Vous êtes sur la page 1sur 6

LA VOIX 309 septembre 2009:Mise en page 1 16/10/09 10:48 Page16

| Dossier| CUMUL D’ACTIVITÉS

CUMUL D’EMPLOIS PUBLIC ET PRIVÉ

UNPHÉNOMÈNE DE FOND QUI PEINE À SORTIR DDEE LLOOMMBBRREE !!

Les agents territoriaux n’ont pas attendu la crise économique pour cumuler leur emploi avec des activités privées . Celle-ci a cependant accentué le phénomène alors même que beaucoup d’entre eux hésitent à officialiser leur cumul auprès de leur administration…

à officialiser leur cumul auprès de leur administration… “S ans cumuler avec un emploi privé, je

“S ans cumuler avec un emploi privé, je ne pourrai pas m’en sortir ! Avec mes deux emplois à mi-temps, je

touche aujourd’hui 1 200 euros nets par mois », précise Rose qui après

près de deux heures de ménage à l’école maternelle dès 7h30, puis autant à la can- tine à partir de 11h30, attaque un quart d’heure plus tard son

activité d’entretien, dans une usine, jusqu’à 18h30. Un marathon qui lui permet de « joindre les deux bouts ». Pour Rose, ce complément est vital. Mais elle en avait besoin déjà avant la crise économique, crise qui a cependant poussé davantage d’agents territoriaux à rechercher des activités com- plémentaires.

la responsable du service documentation et conseil, Pascale Larvol. « Ces agents de petites collectivités sont souvent dans le “tra-

vailler plus pour gagner plus”. Certains doivent vivre sur un seul salaire et veulent s’en sortir… Alors ils cherchent à cumuler avec du jardinage, du repassage et des

ménages, des services à la personne, de la distribution de jour- naux, etc. » Ainsi, pléthore d’agents territo- riaux font de petits

jobs alimentaires après le boulot ou le week-end. Leur nombre reste cependant un mystère puisqu’une très large majorité d’entre eux travaillent au noir, et ne souhaitent pas être découverts. « À Trouy (Cher, 38 agents), le phénomène de cumul n’existe pas. Nous n’avons aucune demande officielle, et seuls cinq agents sont à temps non complet. Nous essayons de faire des postes qui ont un sens ! », assure la DGS, Sylvie Francour. Une quasi-certitude que l’on retrouve de façon quasi-unanime dans les petites communes. Mais la réalité est

souvent bien différente. « Il y a deux types de cumul ! », révèle ainsi Alain Melcus pour la CFTC picarde. « Ceux officiels, et ceux au noir. Dans les communes rurales, où les gens touchent des petits salaires, il y a beaucoup de cumuls… Et de non-dits ! Car si le maire vient à l’apprendre, c’est le début des ennuis : on leur change leurs

« Il y a deux types de cumul ! Ceux officiels, et ceux au noir. Dans les communes rurales, où les gens touchent de petits salaires, il y a beaucoup de cumuls… »

ÉCONOMIE SOUTERRAINE « Nous avons eu récemment beaucoup de sollicita- tions de la part d’agents à temps complet qui sou- haitent cumuler avec une activité privée », note au centre de gestion (CDG) d’Ille-et-Vilaine

16

avec une activité privée », note au centre de gestion (CDG) d’Ille-et-Vilaine 16 | Septembre 2009

| Septembre 2009 | n° 309

LA VOIX 309 septembre 2009:Mise en page 1 16/10/09 10:48 Page17

« J’ai absolument besoin de ce deuxième emploi » Agent d’entretien d’une grande agglo- mération,
« J’ai absolument besoin
de ce deuxième emploi »
Agent d’entretien
d’une grande agglo-
mération, Maelis
cumule son emploi de
fonctionnaire avec la
distribution de
dépliants publicitaires.
« Les vacances ?
C’est quand je ne
travaille plus que
pour un seul de mes
deux employeurs ! Alors, je reste chez moi, je me
repose pendant une demi-journée… Mon emploi
horaires, on leur met un contrôle fiscal aux fesses… Les maires disent : “S’ils
ont les moyens de travailler ailleurs, qu’ils travaillent plus pour la mairie.”
Mais gratuitement ! Or, ce sont des agents polyvalents qui peuvent vraiment
valoriser leurs savoir-faire pour améliorer leur quotidien. »
Dans les plus grandes collectivités, il y a plus de discernement.
|||
Cumul : autorisation de l’employeur
Pour cumuler plusieurs emplois,
un principe demeure. Chaque
agent doit en faire la demande
écrite préalable à son employeur
(précisant la nature de l’em-
ployeur et de l’activité, sa durée,
la périodicité et les conditions de
rémunération). Pour les agents à
temps non complet (inférieur à
70 % d’un temps complet), il
s’agira d’envoyer une simple
information à l’employeur.
L’autorité devra ensuite s’assurer
que le cumul est autorisé, ne
porte pas atteinte au fonctionne-
ment du service et ne comprend
pas de prises illégales d’intérêt
entre service public et activité
accessoire. Pour la création ou
reprise d’entreprise, l’employeur
devra en plus transmettre le dos-
sier à la commission de déontolo-
gie (nationale) qui devra statuer.
834 avis ont été ainsi donnés pour
les collectivités en 2008, en
sachant que les employeurs font
une sélection des dossiers rece-
vables. Les agents qui n’ont pas
fait le nécessaire pour s’assurer
de la légalité du cumul s’exposent
à des sanctions disciplinaires et
pénales. En plus d’avoir à rever-
ser (retenue sur traitement) les
sommes indûment perçues…
d’agent d’entretien à la ville me permet de toucher
seulement 1 200 euros par mois. Lorsque j’ai enlevé
les 600 euros de loyer, les 140 euros pour la voiture
que j’ai dû acheter pour cumuler un deuxième
emploi, les 100 euros d’électricité, les 230 euros de
dettes et les 100 euros de crédit, il ne me reste plus
rien pour manger. J’ai encore ma fille, qui vient
d’avoir son bac. Mais je ne peux pas lui payer des
études supérieures.
Avant la mise en place des 35 heures, j’arrivais à
m’en sortir en faisant des heures supplémentaires.
Maintenant, ce n’est plus possible. Alors, oui, à 50
ans j’ai absolument besoin de ce deuxième emploi.
J’ai choisi la distribution de dépliants publicitaires
car je suis plus libre. Et, le ménage, j’en ai ras-le-bol.
Là, il n’y a pas d’autorité sans cesse sur mes talons.
Mais c’est extrêmement physique. Le travail est
ingrat : je dois distribuer 10 000 prospectus en deux
ou trois jours. Les bons mois, j’arrive à toucher 500
euros de l’entreprise privée pour laquelle je travaille.
Sinon, seulement 300 euros, et là c’est dur ! Avec la
crise économique, j’ai perdu beaucoup de travail.
Quand je ne vois s’afficher que 400 euros sur ma
feuille de salaire, comme le mois dernier, j’en suis
malade. D’autant que je viens d’avoir un accident de
voiture, et n’obtiendrait aucun remboursement. C’est
déprimant.
Alors je continue à courir. Après mes 6h-13h à la
mairie, je fonce faire la distribution de tracts.
J’essaie d’être la plus discrète possible. Car je ne
veux pas perdre mon emploi de fonctionnaire ni celui
dans le privé. Des collègues m’ont vu, mais elles
n’ont rien dit. J’essaie de travailler le plus loin de la
collectivité. En revanche, je ne fais pas de travail au
noir. Précédemment, je faisais bien du ménage et du
repassage pour des personnes âgées. Mais j’ai eu
de moins en moins de travail. Il a fallu trouver
quelque chose d’autre… »
© auremar
Témoignage
© Pezography

n° 309 | septembre 2009 |

Il a fallu trouver quelque chose d’autre… » © auremar Témoignage © Pezography n° 309 |

17

LA VOIX 309 septembre 2009:Mise en page 1 16/10/09 10:48 Page18

| Dossier| CUMUL D’ACTIVITÉS

L’entorse du lundi matin

Les salaires de la fonction publique n’augmentent pas de façon exponen-

tielle. Mais ceux-ci restent décents. Il est vrai que l’on rencontre des situations difficiles, et que dans certains corps de métier, le cumul est

une tradition. Mais nous devons aussi faire face à l’usure des agents. À ce que j’appellerais l’entorse du lundi matin. Nous devons être vigilants, et

parfois d’une prudence de sioux lors de l’embauche. Toute la question,

ensuite, est de savoir jusqu’à quel point doit aller le contrôle des cumuls

d’activité ? Car ce cumul doit demeurer accessoire !

d’activité ? Car ce cumul doit demeurer accessoire ! Claude Paul, responsable du service gestion du

Claude Paul, responsable du service gestion du personnel

de Nantes-Métropole

de concours ou des formations (CNFPT…), « la réalité des besoins est évidente chez les agents de catégorie C, et encore plus pour ceux à temps non complet. » Laurent Collette ajoute : « Les agents qui cumulent le font dans leur cœur de métier. À Bruz, un cuisinier vient par exemple de faire la première demande de statut d’auto-entre- preneur pour faire des extras. » Pour la chef du personnel de l’agglomération Porte-de-l’Isère, l’écart de salaire entre petites et grandes collectivités accentue le phénomène. « Je reste persuadée, martèle Laurence Brault, que les 200 à 300 euros de régime indemnitaire, que ne perçoivent pas les agents des petites communes, à grade équivalent, les amènent à pren- dre un deuxième emploi. De notre côté, avec 700 agents, nous pouvons difficilement contrôler s’il y a ou non cumul… » « J’ai des collègues en catégorie C qui font du travail non déclaré, corrobore Éric Ponnier. Et cela touche tous les métiers du bâtiment, du jardinage en passant par la peinture ou l’électricité. Ils travaillent généralement pour des par- ticuliers, des personnes âgées. Mais avec la crise, la demande a baissé. Certains employeurs ont arrêté, ou ont dit aux collègues : “Maintenant, c’est moi qui tonds la pelouse, et vous continuer la taille des arbres” ».

CUMUL (PRESQUE) TOUS AZIMUTS Si les compétences techniques sont souvent prisées, ce ne sont pas les seules facilitées qui conduisent les agents à cumu- ler. Lorsqu’ils travaillent en horaire décalé, le matin, l’après- midi voire le soir, ils ont souvent la possibilité d’envisager une deuxième activité. C’est le cas d’agents d’entretien, d’agents des écoles, de ceux chargés du ramassage des ordures ména- gères, des services techniques très souvent. C’est classique. Mais ce qui l’est moins, c’est la tendance au cumul dans d’au- tres filières, administrative par exemple, où les horaires de bureau limitent les possibilités. « Quand une famille monoparen- tale avec des enfants gagne moins de mille euros par mois, vu la cherté des loyers, elle n’a pas d’autre choix », assure cependant à Antibes, le responsable CFTC, Patrick Brenot-Béguéli. « Les cadres A qui cumulent, j’en ai toujours vu pour la formation. Maintenant, on voit des demandes de cumul avec le nouveau statut d’auto-entrepreneur. Ce sont notamment des cumuls avec des activités accessoires chez des par- ticuliers. Mais on en trouve aussi qui cherchent à faire de la manuten- tion chez Ikea ou à travailler dans la grande distribution. Ce qui est interdit. Récemment, un agent a posé une demande pour devenir édu- cateur canin », illustrait également Thaïs Castello, la DRH adjointe de Montpellier. |

Alain Melcus, responsa- ble CFTC pour la Picardie, constate une forte ten- dance au cumul d’emplois publics avec des emplois privés en particulier dans les communes rurales où les salaires sont moins élevés.

|||

« Sur 2 300 agents, nous avons seulement une

dizaine de demandes d’autorisation de cumuler. Mais nous savons pertinemment qu’il y a beau- coup d’activités annexes. Nous mettons en garde les agents sur les activités dont le cumul n’est pas autorisé », pointe Claude Paul, le chef du personnel de Nantes Métropole. « Même les particuliers fortunés, qui emploient les agents, ne veulent pas les déclarer », objecte cependant Éric Ponnier, le représentant CFTC de Brives. « Cela ne les encourage donc pas à officia- liser ces emplois complémentaires… »

HAUSSE DES CUMULS DES AGENTS DE CATÉGORIE C

« Il y a un frémissement ces dernières années : les gens posent beaucoup de questions mais ils n’en font pas la demande officielle », résume à Cholet, le chef du service carrière, Fabien Moreau. Dans les faits, la tendance au cumul prend un véritable essor comme le pressent encore le CDG de Seine-Maritime :

« Depuis 2007, et le léger assouplissement des

limites du cumul, les questions sont croissantes pour des travaux ménagers chez des particuliers, des clubs sportifs ou, activité prohibée, la vente à domicile », liste Jonathan Adam, conseiller juridique. Une évidence également pour le DGA de Bruz qui constate qu’à côté des cumuls classiques de cadre A pour des jurys

18

DGA de Bruz qui constate qu’à côté des cumuls classiques de cadre A pour des jurys

| Septembre 2009 | n° 309

LA VOIX 309 septembre 2009:Mise en page 1 16/10/09 10:48 Page19

CUMULS AU GRAND-LYON

« La différence techniques/adminis- tratifs tend à diminuer avec la crise »

À la communauté d’agglomération du Grand-Lyon, le cumul d’acti- vités est officiel et… au noir. Ainsi, l’agglomération enregistre en moyenne 80 demandes d’agents qui veulent cumuler (ou conti- nuer) avec des formations, des cadres A essentiellement, une tren- taine pour des jurys de concours (20 cadres A et 10 B), et puis des demandes émanant d’agents de catégorie C pour des activités pri-

vées. « Je suis convaincue qu’il y a beaucoup plus d’agents que de

nombre de demandes », relativise cependant la DRH, Irène Gazel.

Beaucoup sont salariés au noir, et ne veulent pas que l’administra- tion le sache… » « Lorsque l’on évoque les déclarations de cumul,

confirme Franck Garayt, le représentant CFTC, les agents bottent

en touche. Même ceux qui ont une activité déclarée - une minorité - préfèrent souvent ne rien dire. Ils ne veulent pas risquer de per- dre le bénéfice de ce deuxième salaire. De plus en plus d’agents de catégorie C cumulent donc. Et, comment en serait-il autre- ment ? Le coût de la vie explose. Alors que les salaires territoriaux stagnent… »

Pour les agents de catégorie C, le cumul c’est d’abord un complé- ment de salaire. Car quitter la fonction publique est rarement l’ob- jectif souhaité. Certains cherchent bien à monter un commerce ambulant, faire du nettoyage, organiser des courses de moto, ou assurer des métiers artisanaux… « Avec la crise, il y a davantage

d’agents de catégorie C qui cherchent à cumuler. J’ai eu récem- ment la demande d’une femme seule avec des enfants à charge qui voulait compléter son salaire en gardant des enfants pendant son temps libre. Je note surtout que la crise aidant, le cumul n’est plus maintenant le seul fait de la filière technique. La différence

© vanessa martineau
© vanessa martineau

qui prévalait entre la filière technique et la filière administrative tend à

diminuer », souligne Irène Gazel. La collectivité reste cependant vigilante sur la sécurité. « Cela pose des

questions en terme de santé au travail, insiste la DRH. Ceux qui travaillent pendant leurs jours ARTT ou le week-end risquent de subir une usure phy- sique dans le temps. Nous commençons à avoir des personnes avec des charges horaires importantes. Cela joue sur leur vie personnelle et profes- sionnelle ! » Pour Franck Garayt, « quelqu’un qui a besoin de cumuler avec un autre emploi ne va pas s’arrêter de travailler pour maladie par exemple. Au contraire : les agents cherchent à ne pas se faire remarquer. Ils restent très discrets et peu revendicatifs même quand ils ont mal au dos ! »

« Je peux travailler sur les chantiers les week-ends et mercredis » Philippe Borgne, adjoint
« Je peux travailler sur les chantiers les week-ends et mercredis »
Philippe Borgne, adjoint technique, lycée de Saint-Quentin (conseil général de l’Aisne)
« Dans la fonction publique,
quand on veut gagner plus, il
faut passer un concours !
J’étais OEA puis je suis passé
ouvrier professionnel et main-
tenant adjoint technique de
1ère classe. Je prépare déjà
le concours de contrôleur ter-
ritorial… Mais c’est lent. Pour
arrondir mes fins de mois, j’ai
donc finalement décidé de créer, au début du l’année,
mon entreprise d’électricité décorative (jeux de
lumière). Avec mes horaires au collège, je peux tra-
vailler sur les chantiers les week-ends et le mercredi
après-midi. Néanmoins, nous sommes dans une
région sinistrée et il n’est pas évident de trouver des
chantiers. Quand j’annonce que pour une salle de bain
avec douche à l’italienne, j’en ai déjà pour 1 500 euros
de fournitures, pour le client, c’est un peu la douche
froide ! Avec mon statut, je suis limité à 27 000 euros par
an de chiffres d’affaires. Mais j’en suis très loin…
Je n’envisage pas non plus de me mettre à mon compte.
Mais vraiment d’arriver à dégager un complément de
rémunération pour faire face aux études des enfants et
pour les loisirs. Cette année nous ne sommes pas partis
en vacances. Je gagne seulement 1 300 euros nets par
mois après 17 ans de fonction publique. En fin de carrière,
je toucherai 1 500 euros… Un pécule supplémentaire
nous permettrait d’être plus à l’aise ! »
Témoignage

n° 309 | septembre 2009 |

Un pécule supplémentaire nous permettrait d’être plus à l’aise ! » Témoignage n° 309 | septembre

19

LA VOIX 309 septembre 2009:Mise en page 1 16/10/09 10:48 Page20

| Dossier| CUMUL D’ACTIVITÉS

RÈGLES DE CUMUL

ASSOUPLISSEMENTS SUCCESSIFS JUSQU’À L’ENTREPRENEURIAT

On assiste à un véritable mouvement d’assouplissement des règles de cumul de l’activité des agents publics avec des activités privées. Et, avec l’apparition du statut d’autoentrepreneur, les agents peuvent légaliser leurs activités accessoires

les agents peuvent légaliser leurs activités accessoires Un projet de décret devrait permettre aux agents publics

Un projet de décret devrait permettre aux agents publics de cum

P ar principe, un agent public ou un fonctionnaire n’a pas le droit de cumuler son emploi de service

public avec un autre emploi dans le secteur marchand. Le décret-loi du 29 octobre 1936 a cependant autorisé trois exceptions à ce principe : la production d’œuvres artis- tiques, littéraires ou scientifiques ; les acti- vités d’enseignement, consultations et expertises ; enfin, pour les personnels d’en- seignement, l’exercice d’activité libérale en lien avec leur spécialité.

DE PLUS EN PLUS DE DÉROGATIONS Cependant, ces dernières années, les déro- gations ont été progressivement assouplies. Déjà, en 2003, le cumul a été autorisé pour les agents à temps non complet inférieur à un mi-temps (étendue en 2007 aux agents à temps partiel). Cet été, cette dérogation a même été ouverte à tous les agents à temps non complet et temps partiel exerçant jusqu’à 70 % d’un temps plein*. Mais c’est la loi relative à la fonction publique territo- riale (et le décret 2007-658), en 2007, qui a surtout apporté des possibilités nouvelles. Plus d’obligation, par exemple, pour exer-

20

nouvelles. Plus d’obligation, par exemple, pour exer- 20 | Septembre 2009 | n° 309 cer des

| Septembre 2009 | n° 309

cer des activités d’enseignement dans le privé ou dans une association que celles-ci soient en lien avec son métier territo- rial. De nouvelles dérogations ont, en plus, été ajoutées : pour faire des travaux ménagers de peu d’importance (entretien, jardinage, garde d’enfants, gardiennage, s’occuper d’animaux domestiques, livraison de repas, etc. au domicile de particu- liers), l’aide à domicile pour un proche, être conjoint collabo- rateur d’une entreprise artisanale, ou pour des activités agri- coles sous certaines conditions, encore pour des activités d’intérêt général ou public… Et, le mouvement ne semble pas se tarir avec de nouvelles dérogations en vue. En effet, un projet de décret à l’étude envisage aujourd’hui d’ouvrir encore les activités autorisées pour le cumul d’activités. Ainsi, au titre des activités acces- soires envisagées, on trouverait : des activités commerciales pour mettre en valeur un patrimoine comprenant restaura- tion et hébergement (gîtes), la vente de biens fabriqués per- sonnellement (déjà plus ou moins permis dans le cadre de la création d’œuvres), plus largement les services à la per- sonne…

DEVENIR AUTO-ENTREPRENEUR ? C’est encore la loi de 2007 qui a permis la création ou la reprise d’entreprise en parallèle à son activité dans la fonction publique (avec possibilité d’obtenir de droit un temps partiel limité à 50 % du temps). Cette dérogation qui valait pour deux ans maximums vient d’être étendue à trois ans*. À l’is-

LA VOIX 309 septembre 2009:Mise en page 1 16/10/09 10:48 Page21

VOIX 309 septembre 2009:Mise en page 1 16/10/09 10:48 Page21 s de cumuler leur activité avec

s de cumuler leur activité avec la gestion de chambres d’hôtes.

« Le statut d’autoentrepreneur m’a permis de créer mon école de plongée » Frédéric Hadrys,
« Le statut d’autoentrepreneur
m’a permis de créer mon école
de plongée »
Frédéric Hadrys, agent de maîtrise prévention-
sécurité et créateur “d’entreprise”
« Ce n’est pas un besoin
vital qui m’a poussé à lan-
cer mon activité d’école de
plongée. Cela me permettra
certes de mettre un peu
d’argent de côté et de
financer des loisirs. Mais
c’est la passion, pour la
plongée, qui m’a amené en
mai dernier à prendre le
statut d’autoentrepreneur
et de me lancer dans la for-
mation. Ce projet, je l’avais
en tête depuis trois ans.
J’aurais pu opter pour un
statut d’indépendant. Mais
les charges sont trop
lourdes et je ne souhaite
pas y consacrer 100 % de
mon temps. J’aime mon
métier, et n’ai pas l’intention
de le lâcher. C’est pourquoi
le statut d’autoentrepreneur
m’a permis de me lancer à
mon propre compte, sans
créer d’entreprise, en mon-
tant Lyon-Plongée. Je me
suis inscrit en janvier pour
avoir ce statut. Et, j’ai
obtenu ensuite toutes les
autorisations pour mener
mon activité, m’équiper, etc.
J’ai reçu la carte profes-
sionnelle en avril et me suis
lancé le mois suivant…
Je le vis comme une acti-
vité de loisirs pendant mes
week-ends. Pendant la
période estivale, j’ai conduit
mes clients dans une car-
rière à ciel ouvert aména-
gée pour la pratique de la
plongée. L’hiver, j’irai plutôt
dans la fosse de Meyzieu,
réellement adaptée pour la
plongée.
Jusqu’ici j’ai à peu près
couvert mes investisse-
ments, ce qui n’était pas
une mince affaire compte
tenu du prix du matériel de
plongée. Après, je pense
que je pourrai dégager un
petit complément de salaire
en 2010. La difficulté, c’est
que je n’ai pas beaucoup
de temps pour rechercher
des clients, aller dans les
associations pour me faire
connaître
Sur un week-
end, pour faire le plein, il
me faut entre 8 à 16 sta-
giaires selon le type de for-
mation. Mais, à terme, je ne
veux pas que cette activité
grossisse de trop ! »
www.lyonplongee.com
© pink candy
Témoignage

sue de cette période, le fonctionnaire ou l’agent doit cepen- dant quitter la fonction publique… Mais, c’était sans parler du tout nouveau statut d’autoentre- preneur, lancé au début de l’année. Celui-ci présente un avan- tage indéniable : c’est qu’il permet à l’agent ou au fonction- naire d’exercer les activités accessoires autorisées (cf. ci-des- sus) sans être obligé de créer d’entreprise (donc à terme de quitter la fonction publique). Le paiement des prestations composera alors le chiffre d’affaires de l’agent, CA qui sera imposable (sans possibilité de dégrever les investissements). Qu’il soit à temps complet, partiel ou non complet, l’agent peut donc prendre ce fameux statut d’auto-entrepreneur pour cumuler avec son activité publique. Toutefois, il comporte certaines limites. D’abord, il ne permet pas de dépasser un montant annuel de 32 000 euros HT de chiffre d’affaires pour des prestations de service. Et puis, les activités d’entrepreneu- riat sont limitées (pas de possibilité d’exercer une activité libé- rale, par exemple). Et, certaines autres nécessitent d’avoir les titres ou les diplômes adéquats, par exemple pour l’artisanat dans le bâtiment. Ce statut simplifié, qui vise notamment à régulariser le travail au noir, pourrait donc être une chance pour les agents d’exer- cer au grand jour leurs activités complémentaires… À condi- tion que leurs employeurs les rassurent et les informent sur ce nouveau droit ! |

(*) loi relative à la mobilité et aux parcours professionnels, 2009-972

n° 309 | septembre 2009 |

droit ! | (*) loi relative à la mobilité et aux parcours professionnels, 2009-972 n° 309

21