NOVEMBRE 2014 / n°201/ 1,70 €

Verre à moitié vide ou à moitié plein ?
Réunis à Amange les 4 et 5 octobre pour nos journées
d’automne, nous avons largement débattu, avec nos amis
bourguignons, de la réforme territoriale et des élections départementales et régionales qui vont en découler.
Deux points d’accord sont apparus. OUI au principe
d’une réforme territoriale qui réduit le nombre d’étages du
mille-feuilles et qui clarifie les compétences de chaque
strate ; mais NON pour la méthode utilisée : il aurait fallu
commencer par définir la répartition des compétences et dire
comment on va répartir les moyens fiscaux avant de parler
cartographie. Ainsi, on arrive à des incohérences. Les 22 et
29 mars vont (devraient ?) avoir lieu les élections départementales : comment les candidats pourront-ils faire campagne sans connaître les compétences des départements et
donc les thèmes à défendre ?
À l’Assemblée Nationale, deux autres dossiers importants pour cet automne : la loi sur la transition énergétique et
la loi de finance 2015. Sur ces deux lois, les députés écologistes ont mouillé leur chemise pour faire évoluer les projets
initiaux. En travaillant en commission, en présentant des
amendements, ils ont pu les améliorer significativement. Ainsi, selon le transitiomètre, outil de mesure créé pour évaluer
la loi sur la transition énergétique par le CLER et le RAC-F (1),
le score est passé de 20 % pour la version initiale à 31 % pour
la version définitive. Merci à nos députés, qui sont les principaux acteurs de ce progrès. Il n’en reste pas moins que le
résultat est insuffisant. On pourrait citer des exemples analogues concernant la loi de finance 2015.
Alors, la difficulté pour nous, écolos, c’est en même
temps de valoriser l’action de nos élus ou certains aspects
d’une réforme et de rester (très) critiques sur les résultats
obtenus. Comment rendre audible un tel message ? C’est
pourtant une condition indispensable pour que l’écologie
politique avance dans la tête de nos concitoyens. La qualité
du travail de nos journées d’automne prouve que ce défi est à
notre portée. Mettons-nous au travail !
(1) Voir le site http://www.transitionenergetique.org/
transitiometre/
CLER : Réseau pour la transition énergétique, http://
www.cler.org/
RAC-F : Réseau Action Climat-France, http://www.rac-f.org/

Corinne Tissier
et Bernard Lachambre
Cosecrétaires EELV

Sommaire
P 1 : Édito
P 2 : Mon argent peut-il être écologique, éthique et
solidaire?
P 4 à 13 : Spécial bilan des élus régionaux
P 14 : TGV : aurions-nous eu tort d’avoir raison trop tôt?
P 15 : Communiqué de presse des élus régionaux
P 16 : Brèves du Conseil Fédéral
P 18 : Malaise dans l’université
P 19 : À écouter et à lire
P 20 : Les manigances des lobbies industriels
P 20 : Création d’un groupe de travail sur la condition
animale
P 24 : Besançon : les élus EÉLV à la ville et à l’agglomération

P 25 : Une mort inacceptable et inexcusable
P 26 : Bulletin d’adhésion
P 27 et 28 : Photos des journées d’automne

Journées d’automne : compte rendu d’atelier

MON ARGENT PEUT-IL ÊTRE ÉCOLOGIQUE,
ÉTHIQUE
2

Deux constats tout d’abord :
Selon Patrick Viveret, économiste et philosophe,
qui est déjà venu plusieurs fois à Besançon, sur un flux de
3 500 à 5 800 milliards de dollars échangés chaque jour,
90 % concernent les marchés financiers et 10 % l’économie réelle.
À un niveau beaucoup plus local, 90 % des participants aux journées d’automne EELV ont choisi un réseau
bancaire classique. L’argent qu’ils ont déposé en confiance dans ce réseau est-il écologique, éthique et solidaire ?
Mais peut-on influer sur l’usage qui sera fait de
cet argent ? Existe-t-il un réseau bancaire qui a un comportement éthique ?
Depuis 2007, les Amis de la Terre et le collectif
Roosevelt ont posé ces questions et ont donné des réponses. Faites-vous votre opinion en allant sur :
http://www.amisdelaterre.org/JUSTICEECONOMIQUE.html
www.collectif-roosevelt.fr
Et ensuite vous choisirez ce que vous voudrez faire !

Des questions et des repères ont été posés
pendant l’atelier des journées d’automne.
1) Comment choisir sa banque ?
- Privilégier les contacts locaux et humains, ce qui
n’est plus le cas des banques en ligne.
- Comment les personnes les moins favorisées
peuvent-elles avoir accès au crédit sans avoir à recourir
aux crédits à la consommation et sans risquer les sanctions et pénalités de tous ordres ?
- Parler avec les conseillers bancaires des produits
d’épargne qu’ils proposent : existe-t-il des produits solidaires et éthiques ? Connaissent-ils « Finansol » ?
- Et vous, êtes-vous allé voir « Finansol » sur Internet ? Sinon, allez-y. Faites-vous votre opinion.

2) Si des produits d’épargne existent, puis-je partager tout ou partie des intérêts ? Que propose ma banque
et quelles sont les associations qu’elle accompagne sur
ces fonds de partage ?
3) Existe-t-il dans mon entreprise, dans mon association, de l’épargne salariale solidaire ? Comment l’obtenir ?

L’argent, c’est aussi un lien entre les
hommes.

Et je peux me renseigner sur Internet et Facebook
sur les financements participatifs solidaires.

L’épargne des uns permet les prêts à d’autres :
c’est le principe de base des banques de dépôt et de crédit. Votre banque, que fait-elle ?
L’argent, c’est souvent un moyen de faire des opérations de spéculation : c’est en effet une grande partie
des « marchés financiers ». Votre banque, que fait-elle ?

Le champ est ainsi largement ouvert et nous invitons les lectrices et les lecteurs de La Feuille Verte à
apporter leurs réactions, leurs suggestions, voire leurs
envies de formations, qui pourraient être organisées à
la suite de nos journées d’automne.

Il existe aussi bien d’autres moyens
d’échanges, de dialogues, au-delà de l’argent
« monnaie ».
C’est l’ensemble des échanges alternatifs au modèle commercial dominant : le troc, le troc mutualisé, les
monnaies locales, les AMAP, les jardins partagés, les ressourceries et maintenant le financement citoyen participatif …

Comme pour le tout nucléaire, le tout routier, il est
possible de sortir du tout financier spéculatif pour rejoindre les créatifs du financement éthique, solidaire et
écologique.
Et si vous voulez vraiment comprendre et agir,
nous vous invitons à lire ou relire le numéro spécial 63
« Pour une politique économique de gauche » de la revue « Economie politique d’Alternatives économiques »
Une orientation bibliographique plus complète est disponible au secrétariat régional d’EELV à Besançon.

Jean-Pierre Cazaux et

Suzy Antoine

3
Ainsi, comme client bancaire et comme
épargnant, je peux choisir d’orienter l’usage de mon
argent vers des solutions écologiques, éthiques et solidaires. En Franche-Comté, par exemple, je peux me renseigner sur la Caisse Solidaire de Franche-Comté, la plateforme des Finances Solidaires… Et plus généralement, je
peux aussi m’engager dans les investissements solidaires
et écologiques comme Energie partagée, Enercoop et
ERCISOL pour l’énergie, Terre de Liens pour le foncier, le
CCFD Terre solidaire ou Oikocredit pour partager avec les
autres pays…

Journées d’automne

SPÉCIAL BILAN DES ÉLUS RÉGIONAUX

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Transports

TGV : TORT D’AVOIR EU RAISON TROP TÔT ?

14

Non, le rapport de la Cour des Comptes livré le
23 octobre dernier sur la Grande Vitesse Ferroviaire (1)
n’a pas été écrit par Europe Ecologie – Les Verts. Et
pourtant, à parcourir le rapport, on retrouve des interrogations et des analyses que nous portons depuis de
nombreuses années. Quelques titres tirés de la table
des matières sont déjà éloquents : « Un bilan économique et environnemental en demi-teinte », « Un avantage pour l’environnement à nuancer », « Un impact
difficile à appréhender sur le développement économique », « Un effet ambivalent sur l’aménagement du
territoire » « Une évaluation optimiste de la rentabilité
attendue des LGV ». Quand on connait l’art de la périphrase de la Cour des Comptes, on devine derrière ces
titres une véritable critique des choix réalisés.

Prenons le point de vue des FrancsComtois pour lire ce rapport. Nous avons dénoncé
le principe de la création d’une ligne nouvelle entre
Mulhouse et Dijon ainsi que la création de gares nouvelles éloignées des centres villes. Cette option privilégiait le transport longue distance aux dépens du transport de proximité. Ces choix ont pénalisé en matière de
temps de trajet et de coût les déplacements intrarégionaux. Nous avons dénoncé aussi le coût de cette infrastructure qui allait fatalement réduire la capacité
d’investissement disponible pour le réseau ferroviaire
existant. Nous avons contesté les effets positifs annoncés en matière d’activité économique et d’aménagement du territoire. Sur tous ces points, ce rapport et la
réalité nous donnent raison.
Quelques phrases relevées dans le rapport : « Il
n’est aujourd’hui plus possible de poursuivre une politique du tout TGV, a fortiori si l’on entend entreprendre
parallèlement une rénovation accélérée du réseau classique, tant il est désormais avéré que ce dernier a été
négligé pendant 30 ans et réclame désormais, pour une
mise à niveau. » « On rénove quinze kilomètres de
lignes classiques pour le coût d’un seul kilomètre de

LGV nouvelle. » « … Mettre en place une offre de transport intermédiaire entre le TGV et le TER, avec des
trains circulant à bonne vitesse sur un réseau classique
rénové. » « Corriger une trajectoire peu soutenable et
en tout état de cause incompatible avec la rénovation
du réseau classique. » « De façon générale, des effets
(activité économique) peuvent être visibles dans les
villes desservies par des LGV mais il s’agit souvent d’effet de déplacement, sans gain net pour l’activité globale. » « Le réseau ferré national nécessite une amélioration de la qualité de service, par exemple sur la meilleure façon de rentabiliser pour les usagers le temps
passé dans les transports. » « Une politique de transport reposant sur un rôle presque exclusif de la grande
vitesse ferroviaire accentue plutôt les inégalités des
territoires qu’elle ne les atténue. »
Sur ce dernier point, prenons l’exemple de la
liaison Besançon-Montbéliard. On nous a dit que le
nombre d’allers et retours serait conservé voire augmenté. C’est vrai, mais dans quelles conditions ! En
semaine, le dernier TER quitte la gare Viotte à 20 h 11
(durée du trajet 1 h 01, coût 14,30 € en plein tarif). Il
est possible de partir plus tard, à 21 h 09 ou 21 h35
mais en utilisant le TGV donc avec un changement à la
gare de Besançon-TGV (durée du trajet 0 h 48 ou 1h 05,
coût 20 € en plein tarif). Mais on arrive à la gare Belfort
-Montbéliard-TGV située à 18 km de Montbéliard : pour
regagner Montbéliard, il vous faudra encore prendre le
bus, (coût 2 €), et la durée du trajet devient alors 1 h 21
et 1 h 55 ! Dissuasif ? Alors vous demanderez à quelqu’un de venir en voiture vous chercher à la gare TGV,
ou bien vous vous serez organisé pour laisser votre voiture à la gare TGV : dans ce cas comptez 10,50 € si vous
laissez votre voiture plus de 12h ! Que devient alors
l’intérêt environnemental de prendre le train ? Rappelons que les trains suisses de la ligne Delle-Delémont
arrivent et partent de Delle toutes les heures, tous les
jours de la semaine, de 5 h 30 à 23 h.

Pour revenir à un sujet d’actualité : la réouverture
de la ligne Belfort-Delle coûtera 110 M€, soit le coût de
3 km et demi de ligne TGV.
Je ne voudrais cependant pas laisser croire que la
Cour des Comptes est devenue une institution 100 %
écologiste. Ainsi, par exemple, la croissance de la mobilité de nos concitoyens est constatée sans qu’il y ait une
analyse des causes de cet accroissement, sans qu’il y ait,
non plus, des propositions d’aménagement du territoire
ou d’organisation sociale permettant de réduire les demandes de mobilité. Dans l’introduction, il est dit :
« Cette enquête repose plus particulièrement sur un contrôle de la Cour sur "la pertinence économique, sociale et
environnementale de l’investissement public dans la
grande vitesse ferroviaire". » Si le volet environnemental
a une place réelle, le volet social est assez réduit par rapport au volet économique surdimensionné. Rendons
hommage malgré cette remarque aux rédacteurs du rapport puisque cette carence est annoncée et qu’il est
même écrit que la méthode (socio-économique) employée « ne répond pas à la question de savoir s’il existe
des solutions alternatives ».

On notera également que l’analyse est faite sans
prendre en compte le coût environnemental, autre que
l’émission de gaz à effet de serre, des moyens de transport utilisés. Ainsi, la Cour des Comptes préfère l’avion
pour la desserte Paris-Toulouse parce que, au-delà du
temps de trajet un peu long, « l’activité aérienne de Toulouse, "capitale de l’aviation" et siège d’Airbus Industrie
en serait réduite » !
En conclusion : un rapport de la Cour des
Comptes intéressant avec une table des matières bien
faite, qui n’impose pas à lire le rapport du début jusqu’à
la fin.

Bernard Lachambre
Cosecrétaire régional
(1) Le rapport est consultable sur :
https://www.ccomptes.fr/content/
download/75381/1935524/version/3/
file/20141023_rapport_grande_vitesse_ferroviaire.pdf

Et ce qu’en disent nos élus régionaux

CINQ PROJETS POUR LE PRIX
Extrait du Communiqué de presse envoyé le 24 octobre 2014
Il serait déraisonnable de persévérer dans l’erreur en demandant la réalisation de l’extrémité de la branche Est de la
LGV Rhin-Rhône, alors que des projets ferroviaires urgents et nécessaires aux déplacements quotidiens des Francs-Comtois
sont sur la sellette faute de fonds publics :
- la ligne des Hirondelles (Dole – Saint-Claude) pour préserver la desserte du Haut-Jura et renforcer ainsi une
liaison de l’axe Sud (avec un accès pour Genève à Nurieux). La région Rhône-Alpes est prête à jouer le jeu. Son
financement : 30 millions sur les cinq prochaines années, soit moins d’1 km de construction de la branche TGV
Petit Croix – Lutterbach.
- la ligne des Horlogers qui souffre d’un manque d’équipement moderne, particulièrement entre Besançon –
Valdahon et Morteau-Le-Locle. Il s’agit de renforcer son trafic et de supprimer les terribles bouchons du col des
Roches, entre autres.

- la ligne du Revermont (Besançon – Bourg-en-Bresse) pour l’optimiser à 160 km/h avec les aménagements
nécessaires à cet axe Sud, conformément à la pertinente étude menée par la région Franche-Comté sur cet axe.
Cela permettrait de mettre à moyen terme un TER-GV entre Mulhouse et Lyon (Mulhouse – Belfort TGV – Besançon Viotte – Lons – Bourg-en- Bresse – Lyon), rapide et beaucoup moins coûteux que la folle branche Sud du
TGV.

- la principale ligne régionale Dijon – Dole – Besançon Viotte – Belfort, dont il faut poursuivre et accélérer la
remise en état optimum.
- L’Etat se doit également d’investir dans le renouvellement des rames TET (trains d’équilibre du territoire) de la

ligne Belfort – Vesoul – Paris (ex-ligne Paris – Bâle) et de maintenir ainsi ses cinq allers et retours actuels.

15

Conseil fédéral

BRÈVES
Et la fiscalité?
L’Assemblée nationale a achevé, samedi à 06 h 45,
l'examen en première lecture du projet de loi sur la transition énergétique ; ce sont donc des députés très fatigués
qui sont venus devant le Conseil fédéral rendre compte de
leur travail.

Mais ce qui provoque le plus la déception, c’est
le manque d’ambition en matière de fiscalité écologique (Cf l’abandon de l’écotaxe poids lourds) et par
conséquent le manque de moyens. Ce constat a conduit
Michèle Rivasi (eurodéputée, fondatrice de la CRIIRAD)
à qualifier cette loi de « poudre de perlimpinpin » et a
dénoncer une forme de « mascarade sur le nucléaire ». En effet le texte de loi plafonne et sanctuarise
la production d'énergie nucléaire à son niveau actuel,
soit 63 gigawatts, alors même que l'ambition est de
diviser par deux la consommation d'énergie tout en
augmentant la part des énergies renouvelables. Dans
ces conditions, comment fermer des centrales d’ici à
2025 ?
Enfin, nos députés ont exprimé leur sentiment
du devoir accompli, le CF a applaudi… Tout va bien !

16

Les déclarations à chaud étaient sans doute à la
mesure de l’investissement de nos élus et François de
Rugy fut le plus dithyrambique : « Personne n’y croyait
mais on l’a fait » ou encore « Sans EELV il n’y aurait pas de
loi sur la transition énergétique ».
Ce texte comporte il est vrai, de réelles avancées,
certaines symboliques, comme le fait que, pour la première fois le parlement fixe, en matière d’énergie, une
stratégie qui comporte une baisse de la part du nucléaire
dans la production d’électricité, d’autres beaucoup plus
concrètes, par exemple dans les domaines du logement
(carnet d’entretien et de suivi, tiers financement… ), ou de
l’économie circulaire enfin juridiquement définie, ou de la
lutte contre la précarité énergétique (chèque énergie).

Des avancées?
Le projet de Budget 2015 a été l’objet d’un débat
soutenu au Conseil fédéral des 11 et 12 octobre, où
deux motions étaient en présence, l’une demandant à
nos parlementaires de « rechercher des avancées »,
l’autre exprimant une opposition plus nette aux orientations économiques et budgétaires proposées.

La partie transport est décevante car elle encourage trop la voiture électrique sans repenser globalement
la question de la mobilité et de l’urbanisme.
La privatisation des barrages hydrauliques pose
aussi question pour un parti qui considère l’eau comme
un bien commun universel (Cf la mobilisation contre le
barrage de Sivens).

Notre député Éric Alauzet, seul parlementaire à
être resté à l’écoute pendant tout le débat, est monté à
la tribune défendre la première motion, sans succès
puisque la deuxième fut adoptée à une large majorité
(ce qui n’a pas fait changer d’avis Éric, dont nous connaissons maintenant le vote…).

Une digue inefficace
Deux positionnements politiques importants sont
passés un peu inaperçus en raison de l’actualité de la
transition énergétique :
- La réaffirmation de la réduction du temps de
travail comme mesure socio-économique prioritaire
pour EELV.
- La fin de la stratégie du « Front républicain »
contre le Front national. Concrètement, pour les prochaines élections départementales, il reviendra aux CPR
de décider, dans le cas de figure où un candidat EELV
pourrait se maintenir alors qu’un candidat FN serait susceptible de l’emporter, si le candidat EELV se retire ou
non. La stratégie de la digue ayant depuis de nombreuses années démontré son inefficacité, la grande
majorité des délégués au CF pensent qu’il convient de
ne plus faire monter artificiellement les scores du FN au
deuxième tour en favorisant, par un retrait systématique, l’abstention.

Cyrielle Chatelain
en plein débat en
atelier, avec en
arrière-plan Gisèle
Chaleyat, notre
doyenne du CF
(97 ans).

Pour le reste, nous avons protesté contre TAFTA,
affirmé notre opposition au rejet des boues rouges en
Méditerranée, lancé les Fabriques citoyennes écologistes
et solidaires dans la perspective des prochaines échéances
électorales... Et bien des choses encore…..

Philippe Chatelain
Délégué au CF

17
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CPGE vs Université

MALAISE DANS L'UNIVERSITÉ

Dans le numéro 200 de La Feuille Verte (pp. 2324), Mathilde Tessier nous fait part avec enthousiasme
de son expérience en classe préparatoire. Chemin faisant, elle interroge la position des écologistes contre ces
prépas. Ce qui suit n'est pas une réponse à son article,
mais une tentative pour mettre en perspective quelques
éléments du débat.

Quelques rappels...

18

Un premier fait d'importance lorsqu'on cherche à
comparer, à l'intérieur de l'enseignement supérieur, les
« performances des uns et des autres » : un étudiant en
CPGE (Classe Préparatoire aux Grandes Écoles) bénéfice
d'une dépense 1,5 fois supérieure à celle d'un étudiant à
l'Université (selon les données diffusées par la Direction
de l'évaluation, de la prospective et de la performance
du ministère de l’Éducation).
Rappelons en second
lieu que l'Université accueille
tous les bacheliers (même les
moins préparés
à cette perspective, les bacheliers professionnels) quand les CPGE pratiquent une sélection, et donc
une homogénéisation, de leur public.
Rappelons enfin que les missions ne sont pas du
même ordre : alors que les CPGE prétendent fabriquer
une élite, l'Université a vocation à transmettre des savoirs, à permettre un travail d’appropriation de ceux-ci
par les étudiants, mais aussi à en produire.
Il apparaît donc nettement que les CPGE et l’Université n'œuvrent ni dans les mêmes contextes, ni dans
les mêmes conditions.
La rentrée 2014 confirme une augmentation du
nombre d'étudiants à l'Université sans que cela ait donné lieu à un quelconque rééquilibrage du budget. L’État
exige des Universités de travailler à la réussite de tous

mais oblige à augmenter le nombre d’étudiants dans les
groupes de travaux dirigés ! Tout à ses principes de performance, il comptabilise toute absence de validation de la
première année comme un échec. Il feint alors d'ignorer le
fait que des étudiants s'inscrivent à l'Université faute
d'avoir trouvé des places en BTS ou en IUT (places en partie squattées par des étudiants des filières
« d'excellence », qui rejoindront ensuite l'Université, au
détriment des étudiants qui ont vocation à s'inscrire dans
ces filières courtes, dont justement les bacheliers professionnels) ; il ne peut prendre en compte ce qu'il en est du
cheminement à l'égard des études : on a le droit de se
tromper, de faire un essai et de reformuler un nouveau
projet. Doit-on considérer comme en échec un étudiant
qui ne valide pas sa première année, mais se réoriente, et
qui a acquis des éléments de réflexion et de travail qui lui
manquaient ?

Malaise dans la recherche
Prolongeons un peu la perspective.
Admettons qu'il soit nécessaire de former
(formater ?) des élites, de celles qui, pour une partie, partent assez rapidement pantoufler dans le privé pour y défendre la doxa libérale contre les dépenses publiques, elles
qui ont bénéficié des largesses de l’État.
Serait-il moins nécessaire de former des chercheurs, et surtout qu'ils puissent intégrer les Universités,
les organismes de recherche, sans végéter pendant des
années de contrat précaire en contrat précaire ?
Peut-on admettre que le CIR (crédit impôt recherche) que perçoit les entreprises n'ait eu quasiment
aucune conséquences sur l'embauche de jeunes docteurs,
qu'il ne donne lieu à aucun contrôle véritable sur son utilisation alors que les budgets de la recherche publique régressent ? (1)
Depuis le mois de septembre, Sciences en marche
traverse la France pour alerter sur l'état catastrophique de
l'emploi dans le monde de la recherche (2).

Que Mathilde ait trouvé, dans son parcours au sein
d'une CPGE, des motifs de satisfaction, on ne va pas le lui
contester : c'est bien ainsi, surtout pour elle. Mais aujourd'hui, la question n'est même plus de savoir s'il faut ou
non supprimer les CPGE, mais comment redonner confiance aux universitaires, aux chercheurs, aux doctorants,
aux étudiants.
Les dernières annonces de Manuel Valls, lors de sa
visite à Besançon fin septembre, ne sont en aucun cas de
nature à rassurer. Certes, il a parlé de 3 milliards supplémentaires, déjà promis par le président, pour financer les
Initiatives d'excellence (il s'agit de mettre les Universités
en concurrence sur des projets).

Ces 3 milliards sont loin de concerner toutes les Universités et les heureux bénéficiaires ne recevront, selon une méthode initiée sous Sarkozy, que le produit
du capital, soit environ 4 %soit encore 100 millions
d'euros, soit encore 0,8 % du budget des universités
(3) !
Encore une histoire de changement qui fait plouf.

Michel Boutanquoi

1) Cf. http://tinyurl.com/n4un7ap
2) http://sciencesenmarche.org/fr/
3) Cf. note 1

À écouter et à lire

COUPS DE CŒUR
Léonard Cohen,
Popular Problems

Le battage médiatique, qui a tendance à nous faire
prendre des vessies pour des lanternes, incite à la plus
grande prudence lorsqu'il s'empare d'une figure légendaire. Il n'en reste pas moins que la publication d'un nouvel opus du Canadien fait événement. Et qu'on aurait tort
de s'en priver.
Voici dix chansons, mais est-ce bien de cela qu'il
s'agit ? Léonard Cohen « rappe » les mots plus qu'il ne les
chante. Des arrangements discrets et quelques voix aériennes enveloppent d'un éther la gravité de la voix et du
propos, évitant ainsi que le ton, qui ne s'autorise guère
de variations, confine à une certaine monotonie.
Léonard Cohen nous parle de lui, de son envie de
lenteur, de ce monde tragique, d'amour et d'un dieu qu'il
cherche.
Et peut-être un peu de nous.
Pour ses quatre-vingts ans, c'est à nous qu'il offre
un très beau cadeau.

Scholastique Mukasonga, Notre-Dame-du-Nil
On ne dira jamais assez l'intérêt de flâner dans
une librairie, une vraie, là on peut à loisir saisir un
livre, lire quelques lignes, le reposer ou l'adopter. C'est
en cherchant un ouvrage de l'auteur sud-africaine Nadine Gordimer que j'ai rencontré Scholastique
Mukasonga et sa Dame du Nil.
Dans une écriture simple, sans pathos, sans
effet appuyé, elle nous plonge au cœur du Rwanda des
années 70. Notre-Dame-du-Nil est un lycée pour l'élite
féminine du « peuple majoritaire » (les Hutus), qui
tolère quelques Tutsis. Lentement, inexorablement, la
haine instille son poison, tisse son filet. Poison et filet
qui serviront à assouvir un désir de supériorité, avec la
complicité de quelques religieux.
Scholastique Mukasonga nous parle d'une histoire d'avant le génocide, mais qui le contient déjà en
germe. Mais jamais elle ne cherche à enlaidir son
pays : elle nous en fait découvrir quelques-unes de ses
racines et on comprend pourquoi l'une des jeunes
filles s'écrie : « Je reviendrai quand le soleil de la vie
brillera à nouveau sur notre Rwanda. »
Paru en Folio.

Michel Boutanquoi

19

Histoire des sciences

LES MANIGANCES DES LOBBIES INDUSTRIELS

Peut-être

ne

connaissez-vous

pas

Naomi

Oreskes. Si c'est le cas, il manque quelque chose à votre

20

culture politique. C'est une historienne américaine des
sciences qui s'est spécialisée dans la compréhension du
fonctionnement des lobbys. Dans son livre coécrit avec
Erik Conway, Les Marchands de doute (1), elle explique
comment les lobbies industriels s'y sont pris pour contrer
toute réglementation de santé publique ou environnementale qui aurait pu nuire à leurs intérêts. Elle traite de
sujets que les écologistes connaissent bien, comme le
réchauffement climatique et les pesticides. Afin de conserver leurs profits, les industriels américains ont dépensé des milliards de dollars pour instiller le doute et diffuser la désinformation.

Une analyse implacable des climatosceptiques
Déjà en 2008, Naomi Oreskes avait parlé de ses
travaux et répondu à une interview de la revue La Recherche sur les motivations des « négationnistes » du
réchauffement climatique d'origine humaine (2). Elle y
classait les climatosceptiques en 3 catégories :
- les chercheurs qui publient des études directement financées par les pétroliers, comme Singer qui,
dans les années 70-80, était payé par les fabricants de
cigarettes pour contester le lien entre cancer des poumons et tabac ;
- les néoconservateurs américains - encore eux qui pensent que l'écologie est un « recyclage »

de l'idéologie communiste destiné à mettre des entraves au marché libre et à la recherche du profit (pour
eux, les écologistes sont des rouges repeints en vert) ;
- des scientifiques, nostalgiques d'un succès
passé, qui continuent à avoir une certaine existence
médiatique grâce à leur attitude provocatrice. Assez
bonne connaisseuse de la situation française, Mme
Oreskes classait Claude Allègre dans cette catégorie…
On apprend dans le livre que, dès 1965,
Johnson puis Nixon étaient au courant des premières
études qui soupçonnaient un réchauffement climatique d'origine anthropique. Dès ce moment-là, les
industries d'extraction, de raffinage et de combustion
des énergies fossiles et les financiers se sont mis en
branle pour s'opposer à l'évolution des règlementations dans un sens qui remettrait en cause leurs intérêts.

Les méthodes décortiquées
L'intérêt du livre Les marchands de doute est de
faire par le menu une analyse de la manière de procéder des lobbys. Il y a un très large consensus, chez les
chercheurs du GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat), quant au rôle joué
par le CO2 et les autres gaz à effet de serre provenant
des activités humaines dans le réchauffement climatique. Il y a le même type de certitude chez les médecins sur la responsabilité du tabagisme, y compris le
tabagisme passif, dans l'origine du cancer des poumons.

Les lobbies vont payer des consultants
« scientifiques » pour instiller le doute dans l'opinion.
En ravivant la controverse, ils vont chercher à affaiblir, à
décrédibiliser les arguments des vrais scientifiques. Un
comble : ils vont même inventer le concept de
« mauvaise science » pour qualifier les études qui remettent en cause leur business. Les auteurs du livre
font allusion à Georges Orwell, l'auteur de 1984, qui
appelle « trou de mémoire » le système qui détruit les
faits gênants. Les mercenaires scientifiques des lobbies
sont allés jusqu'à utiliser les formulations prudentes du
GIEC pour invalider leurs conclusions.
Les médias ont fini par céder aux pressions des
lobbies en donnant systématiquement la parole à ceux
qui contestent le réchauffement climatique ou le rôle
du tabagisme dans le cancer des poumons, même si
leurs arguments sont parfaitement malhonnêtes. L'effet dévastateur est facile à comprendre : s'il y a des
pour et des contre, c'est que le débat n'est pas tranché
et qu'il est trop tôt pour prendre des mesures règlementaires. C'est diabolique ! Et nous avons tous pu
constater autour de nous les dégâts de ce genre de
fausse controverse.

endommageaient irrémédiablement l'environnement
global, c'était accepter la réalité de l'échec du marché. »
C'est la démonstration sans appel que le « libéralisme »,
l'économie de marché non régulée sont incompatibles
avec l'écologie et le développement durable.
Pour paraphraser un propos du Premier ministre,
nous aussi, nous « aimons les entreprises », celles qui
respectent leurs salariés, qui produisent des biens et des
services socialement utiles et qui inscrivent leur activité
dans le développement durable, mais sûrement pas
celles qui nous empoisonnent ou qui détruisent la planète…
Au moment où se négocie dans le plus grand secret le traité de libre échange entre l'Europe et les ÉtatsUnis, voilà qui apporte de l'eau au moulin des anti-TAFTA.
Dans cette négociation, la cible des multinationales est
assez clairement définie : s'attaquer aux « barrières non
tarifaires » qui sont des entraves à la course au profit.
Précisément, ces « barrières non tarifaires », c'est la règlementation qui, de manière inégale des deux côtés de
l'Atlantique, protège la santé, les conditions de travail et
l'environnement.

Les lobbies et la libre concurrence
Naomi Oreskes et Erik Conway pointent aussi du
doigt les faiblesses du libéralisme et du libre marché. La
« main invisible » est incapable de prendre en compte
certains coûts, les « externalités négatives ». Ces coûts
externes sont imposés aux gens qui n'ont pas choisi le
bien dont il est question et qui n'en ont pas bénéficié.
Par exemple, « le DDT (1) a imposé d'énormes coûts
externes à travers la destruction des écosystèmes ; les
pluies acides, le tabagisme passif, le trou d'ozone et le
réchauffement climatique ont fait de même. » Le marché a été incapable de rendre compte des dommages
sérieux induits, et encore moins capable de les empêcher.

Les interventions de la puissance publique par la
règlementation sont nécessaires et c'est ce que refusent les conservateurs. « C'est la raison pour laquelle
les idéologues du marché et les vieux guerriers de la
guerre froide se sont alliés pour les combattre. Accepter
que les sous-produits de la civilisation industrielle

Gérard Mamet

21
(1) Naomi Oreskes & Erik M. Conway, Les Marchands de doute, Éditions Le Pommier, 2012 pour l'édition française, 2014 pour la version poche.
Les auteurs ont écrit ensemble un autre livre, L'Effondrement de la civilisation occidentale (2014, Les Liens
qui libèrent), une fiction basée sur des projections, qui se
passe en 2393. Le réchauffement climatique est alors de
11°C et la montée du niveau de la mer a atteint
8 mètres ; le Bangladesh et les Pays-Bas sont à peu près
totalement submergés ; 1,5 milliard d'êtres humains sont
des réfugiés climatiques.
(2) Vous pouvez retrouver l'article sur : http://
tinyurl.com/mvqhkgm
(3) Le DDT, Dichloro-diphényl-trichloroéthane, est
un insecticide de synthèse puissant utilisé après la deuxième guerre mondiale pour détruire les insectes ravageurs ou vecteurs de maladies (paludisme, typhus…). La
découverte de ses propriétés insecticides a même valu à
son auteur, le Suisse Paul Hermann Müller, le prix Nobel
de médecine en 1948. Malgré la découverte, dès 1962,
des effets destructeurs du DDT sur les oiseaux et les poissons, et plus globalement sur les écosystèmes, son interdiction n'a été généralisée qu'une vingtaine d'années plus
tard.

Nos amies les bêtes

Création d’un groupe de travail national
sur la condition animale

La question de la condition animale fait partie des
fondamentaux de l'écologie politique et de la nonviolence. Emergée il y a plusieurs décennies, elle est désormais très présente, dans les médias, les réseaux sociaux et
les débats politiques.

Les droits des animaux ont une place importante dans les programmes des partis Verts allemands,

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autrichiens, suédois, etc. Malheureusement, en France,
EELV n'a pas pris ce train en marche. La motion « Animaux
et société» votée en septembre 2012, fruit d'un travail
collectif avec de nombreuses commissions, n’a pas été traduite en projet de loi alors que c’était un des engagements
du projet EELV « Vivre mieux vers une société écologique » :
« Une loi sur les droits et la protection des animaux
sera proposée au Parlement : elle définira un nouveau statut de l’animal dans le Code civil. Il passera du statut de «
bien meuble » ou « immeuble » à celui d’être vivant. Elle
agira contre le trafic d’animaux et mobilisera pour cela les
forces de police (douanes, gendarmerie, police). Le bienêtre animal sera pris en compte dans les politiques thématiques (transport, abattage et bâtiments en agriculture,
animaleries, cirques) et les pratiques brutales, cruelles
et indignes seront proscrites. L’expérimentation sur les animaux fera l’objet d’un débat pour la repenser et la réformer
en profondeur », etc.

De nombreux militants d’EELV sont investis
dans des associations de protection animale et se
sentent de plus en plus déçus par l’inaction et le silence du
parti sur ce sujet, alors même que les interpellations
d’associations, de sympathisants et d’électeurs se font plus
pressantes, que des politiques dont les valeurs sont à l’opposé des nôtres s’emparent de cette question. Ces militants ont donc décidé, à l’issue des Journées d'Été de
Bordeaux, de constituer un groupe de travail autour de la

question animale. Il rassemble déjà plus d'une soixantaine de personnes d'une dizaine de régions.
Ce groupe de travail a choisi de travailler indépendamment des commissions thématiques actuelles,
qui ne peuvent prendre en compte tous les aspects de
la condition animale. La commission Agriculture et
ruralité se limite trop souvent à ne considérer les animaux que comme produits ou outils agricoles. La commission Mer et littoral les évoque rarement autrement
qu'en tonnage. La commission Environnement ne les
envisage trop souvent que comme éléments de la biodiversité

Or les animaux, leurs statuts, nos rapports
à eux, outrepassent largement ces domaines.
La philosophe Corine Pelluchon analyse bien,
dans un article du Monde de 2012, la difficulté qu’ont
les politiques, notamment de gauche, à intégrer ce
sujet dans leur champ de réflexion :
« On a souvent opposé le souci pour les animaux et le souci pour la justice sociale, reléguant la
protection animale à la périphérie de la politique.
Pourtant, la question animale ne pose pas seulement
des problèmes moraux, mais elle relève également de
la justice. Elle est même l'épreuve de notre justice,
parce que nos usages des animaux trahissent les fondements de notre droit et révèlent les dysfonctionnements d'une organisation du travail et d'une économie
dont les hommes sont aussi les victimes. »(1)
EELV ne peut plus continuer de traiter ce sujet à
la marge. Notre parti doit affirmer des orientations
claires sur ce sujet, les faire connaître et surtout les
mettre en œuvre. Il doit impérativement réagir à l’actualité.

Car EELV est largement déficitaire sur ce sujet.
Seuls quelques élus convaincus comme Jacques Boutault
ou Laurence Abeille s’expriment régulièrement. Sans
égrener tous les cas où EELV est totalement absent ou
très insuffisamment présent, il suffit de noter le grand
silence du parti concernant les autorisations de chasse
au loup accordées tout récemment par la ministre Ségolène Royal tout récemment, au mépris des engagements
pris au niveau européen pour défendre la biodiversité.

- Du fait des pratiques actuelles, la réflexion sur la
condition animale est aussi une réflexion sur la violence et la cruauté dans nos sociétés, dans les sphères
privée comme publique.
- Faire connaitre les positions et actions d'EELV sur le
sujet.
Pour rejoindre le groupe, contacter Fabienne
Roumet : fabrou75013@gmail.com

C'est peut-être pour cela que le groupe de travail a
fédéré autant de personnes en si peu de temps.

Martine Landry

Parmi les objectifs de ce groupe de travail :
- Développer une réflexion sur le statut des animaux.
- Donner une visibilité et une légitimité à la question animale dans le champ politique.
- Œuvrer pour la mise en place d'outils politiques,
juridiques et administratifs pour améliorer les conditions
animales.
- Travailler sur toutes les pratiques qui confrontent
l'humain à l'animal et proposer des outils aux élu-e-s.

(1) Condition animale et justice sociale
par Corine Pelluchon, professeure de philosophie à
l’Université de Franche-Comté
http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/02/24/
condition-animale-et-justicesociale_1647765_3232.html

23

Europe Ecologie Les Verts de Franche-Comté
(14, rue de la République, 25000 Besançon)
Directeur de publication : Gérard Roy
Comité de lecture : Michel Boutanquoi, Gérard Mamet,
Gérard Roy, Suzy Antoine, Françoise Touzot
CPPAP: 0518 P 11003
Maquette : Corinne Salvi Mise en page : Suzy Antoine
Imprimé sur papier recyclé

Besançon

LES ÉLUS EÉLV À LA VILLE
ET À L'AGGLOMÉRATION
La liste des diverses représentations des 9 élus EÉLV, tant à la Ville de Besançon qu'à l'Agglomération, est si longue que La
Feuille Verte, avec leur accord, renonce à la publier en totalité et se contente de lister ci-dessous leurs fonctions principales.

Éric Alauzet
Conseiller municipal délégué
(CMD) aux Relations avec les institutions
Ville, Commission 1 : Finances, Budget, Programmation, Relations publiques, Relations interna
tionales, Jumelages, Coopération décentralisée, Communication
Agglo, Commission 3 : Économie, Emploi-insertion,
Enseignement supérieur et recherche

Pauline Jeannin
CMD aux Modes doux et
Maison de la mobilité
Ville, Commission 5 :
Circulation Modes doux, Stationnement, Voirie, propreté,
Proxim’cité, Accessibilité, bâtiments communaux, Parc auto,
logistique, prévention, CLSPL, Tranquillité et sécurité
publique, Occupation du domaine public
Agglo, Commission 2 : Mobilités

Anthony Poulin

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Claudine Caulet
CMD à la Restauration scolaire
Ville, Commission 4 : Éducation,
petite enfance, famille ; Sports, espaces
et équipements sportifs, animations
sportives ; Vie étudiante
Agglo, Commission 5 : Habitat, Politique de la ville
et Gens du voyage

Cyril Devesa
Douzième Adjoint : Santé,
hygiène et prévention sanitaire
(hygiène, addictions, préventions,
sécurité agroalimentaire)
Ville, Commission 2 : Solidarités, Autonomie, Lutte
contre les exclusions et les discriminations, Personnes
âgées et lien intergénérationnel, Handicap, Questions humanitaires, Hygiène-Santé, Sécurité agroalimentaire, TIC,
Personnel, Formalités administratives, Administration générale
Agglo, Commission 6 : Aménagement du territoire
et coopération

CMD à la Vie étudiante,
CLAP, animation
Ville, Commission 4 :
Éducation, Petite enfance, Famille, Sports espaces et équipements sportifs, Animation
Sportives, Vie étudiante
Ville, Commission 7 : Commerce, Artisanat, Démocratie participative, CCH, Conseils citoyens, Conseils des sages, Vie des quartiers, Jeunesse, CBJ, Vie
associative, Politique de la ville, Animations d’été,
PRU, Animation CLAP
Agglo, Commission 1 : Finances, Ressources humaines, Communication et Aide aux communes

Françoise Presse
CMD aux Risques urbains
VP à l’agglomération :
Développement durable, transition énergétique

Ville, Commission 3 : Environnement et cadre de
vie, Transition énergétique, Maitrise de l’énergie, Urbanisme opérationnel et réglementaire, Aménagement
urbain et grands travaux, Eau, Assainissement, programme de qualification urbaine, Développement durable, Espaces verts, Espaces naturels
Agglo, Commission 4 : Développement durable

analyse du coût global)
Ville, Commission 5 : Circulation Modes doux,
Stationnement, Voirie, propreté, Proxim’cité, Accessibilité, bâtiments communaux, Parc auto, logistique,
prévention, CLSPL, Tranquillité et sécurité publique,
Occupation du domaine public
Agglo, Commission 4 : Développement durable
Présidente du SYBERT (Syndicat mixte de Besançon et de sa Région pour le Traitement des déchets).

Rémi Sthal
CMD à la Coopération décentralisée
Ville, Commission 1 : Finances,
budget, programmation, relations publiques, relations internationales, jume
lages, coopération décentralisée, communication
Ville, Commission 6 : Culture, Patrimoine, citadelle, Associations Culturelles, Musiques actuelles et de
rues, Lecture publique, Bibliothèques, Musées, Fonds
d’embellissements urbain, Art contemporain, Tourisme,
Congrès
Agglo, Commission 7 : Culture, tourisme, sport et
aménagement numérique

Anne Vignot
Troisième Adjointe à l'Environnement, Cadre de vie et
Transition
énergétique
(développement durable, espaces verts, espaces naturels,
air et climat, parc botanique,
déchets de la collectivité, énergie)
Ville, Commission 3 : Environnement et cadre
de vie, Transition énergétique, Maitrise de l’énergie,
Urbanisme opérationnel et réglementaire, Aménagement urbain et grands travaux, Eau, Assainissement,
programme de qualification urbaine, Développement
durable, Espaces verts, Espaces naturels

Catherine Thiébaut
Treizième Adjointe aux
Bâtiments, Gestion du domaine communal, Parc Auto
Logistique (entretien du patrimoine bâti, travaux bâtiments,

Agglo, commission 6 : Aménagement du territoire et coopération

Communiqué de presse

UNE MORT INACCEPTABLE ET INEXCUSABLE
Rémi Fraisse, 21 ans, était un résistant; il luttait
pour l’intérêt général et le bien-être des générations
futures. Sa mort est inacceptable et inexcusable.
Depuis des mois, une stratégie de la tension est à
l’œuvre sur le site de Sivens; cette spirale de la violence
ainsi engagée s’est terminée en drame. Si nous condamnons les violences d’où qu’elles viennent, nous ne confondons pas les niveaux de responsabilité.
Une commission d’enquête parlementaire doit
absolument être créée par simple respect pour Rémi et
sa famille de qui nous nous sentons totalement solidaires.

Nous nous souviendrons de Rémi Fraisse comme
de Malik Oussekine ou Vital Michalon, bien après que
le nom d’un certain président de conseil général aura
été oublié.
EÉLV Franche-Comté s’est associé à l’appel au
rassemblement en hommage à Rémi Fraisse, qui s’est
tenu mercredi 29 octobre, place Pasteur à Besançon.

Brigitte Monnet et Philippe Chatelain
Coporte-parole EÉLV FC

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Journées d’automne à Amange : 4 et 5 octobre 2014

Michel Muret et Gilles Gardot à l’accueil

Véronique Guislain Muret anime l’atelier du
Pic Noir, contre le projet de Center Parcs à Poligny.

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Plateaux repas et convivialité dans la cafétéria.

Beaucoup de monde à l’assemblée générale
du samedi après midi.

JDA : prises de paroles

Anne Vignot

Arnaud Jacquet

Éric Alauzet

François Lotteau

Catherine Hervieu
Éric Mourey

Brigitte Monnet

Claude Mercier

Claire Colin

Anne Perrin

Éric Durand

Marc Borneck

14, rue de la République 25000 Besançon / 03 81 81 06 66 / http://franchecomte.eelv.fr/

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