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Notice historique sur les anciennes rues de Marseille démolies en 1862 pour la création de
Notice historique sur les anciennes rues de Marseille démolies en 1862 pour la création de

Notice historique sur les anciennes rues de Marseille démolies en 1862 pour la création de

]

la rue Impériale / par [

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

Fabre, Augustin (1797-1870). Notice historique sur les anciennes rues de Marseille démolies en 1862 pour
Fabre, Augustin (1797-1870). Notice historique sur les anciennes rues de Marseille démolies en 1862 pour

Fabre, Augustin (1797-1870). Notice historique sur les anciennes rues de Marseille démolies en 1862 pour la création de la rue Impériale / par Augustin Fabre,

1862.

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'wnCHHtSTOMQUE

LES

li

i~

ANCIENNES

t)EM\MSt:)t.J.):.

RUES

NOTICE HISTORIQUE

.<t!B).M

RUES 7~ DEMARSEILLE

ANCIENNES

:eÉ~OU~ÈK<SC2POUt<).ACRËATtO~i'ELAitUEtM~ÉRiALE

AUGUSTIN

FMRE,

Cuti':t'iU<'r&!t!nictpRt,t'i<!f~~dc'aCt!mntt~if'!t~'A!'tt"ingi<

t))MtMMtR

MAHSEtLLE

ET

HTHOenAPHiK

rttu'aradts,

,4

1802.

c~

r,

i~

DE

E

JULKS

M~ULH,

NOTICE mSTOHIQCË

SUR

JuijOLES ANDFNMF~fil\uiiji~iilj0 RUESnUËO

DE MARSEILLE

HEitOUESEKiSO

)'OUR ),\ CREA'HON

DE L\

RUE tMPKh~LE.

La civilisation

fait partout

son œuvre

et précipite de toute es-

et

de la vie so-

de la

même ses progrès. Des embellissements

pèce s'accomplissent

et tout

au sein de nos cités populeuses,

successives

à ces transformations

pousse rapides. Qu'adviendra-t-il

qui nous ont précédés ciale ? Il faut de larges

du travail des générations

tes besoins

dans les épreuves

voies pour

du commerce

et de l'industrie;

i! faut

circulation,

des lignes symétriques

pective

pour les exigences

de la pers-

et de l'art

il faut de l'espace

et du soleil pour r

satisfaire aux lois de l'hygiène

publique.

C'est le fait

de notre époque

regarder

aime assez les aventures.

marche

qui marche,

sans cesse, sans

Elle

en arrière

et au risque

de s'égarer.

II y a, il faut bien le dire,

une sorte de brutalité

6

dans ces changements

matériels

qui font

sur

implacable

leur chemin en renversant

tout ce qui se trouve

leur passage.

Aussi bien, les choses du passé tombeot

à pièce,

et au train dont on y va il n'en restera

Si le goût

moderne

s'en accom-

en est désespérée,

pièce

bientôt

mode, la science historique

plus rien.

et ce

qui tait les délices

res cause

des maçons

et des

hommes d'affai-

des déplaisirs

mortels

aux érudits

et aux

archéologues. Je n'ai point

ments

à faire aux agrandisse-

d'objection

sur un sol nouveau

avec bonheur.

où 1 esprit Mais les em-

qui s opèrent

contemporain

s'épanouit

bellissements faits par voie de démolition

lence

époque

et de vio-

à mon

me serrent

souvent

le cœur.

Je tiens

par toutes les facultés

de mon être,

et cepen-

dant le culte du passé

n'est

temps anciens

me captive

et me possède.

toujours

Ce

avec les

à dire que je fraternise

pas

et que j'en glorifie tous les actes.

Loin

de là, car le plus souvent

pour leurs souvenirs

m'entraînent comme un objet d'études.

je les aime beaucoup

plus mais ils

que pour leurs qualités,

Une grande partie

de la vieille Marseille va tomber

sous le fer de la démolition, elle est assise sera lui-même

pressants;

et le terrain

baissé.

sur lequel Les désirs sont

place à

Place donc,

l'impatience

s'agite.

la rue impériale

qui ne peut plus attendre.

Pour créer une voie convenable de communication

entre les beaux quartiers

et ceux des nouveaux

ports

était-il absolument

nécessaire de détruire,

à grand

<

renfort de finances,

transforme,

plus de neuf cents maisons?

mais on déforme

est jugée en dernier

On

il est vrai, la cause

aussi. Quoi

ressort

et

en soit,

qu'il

l'arrêt mis à exécution.

Le reste

de la ville du moyeu âge et de la renais-

sance

n'a qu'à se bien tenir.

Les esprits prévoyants

ne s'y trompent pas. L'immense

vieille ville annonce rapproche

trouée à travers

cette

de démolitions

suc-

cessives. L'impulsion

et comme tout

est donnée

rien n'y résistera

va vite par

actuels de Marseille

le temps

les

qui court, en seront bientôt

beaux quartiers

les vieux quartiers.

c'est le lot de nos petits-fils.

C'est l'affaire de quelques années;

Et alors la métamorphose

sera si complète

que la

plus ancienne

toute nouvelle.

cité des Gaules aura l'aspect

d'une ville

Qu'était-ce

donc qu'une

Comment était-elle

faite?

ville de l'ancien

Nul ne le saura.

temps? `~

On la trouve généralement

bien laide et bien dé-

cette vieille Marseille;

On ose à peine

goûtante

dédain profond.

on a pour

s'engager

elle un

dans

son

sein, et l'on ne comprend

sidérables,

tune par les fruits d'un heureux

guère que des hommes

des dons

commerce,

con-

des familles comblées

de la for-

aient pu

vivre dans

qu'une foule indigente habite seule aujourd'hui.

le dédale

obscur

de ces rues tortueuses

Nous sommes

bien difficiles et souvent

même bien

ingrats.

superbes,

L'excès

et notre

de la civilisation

gâte

nos esprits

état social,

malgré ses avantages

8

incontestables,

nous

rend quelquefois

de mauvais

services. Les jugements

raison entre une époque

quand diSérence des mœurs,

erreurs

fondés

sur la seule

compa- ne sont q~e des

compte de la

des idées

et de

et une autre

ils ne savent

pas tenir des besoins,

toutes les choses de la vie morale et matérielle.

J'admets

que Marseille,

avant l'agrandissement

opéré dans la seconde

en exécution

ville fort laide,

cences actuelles.

Aujourd'hui librement leurs anciennes

nues inutiles, et la population

moitié

du dix-septième

de 666,

siècle. 1

fut une

des lettres-patentes

si on la juge du haut de nos magnifi- les cités franchissent

murailles d'enceinte deve-

rayonne de toutes parts

dans son calme

être ainsi autrefois;

les besoins

étroites et mal percées.

n'était pas sans compensation

et dans son aisance.

Il n'en pouvait

il fallait ménager

défense

l'espace les rues

pour

d'une bonne

étaient

Mais ce mal, si mal il y avait, 1

de bien

une invasion

à main

D ailleurs

soleil et contre

charroi exigent aujourd'hui

armée

fût pas hasardée

ne s'y il y avait

sans péril. les ardeurs

là un abri contre

du

du

la violence

du vent. Les nécessités

des voies larges et régu-

lières

carrosse

mais avant le milieu du dix-septième

siècle un

était à~ Marseille

un objet

de curiosité

et les

charrettes

viens

rope

à peu près inconnues

t. La ville,

j'en con- villes d'Eu-

1était fort sale

mais les premières

de propreté

n avaient

ni plus

ni un meilleur

1 En plusieurs

charrette-s

de circuler

habitants

dans

)a ville

de Marseille

et qu'eHes

demandèrent

dcehsrgeas.sent

qu'on

aux

empêchât

portes.

les

Une

9

aspect. Détestable

ce ne fut qu'en

de son entretien était en arriè!

en 133, sous Philippe-Auguste~,

une lentear éto'anante,

la moitié des rues de Paris

était aussi le pavé

s'occupa

de Marseille,

régulièrement

sous ce rapport,

commencé

et

<639 qu'on

annuel*; mais Paris,

Le pavage

de

ia capitale,

ne s'opéra qu'avec

et sous le règne de Louis XHÏ

n'était

pas encore pavées

Telle était

la ville de Marseille

qui n'en passait

pas

moins pour fort agréable

elle tenait

un des premiers

rangs parmi les plus belles et les plus importantescités.

L'auteur d'une chronique

de Marseille par les Aragonais,

de la prise

romane, parlant

au mois de novembre

1423,

fait l'éloge

de cette ville*, et le restaurateur

de

la poésie provençale,

diére de Grasse,

munes

Louis Bellaud

de la Bellau-

com-

qui connaissait

les principales

de France,

vint, en 1586, s établir à Marseille,

dëtit'ëration

demande.

Ce ne

fut

librement

le transport

des fabriques d'homtne.

des sucres,

de

la

même

année

lit droit

à cette

les charrettes

commencèrent

 

à

router

sieur

Jnttien

de Rive-Keuve.

continuèrent

s'en

servit

le premier

pour

Les

matières

à l'usage

d'être

transportées

à bras

furent

enfin,

employées vers t'anttce

au transport

t!TO,

les

municipale

m u n i c i p a l e

que

vers

le pave

des

huiles

intérieures

du

l'année

M novembre

t745

que

Un

sur

de Marseille.

des fabriques

de

la ville

Quelques

dans

années

les magasins

après,

les charrettes

éloignés

du quai

charrettes

dises.

multipliées

à t'inBni

servirent

au transport

de toutes

tes marchan.

dans

Voyez

le traite

le registre

*) rt cto et verso,

passé,

le o novembre

<63<), avec

des délibérations

municipales,

aux archives

de la ville.

le macoa

t63*)-têt0,

Pascal

fol.

2 Rigord,

Gesta,

P/ttitppt-~M~ttiitt,

dans

t. XVM,

p.

3 Dutaure,

~Le

petit

<C.

historien

Thalamus

par ta.sofiëtëarehëotogiquc

de Paris,

te édition,

de Montpettier,pub)ie

de Montpettier.

le recueil

t. Il,

p.

d'après

t8K',

p.

des historiens

a'Jt.

les manuscrits

<TS.

Amouret,

8 verso,

de France,

originaux

et

«)

« pour l'avoir

trouvée

de meneur

séjour

qu autre

« il eût mis le pied

»

en furent

tiers. Non-seulement

Aussi,

nos pères vivre dans la vieille cité de Marseille,

et ils en caressèrent

ils purent

ils s'y plurent infiniment

avec un amour patriotique.

mais

l'image Leur existence s'y écouta

pleine

de poésie;

chasse

loin de nous

elle y trouva

notre

des émotions

que matériel tout

dont nos agi-

prosaïsme Le bonheur

tardé de luxe et d'élégance.

tations fiévreuses poursuivent

sourire

qui alimente

moralisatrices,

le fantôme

domestique, si fécond

vint

leur

bien des fois au foyer

ce foyer en vertus

de famille

l'esprit ce noble et saint foyer dont le charme

est perdu pour nos contemporains.

L'animation

des affaires n'absorbait

pas celle des

hé-

sentiments.

réditaires

coutumes

grimaces cérémonieuses,

rades sans élan, démonstrations

comme

Qu'avons-nous de tant de joies

fait de tant d'usages

innocentes

ne sont

et de tant de

plus que des

pa-

et froides,

naïves?

Nos plaisirs

et nos têtes publiques,

vaines

tout ce qui est de commande

onicieHe, ne va-

lent pas ce qu'elles

paru !'indinerencecou!eàp!eins

coûtent.

La gaîté franche

a dis-

bords et nousinonde.

Tels ne furent

pas les amusements

de notre

an-

cienne Marseittc.

entrailles populaires,

Ah

tes âges, des spectacles

ceux-là

remuèrent

et il y eut des jeux

pour tous les goûts,

toutes

pour tous des mou-

les

Ktogc

<)e LoxM

Mtamt,

'.cittc~

par t'ierrcMasc.)rc)t,

en

tète

ta'J.'<.

de ses

(M't'os et

WMM

~'MtMMMtM.

Mar-

tt

dans ces vieilles

vement~d indicible réjouissance

où respirait avec une puissance merveilleuse 1 esprit

municipal qui maintenant

Des exercices gymnastiques Voyez les jeux de l'arbalète

rues

ne donne

pas signe de vie.

la jeunesse.

voyez

fortifiaient

et de l'arquebuse;

sur ies places publiques;

en divers jours commémo-

ces danses pleines d'entrain;

ratifs,

carnavalesques;

voyez ces scènes

voyez ces marches processionnelles

des corps

peaux

tronales,

la nuit à la lueur des torches.

et ces fifres,

d'arts

et métiers,

faisant notter

leurs dra-

au vent et célébrant

avec éclat leurs ietes pa-

quelquefois

dans

Entendez

ces violons,

et ces joyeuses

fan-

tantôt à la clarté du soleil,

et ces tambourins,

fares,

et ces chants

mis à 1 unisson des coeurs.

Le tableau de ces fêtes m'entraînerait

je me borne

à décrire

la plus éclatante;

trop loin, c'est la course

et

du Capitaine de Saint-Victor.

Toute la noblesse de Provence

y était conviée

par

les consuls de Marseille,

les villes voisines

grandeur saisissante.

et 1 on accourait

de toutes

d'une

pour assister

à ce spectacle

Le personnage

de la fête était

principal

choisi parmi les premiers gentilhommesde et il devait réunir, comme le Prince d'Amour

toujours

Marseille, à Aix,

les avantages

car la ville ne lui donnait

la plus grande

de la fortune

partie

à ceux

de la naissance,

faible indemnité',

à sa charge.

qu'une

des frais restait

et

!mc

!~L ville 4<; MMseiUe

JcCcrins,

jttm

d<MtM d'abord

une trentahie,

<m c&pitMue au co))))nctt':emcm

de S~m-Victor

du seizième

une

siecte.

\mg-

Le

)

La veille du jour du glorieux

le cortège

se mettait

il i entrée de

au milieu

à la

ensei-

martyr, en marche,

la nuit,

des flots populaires.

tête de leurs compagnies,

Les capitaines

de quartier,

battant,

tambours

le capitaine

de Saint-

gnes déployées,

Victor,

précédaient

armé de toutes pièces comme

un chevalier

du

j

moyen

âae, ?.? ?

monté sur un cheval richement

harnaché

et couvert d'un caparaçon

croix

de damas

blanc, du monastère

semé

de

de tafetas

bleu,

à quatre

aux armes

qui bâtons en sautoir pommetés

Le

et de

à cheval

chacun un flambeau

cavalcade

de cou-

et de ri-

Chaque

étaient d'azur

d'or,

capitaine douze autres cavahers

et t'écu de la ville dcMarseinesurtetout.

était entouré

de six pages

portant Puis venait une brillante

formés en escadrons

d'élégance et leurs armures.

tous rivalisant

de cire b!anche.

de jeunes gentimommes

leur din'érente,

chesse dans leurs costumes

gentilhomme

avait

à

ses

côtés

deux

pages

il

ses

armes

etàsescouteurs,

unuambeau

capitaine de Saint-Victor

pressaient

sur son

passage,

ardent

saluait

à

la

main.

les dames

qui

Le

se

et les applaudissements

se

métaient

aux

sons

de

miHe

instruments

de

musique.

Le lendemain,

à sept heures

escorté

du matin,

le capitaine faisait une

de Saint-Victor, autre course

de ses pages,

dans la ville. Arrivé à la tour Saint-Jean,

~orin

valait

alors

trente

so).<. L'indemnité

douze

cents

livres.

J.-B.dct'otittt:

cours!;

rations

de Saint-Victor,

ntHtw~t!cs

httkSMn)

à titre

qui consentit,

pnrcmoit

'if

tM4

a tH'.t,

M.

hu gnJneUemcnt

accrue

jtisqu'a

le

gratuit.

vingt

Voyez

juillet

i579,

le re~i-itre

à

faire

des ()ë!ih<

Ht

rceto,

:m\ archives

t)e la 'ti~c.

la

–~3–

il traversait,

bateaux construit

et il se rendait

à la procession qui commençait

les magnificences religieuses

ployer

spectacles.

les épaules

et de leurs dalmatiques,

à cheval,

le port sur un pont de

toujours

par le corps des patrons à l'église de Saint-Victor

pécheurs, pour assister

à dix heures.

Toutes

venaient alors

se dé-

avide d'émotions

et de

étaient

portées sur de leurs aubes

de chapeaux

de

aux yeux d'un

peuple du Saint

Les reliques

de douze diacres,

revêtus

couronnés

fleurs,

et tenant

tous une palme à la main,

Un trone s'élevait

pour rap- au milieu

peler la gloire

du pont tout couvert

du martyr.

de riches étoffes.

Les prud

antique,

On y plaçait en vue du

longues et celle des

à

tout

fa

châsse du Saint pendant quelques

port et de la pleine

la sa!uer

et larges épées. L'artillerie le salut

galères y joignaient

Les tambours,

toutes volées, les acclamations

mer.

à la manière

instants, hommes venaient

avec leurs

des remparts

de leur voix tonnante.

les cloches sonnant

des équipages,

les trompettes,

formait

un écho immense

qui remuait

les coeurs

et

montait

dans les airs avec des nuages

d'encens.

Le

capitaine de Saint-Victor

ques que suivaient

marchait

devant

les reli-

les

pro-

d'herbes

les consuls

en robe

rouge,

citoyens. La

conseillers de ville et les principaux

cession se déroulait

odoriférantes,

d'arcs de triomphe,

dans des rues couvertes

de verdure

décorées de tentures,

de domes

de guirlandes,

entrelacée

et une

de fleurs

d'immortelles

toutes

pluie sur la châsse

les fenêtres

du Saint.

tombait

Après

de

la

--44

le capitaine

remettait

de Saint-Victor

procession

les mains de abbé

t'étendard

entre

qui lui donnait

festin auquel étaient

personnages

invités

les consuls

un grand

les principaux

de ces fêtes comme

nos vieilles rues, tressaillant

rent souvent

et

de leur suite

C'était une

on savait alors les faire, et comme

d'enthousiasme,

en fu-

le théâtre.

A voir ces rues qui serpentent

comme au hasard,

il semble

rieur

aucun système général dans une certaine

pales partagent est formée

de la ville,

que chacun

bâtissait à son gré dans l'inté-

sans suivre aucun alignement,

de voirie.

mesure.

Cela n'est

sans

vrai que

Ptusieurs artères princi-

la vieille ville en zones.

La principale du Palais à la

jusques

des rues

par la Grand'Rue,

la place

celle des Augustines place de Lenche.

Neuve-Saint-Martin,

et la rue Caisserie

La seconde

suit la ligne

des Belles-

tou-

moins

Sainte-Marthe, aux Anciens-Treize-

jusques Une troisième

se dessine,

artère, bien que

Écuelles

Cantons

et du Panier,

La Major.

à Ouest,

près jours de l'Est

complète. C'est le prolongement

teHerie,

de la Cou-

de

rectitigne de ta rue de la Loge,

de la place Neuve,

Comme

b

course

!}ue:tva)it'rt))'

Saint-Vicior

était )'e!f-!)r~'

:nec

unectat

fort t!iitpen~!eux

primeevers

simple

p0t)r le gentithommc

Jn dix-septième

à che\'a),

par

on

peint

qui jouait

siectc

ie principat

r6)t',

en

son

quinze

cMe fut s))j'- uxc

par

fifres

et an

un

et

moyen

On

inter-

la

)c miheu

faite

et rt'mpt.tcee,

an

on donna

t'armure

vers

la

fin

)66R,

des

ta Yt'iUe (te

de ville

passade

S~int-V'ctor,

auquel

bruit

accoutrement

àge.

reprit pourtant

ruption,

des tambours,

C'était

vatet

livres

siècle.

sans

en carton

une t'MOftie

en

!tt,

en fer,

qu'on et on la continua

simu):mt

d'un che'.aHerdu

du

même

à peu près

abandonna

pour

chaque année,

fois.

jusqu'en

t72'f,f)ui

ta vit

la dernière

–~s–

la place Vi\aud

jourd'hui,

mais

et de la rue Lancerie allait

qui

jusqu'au

fort courte

bout

du

au-

quai

avant

son dernier

tracée

Une autre

élargissement. du midi

ligne

la

droite, vieille ville

Loge jusques au boulevard

terie,

au nord, c'est cette qui s'étend

traverse

toute

de la rue

de la

des Dames, par la Bonne-

la rue Négret et celle des Grands-Carmes.

La régularité

de ces percements

frappa Mansard,

architecte

nom, quand

du Roi et neveu

du grand

artiste

de ce

il vint à Marseille,

au commencement

de

t753.

Consulté

sur

les moyens

d'améliorer

ta

vieille vitte,

il proposa

d'élargir

les deux principales

artères

Saint-Martin,

qua aussi divers embellissements

cette de la Grand

Rue et celle de ta rue Neuve-

Il indi-

eut

chacune avec sa continuation.

dont l'exécution

générale des vieux quartiers'

ces quartiers

changé ta physionomie Tout bien considéré,

que leur réputation.

dées, balafrées, noirâtres,

qui les ronge et dans lesquelles on ne fait rien

valent mieux

ri-

a la vétusté

Leurs maisons aujourd'hui

abandonnées

Pour réparer des ans l'irréparable

outrage,

étaient autrefois, très-convenable.

ciété marseillaise

du dix-huitième

pour la plupart

du moins,

de mise

La majeure

partie

de la bonne

so-

y faisait encore

siècle.

son séjour

~779,

En l'année

à la fin

la ville

de Marseille comptait

ciants, quatre banquiers

cinq cent vingt-quatre et deux cent trente

négo-

six ma-

Ad~rt],

Géographie

de )a Pfoven<'p,t.

)t,

p. 73-74.

en tout sept cent soixante-

nut'acturiers

quatre personnes du commerce

important

ajouter

ou fabricants,

vouées à l'exercice

plus ou moins

H faut

courtiers

et de l'industrie.

à ce nombre

celui de cinquante-six

ce qui fait un chiffre

total

de huit cent

entre

la

royaux

vingt, vieille ville et les nouveaux

et l'on va voir comment

il est réparti

quartiers

Négociants.

Banquiers

Manufacturiers

Courtiers.

Vieille

260.

ville.

5

et fabricants

i7<

0.

4M

touveauxquartier:.

264

1

'tS

57

367

Le tableau des professions sultat suivant

libérales

fournit

le ré-

Avocats.

Notaires.

Procureurs.

Médecins.

Chirurgiens.

Vieille ville.

Nouveaux

quartiers.

56

20

25

2

~9

0

7

li

30

21

~17

48~ g

Répartition ou industrielles

Yiemevute.

Nouveaux

générale par professions

commerciales

et par professions libérales

quartiers.

S7C

4< 5

!i y avait

alors

demeure

et

le Guide

de quatre

de Mazet

Guide

marseiUa.is

à Marseille

soixante

courtiers

de commerce,

ti'entr~tx

passe

n'est

sous silence

pas indiquée

tous

dans

ces officiers

les atmanachi!

publics.

i)ar MMPt,

MarsetUe, tT'?<),

chez Rrcbion.

mais

la

de Grosson

-n

Lorsque

placement

la ville de Marseitte acquit,

de l'arsenal,

les habitants

en !78~, notables

vieux quartiers craignirent

qu'on ne transportât

!'em-

des

sm

Jes nouveaux

terrains

le Palais

de Justice,

la Bourse

et rHôte!-de-Viue.

Ils s'émurent

vivement,

sollici-

tèrent

de tous les côtés,

et les lettres-patentes

don-

nées par le Roi en cette circonstance

vieille ville ces établissements

faite à l'esprit

sante mesure contre

H y a dans les noms des rues,

les lire et les comprendre,

assurèrent

à la

stérile concession

impuis-

et aux intérêts

de l'époque;

l'essor impatient

de l'avenir.

qui sait bien

que

pour

une foule de choses

!e vulgaire

ne voit pas

souvenirs précieux,

chroni-

ques attachantes,

le grand

tableau

traits épars

que burine

dont l'ensemble forme

l'im-

l'histoire;

c'est

mense évocation

tombe; nos aïeux

de

toutes

les dépouilles

de

la

de

c'est l'écho

la mémoire

qui nous rappelle

oubliée

dans

si souvent

le bruit

de nos

<tnaires et de nos passions.

Anciennement

les dénominations

des voies publi-

ques n'étaient

d'officiel, abandonnées

l'inconstance

et n'avaient

rien

point permanentes

à toute

des

aussi

qu'elles se voyaient

des idées populaires L'administration

et au hasard

circonstances.

c'était

l'art.

cantonnement

laissait

faire; pas un effet de

le

un beau désordre

Que fallait-il

qui n'était

d'une

rue?

pourl'appellation

d'un métier

ou d'une industrie,

une

Aehard, Géographie de la Prmencc,

t. !t,

p. 75.

2

)8–

enseigne

d auberge

ou de cabaret,

la demeure

d'une

fa mille en possession d'attirer

les regards,

le voisi-

nage d'un édifice public,

un fait de notoriété

plus ou

d'un

moins bruyante,

moment. On comprend tout devenait mobile et la même

gements,

même

la simple

impression

dans cet ordre

d'idées,

que, il y avait sans cesse des chan-

rue portait

souvent plusieurs

noms à la fois. Qui pourrait

)a rue Baussenque,

l'une

croire aujourd'hui des plus anciennes

croire aujourd'hui d e s plus a n c i e n n e s

que