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Paragraphe 1: L’exception de l’inexéction

C’est un moyen de défense qui peut être utilisé dans la situation où l’une
des parties réclame l’exécution du contrat sans avoir elle-même exécuter
son obligation. Dans cette hypothèse, l’autre partie ca pouvoir au nom de
l’exception de l’exécution repousser ou refuser cette demande. Cette
possibilité n’est fondée sr aucun texte général du code civil. Les projets de
réforme prévoient de combler cette lacune, mais ne sont que des projets.
L’hypothétique art. 1157 disposerait « dans un contrat synallagmatique,
chaque partie peut refuser d’exécuter son obligation tant que d’autres
n’exécutent pas la sienne ». ce n’est qu’un projet.

On dispose actuellement de quelques dispositions éparses dans le code


civil. L’art. 1612 traite du contrat de vente, il dispose que le vendeur n’est
pas tenu de délivrer la chose si l’acheteur n’en paie pas le prix. S’agissant
de l’échange l’art. 1704 c. civ. dispose que si l’un des copermutants a déjà
reçu la chose à lui donner en échange et qui prouve ensuite que l’autre
contractant n’est pas propriétaire de cette chose il ne peut être forcé à
livrer celle qu’l a promis en contre-échange.

C’est à partir de ces textes spécifiques que la théorie générale de


l’exception de l’inexécution a été discutée par la doctrine et a amené la
jurisprudence a poser cette norme.

Les conditions de l’exception de l’inexécution

Il n’est pas nécessaire :

- De solliciter le juge, c’est donc un moyen de justice privée ;

- De mettre en demeure son partenaire contractuel, cependant si la


mise en œuvre n’obtient pas l’autorisation préalable du juge ne
signifie pas que le juge soit étranger à ce processus, en effet, l’une
des parties (celle à laquelle on l’oppose) peut soumettre aux juges le
comportement de l’autre pour faire juger que l’exception
d’inexécution a été employée à tort, i.e., si le juge ne contrôle pas à
priori cette exception d’inexécution il peut contrôler à postériori.

Il faut :

- Que l’on se trouve dans un contrat bilatéral ;

- Pouvoir identifier des obligations interdépendantes. Ce jeu ne


s’applique que dans es rapports entre les parties au contrat et dans le
cadre de l’exécution d’un contrat unique, i.e., il n’est pas possible de
l’utiliser pour riposter à une inexécution provenant d’un autre contrat.
Ex : on achète à crédit un écran plasma, et une console de jeux. Le
produit est défectueux. On peut souhaiter ne pas rembourser le crédit
car le produit est défectueux, mais il se trouve que les contrats sont
distincts et donc on ne peut pas refuser de rembourser le crédit.

Au-delà du contrat bilatéral, on a vu des dépassements de la théorie de


l’exception de l’inexécution. Ce domaine a pu jouer s’agissant de la question
des restitutions. Dans cette question, la cour de cassation a admis que
l’exception de l’inexécution pouvait s’appliquer. Elle a également pu jouer
dans les quasi-contrats, notamment dans la gestion d’affaires.

Cette extension a parfois été source de difficultés en pratique, notamment


lorsque l’on se trouve en présence d’un contrat bilatéral imparfait, i.e., un
contrat qu’à l’origine est unilatéral mais qui postérieurement à sa
conclusion génère des obligations à la charge de celui qui n’en n’avait
aucune. Ex : contrat de dépôt, normalement ne génère que des obligations
pour le dépositaire (celui qui reçoit l’objet), mais si le dépositaire a avancé
des fonds et a assumé des frais pour la garde de la chose, le déposant va se
trouver obligé d’assumer la charge financière de ces frais de conservation,
c’est un contrat qui devient quasi synallagmatique. Que faire dans cette
hypothèse ? En principe lorsque la loi le prévoit, l’exception de l’inexécution
joue (pour le contrat de dépôt l’art. 1947 offre aux dépositaires des moyens
de pression en lui permettant la possibilité de refuser la restitution de la
chose déposée tant qu’il n’a pas été indemnisé par le déposant des frais de
conservation). A delà, la position majoritaire affirme qu’il faut un texte
spécial pour les contrats synallagmatiques imparfaits et le jeu de l’exception
de l’inexécution a pu être refusée pour le prêt à usage faute de texte spécial
le prévoyant.

Deuxièmement il faut une simultanéité, i.e., elle ne peut être invoquée que
pour une obligation exécutoire, i.e., une obligation qui devait être
immédiatement exécutée. Les conséquences immédiates c’est que
l’exception de l’inexécution ne peut jouer dans le cadre où un délai est
consenti pour le paiement. Il faut également avoir égard à l’ordre des
obligations. En effet certains usages et pratiques peuvent définir n ordre
pour l’exécution des obligations. Ex : dans le secteur de l’hôtellerie ou
restauration – en principe le client ne paie qu’une fois la prestation
accomplie.

Il faut encore qu’il y ait une authentique inexécution. Cette inexécution peut
indifféremment être fautive ou non. Peu importe qu’elle soit totale ou
partielle. Cependant, lorsqu’il s’agit d’une inexécution partielle, le juge saisi
à postériori va pour apprécier la licéité de l’exception de l’inexécution
apprécier l’importance du manquement contractuel, i.e., elle ne peut être
employée lorsque l’inexécution porte sur une obligation secondaire n’ayant
que peu d’importance. Ce raisonnement est illustré s’agissant du contrat de
bail. Il se peut parfois que l’habitation louée présente des défauts. Le
locataire se pose des questions s’il doit payer. Il y a deux situations :
- soit le défaut du bien est tel que le locataire ne peut plus
paisiblement jouir du local → l’exception de l’inexécution peut jouer ;

- si l’inexécution du propriétaire est mineure, elle ne justifie pas le


recours à l’exception de l’inexécution.

C’est une riposte graduée.

Les effets de l’exception de l’inexécution

Les effets entre les parties


L’exception de l’inexécution présente un double visage, c’est à la fois une
arme défensive et un moyen de pression.

- Arme défensive : elle n’ pas pour effet d’anéantir le contrat. Il y a une


suspension de l’exécution du contrat. Cette paralysie du contrat
présente une nature temporaire, dans l’espoir que l’exécution
reprenne.

- Moyen de pression : on retient sa propre prestation pour inciter


l’autre à respecter le contrat, et exécuter ses engagements. Ce
moyen peut parfois être efficace, notamment en matière de contrat
de bail. Mais ce moyen prélude parfois à l’anéantissement du contrat.

Les effets à l’égard des tiers


L’exception de l’inexécution est imposable à tous les tiers qui fondent une
prétention sur le contrat, i.e., un tiers au contrat ne pourra pas reprocher à
la parti qui y a recours le défaut d’exécution.

Ce n’est qu’une mesure provisoire, mais parfois il faut aller plus loin et
envisager sa destruction.

Paragraphe 2 : La résolution du contrat par l’inexécution


Il y a un mécanisme particulier, c’est la résolution, en principe judiciaire.
Pour se séparer il faut en principe aller voir un tiers impartial.

Le principe de résolution judiciaire connait une exception qui tente à se


développer car malgré les risques est plus rapide, c’est a résolution
extrajudiciaire.
La résolution judiciaire du contrat
Fondée sur l’art. 1184 c. civ. qui dispose que « la condition résolutoire est
toujours sous entendue dans les contrats synallagmatiques pour le cas où
l’une des parties ne satisfera point à son engagement ». Cette possibilité est
présentée comme l’effet d’une clause du contrat, d’une condition
résolutoire. Cela signifie que pour le code civil les parties sont censées avoir
toujours et de manière tacite envisagé la possibilité d’une difficulté
d’exécution, et avoir admis que cette possibilité d’inexécution entrainera la
destruction du contrat. Cette présomption ne correspond pas à la réalité.
Très fréquemment, lorsque les parties contractent n’imaginent pas
l’inexécution ni même de passer devant le juge pour la résolution.

En droit romain, il n’existait pas le principe général de résolution du contrat,


les parties devaient donc dès le début prévoir le pire, i.e., l’inexécution et
donc devaient introduire dans leur contrat une clause résolutoire. Cette
pratique s’est tellement répandu qu’elle est devenue une clause de style
(pacte commissoire), ainsi les juges ont considéré qu’elle était sous-
entendue. L’art. 1184 est l’héritier de cette histoire, il consacre des
décisions jurisprudentielles antérieures. Mais il aurait pu prévoir autrement,
mais les codificateurs n’ont pas choisi cette formule au nom de la liberté
des volontés, i.e., ce n’est pas la personne publique qui créé chez le
particulier des obligations contractuelles.

L’art. 1184 rappelle également que le mode naturel de rupture d’un contrat
c’est le mutus discensus, i.e., le commun accord se voit en face s’en passer
par l’intervention d’un tiers extérieur.

Néanmoins aujourd’hui on considère que le juge est le tiers naturel vers


lequel on doit se tourner lorsque l’une des parties envisage de quitter
l’autre et que l’autre partie n’est pas d’accord avec cette rupture.

Les conditions de la résolution judiciaire


Il y en a deux :

- Condition tenant au domaine de l’art. 1184 :

- L’authentique inexécution :