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EVALUATION PETROPHYSIQUE DES RESERVOIRS NON CONVENTIONNELS « SHALE GAS »

Aldjia DJEZZAR & Mohamed KACED

SONATRACH /Activités Amont Direction Projet Ressources Non Conventionnelles, Avenue du 1 er Novembre, DTD Boumerdès,

Introduction

Les Shale gas sont des réservoirs complexes, ils sont à la fois roche mère pour la génération des hydrocarbures et roche réservoir pour le stockage du gaz. Ils doivent avoir le volume et le type de matière organique nécessaire et l'histoire thermique appropriée pour générer des hydrocarbures. L’origine du gaz peut être biogénique ou thermogénique et il est contenu à la fois sous forme de phase libre dans les pores et les fractures ou bien adsorbé sur la matière organique.

Ces réservoirs représentent une importante variété d’après leurs caractéristiques comme la minéralogie, porosité, perméabilité, teneur en gaz ou la pression. Ils nécessitent une stimulation par une fracturation hydraulique intense pour générer une production commerciale.

L'absence d'un modèle pétrophysique précis pour ces réservoirs non conventionnels rend la prédiction de la productivité économique ainsi que le succès de la fracturation hydraulique difficile et risquée. Un workflow pour la caractérisation pétrophysique des réservoirs Shale gas a été développé, en utilisant différent software, tel que Elan Plus.

Le workflow pour l’évaluation pétrophysique de ces shales gas se compose de plusieurs étapes :

Identification des intervalles Shale gas et le calcul des épaisseurs utiles (>20 m), riche en matière organique (COT >2 %), thermiquement mature (Ro>1,4%) avec une teneur en argile inférieure à 30 % à des profondeurs appropriées généralement entre 1000 et 3500 m.

Les intervalles riches en matières organiques sont caractérisés par :

1. Gamma ray important (le Kérogène crée un environnement réducteur que conduit à la précipitation de l'uranium et résultant de haut Gamma Ray activité).

2. Augmentation de la résistivité due à la maturité de kérogène et la teneur en gaz.

3. Diminution de la densité due à la densité de kérogène et/ou porosité.

4. Faible PEF.

5. Augmentation de neutrons et le temps de trajet des ondes de compression.

6. Indice de gaz pendant le forage.

Le calcul de la courbe synthétique de carbone organique total (COT) à partir de différentes méthodes à savoir :

1-

Delta Log technique (Passey et al. 1990).

2-

La méthode Smocker.

3-

Régression GR ou Densité.

Quantification de la teneur en kérogène, généralement définie comme TOC, est une étape nécessaire dans l'évaluation.

Définition du modèle pétrophysique intégrant les données expérimentales (RCA-SCAL) avec un jeu complet des diagraphies.

Un modèle pétrophysique conceptuel peut comporter jusqu'à plusieurs éléments: Clay (illite, kaolinite, smectite et chlorite), la matrice (quartz, feldspath, calcite, la dolomie, les micas, pyrite, etc) et kérogène pour les composantes solides ; de l'eau et gaz (et /ou de l'huile) pour les phases liquides. Pour résoudre tous ces inconnus, un jeu complet de diagraphies y compris le gamma ray (HNGS), les logs de densité et neutron, les résistivités et le neutron capture spectroscopie (ECS) doivent être enregistrés. Plus le nombre de minéraux est élevé, plus le nombre de logs doit être important.

Les outputs des volumes de la matrice sont comparés et calibrés par rapport aux résultats des analyses minéralogiques laboratoires (XRD) dans le but de valider le modèle lithologique conceptuel. La porosité obtenue et la saturation en eau de formation doivent être aussi calibrées avec les mesures laboratoire sur carottes.

Estimation de la perméabilité

La perméabilité dans un réservoir shale gas est un facteur clé dans la stimulation et la conception de la fracturation hydraulique. La perméabilité matrice est généralement très faible, elle est de l’ordre de 10 - 4 à 10 -8 mD. Elle peut être mesurée au laboratoire sur un échantillon broyé (Pressure Decay Permeability) ou estimée à partir des diagraphies.

Quantification du free gas et Adsorbed gas

La quantité de gaz adsorbée est en fonction de la teneur en kérogène, de la pression de pore et de la température alors que l’adsorption, décrit comme des mécanismes physiques par lesquels le gaz est libéré quand la pression diminue. La méthode utilisée est celle de «Langmuir isotherm», qui indique le volume maximal de méthane qu'un shale gas peut stocker dans des conditions d'équilibre à une pression et une température données.

Le gaz libre représente la quantité de gaz existante dans les pores et fractures, cette dernière est dominante quand les pressions sont élevées.

Conclusion

Les données de diagraphies sont beaucoup plus abondantes que les données de carottes, et plus le volume d’échantillonnage et analyses laboratoire (XRD, TOC, Porosité, Langmuir isotherm…etc) sont grand, plus le modèle pétrophysique est précis.

L’enregistrement des diagraphies « neutron capture spectroscopie ECS » est essentiel pour l’évaluation pétrophysique des shales gas, car elle fournit une précision de la teneur en argile indépendamment du kérogène.

Le calcul de la saturation en eau de formation est très complexe dans le cas de ces réservoirs et ceci en raison de nombreux points critiques comme la salinité de l’eau de formation, la formule de saturation à utiliser (Waxman-Simits, Simandoux, Archie, etc) et les paramètres d’Archie a, n et m et la caractérisation des minéraux argileux (CEC) qui ne sont malheureusement pas toujours disponibles.

En général une seule Langmuir isotherm (échantillonnage d’un seul puits) est nécessaire et suffisante pour décrire correctement un shale gas dans un bassin.