Vous êtes sur la page 1sur 22

MORT, MYSTÈRE ET OUBLI DANS LA PENSÉE DE HEIDEGGER

Author(s): J.-F. Marquet
Reviewed work(s):
Source: Revue Philosophique de la France et de l'Étranger, T. 175, No. 3, PLATON HEIDEGGER
(JUILLET-SEPTEMBRE 1985), pp. 267-287
Published by: Presses Universitaires de France
Stable URL: http://www.jstor.org/stable/41093877 .
Accessed: 16/12/2012 09:14
Your use of the JSTOR archive indicates your acceptance of the Terms & Conditions of Use, available at .
http://www.jstor.org/page/info/about/policies/terms.jsp

.
JSTOR is a not-for-profit service that helps scholars, researchers, and students discover, use, and build upon a wide range of
content in a trusted digital archive. We use information technology and tools to increase productivity and facilitate new forms
of scholarship. For more information about JSTOR, please contact support@jstor.org.

.

Presses Universitaires de France is collaborating with JSTOR to digitize, preserve and extend access to Revue
Philosophique de la France et de l'Étranger.

http://www.jstor.org

This content downloaded on Sun, 16 Dec 2012 09:14:33 AM
All use subject to JSTOR Terms and Conditions

MORT, MYSTÈRE ET OUBLI
DANS LA PENSÉE DE HEIDEGGER

et abondante
Pourqui suitle cheminde l'œuvreà la foisdiscrète
rienn'est plus frappantque l'espèced'occultation
de Heidegger,
qui, aprèsSein und Zeit,sembley frapperle thèmede la mort
- commesi l'auteuravait lui-mêmereculédevantla dimension
si brusquement
d'insécurité
dévoiléepar le grandlivreinachevé
imméunedesraisonsmajeuresde la fascination
de 1927.Peut-être
en
dans
l'audace
diate exercéepar ce texte résidet-elle, effet,
avec laquelle Heideggery donnaitpour la premièrefois accès,
surla scènephilosophique,
à ce qui a depuistoujoursconstituéle
le plus obstinément
refouléde toutepensée.Certes,
sous-entendu
de Platonà Schopenhauer,
la philosophie
n'a cesséde méditersur
la mortet de nourrir
le pressentiment
obscurque là se trouvaitle
terrainde sa plusradicalemiseen jeu : mais,au niveaudu contenu
la mortn'étaitjamais qu'un « problème»
apparentdes systèmes,
rencontré
d'autres
ne purentun jour
parmi
(« ces deux Messieurs
s'accordersur le sujet de la mort.Aristetrouvaitla vie trop
courte,Théotimela trouvaittroplonguem)1
et, d'autrepart,si elle
concernait
un
à la façond'un accident
l'homme,c'étaitseulement
peu fortdonton devaitse demanderce qu'il briseet ce qu'il prémêmedu
serve,ce qu'il enlèveet ce qu'il donne- l'événement
mourir
étanticiescamotédansla priseenvue de sonaprès(« survie»
ou néant),sansque surgisse
jamaisla questionde savoirsi la mort
n'estpas précisément
l'a-venirabsoluqui ne peut d'aucunefaçon
1. Malebranche, Entretiens sur la mort,in Entretiens sur la métaphysique,
éd. Cuvillier, II, p. 199.
Revue philosophique,
n° 3/1985

This content downloaded on Sun, 16 Dec 2012 09:14:33 AM
All use subject to JSTOR Terms and Conditions

pour sa peur.l'infini. c'est comme succomberpour celui dont l'élément[naturel]est le jusqu'à un certainpoint»3. Même quand Hegel. îv.aprèsavoir« cultivé» l'élément.donc. pour celle-ci.ni habitable. la mort et l'arrêt ont aussi beaucoup de communentre eux.il est vrai.dissimulantdiscrètementune station endurante dans l'espace inhabitablede YUnheimlichabsolu : puisque. L'illimité. 164-166. négativité..trad. 2.ce pouvoir monstrueuxqu'il y a dans l'arrêt..de s' « être trempéedans la peur absolue ». L'arrêt est commequand le poissonest tiréde l'eau et doit respirer dans l'air. * Comme on sait.Í.l'homme naturelne craintpas la mort. voilà qui aide à faireune offreabsolue à l'absolu. Kierkegaard. le premier. L'homme naturelabhorrecet autre élément. This content downloaded on Sun. qu'elle s'imposeà l'hommeavec la rigueurinéluctabledu sans-après face auquel le coursde sa vie s'arrêteet se décide. « aucune conceptionde l'Etre n'est suffisantequi ne se soit exposée à la tâche de penser la mort »4. et commentl'apparenteffacement n'être bien de ultérieure l'œuvre dans justement Heideggerpourrait qu'une apparence. Hegel.. mais Vêire-à-latrad. Hippolyte. celui-cifût-il« rien».268 Jean-FrançoisMarquei devenirl'avant d'un quelconque après.replace la mort (le « maître absolu ») à l'intérieurde la conscience. *¿b-¿/. peut habiter comme dans sa vérité et son universalité enfinrejointes.c'est pour » radicale.pas plus qu'il ne craintde s'arrêter. se veut expressément« édifiante» : « Qu'est-ce qui fait de la mortla situationpour devenirchrétien? C'est le concluant. « l'essence indiquer aussitôt. »). d'avoir livrétoute fixitéen elle au vacillementet à la dissolution. 173. de Vesprit. les célèbres analyses qui occupent les § 46-53 de Sein und Zeit ne concernentpas la mortcomme événementou passage (« ce peu profondruisseau calomnié. Les pages suivantes n'auront pas d'autre but que d'examiner comment Sem und Zeit restitueà la philosophiela prise en vue kierkegaardienne de ce thème de « l'arrêtde mort».l'immobilité de l'éternel dans l'arrêt. 4.seul Kierkegaard semble l'avoir pensé jusqu'au bout dans une page de son Journal dont la perspective.dans cette « fluidification l'absolue la de de conscience soi. p.le conclu que maintenanttout est fini.le pur être simple »2 où la soi conscience. p. XXXIX (coursde 1934-1935). Or..Phénoménologie 3.. Gesamtausgabe (GA).p. Journal.. Tant qu'il vit.même quand il insistesur la nécessité. 16 Dec 2012 09:14:33 AM All use subject to JSTOR Terms and Conditions . comme le rappelle un cours de 1934. Ferlov-tiateau. Que la mort ne soit ni accidentelle.

par ailleurs.Mort. p. Birault.cette dimensionde pro-jetanticipatif qui fait de moi le tout-autrede n'importequel étant et qui s'identifieà mon existence (Existenz) même. entrée dans une dimension (Leiden. 16 Dec 2012 09:14:33 AM All use subject to JSTOR Terms and Conditions . ou encore.cette Übermacht coïncideimmédiatement avec « l'impuissance de l'abandon (Überlassenheil)»8 : la mort.que chaque hommedoit mourirpoursoi.Cf.de mon être-au-monde(In~der-Weli-sein). 73.Paris. 11. 262. de même que chez Kierkegaard. Sans pourtantexclure. ma mortest la seule qui. 201. est en même temps. 69-70.passion ou passivité pure. Vom Wesendes Grundes. la mortqui isole au maximum la mortet la disponibilité chaque individuen lui-même c'est précisément à son sacrificequi crée d'abord l'espace de communautéd'où (Bereitschaft) naît la camaraderie. Cf.de toutesmes possibilités. LUI (coursde 1942) où Heideggercommenteune foisde plus le célèbrechœurde YAntigonede Sophocle. GA. elle garantit aussi la seconde déterminationontologique qui. p. Sartre.alors que toute possibilitéfiniene concerneque l'exercicede ma puissance (Macht) au sein du monde. l'anain GA.p. V « êtremien» ( § 9). XXXIX. 175 et LUI. 128. pourmoi.» /. la possibilitéouvertementassumée de mourir mobilise cet excès de puissance (Übermacht) où il y va du fait même. à côté de VExistenz. Sein und Zeil. elle ouvre dans toute son ampleur l'espace de choix. par un paradoxe sur lequel la penséeheideggérienne de revenir. 1967.elle ne « m'ouvretoutesles portes»n qu'en m'acculant 5. la possibilitéd'un Mit-sein. Nous cotte traductionde Sein-zum-Tod à H. la mort apparaît ainsi. sans jamais pouvoir passer à l'état d'une déterminationprésente ou donnée: elle maintientdonc ouverte. p. l>r. This content downloaded on Sun. p. En tant que possibilitéultime et sans après.mêmeici. l'abîme (Ab-grund)1de ma libertéoù celle-ciest dès lors sommée de fairefond (Grund) pour elle-même. qui contient donc éminemmenten elle toutes les autres. irremplaçable. 384. Francfort.. 7ca0stv)10 totalementdes-espéréeoù aucune esquive.-P. 8.. 10. 9.in Wegmarken.comme ce qui me permetde déciderradicalementpour l'ensemblede ma vie (§ 53). p. mystèreet oubli chez Heidegger 269 mort5(Sein zum Tode) comme dimension spécifique de Vêtre-lâ (Dasein) que nous avons à être. épreuve de Yim-possible. philosophie 6.1981.mêmeau sein de l'échéance (Verfallen)maximale au monde.in Autourde J. p. XXXIX. comme « possibilitéde l'impossibilité démesurée de l'existence »9.En effet. 8e éd.La mortdans la empruntons de Sartre. « C'est précisément lysede la camaraderieguerrière la mort. car nul ne peut se substituerà moi pour assumer cette possibilité(§ 47) qui m'isole donc radicalementdans l'espace indésertablede son appel6.définitle statutdu Dasein. Ibid. Cf.resteirréductiblement un a-venir. GA. aucune solution n'est plus de mise. c'est-à-direla Jemeinigkeit.possibilitéla plus haute. ne cessera Mais.

d'où la tentationinévitabled'esquiveret de recouvrir.révèle le fondementde tout être-/d(c'est-à-direde toute présence) comme irrémédiablementglissant et incertain. ibid. réprimée. Cité in Sein und Zeit.commel'exemple par excellencede VUnheimlichkeii. mais aussi l'immémorialarrêtdont le cours présentde ma vie n'est que le sursis imprévisiblementrévocable.il est d'ores et déjà assez vieux pour mourir»12. disait plus sommairement le Socrate de Valéry. Heidegger l'identifieà l'angoisse : « En elle.270 Jean-FrançoisMarquei au « sac noir » où s achève l'agonie solitaired'Ivan Ilitch.exprimantà sa façon le même de la liberté humaine. en tant que mortel. p. instance sur quoi tout se fonde paradoxe et qui s'éprouve elle-mêmecomme sans fond. 189. ce qu'elle m'apprend. projet ultimeet présent. 266. est inhabitable à lui-même.et cela en la construisant sur le fondementunique et inébranlabledu Moi . p.un manque. Cf.mais parce qu'il ne s'annonce à moi que dans l'impossibilitévertigineuse ou je suis de m'enrendremaîtreet de conjurersa toujoursimminente dérobade (§ 58).ce n'est pas seulementmon irréductibleavenir.. l'être-làse trouvesitué (befindet sich) devant le néant de la possible son de existence. p.bref. dans la vie quotidienne.on voit se court-circuiter extrême abandon. impossibilité L'angoisse s'angoissepour le pouvoirêtre de l'étant ainsi déterminéet ouvre ainsi la possibilitéla plus extrême»13.mais une possibilitédans laquelle je me trouve depuis toujourscommedéjà jeté(§ 50). Pouvoir mourirne désignedonc pas une possibilitéque je me serais donnée de mon proprefond. Sein und Zeit.non parce que ce dernierserait purementet simplementabsent (puisqu'au contraire la libertése trouve comme assignée du dehorsà elle-même). 13. 16 Dec 2012 09:14:33 AM All use subject to JSTOR Terms and Conditions .. dans l'effondrement suspendu du avenir et passé. un « fairefaute» de soi à soi . au contraire. Ce sont ces deux aspects antagonistes que nous devrons tenter de penser simultanément pour éprouverdans toute sa rigueurce qu'il en est de l'être-à-lamort. commemarqué par une faille. la plupart du temps. Fichte espéraitfairede la science une maison où l'homme se sentiraitenfinchez lui .ce précipiceinterneoù il se trouve ainsi abandonné au vertigede sa possibilitéla plus démesurée: « Cette angoisse originelleest. Cette expériencecruciale où. Ibid. de Vinquiétanteétrangetéqui est négation même du chez-soi (Un-zuhause)1A. This content downloaded on Sun.« Tout repose sur moi et je tiens à un fil». car « dès qu'un hommevient à vivre. 14.L'homme.L'angoisse 12. 245.

sur lequel Heideggerinsisterapar la suite.. Elle sommeille seulement. p.un cours de 1942 nous en offreune admirableillustration à proposde la figurede l'Antigonede Sophocle.parce qu'il est apparitiondestinantedont nul ne sait d'où il surgit»18. 276-277. L'authenticité de l'être-à-la-mortconsistera à s'ouvrirrésolumentà cet appel. 16. à anticipercette possibilité en stationnantpathétiquementdans Tin-habitableet l'inquiétant..de devenir par là soi-mêmeinquiétant et étranger(un-heimlich.l'être-au-mondeoriginellement jeté (geworfen)comme in-habitation(Un-zuhause). This content downloaded on Sun. r¿8 (cf. Ainsi. Ibid. loia.qui m'appelle dans la voix généralementétoufféedu Gewissen. mystèreet oubli chez Heidegger 271 est là.En tant que l'homme est. le point de départ des actions d'Antigonene se trouvedans aucune des lois qui brillentau jour de la cité humaine. la nudité du faitd'être (Dass) dans le néant du monde»16. quait déjà le cours de 1935 sur YIntroduction du a chœur de la II : même de propos premier tragédie Sophocle n'y a chose fasse échec directement à tout faire-violence. qui expulse l'hommeabsolumentet d'un seul coup de toute quiétude familière. autrementdit. 150). comme si sa liberté s'était faite suffisamment transparentepourn'êtreplus que le lieu mêmeoù éclate l'événement scandaleux dont la possibilitéfondenotreêtre-au-mondeet qu'évoà à la métaphysique..parce qu'à traverselle c'est la mort qui est à l'œuvre. Elle sur-achève tout achèvement. p.Mort.. Ce qui rendcelle-ci suprêmement inquiétante. GA. Cf. n'est pas un événement particulierqui doive être nommé aussi parmi les autres parce qu'il survientaussi finalement. Seivóv)17.celui-ci étant moins « conscience» que recueillementdu savoir sur une revendication interneoù la mort. il se tient dans l'absence d'issue de la mort. Cetteétrangetéd'une libertéentièrement ouverteà sa défaillance interne. aussi p. » C'est cette rupture interne . elle sur-limite toute limite. 260. au risque. 15. à « ne pas esquiverla possibilité la plus propre.« Têtre-là dans son étrangeté. 16 Dec 2012 09:14:33 AM All use subject to JSTOR Terms and Conditions .la possibilitéabsolue »ls. 17. p. i». 74 et passim. Antigonefaitpeur.non pas seulementquand il vient à mourir.diraitencoreValéry. Ibid. LUI. mais constammentet essentiellement. qu'une qui C'est la mort. p.L'homme est sans issue en face de la mort.parle d'une voix profonde pour ne rien dire. Mais cet inquiétant (Un-heimlich)..mais dans l'impératif obscurqui assigneà chacun sa mortcommeson destinle plus propre et pose son activitésouverainedans l'assomptionde cette passivité.c'est qu'« elle prendpour pointde départ décisifce vis-à-visde quoi il n'y a rienà faire.ou dérange.

p. p. Sein und Zeil. et cette structurefondeune historicité authentique dans la mesure (démesurée) où l'a-venir n'est pas simple pro-tension.l'événementde YEtre. Cf.C'est donc que désormais la descriptionphénoménologiques'avère insuffisante pour dire la mort : il faudra trouver. p. se brisant (zerschellend).l'entre-deux d'une originedepuis toujours quittée et d'une finperpétuellement reculée.1953.Dans cette dernièrephase.l'image au premierabord assez déconcertante dont use la même Introductionà la métaphysiqueà propos du Dasein.« l'inquiétance ne naît pas d'abord par suite de l'humanité. mais comme jeu perpétuellementmodifiéet instable d'un bond et d'un rebond. en lui.Mais ce qui s'amorce à traverscet écart. 144-145).L'accès de l'Etre au là est donc inséparable de cettedémesurede violencepar laquelle la liberté. d'autres mots. est susceptiblede faire irruption.la liberté sur la facticité ainsi dégagée se trouve re-jetée (zurückgeworfen) de son là22. Ed. This content downloaded on Sun.Que l'hommesoit une brèche se prescritde la structuremême de la temporalitéconstitutive du Dasein. 20. Einführungin die Metaphysik. Tübingen. 124 trad. empruntés peut-êtreà un langage radicalementétranger.à partirduquel.afinque cette de l'êtrefait irruption(hereinbricht) brèchemêmese brise(zerbricht)sur l'Etre »21. cit.mais élan anticipateurvers un possible ultime .272 Jean-FrançoisMarquet l'être-làest l'inquiétancemême pro-venant(geschehende)»19. nous trouvonsindiqué le seul changementde perspectivequi se soit opéré depuis Sein und Zeit : le regard.. et. 89. écart avenir-passéoù le présent n'est jamais qu'une donnée suspendue. Kahn modiiiee.s'est simplementdéplacé du Da-sein à ce qui. pour cela. LUI. 16 Dec 2012 09:14:33 AM All use subject to JSTOR Terms and Conditions . par lui et à traverslui. 22. 21.pensons-nous. en l'identifiantà une brècheelle-mêmedestinéeà la brisure: « L'être-là de l'homme dans son historicité(geschichtlich).la mort. c'est avant tout le fait même qu'il y ait (es gibt) de la présence . 385. p.de l'espace vide où il est permisà toute chose de faireacte de présence. c'est : être posé comme la brècheen laquelle la prépotence(Übergewalt) en apparaissant.Autrementdit. lt>y).mais celle-ci vient de l'inquiétance et demeureen elle »20. GA.en effet. C'est dans le cadre de ce changementd'horizonqu'il faut interpréter.cet intervalledoit à son tour être pensé non pas commedistance statiquementmesurable.dont l'écart variable trace les limitesde la clairière(Lichtung).mais commel'intervalle. Kahn. 121 (trad.toutevie humainesurgitnon pas comme une réalitépositiveet donnée.faisantl'épreuve 19.p. p. sous peine de se réifierégalement.

tenir ouvert le lieu de l'événementde l'être.si elle atteintdans la mort son acuité ultime. comme son mystèreou son côté nocturne.Plus simplement. 31. cette possibilitéd'ouvertureprocède de la négation. LIV (coursde 19421943).C'est ce second aspect que nous tenteronsmaintenantd'aborder. de transférer à l'Etre lui-mêmecette inquiétanteétrangeté. 32-33. XXXIX. le constituecomme mortel. 25. le traversantde part en part. GA.l'être n'est rien qui subsisteraità part de son propreévénement.pour l'homme. p. en effet. si.pour cela. p. D'une part . Sur l'Etre commeUngeheuer(öai(i.du « faire faute » qui.Soafjióviov)24 qui sont la condition premièrede son surgissementà la présence.ovtov).amorcéedans Yamour (écho isolé au mythe platonicien.cet abord monstrueuxet déconcertant (ungeheuer. 16 Dec 2012 09:14:33 AM All use subject to JSTOR Terms and Conditions . c'est donc dans l'Etre même que nous devrons retrouver cette instance négative où nous étions parvenus d'abord par la voie d'une phénoménologiede l'angoisse originellede l'être-à-lamort. et cette « station dans l'excentrique»a6. mystèreet oubli chez Heidegger 273 vertigineusede son propremanque à soi. préciseHeidegger.et sur lequel on peut regretter que l'auteur ne soit pas davantage revenu).c'est là une affirmation qui peut être comprisede deux manières. ce dernier 23. l'aspect déconcertantde la relation de l'homme à l'Etre semble venir d'abord du fait que cette relationn'est possible qu'à travers le statut de non-maîtrisequi est celui de l'homme (comme fini) vis-à-vis de son propre fond (Grund) ou de son propre centre.Mort. GA.on peut comprendreque l'Etre se dérobe dans la mesure où il s'offreà chaque fois comme l'être d'un étant (ou de l'étant). LUI. Mais l'essentiel. p. et il sera ainsi permis de définirle Dasein aussi bien comme être-à-la-mortque comme « expositionà la prépotencede l'Etre »23. à son tour. de dissimulation(Verbergung). est ailleurs : si.et cette version est la plus naturelleet la plus répandue dans l'œuvre même de Heidegger . enfin.c'est-à-direavec une part inéliminablede latence.bref de refus. 24. elle doit aussi s'offrirà la pensée comme une dimensionde l'Etre luimême. il suffira. GA.si. En effet. Que l'Etre s'offreà nous comme mystère. cf. se constituecommeespace ouvert de toute manifestationpossible. 149.néanmoins.la mortne doit pas seulementêtre abordée comme une orientation privilégiée de l'existence humaine. This content downloaded on Sun.est déjà.être-làsignifie.

et le plus fondamental. un pôle obscuret ferméet un pôle ouvertet lumineux. 267 (avec la référencehölderlinienneà V « œil en trop » d'Œdipe).s'esquiventdevant »28. nous devronsdonc dire que toute chose n'est présente que sur le fondd'une originebarrée.cet affrontement étant toujours conçu en même temps comme une plus secrète harmonieoù les deux partenairess'appellent l'un l'autre.de la Verbergung. 311.le « mystère» (Geheimnis)27de l'Etre sera toujours à la manifestation identifiéà ce retraitoù il entreconsécutivement de l'étant. Si nous reconnaissonsdans l'Etre l'origine(Ursprung) de l'étant.et l'acte de philosophercomme la plus improbabledes audaces.qui n'est pas sans évoquer le Schellingdes Weltalter.ne devient pas seulementmystèreen se dissimulantsous le foisonnement de l'étant. Ibid.parce qu'il y a une face ténébreusede l'Etre.L'Etre. GA.distinguant. mais il y a en lui. institued'abord la latence de l'être »2e. D.en Dieu.p. refoulée.et que « les mortelsfuientdevantl'origine.une obscurité primordiale. Mais pourquoil'origine. 200. 89 : Holzwege.Le « regardversl'origine»29. Avec cette idée .274 Jean-FrançoisMarquei captant d'emblée l'attentiondu regardet refoulantou offusquant l'Etre dans la dimensionduquel pourtant il surgit : T'AX^Oeta. pris comme tel (comme Etre. chez Heidegger. écrit Heidegger.en pleine mythologie. de fait. p. différentesfigures dans l'Etre. This content downloaded on Sun.c'est.un élément proprementunheimlichqui est à la source du refoulementsignalé plus haut et qui transfèreen lui cette inquiétante étrangetéque Sein und Zeit découvrait au cœur du Dasein : s'il y a de la mortdans l'homme. qui toutes exprimentce même conflitoù s'affrontent. bien sûr. XXXIX. à la Conférencede 1935 sur YOriginede Vœuvred'art. et.« en ce qu'elle apporte dévoilementde l'étant. Holzweqe. 29. 30. donc. p. 28. 2 e éd. entre une volonté d'ouverture qui pousse à la révélationet une volontéde clôturequi s'y oppose nous sommes. On pensera tout d'abord. il ne serait pas difficilede glaner. en effet. aussi bien dans la Conférencede 1930 sur YEssencede la véritéque dans l'essai sur Nietzsche des Holzwege.et à la manièredont s'y articulentl'ouver26. Wegmarken. Wegmarken.et. 93 (die Entschlossenheitzum Geheimnis).oubliée.semble-t-il.c'est-à-direl'Etre. 244. et non commeêtre de l'étant). serait-elle« terrible» ? C'est ici que nous touchonsle deuxièmesens. un pôle de répulsion. d. son caractèreterrible(Furchtbarkeit) « l'ouverturerésolue au mystère»30apparaît dès lors comme la marque d'une volonté de savoir proprementœdipienne(« un œil en trop ») et démesurée. 16 Dec 2012 09:14:33 AM All use subject to JSTOR Terms and Conditions .veulentl'oublier... semble-t-il maintenant. 27.p.

Reste que ce mythe.commece « où se révèlel'essencede Dieu »34. C'est une remarque incidentedu cours de 1944 sur Heraclite qui nous servira ici de point de départ : « La non-nomination. se retire devant tout décel »31.p. Munier modifiée. et qui constituentles deux puissances(Mächte) de l'origine. modifié. 163. p.dans ces deux pôles que les cours sur Hölderlin identifientrespectivementà Yabîme (Abgrund) et à la lumière. et le mondece qui fonde« l'éclaircie(Lichtung)de ses voies »32 sur l'opacité du non-maîtrisé.la colère étant expressément assimiléeau Mal (Böse) . p. p. « l'être-làde Dieu ». à traversSchelling. 161. mystèreet oubli chez Heidegger 275 ture du mondeet la fermeturede la terrequi « en tant que l'essentiellementindécelable. GA. Ibid. This content downloaded on Sun. dans la perspective ouvertepar Hölderlin.L'abîme est la terreen tant qu'elle se refermeet se refuseà la présencecomme à l'action des dieux et que.. préciseHeidegger. 16 Dec 2012 09:14:33 AM All use subject to JSTOR Terms and Conditions . rien ne serait plus facileque d'élaborer un scénario théogonique fondé sur l'opposition entre l'aspect terribleet l'aspect lumineuxdu divin. . 32.e. à proximitésans doute du récit hésiodique du « combat entre les dieux nouveaux. mais.3.et les anciensdieux ». combatqui. p... Cf. olympiens. déterminel'irruption proprede celui-ci dans l'éclosion de son essence »37. 31.de toute la traditionde la théosophie boehmiste)en identifiantles deux puissances de l'Etre à la colère(Grimm) et au salut (Heil) .ib.la terreétant ce qui apparaît commefermé(par exempledans la matièrede l'œuvre d'art).Mort. 33.apparaît. p.Heideggern'a jamais cherchéà l'articuler(ce qui ne dispense pas de prendreces allusions au sérieux) et que c'est sur le terrain de la seule pensée qu'il nous faudra chercherla détermination ultimede la Verbergung. in Questions III.et en indiquantque « seul l'Etre accorde au salut son lever dans la grâce (Huld) et à la colèreson élan vers la ruine»36. 4. déclinantd'être patrie (Heimat). 37. Brokmeier. 242. 36 (trad. dit mêmela troisièmeversionde Griechenland30. elle impose à l'hommela proximitéde YUnheimlich. Erläuterungenzu Hölderlins Dichtung. en fait. 35. p. 148). LIV. 96. wegmarlzen. LIV.cf. Sur le Bös-artige. LUI. i. le vrai lieu de l'ambiguïté de l'Etre doitêtrecherchéà la foisau-dessousde la terreet au-dessus du monde83. 36).celle de l'éclair ou celle de l'éther .chacun de ces deux termesest déjà complexe. p. p. XXXIX. Ibid. 175.En fait. 4e éd.A partirde là. Holzwege. Cf. La Lettresur V « humanisme» (1946) se rapprocheraencoreplus de Schelling(et. nil (trad.équivaut au conflitqui « habitant l'essence de l'être. la lumière. 34. GA. p. aussi GA.

il sera possiblede se glisserpar quelque biais dans l'expression. 16 Dec 2012 09:14:33 AM All use subject to JSTOR Terms and Conditions . du voilement(Verbergung) régnantau fondde toutdévoilement tel est le défaut et la lacunedans (Enlbergung). GA. A S' J*Ê A "W V^ T _ *"' A 4U. 112. p. c'est celle avec la au-dessusd'elle »42. » qu'évoquele vera la tracejusque dans le « champde la Xy)0t) est mythefinalde la République: « ce champde la Verbergung aucune ne permetaucun <púeiv. p.. Versagen*1 occultation qui advientà l'êtredu faitmêmede sa manifestation est cettepuissance commeêtrede l'étant.au contraire. et traverse l'Etre même dont d'occultation Heideggersignale qui qu'elle« apparaîtdansl'essencede la mort. Cf.de la nuitet de toutce de la terreet de tout ce qui est au-dessouset qui est nocturne. le refus. la Xy)0y) restecomplètement impensée»39.ce domaine. 38.Nousne suivrons pas Heidegger patienteenquête. p. 39.Nous soulignerons seulementqu'elle aboutitelle aussi à la distinctionplus haut sur signaléede deux modesdu Verbergen. 42. que déjà la conférence et YOriginede Vœuvred'art appelait respectivement Verstellen La est cette et dissimulation dissimulation refus.276 Jean-François Marquei écritHeidegger.quelquesbribesde discoursdont le recueildessinerale paysagedésolé de la Xy)0y) .Si l'on se nis) de l'essencefondamentale souvientqiïEntbergungtraduit le grec 'AXtjOsioc nous devons doncdireque le traitle plus frappantdes penseurset des poètes : « avec l"AXy)0eta grecs.Maispenserla XtîjOy) eclosiónni provenance nous conduireque sur ce sentierimpossibledu non-êtredont la déesse recommandait déjà à Parménidede s'écarter: en fait. Holzwege.De toutesces connexions. l'expression mystère peut plus (Geheimde la penséegrecque»38. Ibid. 41. p. p. 43. 43. Holzwege. 341. et Heideggeren retroumortqui est naturellement déterminante. 365 (cf. opposé à toute <púaiç. GA.préciseHeidegger. (jrJiyL.dans les margesde la parolegrecque. commerienn'est jamais tu au pointde ne pouvoir Néanmoins. p. que régitle secretet « dontnous à peinela plénitudeessentielle sans pouvoirla saisir.1V. glaner.La XtqOy) à part ne pourrait »43. This content downloaded on Sun. où se le intime cache.c'est leursilencesurla Xy)0y) appartenant à l'essencede l'Etre. aussi LIV. LV. pressentons parce que nous sommesen dehorsdu type d'expériencecorresdansle détailde cette pondant»40. 108). ÌM. LIV. 176. être. p.qui occupela plusgrandepartiedu coursde 19421943 sur Parménideet dontcertainsélémentsserontreprisdans l'étude Aletheiades Vorträgeund Aufsätze.

p. commepourle Valéryde La Pythie..[En mêmetemps] comme. dansle flamboiement.Mort..plus héraclitéenne. le coursdéjà cité sur Heraclite nous en présentedeux illustrations à qui vont nous rapprocher nouveaudu discoursmythique. Non!.Elle doitappartenir et cette appartenancesignifieque la source. This content downloaded on Sun.. p. Zur Sache des Denkens. La solitudevientluire Dans la plaieimmense des airs Où nullepâle architecture Maisla déchirante rupture Nousimprime de pursdéserts! 44.La secondeimage(motque Heideggerd'ailleursrécudu jaillissement de la flamme. Ibid. Tübingen. flamboiement révélationd'une obscurité et désertique première qu'il déchireet qui le reprend(cettebrisure de la brèchequ'évoquaitYIntroduction à la métaphysique) : la divine Va..3e éd.dès le jaillissement qu'il s'allume. puise en elle. Préau. étantavanttout. cf. c'est toutd'abordl'obscuret la ténèbrequi vient. LV. serait)est celle. et. Il va nousinstruire !. le flamboiement et de l'obscur opèrel'ajointement (fügt)du lumineux l'un vis-à-visde l'autreet l'un dans l'autre. pas la source. Sur la XrçOT) comme cœur de r'AX-rçOeia. 45.. dans la soudainetéde son extinction.il est la séparationentrele lumineuxet l'obscur. mystèreet oubli chez Heidegger 277 nous n'atteignons jamais la XyjOt) que commele cœurténébreux de r'AXyjOeioc44.. 161 et 171.l'éclairpour Heidegger. 1969. 16-17 : « 1"A-X7)0eta repose dans la XyjÖy). et plusprécisément de l'éclair: « Le feuflamboie. la lumière N'estpas l'épouvantable éclair Qui nousdevanceet nousdevine Gommeun songecruelet clair! Il éclate!. à apparaîtreet à brillercommela ténèbreen effetque l'éclair illumine»46. p. en reconnaissant dans la puissanced'occultation l'essencemêmedetoutelumière etde touteclarté. p. (das Verbergende) Cetterelationparadoxaleentrele jour de la présenceet son « infracassable noyau de nuit ». et Vorträgeund Aufsätze. Ill. de l'éclairet avec lui.le feu est fermeture. si la sourcequi jaillità la surfacede la terrerestait sansla faveurdes eaux qui affluent à ellesousterre? Elle ne serait aux eaux cachées(verborgenen). 267)... 16 Dec 2012 09:14:33 AM All use subject to JSTOR Terms and Conditions .de manièrefulgurante. p.dans son essence. GA.. met en avant ce qui par elle est maintenu en retrait » (trad. resteabritée(geborgen)dans les eaux qui se cachent(sich veret que c'est à partird'elles seulementqu'elle reste bergenden) source»46.dansla coïncidence paradoxalede son et de son effacement. 78. 137.. La première est cellede la source: « Qu'enserait-il. 46.

ou philosophique. 4e ed.c'est dans la mesureoù il est plus profondément de l'être-à-la-mort. parce qu'elle n'a aucun rapport au tacite (Verschweig bar) c'est-à-direau silence (Verschweigung).ou. 201).c'est seulementpour l'interlocuteurjaponais d'Unter47. par excellence. p.peut-on donner à l'Etre sous cet aspect nocturne? Ce nom. mais il est encore impensé » (trad. 383. du jeu. p. dira Heideggeren 1948.III. la chasseressedont l'arc est en même temps une lyre.cf. de cette ápfxovíaqui articule. de cette proximiténative à Vim-monde absolu qui traverse de part en part la condition humaine..c'est-à-dire à l'Etre »49. à rien . Ibid. 17. This content downloaded on Sun. et si l'animal n'a pas. pour retrouverle mythe. du jour élargiet de la nuit centrale. 16 Dec 2012 09:14:33 AM All use subject to JSTOR Terms and Conditions . Certes.cf. "¿Vo: « Les mortelssont ceux qui ont possibilité d'expérimenterla mort en tant que mort. mais la bête ne peut pas non plus parler. équivaut. 64.elle (était) en même temps la déesse de la mort»*7. p. un instant. chez Heidegger. comme Actéon. La bête n'en est pas capable. comme autre que toutétant. qu'une négation suspendue. Mais. lj. Parmi tous les étants. c'est immédiatementcelui du Néant (Nichts). les hommessont. dans un second temps. Mais quel nom profane.ou au rien.et qui sein de la cpúcriç l'ouvertureet le retrait (xpÚ7tTsa0ai)48 fait. 67 (où Heidegger commente le fameux fragmentd'Heraclite : <púaiçxpÚ7CTeo6ai <piXeï). de par ce vide même. comme si « déesse de l'éclosion. « la bête ne parle pas parce que se taire lui est impossible. Sur le xpÚ7rrea0ai.c'est uniquementen assumant. 4y. à proprementparler. de la lumière.C'est uniquementnotre appartenanceà la dimension négative de l'Etre qui nous donne accès. p. exclu de monde. De même. 48. d'un silence antérieur). Le rapport entre mortet parole. Sur le silence comme Vorwort.Artémisest le nom divin de cet ajointement(Fügung).les mortels. dans la mesureoù il est devenu trop évident que l'Etre. aussi GA.. par exemple Vorträgeund Aufsätze. comme l'indique le mot même yA-Xrßeix. à sa dimensionpositive (laquelle n'est jamais. que l'étant par lequel il y a de la présence(le Dasein) soit aussi le seul en qui surgissecomme possiblel'absence radicale de la mort.la déesse d'Ephèse. comme l'enseignera dès 1929 la fameuseconférenceWas ist Metaphysik?. par exemple.et la bête ne peut pas se taire. en elle. de l'éclosionet du désert: c'est Artemis. Fédier. untewegs aer Sprache. p.s'illumine . au .l'équivalenceEtre-néant peut semblerun lieu commundepuis Hegel. LV.278 Jean-FrançoisMarquei Une figure divine va résumer cette ambiguïté secrète de l"AXY)0eiaet l'alliance. UÀ. la vision insoutenable de la fureurd'Artémis que nous pouvons participerde la grâce de l'équivoque déesse des Ephèsiens.Bruch.c'est-à-direau retrait (Verbergung). comme le langage est toujours rupture. Li (cours de l'J4ij. patrie d'Heraclite.

que la poésie de Hölderlin nous avait fourni. p. affirmera plus simplementle cours de 1941 sur les dont l'essentiel du contenu consiste justement Grundbegriffe**. mais c'est aussi parce qu'il est abîme qu'on peut se fierà lui . 109..in QuestionsI. Ibid.un différend(Zwiespalt) interne. Un autre nom de cette puissance.Dans tous ces exemples. parce qu'il est oubli qu'il est en même temps souvenir (Er-innerung.la douleurdu désaveu et la brutalitéde l'interdit»51 (autant de formesde cette colèredont la Lettresur l'humanisme feraun des deux principesde l'Etre). Gorbinmodifiée. p. parce qu'il est origine que nous le croyons abstrait. 53. parce qu'il est caché que nous y voyons ce qu'il y a de plus intelligible. 51. 14 (trad.c'est fait qu'il peur. 65). p. Munierin Questions. LI. GA. p. qui n'est pas sans rappelercurieusement le style d'un Nicolas de Cues. 102-103(postfaceà Was ist Metaphysik ?) (trad.et ce que nous devons entendrepar le néant.. ce n'est pas une simple mais la Nichtung. comme l'épiphanie inévitable de YUnheimlichkeit. nous remarqueronsseulement que. parce qu'il est silence qu'il est parlé dans toute parole . 52.au milieude la déstabilisationvertigineuse de l'étant dans sa totalité. dans les différents couples de contrairespar lesquels Heidegger tente d'y cernerl'identitéde l'Etre. This content downloaded on Sun. à « reconnaîtredans Yabîmede l'effroiYespaceà peinefouléde l'Etre ».Sans vouloir entrerdans le détail de ce dernierexposé.par l'acceptation sacrificiellede cette épreuve.ce qui nous rend intime à l'étant) . Ibid. I. 11. 53. et que nous atteignonsdans la « nuit claire» de l'angoisse52. 54. Wegmarken. parce qu'il est unique que nous le pensons comme universel. et à pressentirl'ouvertureilluminantedu salut dans le resserrement terrifiant de la colère63.la rencontreavec l'Etre est d'abord 50. Cf. et l'âpreté de refusqui s'annoncedans « la rudessede la transgression de l'horreur. p. cette alternancede visages de l'Etre qui semblerévéleren lui une contradiction.La preuveque le néant n'est pas rien. 16 Dec 2012 09:14:33 AM All use subject to JSTOR Terms and Conditions . il sera donc permisde voir dans l'expérienceangoisséedu néant un affrontementde l'Etre dans son « essenceabyssale ».une puissanceeffective absence de détermination. l'un des deux termesapparaît toujours comme l'esquive ou la rédemptionde l'autre : c'est parce que l'Etre est excessifque nous le pensonscommevide . Unterwegszur Sprache. p.Mort. parce qu'il est contraintequ'il est aussi libérationdans la liberté. 79). le courageconsistant précisément. dans une éblouissantevariation sur cette Gegenwendigheit... p.était Yabîme (Abgrund) . mystèreet oubli chez Heidegger 279 wegszur Spracheque le « nom suprême» de l'Etre est vide60.

mais cet achèvement(qu'il ne faut pas confondreavec un accomplissement. la dimensionde l'avenir Même si. je suis rejeté vers l'autre comme vers mon immémorialeorigine. Sein und Zeil. il comme n'en reste fondamentale66.peut-êtreesquive et endurancene s'opposent-ilspas. 58. Cf. C'est cet entre-deux(Zwischen) de la naissanceet de la mortqui constitue l'extension (Erstreckung)historíale du Dasein (§ 72). continueet mouvantedans Certes. 237. se jetant sur nous. 244. par ex. ou suprême universel).la mortarrêtecette différance67 ma la récapitulantdans une et referme vie en là laquelle j'étais totalité désormais figée. 16 Dec 2012 09:14:33 AM All use subject to JSTOR Terms and Conditions aux . elle nous accable du poids de sa propre transcendance: d'où la tentation inévitable de répondreà l'excès de ce jet (Zu-wurf) par un rejet qui. Ibid. Ibid. puisque. dès Sein undZeit.Le présentne s'offrejamais que dans la 55. va modifierradicalementla question.Mais on peut aussi endurer celle-cijusqu'au bout et découvrirqu'elle est l'envers d'une bénédiction.nous permetde le fixeret de le mettreà distanceen désarmantainsi sa menace. * .étroitement lié à celui de l'historicité. This content downloaded on Sun.car « le Dasein inaccompli finitaussi »)68signifiedu même coup « la perte de l'être du là »69. qui et une originedont je ne dispose pas. condamne à c'est fait d'avoir me pouvoir finir. comme nous l'avons vu plus haut. je la trouvetoujourscommedéjà derrièremoi.c'està-dire de l'être-au-monde.280 Jean-FrançoisMarquei affrontement d'un pôle de répulsion. dans l'analyse de l'être-à-la-mort. apparaît pas moins que ce le une origine. 57.* Sans doute. 56. si bien que c'est seulementdans le sursis de cet instant final et conclusifque je suis projetédans la possibilitéde la présence. nous allons le voir. l'esquive étant ce qui nous permetd'endurerfinalement une pressiond'abord insoutenable? Mais c'est là faire entreren ligne de compte un élément d'historicitéqui. p. Sein und Zeil.mais lexpression seulement travaux connus de J. 325. transformantl'Etre en un étant (fût-il (Ver-werfung)55. 83. extension dont les deux termesne sontjamais « donnés» que dans la vibration instable par laquelle. p. p. m'élançant vers l'un comme vers ma fin. le problèmede la mortest. Derrida. p. 59. ou bien même. à quelque moment que je sois là... Nous empruntons 1 expression .d'une instance non pas tant négative que négatrice parce que.

62. qui n'arrêtepas d'éprouver jusqu'au vertigel'angoisse de son brisement. c'est-à-direorigine qui fondeun destin.en l'occurence.Mort. p. d'un certainlangage . 3.celui de l'Allemagne.ne commencedonc jamais par le commencement(Anfang) .e. qui du reste n'a jamais été « présent» (pas plus que l'événementde ma mort ne le sera jamais. s'exposait inévitablement au malentendu pseudo-éthiquequi l'a assez généralementaccueilli. 61. Xóyoç) dans l'ultime de son destin. inauguré mon destin.toujoursoubliée. p.et c'est aussi voir cette origineémergerpeu à peu jusqu'au moment« eschatologique » où « le une fois du début du destinvient comme une fois au terme(ecr^ocTov).il va y avoir. 123. que cette occultation soit d'ailleurs définitive: seulement« le début.un rôle de « souvenir-écran» vis-à-visde l'origineproprementdite : celle-ci se maintenantdans la réservede l'oubli.sans modifiersa perspective. XXXIX.« cela.Je ne me souviens pas. GA. celui de la métaphysique. i. sans que j'y sois.accentuation de plus en plus nette du primat de l'origine. L'essence de l'être antérieursombre (geht unter) dans sa vérité encore voilée. GA. saufencorepour autrui) . de l'événementde ma naissance. L'Etre de l'étant se recueille (XéyeorÒai. This content downloaded on Sun. en mettantl'accent avant tout sur la dimension du futur.d'une histoirese différantsans cesse d'elle-mêmesans parvenir (et c'est là sa finitude)à (re)joindre ses deux extrémités: brèche. et plus généralement la vie de tout ce qui est humain. à l'adieu (Abschied) du destin jusqu'alors voilé de l'Etre.et s'imposant dès lors comme das Verle caché par excellence. ma vie.Vivre. simultanément. L'histoire de l'être se 60.l'absolu de l'occultation (Verborgenste*1.c'est donc se mettreen routevers une finqui n'est jamais que la réserve ou la différancede l'origine. LI.ou la plaie . en tout cas. mystèreet oubli chez Heidegger 281 clairière. celui de l'Occident. Néanmoins.dans la mesure où elle est toujoursderrièremoi. GA.celle-ci resterace qu'elle était déjà dans Sein und Zeit. et pour cause. et.mondestin. là où s'est. à partir du momentoù le regardde Heidegger. Non bergung).celui. XXXIX. seul un Dieu le peut »60mais par un début (Beginn) qui a toute l'apparence de la contingence et de l'arbitraireet qui joue. 4. va passer de la considérationdu destin de l'individu anonyme à un destin historialementplus déterminé. Reste que Sein und Zeit.là aussi. 16 Dec 2012 09:14:33 AM All use subject to JSTOR Terms and Conditions . p. diraitle psychanalyste. l'originevient seulementà l'apparaître dans le cours de l'histoire(im Geschehen)et il n'est pleinementlà qu'à sa fin»62.

Le propreencore non libéré. p...un des enseignements fondamentauxqu'Heidegger aura puisés dans la leçon de Hölderlin.p. 64. III. Le recueilen cet adieu commerassemblement (Xóyoç)de l'extrême(Icr^aTov)de son essenceantérieureest l'eschatologie de l'Etre.en effet.Que l'originene puisse être immédiatement assumée que sur le mode du départ et de l'oubli.ce que nous ne nous sommespas donné à nousmême. L'Etre même comme destinai est en soi eschatologique »e3.a toujours été définiecommeune impossibilitésimultanéed'entreret de sortir.Dans le commencement. l'humanité historiquene peut pas se mouvoir librementdans les possibilitésouverteset articuléesde son essence. Lili..mais elle désigne aussi ce qui nous appartient(ou à quoi nous appartenons) par nature. 16 Dec 2012 09:14:33 AM All use subject to JSTOR Terms and Conditions .282 Jean-FrançoisMarquei recueilleen cet adieu. 154. par contre. de l'hommetragiquequi a assumél'angoissede l'étrangetéradicale : « L'aventurierest simplementhors de tout chez soi . p. et Heidegger s'inscritdans la même tradition. Brokmeier . Sur VAbschied(comme Ankunftdes Gewesen). bien qu'il constitue paradoxalement ce qui nous est le plus propre (das Eigene) : « Le proprereste souvent longtempsétrangerà l'homme parce que celui-cil'abandonne sans se l'être approprié. et donc l'objet propre de cette angoissequi n'a cessé de nous servirde guide depuis le début de cette enquête.L'origine. Unterwegsder Sprache.il oppose le statutde l'aventurieret celui du Scwotoctoc. 163. p. l'être le plus inquiétant. 62.ne doit pas être comprise dans un sens seulementchronologique.c'est néanmoinsdans la la plus haute Verborgenheit de Verborgenheit l'origineque la mort elle-mêmeva trouverson enracinementfondamental.modifiée . de Boehme à Kierkegaard.cf. Ibid. 66. L'esquiver dans le « vaillant oubli » de l'exil.celle-ci demeure YUnheimlichpar excellence. Sur le sens d'unlcrgehen( = entréedans la Verbergung). Vorträgeund Aufsätze.p. qu'elle représentepour l'hommeune proximitéinsoutenableet accablante. et que par conséquent nous ne maîtrisonspas.et bien qu'il demeurevrai que « dans la mortse recueille de l'Etre »€4. Dès lors. aussi Unterwegszur Sprache. *¿4. 23. 63.lorsque. c'est là. p.. 65. This content downloaded on Sun. Holzwege. à propos d'Antigone. la patrie purementlaissée à elle-mêmeronge l'esprit et le menace de consomption»••. p.. 301-302 (trad. telle sera la seule voie pour retrouverun jour l'originede manièreà pouvoir la soutenir: en attendant. 267). L'angoisse. UA. on le sait.cf.Et il abandonne le propre parce que ce dernier menace immédiatement d'accabler (überwältigen) l'homme66.s'inscritdans une manière le SeivÓTOtTOç.

est une x<XTacFTpo<p7J (Umkehrung) qui le détourne(abkehrt)de l'essence propre.L'homme est. 70. GA. Vorträge und Aufsätze.s'inaugurepar cettechuteelle-mêmeoubliée dans l'oubli » ou du « pli » (Zwiefalt) de l'Etre et de l'étant71. p.c'est la naissance grecque de la métaphysique. Cf. p. p. Or. c'est cette violence qu'ils esquiverontsouverainementen excellant dans la « clarté de l'exposition». appuyé sur le dire de Hölderlin.évoque un être-à-la-mort d'un individu.c'est-à-diredu « feudu ciel ». mystèreet oubli chez Heidegger 283 d'être-chez-soi. ne trouve pas accès à celle-ci.entrerdans l'espace où celle-ci deviendraitnotre possible le plus propre.quelque chose qu'on peut identifierdans un premiertemps à la mort68dans la mesureoù se connaîtresoi-même. à l'intérieurde sa propre essence. en posant l'Etre comme être d'un étant (l'œuvre. La pensée « occidentale »...par ex.. par son étymologie fonctionnantau niveau non plus même.e. 91. 68.disions-nous.Il y a quelque chosequi repousseperpétuellement l'hommelorsqu'iltented'accéder directementà sa vérité intérieure. 292. Ibid. This content downloaded on Sun.reste exclue d'elle et sans issue à l'accès dans son propremilieu essentiel»e7. p.c'est se connaître comme mortel. l'unique catastrophe»69. 71. XXXIX. i. p. 92-93. 40.le début qui a offusquéle commencement. C'est uniquementen poussant jusqu'au bout cette catastrophe. 69.dans . la diversionpremière. demeurefidèleaux mêmesstructuresque nous avons vu se mettre en place dès Sein und Zeit et s'affinerpeu à peu. nous voudrions seulementindiquer commentlà encore notre auteur. 37 et IdentitätundDifferenz. 94.mais plus l'être-à-la-mort n'est peut-êtrequ'une conséquence. p.III. 16 Dec 2012 09:14:33 AM All use subject to JSTOR Terms and Conditions .Mort.à savoir dans celle qui. ne cesse de répéter Heidegger. de la « différence 67.« l'étrangetéde l'étrangeconsisteen ce que l'homme. au sein de l'étant.un retournement son essencemême. profondément nous l'avons vu.mais d'une parole).Nous n'insisteronspas sur ce thème qui èst sans doute l'élémentle plus connu (nous dirionsmême le plus rebattu) de la pensée heideggerienne . de P « être-frappé(Betroffenwerden) par la violence de l'Etre »70. Ibid. tó Ipyov) et être de /'étant(la métaphysique proprementdit). dans le cadre de l'histoire de l'Occident (nom qui. 4e éd. cette diversionoù nous oublionsl'empriseinsoutenablede l'origine que nous pouvons finalement. et non pas une cause du barrage de l'origine : en fait. La « catastrophe» de la métaphysiqueva surgiren Grèce précisémentparce que les Grecssont les plus prochesde l'origine. Ibid..

LIV. c'est-à-direde ce début-écranoù tout s'est mis en route sur le refoulementde la véritable origine.que la différencede l'Etre à l'étant est amenée à la lumière.nous a intraduisible. XXXIX. 72. LV.» Ce texte.resurgitdans sa différence face à une pensée désormaissusceptiblede l'assumer. c'est plutôt « l'accomplissementde l'histoiredu premierdébut ».par une épiphanie qu'Heidegger compare à celle. p. paru proprement 73.2e éd. et. p. 4U. écrit Heidegger. 292. 74. dans ce questionnement.un « signe historiquede la proximité du commencementinitial »74. Préfaceà la 3e éditionde VomWesendes Grundes{Wegmarken. 296. et ce que nous vivons dans l'expérience actuelle de la pensée.car « dans l'essence du danger » que représentela technique« se cache la possibilitéd'un virage (Kehre) où l'oubli de l'essence de l'Etre se retournede telle sorte qu'avec ce virage la vérité de l'essence de l'Etre entre proprementdans l'étant »75. à vu nous déjà familière.pour un jour êtreéprouvéeet questionnéecommeune telle différence. néant. 21) ! « JenesnichtendeNichtdes Nichtsund dieses nichtendeNichtder Differenz sindzwarnichteinerlei. l'Etre. Die Technikund die Kehre.en posant l'étant en dehors de toute référence à l'Etre. p.284 Jean-FrançoisMarquei c'est-à-direpar l'oubli du Nicht de la différence ontologiquedont « est la même chose » (das Heideggerprécise expressémentqu'il la face ou le le nocturne Nichts. 16 Dec 2012 09:14:33 AM All use subject to JSTOR Terms and Conditions .commeobjet de la manipulationillimitée de la technique : « C'est par elle [la métaphysique]et son histoire. nous n'en sommespas encorelà. This content downloaded on Sun. désormaisdélesté de l'étant qui a cristallisé radicale dans l'universde la technique.Mais la métaphysique.de la facultéde « compter Grecs: partisde l'administration et d'ordonnerjusqu'à l'organisation». 75.aber das Selbe im Sinnedessen. 76. Autrementdit.Comme l'avait si profondément Hölderlin.va précisémentla défaire involontairement dans son évolution vers le nihilisme. p.de Yéclair. nous avons à aller vers « l'être-frappé(Betroffenheit) par l'Etre »76. 202.was im Wesendendes Seinsdes Seiendenzusammengehört. p.c'est-à-direvers cette rencontre« eschatologique» avec l'originedifférée.l'Etre lui-mêmevient pour la premièrefois à la rencontrede la pensée dans sa vérité à questionner (frag-wurdig)et change la pensée elle-même »73. GA.du « commencement initial(anfänglicheAnfang) » ..notredestin est donc inverseet symétriquede celui des de l'étant.fortclairen allemand. GA. Sans doute.. abruptede l'Etre Selbe) que dont parlait Was ist Metaphysik?72.issue de cette confusion. mais cet accomplissement est dira Heidegger. GA.

depuis le début de notre enquête. c'est-à-diredu Jeu suprême auquel l'homme est conduit sur son chemin terrestreet où lui-mêmeest mis en jeu »81.. p. LIV.penser. qu'il faut comprendrela notion au premierabord si surprenante de bonne mort8*. p.ce qui expliqueque le premierpas versl'origine . p. GA.. que peut signifierl'impératifde cette tâche. Oublilui-mêmeoublié. 79.Munierin QuestionsI. 138-139.sauver. de ses penseurs et de ses poètes que s'accomplit le destin individuelqu'explorait Sein und Zeit ? Reste que cependant. 83.cf. dira-t-on. p. p. se fermer.. Metaphysik. pour nous comblerou (et ?) nous détruire. 16 Dec 2012 09:14:33 AM All use subject to JSTOR Terms and Conditions . garantir: jeux de mots. 81. Même si elle apparaît toujours comme le comble de la ce que Heideggerva de plus en plus entendredans Verborgenheit. immédiatementinsoutenable.Mort. Ce qui nous attend dans l'obscuritéde la mort. la mort va se définircomme cette « arche du Néant » où s'abrite. GA. 167. 51. « Il a bonne mort » quand l'homme. p. ce terme. Préau. LV. GA. LV. Cf.à « remettre d'abord la pensée en présencede l'oubli de l'Etre » (introduction à Was ist Wegmarken. joué par le jeu même de l'essence qui vient à la parole »77. 25. 328).nous metradicalementen jeu : « La mortest le don encoreimpenséde la mesurede l'Immense.le premier degréde l'angoisse. maisc'est une miseà l'abri (ein Bergen). en tant que se retirervers l'abri (sich-verbergen). 241). 84.mais où il faut voir « le jeu caché de la parole. p. p. n'est p.c'est l'originemême qui. dans son mystère (Geheimnis).p. sinon précisé? N'est-ce pas dès lors dans le destincollectif mentd'être-à-la-mort de l'Occident.audacieusementrapprochéde verbürgen. du fondde cette nuit. 175. Préau. 187 trad.à la fois cacher.c'est-à-direde l'Etre sous sa face insoutenablede ToutAutre. This content downloaded on Sun.a été enfouie. 67 : « xpÚ7TTea8ai.aussi III..en laquelle pas simplement demeurepréservéela possibilitéessentiellede l'émergence(Aufgehen)» (trad. p. 80. 78.préservée. Vorträgeund Aufsätze. « vient sur nous »80pour une rencontrequi.Cf. Ibid.II. qu'introduitla conférencede 1951 Bâtir. abriter. 82.consisteà se souvenirde l'oubli. Réserve de l'origine. nous avons vu la mort changer.pensonsnous.posée commefuture78 par l'acte inauguralde l'oubli79. C'est dans cette perspective. aussi par exemple Vorträgeund Aufsätze. II. y 77.et qui maintenant. « l'estance mêmede l'Etre (das WesendedesSeins) »8a. Ibid. mystèreet oubli chez Heidegger 285 Or. 30).elle va êtrece « recueil de l'abri (Ge-birg) »83 dont le nom même évoque la montagne (Gebirge) silencieuse où s'enfonce le marcheur solitaire de la dixième Elégie de Duino. de Néant. trad. 52.au lieu de habiter. Der Satz vomGrund.III. 200. c'est l'ambiguïté du verbe bergen.

Was ist Metaphysik. 63.de part et d'autre de la Terre et du Ciel. une foisacceptée.accessible aux mortels.e. en effet.le « lieu-tenantdu Néant »8eet le place du même coup. 196). cette assomptionde Yabsence fait de lui. This content downloaded on Sun. 300).uniquementpour resterpar cela plus présent dans le sens d'une permanence. in Wegmarken. chez Heidegger. p. 44. p. p. sa persistance abusive dans la présence? C'est cette mauvaise mortqu'évoquent. 87..et sans la désigner commetelle.libèreen lui.p. i. Ent-eignis90.Le transitoirement séjournantne 85. Erläuterungen.pourradevenircelle du face à face. 89.Mais.et nous assignerenfin notre place propre dans le jeu des Quatre : à la place de l'abîme (Abgrund. qui s'exprime dans le mot et dans le concept de la cpúaiç» {GA. Brockmeier. D'où l'affirmationselon laquelle « lexpénence fondamentale d aujourd'hui devra être plus originelle que celle des Grecs.dans une relationinternequ'on peut tout d'abord appeler Yallenle. 15 (cf.qui.mais qui. L'advenu peut même persisteren son séjour.p. C'est sa « disponibilité pour la mort » (Bereitschaftzum Tode) qui qualifie l'Allemand pour cette épreuve de la vérité de l'Etre {ibid. de « chaos » et de « sacré » (cf. précisait Hölderlin dans une variante de Mnémosyne. p. p. 62. de l'espace et du temps (le champde présencede l'étant) .Er eignis fondamentaloù chaque terme étant entré dans son propre (Eigene) s'articuleaux autresdans un jeu qui est celuimêmede l'Un. d'être mortel.. 340 (trad. commenous l'indiquionsplus haut. vis-à-vis de la face positive de l'Etre . 16 Dec 2012 09:14:33 AM All use subject to JSTOR Terms and Conditions . Peut-être reviendrons-nous ultérieurementsur ce problème. ce qui exigerait l'examen des notions hölderliniennesd' « immédiat ».ce qui peut précisément. Zur Sache des Denfcens.. l'ex-propriation ne signifiera-t-elle pas pour lui. aussi p. 88. d. à propos d'Anaximandre. lorsque l'assomption sera complète. la dernièrepartie du cours déjà cité de 1941 (Grundbegriffe)et l'étude finaledes Holzwege: « Comme présent. doit nous changer. dernièreformede la XtjOt). GA} XXXIX.d'hommes. Cf.. LV.la face négative de l'Etre)88. Holzweae. qui serait.et lui seul le peut séjournetransitoirement en même temps s'attarder en son séjour. sinon aux dieux. XXXIX. dès lors. 181). Nous laissons ici de côté la question de savoir à quoi peut correspondre l'Etre considéré comme la source ou l'englobant de ses deux aspects. Cf. Place. 106.en mortels. l'homme a si pour destinpropre ex-propriation. 247). Reste que YEr-eignissuggère comme sa moitié d'ombre une de la Verbergung. pour en faire usage (Brauch). sa possibilitéla plus fondamentalequi est celle de la non-présence. c'est cette fameusegorgée à nous à traversla différence de poisondontles Grecs87se sont détournéset qui. 71).est toujours figuréepar les dieux .286 Jean-FrançoisMarquei « se durcirdans l'insistance»8Sde la présence. 90.vis-à-visdes dieux (la face positive de l'Etre)89.c'est-à-direde pouvoir s'absenter. Ce qui se destine de l'oubli. 86.

Dans la mort.C'est là oublier est présentementdans la mesureoù que « le présentement-présent il se laisse appartenirau non-présent»92et que « la persistance enlève à la présencela possibilitéde ce qui lui appartienten tant que provenanceet eclosión. Persisterdans la présence (l'erreuroriginellede toute vie. LI.les mortelsdeviennentim-mortels»96. J. Marquet. Il ne se tourneplus vers les autres présents. p. p.Il s'étale dans l'obstination de l'insistance. 75. sur Hölderlin. 289). 327-328 (trad. 97. disparaît. Holzwege.sur la permanencedu persister»91. 113. c'est-à-diredu temps.aussi peu que la mortmême »97. étouffer en soi la possibilitéde s'absenterdans la mort. 120-121. Ibid. c'est. et pour entreroù. 16 Dec 2012 09:14:33 AM All use subject to JSTOR Terms and Conditions . 91. par notre fuite devant cette mort. c'est enfin. This content downloaded on Sun. GA. 165. 94... dans une des dernièresconférences: « L"AXif]6sta n'est riende mortel. p. faire du temps une simple fuite d'instants94. p. Brockmeier.Ainsi il s'expatrie de son séjour transitoire. Erläuterungen. p. c'est là une question qui ne relève plus de l'interrogationphilosophique. Brockmeier..manquer abso: « En tant que la mort lumentcela seul où s'annonce Yimmortalité un des lisons-nous dans dernierscommentaires elle vient.La mortest sortie du plan de l'originedifférée.-F. p. Sein und Zeit.alors que dans sa vérité il est le jeu même où s'ajointent présence et absence95.c'est transformerla mort elle-mêmeen accidentabsolu. 425 : « Das Dasein kennt die flüchtigeZeit aus dem fluchtigenWissen um seinen Tod.287 Mort. 92.et ce point est sans doute le plus grave. mystèreet oubli chez Heidegger veut pas démordrede sa présence. on est frappé de la proximité de Heidegger et du Rilke des Sonnets à Orphée. et. p.comme si c'était là séjourner. diraient les historiens. 1' « ensauvager ». Cf. Zur Sache des Denkens. GA. 96. 329 trad.. 93. » 95. mais qui sort. p. Les mortelsmeurentla mort en vivant. mais aussi de toute métaphysique).c'est-à-direde partiret d'échapper(das Zurückgehenund die Entgängnis) »93. p. 291 .Il s'obstine. Là encore.