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La Maison-Dieu

Source gallica.bnf.fr / Les éditions du Cerf

Centre national de pastorale liturgique (France). La Maison-Dieu. 1980/01-1980/03.

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revue de Pastorale liturgique -- 141 Autour de l'Eucharistie (l!l(f —— 1*1trimestre 1980 .

'".LA MAISON-DIEU 29. Bd Latour-Maubourg.P. avenue Vavin — 75006 Paris m Directeur de rédaction Jean EVENOU CONDITIONS D'ABONNEMENT1980 France: un an un an Etranger : Le numéro C. La Source 32 139 05 5 F) (Changement d'adresse : 84 F 88 F 23 F Le numéro spécial des Tables décennales 15 F (1965-1974) Nous recevons avec reconnaissance les abonnements d'entraide à 90 F. 75340 Paris-Cedex 07 Tel. 75340 Paris-Cédex 07 Revue trimestrielle publiée sous la direction du Centre National de Pastorale Liturgique 4.. 550 34 07 .oua pourrons ainsi répondre aux demandes d'abonnements à prix réduits qui nous seront faites. Bd Latour-Maubourg. Editions du Cerf.C. fi LES EDITIONS DU CERF 29.

ÉDITIONS Boulevard 75340 CERF DU Latour-Maubourg PARIS-CEDEX 07 .LA MAISON-DIEU LES 29.

Directeur-adjoint du C. Paris. des Chanoines réguliers de C.L. . professeur à l'Institut Supérieur de Liturgie de l'Institut Catholique de Paris. ISAMBERT.N.L. vicaire épiscopal de Lyon.N.P. Pierre Directeur d'études à l'Ecole Pratique des Hautes Etudes JOUNEL. l'Immaculée-Conception.Auteurs des articles de ce numéro: Henri DENIS.P. membre du Gaston FONTAINE. Pierre-Marie GY. Québec (Canada) Directeur de l'Institut Supérieur de Liturgie de l'Institut Catholique de François A. chargé de la formation permanente des prêtres et de la pastorale sacramentelle.

ISAMBERT Pierre JOUNEL La Lettre Dominicae Cenae de JeanPaul II sur l'Eucharistie La communauté jourd'hui eucharistique au- La photographie au service de la sociologie du rite Les missels diocésains français du 18e siècle. Pierre-Marie Gy Dom Bernard BOITE (1893-1980).LA MAISON-DIEU N° AUTOUR DE 141 L'EUCHARISTIE SOMMAIRE Pierre-Marie GY Henri DENIS François A. Errata LMD 138-139 7 37 69 91 97 167 170 173 . Gaston FONTAINEPrésentation des missels diocésains français du 17e au 1 ge siècle. Bibliographie de dom Botte.

approfondie et enrichissante. ou de messe. mais qui ne manquera pas d'avoir des retentissements dans la perspective du Congrès eucharistique de Lourdes en 1981.La Maison-Dieu. 4-5 et en premier lieu sous son aspect de 'EUCHARISTIE. le Père GYfait Tout d'abord. En situant cette lettre dans le contexte ecclésiologique actuel. mais aussi dans le sillage de Vatican II et dans la longue durée de l'histoire de la théologie et de la pratique le Père GY permet d'en faire une lecture eucharistiques. éventuelaujourd'hui A quelles lement leur dimension spécifique ? eucharistique conditions leur diversité peut-elle être une richesse pour la vie de l'Eglise ? Réflexions à partir du concret et débouchant sur . un ample commentaire de la lettre de Jean-Paul II. Dominicae Cenae. est au cœur de ce eucharistique rcélébration cahier. Issu l'article d'un cours fait à l'Institut de Liturgie. 1980. publiée pour le Jeudi Saint dernier. sur « la communauté eucharistique cherche à répondre aux questions suivantes : aujourd' hui » existe-t-elle Sous quelles formes la communauté eucharistique ? Quelle est la valeur de chacune d'elles. L 141. Supérieur du Père DENIS. mais examinée de points de vue très divers.

l'histoire. Cette description devrait encourager systématique du renouveau liturgique en France au 18e siècle. Le Père JOUNEL souligne l'intérêt pastoral des missels diocésains qui ont fleuri en France (et au-delà) du 17e au milieu du 19e siècle. rénovation de la célébration de la messe. Longtemps décriés. sur l'interprétation des postures et des sur l' « éthos » gestes n'est pas sans poser d'interrogations religieux.-A. ISAMBERT : « La au service de la sociologie du rite». anticipant ainsi sur les décisions de une étude Vatican II. le Père GY évoque la grande figure de Dom Botte et sa contribution importante à la réforme liturgique. de la prière eucharistique d'Hippolyte. ils témoignent d'un effort — foisonnant et quelque peu en son temps — de mais réel et apprécié anarchique. notamment par l'insertion. des perspectives ques. En finale. à côté d'autres. l'observation photographique se révèle. L'article du Père JOUNEL introduit une présentation de 82 de ces missels par le Père FONTAINE: celui-ci s'attache en particulier au système de lectures utilisé par chacun d'eux et à la volonté que manifestent leurs auteurs de fournir un lectionnaire beaucoup plus abondant et logique. Sans aller jusqu'à déchiffrer le mystère à travers la perception du symbole. Mais photographie l'expérience qu'il analyse est une célébration eucharistique. un instrument d'analyse encore trop peu utilisé. . 5 141 concrètes pour les communautés eucharisti- Tout autre est le propos de F. dans le missel romain rénové.LA MAISON-DIEU. Après la sociologie. et l'étude sur la disposition respective des photographique ministres et des fidèles.

. la lumière à elle dont mystère celui du Christ porteuse.DAVID ALORS FUT (J uges l'Eucharistie ROI sacrement . 64p.Samuel I et II) pascal Cette quatrième brochure poursuit l'œuvre entreprise par la aux « Dieu collection parle le avec réalisée hommes». X. « Vers la terre promise » cerf cerf . Elle surtout au personnas'attache de David. l'un ge prestigieux des tout premiers de l'Ancien Un homme ayant Testament. l'histoire et qui n'en marqué reste pas moins sujet aux faide et aux pauvretés blesses chacun. RAPPEL : 1. en sa pâque. « Quand Dieu parle aux hommes Fr. «Genèse» 2.. Durrwell idée-force dirige du Père Durrwell pensée il n'y a pas de chance en profondeur rejoindre Une réalité non la : de la sidu est eucharistique.. le rôle de Samuel dans le choix du peuple décidant « d'avoir un roi et d'être comme les autres nations ». 214p. concours de La Vie Montante. Coll. «Et Abraham partit » 3. Elle précise la difficile conquête de la Terre promise. Hors coll.

Bien que le Pape ne lui ait pas donné le caractère d'une encyclique. 1980. et rendue publique le 18 mars. 141. 7-36 Pierre-Marie GY LA SUR DE LETTRE LE LA CENAE DOMINICAE MYSTÈRE SAINTE ET LE CULTE EUCHARISTIE I.La Maison-Dieu. de l'équilibre de la vie et de la piété liturgiques. dissociée de l'Eucharistie pascale. Contexte et plan de la lettre A lettre Dominicae Cenae. Dans la liturgie romaine ancienne du Jeudi Saint. elle en a presque l'ampleur et elle aborde nombre de questions qui méritent de retenir l'attention des théologiens et des pasteurs. que la dont la commémoration n'était pas primitivement Cène. de la spiritualité eucharistique. La piété du moyen âge a donné ce jour-là une importance de plus en plus grande à comme l'atteste Urbain IV au moment même où l'Eucharistie. est un document important du triple point de vue de la doctrine. adressée par le Pape JeanPaul II à tous les évêques le 24 février 1980. par la réconciliation des Pénitents et la consécration des Saintes Huiles pour l'initiation avait somme toute autant d'importance chrétienne. par la bulle Transiturus (1264) il institue la Fête-Dieu comme . la préparation à la célébration pascale. en vue de la L célébration du Jeudi Saint.

dont le texte articule entre eux sacerdotales avec beaucoup de justesse théologique le sacerdoce du Christ. un peu comme la Confirmation est parfois vécue moins comme le don du Saint-Esprit que comme une célébration ayant en quelque sorte pour objet l'évêque qui en est le ministre.II/1. pour il écrit à tous les évêques sur la même circonstance. l'Eucharistie sur « certains aspects du et. 424). le plus grand de tous» (Registres d'Urbain IV publiés par Jean GUIRAUD. le sacerdoce royal du peuple de Dieu et le ministère des prêtres. par le ministère des prêtres. doit être célébrée à jamais». p. qui. mémorial perpétuel de la Passion.8 LA MAISON-DIEU. la messe chrismale risque de faire passer au second plan la consécration des Saintes Huiles et de devenir surtout une sorte de célébration du Presbyterium. A l'époque moderne en outre. l'accomplissement du commandement au sujet du lavement des pieds et d'autres choses encore. 1. Cette année. 'la veille du jour où il allait souffrir'. ne peut vaquer pleinement à la festivité de ce sacrement. une lettre à tous les prêtres au sujet de leur vocation et de leurs promesses sacerdotales. La première année de son pontificat. 141 fête autonome de l'Eucharistie 1. Ib: «Que les fidèles soient instruits de l'amour avec lequel le Christ Seigneur. Sanctae de 1955. Jean-Paul II a écrit. à savoir l'institution de la Sainte Eucharistieet de l'Ordre sacerdotal. pour le Jeudi Saint. le clergé s'est attaché à commémorer ce jour-là l'institution du et l'Ordo sacerdoce comme fonction d'offrir l'Eucharistie. «Au jour de la Cène du Seigneur. ainsi que le commandement du Seigneur au sujet de la charité fraternelle». Paris 1901. et surtout la rubrique après l'évangile de la messe du Jeudi Saint: « Il est très convenable qu'après l'évangile il y ait une brève homélie pour éclairer les principaux mystères qui sont rappelés en cette messe. en a fait un des trois objets de l'homélie à la messe in Cena Domini2. où le Christ lui-même a institué ce sacrement. la confection du Saint Chrême. il figure maintenant dans la messe chrismale à la fois par la rénovation des promesses et par la Préface. l'Eglise abondamment occupée pour la réconciliation des pénitents. . sans introduire ce thème dans Hebdomadae la liturgie du jour.. sacrificeet sacrement. plus précisément. Cf. Qu'on s'en réjouisse ou qu'on le regrette. Le Pape Paul VI ayant décidé qu'il prendrait place dans la liturgie même. mystère eucharistique et de son incidence sur la vie de celui qui en est le ministre ». institua la Sainte Eucharistie. 2. l'Instructio de Ordine Hebdomadae Sanctae.

3. 55 de l'Institutio Missalis Romani: generalis par exemple action de grâces (eucharistie-action). l'intelligence il découle lui-même de l'affirmation christologique posée dans la première partie. épiclèse. et ne sont pas à exclure pour théologique autant. IV/4 B). à condition qu'ils fassent droit à l'ensemble de la doctrine catholique et des valeurs de la Tradition. cette répartition des matières correspond-elle au plan tripartite classique de la théologie post-tridentine (présence réelle. suivre un plan théologique inspiré des grands thèmes de la Prière Eucharistique dégagés par le P. Plusieurs questions se posent au sujet de ce plan: En premier lieu. Cf. Studia EucharisticaDCCi anni a condito festo sanctissimi Corporis Christi.LA LETTRE DOMINICAE CENAE 9 La lettre se divise en trois parties. 129. Jésus Christ pain rompu pour un monde nouveau. mémorial. faut-il dire que la deuxième partie est le centre de la lettre non seulement par sa place mais parce que l'affirmation du caractère sacrificiel de l'Eucharistie commanderait de tout le reste? Si important que soit cet aspect. NEUNHEUSER. vie de l'Eglise et du prêtre». Cf. Il faudra toutefois veiller en pareil cas à ce que le thème englobant du mémorial et du n'atrophie pas ceux de la conversion sacramentelle sacrifice. soit due à des circonstances extrinsèques et non à une vue principielle 3 et ait l'inconvénient de rendre plus difficile un regard sur l'unité du mystère4? Ceci paraît douteux: le plan se déroule plutôt selon un mouvement spirituel à partir d'une vue christologique fondamentale. Paris 1966. La troisième a pour objet «les deux Tables du Seigneur et le bien commun de l'Eglise ».121-123. La première. DUVAL«Le concile de Trente et le culte eucharistique ». 379-413. NEUNHEUSER. A. Jungmann et énumérés au n. 0. La deuxième est intitulée « sacralité de l'Eucharistie et sacrifice». Ainsi l'on peut. (spécialement 411-412). B. En second lieu. 4.L'Eucharistie au moyen âge et à l'époque moderne (Histoire des dogmes. bien qu'à Trente même la répartition. D'autres plans sont également possibles pour un exposé sur l'Eucharistie. Document de . Anvers 1946. très a pour objet «le mystère eucharistique dans la christologique. tripartite en fait. communion. sacrifice). comme l'a fait le Document théologique de base pour le congrès eucharistique international 5.

DENZINGER-SCHÔNMETZER que parmi les autres pouvoirs du sacerdoce dans la patristique. 1952.en particulier «La grâce de la consécration épiscopale». Jean-Paul du Concile de Trente selon lequel le Christ a l'enseignement fait les Apôtres prêtres lorsqu'il leur a prescrit d'accomplir le et celui du Concile Vatican II. Une telle énumération suffit à faire voir que ce qu'on pourrait appeler la dimension horizonne retient pas moins l'attention du Pape tale de l'Eucharistie que sa dimension verticale: la dimension verticale d'où. Les prêtres « exercent surtout leur fonction sacrée dans le culte » où ils agissent in eucharistique ou synaxe (in eucharistico cultu vel synaxi) persona Christi. cf. . selon lequel c'est dans réflexion théologique et spirituelle pour le Congrès Eucharistique International (Lourdes 1981). avec 5 citations de Trente et 24 de Vatican II. en montrant successise relie de façon vivante à vement comment l'Eucharistie chacun d'eux: d'abord le groupe sacerdoce-Trinité-Eglise. découle l'horizontale. 141 I DANS LE MYSTÈRE A EUCHARISTIQUE LA VIE DE L'ÉGLISE ET DU PRETRE La première partie de la lettre du Saint-Père parcourt l'un après l'autre deux groupes de thèmes. 2. Revue des Sciences Philosophiques et Théologiques 36. 28)7.10 LA MAISON-DIEU. 1751 : Sur la placedu pouvoir eucharisti6. 398-406. si l'on peut ainsi parler. les différents articles de Joseph LÉCUYER. 7. Eucharistie et sacerdoce II rappelle à la fois A propos du prêtre. puis le groupe charité-prochain-vie. La double série de références se poursuit tout au long de la lettre. joint l'un à l'autre dans le sacerdoce ministériel et le sacerdoce commun l'Eucharistie des fidèles (fin du § 2). en mémorial eucharistique6 particulier de Lumen Gentium (n. Paris 1980. dont 10 empruntéesà la Constitution sur l'Eglise.

La première de ces questions a été renouvelée il y a un demi-siècle par le grand livre du P. transparaître semble-t-il. enfin celle de l'ajustement vivant entre l'adoration de l'Eucharistie et le dogme de la présence réelle.A. surtout lorsque celui-ci « laisse lui-même de ce mystère» : la profondeur on est ici. ». depuis la Tradition Apostolique majeure. quelque sorte. Nous sommes aussi. l'ordination a lieu dans le cadre de la célébration d'Hippolyte.Die Stellung Christi im liturgischen Gebet. au long de l'histoire de la prière chrétienne et de la en contrepoint par une prière adressée liturgie. 3. la vie spirituelle du prêtre: la première est qu'il a avec l'Eucharistie un rapport vivant et multiple: « Nous sommes. 1962). Jungmann sur la place du Christ dans la prière liturgique8. dehors de la messe. Münster 1925 (2e éd. en d'elle et "pour elle". et d'une façon particulière. De tout ceci le Pape tire deux conséquences pour eucharistique.LA LETTRE DOMINICAE CENAE 11 l'Eucharistie que le prêtre exerce sa fonction principale. JUNGMANN. chaque tout comme chaque évêque. s'adresser cette par le Christ au Père. dans le Saint-Esprit : affirmation fondamentale est rappelée dès le début du chapitre. J. celle du contenu exact de la à la fois dans la messe et en notion de culte eucharistique. dans un climat mystagogique. complétée 8. . prêtre dans sa communauté. Il joint à l'enseignement des deux Conciles une donnée liturgique à savoir que. responsables "d'elle". de la Prière eucharistique est de et. Culte du mystère eucharistique Le deuxième chapitre de la Première Partie rencontre trois celle du rapport de l'Eucharistie au questions importantes : Christ et aux Personnes divines. La deuxième est que la célébration de l'Eucharistie révèle l'identité du prêtre. prolongé par différentes études de son disciple Balthasar Fischer et par l'ensemble des recherches récentes sur la structure de la Prière eucharistique. Celles-ci ont confirmé la grande idée de Jungmann selon laquelle l'axe fondamental de la prière chrétienne en général. Jungmann a ajouté que cette prière par le Christ ad Patrem était. de façon centrale.

dans la liturgie.86-113. «titre. semble y désigner suivant les cas soit la célébration eucharistique même. celui qui s'exprime dans le sens premier du Kyrie eleison. 141 directement au Christ. le rééquilibre sans rien nier de son contenu. Cf. L'expression de Mysterium Eucharistiae figure dans le titre du deuxième chapitre de la Constitution de Vatican II sur la Liturgie: « Du saint mystère de l'Eucharistie». Fischer l'a bien montré en particulier des Psaumes9. et de façon générale dans la dévotion eucharistique10. qui a été beaucoup accentuée par la réaction antiarienne. en en soulignant la base trinitaire et en commentant l'acclamation mortem tuam annuntiamus de l'Ordo Missae de Paul VI. qui revient souvent dans Dominicae Cenae. le Christ s'associe l'Eglise son épouse. avec d'importants développements spirituels. symétrique de celui donné par Chifflet au XVIIe s. L'équilibre entre les deux lignes de la prière est formulé de façon précise à l'article 7 de la constitutionconciliairesur la Liturgie. D'autre part. Le premier sens du terme est celui 9. dans l'Agnus Dei.12 LA MAISON-DIEU. un courant important de pour l'interprétation piété plus simple s'adresse au Christ. dans l'acclamation après la consécration que le nouveau missel romain emprunte aux liturgies eucharistiques orientales. à la Session XXII du Concile de Trente : « Doctrine du saint sacrifice de le messe». 1951. . comme B. soit le culte rendu à l'Eucharistie à l'intérieur de la messe ou en dehors de celle-ci. A cette explication quelques correctifs sont à apporter: Il est probable que Jungmann a majoré le rôle de la réaction antiarienne et n'a pas assez donné d'importance à la théologie et à la piété liturgique byzantines envers le Christ.quae Dominumsuum invocatet per ipsumAeterno Patri cultumtribuit. 10. en une phrase où il est dit que. La notion de culte eucharistique. son article fondamental: «Le Christ dans les Psaumes». qui est important à la fois pour comprendre le titre de Dominicae Cenae et un certain nombre de passages de la Lettre. Mystère de l'Eucharistie et culte de l'Eucharistie Il faut nous arrêter ici au vocabulaire. soit les deux de façon englobante. C'est cette approche que Jean-Paul II privilégie dans le présent chapitre. La Maison-Dieu 27.

le cultus eucharistiae (génitif d'objet) est le culte rendu à l'Eucharistie. 1977. note 7. Justin. La Maison-Dieu 130. De l'autre. à l'article 28 de la constitution sur l'Eglise. 79: «La dévotion. de Lubac dans sa Méditation sur 11. en un passage auquel le Pape s'est référé au chapitre précédent11. au Christ eucharistique. par l'Eucharistie-prière Le Saint-Père marque avec vigueur. qui explique admirablement par exemple comment le pain et le vin « eucharistiés » sont faits Eucharistie que le prêtre a prononcée sur eux12. comme il l'avait déjà fait antérieurement. 12. Celle-ci est bien précisée dans le De Sacra Communioneet de Cultu Mysterii Eucharistici extra Missam (1973).LA LETTRE DOMINICAE CENAE 13 qui figure dans son unique emploi dans les textes de Vatican II. Ils rejoignent d'ailleurs les deux sens originels de l'Eucharistie chrétienne. 4. D'un côté. tels qu'on les trouve chez S. au Corps et au Sang du Christ. Cette insistance vivante sur l'adoration de l'Eucharistie permet à la lettre Dominicae Cenae de donner toute sa place à la confession de foi de la présence réelle sans avoir à entrer dans une formulation technique de ce dogme. Le mouvement de sa pensée ne s'arrête pas ici à préciser la place du culte extra Missam par rapport à la messe13. action. Cf. est fortement recommandée. par exemple au n. envers la Saint Eucharistie. 19-34. Eucharistie et Eglise Le troisième chapitre de la Première Partie (chap. la messe. . qui naturellement est présupposé à tout le mouvement spirituel de l'exposé. que le culte rendu à l'Eucharistie ne se limite pas à la célébration de la messe. 13. puisque le sacrifice eucharistique est la source et le sommet de toute la vie chrétienne». mais plutôt à souligner leur unité dynamique. Naturellement les deux sens sont coordonnés l'un à l'autre. ci-dessus. le cultus eucharistiae est le culte qui (génitif d'apposition) l'Eucharistieconsiste dans la célébration de l'Eucharistie. tant privée que publique. aussi en dehors de la messe. On me permettra de renvoyer ici à l'article « Eucharistieet 'Ecclesia dans le premier vocabulaire de la liturgie chrétienne». 4) est construit autour de deux grandes formules sur l'Eglise et l'Eucharistie : celle du P.

l'union des Apôtres autour du Christ à la Cène est le prototype de l'unité de l'Eglise. et la qualité des communions est essentielle à la qualité de la communion ecclésiale: ainsi faut-il « veiller toujours et par-dessus tout à cette signification et à cette dimension [ecclésiale] de la rencontre sacramentelle ». Dans une telle perspective. sur le rapport à la fois de « source et cette phrase et de la formule sur l'Eucharistie sommet» à la Tradition prise dans son ensemble. plus largement. Deux remarques sont ici à faire: la première. 14. spécialement celle de la Prière II (Hippolyte). qui demande que l'Esprit Saint rassemble les communiants dans l'unité. 11 de Lumen Gentium et à l'apparat d'un schéma préparatoire de la constitution. et celle de Lumen temps que l'Eglise fait l'Eucharistie. et l'Eucharistie. 11). à la Cène. Ut ex tanto mysterioplenitudinemcaritatis hauriamus et vitae. Pour ce qui est du premier point. renvoie en note au n. sur le rapport de Lumen Gentium à la phrase maintenant célèbre du P. De la seconde citation il rapproche la collecte de la messe actuelle in Cena Domini14 et les épiclèses de communion des nouvelles prières eucharistiques. et le Papeen infère «le rapport étroit entre la vitalité spirituelle et apostolique de entendue dans sa signification prol'Eglise. que la phrase du P. les Douze sont entrés en communion sacramentelle avec le Fils de Dieu. fonde et sous tous ses aspects». selon laquelle le sacrifice eucharistique est source et sommet de toute la vie chrétienne. de Lubac (lequel faisait partie de la commission théologique préparatoire) inspire directement le n. qui a déjà employé la formule « l'Eucharistie fait l'Eglise » dans Redemptor Hominis (en la qualifiant de « vérité essentielle non seulement doctrinalement mais existentiellement »). 26 de Lumen où il est question. la deuxième. Gentium (n. Jean-Paul II. qui reprend les termes du P. de Lubac et les justifie par de nombreuses références de Tradition. .14 LA MAISON-DIEU. Après la première de ces deux citations. à propos de l'évêque. d'une part. de Lubac. de Gentium. laquelle est gage de vie éternelle ». « l'Eglise se construit par la même communion avec le Fils de Dieu. le Pape lui fait écho en disant qu'à partir du moment où. 141 fait l'Eglise en même selon laquelle l'Eucharistie l'Eglise. Ceci est tout à fait intéressant parce qu'il en ressort.

Gregorianum 13. 3. même si le changement de place du chapitre III (anciennement II) par rapport au chapitre II (anciennement III) a ôté de son relief à une formule qui a une portée évidemment plus générale que le cas particulier de l'évêque.G. johannique déjà. étroitement liés. le thème augustinien de l'Eglise res de l'Eucharistie. Münster 1966. du texte La note correspondante définitif (note 49) se contente de renvoyer à un passage mais il conviendrait d'Antioche 15. . comme le faisait le schéma préparatoire. 10). Une telle focalisation est d'ailleurs traditionnelle et peut se réclamer. cf. de l'eau et du sang jaillis du côté du Christ en croix. Liturgiegeschichtliche Untersuchung zur Vor. d'Ignace d'y ajouter. mais pas du tout le fait que l'Eucharistie fait l'Eglise. comme on sait. TROMP.« De nativitate Ecclesiae ex corde Iesu in Cruce ». qui sont le baptême de l'Eucharistie dont est faite l'Eglise (quibus Ecclesia 18. par exemple. 44). de Lubac. 5 (LiturgiewissenschaftlicheQuellen und Forschungen. Sur le thème ecclésiologique des grains rassemblés. La source et sommet. Un dossier déjà important à ce sujet a été réuni par S. et qua continuo vivit et crescit Ecclesia. sur l'Eucharistie qui fait l'Eglise et sur l'Eucharistie dans l'ensemble de la Tradition. de Lubac et l'ensemble des références dont celui-ci a fait état. que sa formule synthétise deux documentation thèmes.und Nachegeschichteder Fürbitte fur die Kirche in Didache 9. 18. En outre. L. il ne faut pas oublier que dans leur perspective les actuels nn. CLERICI. seconde. Hiérarchie ecclésastique III. 16. On peut aussi relever dans la du P. Le passage en question illustre la dépendancede l'Eucharistie par rapport à l'évêque. reprend en la focalisant davantage une formule employée antérieurement par Sacrosanctum Concilium à propos de la liturgie (n. de selon laquelle l'Eucharistie est le l'expression dionysienne « sacrement des sacrements» 16. lié en particulier au symbolisme des grains multiples rassemblés en un seul pain17. concerne la portée des deux Ma deuxième remarque formules. Peut-être faut-il dire que ce deuxième thème est fabricatur) 15. 17. 489-527. la formule même du P. à partir de la Didachè. quam ipse offert vel offerri curat. 424 C). et le thème. 1 : teletôn teletè (P.LA LETTRE DOMINICAE CENAE 15 l'Eucharistie. 26 et 11 de Lumen Gentium sont eucharistique. 1932. 1.Einsammlungder Zerstreuten. 4 und 10. Aux Smyrniotes 8.

Le thème de l'Eucharistie et de la vie (chap. Q. 5-7. A partir de cette époque l'importance relative attachée au baptême décroît progressivement.. Le passage se fait d'autant plus naturellement que vient d'être citée. afin qu'une telle charitése fixe plus profondément dans le cœur des fidèles.78. La lettre reprend avec beaucoup de souffle le grand thème de l'Eucharistie sacramentum caritatis (chap. laquelle demande que l'Eglise grandisse dans la charité (ut eam in caritate perficias). prochain. vie la lettre DominiAprès les thèmes sacerdoce-Trinité-Eglise. 7) est évoqué sous un certain nombre d'aspects dont complémentaires presque aucun n'est développé de façon étendue: l'Eucharistie est « aussi familière à l'homme. ad 6m : «Sacrement qui en quelque sorte manifeste et produit la charité». S. baptême et Eucharistie ont eu dans la théologie et la piété une importancesensiblement égale. La conscience de cette dignité devient le motif le plus profond de notre rapport avec le prochain» (souligné dans le texte). 141 16 plus important en Tradition que le premier. Je pense montrer ailleurs que.LA MAISON-DIEU. . le prochain. de S. Aussi. Si notre culte eucharistique est authentique. la phrase suivante. Thomas jusqu'à Trente et Vatican II. aussi étroitement liée à sa vie. avec l'épiclèse de communion de la Prière eucharistique II. — Le thème est également mis en relief dans l'Office du Corpus est rappelée la mémoire de cette très excellentecharité que le Christi « Christ a montrée dans sa Passion. art. thème que Jean-Paul II traite avec l'accent qui lui est propre : « L'Eucharistie. nous montre la valeur aux yeux de Dieu de tout être humain. 6) qui. Augustin à S. Charité. et par suite joindre à la formule « l'Eucharistie fait l'Eglise » la formule plus large « le baptême et l'Eucharistie ensemble font l'Eglise » 19.» (6e leçon du Breviarium Romanum). 20. THOMASD'AQUIN. Somme théologique. jusqu'au début du XIIIes. III a P. Cf. il doit faire croître en nous la conscience de la dignité de tout homme. cae Cenae passe aux thèmes charité-prochain-vie. 19. se noue et se fortifie: l'Eucharistie tout à la fois manifeste la charité du Christ en son sacrifice et nous la Cette charité se porte vers communique par la communion20.. 3.

l'existence chrétienne et en soutenir la fidélité. nécessaire à tout chrétien. le comportement de metanoia Lombard. la « secondemetanoia été infidèle aux exigences de son baptême. Le Pape insiste à nouveau sur le lien entre Pénitence et Il introduit ici l'idée que «ce n'est pas seulement Eucharistie. sur ce dernier point. Jésus Christ pain rompu pour un monde nouveau (ci-dessus. . en même temps que le comportement » d'un chrétien qui a évangélique d'existence convertie.LA LETTRE DOMINICAE CENAE 17 la nourriture et la boisson».. 21. Et il ajoute. de l'ensemble des sacrements de l'initiation chrétienne — suivant le thème mis en honneur par Vatican II -. le lien essentiel entre les deux est inscrit dans l'adoption même du nom de metanoia (et de sa traductionlatine de paenitentia) pour désigner. la Pénitence mais c'est aussi qui conduit à l'Eucharistie. en théologie classique depuis Pierre entre la vertu. On reconnaît là. mais aussi et conjointement. De l'Eucharistie. 22. Cf. et le sacrement de la metanoia 22 et l'évocation de l'effet propre du sacrement lorsqu'on y recourt. inaugure une « terre nouvelle» 21. note 5) 80-82.. Comme on sait. à travers chaque «homme nouveau». découle «le style sacramentel de la vie du Il y a un lien étroit entre Pénitence et Eucharistie. en une phrase très synthétique : pratique de la vertu de la pénitence et le sacrement de la Pénitence sont indispensables pour soutenir et approfondir continuellement en nous l'esprit de vénération» envers Dieu et son amour manifesté dans l'Eucharistie. à la fois la distinction. si la distinction entre le sacrement et la vertu a été formulée par les théologiens du XIIe s. non par la nécessité de se réconcilier avec Dieu et avec mais pour intensifier la metanoia coextensive à l'Eglise. que le sont. Enfin l'Eucharistie. l'Eucharistie qui mène à la Pénitence» en nous faisant prendre conscience que nous ne sommes pas dignes de recevoir le « La Christ. chrétien».

adapter aux nécessités de notre temps celles des institutions qui sont susceptibles de changements (eas institutiones quae mutationibus obnoxiae sunt)» 24. en tant que d'institution divine. ou de la messe en particulier. La même idée est reprise à l'article 21 : « La liturgie se composed'une partie immuable. LÉON. 167 de S. En un sens. Une telle distinction dont l'exercice pratique remonte loin dans la discipline de l'Eglise25. un passage de l'Ep. 5 annonce qu'il sera d'abord question du groupe de thèmes charité-prochainvie. est susceptible de changer ou au contraire ne l'est pas. lesquelles peuvent ou même doivent varier au cours des temps. cette partie est étroitement liée à ce qui précède — comme l'aspect sacrificiel de l'Eucharistie l'est à son aspect sacramentel -. 39. comme une hésitation dans le plan: Faut-il enchaîner immédiatement sur le sacrifice? Puis le début du chap. avec le début de la deuxième Partie se place. Cf. » 25. Le Pape.S. De fait. mais d'abord en elle-même. Présente déjà dans Mediator Dei23. pareille question est essentielle. A propos de la liturgie en général. aborde la question de savoir ce qui. étant bien marqué. non seulement par rapport à la contestation envers l'Ordo Missae de Paul VI.A.18 LA MAISON-DIEU. dans la messe. et elle aurait même pu commencer plus tôt. 24. 1947. à Rusticus de Narbonne . puisqu'il se propose. dans une perspective nouvelle. il faut reconnaître que la lettre. et de parties sujettes à des changements. ne 23. 141 n DE L'EUCHARISTIE SACRALITÉ ET SACRIFICE La deuxième partie de la lettre Dominicae Cenae traite du sacré et du sacrifice eucharistique. on sent au chapitre 4. elle est évoquée de façon précise dès la première phrase de la constitution Sacrosanctum de mieux Concilium : « le Saint Concile. qui vient d'annoncer que serait publiée une Instruction portant sur la fidélité aux règles liturgiques. A. Cet enchaînement. et elle a une portée préjudicielle par rapport à toute réfonne liturgique. 541. important du point de vue théologique.

Mais ce qui ne peut pas changer ne se limite sans doute pas à la substance des sacrements. D. Le lien dont je parle ici est déjà affirmé par Mediator Dei (ci-dessus. et à cet égard le doctrinal énoncé à l'article 1 de Sacrosanctum principe Concilium avait besoin d'être complété par la règle pratique de réforme de l'article 23. 33) : «De même qu'il y a certaines choses qui ne peuvent être supprimées pour aucune raison. 54. Il faut naturellementtenir compte de la différence entre la réforme liturgique de Trente et celle de Vatican II : cf. 26. c. . 2 (FRIEDBERGI. être formulée dans son principe qu'après la réflexion médiévale sur la substance des sacrements. dont le texte est dû à la sagesse de la réforme liturgique doit être en continuité Mgr Bugnini: organique avec la liturgie antérieure 28. puis l'année suivante le Prooemium qui la complète. en ce qui concerne la liturgie. les préceptes du Décalogue ainsi que les paroles sacramentelles du baptême et de la consécration de l'Eucharistie. par une distinction comportant un terme intermédiaire aux contours plus flous. mon article «La réforme liturgique de Trente et celle de Vatican II». pour donner à cette règle de sagesse pratique toute sa profondeur. 1202 B). note 23). Dès 1969. il y en a beaucoupqu'il faut tempérer en considération des temps ou à cause de la nécessité des choses ». font après coup une sorte de bilan de la réforme du missel tout en s'attachant à en montrer les bienfaits et à rassurer ceux qui s'inquiètent de l'ampleur de la réforme. et la formulation. « Qu'on ne fasse des innovationsque si cela est exigé par l'utilité vraie et certaine de l'Eglise. et en prenant garde que les formes nouvelles procèdent en quelque sorte organiquement des formes déjà existantes».LA LETTRE DOMINICAE CENAE 19 pouvait. au concile de Trente. à savoir ce que le Prooemium du Missel de Paul VI appelle la « Tradition ininterrompue ». du pouvoir de l'Eglise sur la liturgie des sacrements salva eorum substantia 26 : le lien entre les deux est même si étroit qu'on ne pourrait contester le droit pour l'Eglise de modifier sa liturgie du même coup l'affirmation doctrinale de sans récuser Trente27. Pour une (P. La Maison-Dieu 128. claire mais peu adéquate. 61-75. 28. comme exemples de ce qui est immuable. 14. Ou. repris dans le Décret de GRATIEN. la constitution apostolique Missale Romanum. il serait préférable de remplacer la distinction à deux termes entre ce qui peut changer et ce qui ne le peut absolument pas. ou même de son orthodoxie. La Glosesur le Décret donne ici. Je viens d'évoquer le Prooemium de 1970. 1976. 27. DENZINGER-SCHÔNMETZER 1728.L.

N. . et dont la fascination s'est étendue à l'Occident depuis que celui-ci a découvert au XVIe s. d'autre part. la sacralité intrinsèque de la célébration eucharistique. J. Sacralité de l'Eucharistie Le premier des éléments « essentiels et immuables» de l'Eucharistie auquel s'arrête Dominicae Cenae est la sacralité ou plus exactement ce qu'on pourrait appeler de l'Eucharistie. l'impossibilité de désacraliser l'Eucharistie sans qu'elle cesse d'exister. Le caractère officiel de principe du texte latin étant admis. 8. Parmi de nombreuses références aux liturgies orientales — recours dont le principe est très significatif. les fait penser au sens objectif de la liturgies grecques30.D. Communio Sanctorum dans le symbole des Apôtres.20 LA MAISON-DIEU. Le latin a : In praesentia vero (pour l'instant) de differentiisillis nolumus loqui. d'une part. 388-397. Early Christian Creeds. Londres 1972. comme le suggère la liste des questions traitées dans la deuxième et la troisième Parties. KELLY. mais elle le fait d'une manière nouvelle dont il y aura lieu plus loin de considérer le caractère et l'orientation propres29. il semble que tant le latin que le français soient en dépendance de l'italien. l'italien: «Di queste differenze non intendiamoparlare : per ora. mais où les références mineures auraient pu être élaguées sans inconvénient — est à juste titre en relief le Sancta Sanctis que « chantent toutes les liturgies d'Orient au moment où l'on élève le pain eucharistique pour inviter les fidèles à la Cène du Seigneur». au sens grec de « communion aux choses saintes» 31. l'insertion dans cette sacralité du prêtre qui consacre in persona Christi et. et qui a pour double conséquence. de façon générale les différents traducteurs de ce texte ont parfois rencontré des difficultés qui en obscurcissentle sens. La formule Sancta Sanctis. 29. L'expression est citée en exergue du livre d'Antoine ArnauldDe la fréquente Communion (Paris 1643) et sert à celui-ci de leit-motiv. 3e éd. attestée dans la liturgie eucharistique antiochienne dès le temps de S. 141 part la lettre Dominicae Cenae se situe dans une perspective analogue. La fin du premier paragraphe du chapitre 8 pose un petit problème textuel: Selon le texte français le Pape dit: «Je n'ai pas l'intentionde parler de ces différences » (entre la liturgie actuelle de la messe et celle d'avant le Concile). Cf. 31. liée à la présence réelle.. Jean Chrysostome. 30.

On ne peut toutefois faire refluer une telle interprétation sur les textes liturgiques (même celui de l'Orate Fratres. Cf. mais qui ne le sont pas encore : cf. que ce soit dans le dogme de la conversion substantielle33 ou par l'enracinement linguistique en sacralité romaine des termes théologiques de sacrificium et de sacerdos : ici Isidore formalise assurément la réalité. où. THOMASD'AQUIN. Istina 19. 85. Q. JOSSUA-Y. moins est offerte à la théologie par les sciences parce qu'elle humaines de la religion qu'à cause du débat contemporain sur la désacralisation35 et de la question. ad 3m : Eucharistia continet aliquid sacrum absolute. Etym. 38 (PL 82.307-314. S. obj. au sujet de l'originalité de la notion néo-testamentaire de sainteté par rapport au sacré des religions païennes ou même 32. III a P. Le problème est encore inconnu de la constitution Sacrosanctum Concilium. dans la majeure partie des cas. 1974. les équivalences proposant sacrificare sacerdos = sacra dans 34. 2e éd. 77-80.«Le conseil œcuménique des Eglises et le renouveau du culte». Das Heilige.). 3. posée par la théologie biblique.350-367. qui s'est beaucoup répandue dans la du pensée occidentale depuis les analyses phénoménologiques théologien protestant R. VIII. 33. 20. Somme Théologique. Remarkson the Vocabulary of the Ancient Orations in the Missale Romanum (Latinitas Christianorum Primaeva. Thomas d'Aquin) et à même d'y trouver sans peine d'importants points de contact. Paris 1967. ad 3m : sacrificium dicitur ex hoc quod homofacit aliquid sacrum. sacrificium désigne seulement les oblats offerts en vue d'être consacrés. en leur = sacrum facere. La catégorie du sacré est un peu délicate à utiliser. dans J. Nimègue 1966. S. Q. 48. Cf. 1976. 3. ci-dessous note 43). 19. 34.238-256. 17 (PL 82. Q. . J. Prenant appui sur Isodore. «Situation du 'sacré' en régime chrétien». Il est effleuré par Gaudium et Spes (n. SULLIVAN. mais induit à peine en erreur les théologiens qui le suivent. 21. scilicet ipsum Christum..73. 3. 35. à ce sujet Sr Mary Pierre ELLEBRACHT. Munich 1917. La liturgie après Vatican II (Unam Sanctam. 1975. également IIIa P. Cf. CONGAR. Thomas donne une telle force à l'enchaînement entre sacrum et sacrificium que le plan de la deuxième Partie de Dominicae Cenae peut se réclamer de lui. VI. 255 R).CONGAR(éd. 1. 66). 18). art.. est à la fois assez étrangère aux catégories de la théologie eucharistique classique (sauf chez S. art. OTTO32. IIa Ilae. également Y. Cf.. 12. art. et affronté avec un sens chrétien vigoureux par le document Worship in a Secular Age de l'Assemblée d'Upsal du Conseil œcuméniquedes Eglises (1968). 291 D).P. 36). 396. Somme Théologique.LA LETTRE DOMINICAE CENAE 21 La notion de sacré.

« Eclipse ou renouveaudu sens du sacré dans l'actuelle liturgie?». Cf. 40. victimam qua intercedente placatus (es) (FÉROTIN. 111-115. VERGOTE. note 33). et même théologique — un synode patriarcal de Constantinople un siècle après la séparation de 105439. 49 de l'Institution générale du Missel Romain.in oblationem Ecclesiae tuae et agnoscens hostiam cuius immolationevoluisti placari). il rappelle tout à la fois le concile de Trente. 9. . La référence. donnée à la note 47. L'Eucharistie est sacrifice C'est pour Jean-Paul II l'aspect principal de l'Eucharistie. III de cet ouvrage. qui ne — ceci est notable en méthode manquent pas38. 38. Que l'Esprit Saint-fasse de nous une éternelle offrande à ta gloire. 645). 389-392. le sacré de la foi — à laquelle celle-ci a droit même dans un contexte d'incroyance — ainsi que sur la sacralité intrinsèque de la présence réelle. Post Pridie du mercredi de Pâques : Cognosce. JUGIE. 128. A ce 36. 37. Dominicae Cenae évite les écueils possibles en basant le sacré de l'Eucharistie sur la sainteté du Christ. et sur le n. 141 22 de l'Ancien Testament36. et c'est un bien commun à la fois à la liturgie eucharistique romaine de maintenant et d'avant le Concile. La Maison-Dieu. 2 du décret Unitatis redintegratio.n. Seigneur. 39. et à celles des Eglises d'Orient.quaesumus. Au sujet de ce caractère sacrificiel. Je ne crois cependantpas qu'il soit question du sacrificeeucharistique au n. passage dans lequel le caractère sacrificiel de l'Eucharistie est si nettement exprimé 40 . les enseignements de Vatican II. allégué à ce titre à la note 46 de la lettre du Saint-Père. à M.LA MAISON-DIEU. est incomplète : il s'agit du T. L'intention doctrinale apparaît ici avec netteté: le caractère sacrificiel de l'Eucharistie est un de ces éléments immuables de l'Eucharistie dont le début de la deuxième Partie de Dominicae Cenae annonçait qu'il allait maintenant être question. 1976. le sacrificede ton Eglise. CONGAR(ci-dessus. Le Pape prend aussi appui sur le passage de la Prière eucharistique III qui introduit l'épiclèse de communion. qui peut s'exercer dans des fonctionnements relativement divers de la liturgie chrétienne 37.Theologiadogmatica christianorum orientalium. » Ce texte s'inspire du Liber Mozarabicus Sacramentorum. Cf. « Regarde. à ce sujet A. Y. et daigne y reconnaître celui de ton Fils qui nous a rétablisdans ton alliance (Respice.

sacrifice de la nouvelle alliance. qui est incontestable. même s'il n'est pas possible d'entrer ici dans l'analyse technique que la phrase que je vais citer et les phrases suivantes appelleraient : le pain et le vin. Ici la constitution sur l'Eglise distingue mieux le rôle des fidèles de celui du prêtre. Une telle unité dans la foi au caractère sacrificiel de l'Eucharistie. que l'Eucharistie Sur le premier point. plus proche peut-être de la doctrine augustinienne du Corps total du évite plus heureusement de laisser penser que les Christ. Gentium n. on pourrait ajouter qu'à Trente même la formulation dogmatique du « mode non sanglant» du sacrifice eucharistique est elle-même empruntée aux Constitutions apostoliques. ci-dessus. mais les deux éléments les plus caractéristiques semblent être la volonté de disjoindre le moins possible l'un de l'autre l'aspect sacramentel et l'aspect sacrificiel — ce à quoi la théologie tridentine n'a pas réussi41 — l'attention à l'offrande de soi du fidèle dans le sacrifice du Christ. mais la Constitution sur la liturgie. 10-11 et à l'Institution générale du Missel Romain. sacrifices spirituels des fidèles feraient nombre avec celui du Christ leur Tête. Du point de vue théologique. — et celui de Trente — sacrifice de propitiation — sont combinés l'un avec l'autre. réellement et substantiellement le Corps livré et le Sang versé par le Christ lui-même». l'apport de Vatican II — sacrifice de la Rédemption. présentés à l'autel et accompagnés de la « dévotion et des sacrifices spirituels des participants. 9 et notes 3 et 4. . 48 de Sacrosanctum Concilium. et l'on trouverait sans doute en Orient une approche du sacrifice autre que celle du Canon Romain ou de la piété latine des derniers siècles. celle-ci faisant écho au n. et l'idée restitue l'homme et le monde à Dieu. Mais la visée spirituelle du Saint-Père se 41. il faut citer les termes mêmes du Pape. sont finalement consacrés. et donc deviennent vraiment. la conjonction et incorporation du sacrifice spirituel des fidèles au sacrifice du Christ offert dans Dominicae Cenae fait appel à la fois à Lumen l'Eucharistie. n'exclut naturellement pas des différences d'accent dans la piété et même la théologie. Cf. p.LA LETTRE DOMINICAE CENAE 23 propos. c'està-dire en fait aux liturgies orientales. Sur le deuxième point.

de celle de Lacordaire 42 Les observations qui précèdent m'ont amené à disjoindre ce que Dominicae Cenae ne fait pas — les affirmations de la mise en œuvre liturgique dont elles sont théologiques inséparables. 43. le sacerdoce est une immolationde l'homme ajoutée à celle de Dieu. étant donné notamment que le prêtre célèbre face au peuple. en deux chapitres successifs. demande une après l'élévation ». que ce qu'on pourrait appeler une plus grande clarté. revient en quelque sorte en arrière pour traiter. . Y contribuent entre autres les paroles de la prière eucharistique récitées par le célébrant à haute voix et. Oui. achevé dans le monde. et celui-ci y est appelé qui sent dans son cœur le prix et la beauté des âmes» (Panégyrique du Bx Fourier. Dans le texte latin: ut meum ac vestrum sacrificiumacceptabilefiat apud Deum Patrem omnipotentem. de la liturgie 42. « Le sacerdoce. le romantisme en moins et l'attention à la participation des fidèles en plus. Dominicae moins en vertu d'un plan rationnel que selon le Cenae. dans le cadre de la liturgie actuelle de l'Eglise. déroulement d'une pensée vivante. III DU SEIGNEUR LES DEUX TABLES DE L'ÉGLISE ET LE BIEN COMMUN Après avoir considéré le sacrifice eucharistique. T. qualité spirituelle plus grande de la célébration.24 LA MAISON-DIEU. Jean-Paul II évoque non seulement la signification de l'apport processionnel des oblats par les fidèles ainsi que les paroles du prêtre à l'Orate fratres 43. ou plutôt cette réalisation concrète. A ce sujet. 141 rapproche plutôt. note le Pape. est évoquée avec ampleur. est né d'un sacrificecommencédans le ciel. en particulier. dans Œuvres complètes. Cette mise en œuvre. 33-34). Paris 1905. mais surtout le fait que « le renouveau liturgique qui au sacrifice eucharistia suivi le Concile Vatican II a donné. les paroles de la consécration avec l'acclamation de l'assemblée Tout ceci. VIII. perpétué en tous ceux qui veulentdevenir une portion de la victime pour obtenir une part dans la puissance de l'holocauste.

de l'Eucharistie et sa liturgie comme bien commun de l'Eglise. 10 (C. n'enlève quoi que ce soit et la au caractère spécifique de la présence eucharistique. Institutio generalis Missalis Romani. FISCHER. 18. 908). au Concile. pas plus que l'idée des diverses formes de la présence du Seigneur50 .). 48. pour employer la belle expression empruntée par Vatican II à l'Imitation de Jésus Christ. de deux Tables du Seigneur. Naturellement l'image des deux Tables. 49. 9.L. Enfin il sera question. 7. par rapport à l'interprétation de Jean 6. Hilaire de Poitiers46.-J. Tractatus in Ps. 46. 1). manière dont Dominicae Cenae en parle ne permet aucun doute à ce sujet. dans E. Cf. Cette sorte de symétrie entre les deux parties de la messe que met en relief l'image des deux Tables est inscrite dans la structure même de la célébration au moins depuis le deuxième siècle. à ce qu'il semble. BOUYER(éd. Quant à l'image des deux Tables. Instruction Eucharisticum Mysterium. Innsbruck 1978. 47. Presbyterorum Ordinis.E. P. apparue pour la première fois. orienté l'image des deux Tables vers le « pain du 44. 22. 48 et 51. aussi bien celle des deux liturgies. 7 et 17.Enchiridion Documentorum Instaurationis Liturgicae. Sacrosanctum Concilium. L'une et l'autre expression. LIES. 21. Y. désormais officielle dans le missel.LA LETTRE DOMINICAE CENAE 25 de la Parole et de celle de l'Eucharistie44 ou. (KACZYNSKI. n. Weber). dans un dernier chapitre. plus théologique. Cf. 50. Wort und Eucharistie bei Origenes (Innsbrucker theologische Studien. et Origène déjà compare le soin avec lequel les fidèles doivent recueillir la Parole à celui qu'on prend de l'Eucharistie 45. Tournai 1962.L. Ajoutons par ailleurs que.L. ainsi que de la responsabilité de tous envers un tel bien. que celle des deux Tables. . 56.«Les deux formes du pain de vie dans l'Evangile et dans la Tradition». 709). avec S. elle a été employée par Vatican II pour mettre en valeur tant des deux parties de la messe47 que la dignité de la l'importance Parole de Dieu48 et le double ministère du prêtre49.S. CONGAR. Sacrosanctum Concilium. 247-250 et. 21-58. Dei Verbum. L. 127. Congar a appelé « les deux formes du pain de vie» a. 45. Parole de Dieu et sacerdoce (MélangesJ. Sacrosanctum Concilium. permettent d'écarter le terme impropre d'avantmesse avec la fâcheuse casuistique de l'obligation de la messe dominicale seulement à partir de l'offertoire. si le thème évangélique de ce que le P. 10: Ordo Missae. 635.

Ainsi. s'il y a des cas où l'Institution générale du missel prévoit que l'on peut choisir des lectures bibliques plus adaptées. et non « d'autres textes. qui cherche la vérité en empruntant des chemins divers ». du triple point de vue des lectures proprement dites. Tout cela est l'exercice d' «une responsabilité nouvelle envers la parole de Dieu». l'ensemble des fidèles peuvent devenir « témoins et participants de la célébration authentique de la parole de Dieu». 141 26 Seigneur». de la lecture et du chant. grâce chanteurs et des chorales. Langue vernaculaire et latin dans la liturgie La liturgie de la parole donne au Saint-Père l'occasion d'aborder. on pourrait aussi bien parler de la «Table du pain et de la coupe du Seigneur ». la question de la langue liturgique dans l'Eglise latine. 10. des chrétiennes». Table de la parole de Dieu Le Saint-Père souligne ici à la fois le bienfait spirituel et les exigences de la lecture plus abondante de la parole de Dieu décidée par le Concile. et la parole de Dieu « commence à revivre en de nombreuses communautés au rôle actif des groupes de lecteurs. quand bien même ceux-ci posséderaient une valeur religieuse et morale indéniable».LA MAISON-DIEU. «ces textes pourront être utilisés avec grand profit dans les homélies. « seule la parole de Dieu peut entrer dans le cadre des lectures de la messe». du chant) et de l'homélie. si je comprends bien le texte. aussi porter attention aux personnes qui sont attachées au latin : . des Psaumes (et de façon générale. En revanche. responsabilité envers la qualité de la célébration. L'usage de fait de la langue vernaculaire pour les lectures et les chants « permet à tous de Mais on doit participer avec une meilleure compréhension». Sur le point particulier du choix des textes lus dans la liturgie de la parole. car il appartient entre autres à la nature de l'homélie de montrer les convergences entre la sagesse divine révélée et la noble pensée humaine. de façon sereine et sensible. le Pape rappelle que.

LA LETTRE DOMINICAE CENAE 27 « il y a également des personnes qui. La Maison-Dieu 107. Même dans le cas. la langue vernaculaire était normalement prévue pour les lectures et pour la prière universelle. mais aussi un vrai respect pour ces sentiments et ces désirs. et la dignité dans la manière de donner et de recevoir la Communion. dans le monde entier. langue splendide de la Rome antique. surtout là où il y a des fidèles de langues différentes. à l'intérieur du bien 197151. et doit les manifester aujourd'hui chaque fois que l'occasion s'en présente. à prendre en considération. Cf. a suscité un sens profond du mystère eucharistique. a été aussi une expression de l'unité de l'Eglise et qui. L'Eglise romaine a des obligations particulières envers le latin. Le la communion eucharistique Pape adjure évêques et prêtres de faire tout ce dont ils sont capables pour garantir la dignité sacrale du ministère eucharistique et l'esprit profond de la communion eucharistique (souligné dans le texte). l'opportunité qu'il peut y avoir à célébrer ou chanter une messe en latin en certaines églises. Deux foi' doit être précisément questions sont ici abordées. ressentent l'absence de cette « langue unique» qui. II. Table du pain du Seigneur Comme Dominicae Cenae a déjà parlé de la deuxième partie de la messe à propos du sacrifice. Le respect dû à l'Eucharistie concerne aussi le peuple de Dieu dans son ensemble. . 1971. comme il est précisé en note. par son caractère empreint de dignité. ce nouveau chapitre traite de sous ses différents aspects. les invitations. celle des conditions dans lesquelles on peut communier. Il faut donc non seulement montrer de la compréhension. comme c'est prévu du reste dans les nouvelles dispositions. 54-58. répétées à et en dernier lieu en plusieurs reprises par le Saint-Siège. 51. « dont le 'sens de la très éveillé et très aigu». et les satisfaire dans la mesure du possible. pastoral général. éduquées encore en fonction de l'ancienne liturgie en latin. » Les nouvelles dispositions auxquelles le Pape fait allusion sont.

28 LA MAISON-DIEU. à la fois personnelle et communautaire. qui viennent communier sans avoir les dispositions requises. L'Ordo Missae a : Ecce Agnus Dei qui tollit peccata mundi. Les dimensions de la koinônia eucharistique. et l'on ne doit pas non plus en dissocier le principe que c'est l'Eucharistie qui fait l'Eglise (chapitre 4) ni les conditions. à la fois avec le Christ et avec l'Eglise. selon le mot de saint Paul. » . chacun doit. des fidèles qui devraient venir communier plus souvent. assez nombreux aujourd'hui. et d'autres. celui des conditions pour communier dignement et celui de l'invitation à communier adressée à tous ceux qui n'en sont pas indignes. 141 Les conditions pour communier Pour traiter le premier point. Beati qui ad cenam Agni vocatisunt. afin de s'approcher de la communion eucharistique ou de s'en abstenir». qui seront évoquées au non-catholiques chapitre 12. mais leur observation s'est heurtée au cours des temps à des difficultés diverses. au sujet de ce phénomène. s'éprouver soi-même: «ce jugement est une condition indispensable pour une décision personnelle. et encore moins la Communion comme une démarche de conformisme social. paroles qui le font en même temps penser à la parabole évangélique de l'invitation au festin. le Saint-Père part des paroles que le prêtre prononce juste avant la Communion52. qu'avant d'aller communier. La versionen langue françaisea adaptéplutôtque traduit: « Heureux les invités au repas du Seigneur! Voici l'Agneau de Dieu. ont toujours été présentes. «Ce problème est étroitement lié non seulement à la pratique du sacrement de pénitence. les deux faces inséparables d'une même sont effectivement réalité. qui enlève le péché du monde. Le Pape fait remarquer. 52. qu'on ne peut considérer la messe seulement comme un banquet fraternel. mais aussi au juste sens de la responsabilité face au dépôt de toute la doctrine morale et face à la distinction précise entre le bien et le mal. à la fois eucharistiques et ecclésiales. du grand sacrement de l'amour». de l'admission de à la communion. qui sont invités à de la nature davantage « de sensibilité et de compréhension. mais. » Les deux cas que Dominicae Cenae évoque ici. Il y a à la fois. ou il y avait.

54. ELERT. de condamner les messes dans lesquellesle prêtre est le seul à communier sacramentellement (DENZINGER-SCHÔNMETZER 1758 et 1747). IereApologie . «Les rites de la communion eucharistique». à nos jours. contre lesquels il a fallu mener un long combat. et. le prescription de l'Eglise au sujet de la communion pascale.67. Mais au cours du moyen âge s'est au contraire établie la coutume universelle de ne jamais communier sans s'être confessé au préalable. 141-160. Pie X la est différente. Pour être complet il faudrait aussi mentionner le refus. et personne ne peut y prendre part s'il ne croit pas à la vérité de notre doctrine. Justin relève les trois conditions de la communion: foi. Abendmahl und Kirchengemeinschaftin der alten Kirche. il semble bien indiquer que tous ceux des présents qui : c'est remplissent ces conditions communient effectivement54 en effet la pratique de l'Eglise anténicéenne que lors de la célébration tous les fidèles communient et que eucharistique seuls s'en abstiennent ceux qui sont en pénitence ou excommuniés 55. La première a été la raréfaction des communions. En même temps. du point de vue de la théologie patristique. . La Maison-Dieu24.. 5. Etant admis que la communion problématique les théologiens pascale constitue le minimum obligatoire56. 1950. baptême et vie conforme à la loi du Christ53.IereApologie 66. la raréfaction des communions a sans doute été liée en quelque mesure aux défauts de la de plus en plus discipline pénitentielle et au fonctionnement mauvais de celle-ci. mettent en forme d'abord la condition fondamentale pour 53. et le caractère absolu de cette coutume a dans la suite été à son tour un obstacle au rétablissement d'une communion plus fréquente. 55. et s'il ne vit pas selon les préceptes du Christ». W. Berlin 1954. A peu près depuis Latran IV jusqu'à S. commandement Dans l'Antiquité chrétienne. la pratique eucharistique a connu successivement deux types de difficultés. Du IVe s. opposé par le Concile de Trente à Luther.LA LETTRE DOMINICAE CENAE 29 Dès la première de l'Eucharistie chrétienne description S. 56. hauptsächlich des Ostens. 1 (PAUTIGNY141): «Nous appelons cet aliment Eucharistie. au IVe Concile du Latran. et qui a abouti à cette sorte de cran d'arrêt et de minimale qu'a été. attestée déjà dans la deuxième moitié du IVe s. s'il n'a reçu le bain pour la rémission des péchés et la régénération. Cf.

avec toute la Tradition. de même il serait vain d'espérer aujourd'hui que le mauvais état de la Pénitence soit sans effet sur la pratique eucharistique. pour que l'Eucharistie produise un effet de ce genre. (KACZYNSKI. qu'on accède à elle sous cet aspect. dans laquelle l'idée de participation 57. la constitution Du point de vue propre de l'Eucharistie. Pie X. A. les sacrements ne constituent pas des compartiments étanches et que. Irénikon 34. dit de la Pénitence au chapitre 7. qui a été écartée par le décret Sacra Tridentina Synodus. 141 accéder à la communion.933) — Cf. et qu'il en est resté trace dans la piété eucharistique bien au-delà de S. 35. on peut souligner ici que. 165-181 . en vie chrétienne comme en théologie. Ce n'est pas ici le lieu d'étudier la conception janséniste des conditions de la communion. «Pénitence et Eucharistie». avec souvent une La difficulté rencontrée aujourd'hui. . les conditions d'une communion plus fréquente. à savoir n'avoir pas conscience de péché grave. pratique générale de la communion.30 LA MAISON-DIEU. même de la part de ceux qui ne sont pas spirituellement en état d'y accéder. lequel a à quelque degré une valeur interchangeable avec celui de la confession fréquente 57 : encore faut-il. « L'Eucharistie pour la rémissiondes péchés». se trouve donc à l'inverse de la situation des derniers siècles. J. Il faut toutefois reconnaître. La Maison-Dieu 103-131. de même que le de la Pénitence au IVe s. 90. Sacrosanctum Concilium. a eu pour dysfonctionnement conséquence. TILLARD. que l'Eucharistie comporte — pour les péchés non graves — un réel effet médicinal de rémission des péchés. mais il faut au moins noter qu'elle a été admise beaucoup plus largement que dans les milieux jansénistes. beaucoup plus lentement et souvent plutôt sous la pression du sens eucharistique des fidèles que par ouverture spirituelle spontanée. le retard du baptême. qu'elle a ses racines dans la théologie médiévale. 1961. Elle concerne à la fois le sacrement de Pénitence et celui de Sans revenir sur ce que Dominicae Cenae a déjà l'Eucharistie. celle-ci demeurant liée presque jusqu'à nos jours soit à la confession préalable soit au contrôle d'un confesseur. puis. 1967. Concile de Trente (DENZINGER-SCHÔNMETZER 1638) : Instruction Eucharisticum Mysterium.-M. à ce qu'il semble. TANGHE.

vivez ce que vous accomplirez. Rome 1978. dans les documents de la réforme liturgique58: elle est théologiquement importante. 60. mais il semble que. 58.au sujet de la communiondans la célébrationde l'Eucharistie. Ainsi LumenGentium. la pratique de la communion dans la main ont reçu l'approbation du Saint-Siège. 59. mon article «Quand et pourquoi la communion dans la bouche a-t-elle remplacé la communiondans la main dans l'Eglise latine?». Sur le lien probableentre l'abandon de la communiondans la main et l'onction des mains du prêtre. 61. Il rappelle en même temps que le ministère de la communion par des laïcs et. la patène et le calice61 et au rite de l'onction des mains du prêtre62. (1969) sur les messes pour des groupesparticuliers(KACZYNSKI. Une préoccupationapparaît à ce sujet dans l'InstructionEucharisticum 916) et dans l'InstructionActiopastoralis Mysterium(1967). en se référant à la fois aux paroles que l'évêque adresse au prêtre en lui remettant. « Recevezl'offrande du peuple saintpour la présenter à Dieu. Donner la communion et la recevoir dignement Le Pape souligne le respect profond que réclame le ministère de la communion eucharistique. ce qui constitue une Cette idée a été souvent répétée perfectior Missae participatio. Par ailleurs. cf. dans certains de l'Eucharistie célébrée à l'intérieur d'un cas. Prenez conscience de ce que vous ferez. et » conformez-vousau mystère de la croix du Seigneur. il faut éviter tout manque de respect et laisser-aux fidèles le choix de la manière dont ils préfèrent communier.LA LETTRE DOMINICAE CENAE 31 active est centrale. Pour la communion dans la main. dans certains pays. l'expérience groupe ait pris valeur pour elle-même. dans la liturgie de l'ordination. en risquant de perdre de vue les conditions de la communion au Christ et à l'Eglise entière qui rendraient cette valeur authentique 60. 18 (KACZYNSKI. 117-121. 62. SacrosanctumConcilium. plus d'ailleurs par rapport à l'Eglise universelle que par rapport à la communauté locale59. et semble avoir trouvé accueil dans la sensibilité religieuse des fidèles. recommande vivement la communion des fidèles dans la messe après le prêtre. la dimension ecclésiale de l'Eucharistie a été beaucoup soulignée. . 55. 11. dans Gestes et paroles dans les diverses familles liturgiques (Saint-Serge 1977). 1850). Autres références dans l'index de KACZYNSKI.

pour une certaine autonomie « créative» et pour un pluralisme linguistique et autre. «en unité collégiale avec le d'application la compétence de chaque évêque et des Siège Apostolique». celui de l'Eglise ancienne. Cet équilibre est intermédiaire entre celui d'après Trente et celui des derniers siècles du moyen âge65: Dans des contextes ecclésiologiques différents. et le respect des « exigences de l'unité substantielle» de la liturgie eucharistique64. pour l'Eglise hiérarchique. Cf. de régler la célébration eucharistique. l'équilibre nouveau entre unité et diversité liturgique établi par Vatican II pour le rite romain. A. Conférences épiscopales. L'expression est empruntée à Sacrosanctum Concilium. Paris 1950. Et ce bien est le don le plus grand fait par le Christ à l'Eglise : une telle affirmation prend place d'elle même dans la grande idée des Pères et des théologiens. Le rite romain lui-mêmeet les rites orientaux ont également entre eux une réelle unité. Deux conséquences découlent.A. 20). Cf. 64. Bien commun de l'Eglise A ce sujet. à ce sujet mes articles « La réforme liturgiquede Trenteet celle de Vatican Il» (ci-dessus. Pour ce qui est du rôle de la Hiérarchie. Ainsi est rappelé. le Saint-Père emploie trois formules qui se « L'Eucharistie est un bien particulier de toute complètent : C'est «un bien commun de toute l'Eglise. sacrement de son unité». Le prêtre « doit avoir un sens du bien commun de leglise » (souligné dans le particulier texte). . des peuples. l'unité substantielle étant respectée.Vraie et fausse réforme dans l'Eglise (UnamSanctam. le Concile et ses documents ont défini quel est.S. Mystici Corporis. de cette vue fondamentale : le devoir. Y. mais d'un autre type. Il y a place. comme l'Eglise».32 LA MAISON-DIEU. continue le Pape. Rome 1976. note 27) et «L'unification liturgiquede l'Occidentet la liturgie de la Curie Romaine»). dans Liturgie de l'Eglise particulière et liturgie de l'Eglise universelle (Saint-Serge 1975). l'Eglise a 63. on admettra des différences légitimes et des adaptationsà la diversité des assemblées.. surtout dans les missions. 141 12. des régions. dans ses lignes les plus générales. selon laquelle la foi et les sacrements sont la part de l'Eglise par laquelle celle-ci est toujours sainte63. 155-167. 1943. note le Saint-Père. CONGAR. 65. 38: «Etant sauvegardée l'unité substantielledu rite romain (Servata substantialiunitate ritus romani). ». 72-91. 225.

LA LETTRE DOMINICAE CENAE 33 cherché à être fidèle aux mêmes principes et à assurer le bien de l'Eucharistie. il demande pardon de tout ce qui par là aurait pu choquer les fidèles. un lien très étroit et organique entre le renouveau de la liturgie et le renouveau de toute la vie de l'Eglise. dans la célébration : garde contre le risque d'individualisme une telle attitude en effet ne doit jamais prévaloir sur l'attention pastorale au bien des fidèles et le souci de la communion ecclésiale. appel à l'unité entre les catholiques. le Pape met les prêtres en eucharistique. le Saint-Père estime qu'il y a eu des négligences et des applications parfois unilatérales ou erronées de Vatican II. Sur le renouveau du Pape : liturgique. L'Eglise agit dans la liturgie. qui sont saines et inspirées par le sens de la foi. mais elle s'y exprime aussi. qui a donné à ce sujet des directives détaillées. il convient de citer les paroles «Il existe. C'est l'attitude préconisée par l'instruction Eucharisticum Mysterium (1967). et le respect de la piété Sur le premier point. mais sur l'ensemble des doctrines et des pratiques eucharistiques. il invite les pasteurs à une de tout unilatéralisme envers les bienveillance dépourvue formes traditionnelles de la piété eucharistique. 13) La conclusion de Dominicae Cenae tient en trois points: importance du renouveau liturgique décidé par Vatican II. Dans le concret de la pratique eucharistique les rappels de Dominicae Cenae portent surtout sur deux points: la fidélité à utiliser les textes liturgiques approuvés. * CONCLUSION (Chap. En son nom personnel et au nom de tous les évêques. elle vit . nécessité d'une collaboration « vigilante et en même temps créative » entre le Saint-Siège et les Conférences épiscopales . Sur le deuxième point. Non pas sans doute sur ce dernier point exclusivement.

En agissant dans cet esprit. « Nous continuerons à consacrer un soin particulier à promouvoir et à suivre le renouveau de l'Eglise selon la doctrine de Vatican II. par lui. de sa forme actuelle et de sa forme avant le Concile. tout au long de la lettre a eu présente à l'esprit cette menace66. réalisé de façon juste dans l'esprit de Vatican II. dans l'esprit d'une Tradition toujours vivante. 52). est donc en un certain sens la mesure et la condition pour mettre en œuvre l'enseignement de ce Concile Vatican II. du reste de Dominicae différence Cenae. adjure 66. que nous voulons accepter avec une foi profonde. Mgr Marcel LEFEBVRE. condition » de la mise en œuvre de Vatican II. conformément à ce conseil de l'évangile. en se reliant le plus souvent à ce qui est "ancien". selon lesquels il faut tirer du riche trésor de la Révélation "de l'ancien et du nouveau" (Mt 13. le Concile Vatican II a accompli un effort providentiel pour renouveler le visage de l'Eglise dans la sainte liturgie. Jean Paul II ici en se plaçant parmi les évêques pour expliquer s'exprime comment il entend le lien entre le renouveau de la liturgie et celui de toute la vie ecclésiale. convaincus que. L'interaction entre Eglise et est analogue à celle qui existe entre Eglise et liturgie et le renouveau liturgique est «la mesure et la Eucharistie. constitue une « menace pour l'unité de l'Eglise».Lettre du 8 novembre 1979 «au sujet de » parue dans le Bulletin interne de liaison entre les la nouvelle Messe . si elle est bien comprise. l'Esprit Saint "a dit à l'Eglise" les vérités et a donné les indications qui servent à l'accomplissement de sa mission à l'égard des hommes d'aujourd'hui et de demain. appartient aussi en effet une relecture correcte des "signes des temps". Le Saint-Père qui. Le renouveau liturgique. Dans le contexte de Dominicae Cenae ils amorcent surtout le troisième point de la conclusion.34 LA MAISON-DIEU. à ce qui provient de l'héritage des Pères et qui est expression de foi et de doctrine de l'Eglise unie depuis tant de siècles. » Tout le paragraphe à la qui précède est en « nous». 141 de la liturgie et elle puise dans la liturgie ses forces vitales. A la substance de la Tradition. Cf. qui est un appel à l'unité entre catholiques. » Les derniers mots sur la liturgie héritage de l'Eglise unie sont vrais par rapport à un dialogue avec les Eglises Orthodoxes. Le débat présent au sujet de la liturgie eucharistique.

sans exagération aucune. au nom de « la compréhension élémentaire» de « source de l'unité spirituelle». On peut donc. si elle est célébrée comme elle doit l'être. — la Sainte Réserve cachée dans les parois . voire.LA LETTRE DOMINICAE CENAE 35 tous les catholiques. "son Mystèrede la foi". de l'unité de l'Eglise elle-même». qui auraient demandé trop d'explications dans le cadre de la . soit pour marquer que certains aspects de la liturgie rénovée sont Pleinement traditionnels : ainsi ce qui concerne les deux Tables de la parole et du pain du Seigneur. son âme et sa divinité. une action sacrificale. mais * le centre focal et constitutif. Une telle perspectiveexplique quecertains aspects de la liturgie rénovée. — il y a un Messe qui sont les suivants véritable sacrifice. manifeste un rapprochement inxplicable avec la théologie et le culte protestants. la liturgie de la messe ne soit pas « un point de division et une source de divergences de pensées et de comportements». que celle-ci est parfaitement catholique. qu'elle est vraiment par essence. — la Messe face au peuple — concélébrée — en langue vernaculaire. — la Messe a deux parties : la Liturgie de la Parole et celle de l'Eucharistie . soit pour montrer. Le Saint-Père y a repris l'un après l'autre les points sur lesquels certains craignent que la messse catholique ne soit devenue infidèle au dogme ou à d'autres valeurs essentielles. dans les mains. N'apparaissent plus clairement et sont même contredits les dogmes fondamentauxde la Sainte : — le Prêtre est le seul ministre . en les maintenant à leur place. dire que la plupart de ces Messes sont sacrilèges et qu'elles pervertissent toute la foi en la diminuant.le pain fermenté. — la Victime ou l'Hostie est Notre Seigneur Jésus-Christ Lui-même présent sous les espèces du pain et du vin. à voix haute. Il ne s'agit là que de nouveautésautorisées. — les lecturesfaites par des femmes communion par des laïcs. la communion dans la main ou distribuée par des laïcs 67 Membresde la FraternitéSacerdotaleSaint Pie X. nour n'être nlus qu'un acte de religionnaturelle. novembre 1979: « il est aisé de démontrer que la Messe nouvelle. La désacralisation est telle que cette Messe perd son caractère surnaturel. avec son corps. à ce que l'Eucharistie. Il suffit d'énumérer quelques-unesdes nouveautéspour être convaincudu : — l'autel transformé en table sans rapprochement avec le Protestantisme Pierre d'autel. la distribution de l'Eucharistie par des laïcs. son sang. — les ustensilesvulgarisés.» 67. avec de nombreux exemples pris dans la liturgie actuelle à l'appui. — ce Sacrifice est Propitiatoire . — la . Cette préoccupation angoissante éclaire pour une grande part le plan de Dominicae Cenae et les enseignements qui y sont contenus. — le Sacrificeet le Sacrementse réalisent par les paroles de la Consécrationet non par les paroles qui précèdent ou suivent.

c'est-à-dire attachés à des valeurs authentiques des formulations théologiques et de la piété d'avant le Concile auxquelles la liturgie rénovée accorde moins de place ou qu'elle exprime en des termes nouveaux. o. A cet égard toute interprétation de Dominicae Cenae cherchant à la tirer dans un camp lui serait infidèle. On pourrait faire une remarque analogue au sujet de l'emploi de l'expression « liturgie rénovée»au lieu de celle de « réforme liturgique». indispensable que la liturgie d'aujourd'hui et sa pastorale soient « catholiques » au sens qu'elles doivent accorder une place légitime à tous. Son propos est. Pour que la liturgie rénovée de l'Eucharistie soit en vérité accueillante à des catholiques traditionnels. et ne pas être une victoire d'un camp contre un autre: seule une telle largeur du propos liturgique peut se réclamer de l'esprit du Concile. p. qui prenne en compte les conditions effectives de celle-ci. Du même point de vue. de toute évidence. il est indispensable d'éviter toute déviation ou unilatéralisme dans l'application de la réforme liturgique. mais un vouloir réel de la communion catholique dans la célébration de l'Eucharistie. . le Saint-Père emploie le terme de « célébrant » là où l'édition altera typica du Missel a préféré — ce qui n'est pas sans prix — celui de «prêtre célébrant». indissociable du premier. Pierre-Marie GY.36 LA MAISON-DIEU. : ainsi théologie la plus classique. qu'il n'y ait plus de camp. 141 Une telle préoccupation a un deuxième aspect. ne sont pas ou presque pas abordés l'épiclèse et le mémorial.

Il s'agiss sait. Henri DENIS LA 141. l'ampleur du sujet avait quelque chose de rebutant.La Maison-Dieu. . à Paris. dans l'ensemble.37-67 COMMUNAUTÉ EUCHARISTIQUE AUJOURD'HUI « Sous quelles formes la communauté eucharistique existe-t-elle aujourd'hui? Quelle est la valeur de chacune d'elles. Comment oser dire quelle est exactement aujourd'hui * Cet article reprend les exposés faits par l'auteur dans le cadre de son enseignement à l'institut supérieur de liturgie. On en a gardé. A première vue. l'allure didactiqueet le ton oral. des rapports entre la théologie et la Pastorale. 1980. éventuellement leur dimension eucharistique spécifique? A quelles conditions leur diversité peut-elle être une richesse pour la vie de l'Eglise? » EL était donc l'argument qui m'était proposé. au mois de janvier 1979. une fois de plus. tant il est vrai aussi que la théologie (des réalités les Plus sacrées et les plus invisibles) ne se développe jamais dans Un ciel idéal et innocent. sous le titre )lus général: « La communauté eucharistique ». mais toujours dans la condition chamelle des hommes et dans l'épaisseur de l'Histoire.

au sein des communautés eucharistiques ». Premier temps: regard sur la situation pour tenter de voir ce qui se passe dans la diversité des communautés qui célèbrent l'eucharistie. pour ne pas gêner la créativité des pasteurs. tenir compte de la diversité considérable des groupes chrétiens. depuis 10 ou 15 ans ? Un tel diagnostic a de quoi décourager. Si j'en parle au pluriel. Notre démarche sera simple et se déroulera en trois temps. nous proposerons des points de Second temps: repère pour tenter de comprendre la complexité du rapport entre le mystère du Corps et du Sang du Seigneur et la communauté qui se dit cellule d'une Eglise Corps du Christ. cette étude pourrait porter le sous-titre suivant: « Examen de quelques tendances actuelles. Il s'agit donc de repérer certaines tendances actuelles. 141 38 si l'on veut la relation entre l'eucharistie et la communauté. en ce qui concerne l'eucharistie. familiers à ceux qui réfléchissent à partir du « concret ». enfin à l'évolution que l'on peut constater depuis ces m'intéresserai dix dernières années. Du même coup. I DIAGNOSTICS La question pourrait être formulée tout simplement comme ceci: Que se passe-t-il ? Que s'est-il passé dans les diverses communautés qui célèbrent l'eucharistie. cela peut me permettre d'être plus modeste. je ne prétendrai pas à une analyse exhaustive des — et surtout — je types de communautés chrétiennes. Et pourtant.LA MAISON-DIEU. Enfin. J'essayerai donc de . c'est le contraire qui s'est produit: je me suis pris au jeu de la recherche. à condition de bien préciser aussitôt les limites que je me suis fixées. le dernier temps classique du retour à la pastorale : assez larges cependant proposition de quelques perspectives. Ces limites doivent être avouées dès maintenant: je ne parlerai que pour la France (plus exactement à partir de ce que je connais de la France). non seulement en France mais encore dans le monde? Il valait mieux renoncer.

Maintenant des jalons. Nous posons dès groupes d'Eglise touchent à l'universel. Ajoutons que cette petite typologie a été élaborée au cours d'une session avec des chrétiens. prêtres et laïcs. Mais elle peut donner à penser. Ainsi pourront d'interprétation apparaître certains problèmes qu'il sera plus facile d'examiner a loisir dans une seconde étape. par leur rapport aux autres groupes d Eglise. la convocation évoque l'appel au Salut (l'événement les liens avec les autres salutaire où s'enracine l'eucharistie). DES GROUPES ECCLÉSIAUX 1) TYPOLOGIE CÉLÉBRANT L'EUCHARISTIE Pour faciliter le diagnostic. .COMMUNAUTÉ EUCHARISTIQUE 39 faire converger les résultats d'une typologie assez sommaire et les risques d'une évolution. Par exemple. nous montrerons comment Ils se constituent : par leurs éléments institutionnels. il nous restera à évaluer en positif comme en négatif le rapport de ces divers groupes à l'eucharistie. Pour chacun des groupes. Nous les avons signalées en-dessous du titre de chaque colonne: les éléments institutionnels posent la question du corps. elle n'est ni exhaustive ni satisfaisante. Cela étant. préciser la place et le fonctionnement des « ministères». etc. c'est diagnostiquer. il est nécessaire de faire d'abord une description. La simplicité du tableau suivant nous dispensera de commentaires. c'est dégager tel ou tel symptôme. on pourrait multiplier les premières colonnes d'analyse verticales : poser la question de la fréquence ou des rythmes des rassemblements. Nous Partirons ici des modalités d'appartenance à l'Eglise. Bien évidemment. par leur système de convocation. Elle suscitera également des compléments et des rectifications. Les trois premières colonnes portent déjà — est-ce une intuition ou Une pré-construction ? — chacune une question fondamentale. Une seule précision sera peut-être utile au lecteur. décrire c'est déjà classer. car ils nous seront précieux pour la suite. Il y a en effet plusieurs manières de se sentir ou de se savoir rattaché à Eglise.

(collective) desaumôniers 4. pénit. 8 un SERVICE PUBLIC par 1. et parents) —————————————————-————~—— .40 LA MAISON-DIEU. Appartenanceà dominanteConfrontation 8 Parl'annoncede dela APOSTOLIQUE viehumaineavec l'ÉVANGILE ÉVANGÉLISATRICE l'Év ANGILE Parcooptationdes divers milieuxde vie) Présencede Jésusaffirmée.2. ELEMENTS INSTITU. 3.dans TION (qui appelle? CONVOCA t et comcetteformede rassemblementmentet à quoion appelle ?) (le CORPS) (l'événement de SALUT) à dominanteBAPTEME. . Appartenanceà dominanteCommunauté de Foi et « SPIRITUELLE » et de PARTAGE (Évangile) COMMUNAUTAIRE Célébrations Communion dansl'Esprit 8 PardesLEADERS spirituelsou communautaires et par relationsélectives 5. (cf.depuisle tout-venant et (sacramentelle EUCHARISTIE (de 1foispar avec (religion populaire). 141 Typesd'APPARTENANCE 1. SYSTEME DE A L'EGLISE NELSmisen œuvre. Appartenance à dominanteLa CONNAISSANCE 8 Parles STRUCTURES de la Foi et de la RELIGION CATECHETIQUE ECCLÉSLITES (paroisses. membreslaïcset par dansévénements et action influence(permanente) des hommes. MARIAGE. Appartenance RITUELLE confirmation. unevie en Eglise pour aumôneries) et pour une éthique et le PERSONNEL des aveccélébrations (réseranimateurs véesaux groupescatéch. cultuelle) semaineà 1 foisdansla vie) minimum participation Funérailles — jusqu'auxferventsréguCatéchèse liers (dimanche MinistresHiérarchiques et semaine) 2. Appartenanceà dominanteFERMENT ÉVANGÉLIQUE8Par des MILITANTS commecapacitéde SOCIO-POLITIQUE et unprojetrévolutionnaire transformerle monde (cf. chrétienspour et la société le socialisme) f I I - .

presbytéral réseau et offrele sacrifice • parépiscopat grâces lespèlerinages • Intégrationà l'Église par l'eucharistie(même rare) lensavec les 41 négligés éficits (négatif)ddéficits .peu d'intérêt pourles problèmesde société on deparents aVecles aumôneries .d'où contre-coup inflationidéologique fédérationde groupes — conceptiontropsubjectivi Eucharistiesacrement de l'unité (du groupe).Ecrasementde l'eschatologie. UNIVERShD Eglise plus (positif)large lu Eucharistiecommeacte systèmedu Parle de l'Églisequi rend -+. rarementavec paroisse vilégiéedu Christdans réduità rôlede moteur nais avec évêque(cor la viedes hommes auxiliairede l'engagement te diocésainde mou. cf. * Eucharistiecomme de la accomplissement Paroleet commeaccueil du Christ.eucharistie.COMMUNAUTÉ EUCHARISTIQUE aVec avecune une Église plus Aspectsde l'EUCHARISTIE misenrelief (J'UNIVERSEL) L/i. mouvementcharismatique) Parfoislien volontaire 8 Sacrementde la présence — manqued'engagement avec paroisseet sens et dela puissancede danslacité (évenl'Esprit tuellement) h—eJîvêque distancevouluepar — un certainflousur le 8 Eventuellement.l'euaux autorités charistieest le signe contenude la foi rapport dudon de sa vie * officielles eucharistique AlZergieaux groupes . — manqued'uneexpérience Paroisses (endéclin) d'Église(pluslarge) ou aVec communautés .allergieà l'enseignement 8 Source d'énergieaposment) tolique (Parole).source de notrevie.formalismerituel . fier uneautresociété) bole (au sensatténué)de l'actionhumaine.commesymaux autres(pourédid'igise hétérogènes.distancepar rapportau vécu .le riteconfirmeuneparole Scolaires (déviationintellectuelle) (bienquecertainsgroupes ------luttentcontrece défaut) lienà un mouvement — moralisme Eucharistiecommelieu national) de reconnaissancepri— sensdu sacrementparfois (fédération. du sacrement(nar('niveaunationalou del'Amour fraternel cissisme) International. .absencede remiseen causede la vie (collective) — excèsde reproduction de l'Institution.

les deux dernières colonnes avec les trois premières. Nous serons alors en mesure de dégager les problèmes posés sur le plan plus proprement théologique.). on comprend aisément ce qu'il en est de certains modes d'appartenance à l'Eglise. le « prisonnier » du tabernacle. cependant de nous expliquer. On est passé. Bien évidemment. AU COURS DES DIX DERNIÈRES ANNÉES La petite typologie précédente peut déjà donner une idée de ce qui se passe. peut penser que certaines tendances sont communes à tous les groupes et caractérisent une évolution (la différence entre les groupes apparaît plutôt dans la manière de s'approprier ces Sans oublier la typologie précédente. par son sacrement. source spécificité d'apostolat pour les autres. je noterai d'abord la visée positive (dans la ligne de Vatican II). . à un Christ ressuscité qui. mais aussi l'avatar qui en est la conséquence fâcheuse. En faisant jouer. mais la tendances). Première Du corps de Jésus « miniaturisé » dans le Sacrement (Hostie) à Jésus qui. fait le corps ecclésial. je voudrais donc maintenant tenter de mettre en relief les tendances qui caractérisent l'évolution des eucharisties depuis une dizaine d'années. Pour chaque tendance. Essayons récusée. gardant comme toile de fond. à voir les réalités de façon plus profonde. une telle façon de parler pourra être car elle suppose un certain simplisme. tendance : 1.LA MAISON-DIEU. on a voulu passer (même dans les sphères intégristes où l'on refusait cette problématique) d'un Christ eucharistique enfermé dans le sacrement. La visée est claire. on Cependant. 141 42 2) TENDANCES ET ÉVOLUTION DES GROUPES EUCHARISTIQUES. par la médiation de son corps eucharistique (corpus mysticum. corps . par exemple. La « communauté eucharistique » est à l'image de la du groupe (unanimisme pour les uns.

On attend de l'eucharistie qu'elle fasse effectivement l'Eglise. on ne se contente plus de la relation quasi suffisante et sacrale entre le Christ-Hostie et le prêtre-célébrant. qu'elle la soude. pourrait se passer d'une communauté qui célèbre et qui adore. un phénomène assez considérable pour notre temps. d'une mentalité chosiste de la présence de l'Hostie. L'avatar constaté ici. semble-t-il. parce qu'on constate que « cela ne prend pas» (au sens où un ciment prend). Il n'y a pas de prise de corps. On ressent çà et là. Jésus en moi. 1948. Autrement dit. On sait la fortune de l'adage : Christus pascit corpus suum (Eglise) moyenâgeux attribué à S. surtout pp. . dans le tabernacle ou dans l'ostensoir. l'avatar n'est pas loin. on met en ecclésial et ecclésiologique de relief. l'enjeu la célébration eucharistique.. Alors.COMMUNAUTÉ EUCHARISTIQUE 43 livré en « mystères»). qu'elle la fonde! Comme toujours. Notons ici l'influence du livre du Père de LUBAC.Corpus mysticum. c'est le sentiment d'un certain échec ou d'une impuissance trop évidente à réaliser le corps ecclésial. accentuent la prière perd de son pouvoir point de vue idéologique : d'effectuer ce qu'elle signifie.). au moment même où nous affirmons le plus fortement possible que « nous sommes le corps du Christ». relation qui. C'est là. on s'interroge sur ce qu'il faudrait faire pour que la 1. au moment même où nous le chantons. on modifie la disposition des acteurs. de mille manières. qu'elle réalise la communauté. Paris: Aubier. On ne fait plus front ensemble au Dieu qui est là-haut. 2e éd. à la limite. Notons quelques caractéristiques de ce déplacement d'accent : on sort d'une conception un peu individualiste de l'eucharistie on s'éloigne (Jésus et moi. 89-115. une impression de lassitude devant la « créativité » galopante. Les choses étaient plus simples. AUGUSTIN ex corpore suo (corps né de Marie) per corpus suum (mysticum)(eucharistie). les prières eucharistiques elles-mêmes là où le célébrant en rajoute du le «dérapage». lorsque la visée se fait trop insistante. réalise son corps ecclésial avec et dans la communauté ici présente1. en particulier en plaçant le célébrant principal face au peuple et parfois le peuple autour (et non pas seulement en face) de l'hostie. lorsqu'on ne s'en préoccupait pas! Dans certains cas. pour une présence plus proprement sacramentelle et plus ordonnée à la res.

on commencepar ces mots: «ce qui m'a frappé. nous assistons à un profond changement. en donnant au mot « représenter» un sens scénique bien éloigné de celui de la vraie Tradition: chaque messe devenait une sorte de montée douloureuse vers le Golgotha. par rapport à cette eucharistie-passion plus ou moins historicisée. Le seul fait de donner la parole à l'ensemble des participants. ici et maintenant. Il est l'acte présent et inépuisable du Christ célébrant sa Pâque éternelle. provoque cette appropriationde la Parole par nous-mêmes. Dans la visée précédente. Deuxième tendance : de la Croix. La tendance que nous considérons maintenant est plutôt une réaction contre une eucharistie dominée par le crucifix. on réagissait contre une eucharistie dominée par le tabernacle. . c'est ma réaction.44 LA MAISON-DIEU. 141 communauté prenne corps. en ce mystère du corps eucharistique. par la puissance de l'Esprit. spécialement les plus significatifs. — l'acte eucharistique est celui de notre communion au Christ. Notons quelques points : — l'acte eucharistique n'est pas une répétition du passé. hier « représentée» sur l'Autel à la communion salvatrice par l'Esprit du Ressuscité. à laquelle nous sommes appelés à communier. — l'acte eucharistique de Jésus devient l'actualisation de 2.En maints partagesd'évangile. pour nous mettre en face de l'émotion du Calvaire. ceux qui font la densité de notre histoire personnelle et collective 2. certes) pour cette communauté. Sur cet autel. 2. s'il est vrai que l'eucharistie fait l'Eglise et que nous voudrions bien pouvoir le vérifier (dans la foi. par exemple après la lecture de l'Evangile. on représentait le sacrifice de la Croix. C'est un fait que beaucoup d'autels ont été l'image vivante d'une certaine traduction (plutôt maladroite) du Concile de Trente. » Ce qui apparaîtd'abord. Cet acte peut dès lors englober les actes de nos vies. Depuis de nombreuses années. dans l'acte même où il s'offre et offre l'humanité au Père.Il y aurait aussi intérêt à considérerce qui ne m'a pas frappé. il n'est pas non plus une machine à remonter le temps. afin de devenir « une seule offrande avec lui ».

mais seulement de nous «retrouver» (comme l'on dit fort bien. 1978. certes. au cœur des événements qui sont les nôtres et qui nous façonnent en notre propre humanité. puisqu'elle est dans la logique de l'eucharistie : celle-ci n'est pas faite seulement pour être regardée. un accident-catastrophe. ou même en utilisant Jésus comme caution « sacralisante » de nos prises de position ou de la profondeur de nos aventures. Cette toujours. Paris: Cerf. se regarder dans son propre événement ou sa propre action. On reconnaîtra ici le risque d'anthropocentrisme fréquemment dénoncé dans le livre d'A. On serait alors passé du Charybde de notre « du Christ au absorption » morbide dans le sacrifice-spectacle Scylla de l'absorption de Jésus dans nos affaires humaines. Troisième tendance : De l'uniformité latine à la communion œcuménique dans la visée de l'universel. Cela ne veut pas dire qu'il soit épuisé! Question difficile en effet que celle de l'universel chrétien manifesté par une Eglise liée à des particularités. n'ait pas réussi à faire autre chose que de se célébrer soi-même. aplaties sur les événements vécus par les hommes3. Allons jusqu'au bout de la préoccupations. sans en sortir. un mariage. On a parfois le sentiment de ne plus se ressourcer à un Evénement inépuisable (celui de Jésus). critique. réaction salutaire comporte un risque qui a sans doute été couru: c'est le risque de participer à des eucharisties « aplaties » sur l'actualité vécue par les groupes. Toujours est-il que. On reconnaîtra ici les difficiles problèmes des rapports entre le Comment être lié à Salut. le sacrifice et la communion. un meeting. sur ce point.La communicationde Dieu. mais pour qu'elle nous change en la communion du Christ. DELZANT. On a beaucoup parlé et beaucoup écrit sur ce sujet. Comme il faut s'attendre à un avatar. une une fête de famille ou de grève.. nos nos actions. une maladie. elle peut être bénéfique: qu'il s'agisse de choses aussi différentes qu'une naissance. nous avons 3.COMMUNAUTÉ EUCHARISTIQUE 45 notre salut. il est possible finalement que le groupe village. au risque de se perdre) dans nos événements. de la Croix sans dévaluer notre petite histoire ? l'Evénement 3. Salutaire réaction. .

Nous songeons aux ouvrages de J. disons que nous sommes passés. En touchant aux « formes extérieures de la Religion» (selon le vocabulaire des sociologues). finalement à l'essence du christianisme telle qu'elle se formule. particulière pour aboutir à une communion signifiante de cette visée universelle5.46 LA MAISON-DIEU. Changer la langue de la liturgie de l'Eglise romaine. Outre les expressions en langue vivante. en très peu d'années. sous la poussée conciliaire. C'est cette diversité qui a explosé. Peut-être Jean XXIII en avait-il la secrète intuition. c'était inévitablement changer plus que la langue4. aux représentations on touche à des réalités très profondes: mentales. qui res». Du même coup. il se passait quelque chose d'étonnant et de L'unité universelle ne pouvait plus être donnée passionnant. qu'on le veuille ou non. la parole sacrée. Certes. Paris: Centurion. et l'on disait les mêmes mots de la même langue. de la langue latine à la langue vivante dans la totalité des célébrations liturgiques. La pensée de l'auteur est très centrée sur le problème des langues. c'était aussi une représentation de l'universalité et de la catholicité. fonctionnait comme un recours au-delà de notre culture ou plutôt comme une mise en communication avec l'ailleurs du catholicisme : on était aussi catholique ailleurs que chez nous. ? 5. il y a toujours une sorte de va-et-vient 4.spécialement Eglise particulière et minorités ethniques. Il faut bien avouer que l'on touche à une question vitale pour l'« authenticité» des églises particulières. de LACHAGA. en fait. Or. 141 également beaucoup changé.M. elle s'est dévoilée et elle a servi pour la première fois de « véhicule» pour le mystère sacramentel lui-même. Pour le sujet qui nous occupe. une sorte de refuge. qui — rappelons-le — étaient très nombreuses dans les « commentaiil y avait la parole latine. On sait ce que pouvait recouvrir. dans son discours d'ouverture du Concile la distinctionentre la substanceet les formules. comme du tout fait. le latin était — pour l'Eglise catholique d'Occident — plus qu'une langue. du tout exprimé dans une langue unique. quand il évoquait. un repère concret. . aux modes de relations. L'unité universelle devait d'abord partir de chaque expression du christianisme dans les diverses communautés. cette uniformité latine: une étonnante et riche diversité. 1978.

Comment voir plus post-conciliaire les problèmes clair? Comment élucider qui se posent? Essayons de le dire brièvement pour clore cette analyse. cette volonté de réaliser un christianisme au niveau des petits groupes n'a pas conduit à un L'eucharistie n'est-elle certain narcissisme ? pas devenue parfois le miroir où le groupe se reconnaissait et se contemplait lui-même. à l'occasion de telle célébration. apostoliques. de façon œcuménique. parfois. * de ces diagnostics. On voudra bien aussi ne pas y trouver les pièces d'un procès. par exemple Kyrie eleison) et ce que l'on fait exister de manière originale dans une langue vivante. . Ressuscité. de tel débat. et l'on peut légitimement se demander ce qu'il en a fait. que groupe a emporté ou reçu les dépouilles d'un christianisme acculturé autrement. L'avatar que l'on pressent ici pourrait être formulé de la manière suivante. le Père). Il n'en reste pas moins que toutes ces expressions diverses de la foi et de la prière chrétienne auront à leur ouverture à Jésus Christ chercher. on voudra bien reconnaître A l'origine autre chose que de l'imagination : mais plutôt une poussière de « petits faits ». de telle rencontre. La communion manquée à nouveau. mais aussi aux groupes politiques. de base. avec la caution d'un Jésus Libérateur ou d'un Esprit d'Amour fusionnel ? au moment où le groupe L'avatar serait alors consommé: Il trouve son identité. Qui ne risque rien n'a rien! La marche de l'Eglise ne se fait pas sans cahots. des autres (les autres groupes chrétiens) et (l'étranger. Nous avons assisté et nous assisterons encore a une série de « fragmentations » des groupes multiples chrétiens : que l'on songe à l'éclatement des communautés de vie religieuse. il perdrait son identité chrétienne. aux communautés charismatiques. l'altérité de à l'universel serait alors Dieu. lui aussi. n'aurait plus les moyens de reconnaître l'identité de l'autre l'intrus). gage et fondement de l'universel chrétien. finalement de l'Autre (le Christ qui dit. Est-ce que. Chafraternels.COMMUNAUTÉ EUCHARISTIQUE 47 entre du « déjà-là » (reçu avec sa culture propre.

également faire buter contre l'opacité du corps et du rite. mortellementennuyeuses! . mais cela conduit aussi à des divergences inévitables. Cela peut être bénéfique.48 LA MAISON-DIEU. Que de liturgies semblent parfois se réduire à des prises de conscience. L'exemple le plus simple et le plus courant est à prendre ici dans l'habitude d'évaluer les célébrations. ce qui est un comble pour la prière chrétienne). Notons donc brièvement les trois problèmes soulevés. 117154) : « La conscience de la vie est supérieure à la vie. sans céder à la nostalgie. 154). Nous vivons un moment difficile. les cerner pour pouvoir les réfléchir de plus près. D'où la question: est-ce que dans la notre imaginaire? ou bien liturgie nous venons « combler» 6. de secouer bien des routines ou simplement des abus de pouvoir (il fut un temps où la récitation du Pater ne pouvait être que le fait du prêtre. consciente et libre à la liturgie a été un des refrains de Vatican II. Le songe d'un homme ridicule (cf. Tout cela est un progrès et il est impossible de revenir en arrière. il devait nous rappeler que le symbole est impossible à « enjamber » 6. Participation La participation active. Il s'agit de maintenir la volonté d'aller de l'avant. Un tel est très content. Paris: DDB. La légende du Grand Inquisiteur. sans nier les fausses pistes. il faut tenter d'aller plus loin: détecter les problèmes de fond. 141 3) LES PROBLÈMES POSÉS Il ne suffit pas de diagnostiquer une situation ou de percevoir une évolution. tandis que l'autre dit qu'il ne s'y est pas du tout retrouvé. le mouvement amorcé devait amener à poser la il devait question de la limite de la participation consciente. Nous pensons ici à un texte de DOSTOIEVSKI. 1. 1958. pp. Mais. Il s'agit en effet de faire le point lucidement. de faire disparaître des organes-témoins (pensons au port de la patène vide par le sous-diacre). Elle a permis de démystifier de faux symbolismes (entretenant la passivité et l'inintelligence). la connaissancedes lois du bonheur est supérieure au bonheur : voilà contre quoi il faut lutter» (p.

historique yvre Jésus. que devient le recul eschatologique eucharistique ? Comment faire en sorte que l'Evénement de la mort-résurrection de Jésus alimente et dépasse toutes nos actions et toutes nos morts ? Diversification des eucharisties des eucharisties est devenue une nécessité . le verticalisme plus ou moins piétiste permet toutes les quoi par en haut et toutes les désertions de la cité des fuites hommes. La diversification liée à la diversification des groupes humains. l'Evénement-Jésus même parfois un peu teme: est plus l'action d'aujourd'hui importante. Lien entre foi et vie Le lien entre la foi et la vie est un autre refrain de Vatican II (Gaudium et spes dénonce le scandale du divorce entre les deux). cet effort même devait conduire à ré-évaluer le sens du Salut chrétien. jamais . Autrement dit. le Salut vécu dans l'actualité de aujourd'hui confronté au Salut est-il encore suffisamment dans l'Evénement l'Evénementfondateur. il faut s'engager dans le « oui» ou dans le « non» (tendance au manichéisme propre à l'action). il serait bien que nous donnions tous notre adhésion à Amnesty International » ! Devant certains paraît Problèmes de justice ou de paix. depuis quelques années. pense-t-on. Mais. On peut dire que. Mais livré dans le mystère alors. Ce rappel a permis de joindre le mystère à son efficacité On a bien fait d'y veiller.COMMUNAUTÉ EUCHARISTIQUE 49 est-ce que nous venons « avec d'autres et avec le symboliser» Comment échapper à la mégalomanie de la subjectihnst? vité ? 2. laquelle de la réalité doit descendre au profond plus umaine. je prendrai la réflexion faite par une Personne à la fin d'une eucharistie « communautaire » assez ervente : « Maintenant. et donc des groupes d'Eglise. l'« Autre» de tout événement historique ? Comme exemple. sans éthique (le « conséquentiel »). C'est une conséquence de la loi d'Incama*0n.

alors que ces mêmes choses se font dans le cadre de telle paroisse assez classique. II POUR POINTS DE REPÈRE LA COMMUNAUTÉ EUCHARISTIQUE Ayant pris appui sur une analyse de situation et ayant détecté liés à l'évolution des un certain nombre de problèmes communautés chrétiennes. question. dont l'intérêt serait de montrer comment une i . Tentons de chercher ce qu'il faut pour qu'une communauté ecclésiale soit eucharistique et réciproquement. nous pouvons maintenant proposer des « points de repère» (provisoires. 141 l'eucharistie n'était allée aussi loin dans la diversité des groupes. Rien de scandaleux en cela. 42). équipes et communautés de base. comme toutes choses en ce monde). Ici les exemples abondent.50 LA MAISON-DIEU. Ce sont des exemples d'incompréhension entre groupes: comment? vous en êtes encore là ? Vous osez célébrer l'eucharistie alors que vous bafouez la justice! — Ce sont aussi des exemples de non-communication : je pense à telle communauté de base qui pensait avoir inventé des choses extraordinaires pour un baptême. ce serait accepter le ghetto. Comment prendre en compte la diversité des groupes d'Eglise tout en accueillant le mystère de l'universalité du Christ ? Voilà donc les questions sur lesquelles nous voudrions réfléchir de plus près. ce mouvement devait tôt ou tard poser le problème de l'universel chrétien. Mais. mais plutôt une sorte de garantie d'ecclésialité (on se rappellera les critères de la vie de l'Eglise primitive dans Actes 2. La question n'est plus: comment faire descendre un universel tout fait? Mais plutôt: comment y accéder? par quels chemins? Quelles sont les voies d'accès à au sein d'une Eglise éclatée? Oublier cette l'universel.

disons que la spécificité du rassemblement eucharistique suppose la présence et la mise en tension des trois pôles fondamentaux sans lesquels il n'y aurait pas d'eucharistie. . En combinant les diverses lignes du schéma. en reliant les PÔles entre eux. du Salut. 1) LES TROIS PÔLES DE LA COMMUNAUTÉ ECCLÉSIALE EUCHARISTIQUE Avant de commenter quelque peu le schéma ci-dessous. Il en va toujours ainsi. l'Eglise l'dage : l'eucharistie ». repose sur une hypothèse fondamentale: pour exister comme une communauté ecclésiale doit communauté eucharistique. La perception de ces trois pôles — on — était déjà présente dans notre analyse de aura remarqué Situation. l'événement On peut également les mettre en relation avec d'autres trilogies qui leur sont liées. je propose une en deux : la première étape consiste à présenter étapes refléxion e schéma de la seconde développe quelques vérification. Il pour l'essentiel. « l'eucharistie fait fait l'Eglise. adage très suggestif. le pôle de le pôle de l'universel. conséquences. et du rneme coup pas d'Eglise. une communauté (ou assemblée) eucharistique peut comment être le lieu d'une véritable communauté ecclésiale. etre inscrite entre trois pôles constitutifs. mais seulement des faits interprétés. car chacun sait qu'il n'existe Pas de fait brut. Voici donc les trois pôles par quoi doivent passer toute communauté ecclésiale et toute communauté eucharistique : Tentons de commenter. et en imaginant ce qui se passe lorsque l'on . Pour essayer d'approfondir cette question. qui restent encore théoriques. Ces trois pôles Peuvent être nommés ainsi: le pôle du corps.COMMUNAUTÉ EUCHARISTIQUE 51 communauté ecclésiale peut accueillir le don de l'eucharistie . mais pas si facile à respecter clairement dans ses termes concrets et dans sa réciprocité réelle. ce schéma. Autrement nous voudrions vérifier les conditions de fonctionnement de 1.

Corps Evénementde Salut Universel le « symbolique » (lié au corps) le «Salutaire » (lié à l'Histoire) le «communionnel» (lié à l'universel) Tout (tout l'homme. pour la multitude» . tout l'humain. le cosmos) Toujours (l'Histoire et l'eschatologie) Tous (la communauté des humains) RapportavecEucharistie «Ceci est mon Corps » « (corps) livré» « la veille de sa Passion» «.

en recevant le corps du Seigneur. On mesure mieux aujourd'hui à quel point les eucharisties purement solitaires et presbytéralesont pu gauchir et le sens de l'eucharistieet le sens de la communauté. l'Eglise est dans une ouverture signifiante aux autres chrétiens. en attendant le Retour du Seigneur7 2) POUR LE FONCTIONNEMENT DES RELATIONS ENTRE LES TROIS PÔLES CONSTITUTIFS DE LA COMMUNAUTÉ EUCHARISTIQUE CONSÉQUENCES On pourrait à partir de cette construction théorique initiale tirer des conséquences multiples sur le fonctionnement des trois pôles entre eux. de et l'eucharistie traverse l'Eglise -(une Eglise lorsque « eucharistiée ») : 8.COMMUNAUTÉ EUCHARISTIQUE 53 Poursuit les flèches jusqu'au point de fuite. 8 en se ressourçant au Christ Sauveur universel. 8 en célébrant l'acte de la Pâque. ment que par et dans une Eglise (une communauté concrète). l eucharistie a toujours une ambition ecclésiale. dans une histoire. dit l'eucharistie et ce qu'elle opère. . l'Eglise est appelée à le Salut dans les événements qu'elle vit aujourd'hui Prophétiser (Eglise. à la non-Eglise. l'eucharistie ne peut être célébrée normaleRéciproquement. Conception « quantitative » des bienfaits du sacrificedu Christ. le corps ecclésial est hhabilité à se présenter comme sacrement du Christ. elle est toujours célébration pour un peuple. Il ne s'agit pas d'un jeu. Disons que ces pôles sont constitutifs d'une communauté ecclésiale qui se veut eucharistique : à condition que la polarité reçue soit toujours impliquée dans une polarité manifestée ou L'Eglise est eucharistique lorsqu'elle manifeste ce que traduite. à engagée humanité tout entière. concélébration pouvaitparaître suspecteparce qu'elle diminuaitle nombre la des messes. Il s'agit plutôt de trouver quelques « outils» de vérification de notre adage 7. Il n'y a pas si longtempsencore (juste avant Vatican ll). comme communauté prophétique) . on peut tenter de mieux comprendre ce qui se passe lorsque la communauté lorsque l'Eglise traverse l'eucharisecclésiale vit l'eucharistie.

la fatigue et le manque d'humour que cela représente. est à toute communauté qui veut faire l'eucharistie. Si . tantôt essoufflée et vieillissante dans son embonpoint. tantôt expansionniste dans ses visées. de l'universel. mains et pieds. une Eglise qui n'est que cerveau. qui méritent attention : Si disparaissait le don du corps ecclésial (lui-même lié au don primordial et transcendant du corps eucharistique). du l'exigence disparaissait l'exigence « pour tous». 1. Si disparaissait l'Evénement de Salut. C'est une Eglise empêtrée dans ses institutions et ses habitudes. une Eglise ayant complètement oublié qu'elle doit être sans cesse sauvée et régénérée dans l'Evénement de la Pâque de son Seigneur. reconnu et célébré en Jésus Christ. au profit des deux autres. incapable de faire signe à ceux qui sont différents d'elle. Il y a là une sorte de croix au cœur de toute réalisation ecclésiale. L'esprit de corps. l'étranger. c'est-à-dire pensée et action. indispensable C'est la loi première de toute sacramentalité. sans symbolique. puisque l'Eglise accepte d'avance la blessure que peut toujours lui faire l'autre. exigeant le corps de l'Esprit. 141 là aussi l'euchafondamental : là où l'Eglise fait l'eucharistie.54 LA MAISON-DIEU. ristie doit faire l'Eglise (et réciproquement). une Eglise cédant à un particularisme agressif. l'intrus. on aboutirait à un certain type d'Eglise et à une certaine utilisation de l'eucharistie. on aurait une Eglise-ghetto. avec tout le sérieux. autrement dit une Eglise en contradiction avec l'eucharistie pour la multitude. on aurait une Eglise-corps à l'expansion indéfinie. Si l'un des pôles disparaissait Si l'un des pôles disparaissait. le différent. on aurait à faire à une Eglise sombrant dans l'imaginaire: une Eglise sans corps. Voyons quelquesunes de ces conséquences.

Le Corps En privilégiant le Corps. (conséquence sans doute maladroite tirée de « la messe sur le nlonde» d'un Teilhard de Chardin). champ ecclésial. au point d'entraîner l'Eglise (la communauté ecclésiale) dans son élan. le corps du Christ est identiquement circonscrit Eglise visible. c'est aussi la tendance communautés d'un byzantinisme liturgique où le Christ cosmique a déjà fait du monde entier son propre corps. donc toujours plus subtile. Tentation des communautés ritualistes ou traditionalistes. Ces flèches nous permettent d'imaginer la trace d'une fuite dans les deux sens: dans le sens exclusif d'abord (celui qui est du côté du pôle privilégié et qui suppose que l'Eglise se réduit à ce seul dans le sens inclusif ensuite (celui qui traverse le aspect). Ou la spirituelle joue un grand rôle: par « récupération » on dira que le monde entier est déjà l'Eglise exemple. de façon exclusive.COMMUNAUTÉ EUCHARISTIQUE 55 2. on dira que l'humanité est déjà le corps du Christ en acte. de façon exclusive. que se passerait-il ? Je convie le lecteur à se reporter au schéma des trois pôles. l'Eglise n'est que là où son corps matériel son mystère. Nous POuvons alors tenter de décrire ce qu'il advient comme conséquence. L'eucharistie nous . Si le privilège du Corps est vécu de façon inclusive. Il n'y a plus de place pour l'Esprit. C'est la tentation de certaines à l'esprit apostolique. afin de considérer les axes ou les flèches qui y sont indiqués. Si l'un des pôles était privilégié : Si l'un des pôles était privilégié. on peut le lire comme un pur retour au passé. L'Evénement de Salut En privilégiant l'Evénement de Salut. on aboutit à une sorte de matérialisme ecclésiologique ou christologique (parallèle exact du matérialisme eucharistique) : le Christ est enfermé dans l'Hostie. La sacramentalité est détruite: le signifié est écrasé sur les signifiants. en récupérant les deux autres pôles). on aboutit à une sorte d'Eglise idéaliste.

par exemple au n° 9. on ne peut pas craindre alors le retour au passé. soit aux temps bibliques. C'est avec les le cas de toutes les célébrations nostalgiques. comme si la scène ou la Cène était reconstituée. (pour pour Pâques. comme en connaissent tous les centralismes même démocratiques. historicisantes Noël. L'Eglise visible n'est reconnue que dans l'événement dans l'ensemble des « faits» qui d'aujourd'hui. I . contrairement à ce que dit Lumen Gentium. cela peut aussi justifier des systèmes de regroupement de type paroissial. Cette tentation à dominante socioest sans doute celle des communautés . mais plutôt un actualisme réducteur. Si le privilège de l'universel est vécu de façon inclusive. à politique. où la mystique du peuple bigarré (légitime d'ailleurs) fait trop bon marché des différences de classe et des rapports de force. . portent la trace du Sauveur. Cela peut conduire à des tendances totalitaires. L'unité de l'Eglise est purement utopique. A une plus petite échelle. tout en niant les différences ou les particularités. on s'abreuve à la source de la Passion. En privilégiant le sens de l'Universel. soit au 19e et de tous les siècle! Tentation de tous les fondamentalismes i intégrismes. on ne se souciera plus tellement de la figure visible de l'Eglise en ce monde et l'on rejettera dans l'eschatologie de l'au-delà l'unité chrétienne impossible à faire au milieu des conflits. figurations L'Eglise ne peut être fidèle au Salut qu'elle reçoit qu'en étant irrémédiablement fixée. on risque d'imposer cet universel (concret) à partir d'une uniformité ecclésiale déclarée voulue par le Seigneur. sans laisser suffisamment de place à la réserve eschatologique.).56 LA MAISON-DIEU. On reconnaîtra ici la tendance pentecôtiste. 141 permet de remonter le temps. Le sens de l'Universel. de façon exclusive. Si l'Evénement de Salut est privilégié de façon inclusive.

4. Si les deux axes « Evénement de Salut-Universel » tendent à Prendre le dessus. Le premier cercle (intérieur) représenterait le champ euchaet en C'est un champ privilégié pour l'Eglise. par exemple dans un christianisme d'inspiration gnostique. 1 axe de deux pôles. Réaction saine contre la tentation renaissante du triomphalisme. pour interpréter les événements en référence à Jésus. à partir de notre schéma: on peut définir des champs et en lesquels le rapport qui se superposent Eucharistie-Eglise-Monde apparaît avec une sorte de signification de type sacramentel. — universel» est l'objet des le du Christ rapport « Corps Si du groupe. ristique. lièrement mis en relief (par exemple dans une communauté de chrétiens du monde ouvrier travaillant pour la justice.). Si les deux axes «Corps-Evénement de Salut» sont particu.COMMUNAUTÉ EUCHARISTIQUE 57 3. avec le souci d'une expansion préoccupations ecclésiale il faudra veiller au témoignage par intégration. contre les il faudra constamment licenciements.. aux autres chrétiens. Sinon. Prophétique et évangélique d'une Eglise se voulant aussi sauvée Par le Christ en plein monde. Si deux pôles sont mis en relief Si une communauté ecclésiale travaille particulièrement dans . où le Christ vivant peut dire sur le . il lui faudra veiller à injecter sans cesse le ferment du pôle oublié. rappeler l'ouverture aux autres communautés. Rapport Eucharistie-Eglise-Monde Dernière remarque. conséquence pour le monde. le christianisme tourne facilement au mythe ou à l'idéologie. il sera bon de veiller à ce que le groupe des chrétiens (ou les Eglises particulières elles-mêmes) se manifestent dans les limites visibles d'un corps institutionnel. y compris les ennemis.

L'Eglise y est immergée et elle ne peut s'en évader. Le second cercle représenterait le champ ecclésial (recouvrant bien évidemment le précédent). L'Eglise. ne peut être signifiante qu'en se ressourçant dans l'eucharistie du Seigneur. ils doivent nous des communautés aider à éclairer quelque peu l'avenir Je voudrais tenter — à mes risques et périls — eucharistiques. signe levé au milieu des nations. Il n'est pas toute l'Eglise et toute sa vie. on verrait l'eucharistie comme le sommet d'un cône recouvrant l'Eglise. l'Eglise ne se réduit pas à l'assemblée eucharistique ou à la messe. III POUR LES PERSPECTIVES COMMUNAUTÉS EUCHARISTIQUES Si nos points de repère ont quelque intérêt. Certes. Ce champ est pain et sur l'assemblée : celui de l'assemblée en acte eucharistique. C'est l'espace balisé par les trois pôles que nous avons mis en tension: on pourrait dire que le champ ecclésial doit toujours être soutenu par les trois pôles spécifiques de l'eucharistie du Seigneur. En revanche. de l'humanité et de l'histoire : matière indispensable pour faire signe! Si l'on pouvait figurer tout cela en relief. Le troisième cercle n'existe pas. le « passage» du Christ dans le monde prend toujours une figure ecclésiologique. 141 58 « Ceci est mon Corps». car il occupe tout l'espace et la totalité des autres champs: c'est le champ du monde. C'est là s'y donne figure en puisant dans les éléments du qu'elle monde. . puis le monde en sa base. il n'est pas toute communauté dans Mais il en est le cœur l'ensemble de ses manifestations. Elle est plus large.LA MAISON-DIEU. Mais sa cohérence est celle de ces trois pôles qui sous-tendent tout le christianisme. sacramentel.

Des symboles qui fonctionnent. ce n'est pas « ce qu'il faut penser». bien précisément un certain consensus dès le départ d'une célébraévidemment. la fraction. si elle veut vivre: se Premier devoir de la communauté. c'est de «phantasmer» son être d'enjamber ecclésial. on pouvait se Permettre de recevoir le corps eucharistique à la messe basse. pour faire corps. verbale ne les symboles qui peuvent remplacer «fonctionnement». qui seront chaque fois traduites en quelques Propositions concrètes. ce sont ceux qui font prendre corps. «ce que l'on va faire» ou mais l'essentiel c'est de faire le «qui l'on va rencontrer».) et se laisser pourtant habiter non-transparence. Prenne le temps de «faire le corps». 1) FAIRE LE CORPS (La loi du symbolisme) AVEC LE CORPS Le grand danger qui plane sur toute communauté. par des gestes. Alors. corps. ce qui n'excluait pas Une intensité profonde de piété. c'est de faire prendre corps à l'assemblée. ou en dehors de la messe. Autrefois. C'est là le sens des signes partagés à la communion: le Notre Père. les limites. Cela suppose. En d'autres termes. c'est son propre corps. tion. la communion.COMMUNAUTÉ EUCHARISTIQUE 59 de tracer quelques avenues pour demain à partir d'exigences fondamentales. On reconnaîtra ici la tâche de Ni le ritualisme formel et desséché. Par Quelqu'un. tout ce que nous venons de dire exige que l'on Pratiquement. la Paix. De ce point de vue — et sans tomber dans la régression orale dénoncée par les psychologues — ce qui compte d'abord. à la sauvette. Exigence car il faut à la fois accepter son opacité (la redoutable. sinon les symboles eux-mêmes sont impuissants. par une Parole. Il est essentiel pour un groupe d'être bien dans sa peau. le corps ressuscité du Christ pourra peut-être se révéler comme le corps de l'Amour vécu dans le corps des chrétiens. ni l'inflation symbolisation. on ne peut pas . laisser faire par l'Esprit de corps. Aujourd'hui. c'est l'eucharistie (le Corps en mystère) qui va dire ce que nous ne sommes pas encore et qui va nous souder les uns les autres dans nos différences et nos limites.

grâce à une énergie accumulée au Calvaire il y a 2000 ans.60 LA MAISON-DIEU. 2) FAIRE ADVENIR LE SALUT DANS LA COMMUNION AU CHRIST La seconde exigence propre à l'édification d'une communauté ecclésiale eucharistique concerne le rapport au Salut. Il faut alors le temps nécessaire pour que le corps ecclésial puisse « prendre». On se rappellera ici ce que l'on peut appeler de façon pédante la « fonction cathartique » du rite. 141 sans prendre le corps ecclésial prendre le corps eucharistique ou plutôt sans être pris par lui et en lui. parce que Celui-ci l'aurait exigé! Cette manière de voir. Tout cela aussi pour un temps d'assimilation dans la paix. encore assez répandue. Notons puissent s'échanger que les symboles quelques exigences très concrètes : la qualité de la préparation la qualité des (y compris la feuille liturgique personnalisée). en Lui. est à la fois trop intemporelle ou moralisante (on a « besoin» de l'eucharistie uniquement à cause de nos péchés) et indigne du Dieu d'Amour révélé en Jésus. l'importance des chants avec leur préparation et leur présentation (dosage des anciens chants et des nouveaux). Autant de choses qui peuvent aider à réaliser le consensus dont nous parlions plus haut. le corps du Christ. Mais il s'agit tout de la durée nécessaire pour que les symboles simplement Alors le Pain eucharistique peut entrer opèrent paisiblement. pour et circuler. éventuellement la passer). L'eucharistie n'est pas une « machine à sauver» les pécheurs. (où l'on se dit la façon dont les liturgie des « nouvelles » événements de la semaine ont été vécus et reçus). lieux (qui disent déjà ce qui va se passer ou ne pas pouvoir se des possibilités d'accueil divers. Ce serait une conception très utilitariste. Dès lors l'exigence fondamentale serait plutôt celle-ci: que nos communautés vivent leur Salut dans la communion actuelle à J ésus Christ. dans notre propre pâte et nous pouvons devenir. Il semble bien qu'il faille prendre un certain recul par rapport à des conceptions « sacrificielles » mal comprises (dans le style : la communauté ecclésiale célébrerait le culte post-tridentin) de la Victime éternelle sacrifiée au Père. L'eucharis- .

COMMUNAUTÉ EUCHARISTIQUE

61

tie est plutôt l'acte gratuit et ineffable de Jésus vivant, jusque
dans sa mort, et nous livrant le don du Pardon, de la
Miséricorde dans la non-violence, de la Reconnaissance de tous
les frères dans l'Amour qui vient du Père. L'eucharistie achève
la Création !
Dès lors, le mystère du Corps et du Sang du Seigneur
concerne
tous les événements
que nous vivons, comme à
Emmaüs,
y compris les plus violents entre hommes et entre
nations. L'eucharistie
nous livre, en mystères, l'Amour innocent qui peut habiter toutes nos relations et tous nos conflits, à
cause de l'Evénement
de Salut inépuisable.
Alors, nous
pouvons entrer dans la fraternité, en entrant dans la « communion» de Jésus-Christ par l'Esprit. Les événements de notre
histoire peuvent être confrontés à l'Evénement fondateur, non
pour nous justifier mais pour nous convertir, puisqu'il nous est
donné de nous abreuver à l'unique Esprit. Charismatiques et
trouver ici matière à interrogations
politiques
pourraient
mutuelles.
toute célébration eucharistique
devrait être
Pratiquement,
une manière de se ressourcer à la gratuité totale du Dieu de
miséricorde. Confronter notre vie à celle du Christ, ce n'est pas
chercher
dans le Sauveur une « énergétique»
pour faire
triompher notre cause, mais c'est accepter que notre vie ne soit
plus à nous-mêmes parce que transfigurée dans la gratuité de
l'Amour. Deux points seraient à soigner particulièrement :
* les lectures de l'Ecriture, accueillies dans leur nouveauté
et parfois leur aspect abrupt. Il ne s'agit pas de lectures que
nous avons choisies (sauf exception légitime), mais de textes
qui font choc ou rupture. Il serait bon également de laisser faire
le temps de l'appropriation,
peut-être par des lectures redoublées : relire lentement le même texte, avec voix d'homme et
voix de femme, etc.
• la Prière universelle.
C'est la croix des célébrants, la
chose peut-être la plus difficile, la plus longue à concevoir et à
élaborer si l'on veut sortir des routines. Prière du Peuple,
certes, et non pas prière des clercs (comme cela arrive trop
ou dans l'événesouvent). Mais aussi prière de l'événement

LA MAISON-DIEU, 141

62

ment actuel, éclairé par la lumière de l'Evénement pascal. En
le monotone «prions.
afin que.»,
on devrait
dépassant
pouvoir suggérer cette alchimie de nos existences, devenues
offrandes spirituelles dans l'Oblation unique du Christ.

VISIBLE
UNE ARTICULATION
3) RÉALISER
ENTRE ELLES
DES COMMUNAUTÉS
Si l'on veut éviter et l'uniformité
pauvre de la fausse
en poussières de communautés,
catholicité, et l'éparpillement
alors il faut donner figure visible à la solidarité ecclésiale. Il est
impossible
qu'une communauté
puisse se dire ecclésiale et
si elle ne dispose pas en fait des moyens
eucharistique,
institutionnels lui permettant de s'ouvrir sur les autres communautés et d'avoir de quoi s'accrocher à elles.
La tension vers l'universel,
exigée par la célébration
des emboîteeucharistique,
suppose des liens institutionnels,
sans lesquels une commuments, des rapports organiques.,
de célébrer! Il
nauté devrait se sentir dans l'impossibilité
vaudrait mieux « jeûner», plutôt que de vouloir un prêtre (ou
même hélas! un évêque) à sa disposition et renforcer ainsi le
est le sacrement de la communion. Elle
ghetto. L'eucharistie
doit donc, en principe, déployer les éléments indispensables à
cette communion
les symboles,
la profession
ecclésiale :
commune de foi, les ministères.
Pratiquement,

on se trouve devant une double exigence :

1. Une exigence propre au groupe qui célèbre. Il s'agit
d'une volonté intérieure qui joue dans le sens de l'ouverture
aux autres, toujours difficile, toujours crucifiante. Par exemple,
on verra dans les symboles utilisés (paroles, Credo, gestes de
des choses qui ne nous appartiennent pas et qui
partage, etc.)
donc nous sont communes avec des chrétiens très différents.
Autre exemple:
si tel groupe est amené à poser des gestes
suscités par l'Evénement de Salut actualisé dans
prophétiques,
ces gestes ne
notre monde, notre ville, notre quartier.,
devront point être une condamnation des autres communautés,
mais plutôt un appel qui leur est adressé.

COMMUNAUTÉ EUCHARISTIQUE

63

, 2. L'autre exigence dépasse chaque groupe et relève de
l'organisation
institutionnelle.
Devant la difficulté de «tenir»
toutes les paroisses territoriales, dont certaines n'ont plus de
Prêtre, comment prévoir (au niveau du canton, des grands
quartiers de ville, etc.)
des «lieux d'Eglise»
significatifs
d une unité ecclésiale indispensable pour la perception de la
catholicité ? Le schéma suivant tente maladroitement
un essai
Il faudrait que de nombreuses
d organisation.
prospectives
ouvrent des voies nouvelles en ce sens.
L'intérêt d'un tel schéma réside simplement dans le fait de
d'un relais de visibilité de l'Eglise, à
souligner l'importance
une échelle suffisamment large. Ce relais n'est plus celui de la
Petite paroisse d'autrefois, laquelle devient le lieu d'une prise
en charge réelle par des chrétiens (avec prêtres itinérants) et
concerne le tout venant; il n'est pas non plus le lieu d'exercice
d'une Eglise catéchuménale organisée; il ne se susbstitue pas
davantage à tout le réseau des groupes électifs (nombreuses
equipes de chrétiens, qui supposent un certain investissement et
des «relations»).
Il est plutôt un centre d'animation,
de
confrontation et de célébrations (aux rythmes espacés), permettant à la diversité des groupes d'Eglise de « composer»
le
visage sacramentel du Christ.
N.B. On notera l'importance d'un service public, à la base,
avec possibilité d'accueil pour les «captifs»,
les pauvres, les
démunis.
Ainsi, dans chaque quartier ou village, sans prêtre résident, il y
aurait une équipe de prise en charge par des chrétiens pour
1. Baptême, mariage
assumer quatre fonctions de bases :
(inscriptions et début de préparation) ; 2. Catéchèse élémentaire ;
3. Convivialité entre chrétiens; 4. Action de quartier ou de village
(au nom de l'évangile).

141 .64 LA MAISON-DIEU.

1. Car. Pendant longtemps. L'autre conséquence concerne l'Evénement de Salut. Presbyterorum ordinis. Le ministre est responsable vis-à-vis du corps de l'Eglise ((et de la C'est pourquoi il est responsable communauté). 2. il ne fait pas et il la nombre avec elle. (présente de tous. Un ministre ne fait pas nombre avec la « sacramentalise communauté il » la responsabilité ou à mais venir). la tâche principale du ministre est de faire symboliser le corps. . S'il est vrai que le ministre doit garder le dépôt de la foi. de faire « prendre corps» à l'Eglise. par exemple p8. précisément. il n'est pas étonnant de retrouver dans les trois pôles que nous avons considérés quelque chose d'essentiel a la responsabilité des ministres. cette responsabilité par l'expression exprimé renier cette formule traditionnelle. en accueillant la gratuité totale du don du eigneur en son eucharistie. Son autorité est de l'ordre symbolique (nous rappels une fois de plus que ce mot ne s'oppose pas à « réel» mais a «imaginaire» ). le ministère ne s'ajoute pas à la communauté. S'il en est ainsi. il ne doit On reconnaîtra ici un thème favori de Vatican II. 2. Essayons de le montrer pour achever cette étude. Du même coup. n. vis-à-vis du Corps du Seigneur. Le ministre aujourd'hui doit tout faire pour travailler dans le sens du symbole. on peut aussi penserSans dans la ligne de l'Evangile — que la responsabilité du ministre appelle une certaine désacralisation du pouvoir. mais il la sert sacramentellement révèle à elle-même en la servant8. on a « pouvoir sacré».COMMUNAUTÉ EUCHARISTIQUE EN GUISE 65 DE CONCLUSION: QUELQUES CONSÉQUENCES POUR LES MINISTÈRES On pourra s'étonner de n'avoir pas vu figurer le ministère ordonné comme un des éléments de la communauté eucharistique. Mais il ne s'agit pas d'un oubli.

s'enrichit. est d'organiser les relais de la communion en Jésus Christ. t-il nécessaire de faire l'eucharistie et avec quelle fréquence? De la réponse à cette question dépendent la figure de l'Eglise et celle du ministère. la communauté eucharistiAjoutons encore une remarque: se façonne dans la que se prépare. communauté la communauté (traduisons: non-eucharistique Nos qui n'est pas en acte de célébration eucharistique). d'entraide. 3. Nous dirions volontiers qu'il doit ouvrir le dépôt de la foi sur la servir le témoignage actuel de l'Eglise prophétie. où doit être tenu le pari de l'élasticité de la nouvelles. 141 pas l'enfouir en terre comme le talent de l'Evangile. elle demande un respect du mais elle conduit à des propositions passé et de l'héritage. Enfin.66 LA MAISON-DIEU. un ministre œcuménique. Comment connaîtrons-nous la richesse de nos diversités. si personne ne leur laisse la place et si la chance n'est pas donnée à la communion? Le ministre chrétien est devenu aujourd'hui. de convivialité. assemblées non-eucharistiques pourraient être des lieux très féconds d'accueil. hameaux. une question fondamentale pour eucharistiques. nous pourrions conclure en plagiant saint Irénée : . Son devoir essentiel.) l'Eglise (quartiers. communautés. de partage des nouvelles. et préparer ainsi de loin les rencontres proprement Dès lors. et prophétique. Tâche exigeante et difficile. pour reconnaître dans les événements de notre temps la fécondité et la générosité de l'Acte pascal du Christ. Si le ministre est c'est pour que la communauté le soit. * Compte tenu de toutes les nuances que nous avons apportées à nos propos. le ministre chrétien a toujours une tâche spécifique vis-à-vis de l'universel (le souci de «toutes les Eglises»). réciproquement. communauté chrétienne. car les laïcs n'auront ni le temps ni le pouvoir de le faire. en un sens nouveau. se nourrit. demain pourrait être celle-ci: à quel niveau de réalisation de seracanton..

le Christ mort et ressuscité. et toute sa mission. telle est l'Eglise. là où est l'eucharistie. C'est ce corps qui Prend forme visible dans la communauté des croyants. 1er juin 1979 . tel est aussi le Sacrement eucharistique qui n'a qu'une source. a est l'Eglise et toute sa grâce.COMMUNAUTÉ EUCHARISTIQUE 67 « La où est l'Eglise. là est l'eucharistie . Puissent ceux-ci ne pas être trop indignes de cette grâce et de cette charge! Henri DENIS Lyon. par l'Esprit. » Corps de Salut pour l'universalité humaine.

TEMPS DE PÂQUES A paraître : IV et VII- TEMPS ORDINAIRES à ce disVIII cerj . 152 p. le celle qui a redécouvert rôle du Saint Esprit dans la vie chrétienne et les dimenet commusions mystique nautaire du christianisme. sont ceux qui se nombreux mettent en quête d'une vie Il ne manplus authentique. 144 p.Collectif LE TA MAITRE : SPIRITUEL Dans notre monde désorienté. sagesses ne se valent pas. n° 198 . Il ne s'agit prétendant pas de les récuser..NOËL Tome II . loin d'avoir vieilli.LES FÊTES A cerf . Tome 5 TEMPS ORDINAIRES Semaines 10 à 18 Tome 6 TEMPS ORDINAIRES Semaines 19 à 26 Parus : Tome I . E_:ore conseils d'un guru? à discerner faut-il apprendre entre les vrais maîtres et ceux qui n'en ont que l'apparence Toutes les ou la prétention. Toutes les voies ne conduisent pas au même but.L'AVENT .CARÊMETEMPS PASCAL Tome III . Ce livre contribuera cernement. Mais. il étonne par sa jeunesse. Qui de nous des n'a besoin de l'aide.H MOEHLER DANS L'ÉGLISE Cet ouvrage du grand théolodate de gien de Tübingen 1825. LE JOUR PAROLE LECTIONNAIRE DE SEMAINE * notesde lecture * textes pour la prière et cinquième voQuatrième lumes de la nouvelle série d'introductions au Lectionnaire de semaine.Collection FOI VIVANTE Nicole BERTHET Robert GANTOY CHAQUE n° 197 L'UNITÉ - J. que pas de maîtres spirituels et de maîtres à penser. ou se tels.

Terrenoire et I-rneme. 1980. la tribune. R.141. quelques minutes avant la messe de onze heures.L. Courtas. L. François A. Les appareils étaient disposés de Saint-X. J. J. Hameline.M. . avait une perspective longitudinale autres. 69-89 La Maison-Dieu. Mirales. Cambier. Elle comprenait M.N. une équipe de sociologues se mettait en place L farmés d'appareils photographiques1 i>»-. prenaient çje x ce qui se passait à l'autel et les premiers rangs de tnement vus de face. Brulin. vus de l'assistance des rangs médiants.Y. ISAMBERT LA DE PHOTOGRAPHIE LA AU SOCIOLOGIE Une DU SERVICE RITE expérience E dimanche 4 mars 1979. situés à la limite du chœur et de la nef. les vus-cotes. Un de ces deux constituée. autour de mon ecluipe s'était de sociologie de la liturgie de l'Ecole des Hautes Etudes en SCieaIre Scienr es Sociales. Deux autres enfin.P. enregistraient. A. à à Paris. J. de la long sur l'assemblée. avec l'aide du C. de profil.P. tgse à prendre simultanément des vues de la cérémonie tout aualere de son déroulement et sous plusieurs angles. situés dans les CS à mi-chemin de la nef. Renier. P rnoasoneville. L'un.

D'une part. en profitant des conseils de ceux-là même qui avaient tracé le chemin. qui se reconnaîtront ici. LMD 131. Le congrès de l'Union Fédérale Française de Musique Sacrée. Hameline et M. 3. D'autre part. la pertinence sociologique de ce choix n'est pas absolument évidente. Ce qui a été recherché L'idée de base était la suivante. nous initier (et initier des étudiants) à une méthode que d'autres avaient défrichée avant nous. au moins par nous. 141 derniers appareils n'ayant pas fonctionné. Nous l'avons fait de manière aussi discrète que possible.70 LA MAISON-DIEU. à Paris. mais de peu d'expérience et n'ayant pas l'ambition de réunir un corpus aussi ample. c'est au total quatre séries de photos. ses abords. L'assemblée liturgique comme corps social peut être perçue selon deux perspectives différentes dans l'espace. 159-199). que nous avons pu réunir 2. dans l'ensemble particulièrement pertinent à une approche liturgique. Masse n'est pas pris ici au sens de Gurvitch et ne s'oppose ni à communauté ni à communion. Si cette seconde préoccupation nous a amenés à sélectionner certaines séquences particulières de la cérémonie. . en fait. ses espaces internes et la célébration d'une messe à l'occasion d'un congrès Disons plus: l'ensemble liturgique3. pouvait paraître qui. L'idée n'était pas neuve et l'équipe de sociologues avait pu admirer la collection de photos que J. D'une part. était double. en 1977 (cf. Brulin avaient faites de Saint-Séverin. 4. Le but d'une telle enquête Notre but.C'est l'abord morphologiquele plus extérieurde l'assemblée. remarquable qui nous avait été montré nous semblait inégalable. sélectionner ce du matériel visuel. soit plus d'une centaine de clichés. de nous avoir autorisé à photographier. elle est perceptible comme masse4. « Musiques et célébrations».Y. mais il était impossible de ne pas perturberquelque peu la cérémonie. c'est -à-dire comme constituant un agrégat 2. Je remercie bien vivement l'équipe sacerdotaleet l'équipe paroissialede Saint-X. disposant de conseils.

lorsque ceux-ci prennent une allure Processionnelle" ont été aussi retenues dans le temps: l'entrée séquences Dessortie (surtout au niveau masse). gestes et postures ne sont évidemment pas aléatoires et sont es d'une part. j "^ulièrement celles qui saisissent corrélativement les gestes es et ceux des fidèles censés participer de c élébrateurs aniere active: ceux des premiers rangs. le second ne participant manuellementau sacrifice. la la séquence eucharistique universelle et l'offertoire . de prendre des formes désagréger. mais leur caractère significatif parfois douteux (p. tout n'a pas également rendu. Si les angles de v vue se sont révélés bons (mis à part l'incident technique à la gêne qu'a éprouvée celui des deux photographes nl'-Ilef aet cet endroit et dont l'appareil a fonctionné.LA PHOTOGRAPHIE ET LE RITE 71 ayant une forme spatiale. si on n'avait pas numéroté exactement l'ordre des ici l'opposition proposée par Hubert et Mauss entre sacr'fiC transpose et sacrifiant.caractéristiques otamment au moment de la communion) et aussi certains Mouvements d'ensemble. ce qui permet de saisir des gestes. susceptible de se condenser. les chants des fidèles et et la s lectures à l'ambon au moment de la liturgie de la parole. dediverses. D'autre part. lieu privilégié pour voir la plupart afine et en vues plus rapprochées. Les particulièrement vues prises à mi-nef présentent un caractère intermédiaire : les permettent de saisir quelques postures. chaque personne réagit à ce qui se passe autour d'elle. blants ce qui nous amenés à diviser les photos en vues de masse C'est sont prises de la tribune. teUr niais Participant à l'offrande (c'est généralement lui qui a amené la victime). ere autour de la consécration) . d'autre part. du rapport entre célébrateur et céléonction. au cours de la liturgie de la parole) est au Point que. ex. globale de l'assemblée). . Non vanche. de l'observation commune de modèles. ue chaque vue ne soit claire. mainse de se mouvoir. le rite de paix. En les séquences ont donné des résultats inégaux. la communion. des postures. à cause de la ses trop grande proximité des objets qu'il avait à prendre). Luttais et limites de l'expérience A Vrai dire.

est très importantes. et à y rester pendant toute la sauf l'exception de la communion qui fait alors cérémonie. Enfin.72 LA MAISON-DIEU. commentaires il faut souligner le Enfin. D'une part. C'est pourquoi. les remarques sociologiques qui sautent aux yeux de prime abord ne peuvent équivaloir à une analyse approfondie. la séquence eucharistique est très reconnaissable. Mais l'entrée et la sortie sont très Pour la double série autelparlantes (nous y reviendrons). Il peut y avoir entre une analyse sociologique et une de ces photos toute la distance qu'il y a analyse-présentation entre l'analyse d'un ethnologue et une conférence du type « Merveilles du Monde». Et il faut bien dire que l'utilisation de ce matériel peut être multiple et que nous n'avons pas exclu donne lieu en milieu paroissial à des que la projection à caractère spirituel ou purement liturgique. on aurait eu du mal à situer certaines dans l'ensemble du déroulement. la communion est très intéressante à analyser. caractère inchoatif de l'opération. surtout à partir des prises de vue à mi-nef. il faudrait développer l'entreprise en une vaste opération audio-visuelle. figure de récréation. Déjà. il y a dans tout cela un piège. A vrai dire. sont plus interrogations. .) Autre tentation : utiliser ces vues et leur projection comme un prétexte à parler de la cérémonie. et pourtant. D'autre loin à propos de l'étude part. le fait que la forme prise par l'assemblée résulte significatif : de cette contrainte spatiale très précise qui oblige chacun à être à une place. 141 prises de vue. dans le chantier présenté ici. Plus photographe encore. mettant en branle magnétophone et cinéma ou vidéo (voir plus des gestes). avant d'entrer dans l'analyse. Ajoutons enfin que le choix de Saint-X. prise de la tribune et où les chaises dessinent un quadrillage qui fait penser aux alvéoles d'une ruche . disposée en carré ou en quinconce par rapport aux autres membres de l'assemblée. lorsqu'on découvre quelques aspects imprévus (comme par exemple une photo assez extraordinaire de l'église vide. premiers rangs. on se surprend à avoir la réaction du amateur: «Comme c'est ressemblant!». dans ce il peut y avoir quelque chose de sociologiquement saisissement. celui du pittoresque. les quelques résultats sont en quelque sorte à la surface des choses et les tant sur le fond que sur la méthode.

mais de Préfère aussi précise que possible des formes spatiales dans façon esquelles se meut la célébration et de celles qu'elle revêt. voire de quelques hypothèses. HALL. l'espace apparaît sous deux angles bien différents. 13. Or. y . trad. Dimension cachée. de Language. MORPHOLOGIE SPATIALE DE LA CÉLÉBRATION La notion d'espace a été tellement galvaudée dans ses métaphoriques destinées à «faire savant» que je aceptions ne pas parler d'« espace de la célébration». opération ne opération sociologique de dimension normale devrait être comparative et mettre en jeu plusieurs types de publics et Plusieurs styles de célébration. de The Hidden Dimension. destinée surtout à affiner Un outil: paroisse à liturgie riche. New York: 1966. Encore faut-il que le regard soit armé de quelques concepts. par ef.rte sur l'ensemble de la géographie humaine. voire. à paroissiale ouverte. p. Le Langage silencieux. et La Dimensioncachée. A la première de ces deux perspectives ressortit la « proxéde Edward T. Le traducteur 1971 ». Hall6 que l'auteur définit comme rnique» « l'ensemble des observations et théories concernant l'usage que l'homme fait de l'espace en tant que produit culturel Une telle définition est large et débouche à la SPéeifique » 7. New York: 1959.LA PHOTOGRAPHIE ET LE RITE 73 valable pour une opération ponctuelle. qUe de la célébration comme acte collectif. La tendance actuelle semble être de ConUlt proxemics par « proxémie pour les néologismes une forme phonétique aussi proche que ¡>os sbrvl erde l'original. de ce point de Vue. TheSilent trad. selon ?u °n en fait le simple système de coordonnées des relations ou le support d'un véritable tracé symboliterindividuelles. Possible 1. s'intéressant avec une communauté et nous donnant toutes les facilités pour la réaliser. ni routinière ni extravagante. Je Passerai aussi par-dessus un certain nombre de pompeuses la question: « Que peut-on apprendre par pour poser fVIdences a Photographie que l'on ne connaisse déjà en cette matière et réellement? » Mais il ne suffit pas pour cela apprend-on deregarder. j. Paris: Seuil. E T. 1973. Paris: Mame.

). Hall précise bien que ces distances sont culturelles et au public américain moyen. lutte. « cette distance est celle des relations impersonnelles ». En mode proche (120 cm.50 m. En fait. à 210 cm. Dimensioncachée. distance convenable pour parler à un groupe. Distance 20 à 45 cm. 4) Distance publique. Il faudrait les correspondent 8.74 LA MAISON-DIEU. 2) Distance personnelle.).60 m. 3) Distance sociale. Possibilité de contact manuel. dans la Dimension cachée. En mode éloigné (à partir de 7. 1b) Distance intime. En mode proche (3. p. distance de la conversation ordinaire entre intimes. l'attention de Hall se concentre sur l'espace comme milieu de communication. 9. Regard de visage à visage. Distance habituelle de la conversation privée non secrète: la voix est moyenne de façon à ne pas porter au-delà. mode éloigné. . Relation sur le mode du secret et interdite au public.Langagesilencieux. pp. Voix étouffée. mais sans précaution à l'égard de tiers. C'est aussi la distance du cours professoral et du théâtre 9. extention. permet de s'isoler de la conversation des autres. Distance et communication humaine la) Distance intime. on est au-delà de tout contact physique possible. En mode éloigné (75 à 125 cm). mode proche (moins de 20 cm). Son apport le plus original est son morceau désormais du conditionnement de la d'analyse classique communication par la position respective des partenaires. le chapitre sur la régulation de la distancechez les animaux. En mode lointain. Rapport tactile.50 m). Acte sexuel. 141 de l'éthologie et de l'écologie animale8. 145-160. considérée comme hautaine ou impolie pour la parole interpersonnelle. En mode proche (45 à 75 cm). distance imposée par les personnages importants. à 7. A ce sujet. faible usage de la vue et de la voix. réconfort physique. 197.

T. «A system for the notation of proxemic behavior». gêne asemblées baiser. la photographie l'enregistre très bien par l'apparition de sourires sur les visages. cette poignée de main Provoque une détente: cela. Par ailleurs. Néanmoins. à la manière traditionnelle délivre ces Paroles comme une sorte de secret que seule l'hostie devrait ou se situe dans le cadre de la conversation de table ntendre.65 (1963). trop connoté. Mais il significative agit déjà de posture et on est à cheval sur une organisation de f. espace comme cadre de mouvements autorisés et de la gestuelle comme système de signes et de symboles12. rnant Il . pp.0n ouverte ou fermée des bras et des jambes) qui est d'une plus ou moins grande accessibilité. 359-372. se montre très Sol. j. de l'impolitessequ'il y a à demeurerdistant dans le sensmatérieldu rnUCleux trait commun aussi à une culture défiante à l'égard de la théâtralitéet aiot. selon que le prêtre. pp.LA PHOTOGRAPHIE ET LE RITE 75 assouplir et les diminuer pour un public latin10. peut-être sans s'en apercevoir. à la distance. orientation du regard comme mode de relation11. b) au geste du prêtre se penchant sur l'hostie pour les Paroles de la consécration. D'autres Joutent l'orientation du corps et aussi l'« ouverture» (disposi1. Hall lui-même joint st l'orientation. Orientation Mais entre en jeu une autre variable de la proxémique et qui En effet. f.«Significance of posture and position in the c com cation of attitude and status relationships ». les rapports de type moyen. la distance à mesurer n'est Plus celle à l'hostie) d'une proclamation à l'assemblée . c) au geste de paix qui a été réalisé dans certaines du la sous de baiser de Outre forme paix. * volcan Anthropologist. une telle grille peut approximativement s'appliquer : a) au recul pris par les officiants à l'égard du public. on est dans le cas 1 ou le cas 2. HALL. Hall. PsvchologicalBulletin o HlUn' 71(1969). 1003-1026. ou encore (mais alors. Loin de procurer une gêne. Ici. de la Cène.h E. le passage à la distance 1 a) pose un Problème de saut plus brutal d'une distance à l'autre que le Passage à 2-proche) que produit la poignée de main pratiquée à SaInt-X. 1\: MEHRABIAN. .

Un espace transversal à mi-nef. tel n'était pas le cas. Hall lui-même montrait que. En revanche. Et sur ce plan. phénomène a deux dimensions. partenaires. mais à un rapport de à un collectif. Le nombreux. c'est-à-dire de se situer à proximité immédiate (cette proximité étant définie par le quadrillage des chaises) de ceux qui sont groupés. Proximité et distances D'une part. etc. si on s'aperçoit que ceux-ci n'ont de pertinence que dans des relations face à face. 141 76 ces derniers traits ne se surajoutent pas Or justement purement et simplement aux précédents. les indices sont participation même s'ils paraissent difficiles à chiffrer. en raidissant les membres (fermeture). dans une église qui n'est pas complètement pleine. détermine un « second premier rang» où s'observe un phénomène analogue . remplissage étant presque intégral. puis dans les rangs immédiatement derrière. de marquer qu'on n'entrait pas avec ses voisins dans un mode de relation de type 1 a). il y a le fait de faire corps avec les autres. ou de prendre des distances. en choisissant une place dans une zone de faible densité. la Dans le cas de l'assemblée. Disposition des fidèles et participation Le problème n'est pas celui de l'adéquation de la distance à un rapport mutuel de type dialogue. lorsqu'on est serré.LA MAISON-DIEU. Or. en éloignant le regard. le phénomène était sensible au moment du remplissage et les photos prises de la tribune pendant les premières minutes de l'office sont instructives à cet égard. . position réciproque en parallèle des fidèles implique un tout autre type de codage. on voit très nettement — que les premiers arrivés se mettent au premier rang. il convenait. le fidèles. à la formation de paquets de Dans le cas présent. sorte d'allée. par exemple dans un transport en commun. Allons plus loin: le type 1 a) de même que tout le code des autres distances ne se présente comme tel que dans une situation elle-même codée par l'orientation mutuelle des bien évidemment. Cela conduit.

. est assis par terre dans des postures sans contrainte. . bien entendu). etc. par exemple LERCAROet al.. en vant-scène aussi. primitivement destiné aux enfants. Paris: Cerf. L'orientation vers l'autel . ou de ceux qui ont une fonction particulière dans la lacement célébration: lecteurs. un espace assez curieux. le second ayant déjà fait l'objet de ssez nombreuses études. se mettent sur les rangs arrière. où un pu hc. dans un sens différent de l'orientation envisagée précédemment) dans un sens « ascendant» vers l'autel. avec une zone de faible densité à l'intérieur de chacun d'eux. généralement arrivés plus tard. L'étude photographique peut-elle Cf. Je voulais surtout insister sur ce premier aspect. non vu de la nef centrale. quêteurs. Espace sacré et architecture 13. .les « planqués» des bas-côtés. située en avant-scène et. mais plus sur le plan architectural qu'en ce qui concerne les formes spatiales prises par les assemblées elles-mêmes13. les positions stratégiques permettant un passage aux de place: Rangements départ. on sera tenté d'établir une fonction directe entre la distance à l'autel et Participation (fonction tendancielle. les que quatre carrés (si on néglige provisoirement bas-côtés) sont ainsi dessinés. en même temps que les bas-côtés et le fond de l'église. proxémique. 1971. jeune dans l'ensemble.les premiers rangs: . Mais il ne faut pas oublier le « d'autre part» que j'ai semblé Il y a le fait que le dispositif est orienté (cette fois-ci négliger. d l'utilisation de l'espace. voyant sans être vus. Bien sûr. mais aussi communion.LA PHOTOGRAPHIE ET LE RITE 77 que d'autres.cas particulier de la chorale. Il est sans a doute plus fécond de chercher des types de position participative : . semble-t-il. ou en ligne longitudinale sur les côtés (sans doute même motivation: facilité de sortie) . moderne.le fond de l'église . Puis ces zones elles-mêmes se remplissent.

les rangs du fond s'avancent les premiers. de découvrir de nouvelles la photographie permettrait-elle de l'assemblée dans son dessin symbolisations possibles spatial ? Peut-être pour l'instant la fonction la plus claire sur ce plan est-elle d'ordre critique. mais la photo saisit les indices du mouvement. l'assemblée. à Saint-X.78 LA MAISON-DIEU. comme au cinéma ou chez le boulanger. la discipline joue pour que les s'avancent communiants par l'allée centrale et reviennent à leurs places par les côtés. 15. La Communicationpar le geste. je le regrette. Sans doute. etc. Un exemple: la démarche de communion Je ne donnerai comme exemple que la communion « processionnelle » des fidèles. 141 apporter plus sur ce point que ce qui a été déjà dit sur le de la disposition symbolisme respective de l'autel et de des déplacements processionnels14. chaque rang passe à son tour et. mais à une « queue». De plus. . on a pourtant tout fait pour accélérer la distributionde la communion. Or. la lenteur brise-t-elle tout le dynamisme du « Je m'avancerai ». ? Mieux. on ne peut pas dire que ce soit la pagaille : sans caporalisme excessif. mais vue aussi bien de la tribune que du même niveau à mi-nef. L'idée de «procession» a en effet souvent été évoquée au sujet de la communion et des chants cet aspect: «Je m'avancerai soulignent jusqu'à l'autel de » Dieu. 1970. et la posture de gens qui piétinent dans une file d'attente n'est pas la même que celle des processionnaires qui parcourent une ville 15. Paris: Centurion. Cf. pour accentuer l'aspect processionnel (du moins je le suppose). la file ressemble non à une procession.. 14. A Saint-X. Or. On dira que précisément la photo ne saisit pas le mouvement .

Il faut donc compter avec toute une part de non identifiable. cela ne soit pas tellement Mais gênant et que l'interprétation d'une photographie en terme de gestes paraisse faisable. il s'agit de deux choses différentes. D'autre Part. d'où vient qu'après tout. saisis à une certaine Phase de leur déroulement. bras à demi-pliés. D'autres gestes. baissent la tête ou la Personnages relèvent etc. On singulièrement connaît cette image utilisée pour les tests projectifs. les postures proprement dites sont des dispositions relativement durables du corps. si je frappe sur un c ou avec un marteau. il y a l'instantané des mouvements. tout en ont n ayant de sens que dans la totalité du mouvement. mon marteau s'arrête un moment sur la Position levée). On prévoit que l'analyse de l'image Se voit compliquée par cette interférence. au moins au niveau d'une intuition Proche de la certitude ? La plupart des gestes comportent des temps forts et des mouvements de transition. étendre les mains etc. Il y a évidemment tous les gestes qui n'ont d'autre fonction que de conduire à une posture ( agenouiller. réservés au cinéma ou à la video et qu'elle doit se contenter de reproduire les postures. Ceux qui représentent ces gestes le avantage savent bien: ce sont ces moments-là qu'ils représentent de Préférence (On est plus sûr d'être compris en représentant un omme le marteau levé que le marteau au contact du clou). néanmoins des temps d'arrêt (par exemple. d'ambiguïté. et on demande: « monte-t-il ou descend-il ? » De fait. Il en résulte que ce moment du geste est vu que les autres. .). où on voit Un homme suspendu à une corde.LA PHOTOGRAPHIE ET LE RITE POSTURES La photographie 79 ET GESTES des gestes Il serait apparemment d'une évidence banale de dire que la Photographie est incapable d'enregistrer les gestes. il est souvent impossible de savoir si les se lèvent ou s'asseyent. En fait. si on désigne précisément sous ce terme les positions corporelles fixées par l'image. D'une part. dans notre collection de photos.

etc. moment qui a le plus de chance d'être pris. 18. Birdwhistle dans son entreprise de synthèse à laquelle il a donné le nom de Kinésique18. Ainsi on était mis sur la voie de la fonction signifiante du geste. langages des moines. il faut renvoyer. . au moins prend en photographie. ont appris à mettre en évidence l'aspect les ethnologues d'un grand nombre de gestes. On a L'interprétation commencé des par étudier les gestes comme expression émotions et comme si c'étaient de simples mouvements produits par les émotions17. dans le cas d'une photographie. brièvement aux travaux sur le geste (et ils sont nombreux) 16. En commençant par Darwin. Voir l'abondante bibliographieà la fin du numéro spécial de Langages sur le geste (N° 10 de 1968). depuis longtemps. Mais il y a plus que matière à ces remarques d'ordre et pourtant nécessaires pour savoir ce que l'on mécanique Pour cela. les travaux de Birdwhistle sont difficilement accessibles en France. Malheureusement. Enfin c'est la danse qui a fourni exacte du geste comme l'objet privilégié pour l'analyse mouvement. C'est ce qu'a fait R. De leur côté. J. L'interprétation des gestes des gestes a toute une histoire. au c'est-à-dire à une phase de point où nous en sommes. Or. quitte à nous obliger à revenir en arrière pour renforcer notre outillage. 141 c'est ce Remarquons que. Kristeva analyse sa théorie et sa méthode dans le numéro précité de Langages qui présente la traduction de deux textes essentiels de cet auteur. 17. variables selon le conventionnel cadre culturel : évidemment. défrichement où nous traçons seulement la voie. Tout cela est d'une importance capitale et toute analyse rigoureuse se doit d'assimiler les techniques mises au point dans ces diverses études. au premier rang de ces conventions se trouvent les gestes rituels.80 LA MAISON-DIEU.). même si je ne le fais pas exprès. cette discipline peut nous offrir un raccourci. La mise en perspective est en effet intéressante. Les cas extrêmes sont donnés par les langages par gestes (langage des sourds-muets. de Birdwhistle D'abord l'analogie 16.

alors que. . ou. un peu est de savoir jusqu'à dépassée. il suffit que les éléments parakinésiques.Greimas et F.LA PHOTOGRAPHIE ET LE RITE 81 avc le langage. d'intensité. Langages 10. parakinésiques renà des différences de degré. 20. il peut être variable selon le cadre social. de même on distinguera des éléments kinésiques formels. de même que Saussure distinguait langue et parole. Or. La difficulté est sur un autre plan. parakinésiques accessibles au photographe) est souvent flou et Petit dépendre du contexte des postures précédentes (et nous ramenés aux limitations de l'instantané photographiqOmesD'autre part. de fréquence 19.. peut avoir une signification de défi. c'est revenir. a telle posture. quel point les expressions des émotions ne sont pas elles-mêmes conventionnelles. le codage (étant entendu que les postures sont les seuls éléments stUI. s'ils sont de l'ordre d'une « sémiotique du monde naturel » soient codés au niveau du décryptage. mais en Passant par-dessus deux questions encombrantes. dans le même numéro de Langages la discussion entre Aj Voir. La première.n voit facilement que l'amplitude du mouvement. D'une part. autre cadre. En un sens. p.?WISTLE. c'est-à-dire du rapport entre signifiant et signifié20. elle exprimera simplement la Un décontraction. En effet. 103. précisent la tonalité de l'affirmation. voyant Birdwhistle donne lui-même l'exemple du hochement de tête affirmatif qui peut être tenu pour un élément kinésique formel: o. La seconde est de savoir si toute une partie des gestes (réactifs. pour que nous puissions en faire un Usage quasi-linguistique. possédant des Propriétés structurales et des éléments. même cérémoniel. à la dualité entre gestes conventionnels et expression des émotions. mais dans toutes ses dimensions. dans exigeante. incongrue dans une cérémonie à étiquette Ainsi.Rastier. 1968. sa brusqueou sa lenteur etc. rie A Joutons qu'il y a tout lieu de ranger au nombre des éléments Parakinésiques les postures de l'ensemble du corps. à peu de choses près. «L'Analyse kinésique ». dont n'a pas à se demander s'ils sont naturels ou conventionnels. c'est-à-dire selon le consensus des observateurs. pratiques) ne sont pas de l'ordre du monde naturel et non de la semiosis.

les secondes peuvent paraître apporter au contraire une manière d'être étrangère. On est amené à conclure que ces postures ne peuvent être interprétées que selon un code différent de celui des personnes précédentes et que ce qui. Si les premières semblent se conformer très exactement au code postural classique dans une église (code. ici. corps incliné vers l'arrière et appuyé contre le dossier de la chaise). connoterait une attitude quasi-sacrilège. bras près du corps et mains réunies sur un objet: sac. dans le code de celles-ci. disons une certaine familiarité avec le sacré. c'est-à-dire discipline et aussi manière d'exprimer corporellement qu'on est dans une église). mains dans les poches. Le contexte rend donc impossible de connoter leur attitude comme négligente ou distante. dès les premières photos. peut très bien s'accommoder. — que leurs regards se fixent constamment vers l'autel. Mais. ce n'est sans doute pas par hasard qu'on trouve cette posture dans cette église (encore qu'elle ne soit pas rare si on se rappelle que. du moins de se distancier. sinon de défier. livre) et d'autres que l'on peut qualifier de «très décontractées » (jambes croisées. entre des personnes assises avec une certaine raideur. une certaine façon d'être à l'aise. selon une attitude posturale que l'on pourrait dire fermée (jambes serrées. leur posture connote une modalité de cette attitude. un contraste apparaît.82 LA MAISON-DIEU. D'une part. Dans le premier rang de nos paroissiens de Saint-X. d'une participation religieuse intense. Le code renvoie lui-même à deux sortes de supports sociaux. dans les deux sens du terme. les postures très aujourd'hui) décontractées ont été en quelque sorte institutionalisées par la constitution d'un espace réservé où les jeunes peuvent assister à . justement. (il serait gênant de multiplier l'observation des signes de participation). peut-être une façon. etc. 141 Postures contrastées Un cas illustre très exactement le caractère complexe de l'analyse qui est alors nécessaire. suivie de ces mêmes personnes dans leurs L'observation postures au long de la cérémonie nous oblige à noter — qu'elles sont arrivées dès le début de la cérémonie et se sont placées au premier rang. comme rien n'est sans signification.

s'habillant jeune». Disons que tout. dont le degré étudier. c'est pour faire court. bien sûr. D'autre part. ils ne peuvent pas être vus. l'équipement. et la coiffure etc.. ces personnes. on saisit intuitivement un certain style de lié à des conditions d'existence et se comportement Prolongeant dans un certain comportement religieux. absorbe l'hostie seulement à ce moment (il y a. ne font visiblement pas partie du même public que «les personnes pécédentes. codes de comportement. jusqu'aux gestes proprement rituels. Plus que les gestes du prêtre à l'autel. Bref. milieu « à l'aise ». femmes assez jeunes et. de toute façon. mais nettement codé. ou tout au moins sur leur divers . comprend deux toutes deux présentes à Saint-X. si on se le permet. eux qui.LA PHOTOGRAPHIE ET LE RITE 83 la messe assis par terre (mais aussi. qui présentent pourtant de nombreuses variantes. a finlte avec des milieux sociaux déterminés. comme la tête dans les mains pour le recueillement. intéressantes à nous avons retenu les gestes des fidèles. connote un dans le vêtement. directement dans la bouche et la communion dans la main. par exemple. Le geste de la communion La question se pose un peu différemment pour les gestes f¡ fortement structurés. gardent l'hostie très peu de temps dans la main . La communion à l'hostie. On Peut décrire le déroulement de celle-ci: le communiant. la communion gantes. On est tenté de mêler ici une sémiologie sociale à celle des attitudes. Mais on VOlt facilement ce qu'aurait de superficiel d'en rester à une question de style et combien il est nécessaire de dépasser ces pour creuser du côté de la genèse sociale des apparences. en ce lieu où leurs postures constrasteraient sans doute par trop avec celle d'un très grand nombre de fidèles. de formalisation s'étage depuis le geste à prédominance expressive. entrant dans une conduite symbolique dans la terminologie de la Précise (Kinès ou kinèmes. retourne à sa place prend debout. l'hostie dans la main droite. femmes « d'un certain âge». ce qui matérialisé la coupure entre les deux codes). kinésique) où la photo peut recueillir le moment fort d'un enhaînement gestuel. en une séquence proche de la communion directe dans la bouche.

Au reste. autant de voies d'approche de la célébration comme acte . voire d'une application — qui serait devenue ensuite imitation — de consignes données par le clergé lorsque fut inaugurée la nouvelle pratique. complémentaire comme s'il s'agissait de recueillir des parcelles sur le point de tomber. c'est le geste Mais ce qui est le plus caractéristique. L'une est le caractère expressif du geste: respect. Il y a des rapports de congruence entre des systèmes gestuels et posturaux. ce qui nous renvoie à l'éthos de la célébration. 141 84 et la portent rapidement à la bouche). en cuvette sous l'hostie. Et celle-ci va chercher aux racines mêmes de leurs significations.LA MAISON-DIEU. Ce portement. l'analyse peut prendre plusieurs directions. On pressent déjà que gestes particuliers et postures générales ne sont pas indépendants les uns des autres. Il n'y a peut-être pas beaucoup à chercher dans ce sens. est en fait fortement ritualisé (la photographie en apporte un témoignage frappant). L'hostie est saisie entre le pouce et l'index de la main droite et tenue à une vingtaine de centimètres du visage. mais au moins on peut éviter l'erreur consistant à voir dans ce mode de communion une marque d'irrespect. protection. sur lequel on peut en l'occurence associer librement. voire la résurrection d'une pratique plus ancienne. Il y a ensuite le symbolisme. l'analyse des gestes et postures. geste nouveau. Cette séquence comprend par conséquent un long moment intermédiaire où l'hostie est portée dans la main. L'ÉTHOS La célébration DE LA CÉLÉBRATION comme interprétation La schématisation spatiale. ces divers plans de l'interprétation peuvent parfaitement coexister entre eux. Cette main recourbée en dessous représente-t-elle le plateau de communion qu'elle semble remplacer? Figure-t-elle une sorte de nid. comme certains d'entre nous l'ont suggéré? On peut aussi chercher du côté de l'imitation d'un geste sacerdotal. de la main gauche. Ici encore.

peut-on dire. mais il y a plusieurs ordres d'exprimé. 2. si on part du admis par tous les participants. le passage à l'acte est d'abord traduction d'un langage purement verbal. et aussi. il y a la manière. comme le texte écrit. l'église est un lieu et que la célébration est un temps. celui du convenable.LA PHOTOGRAPHIE ET LE RITE 85 significatif. se prolongeant en une gestuelle et s'incarnant dans l'espace. Mais si le rituel peut être tenu pour l'œuvre. Tout cela n'est ni dit ni écrit. telles eclairées ». «Des paroles sacramentelfl. Le rituel comme écrit à réciter (texte) ou à exécuter (rubriques) peut receler des richesses de sens qu'un premier coup d'oeil ne décèle pas clairement et que l'analyse sémantique explicite 21. Mais significatif de quoi? La célébration tout entière est expression. comme on l'a vu. Pour les uns. la gestuelle ne sera sans doute pas la même.III. Il n'en est pas de même — et tel est le second aspect de la — des divers niveaux de jugement à l'égard de ce qui manière doit être et que recèle l'actualisation non verbale de la liturgie. Faisant même abstraction des parties improvisées ou libres (hants par exemple). Mais celle-ci n'est pas univoque. la célébration en est l'interprétation (au sens artistique du terme). tous deux fortement soumis aux contraintes de la convenance. avec ses intonations. mon Rite et efficacité symbolique. par une monition . que probablement sentiment. Or la manière se distribue entre deux pôles. D'un côté et si nous visons le plus proche du sens rituel. cette contrainte est Cf. Mais ce sont là des aspects conscients du modus celebrandi et a Photographie ne nous apprendra sans doute rien qui n'ait été voulu par les ordonnateurs de la cérémonie et même par les Participants pour peu que ceux-ci soient suffisamment avertis. Le niveau du convenable Un des exemples présentés plus haut nous donne immédiatement accès à un premier niveau. Utiliser un code gestuel ou un autre n'est pas indifférent. il y a en quelque sorte la théologie implicite de la célébration. en une Parole distribuée dans le temps. Selon que l'eucharistie est centrée sur l'idée du repas eucharistique ou sur celle de la présence réelle. Comme pour l'interprétation d'une œuvre musicale.

Or. Le niveau de la tolérance le conflit serait Si on en restait au niveau de l'étiquette. connotées comme raides. Or. interpréter davantage d'amour réciproque des membres de l'assemblée. sans relation mutuelle visible. Il s'agit somme toute d'une «déplacés» mais fortement chargée du côté de la notion de étiquette. de la piété. A caractère essentiellement répressif. en sorte que le code ne comporte pas seulement une liste de postures interdites. rien d'observable ne traduit un tel conflit : ni geste choqué de la part des personnes de la première ni dérision apparente de la part de celles de la catégorie. mais codées aussi un certain nombre de postures recommandées. refusent ces attitudes au moins pour jugées ridicules. dans toute la cérémonie. Il faut donc supposer un second niveau. seconde. la tolérance. cette étiquette n'en induit pas moins ces attitudes spécifiques. C'est là justement ce qui fait que nous ne pouvons pas nous contenter de dire qu'il y a ceux qui observent le code et les autres. les manquements à cette étiquette sont immoraux et sacrilèges. respect. sauf à un . fermées. Celle-ci est nécessairement impliquée par la coexistence pacifique des deux types de comportements. Mais faut-il et parler de «charité chrétienne». A la limite.86 LA MAISON-DIEU. de manière parfois non moins impérative. inévitable.. exigeant que chacun comprenne les autres dans leurs manières différentes leurs sentiments? mais c'est là que Peut-être. les participants sont assis en parallèle. et même d'un respect spécifique à l'égard des choses sacrées. leur propre usage. comme significatives du respect. à Saint-X. d'exprimer l'adepte des sciences humaines apporte sa prudence spécifique et dit au pasteur: « Attention de ne pas confondre l'être et le devoir être! » Conformons-nous strictement à notre règle de n'avancer que ce que nous voyons et que ce qu'on peut en tirer immédiatement. donc pas moins «déplacées». Et les connotations sur les autres plans déjà évoqués affluent: attitude « pieusarde ». Ces autres. considérés comme dans une église. plus proprement éthique et qui est affecté ici d'une valeur. voire « hypocrite ». 141 évidente et une certaine tension intérieure les porte à réprimer toutes sortes de gestes de la vie courante.

que ces attitudes reçoivent des jugements de valeur au même titre que les attitudes de la vie sociale. regards. Bien sûr. se sont effectués exclusivement entre personnes de la même catégorie de comportement. Il y aurait du reste. 1s émanent. On l'a vu apparaître comme Prolongement au moins possible des deux niveaux précédemment évoqués. . à ce moment. en sorte qu'on peut etablir à cette occasion un rapide schéma sociométrique.LA PHOTOGRAPHIE ET LE RITE 87 moment. d'attitude religieuse. force est de constater qu'au moins au premier rang. celui du geste de paix. Et pourtant la nécessité de cette notion comme outil d'analyse n'est pas évidente. dans ce seul registre toute une gamme d'attitudes possibles à détailler. Pourquoi ne pas parler tout simplement de piété. L'éthos religieux Les questions les plus fondamentales concernent ce que l'on Pourrait appeler l'éthos religieux. sourires qui constituent ce dégel si caractéristique du geste de paix tel qu'il peut être observé à Saint-X. Or. mais font l'objet de consensus de la part soit de soit d'une partie de la communauté culturelle dont l'ensemble. — que ces jugements de valeur ne sont pas strictement personnels. Précisément. les serrements de main. Il s'agit de préciser -— qu'il y a des attitudes morales à l'égard de l'objet religieux comme à l'égard des humains. Mais l'emploi de cette expression n'est pas gratuit. La question doit néanmoins être posée ainsi que celle de la possibilité d'une tolérance simple du type « On voit tant de choses de nos jours! ». bien Sur. voire de conceptions théologiques personnelles ? Tous ces termes ont un sens. il serait trop hâtif d'en tirer la conclusion immédiate de l'existence de deux Publics non miscibles. et la notion d'éthos religieux emprunte aux uns et aux autres. depuis la simple non-intervention à l'égard d'autrui Jusqu'à un authentique respect de la liberté des autres. L'important était de dégager un certain plan de l'éthos de la célébration et qui est celui de l'attitude réciproque requise des Participants entre eux et qui est une variante spécifique de la morale sociale. la Photographie saisit qui se tourne vers qui.

ce serait aller bien trop vite est au contraire frappé par ce qu'a en besogne. Une fois de plus. particulier jusqu'à . ceux qui ne baissent pas les yeux. parfois même dans les poches (attitude très répandue dans l'assistance et pas seulement dans le cas qui nous avait frappé au début de cette description) La première attitude se lit tout naturellement comme respect. C'est ce paradoxe que j'ai voulu souligner. position libre des mains. Mais attention! qui parlerait alors de « perte du sens du sacré» entendrait par là non seulement la disparition d'un tabou. Le moment qui suit Nous ne prendrons qu'un exemple. L'observateur de particulier cette combinaison de posture dressée. à propos de postures du même registre. mais aussi celle de toute attitude spécifique à l'égard du divin. Tête inclinée = soumission. Quant aux autres. parce que si ce mot a un sens propre. mais enfin. ce n'est pas celui d'une ou d'objets. regard fixant l'autel. i. de visage sérieux et de regard tendu. pouvant aller du simple spectacle. Il y a là le signe d'un autre mode de relation.e.88 LA MAISON-DIEU. mais celui d'une certaine d'êtres catégorie structure de la relation du sujet à l'objet. 141 L'attitude des fidèles à l'élévation Il est bien évident que la voie d'accès choisie ici est trop fruste pour nous mener au delà du seuil de cet éthos religieux. de « familiarité à l'égard du sacré ». regard baissé = tabou du regard à l'égard de l'hostie (c'est-à-dire qui ne doit être regardée que dans les formes prescrites. tête dressée. Attitude « classique» (toujours): genoux. l'élévation induit deux types de complexes gestuels (mixtes de à gestes et de postures). C'est la structure classique du sacré. dont Durkheim pensait donner la formule universelle et qui rencontre un très large assentiment de ceux précisément qui parlent de « sacré». mais rehaussé d'un la tentative de coefficient d'attention. chez d'autres. tête baissée. au moment de l'élévation). est aussi dans Durkheim dont le moindre mérite L'expression n'est pas d'avoir souligné tous les paradoxes des relations au sacré. j'ai parlé. l'attitude traduite ne semble pas spécifique d'une relation à un objet sacré. mains recouvrant parfois la figure et bouchant le regard. station debout.

* Comme on le voit.A vrai dire. l'observation photographique pose ici Plus de questions qu'elle n'en résout. un usage exclusif de la photographie comme instrument d'analyse. François A.LA PHOTOGRAPHIE ET LE RITE 89 déchiffrement du mystère à travers la perception du symbole. ISAMBERT . mais aussi il n'est pas question de faire. Il n est pas possible de préciser davantage. en ces matières. l'analyse du matériel est juste commencée.

La Maison-Dieu,
Pierre JOUNEL

LES

141, 1980, 91-96

MISSELS

DIOCÉSAINS
DU

1se

FRANÇAIS

SIÈCLE

E P. Gaston Fontaine, l'un des collaborateurs de la première heure du CPL, a soutenu, l'an dernier, à l'Institut
L
Supérieur de Liturgie une thèse de doctorat en théologie
sur L'Avent dans les lectionnaires latins des origines à nos
jours. La partie la plus neuve du travail concerne les liturgies
diocésaines françaises du 18e siècle, qu'on a voulu appeler
« néo-gallicanes », alors qu'elles ont toutes conservé intégralement l'Ordo Missae du Missel tridentin. Le souci de ne rien
toucher à cet Ordo était tel que l'évêque de Troyes, neveu de
Bossuet, déchaîna une tempête quand il prescrivit de dire le
Canon submissiori voce au lieu de secreto et proposa d'enlever
la croix et les chandeliers de dessus l'autel (Missel de Troyes,
1736).
Depuis que dom Guéranger a fait une présentation tendancieuse de ces liturgies dans les Institutions liturgiques (1840)
Pour obtenir leur abolition, personne n'a tenté d'en entreprendre l'étude à frais nouveaux. Leur intérêt demeure pourtant
considérable.
Sur plusieurs points la réforme liturgique de
Vatican II en est largement tributaire. Or le P. G. Fontaine leur
fait une place de choix dans son exposé, et il commence par où
Il fallait commencer,
par le relevé des éditions des Missels
romano-français publiés entre 1680 et 1840. Il a inventorié 82

LA MAISON-DIEU, 141

92

Missels, dont il fait la description, en suivant l'ordre de leur
parution. Ces pages constituent un premier pas vers une étude
du renouveau liturgique français du 18e siècle.
systématique
du mouvement,
sa
Elles aideront
à délimiter
l'ampleur
répartition géographique, et à dégager les règles qui ont présidé
à son développement.
Voici, en bref, quelques résultats de
cette enquête.

1. Le champ

de diffusion

des Missels diocésains

Sur les 82 Missels identifiés par le P. Fontaine, 3 concernent
des Ordres religieux (Cluny 1733, Saint-Vanne 1781, Prémontré 1787). Tous les autres sont diocésains : ce sont Alet 1774,
Amiens 1752, Angers 1717, 1737, Arras 1841, Auch 1753,
Auxerre 1738, Bayonne 1753, Bayeux 1783, Beauvais 1756,
1684, 1766, Blois 1781, Bourges 1741, Cahors
Besançon
Carcassonne
Châlons/Mame
1748,
1760,
1749,
1845,
Châlon/Saône
1765, Chartres 1782, Clermont 1739, Couserans
1753, Die (cf. Vienne), Dijon 1762, Evreux 1740, Grenoble
Laon 1773, Le Mans 1749, Le Puy 1783,
(cf. Vienne),
1830, Lisieux 1752, Lombez 1778, Luçon 1767,
Limoges
1828, Lyon 1737, 1771, 1825, 1844, Meaux 1709, Mende
(1766), 1825, Mirepoix 1753, Montauban 1773, 1830, Nancy
1838, Nantes 1837, Narbonne
1778, Nevers 1728, Nîmes
1831, Orléans 1696, 1774, Pamiers 1782, Paris 1685 (Harlay),
1706 (Noailles),
1738 (Vintimille),
1830 (Quélen-Vintimille),
1782, Poitiers 1767, Reims 1770, Rennes 1786,
Périgueux
1831, Rouen 1728, 1759, Saint-Papoul 1774, Sées 1742, 1841,
Sens 1715, 1785, Soissons 1745, Tarbes 1836, Toul 1750,
Toulouse 1773, Tours 1784, Troyes 1736, Tulle 1777, Valence
(cf. Vienne), Vienne 1680, Province de Vienne 1784, 1822,
1840, Verdun
1779, 1829, Versailles
1832, Viviers (cf.
Vienne).
Selon cette liste, sur les 139 diocèses que comptait la France
en 1790, 57 s'étaient dotés d'une liturgie particulière depuis la
fin du 17e siècle. Mais le P. Fontaine ne prétend pas être
exhaustif, car il n'existe aucun répertoire des Missels diocésains et nulle bibliothèque n'en possède la série complète. A

Tréguier. Institutionsliturgiques. lmminges Dax 1779. iuxta usum EcclesiaeNannetensisaccommodatum. Prosper. Coutances 1778. . sur les 9 oceses bretons. par exemple. Elle poserait aussi des problèmes à élucider. p. Saint-Pol de Léon et Quimper. L. Si le prestige de la liturgie est inégalé.Les livres liturgiques n'a di wiocèse de Langres. Pays d'obédience. 'fO. Ourquoi. le Missel de Poitiers fut-il choisi par et Laon? Il faudrait expliquer enfin les raisons pour antes le rite romain se maintint avec plus de force dans esquilles Oest de la France. En 1789. le Missel de 1738 fut adopté par plus de parisien mais la plupart le publièrent sous leurs noms diocèses5. Cf. p. n' l. qui eu de Missel correspondant. Bazas 1773.582. Le Mans-Paris. En ce qui concerne Langres. p. Ce fut le. Alès 1758. pasP. respectifs avec les variantes locales. 201. MARCEL.LES MISSELS DIOCÉSAINS FRANÇAIS 93 Partir du on peut relever 19 catalogue de Wheale-Bohatta1 noms: Agde 1762. London: 1928. A lui seul. que suggère le Fontaine. autres Condom 1764. GUÉRANGER. Embrun 1773. aint-Brieux. tome 2. malgré les décisions du concile de Tours de 5 diocèses restaient fidèles aux livres romains: Nantes. Une seule province. Noyon 1770. Limoges 1738. il s'agit du Bréviairede 1731. Avec ce chiffre de 79 Missels on recoupe à peu près le témoignage de om Guéranger selon lequel plus de 80 diocèses de l'ancienne avaient abandonné la liturgie romaine à la veille de la Rnce évolution4. Gap 1764. : Missale La premièreédition du Missel de Nantes (1790) est intitulée j. dans certaines régions l'autorité morale de de Paris Eglise métropolitaine contribua à la diffusion de sa liturgie Propre dans la majeure partie des diocèses suffragants. Fréjus 1782. celle de Vienne en élabora un Missel commun. Paris 1892. 1753. Metz 1778. la Bretagne tint en Particulier à manifester sa fidélité à Rome. Issels révèlerait des parentés intéressantes.S GUÉRANGER. MO. JN.. repoix aint-Omer 1785. Sisteron 1785.cas de Toulouse. Catalogus Missalium ritus latini ab anno 1475 i Prexsorum. viense ibid. 380. Encore J. L'analyse de tous ces uphiné. Sarlat 1777. Rieux 1776. WHEALE-BOHATTA. /L•» • p. . Guéranger y deux diocèses (sans donner de dates): et Langres ajoute enez2 Il faut enfin mentionner Nantes 17903. Albi 1760. 583.

2. les chefs de file de deux familles de Missels français. en se reportant au répertoire du P. l'archevêque Vintimille a laissé son nom à l'histoire de la liturgie avec le Missel qu'il promulgua en 1738 et qui devait être reçu dans plus du tiers des diocèses de France. on allait en venir à des changements beaucoup plus radicaux avec les Missels de Troyes (1736) et de Paris (1738). Il s'en fallut de peu que l'autorité napoléonienne ne l'imposât à tout le pays en 1802. Les collectes du sanctoral et des les messes ad diversa. le Gélasien édité en 1680 et le Léonien récemment . Les majeures sont plus substantielles dans les secrètes et les modifications ainsi que dans le sanctoral. les communs et postcommunions. Cinquante ans plus tard. mais d'un heureux complément apporté au Missel romain. 141 faudrait-il ajouter qu'à Rennes et à Vannes. dont la notoriété tenait surtout à la de Paris Charles de qualité de ses perruques. C'est ainsi qu'au long de l'année et pour les fêtes il en a gardé les lectures et la collecte.94 LA MAISON-DIEU. On ne peut donc parler de révolution liturgique. C'est ainsi que le Missel parisien de Harlay (1685) reprend l'ordo lectionum qui était demeuré en usage dans les Eglises de France du 9e siècle à la fin du moyen âge. le Missel de Vintimille veut pourtant respecter une continuité de fond avec le Missel tridentin. C'est ainsi que disparurent les introïts Gaudeamus et Salve. dans lesquels on peut discerner. communs sont souvent puisées dans les anciens sacramentaires romains. Les deux familles de Missels français Les transformations apportées au Missel romain commencent dans les années 1680 avec l'introduction de lectures propres pour le mercredi et le vendredi de chaque semaine. Moins heureuses furent les modifications opérées dans les pièces chantées pour s'en tenir aux textes scripturaires. Si novateur qu'il apparaisse. toutes les paroisses ne s'étaient pas mises au missel parisien. sancta parens. Fontaine. Le Missel parisien de 1738 Vieil homme insignifiant.

Secrètes et postcommunions s'écartent davantage la tradition. une quinzaine présentent pour les dimanches des messes à thème. Par un on conserva toutefois de nombreuses illogisme flagrant. du Saint-Sacrement. Evreux (1740). Peu après. Toul (1750). auquel toutes les autres parties se rapportent: de la sorte. Le mot argumentum apparaît d'ailleurs ici et là dans les mandements épiscopaux de promulgation. l'Ecole Les postcommunions aiment à faire écho à l'évangile. on a établi un thème unique. Les Missels à thèmes Parmi les Missels présentés par le P. fidèle au principe de la sola antérieurs. de tous les saints. à l'épître et à l'évangile. celui-ci demeurant d'ordinaire identique à celui du Missel romain. en hommes du IOaire sont plus attentifs à la morale qu'au dogme. en choisissant tout l'ensemble du (1752) à partir de l'évangile. captura mis en œuvre dans le Missel de 1685. Le corpus des préfaces est enrichi préfaces de l'avent. et Amiens allèrent au delà. est d'ordinaire moralisateur: «Les dimanches. t 8. Le Missel de Troyes (1736) ouvrait une voie qui fut appréciée. mais non Une manière systématique. commun à la Collecte. La plupart des présentent leur projet dans des termes proches de ceux évêques de l'évêque de Troyes Jacques-Bénigne Bossuet : Au Propre du Temps. L'antiphonaire de Vintimille est plus criticable : s'il a conservé un certain nombre d'introïts il innove souvent. proposé thème eclare l'évêque du Mans. la messe toute entière n'a qu'une inspiration et qu'une harmonie. Les évêques. de es la dédicace.LES MISSELS DIOCÉSAINS FRANÇAIS 95 Pâfu (1735). qui devaient demeurer en usage dans le plus grand nombre de diocèses de France jusqu'en 1970. . séquences et on en créa de nouvelles. Fontaine. Le siècle. Les secrètes portent souvent la marque de de Française de spiritualité et de sa théologie du sacrifice. dont les formulaires ont été choisis en fonction de l'évangile. du saint patron et des défunts. du jeudi saint.

dans laquelle on demande à Dieu ut proni semper ad misericordiam erga pauperes. On a ainsi. Fontaine vient d'amorcer. Non seulement les pièces chantées. * Ces quelques aperçus laissent deviner l'intérêt d'une étude comme celle que le P. Malgré leurs maladresses et leurs a priori. On mesure à la fois l'intérêt pastoral et la fragilité des messes à thème. a te misericordiam Le 15e dimanche (résurrection du consequamur. Le 22e dimanche est celui du « rendez à César ce qui est à César». consiste dans l'évangile dominical. C'est l'une des raisons pour lesquelles on n'en a pas retenu le principe dans le Missel de 1970. en plus de l'Ordo Missae. Les liturgies diocésaines prennent dès lors beaucoup plus leurs distances avec le Missel romain. fils de la veuve de Naïm) est consacré au thème de la mort spirituelle et de la résurrection. pris de l'évangile du jour et qui tend à faire observer quelque vertu particulière et à faire fuir le vice opposé (Le Mans 1749). qui avait pour auteur le Lazariste Jacob. Leur seul allégrement lien avec lui. 141 96 on se propose un seul but. le 8e dimanche après la Pentecôte. une messe de la charité fraternelle et de l'aumône.LA MAISON-DIEU. Le choix des thèmes est très subjectif. L'un des meilleurs représentants de ce type de Missels est celui de Poitiers (1767). en même temps qu'ils offrent une mine de textes bibliques et euchologiques qui ne peuvent que stimuler la réflexion. Pierre JOUNEL . mais aussi les collectes sont sacrifiées à la thématique du jour. les Missels français du 18e siècle constituent des témoins de l'histoire liturgique de l'Occident.

Prosper. 1909: VIII. La défense des 369-404. Desclée. Les liturgies néo-gallicanes. 1875-1879. Milwaukee. Liturgia. lre partie col. col.G. Les institutions liturgiques et l'Année liturgique (1840-1842). Gaston FONTAINE PRÉSENTATION DES MISSELS DU DIOCÉSAINS 17e AU FRANÇAIS 1ge SIÈCLE Bibliographie F. Institutions Institutions liturgiques. Plon-Nourrit. pP JOUNEL. ?lJ^RANGER' KING. Liturgies of the Primatial Sees. liturgiques pp. l-IPp. col.141. L'Eglise en prière. Guéranger. Les tentatives de réforme. 1980. 768 p. Dom Guéranger. AIGRAIN. 1957. DELATTE].. LECLERCQ. Tournai. art. pp. DACL. tome 1er. La guerre aux Institutions liturgiques (1842-1844). (1924). j 53' pp. 864-872. Esquisse d'une histoire de la liturgie: 2. abbé de Solesmes. Du Concile de Trente au 2e Concile du Vatican: 2. (1844-1847). fi. pp. 48-49. 52 (1971). Le bréviaire de (1930).97-166 La Maison-Dieu. Pp. CABROL. 304-316. . 1947. 313-357. A . tome 6. IX. 1636-1729 partie arlay. Paris. Liturgies néo-gallicanes. tome 9. MARTIMORT. Id •> «Les sources françaises du Missel de Paul VI». dans A. 2E : à partir de XIX. QL. Paris. X. DACL. pp. 1692. par un moine bénédictin de la Congrégation de France [dom P.A. tome 2. dans R. 139-154 : Neo-Gallican Rites. 259-311. 1d. 18802. art.

rituels. Julien. Cf. la réaction contre l'excès des fêtes de saints provenaient d'un sentiment profond. pp. les liturgies françaises des 17-19e siècles Heureusement. 6 (1963). où il avec une déconcertante naïveté. Biographie Universelle ancienne et moderne. Les « Institutions Id. 157-159. Paris: Vivès. 424 pp. tome1. processionnaux 17e siècle au milieu du 19e siècle par plus de quatre-vingts évêques de France. même si on le juge de saveur un peu janséniste ou protestantisante. ou du carême. 204-206. MAURICE-DENIS et R. 120-126. pp. MICHAUD. le goût ardent de l'Ecriture. G. J. valaient mieux que ce qu'en ont dit leurs détracteurs : « Tout n'y était certes pas à blâmer. Etudes grégoriennes. antiphoet cérémoniaux — publiés de la fin du naires. . 1873-18752. 388-407. et Ané. Guéranger». Lanier et Cie. pp. Lecoffre et Cie. les a pris en cible dans ses Institutions liturgiques et leur a fait globalement une triste dont on n'est pas encore revenu. OURY. niste. Guéranger. pratiquement objectif de faire disparaître ces livres « néo-gallicans ». pp.. 18782. Farouchement réputation attaché à la liturgie romaine qu'il plaçait au-dessus de toutes les donné pour Dom Guéranger s'était autres..98 LA MAISON-DIEU. Institutions liturgiques. le schisme gallican et même ce qu'il appelait « l'hérésie antiliturgique » 1. 141 M.45 volumes. « Aux origines du mouvement liturgique: liturgiques» de Dom P. 1. l'hérésie jansépourchassait. pp. La liturgie romaine et les liturgies françaises. BOULET. Le Mans. pp. Paris. 160-162. Esprit et Vie. du LAC. restaurateur et abbé de Saint-Pierre de Solesmes. Dom P. 1849. M. Détails historiques et statistiques. Polémiques du grand siècle. tome 2. le respect absolu du dimanche. "L n'est pas encore possible d'écrire aujourd'hui l'Histoire de cet ensemble de créations liturgiques que complète I constituent les livres — missels. 86 (1976). « Contribution à l'étude des liturgies néo-gallicanes du XVIIIe siècle: Les messes de Saint Martin». bréviaires. Paris: Letouzey N. 1953 : Le néo-gallicanisme. Euchariste. 165-183.

) 2 1 LES RAISONS D'ÊTRE DES MISSELS FRANÇAIS En parcourant le catalogue. Comment expliquer l'initiative des évêques français ? Le Concile de Trente avait réservé au Pape la réforme des l' . Paris: Letouzey et 2 A AA n5 1953. Sarlat 1777 (n. vres liturgiques. pp. Périgueux1782 catalogue de WHEALE-BOHATTA n. pourtant incomplet3 . 1456)et Bazas 1773 (n. Libreria AntiquariaUlrico c Œph.Euchariste. où la polémique antiprotestante avait souvent porté un Bossuet. sauf pour les rites et N. n'étaient que de nouveaux tirages «secundum typicam».l. Bohatta. on peut repérer au moins 70 éditions originales de missels latins entreprises sous la responsabilité immédiate d'évêques de France. la plupart du temps.LES MISSELS FRANÇAIS DU 17e AU 19E SIÈCLE 99 Le Principe de toutes ces réformes avait été élaboré au 17e siècle dans Un milieu savant. 1425). qui se contentèrent de le en y ajoutant leur Propre diocésain en appendice.Weahe — H. On ne compte pas ici les rééditions qui furent faites ensuite pour satisfaire aux besoins Pastoraux et qui. BOULET. de grande culture chrétienne. et le Missale Romanum de 1570 était imposé à l'Eglise catholique tout entière. reproduire L'influence de certaines autres métropoles a joué également et exptique le rayonnement de missels au-delà de leur diocèse d'origine. souvent les uns les autres. de . voire aux dommage. 1459). les missels se copient impressionnant. à reconnaître ce qui faisait la force de d et à lui accorder tout ce qui pouvait être accordé sans adversaire. cite 4 missels qui ne figurent pas dans le : Condom 1764 (n. Milano-Roma: 1934. 1442). La Biblioteca Liturgica dei Duchi di Parma. MAURICE-DENIS et R. 158-159. . un Letourneux et plus l'oratorien Le Brun. devint très vite la base de plus de archevêque a moitié des missels français. C'est donc un ensemble assez Bien sûr. dépens de certaines traditions. et le missel de Charles de Vintimille. de Paris (1738).

52 (1971). par exemple. ces décisions centralisatrices raine n'empêchèrent pas de nombreux évêques. c'est vers le milieu du 18e siècle qu'on instaura un type nouveau. «Les sources françaises du Missel de Paul VI». On souhaitait retrouver bien des textes disparus lors de la réforme du missel et du bréviaire romains. locales. et. sans avoir plus de neuf psaumes à Matines (au bréviaire romain. En ce qui regarde les lectures. JOUNEL. Tout commença d'ailleurs par ce dernier livre. qu'on jugeait vraiment trop pauvre. Congrégation des Rites. le Missale Parisiense de 1666 et le Missale Ecclesiae Rothomagensis de 1690 reproduisent mot-àmot le missel romain de 1570 pour le lectionnaire d'Avent. puisées dans les anciens livres locaux. 305-306. pp. 141 Les éditions typiques des livres coutumes bicentenaires. un meilleur choix de lectures bibliques et patristiques. sous leur propre responsabilité. » 4 En fait. avec une répartition des psaumes qui permettrait la récitation intégrale du psautier en une semaine. Ainsi. de continuer à éditer. tout en y ajoutant. en France et ailleurs. QL. comparés aux anciennes Pourtant. éditions ces livres. Des modifications ne furent d'abord envisagées dans le missel que pour faire concorder la célébration de la messe et de l'office. on mit du temps avant de se dégager assez radicalement du missel romain. P. qui devait également approuver tous les rites propres. liturgiques romains relevaient exclusivement de la S. d'une part. des livres des livres liturgiques qui suivaient l'ordonnance romains. au moins en appendice. de l'autorité souvePourtant. . par la correspondance entre les épîtres et les évangiles. les préfaces et les chants.100 LA MAISON-DIEU. les Matines du dimanche avaient dix-huit psaumes). la plupart du 4. particulièrement pour les oraisons. suscitaient beaucoup de regrets. des lectures hagiographiques plus conformes à l'histoire. d'autre part. « L'objectif principal des évêques français dans la refonte de leurs livres liturgiques était de mettre entre les mains des prêtres un bréviaire de meilleure qualité que celui du concile de Trente. marqué. un certain nombre de pièces originales. par le groupement de tous les textes de la messe autour d'un thème.

ainsi que dans les exemplaires anciens des missels dont s'est servie l'Eglise de Paris. 5. p. Reims 1770. Sall't-Papoui 1830. ibidem. y compris aux féries des Quatre-Temps et des grandes vigiles. Sens 1785. 122-124(Note D). 307. Lombez 1778. Nous avons assigné des lectures aussi variées et aussi convenables que possible. Toulouse 1773. id. à savoir qu'aux mercredis et vendredis. Les éditions publiées sous l'autorité des évêques français restaurèrent presque toutes ces anciennes lectures. On trouvera facilement le texte latin de ce mandementde François de Ii (1er novembre 1684) dans P. 123. P p Poitiers 1767. on était déçu de n'y plus trouver ces lectures fériales si répandues dans les anciens missels. Laon 1773. Limoges 1774. ce qu'écrit François de Harlay. Montauban 1773. Cela vaut particulièrement pour les dimanches du temps après la P pentecôte .LES MISSELS FRANÇAIS DU 17e AU 19e SIÈCLE 101 temps moralisant5. Nous en avons trouvé dans les douze missels suivants : Cahors 1760. et Nous avons fait ce choix de telle manière que la plupart de ces lectures correspondent aux évangiles des dimanches.] Ainsi Nous avons restauré ce et vénérable usage que conservèrent pendant plusieurs siècles ppU* Eglise de Paris et beaucoup d'autres. GUÉRANGER. en présentant le Missel de Paris de 1685 : « Dans de très vieux manuscrits. 7.. Carcassonne 1845. Une restauration dans les est très souvent mentionnée elle Mandements épiscopaux qui promulguent ces missels: concerne les lectures fériales. ainsi qu'aux grandes fêtes 6. [. Voici. du 1er dimanche de l'A vent au dernier dimanche après la Pentecôte. » On comprend qu'en faisant usage du missel romain de 1570 Pendant quelques décennies. qui étaient jours de synaxe. Alet 1774. on ait d'autres épîtres et autres évangiles que ceux des dimanches. notre citationest à la p. Harlay p. nous avons hoisi ce qui devait être repris des anciens usages et ce qui devait être établi dans une forme meilleure. . Il en est résulté que Presque tout le Nouveau Testament a pris place dans notre missel7. Institutions liturgiques. par exemple. Aux messes qui sont offertes à Dieu en lllemoire des Mystères ou des Saints. cf. Plusieurs missels donneront des titres à chaque messe.

. 1928. 3 appartiennent à des Ordres religieux. 82 missels. Londini: Bernard Quaritch. 1. Après avoir publié en 1678 un Breviarium Viennense. iterum addidit H. 1696. On trouvera ensuite les lieux ou se trouve le missel et la référence au catalogue de BOHATTA 8. loc. VIENNE Missale Viennense. qui 8. nous indiquons seulement à la suite : — le titre essentiel. Pour simplifier la nomenclature des missels. vers 1680 (?). contenu. Nous donnons. le concernant la bibliographie. le lieu de consultation. pp. H. . Nous n'avons de dom éditions signalons au début de cette liste ce missel que nous malheureusement pas pu consulter. puis — le nom de l'évêque et la date de son mandement. XXXII. avec le lieu et la date d'édition. GUÉRANGER. col. cit.H. les renseignements pour chaque édition. cit. loc. Bohatta. 380 p. LECLERCQ. BOHATTA ne mentionne pas ce missel. Collegit W. 31-32. les sources. mais qui. Bibliographie P. 79 sont des dont 75 que nous avons étudiés personnellement : éditions diocésaines. marque le point de départ des nouvelles françaises. 141 II LISTE DES CHRONOLOGIQUE MISSELS ÉTUDIES Nous présentons ici. selon l'ordre chronologique.102 LA MAISON-DIEU. les auteurs. BOHATTA= Catalogus Missalium ritus latini ab anno 1474 impressorum. au dire Guéranger. Iacobus Weale (1886)..

chanoine de la Sainte-Chapelle du Palais ». Cluny. pp..LES MISSELS FRANÇAIS DU 17e AU 19E SIÈCLE 103 servit de type à ceux de Paris. M. loc. QL. pp. 1844. Henri de Villars. extraits). et raison de la Liturgie catholique en forme de Origines MIGNE. col. Théologique. cit. tome 18. loc. . OURY. La Rochelle. LECLERCQ. En faisaient partie : 9. PARIS Missale Parisiense. . J-pEd. l'archevêque instituait une commission pour 1a Préparation d'un nouveau bréviaire. (Encyclopédie Dictionnaire. archevêque de Vienne de Sens 1655 à 1693. 1699. 122-124 r exte latin du mandement. loc. M du LAC. BOHATTA. 1685. Bibliographie GUÉRANGER. 473-475. 1685 Saint-Sulpice. avec le titre de Missale Parisiense. 35-50 (bréviaire). 8). Mais. François de Harlay de Champvallon Paris. Le dernier missel parisien avait été publié en 1666. 2. ad formant Sacrosancti Concilii Tridentini recogniturn et emendatum (mandement du 6 juin 1665) : c'était donc une édition conforme au missel romain. (13 novembre Abbaye 1684). Migne.. pp. Lutetiae Parisiorum. ce missel fut.cit. Comme le bréviaire. assisté du docteur de Saint-Beuve et du sieur du Tronchet. Bibliothèque Solesmes. cit. MICHAUD. doyen de Vienne. 177-178. 320-321. pp. dit-on. cit. JOUNEL. loc.P. cit. loc. Saint-Pierre de 743. et Clermont.. 305-315. d'Argoud. H. sous autorité de Hardouin de Péréfixe. pp.. cit. J. LECLERCQ. 817-822. Orléans.loc. n. reçu « avec un applaudissement universel » 9. Paris. pp. publia peu après un missel préparé à Paris par les mêmes auteurs: « M. 167-168.. 52 (1971). 51-58. dès 1670.

Claude Chastelain. pp. et la justesse des applications qui en avaient été faites.. curé de Saint-Jean et Gaude. de sorte qu'il fut reçu avec l'applaudissement unanime de tous les savants et des personnes pieuses. officiai. curé de Saint-Eustache. Id. P. Claude Ameline. ou loc. cf. Guillaume de la Brunetière. ibidem.] ajoute à la commission trois membres: Benjamin. cit.104 LA MAISON-DIEU. Léon Lamet. En publiant en 1738 un nouveau missel de Paris. Texte latin dans P.. Nous Nous sommes appliqués à cette restauration avec l'aide d'hommes que Nous avons choisis pour leur connaissance des Saintes Ecritures. plusieurs Eglises de France ont travaillé avec une sainte émulation à corriger et à perfectionner leurs Missels. col. soit qu'on fît attention à l'excellence des prières dont il avait été orné et enrichi. Notre Eglise de Paris a particulièrement servi de modèle aux autres. 141 « Jacques de Sainte-Beuve. Après la mort de Péréfixe en 1671. . p. quatre ans plus du nouveau l'édition présenter « Pour que le Missel corresponde au Bréviaire parisien que Nous avons récemment publié. Le Breviarium Parisiense tard. ouvrage le plus parfait qui jusqu'alors eût paru en ce genre. cit. lesquelles étaient ou extraites des anciens Sacramentaires. l'un de Nos illustres prédécesseurs. est en usage dans toute l'Eglise latine. 11. depuis tant de siècles. curé de Saint-Laurent. soit que l'on considérât le soin avec lequel les textes de l'Ecriture avaient été choisis. GUÉRANGER. loc. l'archevêque pouvait Missale Parisiense : parut en 1680 et. 1696.. François de Harlay de Champvallon [. l'archevêque Charles de Vintimille rappelait ainsi le succès du missel de 1685 : « Pour entrer dans les vues de différents Conciles qui ont été tenus dans ces derniers siècles. par l'édition du Missel que donna François de Harlay. dans un si louable dessein. de la doctrine des Pères et des choses ecclésiastiquesIl ». son successeur. 10. qui. 34-35. GUÉRANGER. Nicolas Coquelin et Nicolas Letourneux. Nicolas Gobillon. sans cependant porter atteinte au Rit et à l'Ordre de la sainte Liturgie. Nous avons mis tout Notre cœur à redonner au Missel une forme plus convenable. et qu'il devint le sujet de leur admiration. grand vicaire10». 122. Lisel.

Besançon (Diocèse). mais d'un style qui conservait parfaitement a pureté de l'ancien langage12». Grammont (Antoine-Pierre 1er de).P. 3. augmenté de plusieurs ment Offices de saints ». art.N. tome 1 (1947).LES MISSELS FRANÇAIS DU LJE AU 19e SIÈCLE 105 nouvellement composées. tome 17. 4. . NI. art. (1er janvier 1694). 182. Bibliothèque 1694 Vesuntione. col. VIICHAUD. DHGE. Besançon. Bibliograhie P. 219-224 (bréviaire d'Orléans. 1696). PERROD. GUÉRANGER. 1693). 12.L. Ce nouveau missel est présenté comme « répondant entièreau Bréviaire récemment imprimé. Bibliographie A. n. 321-322. de Grammont Paris. pp. cit. 1696 1696. ORLÉANS Essaie Aurelianense. du C. 1694. PP. loc. Pierre du Cambout de Coislin (24 septembre Abbaye Saint-Pierre BOHATTA. n. 115. BESANÇON Missale Bisuntinum Antoine-Pierre de novo recognitum. BOHATTA. Aurelianis. col. cit. tome 8 (1935).. 150-1162. loc. CAT.] à l'usage des laïques. Paris: 1787 (pages du début non numérotées).. Panle. de Solesmes. JARRY. Hiver. art. Traduction parue dans le Livre d'Eglise latin-français suivant les nouveaux Bréviaire et Missel de Paris [. 1516-1520.

avec quelques « L'édition du Missel paraît avoir été dirigée par François Vivant. 167. loc. DHGE. G. . art. P. pp. art. 141 T. p. 244-248. PARIS Missale Parisiense. de MOREMBERT. cit. de Noailles (4 novembre 1705). de telle sorte que. cit. n. Coislin (Pierre du Cambout de). pp. auquel on doit attribuer la plupart des proses qui s'y trouvent13 ». 617-619. loc. cit. cit. GUÉRANGER. Coislin (Pierre du Cambout de). tome 30. BOHATTA. le mandement épiscopal les présente ainsi : «Personne ne s'étonnera si le mercredi et le vendredi de chaque semaine on ne lit pas la même épître et le même évangile que le dimanche. col. GUÉRANGER. Cardinal Louis-Antoine Abbaye Saint-Pierre Parisiis. le Nouveau Testament est lu presque en entier chaque année.. et Nous la restaurons bien volontiers. Le missel d'Orléans a des lectures propres les mercredi et vendredi de chaque semaine. pénitencier de Notre-Dame et grand vicaire du Cardinal. G.. 13. dans le Missel ainsi disposé et dans notre Bréviaire. MICHAUD. tome 13 (1956). de Solesmes.. Bibliographie P.. tome 9 (1961).106 LA MAISON-DIEU. 222. Car ce fut aussi l'antique coutume de ce diocèse. OURY. modifications et additions. 746. 1706 1706. 8.. » 5. Id. cit. loc. 245.loc. OURY. qui la suivit d'une manière continue pendant plusieurs siècles jusqu'à la fin du dernier. loc. DBF. col. p. pp.. Ce missel reprenait celui de Harlay (1685). 179. 173-177.

col.. l'évêque avait écrit ce qu'il pensait de la reforme liturgique opérée en France depuis 1670 : «Les prières publiques. cardinal de. pp. confiée au chanoine François Ledieu. Reims. ibidem. . que commença la préparation des nouveaux livres liturgiques meldois. Thiard (Henri de). P. pp. 1700. M.abbé Lokkum. Abbaye Saint-Pierre de BOHATTA. cit. Bibliographie J. les missels.. 14-16. loc.. 333-334. Dans sa réponse à Molanus. suspectes. plus connu sous le nom du docteurMolanus. 720. les rituels. cit. H. cit. apocryphes. son ancien secrétaire particulier (1702). GUÉRANGER. 14. Paris. C'est du vivant de Jacques-Bénigne Bossuet. col. 587. 325-326. loc. l'un des plus célèbresdocteursluthériensdu temps. BOULET. Bissy (Henri de Thiard.. évêque de Meaux de 1681 à 1704. Bibliothèque Solesmes. on ôtera les choses douteuses. les bréviaires seront mis en meilleure forme. Cité par P. art. superstititieuses. N. du LAC. 136-138 et 719-751. DHGE. tout y ressentira l'ancienne piété 14». à l'exemple de ceux des Eglises de Paris. art. Sanctae Ecclesiae 107 1709 Meldensis. tome 9. p. GUÉRANGER. 161. Lutetiae Parisiorum. loc. dont l'initiative remontaità Gérard Walter. Henri de Thyard de Bissy (29 mai 1709). Il s'agissait d'un projet de reunion des protestants d'Allemagne à l'Eglise catholique. MICHAUD.LES MISSELS FRANÇAIS DU 17E AU 19e SIÈCLE 6. tome 41.. Saint-Sulpice. ainsi que de l'archi-monastère de Cluny et de tout son Ordre. MEAUX Missale 1709. (1935). et autres très illustres. LECLERCQ. La Rochelle. Vienne. cit. p.n.MAURICE-DENISet R. CARREYRE. pp. cit. loc. loc. 1657-1737). L'extrait de de a réponse de Bossuet en français peut se lire dans Œuvres complètes de .

tout en conservant bon nombre d'usages de Meaux. profanes ou contraires à une véritable religion. l'évêque dut intervenir en condamnant ces nouvelles rubriques (22 janvier 1710). BOSSUET. pour que le canon soit lu à haute voix: Amen de l'assemblée après les paroles de la consécration et la lettre R placée avant les Amen du canon. . 582 (caput 4. dont le texte a été maintenu sincère et sans alliage.LA MAISON-DIEU. Hardouin Abbaye SENS ac Primitialis Fortin de La Hoguette Saint-Pierre 1715 Ecclesiae (7 septembre Senonensis. de son propre chef. se trouve ibidem. Du Journal de F. n. de Solesmes. tome 8. Le texte latin de cette réponse. autant que possible. GUÉRANGER. amenés avec réserve. p. Dans une matière si sainte. Devant les tollés que soulevèrent aussitôt ces innovations jugées scandaleuses. 7. 1462. IX). Ledieu. Méquignon-Leroux-Gaume. Henri de Thyart de Bissy en 1705. rédigé aussi par Bossuet. Au moment de l'impression du missel. on apprend que le nouveau missel meldois devait suivre. certaines innovations hasardeuses pour l'époque. présentait ainsi l'édition de 1709 : « Nous n'avons pas négligé dans Notre missel les usages de l'ancienne discipline de l'Eglise. cit. BOHATTA. Le mandement épiscopal. 141 108 La préparation du missel de Meaux commença dès l'arrivée du successeur de Bossuet. n. p. 15.. nous n'avons voulu admettre que ce qui est pur et digne de Dieu. mais dignes de vénération. p. Paris: 1846. évêque de Meaux. ils y sont en petit nombre. le missel de Paris dans l'édition toute récente du Cardinal de Noailles (1706). 606. comme parle le saint concile 15». Nous avons pris soin de repousser toutes les choses vaines. 746. 1715. le chanoine Ledieu introduisit. Missale Metropolitanae Senonis. 1715). que ce qui est exprimé par la parole même du Seigneur. articulus V. selon que l'occasion s'en est offerte. les gens instruits les y découvriront aisément.loc. préparé par le chanoine Ledieu lui-même. Traduction de P.

176-177. ANGERS Missale Andegavense. pp. pp. Michel Poncet de la Rivière (15 novembre Abbaye Saint-Pierre 1716). 9. Nous avons retenu des lectures pour le mercredi et le vendredi seulement..L. du C. 1717 1717. cit. 152. pp. 65. G. Charles Fontaine des Montées (4 novembre Bibliothèque aris.. Parisiis. et même le samedi. Solesmes. OURY. Poncet de la Rivière (Michel). art. BOHATTA. G. 168-169. mandement Le fériales : de l'archevêque parle ainsi des lectures « De l'usage constant et jamais interrompu dans le diocèse de Sens de lire des épîtres particulières et certains évangiles le mercredi et quelques autres féries de chaque semaine. Bibliographie MICHAUD. NEVERS Missale insignis Ecclesiae 1728 Nivernensis.. LMD. loc. 1728.N. cet antique ordo des épîtres et des évangiles qu'on lit d'ordinaire chaque semaine est demeuré absolument inchangé. de Solesmes. BOHATTA. pp. Quand la messe du dimanche doit être reprise les autres jours.P. Aurelianis. 156-159. loc. 72 (1963). loc.. OURY. Abbaye Saint-Pierre de . 173-177. 680. n. tome 34. n. cit. 1728). 50-51. cit. » 8.LES MISSELS FRANÇAIS DU 17E AU 19E SIÈCLE 109 Bibliographie P JOUNEL. n. à cause de l'Office de Beata qu'on fait habituellement maintenant.

43-44. Saint-Pierre de Solesmes. de ce que fait l'Eglise romaine dans la célébration des divins mystères. autant que Nous pouvons le faire. 141 110 Bibliographie J. pp. de ne rien changer. 1728 Rotomagi. Histoire du Jansénisme dans le Diocèse de Nevers. BOHATTA. Néanmoins.. Histoire du Bréviaire de Rouen. n. de J. ou ceux qui peuvent varier selon la diversité des lieux. tome 14 (1976). 307-308. E. 42-44. Bibliographie A. persuadé que l'honneur rendu à l'antiquité est rendu à cette même Eglise romaine. DBF. 1364.loc. pp. Trad. pp. cit. » 10. Champion. 285-286. dit le mandement épiscopal. 1902. et de toutes la plus ancienne. pp. Nous avons reconnu ou rétabli. qui est la mère et maîtresse de toutes les Eglises. col. G. 174-177. 1920. de Tressan (29 mai 1728). » 16 « Notre intention a été de restaurer ce rite qui fut observé pendant plusieurs siècles dans notre Eglise de Nevers et dans beaucoup d'autres. COLETTE. «Nous avons à cœur. CHARRIER. Mégard. CHARRIER. certains rites anciens propres à ce diocèse. art. . 1728. Nous les avons cependant placées de telle façon qu'elles conviennent le mieux aux évangiles des dimanches. R. loc. La renaissance liturgique dans les diocèses de 16. Rouen. 54. cit..LA MAISON-DIEU. Fontaine des Montées (Charles). ROUEN Missale Ecclesiae Louis de Lavergne Abbaye Rotomagensis. Il Nous a semblé plus opportun de laisser ces lectures indistinctement aux jours libres. Paris. de MOREMBERT. T. OURY. à savoir que des épîtres et des évangiles différents de ce qui est lu le dimanche soient assignés aux mercredis et vendredis (qui étaient jours de synaxe). DELAMARE.

A. Ordinis Cluniacensis. 242. PIGEON. vicaire général de 1715 à 1730. 1935. évêque d'Avranches de 1720 à 1746. et dont l'œuvre I1a rien qui tende.-A.L. César Le Blanc. 13. C'était un « personnage de sentiments orthodoxes. Essai bibliographique. du LAC. abbé de Cluny (1715-1747). Paris. 19. cit. pp. il est vrai.N. soit indirectement au dogme Janseniste proprement dit. Henri-Oswald de la Tour d'Auvergne.. pp. des Propres diocésains. cit. PIGEON. cit. 18.). Simon. C'est ce même Docteur Robinet à Paris en 1744 un Breviarium ecclesiasticum. 61-99. Coutances (s. cf. Picard. P. 1733.. 180. n. P. 347-352. admit le missel de Rouen dans son diocèse. p. Paris. 11. 38 (1948). p. OURY. 1799.loc.LES MISSELS FRANÇAIS DU 17e AU 19e SIÈCLE 111 Normandie.. CHARVIN. Cf. Extrait des Mémoires de la Société Académique du Cotentin (tome 4). En 1728 paraissaient un nouveau Bréviaire et un nouveau Missel de Rouen. Etude historique. qui fut adopté à tUIpubliaCarcassonne et Le Mans. G. M. bien qu'elle n'en soit pas moins le produit d un amour effréné de la nouveauté 17». Bibliothèque du C.E. cit. p.d. 1824-1924.loc. loc. soit directement. 169. Bibliographie D. GUÉRANGER. RM. pp. . sans répudier la liturgie romaine qui persistait en plusieurs églises 18. Révision E. Oe. BOHATTA. pp.P. dont la préparation fut confiée au chanoine Urbain Robinet. 241-242. Les anciens livres liturgiques dans les diocèses de COutances et d'Avranches.-A. archevêque de Vienne et Abbé général de l'Ordre de Cluny (25 mai 1733). ibidem. Henri-Oswald de la Tour d'Auvergne. Cahors. 17. CLUNY 1733 Missale Monasticum ad usum sacri Parisiis.

qui a reçu « les plus grands éloges d'hommes pieux et un missel qui corresponde érudits » 19. DACL.Le Père Le Brun. ni E.. art. de l'Oratoire. comme le dit G. Le mandement de l'Abbé général fait mention de la Bulle de Pie V. 1735). 9. de dom Guillaume Desprin- «Le P. ni dom P. GUÉRANGER. Le Brun lui-même. avec la collaboration des auteurs du Breviarium Parisiense. ni H. cit. 9). cit. de VALOUS. Lebrun (Pierre). 58-84. pp. Paul Rabusson et Claude de Vert. 129. 1736.loc. TROYES Missale sanctae Jacques-Bénigne Ecclesiae 1736 Trecensis. 21. L'auteur du missel clunisien n'est donc pas le P. Ainsi. cf. loc. Il s'agit du Bréviaire publié en 1686. 128-130. écrivit à cette occasion une lettre d'approbation à l'Abbé de Cluny. tome 13 (1953). qui se trouve insérée à la suite des Actes du Chapitre [de 1728]21. cit. D'ailleurs. Le Brun. promulgués par Pierre Le Vénérable. selon l'ordre de Pierre le Vénérable. IX-XXXIII. de VALOUS. n. note 1. Cluny: Henri Oswald de la Tour d'Auvergne (1715-1747). pp. Paris: Cerf. LE BRUN. 1949. prieur de Reuil. personne n'avait jamais établi cette attribution. PL 189. dans P. Explication de la Messe (LO. BONNARDET. col. DHGE. qui loue autant «sa science liturgique» que «son irréprochable orthodoxie». 2e partie (1929)..112 LA MAISON-DIEU. 141 G. « avec quelques exceptions peu nombreuses.. 2218-2229. p. 83. Cum primum (1578) reconnaissant le droit de l'Ordre clunisien de conserver sa liturgie propre. puis des Chapitres généraux de 1725 et 1728. D. Il faut maintenant parfaitement à ce bréviaire. 9e abbé de Cluny (1122-1157). œuvre de deux moines clunisiens. P. l'évangile du premier dimanche de l'Avent doit être le début de l'évangile selon Marc20».art. Le missel de Cluny est l'œuvre gles. » 12.loc.loc. de l'Oratoire (1661-1719) [sic. col. CHARVIN. GUÉRANGER. 20. 485-486. 1028. .. cit. 19. Il parle ensuite du bréviaire de Cluny. Bossuet (16 septembre Trecis. lire 1729]. les Statuta Congregationis Cluniacensis. col. tome 8. Cf. publié en 1680 par Mgr de Harlay. à l'examen duquel dom Despringles avait soumis le missel. là où le bréviaire s'est séparé des Statuts de l'Ordre. pp. LECLERCQ.

. 180-190... Garnier. Paris. pp. tome 21.B. Mgr [Jean-Joseph] Languet [de Gercy]. Bossuet (Jacques-Bénigne). Le missel troyen de 1736 tient une place importante histoire des liturgies dites « néo-gallicanes ». CAT. MAURICE-DENISet R. dont l'Eglise possédait un nouveau Missel depuis 1715. mes. cit. Bibliothèque Vaticane. loc. cit. Pp. 1391-1395. col. 3. M. DBF. R. LIMOUZIN-LAMOTHE. art. 169-170. ibidem. loc. tome 2 (1950). G. loc. cit.-J. pp. Les jansénistes du XVIIIe siècle et la Constitution civile E. J. mandements. 1664-1743). 160-161.n. J. DHGE. PRECLIN. Abbaye Saint-Pierre 113 de Soles- BOHATTA.. OURY. Bossuet (Jacques-Bénigne. 1734-1738. . Bossuet (Jacques-Bénigne). 1111-1112. 281-282. R. tome 6 (1967). col. tome 9 (1936). Bibliographie L CARREYRE. cit. pp. La polémique concernait d'abord un certain nombre d'innovations dans l'Ordo Missae : canon récité submissiori voce (au lieu de secreto ou 22. 179. défendit avec ardeur les droits de la tradition et fit le Procès du travail patronné par son suffragant22». pp. tome 5. col. pp. L COGNET.LES MISSELS FRANÇAIS DU 17e AU 19e SIÈCLE Rome.loc. cit.. le métropolitain de Sens. CHALUMEAU. art. cit. OURY. tome 6 (1954). 140-181 et 208-217 (Notes). du clergé. 1156-1157. 2. MICHAUD. G. loc. du LAC. M. 327-330. BOULET. GUÉRANGER. Jubé de la Cour (Jacques). Gamber. Instructions pastorales. .. P. Sa propagation dans le Bas Clergé 1713-1791. Mazièreset J. Il fut dans «a la fois l'un des livres les moins traditionnels parus jusqu'alors et l'un des plus contestés au sein même de l'Eglise où il était né. Le développement du richérisme. XXII-XXIII. col. le Chapitre résista longtemps avant d'accepter de mauvais gré la Nouvelle liturgie. Jubé (Jacques). art. 1571. LANGUET. loc.

Cf. 201-204. l'évêque dut. des textes propres soient ajoutés tous les mercredis et vendredis. Jacques-Bénigne Bossuet. les chanoines Philippe et Lefeuvre». 141 114 submissa voce). La cheville ouvrière docteur de de cette commission était Nicolas Petitpied. .loc. cit. de Sens déplorait encore le biblisme absolu L'archevêque des pièces chantées du Propre. J. Le mandement épiscopal présentait ainsi le lectionnaire du missel : « Pour obtenir un bagage (suppelex) plus riche et plus abondant des Saintes Ecritures. Dienert. D. Nous avons parfois peiné (littérale23. qui animait. en banlieue parisienne. mais après la triple condamnation de de Sens. la liturgie d'Asnières. — exhortation l'autel .. le missel de Troyes parut en 1736. — suppression solennelle.LA MAISON-DIEU. Terminé en 1733. cit. rétracter l'archevêque les dispositions rubricales de son missel jugées les plus scandaleuses (15 octobre 1738)24. Nous avons distribué les épîtres et les évangiles de telle sorte qu'aucun texte ne soit employé deux fois la même année et que. Au Propre du Temps. pp. prières . commun à la collecte. on a établi un thème (argumentum) unique. — suppression — défense de c'est-à-dire à voix plus basse que les autres de la rubrique prescrivant au prêtre. Nous ne cacherons pas que pour mettre en rapport collecte. donner la communion en dehors de la messe. 24. 187. à la messe réciter en particulier les prières et les lectures du à enlever la croix et les chandeliers de dessus des prières avant la communion . de chœur . GUÉRANGER. Dienert. les atteintes au culte marial et la diminution des prières pour le pape. avec le curé Jubé. La préparation de ce nouveau missel avait été confiée à une commission 23 nommée en 1726 par le neveu du grand Bossuet et porteur des mêmes nom et prénoms. PRÉCLINnomme «Ch. sur l'ordre du roi. à l'épître et à l'évangile. la messe tout entière n'a qu'une inspiration et qu'une harmonie.. Sorbonne. évêque de Troyes depuis 1718. Hauthier. P. épître et évangile et pour les rassembler sous un seul thème. selon l'antique usage de l'Eglise de Troyes. note 37. loc. E. auquel toutes les autres parties se rapportent: de la sorte.

cit. Lyon-Paris. Sohatta. Vingtrinier. 1864. L'ancienne liturgie romaine. tome 8 (1959). pp. 33 (1976). Lyon. 21-22. fasc. Liturgies of the Primatial Sees. ils ne Pouvaient pas être écartés du missel sans un grave désaccord entre les deux. Le rite lyonnais. Châteauneuf de Rochebonne (CharlesDBF. Bibliographie D. 775. Girard et Josserand. cit. 10. de CONNY. OMAN d'AMAT.. loc.LES MISSELS FRANÇAIS DU 17e AU 19e SIÈCLE 115 ment: Nous avons sué!) et pas rien qu'un peu! Car Nous avions scrupule de faire des changements. P. Lyon.KING. 557. 180. soit dans les collectes: ce sont les monuments les plus sûrs de la ¡loi de nos pères. BUENNER. pp. col. Primae de Rochebonne Saint-Sulpice. 1859. La liturgie de la sainte Eglise de Lyon d'après les monuments. Charles-François 1737). 89 et 172. pp.. soit dans les épîtres des dimanches: car le peuple chrétien y est hhabitué déjà longtemps.soit depuis dans les évangiles: puisqu'ils figurent au bréviaire. pp. art. CAT. GUÉRANGER. [Roux]. 52-55. 1737 Ecclesiae. col.-P. 50-72. Lugduni. 1957. A-A. 1934. Milwaukee. J. GADILLE. Bibliothèque Solesmes.. A. loc. Les historiens de la liturgie lyonnaise considèrent le missel e Mgr de Rochebonne comme marquant « le début des innovations liturgiques qui vont mutiler gravement» le vieux . 174. art. Vitte. Lyon. M. pp. . de Châteauneuf Paris. OURY. Abbaye Galliarum (1er décembre Saint-Pierre de n. Recherches sur l'abolition de la Liturgie antique de l'Eglise de Lyon. GUTTON et J. PP. G. LYON Missale sanctae Lugdunensis sedis. 1737. 13. rançois X. 243-244 (bréviaire de 1737). De). 22-31. Ville et diocèse. I.

p. rapprochement 14.. pp. cit. H. Ce missel n. 314-328 et 338-340 (missel). 72 (1963). col. PARIS Missale Parisiense. 747. BOHATTA. Parisiis. 1924.N. 66. évangiles. François-Philippe. tome 10. «Le nouveau Propre de France». du l'édition de 1717 (supra. art. n. cit. de Solesmes. Bibliothèque Solesmes. GUÉRANGER. n. 1738 1738. Champion. 154-163 (calendrier. GAZIER. 141 rite primatial : le calendrier est bouleversé.116 LA MAISON-DIEU. oraisons et préfaces). A. (14 mars 1737). 25. . de Vintimille C.loc. Paris. loc. 249-314 (bréviaire). . pp. du Luc Abbaye (11 mars Saint-Pierre de BOHATTA. « oraisons. BUENNER. Saint-Pierre 1737 1. C. dans le plus grand épîtres. DTC. Charles-Gaspard-Guillaume 1738). tout est modifié». 1677-1763.737. ANGERS Missale Jean de Vaugirauld Abbaye Parisiis. 1403-1404. 7-9. possible du Missel romain25.. JOUNEL.L. P. exactement reproduit 15. P. Paris.P. Bibliographie J. tome 2. proses. 2e partie (1929). 172. LMD. pp. n. Andegavense. 9). Messenguy. CARREYRE. Histoire générale du Mouvement janséniste depuis ses origines jusqu'à nos jours.

LES MISSELS FRANÇAIS DU 17e AU 19e SIÈCLE

117

Id., «Les sources françaises du Missel de Paul VI», QL, 52 (1971),
pp. 305-315 (calendrier et oraisons).
^•A. KING, loc. cit., pp. 145-151.
M. du LAC, loc. cit., pp. 238, 336-337, 355.
Livre d'Eglise latin-français suivant les nouveaux Bréviaire et Missel
de
Paris, contenant l'Office pour tous les jours de l'année, depuis
les Processions et les Messes, à
jusqu'à
Complies,
y
compris
fnme des
l'usage
laïcs, Hiver, Il'e Partie, Paris, 1772, mandement de 1738
sans pagination; pp. 157-212 (Avent).
art. Vintimille du Luc (Charles-Gaspard de), loc. cit.,
Michaud,
tome 43, pp. 580-581.
J.P. MIGNE, Origines et raison de la Liturgie catholique en forme de
(Encyclopédie Théologique, 8), éd. J.P. Migne,
Dictionnaire.
Paris, 1844, pp. 818-822.
L POILLY, Les
Préfaces parisiennes, El, 77 (1963), pp. 101-108.
Avec le missel parisien de 1738, nous abordons le livre liturgique
français qui a été le plus répandu, copié, imité dans l'Eglise de
France aux 18 et 19e siècles.
« Nulle liturgie néogallicane n'a eu un rayonnement comparable à
Paris: C'est la liturgie-modèle à laquelle les nouveaux livres
liturgiques se réfèrent à l'envi. Mais la stabilité de cette liturgie-mère
n'est pas acquise au premier jour; le Missel parisien passe par une
de transformations successives; les réviseurs dépensent une
série
large part de leur activité à corriger les corrections de leurs
prédécesseurs» 26.
Le successeur du Cardinal de Noailles sur le siège de Paris
f;
fut un vieillard de 74 ans,
auparavant évêque de Marseille
d'Aix (1708-1729);
il fut
(1692-1708),
puis archevêque
archevêque de Paris de 1729 à 1746. Il confia la préparation de
nouveaux livres liturgiques à l'Oratorien Vigier, assisté de deux
régents du Collège de Beauvais, l'acolyte François-Philippe
et Charles Coffin. Après le bréviaire parisien
Mesanguy
(1735), le Missale Parisiense paraissait en 1738.
L'archevêque de Vintimille s'exprime ainsi dans son mandement :
«Nous avons retenu de l'ancien Missel [du Cardinal de Noailles,
11706] tout
ce qui était de meilleur goût et Nous l'avons inséré dans le
26. G. OURY,loc. cit., p. 183.

118

LA MAISON-DIEU, 141

nôtre. [.] On ne trouvera presque rien de changé dans le choix des
Epîtres et des Evangiles des Dimanches et des Fériés, non plus que
de celles qu'on lit aux jours fêtés par le peuple». 27
«Les livres liturgiques de Vintimille furent adoptés par Blois,
Evreux et Séez, et plus tard par cinquante autres Eglises, incluant
celle de Lyon. »28
16. AUXERRE
Missale

Sanctae

Autissidiorensis

Louis-Daniel-Charles-Gabriel
Caylus (22 avril 1737).
Paris, Bibliothèque

1738
Ecclesiae,

Trecis,

1738.

de Pestel de Lévis de Tubières de

du C.N.P.L.

BOHATTA, n. 129.
Bibliographie
J. CARREYRE, art. Caylus (Daniel-Charles-Gabriel de Pestel
Lévis de Tubières de), DHGE, tome 12 (1953), col. 30-32.
P. GUÉRANGER, loc. cit., pp. 241-242 (bréviaire).
P. JOUNEL, LMD, n. 72 (1963), pp. 155, 162.
M. du LAC, loc. cit., pp. 236, 334-336.
R. LIMOUZIN-LAMOTHE, art. 5. Caylus (Daniel-Charles-Gabriel
Turbières de), DBF, tome 7 (1956), col. 1522.
P. ORDIONI, La survivance des idées gallicanes et jansénistes
Auxerrois de 1760 à nos jours (Thèse pour le doctorat), Université
Dijon, Faculté des Lettres, Auxerre, 1933, pp. 7-10.

de

de
en
de

Le long épiscopat de Louis de Caylus à Auxerre (1705-1754)
a été marqué, entre autres, par l'élaboration de nouveaux livres
liturgiques. Après le bréviaire (1726), parut le missel, préparé
Jean-André Mignot et François Grasset,
par le grand-vicaire
revisé par les chanoines de Neuville, Berthier, Potel et dom
de l'abbaye de Saint-Germain
à AuPrévost, bibliothécaire
xerre.

27. Traduction du Livre d'Eglise latin-français.
loc. cit., p. 316.
28. A.A.KING,loc. cit., p. 145.

cf. P. GUÉRANGER,

LES MISSELS
FRANÇAIS DU 17e AU 19e SIÈCLE
Le mandement épiscopal
nouveau missel auxerrois :

présente

ainsi les originalités

119
du

« Nous avons eu le souci d'atteindre un but louable et non
étranger
av l'esprit des anciens
âges, à savoir: pour chaque dimanche et même
Pour chaque férie dotée d'une messe propre, Nous avons disposé les
diverses parties de la messe de telle sorte qu'elles correspondent à
l'évangile; si la lecture évangélique présente un point plus qu'abondant de l'histoire sainte ou de la doctrine, Nous avons choisi
seulement un aspect, vers lequel est de préférence orientée la pieuse
attention des fidèles. L'évangéliste qui aura résonné, le dimanche,
aux oreilles attentives des assistants, recevra en écho, tout au long de
la semaine, les autres évangélistes. A toutes les féries qu'on appelle
habituellement régulières, l'épître servira de guide, toute proche
est de l'évangile, qu'elle soit du nouveau ou de l'ancien
qu'elle
Testament. Ainsi il n'y aura qu'un seul et même enseignement du
Christ, qu'un seul et même miracle, dans la bouche de plusieurs
temoins; et le pasteur aura à sa portée d'exquises nourritures venant
de- l'un et de l'autre Testament, ces nourritures dont il nourrit et
Ortlfie la foi du peuple qui lui est confié.
De là viennent les changements qui "répondront aux besoins sans
bbouleverser
par leur nouveauté 29". Pour que soit sauvegardée la
relation des oraisons et des épîtres avec l'évangile qui suit, les
oraisons et les épîtres ont souvent été déplacées de l'endroit qu'elles
occupaient dans le missel à un autre. »

17. CLERMONT-FERRAND
Missale Claromontense,
Il faut lire
1739).
Jean-Baptiste

Claromon-Ferrandi,

1739
1738 (sic, mais

Massillon (24 mars 1739).

Paris, Bibliothèque

du C.N.P.L.

BOHATTA, n. 283.
29. Citation arrangée de S. AUGUSTIN,Lettre 54, à Janvier, chap. 5,
Le texte authentiquedit: Ipsa quippe mutatioconsuetudinis,etiamquae
n.6.
adjuvat utilitate, novitate perturbat. «Tout changement de coutumes, fût-il
ême utile, apporte toujours quelque trouble par sa nouveauté
». Le texte
latin du mandement épiscopal dit: Suborta inde mutatio quae «utilitate
a !Juvabit, novitatenonperturbabit».

) et une Préface de dom G. Picard. 814-818. Nous avouons bien sincèrement que presque rien ne vient de Notre provision. Pierre-Jules-César Abbaye Saint-Pierre Parisiis. DELAMARE. BERTELOT DU CHESNAY. Dictionnaire pratique des connaissances religieuses. dans les missels les mieux choisis récemment parus. Evreux : 11.. art. 1919: Chapitre IV.LA MAISON-DIEU. mais encore grâce à l'étude et au travail de plusieurs membres du Chapitre cathédral et de quelques vénérables Frères de Notre Presbytérium. BOHATTA. XII et XXX. tome 27. A.) : sur le missel de 1740. hormis ce qui est propre à Notre Eglise. Paris. 1924. EVREUX Missale Ebroicense. pp. » 18. Picard. 372. A. R. de Rochechouart (18 avril 1740). col. art. 1740 1740. Diocèse. Etude liturgique et hagiographique. tome 4 (1926). Massillon. 227-232. Paris. Le Calendrier de l'Eglise d'Evreux. ce qui Nous a paru le plus utile et le plus convenable. ] Dans ce nouveau missel. Une seule chose vient de Nous: c'est d'avoir sélectionné avec soin. 141 120 Bibliographie J. BRICOUT. Ordinaire de la Cathédrale d'Evreux. 245-375. CABROL (XIV pp. col. tome 16 (1967). Id. Le calendrier d'Evreux et la réforme gallicane du XVIIIe siècle. [. n. que Nous avons inventé ou imaginé peu de choses. de Solesmes. Bibliographie Ch. avec une Introduction de dom F.. cit. AUBOURG : La Liturgie ébroïcienne au moyen-âge (CXII pp. Massillon (Jean-Baptiste). pp. . DHGE. MICHAUD. Le mandement épiscopal le présente ainsi : « Ce missel rénové a été entièrement commencé et terminé non seulement avec le consentement de tous. loc. art. 192-214. pp.

depuis quelque temps interrompue. durent travailler aussi à l' élaboration du missel.. E. restaurer les rites séculaires de l'Eglise ebroïcienne. chapitre 1) : «Mediator Dei et hominum homo Christus Jesus. On lit. pp.. mais. JARRY. tome 4 (1956). col. et.. Revision des 1824-1924. 31 Le mandement épiscopal commence par une citation du Concile de Trente (session 22. Id. p. ». au besoin. stimulant plus fréquemment la piété. cir. G. à propos du lectionnaire férial : « Nous espérons le plus grand profit de beaucoup d'autres choses que ce vieil ordo de nos Livres [anciens] a fournies. entrera plus profondément dans le cœur des ministres sacrés. CAT. . qu'il avait voulu non seulement sauvegarder. de 1753 à 1776).loc. art. Evreux. le missel de 1740 n'est qu'une adaptation du missel parisien de Vintimille 1738. soutenue et affermie par l'autorité [divine]. pp. Paris. Comme le bréviaire de 1737. auteur de la réforme. évêque d'Evreux de 1734 à 1753 (il devait terminer sa vie comme évêque de Bayeux. 1935. Picard. plus loin. avec tout le soin possible. que ces lectures s'harmoniseraient avec les autres parties de la messe comme avec les épîtres et les évangiles des dimanches. mais aussi et surtout de cette disposition par laquelle a été restaurée la coutume. «Le prélat liturgiste. 1925. 19-21. on a prévu. des correcteurs locaux cherchèrent à conserver quelques reliques des anciens usages. 30. Les liturgistes parisiens. Propres diocésains. auteurs du bréviaire : Mésenguy. Etude historique. 848-854. La Liturgie ébroïcienne au moyen-âge d'après le texte de l'Ordo servicii de la cathédrale. LaurentFrançois Boursier et Coffin. 16-17. La réforme de la liturgie ébroïcienne eut lieu sous l'autorité de Pierre de Rochechouart. A. une seule et même vérité. Essai bibliographique. Picard. Paris. de lire des épîtres particulières et certains évangiles les mercredis et quelques autres jours chaque semaine. XXX. La renaissance liturgique dans les diocèses de Normandie. A. déclara d'ailleurs. A ce sujet. répétée tout au long de chaque semaine. explicitement et à diverses reprises. De la sorte.LES MISSELS FRANÇAIS DU 17E AU 19e SIÈCLE 121 Id. AUBOURG. et qu'à cette fin il avait consulté les vénérables manuscrits témoins de l'antique tradition».

OURY. tome 2 (1950). en 1734. col. art. en France. 174. P. CAT.. BOHATTA. 223-224. MICHAUD. établi avec raison et tant de prudence. de Solesmes. loc. cit. LMD. art. et fait ainsi paraître. Bibliographie A. De fait. à Rome. 141 122 elle fournira aux pasteurs de quoi nourrir la foi du peuple qui leur est confié.. 163. Bourges (Diocèse). Bourges. p. 181. dans son mandement. A. Missale Bituricense. Rochefoucauld (Frédéric-Jérôme de Roye de la).L. en 1746. cédant à cet esprit critique de l'époque qui ne craint pas de discuter les origines de l'Eglise. . GANDILLON. col. DHGE. un nouveau missel. du C. GANDILLON. tome 36. E. Roye de La Rochefoucauld.LA MAISON-DIEU. JOUNEL. plusieurs évêques. art. 202.loc. n. pp. le pape Pie V. JARRY. en 1741. « Non content d'en avoir fini avec les querelles jansénistes. Bibliothèque (18 avril 1741). pp. . n. 31 C'est ainsi que. tome 10 (1938). et. 194. 72 (1963). 192-211. ont entrepris de l'accomplir. s'efforce de débarrasser les livres destinés au culte de toutes les légendes bizarres et des traditions incertaines qui prêtent à sourire et risquent d'infirmer la valeur du texte. Nous le 31. cit. » 19.N. 2.P. col. 210-214.. Frédéric-Jérôme BOURGES 1741 Avarici Biturigum. un nouveau rituel. cit. Bibliothèque Abbaye Saint-Pierre Saint-Sulpice. suivant les traces du Souverain Pontife. de l'archevêque Bourges (de 1729 à 1757) mentionne le décret du Concile de Trente qui enjoint d'enlever toute erreur des missels et des bréviaires. loc. de Roye de la Rochefoucauld Paris. 1741. Il continue ainsi : « Ce décret. un nouveau bréviaire. G.

de Solesmes. Nous avons entrepris et décidé cette édition après avoir consulté le vénérable Chapitre de notre Eglise. [. art. . comme il est naturel. dans 01O es temps anciens. Nous suivons cette édition. 32. François de Crussol d'Uzès d'Ambroise Abbaye Saint-Pierre (26 septembre 1738). Bulle Immensade S. tome 9 (1937). entièrement composé selon le même dessein et avec la même application. et suffisamment conforme aux missels anciens de notre Eglise. Il s'agit de François de Bueil. ce qui a été auparavant à peine commencé. 189 (1522). col. une seconde épître ou un second évangile qui. n.» 20. BOHATTA. Blois (Diocèse de). ctJ.LES MISSELS FRANÇAIS DU 17E AU 19e SIÈCLE 123 voyons. archevêquede Bourgesde 1520à 1525. ment s'exprime ainsi : le mande- «La plus récente édition de ceux-ci est celle qui fut publiée au commencement du 16e siècle par notre illustre prédécesseur Mgr de euIl33. Dans notre ouvrage. pf BOHATTA. d'une certaine façon. P. BLOIS 1741 1741. lequel n'y a mis aucun obstacle. DHGE. » Parlant ensuite des anciens missels de Bourges. Nous vous offrons ce missel. de l'Eglise romaine elle-même. Parisiis.n. Missale Blesense. les mercredis et Plus es vendredis. 195. expliquent le thème de l'épître ou de l'évangile du dimanche. 214-223. Bibliographie CALENDINI. C'est dans cet esprit que Nous avons Nous-mêmes édité un nouveau bréviaire en 1734 : Nous avons eu soin de tout y organiser exactement selon cette règle prescrite avec autant de piété que de sagesse. faite avec soin. a été réalisé en notre temps de tous côtés. surtout par ces prélats qui (comme y invitait la Bulle érigeant la Congrégation des rites) 32 mirent grand à faire à nouveau appel aux rites que nos Pères ont reçus.] Il y a aussi parfois. Pie V (22 janvier 1588).

. « Après avoir édité le bréviaire blésois. Abbaye BOHATTA. JARRY. A. 1375. DELAMARE. tome 2 (1950). art. (6 janvier C. Blois. Missale François.L. art. 5. 1523. Et pour que ce missel corresponde exactement au bréviaire. duc de Fitz-James Paris. Le missel sagien. n. Bibliographie R. 88-91. SÉES Parisiis. 1935. Nous avons attaché notre esprit à la préparation du missel. afin de ne pas manquer à la partie principale de notre charge envers le culte de Dieu. avait été Lallemand. LMD. CAT. col. Saint-Pierre BOHATTA. p. 152.P. n. 1329. Suessionense. n. évêque de préparé sous Jacques-Charles-Alexandre Sées de 1728 à 1740. Neel de Christot (25 mars 1742). de Solesmes. 72 (1963). 161. ROMAN p'AMAT. Louis-François Abbaye 1742 21. du 1745 1745. Bibliothèque Solesmes. pp. La renaissance liturgique dans les diocèses de Normandie. publié par Mgr Neel de Christot. 16.LA MAISON-DIEU. 1742. 1824-1924. Crussol (François de). 141 124 E. Nous avons été amenés à adopter le missel de l'Eglise de Paris. Bibliographie P. col. 1745).N. JOUNEL. Saint-Pierre de . SOISSONS Parisiis. Paris. Picard. DBF. 22. » Missale Sagiense. comme Nous avions adopté son bréviaire. tome 9 (1961).

Voici ce qui concerne les lectures fériales : « Comme dans tous les missels châlonnais des épîtres particulières et certains évangiles sont assignés. Abbaye Saint-Pierre de BOHATTA. LIMOUZIN-LAMOTHE. chaque semaine. 1196. en y ajoutant un nouveau souci: les évangiles ont été divisés dans la semaine de telle façon que chacun corresponde à l'évangile du dimanche. 170. (18 juin 1747). col. CHÂLONS-SUR-MARNE Missale secundum Cathalauni. 257. tome 13 (1975). 1748. DBF. cit. comme on peut le voir dans les missels soissonnais plus anciens. Ce fut aussi l'usage déjà ancien de Eglise de Soissons. 9. Le mandement de Choiseul-Beaupré est très proche de celui de Louis de Caylus promulguant le missel d'Auxerre en 1738.LES MISSELS FRANÇAIS DU 17E AU 19E SIÈCLE 125 G. art. 1420. n.L. Nous avons donc conservé cette coutume. 336.P. ROMAN D'AMAT. col. Choiseul [Beaupré] (ClaudeAntoine de). Voici comment lectures : le mandement épiscopal justifie le choix des . Ecclesiae 1748 Cathalaunensis. pp. pour que les quatre évangélistes soient lus en entier dans la durée d'une année. OURY. p. Ils sont ainsi disséminés et distribués dans les messes du Propre du Temps ou des Saints.. DBF..N. 6. tome 8 (1959). du C. et Nous l'avons même perfectionnée. loc. « Tous les missels plus récents présentent cet usage d'assigner des epîtres particulières et des évangiles propres aux mercredis et aux Vendredis de chaque semaine. à des fériés. 181. R.. loc. » 23. art. cit. Bibliographie M. Fitz-James (François. à . Claude-Antoine usum insignis de Choiseul-Beaupré Paris. du LAC. y compris dans celui qui fut imprimé et Publié peu de temps après le concile de Trente. second duc de). Bibliothèque Solesmes.

qui tient la première place. BOHATTA. de sorte que la messe tout entière ait absolument la même inspiration. l'ordre des épîtres a souvent été modifié. Nous avons eu le souci de conserver cet usage si louable. les jours entre l'Ascension et la Pentecôte. et toute la semaine de la Pentecôte. de BERRANGER. . il n'y aura qu'une seule et même vérité dans la bouche de plusieurs témoins. col. pour que soit sauvegardée la relation des épîtres avec l'évangile qui suit. Mais. Qu'il suffise maintenant d'indiquer ici la raison et la méthode selon lesquelles chaque messe a été agencée. Saint-Pierre de Solesmes. Missale Cenomanense. 274. » 24. Si la lecture évangélique comporte un enseignement abondant ou plusieurs miracles. notre dessein a été que chaque partie soit adaptée à l'évangile.LA MAISON-DIEU. Bien que la lecture évangélique occupe la première place. Charles-Louis Abbaye LE MANS Parisiis. De cette manière. n. avec lesquelles ils peuvent instruire plus facilement de la science du salut les brebis qui leur sont confiées. la semaine pascale. et elle entrera plus profondément dans le cœur des ministres sacrés. art. Nous n'avons choisi qu'un seul thème pour toute la messe. chaque fois qu'on pouvait mieux atteindre le but de quelque solennité: par exemple. auquel les autres parties se réfèrent. Nous avons cru cependant devoir Nous éloigner de cette règle — comme le verra toute personne attentive -. du dimanche de la Passion au samedi saint. Aux messes du Temporal. aussi bien les dimanches que les féries ayant un évangile propre. 278282. Bibliographie H. de Froullay de Tessé (24 mai 1749). 1749 1749. les vérités de l'Evangile. De la sorte. sont pour les pasteurs des ressources toutes préparées. rassemblées dans le missel comme dans le bréviaire. Le Mans. tome 7 (1975). CAT. Nous avons donc prévu en ces mêmes féries de lire des épîtres et des évangiles qui s'harmonisent le mieux avec la messe dominicale. 141 126 savoir le mercredi et le vendredi. au temps de l'Avent.

du LAC. BOHATTA. JOUNEL. Parisiis. DBF. 7. 158. Comme dans les autres missels français. Armand Bazin de Besons (14 novembre Abbaye Saint-Pierre 1749 1748).. le bréviaire manceau Paru en 1748 était l'œuvre du célèbre docteur Urbain Robinet. loc. n.. P. col. 1749. M. qui avait aussi publié un projet personnel intitulé Breviarium ecclesiasticum (1744). Bazin de Besons (Armand). le mandement de l'évêque de Carcassonne mentionne le lectionnaire férial. cit.. art. pp. on a placé chaque mercredi et chaque vendredi des lectures particulières d'épîtres et d'évangiles. 232. GUÉRANGER. cit. 244-245. Les . de Solesmes. 347-355. Bibliographie L. on se propose un seul but. Froullay-Tessé (Charles-Louis de). pris de l'évangile du Jour et qui tend à faire observer quelque vertu particulière et à faire fuir le vice opposé. 1029-1030.366-368. n. A cette même fin. LMD. 72 (1963). pp. tome 5 (1951). le lectionnaire du missel manceau a des préoccupations morales précises : «Les dimanches. loc. Missale CARCASSONNE Carcassonense. Par lesquelles la vérité proposée se manifeste dans des avertissements repétés tout au long de la même semaine et se grave plus Profondément dans les cœurs chrétiens. 388-389. JADIN. C'est sans doute à lui aussi que l'Eglise du Mans doit le missel publié en 1749. 156. Comme le bréviaire de Rouen (1728). art. loc. 371-373. M. » 25. MICHAUD. PREVOST. p. 246. tome 7 (1934). 74-75. pp. Selon le mandement épiscopal. Bazin de Besons (Armand). col.LES MISSELS FRANÇAIS DU 17E AU 19E SIÈCLE 127 P. tome 15. 12. DHGE. cit. art.

481-482 et 612-613. art. « Dans les évangiles et les épîtres du dimanche. Cf. art. Scipion Begon donna à son Eglise de Toul deux nouveaux livres liturgiques. 34. laquelle attribue des épîtres particulières et des évangiles propres aux mercredis et aux vendredis de chaque semaine. OURY. Paris. TAVENEAUX. n. DBF. loc. PREVOST. Ils sont ainsi disséminés et distribués dans les messes du Propre du Temps ou des Saints pour que les quatre évangélistes soient lus en entier dans la durée d'une année". ALLEMANG. Scipion-Jérôme 1750 Ecclesiae Begon (17 septembre Paris.L. pp. Bégon (Scipion-Jérôme). 1640-1789. J. pp. G. M. cit. 1592. 1275-1276. 6. col. Bibliographie G. R. Vrin. BOHATTA. un bréviaire (1748) et un missel (1750). (Bibliothèque de la Société d'Histoire ecclésiastique de la France).. Bégon (Scipion-Jérôme). Nous avons cru qu'il fallait observer cet usage avec d'autant plus de soin que "les évangiles ont été divisés dans la semaine de telle façon que chacun correspond à l'évangile du dimanche. supra. . 170-171. 444-445. DHGE. col. on ne trouvera à peu près rien de changé.N. tome 7 (1933). 141 deux dernières phrases du texte suivant sont reprises mot-à-mot du mandement de Fitz-James dans le missel de Soissons 174534.128 LA MAISON-DIEU. Tulli Leucorum. Le Jansénisme en Lorraine. comme dans ce qui est lu par le peuple les jours de fête. du C. tome 5 (1951).P. Bibliothèque et Dioecesis TuUen- 1750). 455-457. 1960. TOUL Missale ad usum Cathedralis sis. pp. 1750. Mais nous avons jugé opportun d'imiter la règle de tous les missels récents. » 26.

accueillis avec enthousiasme. DELAMARE. restaurer l'antique usage de notre Eglise. R. les collectes étaient empruntées au sacramentaire léonien. faire en sorte qu'une seule et même vérité. T.L. publié en 1750. col. La renaissance liturgique dans les diocèses de Normandie. on ne gardait intact Que le canon. confirmée tout au long de chaque semaine par l'autorité triple et concordante des Ecritures. furent maintenus intacts jusqu'à la suppression du siège de Toul en 1801 et furent adoptés par les nouveaux diocèses de Nancy et de Saint-Dié jusqu'au retour à la liturgie romaine. col. Chaque messe formait un tout complet: l'introït donnait le thème. »3-5 Le mandement épiscopal signale que l'attribution de lectures propres au mercredi et au vendredi de chaque semaine a un double but : « D'une part. tome 10 (1937). Missale Lexoviense. d'autre part. n. 393-394. 1824-1924.N. 13. de MORÊMBERT. CALENDINI. l'offertoire ISait à l'offrande. tome 7 (1975). de Brancas (1er janvier 1752). Lisieux. art.art. 1935. Paris. et la communion à l'action de grâces. Bibliothèque du C.. Brancas (Henri-Ignace de). BOHATTA. 35. 534.loc.P. par exemple ceux de Paris. malheureusement disparu. Henri-Ignace LISIEUX Lexoviis. » 27. adhère plus profondément au cœur des ministres sacrés. A. 1752 1752. Le missel et le bréviaire. Dans le missel. il y eut pour le texte des innovations plus radicales. le graduel était un écho de l'épître. .LES MISSELS FRANÇAIS DU 17e AU 19E SIÈCLE 129 « Le bréviaire composé avec talent et de manière à nourrir la piété. p. eIte les hardiesses introduites par l'esprit gallican et janséniste dans d autres bréviaires. ALLEMANG. Bibliographie P. 824-827. Picard. Du missel romain. cit. CAT. Paris. G. DHGE.

143. 466-469. GODET. l'évêque de Lisieux compléta la nouvelle série des livres liturgiques en publiant le missel. A. tome 1 (1948). 52 (1971). BOHATTA. p. QL. CAT. Motte 1752. 5. art. 344-347. Après avoir doté son diocèse d'un rituel (1742). P. loc. 247-248. La suite du texte concernant cette restauration des lectures fériales est reprise mot-à-mot du mandement promulguant le missel de Soissons 1745..n. art. Son mandement rappelle que l'Eglise lexovienne avait autrefois des lectures propres les mercredis et les vendredis et parfois même les lundis de chaque semaine. col. JARRY. MICHAUD. d'Orléans de La Ambiani. 24. d'un cérémonial (1747) et d'un bréviaire (1750). 181. du LAC. 1264-1272. p. cit. col. Brancas (Henri-Ignace de). d'Orléans (Louis-François Gabriel de La Motte). Le missel du pieux évêque Louis d'Orléans se fit remarquer pour deux raisons. OURY. JOUNEL. 146.. 28. Bibliographie M.. cit.. cit. p. Missale sanctae Ambianensis Louis-François-Gabriel 1752). Cf. 141 ROMAN D'AMAT. Bibliothèque AMIENS 1752 Ecclesiae. col. D'une part. G. (4 octobre Vaticane. loc. DHGE. art. comme en fait foi le missel imprimé en 154736. art. loc. tome 7 (1956). P. BOHATTA.. loc. cit. 306. n. cit. . 533 : Missalepreclarum insignis ecclesie cathedralis Lexoviensis. 242. loc. Amiens (Diocèse). pp. GUÉRANGER. pp. 36. 390-393. M. A. on y supprimait une grande partie des collectes des dimanches après la Pentecôte. Amiens. E. pp. KING. DBF. tome 11. tome 2 (1914).130 LA MAISON-DIEU.

communions. De 1753 à sa suppression par le Concordat de 1801. art.LES MISSELS FRANÇAIS DU 17E AU 19E SIÈCLE 131 «où il est parlé de la puissance de la grâce. Bibliographie E. épîtres mêmes. renouvelé suivant le besoin. pour le reste. tout avait été bouleversé. DHGE. en les interprétant de façon janséniste. cit. graduels. P. tome 13 (1956). on avait cherché à mettre toutes les autres formules en rapport avec cette leçon. Missale Conseranense. GUÉRANGER. D'autre part. «on avait pris pour base de chaque-messe des dimanches la leçon de l'évangile au missel romain et. loc. 30. 960969. E. n. CAT. DELARUELLE. Missale Auscitanum. offertoires. pp. BOHATTA. le diocèse pyrénéen de Couserans (département de l'Ariège) adopta le missel parisien de Vintimille 1738. Joseph Marnays de Saint-André Abbaye Saint-Pierre 1753 COUSERANS de Vercel (12 juillet 1753). 37. n. le prélat craignait qu'on en abusât auprès de son peuple». qui devenait ainsi le centre obligé de chaque messe. Chatillard 1753 1753. AUCH Parisiis.. 303. . de Montillet de Grenaud (18 novem- BOHATTA. Les introïts. Jean-François bre 1752). col. tome 3 (1952). art. 345-346. col. Couserans. »37 29. JARRY. Couserans. de Solesmes. Parisiis. 1753. 122. 253-255.

JARRY. DEGERT. Mgr d'Arché substitua la nouvelle liturgie 38. L. Id. (1924). n. 379-380. CCCCXXX. 132 141 Bibliographie A. E. Bibliographie A. Bayonne. col. fut « adopté dans les diocèses de Bayonne. Missale Baionense. tome 7 (1934). Cf. Se conformant aux décisions de l'assemblée provinciale (24 novembre 1749). Arché (Guillaume d'). col. . art. col. 1545. Tous ces livres reproduisent exactement le missel parisien de Vintimille 1738. A. Nous ne connaissons ce missel auscitain de 1753 que par l'intermédiaire du missel publié en 1836 pour le diocèse d'Auch et Tarbes. col.loc. col. DHGE. Mirepoix » 39. art. tome 5 (1931). art. Pau. 1753 1753. DEGERT. V. D'autre part. art. de Couserans et de d'Auch. BOHATTA. 1901. 149. DUBARRAT. tome 3 (1939). Ribaut. art. Le Missel de Bayonne de 1543. JARRY. CAT. infra. on sait que le missel de Bayonne. Auch. DUBARRAT. 276-282. tome 3. tome 1 (1948). E. d'Arché. 54-59. publié en 1753 par Guillaume d'Arché. qui reproduit exactement le missel d'Auch de 175338. PREVOST. Auch. Arché (Guillaume d').LA MAISON-DIEU. col. Guillaume BAYONNE Parisiis. p. 75. DHGE.. art. 2. 1331-1334. tome 1 (1948). 1016-1018. DBF. 1. CAT. n. V. cit. Nous mentionnons donc ici à la suite les deux missels que nous venons de signaler : 31. 39. DHGE. Bayonne.

BOHATTA. 1361-1364. Beauvais. 4. de Champflour. » .L. 1756. tome 8 (1959). art. Champflour (Jean-Baptiste de). n. Beauvais (Diocèse). Jean-Baptiste MIREPOIX Parisiis. P. c'était au tour du missel. 152.N. JARRY. Bibliographie T. DBF. JOUNEL. Missale Mirapicense. 262-302. Le diocèse de Mirepoix au Concordat de 1801. 2. art.P. Missale Bellovacense. E. le nouveau missel beauvaisien est fidèle au principe d'un thème unique tiré de l'évangile du jour : « C'est selon ce principe et cet esprit que Nous avons composé les autres parties de la messe. col. 32. Cardinal Etienne-René Paris. tome 1 (1948). BEREUX. Bibliothèque (département BEAUVAIS de l'Ariège) disparut 1756 Parisiis et Bellovaci. Comme beaucoup d'autres missels diocésains français de l'époque. LMD. BOHATTA. 172. p. de sorte que celle-ci tout entière ait absolument la même inspiration et le proclame d'une manière unanime. DHGE. de MOREMBERT. n 72 (1963).LES MISSELS FRANÇAIS DU 17E AU 19E SIÈCLE 133 auscitaine à l'ancienne liturgie romaine. Potier de Gesvres (19 avril 1756). CAT. col. 608. n. Après le rituel (1751) et le bréviaire (1753). Bibliographie J. tome 7 (1934). 324. art. 1753 1753. col. du C. 33.

P. T. Du Guesclin (Bertrand-Jean-BaptisteRené). du Guesclin (6 avril 1760).L. 1366. DHGE. Cahors. Bibliographie E. n. col. Bibliothèque 1759 1759. La liste des thèmes dominicaux figure en tête du missel. Ecclesiae ROUEN Rotomagensis. auquel toutes les parties de la messe aussi bien que la méditation matinale du prêtre se réfèrent comme à leur centre ». tome 11 (1967). Nous plaçons dans notre liste. CAHORS 1760 1760. art. BOHATTA. deux missels que les renseignements bibliographicomme reproduisant fidèlement la liturgie ques présentent parisienne de Vintimille 1738.N. Le missel cadurcien a. art. Id. CAT. Missale Parisiis. tome 11 (1949). DBF. Missale Cardinal ment). Bertrand-Jean-Baptiste-René Paris. Bibliothèque Solesmes. 35. de MOREMBERT. le souci d'établir «pour chaque messe un thème (argumentum) unique et spécial.134 LA MAISON-DIEU. Abbaye Saint-Pierre de BOHATTA. 1525-1526. col. 3. Cahors. SOL. n. tome 2 (1950). lui aussi. Le choix des épîtres et des évangiles propres aux féries veille à ne pas s'écarter du thème du dimanche précédent. art. 216. col.. 356-360. 141 34. bien que nous ne les ayons pas consultés. (pas de mande- du C. Cadurcense. . Rotomagi. 178-220. de Saulx-Tavannes Nicolas-Charles Paris. de Saint-Sulpice.

Le mandement épiscopal précise que ce missel de Dijon est « pour ainsi dire extrait du missel parisien et conforme à sa norme et à sa méthode » 40. col. BOHATTA. (1er janvier 1962). art. Les livres liturgiques du diocèse de Langres. Rallet-Bideaud. CAT. Missale Divionense. 215. Louis-Henri Parisiis. art. art. Dijon. 37. MARCEL. ibidem. Etude bibliographique suivie d'un Appendice sur les livres liturgiques du diocèse de Dijon et d'une Note sur les travaux d'histoire liturgique en France au 19e s. 295-302.. col. JARRY. 283. note 2.LES MISSELS FRANÇAIS DU 17E AU 19e SIÈCLE.. Apchon (Claude-Marc-Antoine d'). DHGE. col. CAT. 36. tome 2 (1950). GAZIN-GOSSEL. Diocèse. art. de Rochefort d'Ally (29 avril 1965). MARCEL. 1765 1765. col. Chalon-sur-Saône. L. Langres. 353. tome 3 (1939). Bibliographie A. 6. 926-927. n. tome 14 (1960). tome 3 (1952). DEGERT. GRAS. tome 3 (1924). 802-806. 108-109. DHGE. col. E. Dijon: II. DBF. Le diocèse. GRAS. 1892. . Missale CHALON-SUR-SAÔNE Cabillonense. 870-873. Claude-Marc-Antoine DIJON Parisiis. Paris.loc. A. art. tome 12 (1953). p. art. 40. 477-480. J. d'Apchon 135 1762 1762. 280-284. Picard. E. Chalon-sur-Saône: II. col. bibliographie P. P. L. Apchon (Claude-Marc-Antoine). JARRY. Cf. BOHATTA. cit. Pp. n.

Notes sur les livres liturgiques des diocèses d'Autun. Champion. Etudes liturgiques. Antoine-Clairade Paris. «Le Cardinal de Choiseul transforma de fond en comble notre liturgie dans son bréviaire de 1761 et dans son missel de 1766. Paris/Dejussieu. 3. celle-ci y demeura jusqu'à la suppression du diocèse en 1801. 154. Bisuntinum. Autun. H. toutes ces parties s'efforcent de débarrasser les cœurs de quelque vice particulier ou de les attirer à cultiver quelque vertu spéciale. d'Hymnes et de Proses composées en l'honneur de quelques Saints spécialement honorés dans ces diocèses. R.-F. PELLECHET.LA MAISON-DIEU. 141 136 M. Choiseul [Beaupré] (AntoineClériadus II de). évêque de Chalon de 1754 à 1772 qui remplaça la liturgie romaine par la liturgie parisienne . tout-à-fait conforme aux préoccupations du temps: « Les dimanches. 1860. 1883. Première partie. Missale Cardinal 1676). toutes les parties de la messe n'ont qu'un seul et même but. 1194). Cependant quand les évangiles — qu'on a l'habitude de lire ces jours-là. Besançon. pris de l'évangile du jour. LIMOUZIN-LAMOTHE. . BERGIER. Choiseul-Beaupré (14 août Saint-Sulpice. Bibliographie J. cit. De Dodivers et Cie. art. n. depuis les temps déjà anciens et qu'on a conservés à cause de leur antiquité — comportent un autre thème que 41. C'est Mgr de Rochefort d'Ally.»41 Le mandement du Cardinal présente ainsi l'arrangement de ce missel. Bibliothèque de 1766 1766. 184.loc. 38. 131. p. féries de Carême et autres jours de ce genre. BERGIER. p. BESANÇON Vesuntione. BOHATTA. Chalon et Mâcon. col.-F. tome 8 (1959). avec un choix de Leçons. J. DBF.

de Saint-Aulaire (1er février 1767).] Aux fêtes principales. Bibliographie H. dont il reproduit même le mandement. Missale Parisiis. « non pas tant pour l'harmonie convenable que surtout à cause de la supériorité d'une œuvre que personne n'a critiquée. 40. .LES MISSELS FRANÇAIS DU 17e AU 19E SIÈCLE 137 l'épître. » 39. MAISONNEUVE. Martial-Louis POITIERS Pictavii. Nous avons cru devoir faire répondre et harmoniser le graduel avec l'épître et non avec l'évangile. CAT. On a donné aux autres fêtes des évangiles et des épîtres propres de telle sorte que les quatre évangiles soient lus à peu près intégralement dans l'année et que les passages principaux de l'Ecriture soient beaucoup plus nombreux que ce qu'on avait coutume de lire auparavant. dimanches et féries de Carême. 544. BOHATTA. de Luçon présente son missel comme la suite L'évêque logique de l'adoption du bréviaire parisien dans son diocèse. Abbaye Saint-Pierre LUÇON 1767 1767. Missale Pictaviense. Luçon (Diocèse de). Claude-Antoine-François avril 1766). col. 1258-1276. n. Nous employons les mêmes épîtres et évangiles qu'auparavant. Lucionense. Il faut donc maintenant adopter le missel de Paris. mais qui a été approuvée et louée partout. [. Jacquemet Gaultier d'Ancyre (15 de Solesmes. de Beaupoil 1767 1767. tome 7 (1975). » Le missel luçonnais suit intégralement le missel parisien de Vintimille 1738. art.

. loc. qu'il compose d'ordinaire sans recourir à la tradition et avec un talent incontestable. 226. p. P. cit.traduites en français par les Abbés DION et CHARPENTIER. col. qui devaient rencontrer un grand succès dans les missels de la fin du 18e et du début du 19e siècle» 42. loc. n'hésite plus à toucher au temporal.. Le mandement épiscopal présente ainsi les lectures fériales : « Pour éviter la répétition fastidieuse que saint Bernard recommande d'enlever des divins Offices43.N. tome 7 (1933). le missel poitevin de 1767 « prend beaucoup plus ses distances par rapport au missel romain.A. 506-508. KING. Abbaye Saint-Pierre de BOHATTA. tome 2. » 42. Antiph. 534. du C. Il s'agit de la Préface ou du Traité du chant ou de la correction de l'Antiphonaire [de Cîteaux]. Œuvres complètes de Saint BERNARD. . QL. cit. ainsi que les oraisons. 1-2 : cf. p.. Paris: 1877. cit. 141 Paris.P..L. LECLERCQ. Beaupoil de Saint-Aulaire (MartialLouis de).. JOUNEL. n. P. Il modifie le choix des épîtres pour les accorder aux évangiles. nn. On a ainsi des messes à thèmes.. 3e éd. 789. G. . A. GUÉRANGER. cit. Bibliothèque Solesmes. du LAC.loc. loc. des épîtres et des évangiles qui leur correspondent.. p. cit. 307. E. son auteur. M. loc. pour les mercredis et les vendredis. Vivès. 306-307. 244. col. pp. 171-172. Le lazariste Jacob. 43. p. OURY. Le missel renvoieen marge à : TractatusDe Corr. loc. art. Bibliographie P.L. H.138 LA MAISON-DIEU. Nous avons ajouté à l'épître et à l'évangile de chaque dimanche. Et de la sorte on lira les pages du Nouveau Testament presque en entier dans l'année. 1713. pp. 52 (1971). 146. cit. VAN CAUWENBERG. DHGE. pp. il y accorde aussi les pièces relevant de l'antiphonaire. JOUNEL. Comme la plupart des missels diocésains français publiés depuis le milieu du 18e siècle.

pris dans les autres évangélistes. l'évangile et noté brièvement dans la marge du missel. Là encore. de Reims évoque en son mandement « les nombreux chefs de tous les coins de l'Eglise de France qui. L'archevêque de la). cit.. BOHATTA. Missale Sanctae siis. le mercredi et le vendredi.. Nous avons assigné des épîtres et des évangiles propres à trois jours par semaine. pp. . cit. 174-175. 210. art. chaque messe a son thème (argumentum). Les évangiles de ces féries ont été choisis autant que possible de telle sorte qu'ils présentent ce même point de doctrine ou d'histoire sainte.LES MISSELS FRANÇAIS DU 17e AU 19e SIÈCLE 139 Le missel poitevin donne la liste des messes des dimanches et des féries importantes en mentionnant la veritas evangelica proposée dans chaque messe. » . Bibliothèque de Solesmes. loc. Charles-Antoine Ecclesiae REIMS Metropolitanae de La Roche-Aymon Paris. elles sont toutes proches du thème évangélique. loc. 41. 837. Bibliographie MICHAUD. a savoir le lundi.L. Pari- 1770). 1770. n. (22 septembre du C. Roche-Aymon (Charles-Antoine tome 36. Saint-Sulpice. Quand aux épîtres qui précèdent ces évangiles.N. Bibliothèque Abbaye Saint-Pierre 1770 Remensis. p. que présentait l'évangile du dimanche. Les lectures fériales sont ainsi présentées : tiré de «En plus des épîtres et des évangiles du dimanche. selon l'Esprit des Conciles tenus en ces derniers temps. G. ont travaillé à qui mieux mieux à corriger et à perfectionner leurs missels».P. OURY.

et de ne jamais nous écarter du sens original dans le choix et la disposition des textes. Ainsi. 1859. Recherches sur l'abolition de la Liturgie antique de l'Eglise de Lyon. loc. Lugduni. P. loc. loc. 52 (1971). GUÉRANGER. . Nous avons veillé particulièrement à ce que les parties de chaque messe s'harmonisent dans la proposition de toutes les vérités de grande importance et. pour ramener le missel lyonnais à cette forme jugée plus apte à faire valoir la dignité du saint sacrifice et à exciter les sentiments d'une piété sincère. cit. n. art. 509-510 (bréviaire de 1776). du LAC. 156-160. 1934. 1771 Ecclesiae. pp. col.140 LA MAISON-DIEU. 46-47. du C. d'espérance et de charité par lesquels ont doit honorer ce mystère. L'ancienne liturgie romaine. M. Girard et Josserand. pp. Office National de BOHATTA. Bibliographie D.L. cit. confusion entre les usages lyonnais et romains]. (1er octobre 1771). H. JOUNEL..P. L'archevêque de Lyon présente ainsi son missel : « Nous avons saisi l'occasion que la nécessité nous fournissait [pénurie de missels. MICHAUD. qu'autant que possible. Missale Sanctae LYON Lugdunensis Antoine de Malvin de Montazet Paris. Le rite lyonnais. p.N. n. cit. LMD. pp. Lyon. cit. Montazet (Antoine-Malvin de). 22-25. Notre première règle a été de distribuer à pleines mains partout à travers notre missel ces richesses que fournissent en grande abondance les Lettres sacrées. Bibliothèque Liturgie. BUENNER. M. loc. 1713. 558. Vitte Lyon-Paris.. pp. QL. Id. l'épître et l'évangile s'accordent avec la collecte. 141 42. de CONNY. 245 (bréviaire de 1776). Montréal. par exemple. 72 (1963). 312. pp.. » .. 1771. P. tome 29. Nous employons les passages de la sainte Ecriture les plus capables aussi bien de l'exprimer que d'inculquer les sentiments de foi.. LECLERCQ. p. 87-91. si l'on célèbre un mystère du Seigneur.

loc.. pp. GUÉRANGER. L'Eglise de Laon restaure. elle aussi. 44. 40). ce qui permet de lire à peu près intégralement le Nouveau Testament durant l'année. MARTINET. ce missel n'est pas mentionné dans BOHATTA. n. Bibliographie S. Missale Ecclesiae Lauduni. tout en conservant quelques restes de l'antique rit local. de Rochechouart de Faudoas (21 de Solesmes. Missale Tolosanum. Abbaye Saint-Pierre 1773 LAON 1773. 43.LES MISSELS FRANÇAIS DU 17" AU 19E SIÈCLE 141 En fait. cit. cit. pp. Laon. Rome. M.. Cardinal Jean-François-Joseph septembre 1772). Bibliographie P. 508-609. Laudunensis. tome 6 (1967). art. . du LAC. CAT. le nouveau missel lyonnais adoptait la liturgie parisienne de 1738. 244-245. 1820-1823. Abbaye Bibliothèque Saint-Pierre de Solesmes. Etienne-Charles TOULOUSE 1773 1773. BOHATTA. « l'usage ancien de lire des épîtres et des évangiles propres le mercredi et le vendredi non empêchés [par une fête]. » Le missel laonnais donne une liste des titres de messes. col. de Loménie de Brienne (29 novembre 1772). de Saint-Louis-des-Français. repris tels quels du missel de Poitiers de 1767 (n. loc. 489.

afin que la meilleure place soit donnée aux paroles de l'Apôtre. » Ces sont évidemment choisis en fonction de évangiles l'évangile du dimanche précédent. qu'il s'agisse de la suite du même texte. de s'adapter plus facilement au chant et de répondre plus soigneusement aux lectures sacrées de la messe. et deux féries hebdomadaires aux autres temps. il Nous a semblé convenable de le faire toutes les semaines. qui est la plus utile après l'évangile. le mercredi et le vendredi. ou enfin de textes qui s'harmonisent avec l'évangile. à savoir que trois passages d'évangile au moins seraient fixés chaque semaine. de sorte que la parole des Apôtres. « Dans le choix de ces lectures. sauf le samedi. Nous avons eu soin de choisir ce qui était nécessaire pour s'harmoniser avec les messes propres de l'Eglise comme dans les autres. Dans son mandement. [-. Ainsi. d'un discours sur le même sujet ou sur un sujet semblable. Nous avons décidé que parfois la lecture du Nouveau Testament serait placée avant celle de l'Ancien. art. ] . Il continue ainsi : «Ce qui se faisait autrefois pendant quelques semaines.. soustrait aux yeux des prêtres. pp. Loménie de Brienne (Etienne-Charles de). qu'ils puissent l'être au moins après la messe. [. Nous en avons ajouté d'autres qui leur étaient connexes.142 LA MAISON-DIEU. Nous croyons qu'il faut lire surtout du Nouveau dans le missel. et si on ne peut les lire à la messe. De même. 58-61. cit. c'est-à-dire le lundi. Pour la même raison. Nous avons conservé la plupart du temps les passages qu'on avait coutume de lire. Et puisque dans le bréviaire on lit surtout de l'Ancien Testament. à chaque évangile propre correspond une épître propre. choisis déjà par l'excellent jugement d'hommes pieux. puisque tous les textes du Nouveau Testament ne peuvent pas être lus à la messe. durant l'année. sont employés si heureusement en divers missels de l'Eglise de France. les textes qui paraissaient les plus capables de susciter la piété. de Toulouse rappelle l'archevêque l'ancien usage local de lire des évangiles propres toutes les féries d'Avent. loc. surtout dans celui de Paris. 141 MICHAUD.] Notre règle a été d'adopter et de faire nôtres ces textes qui. et ceux qu'on aura dû omettre une année seront lus une autre. du moins les principaux le seront chaque année. Ainsi aucun passage d'évangile ne sera. deviendra plus familière aux prêtres. de plus. tome 25.

n. 45. Le diocèse de Montauban suivit aussitôt l'exemple de sa Dans son missel de 1773. Montauban 1773. Bibliothèque BOHATTA. ce but est pris soit de l'office du temps. les titres des messes reproduire mot-à-mot le mandement. 41) se retrouveront dans les missels de ses diocèses suffragants. de Saint-Sulpice. . MONTAUBAN Missale Montalbanense. cit. dans le Propre du Temps. soit de l'évangile à lire dans cette messe. Et pour qu'il apparaisse plus facilement. 182. Missale Aurelianense. 647. Bibliographie G. BOHATTA. dominicales et le lectionnaire du missel toulousain (n. dans la marge. 117. n. toutes les Parties de la messe se réfèrent à un but déterminé . OURY. Paris. 46.LES MISSELS FRANÇAIS DU 17E AU 19e SIÈCLE 143 Il Nous a paru utile que. Nous avons eu soin d'inscrire au début de chaque messe. que Toulouse a empruntés au missel de Reims 1770 (n. loc. Abbaye Saint-Pierre 1773 1773. Le Tonnelier Anne-François-Victor 1773). le thème principal de la messe. Tolosae. 44) dans sa presque totalité. il se contente de métropole. 1774 1774. de Jarente de La Bruyère (10 avril 1773)..» Ces titres. Alet 1774 et Lombez 1778. Louis-Sextius ORLÉANS Aurelianis. p. de Breteuil (29 septembre de Solesmes.

le missel de sa métropole. DS. Missale Tolosae. Daniel-Bertrand Abbaye SAINT-PAPOUL 1774 1774. BAILLY. n. 141 Le mandement épiscopal reprend presque mot-à-mot pludu mandement de l'évêque de Poitiers. 1501-1512. 318-320. Doctrinaires ou Prêtres de la Doctrine chrétienne. tome 3 (1957). loc. Saint Papoul a été l'un despremiers évêques de Toulouse. 47. 44). pp. JARRY. Missale Electense. 44. art. tome 14 (1960). Doctrinaires. Sanpapullensis. art.. ALET Tolosae. art. sieurs passages introduisant son missel de 1767 (n. Doctrinaires. Saint-Pierre de Solesmes. 40). du LAC. R. col. de 1317 à de 1790. à peu de chose près. fut siège d'un évêché. L'abbaye tombeau de saint Papoul44. Alet. col. 546-548. . CAT.1774. CAT. AUBERT. Le missel de ce petit diocèse (arrondissement Carcassonne) reprend. Ce missel n'est pas signalé dans BOHATTA.144 LA MAISON-DIEU. 383. col. DHGE. E. de Solesmes. fondée par Charlemagne sur le bénédictine. Toulouse. CRISTIANI et P. art. 295-296. de Langle (8 juillet 1774). publié l'année précédente (1773) (n. CHALUMEAU. col. tome 1 (1947). 943-944. M. tome 3 (1952). Bibliographie R. L. BOHATTA. cit. Charles de La Cropte de Chanterac Abbaye Saint-Pierre 1774 (10 décembre 1771). 48.

comme le dit le mandement épiscopal. tome 8 (1959). 175. sans envie. art. 1603. Après en avoir adopté le bréviaire. «déjà accepté par le plus grand nombre des Eglises de France. Chantérac (Charles de La Cropte de). 395. III. pp. établi sans avoir été l'objet d'aucune critique et qui doit être considéré comme un ensemble complet avec toutes ses parties» (mandement) . de MOREMBERT. son métropolitain (1773). n. col. Le petit diocèse d'Alet (département actuel de l'Aude) entra en 1774 dans le mouvement liturgique où «l'on voit beaucoup de pontifes français animés. 182. Abbaye Saint-Pierre TULLE de de la Doctrine d'Alet reprend de l'archevêque adopte aussi les 1777 1777.-M.LES MISSELS FRANÇAIS DU 17E AU 19E SIÈCLE 145 T. Alet (Electen. 2. BOHATTA. loc. il thèmes de messes de ce missel (n. Parisiis. DBF. art. DHGE. tome 2 (1914). d'un zèle remarquable pour le culte divin». Missale Tutellense. VIDAL. Diocèse. Raffelis de Saint-Sauveur (1er de Solesmes. prêtre le missel du dernier évêque chrétienne. mais non sans émulation.). 49. mot-à-mot la plus grande partie du mandement de Toulouse. col. Bibliographie G. J. l'Eglise de Tulle se devait de suivre aussi le missel de Paris. 158-168. cit. Marius Charles-Joseph décembre 1776).. Œuvre de Jean-Baptiste Gibrat. 44). OURY.

Narbonense. Après avoir mentionné le missel publié par son prédécesseur de Narbonne Claude de Rebé (1628-1659). art. Bibliographie J. ont été rédigés sur ce modèle. LEFLON. 50. Lumbariense. Missale Tolosae. rien de plus parfait n'a encore été publié. col. tome 14 (1960). Dillon (28 septembre Saint-Pierre 1778 1777). l'archevêque annonce que son Eglise suivra désormais intégralement le missel parisien de Vintimille : « Nous avons suivi d'autant plus volontiers l'autorité de ce missel que. de TERREFORT. Abbaye Saint-Pierre LOMBEZ 1778 1778. > . les meilleurs missels. de Salignac de la Motte (10 décembre de Solesmes. Id. 809-811. il s'ouvre d'ailleurs par le mandement de celui-ci. qu'il suscite dans toute la France l'admiration d'hommes savants et pieux et qu'enfin. Un Supplementum Calendarii pro Dioecesi Tutellensi termine l'ouvrage. art. DHGE. CAT. Léon-François-Ferdinand 1772). 141 Le missel tullois n'est pas autre chose que le missel de Vintimille 1738. » 51. 486487. col. NARBONNE Missale Arthur-Richard Abbaye Narbonae. quelqu'ils soient.146 LA MAISON-DIEU. Nous en sommes sûrs. 356-357. 1778. de Solesmes. Dillon (Arthur-Richard). tome 3 (1952). dans ce domaine. col. DBF. Dillon (Arthur-Richard). précédant celui de l'évêque du diocèse. J.. art. Dillon (Arthur-Richard). tome 11 (1967). 5.

1643. bibliothèque du C. Bibliographie M.LES MISSELS FRANÇAIS DU 17E AU 19e SIÈCLE 147 Ce missel n'est pas signalé dans BOHATTA. la liturgie métropolitaine. le petit diocèse de Lombez (qui devait être supprimé en 1801) adopta. lui aussi. JOUNEL. CAT. tome 7 (1975). 53. Missale Virdunense. Vitoni et Hydulphi. BÉCAMEL. BÉNÉDICTINE CONGRÉGATION DE SAINT-VANNE 1781 Missale Romano-Monasticum. pp. n.. Histoire ecclésiastique et civile de Verdun. Nanceii. 1779 1779. BOHATTA. art. tome 2. des Nos de Champmeslin Abbaye Saint-Pierre de Solesmes.N. 1864. 52. col. col. 52 (1971). n. . Bibliographie P. Des Nos de Champmeslin (Henri-LouisRené). 1056-1057. Contant. Abbaye Saint-Pierre de Solesmes. Laguerre et Cie. (1ERoctobre 1779). ad usum Congregationis SS. 87-91. 1781. tome 10 (1965). Henri-Louis-René VERDUN Virduni. ROUSSEL. Suffragant de Toulouse. Son missel reproduit les titres de messe du missel toulousain de 1773 (n.L. Le missel verdenois suit de près le missel parisien de 1738. p. Ordinis Sancti Benedicti. 314. T.art. Bar-le-Duc. 44). 1721. DBF. N.P. de MOREMBERT. 10. Lombez. La préface n'est pas signée. QL. 1487. BOHATTA.

. loc.. 780. la Congrégation bénédictine de Saint-Vanne-et-deconfia la préparation de ses nouveaux livres Saint-Hydulphe liturgiques à dom Anselme Berthod. . 522. 1640-1789 (Bibliothèque de la Société d'Histoire ecclésiastique de la France). 247. OURY. loc. p. col. Paris. CHARTRES Parisiis. associé au travail des Bollandistes. DHGE. Abbaye Saint-Pierre BOHATTA. G.. J. 54. 1960. TAVENEAUX. Le Jansénisme en Lorraine. A. Missale Carnotense. p. SCHMITZ. En 1774. pp. de Lubersac (9 septembre 1782). 1782 1782. loc. 1948. R. Les Bénédictins: Aperçu historique: [. Missale PÉRIGUEUX Emmanuel-Louis 1782. pp. pp. tome 7 (1934). Id. de Maredsous. cit. et qui fut. 655-672 : «Les voies secrètes du Jansénisme dans la Congrégation de Saint-Vanne». Parisiis. art. 8-30. quelques années plus tard. Jean-Baptiste-Joseph du missel parisien de 1738. Histoire de l'Ordre de Saint Benoît. de Solesmes. tome 4. LECLERCQ. M. cit. auquel il répond « soigneusement et parfaitement ». GUÉRANGER.148 LA MAISON-DIEU. cit. 141 Bibliographie P. Petrocorense. cit. Vrin. Ed. du LAC. 1713.. n. 172-173. Bénédictin (Ordre): I. loc. M. Ce missel s'inspire largement 55. col. La préface du missel de 1781 présente ce livre comme la suite logique du bréviaire récemment édité (1777). 1122-1124. bibliothécaire à l'abbaye Saint-Vincent de Besançon.. de Grossoles 1782 de Flammarens (1er mai 1781).] La Congrégation de Saint-Vanne. H.

1782 1782.P. col. GUÉRANGER. pp. art. Lubersac (Jean-Baptiste-Joseph de). n. cit. Joubert et Symon de Dancourt. préparée par MM. tome 12 (1953). Missale Apamiense. de Galard de Terraube 1783. cit. 393-395. Au temps de Christophe de Beaumont. art. du LAC. 513-515 (nouveau missel de Paris) et 520. Le missel de Pamiers 57. tome 2 (1950). Bibliographie Y. 1783 Parisiis.. LE PUY Aniciensis. note 1. MICHAUD. 75. Sulpiciens... 753). Une commission dont faisait partie l'abbé Siéyès arrangea cette édition pour le diocèse de Chartres. Paris.LES MISSELS FRANÇAIS DU 17E AU 19e SIÈCLE Abbaye Saint-Pierre 149 de Solesmes. loc. qui apportèrent quelques légères améliorations à l'édition de 1738 (BOHATTA. (1er mars 1783). 56. cit. n. Diocèse. l'Eglise de Paris avait fait paraître en 1777 une nouvelle édition de son missel. col. Missale Ecclesiae Marie-Joseph reproduit la liturgie parisienne. pp. Chartres. TOHATTA. Henri-Gaston de PAMIERS Parisiis. ainsi que les pages 343-344).L. pp. loc. tome 25. DELAPORTE. CAT. 999-1003. 245-246 et 357. Chartres: II. DHGE. Bibliothèque (les 12 premières pages Manquent dans cet exemplaire. M. JARRY.N. 252. Lévis-Léran (nous ignorons la date du Mandement) du C. n. loc. P. art. 563-574. . BOHATTA. archevêque de 1746 à 1781. E.

«En 1738 et 1743. tome 7 (1933). art. reproduit la 1783/Lugduni.. 73. 1783). Joseph-Dominique Paris. de Cheylus (8 août 1783). JARRY. CAT. de Conzié (1er décembre 45. art. J. 1329. n. 1328-1331. Bayeux. qui se contentera d'y adjoindre un propre locale.N . LIMOUZIN-LAMOTHE. FAYARD.L. col.LA MAISON-DIEU.loc. Comme le précédent. du C. 146. Bayeux: III. DHGE. col. (éd. HOURLIER. Saint-Sulpice (éd. cit. 2. DBF. . tome 1 (1948). Le Puy.P. ibidem. 1324-1328. 1783). Bibliothèque Bibliothèque 1783 BAYEUX Cadomi. col. liturgie parisienne. R. le missel du Puy-en-Velay 58. CAT. 1790. 141 150 Paris. Missale Turonense. le bréviaire et le missel de Vintimille passèrent de Paris à Bayeux. CALENDINI. E. col. HOURLIER. tome 8 (1959). BOHATTA. 59. J. col. 1790). 423-432. n. TOURS Parisiis. tome 7 (1975). Les évêques de Bayeux. Bibliographie P. 31. BOHATTA. 1129. Joachim-François-Mamert 1784 1784. Missale Bajocense. Bibliographie A. Bayeux (Liturgie de). col. art. art. Bibliothèque Saint-Sulpice. Cheylus (Joseph-Dominique de).

loc. 2. tome 9 (1961). on peut dire que l'Eglise de Paris tient le flambeau devant les autres. loc. pp. Il s'agit sans doute de François de Harlay. de MOREMBERT. 1784. cit. Charles de Vintimilleet Christophe de Beaumont. 1634. 178. Gratianopoli. (18 août 1782). trois pontifes de cette Eglise46 ont fait une œuvre si heureuse que beaucoup d'autres Eglises n'ont pas hésité à faire tourner leurs travaux à leur propre profit. cit. p. n. Bibliographie P. Il continue : «Dans cette avantageuse émulation des missels. du LAC. loc. 72 (1963). 365-369. Dans son mandement. G. col. cane. OURY. du LAC.. » C'est bien ce qu'a fait l'Eglise de Tours. art. En réalisant ce dessein. Conzié (Joachim-François-Mamert). 1784 Viennensis. loc. pp.. Le Franc de Pompignan Bibliothèque Saint-Sulpice. 1738et 1777. Rome. LMD. cit. 551-552. 60. DBF. engageant aussi ses suffragants à suivre cette voie. n. T. . pp. de Tours rappelle l'archevêque « l'émulation tout à fait remarquable et digne d'éloges» de la Plupart des Eglises de France dans la réforme et le perfectionnement de leurs missels. Aucun missel de Tours n'est signalé dans BOHATTA. 160. 183. M. M. 46. Bibliographie P. 182. pp. 245-246. 245. JOUNEL. cit. GUÉRANGER. Bibliothèque Vati- BOHATTA..LES MISSELS FRANÇAIS DU 17E AU 19e SIÈCLE Abbaye Saint-Pierre 151 de Solesmes.. qui promulguèrent respectivement les missels Parisiens de 1685. VIENNE Missale ad usum Provinciae Jean-Georges Paris. 518-520.

Vous savez comment ce vœu Nous fut solennellement exprimé lorsqu'en 1775 Nous présidions pour la première fois l'Assemblée provinciale préparatoire aux Assemblées générales du clergé de France. Voici quelques extraits de ce texte48. 14e s.152 LA MAISON-DIEU. gue à la fois le missel et le bréviaire. Effectivement. loc. pp.. . du LAC. Or. donna à sa Province le rite viennois» 47. ni dans la teneur des paroles. 141 MICHAUD. au clergé de chacun des diocèses de cette Province». 366-368. Valence. Mgr Le Franc de Pompignan. déjà il avait été question d'avoir des livres liturgiques communs à toute la province. ainsi que des autres députés envoyés par 47. Pompignan (Jean-Georges Le Franc de). cit. «Le 18 août 1782.. et qu'il se trouvait appuyé du suffrage de nos collègues présents à l'Assemblée. ce doit être l'objet de tous les vœux. de même qu'elle n'en souffre aucune dans la foi et la règle des mœurs. Nous l'accueillîmes d'autant plus volontiers qu'il était tout-à-fait conforme à l'esprit des Décrets de l'Eglise.. mais on ose à peine en concevoir l'espérance. 32-34. cit. Die et Viviers (et aussi de Genève et de Saint-Jean de Maurienne. Avant que par un jugement secret de Dieu (Dieu veuille que ce soit pour notre bonheur et celui des autres!) Nous eussions été élevé à ce Siège archiépiscopal. Textes liturgiques anciens du diocèse de Viviers. p. Frères bien-aimés. Viviers. 1964. Textes liturgiques anciens du diocèse de Viviers. pp. Traduction de M. loc. est adressé qui promul- « au clergé de Vienne et. Nous vous annonçons — que dis-je? Nous vous montrons cette espérance réalisée dans toute l'étendue du territoire qu'embrasse en France la province de Vienne. ses suffragants «hors du royaume» ). 48. loc. 21. N. tome 34.. l'archevêque de Vienne. de concert'avec les évêques de Grenoble. art. avec le consentement des Illustrissimes et Révérendissimes Seigneurs les Evêques comprovinciaux. unies par le lien de l'unité catholique. la Liturgie divine n'admette plus aucune diversité ni dans le choix et l'ordre des matières.. le mandement de l'archevêque. cit. « Que dans toutes les Eglises.XIVes.

comme celui qui approche le Plus de la perfection. pour honorer d'une seule bouche Dieu. 1463. [. et comme celui dont la contexture s'accomode le mieux à la province de Vienne. pp.LES MISSELS FRANÇAIS DU 17E AU 19" SIÈCLE 153 divers diocèses. en France. unanimes aussi dans les paroles.. vous serez. Bibliographie P. Saint-Sulpice. mais Nous avons cru devoir en adopter un. Cardinal Paul d'Albert Paris. 246. [. Nous Nous sommes scrupuleusement attaché à suivre le sentier indiqué par l'antiquité. le plus récent. devenue un objet d'envie pour toutes les provinces ecclésiastiques du royaume. désormais. du LAC.] Nous n'avons pas voulu toutefois mettre au jour une Liturgie d'un genre nouveau (œuvre suspecte à bon droit et dangereuse). BOHATTA. et dans lequel les Evêques de France ont. unanimes dans les sentiments. . supérieur du séminaire. 61. exécutés sur le même modèle et cependant dissemblables en beaucoup de choses. soit en payant le tribut des Heures canoniales. Mais. C'est à Monsieur Monteau. depuis plusieurs années. n. laissé l'un après l'autre la trace de leurs Pas. cit. Comme il existe plusieurs ouvrages de cette nature.. pour l'usage de la province de Vienne. p. Missale Metropolitanae Senonis. subordonnant à votre utilité l'amour-propre d'auteur et toute vaine gloire. comme parle l'Ecriture. de Luynes (26 juin 1785).] Bienfait insigne de la Providence envers la province de Vienne. lazariste. du nouveau missel que le cardinal confia la préparation sénonais. Bibliothèque SENS 1785 ac Primatialis Ecclesiae Senonensis. Alors Nous fut confié le soin de disposer. soit en offrant le saint Sacrifice. le Père de notre Seigneur Jésus Christ». cit. la Liturgie sacrée contenue au bréviaire et au missel. d une seule lèvre et d'un même discours. Nous avons d'abord comparé les principaux. 1785. loc. GUÉRANGER. 520-521. loc.

de la sorte elles sont liées entre elles. art. 246. elles sont disposées en fonction du déroulement du saint Sacrifice. 518-519. RENNES 1786 1786. 2. BOHATTA. P. col. » Le missel sénonais de 1785 a pris beaucoup de distances par rapport à son aîné de 1715 (n. DHGE. Son mandement Rennes suivit l'exemple reprend d'ailleurs mot-à-mot la plus grande partie du texte . pp. loc. A la suite du concile provincial de Tours (1780). GUÉRANGER. loc. Nous avons conservé les évangiles en usage depuis longtemps dans notre Eglise. 141 154 Nous retrouvons ici un missel thématique France depuis le milieu du 18e siècle : si en honneur en « Nous avons assigné à chaque messe — dit le mandement — un thème propre. François Bareau de Girac (1er décembre Abbaye Saint-Pierre Parisiis. PRÉVOST. du LAC. DBF. M. Chaque messe des dimanches et des féries pénitentielles est précédée d'un titre original. M. tome 6 (1932). tome 5 (1951). 824. art. pour que le missel concorde avec le bréviaire. col. 7).. p. elles s'accordent sur la même vérité ou les mêmes sentiments de piété. n. Bareau de Girac (François). 781-782. de Solesmes. Missale Rhedonense. 1785). l'évêque de de sa métropole. Bareau de Girac (François).. Bibliographie P. Nous avons choisi des épîtres — du Nouveau ou de l'Ancien Testament — qui ont des relations avec l'évangile qui suit et qui renferment les préceptes moraux les plus utiles. cit.LA MAISON-DIEU. 62. cit. tiré de l'évangile et Nous avons organisé en fonction de ce thème les autres parties de la messe. 428-430. CALENDINI.

abbé de la Val-Dieu et les imposa à toutes les maisons de l'Ordre : ce furent le bréviaire en 1782 et le missel en 1787. 1955. 64. Missale ad usum Ordinis Jean-Baptiste Abbaye ORDRE L'Ecuy. n.. M. loc. H. le dernier Abbé général de l'Ordre canonial de Prémontré publia les nouveaux livres liturgiques rédigés par le chanoine Rénacle Lissoir. 60). Missale ad usum VIENNE Provinciae Viennensis. (18 août 1782). pp. 1713. 1677. Bibliothèque 1822 Gratianopoli. Jean-Georges Le 1322.A. BOHATTA. London. (pas de mandement). cit. abbé de Prémontré 1787. Rome.. col. Bibliographie P. cit. 63. Selon les décisions du Chapitre national tenu à Prémontré le 15 août 1779. loc. 247. le mandement de Reproduit Pompignan. 522. 179-181 : Neo-Gallican Interlude. LECLERCQ. cit. de Solesmes. Franc de Vaticane. Saint-Pierre DE PRÉMONTRÉ 1787 Nanceii. KING. GUÉRANGER. A. p. Il s'agit (n. il annonce que sa cathédrale adopte ainsi le bréviaire et le missel de Paris. Cette édition n'est pas signalée dans BOHATTA. p..LES MISSELS FRANÇAIS DU 17E AU 19e SIÈCLE 155 Promulguant le missel tourangeau de 1784. Praemonstratensis. d'une simple réédition du missel viennois de 1784 . du LAC. loc. Liturgies of the Religious Orders.

L. 1825 Ecclesiae. mais avec de sérieuses en particulier pour les formules d'introduction modifications. Bibliothèque de Choiseul- du C. Lyon-Paris. 12.P. R. col. 174. LYON Missale Sanctae Lugdunensis sedis. DBF. 560. Missale Mimatense. Bien qu'il porte le nom du Cardinal Fesch. 1934. ce missel a été préparé et publié sous l'autorité de Mgr Jean-Gaston de Pins. Le rite lyonnais. 1198. 42). 1er de Solesmes. Bibliographie P. 152. 141 156 65. cit. tome 8 (1959). Cette édition n'est pas signalée dans BOHATTA. LIMOUZIN-LAMOTHE. Abbaye Saint-Pierre primae Galliarum de Mgr de Montazet. p.LA MAISON-DIEU. Paris. Choiseul [Beaupré] (GabrielFlorent de). Lugduni. 66. art. Bibliographie D. Vitte. Cardinal Joseph Fesch (mandement octobre 1771). LMD. MENDE Divione. BOHATTA. 621-622. JOUNEL. . GUÉRANGER.. pp. le mandement de Gabriel-Florent Reproduit Beaupré pour l'édition de 1766. loc. P.N. archevêqueadministrateur du diocèse depuis 1823. n. n. des épîtres et des évangiles. 1825 1825. 72 (1963). L'ancienne liturgie romaine. 1825. archevêque de Lyon (retiré à Rome depuis 1814). BUENNER. p. C'est le texte du missel de Mgr de Montazet (1771) (n.

1644. . François-Joseph VERDUN 1829 1829.P. Bibliographie A. art.L. du C. Abbaye Saint-Pierre de BOHATTA. tome 3 (1924).L. le missel verdunois de 1829 suit de près le missel parisien de 1738. PRÉVOST. Virdunense. 1828. 1828 1826). Missale Stenaci. 67. Missale Lucionense. Paris.LES MISSELS FRANÇAIS DU 17E AU 19e SIÈCLE 157 Cette editio nova. 52). Cette édition avait été préparée par Mgr d'Arbou. 39) : là encore.P. col. reproduit en fait le missel mendois de 1766. 1475-1476. C'est la liturgie intégralement Parisienne de Vintimille 1738. DHGE. Bibliothèque BOHATTA. Soyer (25 décembre du Paris.N. Bibliothèque Solesmes.n. 545. 1738. qui démissionna en 1827. 68.N. n. de Villeneuve-Esclapon (1er août 1829). Arbou (Etienne-Marie-Bruno d'). René-François LUÇON Lugduni. c'est la liturgie parisienne de Vintimille. Comme son aîné de 1779 (n. . comme elle se présente. L'édition de 1828 reproduit le missel luçonnais de 1767 (n. C.

Le ce dernier permet d'utiliser les missels de 1738 . 8). 252-253. cit. 70. 622-623. 506. MIGNE. J. Migne.P. A. col. Bibliographie R. L'édition de de 1738 avec reproduit à la mandement de 1830 reprend le titre complet du missel parisien le nom de Vintimille. p. portent sur les rubriques.158 LA MAISON-DIEU. par rapport au missel précédent. p. Bibliographie P. 1844. 800-805. loc. tome 7 (1975). loc.. 822. Origines et raison de la Liturgie catholique en forme de Dictionnaire. 614-618. du C. de Quélen (2 juillet 1830).. pp.L. Abbaye Saint-Pierre de BOHATTA.P. Ed. (Encyclopédie Théologique. 1830 1830. LIMOUZIN-LAMOTHE. publié en 1738 (Bohatta. 758.P. loc. (20 mars 1830). n. du LAC. 151. Missale Parisiense. cit. art. cit. Limoges. BOHATTA. Hyacinthe-Louis Prieuré bénédictin du Bouet (Valais. n. Suisse). J.A. KING. dont le mandement est suite de celui de Hyacinthe de Quélen. 505). Paris.. M.. Prosper de Tournefort Paris. Missale LIMOGES Lemovicis.N. n. PARIS 1830 Lutetiae Parisiorum. 1830. Bibliothèque Solesmes. En présentant ce missel. Lemovicence. GUÉRANGER. pp. 141 69. CAT. le mandement épiscopal précise que les principales modifications.

CAT. DBF. 45).. Bibliothèque NÎMES 1831. LEMARIÉ. col. T. tome 3 (1952). 947-948. Saint-Pierre de Soles- . 648). que l'on pourvu 71. tome 14 (1960). JOUNEL. Dubourg (Guillaume-Louis). art.LES MISSELS FRANÇAIS DU 17e AU 19e SIÈCLE et de 1790. loc. Missale Nemausense. Montauban. 674. Montalbanense. 311. 72. mes. tome 11 (1967). 175. QL. Abbaye BOHATTA. Abbaye Saint-Pierre tienne 159 du Bourg (pas de mandement). art. 251. Missale compte MONTAUBAN Louis-Guillaume-Valentin des rubriques 1830 1830. 52 (1971). 1045-1046. 1140-1141. p. Bibliographie C. de Solesmes. M. n. Ce missel de 1830 est une réédition du missel montalbanais de 1773 (n. DHGE. G. Nemausi. Petit-Benoît Vaticane. col. OURY. A. col. récentes. qui reproduisait dans l'ensemble la liturgie toulousaine de la même année. loc. Claude-François-Marie Rome. p. 1.. TRIN. Dubourg (Louis-Guillaume-Valentin). p. 1831 de Chaffoy (15 août 1831). de MOREMBERT. Dubourg (Louis-Valentin-Guillaume). art. du LAC. 22. cit. BOHATTA signale une édition en 1827 (n. cit. Bibliographie P.

Après le bréviaire. et les pasteurs trouveront. BOHATTA. soit dans le bréviaire. C'est tout le diocèse de Rennes qui. . 74. et c'est à lui que toutes les parties de la messe sont adaptées. comme thème de toute la messe. n. soit dans le missel. » 73. Le missel rennais de 1831 est publié avec le mandement de cette édition de 1786 (n. comme l'avait fait la cathédrale en 1786. de Lesquen. Cependant. la messe et l'office n'offrent qu'une seule et même pensée. Nous avons remplacé les épîtres du missel romain par d'autres qui Nous ont paru plus en harmonie avec l'évangile. Si l'évangile présente plusieurs enseignements ou plusieurs actions de Jésus Christ. vicaire parut le missel. 141 160 Le nouveau diocèse de Nîmes (1817-1821) se donna une liturgie toute neuve. Borderies (20 avril 1832). 826. De la sorte. Nous ne sortons pas du Nouveau Testament pour le choix des épîtres. le dimanche. ] Désirant l'analogie la plus parfaite possible entre l'épître et l'évangile. [. les éléments les plus abondants d'instructions pour conduire les fidèles dans la voie du salut. l'évangile est le texte de base (textus et regulator). Claude-Louis RENNES 18^1 1831. en 1831. Rhedonense. de préférence à tous les autres. pleinement le principe de l'unité thématique : « Dans toutes les messes du Temporal. Missale Versaliense. adopte la liturgie parisienne. qui adopte général. Missale Filiceriis.LA MAISON-DIEU. Abbaye Saint-Pierre de Solesmes. 62). Etienne-Jean-François VERSAILLES Versaliis. un seul a été spécialement choisi. composée par Monsieur Larèche. 1832 1832.

Double. G.loc. TARBES Auscitanum. col. Saint-Sulpice. OURY. L'évêque «composa lui-même un certain nombre de textes. Le bréviaire et le missel étaient « inspirés surtout de Paris et de Lyon. Abbaye Saint-Pierre 161 de BOHATTA. A. Auscis. vespéral et antiphonaire. de Solesmes. 1199-1201. BOHATTA. art. LESORT. 1627. M. col. des saints Anges et toute la messe de saint Jean Népomucène » 49. Borderies (Etienne-Jean-François). art. tome 11 (1967). 1200.LES MISSELS FRANÇAIS DU 17E AU 19E SIÈCLE Paris. cit. . tome 6 (1954). col. art. Bibliographie A. 4. n. DBF. loc. l'évêque Etienne Borderies s'engagea dans un intense travail et publia coup sur coup catéchisme. n. missel. cit. Borderies (Etienne-Jean-François). 123. de l'Assomption. de saint Louis. Double (Pierre-Michel-Marie). Bibliothèque Solesmes. LESORT. de MOREMBERT. VILPELLE. 49. 175-176.. 1078-1079. col. DBF. DHGE.. Pierre-Michel-Marie Abbaye Saint-Pierre (AUCH) 1836 1836. 642. notamment les proses du Sacré-Cœur. tout en suivant dans une certaine mesure le rite romain». bréviaire (1828). Bibliographie T. tome 9 (1937). Pour faire l'unité de ce nouveau diocèse (1801) où l'on pratiquait sept catéchismes et sept liturgies. pp. Missale 75.

80 (1976). Bibliothèque de Nantes Nanceii. n. 306. ROMAN D'AMAT. LEFLON. Abbaye Saint-Pierre de Solesmes. 258-259. CAT. Nannetis. il en porte d'ailleurs le titre et en reproduit le mandement. fasc. Bibliographie J.P. tome 4 (1956). BOHATTA. pp. 1837 NANTES 1837. 398-399. art. loc.N. col.162 LA MAISON-DIEU. 1442-1443. Nous retrouvons donc ici la liturgie parisienne de 1738. 30). tome 14. cit. p. Forbin-Janson (1er août du C. n'est pas autre chose que le missel d'Auch promulgué en 1753 par Jean-François de Montillet (n. JOUNEL. Charles-Auguste-Marie-Joseph 1838). n. col. BOHATTA. Missale Nannetense. NANCY Missale Nanceiense ET TOUL et Tullense. 76. tome 28. QL.. C'est en 1790 que le diocèse missel poitevin de 1767 (n.L. Forbin-Janson (Charles de). Forbin (Charles-Auguste-Marie-Joseph de) [Forbin-Janson]. 4. 40). 141 Le missel publié par Pierre Double pour l'usage de son diocèse de Tarbes. art. 660. Micolon de Guéri- Joseph-Michel-Jean-Baptiste-Paul-Augustin nes (20 février 1837). note 2. de avait adopté le 1838 1838. 52 (1971). Micolon de Guérine (Joseph-Michel-Jean-BaptistePaul-Augustin). Bibliographie P. DBF. 77. MICHAUD. . Paris. art. 665.

Tour d'Auvergne-Lauraguais (Hugues-Robert-JeanCharles de la). pp. art. loc. RODIÈRE.P.. col. après le mandement de Philibert de Bruillard. 1840. BOHATTA. dont il était le premier évêque (1802-1851). Prieuré bénédictin du Bouet Cette « troisième édition. tome 1 (1948). Bibliothèque 1841 Atrebatensi. Gratianopoli. Bibliographie E. 860-863. el. 32-33. n. art. DHGE. n. le Cardinal de La Tour . (Valais. Elle reproduit. 60). Pour le nouveau diocèse d'Arras (créé en 1801). Philibert de Bruillard (15 août 1839). 79. tome 42. augmentée et corrigée».N. 760. du missel de la Province ecclésiastique de Vienne. Missale le missel toulois de 1750 VIENNE ad usum Provinciae 1840 Viennensis. Lutetiae Pari- de La Tour d'Auvergne- du C. JARRY. ARRAS cum Proprio Cardinal Hugues-Robert-Jean-Charles Lauraguais (27 juillet 1840). BOHATTA. art. de 1838 reproduit 78. Missale siorum. R. Abbaye Saint-Pierre de Solesmes. Suisse). Arras (Diocèse). Arras. est publiée par l'évêque de Grenoble pour son diocèse et ceux de Valence et de Viviers. CAT. cit. MICHAUD. col. 1635. tome 4 (1930).L.163 LES MISSELS FRANÇAIS DU 17E AU 19e SIÈCLE Cette édition (n. celui de Jean-Georges Le Franc de Pompignan pour le missel viennois de 1784 (n. Parisiense 1841. 26). Paris. 699-706.

col. 561 *. tome 6 (1954). Lugduni. Ce missel de 1844 n'est qu'une lyonnais de 1825 (n. Lutetiae Parisiorum. 906-907. Paris. (20 juillet 1844). Missale sanctae du missel sagien de 1742 réédition LYON Lugdunensis 1844 Ecclesiae. Joseph-Julien simple réédition du missel Tolosae. 80.L. 1841). 1844. Abbaye Saint-Sulpice. le missel parisien de 1830 (n. de Saint-Rome-Gualy 1845 1845. Mellon Jolly (8 septembre Paris. Bonald (Louis-Jacques-Maurice de). DBF. 81. Ce missel n'est qu'une (n. Bibliothèque Solesmes. Sagiense. Missale CARCASSONNE Carcassonense. n. BOHATTA le place en 1846.N. 70) avec un Propre diocésain. de Bonald (mandement Cardinal Louis-Jacques-Marie-Maurice de Mgr de Montazet. art. .P. Bibliothèque du C. 7. LIMOUZIN-LAMOTHE. Saint-Pierre de BOHATTA. 141 164 d'Auvergne se contente de publier. 65). 1377. 82. Missale SÉES 1841 1841.LA MAISON-DIEU. 1er octobre 1771). n. 21). Bibliographie R. en 1841.

165 LES MISSELS FRANÇAIS DU 17E AU 19e SIÈCLE Abbaye Saint-Pierre de Solesmes. art. col. Carcassonne. 1005-1012. Carcassonne. II. fit rédiger ce missel pour remplacer ceux des L'évêque anciens diocèses qui formèrent le nouveau siège de Carcassonne (1801). III LISTE ALPHABÉTIQUE ÉTUDIÉS DES MISSELS Alet 1774 n. art. 529-532. Bibliographie E. n. BOHATTA. GRIFFE. DHGE. 233. CAT. tome 11 (1949). JARRY. Amiens 1752 Angers 1717 1737 Arras 1841 Auch 1753 Auxerre 1738 Bayeux 1783 Bayonne 1753 Beauvais 1756 Bénédictin de St Vanne Besançon 1694 1766 Blois 1741 Bourges 1741 Cahors 1760 Carcassonne 1749 1845 1765 Châlon-sur-Saône 1748 Châlons-sur-Marne 48 28 8 14 79 30 16 58 31 33 53 3 38 20 19 35 25 82 37 23 Chartres 1782 Clermont-Ferrand Cluny 1733 Couserans 1753 Dijon 1762 Evreux 1740 Laon 1773 Le Mans 1749 Le Puy 1783 Limoges 1830 Lisieux 1752 Lombez 1778 Luçon 1767 1828 Lyon 1737 1771 1825 1844 Meaux 1709 Mende 1825 1739 55 17 11 29 36 18 43 24 57 69 27 51 39 67 13 42 65 81 6 66 . tome 2 (1950). col. Diocèse. f E.

166 Mirepoix 1753 Montauban 1773 1830 Nancy et Toul 1838 Nantes 1837 Narbonne 1778 Nevers 1728 Nîmes 1831 Orléans 1696 1774 Pamiers 1782 Paris 1685 1706 1738 1830 Périgueux 1782 Poitiers 1767 Prémontré 1787 Reims 1770 Rennes 1786 1831 LA MAISON-DIEU. 141 32 45 71 77 76 50 9 72 4 46 56 2 5 15 70 54 40 63 41 62 73 Rouen 1728 1759 1774 Saint-Papoul Sées 1742 1841 Sens 1715 1785 Soissons 1745 Tarbes 1836 Toul 1750 Toulouse 1773 Tours 1784 Troyes 1736 Tulle 1777 Verdun 1779 1829 Versailles 1832 Vienne v. 1690 1784 1822 1840 10 34 47 21 80 7 61 22 75 26 44 59 12 49 52 68 74 1 60 64 78 Gaston FONTAINE .

La Maison-Dieu 114. C'est grâce à lui que la Prière Eucharistique II figure. pp. que « nous lui sommes tous redevables ». lucide jusqu'à la fin.La Maison-Dieu. Préfet de la Sacrée Congrégation Pour les Sacrements et le Culte divin. 1973. Mais il convient au moins de rappeler. La réforme liturgique de Paul VI. Je ne retracerai pas ici l'œuvre scientifique du Père Bernard. à côté du Canon Romain du 4e siècle. comme l'avait été le vieux Père Jungpresque aveugle. que la prière 1. 141-146. 167-169 Pierre-Marie GY DOM BOTTE BERNARD ( 1893-1980 ) DM BERNARD BOTTE est mort à Louvain le 4 mars. . D mann. 141. et ne confundas me ab expectatione mea». et s'y être uni. et même le Concile Vatican II. secundum eloquium tuum et vivam. comme j'ai tenté de le faire au Mont César en 1972. Il s'est endormi dans la paix. comme l'a si bien dit à l'occasion de sa mort le Cardinal Knox. après avoir écouté le verset de la Profession monastique : « Suscipe me. lorsque lui fut offert un volume de Mélanges1. 1980. dans le Missel Romain. Domine. n'auraient pas été ce qu'ils furent si dom Bernard Botte n'avait pas montré quelle place la Tradition Apostolique d'Hippolyte occupe dans la Tradition catholique.

pareillement toute science liturgique est intérieure à la prière liturgique vécue et procède de celle-ci.168 LA MAISON-DIEU. mais son travail découlait naturellement et directement de l'essentiel. mais pour ses funérailles : son corps repose maintenant. Je lui écrivis en lui annonçant ma visite pour le 11 mars. à celui d'un maître-artisan dont les apprentis se comparable forment en regardant comment le maître travaille. . unique peut-être. je donnais une conférence à l'Université Ce jour-là. au rite romain sont reprises de la tradition Confirmation liturgique de l'Eglise grecque. était alors le grand témoin de la prière de l'Eglise et de la participation à celle-ci de tout le Peuple de Dieu. A la vérité. On me permettra d'ajouter ici un souvenir personnel. Ainsi. moine du Mont-César. La taille. De même que la science théologique. Le 28 février dernier. alors fondé. y compris du point de vue théologique. en 1912. tient à plusieurs qualités qu'il possédait à un degré exceptionnel : intuition des points essentiels. Père Bernard désirait me voir. non seulement dans le domaine de l'histoire de la liturgie. parce que Dom Lambert Beauduin. 141 d'ordination des évêques est aujourd'hui identiquement celle de et que les paroles essentielles de la la Tradition Apostolique. le Père Bernard a lui-même souligné que là n'était pas l'essentiel. le dirigea pendant les huit premières années et lui imprima la Son propre enseignement y était marque d'un fondateur. Il avait vu clairement que le renouveau liturgique dépendait pour beaucoup de la qualité des études de ceux qui auraient à leur tour à former les futurs prêtres. rigueur philologique . est intérieure à la foi théologale et en procède. En 1956 le Centre de Pastorale Liturgique proposa que lui fût confiée la direction de l'Institut Supérieur de Liturgie. il me fut dit que le Catholique de Louvain-la-Neuve. et toute intelligence de la foi. Ces qualités. clarté et justesse du jugement. du Père Bernard Botte parmi les liturgistes de son siècle. dans celui de la théologie sacramentaire. qui peuvent exister à l'état séparé. c'est qu'il était venu au monastère et à la prière L'essentiel. en attente de la Résurrection. liturgique. s'exerçaient chez lui conjointement. Il l'organisa. mais aussi. je pense. peu d'hommes de science ont-ils eu une influence aussi profonde sur la prière de l'Eglise. ce qui a rendu son apport décisif. Je vins le 9.

de l'Institut Supérieur de Liturgie 2. Directeur Pierre-Marie GY. le jour de ses funérailles. pp. domine la ville de Louvain. sur la colline du Mont-César.169 DOM BERNARD BOTTE dans le petit cimetière monastique qui. et déclara: « C'est très bien». en la prolongeant sur certains points et en la critiquant sur d'autres. liturgique dont on lui avait fait la lecture avait été un article sur les prières d'ordination2. o. que le dernier travail J'appris. . avec attention. 1979. dans lequel je reprenais l'étude qu'il avait publiée il y a vingt-cinq ans sur le même sujet. 93-122. La Maison-Dieu 138. p. Puis il ajouta: « Le travail continue ». Il l'écouta de bout en bout.

et du C. L'Office divin et les bréviaires pour les fidèles A propos de la nuit pascale: La bénédiction du cierge pascal et le cierge des fidèles L'interprétation des textes baptismaux dans sur la concélébration Note historique l'Eglise ancienne La question pascale: Pâque du vendredi ou Pâque du dimanche 15 16 20 23 91-107 124-129 132-152 31-36 23 47-53 29 30 101-106 63-78 30 30 31 79-83 156-161 175 31 35 141-144 18-39 35 9-23 41 84-95 .P.L.P.N.BIBLIOGRAPHIE DE DOM BOTTE dans les publications du C.L. in unitate Spiritus Sancti Décret de la Congrégation des Rites sur les Ordinations 25 134-139 Nuit pascale et chant de communion Le cycle liturgique et l'économie du salut Fêtes humaines et liturgie sacrée: Cycle liturgique et célébrations humaines A propos de virgules: la ponctuation de la Préface.. LA MAISON-DIEU L'onction des malades La Constitution Apostolique Sacramentum Ordinis La prière du célébrant Principes de la traduction Excursus sur deux points obscurs du Canon de la messe: rationabilem.

1963. Préface à l'ouvrage d'O. 40. 13-35. Texte critique. 7-10. 101-115. Maranatha. (avec C. 1953. l'Eglise des Pères. 1970. n. 47. La traduction des textes du Rituel baptismal Tradition apostolique et Canon romain L'ordination de l'évêque ÉTUDES 171 52 53 54 109-120 89-109 5-22 66 71 87 98 70-76 62-68 52-61 113-126 dans LITURGIQUES L'ordinaire de la messe. 7-24. 1967. 1965. traduction et études LEX ORANDI L'ordre d'après les prières d'ordination. Les anaphores syriennes orientales. n. 7-28. dans Etudes sur le n. dans Noël. 22. n. n. 1957. Epiphanie. n. dans La Parole dans la liturgie. dans Le dimanche.LA MAISON-DIEU. Les traductions liturgiques de l'Ecriture. sacrement de l'Ordre. . 25-42. Casel. 39. dans Eucharisties d'Orient et d'Occident. Les dénominations du dimanche dans la tradition chrétienne. 141 Les saints de l'Ancien Testament Les anciennes versions de la Bible Le vocabulaire ancien de la Confirmation A propos de la formation liturgique les séminaires. Les heures de prière dans la Tradition apostolique et les documents dérivés. 35. dans La prière des heures. 81-105. retour du Christ. 1970. MOHRMANN). collégial du presbytérat et de l'épiscopat. 2. 37. n. 97-124. Caractère ibid. La fête de Pâques dans n. 48. 1963.

Coll. Enjeux de l'évangélisation en Occident comme en Amérique latine ou les autres continents. Cette idée a donné son titre à l'ensemble de ce recueil. où tout nouveau Maître général. la question de Dieu n'est nulIl est donc lement évidente. cerf Ce livre rassemble un certain nombre de messages adressés aux Dominicains. cerf . Nouvelle collection augmentée. de dans ménager urgent l'homme un espace d'interrogation où le Dieu de JésusChrist puisse être découvert sous le signe de la gratuité. Geffré propose quelques méditations à la fois très simples et très denses sur le sens de Dieu. au-delà de l'utile et de l'inutile. « Problèmes de vie religieuse » 170 p. Epiphanie 1.LE DU GEFFRÉ Claude COURAGE FUTUR Messages UN DIEU de Couesnongle Maître général de l'Ordre des Prêcheurs Vincent ESPACE POUR aux Dominicains 1.. enjeux finalement du Dieu Vivant donnant par l'Incarnation de son Fils et la présence de l'Esprit valeur d'éternité à notre temps. ces pages aideront à percevoir les enjeux cachés dans les situations comme dans nos manques. met en lumière l'idée qui doit l'inspirer durant toute sa charge. pour bon nombre de nos contemporains. sur l'existence comme existence chrétienne pascale et sur la responsabilité historique du chrétien dans un monde déchiré. Coll. Claude Même si on parle beaucoup du « retour de Dieu». enjeux de l'Evangile intégral au service de la promotion de l'homme authentique. il s'ouvre par la première lettre traditionnelle dans l'Ordre. Quels que soient les lieux et les circonstances qui en furent l'occasion.

60. 4. 5. p. 56.1. 1. p. Délégation. p. 60. Le rite. Le rite rabbinique. au lieu d'installation. 16 et 17. Etant données l'importance de cette étude et sa technicité. lire: Un rite rabbinique de l'imposition des mains. 1. 50. 51. L'ordination pharisienne. p. 88. 70. p.1. p. p. 1. 66. 49-92). notes 42 et 43. 1.1. p. 1. 2. p. 13 et ensuite. avant-dernière 1. 72. Au lieu de semikhah. 66. note 24. sur nombre de rectifications « Ministère et ordination dans l'Eglise chrétienne primitive » (pp.. P. 1. 65. p. 3. 90. 4. lire: Ehrhardt. 1.1. 64. p. 173-175 ERRATA LMD138 Le Père E.1. p. 1. 1. 16. 1. 8. p. 6 et 15. p. 71. à son article de LMD 138. 65. p. 59. 66. 7.p. L'imposition des mains (samakh). 61. 9. L'ordination. 65. 71. note 24. 1. 1. 6. p. 1. 1er §. p. et qu'il y a lieu de préciser suivant le contexte. 59. p. 1. au lieu de : Ehrardt. nous indiquons ici ces modifications dont la majeure partie concerne le mot semikhah qui figurait dans le texte original anglais. 66. 8. 1. -P. L'ordination du docteur juif. p. 1. p. p. 1. 1. 1. 3. 90. note 33. 5). 53. 6 et 21. 9 et 14. Nomination rabbinique. . 2. 71. 51. 72. Kilmartin nous a fait parvenir. p. samakh.La Maison-Dieu. dernière ligne. 65. trop tard pour un certain qu'on ait pu en tenir compte avant l'impression. 3 et 8. p. 1. L'ordination par imposition des mains. 141. 2e §. 21 et 27. 1. lire: intronisation (de même. avant-dernière ligne. 1980. Nomination. 2.

lire: données. 10-11. 1. lire: explique pourquoi le fait de prendre sa place n'est élevé au niveau du rite que dans ce cas. 2 § 1. 16. 91. au lieu de : cette installation. lire: dans les prières d'ordination de ce document du 3e siècle. lire: données. ajouter: du geste. P. soit permanents. 1. 1. note 44. après: responsabilités. 4e l. 19. au lieu de : l'inspiration qu'il leur donne. 14. 4. lire : « charisme du ministère ». 13. 1. 73. 72. P. au lieu de: « charisme d'office». avant la fin. P. au lieu de : la part.174 LA MAISON-DIEU. 1. (de même p. P. lire: le sort (kléros). l. 1. ajouter: dans le judaïsme. 11). 1. lire: « appuyant». 3. lire: ne peut même pas être prouvé. 10. 4e 1. Avant-dernier §. au lieu de : ordination. 1 et dernière ligne). au lieu de : ordination. 71. P. P. il est convenu que le charisme de l'Esprit donne des pouvoirs en vue de fonctions fondamentales au sein de la communauté. avant la fin. lire: qu'elle doit avoir lieu exclusivement. 6. P. 1. au lieu de : en particulier. 1. lire: été ordonné. 88. lire: presque toutes les questions sur le sujet restent ouvertes. lire: la relation de l'ordination à des tâches spécifiques au sein de la communauté. lire: une bénédiction. P. dern. 1. 1. 80. 141 P. après: en particulier. P. lire: médiat. lire: avant tout de. §. P. au lieu de : une demande semblable faite. au lieu de : employé la semikhah. 55. 1. 63. 3e 1. 9. 1. P. 11. 3. au lieu de : suspendus. 13. 3e 1. 2. lire: dans un rite de guérison par l'imposition des mains peut être prouvé par un texte. 5. 1. 1. 89. lire: des ministères spéciaux. lire: le sort. 69. 79. 1. 1. P. 1. 2. 82. 1. lire: d'ordination par l'imposition des mains. au lieu de : avec des restrictions. 10. soit temporaires. au lieu de : qu'il eut par la suite. 1. avant la fin. note 33. P. 65.. P. après: prédominant. 1. 1. 5. au lieu de : la remise des péchés. lire: le fait de s'asseoir (et il. 78. lire: dans ce contexte? 1. 64. au lieu de : date. lire: un gage semblable donné. . au lieu de : démonstrations. ajouter: officielles. au lieu d'ordination. au lieu de elle. 66. 1. lire: installation. lire: réprimandés. 10. 4.

word. 1980. lire: Ministry to 1.29. ImprimerieLABALLERY. p. 5. : 4e§. lire:. 3e§. au lieu de : au lieu a. note 61. 1. P. 6. 25. avant-dernière ligne. . n. boulevard LatourMaubourg. 38. 17. dernière 1. 63. 92. au lieu de : locus. 37. 11.1. — Dépôtlégal: 2e trim. LMD 139 P. 4e 1.LA MAISON-DIEU. au lieu de : de fonction. 141 175 avant-dernier §. P. 90.T. au lieu de : amis. 47. 2. 91. 1. 75340 PARISCedex 07. et p. P. 1. Directeur de la publication : François REFOULÉ. et p. a lieu au p. — Commissionparitaire. 42. lire: focus. HANSON. lire: pour un ministère. n° 57 128. Cumpermissusuperiorum. 56. lire: A. lire: maris.1. n. — 58500CLAMECY. 3.

la action de grâces. (présence. JL-Sj tmtMi itLléMÈ ~~6~ Eucharistie Philippe (Centre Béguerie Jean-Bart) Quatre à partir de quatre mots-clés: approches. _cerfl - . unité) pour retrouver aujourd'hui richesse de l'acte qui est au centre de la vie de l'Eglise.r d re des Pre"c MjNsIEË!SES~~3B?~3e~ h eurs présenté B~~ mS~ZmS~~S~EE~S~B~ PORTRAITS st D omi nique St Thomas d'Aquin VIE DOMINICAIN E . Fraternités laïques - Le Gouvernement B ! B B B B Réalisations actuelles . Soeurs.Historique et esprit . sacrifice.Vie commune et prière ste Catherine de Sienne les mystiques rhénans Barthélémy de las Casas Père ere acor Lacordaire aire Père Lataste LatactP Pere Ji Etude et Parole - Frères.Cartes et adresses des couvents et monastères.

SOMMAIRE Pierre-Marie GY La Lettre Dominicae Cenae de Jean-Paul II sur l'Eucharistie Henri DENIS La communauté eucharistique aujourd'hui François A. ISAMBERT La photographie au service de la sociologie du rite Pierre JOUNEL Les missels diocésains français du 18e siècle Gaston FONTAINE Présentation des missels diocésains français du 17e au 19e siècle Pierre-Marie GY Dom Bernard BOTTE (1893-1980) Bibliographie de dom Botte Errata LMD 138-139 .