Décembre 2014 - n°2

« Dans un univers passablement absurde, il y a quelque chose qui
n’est pas absurde, c’est ce que l’on peut faire pour les autres ».
André Malraux.

Réforme des rythmes scolaires :
comment la municipalité a pourri la rentrée des enfants,
de leurs parents et des équipes pédagogiques
Résumé des épisodes précédents

2013
Deux CCVS (Conseils Consultatifs sur la Vie
Scolaire) sont organisés dans l’année. Nicolas Dupont-Aignan est de plus en plus ferme
et de moins en moins ouvert au dialogue.
Néanmoins, il promet la gratuité du dispositif
face à l’insistance des parents d’élèves. Un
scénario qui fait consensus s'élabore peu à
peu.

Juin 2013
Une grande réunion est organisée au CEC
en présence d'une chronobiologiste favorable à l’école le samedi matin. Nicolas Dupont-Aignan annonce que bien que la réforme l'ennuie, il l'appliquera dès 2014 mais que ça coûtera très
cher.

Automne 2013 - Printemps 2014
Mise en place de groupes de travail auxquels participent les représentants de fédérations de parents d’élèves et les parents volontaires. Des représentants de la mairie sont présents à ces réunions
et répêtent sans cesse que cette réforme sera chère, inutile, impossible à mettre en place…

Fin 2013

Début 2014
Juste avant les municipales, au cours du
3ème CCVS, Nicolas Dupont-Aignan sort de
ses gonds et clame qu’il sera impossible de
mettre en place la réforme car les associations refusent de s’y associer. Il assène
encore une fois que la réforme coûte trop
cher. Il affirme que les Yerrois n’ont pas à
s’inquiéter et que l’Etat n’osera pas envoyer
les gendarmes si la réforme n’est pas appliquée !

Mars 2014
Juste après sa victoire aux élections, il
annonce qu’il n’appliquera pas la réforme. Il
ne daigne même pas prévenir les groupes de travail et les membres
du CCVS qui s’attelaient à la tâche depuis plus de 6 mois.

16 juin 2014
A l’occasion d’un CCVS élargi, Nicolas Dupont-Aignan annonce un
référendum pour le début de l’année 2015. Il perd son sang-froid à
plusieurs reprises et se montre très véhément envers les enseignants et les parents présents. Il n’a plus rien à perdre : les élections sont passées.

Fin juin 2014

Un questionnaire est adressé aux parents d’élèves. Les questions
sont ouvertement orientées. Les réponses sont exigées en décembre à un moment peu opportun... Cette consultation ne recueille
que 18% de retours, 52% en faveur du mercredi contre 48% en
faveur du samedi. Nicolas Dupont-Aignan met en garde les Yerrois
contre une augmentation d’impôts inévitable selon lui, alors que
Yerres est déjà l’une des villes les plus taxées de France.

Madame Thyébault, directrice de cabinet du maire, annonce qu’il n’a
jamais été question d’organiser le référendum annoncé par Nicolas
Dupont-Aignan le 16 juin. Elle annonce que la réforme ne sera appliquée qu’en 2015, le temps de trouver les fonds nécessaires et de
rénover le centre de loisirs de Gros Bois.

Février 2014

Nicolas Dupont-Aignan met ses menaces à exécution et cadenasse
toutes les écoles de la ville.

Dans son programme électoral, Nicolas Dupont-Aignan promet page
7 qu’il mettra « en œuvre de vraies activités sportives, culturelles ou
d’aide aux devoirs dans le cadre de l’aménagement des rythmes
scolaires ».

3 septembre 2014

4 septembre 2014
Nicolas Dupont-Aignan envoie un courriel à ses sympathisants de la

Le Canard’Yerres

8ème circonscription dans lequel il sollicite les « bonnes volontés »
pour la mise sous pli de documents destinés aux 21 000 électeurs
yerrois dans le cadre d’un référendum sur les rythmes scolaires qu’il
projette d’organiser.

8 septembre 2014
Nicolas Dupont-Aignan est convoqué au Tribunal Administratif de
Versailles. S’exposant à une amende de 75 000 € et à une révocation, il est contraint de respecter les lois de la République et annonce qu’il ouvrira les écoles mercredi 10 septembre.

10 septembre 2014
Les écoles sont ouvertes dans la plus grande confusion.

12 septembre 2014
La municipalité abandonne l’idée d’un référendum et organise un
simulacre de concertation auprès des parents d’élèves pour qu’ils
choisissent entre le mercredi et le samedi alors qu’ils ont déjà choisi
le mercredi au début de l’année.
Résultat des votes : 75% de voix pour le mercredi. Ni l’Inspectrice
d’Académie, ni le DASEN, ni les équipes pédagogiques de la ville
n’ont reçu d’informations préalables sur cette consultation. Une délégation d’enseignant-e-s de plusieurs écoles de la ville remet une
lettre à Mme Bougerol, adjointe à l’éducation, pour lui faire part de
leur mécontentement.

24 septembre 2014
Nicolas Dupont-Aignan, qui n’en est pas à une contradiction près, a
saisi la Ministre de l’Education Nationale pour lui dire son indignation
suite à la décision de fermeture des écoles le 8 octobre pour cause
de consultation nationale des enseignants sur les programmes scolaires.

Que ne s’est-il inquiété de la sorte lorsqu’il a délibérément laissé sur le trottoir enfants et enseignants le 3 septembre dernier !

Ce que nous aurions fait
Pour commencer, nous aurions respecté le vote des parents
d’élèves lorsqu’ils ont été consultés à la fin de l’année 2013 et
nous aurions appliqué cette réforme dès la rentrée 2014 en instaurant le mercredi matin comme 1/2 journée d’école supplémentaire.

C’est ce que les contribuables yerrois ont
payé pour financer les lubies antigouvernementales et illégales de Nicolas
Dupont-Aignan : cadenas, chaînes, banderoles, bus, tracts, dépliants, simulacre de
concertation des parents d’élèves…
* Somme avancée par la municipalité, après
maintes relances et dans la confusion la plus
totale. Il y a donc fort à parier que le montant
est bien plus élevé.

Nous aurions procédé à une grande campagne de recrutement
d’animateurs dès le printemps 2014 et nous aurions proposé une
formation afin que les personnels recrutés mais non diplômés
puissent être opérationnels dès la rentrée 2014. Sur le modèle
du BAFA, nous aurions financé les stages théoriques et pratiques afin que les animateurs dédiés aux nouveaux temps d’activités périscolaires (TAP) soient le plus qualifiés possible.
Enfin, le BAFA étant également composé d’un 3ème stage dit de
« perfectionnement » à thème, nous aurons privilégié des domaines artistiques, culturels, musicaux et créatifs afin de garantir
aux enfants une diversité et une richesse d’activités.
De telles mesures auraient également pu créer de l’emploi à
Yerres puisque nous aurions privilégié l’emploi des Yerrois.
Enfin, dès le printemps 2014, nous aurions sollicité les associations afin de travailler avec elles dans le but de proposer des
activités périscolaires de qualité à nos enfants.

le journal des socialistes et écologistes yerrois

Tarification du centre de loisirs le mercredi :
La municipalité avait tout prémédité
Avant que la rentrée de septembre ne soit le théâtre de la résistance très vite essoufflée d’un maire désireux de faire parler de lui
encore une fois, revenons en arrière.
Jusqu’en septembre 2014, les familles qui payaient le centre de
loisirs le mercredi (plus de 18 € la journée pour les familles de
tranche A, ce qui est beaucoup plus cher que dans toutes les villes
alentours) pouvaient caresser l’espoir d’entendre leurs enfants leur
raconter, le soir même, à quel point la sortie avait été intéressante
et combien ils s’étaient amusés.
Mais force était de constater que les sorties restaient bien
maigres, lorsqu’elles avaient lieu, et que les mercredis se ressemblaient les uns les autres.
Une sortie par mois, telle que la visite d’un château ou une sortie à
Paris brillait comme un diamant dans le brouillard de mornes mercredis.
Depuis la mise en place des nouveaux rythmes scolaires, il est
bien évident que les enfants ayant classe le mercredi matin ne
pourront être associés à une sortie pour la journée. La prise en
charge de l’école le matin, largement financée par l’Etat (le temps
de travail des enseignants, rappelons-le, est payé par le Ministère

de l’Education Nationale et non la mairie…) aurait donc pu être
revue à la baisse sur le tarif de la journée du mercredi…
Mais non ! les familles paieront la même somme qu’en 2013 !
Et lorsque nous interrogeons la mairie, la réponse est claire :
« sachez que le tarif appliqué pour l’inscription des enfants en
centres de loisirs est forfaitaire et ce, depuis le 20 juin dernier,
date du vote du conseil municipal. Il n’est pas prévu de revenir
sur la tarification mise en place ».
Or, Le Journal des Yerrois n’a jamais mentionné cette information
très intéressante et fort peu populaire.
Pourquoi ? Parce que ce vote très discret, en juin dernier, prouve
à lui seul que Nicolas Dupont-Aignan avait bien anticipé son coup,
et savait pertinemment qu’il appliquerait ces nouveaux rythmes
scolaires. Il est lamentable d’œuvrer ainsi dans le dos des Yerrois,
en catimini, au détour d’un conseil municipal qui ne laisse plus,
depuis belle lurette, place au débat. Et d’infliger aux Yerrois le bien
piètre spectacle d’écoles cadenassées. Ces écoles qui font encore
honneur à l’adage de notre pays : liberté, égalité, fraternité.
A Yerres, on en est loin.

Jouons ensemble à « Question pour un quotient » *
Combien leur reste-il à la fin mois pour s’offrir un spectacle en
famille au CEC, même au tarif val d’Yerrois ?
Vous ne trouvez pas ? Et bien eux non plus ! (1)
Un dernier « petit » détail : bien évidemment, pour Nicolas Dupont-Aignan cette famille est dans la tranche la plus élevée des
quotients familiaux (tranche A)…
Ne serait-ce pas le moment de faire un petit quelque chose, Monsieur le Maire, pour ces familles qui travaillent et contribuent à
l’acquisition d’une troisième fleur et à toutes ces petites choses
pas réellement primordiales en période de crise, mais qui, à vos
yeux, sont prioritaires ?
C’est le moment de redonner aux Yerrois le fruit de leur travail et de leur effort contributif !
* A gagner « le dictionnaire des choses dont vous avez besoin mais dont on vous explique comment vous en passer »
édité par la municipalité aux frais du contribuable.
(1) Pour la simple et bonne raison qu’il ne reste plus grand-chose !

Je suis une famille yerroise dont les deux parents travaillent avec
deux enfants scolarisés à Yerres qui habitent une maison de
85m².
Sachant que leur revenu mensuel est de 4 500 €, déduisez :
 le remboursement du prêt de la maison de 1 250 € ;
 les mensualités des impôts (locaux et revenus) de 600 € ;
 80 € pour la cantine du petit en primaire à laquelle s’ajoute le
forfait de 25 € pour l’étude surveillée (et oui, quand on travaille en région parisienne c’est compliqué de récupérer son
enfant à 16h30…) ;
 4 mercredis après midi de centre de loisirs pour une total de
72 € ;
 la cantine du grand au collège ;
 l’EDF ;
 la Lyonnaise des eaux ;
 les assurances ;
 l’essence de Monsieur et le Pass Navigo de Madame ;
 et accessoirement quelques courses pour nourrir cette petite
famille.

A droite toute !
Monsieur le Maire est descendu dans la rue le 5 octobre 2014,
avec ses amis réactionnaires de droite, pour dénoncer la GPA
(Gestation pour autrui) qu’il n'hésite pas à comparer à une nouvelle barbarie. Il dénonce une régression de l'humanité et la maltraitance qui serait faite aux femmes dans ce cadre. Ce sont les
propos qu’il a tenus sur Europe 1 le 5 octobre 2014 au matin.
L'argument de la marchandisation des corps est recevable. Cela
fait débat bien au delà du clivage droite/gauche et entre les féministes.
Bien que le gouvernement ait déclaré qu'il ne remettrait pas en
cause l'interdiction de la GPA, il semble que tous les prétextes
soient bons pour que Nicolas Dupont-Aignan fasse de la récupération politicienne et profite de la moindre occasion pour manifester contre le gouvernement.

Cette manifestation en faveur de la famille traditionnelle et chrétienne est l'étendard d'une vision rétrograde et machiste des
femmes puisqu’elles sont réduites à leur rôle de mère au foyer, si
possible dans leur cuisine. Ce qui peut convenir à certaines ne
doit pas être érigé en modèle de société, sauf à vouloir voir les
droits des femmes régresser. Mais nous ne pouvons croire que
c’est ce que souhaite Nicolas Dupont-Aignan. Par conséquent,
pourquoi a-t-il participé à cette manifestation ?
Ses propos sont loin d’élever le débat et ils démontrent une fois
de plus son attachement à des valeurs passéistes, que nous
n’avons de cesse de dénoncer et de combattre.

Petit rappel à la loi à l’attention de
Nicolas Dupont-Aignan
Nicolas Dupont-Aignan est très actif sur les réseaux sociaux mais nous lui rappelons qu’il est responsable devant
la loi des propos injurieux ou illicites qu’il laisse passer sur
sa page Facebook.
Voici un exemple de commentaire que Nicolas DupontAignan a laissé passé (le 8 octobre) :
« Dehors les Arabes! Là est la réduction du déficit »
En tant que directeur de la publication de sa propre page, il
endosse la responsabilité des commentaires laissés par
d’autres mais publiés grâce à lui.

Les termes employés par Monsieur le Maire sont choquants.
Les mots ont un sens.
Lorsqu'il s'agit de démolir des camps de Roms en mettant sur le
trottoir des enfants en bas âge, Nicolas Dupont-Aignan s’en
vante. Comment peut-on qualifier son jugement et sa compassion à géométrie variable ?
Y aurait-il différentes sortes d'inhumanité selon les sexes et les
races ?

A propos du Front National,
Nicolas Dupont-Aignan a déclaré :

« Nous sommes plus complémentaires
que concurrents. »
L’Express, 18 octobre 2014

Directeur de la publication : Alain Bétant
Conception : Elodie Jauneau
Comité éditorial : Elodie Jauneau, Stéphane Fabe, Anne-Laure
Fonbaustier, Denis Montarou, Fabienne Gabbanelli.
Illustrations : Canard’Yerres, Chimulus :
chimulus.blogs.nouvelobs.com
Sites internet des socialistes et écologistes yerrois :
voxdegauche.fr
elv91.fr et yerresdemain.fr

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