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L'EDD, l'éducation du futur

De l'EEDD à l'EDD
Lancée lors du sommet de Johannesburg en 2002, la décennie (2005-2014) de
l'éducation en vue du développement durable est confiée à l'agence spécialisée du
système ONU pour l'éducation, la science et la culture, l'UNESCO, pour sa mise en
œuvre :
http://portal.unesco.org/education/fr/ev.php-URL_ID=27234&URL_DO=DO_TOPIC&URL_SECTION=201.html
Déjà les pays présents au sommet de la terre à Rio en 1992 avaient appelé à la
formation des jeunes générations dans le principe 21 : "il faut mobiliser la créativité, les
idéaux et le courage des jeunes du monde entier afin de forger un partenariat mondial,
de manière à assurer un développement durable et à garantir à chacun un avenir
meilleur"1.
En France, l'insertion, par la circulaire du 8 juillet 2004, de l'Éducation à l'Environnement
pour un Développement Durable dans le dispositif éducatif est venue concrétiser les
souhaits du Conseil National du Développement Durable, qui, dès sa création en janvier
2003, insistait sur la priorité à accorder à l'éducation à l'environnement. Celle-ci avait
déjà fait l'objet d'une instruction par la circulaire du 29 août 1977.
Le document du 12 juillet 2006 qui fixe les repères culturels et civiques constituant le
contenu de l'enseignement obligatoire inscrit le développement durable au coeur du
Socle commun des connaissances et compétences en intégrant les dimensions
scientifiques, humanistes et économiques.
"Maîtriser le socle commun, c’est être capable de mobiliser ses acquis dans des tâches et
des situations complexes, à l’école puis dans sa vie ; c’est posséder un outil
indispensable pour continuer à se former tout au long de la vie afin de prendre part aux
évolutions de la société ; c’est être en mesure de comprendre les grands défis de
l’humanité, la diversité des cultures et l’universalité des droits de l’homme, la nécessité
du développement et les exigences de la protection de la planète."
En 2007, une nouvelle circulaire2 ouvre une seconde phase, d'Éducation au
Développement Durable cette fois, avec la volonté de la généraliser en l'inscrivant plus
largement dans les programmes, en multipliant les démarches globales d'établissement
et d'école et en assurant une formation des enseignants impliqués.
Claude Rochet accorde comme but à l’éducation au développement durable : "d’éduquer
à une vision globale et systémique du développement, de permettre un développement
durable prenant en compte les interactions entre ses différentes composantes et
d’intégrer dans les décisions les paramètres de la durabilité. Cette éducation passe par
l’intégration du développement durable dans et par toutes les disciplines ; elle suppose
notamment d’identifier les messages clés, scientifiquement valides au regard de l’état de
l’art existant. Elle tient compte de l’histoire et des spécificités culturelles de chaque
société".
Avec une portée transversale, totalisante ou holistique, le développement durable ne
consiste pas en une nouvelle matière mais suppose une manière d'enseigner qui montre
les connexions, les relations, les conséquences, les cohérences, en vue de préparer à
aborder les évolutions de demain. Avec l'injonction symbole "agis dans ton lieu, pense
avec le monde", chacun, dans le choix de ses actes ici et maintenant, doit pouvoir
intégrer leurs répercussions, même distantes ou tardives. Cette portée démocratique du
développement durable renforce une des missions sources de l'Éducation : former le
citoyen.

1
Chapitre 25 de l'agenda 21 :
http://www.un.org/french/ga/special/sids/agenda21/action25.htm
2
Circulaire du 29 mars 2007 :
http://www.education.gouv.fr/bo/2007/14/MENE0700821C.htm

Valérie Blondeau Textes Complémentaires Parcours pairform@nce


L'éducation au complexe
Former au citoyen c'est l'éduquer pour comprendre le monde. Or le monde est un
système complexe dans lequel les interdépendances se sont multipliées et le
développement durable devient un sous-système du monde.
Comprendre signifie appréhender ensemble, com-prehendere, saisir ensemble (le texte
et son contexte, les parties et le tout, le multiple et l’un).
Or le découpage disciplinaire disjoint les savoirs, les compartimente pour mieux les
étudier, mais brise de cette manière les globalités et rend incapable de saisir "ce qui est
tissé ensemble", autrement dit ce qui est complexe. Et l'affaiblissement de la
perception du global conduit à l'affaiblissement de la responsabilité et de la solidarité.
L'éducation au développement durable permet d'affronter la complexité, de reconnaître
la multi-dimensionnalité du monde. Elle peut de cette manière contribuer à développer
une pensée qui "distingue et relie" autrement dit qui articule la connaissance des parties
avec la connaissance des totalités. L'approche disciplinaire se conjugue avec une
approche transdisciplinaire.

Edgar Morin, dans http://unesdoc.unesco.org/images/0011/001177/117740fo.pdf


présente les 7 savoirs nécessaires à l'éducation du futur, l'éducation au développement
durable a toutes les caractéristiques de cette éducation.

Valérie Blondeau Textes Complémentaires Parcours pairform@nce