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AUTRES NOUVELLES

Une Grande guerre

L’heure du récit
L’heure privilégiée du récit, quand nous viendra-t-elle ?
Si nous jetons un regard en arrière, vers le passé, nous
derouvrirons que manifestement, le genre en question
connait souvent un regain de vitalité et de vigueur aux
grands tournants de la vie sociale, aux moment où les
esprits sont animés d'un souffle nouveau, il est
significatif d'utiliser le mot " récit ", le profond esprit
démocratique de ce genre "mineur" qui explore les
destinées peu ordinaires des personnages les plus
communs, marque pratiquement toute notre prose
nationale.
Si on prend le début de notre siècle, on constate que le
récit s'épanouit justement dans les années 20 avec leur
enthousiasme et leur soif d'annoncer et d'expérimenter
leurs idées, puis durant cette décennie, date où l'on
porta un jugement objectif sur l'époque du culte de la
personnalité, et lorsque la vérité austère et implacable
de la vie se fit entendre à travers les personnages des
récits.
Rien de moins certain que les idées des puristes en
matière de littérature, cependant, il semblerait possible
de penser que nous nous trouvons à la veille d'une
nouvelle " explosion " de genre " mineur " explosion qui
serait conditionnée pour une large part une situation
sociale toute nouvelle dans le pays qu'est la
restructuration.
Le monde en attente

Depuis la déclaration de certains penseurs anglais et


américains, le monde attend une religion sans
révélation, ou comme ils avaient dit : " la vision
évolutionniste nous permet de discerner les grandes
lignes de la nouvelle religion qui, nous pouvons en être
sûrs, naîtra pour répondre aux besoins de l'ère qui vient
".
Aussi on se pose la question, le monde est-il entre dans
un état d'attente ? Et qu'attend-il ?
Oui le monde attend, il discerne, plus ou moins
clairement que l'humanité a reçu une nouvelle
révélation, c'est à dire que les sciences sont
maintenant assez développées pour que leur
convergence produise une nouvelle image de l'univers,
par cela, le processus d'évolution, en la personne de
l'homme commence à être conscient de lui-même.
D'autres eut accéléré cette prise de conscience, ce sont
des penseurs parmi les plus importants de notre
époque, ils ont eu le sens de l'évolution en tant que
processus et c'est ce qui compte , trop de scientifiques
se limitent à des aspects fragmentaires de l'évolution,
leur études analytiques ont certes de l'intérêt, mais il
est nécessaire de considérer le phénomène dans son
immense durée pour en tirer une leçon à valeur
humaine générale, on a lié évolution et foi religieuse,
est-ce que l'évolution seule nous semble suffisante pour
donner aux hommes un sens de leur vie ?
La tentative de réconciliation entre la science et la foi
chrétienne, l'idée du " point oméga " semble fragile.
L’hyper-rationnalisme
Une largeur de vue s’impose qui serait saine et jeune
par rapport au rationalisme français dont certains
rationalistes se sont jurer de ne jamais entrer dans une
eglise ; quelle idiotie…
Et quelle confusion sur une synthèse entre
l’évolutionnisme et le christianisme qui n’est que
relativement cohérente.
D’autres penseurs prétendent que le marxisme n’a pas
des intentions assez proches de celles de l’humanisme,
ceci est dû au fait que cette théorie a prit une vue
scientifique des affaires humaines, mais c’était
prématuré, les idées adéquates n’existaient pas à
l’époque, et les conceptions restant sommaires
concernant l’évolutionnisme, et l’essai sociologique et
scientifique s’est vite figé en système dogmatique par
rapport à la science présente, qui ignore les
expériences mystiques, phénomènes humains
incontestables, c’est l’intention d’une forme supérieure
de la réalité, sans absolutisme et si l’on applique les
connaissances modernes, la condition humaine peut
être changée radicalement, d’un point de vue
scientifique ; l’individu est le plus haut phénomène
observable, et c’est par la construction de sa
personnalité que l’homme peut jouer son rôle
cosmique, une religion humaniste n’a pas d’autre
fonction que d’aider, l’homme a se relier constamment
à l’univers, à se découvrir

Recul des religions traditionnelles


On a dit que la science apportait une sorte de
révélation et on a lutter contre l’idée d’une révélation
non humaine apportée de l’extérieur, en soutenant la
grande différence entre la religion de l’ère qui vient et
les religions classiques est le postulat humaniste, pour
certains l’esprit scientifique moderne ne peut admettre
le surnaturel ; on ne peut considérer deux royaume, par
contre, on conçoit fort bien l’extraordinaire, le trans-
naturel ; le rôle humaniste serait de faire participer la
masse des humains à des états de conscience
hautement satisfaisant qui sont pour le moment limites
à quelques êtres exceptionnels.
On juge, une nouvelle religion est indispensable parce
que les religions traditionnelles reculent ; on ne voit pas
comment on peut nier ce fait d’observation, la
conscience d’un recul des religions classiques, cela
provoque l’innombrables controverses et des tentatives
désespérées pour sauver des religions ce qui peut
l’être.
Des theologiens, essayent de construire une neo-
theologie sans employer le mot « dieu » ; le drame est
que ce recul des religions laisse une place vide au
scepticisme généralisé.
Depuis surtout un siècle, la science a beaucoup lutté
contre la religion ; car la religion, par la révélation
immuable ; par ses dogmes entrevoit les progrès de la
connaissance ; mais cette action, de destruction de la
science doit maintenant cesser, il faut que les hommes
de science assument leur responsabilité pour fonder
une pensée humaniste constructive ; avec la
participation aussi bien des scientifiques que des
philosophes et d Ȏcclisiastiques.

La forme transitoire
l'immense se trouve en effet au seuil d'immenses
possibilités qu'elle devine à peine, nous devons encore
découvrir comment vivre dans la noosphère, comment
entrer dans les domaines inconnus des potentialités
humaines, on cherche ce qui manque à notre vie pour
qu'elle ait un sens manifeste, la santé physique, bien
sûr, mais surtout la santé spirituelle, l'intégration de la
personnalité, les états supérieurs de conscience, les
grands mystiques ont atteint des états de vie qui sont
encore inaccessibles pour l'énorme majorité des
humains, mais que sont certainement d'une grande
importance, nous avons tout à découvrir, la science du
XIX ° siècle considérait l'homme comme
achevé...curieux, n'est ce pas ? Alors que nous sommes
des êtres si neufs et si imparfaits.
Par contre de nombreux philosophes et scientifiques
contemporains imaginent que l'humanité actuelle est
une forme transitoire, comme l'homme primitifs qui
nous ont précédés, une idée moderne d'une mutation
créant une humanité nouvelle ?

Structure sociale

Toute société créée à l'intérieur de la société est un


danger dans la mesure où sa tendance naturelle est de
se former pour accroître ses pouvoirs, et, finalement
usurper le pouvoir, toute culture qui se ferme sur ses
possesseurs cesse d'être une culture pour pour n'être
qu'une série de signes de reconnaissance entre affilés,
elle ne présente plus au-dehors qu'un mur de défendre,
orné de figurer propres à décourager, décourager, voilà
le mot, quand on demandait à Gide quelle conduite
tenir envers un jeune écrivain, le decouger.
Dresser des barrières, notre enseignement même n'y
est appliqué, aujourd'hui encore, dans les sciences
combien de maîtres tentent d'abord d'étendre en leur
élever l'espérance ? Pas d'illusion, tout homme de
grand savoir qui se fait vulgarisateur est bientôt
déconsidéré chez ses pairs, toute communication avec
l'extérieur est vue comme trahison, il n'est d'accusation
dont on n'accable celui qui tente de faire passer au-
dehors les biens de la citadelle, que l'on songe au
discrédit du journalisme, si généralement imposé dans
ce pays, qui doit pour beaucoup sa grande révolution à
des journalistes et des vulgarisation.
Une société qui est parvenue à rendre injurieux le mot
primaire, dans un monde où les notions fondamentales
et le langage même sont à réexaminer et à introduire
comme neufs dans la conscience populaire est une
société parasitée par ses élites.
Une nouvelle civilisation naît avec sa morale ses modes
de vie et de penser, des sciences et de techniques
nouvelle, une vision renouvelée des forces de la vie,
des structures de la matière, des rapports du temps et
de l'espace.

Moralité et conscience sociale de l’écrivain

Comme on sait, la littéraire ne produit pas de valeurs


matérielles à la différence de la science, elle opère par
catégories artistiques, notions éthiques, sentiments
raisonnables, mais ne produit pas moins de valeur que
la technique la plus féconde, de sorte que si nous
disons de l’économie la chair, l’art peut-être nommé
l’esprit de toute activité de l’homme, sa moralité, ainsi
la chair et l’esprit, l’économie et l’art…sont le fruit des
efforts déployés par les esprits créateurs, celui qui
créer des choses et celui qui crée des images vivent
dans la société avec le sens de leur responsabilité
devant l’avenir, la création de la valeur spirituelle
qu’est le livre n’est nullement un oisif plaisir, ni le jeu
d’une imagination capricieuse, ni le fruit d’un léger
engouement burlesque il s’agit d’un acte exigeant une
grande tension de toutes les forces humaines, d’une
lente et jusqu’à la dernière heure obsédante confession
dressée à l’homme au sujet de l’homme, la vie des
grands génies, maîtres insurpassés , tout leur labeur de
forçat doivent nous inciter non pas à l’imitation de leur
style de leurs système esthétique d’images mais à une
constante aspiration vers notre propre
perfectionnement dans la réalisation de l’idée, ils
doivent nous inspirer aussi un sentiment
d’enthousiasme sublime pour la dévotion au verbe, être
passionnément dévoué au verbe, cet instrument de
haute sensibilité, signifie croire en sa predistination sur
terre et en la communauté de la république littéraire
des confrères de la plume, il n’y a pas de meilleurs
louanges pour notre littérature qui vit dans la réalité
présente et y prend sa pleine mesure de beauté, sa
plein puissance de sage moralité.

Moralité et passion

La moralité dans les conditions actuelles d'une


civilisation développée n'est pas un code de
prescription didactiques bien qu'il y ait en elles un
élément rationnel, mais la conscience vivante de
chacun, le sens du beau et du bon dans dans la réalité,
la résistance a ce qui se colore de tons sinistres de
l'indifférence de la froideur, de la cruauté, de
l'antihumanisme.
En posant le signe d'égalité entre la moralité et la
conscience sociale, je veux dire que cette catégorie de
l'esprit humain s'est manifesté, dans toute sa force
irrésistible au sein de la constellation d'écrivains qui
vinrent à la littérature après la guerre, l'idée de
moralité devient conviction et la conviction...idée.
Le beau est toujours mystérieux, il nous séduit toujours
par ce charme intrigant de la beauté pas encore
dévoilée jusqu'au bout, comme la poésie, la prose.
Nous devons admettre que l'on avait connu l'homme
par la catégorie du beau, qui est la vérité des
sentiments, la vérité littéraire réside dans la catégorie
du tragique ou du cosmique, et il est impossible de la
connaitre profondément à travers ce ' quelque chose'
cet " on ne sait quoi' ce milieu d'indifférence
tranquilles où ne règne point l'ardeur des passions a
cette exception prés, bien entendu, quand le milieu est
le côté opposé de la passion.

Pensées et mots

La pensée n'existe et n'agit qu'exprimée et formulée,


certes dans le langage parlé le mot est pensé, mais le
mot a pour ainsi dire sa façade et son revêtement
intérieur, son avers et son revers, ses nuances de sens,
de sons et de couleurs, ses nuances olfactives le mot
amasse et reflète toute l'énergie de nos sentiments,
mais,hors de la forme, le mot est un incertain et éternel
vagabond, il a besoin d'une maison commode et
confortable si non il meurt stérile, le langage littéraire
est le mouvement, la roue de la pensée.
la recherche de la forme commande et se trouve
appropriée, n'est-ce point là la perfection, de l'écrivain
exempt de soucis vulgaire et de vaine agitation, le
suprême amour de la pensée, enchaînée dans la forme,
engendre les chefs-d'oeuvres, chacun n'est pas visité
par cet amour, de même que l'homme ou la femme par
l'amour véritable, l'écrivain crée son style, le style crée
l'ecrivcain, plus les moyens d'expression sont naturels
plus l'artiste est naturel, plus est fortement tendu, le
ressort émotionnel du sens dans la forme, et moins il
est besoin de forcer la conscience pour passer de la
raison aux sentiments, l'artiste agit en premier lieu sur
les sentiments, dans l'idée qu'ils transmettent sans
retard leur signal à la raison, la raison n'a pas le droit
de faire violence aux émotions, ceci est pour moi la loi
de la création.

Arrivisme

De ces livres s'exhalaient l'acre odeur des capotes de


soldats, la senteur de la poudre, l'odeur spécifique des
salles de dessins et des amphithéâtres au matin, le
retentit des bottes maculées de la boue rurale, celui du
fumier et du lait frais, et de l'âcre odeur et grossier
tabac dans l'air compagnard sur la lisière d'un champ
labouré, et l'étouffante chaleur de l'asphalte urbain
surchauffé, de la profondeur des livres surgissait la
vaillance et tendresse des brefs instants avec une
femme, et de furieux efforts pour rompre les barrières
de fer de l'arrivisme, du conformisme et l'esprit petit
bourgeois et bien que nous eussions déjà rencontré
auparavant dans beaucoup de romans des héros
semblables par leur profession et leur condition, nous
nous sentîmes enveloppés par l'odeur de quelque chose
de très neuf, de limpide, d'implacable et de bon, et il
convient sans doute de se rappeler ici le célèbre "tout
petit peu" qui distingue le grand du petit, un rayon de
lumière et l'analyse visuelle en tout petit peu modifie,
un regard un peu plus perçant dans l'âme des héros,
une analyse un peu plus audacieuse et hardie des
contradictions de la vie,une infraction, ne serait-ce
qu'un tout peu aux règles canoniques, un tout petit peu
d'aversion pour la logique superficielle des caractères,
et la somme de ces "un tout petit peu" grandit, et
constitue cette vérité artistique, qui n'est autre chose
que le synonyme de la découverte, cette découverte a
une valeur permanente, elle reste et s'imprime
fortement dans la mémoire des gens

Littérature et découvertes

Les découvertes collectives ne sont probablement


possibles de nos jours que dans les sciences, alors
qu’on se fait une idée de l’art de n’importe quel pays
d’après »s les artistes hors pair qui surent créer leur
propre système d’images ç nul autre pareil, leur propre
perception de la réalité. L’ultime sélection est l’œuvre
du temps qui par monts et par vaux, visite les cimes
illuminés par le talent, et c’est lui qui les élit.
D’une façon ou d’un autre, l’art est créer par les
individualités capables d’imprimer nettement leur
cachet personnel dans l’interprétation des phénomènes
de vie et de la nature humaine, le talent, c’est le vent
cause » par la différence de pression, qui soulève une
houle fraîche sur la grande mer de la littérature, le
brusque appel d’air d’une excitation esthétique
inconnue, c’est enfin la découverte de quelque chose
d’encore irréel », après quoi commence une période
nouvelle dans l’art, de même qui dans la conscience
des hommes apparut, dessous, un critère de
comparaison encore inhabituelles ç la suite de la
découverte scientifique.
Naquit alors une littérature étonnante par sa fraîcheur
et sa plénitude, par les tièdes et froides bouffées d’air
de la vie qui ne s’arrête jamais, par les petites et
grandes découvertes du passé et du présent, par le
sens raffiné ou délicat du beau, qui devient une
catégorie de la vérité, de l’authenticité », sans laquelle
l’art n’est plus qu’un décor éclair » par les feux de la
rampe.

L’art et l’actualité
Quand on parle de l'actualité d'une oeuvre littéraire , de
ses rapports avec les problèmes brûlants de notre
temps, il n'est pas rare d'entendre dire qu'il existe
divers types d'écrivains, les uns suivent les événements
de prés, puisant leurs thèmes dans la réalité ambiante,
les autres réunissent longtemps leur et pour reproduire
la réalité il leur faut une certaine distance de leur sujet,
on ajoute qu'au premier type appartiennent les auteurs
pour ainsi dire de deuxième ordre, les journalistes,
tandis que de véritables écrivains appartiennent à la
seconde catégorie, ainsi, il faut toujours choisir en
quelque sorte entre deux voies ou bien réagir
efficacement à une question du jour,écrire un ouvrage
d'actualité, donc le principal mérite serait une idée
juste et formule à temps, ou bien renonçant à cela,
créer, sans se presser une oeuvre authentiquement
littéraires, exprimant certes, une idée mais sans
rapport avec l'actualité, avec ce qui préoccupe
aujourd'hui mener des millions d'hommes.
Certaines prétendent même que ce delirium n'existe
pas et estiment que l'actualité ne nuit nullement à la
valeur littéraire de l'oeuvre.

Le poète
Quand le poète donne le nom à son oeuvre, celui de la
durée de son écriture, " en quinze ans " c'est sec, mais
ça plait, cela fait songer à un compte rendu et ça plait,
cela fait songer à un compte rendu et ça plait aussi, en
somme qu'est ce qu'un recueil et de poèmes
sélectionnés dans tout ce que le poète a écrit en quinze
ans d'activité poétique sinon son compte rendu aux
lecteurs ? À ceux qui ayant suivi d'assez prés sa
production, peuvent remarquer ce qu'il a inclus dans
son recueil et ce qu'il n'y a pas inclus, à ceux aussi qui
l'ayant lu au hasard des parutions et des époques
différentes sont à même de découvrir ici, pour la
première fois sa personnalité.
Donc, quarante ans de vie et quinze de poésie, l'auteur
fait sélectionner des vers parus dans plusieurs de ses
recueils successifs, plus neutres dans, de longs poèmes
et dit au lecteur : voilà ce que j'ai fait, tel fût mon
chemin, telle fût ma quête.
Un choix ? Assurément a sacrifié plus d'une oeuvre
récente ou ancienne à lire ce volume, on n'a cessé de
se surprendre à penser qu'il manque ici et la, quelque
textes qui me sont restés en mémoire et qu'on a aimé y
trouver.
Parvenu à la dernière page, on pense toutefois que
c'est seulement de légères frustrations, et c'est la règle
pour toute édition d'oeuvres choisies, où est le choix si
le poète n'a rien mis en réserve, si tout ce qui pourrait
remonter dans la mémoire du lecteur est là sous ses
yeux ? Que reste-t-il ailleurs, dans ce cas ? Ce n'est plus
un choix, ce sont ses oeuvres complètes.

Le style

le style lui-même, pittoresque ou d'une secheresse


graphique, independamment du fait qui'il vous plait ou
ne vous plait pas, qu'il vous incite par la densité des
épithétes, des rythmes, par sa muscalité, ou vous
inquiete, saturé de verbes, ce style, il est inconcevable
de le separer de l'idée de l'oeuvre, le temps de l'action,
les caractéres, les evenements et enfin l'idée maitrésse
de tel ou tel roman, dictent le style, le choisissent
longuement, capricieusement et douleureusement,
mais ce n'est pas le style qui epouse l'idée, le style et
l'idée sont nés par le mariage, et, dans cet amour
conjugal qui fait le premier pas ? c'est tout de même, la
fianç"e difficile, l'idée.
la litterature est tout aussi harmonieuse pour le corps
humain, on ne peut donc oublier tout ce qui est digne
de remarque dans l'aspect d'un être vivant,
l'expression, les yeux , la couleur des cheveux, le
sourire, le son, la voix, penser avec obsession que le
principal c'est le squelette.
il n'y a pas de principal sans le partiel, t rien de partiel
sans le principal en retranchant une partie, nous
detruirons l'ensemble en en retirant une brique aprés
l'autre, nous reunions tout l'edifice, cependant le style,
c'est l'idée materialisée et l'incarnation artistique de
l'individualité dans le temps, et c'est pourquoi,
naturellement, il n'ya pas et ne peut y avoir un style
unique pour notre littérature multinationale et
multiforme.

Le mot primaire

L'instituteur portait le chapeau à larges bords des


hommes dont le coeur débordait, il appartenait à la
génération des socialistes romantiques, qui avaient lu
Hugo et Engels, Darwin et Flammarion et qui voyaient
la turbulence du monde avec un arrière-plan d'études,
le feu de cette génération, raillée par des esprits qui se
voulurent moins dupés, le furent davantage et se
dupèrent, se rallume en maints foyers de la pensée et
de la sensibilité moderne.
Il avait pour jean Jaurès de la vénération, sa ferveur
allait non seulement au réformateur social, mais au
penseur, plus encore, je crois au pédagogue généreux,
de ce normalien supérieur, il me disait; " c'était un des
rares professeurs qui ait réussi à devenir instituteur"
c'est à communiquer, au nom d'une haute culture,
l'appétit de culture à tous, c'est à dire à le précipiter,
passionnément vers les livres.
Il a fallu une bien profonde déviation du sentiment
révolutionnaire, il a fallu le couvert de l'idéal
démocratique, l'établissement d'un mandarinat bien
puissant et insolent, pour qu'on en vienne à imposer à
notre société une image ridicule de l'autodidacte.

Caricatures

Lecteur assidu de longue date, je sais par expérience


qu'on cherche les caricatures, elles plaisent pour deux
raisons, elles sont brûlantes d'actualité, elles sont d'une
drôlerie irrésistible et donc percutantes, soit dit à ce
propos, les légendes sont souvent aussi bien variées
que les caricatures mêmes parce qu'il s'agit
d'aphorisme à l'emporte-pièce.
N'ayant pas l'honneur de rencontrer l'écrivain idéal,
j'essayais de me le représenter, j'étais certain que
même imagination m'en brosserait un portail fidèle,
quand j'eus l'occasion de voir les auto caricatures
d'autres écrivains, mes doutes se dissipèrent, il est bien
tel que tu l'as créé en ton fort intérieur, me dis-je; gai ,
étincelant d'esprit, plein d'entrain dans ses propos et
artiste impure, qui est parvenu à ensorcellera son
crayon au point de le rendre capable de créer
spontanément une personnalité ".
Le maître du dessin satirique et de la plaisanterie était
devenu l'incarnation même d'une patience à toute
épreuve, était-il possible qu'il y eût la quelque chose
capable de détruire l'unité traditionnelle entre la vie et
l'oeuvre de l'artiste ? Ou plus encore l'unité de l'homme
et de l'artiste ? N’ai-je pas dit que les dessins qui
ressemblaient beaucoup à l'artiste ? Mais que se
passait-il alors ? En prenant la plume, le peintre avait-il
cessé d'être lui-même ?
Tout cela mérite réflexion, mais une chose est certaine,
l'artiste fidèle au précepte selon lequel le talent vit de
travail, d'un travail souvent plain d'abnégation le fait
est que quels que soient les dons d'un artiste, il se peut
qu' au moment où il se met à l'oeuvre il paraisse ne
plus en plus se ressembler, avec une pointe d'humour,
on peut dire que par la même son manque de
ressemblance à lui-même, n'est que la mesure de
conscience, qu'il a de sa responsabilité, même si des
années réparent le début de la fin de travail.
Le profil d’un ami
Parler de lui avec objectivité et en toutes nuances n’est
sans doute pas, à bien des égardsn une tâche aisée,
tout le personnage est discret, introverti et silencieux,
la démarche échaloupée mélanfge de parodie et de
natuel, un superbe rire appuyé, le visage lisse et
presque juvénile s’il n’avait pas cette barbe en collier,
cette calvitie débutante et ces trempes grisonnantes
dans son regard lumineux, il a le charme profond de
l’intelligence mais aussi une expression de retenue,
presque de méfiance, ce sourire un peu distant, cet
aspect de grande non chalence, sont constamment
démentis par un besoin incessant de communiquer, il
ya aussi un côté glacé dans son silence, concerté par
son dépouillement, immuable dans sa rigureur, en fait
ce côté trop délicat, faussement scrupuleux et cet air
énigmatique qui déroute, ne sont qu’une apparence,
une convivence cachée, une complicité avec le diable,
mais aussi une sorte de dedain, son attitude posée plus
que toute autre singularité personnelle, accroche, dans
cette attitude, dans cette pose il semble narguée le
monde, défier les autres....

Le grand roman
L’inspiration du grand roman est peut-être dans la
dimension universelle qu’on semble chercher, cela
vient aussi du desir d’écrire sur la condition
existentielle, on doit entrevoir que le veritable but est
ce qui sert avant tout à mieux faire comprendre les
autres, quel beau engagement ? mais à quel prix, que
de nuits de veille, de fatigue, d’exaltation et
d’excitation.....
Vivant de sa plume et à la mode de son temps, et
habité par cette obssesion engagée, il se prête aux jeux
de la littérature spectacle, il aurait du saluer
l’instauration d’une reellle libérté d’expression et
penser que le moment est peut-être venu d’oser écrire
un vrai roman engagé, le roman il faut s’y résigner, à
un rôle hautement plus adapté pour refleter son époque
et en faire ressentir tous les frésénies politico-
culturelles, la politique est souvent néfaste pour
l’écrivain , les politiques ont si peu d’imagination,
l’aspect humain dois rester primordial devant des
procés injurieux, sanglants à la justice...une ignominie
dont on ne se conselera jamais et le traumatisme causé
améne l’homme à une sorte de resignation stoîque et le
roman à se retrouver tout naturellement dans une
attitude mystique.

Lyrisme psychologique
Chacun des ecrivains suit sa propre voie pour joindre la
vérité ce qui prove une de plus qu'il n'est d'autres
moyens d'attendre celle-ci que d'égaliser
democratiquement toutes les approches si variées
soient elles et de laisser evoluer en toute liberté les
styles les plus dissemblables pour ce qui est de laquête
thematique, esthetique et linguistique, les recits en
presentatnt aujourd'hui une grande verité, la nouvelle-
parabole en constitue l'un des axes, les plus
remarquables sur ce plan, se sont les oeuvres des
écrivains qui y cernent nettement et explorent certains
modeles de comportement bien concrets qui se sont
forgés au cours des derniéres années.
Un autre courant, fort different du precedent, le recit
lyrico-psychologique où se distingue un ecrivain aussi
fecond qu'intérêssant, chez qui se marient avec
bonheur les accents eligiaques et intimistes de la prose
avec le style concis incesif de la prose, quiu depent
avec une bonté sincere ses heros honnêtes et integres,
il est même sentimental parfois dans le bon sens du
terme, mais l'ecrivain se montrera implacable s'il s'agit
de bureaucrates, de personnage, oisifs et cynique
imbus de leur pouvoir, chacun de ses recits est une
analyse muticuleuse des conditions sociales qui
empêchent les hommes dignes de s'affirmer
pleinement mais presentent un terrain favorable pour
ceux qui menent une existence parasitaire dans le
domaine du social et spirituel.
Modus vivendi
Pour peu que l'on merdite sur la filiation des époques,
l'on en vient au probléme des liens entre les
générations dans la société contemporaine, il
semblerait que traditionnellement les relations parents-
enfants sont de la competence du roman et les
investigations poussées dont elles font l'objet ne
concernent que que ce genre " majeur', toutefois, le
recit aurait aussi son mot à dire, il cherche a cerner le
phenomene, à dégager les noeuds douteux, les
conditions, et les desaccords, avec les veterants de
notre prose, ou le modus vivendi, le pragmatisme et le
cynisme qui contaminent les âmes, bref comme on
disait jadis " audiatur et altera pars : " dans la vie
sociale, semblable attitude respectueuse envers '
l'autre partie ' est la condition indispensable d'une "
glasnost " authentique , pour ce qui est de la creation
litteraire, elle est le gage d'une vraie reussite artistique
de l'oeuvre.
Certains maitres du recit conferent à leur investigations
litteraire de la realité une ampleur historique bien
visible, et ont en depuis longtemps un penchant pour
des cycles de recits qui formaient ensemble un tableau
cohents de vaste envergure, ces roamns constitués de
recits autonomes, sont regis par une logique esthetique
interieur, a travers les liens, qui unissent les recits,
transposant les rapports des diverses époques et
evenements de l'histoire.
Méditations avec Pascal : la science et la foi
Parce que les savants sont des intellectuels épris avant
tout de vérité, suffit-il pour les convertir, de leur
apporter les preuves de la religion ? Non et pour deux
raisons, d'abord ces preuves ne sont pas décisives, la
science n'est pas certaine, et puis les savants sont des
hommes comme les autres, ce n'est pas la seule raison
qui les engage dans leur étude, c'est le coeur puisqu'à
l'origine de leur effort, il y a le désir, la curiosité
inquiète.
Le premier argument de pascal est que la science n'est
pas certaine, dans l'esprit géométrique, c'est par le
coeur que nous connaissons les premiers principes,
pascal semble avoir songé dans le même ordre d'idées
à nier les principes naturels, bien qu'il prouve que les
principes naturels ne sont pas des principes de
coutume.
Il est possible que pascal ait pressentit la révolution que
devaient apporter le non-euclidisme, la relativité, le
quantinisme et qu'il ait songé à en tirer parti contre la
science ait pensé à l'univers entre l'in finement grand
et l'in finement petit et que signifient ces deux pages si
justement admirées pour la splendeur exacte de la
forme ? Pascal disait que l'univers est infini et
homogène.
Enfin pour pascal il faut renoncer à la science, car tout
ce qu'on peut savoir, on le sait d'avance.
la défaite de pascal est que l'idée de l'univers
homogène sur laquelle repose toute son argumentation
logique, tout son effort psychologique n'a pas résisté
aux conquêtes de la physique moderne, l'hypothèse
pascalienne s'est avérée trop simpliste pour s'adapter
au monde des fines structures, pascal dans l'ordre
humain est beaucoup plus prés des relativistes
modernes que Descartes, selon lui la science la plus
haute n'est absolument certaine et les principes de la
raison pourraient bien n'être que coutume, mais dans
l'ordre religieux, il croit à la vérité absolue.

Méditation sur le hasard et la nécessité


Dieu joue-t-il aux dés ? Ou bien tel un grand horloger
ordonne-t-il les phénomènes physiques selon un
enchaînement rigoureux des causes et des effets, que
seule l'imperfection de nos moyens d'observation nous
empécheraient de connaitre ? ce débat oppose les
scientifiques, un rayon lumineux est constitué de
photons " grains" élémentaires d'énergie, un photon
comme toutes les particules de la physique quantique
possède des propriétés qui l'apparente à une onde et
d'autres qui le font ressembler à un corpuscule, si l'on
accepte l'interprétation donnée à la physique quantique
par Niels Bohr et ses disciples, il n'est jamais les deux à
la fois, mais se manifeste sous l'une ou l'autre des
formes selon l’instrument avec lequel on l'observe, au
contraire pour Einstein comme pour louis de Broglie,
onde et corpuscule existent simultanément et
possèdent tous deux une réalité physique indépendante
de l'instrument d'observation.
Einstein n'était pas homme à se contenter de cette
attitude pragmatique, tout en admirant la fécondité de
la physique quantique, il a maintenu jusqu'à la fin de sa
vie que si l'on tire de cette physique des conséquences
aussi inadmissibles que l'indétermination des
phénomènes naturels, cela prouve qu'elle ne peut
prétendre constituer une représentation totale
exhaustive de la réalité, il faudra chercher au delà,
Pour sa part louis de Broglie n'a cessé d'encourager les
tentatives d'expliquer le caractère probabiliste des
phénomènes quantiques par l'existence de variables
cachées. le déterminisme et le hasard de ce qui est de
la cause matérielle ou formelle, cause efficiente ou
cause finale, le sujet ouvre à discussion, pour ce qui est
de la loi, la loi est le rapport nécessaire entre des
phénomènes, le principe du déterminisme qui revient à
dire que l'apparition d'un phénomène est strictement
déterminée par des conditions d'existence bien
définies, aussi peut-on parler de concomitances
constantes ou de la constante des concomitants, on
parlera alors du hasard pour désigner un fait qui
échappe à tout pouvoir humain de le déterminer
d'avance, un fait imprévisible sans pour cela vouloir
dire que le fait attribué au hasard est un fait sans
cause, et il n'y a aucune contingence au sens
métaphysique du terme et un phénomène fortuit n'est
pas dépourvu de causes déterminantes, et une somme
de contingences ne se traduirait pas par une loi
statistique globale, le hasard serait le point de
rencontre de deux séries de phénomènes dont chacune
est déterminée, mais qui sont indépendantes l'une de
l'autre, et affirmer le hasard c'est nier la solidarité des
séries causales, mais il reste qu'à partir d'un intérêt
humain que l'on parle de hasard., ce nous laisse
méditer… !

Méditation sur l’attention et la fascination


Le philosophe empiriste, pour lui l'esprit n'a aucune
activité propre et se contente de recevoir passivement
ce que l'expérience extérieure lui apporte, il conçoit
ainsi toute attention sur le modèle de l'attention
passive, celle que nous portons invinciblement et en
quelque sorte malgré nous à un bruit violent, çà une
couleur vive, à toute impression sensorielle, plus
intense que les autres et qui par là même s'impose.
Bien loin de se diriger vers l'objet, notre attention serait
dirigée par lui, l'attention serait l'invasion de la
conscience par un objet auquel nous nous bondonnons,
on peut parler alors de monoïdéisme puisque l'attention
se réduit à la présence d'une idée fixe unique imposée
à la conscience par le monde extérieur, il déclare
expressément " une sensation devient attention, soit
parce qu'elle est seule, soit parce que elle est plus vive
que toutes les autres sans qu'il soit nécessaire de
supposer rien de plus dans l'âme" cette formule est
sans équivoque, il refuse de reconnaître sous le nom
d'attention une activité réelle de la conscience , ce
n'est plus la conscience qui fait attention, la conscience
subit seulement l'invasion d'un objet.

Pour malreaux en s’en souvient de ses antimémoires


quand il raconta ; « .....un sous officier me fit signe, je
pouvais faire quelques pas, il me tourna vers le mur, les
amins appuyées sur les pierres au-dessus de ma tête,
j’entendis un commandement « achtung », le me
retounai, j’étais en face d’un peloton d’execution... ».

Les antimémoires et les noyers de l’altenburg, c’est la


tentation de l’occident, la voie royale ou la condition
humaine..... »

Parler de la grâce avec uncuré qui baptise dans l’odeur


d’un village nocturne, et parler de ce qui reste ou de ce
qui advient aprés le baptéme, devenons-nous autres ou
il reste toujours queque chose.....
Mais reflechir sur la vie, en face de la mort, ce n’est
qu’approfondir les interrogations, pour malreauw le fait
d’être tué ne pose aucube question à ceux qui ont la
chance qu’il considére banale d’être courageux, mais la
mort dans la viellesse et la metamorphose de la terre
suggere la mort par sa torpeur, même si sa
metamorphose est l’oeuvre de l’homme et surtout la
question qu’il avait l’habitude de formuler en la
considérant comme l’irrémediable dire ; « tu ne sauras
jamais ce que tout cela veut dire... »
Malreaux se repprochait le fait qu’il ne savait pas se
creer pendant son enfance il ne sut s’accommoder à la
vie, son action et son intérêt s’élevait à l’histoire étant
dans ce l’on fait et dans dans ce que l’on dit, et l’amitié
qui a jouer un grand rôle dans sa vie ne s’est pas
accomoder de la curiosité.
Parce que, ayant vecu dans le domaine incertain de
l’esprit et de la fictionqui est celui des artistes, puis
dans celui du combat et dans celui de l’histoire, ayant
connu une asie dans l’agonie, mettait encore en
lumiére ce que signifiat l’occident, il a rencontré
maintes fois, tantôt humbles et tantôt éclatants, ces
moments où l’énigme fondamentale de la vie apparaità
chacun de nous comme elle apparait à presque toutes
les femmes devant un visage d’enfant, à presque tous
les hommes devant un visage de mort....
Dans toute forme de ce qui nous entraine, dans tout ce
que l’on a vu lutter contre l’humiliation et même en toi,
douceur o se demande ce que u fais sur la terre, la vie
semblalble au dieu des religions disparues, qui aparait
comme le livret d’une musiqu inconnue, en fait ou peut
dire que la mort, evenement le plus naturel pour
l’homme, est aussi le plus culturel, celui d’où naissent
mythes et religions.
Pour comprendre ce phenoméne on a definit une
anthropologie qui s’inscrit en continuité, mais aussi en
rupture dans l’évolution biologique, puis, à partir de
l’étude des attitudes fondamentales des hommes
devant la mort, on en dégage les deuw mythes
originaires qui sont aprés meditation sur la crise
contemporaine de la mort et sur la mort du point de
vue biologique, la consecration de certains penseurs
envisageant pour un avenir proche une reforme de la
conception de la mort humaine « la mort se situe
ewactement dans la charniére bio-anthropologique,
c’est le trait le plus humain, le plus culturel de
l’anthropos...c’est dans ses attitudes et croyances
devant la mort que l’homme ewprime ce que la vie a de
plus fondamental « .........Malreaux ewprima ses
antimémoires devant le pleton d’excution.......... ».
Malreaux raconta,
« bien que ma jeunesse ai connu l’orient semblalble à
vieil arabe sur son âne dans l’invincible sommeil de
l’islam, les deux cent mille habitants du caire sont
devenus quatre millions, Bagdad remplace par les
canots auromobiles, les nasses de roseaux et de
birtume om pechaient ses paysans babyloniens et les
portes en mosaique de Rehran se perdent dans la ville
comme la porte saint denis... ».
Pour lui ces changements n’affectant pas une autre
civilisation, ne symbolosaient pas le metamorphise de
l’homme.
Aller en Asie naguére, c’étair penetrer avec lenteur
dans l’éspace et dans le temps conjugués, l’Inde aprés
m’Islam, la chine aprés l’Inde, l’éxrême-orient aprés
m’orient, les vaisseaux de Sinbad abo,donnés à l’écart
d’un port des Indes dans le soir qui tombe et apres
singapourn à l’entrée de la mer de chine, les premieres
jonquiéres comme des srntininelles
Il reprends par ordre des medecinsn cette lente
penetrationn et regarde le boulversement qui a empli
sa vie sanglante et vaine, comme il a boulverser l’Asie,
et avant de retouver, audelà de l’ocean, Tokyo or il
envoya la venus de moli, kyoto meconnaisable, Nara
presque intacte malgré son temple incendié, retrouvée
naguére aprés un jour d’avion et la chine qu’il n’a pas
revue « jusqu’à l’horizon, l’ocean glacé, sans
sillage...l’engoufra »
L’indivudu a pris dans les mémoires, la place que l’on
sait, losqu ‘elles sont devenues des confessionsn celles
de saint augustin ne sont nullement des confusions et
s’achevent en traite de metamrphose,nul ne songerait
à nommer confession, les memoires de saint-simon :
quand il parle de lui, c’est pour être admoré, on avait
cherché l’homme dans les grandes actions des grands
hommes, on le chercha dans les scretes actions des
individus.
Concernant les actions des grands hommes, et les
temoignages par l’introspection-aveu à charg on note
que que les aveux des memorialostes les plus
provoquants sont puerils en face des monstres
qu’appirte l’explication psychanalytique, même à ceux
qui en constatent les conclusions de l’action aux
secrets, ma nevrose raméne danavrage et avec plus
d’accent.
Si nul ne croit plus que l’autoprtrait, voir le portrait,
n’est d’autre source que d’imiter son modéle, depuis
les éffigies des sculpteurs egyptiens judqu’aux toiles
cubistes ou coutume à le croire du pirtratit litteraire, il
serait donc d’autant meilleur qu’il serait plus
ressemblant, et d’autant plus ressemblant qu’il serait
moins conventionnel, c’est la definitions que suggere
les realismes, qui se sont presque toujours élaboré
contre les idéalismes.

Philo et philo
Il aimait le jazz peut-être parce que dans sa jeunesse il
avait joué dans un Dixieland (où êtes-vous mes belles
années?) ou peut-être, encore parce que en plus de son
amour pour le jazz et sa dilection devant le langage
humain de ses instruments, la poignante tristesse du
blues et le déchaînement du rock, il profitait de
l'occasion pour montrer ses connaissances du jazz, et
surtout de son histoire, jusqu' là il savait ce qu'était le
jazz, du moins, il le pensait mais il ne lui viendrait pas à
l"idée de tirer une philosophie de la musique, non
seulement il en tirait une, mais encore il vivait selon ses
lois et s"expliquait, beaucoup de chose par elle, la
vieille époque, où tout ne faisait que commencer quand
parmi les musiciens régnait l'esprit de fraternité, de
camaraderie, d"émulation, d'adoration de la maîtrise, il
semblait voir là la philosophie d'une existence libre car
il n"y avait pas de bûche , faite de canons, pas
d'exercice fatigants de solfège, mais chaque interprète
assimilait seulement ce qu"il lui fallait pour jouer son air
préféré, et chacun était libre d"improviser dans son solo
à lui, chacun estimait que la volonté devine lui
commandait de se donner libre cours dans la passion,
les sanglots et la vie, dans l"expression de sentiments
puissants et irrépressible à Jefferson, aveugle, avec son
guide leadbetter, et le fougueux sidnez Bechet , Joplin
timide concentré et ce garçon, aux mâchoires de fer et
ayant un sens absolu de la mélodie du petit fils
d"esclaves, qui a grandit sur les décharges de la
nouvelle orle ans, le meilleur chanteur et trompettiste
de tous les temps, le génie du jazz, louis Armstrong.....,
il pouvait en parler pendant des heures entiers, et
quand un jour, au cours d"une réunion commandée,
cèdent à son humeur et au souvenir de sa jeunesse, il
s'assit au piano et, en swinganat en trissant aisément le
fil infini de la mélodie, en harmonisant, joua sa partie
magistrale, la seule puissance abstraite de la
philosophie et de la philharmonie.

Du Jazz
Dans les dessertations d'un critique, une chose
préoccupait particulièrement, ayant un jour évoqué
les chants de travail des noirs, qui ont servi, avec les
spirituals de fondation au jazz, imperceptiblement,
passa à des parallèles, chanta plusieurs chansons,
dont certaines sont célèbres et puis soudain, il parla
de la conscience sociale des africains chez qui le
personnel et le social sont inséparables et tout aussi
imprompte, mais fort logiquement, il passa à des
considerations sur un phénomène analogue, il
s'agissait de la conscience sociale qui ne s'était pas
encore grâce à dieu, repliée sur son ' moi ' venant de
cet homme de jazz, swinguant un refrain et pendant
des instants d'excitation, riait avec des accents de '
septième de dominante avec résolution ' d'un rire
emprunté, affecte, formé au possible, cet intellectuel
parfait arborant devant des inconnus un superbe
snobisme, avait l"âme d"un gars de la campagne, et
donc il ne faut pas craindre qu"elle soit perdue, si elle
existe , elle existe, un point c'est tout, on ne peut pas
l"inventer on décida ainsi pour un violon d'Ingres à
lieu ,tout s'émerveillait de voir combien le monde de
ces notions et de ces pensées s'était compliqué et
combien de ce fait il s"était ennobli.

Herbe et neige
L'herbe scintillante de rosée semblait, briller de sa
lumière propre haute entre les ornières profondes, elle
craquait sous les pas avec un bruit croustillant et
savoureux, au travers du brouillard, le poète vit ponter
dans le lointain l'imperceptible tache pourpre d'un feu
de camps, il devait y avoir un ravin devant lui
n"importe, on le passera, ça n"en sera que plus
intéressant ! L’hivers, il faisait froid, fonçant ç travers la
haie épineuse en lisière du champ, il fit halte au bord
de la pente du ravin o^régnait les ténèbres et le
silence, comme au fond d'une gorge, eh, advienne qui
pourra ! Il se mit à descendre, tout en retenant sa
lourde et incommode sacoche, la pente devenait sous
les semelles humides, forant à prendre le trot, il
écartait les pieds pour ne pas tomber, en essayant de
glisser sur les semelles comme ils le faisaient sur la
neige des montagnes.

Neige tiède
Vers l'aube au vent du printemps tiède et dru qui venait
di sud et qui gifla la vallée, sur les chemins, les flaques
prises par le gel nocturne se mirent à scintiller, la
dernière neige, une neige spongieuse que la nuit avait
glacée, se tassa en craquant dans les ravins, chassée
vers le nord, la noire voilure des nuages défilait sous le
vent, lent cortége majestueux qui dépassait avec des
sifflements et des sonorités de chanterelle, fendant l'air
humide qu'ils emplissaient d'un brouhaha de joie
contenue, les vols innombrables de canards, de
bernaches et d'ores en route vers la chaleur et qui
fonçait vers le lieu séculaire de leurs migrations.
Le poète se réveilla bien avant le jour, les volets
gémissaient aux fenêtres, dans la cheminée, le vent
chantait une complainte, grêle, une feuille d'arbre
déclarée grondait sur les toitures.
Couché sur le dos, les mains jointes derrière la nuque et
le cerveau vide de pensée, il contemplait le bleu
crepescule du petit jour, prêtant l'oreille tour ç tour aux
giclées de vent battant les murs et au souffle égal,
passible, presque puéril de sa femme endormie contre
son flanc

Lyrisme psychologique
Chacun des écrivains suit sa propre voie pour joindre
la vérité ce qui prouve une de plus qu'il n'est d'autres
moyens d'attendre celle-ci que d'égaliser
démocratiquement toutes les approches si variées
soient elles et de laisser évoluer en toute liberté les
styles les plus dissemblables pour ce qui est de la
quête thématique, esthétique et linguistique, les
récits en presentatnt aujourd'hui une grande vérité,
la nouvelle parabole en constitue l'un des axes, les
plus remarquables sur ce plan, se sont les oeuvres
des écrivains qui y cernent nettement et explorent
certains modèles de comportement bien concrets qui
se sont forgés au cours des dernières années.
Un autre courant, fort différent du précédent, le récit
lyrico psychologique où se distingue un écrivain aussi
fécond qu'intéressant, chez qui se marient avec
bonheur les accents eligiaques et intimistes de la
prose avec le style concis incesif de la prose, qui
dépens avec une bonté sincère ses héros honnêtes et
intègres, il est même sentimental parfois dans le bon
sens du terme, mais l'écrivain se montrera
implacable s'il s'agit de bureaucrates, de personnage,
oisifs et cynique imbus de leur pouvoir, chacun de
ses récits est une analyse muticuleuse des conditions
sociales qui empêchent les hommes dignes de
s'affirmer pleinement mais présentent un terrain
favorable pour ceux qui mènent une existence
parasitaire dans le domaine du social et spirituel.

Modus vivendi
Pour peu que l'on mérite sur la filiation des époques,
l'on en vient au problème des liens entre les
générations dans la société contemporaine, il
semblerait que traditionnellement les relations
parents enfants sont de la compétence du roman et
les investigations poussées dont elles font l'objet ne
concernent que ce genre " majeur', toutefois, le récit
aurait aussi son mot à dire, il cherche a cerner le
phénomène, à dégager les noeuds douteux, les
conditions, et les désaccords, avec les veterants de
notre prose, ou le modus vivendi, le pragmatisme et
le cynisme qui contaminent les âmes, bref comme on
disait jadis " audiatur et altera pars : " dans la vie
sociale, semblable attitude respectueuse envers '
l'autre partie ' est la condition indispensable d'une "
glasnost " authentique , pour ce qui est de la création
littéraire, elle est le gage d'une vraie réussite
artistique de l'oeuvre.
Certains maîtres du récit confèrent à leur
investigations littéraire de la réalité une ampleur
historique bien visible, et ont en depuis longtemps un
penchant pour des cycles de récits qui formaient
ensemble un tableau cohérents de vaste envergure,
ces romans constitués de récits autonomes, sont
régis par une logique esthétique intérieur, a travers
les liens, qui unissent les récits, transposant les
rapports des diverses époques et événements de
l'histoire.

Futurisme

Sur les clôtures, l'ombre des acacias brode son


vivant ornement, de derrière les toits le soleil
clair et chaud, le monde entier aura sommeil les
tuiles brillantes comme du verre, une bicyclette
passa dans un battement silencieux d'ailes
d'oiseau ; fourgon allemand chargé de glace
roulait brique ballant...
Il s'avérait que tout cela relevait de la plus pure
poésie; à condition toutefois de découvrir l'âme
de la chose ou du phénomène, l'âme de la
bicyclette, par exemple, qui " passera " dans un
battement silencieux dans lequel le crissement
des pneus était quand même sensible , il
m'affairait par sa diabolique exactitude.
Je me relis et me dis, que tout est juste, mais pas
tout à fait; il n'est pas sans intérêt ou sans
utilité, pour soi-même et pour les autres
d'évoquer l'histoire de ce que l'on a soi-même
tenu de nous rappeler toute notre vie; toutes nos
années sont pour nous violement colorées et
inoubliables, hélas ! Leurs couleurs sont ni
délabrées si bien que " chaque" millésime
semble écrit au sang, ces chiffres, nous ne
pouvons les oublier, ils sont tracés sur nos
visages, c'est la crise des symbolismes, dont il
était beaucoup question aussi bien parmi les
symbolismes que dans le camps adresses, c'est
dand l'armée où se manifeste avec netteté la
tendance hostile au symbolisme et les unes aux
autres; " l'egofautisme" et premiers embryons du
"futurisme".

Aleph, nun et cendrier

En fumant ma cigarette, je faisait tomber dans


mon cendrier les cendres...au fond de ce
cendrier aucun n'était le mystère des mystères;
aleph, nun et il se mirait dans la table ronde., je
ne sais pas pourquoi ce cendrier me plaisait
enormement, il ne semblait le comble de la
splendeur, presque un musée de musée, l'objet
d'un culte injurieux dans la beauté était
rehaussée par la surface glacée de la table vide
et implacablement polie, au milieu de cette
chambre superbe où régnait le parfum d'un
coûteux tabac turc et un silence de qualité
qu'isolait du reste du monde des doubles aux
vitres épaisses.
Je pense aujourd'hui que ce cendrier était un
souvenir de pacotille que rapportait par centaine
d'Asie mineure les passagers des paquebots,
mais j'en étais proprement amoureux, et par une
habitude enfantée je me promettais, pour quand
je serai grand, de posséder un cendrier
exactement pareil où je ferais tomber les
cendres de cigarettes faites avec le meilleur des
tabacs turcs.
A l'époque, ce cendrier était tout neuf,
resplendissant, quoique l'intérieur fût quelque
peu terni et à peu près d'une couleur violacée
sous l'effet de la cendre de tabacs et des têtes
d'allumettes consumées à penser l'eu ai je vu
pour la première fois que je n'ai pu m'empêcher
d'évoquer mes récents poèmes. Sans aleph
nun…….dans le cendrier…?

Sirènes

Le silence remplissait l'univers, voila pourquoi les


sirènes des bateaux s'accroissaient toujours au
silence qui enveloppait soudainement le port
d'une nudité universelle et écrasante.
J’ai compris que les paquebots sourds étaient
non point un raffinement futuriste, mais un
visage étonnement réaliste, une inversion,
procédé tout neuf à l'époque, qui consistait à
transposer de l'homme à la chose, la sensation
de surdité, les paquebots se miraient en êtres
vivants, en femmes d'acier, avec des anciens
voyageurs.pour amants.
Quand à l'amour et au désir lubrique qu'elles
déversaient, en hurlant affreusement de leur
cheminées c'était là une observation géniale du
poète qui atteignait aux profondeurs les plus
secrètes du subconscient la même rêverie,
suscitant quelque chose d'affectif comparable au
désir sexuel, qui faisait frémir le port avec les
vedettes de la douane, les remorques, les
péniches, les canots, les drapeaux, le phare
blanc dont le reflet s'éparpillait comme une
lettre déchirée sur le miroir bleu, comme un
pressentiment de la nuit morte du sud, je ne
retiens pas le nom du futuriste, auteur de ces
vers, mais le tableau du port, créé par sa
puissante imagination, s'est à jamais imprimé
dans ma mémoire; la loi de la mouette.....!

A la mémoire de l’écrivain

Il est encore difficile de s'habituer à l'idée que


l'écrivain préféré n'est plus parmi nous, au déclin
de son âge, il avait su conserver la jeunesse du
cœur, la vivacité de l'esprit et un civisme
passionné, on aurait dit que les années n'avaient
fait que renforcer en lui le sentiment de sa
responsabilité d'écrivain envers son temps, ses
livres restant comme autant de témoignages où
l'intelligence va de pair avec le talent et la
diversité et essentiellement ses mémoires, en
cela quand il interrompt l'auteur parce qu'il
fallait le loisir de mieux vouloir et de mieux
saisir, selon les changements intervenus dans sa
vie intérieure et aussi dans celle du monde, il a
son mot à dire et le lecteur aurait raison
d'interpréter son silence comme volonté de faire
silence, comme une façon de prendre sa retraite
d'être pensant.
Après qu'il eut écrit dans les livres précédents de
ces mémoires, on trouvait beaucoup , j'avais
même l'impression qu'il ne s'arrêtait jamais
d'écrire quelle que fût l'heure où je venais, je
voyais toujours, par la porte de son cabinet de
travail entrouverte sur la pénombre du corridor,
les fenêtres donnant sur une ruelle vide, un
bureau de modeste dimension, il écrivait à
l'encre verte avec un stylographe " titre", si j'ai
bonne mémoire, à chaque fin de page au lieu
d'employer un buvard, il mettait de côté le
feuillet, d'un geste impartit comme s'il prenait
ses mots dans un clapin, il l'agitait pour que la
page sèche plus vite...!

Maître et poésie

J'apportais au maître des poésies et des écrits


toujours nouveaux :

Mon cahier à la main, en me désignant d'un


mouvement de la tête, comme tous les
débutants on s'imagine que la littérature nous
apporterait la gloire, l'argent, le luxe, avouons
que nous rêvons de voir nos portraits dans les
journaux et les revues, des critiques élogieuses
dans la presse, on prétend que l'art pur est notre
unique ambition, on ne va pas imaginer que tous
les écrivains célèbres soient nécessairement
riches, avant de s'assurer un train de vie plus ou
moins convenable presque tous ont connu une
gêne affreuse, sinon la misère noire, plutôt que
la vie dans une demeure seigneuriale, avec ses
portes monumentales et polies, ses parquets
superbement cirés, ses fenêtres vénitiennes à
appui de marbre tiède, ses espagnolettes
flamboyantes à force d'être astiquées, ses
profonds hauts où se reflétaient en été les
feuillages des acacias blancs qui bordaient cette
vue tranquille et artistique, et en hiver, les
arbres bleus au tas de neige , les silhouettes
imprécises du traîneau avec la quantité
strictement nécessaire d'excellent mobilier, sans
étagères, consoles , bibelots , napperons et
dessus de table des intérieurs petits bourgeois,
cette vie cadrait ou ne pouvait mieux avec l'idée
que je me faisait d'un aristocrate, gentilhomme
de vieille souche, académicien, doté d'un goût
irréprochable.

Le métier d’écrivain

En général, j'écris vite, mais je publie lentement,


la première partie de mon livre me prend une
quinzaine de jours environ, évidemment, je
l'avais longtemps mijotée d'abord, mais ensuite
je l'ai écrite d'une seule traite, j'ai apporté de
petites corrections quand le texte a été au
propre, prit dans les épreuves, mais cela, c'est la
routine.
Jusqu' alors, j'était persuadé que j'écrivais
lentement, avec enormement de brouillant, de
corrections et de variantes, polissant et
repolissant chaque phrase, changeant les
épithètes par dizaine.
J’ai l'impression que ces genres de "
flaubertisme" très répandu aujourd'hui encore
parmi certains auteurs qui croient dur comme fer
qu'il existe un " métier" de l'écrivain comparable
à celui de l'orfèvre et capable de faire de
l'artisan un artiste, qui était parfaitement
étranger encore qu'il lui arrivait de parler de
"polissage», " fignolage" et autres sornettes qui,
en notre époque de "mauvisme", font sourire.
Ce qui faisait la force du plasticien, c'était sa
réaction extraordinairement prompte quasi
fulgurante, à tous les excitants, et sa capacité de
la matérialiser instantanément dans les mots
exacts.

Fleur rouge

Fleur et fourmis , Tout entier jusqu'à la dernière


fibre , j'étais absorbé par la contemplation de la
fleur rouge mûre, marquée par les premières
stigmates de pourrissage, les dentelures jaunes
barraient à une gûepe l'accès du coeur écarlate
de la fleur moribonde oû se consumaient
sombrement les charbons de la guerre , de la
révolution future, encore hors de portée de ma
conscience, l'autre fleur était fanée, et sur sa
chair morte, rampaient les petites fourmis
rousses qui escaladaient en chaînette, la
balustrade de plâtre.
Je revois ces fourmis, menues et frêles et il me
semble que ce sont les mêmes, au fait, ce sont
peut être bien les mêmes, les fourmis éternelles,
sans signification, si éphémères qui cherchent
instinctivement dans l'univers immense et
inconnaissable, le corps de la fleur en
décomposition, comment l'appelle-t-on ?
Maintenant je sais, alors que je l’ignorais il ya un
instant.......
Ophélie, paraissait et chantait, elle chantait, elle
chantait en tressant des couronnes, la rivière
l'engloutit avec ses fleurs, ses couronnes et ses
chants....oh comme, ils ont fini, les jours radieux
de longueur insensée, depuis longtemps le
bonheur est noyé, seuls voguent encore les
chants et les fleurs....

Le poète d’automne
Le poète d'automne, l'auteur de cette chute des
feuilles que je ne me lassait pas d'admirer, tel un
palais peint d'or, de pourpre, de violet, le bois
dressé au dessus de la clairière, sa muraille
riante et tachetée, qui n'est pas moins la plus
brillante apothéose de toute une époque en
poésie, chacun de ses vers libérait un chapelet
d'idées chères _ toutes au coeur humaniste.
Tel un veuf esseulé, l'automne pénètre en sa
demeure colorée...lentement le croissant monte
vers le ciel, il raccourcis les ombres et met un
voile transparent sur la forêt et le voilà, qui du
haut des cieux embrumés me regarde droit dans
les yeux....
Tel un palais peint d'or, de pourpre, de violet le
bois dressé au dessus de la clairière sa muraille
riante et tachetée...la lune embrumée monte
comme un fantôme au-dessus des pins, drapé
dans sa cape d'hermine, le visage pâle et pur,
l'automne vient sur le pas de sa porte saluer son
dernier jour dans la forêt.
Des palais de glace illuminaient le ciel bleu de
cristal et d'argent, dans la nuit blanche de leur
éclat, brillant des lumières des voûtes célestes,
le bouclier étoilé du sagittaire, à l'heure oû
flambe, dans le silence, l'incendie glacé,
l'éblouissement de l'aurore boréale.

Une baie et un poème

J'étais sidéré, le tout simple mystère de la poésie


que jusqu’à présent m'échappait et me vouait au
desepoir, venait soudain de m'être révélé.
depuis longtemps déjà, j'avais compris,
confessant, même , il est vrai que savoir faire
des vers, on n'est pas encore prêt à être poète,
l'aisance de la vérification ne me leurrait plus, la
figure du poème si différente de la prose, avec
sa quatraine, avec l'élégance spéciale de la
typographie, avec ses points de suspension et
autres réaffirment quoique qu’éxcercait toujours
sur moi un pouvoir hypnotique, commençait à
m'agacer parfois, l'idée ridicule m'étais venue de
répertorié dans un vulgaire cahier d'écolier,
toutes les paires de rimes imaginables, puis
d'apprendre par coeur, comme la table de
multiplication, toutes les métriques existantes,
lambes, amphibraques, ce qui, somme toutes,
n'étaient pas tellement difficiles à comprendre,
et hop là..: fouette cocher.

Quant à la terreur des poèmes elle est


universellement connue et à la portée de toutes
les intelligences.
Rêves, tendresses, mélancolie, angoisse,
arrosant le jardin au clair de lune, rivière,
passion, fleur d'automne, printemps, hivers, plus
rarement l'été, baisers enflammés, nuit, aube,
crepescule, plus rarement midi, coeur infidèle,
aussi destin, adversité.... le reste à l'avenant, et
bien entendu, mers, océans, vagues écumantes,
golfes tempêtes.... mais en général une baie ?
Pourquoi pas ? Mais une baie en général, pas la
vrai baie, mais celle qui est dans les livres et qui
ne fait pas naître dans l'esprit une image tant
soit peu précise.

Réserve de mots

Il faut écrire des vers tous les jours, de même


que le violoniste ou le pianiste doit travailler son
instrument plusieurs fois chaque jour sans faute,
autrement votre savoir finira par se trôler, par se
desecché comme un puits d'oû l'on ne tire plus
d'eau depuis longtemps, mais sur quoi écrire ?
Sur une fleur ? Sur les fourmis éternelles sans
signification si éphémère, qui cherchent
instinctivement dans l'univers immense et
inconnaissable, le corps de la fleur en
décomposition, comment l'appelle-t-on ?
maintenant, je sais alors, je l'ignorait, j'ai
remarqué que la vue d'un objet est triplement
obsédante si vous n'en connaissez pas le nom,
donner des noms aux choses, il n'y a peut- être
que cela qui distingue l'homme de tous les êtres
vivants, seulement je ne dispose pas d'une
réserve de mots suffisante pour nommer les
millions d'êtres, de nations et de choses qui
m'environnent, c'est une torture, plus terrible
encore, assurément que celle que subit l'objet
dépouillé de son nom, son existence est
dévalorisée.
Des nuées d'objets sans nom souffrent le
martyre autour de moi et me martyrisent en me
faisant comprendre que je ne suis pas un dieu,
les choses de l'éternité, comme les figurines
d'or, toutes neuves des bouddhas non encore
encaissées dans les recoins d'ombre des
temples, au milieu des pierres surchauffées sous
le ciel oû ils respirent la fumée expiatrice des
plantes brûlées, le parfum des pavots jaunes de
l'absinthe, les bouddhas se ressemblent tous et
leur longs sourires n'expriment aucune idée, ils
attendent leur incarnation, qui ne peut
s'accepter que lorsque surgira au monde une
nation absolument nouvelle exigeant d'être
exprimée plastiquement...couleur rouge,
Bouddhas, juges d'or des sacrifices…….

Train et sifflet

Un croissant de lune effilé guindaillait par la


fenêtre, quand des nuages le masquairent, la
salle paraissait humide et inacceuillante, une
sourde rumeur parvenait de loin, elle s'amplifiait
lentement, se changeait en un grondement
distinct et décroissant peu à peu.....
Drôle de chose que la vie, tant qu'elle ne vous a
pas coincé on n’y pense jamais, on vit le jour le
jour...on se rejouait de toucher sa paye, on boit
pour être gai, on a le cafard après s'être
chamaillé avec sa femme, on gaspille sa vie tant
qu'on peut...elle est pourtant sans prix, mais
nous le reconnaissons trop tard , c'est comme
pour l'âme qui va prendre l'express tant qu'il
n'est pas parti, on bavarde de ceci et de cela,
mais quand le train a démarré quand la voiture
de queue a disparu, on s'avise qu'on a oublier de
dire l'essentiel, trop tard un dernier coup de
sifflet et adieu......on reste avec la chanson ; et
j'entend sifflet le train, j'entendrais sifflet ce train
toute ma vie.......!

Les toiles fripées


Dans un pichet, les fleurs de l'automne, le poète
les a sauvé de l'orage, elles vivent, vestiges de
la beauté dans un rêve de bonheur perdu.
Sur la table, les fleurs de l'automne, le poète les
a sauvé d'une mort précoce, des boites de
couleurs, des toiles fripées et un chapeau pendu
au chevalet.
Je revis avec saisissante netteté, l'encombrant
chevalet maculé de couleurs, oû pendait
négligemment un chapeau de velours aux bords
artistement recourbés à la tyrolienne, l'un en
haut, l'autre en bas, ce qui rendait avec une rare
justesse le caractère humaniste, l'élégant
dilettantisme et les naïves veillétés de
bohême......
Souvent, par la suite, il m'est venu à l'idée qu'un
chapeau de velours olive, aux bords en courbes
à la tyrolienne, devant coiffer autrefois le critique
et l'este était sur ma tête......
Les toiles fripées, il est vrai, ne lassaient pas de
me troubler, il est bien rare que les toiles, chez
les peintres, soient fripées, ou bien elles sont
tendues sur châssis, ou bien enroulées dans un
coin, allez donc les froisser...!
Aujourd’hui encore, elles m'obsèdent, ces toiles
fripées, attestant que les meilleurs poètes ont
parfois de ces épithètes faciles, exactes à
première vue, mais fondamentalement fausses,
conçues selon le principe du déjà vu...oû on
n’accepte pas d'admettre les toiles fripées, je les
voyais en rouleaux, lourdes d'huile, ceci dit, là
n'est pas l'essentiel .

Lettres et humanité

Certaines personnes cherchent à denier notre


droit inaliénables à l'humanité et oublient que
notre bien qui traversant des chemins différents,
n'en est pas moins glorieux.
si nous revenons à notre pensée, si nous ne
prenons pas nous pas nous même d'initiative de
faire part un monde extérieur de ce que nous
possédons dans notre propre terre, le monde
occidental n'apprécieras vraisemblablement
d'aucune manière les valeurs que nous
possédons, notre musique peut être étrangères
seulement pour des oreilles inexcerçées de la
même façon que d'autre langues nous la
paraîtrons à nous, avant que nous n'ayons eu
l'occasion de les apprendre, nous devons
reconnaître, cependant que la valeur de notre
musique et nos langages en tant qu'héritage
universel dépend beaucoup de notre aptitude à
les interpréter pour le monde extérieur, c'est
ainsi que nous pouvons transformer des trésors
régionaux en un héritage mondial que nous
serions fiers de partager librement avec nos
voisins.
Le respect pour le pouvoir politique est grand, il
en est de même pour des découvertes
scientifiques et pour de grands exploits
d'endurance physique comme la traversée de
l'atlantique mais il n'y a aucun doute que le
monde tient également en grand estimes les
efforts des individus pour révéler les trots
complexes de l'esprit au bénéfice de l'humanité.
Les résultats en ce domaine conduisent à une
compréhension plus grande de nos problèmes et
créent l'harmonie et le respect mutuel sans
lesquels nous ne pouvons pas goûter les
découvertes de la science, ni appreçier le plaisir
de la réalisation qui doit venir de l'escalade des
sommets de l'Himalaya.

Route et monde
C'est notre devoir d'ouvrir autour de nous les grands
trésors de l'esprit au monde, d'escalader les éverests
de l'âme africaine jusqu'ici encore cachés dans les
croyances de l'oubli et c'est pourquoi je chante sur
l'Afrique, l'Afrique que je connais et que j'aime si
tendrement.
Laissez-moi terminer sur une note capitale de
matérialisme, nous en tant que race, avons souffert
d'une grande privation physique occasionnelle par
l'esclavage, l'impérialisme et toute les autres formes
obéissantes de la contrainte physique.
mais les inaptitudes physiques résultent de ces formes
d'agression ne sont rien par rapport aux énormes
pertes intellectuelles et morales que nous avons subies
au cours des années, en vérité de mauvaises conditions
physique, tel que le travail forcé.
il doit être clair pour nous cependant que les choses
contre lesquelles en tant que race, nous devons résister
sans compromis sont les derniers vestiges de
l'agression intellectuelle et culturelle qui existe de notre
temps, ceux-ci sont plus insidieux parce que leurs
épreuves sont peut-être encore plus paralysante que
l'impérialisme et le colonialisme, nous pouvons voir
l'impérialisme politique parce que l'aspect de ses
chaînes est évident, mais l'impérialisme culturel qui
comporte les restes dévastateurs de la subordination
politique est une force aveugle qui déprécie nos trésors
traditionnels et même quelque fois nous rend honteux
d'être trouvés associées avec eux en fois des cultures
soi-disant élégantes de l'ouest, bien des gens,
exaspérés par les inégalités apparentes qui existent
entre les deux cultures africaines et européens ont
souvent jeté leur armes en désespoir de cause et
déclaré que nous ne devons rien avoir à faire avec
notre passé parce qu'il apparaît relativement arriéré et
parce que cela prendrait des siècles pour le hausser au
niveau des modèles occidentaux, ils saisissent toute
occasion d'extraire notre riche culture des toutes
puissantes du passé et balayant les poussières grises
des siècles, d'exposer celle-ci sous sa splendeur
nouvellement retrouvée pour que le monde la voie et
l'admire.

La musique africaine

Le génie musical des africains n'a pas été aussi


unanimement reconnu, que leur genie dans la
sclpture et l'invention du motif malgé l'influence
trés répandue qu'ils ont éxercée sur la musique
dans le monde.
Aux USA, la musique des ésclaves africains a été
la seule musique folklorique americaine et c'est à
ce jour la contribution artistique la plus belle et
la plus typique qu'elle ait à offrir au monde.
La musique africaine n'a pas encore acquis une
grande renommée, peut-être parceque la
maniére africaine de conçevoir la musique différe
de celle des peuples de l'europe occidentale et
des USA, on peut dire en general que la
conçeption europeenne de la musique repose sur
la mélodie et la conception africaine sur le
rythme.
Des trois éléments utilises en musique , la
mélodie, l'harmonie et le rythme, le premier n'a
relativement qu'une trés petite place dans la
musique africaine, mais une fois aux USA peu à
peu le sens de la mélodie se developpa dans la
musique des ésclaves africains.
De l'harmonie on doit dire que l'africain a une
connaissance et une intuition instinctive et
quand ils commencent à chanter à plusieurs
voix , leurs refrains typiques se sont formés en
general en quartots des " barber-shop" chords
des états americains du sud et c'est là ou naquit
la vogue des accords dit " l'échoppe du barbier"
et contituent la methode de la stricte harmonie
pour les arrangements pour des voix d'hommes,
accompagnés d'accords parfaits composés de la
tonique émise en même temps que sa tiérce et sa
quinte.
D'autre part le negro spirituals et le "ring shout"
est un vestige d'une antique danse africaine, le
"deep river" et l"hallelujah" ont une qualité
rythmique remarquable et le jazz est une
revolution dans la nature même de la creation
musicale, comme l'a montré Count Basie devant
un auditoire choisi parmi l'aristochratie au royal
festival halles de Londres,
POESIE

Une grande guerre

Sur la terre terriblement petite,


Vivait une fois un petit homme
Il avait un tout petit emploi
Et une sacoche très petite
Son salaire aussi était petit
Et un jour,
Par un fort beau matin,
A sa fenêtre frappa
Une guerre
A première une
Assez petite
On lui donna un PM pas assez grand
On lui donna une paire de bottes à l’avènement
Et un petit
Casque
Et une capote
De la petite
Taille …
…..et quand il est tombé
Très emprunté….
Non-conformité….
La bouche déformée
Par la clameur de l’attaque
Il n'y eut dans le monde
Assez de marbre
Pour tailler l’effigie en pied
Du bonhomme.

Tout est printemps

Boulevards et rhumes
Et le vent
Humant l’herbe d’hier
J’ y crois, au sourire
Caché dans le vent
J'y crois, à la caresse, à la force
Du courant d’air.
A l’argent, soudain rouge
J’y crois aussi
Seule la neige bleue, je refuse d 'y croire,
Déjà les raies du soleil la prennent à parti. :
Un petit astre
Vibre à chaque vitre
Les ruisseaux, jouant les jeunes rivières
S’élancent pour rejoindre les flaques
C’est leur nature océanique
Tout se presse, se bouscule gargouille
Rattrape
Concède du terrain.
Quelque chose
Quelque chose, c’est sûr
Quelque chose d’essentiel
Va se produire.

Monologue pour un printemps

Passé le seuil des gouffres affolants


Pour l’un d’eux, à m’amuser
Je prends un ticket
Quelque 'un, cette nuit,
Chanta sous sa fenêtre
Un voyou, probablement
Ou un poète,
Une goutte dingue toque au carreau
La descente teint une bile. :
Comme une paix inconcevable, l’azur.
Monde immense,
Qui aujourd’hui avoue, ne comptez pas
Qu’elles vous épargnent…
Ou êtes-vous, les grands orchestres ;
Voici des jours bien faits
Pour jouer sur les places. :
Tout est printemps.
Les actes
Les signes :
Et les pas allongés, sans y penser sur le pavé.
Le feu de bois

Le feu se mourrait, comme un humain


Tantôt il s’apaisait, a bout de force.
Tantôt
Il tressaillait
Et ses longues, jaunes, transporte mains
Battait l’air.
Mais il tressaillait encore,
Il attaque un mince filet de fumée
On eut dit qu’il voulait empâter avec soi
L’étouffante, l’immobile foret.
Zébrée du jaune qui tremble,
Les oiseaux et leur confus langage
La longue traîne de brouillard duveteux
Et les herbes, et la jonchée d’étoiles blanches
Qu’à peine cachaient les nuages.

Averse

 attends… :
 le silence et puis,
 attends…
Plaque, l’obscurité rebelle,
Contre la terre assombrie
La pluie frappe les bourgeons gorgés
Comme vérité droite
Des oiseaux ruisselants
Frissonnant sur les rameaux écrouis…
L’averse est folie.
N’importe
Derrière le mont noir l’orage
Évite la longue injure…
 attends. :
 oublie tout ça :
 oublie :
 moi
 attends ;
 j »ai oublié
 enfin pour, pour cette fois…
 tu veux, je sèche les oiseaux
 je me fais sur les bois sirocco ?

A la guerre

Baroudeur, au bout du monde


Que m’emplisse la haine ou l’amour
L’essentiel.
 crucifiez-moi
Si ça vous chante
Pas question.
De m’en dédier
- Fusillez-moi
Je ne serai pas félon
Au drapeau
Couleur de mon sang
Ceci est ma seule conviction
Tous mes neuf mille jours d’existant
Ceci est ma conviction
Depuis mon premier souffle
Depuis mon premier lait maternel et tant que le
vent de la route
Me cingle la face
Tant que je vais, d’un pas égal
Sur un soi qui n’est pas duvet
Tant que j’ai de bons
De vrais camarades,
Et que je n’oublie pas le mal
Et sur le bûché je me brûle pas
Ce credo, restera aussi fort
Pour le détruire en moi
Il faudra tuer mon cœur d’abord.

Fleur bleue
Tu veux
Je t’apporte la fleur bue du bout de la terre ?
Tu veux
Je t’offre demain
L’aurore, j’écris
‘ Ceci, pour elle…
Elle…’
L’averse, écartant les branches
Dans la nuit sa dandine
Tu veux
A l’instant, je supprime
Ce poisson gris ?
Non, attends :
Pourquoi tu ne dis rien ? :
Tu ne me crois pas ?
Crois :
Il faudra bien me croire
Quand,
La pluie cessera de gronder :
Le monde se taira surpris
Tel qu’en lui-même
Tu lèveras une paupière
Doucement, un regard par le carreau
Et tu le verras
Sur la terre, sur la terre énorme
Mon cœur, Mon cœur déjà haut

La nuit de var laine


Tout est épuisé, ressaisi
tout est vieux,tout est vain
tout est rature, déchirée
et la plume leur tombe des mains
front où de rares mèches collent,
coeur éteint qui dit à mi-voix
-que peuvent pour toi
tu sais tout mieux que moi
dehors, le temps finit sur son aile
que tu sois d'humeur sombre en tâches
sache bien qu"en vain tu m'appelle
je n'ai rien à t'apprendre...."
comme enchaîné sur une claie
sur son grabat il est penché
dés minuit raviraient les plaies
de son désemparée...
mais le premier rayon pénètre.
Meurt la nuit.......
c'est comme une porte entrouverte
l'aube tout !
La lumière
jaillit !
Éclate !
Et tombent les chaînes
et règne a nouveau sur Montmartre
le mage Verlaine
sur ses passions et ses doutes
ses jardins, ses rues, ses traits
c'est l'heure, Verlaine,
et l'écoute
tout Paris

Soudain

Qu'il est trompeur, le mort soudain


il touche au tour de nous sans fin
et chaque instant à chaque coup
transforme tout !
Le monde et nous
soudain l'hivers devient printemps
l'idée banale- un trait piquant
soudain des fleurs naît du bouton
l'amour se mue en trahison
soudain la fusée alunit
soudain on oublie un vieil ami,
l'auteur de vus sans queue ni tête
s'est révélé soudain porté
"soudain" par et par là " soudain".
N»en crois rien, c'est une terre de l'aube
soudain est l'oeuvre et non moins
de nos pensées, de nos discours.
Mûrir en nous de jour en jour
tu n'as qu'à regarder autour
de toi.....
Et même en poète
aux vers jadis sans queue ni tête
scrutait les coeurs et les esprits
tout est si bien qu'il a compris
pour ceux-là seuls qui ne voient rien
ce poète a surgit
soudain.

Constellation
Entre la mort, la vie et la mort à nouveau
entre zéro et tout, et nous zéro
cette étoile fend l'ombre dans le bourbillon
des systèmes stellaires marqués d'explosions

par les cieux, les rivières qui sillonnent l'espace


face aux astres levants et aux astres mouvants
inextinguible grain de poussière , elle passe
vif éclate de raison, fulgure au firmament

je ne me mêle pas de réfuter les hommes


de science, et ne sais ce qu'ils lui ont prédit
je voudrais seulement la prendre dans un poème
pour l'abriter du vent ainsi qu'une bougie.

L’artiste
A travers les ténèbres et la corruption
le bien se fera pour, j" y crois du
coeur du fer,
le talent est semblable à la révolution
qui fait brèche aux barrières

Il a beau être en bulle au rire, aux vexation


du clan des ignorants, des rats, des receptible
le talent est pareil à la révolution,
sa victoire est inévitable

par sa vérité vraie, sans falsification


par son inaltérable essence
le talent est semblable à la révolution
prêts à poursuivre son avance.

Un grain de quotidien
un grain de sable
un instant bref et presque insaisissable.
Le coup de vent qui l'avait emporté
à ta croisée ouverte l’a jeté.

Les grains de sable du quotidien...


sable infini
sans bornes, sans limites............
il vole en sens oblique du destin
sur nos chemins des tourbillons l'agitent.
Il nous frappe au visage et nous mentit
ce flot de grain de sable de la mer
monte sans bruit autour d'un frêle arbuste
au front duquel l"inspiration fleurit
à l'aide ! Crie la voix de la victime
les branches pendent, le feuillage est sec...
le sable couvre l'arbre avec le cime,
le monde disparaît sous les aregs
où gisent enfouis les derniers brins
d'herbe et de notre sang l'ultime jaillie.
Prend garde
lorsque vole sur la route
le grain de sable
du quotidien

Mon coeur languissant

Je l’ai porté d’abord dans mon cœur languissant ;


Puis dans mes yeux décents qui décernaient leurs
corps ;
Dans mes bras velus en fantômes puissants ;
Sur le beau dos, les reciproques tordaient, c’est
contestant ;

Je l’ai nourri d’un mirage évanescent


D’un brin de sagesse, clamé par ce beau corps
Je l’ai nier, avant ; pendant et toujours
Renier ma liberté et sans gémir sur mon sort
Ecoutant au loin leur messages stressants

Tel un vieux chevalier toujours adolescent


Qui prend aux pieds fragiles de ces dames tout son
élan
Se perdant dans leurs seins divins, leur sexes d’or
tout effervescent

Le poéte et l’autre
Le poète est celui qui comprend
L’autre ;
L’autre admire le poète
Mais ne le comprend pas
Le poète est cœur, vivant de perfection
Le savant n’est qu’esprit qui joue à la perfection
Quand les savants et les poètes font une ronde
La perfection peut-être serait de ce monde !

Le poète est le martyr de la vérité


Le journaliste vit en elle de multiples façons
Pourvu que l’opinion morde à l’hameçon
Le poète ne peut s’adapter
Qu’a la vérité

Quand le poète aime ;


Il s’éloigne du règne animal
Quand la femme devenue fidèle
L'homme se substitue au mal

Le poète n’est jamais de son temps


C’est un prophète qui attend
Le diplomate fait attendre
Dans l’anti-chambre
Que le passé hante
Se mêlant à l'actualité brûlante

Le poète méprise l’argent


Et quand il l’a, ne peut s’en satisfaire
On dit qu’il est négligeant
Ce qui l’intéresse c’est la richesse des vers
Il travaille dans l’humilité
Menant une existence précaire
Parfois il est élu « maire »
Mais pas pour l’éternité
Le poète espère la reconversion
Sociale, dans la méditation
Le syndicaliste est militant
De naissance, de l’hivers au printemps
Si le syndicaliste est poète
Vos revendications seront-elles satisfaites ?

Le poète est celui qui comprend


L’autre
L’autre admire le poète
Mais ne le comprend pas
Et tant mieux … !

Mort d’un poète

Le portrait d'un jeune poète aux cheveux ondés


comme une toison apparut devant moi, ses yeux, son
nez, ses sourcils, ses oreilles semblaient tous
ordinaires, mais pris ensembles, ils lui prêtaient
l'aspect le plus merveilleux, en effet, on ne pouvait
expliquer son aspect extraordinaire en le détaillant
trait par trait, mais tout en lui était véritablement
humain :
dans le silence de la nuit
ta face pure m'apparaît
les charmes des chants de jadis
ensorcellent mon coeur muet
L'une ensorcellent l'autre ces lignes transpercent
mon coeur, non, l'homme ne pouvait se passer de
cette clarté, de cette pureté et de ce bonheur
inconcevable, quoi qu'on dise cette autre vérité
apparue dans le silence de la nuit et n'exigeant
aucune preuve existait, l'"homme devait vérité ce
bonheur même au prix de sa propre perte, celui qui
ne l'a jamais éprouvé est un homme si malheureux,
si misérables que lorsqu"il retournera en terre, son
empreinte transparente immatérielle resta, dans
l'espace de cet au*delà que son âme avait jadis
habité.....son fantôme restera a planer au-dessus de
l"endroit où il est tombé sous toutes les pluies qui s'y
déverseront, il restera au milieu de la bruyante place
publique, si une ville y aura^été érigée, il étendait
ses mains, sol interrogera les générations passant
devant lui pour savoir pourquoi il avait et pourquoi il
était mort.....

Charmante petite station balneaire, où l'on visite


surtout la medina, l'une des plus pittoresque ville de la
côte atlantique et où on admirera la forteresse de style
Vauban construite par les portugais, qui avoisine le
port, la skala du port, avec sa grosse tour carrée et la
porte de la marine est encore armée de ses vieux
canons pointés sur la mer qui deferle au pied de ses
remparts.
La ville s'étend sur une presqu'île, etroite et basse, dont
le rivage est largement exposé aux fortes marées
d'hiver.
Dotée de muraille divisant la vieille cité en plusieurs
quartiers, kasbah, mellah ,et medina, cette ville
étonnera un peu les visiteurs avec ses rues rectilignes
qui lui rappelleront qu'Essaouira fût conçue, dans la
seconde moitié du XVII siecle, par un français Theodore
Cornut.
Sous l'influence des vents alizés, Essaouira jouit d'un
climat egal et tempéré, doux en toutes saisons.
Le littoral est bordé de dunes et de plantations de pins,
au sud se bousculent des collines et des monts dont
chacun constitue un belvedere d'où l'on discerne la
côte.
Toute la contrée est plantée en arganiers et en thuyas,
c'est le verdoyant pays HaHa qui est dominé par le
mont amisiltene.
Au nord, le terrain est moins accidenté, seul le jebel
Habid, la montagne de fer domine le pays qui est un
vaste plateau incliné, aux arrêtes rocheuses et
rectilignes. au-delà, s'étend la plaine alluvionnaire
sillonée par l'oued tensif, c'est le pays chiadma, marqué
par l'histoire legendaire des sept saints Regraga dont
les tombeaux sont repartis à sidi Wasin, au Nord-Est du
mont Habid à Akermoud, à l'Ouest du mont, et a
moulay Bou zerkoun au nord d'Essaouira l'une des plus
interessante consiste à se rendre dans les îles de la
baie identifiée avec les îles Purpunaires où le roi Juba II
édifie vers la fin du 1° siécle avant J-C, une fabrique de
pourpre, on y mit au jour une villa trés luxueuse,
pourvue de thermes et quelques vestiges d'ateliers.
La contrée qui s'etend entre Essaouira et Agadir où
finissent les dernieres pentes du Haut Atlas occidental,
est sans conteste étrange, c'est un plateau monstrueux,
sans sources, bien que profondément raviné, par de
nombreux oueds, où les eaux de pluie sont
methodiquement recueillies dans des citernes, dans un
pays aussi sec, l'arganier est une ressource
providentielle tant pour son bois, ses fruits, que
son feuillage reservé au paturage pour le baeetail des
gens qui s'adonnent à quelques cultures....qui aident les
habitants pour leurs ressources provenant de la pêche
pratiquée sur la côte par des pêcheurs utilisant un
matériel et des procédés anciens, ceux des gens
d'antan , ceux de l'Atlantide.........!
à voir le voyage du Râ II.

SIGNES DU PRESENT ET PHILOSOPHIE


FEUILLETS LITTERAIRES
Lisez dans « Œuvres et réflexions », les dernières
nouveautés du roman, du récit, de la poésie et du
théâtre national et international, des études, des
commentaires, des témoignages, des débats sur les
œuvres et les problèmes, les livres, les spectacles, la
musique, les beaux arts, les films.

Un forum idéal
Ce forum serait consacré principalement à la musique
sereine et sérieuse contemporaine ou à la littérature ou
à la politique, en raison du nombre considérable de
personnes, de tendances et débats associés à la
musique de notre temps, elle ne saurait naturellement
prétendre à une numération complète, l’absence de
certains thèmes ou l’omission de telle référence ne
constitue donc nullement un jugement de valeur.

Signes du présent
Chaque œuvre est consacrée à une problématique à
une thématique qui concerne un champ de savoir
suffisamment cohérent pour que chaque culture tienne
sa promesse, obéissent à une certaine rigueur tout à
fait ouverte, comme une petite fenêtre sur le monde,
coder, décoder les signes du présent qui soit autant
d’indicateurs à une mémoire en devient.

Savoir et désir
L’apprenti sorcier, ce n’est pas celui qui acquis la
connaissance, c’est celui qui utilise cette connaissance,
je vois que le scientifique ne peut pas atteindre grand-
chose d’autre que de produire du savoir et vis-à-vis de
la société de désir et voilà ce que nous savons, voilà ce
que nous pouvons faire avec, ce n’est pas au
scientifique de décider si ou le fait ou si on le fait, c’est
à la société de choisir.
Pour Jean Cocteau
A force de vivre au milieu de travail des étonnantes
usines de féerie du cinématographe, j’ai constaté que le
film était le seul véhicule possible pour réussir
l’équilibre entre le réel et l’irréel, pour hausser une
histoire moderne jusqu’à la légende.

Le cinématographe lumière avait à peine attiré


quelques dizaines de curieux dans le sous sol du grand
café, qu’on lui reprochait d’avoir présenté un spectacle
incomplet ses personnages étant muets, manquait la
phonoscope, plu tard la révolution provoquée par le
parlant n’avait pas seulement affecté la vie matérielle
des studios, elle avait eu une influence considérable,
artistiquement parlant, mais reste que les héros de
l’écran parlait en symbole.

Parlait de vrais studios, les halls de verre où se


fabriquent les films, n’ont pas d’autre véritable
originalité que de s’intituler « les théâtres de prises de
vue «.
Le ciné studio est un ensemble harmonieux de champs,
de vergers, de roseraies où se promènent les
mondaines, des demi-mondaines et des intellectuels.

Evacuez un salon qui avait une vocation principalement


littéraire réunira désormais en son sein, littérature et
autres formes de création artistiques, où des
discussions sur l’audela des œuvres, on discute à
propos de la création artistique dans toute sa richesse
et sa diversité qu’elle soit plastique, cinématographique
ou musicale, des artistes, des écrivains et intellectuels
venus de tous pays pour débattre de tables rondes et
de conférences de littérature mise en parallèle avec des
réserves proches de la création littéraire.

Ecritures engagées
Comment définir ou circonscrire ce que sont aujourd’hui
au Maroc les écritures engagées ? Multiformes, elles
peuvent être plus ou moins fiction ou autobiographie
expression d’une communauté de pensée ou d’une
expérience individuelle, voix multiples ou parole
unique, œuvres littéraire ou témoignage….
Vers la fin des années 60, beaucoup d’intellectuels et
d’artistes marocains inscrivent leur travail dans un
mouvement de contestation et de prises de position sur
des questions politiques et culturelles.
Des revenus, des romans et des manifestes poétiques
dénoncent les oppressions et les travaux de leur
univers social et politique, proposent une vision de la
société et de l’histoire susceptible de modifier les
consciences, affichent la rébellion ou la révolte.
Au cours de la décennie 90, enfin la situation politique
au Maroc évolue en valeur d’une plus grande liberté
d’expression, le besoin de démystification du passé, de
reçoit et de faits entraîne la publication d’écrits
d’anciens détenus politiques et de militants des droits
de l’homme, mouvement qui s’accentue au cours des
deux dernières années.

Crise de la philosophie théoritique


Si le paradoxe de la philosophie théoritique est éclairci
il n’en reste pas moins du point de vue central de
science actuelle et puisque l’inanité à laquelle la
philosophie theoritique est réduite porte en soi l’inanité
profonde de la recherche philosophique en tant que
discipline exclusivement spécialisée c’en est une
contradiction et une absurdité irrémédiable et puisque
l’inanité de la science , dés lors qu’elle est totalement
spécialisée et de ce fait inapte à définir le savoir
scientifique et l’idée même de l’irrationalité scientifique
est , à son tour contradiction théorique et pratique
insoluble et dés lors la crise de la philosophie
théoritique porte emblématique en soi , les motifs et les
causes de la crise des sciences et de la civilisation
mondiale, la crise de la philosophie et de son paradoxe
constitutif est donc bien autre chose qu’une épisode
marginale et négligeable de la culture, dont on viendrait
à bout par quelque forme en réorganisant les études
universitaires ou autrement.
Cette crise, bien au contraire, concerne notre vie et la
signification de vie de chacun, exile dans sa discipline,
exil aussi absurde qu’inévitable, le philosophe
théorétique ( qui aux yeux de beaucoup, serait
l’incarnation résiduelle d’un type de savoir obsolète,
sans actualité et donc inutile) coupe en réalité sur la
ligne la plus avancée des contradictions des difficultés
et des paradoxes caractéristiques des événements
contemporains, dans sa relative solitude et son
impression sociale, il perçoit pour tous et sans doute
mieux que personne l’origine de la crise telle qu’elle se
profile au seuil des sociétés technologiquement et
matériellement avancée.

Cahier philosophique
Naissance de l’humanisme évolutionnaire.
Une certaine activité philosophique marque une
certaine révoltions éthique, dont les consciencieuse
peuvent rapidement dépasser celles de la reforme, les
deux pôles en sont le développement de l’humanisme
évolutionnaire et la transformation de la religion.
Plusieurs mouvements rationalistes se sont réunis pour
fonder une union internationale éthique et humaniste
dont le programme se résumait en cinq principes
fondamentaux.
1-le principe démocratique peut-être appliqué à toute
les relations humaines et n’est pas limité aux méthodes
de gouvernement
2-l’humanisme moderne cherche à utiliser la science
pour des fins créatrices et non destructrices.
3-l’humanisme est éthique, il affirme la dignité de
l’homme t le droit de l’individu à la plus grande liberté
possible de développement compatible avec les droits
d’autrui.
4-la liberté personnelle est une fin qui doit être
combinée avec la responsabilité sociale, afin qu’elle ne
soit pas sacrifice à l’amélioration des conditions
matérielles.
5-un mode de vie visant au maximum
d’accomplissement grâce à la culture d’une attitude
éthique et créative.
Cette association ramifiée et puissante, association
humaniste d’une importance considérable et est en lieu
rapide croissance et qui défend des idées forces telles :
-les problèmes humains doivent être affrontés grâce
aux ressources intellectuelles et morales de l’homme,
sans invoquer une autorité sur –naturelle.
- la vie peut-être facile digne d’être vécue et suffisante
en elle-même sans qu’elle ait besoin d’être éternelle.
- la science et l’organisation fournissent des conditions
meilleures pour créer l’environnement dans lequel l’être
humain peut développer ses potentialités.
-la liberté de penser et les libertés civiles définies par a
déclaration des droits de l’ONU doivent être la base de
la société.
Comme l’association est sous pour une bonne part
constituée de scientifiques, ces idées ne sont pas
présentées comme des vérités démontrable, elles sont
des actes de foi, de nature religieuse « ce qui remet les
humanistes n’est pas une série de propositions à croire
aveuglement, mais de valeurs morales à choisir en
toute liberté, l’humanisme est une nouvelle façon de
vivre plutôt qu’un système philosophique, les
humanistes peuvent appartenir à différentes écoles
philosophiques, mais ils s’occupent plus de changer le
monde que de le décrire..
Une vision de la mythologie
Baltman avait démontré qu’il fallait abondonner la
mythologie chrétienne, complètement dépassé pour
l’homme d’aujourd’hui pour exprimer le caractère «
trans-historique » de l’événement historique qui fait de
Nazareth, les auteurs du nouveau testament utilisèrent
le langage « mythologique » de la pré-éxistence, de
l’incarnation, de l’ascension et de la descente, de
l’intervention miniature et d la vie cosmique, ainsi de
suite, ce qui, selon Baltman n’a de sens que dans une
vision du monde entièrement périmée, ainsi, l’homme
moderne, au lieu de se heurter à la véritable
provocation est découverte par les choses mêmes qui
devraient les rendre intelligible l’acte de dieu et qui ne
font que les rendre incroyables ».
Il faut donc faire aujourd’hui autre chose qu’expliquer
que la vie religieuse n’a pas besoin de la mythologie, «
peut-être que es freudiens ont raison après tout : le
dieu de la théologie populaire est une projection, et
peut être sommes – nous appelle à vivre sans cette
projection.
On a expliquer de façon persuasive, exposer que la fin
du surnaturalisme signe « une religion sans
révélation » le discrédit de l’hypothèse de dieu, le
rejette vers une religion de l’humanisme évolutionnaire
« ma foi, dit-il dans sa dernière phrase, est dans les
possibilités de l’homme.

Une troisième force philosophique et morale


La force de l’humanisme est avant tout dans son règne,
dans l’utilisation des habitudes scientifiques de penser,
dans son refus de dépasser les limites de la logique et
de l’expérience, il ya un ton, dans l’abondante
littérature produite que l’homme formé par l’éducation
moderne se sent contraints d’accepter même s’il heurte
la foi de son enfance.
« Les humanistes considérent le corps des sciences
comme la vision la plus solide que nous possédons sur
la nature de l’homme et sa place dans l’univers.
Elle n’est pas accepter comme une vérité finale mais
comme une approximation toujours plus étroite à
mesure que progresse la connaissance, selon elle,
l’homme est un produit de l’évolution, sur laquelle il
peut exercer maintenant un contrôle considérable les
valeurs morales que nous choisissons déterminent la
direction dans laquelle la civilisation évoluera nos
valeurs elles-mêmes sont évoluée, la morale comme les
outils, sont forgées par les hommes.
« l’humanisme est plus ancienne que certaines
religions, depuis longtemps un groupe de personnes
profondément originaux se mirent à poser des
questions sur l’origine et la nature de l’univers, ce qui
était se manifestait qu’au lieu d’accepter es réponses
données par les autorités religieuses, ils essayaient de
construire des exception par ‘usage de la raison «
l’émergence de l’humanisme moderne est le résultat
naturel de l’avance scientifique, il peut –être considérer
comme la conscience de fait que nous ne sommes plus
à la merci des forces aveugles , en les comprenait,
l’homme peut se faire lui-même, l’ humanisme nous
rend capable de comprendre nos puissances intérieurs
et de les orienter, aussi bien que celles des forces du
monde physique, à ce point critiques de l’histoire les
risques sont trop sérieux pour nous confier la direction
de foi dépassée, dont les fondations s’écroulent..
-
L’exposition
Dans une galerie d’art oû peut se côtoyer les œuvres
célèbres des maîtres de l’art, tous de la même verve
prenant possession des cimaises, ils regénèrent le goût
et écrasant bon nombre de nos peintres officiels actuels
quelques tableaux suffisent très largement à cette
purification de l’œil, certes il ne faut pas pour cela nier
tout ce qui a été fait depuis longtemps, mais certaines
expositions remettent les idées en place et nous
démontrer ce que sont les vrais valeurs picturales,
celles pour qui la crise n’est qu’anecdotique, un régal
pour la vue,auquel participent les plus humanistes des
peintres contemporains.

Très spontanées, faites de touches larges et franchises,


les huiles, sont une recherche de l’expression,
expression humaine certes, avec ses personnages dans
lesquelles on fait converger situation d’environnement,
traits de visage et couleurs, mais aussi expression d’un
paysage triste ou serein, on peut dire que dans l’œuvre
ou l’impression qui avec un souci d’harmonie, est
empreinte d’une élégante douceur, les tableaux nous
emportent dans un univers où règnent l’insouciance et
la beauté, et par une juste sélection on organise sa toile
pour qu’on ressorte l’élément principal dénué de tout
discours surplus qui en distrait la portée, puis par un
choix de couleurs, on apporte la gaîté, enfin, par
l’ensemble des tableaux, elle nous entraîne dans son
rêve innocent et pur.

Certains artistes nous convient par leurs exposition à


les suivre plus loin dans leur qu^te de l’âme humaine
telle l’affinité des maîtres espagnoles, ils cherchent à
relier cette filiation à leurs passions pour l’univers et les
couleurs d’un Cézanne, aussi leur peinture reflet-t-elle
ces deux tendances en un dialogue meditérannéen
qu’ils retrouvent profondément en leurs origines.
Leurs personnages, comme envisagés de l’aplat
cloisonné d’un vitrail, se fondent dans un entrelac de
treillage comme autant de bannières morcelant
l’espace qui leur est imparti, les visages, rendus doux et
inoffensifs, ils ont la statique de l’icône oeuvre qu’ils ont
de leurs attributs immobiles et sacralisés, mais comme
l’icône, ils sont un reflet où le spectateur aime à se
reconnaître, plongeant ainsi loin qu’il le peut en lui-
même.
En une gamme de camaïeux bleus, le peintre trace des
lignes et architectures variées maintenant les
personnages comme prisonniers des multiples facettes
crées par ce réseau de construction, scinde l’image
pour mieux la recomposer à la manière d’une mosaïque
ou d’un puzzle.

L’art et les artistes


Le monde se transforme, s’agite de soubresauts, lutte
contre une transmutation enviable et l’art qui est,
traditionnellement, le borroméenne de la civilisation
tente, malgré les difficultés ambiantes de trouver une
nouvelle vie à travers les acceptations ou les refus, plus
que jamais, les artistes vont avoir un rôle important à
jouer, plus que jamais ils vont devoir se mobiliser afin
de recenser le débat pour affirmer aux yeux de tous, à
travers leurs œuvres l’indispensabilité de l’art, en effet
l’artiste authentique c'est-à-dire celui pour qui l’acte de
créer est viscéral et vital doit s’efforcer de percevoir et
de faire comprendre au public que le goût se cultuve et
que l’importance de l’art est capitale, le créateur est
une sorte de prophète dont les œuvres sont les
paraboles, et si l’esthétique varie selon les époques et
la mode, il existe pourtant une beauté intemporelle qui
s’exprime à travers des expressions artistiques aussi
fortes et variées que la statutaire égyptienne, la
civilisation grecque, le moyen-âge.
Il faut donc que les artistes vivent pleinement leur
époque, travaillent leur sensibilité et parviennent à
nous émouvoir par de nouveaux langages, par de
nouvelles visions, c’est bien souvent en sortant des
sentiers battus que la créativité peut prendre son envol

Pensées sur la justice et la politique


Les symboles de la justice

Si l'on se réfère à "l'esthétique » du philosophe Hegel,


on peut considérer que l'architecture comme toutes les
formes d'art constitue un langage. Il ne s'agit pas d'un
simple ornement. L'art favorise la prise de conscience
de l'absolu, de la pensée de l'infini dans le fini. Les
monuments semblent donc être une représentation
symbolique qui permet la communication entre les
hommes, ainsi que la mise en place de valeurs
incarnées par le symbole. Le monument est donc la
réalisation d'une codification, c'est un endroit culturel,
où la hiérarchie est marquée favorisant pour celui qui
pénètre les lieux une réflexion sur sa place dans la cité
ou dans l'univers.

Les enjeux du droit

L'individu qui revendique au nom de son droit, un bien,


un statut ou une liberté, rend moralement légitime sa
revendication. A l'inverse, s'il revendique des droits qui
ne lui reviennent pas et qu'il les obtient par la force, il
en lèsera d'autres qui se lèveront à leur tour au nom de
leurs droits, enchaînant des cycles sans fin de violence
qui détruisent à terme la communauté politique. Cet
état qui plongerait les hommes dans un état de nature
semblerait marqué par la réalisation d'un droit, mais
celui du plus fort. Il s'agit alors de dénoncer cet état de
nature, d'anarchie vitale, liée à l'absence de droit.
Hobbes dénonce cet état de nature, car selon lui, dans
cette situation on trouve un droit de nature qui n'est
autre que : "par le mot de juste et de droit, on ne
signifie pas autre chose que la liberté que chacun a
d'user de ses facultés naturelles, conformément à la
droite raison. D'où je tire cette conséquence que le
premier fondement du droit de la nature est que chacun
conserve, autant qu'il peut, ses membres et sa vie." de
même que : "il a pareillement droit d'user de tous les
moyens, et de faire toutes les choses sans lesquelles il
ne se pourrait point conserver." L'homme est donc seul
juge des moyens qu'il se doit d'utiliser pour se
maintenir en vie. La liberté liée à l'absence de lois, de
droit, parait suggérer l'idée d'une toute puissance, qui
permettrait à l'homme de faire tout ce que bon lui
semble, dès lors qu'il se sent menacé ou qu'il veut se
défendre. Nous entendons alors par droit naturel, le
droit résultant de la nature même des hommes et de
leurs rapports, indépendamment de toute convention
ou législation.

Le droit est ce qui est direct, sans détour, sans


courbure. Par conséquent, ce qui est droit s'oppose à ce
qui est tordu, tortueux. Le droit comme droiture,
consiste alors à ne faire de tort à personne. A cela
s'ajoute, que dans le langage commun, le droit est ce
qui s'oppose au fait. En droit, c'est-à-dire
théoriquement, je peux faire ceci ou cela, alors qu'en
fait, à savoir d'un point de vue pratique, je n'en ai pas
les moyens. Il est donc du ressort du pouvoir politique
d'instituer un ordre par un ensemble de règles à savoir
de lois, qui forment le droit.

Les fondements politiques

Si la souveraineté renvoie à l'idée d'une autorité


suprême, il semble qu'il s'agit alors du principe qu'elle
incarne, ou de l'individu au-dessus duquel il n'y a rien
de plus élevé. La vie en société soulève une complexité
combinatoire qu'une souveraineté se doit de pouvoir
contenir, celle de l'impétuosité des passions humaines
liées à la dissension des intérêts et des estimations
potentielles qui doivent conduire à une société
pacifique. La souveraineté, outre le devoir de se
maintenir, se doit aussi, pour observer son rôle, de
gérer et d'organiser ses différents aspects. En fait, la
souveraineté doit au préalable s'instituer. Vouloir fonder
le politique, c'est penser le fondement à travers la
métaphore architecturale, qui renvoie à l'idée de
fondation sur laquelle se construit l'édifice. Ce n'est pas
sans nous rappeler la démarche cartésienne pour qui
l'édifice lézardé de la connaissance doit être détruit afin
de rebâtir, cette fois-ci, le savoir sur des bases solides.
Cette question semble se poser aux philosophes
affectés ou impliqués dans une vie sociale
mouvementée ou corrompue, dans la mesure où leurs
existences sont liées à la vie collective : souvent au
cœur des débats, ils sont parfaitement au courant des
préoccupations de la Cité. En des époques différentes,
Rousseau et Hobbes ont élaboré des systèmes
politiques où communément nous observons
l'apparition du contrat. Aussi sommes-nous en droit de
nous interroger sur l'organisation et l'élaboration de tels
contrats. Sur quoi repose donc la nécessité du contrat ?
Rousseau et Hobbes nous offrent-ils au regard de leurs
doctrines un contrat analogue ou contradictoire ?Et
enfin quel est le but essentiel du contrat, servir
l'homme ou les intérêts de la souveraineté ?

Pourquoi est-il nécessaire de recourir au contrat ? Sur


quoi se fonde-t-il ? pour répondre à nos première
question nous allons être obligés de faire un détour par
l'état de nature qui est au fondement des théories du
contrat. La notion « d'état de nature » fut couramment
utilisée au XVIIème siècle par les philosophes.
Cependant elle est contemporaine de la naissance de la
philosophie, et ceux qui s'étaient préoccupés de cette
notion dés l'Antiquité étaient en général des physiciens
tels qu'Aristote, Héraclite, Lucrèce ... etc, et ils
considéraient la nature comme ce qui renvoie à l'acte, à
la disposition de se réaliser c'est-à-dire de se produire.
Ce qui nous amène à la genèse, aux principes qui sont à
l'origine des lois de l'évolution et de la conservation.

Dans son évolution, ce terme prit un autre sens et


paradoxalement semblait même s'opposer, pour
certains philosophes, à l'idée de loi. Il parait alors
désigner la situation d'un groupe d'hommes non civilisé,
n'ayant pas accédé à une organisation sociale, ni
institutionnelle. Nous pouvons même dire qu'il s'agit
d'un stade antérieur à celui du social, dans lequel les
hommes sont livrés à eux-mêmes. Il s 'agit d'un état
premier et théorique qui touche les hommes alors qu'ils
n'ont pas encore d'organisation sociale qui puisse les
tenir en respect. L'état de nature n'est cependant pas à
placer hors du temps, dans le long sillage de l'origine, il
s'agit en fait de la recherche du fondement de
l'humanité. Même si cette notion est saisie comme une
fiction, Rousseau affirmant même que « ce n'est pas
une légère entreprise de démêler ce qu'il y a
d'originaire et d'artificiel dans l'état de l'homme... »1,
elle n'est pas dénuée d'intérêt car elle s'impose comme
une hypothèse au fondement de théories politiques et
a, en ce sens valeur d'hypothèse scientifique, puisque «
cet homme n'existe pas direz-vous, soit mais il peut
exister par supposition »2. L'homme naturel n'est donc
ni antérieur, ni extérieur à la société, et il nous
appartient de retrouver sa forme immanente à la
condition sociale. Rien n'est interdit dans l'état de
nature, puisque la loi n'est pas encore instaurée et que
chacun ordonne sa vie à sa survie. Chez Rousseau par
exemple, les hommes s'occupent dans une vie simple
et tranquille, à des tâches qu'ils réalisent en corrélation
avec la nature, mais aussi en vue du bien-être. « Tant
que les hommes se contentèrent de leurs cabanes
rustiques, tant qu'ils se bornèrent à coudre leurs habits
de peaux avec des épines ou des arêtes, à se parer de
plumes et de coquillages, à se peindre le corps de
diverses couleurs, à perfectionner ou embellir leurs arcs
et leurs flèches, à tailler avec des pierres tranchantes
quelques canots de pêcheurs ou quelques grossiers
instruments de musique (...) ils vécurent libres, sains,
bons et heureux autant qu'ils pouvaient l'être par leur
nature... »3. L'état de nature est ainsi conçu comme
étant un état d'abondance, d'indépendance et
d'innocence, où les hommes ne sont mus que par deux
sentiments naturels : - le désir naturel de conservation
de soi, que Rousseau nomme amour de soi, et - la pitié
qui nous fait éprouver de la compassion devant la
souffrance de nos semblables. Rien de ces sentiments
naturels ne semble évoquer la méchanceté, le désir de
domination et de possession remarqué chez Hobbes.
Cependant cet état agréable sera à jamais corrompu et
gâché lorsqu'un homme s'écrira ceci est à moi !
affirmant alors sa supériorité sur les autres par la
propriété privée, mais aussi car à partir de ce jour les
hommes vécurent dans des rapports de dépendance
négatifs, par le besoin. Les uns se faisant les esclaves
des autres au rythme des moissons et des vendanges,
laissant alors à la sueur de leur front paraître leur
misère. Le mal social est alors la résultante des maux
que les individus s'infligent l'un à l'autre et chacun à lui-
même. Mais comme nous l'avons affirmé cet état de
nature est à envisager sur le plan théorique. En effet,
lorsque nous observons un groupe d'hommes vivant
ensemble, qu'ils soient ou non membres d'une même
famille, il semble qu'il soit gérer par un minimum de
règles sociales. Une sorte d'autorité s'est imposée
qu'elle soit patriarcale, ancestrale ou même qu'elle
repose sur un chef, et il n'est pas nécessaire que l'Etat
apparaisse pour qu'il y ait surgissement du pouvoir.
Justice et souveraineté

Deux modes de légitimations politiques différents


s'opposent au XVIIème siècle : une légitimation
rationnelle appuyée sur une redéfinition de la loi de
nature comme théorème de la sécurité publique chez
Hobbes et une légitimation dynastique transfigurée par
l'idée d'une jurisprudence universelle chez Leibniz. C'est
pourquoi il est intéressant de s'interroger sur ce que
Leibniz a appris de Hobbes pour élaborer cette nouvelle
vision de la "cité de Dieu" aux dimensions qu'il avait de
l'Europe contemporaine.

Partant de leurs différentes conceptions de l'état de


nature afin de fonder le politique et d'instaurer la
société civile, il importait de souligner que la
souveraineté contractuelle chez Hobbes fonde
l'obéissance et la paix civile, alors que pour Leibniz,
c'est en l'homme, assujetti au principe du meilleur, qu'il
faut trouver une fraternité qui tend à l'universalité.

Parallèlement à cette société civile où règne le


Souverain, s'établit une société métaphysique des
Esprits dont Dieu, monarque, se fait également juge
suprême. Ainsi, une justice singulière et terrestre se
réfère à une justice transcendante et universelle.

Il importe donc d'évoquer le rôle de la loi et la manière


dont la justice s'instaure en vertu de l'institution et de
Dieu. Aussi est-il opportun d'observer que la pensée
hobbesienne paraît investie de la réalisation d'une unité
où tout concourt et qui passe par la constitution de
l'Etat et que dans le système leibnizien est contenu en
puissance la loi telle que Hobbes la définit dans le De
Cive.
Finalement, ces deux pensées s'affirment
complémentaires et semblent à deux degrés distincts
orientées par le principe du meilleur.

Etat de nature, contrat, souveraineté

C‘est en pensant au contrat qu'Hobbes se sert du


concept de l'état de nature pour considérer la genèse
de la société. L'homme possède diverses puissances qui
le conditionnent dans son état de nature et qui se
manifestent à travers sa force corporelle, son
expérience, ses passions, et sa raison. Il est donc porté
à une égalité naturelle puisque « la nature a fait les
hommes si égaux quant aux facultés du corps et de
l'esprit, que, bien qu'on puisse parfois trouver un
homme manifestement plus fort, corporellement, ou
d'un esprit plus prompt qu'un autre, néanmoins, tout
bien considéré, la différence d'un homme à un autre
n'est pas si considérable ». Lévi. , chap. XIII, De la
condition naturelle des hommes en ce qui concerne leur
félicité et leur misère,
Malencontreusement, naîtra de cette égalité, des
conflits qui se dégraderont au point de générer un état
de guerre universelle, puisque chaque être a
suffisamment de force pour ôter la vie à son prochain.
De ce fait chaque homme est pourvu de forces, de
besoins, de désirs ce qui engendre une égalité
d'aptitudes qui dégénère en une crainte généralisée.

L'état de nature est caractérisé par l'expression non


régulée de la nature humaine dont la tendance
fondamentale est l'appétit de domination sur son
semblable. L'homme se voit donc animé de
mouvements internes, de désirs qui l'inclinent et le font
tendre vers ce qui peut lui procurer du plaisir ou cette
supériorité. De la sorte, il est soumis aux mouvements
des autres corps qui suscitent son imagination, sa
connaissance et son expérience. Ainsi Hobbes construit
sa théorie sur une vision mécaniste. D'après lui, toutes
nos connaissances viennent de la sensation. La
connaissance est à concevoir ici, comme la
transformation plus ou moins compliquée de la
sensation. Il semble que cette dernière soit l'étoffe dans
laquelle est taillée notre savoir. Il est vrai que l'homme
projette soucieusement ses craintes sur un avenir qui
l'obsède. En effet, il ne sait « de quoi sera fait demain».
L'état de nature se caractérise par l'inquiétude liée à la
constitution naturelle de l'homme. Ce dernier est
pourtant en quête d'une vie meilleure. Il espère un
lendemain plus heureux que la situation présente, dans
laquelle, la priorité n'est plus donnée qu'à la
préservation de la vie. La nature humaine, sous l'aspect
de l'état de nature, devient à son tour une condition
négative. Elle n'est que désir, force et puissance.

Contrairement à l'animal qui peut se contenter d'un


plaisir présent, l'homme anticipe déjà sur le désir
suivant, ce qui le voue à une insatiabilité, puisque le
futur qui n'est pas encore, l'occupe et ternit l'instant
présent. Aussi, et à n'en point douter « la félicité est
une continuelle marche en avant du désir, d'un objet à
un autre, la saisie du premier n'étant encore que la
route qui mène au second. La cause en est que l'objet
du désir de l'homme n'est pas de jouir une seule fois et
pendant un seul instant, mais de rendre à jamais sûre la
route de son désir futur ». Cette inquiétude se
transforme rapidement en la crainte de l'autre
puisqu'elle se reporte sur l'homme, en raison d'une
égalité naturelle commune à l'espèce humaine ; cette
égalité de fait se répercute sur deux niveaux bien
distincts : l'une sur la force physique et l'autre sur une
habileté intellectuelle.
Dans l'état naturel, même s'il existe une inégalité
physique, elle peut être anéantie par la ruse et
l'alliance.

Ainsi, les hommes sont par nature portés vers les


mêmes désirs. Ce qui engendre entre eux des rapports
de lutte en vue d'obtenir par orgueil ce que l'autre n'a
pas encore. Dès lors, cette volonté qu'ils ont de se nuire
occasionne une défiance réciproque ce qui nous permet
d'affirmer que « lutte, gloire, et défiance » sont à
l'origine des rapports conflictuels qu'ils entretiennent.
Puisque tous peuvent autant prétendre aux mêmes
choses ou êtres, comme le déclarait Hobbes : "Tous les
hommes ont un droit sur toutes choses, et mêmes les
uns sur les corps des autres". Tous sont lancés dans un
combat sans limite. Cette rivalité généralisée engendre
donc « une guerre de tous contre tous », semblable à
une guerre civile. Nous remarquons que de toute
évidence, loin de désigner une époque historique
antérieure au politique, il faut voir en l'état de nature
l'expression anthropologique originaire qui ressurgit lors
des guerres civiles. Hobbes en fut le témoin. Dans la
guerre, nous constatons encore aujourd'hui que se
trouve réactualisée la barbarie primitive qu'il décrit
dans l'état de nature.

L'homme est donc tiraillé par l'angoisse du risque de


mort que peut lui infliger son semblable, par son
insatisfaction perpétuelle et par sa crainte de l'avenir.
C'est cette condition d'existence terrifiante qu'Hobbes
voulut dénoncer à travers la reprise d'une formule
« Homo homini lupus » . En réalité il a plutôt affirmé
dans son Epître dédicatoire à Monseigneur Le Comte de
Devonshire : « Et certainement, il est également vrai, et
qu'un homme est un dieu à un autre homme, et qu'un
homme est aussi un loup à un autre homme ». De Cive.
Il s'agit en fait d'un état anarchique dans lequel
l'homme donne libre cours à ses pulsions.
Dans ce contexte, Hobbes dira que la possibilité
d'échapper à l'état de nature « réside partiellement
dans les passions et partiellement dans sa raison » de
l'homme. Les démarches que la raison se propose
d'entreprendre pour résoudre la difficulté de parvenir à
la paix, sont à concevoir comme des calculs
téléologiques. Concrètement, il faut définir les moyens
qui permettront d'obtenir la fin proposée, à savoir la
paix. Pour y parvenir, Hobbes considère comme
condition et moyen de la sécurité, le contrat.
Paradoxalement il existe un rapport étroit et efficace
entre la passion de la peur de la mort et la raison.
Effectivement , si l'homme ressent la crainte de la mort,
c'est qu'il raisonne. Ce qui lui permet aussi d'anticiper
sur les événements à venir. Certes, il s'agit de produire
une puissance unique qui puisse contraindre les
hommes à davantage de pacifisme pour réduire la
possibilité de guerre civile. La raison humaine doit donc
trouver le moyen de conserver la paix civile, mais aussi
de pourvoir à la situation critique de la guerre en
évitant la désunion des hommes, en l'inversant même,
au point que les êtres, dans un même élan de
patriotisme puissent s'associer pour défendre le pays.
Aussi la droite raison semble dicter à l'être une loi de
nature qui consiste à chercher la paix, si nous pouvons
l'obtenir, et à recourir à la guerre s'il est impossible de
parvenir à la paix. Non seulement cette loi ordonne le
transport des droits en vue du contrat, mais elle sous-
entend également le fait que chaque individu tienne sa
parole, afin de maintenir le pacte. De plus, elle se
présente sous forme de préceptes :

"La première partie de cette règle contient la première


et fondamentale loi de nature qui est de rechercher et
de poursuivre la paix. La seconde récapitule l'ensemble
du droit de nature, qui est le droit de se défendre par
tous les moyens dont on dispose".
De toute évidence, il ressort du premier précepte que la
paix n'est accessible que s'il y a dépassement du droit
de nature par la loi de nature. Cet accomplissement
n'est en réalité possible que par l'institution d'un état
civil garantissant la sécurité de chacun. Dès lors, si
l'Etat se révélait incapable d'assurer la sécurité de
chacun, il serait inévitable que chaque individu puisse
conserver et même user de son droit de nature pour
préserver sa vie. "Un homme ne peut pas se dessaisir
du droit de résister à ceux qui l'attaquent de vive force
pour lui enlever la vie : car on ne saurait concevoir qu'il
vise par-là quelque bien pour lui-même.(...) et parce
qu'il n'est pas possible de dire, quand vous voyez des
gens qui usent de violence à votre égard, s'ils
recherchent votre mort ou non".
En ce sens, toute défaillance de l'Etat entraînerait un
regrettable et inévitable retour à l'état de nature et de
guerre de tous contre tous.

De plus, un second précepte s'impose. Il indique :"que


l'on consente, quand les autres y consentent aussi, à se
dessaisir, dans toute la mesure où l'on pensera que cela
est nécessaire à la paix et à sa propre défense, du droit
que l'on a sur toute chose ; et qu'on se contente
d'autant de liberté à l'égard des autres qu'on en
concéderait aux autres à l'égard de soi-même. Car,
aussi longtemps que chacun conserve ce droit de faire
tout ce qu'il lui plaît, tous les hommes sont dans l'état
de guerre".

Le droit, d'un point de vue hobbesien, n'est donc pas


naturel en son fondement.

Sous cet angle, le langage peut également servir la


création du contrat et de l'Etat. Il lui est intrinsèque et
permet alors la philosophie politique hobbesienne. Sans
lui, « il n'y aurait pas eu parmi les hommes plus de
République, de société, de contrat et de paix que parmi
les lions, les ours et les loups ». C'est au cœur de cette
nature humaine apte à parler et par conséquent à
développer et édifier ses pensées que se trouve le
fondement du politique. A cela s'ajoute que le
processus de paix suppose un dessaisissement
réciproque c'est-à-dire contractuel de ses droits. Pour
ce faire, l'homme doit renoncer au pouvoir et à ses
tendances personnelles agressives auxquels il laissait
libre cours dans l'état de nature, afin de permettre lors
de son passage à une vie sociale l'émanation de l'Etat.

Le contrat est donc à l'origine de la constitution du


souverain. Les hommes, désireux de mettre fin à un
état de nature destructeur, vont conclure entre eux une
série de contrats, par lesquels ils s'engagent les uns
envers les autres à renoncer au droit de nature (qui
consiste en ce qu'ils peuvent faire tout ce qui leur plaît).
Ce renoncement se fait donc au profit de ce tiers
bénéficiaire qu'est le Souverain, qui peut être un
homme ou une assemblée. Aucun contrat n'intervient
donc entre le Souverain et les individus. Mais le
Souverain bénéficie de la donation de ce droit sans être
engagé à rien. Cependant, de la transmission volontaire
d'un droit dérive nécessairement un devoir envers
l'ayant droit. Ainsi chaque individu a des obligations à
son égard. En conséquence, le Souverain possède de
par la volonté même des individus, un droit illimité. Par
ailleurs son pouvoir est absolu car seule une telle
hégémonie peut mettre fin d'une manière durable à la
guerre de tous contre tous. Si au contraire, un
engagement mutuel existait entre le Souverain et ses
sujets, la question se poserait de savoir qui serait juge
de l'exécution du contrat. Car « si l'un ou plusieurs
d'entre eux allèguent une infraction à la convention
passée par le souverain lors de son institution, et qu'un
ou plusieurs autres, parmi les sujets, ou bien le
souverain seul, allèguent qu'une telle infraction n'a pas
eu lieu, il n'existe en cette affaire aucun juge qui puisse
trancher la dispute : elle est donc à nouveau du ressort
du glaive, et chacun recouvre le droit de se défendre
par ses propres forces, contrairement au dessein qu'on
avait lors de l'institution ». En fait, les individus ne
renoncent à leur droit de nature que dans la mesure où
le souverain leur assure protection et sécurité.