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NOUVELLE COLLECTION A L’USAGE DES CLASSES —— an a ee XXXII ee MORPHOLOGIE HISTORIQUE DU LATIN Alfred ERNOUT Membre de l'Institut AVEC UN AVANT-PROPOS PAR A. MEILLET Quatriéme Edition, revue et corrigée PARIS EDITIONS KLINCKSIECK 1989 La loi du 11 mars 1957 n’autorisant, aux termes des alinéas 2 et 3 de l'article 41, d'une part, que « les copies ou reproductions strictement réservées & l'usage privé du copiste et non destinées & une utilisation collective » et, d’autre part, que les analyses et les courtes citations dans un but d’exemple et d'illustration, « toute représentation ou reproduction intégrale, ou partielle, fai ins le consentement de I’auteur ou de ses ayants-droit ou ayants-cause, est illicite » (alinéa 1* de larticle 40). Cette représentation ou reproduction, par quelque procédé que ce soit, consti- tuerait donc une contrefagon sanctionnée par les articles 425 et suivants du Code Pénal. ISBN 2-252-02692-8 © Librairie C. Klincksieck, 1953. AVANT-PROPOS Il n’est pas alsé d’interpréter historiquement le systéme gramma- tical du Jatin, surtout quand, comme ici, on s’adresse & des latinistes, non a des comparatistes de profession, Sans doute bien des choses s’expliquent par la simple mise en ordre des faits latins et en utilisant les données phonétiques fournies par Vadmirable précis de M. Niedermann. Ce n’est pas un des moindres mérites du présent ouvrage que d’exposer la grammaire latine en un ordre tel que les faits s’éclairent, dans Ja mesure du possible, les uns par les autres, Méme sans en savoir plus, il est précieux de se rendre compte de ce que, par exemple, le perfectum amd! et le perfectum monul appartiennent A un méme type, et de ce que ladifférence entre les deux provient seulement du radical verbal terminé par une longue dans le premier cas — qu’on compare amdlus —, par une bréve dans le second, — on n’a qu’Apenser & monttus, Il est remarquable que les deux prétérits du subjonctif, l’imparfait comme le plus-que-parfait, soient caractérisés par un méme affixe -sé-, dans essem, ferrem, vellem, amérem, comme dans dlxissem. Le latin offre par malheur peu de ressources parce qu’il a trés peu changé a date historique. La langue écrite s’est fixée de bonne heure, et l’examen des vieux textes ne fournit guére de formes aberrantes qui puissent servir a expliquer les formes normales. Iln’y a presque pas d’inscriptions archaiques ; celles que l’on a sont courtes, en partie obscures et presque inintelligibles ; il suffit de voir ce qu’enseigne une inscription médiocrement ancienne et peu étendue, comme le sénatus-consulte relatif aux Bacchanales, pour sentir ce que I’on perd a n’avoir presque pas de textes anciens indépendants de la langue littéraire qui s’est fixée dés l’époque de Plaute, et dont les traits essentiels n’ont plus changé jusqu’a la fin de l’Empire. On verra cependant ici tout ce qu’enseignent encore les archaismes des textes d’époque républicaine. Mais pour rendre compte des formes latines, il faut remonter & un passé plus lointain, La grammaire latine n’est que]’une des formes