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SOMMAIRE ARNOLD A PARIS Vedette des prochains films de Walter Hill et Paul Verhoeven. Arnold bouillonne de projets. 1 les a confiés en exclusivité & Ecran Fantastique lors d'un possage éclair & Paris, ‘por Cathy Karani et Alain Schlockoft 1 4 ARNOLD ENTRETIENS De Conan 8 Commando, en passant par Terminator, le parcours du combattont d'un acieur qui a su se hisser au rang du héros. por Randy st Mt, Loticier, cS Henderson et Tom Seiocea 52 RAMBO II John Rambo part en Afghanistan dilivrer le Colonel Trautman. D'une mission @ l'autre, Stallone est-i toujours aussi irréductible? por Jack Tewksburry 60 RAMBO Il Por Rondy ot JM. Lotficier 7 PRINCE DES TENEBRES John Carpenter réveille le Diable dons une église. Entretien vec lo vedette du film, Donald Pleasence. par Jean-Pierre Piton LES RUBRIQUES : Sur nos éerons (p.4), Cinglash (p.68), 9 1 Vidéo-show (p. 78), ne AVRIL Collaborateurs : rarest Ackerman, Elisabeth Campos, Richaré Combaliot, Claude Ecken, Lus Gasca, Bil George, Michel ies eck Greenberg, Horacio iguom, Brune Macearone, en Nagi, Patch Nasa, Rigara, lane, Xavr Peet. Jean Piro Pton sack Tewksbury. Daniel Try, George Tumor Chariots Correspondants : Laurent ouzereau (ew Yor, Randy ot Jean Marc Loficir Loe Angeles, Danry de Lact Beliaue, Uwe Luseka Allemagne), Giuseppe ‘Satz tale), Sarador Sains (Eepagno, nara Bote (G8) Remerciements = micnaie aviv A.A, AMLF, Pie Carbon. René Cnateau, Miele armon 0.0.8 Europroup, Fox, Metropolitan Film Export, New Line Cinema sain Rouleau, Darel Ther, Warr sies, UG.C. UP. Jean lore Vincent, estates et lea compagnies S60. Ge numiro ast dedie& Amold Shwarcenegger EDITION : iiepia. 62 rue dois Torta lacie, 7014 Para TA. 48275278. Ouecteur grant: Francis Cocagnac. Gestion Danie sue re: 38967. Ahonnemanta: Tarif?) an, 12 numaros: 2602 ane 24 numeree 490. Eurspes 200 F et 600F.Pablehs au ournal, Disitouton U.P. ‘st modifeations as joural Dieeton aisgue: Francis Cacagnae reas photos: sus, ciistophe L 1i88 by LMEDIA ot os encour. La action st pas responsable des textes, ustation t photos pubis a angogeet Tous cots réservs, Dapttlagal: 2" timeste 188. Compostion: Comp Imprim. Ptogravse: POP. Prntod nay. Tage asin pat ae la responabilé de aurs autour. (00 exmptaes. friros Ls de oped ana Sea Ls PIR Tal Te ailaile PUTT MTU} ere STEN) mp vdy iid A PARIS ! ne équipe de télévision promptement, et nous voici admis dans Ja suite oocupée par Amold eager au Royal Moncean oti dots joumner 48 h durant. Pantalon de toile clair et tee shirt marine sous lequel les. muscles roulent avee arrogance, il nous fait face, la main tendue acoompagnant ‘sa phrase de bienvenue. Immédiatement, son impressionnante stature et la rigueur qui émane de sa personne s'imposent, tandis Guil salipse pour aller Tevet un giet, qui, mas ‘quant sa musculature & notre regard, lui confére un surplus de sobriété. Son retour laisse planer une sensation de “flottement”, peut-étre révélatrice d'une appréhension (Amold "serait-il imide?) qu’il détourne en débarrassant les reliefs du gotiter qui a précédé notre arrvée. Visiblement détendu par cette bréve activité qui a permis de faire une place & nos magnétos sur la tablette du salon, Amold s'installe dans une attitude dont la décontraction n’altére en rien son élégance. Les premiéres questions d'une longue série, que le temps imparti (1h) et la volubi- lité-d’Amold, ne nous permettront pas d'épuiser, fusent déja. Nous écoutons avec une attention toute particuligre les réponses apportées. pee comédien de poids, dont les atouts physiques et artistiques en ont fait l'une des igures les plus populaires du cinéma fantastique et de SF. La conversation s‘anime, confortant un climat de détente qui permet a Schwarzenegger de réveler progressivement Tesquise dune personnalte pour le moins complexe. Erudit,c'un professionalsme inréprochable réhaussé par un savoureux sens de humour, Amold cultive une image médiatique, laquelle autant que ses muscles, semble relever d'un travail acharné, démontrant que le muscle et la cervelle ne sont nullement antagonistes. Un film comme Running Man qui Y'en refuse chaque semaine, et dans ce cas, que penez-vous de son mone ina “ates some, pout toutes sorieh de rlsons, —alpion >" Constiuesil pour vous ce qu'il est Certains parce quits nroftrent Oui, javais lu le roman, que Convene dappoerunpurdherase. CeMAiNs parce quils noffent Oui, Favais lw le roman, que iment ment encore, j'ai refusé un film qu'un peu pessimiste & mon gott. I est vrai que Vavenir qui est jntitulé The Executioner, qui se ‘Trop déprimant. Cestce que ja appréhendé dans le film n'est era au printemps, avec quelqu'un dit aux scénaristes. Je leur ai pas rejoussant» mais avez-vous Gaume! On y! voyatt des bens expligué qua mon avs, il ne fl ‘vu beaucoup de films présentant’ hendus A des crochets de boucher lait pas que le héros meure a la le futur sous un jour radiewx ? €Fea'ne me plaisat pas. Tout le fin, par exemple. Il allt prévoir Ce ne serait pas drole !Les gens Frobléme rése dan une interro- des moments dres et done cer- Sattendent & ce qu'on leur mon- Paton; histoire at-elle un sens taines modifications au déroule- ‘tre un avenir plus ou moins sinis- Tel oy ne repose-telle que surla ment des événements. Le résultat ire, et ils aiment ga. Ils aiment violence ? Si le seul intérét du est un compromis entre nos diffé- bien se faire peur avecee quest Yolen? Si e,seul imterft du est un comp Suppose, les attendee. Tout Je il vaut mieux y renoncer, cat 1€ Dans qulls conditions aver vous a SS oe lus important dans un film, c'est pressenti pour Running Man et qu’est- dont “ies ‘catastrophes, seront Psi taut quelle seit ate [enltolracetu ate a exploites. Stephen King pose: racive, excitantey qu'on it en ae base selon lequel, dans Fave- Se cas dant Running Man hir, le gouvernement controlera CS cas dans Rurmning Man : les médias t dsposera du pou- Shc" d'en saoit lls sur ete oir de vider Jes rues pour y soceié dans laquelle le gouverme- Placer des caméras quifilmeront ment est prét & tout pour que les des “Jeux, lesquels. serviront —individus resten chez eux, devant exutoire Ala population. Mats dives estent chez eux, devant je trouve plutot distrayant de chose dans Conan le Barbare ou oi sr Fderan ‘des spetateurs POE cas Cn Bubs se ruer devant leurs €crans Pour 4 des démonstrations de violence, x regarder une émission de jeux !| 4&8 démonsratons de wolence, Ottis du Contat ji tegu un Pensez-vous qu'il y a une limite ala au dela de cela. coup de fil: le contrat entre Miolence ou chee ? Refusees ous " Chstopher Reeve et le metteur tin fle parce qui Yous tenblerat propos de Stephen King, avezvous en sone initial Gait rompu, et i pwr tuletore dont ate ire Running Man, jy'a demande si jétais toujours Savas lu le roman lorsque jai appris qu'on allait en faire ine adaptation — cinématographique. Sur le coup, je me suis dit que ga ferait un film génial, mais comme Christopher Reeve était pressenti pour incarner le personage prin- cipal, je n'y ai plus pensé. Fen avais tout de méme parié & mon agent, et six mois plus tard, alors que j'étais en train de tourner les ene SF as intéressé, J'ai répondu par affir- ative évidemment. Tout cela se passait six mois avant le début du tournage. Comment ave-vous apprthendé te pone ore aoe De la fagon dont le seénario Grait eri, al suppose que était un ancien fhe, quien Savait long sur la fagon dont la Police et fe gouvernement état Erganisés, mais qui nvavait pas reas) parce quilne s'talt pas, jusque'la, trouvé en position de Yietime, it avait toujours eu foi en la démocratie. Or, en refu- sant d'obeir aux ordres, et en manifestant son opposition au gouvernement, ilest emprison- Be," Mais il n'a pas vainement Subi un entrainement d'olficer de police il parvient a sévader ef test suffismment armé pour fe ‘combat afin atfronter. la Situation et. de -partcper_ 8 emission “intituée "Running fugitif”. C'est done fe tout ‘ce ‘que ¢ Csi le seul intérét du scénario réside dans Ta violence, il vaut mieux renoncer, le plus important s un film, cest Vhistoire 3 9 Richards a appris dans le passé, tune combinaison de discipline et de volonté acquises qui lui permettent de se confronter a la dictature d'un gouvernement fasciste. Jai approché le person- nage en pensant qu'il était seul face & une multitude et qu'il était bon de tenter de détrure le mal, de provoguer ou au moins d'essayer de provoquer tun début de révolution ; de montrer aux gens qu'l y a tou- jours un moyen de lutter contre le systtme, de tenter de s'en sortir ; de'montrer 'exemple, fut-ce au prix de sa propre vie, se cescee tan ae er ae fee ae ea al eee (int aac ee, i ip inde See Suerte ee, Je ne crois pas que le person- age soit égoiste ; il nit par provoquer une révolution : rap- pelez-vous comment tout le onde se précipite dans le bati- ment, D'accord, on ne voit pas Ja suite, mais ca aurait fait un film de quatre heures ! On verra peutetre ce qui se passe par la Suite dans une séguelle, qui sait! En tout cas, il réussit.& débarrasser te "monde du méchant et il met en évidence la compromission du gouverne- ment en diffusant la nouvelle & Ia télévision. Il est vrai que la fin est ouverte, mais on com= prend que le public est informe ; iIsait désormais que tout ce qui vu et entendu jusque-la n'etait que mensonges ; que le gouver- Rement était impliqué dans la conspiration. Richards n'est pas en mesure d'assumer la situation et de prendre les choses en mains tout seul, mais c'est un début. A eux de jouer, mainte- nant. Au départ, le seénario pré- voyaitque Richards prononce un grand discours en public, un peu comme Charlot’ dans’ Le Dictatewr. Ca ne me déplaisat pas; Jfavais beaucoup. aimé eette scene et j'ai done travailé le discours, dans lequel je disais fen substance que les gens ne pouvaient pas rester la ase faire Imanipuler, mais les directeurs du studio ont finalement déeidé que les faits parlaient d'eux- memes ets ont renoncé cette Le scénarse Steven de Souza avait dd aie Commande don Sinai, tant au niveau des dato. ues gue du personnage. Atil rt Sonsclnarl énfoncion de vous dans Ia” peau de Bien Richards? Avex. Yous, @cerains egards ou de conn ence avec lui, aval certains a pecs: du personage ches logue rans pparait wt humour que les pectateurs fssocent désormais& votre image ? Vous saver, le scénario est eeu vre de plusieurs scénaristes, en fait. Plusieurs scénarios sont roposés mais un seul scénariste est crédité au générique, parfois deux. Cela dit, les scénaristes sont ‘malins ; ils se contentent de réécrire ce que leurs colle- gues ont fait juste ce qu'il faut Pour que tout ait l'air différent, mais en réalité c'est toujours le méme scénario. Et Steve de Souza est passé maitre dans cet exercice. Attention, cest moi qui Favais expressément demandé et sa contribution au film n'a pas &té mince, mais je crois que son role a surtout consisté a réécri une partie du dialogue afin dy rajouter des traits d’humour. Hormis cela, il a simplement Fevu tout ce que les autres —et ils étaient nombreux ~ avaient fait précedement ans vos denies fl, vows inca. Sf dna Terlrator of vous es | lin meurtier. On dirt que vous So net voir image, non ? Non, ne croyez pas ¢a. Je suis prét'a jouer les méchants, si le role est intéressant. La plupart du temps, dailleurs, les rméchants sont plus intéressants que les héros ! Leur personna- Iité est plus complexe, elle per- met d'exprimer davantage” de choses... Terminator était si bien crit que j'ai eu envie de fai ‘voluer le personnage, qui n'était pas siméchant, au depart. Disons {que si jincarne principalement des héros, il ne S'agit pas d'un choix conscient de ma part. Je Girais plutét que c'est plus vrai- semblable pour le public, qui préfere genéralement me’ voir dans les Toles héroiques. D'ai Jeurs, enfin de compte, les spec- tateurs ont pensé que dans Ter- minator, jincarnais le person-, nage principal, le héros. Us applaudissaient pendant tout le film, alors que je passais mon temps a tirer sur les policiers 1 Cela a beaucoup frappé les esprits, au studio! Is ne com. prenaient plus. Comment : le public pouvaitel applaudir le méchant ? Dés lors, ils se sont interrogés sur la maniére de pro- mouvoir Le film :fallait-il insis- ter sur le fait que jétais le méchant ou passer ce fait sous silence ? Cétait tres drole. Ce film m’a séduit par Vintérét de son écriture, et je me suis beau- ‘coup amusé’en le tournant. Le fait que je me fasse tuer par une femme, 2 la fin, nétait pas mau- vais pour mon image. Ca a beau- coup plu aux femmes | il n’était ppas inutile de montrer un futur dans leguel les femmes étaient fortes, Ilya cependant des cho- Ses que je ne ferais pas ; je n't terpréterais pas un role de dro- gue, par exemple. Les gens qui Ie ‘connaissent savent que ce rest pas mon genre et je ne serais pas crédible dans le role. ‘Te ne men sortirais pas bien. Ca fait partie des choses dont je he veux pas entendre parler. Mais pour le reste... Pew m'importe @ etre le heros ou le méchant du film du moment que le scénario est bon. Vous dever recevoir des quanttés de letes de vos adnivatices. Vous saves done gue vous étes, quelque part, un module pour ls jenes. Cela minfluence-il pas votré choix lors {que vous accepez un vole? Ga n'a jamais dicté mon choix. Liimage que j‘offre de moi dans la vie réelle est positive, et c'est plus important que les personna-