Vous êtes sur la page 1sur 6

-La méthode des scores ou « Crédit Scoring »

:
L’analyse financière traditionnelle donne une appréciation sur la situation financière
d’une entreprises (saine, en difficulté, présente des risques d’échec… etc) en se basant sur
certains indicateurs comme le fonds de roulement, les ratios, le tableau des flux de
trésorerie… etc.
La multiplicité et la diversité de ces indicateurs (un nombre de ratios importants) pose
le problème du choix d’un nombre limité et pertinent parmi eux. Par ailleurs, certains
indicateurs peuvent être soit interdépendants, soit divergents (cas d’un ratio reflétant une
bonne rentabilité et d’un autre ratio indiquant un risque de déséquilibre financier).
Confrontés aux difficultés pratiques de l’analyse traditionnelle, les chercheurs ont
essayé de mettre en exergue des méthodes de notation globale, ou Scoring, qui intègrent
conjointement plusieurs indicateurs pertinents.
Ainsi, la note globale ou score cherche soit à classer l’entreprise en fonction d’une
bonne ou d’une mauvaise situation financière, soit à prédire de graves difficultés ou de risque
de faillite dans un avenir proche.
Cette méthode a vu le jour aux Etats-Unis et s’est d développée par la suite dans les autres
pays occidentaux.
2-1-Origine de la méthode :
Cette méthode repose sur le constat de différences entre les ratios, des entreprises
ayant survécu et celles qui ont été défaillantes, qu’on cherche à utiliser afin de diagnostiquer
d’une manière préventive les difficultés d’entreprises.
Le score est une méthode automatisée fondée sur les analyses statistiques qui
permettent d’affecter à une entreprise une note représentative de son profil de risques pour la
banque.
Cette technique est couramment utilisée en occident pour la prédiction des risques
d’échec des entreprises, et bien évidemment d’une grande utilité en ce qui concerne le choix
des moyens de prévention des échecs.
Le support méthodologique, pivot dans la conception d’un score, repose sur l’analyse
des données et, plus particulièrement, sur l’analyse discriminante qui permet une appréciation
globale de l’emprunteur, fondée sur quelques caractéristiques considérées simultanément.
2-2-Les approches empiriques : la méthode des « crédit-men » 1:
Cette méthode s’est développée à l’origine aux Etats-Unis dans les milieux bancaires
et a été mise en œuvre à l’occasion de l’octroi des crédits.
Elle consiste à attribuer un score global qui tient compte des trois éléments ci-après :
La qualité des hommes et de leur management (coefficient de pondération 40%) ;
La conjoncture et les perspectives économiques (20%) ;
Les performances financières (40%).
1

BELKAHIA ,R. et OUDAD ,H , finance d’entreprise Tome 1, Page :407

2-3-Les approches statistiques : la fonction discriminante : La première approche a consisté à retenir quelques ratios significatifs du risque de défaillance. la situation de l’entreprise est meilleure que celle de l ‘entreprise type . 3 . chacun de ces derniers étant lui-même déterminé en fonction du rapport : Ratio Ri pour une entreprise Ratio Ri type Le dénominateur pouvant représenter la moyenne du secteur d’activité par exemple. choisies au hasard et considérées comme étant saines. 4 Clients &comptes rattachés. Une illustration de cette démarche est représentée par une étude menée par William H.Ce dernier élément est appréhendé à travers une note N qui est le résultat de la somme de la moyenne pondérée de cinq ratios. Si N < 100. dans la mesure où l’entreprise type de référence a une note globale de N=100. et à les tester d’une manière comparative en prenant le cas de deux groupes d’entreprises :  Un groupe comprenant des entreprises à risques . Si N > 100.T.  Un groupe d’entreprises exerçant dans le même secteur d’activité. sa situation est mauvaise par rapport à l’entreprise type. Valeurs immobilisés nettes. Beaver : celui-ci effectua des comparaisons ratio par ratio et chercha à reclasser après coup les 2 Dettes à long et moyen terme.C Clients & CR4 R2 R3 R4 R5 Total Coefficient pondération 25% de 25% 10% 20% 20% 100% La note globale N = 25 R1+ 25 R2 +10 R3 +20 R4 +20 R5. La liste des ratios utilisés et des coefficients de pondération correspondants sont indiqués dans le tableau suivant : Ri Nature des ratios R1 Réalisable +disponible Dettes à court terme Capitaux propres Dettes à LMT2 Capitaux propres VIN3 Chiffre d’affaires Stocks Chiffre d’affaires T.

Holder et celle de la Banque de France. 2-3-1Le modèle d’EDWARD I. . l’entreprise est considérée comme saine.014 X2 + 0. 72% deux ans avant et 30% 5 ans avant. se sont développées des approches multidimensionnelles qui mettent en œuvre des indicateurs agissant mutuellement.XN Ai = Coefficient de pondération Xi = Ratios Pour que la fonction soit opérationnelle.Conan et de M. le reclassement correct des entreprises défaillantes a été vérifié dans 87% des cas un an avant la défaillance et dans 78% des cas cinq ans avant. dans 95% des cas un an avant la faillite. l’entreprise est considérée comme défaillante .012 X1+ 0.T/Actif total Le score limite = 2. en plus de cette approche unidimensionnelle.675.999 X5 Dans cette fonction : X1= F. Les travaux de ce chercheur ont ouvert la voie à plusieurs fonctions discriminantes parmi lesquelles on peut citer celles du.033 X6+ 0 .006 X4 + 0.R/Actif Total X2 =Réserves/Actif total X3 =E.entreprises concernées de manière correcte dans le groupe à risque ou dans le groupe d’entreprises saines. d’Y.Collongues.X2+ … + AN.X11+A2.675. du CESA. Aussi. A chaque entreprise est associé un score Z : Z = A1.675. de J.D. c’est à dire celui qui permet de reclasser correctement les entreprises. Il a fait une première étude en 1968 qui il a renouvelée en 1977. Pour Z < 2. Le résultat de cette étude a été le suivant : l’indicateur le plus discriminant. il est souhaitable que le nombre de variables (ratios) soit limité par exemple à un maximum de dix.B.E/Actif total X4 =Capitaux propres/Dettes totales X5 =Chiffre d’affaires H. Pour Z > 2.ALTAMAN : Il s’agit de l’auteur le plus célèbre à avoir développé l’analyse discriminante pour le classement des entreprises défaillantes et ce une ou deux années avant la défaillance. Sa fonction discriminante à 5 variables est la suivante » : Z = 0 . Ces approches reposent sur la construction d’une fonction discriminante qui combine de manière linéaire des variables d’information financière (ratios). Un examen des entreprises formant l’échantillon de base donné la possibilité à l’auteur de reclasser les entreprises d’une manière correct. est représenté par le ratio « Autofinancement/Total des dettes ».

… etc) la régularité et la sincérité des informations mises à leur disposition et relatives à l’entreprise.0744. représentants de personnel.2-3-2Le modèle d’Yves Collongues : Ce chercheur a établi deux fonctions ayant un pouvoir de discrimination équivalent : Z1 = 4. connue sous le nom de prise de connaissance générale de l’entreprise. X3 : idem pour la fonction Z1 X4 =Résultat d’exploitation/Chiffre d’affaires H. de réunir un ensemble d’informations juridiques.R/Stocks Les décisions dépendront du score attribué à la fonction Z2 : Si Z2 > 3. En effet. l’entreprise est jugée risquée ou défaillante. l’entreprise est jugée défaillante . effectué afin de garantir à un ou plusieurs intéressés (dirigeants. l’entreprise est jugée saine. Un an avant la défaillance. Si Z2 < 3. l’entreprise est jugée saine. comme étant un travail d’investigation permettant d’évaluer les procédures comptables.6159 X1 – 22 X4 – 1.11. X2.455.D. comptables et financières … etc. pour Z2.T) X3 = Fonds de roulement net/Total actif Les décisions sont prises en fonction des scores pris par la fonction Z1 : Si Z1 > 5. Z2 = 4. . 3)-La méthode basée sur l’audit financier : L’audit financier. en fait. administratives ou autres en vigueur dans une entreprise. Si Z1 < 5.455. Il s’agit. ces pourcentages sont respectivement de 96% et 88%.T X4 = F. actionnaires. afin de connaître sa structure.9830 X1 + 60 . et appréhender la politique générale de l’entreprise.0366 X2 .9623 X5 AVEC/ X1. peut être d’une très grande utilité pour apprécier le volume du risque supporté par les banques et les organismes de garantie.0774. ses spécificité et ses particularités.T) X2 = Frais financiers/Chiffre d’affaires (H.8348 X3 X1 = Frais de personnel/Valeur ajoutée (H. une fois le crédit octroyé. la fonction Z1 a permis de reclasser correctement 94% dans l’échantillon d’analyse et 90% dans l’échantillon test. la mission de l’auditeur consistera à approcher l’entreprise dans une première étape.

Il s’agit d’une méthode simple bénéficiant d’une grande faveur de la part des banquiers et des analystes financiers. 4)-Evaluation des méthodes qualitatives de gestion du risque de crédit : 4-1. qui constitue la dernière étape de cette démarche dont l’importance et l’orientation sont fonction des résultats obtenus lors de l’évaluation du contrôle interne. essentiellement. manipulent l’information comptable et fond de l’habillage du bilan ou du window dressing. Le problème qui se pose c’est que la comptabilité traditionnelle est fondée sur l’enregistrement des opérations selon leurs coûts historiques faisant que l’information comptable ne prend pas en compte l’effet de l’inflation. Cette analyse et cette évaluation vont influencer le jugement définitif qui doit être porté sur le contrôle interne. au niveau de la possibilité de suivre régulièrement la situation financière des entreprises débitrices et de pouvoir apprécier qualitativement leur risque de défaillance dans le futur. comprenant des vérifications dont la nature et l’ampleur dépendent des résultats de l’analyse du contrôle interne. et relever les points forts dans le but de les favoriser tout en formulant les recommandations qui lui paraissent importantes pour préserver le patrimoine de la société. la rigidité des principes comptables empêche le bilan de rendre compte de la réalité économique des entreprises. à cet effet. afin de les redresser. certains dirigeants. Aussi. Et c’est en fonction de ce jugement que l’auditeur préparera son programme de contrôle des comptes. Par exemple. soucieux de donner à leur entreprise une image attractive ou d’atténuer l’imposition de leur société. nécessitera une bonne compréhension de l’ensemble des procédures existant à l’intérieur de l’entreprise en essayant de dépister les points faibles (veiller au respect du principe fondamental de séparation des tâches).Intérêts et limites de la méthode des ratios : Les intérêts de celle méthode se situent. il faut souligner que. En outre. si les enregistrements sont exhaustifs. l’application du principe de prudence peut fausser l’analyse tirée des ratios précités. le calcul des ratios étant basé sur les états de synthèse de l’entreprise. . Au courant de cette dernière étape. l’auditeur définira les champs de son intervention et élaborera. si les états financiers sont réguliers et si toutes les informations importantes sont mentionnées au niveau de l’état des informations complémentaires (ETIC). qui constitue la deuxième étape de la démarche de l’audit financier. malheureusement. Au terme de la deuxième étape et après analyse de ses faiblesses.L’évaluation du contrôle interne. les immobilisations financées par crédit bail concourant à l’activité et la formation du résultat n’apparaissent pas dans ses actifs. un programme de contrôle adapté. l’auditeur vérifiera si oui ou non les principes comptables en vigueurs sont respectés en matière de comptabilisation des opérations effectuées par l’entreprise.

Majoration ou minoration des stocks pour moduler le résultat de l’exercice .A titre d’exemple : Absence d’amortissements ou amortissements insuffisants pour dégager des bénéfices fictifs ou pour éponger une perte comptable . nous avons essayé de nous focaliser sur celles qui nous paraissent les plus importantes. Constitution de provisions injustifiées pour reporter sur d’autres exercices le paiement de l’impôt. accroissement des comptes courants d’associés juste avant la clôture des comptes… etc. modification des méthodes comptables. ou au contraire la non-constitution de provisions pour gonfler le résultat ou réduire la perte et améliorer la présentation du bilan afin de se voir accordé facilement un crédit bancaire ou une garantie . Les limites de cette méthode sont nombreuses. . Maintien à l’actif de créances irrécouvrables.