Vous êtes sur la page 1sur 2

Alimentation

Alimentation ALIMENTATION DES VACHES LAITIÈRES Du bon sens pour des vaches en bonne santé Acidose latente,

ALIMENTATION DES VACHES LAITIÈRES

Du bon sens pour des vaches en bonne santé

Acidose latente, problème de fertilité, mauvais démarrage en lactation… autant de problèmes pour les vaches laitières qui inquiètent l’éleveur. Au point souvent d’être prêt à s’approprier les concepts et aliments les plus sophistiqués pour raisonner ses rations et avoir des vaches en bonne santé qui reproduisent bien… Pourtant quelques principes de base sont souvent les premières garanties d’une bonne valorisation de la ration et des vaches en bonne santé.

14

1) Pourquoi la conduite des vaches taries est-elle importante ?

L’idéal est que la reprise d’état se fasse en fin de la lactation. Pendant le tarissement, les vaches doivent maintenir leur état. Des études montrent en effet que les vaches dont l’état varie pendant le tarissement (perte ou reprise) concourent à un certain nombre de problèmes (vêlages difficiles, œdème…). Des vaches trop grasses au vêla- ge ont des vêlages plus longs, moins d’appétit, perdent plus d’état, et donc sont plus exposées aux problèmes métaboliques et de reproduction.

2) Quel est le régime idéal pour les taries ?

En théorie, tous les fourrages conviennent si la quantité appor- tée et la complémentation est adaptée. Il est impératif de réali- ser correctement une transition entre le régime de tarissement et le régime de la lactation. En pra- tique, l’idéal est de distribuer aux taries un fond de la ration des lai- tières. Par ailleurs, des essais n’ont montré aucune améliora- tion du TP en cas de supplémen- tation azotée au cours du tarissement.

3) Quelle durée de tarissement ?

La durée de tarissement est à adapter à l’état des animaux en fin de lactation, au risque de reprise d’état (type de régime), et

Les transitions doivent se faire sur 3 semaines en cas de changement de régimes, de
Les transitions doivent se faire sur 3 semaines
en cas de changement de régimes, de silo, ou
entre le vêlage et le tarissement.

au passé sanitaire des animaux

(risque métabolique). Réduire la durée de tarissement à 5 semaines augmente les taux, et surtout réduit le niveau de pro- duction, ce qui peut être favo- rable pour les animaux à risques métaboliques.

4) Quand réintroduire les vaches taries dans le troupeau des laitières ?

Avec des rations complètes ou semi-complètes, il est conseillé

de séparer les vaches taries des

laitières, l’alimentation de celles-

ci étant trop riche en énergie

(risque de vaches grasses) et en

calcium (risque de fièvre de lait).

Le tarissement est alors facililité

car les animaux sont isolés de l’ambiance de traite. Le lot de taries peut alors valoriser des fourrages de moindre qualité (sous réserve d’adapter la com- plémentation). Toutefois cela

nécessite de pouvoir réaliser la transition correctement, et de loger un lot supplémentaire. Si laitières et taries reçoivent le même fourrage les vaches seront réintroduites dans le troupeau après vêlage (solution à privilé- gier) ; sinon prévoyez une réin- troduction au moins 2 semaines avant la date prévue de vêlage.

5) Peut-on éviter le déficit énergétique en début de lactation ?

Non, le déficit énergétique est inévitable. Les besoins liés à la

production sont maximaux dès la 2ème semaine alors que les apports par la ration sont encore faibles. Le déficit peut en revanche être limité grâce à cer- tains leviers : favoriser l’ingestion de fourrages de qualité distribués à volonté, maîtriser les pics de production en ne forçant pas les apports azotés (95 à 100 g de

volonté, maîtriser les pics de production en ne forçant pas les apports azotés (95 à 100

NOVEMBRE 2006 - N° 9

Guylaine Trou - Chambres d’agriculture de Bretagne

guylaine.trou@ille-et-vilaine.chambagri.fr

de dépasser dans la ration totale est de 30%. La teneur en amidon de la ration peut donc être trop élevée en cas d’apport important de concentrés riche en amidon et d’un maïs riches en grains. Autre critère, la fibrosité : la teneur en cellulose recomman- dée pour la ration totale est d’au moins 17%. En

moyenne le maïs ensila- ge a une teneur en cellu- lose voisine de 20%. Les défauts de fibrosité ne sont donc pas liés au manque de cellulose

mais à la finesse de hachage : on observe encore trop souvent des maïs hachés trop

finement à l’auge suite à la récol- te ou à la reprise ou distribution, ce qui pénalise la rumination.

Enfin, attention aux pratiques de distribution. L’idéal est le mélan- ge des concentrés aux fourrages. Ainsi, une vache dont l’ingestion chute baissera en même temps sa consommation de concentrés et de fourrages. En cas d’apports séparés, elle ingère la même quantité de concentré mais bais- se son ingestion de fourrage. Le rapport fourrages/concentrés s’élève alors dangereusement. Eviter en tous cas de distribuer plus de 4 kg de concentrés en un seul repas. En cas d’apport de betteraves, veiller à ne pas les apporter en même temps que les concentrés. Au delà de 5% de fièvres de lait, 5% d’acétonémies, 3% de dépla- cements de caillette et 10 % de boiteries, il convient de s’inquié- ter et revoir ses pratiques alimen- taires.

9) Faut-il une complémentation spécifique pour les primipares ?

Non, vouloir augmenter le concentré de production en début de lactation risque de for- cer leur production laitière et donc l’amaigrissement. Si on juge leur état insuffisant ou s’il faut compléter la croissance, on peut maintenir le concentré un peu plus longtemps en fin de lacta-

tion

le concentré un peu plus longtemps en fin de lacta- tion PDI/UFL) ou en réduisant la

PDI/UFL) ou en réduisant la durée de tarissement. Apportez suffisamment d’azote soluble pour nourrir les microbes du rumen, et évitez tout risque d’acidose. La qualité des four- rages et la quantité de concentré sont plus importantes que le mode d’apport des concentrés (ration complète, distribution individuelle …).

6) Certains animaux sont-ils plus sensibles aux risques métaboliques de début de lactation ?

Oui, le dépouillement des don- nées de Trevarez sur plus de 1 000 lactations a montré que le passé sanitaire des animaux est important. Il convient de sur- veiller plus particulièrement les animaux à risque : animaux ayant déjà eu un problème méta- bolique à la lactation précédente, ayant eu un vêlage difficile, les vaches grasses au vêlage. L’état au vêlage (3,5 à 3,7 maximum selon les stratégies) et les transi- tions entre le régime de tarisse- ment et celui de la lactation sont particulièrement à surveiller.

7) Comment confirmer une situation d’acidose et corriger une ration à risque ?

Le diagnostic de la subacidose est parfois complexe : surveiller les chutes de taux individuels (plus de 5 points sur le TB, TP infé- rieurs à 30), d’ingestion, la rumi- nation, l’aspect des bouses … En

cas de doute, apporter 200 g/VL/j de bicarbonate pendant une semaine. Si les taux remontent, c’est que les animaux étaient en acidose. En-dessous de cette dose, le bicarbonate est inutile. Il

doit être maintenu tant que les conditions acidogènes persistent. Il faut par ailleurs corriger rapide- ment la ration en intro-

duisant des fibres longues (foin, paille) ou des aliments tampons (luzerne, bicarbonate) ou revoir les modalités d’apport des concen-

trés. La rumination peut apporter jusqu’à 2 kg de bicarbo- nate. L’important est donc bien de faire ruminer les animaux.

L’alimentation

des laitières

en 10

questions

8) L’ensilage de maïs est-il un aliment à risque pour les vaches laitières ?

L’utilisation de l’ensilage de maïs comme unique fourrage ou four- rage principal dans la ration des laitières est souvent incriminé comme facteur de risque d’acido- se. Pourtant, celle-ci n’est pas liée à l’ensilage de maïs lui-même mais à un cumul de facteurs au niveau de son utilisation ou des pratiques alimentaires. Quelques éléments sont particulièrement à surveiller. La teneur en amidon, par exemple est un facteur de risque, mais pas le seul. Les teneurs moyennes en amidon de l’ensila- ge de maïs se situent autour de 30-32 %. Le seuil qu’il faut éviter

10) Quel concentré choisir pour la complémentation hivernale ?

Les rations doivent être équilibrées autour de 95-100 g PDI / UFL. Pour la correction azotée des rations à base d’ensilage de maïs, l’urée est un bon moyen de corriger un déficit en PDIN. Mélangée au fourrage, elle est sans danger pour les animaux, même jusqu’à des doses de 180 – 200 g / VL / j. Les correcteurs type tourteau de soja, tourteau de colza industriel convien- nent bien. L’utilisation de tourteau tanné est davantage justifiée pour des vaches hautes productrices produisant plus de 40 kg en début de lactation ou pour les rations riches en azote soluble (plus de 30% d’ensilage d’her- be). En association avec l’urée pour les rations à base d’ensilage de maïs, c’est une solution généralement économique. Le concentré de production n’est pas indispensable. Il dépend des objec- tifs de production visés. Sa nature peut être adaptée aux caractéristiques de l’ensilage : on peut être amené à préférer des amidons lents ou des concentrés parois (à base de pulpes par exemple) si le maïs est riche en grains. Sinon, les concentrés à base de céréales conviennent bien, surtout en cas de présence d’ensilage d’herbe dans la ration.

en cas de présence d’ensilage d’herbe dans la ration. NOVEMBRE 2006 - N° 9 Pour en

NOVEMBRE 2006 - N° 9

d’ensilage d’herbe dans la ration. NOVEMBRE 2006 - N° 9 Pour en savoir plus : -

Pour en savoir plus :

- Bulletin des

GTV, juillet 2006

- Inra Productions

Animales mai

2006

- Guide Objectif

revenu, optimiser

l’alimentation et

la conduite,

decembre 2004

optimiser l’alimentation et la conduite, decembre 2004 (15 € - 68 p 02 96 79 21

(15 - 68 p

02 96 79 21 63)

- Jegou et al., 3R

2004

- Chenais et al., 3R 1998

- Nous, les

vaches taries (1985) – EDE de Bretagne et Pays de la Loire

15