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Le Théâtre et son double

Le théâtre et son double parut dans la collection Métamorphoses le 7 février 1938. Cet ouvrage
réunissait les écrits d’Antonin Artaud sur le théâtre depuis 1932 : les articles publiés, les compte
rendu de conférence, les correspondances…
Lorsqu’Artaud décide de publier tous ces textes en un même recueil, Les Cenci est retiré de
l’affiche. Après cet arrêt, Artaud décide de partir au Mexique, et c’est là qu’il complète sa future
œuvre et la baptise Le théâtre et son double. En revenant de son voyage, il entreprend de terminer
et corriger son livre afin de le soumettre à une maison d’édition. Quand les premiers tirages auront
lieu, Antonin sera en séjour psychiatrique à Saint-Anne.

Le théâtre et son double présente 15 parties qui débattent chacune de sujets différents, mais
évidemment toujours lié au théâtre. Ce qui est mal accueilli dans l’œuvre, c’est le fait de comparer
l’art du théâtre à des sujets aussi surprenant que la peste, dans le premier chapitre. Il arrive, par
on ne sait très bien quelle logique à trouver des points communs et à les expliquer. Il montre les
liens qui peuvent exister mentalement parlant entre le théâtre et différents sujets aussi éloignés
que « la peste ».
Artaud tient à montrer dans son œuvre que l’idée qu’il se fait du théâtre ne tient pas aux mots, mais
à l’expression du corps, et à tout ce que l’homme est capable d’entendre et d’intégrer face à
l’interprétation des acteurs et non à leurs répliques.
Autrement dit, il explique que ce n'est pas le texte qui fait le théâtre, mais la mise en scène. Il
rejette donc le texte littéraire pour un texte qui sert le mouvement et est au service du théâtre.
Celui-ci est le reflet de la vie, de la société dans tout ce qu'elle a de pulsionnel. Toute son œuvre est
empreinte de cette considération, associée aux souffrances psychiques et physiques dont il est
objet. Dans chacun de ses textes, on retrouvera ses témoignages d’expériences personnelles.

3ème Partie : Le théâtre et l’alchimie

Les codes employés par les anciens alchimistes étaient destiner à empêcher les profanes d’accéder à leurs connaissances.a) Qu’est ce que l’alchimie ? L’alchimie est une science ésotérique dont l’objet est l’étude de la matière et de ses transformations. un fantasme de l’homme. L’un des objectifs pratiques de l’alchimie est la transmutation des métaux nobles (l’or et l’argent). c’est de montrer que l’idée de créer de l’or reste une lubie. puis au fur et à mesures des siècles. b) Les comparaisons de Artaud Ce que Artaud souhaite en comparant l’alchimie au théâtre. Ainsi. L’utilisation d’un langage poétique volontairement obscur. L’alchimie prétend également détenir le secret de la médecine universelle capable de soigner tous les êtres vivants. Elle repose sur un ensemble de pratiques et sur des considérations philosophiques particulières. chargé d’allégories et de connaissances à ceux qui auraient les qualités intellectuelles pour déchiffrer les énigmes posées par les auteurs et la sagesse pour ne pas se laisser tromper par les pièges nombreux que ces textes recèlent. la « pierre philosophale » et ses effets sont devenus les médicaments. Depuis l’antiquité. et de prolonger la vie au-delà des limites naturelles ordinaires : l’immortalité. Et la part de l’alchimie non découverte reste bien la transformation des métaux en or. Ce sont les arabes qui sont en premiers arrivés à produire certains produits thérapeutiques. mais que sa recherche persiste. Il s’agit d’un savoir qui n’est transmis que sous certaines conditions. par le théâtre et . une pierre qui serait capable de produire un élixir d’immortalité (ou tout au moins qui guérirait les maladies) et de transformer tout métal en or. les textes alchimiques possèdent la particularité d’être codés. le but des alchimistes est de parvenir à fabriquer la pierre philosophale. En tant que connaissance ésotérique.

le théâtre doit. et non une copie du quotidien du commun des mortels. Aussi. tout les avis du monde sont ainsi connectés pour trouver un semblant de perfection. Ici. montrer un quotidien dans une pièce peut montrer et apprendre autant que des faits non réels. Ce lien qui réunit ainsi nos deux arts est que les expériences alchimiques ne peuvent être réalisés avec. je pense. en second plan. le théâtre est sans nul doute plus beau. les cultures différentes. plus notre création peut avoir de sens. l’homme qui sait tout. C’est ce que Artaud explique dans cette partie. « il y a encore entre le théâtre et l’alchimie. De plus. n’a pas ou très peu d’influence sur elle. je pense que ce sont LES hommes qui apportent les touches manquantes. malgré les livres. Il établie un lien entre l’alchimie et le théâtre du fait qu’ils sont tout deux des arts. peutêtre existe-t-il. L’alchimie est l’art qui restera à jamais incomplet. une ressemblance beaucoup plus haute et qui mène métaphysiquement beaucoup plus loin ». qu’il qualifie de « réalité dangereuse et typique ». je cite. qui ne sera jamais assez bien interprétée. par définition. d’après Artaud. Mais d’un autre côté. dit-il « des moyens purement humains ». sur l’homme et ses sentiments. plus frappant ou plus choquant lorsqu’il parle d’une histoire montée de toutes pièces. Ces derniers sont « représentatifs ». le théâtre serait insipide. inutile. Je trouve qu’il a d’une part raison.avec le corps. ne croyant pas à de mystérieuses forces qui créeraient l’outil manquant. tant on n’en voit pas les limites. Mais il reste . Il parle de « Double » dans les deux cas. Mais. montrer ce que l’homme est et ce dont il est capable. un homme seul doit certainement manquer d’outils pour que la pièce qu’il écrit ou interprète soit brillante de perfection. Parlons à présent de cette réalité. qu’il ne définit pas exactement. il est forcément compliqué d’arriver à une pièce qui plairait à chacun. Les avis étant partagés. en d’autres termes sans âme. d’excellence. de même que le théâtre est infini. A mon avis. sur des faits inexplicables et de longues aventures. que plus on a d’avis. Je pense par contre. je pense comprendre son point de vue. Sans cette réalité. il a raison jusqu’à une certaine limite. Je m’explique : certes. donc il est humainement impossible d’être réalisé en lui même. Il fait ensuite une remarque à propos des livres alchimiques et des symboles qu’ils contiennent. car seul l’homme en serait à sa source. donc théâtral. Le théâtre déborderait alors de principes et serait ainsi « sensible et achevée ». connaît tout et est allé jusqu’au bout du théâtre. plus intéressant. les symboles et toutes les recherches. en premier plan et autre chose. Chacun réfléchissant. Elle contient des principes qui ne sont pas (ou ne doivent pas) être respectés. Le théâtre doit lui être le double de cette réalité citée plus haut. L’homme. on doit toujours chercher à produire cette idée d’or.

des passions. je pense que le simple fait de jouer. le son etc… En second lieu d’une création. selon Artaud. et cela illustre très bien le fait théâtral qui consiste à ajouter sans cesse à sa propre création. de culture en culture. mais. de nouvelles méthodes. et d’interpréter un rôle ne peut pas être simple. je cite « là où règnent la simplicité et l’ordre. Artaud parle alors de « réalité virtuelle » du théâtre et de « plan supposé et illusoire » de l’alchimie contenue dans les livres alchimiques. sans réelles intentions le théâtre et la science inexacte de l’alchimie. mais des idées du théâtre typique et primitif qui sont tombées dans l’oublie et n’évoquent rien aux gens. Les symboles. des modifications. » Ce drame en lui même contiendra deux choses : les principes et par conséquent les conflits de ces mêmes principes. Cette force primitive ne doit passer que par le corps et non pas par « autres choses » que sont la musique. de pays en pays et de civilisation en civilisation. Ceux ci englobent donc. Notre théoricien précise par la suite qu’il ne s’agit bien sur pas du théâtre social ou d’actualité dont il nous parle. C’est une catégorie où l’on ne peut pas cesser d’apprendre. En premier lieu.introuvable aujourd’hui. des interprétations différentes. ou tout simplement un choix de mise en scène. les principes sont parfois les mêmes. seraient « des états philosophiques de la matière ». Elle représente la difficulté de partir d’une idée et d’arriver à en faire quelque chose de beau. il me semble. Nous arrivons ensuite à un point où je suis en parfait accord avec Artaud. . de grand et d’assez long pour former la future pièce se théâtre. il ne puisse y avoir de théâtre ni de drame ». l’art. il va nous parler de « l’extériorisation d’une sorte de drame essentiel. et serviraient à modifier les molécules naturelles. Artaud parle « d’anarchie qui s’organise ». en Grèce Antique. de nouveaux décors… Alors oui. Il va s’étendre sur ce théâtre en ouvrant deux parties et en se posant la question des origines et de la raison d’être du théâtre. étant donné qu’il sort chaque jour de nouvelles pièces. sinon à quoi bon le jouer ?) et de lui transmettre des idées. Le principe serait le même pour le théâtre. le théâtre n’a pas cessé d’évoluer depuis sa création. à les purifier pour qu’elles deviennent de l’or. Car on part dans l’idée d’intéresser un public (le théâtre n’existe que s’il est entendu par les spectateurs. lorsqu’il explique que. des envies. qui pourrait expliquer différents points philosophiquement. En effet.

et bien qu’il n’y ait pas grand chose à ajouter. Il y a tellement de différent caractère. l’idée et la forme. il est impossible de rassembler sous une même bannière différentes oppositions.Il dit ensuite que l’alchimie est plus perfectionnée sur ce point que le théâtre. Spirituel et physique. cela n’en reste pas moins un fabuleux livre. c’est contre nature. affinée. je dirais quand même que certaines notions se transmettent. Je suis d’accord sur ce point. Ce dernier étant un art venant du corps est plus compliqué à satisfaire. Il termine par exposer le fait que Platon a réussi à concilier les différents conflits qui faisaient face entre la matière et l’esprit. car il n’a pas de forme précise. par leur génie et leur compréhension de l’homme. même si on apprend évidemment par soi-même. En cela l’alchimie et le théâtre sont opposés. le cerveau est obligé de s’imposer des coupures. l’enseignement à une place dans le jeu de l’élève. C’est à dire que ceux ci étaient capables « d’évoquer la transfusion ardente et décisive de la matière par l’esprit. si parfaite qu’on pourra le considérer comme de l’or. je pense qu’effectivement. Car ce qu’on pourrait appeler « pau finement » est bien moins présent dans le théâtre que d’ans l’alchimie. Effectivement. il s’agit d’une expérience personnelle. pour finir une fusion si parfaite et si inimaginable que c’est ce qui donnera plus tard « l’or spiritualisé ». dans le but de cheminer vers une compréhension plus ou moins exact de la théorie théâtrale. la science se voulant exacte. Mais dans une idée peu précise. L’alchimie est donc minutieuse. comme je le disais un peu plus tôt. Ce qui donne. et débouche vers une sortie qui est plus fiable que pour le théâtre. au théâtre. Artaud nous parle ensuite des « Mystères Orphiques de Platon » qui selon lui porte l’exacte définition du théâtre alchimique. Je pense que le fait est idéalisé. dans lequel nous attend beaucoup de surprise et une vision du monde très différente de ce que l’on rencontre d’habitude. celui qui y parvient arrivera à faire de ses gestes une chose si simple. qu’il est totalement impossible de combler tout le monde. . c) Conclusion Après avoir discuté avec mon professeur et mes camarades. je m’aperçois qu’il existe de bien différentes visions de ce que dit Artaud. du maître à l’élève. et j’espère pouvoir renouvelé cette expérience avec autant de plaisir pour d’autres auteurs tout aussi impressionnant. Il ne faut donc absolument pas prendre à la lettre l’avis de ce dossier. Bien que l’étude du théâtre et son double m’a paru très complexe. par la transmission de l’un vers l’autre en alchimie ne pourra avoir lieu dans le théâtre. le concret et la forme. Ce qui durera. Cette étude m’a beaucoup intéressé.

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bouge. feu. sons. Avec l'occident. Il nous reste aujourd'hui de ce parcours une des théories les plus radicales du théâtre moderne. en second lieu. et certes il brutalise des formes. ligne 4. ligne 4. Désormais. « vide ». I) Critique du théâtre occidental 1. son authenticité et son sens de l'harmonie. indique à bref délai sa perte. c'est-à-dire réservé. bruits. le choix d'un langage prouvant le goût que l'on a pour les facilités de ce langage . mais qui fait des gestes. et par leur destruction. puis. Artaud est né en 1896 et mort en 1948 à Marseille. « sans ombre ». l'homme et le monde. le rationnel. . il tente de définir un théâtre qui retrouverait sa force en réunifiant le corps et l'esprit.ARTAUD : LE THEATRE ET SON DOUBLE : EXTRAIT (COMMENTAIRE COMPOSE) Texte étudié : Notre idée pétrifiée du théâtre rejoint notre idée pétrifiée d'une culture sans ombres. Par conséquent. il a poursuivi jusqu'à la folie son aventure intérieure. la question reste de nommer et de diriger des ombres : et le théâtre. musique. des lignes 1 à 4. alors que l'espace est plein. Il était fasciné par le théâtre balinais (de Bali) et a influencé le théâtre contemporain. nous étudierons la critique du théâtre occidental. notre esprit n'est plus en communication avec le corps : « il ne rencontre plus que le vide. mais derrière ces formes. Il est atteint très tôt de troubles psychiques. « idée pétrifiée du théâtre. Le corps n'est plus animé. en antithèse avec « plein ». Il a écrit et publié deux essais. alors que l'espace est plein ». il ne remplit pas l'espace. Analyse : Introduction Nous allons étudier un extrait du Théâtre et son double d'Artaud. le divertissement. Dans un premier temps. Mais le vrai théâtre parce qu'il bouge et parce qu'il se sert d'instruments vivants. Dans ce livre. mais prépare la voie à une autre naissance d'ombres autour desquelles s'agrège le vrai spectacle de la vie. Briser le langage pour toucher la vie. C'est la raison pour laquelle dès le premier paragraphe. il dénonce le théâtre occidental qui selon lui ne met l'accent que sur le discours. cris. L'acteur qui ne refait pas deux fois le même geste. nous verrons en quoi l'auteur pense qu'à plusieurs niveaux le théâtre est à remettre en question. Dans cet extrait. Mais l'important est de croire que n'importe qui ne peut pas le faire. ligne 2. ligne 1. paroles. et l'important est de ne pas croire que cet acte doive demeurer sacré. Le théâtre qui n'est dans rien mais se sert de tous les langages : gestes. c'est faire ou refaire le théâtre . où de quelque côté qu'il se retourne notre esprit ne rencontre plus que le vide. Pour le théâtre comme pour la culture. se retrouve exactement au point où l'esprit a besoin d'un langage pour produire ses manifestations. qui ne se fixe pas dans le langage et dans les formes. et qu'il y faut une préparation. le corps et l'esprit sont désunis. l'abstrait et le concret. on note un vocabulaire très dépréciatif : celui de la décadence. lumières. C'est un des pères du théâtre de l'absurde. Et la fixation du théâtre dans un langage : paroles écrites. Le théâtre et la cruauté et Le théâtre et son double. détruit par le fait les fausses ombres. il rejoint ce qui survit aux formes et produit leur continuation. Il estime que le théâtre a perdu de son authenticité quand il s'est tourné vers le loisir. et le dessèchement du langage accompagne sa limitation. continue à agiter des ombres où n'a cessé de trébucher la vie. la réconciliation du théâtre de la vie. C'est un constat qui amorce l'analyse. La séparation du corps et de l'esprit Il accuse le théâtre d'avoir perdu sa force.

La parole n'est pas seulement celle du discours logique et cohérent. 2. paroles. 3. lignes 15. de toujours suivre les mouvements imprévisibles et aléatoires de l'existence. « le théâtre qui n'est dans rien mais qui se sert de tous les langages : gestes. lignes 11 à 14. Artaud affirme. d'ensemble. C'est un théâtre mort. il ne peut ni nommer. les occidentaux ont enlevé l'homme de son contexte. 3. ni diriger les ombres. d'osmose. Union du corps et de l'esprit Il faut oublier la philosophie occidentale de la séparation et penser en termes d'union. de ne pas le dissocier afin qu'il ne soit jamais au repos. Il faut dépasser la rationalité pour les onomatopées. cris se retrouve exactement au point où l'esprit a besoin d'un langage pour produire ses manifestations ». Il ne faut pas chercher la perfection dans le geste mais suivre par l'esprit et commander au corps de toujours continuer. Ainsi privé de son essence. ligne 10. Le champ lexical de la vie domine. éloigné le concept de l'abstrait. les incantations… C'est pourquoi. Union de l'abstrait et du concret Dans un deuxième temps. de la musique que des lumières et des bruits. c'est réconcilier le concret avec l'abstrait et adopter alternativement tous les types et les moyens d'expression dont l'homme dispose. Le théâtre est tel un être vivant dont l'esprit commanderait au corps. Il doit donc s'inspirer des essences qui lui sont propres. le monde. Ils privent le théâtre du vrai spectacle de la vie. Il doit épouser et suivre sans contrainte tous les mouvements et les flux désordonnés de la vie elle-même. ligne 21. L'acteur doit toujours faire des gestes car s'il bouge. Donner la vie au théâtre. Séparation de l'abstrait et du concret Le théâtre ne rend plus compte des forces de la vie ainsi que le suggère le terme « ombres » qui fait écho au titre « son double ». afin de manifester les bonnes ombres. les occidentaux ne font valoir que les discours rationnels. il s'agit pour réconcilier le théâtre et la vie de mettre l'homme en communication avec le . En effet. la cassure entre l'homme et le monde. Séparation de l'homme et du monde Enfin. Artaud prétend que le vrai théâtre se réconcilie avec tous les genres de langage. Cet art devrait utiliser tous les langages et les systèmes de communication. Mais comment donner vie à ce qui est séparé de l'esprit ou du corps ? Comment animer et faire s'exprimer sur le modèle de la vie ce qui est privé d'expression ? Le théâtre occidental est fixé dans un langage et court à sa perte. jeu. la vie au théâtre qui n'en est que le double. tant au niveau des paroles écrites. Il refuse la réduction et la limitation à une sorte de langage. aussi divers et différents soient-ils. Non contents d'avoir désuni le corps et l'esprit. lignes 6 et 7 . les cris. Il faut savoir diriger les ombres. Ils ont restreint la diversité en la matière. ses langages et ses formes. ligne 16. A la désunion du corps et de l'esprit s'ajoute la séparation de l'abstrait et du concret. également responsable de la décadence du théâtre occidental. « je propose un théâtre où des images physiques. en dernier lieu. il s'agit de recréer le monde. un autre point s'ajoute aux deux premiers qui est tout autant à l'origine de la décadence du théâtre . 16…18 et 19. « la fixation du théâtre dans un langage indique à bref délai sa perte… et le dessèchement du langage accompagne sa limitation ». II) La réconciliation du théâtre de la vie 1. « il rejoint ce qui survit aux formes et produit leur continuation ». L'homme et le monde réunis Enfin. d'un tout formé de ses parties.2. broient tout et hypnotisent la sensibilité des spectateurs pris dans le tourbillon des forces extérieures ». violentes. Au lieu de cela. sons. Elle peut aussi être l'expression d'un cri. l'important est de ne pas priver le théâtre de son corps et de son âme. Le théâtre est censé être une éternelle renaissance de la vie. « Il doit sans cesse continuer à agiter les ombres où n'a cessé de trébuché la vie ».

Conclusion L'objectif du texte. le jeu théâtral est une réplique de la vie. En effet. et dans ses formes jusqu'à ce qu'il « prépare la voie à une autre naissance d'ombres autour desquelles s'agrège le vrai spectacle de la vie ». Pour se faire. . l'abstrait et le concret. l'homme et le monde dans le but de réconcilier le théâtre avec la vie. d'Artaud est de défendre l'art théâtral en faisant l'apologie d'une fusion entre le corps et l'esprit. le théâtre doit se fixer dans le langage et non dans un langage.monde.

.Antonin Artaud : Le théâtre et son double. Le théâtre a des ombres. musique." " Une vraie pièce de théâtre bouscule le repos des sens. se sert d'instruments vivants pour agiter les ombres. Le théâtre à quelque chose de victorieux et de vengeur. indépendant de la parole doit d'abord satisfaire les sens. Faire du théâtre = briser le langage pour toucher la vie. La mise en scène et la métaphysique. Métaphore du théâtre comme peste. qui ont brisé leurs limitations. libère l'inconscient comprimé. mimiques.. N'est dans rien. gesticulations. " Car il ne peut y avoir théâtre qu'au moment où commence réellement l'impossible et où la poésie qui se passe sur la scène alimente et surchauffe des symboles réalisés." Langage concret de la scène destiné au sens. leur profondeur spirituelle crée l'harmonie du tableau. Il y a une poésie pour les sens. décors. une sorte d' atroce poésie s'exprime par des actes bizarres." Quel langage solide et matériel ? Une substitution à la poésie du langage d'une poésie dans l'espace qui se résout dans le domaine extérieur ou mots : Moyen d'expression : musique. contrairement à l'usage qui en effet universellement." Art et culture ne peuvent aller d'accord.) Qui a dit que le théâtre = élucidation des problèmes et des conflits ? Contre le théâtre contemporain : ." Le théâtre est un formidable appel de force ramenant par l'exemple l'esprit à la source de ces conflits : un révélateur. Les images de la poésie au théâtre sont une force spirituelle qui commence sa trajectoire dans le sensible et se passe de la réalité.. éclairage. ensuite une poésie ironique. plastiques et pantomime. Antonin Artaud dénonce l'utilisation des mots pour exprimer des idées claires (= mortes et terminées. intrinsèque. mais se sert de tous les langages : parole. Bouge. " le théâtre est fait pour permettre à nos refoulements deux prendre vie. Confusion = fruit rupture de choses/parole. pousse à une sorte de révolte virtuelle. l'idée." La pantomime : La mise en scène et le théâtre beaucoup plus que la pièce écrite et parlée. danse. Le dialogue n'appartient pas spécifiquement à la scène. " Chacun de ces moyens a sa poésie à lui. qui provient de la façon dont il se combine avec les autres moyens d'expression. Grandeur poétique = poétique des idées métaphysiques. signe qui en sont la représentation..

il est certain que nous avons besoin avant tout d'un théâtre qui nous réveille : nerfs et coeurs. " l'espace tonnant d'images. intonation des mots." A/ Premier manifeste. geste. sur tous les plans de la conscience et dans tous les sens. I) LE LANGAGE. Il faut tirer les conséquences poétique et les possibilités de réalisation appartenant au domaine de la mise en scène comme langage dans l'espace et en mouvement. La foule pense avec ses sens. si l'on sait de temps en temps ménager des étendues suffisantes d'espace meublés de silence et d'immobilité. b.a. spectacle pour les masses." faire servir le lyrisme à des fins externes. parle aussi. Le geste. entraîne la pensée à prendre des attitudes profondes = de la métaphysique en activité.) Fait perte du sentiment du sérieux." . Conséquences poétiques des moyens de réalisation= une métaphysique .renouveler le théâtre avec action poussé à bout et extrême. . fait pour un langage à michemin entre parole et de pensée. .) Perte du sentiment du rire. geste + prononciation. considérer les rapports entre eux. Lui rendre ses capacités à ébranler. -de la poésie." . Le langage développe toutes ses conséquences physiques et poétiques.exploration notre sensibilité nerveuse : " c'est là. des forces vives : images du crime + redoutable que le crime réalisé. des signes : utilisation nouvelle. langage articulé sont les moyens d'expression du théâtre : exprimer ce qui n'exprime pas habituellement.mobilisation intensive d'objets. De l'anarchie profonde = base de toute poésie : remise en cause des formes/de signification. La vraie poésie est métaphysique.masses étendues d'un spectacle s'adressant à l'organisme entier. Théâtre et cruauté : " au point d'usure où notre sensibilité est parvenue. augmenter les secrets d'utilisation des moyens par rapport au sens et sur tous les plans possibles.dénoncer les méfaits du théâtre psychologique de Racine. . ds ce spectacle d'une tentation où la vie a tout à perdre et l'esprit tout à gagner que le théâtre doit trouver sa véritable signification. c. gorgée de ce monde. . Redonner au théâtre son langage et rompre son assujettissement au texte. " le public croira au rêve du théâtre à condition qu’il le prenne vraiment pour des rêves et non pour un calque de la réalité.) Perte du sens de l'humour vrai et du pouvoir de dissociation physique et anarchique du rire. son degré d'efficacité métaphysique en fait le prix.

" Il faut perpétuer les idées métaphysiques par les véhicules que sont quelques fables dont les atrocités l'énergie démontre l'origine et la teneur en principes essentiels. de leur correspondance par rapport à tous les organes. II) FAIRE DU THEATRE UNE FONCTION.Mouvement. sur tous les plans. pour les expressions du visage. Mais si le théâtre est sanguinaire et inhumain. Donner aux mots à peu près l'importance qu'ils ont dans les rêves. Noyau autour duquel se forme le langage type. l'homme considéré métaphysiquement pour parler de droits de l'imagination. offrant des précipités véridiques où la violence déborde sur un plan intérieur. geste des signes doivent former un alphabet. Utilisation de leur symbolisme. Idée concrète de la musique comme personnage. Remettre en question tous les aspects du monde extérieur et descriptif. c'est. Ce nouveau langage fait des personnages et des objets des hiérogyphes. un lyrisme nouveau de gestes dépassant le lyrisme des mots. l'idée d'un conflit perpétuel et d'un spasme ou la vie est retranché à chaque minute. De même. mots= incantation. Un élément physique et objectif. V) LE LANGAGE DE LA SCENE. plus fine = objet de la magie et des rites. Création des sortes de tentations autour des idées métaphysiques avec : a. IV) LA MISE EN SCENE. Technique : faire du théâtre une fonction. L'important est que la sensibilité soit mise en état de perception plus approfondie. Inspiration des hiéroglyphes pour reproduire les signes à volonté des composés avec ses symboles précis.) De la poésie. . son anarchie. et le monde interne. Un fourmillement des sensations épousera la pulsation de mouvements familiers à tous. Il doit constituer un moyen d'illusion vraie.) L'humour. Langage concret le théâtre : geste. lapsus = l'utilisation des impuissances de la langue. Réaliser une création totale. au-delà de tout " pour manifester et ancrée inoubliablement en nous. Point de départ de toute création théâtrale. b. qui sont des moyens de participer symboliquement au langage concret de la scène comme des masques. son symbolisme et ses images. où l'homme reprendra sa place entre rêve/événement. avec de nouveaux moyens de transcription. Le côté matériel du langage = moyens pour agir sur la sensibilité. Reproduction à l'infini des intonations. III) LE SPECTACLE.

XVI) INTERPRETATION. œuvres et faits connus.. sans cloisonnement. la colère.MASQUES . Visualisation grossière de ce qui est. Éloigné des préoccupations non. nouveaux alliages. Proportion singulière.. restauration d'instruments. XIII) LES OEUVRES. Aucun thème n'est interdit. Le spectateur est placé au milieu de l'action. XII) ACTUALITE : éloigné de l'actualité oui. Employé comme objets faisant partie des décors. le rituel plus proche des traditions d'origine. Recherches de sonorités inaccoutumée...Étagement et correspondance. Le théâtre par sa poésie oppose les images de ce qui n'est pas. Tout a un sens intellectuel déterminé. il doit se déplacer. Jouer en improvisant autour des thèmes. froid. VII) LUMIERES ET ECLAIRAGES. Spectacle chiffré comme un langage. IX) LA SCENE. XI) DECORS : pas de décor. par la peau seule on peut faire entrer la métaphysique dans les esprits. Indispensable. reproduire ainsi le chaud. X) OBJETS .ACCESSOIRES. ( nouveaux diapason. XIV) LE SPECTACLE. Éviter le moderne. Lieu unique scène/salle.) Création. Renouer avec le spectacle intégral. XV) L'ACTEUR. Action sur l'esprit . Tous les mouvements obéissent à un rythme. l'ancien. ainsi sur le concret de toute image et de toute expression. enveloppé est sillonnée par elle . Une image de théâtre obéit à toutes les exigences de la vie. VI) LES INSTRUMENTS DE MUSIQUE. Il est en même temps de première importance/ un élément passif et neutre. XVIII) LA CRUAUTE. Des personnages sont typés à l'extrême XVII) LE CINEMA. Lettre explicative : . VIII) LE COSTUME.

autour desquels tournent les actions d'un théâtre psychologique. donnant à l'exercice de tout acte de vie sa couleur de sang. Le but du théâtre et de créer des mythes. qui balaie l'individualité humaine. peut-être pas le meilleur possible ." Cela. le texte est tout (VS) Antonin Artaud : nouveau en concédant leur signification particulière doit être revitalisé : " tout ce qui touche à l'énonciation particulière d'un mot." La cruauté mène les choses à leur fin inéluctable. "douleur hors de la nécessité inéluctable de laquelle la vie ne saurait s'exercer.. La poésie s'est retirée du théâtre. le mal est une loi permanente. une tension extrême. Implique une conscience appliquée. Le théâtre manque d'imagination : " c'est de cette actualité pathétique et mythique et le théâtre s'est détourné (. En fait une séparation doit être opérée avec le texte : de la parole pure." Il faut un théâtre qui agissent : " nul jusqu'ici s'est attaqué au principe du théâtre qui métaphysique". La cruauté est définie par Artaud sans déchirement charnel. non pas à la vie individuelle (.. soumission à la nécessité..) le théâtre doit s'égaler à la vie." " les gestes concrets doivent être d'une efficacité assez forte pour faire oublier jusqu'à la nécessité du langage parlé. * théâtre est devenu psychologique et l'art dramatique a fini par consister en un idéal de silence et d'immobilité : perversion sur la scène de l'idée de concentration. elle ne vaudra qu'autant qu'elle parviendra à se dissimuler derrière les oeuvres qu'elle prétend servir. application et décision implacable." LE LANGAGE.. dans un état actuel qui voit le chaos.. aussi longtemps qu'au théâtre (de phare de la représentation) la littérature restera à dominante.LA CRUAUTE. Le langage de la parole a été sclérosés par des lois. "Dans le monde manifesté et métaphysiquement parlant. * cruauté n'est pas synonyme de sadisme. l'aspect objectif des signes nous frappe mieux : le geste éclipse les mots. c'est à dire d'élucidation" = le mot cerne la pensée. À l'objection de la haute valeur dramatique des grands tragiques chez qui le côté littéraire a semblé dominer : nous n'arrivons plus à donner une idée digne de car nous avons perdu la physique de leur théâtre. Importance des gestes dans le théâtre oriental et de Bali. et ce qui est bien est un effort et déjà une cruauté surajoutée à l'autre. CRUAUTE = appétit de vie.. le mot pris comme définition." Avt tout: lucidité = direction rigide." " Un mot ainsi entendu n'a guère qu'une valeur discursive. comme une "rigueur. .) est affaire de matérialisation scénique et ne vit que de matérialisation." Dans le théâtre tels que de nous le concevons. sang et horreur. détermination irréversible. * le langage des mots . plastique et esthétique sont un langage communicatif directement.) où triomphent les caractères mais à cette sorte de vie libérée. Mais " le théâtre lui-même (. à la vibration qui peut produire dans l'espace" de"redonner au mot une valeur... "Tant que la mise en scène demeurera un simple moyen de présentation. absolue. une façon accessoire de révéler les oeuvres.. il est aboutissement.

.) un sens incantatoire et magique (leur forme. Utilisation des dissonances pour tous les sens. la vie cachée est livide et fixe.. en dehors du pictural ont un enseignement : " ils révèlent des aspects mystérieux et terribles de la nature et de l'esprit. leur émanation sensible. non des mots.." Les peintures à double sens.. Emprunts aux vieilles cosmogonies. cosmiques et universel..). Les mots ont : A." Mise en scène doit être majorée et la poésie gratuite. les éléments sont condensés à l'extrême.Retrouver le sens de la vie : " la vraie vie est mouvante et blanche . il faut rejoindre le théâtre populaire. II) FORME : actualisation des thèmes sur la scène. démonstration plastique de force = selon le principe anarchique de toute véritable poésie..." I) FOND : thèmes répondant à l'agitation du moment. Second manifeste : Le théâtre de la cruauté est une vie convulsive et passionnée.. B. Images et mouvement pour l'œil mais surtout pour l'esprit. Possède une "vraie magie que dans une atmosphère de suggestion hypnotique où l'esprit est atteint par une pression directe sur les sens". Cette cruauté "se confond donc avec la notion d'une sorte d'aride pureté morale qui ne craint pas de payer la vie le prix qu'il faut payer. Intervention de monstres.. Importance de la vibration et du silence. Le spectacle avant tout... esprit des hiéroglyphes. faire entrer l'homme recto-verso avec ses rêves.) un sens logique. Thème = mythes. renoncer à la psychologie. Des signes. Suppression de la scène et gigantisme : "il n'y aura pas de récit.. ni de place vide dans l'esprit ou la sensibilité du spectateur."" . il faut gagner la sensibilité et les nerfs.