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La Pastorale dramatique en France à la fin du XVIe et au commencement du [
La Pastorale dramatique en France à la fin du XVIe et au commencement du [

La Pastorale dramatique en France à la fin du XVIe et au commencement du [

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

]

Marsan, Jules (1867-1939). La Pastorale dramatique en France à la fin du XVIe et au
Marsan, Jules (1867-1939). La Pastorale dramatique en France à la fin du XVIe et au

Marsan, Jules (1867-1939). La Pastorale dramatique en France à la fin du XVIe et au commencement du XVIIe siècle. Thèse pour le doctorat présentée à la Faculté des lettres de

l'Université de Paris, par Jules Marsan,

1905.

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PASTORALE

EN

LA

DRAMATIQUE

FRANCE

A LAFIN DUXVIeET AUCOMMENCEMENTDUXVIIeSIÈCLE

PASTORALE

LA

DRAMATIQUE

EN',- .s FRANGE

A LA FIN DU XVIe ET AU COMMENCEMENTDU XVIIe SIÈCLE

JULES

PAR

MARSAN

AXCIKNKLKVKDEL'ÉCOLENOHMALRHUPKIIIEUKK

MA1TRKDKCONFÉRENCESALAFACULTKORSLETTHKBDETOULOUSE

LIBRAIRIE

PARIS

HACHETTE

ET

Cic

79, BOULEVARD SAINT-GERMAIN, 79

f,

1905

A

LA

MÉMOIRE

DE

MON

PÈRE

Mon premier Maître.

J.

M.

INTRODUCTION

Il est aisé

la pastorale plus monotone

conséquence,

aux

avons

de prouver, sur

est,

par raison démonstrative,

le plus le

plus

que

et le

en

la

y

fait

les

lui

les

le théâtre,

artificiel

incapable,

des genres,

« Nous

devons

de s'imposer

au public. Godard

de Beauchamps, nous

scènes,

pastorale

nous

avons joint une comédie

bergers on ne les trouva

anciens, écrit

divisé

leur

une

action

qui

plus

le roman

églogue

par

théâtrale

et nous .,, en avons

AvantëM.

plaire ; on aima

Durfé,

et après

mieux

que

venir

n'a jamais

trop grossiers assez

réussi.

étoienl

dans

pour

galans ; de l'Astrée

chercher

les voir

le théâtre

», et il conclut

Philis

Jido

l'on

sur

ne peut ni les

production

ni

de

jouer

que

le Pastor, Racan.

table,

ni la

de Scire, est

un phénomène

Bergeries

du

plus

« Le Pastor

Schlegel,

une

inimi-

haut

ajoute

intérêt,

tique,

dre.

mais

il est

resté

sans

influence

sur

l'art

et

l'on

devait

» Et Alfieri,

en quelque à son tour :

manière

s'y

« Intermédiaire

drama-

atten-

entre

la tragédie

et le drame,

la pastorale

est un genre

indé-

VIII

INTRODUCTION.

fini qui, nécessairement,

scène1 ». Condamnation

devait

paraître

péremptoire.

insipide

sur

la

Par malheur,

lent

rien

genres

matique,

contre

auxquels

celui-ci

les arguments

les

faits.

Or,

les

c'est

solides

plus fait que

un

se ramène,

d'après

Vitruve,

n'est,

durant

un demi-siècle,

des

l'art

ne va-

trois

dra-

sur

la

scène française,

Le catalogue

ni

dressé

le moins

riche,

par Beauchamps

menti

de

cette

gines,

enfin,

à son

Discours.

Je voudrais

les

faveur

divers

du

genre

moments

de son

influence.

pastoral,

de

son

ni

le moins

vivant.

donne

chercher

indiquer

histoire,

un

dé-

les causes

ses

ori-

la nature,

On a signalé

déjà

quels

thèmes

et quels

épisodes

nos

poètes

Pastor,

Diane

ont empruntés

quelle

est,

dans

la formation

à l'Arcadia,

d'autre

d'H.

à YAminta

l'influence

part,

d'Urfé. Peut-être,

ou

de

au

la

cepen-

dant,

s'en est-on

tenu trop exclusivement

d'autres,

œuvres

rieure,

connues,

Elles permettent et c'est

d'avouer,

essentielles.

mais

dont

Il en est

ne

l'action

fut

que

pas

elleg tentent

davantage

parfois

l'on

des emprunts

un moyen,

comme

à ces quelques

de valeur

infé-

moindre.

Moins

les imitateurs.

n'est

dira

pas obligé

Vion

Dali-

de gagner

»2.

à peu

de

frais

« la bienveillance

Brisset

en

bray,

public

Pentimento

Traduit

Amoroso

par Rolland

inspire

1591,

1650 toute

jusqu'en

du

le

une

série

fluence

de pièces de

Luigi

et souvent,

Grotto

nous

que

l'on

le verrons,

c'est

doit

reporter

à l'in-

ce que

I. Beauchamps, Discours sur la comédie française (Recherches.,

t. I, p. 365). Schlegel, Cours de litter.

dramat.,

neuvième leçon). —

Alfieri, inédit, cité par G. Carducci, Storia delV Aminta,

p. 112.

2. Préface de la Pompe funèbre,

1634.

INTRODUCTION

nC

l'on attribue

d'ordinaire

à celle

de Guarini.

Ni VAlceo,

ni le Pompe funebri

tilla

de Cesare

ni

la Mir-

son

auteur,

fournit

une

Sciro,

Cremonino,

seul

que recommanderait

Isabella

ingénieuse

de Bracciolini,

le nom

de

la comédienne

variante

Andreini,

et qui

à la scène

ni

du Satyre,

la

ni l'Amoroso

di

surtout

Filli

Sdegno

avec toutes

œuvres

de même

les polémiques ou

si François

l'ont

ne

sont

des

Et

les

a

que

qui

suivie,

l'on

ait négligées.

négligeables,

encore,

de

que

de Belleforest,

le premier sur

qu'il

la pastorale

les églogues

marche

oublier

exactement

suivre,

adaptateur

traces

connu

espagnole,

faut

de Montemayor,

de près

il ne

pas de Garcilasso.

aussi

et

il importe

de

Surtout,

d'indiquer

l'ordre

ces

imitations

de

possible

les chefs-d'œuvre

avant

du

les efforts

de quoi,

et les

tâtonne-

certaines

erreurs

genre,

ments

des précurseurs.

Faute

peuvent

rieuses,

directe,

Racan,

se glisser

et l'on

même

dans

les études

risque

de considérer

comme

les

plus

sé-

imitation

presque n'est

ce qui

originale,

que reprise

chez

d'Urfé

ou

chez

de thèmes

connus

et de

développements

traditionnels.

Mais

il y a autre

chose.

L'Italie

et l'Espagne

n'ont

seulement

donné

est

à

la

France

pas

quelques

l'amour;

petit

quelques

lui

manies

et ceci

intellectuelles.

bien

dans

Elles

considérable.

plus

drame

et de

du

la tragi-comédie

le roman

Tasse,

successeurs,

rini

ses

dans

ont

sujets,

révélé

Dans

de Gua-

de Monte-

c'est toujours,

mayor,

des tempéraments,

.il apparaît

le grand

sous

le même

mobile

seule

raison

de la vie.

Fadeurs

la différence

des

culte

de l'amour :

genres

partout,

des

actions

humaines,

de la poésie

bucolique,

le

et

la

-

'X

1

INTRODUCTION.

théories

amoureuses

des néo-platoniciens,

exaltations

des romans

dis,

sent

toutes

chevaleresques,

s'empare

ferveur

de tout

et la

la pastorale

la galanterie

les

sortes

italienne

de pédantisme,

mystique

des Ama-

cela.

En elle,

s'unis-

gravité

mais

toutes

espagnole

:

les sortes

de poésie ; richesses

si bien

sa pauvreté

est faite

de

que

apparente

accumulées.

On comprend

elle

n'y des traducteurs

et du

que

la

France

pas

très

clair

Rolland

Bris-

romancier

des

ait été éblouie.

C'est

voit

pourquoi tout d'abord.

set

ou Gabriel

peut-être A la suite

Chappuys

prolixe

elle

Bergeries

hasard,

comme

lité,

préoccupe

tout,

cle

tout

Julliette,

qui

à

accepte,

Aucun

de

au

peu

près

ce

s'offre

à elle,

ou

au

bon

delà

des

Alpes

au delà

des Pyrénées.

souci d'origina- Elle

sens.

Le

désir,

ou de vraisemblance,

à

peine

de ne rien

se

de comprendre.

Et dans

avant

oublier.

le fatras

des œuvres

faites

et sans

complexes

accumulés

lement

et diffuses,

sans

ordre

de morceaux

lien, quelques et sincère.

s'éclaircit.

de poésie

Cette confusion,

fraîche

cependant,

disparates

traces

seu-

Des hommes

vont

venir

qui,

sans

cesser

d'être

des poètes,

seront

des dramaturges teurs

plus pénétrants

rom pus de l'âme

au

métier

ou

humaine.

des observa-

Aussitôt

après

les premiers

la pastorale, avoir

livres

de YAstrée,

prestige,

déjà

le progrès

retrouve

est sensible;

semblait

qui durant

de

son

une dizaine

plus

d'années

un

de

perdu

regain de la fin du

elle

a

L'in-

Quant

et ce n'est

siècle.

la pastorale traînante

de

ses

aussi

vigueur :

seizième

rejeté

fluence

De marche

une

partie

n'est

toujours,

surcharges.

tyrannique.

au

moins

de Guarini

plus

* INTRODUCTION.

XI

à celle

maintenant

de Montemayor,

le rôle

treux.

dégage

valeur

De

plus

en

et s'impose,

que générale

du théâtre.

Généralité

il suffît

réservé

jadis

plus

nette,

que

la peinture

et que

la clarté

d'Urfé

Nicolas

double

de l'amour

est

ait

de

pris

Mon-

que

à

cette

idée

n'a

se

de

loi

la première

et clarté,

la pastorale,

vraiment,

devient

française

On pourrait

l'unique

l'étude

du

genre

cœur

et elle

même

qui,

sur

humain,

humain,

devient

dramatique.

dire

qu'elle

la scène

est,

française,

un

moment,

se propose

le seul,

par conséquent,

qui,

malgré

puisse

tance,

tions.

ses conventions

et

par

la

vertu

à quelque de

i63o,

vérité.

la

prétendre

indépendante

De

valeur

1620

à

il semble

De

que

de

ses

là son

sujets,

impor-

de

la

ses

produc-

tragédie

à

monotone

et

la comédie

italiennes,

de

soient

la

l'antique,

Renaissance,

toutes

figée,

que

réduite

à ses

de course.

de

intrigues

l'une

deux

à bout

Seu le,

et

le verrons,

nous

de

la pastorale, leur révéler

prendre

reuse,

larges

Tel

cause

rêt,

participant

une matière

mains,

des

l'autre,

peut

pas,

nouvelle

qui

la tragi-comédie

la raison,

ne s'épuise

ouvrir

en

contre

aventu-

toutes

aussi

son

Dès

le parti les voies

est

de

et de

théâtre

règles

de notre

classique.

qui

le service

sa décadence

avait:

et c'est

faisait

la

qu'elle

a rendu ;

Ce

inté-

rivaux

lors,

et ses

rapide.

ce qu'elle

de

des genres en valeur.

ses artifices

plus profond,

le

mettre

raison

doctes

perdre

peuvent,

il ne lui

naïvetés;

régal

avoir

elle,

mieux

reste

elle

qu'elle,

ses conventions,

plus

de

», et les

que

n'a

d'être.

Elle

fut

le

la méprisent.

Après

elle

dans

se confond

l'opéra.

avec

Il était

dès

« doctes

résisté

à la tragi-comédie,

de

se

en attendant

XII

INTRODUCTION.

dans

sa destinée

mes

de notre

d'aider

théâtre,

à l'éclosion

et de s'effacer

de

toutes

ensuite.

les for-

Nous

lui

devons,

Je

au moins,

un

de reconnaissance.

que

la direction

parfois,

peu

ici

n'ai

de

On

pu indiquer

droit,

générale

ce mouvement,

se défie,

faits

ce qui,

est dangereux. qui semblent

à bon

de ces arrangements

cependant de i58o

à priori.

Il suffit

imprimées

de parcourir

à

par

i63o

des

la liste

des pastorales bien

naître,

stérilité,

pour

toutes

pour recon-

de

et

clarté,

d'imi-

cherché

de

distinctes,

coupées

périodes

pleine

ces quelques se détachent

de production en

leurs

tout

me

périodes

active,

d'elles-mêmes,

avec

qu'en

faits

et

que les œuvres

Puis-je

la

directrices

ajouter

des

cortèges

j'ai

tations.

seulement

cela

vérité

suis

efforcé

ne

rien

logique?

sacrifier

aux

exigences

d'une

construction

CHAPITRE

PREMIER.

QUELQUES ÉLÉMENTSCONSTITUTIFS DE LA PASTORALE ITALIENNE.

Les

La

poésie bucolique ancienne

t

origines de la

pastorale dramatique.

-

et les

églogues représentées. Leur

successives:

diffusion. Leur caractère.

U. - Les acquisitions

A)

Premières influences dramatiques. L'Orfeo et le Cefalo. Le rôle

mythologique

et

la pastorale.

ces emprunts sont autant

classique

et la matière italienne.

de l'amour. Le théâtre

genre pastoral.

C)

JJ) L'influence du roman. L'Arcadia de Sannazar. Variété de ses

d'acquisitions pour

emprunts, et comment

le

La matière

L'influence du milieu. L'idéalisme. Les « comedie rusticali ».

L'œuvre du seizième siècle.

La pastorale lienne; chercher

tance et le rôle de celle-là.

dramatique les origines

dérive

de la pastorale

française de celle-ci,

ita-

c'est marquer

l'impor-

La question

est

obscure et complexe.

Que la vogue

du genre

nouveau s'explique toutes

sance pour peine besoin

d'abord

les productions

par les enthousiasmes

du

de la Renais-

il est à

génie

antique, auteurs dramati-

avec eux,

de le dire'.

Poètes, les héritiers

romanciers,

ques apparaissent

d'une lignée glorieuse :

s'achève le développement

cependant, sont montés

ont chanté

de toute

la poésie bucolique.

où les bergers

d'acteurs

des auditoires

pour

le genre

Il y a,

une autre

raison.

Du jour

et, par la bouche

d'églogue ou de réci-

de choix,

ancien;

ses

sur la scène,

tants,

une seconde jeunesse

leurs peines

devant

a commencé

qualités

de jadis

posent

à lui,

ne suffisent

plus ;

auxquelles

il doit

des nécessités

nouvelles s'im-

se plier.

C'en est maintenant

i. Cf. Fr. Macri-Lcone, La bucolica latina nclla lelleratuva ilaliana dei

secolo

XV; Torino,

t

Loescher,

1889.

2

LA PASTORALE DRAMATIQUEFRANÇAISE.

une forme inédite, proprement

tent

cause,

rale,

à merveille.

Tour

italienne. et suivant

Ses défenseurs les besoins

le sen-

de leur

à tour

ils peuvent énumérer

les titres

de noblesse

de la pasto-

A leurs

de Théo-

ou, au contraire,

célébrer sa nouveauté

radieuse.

l'idylle

ils opposent l'églogue virgilienne,

détracteurs,

cri te,

Vitruve,

justifiés

sion,

voire

même

le drame

et l'autorité

satyrique

d'Aristote; ne les a-t-il pas

aussi,

à l'occa-

on cher-

ou au Pas- che in

origine

in

dont le prestige par avance t?

dans toute

s'impose,

tyrannique,

Mais ils savent rappeler

la poésie

ou le théâtre

», écrit

satira

ordine,

que,

antiques, à l'Aminta

cherait vainement une œuvre équivalente

tor.

pastorale quanto aile persone introdotte

e dall'

« La favola

Guarini,

« avvegna

riconosca

la sua primiera

niente

e dalla

degli antichi, si puô chiamar

l'antichità

était,

dans

di meno,

ecloga 1 alla forma e ail'

che non

quanto

essendo

poema moderno,

di cotai

si truovi

favola

appresso greco o latino2.

»

du genre

alcun esempio Un tel

véritable.

élargissement

Guarini

représenté

février

en effet,

une création

veut en rapporter

à Ferrare, et le 4 mars

l'honneur

au Sacrificio de Francesco

de' moderni

de

Beccari,

d'Este,

le palais

le ii

1554 : « Il primo

i. « Généra aulem sunt

terum comicum,

dissimili disparique ratione

et

et maenianorum habent communium aedificiorum

luncis, montibus

tis » (Vitruve, V, 7).

scenarum tria: unum

: quod tragicac

dicitur

al-

quod

tragicum,

tertium satyricum. Horum autcm ornatus sunt inter se

et fastigiis privatorum imitatione

spe-

deformantur columnis,

signis reliquisque regalibus rébus;

comicae autem aedificiorum

specieni, prospeetusque fenestris dispositos

rationibus; satyricac rebus in

— Cf. encore le même

vero ornantur arboribus,

topiorum speciem article de foi: «

deforma-

Le scène,

popolaresca, l'ul-

reliquisque agrestibus

Cette division est devenue

i554).

écrit G. B. Pigna, son di tre sorti: la prima reale, la seconda

tima

peu près dunensis de thecitro

villot, 1603. — Cette influence

au seizième siècle est incontestable (voy.

En France même, il faut noter

Vitruve cité à

seluaggia. » (I Romand,

de

passage

textuellement dans Inlii Caesaris

llllio-

Bulengeri

liulisque sccnicis libri duo, Tricassibus,

réciproque

le

Petr. Che-

de l'architecture et de la littérature

Muntz, Histoire de la Renaissance). traducteur de Y Arcadia de Sannazar,

(1545 et sq.),

(15/17),

le Songe de

l'Architecture

Pierre Marcel,

(ReVlle de la Re-

que Jean Martin, a traduit aussi l'Architecture de Serlio

Poliphile de Culonna (1546), l'Architecture de Vitruve

d'Alberti

Paris, Garnier; G. Lanson,

naissance, mars-avril 1904). a. B. Guarini, Il Verato secondo, Firenze, Giunti, 1593.-

(1553). Voy. Un vulgarisateur, Jean Martin, par

Notesur un passage de Vitruve

i

ÉLÉMENTS CONSTITUTIFS DE LÀ I'ASTOHALÉ ITALIENNE.

3

che felicemente

ardisse

di farlo fu Agostino

Beccari.;

il quale.

di potere o latina

con molta Iode occupare ancor

tocco, una forma

luogo da penna

molti pastorali e distin-

s'avvisô

questo

non

e regolando di drammatica

areca

ragionamenti

guendola suo nodo, necessarie

sotta

fa vola,

in atti

col suo principio,

mezzo e fine sufficiente,

decoro

: e per

e con

col

l'altre

col suo rivolgimento., ne fe' nascere

partL

col suo

una commedia,

se non in quanto la chiamô

que

le persone introdotte

sono pastori

questo a des raisons

fa vola pastorale' — de chanter

nous verrons n'est plus absolument

pastorale dramatique

» L'auteur

juste.

du Pastor

la gloire Si Beccari,

de Beccari.

Ceci, pourtant,

a donné

le premier,

une

véritablement

constituée,

et la chose est

loin d'être démontrée,

— s'il a,

trouvé

ce titre

de

naïves certes

et

à des personna-

peut-être,

nombreuses,

« Favola pastorale

médiocres, mais d'inspiration

ges identiques les mêmes sentiments,

public

marqué M. Alessandro du théâtre

», des œuvres

analogue,

prêtant

écrites,

semblables,

ses belles

lui,

enfin., pour le même

lui avaient

déjà

sur les Ori-

d'insistance,

et le Pastor

Fido,

de cour,

dès

et dans

la voie.

des circonstances

d'Ancona, italien, dans son

ont signalé le développement

la fin du quinzième

dans

et, après

études

avec plus

gines M. Vittorio

Rossi,

livre sur Guarini

rapide des églogues

siècle2. Les raisons

mêmes qui s'opposent

i. Guarini, Il Verato secondo. — La

plupart

des histoires de la littérature

italienne se contentent de répéter les paroles

de Guarini (cf. Tiraboschi, Gin-

guené,-

etc.).

2. Alessandro d'Ancona,

Origini

del Tealro Ilaliano, libri tre con due ap-

accresciula; Torino,

E.

prédécesseurs

inedita di

se refuse à admettre

pendici. Seconda edizione rivista ed

M. Giosuè

Tasse

G. B.

cette parenté. toutes dans

Après avoir cité le même

Loescher, 1891

(2 vol. in-4°). Vittorio Rossi, Baltisla Guarini ed il Pastor Fido, studio

biografico-critico con documenté inediti; Torino, E. Loescher, 1886, in-8o.

du

Carducci, dans un essai très fouillé sur les

in-80),

(Su l'Aminta di T. Tasso saggi tre con una pastorale

Giraldi Cinthio; Firenze, Sansoni, 1896,

quelques-unes de ces églogues, il les enveloppe

cose

queste, goffe

o leggiadre :

mépris: « Tre 0 quattro

con le

pastorali

pour expliquer

ma che hanno a fare

L'imitation siècle lui antique et les progrès généraux

del Tasso e del Guarino? »

la

(p. 26). du théâtre italien au seizième

soudaine apparition du genre ---'

premières

manifestations.

paraissent suffisants

pastoral, à peu près entièrement constitué dès ses La

question, assez controversée (voy. encore un article de M. Rossi dans le

4

LA PASTORALE! DRAMATIQUEFRANÇAISE.

aux progrès

fusion.

ne s'acclimatent

des cortèges, des Représentations sionner sincèrement

pour littéraire fait tout le prix'.

du théâtre véritable

en effet,

aident, au contraire, ni la comédie

à leur dif- dites

fêtes,

Ni la tragédie,

proprement

des

aisément.

Habituée aux splendeurs

sacrées,

l'Italie

de spectacle

ne peut se pas-

dont

la valeur

un genre

L'églogue

dialoguée a cet avantage

trop longtemps

d'abord

à l'attention.

ne pas s'imposer

d'être

courte

Sa pauvreté

et de

dra-

Giorn. Stor., XXXI, p. 108), n'est

grecque.

de mots. Que

littéraire, cela semble

peut-être qu'une question

ces

ecloghe rappresentalioe incontestable et il est incontestable aussi

avec

des rythmes beauté

l'ancienne

gédie

n'aient eu aucune valeur

que

nous trouverons dans l'A minta,

différents, un sentiment

plus profond et plus délicat de la

que,

dans

et le sens du

Il n'en est pas moins vrai

ces œuvres médiocres,

de monter sur le théâtre. Quant à la tra-

églogue apparaît capable

comédie,

goùt

et à la

si leurs progrès contribuent à donner au

du mouvement

du -

public dialogue, la

préci-

seizième siècle le

pastorale,

sément est sa seule raison d'être. — M. Carducci pourrait

sa thèse, l'autorité de Guarini

une phrase

tavano simili favole nelle feste e ne' banchetti sotto nome di

dar sollazzo forse con un tal trattenimento ne' conviti, mentre si

vano le tavolc. Ma

che sono le commedie e

d'interlocutori. » ( p. g).

dramatique

en fait, n'a rien de commun ni avec l'une, ni avec l'autre: là

de

l'Apologia

(voy. plus haut,

citer, à l'appui de

p. 3), mais voici, par contre,

giorno rappresen-

Egloghc, per

moltitudine

de Giason de Nores : « Fin l'altro

apparecchia-

ora improvvisamente le hanno ridotte a maggior grandezza

tragédie, con cinque atti, con una gran

I.

Jacob Burckhardt,

de

La civilisation en Italie au tempsde la Renais-

Discorso della Poesia

palco,

e'n

rappresentativa,

potrà

Fer-

dire

poco

disperato il fine sappiano essere,

quando suntuosissimi Intermedj ed Ap-

Tragédie, importantissimi è

irrapresentabili sono le stimano di tristo

reso

conscguenza ridicole ch'elle

Le

lasciando

augurio,

Ricercano

Voy.

sance, trad. Schmitt, Paris, Pion, 1885, 2 vol. in-So (part. IV, chap. iv).

Cf. ce

rara, 1568 : « Chiara cosa è che, se le Pastorali non fossero, si

meno che perduto a fatto l'uso del

passage

l'Ingegneri,

dei poeti scenici.

non vengono piu apprezzate,

parati

da canto che cosi

Le Commedie imparate, per se non

spesa

le

d'eccessiva

rendono ragguardevoli.

poche se ne leggono,

che non abbiano anche

inescusabili mancamenti, onde talora

reale,

di

la

divengano

cio,

spettacoli maninconici. Alcuni oltra di

e quinci poco

borsa

volentieri spendono in esse i danari e '1

quale

con sano

tempo.

giudicio i Principi d'oggidi

adunque

la

per che non in-

acconciamente certi ridicoli

riserbano

conservazione degli Stati loro. Restano

capaci

comici, che ammettendo le

Commedie non lice, dànno

istesse; e che insomna, come mezzane fra l'una e l'altra sorte di

tano a meraviglia » A

le Pastorali.

qualche gravita quasi tragica. patiscono

in

palco

e le

Vergini

luogo a nobili affetti, non disdicevoli aIle Tragedie

Donne oneste,

quello che aIle

poema

dilet-

altrui, sieno con i Cori, sieno senza, abbiano o non abbiano

cette date, il est vrai, d'autres causes,

Intermedj.

ses, concourent à entraver le développement de l'art dramatique.

politiques et religieu-

ÉLÉMENTS CONSTITUTIFSDE LA PASTORALEITALIENNE.

5

matique est un mérite de plus. Ici, point d'effort,

téraire, inutile. Avec ses intrigues puériles, ses personnages

poétique ou lit-

con-

nus, la banalité

peine;

resse

le plus; flatterie surtout

de ses lieux communs,

on la suit sans aucune