Le cinéma, est-il une

hétérotopie ?

Le réalisme cinématographique existe toujours sous l’interrogation,
sous la souveraineté du doute, mais c’est aussi grâce au scepticisme et à
son statut équivoque qu’il s’installe comme instance autonome en
gagnant sa place comme esthétique particulière ; les rapports du cinéma
au réel sont atypiques, car le cinéma ne se limite pas à la simple imitation
d’une réalité, il l’interprète aussi et peut être que l’acte de réinterprétation
en lui-même questionne le plus la nature de réel : est-que une réalité
interprétée, et donc altéré, peut être considérée toujours comme une
vérité, et quelles sont les portés morales de ce geste ? Si le réalisme en
soi est lié à l’expérience empirique et si on considère le regard comme
phase-incipit, phase-primitive de l’expérience, on peut supposer que le
cinéma se présente comme une

déviation du regard : un exercice

d’analyse comme celui de regarder par l’acte d’imaginer, précipite un
phénomène de re-analyse qui implique une nouvelle gestion des éléments
autant corporelles que environnementaux. Dans le cas où cette re-analyse
se matérialise dans une représentation plastique, elle arrive à un nouveau
stade, celui de l’interprétation, une interprétation double, car l’image
enkyste le point du vue du réalisateur et dans le même temps elle se
dénoue devant le regard du spectateur. Dans le même temps, une réalité
dépend de deux éléments , le temps et l’espace, éléments que le cinéma
englobe dans sa totalité ; selon R. Canudo le cinéma est un art de
synthèse des six arts déjà existants, qui exprimaient déjà le temps et
l’espace, mais aussi il à une dimension réaliste grâce aux influences
mécaniques du dispositif. Bien que le cinéma soit le porteur d’une
dimension temporelle et d’une dimension spatiale, il montre aussi qu’il n’y
a pas de point du vu unique, il n’y a pas d’absolu 1 ; le cinéma est construit
1

Jean Epstein, Le cinéma du diable, 1947, document produit en version numérique

M. Foucault caractérise dans son texte les miroirs en étant simultanément des utopies et des hétérotopies : on se voit la où on n’existe pas et dans le même temps ils existent de façon palpable dans l’espace. selon son troisième principe. dans le sens de « salle où l’on projette des films ». le cinéma semble d’unifier les deux en les rendent presque inséparables.sur le découpage et l’accumulation de temps et d’espaces. les hétérotopies de crise et ceux de déviation. le virtuel ne se oppose pas au réel mais à la tangibilité . est le possible n’est que une réalité latente.il n’est pas juste un acte de synthèse mai aussi un acte de relativisation. l’écran bidimensionnel qui récite un espace tridimensionnel. le virtuel devient possible. Foucault définit le cinéma. Si les hétérotopies sont des localisations physiques des utopies. ont peut traduire la salle de cinéma comme un double du cinéma même. est un fait que la salle de cinéma accomplit avec succès : la dimension géométrique de la salle. comme une hétérotopie . Foucault se limite à encadrer le mécanisme mis en place pour visualiser les films. dont elle devient expérience. mais à la fois. le moment que le spectateur s’engage dans une suspension consentie de l’incrédulité. l’homme est virtuellement présent dans les images. Si les hétérotopies de Foucault se divisent en deux larges catégories. les hétérotopies ont le pouvoir de juxtaposer en un seul lieu réel plusieurs espaces. si sont des espace concrets qui hébergent l’imaginaire. Hétérotopies. mais qui existent et à travers leur image on se remets en question nous-mêmes . Mais la réalité palpable d’une mécanisme de projection remets en question le coefficient de réel de la projection même – elle est regardé. Dans son texte Des espaces autres. En extrapolant. la cinématographie peut être considéré comme un miroir du monde. Il n’y a pas des précisassions dans ce qui concerne l’image cinématographique. car est son but de montrer le spectacle de l’humanité réduit à sa propre échelle : on voit dans un espace irréel qui se dénoue virtuellement ces qui ne sont pas. on peut mettre en question l’appartenance du cinéma à ces espaces en analysant les principes qui les définissent. Bien sur que on peut pas comparer les cliniques psychiatriques et les prisons ou les hôtels du .

mais d’un film en particulaire. un cadavre ressuscité par des machinés il n y a pas au fond.voyage de noces mentionnés par Foucault au production cinématographiques. est que le Charlot qui se manifeste selon Bazin comme un type asocial presque schizophrénique ou autiste qui essaie entrer dans la société ne représente pas la projection des marginaux ? . Trafic. son humeur burlesque qui semblent de souvenir les passés commedia dell’arte avec leur critique acide de la société n’incarnent pas une déviation par rapport aux normes exigée ? Les corps fétichises du comte Orlok dans Nosferatu de Murnau et du Frankenstein du Whale exhibent la monstruosité de la chair pour avertir et faire peur . no. le cinéma à su comment administrer ses components pour s’infiltrer de plus en plus dans l’intimité du spectateur : on ne questionne plus la véridicité ou la moralité de la cinématographie. les deux apportent au image du monstre une certaine mélancolie. le plus immédiate 2 ? Entre le corps refait des cadavres du Frankenstein et le corps Marcus Wright. une différence majeure de forme . la manque de repère de Cesare. le blockbuster américaine reflète ainsi un puritanisme et moralisme spécifique à la société dont il fait parti. Et si les hétérotopies selon Foucault peuvent avoir des fonctionnes différents dans le temps. ce n’est pas cinématographique qui manipule l’obscénité idéologique du pensé les angoisses humaine face au corps pour leur donne l’image le plus vite disponible. Les films semble faire l’isolation de ces types des personnages dans leur propre monde pour les montrer après et pour donner un exemple. mais on peut mettre en question la variété des sujets exploités en cinéma . Wiene dans le même façon que peut être le corps surdimensionné de Balatony Káláman dans Taxidermie représente la tragédie de son temps. est que sont mouvement et ses actions. la dernière génération de Terminateur. 2 Nicole Brezen. Si les cimetières de Foucault constituent maintenant un espèce d’autre ville et non plus le lieu sacré des immortels. le somnambulemarionnette de Caligari est présenté comme pathologie et dans le même temps elle fait le critique d’une société anomique. contemporaine à R. 23 . Le corps sans modèle. mais sans doute.

ces éléments font partie d’un espace et ils existent dans un certaine temps . en ayant la propriété d’être à la fois accessibles et à la fois interdites. sur l’échelle temporale. il encadre toujours des éléments reconnaissables . Si on part du rapport de subordination entre l’image-temps et l’image-mouvement. qui sont hors dans leur totalité de notre perception quotidienne. qui sont l’outil opérationnelle primaire qui permettent l’accès dans le film même . espaces qui peuvent être incompatibles dans l’espace réel. le cinéma. Bien que le résultat de ces juxtapositions soit fantastique et absurde. de plus en plus complexes. il vont faire dans le même temps la sortie de l’espace du film. il valsent entre l’éternité et l’instant donné. le voleur sa femme et son amant. le cinéma à mise en place des dispositives qui font l’objet d’un certain rite. le cinéma est basé avant tout sur un découpages et accumulation du temps. A partir de grosses production de la cinématographie américaine qui semblent d’ignorer parfois toutes les règles de logique et notions d’histoire possibles jusqu’ à les espaces symbolique qui forment le monde de Greenaway dans Le cuisiner. Le cinéma est l’expression particulaire des musées et bibliothèques – un lieu de toutes ses temps qui est hors du temps : leur accumulation est mise face à face avec leur statut passager dans le cadre de chaque projection. fait qui rendre le cinéma dans sa structure plus basique. Si les hétérotopies sont censés avoir un rite du passage. Le générique est le . aux plusieurs niveaux du temps. il accumule le temps narratif dont il encadre son histoire et il accumule d’un façon perpétuel le temps de ses projections répétitives. presque atomique accumulatif .En revenant aux hétérotopies comme juxtapositions des plusieurs espaces. la cinématographie n’échappe pas surtout à ce principe. Il accumule le temps à travers la captation de mouvement.des morceaux du réel mélanges. on admets le fait que le mouvement n’est que la conséquence d’une présentation directe du temps. D’abord on à les génériques de films. le cinéma est l’outil parfait pour créer des synthèses pareilles. mais qui existent pleinement dans la réalité de leur propre monde. accumule. Mais le cinéma n’est pas fondé juste sur des découpages et assemblages des éléments autonomes .

il nous porte jusqu'au cœur du film et il nous fait ressortir du son monde aussi.Charon du film. mythique qui constitue à son tour un de plus grande obsession de l’homme. mais il ne fait pas abstraction à 3 Walter Benjamin. Le cinéma est l’incarnation d’une somme des utopies qui à gagne le place dans la réalité humaine et de ce point du vu il représente peut-être la dernière manifestation des hétérotopies. Si le cinéma est en effet une symphonie de l’illusion il est aussi un hommage à notre réalité. Le réalisme cinématographique reste dans le spectre du scepticisme. de savoir autant que de désir. Certainement. nôtres pensés. L’œuvre d’art dans à l’époque de la reproductibilité technique. New York. 2007 . la cinématographie ne peut que illustrer ce dernière principe. En fin. mais fascinant . si les hétérotopies ont toujours une fonction.l’œuvre cinématographique se dénoue devant ceux qui regardent. bien que il ne soit pas un art mimétique. il et aussi la réflexion d’un pensé du monde. C’est peut être à cause de ce aspect que la moralité du cinéma est mise en question. le rite de pénétration dans le monde du film est un rite qui tient compte plus de la disponibilité du spectateur. on à l’accès à ses secrets le plus intimes. Illuminations. Si le cinéma est le registre total de faux. car l’homme est soumis par son corps à la finitude et à la périssabilité. du tangible autant que d’inaccessible. il est autant eidôlon que idea : s’est un double de la vie. se le raison ultime pour lequel toutes les mythes attendent leur résurrection lumineuse3 . car le geste démiurgique de donner cette allure prométhéen au corps par la représentation si fidele grâce à la dimension temporelle qui le cinéma englobe est un geste condescendant. Le cinéma. Si le cinéma gravite autour de la représentation du monde. mais il implique pourtant l’expérience d’un passage : une fois que on y croit dans ce monde. il ne soit pas eikon. Schocken Books. réalité qui se constitue aussi de nôtres idées. ils sont soit des espace d’illusion soit des espaces de perfection. un double qui se trouve d’ailleurs et dans le même temps il fait partie de la vie. le producteur le plus fertile d’illusion. représenter un pensé incite à la critique aussi et c’est à travers cet incitation que le cinéma devient outil de perfection. il concerne aussi le question du temps-autant linéaire que circulaire.

2007 Mircea Eliade.toutes les autres réalités qui l’homme à questionné à travers son existence. 2002 Ricciotto Canudo. Schocken Books. Anomie vampirique. Paris. Trafic. Illuminations. 1983 . Edition du Minuit. L’œuvre d’art dans à l’époque de la reproductibilité technique. document produit en version numérique Nicole Brezen. anémie sociale. Le cinéma du diable. Le corps utopique. Editions Lignes Jean Epstein. 1969 Nathalie Bilger. Le corps sans modèle. Bibliographie : Michel Foucault. Editions Gallimard. 1947. Editions Harmattan. document produit en version numérique Gilles Deleuze. Manifeste du septième art. no 23 Walter Benjamin. les hétérotopies. Le mythe de l’eternel retour. L’image-mouvement et l’image-temps. New York.