Lancement de Cohérence Socialiste en Haute-Garonne

le 22 novembre 2014
avec Karine Berger, députée
des Hautes-Alpes, secrétaire
nationale du PS au pôle
« Production / répartition de
richesses »

et Valérie Rabault, députée
de Tarn-et-Garonne,
rapporteure du budget à
l’Assemblée Nationale

Après une introduction par Patrick Prodhon pour l’équipe fédérale de Cohérence Socialiste, Karine
Berger présente la démarche de Cohérence Socialiste et quelques axes de réflexion qui sont au
cœur de la période actuelle.
La genèse de Cohérence Socialiste remonte à juin 2014 : l’explosion du groupe socialiste à
l’Assemblée entre d’un côté les frondeurs, qui refusaient de soutenir le gouvernement, et de l’autre
le groupe des députés qui refusaient le débat au sein du groupe et du PS, a amené au constat que
beaucoup de députés ne se retrouvaient pas dans ces deux attitudes diamétralement opposées. Or
il y a aujourd’hui des débats et des désaccords profonds qui traversent le parti et qui amènent les
militants à s’interroger. La création de Cohérence Socialiste correspond à la recherche d’un
équilibre entre rejet du gouvernement et soutien aveugle, afin de recréer les conditions du débat
au sein des parlementaires socialistes et du PS. Nous voulons permettre d’organiser la reconquête
pour 2017 mais aussi pour les élections de 2015. Et la seule solution pour ces débats est
l’organisation d’un congrès afin de demander à nos militants de trancher la ligne qui doit être la
nôtre d’ici à la fin du quinquennat. Sur ce point, Cohérence Socialiste a été entendu.
“ Je ne crois pas un instant que la gauche puisse à nouveau être majoritaire
dans notre pays si une partie de notre propre parti faisait sécession. En
2012, s’il nous avait manqué un bout de notre parti, un bout de nos valeurs,
un bout de notre action de gauche, nous n’aurions pas été majoritaires. ”
Mais ce congrès ne doit pas ajouter de l’agitation à la situation actuelle : il doit permettre de
trancher la ligne pour la fin du quinquennat et la préparation du projet pour 2017.
Pour contribuer à l’élaboration de cette ligne, les 4 fondateurs de Cohérence Socialiste ont publié
« Contre la mort de la gauche ». Trois thématiques abordées dans le livre sont particulièrement
d’actualité. Tout d’abord la politique économique, qui est le sujet sur lequel la fracture s’est faite en
juin 2014. Ensuite, la question de la réforme des institutions, qui est un sujet clé pour faire
descendre le vote FN en redonnant aux citoyens le sentiment que leur vote a un sens, et qui ne se
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réduit pas à la suppression du poste de Premier ministre, qui n’est que la proposition la plus
reprise par les médias. Enfin, l’Europe qui est aujourd’hui un combat majeur : nous sommes audelà du débat du référendum de 2005, il nous faut aujourd’hui affronter le FN qui veut sortir de
l’Europe.

Valérie Rabault intervient ensuite sur la politique économique et la réflexion au sein du parti.
Lionel Jospin avait un excellent bilan (2M emplois créés, 3.4M chômeurs en 97, 3.5% croissance),
mais il a échoué en 2002 parce que le parti avait cessé de travailler : quand le parti arrête de
travailler, on ne peut pas gagner une élection nationale. C’est pourquoi nous devons faire réussir la
deuxième partie du quinquennat en étant tous rassemblés, mais nous devons aussi réfléchir à
2017 en remettant le parti au travail. Réfléchir à l’économie, mais aussi à ce qu’est notre pays, ce
que nous sommes, notre place dans la mondialisation.
Ce qui ne va pas dans la situation actuelle, c’est que la richesse par habitant en Europe aujourd’hui
est inférieure à ce qu’elle était en 2007 : l’Europe ne parvient pas à redécoller contrairement aux
Etats-Unis. Quelle réponse de gauche apportons-nous à cette crise ? Aujourd’hui notre réponse
n’est pas claire : la ligne de la France est incomprise y compris par le PS, contrairement à celle de
l’Allemagne.
Comment soutenir l’investissement ? Comment porter ce soutien de manière collective ? Nous
avons échoué sur ce point à dire qu’une politique de gauche peut soutenir l’activité économique
sans renoncer à ce qui nous fait de gauche, à savoir assurer la cohésion de la société.
Pour recoller les morceaux il faut que la puissance politique reprenne la main., et particulièrement
en Europe. Nos adversaires sont des multinationales trans-pays qui vont faire leur marché pour
choisir le plus offrant. Exemple du médicament contre l’hépatite C mis au point par un petit
laboratoire racheté par un gros labo US : le gros labo est allé voir tous les pays européens pour
obtenir les conditions les plus avantageuses, dictant sa loi aux états.
“ Quand on est faible face aux multinationales, il faut aller chercher ailleurs
l’argent qui manque, et c’est la tentation de faire payer les ménages. ”
Pour reprendre la main, Cohérence Socialiste mène à l’Assemblée Nationale la bataille contre
l’optimisation fiscale, pour que la richesse soit taxée là où elle est produite. Pour le moment, le
gouvernement n’a pas suivi les propositions faites et qui reprenaient 3 des 15 propositions de
l’OCDE.
“ Face à l’inertie du système il ne faut pas être défaitiste : on peut chacun à
notre niveau faire bouger les lignes. ”
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En matière économique, trois grandes idées seront portées par Cohérence Socialiste au congrès :
1. La richesse doit être taxée là où elle est produite, pour que les multinationales participent à
l’entretien des services publics et des infrastructures qui permettent cette création de
richesse.
2. Il faut soutenir les entreprises et l’investissement pour permettre de traduire nos
innovations en création de richesses qui profitent à tous.
3. Il faut soutenir le pouvoir d’achat de nos concitoyens.
Ces trois points doivent être au cœur de notre congrès pour définir une ligne politique qui profite à
tous nos concitoyens.
A l’issue de ces deux présentations, un temps d’échanges avec les camarades a permis d’aborder
plusieurs thématiques : la reconquête et ses conditions (exemplarité dans nos pratiques,
explication de l’action du gouvernement, cohésion du parti sur une ligne cohérente) ; les questions
économiques (loi bancaire, inclusion des œuvres d’art dans l’ISF – combat d’ailleurs porté par
Cohérence Socialiste au Parlement) ; la nécessité de remettre les choix politiques au cœur de notre
action et de notre discours.
“ Est-ce que le PS aime l’entreprise ? C’est une évidence ! On est le parti des
travailleurs, on est le parti de la création de richesses, on est le parti de la
prise de risques, on est le parti qui se bat contre la rente. Nous n’avons
qu’un seul adversaire : ceux qui veulent gagner de l’argent sans prendre de
risques, sans faire d’investissements et sans créer d’emplois, en mettant la
main sur nos petites entreprises et leur inventions. ”
Karine Berger a conclu la réunion en remerciant les participants et en rappelant l’enjeu de la
période qui s’ouvre.
“ En juin 2015, soit on sort de notre congrès avec une ligne forte, soit on
sort sous les radars et c’en sera fini du PS. L’objectif du congrès, c’est de
rassembler. Et nous ne pouvons pas tenir une ligne « ni frondeurs, ni
suiveurs » : le rassemblement, c’est « et frondeurs, et suiveurs ».
Il nous reste deux ans et demi pour la reconquête. Et pour cela, il faut
changer le PS car c’est le parti de la modernité et de la France de demain,
c’est le parti du mouvement et non de la stagnation, c’est la seule force
politique en mesure de lutter contre la finance.
La flamme n’existe quasiment plus, elle est affaiblie. Cette flamme, nous
devons la porter, pour lutter contre le FN et la droitisation de l’UMP, pour
redonner confiance aux citoyens. C’est notre combat pour la France. ”

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