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Université de Strasbourg UFR Mathématique et Informatique

Licence 3 Informatique Année 2010/2011

Réseaux et Protocoles

TD03 : La couche physique - Corrections

Exercice 1 : Rapport Signal/Bruit

Rappels :

signal

−→ puissance du signal transmis

bruit −→ puissance des signaux parasites

Dans la suite, P a

P b

représentera un rapport de puissance ou d’énergie. Ce n’est pas nécessairement un rapport signal sur

bruit. En décibels, le rapport vaut par définition :

d = 10 log 10 P a ⇐⇒ 10 = log 10 P a ⇐⇒ 10

P

b

d

P

b

On rappel aussi que :

log x x i = i

y

log x (y ) = ln( y )

x log x ( y ) =

ln( x )

d

10

= 10 log 10 P a

P

b

⇐⇒ P a = 10

P

b

d

10

Exercices :

– A quels rapports correspondent 10 dB, 3 dB, 40 dB, 37 dB ?

– Convertir en décibels les rapports suivants : P a /P b = 2000 , 500 , 100000

Solution :

10 = 10 log 10 ( P a ) P a = 10

40 = 10 log 10 ( P a ) P a = 10 40 = 10000

10

10

3

P

b

P

b

=

10

3 = 10 log 10 ( P a ) P a = 10 10 = 1 .995 2

P

b

P

b

P

b

37 = 10 log 10 ( P a )

P b

P

b

10

P a = 10 37

P b

10

=

10 403

10

=

10 40 ≈ 10 10000 3 10 10 2
10 40 ≈
10
10000
3
10
10 2

5000

P

a

P

b

= 2000 d = 10 log 10 (2000)) = 10 log 10 (2 × 10 3 ) = 10 log 10 (2) + 10 log 10 (10 3 ) 10 × 0 .3 + 10 × 3

d 33 dB

P a

P b

=

500 d = 10 log 10 (500)) = 10 log 10 ( 1000 ) = 10 log 10 (10 3 ) 10 log 10 (2) 10 × 3 10 × 0 .3

2

d 27 dB

P

a

P

b

= 100000 d = 10 log 10 (10 5 )) =

10 × 5 d = 50 dB

On remarque qu’avec une perte de 3 dB le rapport de puissance est divisé par 2 et inversement.

1

Exercice 2 : Echantillonnage, Nyquist

Rappels :

Supposons que nous avons des signaux dépendant d’une horloge et T la période de l’horloge. Le moment élémen- taire est le plus petit intervalle de temps pendant lequel le signal reste constant. Si pendant la période T les signaux ne peuvent que rester constant alors T = . peut aussi être appelé dans un contexte plus abstrait l’intervalle signi- ficatif du signal.

La rapidité de modulation R est le nombre de fois où un tel signal peut changer de niveau en 1 seconde. C’est l’inverse de .

R =

1

R s’exprime en Bauds et en secondes.

Lorsqu’un signal est bivalent (il n’a que deux valeurs 0 ou 1) il ne peut véhiculer qu’un seul bit d’information par période. S’il est quadrivalent (4 niveaux), alors chaque niveau véhicule 2 bits. Avec 8 niveaux, ce sera 3 bits, etc. Le nombre de niveau dans un signal est la valence du signal. De manière générale :

D = R log 2 (V )

où D est le débit (en bits/s), R la rapidité de modulation (en Bauds) et V la valence du signal.

Nyquist

Dans un canal avec une bande passante de largeur H , le débit binaire maximal est de :

D max = 2 H log 2 (V )

D max est le débit maximal (en bits/s), H la largeur de la bande passante (en Hz) et V la valence du signal. En d’autres termes : R max = 2 H avec R la rapidité de modulation en bauds.

Remarque : quand le nombre de niveaux V tend vers l’infini (on tend vers un signal avec des valeurs non discrètes) alors le débit binaire tend aussi vers l’infini. Notons que si un signal continu s (t ) a une fréquence maximale de f max , et si on l’échantillonne à une fréquence de f ech = 2 f max , ou plus, alors on est certain de pouvoir reconstituer le signal de départ s (t ) à partir du signal échan- tillonné dans le temps.

En particulier si on a un canal de bande passante H, alors tous les signaux qui passent à travers ce canal peuvent être échantillonnés avec une fréquence de 2 H (avec un filtre passe bas si min (H ) > 0) et ensuite être reconstitués à la réception. Si en plus le signal a un nombre limité de niveaux, alors on peut mesurer son débit binaire.

Exercices :

On suppose que l’on a un signal dépendant d’une horloge dont la période est de 0.01ms et que pendant une période d’horloge le signal reste constant.

– Quelle est la rapidité de modulation d’un tel signal ? Quel est le débit binaire si le signal est bivalent ? s’il est quadrivalent?

– Avec un tel signal et une rapidité de modulation de 10 5 Bauds, quelle est la valence nécessaire pour avoir un débit binaire de 800 Kbits/s ?

– Quelle est la largeur de bande minimale de la liaison transportant un tel signal ? (reprendre R, D et V de la question précédente)

2

Solutions :

R = 1

est le plus petit intervalle de temps où le signal reste constant. Or comme pendant une période

d’horloge le signal ne varie pas, on a = T donc :

R =

1

1

0 .00001 = 10 5 Bauds

1

= T =

– Si le signal est bivalent, on transporte 1 bit par période, donc :

D = R log 2 (V ) = 10 5 log 2 (2) = 10 5 bits/s = 100 Kbits/s

– Si le signal est quadrivalent, on transporte 2 bits par période, donc :

D = R log 2 (V ) = 10 5 log 2 (4) = 10 5 × 2 = 2 × 10 5 bits/s = 200 Kbits/s

– Si R = 10 5 Bauds et D = 800 Kbits/s alors :

D

= R log 2 (V ) log 2 (V ) = D V = 2 D

R

R

– Le théorème de Nyquist nous donne :

V

= 2 8× 10 5

10

5

= 2 8 = 256

D max = 2 H log 2(V ) H =

D max

8 × 10 5

8 × 10 5

8 ) = 8 × 10 5 = 10 5

2 × 8

2

log 2 (V ) H = 2 log 2 (256) = 2 log 2 (2

2

= 50000 Hz

Exercice 3 : Shannon

Rappels :

En présence de bruit, le débit binaire va diminuer. Le théorème de Shannon nous permet de calculer un débit par rapport à la largeur de la bande passante H et du rapport signal/bruit P a

P b

:

D = H log 2 (1 + P a )

P

b

D est le débit binaire (en bits/s), H la largeur de la bande passante (en Hz) et P a

P b

le rapport signal/bruit.

Exercices :

– Calculer le débit binaire sur une ligne téléphonique avec un rapport signal/bruit de 30 dB et une largeur de bande de 3000Hz.

– Si la modulation est de 6000 Bauds, quelle est la valence minimale pour avoir un tel débit ?

– Calculer le débit binaire sur une liaison satellite dotée d’une largeur de bande de 10Mhz et d’un rapport si- gnal/bruit de 20dB.

Corrections :

– On commence par convertir le rapport signal/bruit :

Puis on calcul le débit :

30 = 10 log 10 P a

P

b

P a = 10 30 = 10 3

P

b

10

D = H log 2 1 + P a

P

b

D = 3000 × log 2 (1 + 10 3 ) 3000 × log 2 (2 10 ) 3000 × 10 30 Kbits/s

3

– Si la rapidité de modulation est de 6000 Bauds, on a :

D

= R log 2 (V ) log 2 (V ) = D V = 2 D

R

R

=

2 30× 10 3

6000

=

2 1000

200

– On commence par convertir le rapport signal/bruit :

Puis on calcul le débit :

20 = 10 log 10 P a P a = 10 20

P

b

P

b

10 = 100

D = H

log 2 1 + P a D

P

b

= 10 7 × log 2 (1 + 100) 10 7 × log 2 (2 7 )

= 2 5 = 32

10 7 × 7 70 Mbits/s

Exercice 4 : Transformée de Fourier

Corrections :

Série de Fourier

– On a :

g 1(t ) = a 0 +

2

On calule la composante continue :

n=1

(a n sin(2 πnf t ) + b n cos(2 πnf t ))

a 0

=

=

=

T T

2

0

g (t )dt =

T T/2

2

0

g (t )dt + T/2 g (t )dt

T

T T/2

2

0

Adt + T/2 0 dt = T ([At + M ] T/2 + [K ] T

T

2

0

T/2 )

2 A × T

T

2

+ 0 = A

On calcul le coefficent a n :

a n

=

=

=

=

2

T

2

T

2

T

T

T T/2

2

0

g (t )sin(2 πnf t )dt + T/2 g (t )sin(2 πnf t )dt

T

T/2

0

g (t )sin(2 πnf t )dt =

0

T/2

0

A sin(2 πnf t )dt =

2 A cos(2 πnf t )

T

2

πnf

=

A cos(2 πnfT / 2) + A cos(0)

2

πnf

2

πnf

2 A cos(2 πnfT / 2) + A

2

T

πnf

A

cos(πnfT ) 1 πnf

T

= A

T

cos(πn ) + 1 πnf

= T nfπ (cos(πn ) + 1)

A

=

A

nπ

(cos(πn ) + 1) = 0

2A

si n est pair

si n est impair

Le coefficient b n = 0 donc la serie de Fourier devient :

g 1(t ) = A 2 +

n=1

n impair

2 A nπ

sin(2 nπf t )

4

– Pour g 2(t ), on a :

a 0

a

n

b

n

=

=

=

0

0

4A

0

g 2(t ) = a 0 +

2

si n est pair

si n est impair

n=1

(a n sin(2 πnf t ) + b n cos(2 πnf t ))

donc la série de Fourier devient :

g 2(t ) =

n=1

n impair

4 A nπ

sin(2 nπf t )

Pour g 3(t ), on a :

g 3(t ) = a 0 +

2

n=1

(a n sin(2 πnf t ) + b n cos(2 πnf t ))

Or, d’après

la

a

n

=

 

=

=

=

=

=

=

=

=

=

a

0

=

figure représentant g 3(t ), on voit que g 3(t ) = A t si

T

t [0; T ].

A

T T T

2

2

A

2

0

t sin(2 πnf t )dt

T

0

t sin(2 πnf t )dt

T

pour faire disparaitre ce t gênant, on intègre par parties en posant u = t et v = sin(2 πnf t )

1

ainsi u = 1 , v = 2 πnf cos(2 πnf t )

2

A

T 2

2

t.(2 πnf cos(2 πnf t ) T T

1

0

0

1 . 2 πnf 1 cos(2 πnf t )

T.(2 πnf cos(2 πnfT ) 0 T 2 πnf cos(2 πnf t )

A

1

1

T 2

2

T 2 2 πnf

2

0

A

A

T

T

cos(2 πnfT ) T 2 πnf

0

1

1

cos(2 πnf t )

2 πnf cos(2 πn ) (2 πnf ) 2 sin(2 πnf t ) T

2

A

A

T

2

T 2

2

T

2 πnf cos(2 πn ) +

T

T 2

2

A

2 πnf cos(2 πn ) +

1

0

T

2

(2 πnf ) 2 sin(2 πnfT ) sin(2 πnf 0)

1

(2 πnf ) 2 0 0

2 πnf cos(2 πn ) = A πnf cos(2 πn )

T

T

1

A

A

cos(2 πn ) = A

Le coefficient b n = 0 donc la serie de Fourier devient :

5

g 3(t ) = A 2 +

n=1

nπ sin(2 nπf t )

A

– Energies des signaux

1

T

1

T

1

T

T

0

T

0

T

0

T/2

0

= A 2

2

|g 1(t )| 2 dt

1

T

1

T

1

A 2 dt =

1 A 2 t T/2

T

0

T

E g 1

E

g 2

E g 3

=

=

=

=

T/2

0

A T T T

0

|g 2(t )| 2 dt =

|g 3(t )| 2 dt =

A 2 dt + T/2 (A) 2 dt = A 2

3 t 3

2

3

T

0

= A 2

3

t 2 dt = A

T

– La part d’énergie véhiculée par la composante constante et la fondamentale est (en utilisant la formule de Parseval) :

Pour g1 :

E

g 1 = a 0

2

2 + 1 2 (a 1 ) 2

= A 2 +

2

1 2 A 2 = A 2 (π 2 + 8)

2

π

4

π 2

Pour g2 :

Pour g3 :

E

g 2 = a 0

2

E

g 3 = a 0

2

2 + 1 2 (a 1 ) 2

2

+

1

2 (a 1 ) 2

= 0 +

1

2

4 A 2

π

= A 2

2

+

1

2

A

π

= 8 A 2

π

2

2 = A 2 (π 2 + 2)

4

π 2

En faisant le rapport, on obtient :

Pour g1 :

Pour g2 :

Pour g3 :

E g1

E g1

E g2

E g2

E

g3

E

g3

=

=

=

1

2 +

4

(π 2 ) = 0 .9052

8 2 = 0 .8105

3

π

3 (2 π 2 ) = 0 .9019

4 +

– Nombre d’harmoniques pour obtenir au moins 97% de l’énergie du signal (en utilisant la formule de Parseval) :

Pour g1 :

2 2 + 1

A

2 l

n=1

n impair

2A

2 0 .97 A 2

2

1 2A

2

π

2 l

n=1

n impair

1 + 1 9 +

1

25 +

2 0 .97 A 2

1

n

2

A

2

+

n (20. 971) π 2

1

8

2

Donc le nombre d’harmonique doit être égal à 7 (l = 7).

6

Pour g2 :

1

2 l

n=1

n impair

4A

1 + 1 9 +

1

25 +

2 0 .97 A 2

+

n 1 0. 97π 2

8

Donc le nombre d’harmonique doit être égal à 13 (l = 13).

Pour g3 :

1 + 1 4 + 1 9 +

(40. 973) π 2

6

Donc le nombre d’harmonique doit être égal à 5 (l = 5).

– A fréquence égale, ces différents signaux demandent des bandes passantes différentes pour véhiculer la même énergie du signal (du simple au double entre g 2 et g 3, voir le nombre d’harmoniques nécessaires). Cependant, on voit qu’une grande partie de l’énergie d’un signal vient de la composante constante, celle-ci étant nulle pour g 2, un plus grand nombre d’harmoniques est nécessaire. En revanche, ce type de signal limite l’effet Joule (il est d’ailleurs préféré pour les communications en bande de base).

Bande passante

– Si T = 10 ms , le nombre d’harmoniques est :

0

0

0

n

nf 10 .5 × 10 3

n 105

1

10 .5 × 10 3 × f = 10 .5 × 10 3 × T = 10 .5 × 10 3 × 10 2

Les harmoniques passantes correspondent à n=1,2,3,

105

il y a 105 harmoniques qui passent.

– Si T = 1 ms on a 10 harmoniques qui passent. Si T = 0 .1 ms on a 1 harmonique qui passe.

– Si la période T = 1 ms alors la fréquence des premières harmoniques est de f 1 = 1 kHz , f 2 = 2 kHz ,

f 3 = 3 kHz ,

, f n = nkHz . Donc si la bande passante est de [0,4kHz], il passe 4 harmoniques.

– Avec [0,500Hz] il ne passe aucune harmonique et avec [0,31kHz] il passe 31 harmoniques et avec [1.2kHz, 50kHz] il passe 49 harmoniques, mais la fréquence fondamentale ne passe pas.

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