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Tout sur la réforme
des collectivités territoriales
Numéro 271 - décembre 2009 - janvier 2010
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Sommaire Editorial
Editorial Au secours, Marcellin revient !
– Au secours, Marcellin revient !
p.2
par Vanik Berberian Le projet de réforme des collectivités territoriales est mal inspiré parce qu’il ne
simplifiera ni ne clarifiera quoi que ce soit. Il pousse à la fusion – absorption de
l’échelon de proximité par un autre échelon, plus vaste en superficie ou plus
Spécial réforme important en nombre d’habitants. Mais pour économiser combien ? Et être plus
efficace en quoi ?

– Les institutions NOUS N’AVONS PAS MANDAT,
p.3
1 - L’intercommunalité
Les conditions de création des communes nouvel-
2 - La « commune nouvelle », horizon les sont inacceptables. Les règles de majorité requi-
de l’intercommunalité ses, que ce soit au sein de la CDCI, de l’EPCI ou du
p.6 conseil municipal autorisent la disparition de la
3 - Le crépuscule du département ?
commune. Or, aussi éminentes soient-elles, aucune
A - Les métropoles p.8
de ces instances n’est habilitée à décider d’un droit
B - Les conseillers territoriaux p.9 de vie ou de mort sur une commune.
C - La tache noire :
l’articulation conseillers SEULS LES HABITANTS DE LA COMMUNE, PAR
territoriaux-métropoles p.12 VOIE DE REFERENDUM, DEVRAIENT POUVOIR
SE PRONONCER.
p.13
– Les modes de scrutin
Car il ne s’agit pas d’une simple mesure technique
– Bilan de transfert de compétence ou d’organisation administrative. Il s’agit plus essen-
tiellement de l’existence d’une valeur fondamentale qui nous dépasse et qui
1 - Lisibilité et simplification : du mille- incarne, comme peut l’incarner la République, tout à la fois un territoire et sa
p.14
feuille au pudding territorial population.
2 - Pour quelle efficacité ?
p.15 Depuis ces dernières semaines, le débat sur ces réformes tend à se cliver politi-
3 - Pour quelles économies ? quement. C’est dommage. Ne tombons pas dans ce piège. Ce combat dépasse
les partis politiques. Soyons clairs, le projet de réforme des collectivités territo-
p.18
– Notes riales tel qu’il est prévu à ce jour, n’est pas mauvais parce qu’il émane d’un gou-
vernement de droite. S’il portait une signature de gauche ou du centre, le même
projet serait tout aussi mauvais !

IL FAUT AMPLIFIER LA MOBILISATION

Par nos délibérations, par nos réunions, par nos rencontres avec les
ORGANE OFFICIEL Parlementaires, les Maires ruraux doivent exprimer leurs inquiétudes maintenant
DE L’ASSOCIATION avant qu’il ne soit trop tard.
DES MAIRES RURAUX DE FRANCE
• Administration Gestion :
52, avenue Foch
69006 LYON
Tél. 04 72 61 77 20 - Fax 04 72 61 79 97 Vanik Berberian,
36000communes@amrf.fr maire de Gargilesse-Dampierre (36),
• Fondateurs :
Etienne Furtos - Jean Herbin
Président de l’Association des maires ruraux de France
François Paour - Gérard Pelletier
• Directeur de la Publication :
Vanik Berberian
• Directeur de la Rédaction :
Pierre-Yves Collombat
• Rédactrice en Chef :
Magali Vagneur
• Comité de Rédaction :
Vanik Berberian- Dominique Bidet - Pierre-Yves
Collombat - Max Feschet - Michel Fournier - Louis
Appel à la mobilisation
Pautrel - Andrée Rabilloud
• Imprimerie : L’AMRF invite les maires à faire adopter par leur conseil municipal une
Imprimerie Albédia - Aurillac délibération disant leur opposition au projet de loi de réforme des collec-
• Dépôt légal :
4e trimestre 2009 - Commission Paritaire :
tivités territoriales tel qu’aujourd’hui rédigé. Pour télécharger un modèle
0314 G 84400 - ISSN : 0245 - 3185 de délibération :
• Abonnement : www.amrf.fr
Adhérents : 17,25 € - Non-adhérents : 35 €
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Spécial réforme

Les institutions

1 - L’intercommunalité Président et celui de la technostructu- résigner à n’avoir qu’un seul délégué,
re sont renforcés. ce sera forcément le maire. Les élec-
Vu la teneur des débats au Sénat et Les plus petites communes sont évi- teurs n’auront plus personne à dési-
l’affichage gouvernemental, jusqu’à la demment les premières à en faire les gner !
publication de l’avant-projet de loi en frais. Le nombre maximum de vice-prési-
juillet 2009, on pouvait penser qu’un dents est fixé, lui, à 15, sans pouvoir
consensus pouvait se dégager, au a) - Le nombre de délégués désor- dépasser 20 % de l’effectif de l’organe
moins sur cette question. mais prévu par la loi ne résulte plus délibérant (avec éventuellement un
de l’accord lors de la création des minimum de 4).
Sous les mêmes mots, le projet de loi EPCI. Un siège est attribué à chaque
renvoie, hélas, à une conception de commune, et des sièges complémen- On peut y voir des économies, même
l’intercommunalité que l’on croyait taires sont répartis en fonction de la si l’essentiel des délégués n’est pas
définitivement enterrée : les intercom- population. Les communes, en cas de indemnisé. C’est surtout un amoin-
munalités non plus « coopératives de modification de périmètres, fusion drissement du contrôle démocratique,
communes », mais antichambre de etc. ne se prononcent plus sur le nom- le pouvoir étant concentré entre les
leur disparition. bre de délégués. C’est la remise en mains du Président de l’intercommu-
Seul point véritablement positif et cause des accords et consensus nalité, d’un nombre limité de vice-
conforme à l’esprit initial de l’inter- locaux, fondements de la coopéra- présidents et donc de la technostruc-
communalité : la possibilité de mutua- tion volontaire (lire « La voix de l’in- ture.
liser les services entre communes et conscient »).
communautés. La participation à l’ensemble des
b) - Cela signifie, dans bien des cas, commissions est rendue quasiment
Mais, globalement, on retrouve le rap- une réduction drastique du nombre impossible sauf pour les communes
port Balladur : il faut faire gros, non de délégués communautaires, des disposant d’une délégation suffisante.
pour faire à plusieurs ce qu’on ne peut bureaux et du nombre de vice-prési- Là aussi, cette observation peut sem-
faire tout seul, mais pour permettre dents. bler marginale, voire scabreuse, c’est
des économies d’échelle. Moins il y a pourtant essentiel. Les praticiens de
de collectivités, moins il y a d’élus, Ce point qui peut sembler de détail est l’intercommunalité savent que dans
mieux on se porte. Que l’observation très important s’agissant, cas fréquent, une communauté, l’organe de contrô-
de la réalité ne vérifie nullement ces d’intercommunalités réunissant des le démocratique essentiel n’est pas le
espoirs d’économie, au contraire, collectivités de tailles très différentes Conseil mais le Bureau qui, très géné-
importe peu. C’est affaire d’idéologie car c’est diminuer fortement l’intérêt ralement, comprend tous les maires
donc imperméable aux faits. d’une désignation des délégués com- des communes membres. Là se négo-
munaux au suffrage direct. En effet, cient les consensus à la base de la
beaucoup de communes devant se quasi-totalité des décisions commu-
A - De l’intercommunalité
coopérative à l’inter- La voix de l’inconscient
communalité antichambre de Le moindre des paradoxes de cet ensem- gnée dans le compte rendu), dès lors
la disparition des communes ble de projets qui n’en manque pas, est que les délégués communaux sont élus
de voir des « libéraux », pour lesquels le au suffrage direct, il devient nécessaire
« contrat » représente l’alpha et l’oméga que la loi en fixe le nombre.
D’où un ensemble cohérent de dispo- des rapports humains, remettre en cause En clair, le DGCL raisonne pour l’inter-
sitions destinées à faciliter le transfert ces contrats que sont les statuts des communalité sur le modèle communal
du maximum de compétences et de intercommunalités dont les avantages pour lequel le Code général des collecti-
ressources aux EPCI. Le pouvoir tradi- compensent largement les inconvé- vités territoriales fixe le nombre de
tionnellement laissé aux communes nients. conseillers municipaux en fonction de la
de peser, au sein de l’intercommunali- Interrogé par la Délégation aux collecti- taille. L’inconscient a parlé, les intercom-
té, sur les décisions susceptibles de les vités locales du Sénat (27/10/09), le munalités sont bien la préfiguration des
Directeur Général des Collectivités communes futures, comme le dit claire-
affecter essentiellement, est considé-
Locales, Eric Jalon, a montré le bout de ment, lui, Edouard Balladur.
rablement réduit tandis que celui du l’oreille. Selon lui (réponse non consi-

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nautaires. C’est revenir sur le principe 40 % / 40 %, la répartition des autres moins la moitié de la population. Ce
d’égalité entre maires des communes, sièges (15 % CG et 5 % CR) restant qui donne la possibilité aux intercom-
quelles que soient leurs tailles. Règle inchangée. Ces 40 % suffisent aux munalités de « siphonner » progressi-
non écrite du fonctionnement des représentants des EPCI pour bloquer vement les compétences des commu-
communautés, qui explique large- toute proposition (nécessité des 2/3) nes à la majorité simple.
ment leur succès. de la CDCI (ou laisser passer) une - L’intérêt communautaire est défini
décision préfectorale. par le Conseil communautaire à la
c) - Cette réduction de la représenta- majorité simple.
tion communale à l’EPCI touche e) - Réduction des cas où les déci-
principalement les petites commu- sions, pour être applicables, doivent f) - L’accord d’une commune appar-
nes, qu’il s’agisse des effectifs ou du être prises à la majorité qualifiée tenant déjà à un EPCI à fiscalité pro-
mode de répartition des sièges. (2/3-1/2). Une série de verrous pro- pre pour être intégrée dans un autre
Seules, en effet, peuvent bénéficier de tecteurs des communes disparaît EPCI n’est plus exigé.
sièges supplémentaires, les commu- ainsi.
nes « dont la population municipale En cas de fusion d’EPCI, les conseils
est supérieure au quotient obtenu en - Durant la période du 1er janvier 2012 municipaux ne se prononcent plus sur
divisant la population municipale de au 31 décembre 2013, l’accord des la répartition des sièges au conseil du
l’agglomération… par le nombre total conseils municipaux est réputé acquis nouvel établissement.
des sièges du conseil ». (Art.3 al 8)* si la moitié de ceux-ci, représentant la
moitié de la population, est consen- g) - Renforcement des pouvoirs des
tante. Cette disposition s’applique présidents.
d) - Diminution de la représenta- pour les propositions du préfet de Il résulte d’abord de la réduction des
tivité des communes dans les création, fusion, dissolution, modifi- effectifs des bureaux et du nombre de
Commissions Départementales de cation de périmètre des EPCI à fiscali- vice-présidents et ensuite du transfert
Coopération Intercommunale : té propre, des syndicats, syndicats aux présidents de l’EPCI des pouvoirs
Actuellement les communes dispo- mixtes. de police spéciale relatifs aux compé-
sent de la majorité des sièges : 60 % - Les transferts de compétences ne tences transférées (assainissement,
contre 20 % pour les intercommunali- nécessitent plus que l’accord de la déchets, voirie, gens du voyage).
tés. Les proportions sont ramenées à moitié des communes représentant au « Sans préjudice des dispositions de

Le calendrier
La réforme des collectivités territoria- conseillers régionaux élus en 2010 et de fusion entre départements et
les sera saucissonnée en au moins à trois ans de celui des conseillers régions, suppression de la compéten-
cinq projets de loi, ce qui, avec la généraux élus en 2011. Il vise à per- ce générale pour les départements et
réforme des finances locales, débat- mettre l’élection des conseillers terri- les régions, etc.
tue avec le projet de loi de finances toriaux en 2014 ainsi que le renou- A cela s’ajouteront les deux textes
voté avant fin 2009 fera six textes. vellement complet des Conseils géné- relatifs aux modalités d’élections des
Huit, en comptant le futur projet rela- raux, jusque-là effectué par moitié. conseillers territoriaux ainsi que des
tif à l’Ile-de-France et l’ordonnance Le Parlement n’aura débattu ni de délégués communautaires avec les
relative au découpage des nouveaux l’opportunité de créer des conseillers modifications que cela suppose des
cantons ! territoriaux, ni de leur répartition par modes d’élections des conseils muni-
Restera à emboîter les morceaux du départements, ni des modalités de cipaux des communes de 500 à
puzzle, ce qui n’a rien d’évident. leur élection, mais il saura déjà que 3 500 habitants.
ces conseillers territoriaux existeront,
Cinq de ces textes déposés au Sénat seront élus et quand. Dans un délai d’un an après la pro-
sont connus. mulgation du volet institutionnel
Le premier concerne l’organisation Viendra ensuite le premier volet insti- interviendra enfin, autre justification
de la « concomitance des renouvelle- tutionnel de la réforme : possibilité de de la réforme, la ventilation des com-
ments des conseils généraux et des création des communes nouvelles, pétences entre départements et
conseils régionaux », c’est-à-dire la achèvement de l’intercommunalité, régions ainsi que les règles limitant
réduction à quatre ans du mandat des création des métropoles, possibilité les co-financements.

*Paradoxalement, l’effet pourrait bien être inverse dans les grosses communautés urbaines rassemblant une grande ville et de très
nombreuses petites communes !

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l’article L.2212-2 », ce qui laisse sup- B - De l’intercommunalité ves » et des « discontinuités territoria-
poser que la responsabilité des maires choisie à l’intercommunalité les » (Art. 16 al 2), une rationalisation
n’est pas totalement dégagée. des périmètres de ces EPCI ainsi que
imposée ou le retour de tous les syndicats de communes et
h) - Mutualisation possible de la DGF, des préfets des syndicats mixtes.
de la TH et des taxes foncières, sur le Bon nombre de ces derniers devraient
modèle de la TPU sur délibération être absorbés par les EPCI à fiscalité
concordante du Conseil communau- L’objectif est « l’achèvement et la propre : « Le transfert des compéten-
taire et des Conseils municipaux, à la rationalisation de la carte de l’inter- ces exercées par les syndicats à un
majorité qualifiée 2/3-2/3. communalité ». EPCI à fiscalité propre doit être systé-
matiquement recherché » (A 16 al 11).
Il faut entendre par là une « couvertu- L’opération devra être achevée d’ici le
re intégrale du territoire » par des EPCI 31 décembre 2013, mais il n’est pas
à fiscalité propre d’au moins 5 000 exclu qu’elle puisse être avancée. Elle
habitants, la « suppression des encla- s’effectuera en trois étapes :

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a) - De la publication de la loi au est considéré comme positif à la majo- sources fiscales et des dotations des
31 décembre 2011 : élaboration d’un rité ½- ½. communes membres et d’une « dota-
« schéma départemental de coopéra- tion particulière » (Art 10)
tion intercommunale » conforme à c) - Entre le 1er janvier et le 31 décem-
ces objectifs. bre 2013, le préfet achève le travail. Toutes ces dispositions sont confor-
L’opération est de la seule responsa- mes à l’esprit du rapport Balladur :
bilité du préfet qui peut faire toutes Comme pour les étapes précédentes, « La bipolarisation des institutions
les propositions de fusions, suppres- une décision préfectorale recueillant locales, au profit de la Région et des
sions, inclusions, transferts qu’il 40 % des voix de la CDCI s’impose intercommunalités a semblé au
jugerait utiles. donc aux collectivités. comité permettre un désenchevêtre-
ment des compétences. »
Ses propositions sont transmises pour Seule différence, le pôle Région est
avis aux conseils municipaux et devenu un pôle « Région-Départe-
conseils d’organisme de coopération ment ».
concernés, puis à la CDCI, toujours 2 - La « commune
pour avis. Celle-ci ne peut modifier nouvelle »,
les propositions du préfet qu’à la
horizon 3 - Le crépuscule
majorité des 2/3. Ce qui signifie
qu’une proposition préfectorale de l’intercommunalité du département ?
recueillant 40 % des voix est réputée
favorable.
L’article 29 du Projet de loi précise, Au final, il s’agit de faire en sorte que Pour le discours officiel, le rôle du
s’agissant de la désignation des repré- les intercommunalités deviennent des département n’est en rien diminué.
sentants des communes à la CDCI : « quasi communes », le fin du fin Les propagandistes qui ont le meilleur
« lorsqu’une seule liste de candidats étant qu’elles le deviennent réelle- estomac prétendent même qu’il est
(…) est adressée au représentant de ment, comme le permettent les dispo- renforcé.
l’Etat dans le département par l’asso- sitions relatives aux « communes nou-
ciation départementale des maires et velles ». Sur le mode du volontariat Cependant, dès lors que les mêmes
qu’aucune autre candidature indivi- certes, mais avec des incitations finan- élus administrent régions et départe-
duelle ou collective n’est présentée, le cières, ce qui, en période de vaches ments, il est logique et probable que
représentant de l’Etat dans le départe- maigres, peut être très tentant. l’étape suivante de la « réforme » sera
ment en prend acte et il n’est pas pro- de découvrir qu’un niveau est de trop.
cédé à l’élection des représentants La création d’une « commune nouvel- D’autant plus que des conflits de pou-
des différents collèges des maires ». le » entre communes contiguës relève voir sont à prévoir entre les présidents
Mêmes dispositions pour les représen- de l’initiative de l’ensemble des de conseils généraux et celui de la
tants des EPCI. conseils municipaux concernés, des région qui deviennent concurrents au
conseils municipaux d’un EPCI à fis- sein d’une même assemblée. On
Il est vrai que l’élection est un mode calité propre (à la majorité 2/3-2/3) ou découvrira bien, un jour, que cela
de représentation pas vraiment simplement d’un EPCI à fiscalité pro- mérite « réforme ».
moderne et plein de surprises ! pre. Dans ce cas l’accord des 2/3 des L
conseils municipaux de l’EPCI qui
demande à se transformer en commu-
Non seulement, le Département, tou- P
Le schéma est arrêté par le préfet et ché de plein fouet par la réforme des
« approuvé au plus tard avant le ne nouvelle est requis. finances locales, voit son autonomie
31 décembre 2011 ». On ignore ce A défaut d’unanimité des conseils fiscale réduite à presque rien, mais le
que peut bien vouloir dire « approu- municipaux, la population est consul- projet de loi relatif aux institutions ter-
vé », dans ce contexte. tée. Le vote requiert la majorité simple ritoriales le prive de la compétence
avec une participation d’au moins ¼ générale. La sélection de celles qui lui
b) - Entre le 1er janvier et le 31 décem- des électeurs inscrits. seront attribuées est renvoyée à plus
bre 2012, le préfet arrête les projets tard mais il y a fort à parier que les
d’EPCI à fiscalité propre conformes Dans cette configuration, soit les com- innovations par rapport à la situation
au schéma, mais aussi ceux qui ne munes disparaissent complètement ou actuelle seront rares, ce qui permet de
seraient pas conformes (!) après avis deviennent des « communes délé- douter de l’intérêt financier de l’exer- AV
de la CDCI. Même possibilité s’agis- guées », à titre révocable : moins que cice.
sant des syndicats et syndicats mixtes. l’équivalent des arrondissements de
Les propositions sont transmises pour Paris, Lyon ou Marseille.
avis aux communes concernées. L’avis La commune nouvelle hérite des res-

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Spécial réforme

Contrairement à ce que le gouverne- A - Les métropoles A regarder de près cependant cela y
ment veut laisser croire, le projet de loi ressemble fort, dans la mesure où les
ne reprend qu’imparfaitement la propo- Cette grande innovation du rapport compétences transférables représen-
sition de la Mission sénatoriale d’insti- Balladur, largement reprise dans tent l’essentiel des dépenses des
tuer une sorte de « droit d’initiative » l’avant-projet de loi, se retrouve, ver- départements. De l’ordre de 80 %
des départements ou des régions : sion molle, dans le projet de loi pro- paraît une estimation raisonnable. *
« La capacité d’initiative de la région prement dit. Ce n’est plus une collec-
ou du département ne peut s’appli- tivité territoriale de plein exercice, Autant dire que les métropoles
quer qu’à des situations et des deman- mais un simple EPCI à fiscalité propre. seront, de fait des « départements
des non prévues dans le cadre de la bis », rassemblant l’essentiel du tissu
législation existante, dès lors qu’elle L’initiative de création des métropoles urbain et de la richesse des départe-
est justifiée par l’intérêt local. » (Art. peut relever de l'organe délibérant ments. Que pourra peser un dépar-
35 al 3). d'un EPCI à fiscalité propre, des tement ainsi dépecé, face à elles ?
communes membres de l'EPCI ou du D’autant moins que la majorité des
Si une collectivité peut intervenir dans préfet. conseillers généraux (CT) seront élus
un domaine non prévu par la loi (ce La création des métropoles « peut être sur son territoire.
qui a pu se passer, par exemple, avec décidée par décret » après accord des
le développement du numérique), elle conseils municipaux des communes Au total donc, les métropoles sont des
ne peut se substituer à la collectivité concernées dans les conditions de sortes de super communautés urbai-
en charge de la compétence, même si majorité qualifiée 2/3-1/2. nes, financièrement intégrées, héritant
cette dernière est décidée à ne pas de l’essentiel des compétences com-
l’exercer. Qu’elle l’exerce imparfaite- Par rapport à l’avant-projet de loi, le munales et départementales, plus
ment n’autorise pas une autre collecti- seuil de création des métropoles est quelques compétences régionales.
vité à s’en saisir. ramené à 450 000 habitants, sans que
l’on sache pourquoi. Des orphelins de Non seulement les métropoles captent
Par contre, le projet de loi prévoyant la métropole ont dû se plaindre ! Il ce qui pouvait rester aux communes
la possibilité de financements croisés n’est d’ailleurs pas impossible que ce de compétences essentielles au sein
pour répondre « à des motifs de soli- seuil soit encore abaissé. des communautés d’agglomération
darité ou d’aménagement du territoi- (PLU et délivrance des documents
re » (Art. 35), on peut penser que les d’urbanisme, assainissement et eau,
possibilités d’aides des départements cimetières notamment) mais elles per-
aux communes rurales seront préser- La métropole n’hérite plus de l’en- çoivent l’ensemble des contributions
vées… A condition, évidemment, que semble des compétences des fiscales de leur territoire : TH, taxes
ceux-ci en aient la capacité financiè- Départements, mais seulement de foncières, impôt économique.
re, ce qui n’est pas certain. deux obligatoirement : transports
scolaires et gestion des routes dépar- Elles perçoivent la TEOM, le verse-
Affaiblis par la réduction à peu de tementales. S’y ajoutent d’autres ment transport, le produit des taxes
chose de leur autonomie fiscale et la compétences – action sociale, collè- correspondant aux compétences
perte de la compétence générale, les ges, développement économique – transférées, etc.
départements sont menacés : les plus par « convention passée avec le
peuplés par la création des métropo- département » ou avec la région, Outre les dotations spécifiques aux
les, les petits par la substitution des s’agissant de compétences régionales intercommunalités, les métropoles
conseillers territoriaux aux conseillers (lycées, développement économique). perçoivent « une dotation communale
généraux. Elle est aussi compétente en matière composée de la somme des dotations
de SDIS, dans des conditions qui res- dues aux communes membres de la
tent à préciser. métropole au titre de la DGF ».
Les métropoles seront, L’Etat peut aussi lui transférer sur sa Les charges transférées par les com-
demande « la propriété, l’aménage- munes membres « sont compensées
de fait des « départements ment, l’entretien et la gestion de par le transfert à la métropole de la
bis », rassemblant l’essentiel grands équipements et infrastruc- taxe foncière sur les propriétés bâties,
du tissu urbain et de la tures. » de la taxe foncière sur les propriétés
richesse des départements. Officiellement donc, les métropoles non bâties, de la TH, de la TP et de la
Que pourra peser ne sont plus de « supers départe- TEOM et par la DGF. »
ments », ce à quoi conduisait le choix
un département ainsi dépecé, du rapport Balladur, avec les problè-
face à elles ? mes que l’on imagine.
*Lire note 1, p. 18.

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En contrepartie : « La métropole verse La métropole, « exerce de plein droit bre de ses conseillers territoriaux lui
à chaque commune membre une à l’intérieur de son périmètre, en lieu assurera un poids considérable dans
dotation de reversement dont le mon- et place du département », les compé- les conseils généraux. Politiquement,
tant est calculé, pour chaque commu- tences « transports scolaires » et « ges- départements et régions pourront-ils
ne, au regard des charges et des res- tion des routes classées dans le s’opposer à ces demandes de trans-
sources transférées… » domaine public routier départemen- fert ? Rien n’est moins sûr.
Les communes membres d’une métro- tal, ainsi que leurs dépendances et
pole qui doivent se contenter d’exer- accessoires » (A5) Dans un même département coexiste-
cer des compétences résiduelles, ront donc un conseil général en char-
n’ont plus aucune autonomie finan- S’agissant de la compétence « déve- ge intégralement de sa partie non
cière, autant dire que ce ne sont plus loppement économique », si la métropolitaine et résiduellement de sa
des communes. Elles devront se convention n’est pas signée dans les partie métropolitaine et une métropo-
contenter de gérer avec les ressources dix-huit mois à compter de la récep- le sorte de « quasi conseil général » en
que la métropole leur reversera ! tion de la demande, « les compéten- charge de la partie la plus urbanisée et
ces relatives aux zones d’activité éco- la plus riche du territoire. La simplifi-
Le transfert des compétences départe- nomiques sont transférées de plein cation quoi !
mentales et régionales entraîne, pour droit à la métropole ». (A5)
sa part, le transfert (à titre gratuit) des
propriétés et biens nécessaires à leur S’agissant de la région, les « aides aux
exercice ainsi que celui « du service entreprises » et la « promotion à B - Les conseillers territoriaux
ou partie de service » départemental l’étranger du territoire et de ses activi-
ou régional chargés de leur mise en tés économiques » sont aussi transfé- C’est l’autre grande innovation du rap-
œuvre. rées de plein droit dans les mêmes port Balladur et certainement le projet
conditions. qui tient le plus à cœur au gouverne-
Les charges résultant de ces transferts ment et à sa majorité, pour des motifs
de compétences font l’objet d’une Pour les autres compétences, le texte dont la pureté n’est pas avérée.
évaluation et d’une compensation ne dit rien. Cela laisse supposer que (Lire ci-dessous).
financière du département et de la Départements et Régions pourront
région sous forme d’une dotation de refuser le transfert de compétences. C’est aussi, sous des dehors simples,
compensation évoluant chaque année Sauf que l’importance démographique voire avenants, une source de problè-
comme la DGF. Dépourvu de toute des métropoles est telle que le nom- mes dont les solutions tardent à venir.
possibilité de contrôle de l’exercice
des compétences transférées, le
département devra financer au moins
une part de l’évolution des dépenses. Des motifs dont la pureté n’est pas avérée...
Voici l’analyse de Patrick Roger six sièges, alors qu’elle en a perdu
Version édulcorée de l’avant-projet, le (« Un parachute électoral doré huit dans le cadre du scrutin actuel à
projet de loi ne règle pas la question pour la droite ? » Le Monde deux tours. Le résultat aurait été
de l’articulation de la métropole avec 24/10/09). inversé dans un quart des cantons.
le « reste » du département ainsi
« Pourquoi ce mode de scrutin inédit Dernier exemple en date, l’élection
dépecé.
en France ? La réponse est simple : cantonale partielle de Solliès-Pont
Les départements où existera une c’est un choix politique qui tient aux (Var) début septembre : le candidat
métropole perdront une bonne part de difficultés que rencontre le parti pré- UMP arrivé en tête au premier tour
leur substance à son profit et d’autant sidentiel à élargir au second tour des avec 37,38 % des voix devant celui
plus que le transfert de compétences élections son socle de premier tour. du PS (34,82 %) aurait été élu alors
sera important.
Pour l’heure, face à une gauche en qu’au second tour c’est ce dernier
Ces transferts de compétences et de ordre dispersé, il arrive plus souvent qui l’emporte avec 53,46 % des suf-
moyens du département ou de la en tête du premier tour. frages et reprend ce canton à l’UMP.
région vers la métropole sont réalisés Ainsi, sur les 56 élections cantonales L’UMP et ses « satellites » de la majo-
par « convention », ce qui pourrait partielles qui ont eu lieu depuis sep- rité présidentielle peuvent ainsi espé-
laisser à penser qu’ils ne se réaliseront tembre 2008, l’UMP aurait, avec un rer remettre la main sur les régions et
que si les deux partenaires sont d’ac-
scrutin majoritaire à un tour, gagné les départements. »
cord. Rien n’est moins certain.

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Spécial réforme

Les conseillers territoriaux remplace- Actuellement, le nombre de conseil- des régions et des départements
ront donc les conseillers généraux et lers régionaux désignés dans chaque concernés, généralement les chefs-
régionaux. département est proportionnel à la lieux de région***.
Globalement deux fois moins nom- taille de ceux-ci.
breux, ils administreront départements S’agissant non plus de l’effectif des CT
et régions, par souci de cohérence et L’application de la stricte règle de pro- mais des cantons, l’effet est encore
d’économie selon le Gouvernement. portionnalité combinée à la réduction plus calamiteux : la Lozère est réduite
Nous verrons, plus loin, le détail du de moitié des élus départementaux et à 3 cantons (contre 25 actuellement),
mode de scrutin qui leur sera appli- régionaux entraîne des effets para- la Haute-Loire à 14 (contre 35 actuel-
qué. doxaux dans les régions constituées lement). En effet, 80 % seulement des
de départements de tailles très diffé- CT sont élus sur une base cantonale.
Le simple fait cependant qu’ils admi- rentes (PACA, Languedoc-Roussillon, On souhaite à tous bien du plaisir…
nistrent tous le même territoire régio- Midi-Pyrénées, etc…) : surtout l’hiver, et d’autant plus que
nal pose un problème « technique », - Réduction, jusqu’à l’absurde, des quelques élus risquent de siéger dans
indépendamment du jugement que conseillers généraux des départe- l’opposition. La majorité pourra tou-
l’on peut porter sur les arrière-pensées ments peu peuplés : 4 CT pour la jours se réunir dans le bureau du pré-
politiciennes du projet. Lozère (record absolu), 6 CT pour les sident de Région, s’ils sont du même
Administrant un même territoire, ils Hautes-Alpes, 10 CT pour la Meuse et bord politique !
ne peuvent être élus, comme les l’Ariège, 13 pour la Creuse, 17 pour la
conseillers généraux actuels, produit Haute-Loire etc. Devant la levée de bouclier des élus
de l’histoire, dans des circonscriptions - Augmentation du nombre de ruraux et de montagne, dès l’avant-
démographiquement trop inégales, conseillers généraux des départe- projet connu, le Gouvernement a fait
sous peine d’inconstitutionnalité*. ments les plus peuplés et globalement valoir plusieurs correctifs, évoluant au
L’un des buts officiels de la « réforme » augmentation de 59 % (selon l’étude gré du temps et des objections, sans
est d’ailleurs d’en finir avec des écarts d’impact du PJL) des effectifs des apporter de réponse précise****.
de population extrêmes entre cantons conseils régionaux. Restera donc à Le problème reste entier : les correc-
d’un même département.** agrandir les locaux, les hémicycles tions visant à doter les départements

* Enfin, en principe, le Conseil constitutionnel n’ayant pas pour habitude de contrarier le Gouvernement.
**Il y a consensus sur ce nécessaire redécoupage des cantons pour éliminer les distorsions démographiques importantes mais
l’opération pouvait parfaitement avoir lieu sans transformation des conseillers généraux en conseillers territoriaux, comme le laisse
entendre le Gouvernement.
***lire note 2, p. 18.
****lire note 3, p. 18.

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Spécial réforme

peu peuplés d’une représentation blème va se poser pour la quasi-totali- on ne sait s’ils disposeront de celui de
suffisante font exploser les effectifs té des départements ruraux. voter en lieu et place du CT qu’ils
des conseils régionaux que la simple S’agissant des départements les plus représentent. (Lire note 4, p.19)
application de la proportionnelle peuplés, souvent chefs-lieux de
augmente globalement de 59 %. région, on peut ergoter à l’infini sur le C - La tache noire :
Le projet de loi évacue ce problème fait de savoir si la création des l’articulation conseillers
embarrassant, se contentant de ren- conseillers territoriaux aura pour
voyer à une future ordonnance, sou- résultat une « cantonalisation » des
territoriaux-métropoles
mise à ratification très probablement régions, chaque département venant y
une fois que les projets de loi déposés faire son marché sans souci de la Grâce à leurs conseillers territoriaux,
seront votés, la fixation du nombre de conduite d’une politique à la les territoires métropolitains
CT par régions et départements. dimension régionale ou si, exerceront des pouvoirs sur
au contraire, les conseils les territoires départemen-
Il n’existera taux et régionaux que les
« Afin d’éviter une augmentation mas- départementaux ne seront
aucune coor- élus de ces territoires ne
sive du nombre d’élus, le projet de loi plus que des chambres d’en-
renvoie au tableau n°7 qui est annexé registrement des décisions dination insti- pourront exercer sur la
au code électoral le soin de fixer les régionales. tutionnelle métropole. Un conseiller
effectifs des conseils régionaux et entre la ou les territorial toulonnais, niçois,
généraux. Ce tableau sera déterminé S’agissant des petits départe- marseillais pourra décider
métropoles, du développement écono-
par ordonnance, la demande d’habili- ments, aucun doute, comme
les départe- mique de Draguignan, de
tation étant prévue à l’article 14 » on l’a vu, c’est la seconde
(Etude d’impact PJL Election des CT hypothèse qui se vérifiera. ments et la Saint-Martin de Tinée ou de
et renforcement de la démocratie Problème politique accessoi- région. Saint-Paul-les-Durance…
locale). re : si actuellement les alors que l’inverse ne sera
Présidents de Conseils régio- pas vrai.
D’où la question : que se passera-t-il naux sont très majoritairement des
si, un tableau n°7 assurant une repré- élus des départements chefs-lieux, il Par contre, paradoxe des paradoxes, il
sentation acceptable des départe- s’est établi une séparation de fait et de n’aura rien à dire du développement
ments peu peuplés mais en délicates- droit des domaines de compétences et économique de Toulon, de Nice ou de
se avec le mode de représentation des équipes, ce qui a limité les ten- Marseille, puisque ce sera l’affaire des
« essentiellement démographique », sions, rarement absentes, entre les conseillers métropolitains et non des
une fois adopté par le Parlement, était deux exécutifs. Quand les conseillers CT !
invalidé par le Conseil constitution- régionaux et généraux du départe-
nel ? ment chef-lieu seront les mêmes et S’agissant des compétences transfé-
Le gouvernement devrait proposer un siégeront dans la même assemblée, il rables (rien moins que le développe-
nouveau tableau n°7, forcément plus risque d’y avoir du sport ! ment économique, la voirie et les
défavorable aux départements ruraux. grands équipements urbains, l’action
Mais ce serait la faute au Conseil Le Ministre de l’intérieur aime répéter sociale…), il n’existera aucune coor-
constitutionnel… et surtout la loi que si les CT seront deux fois moins dination institutionnelle entre la ou
aurait été votée ! nombreux que les élus actuels, ils les métropoles, les départements et
seront deux fois plus influents. la région.
Quoi qu’il en soit, un mode de repré- Dans les cantons ruraux, si leur C’était pourtant l’objectif de la créa-
sentation « essentiellement démo- influence se mesure à la taille du ter- tion des conseillers territoriaux.
graphique » assorti d’une réduction ritoire qu’ils représenteront, elle fera
de moitié du nombre global d’élus certainement plus que doubler !
ne peut qu’entraîner une baisse du Le ministre en est si conscient que le Issus ou non du territoire métropoli-
nombre de ceux-ci beaucoup plus projet de loi transforme les « sup- tain, les conseillers territoriaux, en
forte dans les départements peu pléants » des élus territoriaux en tant que tels, n’auront aucun droit de
peuplés et généralement vastes. « remplaçants » habilités à les repré- regard sur l’exercice des compétences
Dans tous les cas de figures, la réduc- senter. L’innovation est d’importance départementales et régionales transfé-
tion sera de moitié au moins pour les puisque jusque-là les suppléants (de rées dont la liste montre qu’elles n’ont
Alpes-de-Haute-Provence, les Hautes- conseillers généraux, députés ou rien de décoratif.
Alpes, la Lozère, la Meuse, les Hautes- sénateurs) devaient se limiter à vivre Comme dit l’oncle de Boris Vian : « Y
Pyrénées, l’Aveyron, le Gers, le Lot, d’espoir. Les pouvoirs de ces « sup- a quelque chose qui cloche là
etc… Difficile d’être formel en absen- pléants-remplaçants » ne sont pas dedans... »
ce de la règle de calcul, mais le pro- encore bien définis et, en particulier

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Les modes de scrutin
1 - Conseillers communautai- départementales auxquelles peuvent se « Y a-t-il système plus démocra-
res et conseillers municipaux rattacher les candidats à un siège à tique ? »
pourvoir au scrutin uninominal dans le Ça se discute. Mais de plus clair pour
cadre des cantons. », au scrutin de liste, les électeurs, but en principe aussi
L’alignement du mode de scrutin des proportionnel au plus fort reste. de la réforme, incontestablement.
communes à partir de 500 habitants
sur celui des communes de plus de La répartition des sièges à la proportion-
3 500 actuellement en vigueur est l’une nelle ne concerne que les candidats qui
des rares dispositions consensuelles du se sont rattachés à une liste départe-
projet. mentale présente dans les cantons. Ne
Il répond à une demande ancienne de sont pris en compte que les suffrages des
l’AMRF. candidats rattachés non élus avec un
Les communes de moins de 500 habi- minimum de 5 % du total des suffrages
tants conservent toutefois leur mode de cantonaux.
scrutin, dont les tares ne sont plus à
dénoncer. Un candidat dans un canton peut se rat-
tacher à une liste départementale et à
Curieusement, cependant, les délégués une seule.
à l’intercommunalité de ces petites Le dépôt d’une liste au niveau départe-
communes ne seront plus désignés par mental suppose un rattachement de
le conseil municipal comme actuelle- celle-ci au niveau régional.
ment, mais procèderont de l’ordre du « Le nombre total de candidats à un Un exemple de calcul
tableau : le maire et les conseillers selon siège de conseiller territorial pourvu
les suffrages recueillis. dans le cadre d’un canton qui déclarent
le même rattachement ne peut être infé- Exemple d’une commune où
Si l’on conserve le mode de scrutin rieur à la moitié des cantons que comp- deux listes ont été en présence
ancien (avec panachage) cela n’a aucun te la région. »
sens, le conseiller municipal ayant obte-
et qui ont obtenu les résultats
nu le plus de voix n’étant pas forcément suivants : liste A 60 % des voix,
En un mot, seules les listes présentent
le plus apte à représenter la municipali- dans la moitié des cantons de la région
liste B 40 % des voix.
té (A 4 al 22). peuvent prétendre avoir des élus à la Il y a 15 sièges de conseillers
Dans les communes de plus de 499 ha- proportionnelle. municipaux à répartir et 2 délé-
bitants les conseillers municipaux sont
élus au scrutin de liste et les délégués
gués intercommunaux à dési-
intercommunaux selon l’ordre de la gner.
Le plus étonnant de l’affaire, c’est que
liste. C’est donc improprement que l’on les candidats dans les cantons ne pour-
Etant donné que la moitié des
parle de « fléchage ». ront pas figurer (donc être élus à ce titre) sièges revient à la liste arrivée
sur la liste départementale. Les voix en tête et que l’autre moitié est
qu’ils auront recueillies serviront à répartie à la proportionnelle à la
2 - Conseillers territoriaux l’élection d’autres candidats. Histoire, plus forte moyenne, cela
probablement d’assurer une meilleure
représentation des territoires ! Ce qui
donne :
Les conseillers territoriaux sont élus : signifie que les élus de la liste départe- Liste A : 12 conseillers et 2 délé-
mentale n’auront reçu aucun suffrage gués
« 1° A raison de 80 % d’entre eux, dans sur leur nom ! Ce système est tellement Liste B : 3 conseillers et 0 délé-
le cadre de cantons », redessinés pour démocratique que l’on peut être élu gué.
tenir compte, de la démographie, au sans que personne n’ait voté pour vous !
scrutin uninominal majoritaire à un tour.
Comme dit le Ministre de l’intérieur
« 2° A raison de 20 % d’entre eux, dans s’exprimant devant le congrès de
le cadre du département, sur des listes l’ADF :

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Spécial réforme

Bilan
La réforme devait apporter : lisibilité et généraux et régionaux permettra une L’organisation de la confusion
simplification de l’organisation territo- meilleure articulation entre départe- Les métropoles, et donc les Régions et
riale et des finances locales pour plus ments et régions, la création des métro- les Départements les plus peuplés,
d’efficacité et d’économies par la limita- poles, « quasi départements » et seront de compétences à géométrie
tion des financements croisés, la réduc- embryon de région, en charge du déve- variable : là le RSA, l’APA relèveront du
tion du nombre d’élus et de collectivi- loppement économique, neutralise ses département, ailleurs de la métropole.
tés, le grossissement des structures éventuels effets bénéfiques. Des communes de différents types appa-
(intercommunalités, métropoles…). raissent, selon qu’elles seront anciennes
S’agissant du mode d’élection des
conseillers territoriaux : difficile de faire ou nouvelles, parties ou non d’une
plus compliqué. métropole, d’une commune nouvelle…
1 - Lisibilité et simplification : du mais pas une commune de moins !
mille-feuille au pudding territorial Au final, les conseillers territoriaux Aucune catégorie de collectivité, d’EPCI,
métropolitains ou élus sur la liste dépar- d’établissement de coopération commu-
Il suffit de lire les projets de lois déposés, tementale seront-ils mieux connus que nale n’est supprimée mais de nouvelles
encombrés de détails règlementaires, ceux qu’ils remplaceront ? Quant aux sont créées : métropoles, pôles métropo-
saucissonnés en tranches sans lien conseillers ruraux, chargés de vastes ter- litains, communes nouvelles, etc. Si on
(finances, compétences, organisation) et ritoires, il y a fort à parier qu’ils seront ne peut créer de nouveaux pays, ceux
répondant à des problématiques oppo- moins proches de ceux qu’ils représen- qui existent seront conservés.
sées pour en douter. Ainsi, même en tent qu’actuellement. Quant aux rem-
admettant que la fusion des conseillers plaçants...

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Spécial réforme

Fini le mille-feuille aux couches bien privés de l’essentiel de leur substance. du nord Isère, voire de Grenoble. Pour
identifiables, vive le pudding où tout se Autre paradoxe, en quoi le transfert aux le président de la région parisienne,
mêle ! métropoles de la gestion des transports c’est l’Ile-de-France entière et non le
scolaires, des routes, de l’aide sociale, « Grand Paris » limité à Paris et à la peti-
2 - Pour quelle efficacité ? des collèges leur permettra-t-il d’affron- te couronne, qui a vocation à devenir
ter dans de meilleures conditions la métropole. Pour PACA, ce pourrait être
Des collectivités sous perfusion étati- « compétition entre les grandes agglo- l’ensemble constitué du chapelet urbain
ques seront-elles plus efficaces que des mérations européennes ou internationa- littoral, du Pays d’Aix, du périmètre
collectivités fiscalement autonomes et les » ? (Exposé des motifs) ITER, d’Avignon, etc.
responsables devant leurs électeurs de Les « pôles métropolitains » prévus par
l’emploi des impôts qu’elles lèvent ? L’essentiel n’est pas d’alourdir les com- le projet de loi iraient dans ce sens s’ils
Une poignée de CT gèrera-t-elle mieux munautés urbaines mais de doter les n’étaient pas conçus comme des « sous-
les départements ruraux que les grands ensembles urbains de la gouver- métropoles », les métropoles des poids
conseillers généraux actuels et à qui nance leur permettant de conduire les légers !
fera-t-on croire que renforcer le cumul politiques relevant de ce niveau straté-
des fonctions, cette plaie du système gique (transports, développement éco-
politique français, en fusionnant deux
3 - Pour quelles économies ?
nomique et emploi, enseignement
mandats est un progrès et un gage d’ef- supérieur et recherche, logement, etc.) L’un des tout premiers objectifs de la
ficacité ? (lire Note 4, p.19) et ainsi de lutter à armes égales avec « réforme », les économies de gestion
leurs concurrents européens, voire qu’elle serait censée permettre, est de
« Hommes et femmes invisibles de la mondiaux pour Paris. Ce qui n’a rien à moins en moins invoqué par le
démocratie », les élus départementaux voir avec la gestion au quotidien de la Gouvernement. Il faut dire qu’après
et régionaux urbains seront-ils plus solidarité ou de la voirie. Ce n’est pas inventaire, les économies clairement
repérables dans leurs nouveaux habits un problème de dignité des tâches mais identifiables et chiffrables (résultant de
de CT ? de niveau d’effica-cité. la diminution du nombre d’élus essen-
On peut en douter, particulièrement des En ce sens, la métropole n’est plus un tiellement) apparaissent dérisoires, voire
CT représentant les territoires métropoli- succédané de collectivité territoriale inexistantes dès lors qu’entrent en ligne
tains : ils n’auront aucun pouvoir s’agis- concentrant sur un territoire délimité les de compte les investissements induits et
sant des compétences départementales pouvoirs des communes, des départe- les frais de fonctionnement qui y sont
et régionales transférées à la métropole, ments, des régions mais une structure de liés. Restent les économies dont on peut
de la responsabilité des conseillers gouvernance, dotée de compétences rêver, sans jamais les avoir vues et enco-
métropolitains. stratégiques, d’un réseau de collectivités re moins chiffrées : économies d’échelle
Paradoxalement, même en admettant, de natures diverses, sur un vaste territoi- ou attendues de la suppression des
ce qui est loin d’être certain, que la re pouvant être discontinu. financements croisés.
seule existence des CT permettra une
meilleure articulation région-départe- Ainsi, la métropole lyonnaise aurait-elle Les économies chiffrables
ment, là où existeront des métropoles vocation à fédérer les énergies du Grand
puissantes, ce sera entre des territoires Les économies à attendre de la réduc-
Lyon, des agglomérations stéphanoises,
tion de moitié du nombre d’élus dépar-
tementaux et régionaux, donc des
Etude d’impact, flou artistique, indemnités correspondantes, sont déri-
soires. Pour la région PACA : cela repré-
tourisme et plans sur la comète sente 3,7 millions d’euros, soit 0,077 %
La précision de l’étude d’impact D’autant plus que les services ou par- des dépenses réelles de fonctionne-
annexée à la loi, vaut le détour : ties de services départementaux ou ments de la région et des départements
Economies à attendre de la réduction régionaux en charge de la compéten- (CA 2008). Rapportée à l’ensemble du
du nombre des syndicats : « Cette ce seront intégralement transférés pays, l’économie sur les indemnités
économie, impossible à chiffrer, n’est avec elle à la métropole. Or, comme atteindrait 43,7 millions d’euros.
certainement pas négligeable à l’a montré la Cour des comptes, la L’étude d’impact publiée avec le projet
l’échelle du coût de fonctionnement rétention de personnel est générale-
de loi avance 70 millions d’euros, mais
des syndicats concernés. » ment la règle avec pour conséquence
Métropole : pas d’évaluation mais on le recrutement de personnel nouveau elle ne tient compte ni de l’augmenta-
peut raisonnablement penser que s’il dans la structure d’accueil. tion des frais de déplacement des CT, ni
fallait en attendre des économies, Communes nouvelles : « Des effets des frais engendrés par les suppléants-
elles seront largement compensées potentiellement importants mais diffi- remplaçants.
par les charges inhérentes aux gran- ciles à mesurer. » Les économies réalisables grâce à la
des structures bureaucratiques et au Pour une étude d’impact, c’est une limitation des vice-présidents des inter-
désengagement des citoyens. étude d’impact ! communalités, est estimée elle à 36 M€.

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Spécial réforme

Par contre, même dans l’hypothèse Les économies rêvées les problèmes que les dépenses enga-
d’une stricte application de la règle gées visent à régler, il faut supprimer les Pou
S’agissant des économies à attendre de
de proportionnalité démographique collectivités locales. On économisera cha
la fin des financements croisés et de
(improbable compte tenu de la taille des alors 220 Md€ !
l’augmentation de taille des collectivités le c
Hautes-Alpes et des Alpes-de-Haute-
et EPCI, les études d’impact restent dans La

EDF SA au capital de 911 085 545 € - 552 081 317 RCS Paris – Photo : Geoffroy de Boismenu
Provence) il faudra agrandir les hémicy- Plutôt qu’une mise en musique des
le vague ou le « potentiel ». propositions consensuelles du Sénat, de
cles et salles de commissions du Conseil
Selon le Gouvernement et la DGCL « La les projets de réforme des institutions il e
régional et du conseil général des
rationalisation des dépenses entre territoriales présentés par le Gouver-
Bouches-du-Rhône. Probablement d’au- des
départements et régions porte potentiel- nement sont la version molle et
tres départements s’il est mieux tenu
lement sur 20 milliards d’euros par an ». l’an
compte de l’étendue des territoires. camouflée du Rapport Balladur.
Ces 20 Md€ représentent le volume des en
D’une manière générale, sur la France Résultat : aucun des objectifs officiels der
interventions croisées des départements
entière, le nombre de conseillers régio- de la réforme n’est atteint, parce que ces
et des régions. Il faut donc avoir un soli- La m
naux augmente de 59 %. Il faudra bien objectifs ne sont compatibles ni avec
de estomac pour laisser croire que c’est la pi
les loger ! notre histoire, ni avec notre territoire.
l’économie à attendre de leur suppres- Con
La nouvelle organisation territoriale,
sion. Que deux collectivités financent l’éta
Chiffres à comparer aux 175 millions loin d’être plus lisible et plus simple,
un programme de 100 M€, chacune à aqua
d’euros qu’auront coûtés aux contribua- sera plus complexe et plus confuse
50 %, n’entraîne pas nécessairement
bles français six mois de présidence que celle qu’elle remplacera.
une baisse de moitié de son coût si une
française de l’Union Européenne, un
seule le finançait à 100 %. Si supprimer
record selon la Cour des comptes.
les sources de financements supprime

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Communiqué
ÉNERGIE ET CHAUFFAGE

“ CHAUFFER L’EAU DE FAÇON PLUS DURABLE ”
Pour Gilles Lassimonne, Jadis chauffé par une chaufferie gaz, (pour sa déshumidification). « Les bonnes
changer l’énergie, c’est faire le centre, joliment baptisé L’Ovive, s’est doté performances de la pompe à chaleur ont
le choix des énergies renouvelables. d’un système géothermal qui assure tous généré en 2008 une consommation et
ses besoins thermiques. « Dans le cahier une facture inférieures aux prévisions, même
La communauté d’agglomération
EDF SA au capital de 911 085 545 € - 552 081 317 RCS Paris – Photo : Geoffroy de Boismenu

des charges, on ouvrait la porte aux énergies avec une température atteignant – 15° C
de Moulins-sur-Allier, dont renouvelables, souligne Gilles Lassimonne, l’hiver dernier, se félicite Gilles Lassimonne.
il est le directeur général adjoint en ne perdant pas de vue le fait que le site Nous sommes fiers d’avoir ce type d’équipement.»
des services, a ainsi transformé était près de la rivière Allier, donc propice Les rejets de CO2 sont, en effet, réduits de 80 %
l’ancienne piscine municipale à la mise en place d’une pompe à chaleur. » et la facture revient en 2008 à 1,2 euro TTC
par baigneur. Et L’Ovive est régulièrement
en un centre aqualudique
visitée par des collectivités d’autres régions.
dernier cri. CHIFFRES CLÉS Des satisfactions pour les élus comme
La métamorphose a été double pour pour les usagers… heureux comme des
la piscine municipale de Moulins-sur-Allier. Moins de 18 euros TTC poissons dans l’eau !
Construit en 1967, puis en 1974, C’est le coût moyen du MWh produit
l’établissement est devenu en 2008 un centre par la pompe à chaleur, mise
aqualudique de dimension communautaire. en place pour le centre aqualudique
de Moulins-sur-Allier. L’EXPERTISE D’EDF
128 000 euros COLLECTIVITÉS
C’est l’économie générée par Vincent Torri,
cette installation en 2008, soit un temps spécialiste en maîtrise d’énergie
de retour sur investissement de deux ans. « Ce type d’installation ne peut se faire
qu’à proximité d’une nappe phréatique,
70 tonnes d’une rivière ou d’un lac suffisamment
C’est le poids de CO2 dont la pompe alimentés pour que le prélèvement
à chaleur a permis d’éviter le rejet, de calories ne fasse pas baisser la température.
équivalent à celui de 3 300 voitures. Cela suppose aussi que la température
de la rivière ne descende pas en dessous
de 7 °C l’hiver. L’installation mise en place
La pédagogie par l’exemple au centre aqualudique de Moulins-sur-Allier,
Le partenariat avec EDF n’était pas nouveau baptisé L’Ovive, est exemplaire en ce sens
pour la collectivité. « EDF s’était déjà qu’on utilise simultanément le chaud
impliquée dans la mise en place d’un dispositif et le froid produits par la thermodynamique.
similaire sur le site du Centre national En France, peu de sites se prêtent à
du costume de scène, sur l’autre rive de l’Allier, des installations similaires.
poursuit Gilles Lassimonne. Leurs conseillers Outre la contrainte géographique,
ont suivi une démarche pédagogique cela suppose une forte motivation du maître
intéressante en présentant aux élus d’ouvrage. Il existe un procédé similaire
des projets exemplaires à Lyon, dans l’Ain, etc. » à Lacaune, dans le Tarn. Une vingtaine
Sensible aux simulations prévisionnelles de centres aqualudiques disposent de pompes
des charges de fonctionnement, peu élevées à chaleur, mais contrairement à celle
de L’Ovive, elles ne produisent que du chaud. »
pour ce type d’infrastructure, la collectivité
s’est très vite montrée unanime pour ce projet.

Une réussite technique… et économique Pour EDF, changer l’énergie ensemble,
Les bureaux d’études s’étant montrés quelque c’est vous apporter des solutions d’éco-efficacité
peu hésitants sur ces questions, le directeur énergétique et vous donner ainsi les moyens
adjoint reconnaît s’être beaucoup appuyé d’agir pour bâtir un monde d’énergies
accessibles et faibles en CO2.
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Spécial réforme

L’articulation des politiques des diffé- L’identité française, c’est aussi une territoire et de cette histoire. Nos
rents échelons sera encore moins bien certaine façon d’habiter la France, ter- « réformateurs » ont tort de l’oublier.
assurée qu’actuellement et l’efficacité ritoire uni par sa diversité, avec ses Pierre-Yves Collombat,
de l’action politique s’en ressentira, petites communes et ses grandes premier Vice-Président de l’AMRF
d’autant plus que l’étiage financier agglomérations. Notre organisation maire adjoint de Figanières,
sera bas. administrative est le produit de ce Sénateur du Var
Quant aux économies, elles relèvent
plus du rêve que de la réalité. L'examen du projet de loi relatif aux – Retour aux conditions de majorité
institutions sera débattu, à partir du qualifiée pour le transfert de nouvelles
L’intercommunalité, coopération vo- texte arrêté par la Commission des compétences aux EPCI à fiscalité pro-
lontaire des communes, devient l’outil lois, le 18 janvier 2010 au Sénat. pre et pour la détermination de l’inté-
de leur étiolement progressif et à A l'heure où nous publions, à l'exa- rêt communautaire.
terme, de leur disparition en tant men des amendements du rapporteur – Suppression du transfert automati-
qu’acteurs de la démocratie locale. JP Courtois, on constate qu'il s’inscrira que au président de l’EPCI des pou-
dans la logique du projet de loi initial voirs de police en matière de voirie.
Les conseillers territoriaux seront qu'il ne modifie qu'à la marge. On notera par contre diverses proposi-
encore plus lointains que les conseil- A noter quatre modifications des tions favorables aux communes cen-
lers régionaux et conseillers généraux dispositions du projet de loi relatives tres qui peuvent s’opposer à diverses
actuels. à l’intercommunalité, dans un sens évolutions ainsi que le renforcement
Cet éloignement représente une moins défavorable aux communes : de la représentation des intercommu-
régression démocratique, pour ne rien – Suppression de l’orientation fixée au nalités à la CDCI.
dire du mode de scrutin prévu pour schéma de coopération de prévoir la
désigner ces conseillers territoriaux. Il constitution d’intercommunalités prio- Par contre, la commission des lois du
ne garantit de majorité ni dans les ritairement de plus de 5000 habitants. Sénat a modifié dans un sens plus
départements ni à la Région, il multi- – Possibilité pour les communes mem- favorable aux communes les disposi-
plie les élus à la majorité relative et en bres d’un EPCI à fiscalité propre de tions relatives aux métropoles : elles
crée même qui n’auront recueilli fixer par consensus le nombre des continueront à disposer de ressour-
délégués et la répartition des sièges. ces propres (sur le modèle actuel),
aucune voix sur leur nom !
Mais à l’unanimité (ce qui laisse tout conserveraient la compétence urba-
S’il est plus facile de peindre la cible
pouvoir à la commune le plus impor- nisme et le transfert de compétences
autour de la flèche, il l’est moins de
tante de dicter sa loi) et non à la majo- serait soumis au critère de l’intérêt
faire entrer le territoire dans une réfor-
rité qualifiée. métropolitain.
me de bureaucrates.

Notes
Note 1 : Selon les chiffres de la DGCL, compétences, ce qui est peu, on drait 7 conseillers généraux, le
en 2009 le total des dépenses budgé- atteint 81,5 % des DRF. Vaucluse 4 et les Alpes-Maritimes 13.
tisées des départements (France) au Une métropole toulonnaise de Ce qui ne déséquilibre pas le systè-
titre des interventions en matière 450 000 habitants capterait au moins me mais n’avantagera pas la repré-
sociale, de voirie et des collèges 40 % des dépenses et des recettes du sentation rurale.
représentait 67,2 % de leurs dépenses département. Agrandie aux limites Par contre les effectifs départemen-
réelles de fonctionnement (DRF). du « territoire » « Provence méditer- taux des Bouches-du-Rhône passe-
En intégrant les dépenses relatives ranée métropole » préconisé par le raient de 57 à 71 et ceux du conseil
aux transports scolaires, au SDIS et conseil général (voir Var Matin régional PACA de 123 à 179.
au développement économique et, 7/11/09), soit 550 000 habitants, c’est
par convention 1/3 des dépenses non près de 50 %. Note 3 : A en juger par l’évolution
ventilées et des services généraux, on de son argumentation, le Gouverne-
atteint des pourcentages bien plus Note 2 : Diminuer de 50 % l’effectif ment navigue à vue :
conséquents. des conseillers généraux et régio-
Sur l’exemple du Var (CA 2008), l’en- naux et les répartir proportionnelle- 1re version : aucun département n’au-
semble des dépenses de fonctionne- ment à la démographie des départe- rait moins de 20 CT (version Alain
ment relatives aux compétences ments réduirait de 30 à 6 et 7 le nom- MARLEIX au congrès de l’ANEM) ou
transférables représente 73 % des bre d’élus en charge des Hautes- de 15 (version Michel MERCIER, le
DRF. En affectant un tiers des dépen- Alpes et des Alpes-de-Haute- lendemain, au congrès de l’AMRF) et
ses non ventilées et relatives aux ser- Provence. il y aurait une latitude de + ou – 30 %
vices généraux à l’exercice de ces Dans cette configuration, le Var per- par rapport à la moyenne régionale

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Spécial réforme

dans l’attribution des sièges, entre nombre total de sièges dans chaque 35, Alpes-Maritimes 35, Bouches-du-
départements et au sein même des assemblée régionale, il ne fallait pas Rhône 54. Avec une population
départements pour ne pas trop défa- appliquer une tranche démographique 14,5 fois plus nombreuse que celle
voriser les territoires ruraux. égale à la population du département le des Hautes-Alpes, les Bouches-du-
Quand on fait les calculs, cependant, moins peuplé et, ensuite, attribuer Rhône ne pèseraient que 3,6 fois plus
on s’aperçoit que, vu les écarts autant de sièges à chaque département à la région !
démographiques (de 1 à 14,5 en qu'il compte de tranches ainsi formées. Sauf à s’asseoir sur le principe de
PACA), cette latitude de + ou - 30 % Il conviendrait, à l'inverse, de partir du la représentation « essentiellement
ne change pas grand-chose pour les nombre total de sièges dans chaque démographique », il n’est pas possi-
petits départements, et d’autant conseil régional, tel qu'il résultera de ble d’assurer une représentation
moins que le nombre de cantons l'ordonnance élaborée par le Gouver- minimale aux « petits » départements
représente 80 % seulement de celui nement en application de l'article 38 de sans faire exploser les conseils régio-
des CT. la Constitution en vertu de l'habilitation naux et leurs hémicycle.
contenue dans le projet de loi portant On attend la prochaine version et
2e version : le nombre de sièges serait réforme des collectivités territoriales. La surtout le fameux tableau n°7.
attribué par strates, selon le modèle répartition des sièges devant être, selon
en vigueur pour l’élection des séna- la jurisprudence constitutionnelle, Note 4 : Compte rendu de l’audition
teurs. « essentiellement démographique », et du Ministre de l’intérieur par la com-
Là, on se heurte au problème inver- non pas exclusivement démographique, mission des lois du Sénat (28/10/2009)
se : des conseils régionaux, et parfois il a estimé qu'il serait possible de prévoir « M. Brice Hortefeux, ministre de l'inté-
généraux, pléthoriques. un minimum de quinze ou vingt sièges rieur, de l'outre-mer et des collectivités
Exemple pour la région PACA dont la par département, tout en évitant que les territoriales, a confirmé que le conseiller
représentation sénatoriale est la sui- effectifs des conseils régionaux ne crois- territorial serait titulaire d'un mandat
vante : Hautes-Alpes et Alpes-de- sent de manière démesurée. Il a donc unique. [...]Par ailleurs, le suppléant aura
Haute-Provence 1, Vaucluse 3, Var 4, jugé que la mise en place d'un plancher un rôle important afin d'alléger les obli-
Alpes-Maritimes 5, Bouches-du- de sièges par département n'était pas gations du conseiller territorial, notam-
Rhône 8. incompatible avec le plafonnement du ment sa participation aux nombreuses
Sur la base de 20 CT minimum (équi- nombre total de sièges dans chaque instances départementales et régionales ;
valent d’un sénateur), soit de 16 can- assemblée régionale. » (Compte rendu il sera défrayé de ses frais mais ne béné-
tons (une réduction quasiment de officiel de la séance du 28/10/09) ficiera pas lui-même d'une indemnité
moitié pour les Hautes-Alpes et les permanente…
Alpes-de-Haute-Provence) : Hautes- Dans les faits, on n’est guère plus « M. Brice Hortefeux a rappelé que le
Alpes et Alpes-de-Haute-Provence avancé comme le montre le cas de la mandat de conseiller territorial compte-
20 CT, Vaucluse 60 CT, Var 80 CT, région PACA. rait pour un mandat au regard des règles
Alpes-Maritimes 100 CT et Bouches- Sur la base de 180 CT, en attribuer du cumul et que le texte prévoyait que
du-Rhône 160 CT, soit un conseil 15 aux Alpes-de-Haute-Provence et les suppléants des conseillers territoriaux
régional de 440 personnes (contre Hautes-Alpes et le reste à la propor- soient dotés d'un nouveau statut leur
123 aujourd’hui) et des conseils géné- tionnelle aux autres départements permettant de remplacer l'élu dans cer-
raux qui, à l’exception des deux pre- donne : Vaucluse 18 CT, Var 33, Alpes- taines de ses fonctions de représenta-
miers, doublent ou triplent leurs Maritimes 35, Bouches-du-Rhône 64. tion. »
effectifs ! Ce qui signifie que le Vaucluse dont Le projet de loi relatif à l’élection des
Avec 15 CT minimum on obtient : la population est 4 fois celle des CT prévoit (A 1 al 135) que : « Le rem-
Hautes-Alpes et Alpes-de-Haute- Hautes-Alpes n’aurait que 3 CT de plaçant d’un conseiller territorial ou
Provence 15 CT, Vaucluse 45 CT, Var plus qu’elles, le Var avec une popula- les suivants sur la liste des CT élus sur
60 CT, Alpes-Maritimes 75 CT et tion près de 7,5 fois supérieure n’au- des listes, peuvent représenter ceux-
Bouches-du-Rhône 120 CT, soit un rait qu’une représentation double à ci dans les conditions prévues aux
conseil régional de 330 personnes, la région ? Pour le coup, la représen- art. L3121-23 et L 4132-22 du CGCT »
deux fois et demie plus nombreux tation ne serait pas « exclusivement
qu’aujourd’hui. démographique ». Mais que prévoit le CGCT en la
matière ?
3e version donnée devant la Commis- Si on attribue à chaque département
sion des lois du Sénat par Michel un minimum de 15 CT et que l’on « Qu’après l'élection de sa commission
Mercier : répartit les sièges restant à la propor- permanente… le conseil général peut
« Revenant sur les propos de M. Pierre- tionnelle, les résultats sont les sui- former ses commissions et procéder à la
Yves Collombat, M. Michel Mercier a en vants : Alpes-de-Haute-Provence et désignation de ses membres ou de ses
outre précisé que, pour connaître le Hautes-Alpes 15, Vaucluse 26 CT, Var délégués pour siéger au sein d'organis-

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Spécial réforme

mes extérieurs et déléguer l'exercice de cette durée, à leur remplacement par ce « nouveau statut » permettant aux
d'une partie de ses attributions à la com- une nouvelle désignation opérée dans « suppléants », devenus « rempla-
mission permanente… » (Art. L3121.22) les mêmes formes. » (Art. L3121-23) çants » de « remplacer l'élu dans cer-
Que « le conseil général procède à la taines de ses fonctions de représen-
désignation de ses membres ou de ses Les dispositions sont identiques pour tation. »
délégués pour siéger au sein d'organis- le conseil régional. A l’évidence, il s’agit d’une improvisa-
mes extérieurs dans les cas et conditions Actuellement et de fait, les délégués tion.
prévus par les dispositions régissant ces des conseils généraux et régionaux
organismes. La fixation par les disposi- sont des conseillers généraux ou
tions précitées de la durée des fonctions régionaux et non des personnes
assignées à ces membres ou délégués ne extérieures à l’institution.
fait pas obstacle à ce qu'il puisse être Contrairement donc à ce que dit le
procédé à tout moment, et pour le reste Ministre, le projet de loi est muet sur

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