Le sursaut républicain

,
Résumé de la contribution générale - congrès de Poitiers - Maintenant la gauche

un coup de jeune pour le socialisme !
Pourquoi une contribution générale ?
Issu de la motion 3 du congrès de Toulouse, Maintenant la Gauche est un courant du Parti socialiste
qui participe activement depuis deux ans et demi aux débats qui animent notre famille politique.
Constants sur nos positions, nous rappelons depuis 2012 que les engagements pris devant les électeurs doivent constituer la boussole de notre action au gouvernement. Nous ne nous reconnaissons pas dans la logique du «pacte de responsabilité» qui relève à nos yeux de théories libérales
dépassées.
Nous avons souhaité faire œuvre constructive en apportant toujours des propositions alternatives
aux mesures que nous critiquons. C’est pourquoi nous avons notamment publié en 2013 un plan
de relance écologique et social, un dossier détaillé sur ce que pourrait être une véritable réforme
fiscale de gauche et en 2014 un Manifeste pour une alternative à gauche» recueil de propositions
pour réussir la deuxième partie du quinquennat.
Dans les instances nationales, au niveau fédéral et dans les sections, nous participons pleinement à
la réflexion collective des socialistes. Il est donc naturel pour notre courant de le faire aujourd’hui
à travers cette contribution générale dans le cadre des échanges préparatoires au congrès de Poitiers.
Les événements tragiques qui ont frappé notre
pays montrent l’importance des défis que doit
relever la France. L’ampleur de la mobilisation
qui a suivi manifeste clairement l’attachement
des Français aux valeurs de la République. Nous
avons la responsabilité de prolonger cet élan et
le devoir de redonner force à notre modèle républicain.
Restaurer le primat du politique sur l’économique et le financier, redonner du sens à la
notion de souveraineté populaire aujourd’hui
malmenée, mobiliser la société : telles sont les
conditions du sursaut.

I. Les conditions du sursaut
1) Redonner du sens et de la force à la
souveraineté populaire
La démocratie se perd quand nos concitoyens
voient leurs élus plus prompts à redouter la
pression des marchés que la colère des peuples.
Contre l’idée fausse qui voudrait qu’il n’y ait
«  pas d’alternative  » au libéralisme et à l’austé-

Résumé de la contribution générale - Congrès de Poitiers

rité, nous réaffirmons que le choix appartient
aux peuples et qu’il n’y a aucune vérité révélée
en matière de politique économique :
• un moratoire à l’échelle européenne sur le
pacte de stabilité et une politique de relance
• la non ratification par le gouvernement français des traités transatlantiques (TTIP et
CETA)
• une seconde étape à la loi de séparation
bancaire, très largement insuffisante aujourd’hui
• relancer des politiques industrielles en développant des plans de filières et investissements publics
• une réforme institutionnelle majeure pour
parvenir à une République parlementaire
et primo-ministérielle qui fasse sa place à la
démocratie directe et participative

2) Le sursaut républicain implique la
rupture avec les politiques d’austérité
Ni le « pacte de compétitivité » et son CICE, ni le
« pacte de responsabilité », c’est à dire la baisse
massive des cotisations sociales financée par la

1

baisse des dépenses publiques, ne figuraient parmi
les engagements de campagne de François Hollande.
Les résultats de cette politique ne sont pas au rendez-vous et ne pouvaient pas l’être ! Si les déficits
publics se sont creusés, c’est faute de recettes et
non à cause d’un dérapage des dépenses publiques.
Si les entreprises souffrent, c’est faute de clients,
et non à cause du montant des salaires. Tous les
organismes internationaux (OCDE, FMI) le reconnaissent : l’austérité est responsable de la situation
en Europe.
Depuis plus de deux ans, nous préconisons d’assumer une politique de relance par un soutien au pouvoir d’achat et par des investissements publics. Il ne
suffit pas, en effet, d’en appeler à une relance en Europe ou en Allemagne. L’heure n’est plus aux vœux
pieux : il faut changer de politique, maintenant, en
France.

3) Le sursaut républicain passe par la
réduction des inégalités
• la politique salariale doit faire l’objet d’une
conférence annuelle ayant notamment pour
objet l’augmentation du SMIC
• mettons fin au gel des salaires dans la fonction
publique
• améliorons temporairement l’indemnisation
chômage, facilitons le recours au chômage partiel, revalorisons et versons le « RSA activité »
à tous les travailleurs modestes, ouvrons l’accès
aux minima sociaux à 18 ans.
• mettons enfin en œuvre la réforme fiscale avec
une architecture claire, simple et juste pour être
comprise de tous, afin de réduire les inégalités
et de soutenir l’économie productive et écologique : restaurer la progressivité de l’impôt sur
le revenu, réduire la fiscalité indirecte, structurer un impôt sur les sociétés progressif et
différencié selon la taille des entreprises et la
part des bénéfices affectée au travail (salaires,
emploi, formation) ou à l’investissement.

4) Le sursaut républicain, c’est faire
avancer les droits des travailleurs
La gauche, c’est la conquête de nouveaux droits sociaux. Quand les droits des salariés sont considérés
comme des handicaps et rognés, c’est la République,
la République sociale, qui recule. Aujourd’hui, nous
sommes en colère de constater qu’en notre nom,
un gouvernement de gauche multiplie les attaques
contre les droits des salariés. Parmi les dérives les
plus navrantes auxquelles nous avons assisté de-

2

puis près de deux ans et demi, la loi « Macron » est la
plus choquante.
Nous ne croyons pas à une concurrence bonne par
nature quand la réglementation serait, elle, mauvaise en soi. Le débat ne peut être réduit au travail
du dimanche, d’autres sujets graves sont aussi maltraités par ce texte : fragilisation des salariés et de
leurs droits face aux plans sociaux, privatisation des
aéroports et du GIAT, dérégulation des professions
réglementées qu’il faudrait au contraire mieux encadrer.
Rompons avec cette logique libérale et rassemblons
la gauche parlementaire par le vote d’une loi mettant en œuvre les engagements de la campagne présidentielle :
• augmentation des cotisations chômage sur les
entreprises qui abusent des emplois précaires
- encadrement des licenciements économiques
pour combattre les licenciements boursiers
• droit de reprise prioritaire par les salariés en
cas de cession ou de transmission d’entreprise
• droit de véto aux comités d’entreprises sur les
sujets cruciaux pour l’avenir de l’entreprise
avec une présence renforcée des salariés aux
conseils d’administration

5) La République qui protège : garantir
les droits fondamentaux
a. Le droit à la sécurité
Le gouvernement a justement exprimé son refus
d’un Patriot Act à la française. Des moyens supplémentaires doivent être dégagés pour les missions
de renseignement et de surveillance, la police mais
aussi la justice, l’administration pénitentiaire, la
protection judiciaire de la jeunesse. Le recrutement
de fonctionnaires supplémentaires et bien formés
est indispensable. Il faut en finir avec les discours
sur la diminution de l’emploi public et les coupes à
hauteur de 50 milliards d’euros dans le budget de
l’Etat.
Mais la sécurité de nos concitoyens ne se réduit pas
à la lutte contre le terrorisme. Il faut prendre à bras
le corps la lutte contre une délinquance qui affecte
surtout les plus modestes. Le trafic de drogue s’accentue dans certains territoires, l’économie parallèle mine l’intégration républicaine. Il en va de même
du trafic et de la possession d’armes de guerre.
b. Le droit à la santé pour tous
• un plan ambitieux de remise à niveau de
l’hôpital public, de création d’un maillage de

maintenantlagauche.fr

maisons de santé garantissant l’accès aux soins
sur tout le territoire
• levons le numerus clausus en médecine car
onmanque de praticiens
La capacité d’action de la puissance publique en matière de soins de proximité passe par une mutation
profonde des modes de rémunération des médecins
généralistes avec l’introduction du paiement au forfait. Il faudra aussi revenir sur la liberté totale d’installation qui accentue le phénomène des déserts
médicaux. Le pacte de responsabilité et la réduction massive des cotisations sociales menacent le
financement de la protection sociale. Il faut rompre
avec cette logique néfaste mais aussi prévoir une
réforme du financement de la protection sociale  :
au-delà d’un accroissement de la CSG rendue progressive, c’est le versement de cotisations sociales
par les entreprises sur la base de la valeur ajoutée.
c. Le droit au logement
• une loi de programmation qui réponde vraiment
à la crise du logement en assurant la réalisation
de 150  000 logements sociaux à loyers
réellement bas
• appliquer avec volontarisme les sanctions
prévues par la loi SRU dans les communes
défaillantes
• appliquer la loi ALUR votée par toute la gauche
et en premier lieu l’encadrement des loyers,
les mesures contre les ventes à la découpe, la
Garantie Universelle des Loyers.
Mieux vivre ensemble  c’est lutter résolument
contre les fractures territoriales. Le service public
doit revenir massivement dans les quartiers populaires de nos banlieues avec l’école publique, l’éducation populaire, la lutte contre la délinquance, des
mesures volontaristes en faveur de l’emploi et d’action contre toutes les discriminations. C’est à l’État
de reprendre la main pour mettre en place dans
chacun de ces quartiers un programme d’actions
concrètes et durables avec des financements garantis au moins pour 5 ans.

6) La République qui émancipe  :
partager les savoirs
a. L’Éducation d’abord et toujours
• les écoles supérieures du professorat et de
l’éducation doivent accélérer leur montée en
puissance avec des moyens garantis. Les 60 000
postes annoncés sont en réalité en dessous des
besoins réels. Le traitement des enseignants
doit être revalorisé et devenir attractif.
• poursuivons l’effort sur l’accueil des enfants de

Résumé de la contribution générale - Congrès de Poitiers

moins de 3 ans et augmentons les moyens de
l’enseignement primaire. Le dispositif « plus de
maîtres que de classes  », doit au plus vite être
effectif dans l’ensemble des réseaux d’éducation prioritaire.
• reprenons l’idée d’une école obligatoire, retirons à l’école privée hors contrat tous les financements dont elle bénéficie à travers des Fondations indûment reconnues d’utilité publique,
exerçons des contrôles sans concessions sur la
scolarisation à domicile.
b. Un nouveau souffle pour l’éducation populaire
L’éducation populaire doit retrouver le soutien
de la puissance publique. La réforme des rythmes
scolaires doit être évaluée à l’aune des exigences
de l’égalité républicaine, nous n’acceptons pas que
certaines communes fassent payer aux familles ces
activités. Nous proposons des assises de l’éducation
populaire et un fléchage de services civiques vers
les mouvements d’éducation populaire.
c. Le droit à une information de qualité
Se donner les moyens d’une alternative à ‘la mise à
disposition de temps de cerveau disponible’ est une
urgence démocratique. Pour une plus grande indépendance des médias, nous défendons une loi interdisant la prise de contrôle des groupes de presse
par des sociétés bénéficiant de façon substantielle
de la commande publique.
d. Vive la culture !
Bon nombre de collectivités locales se désengagent
du secteur culturel. La présence culturelle de la
France à l’étranger subit aussi des coupes sombres.
Nous devons stopper cette érosion, consolider le
régime des intermittents du spectacle et défendre
l’idée d’exception culturelle face à la marchandisation et à la concurrence dans les échanges internationaux.
e. Défendre, promouvoir, faire vivre la laïcité
La République garantit à tous les Français la liberté
de conscience, celle de croire ou de ne pas croire. Elle
doit être capable de rappeler à l’ordre ceux de ses
élus locaux qui instrumentalisent et entretiennent
les communautarismes à des fins de contrôle social
ou électoral.
Il est essentiel de rappeler que le délit de blasphème
n’existe pas mais que la liberté d’expression n’autorise pas à violer la loi. Nous lutterons avec acharnement, demain comme hier, contre le racisme et
l’antisémitisme. C’est la laïcité qui permet le vivre
ensemble. Notre pays doit garantir la liberté de culte
pour tous dans le respect strict de la loi de 1905.

3

7) Porter un regard lucide sur le monde
La « fin de l’histoire » n’a pas eu lieu, la guerre froide
a été remplacée par des risques majeurs d’ampleur
planétaire. Nous ne faisons pas partie de ceux qui
pensent que la France est un trop petit pays pour
peser sur les affaires du Monde. Elle a au contraire
un rôle à la fois singulier et universel à assumer.
Face au terrorisme, nous récusons le discours de la
« guerre de civilisations ». La majorité des victimes
de l’islamisme radical sont des musulmans.
Les socialistes et le gouvernement doivent aussi
reprendre le combat en faveur d’une réduction multilatérale des armements nucléaires, dans l’objectif
de leur disparition à terme.
Nous devons tout faire pour que la conférence internationale sur le climat à Paris fin 2015 aboutisse
à un accord avec des engagements contraignants
pour les parties prenantes et un calendrier sérieux.
La transition énergétique repose pour nous sur le
triptyque sobriété, efficacité et énergies renouvelables. La gestion de l’énergie doit être citoyenne
et démocratique et sa tarification sociale, seule la
création d’un pôle public de l’énergie peut répondre
à cet enjeu essentiel.

II. Un parti socialiste acteur du
sursaut

défaites aux élections intermédiaires  ? Comment
se fait-il que la seule réponse apportée aux doutes
et aux questions des adhérents se résume à une injonction de solidarité aveugle avec l’exécutif ?
Socialistes, nous ne saurions avoir le culte du chef.
Si solidarité il doit y avoir, elle doit fonctionner dans
les deux sens. Solidaires de nos camarades de l’exécutif oui, mais à condition qu’eux-mêmes soient solidaires des militants et, à travers eux, des électrices
et des électeurs qui les ont porté au pouvoir, en respectant nos engagements communs.
Ce n’est pas parce qu’il y aurait une mauvaise structuration du Parti que la société civile, les associations, les syndicats rechignent aujourd’hui à rencontrer les représentants du PS ; ce n’est pas parce que
les modalités d’adhésion au PS seraient complexes
(ce n’est pas le cas) que le parti connaît aujourd’hui
une chute importante du nombre de ses adhérents ;
ce n’est pas parce que nous serions mal organisés
sur Twitter, que nous manquerions de pédagogie
ou que nos infographies ne seraient pas assez percutantes que l’exécutif et le PS sont désavoués par
l’opinion publique : c’est l’effet de la politique économique gouvernementale, qui est en contradiction
avec nos engagements de campagne et nos valeurs
et qui les éloigne de nous.
Le congrès de Poitiers ne sera pas un congrès
comme les autres. Ce que les militants décident aura
une incidence directe sur l’action gouvernementale.
Le temps du sursaut est venu. Pour la République,
pour la France, pour la gauche, sachons en être les
promoteurs et les acteurs.

Pourquoi, quand les nôtres accèdent au pouvoir
d’État, le Parti semble-t-il «  fermé pour cause de
gouvernement » ? Pourquoi l’avis de celles et ceux
qui ont permis, par leur infatigable militantisme, la
victoire électorale, est-il à ce point ignoré, en dépit
des sérieux avertissements que constituent les

Signer notre contribution sur maintenantlagauche.fr, c’est vouloir :
► Un politique de relance économique
► Une nouvelle loi bancaire
► Un recours accru à la démocratie directe et participative
► Une réforme institutionnelle majeure pour une République parlementaire et primo-ministérielle
► La fin du gel des salaires dans la fonction publique
► Une vraie réforme fiscale redistributive
► Des droits nouveaux pour les salariés dans leur entreprise
► Un plan d’investissement dans l’hôpital public et le paiement au forfait des médecins généralistes
► Une voix forte de la France dans le monde et une diplomatie française indépendante
► La création d’un pôle public de l’énergie

4

maintenantlagauche.fr

Sign up to vote on this title
UsefulNot useful