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org/details/claudemonetOOalexuoft .archive.Digitized by the Internet Archive in 2009 with funding from University of Ottawa http://www.

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Claude Monet .

Cent cinquante exemplaires sur papier d'Arches. numérotés de loi à 250. .Il a été imprimé de ce livre : Cent exemplaires sur Japon. numérotés de i à loo.

Arsène Alexandre Claude Monet PARIS LES EDITIONS BERNHEIM-JEUNE 25. Boulevard de la Madeleine 192 I .

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procéder par continuation. Qualités ou faiblesses modifie à son tour suivant son tempérament. De toute façon.i L QUE TOUT GRAND ARTISTE EST UN CONTLNUATEUR. le jeune être quelconque. il n'y a pas d'exemples du surgissement ou du développement d'un artiste original dans un isolement absolu. mation — qui parfois ont été l'artiste de longs efforts. Cette décision de eux-mêmes. si originale qu'elle soit (et même plus elle est originale) ne peut être qu'une floraison. d'une longue trans- mission de pensées. plus nécessaire de le connaître pour C'est pour cela que le rejeter les artistes que pour considérés comme Il lui est le grand même artiste peut être l'accepter. — peut coûter à se produisant au début de révélation soudaine. soit qu'il abolisse. L'individu sort d'une longue suite d'individus. le berger. rompre avec ces principes traditionnels jadis. Pas plus que la vie animale ou végétale. par réac- Cela ne change rien. pour la plupart du temps. la vie intellectuelle n'offre de phéno- mènes de génération spontanée. La pensée. une semence. L'œuvre d'art. tion. ne peut recevoir l'héritage que sous bénéfice d'inventaire. la vie. puisque. Mais. d'art. se révèle doué d'un instinct de dessin. elle est le fruit Nous en verrons ici une d'une confir- éclatante. son éducation et son rêve. d'une infinie succession d'œuvres qui œuvre de son cerveau et de ses mains ses prédécesseurs ont légué plus ou moins d'eux-mêmes. en attendant qu'elle devienne à son tour ou au peut. le sauvage. plongé dans un milieu absolument réfractaire à l'art. dès que l'enfant. d'une éblouissante intuition. Ceux que l'on pourrait citer seraient simplement des cas mal expliqués ou insuffisamment observés et suivis. Elle contraire. L'œuvre A l'homme d'art. l'effet d'autres résistances. Soit qu'il perfectionne. en bien qu'il comme en mal. il tombe aussitôt . d'un autre point de vue. les plus novateurs sortent d'un stage chez les maîtres les plus imbus de certaines traditions.

boutade de Sisley elle-même. ils par acceptation. ou plutôt nous donna une leçon pleine sujet. n'en ressort que mieux mun que parce et l'artiste les essayât et il comme en pénétrât le contraires à fond même. En effet. à ce la fatale. Le résultat de qu'il a risqué Les facultés le éprouvées par l'assimilation est plus souvent entièrement différent de ce qu'on aurait pu attendre des éléments assi- milés. semblerait entraîner cette conclusion qu'il est impossible à un artiste d'être original de façon absolue. dans notre jeunesse. éclatantes ou délicates. aux obscures qualités que son père appliquait façon indissoluble. une preuve d'originalité. ne s'élève au-dessus du courant com- un moment d'y demeurer plongé. ou bien aux travaux des artistes disparus. qui résume toutes les réflexions précédentes. la capable de fausser dangereusement les idées et la vision chez les jeunes gens qui auraient pu se sentir une vocation artistique. avec elles. ou passe entre les mains d'un maître. quand elle en tire des ressources neuves et des résultats inédits. un une remarque. Nous tournions en dérision certaines peintures de mauvais à un trop grand nombre d'exemplaires. que l'opposition consciente à ces Pour sa nature. Dès lors il est forcé de comparer ses essais à ceux des autres commençants. ni pas plus. se détache aussi en même temps. ses actions les plus surprenantes.8 sous les yeux d'un connaisseur. plus original des par réaction. humaines sont un étrange alambic. et qu'il et. lui-même continué par contrastes ou par analogies. n'est qu'au prix d'une analyse très subtile Ce qu'on peut rattacher le point d'arrivée d'un artiste à son point de départ. reproduites la popularité. mêmes combattre les traditions. mille raisons nouvelles. — Pourquoi cela tout. nous jour. la docilité aux traditions. il a fallu qu'il Sa valeur. Il vaut mieux de ces images que pas d'images du l'idée d'en faire à leur tour. Nous en déplorions considérant fit comme goût. ou bien à ceux des Tout ce qui vient d'être dit artistes qui occupent le public. Mais si . à un mouvement précédent. Tout dépend de la façon dont auront comprises. celles-ci. corollaire. Mais et la Qu'il nous nous faut indiquer avant d'entrer dans soit permis de tenir pour acquise artistes se rattache. les pour leur inspirer ? nous dit-il. parce que raisonnée. n'est pas moins. de sens. de cette originalité. laissent en dehors tout un ordre d'idées encore différent. se présentent à nos yeux. son oeuvre est un élément de l'harmonie génécomme une fleur splendide se mêle à toutes celles qui l'entourent. Dans l'immense parterre de l'art. soit comme Mais rale. Alfred Sisley. c'est l'affirmation plus énergique. Au contraire. Parole profonde. inattendues. qu'il sera s'il se rattache. et se confond nous l'étudions isolément. alors. et à gâcher le mortier Un artiste en quelque sorte ou à conduire dont il alors charrue ? sera question au cours de ce livre. il soit le vif cette vérité de notre que le sujet. Ils se correspondent cependant d'une Qui peut dire à quel degré un homme d'humble extraction qui parvient aux plus hautes dignités de l'Etat ne doit pas son génie.

. plus belle de la logique profonde de la vie et de il serait une preuve encore l'art. sauf quable. Selon le second de ces points de vue. On est en même temps l'interprète de et plus motivée ce qu'ils ne faisaient et le porteur des hommages informulés de la pensée de l'artiste vis-à-vis ce public vis-à-vis de l'artiste. même qui auraient la chance d'apporter quelques éclaircissements. nous gardons cette conviction que les œuvres des grands artistes pourraient se passer de commentaires. Il elle. son originalité apparaîtrait alors plus affirmée.Le parterre passe au second plan et drue et fleurie devient le principal personnage du poëme floral. du public. mais lecteur la foi en la Beauté et en la Nature. parce qu'on a fait ressortir de façon plus précise que vaguement sentir. et le point culminant de cette histoire. si le non pas à leur faire dire plus qu'elles ne disent. L'histoire qui réaliserait parfaitement ce dessein serait le plus édifiant des livres. et ce livre aurait ainsi incontestable en matière d'écrits sur une raison beau et le plus d'être qui n'est pas toujours l'art. ou à cause de cette multiplicité Au lieu même. à raviver chez l'on réussit. de se présenter comme une belle anomalie. Toutefois. serait à la fois l'élément intégrant d'une histoire vaste et la belle plante artiste remar- complexe. et à provoquer l'admi- communication Nature une expression de Beauté. Bien qu'ici nous ajoutions des pages à tant d'autres pages. Elles demeureront toujours suffisamment éloquentes par elles-mêmes. on rend quelque service aux autres hom- ration reconnaissante envers ceux qui se sont efforcés de tirer de leur avec la mes. Ainsi devrait être examinée l'oeuvre. racontée la carrière d'un Alors tout disparaît. malgré la multiplicité des qualités qu'il a héritées et qu'il a développées.

Les « Impressionnistes » sont tirés à meilleur compte. l'autre. ne définissait en aucune manière leur but. de discussions à côté dans d'art gothique appliqué jadis à l'art français le même genre que le par excellence. s'en : . Sa formation. ont affligé longtemps notre architecture uniquement à cause de ce baptême malencontreux. ses influences et ses modifications. sont toutes mêlées étroitement à l'histoire artistique de plus d'un demi-siècle. ce vocable ne répondant presque jamais à la réalité des choses. qui est devenu commode parce qu'en usage depuis des années pour désigner certains artistes déterminés. Le terme d'impressionniste. l'illustrer. 1)« IMPRESSIONNISME». qualifiés pour juger les questions d'art. Les plus graves malen- tendus. d'être dit quant à l'originalité. ses luttes. Par contre les défenseurs de ces tentatives croyaient devoir faire un mérite à leurs auteurs de ce que les traditionnalistes s'imaginaient y relever de faux ou d'insuffisant. CAUSE D'ERREURS. comme dans même les mieux dans un sens vis-à-vis d'artistes. — l'art s'abaisser à ne rendre qu'une fugitive impression.DU TERME Tout ce qui vient école. qu'ils acceptèrent pour fut la cause des plus complètes erreurs d'appréciation que jamais aient pu commettre. mais l'art en général a souffert de cette conséquence nationale. en général. le public et Les ennemis des nouvelles tendances qui se manifestèrent particulièrement après la guerre de 1870. ni la nature C'était mot une cause d'erreurs et même de leurs travaux. d'abord dérisoire. d'un nous en pourrons constater l'application à Claude Monet qui formèrent tout d'abord avec lui groupe devenu le si artiste ou d'une qu'aux peintres ainsi célèbre sous le nom d'Impressionnistes. le sens de leurs efforts. sur une étiquette. les destructions les plus regrettables. Il est toujours nuisible de se quereller sur un mot. s'indignaient de voir — ou de croire voir. Mais l'appellation même.

mais tout les le de son œuvre exigeait un autre nom. l'artiste recherchera l'élément le plus expressif de tout l'ensemble de tons. soleil levant. en vert voulu. Whistler. en qualifiant ses (harmonie en bleu et or. en adopta un qui aurait parfaitement convenu à toutes les œuvres. relevait du premier système alors que d'autres peintures de Monet appartenaient au second. Le tableau qui occasionna loin. à tort. . il nements. Par l'une. parce qu'il vouloir. que les artistes En somme que peut. et moins de artistes se proposaient. peintre pouvait donc être qualifié d'impressionniste. un autre aurait fallu pour cela chercher avec plus de clairvoyance. Il apparaît donc absurde de donner opposées. les le à deux formes d'art aussi non seulement chez les différents artistes du nouuns aux autres. devoir reprocher aux maîtres qui ne parvinrent à s'en disculper qu'après de longues luttes. il procédera surtout par simplifications et l'un ou l'autre parti. s'efforcera.) non seulement des des principaux maîtres modernes. et d'en reproduire à son tour.de qualité inférieure se sont parés des défauts même que l'on croyait. et une production cruellement méconnue. Renoir. etc. nom qu'il était plus difficile et de trouver. en veau groupe par rapport d'un même verrons plus artiste. fugitif. d'impressionnistes. par analyses et par complexités. d'en distinguer mesure du les et au contraire. de vibrations qui affectent son regard. et à toutes les sortes d'exécution. dans la possible. Or. en dernière analyse. ou en d'autres termes de tant de colorations simultanées Par l'autre. toutes les tendances. paysages. de bon préjugés invétérés. ses nocturnes. mobile effet sera et — tandis changeant. Claude Monet. etc. dans le second. plus tard. mais encore en général. des effets transitoires sur un fond permanent. Pour le celle-ci. rendre les grandes de lignes (nous verrons plus loin que ces termes d'usage sont cause de bien des malentendus) étaient avant tout des harmonistes. ce qui n'était pas autrement fâcheux. comme nous Impression. cette notation peut s'effectuer de deux manières absolument différentes. même du but que visiblement ces dans des œuvres relevant précisément de la méthode synthétique. tiré peintre. par synthèses. de tous les artistes bafoués avec le mot. les associations les plus saisissantes. produit sur nos sens et sur notre esprit par même complexe. de presque toute Sisley. ainsi que l'œuvre le reste tendances de ses compagnons. d'autre part la notation de cet et matérielle. immuable. Un nom. définissait sans l'avoir précisément artistes qui nous occupent. immobile. mais encore dans les œuvres diverses effet. harmonies de couleurs et et argent. la fois la premier cas. de décomposer tout ce faisceau de rayon- plus agissants. et. Cependant. et même nom qui était intitulé : l'épithète malveillante. et qui l'étaient. C'est cette dernière qui il deux tendances qui subsistera sous celle caractérisera l'œuvre d'art suivant que l'artiste sera porté vers l'une des Dans le dominante confondues. ? un est spectacle lui- que. incomplet et inexact.. de nuances. signifier ce Tout d'abord une distinction apparaît aux yeux mot d'impression c'est : qu'une impression l'effet rapide. d'harmonies cherchant à saisir et à l'école à venir. la nature offrant à y aura toujours un peu de qui domine.

et ses enchantements. immense. où l'art de la le réa- couleur. lisait dans le monde Ils cherchaient à etïectuer en peinture ce que des sons : la richesse source inépuisable. correspondu aux tendances artistiques peut-être les plus typiques de leur temps. ses combinaisons multiples.10 Ce nom eût d'ailleurs. n'avait puisé qu'avec qui encore aujourd'hui n'a livré qu'à peine Wagner une certaine commencement de réserve. .

à nos esprits plus ou moins exercés. n'affirmera qu'un rouge est dès que les nuances commencent. de concevoir la couleur. les opinions n'ont pas temps de se mettre d'accord qu'un changement presque insaisissable de lumière ou d'ombre a déjà transformé l'apparence pour en substituer une autre. rien. vouant leur esprit et leurs organes à fixer cet dra-t-on à s'accorder sur . suivant la qualité infiniment diverse de leurs organes. sont en jeu et se combinent en s'influençant réciproquement. Est-elle un mensonge. le plus du mystère. puisqu'elle n'est que personnelle. l'immobilité ou la vitesse plus ou moins grande imprimée aux objets. les les un vert. sans distance. Le plus ou moins de ou moins de ou l'humidité de l'atmosphère. La couleur ! Qui peut se flatter de la connaître. transforment complètement S'il est l'aspect jour. Mais perceptions diffèrent.QUE LA COULEUR. puisqu'elle est perpétuellement changeante changements sont à la fois imperceptibles et vertigineux. une illusion ? Pas davantage. scientifiques dire qu'elle est. du moins ils constatent objet est coloré d'une certaine manière. reviennent seulement à Non. par exemple. de définitions qu'on peut en donner. encore eu le suivie de cent autres encore. aussi difficile à nos imparfaites organisations de percevoir. car si tous les hommes la perçoivent chacun à et que ses sa façon. au le même moment qu'un même cas d'une maladie de la vue. plus périlleux d'en reproduire artificiellement les effets ? Comment parvien- une interprétation forcément arbitraire. EN PEINTURE. Est-elle une réalité ? la comprendre ? Toutes les ou poétiques. une imagination. et pas un ou un orangé un bleu. la sécheresse dissiper le mystérieux. un souffle de vent. moins encore. Sauf dans ils ne pourront discuter sur tons francs. combien ne deviendra-t-il pas plus ardu. d'un phénomène lui-même instable et décevant ? Pourtant des milliers d'hommes. Dès que plusieurs nuances d'eux. EST UN ENSEMBLE INDÉFINISSABLE DE MIRAGES QUI ONT VERTU D'ABSOLU.

époques successives. des millions de spectateurs se sont contentés. et ne se sont pas arrêtés sur le seuil d'un domaine si chimérique que le raisonnement seul l'aurait décrété impossible à exploiter. la couleur. suggérée. c'est mille conventions. qui obtiennent ainsi l'approbation « du plus grand nombre ou La nature. l'art. de ces efforts imparfaits pour traduire un idéal de perfection. Ainsi la convention équivaut provisoirement à des certitudes très suffisantes. comporter une les spectateurs ont la possibilité de reconnaître. fût-elle soumise elle-même à maints revirements. successives ou simultanées. peuvent. C'est cent. nous superficiel. à maintes divergences d'opinion. plus exactement. ou bien encore mélanges de nombreuses teintes par petits éléments rapprochés pour reconstituer sur notre rétine les nuances et les rapports de nuances qu'en général un examen rapide. souvent contradictoires. élite. que parce que des yeux les perçoivent et que pas une paire d'yeux ne les perçoit de façon identique. ravis. nous venons de d'une part la proposition. car les couleurs. disent les uns. ce qui revient au suppression totale de la couleur proprement la nuit elle- dite. d'autre part la le voir. pour moi. moyens mouvements les ont accepté. et l'incertain suggestions sont belles. bombées. plusieurs offerte à des regards. qui y retrouvent les cou- leurs) l'absence de toute coloration ? C'est donc que la reproduction et la couleurs et des actions et réactions qui les convention en laquelle tous mise en œuvre de ces phénomènes des modifient. proposée d'une façon aussi précise qu'un théo- à des mathématiciens. Par exemple. autrement éduqués que ne fût-ce que pour signification nous en siècles après est des soit à qu'une image colorée a les nôtres. signes disposés sur une surface plane pour suggérer les profondeurs et les successions de plans à l'extrême limite de ce que l'œil rien qu'approximatifs lignes : en peut percevoir dans même y la nature. doivent. même pour compte que blanc sont (en dehors des analyses scientifiques. l'éducation et l'accoutumance aidant peu à peu. Et le tout unies et d'une sombre. elle n'a pas celles-ci». Et ce n'est pas seulement une convention. dire enfin ? par ce qui sans le — par noir et le la la — a pu être exprimée. même compris La lumière a fait comme exprimée par été lumière ne serait point concevoir visible. « autres. donne . l'intention de l'artiste et leur propre conception. disent les c'est qu'elle est en elle- des deux visions opposées. n'a pas ces couleurs-là ». teintes plates pour rendre la coloration des surfaces ombres que leurs courbes comportent. à des esprits dons pour La rème la lire. et ce qu'il même différente n'existent préférence exclusive d'une la y a de plus certain Pour moi. Que seule tenue. si l'on de compte. tous ces Ils ou masses immobiles pour exprimer les plus complexes et les plus véhéments. soit dans un même temps. du moment que les un principe. comme une considéré reproduction de la vérité ce qui n'était que le Ils ont mirage d'un mirage. et même insaisissable.12 ne se sont pas effrayés de ces difficultés. en dernier ressort. en fin ou. les ou simplement l'habitude. Et d'autre part. à la fois. satisfaits. été nous nous accor- la discuter. qu'impliquent reconnaissance de ces images.

en passant. qu'en cela nous n'allons pas plus avant que peut dire des vertus des couleurs et effets. telles les la des bleus. ou bien au contraire réchauffent. que l'on porte sur l'emploi de cette couleur par ou tard. possédât-il choses des causes : le et plus sûr instinct des qu'elles sont ainsi. Dans ce cas le mieux est commence à opérer. ou bien à pro- voquer une sensation exaltée jusqu'au rêve. des plaisirs complets.. tels les jaunes. d'avouer. et quoiqu'intermittents (1). remarquons que à une toute autre signification que celle que nous analysions tout à l'heure. puisqu'il y a des en hiver. (1) Il . nous prouve que des signes aussi relatifs que ceux de la couleur nous suggèrent des émotions vives. Or. tant que l'homme n'aura pas étudié plus profondément qu'il ne jusqu'ici le mécanisme de ses perceptions et leurs rapports les plus complexes Cela. Pour- thermomètre tant le par n'est point influencé le voisinage de ces colorations. puisque équivalents par lesquels les hommes ont cherché à en fixer le souvenir. s'étant il n'en est même pas encore à toujours plus satisfait d'éprouver que de connaître.13 Ces suggestions demeurent elles-mêmes fort mystérieuses procure ne saurait lui-même. comment se fait-il jugements. et des résultats : qu'il les l'artiste effets. tout comme l'expérience. plus sensé. mais du sentiment qui se dégage d'elle. Ce n'est pas non plus seulement en vertu d'une association d'idées que se produisent ces flammes bleues. sur des sensa- étaient y a des jours où ceux qui aiment le mieux la peinture sont insensibles aux séductions qui leur il avait cessé. Il dans que simple est plus le reste. etc. puisqu'il ne s'agit plus de des aspects. aux plus rouges couchers du grelotter. l'on et que et l'on peut soleil. l'a fait et les plus subtils avec la nature environnante. Pourquoi tôt vont-ils jusqu'à causer des exclusions féroces. du moins. pour ainsi dire le spectateur. ou de mot d'impression correspondant joie. les les artistes remarquables. nous n'en savons pas plus que quiconque. les plus que les appréciations. des verts.) Il gammes notation en elle-même harmonies qui procurent une sen- est incontestable qu'il est des tons et des sation de froideur. Mais si le raisonnement. pourquoi impression de voici le tels satisfaisante et allant jusqu'à l'essence tons ou telles combinaisons de tons divers nous donnent une tristesse. aussi absolus ? reconnus. comme que tout ce des tons se ramènera à la fameuse la simple constatation et explication de celles de l'opium dans Molière. épeler l'alphabet de cette science. non seulement l'ensemble merveilleux des fêtes de couleurs que la nature nous offre dans une profusion infinie. de jouir des plaisirs que nous procurent. de calme. les rouges. les orangés. mais encore les Qu'il nous suffise donc. soient aussi tranchés. L'explication serait trop puérile. en toute humilité. Aucun ne pourrait expliquer de façon même. des inimitiés irrémédiables. des haines comparables à celles qu'engendrent les religions contraires ? Comment se querellera-t-on aussi ardemment et peut-être plus. Je charme comme l'improviste. patiemment qu'à d'attendre le plus chères. qui les dire autre connaît surtout expé- rimentalement. (Et ici.

Claude Monet parce que nous pouvons le rat- tacher logiquement à de belles origines. Pour mieux apprécier intérêt de retracer l'effort accompli rapidement l'évolution de quelques maîtres représentatifs. le verrons réaliser certaines aspirations de son époque. de faire tions un mérite aux que de leurs artistes buts. et parfaitement déterminées. d'un emploi inédit des couleurs. au lieu de considérer leurs apports d'une longue et comme magnifique suite de trésors divers se faisant valoir la continuation même par leurs contrastes ? Nous admirerons. en particulier. mais non moins fatal. ont-elles eu pour résultat à notre époque. dont nous nous occuperons ici. ou même parfois la supposition. la et la place conquise. tout en se détachant nettement par son œuvre. ou des points d'appui pour développer leur personnalité dans un sens encore inconnu. quand ceux-ci comment Enfin. de leurs moyens encore plus moins beaux que ceux-là ? louer dignement en les opposant à leurs plus n'étaient pas a-t-on cru les grands prédécesseurs.14 que sur des idées ? Comment la réalisation. Ainsi constaterons-nous en (et non spontanées) et même temps le principe des générations enchaînées tirerons-nous le profit que nous nous proposions de l'examen des conditions dans lesquelles un grand artiste se rattache aux plus originaux des âges antérieurs par sa passion de recherches. de nouvelles ressources à mettre en œuvre. préparant. par cela à ses successeurs. il n'est pas sans couleur à travers quelques époques et . et aussi parce que nous même.

la peinture tend vers ceux qu'on a appelés ticelli. Spinello Aretino. les harmonies lumineuses dominent. par le scintillement analogue à celui des touches divisées. regards humains. Il est évident. de supposer qu'on eût la seule notion d'une Il n'est même aucun les colorations les plus vives et les plus vibrantes. en dehors de la convention ornementale des vases grecs en rouge et noir. c'est-à-dire Fra Angelico. peut-être. etc. et de plus avait une prédilection pour les harmonies les plus vives et les plus claires tonalités. et ils regarder la nature à travers des traditions corrompues. tout en restant vouée à une cerest un refleurissement général. les traditions byzantines qui avaient succédé aux conceptions grecques et greco-romaines. connus les si elle révèle les plus grands éblouissements qu'aient jusqu'alors.. extrêmement voisin de la conception moderne. Bot- taine austérité. Au moyen-âge. Toutefois. avec Giotto. tel qu'il s'est effet et le les yeux ouverts sur ne pouvaient s'ingénier à Même et surtout dans les procédé même. Les exemples ne manquent pas. pratiqué entre autres dans l'école napolitaine. font régner les grands partis sévères par à-plats de tons soutenus. jusqu'à ce qu'avec improprement les Primitifs. de ses petits carrés d'émail. sans toutefois encore un grand emploi de l'ombre. les grands Siennois. Les anciens. si nous entendons par là jusqu'au xiv° siècle. et assez peu éclatants. déjà dès la fin du xv" siècle et le commencement du xvr avec Ghir- . vivant dans des régions ensoleillées. puis avec Orcagna. Gozzoli.DE L HÉRITAGE QUE LES MAITRES DE LA LUMIÈRE TRANSMIRENT A CLAUDE MONET. avaient mosaïques. Mais déjà. tandis qu'au contraire. produisant un texte qui permette telle peinture. que la peinture antique connaissait et pratiquait l'emploi des complémentaires. au xiv° siècle. lorsqu'on étudie les peintures de Pompéï. etc.. on aurait la plus grande peine à citer un seul cas d'une pein- ture exécutée en tons sombres et suivant les principes du clair obscur.

les plus étroites rela- fructueux échanges. certains feuillages de Titien ou de Tintoret (par exemple tout le fond de la Suzanne de ce dernier) et quand sous la patine on reconstitue. et que les qu'elles nous thèse. qui font penser à la lumière que nous devions. la vivacité voit ce des étoffes. très vif éclat. qui ont soutenu la peintures sublimes de Rembrandt n'avaient* nullement la teinte sombre offrent aujourd'hui pour la plupart. demeuré la clarté même du jour. bon de rappeler que nos maîtres français du xvir siècle ne peignaient pas moins clair que tous ces merveilleux prédécesseurs. et le coloris le le un examen optique approfondi. tant de siècles plus tard. d'après les fonds dans les célèbres miniatures de Foucquet. Toutefois bien des maîtres cités précédemment). nous donnent la sensation d'une peinture en pierres précieuses. d'une intensité de couleur. l'on se rend aisément compte qu'au sortir des mains de ces magiciens. Les grands Flamands. et dans celui de VHistoire des Juifs. nos propres maîtres et ceux avec qui. au xv" siècle. il (comme la plus grande d'ailleurs pour faut absolument se garder de les juger d'après Quand on que sont devenus certains ciels de Véronèse. d'une part. les tableaux devaient être d'une somptueuse fraîcheur. et notamment tions. Aussi ne peut-on établir Rubens est d'analogies entre sa technique et celle de son temps. d'un éclat quasi aveuglant. et des graves séductions du clair-obscur. divers autres maîtres. Ces fonds. plus vif. . sans grand effort. peignant par tons transparents sur des grisailles infiniment légères malgré leur extraordinaire précision. mais qu'elles étaient à l'origine d'un Il est des écrivains.16 landajo. le modelé par se substituer au Michel Ange et et modelé en pleine de Raphaël nous serons déjà sur Il tend déjà à et clairs lorsque nous serons arrivés au temps de clarté. et plus une sombre avec magnificence. non des moins qualifiés. les plus les Van Eyck. presque d'une crudité. la artiste employait un des plus ravagés. dans le manuscrit des Grandes Chroniques notamment. Ses gigantesques compositions doivent leur diaphanéité somptueuse à l'emploi souverain des glacis sur grisailles de divers tons allant du brun au blanc en passant par le gris. la tendre nacrure des carnations. Mais reconstitution logique de ces peintures qu'il de réaliser par diverses déductions prouve que ce grand entre autres. ombres la voie des harmonies plus atténuées semble que Léonard tard les Napolitains et les Espagnols s'y enlizeront. admirer répandue à flots dans l'œuvre de Monet. était. simple isolement par la jumelle le démontre. s'3^ d'ailleurs désespère. Nous ne saurions perdre de vue. La teinte sombre qu'ont revêtue les tableaux de Poussin n'est due qu'à l'action du temps aggravée par la façon de Il est préparer les est possible toiles en rouge. Le Triomphe de Flore. que ses grandes œuvres picturales malheureusement détruites. Les grands Vénitiens parviennent à la triomphale alliance de richesse de tons avec les valeurs les plus soutenues. chez nos voisins. nous avons entretenu. ne devaient pas le céder en vivacité et en richesse aux précédentes. Signorelli. incroyables. Vaspect actuel de leurs œuvres. dans ce résumé. nous offrent des paysages d'une clarté et d'une intensité. et de l'autre celle de Claude Monet. L'on peut déduire logiquement.

avec fait partie à des différences qui seront son apport personnel. En tous les cas. et surtout le plus « moderne » de tous. d'une longue série de maîtres qui ont tous cherché à traduire leurs conceptions dans la langue la plus claire et la plus vibrante. clartés dut être V Embarquement des mains du grand poète des ardentes mélancolies profonds sensiblement de son dieu. par ses riches la peinture. Ce qui nous frappera. à travers la vision d'un grand nombre de peintres du moment. et aussi. les peintures des grands Hollandais du xvii' siècle. cette que façon de voir l'on eût était il était naturel ou non trouvé même presque les c'est que pendant des de chercher la plus moyens de rendre la seule ce siècles. Watteau. nous avons à nous arrêter avec un peu de détail sur ce curieux moment qui a précédé l'arrivée de Claude Monet et sur les obstacles qu'on lui opposa d'une façon si acharnée que notre temps. véritable alchimiste de de Rubens. Vermeer. littéralement tombés dans les brumes les plus opaques. de plein Van der soleil. nous pouvons du moins rappeler que la soi disant Ronde de Nuit était une scène de plein jour et même Hais. nosité Quoique formé à l'école mélanges. a quelque peine à se représenter cette opposition. à part quelques intermittentes exceptions. Le public en était arrivé à ne plus voir la nature qu'à travers la peinture telle que les années l'avaient obscurcie. Nous voulons surtout montrer comment Monet son tour.ï 17 Sans entrer dans cette dicussion qui nous éloigne trop de notre sujet. instinctivement en usage. avaient une lumi- que n'ont point cherché à hériter certains très bons peintres Hollandais modernes. s'éloigne mettrait facilement ses successeurs sur le Il n'est pas besoin « histoire et de la les il au sortir ! de dire que nous ne nous proposons pas couleur à travers et substantiels. réellement aveuglés par cette méprise de tradition. . grande maximum. Elle n'est pourtant rien moins que préhistorique. Ce que nous voulions démontrer. Avec Delacroix et ses passionnantes recherches. qui adopte maintenant toute tentative avec une Ici imperturbable avidité. c'est que cette notion avait fini par être complètement abolie. clarté et que dans la peinture. chemin des cuisinages trop Cependant quel ruissellement de chatoyantes et ici de refaire une âges». Aussi passons-nous beaucoup de périodes de noms. au début de l'histoire de Monet et de son groupe. Helst. nous arrivons à la limite que nous nous étions assignée.

dans son ensemble. et c'est plutôt Géricault (bien encore. Il faudra que toute une révolution s'accomplisse pour qu'on retrouve et comprenne ce par quoi. en tire qu'il n'enrichit la sans cesse des effets splen- peinture de son temps et des les domaine matériel des principes aussi féconds et incursions dans tous les domaines de la poésie. demeure Il que ses tableaux aient été en outre noircis par le temps) qui commence à se servir de ces harmonies soutenues. que les cuisines (d'ailleurs si savoureuses) de Decamps et des peintres romantiques vont renforcer isolé. imité. d'une richesse dides. personnel pour être suivi. Elle est. qui trouve dans les jeux de la lumière et son cœur perpétuellement ému. ment combattu. analysera que plus tard. dix palettes. lui font de servîtes emprunts. s'enrichit temps qui suivront. pauvre avait plutôt éclairci la palette qu'elle Le grand maître du clair de l'ombre un moyen de confesser et claire. ces principes on ne et Il académiques. ques les (1) ils C'est établissent le seulement vers 1883 que Signac « néo-impressionnisme ». et ils ne profiteront aux le que par répercussion les ateliers il possède une palette. en général. après l'avoir violem- arrive toujours. (1). C'est ainsi qu'ils reproduisent ses effets tragi- moins lumineux. trop complexe pour être a découvert dans Seulement. Prud'hon.-P. pour ainsi dire. Toutefois il Il lui-même plus est trop aussi profonds que sont vastes ses artistes. obscur. il était révolutionnaire. Delacroix est également tout à fait à part. assoiffé de mystère. Mais il et d'un éclat extraordinaires. n'exerce cepen- qui va se produire. et Seurat retrouvèrent dans ses écrits les principes sur lesquels . dant aucune influence sur le mouvement J. tendant à s'éloigner de plus en plus du grand jour de nature pour créer une convention de peinture. comme il Et même si.DU RETOUR A LA NATURE ET DES PRÉDÉCESSEURS IMMÉDIATS DE MONET. ne l'avait assombrie. ce sera précisément en éliminant tout ce qui chez lui jaillit du contact de sa personnalité propre avec la nature. La réaction davidienne. précisément.

Cabat. si intenses. mais ils s'en servaient de façon féroce. Les grands paysagistes. de van Goyen. avaient déshabitué de toute observation directe. Tous. par exemple ses surprenantes études de ciels. œuvres soient sublimes. L'influence des anciens naturistes hollandais. d'autres la encore. ils ils le tenter pour eux-mêmes jusqu'au s'arrêtèrent à mi-chemin. avaient com- . Certes les Hollandais avaient donné tout cela à profusion. comme ils allaient de nouveau honnir et accabler Monet. Renoir et Sisley. artistes phénomène assez curieux. allait ramener de nouveaux venus au sentiment de nature dépourvue de tout appareil factice. à aimer. une foule assez compacte et assez aveugle pour s'opposer à tout effort de retour à la vérité. attentivement. « déshonoré leurs maîtres en les imitant. formaient au moment où nous arrivons. ne devaient engendrer que des peintres évoluant uniquement dans l'artificiel. sous l'influence même de leur climat. l'accord ineffable des eaux et du ciel. toutes les géant. avec l'appui d'un public que leur nombre. et ensoleillées et sans préjugés. Corot. collectionneurs privés ou conservateurs de musées. mais en vue d'un arrangement. de de leur restituer par la pensée. partie comprenant principalement les paysagistes Old Crome. Ils avaient. soupçonnait-on tous les corps-à-corps avec la nature. W.19 Après la période davidienne. ou ses plus modestes pochades. leur clarté originelle. L'on n'a qu'à voir au Louvre. Et encore. de Fontainebleau. avait institué. et même simplement l'habitude de voir la vie à travers leurs tableaux. à des arbres. suivant le mot de M. que des peintres comme Watteau et Hubert Robert. de tout arrangement. Bonington. Wilson. » Ils s'étaient montrés les plus hostiles à Corot. et Turner n'était pas ou était à peine connu au moment où Constable était apprécié et admiré. Quoiqu'il en soit de toutes ces actions et réactions. sinon guider la marche de ceux qui devaient ensuite s'y engager. van de Welde. de ce dernier. combinée avec celle d'une partie de l'école anglaise. et qui n'ont pris que beaucoup plus tard toute leur signifiaction et leur prix ? Il est digne de remarque. Ils l'air. de Ville d'Avray et d'Auvers-sur-Oise. plus que leurs grands devanciers eux-mêmes. et bien que leurs restèrent asservis au diapason que le temps. à Rousseau et à Daubigny. et surtout Constable. Daubigny. un important mouvement s'était produit qui allait ouvrir de nouvelles voies. si expressives. petits-fils des arrangeurs du xviii' siècle. Ils choisirent un moyen terme. faisaient réellement reproduire. leurs succès. conteurs de sujets de genre ou peintres d'histoire faussement épiques. de Ruysdaël. encore. continuant faiblement l'académisme de David. ils peignaient dans une gamme très montée. Mais. Ils ne disposaient que de forces d'obstruction. les grands que nous venons de nommer n'osèrent pas bout. certaines pages merveilleusement spacieuses de Cuyp. les quatre grands paysagistes de Barbizon. Quant aux très beaux poètes de nature de la Grande Bretagne. pourtant merveilleux observateurs de la nature. Degas. Paul Huet. tels que Théodore Rousseau. d'une conception personnelle. cette sorte d'éclaircissement mental. l'individualité caresses vivifiantes de un pas de recommençaient à voir. qu'avaient voilée il est facile d'acharnées générations de vernisseurs.

de Courbet un Bastien-Lepage. Nous avons nommé Courbet. de Delacroix un Benjamin-Constant. en apportait encore d'analogues. qui osait se réclamer de Poussin. découvre un horizon imprévu. capables d'éveiller de belles passions parmi les générations artistiques qui se préparaieiit à leur tour. la ravissante Route d'Arras de Corot. instauré des principes d'observation et des efforts de transcription qui préparaient des voies absolument neuves non seulement le mouvement prendre. ainsi que nous chercheur la le disions. Millet. inspire une curiosité de chercher encore. au lieu de tâcher d'en tirer. mais encore ils et l'œuvre que nous étudions et spacieuses. son arc-en-ciel et la verdure qui ces peintres ont vraiment rouvert sur le le soi monde vrai la poëme de Printemps de l'espace et de Millet. Toute grande œuvre. leur succédant de près. et vous serez tentés de croire qu'ils avaient Mais sous rit le le le dernier mot dit le n'est dernier jamais mot en matière de dit en art. en les affadissant. avec sa menace. et ils se . Courbet pour la vigueur dans la simplification. avec une rare puissance. brèche dès l'abord par les écoles académiques. n'auraient pu se com- n'auraient eu de raisons de ne pas se produire. portant un caractère de beauté et d'originalité. que de Millet prétendra sortir un Jules Breton. Daubigny posaient ces questions neuves. ou bien encore la minuscule vue de comme dans un espace grand la Plaine des Pyrénées par Rousseau. qui contient vos mains ouvertes tout ou bien encore. Examinez au Louvre. préparé une base neuve sur laquelle une nouvelle école allait s'appuyer. Rousseau. Mais cette base devait fatalement être battue en Corot. que toute innovation devait déranger dans leur tranquille autorité. lumière. dans une tout autre note l'altitude. avaient. les autres peintres que nous avons nommés pour la diversité. C'est ainsi. par exemple. de Corot un Français. Vous reconnaîtrez que une fenêtre longtemps obstruée par disant paysage historique. mais à les comparer entre elles d'après les formules que le succès a imposées. pose par cela même une question. dans les arts. Puis. tous pour l'emploi dominant des valeurs. la plus claire. avec leur vision naturelle. Un autre homme. des vertus singulières de suggestion. était chez celui-ci faite autant d'habitude que de respect. Cette autorité acceptée par le public. Les spectateurs. pour prendre des exemples. noire nuée. Il existe. Leur masse compacte rend au tâche encore plus groupent autour de faux chefs d'école. tandis que ceux qui admirent vraiment l'esprit et non l'allure même des maîtres. difficile. pour ainsi dire.20 mencé une évolution considérable. des acquisitions nouvelles. les artistes de second ordre confisquent à leur profit les acquisitions des vrais inventeurs. d'air et de couleur. L'on ne saurait éprouver cette attraction devant les ouvrages de ceux qui se sont crus plus forts parce qu'ils s'immobilisaient dans une tradition. dans la collection Thomy-Thierry. en les dénaturant. la plus légère et pourtant si ferme. la délicatesse dans les notations. ici Sans eux. facilement les subissent et en arrivent non plus à comparer les œuvres avec leurs propres conceptions. sont hués comme extravagants.

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pour ne pas dire bafoués. âprement combattus. c'est il . une grandeur s'y diriger. la chaleureuse défense des vrais critiques. non point de donne. ayant tout de suite compris maîtres brevetés ne peuvent pas être leurs maîtres. La que qu'à laisser de côté les théories et les explications abstraites. œuvres surtout prendront vie et les grands artistes sur lesquels la parole. que celle de Courbet s'annonce et s'affirme. Corot en 1875. des jeunes gens absolument obscurs. auront tournés vers ces initiateurs. on voit que les derniers s'éteignaient. Par nature la même de son talent être celui qui prendrait la tête et l'objet du nouveau mouvement lèrent le plus vaillamment les courages. vers les années 1860. en caricature ses grands tableaux. que celle de prépare. Millet. alors que xix' siècle.21 Le public ment des hésite rarement. Par l'énergie de son caractère. naissance de Monet et de ses compagnons de mort des grands peintres de la première partie du premiers atteignaient à peine l'âge des débuts. Entre la première but et connu toutes l'atteindre. tout d'abord. Cela lui dont il est bon que et la troisième les difficultés de ces dates. a eu la révélation de son mais de vivre pour pouvoir devenu de l'histoire. les plus celles de ses recherches. à ne pas choisir les imitateurs que la tâche de Corot est accomplie. Courbet était un «grossier les réaliste » et l'on tournait les en ridicule sa personne. et celui de l'indignation étonnée que soulevaient leurs propres efforts d'émancipation. Aussi. pas yeux bientôt les les détri- créateurs. Courbet en 1877. trente-cinq lorsque meurent Millet et Corot. à travers la les et d'une plus rudes épreuves. Les jeunes gens qui allaient essayer d'apporter leurs vues et leur expression en dehors des formules régnantes avaient donc double obstacle à franchir la : celui de défiance persistante envers les patrons qu'ils se choisissaient. malgré leur gloire commençante. de labeur incessant joie qui se maintient toujours égale les et dures à soutenir. maintenant que l'on sache le prix. Sa bout à l'autre comme un Si l'on de la rapproche qui par suite aurait les luttes il fut un de ceux qui stimu- longue carrière nous apparaîtra d'un surprenant exemple de ténacité. Claude Monet a donc vingt trois ans lorsque disparaît Delacroix. du moins essentiellement. Qu'il suffise de se représenter nouveaux venus devaient tout d'abord prendre modèle étaient encore. malgré l'admiration des bons juges. après avoir ainsi posé les principes généraux qui régissent les évolutions artistiques et les conditions particulières dans lesquelles celle-ci allait s'engager. Delacroix mourait en 1863. La peinture de Corot «n'était pas finie». alors que au et les esprits même Manet se encore des débutants. Claude Monet devait les dates de dans ce labeur. Nous n'avons plus. maintenant.

Ceux de cette sorte n'ont tenir par leurs seules forces aux jamais succombé dans commencent et devaient sou- décisifs débuts de la vie. Bien que forcent pas tous leur progéniture à se vouer aux arts. comme pour Renoir (et avant lui pour Millet) de la naissance dans un milieu laborieux et dénué de ressources. en guise de viatique pour les années décisives de mise en route. sous une forme ou sous une autre. Claude Monet est né le 14 novembre 1840 à Paris. comme pour Monet (et pour Corot avant lui) d'un dissentiment familial. soit que la pauvreté provînt. vent se mesurer à ceux qui prennent Une était un pères et les mères ne font de leur mieux pour lui amour de l'art peuproduction par rapport au nombre de Les excellents résultats de ce contagieux la qualité le ils les Nous nom moyenne de la arrogent l'apparence.DES DÉBUTS DIFFICILES. A la plupart des artistes remarquables qui seront nommés ici. quelque flatterie qui les entoure dans leur milieu. soit. Les enfants de la bourgeoisie qui ont maintenant tout loisible pour se payer artistique les luttes qu'ils demeurent dans la le luxe et la vanité d'une occupation médiocrité. en même temps que le besoin difficulté matérielle n'a . Le besoin de vivre agissait donc tout d'abord. et infaillible palliatif) étaient même une formelle rupture laquelle le succès (à au contraire une excellente défense contre plication excessive des artistes inutiles et un puissant stimulant pour le la multi- développement des énergies chez ceux qui avaient une réelle valeur. il était encore d'usage dans les familles bourgeoises de s'opposer à la vocation artistique que se sentaient ou croyaient se sentir les jeunes gens. mais sa famille exerçait le commerce au Havre. en faire pousser l'idée. d'artistes et s'en certaine opposition. voyons aujourd'hui régner un esprit contraire. A cette époque. aucun genre de manqué.

lorsqu'on y regarde de près. nous étions Il fondés à présenter cette histoire sous un tout autre jour que celui qui l'éclairé aujourd'hui. En aucun temps elle n'a accablé et vaincu. la critique et les Nous sommes ou l'indifférence de la multitude. la devise résumé et la que peu de goût pour la souffrance. manque du côté des de quelque compagnon de l'appui jours de la part amateurs n'imposent plus à aucune mani- ne purent abattre son invincible confiance en sa puissance intérieure et enflammée par protecteurs naturels. la prospérité prématurée. Seulement. si le témoignage même de ses yeux. le public. des privations et des gains. se rencontre tou- attirés par un début si obscur attractions fraternelles. ou simples témoins de rencontre soit-il. et arrivés simplement à aucune velléité d'art. Ni ces ne manquèrent à Monet. Au rebours. le sarcasme demeurant mal désarmé. Quoiqu'ils eussent été obligés de les accepter parfois. développer ses dons et exciter son enthousiasme. chacune à sa façon. . ni ces le l'esprit. y a une trentaine d'années encore. les succès immédiats et irréfléchis ont gâté beaucoup plus de belles natures qu'ils n'en ont encouragé. le l'hostilité encouragements à il pensée.23 de vaincre. aîné dans la carrière. et nous-mêmes. Nous verrons de même que l'opposition déchaînée. importait moins il ou aux même certaines natures supérieures mais incomplètes intérêts intellectuels de l'humanité que l'œuvre fût entravée ou interrompue. nous racontions l'histoire de ces artistes et examinions leur situation d'alors. la timidité du succès définitif. Puis. ces hommes se fussent enlizés dans les travaux de gagne-pain. les talents secondaires. Ainsi nous apparaît en chaque déboire d'autrefois la preuve. non plus de la famille. les franchir. on n'a. les fécondes épreuves de résisde dérision. camarade de point de départ. malheureusement. Aussi lorsque nos aînés. renfort de qui le animé par des plus effectif contre obstacles. que ad augusta per angusta est la seule dont les artistes devraient faire le règle de leur carrière et de leur vie. Claude Monet. il y avait lieu de s'indigner contre la lenteur opiniâtre de la fortune. ils passèrent toujours bien loin après ceux de gagne-gloire. qui se tournèrent enfin si profitables à la vaillance d'un tance. devient le soutien. ne put davantage les faire fléchir. à une époque où même festation. car sans cela. ceux de notre génération. et que que dont l'on fait la balance des déboires et des triomphes. jamais assez faite. de lésine. Mais celui-ci était de beaucoup le plus fort. mais il a pourtant sa nouveauté de présenter complet un tableau qui s'arrêtait alors à la peine. Nous allons voir rencontrer sa large part de cruautés matérielles et d'ardentes sympathies. Tous les détails possibles ont été donnés dans les livres qui ont précédé celuici. mais de tout un public et de ses représentants réputés autorisés. venant les unes et les autres.

Millet. surtout un nom. que n'aurions-nous pas à trônait. — et la peinture. à l'huile ou au pastel. il lui route « n'était pas semée de roses » et lui donnait de ces aperçus et de ces conseils qui ne font que déterminer plus rapidement le choix du plus dur parti. sans autre ressource désormais que en revanche profondément perplexe sur la le hasard des travaux. qui s'appelait Eugène Boudin. la communauté de recherches ou de luttes. avait jeté un regard sur les essais du fisante d'ailleurs papetier. «Si Corot. dessins de fantaisie. ménagent d'ordinaire aux débutants. Isabey renchérissait sur la couleur naturelle. qui n'avait plus la pension. Le moment est intéressant et curieux à noter. Boudin en a donné un aperçu qui ne sera point étranger au sujet qui nous occupe. et cherchant à se dégager lui-même à travers les difficultés et les doutes.-F. Gudin souffrir. Ce fraternel appui que la sympathie. Le Poittevin et d'autres encore . qui avait débuté assez tard dans après avoir fait le métier plus lucratif de papetier-encadreur. et qui même éclaire les conditions dans lesquelles la vocation de Monet allait éclore. Un pauvre diable de peintre. Dans une autobiographie pleine de bonhomie. Claude Monet le trouva très opportunément dans la ville même de ses premiers essais. s'appelait J. portraits à trente francs pièce. A force de tendre et d'encadrer des pastels pour les autres. Ce pauvre chemineau de l'art qui dans sa détresse aidait à l'éclosion d'un talent sincère et de qui l'exemple enflammait l'artisan bien payé à se faire aussi pauvre que lui. nous autres écoliers ? pour la marine. écrit-il (en 1887). mais route à suivre. en revenait au partait bout de trois ans. avait toutes les peines du monde à se faire La peinture grise n'était guère goûtée à ce moment-là. bienveillant. Boudin obtenait une pension du Havre. pour Paris. avec un immense talent. Prenant en intérêt cet aspirant montrait que la aux rudes épreuves de son métier. Il lui fut donné par un homme simple. son aîné d'une quinzaine d'années. hésitant entre Rousseau et Corot. insuf- pour le faire vivre qu'il recevait de la ville de Cherbourg. et qui était venu échouer au Havre pour chercher du travail. l'idée lui était venue «d'en faire aussi».DE L AMITIÉ OPPORTUNE D'EUGÈNE BOUDIN.

Il allait s'en ren- devait lui aussi. et voici comment Boudin en parle. mais vraiment important. ce au jeune Monet. ne m'en devront pas moins quelque reconnaissance. car entrevus. séduisantes le extraordinairement approfondir. Si l'art plusieurs de ceux que j'ai moderne. Cela ne pouvait donc détourner ni maintenant. n'avaient quand une de ces nouvelles vérités relatives sur lesquelles reposent l'air. Le jour où Monet adoptera une autre méthode demeurera applicable naturels qu'il devait plus tard technies à la mode. jouer quelque rôle dans le développement juvénile s'appelait Jongkind. lui donnait l'idée de ce qui préoccupait à Paris les milieux artistiques somme. comme la ma les plus éclatants de et fine dans des termes petite part d'influence dans grande lumière. et tout naturellement dirigé vers la simplicité des maîtres. en opposition avec ces fantaisies arbitraires. rien ne l'empêche de se propager. Quant à ce qu'il appelait la «peinture grise». ni plus tard. ces leur naturelle » qui tenaient plutôt de la encore c'était « le meilleur but en somme. n'était. qui pût être proposé au tout jeune débutant. que peinture la renchérissements sur la cou- décoration de théâtre. Boudin d'un instinct juste et ingénu. sur plusieurs points à la fois. Claude Monet de ses perceptions innées. « Il commençait un peu dure cachait un fruit excellent et des une peinture dont l'écorce plus savoureux. s'intéressait à son tour brave garçon. à faire avaler entre les maîtres naturistes de 1830 et celui qui devait quelques années après devenir le protagoniste d'un des mouvements rendu compte à sa manière modeste « J'aurai peut-être la eu peinture vers l'étude de reproduction des effets du dans la voie. avec les de Monet.25 faisaient fureur en peignant de chic. fallut se retirer Il que je suis et c'est ainsi du gris I dans sa province en attendant des resté près de quinze années sans revenir à Paris. le et mouvement de s'en est encore qu'il faut citer : qui porte la sincérité dans la eu l'honneur d'introduire Claude Monet. comme j'en à ceux qui m'ont conseillé et m'ont offert des modèles à suivre. car elle trouve soudain. car ce juste. en ne pouvait que donner les avis tout en cherchant sa propre voie. » Par un beau phénomène de transmission de ses propres difficultés. Elle ne s'efforçait que de rechercher et si gamme. » ils Il ai dû moi-même . ce n'était guère l'occasion d'apporter On n'en voulait à aucun prix. rénovations artistiques est dans contrer la comme beaucoup pauvre Boudin réagissait par conviction rien de les bonne. malgré l'étincelle. modeste en apparence. Il les pyro- et de choses fausses. du plein air ciel. J'en profitai pour entrer aussi par la porte qu'il avait forcée. tandis que commun Au surplus. Rencontre heureuse. d'impérieux propagateurs. temps meilleurs. sont emportés plus loin par leur talent personnel. de ses lui faisait part recherches. ni même l'empêcher de s'acheminer ultérieurement vers ses analyses de colorations plus vibrantes. » Ainsi Boudin avait joué un rôle. préservé du factice. un qui les effets poursuites de l'aîné ni avec les essais du plus jeune. contre lesquelles contre son intérêt immédiat.

pensait Monet. impatient de devenir un maître à son de montrer ses essais au public sage ! tour. mais. les forces étaient soumises à de rudes travaux. Que l'on juge de la situation d'esprit d'un tout jeune homme. qui consent enfin à le laisser s'adonner à la peinture. débordant d'idées. Les vieux soldats n'étaient pas tendres pour les conscrits. se montra pour Monet assez cruelle. — car dès 1856 Monet — un jeune homme. fait la connaissance d'un maître. à vivre la bonne vie sûre et confortable des affaires. énergique. d'un tempérament impétueux. malgré tout. peut se demander si ce séjour au régiment a exercé une influence quel- . Après ses propres tentatives et cette première initiation. qu'exalte (c'est un trait de son caractère que nous aurons plus d'une fois à noter). qui est pourtant le seul vrai. Aussi. éperdu de découvertes devant l'immense nature. convaincue seulement du bonheur qu'il y a. on ne peut pas se faire remplacer pour apprendre et cultiver la peinture mais elle croit — ! — impose seulement cette condition qu'il renoncera à son juvénile caprice. Monet préfère à la servitude perpétuelle du commerce. encore une profonde sensibilité la griserie un pay- avait exposé. l'entrée dans la carrière. la discipline était rigoureuse. parti sur un rêve magnifique. à Rouen. lorsqu'il atteint l'âge de tirer au sort. une fois les chimères évanouies. Au bout de deux ans des inquiétudes à la On de service sa santé s'altère au point de donner cette fois famille. à seize ans. — et tout cela brusquement arrêté La famille ne veut point le ! voir sous ce jour. Il part donc pour l'armée et est incorporé à un régiment en momen- Algérie. Elle au danger d'être peintre. un acheminement vers la liberté. ayant déjà.DÉBUTS PÉNIBLES. malgré ce que nous avons pu dire de l'utilité des débuts contrariés. à quinze ans. ayant connu. Le métier militaire alors était fort dur. RENCONTRES HEUREUSES. elle est toute disposée à exonérer le jeune homme du service militaire on achetait alors un remplaçant. cette servitude tanée qui est. enfin.

Renoir. Corot tout le premier. ne pouvaient s'accommoder de règles conventionnelles. un camarade vraiment quelque génie » ! plus joyeuse encore. claires sans doute. n'a pas été et conque. en concevoir sur il l'ensei- ne devait pas tarder à moins allégorique que ne pouvait et le figurer son maître. faisait cause trois désertaient avec L'impétuosité et indépendance. que peut-être aujourd'hui dix personnes seulement se rappellent. d'un jeune artisan pour achever. si Monet avait jamais gnement académique. et de toute jouissance des somptueuses vibrations de la nature. et qui devait avoir l'énergie de qui feront est porté à dire. et prétendant s'appuyer sur l'exemple des maîtres. les plus éclatants soleils. mais aussi sur toute la période qui ironie. la fantaisie. mais d'une façon moins éthérée été porté à et si indifférent. moitié pour calmer les craintes de perdition qui comme pouvaient subsister dans sa famille. son chevalet tout bonnement. Moitié par acquit de conscience. et d'allemand une circonstance un effet Claude Monet se rencontraient. ne se trompe pas là-dessus). allégorie suave demeurée célèbre en Certes. de méthodes parfaitement C'est mécaniques. dons de fortune. bons élèves et tous stupéfaits. à qui Gleyre demandait C'est sans doute pour vous amuser ce que vous faites de la . sa passion de vérité. n'est pas Il que tristes et sombre par un de nous l'espoir aux heures de la jeunesse. merveilleuse luminosité. que le tempérament vif et bouillonnant du jeune homme.27 conque sur son talent naissant et si le ciel de l'Algérie Mais nous sommes convaincus pour notre part que effet. qui à distance lui-même. longtemps et froide. et la liberté Peut-être ces règles peuvent-elles servir à d'honnêtes correctement un chemin (et qu'il Mais dès qu'un officiel. de Boudin et de tous les peintres novateurs d'alors. ardent. s'éprenait des deux rebelles. n'ait trouvé qu'il faisait bien qui. en la ne pouvait être pour sa vision d'une utilité quelpas encore exercée comme elle le fut plus tard. élève dans un atelier officiel. le grâce et libéral. à la fois si autoritaire les perdre. et fait d'illusions. la plus irréductible émancipé comme Beethoven dans son On peut toujours changer les se produisait. niant tout juste la sève qui font leur force et leur grandeur. : « nous paraît plus belle et considérable non seulement sur Monet allié à allait bientôt s'ouvrir. Puis les conditions dans lesquelles il se trouvait en Algérie étaient absolument exclusives de et tout travail artistique suivi. un non sans Monet plantait « dédaigneusement : là — la fine et la sensibilité tendre exquises esprit émancipé malgré les talent s'annonçant original et ferme. Le jeune artiste ne connaissait encore que les gammes. l'auteur des Illusions perdues. «grises». Monet entre l'atelier de Gleyre. quand ces heures sont semble s'enfuir pour jamais. règles pour cause de schœner Enfin. un autre impatient. à bon sens étrangement : Renoir ! Et. nous verrons que la révélation devait venir par une autre voie. et d'ailleurs arbitraires. mais rapprochées. il beau baragouin mélangé de français artiste se sent manœuvres commune éclat le chef d'atelier indigné et les avec eux. de cette région. l'atelier Gleyre. sa fougue vitale avide de se rencontrer et de se mêler avec la vie elle-même. D'abord cette vision n'était ne pas révélé lui a la lumière. la avivées par la plus farouche. Frédéric Bazille.

des rivalités d'artistes et de groupes. du moment que pour tenir tête à l'hostilité impitoyable des rivaux et à la routine du public. Elle aurait été tels un évé- audacieux. si cela ne m'amusait pas. aupa- ravant. la nôtre. un succès de risée masse respectueuse. pour des raisons analogues de sym- pathies et d'aversions. un Baudelaire pour soutenir un Delacroix. Mais. elles trouvaient l'ensemble du public disposé à admirer. tous les mauvais fois. les artistes originaux n'avaient pour ainsi dire pas besoin de défenseurs parce qu'on n'attachait pas d'importance à l'originalité. En un mot. le deuxième quart du xix" siècle. depuis l'abus de pouvoir jusqu'à l'outrageante parodie. un Thoré pour encourager un Théodore simplement fidèles. dès le moment qu'il faut. les rieurs les plus obtus. l'atelier Gleyre. Mais elles s'exerçaient toutes avec des consécrations analogues pour but. sans doute. et d'ailleurs 1862 Monet. Pour les défenseurs même de que de triomphe à partager. aurait fait scandale. obscurs n'ayant et moindre importance à quatre jeunes hommes pas encore débuté devant le public. qui miraculeusement convertis. trois Ils se sans doute auprès de la nommé nombre de ceux qui des jurys officiels. A dans un sens à peu près identique. ou simple- ment consentant. quoi que cela ne se soit passé qu'il y a seulement une soixantaine d'années. La curiosité du public n'avait pas encore été épui- comme sée. Lorsque le ces efforts désintéressés. mais seulement aux Mais dès talents. Il y avait. les pour soutenir et clairvoyants les comme chercheurs neufs il et de promesses en a existé de tout temps. il se trouve. et sincères dans leur ingrate lutte. Renoir et Bazille avaient la malechance d'être les trop tôt révoltés. avec des innovateurs. Elle ne devait s'éveiller qu'un an d'une façon retentissante. se joignait à eux et préférait la forêt de Fon- tainebleau aux officines de formules. après ce départ de En En 1863. ce sont généralement il y a plus de coups à recevoir les plus féroces négateurs. La bataille est âpre et longtemps indécise. cette manière de rompre pu attacher alors Si l'on avait même en visière avec un maître influent moyens de se faire connaître et nement capable de « lancer » de et la des recettes qui assuraient à tout apprenti docile les apprécier. par d'innombrables évolutions. dépens des «refusants». triomphe arrive. ou qui ne paraissent tels que parce qu'ils font revivre les traditions des grands artistes d'autre- devient nécessaire qu'une voix éloquente s'élève pour rétablir les qualités. les mœurs artistiques étaient toutes différentes de ce que nous voyons aujourd'hui. année du fameux Salon des Refusés. Les rires sont sans pitié. Enfin Monsieur. se mettent au premier rang des enthousiastes et crient beaucoup plus fort que les premiers admirateurs demeurés Peu importe. quelque degré que ces consécrations fussent obtenues. Alfred Sisley. . il procédés semblent permis. je n'en ferais pas » un autre camarade. mais succès de sympathie auprès des quelques esprits sensibles créés à point Refusés accaparaient l'attention au trouvaient perdus dans le grâce à l'intolérance excessive recueillaient.28 peinture ? — et répondait » ne revenait « : — plus. des préférences de maîtres et de protecteurs. Cet antagonisme est tout à fait spécial à l'art du xix° siècle.

Heureusement ils eurent la tête solide. sinon les excès de l'admiration. et même un Champfleury pour comprendre Courbet. des vilenies et des risées. Ainsi peut se résumer (les œuvres mises à part. l'incertitude des efforts et l'indécision des spectateurs rideau en attendant un nouveau spectacle. Ils étaient les juges les plus stricts de leur œuvre. pour consoler Monet. En soixante toutes les phases de ce chapitre de l'histoire artistique se sont accomplies. devenues rencontrer de victimes que ceux qui se tiennent celui qui se les routes réclame des aînés sans les comprendre. Leur succès final ne devait plus nuire qu'à leurs imitateurs. et à ceux qui sans mériter les persécutions. dès la première heure. Assez mauvais calcul du reste années. prennent. de martyrs professionnels. des Chesneau. Renoir. un Théophile Silvestre pour discerner la juste place des Corot et des Millet. figure et tactique de persécutés. ou un Zola pour batailler en faveur de Manet. empêcher de perdre toute confiance. artistes et leurs et défenseurs soutenir la lutte contre On les a vu d'abord les grands académiques oligarchies contre la lenteur du public. si la gloire et la fortune ont laissé qui. A ce moment. et les annoncent l'évolution jours actuels.29 Rousseau. qui les nie sans les connaître. méritaient en route quelques uns de ceux de ne pas tomber avant l'heure. lorsque les formes jadis proscrites commencèrent d'être acceptées. et ce que l'on pourrait appeler les incompréhensions Sisley. et les en trop. ont encombré trottoir banal. le baisser du . une foule. s'ils ont eu à souffrir d'être méconnus. et. comme Manet. elles ont en revanche récompensé tardivement. ils ne s'en connurent que mieux eux-mêmes. Puis. mais dignement les Monet et les Renoir. Puis. un torrent de soi disant audacieux. en attendant que d'autres générations relèvent de leur poste de combat ces protagonistes et achèvent la victoire. où où les le arbres de la forme du gouvernement) Salon des Refusés fut l'ouverture. Il ne risque guère de se à l'écart entre deux académismes et celui : durement frayées. d'innovateurs puérils. des Duret. enfm des Duranty. pour arriver plus vite. de révoltés calculateurs. maintenant épuisée. comme nous venons de : cette veine est le dire. qui ne se préoccupent pas plus des discussions sur l'art que comprise entre l'année 1863. et la période est close. ces artistes n'ont plus rien à redouter. des Burty. comme Sisley.

contredisait leurs sensations non oblitérées par une discipline d'atelier. Monet ne Si prit point de part au Salon des Refusés en 1863. produisaient sur Claude Monet et ses camarades une im- pression décisive. pour avoir rompu avec l'enseignement routinier. du moins la confirmation de ce qu'ils espéraient pouvoir faire de puissant et de neuf avec une vision directe et une interprétation sincère comme l'avaient été celles des grands devanciers. Monet ne se proposait pas davantage de courir coûte que coûte à une originalité arti(1 1 De ce nombre étaient de purs classiques. Maîtres que l'on n'a pas besoin d'approcher. la distinction chant sur les joliesses magistrale qui émanaient de ces œuvres. la force. . pensait continuer les maîtres qu'il avait admirés en Espagne et au Louvre.PREMIÈRES ORIENTATIONS. tels que Fantin-Latour et Legros. mais parce que cet enseignement répugnait nettement à leurs fraîches aspirations. Manet exposait quelques peintures à la galerie Martinet. les froideurs prétendues classiques. De même. était de nature à l'encourager à l'indépendance. et la franchise. Corot. dans sa mesure. un événement capital. / . cette manifes- tation qui. avec la plus parfaite bonne foi. Boudin. Enfin. notre transfuge et ses compagnons ne devaient guère tarder à choisir leurs vrais maîtres et modèles. tran- conventionnelles. leur donna la mesure de leurs forces résistantes (1). non pas dans le dessein de faire un éclat. avait depuis longtemps ému ces jeunes artistes par la simplicité et l'harmonie.. n'était pas sans conserver une persuasion d'exemple. et ne songeait nullement au puéril amusement de partir en guerre contre les soi-disant maîtres qui trônaient aux Salons. loin de faire périr sous les huées certains artistes originaux. et sans prétendre eux-mêmes à rien changer ni bouleverser. Edouard Manet. à qui l'on oserait à peine parler. modèles dont on s'inspire en admirant leur esprit sans copier leur manière. se produisait en cette même année. C'était pour eux sinon la révélation. ou du moins qui s'affirme plus décisif à distance qu'il n'apparaissait aux contemporains. encore incompris et combattu en 1863. les roman- tismes attardés et affaiblis.

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Aussi. préjugés du jury. qui. et les plus justes et les plus appropriés. pour toutes ces raisons. que ceux qui. et particulièrement celles qu'il destine ni marquer tout artiste sincère. il se fait sentir. dire comme voulait. son effort. Mais sans anticiper sur cette progression. comme le public allait bientôt le croire. mais plus passeront peu à peu aux recherches les plus aiguës. le dessin essentiel. avec un dessin souple et plus insaisissable. . les et mêmes vertus de construction. bien que ne commençant ni ne finissant proprement nulle part. très accusé. aussi qu'on pourrait appeler la la netteté et même fermement à la façon de voir établi. dans la maturité. que loin d'être. non sur l'expérience des autres. le médaille suivant les formules propitiatoires. enrichi et perfectionné avec une suite et force de la plantation. aux analyses de couleur les plus subtiles. et dans la dernière partie de l'œuvre. Ce dessin. Puis encore. que nous devions toutefois indiquer pour montrer dès le principe. mais sur la sienne propre. qu'une architecture. homme de vingt-deux ans a devant froid d'un positiviste. nous est-il impossible de considérer Claude Monet autrement que comme un parfait classique.31 ficiellement combinée. grand. mais nullement sec est ce une logique seul instant. quant à simple sa place par factice. nous avons affaire au contraire à un constructeur réfléchi dans la conception. joie de Il la est positiviste nature toute par la la foi d'un lyrique et tout le sang- perception directe. les la et que lui que nous connaissons jury accepte ou refuse. Mais il notion d'équilibre aussi sûre. partir de ce moment et jusqu'au bout de sa carrière l'œuvre de Claude Monet aura été d'une merveilleuse unité. aussi rythmée. il l'a tenu. s'il est parfois impétueux dans l'exécution. la rapidité et la demeure à la fois cursif et solide. il se libère et s'élargit. il s'incorpore pour ainsi dire à la lumière. un un improvisateur hasardeux. Nous en voyons la preuve dès mulation du mais qui ne sont pour braver A les pour forcer faites ni l'a comme il le sentait. Ensuite sûreté. procurent pourtant à nos yeux et à notre esprit une au début. même dans des effets de pure atmosphère et d'eau. et lyrique par la la notation. à un homme qui a méprisé les recettes et qui s'est appuyé. par les moyens pas. comme on le jugea dès qu'il attira elles-mêmes tranchant sur l'accu- justesse premières œuvres de aux Salons. Il n'était l'attention par cette simplicité cette et un insurgé. Les ouvrages de sa première manière contiennent. Il de bonne foi ce qu'il voyait. ni surchargé d'indications inutiles. renversant à plaisir les colonnes du temple. Il allie la franchise. ce qu'il cherchait. comme nous le verrons. Ce tout jeune démolisseur. Ce il réalisé dès l'abord et l'a il qui ne se sont pas démenties un qu'il annonçait.

des terrains en pente abrupte. déjà et protégé hardi voit le et rend moins menu. sinon à engager Monet dans cette voie puisqu'il la suivait déjà et cela depuis ses relations avec Boudin. à une harmonieuse synthèse. les la nature même du contiennent en germe. On a sans doute deviné qu'il s'agit de la rencontre de Jongkind.TÀ JONGKIND. un remarquable tableau daté de 1864 nous montre un thème auquel bonheur : les Falaises le ciel peintre reviendra plus d'une fois avec Une barque. tout la clarté en conservant les mêmes mer et dans étonnantes qualités lumineuses. représentant grande falaise au pied de laquelle se blottit le village. grandeur de construction qui sera une des caractéristiques de l'artiste mûri. Monet y ajoutera de la complexité et du charme par la décomposition de la lumière et de la couleur qu'elle exalte. analyse tellement sûre et serrée qu'elle équi- vaudra. ET PEINT DES VUES DE PARIS. pour celui qui les analyse avec attention. Autre chose est de . mais à y marcher désormais d'un pas encore plus ferme et plus sûr. une tandis qu'en avant remontent ces pastels datés. la grande intensité de la lumière sur la qu'elle réfléchit. en 1862. que son spirituel et judicieux aîné. sachant mettre Ces dessins doivent certainement leur force expressive à commençant cette et ils choses à leur plan. qui avait contribué. voyant juste. l'Océan prouve déjà à quel degré de sûreté moyens extrêmement le le très en valeur sur de peintre était parvenu à rendre. plus fougueux. Mais tefois ce n'est le de Boudin. pour l'œil du spectateur. NE RENCONTRE PAS ENCORE MANET. Divers pastels datés de 1862 nous donnent déjà une idée très heureuse et très complète d'un talent vigoureux. Tou- diminuer en rien que de voir des analogies avec la façon de procéder par conséquent la trace des conseils de cet excellent moniteur. Comme type de la peinture de ces premières années. Nous pouvons citer un de une Vue d'Yport. Plus tard. Une rencontre opportune s'était produite. de Sainte-Adresse.MONET RENCONTRE DÉ. par les simples.

Un touriste anglais qui passait par là s'intéresse à la lutte. Mais y a plutôt une sympathie agissante. de Hollande. réclamait pour le peintre la faculté de supprimer ou de modifier quelque peu des détails et des lignes. allant beaucoup plus loin. ainsi que ses lettres. » Présentation joyeuse. une confirmation enfin. « Je vous prie de et Tout en peignant confrères. Jongkind. et il ne se gênait point pour composer entièrement le tableau. par analogie. voulait qu'on ne se gênât point. dans » la belle vous pourrez facilement reconstituer rieurement entre Jongkind et les conversations qui eurent lieu alors et ulté- Monet. on le devine. avec le motif . ou en intervertissant à sa guise. instinctif le il La connaissance se fit d'une manière plaisante. puisqu'il avait maintenant à s'affirmer son plan de travail. dans une cour de ferme normande. s'efforçait de peindre une vache. Monet. sur la peinture qu'on aime et la contraire. en pleine clairvoyance de ses artiste déjà aussi volontaire Jongkind en 1862. Alors. quelqu'un dit n'est pas mon femme. d'entendre sa voix. Boudin. Amitié qui va jusqu'à l'invitation de Jongkind et de sa compagne par Monet. les Tout cela ne pouvait que l'entretenir en haleine et en ardeur. connaît un de ses la vache. des tendances déjà décidément manifestées. mais aussi avec Eugène Boudin. Et Le grand balourd de Néerlandais c'est elle : « Ce repas. une sorte de contre-épreuve s'exerçant en toute liberté. qui s'obstinait à ne pas vouloir garder la pose. que Claude Monet ne peut alors que trouver prolit à se rencontrer avec un précurseur maintenant en pleine période de combat comme aussi en pleine possession de ses moyens. aussi buts. ses idées sur l'art. en effet la robuste personnalité naissante ne peut plus être dirigée dans un sens déterminé par un maître aussi spontané. vous représenter les entretiens et les discussions que Monet vers cette époque engageait non seulement avec Jongkind. autant par les analogies que par les différences. non seulement contre des adversaires déjà désignés. c'est un ange. qui m'a empêché d'être empoisonné par l'ordre de la : Mais Cour monographie de Jongkind par Moreau-Nélaton. mais aussi contre des alliés admirés. Réponse enthousiaste de Monet. à partager l'hospitalité et la table familiales au Havre. de discuter avec lui au besoin. ou plutôt à la non-composition du tableau. de Un le au regard par le hasard. Pendant « M"" Jongkind.33 recevoir quelque influence d'une œuvre d'une simple théorie transmise par ouï-dire. on peut le dire. voulait l'acceptation intégrale. » en causant. . près d'ici. « un et le permettre de tenir connaître nommé ? Il est tout Monet permet. sans rien changer ni intervertir dans l'ensemble du motif qu'il avait sous les yeux. Liaison enfin. des sur certaines lubies de ce génial dérangé. tel qu'était que grand Hollandais. préoccupe. était relative à la composition. à la fois un contrôle et un stimulant. en grande partie — — — — mais en y ajoutant des détails étrangers qui feraient bien. ou même de connaître l'homme même qui nous offerte et voir au travail. Monet. à l'auberge où je suis. l'Anglais demande au peintre drôle de personnage Voulez-vous me s'il Jongkind. Vous pourrez aussi. détails et » le Voyez. conversation à perte de vue. ainsi qu'au peintre à la peinture. La grande question qui en faisait le fonds.

une résolution. Monet avait eu au Salon de 1865 deux Marines reçues. sans sujet déterminé. amusant de conter que Manet fut légèrement piqué de cette entrée en scène d'un presqu'homonyme. la comme au mouvement dont Manet divers paysages de Paris que Claude Monet exécuta pendant peut considérer se rattachant est le les chef années cette dernière datent entre autres trois très belles peintures prises de par conséquent. sans abréviation deux noms sont devenus également illustres. nous arriverons à commencée avec de Manet tisans) la période où ce contrôle volontaire de son œuvre presque consacrées (tout au moins auprès de leurs par- celles déjà de Courbet. On le sent et on ne tains détails. son œuvre. Elle a pour trait dominant une sorte d'affirmation sûre. lui avait créé non pas un rival. un bateau de quable de valeurs. rapide et pourtant complète. l'histoire si de l'art n'était pas remplie de ces sortes de revirements. mais l'exprimant tout entier. On et l'initiateur. l'édifice est précédé plantée d'arbres. extrêmement de façon con- même de cer- exact. et il : Claude Monet. c'est le courant que montré. De 1862 à 1866. et il y aurait lieu de s'étonner que plus tard le simple développement de ces belles promesses ait causé tant de scandales et de malentendus. appréciées du public et des artistes. mais un admirateur enthousiaste. de ces refus d'admettre ce que l'on avait d'abord encouragé. donnera à notre artiste une sûreté. comme nous le disons plus haut.. l'heure définitive de la gloire. comme par un acte de déférence tout autant que pour éviter à Manet à lui-même des confusions bonnes à exploiter par les malveillants. notre peintre résolut de signer toujours toutes ses œuvres. Comme on lui demandait s'il avait vu les Marines. L'une a pour principal motif Saint-Germain-V Auxerrois. Il sera peut-être ! : qui devait hâter pour ^ D'ailleurs. maisons qui se pressent le long des quais. Ce n'est rattachable à fait. les arbres et les dire l'axe de toute la vue. très vivante. Une autre Vue de Paris. ni à Jongkind. et même du fleuve plus deviné détails accidentels des édifices s'interposent le voit pas. « Bah on les regarde parce qu'on croit qu'elles sont de moi. Elles étaient bien placées. Une foule circule entre ces masses et le coin du jardin du Louvre que le spectateur est censé surplomber du haut de la colonnade. tel Manet que pour mais déjà la personnalité s'affirme et ne ressemble ni à Boudin. ouvrent une vaste échappée sur les colonnade du Louvre.34 En 1866. Cette ligne. où longent le cours de la Seine. lui. de tout de la place. ce mouvement de Paris que l'on n'avait pour ainsi dire jamais pris sur le quel. de fiacres. très remar- . la facture large et simplifiée. Une ligne médiane d'un oblique peu prononcé est pour ainsi en 'avant. après sa mort. etc. édifices qui avoisinent et qui. peut-être plus belle encore. » Manet ne il répondit savait pas alors que déjà. on le reconstitue par la logique bains. très animée de passants. parce que les tinue. C'est à la fois vu avec beaucoup d'esprit. et il ne pouvait pas deviner qu'elle lui vaudrait encore pour plus tard un ami magnifiquement dévoué. un et élan nouveaux. A présent les n'arrive à personne d'équivoquer là- dessus. en 1863. sans arrangement. n'ajoutant rien au spectacle. découvre le Panthéon et.

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les modes reste le ton et même en la même temps. 1866 ou 1867 très probablement. cette peinture est animée également de personnages. qui tient de la marine. est . décisifs. une très curieuse et très originale peinture. On 1866. animent une autre. élégant sans afféterie. sur les plages. encouragés. et qui auraient dû valoir d'emblée de grands succès à l'artiste. Très fortement agencée. Entre les intervalles des voiles et des vergues. afin de pouvoir définir déjà certaines de ses qualités caractéristiques. De cette année nous voyons. entre autres. dames avec ombrelles. et les allures : : du Phare de l'Hospice. outre paysages. ponctuée de kiosques. En du 1866 Monet est admis au Salon. de voitures. C'est une Terrasse au Havre. Au de finesse. précisément. à l'horizon des bateaux se suivent en longue On Tout cela file. Vers et la partie Ici la le milieu du tableau apparaît la du Pont-Neuf avec la statue d'Henri IV. ça et là. les auraient sans doute été suivis de beaucoup d'œuvres de ce genre. La carrière de Claude Monet s'en serait peut-être trouvée complètement changée. Toutes les barques y forment à droite avec leurs voiles à demi-carguées. portion de fleuve distingue la pointe de la Cité. Un jardin surplombe la mer qui s'étend au loin. de est encore plus étendue. un moment encore. comme De promeneurs animent la surface sablonneuse. on aperçoit sur un quai toute une foule de marins et de femmes. C'est une page tout à fait magistrale. diverses vues de Sainte-Adresse. et vers le milieu glisse une barque avec des rameurs. de la rive droite correspondante. Des groupes mondains s'y promènent ou s'y reposent. l'eau. Mais la période est ingrate. avec son initiateur De la même période sont d'autres vues du Havre une belle vue de la Jetée. une masse puissante et légère. bien les cette qu'il ne porte un Port de Honfleur d'une grande beauté. mais le public tout entier. mais aussi par le don d'établir tous les pas de date. avec. un portrait de grande importance. Cette année 1866 est remplie de travaux importants. le quai des Grands-Augustins. Un grand vapeur est arrêté à gauche. messieurs en tenues recherchées. des viflas s'étagent sur la falaise. mais nous préférons. puis encore. Des petits personnages y circulent sur la plage. poursuivre l'étude de la première phase dans le développement paysagiste. moins menu. est toujours prise du Louvre. même époque. malgré sa jeunesse. Une de ces dernières est remarquable de largeur et de force. de ces mille riens qui donnent la physionomie de Paris. des voiles. sauf pour les réputations officielles et les talents qui flattent le goût de banalité qui caractérise alors non seulement la « bourgeoisie ». séduction d'une époque sans tomber Boudin avait également. de grands tableaux de figures qui. du paysage et du tableau de genre. tout en donnant à la nature environnante le principal rôle. Nous ligne voulons parler. Deux pavillons flottent au bout de mâts qui s'élèvent en avant de ce jardin suspendu.35 La troisième vue. Une grande barque à voile vogue assez près du bord. Elle vaut non seulement par la façon heureuse dont le peintre a saisi d'ensemble tout l'intérêt d'un décor et de la vie qui lui est propre. est riant et solide ne peut mieux rendre dans l'affectation. et tout ausi vivant. La manière de Monet n'évoque aucune ressemblance c'est plus net. Ces tableaux de figures vont être mentionnés bientôt. noté avec beaucoup mondaines d'alors.

86 plans. Mais nous verrons que cette qualité là n'est encore. par des moyens aussi peu donnent à le seul fait glisser la cette personnalité un avec qui l'on pourrait être tenu de voir des analogies. . de les graduer tout en les différenciant ferme- ment. et qui suffirait à il capables de prendre la suite des grands paysagistes classiques. qu'une assise. les plus pourrait se tenir. de les agencer sans hésitation. pas même les grands paysagistes de 1830. Nous pouvons la définir en peu de mots dès Monet cherchant à ramener l'équilibre de sa peinture à s'affirme un grand. l'effet lumineux est d'une intensité peintures de cet ordre et de ce que nous citons extrême. Qualité à laquelle parmi les mieux doués. mais due surtout à cet emploi des valeurs. qu'une base. Or. ciel. Claude l'équilibre même de la nature. L'exécution est aussi vigoureuse que simple. sur laquelle en fleuriront de plus subtiles et de plus complexes. Dans les moment. L'entrain et la décision caractère qui diffère grandes surfaces. ne même de celui de Manet. celles ne résume et ne ramasse lumière sur l'eau compliqués et se les grandes lignes et les développer clairement l'immense et aussi sûrs. un exceptionnel metteur en place. Personne à ce moment. pour ainsi dire. que nous pourrons ajouter à avec un peu de détails. cette essentielle de le classer analyse nous a permis de déterminer dès maintenant une qualité Claude Monet. : ses travaux de début.

àlNTE-ADRESSE LE PHARE D'HONFLEUR .

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Bazille. puisque la ne cessait alors de leur répé- ne nous décourageons pas. lui. Quatre jeunes gens. sans en avoir l'inécoles pour de bon. joli et gai garçon. conçues. beaux ces étranges révoltés. fugitifs des ateliers officiels ou officieux. l'école impressionniste. d'anxiété. bien primitifs. et cela prend. L'on reconstitue encore sans trop de blement changées. bien novices. sans le monde. de par le tention. et l'action. grand. que cela obligeait fort. Une «école» qui n'a jamais eu de prétention à ce titre imposant. avec le accent intrépide. de rien moins que d'être des héros.COMMENT D'UN GROUPE OBSCUR SORTIT UNE «ÉCOLE» CÉLÈBRE. quasi-héroïque. C'est l'histoire des débuts de ce qui bon gré. Le ni les plus frugale qu'on puisse imaginer. comme tout révolté professionnel doit le faire. un recul des années même sont aujourd'hui irrémédiaétés passés ils de compagnie par ne songeaient nullement à l'attention sur eux. ces de leur révolte ni à attirer bien que ces temps d'avant difficulté. et de ses deniers. et dans même la devait être. ferme et vaillant. fallait tout Il de même. car tirer parti Monet. et au bouleversement qu'ils ont causé. Nous n'avons plus . et particulièrement de Renoir. mais qui a bien fini par le subir grâce au bruit que ceux qui la constituaient ont fait. Nous sommes dans le vrai. peut-être justement parce que Renoir. libéral souvent pour aller chez lui dans le Midi. car Il il soutenait les autres par la conviction en sans des crises de doute. Voilà tout. encore bien loin pour la raison que les idées n'étaient ni formulées. Bazille ne se souciaient 1870 semblent d'autant plus lointains que mœurs les cette entraînante vie libre. Monet. passion ter : « dans ne peut ne doutait jamais de les moments aller l'avenir. cela peut commencer de la façon la plus simple vouloir. joli Sisley. se réunissaient pour vivre le plus joyeusement possible tout en faisant en liberté une peinture qui les passionnait. s'absentait mettait alors son atelier de Paris à la dis- position de ses amis. vigoureux. titre était même mal gré.

vivre. qui les lui prenaient. travaillait. autre peintre. Gela lui permettait de ne peindre pour lui-même qu'avec des tons purs. Lui qui devait plus tard être camarades. toiles et ses et. Dans ces conditions. leurs de Moreau-Nélaton ou de celles conversations et leurs discussions elles-mêmes. de considérer que chacun et tous. de décider qui a été le véritable instigateur des théories et des formules de ce qui allait devenir r« Ecole impressionniste». arrivé aux grands succès de fortune. s'intéressait aux essais. travaillait beaucoup aussi à l'atelier. « idées dans l'air » que nous avons déjà notées. les valeurs. méthode qu'il devait modifier plus tard sans l'abandonner complètement. la joie qu'une charmante nature. non seulement leur vie. influences. il apparaît aujourd'hui bien puéril.était regroupe par dans la pensée. Il est plus juste. et plus conforme aux circonstances. écoutait. moi vous ne travailliez pas que artiste. petit que je vois gris et blond. Ses et un attrayant et délicat tempérament de peintre. et Renoir qui. de quelque façon exprime. mais. et que Monet avait même connu avant de connaître ses camarades de chez Gleyre. passait par là. lorsqu'on revoit leurs lui la collection Caillebotte. soit qu'on de se laisser la gaîté. Et Sisley aussi. pleine de bonne humeur n'était alors On Alfred Sisley. goûtaient en œuvres. voir pour ses premières vues de Paris. dont les sujets étaient perpétuellement sous leurs yeux. de plus. grâce à sa complexe nature. Diaz quelquefois. Il combinait ainsi. Un Les plus violentes oppositions de tons. et leur répétait ce qu'à « Pissarro. pourrait imaginer ainsi dans soit Camondo. avait dit le grand Corot qu'ils admiraient tous sans le fréquenter lui. et subrepticement allait passer beaucoup d'heures en tête-à-tête avec les maîtres anciens. au musée. Comme Monet était l'autorité et la certitude. exécutait des paysages au bitume. Nous ne voyons pas de Sauf la de le celui-ci. toujours été presque impossible à débrouiller du vivant même et fine d'ailleurs cela a du groupe auquel Monet a survécu. » premier. Monet tout comme nous venons : le cela. devenant chez le marchand nouissait en boutades coupées de longs silences. tendrement et gaîment. plus âgé qu'eux. observait merveil- leusement l'application des valeurs. Les ombres des objets frappés par Les vibrations de l'atmosphère sont sont-elles violettes ? infinies. rencontres. en gardant leur personnalité. d'excellents faux Rousseaux. s'épa- » pour payer son auberge. Mais ce n'est pas une raison pour que car cela est au fond de tout et. si les d'abandon. cette lumière dorée Comment en inter- préter les résultats ? Les êtres se colorent à l'air et au soleil de reflets insaisissables. . même façon. le droit Renoir. et assombri par des labeurs ingratement appréciés. tout en peignant le plus souvent en plein air. l'on conseils. et l'on sente et Le vous n'avez pas besoin de faut avant tout étudier les valeurs. en se heurtant. s'émiettent. les acquis de la tradition et les ardeurs innovatrices. on ne peut faire de bonne peinture sans groupe ne regimbait nullement là-contre. Comment les saisir ? rejaillissent. Les jeux incessants et subtils de la lumière. les voyait occasionnellement. Puisque vous êtes un pourtant : il vous voyez vert. engendrent finalement des harmonies dont il faut rendre la caresse. ses couleurs.38 de nous arrêter. vers lequel ses et camarades se sentaient beaucoup moins attirés. Après cela supputez ce par quoi. jetait un mot d'encouragement. avaient contribué aux acquisitions et découvertes communes.

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un atelier surplombant celui du maître. symbolique. Courbet. rue de Furstenberg. mais il n'était pour rien dans leur formation. Manet. Ses camarades et lui regardaient parfois par la fenêtre et voyaient le bras ils ne voyaient pas ce qu'il peignait. en 1863.39 Jongkind. il avait eu. Monet se souvenait qu'à son arrivée à Paris. beaucoup Corot. pouvaient les intéresser sans cependant les capter. Delacroix venait de mourir. Ils le vénéraient. mais . — du peintre aller et venir devant et ce petit trait est assez la toile.

malgré son charme personnel. du moins d'étu- ou d'influence réciproque dans les arts. et spontanées en leur manifestation. se meut dans l'ombre de Watteau. vous examinez successivement et vous possédez complètement par la mémoire (qu'au besoin peuvent aider de bonnes photographies) trois tableaux tels que le Déjeûner sur l'herbe. qui pu parfois produire des qui pouvaient tromper des yeux exercés. les Demoiselles des bords de la Seine. part et d'autre. non d'émulé. d'une communauté de tendances créée par l'époque. et disons lorsqu'il s'agit d'une sympathie. de Courbet. elle se trouve modifiée d'autant plus que les personnalités sont. se déguisent. Par exemple lorsque des élèves de Rembrandt imitent l'éclairage. même du la matière. des faux. Si. il se produit des analogies . celui que dier les rapports si délicats Claude Monet exécuta en 1867. c'est que si forte. Enfin habiles. de Manet. et même troisième si directe qu'elle soit. on peut démontrer que peinture si le premier ne lui avait quelques artistes impersonnels et et tout ce le Mais second n'aurait pas pratiqué tel l'indi- genre de pas servi. lorsque Lancret. même le mot. Ou bien encore. les procédés de composition. ont qui sépare l'accent incisif de ne révèlent de qualités que lorsqu'ils pastiches. par les deux aînés. Ce n'est point le de même cas lorsqu'il s'agit d'imitations voulues et de pastiches calculés. de il filiation vous est impossible de ne pas percevoir dans cette œuvre du plus jeune. mais de modèle. la touche maître. accentuées. malgré lui et à leur insu. COURBET ET MANET Il est des rapprochements qui permettent sinon de définir. à défaut d'un voisinage immédiat. une certaine action sur lui exercée. cation diluée.DES DIFFÉRENCES ENTRE LES TABLEAUX DE PERSONNAGES CHEZ MONET. malgré certaines différences de nature. on peut mesurer pour ainsi dire mécaniquement l'écart ou le rapprochement entre l'œuvre de seconde main et la création géniale. et enfin l'autre Déjeûner sur l'herbe. par des idées transmises et d'autres naissantes. Mais ce qui rend cette action à peu près impossible à analyser par des mots et même par des constatations matérielles.

PORTRAIT DE MADAME GAUDIBERT .

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Jongkind. une demande ment formulée par à laquelle répondait l'esprit public. verra succéderont côte à côte. ces disciples. et suivant la direction de leur personnel organisme. le mou- les prenait au dépourvu. réglé. mais échouera à suivre tradition l'imagination du grand Eugène Delacroix. Courbet et Manet. On peut dire encore. nette- nettement comprise. vement au milieu duquel naissaient les artistes dont nous nous occupons. qui aima et étudia beaucoup Delacroix. dition et d'une innovation. . des méthodes transmises presque sans variations. entre autres la Noce Juive. à l'impulsion donnée. quoique commencé déjà avant eux par Corot. par Boudin. dans la mesure de leur élan. s'entrecroisant suivant son humeur. vie. parce qu'il y avait un ensei- les ateliers et les écoles. dans l'art du passé. chacun (1). si l'on veut. à que nous verrons Claude Monet et ses camarades tour à tour con- originalité innée. jusqu'à ce qu'elle fasse (1) Ceci concerne surtout et presque exclusivement Renoir. à un faux réalisme comme celui de Bastien Lepage. sans enseignement qu'une routine. enfin après encore. se développera une pseudo- académique qui passera du faux classique des descendants dégénérés d'Ingres. Et même chacun d'eux ne subira pas influences (puisque nous n'avons pas d'autre mais toutes à cet ordre de faits si combinant. le C'est ainsi former leur très rapproché. Ils étaient donc forcés d'être. tracer les descendances. et cela seul suffirait à expliquer pourquoi Cézanne n'a aucun rapport avec « l'impressionnisme ». ces sortes Il obéissant à l'impétuosité même de leur propre création. les mot pour rendre une de ces la fois. d'eux en inventera un nouveau encore pour son propre usage. déterminer gnement un véritable leurre en ce qui concerne l'art pouvait bien plus nettement. d'un point de départ lui même un résultat qui deviendra signal d'un autre acheminement. Tout en gardant leur physionomie particulière et en d'abord fortement. arrivent. Après avoir trouvé en commun pour l'un pour un troiun nouveau mode d'expression. se Cela rend toute critique didactique On moderne.41 mais non de strictes ressemblances. Une sorte d'excitation réciproque imprime aux œuvres d'une même période le trait à la fois divers et commun qui leur donne leur date. qui réagira contre certaines tendances et répondra à d'autres. les procédés courants ne pouvaient satisfaire des yeux point gâtés par une habitude. délicats). demeure dans l'esprit de ceux qui se sentent en communion avec de condensateurs. avoir été marqué tout frappantes. Courbet ou Manet. également une quasi-tradition romantique qui avec Cézanne outrera la couleur et le dessin. Ce trait peut. classer les oeuvres. involontaires ou conscients. comme chez Manet et Courbet. déjà pourtant très visible. Renoir copia même pour les amateurs certains Delacroix. Les idées généralement acceptées n'étaient que des lieux communs qui ne pouvaient inspirer des cerveaux neufs. sa circonstances de sa production. au lieu d'une tra- série de brèves et partielles traditions qui se En même temps que celle cinq ans l'évolution qui a Manet et Courbet à sa que représente pendant vingt- tête. l'offre. Mais. des faiseurs d'images. L'influence de Delacroix sur Cézanne a été plus considérable encore et décisive. pour l'autre par Delacroix sième par Corot. par une fatigue. leur propre et mutuelle tradition. son enthousiasme ou sa répulsion du moment. une que la fin du xix" siècle. respecté mais peu étudié par Monet.

écrivain. de tradition impressionniste que l'on attribue à Monet. météoriques et confuses des jours actuels. écrivain isolé. on peut retrouver œuvres le Guitariste les marques de leur influence dans des chez des tempéraments aussi différents les uns des autres (éloignés parfois jusqu'à une antipathie qui disparaissait dans l'ardeur de la lutte commune). Du reste. . être complétée en n'envisageant plus et l'on se convaincrait que le style un un artiste hommes. C'est la tradition naturaliste figures sur la la et de Manet qui se répercute dans les que pendant un moment unique de sa carrière Claude Monet jeta hardiment toile. qu'un phénomène graphiques parallèle à celui que l'on constate sans discussion toujours en tenant compte de la qualité intrinsèque de chaque les arts la littérature. Tout d'époque qu'il se produit dans cela. ou d'un temps. c'est les ou plutôt pourrait pris en lui-même.42 place aux traditions encore plus morcelées. le à Delacroix). à l'appui des observations que nous venons de présenter sur marche à la fois insaisissable et réelle de cette évolution et sur son caractère en quelque sorte sporadique. du temps. Renoir. Manet de Courbet et tel il propos de remarquer encore que est à et de tableau de Courbet ayant frappé vivement l'imagination et les sens des jeunes artistes de l'époque. la soit un quart de siècle. de Cazin. Sisley la sorte et Pis- mais qui doit être attribuée à leur succès sans qu'ils aient cherché eux-mêmes à formuler et à l'imposer. sarro. de La célèbre définition de Butfon cesserait d'être complète. que les Hommage grands tableaux de Fantin-Latour (V Lhermitte. et qui prime pendant une durée à peu près équivalente. accusera encore bien plus son caractère L'on pourrait en tirer cette conclusion. ne dans avec recul le fait déjà. de Legros (l'Ex-Voto). de Whistler même.

i CAMILLE .

.

LES PREMIERS GR. d'onze figures de grandeur au moins de la demi-nature. qui tranche sur les attifements plutôt clairs des autres personnages. et toutes les vic- d'un assez plantureux repas sont habilement distribuées sur une spacieuse nappe. habillé d'un veston sombre. de bouleaux. vêtu d'un veston clair et coiffé d'un chapeau rond. s'érigeant avec Le fond de la beaucoup de décision et de relief. très important. moyenne dimension indiquer aussi que seule en demeure intégrale une esquisse de aussi poussée que le tableau même. C'était donc un ensemble.4N1)S TARLEAUX DE FIGURES Le grand Déjeûner sur l'herbe de Claude Monet pouvait dans une certaine mesure rappeler celui qui avait été refusé à Manet en 1863. et un dernier monsieur. Mais les différences d'accent apparaissent immédiatement à une observation un peu attentive et dominant les parallélismes de tendances. tuailles un chien complète l'expédition. daté de 1866. à gauche enlin. dans un ample décor forestier. avec l'équilibre spontané qu'improvise toujours la vie. Ce tableau. parlant à une dame qui ajuste sa coiffure. auprès d'une jeune femme blonde. A cet arbre s'adosse un homme assis à terre. qui s'agençait sans effort. doit être tout d'abord décrit sommairement. La peinture de Manet était riche et soutenue. au-dessous de ce groupe est assise encore une autre déjeûneuse. puis vient un autre partenaire. sur laquelle se détache un tronc isolé. leurs grandes jupes largement éployées. plus vigoureux. d'ailleurs de grandeur encore considérable. scène est un rideau d'arbres. les jambes étendues dans toute leur longueur. Celle de Monet est plus claire recettes des anciens et moins corsée. un autre personnage suit (de la droite à la gauche) assis également. suivant les maîtres. De celui-ci Monet et l'on doit n'a conservé qu'un grand frag- ment. se trouvent un homme et deux femmes assises à terre. en avant s'étale une vaste pelouse. et . debout. : debout tout à fait à gauche. Vénitiens ou Espagnols. mais de façon moins forcée.

ce que celle de Manet est elle-même par rapport aux Vénitiens. et ce qui n'aurait pas un caractère d'irrésistible nécessité. et qui le considérait comme un importun nouveau venu. des licences accordées de tout temps à avec nos préjugés sur est vrai que. et jusqu'à l'affadissement. par rapport à Manet. point les vieux maîtres. ce pictural. elle procède par grands partis de valeurs tonales plutôt que de valeurs de clair-obscur. habitué à ouvrir tout . est que Claude Monet. est plus riche et plus modelée. c'est-à-dire qu'elles se présentent relativement les unes aux autres aussi dans une progression croissante de simplification. aurait paru soit c'est moins peu d'années de une inspiration un peu trop directe. une bravade. La couleur de Manet. si la matière n'était pas absolument différente. à introduire un morceau de nu. avons-nous dit. Le plus grand artiste est peut-être celui qui n'ose pas faire ce qu'il ne sentirait pas pouvoir parfaitement réussir. auxquelles il ! donnée lui-même à une personne qui lui posait un jour la question. et du l'art même à si du peintre qui lui avait pu encore suivre l'exemple. en même temps que parfaitement judicieuse. simple nature voit l'abus des figures nues pour les êtres VOlympia. » cette réponse fort belle et fort délicate. comme de Velazquez à Manet. Claude Monet. Tout en admirant il ne sent point le l'essai de besoin de les répéter. Il choqué des vraisemblances d'une scène familière soit qui eût été tout à fait légitime. distance. et si d'ailleurs l'histoire de l'évolution impressionniste ne contredisait pas de façon formelle cette hypothèse si Japonisme « » n'influa opinion obtint -Ce il vraisemblable qu'on la juge. Claude Monet entrevoyait déjà un nouveau langage pictural. Il aurait par Courbet dans son encore les risées Atelier. différent de celui de ce Manet qu'il admirait.44 moins modelée en relief. mais intéressante l'a : répondit sans hésiter Nous trouvons « : Je n'ai jamais osé. Une remarque mais qui a cependant sa accessoire. dans son tableau. C'est une analogie que l'on pourrait trouver avec les estampes japonaises. Claude Monet fait éviter cet élément. paru si déplacé au public oublieux des maîtres et même tout simplement d'été. Il est avéré. le plagiat. Mais imagine-t-on se serait alors exposé La véritable raison. indiscrète pourquoi il n'avait jamais exécuté un seul nu. si naturellement donné de la présence du nu parmi le vêtu. signification. L'artiste peut-être. tout d'abord. Mais soit de tact que cette considération tour d'esprit le dont ne s'embarrassaient «nu blâmé». ou bien aux Buveurs de Velazquez. quitte à se lier bientôt d'étroite amitié avec lui. comme le nôtre. l'abstention qui est assez enthousiasmé par la qui à l'occasion l'animent. n'a pas songé un seul instant. comme celui qui avait. lumière des maîtres et dans le jour de l'atelier. soit. c'est que. Alors que Manet ne voyait encore en majeure partie qu'à - la qui. la en effet. que fort peu sur l'impressionnisme. que le faveur que cette = au contraire est à retenir. celle de Claude Monet plus claire et plus synthétique. malgré y a quelques années. dans le Déjeûner de Manet. . 'tres aux expositions Quand on quasi-farouche d'un jeune peintre Manet et par et plus tard que lui les pein- d'alors (pour ne pas parler de ceux d'à présent) prodiguaient sans on comprend admirablement raisons de beauté. par exemple. On peut établir qu'elle est. ce mélange du nu. Et même cette progression pourrait se noter déjà des Vénitiens à Velazquez.

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si fougueusement jetée sur toile. de le telle que Courbet l'avait pour cela que très peu de jours avant les derniers délais avait exécuté avec une furia et une vigueur superbe ce portrait. et celles . la jolie tête pâle. Claude Monet pensa appréciée. faisaient admira- blement valoir. Les artistes ont souvent une excellente influence sur leurs confrères par ce et qu'ils produisent pour leur compte. c'est que deux thèses opposées peuvent être de «mange» soutenues. le avait fait quelques obser- vations de détail qui avaient déconcerté le jeune peintre. la lumière considérée à de l'analyse. Courbet. Suivant l'une la grande lumière D'après la seconde. et qui fut comme ne pouvait envoyer qu'il la tête retournée de profil vers le spectateur. s'y avec plus parfaite logique. Cette casaque bordée de fourrure. En réalité. différait. mais cela n'amusa guère le pauvre débutant qui rencontrait tant d'obstacles. et finalement lui persuader que façon de dire ne doit la passionner que dans la mesure où le l'artiste sent la beauté et aspire à la rendre. en pleine en pleine rue ses vues de falaise. comme lignes et comme tons. était complètement fait et exercé aux harmonies claires. Et ce qui n'est pas moins singulier. il bon de spécifier ici que refusé au Salon de 1866. C'est il femme vue de dos. ce qu'il y a de plus curieux. de cette beauté parisienne. et le ayant déjà brossé en pleine campagne. s'établisse comme on Déjeûner de Claude Monet ne fut pas. presque toujours très mauvaise par ce qu'ils disent de ce qu'on soumet à leur jugement. Camille se ramenait plutôt à la manière corsée scène. qui était venu le voir à l'atelier. puisque cette figure non plus comme était modelée de Manet. c'est que l'un des systèmes peut parfaitement conduire à l'autre. exaspère les décompose en mille éléments vibrants et scintillants. et que lui-même. l'amener à admettre les procédés les plus contradictoires. sera l'a dit. qui perception par vastes ensembles. Mais. et certaines études ou peintures en forêt de Fontainebleau avec les autres déserteurs de l'atelier Gleyre. appréciée à l'exposition par les rares connaisseurs. et non plus de les exaspère. par une contradiction d'ailleurs très légère. où s'émiettent de façon éblouissante tous les tons éclatants du prisme. de dire que la couleur avait été si généreusement prodiguée. dédaigneuse. la Voilà qui peut rendre l'étudiant des arts singulièrement sceptique sur la valeur des théories. que presque au moment de posant à l'atelier. sa vaste d'envoi au Salon. Pour ne qu'il pas de légendes. dont Mais y a-t-il exécutée à même l'atelier la grande bien apparence d'après un modèle du Déjeûner d'après les notations et les souvenirs du grand air. l'attitude souple. robuste et magistral morceau de peinture qu'il était. de Saint-Germain-l'Auxerrois. avec qu'il intitulait Camille. cette grande jupe de soie bruissante à rayures vertes. comme nous venons de le et voir.45 grands les yeux dès les années de plage sous regard bienveillant de Boudin. Tout en émanant du un peu même tempérament de peintre qui venait de produire le Déjeûner. et ce qui prouve bien que les contraires sont tous également dans la nature. de contradiction ? Non. en pied. de Honfleur. Sainte-Adresse. Claude Monet passa du premier au second couleurs. Il est amusant. est celui les la même couleurs plutôt qu'elle ne un autre point de vue. toile. maintenant.

46 lui faire quitter l'atelier. et n'étant pas encore assez vieux pour y demeurer réfractaire. C'est une dans la religion et dans l'amour. ne passa point cependant inaperçu des air moins il est curieux de les ennemis et les railleurs de ses aspirations et son talent parfaitement classiques. et choses jouissent d'une providence spéciale. au moment même où il niait le résultat obtenu. le jeu des actions et des réactions entre artistes dans de pareilles périodes de transition. . — artistes. était. Manet. La meilleure et la plus sûre condition pour se rallier fermement à une opinion est d'y être hostile tout d'abord. vers le sol. Du plein ? Est-ce que les maîtres d'autrefois en faisaient. Et surtout saisir là sur le fait la marche des influences. La force d'une les conviction acquise est en raison directe de l'énergie avec laquelle on s'appuyait aupa- ravant sur la conviction contraire. Manet avait blement hanté Claude Monet et celui-ci tout pas de plus dans une région sur laquelle en subissant son influence avait visi- fait un yeux de son aîné ne s'étaient pas encore ouverts. tout près d'éprouver une espèce de choc en retour. Il répara le il s'aperçut que son tableau menaçait de couler tout entier mal du mieux. A son tour. quoiqu'il n'eût pas. comme . Il fut exposé à la vitrine d'un marchand. Cette moquerie indignée prouve à quel point Manet méconnaissaient il de demeuré une des — le ! tableau est le « glissantes » faut admettre que les belles Le Déjeûner. à son insu. loi qu'on observe dans les arts. qu'il put.: existe. puisque productions ou les plus solides. L'on engagea vivement l'aller voir. le bénéfice scandale de la grande discussion publique au Salon. le plein air du plein air! s'écriait-il ironiquement. par suite de ces circonstances. . Ah Est-ce du plein I voilà ce qu'on appelle que ça air ? . et les Manet à ' — l'art moderne.

LES «FEMMES CUEILLANT DES FLEURS»
ET LES DERNIÈRES PEINTURES DE PERSONNAGES

Monet fut admis au Salon de 1866 avec le portrait de Camille, il fut refusé
haut la main avec un autre tableau composé, où les figures sont de dimension un peu
moindre que dans le précédent, mais toutefois une de ces entreprises de grande
envergure que les artistes ne recommencent guère à moins d'être très encouragés dès
le début, ou bien d'être doués de ce tour d'esprit que l'on pourrait appeler monumental et qui pousse, par exemple, un Delacroix ou un Puvis de Chavannes à concevoir surtout par larges espaces et à faire comme malgré eux le siège, puis l'assaut
Si

et la

conquête des murailles.
Il

représentait des

Femmes

cueillant des fleurs

dans un parc, l'une assemblant

un bouquet, l'autre en respirant un, une troisième se dirigeant vers elles d'une vive
allure, une enfin assise sur l'herbe, le visage incliné vers le sol, et éclairé par le reflet
qui la pâlit d'une façon assez singulière. L'ensemble est gai, aisé d'exécution, et les

peu corsées, rappellent plutôt

tonalités claires,

tentatrices richesses

que permet

la

celles

peinture à

de

la

fresque par rapport aux

l'huile. Il est

évident que le peintre,

dominé par la volonté d'éclaircir la palette, d'en
rapprocher les gammes de celles même du dehors, et de l'écarter au contraire le plus
possible du diapason soutenu auquel l'avait montée le travail exclusivement d'atelier
et l'habitude du rembrunissement que le temps avait fait subir aux ouvrages des
dans ses recherches,

était

encore

maîtres recueillis dans les musées.

En somme,
japonaises et

s'il

si

Monet

n'avait prêté qu'accessoirement attention

aux estampes

n'avait pas été en Italie et n'avait pas l'idée, par conséquent, des

lumineux spectacles des fresques
unes et des autres.

florentines,

il

se

rapprochait instinctivement des

Les modes extravagantes, et séduisantes pourtant, de cette époque affolée de
1867, ajoutent aujourd'hui à ce tableau un charme bizarre. Les immenses jupes claires

.

48
à dessins soutachés, les casaques au contraire étriquées et les minuscules chapeaux,
étaient acceptés par l'artiste et atteignaient

malgré leur transitoire exagération,

le

du dessin. D'ailleurs tout cela s'harmonisait avec le
paysage plein de fraîcheur et donnant bien une impression de vraie nature, saisie,
non arrangée. Sans les préventions du moment qui commençaient à s'armer en
guerre contre les nouveaux venus réputés rebelles à toute beauté (à toute convention
de beauté plus exactement), les deux compositions de Monet que nous venons d'analyser auraient séduit le public par une réelle élégance, par une distinction presque un
peu féminine, au rebours de la brutalité qu'on leur supposait. Alors la carrière de
l'artiste en aurait peut-être suivi une toute autre orientation.
L'on peut beaucoup mieux se rendre compte de ces dijfférences entre la phase
style,

par

la

vigueur

et le jet

des tableaux de figures et celle des paysages qui allait bientôt et définitivement s'ouvrir,

aujourd'hui que l'Etat a fait l'acquisition des

Femmes

cueillant des fleurs et a placé

ce tableau au musée, en heureuse réparation des torts d'un jury depuis longtemps
disparu. Sans aller jusqu'à remercier ce jury d'avoir forcé Claude

Monet à chercher

d'autres voies que celles qui lui paraissaient obstinément fermées, et par suite à trouver

on peut lui accorder les circonstances
atténuantes pour n'avoir pas compris ce que Manet lui-même méconnaissait encore.
Les tableaux dont la figure humaine fait le thème dominant ne furent plus
que très peu nombreux dans l'œuvre et même cessèrent bientôt complètement de tenter
le peintre. Nous n'avons donc qu'à les énumérer brièvement, l'essentiel des réflexions
que cette catégorie pouvait suggérer venant d'être développé.
Pour être complet, il nous faudrait donner quelques indications sur des portraits que Monet exécuta au Havre dans sa première jeunesse. Mais il en a lui-même
la

veine qui

perdu

la

l'a

trace

rendu exceptionnel

et illustre,

malgré des recherches

qu'il

fit.

Peut-être des trouvailles sont-elles

réservées à d'heureux fureteurs.

Le dernier grand tableau comportant plusieurs figures est le grand Déjeûner
dans un intérieur. Une salle à manger bourgeoise, avec un jeune enfant attablé et une
mère présidant affectueusement à son repas, tandis que le père s'apprête à sortir et
,

que

la servante

diffère

„.

apporte un

plat. C'est

une

très belle peinture, robuste et saine, qui

moins que les deux autres de celles de Manet.
Monet ne devait que plus tard, en 1876, peindre une

figure de

même

importance,

une jeune femme blonde en robe japonaise très éclatante, campée avec une souplesse
mignarde, une grâce un peu affectée, devant une cloison décorée de quantité d'éventails
bariolés. C'était

un morceau

très brillant, très

dire de spécial à propos de ce

Occasionnellement,

il

savoureux

et

entraînant, mais

unique

«

on ne saurait rien

revenez-y »

brossa avec emportement quelques figures dans sa facture

un marin de Belle Isle; un pâtissier de Trouville et
la femme dudit; enfin, dans un âge avancé, un portrait de lui-même, simple ébauche
de tête d'une coloration vive et d'une expression riante. Mais ces divers morceaux
n'ont plus aucun lien avec les premières tentatives de figures, isolées ou groupées.
Cela a pu faire dire, bien à tort d'ailleurs, que la physionomie humaine ne l'intéressait
qualifiée d' « impressionniste »

:

.

.

.

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et . se confondant avec sans qu'il la ait été peut-être homme». et lorsque les figures figures féminines surtout. et les rives. La nature le jusqu'à dire. dévorante lumière.49 pas particulièrement. et presque exclusivement la parole. mes avaient comme Beethoven fait tout ce qu'ils Dorénavant. dans la les les eaux. ces apparitions furent comme les floraisons une eurent douces fugitives. hom- compagnie des arbres. : sollicitait. humaines. et les plaines. et «J'aime mieux un arbre qu'un avaient pu pour le renvoyer à les arbres donc. les claires et y apparurent. Il est plus exact de déduire des recherches auxquelles allait il se livrer et de la production intense qui devait s'en suivre qu'il fut lancé dans autre voie sans pouvoir s'en distraire.

Mais cela demande à être expliqué et par des exemples. leurs troncs bruns. ici le redire. et qui. ces tour à tour chaudes ou froides. Rien dans la couleur n'indique encore un acheminement vers les tonalités si vives qui devaient plus tard sembler si révolutionnaires. part de l'exemple même recherches que précisément les connaisseurs d'alors blâmaient dans de Corot le et des peintre poëte : l'observation des effets les plus délicats.PEINTURE «GRISE». la terre d'un gris jaunâtre. Sisley et Bazille mènent en forêt cette vie fraternelle mulent réciproquement dans Cette recherche. alors que de plus en plus Claude Monet va se prouver lyrique dans cette marche illustrée Un spécimen le positivisme seul. pour Monet entre Paris simplifier. différant selon la façon dont les frappe la lumière. Seulement Corot plus tard que cela devait être entre le — et nous verrons révélateur et son admirateur inconnu. devaient tout au moins « révolutionner » les ateliers. de tout ce qu'elle prodigue de féeries. Il lui fut donné non seulement de noter des spectacles poétiques. vraiment magistral de ce point de départ dans le sens strictement vue d'une grandiose avenue en forêt qui fit partie de la collection Henri Rouart. en effet. et avant d'entrer dans le détail des déplacements de Havre. Les tons généraux pictural de Corot est le Pavé de Chailly. Renoir. sont ceux que la plupart des yeux sont habitués à croire ceux de la nature verts. — Corot ne voulait pas se borner à ce rôle prinune cause de graves malentendus. cipalement réceptif. ANNÉES SOMRRES. mais encore d'en recréer par la composition. On peut. il faut la que nous avons décrite et se sti- recherche de nouvelles ressources picturales. appeler d'une manière générale la période de Fon- et le tainebleau. Monet. suivant les saisons et les heures et non ombres par conséquent . celle qui s'étend de 1862 à 1870. C'est à cette époque que Monet. : les arbres — et ces reflets multiples. la sincère notation en présence directe de la nature. leurs ombres noires.

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Comparée à la gamme d'un Decamps ou d'un Delacroix. clarté dans la graduation des valeurs. que l'œil attentif que la seconde moitié du chemin. Il ce n'y avait déjà presque plus rien de commun entre le Fontainebleau de 1830 et celui de 1870. que Monet avait été jamais il ne ménagea. en 1867. puis de l'impressionnisme. et de ses amateurs retrouvèrent de ces œuvres brocantées. (Nous avons noté quelques-unes des très belles œuvres qu'il exécuta alors. bientôt il il en avait lacéré bon nombre à coups de couteau. offrait cette paysage du Déjeûner sur l'herbe ou des vues de Chailly et certaines autres pauvre mais plus distinction capitale d'être plus mais transparents. si sur tire le vibrant qui devait faire si — bleu ou sur l'orangé. . une rude mésaventure avait mis sa vaillance à une cruelle épreuve. Une peinture qui fut reconnue un achetée une dizaine de francs par le neveu du marchand toiles sabrées et jour par Boudin la Monet était trop tard.) Dans un mouvement de désespérance bien naturel. ou de Corot. assez forte. et le peintre ne fera guère car la première et la plus était déjà. entre le Havre et Honfleur.51 suivant que cette lumière analytique. Ne vendant point et devant vivre cependant. s'exerce vite à percevoir. et pour ne pas laisser derrière lui à l'abandon des toiles où il avait mis beaucoup de peines. les plus dorés. Vienne étaient froids. car tous ces peintres prodiguaient les tons les plus riches. et ses couleurs. ces colorations de la lumière. chose accomplie. et il est inutile de dire que personne ne songeait à lui acheter. ces premières toiles même de Fontainebleau paraissent encore aujourd'hui très sobres de couleur. les peintures de Chailly pourraient être considérées comme que Boudin appelait «la peinture grise». mais en 1869 et 1870. ou contraire. toutes nuancées qu'elles étaient. ou par rapport à toute peinture de Manet. et payer ses toiles. chez il avait abandonnant son dû toutefois se réfugier atelier et partageant son temps d'attente des heures meilleures. celle de Monet. impitoyablement refusé. la vie était peu encourageante. et La vie. dans le Femmes cueillant des fleurs. le un boucher. moment où Ces gris. dont nous devons tenir compte dans cette dès le histoire. pour vivre et le couvert. admis au Salon en 1868. Pourtant c'était déjà quelque chose de très différent de ces maîtres. les plus chauds. le enfin tout ce langage scandale. difficile. celle de la commencement. en paraissant s'y rattacher discrètement. Malheureusement avaient été vendus à il et écrivait alors créance de l'impla- de l'atelier vil prix. Déjà. la tradition Au complexe. parvenait encore à se tirer de ce pas à son camarade Sisley pour le charger de payer rapidement cable boucher. Monet et quelques-uns de ses amis de ces difficile. bien que ces sortes de détail n'aient plus qu'un intérêt secondaire puisque l'artiste a reçu les com- pensations les plus complètes aux épreuves du début. et. ou bien dans les du même moment et du même genre. le matériel et les toiles Plus tard. puis le succès. par rapport à bien encore de Courbet. Toutefois. un paysage de Théodore Rousseau. pour rendre ces vibrations de la le claire. cependant. Aucun subside auprès d'elle il une avait d'argent ne lui venant de sa famille. dette entre autres. ces les tons ombres noirâtres purs seront employés couleur.

continuant dans le sens des œuvres que nous avons jusqu'ici étudiées. entre bien d'autres. l'extrême de suite les succès de et les — subtilité dans ses analyses de en présence des magies de la couleur. une valeur considérable. Il est certain que si. sauf du moins au pauvre Sisley. fut pansée de ses blessures.52 de tableaux Martin. . il avait été enfin classé comme un beau peintre. il n'eût pas atteint ce qui l'a rendu un artiste passionné et passionnant. que mode s'ils avaient connu tout engouement prématurés. et nous n'aurions plus fait le moindre effort. à et devait lui. une idée de faits que nous ne voyons plus guère se répéter aujourd'hui. le la palpitation de lyrisme de ses impressions la terre. émettait. disait-il. Nous nous serions. la conviction qu'ils leur avaient été plus salu- à Renoir. entre amis. un Chêne au Bas-Bréau. cru tout de suite du génie. Bien que ces moments eussent été récemment Monet taires. nous n'aurions rien trouvé. c'est-à-dire d'une part. et l'air. difficiles à passer. Ne cherchant plus rien. et de de l'autre. atteindre Ce trait donne.

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les autres naturelles. deux admirables naturistes dès cette rencontre. La plus importante des circonstances qui amenèrent Monet à faire un retour sur lui-même et à chercher autre chose (bien entendu dans le sens de sa propre nature) fut le voyage à Londres auquel le contraignit la guerre de 1870. Celui- la peinture sur des peintres aussi volontaires et ci anglais. Là il rencontra Pissarro. déplacements forcés. et la première série des épreuves. par les Monet n'était était incité. . furent vivement frappés par les œuvres de Turner. Même il s'est fréquemment abstenu. Ces acquisitions capitales qui devaient suivre les débuts. et les rencontres amenées par les conformes au développement logique des du tempérament même. préservé. à chercher une palette plus vive. cherchant tour à tour l'irréel dans le réel et le réel dans ne pouvait manquer de l'irréel. Cet ensorcelant peintre. Courbet. Daubigny et mais non asservis. pour ne pas dire ne fut jamais un Fantin-Latour et une influence aussi grande qu'à la nature aussi ouverts aux sensations que Monet. comme le furent au contraire Manet. furent dues à diverses causes. Les unes accidentelles. mais un simple acheminement. Il ne faut pas attribuer à homme des musées. mais ce pas à celle de Turner qu'il devait aboutir. et que les riches dans une certaine mesure Corot lui-même. premières tentatives comme les voyages. Cabat. Ce ne fut pas une initiation. Tous avaient été stimulés.ANNÉES D'ANGLETERRE ET DE HOLLANDE. lors d'une visite à la National Gallery. mais lourdes triturations de pâtes de Courbet. qui ne devait pourtant pas être la plus pénible. Paul Huet. les exciter à se mettre en peine d'une couleur plus vibrante que les harmonies délicatement nuancées dans le gris de Corot et de Boudin. et tous deux. à la fois visionnaire et naturaliste. décisif toutefois. Turner put être pour eux ce qu'avaient été Constable et Bonington pour Théodore Rousseau.

élève toute sensation au paroxysme comme un se soit alcool. sur un plan encore plus rapproché une sorte sujet. d'un motif simple. et surtout. qu'il a pu combattit. et montée jusqu'à la on s'explique sans peine que la vivacité dans la coloration. acquérir des Greco. Nous avons vu que le séjour de Monet en Algérie ne lui avait servi de rien quant au développement de ses qualités de couleur demeurées latentes durant ce trace d'antipathie qui ne séjour. la jus- passa la il au passé. Irons-nous jusqu'à dire que chez lui une faiblesse? Non. Or on le très de ses parcs. et éprouver dans sa jeunesse pour Corot. l'intéressèrent toujours davantage. et l'ayant trouvé fermé ce jour là. visita peu plus grande partie de son temps cette curiosité insatiable qui nous enflamme à con- nous qui ne peignons pas. nous du particulier si une campagne à Venise. le un respect que nous avons pour maître. largement pillées. d'une mouvante et fantasmagorique diaprure au milieu des intensités à toute minute dissipées ou accumulées des brouillards londoniens. sen- timent d'admiration de fétudiant vis-à-vis du maître de son choix. et même. parce qu'il c'est d'une nature passionnément exclusive et l'acharnement à tification propres créations. même du traité. à peindre. masse du Parlement se profilant en hauteur vers le milieu du tableau. des dans sa maison qu'il a recueillis sont presque exclusivement des Cézanne. il ne réitéra pas la tentative. ceci est pour faire indirectement. Celles que l'on peut connaître se rapprochent assez de celles que firent à la même époque Pissarro et Sisley par exemple à Sydenham. Nous pouvons Park. comme lui en eut sur plusieurs d'entre eux. la ligne une Vue de dans citer les parcs ou les environs de Londres. Puis. et à cause au loin se devinant. comme typiques une Vue dans Hyde avec des silhouettes de promeneurs épar- des maisons d'Oxford Street. lui. Il ne nous a été donné de voir que peu des peintures exécutées à Londres pen- dant cette période. Ces facultés furent. même chéri par nous. Les artistes de son temps immédiat. des Ingres. qui. étant allé pour voir je ne sais quel Palais indispensable. Il comme morceaux de peinture Degas. la clarté Au déjà acquise chez Monet surplus cet acheminement s'est opéré plus par incubation que par brusque changement. des Renoir et des Berthe Morizot. Les grands maîtres anciens eux-mêmes ne sont pas de sa part l'objet d'un culte. Un peu en avant on entrevoit le Pont de Charing-Cross et à gauche. Le climat même porte à la griserie. à Londres. une et minime à très la poursuite de ses chronologie. fit Il la a. Delacroix. dans que il se sait que mêle une donne que plus de saveur à l'attraction qu'il exerce sur nous. la Tamise. qui d'ailleurs n'eurent pas de prise sur lui. mais les aurait pu.54 de l'étude approfondie des devanciers. fit en Angleterre. Tout naître. de ses suburbs En somme . Bien que nous anticipions légèrement sur pouvons profit un citer trait assez curieux de ce détachement du présent. Lorsqu'en 1912 Monet les édifices et l'Académie des Beaux-Arts. On au contraire exaltées par sait l'intensité d'une incroyable fraîcheur à que prend la le séjour de moins d'un an qu'il couleur dans l'atmosphère de l'île. campagne. même Une éducation bien autrement de Londres. comprendre en quoi Turner il y a là éclaira Monet et ne lui servit vive et immédiate devait être la couleur un phénomène intellectuel analogue au sentiment comme nous le verrons. avec la .

mettait beaucoup de chaleur et de dévouement au était de ceux qui plaisaient. Daubigny n'était en faveur de Claude Monet à M. Paris. ce qui lui permit. Il s'était il Celui-ci eux-mêmes seulement. Les œuvres capitales de la dernière manière de Beethoven s'acheminent de plus en plus vers la forme variation. ses œuvres finales poussent le système de : composition par Au la variation même excessives conséquences. constitué Il . en 1870. l'objet de beaucoup de résistances et de critiques. Quant à Wagner. d'un bonheur de franc coloris qui la rend très à part. sincère dans la vie comme il l'était devant la nature. jeune. empêcha Monet de séjourner très longtemps à Londres. il le jette sur la toile avec décision. Nous constaterons que plus le peintre avance en années et plus cette verve de développement. de qui les débuts ne lui étaient pas inconnus. d'une limpidité.55 d'estacade sur laquelle se tiennent des silhouettes de mariniers. Il très précieuse En que le dans toute son œuvre. prendront à la fois où tions de il la diversité et l'analogie considérer même le de l'ampleur. et de qui les travaux présents l'intéressaient. On nous avons déjà été amenés par non pour «faire de la littérature») à pourrait. n'avait pas tardé à comprendre la gêne et les inquiétudes du confrère plus reste. et un jour. et cet homme excellent. Sur sa recommandation le marchand acheta quelques toiles à Monet. d'entreprendre un voyage en Hollande. Mais l'obsession revient lentement. écrivit pas encore le vulgarisateur n'étaient pas encore les sitait une l'école de Fontainebleau. ce qui déjà néces- un des défenseurs convaincus de Corot et de faut se rappeler que Corot était toujours. opiniâtre des jeunes peintres qui « impressionnistes » lutte assez ardue. Mais Daubigny et Durand-Ruel. fructifier à près la singulière et drama- un phénomène que nous verrons plus d'une fois se reproduire au cours de la carrière de Monet. Un thème le saisit. cette griserie d'harmonies sur un sujet déterminé. milieu même des anxiétés et des tra- jusqu'aux exclusives et une circonstance heureuse. soudain elle s'épanouit en multiples variaC'est semble que sa joie ne doive jamais plus s'épuiser. La série des paysages qu'il exécuta au pays de Van Goyen et de Jongkind est d'une force. au verses. qui devait amplement de trente-cinq ans de distance. ou bien à une suite de motifs voisins les uns des autres dans la région momentament préférée. service de ses camarades jeunes y avait un apôtre et un apôtre sans fracas dans ce grand paysagiste. car il passe à un autre motif. ou vieux. ce qui peintre vint faire au donne à supposer moins une ou deux rapides apparitions à des vues de Vétheuil et d'Argenteuil sont datées de 1872 également. Ce tableau est particulièrement intéressant parce qu'il peut être considéré comme le germe. de certains grands musiciens. de tique série des Ponts de Londres. comme pour en être quitte avec lui. datés de 1872 et 1873. voici quelques exemples. Il y avait rencontré Daubigny. puisque des opérations de l'esprit (et maître soi-disant impressionniste plutôt rapprocher cette marche de son œuvre de celles comme un grand harmoniste. puisque . quoi qu'il ait produit plus tard. tant pour satisfaire un désir antérieur que comme conséquence de ses entretiens avec Daubigny.

Voilà quelques-uns des exemples des peintures que Monet exécuta en Hollande. porte. sur le le même thème. Monet communique à notre esprit cette satisfaction inexplicable. fortuitement en accord avec une disposition bienveillante de notre esprit. l'eau s'étend en avant et à gauche. à l'improviste. en dehors de toute considération d'école. Ce personnage s'élève du milieu d'une touffe de joncs au bord même et à droite d'un spacieux canal. avec un beffroi. cette intitulée la un mouvement Maison bleue. dont il plaît au soleil ou au reflet du ciel de faire pendant quelques secondes un objet précieux. mais ridicule quand il s'agit d'une notation où aucune autre force n'a été déployée que celle d'une acceptation joyeuse et de la parfaite justesse dans un accord de tons simples. ainsi qu'en avant et de joie un bouquet : d'arbres s'élève jusqu'au milieu d'un canal. si simple. tandis que d'autres maisons se développent jusqu'à l'extrémité de droite. ni pour personne. Une vue d'Amsterdam. un beau Moulin avec la base en bord d'un canal. des valeurs de tons et d'éclairage. sûr et cordial. toujours la même et toujours surprenante. Mais ces synthèses tranchent déjà hardiment sur le goût. mais littéralement exact. Elles révèlent avec une autorité et un élan tout à fait partiliers. une pareille beauté. relevée d'un bow-window. auquel les voiles donnent charmante peinture. Enfin petite construction absolument dépourvue de caractère. d'autres vues analogues sur petite corbeille. — Elles sont exceptionnelles par l'emploi libre. créant ainsi un contraste et un équilibre superbes. et Courbet ne cherchera pas à s'en rapprocher. et ne semble pas encore entre- voir les analyses de couleur qui devaient bientôt distinguer son et et lui valoir des vexations prodiguées en proportion même œuvre entre toutes de leur nouveauté de leur charme. auxquelles les ailes vivante et fantasque. en a saisi et fixé demeure et tiendra en joie de longues générations. et à ce bouquet succède une maison bourgeoise. Dans ce tableau. ni pour nous. à la clarté d'atelier. Une barque avec des rameurs glisse sur la surface de l'eau merveilleusement polie et claire à ce moment. tranquille. mais avec une grande voile sombre et une grande voile claire au centre du tableau. en pleine lumière.56 Un Moulin comme tructions massives donnent on ne Zandaam nous à offre la plantureuse silhouette d'une de ces cons- des tours et légères sait quelle allure comme des clochers. les habitudes de l'époque. mais avec un accent de légèreté plan. Une page robuste comme les deux précédentes. devant lesquelles passe une barque. de tout ce qui en général fait verser tant d'encre et prépare tant de lieux . des voiles se distinguent à l'arrière- du moulin. et même trivial Quant de ces vues de Hollande. si l'on nous permet un terme un peu elles décrassent la peinture. rien qu'une muraille. parmi des maisonnettes. qui nous saisit ainsi. devant une vieille une bicoque. Il continue à procéder par synthèse. Le même moulin. Manet est encore très loin de ce sens particulier de la clarté. Jamais ce médiocre prétexte ne retroumais ce que l'artiste vera. une perception directe de la nature. véritable tour de force si l'on peut employer cette expression consacrée. sur le bord d'un quai lui-même le plus uni et le moins remarquable du monde. d'autres constructions encore sont aperçues dans l'éloignement.

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mais dans l'art moderne tout entier. tout particulièrement Van Goyen par la décision des silhouettes. Personne n'a vu ni rendu la Hollande avec plus de simplicité et de justesse. Ruysdaël. dont il voit le commencement en pleine assurance et connaissance de cause. va sans dire que tous les grands paysagistes Hollandais. avec la fameuse Vue de Delft. Nous voulons simplement marquer la valeur d'un peintre moderne parti à la découverte. (1) Il et tant d'autres . on peut dire qu'elle caractérise un groupe d'œuvres qui demeure précieux non seulement dans l'évolution de l'art français.I 57 communs pour l'avenir. et il n'y a guère (1) que Vermeer. Van de Velde. Monet semble rejaillir directement de certains grands maîtres du xvir siècle. mais tout armé pour la lutte. Van der Heyden ne sont ici ni discutés ni discutables. qui du haut de son inaccessible perfection semble avoir versé un trait de sa lumière au peintre encore obscur.

ainsi que Maître. n'est certes ainsi dire. foncer sur l'obstacle. Il n'est pas sans utilité artistique entre 1870 et 1875 Monet de ses amis. puissant et véri- dique tableau de Fantin-Latour. avec sa pèlerine. comme un jeune taureau. le fin bureaucrate. en mettant à part. est trapu. dans la demi-teinte. comme on dit Renoir. tout à fait en arrière à l'extrémité gauche son costume. Tandis Manet. et si maintenant de se représenter d'ensemble l'on veut bien les difficultés qu'ils Deux personnages le mouvement comprendre. est à la fois ironique et tendre comme un amoureux philosophe de Watteau ou de Marivaux. lui. l'Atelier à Batignolles. bien entendu. dégagé deux personnages sont justement les que Manet parle et disserte. comme un Athénien de deux plus effacés de l'assistance. Ces . comme Mais au théâtre I ils sont éloquents ces deux « personnages muets » . avec ce qu'apportait l'art de avaient à surmonter. peu qu'on en est pour voit. son petit chapeau rond. le une place assez en vue. les épaules sur la défensive. et pas celui d'un riche. malgré sa modestie tient encore. surtout nous ont toujours frappé dans le grave. aimable. que Zola s'assimile et se prépare à « tartiner » que Zacharie Astruc se carre dans son beau veston de velours. sa jolie et souffreteuse figure narquoise. le regard perçant quoique dirigé un peu de côté pour se mieux tenir en garde. le héros même de la scène. pour non plus le du groupe. celui de Renoir d'ailleurs. comme on pourrait voir ici le peintre prédestiné de la femme ! Monet. que Bazille. et Claude Monet. qu'Edmond se pénètre. Il Il va n'y a pas d'orgueil dans cette phy- . peintre allemand très oublié Scholderer.LA PERIODE HOSTILE. ramassé sur lui-même. élégant et noble Paris. sérieux. au contraire Renoir au second plan s'estompe presque. Quoi qu'il soit trop facile de tirer les horoscopes après coup.

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les qualités l'a c'est faire large — le voient ce qu'il est. d'écrivains Fantin. puisqu'il ose acheter et garder précieusement le Déjeûner sur l'herbe. pas. là est toute la différence entre eux et ceux qui ne luttent en soit. rire. Zola. modeste. pleine de force et de pensée. Burty. et l'hostilité. songer que tout leur est hostile ou fermé à ce moment. le mouvement le disent sans ambiguïté. Quoi qu'il : Toutefois. ne m'avait pas remonté d'un coup d'épaule. il nous remettant dans faut. de qui Manet fera un peu plus tard la superbe effigie. l'attitude. malgré sonne ne le même prend au sérieux. il est vrai) devant la première et splendide ébauche de son visage. Il ces célébrités et mordants. ces deux jeunes gens. les lutteurs les plus solides soient » lui. n'en prendra jamais livraison. lutteur. l'art même de Monet peut se retrouver dans ce portrait exéart d'observation et d'attaque directe. manières de parfait homme du monde. Le critique détestablement boulevardier Albert Wolff reculera d'horreur (il y a de quoi. les fait En somme. Mais l'avait. un C'est un émule de Lavater. Chesneau. toiles rencontre un matin seignement. Peut-être tient-elle à la crainte gagnent forcément de demeure. sans plus profonds chez Monet. est tellement en achetant quelques peintre lui-même. une de pour lesquelles il est prudent de ne se compromettre qu'à moitié. il ce ne faut dispensés de souffrir. qui n'épargne guère Monet. c'est-à-dire hésite. la l'on reconnaît à Manet. il énergique et que y a même plutôt une espèce de modestie cependant c'est un délicat. L'indifférence. le chanteur Faure ne sera nullement satisfait de son portrait en Hamlet. mais supportera plus robustement. commence la situation qu'il à tenir dans quelques milieux artistiques plus combattra avec beaucoup plus de violence qu'elle ne du peintre de VOlympia. Seulement la souffrance ne les abat point. celleci : «J'aurais plusieurs fois lâché la partie tempérament de pas croire que mon si vieux Monet qui. pire que malgré sera à vaincre la première. l'hostilité. les circonstances de l'époque. Si une trentaine parmi lesquels au premier rang Monet. La très louable notice que M. prenant tout de même la chose telle qu'elle est. libres et plus éclairés. Si l'agent de change Moreau demeure en ce sens une magnifique exception. Les collectionneurs même qui se hasarderont à lui acheter ou à lui commander des œuvres ne seront pas toujours très sûrs de ne s'être pas trompés.59 sionomie. sollicitée par lui pourtant. Albert André lui a consacrée relate. Le baryton Faure a fait parce qu'il ne faut rien laisser perdre. presque per- que beaucoup ont pour et lui à la sympathie que lui — et grande lignée. Renoir lui-même en a porté un affectueux témoignage. un ou éclate même pour ceux qui ne seraient pas éloignés de le goûter. et ne lui accordera jamais la deuxième séance. Même Henri Rochefort. cuté avec une si haute conscience par Fantin Le regard. Il le peu confiant dans de Manet. mesure. entre autres paroles recueillies à Gagnes. qui m'a dit que vous . seront les et fierté discrète. On peut. les chagrins. moitié interrogatoire : « J'ai vu le placement. et que malgré cela les il de être momentanément épreuves. Baudelaire. dire plus vifs chez Renoir. maître de que la considération de ses mots spirituels ses d'amateurs d'artistes. Le reste discute. Renoir. qu'il qu'il cherche à se renseigner auprès du et lui adresse ce compliment moitié ren- l'autre jour Boldini.

nombreux toujours que ceux qui apportent en défauts gardent leur note personnelle. en cependant. Un marchand de tableaux assez en vue alors. Delacroix était encore fort peu accepté. de peur de commettre une erreur analogue. Monet. quand les il justement j'ai I ! » (1). est reçu. Manet est l'auteur tableaux de qui. de qui Corot était. Renoir. même leurs Renoir. Beaucoup en étaient demeurés à la légende du fameux « cheval rose » du tableau des Croisés. Latouche. aux Salons. ses premiers travaux avaient exaspéré le bonhomme. ne réussissent pas à gagner sa sympathie et essais l'offusquent. Il aurait été téméraire de penser que la Barque du Dante. animal presque aussi déplacé que la dame nue dans le Déjeûner sur l'herbe. de ce ridicule Déjeuner sur l'herbe. mais remarquable par son absence de voix. le maudit qui avait «déboulonné» la Colonne (2). le plus près de lui. de son côté. qui du groupe. je l'aimais de loin. encore au Luxembourg. (2) Les légendes ont la vie dure. qui devaient bientôt médailles supérieures qu'ils avaient le privilège de dispenser. de même qu'aujourd'hui.. mais il en après 1870. les petits-fils de ceux qui s'esclaffaient devant VOlympia réputée mal faite. : « Il était mot de la toujours entouré d'une cour trouver pris là-dedans. qui avait beaucoup de verve bouffonne. transforment les et que ceux-ci qualités pu que très difficilement faire admettre. le banni. l'exilé. » A quoi Manet réplique aussitôt a : Hier rencontré Berthelier qui m'a affirmé que vous ne saviez pas chanter Pour devant le reste du public. les imitateurs. arrivaient à une époque où l'académisme pseudo-classique reprenait le dessus sur le romantisme qui finissait assez obscurément. faute de sensibilité per- celui et se au courant. si tendrement voluptueuse. d'ordinaire si bienveillant. Ceux qui craignent. et. et aussi en partie leur émancipateur. même me effet. que son tendre rêve virgilien ne lui permet pas de comprendre. Ils ressentent un réel chagrin de se voir niés par lui. en raison directe de leur fausseté. Courbet était. » Pour Monet. plus profondes avec celles de l'évocateur d'Eurydice blessée. brutalement n'avaient réaliste. comme académistes de la le comme regardant leur modèle. pour qui une peinture de Corot « n'était pas était resté finie. se sentent tenus à l'admiration Tout au moins on seulement pour les Tour à tour deux gle choses laborieusement informes.. et les paysa- nouvelle génération. plus l'autre.60 ne saviez pas peindre ?. est obligatoire il de rire. irait un jour au Louvre. Renoir dit le question dans ses confidences à Albert André d'imbéciles et je ne voulais pas « imbéciles » avaient eu. de ne pas se tenir parmi Comment en la vogue : autrement serait-il ? celui de la règle aveu- de l'irrégularité forcée. pris entre les veille. Manet. car l'éducation qu'il s'est faite est plus de musée que celle de Monet et sa nature même. futable brochure que était irré- . Castagnary a prouvé dans une Courbet était absolument étranger à cette opération. Corot entra dans (1) Berthelier était un chanteur comique des Variétés. dès après 1871. a des affinités bien est. Ceux-ci au contraire. ayant exposé dans sa vitrine un tableau important que Monet s'était vu refuser au Salon. sont toujours en retard de l'un sur les artistes. sortes d'académismes se disputent sonnelle. » Les largement le temps de venir. et par conséquent le peintre grossier. donne des airs de connaisseurs en affectant le mépris. lui refuser les gistes de la la lourdeur pouvait seule égaler l'orgueil.

alors que sa réputation officielle ne saura plus s'expliquer. que l'on affaiblirait presque en la qualifiant ce beau trait de courage et de solidarité artistique Salon. Ce n'est pas à dire. fût plus offerte et pouvant. s'intéressait aux tableaux d'histoire. aux portraits flatteurs. Daumier pensait et parla identiquement comme Corot. me dire que je ne connais mon métier. cette ou plutôt : ! « Ah ! » la fausse œuvres et les situations officielles des peintres en possession des formules moyennes qui conduisent aux récompenses et aux commandes. à Sisley. le sarcasme envers ceux qui ont différé de lui. peu connues. chose plus surprenante. Le public suivait. En revanche. Fromentin partageait les mêmes sentiments. et même sans loyauté. en profon- fut peiné.61 la boutique demanda avec indignation ^ue et cette peinture. qui s'était pris de vif intérêt pour les nouveaux peintres. les personnalités peu différentes. à Renoir. Des portraits d'un beau style maintiendront la réputation picturale de Cabanel. à Pissarro. Autant que j'aime disait-il. et notre saurait (bien au contraire) pour l'art. que nous avons vu si serviable à Monet lors de son difficile séjour à Londres. Les recettes étaient à peu près uniformes. que ses puérils Il n'est jusqu'à certaines études. comme Corot. je n'admets pas qu'on récuse mon : de clairvoyance. parce qu'on avait refusé Claude Monet. Thoré était resté surtout attaché . Diaz. d'un détestable exemple. d'anecdote. se montrait également d'une fidélité absolue à ses jeunes confrères. moins connues joujoux anecdotiques. les tenir nous donner ce admiration pour Claude Monet ne conçus tout à fait en opposition avec les tendances qui devaient plus tard en échec. tout ne sera pas certainement à mettre au grenier dans certaines productions des peintres d'histoire qui le combattirent. critique n'était guère plus assurée au début. tandis que celles qui. aux paysages poussés très loin dans le détail. mants ridicule. Bien que Puvis de Chavannes fût tourné en dérision. sermonna Latouche dans le sens opposé. bien entendu. Les temps passent et ne connaissent plus les étiquettes et les discussions d'écoles. des tableaux char- et précieux. c'était débutant enthousiaste dément par son affection sans bornes pour son grand parfaitement indifférent à Monet. Notre hommage à la grandeur de l'œuvre de Monet et à la noblesse de sa vie ne sera pas fondé sur. opinion. en parlant de son fils Karl mon Chariot pouvait travailler avec vous. être influencé I et si émotif sous son enveloppe énergique. qui pourront préserver même Gérôme des outrages qu'il prodigua à Monet. et le gros des exposants était le nombre. » Il répétait lui-même à Monet. Ceux-ci étaient la force. avaient fini par triompher des « imbéciles » eux-mêmes. mais Corot et Daumier Le est vrai. alla jusqu'à donner sa démission de juré au Du moment. au lieu de s'obstiner à m'imiter pas si Tout cela indique l'incertitude qui régnait dans les esprits. et qui ne nous donneraient pas la les siècles matière d'un La hommage pareil. « peinture. ne aux regards des passants. demeuraient dans une sorte de compromis entre certitude qu'avaient créée les l'acceptation et la gloire. et qui les avait plusieurs fois visités à Fontainebleau. que ce temps là ait été négatif Les temps à venir retrouveront d'excellents morceaux. Fromentin. et sa sympathie. Daubigny. il ami.

une tête puissamment organisée comme celle de Baudelaire. l'heure et le vent. Mais en regard de cela. Burty. Champfleury. lignes voyait nettement l'intérêt de ce que Boudin appelait sa peinture grise. car dès 1859. qui voyait les choses par le côté par le côté intense. tous les questions d'art n'étaient cependant pas étrangères demandaient à Renoir. Comment ne comprendrait-on pas que trouble. comme peinture de qui. portent toujours. l'heure et le vent. sur celle de tous autres. Je n'exagère rien. A la : (1) une vue de Des gens à qui la qui soit bleue. en somme. Il un regard calme et ardent. la par main. : rapidement croquées d'après ce qu'il y a de plus inconstant. à des colorations et à des for- absolument dérouté. habitué depuis des années à mules de dessin admises. ainsi. vent de Nord-Ouest. de plus insaisissable dans sa forme et dans sa couleur. » La légende cachée avec vous devineriez la saison. peignant Seine à Argenteuil. elles auront aussi cette opportunité de nous dispenser d'entrer dans de plus longues dissertations techniques sur ce que le public. les artistes eux-mêmes. exemple « 8 octobre.. se spécialisait un peu dans amusant plutôt que la curiosité littéraire et bibelotière. puis et Huysmans avec des réserves. dans de telles art consacré. car. il devait écrire des pages étrangement à côté dans l'Œuvre. même Et Ayant avec Manet écrit à la fin devait finir par douter tant soit peu et par se refroidir. Chesneau. mais toujours insoucieuses de justesse en brèche ! En vérité. et particulièrement à Rousseau. c'est de et ses plaidoyers. et enfin Mirbeau pour entonner le Pœan. et qui aurait certainement compris Claude Monet. écrits en marge. Les il que le sont à citer plus génial des critiques modernes avait écrites sur ici.. Zola devait se spécialiser exclusivement en Manet. Il n'y a que la Méditerranée : » I . en plein été « Comment vous peignez l'eau bleue. que de plaisanteries. Castagnary était surtout le protagoniste de Courbet. d'après des vagues « et si et si fidèlement des nuages. plus tard Duret. J'ai vu. malgré les formules mystérieuses dans lesquelles il enveloppait pression. par la vivacité et la simplicité de la nouvelle peinture ? aurait fallu. il d'un feuilleton « : jouera jamais dans la peinture que ayant amèrement reproché. comme défenseurs vraiment lucides constants. ne pouvaient encore être préparés à attendre de la peinture Ces études. d'un poteau indicateur empressé de se s'était il Pour Manet. qui avait pleinement mesuré la valeur de Manet. fin. à la première heure. » Restaient. midi. il mais l'impressionnisme déroutait sa fantaisie. aveuglé été conditions de (1). outre les clartés qu'elles le peintre d'Honfleur apportaient. Cézanne n'était pour lui surtout qu'un camarade d'enfance sur la avait eu son beau temps. étourdi. le rôle toutes ses qualités. plus tard encore Gustave Geffroy. et ne plus rien comprendre ultérieurement au mouvement de l'art. « C'est et Manet il ne le lui une faute d'im- Monet qu'il s'agissait. par ! Que Que de déplorations du grand Art battu acharnée à une œuvre de sincérité. malgré justifier : » . pour la défendre et la consacrer. ces critiques d'attaques l'hostilité ! ont préparé pour nos jours l'engouement à l'égard des plus arbitraires fantaisies. la date. que de charges point toujours drôles. ait un le public.62 à l'école de 1830. Duranty.

63 aux formes fantastiques et lumineuses.. Mais il était même de Monet.. roulé ou déchiré. ces horizons en deuil ou ruisselants de métal fondu. ces immensités vertes et roses. fripé. appelait Fart peut-être imposé plus vite. ces firmaments de satin noir ou violet. toutes ces splendeurs me montèrent au cerveau comme une boisson capiteuse. . il ait à son tour dédaigné beaucoup de choses et de gens. suspendues et ajoutées les unes aux autres. Quant à Monet. on comprend également qu'ayant été très dédaigné aux heures décisives. devinait. Il l'aurait mort. ces fournaises. toutes ces profondeurs. » ces nuages En vérité celui qui sentait ainsi.

de Sainte-Adresse mer le ! et analogues. le lac pas indiqué. que y a un moment intermédiaire. d'un lieu ingrat infirmerait tout ce que l'on a écrit de . depuis les pre- miers tableaux de Saint-Germain-l'Auxerrois. elles-mêmes disparues presque complètement de la surface de la France. aussi volontiers hantés par les Majeur ou le lac d'Albano Si cela n'était teuil la — toutes proportions gardées. est un bon spécimen. le courant n'y avait pas perdu sa limpidité.LES DÉCISIVES TRANSITIONS D'ARGENTEUIL. celui qui s'égarerait aujourd'hui sur la rive d'Argen- ne comprendrait pas que Monet matière nymphes que la « ait pu y trouver matière première » de ses cette transcription séduisante ou simplement paysages. il différent de Sisley quant C'est aux procédés. de 1871. La verdure y Il y avait d'heureux restait fraîche. De même pour Corot. avec une voile entrant dans le chenal et deux pêcheurs à la ligne sur le bord. ou bien alors penserait que l'inspiration. la Il semble qu'après les vues de Honfleur. coins. cependant cet Argenteuil qui allait aiguiser les perceptions de comme le point de départ de sa plus décisive évolution. dramatique. le ternissement du ciel. pour ainsi dire pas à pas. même. et les affreuses nécessités de l'industrie. A ce moment Argenteuil n'était pas encore la banlieue que le l'artiste. montre encore nous avons Monet peu définies. et se trouver voisinage de plus en plus rapproché des débordements de Paris. et plus à plaindre qu'à peindre. des cabarets qui étaient comme des rappels des vieilles et acceptables auberges. où fleuve se confond avec cet autre stimulant de ses énergies picturales. les étangs de Ville-d'Avray étaient à son époque. Monet de bonne heure abandonne la forêt de Fontainebleau et se trouve attiré vers ce cours de la Seine qu'il aura peint. jusqu'à ce Havre de sa jeunesse. aussi vaporeux. aussi mystérieux. Une Vue d'Argenteuil. l'encrassement et le dessèchement par les usines. assez court. dont une Vue de Trouville datée de 1870. la souillure des eaux ont rendu peu à peu misérable.

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de Manet. où dix ans plus à se multiplier dans une progression presque fantas- tique les plus grands éblouissements de couleur. une belle Vue de Vétheuil. Mais remet les le peintre était jeune et le lieu n'était pas décrépit. les entretiens plus animés et les plus entraînants entre camarades. passant sur leurs étroites planches. Lui nos yeux. ou plutôt à ils revenir. veront fréquemment chez Monet et seront sinon la plus heureuse de ses manières. voiles déployées. et de Renoir. pousse très rapi- le y a des motifs simples et attrayants comme les barques des canotiers. bords de comme la Seine les théories les plus judicieuses. quoique choisissant Argenteuil pour séjour ordinaire. du moins une des plus originales. à les décisif. gauche la et un premier plan d'eau. accuse déjà une toute autre manière. quoique de la vie quotidienne. un point de passage sont. qui prêteront déjà à de ces fines décompositions de lumière. de découverte et . cette fois plus cruels qu'à l'époque privilégiée de la vingtième année. plus loin. les causes déterminantes de l'évolution et de la transformation de Monet. mais il il tel que bien vu et si ! et il lui-même passa- est pour que ses massifs s'interposent aux détours cela permet de l'imaginer très grand. Il même en temps. Monet. mais lorsqu'on se recule légèrement. ou comme le pont du chemin de fer. sur la Seine. sous lequel l'eau clapote gaîment et scintille au grand soleil. C'est étonnant ce que pour un grand artiste un petit jardin peut contenir pour un œil variés attentif et subtil de choses. bien qu'ils aient été des moyens de que ces entretiens aient eu contrôle. Mais dement à c'est Argenteuil qui l'absorbe principalement. et des motifs typiques la et bizarres. har- embrouillé. Enfin ce jardin fournira des fleurs pour les boufrais quets à peindre entre les expéditions de paysages. et qui poursuite des effets lumineux. ne se refuse pas quelques excursions. Au surplus un est assez touffu des allées. et jardinet si un celui-là est sujet d'observations inépuisables. sera. et cela choses sous leur vrai jour. habilement Il saisi. Ce jardin d' Argenteuil. un conseiller aux heures de" réflexion. d'ailleurs. des échantillonnages de tons aussi que toute une forêt. nous le considérons comme un dans l'œuvre du peintre. Ainsi de 1872. à ces exécutions en touches pressées. Car bien leur importance. hachées. Il y a des Lilas au soleil (1873). un dictionnaire aux heures de travail. de la péniche au quai. et des reflets délicats pour les robes claires des amies qui viendront visiter pendant l'été l'ami de Sisley. très avec deux grands peupliers sur détaillée. beaucoup plus que élément et les capital. devant les voisinages. Il comme les Déchargeurs de charbon. tard la série d' Argenteuil contenait même des Ponts de Londres) commenceront à surgir et le en devenir (comme le tableau de Londres féerique jardin de Giverny. Et puis blement humble. dans un rythme y a le jardin entoure une fort modeste mais avenante maisonnette. Le jardin de 1870. un consolateur aux jours de détresse.65 V impressionnisme. formant de près monieux et un tissu riche. et jusqu'à du sable pour que les enfants de la maison puissent faire des pâtés. se recomposant en buisson — exécutions qui se retrouoù circulent l'air et le frisson de la vie végétale. — car ne vont pas tarder à venir.

le moindre accent de sa personnalité. et Nous venons d'écrire les s'explique tout seul. mais ce langage sera si et du rêve. tandis que des de l'eau étaient des lages. Chez Monet la transformation dont nous parlons est d'ordre matériel. Nous aurons plus d'une occasion d'étudier les innombrables manifestations réel. la nature les termes. dans la manière précédente. et en entreprendra jusqu'aux confins de langage. dans les Vues de Paris. heureux ici dans leurs résultats. jusqu'à l'âge le plus avancé avec il fermeté qu'en cette décisive trente-troisième année. C'est un des cas les plus curieux que l'on puisse trouver dans l'art moderne de la personnalité dominant ces avatars de métier. techniquement. quelque tentative qu'il entreprenne. non pas d'une de ces transon en a vu malheureusement chez certains artistes peu sûrs d'eux- qui soudain se renient. ils ne sont pas encore complexes. peut-être fait pressentir la nature de ce changement matériel technique employée principalement jusqu'ici. et demeure parfaitement au développement naturel trarier. des fleurs. et que ces œuvres matériellement. en paraissant raffiner sur les mots. en quelque lieu qu'il se transporte. mais clarté. des eaux ou des édifices. l'emploi des valeurs largement étalées. Mais le second sera sans doute contesté par le lecteur. On pourrait. en varier bien à lui. nous rencontrons deux peintures qui prouvent bien . les Sainte-Adresse. ce ne furent jamais que des paroles. et pourtant en énonçant phénomène un que. de transformation. De cette même année 1873. les Hollande. loin de le con- de l'esprit. et et qui repose sur sur les qualités de mais non de vibrations de la peinture qui pourtant tranche déjà si nettement sur l'ensemble de l'école à cette époque. Nous avons déjà en insistant sur la et intense logique. fut que l'artiste ne perdit point le moindre trait. sont décomposés par la touche et recomposés dans nos yeux de la façon la plus aiguë. dire de cette nouvelle sorties et définitive adoption du parti analytique. tout en aidant. en vola- possédera avec tant de certitude et s'en servira avec tant de joie que. A ce point que l'on pourrait placer (comme nous l'avons vu d'ailleurs à son atelier) un de ses tableaux anciens les plus simples de facture à côté de ceux où les effets atmosphériques ou bien les réactions colorées des arbres. Doré- navant. il le la même de son en assouplir. jardin. il ne fera qu'en enrichir tiliser l'expression. Les effets de Monet. d'autant plus qu'il lui semblera en contradiction avec tout ce comme formations mêmes et que nous avons dit jusqu'ici. mais que ne connaissaient point les maîtres des écoles anciennes. à n'en pas douter. n'accuseraient pour ainsi dire pas de différence appréciable pour notre esprit et pour notre vision elle-même. du jardin et des rives d'Argenteuil. Un faits. Le fait le plus beau et le plus rare de ce passage d'un art synthétique à un art d'analyse aussi loin poussée.66 d'encouragement mutuel. c'est mots d'évolution et on l'emploie assez souvent dans un feuil- acte. Le premier les écrits sur l'art. Mais nous tenions à marquer qu'elle date. la peinture de Monet était sans aucun doute harmonieuse. fortement accusées. dans les Chailly. Il s'agit. mais qu'elle n'était pas encore harmonisée. il tient le principe le tour. et il même le parlera avec une intensité croissante. sont exclusivement lumineux. si différentes.

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fourmillantes. un succès forcé l'artiste moyen par quelque L'un demment extravagant. et d'une honnêteté qui n'allait pas sans quelque indigence d'esprit. un Port du Havre. sous lesquels circulent des promeneurs. pour ni leur vision. cachent à demi les choix de ses motifs. ville est et remarquons-le avec des moyens parfaitement appropriés de couleur vibrante et de dessin remuant. L'expression du sentiment morne et accablant de cette banlieue est déjà très saisissante. public ne dût être reconnaissant à celui qui lui apportait des éléments de plaisir nouveaux. Les artistes. qui est se rattache aux manières que nous avons précé- étudiées. et celui qu'il voulait faire partager de très louable. ce soin vigoureux qui ne diffèrent du genre de Manet que par l'accent personnel que Claude Monet dans le dû à un groupe de bateaux dont largement éployées. l'avait payée vingt francs. Les maisons. fort. Ainsi c'étaient les sujets eux-mêmes qui dictaient à un artiste absolument sincère le langage qui convenait le mieux suivant l'occasion. vres typiques de cette époque. très agréable effet est n'y a rien là qui puisse soulever d'autres critiques que celles que Il pouvaient inspirer alors les préjugés sur le fini dans un tableau. dont et le au spectateur. II faut ajouter qu'au lendemain de la guerre de 1870 les esprits étaient assez peu portés à examiner sérieusement un celui de Claude Monet. à droite du tableau. les voiles édifices Un met du quai. Il n'y avait là rien que de très naturel. Le la était alors rebelle à la liberté. d'atmosphère qui devaient être qui en sont De 1874. même un si infiniment variées des caractères dominants. L'impression (ici le mot est bien de mise) du mouvement de et la chaussée. et l'artiste était de ceux que véhément comme la résistance rend plus ardents à la lutte et dont elle stimule l'énergie productrice. abréviatif. comme un faisceau de drapeaux. ce public. routinier. com- une Plaine plantée d'arbres en quinconces. la part. sont supposées à peu près au niveau du spectateur et donnent l'éloignement de la foule qui circule en bas Mais d'autre voici sur les trottoirs un étonnant grouillement de touches serrées. sain. docile à l'habitude. deux figures placées en haut. nous citerons surtout diverses autres vues d'Argenteuil. A gauche s'élève le . sont rendus avec cette netteté. véridique. Malheureusement. qui au moment d'une des ventes désastreuses dont nous allons bientôt parler. et de son côté art libre. Il nous avant de parler de ces incidents. Mais nous remarquons surtout que les est traversée recherches dans l'œuvre de Monet mencent ici et à le préoccuper. une Vue du Boulevard des Capucines prise d'un étage élevé. Un admirable Pont d'Argenteuil est encore de cette année. Durand-Ruel.67 que ne se souciait nullement de rechercher un succès bruyant. La plaine Environs d'Argenteuil (1873) nous montre un des premiers effets au milieu par une grande route qui file vers l'horizon entre de rares maisons et de maigres bouquets d'arbres. d'une tonalité verte assez soutenue. le quai. plupart n'éprouvaient pas le besoin de renouveler leur technique parti académique était nombreux. Une toile : les de givre. Ici c'est pressées. population dans une grande rendue à merveille. le sentiment éprouvé. à examiner encore quelques œu- reste. figure aujour- d'hui avec avantage dans la collection de M.

d'un sentiment de l'artiste qui allait. si de plus en plus les personnages tendent à disparaître des paysages de Monet. toute animée des reflets d'arches et d'arbres qui scintillent dans le clapotis avant et du courant. même à des ébats enfantins dans temps que robuste et nature et de famille révélant des côtés affectueux chez de l'opposition qu'on devait si longtemps lui faire. de nous rappeler que nous avons atteint la phase décisive dans l'évolution Il suffit. nous en voyons encore dans ces tableaux d'Argenteuil qui jouent heureusement leur rôle. La Seine occupe deux les tiers de la surface du tableau. de Monet. les arbres étalent leur feuillage au fond. en claires. Diverses intimités du Jardin dont nous avons parlé. pour le moment. et qui sont pour ou de la plupart aujourd'hui à New-York. Tout cela est. avant de reprendre l'analyse et la chronologie de l'œuvre.68 pont. par suite devenir un rude jouteur. les voiles repliées. - . se tiennent en ont vraiment l'éloquence d'êtres vivants. les allées bordées épanoui. nous font assister à des travaux de couture lecture de femmes en robes de massifs. D'ailleurs. De beaux bateaux blancs.

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on peut dire que ces œuvres. tout cela vraiment réjouit y a plus de philosophie de Que la la Pyramide gros melon entamé. ou encore au retour de la chasse. Mais ce que les natures-mortes isolées ont de partiait : culièrement intéressant. plus avec un verre et une miche. valent les meilleurs Chardin. un litre et excite les papilles. cette énergique figure. d'y inter- mention de toute une série de travaux qui forment comme un intermède dans ample vue d'ensemble sur la nature qu'est la production de Claude Monet. et le Déjeûner sur l'herbe. réconfortants. cela ne saurait surprendre ceux qui ont remarqué les détails des tableaux à personnages que nous avons étudiés plus haut le Déjeûner dans un intérieur. Nous qu'il allons bientôt nous trouver entraînés par tant d'événements et d'œuvres nous deviendrait difficile alors. et des traits comme c'est qu'elles sont à la fois d'admirables expériences de pein- de sentiment. de les raisins et le saveur. puisque nous venons de parler de ces quelques échappées d'intimité à Argenteuil. C'est une comparaison qu'on si dignes en peut établir sans crainte. somptueuse de si pommes même la collection la même collection ce soit la Hœntschel. Tasse de thé si précieuse et superbe Corbeille de de pêches avec Même éclat. Aussi bien. pu exécuter avec une verve entraînante et forte quelques morceaux de ce genre. C'est caler la cet de certaines peintures de décoration de certaines natures mortes et qu'il est question. si somme de nos peines. la vie familiale. qu'il à leur place dans s'abandonna le tableau. seront Que Monet de ici cordialement vivants de expansifs. qui montrent les côtés affectueux. Sous ce dernier aspect. nous et ceux que nous aimons. ou bien Durand-Ruel. ou les études de perdreaux et de faisans jetés en rang sur la table Il franchise. puisqu'ils nous maintiennent en santé. morceaux que dans . expression d'une certaine gratitude envers les biens de la vie. la vie dans ces vigoureux le regard et riches frugalement. les accessoires même quelquefois à peindre joyeusement. ou.INTERMÈDE DE FLEURS ET DE FRUITS. ture. sans interrompre leur enchaînement.

Des chrysanthèmes s'ébouriffent près d'opulents tournesols ou de délicates azalées blanches. Durand-Ruel. se font que peu à peu. sont traitées dans la note large et synthétique. celle à la tasse de thé. et une pelouse avec des dindons blancs. . Une autre porte.. des oranges. et ce sont des dalhias. études de gibier à plume. et arrivent à l'intense vibration que nous trouverons dans les dernières grandes séries de paysages. Mais ce qui. c'est que l'on y suit l'évolution technique que nous avons étudiée tout à l'heure. complexes de couleur et et panneaux de de facture.. Là chaque panneau diversité surprenante. des citrons. non séparés de leurs feuilles luisantes. Un des plus remarquables ensembles de ces sortes de tableaux est la décoration d'un salon chez une MM. Car rien alors ne faisait prévoir la grande surprise qui devait illuminer la dernière partie de sa carrière. est. Une autre portera des pavots rouges et roses. Claude Monet avait également entrepris une décoration dont deux grands pan- neaux furent achevés : une allée de forêt en automne. donne un intérêt particulier à ces intermèdes. et fleurs. des tons vifs et tendres pourtant dès pavots rouges l'épanouissement du jardin plifier unique poëme floral se trouve en devenir de l'œuvre féerique que nous verrons finalement s'am- et roses. d'ailleurs en de la nombre restreint. les autres. et roses de Noël et et tel des pêches vermeilles. sous le rapport simplement pictural. de la sveltesse des tulipes et des glaïeuls. tel des des raisins écroulés près des beaux coings d'or. puis des blanches. D'autres portes encore. des renoncules. deux magnifiques analyses de couleur qui semblèrent pendant de longues années demeurer ses premiers et ses derniers essais décoratifs. successivement éblouiront du rouge des azalées. et Dans cet jusqu'au plus intense lyrisme de nature. fruits. un tel dessus de porte. de plus en plus chatoyantes.70 bien des tableaux réalistes comme on en a vu pulluler déclamer dans et expo- les sitions. puis des marguerites jaunes. dans véritable chant de joie en l'honneur des fleurs et des Tel panneau représente des lys du Japon. C'est ainsi que les même premières natures-mortes. avec des chasseurs. ou au melon.

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silence ces épisodes bruyants. toutes les heures. avec que des l'art efforts pour attirer l'attention aucun rapport. ni récriminer contre les erreurs de jugement qui ont occasionné alors de si vives polémiques. (par quai très animé il est surtout et exemple un très bordé de maisons maintenant voudra noter les plus subtils. ont atteint des prix élevés et ont critique qui leur avait prodigué ses sarcasmes. l'autre. que de la sincérité. et leur détail paraîtra tout à fait dénué d'importance au lecteur futur. est daté de 1874). ces fêtes de couleur saisons. Il les où n'y a maintenant plus d'héroïsme possible en matière d'art pictural. Les œuvres des la et. de Sisley. d'une part. de Claude Monet. mais qu'il n'y avait. Depuis années où ils les tableaux de Renoir. Ils ne passionnent guère le lecteur actuel. merveilles qui sans doute les contemporains de ou les faire rire. on s'est connu les aperçu dithyrambes de qu'il n'y avait plus d'audaces en peinture. canots. et qu'ils l'artiste tout comme le la plus nature que nous donnent toutes dans la les nature charmaient alors lui-même. mais qui allaient ne reconnaîtraient pas transposées sur Nous ne pouvons passer sous par attiré les indigner la toile. Il suffira de rappeler des événements qui sont devenus tout au plus une petite curiosité de l'histoire artistique. Arrivé à une phase décisive dans son évolution. dans l'ancienne manière. mais les effets les plus intenses en vivement et le plus en plein jour et même temps que ses débuts. après celles étaient bafoués. un bassin avec voiles.POUR RAPPELER SIMPLEMENT DES BATAILLES ÉTEINTES. car le point de vue s'est singulièrement déplacé depuis ce qu'on a pu appeler les temps héroïques de l'impressionnisme. Monet pourra retourner encore de temps en temps à manière synthétique de la beau Port de mer. Il justement possible ces jeux de lumière. de par des grimaces d'originalité qui n'ont artistes que nous étudions ici ont obtenu de . de Manet. ces féeries de en plein soleil. Mais nous ne sau- rions aujourd'hui insister longuement sur eux.

de Duranty. Cette étiquette d'im- ils de gloire ou une injure. soleil levant. Parmi les amateurs. Gaillebotte. Le langage de et ne convient pas à celles de leurs successeurs. en faveur des impressionnistes. Mais ce vente de 1875. suivant les camps. et peu de gens peuvent aujourd'hui comprendre les singulières assimilations Mais lorsque nous rappelons ces événements. Les auteurs de tant de les collections publiques et privées. ainsi que ceux de Duret. c'était alors le désastre dans toute sa désolation. qu'il y aurait quelque ridicule à continuer de déplorer leurs anciens tels déboires. Le moment d'ailleurs est curieux à faire revivre où les discussions prirent presque l'allure d'une petite reprise de guerre la L'exposition de 1874 civile. car ils . On fit aux portes des salles où les nouveaux peintres subitement mis en lumière. et il le y eut à dédain que l'on la salle traitait des ventes de du grand encore mal effacés. C'était aussi par pas seulement par la colère. et de spéculations qui n'ont pas encore atteint leur maximum. Les souvenirs de ceux qu'exaspéraient un ennemi de les levers de soleil la Commune étaient de Monet n'étaient pas loin de voir en lui " l'ordre. de valeur. de devenir l'étiquette même sous laquelle on de rue Laffite la la rue la plus batailleuse de Paris. il y a encore vingt-cinq à trente ans. se chamaillait : rangeait des ouvrages et des peintres aussi peu semblables entre eux que possible. qui aujourd'hui ont plusieurs la n'était «nouvelle école». mais qui alors passionnaient la critique et divisaient le public. Duret sont à citer. mais dans titre de rente. elle n'était un titre certainement pas un aujourd'hui en place d'honneur dans toiles les traitaient. MM. que la carrière Il y aurait quelque ridicule à reprendre les arguments expressions de et les Zola à l'égard de Manet. Des tableaux atteignirent en moyenne de soixante-quinze à cent francs. devaient vaincre les derniers préjugés académiques. avertis par l'erreur de leurs devanciers aux temps de l'impressionnisme. H. (C'était le moindre des ter- adoptés. craignent avant tout de paraître ne pas s'y connaître. car il n'y a plus de méconnus depuis de méconnu est devenue fructueuse et que les connaisseurs. très inattendu pour l'artiste. et même plus tard de Mirbeau et des écrivains qui. Le malentendu ne passionne guère les générations présentes. nous politiques auxquelles (1) il donnait lieu. le premier cas. Le tableau de Claude Monet intitulé l'honneur. montraient ingénument Impression. Rouart. menus pour nous. parvenaient difficilement à vendre ces toiles deux ou trois cents francs à un petit nombre d'amal'objet teurs (1) qui certainement alors ne songeaient guère à spéculer sur aussi ces acheteurs. à fois centuplé la Héroïques avaient souvent à soutenir dans leurs familles de rudes assauts pour apporter au foyer de pareilles « horreurs » mes elles. et unis par les idées plus que par la façon dont pressionniste devint. de Chesneau. eut leurs œuvres. de Burty. avait acheté à Bellio. Tout cela est bien loin. leurs défenseurs d'autrefois ne s'applique plus à leurs œuvres.72 triomphes. de Monet une vue de Hollande. ainsi que Daubigny qui . véritables rixes entre certains amateurs chaleureux et certains défenseurs art et de la et morale publique.) Mais lorsque les impressionnistes affrontaient le hasard des enchères.

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peut-être une sorte de jalousie à constater que de pareilles luttes semblent devenues impossibles.73 éprouvons quelque regret. désormais sans inter- se déroulent avec l'ampleur et la joyeuse sérénité . Celle que le longues pour que goûts ne se heurtent pas et que les amateurs se désintéressent les et opérera est à évolution et à échéances assez de l'opinion de leurs successeurs. nous apparaissent en 1920. avait confiance dans l'avenir. ni de réussites. puisqu'il n'y a plus de tendances. le verrons. cela comme des circonstances heureuses. et qui sait. Toutes de les les idées et toutes les manquer peuvent ne pouvait penser alors que était la condition la résistance de son succès. pouvait traiter. que nous en bornons ruption. entre 1874 et 1885. l'examen de ses là l'histoire et œuvres qui des beaux phénomènes de la nature. C'est pour que nous reprenons. comme nous lui indiquait aller. ni d'avortements qui parviennent à provoquer une réaction temps opère immédiate. succédant aux dénis de justice dans les Salons antérieurs. même façons de les Ou si aucun signe ne acharnée que rencontrait son effort du moins. Claude Monet. il jusqu'où cette confiance . et même toutes les façons se produire maintenant avec succès. Les épreuves et les déboires de minaison. vu leur ter- Ainsi va la vie. —à Monet après la condition de vaincre. ni d'essais. 1870.

lui déroule tous les trésors frémissements de son courant. « Je ne peux pas peindre à Paris parce que les ciels y sont sérieusement. et tous de ces environs de Paris (ce qui sur- le ciel est plus beau quand on court le regarder très loin). qui lui offre toutes les plus riches combinaisons de nuages. L'ANALYSE LUMINEUSE DEVIENT DE PLUS EN PLUS AIGUË. » Cet honnête manœuvre n'aurait pas davantage compris le dessin des les plus : ciels d'Argenteuil. devine sans peine que ce n'étaient pas lui fournissaient les moyens de qui. les paysages de cette série. médaillé régulièrement aux Salons d'il y a trente ans. très moutonné. sans compter pour découverte de soi-même les et le peintre la Mais que de belles découvertes découverte de ses ressources. les par I pour cause. ventes dont nous venons de parler qui faire de longs voyages. tous somptueux azurs. Les Bateaux de plaisance constituent d'être aussi un et ferme dessin dans la neige. Il en est un. et l'on voit analyse. L'année 1875 trouve On l'artiste encore principalement à Argenteuil. émeraudes des feuillages diversement frap- . où apparaît ce qu'on pourrait appeler sa manière touffue : ces inextri- cables embrouillements de branchages à travers lesquels l'ombre et sa pourpre pro- fonde se jouent et font ressortir toutes les pés par la lumière.ENTRE ARGENTEUIL ET VÉTHEUIL. C'est le ciel prendrait fort les gens qui alors croient que de ses reflets. qui disait. Je ne puis m'empêcher de rappeler à ce propos le mot saugrenu d'un vieux peintre de paysages. la C'est la Seine qui lui devient de plus en plus familière cette fréquentation incessante. très bel Parfois Monet étudie les vergers sous poindre encore un des motifs où s'exercera En même temps élément de large le plus aigu de son se rencontrent certains coins de jardin (l'un est peint à Montgeron). encore à Argenteuil. qui donne beaucoup de mouvement et de charme à une des vues datées de 1875. à un ami mal dessinés.

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par l'opiniâtreté sion. pas à même et temps sa couleur plus complexe et son exécution plus prompte plus sûre. enveloppée de cette ample et bizarre broderie dont trueux qui amusent dominante rouge de les cet pacotille qui tapissent la sivement réaliste. Et encore. Même les grands paysagistes de Ville-d'Avray. par C'est du labeur. On le voit. se montre grande. d'Auvers une bizon. semble non seulement ne pas se tarir. puisse se maintenir en un pareil entrain. on s'étonne de voir qu'un homme que presque aucun appui matériel ne vient soutenir. rendent désormais des effets d'atmosphère. Ce n'est cependant que de Bar- une commence- le mot marche ce que notre peintre osera entreprendre. et Constable lui-même. Au risque d'interrompre la progression dont nous venons d'indiquer le départ. Nous devons donc penser qu'il aura été amené la dernière figure . même les paysagistes avaient jusqu'ici de les poursuivre et de elles. par l'infatigable perfectionnement des resdans la joie d'enrichir et d'assouplir ses moyens d'expres- la continuité sources. La importantes — ces nains éclatante. Cette progression se constate dès 1878 où nous voyons apparaître les premières vues de Vétheuil. d'éclairage. Quelles qu'aient pu être les heures de doute même de découragement qu'ait traversées Monet (et il en a traversé aux temps des plus grands succès. Les éventails de cette page. par pas. mais encore aller en s'exaltant. du moins la dernière figure de dimensions que Monet exécutera. C'est en cela que ce caractère demeurera pour les artistes un réconfortant exemple. les tons composés des éléments les plus divers. étudiée ainsi d'ensemble. avec telle variété. alors qu'il semblerait que cette complexité la dût ralentir et refroidir. du mouvement des eaux. De 1876 date grande peinture de la Femme en robe japonaise. que l'œuvre de Monet. fait le motif principal. n'avaient pas poursuivi correspondant exactement à son évolution.75 La Et. jamais nuance de découragement ni de doute n'est venue effleurer son œuvre. le succession des saisons. que rarement entrevus. De plus en plus brillants et lumineux. capricieuse. en une aussi puissante allégresse de voir et de traduire. infiniment plus variée. la forte simplicité du motif. la aériennes des journées qui l'entraîneront avec de et bien avidité semblable. pourtant exclu- caractère de caprice. les phases lumineuses et les apparences la nature. extrêmement muraille achèvent de donner à accoutrement est et un de monsassez exceptionnel. un Nippons. de boutade picturale. rendre Mais en la touche. « osera » n'est pas de Il vaudrait mieux dire que c'est la les observer. mais boutade d'une richesse et d'une beauté de matière qui méritent de nous arrêter Ce sera la — un instant. qu'il y serait aussi indiscret qu'inutile de et chercher à connaître). nous devons mentionner une assez étrange exception dans l'œuvre. une beauté blonde. parce qu'il a une fois commencé les rendre. ses tableaux ne rappellent plus ceux de la première manière que par l'ampleur du dessin. quoique nous ayons considéré à l'instant les difficultés de vivre comme des cirjoie constances enviables pour l'avenir. de contexture des terrains et de la végétation. ondulante. ment de surtout dans les aspects fugitifs. les engageant à mener jusqu'au bout la tâche qu'ils se seront assignée.

de chaque heure typique. Monet fois plus souple que le premier. Il ne fait pas que subir et retenir. C'est un morceau différent. il choisit aussi. Le village s'étale et s'étage sur une colline. devant lui. les caravane débandée des glaçons. dit mais sensible La et pensant. apparences successives de ce que nos habitudes et nos regards paresseux sont portés à considérer comme monotone. sera le miroir du le réservoir ciel.76 à vouloir se rendre compte de ce que. enfin le chemin que suivra pendant un simple Ainsi les et de tout ce qu'elles vapeurs dorées des soirs de printemps. peuvent y ajouter de brillant et matière s'y de somptueux. plutôt que par la que d'une part Manet. un magni- ainsi sur les bords de la Seine qui. soit qu'il s'éveille frais et soit qu'il grelotte et se à l'observer et à pendant un temps. A partir du moment où il développe ici les moyens nouveaux qu'il avait commencé à expérimenter à Argenteuil. On a un peu trop légèrement que la principale valeur de son œuvre était due à la finesse de son œil. Il s'élève harmonieux. après des détours droit et large. une sations agréables. le point le plus significatif en même temps que le plus rare. de montrant à la les tonalités. des brumes. coule donnant ainsi quand on regarde Vétheuil de l'autre rive. C'est une constatation qui n'explique rien. qui participe mieux et s'imprègne plus finement de l'atmosphère) que très accidentellement dans le poëme de nature qui désormais vaste s'em- parera de toute sa vigueur et de toute son ardeur. que de s'apercevoir que cet œil possède une extraordinaire délicatesse. d'été. série des Vétheuil est trop nombreuse pour que nous l'examinions dans le . mélancoliques. rudes hivers et d'apporteur de neuf. appliquées à la figuration humaine. ses toits rouges. tour à tour. exécutaient alors. capable de satisfaire avec bien plus de diversité qu'Argenteuil à toutes les curiosités du peintre. et que pour un peu on lui reprocherait. les bouquets et les rideaux d'arbres qui l'escortent ou le rehaussent. l'infatigable et d'accords et d'aspects surnaturels un des idylle. il ne fera plus intervenir l'être humain (mais principalement la femme. un fantastique et enivrant peuvent provoquer chez l'homme de sen- un drame. et Revenant à Vétheuil. y a de notes C'est que cette le raconter. est plus et mieux qu'un simple organe. ou alors c'est un organe non point seulement sensitif. de l'autre Renoir. de grand peintre les candide aux matins l'hiver. ce Ce superbe caprice une fois satisfait. et plus vigoureux que le second. agenda des saisons. avec ses maisons claires. nous renfrogne titres — car — les glaces et les débâcles que ce village s'évanouisse et soit fait de Monet à déjà parcourir tout la qualité façon de noter et de collectionner dans un amour du peintre vaste clavier de ce qu'il la nature. par même. il a désormais inventé un nouvel art de regarder. un inépui- même de Vétheuil sont vraiment poignantes à contempler. les res- sources picturales qu'il a acquises depuis la Camille de 1866. douloureuses dans la village de l'Ile-de-France sera sable répertoire de spectacles naturels. gaze à travers laquelle la masse des habitations semblera une apparition de rêve. C'est en cela que l'œil merveilleux qu'on lui accorde. nous y trouvons un thème plus étendu et plus séduisant. fique premier plan qui. De chaque saison. il sait discerner le moment.

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à aucun moment Au temps complexes. viennent compléter encore ce détail. tourbillonnant au-dessus des machines. cet aspect de grande ville conserve dans l'œuvre de Monet une valeur d'intermède. modifiée. un « motif dominant » se rappelle. ces fantômes de vapeur irisée. Cette magnifique suite des vues de Pourville et de Varengeville commencée en 1881 est accomplie en 1882 avec luxuriance. dans modernes auxquelles nous avons pu comparer les ensembles de Monet. par un accord. plus les effets qu'il rendra seront fugitifs et en même plus son exécution sera riche et nourrie. mais en temps il apporte dans les il même nouvelles œuvres. toute la somptuosité de palette. souvent à distance de devait l'être celles des vues Tamise. amplifiée. Mais ce serait une grande erreur que de croire que la rapidité. l'année 1878 voyait naître quelques tableaux d'un genre assez mais qui se ralliaient à l'étude analytique nous voulons parler des Fumées de peu nombreuses. mais très typiques. Les environs. contraire. Claude Monet plexe des effets colorés En et ces toiles de plus en plus variée amusé à noter : la et com- gare Saint-Lazare. l'entraînement croissant. chaque variation du même thème devenant un nouveau sujet en lui-même. Comme nous l'avons vu. détours de la Seine. il ne se départira d'une largeur et d'une fermeté de dessin. s'est à la fois exercé ce fantastique de plein jour. une idée se reproduit en comme quelques années. entre les hautes falaises de maisons qui entourent et dominent le perpétuellement trépidant embarcadère. coins ou ensembles du proche village de Lavacourt. Par contre une série semblant la amorcée. Qu'il suffise d'avoir signalé sa multiplicité beau cycle. Plus brutal à la fois et plus insaisissable que les spectacles de nature qu'il avait peints jusqu'ici. transposée. revient. Quoiqu'il en soit. en 1887. d'une solidité de construction sur laquelle ne s'en joueront que mieux les caprices et les caresses les plus volatiles de l'atmosphère. toute que nous l'avons vu pas à pas conquérir. ces Fumées marquent encore une étape.77 de sujets. de négligences expressives. Ainsi les fumées de la Rue de Rome peuvent être retrouvées dans les panaches qui se colorent de toutes les étranges opalisations des brouillards londoniens en s'échappant des locomotives sur le Pont de Charing Cross. accusent encore une recherche de notation toujours plus rapide et plus subtile. comme celle des gares. et aussi d'expérience. de lui. De même. reprise en 1903. ne fournira plus tard que des éléments pour une nous croyons que série différente. Une toile de 1881 l'ouvre de façon heu- l'acuité d'analyse . même par une simple note. après de nombreuses et différentes scènes. retrouve touje la puissance des anciennes vues de Sainte-Adresse. planant. de sous-entendus qui ressemblent assez facilement au néant. comme ses amours de jeunesse. doivent amener pour le les un système peintre partitions d'abréviations. Monet s'est bien gardé de ce danger. à et à ces falaises qui furent en peinture. En même temps particulier. Et surtout. d'un tableau de 1871. après travaux d'Argenteuil cette mer et les années de 1875 à 1881 consacrées principalement à ces de Vétheuil que nous venons de résumer. Lorsque Monet.

impressions devant les tableaux de Varengeville qui forment une série parallèle. s'élèvent dans et le clocher. la mer s'étend au loin. ou la falaise de ou près. Ou bien encore lorsqu'un imperceptible voile passe devant les saphirs. ou en plein soleil. Tout est précieux dans sa matière et cependant. Tout de Pourville. perchés qui parfois surgissent comme brusquement à nos yeux. n'est négligé dans sa facture. ni Il feux. Le motif est d'ailleurs différent et d'un pittoresque un peu plus accentué. bien en de nous qui regardons cette masse surplombante et l'immense plaine azurée. des grise et plus tendre. rien flottant dans son dessin. et leur conservant leurs couleurs. à cause de sur la côte. les améthystes. ou un autre jour plus soleil. ou à gauche. promènent sur gazon vert. tant apparaît infatigable ardente son exaltation de peindre. atténue leurs Monet soit en même temps partout. se divisant en deux lobes énormes. ou un jour gai et mélancolique. et du village et de l'église. ou au soleil couchant. champs salins. est pour ainsi dire sous la falaise nos pieds. des rocs. ou à droite. l'originale silhouette la brise. c'est ou dessous. femmes et le sol se élastique et rude. les émeraudes et les roses rubis de l'Océan. une promenade presque vertigineuse sur suite après. ou au loin.78 reuse : massive. nous en foulons petites figures de dessous d'elles. après les quarante années qui ont passé sur ces peintures. et Il semble que perpétuellement se possède d'une façon surprenante. tandis que de grands arbres tourmentés par ches sur humble le groupe de maisons reliquaire. deux élégantes le la crête. car. ainsi les airs et étendent leurs bran- qu'un dais naturel au-dessus d'un . comme On peut offrent tiède encore la débordante vie ressentir les mêmes que l'artiste elles y dépensait.

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au milieu de plaines abondamment plantées de bouquets de bois et de vergers. Le fleuve campagne annonce déjà la luxuriance et la forme là une magnifique boucle. qu'infatigable explorateur des régions et des couleurs. elles forment ainsi autour de Giverny un spacieux amphithéâtre. tout à coup. et de Monet. séjour d'élection. trouva le les rives de la nouveau depuis Seine pendant vingt-cinq ans. un peu avant l'agréable ville de Vernon qui vient se mirer sur la rive gau- che. les et par suite une immensité de ciel pouvant satisfaire les esprits et les yeux plus avides de lumière. AVEC GIVERNY POUR ÉTAPE DÉaSIVE Après avoir ainsi côtoyé le Havre jusqu'à Paris. la Ce fut Givern5^ Le village s'étend en longueur sur une belle route parallèle à la rive droite de Seine. d'une charmante élégance. depuis les quais du Louvre jusqu'à l'estuaire. le rythme Ainsi. tandis que la fraîcheur de la Normandie. d'une courbe noble. on . Ville et village ont plutôt le caractère de ceux de l'Ile-de-France. et viennent Aux les brouillards détours les perspecdes demi-saisons.LA CARRIÈRE DE MONET PARALLÈLE AU COURS DE LA SEINE. Le cours de la Seine est là d'une assez grande largeur et d'un calme. les échappées suffisamment vastes au milieu des champs. d'une limpidité que font encore valoir de petits tives sont îlots joliment ébouriffés d'arbustes. les silhouettes boisées des fuyants rivages apparaîtront vaporeuses. en songeant aux déplacements. sinon pour les peindre. : des grandes ondulations des coteaux. du moins pour les dominer. presque majestueuse. élyséennes. son port d'attache. Plus hautes du côté de Vernon. et dominées par des collines qui sans être très élevées ne manquent pas de fierté. Puis. l'on dirait presque. se remplir les poumons d'air pur et s'impressionner la rétine de couleurs vierges. il devait entre- prendre encore. en un seul coin de terre seront réunies quelques-unes des plus enveloppantes séductions de nature le miroitement nonchalant du cours de l'eau.

la massive architecture des meules qui témoignent de hommes l'effort fructueux des des maternelles constances de la terre. C'est villa. douce. plus tard étendue que Monet vint s'élevait s'établir en bordure de l'une les floraisons. Alors. une certaine petite demoiselle de compagnie Seine souveraine. et le culte des fleurs. les plantations. à peu près résumé. le long de la même de Giverny. la culture des légumes et des blés. séparée de l'autre par un grand jardin en pente par son exposition ensoleillée. et de l'homme lui-même. activeur fertilité. pour transformer effort fester côte à côte. vient mettre aux ordres de celui qui possède quelque domaine sur ses bords. en analysant ces magnificences et ces subtibilités de la création. et jusqu'à tel caprice d'élargis- sement. ainsi que la modération du climat. la maturité des moissons. qu'aucune hideur industrielle. ces deux éléments n'étant l'un sans l'autre qu'une poussée aveugle ou une activité sans objet. Tel était. constructions qui semblent aussi et logiques.80 dominer peut. une sorte de créateur. ses rideaux d'arbustes et de haies. de l'épi. le séjour. en enthousiasme. accomplit avec beaucoup d'entrain la et de conscience son rôle de cours d'eau rapide. la fraîcheur que maintiennent les y contribuent encore. permettant tous les tracés moins se dilatant par fantaisie en de Genève en miniature. plus touffue chemin de fer-joujou et d'une configuration terre favorisée des coquetteries de l'Epte. ou plutôt de les faire se mani- que donnent les hauteurs. Car. l'on parcourt les prés. y songe. Elle serre de très près le village. en art. De et était léité lacustre de en confortable et. La demeure. l'atelier et la bibliothèque de Claude Monet . par la ferveur de sa sensation et et l'entretenir par l'expansion de son sentiment. tout ce simple et infmi répertoire à la profondeur duquel nous ne songeons presque jamais. fluette mais vive. de roseaux. en grimpant sans peine sur les plateaux. en modelant ces masses. d'iris aquatiques phars qui pouvaient s'aristocratiser en variétés plus rares et La vel- de ces larges nénuacquérir noblesse de et nymphœas. cet homo additus naturœ. le étendues les et voir s'agencer puissant entrelacement des lignes générales. aussi naturelles que de celle l'arbre. Rhône minuscule une autre pièce de celle-ci se parait s'étalait. qu'au- cun rappel trop brutal de jusqu'ici. en retraçant ces lignes. et enrichie en 1883. la vie rustique. dans ce coin de France (comme en maints autres d'ailleurs qu'un pinceau passionné n'a point consacrés) permet. peut pendant des années sans nombre pourvoir de sujets un artiste qui. l'Epte. — Enfin la vie trop moderne ne viennent — ou ne venaient encore désharmoniser. qui lui donnera les façons d'un un lac dans une maison rustique. touffes de joncs. babillard à de donneur de pittoresques intermèdes. il deviendra. en étudiant ces forces. favorable à toutes l'autre côté de cette principale route et d'un servant aux communications vicinales. entre deux routes parallèles. régulière. Il suffira de quelque La bonté du terrain. bienfaisance en splendeur. si si l'on s'arrête dans quelque village voisin. car il sera alors cet homme ajouté à la nature. la naissance des printemps. ses et petits bouillons. les labours. L'abri rivières. lui.

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fuit plus qu'il lui. mais qui se borne généralement à la suivre. que et cette date de l'art français moderne pour justifier un peu de 1883 n'est pas dépourvue de toute solennité. veut conserver intactes homme et qui. entre- croissantes ses énergies. villes. et se porte en avant pour mesurer tout ce qui devait encore passer devant de de le faire sourire tels yeux. des amateurs. et d'un voyant une grande tâche à poursuivre. monde en tous loin du tumulte creux des des théoriciens.81 pour les années où il demeurait chez et stériles discussions tout ce qui. parti d'un laborieux. qui peut faire l'opinion. déjeûna pour le la première fois avec sa famille dans sa propriété de Giverny. des confrères. jour de l'ouverture du Salon. l'esprit s'arrête un instant sur ces coïncidences. on ne peut s'empêcher de penser que cette terre de Giverny avait assez d'importance sur la carte historique de description. si on vous prend plus de temps de travail et vous le courtise. ne vous qu'il travailler. enfin qui. sortir interprété mains. d'un sage. ne vous écoute. . ne peut prévaloir contre cas. Il en 1883. des oiseuses en général de et. ce qui aurait pu télégramme ne Lorsque lui avait telles — si un pas apporté la nouvelle de la mort de Manet. donne d'encouragements à Monet choisissait le les œuvres.

ils retrouvent par une simple rencontre. quelques beaux tableaux : des effets de neige. suave. Les créateurs.. qui a trouvé des facilités de voyage dans le Midi et qui peut en faire profiter ses amis. BELLE-ISLE. y revoir même et y combiner quelques-unes de ses plus importantes suites sur un thème donné. un appel à résistera d'autant moins la construction. tout en y revenant sans cesse pour y découvrir quelque nouveau motif ou pour y accomplir. presque dans l'ancien goût.. avec les barques échouées au pied des rocs et la frange d'écume venant s'effilocher sur la grève. ou bien un choc qui semble fortuit. Grâce à elles.../: ^. un plaisir d'imprévu plus qu'un penchant impérieux de nature. . les désirs insoupçonnés qui redeviennent une résolution. Tout en faisant là son séjour préféré. derrière une dentelle de soit ses gentils brumes feuillages. les pensées oubliées qui étaient demeurées une amorce. des vues de Limetz.' i > . des vues de Vernon paresseusement assise parmi ses verdures.. Mais en même belle peinture de la temps une excursion à Etretat sera commémorée par quelque plage. cette sorte de demi-Orient. le fait partir avec lui pour Bordighera et Vintimille. une parole. d'un il acceptera diverses occasions d'absence. jetant aux yeux et aux sens. ETRETAT. en art. moulins à eau. eux-mêmes aux lois des associations d'idées. village voisin. ALTERNANCES Ce : BORDIGHERA. d'un objet capable de diversifier sa verve. ou emmitouflés de légères. soit ses paisibles rues paysannes. caressant.•. pendant l'année 1883. de l'autre côté de la Seine. sont soumis Giverny fournit donc. ou subira l'attraction de plus ciel lointain. le résultat — auxquels d'un travail latent de il l'esprit. Il éprouve un vif plaisir. une conversation avec Renoir. cependant que beaucoup plus tard que n'est le peintre doit se confiner uniquement dans son Giverny. Ce seront une invitation au départ.. Soudainement.. qu'ils sont sans auxquels doute il ne résistera pas. à échantillonner ces harmonies toutes nouvelles.

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séculaire et rude accourt. ramassés sur eux-mêmes duel dans lequel jamais les adversaires ne succombent ni se lassent. ou bien d'accords plus virils.83 toutes sortes de séductions insinuantes. Entre deux voyages il ne négligera pas de brosser une claire vue de Vernon. au milieu d'arabesques un peu folles de pins parasols. quasi-négligente. Tantôt dans la clarté l'arche se voit au loin. de plans moins efféminés. d'une plus grande intensité lumineuse et même d'un dessin plus large et plus emporté. bien que toutes ces choses aimables. assez éloignée. si le à la fin de cette même besoin de choses véhémentes et année 1886. poudroiement de tons tendres. l'entraîne à Sassenheim. qui font qu'on ne sait trop fums ou l'on respire des couleurs. qui l'avait après les énervantes douceurs du Midi et l'avaient attiré à Etretat. porte percée qui d' Etretat. mais d'une négligence pleine d'art. n'était pas encore suffisamment assouvi. végétations d'aloës et d'orangers. Et c'est sans doute une escapade qui ses où les vermillons incendiaires d'un champ de fouetté par un souvenir. tourbillonne. revenir à le vo5'ons. mer bleue entrevue entre des broussailles. nous sommes presque au-dessous de sa le peintre l'a décrite encore à quelque distance). torturées. dans la ainsi fixée l'a mer la falaise. Cette sensation si si on peint des par- envahissante se discerne très bien dans les peintures de Bordighera et de Vintimille. Ce sont alors les roches sombres. sombre sauvagerie. à son besoin de lignes franches. La seule dif- férence avec naguère. c'est que ces impressions plus septentrionales bénéficieront d'une palette encore plus affinée et vibrante. embrouillée. c'est-à-dire l'ouverture de la falaise de l'autre côté (et placée à la droite. dussent encore une le solliciter on ne peut pas dire fois. opposant leur opiniâtreté à l'acharnement du flot perpétuellement en furie. Aussi ne sommes-nous point surpris lorsque nous Etretat avec une sorte d'âpreté. l'autre qui l'a qui s'ouvre sur le vide et ne déjà un de ces thèmes générateurs qui inaugure même donnée que nous verrons se développer bientôt dans une progression de plus en plus ample. d'atmosphère chatoyante. dans — mais l'esprit ? — creusée. une joie d'une plus en 1886. qu'elles répondaient à la véritable nature de Claude Monet. tantôt même rude architecture. ce besoin du peintre de faire pour ainsi dire. exécutées en 1884. si fait. qui recompose tout dans son apparent embrouillement. en arrière d'une vaste prairie. de plus dramatiques accents. tulipes l'appellent. est ces suites de variations sur une de la Falaise de Monet qui nous masse pesante de la la hantise. n'est-ce pas connue jusqu'à les peintures cette porte ogivale qui a se confond avec laisse passer un de que des ses linteaux flots rageurs. Une ou deux fois au plus. tout cela exprimé d'une touche légère. souvent féeriques flatteuses. ne fût-ce que par un seul exemple. Toutefois. installé à Belle-Isle-en-Mer. crache son écume aux blocs même La vague rugueux. en Hollande. Ville perchée sur la diagonale d'une haute colline. tantôt nous l'approchons de façon à en distinguer les assises rocheuses et la trace des morsures acharnées du flot. De la sorte se remarque encore. non plus à la gauche du spectateur. Mais comme saisi comme le voici. . le tour de tous et thèmes et de toutes ses idées. d'oppositions fortes. La au silhouette.

de bronze. lui suffisent pour créer des spectacles pleins d'unité et pourtant de changement. Les touches sont à la fois pesantes et agiles. La Et lutte les deux donne le et le ton le pinceau de Monet s'est laissé emporter. plus intenses cent fois que les claires teintes de la Méditerranée. La profonds. vu d'en dessus. Parfois. le ton. pour arracher son secret de formes et de couleurs. captivé lui par l'éternelle tragédie. et dont elle modifie à peine la forme au bout de centaines d'années. l'agitation vaine contraires. dont elle ne réussit qu'à agiter le pelage d'algues. que. des saphirs. ou se trouve contrainte à une danse éperdue. Parfois. Pour peindre cette harmonie dramatique. Les Rochers de piliers étroits s'élevant sur les houles ruines de palais fabuleux) vus d'observatoires plus ou moins rapprochés. rageant et se lamentant. sont en accord pour donne l'harmonie. qui émerge comme le dos bombé d'un monstre. le grenat. à une ronde bouillonnante. en suivant cette manœuvre opposée et superposée qui se retire et de celui qui s'avance. en lutte pour drame le d' améthystes tirant sur mouvement. entraîné à entrer en lutte lui-même. suivant la distance et l'angle semblent éparpillés. contre cette monotone et magnifique furie. que Il résulte de l'immobilité de ces roches et de de cette mer qui annihile son les mouvement par tant de tableaux de Monet. le grand premier rôle est donné à un énorme bloc. Claude Monet Goulphar. Les rochers. inexorables mer a des azurs. au contraire. Jamais encore sa facture n'a été plus flot complexe sur un dessin plus simple. Ainsi. ennemis. dans cette série. Flot rochers sont non seulement invincibles. des lapis concentrés. la sombre plaine bleue. hérissée de mille frissons. plus soutenus. ou bien forment une cri- un cirque au milieu desquels la vague s'abandonne. semblent mouvements comme animés par palpitation intérieure. : ils et sont encore splendides. est seule. comme les les s'est-il contenté d'un petit Pyramides de Port-Coton (sorte de nombre de motifs.84 comme des gnomes monstrueux et têtus. . Elles s'entremêlent inextrica- blement du et semblent se mouvoir. Les nains rocailleux pren- nent des couleurs de pourpre.

1—4 « O H O O < W O (/2 w .

.

à part la brutalité. car son caractère vivre et d'agir. si l'ardeur calmée. il n'aura pas de plus grande . dans ce à l'appréciation de son auteur. Mais il est en temps extrêmement sensible. ample avec indiscrétion dans l'intimité. Et en effet. énergique. une fois brutal. On pourrait. Il peut attaquer l'ouvrage et tenir aux gens sans en démordre. des périodes de découragement. fonçant sur l'obstacle. rapprocher ces contrastes artistique. un double intérêt qui aide à notre compréhension de l'œuvre et nous empêche de porter sur l'homme un de ces jugements tout faits. trait En revanche de caractère. tendre. les plus heureux de son travail. n'est pas donne à l'ensemble de comme le flux et le reflux. On même même tête l'a jugé exclusivement tenace. Un besoin de contrastes et d'alternances qui n'a peut-être pas été jusqu'à pré- sent assez étudié dans l'œuvre de Monet. et dont sans doute lui-même ne s'est jamais rendu compte. et. des anxiétés allant presque jusqu'au désespoir. et d'autant plus inexacts que leur simplicité les rend vraisemblables. et régulier non plus de ses per- même. Il y a d'autant moins d'inconvénients à le dire ce qu'il a de pensant et de noble.QUE L'ŒUVRE DE MONET EST SOUMISE A UNE LOI DE CONTRASTES. sans entrer de s'étudier sa production et de se raisonner. émotif. dans moins avide qu'on ne le croit. en révélant que si Claude Monet eut dans l'ensemble de son œuvre un élan de lyrisme et d'ivresses de nature plus intense que la plupart des peintres modernes. cet enthousiasme fécond fut presque constamment coupé par des accès de doute. ou plutôt d'organisation humaine et artistique. mais de sa sensibilité continus de ceux qui régnent jusque sur sa vie ces intrusions trop coutumières à l'information contemporaine. on dirait on l'osait. mais de un beau rythme. et quant à ceux-ci. Nous ne commettrons pas de ceptions et de son labeur. et dont le public. il est tout cela. alors qu'il les aimera. est que il cette œuvre échappe depuis longtemps se trouve pourtant pour nous. Mais il croira voir ce qui manque à celui-là. devant les résultats les plus beaux.

Celui-ci pour ne considérer que suivant les spectacles qu'il aura été et pourtant fine organisation lui per- par rafales. sans nuances. épanouie. qu'ils conduisent. Ainsi Monet ne doit plus être pris. semblables aux bœufs lettres. sous l'empire d'idées plus sombres. et l'a œil» admira- ne voient que l'instrument sans sentir l'esprit qui l'anime. nous dirons simplement que Monet se consacra avec une ardeur infatigable à l'organisation d'Une vente artistique au profit de la famille que Sisley laissait sans fortune. non pas de pures impressions. Elle est la réfutation de l'opinion. court. ou bien enfin de se laisser aller avec une confiance légère. production artistique. chez Monet.. 86 que de se dépenser pour eux comme il fit pour Manet et pour Sisley (1). un Emile Zola. Mais telle claire ne pourrait croire en considérant son œuvre d'ensemble. ce qui peut donner à ceux qui n'en sont pas l'objet. et. un de ces laboureurs robustes. comme l'ont fait les théoriciens des jeunes écoles qui ont réagi contre l'impressionnisme. il sera demeuré — d'assez longues périodes sans toucher un pinceau. le Ces indications jetteront. Au thèmes en rapport ou en relation avec Les tableaux deviennent ainsi. cette forte comme la il y a un trouble secret. confessions au sens où le contraire la diversité il y discernera même et y choi- de ses émotions. s'élève. et sans exception. d'ailleurs intermittent. D'ailleurs ses affections seront choisies et raisonnées. on en rencontre souvent d'une délicatesse criptif et « presque féminine. et l'infrangible masse calcaire qui lui résiste et le domine. elle n'est pas moins aisée à admettre que le perpétuel combat qui captivait Monet à Belle-Isle entre l'élément fluide sans cesse agité. Sui- sentiments qui dominent sa vie mettra ainsi de produire les contraire. une tombe. ou bien de travailler lentement. mais bien d'involontaires prenait Jean. en effet. dans fut. et surtout contre sa suite immédiate. posément (quoique toujours avec une ardeur alors contenue) à quelque cycle où la construction l'emporte encore même sur la subtibilité de l'harmonie. de sa vie. Elle permet de comprendre pourquoi dans l'œuvre. une lumière particulière plus vraie sur et l'œuvre et sur son enfantement. pour ceux qui voudront bien adopter notre manière de voir qui n'est pas venue sans réflexion. à la fois préjugé. marche de la positifs. . en tant qu'écrivain des- promeneur solitaire » Quant à la dualité de cette énergie visible et de ce trouble le plus souvent caché. qui ne trouvent à apprécier que blement doué d'un admirable ouvrier. Nous n'avons plus affaire à un de ces caractères massifs. (1) Sans entrer dans les détails de cette histoire.Jacques Rousseau. à aussi parfois — ce qu'on caresse de l'air et de la terre. légende. l'idée satisfaction qu'il n'est pas sensible. et erreur de jugement physionomique. ou du moins prétexte à le dire. avait pour devise comme : nulla dies sine linea. si nous nous en tenons aux exemples qu'on peut donner. pour le sira des copiste entièrement passif de la nature. parmi tant de tableaux mâles. toutes les journées comme poussé par ces sentiments à préférer. tout d'une pièce. Au il l'observa. flamme qui tour à tour vant les par exemple. se ranime jusqu'à l'embrasement.

V2 Ui C/3 .

.

les buissons la ville même. moins exclusivement caressée. Les silhouettes sont en général plus découpées. Quoiqu'il en grande arche au premier plan. LA CREUSE. les rochers et le miroir des . Cette succession de contrastes qui caractérise et domine une notable partie de de Monet commence à s'acccentuer au cours des années que nous venons la carrière d'étudier.AUTRES ALTERNANCES : VINTIMILLE. ce seront les ardeurs de palette. production la les alternances sont trop constantes du hasard. les parfums et les douceurs d'une seconde saison sur la Méditerranée. en 1889. La seconde saison méditerranéenne est plus corsée que la première. Les Pins parasols qui viennent dresser au bord tiges sveltes et contournées et le au-delà desquels se voit dans même de la nappe azurée leurs fantasque couronnement de leurs ombelles. tandis qu'en 1891. dans sa coquetterie. de Monet se conforme à un rythme très pour l'été l'effet dont net. les colorations plus chaudes. les harmonies plus sobres et les contours plus accusés en 1886. en 1888. entre mer le Cap d'Antibes. et hauteurs. On voit que. puisque nous voyons alterner les effets souriants de Giverny en 1883. un éloignement de rêve nonchalante. sans être simplement qui incendieront sa pour cela suivre une régularité mathématique. fassent entendre cette période succédera à son tour le un appel plus véhéments. eux-mêmes encore moins âpres que les sauvageries de la mer à Belle-Isle en 1886 et 1887. perché sur Bordighera et les Vin- soit. puisque timille sont de 1884 coupe heureuse avec et les la les Antibes sont de 1888. en attendant que les d'Etretat ravins abrupts de la Creuse. auxquelles vont de nouveau s'opposer. derrière s'aperçoit le village très à l'italienne. A rappel familier et apaisant des printemps dans l'Eure en 1890. les suavités de Bordighera en 1884. C'est sans doute par l'erreur d'une signature ajoutée après coup qu'une vue de Dolce acqua près de Vintimille est datée de 1886. cette toile est et une hauteur d'une au-dessous de laquelle et couronné de son Municipe à allure de donjon féodal.

où le pourpre domine. des deux jouteurs de Belle-Isle. la séduction ou la colère de l'élément. entre autres aspects sous lesquels on peut le considérer. — sont surtout bâtis sur le motif des ravins au fond desquels coulent des eaux étroitement encaissées et bouillonnant clairement sur leur lit de pierres inégales. tandis que ceux de Bordighera et de Vintimille évoeaux. sentent l'arôme résineux des pins. non sans une certaine audace. mais amenée par la logique des contrastes. Tout ce que l'eau peut capter de lumière. la richesse de ces tons et la On se plaît à voir dans ces toiles l'opposition entre fermeté rébarbative des terrains escarpés. retiré à Fresseline dans une solitude qui n'était pas sans fruits poétiques. et thème sur lequel ami du poëte qu'il Rollinat. de lacs. si l'occasion ne nous était pas fournie par ce rapprochement. comme dans la série des Pourville se rencontre l'exclusive représentation des deux grandes immensités uni- quement en présence. Gustave Geffroy Celui-ci. voilà les deux tableaux les plus saisissants. Nous pourrions nous reprocher. tels sont les principaux motifs de cet aimable cycle. la palpitation. C'est l'eau mirages et sa flore. d'étangs. chatoyantes. bien que déshérité. . si l'on nous passe cette similitude. nous découvre la Un sans mouvement sous le ciel sans nuages. il l'a saisi et exprimé. mer seule. sillonnées de barques ou parées de grasses floraisons. si l'on adopte on pensera avec nous que Monet avait accepté la cette suggestion surtout parce qu'elle se trouvait concorder avec son besoin de se détacher des flatteries méditerranéennes. avait pensé qu'il y avait là pour le peintre matière à une énergique manifestation. miroir du ciel ou champ de bataille des vents. ses le verrons ne pas se borner à tant d'effets déjà collectionnés. qui. de cette suite. Les Eaux trem- Roche perché jusqu'en haut d'une côte et détachant sur le ciel sa silhouette pauvre et fière. — le fait s'explique Américains venaient justement de s'aviser du succès commençant à venir largement pour Monet. courantes ou immobiles.88 dans leur égale quiétude. de canaux. eaux de fleuves. tout ce qu'elle peut faire ruisseler de prestiges et de gammmes. d'une saison. qui seront le années prendra son plus grand La Creuse fut le labeur de ses dernières prodigieux épanouissement. d'océans. thèse que nous avons présentée. Ces ravins sont tapissés de bruyères et de maintes végétations basses. vers lequel grimpe péniblement un sentier qui part du fond du ravin et du frisson même de l'eau. demeurée unique. d'en être arrivé à ce moment de notre étude sans avoir assez dit que Claude Monet est. Aucun peintre de paysages n'a rendu avec une pareille sûreté et une égale variété la fluidité. blantes à Fresseline. un peintre essentiel des eaux dans toutes leurs apparences. la transparence. Nous enfin. mais qui devait finir tragiquement. nid pittoresque. qui sont presque tous en Amérique. en 1889. la mer des tableaux d'Antibes. Claude Monet y avait été emmené avait rencontré à Belle-Isle et avec qui il s'était lié d'amitié. Toutefois. si différents quaient à nos sens les senteurs de l'oranger. comme aussi une toile de Belle-Isle montre seulement la mer agitée sous un ciel moins clément. : Les tableaux de par ceci que les la Creuse. mais avec des colorations différentes. le Village de la . le sujet par M.

C/3 .

.

sans remplir le rôle prépondérant. en avant du rideau d'arbres que l'on retrouve souvent dans l'œuvre. Ce sont de tendres effets de printemps. jouer dans l'œuvre dont elle inattendu. des glaçons Puis. . puis encore la plaine et le rideau d'arbres qui la termine. charriés sur la Seine. singulier. rappellent ce motif. L'on ne peut guère compter comme paysage en contenant deux du cycle des Meules proprement dit un vues à une certaine distance (collection Durand- faisant partie petites. de la date une peinture représentant une Meule.89 nous surprendra plus puisque nous avons constaté chez Monet le principe des thèmes générateurs et de leur incubation plus ou moins longue) de cette année 1889. presque entièrement consacrée à l'expressive ingratitude Fait curieux (mais qui ne de la Creuse. superbe. Ruel). et qui ne figurent que d'une façon subordonnée à l'ensemble. que leur rurale architecture allait marquait le point culminant. au beau milieu plaine de Giverny. une année pendant laquelle fort peu des tableaux de Givern}datés de 1890. au toit rond. se passe.

DEUX ÉVÉNEMENTS

:

L'EXPOSITION AVEC RODIN,

LA SOUSCRIPTION POUR

L'«

OLYMPIA

».

dans l'œuvre de Monet, nous
trouvons, en guise d'intermède, pendant qu'elle prélude par les effets de printemps à
Giverny, deux événements, de nature différente, qui n'ont pas laissé de tenir une

Avant d'aborder

cette nouvelle et décisive évolution

certaine place dans sa vie. Ils ont lieu tous deux en 1889.

L'une

est l'exposition

que Georges

Petit

prit

l'initiative

d'organiser

simulta-

nément des œuvres de Monet avec celles de Rodin. Les deux artistes étaient encore
discutés avec beaucoup d'acharnement. Cette accession à une galerie très recherchée,
ouverte aux réputations consacrées, ou réputée les consacrant définitivement, eut
quelque influence heureuse sur le profit matériel que Monet pouvait enfin commencer à retirer de ses tableaux. Rodin exposait entre autres les Bourgeois de Calais.
Monet avait des types des principales époques que nous avons jusqu'ici passées en
revue. Nous nous rappelons avoir assisté, le jour de l'ouverture, à la rencontre de
Rodin et du critique alors redouté Albert Wolff, de qui le temps n'a pas respecté tous
les enthousiasmes ni toutes les condamnations. Pour Rodin, toutefois, il sembla faire
preuve ce jour-là d'une grande clairvoyance.

«

Ah

!

c'est

vous M. Rodin,

lui

entendîmes-

nous dire de sa petite voix blanche. Eh bien, vous avez beaucoup de talent. » Rodin
s'inclina cérémonieusement. Pour Monet il lui fut plus difficile de revenir sans transition sur les articles où il comparait les impressionnistes aux pensionnaires des
maisons d'aliénés, mais il sembla admettre que le peintre et lui avaient fait tous deux
des progrès. Nous n'insisterons pas sur cette exposition; nous devions surtout signaler
sa date

comme

celle

sinon du premier, du moins d'un important revirement dans

du public.
Le deuxiêîne événement nous

l'opinion d'une partie

Monet,

ne

fait

les facultés

intéresse bien plus en ce sens qu'il

montre chez

d'enthousiasme, le dévouement à une idée ou à une amitié, ce qui

qu'un dans son esprit aussi ferme dans ses sympathies que dans ses adver-

91
sions. C'est la souscription organisée

par

en vue de l'achat de l'Olympia,

lui

et la

campagne infatigable menée pour faire accepter l'œuvre de Manet par l'Etat pour les
musées nationaux.
La souscription dans l'ensemble fut brillante. Elle faillit un moment devenir
dramatique; et elle ménagea à Monet, relativement à certaines des personnes sollicitées,

quelques surprises.

Les

furent pour la plupart, empressées, vibrantes, touchantes

lettres qu'il reçut

parfois. Les

noms

les

plus divers se rencontraient de ceux qui tenaient à honneur

un peu d'Olympia » comme disait Toulouse-Lautrec dans sa réponse, Puvis
de Chavannes se rencontrait avec Degas, Duez et Gervez avec Mallarmé. On comptait
« d'acheter

encore parmi

Armand

empressés Duret, Moreau-Nélaton, Raffaëlli,

les souscripteurs

Dayot, Robert de Montesquiou, Lerolle, Flameng, Chéret, Lhermitte, Jeanniot, Guillemet,

Carolus-Duran, Pissarro, Roll, Frantz Jourdain, Ribot, Chabrier, Ary Renan,

Besnard(l), Boldini, Fantin-Latour, beaucoup d'autres.

Ce qui nous porterait à croire que
temps héroïques,

c'est

que certaines

lettres,

l'on

encore (en 1889

vivait

on peut aujourd'hui

!)

dans des

non seulement

le dire

sans indiscrétion, mais encore avec la certitude de valoir à leurs auteurs plus d'affection et d'estime, traduisaient à la fois le

bon

vouloir, et la difficulté de le prouver.

Dalou avouait sans détours que sa pauvreté l'empêchait de dépasser un
modeste. Rodin
petite

somme

« traversait

une

crise d'argent »

qui ne

le laissait

équivalente. Jean Carriès se trouvait logé à la

fut peut-être encore le plus

émouvant

d'entre eux. «

Mon

l'espère,

vous

longtemps sans

te prévenir.

Manet

Mais

ques francs de

:

11 janvier 1890,

côté, et

plus modique, avec
a dû avoir

le

envoie cette

il

un mot où

il

plaint

enseigne. Renoir

cher Monet, écrivait-il

mais

ira

je

(le

ne puis pas

au Louvre sans moi,

mais je ne puis faire autre chose que des vœux pour

tentez. »

disposer que d'une

même

11 août 1889), impossible de trouver de l'argent. Je suis désolé,
te faire attendre plus

chiffre

la réussite

je

de ce que

pu mettre quelsomme d'autant plus émouvante qu'elle est
affectueusement son ami pour les tracas qu'il
au bout de cinq mois,

il

a

« ...Si c'est fini. »

Aux beaux

élans de cet

hommage

collectif des

principaux artistes et amateurs

quelques refus assez inattendus se produisirent. Alfred
y eut une contre-partie
Stevens et James Tissot se récusèrent pour des motifs de simple amour-propre. On
s'expliquait plus difficilement que le chanteur Faure donnât pour raison de son absil

:

tention sa certitude

«que

la

manifestation n'atteindrait pas

aurait été encore plus difficile

si

but proposé», ce qui

tous avaient donné cette réponse.

Mais plus surprenante que toutes
et

le

les autres fut l'attitude

d'Emile Zola, l'ancien

hardi défenseur de Manet. Sa réponse bourrue, maussade, illogique, sera reproduite

non pour exprimer une opinion défavorable sur le caractère du célèbre écrivain,
mais pour montrer comment, même chez un homme d'une haute intelligence, même
chez un ancien compagnon de luttes, les nerfs parfois parlent plus fort que la raison
ici,

:

(1)

Besnard en envoyant sa souscription, ajoutait

:

«

Mais

le

tableau n'ira pas au Louvre certainement.

»

92
«

Mon

cher Monet,

souscription dont vous

de peinture

même

chagrin, mais je ne puis m'inscrire à la

écrivait-il, j'en suis très

me

pour

parlez. C'est chez

moi un

le Louvre... J'ai assez

parti-pris absolu

défendu Manet par

la

de ne pas acheter

plume pour

crain-

pour ne pas craindre] aujourd'hui lei reproche
de lui marchander la gloire. Manet ira au Louvre. Mais il faut que ce soit de luimême (!) en pleine connaissance de son talent (?) et non sous une forme détournée
du cadeau, qui sentira quand même la coterie et la réclame. »
dre [évidemment Zola veut dire

ici

:

Cela n'était qu'une erreur de jugement, une bouderie, dont les motifs, au reste,

nous importent peu aujourd'hui. Ce qui fut plus grave, et qui causa un incident assez
pénible, ce fut non plus un simple refus de souscrire, mais une véritable opposition
à la souscription. Et de

la part

de qui

?

De

non sans

l'ancien ministre qui avait

dif-

non sans courage fait donner à Manet la croix de la Légion d'honneur. Il
est trop humain de blâmer ce dont nous n'avons pas eu l'idée pour que l'on s'étonne ici
de l'attitude d'Antonin Proust et qu'on lui en fasse même un très vif grief; mais l'avenficulté et

ture est curieuse à rappeler.

Commençant par
écrivait tout d'abord

dire

que

les

pour quelles raisons artistiques

œuvres de Manet

il

désapprouvait

musée

plus dignes du

les

l'idée,

étaient « celles

qui témoignaient de l'impression que lui avaient causé les maîtres de l'école espagnole
et celles «
la

beaucoup plus intéressantes qui ont déterminé

lumière de convention de

l'atelier. »

Il

ajoutait

:

«

pas

Déjeûner sur

le

d'excellentes raisons

qui est du

l'herbe,

L'Olympia, avec ses très grandes

même

pour ne pas accepter l'Olympia

»

les artistes à réagir contre

qualités, n'a pas la signification des toiles auxquelles je fais allusion. Elle

même

il

et

ment public ne donne pas gain de cause à ceux qui

Le Louvre trouvera

temps...
il

ne vaut

craindre que

est à

l'auront offerte. »

le senti-

novem-

(14

bre 1889).

Monet supportait impatiemment que

les

motifs

précisément fournis par ceux qui auraient dû
s'était

voué avec tant de passion.

Il

le

et les prétextes d'insuccès

seconder dans

s'affligeait et s'inquiétait

fussent

la tâche à laquelle

il

de voir qu'une pure mani-

festation d'art menaçait de tourner à l'a

événement parisien», presqu'au scandale. Et
publiée par le Figaro donnait, de la bouche

sur ces entrefaites une « interview

»

d'Antonin Proust, à

pour l'Olympia

à la veuve de

la souscription

l'artiste.

Les amis de

celle-ci et

le

caractère d'un secours déguisé

ceux du disparu en furent vivement

offusqués et chagrinés. Antonin Proust désavoua vaguement

Monet un envoi de témoins.
achevé de rendre désastreuse

Il

mais annonça à

n'y eut heureusement pas de rencontre, ce qui eût

l'histoire

très explicite et des plus dignes,

prendre un

l'article,

de l'Olympia,

et l'incident fut clos

par une

où Monet, déplorant que certains eussent

lettre

feint de

beau témoignage d'admiration envers une œuvre et un maître pour une
aumône clandestine, et surtout que les détracteurs de Manet pussent trouver là un
si

excellent prétexte à manifester contre lui plus vivement

amis

don de ce tableau,
c'est parce que nous l'avons jugé un des plus beaux
l'œuvre du maître. »
et

moi,

écrivit-il,

avons

fait

que jamais.

«

Lorsque mes

et

eu

et

des plus caractéristiques dans

l'idée

de cette souscription,

93

Ce ne fut pas sans de grandes difficultés que Monet finit par faire accepter à
l'Etat l'œuvre qui aurait dû être donnée sans discussions et accueillie avec empressement. Comme disait le bon Renoir « il ne s'amusa pas beaucoup avec cette affairelà. » Aujourd'hui il est bon que le public se souvienne que c'est à l'ardeur et l'opiniâtreté

de Claude Monet qu'il doit de comparer VOlympia et les œuvres des maîtres

anciens que Manet avait continués. Après de
1890,

un décret

qu'il

demeurerait au Luxembourg ni
Il

fallut

était

rendu, attribuant

ne

illustre des

pas attendre

fit

heures.

On ne

musées,
la

du

Conseil,

les délais

le 7

novembre

tableau aux musées nationaux sans garantie

qu'il irait

que quelques années plus

étant devenu enfin président

au plus

le

nombreux atermoiements,

tard,

au Louvre.

M. Clemenceau, de chef de l'opposition

Monet

allât lui

demander pour Manet

l'entrée

L'homme

réglementaires étant accomplis.

d'Etat

réponse, ni la solution, ni l'exécution, plus de vingt-quatre

à ses ordres.Le transfert fut opéré

résistait point

demande, en dehors de toutes

les

même

jour

le

de

la

coutumes administratives.

Ainsi se termina ce petit chapitre d'histoire contemporaine, que nous avons

un peu en guise de

relaté
le

divertissement, et plus encore pour éclairer le lecteur sur

caractère de Monet.
S'il

était nécessaire

sort de notre sujet,

de

!

sur l'humanité en général

— nous ajouterions que M.

Depuis que je suis

Clemenceau, lorsque

prompte et de sa
au pouvoir, vous êtes

remercier de son intervention

vous

l'éclairer aussi

demander autre chose qu'un

si

service personnel. »

le

décision, répondit
le seul

homme

:

mais cela

peintre alla le
«

Que

voulez-

qui soit venu

me

tout en rendre la masse. les plus beaux Même aux temps où régnèrent les représentations les plus allégoriques. C'est de 1891 que sont datées les Meules. l'attitude sous poids des saisons. ET LEUR VERTU ARCHITECTURALE. le les disettes. pour traverser les sons dures et rassurer l'homme contre mûrit Mais de prendre ce presque le comme un de la paille blonde sur laquelle ^ grain sacré. évocatrice même vieille divers d'une suprême des comme même l'art et la de façon majestueuse vers. c'est ce dont personne ne s'était avisé jusqu'alors. la gravité. soigneusement recouvertes. de formidable. Millet avait retracé avec grandeur la . entre mille sujets rustiques dans l'immensité des champs et parmi le travail du paysan. la solennité des gerbes régulièrement amoncelées. et d'un amour de la nature. Millet a compris et exprimé. (dans un des quatre tableaux des Saisons) pour faire du grand champ de blé tout un personnage plus important à nos yeux (et aux siens même). Elle est noms du blé.LES «MEULES». le caractère. POINT CULMINANT DE L'ŒUVRE. Seul. n'est pas et noblement tendre. les apparences sous les jeux de la lumière déterminés par la baguette magique des heures. sur la terre qui le supporte. ont été figurées neuve en poésie eux-mêmes. Leur exposition à la galerie Durand- Ruel fut un événement artistique retentissant. ont suggéré la divinité. toutes les perceptions d'un œil délicat. il se trouve un Virgile un Poussin pour tirer des seuls enfantements du sol la poésie la plus profonde. nature nourrice. bienfaits de la terre. Gérés. L'idée art. encore une fois. sai- même édifice être. dans deux ou trois magnifiques dessins. De notre temps. que Ruth et Booz qui — se rencontrent parmi les épis. Démêter. Cybèle. d'appliquer à du laboureur. toutes les forces accumulées d'un amour du métier ne transcrire. seul. enfin de ne montrer rien autre que cet objet familier et de ne voir. comme un monument.

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i .

qui se trouve entraîné par la suite. sur et sous la neige. en connaissance de cause. toujours avec plus de variété et de largeur. pour en faire une étude. tout un poëme des peut-être plus dramatique. Les phases de cette terre qui nous fait payer cher sa clémence. puis une autre. amplifiait son dessin. mais tout un cycle. son élève et sa confidente. D'ailleurs d'étudier en ne suffit-il pas de faire remarquer que soi-même une meule. qui vont aller se développant. vous pouvez plus nettement que lui-même. la voie où ses facultés et ses attractions l'ont engagé. il demandait une des vite toiles blanches apportées. des chatoiements jetés par les jours suivants. Dans tableaux de Meules de Monet. il était venu avec sa belle-fille. Vous l'avez vu annoncé. en simple état de «devenir». l'enchaînement. seule sa vie les est attestée. le relief. Mais le soir s'approchant. mais encore était-ce pour noter de ses constructeurs. trop passionné à analyser même. Il raconte qu'un jour. Mais vous qui avez observé la progression suivant laquelle que chez lui une idée latente d'autres. de sa force expressive par rapport à la plus grande simplicité concevable du sujet et des lignes tables sur lesquelles il est construit. lumière donnait aux meules lui suffisait pas. une autre encore.95 forme. qui sont vives et heureuses ici avec nous fait rejeton et fructifie. le soleil Il revenait son analyse. Cela non pas seulement à cause du caractère complet de ce cycle. silhouette. c'est ici que . seule notre instinctive gratitude témoignage de et interroge ce l'effort qui ponctue la solitude et Monet. les effets de coloration se succédant rapidement. l'homme est absent. d'un des véri- sommets de sa carrière. l'asso- comprendre combien ce motif le retint d'une façon en quelque sorte nécessaire. la et à leurs alen- communiquait une émotion à travers lesquelles on devinait leur tours. inévitable. perfectionnait Puis l'été ne couchant à plein affolement de rayons. contemple la nature pour avoir la contredit le loisir à la fois. a pensé que son mélangée d'un peu d'anxiété. montre à quel point l'idée même d'isoler se serait pas douté sur le l'instinct du peintre associé à et moment la force expansive du souvenir. toute pétillante sous l'intense soleil d'été. Déjà cette raison justifierait l'opinion. Nous avons donc dit. d'autant plus conforme à la direction de ciation de ses travaux. Ainsi. corsait sa pâte. de s'analyser lui- dû à une circonstance fortuite. que nous avons déjà à plusieurs reprises noté certains de ^es thèmes. L'hiver. les belles lignes les gestes simples de la Meule. quand Monet ne de ses conséquences. c'était non pas l'étude projetée tout d'abord. Cela est d'autant plus causé par une loi de son esprit. au bout de l'année. fixant le plus rapidement possible l'essentiel des ombres. Mais. vous le voyez aboutir. des lumières. l'avait mis en présence d'un des objets décisifs. sans nul dessein de multiplier ses obsercycle des Meules était vations sur ce thème. ou bien pour faire reposer dans son ombre une paysanne endormie. que les Meules marquent le point culminant de l'œuvre. M"° Hoschedé. tandis ne se reproduisent plus. brumes enfin. des fêtes encore plus aiguës. Monet croit donc que ce fut seulement une abondance d'effets qui l'induisit à multiplier les variations sur les Meules. qui rachète par tant de si maternité ses rigueurs. les coloraient de tout un fantastique mystère. séduit par l'opulence d'une belle meule dans la plaine de Giverny.

complet. solide. embrasé en lui. de tout ce qu'il a conquis sur nature a éveillé. autant que presque impossible à analyser parce qu'elle d'une analyse poussée à l'extrême. De la sorte. La matière la le couleur est complexe. le peintre est parvenu à un résultat définitif. somptueuse. la nature et de tout ce que la . de toute son expérience. et même est généreuse. de se compléter encore. Cette matière avec le temps prendra est le résultat la solidité et la profondeur d'un bel émail. de toute son étude.96 la couleur chez Claude Monet atteint pour produire la plus haut degré de sa pénétration analytique plus grande richesse et la plus grande puissance d'effet qu'il ait obtenues jusqu'alors. et cependant susceptible en s'appliquant à d'autres sujets.

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i .

Des vues cet intermezzo. c'est l'ombre portée sur toute la surface tiges sveltes. Ce n'est pas simplement que de rapprocher ces architectures de pierre les .DES « CATHEDRALES » ET COMME QUOI ELLES SONT LA SUITE LOGIQUE DES «MEULES» En même temps monumental cycle des Meules. de d'un rapport. ayant avec quence et lui plus Meules. Riant et séduisant prétexte à étudier la coloration des frondaisons et des troncs selon les diverses heures du jour. attire l'artiste tiges. C'est Il cependant que de la Cathédrale de Rouen paradoxal de penser que si qu'il s'agit. ainsi trois qu'à se livrer aux hasards heureux des promenades dans la région de Giverny. la la tendresse grande plaine fraîche que nous connaissons déjà de ses verdures de printemps. ans se passent encore à revenir sur ces différents sujets. trait du gazon. Une des vues est légère qui fait de deux fait admettre avec même laisse demeurer à l'état d'exception. ombre projetée en zig-zags par le soleil à Port-Villers. Claude Monet sur un thème de moindre portée. cycle. Monet avait n'aurait pas peint les Cathédrales. des Vernon matinaux très lumineux complètent ce même moment de détente. d'autres levant qu'on devine. la série n'est point il cette et année 1894 pouvant allait voir naître être considéré à la fois un nouveau comme sa consé- son aboutissement. arabesque originale à Deux ou la trouvaille de laquelle Hiroshighé aurait applaudi. digne d'être mis en parallèle avec celui des Meules. d'une importance capitale. mais d'une qu'il édifiait ce paracheva quelques belles variations charmante élégance décorative : la ligne souplement incurvée suivant laquelle se déta- une rangée de Peupliers sur chait sur le ciel les bords de l'Epte. la prairie imprévu de de Giverny semble s'éveiller gaîment. d'un charme inattendu et un peu paradoxal. Claude Monet n'avait pas peint un jeu littéraire des architectures de paille. C'est ainsi qu'en 1894. Dans une entrevoir comme à travers un voile argenté les grêles silhouettes que son caractère et brume par d'une observation curieuse. ou de transition. Mais le curieux. mais que la réussite plaisir.

parce que la lumière et la couleur s'y concentraient plus fortement que sur n'importe quel volume. c'est-à-dire de la couleur. des conquêtes de toute mais aussi pleins sa carrière. « les longs que Monet appliquât ses nouvelles ses facultés renouvelées) à un thème à la fois . ne les touche pas. où modelé et couleur se complètent mutuellement dans un équilibre qui tandis que le atteignait sa perfection avec la série des Meules. la palpitation le des solides plongés dans la nature. jusqu'aux années de Vétheuil et de Giverny. en raison de leur isolement dans l'atmosphère. forme. ce qu'on pourrait appeler l'air et la Nous avons mières œuvres sous l'influence de Corot. leurs lignes. Ce que aussi imposée à Monet. en l'intérêt art. leur masse. Son jardin aurait été. ni le bariolage. et Le public et les amateurs superficiels admirent ce qui leur paraît qui est quelque chose de beaucoup plus beau et plus difficile que et ce la pleine. cette démonstration mais bientôt donnait à que l'avait ples d'une idée juste. il était inévitable au même. les que même cette simplicité tours de force. sûre et claire. il était beau à tenter. n'atteignait pourtant et ne devait attein- dre qu'une première étape de la nouvelle route que Monet avait devinée par son instinct et préparée par la logique lui. enfin puisqu'il était espoirs et les vastes pensées » facultés (ou. surface. de telle façon que la appelle la couleur et ne peut se passer d'elle. cette analyse et qui de la maintenant s'ouvrait devant couleur faisant corps avec cette puissance synthétique de construction donnait. puis celles où la couleur s'éclaircit modelé perd un peu de son relief. ces meules étaient pour Monet autant de problèmes à résoudre. de les appliquer à des données plus fécondes encore. qu'avait jamais cherché Monet. ni la vivacité de maint ton pur juxtaposé. où marche depuis les prene manque pas.98 amené à peindre été les Meules. les plus bariolés Non. la chaude intensité de leurs ombres. se présentant à sa vue dans le champ de Giverny. modelé atmosphérique de lumière. un prétexte plus éclatant à prodiguer tous les jeux les plus éblouissants. Puisqu'il était en pleine force et en pleine ardeur. leur vertu de concentration de tous les rayons lumineux. objet quelconque. modelé étroitement liés et concouleur donne le modelé et que le modelé Cette magnifique réussite d'une couleur et d'un fondus l'un dans l'autre. tout d'abord à son propre insu. Le choix de ces objets n'avait pas été déterminé par le hasard. plus colorées que celles de n'importe quel autre objet en pleine nature. qu'il se sentait dans la vérité de ses recherches et de leur réussite. n'est autre chose logique du savoir réalisant rigoureusement les conséquences multi- l'irrésistible de l'audace. arbre. parce que justement ce n'est ni l'éclat. sur un thème aussi simple que celui de la Meule de pareils résultats. ce qui revient en cette maturité d'âge qui permet encore . que le succès ne lui était plus outrageusement refusé. s'était passionné justement à cause de la tentative. Par ce que leur nature même. dira-t-on. Sur des motifs aussi simples. Du moment que de son labeur. autant que nécessaire. autant de confirmations des convictions. des recherches. mais où la cou- suivi cette le relief leur ne comporte pas encore l'acuité analytique. lucide et raisonnée possession de soi-même. pour les raisons que nous avons dites. Le croire serait méconnaître tout ce que nous avons tenu à faire ressortir de toute son œuvre. l'audace : parfaits de l'on appelle.

par un concours de circonsdéjà traité un grand tances et de recherches fort singulier. il ne pouvait en repartir que pour le monumental. plus tard. — si rare. le Havre quelques excursions. comme plus important et beau. à part de ses charmes de sa source jusqu'aux de Monet se trouve analogue à un des plus fleuves de France. rapprochement de destinées. après l'expérience décisive des Meules. et n'opèrent seuls. des plus lumineux. le plus plus enivrant entre les deux points extrêmes de son par- de Rouen. qu'il put se dégager à son tour du monumental. ce thème. les caprices d'ex- sujet adéquat et nécessaire. alliant l'amabilité et la force constante. Ce fut une assez grande surprise que cette série nouvelle. Les les détails autres. serait surpris d'être nous de volumes et amené à conclure qu'il avait nombre de celles qui peuvent s'offrir au paysagiste. doxales. c'est que l'ins- y a une part égale à tinct celle de que jamais la volonté. d'où revenait toujours à il Lorsqu'on tater fait ce elle. Si il on qu'elle lui avait déjà fournies. plus surprenante tout en restant vraie. pour qui médite cette marche. plus magique sans cesser assez d'être naturelle. Nous verrons même que ce fut. d'entraînant. arbitraires. sans doute brillantes. inclinaient à ne voir là que des variations. et assez complexe pour permettre à la couleur de se faire encore plus richement diverse. tracions ici seule. cherchées. et l'on doit reconnaître maintenant qu'elle fut mal comprise. La progression. les le cours : thèmes permanents de cette Cathédrale le cette et à œuvre. même de ceux qui commençaient à apprécier l'œuvre de Monet. exceptionnelles à dessein. dans la carrière et dans l'œuvre de Monet est d'une extraordinaire logique. Ce qu'il y a de merveilleux. les la Seine. si — que tout ouvrage y a pour ainsi dire son point de départ et son point d'arrivée inévitables. sinon dans la construction même.99 ample pour que la grande ligne et la puissante forme pussent encore s'affirmer davantage. Ce cours est semblable à celui d'un beau fleuve qui malgré rives suit sa pente et son accroissement depuis les grandeurs de son estuaire. une sorte de schéma des combinaisons de lignes Mais. Arrivé au monumental avec les Meules. on est forcé de répéter ce mot à chaque instant. Et l'œuvre un des plus beaux même aisés. ils Au contraire perpétuellement celle-ci guide et celui-là excite. qui. uns sans les autres. Les uns auraient voulu une plus grande précision dans sculpturaux. et pour Une des critiques les plus curieuses à cet égard fut celle qui consistait à dire que ces tableaux ne sauraient avoir de Même mais para- cette signification et d'intérêt les opinion se faisait jour jusque dans les éloges. ou diversions plutôt. devient très saisissant de cons- il moyen plus haut de son enthousiasme et de son Monet trouve à point nommé. qui naturellement avaient été choisies par le peintre parmi les plus rares. que parvenu au degré pression. ne pouvait plus le trouver dans la campagne un tableau. et construire uniquement dans complètement la couleur en sous-entendant ou même en supprimant le relief. un peu. déconcertés par la diversité des harmonies. comme une vibrante . cette Seine qui depuis Paris jusqu'au Honfleur a précisément engendré. semble maintenant l'appeler de tout l'élan de ses lignes et de toutes les pierreries de ses reflets.

chacune d'elles ciateurs d'alors par l'analogie avec — : — demeure une œuvre isolée. l'expérience est faite maintenant. millionnaire intelligent le et cette rafle splendide. d'un . parmi les autres peintures modernes. Peut-être cette thèse venait elle inconsciemment à l'idée des meilleures appré- une œuvre qui commençait à être célèbre. ou bien les Trente-six vues de la même montagne sacrée. a ajouté du pré- cieux à l'harmonie. sûr. avec toutes leurs scintillantes réactions. L'artiste avait voulu ne devoir son sujet. le milieu des tours et la largeur entre les par passant la plus riche transcription colorée morne ou indifférent ne voit façade comprise dans le sommet du deux portaux latéraux. même seulement un amusement par leurs rapprochements et leurs contrastes. et l'enveloppent avec suavité. ces compositions prennent pour l'esprit un intérêt. classique en parmi eux les Cent vues du Fuji-Yama d'Hok'saï. et sans diminuer l'intensité l'a con- du modelé. Que l'on rencontre une cathédrale. au contraire. d'un ton fauve avec l'une blanche avec des ombres bleues. d'art accomplie. ou moins. Par exception. Les mises en toile étaient. à la cathédrale intégrale. et les ors empourprés du soir. Ainsi trouvait complètement rempli. contrastes d'édifices voisins. Les seconde. comme dans la collection Camondo. Mais il convient de réfléchir que si à coup couleurs. encore mal préparée beauté. dans un album. Clemenceau dans inconnu à faire appelant l'A urorc. la sensation d'art n'est pas plus diminuée dans le premier cas qu'exaltée dans le second. sans aucune des contingences qui auraient pu facilement opérer la séduction par surprise. à cause de la solennité un peu triste et âpre de ces motifs. il ne pouvait se faire qu'elles perdissent ces qualités par la dispersion. solidée. la transmutation en les argents du matin. comme de foule. Si donc les Cathédrales de à recevoir d'un seul coup une révélation aussi éclatante. Celles des collections que nous avons citées sont assez différentes entre elles et assez typiques pour donner une idée complète de tout Celle Camondo du Luxembourg sont : est le reste. Le temps a exercé son action sur la matière colorée. Ces Façades sont nombreuses. ou plus. pour la plupart. ainsi que leurs éthérisations fantomatiques lorsque les brumes s'abattent sur l'édifice. Au surplus. grande que blanche ou par le joaillerie grise. le richis- cadre se plus somptueux de pierre que mais dont l'œil le du grand aux minutes décisives. ou effets même élévation et sveltesse des flèches. la maîtrise. les la reliefs en gris rosé. et qui ne perd rien de son intérêt et de sa Monet étaient des œuvres dignes de lui. presque sans sol et sans orfroi. pied et même dans de exactement à cette portion de l'édifice. comme au musée du Luxembourg. c'est-à-dire toujours plus fortes et plus raffinées que les précédentes. A distance. la de la ciel. tous les passages de reflets les uns dans les autres. limitées exclusivement à la hauteur entre la façade. son appui. on commence à croire que ce fut leur étonnante réunion qui influença l'opinion. Monet exécuta quelques vues de la Tour d'Albane et de la Tour peintre de saisit. ou que l'on en considère quatre. dans telle ou telle galerie privilégiée. apaisée sans l'éteindre. elles ne doivent pas être moins d'une quarantaine. et plus le sime gable central. toute grise.100 page qu'écrivit M. qu'à la cathédrale seule.

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ou bien la fois. on songe quelle prodigieuse sensibilité de perception s'exerçait sans se lasser jusqu'au bout d'un On cycle. ne peut s'attacher qu'à um seul à De Il synthèses y a plus. Ces quelques exemples suffisent à rappeler harmonies. sacrifices d'art supérieure. . du matin également. la troisième. que les procédés actuels de photographie surpasseraient. les exercent la même action sur nos sens et nos âmes. été forcé d'opter. la masse de l'édifice. pis encore. de la forme étudiée en chaque linéaen chaque détail. Van der Heyden. — et il autres disparaissent et se fondent. si notre — tous Monet devait donc les choisir harmonique de peintre et une épure d'architecture. tel pourrait dire qu'à la rigueur ces jouissances de la couleur étaient forcément du plaisir plus rationnel. avec un reflet qui dore par en dessous la profondeur des archivoltes. et pour en surprendre et en traduire l'idée de l'extrême diversité des les subtils accords. ensemble. Mais on réfléchira que sur un minutieux relevé des statues et exclusives ment et des ornementations innombrables de cette architecture. la quatrième. d'un bleu matinal indiciblement délicat. soit par impuissance de se servir de moyens leur appartenant en propre. et qui par suite prennent la vogue. unissaient une vérité scrupuleuse de détails et une couleur suffientre une impression samment équivalente à et la moyenne des perceptions de tous les spectateurs qui passent. les nuances ne pourraient plus jouer avec cette souplesse. soit enfin pour essayer de surprendre la amateurs économes. avec des reflets rose et or. pour article d'évangile. repose sur un principe entièrement différent. cadre des épisodes légendaires. cette mobilité. et deviendraient un bariolage accidentel. cette bonne foi des forme aiguë de la singerie. par exemple. ou de ceux qui sont incapables d'apprécier la différence entre les créateurs et leurs singes. donnaient ainsi des œuvres d'art de haut prix. plus cérébral. est un effet de soleil. sur lequel d'ailleurs l'œil de forme. soit par indigence d'invention. Canaletto. Mais parti adopté il est aisé de répondre que le par Rembrandt lorsqu'il se trouve amené à peindre un de ses mystérieux temples ou palais. Selon ce principe le jeu des ombres et des lumières est analogue à celui des tons et des reflets dans les Cathédrales de Monet. et l'on nous sommes en présence d'une expression Nous devons négliger par là même mêmes du détail ne nie pas que dans ce cas. un travail de copiste. les résumés de pour quoi Monet a reliefs Quand nous sommes en présence d'un aucun détail si tel un détail. ou bien nous n'en saisissons nous embrassons du regard toute esprit s'attache à les larges toutes les façons.101 gris qui fait ressortir l'azur profond de la grande rose centrale. ne s'égarerait pas moins que sur fatigant. tous ceux qui furent entraînés à l'imi- tation littérale de Monet. On peut objecter à cela que les peintres d'architectures d'autrefois.

voilà tout thème. Monet vous pénètre de réalité On est réellement envahi et l'on domine en même et de rêverie. il comme un les si simple éclate particulièrement. et il est infiniment plus conforme à l'idée que nous nous sommes faite de la marche de son esprit. . où lever de polémiques mais sans elle intéressa sans sou- non plus provoquer beaucoup d'enthousiasme. temps l'Océan qui paraît si cares- enveloppé douillettement dans ses brumes légères. un ou deux fjords calmes. ou qui se satine et miroite sous les soleils voilés. le village plus pittoresque de Sandwicken. produit de arbres motifs prin- nombreux pay- reflétés. Une grossière hutte de pier- perchée sur une croupe maigrement gazonnée qui surplombe la mer. l'espèce de sensation d'air salé qui vous vient aux organes en regardant ces tableaux. par le sentiment d'immensité. r. norvégienne fut exposée chez Durand-Ruel. Le Mont Kolsas. où belle Cabane du douanier même. sorte de croupe pelée et noirâtre sous la neige.^ Après avoir peint où se trouvait un de la cathédrale ses fils. tableaux qu'il peint sur ce motif la simplicité railles. de penser qu'il aurait pu aller en Norvège sans y donner un coup de pinceau. l'originalité les il épisode. larges peu accidentés. s'il n'avait pas été déterminé à la peindre par un de ses instinctifs et habituels contrastes. autres une aussi la célèbre Dans de les le revient se fixer à Giverny. Il affectionne (célèbre grâce à lui) sur la falaise de Varengeville. sont et cipaux de cette série que nous considérons simplement En 1896 et 1897 entre sages. des volumes très simplifiés mais sant. évocateurs de vos propres souvenirs de promenade. Monet alla faire un tour en Norvège pourrait penser que cette circonstance fortuite est seule cause de la série Scandinave. . cathédrale et une sauvage et glaciale nature que La série Ici c'était le entre les délicatesses de la contraste résidait. avec Inondation. à cause de son génie pictural.TRANSITION DU POÈME DE L'EAU. Mais nous avons vu qu'il ne se décide à choisir que par des raisons de peintre. Avec le minimum de lignes. et par la diversité des harmonies. On de Rouen.

I es u I— < o Q Q M < .

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aux- quels nous arrivons après avoir noté. opinion un peu trop limitée. Dieppe. pour être complets. sans compter les anciennes vues de Paris. l'un de ces Après trente ans. revenant sans cesse avec une réussite nouvelle. Au dans son ensemble par deux ou surplus. dans son indicible douceur. Il faut. dans cette suite des Cabanes du douanier. Varengeuille. si les Meules. comme sur la côte normande. Giverny et Vétheuil exécutés entre 1896 et 1902. au pays de Turner. nous ferait penser qu'il n'y a jamais eu de naufrages ni de nuées chargées de foudre. la rattacher à cette sorte de poëme des eaux. divers Pourville. dans lequel il a décrit l'élément à peu près sous tous ses aspects. certaines vues de la mer en Provence ou sous l'immense voûte du ciel. où le soleil n'apparaît que sous condition de couleur sombrement affolée. à l'occasion. en possession d'une ardeur capable de tout oser et d'une palette capable de tout rendre. au point qu'il pourrait être considéré comme la note dominante de l'œuvre. apaisée jusqu'à duo de couleur et dans l'infini de lumière qui. nous verrons trois cycles Monet lui-même la confirmer encore d'une importance capitale. tantôt dramatique à donner le frisson comme dans les Inondations et les Débâcles de glaçons. il une atteint belle intensité de couleur. La vitesse de deux trains qui se croisent y est hardiment indiquée par la direction de leurs panaches se déroulant dans cette étrange atmosphère de la Tamise. entre ses eaux alourdies et son ciel surchargé. 1902. Monet revenait au séjour de ses heures d'angoisses. les Cathédrales. . subtil.l 103 robustement modelés. En nouveaux cycles de l'Eau s'amorce par une Vue du Pont de Charing-Cross. gracieux. ne venaient pas rectifier cette l'eau. tantôt tumultueux comme dans les Belle-Isle. tantôt courant. Ce poëme de nous l'avons vu se dérouler à travers une grande partie de l'oeuvre déjà parcourue.

les choses que nous aurions pensé ne pas revoir. une symphonie ne font encore que ces thèmes qui dans se laisser deviner. où peintures. tristement solennels. à cause aussi mémoire et la reprise un caractère plus corsé. fut donc loin d'être infruc- mêmes où il fut accompli. plus délicat. Mais la robustesse extraordinaire de son tempérament triompha du mal qui n'avait pas pardonné au pauvre Watteau lorsqu'il avait fait le voyage en 1720. que noter ici cette indication rapide. malgré tueux. du moins la compléter. Monet eut le temps de peindre plus d'une toile et de rassembler de nombreux documents qu'il put remanier et refondre une fois de retour sain et sauf. minster. A ce la à l'atelier de diverses la tentative demeure combinaison venait sinon moment le bruit en courut dans . Avant de partir. plus lumineux — comme font Le cycle de Londres. et qui plus tard s'accentueront. fut attaqué par une fluxion de poitrine qui prit et plus ardent que jamais. le terrible peut-être à cause des circonstances de certaines conditions du travail. devant les caresses infiniment suaves de la lumière de France sur son étang de Giverny émaillé de nymphœas. en son jardin qui certainement lui parut plus beau. Le peintre des rives de la Seine et de ces moment où d'un il « le dut y penser terrassa lors de ce nouveau prés fleuris étudiait les aspects acres et grandioses des Ponts de » Il qu'elle arrose. forment une opposition avec le tragique courant de la Tamise. qui donnaient à l'exécution une des plus hardies. plus d'une fois pendant la grave maladie qui le saisit et le voyage. et ceux. il avait déjà esquissé. Mais ces eaux de Giverny. et. qui avaient en réserve tant de tendresse pour ])eintre. envahiront et s'imposeront à tout le reste. au Londres fourmillants confus.LES EAUX TRAGIQUES DE LONDRES. rêvé plutôt. un autre chant du poëme des eaux. Nous ne devons comme fuyante. Pour la première fois contretemps. la dans une aussi large mesure suppléer à Vimpression. Au reste. du Parlement et de West- trafic incessant et un caractère alarmant.

W o H S eu .

105
les ateliers, et les

malveillances se hâtèrent de crier que Claude Monet avait prononcé

lui-même la condamnation de la pure doctrine impressionniste. Ils ne réfléchissaient
pas que Monet n'avait jamais été un chef de doctrine, un pontife, et qu'il n'avait pas
plus promulgué de théories qu'il n'en avait aboli. Ce nom même d'impressionniste, on
donné,

le lui avait

l'artiste avait,

et

même comme un

ou plutôt on ignorait que
produit maintes œuvres qui ne pou-

fruit d'une impression directe ?

lieu plutôt qu'en
Il

oubliait

Et que peut importer d'ailleurs qu'une œuvre

l'atelier.

commencée ou terminée en un

un

autre,

du moment

soit

qu'elle est le

vraiment beau de voir ceux qui avaient injurié

était

du temps au dehors, et à même le site, lui
coup de pinceau à l'atelier Pour un peu ils

qu'il avait peint la plupart

reprocher maintenant de donner un seul
lui

On

à côté de ses impressions en plein air,

vaient être exécutées qu'à

Monet parce

sarcasme.

!

auraient fait défense d'avoir un atelier

I

une conception plus nette de l'opération artistique, de se rendre compte que le prodigieux entraînement du peintre, sa
faculté exceptionnelle, accrue et fixée par des années de labeur, de capter, pour ainsi
Il

un

dire,

aurait été plus juste, et cela aurait dénoté

spectacle de nature, enfin sa sûreté d'analyse et sa subtile perception des rap-

rendent plus aisé qu'à tout autre

ports, lui

Que

si,

le travail

de mémoire.

après tout, aux temps héroïques de l'impressionnisme certains défen-

seurs de bonne volonté avaient formulé une espèce de dogme, décrétant je ne sais
quelles peintures à la course devant les motifs

jamais discoureur, n'avait pas prononcé des
et

il

n'était

et c'est la

harmonie avec tout

s'affirment absolument en

et la

ou achevés entre 1902

le reste

et

de son œuvre. La

dans cet irréel des fantastiques brumes londoniennes,
décision fulgurante de la touche, donnent les mêmes qualités à ces

recherche des accords,

vigueur

seule chose qui importe lorsqu'on les revoit

— ayant été exécutés,

à la distance, déjà de près de vingt ans,

la

éternels de conformité à ce code,

artiste créateur.

Les tableaux de Londres,

vœux

et

responsable ni des exagérations ni des naïvetés qui se prodiguent toujours

autour d'un

1904,

mêmes, Monet, toujours agissant

la vérité

peintures qu'aux plus franches d'Argenteuil, aux plus délicates d'Antibes, aux plus dra-

matiques de
les

Belle-Isle.

accords sur lesquels

sitent

un autre

Sans doute
il

gamme

la

d'une richesse plus sombre que ceux que néces-

est bâti, sont

eux-mêmes, et l'on
nous avoir donné une Tamise de fantaisie.
trait

yeux
ne peut certainement pas taxer Monet de

climat. Les effets sont plus mystérieux. Tels apparaissent à nos

les lieux et les édifices

Un

générale de ce cycle, ou plus exactement

de feu rouge

comme

le

sang traverse

les

nuées

vient se jouer en zigzags sur le flot perpétuellement clapotant

du

et les brouillards et

large fleuve

aux eaux

lourdes. Ce tison va fusant et s'éteignant dans le jour, le brouillard et l'onde, tous trois

d'un bleu aussi profond que celui de

rendent plus fantomatiques encore

la

la nuit.

Ces âpres fantaisies de l'atmosphère

haute tour

et le bloc

démesurément

vieux Parlement gothique, ou bien semblent suspendre, non pas entre

mais entre deux néants diaprés,

ou ceux,

sveltes et

minces

les

comme

large

du

le ciel et l'eau,

ponts massifs surchargés de piétons, de camions,

la

corde d'un acrobate, sur laquelle passent à toute

106
vitesse des express

empanachés d'une fumée qui

se teinte à son tour des reflets les

plus étranges.

Parfois le

London Bridge, avec

sa foule compacte, est violemment éclairé au beau

milieu par une lumière blafarde, tandis que

le ciel et le

même

ténébreux. Dans certains tableaux pris du

fleuve s'obstinent à

point, des usines, des docks, des

wharfs gigantesques apparaissent, et dans d'autres, on ne
d'autres ils ont disparu complètement.

Le

silence solennel qui enveloppe,

Ce

n'est

pas un médiocre

effet

du

talent de

dans un cadre de moyen format,
par

la force

de

Mais sous
y méprenez pas,
qui est le dessin

mer
du

les voit qu'à peine, et

au moins autant que

cependant un silence de mort. C'est

séculaire, n'est pas

le

Monet que d'avoir

et d'avoir

demeurer

le brouillard, le

silence

dans

Palais

du trop grand.

fait tenir cette

grandeur

rendu tout cela presque exclusivement

la couleur.

cette couleur qui
il

rend

bien l'impalpable et l'amorphe, ne vous

si

y a une construction, une architecture rigoureuse, un dessin caché

même

peintes sur la côte

de l'atmosphère. De

même

dans

les vastes et claires

normande ou provençale, sans autre

étendues de

contrepartie que retendue

y avait le dessin de cette insaisissable logique qui entraîne le monde dans
sur une route aussi sûre et aussi rigide que ce pont de fer sur lequel glissent

ciel, il

l'infini

les trains si

rapidement que

les détails

nous échappent

et

que seule

est perceptible la

direction.

Cette architecture sans lignes,

gement que jamais,

et

il

nous allons

n'est pas inexact

la

trouver bientôt réalisée plus

de penser que

les brouillards

lar-

de Londres

ont été la somptueuse et grave transition de l'architecture solide des Meules et des
Cathédrales à

phœas.

la

construction des reflets sur les eaux lumineuses du bassin aux

Nym-

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comme ceux des voix y a des basses de pourpre obscure. combinées. frontière. condensé de telle sorte que. Cette polychromie.I I L LE JARDIN ET LES EAUX CHATOYANTES DE GIVEEINY. au fond duquel est la maison d'habitation et les ateliers du : peintre. l'empire de . Elles sont plantées à profusion. laissées libres étalent des festons capricieux Ainsi. par phalanges associées ou contrastées. le peintre a toujours tel jardin est pour lui un inépuisable répertoire. pour son De esprit ram- l'autre côté avec la route et la petite voie ferrée pour un per- exercice. pétuel guide et conseil. s'étend celui de en largeur et descend en pente légère vers la route qui le sépare de l'eau. Une grande allée centrale le divise d'étroits passages qui en deux rectangles principaux entrecoupés permettent à peine de circuler entre les massifs de fleurs. touffue. est faite de capucines pantes qui. est réglée de telle sorte que l'enchantement commence avec le printemps médiane et est et Il ne se termine que lorsque cesse la clémence de l'automne. qu'accompagnent les cuivres ou les ors des tournesols et des soucis. se mêlent. calculées par un grand coloriste et centuplées par l'affolement du visiteur. Le jardin de Giverny comprend deux mondes celui des fleurs et celui de l'eau. De ces masses alternées. large. Chacun de ces chœurs est touffu. de chaque côté la bordure continue. des sopranos candides de blanc et de bleu pâle. disjointes et convenablement espacées. L'allée couverte par la voûte verte et fleurie que forment des arceaux de rosiers. s'équilibrent dans un immense oratorio. nourri. entre. cette polyphonie. y Un et cependant bien rythmés. lorsqu'il sort de sa maison ou même de sa riche sous les yeux le diapason lorsqu'il palette. Elles forment véri- tablement des chœurs qui se répondent. des contraltos d'écarlate. jaillit une caresse suprême. pour son œil un permanent tour à tour une exaltation ou un repos. une extase de couleurs. Celui des fleurs. les plantes qui se pressent en chacun d'eux suffiraient à égayer à souhait de nombreux jardins plus spacieux.

ou blanches et mates comme la cire. ce rappel qu'accentuer la magie toujours changeante des nuances qui dorent. Le premier était le monde des couleurs. rosissent le miroir avide Les plantes d'eau sont d'une autre nature que celles de et fidèle. gonflées. Un pont bombé. qui enserre le vaste et paisible miroir d'un étang alimenté par Le cadre est assez quand on le voit le cours de l'Epte dérivée spacieux pour que lève les yeux en l'air. Mais ces entrelacs et ces bocages ne sont eux-mêmes qu'un cadre. vaste et aussi varié qu'on on n'a qu'à abaisser le regard pour assister des mensonges de l'eau. Que passe une nuée tendre ou l'image renversée de quelque touffe aux réalités du solide et du violente. ont puissamment attiré et longuement retenu le peintre qui les avait toujours étudiés avec passion dans l'innombrable duo qu'ils poursuivent. des de donne accès à pent des glycines et elles la villes. avec leur grâce éplorée. d'iris. Encore mieux on s'explique comment deux éléments qui échangent leurs irréalités. forme de ceux que ce séjour des mirages. bleuissent. la terre. comme pointe vient à la rencontre de son image renversée dans l'Epte. et il en fit le thème d'une nombreuse série. on comprend comment dans les légendes le fond des eaux participent de la peau grasse et attirait lisse. celui-ci des nuances. et en choisissant l'heure . Elles s'étalent en groupes de disques au centre desquels surgissent les fleurs charnues. les pétrifications montantes du paysages les sol s'aiguisent vers celles qui dans dont la les grottes descendent de la voûte. puisque l'eau qu'on voit est le ciel. en trouve dans balustrades de ce pont grim- stalactites multicolores. Leurs feuilles aux couleurs métalliques. devaient tenter tout d'abord Claude Monet. l'on Aux retombent en grappes. recommencent parmi ces jeux des les accidents de la terre. l'on croit plonger aussi loin plaine. les plantes et celle aquatiques paraissent nager dans l'espace plutôt qu'être soutenues par liquide. et que le ciel qu'on ne voit pas est devenu la seule apparence de l'eau. d'Hiroshighé. de topazes. celle qu'on voit des couches infinies de et qui se reflète. liquide ne fait que le surface la hasard des pas fasse rencontrer ou de quelque tronc de saule. interrompent. moirent. Les bouquets d'arbres encerclés par des allées sinueuses y donnent une ombre constante qui ne se déplace avec les heures que pour donner au calme du lieu le charme de l'imprévu. Les fleurs y sont moins nombreuses. de la race aquatique ellemême. On en voit des spécimens dans s'attaqua de où le soleil la collection Camondo entre autres. Ces aigrettes de rubis. d'améthystes. union si profonde hauteur des nuages Entre ces deux profondeurs. teintées de rose saumoné. ou plutôt comme la muqueuse calcaire de certains coquillages. vers les fées perfides les ensorcelés. et en tout dernier lieu le peintre nouveau à ce motif redoutable en l'amplifiant en exaspère les gemmes. des rivages. En contemplant un peu longuement ces prestiges.108 un l'eau présente est le monde tout autre aspect. Ici que un moment le ciel se reflète aussi à l'étrange union des illusions de l'éther et que et laissée la libre de s'épandre.

.

.

au moment où il attaque la toile et tant que dure ce corps à corps. comme le dit le préfacier. mais encore lui-même s'il en avait senti le besoin. quant à et il aller ajouta simplement que Monet «avait attendu de nouveaux pressentiments. en 1908 il s'arracha à ces études longuement méditées. Aussi Octave Mirbeau ne l'expliqua-t-il point et se contenta-t-il d'affirmer qu'il avait que de déclarer une la certitude. Monet aurait donc pu renouveler non seulement Venise. sont exé- Mais ce qui cutées de la belle manière. Mais ce n'est point là le phénomène qui se passa. qui lui a toujours per- mis de se renouveler. doutant de lui-même comme aux jours de sa plus ardente jeunesse. cette inquiétude. qui écrivit pour l'exposition ouverte en Bernheim-Jeune une de ces vibrantes préfaces d'une galerie avait le secret. à Venise. que Monet avait non. Cette dernière explication était vague et peu satisfaisante. est plus difficile. l'eut jamais. Nous avons trop souvent suivi cet enchaînement pour ne pas comprendre se continuait.. Cependant. l'avait fois cela dit. Seulement. Il eu autant raison d'y la certitude et la maîtrise aboutissent à depuis longtemps ses plus extrêmes années. conta — Venise. je n'irai Ce qui permet à lités dit jadis 1912 à la belle exagération dont il : pas à Venise. ET RETOUR. si l'on peut dire. d'expliquer pourquoi Monet est allé à Venise tout de l'heure I où qu'il n'irait jamais.GIVERNY-VE3VISE. il ne l'a pas au moment même où il prend l'offensive. ne se renouvelait point. sans cesse remaniées.. c'est même. tourmenté.. ou. laissées à ce et il partit moment pour pouvoir les mieux reprendre au retour pour Venise. » Monet car jusqu'en fut inquiet. « la rendre à la nature». il ne La maîtrise.. Suivant Octave Mirbeau. reprises. mais lui-même par une séduisante expérience en vue d'une œuvre considérable. Notre explication est tout autre. Monet.. l'écrivain de développer un amusant paradoxe où les bana- qu'a engendrées Venise dans la romance.. se renouant elle-même logiquement à celles qui l'avaient précédée. la peinture et la poésie. se contrôlait .

plus brisée. Il est enfin à noter que les tableaux dont nous venons de parler. devinée. mais de cette excursion il devait fatalement revenir à l'entreprise commencée. . étudie les maisons vénitiennes. telles que le Palais de la Mula. moindre de la moitié. le Palais Contarini. le peintre ne retrace que la portion inférieure. et de telle façon que le dialogue est seule- son avant-plan mouvant. pris à distance. doucement toyante. contient une proportion d'eau minime. par qu'il le voulût. résultat inévitable de la nature Monet et de tiques. Ensuite de l'ar- meule chitecture de la cathédrale. il est certain que comme travail de transition. mais encore tenus dans le secret de l'atelier.110 immédiatement qu'il n'y avait qu'un pas. ou comme tentée lement la même de l'analyse qu'avait sa volonté d'éviter le trop pittoresque. de l'étang des aller et retour. de balcons. Mais il est probable qu'elle gagnera avec le temps toute sa valeur et. le peintre a les moirures de la lagune pouvaient évoquer principalement choisi les motifs où la proportion d'eau est la plus grande par rapport aux édifices. Toutefois cela ne pouvait être qu'une excursion dans le sans s'analyser. en tout cas. plus scintillante que dans les premiers bassins des — nymphœas. supprimaient le ciel pour le mieux montrer reflété. qui prend trop faci- plupart des peintres au piège. une suite de maisons découpant sur le ciel une échancrure bizarre. très peu contrastée. et s'entraîner des batailles de vagues de Belle-Isle aux sinistres richesses du courant de la Tamise. l'effet d'oppositions le disait Mirbeau. en tous les cas. Nous avons vu Monet suivre le parcours de la Seine en acquérant à chaque étape des ressources nouvelles. de son tempérament il avait inéluctablement été à passer à celle de la compte ou non. le Palais Dario. Les principaux motifs sont Saint Georges Majeur qui semble : flotter avec sa tour effilée en guise de mâture. où de les irisations l'étang. Cette extrême délicatesse fut cause que la moins comprise encore que certaines autres. à laquelle la force logique obéit toujours sans la discuter et il grande surface d'eau émaillée de nénuphars ne pouvait se prolonger qu'en les champs entiers de la lagune. pour une toutefois d'une bonne partie. de lagune du premier plan s'étend Quand il comme un la plus et cas- grande largeur du devant lequel la portion tapis. et passer des eaux franches d'Argenteuil aux eaux la transparentes et vaporeuses de la boucle de Giverny. La couleur dans presque toute la série de Venise. pour ceux qui étudieront à fond avec nous l'œuvre de Monet. dont il subissait déjà les conséquences sans en prévoir l'étendue. De même. avec leurs massifs d'orientales maçonneries et leurs sentiers de canaux. série fut elle conservera un intérêt capital. la domaine d'analogies toutes naturelles. ou bien l'entrée du grand canal. l'art cha- roman- de cartes postales. et où elle n'est guère. quée du dôme de la Salute. s'en rendît et amené de son œuvre. sans montrer le faîte ni ment entre de la la par conséquent masse architecturale Salute qui le séduit par un le ciel. C'est pour cela qu'à Venise. Seule la vue du Rio coin pittoresque de pont. était suave. façon plus accidentée. déjà entrepris. nymphœas à nappe de lagune où s'élève la floraison des palais bariolés. ou bien encore le Palais Ducal. qui est vue de l'autre côté de bras d'eau.

> .

.

dans les comme un virtuose imperturbable. parfois de reprise. Certaines années même) SIENS. homme qu'on a voulu considérer. CHAQUE MAÎTRE TROUVE LES On aura pu remarquer. et d'ardeur. V . décide à la soumettre au jugement public. soit vibrante et analytique. porte et il commence un travail qui lui avait procuré des joies si couleur de nouveau la l'attire. Mais son énergie se répare. sur ce vaillant. un une valeur seul coup de pinceau même qui n'apporte à révélatrice. plus important l'entreprise le trans- et plus difficile que celui âprement disputées. une transposition dans une gamme cette sorte d'invention (1). Aucune technique. cet etîet. que des écarts de temps parfois assez longs se produisent entre sionnément à Tel a la été. d'un chagrin. la modifie. travail différent de celui de grouper des éléments qu'ils n'étaient pas à même de voir. sur cet énergique. soit même rare. une oeuvre. tout en passant alors le plus désa- n'est qu'après qu'il se gréable des quarts d'heure. le résultat analyse un les à diverses reprises. puis il même qu'il tient temps en doute encore. conquête en de foi artiste plein et tel artiste. nouveau. cuisinée. quand on dépense une fois creuse. il de Il l'intensité extraordinaire qu'il même simplement d'un faut tenir compte. un « copiste » asservi à la nature. en suivant chronologiquement cette étude.THÉORIE DES ÉQUIVALENTS ET DES DOMINANTES. l'épuisé (et s'épuise parfois en jusqu'à ce qu'il en soit à peu près satisfait. lui- et ce une nouvelle épreuve. ou a moins ou à peine produit. trouver. C'est cet jeunes écoles. — alors qu'il n'est pas une seule de ses œuvres qui n'en soit une interprétation. en ces derniers temps. parfois simplement d'attente. soit se rapprochant aussi fidèlement que possible de la vision sombre et moyenne (1) Invenire. soit claire et unie. découvrir ce que les autres ne voyaient pas. doute. Il la périodes où Monet s'adonne pas- à l'accomplissement de certains de ses cycles.

il que Claude Monet a trouvé dans la nature des domiassez captivantes. rigoureuse. rien expliquer de l'essence de cette œuvre même. miers au succès de l'œuvre. de plus. eux. pour frapper tout d'abord les esprits libres de est incontestable nantes assez fortes. ne pourra et ne devra jamais être une copie exacte. ne correspondaient à aucune entité. jugés assez beaux pour contribuer : la silhouette de Vétheuil. — ceux qui et sont. trouvés par un artiste sont aussi déterminés. lui barraient la route dans les années 70 à 80. des apparences de la nature. aussi à part. préjugés d'académie ou d'atelier. Les raisons en sont que d'abord ces apparences ne sont pas perçues identiquement de même la manière par deux de ces paires d'yeux. mêmes remarques aident à comprendre pourquoi le terme d'impressionniste d'impressionnisme. ont été à notre avis. l'incompré- hension de celles qui. au fixe. se trompent de but et ne devraient s'appliquer qu'aux peintres qui ont trop facilement et trop docilement adopté la manière de notre peintre. quand des dominantes ont été isolées avec autant de les équivalents empruntent quand — par autres. Ces techniques ne peuvent donc (que tendre à établir les plus saisissantes domi- moyen nantes. puisqu'ils exploitent à la fois façon de regarder. aussi expressif et aussi complet en lui-même que celui des sons. une cathédrale. Exemples. qui Les et Il reste tout à fait est la sienne. ainsi considérée. rejoignant. dans une autre région. est un langage à part. et. Or. et pas seulement nos sensations. La peinture. des plus beaux équivalents. Et cette beauté elle-même n'a rien de de codifiable. cela est curieux à noter. tions adoptées. entre beaucoup d'autres formes une meule. et une une façon d'exprimer. Il ils est tout à fait oiseux. mais aussi les émotions qui les accompagnaient. C'est ainsi qu'une étude telle que celle-ci et toutes les autres de même genre. suite d'autant plus faciles à imiter qu'ils se distinguent de tous les les et pour cela que les critiques. en dehors des faits qui permettent de classer les étapes d'une œuvre. C'est relief. ne sauraient. soit d'école en général. que ces apparences changent avec une continuité et une rapidité prodigieuses. alors triplement copistes. les peupliers de l'Epte. revanche. peu réfléchies et point fondées que certains ont adressé à l'œuvre de Monet. de discuter les tonalités et les les pre- modula- du moment que les relations sont harmonieusement combinées et à la fois évoquent et renouvellent nos sensations devant la nature. pouvant et devant nous parler sans aucun secours de paroles.112 de cent paires d'yeux humains prises au hasard. soit d'artiste isolé. L'on n'a qu'à passer en revue tous ceux qui se sont trouvés mêlés à ce mou- vement et que des désirs communs de libre manifestation d'eux-mêmes avaient . car elle réside uniquement dans la façon de la ressentir de celui qui l'exprime. Quant aux équivalents. une façon de ressentir. et qu'elles se sont ensuite imposées au point de demeurer gravées dans les mémoires. pour d'autres motifs. qu'une invitation à En la ne peuvent être bien regarder.

113

Aucun

réunis.

n'est

analogue à

l'autre.

Boudin, qui assiste aux premiers essais de

Monet, ne ressemble pas à Jongkind, qui contribue à l'affranchir de ce qui pourrait

demeurer mêlé d'influences de Corot

et

de Courbet à sa vision déjà vigoureuse

et à

son dessin déjà caractéristique. Manet, parti des maîtres, ne ressemble en aucune façon
à Courbet qui a pourtant

comme

de l'un

l'autre.

une éducation de musée. Puis, lorsque par
réaction, ce que Monet a apporté de clair dans la palette et de lumineux dans l'atmosphère, agit sur le même Manet, aucune comparaison ne peut s'établir entre VArgenteuil
et les Argenteuils

Renoir

de

est fraternel

lui

avec Monet, mais, malgré quelques échanges de recherches

au début, rien de plus dissemblable que leurs tempéraments,
de perception, chez l'un
Pissarro, chez qui

et

et l'extrême délicatesse

chez l'autre, aboutit à des résultats entièrement différents,

on a cru pouvoir relever des hantises successives, de

Millet,

de Monet,

de Seurat, n'a rien, ni comme sentiment, ni comme touche, ni comme matière, de tous
ces artistes pas plus que de ses deux ardents compagnons de la rue Laffitte. L'on pourra

un jour ou l'autre que toutes les œuvres de Pissarro, quelles que soient
ses recherches du moment sont du même tempérament, et portent toutes leur signature à distance. Il n'est jusqu'à Sisley, dans sa personnalité moins tranchée, moins
impérieuse que celle de ses camarades, qui ne se distingue par ses qualités à lui, un
abandon sans arrière-pensée, une certaine aimable négligence pleine de saveur, et une
gamme, soit de vert et de rose très fraîche, soit blonde et ambrée des plus caressantes.
On pourrait s'étonner que dans un livre où se trouve étudié Monet surtout en
lui-même, mais aussi quelque peu par rapport aux artistes de son temps, le nom de
Cézanne ne se soit pas trouvé une seule fois sur notre route.
Ce n'est point que Monet et lui, il s'en faut de beaucoup, fussent étrans'apercevoir

gers l'un à l'autre. Mais les affinités que nous avons trouvées, malgré la diversité

des tempéraments, entre Monet

de trouver une

commune mesure

et

Renoir, sont

entre

ici

totalement absentes. Impossible

un peintre qui s'évertue à priori à reconstituer
peinture, et un autre qui, par une admirable

un système de la nature et de la
méthode expérimentale pénètre les lois de l'équilibre de cette nature, et trouve, au fur
et à mesure de ses nécessités le langage approprié, parce qu'il est tiré de ces lois ellesmêmes. Aussi l'œuvre, la personnalité, les influences posthumes de Cézanne (influences
et conséquences qu'il n'aurait ni conçues ni approuvées) sont des phénomènes d'un
tout

ordre essentiellement différent de ceux que nous avons analysés dans ces pages.

Cézanne a vécu à

comme un
admiré,
les

il

l'écart, et, tout

peintre doué d'un « œil »

ne

l'a

en admirant Monet, ne se

l'est

représenté que

merveilleux. Ce qui revient à dire que

jamais regardé. Monet, au contraire, a regardé

a admirées, mais n'en a pas subi la moindre atteinte.

Ils

les

s'il

l'a

œuvres de Cézanne,

ont vécu dans des

mondes

Le monde où Cézanne a si laborieusement construit son grandiose monument
d'impuissance n'avait donc point à être examiné ici; il n'y avait ni prétexte, ni profit

distincts.

à un pareil rapprochement.

Au

reste,

plus cordiales.

pour rares qu'elles devinrent, les relations avec Monet furent des
En 1895, Cézanne vint à Giverny, s'y rencontra avec plusieurs artistes

114

ne connaissait point, parmi lesquels Rodin. Il trouva même que le statuaire avait
été bien aimable avec lui, et que c'était vraiment « gentil de la part d'un monsieur
décoré». Il alla jusqu'à se prosterner devant lui, pendant un tour de jardin. Très peu
qu'il

de jours après

il

retournait précipitamment en Provence.

Monet de cette retraite plus sûre, j'ai dû quitter Paris, abandonner momentanément l'étude que j'avais entreprise chez un écrivain dont il avait
commencé le portrait qui s'était mis si libéralement à ma disposition, et je suis un peu
confus du mince résultat que j'ai obtenu, surtout après tant de séances et des emballements et des découragements successifs.
« Me voilà donc retombé dans le Midi, d'où je n'aurais peut-être jamais dû
« J'ai dû, écrit-il à

m'éloigner pour m'élancer à la poursuite chimérique de
« ...Pour terminer, je
j'ai

vous dirai combien

rencontré auprès de vous,

et

me

qui

j'ai été

l'art.

heureux de l'appui moral que

sert de stimulant

pour

la peinture. »

Cézanne a tracé là, sans s'en douter, son portrait au complet. Il confirme aussi
tout ce que nous venons de dire de ses « rapports par contraste » avec Monet, et
explique pourquoi il ne s'est pas rencontré sur la route que nous avons parcourue.
Nous devions pourtant nommer, et nous l'avons fait, ceux qui s'étaient rapprochés pendant la période dite impressionniste. Dans une histoire complète de
xix* siècle,

l'art

au

faudrait encore trouver des analogies et des influences chez des peintres

il

qui tout en les présentant à notre regard, conservent des physionomies originales.
Artistes

que

l'on s'étonnera plus tard

de trouver oubliés ou négligés en ce temps-ci

:

l'exquis Victor Vignon, peintre sensitif et tendre, coloriste d'une rare finesse; Cordey,

vigoureux

et

franc jusqu'à la roideur; Norbert Gœneutte, qui, non seulement

graveur, mais aussi

comme

morceaux dans la tracommençait à Venise et à Anvers,

peintre, après avoir perpétré des

dition des anciens maîtres et point indignes d'eux,

à se rattacher brillamment aux tendances picturales de son temps.

notamment Delâtre

d'autres encore,

comme

et l'Ecole

Il

en

est

bien

de Rouen.

Est-ce à dire que les dominantes et les équivalents (on nous excusera de répéter
ces termes nécessaires) découverts par Claude Monet, ainsi

en propre à ses principaux compagnons de

lutte,

que ceux qui appartiennent
n'ont eu pour résultat que des imi-

tations stériles ?
Il

ou

y a deux points bien

tels artistes faciles

d'une école que
le profit

que

distincts

à influencer

et

dans

cette question

qui constituent

le

:

l'action exercée sur tels

gros de l'armée, l'ensemble

temps classe et parmi laquelle il fait cependant des choix;
puis
en général peut retirer d'une façon de voir particulière et l'influence

le

l'art

exercée sur des artistes

même

qui suivent des chemins absolument différents.

historiquement certain, maintenant, que sans se ressembler aucunement entre eux, Monet, Renoir, Pissarro, Sisley, ont contribué tous ensemble à ramener
Or,

il

est

un goût de couleur
ques d'où

claire et d'observation directe

s'étaient enfuis

jusque dans

justement parce que ce goût s'y

les ateliers

académi-

était perdu.
Monet, en particulier, a inventé, ou adapté d'une façon neuve et personnelle
qui équivaut à l'invention, une méthode d'analyse qui avait cela de remarquable qu'elle
ils

115

ne contrariait pas,
et précise

la

servant au contraire, sa vision synthétique de la nature. Délicate

dans sa complexité,

cette

méthode

se prétait à ses sentiments tendres

comme

à ses sentiments passionnés; elle lui permettait de traduire, en équivalents d'une qualité

d'art supérieure, les spectacles les plus subtils

donc non seulement

de

la

les plus

vigoureux.

Il

est

mais encore peu critique de le considérer comme un
dénué d'imagination. Il a possédé, au contraire, à un degré

injuste,

copiste imperturbable, et
inégalé,

comme

une des qualités

plus belles et les plus rares du peintre

les

:

l'imagination

couleur.
C'est

une des raisons pour lesquelles

ces arrêts de travail qui ont

donné

lieu

aux

se produisirent

de temps à autre, de

réflexions que nous terminons

ici,

et pen-

dant lesquels cette imagination se reposait anxieusement, puis se ravivait, puis
reprenait soudain tout entier.

le

MINUTE DE RECUEILLEMENT.

Après toutes

les réflexions

générales que nous ont suggérées chacune des phases

de cette admirable carrière, aurons-nous besoin de résumer, dans des conclusions en
règle, la portée
faits et les

est

de l'œuvre, l'enseignement du caractère

de

la vie ?

A

quoi bon

travaux parlent d'eux-mêmes. La vie de Monet, claire d'un bout à

une leçon

qu'il refuse

d'énergie, d'indépendance, de hautaine probité. L'on

?

n'y songe

il

même

l'autre,

ne peut pas dire

pas. C'est tout naturellement, et parce qu'il est

payé par des satisfactions plus certaines

et plus hautes, qu'il refuse,

sans affectation,

honneurs, généralement recherchés, qui viennent parfois à sa porte, plutôt en

liciteurs

qu'en protecteurs,

comme

il

est d'usage.

Comment

se tourmenterait-il

des sanctions aussi vaines, quand elles ont attendu, pour se proposer, que

de son effort

les ait

dépassées? Cet

effort, ainsi

que

la

le

sol-

pour

succès

doutes âpres et féconds qu'il

les

entraîne, constitue avec les deuils inévitables ressentis

cœur,

si

vivement par tout

homme

rançon de ce succès considérable, universel. Quant aux récompenses,

la réussite

Les

de faire des concessions aux préjugés, aux ambitions, aux goûts moyens

de son temps, car

les

et

même

de

c'est

des œuvres qui nous les révèle. Tels tableaux puissants et délicats, où

où l'eau et le ciel forment une si pénétrante harmonie, où la végétation luxuriante évoque les promesses, les caresses ou les bienfaits de la terre, nous
font, comme si nous nous trouvions à ses côtés, assister et participer aux bonheurs

l'air circule et colore,

qu'il eut

d'entendre et de traduire l'immense

Et

c'est

poëme

en cela que l'œuvre de Claude Monet,

continua en s'écartant profondément de

lui,

l'égale

dépasse l'apport d'un ordinaire paysagiste. Certes,
beau, de peindre d'imagination
vie

les actes

humaine, dans ses douleurs, dans ses

cours.

Ce

n'est

naturel.

il

comme

celle

pas nous, qui, dans notre

qu'il

aux grands maîtres français et
est beau, il demeurera toujours

des héros et des dieux, et
joies, et

de Corot,

jusque dans

admiration

la

même

la

simple

monotonie de son

pour Monet, renierons

les

1

et l'œuvre de Monet le prouve. les fictions. soient présents dans une image. architecture de la meule. pour que cette image prenne rang à côté de celles qui les figurent. que les dieux. ou d'un champ qui porte. la science que lui a donnée sa joie. Tout mer qu'une l'eff^ort Il suffit qu'elle éveille des sentiments de l'humanité peut être évoqué dans une représentation de voile sillonne et brave. les conceptions. et la amassé en la massive Un sentiment divin parole liturgique la : « peut Cœli enarrant gloriam dei » pourrait être la devise du peintre qui ressent avec vivacité. ou divins. les caprices que nous vénérons. n'est pas nécessaire. les plus vivantes richesses . héroïques en nous par un nuage qui se reflète sur l'eau. et qui jette sur sa toile. le grain qui atteste et répare le labeur. avec profondeur. et comme un chant. de sa palette. les héros et les hommes. être éveillé humains.117 croyances. avec toute toute la joie que lui a donnée sa science. Mais il et même qui ont inspiré les maîtres qui inspireront toujours ceux qui doivent un jour leur succéder.

comme il vit passer le long de ces routes de la Seine. et qu'il est déjà beau de voir résoudre par la mise au travail. A quatre-vingt ans. Ainsi se dessine avec un puissant relief ce caractère. est à l'heure où nous sommes arrivés. : Il sera beau dans l'avenir de se représenter cet commençant une homme de soixante-seize ans moins de quatre ou cinq années. que nous avons vu ramassé sur lui-même dans le coin du tableau que Fantin peignait en 1870. » ceux qu'il possédait déjà. dont nous ne devions pas dissimuler les périodes de doute et même de pessimisme. Monet. Puis le temps lui lui dit : « Les Allemands n'oseront rien vous parut long. Mirbeau. résolu quoiqu'un peu timide. une sorte de paladin moderne pour qui les mots qui servent à désigner la vieillesse sont déplacés et comme discordants. se donnaient la peine de le rassurer alors qu'il ne ressentait aucune crainte. sans la moindre hésitation. » grand que La troisième année du drame commençait. son parti étant bien pris de ne pas quitter sa maison et son fuite. l'exode aussi la caravane lamentable des réfugiés errant en sens contraire.EN PLEIN ÉPANOUISSEMENT DU POËME DE deux premières années de la Grande Guerre. engage à la veille d'un grand travail. de milliers de Parisiens. cessa L'EAU. tout poète. les le travail. puisqu'elles ne font que mieux ressortir d'aussi beaux réveils d'action. Aux heures les plus sombres. Monet pensait « Il y a des Français qui combattent. sans la moindre de ces discussions avec soi-même que tout artiste. non plus cette mêmes causes esthétiques. réfléchi quoique prêt à foncer comme un petit taureau. et atelier. je ne peux que peindre. Alors il fit construire un atelier plus faire. en passant. il faut que je fasse ce que je puis faire. l'exortant à la peu rassurés eux-mêmes. Le jeune homme trapu. Rien n'était fait pour donner confiance dans l'avenir. mais parce qu'il était étreint par l'angoisse com- Pendant fois pour les mune. Parfois des peintres s'arrêtèrent un instant chez lui. sa grande « œuvre de guerre » entreprise qui ne pouvait durer m .

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et en même temps si plein d'images accumulées. que l'on ne peut croire qu'il a failli être menacé. tel est le pro- — — logue. aussi décidé d'allure. disposer ces grandes toiles à la suite les unes des autres (et. d'un même même motif. Ainsi. . mais non oublié ni oublieux de Paris. Faire construire. l'esprit prompt à la réplique. les lourds chevalets. Chaque œuvre non point comme action. et ses il attaqua ce dernier et nous avons vu se diriger peu à peu son effort et sa prédilection. si aigu. et le fait même. aidé de ses études multiples des reflets du ciel se jouant sur l'eau parmi les groupes étalés de nymphœas flamboyants ou tyque dans un ton. quatre grandes toiles polyptyques traditionnels. du peintre qui va couvrir de vastes surfaces. sont absolument relatifs. les mains petites. prêtes pour le mouvement rapide. que l'on est surpris de voir manœuvrer les grandes toiles. singulièrement exténuant. Les toiles de chacune de ces séries se continuent sans interruption. aussi net et bref et précis de parole. L'œil est si pénétrant. — — alerte de corps de pensée parmi ses fleurs et du poème de vaste cycle l'eau vers lequel œuvres. cette rangée de surfaces blanches. partout à la fois. accordant d'un bout à l'autre. le mot de vieillesse. ceci est important. Claude Monet est aussi droit. tout cela montre que chez certains privilégiés du travail. et cependant leur division a sa raison d'être. la grande palette chargée de neuf à la main. et regarder sans peur. de six mèti-es sur deux. des phases diff'érentes (1). tifiée par ce que l'œil peut supporter et En d'autres termes. et chez Monet en particulier. demeurant éloigné. aussi vif de regard. trois. avec prestesse. Lorsque le peintre le dit. que toutes celles qu'il avait peintes en pleine force de l'âge. larges hautes de deux. ni qu'il se fatigue plus promptement que naguère. toiles se il attaque un dip- continuant dans une autre symphonie encore. d'une des aspects contrebalancés et rapprochés. touchant presque terre). les bras vigoureux. Là-dessus. quatre candides. sauf certaines du début. contrastant avec la belle barbe blanche soignée. faire agencer des chevalets roulants pour au moins quarante à cinquante de ces toiles plus grandes. (1) Trois seulement sont d'un seul panneau. leur continuité est jus- apprécier d'étendue en rapport avec l'har- monie dominante. qui descend en nappe argentée sur le torse robuste. agissantes. connu à l'âge mûr. le rendant un instrument non moins de comparaison que de perception. le souvenir précis des années les plus lointaines et le jugement lucide du moment présent. bien effacées. un triptyque dans un autre. de quatre mètres vingt-cinq et atelier de douze mètres de largeur sur commander des toiles sur châssis. se conservant met quelque peu de coquetterie. qui réside dans cette construction occulte dont nous ne signalerons jamais assez l'importance. ou contrastés. que nous l'avons Les épaules sont larges.119 accomplie. vingt-trois de longueur et un quinze de hauteur. si direct. on penserait qu'il y Le teint vermeil. formera. ni même ainsi les composée de deux. et toute épithète en affaiblirait le spectacle. en rang ovale tout autour du grand atelier. en pleine guerre.

et tenté. Ainsi c'est la couleur qui règne une œuvre cement picturale. cette véritable de doute. ni de lui-même. toujours plus bas. comme elle ne l'a jamais d'un motif qui paraît n'avoir ni mais est fait dans commen- cependant aussi présent que l'eau. Il nous son cerveau en effet. cette œuvre ne serait pas ce testament. à étaler en rêve des couleurs sur les toiles. pendant Si épopée picturale de quatre années et plus. que nous pouvons ainsi énoncer après coup. à irrésistible (1). et jamais homme. Parfois la construction sera donnée par un nuage.120 Ce principe. à d'autres heures. à la lettre. dans une d'elles. devaient venir les moments moments sombres que nous savons. parce que la combinaison harmonieuse sur laquelle il reposait gagnait à se limiter. qui est celui de l'atmosphère. ce qui est la plus belle façon de fmir que nous puissions rêver. jusqu'à ne pouvoir s'arrêter. et sa main a. continuaient. Ce seront d'eau qui viendront se dresser tout au bord. Mais quoique nous soyons dans ce pur domaine de un rythme elle. Ce caché. cependant que la encore des touffes d'iris chatoyante nappe s'étale. et parfois même. retenu. elle aurait surpris en plein bonheur le plus heureux des hommes. elle vient au contraire les couper massives colonnes qui s'interposeraient entre nous et le comme de mirage nuancé. Il ne se l'est même point formulé du tout. des toiles posées sur . et celui de surplus. par quelque considération que ce soit. ni des autres. où donné le ciel n'est en maîtresse. étant ni fm. qu'il s'agit pas visible. sans être gêné. Monet ne se l'est point formulé dans ces termes. cette synthèse et subtile de tout ce est vrai. et Monet serait. hauts points de ses enivrements lui-même énorme Il et par et beauté de cette aventure serait incomplète sans et les S'il cela. il y a cependant nous-mêmes par rapport à sont construites plus visiblement. Sans doute. mais suivis de nouvelles flambées. ou en train pour une reprise ultérieure. la disposition que nous venons de dire. ou au contraire devait s'éten- dre. deux puissants troncs de saules. en désaccord avec Monet. s'illumine et fuit. Une fois quelques-unes de ces suites terminées. avec (1) une force Ce qui s'explique physiologiquement par peine séparées du sol. la griserie qu'elle confié qu'à certains qu'il a senti. de dire que le peintre était entraîné par son entreprise comportait. C'est l'exquise délicatesse de son instinct de peintre qui l'a poussé à ne donner que deux panneaux à tel groupe. Il y a dans cette exaltation de couleur. bien entendu. moments les plus intenses de son travail. une catastrophe avait foudroyé ce chêne à certains de ces moments là. les chevalets. la trop satisfait. plus tard. même. les Cela était inévitable. parfois certaines de ces suites seront par exemple. peintre ou poète. Cette division n'est pas correspondante au nombre des toiles elles-mêmes. qui viennent accuser nettement la division en triptyque. puisqu'elle ne laisse rien perdre de ses nuances et de ses jeux et qu'au contraire elle les concentre et les avive. la nuit. en descendant plus bas. n'aura pu s'abandonner à son rêve avec une pareille liberté. Au la couleur. et trois ou quatre à tel autre. par l'image renversée d'un arbre que l'on ne voit pas. n'avait pas atteint les plus plus poignantes épreuves de ses négations de de son œuvre. une joie telle qu'il semble ne plus pouvoir s'arrêter. Monet en recommence d'autres.

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suivant la saisissante expression de Whistler. Toutefois. d'amples pochades. encore qu'il encore tenté. de deux à cinq toiles chacune. Celles qui sont de nature à pour une vaste Il Il est même de ne certain soit que devant des surfaces que rien d'analogue n'avait la tentative été en prohibe toute imitation. Seu- lement l'expérience de toute une vie. Cette oeuvre pleine d'entrain était aussi une œuvre pleine de volonté. à cette convention singulière et suppression de l'horizon. malgré l'intérêt d'élan qu'elles offriront toujours. pourtant véridique du relief tête le ciel reflété. un coup d'œil sur l'ensemble et la fin même de l'entreprise. formant un total de près de cinquante. les passages et y la est si nature que d'y voir des ébauches. risible. La grande œuvre que Monet se commanda à lui-même pendant la guerre et à l'approche de sa quatre-vingtième année. Les groupes de deux. la les productions dernière Pieta de Titien. ne fut pas réglé par une discipline non moins puissante. que possèdent bien peu d'hommes dans toute la force de l'âge. plusieurs n'auront pas satisfait entièrement Claude Monet. dans leur diversité. ni par . sans compter les études. Monet savait absolument où il allait. support des fleurs épanouies. C'est en cela qu'est merveilleuse cette il campagne d'un homme entre soixante-seize et quatre-vingt ans. modulations de nuances si et si soigneu- complexes. pouvait penser que. sement absolument en méconnaître serait Au contraire. elle demandait déjà une résolution. croit sentir au-dessus fuyant devant lui la particularité de ce grand travail de l'étang aux nymphœas. le miroir d'eau tout incrusté des plantes grasses.121 Cependant. et même milieu grâce à ce hardi et de la verticales se développant circulairement. elles s'harmonisent toujours entre il Le comme au spectateur. bien artifice. la couleur travaillée. dire que la matière en est aussi précieuse que celle des œuvres de moindre format où l'analyse nécessitait les plus grandes délicatesses de touche. n'ont telle est l'unité que. et qui ne saurait être renouvelé désormais. loin d'impri- mer à leur ouvrage sement même du grand âge de : un caractère d'imperturbable froideur. qui serait que partout où le plaisir du changement. trois ou quatre se suivant ment combinés en vue d'aller ensemble. Sans doute l'exécution de ces grands panneaux était pleine de largeur et traitée par amples synmais ce thèses. Monet exécuta à peu près douze à quatorze compositions. se trouvant qu'à quelque distance de lui. que l'on peut sans exagération. et que pas été expressé- elles. et a l'illusion de la continuité et le regard se pose ou circule. Tout en se laissant aller aux mirages de la couleur. considère comme salles le satisfaire forment une d'exceptionnelles suite décorations en ovale. ou plus exactement de quoi décorer plusieurs salle disposée de ce genre. nous aurions donné une idée absolument fausse de ce grand cycle. leur conserve ce frémis- ou de la joie Régents les la et les douleur qui nous rend émouvantes si Régentes de Frans Hais. une certitude de la durée. permet de mettre dans le travail d'une heure ce qui est pour d'autres le labeur de longues journées. malgré si l'on la puissante exaltation qui le mena jusqu'au bout. de sa les inachevées. Elle donne aux maîtres avancés en âge une rapidité qui. richement prodiguée. Toutefois ainsi. demeurera donc dans l'histoire de moderne un fait l'art sans précédent.

recherches jamais ralenties. pour tous les artistes. pouvait-on considérer cette comme son bulletin de victoire accompli comme un des épisodes de lettre à lui. après tant de travaux. une magnifique invitation à faire autre chose que lui. ni par quelque autre. mais sur un jamais. son grand diptyque bleu des Nymphœas. le poëme des nymphœas est également. et cette dîme volontaire de son l'innombrable victoire française. De toute façon. lorsque le jour de l'armistice le peintre écrivait à du Conseil vie. de succès. mêlés d'anxiété et de nouveaux envols. travail . : envergure que couleur son ami et le lumière ! Président à son pays. puis de puis de luttes. d'essors enfin. d'émotions. et finalement en possession de tout ce que la gloire et la fortune peuvent apporter pour alléger l'inéluctable poids de la non sur un crépusculaire repos. et sur un des plus vibrants de ses hymnes à rière qu'il demandait à offrir terminer sa car- effort de plus vaste ses divinités Ainsi. créations incessantes et logiquement enchaînées. puis de recherches encore au milieu même du succès.122 lui. qui avait toujours lutté pendant qu'il œuvrait toujours. Comme étudiée de la prime jeunesse tout l'ensemble de sa production que nous avons aux années d'affranchissement. il est beau de voir un maître comblé de jours.

7. Portrait de 11. Femmes 48 cueillant des fleurs. 2. 13. 12. . Rue de Pont-Neuf. 40 42 M l'herbe. Une Terrasse au Havre. Sainte-Adresse. Village en Normandie. Madame 10. Saint-Germain-l'Auxerrois. 8. et le — La 12 Chambre de Commerce 34 . 26 5. 46 14. Claude Monet. Camille. 36 36 38 Gaudibert (1868). Esquisse du grand tableau en partie détruit par l'artiste. Le Port de Honfleur. 20 4. La Brodeuse. par Renoir (1875). Port du Havre. Le Phare de Honfleur 9. et la Côte de Grâce.123 TABLE DES GRAVURES 1. Les Quais 3. 6. Le Déjeûner sur 30 (1866).

40. 94 39. 41. Les Pyramides à Port-Coton 36. Les Peupliers des Bords de l'Epte. 72 28. Antibes. La Seine à Bougival 50 18. Les Meules. Bordighera. 75 Juillet. 58 21. 78 32. ' 96 97 100 . Route de Chailly (Forêt de Fontainebleau). Effet de neige (1874). 84 (Belle-Isle). Voilier à Argenteuil. La Tamise 19. 86 Filets. Les Régates à Argenteuil. 50 17. Les Fumées de 31. 68 25. Les Dindons. Le Déjeûner. Argenteuil. 88 38. 82 34. Les Falaises de Varengeville. (1869). 52 (1870). 66 23. La Tasse de 70 27. Les 37. café. 68 26.124 15. 56 20. Vue de Hollande. 64 22. Les Peupliers. 48 16. Vétheuil. Le Quatorze 30. Les Déchargeurs de charbon. la 76 Gare St-Lazare. Vue de Hollande. L'Aiguille d'Etretat. Vue de 74 29. 66 24. 83 35. La Barque de Claude Monet. 80 33. Cathédrale de Rouen.

du Jardin de Giverny. Une 46. par P. Paulin. 120 Allée prise de la rive droite. La Cabane du Douanier.125 42. Vue de Vernon 106 45. 104 44. Venise. Claude Monet. 110 47. 102 43. Le Parlement de Westminster. Les Nymphéas. 108 . 118 48.

est 5 cause d'erreurs. Les «Femmes cueillant des fleurs» nages. Comment 32 d'un groupe obscur sortit une Des différences entre et les « école » 37 célèbre. . Courbet Manet. 22 De opportune d'Eugène Boudin. Années sombres. tableaux de personnages chez Monet. 11 De l'héritage Du retour à la nature et des prédécesseurs immédiats de Monet. impressionnisme la couleur. ne rencontre pas encore Manet. que maîtres de la lumière transmirent à Claude Monet. 40 Les premiers grands tableaux de figures. en peinture. 24 l'amitié Débuts pénibles. les 15 18 Des débuts difficiles. un ensemble 8 indéfinissable de miracles qui ont vertu d'absolu. rencontres heureuses. 30 Monet rencontre déjà Jongkind. et peint des vues de Paris. ». et les dernières 43 peintures de person- 47 Peinture «grise». 50 Années d'Angleterre 53 et de Hollande. 26 Premières orientations.12fi TABLE DES MATIÈRES Que tout grand artiste est Du terme Que d' « un continuateur.

vertu architecturale. Théorie des équivalents et 109 des dominantes. En plein épanouissement du 111 116 poëme de l'eau.. Pour rappeler simplement des Entre Argenteuil 71 batailles éteintes. 104 Le jardin 107 et les eaux chatoyantes de Giverny. Les décisives transitions d'Argenteuil. l'exposition avec Rodin. Les eaux tragiques de Londres. 123 Table des matières. 126 . Alternances : Que l'œuvre de Monet Autres alternances Deux événements : : est soumise à une 87 Vintimille. point culminant de l'œuvre. et retour. avec Giverny pour 79 étape décisive. 64 Intermède de fleurs 69 et de fruits. la Creuse. loi Les «Meules». Etretat. 90 94 97 102 l'eau. Giverny. logique des « Meules ». et Vétheuil. La Monet carrière de parallèle au cours de la Seine. Minute de recueillement. l'analyse lumineuse devient de plus en plus 74 aiguë. la souscription « Cathédrales » et Transition du 85 de contrastes. 118 Table des gravures. Des 82 Bordighera.Venise. Chaque maître trouve les siens.J27 La période 58 hostile.. Belle-lsle. comme poëme de quoi elles sont et leur la suite pour l'a Olympia ».

ACHEVÉ D IMPRIMER LE TREUTE SEPTEMBRE 1 92 1 PAR LA MODERNE IMPRIMERIE 37. RUE GANDON. DRUET & BERNHEIM-JEUNE % . A PARIS REPRODUCTIONS PAR DANIEL JACOMET CLICHES DURAND RUEL.

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