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L’AFD en Tunisie

Contacts presse :
Guillaume de Saint-Phalle, desaintphalleg@afd.fr - Tél.: 01.53.44.36.64
Laure Weisgerber, weisgerberl@afd.fr – Tél. : 01 53 44 30 57
Célia Le Ravallec, leravallecc@groupe-afd.org – Tél. : (216) 71.861.799
Paris, le 29 avril 2008

A l’occasion de la visite d’Etat du Président de la République en Tunisie (28-30 avril), plusieurs


conventions d’un montant total de 141 millions d’euros ont été signées entre l’Agence
Française de Développement (AFD) et ses partenaires tunisiens.

• Un prêt direct accordé à la Société tunisienne d’électricité et de gaz (STEG) d’un montant de
20 millions d’euros pour le renforcement des capacités de distribution de gaz naturel. Il vise à
étendre le réseau de transport vers douze nouvelles zones et à permettre l’alimentation en gaz de
la région de Gafsa. Ce projet permettra d’éviter près de 41.000 tonnes d’émission de CO2 par an.

• Un prêt à l’Etat mis en œuvre par le Ministère de l’Agriculture pour le financement cadre de
gestion des bassins versants d’un montant de 40 millions d’euros (s’y ajoutent 1,5 millions
d’euros de subvention pour des appuis techniques décentralisés). Il vise à encourager les actions
de préservation et de gestion des ressources naturelles (eau, sol, parcours pastoraux et couverts
forestiers) selon une approche participative à l’échelle des bassins versants au niveau de dix
gouvernorats, représentant une superficie d’environ 2 millions d’hectares.

• Deux prêts à l’Etat mis en œuvre par la Caisse des prêts et de soutien des collectivités locales
(CPSCL) et l’Agence de réhabilitation et de rénovation urbaine (ARRU) concernant :

- le programme national de rénovation urbaine pour un montant de 50 millions d’euros (s’y


ajoutent 700.000 euros de subvention pour des composantes d’appui). Ce programme financera
l’équipement de 227 quartiers répartis sur tout le territoire et bénéficiera à environ 100.000 foyers,
ainsi que des interventions pilotes dans les quartiers anciens des médinas de Tunis, Sfax,
Kairouan et Sousse,

- la mise à niveau des circuits de distribution des produits agricoles et de la pêche pour un
montant de 28 millions d’euros (s’y ajoutent 500.000 euros de subvention pour des composantes
d’appui notamment au ministère du commerce et de l’artisanat). Le programme financera la mise
à niveau de 144 marchés de gros et de détails et d’abattoirs concernant 119 communes réparties
sur l’ensemble du territoire, y compris le grand abattoir de Sfax.

Ces quatre accords illustrent de manière opérationnelle la densité du partenariat entre l’AFD et
Tunisie. Un accord cadre de partenariat a par ailleurs été signé entre l’AFD et l’Agence
Tunisienne de Coopération Technique. Il vise à soutenir et favoriser la coopération tripartite entre la
France, la Tunisie et d’autres pays en développement dans le domaine du renforcement des
capacités, à travers notamment l’assistance technique et la formation.

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En tant que principal opérateur français de l’aide publique au développement, l’AFD intervient en
Tunisie depuis 1992. En mars 2008, le montant total cumulé de son aide s'élevait à 1,06 milliard
d’euros.

L’objectif principal de son intervention est d’accompagner les autorités tunisiennes dans leur effort
d’ouverture économique, en particulier dans le cadre de l’Accord d’association avec l’Union
européenne.

Les trois axes d’intervention de l’AFD sont :

• La mise à niveau du secteur productif (20% des financements accordés) pour préparer
l’économie tunisienne à l’ouverture de ses frontières à la concurrence internationale (effective au
er
1 janvier 2008 pour les produits industriels), l’effort de la mise à niveau se décline au profit des
entreprises industrielles, des hôtels, ainsi que de la formation professionnelle. L’AFD participe au
travers de ses interventions au renforcement de la solidité financière et des performances
économiques des entreprises ainsi qu’à l’amélioration de la qualité des ressources humaines.
Depuis 1997, ce sont près de 110 entreprises et 22 500 emplois qui auront été soutenus dans
le cadre de la mise à niveau de l’Industrie en Tunisie et 28 centres de formation qui auront été
créés ou rénovés au profit de 13.000 apprenants chaque année.

• L’amélioration des conditions de vie des populations par l’investissement dans la


modernisation et l’extension des infrastructures de base (70% des financements accordés). En
zone urbaine, l'essentiel des interventions de l'AFD porte sur la restructuration et la réhabilitation
des quartiers populaires. A ce jour, ces projets ont permis l’assainissement de 550 quartiers
populaires totalisant 550 000 habitants, la réalisation de voiries urbaines, de réseaux
d’assainissement pluvial et de foyers d’éclairage public ayant bénéficié à plus de 1,5 millions
d’habitants. En 2005, une première intervention a été faite en faveur du transport urbain afin
d’améliorer l’offre de transport collectif dans le Grand Tunis : 12 km de voie ferrée urbaine
desservant 160 000 habitants ont ainsi été réalisés et 20 km supplémentaires ont été
programmés. En zone rurale, les concours de l'Agence ont contribué à l’accès à l’eau potable
de plus de 90 % de la population rurale et de près de 97 % de la population tunisienne au
travers du raccordement de près de 750 000 personnes aux réseaux d’accès à l’eau potable. Ils
ont aussi permis d’améliorer les conditions de vie de plus de 650 000 personnes en zones
rurales au travers de l’amélioration des infrastructures de base (pistes rurales, accès à l’eau
potable, forages).

• La promotion du développement durable et la préservation de l’environnement sont


devenues prioritaires depuis 2005 (10% des financements accordés). Les projets de ce secteur
ont pour objectif de contribuer à la préservation des ressources naturelles, notamment à
l’exploitation durable et concertée des ressources en eau. 8 000 ha de périmètres irrigués et
d’épandage de crues ont ainsi été aménagés pour améliorer la mobilisation des ressources en
eau pour l’agriculture et des actions de conservation des eaux et des sols (cordons de pierres
sèches, corrections de ravins, baquettes mécaniques aménagement de cuvettes, reboisement
pare-feu, …) ont été réalisées sur plus de 60 000 ha. Un projet soutient également la mise en
place d’une cartographie et d’une règlementation nationale sur la qualité de l’air. Le Fonds
Français pour l’Environnement Mondial (FFEM) est aussi activement impliqué dans des projets de
protection de l’environnement, à travers la promotion de l’efficacité énergétique dans la
construction, l’élimination des stocks de pesticides obsolètes, le développement de l’agriculture de
conservation (semis direct sans labour) sur plus de 12 000 ha au cours de la dernière
campagne agricole, et la protection de la Mer Méditerranée et de son importante biodiversité,
notamment par l’appui à la création d’aires protégées marines et côtières.

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Pour en savoir plus sur les projets soutenus par l’AFD en Tunisie :
www.afd-tunisie.org

Institution financière spécialisée, l'Agence Française de Développement (AFD) est au cœur du dispositif français de l’aide
publique en faveur des pays pauvres et du soutien aux collectivités d’Outre-mer. A ce titre, l’Agence contribue à la réduction de
la pauvreté, au soutien à la croissance économique et à la préservation de l’environnement. L’Agence finance des projets
portés par les pouvoirs publics locaux, les entreprises publiques ou le secteur privé et associatif. L’Afrique subsaharienne est
une priorité pour l’Agence qui y consacre près de 50 % de ses financements et plus de 70 % de ses subventions. En 2007, les
engagements du Groupe (AFD et Proparco, sa filiale spécialisée dans le financement et la promotion du secteur privé) ont été
au total de 2,7 milliards dans les pays en développement. Ces financements ont concerné la scolarisation de 5,8 millions
d’enfants, la facilitation des soins de 2,2 millions de personnes malades, l’approvisionnement en eau potable de 4 millions. Les
projets d’efficacité énergétique sur la même année représentent une économie de 2,7 millions de tonnes de CO2 par an.
www.afd.fr

Contacts presse :
Guillaume de Saint-Phalle, desaintphalleg@afd.fr - Tél.: 01.53.44.36.64
Laure Weisgerber, weisgerberl@afd.fr – Tél. : 01 53 44 30 57
Célia Le Ravallec, leravallecc@groupe-afd.org – Tél : (216) : 71.861.799

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SOMMAIRE

Les axes d’intervention de l’AFD en Tunisie

1 – La mise à niveau du secteur productif p.6

2 - L’amélioration des conditions de vie des populations p.8

3 - La promotion du développement durable p.11

Projets à signer à l’occasion de la visite d’Etat

• Renforcement des capacités de distribution du gaz naturel p.14


• Financement cadre de gestion des bassins versants p.15
• Programme national de rénovation urbaine p.16
• Mise à niveau des circuits de distribution des produits agricoles et p.17
de la pêche

Exemples de projets

• Mise à niveau de la formation professionnelle p.18


• Le programme de mise à niveau des hôtels p.19
• Mise à niveau des PME p.20
• Transport collectif urbain p.21
• Projet de gestion de l’environnement industriel et urbain p.22
• Projet d’appui au développement de l’agriculture de conservation p.23
• Ligne de crédit environnement : maîtrise de l’énergie et p.24
dépollution des entreprises

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Axes d’intervention de l’AFD en Tunisie

1 – La mise à niveau du secteur productif


Améliorer la solidité financière des entreprises et renforcer la qualité des
ressources humaines

Contexte

L’économie tunisienne a enregistré au cours des dix dernières années (1996-2006) un taux moyen de
croissance de 4,4%, qui s’est accéléré au cours des dernières années pour s’établir à près de 6%. Ce
cycle de croissance économique a notamment été soutenu par un effort d’investissement public
important, une politique sociale de redistribution des revenus et une ouverture économique
progressive, notamment sur l’Europe.

La Tunisie a ainsi achevé le 1er janvier 2008 le démantèlement de la protection tarifaire de son
marché intérieur pour les biens industriels en provenance de l’Union Européenne, suivant un
processus initié en 1995, date de lancement de l’Accord d’Association avec l’Union Européenne. Pour
réussir son insertion dans l’économie mondiale, l’outil productif tunisien a du consentir dès le début
des années 1990 un effort particulier d’adaptation et d’amélioration de sa compétitivité au travers d’un
programme national ambitieux de mise à niveau du secteur productif : restructuration financière des
entreprises, plans de formation professionnelle, adoption de normes de production internationales,
certification de la qualité, promotion de l’investissement immatériel. Ce processus se prolonge
aujourd’hui et s’accompagne d’investissements de modernisation des infrastructures et des capacités
logistiques afin de réduire les coûts de transaction encore élevés (terminaux portuaires et
aéroportuaires).

Les prochaines étapes de l’ouverture économique de la Tunisie concerneront les secteurs des
ème
services et de l’agriculture. Le XI plan de développement (2007-2011) confirme ainsi les
orientations volontaristes engagées dans le plan précédent (2002-2006) et entend créer les conditions
nécessaires pour favoriser la transition de l’économie tunisienne vers un modèle de croissance fondée
sur la connaissance. Ces orientations supposent une concentration des efforts sur le développement
des ressources humaines (qualité de l’enseignement supérieur et de la formation professionnelle), des
capacités d’innovation technologique (technopôles et pôles de compétitivité) et l’émergence d’activités
à valeur ajoutée dans les secteurs prioritaires (textile, agro-alimentaire, électrique / électronique /
mécanique, informatique / télécommunication), tout en consolidant la mise à niveau industrielle.

Interventions de l’AFD

Depuis 1992, les interventions de l’AFD se sont attachées à accompagner le processus de mise à
niveau des entreprises industrielles et la mise en place d’un dispositif moderne de formation
professionnelle. Le montant des engagements cumulés de l’AFD au cours des dix dernières années
dans ce domaine s’élève à 180 millions d’euros et a été accordé principalement :

- sous forme de quatre lignes de crédit aux banques en appui à la Restructuration financière
des entreprises ayant adhéré au « Programme de mise à niveau » du Gouvernement tunisien :
94 millions d’euros,

- et sous forme de prêts à l’Etat en soutien au Programme de mise à niveau de la Formation


professionnelle et de l’emploi (MANFORME) qui se caractérise par une conception originale
(approche par les compétences et formation par alternance) et un double partenariat entre
l’administration et les branches professionnelles tunisiennes d’une part, et entre celles-ci et leur
homologues françaises d’autre part : 73 millions d’euros.

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Les lignes de crédit aux banques sont exclusivement dédiées au refinancement de crédits de
restructuration financière qu’elles accordent aux entreprises, thème sur lequel l’AFD est le seul
bailleur à focaliser son soutien. Au total, ce sont près de 110 entreprises et 22 500 emplois qui
auront ainsi été soutenus à travers les interventions de l’AFD. L’impact de ces interventions se
mesure non seulement au nombre d’entreprises financées et d’emplois préservés, mais aussi par les
perspectives des sociétés soutenues. On constate en effet qu’au moins 20% des entreprises
aujourd’hui prétendantes à une introduction au marché alternatif tunisien en cours de lancement ont
fait l’objet d’une restructuration financière préalable.

La mise à niveau de la formation professionnelle a permis la réalisation de 15 centres sectoriels de


formation professionnelle destinés à accueillir environ 8.000 apprenants. Une douzaine de
nouveaux centres seront concernés par le troisième prêt en cours, correspondant à environ 5.000
postes de formation. Ils concernent les secteurs du bâtiment, des télécommunications et des
technologies de l’information, de l’électricité, du tourisme, de l’agriculture et de la pêche.

Enfin, l’AFD intervient également sur le secteur productif par l’intermédiaire de sa filiale, PROPARCO
au travers de :

- quatre lignes de crédit à long terme accordés aux conditions du marché à plusieurs banques
et à une société de crédit-bail qui ont permis de toucher indirectement plus de 200 PME, très
petites entreprises ou professionnels : 66 millions d’euros,
- la participation à quatre fonds d’investissements locaux qui auront permis de soutenir une
centaine d’entreprises et de contribuer à la création d’une trentaine,
- la dynamisation de la Bourse des Valeurs de Tunis par la garantie apportée (30 millions
d’euros) à un véhicule d’épargne long terme (Fonds Commun de Placement ou OPCVM) dont le
capital est investi à hauteur de 35 % sur le marché des actions afin de la dynamiser et de susciter
l’intervention d’investisseurs institutionnels solides (CNSS, compagnies d’assurances). La
conception de ce produit novateur en Tunisie a été menée en association avec deux
intermédiaires en Bourse tunisiens.

Perspectives et orientations futures

S’inspirant du modèle réussi de la mise à niveau des entreprises industrielles, le gouvernement


tunisien a décidé en 2005 de mettre en œuvre un projet pilote de mise à niveau des hôtels que l’AFD
a accepté de soutenir avec :

- une ligne de crédit aux banques tunisiennes pour refinancer des dossiers de mise à niveau des
hôtels ayant adhéré au projet pilote : 50 millions d’euros pour une cinquantaine d’unités
hôtelières,
- une subvention mise à la disposition du Bureau de mise à niveau du Tourisme afin de
renforcer ses capacités et de l’accompagner dans la mise en œuvre du Programme de mise à
niveau et dans la réflexion stratégique sur l’évolution du secteur : 1 million d’euros.

Par ailleurs, le Groupe AFD s’efforcera de diversifier son offre aux PME sous la forme de garanties
données et d’accompagnement des chefs d’entreprises en liaison avec les banques et établissements
financiers de la place.

7
Axes d’intervention de l’AFD en Tunisie

2 - L’amélioration des conditions de vie des populations


Développer les infrastructures de base en milieux rural et urbain

Contexte

Le développement économique en Tunisie est fondé sur une planification quinquennale dont les
priorités font l’objet d’un consensus assez large. Avec le soutien de la croissance et l’ouverture
économique, l’amélioration des infrastructures sociales est le second pilier du modèle de
développement. Fruit de cette politique volontariste, la Tunisie est aujourd’hui à la première place des
pays du continent africain pour l’Indice de Développement Humain (IDH). Les Objectifs du Millénaire
pour le Développement sont atteints voir dépassés, notamment pour les taux d’accès à l’eau potable
1
et à l’assainissement qui atteignent respectivement 100% et 87 % en zones urbaines .
En milieu rural, l’un des objectifs du XIème Plan de développement économique et social (2007-2011)
est d’atteindre un taux de desserte des populations en eau potable de 97%, avec un minimum de 85%
par Gouvernorat.

Interventions de l’AFD

Au cours de ces 15 dernières années, l’AFD a engagé 700 millions d’euros sur les projets
d’infrastructures de base et d’accès aux services essentiels. Les concours ont été accordés
principalement :
 Sous forme de concours directs à l’Etat pour des programmes de développement régional intégré
ou sectoriel :
• trois prêts de développement rural et agricole intégrés (Sidi Bouzid, Siliana, le Kef) :
43 millions d’euros ;
• un prêt de développement urbain intégré axé sur la promotion des revenus pour les micro-
entreprises avec le Commissariat Général au Développement Régional: 12 millions d’euros ;
• un prêt sectoriel eau cofinancé avec la Banque Mondiale et la KFW allemande axé sur
l’amélioration de la gestion et de la mobilisation des ressources en eau : 25 millions d’euros.
 Sous forme de lignes de crédit à la CPSCL (Caisse de Prêts et de Soutien des Collectivités
Locales) :

• quatre lignes pour le Programme National de Réhabilitation des Quartiers Populaires:


132 millions d’euros ;
• quatre lignes de refinancement des investissements des communes : 101 millions
d’euros ;
• un ligne cofinancée avec la Banque Mondiale pour le Programme sectoriel municipal :
50 millions d’euros.
 Sous forme de concours directs ou indirects aux Sociétés ou organismes concessionnaires de
l’eau, de l’assainissement et du transport urbain :

• trois avec la Société Nationale d’Exploitation de l’Eau (SONEDE) dont deux dans le cadre
du renforcement des adductions d’eau en milieu rural et un dans le cadre de la sécurisation
de l’AEP dans les régions du Sahel et de Sfax : 77 millions d’euros ;
• trois avec l’Office National de l’Assainissement (ONAS) dans le cadre du financement du
Programme National d’Assainissement des Quartiers Populaires (PNAQP) : 80 millions
d’euros ;

1
Pour celles raccordées à l’ONAS.

8
• deux autres avec l’ONAS, la première dans le cadre de la protection du Lac Sud des eaux
de ruissellement et le second dans le cadre de l’extension et la réhabilitation les réseaux
d’assainissement : 95 millions d’euros ;
• une ligne de crédit à l’Etat rétrocédé à la Société des Transports de Tunis (TRANSTU) pour
le Métro léger : 40 millions d’euros.

Les programmes nationaux d’assainissement et de réhabilitation des quartiers populaires sont très
représentatifs de l’efficacité et du pragmatisme d’une politique urbaine qui a réussi une densification
forte des zones urbaines sans l’émergence de bidonvilles.
Les financements octroyés par l’AFD dans ce domaine ont permis de raccorder 550.000 personnes
au réseau d’assainissement dans les quartiers populaires ; 1,5 millions d’habitants de ces quartiers
ont par ailleurs bénéficié grâce à ces prêts de voiries rénovées, d’éclairage public et
d’assainissement pluvial.
2
Concernant les adductions d’eau, les concours accordés à la SONEDE et au Génie Rural auront
permis de raccorder 750.000 personnes aux réseaux tout en contribuant à l’amélioration de la
qualité de service pour plus de 3 millions d’abonnés.
En milieu rural, les interventions de l’AFD ont contribué à permettre un accès à l’eau potable pour
90% de la population rurale.

Perspectives et orientations futures

Un des défis majeurs pour la Tunisie en matière d’infrastructures est celui de l’accompagnement de la
forte dynamique urbaine (taux d’urbanisation de 65 % en 2006). Aussi, l’AFD portera une attention
particulière aux problématiques urbaines (financement des investissements, amélioration de la
gestion, limitation des nuisances,…) notamment au travers des programmes suivants :

- Poursuite de la réhabilitation des quartiers populaires en donnant une priorité à l’équipement


3
des infrastructures collectives et récréatives ;
- Projet pilote de rénovation des quartiers anciens et des médinas qui n’ont pu faire, à ce jour,
l’objet de programme de réhabilitation, compte tenu de la complexité des problématiques ;
- Développement du transport collectif urbain dans le prolongement du projet de renforcement du
Métro léger (Tramway de Tunis) qui permettra la réalisation de 12 km de voie ferrée urbaine
desservant 160.00 habitants. L’AFD envisage de financer, avec ses partenaires européens dans
la cadre d’une nouvelle Facilité d’Investissement et de Voisinage (FIV), une part importante du
projet de Réseau Ferré Rapide (RER du Grand Tunis) qui induira des investissements de l’ordre
de 500 M€ sur le XIème Plan (2007-2011) ;
- Projet de restructuration (ou Mise à niveau) de 144 marchés de gros de fruits et légumes,
marché de bestiaux, marché de détail de poissons (28 M€ accordés en mars 2008 sous forme
d’une ligne de crédit à la CPSCL). Ce projet participera en outre au renforcement des capacités
de gestion de ces infrastructures (mise en concession) ; par son action ciblée sur l’abattoir de
Sfax, il soutiendra en outre le développement d’infrastructures en gestion intercommunale ;
- Poursuite des actions en faveur du renforcement de la gestion intégrée des ressources en eau
L’AFD vient d’être sollicitée en vue du financement de ce projet à hauteur de 45 millions d’euros
aux côtés de la Banque Mondiale et de la Banque Africaine de Développement ;
- Projet de réhabilitation et d’extension de stations d’épuration aux côtés de la KFW et de
l’Union Européenne dans le cadre de la nouvelle Facilité d’Investissement pour le Voisinage. La
contribution de l’AFD envisagée dans ce cadre serait de 20 millions d’euros ;
- Poursuite de l’accès à l’eau potable rurale en donnant la priorité aux gouvernorats dont le taux
de raccordement est aujourd’hui inférieur à 85 %. Un montant de 20 millions d’euros est dans ce
cadre envisagé ;

2
Dans le cadre du Prêt sectoriel Eau
3
D’assainissement notamment.

9
- Poursuite de la Sécurisation de l'accès à l’eau potable dans la région du Sahel et Sfax avec
la construction d’une retenue d’eau brute de 26 millions de m3 et une station de production
d’eau potable de 2,6 m3/s pour un montant estimé de 60 millions d’euros. Les études
préparatoires à ce projet sont financées sur le Fonds d’Etudes et de Renforcement des Capacités
(FERC). Ce programme pourrait donner lieu à la mise en place de d’un prêt direct à la SONEDE
sans garantie de l’Etat ;
- Renforcement des capacités de production de la SONEDE pour un montant de 42 millions
d'euros en vue d’améliorer et sécuriser la qualité du service rendu aux usagers tout en optimisant
les coûts de gestion et d’exploitation.

L’AFD poursuivra ses actions sur l’accès à l’eau et l’assainissement en milieu rural en mettant un
accent particulier sur la gestion participative par les populations des équipements concernés (accès à
l’eau potable en milieu rural et financement cadre de gestion des bassins versants).

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Axes d’intervention de l’AFD en Tunisie

3 - La promotion du développement durable


Mieux gérer les ressources naturelles, maîtriser la consommation de
l’énergie et préserver l’environnement

Contexte

2
Petit pays (162 000 km ) fortement densifié, notamment sur ses zones côtières, la Tunisie est de
longue date sensibilisée aux enjeux d’une gestion durable de ses ressources naturelles, notamment
celle de l’eau.

Dotée d’implantations industrielles et urbaines parfois anciennes, la Tunisie est composée, comme
ses voisins du Maghreb, d'écosystèmes fragiles. Elle doit faire face à plusieurs défis : son implantation
industrielle et économique de pays émergent et la pauvreté de ses ressources naturelles, en
particulier hydriques. A cela s’ajoute l’impact parfois négatif des infrastructures touristiques sur
l’environnement.

La Tunisie a, dans ce contexte, créé très tôt des agences spécialisées dans la lutte contre les
pollutions (ONAS en 1974 et ANPE en 1988), la gestion du littoral (APAL en 1995), l’amélioration des
techniques environnementales (CITET en 1996), la maîtrise de l’énergie (ANER en 2000 puis ANME
en 2005) ou encore la gestion des déchets (ANGED en 2005).

 Au-delà des questions liées à l’eau et à l’assainissement, la Tunisie s’est fortement mobilisée sur
les enjeux globaux liés au réchauffement climatique et à la conservation de la biodiversité :
- Ratifications de la convention sur la diversité biologique, de la convention sur la lutte contre la
désertification et de la convention de Barcelone ;
- Ratification du Protocole de Kyoto et Déclaration de Tunis de novembre 2007 ;
- Adoption d’une Stratégie nationale de maîtrise de l’énergie : création d’une agence spécifique
à la maîtrise de l’énergie, réduction de l’intensité énergétique de 1% en moyenne par an sur
les quinze dernières années et de 2,8% par an sur la période 2004-2008. Pour la période
2008-2011, les objectifs du programme national de la maîtrise de l’énergie sont : réduction de
l’intensité énergétique de 3% par an et une économie d’énergie de 1,1 million de tep à
l’horizon 2011, engendrant des émissions évitées de l’ordre de 3 millions de tonnes CO².

Interventions de l’AFD

La promotion d’un développement durable, en particulier au travers des interventions sur la gestion de
la ressource en eau et sur l’assainissement, est un axe transversal des interventions de l’AFD en
Tunisie (Cf. Le développement des infrastructures de base) et a représenté des investissements très
significatifs (160 millions d’euros sur l’assainissement).

Par ailleurs, l'AFD finance, depuis 2006, un projet « Qualité de l’air » (subvention de 1 700 000 euros)
dont l’objectif principal est de contrôler et de réduire la pollution atmosphérique afin d’améliorer
les conditions de santé publique en Tunisie en contribuant à une meilleure prise en compte de
l’environnement dans les secteurs des transports et de l’industrie. Ce projet, sous maîtrise d’ouvrage
de l’ANPE (Agence Nationale de Protection de l’Environnement), prévoit (i) l’adoption de nouvelles
normes, (ii) le renforcement du contrôle et de la surveillance de la qualité de l’air, (iii) le
développement d’outils d’aide à la décision.

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Toujours sur le thème de la gestion durable des ressources naturelles, l’AFD a promu depuis 10 ans
en Tunisie, la technique du semis direct en agriculture (semis sans labour sous couvert végétal)
qui permet, avec des rendements au moins équivalents, d’économiser les sols (moindre érosion) et
l’eau (2 millions d’euros en subvention sur financement du FFEM). 12.000 ha de terres sont
aujourd’hui cultivés en Tunisie suivant cette technique de l’agroécologie.

Les autres programmes, qui concernent notamment la protection de la biodiversité, pour un


financement cumulé de 7.3 millions d’euros du Fonds Français pour l’Environnement Mondial
(FFEM), sont les suivants :

 Le projet de Parc National de l’archipel de la Galite vise à préserver la biodiversité marine et


côtière tunisienne et assurer la pérennité des ressources halieutiques nationales. Il permet
la réalisation d’un diagnostic des écosystèmes de l’archipel, un suivi de populations et des travaux
d’agro-écologie. L’exécution de ce projet a été confiée à l’Agence de Protection et
d’Aménagement du Littoral (APAL) : 1.475.000 euros.

 Un projet de mise en place d’une réglementation thermique des bâtiments en Tunisie avec
l’Agence Nationale pour la Maîtrise de l’Energie (ANME). Le FFEM a assuré le financement des
surcoûts de conception des opérations pilotes retenues (36 opérations de logement résidentiel
collectif et 10 de bâtiments tertiaires), et prend en charge le suivi des performances et d’une partie
des actions d’accompagnement (publications techniques, formation, communication et
séminaires, appui institutionnel, mises à jour des normes, actions de recherche) : 1.905.000
euros.

 Le Plan d’Action pour la Méditerranée (PAM) du Programme des Nations Unies pour
l’Environnement (PNUE) a préparé un Programme d’Action Stratégique pour la Méditerranée
(PASMED) qui vise à protéger la Méditerranée des sources de pollutions liées aux activités
situées à terre conformément au protocole dit « tellurique » de la Convention de Barcelone. La
contribution du FFEM est concentrée sur : (i) le renforcement des capacités en formation en
accordant la priorité à des actions nationales ; (ii) la réalisation des études de pré
investissement sur le « point chaud » retenu en Tunisie en l’occurrence le Golfe de Tunis :
450.000 euros.

 La Banque Mondiale, en partenariat avec la FAO, WWF et CROPLIFE International a formulé un


Programme Africain relatif aux Stocks de Pesticides obsolètes (PASP). Ce programme a
pour objet principal de contribuer à l’élimination des stocks de pesticides périmés du continent
africain. L’intervention du FFEM vise, dans le cadre de la prévention et de la sensibilisation, à
éviter la reconstitution de nouveaux stocks. L’exécution de ce projet a été confiée à l’Agence
Nationale de Gestion des Déchets (ANGeD) : 800.000 euros.

Par ailleurs, le FFEM finance (sans implication directe de l’Agence de Tunis) plusieurs opérations à
caractère régional qui concerne aussi la Tunisie. Il s’agit des projets de :

- Protection de l’Antilope du Sahara qui concerne 7 pays du pourtour du Sahara ;


- Protection du Système Aquifère du Sahara et du Sahel qui concerne également l’Algérie et la
Libye.

Perspectives et orientations futures

Dans les années à venir, l’AFD poursuivra les actions engagées afin d’accroître l’effet des politiques
environnementales :

- Une deuxième phase du projet « Qualité de l’air » sera examinée ;

12
- La ligne de crédit « environnement » de 40 millions d’euros a été accordée à trois banques
privées afin de promouvoir l’investissement des entreprises dans la dépollution (220 entreprises
ciblées), l’efficacité énergétique et l’utilisation de sources d’énergies renouvelables (290
entreprises ciblées) sur la cogénération et les énergies renouvelables. Cette ligne de crédit est
accompagnée d’un appui à l’ANPE et l’ANME et se fera en complémentarité avec les actions
actuelles et futures engagées par la Tunisie (Fonds de dépollution et Fonds national de maîtrise
de l’énergie) ;

- Un financement de 41.5 millions d’euros (dont 1.5 millions d’euros de subvention) a été accordé
en octobre 2007 en soutien à la gestion des ressources naturelles au travers de la mise en
place d'un "financement cadre" destiné à encourager les actions de préservation et de gestion
des eaux, des sols, des parcours pastoraux et du couvert forestier à l’échelle des bassins
versants au niveau de 10 Gouvernorats, représentant une superficie d’environ 2 millions
d’hectares (voir la Fiche de projet jointe).

13
Projet à signer

Renforcement des capacités de distribution du gaz naturel

Jusqu'au début des années 80, la distribution publique de gaz était limitée au grand Tunis. Ce n'est
qu'avec la mise en service en 1983 du gazoduc intercontinental Algérie-Italie que le développement
de la distribution publique s'est étendu à d'autres régions telles que le Cap Bon et le Sahel (Sousse).
Dans la conjoncture actuelle de renchérissement du prix du pétrole, l’importation massive de produits
pétroliers (fuel lourd et GPL) exerce un poids croissant sur l’économie du pays. Le développement du
gaz naturel s’étant essentiellement limité aux abords des gazoducs desservant les grosses unités
industrielles consommatrices, un programme national de développement du gaz naturel a été élaboré
afin d'améliorer la pénétration du gaz dans les zones déjà desservies et de développer des
infrastructures de transport pour la desserte de nouvelles zones.

L’objectif est de raccorder au réseau 290.000 clients supplémentaires ainsi que les principales zones
industrielles à l'horizon 2009. A cet effet, l’AFD envisage de conclure avec la Société Tunisienne
Electricité et de Gaz (STEG) un crédit de 20 millions d’euros pour l’extension de son réseau. L’AFD
intervient aux côtés de la Banque Européenne d’Investissement qui finance la distribution de gaz dans
les zones déjà desservies (raccordement de 200.000 clients additionnels du secteur résidentiel).
Ce crédit, en appui au programme national de développement du gaz naturel en Tunisie, financera
(i) l’extension du réseau de transport de gaz vers 12 nouvelles zones (150 km de canalisation) et
(ii) l’alimentation en gaz naturel des usines de phosphates du Groupe Chimique Tunisien et de la
région de Gafsa.
Il a un impact fort à la fois en terme de maîtrise de l’énergie puisqu’il permettra de substituer 187.000
tonnes équivalent pétrole par an de produits pétroliers par le gaz naturel, mais également en terme de
réduction d’émissions de gaz à effet de serre qui seront diminuées d’environ 40.000 tonnes de CO2
par an.

14
Projet à signer

Financement Cadre de Gestion des Bassins Versants

Plusieurs facteurs naturels et humains sont à la source du problème de dégradation des ressources
naturelles en Tunisie : relief accidenté, précipitations irrégulières et torrentielles, déforestation,
cultures en terres marginales fragiles, pratiques culturales inappropriées et pâturage non régulé. Ceci
entraîne une mise à nu des sols et une intense érosion, causant des inondations, menaçant les
infrastructures et provoquant l’envasement rapide des barrages, particulièrement ceux destinés à
retenir l’eau d’irrigation et d’adduction d’eau potable.

En réponse, plusieurs politiques, stratégies et actions du gouvernement visent à contenir ce problème.


Celles-ci s’accordent sur le fait que le principal objectif est une accélération du rythme de
croissance qui concilie l'amélioration des conditions de vie des populations cibles et la
protection des ressources naturelles dans une perspective de développement durable.

L’objet du projet est donc de promouvoir une gestion durable des ressources naturelles par un
processus de développement participatif intégré à l’échelle de bassins versants afin de permettre
une croissance soutenue de la production agricole, l’amélioration des conditions de vie des
populations, la sécurisation de l’approvisionnement en eau du pays et la protection des infrastructures
socio-économiques menacées par l’érosion, les inondations et les envasements.

Le financement cadre, pour un montant de 40 millions d’euros sous forme de prêt et 1,5 millions
d’euros sous forme de subvention, sera mis en œuvre et mobilisé par le Ministère de l’Agriculture
et des Ressources Hydrauliques ; les arrondissements des Commissariats Régionaux de
Développement Agricole en assureront l’exécution.

Les actions de conservation des eaux et des sols et des forêts qui seront mises en œuvre dans ce
cadre consistent en :
- Lutte contre le ravinement : seuils de pierres sèches, végétalisation de ravins ;
- Traitement des interfluves : cordons de pierres sèches, décroûtage et cordons, cuvettes fruitières
en terre, cuvettes fruitières empierrées, banquettes manuelles, banquettes mécaniques,
consolidation de banquettes mécaniques ;
- Traitement des zones dégradées : aménagement sylvo-pastoral, création de bandes forestières ;
- Gestion concertée de la forêt : entretien de tranchées pare-feux ;
- Mobilisation des eaux et protection : lacs collinaires, ouvrages d’épandage de crues, recharge de
nappe et protection, lutte contre l’ensablement.

Par ailleurs, ce projet comprendra des actions de développement agricole et pastoral :


- Plantations fruitières : olivier en pluvial, pommier en irrigué, etc.
- Développement pastoral : plantations arbustives, cultures fourragères en irrigué, plantations de
cactus, scarifiage et mise en défens, scarifiage et resemis, prairies permanentes.

Les actions de gestion devront se situer à l’échelle des bassins versants, en intégrant des Plans de
Développement Participatifs aux pratiques de fonctionnement du Ministère de l’Agriculture et des
Ressources Hydrauliques.

15
Projet à signer

Programme national de rénovation urbaine

D’après les données du recensement de 2004, le taux d’urbanisation de la Tunisie, actuellement de


plus de 65 %, dépassera 75 % en 2010. Parmi les investissements publics qui nécessitent
l’accompagnement de cette forte dynamique de croissance urbaine, l’Etat tunisien accorde une
importance particulière à l’amélioration des conditions de vie des populations urbaines les plus
défavorisées afin de limiter le sous-équipement urbain, de favoriser l’intégration des quartiers sous-
équipés au reste de l’agglomération et d’éviter une marginalisation des couches sociales les plus
fragiles.

Cette volonté politique s’est traduite depuis 15 ans par un déroulé efficace et pragmatique. Les
équipements publics (eau, électricité, voiries,…) sont en effet réalisés les uns après les autres autour
d’une trame urbaine qui s’adapte au développement de l’habitat spontané. Deux acteurs ont dans ce
processus un rôle important : l’Agence de rénovation et de réhabilitation urbaine - ARRU, qui
coordonne notamment l’activité des différents concessionnaires (eau, assainissement, électricité et
gaz), la Caisse des prêts et de soutien aux collectivités locales - CPSCL, qui gère les financements
apportés aux collectivités locales (70% de subvention de l’Etat pour les programmes nationaux
d’équipements des quartiers populaires).
ème
Cette politique de réhabilitation des quartiers populaires a été conduite depuis le 8 Plan (1992-
1996) au travers de 3 grands programmes qui viennent compléter l’effort d’investissement des
municipalités tunisiennes :

• le Programme national d’assainissement des quartiers populaires - PNAQP : mis en œuvre par
l’ONAS,
• le Programme national de réhabilitation des quartiers populaires - PNRQP : mis en œuvre par les
municipalités avec l’appui de l’ARRU,
• le Programme de développement urbain intégré - PDUI : qui a associé aux composantes
d’infrastructures, un volet de développement d’activités économiques au sein de ces quartiers,
mis en œuvre par les gouvernorats et les municipalités sous l’égide du Commissariat général au
développement régional - CGDR.

Ces programmes d’intervention se sont jusqu'alors essentiellement centrés sur les quartiers
d'urbanisation récente sans traiter les centres anciens qui constituent plus de 30% du parc
national de logements et qui deviennent de plus en plus problématiques en raison de leur
dégradation accélérée et de leur mise à l’écart des circuits économiques.

Pour tenter d’y remédier, un nouveau programme national de rénovation urbaine (PNRU),
partiellement financé par l’AFD pour un montant de 50,7 millions d’euros, a été mis en place fin 2007
en intégrant un projet pilote de mise en valeur des « quartiers anciens».

Outre l'amélioration des conditions de vie et de santé des populations et le développement social par
la réalisation d'équipements collectifs dans les quartiers sous équipés et sous intégrés (schéma
classique de rénovation des quartiers populaires), le PNRU contribuera aussi :

 A la mise en valeur des rues et places et l’amélioration des équipements collectifs dans quatre
« centres anciens » prioritaires (médinas des villes de Tunis, Sfax, Kairouan et Sousse),

 A la production de terrains viabilisés à travers l’opération pilote de l’aménagement de la zone d'El


Matar à Sousse, pour anticiper le développement de cette importante agglomération.

Depuis 1998, l’AFD a accompagné cet effort national avec la mise en place de 8 concours PNRQP,
PNAQP et PDUI pour un montant global de 224 millions d’euros. A terme, ces différents concours
auront permis de réhabiliter 870 quartiers contribuant à réaliser 1 300 km de voirie urbaine,
1 600 km de réseaux d’assainissement, 410 km de réseau d’assainissement pluvial, 28 000
foyers d’éclairage public au profit de plus de 1,5 millions d’habitants.

16
Projet à signer

Mise à niveau des circuits de distribution des produits agricoles et


de la pêche

Les circuits de distribution tunisiens des produits agricoles et de la pêche sont subdivisés en trois
filières: viandes rouges et viandes blanches, produits agricoles frais, produits de la pêche. Les 1129
marchés de production, de gros, de détails tunisiens sont du ressort des collectivités locales, deux
complexes d'envergure situés dans la région de Tunis étant sous tutelle du Ministère du Commerce et
de l'Artisanat.

Dans le contexte du démantèlement progressif des protections tarifaires en conformité avec l’accord
d’association avec l’Union européenne et pour pallier les insuffisances organisationnelles et
d’infrastructure de ces circuits de distribution, le gouvernement tunisien a lancé en 2007 un
programme de mise à niveau des circuits de distribution des produits agricoles et de la pêche.

L’AFD, déjà présente dans le financement du développement urbain et municipal en Tunisie et des
institutions qui interviennent dans ce domaine (CPSCL), s’est engagé en mars 2008 à financer la
composante « infrastructures municipales » de ce programme national de mise à niveau à hauteur de
28,5 millions d’euros avec comme principaux objectifs :

- la valorisation de la qualité des produits,


- la préservation des intérêts des consommateurs et des producteurs,
- la garantie du respect de conditions d’hygiène et d’environnement,
- la préservation des intérêts des collectivités locales et de l’Etat, et
- l’amélioration de la compétitivité du secteur.

Ce nouveau concours permettra la mise à niveau de 144 marchés concernant 119 communes et
répartis sur les 24 gouvernorats tunisiens (27 marchés de gros des fruits et légumes, 22 marchés de
bestiaux, 12 abattoirs, 67 marchés municipaux, et 16 marchés de détail de poissons).

Il participera en outre au renforcement des capacités de gestion de ces infrastructures, tant au niveau
des structures centrales qu’à celui des collectivités. Par son action ciblée sur l’abattoir de Sfax, promu
par 7 communes de la région, il soutiendra en outre le développement d’infrastructures à caractère
intercommunales.

17
Exemples de projets

Mise à niveau de la formation professionnelle

La Tunisie s’est engagée depuis 1995 dans un processus d’ouverture et d’intégration économique à
travers les accords de Barcelone et la mise en place de l’accord d’association avec l’Union
er
Européenne. Depuis le 1 janvier 2008, la Tunisie est ainsi le premier pays du Maghreb ayant
levé ses barrières douanières sur les produits industriels.

Dépourvue de ressources naturelles abondantes, le Pays a depuis des décennies investi dans le
développement du capital humain. Pour répondre aux enjeux du processus d’intégration avec la rive
sud de la méditerranée, renforcer la compétitivité économique et réduire le chômage l’Etat s’est
engagé dans un vaste programme national de Mise à Niveau de la Formation Professionnelle et
de l’Emploi (programme MANFORME) dès 1993.

L’Agence Française de Développement s’est engagée dans le soutien à cette politique publique dès
1997, à travers trois prêts concessionnels successifs qui représentent un montant total de 73
millions d’euros, dont le dernier est actuellement en cours d’utilisation. Ce programme a pour objectif
d’aider la Tunisie, à travers le Ministère de l’Education et de la Formation, à poursuivre la rénovation
de son système de formation professionnelle afin de rendre le système efficace et adapté aux
besoins des entreprises et de l’économie en général. Il s’articule autour de trois principes clés :
l’optimisation des dispositifs articulés systématique sur des partenariats publics privés qui
interviennent dans la conception des programmes et des centres de formation ainsi que dans leur
gestion ; la promotion d’une approche de construction des programmes fondée sur les
compétences, et la généralisation de la formation en alternance. Afin de renforcer encore le rôle
des branches professionnelles tunisiennes dans le dispositif de formation professionnelle, l’AFD a par
ailleurs mis en place un fonds de partenariat sous la forme d’une subvention de 1 million d’euros
au profit de la Tunisie, destiné à soutenir les partenariats entre professions tunisiennes et
françaises.

Outre un appui au management des centres de formation et à l’ingénierie de formation, l’AFD finance
la création ou la restructuration de centres de formation professionnelle. Dans le cadre du troisième
projet, ce sont une douzaine de centres de formation qui sont concernés, dans les secteurs du
bâtiment, des télécommunications et des technologies de l’information, le tourisme, l’agriculture et la
pêche. Depuis 1997, l’AFD aura ainsi contribué à la restructuration de plus de 25 centres de
formation représentant plus de 10 000 postes d’apprenants.

A travers ces interventions, l’AFD participe au renforcement de la compétitivité économique de la


Tunisie, qui constitue un des principaux axes de sa stratégie dans le pays et au Maghreb.

18
Exemple de projets

Le programme de mise à niveau des hôtels

Le modèle de développement du secteur touristique a été celui du tourisme balnéaire de masse,


organisé autour de zones touristiques. Il a commencé à connaître des signes d’essoufflement
avant même le début des années 2000, avec des unités vieillissantes, une inadaptation progressive
de l’offre à la demande et une situation financière délicate du secteur. La conjoncture défavorable qui
a suivi les attentats de 2001 (New-York) et 2002 (Djerba) s'est traduite par une forte réduction de la
fréquentation touristique de la Tunisie (baisse du taux d'occupation des hôtels de 55% en 2001 à 44%
en 2002), et par une sensible diminution des recettes hôtelières (chute de près de 14% des recettes
en 2002).

Malgré un rebond de l’activité touristique, le secteur touristique reste aujourd’hui fragile et les freins et
faiblesses sont nombreux : baisse de la durée moyenne des séjours et du taux d’occupation
(43,5% en 2006), stagnation des recettes unitaires par touriste, baisse des parts de marché
dans la région, à l’avantage de la Turquie en particulier, déficit d’image, faiblesse financière du
secteur

Ces difficultés ont conduit les autorités tunisiennes à engager une réflexion, en collaboration avec la
Banque Mondiale, sur une stratégie de redéploiement destinée à restaurer les fondements de sa
croissance. Ses conclusions visent à soustraire le secteur de la quasi exclusivité du balnéaire, à
améliorer la qualité des prestations touristiques et à diversifier les produits afin de restaurer la
rentabilité des établissements hôteliers.

La Tunisie a ainsi lancé un programme pilote de mise à niveau des hôtels, dont l’objectif est de
soutenir la mise à niveau des hôtels qui le souhaitent dans leurs aspects matériels (investissements
de rénovation, de modernisation et de mise aux normes, hors toute extension des capacités
d’hébergement) et « immatériels » (formation du personnel, mise en place des techniques modernes
de gestion des hôtels : gestion comptable et financière, gestion de la clientèle et des réservations,
utilisation d’Internet,…).

L’Agence Française de Développement apporte son soutien à ce programme à travers deux


instruments financiers mis en application en mai 2006 :

• Une ligne de crédit bonifiée de 50 millions d’euros octroyée à l’Etat, accessible aux banques
tunisiennes pour re-financer des dossiers de mise à niveau présentés par les hôtels. Elle permet
de financer les projets de mise à niveau du point de vue matériel et immatériel.
• Une subvention de 1 million d’euros mise à la disposition du Bureau de Mise à Niveau du
Tourisme afin de renforcer ses capacités et de l’accompagner dans la mise en œuvre du
programme de mise à niveau et dans la réflexion stratégique du ministère sur l’évolution du
secteur (assistance technique, financement d’études stratégiques, soutien à la
communication…). Les thèmes de réflexion stratégique peuvent concerner, notamment, le
tourisme culturel, l’éco-tourisme, le tourisme saharien, le tourisme golfique, …

Le projet permettra le refinancement du programme de mise à niveau d’environ 50 unités hôtelières,


permettant à terme de restaurer et d’augmenter leur rentabilité. Elle participe ainsi au soutien à un
secteur de l’économie tunisienne qui représente 6,5 % du PIB et fournit 340 000 emplois dont 85 000
emplois directs.

19
Exemples de projets

Mise à niveau des PME

La Tunisie a été le premier pays du Sud de la Méditerranée à s’engager dans une politique
résolue d’ouverture économique notamment dans le cadre d’un accord d’association avec l’Union
Européenne qui a aboutit le 1er janvier 2008 à l’instauration effective de la zone de libre échange.
Dès 1995, cette politique d’ouverture s’est traduite par un effort national d’adaptation de l’appareil
productif à la concurrence internationale au travers du Programme de Mise à Niveau des
Entreprises destiné à renforcer leur compétitivité et à réduire un chômage qui reste de l’ordre de
14%. L’enjeu, pour la Tunisie, est, en soutenant son tissu d’entreprises, en particulier des PME, de
participer à un objectif de croissance économique de plus de 6% sur une longue durée, dans un
contexte de mise en concurrence avec les industries européennes et des pays émergents.
L’Agence Française de Développement a fait dès 1997 le constat, avec le Ministère de l’Industrie
Tunisien, que le renforcement de la compétitivité des petites et moyennes entreprises des secteurs
industriels, passe par la mise à disposition de ressources financières de long terme venant
renforcer la solidité de leur bilan. L’intervention de l’AFD s’est ainsi concentrée sur la restructuration
financière des entreprises à travers 4 lignes de crédit successives aux banques tunisiennes, qui
représentent un total de 94 millions d’euros. La quatrième ligne de crédit de 30 millions d’euros,
opérationnelle depuis 2005 et actuellement en cours de mobilisation, est spécialement
destinée aux PME.
Au total, ce sont près de 110 entreprises et 22 500 emplois qui auront ainsi été soutenus à travers
les interventions de l’AFD, parmi lesquelles près de 70 PME dans tous les secteurs industriels. Un
nombre significatif de ces entreprises s’apprête aujourd’hui à intégrer le marché alternatif récemment
créé. En soutenant ces entreprises, l’AFD remplit son mandat de soutien au renforcement de la
compétitivité de l’économie tunisienne. Elle démontre aussi un engagement sur des politiques
publiques de long terme et peut ainsi entraîner avec elles d’autres bailleurs de fonds, à l’exemple de
la JBIC (la banque de développement japonaise), qui a récemment passé un accord du même type à
la suite de concertations avec l’AFD.

20
Exemples de projets

Transport collectif urbain

Dans les années 1960, le réseau de tramway de Tunis, développé au début du siècle, a été
démantelé, comme dans d’autres villes, pour faire la place à l'automobile. A partir de 1985, un
nouveau réseau de transport urbain ferré est cependant réintroduit : le "métro léger", 5 lignes,
35 km, système hybride de transport collectif en site propre, qui s'apparente au tramway par son
mode d'insertion dans la voirie générale et au métro par la longueur des rames et des inter-stations.

Etendre et moderniser le réseau de métro léger, pour répondre aux attentes d’une population
croissante (qui approche 2,5 millions d’habitants) et pour stabiliser l’équilibre entre transports
collectifs et individuels, tels sont les objectifs du programme de développement des transports
collectifs mis en œuvre depuis 2004. Le choix, sur cofinancement du ministère français des finances
- réserve pays émergents -, de rames plus confortables et accessibles aux personnes âgées ou à
mobilité réduite, les rames CITADIS d’ALSTOM, a été un élément majeur de ce programme.
Le cofinancement, par le Banque européenne d’investissement (BEI) et par l’Agence française de
développement (AFD), des extensions sud et ouest du réseau de métro léger recréé en 1985,
s’avère aussi été déterminant pour le développement durable de Tunis :
- La nouvelle bretelle de la ligne sud, longue de 7 km, sera mise en service en novembre 2008. Elle
desservira environ 120.000 habitants, issus des classes populaires et moyennes. Plusieurs
établissements scolaires et résidences universitaires seront également desservis.
- L’extension de la ligne ouest, qui sera ouverte fin 2009, desservira de nouveaux quartiers
d'habitation (80.000 habitants), l’Université et le campus universitaire de Tunis (40.000 étudiants à
terme), le musée national et un grand stade.
- L’aménagement de la boucle centrale du métro léger, pour accroître la capacité générale du
réseau et améliorer son intégration urbaine est également programmé, ainsi que la mise à niveau
de la ligne historique TGM (Tunis – La Goulette – La Marsa), qui dessert le littoral à 18 km du
centre de Tunis.
Un accord cadre de partenariat existant entre la Société des transports de Tunis (Transtu) et la
RATP pourrait faire l’objet d’un renouvellement pour permettre à Transtu de bénéficier de
l’expérience acquise dans la gestion parisienne des différents modes de transport interconnectés
(bus et métro/RER).

Développer et électrifier le réseau de trains rapides de banlieue (Réseau ferré rapide –RFR-), est
une autre priorité de la stratégie de développement durable de l’agglomération-capitale. Les autorités
tunisiennes misent aussi sur le développement d’un réseau moderne de transport ferré suburbain, à
l’image du RER francilien. Avec l’appui de la Banque Mondiale et de l’AFD, et l’expertise de Réseau
Ferré de France -RFF-, la création progressive d’un réseau de trains rapides suburbain (5 lignes, 85 km à
terme) est programmée.
La mise en place, au niveau européen, d’une nouvelle facilité d’investissement, associant la
Communauté européenne, la BEI, la KfW allemande et la France (ministère des finances et agence
française de développement), est en mesure d’accélérer cet important programme de transport urbain
durable (340 millions d’euros sur la période 2008/2011).
Cette nouvelle facilité européenne d’investissement, constituera, de façon pragmatique, un exemple
concret de partenariat entre l’Europe et la Tunisie pour le développement durable des villes et
des pays du pourtour de la Méditerranée.

21
Exemples de projets

Projet de gestion de l’environnement industriel et urbain en Tunisie


Qualité de l’air

Dans le cadre des grandes mutations économiques et sociales que connaît la Tunisie et avec la prise
de conscience générale de l’importance qu’il faut accorder à la protection de l’environnement, la
pollution de l’air est devenue l’une des premières préoccupations du gouvernement tunisien.

La finalité de ce projet est de contrôler et réduire la pollution atmosphérique des grandes


agglomérations du pays afin d’améliorer les conditions de santé publique en Tunisie, en prenant
mieux en compte l’environnement dans les secteurs des transports et de l’industrie. Son objectif
spécifique vise à mettre à la disposition des administrations tunisiennes un cadre réglementaire, un
programme stratégique, des outils de gestion et des équipements permettant de contrôler et réduire la
pollution atmosphérique dans le but d’améliorer la qualité de l’air et la santé des habitants.

La maîtrise d’ouvrage du projet est assurée par l’Agence Nationale de Protection de l’Environnement
(ANPE). Un comité de pilotage est organisé annuellement sous la présidence du Ministère de
l’Environnement et du Développement Durable (MEDD) et réunit le Centre International des
Technologies de l’Environnement (CITET), le Ministère des Transports, l’Institut National de
Météorologie (INM), le Ministère de l’Industrie, l’Agence Nationale pour la Maîtrise de l’Energie
(ANME) et le Ministère de la Santé. La gestion des fonds de la subvention de 1,7 millions euros
accordée par l’AFD est déléguée à l’ANPE.

L’opération, d’une durée prévisionnelle de trois ans, a débuté en 2006 et s’articule autour des quatre
composantes suivantes :

 l’harmonisation et la modernisation des cadres institutionnels et réglementaires locaux de


gestion de l’environnement urbain et industriel ;

 le renforcement des dispositifs tunisiens de contrôle et de surveillance de la qualité de


l'air (prévoyant en particulier la fourniture et la mise en service de trois stations supplémentaires
pour le réseau national de surveillance de la qualité de l’air) ;

 la mise en place d’outils d’aide à la décision dans le domaine de la réduction des émissions
atmosphériques ;

 des appuis à la gestion du projet.

Ce projet contribue à l’Objectif du Millénaire pour le Développement numéro 7 : assurer un


développement durable. Plus précisément, son impact vise à satisfaire la première cible de cet
objectif : « Intégrer les principes du développement durable dans les politiques nationales ; inverser la
tendance actuelle à la déperdition des ressources environnementales ».

En deux ans d’activités, ce projet a déjà permis de renforcer le Réseau National de Surveillance de la
Qualité de l’Air (RNSQA) par l’acquisition de cinq nouvelles stations de mesure (dont trois
financées par l’AFD). Un inventaire des émissions atmosphériques a été réalisé, appuyant une
étude pour la modélisation de la pollution atmosphérique en cours. Une nouvelle loi sur l’air a été
adoptée en juin 2007, les études sur les décrets d’application pour les normes d’émission sont en
cours de discussion.

22
Exemples de projets

Projet d’appui au développement de l’agriculture de conservation


Favoriser la diffusion du semis direct

L’agriculture tunisienne est confrontée aux défis majeurs que constituent la rareté de l’eau au niveau
de la nappe phréatique ainsi que l’irrégularité et l’aspect torrentiel des précipitations automnales qui
engendrent l’érosion et la dégradation des terres encore nues. Les systèmes de culture pratiqués, où
dominent les céréales (surtout le blé dur), avec pâturage quasi généralisé des chaumes par des
troupeaux ovins itinérants, ont vu se réduire la jachère et s’accentuer la dominance des céréales à
paille courte, sans que la baisse de la fertilité soit compensée par les fumures. Par ailleurs, l’extension
de la motorisation et de la mécanisation des travaux agricoles ne favorise pas la protection et la
conservation des sols.

L’agriculture de conservation, définie par les principes généraux que sont la couverture
permanente des sols, le semis direct, la perturbation minimale du sol et les rotations de cultures
pluriannuelles, est le chemin principal vers une agriculture durable. Elle peut contribuer à la
sécurité alimentaire en inversant les processus de dégradation des sols, en augmentant leur fertilité
par l’enrichissement en matière organique, en améliorant la qualité des aliments, en conservant ou
augmentant la qualité des ressources naturelles et de la biodiversité, tout en améliorant le revenu net
et la compétitivité des agriculteurs, ainsi qu’en séquestrant le carbone de l’atmosphère.

Le projet s’inscrit dans l’appui au développement de l’ « Agriculture de Conservation », qui a fait l’objet
d’une introduction en Tunisie depuis 1999, à une échelle encore modeste. Un premier projet
spécifique financé par le Fonds Français pour l’Environnement Mondial - FFEM (2002-2006) avait
ensuite été mis en place.

Une deuxième phase (2007-2011) vise à poursuivre les recherches et les essais en cours pour
consolider les premiers résultats, appuyer la diffusion et explorer complètement les options nouvelles
de développement permises par l’agriculture de conservation. Elle représente déjà une alternative
viable et doublement gagnante, permettant à la fois d’augmenter le revenu agricole et,
potentiellement, d’épargner des fonds publics, tout en améliorant la conservation des eaux et
des sols, et en atténuant les variations de production.

Les objectifs spécifiques de ce projet sont :

 D’accompagner le développement de l’agriculture de conservation, avec un programme de


rayonnement vers les exploitations moyennes et petites ;

 De renforcer le développement de l’agriculture de conservation vers les gros exploitants à travers


la circulation de l’information, le conseil technique et les échanges d’expérience élaborés par
leur(s) association(s) professionnelle(s) ;

 D’accumuler les observations scientifiques et techniques de nature à analyser et expliquer les


transformations à long terme.

23
Exemples de projets

Ligne de crédit environnement : maîtrise de l’énergie et dépollution


des entreprises

Depuis près de vingt ans, la Tunisie a fortement augmenté ses capacités de production d'énergie
électrique pour répondre à une demande croissante, mais les énergies renouvelables sont
marginales. La hausse des cours du pétrole engendre une dégradation rapide du solde de la balance
des paiements du pays et, du fait de sa politique énergétique interne, aggrave le déficit budgétaire.
L’urgence d’investir dans les économies d’énergie est ainsi de plus en plus soulignée par les
décideurs politiques et les agences publiques du pays.

Par ailleurs, les coûts de la dégradation de l'environnement en Tunisie entre 1,5 à 2,7% du PIB. En
effet, l'industrie tunisienne, qui joue un rôle important aux plans social et économique en procurant
plus de 400.000 postes d'emploi dans près de 9.500 entreprises industrielles dont 90% sont situées
sur le littoral, est l'un des plus grands consommateurs d’eau, d'énergie et de matières premières. Elle
est, de ce fait, l'un des plus grands polluants de l'eau et de l'air et l'un des plus grands producteurs de
déchets solides.

Pour répondre à ces enjeux, l’Agence Française de Développement a mis en place en 2007 une ligne
de crédit à des conditions bonifiées de 40 millions d’euros, avec trois banques privées pour financer
des projets d’investissement à impact positif sur l'environnement réalisés par les entreprises, dans
deux domaines :

 la maîtrise de l’énergie : il s’agit de projets d’énergies renouvelables (éolien, solaire) ou de


projets d’efficacité énergétique (cogénération) ;

 la dépollution industrielle : concerne les installations de traitement de l’eau, de l’air, installations


de contrôle de la pollution et les projets de valorisation des déchets.

Cette ligne vient en appui des politiques publiques développées par le gouvernement tunisien dans
ces domaines de la maîtrise de l’énergie et de la dépollution et qui sont portées par l’Agence
Nationale de Maîtrise de l’Energie (ANME) et l’Agence Nationale de Protection de l’Environnement
(ANPE). Elle complètera ainsi le dispositif existant d’incitation à l’investissement (FODEP et Fonds
pour la maîtrise de l’énergie). Ces deux agences bénéficieront d’une subvention de 1,3 millions
d’euros afin d’accompagner techniquement les porteurs de projet.

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