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JIM.fr - C à 25 euros : les augmentations unilatérales de tarif pourraient

http://www.jim.fr/medecin/actualites/pro_societe/e-docs/c_a_25_euros

Publié le 22/01/2015

C à 25 euros : les augmentations unilatérales de tarif pourraient se multiplier

unilatérales de tarif pourraient se multiplier Paris, le jeudi 22 janvier 2015 – Parallèlement au refus

Paris, le jeudi 22 janvier 2015 – Parallèlement au refus de la généralisation du tiers payant et plus globalement de la plupart des mesures du projet de la loi de santé, les différentes actions suivies aujourd’hui par les médecins (grève de la télétransmission et des gardes) visent également à obtenir le passage du tarif de la consultation des médecins généralistes de 23 à 25 euros. Le syndicat MG France, le plus en pointe dans ce combat (même si la revendication est partagée par toutes les organisations) ne décolère pas en effet contre l’impossibilité pour les médecins généralistes d’appliquer la majoration « MPC » de 2 euros, qui permet à tous les autres spécialistes de coter 25 euros. Cette situation relève d’un véritable « apartheid » estime le docteur Claude Leicher, qui n’a pas hésité hier à reprendre le mot fort prononcé par le Premier Ministre, Manuel Valls pour évoquer la situation de certains immigrés dans notre pays !

Trois ans sans rien

Face à cette attente forte des médecins généralistes, le ministre de la Santé a tout d’abord mis en avant la faible marge de manœuvre budgétaire dont elle dispose, avant d’user d’une méthode bien moins conciliante en répétant à plusieurs reprises que le tarif de la consultation atteignait en réalité 31,40 euros, en raison des divers forfaits et autres primes sur objectif que perçoivent les généralistes. Finalement, dans une lettre adressée cette semaine aux syndicats, elle indique qu’une négociation tarifaire ne pourra s’ouvrir avant les élections professionnelles, qui sont prévues à l’automne. « Trois ans se seront ainsi écoulés sous la présidence de François Hollande sans aucune revalorisation pour les médecins généralistes » calcule MG France, cité par le Quotidien du médecin. Une attente inacceptable pour l’organisation.

Ne pas être payé aujourd’hui pour gagner plus demain

Ainsi, a-t-elle décidé de monter au créneau en relançant plusieurs mots d’ordre : la fermeture des cabinets le 5 février et la poursuite de la grève des gardes et de la grève administrative. Surtout, même s’il ne peut lancer officiellement un appel massif à l’augmentation unilatérale des tarifs, MG France affiche un soutien entier aux médecins qui depuis quelques semaines ont fait ce choix. Plusieurs étaient ainsi présents hier lors de la conférence de presse du syndicat. Le docteur Pascal Dureau, généraliste à Vénissieux dans le Rhône ou le docteur Alain Carillon à Annemasse en Hausse Savoie comptent parmi ces pionniers. Ils usent d’une méthode qui évite la pénalisation des patients : le paiement de la consultation à 25 euros s’effectue en tiers payant. Cette cotation entraîne ensuite de la part de l’Assurance maladie une demande de renseignement ou une invitation à revoir le tarif : un contentieux qui peut aboutir au non paiement total des médecins, ce qui explique qu’ils n’appliquent cette augmentation que sur un nombre très limité d’actes (une consultation par jour généralement). L’objectif est de créer un signal d’alerte.

Rejouer 2002 ?

L’arme de l’augmentation unilatérale des tarifs a déjà été employée avec plus ou moins de succès. L’exemple le plus marquant du recours à ce système remonte probablement à 2002, à l’heure où les praticiens souhaitaient

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obtenir le passage du C à 20 euros. A l’époque, également, les syndicats traditionnels n’avaient pas pu officiellement appeler à de telles actions (mais menaient parallèlement une active grève de la permanence des soins), mais le soutien avait été sans nuance. Ce coup de force avait permis aux praticiens d’obtenir gain de cause : le C avait finalement atteint les 20 euros au début de l’été. Un tel précédent peut-il être un exemple pour aujourd’hui ? La situation politique et économique diffère et le contexte électoral de 2002 avait notamment probablement fortement contribué à la victoire des généralistes. Cependant, aujourd’hui, l’exécutif pourrait avoir à cœur de ne pas voir s’éroder trop rapidement le regain de confiance que lui accorde aujourd’hui la population ; population qui selon le témoignage de nombreux praticiens et comme l’ont révélé plusieurs sondages semble parfaitement acquise à la cause des médecins généralistes.

Grève administrative : messages contradictoires de l’Assurance maladie

Parallèlement à ces hausses de tarifs qui restent encore un mouvement limité, la grève administrative demeure l’arme quotidienne des médecins généralistes et spécialistes. L’Assurance maladie a rendu publics hier de nouveaux chiffres qui suggèrent une participation très modérée : elle affirme n’avoir constaté qu’une baisse de 5 % de la télétransmission au cours de la seconde semaine de janvier. Les syndicats, on le sait, remettent fortement en cause ces chiffres qui contredisent clairement les témoignages qu’ils recueillent auprès de certains employés des caisses. D’autres se font également l’écho de l’engorgement que connaîtraient certaines caisses : Ouest France consacre ainsi aujourd’hui un reportage à la situation difficile de la Caisse primaire d’assurance maladie des Côtes d’Armor. « Les assurés s’inquiètent des retards de paiement, ils nous demandent si la caisse n’a pas égaré leurs feuilles de soin. Ils attendent parfois des sommes importantes » indique le directeur-adjoint de la CPAM, Nicolas Delaire. Pour faire face à cette situation (tout en assurant que tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles), l’Assurance maladie a déjà indiqué que des instructions avaient été données pour que les feuilles papiers soient traitées en priorisant celles dont les sommes sont les plus élevées. Ce contexte tendu semble une nouvelle fois suggérer la nécessité d’un nouvel arbitrage. MG France a d’ailleurs hier souhaité l’intervention de François Hollande. Soulignons enfin que parmi les autres revendications du syndicat figure la garantie d’une formation continue spécifique, d’une protection sociale pour les jeunes installés, d’un forfait structure pour palier les coûts administratifs et d’une rémunération de la coordination des soins. Il attend enfin une réponse réelle du gouvernement en ce qui concerne l’obligation pour les praticiens de rendre accessible leurs cabinets aux personnes handicapées.

Aurélie Haroche

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