 1.191.920 2.341.920 2.341.920 5.875.760
Frais généraux 425.000 141.000 141.000 707.000.-

GRAND TOTAL SECTEUR ÉDUCATION 12.441.920 11.027.920 8.004.920 31.474.760

65
7.3 BUDGET DU PROGRAMME DE SANTÉ

OBJECTIF RESULTAT ANNEE I ANNEE II ANNEE III MONTANT POUR 3 ANNEES


OS 1 R 1.1 154.500 147.000 127.000 428.500
Mise en place d’un La plateforme de santé est
réseau de santé intégré constitué et le modèle de santé
efficace intégrée fait son chemin en son
sein
R 1.2 1.498.250 1.993.250 1.978.250 5.469.750
Les centres de santé et les
postes sont aménagés, équipés
et ils fonctionnent
Total OS 1 1.652.750 2.140.250 2.105.250 5.898.250
OS 2 R 2.1 1.857.000 1.811.500 1.811.500 5.480.000
Développement de la Les professionnels de santé
capacité du réseau à sont sur place et la formation
faire de la prévention des travailleurs de santé est
réalisée
R 2.2 0 675.000 675.000 1.350.000
La population est sensibilisée
aux mesures pratiques de
prévention
R 2.3 0 975.000 975.000 1.950.000
Les campagnes de prévention
ont permis d’agir sur les causes
des maladies
Total OS 2 1.857.000 3.461.500 3.461.500 8.780.000
OS 3 R 3.1 755.000 755.000 755.000 2.265.000
Développement de la Le programme de nutrition a
capacité du réseau de permis d’agir sur l’alimentation
santé dans le domaine de la population
de la nutrition et de R 3.2 700.000 700.000 700.000 2.100.000
l’hygiène Le plan d’hygiène a permis
d’agir sur les conditions
sanitaires
Total OS 3 1.455.000 1.455.000 1.455.000 4.365.000
OS 4 R 4.1 0 0 986.500 986.500

66
OBJECTIF RESULTAT ANNEE I ANNEE II ANNEE III MONTANT POUR 3 ANNEES
Promotion du modèle de Les deux types de médecine
santé intégrée pour commencent à entrer dans la
assurer l’autonomie de phase où elles se complètent
la communauté en l’une l’autre
matière de santé R 4.2 625.000 625.000 793.000 2.043.000
La population comprend mieux
le phénomène de maladie
Total OS 4 625.000 625.000 1.779.500 3.029.500
Frais généraux 0 0 0 0

GRAND TOTAL SECTEUR SANTÉ 5.589.750 7.681.750 8.801.250 22.072.750

67
7.4 BUDGET DU PROGRAMME SOCIO-ORGANISATIONNEL

OBJECTIF RESULTAT ANNEE I ANNEE II ANNEE III MONTANT POUR 3 ANNEES


OS 1 R 1.1 605.600 605.600
Développer la capacité Le plan stratégique est planifié
de la communauté à et validé
préparer et à exécuter le R 1.2 875.000 575.000 575.000 2.025.000
PDLK La structure de gestion et de
coordination du PDLK est
mise en place
Total OS 1 1.480.600 575.000 575.000 2.630.600
OS 2 R 2.1 440.000 190.000 190.000 820.000
Appui à la structuration Les organisations ont leur
des organisations propre ligne directrice et elles
sont structurées

Total OS 2 440.000 190.000 190.000 820.000


OS 3 R 3.1 175.000 175.000 175.000 525.000
Appui à la formalisation Les organisations et institutions
et à la légalisation des commencent à être légalisées
organisations et des
institutions
Total OS 3 175.000 175.000 175.000 525.000
OS 4 R 4.1 180.000 300.000 480.000
Appui aux organisations Les organisations et institutions
et institutions pour ont développé une stratégie
l’amélioration de afin d’agir sur le déséquilibre
l’équilibre dans les existant entre hommes et
relations hommes / femmes dans la communauté
femmes au sein de la de Carice.
communauté
R 4.2 380.000 430.000 810.000
La participation des femmes a
augmenté; elles exercent plus
d’influence au sein des
organisations et institutions
Total OS 4 180.000 680.000 430.000 1.290.000

68
OBJECTIF RESULTAT ANNEE I ANNEE II ANNEE III MONTANT POUR 3 ANNEES
O S5 R 5.1 450.000 450.000 450.000 1.350.000
Appui au renforcement Appui aux organisations et
de la capacité de gestion institutions dans l’amélioration
au sein des de leur système de gestion
organisations et R 5.2 1.687.920 1.687.920 1.687.920 5.063.760
institutions Appui aux organisations et
institutions dans la prise en
charge de leurs responsabilités
Total OS 5 2.137.920 2.137.920 2.137.920 6.413.760
Frais généraux 425.000 141.000 141.000 707.000
GRAND TOTAL PROGRAMME SOCIO ÒRGANISATIONNÈL 4.838.520 3.898.920 3.648.920 12.386.360

69
7.5 BUDGET DE FONCTIONNEMENT DU PDLK

RUBRIQUE ANNÉE I ANNÉE II ANNÉE III MONTANT POUR 3 ANNEES


Matériel 2.719.600 50.000 25.000 2.794.600
Local 572.000 140.000 140.000 852.000
Personnel de direction et de soutien – KDP 2.997.760 2.997.760 2.997.760 8.993.220
Frais généraux 1.775.000 1.445.000 1.445.000 4.665.000
GRAND TOTAL DU BUDGET DE FONCTIONNEMENT DU 8.064.360 4.632.760 4.607.760 17.304.880
PDLK

7.6 BUDGET GLOBAL DU PDLK

SECTEUR ANNÉE I ANNÉE II ANNÉE III MONTANT POUR 3 ANNEES


Agriculture et élevage 7.336.920 17.400.920 12.983.920 37.721.760
Éducation 12.441.920 11.027.920 8.004.920 31.474.760
Santé 5.589.750 7.681.750 8.801.250 22.072.750
Socio organisationnel 4.838.520 3.898.920 3.648.920 12.386.360
Fonctionnement du PDLK 8.064.360 4.632.760 4.607.760 17.304.880
GRAND TOTAL 38.271.470 44.642.270 38.046.770 120.960.510

Liste des présences par atelier de travail


Atelier Education

no Noms & Prénoms

70
01 Eugène Raymond
02 Séide Edouard
03 Eluis André
04 Pervil Gracius
05 Mathurin Wilgot
06 Napoléon Mme St-Oster
07 Lorstime Astrel
08 Cicéron MarieLouise
09 Jn-Louis Richard
10 Jn-Simon Lexonel
11 Similien Linès
12 Henrilus Sylfrard
13 Gérard Clermont

14 Jn Charles Paulimus
15 Mystidor Anthonise
16 Castin Lucienne
17 Denis Wilgot
18 Joseph Louicuis
19 Pierre Pascal
20 Mémé Nicole
21 Jn Simon Eliane
22 Sainsoit Mémé
23 Jn Simon Islane
24 Annol Phylidor
25 Desravines Mme Hérard
Atelier Santé

No Noms & Prénoms


1 Tilnionord Erilan
2 Denis Samson

71
3 Bertheau Moncevoir
4 Mésidor Louisena
5 Bélus Emanie
6 Prévilus Emile
7 Séide Mme Delius
8 Cicéron Anne-Rose
9 Pierre Genet
10 Auguste Mme Manius
11 Charité Elusma
12 Degrace Mme Nicolas
13 Elie Miléus
14 Louis Fenia
15 Charles Milius
16 Mystidor Mme Julien
17 Lucien Maxidouane
18 Jn-Pierre Veronique
19 Bossuet Delicieux
20 Lucien Culmane
21 Joseph Mme Arnaud
22 Destibert St-Elin
23 Caliste Mme Legrand
24 Jn-Jacques Louisena
25 Decimus Excepté
26 Geffrard Genat
27 Jn-Baptiste Elvé
28 Riché Frerrot
29 Monsevoit Dorisca
30 Castin Joseph
31 Gustave Mme Jn-Louis
32 Philidor Fransilor
33 Mondestin Sidouane

72
35 Degrace Nicolas

Atelier Agriculture/Elevage

No Noms & Prénoms


1 Idelle Dalton
2 Berne Norestin
3 Alexis Mme St-Crejuste
4 Gerome Consiana
5 Dorcelus Mme Colius
6 Vital Ary Maty
7 Bernadin Jean
8 St-Vil Florant
9 Joseph Macenord
10 Castin Micionne
11 Calixte Mme Legrand
12 Desamours Mme Calisthene
13 Jn-Charles Marie
14 Bélus Maniquès
15 Decimus Orel
16 Joseph Wilnick
17 Binjamin Maranise
18 Dalton Gulvil
19 Augustin Pierre
20 Pierre Letoit
22 Ciceron Gelin
23 Phat Cleanise
24 Charles Sylma
25 Decimus Orel
26 Philostin Odieu
27 Alexis Josue

73
28 Lebrave Talius
Atelier Socio Organisationnel

No Noms & Prénoms


1 Augustin Idiamène
2 Audate Pierre-Mary
3 Taylor Delince
4 Gerome Robert
5 Audate Pierre-Mary
6 Charles Luta
7 Gabriel Yolane
8 Abraham St Louis
9 Desravines Emelyne
10 St-Fleur Miluis
11 Alexis Cleonie
12 Caliste Linda
13 Tilionnord Arisclaude
14 Cetoute Virginie
15 Zalis Julus
16 Lorgiste Alphonse
17 Augustin Poliner
18 Phylidor Clenie
19 Louis-Jacques Guilsaint
20 Alexis St-Firmin
21 Jn-Baptiste St-Amé

74