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Avant-Projet Détaillé de trois passages Spéciaux par forages dirigés ou microtunnelier pour la conduite d’eau
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Avant-Projet Détaillé de trois passages Spéciaux par forages dirigés ou microtunnelier pour la conduite d’eau potable DN 700 « Préizerdaul-Junglinster »

d’eau potable DN 700 « Préizerdaul-Junglinster » Auteur : SOLER Magalie INSA Strasbourg, Spécialité Génie

Auteur : SOLER Magalie INSA Strasbourg, Spécialité Génie Civil, Option Aménagement du territoire

Tuteur Entreprise : THUNUS Bruno Directeur Adjoint, SGI S.A. Luxembourg

Tuteur INSA Strasbourg : REGENASS Pierre Professeur ENSAM

Projet de fin d’études Juin 2007

SG I S.A. Luxembourg Tuteur INSA Strasbourg : REGENASS Pierre Professeur ENSAM Projet de fin d’études

Etude de passages spéciaux par forages dirigés et microtunnelier de la conduite d’eau potable DN 700 « Préizerdaul – Junglinster »

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REMERCIEMENTS

Je tiens à exprimer mes sincères remerciements à l’ensemble du personnel du bureau d’études SGI INGENIERIE S.A. Luxembourg qui m’a intégré avec compétence, gentillesse et bonne humeur et a mis à ma disposition tous les moyens nécessaires afin de mener à bien mon étude.

Tout d’abord, je remercie vivement Bruno Thunus, directeur adjoint de l’entreprise, pour m’avoir permis de réaliser mon projet de fin d’études au sein du département Génie Civil, pour m’avoir suivi tout au long de ce stage, m’avoir aiguillé et fourni toutes les informations nécessaires, pour sa disponibilité, malgré les responsabilités qui lui incombent.

Je tiens également à remercier l’ensemble de l’équipe Agora, qui par leur gentillesse, les conseils avisés qu’ils m’ont prodigués durant la période de mon travail et leur accueil ont su rendre mon travail agréable.

Mes remerciements s’adressent également à l’ensemble des ingénieurs du pôle Génie Civil pour leur amabilité, leur collaboration et leur accessibilité.

Je remercie d’autre part M. Regenass, mon maître de stage, pour sa participation aux différentes étapes de ce projet.

Enfin, je remercie toutes les personnes qui ont participé à un moment ou à un autre à l’élaboration de ce projet.

Etude de passages spéciaux par forages dirigés et microtunnelier de la conduite d’eau potable DN 700 « Préizerdaul – Junglinster »

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SOMMAIRE

INTRODUCTION

5

I. Description du projet

6

A. Le barrage d’Esch sur Sûre

6

B. Le Syndicat des Eaux du Barrage d’Esch-Sur-Sûre (SEBES)

6

C. Mise en place d’une conduite d’eau potable DN 700 entre Grosbous et Junglinster :

Description du projet

8

D. Les travaux de forage dirigé et microtunnelage

9

E. Etat d’avancement du projet au début de mon projet de fin d’études :

11

F. Travail réalisé durant le PFE

12

II. Les techniques de forage dirigé et de microtunnelage

13

A. Recherche bibliographique :

13

B. Les avantages des travaux sans tranchée

13

C. Le forage horizontal dirigé

14

1. Introduction

14

2. Techniques

15

3. Les différentes étapes d’un forage dirigé

15

4. Fluides de forage

19

D. Le microtunnelage

20

1. Définition

20

2. Introduction

20

3. Principe

20

4. Les differents systèmes de microtunnelage :

22

5. Choix des équipements :

24

III. Définition de la campagne géotechnique :

26

A. Recherche de données antérieures

26

B. Réalisation de profils géologiques

27

1. Projection des coupes de sols :

27

2. Etude de la carte géologique et détermination des épaisseurs des couches de sols :

28

3. Récapitulatifs concernant les types de sols

29

4. Détermination des différents niveaux d’eau à proximité des passages spéciaux :

31

C. Définition de la campagne géotechnique :

32

1. Contenu :

32

2. Clauses techniques :

32

3. Estimation du prix :

34

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4

IV. Caractéristiques du projet concernant les passages par forage dirigé et microtunnelier _35

A. Technique du forage horizontal dirigé et choix concernant le projet

35

1. Rappels : Types de sols rencontrés

35

2. Problèmes rencontrés

35

3. Paramètres à respecter lors de la réalisation d’un forage dirigé horizontal

36

4. Choix du type de technique

40

5. Calcul des forces de traction pendant la phase de tirage

40

6. Choix de la machine de forage

44

7. Calcul du temps de forage brut :

45

8. Réalisation de fouilles

47

9. Caractéristiques de la pose de la conduite DN 700 et des gaines DN 100

49

10. Comparaison des tuyaux DN 700en acier et en fonte ductile

49

11. Forages dirigés : récapitulatif

51

B. Technique du microtunnelage et choix concernant le projet

52

1. Type de sols rencontrés :

52

2. Choix du type de marinage :

52

3. Dimensionnement des tuyaux de fonçage

52

4. Station de fonçage intermédiaire

64

5. Puits d’entrée et de sortie du microtunnelier

65

6. Massif de réaction

67

7. Choix des tuyaux

68

8. Estimation de la durée des travaux

68

CONCLUSION

69

Bibliographie

71

Table des figures 74

75

Annexes 76

Index des tableaux

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5

INTRODUCTION

Le bureau d’études SGI INGENIERIE S.A. Luxembourg (cf description Annexe A) travaille depuis 2000 sur le projet de pose de canalisation d’eau potable entre les villes de Préizerdaul et Junglinster. Cette conduite, d’une longueur d’environ 31 km, rencontre à trois endroits différents des obstacles qu’il est impossible de contourner ou très difficile de traverser en tranchée ouverte. Il s’agit notamment de routes nationales, de rivières, mais également de voies ferrées. Un Avant Projet Sommaire effectué en 2005 par un ingénieur du bureau d’études a établi qu’il était, d’un point de vue technique, écologique et financier, avantageux de réaliser deux de ces passages spéciaux par forages horizontaux dirigés et le troisième par la technique du microtunnelage. Pour cela, plusieurs variantes ont été étudiées et un tracé sommaire pour chaque forage a été retenu.

Il m’a alors été demandé, dans le cadre de mon PFE, de poursuivre le travail qui a été initié en 2005 et de réaliser l’Avant Projet Détaillé de ces trois passages spéciaux, l’ensemble de mon travail devant par la suite permettre d’établir le dossier de consultation des entreprises concernant ces travaux.

Après une brève description du projet général au sein duquel s’inscrit mon PFE, les techniques de forages dirigés et de microtunnelage seront détaillées. Il sera alors montré qu’il est indispensable pour étudier un projet concernant ce type de travaux, de connaître avec une bonne précision les types de sols rencontrés lors des forages. Les notions de contrôle et suivi de trajectoire et de fluides de forage ne seront abordés que brièvement. Une troisième partie expliquera alors comment, à partir de sondages antérieurs, j’ai pu reconstituer les différentes couches de sol présentes au niveau de ces passages. Afin de confirmer ces hypothèses et d’obtenir des données plus précises sur les sols rencontrés pour que les entrepreneurs puissent adapter au mieux les techniques de forage utilisées, il sera nécessaire dans la suite de l’étude du projet de réaliser des sondages et des essais de sols complémentaires au droit des passages spéciaux. Cette partie de mon rapport décrira également brièvement la campagne géotechnique complémentaire que j’ai définie en ce sens.

Enfin, la dernière partie, rassemblera l’ensemble des caractéristiques et des choix techniques propres aux trois passages spéciaux étudiés. Il sera notamment expliqué quels sont les avantages et les inconvénients des canalisations en fonte ductile et en acier pour ces trois passages.

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I. Description du projet

L’eau potable qui alimentera les différents villages desservis par la conduite posée entre Grosbous et Junglinster provient du barrage d’Esch-Sur-Sûre.

A. Le barrage d’Esch sur Sûre

La consommation journalière en eau pour chaque luxembourgeois dépasse aujourd’hui les 150 litres [1]. Les sources du grès de Luxembourg ne fournissant pas assez d’eau potable pour satisfaire les besoins des habitants et les dangers écologiques qu’impliquerait . un captage prolongé des eaux souterraines ont conduit dans les années 50 à chercher une autre source d’eau potable pour le Luxembourg.

Pour ces raisons, il a été envisagé en 1953 d’utiliser les eaux de surface provenant des rivières, des ruisseaux et des lacs. Le village d’Esch sur Sûre, situé au Nord Est du pays s’est révélé être le site idéal pour construire un barrage (cf. figure I-1 ci contre) et pour y aménager un lac artificiel. La situation de ce barrage, dont la retenue s’étend sur environ 3.8 km² permet de recueillir l’eau d’un bassin versant de 428 km². 65% de ce dernier sont situés en Belgique entre Arlon, Bastogne et Neufchâteau.

situés en Belgique entre Arlon, Bastogne et Neufchâteau. Figure I-1 Le barrage d'Esch sur Sûre en

Figure I-1 Le barrage d'Esch sur Sûre en travaux

B. Le Syndicat des Eaux du Barrage d’Esch-Sur-Sûre (SEBES)

Le Syndicat des Eaux du Barrage d’Esch-Sur-Sûre (SEBES) a pour mission de renforcer l’alimentation en eau potable du Grand Duché de Luxembourg à partir du barrage. Il a pour rôle d’établir, d’entretenir et d’exploiter tous les ouvrages, installations mécaniques et canalisations destinés à la conduite d’eau potable provenant des eaux puisées dans le réservoir d'Esch-sur-Sûre. Le syndicat a été chargé de créer à partir du réservoir d'Esch-sur- Sûre les installations de conduite de l'eau vers les différentes parties du pays; il est également autorisé à construire et à exploiter, d’après la loi du 31 juillet 1962, une station de traitement de l'eau (cf. Figure I-2 ci après).

L’ eau du barrage, après traitement est pompée au réservoir d’Eschdorf, situé entre Esch- Sur-Sûre et Grosbous, et coule par gravitation vers les différentes zones à alimenter. L’eau potable est distribuée moyennant un réseau d’adduction d’une longueur approximative de 125 km.

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Le Syndicat de Distribution d’Eau des Ardennes (DEA) pour le Nord du pays : Le
Le Syndicat de Distribution d’Eau des
Ardennes (DEA) pour le Nord du pays :
Le Syndicat des Eaux du sud (SES)
La Ville de Luxembourg
Le Syndicat Intercommunal pour la
Distribution de l’Eau dans la Région de
l’Est (SIDERE)
le Syndicat des Eaux du Centre
Figure I-2 Barrage d’Esch-Sur-
Sûre et station de traitement
Figure I-3 Les
différentes zones
alimentées par le
SEBES

Les différents points de fourniture sont :

Au total , le SEBES fournit un tiers de l’approvisionnement en eau du pays et alimente environ 80% de la population luxembourgeoise.

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C. Mise en place d’une conduite d’eau potable DN 700 entre Grosbous et

Junglinster : Description du projet

Le syndicat des Eaux du Barrage d’Esch-sur-Sûre (SEBES) souhaite compléter son réseau principal d’adduction d’eau potable par une liaison entre Préizerdaul (Bettborn) et Junglinster via Mersch. Cette nouvelle conduite permettra d'améliorer la qualité et la capacité du réseau de conduites d'adduction d'eau potable du SEBES. Le projet nécessite la mise en place, sur une longueur d’environ 31 km, d’une conduite d’eau potable de grand diamètre (diamètre nominal de 700 mm) et d’une pression de service allant jusqu’à 3.2 MPa. Son origine se trouve au niveau de la conduite existante du SEBES située sur le territoire de la commune de Préizerdaul (Bettborn) et se raccorde à la conduite existante du SEBES située sur le territoire de la commune de Junglinster, traversant successivement les communes de :

Junglinster, traversant successivement les communes de : • Préizerdaul (Bettborn ) • Grosbous • Useldange

Préizerdaul (Bettborn )

Grosbous

Useldange

Vichten

Boevange/Attert

Bissen

Mersch

Lintgen

Lorentzweiler

Fischbach

Junglinster

(cf. figure I-4 ci contre)

Figure I-4 Carte des communes du Grand Duché de Luxembourg

Le plan de situation générale de la conduite est fourni en Annexe B La nature de la conduite et le profil du tracé imposent la création d'une quarantaine d’ouvrages:

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1 chambre à vannes de départ

5 chambres à vannes de sectionnement

17 chambres de ventouse

19 chambres de vidange

Il est prévu également de poser plusieurs conduites secondaires d’un diamètre nominal de 300 mm et d’une pression de service allant jusqu’à 3.2 MPa. Ces conduites partiront de la conduite principale pour alimenter le réservoir de Mersch, du SIDERE à Junglinster et un futur réservoir à Greivenknapp (Boevange/Attert). La longueur cumulée de ces conduites est d’environ 3.25km. Par ailleurs, parallèlement à la conduite principale, sera posé un câble, dans une gaine, de télétransmission pour le contrôle et le suivi de l’état de fonctionnement de la conduite.

La conduite principale nécessite à trois niveaux le franchissement de plusieurs obstacles importants via des techniques spéciales de travaux sans tranchées (La pose de la canalisation par fonçage sous les routes secondaires n’étant pas prises en compte ici).

D. Les travaux de forage dirigé et microtunnelage

Le projet de construction de cette nouvelle conduite d’eau potable DN 700 nécessite le franchissement de 3 groupes d’obstacles importants. Il s’agit

Entre Bissen et Mersch : du passage de la « Route du Nord », inclus les passages de la route nationale N7 et du ruisseau Wellerbaach sur une distance de 305 m,

N7 et du ruisseau Wellerbaach sur une distance de 305 m, Figure I-5 Plan de situation

Figure I-5 Plan de situation du passage par forage dirigé au niveau de la Route du Nord

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Entre Pettingen et Mersch : du passage de la rivière Alzette et de la ligne ferroviaire des CFL (Chemins de Fer Luxembourgeois), inclus les passages de la route nationale N9 et la rue « Am Spangert » sur une distance de 352 m.

0 50 mètres
0
50
mètres

Figure I-6 Passage par forage dirigé au niveau de la ligne CFL et de l'Alzette

Au niveau de Junglinster :Le passage sous la future voie de contournement de Junglinster et la route N11 sur une distance de 95 m.

0 50 mètre
0
50
mètre

Figure I-7 Passage par microtunnelier au niveau du contournement de Junglinster

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Le tracé de la conduite ne pouvant contourner ces obstacles, les techniques traditionnelles de pose en tranchée ouverte étant difficilement applicables à ces endroits là, il a alors été envisagé d’utiliser les techniques spéciales de travaux sans tranchées au niveau de ces passages.

Plusieurs variantes ont été analysées par le bureau d’études SGI il y a deux ans. Plusieurs techniques et plusieurs tracés ont été comparés. Il est alors ressorti de l’Avant Projet Sommaire que ces franchissements imposaient d’utiliser des techniques de construction spécifiques et adaptées aux obstacles rencontrés, à savoir les techniques de forages dirigés et de microtunneliers. Les travaux de forage horizontal dirigé concerne les deux premiers tronçons et ceux de microtunnelage uniquement le dernier. Les techniques et les tracés retenus (cf. plans de situation et profils en long en Annexe C) ont été évalués comme étant les plus avantageux du point de vue technique, écologique et financier [18,19].

E. Etat d’avancement du projet au début de mon projet de fin d’études

Comme il a déjà été mentionné, l’étude du projet sur lequel j’ai participé durant mon PFE a commencé il y a environ sept années chez SGI. Néanmoins l’ingénieur ayant réalisé l’Avant- Projet Sommaire concernant les passages spéciaux par forage dirigé ou microtunnelier ne fait plus partie de l’entreprise. Les documents mis à ma disposition ont été plusieurs classeurs rassemblant son travail. Cette personne étant germanophone, beaucoup de ses documents sont en allemand, ce qui n’a pas facilité ma tâche.

Le projet de la pose de la canalisation d’eau potable DN 700 entre Préizerdaul et Junglinster

a été subdivisé en deux sous-projets principaux: l’un concernant la pose de la conduite en

tranchée ouverte (y compris les simples fonçages sous route) et le second se rapportant aux travaux spéciaux sans tranchée.

Lorsque j’ai débuté mon PFE au sein de SGI, l’étude du projet concernant la conduite d’eau potable entre Préizerdaul et Junglinster en tranchée ouverte était dans sa phase finale. Les tracés ainsi que les différents ouvrages étaient définis. Les soumissions concernant le terrassement et les ouvrages étaient en cours de réalisation et devaient être prêtes au mois de mars 2007. Le bureau d’étude prévoyait que le terrassement commence au mois de juillet et la construction des ouvrages courant septembre 2007. Durant mon PFE,

le choix concernant le matériau à utiliser a été décidé : la fonte ductile.

En ce qui concerne les trois passages spéciaux de la conduite par forage dirigé ou

microtunnelier, l’avant-projet sommaire avait déjà été réalisé.

L’objectif de mon PFE était de continuer les études réalisées au niveau de ces trois passages spéciaux et d’établir l’Avant-Projet Détaillé. Les résultats obtenus à l’issue de mon PFE devant permettre ainsi de passer directement à l’étape des études suivantes, à savoir l’élaboration du « dossier de consultation des entreprises ».

F.

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Travail réalisé durant le PFE

Les différentes étapes de mon travail de fin d’études ont été les suivantes :

Recherche bibliographique sur les techniques de microtunnelage et de forage horizontal dirigé,

Collecte des données de base (réseaux, contraintes propres au projet),

Définition de la campagne géotechnique complémentaire (clauses techniques et bordereau de prix) et examen du rapport géotechnique,

Confirmation des options retenues au stade APS,

Etude des tracés définitifs : planimétrie (situation) et altimétrie (profil en long) en fonction de la technique de franchissement retenue,

Dimensionnement de la conduite et des ouvrages à construire,

Détermination du phasage des travaux et planning de réalisation.

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II. Les techniques de forage dirigé et de microtunnelage

A. Recherche bibliographique

J’ai commencé mon projet de fin d’études en effectuant une recherche bibliographique sur les forages horizontaux dirigés et les microtunneliers. Mes sources bibliographiques ont été principalement la littérature spécialisée, des revues, des sites Internet. J’ai également effectué des recherches auprès de la FSTT (French Society for Trenchless Technology), ’organisme spécialiste de travaux sans tranchées, mais aussi en demandant de la documentation aux entreprises spécialisées. (cf. Bibliographie). Cela m’a permis d’obtenir des contacts avec des personnes qui ont pu m’aider dans mon travail durant la suite de mon PFE. L’ensemble de la bibliographie consultée ainsi que la liste des contacts établis sont consignés dans des classeurs afin que mon travail puisse servir à d’autres personnes de l’entreprise ultérieurement.

B. Les avantages des travaux sans tranchée

Les travaux sans tranchée comportent de nombreuses techniques qui s’utilisent aussi bien pour la mise en place d’installations nouvelles : microtunnelage, forage dirigé grande ou moyenne distance, fusée pneumatique, battage de tube… que pour le remplacement de conduites usagées : éclatement de conduite, mange tube….

L’utilisation de ces techniques permet sans conteste de réduire les coûts sociaux des travaux traditionnels de pose de réseaux en site urbain [2]:

Le Bruit : Les techniques sans tranchée limitent au strict nécessaire l’usage du marteau piqueur et des autres engins.

Les Poussières : L’absence d’excavation diminue la poussière.

La Discrétion : Les accès des riverains aux commerces n'est pas perturbé.

L'Equilibre : Les rivières et les réserves naturelles sont particulièrement sensibles aux tranchées qui bouleversent l’équilibre du milieu. Les techniques de construction sans tranchée permettent d’éviter ces agressions.

Les travaux superflus : La pose en tranchée ouverte endommage les chaussées traversées. Les travaux nécessaires pour la remettre en bon état représentent des coûts supplémentaires pour le Maître d’Ouvrage qui sont absents lors de travaux sans tranchée.

Le Gaspillage : Lorsqu’une tranchée est excavée, le volume extrait doit être remplacé par des matériaux dits “nobles” extraits de carrières. Outre le fait que leur coût est élevé, ces matériaux se raréfient. Il s’agit donc d’un gaspillage de richesses. Les techniques sans tranchée ne nécessitent quasiment plus de matériaux nobles.

C.

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Le forage horizontal dirigé

1.

Introduction

La méthode du forage dirigé permet de réaliser des installations sans tranchée sur des longueurs pouvant aller jusqu’à 1700 m.

Elle permet d'installer une conduite sous un obstacle, comme une route, une voie de chemin de fer, une rivière, voire même sous des complexes industriels sans perturber le milieu environnant. Contrairement à la technique du forage horizontal, la trajectoire courbe d'un forage dirigé permet de faire passer la conduite sous des obstacles en partant de la surface, de sorte qu'aucune excavation importante n'est requise. Cette méthode permet ainsi d’éviter des terrassements importants par rapport aux techniques de pose traditionnelles en tranchée ouverte.

Le spectre des applications englobe toutes les constructions de conduites :

les bornes de gaz,

le chauffage urbain et l’alimentation en eau potable,

l’installation de conduites sous pression dans les égouts,

conduites de protection de câbles pour la télévision ou le téléphone, les systèmes d’acheminement du trafic, téléphone d’urgence ou faible, moyenne ou haute tension et les câbles à fibre optique.

La méthode du forage horizontal dirigé est respectueuse de l’environnement et diminue les dommages sur celui-ci. Seuls des dégâts minimes sont causés à proximité de l’unité de forage. Plusieurs raisons expliquent l’utilisation du forage dirigé au centre des villes. Celles-ci sont surtout liées aux coûts de construction, les durées de construction, les procédures d’autorisation, les mouvements de sol, la surface à reconstruire et le trafic, en comparaison avec les méthodes classiques de tranchées ouvertes.

avec les méthodes classiques de tranchées ouvertes. Figure II-1 Passage d'une route par forage dirigé Fi

Figure II-1 Passage d'une route par forage dirigé

Figure II-1 Passage d'une route par forage dirigé Fi g ure II-2 Passa ge d'une voie

Figure II-2 Passage d'une voie ferrée par forage diri

II-2 Passa ge d'une voie ferrée p ar fora g e diri gé Figure II-3 Passage

Figure II-3 Passage d'un cours d'eau par forage dirigé

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2. Techniques

Il existe deux types de forage horizontal dirigé :

Le forage horizontal dirigé à sec [29,30]: pour des sections inférieures à 200 m et des longueurs d’application allant jusqu’à 240ml.

Le forage horizontal dirigé humide : pour des sections de 100 à 1200 mm et des longueurs d’application pouvant atteindre 1700 ml. Compte tenu des longueurs des forages horizontaux dirigés concernant mon projet de fin d’études, je ne me suis intéressée par la suite qu’à la technique du forage horizontal dirigé humide, appelé par la suite simplement forage dirigé.

3. Les différentes étapes d’un forage dirigé

Une opération de forage se déroule généralement de la façon suivante [26]:

1. Etudes préliminaires, planification

2. Sélection de l’unité de forage et des outils

3. Forage pilote

4. Alésage

5. Mise en place de la conduite

a) Etudes préliminaires

Une opération de forage horizontal dirigé bien planifiée inclue les études préliminaires de la zone où passera la conduite. Il s’agit notamment de déterminer la nature des sols rencontrés mais également d’identifier de détecter les réseaux existants. L’application de bentonite pouvant soulager le forage pilote et la traction de la conduite, l’expérience a prouvé que la technique du forage dirigé ne peut pas se faire dans des conditions de sol difficiles avec des composantes à gros grains, des inclusions de rocher importantes ou des déblais de matériaux de construction.

b) Choix de la machine de forage

Le choix de l’unité de forage dépend du diamètre de percement, du diamètre de la conduite à installer et de la qualité du sol rencontré. Les machines de forage sont classées en 4 catégories selon leur force de traction maximale comme l’indique le tableau II-1 ci dessous [3].

Type de machine

Force de traction maximale

Machines de forage mini

150

kN

Machines de forage midi

400

kN

Machines de forage maxi

2500 kN

Machines de forage méga

>2500 kN

Tableau II-1 Caractéristiques des différentes machines de forage

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Le tableau II-2ci-dessous résume les différentes caractéristiques des machines de forage.

Type de machine

Couples

Masse

Applications

Mini

10

à 15 kN.m

10

t

Distribution en zone urbaine Pose de tubes PE ou câbles

Midi

15

à 30 kN.m

10

à 25 t

Tous terrains

Maxi

30

à 100

25

à 60 t

Canalisations de grandes dimensions et forages de grandes longueurs Traversées de cours d’eau, de voies ferrées, d’importants croisements routiers

kN.m

 

Méga

>100 kN.m

>60 t

Longueurs de forage et diamètre de trous hors norme.

Tableau II-2 Caractéristiques des machines de forage

c) Forage du trou pilote

Le forage du trou pilote consiste à faire pénétrer dans le sol un train de tiges sous l’action combinée de la poussée et de la rotation d'une tête de forage, équipée à son extrémité

d'une tête d'usure adaptée à la nature du

terrain :

Bec de canard pour les sols tendres,

Pics au carbure pour les roches dures (cf. figure II-4

ci-contre)

carbure pour les roch es dures (cf. figure II-4 ci-contre) Figure II-4 Tête d’usure munie de

Figure II-4 Tête d’usure munie de pics au carbure (Rhino Rock Bit- Ditch Witch)

Tricône acier ou au carbure pour les roches dures à très dures

Cette tête est équipée de buses permettant l’injection d’eau ou de boue de forage. Cette dernière joue plusieurs rôles : lubrifier l'outil, consolider le tunnel et favoriser l'évacuation des déblais. Au fur et à mesure de la progression de l'ensemble, des tiges, d'une longueur variable selon la foreuse, sont ajoutées. Pendant cette étape la trajectoire est suivie et contrôlée. Une sonde émettrice, placée à l'intérieur de la tête de forage permet en effet de communiquer en permanence à l'opérateur, en surface, des informations concernant sa profondeur, sa position, son inclinaison et son orientation. La transmission des informations se fait par ondes électromagnétiques. Ces informations permettent à l'opérateur de guider le forage. En effet, la partie antérieure de la tête n'étant pas symétrique, il est possible de modifier sa trajectoire en exerçant une poussée sans rotation du train de tiges. Dès que la modification du cap souhaité est obtenue, il suffit de reprendre la rotation pour que la trajectoire de la tige redevienne rectiligne.

pour que la trajectoire de la tige redevienne rectiligne. Figure II-5 Illustration du forage pilote -

Figure II-5 Illustration du forage pilote

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17

d) Alésage

(1) Principe

– Junglinster » 17 d) Alésage (1) Principe Figure II-6 Illustration de l'alésage Une fois que

Figure II-6 Illustration de l'alésage

Une fois que le forage pilote a été réalisé, la tête de forage est démontée. Un aléseur adapté à la nature du sol et au type de conduite à poser est installé à l'extrémité du train de tiges. Le forage pilote est alors agrandi en fonction du diamètre des tuyaux à installer. Selon la nature du terrain et le diamètre de la canalisation, un ou plusieurs alésages successifs sont nécessaires pour arriver au diamètre définitif. Le paragraphe (IV-3-c-2) explique comment déterminer les séquences d’alésage.

Les aléseurs, tout comme la tête de forage, lors du forage pilote, sont équipés de gicleurs d'injection de boue de forage.

(2) Choix de l’aléseur

Le choix du type d’aléseur à utiliser dépend du type de terrain traversé. Il existe différents modèles, chacun étant plus particulièrement adapté à un type de sol.

Les plus couramment utilisés sont les suivants :

(a) Aléseur à ailettes ou couronnes

L’aléseur à ailettes est adapté aux matériaux homogènes (argile, sable compact). Il est muni de dents qui les découpent en copeaux et les mélangent au liquide de forage, formant ainsi une boue. Celle-ci est ensuite évacuée facilement vers l’arrière.

Figure II-7 Aléseur à ailettes

évacuée facilement vers l’arrière. Figure II-7 Aléseur à ailettes - Magalie Soler - Projet de Fin

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(b) Aléseur à spirales compactants

L’aléseur à spirales compactant est adapté aux sols hétérogènes. Les spirales permettent d’évacuer les cailloux et les graviers en les comprimant vers l’extérieur.

Figure II-8 Aléseur à spirales compactant

(c) Aléseur à goujures

L’aléseur à goujure est l’un des aléseurs les plus polyvalents. Sa forme hélicoïdale lui permet de compacter le sol alors que ses pics, gicleurs et goujures permettent de mélanger la boue et de l’évacuer vers l’arrière.

Figure II-9 Aléseur à goujures

vers l’arrière. Figure II-9 Aléseur à goujures (d) Aléseur à molettes L’aléseur à molettes est adap
vers l’arrière. Figure II-9 Aléseur à goujures (d) Aléseur à molettes L’aléseur à molettes est adap

(d) Aléseur à molettes

L’aléseur à molettes est adapté aux terrains rocheux. Les molettes sont en acier ou en carbure selon l’abrasivité de la roche.

Figure II-10 Aléseur à molettes

(e) Aléseur à piston

Figure II-10 Aléseur à molettes (e) Aléseur à piston L’aléseur à piston est utilisé en phase

L’aléseur à piston est utilisé en phase finale lors du tirage de la conduite. Il permet de lisser les parois du tunnel.

Figure II-11 Aléseur à piston suivi de la canalisation à tirer

du tunnel. Figure II-11 Aléseur à piston suivi de la canalisation à tirer - Magalie Soler

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e) Le tirage du tuyau

Préizerdaul – Junglinster » 19 e) Le tirage du tuyau Figure II-12 Illustration du tirage de

Figure II-12 Illustration du tirage de la conduite

Préalablement à cette phase, les tuyaux sont assemblés et contrôlés en surface. Le mode d’assemblage dépend du type de tuyaux : par exemple, les tuyaux en acier sont soudés alors que les tuyaux en fonte sont assemblés à l’aide d’un système de verrouillage. La conduite ainsi réalisée est ensuite mise en place sur une rampe de tirage équipée de rouleaux ou mise en flottaison à l’intérieure d’une tranchée remplie d’eau. Ces différents dispositifs ont pour but de diminuer les frottements lors du tirage.

Lorsque l’alésage final est terminé, la canalisation, qui peut être soit la conduite finale, soit une gaine destinée à recevoir une ou plusieurs conduites, est attachée derrière l’aléseur et est ensuite tractée jusqu'au point d'entrée. Moyennant des outils et une mise en œuvre adaptés, il est possible de tirer plusieurs conduites simultanément, évitant ainsi la pose d’un fourreau.

4. Fluides de forage

Les fluides de forage utilisés lors d’un forage horizontal dirigé ont plusieurs rôles [3]:

Maintenir les déblais en suspension et assurer leur évacuation par voie hydraulique,

Garantir la stabilité du forage et consolider les parois du trou de forage,

Lubrifier et refroidir les outils et trains de tiges

Faciliter le creusement

Les fluides de forage sont soit des bentonites, soit des polymères hydrosolubles. Leurs compositions dépendent principalement de la nature du terrain. Selon les quantités à utiliser, les entrepreneurs peuvent décider de ne travailler qu’avec des fluides de forage propres ou alors de mettre en place un poste de traitement et de recyclage.

En général, les boues de forage passent tout d’abord à travers des tamis vibrants qui séparent les sables puis les limons de la fraction fine. Puis des cyclones éliminent les éléments les plus fins par centrifugation. Après vérification de sa composition chimique, Le fluide ainsi obtenu peut alors être réutilisé.

D.

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Le microtunnelage

1. Définition

La Société Internationale des Travaux Sans Tranchées ( ISTT) définit le terme microtunnel de la façon suivante : « Tunnel réalisé par poussage d'une conduite ayant un diamètre nominal intérieur ne permettant pas le passage d'un homme, et construit par une méthode mécanisée d'excavation du sol avec un marinage sorti par le microtunnel lui-même. »

2. Introduction

Le microtunnelage est une technique de pose de canalisations de diamètre compris entre 400 et 1600 mm. Apparue au Japon dans les années 50, l’Allemagne emprunte cette technique dès cette époque. Il faut attendre 1989 pour que les premiers essais de microtunneliers débutent en France [4].

Les canalisations mises en place sont le plus souvent en béton armé. Néanmoins d’autres matériaux sont utilisés, de façon plus marginale : l’acier, le grès et le plastique renforcé par du verre (PRV).

Leurs utilisations sont diverses [5]:

Réseaux d’eau potable : le matériau généralement mis en œuvre est le béton armé avec âme tôle,

Réseaux d’assainissements ou de transport d’eau pluviale : Suivant le fluide transporté, les conduites sont généralement en béton armé et quelquefois en PRV,

Gaines techniques pour des câbles ou conduites : ces ouvrages sont considérés comme des fourreaux non visitables.

Tout comme le forage dirigé, cette technique permet de réaliser des travaux sans tranchées mais sa mise en œuvre est différente. En effet, contrairement au forage dirigé, le forage s’effectue à partir d’un puits et la trajectoire du microtunnelier est le plus souvent horizontale. Il est possible cependant de réaliser des profils en long inclinés montant ou descendant avec des inclinaisons allant jusqu’à 10 %.

3. Principe

Le principe de fonctionnement d’un microtunnelier dérive de celui d’un tunnelier classique de grand diamètre, à attaque globale. Le tunnelier progresse dans le terrain sous l’action de vérins de poussée disposés à l’abri du bouclier entre la tête de forage et les anneaux de soutènement mis en place successivement au fur et à mesure de l’avancement.

En ce qui concerne le microtunnelier, au contraire, la tête de forage et son bouclier sont poussés vers l’avant par le train de tubes grâce à des vérins installés dans un puits d’attaque.

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potable DN 700 « Préizerdaul – Junglinster » 21 Figure II-13 Schéma d'un chantier de microtunnelage

Figure II-13 Schéma d'un chantier de microtunnelage

a) Puits d’entrée et de sortie du microtunnelier

La technique du microtunnelage nécessite la construction de deux puits :

Le puits d’entrée, ou puits d’attaque qui est le puits à partir duquel va être creusé le microtunnel. Son diamètre doit être suffisamment important pour permettre le passage du microtunnelier, du système de marinage, des éléments de canalisation qui sont poussés les uns après les autres, des deux vérins de poussée et du personnel. Les vérins de poussée sont disposés dans ce puits et viennent s’appuyer sur un massif de butée. Leur rôle est de pousser l’ensemble machine-canalisation. Le terrain situé à l’arrière du massif de butée doit donc avoir de bonnes caractéristiques de résistance. Dans certains cas, par exemple en terrain meuble, il peut être nécessaire de procéder à des injections de consolidation.

de procéder à des injections de consolidation. • Fi g ure II-14 Photo d'un p uits

Figure II-14 Photo d'un puits d'entrée

Le

puits de sortie, lui,

ne

sert

lui

qu’à

la

récupération

 

de

la

tête

d’attaque et sa dimension

n’est limitée

que par

la

dimension

du

microtunnelier. La forme de ces puits peut être ronde, ovale ou rectangulaire.

Toutes les techniques classiques sont utilisées pour la réalisation des puits [6]:

méthode traditionnelle par blindage bois ou métallique ;

rideaux de palplanches ;

havage de buses préfabriquées ;

parois moulées

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jet grouting ;

béton projeté avec ou sans clouage.

Pour les puits circulaires, les dimensions minimales sont généralement de 3,50 m pour des microtunneliers de diamètre inférieur à 800 mm et 5 à 11 m pour des diamètres supérieurs à 800 mm.

b) Insertion de tuyaux dans le puits d’entrée

Progressivement, des tuyaux, de longueur égale à l’allongement des vérins de poussée sont introduits dans le puits d’entrée et l’ensemble forme de la tête d’attaque et des tuyaux est poussé par les vérins. Les éléments s’emboîtent alors pour former la canalisation.

c) Guidage de la trajectoire

Au dessus du puits d’entrée, un poste de pilotage ajuste à l'avance la trajectoire de la tête d'attaque guidée par un laser (la précision est de l'ordre de 25 mm de déviation de part et d'autre de la ligne droite pour 100 m), celle-ci ajustant sa direction par des vérins d'articulation.

4. Les differents systèmes de microtunnelage

Il existe plusieurs différents types de machine pour creuser des tunnels de diamètre compris entre 400 et 1800 mm:

Les machines sans confinement : à front ouvert

Les machines à pression de terre : qui utilisent le terrain excavé mélangé à de l’eau enrichie ou non de polymères .

Les machines à pression de boue : qui injectent une boue à base de bentonite au front de taille afin de tenir le terrain excavé Les machines de creusement en roche dure : dont la tête du microtunnelier est renforcée par l’adjonction de molettes.

Ce qui les différencie également les systèmes de microtunnelage est la façon dont sont transportés les déblais de la chambre de concassage vers la surface : le marinage. Celui-ci s’effectue en effet, à l’intérieur des tuyaux posés de trois manières différentes :

a) Marinage pneumatique

Les déblais sont aspirés du front de taille vers un réservoir étanche par une dépression d’air créée par une pompe à vide. Ce type de marinage peut être utilisé dans les sols non- cohérents à peu cohérents (terrains argilo-graveleux) et dans des terrains qui se situent au dessus de la nappe phréatique. Il convient mal aux sols cohérents (argiles compactes) qui obturent le tuyau d’aspiration. Ce marinage peut néanmoins être utilisé dans ce type de sols si on l’associe à l’injection d’eau sous haute pression ou d’air comprimé au niveau des outils pour découper les terrains, mais son efficacité est sensiblement diminuée. Ce type de marinage est très peu utilisé en France.

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b) Marinage à vis sans fin

Les déblais sont évacués de la chambre d’abattage à l’aide d’une vis d’Archimède vers un tapis roulant ou directement dans un wagonnet situé dans le puits de poussée. Ce type de marinage peut être utilisé dans les sols non-cohérents et dans les argiles raides. Le diamètre des grains pouvant être excavés dépend du diamètre intérieur des tuyaux foncés. Le maximum est en général de 70 mm. Le diamètre de la vis doit être adapté au diamètre maximal des grains, et ce, afin que leur transport s’effectue sans problème.

Ce type de marinage présente l’avantage de ne pas nécessiter l’installation de traitement des déblais, puisqu’ils peuvent être évacués dans l’état même où ils sortent de la machine. La présence d’une fraction sableuse trop importante risquant de se consolider dans la vis, ou d’une argile collante peut engendrer des difficultés de marinage. Il faut alors ajouter des additifs sous forme liquide ou de mousse pour faciliter le marinage. Des difficultés peuvent également apparaître lors de l’évacuation de gros blocs.

1 Roue de coupe 2 Outils 3 Chambre de concassage 4 Vis de concassage 5

1 Roue de coupe

2 Outils

3 Chambre de concassage

4 Vis de concassage

5 Buses d’injection d’eau

6 Roulement principal

7 Entraînement de la roue de coupe

8 Vérin de poussée

9 Vis de marinage

10 Cible

11 Rayon laser

12 Bloc de vanne

Figure II-15 Principe d'un microtunnelier à marinage à vis (AVN 800-1200 Herrenknecht)

c) Marinage hydraulique

Les déblais sont mis en suspension dans un fluide en circulation et sont ensuite évacués vers l’extérieur. Le fluide injecté dans la chambre d’abattage peut être de l’eau claire ou de la bentonite. La suspension est évacuée à travers les tuyaux de marinage jusqu’à un bac de décantation où les déblais sont séparés du fluide. Le fluide ainsi obtenu est ensuite réutilisé comme liquide de marinage. Ce type de marinage est bien adapté aux terrains granulaires (sables et graviers) et dans les limons. Il peut être utilisé dans les terrains argileux plastiques (présentant des risques de collages et conduisant au colmatage de la chambre d’abattage et/ou à l’obturation des canalisations de marinage) avec un fluide de marinage et des additifs tels que les polymères appropriés au type de terrain rencontré.

Ce marinage a l’inconvénient de devoir mettre en place une installation de séparation des déblais, ce qui est plus coûteux.

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1 Roue de coupe 2 Outils 3 Chambre de concassage 4 Buse d’injection 5 Roulement

1 Roue de coupe

2 Outils

3 Chambre de concassage

4 Buse d’injection

5 Roulement principal

6 Entraînement de la roue de coupe

7 Joint d’articulation

8 Vérin de poussée

9 Conduite de marinage

10 Conduite d’alimentation

11 Cible

12 Rayon laser

13 Bypass

14 Bloc de vanne

Figure II-16 Principe d'un microtunnelier à marinage hydraulique (AVN 250-700 Herrenknecht)

d) Récapitulatif

Le tableau ci-dessous indique le choix de la machine de marinage en fonction du type de sol rencontré

         

Argiles

Machines à

Peu

 

marinage

Galets

Graviers

Sables

Limons

plastiques

(IP<30)

Plastiques

(IP>30)

Hydraulique

**

**

**

**

**

*

A vis

O

*

**

**

*

O

Pneumatique

O

**

**

**

*

*

** : machine bien adaptée; *machine pouvant convenir; O machine déconseillée

Tableau II-3 Choix des machines en fonction des types de terrain à excaver

5. Choix des équipements

Quelque soit le type de marinage utilisé, la tête de la machine est munie d’une roue de coupe et d’un cône de concassage. Les outils de la roue de coupe permettent l’abattage du terrain sous l’action conjuguée de la rotation et de la poussée. Le cône de concassage réduit les blocs importants en morceaux suffisamment petits pour qu’ils puissent être transportés par le circuit de marinage.

Les têtes de coupe doivent être choisies par l’entrepreneur en fonction du type de sol rencontré et adapté aux fonctionnalités recherchées.

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Si le type de sol rencontré est constitué d’argiles, la tête de coupe doit permettre d’éviter le collage des argiles. En effet, pour un indice de plasticité IP supérieur à 30 environ, les copeaux de terrain découpés par la tête ont tendance à s’agglomérer, formant alors un mélange pâteux. Ceci conduit alors à une augmentation du couple de rotation de la tête, voire des bouchons dans celle-ci et le système de marinage. Pour les sols cohérents (limons, argiles, marnes), les roues de coupe sont munies d’outils appelés « couteaux » ou « pics » capables de découper le terrain rencontré. Le broyeur n’est dans ce type de sol nécessaire que si l’argile présente de gros blocs. La tête de coupe est généralement très ouverte afin que le terrain puisse bien entrer dans la chambre, notamment s’il s’agit d’argiles collantes qui ont tendance à s’agglomérer. Des buses d’injection peuvent, pour faciliter l’évacuation des argiles collantes, injecter de l’eau sous haute pression sur la roue et dans la chambre d’abattage afin d’éviter le collage de l’argile et le colmatage du circuit de marinage. Pour les terrains rocheux ou contenant de gros blocs, les têtes de coupe sont munies de molettes, qui, sous l’action de la poussée broient la roche.

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III. Définition de la campagne géotechnique

La pose de canalisation par forage dirigé ou microtunnelier nécessite la connaissance préalable des types de sols rencontrés lors du forage. Ceci est obligatoire pour déterminer le type de matériel à utiliser, mais également pour prévoir et éviter des incidents. En effet, les différentes machines ne réagissent pas de la même manière en terrain sableux ou argileux ou face à des obstacles rocheux ou des terrains hétérogènes. En ce qui concerne les microtunneliers, par exemple, il est à noter que les machines sont monotaches. En cas de disparité géologique, des puits de travail intermédiaires doivent être prévus au niveau des accidents géologiques pour adapter les outils de la roue de coupe. Il est également nécessaire de connaître avec précision l’emplacement des différents réseaux, et ce afin de prévoir une trajectoire de forage adaptée pour ne pas les détériorer.

Dans l’objectif de minimiser les risques dus au type de sol rencontré et de juger définitivement sur la faisabilité du projet il est nécessaire de réaliser une analyse plus approfondie du sol. Il m’a donc été confié de définir une campagne géotechnique complémentaire. Elle doit permettre, à partir des résultats obtenus, de rédiger un mémoire de synthèse géotechnique qui sera par la suite joint au dossier de consultation d’entreprises (DCE) avec les résultats de la campagne (sondages, essais…). Celui-ci devra résumer les conditions géotechniques du projet tout en signalant et délimitant les points sur lesquels des incertitudes demeurent. Plus le dossier géologique remis aux entreprises est complet, plus les marges pour aléas incorporées dans leur devis seront petites.

A. Recherche de données antérieures

Lors de l’étude d’une pose de réseaux par des travaux sans tranchées, il faut consulter des documents antérieurs pour :

Localiser les réseaux ou obstacles souterrains actuels ou hors d’usage

Evaluer le niveau maximal que la nappe pourra atteindre pendant l’exécution des travaux. En effet, le niveau de la nappe pouvant varier de façon importante lors d’évènements tels que les intempéries, les crues ou l’arrêt de captage à proximité, il serait dangereux de ne se fier qu’aux seules cotes piézométriques relevées lors des sondages de reconnaissance.

Les documents à consulter sont les suivants [7]:

Cartes géologiques

Banques de données de sondage

Dossiers d’ouvrages antérieurs

Cartes des concessionnaires

Vieux plans, archéologie

Il faut également estimer les surcharges. Celles-ci sont de deux types :

Les charges permanentes, transmises par les fondations des bâtiments

Les surcharges dues à la circulation

Les emplacements des différents réseaux ont déjà été défini lors de l’étude initiale par mon prédécesseur, la première étape de mon travail a alors consisté à rassembler des informations sur les études de sols déjà réalisées le long du tracé de la conduite.

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Aucun bâtiment ne se trouvant à proximité des passages spéciaux, les surcharges à calculer seront uniquement dues à la circulation.

B. Réalisation de profils géologiques

Grâce aux descriptions de coupes de sols réalisés lors de précédents sondages et de la carte géologique, on peut établir une estimation des profils géologiques se situant au niveau des différents passages spéciaux.

1. Projection des coupes de sols

Une campagne géotechnique a été réalisée en Novembre 2002. Celle-ci visait à connaître la nature des sols au niveau du tracé projeté. Néanmoins, depuis, le tracé de la conduite a été quelque peu modifié. Il en découle alors que les sondages effectués en 2002 ne se situent plus aujourd’hui exactement sur le tracé de la conduite au niveau des passages spéciaux à étudier. Les distances varient de 2 à 230 m par rapport à l’axe de la conduite. Ces distances étant relativement faibles, il est assez probable, en supposant la continuité des couches de part et d’autre du tracé., que les sols rencontrés lors des sondages de 2002 soient similaires au niveau du nouveau tracé de la conduite. En projetant les coupes de sols obtenues lors des sondages sur le profil en long de la conduite, on peut ainsi reconstituer en partie le profil géologique au niveau des passages spéciaux. Dans l’exemple ci –dessous (figure III-1), au niveau de l’Alzette, on peut ainsi supposer que les couches rencontrées seront des limons et des argiles. Ceci ne permet pas de déterminer précisément la position des différentes couches de sol que l’on peut rencontrer lors du passage de la conduite, mais peut s mettre en évidence des discontinuités ou des endroits particuliers à étudier en détail.

ou des endroits particuliers à étudier en détail. Figure III-1 Exemple de profil géologique - Magalie

Figure III-1 Exemple de profil géologique

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Les sondages situés à proximité des passages spéciaux, effectués pour SGI, en moyenne de 3 pour chaque passage, ne descendaient pas assez en profondeur. Les conclusions faites uniquement avec ces informations auraient été trop imprécises. Les informations données par le service géologique du laboratoire des Ponts et Chaussées luxembourgeois, notamment les descriptions de coupes de sols issues de sondages existants plus profonds et plus proches des passages spéciaux ont alors été d’une grande aide et ont permis d’avoir une vision plus claire des différents types de sols rencontrés.

2. Etude de la carte géologique et détermination des épaisseurs des

couches de sols

La carte géologique est une carte topographique sur laquelle sont reportées en couleur des informations sur les terrains de surface (lithologie, âge) et sur les structures. Elle est utile pour estimer les différentes épaisseurs des couches de sols. Pour réaliser cette étude, je me suis basée sur la carte géologique établie en 1983 par le service géologique de l'Administration des Ponts et Chaussées luxembourgeois (Feuille n°8, Mersch 1 :25000). Après l'étude des différentes coupes de terrain fournies par cette carte, j'ai fait l’hypothèse que toutes les couches de terrain étaient sub-horizontales (très faible pendage SE) dans les calculs de leurs épaisseurs. On peut ainsi à partir de coupes géologiques, en connaissant l’altitude de la base et du toit d’une couche, déterminer approximativement son épaisseur. L’épaisseur de la couche de terrain que l’on souhaite connaître est alors déterminée en effectuant la moyenne des épaisseurs trouvées sur les différentes coupes. A l’aide de la carte géologique, il est également possible de déterminer à quelles profondeurs se situent les différentes couches géologiques. Ceci nous permet ainsi de savoir quels types de formations sont susceptibles d’être rencontrés au cours des forages. Les profils géologiques réalisés grâce aux sondages effectués en 2002 sont alors un moyen de vérifier si les hypothèses faites quant aux types de formations que l’on pourrait rencontrer sont exactes.

a) Passage spécial par forage dirigé sous la route N7, la route du Nord et le

Wellerbaach Le forage dirigé se situe dans le Keuper moyen. Les coupes effectuées d’après la carte géologique indiquent pour cette formation une épaisseur d’environ 82 m. Le toit du Keuper moyen se situe à une altitude d' environ 277 m au niveau du Beisenerbierg (proche du passage). On peut donc estimer que sa base se situe à une altitude d'environ 195 m. Le forage dirigé atteignant à son niveau le plus profond la cote 203 m, on peut donc supposer que la totalité du forage va se trouver dans le Keuper moyen caractérisé par les formations suivantes:

Marnes rouges gypsifères et Grès à roseaux : grès dolomitique gris-vert avec intercalations de lentilles conglomératiques et de marnes, vers le toit marnes rouges- grises, rares bancs de grès ; gypse, concrétions calciques.

Keuper à pseudomorphoses de sel : alternance de marnes rouges et vertes et de grès avec niveaux gréso-conglomératiques en partie fortement dolomitiques.

Les couches se situant en dessous du keuper moyen 1, dont les probabilités d’être rencontrées sont faibles, sont respectivement la dolomite limite et les marnes bariolées.

Le forage dirigé traverse également ces formations sous le Wellerbaach. S'agissant d'un ruisseau, l'épaisseur des alluvions y est négligeable.

Etude de passages spéciaux par forages dirigés et microtunnelier de la conduite d’eau potable DN 700 « Préizerdaul – Junglinster »

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b) Passage spécial par forage dirigé sous la ligne CFL, l’Alzette, la route N9

et la rue « Am Sprangert »

D’après la carte géologique, le forage dirigé va s’effectuer en grande partie dans les alluvions mais ni la carte, ni les sondages actuels ne nous permettent de déterminer l'épaisseur de ces alluvions. Il faudra donc réaliser des sondages plus profonds qui dépassent la profondeur du forage pour déterminer l'épaisseur de ces alluvions. En l'absence d'alluvions, les terrains traversés par le forage seraient des marnes bariolées et du grès préciser ).

c) Passage spécial par microtunnelier sous le contournement de Junglinster

et la route N11

D'après la carte géologique, le microtunnelage s'effectue dans les Grès du Luxembourg (li2). La présence de sable en surface, observée lors des sondages réalisés en 2002, indique que ces grès ont été fortement altérés en surface. Sous cette formation gréseuse, on rencontre les Couches à psiloceras planorbe composées des marnes gris foncé et de bancs de calcaires gréseux. Les coupes réalisées d’après la carte géologique indiquent pour cette formation une épaisseur d'environ 8 m. Le toit de la formation au niveau du passage de la conduite par microtunnelier se situe à une altitude d'environ 340 m et en extrapolant on peut estimer la base de la formation à environ 332 m. Les formations des couches à psiloceras planorbe (li1) reposent elles-mêmes sur les formations du Rhétien supérieur(ko2) composées d’argiles feuilletées rouges et du Rhétien inférieur (ko1) composées d’argiles feuilletées noires, de conglomérats et de grès. L’épaisseur totale de ces deux formations est d’environ 5 m.

3. Récapitulatifs concernant les types de sols rencontrés

En superposant les informations obtenues à l’aide des descriptions de coupes de sols et de la carte géologique, on peut estimer quelles seront les couches rencontrées lors des forages. Cette superposition permet d’affiner et de compléter les coupes géologiques au droit des passages spéciaux.

a) Passage spécial par forage dirigé au niveau de la route du Nord

Les sondages S23, S24, S26 et le LPC 18 indiquent que le forage s’effectuera dans une couche d’argiles marneuses puis dans les marnes, ce qui est en cohérence avec la carte géologique. Le sondage S24 est pris comme sondage de référence pour déterminer les épaisseurs des différentes couches : couche d’argiles jusqu’à une profondeur de 7,60 m puis couche de marnes

b) Passage spécial par forage dirigé au niveau de la ligne CFL et de

l’Alzette

Tous les sondages S situés à proximité du tracé indiquent que le forage s’effectuera dans les limons argileux puis dans les argiles limoneuses. Le sondage S32 est pris comme référence pour délimiter les épaisseurs de couches : limons jusqu’à 7,90 m de profondeur

Etude de passages spéciaux par forages dirigés et microtunnelier de la conduite d’eau potable DN 700 « Préizerdaul – Junglinster »

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puis argiles. Le sondage LPC indique néanmoins la présence d’une couche de gravier puis de grès à proximité de l’Alzette. La présence de ces couches sera à vérifier lors de la campagne géotechnique complémentaire.

c) Passage spécial par microtunnelier au niveau du contournement de Junglinster

En superposant le profil géologique réalisé au niveau du passage de la conduite par microtunnelier et les sondages réalisés par exemple, on constate qu’il y a une cohérence entre l’épaisseur supposée des Couches de psiloceras. Néanmoins, on s’aperçoit qu’il y a un léger décalage entre les hauteurs présumées de couches. Cette absence de superposition parfaite provient sans doute du fait que les différentes couches ne sont pas tout à fait subhorizontales. Le sondage du Laboratoire des Ponts et Chaussées luxembourgeois, réalisé à proximité du forage, étant plus précis que la carte géologique, les niveaux des différentes couches trouvés grâce à cette dernière sont alors abaissés de quelques mètres.

cette dernière so nt alors abaissés de quelques mètres. Figure III-2 Superposition des épaisseurs de couches

Figure III-2 Superposition des épaisseurs de couches calculées d'après la carte géologique avec les descriptions des coupes de sols au niveau du passage par microtunnelier

L’ensemble des profils géologiques retenus se trouve en Annexe D.

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4. Détermination des différents niveaux d’eau à proximité des passages

spéciaux

a) Passage Route du Nord

Le niveau d’eau à proximité du Wellerbaach est fixé sécuritairement égal au niveau maximal des plus hautes crues : 233,50 m (atteint le 23/03/2005).

A l’ouest de la route du Nord, le niveau de la nappe phréatique se trouve approximativement

à 5 m au dessous du terrain naturel, comme le montrent les sondages S23 et S24 (cf

Annexe E). En traçant ce niveau d’eau sur le profil géologique, on se rend compte que celui-

ci est le même que le niveau des plus hautes crues du Wellerbaach.

On constate d’après le plan de situation que le Wellerbaach passe également à l’Ouest de la route du nord, à proximité de la zone PIPE (cf. paragraphe IV-B-8) du forage dirigé. Néanmoins, après étude des courbes de niveaux, on se rend compte que le talus de la

rivière à cet endroit a un niveau inférieur au niveau du terrain naturel sur la zone PIPE. Ainsi, les deux systèmes sont indépendants. La hauteur d’eau au niveau du forage dirigé n’est donc pas influencé par ce bras de la rivière. Par conséquent, le niveau d’eau à proximité de la route du Nord est fixé égal à 233,50 m.

b) Passage ligne CFL et Alzette

Le niveau d’eau dans les terrains se situant sur ce passage peut être évalué sécuritairement grâce à la connaissance de la limite de la zone d’inondation. Celle-ci se situe à environ 215,25 m d’altitude.

c) Passage contournement de Junglinster

Les sondages S80 et S81 situés à proximité du passage du microtunnelier indiquent respectivement des niveaux d’eau à 0.70 et 1 m de profondeur. On peut ainsi faire l’hypothèse sécuritaires que la hauteur de la nappe au niveau de ce passage spécial se situe à environ 1 m de la surface du terrain naturel. Un système d’évacuation de l’eau sera donc à prévoir quasiment dès le début des travaux d’excavation des puits. Le sondage S81 (cf. Annexe E) laisse envisager de possibles arrivées d’eau au niveau du passage du microtunnelier. Celles-ci seront ou non à confirmer lors de la campagne

géotechnique complémentaire. Elles n’ont toutefois pas été prises en compte lors de cette étude.

Il est également à noter à titre indicatif que la hauteur d’eau atteinte à la fin du forage lors

du sondage S81 réalisé en 2002 est de 2.50 m.

C.

Etude de passages spéciaux par forages dirigés et microtunnelier de la conduite d’eau potable DN 700 « Préizerdaul – Junglinster »

32

Définition de la campagne géotechnique

La campagne géotechnique complémentaire a pour but d’affiner les connaissances et contrôler les hypothèses émises lors de la réalisation des profils géologiques. Elle pourra permettre de détecter des anomalies, ou du moins de suspecter leur présence. Elle doit également servir aux entrepreneurs qui réaliseront les passages spéciaux pour déterminer les outils et les techniques de forage [33].

1. Contenu

D’après la FSTT [3,4], il est recommandé d’effectuer une reconnaissance géophysique du sol préalable à la reconnaissance géotechnique. Néanmoins, en ce qui concerne ce projet, des sondages ayant déjà été effectués à proximité du tracé ; les types de sols qui seront rencontrés lors des sondages complémentaires sont a priori connus. De plus, pour ces passages spéciaux, suite aux profondeurs importantes des forages et à leur situation en campagne, des obstacles artificiels (anciennes fondations par exemple) détectables par radar par exemple sont peu probables. La définition de la campagne de reconnaissance de sol que j’ai définie est donc uniquement géotechnique.

2. Clauses techniques

a) Emplacement et profondeurs des différents sondages

D’après les recommandations de la FSTT [3,4] un sondage est nécessaire au droit de chaque puits ou chaque début de forage, avec pour chaque tronçon une distance moyenne entre sondage de l’ordre de 30 à 50 m. Les sondages entre les extrémités doivent être implantés le long du tracé décalés en quinconce entre 2 et 5 m de l’axe prévu. Les sondages doivent descendre 2 à 5 m sous le niveau de la trajectoire prévue.

b) Essais à réaliser

Les différents essais à réaliser sont les suivants [7, 27]:

Sondages carottés

Identification des sols :

Analyse granulométrique Limites d’Atterberg, teneur en eau Valeur au bleu de méthylène Essais de résistance à l’abrasion

Essais pressiométriques

Essais triaxiaux CU avec détermination de u

Essais de compression simple et de résistance à la traction (essai brésilien)

Essais de perméabilité

Mise en place de piézomètres

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33

c) Normes

Il n’existe pas de normes propres au Grand Duché de Luxembourg. Les normes applicables au Luxembourg sont en priorité les normes européennes. Si aucune norme européenne n’existe, les normes à appliquer sont les normes française (NF) ou allemande (DIN).

d) Intérêt des essais

Le tableau ci-dessous décrit l’intérêt des différents essais à réaliser :

Essais

Forages dirigés

Microtunnelage

Sondages carottés

 

Nature du terrain Echantillons pour essais en laboratoire

Analyse

Sol potentiellement stable par boue de forage ou non Débit fluide de forage Traitement boues de forage (décantation simple ou désableur)

granulométrique

 
 

Choix aléseur

 

Limites d’Atterberg WL, WP, IP

 

Aptitude au guidage Tendance à l’agglomération dans le circuit de marinage et colmatage de la boue de forage

Teneur en eau w

 

Détermination des caractéristiques du fluide de contrôle

Valeur au bleu de méthylène Aptitude au collage des argiles

Aptitude au collage des argiles

 

Choix du type de marinage

Essais

de

résistance

à

Usure de la tête et des tiges de forage

Usure têtes de coupe Effort de frottement

l’abrasion

 

Essais pressiométriques EM, pl

 

Choix des têtes de forage

Dimensionnement puits et massif de réaction Comportement du terrain lors de l’excavation

Essais triaxiaux CU + u

 

Choix des têtes de forage Stabilité des fouilles

Dimensionnement puits Stabilité de l’excavation

Essais compression simple

 

Choix outils adaptés Estimation des vitesses d’avancement

Choix disques de coupe

Essais de résistance à la traction

   

Usure têtes de coupe

Piézomètre

 

Détermination des caractéristiques (composition, volume, débit) des fluides de forage

   

Dimensionnement des puits

Perméabilité

 

Détermination des caractéristiques (composition, volume, débit) des fluides de forage

   

Dimensionnement des puits

Tableau III-1 Intérêts des différents essais à réaliser

Le but de ces essais est de déterminer les caractéristiques géotechniques des terrains rencontrés mais également de mettre en évidence des zones d’hétérogénéité.

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34

Les clauses techniques et le bordereau de prix de la campagne géotechnique complémentaire sont donnés en Annexe F.

3. Estimation du prix

Pour un projet de microtunnelage ou de forage dirigé, le coût des reconnaissances est égal à 5 à 15% de celui des travaux.

A l’aide des prix unitaires connus pour certains essais et prestations, on peut évaluer quel sera le prix de la campagne géotechnique complémentaire à réaliser. Compte tenu des essais demandés et de leur nombre, une première estimation montre que le coût de la campagne géotechnique complémentaire s’élèverait à environ 120 550 euros HT.

Ce prix se décompose de la façon suivante :

Passage par forage dirigé « Route du Nord »

Passage par forage dirigé « Ligne CFL et Alzette »

Passage par microtunnelier « Contournement de Junglinster »

31 450 €

43 730 €

45 370 €

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35

IV.

Caractéristiques du projet concernant les passages par forage dirigé et microtunnelier

A. Technique du forage horizontal dirigé et choix concernant le projet

1. Rappels : Types de sols rencontrés

D’après les sondages réalisés en 2002 et les informations fournies par le service

géologique du laboratoire des Ponts et Chaussées Luxembourgeois, les hypothèses selon lesquelles les forages horizontaux dirigés s’effectueraient :

Dans les limons argileux puis dans l’argile limoneuse pour le passage de la ligne CFL et de l’Alzette,

Dans de l’argile puis une couche composée de marnes et de grès pour le passage de la Route du Nord, ont été retenues pour l’étude.

2. Problèmes rencontrés

Les principaux problèmes rencontrés pour le projet concernent :

a) Choix du matériau

L’avant-projet sommaire a été réalisé en 2005 a opté pour le matériau acier pour la conduite d’eau potable DN 700, qui semblait être le matériau choisi pour la conduite posée en tranchée ouverte. Néanmoins, durant mon PFE (Avril 2007), l’entreprise Saint- Gobain Pont- à-Mousson, fabricant de tuyaux en fonte ductile, a remporté le marché de la pose de la conduite en tranchée ouverte. Il m’a alors été demandé de réaliser une comparaison entre l’utilisation de l’acier et de la fonte ductile pour les trois passages spéciaux.

Les caractéristiques des deux types de tuyaux mis en concurrence sont les suivantes :

Tuyau DN 700

Acier

Fonte ductile

Revêtement intérieur

Mortier-ciment

Mortier-ciment

Revêtement extérieur

Polypropylène

ZMU (revêtement zinc et mortier de ciment)

Diamètre extérieur (en mm)

724 mm

738 à 864 mm

Poids (en kg/m)

109

266

Tableau IV-1 Caractéristiques des tuyaux en acier et en fonte ductile DN 700

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36

b) Choix du type de pose

Le projet nécessite la pose d’une conduite d’eau potable DN 700 et de deux gaines en

PEHD DN 100. Plusieurs techniques de mise en place peuvent être utilisées, selon le type de matériau utilisé de différentes façons :

Tirage des trois conduites simultanément avec (DN 700 en fonte ) ou sans fourreau (DN 700 en acier ou en fonte)

Réalisation de deux forages dirigés séparés l’un de l’autre de 2 à 3 m : l’un pour la conduite DN 700 et un second pour les gaines en PEHD, le dernier pouvant suivre la même trajectoire ou alors posé en tranchée ouverte sur quelques tronçons.

Le nombre de gaines en PEHD étant encore à déterminer par le Syndicat des Eaux du Barrage d’Esch-Sur-Sûre lors de la réalisation de mon projet de fin d’études, je n’ai étudié que le forage dirigé de la conduite d’eau potable DN 700 pour la détermination des efforts.

3. Paramètres à respecter lors de la réalisation d’un forage dirigé

horizontal

Plusieurs paramètres sont à respecter pour effectuer un forage horizontal dirigé.

On étudiera successivement :

Le rayon de courbure,

La couverture,

L’alésage.

a) Rayon de courbure

Pour déterminer la position de l’axe de forage, il faut connaître le rayon de courbure minimal autorisé.

Il faut distinguer :

Le rayon de courbure minimal autorisé vis à vis des tiges de forage. Celui-ci est donné par le constructeur de tiges.

Le rayon minimal autorisé pour les tubes à mettre en place.

Le rayon de courbure minimal autorisé étant alors donné par le plus grand des deux.

(1) Rayon minimal des tiges de forage

Pour une machine de forage maxi (cf. paragraphe 6 p.41), les rayons de courbure minimaux des tiges vont de 120 à 200 m.

(2) Rayon minimal des tubes

Le rapport final du groupe de travail de la société Ruhrgas AG de 1996 [8] préconise d’utiliser pour des conduites ayant des diamètres supérieurs à DN 400, les relations empiriques suivantes : (établies à partir d’observations d’expériences faites sur chantiers)

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37

Diamètre nominal du tube acier

 

Formule

 

400<DN<700

R

min1

=

1400

3 D a
3
D
a

700<DN<1200

R

min2

=

1250

3 ⋅ D a
3
D
a

avec

D a : diamètre extérieur de la conduite (en m)

 

Tableau IV-2 Rayons de courbure minimaux à respecter

Dans le cas du projet, s’agissant d’une conduite en acier de diamètre DN 700, le choix peut donc à priori être fait entre les deux formules. Afin de se placer en sécurité, il est plus prudent de prendre comme rayon minimal pour les tubes :

3
3

Rmin =1400Da

avec

D

a

(en m)

En ce qui concerne les tuyaux en fonte ductile, de par leur système d’assemblage, le rayon de courbure minimal vaut 172 m. Cette information provient de l’entreprise Saint-Gobain Gussrohr [34]. Les résultats obtenus pour les tuyaux en fonte et en acier sont donnés dans le tableau IV-1.

Tuyau DN 700

Acier

Fonte ductile

Diamètre extérieur

724

mm

738

à 824 mm

Rayon de courbure minimal

862

m

172

m

Tableau IV-3 Rayons de courbure minimaux en fonction du tuyau

On constate que le rayon de courbure minimal à respecter est beaucoup moins grand dans le cas de la fonte que dans le cas de l’acier. Cela s’explique par le système de verrouillage des tuyaux en fonte qui permet un déplacement des tuyaux les uns par rapport aux autres.

Les rayons de courbure choisis lors de l’avant-projet sommaire, étant de 900 m pour le passage au niveau de la route du Nord et de 1000 m pour celui de la ligne CFL et de l’Alzette, sont alors convenables.

b) Couverture

On appelle couverture la distance qui sépare le sommet du trou de forage de la surface du terrain ou du niveau du lit du cours d’eau. Elle doit être comprise entre 10 et 15 fois le diamètre de la canalisation. Elle ne doit cependant pas être inférieure à 5 m car des couvertures aussi faibles peuvent occasionner

des remontées de boues de forage éventuellement dangereuses. Pour les traversées de voies ferrées, il existe des données nationales. Plus la couverture est importante, plus les dangers de remontées de fluide de forage et d’affaissement de terrains sont minimisés. Il devra être demandé aux Chemins de Fer luxembourgeois leurs propres

prescriptions.

Le département californien de transports (CALTRANS) donne dans sa directive les

couvertures à respecter pour le passage au dessous de routes selon le diamètre intérieur du tuyau posé par forage dirigé [8]. Celle-ci est de 7.60 m pour un diamètre nominal de 700

mm.

Le tableau ci-après récapitule les hauteurs de couvertures prévues lors de l’avant-projet sommaire sous les obstacles des différents passages :

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38

 

Obstacles

Couvertures (en m)

 

Ligne CFL

6

Passage ligne CFL et rivière Alzette

Alzette

7,75

Route d'Ettelbruck

8,33

 

Rue Am Sprangert

5,85

 

RN 7

14,43

Passage Route du Nord et rivière Wellerbaach

Route du Nord

> 30

Wellerbaach

5,2

 

Chemin agricole

11,47

Tableau IV-4 Hauteurs de couvertures pour les différents obstacles

On constate que ces hauteurs de couverture, bien qu’un peu faibles au niveau du Wellerbaach sont convenables car toutes supérieures à 5 m. Des précautions seront à prendre au niveau du passage sous la voie ferrée pour assurer que le terrain à ce niveau ne subisse aucune déformation. Les autorisations nécessaires devront être demandées aux Chemins de Fer Luxembourgeois.

c) Recommandations sur l’alésage

(1) Diamètre de l’alésage

Le diamètre de l’alésage dépend de plusieurs paramètres :

Diamètre de la canalisation

Longueur du forage

Nature du terrain

Pour des longueurs de forage supérieures à 300 m, le diamètre de l’alésage doit valoir, selon les recommandations de la FSTT [3] et par sécurité 1.5 fois le diamètre de la conduite.

Tuyau DN 700

Acier

Fonte ductile

Diamètre extérieur

724 mm

738 à 824 mm

Diamètre alésage

1086 mm

1107 à 1236 mm

Tableau IV-5 Diamètre d’alésage nécessaire en fonction du type de tuyau

On constate alors que le diamètre d’alésage est moins important dans le cas d’une conduite en acier que dans celui d’une conduite en fonte ductile.

Il est rare de ne réaliser qu’un alésage, correspondant au diamètre final du forage. Plusieurs pré-alésages de diamètre progressifs sont donc effectués avant le diamètre du forage final.

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39

(2) Détermination des séquences d’alésage

La résistance d’un aléseur est proportionnelle à la surface travaillée. Etant donné que le couple de la foreuse est constant, il faut alors choisir les fréquences d’alésage de sorte que chaque aléseur rencontre la même résistance.

Celle-ci est fonction de la surface travaillée par chaque aléseur :

S =

π

(

R

n

+ 1

2

R

2

n

)

avec

R

n

, rayon de l’aléseur numéro n.

Par exemple, la séquence ci-après conviendrait parfaitement :

Numéro de l’alésage

Diamètre de l’alésage (en mm)

Surface d’alésage (en dm²)

1

475

17.72

2

675

18,06

3

830

18,32

4

970

19,79

5

1086

18,73

Tableau IV-6 Exemple de séquence d’alésage

Le cas présenté dans le tableau IV-6 représente un cas idéal. Les séquences d’alésage dépendent et sont à adapter selon le matériel disponible de l’entreprise qui réalisera le forage dirigé.

(3) Vitesse d’alésage

La vitesse d’alésage doit être compatible avec la capacité de la pompe à boue. Il faut que

v

a

le volume de boue injecté dans le tunnel soit suffisant pour remplir le volume creusé et évacuer les déblais vers l’extérieur. Généralement [1], un facteur de boue (nombre de volumes de boue nécessaire pour évacuer un volume de terrain) égal à 3 est pris.

D’où V = 3V avec V le v o lu me de bou e in
D’où
V
= 3V
avec
V
le v o lu me de bou e in ject é
b
c
b
et
V
le volume creusé
c
Or V
=
Q
t
avec
Q
, le débit de la pompe et
t
le temps.
b
pompe
pompe
Or V
=
D
l
avec
D a le diamètre de l’alésage final et l la longueur du forage
c
a
D
⋅ l
a
Et donc
= 3⋅
=
3
D
v
Q pompe
t a
a
Q pompe
Ainsi
v
=
a
3 ⋅ D
a
L’alésage ne doit pas être réalisé à une vitesse supérieure à
l’effondrement du tunnel.
v a ,
sous peine de
voir

Etude de passages spéciaux par forages dirigés et microtunnelier de la conduite d’eau potable DN 700 « Préizerdaul – Junglinster »

40

De même que pour la séquence d’alésage, je n’ai pas pu déterminer la vitesse d’alésage pour les deux forages horizontaux dirigés. Celle-ci doit être définie par l’entrepreneur en fonction des caractéristiques des pompes à boue qu’il possède.

A titre d’exemple, pour une pompe à boue de 145 l/min, en considérant pour chaque

séquence d’alésage une surface de 18 dm² cf. paragaphe (2)), on obtient une vitesse

d’alésage de 145/(3*18)=2,7 dm/min= 0,27 m/min.

(4) Choix du type d’aléseur

Les aléseurs à ailettes, recommandé pour les sols homogènes, semble être bien adapté au passage de la Route du Nord. L’aléseur à spirales compactant le serait pour le passage de l’Alzette, notamment si la présence d’une couche de graviers est démontrée. Les aléseurs à goujure et à piston, tous deux polyvalents sont également appropriés aux types de terrains rencontrés lors des deux passages spéciaux par forage horizontal dirigé.

Il existe de nombreux autres types d’aléseurs, adapté à chaque type de terrain rencontré.

Leur choix reviendra à l’entrepreneur, en fonction des résultats obtenus lors de la campagne géotechnique complémentaire.

4. Choix du type de technique

Les deux passages de la conduite atteignant des longueurs de 305 et 350 m, la technique choisie est celle du forage dirigé humide.

Contrairement à une pose traditionnelle de canalisation en tranchée ouverte, les tuyaux doivent résister aux efforts de traction durant la force de tirage. C’est en général ces forces qui dimensionnent le choix des tuyaux. Le paragraphe ci- après décrit comment les évaluer. La vérification du dimensionnement des canalisations en acier est détaillée en Annexe G. Pour les canalisations en fonte ductile, on doit vérifier en particulier que le système de verrouillage résiste à ces forces de traction.

5. Calcul des forces de traction pendant la phase de tirage

Méthodes de calcul des forces de traction :

Il existe plusieurs méthodes pour calculer les forces de traction maximales qui sont susceptibles de s’exercer au niveau de la tête de forage durant la phase de tirage . Les plus utilisées sont les suivantes :

La méthode selon la norme des Pays-Bas NEN 3651

La méthode américaine AGA (American Gas Association)

Des logiciels ont été développé par Geodelft aux Pays-Bas et J.D Hair aux USA permettant de calculer ces forces selon respectivement les méthodes ci-dessus. De manière empirique, on peut dire que cette valeur maximale est atteinte juste avant la fin de la phase de tirage, quand presque toute la canalisation se trouve à l’intérieur du trou. Il existe d’autres méthodes et également des logiciels propres aux entreprises de forage dirigé. La société HDI, par exemple, en possède un validé par des sociétés d’ingénierie et par l’ENPC.

Etude de passages spéciaux par forages dirigés et microtunnelier de la conduite d’eau potable DN 700 « Préizerdaul – Junglinster »

41

Selon le poids de la canalisation à mettre en place, il peut être nécessaire de ballaster la conduite durant la phase de tirage, et ce, afin qu’elle ne flotte pas à l’intérieur du trou foré sous l’action de la poussée d’Archimède exercée par les fluides de forage. Le ballastage de la conduite peut se faire, soit à l’aide d’un tuyau en PEHD fermé et rempli d’eau, soit en remplissant le volume compris entre la conduite à installer et un tuyau en PEHD posé à l’intérieur de cette dernière. Une conduite en fonte ductile peut également servir de ballastage à la conduite en fonte ductile à poser, comme l’illustre la figure ci-après.

ductile à poser, comme l’illustre la figure ci-après. Figure IV-1 Ballastage d'une conduite en fonte ductile

Figure IV-1 Ballastage d'une conduite en fonte ductile

En ce qui concerne les tuyaux en acier, leur poids étant insuffisant, il est nécessaire de ballaster la conduite durant la phase de tirage. Néanmoins, pour les conduite en fonte ductile, un ballastage n’est pas nécessaire. La détermination des caractéristiques du ballastage à mettre en place à l’intérieur de la conduite pendant la phase de tirage, étant du ressort des entreprises de forages dirigés, je tiens à préciser que la démarche ci-dessous a été illustrée uniquement pour des tuyaux en fonte ductile non ballastés.

a) Détermination des forces de traction durant la phase de traction selon la

méthode de Huey, Hair et McLeod

publication

“Installation Loading and Stress

Analysis Involved with Pipelines Installed by Horizontal Directional Drilling” [9], Huey, Hair et McLeod énoncent la méthode suivante pour la détermination des forces de traction durant la phase de tirage.

Dans

leur

Dans une section droite , la force de traction s’exprime de la façon suivante :

T

2

= T

1

avec

+ R + R

S

± W

S

L

sin θ

: T 2 = T 1 avec + R + R S ± W S ⋅

Figure IV-2 Détermination des forces de tirage pour une section rectiligne

Etude de passages spéciaux par forages dirigés et microtunnelier de la conduite d’eau potable DN 700 « Préizerdaul – Junglinster »

42

T 2 = Force de traction nécessaire [kN]

T 1 = Force de traction de l’autre côté du tuyau [kN]

R = Force de frottement entre la conduite et le sol [kN]

R S = Force de frottement entre la conduite et le fluide de forage[kN]

W S = Poids de la conduite au mètre linéaire [kN/m]

Avec

avec

R

= W

S

L cos θ µ

sol

et

R

S

= D

e

L cosθ µ

fluide de forage

µ sol

coefficient de frottement entre la conduite et le sol

µ fluide de forage

coefficient de frottement entre la conduite et le fluide de forage

Dans

extrémités et le milieu de la conduite sont en contact avec le sol. D’où une nouvelle expression de la force de traction :

section courbe, les

une

T

2

=

T

1

+

2

R

+

R

S

±

W

S

L

arc

sin θ

L arc

= R α

Connaissant l’équation de la courbe suivant laquelle se fait le forage dirigé, on peut déterminer pour chaque abscisse le coefficient directeur de la tangente à la courbe grâce à la dérivée. On peut alors en déduire, pour chaque abscisse, l’angle formé entre cette tangente et l’horizontal, c’est à dire l’angle θ.

tangente et l’horizontal, c’est à dire l’angle θ . Figure IV-3 Détermination des forces de tirage

Figure IV-3 Détermination des forces de tirage pour une section courbe

Connaissant également le centre de la courbe et son rayon, on peut facilement calculer l’angle α.

La force de traction totale a donc pour expression :

T

Total

=

i

T

i

avec

T

i

=

T

2

T

1

La force de traction nécessaire pour tirer l’ensemble de la conduite durant la phase d’installation est supposée être appliquée uniformément sur la section de la conduite.

(Ainsi, la contrainte de traction est obtenue en effectuant le quotient de la force de traction par l’aire de la section de la conduite. La contrainte de traction maximale admissible doit être limitée à 90% de la limite d’élasticité pour une conduite en acier.)

Etude de passages spéciaux par forages dirigés et microtunnelier de la conduite d’eau potable DN 700 « Préizerdaul – Junglinster »

43

L’ensemble des calculs pour la détermination des forces de tirage sont consignés en Annexe H.

Au final, les résultats trouvés sont :

Passage spécial

Force de traction (en kN)

Route du Nord (L= 305 m)

869

Ligne CFL & Alzette (L= 352 m)

1112

Tableau IV-7 Calcul des forces de traction selon la méthode de Huey, Hair et McLeod

b) Evaluation des forces de traction selon la méthode de Kögler et Lübbers

Kögler et Lübber [8] proposent la formule suivante pour déterminer les forces de traction durant la phase de tirage de la conduite :

F = (L + D K )X

avec

F

: force de traction (en kN)

L : longueur du forage (en m)

D

:diamètre extérieur de la conduite (en mm)

K

:coefficient de correction K = 500

X

: facteur lié au type de sol,

X

= 1 pour des sols « normaux » (sols sableux par exemple)

X

= 1,5 pour les sols « difficiles » (sols avec de gros grains, sable grossier

avec des cailloux et des roches isolées, graviers)

Cette formule est valable pour des longueurs de forage comprises entre 200 et 2000m et des diamètres forés allant de 100 à 1500 mm, ce qui correspond au cas du projet.

D’où les résultats suivants, pour une conduite en acier de diamètre extérieur D = 711 mm :

Passage spécial

Route du Nord (L= 305 m)

Ligne CFL & Alzette (L= 350 m)

Force de traction (en kN)

Force de traction (en kN)

Force de traction (en kN)

X=1

516

561

X=1.5

774

842

Moyenne

645

702

Tableau IV-8 Calcul des forces de traction selon Kögler et Lübber

c) Evaluation des forces de tirage selon Herrenknecht

La société Herrenknecht [10] utilise en règle générale la formule suivante pour évaluer les forces de traction nécessaire d’une conduite :

F =