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Laurent Berger

Auteur-Compositeur
& Interprète
Aller voir
Juste en bas de chez soi
Il suffit d’une fois
Pour que son regard change

Dossier
de présentation

www.laurentberger.com 

photo : François Fourel

Le faux-pas
Nos yeux sirotent le présent
Dans des verres de vif argent
Nous ne sommes que deux éclats
J’ose pas
Je laisse ta bouche gourmande
Confondre l’offre et la demande
Changer ton rire en opéra
J’ose pas
De toute ma chair je tremble
Je dis c’est le froid ça ressemble
A une armée de p’tits soldats
J’ose pas
Tout est permis
Papa veut que je sois poli
Que je dise toujours merci
Que j'attende mon tour pardi
A la poste, à l'épicerie
Papa veut que je sois poli
Que je ne parle qu'après lui
Et que je sourie à ceux-ci
Qui le font suer jour et nuit
Comme je l'aime, j'obéis
Fantaisie
Je m'appelle fantaisie
Je suis née d'une envie
D'un pêché d'un plaisir
De la loi du désir
De la chaleur des pores
Quand elle s'évapore
Et forme ses mirages
Aux chevaux de halage
Aux épaules meurtries
Du fardeau de la vie
Je m’appelle fantaisie

Sous un pont
Sous un pont
Je finirai ma vie
Sans statut ni crédit
Comme un épouvantail
Qui boit qui pue qui braille
Sous un pont de Paris
Car ce s’ra à Paris
J’ai bien trop d’ambition
Pour échouer à Lyon
Sous un pont
Sous un pont
J’poursuivrais mes chansons
La rime est ma raison
Et la Seine vaut la scène
Je n’aurais pas de peine
Là comme en résidence
A forger mes sentences
Et j’offrirai chacune
Au fleuve et à la lune
Sans rancune
Paludier
En attendant je m’éparpille
Je m’entraîne un peu chaque jour
A n’pas confondre tout ce qui brille
A observer le temps qui court
Et à goûter ta peau pardi
Qui fait de ma bouche un palais
Qui fait tout le sel de la vie
Hardi je serais paludier

Elle t’attend
Elle t’attend
Elle a déjà tout préparé
De ce repas à partager
Avec celui-ci celui-là
Dont elle saura combler les bras
Avec celui-là celui-ci
Dont elle voudrait combler la vie
Elle t’attend
C’est ainsi qu’elle a tout prévu
Mais il lui reste un inconnu
Et chaque jour à chaque instant
Les petits plats vont dans les grands
Des fois que celui qu’elle espère
Soit caché là juste derrière

co-production :

Tohu-Bohu / Frères de la Côte
contact :

Laurent Berger
O6 21 89 88 87
contact@laurentberger.com
www.laurentberger.com

Laurent Berger • O6 21 89 88 87 • contact@laurentberger.com • www.laurentberger.com

Auteur-Compositeur-Interprète

Laurent Berger

Présentation
Depuis son premier album en 1998, Laurent
Berger est reconnu pour suivre son chemin
d’écriture avec une grande liberté. D’une
inspiration personnelle, multiple et singulière,
naissent des chansons d’un aujourd’hui hors du
temps, à la poésie simple mais jamais
anecdotique, qui veulent restituer l’ensemble
des pièces du puzzle du sentiment humain.
Impressionniste ou récitative, profonde mais
sans emphase, sur des climats musicaux à
l’harmonie évidente, sa voix donne une
résonance très juste à nos émotions. Ses
différents projets de scène, récitals ou lectures,
ou d’enregistrements, ont toujours été guidés
par la même utopie d’une beauté intérieure
commune à tous.!
photo : Chantal Bou-Hanna

Biographie
Laurent Berger est né en Isère en 1971. Il commence, à l’âge de 8 ans, des cours de guitare à la
Maison des Jeunes de Rives sur Fures (38), petite ville à l’histoire papetière. Son professeur,
Michel Motino, lui donne le goût de l’instrument et de la chanson en faisant travailler en petit
groupe les musiques entendues à la radio. Dès le collège, la musique se partage entre copains
et il participe en tant que guitariste à plusieurs groupes de reprise puis de compositions. Les
influences d’alors sont pop et rock, même si les chansons de Renaud, Thiéfaine ou Cabrel y
trouvent également leurs places. C’est à la même époque qu’il s’essaye à l’écriture de chansons
et qu’il se met au piano en autodidacte. Un peu plus tard, en 1991, il profite d’un stagerencontre avec William Sheller, organisé par le Conservatoire Nationnal de Bourgoin-Jallieu
(38) pour faire évoluer son écriture de manière plus personnelle. C’est à partir de 1996, qu’il
(re-)découvre le répertoire de Brassens en accompagnant André Bourrillon et qu’il pose sa voix
sur les chansons de Jacques Brel. Son écriture se faisant mature, le besoin se fait sentir de faire
vivre enfin ses chansons sur scène. Il participe à une nouvelle cession de stage au
Conservatoire de Bourgoin-Jallieu pour des ateliers avec Romain Didier. Ses premières
prestations en cabarets ou pour des associations locales, ainsi que la rencontre avec différents
musiciens l’amène à produire son premier album en 1998. Celui-ci comportant douze
chansons, dont deux poèmes de Bernard Dimey qu’il a mis en musique, le révèle comme un
auteur-compositeur-interprète d’une grande sensibilité, aux mélodies élégantes et à la poésie
très personnelle. Il s’inscrit dés lors dans un réseau chanson qui le découvre en 2001, lors du
Festival « Chansons de Paroles » de Barjac (30). S’en suivront de nombreux spectacles à travers
la France mais aussi, en Suisse, en Belgique et jusqu’au Mexique  ! Il produira par la suite les
albums «  La belle saison  » (en 2002), «  Au pas pressé  » (en 2006) jusqu’au dernier à ce jour
« Aller voir» paru en 2013.

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Auteur-Compositeur-Interprète

Laurent Berger

!

Repères
07 juillet 1971

Naissance à Voiron dans l’Isère.

1978-79

Premiers cours de guitare avec Michel Motino à Rives.

1991-92

Stage rencontre au Conservatoire National de Bourgoin Jallieu (38)
animé par William Sheller

A partir de 1996

Accompagne André Bourrillon sur un répertoire de chansons de
Brassens, Brel, Moustaki...

1997
1997-98
Septembre 1998

 

Octobre 2000
Juillet 2001
Septembre 2002

Premières prestations publiques en solo sur des compositions
personnelles
Stage rencontre au Conservatoire National de Bourgoin Jallieu (38)
animé par Romain Didier.
 
Parution de l'album " Plume ".
Tournée des Alliances Françaises au Mexique.
Création du spectacle « Nuage ".
Scène découverte au Festival "Chansons de Paroles" de Barjac.
Parution de l'album "La belle saison ".

Janvier 2003

Création du spectacle "Laurent Berger en chanson "

2005

Création du spectacle "Laurent Berger sur la scène ".

Avril 06
Septembre 08
Saison 2009-2010
Novembre 2012
2 Mars 2013
5 Septembre 2013
Juillet 2014
16 Juillet 2015

Sortie de l'album " Au pas pressé "
Création du spectacle "A l'affût" au Train-Théâtre de Portes les
Valence (26)
Création du spectacle " Deux Vives Voix "
Parution du livre d'art " Au Pas Pressé " édité par Alain Paccoud
Prix du Jury et Prix du Public au Grenier Sel de Salzbourg
(Allemagne) - www.chansonpreis.de
5 Septembre 2013 : Parution de l’album «  Aller voir »
Participation au Festival Off d’Avignon avec le spectacle « 
Chansons de l’instant »
Obtention du prix Marc Robine lors du Festival « les Rencontres
Marc Robines » Blanzat (63)

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Auteur-Compositeur-Interprète

Laurent Berger

Par les autres
Un homme de parole
par Cécile pirat - Kayoc productions
Laurent Berger, c'est un grand gars élégant qui promène sur le monde un regard bleu et doux
(mais pas que)... Quand certains n'ont rien à dire et du mal à se taire, l'homme est plutôt du
genre le contraire : le mot économe, le geste mesuré ; mais quand il l'ouvre, ça tombe juste...
Un homme de parole, en somme.
Paroles qui dessinent, chanson après chanson, des tableaux qui nous poursuivent bien après
qu'on ait fermé les yeux ; petites merveilles de mots et de mélodies belles et fluides, tissées
entre plume d'ange et fil de soi.
Aucune chanson n'est posée là au hasard. Elle trimballe toujours sa trouvaille, sa chute insolite ;
elle nous balance d'une rive à l'autre avec délectation... Elle nous emmène dans des rêveries à
lui, dans des fantasmes à lui, dans des paradis qui peuvent être, des lieux d'enfance, des lieux
d'errance... où l'on se retrouve pourtant, intime et confident.
Concert après concert, dans les petits lieux, ou les soirs de festival, Laurent Berger séduit par
sa simplicité et sa vérité, sans rien faire d'autre qu'être là ; sans rien faire d'autre que déposer
ses chansons dans le creux de nos silences d'auditeurs attentifs.
A l'affût d'un peu de sens, d'un peu d'intense.!

De l’écriture
Chansons d’errances et de vagabondages
par Laurent Berger!
Je présente souvent mes chansons comme des chansons d'errances et de vagabondages. Deux
façons d'aller, sans but, sans idées préconçues et sans œillères. Il faut prendre le premier vers
qui passe, comme le premier train, la première route qui se présente et le laisser nous mener à
sa guise, par le bout de la rime.

Dans la jungle des mots, il n’y a pas de chemin tout tracé, pas de carte pré-établies.
Alors, on s’y enfonce avec sa seule intuition pour boussole, et, la plume en guise de
coupe-coupe, on se dégage là, une clairière, là, un chemin escarpé. Je ne suis pas de
ces massacreurs de terrain qui tirent tout droit, au bulldozer en suivant leur dictionnaire
de rime ! Non, ici je contourne un rocher, un roncier, j’épouse un arbre, une fleur...
Je chante et j’écris toujours dans l’espoir d’une rencontre. Une rencontre ténue, infime,
fragile et légère, mais une rencontre profonde. La rencontre de nos histoires uniques et
solitaires, la rencontre de là où se cachent nos essentiels. Les chansons ne servent qu’à
cela, ouvrir des fenêtres pour laisser entrevoir l’essentiel de nos vies, ouvrir une fenêtre
pour laisser respirer l’essentiel de nos âmes. Je n’écris que pour la caresse d’une âme.
Une âme inconnue, ni tout à fait la mienne, ni tout à fait une autre…
Laurent Berger • O6 21 89 88 87 • contact@laurentberger.com • www.laurentberger.com

Nouvel album 2O13

Aller voir

Présentation

12 chansons posées
dans l'écrin poétique d'un piano
“ Aller voir ”, c'est le nouvel album de Laurent
Berger, le quatrième... C'est un album d'échange, de
partage avec la pianiste Nathalie Fortin dont les
interprétations poétiques mettent à nu la voix du
chanteur, les mots de l’auteur. Douze chansons issues du
spectacle “A l’affût”, pour un duo d’écoute où les images
de l'un s'appuient sur les harmonies de l'autre ! Mais c'est
bien une, et une seule respiration qu’il nous ai donné
d'entendre, de ressentir, un unisson qui nous enveloppe
pour mieux nous mener au bout de cette inspiration
singulière qui fait le charme des chansons de Laurent
Berger. Qu'il parle d'hommes ou de femmes, d'individus
ou de sociétés, de solitude ou de rapprochement, cette
“parole-chantée” nous emmène à l'intérieur du sentiment
humain pour un voyage insoupçonné et infini.
production : Tohu Bohu
co-production : Les Frères de la Côte
disponible sur www.laurentberger.com
et sur toutes les plateformes de téléchargement légales

Presse

Laurent Berger - Aller voir

Entre peinture & cinéma

par Zef Cervantes
in Francofans

par Michel Kemper
in Nos enchanteurs - Juillet 2O13

Au voyage poétique de la
chanson réaliste Laurent Berger
caresse chaque lettre de sa plume
délicate. La pianiste classique Nathalie
Fortin épouse sa voix claire dans une
fusion élégante, le ton grave s'entrelace
aux mélodies douces pour délier un
piano voix qui nous aimante à l'amour
et au désespoir dans ce quatrième
disque de l'artiste isérois. Il honore
l'amour idéal dans Elle t'attend, il
sublime la femme, s'identifiant à elle
L'épouse d'un grand homme, La
gardienne d'un fleuve. Dans la danse
mêlée du pas de l'homme au pas de
dame, le poète trébuche à ses rêves, à
l'amour qui  s'en va  Le faux pas. Il
réveille la mémoire d'une chanson
d'auteur, littéraire et intemporelle aux
accents de Ferrat, de Leprest, Barbara
ou Sheller...Tous ceux là du passé dont
les mots furent si singuliers. Laurent
Berger célèbre un voyage perpétuel
qui commence déjà sur le trottoir d'en
face, traversons avec lui, allons voir.

«  Le sablier de Laurent Berger est large qui
laisse filer le temps et maintient, fébrile mais pas
plus pressée que ça, notre attente. Ça fait bien
longtemps que toutes ou partie de ces nouvelles
chansons ont été rodées sur scène. Vient un jour le
moment de les consigner sur disque, de s’enfermer
comme en conclave, en maternité, et d’accoucher
de l’opus, distingué comme d’habitude, raffiné.
Epuré, en un précieux piano voix, tête à tête
partagé avec Nathalie Fortin... C’est conversation,
huis clos, dix doigts une voix. Plus encore nous
écoutons l’intime. Non que le propos de chaque
chanson le soit forcément : c’est le traitement,
l’observation, la restitution qui nous donnent cette
impression. La délicatesse aussi. Laurent Berger est
un peintre des mots qui, touche après touche, va
préciser l’image, cerner le sujet, dessiner l’émotion,
ne laisser sur la toile que le strict nécessaire de
couleurs, huiles presque pastels... Ce disque est
comme successions de films, caméra légère,
pellicule sensible. Le metteur en scène est
talentueux, la bande-son est enjouée, respectueuse
des scénarios. Ce quatrième album est un grand
cru. Aller voir, venez l’écoutez. »

Laurent Berger • O6 21 89 88 87 • contact@laurentberger.com • www.laurentberger.com

Nouvel album 2O13

Aller voir

!
Coup de cœur
par Xavier Besse
in Médiathèque de Nexon - 18 juillet 2O14
Il y a quelques temps, j'avais déjà consacré ici un article à l'album "Au pas pressé" du très
prometteur Laurent Berger. Cette année, son nouvel opus "Aller voir" vient de sortir et ce me
semble un authentique devoir que de vous parler de ce disque qui, comme le précédent, est
un véritable évènement pour quiconque aime la chanson faite autant de sons que de sens...Et
d'ailleurs, pour ne rien vous cacher, j'ai même un petit faible pour cette dernière "galette"
enregistrée en 2013, qui me paraît globalement monter encore d'un cran dans la qualité,
l'homogénéité, et la finition de ce bel objet.
Tout d'abord, j'apprécie beaucoup ce choix du piano voix, lequel, magnifié par les
arrangements très précis, sobres, et rigoureux de cette merveilleuse pianiste et musicienne
(dans l'acception la plus large du terme) qu'est Nathalie Fortin, colle judicieusement à la
couleur et à l'esprit de ces nouvelles chansons, tout en donnant à l'ensemble une exemplaire
unité. Ensuite, j'en viens à l'essentiel, justement : les chansons ! Si le précédent opus contenait
quelques "titres phares" tels que " L'épouvantail ", " Au pas pressé " ou " Valparaiso ", qui sont
d'indéniables réussites qu'on n'est pas près d'oublier sitôt qu'on les a entendues, on ne peut pas
dire que toutes les chansons étaient de cette stature, certaines n'affirmant pas assez le style du
chanteur, car encore trop empreintes de certaines influences clairement identifiables. Dans ce
nouvel album, en revanche, on peut se livrer, selon l'humeur, à une " dégustation verticale ", ou
" horizontale " de l'ensemble des plages, blague à part ! Tous les titres s'enchaînent
harmonieusement, coulent, homogènes et réguliers, sans facilités ni maladresses, et, surtout, on
y sent à chaque seconde la " patte ", la marque de fabrique de l'artiste. Laurent Berger s'affirme
de plus en plus comme un styliste, un poète qui sait inventer et façonner sa propre langue à
travers la chanson. Plus que jamais, les mélodies qu'il compose sont admirables et font mouche
à chaque texte qu'elles " poétisent " à leur tour, amoureusement, de sorte que, sur douze
plages, on est charmé par douze musiques, comme autant d'écrins à ces poèmes de diamant.
Dans cet album, Laurent Berger a également " trouvé sa voix ", sans mauvais jeu de mots : cette
voix, si particulière, qui pouvait l'encombrer à ses débuts, il y a une quinzaine d'années, il a
réussi à l'apprivoiser jusqu'à s'en faire, même, une alliée redoutable pour défendre ses textes.
Ce timbre plutôt grave, rugueux, notre chanteur s'en sert à présent avec une belle ampleur, une
sensualité nouvelle. Il va comme un gant à ses chansons et participe de l'étrange émotion qui
nous enveloppe à l'écoute de cet album essentiel. L'exigence du chanteur, quant à son écriture,
a aussi atteint un nouveau palier, avec des images plus personnelles, des trouvailles étonnantes,
à chaque coin de phrase, un naturel, une verve, ainsi qu'une pureté d'expression, à la fois
littéraire et directe, jamais forcée ni fabriquée. Laurent Berger écrit autant avec son intelligence
que ses tripes, dans une quête perpétuelle qui le ronge de l'intérieur. Il ne "fait" pas du Aragon,
il ne simule pas, ne "mime" pas, de l'extérieur, des choses qu'il n'aurait pas ressenties ou
suffisamment portées en lui...Rien de superficiel, ici ! Notre chanteur ne cherche pas à épater le
bourgeois : armé d'une rare lucidité et d'une maturité étonnante, il trace son chemin, nous parle
de l'angoisse du temps qui passe, avec notre sursis fugitif entre deux néants et notre triste
finitude ( "comme une étoile" ).
Il nous parle du tragique, de l'absurde, et de l'entropie des couples qui se font et se défont, de
l'incommunicabilité des êtres, avec, toujours, toutefois, une salutaire lueur d'espoir et
d'ouverture, dans cette entêtante volonté de chercher la moindre parcelle de ciel bleu derrière
les nuages gris et poisseux de la lucidité : " Et je reste à l'affût d'amours de toutes sortes " ( "On
ne s'entend pas").
Il nous parle de l'éphémère, qui rime avec chimères ("la gardienne d'un fleuve"), du vertige et
du vide inentamés par l'angoissante quête d'un sens à notre vie (" le marcheur du désert "), ou
encore, justement, de cette quête en elle-même, dans la chanson éponyme où il célèbre l'esprit
de partage et d'ouverture au monde, à travers ce désir solaire et nomade - qui pourrait être le
credo de notre chanteur - d' " aller voir "...

Laurent Berger • O6 21 89 88 87 • contact@laurentberger.com • www.laurentberger.com

Nouvel album 2O13

Aller voir

Pour finir, je voudrais évoquer rapidement quatre titres parmi les chansons qui m'ont le plus
marqué ou étonné, dans cet album si riche de sens, si foisonnant de poésie : "le faux pas", tout
d'abord, qui dévoile ses velléités amoureuses et sensuelles, derrière son écriture virtuose, au
cordeau, où la versification se fait plus rigoureuse que jamais, avec une précision d'horloger,
dans un texte formellement à mi-chemin entre Leprest et Aragon. La musique, aussi lancinante
que fiévreuse, par son rythme obstiné de boléro, se fait envoûtante, à l'unisson du texte. Bref,
dans cette petite merveille de chanson, Laurent Berger est à son meilleur.
"Tout est permis" m'est un régal, et, accessoirement, un texte à part dans l'œuvre de notre
chanteur. En effet, par son style, son défi technique ( une rime en "i" à chaque vers ),  sa
distanciation pleine d'ironie et d'humour, sa fausse désinvolture et sa vraie lucidité, ce titre, dont
la musique aussi guillerette que sarcastique fait songer à certaines chansons d'Anne Sylvestre,
s'avère délicieusement décapant. Par son propos malicieusement libertaire et sa façon d'être
engagé "l'air de rien", sans une once de lourdeur, il m'est éminemment sympathique et me plaît
infiniment.
"Elle t'attend" est une bien belle chanson dont la superbe mélodie participe de ce tendre
portrait de femme, d'une délicate émotion, célébrant celle qui, patiemment, attend l'homme de
sa vie, tout comme Pénélope son Ulysse, à la différence qu'ici, l'héroïne n' a pas encore
rencontré l'âme sœur...
Pour conclure, "Deux hommes fument sur la rive" nous montre une autre tendance, souvent
présente chez Laurent Berger, qui consiste, par la beauté plastique et picturale de son écriture,
à se faire peintre du quotidien, à l'instar d'un Charles Baudelaire dans une grande partie de ses
poèmes. Par cette chanson étonnante, l'auteur nous donne à voir et à rêver une douce fable, à
la chute drôle et piquante, à travers un véritable tableau impressionniste.
Vous l'avez compris : Laurent Berger est un des chanteurs les plus importants de sa génération.
Or, n'en déplaise à certains, dans chaque génération, des artistes importants, d'un tel calibre, il
ne s'en trouve pas beaucoup ! S'il continue mêmement son chemin, d'ici quelques années, une
décennie tout au plus, je ne serais pas surpris de le voir reconnu comme l'un des plus grands
auteurs de la chanson d'aujourd'hui, l'équivalent d'un Leprest, par exemple.
Mais n'anticipons pas ! Pour l'heure, il est urgent de ne plus attendre ! Une seule chose vous
reste à faire : "aller voir"...

Laurent Berger • O6 21 89 88 87 • contact@laurentberger.com • www.laurentberger.com

Récital Duo

A l’affût

Présentation
Récital duo piano-voix
avec Laurent Berger, guitare & chant
et Nathalie Fortin, piano
"...Et je reste à l'affût
d'amours de toutes sortes ! "
D'un piano de bois et de cordes, faire de chaque
chanson une embarcation différente. De la voile
légère au radeau dénudé, du vaisseau
conquérant à la gondole défraichie, que celles-ci
ne soient mues que par les vents venus des mille
points cardinaux de nos inspirations. Que ce
répertoire soit fait de mouvements
contradictoires, d'équilibres précaires, de souffles
enivrants et de tangages inconfortables pour
faire de ce spectacle un fleuve à apprivoiser...
photo : Pascale Angelosanto

Presse
Blanzat 2015 : le sacre du funambule Laurent Berger
par Michel Kemper
in Nos enchanteurs - 16 Juillet 2O15
En 2001, à propos d’une prestation de Laurent Berger au festival Chanson de parole de
Barjac, Marc Robine écrivait sur Chorus : « Prenons date : funambule sur le fil incertain qui
va de Brel à Leprest en passant par Dimey, ce type ira loin. Ou alors les amateurs de
chanson n’ont plus que des curiosités frileuses… »
Ces propos prenaient hier soir, sur la scène de La Muscade de Blanzat, une résonance
particulière. Deux ans après Frédéric Bobin, ce fut au tour de Laurent Berger de recevoir ce
prix rare, précieux, qui n’est pas décerné automatiquement chaque année  : le prix MarcRobine. Un prix remis d’évidence à un artiste qui s’inscrit dans sa filiation, dans son presque
héritage. Laurent Berger recevait ce prix, quatorze ans après avoir été presque adoubé par
cette chronique restée célèbre.
Le prix lui fut remis par Alain Vannaire, créateur et directeur artistique de ce festival,
symbolisé par un livre. Prise au vertige de ses pages blanches, l’Histoire se chargera de le
remplir. Laurent Berger laissera le soin au public d’écrire un mot à chaque page. Autant de
pages, autant de points d’ancrage de vers à venir…
Ce fut l’occasion d’un mini récital de Laurent Berger, avec la participation au piano de
Nathalie Fortin. Et celle, sur un titre de Brassens, de Frédéric Bobin, précédent lauréat de ce
prix.
Déjà ami de Laurent, presque frère, il s’en retrouve parrain.

Laurent Berger • O6 21 89 88 87 • contact@laurentberger.com • www.laurentberger.com

Récital Duo

A l’affût

par Annie-Claire Hilga - 31 juillet 2O14
Il y a chez cet homme des miracles avec la voix, des miracles avec l'âme. Ce n'est pas que du
charme, c'est du grand art. L'artiste a une diction si attachante, il délivre son humilité poétique
avec générosité, il utilise des mots simples pour nous envoûter, car l'essentiel de nos vies
semble aussi le sien. Soulignons qu'avec la complicité, charisme et le talent de Nathalie Fortin
au piano, la dimension de Laurent Berger est exacerbée.

Barjac 2014
par François Bellart
in Bio-Chansons - Juillet 2O14
On passe à la superbe soirée de la cour du château. Et d’abord Laurent Berger, impérial,
accompagné avec le doigté, l’efficacité et la sobriété qui convenait, par Nathalie Fortin,  la
pianiste chouchoute du public de Barjac, qui a toujours droit à une ovation méritée.
Ce spectacle, image en réduction de celui que j’avais déjà vu cette année, est une épure, une
perfection d’équilibre et d’économie : 12 chansons et quatre textes en quarante cinq minutes
de première partie. (Quand on regarde le minutage sur le CD, on s’aperçoit qu’une seule
chanson dépasse les 3 minutes, et encore, de 20 secondes !)… Pour la durée des chansons,
c’est l’anti Rémo Gary ! Pour l’écriture en revanche, ils sont tous les deux au même niveau de
qualité. De sa belle voix grave et un peu nasale, et avec sa diction parfaite, Laurent nous fait
faire connaissance avec plein de personnages qui doivent avoir un petit bout en commun avec
lui ou avec nous : le timide frustré du « Faux pas », la discrète amoureuse d’un indécis « Elle
t’attend », l’artiste sans public « Sous un pont », « la gardienne du fleuve » qui porte les amours,
le fils cadré jusqu’à sa libération finale « Tout est permis », et bien d’autres dont le libraire du
«  Pas pressé » et évidemment « Valparaiso », ville ou femme ou métaphore de l’une pour
l’autre… Chaque fois, le spectateur est séduit par la fluidité du propos. Et lorsque les chansons
portent des sentiments ou des désirs « Aller Voir », « On ne s’entend pas », « Comme une
étoile», c’est avec la même dialectique de l’on s’approprie la démarche.
Laurent Berger ne séduit pas seulement par sa prestance, par la subtilité de ses mélodies
d’apparence simples, mais aussi par l’intimité qui se dégage de ses textes que l’on aimerait bien
avoir écrits tant on peut y trouver de nous-mêmes.

Barjac 2014 :
beau bilan artistique de Chansons de parole
par Michel Kemper
in Nos enchanteurs -3 août 2O14
Celui qui indiscutablement tire les bénéfices de sa prestation est Laurent Berger, qui vient à
l’évidence de gravir un échelon, dans une posture désormais de grand classique de la chanson.
La seule question est désormais de savoir quand il reviendra sur cette même scène en vedette.

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Récital Duo

A l’affût

Blanzat 2014 :
Laurent Berger, l’excellence
par Claude Fèvre
in Nos enchanteurs -17 juillet 2O14
On ne compte plus les chroniques que notre site consacre à Laurent Berger. La toute dernière,
il y a quelques heures seulement, rappelait encore son talent de peintre et l’impressionnisme
de son concert, en solo guitare. On pourra nous reprocher cette prédilection. Tant pis ! Quand
on aime… n’est-ce pas ?
Hier soir, accompagné par Nathalie Fortin dont on connaît la délicate et fine présence
instrumentale, Laurent Berger a offert sur cette scène de Blanzat un moment de grâce absolue.
Il n’était pas possible de le taire.
Le concert s’ouvre sur sa silhouette de profil, délicatement ourlée de lumière (c’est l’occasion
de rendre hommage à la dénommée Catherine au pupitre!), Nathalie penchée amoureusement
sur son clavier. Le chanteur - on doit écrire ici le comédien - installe aux premiers mots qui
roulent dans sa gorge une atmosphère qui vous happe et ne vous lâchera plus, qu’il chante ou
dise ses textes. Il suffit alors de se laisser porter pour aller voir, cœur battant et souvent larmes
qui perlent aux paupières.
Qu’il traduise la pudeur des premières approches, la séparation où l’on se sent comme une
étoile chassée du paradis, l’attente de celle qui ne dit rien de sa disette sentimentale, qu’il
évoque la librairie Au pas pressé, où cette main, parchemin où s’écrivent les méandres de la
vie, ou bien encore le carcan de l’éducation, «  Papa veut que je sois poli/ Comme je l’aime,
j’obéis… » on s’interroge sur la capacité de cet auteur à associer les images, filer les métaphores
- souvent aquatiques - à adopter des points de vue tellement originaux : « Je suis la gardienne
d’un fleuve qui dans mes bras s’est endormi. »
Et jusqu’à la dernière minute du concert, quand vient le moment des remerciements, celui de
rappeler le combat présent des intermittents dont il est, Laurent Berger fera à nouveau preuve
d’une grande créativité et d’une efficacité indéniable, en se reliant à la souffrance de tant de
précaires : « Moi intermittent du spectacle, mon adversaire à moi, c’est la précarité de tous. »
S’il en est un, dans la jeune chanson, qui a la Poétique Attitude chère à Marc Robine, c’est bien
Laurent Berger. Alors, ovation : debout l’artiste !

Laurent Berger • O6 21 89 88 87 • contact@laurentberger.com • www.laurentberger.com

Récital Duo

A l’affût

Fraternité à la fenêtre
par Fred Hidalgo
in Si ça vous chante - 24 juillet 2O14
Pour ce qui est de lancer des ponts, le Grenoblois
Laurent Berger est un orfèvre en la matière. Aussi
imposant à la scène par le physique que réservé à
la ville, ce grand gaillard tricote l’écriture et la
musique de ses chansons (accompagné par la
délicate et virtuose Nathalie Fortin au piano)
comme un artisan amoureux de son métier. En
provenance directe du pont (et du festival !)
d’Avignon, Laurent Berger allait d’emblée nous
entraîner sous d’autres ponts, ceux de Paris d’où
l’on finit par s’élancer, sans un rond mais pour de
bon, « dans son dernier voyage / de ce bateau
sans voiles / vers son ultime étoile » :!
photo : Pierre Bureau
« Car si j’ai de la veine
Si les vents me comprennent
Je veux que mon radeau
Ma galère, mon berceau
Tout chargé de mes doutes
Sache trouver sa route
Où l’amour vaut encore
Un peu plus cher que l’or…
Et qu’il s’immobilise
Enfin aux Marquises. »
Me revient alors en mémoire ce que Marc Robine, justement, écrivait à son sujet (dans le n° 37
de Chorus) en 2001 : « Écriture remarquable, accompagnement musical limpide et intelligent,
jeu de guitare assuré et voix d’une subtile sensualité métallique. Prenons date : funambule sur
le fil incertain qui va de Brel à Leprest en passant par Dimey, ce type ira loin. Ou alors les
amateurs de chanson n’ont plus que des curiosités frileuses… » Pas un mot à changer treize ans
plus tard ! Sauf bien sûr à s’inquiéter sur ce qui pousse le grand public et surtout les grands
médias (faute d’une véritable mission de service public) à ignorer systématiquement de tels
artistes.
Plein chant dans l’esprit et la forme (superbe voix, profonde et chaude), chanson de haute
tenue et cependant à hauteur d’homme (un alliage d’autant plus beau qu’il est rare). Famille
Brel, Leprest, Dimey, c’est sûr, Vasca, Bertin et Bruno Ruiz aussi, mais sans ostentation. Tout
juste une référence soudaine, un clin d’œil pour initiés. Ainsi, le Grand Jacques qui avait « mal
aux autres » et professait toujours la nécessité d’« aller voir », aurait-il été heureux de constater
que les graines d’avenir et d’altruisme qu’il avait semées ne l’ont pas été en vain : « Aller voir /
Juste en bas de chez soi / Il suffit d’une fois / Pour que son regard change / Aller voir / Sur le
trottoir d’en face / Là où la vie se passe / Et se fait plus étrange… »

Laurent Berger • O6 21 89 88 87 • contact@laurentberger.com • www.laurentberger.com

Récital solo

Chansons de l’instant

Présentation
Récital solo guitare -voix
avec Laurent Berger, guitare & chant
« Mais c’est le hasard qui nous mène,
vers celui qu’on ne cherchait pas »
Chansons de l’instant, chansons de rencontres,
Laurent Berger a l’art de fouiller derrière les
apparences et de nous faire redécouvrir nos
propres vies d’individus, de citoyens ou
d’amants. Avec juste le grain d’une voix et la
chaleur d’une guitare, les mots se font corps,
paysages, fleuves, vents, silences… Ils se font
ruptures, espérances, sens, contresens, espaces,
temps, contretemps, signes de vie, lignes de
fuite… Avec déjà quatre albums à son actif,
Laurent Berger est reconnu pour son inspiration
singulière et son écriture élégante, sensible et
imagée.
photo : Annie Claire

Presse
Un souffle de fraicheur
léger comme une plume…
par Catherine Cour
in Nos enchanteurs - 16 juillet 2O14
...Comme ce soir, par exemple, quand je me suis assise dans la belle salle de la Bourse du
Travail pour écouter le nouveau spectacle de Laurent Berger : " Chansons de l’instant ".
L’écriture de Laurent me fait penser à une œuvre pointilliste. Le peintre la construit
patiemment, touche après touche. Il a déjà tout son tableau en tête, avant même de poser pour
la première fois son pinceau sur la toile. Et chaque tache de couleur se combine et s’assemble à
sa voisine pour, au final, former un ensemble harmonieux que l’œil ne peut appréhender qu’en
s’éloignant du tableau. Chacune des chansons composées par Laurent constitue un point de ce
tableau. Il les dépose une à une, dans une harmonie qu’il conduit doucement mais d’une main
ferme depuis son premier disque. Elles s’assemblent et se répondent, si intimement liées que
chacune d’entre-elles, les premières comme les dernières, s’ajuste aux autres pour former un
spectacle en totale harmonie, sans qu’il soit possible d’en isoler aucune.
Chansons intemporelles dans l’écriture, dans les sources d’inspiration, dans les détails sur
lesquels l’auteur choisit de s’appuyer, dans les rencontres qu’il décide de nous révéler. Textes
dits ou chantés, harmonisés par la voix chaude de Laurent et sa guitare, ce nouveau récital
nous invite à prendre la main qui nous est tendue et à oser s’avancer vers l’autre, l’étranger ; le
regarder d’un œil neuf, chausser ses habits de vent et suivre le vol des oiseaux migrateurs, se
faire plume, aigle, vague ou grain de sel dans la lousse d’un paludier… Ce sont toutes ces
"  Chansons de l’instant ", chansons d’un instant ou d’une vie, que je vous invite à " Aller voir
" (ou plutôt à aller écouter ! Quand je vous parlais d’un tableau… On en ressort humainement
plus riche qu’on y est entré !

Laurent Berger • O6 21 89 88 87 • contact@laurentberger.com • www.laurentberger.com

Récital solo

Chansons de l’instant

Laurent Berger, au Théâtre de Ménilmontant
par Nicolas Brûlebois
in Froggy’s Delight – 14 avril 2O15
On a déjà évoqué «  Aller Voir  »  , dernier album de Laurent Berger  : collection de bijoux
intimistes sertis au piano, tout en sensibilité poétique et fine musicalité. Avec toutefois cette
réserve  : l’impression d’un disque un poil trop apprêté – comme si les chansons étaient
prisonnières d’une préciosité musicale redondante avec la subtilité déjà présente dans
l’écriture. Sur scène, seul avec une guitare*, cette impression s’estompe et les mêmes musiques
se déploient plus librement, avec d’autres nuances – notamment folk – que le piano-voix
n’autorisait pas. Toujours avec finesse, mais avec un peu plus de force, de muscle.
C’est flagrant dès l’ouverture : "On ne s’entend pas", mélodie en demie teinte sur disque,
propulsée ici par la guitare nerveuse et la voix plus franche. Ca continue avec les basses
vrombissantes (presque rock) de l’inédit "Fantaisie", ou le funk acoustique de "Tout est permis".
Alors que le disque miniaturisait l’écriture de son auteur, donnant une impression univoque de
fragilité, c’est ici le contraire : Laurent Berger mesure presque 2 mètres, le contraste entre son
grand corps et la délicatesse de ses chansons est beau à voir. Puissamment amplifiée, sa voix
révèle quelques nuances plus âpres – mais sait aussi redevenir douce, quand une mélodie
appelle la caresse. Et son instrument, tout en courbes féminines au premier abord, révèle un
tempérament fiévreux (et de riches harmoniques) sous un jeu plus percussif.
Le récital, bien proportionné, pioche dans ses quatre albums : six extraits du dernier (2013)
quatre du précédent (Au pas pressé, 2006), et pour les premiers (Plume et La Belle saison,
1998 et 2002), deux morceaux chacun. Contrairement à celles d'Aller voir, les chansons de
l’opus 2006 sont rendues ce soir-là assez fidèlement à leur incarnation d’origine, plutôt
guitariste – hormis "Le Silence", qui bénéficiait d’un arrangement solennel avec entrées
d’instruments en un lent et majestueux crescendo. Sur scène, l’enrobage est fatalement plus
resserré, mais la manière dont Berger joue du contraste entre couplets quasi nus (guitare
doublant sur une corde la mélodie de la voix) et passages plus habillés (grandes brassées
d’accords tendus) révèle une autre facette de ce beau titre au fort potentiel dramatique.
On a lu ici ou là que la poétique de Laurent Berger était intemporelle : ce n’est pas tout à fait
vrai. Même si l’écriture évite l’écueil à "ras-le-quotidien", la réalité s’immisce entre les lignes :
c’est la satirique "Epouse d’un grand homme", raillant les lèche-bottes des premières dames ;
"Epouvantail", qui aurait pu s’appeler "SDF" (mais le titre était déjà pris, et pas par n’importe
qui), évoquant avec pudeur une situation d’exclusion. C’est surtout un magnifique texte à
propos du drame de Charlie Hebdo, sujet glissant, potentiellement démago… mais pris avec
finesse, émotion et humour (ce n’est pas incompatible), le pari est gagné : "On t’aura promis
quelques vierges pour ton repos éternel. Nous te laissons fantasmer sur cet hypothétique
harem. Nous, de notre côté, lutinons ici et maintenant. Car s'il te faut de la haine pour te
trouver un dieu… Nous, qui ne cherchons que de l’amour, savons où le trouver".
../..

Laurent Berger • O6 21 89 88 87 • contact@laurentberger.com • www.laurentberger.com

Récital solo

Chansons de l’instant

A l’autre bout du spectre, après avoir chanté les sentiments avec pudeur et sensibilité
(notamment la merveilleuse "Lamantine", autre inédit de haute tenue qui laisse augurer d’un
prochain album encore meilleur), il se fait soudain coquin pour évoquer "Ton cul sur la
commode", meuble ancestral passé de générations de mères en générations de filles, où de
belles assises laissèrent parfois entrevoir l’origine d’un monde. A sujet glissant (c’est le cas de le
dire), traitement de faveur : Laurent Berger dit ce texte avec la même distinction qu’un poème
classique. Cette gourmandise de mots, qui ne met pas de frontière entre vues de l’esprit et
choses de la vie, lui permet de sublimer le trivial sans tomber dans la vaine gaudriole.
L’auteur, qui a atteint en seulement quatre albums (répartis il est vrai sur une assez longue
période : 15 ans) une belle maturité d’écriture, a aussi cette modestie d’adresser un clin d’œil à
d’illustres prédécesseurs  : il dévoile deux poèmes de Bernard Dimey nouvellement mis en
musique, l’amusant "Tout à fait dans l’cirage à 5h du matin" ("Elle avait juste l’âge à faire mon
bonheur") et l’émouvant "Les oiseaux migrateurs vont s’en aller demain" ("Vers un soleil tout
neuf à l’autre bout du monde"), deux façons d’appréhender l’amour et l’amitié – avec fantaisiesensualité ou gravité-fraternité, dualité proche de ses thématiques à lui aussi. Il reprend
également Michèle Bernard, dont les "Quatre-vingt beaux chevaux", associés à ses propres
"Epouvantail" et "La Main nue" ("Cette main sans vernis, aux ongles cassés, aux ongles rongés
[…] Cette main à mi-parcours entre l’ami et l’amour / Tiens, prends-la qui se tend vers toi"),
révèlent une conception de la chanson qui, sans tomber dans l’étiquette "engagée", conserve
de saines préoccupations humanistes derrière l’apparente stylisation.
Au final, c’est un récital d’une rare densité et d’une maîtrise quasi complète – mais joué avec
naturel, sans qu’on sente l’excès de préparation ni les ficelles. Outre le plaisir immédiat, il
donne envie de rattraper le retard et (re)découvrir les autres albums de Laurent Berger  :
chansons subtiles, pas tapageuses pour un sou, mais bombes à retardement qui révèlent leur
piquant sur le long terme. Déflagration en douceur, dont on espère ne jamais se remettre.

Laurent Berger • O6 21 89 88 87 • contact@laurentberger.com • www.laurentberger.com

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