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¶ 45-015 Panorama des pansements dans les plaies aiguës et chroniques A. André, I. Garrido,

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Panorama des pansements dans les plaies aiguës et chroniques

A. André, I. Garrido, J.-L. Grolleau, F. Canizares, G. Fabre, D. Gangloff, J.-P. Chavoin

Les gammes de pansements s’enrichissent tous les jours avec de nouvelles associations de principes actifs. Le pansement idéal doit maintenir un milieu humide, être perméable aux échanges gazeux, enlever l’exsudat en excès et les composants toxiques, être imperméable aux liquides, non adhérent à la plaie. Son choix dépend des caractéristiques sémiologiques de la plaie. Nous précisons les indications et règles d’utilisation de chaque catégorie : hydrogel, alginate, hydrocolloïde, hydrofibre, hydrocellulaire, pansement gras et interface, pansement à l’argent et au charbon, film de polyuréthane et pansements adhésifs.

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Mots clés : Plaie ; Bourgeon ; Fibrine ; Nécrose ; Cicatrisation

Plan

Législation

Hydrogels Composition Propriétés Indications Mode d’utilisation et recommandations Dispositifs référencés

Alginates Composition Propriétés Indications Mode d’utilisation et recommandations Dispositifs référencés

Hydrocolloïdes Composition Propriétés Indications Mode d’utilisation et recommandations Dispositifs référencés

Hydrofibres Composition Propriétés Indications Mode d’utilisation et recommandations Dispositifs référencés

Hydrocellulaires Composition Propriétés Indications Mode d’utilisation et recommandations Dispositifs référencés

Introduction

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Techniques chirurgicales - Chirurgie plastique reconstructrice et esthétique

Pansements gras - interfaces Composition Propriétés Indications Mode d’utilisation et recommandations Dispositifs référencés

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Pansements au charbon Composition Propriétés Indications Mode d’utilisation et recommandations Dispositifs référencés

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Films de polyuréthane Composition Propriétés Indications Mode d’utilisation et recommandations Dispositifs référencés

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Pansements à l’argent Composition Indication Dispositifs référencés

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Pansements adhésifs Pansements adhésifs avec compresses Plaie avec rapprochement des berges Compresses et adhésifs

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Conclusion

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Introduction

L’art de soigner les plaies est aussi vieux que l’humanité. Les premières traces de soins sur une plaie remontent à la période du néolithique, lorsque les hommes pratiquaient les trépana- tions. Au cours des siècles et des différentes civilisations, de multiples produits furent appliqués : miel (pouvoir antiseptique en modifiant le milieu auquel il est appliqué), cire d’abeille

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(évite les adhérences), diverses plantes aux propriétés antisepti- ques et calmantes Les pansements vont évoluer parallèlement au développement de l’asepsie, sans avoir de rôle à proprement parler dans la cicatrisation. Actuellement, une immense gamme de pansements – dispositifs médicaux – s’offre à nous pour répondre aux différentes situations cliniques rencontrées. L’absence d’autorisation de mise sur le marché et donc l’absence d’études de bon niveau de preuves expliquent la grande diver- sité des produits proposés. Le pansement idéal doit permettre de maintenir un milieu humide, être perméable aux échanges gazeux, enlever l’exsudat en excès et les composants toxiques, augmenter la température au niveau de la plaie, être imperméa- ble aux liquides, non adhérent à la plaie et sans perte de particules. Il doit pouvoir être changé sans endommager la plaie, conformable et stérile, adapté à la vie professionnelle et sociale du patient. Le choix d’un pansement adapté fait inter- venir plusieurs facteurs :

• l’origine de la plaie : chirurgicale, post-traumatique, escarre,

brûlure, ulcère ;

• la localisation : zone d’appui, périnée, système appendicu- laire, zone périorificielle ;

• la profondeur ;

• la superficie ;

• l’aspect : sèche, fibrine, nécrose, exsudat, présence et qualité d’un tissu de granulation, saignement en nappe, qualité de la peau périphérique ;

• le stade de la cicatrisation : détersion, bourgeonnement ;

• le contexte infectieux : plaies infectées, propres ou à haut risque infectieux. La collaboration médecin-chirurgien-infirmière assure une prise en charge optimale et un suivi correct de la plaie. Il n’existe pas de contre-indications réelles à des pansements, mais plutôt des non-indications. Il faut savoir adapter le pansement en fonction de la plaie et de la cinétique de la cicatrisation. Les différentes classes de pansements sont décrites successivement. Un pansement primaire est directement au contact de la plaie. Un pansement secondaire recouvre le précédent et le maintient en place. La liste des dispositifs référencés est non exhaustive.

Législation

Les médicaments sont soumis à une autorisation de mise sur le marché (AMM), à une évaluation du rapport efficacité/ risque, à la surveillance réglementée (pharmacovigilance). Par opposition, les pansements sont des dispositifs médicaux sécurisés dont la surveillance relève uniquement de la matério- vigilance. Ils ne sont donc pas soumis à une AMM, mais doivent simplement avoir le marquage Communauté Euro- péenne (CE). Certains pansements associés de corticoïdes, d’antibiotiques ou d’antiseptiques sont soumis à une AMM dans l’indication « cicatrisation » ou « aide à la cicatrisation ». Définition d’un dispositif médical :

« Les dispositifs médicaux couvrent un vaste ensemble de produits, allant de la compresse à l’imagerie par résonance magnétique (IRM), en passant par les orthèses de contention. Ils sont classés selon des critères de destination, d’invasivité et d’activité. Ils sont répartis en quatre classes dénommées classe I, classe IIa, classe IIb et classe III (article R. 665-6 du Code de la santé publique). Ces produits doivent satisfaire à des exigen- ces essentielles (article R. 665-12 du Code de la santé publique). Un organisme habilité (dit notifié) atteste de leur conformité et délivre le marquage CE de conformité. Les produits ayant le statut de dispositif médical sont repérables dans les monogra- phies Vidal ® et l’apposition du logo CE dans leurs titres (article R. 665-8 du Code de la santé publique). » Seuls les pansements inscrits sur la liste des produits et prestations remboursables sont remboursés par la Sécurité sociale, à hauteur de 65 % d’un prix conseillé. Le prix des pansements est cependant libre.

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Hydrogels

Composition

Ces pansements sont composés en majeure partie d’eau (80 %), gélifiés grâce à des macromolécules : carboxyméthylcel- lulose (CMC), pectine, alginate de calcium, polyvinylpyrroli- done, polypropylène glycol « conservateur », gomme xanthane ; et parfois additionnés de sérum salé. Ils sont présentés sous forme de gel ou de plaque translucide.

Propriétés

Ils instaurent un milieu humide en libérant vers la plaie de grandes quantités d’eau. Ils stimulent le processus de détersion autolytique naturel, mais n’attaquent pas la peau saine. Ils absorbent les exsudats et débris fibrinoleucocytaires.

Indications

• Ramollissement des plaques de nécrose sèches (Fig. 1).

• Détersion et cicatrisation des plaies sèches et fibrineuses

( Fig. 2 ).

• Ne conviennent pas au traitement des plaies très exsudatives.

Mode d’utilisation et recommandations

L’hydrogel est appliqué directement sur la plaie puis recou- vert d’un pansement secondaire non absorbant et transparent pour visualiser l’évolution de la plaie : film polyuréthane ou hydrocolloïde. Son application en périphérie de la plaie est à l’origine d’une macération. En cas de nécrose sèche, il est nécessaire de réaliser des scarifications centrales avant l’application. Le pansement doit être renouvelé toutes les 48 à 72 heures.

Dispositifs référencés

• Askina Gel ® .

• Purilon ® Gel.

• DuoDERM Hydrogel.

• Hydrosorb Plus ® .

• Nu-Gel ® gel.

• Intrasite ® Gel.

• Normlgel ® .

• Hypergel ® .

• Urgo Hydrogel ® .

Hydrosorb ® .

® . • Urgo Hydrogel ® . Hydrosorb ® . Figure 1. Nécrose sèche. Indication d’un

Figure 1. Nécrose sèche. Indication d’un pansement type hydrogel après scarification de la plaque de nécrose.

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Figure 2. Fibrine sèche. Indication d’un pansement hydrogel. • • Suprasorb ® G. Flamigel ®

Figure 2.

Fibrine sèche. Indication d’un pansement hydrogel.

• Suprasorb ® G.

Flamigel ® .

Alginates

Composition

Les alginates sont des polysaccharides extraits d’algues brunes. Après extraction, le fil d’alginate est extrudé et plongé dans une solution calcique.

Propriétés

Au contact des exsudats, ils se transforment en gel, en échangeant les ions calcium avec le sodium contenu dans l’exsudat. Ils ont une forte capacité d’absorption par diffusion passive et par capillarité ; elle dépasse celle des hydrocolloïdes et des hydrocellulaires. Ils favorisent la détersion et peuvent être utilisés sur les plaies infectées. Ces pansements sont très intéressants pour leur action hémostatique. Au contact du sang, deux phénomènes se produisent : d’une part une gélification qui permet la cicatrisa- tion, d’autre part un échange du calcium des alginates contre le sodium sanguin qui permet l’activation plaquettaire.

Indications

• Absorption des exsudats pour les plaies très exsudatives superficielles ou profondes, aiguës ou chroniques : escarres, ulcères, sites donneurs de greffe, moignon d’amputation

• Détersion des plaies aiguës ou chroniques, des zones fibrineu- ses humides (Fig. 3 ).

• Traitement des plaies avec saignements et suintements hémorragiques, notamment les sites donneurs de greffe (Fig. 4).

• Plaies surinfectées ( Fig. 5 ).

• Ne jamais utiliser sur une plaie sèche.

Mode d’utilisation et recommandations

Il faut appliquer la compresse ou la mèche sur la plaie et recouvrir d’un pansement secondaire car les alginates sont perméables aux liquides. Leur utilisation est incompatible avec l’utilisation de Dakin ® . La fréquence de réfection du pansement dépend de l’abon- dance des exsudats :

• tous les jours, en phase de détersion ;

• tous les 2 à 3 jours, en phase de granulation.

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Panorama des pansements dans les plaies aiguës et chroniques 45-015

dans les plaies aiguës et chroniques ¶ 45-015 Figure 3. Escarre sacrée ; fond fibrineux et

Figure 3. Escarre sacrée ; fond fibrineux et humide, pas de signes inflammatoires locaux. Indication d’un pansement type alginate.

locaux. Indication d’un pansement type alginate. Figure 4. Site de prélèvement d’une greffe

Figure 4. Site de prélèvement d’une greffe dermoépidermique mince au niveau de la cuisse. Indication d’un pansement hémostatique type alginate.

Indication d’un pansement hémostatique type alginate. Figure 5. Perte de substance, avec un fond fibrineux,

Figure 5. Perte de substance, avec un fond fibrineux, humide, avec des signes inflammatoires locaux. Indication de pansements à l’argent, hydro- fibres ou alginates.

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L’humidification du pansement au sérum physiologique est nécessaire dans certaines situations :

• sur les plaies hémorragiques ;

• lors du retrait pour préserver le bourgeon de granulation ;

• pour faciliter l’introduction d’une mèche et donc limiter la douleur.

Dispositifs référencés

• Algostéril ® , compresses, mèches.

• Sorbalgon, compresses, mèches.

• Kaltostat ® , plaque.

• Sorban ® .

• AlgiSite M ® , compresses, mèches.

• Askina Sorb ® , compresses, mèches.

• Comfeel ® Seasorb ® , compresses, mèches.

• Melgisorb ® , compresses, mèches.

• Urgosorb ® , compresse et mèche.

Hydrocolloïdes

Composition

Ils sont constitués essentiellement de carboxyméthylcellulose, éventuellement associée à de la gélatine de porc, de la pectine, un film semi-perméable ou occlusif en polyuréthane, du dioxyde de titane.

Propriétés

Ils existent sous différentes formes : plaque, pâtes et poudre. Ils sont d’épaisseur et de forme anatomique variées, parfois associés à des coussinets de mousse pour diminuer les pressions sur les zones d’appuis. Ils se transforment en gel en absorbant l’exsudat et produisent une substance « pus- like » ou « odeur de pus », nauséabonde dont il faut prévenir les patients. Ils favorisent la cicatrisation naturelle en maintenant un milieu humide sur la plaie et en drainant les exsudats. Ils adhèrent à la peau saine mais pas à la plaie.

Indications

Ils sont utilisables en pansement primaire à tous les stades de la cicatrisation pour les plaies peu exsudatives : escarres, ulcères, brûlures superficielles, pieds diabétiques, dermabrasions, sites donneurs de greffe, moignon d’amputation, zone de biopsie cutanée, maladies dermatologiques (épidermolyse bulleuse, sclérodermie).

Mode d’utilisation et recommandations

Les hydrocolloïdes adhèrent en périphérie de la plaie, préala- blement nettoyée et séchée avant application. Il faut déborder

de 3 cm au minimum. Au maximum, le pansement peut être laissé en place jusqu’à 7 jours. Il n’est changé qu’à saturation complète, caractérisée par la formation d’une bille de gel et d’un décollement périphérique. En présence d’exsudat trop important qui conduirait à un changement trop fréquent du pansement ; il faut changer de type de pansement pour un pansement aux propriétés plus absorbantes Ils existent sous différentes épaisseurs, adaptées au caractère plus ou moins exsudatif et creusant de la plaie :

• hydrocolloïdes extraminces :

C

plaies très peu exsudatives ;

C

rougeurs ;

C

épithélialisation, en protection ;

C

en pansement secondaire pour le recouvrement d’un hydrogel ;

• hydrocolloïdes épais :

C

plaies modérément exsudatives ;

C

peuvent être recouverts d’un pansement secondaire ;

• pâtes : intéressantes pour les plaies très creuses.

Dispositifs référencés

• Askina ® et Askina Biofilm ® , Askina Biofilm S ® , Askina Bio Transparent ® , Askina Biofilm Patch ® , Askina Biofilm Pâte ® , Askina Hydro ® .

• Comfeel ® et Comfeel Plus ® Opaque, Comfeel Plus ® Transpa- rent, Comfeel ® Pâte, Comfeel Plus ® Brûlures, Comfeel Plus ® Contour, Comfeel ® Plus Plaque mousse.

• DuoDERM et DuoDERM E, DuoDERM E Extra-Mince, DuoDERM Pâte.

• Hydrocoll ® et Hydrocoll ® thin.

• SureSkin ® Standard et SureSkin ® Extra-mince.

• Tegasorb ® et Tegasorb Thin ® .

• Cutinova Hydro ® .

• Hydrocoll ® .

• Suprasorb ® H.

• Replicare Ultra ® .

• Ialuset ® HYDRO.

Hydrofibres

Composition

Il s’agit de compresses ou mèches non tissées constituées de fibres de carboxyméthylcellulose pure (même composant que les hydrocolloïdes).

Propriétés

Ces pansements possèdent une forte capacité d’absorption des exsudats, environ 30 fois leur poids. Au contact des exsudats, la compresse se gélifie, garde les liquides et maintient un milieu humide. Il n’y a pas de dispersion latérale des exsudats, les berges de la plaie sont protégées. Ils n’adhèrent pas à la plaie. Ils contrôlent la contamination bactérienne par piégeage des bactéries. Attention : ils dégagent une odeur désagréable, identique aux hydrocolloïdes dont il faut aussi prévenir les patients.

Indications

• Absorption des exsudats des plaies superficielles ou profondes et formation d’un gel : milieu humide.

• Détersion et bourgeonnement, cicatrisation : escarre, brûlure, ulcère de jambe.

• Hydrofibres + sels d’argent : plaies infectées.

Mode d’utilisation et recommandations

Il ne faut pas humidifier l’hydrofibre avant son application sur des plaies exsudatives ( Fig. 5 ). Son utilisation nécessite la mise en place d’un pansement secondaire : compresses absor- bantes simples, film ou hydrocolloïde transparent. Son renouvellement est en fonction de l’abondance des exsudats et de la nature du pansement secondaire, en moyenne tous les 3 à 5 jours.

Dispositifs référencés

• Aquacel ® Ag.

Aquacel ® .

Hydrocellulaires

Composition

Il s’agit de pansements totalement synthétiques, constitués d’une mousse de polyuréthane, sous différentes formes galéni- ques, parfois enduits de silicone. Ils sont constitués de trois couches :

• la couche externe : imperméable aux bactéries ;

• la couche intermédiaire : absorption des exsudats ;

• la couche au contact de la plaie. Ils existent sous différentes formes anatomiques, d’épaisseur variable, sous forme adhésive ou non.

Propriétés

Algoplaque ® et Algoplaque ® HP, Algoplaque ® Film, Algopla- que ® Bordé, Algoplaque ® Pâte.

Ils possèdent une capacité d’absorption élevée (10 fois leur poids), par action capillaire au sein de la structure moléculaire

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du polyuréthane. Ils favorisent la cicatrisation en maintenant un milieu humide sur la plaie et en drainant les exsudats, et ne provoquent que peu de phénomène de macération. Ils ne se délitent pas dans la plaie. Ils sont donc surtout utiles en phase de bourgeonnement (respectent le bourgeon néoformé) et peuvent être appliqués jusqu’à la cicatrisation complète. Ils n’émettent pas d’odeur, voire peuvent absorber en partie les odeurs désagréables. À noter qu’un produit associe hydrocellulaire et anti- inflammatoire non stéroïdien (ibuprofène) : il possède une indication dans les plaies chroniques douloureuses. Il n’existe pas de passage systémique de l’ibuprofène.

Indications

Ils sont adaptés au traitement des plaies très suintantes et sont utilisables de la rougeur à la phase de bourgeonnement. Hydrocellulaire + sels d’argent : plaies infectées.

Mode d’utilisation et recommandations

Les hydrocellulaires ne doivent pas être humidifiés lors de leur utilisation. L’utilisation d’antiseptiques oxydants comme le Dakin ® ou l’eau oxygénée est contre-indiquée. Ils peuvent être utilisés quel que soit l’état de la peau périlésionnelle : ni macération, ni relargage d’exsudat. La commercialisation de formes variables, coussinets sphériques ou tubulaires, facilite l’utilisation et l’adaptation aux plaies creuses. Le pansement est renouvelé tous les 3 à 8 jours. La douche est possible avec certains dispositifs comme le

Ainsi, il est possible d’occlure

une suture chirurgicale propre pour une durée de 8 jours, le

patient pouvant vivre et se laver normalement.

Dispositifs référencés

Adhésifs

• Allevyn ® Adhésive.

• Askina Transorbent ® , Plaques adhésives.

• Biatain ® Escarre, plaques adhésives.

• CombiDERM .

• Mepilex ® .

• Tielle ® , plaque adhésive.

Irrigoabsorbants

• Hydroclean, plaques, cavitaire.

• Allevyn ® Cavity, sphères.

Non adhésifs

• Allevyn ® .

• Biatain ® Ulcère.

• Cellosorb ® Urgo.

• Tielle ® S.

• Hydrosorb ® .

Associé à l’argent

• Biatain-Ag ® .

Associé à l’ibuprofène

• Biatain-Ibu ® .

Tielle ® adhésif, Mepilex Border ®

Pansements gras - interfaces

Composition

Pansements gras

Ils sont composés de gaze hydrophile de viscose, de coton ou tricot de polyamide, imprégnés de vaseline, paraffine ou silicone.

• + baume du Pérou (Tulle gras).

• + antibiotiques : néomycine-polymyxineB (Antibiotulle ® ). L’association d’une gaze avec un corticoïde (triamcinolone acétonide) (Corticotulle ® ) a été récemment arrêtée.

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Interfaces

La composition des interfaces est variable :

• trame polyester imprégnée de particules hydrocolloïdes et de vaseline (Physiotulle, Urgotul ® ) ;

• trame de viscose ou acétate imprégnée de vaseline, paraffine ou silicone (Adaptic , Cuticerin ® , Mepitel ® ).

Propriétés

Les pansements gras possèdent une action pro-inflammatoire, propice à la formation d’un bourgeon de granulation de bonne qualité. Les interfaces n’adhèrent pas à la plaie, permettent de respecter le bourgeon néoformé lors des changements de pansements, n’entraînent pas de macération. Ils sont non allergisants, sauf les tulles : baume du Pérou.

Indications

• Phase de bourgeonnement d’une plaie, site greffé (Fig. 6, 7 ).

• Protection des plaies superficielles en phase d’épidermisation. Les interfaces sont utiles en pansement primaire pour les pansements postopératoires immédiats ainsi que les premiers jours ; la plaie n’adhère pas au pansement secondaire sec

( Fig. 8 ). L’association avec des corticoïdes est utile pour faire régresser un hyperbourgeonnement. Elle peut actuellement être rempla- cée par l’application directe sur la zone à traiter de pommade corticoïde : bétaméthasone dipropionate type Diprosone ®

( Fig. 9 ). L’association avec des antibiotiques est utile dans les plaies surinfectées.

des antibiotiques est utile dans les plaies surinfectées. Figure 6. Greffe dermoépidermique mince expansée en

Figure 6. Greffe dermoépidermique mince expansée en filet. Indication de pansement gras.

mince expansée en filet. Indication de pansement gras. Figure 7. Excision d’une brûlure localisée au niveau

Figure 7. Excision d’une brûlure localisée au niveau de la face dorsale du coude. Indication d’un pansement gras pour favoriser l’obtention d’un tissu de granulation de bonne qualité.

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des pansements dans les plaies aiguës et chroniques Figure 8. type interface. Exérèse d’un kyste

Figure 8.

type interface.

Exérèse d’un kyste sacrococcygien et plastie en Z. Pansement

d’un kyste sacrococcygien et plastie en Z. Pansement Figure 9. Greffe dermoépidermique mince, hyperbourgeon

Figure 9. Greffe dermoépidermique mince, hyperbourgeon entre les mailles. Indication de pansement avec des corticoïdes.

Mode d’utilisation et recommandations

Leur utilisation nécessite le recours à un pansement secon- daire. Le renouvellement varie de 2 jours pour les pansements gras à 5 jours pour les interfaces.

Dispositifs référencés

Simples

• Adaptic , compresses, rouleaux, doigtiers, mèches.

• Grassolind ® , compresses.

• Jelonet ® , compresses.

• Mepitel ® .

• Tulle gras, compresses (contient du baume du Pérou).

• Unitulle ® .

• Vaselitulle ® , compresses.

Associés aux hydrocolloïdes (lipocolloïdes)

• Physiotulle ® .

• Urgotul ® S.Ag, compresses.

Pansements au charbon

Composition

Ils sont composés d’une couche de charbon et de métal (cuivre, argent), qui favorise le drainage des bactéries.

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Propriétés

Le charbon a la propriété d’absorber de nombreux composés, dont des bactéries. Il est utilisé dans le domaine des plaies pour retenir les odeurs nauséabondes et pour la détersion des nécroses humides et fibrines.

Indications

• Plaies exsudatives, malodorantes, infectées.

• Plaies cancéreuses.

• Plaies diabétiques, etc.

Mode d’utilisation et recommandations

Les plaques de nécrose sèches ou humides doivent être détersées mécaniquement avant l’application du pansement au charbon. L’humidification au sérum physiologique est parfois nécessaire en cas de plaie peu exsudative. Les dispositifs ne doivent jamais être découpés. Un pansement secondaire recouvre le pansement absorbant si la plaie est très exsudative. Le renouvellement est fonction des exsudats ; il est quotidien en cas de plaie infectée.

Dispositifs référencés

• Carboflex , compresses.

• Actisorb ® Plus, compresses.

• Carbonet ® , compresses.

Films de polyuréthane

Composition

C’est un film de polyuréthane transparent enduit d’un adhésif hypoallergénique.

Propriétés

Ils sont transparents et permettent un contrôle visuel direct de la zone à traiter. Ils sont perméables aux échanges gazeux, imperméables aux liquides et aux bactéries. Ils sont souples et conformables. Ils adhèrent à la peau saine mais pas sur la plaie. Ils assurent une protection mécanique vis-à-vis des phénomènes de frottement, friction, cisaillement. Ils favorisent la réépithélialisation.

Indications

• Prévention des escarres.

• Fixation des cathéters centraux et des voies veineuses péri- phériques.

• Champs opératoires à inciser.

• Pansement primaire des plaies superficielles peu exsudatives :

plaies postopératoires, dermabrasions, lacérations, plaies chroniques superficielles, protection des stomies, érythème- désépidermisation.

• Pansement secondaire de type occlusif pour majorer et surveiller l’action d’un hydrogel, d’un alginate, d’un hydro- colloïde ou d’un hydrocellulaire.

Mode d’utilisation et recommandations

Un système de pose permet une mise en place simple.

Dispositifs référencés

• Askina Derm ® .

• Hydrofilm.

• Lumiderm ® .

• OpSite ® Flexigrid.

• OpSite ® Flexifix.

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Panorama des pansements dans les plaies aiguës et chroniques 45-015

Détersion Détersion Bourgeonnement Bourgeonnement Épidermisation Épidermisation Hydrocolloïdes
Détersion
Détersion
Bourgeonnement
Bourgeonnement
Épidermisation
Épidermisation
Hydrocolloïdes
Hydrocellulaires
Hydrogels
Hydrofibres
Alginates
Pansements au charbon
Plaie infectée
Pansements gras
Films polyuréthane
Figure 10.
Indication des différents types de pansements en fonction de l’aspect de la plaie.
• Suprasorb F ® .
• Cicaplaie ® Stérile.
• Tegaderm ™ .
• Cosmopor E.

• Comfeel ® stabilon.

Mefilm ® .

Bioclusive ® .

Pansements à l’argent

Composition

Il existe trois structures différentes de pansements à l’argent :

• ions Ag + : dispersés dans les alginates, les hydrofibres et les hydrocellulaires, ou associés à du charbon ;

• argent métallique : nanocristaux d’argent en revêtement de surface ou argent métal ;

• sulfadiazine argentique : association de sel d’argent et de sulfamide.

Indication

Ils possèdent tous une indication dans les plaies infectées ( Fig. 5). La problématique réside dans la définition d’une plaie infectée, et la décision du moment adapté pour introduire un pansement à visée anti-infectieuse. Outre les signes biologiques (C reactive protein , hyperleucocy- tose) et l’hyperthermie éventuelle, les signes sémiologiques d’une plaie infectée sont un écoulement séreux et une inflam- mation simultanée, un retard de cicatrisation, une plaie atone et décolorée, une modification du tissu de granulation (friable), une rougeur, une induration, un œdème, une lymphangite, une adénite, une odeur, la fièvre La notion de colonisation critique doit être introduite : les signes infectieux sont peu francs, la plaie est moins belle, changeante ou plus inflammatoire.

Dispositifs référencés

• Hydrofibre + Ag : Aquacel ® Ag.

• Hydrocellulaire + Ag : Biatain ® Ag.

• Mousse polyuréthane + interface + Ag : Cellosorb ® Ag.

• Hydroalginate + polyamide + Ag : Release ® Ag.

Pansements adhésifs

L’utilisation des adhésifs directement sur une peau fragilisée doit être évitée, en particulier pour les patients artéritiques.

Pansements adhésifs avec compresses

• Alldress ® .

• Cicaplaie ® hypoallergénique.

Techniques chirurgicales - Chirurgie plastique reconstructrice et esthétique

• Curapor Stérile ® .

• Medipore + PAD 3M .

• OpSite ® Post-Op.

• Sparaplaie ® .

• Sterifix ® .

• Tegaderm 3M .

• Tegaderm + PAD 3M .

• Urgostérile ® .

Mepore ® .

Plaie avec rapprochement des berges

• Stéri-Strip 3M sutures cutanées adhésives.

Compresses et adhésifs

• Absoplaie ® , compresse.

• Lohmann ® rondelle oculaire stérile.

• Medicomp compresse.

• Mesoft ® compresse.

• Stérilux ES ® , compresse.

• Mesorb ® , type américain.

• Zetuvit, pansement américain.

• Absofix ® .

• Absoplast ® .

• Albupore ® .

• Blenderm 3M .

• Curafix ® .

• Curafix H ® .

• Durapore 3M .

• Elascogib ® .

• Élastoplaste ® .

• Extensa Plus.

• Extensoplast ® .

• Hypafix ® .

• Medipore ® .

• Mefix ® .

• Micropore 3M .

• Omnifix Elastic.

• Strappal ® .

Blenderm .

Conclusion

Les différentes classes de pansements et l’absence d’AMM expliquent la multitude de produits disponibles sur le marché. Leur prescription doit se faire après une analyse sémiologique de la plaie, afin d’adapter au mieux le pansement, et son renou- vellement ( Fig. 10 ) ( Tableau 1 ).

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45-015 Panorama des pansements dans les plaies aiguës et chroniques

Tableau 1 . Indication en fonction de la plaie et du stade de cicatrisation.

Présence de nécrose noire et sèche Hydrogel

Présence de fibrine ou nécrose humide

Alginate

Hydrocolloïde

Hydrogel (peu exsudatif)

Alginate (très exsudatif)

Hydrofibre (très exsudatif)

Plaie avec bourgeonnement excessif Interface + pommade aux corticoïdes

Plaie hémorragique

Alginate de calcium

Plaie en voie d’épidermisation

Hydrocolloïde

Film de polyuréthane

Hydrocellulaire

Pansement gras

Plaie creuse

Alginate mèche

Hydrofibre mèche

Hydrocolloïde pâte

Hydrocellulaire-forme en coussinet

Plaie très exsudative

Alginate de calcium ou hydrocolloïde

Hydrofibre ou hydrocellulaire

Plaie bourgeonnante

Hydrocolloïde ou hydrogel

Hydrocellulaire ou hydrofibre

Alginate

Plaie superficielle ou dermabrasion, Hydrocolloïde ou hydrogel

brûlure superficielle, site donneur

Hydrocellulaire film

de greffe

Tulle et interface

Plaie malodorante

Pansement au charbon

Plaie infectée

Alginate

Hydrofibre

Pansement à l’argent

Pansement au charbon

.
.

L’évaluation clinique de la plaie doit se faire à chaque ouverture du pansement, dont la rythmicité est déterminée par l’exsudation, le type de pansement et la phase de cicatrisation. Un support photographique permet un meilleur suivi objectif de la cicatrisation. Actuellement, aucun pansement n’accélère le processus physiologique de la cicatrisation. Ils permettent seulement d’optimiser ou de maintenir les conditions optimales à la détersion, au bourgeonnement et à l’épidermisation. Enfin, la prise en charge d’une plaie ne se limite pas à l’évolution strictement locale, mais doit aussi tenir compte du contexte. Les soins d’un pied diabétique ne peuvent être efficaces en l’absence de régulation stricte de la glycémie ; un ulcère veineux doit bénéficier d’une prise en charge plus globale vasculaire. De nouveaux pansements, dits biologiquement actifs, ont été développés pour les brûlés, les plaies postchirurgicales et les patients atteints de plaies chroniques. La possibilité de synthèse des facteurs de croissance ( platelet-derived growth factor [PDGF], granulocyte-macrophage-colony stimulating factor [GM-CSF], transforming growth factor b [TGF- b ], insulin-like growth factor 1 [IGF 1], Sek 1005) nécessaires à la cicatrisation offre des perspectives intéressantes. Le nombre et la variété des pansements proposés par les fabricants sont allés croissant au cours des 10 dernières années. Leurs qualités spécifiques sont indéniables mais le choix est de plus en plus difficile, surtout si l’on doit tenir compte de leur prix, parfois prohibitif pour le budget de la santé. On ne peut oublier les classiques pansements gras toujours extrêmement utiles pour leur effet pro-inflammatoire ; on regrette les classiques pansements anti-inflammatoires aux corticoïdes.

Dans toutes les circonstances, seule la parfaite connaissance de la cicatrisation des plaies, de ses anomalies et de ses impasses est indispensable au praticien.

A. André (aymeric.64@hotmail.fr).

I. Garrido.

J.-L. Grolleau.

F. Canizares.

G.

D.

J.-P. Chavoin. Service de chirurgie plastique et des brûlés, Centre hospitalier universitaire Toulouse Rangueil, 1, avenue du Professeur-Jean-Poulhès, TSA 50032, 31059 Toulouse cedex 9, France.

Fabre.

Gangloff.

Toute référence à cet article doit porter la mention : André A., Garrido I., Grolleau J.-L., Canizares F., Fabre G., Gangloff D., Chavoin J.-P. Panorama des pansements dans les plaies aiguës et chroniques. EMC (Elsevier Masson SAS, Paris), Techniques chirurgicales - Chirurgie plastique reconstructrice et esthétique, 45-015, 2008.

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Techniques chirurgicales - Chirurgie plastique reconstructrice et esthétique

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