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<a href=André Bareau D. L. Eck. Banaras, City of Light In: Revue de l'histoire des religions, tome 201 n°4, 1984. pp. 430-432. Citer ce document / Cite this document : Bareau André. D. L. Eck. Banaras, City of Light. In: Revue de l'histoire des religions, tome 201 n°4, 1984. pp. 430-432. http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/rhr_0035-1423_1984_num_201_4_4247 " id="pdf-obj-0-2" src="pdf-obj-0-2.jpg">

D. L. Eck. Banaras, City of Light

In: Revue de l'histoire des religions, tome 201 n°4, 1984. pp. 430-432.

Citer ce document / Cite this document :

Bareau André. D. L. Eck. Banaras, City of Light. In: Revue de l'histoire des religions, tome 201 n°4, 1984. pp. 430-432.

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Comptes rendus

rien (cette fois au sens strict du mot) puisse étudier avec un regard neuf la vie religieuse de l'humanité. Je me suis attardé sur ce point particulier qui me paraît essentiel.

Je pourrais le

faire

sur maints autres

qui le sont peut-être aussi.

On comprendra qu'il n'est pas possible dans les limites d'un compte rendu d'étudier tout le livre du Pr Allen ce qui impliquerait, en même

temps, d'étudier toute l'œuvre d'Eliade, et tous les jugements qui ont été portés sur lui. Aucun homme n'est simple. Eliade l'est sans doute beaucoup moins que la plupart. C'est en grande partie la longue

promenade si riche, si suggestive, si pénétrante,

que nous faisons

tout au long de ce livre avec cette forte personnalité contemporaine

qui en fait le plus grand intérêt.

Jean-Paul Roux.

Diana, L. Eck, Banaras, City of Light, London, Routledge & Kegan Paul, 1983, 24 cm, xvi + 428 p., 59 photographies, 7 plans.

Cet excellent ouvrage est sans doute

unique en son genre,

du

moins dans le domaine indien,

car il tient à

la fois du guide pour

touristes cultivés ou pèlerins et de ce que l'on pourrait appeler cours familier d'hindouisme. L'auteur est une indianiste très compétente qui, ayant cumulé les diplômes américains et anglais en la discipline qu'elle avait choisie, a passé plusieurs années en Inde, notamment à Bénarès, et qui est maintenant professeur associé de religion hindoue à la célèbre Université Harvard. A une excellente connaissance de la civilisation indienne et de ses religions, y compris naturellement celle des langues sanskrite et hindie, Mlle Eck joint une compréhension profonde et fine de la pensée indienne, une sympathie qu'équilibre la lucidité d'un juste esprit scientifique, enfin une remarquable clarté de style alliée à un sens certain du pittoresque. C'est dire tout l'intérêt et l'agrément que l'on retire de la lecture de son livre. Avec elle, on se promène partout dans la célèbre ville sainte, on visite de façon détaillée ses nombreux sanctuaires et ses quais en escaliers sur le Gange, les fameux ghât, en consultant les guides de pèlerinage en hindi et les antiques ouvrages en sanskrit, en interrogeant les prêtres hindous et les simples pèlerins, les savants brahmanes et les indianistes occidentaux, en écoutant raconter les légendes des divinités de toutes sortes et en méditant sur les explications des théologiens. Tout s'éclaire peu à peu, tout s'organise sous nos yeux, et la jungle touffue de l'hindouisme comme l'inquiétant labyrinthe des ruelles de Bénarès menant aux divers sanctuaires nous apparaissent alors structurés et ordonnés, pour la plus grande satisfaction de notre esprit. Le premier chapitre (p. 3-42) nous aide à saisir l'importance de la ville sacrée, comparable à celle de Jérusalem, d'Athènes et de Pékin,

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à la voir avec les yeux des visiteurs occidentaux des siècles passés,

puis avec ceux des hindous eux-mêmes,

qui lui donnent

des noms

aussi différents que hautement significatifs. La longue histoire de

Bénarès est ensuite résumée (p. 43-93), depuis l'installation des pre miers colons indo-aryens sur ce site privilégié il y a quelque vingt- huit siècles jusqu'à notre époque. Cette histoire va de pair avec l'évo lution des relations indiennes, marquée successivement par le culte

des génies arboricoles

(yaksha),

par les méditations

des ermites

forestiers, par le bouddhisme, par le culte

de Vishnu

Krishna, puis

par celui de Shiva Mahesvara, par celui de la Grande

Déesse multi

forme,

par le culte du dieu Soleil, puis par le tantrisme, avant de subir

la domination parfois cruelle des souverains musulmans et enfin celle, plus clémente en matière religieuse, des Anglais. Le chapitre III (p. 94-145) traite en détail du shivaïsme dans la ville sainte, décrivant les principaux sanctuaires, les légendes qui s'y rattachent et les diverses formes de dévotion qui s'y manifestent. Le chapitre suivant fait de même pour ce qui touche au culte des autres dieux, des déesses

parèdres de Shiva, des divinités solaires, de Ganesha et de sa troupe,

des terribles Bhairava,

de

Brahma et

de Vishnu

(p.

146-210). Le

Gange et les principaux ghât qui le bordent font l'objet du chapitre V

(p. 211-251), expliquant d'abord la sainteté des eaux purificatrices et libératrices, puis décrivant les ghât en descendant le fleuve à travers

la ville, de son confluent avec la rivière Asi jusqu'à sa rencontre avec la Varanâ. Le chapitre suivant (p. 252-282) concerne les diverses et nombreuses cérémonies religieuses qui s'accomplissent dans la sainte cité tout au long de l'année. Le caractère unique de Bénarès dans toute l'Inde et même dans tout l'immense univers, comme seul endroit où l'on peut atteindre directement et inconditionnellement la dél

ivrance

des renaissances et

des malheurs liés à l'existence,

c'est ce

qu'explique le chapitre suivant (p. 283-303). Pourquoi et comment le

simple fait de demeurer à Bénarès procure la

« bonne vie »,

où l'on

peut jouir des agréments de l'existence sans risquer pour autant de

sombrer dans l'immoralité

aux terribles conséquences, tel est

le

thème du chapitre VIII (p. 304-323). Enfin, Bénarès est examinée en tant que cité de la mort et de la libération (p. 324-344) : voilà pourquoi les pieux hindous viennent en foule mourir ici ou veulent du moins y être incinérés, pourquoi certains des ghât sont réservés à la crémation des cadavres. Dans ce dernier chapitre sont exposés fort clairement les problèmes nés de cette croyance et les solutions

imaginées par les penseurs hindous : en résumé, comment concilier la justice immanente de la rétribution automatique des actes avec

cette soudaine délivrance, apparemment si facile

à

obtenir ?

Cela

rappelle

de près des questions,

des discussions et des théories

ana

logues

de l'histoire des autres grandes religions, d'où l'intérêt tout

particulier de ce chapitre final. A cela s'ajoute une série d'appendices concernant successivement :

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les sources sanskrites de l'étude de Bénarès ; les diverses zones de la cité sacrée ; les quatorze principaux linga de celle-ci ; les neuf Durgâ et les neuf Gauri présentes à Bénarès ; les listes des autres divinités

qui

y ont

leurs sanctuaires, les

Aditya, les Bhairava, les gardiens

des directions de l'espace ; le calendrier des principales cérémonies religieuses de l'année à Bénarès. On trouve ensuite un glossaire des

termes indiens (p. 369-378), l'ensemble des notes des chapitres et des appendices (p. 379-397), une abondante bibliographie d'ouvrages en sanskrit, en hindi et en langues occidentales (p. 399-406), et enfin un index très complet (p. 413-427). Les plans sont très clairs et les illustrations bien choisies, photographies de la ville actuelle ou repro

ductions

d'anciennes estampes permettant de constater les impor

tants changements survenus à Bénarès depuis un siècle ou deux. Comme l'a si bien montré Mlle Eck, Bénarès est le véritable centre spirituel de l'Inde, le foyer ardent où se concentre et brûle d'une flamme toujours vive l'âme de l'Inde. Par conséquent, tous ceux qui s'intéressent vraiment à la civilisation de ce grand pays, à sa pensée, à ses religions, à son histoire, devraient lire ce beau livre. Non seul ement ils y trouveraient grand plaisir, ce qui n'est pas si fréquent dans les ouvrages sérieux d'orientalisme, mais ils y recueilleraient de quoi enrichir abondamment leur esprit. Même les lecteurs qui sont des indianistes chevronnés, s'ils n'ont pas une aussi bonne connaissance de Bénarès ou de l'hindouisme que l'auteur, pourront trouver grand profit à se laisser guider par lui, comme ce fut précisément notre cas. Quoique le public cultivé auquel ce livre s'adresse lise générale mentl'anglais couramment, une bonne traduction française ne serait peut-être pas inutile. Il est à souhaiter enfin que Mlle Eck fasse école et que d'autres orientalistes, ayant les mêmes qualités qu'elle, publient des ouvrages analogues sur d'autres villes saintes de l'Asie.

André Bare au.

Norman Golb, Omeljan Pritsak, Khazarian Hebrew Documents of the Tenth Century, Ithaca-London, Cornell University Press, 1982, 28,5 cm, 166 p., £ 30.75.

Le problème des Khazars, cette peuplade convertie au judaïsme, qui résidait au nord de la mer Noire au début du xe siècle, a longtemps intrigué les chercheurs. Ils sont connus par quelques allusions chez les historiens contemporains et des documents dont l'authenticité a quelquefois été mise en doute. Il est vrai que c'étaient des copies. Une très intéressante découverte et la collaboration de deux éminents spécialistes viennent enfin de lever un morceau du voile. M. N. Golb a en effet eu le bonheur de découvrir dans la Genizah du Caire un document original hébraïque accompagné de quelques runes turcs anciens, qui remonte au xe siècle et dans lequel il a reconnu un docu-

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