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COLLÈGE INTERNATIONAL MARIE DE FRANCE

Volume 2, numéro 6
JOURNAL ÉTUDIANT
MAI-JUIN 2009

Dans ce numéro :
UN NUMÉRO SPÉCIAL SUR LA
La vie au CIMF 2 –6 CULTURE À MARIE DE FRANCE:
Des entrevues avec certains des piliers
de la vie culturelle et artistique du
Du 1er au 7ème art 7
Collège.

Cette Terre qui ne tourne pas 8


rond...

Sciences et technologies 9-10

Quelques moments de détente 8

Le virus de l’A-
H1N1 expliqué en
Les numéros précédents sont dispo-
nibles en ligne sur le site internet du détail depuis son
Collège International Marie de France
dans la rubrique “Services aux élèves” apparition
et sur le portail ENT
jusqu’à sa
propagation.
Notre équipe:
Éditrice: Isabelle Sokolnicka
Mise en page: Ann Bartulovic
Chroniqueurs: Foucauld Degeorges Julia Cytrynbaum Tania Mohsen Mara De Simone
Régine Jacques Paula Dayan

POUR VOUS JOINDRE À L’ÉQUIPE DES RÉDACTEURS DE LA CAPSULE, VEUILLEZ COMMUNIQUER AVEC
Mme MOUCHETAN OU AVEC: lacapsule00@gmail.com

Très chers lecteurs,


Nous voilà à la fin d‟une seconde année de parution du journal étudiant La Capsule. L‟équipe a beaucoup changé
au cours de ces deux années, mais je pense que chaque personne qui y a participé d‟une manière ou d‟une autre
se sent à présent fière du chemin parcouru et de la réussite d‟un si beau projet. Malheureusement, les rédacteurs
quittent tous le Collège et donc la rédaction du journal; espérons tout de même que La Capsule ne disparaîtra pas
et que d‟autres élèves volontaires prendront la relève pour assurer une continuation dans la publication du journal
étudiant.
Pour ce dernier numéro de l‟année 2008-2009, nous souhaitions rendre hommage à cette vie culturelle et artistique
du CIMF dont le journal fait partie. Nous vous proposons donc une série d‟entrevues avec certaines des personnes
qui posent, chacune différemment, leur empreinte dans les projets et les évènements qui enrichissent chaque an-
née la vie de Marie de France.
De la part de toute l‟équipe, je remercie nos fidèles lecteurs et vous souhaite à tous un très bel été!

Isabelle Sokolnicka, rédactrice en chef

La Vie au CIMF:
La vie culturelle et artistique de Marie de France : de
beaux projets et des gens dévoués
J‟ai eu la chance de parler à Mesdames Peytier, Mouchetan et Corvellec, qui ont bien voulu m‟accorder une entre-
vue, et d‟ainsi illustrer leur apport dans les projets réalisés au CIMF.
Je n‟ai malheureusement pas pu interviewer Julien Blais, mais je souhaite ici souligner sa contribution immense
dans les spectacles, la radio étudiante, la télé étudiante… Il est toujours présent pour les élèves, prêt à aider. Il est
ouvert, talentueux, drôle et surtout très impliqué. Merci beaucoup Julien!

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En quoi consiste votre rôle dans l'aspect culturel et
artistique du collège?

Le rôle du proviseur , dans toutes les composantes de la


vie de l'établissement, aussi bien sur les plans pédagogi-
ques et administratifs que dans tout ce qui touche le péris-
colaire, est d'insuffler, d'encourager, de faciliter, d'aiguil-
ler, dans le respect des textes réglementaires et des lois.

Je suis profondément convaincue, comme mes prédéces-


seurs qui ont donné corps à la vie culturelle à Marie de
France, que c'est une activité essentielle qui permet à la
fois le développement individuel et l'enracinement à des
valeurs universelles. Ce n'est pas qu'une vitrine ou une
façon de se mettre en valeur, c'est aussi un mode d'ex-
pression, un apprentissage de la rigueur et des exigen-
ces, un défi intellectuel et physique ( on oublie trop sou-
vent quand on se laisse bercer par le rythme d'une pièce,
le nombre de soirées que nos acteurs ont passé à choisir
un texte , à le comprendre pour mieux l'apprendre et l'in-
terpréter, on ne se doute souvent pas de l'épuisement du
comédien à la fin de sa prestation, tous les soirs...), une
aventure personnelle et de groupe.
Vous avez travaillé dans d'autres établisse-
Je souhaiterais que l'on remercie en particulier le précé- ments ; comment vous semble la vie culturelle
dent proviseur , M. Joël LUST, qui a réussi à doter Marie et artistique à Marie de France par rapport aux
de France d'une salle de spectacles ( l'auditorium) digne autres lycées français?
des programmes et des événements qui y sont présentés.
Il a su également comprendre le formidable élan que re-
Foisonnante, luxuriante, spontanée, diverse, magi-
présente cette voie pour le collège et il a osé, défiant de
que, communicative, belle, pleine, renouvelée,
nombreux détracteurs , créer un poste de directrice des
enthousiaste, VRAIE.
communications et de la vie culturelle, qui n'a aucun équi-
valent dans le système français. Mme MOUCHETAN a
quant elle, avec talent et opiniâtreté, fait reconnaître cette Comment trouvez-vous que la vie culturelle et
fonction, et lui a donné tout son sens. Je me permets d'af- artistique du collège a évolué depuis que vous
firmer que c'est elle, avec son esprit d'équipe, qui a don- êtes ici?
né ses lettres de noblesse à la vie culturelle qui n'est plus
désormais une activité secondaire. Elle est reconnue et vivante, c'est une victoire. Je
crois simplement avoir donné un plus à la commu-
Quand on voit la densité de la saison culturelle, la riches- nication, qui est aussi un aspect important de la
se du répertoire, l'investissement des uns et des autres, culture mariedefrancienne: transparence, temps
on ne peut qu'être admiratif et remercier également tous réel, et un soupçon d'impertinence - ou d'originali-
ces enseignants ou ces autres bénévoles ( des parents, té? - pourraient à mon avis caractériser cette évo-
des étudiants) qui ne comptent ni leur temps ni leur talent lution.
pour donner ambition et forme aux envies de scène. Mme
Corvellec en est l'illustration permanente qui , depuis des Avez-vous des projets particuliers concernant
années , encourage, entraîne, éclaire, dans tous les sens cet aspect du collège pour l'année prochaine,
du terme, ce monde qui est un peu sa vie. l’année du 70ème anniversaire du CIMF ?

Enfin, il ne faut pas oublier que la culture, ce n'est pas La jeune dame a 70 ans et inspire de nombreux
seulement le spectacle, mais aussi ce qui se fait en classe, admirateurs qui sont , depuis des mois, dans l'om-
ce qui s'échange dans les conversations, c'est cette curio- bre, en train d'échanger , de partager des idées
sité et ce sens critique que développe notre système pour générer une année d'anniversaire, en forme
d'éducation à la française, pétri d'humanisme et d'humani- d'hommage à tout ce qui se fait dans notre école.
tés, de cartésianisme et de d'esprit contestataire; véhicu- Le passé, grâce au présent, se tournera vers le
lés sans doute dans les établissements français à l'étran- futur pour conjuguer tous les talents de notre éco-
ger encore plus que dans l'hexagone, ces valeurs s'élabo- le. C'est un défi: nous le relevons.
rent au quotidien dans chacun de nos enseignements.

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le service informatique et du directeur du primaire.
Le graphisme et l'ergonomie du site ont été revus
afin de le rendre plus attrayant, plus "accrocheur";
l'inauguration du nouveau site devrait se faire début
octobre. Je m'occupe aussi de l'organisation de la
journée Portes ouvertes, du graphisme des publici-
tés du CIMF dans les journaux (Voir, Devoir…).

Je valide les projets de la saison culturelle, et com-


munique le programme culturel. Ce programme
culturel est diffusé depuis un an par le consulat de
France à Montréal, ce qui donne une visibilité sup-
plémentaire à notre collège.

En concertation avec Madame le Proviseur, je gère


Depuis quand occupez-vous le poste de Directrice de les communications de crise (cas de la grippe, tem-
la communication et de la vie culturelle? Depuis 4 ans pêtes de neige, alerte au gaz…) et du bulletin-info
et je suis au Collège depuis 9 ans; j'ai travaillé comme CPE que je commence à rédiger le jeudi pour le diffuser
avant. lundi. Je supervise aussi le service de technicien en
animation (Julien Blais) dans le cadre du développe-
ment de la télé invisible et de la radio étudiante..
Avez-vous travaillé dans d’autres lycées avant de venir L'an prochain, je m'occuperai de la supervision de la
ici? Comment com-parez-vous la vie culturelle ici par célébration du 70ème anniversaire du Collège
rapport aux autres lycées français? Oui, j'ai travaillé en (grandes soirées du 30 avril et du 1er mai)
France dans un collège et un lycée où la vie culturelle était
pratiquement inexistante, alors qu'à Marie de France, elle
foisonne ! Je me rappelle lorsque j'étais moi-même au ly- Pourquoi ce poste a-t-il été créé et vous a-t-il été
cée, les élèves allaient en cours et le culturel se passait proposé ? Quand j‟étais CPE, le proviseur de l'épo-
surtout à l'extérieur. Je pense que cet aspect culturel et que souhaitait mettre l'accent sur la communication.
artistique dans les écoles est typiquement nord-américain; À l'époque, je m'impliquais beaucoup dans les évè-
ici la vie scolaire est présente tout autant que la vie sporti- nements comme le bal des secondes. Je me suis
ve et culturelle. aussi occupée de la mise ne place du foyer des 3è-
me, 4ème, et du CVL. On m'a proposé ce poste, car
j'aime communiquer, j'aime le contact, et je souhaite
Comment trouvez-vous que la vie culturelle a évolué développer un sentiment d'appartenance au Collè-
depuis que vous êtes ici? La vie culturelle était déjà très ge, faire en sorte que les anciens reviennent; je
présente avant, mais avec l'apparition d'un nouvel audito- pense qu'ils peuvent nous apporter beaucoup ; et
rium et l'envie suscité par ce nouvel espace, il était impé- puis, bien entendu, j'apprécie énormément le
ratif d'avoir une gestion rigoureuse, avec la mise en place contact avec les élèves.
d'une politique culturelle transparente..
Qu’est-ce que vous aimez le moins de ce travail?
En tant que Directrice de la communication et de la vie Le plus? Par rapport à la Vie scolaire, ce travail a
culturelle de quoi vous occupez-vous exactement? De changé mes relations avec les élèves. Il n'y a plus
quoi a l’air une journée type? Je commence par prendre l'aspect disciplinaire ! par contre, ce qui me fait
note des courriels ; par exemple ceux des parents qui sou- stresser le plus, ce sont les communications de crise
lignent des articles intéressants du bulletin info ou qui : ce n'est pas évident de trouver les bons mots,
demandent des informations supplémentaires. Je m'occu- d'être "rassurant" et le plus honnête possible.
pe de la gestion de plusieurs comités (graduation, bal des
secondes, comité virtuel ou intimidation…) et des compte-
rendus des réunions. J'ai aussi participé à l'organisation de Quels sont vos projets à long terme ? Faire recon-
la semaine de sensibilisation au poids des cartables, de la naître la vie culturelle du collège à l'extérieur. On a
fête de Noël ; et je m'occupe de la supervision des danses déjà commencé à le faire avec « festifilms » et « se-
également, de l‟organisation de la soirée passion, de la condaire en spectacles ». Marie de France est une
cérémonie de graduation. À cela s'ajoute un gros travail école à programme français, mais aussi une école
de communication. Cette année, nous avons travaillé avec québécoise; Il est important que nos jeunes aillent
les membres du conseil d'administration sur une nouvelle rencontrer d'autres jeunes. Je pense que l'on est très
image du collège : le visuel a été retravaillé, un nouveau bon, CiMF a de nombreux talents et des qualités de
slogan a été créé et surtout un nouveau site internet se créativité et d'imagination exceptionnelles.
crée avec l'aide efficace d'un comité composé de Robert
Fourquin, Guilhem Serre, Julien Blais, Vahé Kassardjian,

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Elle est née au Québec, mais a passé son adolescence Quand avez-vous commencé à vous occuper de la
dans le pays de ses parents, en Bretagne. Depuis vie culturelle?
qu’elle est revenue pour enseigner ici, elle a vu défiler Assez tôt en fait. J‟ai commencé à travailler avec des
tant de générations différentes d’élèves qu’elle garde élèves, surtout à m‟occuper de l‟aspect éclairage au
avec elle certains des plus beaux souvenirs du collè- début, et puis j‟ai accompagné des enseignants dans
ge. Chaque jour, chaque soir, elle porte avec elle l’â- leurs projets… Parce que j‟étais disponible et que je
me de notre Collège et elle est un peu l’ange gardien ne savais pas dire non… Je m‟occupais surtout de
de chacun des élèves qu’elle a marqué de son dévoue- l‟arrière-scène, des sons et des décors.
ment.
Et pourquoi vous êtes-vous impliquée dans la vie
Je voulais savoir qui est Marie-Reine Corvellec - « Je culturelle du collège?
me sens différente, bretonne… Je pense que j’aborde
Pour donner la possibilité aux jeunes de pouvoir ré-
la vie de façon différente », dit-elle - et surtout, par
péter quel que soit le jour, le soir ou l‟heure, pour
cette entrevue, souligner son immense implication
donner des conseils, prendre en charge une partie
dans la vie culturelle et artistique du Collège.
des décors, m‟impliquer dans le montage, sans en
exclure les élèves, bien sûr.
Que pensez-vous de l’évolution du côté culturel
Depuis quand travaillez-vous au CIMF?
du collège depuis que vous êtes là?
20 ans. J’ai commencé en tant qu’étudiante, par des
remplacements au primaire, comme institutrice, comme Le côté culturel a beaucoup évolué, il est beaucoup
professeur d‟éducation physique, de morale… J‟ai fait plus diversifié et il y a aussi beaucoup plus d‟impli-
professeur de morale aux maternelles, mais j‟ai plus cation, de tous les âges. Il s‟est mis en place et a pris
parlé de biologie que de la pêche miraculeuse…Quand sa place, je pense. C‟est un moyen de se faire une
on parlait de la pêche miraculeuse, je leur ai appris place pour beaucoup de jeunes qui s‟exprimeraient
comment respirent les poissons (rires). J‟ai aussi travail- mal sans cet aspect. Et puis, ça va bien avec le nom
lé comme surveillante. Et après, j‟ai continué par des de l‟établissement, Marie de France, qui était dans
remplacements au secondaire à temps partiel et des les arts, une poétesse.
surveillances de devoirs et après, comme prof à temps Je pense que c‟est l‟aspect culturel qui m‟a fait rester
plein. à Marie de France. Je ne crois pas que je serais là s‟il
Est-ce que vous vous destiniez à devenir prof ? Est- n‟y avait pas eu ça, si je n‟avais pas pu être là avec
les élèves; c‟est un élément essentiel.
ce que ça a tout de suite été une vocation?
J’ai entendu dire que vous étiez entraîneur de la
Non, en fait, pas du tout. Je voulais être chercheur en
ligue d’échecs du CIMF, c’est vrai? Depuis com-
biologie moléculaire, spécialisée en leucémie, dans
l‟avancée de la visualisation des tissus humains. J‟ai bine de temps?
travaillé comme chercheur pendant mes études univer- Oui, depuis 2-3 ans, on a commencé à y penser avec
sitaires, j‟ai fait des travaux de recherche dans des la- des élèves de Seconde (Alexandre, Valentin). Cette
bos de physio animale. Et tout a changé à la mort de année on a participé au tournoi d‟échecs inter éco-
mon directeur de thèse et puis, bien sûr, j‟ai recherché les. Même si on n‟a pas gagné – la ligue est jeune –
un salaire plus stable. ça a été une très belle, véritable équipe, très mature,
Mais ça a dû être spécial et étrange de passer d’un une belle représentation du collège. Et on souhaite
continuer l‟an prochain avec des élèves plus jeunes.
labo à une salle de classe?
Je ne me voyais pas là, rien ne me destinait à ça. Mais je Et pourquoi les échecs?
ne regrette rien: il a fallu faire ça, donc j‟ai fait ça. Moi Parce que j‟aime les échecs, j‟ai moi-même beau-
qui suis une grande solitaire, je me suis retrouvée en- coup joué avec mon père. L‟échiquier permet de
tourée de plein de monde! nous mettre face à quelqu‟un, c‟est un jeu de concen-
tration et aussi un jeu d‟équipe.
Pourquoi la bio?
Vous vous impliquez énormément dans le côté
Parce que ça n‟a jamais de fin. On peut repousser cer-
culturel et artistique de Marie de France. Si vous
taines frontières sans avoir tout en mains. Il y a cette
aviez pu vous- même être artiste, quel domaine
obligation de se poser beaucoup de questions, surtout
éthiques. J‟étais chercheur de biologie fondamentale auriez-vous choisi?
(AND, leucémie) et c’est intéressant de trouver des pro- Si j‟avais pu moi-même être artiste? La photographie.
blématiques qui mènent à des pistes. Le côté artistique de la photo me passionne : quand
on arrive dans un cliché à capter un moment et don-
Penser qu‟on a l‟ADN de quelqu‟un entre les mains,
ner une expression. Ce n‟est pas à exclure un jour
c‟est fou quand même! Ça amène le doute… Je doute
d‟ailleurs.
tellement que c‟est fatiguant!
Et le vivant est intéressant et surprenant : on ne travaille C‟est important de faire que les jeunes puissent trou-
jamais sur la même chose… comme avec les élèves. ver un moyen de s‟exprimer, peut-être monter une
maison d‟exposition, créer des échanges artistiques
avec d‟autres pays.

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Le CIMF a donc été la seule école, mise à part l’u- Que feront –ils si vous partez un jour ?
niversité, où vous avez enseigné? Ils feront autre chose avec d‟autres gens. Mais j‟au-
Oui. J‟aimais les élèves, donc je suis restée. rai eu beaucoup de bonheur à le faire. Je ne me po-
Et vous comptez y rester jusqu’à…? se pas la question si cela aura servi à quelque chose.
J‟ai créé de très belles amitiés avec d‟anciens élèves
Jusqu‟à…je ne sais pas. Les élèves sont un tout, ils ne qui perdurent dans le temps.
sont pas seulement académiques et il faut beaucoup
d‟énergie pour continuer à travailler avec eux. Je ne Qu’est-ce que ce travail vous apporte?
compte pas rester trop longtemps; je ne vais pas atten- Les élèves m‟ont donné beaucoup par ce qu‟ils sont
dre ma retraite pour partir. devenus, simplement parce qu‟ils étaient là. Je me
Si je pars? Eh bien, l‟été je participe déjà à des festi- considère choyée pour avoir reçu autant des élèves;
vals, peut-être que je continuerai là-dedans. Le côté par ce qu‟ils sont, par un bonjour dans le couloir.
artistique m‟attire et la promotion d‟une jeunesse qui a Profondément, je les aime…du petit fou au profond
quelque chose à dire. cinglé. J‟aime les gamins. Et pourtant, je n‟en ai ja-
mais eu ! (rires)
C’est pour ça justement que vous aimez tant tra-
vailler avec les jeunes, parce qu’ils ont quelque
chose de différent à dire?
Madame Corvellec est humble, attachante, pleine
Oui, ils ont…quelque chose.... Et le fait de les faire ren- de bons conseils et définitivement marquée par
trer dans un engrenage qu‟ils ne quittent plus, leur une fascination pour « ses » jeunes à qui elle don-
montrer qu‟il faut du travail pour monter sur scène... ne toute son énergie. C’est toujours pour eux qu’el-
Ce travail, cette créativité, cette originalité se répercu- le a une pensée. « J’aimerais bien que les jeunes,
te dans leur manière d‟être en classe. Cela leur ouvre qu’ils aient fait des sciences ou pas, gardent ça en
les yeux d‟une certaine façon qui leur sert. tête et soient alertes que ça existe. Je crois au ci-
Vous n’en avez jamais eu assez? toyen qui garde un intérêt pour ce qui se passe
Je pense que quand on en a marre, il faut arrêter. J‟ai dans le domaine des sciences, de la recherche. »
eu beaucoup de doute, je doute tout le temps. On est On ne se lasse pas de lui parler et de profiter de
loin d‟être parfait, on fait des erreurs, mais ça prouve ses judicieux conseils ou de ses réflexions amu-
qu‟on fait quelque chose justement. santes. Marie-Reine Corvellec termine en m’éton-
nant une fois de plus : « L’école est un drôle d’en-
Ce que vous aimez le moins de votre métier? droit, non ? C’est quoi ça « être prof » ? Je pense
J‟ai du mal à me plier aux contraintes. Ça perdure, je que j’aurais bien aimé être comme Platon sous
ressemble peut-être trop aux gamins. Mais j‟ai fait de son arbre... ouais, enseigner sous un arbre et en
très belles rencontres, J‟ai la tête pleine de souvenirs. sachant que l’élève dépasse le maître, c’est nor-
J‟ai vu évoluer physiquement et dans sa clientèle le mal, il faut savoir l’admettre. »
collège. Aussi, avec le théâtre, avec l‟école russe le
samedi, j‟ai fait de belles rencontres. Le lycée n‟est
jamais mort, il est toujours en vie.
Je m‟intéresse à suivre les équipes sportives, je
vais voir les matchs, je vais voir le basket… J‟ai
d‟ailleurs un sentiment particulier pour le basket
puisque je suis moi-même une ancienne basket-
teuse… Je vais les voir quand je peux, j‟aime ca.
De plus en plus d‟enfants profitent de ce qui est
extra académique, en espérant qu‟ils continuent.
Les gens vous trouvent très dévouée pour le
collège. Comment vous voyez-vous?
Je reconnais une forme d‟attachement à l‟établis-
sement. J‟aime entendre ses bruits, ses odeurs
qui n‟ont pas changé. On rentre dans le gymnase
et c‟est les mêmes odeurs depuis 20 ans ! (rires)
Mais je n‟ai pas la prétention d‟être quelqu‟un
d‟extraordinaire, non. Je serai simplement passée
à un endroit en essayant de faire de mon mieux.

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Du 1er au 7ème art:
-“ Inside I’ m dancing”-
Irlande 2004

D‟où vient l‟idée que nous avons tous que les handica-
pés mobiles ne savent pas s‟amuser? On nous pré- Néanmoins, les choses se compliquent lorsque Mi-
sente le sympathique personnage de Rory, 21 ans, chael se rend compte qu‟il ressent quelque chose
libertin paraplégique qui ne veut que vivre sa vie envers leur assistante.
comme n‟importe qui d‟autre. Mais sa condition parti- Touchante, cette histoire met en scène deux héros
culière l‟en empêche. En effet, il ne peut que bouger peu communs et surtout complémentaires, qui refu-
sa main droite et compenser son inertie apparente sent de laisser leur handicap les contraindre à se pri-
par l‟usage profus de sa langue qui est partout, sauf ver des plaisirs quotidiens. Boire, tenter de se faire
dans sa poche. Lorsqu‟il est admis dans un nouvel arrêter (sans succès) sortir en boite ( !?), ces petites
institut pour personnes handicapées, il ne s‟y plaît choses de la vie de tous les jours sont des fascinations
pas, mais fait la connaissance de Michael, qui a des pour Rory, grand rêveur, et punk dans l‟âme, qui sou-
problèmes d‟expression, mais qui peut en revanche haite dérisoirement pouvoir ne dépendre de person-
aider tant bien que mal Rory à soigner sa coupe de ne pour vivre.
cheveux. Michael, que seul Rory peut comprendre, On voit également la réalité de cette vie difficile, où
est le fils d‟un richissime sénateur sur lequel ils pour- l‟usage d‟un engin spécialisé est indispensable ne
ront compter pour payer un appartement. Ils devien- serait-ce que pour se coucher. On ressent de la com-
nent amis, puis complices, et tentent de déjouer le passion pour ce personnage qui a tant soif de vivre,
système qui ne les reconnaît pas comme assez auto- mais qui ne le peut pas à cause de son atrophie mus-
nomes pour quitter les établissements institutionnels. culaire. On sent sa peine lorsqu‟il explique à Michael
Lorsque Michael réussit à convaincre le jury de sa que des hommes comme eux ne peuvent rien offrir à
capacité à s‟auto-suffire, Rory se proclame interprète des femmes comme Siobhán, mais on sourit lorsqu‟il
de Michael pour qu‟ils puissent tous les deux quitter prouve aux petits enfants qu‟un paraplégique n‟est
l‟institut et vivre sans les règles qui s‟imposent. Avec pas un gobelin. Le film est superbement bien fait,
l‟argent dont ils disposent, ils vont également mettre avec en tête d‟affiche l‟exquis James McAvoy qui joue
à leur service la belle Siobhán qu‟ils ont rencontrée si bien, dans un rôle difficile, mais tellement bien
auparavant dans une altercation(!) entre Rory et un interprété.
gros dur dans un pub (!!!).
Tania Mohsen

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Cette Terre qui ne tourne pas rond...
Du poulet au porc, du porc à l’homme : la grippe porcine
Durant ce dernier mois de Le virus est contagieux et se propage par
mai, des milliers de per- voie respiratoire de façon directe, c‟est-à-dire par
sonnes sur tous les conti- les gouttelettes dispersées lorsqu‟un sujet malade
nents ont été touchés par éternue ou tousse ou de façon indirecte, dans les
le virus de type A-H1N1, lieux ou les transports publics. Ses symptômes sont
mieux connu comme grip- la fièvre, des difficultés respiratoires et une toux sè-
pe porcine. La maladie est che, des douleurs musculaires, des maux de tête,
classée au niveau 5 d‟une une extrême fatigue et une perte d‟appétit. On pour-
échelle d‟épidémie de 6, 6 rait dire les symptômes d‟une grippe normale. Mais
représentant une pandé- comment faire la différence? Il faut rendre visite au
mie (une épidémie hors médecin.
Les victimes de l‟A-H1N1
sont reparties sur tous les
de contrôle). Les autori- continents, sauf en Afri-
tés de plusieurs pays que car, venant du Mexi-
dans le monde se pré- que, ce virus a été porté
parent pour lutter par les voyageurs ou des
contre ce virus qui s‟é- personnes étant en
tend rapidement. contact avec des voya-
Cette maladie geurs, et peu de gens se
résulte du mélange en- déplacent du Mexique en
tre trois types de virus : Afrique.
la grippe humaine, la Des pays comme la Chi-
grippe aviaire (chez les ne, l‟Inde, la Colombie et
oiseaux et les poulets) plusieurs en Europe sont
et, comme le nom l‟in- touchés, mais là où on
dique, chez les porcs. compte le plus de victi-
Mais il faut noter que ce mes, c‟est au Mexique,
n‟est pas la grippe dont avec 2 895 malades,
les porcs souffrent nor- dont 66 décès; aux États-
malement qui est contagieuse pour les humains, Unis avec 4 714, dont 4 décès et au Canada, avec
mais une nouvelle sorte de virus. Il serait causé par un total de 496 malades, dont 38 ici, au Québec et 1
le manque d‟hygiène dans les fermes d‟animaux et mort.
par le fait que beaucoup d‟animaux sont mis dans un L‟OMS (Organisation Mondiale de la Santé)
même espace serré. Le mélange des trois virus qui a pris des mesures pour encourager l‟aide interna-
ont une origine commune se produit généralement tionale aux pays les plus concernés et à ceux qui ont
lorsque les malades sont en contact, comme par moins de ressources, et pour chercher une solution
exemple quand un élevage de poulets se trouve près pour contrer la grippe porcine. Le plan du gouverne-
d‟un élevage de porcs et les virus s‟échappent des ment canadien pour s‟attaquer au virus est de rester
fermes de façon inaperçue. Le lieu d‟origine de la vigilant aux nouveaux cas. Il a installé pour la popu-
grippe n‟est pas certain, mais le premier cas a été lation des services en ligne, où on peut obtenir des
découvert au Mexique. renseignements sur l‟A-H1N1, et certains laboratoi-
res travaillent 24 heures sur 24 pour identifier tout
nouveau malade. Il garde aussi une réserve de médi-
caments pouvant lutter contre la maladie.
Il a été prouvé que les médicaments antivi-
raux peuvent traiter la maladie et diminuer la trans-
mission d‟une personne à l‟autre à condition d‟être
administrés tôt, environ 48h après l‟apparition des
premiers symptômes. Pour cette raison, les autorités
canadiennes ont décidé que ces médicaments doi-
vent être utilisés seulement sur des personnes gra-
vement touchées par le virus.

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Les laboratoires de l‟OMS ont commencé à travailler pour trouver un vaccin, mais cela prendrait entre 5
et 6 mois pour qu‟il soit prêt.
La solution la plus efficace jusqu‟à présent et la plus recommandée est de se laver les mains souvent et d‟
utiliser du désinfectant, de tousser et d‟ éternuer dans le creux du coude, de demeurer à la maison en cas de mala-
die et de consulter un professionnel de la santé si l‟on présente de symptômes similaires à ceux mentionnés plus
haut.
Mais il ne faut absolument pas arrêter ses activités quotidiennes ou se priver d‟un voyage, car les autorités des
états concernés font tout leur possible pour protéger leur population.

Paula Dayan

Sciences et technologies:
Où en est le solaire ?
C‟est établi, l‟énergie solaire pourrait bien nous suffire.
En effet, la Terre reçoit assez de soleil pour répondre à Enfin, un nouveau type de panneau a été mis au
nos besoins énergétiques pour un an … toutes les quaran- point et va bientôt être produit à grande échelle :
te minutes ! Le soleil est donc potentiellement une source il s‟agit d‟un plastique formé de plusieurs cou-
de 13 000 fois l‟énergie qui nous serait nécessaire, ou, en ches fonctionnant sur le même principe qu‟un
prenant le problème à l‟envers, il suffirait à la Terre 90 panneau normal, mais flexible et moins cher à
000 km2 de panneaux solaires tels qu’ils existent actuelle- produire. On peut donc l‟imaginer sur toutes les
ment pour nous alimenter entièrement. surfaces possibles : des voitures, des avions, et
même sur des vêtements. Il se pourrait que j‟aie
Alors pourquoi ne pas les fabriquer ? Dans le désert du tort, mais tout indique qu‟en 2014 environ va
Sahara, par exemple, il ne serait pas très difficile de trou- sortir la première veste qui recharge votre iPod !
ver un carré vide et bien ensoleillé de 300 km de côté. Le
problème est dû au transport de l‟électricité : en transpor- Foucauld Degeorges
ter cette quantité avec des lignes normales donnerait des
pertes énormes. De plus, je trouve un peu dangereux de
regrouper l‟unique source d‟énergie mondiale dans un
seul ou deux pays … La solution n‟est donc pas de ras-
sembler les panneaux solaires, mais d‟en mettre le plus
possible partout.

C‟est là que la recherche entre en jeu : il faut améliorer le


rendement des panneaux solaires. Actuellement, les pan-
neaux solaires vendus sur le marché ont un rendement
d„environ 15 %, c‟est-à-dire qu‟ils ne transforment que 15
% de l’énergie qu’ils reçoivent en électricité. Cela sem-
ble peu, mais au mois nous savons que nous sommes loin
d‟atteindre les limites du solaire. Deux pistes d‟améliora-
tions sont étudiées :
- Fabriquer des panneaux solaires sur plusieurs
couches. En effet, le problème des panneaux monocou-
ches est qu‟ils ne peuvent être adaptés qu‟à une fraction
du spectre de lumière qu‟émet le soleil, que l‟on choisit.
Plusieurs couches réglées différemment permettent donc
de tout pendre. Une cellule solaire fabriquée de cette
façon a atteint un rendement record de 41 %.
- Éviter de transformer la lumière en électricité,
mais plutôt en chaleur. Cette transformation est bien plus
efficace. Un panneau solaire domestique chauffe alors
directement l‟eau du bain, au lieu de produire l‟électricité
qui alimente le chauffe-eau. Ce type de panneau se pré-
sente comme un simple miroir parabolique concentrant
les rayons du Soleil sr un tube dans lequel circule l‟eau.

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Sur Wikipédia, l’homme n’est pas maître de son histoire
Le journal français Rue89 révélait en février que la fille du secrétaire d‟Etat à l‟Intérieur et aux collectivités terri-
toriales avait été engagée de manière assez douteuse comme maître conférencier à la prestigieuse université de
la Sorbonne : on soupçonnait un piston paternel. C‟est le genre de chose qui arrive souvent et inévitablement en
France et partout ; d‟ailleurs, sous la controverse, l‟université a finalement décidé de ne plus offrir le poste.
Ce qui est plus amusant, c‟est que deux mois après l‟événement, et après qu‟il en ait été fait état sur l‟article Wi-
kipédia du secrétaire d‟État, cette portion d‟article a été plusieurs fois prise d‟assaut par un employé sur un ordi-
nateur identifié comme étant du ministère de l‟Intérieur, qui voulait supprimer le lien qui y était mis vers l‟article
de Rue89. Toutefois, grâce à la vigilance des modérateurs de Wikipédia, la modification n‟est pas passée, et
l‟article (http://fr.wikipedia.org/wiki/Alain_Marleix#Controverse) fait toujours mention de cet événement.

Wikipédia est en fait plus solide qu‟avant : désormais, toutes les modifications que l‟on veut faire passent par une
vérification préalable par des modérateurs, et on ne peut que les proposer aux autres internautes dans l‟onglet
« Discussion » de chaque article (et qui est très rempli pour cet article, vous pourrez le constater). La véracité
des informations est donc mieux garantie, et si on y ajoute le fait que les fausses informations sont corrigées ex-
trêmement rapidement, Wikipédia est en fait plus sûre que les encyclopédies écrites, en plus d‟être plus neutre.
Pour ceux qui y ont pensé, la création d‟articles sur Wikipédia n‟est pas non plus complètement libre, et vous ne
pourrez pas créer l‟article sur votre propre personne. Si vous essayez, on vous répondra gentiment que votre
contribution au monde n‟est pas encore suffisante pour que l‟article existe …

Foucauld Degeorges

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