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PROJET LA PRESSE LOCALE EN DORDOGNE – LA

DORDOGNE LIBRE

THEME 1- Les quotidiens : des entreprises de presse – La presse


quotidienne française connaît-elle une crise ?

Introduction :

Document 1 :

1. La presse traverse différentes formes de crises, qui sont conjecturelles et structurelles :


 Il s’agit d’un phénomène récent (crise conjoncturelle) dû à
l’environnement dans lequel nous vivons aujourd’hui,
 mais aussi d’un phénomène ancien (crise structurelle), la presse a connu et
connaît des crises à travers l’histoire, c’est pour cela qu’elle doit remettre
en question sa stratégie.
 Tous les pays sont touchés, mais la France l’est plus particulièrement.

2. plusieurs déterminants expliquent cette crise :


 Tout d’abord, l’apparition d’internet (déterminant conjecturel et structurel)
explique la crise que la presse subit aujourd’hui.
 Ensuite il y a l’apparition des gratuits (déterminant conjoncturel) : PQG.
 Ensuite il y a des déterminants institutionnels (structurel), historiques
(structurel), économiques (conjecturel) et des déterminants spécifiques à la
France.

Document 2 :

1- Les approches généralement envisagées sont juridiques, institutionnelles et


socioculturelles. Aucune de ces approches ne parle de l’argent, l’économie, en apparence , ne
concerne pas la presse qui a une mission purement citoyenne.

2- Selon l’auteur, ces démarches ne sont pas les plus adaptées, car on ne peut pas
dissocier l’aspect économique de la presse de son aspect social.

3- D’après l’auteur, l’approche la plus adaptée est la suivante : sans argent, quelque
soit sa qualité, un journal ne peut pas vivre. L’information a donc un coût. Il aborde ici
l’aspect économique de la presse.

En conclusion, un journal pour être indépendant du pouvoir économique, politique, etc… doit
être autonome financièrement et dépendre uniquement de ses lecteurs. Ceci garantirait la
liberté d’expression et d’information dans son intégrité la plus totale.
Partie I la presse quotidienne française comparaison dans le
temps et dans l'espace
A. Une analyse longitudinale : l'évolution de la presse quotidienne française depuis
la révolution de 1789

1. A la veille de la révolution française le nombre de titres en France est extrêmement


réduit trois titres qui tirent seulement à 4500 exemplaires c'est-à-dire moins de 0.2
exemplaires pour 1000 habitants . Cela traduit le contrôle extrêmement strict opéré par
la monarchie sur la presse.
2. La révolution française entraîne une rupture puisqu'entre eux 1789 et 1799 le nombre
de titres à Paris est multiplié par 10 et le tirage multiplié par 12.5.
3. Mais l'empire entraîne une sévère reprise en même de la presse écrite qui selon
Napoléon n'est pas là pour informer la population mais pour présenter la position du
pouvoir et ses victoires le nombre de titres et donc en forte diminution est divisé par
cinq le tirage lui aussi connaît une forte baisse (divisé par deux à Paris).
4. Entre 1813 et 1846 le nombre de titres progresse fortement puisqu'eux à Paris le
nombre de titres comme le tirage multiplié par six : cela traduit la libéralisation
relative opérée par la monarchie de juillet à partir des années 1830.
5. Entre 1846 et 1837 second empire stabilise le nombre de journaux parisiens (qui sont
au nombre de 20) mais accroît fortement le nombre de journaux en province . Dès lors
le nombre de lecteurs un pour 1000 habitants progresse fortement passant de 1 en
1813 à 25 ans 1867.
6. La défaite de l'empire et le passage IIIe République contribue à accroître jusqu'en 1914
fortement le nombre de journaux aussi bien à Paris (nombre multiplié par quatre)
qu’en province ( nombre multiplié par cinq). Le lectorat progresse très fortement (le
tirage total est multiplié par trois, ainsi que le nombre d'exemplaires pour 1000
habitants)
7. la première guerre mondiale puis la crise de 1929 explique la disparition d'un tiers des
journaux parisiens mais le tirage total continue à progresser dépassant pour la
première fois 10 millions d'exemplaires
8. en 1946 le tirage total 15 millions d'exemplaires c'est-à-dire 370 exemplaires pour
1000 habitants
9. la chute du nombre de titres commence alors (division par trois aussi bien à Paris qu'en
province). Le tirage diminue lui aussi puisque l'on passe de plus de 15 millions
d'exemplaires à moins de 9 millions alors que la population s'accroît et s'enrichit.Dès
lors le nombre d’ exemplaires pour 1000 habitants est divisée par deux.
10. Entre 1996 et 2006 la situation reste inquiétante puisque base 100 en 1996 la diffusion
payée de la presse quotidienne nationale est à l’indice 92 en 2006, celle de la presse
quotidienne régionale à l’indice 87. Si l'on excepte le tirage de aujourd'hui en France
qui augmente de 11% sur la période(mais qui ne tirent quà 500 000 exemplaires), des
journaux comme le Figaro le monde ne tire qu’à 300 000, les autres journaux de la
presse quotidienne nationale voient leur tirage chuté fortement de moins de 12 % pour
libération(tirage 140 000 exemplaires) à -70 % pour France-Soir tirage (50 000
exemplaires).
B. Une comparaison internationale

Comme on opère une comparaison internationale du nombre d'exemplaires diffusés pour 1000
habitants dans le monde, on constate de très fortes variations :
 le Japon et les pays du nord de l'Europe (Scandinavie) diffuse plus de 500 exemplaires
pour 1000 habitants.
 Les pays anglo-saxons (USA , Royaume-Uni, irlande), les pays germaniques ont une
diffusion comprise entre eux 200 et 350 exemplaires pour 1000 habitants
 les pays du sud de l'Europe (Espagne Italie Grèce Portugal), la France et Belgique et
les textes pays du bloc soviétique ont une diffusion inférieure à 200 exemplaires pour
1000 habitants.
Cela reflète le tirage et la santé économique et quotidien :
 parmi les 10+ forts tirages mondiaux 7 sont japonais : deux quotidiens japonais tirent
à plus de 10 millions d'exemplaires
 un est allemand (4 millions d'exemplaires) un anglais (3 millions d'exemplaires)
 le premier Français et Ouest France qui tire à moins de 800 000 exemplaires.

On pourrait penser que les inégalités de diffusion des titres résulte de la situation économique
du niveau de vie de la population : plus la population est pauvre plus le nombre d'exemplaires
diffusés pour 100 adultes et le nombre de titres édités devrait être faible
cette relation est bien vérifiée plus que l'on constate que des pays sous-développé comme le
Kenya ou le Sri Lanka on un nombre de lecteurs pour 100 adultes très faibles inférieur à 10 et
qu'au contraire des pays comme la Suisse et la Norvège ont un nombre de lecteurs supérieurs
à 50 % des adultes.
Mais la relation est loin d'être systématique pour vérifier puisque le nombre de lecteurs pour
100 adultes est plus élevé en Thaïlande ou en Slovénie qu'en France. Pour un même niveau de
vie le nombre de lecteurs 100 adultes et deux fois plus élevés au Royaume-Uni qu'en France
trois fois plus élevée en Finlande.
Le niveau de vie est donc une variable explicative mais qui est insuffisante pour analyser le
taux de lectorat de la presse dans la population.

Conclusion :
Depuis plus de 50 ans en France l'évolution du nombre de titres et du taux de lectorat sont
inquiétants : la France serait la lanterne rouge de l'Europe.
Ce tableau est d'autant plus problématique que les journaux ont multiplié les changements de
formule pour rendre les quotidiens plus actifs.
Rien ne pourrait-il remédier à la crise de la presse française ?

Partie II de la dimension économique de la presse


Etude au niveau de l'Europe

L'étude menée sur la presse française, de 1996 à 2005, nous révèle une mauvaise santé
économique de cette dernière. Nous avons étudié la santé économique des journaux, non plus
au niveau national, mais au niveau européen et ainsi comparer la presse française avec les
journaux européens, en utilisant un indicateur économique vu précédemment, l'E.B.E. .
( Rappel : L'E.B.E. signifie l'excédent brut d'exploitation. Cet indicateur économique
représente la part restante à l'entreprise après le paiement des fournisseurs, des salariés et de
l'Etat ; c'est-à-dire ses profits ).

Nous avons alors construit une typologie entre les pays de l'Union européenne :

1. La France se trouve dans le premier groupe avec l'E.B.E. le plus faible de l'Union
Européenne, qui représente 2 % du chiffre d'affaire.
2. La deuxième catégorie comprend l'Italie et l'Allemagne où l'E.B.E. oscille entre 5 et 10 %
du chiffre d'affaire.
3. La troisième catégorie comprend l'Espagne et une grande majorité des pays de l'Union
Européenne, avec un E.B.E.entre10 et 15 % du chiffre d'affaire.
4. Enfin dans le dernier groupe se trouve la Royaume-Uni dont l'excédent brut d'exploitation a
le plus fort taux, soit plus de 15 % du chiffre d'affaire.

Ainsi, nous pouvons constater à l'aide de cette typologie, qu'entre la France et le Royaume-
Uni, l'EBE de ce dernier est 7.5 fois plus fort que celui de la presse française.
Cette étude comparative entre les pays de l'Union europénne témoigne donc de la faible santé
économique de la presse en France aussi bien au niveau national, qu' européen.

De plus, en opérant une comparaison entre les journaux et les magazines, nous remarquons
que ces derniers sont plus rentables avec un EBE de 7% contre 2% pour les journaux.
Pourtant, les magazines français, comme l'Express, connaissent également une crise puisqu'il
ont une faible rentablité lorsque nous réalisons une observation au niveau de l'Union
Europénne. En effet, la France a un EBE de 7 % contre un de 22 % au Royaume-Uni, l' EBE
est alors environ 3 fois plus important, au Royaume-uni qu'en France.
Cette analyse illustre, une fois encore, les difficultés économiques de la presse française, aussi
bien pour ses journaux que pour ses magazines.

Partie III - les facteurs de la crise

A. La presse française est-elle trop chère ?

Le prix de vente des quotidiens français se situe parmi les plus élevés des pays industrialisés :
il est trois fois plus élevées qu'aux Etats-Unis, 2,5 fois plus élevé qu'au Japon, deux fois plus
élevé qu'en Allemagne.
Plus inquiétant depuis 1970 lundis du prix des journaux a progressé beaucoup plus fortement
que l'indice général des prix : l'indice des prix a été multipliée par cinq et demi en 30 ans.
Dans le même temps le prix des journaux a été multiplié par 11. Le coût réel d'un journal a
donc été multiplié par deux en 30 ans.

Néanmoins des pays comme la Suisse et la Suède affichent des prix équivalents ou supérieurs
à ceux de la France or Leur lectorat est beaucoup plus important. Le prix est donc variable
essentielle mais qui à elle seule ne peut expliquer la crise que traverse la presse en France

B. En raison des coûts d'impression ?

Les coûts d'impression français sont de deux et demi fois plus élevé que dans les autres pays
européens. Cela s'expliquerait par des contraintes sociales très fortes : le syndicat CGT du
livre disposerait d'une situation de monopole sur l'embauche maintiendrait les salaires à un
niveau très élevé. Pour compenser ces handicaps l'État est intervenu en distribuant des
subventions et en n'allégeant les tarifs postaux.
Mais ces mesures ne semblent pas avoir été suffisantes pour empêcher l'augmentation du coût
de revient de la presse écrite.

C. La crise est aggravée par la concurrence des gratuits.

Jusqu'au début des années 2000 les journaux d'annonces sont gratuits en France. Mais dès le
début des années 90 une presse gratuite apparaît en Europe en particulier en Suède et au
Royaume-Uni. Cette presse occupe une place croissante (la moitié du marché de la presse
écrite en Espagne).
La presse gratuite apparaît en France au début des années 2000 et semblent bien concurrencer
la presse payante plus que entre 2001 et 2005 le nombre de quotidiens gratuits distribués est
passé de zéro à 310 millions alors que sur le même temps la presse payante quotidienne voyait
son nombre d'exemplaires ayant distribué chuter de 50 millions.
L'apparition de la presse gratuite contribue donc à aggraver la crise que connaît la presse
française

D. Une chute des recettes publicitaires

Les recettes publicitaires ont chuté de moitié entre 2000 et 2005 : en 2005 les investissements
publicitaires dans la presse quotidienne payante ne sont que de 1 milliard.
Dans le même temps les recettes publicitaires de la télévision s'élèvent à 4 milliards d'euros.
Mais plus inquiétant si les recettes publicitaires sur Internet sont encore faibles : 0,4 milliards
en 2005 elles ont progressé en un an de plus de 50 %.

E. La concurrence d'Internet

L'irruption des technologies numériques est en passe de bouleverser non seulement


l'économie des médias traditionnels, mais aussi leur mode d'organisation, leur structure et leur
contenu écrit Marc Tessier.
La presse a cherché à s'adapter en développant de nouveaux modèles économiques : mission
gratuite sur Internet mais les recettes qui en ont découlé se révèlent très insuffisantes.
Le plus la presse écrite ses comptes sur un modèle éditorial qui vise à hiérarchiser
l'information conçue par des professionnels. Aujourd'hui se développe une culture de
l'instantané dans laquelle tout le monde sur son blog peut produire des informations plus ou
moins vérifiables
le développement des nouvelles technologies de l'informatique se traduit par une nouvelle
répartition du budget culturel et des loisirs des ménages :
• en 1990 la presse les livres représentaient 20 % de ce budget en 2005 seulement 14 %
• sur la même période l'informatique avait sa part passer de deux à plus de 7 % (une
augmentation de 300 %)
• cela remet en cause le modèle économique sur lequel s'est construit la presse écrite
payante.

Conclusion :
la dimension économique est absolument essentielle pour comprendre les difficultés
auxquelles la presse écrite française pliante est confrontée aujourd'hui mais comme le
soulignait Bernard Spitz en 2004 la crise est plus ancienne et résulte aussi de l'incapacité des
journaux à fidéliser leur lectorat alors même que l'augmentation du niveau d'études contribue
à produire de nouveaux lecteurs.
On constate ainsi :
• qu'au moment de la libération de la France les deux tiers des 33 48 dans l'idée d'un
quotidien national ils ne sont plus que 30 % en 1973.
• Pour ce qui est des 15 28 ans le tiers lisait la presse en mai 68, il n'était plus que 20 %
au début des années 90 et seuls 10 % des 15 28 ans lisent encore au moment du 11
septembre 2001
• l'effet âge et l'effet génération se complète donc pour réduire le lectorat de la presse
écrite quotidienne française
• mais cette tendance ne s'observe pas dans les autres pays européens elle n'est donc pas
seulement du à l'apparition des nouveaux médias mais elle résulte aussi l'incapacité
des journaux et peut-être de l'école à produire de nouveaux lecteurs.