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Claude Monet .

numérotés de i à loo.Il a été imprimé de ce livre : Cent exemplaires sur Japon. numérotés de loi à 250. Cent cinquante exemplaires sur papier d'Arches. .

Arsène Alexandre Claude Monet PARIS LES EDITIONS BERNHEIM-JEUNE 25. Boulevard de la Madeleine 192 I .

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se révèle doué d'un instinct de dessin. L'œuvre d'art. l'effet d'autres résistances. rompre avec ces principes traditionnels jadis. son éducation et son rêve. L'œuvre A l'homme d'art. d'art. dès que l'enfant. d'un autre point de vue. — peut coûter à se produisant au début de révélation soudaine. elle est le fruit Nous en verrons ici une d'une confir- éclatante. La pensée. d'une longue trans- mission de pensées. d'une infinie succession d'œuvres qui œuvre de son cerveau et de ses mains ses prédécesseurs ont légué plus ou moins d'eux-mêmes. en attendant qu'elle devienne à son tour ou au peut. Elle contraire. Pas plus que la vie animale ou végétale. la vie intellectuelle n'offre de phéno- mènes de génération spontanée. De toute façon. il tombe aussitôt . le sauvage. tion. plus nécessaire de le connaître pour C'est pour cela que le rejeter les artistes que pour considérés comme Il lui est le grand même artiste peut être l'accepter. pour la plupart du temps. la vie. si originale qu'elle soit (et même plus elle est originale) ne peut être qu'une floraison. Cette décision de eux-mêmes. il n'y a pas d'exemples du surgissement ou du développement d'un artiste original dans un isolement absolu. ne peut recevoir l'héritage que sous bénéfice d'inventaire. mation — qui parfois ont été l'artiste de longs efforts. Qualités ou faiblesses modifie à son tour suivant son tempérament. puisque. Mais. en bien qu'il comme en mal. L'individu sort d'une longue suite d'individus. Ceux que l'on pourrait citer seraient simplement des cas mal expliqués ou insuffisamment observés et suivis. soit qu'il abolisse.i L QUE TOUT GRAND ARTISTE EST UN CONTLNUATEUR. les plus novateurs sortent d'un stage chez les maîtres les plus imbus de certaines traditions. une semence. Soit qu'il perfectionne. le jeune être quelconque. procéder par continuation. le berger. d'une éblouissante intuition. par réac- Cela ne change rien. plongé dans un milieu absolument réfractaire à l'art.

Alfred Sisley. parce que raisonnée. n'est qu'au prix d'une analyse très subtile Ce qu'on peut rattacher le point d'arrivée d'un artiste à son point de départ. ou plutôt nous donna une leçon pleine sujet. Dès lors il est forcé de comparer ses essais à ceux des autres commençants. de sens. n'est pas moins. alors. Au contraire. les pour leur inspirer ? nous dit-il. aux obscures qualités que son père appliquait façon indissoluble. Nous en déplorions considérant fit comme goût. il soit le vif cette vérité de notre que le sujet. soit comme Mais rale. Mais et la Qu'il nous nous faut indiquer avant d'entrer dans soit permis de tenir pour acquise artistes se rattache. mille raisons nouvelles. semblerait entraîner cette conclusion qu'il est impossible à un artiste d'être original de façon absolue. reproduites la popularité. Il vaut mieux de ces images que pas d'images du l'idée d'en faire à leur tour. En effet. que l'opposition consciente à ces Pour sa nature. dans notre jeunesse. plus original des par réaction. ses actions les plus surprenantes. ou bien à ceux des Tout ce qui vient d'être dit artistes qui occupent le public. — Pourquoi cela tout. ils par acceptation. Tout dépend de la façon dont auront comprises. quand elle en tire des ressources neuves et des résultats inédits. ni pas plus. il a fallu qu'il Sa valeur. de cette originalité. boutade de Sisley elle-même. ou passe entre les mains d'un maître. un une remarque. n'en ressort que mieux mun que parce et l'artiste les essayât et il comme en pénétrât le contraires à fond même. avec elles. qui résume toutes les réflexions précédentes. mêmes combattre les traditions.8 sous les yeux d'un connaisseur. son oeuvre est un élément de l'harmonie génécomme une fleur splendide se mêle à toutes celles qui l'entourent. inattendues. à un mouvement précédent. humaines sont un étrange alambic. Mais si . ne s'élève au-dessus du courant com- un moment d'y demeurer plongé. Dans l'immense parterre de l'art. et à gâcher le mortier Un artiste en quelque sorte ou à conduire dont il alors charrue ? sera question au cours de ce livre. laissent en dehors tout un ordre d'idées encore différent. ou bien aux travaux des artistes disparus. Nous tournions en dérision certaines peintures de mauvais à un trop grand nombre d'exemplaires. et se confond nous l'étudions isolément. et qu'il et. la capable de fausser dangereusement les idées et la vision chez les jeunes gens qui auraient pu se sentir une vocation artistique. corollaire. Le résultat de qu'il a risqué Les facultés le éprouvées par l'assimilation est plus souvent entièrement différent de ce qu'on aurait pu attendre des éléments assi- milés. qu'il sera s'il se rattache. éclatantes ou délicates. se détache aussi en même temps. lui-même continué par contrastes ou par analogies. c'est l'affirmation plus énergique. à ce la fatale. Parole profonde. se présentent à nos yeux. Ils se correspondent cependant d'une Qui peut dire à quel degré un homme d'humble extraction qui parvient aux plus hautes dignités de l'Etat ne doit pas son génie. la docilité aux traditions. celles-ci. nous jour. une preuve d'originalité.

parce qu'on a fait ressortir de façon plus précise que vaguement sentir. on rend quelque service aux autres hom- ration reconnaissante envers ceux qui se sont efforcés de tirer de leur avec la mes. serait à la fois l'élément intégrant d'une histoire vaste et la belle plante artiste remar- complexe. de se présenter comme une belle anomalie. racontée la carrière d'un Alors tout disparaît. plus belle de la logique profonde de la vie et de il serait une preuve encore l'art. Bien qu'ici nous ajoutions des pages à tant d'autres pages. mais lecteur la foi en la Beauté et en la Nature. son originalité apparaîtrait alors plus affirmée. malgré la multiplicité des qualités qu'il a héritées et qu'il a développées. On est en même temps l'interprète de et plus motivée ce qu'ils ne faisaient et le porteur des hommages informulés de la pensée de l'artiste vis-à-vis ce public vis-à-vis de l'artiste. et le point culminant de cette histoire. ou à cause de cette multiplicité Au lieu même. . du public. même qui auraient la chance d'apporter quelques éclaircissements. et ce livre aurait ainsi incontestable en matière d'écrits sur une raison beau et le plus d'être qui n'est pas toujours l'art. Ainsi devrait être examinée l'oeuvre. et à provoquer l'admi- communication Nature une expression de Beauté. nous gardons cette conviction que les œuvres des grands artistes pourraient se passer de commentaires. si le non pas à leur faire dire plus qu'elles ne disent.Le parterre passe au second plan et drue et fleurie devient le principal personnage du poëme floral. à raviver chez l'on réussit. sauf quable. Toutefois. L'histoire qui réaliserait parfaitement ce dessein serait le plus édifiant des livres. Selon le second de ces points de vue. Elles demeureront toujours suffisamment éloquentes par elles-mêmes. Il elle.

comme dans même les mieux dans un sens vis-à-vis d'artistes. qu'ils acceptèrent pour fut la cause des plus complètes erreurs d'appréciation que jamais aient pu commettre. Le terme d'impressionniste. CAUSE D'ERREURS. ses influences et ses modifications. s'en : . Il est toujours nuisible de se quereller sur un mot. ont affligé longtemps notre architecture uniquement à cause de ce baptême malencontreux. d'être dit quant à l'originalité. Les plus graves malen- tendus. ce vocable ne répondant presque jamais à la réalité des choses. Par contre les défenseurs de ces tentatives croyaient devoir faire un mérite à leurs auteurs de ce que les traditionnalistes s'imaginaient y relever de faux ou d'insuffisant. le sens de leurs efforts. d'abord dérisoire. ses luttes. qui est devenu commode parce qu'en usage depuis des années pour désigner certains artistes déterminés. d'un nous en pourrons constater l'application à Claude Monet qui formèrent tout d'abord avec lui groupe devenu le si artiste ou d'une qu'aux peintres ainsi célèbre sous le nom d'Impressionnistes. mais l'art en général a souffert de cette conséquence nationale. Mais l'appellation même. les destructions les plus regrettables. 1)« IMPRESSIONNISME». en général. ne définissait en aucune manière leur but. le public et Les ennemis des nouvelles tendances qui se manifestèrent particulièrement après la guerre de 1870. qualifiés pour juger les questions d'art.DU TERME Tout ce qui vient école. Sa formation. — l'art s'abaisser à ne rendre qu'une fugitive impression. s'indignaient de voir — ou de croire voir. ni la nature C'était mot une cause d'erreurs et même de leurs travaux. sur une étiquette. l'autre. Les « Impressionnistes » sont tirés à meilleur compte. l'illustrer. de discussions à côté dans d'art gothique appliqué jadis à l'art français le même genre que le par excellence. sont toutes mêlées étroitement à l'histoire artistique de plus d'un demi-siècle.

tiré peintre. l'artiste recherchera l'élément le plus expressif de tout l'ensemble de tons. Or. devoir reprocher aux maîtres qui ne parvinrent à s'en disculper qu'après de longues luttes. mobile effet sera et — tandis changeant. toutes les tendances. et une production cruellement méconnue. en dernière analyse. et qui l'étaient. de bon préjugés invétérés. en adopta un qui aurait parfaitement convenu à toutes les œuvres. et d'en reproduire à son tour. et à toutes les sortes d'exécution. ou en d'autres termes de tant de colorations simultanées Par l'autre. C'est cette dernière qui il deux tendances qui subsistera sous celle caractérisera l'œuvre d'art suivant que l'artiste sera porté vers l'une des Dans le dominante confondues. etc. de presque toute Sisley. par synthèses. mais encore dans les œuvres diverses effet. rendre les grandes de lignes (nous verrons plus loin que ces termes d'usage sont cause de bien des malentendus) étaient avant tout des harmonistes. mais tout les le de son œuvre exigeait un autre nom.de qualité inférieure se sont parés des défauts même que l'on croyait. signifier ce Tout d'abord une distinction apparaît aux yeux mot d'impression c'est : qu'une impression l'effet rapide. les le à deux formes d'art aussi non seulement chez les différents artistes du nouuns aux autres. à tort. définissait sans l'avoir précisément artistes qui nous occupent. même du but que visiblement ces dans des œuvres relevant précisément de la méthode synthétique. en veau groupe par rapport d'un même verrons plus artiste. en qualifiant ses (harmonie en bleu et or. d'autre part la notation de cet et matérielle. Un nom. Claude Monet. Il apparaît donc absurde de donner opposées. Le tableau qui occasionna loin. Par l'une.. que les artistes En somme que peut. nom qu'il était plus difficile et de trouver. plus tard. les associations les plus saisissantes. et même nom qui était intitulé : l'épithète malveillante. cette notation peut s'effectuer de deux manières absolument différentes. et. de vibrations qui affectent son regard. Pour le celle-ci. la fois la premier cas. d'en distinguer mesure du les et au contraire. il nements. ? un est spectacle lui- que. mais encore en général. peintre pouvait donc être qualifié d'impressionniste. par analyses et par complexités. etc. Renoir. produit sur nos sens et sur notre esprit par même complexe. ainsi que l'œuvre le reste tendances de ses compagnons. Whistler. dans la possible. d'harmonies cherchant à saisir et à l'école à venir. il procédera surtout par simplifications et l'un ou l'autre parti. la nature offrant à y aura toujours un peu de qui domine. des effets transitoires sur un fond permanent. fugitif. et moins de artistes se proposaient. s'efforcera. comme nous Impression. un autre aurait fallu pour cela chercher avec plus de clairvoyance. . harmonies de couleurs et et argent. d'impressionnistes. ses nocturnes. immuable. relevait du premier système alors que d'autres peintures de Monet appartenaient au second. immobile. en vert voulu. dans le second. de décomposer tout ce faisceau de rayon- plus agissants. incomplet et inexact. de tous les artistes bafoués avec le mot. parce qu'il vouloir. Cependant. ce qui n'était pas autrement fâcheux. de nuances. soleil levant.) non seulement des des principaux maîtres modernes. paysages.

. immense. lisait dans le monde Ils cherchaient à etïectuer en peinture ce que des sons : la richesse source inépuisable. où l'art de la le réa- couleur.10 Ce nom eût d'ailleurs. correspondu aux tendances artistiques peut-être les plus typiques de leur temps. et ses enchantements. ses combinaisons multiples. n'avait puisé qu'avec qui encore aujourd'hui n'a livré qu'à peine Wagner une certaine commencement de réserve.

rien. les les un vert. par exemple. Dès que plusieurs nuances d'eux. du moins ils constatent objet est coloré d'une certaine manière. plus périlleux d'en reproduire artificiellement les effets ? Comment parvien- une interprétation forcément arbitraire. une illusion ? Pas davantage.QUE LA COULEUR. Le plus ou moins de ou moins de ou l'humidité de l'atmosphère. de définitions qu'on peut en donner. sans distance. Est-elle une réalité ? la comprendre ? Toutes les ou poétiques. la sécheresse dissiper le mystérieux. d'un phénomène lui-même instable et décevant ? Pourtant des milliers d'hommes. l'immobilité ou la vitesse plus ou moins grande imprimée aux objets. et pas un ou un orangé un bleu. aussi difficile à nos imparfaites organisations de percevoir. sont en jeu et se combinent en s'influençant réciproquement. car si tous les hommes la perçoivent chacun à et que ses sa façon. à nos esprits plus ou moins exercés. vouant leur esprit et leurs organes à fixer cet dra-t-on à s'accorder sur . puisqu'elle n'est que personnelle. transforment complètement S'il est l'aspect jour. encore eu le suivie de cent autres encore. Est-elle un mensonge. une imagination. de concevoir la couleur. au le même moment qu'un même cas d'une maladie de la vue. Sauf dans ils ne pourront discuter sur tons francs. les opinions n'ont pas temps de se mettre d'accord qu'un changement presque insaisissable de lumière ou d'ombre a déjà transformé l'apparence pour en substituer une autre. puisqu'elle est perpétuellement changeante changements sont à la fois imperceptibles et vertigineux. La couleur ! Qui peut se flatter de la connaître. Mais perceptions diffèrent. le plus du mystère. EN PEINTURE. un souffle de vent. suivant la qualité infiniment diverse de leurs organes. moins encore. n'affirmera qu'un rouge est dès que les nuances commencent. scientifiques dire qu'elle est. reviennent seulement à Non. combien ne deviendra-t-il pas plus ardu. EST UN ENSEMBLE INDÉFINISSABLE DE MIRAGES QUI ONT VERTU D'ABSOLU.

et ce qu'il même différente n'existent préférence exclusive d'une la y a de plus certain Pour moi. ou bien encore mélanges de nombreuses teintes par petits éléments rapprochés pour reconstituer sur notre rétine les nuances et les rapports de nuances qu'en général un examen rapide. disent les uns. Par exemple. et l'incertain suggestions sont belles. n'a pas ces couleurs-là ». pour moi. tous ces Ils ou masses immobiles pour exprimer les plus complexes et les plus véhéments. fût-elle soumise elle-même à maints revirements. peuvent. suggérée. elle n'a pas celles-ci». dire enfin ? par ce qui sans le — par noir et le la la — a pu être exprimée. disent les c'est qu'elle est en elle- des deux visions opposées. du moment que les un principe. Que seule tenue. même pour compte que blanc sont (en dehors des analyses scientifiques. et ne se sont pas arrêtés sur le seuil d'un domaine si chimérique que le raisonnement seul l'aurait décrété impossible à exploiter. Et le tout unies et d'une sombre. plus exactement. comporter une les spectateurs ont la possibilité de reconnaître. teintes plates pour rendre la coloration des surfaces ombres que leurs courbes comportent. Et ce n'est pas seulement une convention. en fin ou. souvent contradictoires. qui y retrouvent les cou- leurs) l'absence de toute coloration ? C'est donc que la reproduction et la couleurs et des actions et réactions qui les convention en laquelle tous mise en œuvre de ces phénomènes des modifient. Ainsi la convention équivaut provisoirement à des certitudes très suffisantes. à des esprits dons pour La rème la lire. des millions de spectateurs se sont contentés. à la fois. la couleur. l'éducation et l'accoutumance aidant peu à peu. comme une considéré reproduction de la vérité ce qui n'était que le Ils ont mirage d'un mirage. à maintes divergences d'opinion. autrement éduqués que ne fût-ce que pour signification nous en siècles après est des soit à qu'une image colorée a les nôtres. Et d'autre part. ce qui revient au suppression totale de la couleur proprement la nuit elle- dite. « autres.12 ne se sont pas effrayés de ces difficultés. été nous nous accor- la discuter. élite. satisfaits. doivent. C'est cent. ravis. si l'on de compte. successives ou simultanées. donne . plusieurs offerte à des regards. car les couleurs. nous venons de d'une part la proposition. que parce que des yeux les perçoivent et que pas une paire d'yeux ne les perçoit de façon identique. l'intention de l'artiste et leur propre conception. moyens mouvements les ont accepté. proposée d'une façon aussi précise qu'un théo- à des mathématiciens. signes disposés sur une surface plane pour suggérer les profondeurs et les successions de plans à l'extrême limite de ce que l'œil rien qu'approximatifs lignes : en peut percevoir dans même y la nature. les ou simplement l'habitude. bombées. de ces efforts imparfaits pour traduire un idéal de perfection. d'autre part la le voir. même compris La lumière a fait comme exprimée par été lumière ne serait point concevoir visible. qu'impliquent reconnaissance de ces images. nous superficiel. l'art. soit dans un même temps. en dernier ressort. c'est mille conventions. qui obtiennent ainsi l'approbation « du plus grand nombre ou La nature. et même insaisissable. époques successives.

du moins. les orangés. L'explication serait trop puérile. puisqu'il y a des en hiver. ou bien au contraire réchauffent. puisqu'il ne s'agit plus de des aspects. soient aussi tranchés. en passant. Mais si le raisonnement. les rouges. les plus que les appréciations. etc. des plaisirs complets. Pour- thermomètre tant le par n'est point influencé le voisinage de ces colorations. tant que l'homme n'aura pas étudié plus profondément qu'il ne jusqu'ici le mécanisme de ses perceptions et leurs rapports les plus complexes Cela. pour ainsi dire le spectateur. plus sensé. nous n'en savons pas plus que quiconque. que l'on porte sur l'emploi de cette couleur par ou tard. comment se fait-il jugements. mais du sentiment qui se dégage d'elle. nous prouve que des signes aussi relatifs que ceux de la couleur nous suggèrent des émotions vives. Ce n'est pas non plus seulement en vertu d'une association d'idées que se produisent ces flammes bleues. des verts. et des résultats : qu'il les l'artiste effets. Je charme comme l'improviste. possédât-il choses des causes : le et plus sûr instinct des qu'elles sont ainsi. d'avouer. mais encore les Qu'il nous suffise donc. patiemment qu'à d'attendre le plus chères. l'on et que et l'on peut soleil. aux plus rouges couchers du grelotter. non seulement l'ensemble merveilleux des fêtes de couleurs que la nature nous offre dans une profusion infinie. de calme.) Il gammes notation en elle-même harmonies qui procurent une sen- est incontestable qu'il est des tons et des sation de froideur.. et quoiqu'intermittents (1). (1) Il . qu'en cela nous n'allons pas plus avant que peut dire des vertus des couleurs et effets. puisque équivalents par lesquels les hommes ont cherché à en fixer le souvenir. comme que tout ce des tons se ramènera à la fameuse la simple constatation et explication de celles de l'opium dans Molière. pourquoi impression de voici le tels satisfaisante et allant jusqu'à l'essence tons ou telles combinaisons de tons divers nous donnent une tristesse. l'a fait et les plus subtils avec la nature environnante. ou bien à pro- voquer une sensation exaltée jusqu'au rêve. Dans ce cas le mieux est commence à opérer. sur des sensa- étaient y a des jours où ceux qui aiment le mieux la peinture sont insensibles aux séductions qui leur il avait cessé. des haines comparables à celles qu'engendrent les religions contraires ? Comment se querellera-t-on aussi ardemment et peut-être plus. en toute humilité. Pourquoi tôt vont-ils jusqu'à causer des exclusions féroces. remarquons que à une toute autre signification que celle que nous analysions tout à l'heure. Aucun ne pourrait expliquer de façon même. Or. des inimitiés irrémédiables. telles les la des bleus. les les artistes remarquables. s'étant il n'en est même pas encore à toujours plus satisfait d'éprouver que de connaître. tout comme l'expérience. de jouir des plaisirs que nous procurent. aussi absolus ? reconnus. qui les dire autre connaît surtout expé- rimentalement. tels les jaunes. épeler l'alphabet de cette science. (Et ici. Il dans que simple est plus le reste. ou de mot d'impression correspondant joie.13 Ces suggestions demeurent elles-mêmes fort mystérieuses procure ne saurait lui-même.

ou des points d'appui pour développer leur personnalité dans un sens encore inconnu. il n'est pas sans couleur à travers quelques époques et . la et la place conquise. dont nous nous occuperons ici. le verrons réaliser certaines aspirations de son époque. et parfaitement déterminées. quand ceux-ci comment Enfin. au lieu de considérer leurs apports d'une longue et comme magnifique suite de trésors divers se faisant valoir la continuation même par leurs contrastes ? Nous admirerons. et aussi parce que nous même. d'un emploi inédit des couleurs. de nouvelles ressources à mettre en œuvre. de leurs moyens encore plus moins beaux que ceux-là ? louer dignement en les opposant à leurs plus n'étaient pas a-t-on cru les grands prédécesseurs. en particulier. ont-elles eu pour résultat à notre époque. Claude Monet parce que nous pouvons le rat- tacher logiquement à de belles origines. Ainsi constaterons-nous en (et non spontanées) et même temps le principe des générations enchaînées tirerons-nous le profit que nous nous proposions de l'examen des conditions dans lesquelles un grand artiste se rattache aux plus originaux des âges antérieurs par sa passion de recherches.14 que sur des idées ? Comment la réalisation. mais non moins fatal. par cela à ses successeurs. Pour mieux apprécier intérêt de retracer l'effort accompli rapidement l'évolution de quelques maîtres représentatifs. tout en se détachant nettement par son œuvre. de faire tions un mérite aux que de leurs artistes buts. ou même parfois la supposition. préparant.

et de plus avait une prédilection pour les harmonies les plus vives et les plus claires tonalités. c'est-à-dire Fra Angelico. produisant un texte qui permette telle peinture. en dehors de la convention ornementale des vases grecs en rouge et noir.DE L HÉRITAGE QUE LES MAITRES DE LA LUMIÈRE TRANSMIRENT A CLAUDE MONET. par le scintillement analogue à celui des touches divisées. etc. avec Giotto. Bot- taine austérité. tandis qu'au contraire. Mais déjà. déjà dès la fin du xv" siècle et le commencement du xvr avec Ghir- . les grands Siennois. font régner les grands partis sévères par à-plats de tons soutenus. Les exemples ne manquent pas. et assez peu éclatants. Gozzoli. les traditions byzantines qui avaient succédé aux conceptions grecques et greco-romaines. vivant dans des régions ensoleillées. Spinello Aretino. de ses petits carrés d'émail. etc. puis avec Orcagna. les harmonies lumineuses dominent.. tel qu'il s'est effet et le les yeux ouverts sur ne pouvaient s'ingénier à Même et surtout dans les procédé même. avaient mosaïques. si nous entendons par là jusqu'au xiv° siècle. de supposer qu'on eût la seule notion d'une Il n'est même aucun les colorations les plus vives et les plus vibrantes. pratiqué entre autres dans l'école napolitaine. regards humains. jusqu'à ce qu'avec improprement les Primitifs. peut-être. lorsqu'on étudie les peintures de Pompéï. tout en restant vouée à une cerest un refleurissement général. Toutefois. sans toutefois encore un grand emploi de l'ombre.. Au moyen-âge. que la peinture antique connaissait et pratiquait l'emploi des complémentaires. on aurait la plus grande peine à citer un seul cas d'une pein- ture exécutée en tons sombres et suivant les principes du clair obscur. Il est évident. extrêmement voisin de la conception moderne. connus les si elle révèle les plus grands éblouissements qu'aient jusqu'alors. au xiv° siècle. Les anciens. la peinture tend vers ceux qu'on a appelés ticelli. et ils regarder la nature à travers des traditions corrompues.

qui ont soutenu la peintures sublimes de Rembrandt n'avaient* nullement la teinte sombre offrent aujourd'hui pour la plupart. Nous ne saurions perdre de vue. Mais reconstitution logique de ces peintures qu'il de réaliser par diverses déductions prouve que ce grand entre autres. d'une intensité de couleur. Signorelli. admirer répandue à flots dans l'œuvre de Monet. d'un éclat quasi aveuglant. que ses grandes œuvres picturales malheureusement détruites. plus vif. très vif éclat. bon de rappeler que nos maîtres français du xvir siècle ne peignaient pas moins clair que tous ces merveilleux prédécesseurs. la vivacité voit ce des étoffes. nous donnent la sensation d'une peinture en pierres précieuses. Vaspect actuel de leurs œuvres. l'on se rend aisément compte qu'au sortir des mains de ces magiciens. Ces fonds. La teinte sombre qu'ont revêtue les tableaux de Poussin n'est due qu'à l'action du temps aggravée par la façon de Il est préparer les est possible toiles en rouge. les plus les Van Eyck. mais qu'elles étaient à l'origine d'un Il est des écrivains. il (comme la plus grande d'ailleurs pour faut absolument se garder de les juger d'après Quand on que sont devenus certains ciels de Véronèse. dans le manuscrit des Grandes Chroniques notamment. non des moins qualifiés. d'une part. et plus une sombre avec magnificence. dans ce résumé. sans grand effort. s'3^ d'ailleurs désespère. presque d'une crudité. était. Les grands Vénitiens parviennent à la triomphale alliance de richesse de tons avec les valeurs les plus soutenues. nos propres maîtres et ceux avec qui. et de l'autre celle de Claude Monet. Ses gigantesques compositions doivent leur diaphanéité somptueuse à l'emploi souverain des glacis sur grisailles de divers tons allant du brun au blanc en passant par le gris. ombres la voie des harmonies plus atténuées semble que Léonard tard les Napolitains et les Espagnols s'y enlizeront. les plus étroites rela- fructueux échanges. peignant par tons transparents sur des grisailles infiniment légères malgré leur extraordinaire précision. tant de siècles plus tard. Toutefois bien des maîtres cités précédemment). ne devaient pas le céder en vivacité et en richesse aux précédentes. . au xv" siècle. divers autres maîtres. Le Triomphe de Flore.16 landajo. la tendre nacrure des carnations. les tableaux devaient être d'une somptueuse fraîcheur. et notamment tions. le modelé par se substituer au Michel Ange et et modelé en pleine de Raphaël nous serons déjà sur Il tend déjà à et clairs lorsque nous serons arrivés au temps de clarté. nous avons entretenu. la artiste employait un des plus ravagés. d'après les fonds dans les célèbres miniatures de Foucquet. nous offrent des paysages d'une clarté et d'une intensité. et que les qu'elles nous thèse. certains feuillages de Titien ou de Tintoret (par exemple tout le fond de la Suzanne de ce dernier) et quand sous la patine on reconstitue. et le coloris le le un examen optique approfondi. simple isolement par la jumelle le démontre. L'on peut déduire logiquement. et des graves séductions du clair-obscur. Les grands Flamands. incroyables. qui font penser à la lumière que nous devions. demeuré la clarté même du jour. et dans celui de VHistoire des Juifs. Aussi ne peut-on établir Rubens est d'analogies entre sa technique et celle de son temps. chez nos voisins.

Avec Delacroix et ses passionnantes recherches.ï 17 Sans entrer dans cette dicussion qui nous éloigne trop de notre sujet. grande maximum. En tous les cas. s'éloigne mettrait facilement ses successeurs sur le Il n'est pas besoin « histoire et de la les il au sortir ! de dire que nous ne nous proposons pas couleur à travers et substantiels. a quelque peine à se représenter cette opposition. Ce que nous voulions démontrer. Helst. Ce qui nous frappera. clarté et que dans la peinture. par ses riches la peinture. Watteau. instinctivement en usage. cette que façon de voir l'on eût était il était naturel ou non trouvé même presque les c'est que pendant des de chercher la plus moyens de rendre la seule ce siècles. . et surtout le plus « moderne » de tous. et aussi. véritable alchimiste de de Rubens. à travers la vision d'un grand nombre de peintres du moment. d'une longue série de maîtres qui ont tous cherché à traduire leurs conceptions dans la langue la plus claire et la plus vibrante. nosité Quoique formé à l'école mélanges. les peintures des grands Hollandais du xvii' siècle. nous arrivons à la limite que nous nous étions assignée. réellement aveuglés par cette méprise de tradition. à part quelques intermittentes exceptions. c'est que cette notion avait fini par être complètement abolie. Nous voulons surtout montrer comment Monet son tour. qui adopte maintenant toute tentative avec une Ici imperturbable avidité. chemin des cuisinages trop Cependant quel ruissellement de chatoyantes et ici de refaire une âges». Elle n'est pourtant rien moins que préhistorique. avaient une lumi- que n'ont point cherché à hériter certains très bons peintres Hollandais modernes. de plein Van der soleil. Vermeer. clartés dut être V Embarquement des mains du grand poète des ardentes mélancolies profonds sensiblement de son dieu. nous pouvons du moins rappeler que la soi disant Ronde de Nuit était une scène de plein jour et même Hais. au début de l'histoire de Monet et de son groupe. avec fait partie à des différences qui seront son apport personnel. littéralement tombés dans les brumes les plus opaques. nous avons à nous arrêter avec un peu de détail sur ce curieux moment qui a précédé l'arrivée de Claude Monet et sur les obstacles qu'on lui opposa d'une façon si acharnée que notre temps. Le public en était arrivé à ne plus voir la nature qu'à travers la peinture telle que les années l'avaient obscurcie. Aussi passons-nous beaucoup de périodes de noms.

Toutefois il Il lui-même plus est trop aussi profonds que sont vastes ses artistes. et Seurat retrouvèrent dans ses écrits les principes sur lesquels . Elle est. comme il Et même si. ces principes on ne et Il académiques. Il faudra que toute une révolution s'accomplisse pour qu'on retrouve et comprenne ce par quoi. analysera que plus tard. n'exerce cepen- qui va se produire. et ils ne profiteront aux le que par répercussion les ateliers il possède une palette. qui trouve dans les jeux de la lumière et son cœur perpétuellement ému. il était révolutionnaire. pauvre avait plutôt éclairci la palette qu'elle Le grand maître du clair de l'ombre un moyen de confesser et claire. personnel pour être suivi. dant aucune influence sur le mouvement J. imité. trop complexe pour être a découvert dans Seulement. d'une richesse dides. ment combattu.DU RETOUR A LA NATURE ET DES PRÉDÉCESSEURS IMMÉDIATS DE MONET. obscur. et c'est plutôt Géricault (bien encore. Prud'hon. C'est ainsi qu'ils reproduisent ses effets tragi- moins lumineux. ce sera précisément en éliminant tout ce qui chez lui jaillit du contact de sa personnalité propre avec la nature. lui font de servîtes emprunts. dix palettes. précisément. ques les (1) ils C'est établissent le seulement vers 1883 que Signac « néo-impressionnisme ». ne l'avait assombrie. assoiffé de mystère. s'enrichit temps qui suivront. en tire qu'il n'enrichit la sans cesse des effets splen- peinture de son temps et des les domaine matériel des principes aussi féconds et incursions dans tous les domaines de la poésie. (1). que les cuisines (d'ailleurs si savoureuses) de Decamps et des peintres romantiques vont renforcer isolé. en général.-P. tendant à s'éloigner de plus en plus du grand jour de nature pour créer une convention de peinture. dans son ensemble. Delacroix est également tout à fait à part. après l'avoir violem- arrive toujours. pour ainsi dire. demeure Il que ses tableaux aient été en outre noircis par le temps) qui commence à se servir de ces harmonies soutenues. Mais il et d'un éclat extraordinaires. La réaction davidienne.

Les grands paysagistes. Mais. combinée avec celle d'une partie de l'école anglaise. par exemple ses surprenantes études de ciels. une foule assez compacte et assez aveugle pour s'opposer à tout effort de retour à la vérité. à Rousseau et à Daubigny. Paul Huet. si expressives. van de Welde. continuant faiblement l'académisme de David. et Turner n'était pas ou était à peine connu au moment où Constable était apprécié et admiré. Cabat. « déshonoré leurs maîtres en les imitant. de de leur restituer par la pensée. de van Goyen. l'accord ineffable des eaux et du ciel. à des arbres. et qui n'ont pris que beaucoup plus tard toute leur signifiaction et leur prix ? Il est digne de remarque. Degas. cette sorte d'éclaircissement mental. que des peintres comme Watteau et Hubert Robert. attentivement. et surtout Constable. mais en vue d'un arrangement. de Ruysdaël. Renoir et Sisley. de ce dernier. petits-fils des arrangeurs du xviii' siècle. pourtant merveilleux observateurs de la nature. Et encore. l'individualité caresses vivifiantes de un pas de recommençaient à voir. ils peignaient dans une gamme très montée. comme ils allaient de nouveau honnir et accabler Monet. Ils l'air. ils ils le tenter pour eux-mêmes jusqu'au s'arrêtèrent à mi-chemin. partie comprenant principalement les paysagistes Old Crome. œuvres soient sublimes. leurs succès. ou ses plus modestes pochades. de tout arrangement. d'autres la encore. encore.19 Après la période davidienne. et bien que leurs restèrent asservis au diapason que le temps. Certes les Hollandais avaient donné tout cela à profusion. artistes phénomène assez curieux. Ils choisirent un moyen terme. qu'avaient voilée il est facile d'acharnées générations de vernisseurs. Quant aux très beaux poètes de nature de la Grande Bretagne. leur clarté originelle. L'influence des anciens naturistes hollandais. plus que leurs grands devanciers eux-mêmes. faisaient réellement reproduire. allait ramener de nouveaux venus au sentiment de nature dépourvue de tout appareil factice. soupçonnait-on tous les corps-à-corps avec la nature. Tous. certaines pages merveilleusement spacieuses de Cuyp. avaient com- . un important mouvement s'était produit qui allait ouvrir de nouvelles voies. avec l'appui d'un public que leur nombre. ne devaient engendrer que des peintres évoluant uniquement dans l'artificiel. L'on n'a qu'à voir au Louvre. sous l'influence même de leur climat. et ensoleillées et sans préjugés. » Ils s'étaient montrés les plus hostiles à Corot. Corot. de Fontainebleau. à aimer. Bonington. sinon guider la marche de ceux qui devaient ensuite s'y engager. formaient au moment où nous arrivons. si intenses. les grands que nous venons de nommer n'osèrent pas bout. les quatre grands paysagistes de Barbizon. avait institué. Ils ne disposaient que de forces d'obstruction. Wilson. et même simplement l'habitude de voir la vie à travers leurs tableaux. Quoiqu'il en soit de toutes ces actions et réactions. tels que Théodore Rousseau. Ils avaient. de Ville d'Avray et d'Auvers-sur-Oise. mais ils s'en servaient de façon féroce. avaient déshabitué de toute observation directe. Daubigny. d'une conception personnelle. collectionneurs privés ou conservateurs de musées. suivant le mot de M. conteurs de sujets de genre ou peintres d'histoire faussement épiques. W. toutes les géant.

Toute grande œuvre. L'on ne saurait éprouver cette attraction devant les ouvrages de ceux qui se sont crus plus forts parce qu'ils s'immobilisaient dans une tradition. les autres peintres que nous avons nommés pour la diversité. en les dénaturant. Vous reconnaîtrez que une fenêtre longtemps obstruée par disant paysage historique. qui contient vos mains ouvertes tout ou bien encore. Puis. Millet. tous pour l'emploi dominant des valeurs. découvre un horizon imprévu. la plus légère et pourtant si ferme. avaient. au lieu de tâcher d'en tirer. Examinez au Louvre. par exemple. Cette autorité acceptée par le public. brèche dès l'abord par les écoles académiques. noire nuée. avec leur vision naturelle. ou bien encore la minuscule vue de comme dans un espace grand la Plaine des Pyrénées par Rousseau. ainsi que nous chercheur la le disions. Il existe. dans les arts. d'air et de couleur. et ils se . de Courbet un Bastien-Lepage. pour ainsi dire. des vertus singulières de suggestion. avec une rare puissance. des acquisitions nouvelles. pour prendre des exemples. Mais cette base devait fatalement être battue en Corot. instauré des principes d'observation et des efforts de transcription qui préparaient des voies absolument neuves non seulement le mouvement prendre. portant un caractère de beauté et d'originalité. mais à les comparer entre elles d'après les formules que le succès a imposées. de Delacroix un Benjamin-Constant. pose par cela même une question. son arc-en-ciel et la verdure qui ces peintres ont vraiment rouvert sur le le soi monde vrai la poëme de Printemps de l'espace et de Millet. Daubigny posaient ces questions neuves. tandis que ceux qui admirent vraiment l'esprit et non l'allure même des maîtres. capables d'éveiller de belles passions parmi les générations artistiques qui se préparaieiit à leur tour. mais encore ils et l'œuvre que nous étudions et spacieuses. était chez celui-ci faite autant d'habitude que de respect. Rousseau. avec sa menace. préparé une base neuve sur laquelle une nouvelle école allait s'appuyer. les artistes de second ordre confisquent à leur profit les acquisitions des vrais inventeurs. la plus claire. dans une tout autre note l'altitude. difficile. que toute innovation devait déranger dans leur tranquille autorité. la délicatesse dans les notations. Leur masse compacte rend au tâche encore plus groupent autour de faux chefs d'école. en les affadissant. qui osait se réclamer de Poussin. en apportait encore d'analogues. Les spectateurs. Nous avons nommé Courbet. que de Millet prétendra sortir un Jules Breton. C'est ainsi.20 mencé une évolution considérable. leur succédant de près. sont hués comme extravagants. lumière. la ravissante Route d'Arras de Corot. dans la collection Thomy-Thierry. de Corot un Français. facilement les subissent et en arrivent non plus à comparer les œuvres avec leurs propres conceptions. et vous serez tentés de croire qu'ils avaient Mais sous rit le le le dernier mot dit le n'est dernier jamais mot en matière de dit en art. Un autre homme. inspire une curiosité de chercher encore. ici Sans eux. n'auraient pu se com- n'auraient eu de raisons de ne pas se produire. Courbet pour la vigueur dans la simplification.

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âprement combattus. Claude Monet devait les dates de dans ce labeur. et celui de l'indignation étonnée que soulevaient leurs propres efforts d'émancipation. en caricature ses grands tableaux. Nous n'avons plus. œuvres surtout prendront vie et les grands artistes sur lesquels la parole. Courbet était un «grossier les réaliste » et l'on tournait les en ridicule sa personne. trente-cinq lorsque meurent Millet et Corot. des jeunes gens absolument obscurs. Aussi. malgré leur gloire commençante. maintenant que l'on sache le prix. naissance de Monet et de ses compagnons de mort des grands peintres de la première partie du premiers atteignaient à peine l'âge des débuts. tout d'abord. malgré l'admiration des bons juges. Par nature la même de son talent être celui qui prendrait la tête et l'objet du nouveau mouvement lèrent le plus vaillamment les courages. une grandeur s'y diriger. vers les années 1860. Par l'énergie de son caractère. Millet. Courbet en 1877. Cela lui dont il est bon que et la troisième les difficultés de ces dates.21 Le public ment des hésite rarement. alors que xix' siècle. c'est il . La que qu'à laisser de côté les théories et les explications abstraites. à travers la les et d'une plus rudes épreuves. non point de donne. Claude Monet a donc vingt trois ans lorsque disparaît Delacroix. de labeur incessant joie qui se maintient toujours égale les et dures à soutenir. pas yeux bientôt les les détri- créateurs. maintenant. à ne pas choisir les imitateurs que la tâche de Corot est accomplie. Sa bout à l'autre comme un Si l'on de la rapproche qui par suite aurait les luttes il fut un de ceux qui stimu- longue carrière nous apparaîtra d'un surprenant exemple de ténacité. pour ne pas dire bafoués. que celle de Courbet s'annonce et s'affirme. Les jeunes gens qui allaient essayer d'apporter leurs vues et leur expression en dehors des formules régnantes avaient donc double obstacle à franchir la : celui de défiance persistante envers les patrons qu'ils se choisissaient. Qu'il suffise de se représenter nouveaux venus devaient tout d'abord prendre modèle étaient encore. la chaleureuse défense des vrais critiques. que celle de prépare. du moins essentiellement. les plus celles de ses recherches. on voit que les derniers s'éteignaient. alors que au et les esprits même Manet se encore des débutants. Delacroix mourait en 1863. Entre la première but et connu toutes l'atteindre. Corot en 1875. a eu la révélation de son mais de vivre pour pouvoir devenu de l'histoire. La peinture de Corot «n'était pas finie». auront tournés vers ces initiateurs. ayant tout de suite compris maîtres brevetés ne peuvent pas être leurs maîtres. après avoir ainsi posé les principes généraux qui régissent les évolutions artistiques et les conditions particulières dans lesquelles celle-ci allait s'engager.

Le besoin de vivre agissait donc tout d'abord. en même temps que le besoin difficulté matérielle n'a . mais sa famille exerçait le commerce au Havre. aucun genre de manqué. A cette époque. en guise de viatique pour les années décisives de mise en route. comme pour Monet (et pour Corot avant lui) d'un dissentiment familial. quelque flatterie qui les entoure dans leur milieu. et infaillible palliatif) étaient même une formelle rupture laquelle le succès (à au contraire une excellente défense contre plication excessive des artistes inutiles et un puissant stimulant pour le la multi- développement des énergies chez ceux qui avaient une réelle valeur. il était encore d'usage dans les familles bourgeoises de s'opposer à la vocation artistique que se sentaient ou croyaient se sentir les jeunes gens. soit. A la plupart des artistes remarquables qui seront nommés ici. soit que la pauvreté provînt. Claude Monet est né le 14 novembre 1840 à Paris. voyons aujourd'hui régner un esprit contraire. Ceux de cette sorte n'ont tenir par leurs seules forces aux jamais succombé dans commencent et devaient sou- décisifs débuts de la vie. Les enfants de la bourgeoisie qui ont maintenant tout loisible pour se payer artistique les luttes qu'ils demeurent dans la le luxe et la vanité d'une occupation médiocrité. Bien que forcent pas tous leur progéniture à se vouer aux arts. sous une forme ou sous une autre. comme pour Renoir (et avant lui pour Millet) de la naissance dans un milieu laborieux et dénué de ressources.DES DÉBUTS DIFFICILES. en faire pousser l'idée. d'artistes et s'en certaine opposition. vent se mesurer à ceux qui prennent Une était un pères et les mères ne font de leur mieux pour lui amour de l'art peuproduction par rapport au nombre de Les excellents résultats de ce contagieux la qualité le ils les Nous nom moyenne de la arrogent l'apparence.

la timidité du succès définitif. Tous les détails possibles ont été donnés dans les livres qui ont précédé celuici. nous racontions l'histoire de ces artistes et examinions leur situation d'alors. les succès immédiats et irréfléchis ont gâté beaucoup plus de belles natures qu'ils n'en ont encouragé. si le témoignage même de ses yeux. la critique et les Nous sommes ou l'indifférence de la multitude. y a une trentaine d'années encore. . Quoiqu'ils eussent été obligés de les accepter parfois. jamais assez faite. malheureusement. la prospérité prématurée. Nous verrons de même que l'opposition déchaînée. venant les unes et les autres. ni ces le l'esprit. le l'hostilité encouragements à il pensée. les talents secondaires. ceux de notre génération. chacune à sa façon. les fécondes épreuves de résisde dérision. développer ses dons et exciter son enthousiasme. ils passèrent toujours bien loin après ceux de gagne-gloire. aîné dans la carrière. camarade de point de départ. non plus de la famille.23 de vaincre. nous étions Il fondés à présenter cette histoire sous un tout autre jour que celui qui l'éclairé aujourd'hui. Aussi lorsque nos aînés. lorsqu'on y regarde de près. manque du côté des de quelque compagnon de l'appui jours de la part amateurs n'imposent plus à aucune mani- ne purent abattre son invincible confiance en sa puissance intérieure et enflammée par protecteurs naturels. En aucun temps elle n'a accablé et vaincu. les franchir. et que que dont l'on fait la balance des déboires et des triomphes. se rencontre tou- attirés par un début si obscur attractions fraternelles. car sans cela. mais il a pourtant sa nouveauté de présenter complet un tableau qui s'arrêtait alors à la peine. ne put davantage les faire fléchir. on n'a. que ad augusta per angusta est la seule dont les artistes devraient faire le règle de leur carrière et de leur vie. mais de tout un public et de ses représentants réputés autorisés. le public. Claude Monet. Au rebours. ces hommes se fussent enlizés dans les travaux de gagne-pain. des privations et des gains. la devise résumé et la que peu de goût pour la souffrance. Nous allons voir rencontrer sa large part de cruautés matérielles et d'ardentes sympathies. et arrivés simplement à aucune velléité d'art. Ainsi nous apparaît en chaque déboire d'autrefois la preuve. renfort de qui le animé par des plus effectif contre obstacles. importait moins il ou aux même certaines natures supérieures mais incomplètes intérêts intellectuels de l'humanité que l'œuvre fût entravée ou interrompue. Seulement. qui se tournèrent enfin si profitables à la vaillance d'un tance. Mais celui-ci était de beaucoup le plus fort. Puis. ou simples témoins de rencontre soit-il. le sarcasme demeurant mal désarmé. à une époque où même festation. de lésine. Ni ces ne manquèrent à Monet. et nous-mêmes. il y avait lieu de s'indigner contre la lenteur opiniâtre de la fortune. devient le soutien.

qui s'appelait Eugène Boudin. sans autre ressource désormais que en revanche profondément perplexe sur la le hasard des travaux. insuf- pour le faire vivre qu'il recevait de la ville de Cherbourg. s'appelait J. Isabey renchérissait sur la couleur naturelle. Ce fraternel appui que la sympathie. avait toutes les peines du monde à se faire La peinture grise n'était guère goûtée à ce moment-là. Millet. avait jeté un regard sur les essais du fisante d'ailleurs papetier. son aîné d'une quinzaine d'années. dessins de fantaisie. en revenait au partait bout de trois ans. Boudin obtenait une pension du Havre. que n'aurions-nous pas à trônait. Le moment est intéressant et curieux à noter. et cherchant à se dégager lui-même à travers les difficultés et les doutes. Gudin souffrir. — et la peinture. Le Poittevin et d'autres encore . mais route à suivre. Dans une autobiographie pleine de bonhomie. la communauté de recherches ou de luttes. portraits à trente francs pièce. pour Paris. «Si Corot. surtout un nom. écrit-il (en 1887). avec un immense talent. Boudin en a donné un aperçu qui ne sera point étranger au sujet qui nous occupe. nous autres écoliers ? pour la marine. qui avait débuté assez tard dans après avoir fait le métier plus lucratif de papetier-encadreur. bienveillant. et qui était venu échouer au Havre pour chercher du travail. Prenant en intérêt cet aspirant montrait que la aux rudes épreuves de son métier. Ce pauvre chemineau de l'art qui dans sa détresse aidait à l'éclosion d'un talent sincère et de qui l'exemple enflammait l'artisan bien payé à se faire aussi pauvre que lui. l'idée lui était venue «d'en faire aussi». qui n'avait plus la pension. ménagent d'ordinaire aux débutants. et qui même éclaire les conditions dans lesquelles la vocation de Monet allait éclore.DE L AMITIÉ OPPORTUNE D'EUGÈNE BOUDIN. Il lui fut donné par un homme simple. hésitant entre Rousseau et Corot. il lui route « n'était pas semée de roses » et lui donnait de ces aperçus et de ces conseils qui ne font que déterminer plus rapidement le choix du plus dur parti.-F. A force de tendre et d'encadrer des pastels pour les autres. à l'huile ou au pastel. Un pauvre diable de peintre. Claude Monet le trouva très opportunément dans la ville même de ses premiers essais.

ces leur naturelle » qui tenaient plutôt de la encore c'était « le meilleur but en somme. comme la ma les plus éclatants de et fine dans des termes petite part d'influence dans grande lumière. malgré l'étincelle. n'avaient quand une de ces nouvelles vérités relatives sur lesquelles reposent l'air. séduisantes le extraordinairement approfondir. Boudin d'un instinct juste et ingénu. J'en profitai pour entrer aussi par la porte qu'il avait forcée. tandis que commun Au surplus. comme j'en à ceux qui m'ont conseillé et m'ont offert des modèles à suivre. d'impérieux propagateurs. sont emportés plus loin par leur talent personnel. avec les de Monet. mais vraiment important. préservé du factice. rien ne l'empêche de se propager. un qui les effets poursuites de l'aîné ni avec les essais du plus jeune. Le jour où Monet adoptera une autre méthode demeurera applicable naturels qu'il devait plus tard technies à la mode. le et mouvement de s'en est encore qu'il faut citer : qui porte la sincérité dans la eu l'honneur d'introduire Claude Monet. que peinture la renchérissements sur la cou- décoration de théâtre. s'intéressait à son tour brave garçon. contre lesquelles contre son intérêt immédiat. Elle ne s'efforçait que de rechercher et si gamme. Claude Monet de ses perceptions innées. lui donnait l'idée de ce qui préoccupait à Paris les milieux artistiques somme. du plein air ciel. et tout naturellement dirigé vers la simplicité des maîtres. modeste en apparence. rénovations artistiques est dans contrer la comme beaucoup pauvre Boudin réagissait par conviction rien de les bonne. fallut se retirer Il que je suis et c'est ainsi du gris I dans sa province en attendant des resté près de quinze années sans revenir à Paris. car elle trouve soudain. « Il commençait un peu dure cachait un fruit excellent et des une peinture dont l'écorce plus savoureux. Rencontre heureuse. ni plus tard. temps meilleurs. ce au jeune Monet. en opposition avec ces fantaisies arbitraires. ce n'était guère l'occasion d'apporter On n'en voulait à aucun prix. Il allait s'en ren- devait lui aussi. car entrevus. sur plusieurs points à la fois. ne m'en devront pas moins quelque reconnaissance. de ses lui faisait part recherches. et voici comment Boudin en parle. Il les pyro- et de choses fausses. car ce juste. Si l'art plusieurs de ceux que j'ai moderne. n'était. qui pût être proposé au tout jeune débutant. » Par un beau phénomène de transmission de ses propres difficultés. à faire avaler entre les maîtres naturistes de 1830 et celui qui devait quelques années après devenir le protagoniste d'un des mouvements rendu compte à sa manière modeste « J'aurai peut-être la eu peinture vers l'étude de reproduction des effets du dans la voie. ni même l'empêcher de s'acheminer ultérieurement vers ses analyses de colorations plus vibrantes. en ne pouvait que donner les avis tout en cherchant sa propre voie.25 faisaient fureur en peignant de chic. Cela ne pouvait donc détourner ni maintenant. » Ainsi Boudin avait joué un rôle. » ils Il ai dû moi-même . Quant à ce qu'il appelait la «peinture grise». jouer quelque rôle dans le développement juvénile s'appelait Jongkind.

impatient de devenir un maître à son de montrer ses essais au public sage ! tour. encore une profonde sensibilité la griserie un pay- avait exposé. Que l'on juge de la situation d'esprit d'un tout jeune homme. Après ses propres tentatives et cette première initiation. Il part donc pour l'armée et est incorporé à un régiment en momen- Algérie. on ne peut pas se faire remplacer pour apprendre et cultiver la peinture mais elle croit — ! — impose seulement cette condition qu'il renoncera à son juvénile caprice. — car dès 1856 Monet — un jeune homme. une fois les chimères évanouies. Monet préfère à la servitude perpétuelle du commerce. un acheminement vers la liberté. Elle au danger d'être peintre. convaincue seulement du bonheur qu'il y a. enfin. Au bout de deux ans des inquiétudes à la On de service sa santé s'altère au point de donner cette fois famille. à Rouen. qui consent enfin à le laisser s'adonner à la peinture. d'un tempérament impétueux. malgré tout. à vivre la bonne vie sûre et confortable des affaires. cette servitude tanée qui est. elle est toute disposée à exonérer le jeune homme du service militaire on achetait alors un remplaçant. qu'exalte (c'est un trait de son caractère que nous aurons plus d'une fois à noter). pensait Monet. fait la connaissance d'un maître. la discipline était rigoureuse. qui est pourtant le seul vrai. peut se demander si ce séjour au régiment a exercé une influence quel- . les forces étaient soumises à de rudes travaux. éperdu de découvertes devant l'immense nature. Aussi. Les vieux soldats n'étaient pas tendres pour les conscrits. RENCONTRES HEUREUSES. parti sur un rêve magnifique. ayant déjà. Le métier militaire alors était fort dur. — et tout cela brusquement arrêté La famille ne veut point le ! voir sous ce jour. débordant d'idées. malgré ce que nous avons pu dire de l'utilité des débuts contrariés. l'entrée dans la carrière. mais. se montra pour Monet assez cruelle. ayant connu. à seize ans.DÉBUTS PÉNIBLES. à quinze ans. lorsqu'il atteint l'âge de tirer au sort. énergique.

et d'ailleurs arbitraires. à qui Gleyre demandait C'est sans doute pour vous amuser ce que vous faites de la . merveilleuse luminosité. Monet entre l'atelier de Gleyre. faisait cause trois désertaient avec L'impétuosité et indépendance. n'ait trouvé qu'il faisait bien qui. la fantaisie. et la liberté Peut-être ces règles peuvent-elles servir à d'honnêtes correctement un chemin (et qu'il Mais dès qu'un officiel. Puis les conditions dans lesquelles il se trouvait en Algérie étaient absolument exclusives de et tout travail artistique suivi. la avivées par la plus farouche. si Monet avait jamais gnement académique. niant tout juste la sève qui font leur force et leur grandeur. s'éprenait des deux rebelles. en concevoir sur il l'ensei- ne devait pas tarder à moins allégorique que ne pouvait et le figurer son maître. l'auteur des Illusions perdues. un non sans Monet plantait « dédaigneusement : là — la fine et la sensibilité tendre exquises esprit émancipé malgré les talent s'annonçant original et ferme. Moitié par acquit de conscience. à bon sens étrangement : Renoir ! Et. dons de fortune. mais d'une façon moins éthérée été porté à et si indifférent. nous verrons que la révélation devait venir par une autre voie. et d'allemand une circonstance un effet Claude Monet se rencontraient. la plus irréductible émancipé comme Beethoven dans son On peut toujours changer les se produisait. que le tempérament vif et bouillonnant du jeune homme. Corot tout le premier. claires sans doute. longtemps et froide. mais rapprochées. n'a pas été et conque. le grâce et libéral. sa fougue vitale avide de se rencontrer et de se mêler avec la vie elle-même. de cette région. mais aussi sur toute la période qui ironie. un camarade vraiment quelque génie » ! plus joyeuse encore. ardent. Renoir. bons élèves et tous stupéfaits. règles pour cause de schœner Enfin. : « nous paraît plus belle et considérable non seulement sur Monet allié à allait bientôt s'ouvrir. son chevalet tout bonnement.27 conque sur son talent naissant et si le ciel de l'Algérie Mais nous sommes convaincus pour notre part que effet. de Boudin et de tous les peintres novateurs d'alors. et qui devait avoir l'énergie de qui feront est porté à dire. les plus éclatants soleils. D'abord cette vision n'était ne pas révélé lui a la lumière. un autre impatient. et fait d'illusions. quand ces heures sont semble s'enfuir pour jamais. allégorie suave demeurée célèbre en Certes. de méthodes parfaitement C'est mécaniques. en la ne pouvait être pour sa vision d'une utilité quelpas encore exercée comme elle le fut plus tard. et de toute jouissance des somptueuses vibrations de la nature. que peut-être aujourd'hui dix personnes seulement se rappellent. d'un jeune artisan pour achever. ne pouvaient s'accommoder de règles conventionnelles. Le jeune artiste ne connaissait encore que les gammes. qui à distance lui-même. n'est pas Il que tristes et sombre par un de nous l'espoir aux heures de la jeunesse. l'atelier Gleyre. «grises». moitié pour calmer les craintes de perdition qui comme pouvaient subsister dans sa famille. élève dans un atelier officiel. sa passion de vérité. et prétendant s'appuyer sur l'exemple des maîtres. à la fois si autoritaire les perdre. Frédéric Bazille. ne se trompe pas là-dessus). il beau baragouin mélangé de français artiste se sent manœuvres commune éclat le chef d'atelier indigné et les avec eux.

aurait fait scandale. ou qui ne paraissent tels que parce qu'ils font revivre les traditions des grands artistes d'autre- devient nécessaire qu'une voix éloquente s'élève pour rétablir les qualités. elles trouvaient l'ensemble du public disposé à admirer. la nôtre. se joignait à eux et préférait la forêt de Fon- tainebleau aux officines de formules. Enfin Monsieur. cette manière de rompre pu attacher alors Si l'on avait même en visière avec un maître influent moyens de se faire connaître et nement capable de « lancer » de et la des recettes qui assuraient à tout apprenti docile les apprécier. par d'innombrables évolutions. des rivalités d'artistes et de groupes. des préférences de maîtres et de protecteurs. quelque degré que ces consécrations fussent obtenues. pour des raisons analogues de sym- pathies et d'aversions. . il procédés semblent permis. année du fameux Salon des Refusés. Elle ne devait s'éveiller qu'un an d'une façon retentissante. les artistes originaux n'avaient pour ainsi dire pas besoin de défenseurs parce qu'on n'attachait pas d'importance à l'originalité. dès le moment qu'il faut. dépens des «refusants». un Thoré pour encourager un Théodore simplement fidèles. aupa- ravant. depuis l'abus de pouvoir jusqu'à l'outrageante parodie. mais succès de sympathie auprès des quelques esprits sensibles créés à point Refusés accaparaient l'attention au trouvaient perdus dans le grâce à l'intolérance excessive recueillaient. mais seulement aux Mais dès talents. Mais elles s'exerçaient toutes avec des consécrations analogues pour but. Les rires sont sans pitié. Elle aurait été tels un évé- audacieux. La curiosité du public n'avait pas encore été épui- comme sée. La bataille est âpre et longtemps indécise. si cela ne m'amusait pas. Alfred Sisley. le deuxième quart du xix" siècle. qui miraculeusement convertis. Cet antagonisme est tout à fait spécial à l'art du xix° siècle. un succès de risée masse respectueuse. ou simple- ment consentant. il se trouve. trois Ils se sans doute auprès de la nommé nombre de ceux qui des jurys officiels. tous les mauvais fois. triomphe arrive. les mœurs artistiques étaient toutes différentes de ce que nous voyons aujourd'hui. un Baudelaire pour soutenir un Delacroix. Lorsque le ces efforts désintéressés. En un mot. ce sont généralement il y a plus de coups à recevoir les plus féroces négateurs. avec des innovateurs. Renoir et Bazille avaient la malechance d'être les trop tôt révoltés. sans doute. quoi que cela ne se soit passé qu'il y a seulement une soixantaine d'années. du moment que pour tenir tête à l'hostilité impitoyable des rivaux et à la routine du public. Il y avait. se mettent au premier rang des enthousiastes et crient beaucoup plus fort que les premiers admirateurs demeurés Peu importe. Mais. l'atelier Gleyre. les rieurs les plus obtus. et d'ailleurs 1862 Monet. et sincères dans leur ingrate lutte. A dans un sens à peu près identique.28 peinture ? — et répondait » ne revenait « : — plus. obscurs n'ayant et moindre importance à quatre jeunes hommes pas encore débuté devant le public. après ce départ de En En 1863. les pour soutenir et clairvoyants les comme chercheurs neufs il et de promesses en a existé de tout temps. Pour les défenseurs même de que de triomphe à partager. je n'en ferais pas » un autre camarade.

et même un Champfleury pour comprendre Courbet. Puis. En soixante toutes les phases de ce chapitre de l'histoire artistique se sont accomplies. des vilenies et des risées. ont encombré trottoir banal. en attendant que d'autres générations relèvent de leur poste de combat ces protagonistes et achèvent la victoire. et ce que l'on pourrait appeler les incompréhensions Sisley. empêcher de perdre toute confiance. ou un Zola pour batailler en faveur de Manet. de révoltés calculateurs. des Chesneau. Ils étaient les juges les plus stricts de leur œuvre. Ainsi peut se résumer (les œuvres mises à part. lorsque les formes jadis proscrites commencèrent d'être acceptées. une foule. Assez mauvais calcul du reste années. méritaient en route quelques uns de ceux de ne pas tomber avant l'heure. Puis. Renoir. Leur succès final ne devait plus nuire qu'à leurs imitateurs. A ce moment. Il ne risque guère de se à l'écart entre deux académismes et celui : durement frayées. elles ont en revanche récompensé tardivement. mais dignement les Monet et les Renoir. l'incertitude des efforts et l'indécision des spectateurs rideau en attendant un nouveau spectacle. sinon les excès de l'admiration. figure et tactique de persécutés. comme Manet. devenues rencontrer de victimes que ceux qui se tiennent celui qui se les routes réclame des aînés sans les comprendre. pour consoler Monet. maintenant épuisée. et les annoncent l'évolution jours actuels. ces artistes n'ont plus rien à redouter. enfm des Duranty. et. où où les le arbres de la forme du gouvernement) Salon des Refusés fut l'ouverture. prennent. des Burty. qui les nie sans les connaître. de martyrs professionnels. et la période est close. artistes et leurs et défenseurs soutenir la lutte contre On les a vu d'abord les grands académiques oligarchies contre la lenteur du public. pour arriver plus vite. d'innovateurs puérils. Heureusement ils eurent la tête solide. et à ceux qui sans mériter les persécutions. si la gloire et la fortune ont laissé qui. qui ne se préoccupent pas plus des discussions sur l'art que comprise entre l'année 1863.29 Rousseau. et les en trop. comme nous venons de : cette veine est le dire. le baisser du . ils ne s'en connurent que mieux eux-mêmes. comme Sisley. s'ils ont eu à souffrir d'être méconnus. un Théophile Silvestre pour discerner la juste place des Corot et des Millet. des Duret. un torrent de soi disant audacieux. dès la première heure.

C'était pour eux sinon la révélation. les froideurs prétendues classiques. pensait continuer les maîtres qu'il avait admirés en Espagne et au Louvre. Edouard Manet. encore incompris et combattu en 1863. modèles dont on s'inspire en admirant leur esprit sans copier leur manière. leur donna la mesure de leurs forces résistantes (1). loin de faire périr sous les huées certains artistes originaux. à qui l'on oserait à peine parler. et ne songeait nullement au puéril amusement de partir en guerre contre les soi-disant maîtres qui trônaient aux Salons. un événement capital. ou du moins qui s'affirme plus décisif à distance qu'il n'apparaissait aux contemporains. contredisait leurs sensations non oblitérées par une discipline d'atelier. avec la plus parfaite bonne foi. était de nature à l'encourager à l'indépendance. notre transfuge et ses compagnons ne devaient guère tarder à choisir leurs vrais maîtres et modèles. la distinction chant sur les joliesses magistrale qui émanaient de ces œuvres. Maîtres que l'on n'a pas besoin d'approcher. non pas dans le dessein de faire un éclat. Manet exposait quelques peintures à la galerie Martinet. De même. Monet ne se proposait pas davantage de courir coûte que coûte à une originalité arti(1 1 De ce nombre étaient de purs classiques. et la franchise. tels que Fantin-Latour et Legros. du moins la confirmation de ce qu'ils espéraient pouvoir faire de puissant et de neuf avec une vision directe et une interprétation sincère comme l'avaient été celles des grands devanciers. produisaient sur Claude Monet et ses camarades une im- pression décisive. tran- conventionnelles. les roman- tismes attardés et affaiblis. dans sa mesure. et sans prétendre eux-mêmes à rien changer ni bouleverser. Enfin. avait depuis longtemps ému ces jeunes artistes par la simplicité et l'harmonie. n'était pas sans conserver une persuasion d'exemple.. cette manifes- tation qui. / . Boudin.PREMIÈRES ORIENTATIONS. pour avoir rompu avec l'enseignement routinier. Monet ne Si prit point de part au Salon des Refusés en 1863. se produisait en cette même année. la force. . mais parce que cet enseignement répugnait nettement à leurs fraîches aspirations. Corot.

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que nous devions toutefois indiquer pour montrer dès le principe. il se fait sentir. comme le public allait bientôt le croire. à un homme qui a méprisé les recettes et qui s'est appuyé. et lyrique par la la notation. Ce il réalisé dès l'abord et l'a il qui ne se sont pas démenties un qu'il annonçait. Mais sans anticiper sur cette progression. dire comme voulait. que ceux qui. mais nullement sec est ce une logique seul instant. la rapidité et la demeure à la fois cursif et solide. les la et que lui que nous connaissons jury accepte ou refuse. enrichi et perfectionné avec une suite et force de la plantation. et les plus justes et les plus appropriés. et particulièrement celles qu'il destine ni marquer tout artiste sincère. Aussi. très accusé. le dessin essentiel. aux analyses de couleur les plus subtiles. Nous en voyons la preuve dès mulation du mais qui ne sont pour braver A les pour forcer faites ni l'a comme il le sentait. Il de bonne foi ce qu'il voyait. Ensuite sûreté. Mais il notion d'équilibre aussi sûre. il s'incorpore pour ainsi dire à la lumière. que loin d'être. Il n'était l'attention par cette simplicité cette et un insurgé. aussi qu'on pourrait appeler la la netteté et même fermement à la façon de voir établi. aussi rythmée. comme on le jugea dès qu'il attira elles-mêmes tranchant sur l'accu- justesse premières œuvres de aux Salons. dans la maturité. renversant à plaisir les colonnes du temple. pour toutes ces raisons. avec un dessin souple et plus insaisissable. et dans la dernière partie de l'œuvre. les et mêmes vertus de construction. Ce tout jeune démolisseur. comme nous le verrons. mais plus passeront peu à peu aux recherches les plus aiguës. Il allie la franchise. même dans des effets de pure atmosphère et d'eau. qu'une architecture. il l'a tenu. par les moyens pas. Les ouvrages de sa première manière contiennent. homme de vingt-deux ans a devant froid d'un positiviste. ce qu'il cherchait. qui. ni surchargé d'indications inutiles.31 ficiellement combinée. procurent pourtant à nos yeux et à notre esprit une au début. Ce dessin. joie de Il la est positiviste nature toute par la la foi d'un lyrique et tout le sang- perception directe. un un improvisateur hasardeux. bien que ne commençant ni ne finissant proprement nulle part. nous avons affaire au contraire à un constructeur réfléchi dans la conception. Puis encore. le médaille suivant les formules propitiatoires. s'il est parfois impétueux dans l'exécution. partir de ce moment et jusqu'au bout de sa carrière l'œuvre de Claude Monet aura été d'une merveilleuse unité. non sur l'expérience des autres. nous est-il impossible de considérer Claude Monet autrement que comme un parfait classique. son effort. grand. mais sur la sienne propre. préjugés du jury. il se libère et s'élargit. . quant à simple sa place par factice.

en 1862. tout la clarté en conservant les mêmes mer et dans étonnantes qualités lumineuses. NE RENCONTRE PAS ENCORE MANET. les la nature même du contiennent en germe. plus fougueux. ET PEINT DES VUES DE PARIS. qui avait contribué. Plus tard. l'Océan prouve déjà à quel degré de sûreté moyens extrêmement le le très en valeur sur de peintre était parvenu à rendre. pour l'œil du spectateur. pour celui qui les analyse avec attention. des terrains en pente abrupte. Divers pastels datés de 1862 nous donnent déjà une idée très heureuse et très complète d'un talent vigoureux. un remarquable tableau daté de 1864 nous montre un thème auquel bonheur : les Falaises le ciel peintre reviendra plus d'une fois avec Une barque. à une harmonieuse synthèse. une tandis qu'en avant remontent ces pastels datés.MONET RENCONTRE DÉ. sinon à engager Monet dans cette voie puisqu'il la suivait déjà et cela depuis ses relations avec Boudin. analyse tellement sûre et serrée qu'elle équi- vaudra. que son spirituel et judicieux aîné. déjà et protégé hardi voit le et rend moins menu. Tou- diminuer en rien que de voir des analogies avec la façon de procéder par conséquent la trace des conseils de cet excellent moniteur. voyant juste. Monet y ajoutera de la complexité et du charme par la décomposition de la lumière et de la couleur qu'elle exalte. la grande intensité de la lumière sur la qu'elle réfléchit. Comme type de la peinture de ces premières années. Mais tefois ce n'est le de Boudin.TÀ JONGKIND. sachant mettre Ces dessins doivent certainement leur force expressive à commençant cette et ils choses à leur plan. de Sainte-Adresse. Nous pouvons citer un de une Vue d'Yport. grandeur de construction qui sera une des caractéristiques de l'artiste mûri. représentant grande falaise au pied de laquelle se blottit le village. mais à y marcher désormais d'un pas encore plus ferme et plus sûr. On a sans doute deviné qu'il s'agit de la rencontre de Jongkind. Autre chose est de . par les simples. Une rencontre opportune s'était produite.

ses idées sur l'art. Pendant « M"" Jongkind. Et Le grand balourd de Néerlandais c'est elle : « Ce repas. de discuter avec lui au besoin. à partager l'hospitalité et la table familiales au Havre. ainsi que ses lettres. en pleine clairvoyance de ses artiste déjà aussi volontaire Jongkind en 1862. les Tout cela ne pouvait que l'entretenir en haleine et en ardeur. mais aussi contre des alliés admirés. à la fois un contrôle et un stimulant. était relative à la composition. des sur certaines lubies de ce génial dérangé. La grande question qui en faisait le fonds. que Claude Monet ne peut alors que trouver prolit à se rencontrer avec un précurseur maintenant en pleine période de combat comme aussi en pleine possession de ses moyens. Liaison enfin. avec le motif . vous représenter les entretiens et les discussions que Monet vers cette époque engageait non seulement avec Jongkind. détails et » le Voyez. voulait qu'on ne se gênât point. qui s'obstinait à ne pas vouloir garder la pose. . une confirmation enfin. dans une cour de ferme normande. c'est un ange. de Un le au regard par le hasard. » en causant. en effet la robuste personnalité naissante ne peut plus être dirigée dans un sens déterminé par un maître aussi spontané. ou plutôt à la non-composition du tableau. quelqu'un dit n'est pas mon femme. Amitié qui va jusqu'à l'invitation de Jongkind et de sa compagne par Monet. Mais y a plutôt une sympathie agissante. en grande partie — — — — mais en y ajoutant des détails étrangers qui feraient bien. voulait l'acceptation intégrale. de Hollande. « Je vous prie de et Tout en peignant confrères. ainsi qu'au peintre à la peinture. sans rien changer ni intervertir dans l'ensemble du motif qu'il avait sous les yeux. s'efforçait de peindre une vache. réclamait pour le peintre la faculté de supprimer ou de modifier quelque peu des détails et des lignes. préoccupe. non seulement contre des adversaires déjà désignés. allant beaucoup plus loin. Monet. conversation à perte de vue. Réponse enthousiaste de Monet. autant par les analogies que par les différences. Un touriste anglais qui passait par là s'intéresse à la lutte. mais aussi avec Eugène Boudin. Monet. sur la peinture qu'on aime et la contraire. Jongkind. connaît un de ses la vache. d'entendre sa voix. l'Anglais demande au peintre drôle de personnage Voulez-vous me s'il Jongkind. aussi buts. des tendances déjà décidément manifestées. qui m'a empêché d'être empoisonné par l'ordre de la : Mais Cour monographie de Jongkind par Moreau-Nélaton. tel qu'était que grand Hollandais. ou même de connaître l'homme même qui nous offerte et voir au travail. » Présentation joyeuse. Alors. Vous pourrez aussi. on le devine. ou en intervertissant à sa guise. une sorte de contre-épreuve s'exerçant en toute liberté. par analogie.33 recevoir quelque influence d'une œuvre d'une simple théorie transmise par ouï-dire. « un et le permettre de tenir connaître nommé ? Il est tout Monet permet. Boudin. instinctif le il La connaissance se fit d'une manière plaisante. dans » la belle vous pourrez facilement reconstituer rieurement entre Jongkind et les conversations qui eurent lieu alors et ulté- Monet. et il ne se gênait point pour composer entièrement le tableau. près d'ici. puisqu'il avait maintenant à s'affirmer son plan de travail. à l'auberge où je suis. on peut le dire.

De 1862 à 1866. édifices qui avoisinent et qui. et il ne pouvait pas deviner qu'elle lui vaudrait encore pour plus tard un ami magnifiquement dévoué. appréciées du public et des artistes. mais l'exprimant tout entier. Elles étaient bien placées. lui. Comme on lui demandait s'il avait vu les Marines. très remar- . tel Manet que pour mais déjà la personnalité s'affirme et ne ressemble ni à Boudin. sans abréviation deux noms sont devenus également illustres. découvre le Panthéon et. amusant de conter que Manet fut légèrement piqué de cette entrée en scène d'un presqu'homonyme. c'est le courant que montré. de fiacres. une résolution. et il y aurait lieu de s'étonner que plus tard le simple développement de ces belles promesses ait causé tant de scandales et de malentendus. très vivante. etc. après sa mort. parce que les tinue.34 En 1866. les arbres et les dire l'axe de toute la vue. mais un admirateur enthousiaste. maisons qui se pressent le long des quais. de ces refus d'admettre ce que l'on avait d'abord encouragé. ni à Jongkind. C'est à la fois vu avec beaucoup d'esprit. L'une a pour principal motif Saint-Germain-V Auxerrois. n'ajoutant rien au spectacle. nous arriverons à commencée avec de Manet tisans) la période où ce contrôle volontaire de son œuvre presque consacrées (tout au moins auprès de leurs par- celles déjà de Courbet. A présent les n'arrive à personne d'équivoquer là- dessus. l'histoire si de l'art n'était pas remplie de ces sortes de revirements.. comme par un acte de déférence tout autant que pour éviter à Manet à lui-même des confusions bonnes à exploiter par les malveillants. l'édifice est précédé plantée d'arbres. l'heure définitive de la gloire. Elle a pour trait dominant une sorte d'affirmation sûre. la facture large et simplifiée. Une autre Vue de Paris. un et élan nouveaux. la comme au mouvement dont Manet divers paysages de Paris que Claude Monet exécuta pendant peut considérer se rattachant est le les chef années cette dernière datent entre autres trois très belles peintures prises de par conséquent. extrêmement de façon con- même de cer- exact. « Bah on les regarde parce qu'on croit qu'elles sont de moi. ouvrent une vaste échappée sur les colonnade du Louvre. On le sent et on ne tains détails. on le reconstitue par la logique bains. un bateau de quable de valeurs. lui avait créé non pas un rival. et il : Claude Monet. son œuvre. Monet avait eu au Salon de 1865 deux Marines reçues. rapide et pourtant complète. notre peintre résolut de signer toujours toutes ses œuvres. sans arrangement. Il sera peut-être ! : qui devait hâter pour ^ D'ailleurs. où longent le cours de la Seine. Une foule circule entre ces masses et le coin du jardin du Louvre que le spectateur est censé surplomber du haut de la colonnade. Une ligne médiane d'un oblique peu prononcé est pour ainsi en 'avant. et même du fleuve plus deviné détails accidentels des édifices s'interposent le voit pas. très animée de passants. en 1863. ce mouvement de Paris que l'on n'avait pour ainsi dire jamais pris sur le quel. peut-être plus belle encore. Cette ligne. de tout de la place. comme nous le disons plus haut. sans sujet déterminé. » Manet ne il répondit savait pas alors que déjà. Ce n'est rattachable à fait. donnera à notre artiste une sûreté. On et l'initiateur.

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même époque. Elle vaut non seulement par la façon heureuse dont le peintre a saisi d'ensemble tout l'intérêt d'un décor et de la vie qui lui est propre. un moment encore. animent une autre. diverses vues de Sainte-Adresse. et qui auraient dû valoir d'emblée de grands succès à l'artiste. outre paysages. Un grand vapeur est arrêté à gauche. de est encore plus étendue. des viflas s'étagent sur la falaise. Des petits personnages y circulent sur la plage. 1866 ou 1867 très probablement. un portrait de grande importance. Des groupes mondains s'y promènent ou s'y reposent. Cette année 1866 est remplie de travaux importants. les auraient sans doute été suivis de beaucoup d'œuvres de ce genre. mais nous préférons. noté avec beaucoup mondaines d'alors. une très curieuse et très originale peinture. Nous ligne voulons parler. et vers le milieu glisse une barque avec des rameurs. Toutes les barques y forment à droite avec leurs voiles à demi-carguées. précisément. des voiles. est toujours prise du Louvre. moins menu. dames avec ombrelles. Très fortement agencée. ponctuée de kiosques. La carrière de Claude Monet s'en serait peut-être trouvée complètement changée. élégant sans afféterie. de grands tableaux de figures qui. mais aussi par le don d'établir tous les pas de date. Une de ces dernières est remarquable de largeur et de force. afin de pouvoir définir déjà certaines de ses qualités caractéristiques. l'eau. poursuivre l'étude de la première phase dans le développement paysagiste. On 1866. De cette année nous voyons. et tout ausi vivant. malgré sa jeunesse. Au de finesse. En du 1866 Monet est admis au Salon. avec. sauf pour les réputations officielles et les talents qui flattent le goût de banalité qui caractérise alors non seulement la « bourgeoisie ». bien les cette qu'il ne porte un Port de Honfleur d'une grande beauté. Entre les intervalles des voiles et des vergues. Mais la période est ingrate. de ces mille riens qui donnent la physionomie de Paris. du paysage et du tableau de genre.35 La troisième vue. on aperçoit sur un quai toute une foule de marins et de femmes. de voitures. séduction d'une époque sans tomber Boudin avait également. Deux pavillons flottent au bout de mâts qui s'élèvent en avant de ce jardin suspendu. Un jardin surplombe la mer qui s'étend au loin. mais le public tout entier. tout en donnant à la nature environnante le principal rôle. C'est une Terrasse au Havre. messieurs en tenues recherchées. comme De promeneurs animent la surface sablonneuse. les modes reste le ton et même en la même temps. Vers et la partie Ici la le milieu du tableau apparaît la du Pont-Neuf avec la statue d'Henri IV. C'est une page tout à fait magistrale. entre autres. puis encore. est . sur les plages. avec son initiateur De la même période sont d'autres vues du Havre une belle vue de la Jetée. à l'horizon des bateaux se suivent en longue On Tout cela file. et les allures : : du Phare de l'Hospice. est riant et solide ne peut mieux rendre dans l'affectation. une masse puissante et légère. portion de fleuve distingue la pointe de la Cité. ça et là. La manière de Monet n'évoque aucune ressemblance c'est plus net. de la rive droite correspondante. décisifs. Une grande barque à voile vogue assez près du bord. le quai des Grands-Augustins. cette peinture est animée également de personnages. qui tient de la marine. Ces tableaux de figures vont être mentionnés bientôt. encouragés.

un exceptionnel metteur en place. Qualité à laquelle parmi les mieux doués. pas même les grands paysagistes de 1830. L'entrain et la décision caractère qui diffère grandes surfaces. Claude l'équilibre même de la nature. que nous pourrons ajouter à avec un peu de détails. Dans les moment. de les agencer sans hésitation. qu'une assise. Nous pouvons la définir en peu de mots dès Monet cherchant à ramener l'équilibre de sa peinture à s'affirme un grand. : ses travaux de début. de les graduer tout en les différenciant ferme- ment. . cette essentielle de le classer analyse nous a permis de déterminer dès maintenant une qualité Claude Monet. celles ne résume et ne ramasse lumière sur l'eau compliqués et se les grandes lignes et les développer clairement l'immense et aussi sûrs. l'effet lumineux est d'une intensité peintures de cet ordre et de ce que nous citons extrême. pour ainsi dire. Personne à ce moment. L'exécution est aussi vigoureuse que simple. par des moyens aussi peu donnent à le seul fait glisser la cette personnalité un avec qui l'on pourrait être tenu de voir des analogies. sur laquelle en fleuriront de plus subtiles et de plus complexes. Mais nous verrons que cette qualité là n'est encore. ne même de celui de Manet. les plus pourrait se tenir. Or. qu'une base. ciel. mais due surtout à cet emploi des valeurs.86 plans. et qui suffirait à il capables de prendre la suite des grands paysagistes classiques.

àlNTE-ADRESSE LE PHARE D'HONFLEUR .

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de par le tention. C'est l'histoire des débuts de ce qui bon gré. beaux ces étranges révoltés. l'école impressionniste. et l'action. d'anxiété. Une «école» qui n'a jamais eu de prétention à ce titre imposant. joli Sisley. ces de leur révolte ni à attirer bien que ces temps d'avant difficulté. Le ni les plus frugale qu'on puisse imaginer. comme tout révolté professionnel doit le faire. et particulièrement de Renoir. Bazille. et au bouleversement qu'ils ont causé. sans en avoir l'inécoles pour de bon. encore bien loin pour la raison que les idées n'étaient ni formulées. ferme et vaillant. et dans même la devait être.COMMENT D'UN GROUPE OBSCUR SORTIT UNE «ÉCOLE» CÉLÈBRE. vigoureux. joli et gai garçon. puisque la ne cessait alors de leur répé- ne nous décourageons pas. Voilà tout. car Il il soutenait les autres par la conviction en sans des crises de doute. s'absentait mettait alors son atelier de Paris à la dis- position de ses amis. cela peut commencer de la façon la plus simple vouloir. lui. que cela obligeait fort. Bazille ne se souciaient 1870 semblent d'autant plus lointains que mœurs les cette entraînante vie libre. avec le accent intrépide. de rien moins que d'être des héros. L'on reconstitue encore sans trop de blement changées. passion ter : « dans ne peut ne doutait jamais de les moments aller l'avenir. titre était même mal gré. fugitifs des ateliers officiels ou officieux. sans le monde. libéral souvent pour aller chez lui dans le Midi. et cela prend. grand. Nous n'avons plus . quasi-héroïque. peut-être justement parce que Renoir. mais qui a bien fini par le subir grâce au bruit que ceux qui la constituaient ont fait. Nous sommes dans le vrai. bien novices. Monet. se réunissaient pour vivre le plus joyeusement possible tout en faisant en liberté une peinture qui les passionnait. car tirer parti Monet. bien primitifs. fallait tout Il de même. Quatre jeunes gens. conçues. et de ses deniers. un recul des années même sont aujourd'hui irrémédiaétés passés ils de compagnie par ne songeaient nullement à l'attention sur eux.

toujours été presque impossible à débrouiller du vivant même et fine d'ailleurs cela a du groupe auquel Monet a survécu. cette lumière dorée Comment en inter- préter les résultats ? Les êtres se colorent à l'air et au soleil de reflets insaisissables. leurs de Moreau-Nélaton ou de celles conversations et leurs discussions elles-mêmes. jetait un mot d'encouragement. ses couleurs. engendrent finalement des harmonies dont il faut rendre la caresse. devenant chez le marchand nouissait en boutades coupées de longs silences. Puisque vous êtes un pourtant : il vous voyez vert. on ne peut faire de bonne peinture sans groupe ne regimbait nullement là-contre. si les d'abandon.était regroupe par dans la pensée. de quelque façon exprime. s'épa- » pour payer son auberge. Mais ce n'est pas une raison pour que car cela est au fond de tout et. influences. . lorsqu'on revoit leurs lui la collection Caillebotte. rencontres. Nous ne voyons pas de Sauf la de le celui-ci. au musée. l'on conseils. en se heurtant. en gardant leur personnalité. vers lequel ses et camarades se sentaient beaucoup moins attirés. et l'on sente et Le vous n'avez pas besoin de faut avant tout étudier les valeurs. observait merveil- leusement l'application des valeurs. et Renoir qui. et plus conforme aux circonstances. la joie qu'une charmante nature. exécutait des paysages au bitume. Monet tout comme nous venons : le cela. autre peintre. Gela lui permettait de ne peindre pour lui-même qu'avec des tons purs. les valeurs. les voyait occasionnellement. méthode qu'il devait modifier plus tard sans l'abandonner complètement. soit qu'on de se laisser la gaîté. écoutait. Lui qui devait plus tard être camarades. et leur répétait ce qu'à « Pissarro. travaillait beaucoup aussi à l'atelier. de décider qui a été le véritable instigateur des théories et des formules de ce qui allait devenir r« Ecole impressionniste». Comment les saisir ? rejaillissent. tendrement et gaîment. non seulement leur vie. goûtaient en œuvres. Un Les plus violentes oppositions de tons. voir pour ses premières vues de Paris. Les ombres des objets frappés par Les vibrations de l'atmosphère sont sont-elles violettes ? infinies. toiles et ses et. et assombri par des labeurs ingratement appréciés. Diaz quelquefois. dont les sujets étaient perpétuellement sous leurs yeux. grâce à sa complexe nature. s'intéressait aux essais. plus âgé qu'eux. de plus. et subrepticement allait passer beaucoup d'heures en tête-à-tête avec les maîtres anciens. d'excellents faux Rousseaux. le droit Renoir. qui les lui prenaient. tout en peignant le plus souvent en plein air. vivre. même façon. avaient contribué aux acquisitions et découvertes communes. passait par là. pourrait imaginer ainsi dans soit Camondo. Comme Monet était l'autorité et la certitude. travaillait. petit que je vois gris et blond. s'émiettent. » premier. de considérer que chacun et tous.38 de nous arrêter. avait dit le grand Corot qu'ils admiraient tous sans le fréquenter lui. Dans ces conditions. Ses et un attrayant et délicat tempérament de peintre. Il est plus juste. et que Monet avait même connu avant de connaître ses camarades de chez Gleyre. « idées dans l'air » que nous avons déjà notées. Il combinait ainsi. arrivé aux grands succès de fortune. Et Sisley aussi. les acquis de la tradition et les ardeurs innovatrices. Les jeux incessants et subtils de la lumière. mais. pleine de bonne humeur n'était alors On Alfred Sisley. Après cela supputez ce par quoi. il apparaît aujourd'hui bien puéril. moi vous ne travailliez pas que artiste.

o 2.I—< Q a. w o .

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— du peintre aller et venir devant et ce petit trait est assez la toile.39 Jongkind. Ses camarades et lui regardaient parfois par la fenêtre et voyaient le bras ils ne voyaient pas ce qu'il peignait. Delacroix venait de mourir. en 1863. symbolique. Courbet. Monet se souvenait qu'à son arrivée à Paris. beaucoup Corot. mais . Ils le vénéraient. mais il n'était pour rien dans leur formation. un atelier surplombant celui du maître. rue de Furstenberg. pouvaient les intéresser sans cependant les capter. il avait eu. Manet.

à défaut d'un voisinage immédiat. celui que dier les rapports si délicats Claude Monet exécuta en 1867. une certaine action sur lui exercée.DES DIFFÉRENCES ENTRE LES TABLEAUX DE PERSONNAGES CHEZ MONET. Enfin habiles. et même troisième si directe qu'elle soit. et spontanées en leur manifestation. accentuées. vous examinez successivement et vous possédez complètement par la mémoire (qu'au besoin peuvent aider de bonnes photographies) trois tableaux tels que le Déjeûner sur l'herbe. même du la matière. des faux. d'une communauté de tendances créée par l'époque. et disons lorsqu'il s'agit d'une sympathie. de il filiation vous est impossible de ne pas percevoir dans cette œuvre du plus jeune. les Demoiselles des bords de la Seine. on peut mesurer pour ainsi dire mécaniquement l'écart ou le rapprochement entre l'œuvre de seconde main et la création géniale. les procédés de composition. par des idées transmises et d'autres naissantes. c'est que si forte. de Courbet. malgré certaines différences de nature. Ou bien encore. part et d'autre. non d'émulé. Ce n'est point le de même cas lorsqu'il s'agit d'imitations voulues et de pastiches calculés. se déguisent. COURBET ET MANET Il est des rapprochements qui permettent sinon de définir. la touche maître. on peut démontrer que peinture si le premier ne lui avait quelques artistes impersonnels et et tout ce le Mais second n'aurait pas pratiqué tel l'indi- genre de pas servi. il se produit des analogies . et enfin l'autre Déjeûner sur l'herbe. malgré son charme personnel. lorsque Lancret. ont qui sépare l'accent incisif de ne révèlent de qualités que lorsqu'ils pastiches. Par exemple lorsque des élèves de Rembrandt imitent l'éclairage. malgré lui et à leur insu. cation diluée. qui pu parfois produire des qui pouvaient tromper des yeux exercés. de Manet. du moins d'étu- ou d'influence réciproque dans les arts. se meut dans l'ombre de Watteau. mais de modèle. même le mot. Si. elle se trouve modifiée d'autant plus que les personnalités sont. par les deux aînés. Mais ce qui rend cette action à peu près impossible à analyser par des mots et même par des constatations matérielles.

PORTRAIT DE MADAME GAUDIBERT .

.

Renoir copia même pour les amateurs certains Delacroix. Ce trait peut. délicats). demeure dans l'esprit de ceux qui se sentent en communion avec de condensateurs. par Boudin. et cela seul suffirait à expliquer pourquoi Cézanne n'a aucun rapport avec « l'impressionnisme ». à l'impulsion donnée. par une fatigue. Après avoir trouvé en commun pour l'un pour un troiun nouveau mode d'expression. l'offre. parce qu'il y avait un ensei- les ateliers et les écoles. dans l'art du passé. sans enseignement qu'une routine. Et même chacun d'eux ne subira pas influences (puisque nous n'avons pas d'autre mais toutes à cet ordre de faits si combinant. chacun (1). les mot pour rendre une de ces la fois. déterminer gnement un véritable leurre en ce qui concerne l'art pouvait bien plus nettement. déjà pourtant très visible. jusqu'à ce qu'elle fasse (1) Ceci concerne surtout et presque exclusivement Renoir. pour l'autre par Delacroix sième par Corot. qui aima et étudia beaucoup Delacroix. au lieu d'une tra- série de brèves et partielles traditions qui se En même temps que celle cinq ans l'évolution qui a Manet et Courbet à sa que représente pendant vingt- tête. Une sorte d'excitation réciproque imprime aux œuvres d'une même période le trait à la fois divers et commun qui leur donne leur date. dans la mesure de leur élan. On peut dire encore. quoique commencé déjà avant eux par Corot. le C'est ainsi former leur très rapproché. leur propre et mutuelle tradition. une demande ment formulée par à laquelle répondait l'esprit public. sa circonstances de sa production. tracer les descendances. à un faux réalisme comme celui de Bastien Lepage. des faiseurs d'images. une que la fin du xix" siècle. ces sortes Il obéissant à l'impétuosité même de leur propre création. se Cela rend toute critique didactique On moderne. . entre autres la Noce Juive. d'un point de départ lui même un résultat qui deviendra signal d'un autre acheminement. si l'on veut. involontaires ou conscients. à que nous verrons Claude Monet et ses camarades tour à tour con- originalité innée. mais échouera à suivre tradition l'imagination du grand Eugène Delacroix. qui réagira contre certaines tendances et répondra à d'autres. Tout en gardant leur physionomie particulière et en d'abord fortement. son enthousiasme ou sa répulsion du moment. se développera une pseudo- académique qui passera du faux classique des descendants dégénérés d'Ingres. ces disciples. le mou- les prenait au dépourvu. avoir été marqué tout frappantes. L'influence de Delacroix sur Cézanne a été plus considérable encore et décisive.41 mais non de strictes ressemblances. vie. arrivent. des méthodes transmises presque sans variations. s'entrecroisant suivant son humeur. et suivant la direction de leur personnel organisme. vement au milieu duquel naissaient les artistes dont nous nous occupons. classer les oeuvres. comme chez Manet et Courbet. Ils étaient donc forcés d'être. Jongkind. Courbet et Manet. également une quasi-tradition romantique qui avec Cézanne outrera la couleur et le dessin. nette- nettement comprise. Mais. réglé. les procédés courants ne pouvaient satisfaire des yeux point gâtés par une habitude. Courbet ou Manet. respecté mais peu étudié par Monet. Les idées généralement acceptées n'étaient que des lieux communs qui ne pouvaient inspirer des cerveaux neufs. verra succéderont côte à côte. enfin après encore. dition et d'une innovation. d'eux en inventera un nouveau encore pour son propre usage.

accusera encore bien plus son caractère L'on pourrait en tirer cette conclusion. . c'est les ou plutôt pourrait pris en lui-même. de Whistler même. être complétée en n'envisageant plus et l'on se convaincrait que le style un un artiste hommes. C'est la tradition naturaliste figures sur la la et de Manet qui se répercute dans les que pendant un moment unique de sa carrière Claude Monet jeta hardiment toile. du temps. écrivain. de La célèbre définition de Butfon cesserait d'être complète. météoriques et confuses des jours actuels. sarro. à l'appui des observations que nous venons de présenter sur marche à la fois insaisissable et réelle de cette évolution et sur son caractère en quelque sorte sporadique. que les Hommage grands tableaux de Fantin-Latour (V Lhermitte. et qui prime pendant une durée à peu près équivalente. ou d'un temps.42 place aux traditions encore plus morcelées. la soit un quart de siècle. on peut retrouver œuvres le Guitariste les marques de leur influence dans des chez des tempéraments aussi différents les uns des autres (éloignés parfois jusqu'à une antipathie qui disparaissait dans l'ardeur de la lutte commune). Du reste. de Legros (l'Ex-Voto). Tout d'époque qu'il se produit dans cela. Renoir. le à Delacroix). écrivain isolé. de Cazin. qu'un phénomène graphiques parallèle à celui que l'on constate sans discussion toujours en tenant compte de la qualité intrinsèque de chaque les arts la littérature. Sisley la sorte et Pis- mais qui doit être attribuée à leur succès sans qu'ils aient cherché eux-mêmes à formuler et à l'imposer. Manet de Courbet et tel il propos de remarquer encore que est à et de tableau de Courbet ayant frappé vivement l'imagination et les sens des jeunes artistes de l'époque. de tradition impressionniste que l'on attribue à Monet. ne dans avec recul le fait déjà.

i CAMILLE .

.

au-dessous de ce groupe est assise encore une autre déjeûneuse. et un dernier monsieur. habillé d'un veston sombre. vêtu d'un veston clair et coiffé d'un chapeau rond. les jambes étendues dans toute leur longueur. qui s'agençait sans effort. debout. parlant à une dame qui ajuste sa coiffure. Ce tableau. scène est un rideau d'arbres. de bouleaux. C'était donc un ensemble. d'onze figures de grandeur au moins de la demi-nature. puis vient un autre partenaire. mais de façon moins forcée. suivant les maîtres. se trouvent un homme et deux femmes assises à terre. leurs grandes jupes largement éployées. Mais les différences d'accent apparaissent immédiatement à une observation un peu attentive et dominant les parallélismes de tendances. dans un ample décor forestier. doit être tout d'abord décrit sommairement. en avant s'étale une vaste pelouse.LES PREMIERS GR. De celui-ci Monet et l'on doit n'a conservé qu'un grand frag- ment. plus vigoureux. très important. daté de 1866. moyenne dimension indiquer aussi que seule en demeure intégrale une esquisse de aussi poussée que le tableau même. auprès d'une jeune femme blonde. avec l'équilibre spontané qu'improvise toujours la vie. Vénitiens ou Espagnols. La peinture de Manet était riche et soutenue. Celle de Monet est plus claire recettes des anciens et moins corsée. à gauche enlin. d'ailleurs de grandeur encore considérable. s'érigeant avec Le fond de la beaucoup de décision et de relief. tuailles un chien complète l'expédition. qui tranche sur les attifements plutôt clairs des autres personnages. sur laquelle se détache un tronc isolé. et toutes les vic- d'un assez plantureux repas sont habilement distribuées sur une spacieuse nappe. A cet arbre s'adosse un homme assis à terre.4N1)S TARLEAUX DE FIGURES Le grand Déjeûner sur l'herbe de Claude Monet pouvait dans une certaine mesure rappeler celui qui avait été refusé à Manet en 1863. : debout tout à fait à gauche. et . un autre personnage suit (de la droite à la gauche) assis également.

ce que celle de Manet est elle-même par rapport aux Vénitiens. On peut établir qu'elle est. . et qui le considérait comme un importun nouveau venu. Il choqué des vraisemblances d'une scène familière soit qui eût été tout à fait légitime. Et même cette progression pourrait se noter déjà des Vénitiens à Velazquez. dans le Déjeûner de Manet. point les vieux maîtres. ou bien aux Buveurs de Velazquez. c'est-à-dire qu'elles se présentent relativement les unes aux autres aussi dans une progression croissante de simplification. C'est une analogie que l'on pourrait trouver avec les estampes japonaises. elle procède par grands partis de valeurs tonales plutôt que de valeurs de clair-obscur. par exemple. si la matière n'était pas absolument différente. et du l'art même à si du peintre qui lui avait pu encore suivre l'exemple. comme le nôtre. que le faveur que cette = au contraire est à retenir. différent de celui de ce Manet qu'il admirait. à introduire un morceau de nu. signification. le plagiat. avons-nous dit. habitué à ouvrir tout . des licences accordées de tout temps à avec nos préjugés sur est vrai que. lumière des maîtres et dans le jour de l'atelier. Il aurait par Courbet dans son encore les risées Atelier. ce mélange du nu. aurait paru soit c'est moins peu d'années de une inspiration un peu trop directe. et jusqu'à l'affadissement. Claude Monet entrevoyait déjà un nouveau langage pictural. est plus riche et plus modelée. Le plus grand artiste est peut-être celui qui n'ose pas faire ce qu'il ne sentirait pas pouvoir parfaitement réussir. en même temps que parfaitement judicieuse. si naturellement donné de la présence du nu parmi le vêtu. » cette réponse fort belle et fort délicate. celle de Claude Monet plus claire et plus synthétique. comme de Velazquez à Manet. mais intéressante l'a : répondit sans hésiter Nous trouvons « : Je n'ai jamais osé. Une remarque mais qui a cependant sa accessoire. Mais imagine-t-on se serait alors exposé La véritable raison. malgré y a quelques années. dans son tableau. indiscrète pourquoi il n'avait jamais exécuté un seul nu. n'a pas songé un seul instant. tout d'abord. ce pictural. La couleur de Manet. Il est avéré. auxquelles il ! donnée lui-même à une personne qui lui posait un jour la question. l'abstention qui est assez enthousiasmé par la qui à l'occasion l'animent. Claude Monet. une bravade. la en effet. est que Claude Monet. simple nature voit l'abus des figures nues pour les êtres VOlympia. et si d'ailleurs l'histoire de l'évolution impressionniste ne contredisait pas de façon formelle cette hypothèse si Japonisme « » n'influa opinion obtint -Ce il vraisemblable qu'on la juge. L'artiste peut-être. Tout en admirant il ne sent point le l'essai de besoin de les répéter. Alors que Manet ne voyait encore en majeure partie qu'à - la qui.44 moins modelée en relief. par rapport à Manet. comme celui qui avait. quitte à se lier bientôt d'étroite amitié avec lui. paru si déplacé au public oublieux des maîtres et même tout simplement d'été. soit. et ce qui n'aurait pas un caractère d'irrésistible nécessité. que fort peu sur l'impressionnisme. 'tres aux expositions Quand on quasi-farouche d'un jeune peintre Manet et par et plus tard que lui les pein- d'alors (pour ne pas parler de ceux d'à présent) prodiguaient sans on comprend admirablement raisons de beauté. Claude Monet fait éviter cet élément. Mais soit de tact que cette considération tour d'esprit le dont ne s'embarrassaient «nu blâmé». c'est que. distance.

w ca C/2 w 1-5 Q M .

.

mais cela n'amusa guère le pauvre débutant qui rencontrait tant d'obstacles. faisaient admira- blement valoir. la jolie tête pâle. la Voilà qui peut rendre l'étudiant des arts singulièrement sceptique sur la valeur des théories. c'est que l'un des systèmes peut parfaitement conduire à l'autre. Pour ne qu'il pas de légendes. l'attitude souple. s'établisse comme on Déjeûner de Claude Monet ne fut pas. de Honfleur. si fougueusement jetée sur toile. Claude Monet passa du premier au second couleurs. presque toujours très mauvaise par ce qu'ils disent de ce qu'on soumet à leur jugement. qui était venu le voir à l'atelier. la lumière considérée à de l'analyse. que presque au moment de posant à l'atelier. ce qu'il y a de plus curieux. et qui fut comme ne pouvait envoyer qu'il la tête retournée de profil vers le spectateur. en pleine en pleine rue ses vues de falaise. Tout en émanant du un peu même tempérament de peintre qui venait de produire le Déjeûner. Sainte-Adresse. et le ayant déjà brossé en pleine campagne. de Saint-Germain-l'Auxerrois. différait. comme nous venons de le et voir. Mais. Les artistes ont souvent une excellente influence sur leurs confrères par ce et qu'ils produisent pour leur compte. cette grande jupe de soie bruissante à rayures vertes. de cette beauté parisienne. dont Mais y a-t-il exécutée à même l'atelier la grande bien apparence d'après un modèle du Déjeûner d'après les notations et les souvenirs du grand air. et ce qui prouve bien que les contraires sont tous également dans la nature. maintenant. et que lui-même. par une contradiction d'ailleurs très légère. toile. sa vaste d'envoi au Salon. Courbet. Claude Monet pensa appréciée. Et ce qui n'est pas moins singulier. En réalité. appréciée à l'exposition par les rares connaisseurs. de le telle que Courbet l'avait pour cela que très peu de jours avant les derniers délais avait exécuté avec une furia et une vigueur superbe ce portrait. Cette casaque bordée de fourrure. s'y avec plus parfaite logique. comme lignes et comme tons. robuste et magistral morceau de peinture qu'il était. et finalement lui persuader que façon de dire ne doit la passionner que dans la mesure où le l'artiste sent la beauté et aspire à la rendre. Camille se ramenait plutôt à la manière corsée scène. avec qu'il intitulait Camille. Il est amusant. et celles . puisque cette figure non plus comme était modelée de Manet. et certaines études ou peintures en forêt de Fontainebleau avec les autres déserteurs de l'atelier Gleyre. exaspère les décompose en mille éléments vibrants et scintillants. Suivant l'une la grande lumière D'après la seconde. il bon de spécifier ici que refusé au Salon de 1866. le avait fait quelques obser- vations de détail qui avaient déconcerté le jeune peintre. était complètement fait et exercé aux harmonies claires. où s'émiettent de façon éblouissante tous les tons éclatants du prisme.45 grands les yeux dès les années de plage sous regard bienveillant de Boudin. C'est il femme vue de dos. qui perception par vastes ensembles. dédaigneuse. l'amener à admettre les procédés les plus contradictoires. de dire que la couleur avait été si généreusement prodiguée. c'est que deux thèses opposées peuvent être de «mange» soutenues. sera l'a dit. et non plus de les exaspère. de contradiction ? Non. est celui les la même couleurs plutôt qu'elle ne un autre point de vue. en pied.

La meilleure et la plus sûre condition pour se rallier fermement à une opinion est d'y être hostile tout d'abord. Il répara le il s'aperçut que son tableau menaçait de couler tout entier mal du mieux. quoiqu'il n'eût pas. et les Manet à ' — l'art moderne. Du plein ? Est-ce que les maîtres d'autrefois en faisaient. La force d'une les conviction acquise est en raison directe de l'énergie avec laquelle on s'appuyait aupa- ravant sur la conviction contraire. le plein air du plein air! s'écriait-il ironiquement. ne passa point cependant inaperçu des air moins il est curieux de les ennemis et les railleurs de ses aspirations et son talent parfaitement classiques. et n'étant pas encore assez vieux pour y demeurer réfractaire.: existe. Manet. Il fut exposé à la vitrine d'un marchand. L'on engagea vivement l'aller voir. était. — artistes. loi qu'on observe dans les arts. C'est une dans la religion et dans l'amour. par suite de ces circonstances. puisque productions ou les plus solides. comme . et choses jouissent d'une providence spéciale. à son insu. qu'il put. au moment même où il niait le résultat obtenu. Cette moquerie indignée prouve à quel point Manet méconnaissaient il de demeuré une des — le ! tableau est le « glissantes » faut admettre que les belles Le Déjeûner. . Manet avait blement hanté Claude Monet et celui-ci tout pas de plus dans une région sur laquelle en subissant son influence avait visi- fait un yeux de son aîné ne s'étaient pas encore ouverts. Et surtout saisir là sur le fait la marche des influences. tout près d'éprouver une espèce de choc en retour.46 lui faire quitter l'atelier. le jeu des actions et des réactions entre artistes dans de pareilles périodes de transition. . Ah Est-ce du plein I voilà ce qu'on appelle que ça air ? . A son tour. vers le sol. le bénéfice scandale de la grande discussion publique au Salon.

LES «FEMMES CUEILLANT DES FLEURS»
ET LES DERNIÈRES PEINTURES DE PERSONNAGES

Monet fut admis au Salon de 1866 avec le portrait de Camille, il fut refusé
haut la main avec un autre tableau composé, où les figures sont de dimension un peu
moindre que dans le précédent, mais toutefois une de ces entreprises de grande
envergure que les artistes ne recommencent guère à moins d'être très encouragés dès
le début, ou bien d'être doués de ce tour d'esprit que l'on pourrait appeler monumental et qui pousse, par exemple, un Delacroix ou un Puvis de Chavannes à concevoir surtout par larges espaces et à faire comme malgré eux le siège, puis l'assaut
Si

et la

conquête des murailles.
Il

représentait des

Femmes

cueillant des fleurs

dans un parc, l'une assemblant

un bouquet, l'autre en respirant un, une troisième se dirigeant vers elles d'une vive
allure, une enfin assise sur l'herbe, le visage incliné vers le sol, et éclairé par le reflet
qui la pâlit d'une façon assez singulière. L'ensemble est gai, aisé d'exécution, et les

peu corsées, rappellent plutôt

tonalités claires,

tentatrices richesses

que permet

la

celles

peinture à

de

la

fresque par rapport aux

l'huile. Il est

évident que le peintre,

dominé par la volonté d'éclaircir la palette, d'en
rapprocher les gammes de celles même du dehors, et de l'écarter au contraire le plus
possible du diapason soutenu auquel l'avait montée le travail exclusivement d'atelier
et l'habitude du rembrunissement que le temps avait fait subir aux ouvrages des
dans ses recherches,

était

encore

maîtres recueillis dans les musées.

En somme,
japonaises et

s'il

si

Monet

n'avait prêté qu'accessoirement attention

aux estampes

n'avait pas été en Italie et n'avait pas l'idée, par conséquent, des

lumineux spectacles des fresques
unes et des autres.

florentines,

il

se

rapprochait instinctivement des

Les modes extravagantes, et séduisantes pourtant, de cette époque affolée de
1867, ajoutent aujourd'hui à ce tableau un charme bizarre. Les immenses jupes claires

.

48
à dessins soutachés, les casaques au contraire étriquées et les minuscules chapeaux,
étaient acceptés par l'artiste et atteignaient

malgré leur transitoire exagération,

le

du dessin. D'ailleurs tout cela s'harmonisait avec le
paysage plein de fraîcheur et donnant bien une impression de vraie nature, saisie,
non arrangée. Sans les préventions du moment qui commençaient à s'armer en
guerre contre les nouveaux venus réputés rebelles à toute beauté (à toute convention
de beauté plus exactement), les deux compositions de Monet que nous venons d'analyser auraient séduit le public par une réelle élégance, par une distinction presque un
peu féminine, au rebours de la brutalité qu'on leur supposait. Alors la carrière de
l'artiste en aurait peut-être suivi une toute autre orientation.
L'on peut beaucoup mieux se rendre compte de ces dijfférences entre la phase
style,

par

la

vigueur

et le jet

des tableaux de figures et celle des paysages qui allait bientôt et définitivement s'ouvrir,

aujourd'hui que l'Etat a fait l'acquisition des

Femmes

cueillant des fleurs et a placé

ce tableau au musée, en heureuse réparation des torts d'un jury depuis longtemps
disparu. Sans aller jusqu'à remercier ce jury d'avoir forcé Claude

Monet à chercher

d'autres voies que celles qui lui paraissaient obstinément fermées, et par suite à trouver

on peut lui accorder les circonstances
atténuantes pour n'avoir pas compris ce que Manet lui-même méconnaissait encore.
Les tableaux dont la figure humaine fait le thème dominant ne furent plus
que très peu nombreux dans l'œuvre et même cessèrent bientôt complètement de tenter
le peintre. Nous n'avons donc qu'à les énumérer brièvement, l'essentiel des réflexions
que cette catégorie pouvait suggérer venant d'être développé.
Pour être complet, il nous faudrait donner quelques indications sur des portraits que Monet exécuta au Havre dans sa première jeunesse. Mais il en a lui-même
la

veine qui

perdu

la

l'a

trace

rendu exceptionnel

et illustre,

malgré des recherches

qu'il

fit.

Peut-être des trouvailles sont-elles

réservées à d'heureux fureteurs.

Le dernier grand tableau comportant plusieurs figures est le grand Déjeûner
dans un intérieur. Une salle à manger bourgeoise, avec un jeune enfant attablé et une
mère présidant affectueusement à son repas, tandis que le père s'apprête à sortir et
,

que

la servante

diffère

„.

apporte un

plat. C'est

une

très belle peinture, robuste et saine, qui

moins que les deux autres de celles de Manet.
Monet ne devait que plus tard, en 1876, peindre une

figure de

même

importance,

une jeune femme blonde en robe japonaise très éclatante, campée avec une souplesse
mignarde, une grâce un peu affectée, devant une cloison décorée de quantité d'éventails
bariolés. C'était

un morceau

très brillant, très

dire de spécial à propos de ce

Occasionnellement,

il

savoureux

et

entraînant, mais

unique

«

on ne saurait rien

revenez-y »

brossa avec emportement quelques figures dans sa facture

un marin de Belle Isle; un pâtissier de Trouville et
la femme dudit; enfin, dans un âge avancé, un portrait de lui-même, simple ébauche
de tête d'une coloration vive et d'une expression riante. Mais ces divers morceaux
n'ont plus aucun lien avec les premières tentatives de figures, isolées ou groupées.
Cela a pu faire dire, bien à tort d'ailleurs, que la physionomie humaine ne l'intéressait
qualifiée d' « impressionniste »

:

.

.

.

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: sollicitait. et . les claires et y apparurent. ces apparitions furent comme les floraisons une eurent douces fugitives. dans la les les eaux. se confondant avec sans qu'il la ait été peut-être homme».49 pas particulièrement. et les rives. et lorsque les figures figures féminines surtout. Il est plus exact de déduire des recherches auxquelles allait il se livrer et de la production intense qui devait s'en suivre qu'il fut lancé dans autre voie sans pouvoir s'en distraire. mes avaient comme Beethoven fait tout ce qu'ils Dorénavant. et presque exclusivement la parole. et «J'aime mieux un arbre qu'un avaient pu pour le renvoyer à les arbres donc. et les plaines. hom- compagnie des arbres. La nature le jusqu'à dire. humaines. dévorante lumière.

ANNÉES SOMRRES. — Corot ne voulait pas se borner à ce rôle prinune cause de graves malentendus. celle qui s'étend de 1862 à 1870. et avant d'entrer dans le détail des déplacements de Havre. C'est à cette époque que Monet. On peut. cipalement réceptif. Les tons généraux pictural de Corot est le Pavé de Chailly. leurs troncs bruns. Il lui fut donné non seulement de noter des spectacles poétiques. alors que de plus en plus Claude Monet va se prouver lyrique dans cette marche illustrée Un spécimen le positivisme seul. Rien dans la couleur n'indique encore un acheminement vers les tonalités si vives qui devaient plus tard sembler si révolutionnaires. pour Monet entre Paris simplifier. Mais cela demande à être expliqué et par des exemples. différant selon la façon dont les frappe la lumière. en effet. la sincère notation en présence directe de la nature. sont ceux que la plupart des yeux sont habitués à croire ceux de la nature verts. et qui. vraiment magistral de ce point de départ dans le sens strictement vue d'une grandiose avenue en forêt qui fit partie de la collection Henri Rouart. il faut la que nous avons décrite et se sti- recherche de nouvelles ressources picturales. la terre d'un gris jaunâtre. Seulement Corot plus tard que cela devait être entre le — et nous verrons révélateur et son admirateur inconnu. suivant les saisons et les heures et non ombres par conséquent . ces tour à tour chaudes ou froides.PEINTURE «GRISE». mais encore d'en recréer par la composition. Renoir. leurs ombres noires. Monet. : les arbres — et ces reflets multiples. appeler d'une manière générale la période de Fon- et le tainebleau. Sisley et Bazille mènent en forêt cette vie fraternelle mulent réciproquement dans Cette recherche. part de l'exemple même recherches que précisément les connaisseurs d'alors blâmaient dans de Corot le et des peintre poëte : l'observation des effets les plus délicats. devaient tout au moins « révolutionner » les ateliers. ici le redire. de tout ce qu'elle prodigue de féeries.

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entre le Havre et Honfleur. chez il avait abandonnant son dû toutefois se réfugier atelier et partageant son temps d'attente des heures meilleures. puis de l'impressionnisme. la tradition Au complexe. si sur tire le vibrant qui devait faire si — bleu ou sur l'orangé. en 1867. moment où Ces gris. et La vie. et payer ses toiles. pour vivre et le couvert. en paraissant s'y rattacher discrètement. que l'œil attentif que la seconde moitié du chemin. Il ce n'y avait déjà presque plus rien de commun entre le Fontainebleau de 1830 et celui de 1870. clarté dans la graduation des valeurs. le enfin tout ce langage scandale. dont nous devons tenir compte dans cette dès le histoire. et de ses amateurs retrouvèrent de ces œuvres brocantées. que Monet avait été jamais il ne ménagea. Vienne étaient froids. ou par rapport à toute peinture de Manet. s'exerce vite à percevoir. et. pour rendre ces vibrations de la le claire. dans le Femmes cueillant des fleurs. ces premières toiles même de Fontainebleau paraissent encore aujourd'hui très sobres de couleur. une rude mésaventure avait mis sa vaillance à une cruelle épreuve. un paysage de Théodore Rousseau. le un boucher. la vie était peu encourageante. dette entre autres. et pour ne pas laisser derrière lui à l'abandon des toiles où il avait mis beaucoup de peines. ces les tons ombres noirâtres purs seront employés couleur. bientôt il il en avait lacéré bon nombre à coups de couteau. Pourtant c'était déjà quelque chose de très différent de ces maîtres. les plus chauds. les peintures de Chailly pourraient être considérées comme que Boudin appelait «la peinture grise». par rapport à bien encore de Courbet. Toutefois. chose accomplie. ces colorations de la lumière. le matériel et les toiles Plus tard. parvenait encore à se tirer de ce pas à son camarade Sisley pour le charger de payer rapidement cable boucher. les plus dorés. Comparée à la gamme d'un Decamps ou d'un Delacroix. celle de Monet.51 suivant que cette lumière analytique. cependant. et il est inutile de dire que personne ne songeait à lui acheter. celle de la commencement. impitoyablement refusé. ou bien dans les du même moment et du même genre. assez forte. Une peinture qui fut reconnue un achetée une dizaine de francs par le neveu du marchand toiles sabrées et jour par Boudin la Monet était trop tard. Malheureusement avaient été vendus à il et écrivait alors créance de l'impla- de l'atelier vil prix. ou de Corot. Déjà. . puis le succès. toutes nuancées qu'elles étaient. difficile. car tous ces peintres prodiguaient les tons les plus riches. Monet et quelques-uns de ses amis de ces difficile. Ne vendant point et devant vivre cependant. ou contraire.) Dans un mouvement de désespérance bien naturel. et ses couleurs. offrait cette paysage du Déjeûner sur l'herbe ou des vues de Chailly et certaines autres pauvre mais plus distinction capitale d'être plus mais transparents. bien que ces sortes de détail n'aient plus qu'un intérêt secondaire puisque l'artiste a reçu les com- pensations les plus complètes aux épreuves du début. (Nous avons noté quelques-unes des très belles œuvres qu'il exécuta alors. admis au Salon en 1868. Aucun subside auprès d'elle il une avait d'argent ne lui venant de sa famille. mais en 1869 et 1870. et le peintre ne fera guère car la première et la plus était déjà.

52 de tableaux Martin. il avait été enfin classé comme un beau peintre. entre amis. émettait. fut pansée de ses blessures. nous n'aurions rien trouvé. cru tout de suite du génie. à et devait lui. le la palpitation de lyrisme de ses impressions la terre. continuant dans le sens des œuvres que nous avons jusqu'ici étudiées. Ne cherchant plus rien. disait-il. une idée de faits que nous ne voyons plus guère se répéter aujourd'hui. Nous nous serions. un Chêne au Bas-Bréau. et l'air. la conviction qu'ils leur avaient été plus salu- à Renoir. une valeur considérable. entre bien d'autres. . sauf du moins au pauvre Sisley. atteindre Ce trait donne. c'est-à-dire d'une part. et nous n'aurions plus fait le moindre effort. difficiles à passer. et de de l'autre. que mode s'ils avaient connu tout engouement prématurés. Il est certain que si. il n'eût pas atteint ce qui l'a rendu un artiste passionné et passionnant. l'extrême de suite les succès de et les — subtilité dans ses analyses de en présence des magies de la couleur. Bien que ces moments eussent été récemment Monet taires.

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deux admirables naturistes dès cette rencontre. Même il s'est fréquemment abstenu. déplacements forcés. Les unes accidentelles. mais lourdes triturations de pâtes de Courbet. Daubigny et mais non asservis. . par les Monet n'était était incité. mais un simple acheminement. et la première série des épreuves. et les rencontres amenées par les conformes au développement logique des du tempérament même. et tous deux. Celui- la peinture sur des peintres aussi volontaires et ci anglais. cherchant tour à tour l'irréel dans le réel et le réel dans ne pouvait manquer de l'irréel. Ce ne fut pas une initiation. lors d'une visite à la National Gallery. premières tentatives comme les voyages. Cabat. à chercher une palette plus vive. et que les riches dans une certaine mesure Corot lui-même. pour ne pas dire ne fut jamais un Fantin-Latour et une influence aussi grande qu'à la nature aussi ouverts aux sensations que Monet.ANNÉES D'ANGLETERRE ET DE HOLLANDE. mais ce pas à celle de Turner qu'il devait aboutir. Courbet. Cet ensorcelant peintre. comme le furent au contraire Manet. furent vivement frappés par les œuvres de Turner. les exciter à se mettre en peine d'une couleur plus vibrante que les harmonies délicatement nuancées dans le gris de Corot et de Boudin. les autres naturelles. préservé. Il ne faut pas attribuer à homme des musées. Ces acquisitions capitales qui devaient suivre les débuts. à la fois visionnaire et naturaliste. La plus importante des circonstances qui amenèrent Monet à faire un retour sur lui-même et à chercher autre chose (bien entendu dans le sens de sa propre nature) fut le voyage à Londres auquel le contraignit la guerre de 1870. Là il rencontra Pissarro. Turner put être pour eux ce qu'avaient été Constable et Bonington pour Théodore Rousseau. qui ne devait pourtant pas être la plus pénible. Tous avaient été stimulés. furent dues à diverses causes. décisif toutefois. Paul Huet.

Delacroix. qu'il a pu combattit. mais les aurait pu. Ces facultés furent. des Ingres. Irons-nous jusqu'à dire que chez lui une faiblesse? Non. parce qu'il c'est d'une nature passionnément exclusive et l'acharnement à tification propres créations. dans que il se sait que mêle une donne que plus de saveur à l'attraction qu'il exerce sur nous. ceci est pour faire indirectement. et l'ayant trouvé fermé ce jour là. la jus- passa la il au passé. lui. Les artistes de son temps immédiat. le un respect que nous avons pour maître. campagne. il ne réitéra pas la tentative. même chéri par nous. étant allé pour voir je ne sais quel Palais indispensable. une et minime à très la poursuite de ses chronologie. On au contraire exaltées par sait l'intensité d'une incroyable fraîcheur à que prend la le séjour de moins d'un an qu'il couleur dans l'atmosphère de l'île. masse du Parlement se profilant en hauteur vers le milieu du tableau. fit en Angleterre. comprendre en quoi Turner il y a là éclaira Monet et ne lui servit vive et immédiate devait être la couleur un phénomène intellectuel analogue au sentiment comme nous le verrons. la ligne une Vue de dans citer les parcs ou les environs de Londres. Celles que l'on peut connaître se rapprochent assez de celles que firent à la même époque Pissarro et Sisley par exemple à Sydenham. sen- timent d'admiration de fétudiant vis-à-vis du maître de son choix. de ses suburbs En somme . Un peu en avant on entrevoit le Pont de Charing-Cross et à gauche. à peindre. et à cause au loin se devinant. sur un plan encore plus rapproché une sorte sujet. des dans sa maison qu'il a recueillis sont presque exclusivement des Cézanne. l'intéressèrent toujours davantage. même du traité. et surtout. Lorsqu'en 1912 Monet les édifices et l'Académie des Beaux-Arts. et montée jusqu'à la on s'explique sans peine que la vivacité dans la coloration. Il ne nous a été donné de voir que peu des peintures exécutées à Londres pen- dant cette période. Bien que nous anticipions légèrement sur pouvons profit un citer trait assez curieux de ce détachement du présent. Or on le très de ses parcs. visita peu plus grande partie de son temps cette curiosité insatiable qui nous enflamme à con- nous qui ne peignons pas. Tout naître. et éprouver dans sa jeunesse pour Corot. nous du particulier si une campagne à Venise. Il comme morceaux de peinture Degas. à Londres. d'une mouvante et fantasmagorique diaprure au milieu des intensités à toute minute dissipées ou accumulées des brouillards londoniens. fit Il la a. élève toute sensation au paroxysme comme un se soit alcool. qui. acquérir des Greco. qui d'ailleurs n'eurent pas de prise sur lui. des Renoir et des Berthe Morizot. avec la . Nous avons vu que le séjour de Monet en Algérie ne lui avait servi de rien quant au développement de ses qualités de couleur demeurées latentes durant ce trace d'antipathie qui ne séjour. Nous pouvons Park. Les grands maîtres anciens eux-mêmes ne sont pas de sa part l'objet d'un culte. d'un motif simple. la Tamise. largement pillées. Puis. comme typiques une Vue dans Hyde avec des silhouettes de promeneurs épar- des maisons d'Oxford Street. et même. Le climat même porte à la griserie. même Une éducation bien autrement de Londres.54 de l'étude approfondie des devanciers. comme lui en eut sur plusieurs d'entre eux. la clarté Au déjà acquise chez Monet surplus cet acheminement s'est opéré plus par incubation que par brusque changement.

et un jour. Sur sa recommandation le marchand acheta quelques toiles à Monet. d'une limpidité. en 1870. Ce tableau est particulièrement intéressant parce qu'il peut être considéré comme le germe. au verses. ses œuvres finales poussent le système de : composition par Au la variation même excessives conséquences. écrivit pas encore le vulgarisateur n'étaient pas encore les sitait une l'école de Fontainebleau. milieu même des anxiétés et des tra- jusqu'aux exclusives et une circonstance heureuse. jeune. ou bien à une suite de motifs voisins les uns des autres dans la région momentament préférée. fructifier à près la singulière et drama- un phénomène que nous verrons plus d'une fois se reproduire au cours de la carrière de Monet. qui devait amplement de trente-cinq ans de distance. n'avait pas tardé à comprendre la gêne et les inquiétudes du confrère plus reste. d'entreprendre un voyage en Hollande. ce qui peintre vint faire au donne à supposer moins une ou deux rapides apparitions à des vues de Vétheuil et d'Argenteuil sont datées de 1872 également. prendront à la fois où tions de il la diversité et l'analogie considérer même le de l'ampleur. constitué Il . Il très précieuse En que le dans toute son œuvre. puisque . l'objet de beaucoup de résistances et de critiques. Mais l'obsession revient lentement. Paris. opiniâtre des jeunes peintres qui « impressionnistes » lutte assez ardue. puisque des opérations de l'esprit (et maître soi-disant impressionniste plutôt rapprocher cette marche de son œuvre de celles comme un grand harmoniste. cette griserie d'harmonies sur un sujet déterminé. Nous constaterons que plus le peintre avance en années et plus cette verve de développement. il le jette sur la toile avec décision. d'un bonheur de franc coloris qui la rend très à part. On nous avons déjà été amenés par non pour «faire de la littérature») à pourrait. Daubigny n'était en faveur de Claude Monet à M. Quant à Wagner. Les œuvres capitales de la dernière manière de Beethoven s'acheminent de plus en plus vers la forme variation. comme pour en être quitte avec lui. Mais Daubigny et Durand-Ruel. tant pour satisfaire un désir antérieur que comme conséquence de ses entretiens avec Daubigny. ou vieux. voici quelques exemples. sincère dans la vie comme il l'était devant la nature. empêcha Monet de séjourner très longtemps à Londres. ce qui lui permit. mettait beaucoup de chaleur et de dévouement au était de ceux qui plaisaient. Il s'était il Celui-ci eux-mêmes seulement. Il y avait rencontré Daubigny. et de qui les travaux présents l'intéressaient. de qui les débuts ne lui étaient pas inconnus. de tique série des Ponts de Londres. datés de 1872 et 1873.55 d'estacade sur laquelle se tiennent des silhouettes de mariniers. La série des paysages qu'il exécuta au pays de Van Goyen et de Jongkind est d'une force. service de ses camarades jeunes y avait un apôtre et un apôtre sans fracas dans ce grand paysagiste. ce qui déjà néces- un des défenseurs convaincus de Corot et de faut se rappeler que Corot était toujours. car il passe à un autre motif. Un thème le saisit. soudain elle s'épanouit en multiples variaC'est semble que sa joie ne doive jamais plus s'épuiser. de certains grands musiciens. et cet homme excellent. quoi qu'il ait produit plus tard.

si l'on nous permet un terme un peu elles décrassent la peinture. les habitudes de l'époque. devant une vieille une bicoque. mais ridicule quand il s'agit d'une notation où aucune autre force n'a été déployée que celle d'une acceptation joyeuse et de la parfaite justesse dans un accord de tons simples. Voilà quelques-uns des exemples des peintures que Monet exécuta en Hollande. relevée d'un bow-window. avec un beffroi. tandis que d'autres maisons se développent jusqu'à l'extrémité de droite. Une page robuste comme les deux précédentes. en pleine lumière. de tout ce qui en général fait verser tant d'encre et prépare tant de lieux . mais avec une grande voile sombre et une grande voile claire au centre du tableau. — Elles sont exceptionnelles par l'emploi libre. cette intitulée la un mouvement Maison bleue. Manet est encore très loin de ce sens particulier de la clarté. et Courbet ne cherchera pas à s'en rapprocher. en dehors de toute considération d'école. dont il plaît au soleil ou au reflet du ciel de faire pendant quelques secondes un objet précieux. ainsi qu'en avant et de joie un bouquet : d'arbres s'élève jusqu'au milieu d'un canal. Ce personnage s'élève du milieu d'une touffe de joncs au bord même et à droite d'un spacieux canal. ni pour nous. ni pour personne. Dans ce tableau. Enfin petite construction absolument dépourvue de caractère. sur le le même thème. Jamais ce médiocre prétexte ne retroumais ce que l'artiste vera. fortuitement en accord avec une disposition bienveillante de notre esprit. sûr et cordial. devant lesquelles passe une barque. porte. et à ce bouquet succède une maison bourgeoise. à l'improviste. qui nous saisit ainsi. mais littéralement exact. et même trivial Quant de ces vues de Hollande. d'autres constructions encore sont aperçues dans l'éloignement. Elles révèlent avec une autorité et un élan tout à fait partiliers. sur le bord d'un quai lui-même le plus uni et le moins remarquable du monde. une pareille beauté. parmi des maisonnettes. une perception directe de la nature. créant ainsi un contraste et un équilibre superbes. toujours la même et toujours surprenante. rien qu'une muraille. Une vue d'Amsterdam. un beau Moulin avec la base en bord d'un canal. auquel les voiles donnent charmante peinture. en a saisi et fixé demeure et tiendra en joie de longues générations. Une barque avec des rameurs glisse sur la surface de l'eau merveilleusement polie et claire à ce moment. véritable tour de force si l'on peut employer cette expression consacrée. l'eau s'étend en avant et à gauche. d'autres vues analogues sur petite corbeille. et ne semble pas encore entre- voir les analyses de couleur qui devaient bientôt distinguer son et et lui valoir des vexations prodiguées en proportion même œuvre entre toutes de leur nouveauté de leur charme. auxquelles les ailes vivante et fantasque.56 Un Moulin comme tructions massives donnent on ne Zandaam nous à offre la plantureuse silhouette d'une de ces cons- des tours et légères sait quelle allure comme des clochers. Le même moulin. tranquille. des voiles se distinguent à l'arrière- du moulin. si simple. Il continue à procéder par synthèse. Mais ces synthèses tranchent déjà hardiment sur le goût. mais avec un accent de légèreté plan. à la clarté d'atelier. Monet communique à notre esprit cette satisfaction inexplicable. des valeurs de tons et d'éclairage.

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tout particulièrement Van Goyen par la décision des silhouettes. Ruysdaël. Nous voulons simplement marquer la valeur d'un peintre moderne parti à la découverte. on peut dire qu'elle caractérise un groupe d'œuvres qui demeure précieux non seulement dans l'évolution de l'art français. va sans dire que tous les grands paysagistes Hollandais. Van de Velde. mais dans l'art moderne tout entier. mais tout armé pour la lutte. Monet semble rejaillir directement de certains grands maîtres du xvir siècle. et il n'y a guère (1) que Vermeer. dont il voit le commencement en pleine assurance et connaissance de cause. Van der Heyden ne sont ici ni discutés ni discutables. (1) Il et tant d'autres . avec la fameuse Vue de Delft. qui du haut de son inaccessible perfection semble avoir versé un trait de sa lumière au peintre encore obscur. Personne n'a vu ni rendu la Hollande avec plus de simplicité et de justesse.I 57 communs pour l'avenir.

surtout nous ont toujours frappé dans le grave. Quoi qu'il soit trop facile de tirer les horoscopes après coup. puissant et véri- dique tableau de Fantin-Latour. qu'Edmond se pénètre. lui. le fin bureaucrate. dans la demi-teinte. sa jolie et souffreteuse figure narquoise. foncer sur l'obstacle. et pas celui d'un riche. ainsi que Maître. le une place assez en vue. avec sa pèlerine. aimable. comme Mais au théâtre I ils sont éloquents ces deux « personnages muets » . pour non plus le du groupe. peu qu'on en est pour voit. est trapu. Ces . et Claude Monet. le héros même de la scène. comme on pourrait voir ici le peintre prédestiné de la femme ! Monet. malgré sa modestie tient encore. comme un jeune taureau. sérieux. Il n'est pas sans utilité artistique entre 1870 et 1875 Monet de ses amis. tout à fait en arrière à l'extrémité gauche son costume. que Bazille. dégagé deux personnages sont justement les que Manet parle et disserte. peintre allemand très oublié Scholderer. celui de Renoir d'ailleurs. comme on dit Renoir. que Zola s'assimile et se prépare à « tartiner » que Zacharie Astruc se carre dans son beau veston de velours. avec ce qu'apportait l'art de avaient à surmonter. les épaules sur la défensive. n'est certes ainsi dire. Tandis Manet. est à la fois ironique et tendre comme un amoureux philosophe de Watteau ou de Marivaux. l'Atelier à Batignolles. ramassé sur lui-même. Il Il va n'y a pas d'orgueil dans cette phy- . élégant et noble Paris. le regard perçant quoique dirigé un peu de côté pour se mieux tenir en garde.LA PERIODE HOSTILE. comme un Athénien de deux plus effacés de l'assistance. au contraire Renoir au second plan s'estompe presque. son petit chapeau rond. bien entendu. et si maintenant de se représenter d'ensemble l'on veut bien les difficultés qu'ils Deux personnages le mouvement comprendre. en mettant à part.

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est tellement en achetant quelques peintre lui-même. Seulement la souffrance ne les abat point. Si l'agent de change Moreau demeure en ce sens une magnifique exception. Zola. puisqu'il ose acheter et garder précieusement le Déjeûner sur l'herbe. les circonstances de l'époque. modeste. commence la situation qu'il à tenir dans quelques milieux artistiques plus combattra avec beaucoup plus de violence qu'elle ne du peintre de VOlympia. qu'il qu'il cherche à se renseigner auprès du et lui adresse ce compliment moitié ren- l'autre jour Boldini. Les collectionneurs même qui se hasarderont à lui acheter ou à lui commander des œuvres ne seront pas toujours très sûrs de ne s'être pas trompés. sollicitée par lui pourtant. il énergique et que y a même plutôt une espèce de modestie cependant c'est un délicat. entre autres paroles recueillies à Gagnes. Renoir. songer que tout leur est hostile ou fermé à ce moment. maître de que la considération de ses mots spirituels ses d'amateurs d'artistes. Même Henri Rochefort. Il ces célébrités et mordants. Le critique détestablement boulevardier Albert Wolff reculera d'horreur (il y a de quoi. d'écrivains Fantin. il est vrai) devant la première et splendide ébauche de son visage. la l'on reconnaît à Manet. On peut. Le baryton Faure a fait parce qu'il ne faut rien laisser perdre. ces deux jeunes gens. c'est-à-dire hésite. Il le peu confiant dans de Manet. Chesneau. l'hostilité. pleine de force et de pensée. Le reste discute. il nous remettant dans faut. Mais l'avait. une de pour lesquelles il est prudent de ne se compromettre qu'à moitié. qui n'épargne guère Monet. et que malgré cela les il de être momentanément épreuves. dire plus vifs chez Renoir. ne m'avait pas remonté d'un coup d'épaule. de qui Manet fera un peu plus tard la superbe effigie. seront les et fierté discrète. moitié interrogatoire : « J'ai vu le placement. celleci : «J'aurais plusieurs fois lâché la partie tempérament de pas croire que mon si vieux Monet qui. rire. malgré sonne ne le même prend au sérieux. mesure.59 sionomie. le mouvement le disent sans ambiguïté. Burty. pas. sans plus profonds chez Monet. et l'hostilité. La très louable notice que M. pire que malgré sera à vaincre la première. libres et plus éclairés. prenant tout de même la chose telle qu'elle est. et ne lui accordera jamais la deuxième séance. il ce ne faut dispensés de souffrir. Baudelaire. l'art même de Monet peut se retrouver dans ce portrait exéart d'observation et d'attaque directe. les qualités l'a c'est faire large — le voient ce qu'il est. Si une trentaine parmi lesquels au premier rang Monet. manières de parfait homme du monde. L'indifférence. un C'est un émule de Lavater. un ou éclate même pour ceux qui ne seraient pas éloignés de le goûter. mais supportera plus robustement. n'en prendra jamais livraison. Quoi qu'il : Toutefois. Renoir lui-même en a porté un affectueux témoignage. l'attitude. qui m'a dit que vous . Peut-être tient-elle à la crainte gagnent forcément de demeure. les lutteurs les plus solides soient » lui. les fait En somme. les chagrins. Albert André lui a consacrée relate. le chanteur Faure ne sera nullement satisfait de son portrait en Hamlet. toiles rencontre un matin seignement. presque per- que beaucoup ont pour et lui à la sympathie que lui — et grande lignée. lutteur. là est toute la différence entre eux et ceux qui ne luttent en soit. cuté avec une si haute conscience par Fantin Le regard.

arrivaient à une époque où l'académisme pseudo-classique reprenait le dessus sur le romantisme qui finissait assez obscurément. de qui Corot était. si tendrement voluptueuse. l'exilé.. Beaucoup en étaient demeurés à la légende du fameux « cheval rose » du tableau des Croisés. Il aurait été téméraire de penser que la Barque du Dante. Ils ressentent un réel chagrin de se voir niés par lui. de ne pas se tenir parmi Comment en la vogue : autrement serait-il ? celui de la règle aveu- de l'irrégularité forcée. de son côté. car l'éducation qu'il s'est faite est plus de musée que celle de Monet et sa nature même. (2) Les légendes ont la vie dure. qui devaient bientôt médailles supérieures qu'ils avaient le privilège de dispenser. Castagnary a prouvé dans une Courbet était absolument étranger à cette opération. sont toujours en retard de l'un sur les artistes. » A quoi Manet réplique aussitôt a : Hier rencontré Berthelier qui m'a affirmé que vous ne saviez pas chanter Pour devant le reste du public. qui du groupe. sortes d'académismes se disputent sonnelle. plus l'autre. qui avait beaucoup de verve bouffonne. quand les il justement j'ai I ! » (1). les imitateurs. comme académistes de la le comme regardant leur modèle. et. Manet est l'auteur tableaux de qui. ayant exposé dans sa vitrine un tableau important que Monet s'était vu refuser au Salon. plus profondes avec celles de l'évocateur d'Eurydice blessée. ne réussissent pas à gagner sa sympathie et essais l'offusquent. de ce ridicule Déjeuner sur l'herbe. même leurs Renoir. animal presque aussi déplacé que la dame nue dans le Déjeûner sur l'herbe. ses premiers travaux avaient exaspéré le bonhomme.. Ceux qui craignent. le banni. est reçu. Courbet était. et les paysa- nouvelle génération. pour qui une peinture de Corot « n'était pas était resté finie. pris entre les veille. » Pour Monet. : « Il était mot de la toujours entouré d'une cour trouver pris là-dedans. Delacroix était encore fort peu accepté. le maudit qui avait «déboulonné» la Colonne (2). nombreux toujours que ceux qui apportent en défauts gardent leur note personnelle. Monet. Un marchand de tableaux assez en vue alors. je l'aimais de loin. donne des airs de connaisseurs en affectant le mépris. Latouche. lui refuser les gistes de la la lourdeur pouvait seule égaler l'orgueil. transforment les et que ceux-ci qualités pu que très difficilement faire admettre. est obligatoire il de rire. même me effet. Ceux-ci au contraire. et par conséquent le peintre grossier. Corot entra dans (1) Berthelier était un chanteur comique des Variétés. encore au Luxembourg. que son tendre rêve virgilien ne lui permet pas de comprendre. Renoir dit le question dans ses confidences à Albert André d'imbéciles et je ne voulais pas « imbéciles » avaient eu. faute de sensibilité per- celui et se au courant. a des affinités bien est. brutalement n'avaient réaliste. aux Salons. dès après 1871. de même qu'aujourd'hui. mais il en après 1870. de peur de commettre une erreur analogue. les petits-fils de ceux qui s'esclaffaient devant VOlympia réputée mal faite. et aussi en partie leur émancipateur. Renoir. d'ordinaire si bienveillant. le plus près de lui. » Les largement le temps de venir. en raison directe de leur fausseté.60 ne saviez pas peindre ?. futable brochure que était irré- . Manet. irait un jour au Louvre. mais remarquable par son absence de voix. se sentent tenus à l'admiration Tout au moins on seulement pour les Tour à tour deux gle choses laborieusement informes. en cependant.

qui pourront préserver même Gérôme des outrages qu'il prodigua à Monet. Daubigny. Des portraits d'un beau style maintiendront la réputation picturale de Cabanel. en profon- fut peiné. à Pissarro. aux paysages poussés très loin dans le détail. Ceux-ci étaient la force. en parlant de son fils Karl mon Chariot pouvait travailler avec vous. Fromentin partageait les mêmes sentiments. Ce n'est pas à dire. et sa sympathie. cette ou plutôt : ! « Ah ! » la fausse œuvres et les situations officielles des peintres en possession des formules moyennes qui conduisent aux récompenses et aux commandes. chose plus surprenante. Daumier pensait et parla identiquement comme Corot. Les temps passent et ne connaissent plus les étiquettes et les discussions d'écoles. alors que sa réputation officielle ne saura plus s'expliquer. parce qu'on avait refusé Claude Monet. demeuraient dans une sorte de compromis entre certitude qu'avaient créée les l'acceptation et la gloire. peu connues. que nous avons vu si serviable à Monet lors de son difficile séjour à Londres. je n'admets pas qu'on récuse mon : de clairvoyance. tandis que celles qui. d'anecdote. tout ne sera pas certainement à mettre au grenier dans certaines productions des peintres d'histoire qui le combattirent. mants ridicule. « peinture. se montrait également d'une fidélité absolue à ses jeunes confrères. des tableaux char- et précieux. avaient fini par triompher des « imbéciles » eux-mêmes.61 la boutique demanda avec indignation ^ue et cette peinture. et notre saurait (bien au contraire) pour l'art. les personnalités peu différentes. les tenir nous donner ce admiration pour Claude Monet ne conçus tout à fait en opposition avec les tendances qui devaient plus tard en échec. Fromentin. aux portraits flatteurs. alla jusqu'à donner sa démission de juré au Du moment. à Renoir. critique n'était guère plus assurée au début. mais Corot et Daumier Le est vrai. comme Corot. et qui ne nous donneraient pas la les siècles matière d'un La hommage pareil. le sarcasme envers ceux qui ont différé de lui. s'intéressait aux tableaux d'histoire. moins connues joujoux anecdotiques. Bien que Puvis de Chavannes fût tourné en dérision. Les recettes étaient à peu près uniformes. sermonna Latouche dans le sens opposé. opinion. ne aux regards des passants. Le public suivait. me dire que je ne connais mon métier. c'était débutant enthousiaste dément par son affection sans bornes pour son grand parfaitement indifférent à Monet. Notre hommage à la grandeur de l'œuvre de Monet et à la noblesse de sa vie ne sera pas fondé sur. En revanche. » Il répétait lui-même à Monet. bien entendu. il ami. et qui les avait plusieurs fois visités à Fontainebleau. d'un détestable exemple. fût plus offerte et pouvant. être influencé I et si émotif sous son enveloppe énergique. Thoré était resté surtout attaché . à Sisley. Diaz. au lieu de s'obstiner à m'imiter pas si Tout cela indique l'incertitude qui régnait dans les esprits. et le gros des exposants était le nombre. que ses puérils Il n'est jusqu'à certaines études. qui s'était pris de vif intérêt pour les nouveaux peintres. que l'on affaiblirait presque en la qualifiant ce beau trait de courage et de solidarité artistique Salon. Autant que j'aime disait-il. et même sans loyauté. que ce temps là ait été négatif Les temps à venir retrouveront d'excellents morceaux.

puis et Huysmans avec des réserves. par la vivacité et la simplicité de la nouvelle peinture ? aurait fallu. : rapidement croquées d'après ce qu'il y a de plus inconstant. J'ai vu.. que de plaisanteries. ait un le public. midi. l'heure et le vent. lignes voyait nettement l'intérêt de ce que Boudin appelait sa peinture grise. et qui aurait certainement compris Claude Monet. tous les questions d'art n'étaient cependant pas étrangères demandaient à Renoir. peignant Seine à Argenteuil. par ! Que Que de déplorations du grand Art battu acharnée à une œuvre de sincérité. les artistes eux-mêmes. et enfin Mirbeau pour entonner le Pœan. ainsi. « C'est et Manet il ne le lui une faute d'im- Monet qu'il s'agissait. Il n'y a que la Méditerranée : » I . de plus insaisissable dans sa forme et dans sa couleur. malgré justifier : » . se spécialisait un peu dans amusant plutôt que la curiosité littéraire et bibelotière. en somme. Mais en regard de cela. comme défenseurs vraiment lucides constants. Cézanne n'était pour lui surtout qu'un camarade d'enfance sur la avait eu son beau temps. qui avait pleinement mesuré la valeur de Manet. vent de Nord-Ouest. le rôle toutes ses qualités. dans de telles art consacré. Burty. malgré les formules mystérieuses dans lesquelles il enveloppait pression. il devait écrire des pages étrangement à côté dans l'Œuvre. Comment ne comprendrait-on pas que trouble. que de charges point toujours drôles. Il un regard calme et ardent. étourdi. Duranty. ne pouvaient encore être préparés à attendre de la peinture Ces études. sur celle de tous autres. une tête puissamment organisée comme celle de Baudelaire. car. pour la défendre et la consacrer. et particulièrement à Rousseau. Les il que le sont à citer plus génial des critiques modernes avait écrites sur ici.62 à l'école de 1830. car dès 1859. Zola devait se spécialiser exclusivement en Manet. même Et Ayant avec Manet écrit à la fin devait finir par douter tant soit peu et par se refroidir. qui voyait les choses par le côté par le côté intense. à la première heure. outre les clartés qu'elles le peintre d'Honfleur apportaient. Chesneau. d'après des vagues « et si et si fidèlement des nuages. plus tard encore Gustave Geffroy. » Restaient. d'un poteau indicateur empressé de se s'était il Pour Manet. fin.. mais toujours insoucieuses de justesse en brèche ! En vérité. ces critiques d'attaques l'hostilité ! ont préparé pour nos jours l'engouement à l'égard des plus arbitraires fantaisies. à des colorations et à des for- absolument dérouté. en plein été « Comment vous peignez l'eau bleue. elles auront aussi cette opportunité de nous dispenser d'entrer dans de plus longues dissertations techniques sur ce que le public. il d'un feuilleton « : jouera jamais dans la peinture que ayant amèrement reproché. c'est de et ses plaidoyers. exemple « 8 octobre. il mais l'impressionnisme déroutait sa fantaisie. la par main. habitué depuis des années à mules de dessin admises. Je n'exagère rien. Champfleury. comme peinture de qui. portent toujours. plus tard Duret. et ne plus rien comprendre ultérieurement au mouvement de l'art. la date. écrits en marge. A la : (1) une vue de Des gens à qui la qui soit bleue. l'heure et le vent. Castagnary était surtout le protagoniste de Courbet. aveuglé été conditions de (1). » La légende cachée avec vous devineriez la saison.

. » ces nuages En vérité celui qui sentait ainsi. suspendues et ajoutées les unes aux autres. . appelait Fart peut-être imposé plus vite. toutes ces profondeurs. ces immensités vertes et roses. on comprend également qu'ayant été très dédaigné aux heures décisives. fripé. Mais il était même de Monet. toutes ces splendeurs me montèrent au cerveau comme une boisson capiteuse. ces horizons en deuil ou ruisselants de métal fondu. il ait à son tour dédaigné beaucoup de choses et de gens. ces fournaises. Il l'aurait mort. devinait.63 aux formes fantastiques et lumineuses. ces firmaments de satin noir ou violet. roulé ou déchiré. Quant à Monet..

De même pour Corot. assez court. aussi volontiers hantés par les Majeur ou le lac d'Albano Si cela n'était teuil la — toutes proportions gardées. et plus à plaindre qu'à peindre. avec une voile entrant dans le chenal et deux pêcheurs à la ligne sur le bord. la souillure des eaux ont rendu peu à peu misérable. et les affreuses nécessités de l'industrie. coins. La verdure y Il y avait d'heureux restait fraîche. et se trouver voisinage de plus en plus rapproché des débordements de Paris. montre encore nous avons Monet peu définies. dont une Vue de Trouville datée de 1870. ou bien alors penserait que l'inspiration. celui qui s'égarerait aujourd'hui sur la rive d'Argen- ne comprendrait pas que Monet matière nymphes que la « ait pu y trouver matière première » de ses cette transcription séduisante ou simplement paysages. est un bon spécimen. le lac pas indiqué. dramatique. depuis les pre- miers tableaux de Saint-Germain-l'Auxerrois. les étangs de Ville-d'Avray étaient à son époque. A ce moment Argenteuil n'était pas encore la banlieue que le l'artiste. même. aussi mystérieux. où fleuve se confond avec cet autre stimulant de ses énergies picturales. la Il semble qu'après les vues de Honfleur. cependant cet Argenteuil qui allait aiguiser les perceptions de comme le point de départ de sa plus décisive évolution. des cabarets qui étaient comme des rappels des vieilles et acceptables auberges. il différent de Sisley quant C'est aux procédés. le ternissement du ciel. l'encrassement et le dessèchement par les usines.LES DÉCISIVES TRANSITIONS D'ARGENTEUIL. de Sainte-Adresse mer le ! et analogues. que y a un moment intermédiaire. pour ainsi dire pas à pas. jusqu'à ce Havre de sa jeunesse. d'un lieu ingrat infirmerait tout ce que l'on a écrit de . Monet de bonne heure abandonne la forêt de Fontainebleau et se trouve attiré vers ce cours de la Seine qu'il aura peint. elles-mêmes disparues presque complètement de la surface de la France. Une Vue d'Argenteuil. aussi vaporeux. le courant n'y avait pas perdu sa limpidité. de 1871.

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d'ailleurs. les entretiens plus animés et les plus entraînants entre camarades. une belle Vue de Vétheuil. voiles déployées. plus loin. Le jardin de 1870. des échantillonnages de tons aussi que toute une forêt. bords de comme la Seine les théories les plus judicieuses. C'est étonnant ce que pour un grand artiste un petit jardin peut contenir pour un œil variés attentif et subtil de choses. passant sur leurs étroites planches. un point de passage sont. qui prêteront déjà à de ces fines décompositions de lumière. Ainsi de 1872. mais il il tel que bien vu et si ! et il lui-même passa- est pour que ses massifs s'interposent aux détours cela permet de l'imaginer très grand. Il comme les Déchargeurs de charbon. har- embrouillé. ou comme le pont du chemin de fer. à les décisif. se recomposant en buisson — exécutions qui se retrouoù circulent l'air et le frisson de la vie végétale. les causes déterminantes de l'évolution et de la transformation de Monet. formant de près monieux et un tissu riche. du moins une des plus originales. Lui nos yeux. ou plutôt à ils revenir. Enfin ce jardin fournira des fleurs pour les boufrais quets à peindre entre les expéditions de paysages. ne se refuse pas quelques excursions. de Manet. Au surplus un est assez touffu des allées. sur la Seine. pousse très rapi- le y a des motifs simples et attrayants comme les barques des canotiers. beaucoup plus que élément et les capital. de découverte et . Il même en temps. habilement Il saisi. un dictionnaire aux heures de travail. sous lequel l'eau clapote gaîment et scintille au grand soleil. très avec deux grands peupliers sur détaillée. dans un rythme y a le jardin entoure une fort modeste mais avenante maisonnette. à ces exécutions en touches pressées. nous le considérons comme un dans l'œuvre du peintre. — car ne vont pas tarder à venir. Mais remet les le peintre était jeune et le lieu n'était pas décrépit. mais lorsqu'on se recule légèrement. bien qu'ils aient été des moyens de que ces entretiens aient eu contrôle. sera. devant les voisinages. quoique choisissant Argenteuil pour séjour ordinaire.65 V impressionnisme. Il y a des Lilas au soleil (1873). un consolateur aux jours de détresse. Ce jardin d' Argenteuil. tard la série d' Argenteuil contenait même des Ponts de Londres) commenceront à surgir et le en devenir (comme le tableau de Londres féerique jardin de Giverny. Mais dement à c'est Argenteuil qui l'absorbe principalement. quoique de la vie quotidienne. Monet. cette fois plus cruels qu'à l'époque privilégiée de la vingtième année. veront fréquemment chez Monet et seront sinon la plus heureuse de ses manières. et cela choses sous leur vrai jour. et jusqu'à du sable pour que les enfants de la maison puissent faire des pâtés. et jardinet si un celui-là est sujet d'observations inépuisables. accuse déjà une toute autre manière. et qui poursuite des effets lumineux. où dix ans plus à se multiplier dans une progression presque fantas- tique les plus grands éblouissements de couleur. Et puis blement humble. et de Renoir. de la péniche au quai. et des motifs typiques la et bizarres. et des reflets délicats pour les robes claires des amies qui viendront visiter pendant l'été l'ami de Sisley. Car bien leur importance. gauche la et un premier plan d'eau. hachées. un conseiller aux heures de" réflexion.

sont exclusivement lumineux. mais que ne connaissaient point les maîtres des écoles anciennes. quelque tentative qu'il entreprenne. techniquement. ce ne furent jamais que des paroles. Doré- navant. Le premier les écrits sur l'art. et pourtant en énonçant phénomène un que. des fleurs. sont décomposés par la touche et recomposés dans nos yeux de la façon la plus aiguë. et Nous venons d'écrire les s'explique tout seul. dans les Chailly. il le la même de son en assouplir. Il s'agit. Le fait le plus beau et le plus rare de ce passage d'un art synthétique à un art d'analyse aussi loin poussée. en paraissant raffiner sur les mots. C'est un des cas les plus curieux que l'on puisse trouver dans l'art moderne de la personnalité dominant ces avatars de métier. il tient le principe le tour. fortement accusées. du jardin et des rives d'Argenteuil. jusqu'à l'âge le plus avancé avec il fermeté qu'en cette décisive trente-troisième année. des eaux ou des édifices. il ne fera qu'en enrichir tiliser l'expression. à n'en pas douter. et en entreprendra jusqu'aux confins de langage. nous rencontrons deux peintures qui prouvent bien . de transformation. tandis que des de l'eau étaient des lages.66 d'encouragement mutuel. ils ne sont pas encore complexes. c'est mots d'évolution et on l'emploie assez souvent dans un feuil- acte. mais ce langage sera si et du rêve. et demeure parfaitement au développement naturel trarier. n'accuseraient pour ainsi dire pas de différence appréciable pour notre esprit et pour notre vision elle-même. Nous aurons plus d'une occasion d'étudier les innombrables manifestations réel. Mais le second sera sans doute contesté par le lecteur. A ce point que l'on pourrait placer (comme nous l'avons vu d'ailleurs à son atelier) un de ses tableaux anciens les plus simples de facture à côté de ceux où les effets atmosphériques ou bien les réactions colorées des arbres. Chez Monet la transformation dont nous parlons est d'ordre matériel. peut-être fait pressentir la nature de ce changement matériel technique employée principalement jusqu'ici. si différentes. Les effets de Monet. mais clarté. les Sainte-Adresse. jardin. et il même le parlera avec une intensité croissante. la peinture de Monet était sans aucun doute harmonieuse. tout en aidant. la nature les termes. en varier bien à lui. dire de cette nouvelle sorties et définitive adoption du parti analytique. mais qu'elle n'était pas encore harmonisée. Nous avons déjà en insistant sur la et intense logique. et et qui repose sur sur les qualités de mais non de vibrations de la peinture qui pourtant tranche déjà si nettement sur l'ensemble de l'école à cette époque. le moindre accent de sa personnalité. Mais nous tenions à marquer qu'elle date. loin de le con- de l'esprit. en vola- possédera avec tant de certitude et s'en servira avec tant de joie que. dans les Vues de Paris. dans la manière précédente. On pourrait. en quelque lieu qu'il se transporte. les Hollande. Un faits. heureux ici dans leurs résultats. non pas d'une de ces transon en a vu malheureusement chez certains artistes peu sûrs d'eux- qui soudain se renient. et que ces œuvres matériellement. De cette même année 1873. fut que l'artiste ne perdit point le moindre trait. l'emploi des valeurs largement étalées. d'autant plus qu'il lui semblera en contradiction avec tout ce comme formations mêmes et que nous avons dit jusqu'ici.

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qui est se rattache aux manières que nous avons précé- étudiées. Il n'y avait là rien que de très naturel. com- une Plaine plantée d'arbres en quinconces. et celui qu'il voulait faire partager de très louable. A gauche s'élève le .67 que ne se souciait nullement de rechercher un succès bruyant. le quai. à examiner encore quelques œu- reste. sous lesquels circulent des promeneurs. et l'artiste était de ceux que véhément comme la résistance rend plus ardents à la lutte et dont elle stimule l'énergie productrice. fort. L'expression du sentiment morne et accablant de cette banlieue est déjà très saisissante. nous citerons surtout diverses autres vues d'Argenteuil. sont supposées à peu près au niveau du spectateur et donnent l'éloignement de la foule qui circule en bas Mais d'autre voici sur les trottoirs un étonnant grouillement de touches serrées. d'atmosphère qui devaient être qui en sont De 1874. routinier. Ainsi c'étaient les sujets eux-mêmes qui dictaient à un artiste absolument sincère le langage qui convenait le mieux suivant l'occasion. La plaine Environs d'Argenteuil (1873) nous montre un des premiers effets au milieu par une grande route qui file vers l'horizon entre de rares maisons et de maigres bouquets d'arbres. Ici c'est pressées. fourmillantes. public ne dût être reconnaissant à celui qui lui apportait des éléments de plaisir nouveaux. Les maisons. la part. un Port du Havre. Malheureusement. vres typiques de cette époque. II faut ajouter qu'au lendemain de la guerre de 1870 les esprits étaient assez peu portés à examiner sérieusement un celui de Claude Monet. même un si infiniment variées des caractères dominants. l'avait payée vingt francs. Durand-Ruel. Un admirable Pont d'Argenteuil est encore de cette année. une Vue du Boulevard des Capucines prise d'un étage élevé. Il nous avant de parler de ces incidents. abréviatif. plupart n'éprouvaient pas le besoin de renouveler leur technique parti académique était nombreux. dont et le au spectateur. les voiles édifices Un met du quai. Le la était alors rebelle à la liberté. comme un faisceau de drapeaux. Les artistes. le sentiment éprouvé. sont rendus avec cette netteté. ville est et remarquons-le avec des moyens parfaitement appropriés de couleur vibrante et de dessin remuant. L'impression (ici le mot est bien de mise) du mouvement de et la chaussée. un succès forcé l'artiste moyen par quelque L'un demment extravagant. Une toile : les de givre. ce soin vigoureux qui ne diffèrent du genre de Manet que par l'accent personnel que Claude Monet dans le dû à un groupe de bateaux dont largement éployées. pour ni leur vision. d'une tonalité verte assez soutenue. cachent à demi les choix de ses motifs. figure aujour- d'hui avec avantage dans la collection de M. sain. Mais nous remarquons surtout que les est traversée recherches dans l'œuvre de Monet mencent ici et à le préoccuper. à droite du tableau. ce public. docile à l'habitude. population dans une grande rendue à merveille. et de son côté art libre. véridique. qui au moment d'une des ventes désastreuses dont nous allons bientôt parler. deux figures placées en haut. très agréable effet est n'y a rien là qui puisse soulever d'autres critiques que celles que Il pouvaient inspirer alors les préjugés sur le fini dans un tableau. et d'une honnêteté qui n'allait pas sans quelque indigence d'esprit.

pour le moment. avant de reprendre l'analyse et la chronologie de l'œuvre. De beaux bateaux blancs. - . les allées bordées épanoui. les arbres étalent leur feuillage au fond. les voiles repliées. et qui sont pour ou de la plupart aujourd'hui à New-York. nous font assister à des travaux de couture lecture de femmes en robes de massifs. même à des ébats enfantins dans temps que robuste et nature et de famille révélant des côtés affectueux chez de l'opposition qu'on devait si longtemps lui faire. Tout cela est. de nous rappeler que nous avons atteint la phase décisive dans l'évolution Il suffit. par suite devenir un rude jouteur. D'ailleurs. La Seine occupe deux les tiers de la surface du tableau. Diverses intimités du Jardin dont nous avons parlé. nous en voyons encore dans ces tableaux d'Argenteuil qui jouent heureusement leur rôle. se tiennent en ont vraiment l'éloquence d'êtres vivants. si de plus en plus les personnages tendent à disparaître des paysages de Monet. en claires. de Monet.68 pont. d'un sentiment de l'artiste qui allait. toute animée des reflets d'arches et d'arbres qui scintillent dans le clapotis avant et du courant.

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somptueuse de si pommes même la collection la même collection ce soit la Hœntschel. nous et ceux que nous aimons.INTERMÈDE DE FLEURS ET DE FRUITS. tout cela vraiment réjouit y a plus de philosophie de Que la la Pyramide gros melon entamé. cela ne saurait surprendre ceux qui ont remarqué les détails des tableaux à personnages que nous avons étudiés plus haut le Déjeûner dans un intérieur. qu'il à leur place dans s'abandonna le tableau. puisqu'ils nous maintiennent en santé. C'est une comparaison qu'on si dignes en peut établir sans crainte. d'y inter- mention de toute une série de travaux qui forment comme un intermède dans ample vue d'ensemble sur la nature qu'est la production de Claude Monet. Mais ce que les natures-mortes isolées ont de partiait : culièrement intéressant. Aussi bien. on peut dire que ces œuvres. ou. les accessoires même quelquefois à peindre joyeusement. de les raisins et le saveur. puisque nous venons de parler de ces quelques échappées d'intimité à Argenteuil. et le Déjeûner sur l'herbe. Tasse de thé si précieuse et superbe Corbeille de de pêches avec Même éclat. C'est caler la cet de certaines peintures de décoration de certaines natures mortes et qu'il est question. plus avec un verre et une miche. ou encore au retour de la chasse. valent les meilleurs Chardin. ou bien Durand-Ruel. si somme de nos peines. qui montrent les côtés affectueux. cette énergique figure. morceaux que dans . et des traits comme c'est qu'elles sont à la fois d'admirables expériences de pein- de sentiment. Sous ce dernier aspect. seront Que Monet de ici cordialement vivants de expansifs. la vie dans ces vigoureux le regard et riches frugalement. Nous qu'il allons bientôt nous trouver entraînés par tant d'événements et d'œuvres nous deviendrait difficile alors. ou les études de perdreaux et de faisans jetés en rang sur la table Il franchise. réconfortants. sans interrompre leur enchaînement. ture. un litre et excite les papilles. pu exécuter avec une verve entraînante et forte quelques morceaux de ce genre. expression d'une certaine gratitude envers les biens de la vie. la vie familiale.

Une autre portera des pavots rouges et roses. celle à la tasse de thé. Des chrysanthèmes s'ébouriffent près d'opulents tournesols ou de délicates azalées blanches. sous le rapport simplement pictural. Mais ce qui.70 bien des tableaux réalistes comme on en a vu pulluler déclamer dans et expo- les sitions. de la sveltesse des tulipes et des glaïeuls. des renoncules. puis des blanches. et une pelouse avec des dindons blancs. et ce sont des dalhias.. deux magnifiques analyses de couleur qui semblèrent pendant de longues années demeurer ses premiers et ses derniers essais décoratifs. d'ailleurs en de la nombre restreint. Un des plus remarquables ensembles de ces sortes de tableaux est la décoration d'un salon chez une MM. et arrivent à l'intense vibration que nous trouverons dans les dernières grandes séries de paysages. études de gibier à plume. et Dans cet jusqu'au plus intense lyrisme de nature. des citrons. fruits. et roses de Noël et et tel des pêches vermeilles. et fleurs. avec des chasseurs. non séparés de leurs feuilles luisantes. C'est ainsi que les même premières natures-mortes. Claude Monet avait également entrepris une décoration dont deux grands pan- neaux furent achevés : une allée de forêt en automne. D'autres portes encore. dans véritable chant de joie en l'honneur des fleurs et des Tel panneau représente des lys du Japon. des tons vifs et tendres pourtant dès pavots rouges l'épanouissement du jardin plifier unique poëme floral se trouve en devenir de l'œuvre féerique que nous verrons finalement s'am- et roses. de plus en plus chatoyantes. Là chaque panneau diversité surprenante. Car rien alors ne faisait prévoir la grande surprise qui devait illuminer la dernière partie de sa carrière. donne un intérêt particulier à ces intermèdes.. puis des marguerites jaunes. complexes de couleur et et panneaux de de facture. un tel dessus de porte. est. Durand-Ruel. les autres. . tel des des raisins écroulés près des beaux coings d'or. sont traitées dans la note large et synthétique. successivement éblouiront du rouge des azalées. c'est que l'on y suit l'évolution technique que nous avons étudiée tout à l'heure. Une autre porte. se font que peu à peu. des oranges. ou au melon.

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Monet pourra retourner encore de temps en temps à manière synthétique de la beau Port de mer. ni récriminer contre les erreurs de jugement qui ont occasionné alors de si vives polémiques. on s'est connu les aperçu dithyrambes de qu'il n'y avait plus d'audaces en peinture. d'une part. Ils ne passionnent guère le lecteur actuel. ont atteint des prix élevés et ont critique qui leur avait prodigué ses sarcasmes. merveilles qui sans doute les contemporains de ou les faire rire. canots. Mais nous ne sau- rions aujourd'hui insister longuement sur eux. avec que des l'art efforts pour attirer l'attention aucun rapport. un bassin avec voiles. silence ces épisodes bruyants. (par quai très animé il est surtout et exemple un très bordé de maisons maintenant voudra noter les plus subtils. car le point de vue s'est singulièrement déplacé depuis ce qu'on a pu appeler les temps héroïques de l'impressionnisme. Il les où n'y a maintenant plus d'héroïsme possible en matière d'art pictural. mais qu'il n'y avait. dans l'ancienne manière. et qu'ils l'artiste tout comme le la plus nature que nous donnent toutes dans la les nature charmaient alors lui-même. et leur détail paraîtra tout à fait dénué d'importance au lecteur futur. de Manet. que de la sincérité. Les œuvres des la et. après celles étaient bafoués. mais les effets les plus intenses en vivement et le plus en plein jour et même temps que ses débuts. mais qui allaient ne reconnaîtraient pas transposées sur Nous ne pouvons passer sous par attiré les indigner la toile. Depuis années où ils les tableaux de Renoir.POUR RAPPELER SIMPLEMENT DES BATAILLES ÉTEINTES. de Sisley. Arrivé à une phase décisive dans son évolution. de Claude Monet. ces fêtes de couleur saisons. est daté de 1874). toutes les heures. l'autre. Il justement possible ces jeux de lumière. ces féeries de en plein soleil. Il suffira de rappeler des événements qui sont devenus tout au plus une petite curiosité de l'histoire artistique. de par des grimaces d'originalité qui n'ont artistes que nous étudions ici ont obtenu de .

à fois centuplé la Héroïques avaient souvent à soutenir dans leurs familles de rudes assauts pour apporter au foyer de pareilles « horreurs » mes elles. elle n'était un titre certainement pas un aujourd'hui en place d'honneur dans toiles les traitaient. de devenir l'étiquette même sous laquelle on de rue Laffite la la rue la plus batailleuse de Paris.) Mais lorsque les impressionnistes affrontaient le hasard des enchères. Les auteurs de tant de les collections publiques et privées. très inattendu pour l'artiste. en faveur des impressionnistes. car ils . (C'était le moindre des ter- adoptés. C'était aussi par pas seulement par la colère. H. Des tableaux atteignirent en moyenne de soixante-quinze à cent francs. qui aujourd'hui ont plusieurs la n'était «nouvelle école». eut leurs œuvres. que la carrière Il y aurait quelque ridicule à reprendre les arguments expressions de et les Zola à l'égard de Manet. soleil levant. Le malentendu ne passionne guère les générations présentes. Le langage de et ne convient pas à celles de leurs successeurs. de Chesneau. parvenaient difficilement à vendre ces toiles deux ou trois cents francs à un petit nombre d'amal'objet teurs (1) qui certainement alors ne songeaient guère à spéculer sur aussi ces acheteurs. Le tableau de Claude Monet intitulé l'honneur. On fit aux portes des salles où les nouveaux peintres subitement mis en lumière. véritables rixes entre certains amateurs chaleureux et certains défenseurs art et de la et morale publique. mais dans titre de rente. Gaillebotte. leurs défenseurs d'autrefois ne s'applique plus à leurs œuvres. et même plus tard de Mirbeau et des écrivains qui. MM. Duret sont à citer. et peu de gens peuvent aujourd'hui comprendre les singulières assimilations Mais lorsque nous rappelons ces événements. qu'il y aurait quelque ridicule à continuer de déplorer leurs anciens tels déboires. il y a encore vingt-cinq à trente ans. avait acheté à Bellio. Mais ce vente de 1875. c'était alors le désastre dans toute sa désolation. de Duranty. mais qui alors passionnaient la critique et divisaient le public. se chamaillait : rangeait des ouvrages et des peintres aussi peu semblables entre eux que possible. car il n'y a plus de méconnus depuis de méconnu est devenue fructueuse et que les connaisseurs. ainsi que ceux de Duret. et unis par les idées plus que par la façon dont pressionniste devint. Les souvenirs de ceux qu'exaspéraient un ennemi de les levers de soleil la Commune étaient de Monet n'étaient pas loin de voir en lui " l'ordre. devaient vaincre les derniers préjugés académiques. montraient ingénument Impression. Rouart. craignent avant tout de paraître ne pas s'y connaître. Le moment d'ailleurs est curieux à faire revivre où les discussions prirent presque l'allure d'une petite reprise de guerre la L'exposition de 1874 civile. le premier cas. et il le y eut à dédain que l'on la salle traitait des ventes de du grand encore mal effacés. Parmi les amateurs. nous politiques auxquelles (1) il donnait lieu.72 triomphes. et de spéculations qui n'ont pas encore atteint leur maximum. de Burty. suivant les camps. de valeur. de Monet une vue de Hollande. menus pour nous. ainsi que Daubigny qui . Tout cela est bien loin. avertis par l'erreur de leurs devanciers aux temps de l'impressionnisme. Cette étiquette d'im- ils de gloire ou une injure.

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C'est pour que nous reprenons. Celle que le longues pour que goûts ne se heurtent pas et que les amateurs se désintéressent les et opérera est à évolution et à échéances assez de l'opinion de leurs successeurs. Les épreuves et les déboires de minaison. avait confiance dans l'avenir. même façons de les Ou si aucun signe ne acharnée que rencontrait son effort du moins. Toutes de les les idées et toutes les manquer peuvent ne pouvait penser alors que était la condition la résistance de son succès. 1870. l'examen de ses là l'histoire et œuvres qui des beaux phénomènes de la nature. puisqu'il n'y a plus de tendances. —à Monet après la condition de vaincre. succédant aux dénis de justice dans les Salons antérieurs. vu leur ter- Ainsi va la vie. nous apparaissent en 1920.73 éprouvons quelque regret. ni de réussites. entre 1874 et 1885. Claude Monet. il jusqu'où cette confiance . pouvait traiter. et qui sait. et même toutes les façons se produire maintenant avec succès. désormais sans inter- se déroulent avec l'ampleur et la joyeuse sérénité . peut-être une sorte de jalousie à constater que de pareilles luttes semblent devenues impossibles. ni d'avortements qui parviennent à provoquer une réaction temps opère immédiate. le verrons. comme nous lui indiquait aller. ni d'essais. que nous en bornons ruption. cela comme des circonstances heureuses.

» Cet honnête manœuvre n'aurait pas davantage compris le dessin des les plus : ciels d'Argenteuil. lui déroule tous les trésors frémissements de son courant. et tous de ces environs de Paris (ce qui sur- le ciel est plus beau quand on court le regarder très loin). qui disait. les paysages de cette série. Les Bateaux de plaisance constituent d'être aussi un et ferme dessin dans la neige. « Je ne peux pas peindre à Paris parce que les ciels y sont sérieusement. ventes dont nous venons de parler qui faire de longs voyages. très moutonné. L'année 1875 trouve On l'artiste encore principalement à Argenteuil. très bel Parfois Monet étudie les vergers sous poindre encore un des motifs où s'exercera En même temps élément de large le plus aigu de son se rencontrent certains coins de jardin (l'un est peint à Montgeron). médaillé régulièrement aux Salons d'il y a trente ans. devine sans peine que ce n'étaient pas lui fournissaient les moyens de qui. où apparaît ce qu'on pourrait appeler sa manière touffue : ces inextri- cables embrouillements de branchages à travers lesquels l'ombre et sa pourpre pro- fonde se jouent et font ressortir toutes les pés par la lumière. Je ne puis m'empêcher de rappeler à ce propos le mot saugrenu d'un vieux peintre de paysages. encore à Argenteuil. les par I pour cause. qui lui offre toutes les plus riches combinaisons de nuages. sans compter pour découverte de soi-même les et le peintre la Mais que de belles découvertes découverte de ses ressources. C'est le ciel prendrait fort les gens qui alors croient que de ses reflets.ENTRE ARGENTEUIL ET VÉTHEUIL. à un ami mal dessinés. émeraudes des feuillages diversement frap- . et l'on voit analyse. tous somptueux azurs. la C'est la Seine qui lui devient de plus en plus familière cette fréquentation incessante. qui donne beaucoup de mouvement et de charme à une des vues datées de 1875. Il en est un. L'ANALYSE LUMINEUSE DEVIENT DE PLUS EN PLUS AIGUË.

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que l'œuvre de Monet. les tons composés des éléments les plus divers. ses tableaux ne rappellent plus ceux de la première manière que par l'ampleur du dessin. Ce n'est cependant que de Bar- une commence- le mot marche ce que notre peintre osera entreprendre. On le voit. par C'est du labeur. Les éventails de cette page. du moins la dernière figure de dimensions que Monet exécutera. Quelles qu'aient pu être les heures de doute même de découragement qu'ait traversées Monet (et il en a traversé aux temps des plus grands succès. la aériennes des journées qui l'entraîneront avec de et bien avidité semblable. on s'étonne de voir qu'un homme que presque aucun appui matériel ne vient soutenir. par l'opiniâtreté sion. avec telle variété. de contexture des terrains et de la végétation.75 La Et. Au risque d'interrompre la progression dont nous venons d'indiquer le départ. un Nippons. capricieuse. de boutade picturale. même les paysagistes avaient jusqu'ici de les poursuivre et de elles. mais encore aller en s'exaltant. extrêmement muraille achèvent de donner à accoutrement est et un de monsassez exceptionnel. étudiée ainsi d'ensemble. en une aussi puissante allégresse de voir et de traduire. pas à même et temps sa couleur plus complexe et son exécution plus prompte plus sûre. « osera » n'est pas de Il vaudrait mieux dire que c'est la les observer. du mouvement des eaux. La importantes — ces nains éclatante. ondulante. par l'infatigable perfectionnement des resdans la joie d'enrichir et d'assouplir ses moyens d'expres- la continuité sources. n'avaient pas poursuivi correspondant exactement à son évolution. d'Auvers une bizon. Cette progression se constate dès 1878 où nous voyons apparaître les premières vues de Vétheuil. Et encore. par pas. jamais nuance de découragement ni de doute n'est venue effleurer son œuvre. mais boutade d'une richesse et d'une beauté de matière qui méritent de nous arrêter Ce sera la — un instant. les engageant à mener jusqu'au bout la tâche qu'ils se seront assignée. semble non seulement ne pas se tarir. fait le motif principal. Nous devons donc penser qu'il aura été amené la dernière figure . infiniment plus variée. quoique nous ayons considéré à l'instant les difficultés de vivre comme des cirjoie constances enviables pour l'avenir. ment de surtout dans les aspects fugitifs. rendent désormais des effets d'atmosphère. nous devons mentionner une assez étrange exception dans l'œuvre. et Constable lui-même. De 1876 date grande peinture de la Femme en robe japonaise. que rarement entrevus. pourtant exclu- caractère de caprice. C'est en cela que ce caractère demeurera pour les artistes un réconfortant exemple. Même les grands paysagistes de Ville-d'Avray. une beauté blonde. enveloppée de cette ample et bizarre broderie dont trueux qui amusent dominante rouge de les cet pacotille qui tapissent la sivement réaliste. qu'il y serait aussi indiscret qu'inutile de et chercher à connaître). d'éclairage. se montre grande. De plus en plus brillants et lumineux. parce qu'il a une fois commencé les rendre. alors qu'il semblerait que cette complexité la dût ralentir et refroidir. la forte simplicité du motif. puisse se maintenir en un pareil entrain. les phases lumineuses et les apparences la nature. rendre Mais en la touche. le succession des saisons.

et Revenant à Vétheuil. dit mais sensible La et pensant. peuvent y ajouter de brillant et matière s'y de somptueux. soit qu'il s'éveille frais et soit qu'il grelotte et se à l'observer et à pendant un temps. de montrant à la les tonalités. une sations agréables. d'été. et plus vigoureux que le second. de chaque heure typique. après des détours droit et large. il choisit aussi. plutôt que par la que d'une part Manet. devant lui. douloureuses dans la village de l'Ile-de-France sera sable répertoire de spectacles naturels. Il ne fait pas que subir et retenir.76 à vouloir se rendre compte de ce que. ou alors c'est un organe non point seulement sensitif. gaze à travers laquelle la masse des habitations semblera une apparition de rêve. un inépui- même de Vétheuil sont vraiment poignantes à contempler. les res- sources picturales qu'il a acquises depuis la Camille de 1866. le point le plus significatif en même temps que le plus rare. exécutaient alors. il ne fera plus intervenir l'être humain (mais principalement la femme. par même. ses toits rouges. A partir du moment où il développe ici les moyens nouveaux qu'il avait commencé à expérimenter à Argenteuil. De chaque saison. fique premier plan qui. des brumes. les caravane débandée des glaçons. On a un peu trop légèrement que la principale valeur de son œuvre était due à la finesse de son œil. apparences successives de ce que nos habitudes et nos regards paresseux sont portés à considérer comme monotone. Le village s'étale et s'étage sur une colline. avec ses maisons claires. appliquées à la figuration humaine. mélancoliques. C'est un morceau différent. nous y trouvons un thème plus étendu et plus séduisant. sera le miroir du le réservoir ciel. tour à tour. C'est en cela que l'œil merveilleux qu'on lui accorde. y a de notes C'est que cette le raconter. C'est une constatation qui n'explique rien. un fantastique et enivrant peuvent provoquer chez l'homme de sen- un drame. ce Ce superbe caprice une fois satisfait. les bouquets et les rideaux d'arbres qui l'escortent ou le rehaussent. est plus et mieux qu'un simple organe. nous renfrogne titres — car — les glaces et les débâcles que ce village s'évanouisse et soit fait de Monet à déjà parcourir tout la qualité façon de noter et de collectionner dans un amour du peintre vaste clavier de ce qu'il la nature. agenda des saisons. l'infatigable et d'accords et d'aspects surnaturels un des idylle. Il s'élève harmonieux. un magni- ainsi sur les bords de la Seine qui. rudes hivers et d'apporteur de neuf. et que pour un peu on lui reprocherait. il sait discerner le moment. Monet fois plus souple que le premier. que de s'apercevoir que cet œil possède une extraordinaire délicatesse. de l'autre Renoir. série des Vétheuil est trop nombreuse pour que nous l'examinions dans le . il a désormais inventé un nouvel art de regarder. enfin le chemin que suivra pendant un simple Ainsi les et de tout ce qu'elles vapeurs dorées des soirs de printemps. coule donnant ainsi quand on regarde Vétheuil de l'autre rive. qui participe mieux et s'imprègne plus finement de l'atmosphère) que très accidentellement dans le poëme de nature qui désormais vaste s'em- parera de toute sa vigueur et de toute son ardeur. capable de satisfaire avec bien plus de diversité qu'Argenteuil à toutes les curiosités du peintre. de grand peintre les candide aux matins l'hiver.

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Claude Monet plexe des effets colorés En et ces toiles de plus en plus variée amusé à noter : la et com- gare Saint-Lazare. ne fournira plus tard que des éléments pour une nous croyons que série différente. Lorsque Monet. après travaux d'Argenteuil cette mer et les années de 1875 à 1881 consacrées principalement à ces de Vétheuil que nous venons de résumer. l'entraînement croissant. ces fantômes de vapeur irisée. chaque variation du même thème devenant un nouveau sujet en lui-même. modifiée. d'une solidité de construction sur laquelle ne s'en joueront que mieux les caprices et les caresses les plus volatiles de l'atmosphère. en 1887. Comme nous l'avons vu. dans modernes auxquelles nous avons pu comparer les ensembles de Monet. Les environs. un « motif dominant » se rappelle. amplifiée. Et surtout. ces Fumées marquent encore une étape. coins ou ensembles du proche village de Lavacourt. de lui. Plus brutal à la fois et plus insaisissable que les spectacles de nature qu'il avait peints jusqu'ici. doivent amener pour le les un système peintre partitions d'abréviations. tourbillonnant au-dessus des machines. de sous-entendus qui ressemblent assez facilement au néant. à aucun moment Au temps complexes. planant. mais en temps il apporte dans les il même nouvelles œuvres. une idée se reproduit en comme quelques années. revient. Par contre une série semblant la amorcée. De même. à et à ces falaises qui furent en peinture. En même temps particulier. d'un tableau de 1871. mais très typiques. il ne se départira d'une largeur et d'une fermeté de dessin. reprise en 1903. toute que nous l'avons vu pas à pas conquérir. souvent à distance de devait l'être celles des vues Tamise. toute la somptuosité de palette. par un accord. après de nombreuses et différentes scènes. contraire. comme ses amours de jeunesse. Qu'il suffise d'avoir signalé sa multiplicité beau cycle. plus les effets qu'il rendra seront fugitifs et en même plus son exécution sera riche et nourrie. viennent compléter encore ce détail. Ainsi les fumées de la Rue de Rome peuvent être retrouvées dans les panaches qui se colorent de toutes les étranges opalisations des brouillards londoniens en s'échappant des locomotives sur le Pont de Charing Cross. Mais ce serait une grande erreur que de croire que la rapidité. et aussi d'expérience. transposée. même par une simple note. Quoiqu'il en soit. cet aspect de grande ville conserve dans l'œuvre de Monet une valeur d'intermède. l'année 1878 voyait naître quelques tableaux d'un genre assez mais qui se ralliaient à l'étude analytique nous voulons parler des Fumées de peu nombreuses. s'est à la fois exercé ce fantastique de plein jour. Une toile de 1881 l'ouvre de façon heu- l'acuité d'analyse . détours de la Seine. accusent encore une recherche de notation toujours plus rapide et plus subtile. comme celle des gares. de négligences expressives. entre les hautes falaises de maisons qui entourent et dominent le perpétuellement trépidant embarcadère. Monet s'est bien gardé de ce danger.77 de sujets. retrouve touje la puissance des anciennes vues de Sainte-Adresse. Cette magnifique suite des vues de Pourville et de Varengeville commencée en 1881 est accomplie en 1882 avec luxuriance.

car. ou au soleil couchant. ou à gauche. des grise et plus tendre.78 reuse : massive. ou un autre jour plus soleil. les améthystes. des rocs. ni Il feux. promènent sur gazon vert. ou en plein soleil. ou à droite. la mer s'étend au loin. n'est négligé dans sa facture. c'est ou dessous. et leur conservant leurs couleurs. perchés qui parfois surgissent comme brusquement à nos yeux. atténue leurs Monet soit en même temps partout. ou un jour gai et mélancolique. femmes et le sol se élastique et rude. Ou bien encore lorsqu'un imperceptible voile passe devant les saphirs. bien en de nous qui regardons cette masse surplombante et l'immense plaine azurée. ainsi les airs et étendent leurs bran- qu'un dais naturel au-dessus d'un . Tout de Pourville. tant apparaît infatigable ardente son exaltation de peindre. deux élégantes le la crête. Tout est précieux dans sa matière et cependant. rien flottant dans son dessin. à cause de sur la côte. les émeraudes et les roses rubis de l'Océan. nous en foulons petites figures de dessous d'elles. impressions devant les tableaux de Varengeville qui forment une série parallèle. l'originale silhouette la brise. champs salins. est pour ainsi dire sous la falaise nos pieds. s'élèvent dans et le clocher. tandis que de grands arbres tourmentés par ches sur humble le groupe de maisons reliquaire. après les quarante années qui ont passé sur ces peintures. une promenade presque vertigineuse sur suite après. comme On peut offrent tiède encore la débordante vie ressentir les mêmes que l'artiste elles y dépensait. se divisant en deux lobes énormes. et du village et de l'église. ou la falaise de ou près. ou au loin. Le motif est d'ailleurs différent et d'un pittoresque un peu plus accentué. et Il semble que perpétuellement se possède d'une façon surprenante.

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en songeant aux déplacements. : des grandes ondulations des coteaux. Le fleuve campagne annonce déjà la luxuriance et la forme là une magnifique boucle.LA CARRIÈRE DE MONET PARALLÈLE AU COURS DE LA SEINE. qu'infatigable explorateur des régions et des couleurs. d'une charmante élégance. se remplir les poumons d'air pur et s'impressionner la rétine de couleurs vierges. trouva le les rives de la nouveau depuis Seine pendant vingt-cinq ans. le rythme Ainsi. sinon pour les peindre. la Ce fut Givern5^ Le village s'étend en longueur sur une belle route parallèle à la rive droite de Seine. et de Monet. tout à coup. un peu avant l'agréable ville de Vernon qui vient se mirer sur la rive gau- che. Ville et village ont plutôt le caractère de ceux de l'Ile-de-France. et viennent Aux les brouillards détours les perspecdes demi-saisons. du moins pour les dominer. son port d'attache. les échappées suffisamment vastes au milieu des champs. tandis que la fraîcheur de la Normandie. depuis les quais du Louvre jusqu'à l'estuaire. on . AVEC GIVERNY POUR ÉTAPE DÉaSIVE Après avoir ainsi côtoyé le Havre jusqu'à Paris. d'une limpidité que font encore valoir de petits tives sont îlots joliment ébouriffés d'arbustes. il devait entre- prendre encore. les et par suite une immensité de ciel pouvant satisfaire les esprits et les yeux plus avides de lumière. elles forment ainsi autour de Giverny un spacieux amphithéâtre. en un seul coin de terre seront réunies quelques-unes des plus enveloppantes séductions de nature le miroitement nonchalant du cours de l'eau. d'une courbe noble. élyséennes. les silhouettes boisées des fuyants rivages apparaîtront vaporeuses. Puis. Le cours de la Seine est là d'une assez grande largeur et d'un calme. presque majestueuse. au milieu de plaines abondamment plantées de bouquets de bois et de vergers. Plus hautes du côté de Vernon. l'on dirait presque. et dominées par des collines qui sans être très élevées ne manquent pas de fierté. séjour d'élection.

et enrichie en 1883. le long de la même de Giverny. aussi naturelles que de celle l'arbre. plus tard étendue que Monet vint s'élevait s'établir en bordure de l'une les floraisons. fluette mais vive. la massive architecture des meules qui témoignent de hommes l'effort fructueux des des maternelles constances de la terre. qu'au- cun rappel trop brutal de jusqu'ici. séparée de l'autre par un grand jardin en pente par son exposition ensoleillée. régulière. si si l'on s'arrête dans quelque village voisin. ou plutôt de les faire se mani- que donnent les hauteurs. l'Epte. la fraîcheur que maintiennent les y contribuent encore. l'atelier et la bibliothèque de Claude Monet . constructions qui semblent aussi et logiques. De et était léité lacustre de en confortable et. la vie rustique. lui. entre deux routes parallèles. la maturité des moissons. L'abri rivières. de roseaux. par la ferveur de sa sensation et et l'entretenir par l'expansion de son sentiment. la culture des légumes et des blés. permettant tous les tracés moins se dilatant par fantaisie en de Genève en miniature. pour transformer effort fester côte à côte. favorable à toutes l'autre côté de cette principale route et d'un servant aux communications vicinales. babillard à de donneur de pittoresques intermèdes. en art. ainsi que la modération du climat. en modelant ces masses. il deviendra. douce. touffes de joncs. ses rideaux d'arbustes et de haies. Tel était.80 dominer peut. les plantations. en étudiant ces forces. le étendues les et voir s'agencer puissant entrelacement des lignes générales. à peu près résumé. peut pendant des années sans nombre pourvoir de sujets un artiste qui. bienfaisance en splendeur. et de l'homme lui-même. vient mettre aux ordres de celui qui possède quelque domaine sur ses bords. de l'épi. en analysant ces magnificences et ces subtibilités de la création. C'est villa. d'iris aquatiques phars qui pouvaient s'aristocratiser en variétés plus rares et La vel- de ces larges nénuacquérir noblesse de et nymphœas. l'on parcourt les prés. plus touffue chemin de fer-joujou et d'une configuration terre favorisée des coquetteries de l'Epte. car il sera alors cet homme ajouté à la nature. dans ce coin de France (comme en maints autres d'ailleurs qu'un pinceau passionné n'a point consacrés) permet. qui lui donnera les façons d'un un lac dans une maison rustique. Car. une certaine petite demoiselle de compagnie Seine souveraine. La demeure. en grimpant sans peine sur les plateaux. en enthousiasme. ces deux éléments n'étant l'un sans l'autre qu'une poussée aveugle ou une activité sans objet. ses et petits bouillons. activeur fertilité. accomplit avec beaucoup d'entrain la et de conscience son rôle de cours d'eau rapide. Alors. Elle serre de très près le village. et jusqu'à tel caprice d'élargis- sement. le séjour. les labours. Il suffira de quelque La bonté du terrain. la naissance des printemps. et le culte des fleurs. Rhône minuscule une autre pièce de celle-ci se parait s'étalait. y songe. en retraçant ces lignes. qu'aucune hideur industrielle. une sorte de créateur. tout ce simple et infmi répertoire à la profondeur duquel nous ne songeons presque jamais. — Enfin la vie trop moderne ne viennent — ou ne venaient encore désharmoniser. cet homo additus naturœ.

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ne vous écoute. ce qui aurait pu télégramme ne Lorsque lui avait telles — si un pas apporté la nouvelle de la mort de Manet. des oiseuses en général de et. monde en tous loin du tumulte creux des des théoriciens. mais qui se borne généralement à la suivre. et se porte en avant pour mesurer tout ce qui devait encore passer devant de de le faire sourire tels yeux. sortir interprété mains. des confrères. enfin qui. des amateurs. parti d'un laborieux. ne vous qu'il travailler. ne peut prévaloir contre cas. . entre- croissantes ses énergies. Il en 1883.81 pour les années où il demeurait chez et stériles discussions tout ce qui. si on vous prend plus de temps de travail et vous le courtise. villes. et d'un voyant une grande tâche à poursuivre. veut conserver intactes homme et qui. fuit plus qu'il lui. que et cette date de l'art français moderne pour justifier un peu de 1883 n'est pas dépourvue de toute solennité. qui peut faire l'opinion. on ne peut s'empêcher de penser que cette terre de Giverny avait assez d'importance sur la carte historique de description. d'un sage. jour de l'ouverture du Salon. déjeûna pour le la première fois avec sa famille dans sa propriété de Giverny. donne d'encouragements à Monet choisissait le les œuvres. l'esprit s'arrête un instant sur ces coïncidences.

ETRETAT. ou subira l'attraction de plus ciel lointain. Ce seront une invitation au départ. Tout en faisant là son séjour préféré. les désirs insoupçonnés qui redeviennent une résolution. eux-mêmes aux lois des associations d'idées. ou bien un choc qui semble fortuit. pendant l'année 1883. ou emmitouflés de légères. Il éprouve un vif plaisir. un plaisir d'imprévu plus qu'un penchant impérieux de nature. le résultat — auxquels d'un travail latent de il l'esprit. Mais en même belle peinture de la temps une excursion à Etretat sera commémorée par quelque plage.. Soudainement. soit ses paisibles rues paysannes. avec les barques échouées au pied des rocs et la frange d'écume venant s'effilocher sur la grève. quelques beaux tableaux : des effets de neige.. . presque dans l'ancien goût. village voisin. les pensées oubliées qui étaient demeurées une amorce. qu'ils sont sans auxquels doute il ne résistera pas. cette sorte de demi-Orient. caressant. suave. sont soumis Giverny fournit donc. une conversation avec Renoir. Les créateurs.' i > . des vues de Limetz. Grâce à elles. le fait partir avec lui pour Bordighera et Vintimille. BELLE-ISLE.. moulins à eau. cependant que beaucoup plus tard que n'est le peintre doit se confiner uniquement dans son Giverny./: ^. une parole. y revoir même et y combiner quelques-unes de ses plus importantes suites sur un thème donné. en art. d'un objet capable de diversifier sa verve. tout en y revenant sans cesse pour y découvrir quelque nouveau motif ou pour y accomplir.. un appel à résistera d'autant moins la construction. ALTERNANCES Ce : BORDIGHERA.... des vues de Vernon paresseusement assise parmi ses verdures. jetant aux yeux et aux sens. ils retrouvent par une simple rencontre. derrière une dentelle de soit ses gentils brumes feuillages.•. d'un il acceptera diverses occasions d'absence. à échantillonner ces harmonies toutes nouvelles. qui a trouvé des facilités de voyage dans le Midi et qui peut en faire profiter ses amis. de l'autre côté de la Seine.

< H a: H Q W O < .

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d'atmosphère chatoyante. c'est-à-dire l'ouverture de la falaise de l'autre côté (et placée à la droite. mer bleue entrevue entre des broussailles. est ces suites de variations sur une de la Falaise de Monet qui nous masse pesante de la la hantise. ce besoin du peintre de faire pour ainsi dire. Une ou deux fois au plus. qu'elles répondaient à la véritable nature de Claude Monet. si fait. séculaire et rude accourt. de plans moins efféminés. qui font qu'on ne sait trop fums ou l'on respire des couleurs. en arrière d'une vaste prairie. Ce sont alors les roches sombres. assez éloignée. Entre deux voyages il ne négligera pas de brosser une claire vue de Vernon. ramassés sur eux-mêmes duel dans lequel jamais les adversaires ne succombent ni se lassent. à son besoin de lignes franches. tantôt nous l'approchons de façon à en distinguer les assises rocheuses et la trace des morsures acharnées du flot. porte percée qui d' Etretat. Aussi ne sommes-nous point surpris lorsque nous Etretat avec une sorte d'âpreté. opposant leur opiniâtreté à l'acharnement du flot perpétuellement en furie. . d'une plus grande intensité lumineuse et même d'un dessin plus large et plus emporté. végétations d'aloës et d'orangers. tourbillonne. Cette sensation si si on peint des par- envahissante se discerne très bien dans les peintures de Bordighera et de Vintimille. Tantôt dans la clarté l'arche se voit au loin. qui recompose tout dans son apparent embrouillement. poudroiement de tons tendres. Ville perchée sur la diagonale d'une haute colline. installé à Belle-Isle-en-Mer. le tour de tous et thèmes et de toutes ses idées. dans — mais l'esprit ? — creusée. tout cela exprimé d'une touche légère. dans la ainsi fixée l'a mer la falaise. quasi-négligente. ou bien d'accords plus virils. Toutefois. ne fût-ce que par un seul exemple. crache son écume aux blocs même La vague rugueux. La seule dif- férence avec naguère. tulipes l'appellent. exécutées en 1884. tantôt même rude architecture. revenir à le vo5'ons. embrouillée. qui l'avait après les énervantes douceurs du Midi et l'avaient attiré à Etretat. dussent encore une le solliciter on ne peut pas dire fois. c'est que ces impressions plus septentrionales bénéficieront d'une palette encore plus affinée et vibrante. souvent féeriques flatteuses. au milieu d'arabesques un peu folles de pins parasols. en Hollande. torturées. n'est-ce pas connue jusqu'à les peintures cette porte ogivale qui a se confond avec laisse passer un de que des ses linteaux flots rageurs. bien que toutes ces choses aimables. non plus à la gauche du spectateur. d'oppositions fortes. l'entraîne à Sassenheim.83 toutes sortes de séductions insinuantes. Et c'est sans doute une escapade qui ses où les vermillons incendiaires d'un champ de fouetté par un souvenir. Mais comme saisi comme le voici. mais d'une négligence pleine d'art. n'était pas encore suffisamment assouvi. si le à la fin de cette même besoin de choses véhémentes et année 1886. de plus dramatiques accents. une joie d'une plus en 1886. La au silhouette. nous sommes presque au-dessous de sa le peintre l'a décrite encore à quelque distance). sombre sauvagerie. l'autre qui l'a qui s'ouvre sur le vide et ne déjà un de ces thèmes générateurs qui inaugure même donnée que nous verrons se développer bientôt dans une progression de plus en plus ample. De la sorte se remarque encore.

l'agitation vaine contraires.84 comme des gnomes monstrueux et têtus. Claude Monet Goulphar. et dont elle modifie à peine la forme au bout de centaines d'années. est seule. La profonds. Parfois. dans cette série. entraîné à entrer en lutte lui-même. des lapis concentrés. en suivant cette manœuvre opposée et superposée qui se retire et de celui qui s'avance. Flot rochers sont non seulement invincibles. Jamais encore sa facture n'a été plus flot complexe sur un dessin plus simple. comme les les s'est-il contenté d'un petit Pyramides de Port-Coton (sorte de nombre de motifs. Les touches sont à la fois pesantes et agiles. qui émerge comme le dos bombé d'un monstre. Les nains rocailleux pren- nent des couleurs de pourpre. la sombre plaine bleue. Les Rochers de piliers étroits s'élevant sur les houles ruines de palais fabuleux) vus d'observatoires plus ou moins rapprochés. au contraire. La Et lutte les deux donne le et le ton le pinceau de Monet s'est laissé emporter. Ainsi. Elles s'entremêlent inextrica- blement du et semblent se mouvoir. à une ronde bouillonnante. Pour peindre cette harmonie dramatique. semblent mouvements comme animés par palpitation intérieure. inexorables mer a des azurs. captivé lui par l'éternelle tragédie. en lutte pour drame le d' améthystes tirant sur mouvement. suivant la distance et l'angle semblent éparpillés. pour arracher son secret de formes et de couleurs. le grenat. contre cette monotone et magnifique furie. le ton. rageant et se lamentant. vu d'en dessus. des saphirs. Les rochers. sont en accord pour donne l'harmonie. ou se trouve contrainte à une danse éperdue. hérissée de mille frissons. plus intenses cent fois que les claires teintes de la Méditerranée. ennemis. le grand premier rôle est donné à un énorme bloc. de bronze. que Il résulte de l'immobilité de ces roches et de de cette mer qui annihile son les mouvement par tant de tableaux de Monet. dont elle ne réussit qu'à agiter le pelage d'algues. plus soutenus. . lui suffisent pour créer des spectacles pleins d'unité et pourtant de changement. Parfois. : ils et sont encore splendides. que. ou bien forment une cri- un cirque au milieu desquels la vague s'abandonne.

1—4 « O H O O < W O (/2 w .

.

et. on dirait on l'osait. les plus heureux de son travail. et dont le public. sans entrer de s'étudier sa production et de se raisonner. en révélant que si Claude Monet eut dans l'ensemble de son œuvre un élan de lyrisme et d'ivresses de nature plus intense que la plupart des peintres modernes. il est tout cela. un double intérêt qui aide à notre compréhension de l'œuvre et nous empêche de porter sur l'homme un de ces jugements tout faits. ample avec indiscrétion dans l'intimité. émotif. Et en effet. dans ce à l'appréciation de son auteur. trait En revanche de caractère. Mais il est en temps extrêmement sensible. ou plutôt d'organisation humaine et artistique. alors qu'il les aimera. si l'ardeur calmée. rapprocher ces contrastes artistique. cet enthousiasme fécond fut presque constamment coupé par des accès de doute. et quant à ceux-ci. à part la brutalité. car son caractère vivre et d'agir. et dont sans doute lui-même ne s'est jamais rendu compte. Un besoin de contrastes et d'alternances qui n'a peut-être pas été jusqu'à pré- sent assez étudié dans l'œuvre de Monet. Nous ne commettrons pas de ceptions et de son labeur. et d'autant plus inexacts que leur simplicité les rend vraisemblables. Il peut attaquer l'ouvrage et tenir aux gens sans en démordre. On pourrait.QUE L'ŒUVRE DE MONET EST SOUMISE A UNE LOI DE CONTRASTES. des anxiétés allant presque jusqu'au désespoir. devant les résultats les plus beaux. et régulier non plus de ses per- même. n'est pas donne à l'ensemble de comme le flux et le reflux. mais de un beau rythme. On même même tête l'a jugé exclusivement tenace. Il y a d'autant moins d'inconvénients à le dire ce qu'il a de pensant et de noble. il n'aura pas de plus grande . Mais il croira voir ce qui manque à celui-là. fonçant sur l'obstacle. tendre. des périodes de découragement. mais de sa sensibilité continus de ceux qui régnent jusque sur sa vie ces intrusions trop coutumières à l'information contemporaine. est que il cette œuvre échappe depuis longtemps se trouve pourtant pour nous. dans moins avide qu'on ne le croit. une fois brutal. énergique.

Au thèmes en rapport ou en relation avec Les tableaux deviennent ainsi. un Emile Zola. cette forte comme la il y a un trouble secret. mais bien d'involontaires prenait Jean. et l'infrangible masse calcaire qui lui résiste et le domine. semblables aux bœufs lettres. Celui-ci pour ne considérer que suivant les spectacles qu'il aura été et pourtant fine organisation lui per- par rafales. Sui- sentiments qui dominent sa vie mettra ainsi de produire les contraire. en tant qu'écrivain des- promeneur solitaire » Quant à la dualité de cette énergie visible et de ce trouble le plus souvent caché. ce qui peut donner à ceux qui n'en sont pas l'objet. chez Monet. qu'ils conduisent. et l'a œil» admira- ne voient que l'instrument sans sentir l'esprit qui l'anime. de sa vie. dans fut. à aussi parfois — ce qu'on caresse de l'air et de la terre. et erreur de jugement physionomique. Au il l'observa. sans nuances. ou du moins prétexte à le dire. sous l'empire d'idées plus sombres. court. Elle est la réfutation de l'opinion. si nous nous en tenons aux exemples qu'on peut donner. tout d'une pièce. 86 que de se dépenser pour eux comme il fit pour Manet et pour Sisley (1). une tombe. comme l'ont fait les théoriciens des jeunes écoles qui ont réagi contre l'impressionnisme. se ranime jusqu'à l'embrasement. production artistique. le Ces indications jetteront. qui ne trouvent à apprécier que blement doué d'un admirable ouvrier. (1) Sans entrer dans les détails de cette histoire. flamme qui tour à tour vant les par exemple. non pas de pures impressions. on en rencontre souvent d'une délicatesse criptif et « presque féminine. avait pour devise comme : nulla dies sine linea. pour ceux qui voudront bien adopter notre manière de voir qui n'est pas venue sans réflexion. pour le sira des copiste entièrement passif de la nature. Nous n'avons plus affaire à un de ces caractères massifs. s'élève.. toutes les journées comme poussé par ces sentiments à préférer. Mais telle claire ne pourrait croire en considérant son œuvre d'ensemble. en effet. un de ces laboureurs robustes. une lumière particulière plus vraie sur et l'œuvre et sur son enfantement. et. posément (quoique toujours avec une ardeur alors contenue) à quelque cycle où la construction l'emporte encore même sur la subtibilité de l'harmonie. et surtout contre sa suite immédiate.Jacques Rousseau. D'ailleurs ses affections seront choisies et raisonnées. l'idée satisfaction qu'il n'est pas sensible. il sera demeuré — d'assez longues périodes sans toucher un pinceau. et sans exception. épanouie. légende. d'ailleurs intermittent. Elle permet de comprendre pourquoi dans l'œuvre. nous dirons simplement que Monet se consacra avec une ardeur infatigable à l'organisation d'Une vente artistique au profit de la famille que Sisley laissait sans fortune. Ainsi Monet ne doit plus être pris. ou bien de travailler lentement. elle n'est pas moins aisée à admettre que le perpétuel combat qui captivait Monet à Belle-Isle entre l'élément fluide sans cesse agité. à la fois préjugé. marche de la positifs. ou bien enfin de se laisser aller avec une confiance légère. confessions au sens où le contraire la diversité il y discernera même et y choi- de ses émotions. parmi tant de tableaux mâles. .

V2 Ui C/3 .

.

en 1888. les rochers et le miroir des . les suavités de Bordighera en 1884. et hauteurs. les parfums et les douceurs d'une seconde saison sur la Méditerranée. puisque nous voyons alterner les effets souriants de Giverny en 1883. en attendant que les d'Etretat ravins abrupts de la Creuse. eux-mêmes encore moins âpres que les sauvageries de la mer à Belle-Isle en 1886 et 1887. cette toile est et une hauteur d'une au-dessous de laquelle et couronné de son Municipe à allure de donjon féodal. On voit que. moins exclusivement caressée. tandis qu'en 1891. sans être simplement qui incendieront sa pour cela suivre une régularité mathématique. La seconde saison méditerranéenne est plus corsée que la première. en 1889. ce seront les ardeurs de palette. perché sur Bordighera et les Vin- soit. auxquelles vont de nouveau s'opposer. dans sa coquetterie. production la les alternances sont trop constantes du hasard. A rappel familier et apaisant des printemps dans l'Eure en 1890. Les silhouettes sont en général plus découpées. de Monet se conforme à un rythme très pour l'été l'effet dont net.AUTRES ALTERNANCES : VINTIMILLE. derrière s'aperçoit le village très à l'italienne. les harmonies plus sobres et les contours plus accusés en 1886. puisque timille sont de 1884 coupe heureuse avec et les la les Antibes sont de 1888. les colorations plus chaudes. fassent entendre cette période succédera à son tour le un appel plus véhéments. LA CREUSE. C'est sans doute par l'erreur d'une signature ajoutée après coup qu'une vue de Dolce acqua près de Vintimille est datée de 1886. Cette succession de contrastes qui caractérise et domine une notable partie de de Monet commence à s'acccentuer au cours des années que nous venons la carrière d'étudier. entre mer le Cap d'Antibes. Quoiqu'il en grande arche au premier plan. les buissons la ville même. Les Pins parasols qui viennent dresser au bord tiges sveltes et contournées et le au-delà desquels se voit dans même de la nappe azurée leurs fantasque couronnement de leurs ombelles. un éloignement de rêve nonchalante.

demeurée unique. il l'a saisi et exprimé. sentent l'arôme résineux des pins. d'en être arrivé à ce moment de notre étude sans avoir assez dit que Claude Monet est. thèse que nous avons présentée. de lacs. d'une saison. et thème sur lequel ami du poëte qu'il Rollinat. — le fait s'explique Américains venaient justement de s'aviser du succès commençant à venir largement pour Monet. Ces ravins sont tapissés de bruyères et de maintes végétations basses. Tout ce que l'eau peut capter de lumière. non sans une certaine audace. bien que déshérité. Les Eaux trem- Roche perché jusqu'en haut d'une côte et détachant sur le ciel sa silhouette pauvre et fière. la mer des tableaux d'Antibes. chatoyantes. mais amenée par la logique des contrastes. eaux de fleuves. un peintre essentiel des eaux dans toutes leurs apparences. sillonnées de barques ou parées de grasses floraisons. qui sont presque tous en Amérique. mer seule. Aucun peintre de paysages n'a rendu avec une pareille sûreté et une égale variété la fluidité. des deux jouteurs de Belle-Isle. mais qui devait finir tragiquement. la séduction ou la colère de l'élément. Nous pourrions nous reprocher. C'est l'eau mirages et sa flore. où le pourpre domine. la richesse de ces tons et la On se plaît à voir dans ces toiles l'opposition entre fermeté rébarbative des terrains escarpés. qui seront le années prendra son plus grand La Creuse fut le labeur de ses dernières prodigieux épanouissement. Gustave Geffroy Celui-ci. miroir du ciel ou champ de bataille des vents. de cette suite. Nous enfin. d'étangs. tandis que ceux de Bordighera et de Vintimille évoeaux. comme aussi une toile de Belle-Isle montre seulement la mer agitée sous un ciel moins clément. de canaux. si différents quaient à nos sens les senteurs de l'oranger. avait pensé qu'il y avait là pour le peintre matière à une énergique manifestation. tout ce qu'elle peut faire ruisseler de prestiges et de gammmes. retiré à Fresseline dans une solitude qui n'était pas sans fruits poétiques. Claude Monet y avait été emmené avait rencontré à Belle-Isle et avec qui il s'était lié d'amitié. le sujet par M. vers lequel grimpe péniblement un sentier qui part du fond du ravin et du frisson même de l'eau. courantes ou immobiles. tels sont les principaux motifs de cet aimable cycle. entre autres aspects sous lesquels on peut le considérer. nid pittoresque. si l'on nous passe cette similitude. si l'occasion ne nous était pas fournie par ce rapprochement. d'océans. : Les tableaux de par ceci que les la Creuse. la transparence. — sont surtout bâtis sur le motif des ravins au fond desquels coulent des eaux étroitement encaissées et bouillonnant clairement sur leur lit de pierres inégales. nous découvre la Un sans mouvement sous le ciel sans nuages. en 1889. blantes à Fresseline.88 dans leur égale quiétude. la palpitation. mais avec des colorations différentes. . si l'on adopte on pensera avec nous que Monet avait accepté la cette suggestion surtout parce qu'elle se trouvait concorder avec son besoin de se détacher des flatteries méditerranéennes. voilà les deux tableaux les plus saisissants. qui. ses le verrons ne pas se borner à tant d'effets déjà collectionnés. comme dans la série des Pourville se rencontre l'exclusive représentation des deux grandes immensités uni- quement en présence. Toutefois. le Village de la .

C/3 .

.

une année pendant laquelle fort peu des tableaux de Givern}datés de 1890. de la date une peinture représentant une Meule. en avant du rideau d'arbres que l'on retrouve souvent dans l'œuvre. singulier. . L'on ne peut guère compter comme paysage en contenant deux du cycle des Meules proprement dit un vues à une certaine distance (collection Durand- faisant partie petites. au toit rond. superbe.89 nous surprendra plus puisque nous avons constaté chez Monet le principe des thèmes générateurs et de leur incubation plus ou moins longue) de cette année 1889. rappellent ce motif. Ruel). et qui ne figurent que d'une façon subordonnée à l'ensemble. au beau milieu plaine de Giverny. presque entièrement consacrée à l'expressive ingratitude Fait curieux (mais qui ne de la Creuse. que leur rurale architecture allait marquait le point culminant. puis encore la plaine et le rideau d'arbres qui la termine. se passe. charriés sur la Seine. Ce sont de tendres effets de printemps. des glaçons Puis. jouer dans l'œuvre dont elle inattendu. sans remplir le rôle prépondérant.

DEUX ÉVÉNEMENTS

:

L'EXPOSITION AVEC RODIN,

LA SOUSCRIPTION POUR

L'«

OLYMPIA

».

dans l'œuvre de Monet, nous
trouvons, en guise d'intermède, pendant qu'elle prélude par les effets de printemps à
Giverny, deux événements, de nature différente, qui n'ont pas laissé de tenir une

Avant d'aborder

cette nouvelle et décisive évolution

certaine place dans sa vie. Ils ont lieu tous deux en 1889.

L'une

est l'exposition

que Georges

Petit

prit

l'initiative

d'organiser

simulta-

nément des œuvres de Monet avec celles de Rodin. Les deux artistes étaient encore
discutés avec beaucoup d'acharnement. Cette accession à une galerie très recherchée,
ouverte aux réputations consacrées, ou réputée les consacrant définitivement, eut
quelque influence heureuse sur le profit matériel que Monet pouvait enfin commencer à retirer de ses tableaux. Rodin exposait entre autres les Bourgeois de Calais.
Monet avait des types des principales époques que nous avons jusqu'ici passées en
revue. Nous nous rappelons avoir assisté, le jour de l'ouverture, à la rencontre de
Rodin et du critique alors redouté Albert Wolff, de qui le temps n'a pas respecté tous
les enthousiasmes ni toutes les condamnations. Pour Rodin, toutefois, il sembla faire
preuve ce jour-là d'une grande clairvoyance.

«

Ah

!

c'est

vous M. Rodin,

lui

entendîmes-

nous dire de sa petite voix blanche. Eh bien, vous avez beaucoup de talent. » Rodin
s'inclina cérémonieusement. Pour Monet il lui fut plus difficile de revenir sans transition sur les articles où il comparait les impressionnistes aux pensionnaires des
maisons d'aliénés, mais il sembla admettre que le peintre et lui avaient fait tous deux
des progrès. Nous n'insisterons pas sur cette exposition; nous devions surtout signaler
sa date

comme

celle

sinon du premier, du moins d'un important revirement dans

du public.
Le deuxiêîne événement nous

l'opinion d'une partie

Monet,

ne

fait

les facultés

intéresse bien plus en ce sens qu'il

montre chez

d'enthousiasme, le dévouement à une idée ou à une amitié, ce qui

qu'un dans son esprit aussi ferme dans ses sympathies que dans ses adver-

91
sions. C'est la souscription organisée

par

en vue de l'achat de l'Olympia,

lui

et la

campagne infatigable menée pour faire accepter l'œuvre de Manet par l'Etat pour les
musées nationaux.
La souscription dans l'ensemble fut brillante. Elle faillit un moment devenir
dramatique; et elle ménagea à Monet, relativement à certaines des personnes sollicitées,

quelques surprises.

Les

furent pour la plupart, empressées, vibrantes, touchantes

lettres qu'il reçut

parfois. Les

noms

les

plus divers se rencontraient de ceux qui tenaient à honneur

un peu d'Olympia » comme disait Toulouse-Lautrec dans sa réponse, Puvis
de Chavannes se rencontrait avec Degas, Duez et Gervez avec Mallarmé. On comptait
« d'acheter

encore parmi

Armand

empressés Duret, Moreau-Nélaton, Raffaëlli,

les souscripteurs

Dayot, Robert de Montesquiou, Lerolle, Flameng, Chéret, Lhermitte, Jeanniot, Guillemet,

Carolus-Duran, Pissarro, Roll, Frantz Jourdain, Ribot, Chabrier, Ary Renan,

Besnard(l), Boldini, Fantin-Latour, beaucoup d'autres.

Ce qui nous porterait à croire que
temps héroïques,

c'est

que certaines

lettres,

l'on

encore (en 1889

vivait

on peut aujourd'hui

!)

dans des

non seulement

le dire

sans indiscrétion, mais encore avec la certitude de valoir à leurs auteurs plus d'affection et d'estime, traduisaient à la fois le

bon

vouloir, et la difficulté de le prouver.

Dalou avouait sans détours que sa pauvreté l'empêchait de dépasser un
modeste. Rodin
petite

somme

« traversait

une

crise d'argent »

qui ne

le laissait

équivalente. Jean Carriès se trouvait logé à la

fut peut-être encore le plus

émouvant

d'entre eux. «

Mon

l'espère,

vous

longtemps sans

te prévenir.

Manet

Mais

ques francs de

:

11 janvier 1890,

côté, et

plus modique, avec
a dû avoir

le

envoie cette

il

un mot où

il

plaint

enseigne. Renoir

cher Monet, écrivait-il

mais

ira

je

(le

ne puis pas

au Louvre sans moi,

mais je ne puis faire autre chose que des vœux pour

tentez. »

disposer que d'une

même

11 août 1889), impossible de trouver de l'argent. Je suis désolé,
te faire attendre plus

chiffre

la réussite

je

de ce que

pu mettre quelsomme d'autant plus émouvante qu'elle est
affectueusement son ami pour les tracas qu'il
au bout de cinq mois,

il

a

« ...Si c'est fini. »

Aux beaux

élans de cet

hommage

collectif des

principaux artistes et amateurs

quelques refus assez inattendus se produisirent. Alfred
y eut une contre-partie
Stevens et James Tissot se récusèrent pour des motifs de simple amour-propre. On
s'expliquait plus difficilement que le chanteur Faure donnât pour raison de son absil

:

tention sa certitude

«que

la

manifestation n'atteindrait pas

aurait été encore plus difficile

si

but proposé», ce qui

tous avaient donné cette réponse.

Mais plus surprenante que toutes
et

le

les autres fut l'attitude

d'Emile Zola, l'ancien

hardi défenseur de Manet. Sa réponse bourrue, maussade, illogique, sera reproduite

non pour exprimer une opinion défavorable sur le caractère du célèbre écrivain,
mais pour montrer comment, même chez un homme d'une haute intelligence, même
chez un ancien compagnon de luttes, les nerfs parfois parlent plus fort que la raison
ici,

:

(1)

Besnard en envoyant sa souscription, ajoutait

:

«

Mais

le

tableau n'ira pas au Louvre certainement.

»

92
«

Mon

cher Monet,

souscription dont vous

de peinture

même

chagrin, mais je ne puis m'inscrire à la

écrivait-il, j'en suis très

me

pour

parlez. C'est chez

moi un

le Louvre... J'ai assez

parti-pris absolu

défendu Manet par

la

de ne pas acheter

plume pour

crain-

pour ne pas craindre] aujourd'hui lei reproche
de lui marchander la gloire. Manet ira au Louvre. Mais il faut que ce soit de luimême (!) en pleine connaissance de son talent (?) et non sous une forme détournée
du cadeau, qui sentira quand même la coterie et la réclame. »
dre [évidemment Zola veut dire

ici

:

Cela n'était qu'une erreur de jugement, une bouderie, dont les motifs, au reste,

nous importent peu aujourd'hui. Ce qui fut plus grave, et qui causa un incident assez
pénible, ce fut non plus un simple refus de souscrire, mais une véritable opposition
à la souscription. Et de

la part

de qui

?

De

non sans

l'ancien ministre qui avait

dif-

non sans courage fait donner à Manet la croix de la Légion d'honneur. Il
est trop humain de blâmer ce dont nous n'avons pas eu l'idée pour que l'on s'étonne ici
de l'attitude d'Antonin Proust et qu'on lui en fasse même un très vif grief; mais l'avenficulté et

ture est curieuse à rappeler.

Commençant par
écrivait tout d'abord

dire

que

les

pour quelles raisons artistiques

œuvres de Manet

il

désapprouvait

musée

plus dignes du

les

l'idée,

étaient « celles

qui témoignaient de l'impression que lui avaient causé les maîtres de l'école espagnole
et celles «
la

beaucoup plus intéressantes qui ont déterminé

lumière de convention de

l'atelier. »

Il

ajoutait

:

«

pas

Déjeûner sur

le

d'excellentes raisons

qui est du

l'herbe,

L'Olympia, avec ses très grandes

même

pour ne pas accepter l'Olympia

»

les artistes à réagir contre

qualités, n'a pas la signification des toiles auxquelles je fais allusion. Elle

même

il

et

ment public ne donne pas gain de cause à ceux qui

Le Louvre trouvera

temps...
il

ne vaut

craindre que

est à

l'auront offerte. »

le senti-

novem-

(14

bre 1889).

Monet supportait impatiemment que

les

motifs

précisément fournis par ceux qui auraient dû
s'était

voué avec tant de passion.

Il

le

et les prétextes d'insuccès

seconder dans

s'affligeait et s'inquiétait

fussent

la tâche à laquelle

il

de voir qu'une pure mani-

festation d'art menaçait de tourner à l'a

événement parisien», presqu'au scandale. Et
publiée par le Figaro donnait, de la bouche

sur ces entrefaites une « interview

»

d'Antonin Proust, à

pour l'Olympia

à la veuve de

la souscription

l'artiste.

Les amis de

celle-ci et

le

caractère d'un secours déguisé

ceux du disparu en furent vivement

offusqués et chagrinés. Antonin Proust désavoua vaguement

Monet un envoi de témoins.
achevé de rendre désastreuse

Il

mais annonça à

n'y eut heureusement pas de rencontre, ce qui eût

l'histoire

très explicite et des plus dignes,

prendre un

l'article,

de l'Olympia,

et l'incident fut clos

par une

où Monet, déplorant que certains eussent

lettre

feint de

beau témoignage d'admiration envers une œuvre et un maître pour une
aumône clandestine, et surtout que les détracteurs de Manet pussent trouver là un
si

excellent prétexte à manifester contre lui plus vivement

amis

don de ce tableau,
c'est parce que nous l'avons jugé un des plus beaux
l'œuvre du maître. »
et

moi,

écrivit-il,

avons

fait

que jamais.

«

Lorsque mes

et

eu

et

des plus caractéristiques dans

l'idée

de cette souscription,

93

Ce ne fut pas sans de grandes difficultés que Monet finit par faire accepter à
l'Etat l'œuvre qui aurait dû être donnée sans discussions et accueillie avec empressement. Comme disait le bon Renoir « il ne s'amusa pas beaucoup avec cette affairelà. » Aujourd'hui il est bon que le public se souvienne que c'est à l'ardeur et l'opiniâtreté

de Claude Monet qu'il doit de comparer VOlympia et les œuvres des maîtres

anciens que Manet avait continués. Après de
1890,

un décret

qu'il

demeurerait au Luxembourg ni
Il

fallut

était

rendu, attribuant

ne

illustre des

pas attendre

fit

heures.

On ne

musées,
la

du

Conseil,

les délais

le 7

novembre

tableau aux musées nationaux sans garantie

qu'il irait

que quelques années plus

étant devenu enfin président

au plus

le

nombreux atermoiements,

tard,

au Louvre.

M. Clemenceau, de chef de l'opposition

Monet

allât lui

demander pour Manet

l'entrée

L'homme

réglementaires étant accomplis.

d'Etat

réponse, ni la solution, ni l'exécution, plus de vingt-quatre

à ses ordres.Le transfert fut opéré

résistait point

demande, en dehors de toutes

les

même

jour

le

de

la

coutumes administratives.

Ainsi se termina ce petit chapitre d'histoire contemporaine, que nous avons

un peu en guise de

relaté
le

divertissement, et plus encore pour éclairer le lecteur sur

caractère de Monet.
S'il

était nécessaire

sort de notre sujet,

de

!

sur l'humanité en général

— nous ajouterions que M.

Depuis que je suis

Clemenceau, lorsque

prompte et de sa
au pouvoir, vous êtes

remercier de son intervention

vous

l'éclairer aussi

demander autre chose qu'un

si

service personnel. »

le

décision, répondit
le seul

homme

:

mais cela

peintre alla le
«

Que

voulez-

qui soit venu

me

Millet a compris et exprimé. L'idée art. le les disettes. et d'un amour de la nature. dans deux ou trois magnifiques dessins. nature nourrice. de formidable. l'attitude sous poids des saisons. d'appliquer à du laboureur. n'est pas et noblement tendre. seul. les apparences sous les jeux de la lumière déterminés par la baguette magique des heures. comme un monument. ET LEUR VERTU ARCHITECTURALE. Leur exposition à la galerie Durand- Ruel fut un événement artistique retentissant. sur la terre qui le supporte. il se trouve un Virgile un Poussin pour tirer des seuls enfantements du sol la poésie la plus profonde. De notre temps. entre mille sujets rustiques dans l'immensité des champs et parmi le travail du paysan. ont suggéré la divinité. évocatrice même vieille divers d'une suprême des comme même l'art et la de façon majestueuse vers. ont été figurées neuve en poésie eux-mêmes. sai- même édifice être. C'est de 1891 que sont datées les Meules. Seul. les plus beaux Même aux temps où régnèrent les représentations les plus allégoriques. encore une fois. que Ruth et Booz qui — se rencontrent parmi les épis. enfin de ne montrer rien autre que cet objet familier et de ne voir. toutes les perceptions d'un œil délicat. le caractère. soigneusement recouvertes. Millet avait retracé avec grandeur la . Cybèle. la gravité. (dans un des quatre tableaux des Saisons) pour faire du grand champ de blé tout un personnage plus important à nos yeux (et aux siens même). Elle est noms du blé. bienfaits de la terre. pour traverser les sons dures et rassurer l'homme contre mûrit Mais de prendre ce presque le comme un de la paille blonde sur laquelle ^ grain sacré. la solennité des gerbes régulièrement amoncelées.LES «MEULES». POINT CULMINANT DE L'ŒUVRE. Gérés. c'est ce dont personne ne s'était avisé jusqu'alors. toutes les forces accumulées d'un amour du métier ne transcrire. tout en rendre la masse. Démêter.

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i .

amplifiait son dessin. la et à leurs alen- communiquait une émotion à travers lesquelles on devinait leur tours. qui se trouve entraîné par la suite. silhouette. vous le voyez aboutir. toujours avec plus de variété et de largeur.95 forme. puis une autre. les effets de coloration se succédant rapidement. de s'analyser lui- dû à une circonstance fortuite. des chatoiements jetés par les jours suivants. Dans tableaux de Meules de Monet. Mais le soir s'approchant. quand Monet ne de ses conséquences. la voie où ses facultés et ses attractions l'ont engagé. seule sa vie les est attestée. l'homme est absent. montre à quel point l'idée même d'isoler se serait pas douté sur le l'instinct du peintre associé à et moment la force expansive du souvenir. Mais vous qui avez observé la progression suivant laquelle que chez lui une idée latente d'autres. mais encore était-ce pour noter de ses constructeurs. seule notre instinctive gratitude témoignage de et interroge ce l'effort qui ponctue la solitude et Monet. Nous avons donc dit. qui rachète par tant de si maternité ses rigueurs. Cela non pas seulement à cause du caractère complet de ce cycle. Ainsi. mais tout un cycle. en simple état de «devenir». d'autant plus conforme à la direction de ciation de ses travaux. pour en faire une étude. brumes enfin. les coloraient de tout un fantastique mystère. Il raconte qu'un jour. que les Meules marquent le point culminant de l'œuvre. au bout de l'année. vous pouvez plus nettement que lui-même. contemple la nature pour avoir la contredit le loisir à la fois. d'un des véri- sommets de sa carrière. Cela est d'autant plus causé par une loi de son esprit. il demandait une des vite toiles blanches apportées. des lumières. sur et sous la neige. tout un poëme des peut-être plus dramatique. des fêtes encore plus aiguës. trop passionné à analyser même. ou bien pour faire reposer dans son ombre une paysanne endormie. le relief. Mais. Les phases de cette terre qui nous fait payer cher sa clémence. a pensé que son mélangée d'un peu d'anxiété. l'avait mis en présence d'un des objets décisifs. séduit par l'opulence d'une belle meule dans la plaine de Giverny. qui vont aller se développant. sans nul dessein de multiplier ses obsercycle des Meules était vations sur ce thème. Monet croit donc que ce fut seulement une abondance d'effets qui l'induisit à multiplier les variations sur les Meules. il était venu avec sa belle-fille. en connaissance de cause. qui sont vives et heureuses ici avec nous fait rejeton et fructifie. son élève et sa confidente. Vous l'avez vu annoncé. M"° Hoschedé. toute pétillante sous l'intense soleil d'été. Déjà cette raison justifierait l'opinion. lumière donnait aux meules lui suffisait pas. le soleil Il revenait son analyse. une autre encore. D'ailleurs d'étudier en ne suffit-il pas de faire remarquer que soi-même une meule. de sa force expressive par rapport à la plus grande simplicité concevable du sujet et des lignes tables sur lesquelles il est construit. l'asso- comprendre combien ce motif le retint d'une façon en quelque sorte nécessaire. inévitable. corsait sa pâte. l'enchaînement. perfectionnait Puis l'été ne couchant à plein affolement de rayons. que nous avons déjà à plusieurs reprises noté certains de ^es thèmes. c'était non pas l'étude projetée tout d'abord. c'est ici que . les belles lignes les gestes simples de la Meule. fixant le plus rapidement possible l'essentiel des ombres. L'hiver. tandis ne se reproduisent plus.

Cette matière avec le temps prendra est le résultat la solidité et la profondeur d'un bel émail. somptueuse. de toute son étude. autant que presque impossible à analyser parce qu'elle d'une analyse poussée à l'extrême. complet. et cependant susceptible en s'appliquant à d'autres sujets. solide. embrasé en lui. la nature et de tout ce que la .96 la couleur chez Claude Monet atteint pour produire la plus haut degré de sa pénétration analytique plus grande richesse et la plus grande puissance d'effet qu'il ait obtenues jusqu'alors. La matière la le couleur est complexe. le peintre est parvenu à un résultat définitif. de tout ce qu'il a conquis sur nature a éveillé. de toute son expérience. De la sorte. et même est généreuse. de se compléter encore.

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cycle. Claude Monet sur un thème de moindre portée. d'un charme inattendu et un peu paradoxal. mais d'une qu'il édifiait ce paracheva quelques belles variations charmante élégance décorative : la ligne souplement incurvée suivant laquelle se déta- une rangée de Peupliers sur chait sur le ciel les bords de l'Epte. C'est ainsi qu'en 1894. arabesque originale à Deux ou la trouvaille de laquelle Hiroshighé aurait applaudi. d'une importance capitale. ombre projetée en zig-zags par le soleil à Port-Villers. Mais le curieux. la prairie imprévu de de Giverny semble s'éveiller gaîment. Claude Monet n'avait pas peint un jeu littéraire des architectures de paille. Monet avait n'aurait pas peint les Cathédrales. digne d'être mis en parallèle avec celui des Meules.DES « CATHEDRALES » ET COMME QUOI ELLES SONT LA SUITE LOGIQUE DES «MEULES» En même temps monumental cycle des Meules. Une des vues est légère qui fait de deux fait admettre avec même laisse demeurer à l'état d'exception. Des vues cet intermezzo. des Vernon matinaux très lumineux complètent ce même moment de détente. la la tendresse grande plaine fraîche que nous connaissons déjà de ses verdures de printemps. de d'un rapport. Dans une entrevoir comme à travers un voile argenté les grêles silhouettes que son caractère et brume par d'une observation curieuse. la série n'est point il cette et année 1894 pouvant allait voir naître être considéré à la fois un nouveau comme sa consé- son aboutissement. Riant et séduisant prétexte à étudier la coloration des frondaisons et des troncs selon les diverses heures du jour. C'est Il cependant que de la Cathédrale de Rouen paradoxal de penser que si qu'il s'agit. ayant avec quence et lui plus Meules. ainsi trois qu'à se livrer aux hasards heureux des promenades dans la région de Giverny. d'autres levant qu'on devine. c'est l'ombre portée sur toute la surface tiges sveltes. mais que la réussite plaisir. Ce n'est pas simplement que de rapprocher ces architectures de pierre les . trait du gazon. ans se passent encore à revenir sur ces différents sujets. ou de transition. attire l'artiste tiges.

en l'intérêt art. où modelé et couleur se complètent mutuellement dans un équilibre qui tandis que le atteignait sa perfection avec la série des Meules. cette démonstration mais bientôt donnait à que l'avait ples d'une idée juste. mais où la cou- suivi cette le relief leur ne comporte pas encore l'acuité analytique. ni le bariolage. cette analyse et qui de la maintenant s'ouvrait devant couleur faisant corps avec cette puissance synthétique de construction donnait. ce qu'on pourrait appeler l'air et la Nous avons mières œuvres sous l'influence de Corot. jusqu'aux années de Vétheuil et de Giverny. pour les raisons que nous avons dites. de les appliquer à des données plus fécondes encore. lucide et raisonnée possession de soi-même. leurs lignes. les plus bariolés Non. arbre.98 amené à peindre été les Meules. Le croire serait méconnaître tout ce que nous avons tenu à faire ressortir de toute son œuvre. puis celles où la couleur s'éclaircit modelé perd un peu de son relief. que le succès ne lui était plus outrageusement refusé. Son jardin aurait été. des recherches. se présentant à sa vue dans le champ de Giverny. Le choix de ces objets n'avait pas été déterminé par le hasard. qu'avait jamais cherché Monet. forme. sur un thème aussi simple que celui de la Meule de pareils résultats. objet quelconque. Ce que aussi imposée à Monet. plus colorées que celles de n'importe quel autre objet en pleine nature. il était beau à tenter. autant que nécessaire. et Le public et les amateurs superficiels admirent ce qui leur paraît qui est quelque chose de beaucoup plus beau et plus difficile que et ce la pleine. parce que justement ce n'est ni l'éclat. les que même cette simplicité tours de force. n'atteignait pourtant et ne devait attein- dre qu'une première étape de la nouvelle route que Monet avait devinée par son instinct et préparée par la logique lui. modelé atmosphérique de lumière. il était inévitable au même. autant de confirmations des convictions. Par ce que leur nature même. surface. « les longs que Monet appliquât ses nouvelles ses facultés renouvelées) à un thème à la fois . l'audace : parfaits de l'on appelle. dira-t-on. ne les touche pas. la palpitation le des solides plongés dans la nature. un prétexte plus éclatant à prodiguer tous les jeux les plus éblouissants. leur vertu de concentration de tous les rayons lumineux. sûre et claire. en raison de leur isolement dans l'atmosphère. la chaude intensité de leurs ombres. parce que la lumière et la couleur s'y concentraient plus fortement que sur n'importe quel volume. leur masse. ce qui revient en cette maturité d'âge qui permet encore . c'est-à-dire de la couleur. qu'il se sentait dans la vérité de ses recherches et de leur réussite. enfin puisqu'il était espoirs et les vastes pensées » facultés (ou. ni la vivacité de maint ton pur juxtaposé. modelé étroitement liés et concouleur donne le modelé et que le modelé Cette magnifique réussite d'une couleur et d'un fondus l'un dans l'autre. des conquêtes de toute mais aussi pleins sa carrière. ces meules étaient pour Monet autant de problèmes à résoudre. Puisqu'il était en pleine force et en pleine ardeur. tout d'abord à son propre insu. Sur des motifs aussi simples. Du moment que de son labeur. s'était passionné justement à cause de la tentative. où marche depuis les prene manque pas. de telle façon que la appelle la couleur et ne peut se passer d'elle. n'est autre chose logique du savoir réalisant rigoureusement les conséquences multi- l'irrésistible de l'audace.

le plus plus enivrant entre les deux points extrêmes de son par- de Rouen. et construire uniquement dans complètement la couleur en sous-entendant ou même en supprimant le relief. serait surpris d'être nous de volumes et amené à conclure qu'il avait nombre de celles qui peuvent s'offrir au paysagiste.99 ample pour que la grande ligne et la puissante forme pussent encore s'affirmer davantage. une sorte de schéma des combinaisons de lignes Mais. d'où revenait toujours à il Lorsqu'on tater fait ce elle. que parvenu au degré pression. qui. Ce fut une assez grande surprise que cette série nouvelle. et assez complexe pour permettre à la couleur de se faire encore plus richement diverse. et l'on doit reconnaître maintenant qu'elle fut mal comprise. et pour Une des critiques les plus curieuses à cet égard fut celle qui consistait à dire que ces tableaux ne sauraient avoir de Même mais para- cette signification et d'intérêt les opinion se faisait jour jusque dans les éloges. Arrivé au monumental avec les Meules. La progression. uns sans les autres. c'est que l'ins- y a une part égale à tinct celle de que jamais la volonté. comme plus important et beau. Si il on qu'elle lui avait déjà fournies. Ce cours est semblable à celui d'un beau fleuve qui malgré rives suit sa pente et son accroissement depuis les grandeurs de son estuaire. semble maintenant l'appeler de tout l'élan de ses lignes et de toutes les pierreries de ses reflets. même de ceux qui commençaient à apprécier l'œuvre de Monet. sans doute brillantes. qu'il put se dégager à son tour du monumental. on est forcé de répéter ce mot à chaque instant. ne pouvait plus le trouver dans la campagne un tableau. d'entraînant. plus magique sans cesser assez d'être naturelle. Les uns auraient voulu une plus grande précision dans sculpturaux. des plus lumineux. Nous verrons même que ce fut. cherchées. pour qui médite cette marche. déconcertés par la diversité des harmonies. dans la carrière et dans l'œuvre de Monet est d'une extraordinaire logique. devient très saisissant de cons- il moyen plus haut de son enthousiasme et de son Monet trouve à point nommé. exceptionnelles à dessein. les la Seine. rapprochement de destinées. après l'expérience décisive des Meules. ce thème. Les les détails autres. il ne pouvait en repartir que pour le monumental. — si rare. alliant l'amabilité et la force constante. plus tard. inclinaient à ne voir là que des variations. par un concours de circonsdéjà traité un grand tances et de recherches fort singulier. Et l'œuvre un des plus beaux même aisés. ou diversions plutôt. plus surprenante tout en restant vraie. les le cours : thèmes permanents de cette Cathédrale le cette et à œuvre. tracions ici seule. ils Au contraire perpétuellement celle-ci guide et celui-là excite. le Havre quelques excursions. à part de ses charmes de sa source jusqu'aux de Monet se trouve analogue à un des plus fleuves de France. qui naturellement avaient été choisies par le peintre parmi les plus rares. les caprices d'ex- sujet adéquat et nécessaire. et n'opèrent seuls. Ce qu'il y a de merveilleux. doxales. si — que tout ouvrage y a pour ainsi dire son point de départ et son point d'arrivée inévitables. un peu. arbitraires. cette Seine qui depuis Paris jusqu'au Honfleur a précisément engendré. comme une vibrante . sinon dans la construction même.

Les seconde. millionnaire intelligent le et cette rafle splendide. dans un album. et les ors empourprés du soir. comme de foule. Peut-être cette thèse venait elle inconsciemment à l'idée des meilleures appré- une œuvre qui commençait à être célèbre. c'est-à-dire toujours plus fortes et plus raffinées que les précédentes. les la reliefs en gris rosé. la de la ciel. pied et même dans de exactement à cette portion de l'édifice. tous les passages de reflets les uns dans les autres. Monet exécuta quelques vues de la Tour d'Albane et de la Tour peintre de saisit. et sans diminuer l'intensité l'a con- du modelé. d'un . dans telle ou telle galerie privilégiée. et qui ne perd rien de son intérêt et de sa Monet étaient des œuvres dignes de lui. Clemenceau dans inconnu à faire appelant l'A urorc. sûr. Ainsi trouvait complètement rempli. ou moins. à la cathédrale intégrale. contrastes d'édifices voisins. grande que blanche ou par le joaillerie grise. Par exception. Les mises en toile étaient. toute grise. a ajouté du pré- cieux à l'harmonie. apaisée sans l'éteindre. ou effets même élévation et sveltesse des flèches. sans aucune des contingences qui auraient pu facilement opérer la séduction par surprise. au contraire. classique en parmi eux les Cent vues du Fuji-Yama d'Hok'saï. ou bien les Trente-six vues de la même montagne sacrée. l'expérience est faite maintenant. à cause de la solennité un peu triste et âpre de ces motifs. comme dans la collection Camondo. solidée. ou que l'on en considère quatre.100 page qu'écrivit M. pour la plupart. Le temps a exercé son action sur la matière colorée. chacune d'elles ciateurs d'alors par l'analogie avec — : — demeure une œuvre isolée. Mais il convient de réfléchir que si à coup couleurs. Que l'on rencontre une cathédrale. le richis- cadre se plus somptueux de pierre que mais dont l'œil le du grand aux minutes décisives. encore mal préparée beauté. il ne pouvait se faire qu'elles perdissent ces qualités par la dispersion. Au surplus. même seulement un amusement par leurs rapprochements et leurs contrastes. parmi les autres peintures modernes. son appui. la transmutation en les argents du matin. la sensation d'art n'est pas plus diminuée dans le premier cas qu'exaltée dans le second. comme au musée du Luxembourg. on commence à croire que ce fut leur étonnante réunion qui influença l'opinion. limitées exclusivement à la hauteur entre la façade. A distance. le milieu des tours et la largeur entre les par passant la plus riche transcription colorée morne ou indifférent ne voit façade comprise dans le sommet du deux portaux latéraux. qu'à la cathédrale seule. Ces Façades sont nombreuses. et plus le sime gable central. Si donc les Cathédrales de à recevoir d'un seul coup une révélation aussi éclatante. d'art accomplie. la maîtrise. presque sans sol et sans orfroi. et l'enveloppent avec suavité. ainsi que leurs éthérisations fantomatiques lorsque les brumes s'abattent sur l'édifice. elles ne doivent pas être moins d'une quarantaine. d'un ton fauve avec l'une blanche avec des ombres bleues. ces compositions prennent pour l'esprit un intérêt. Celles des collections que nous avons citées sont assez différentes entre elles et assez typiques pour donner une idée complète de tout Celle Camondo du Luxembourg sont : est le reste. ou plus. L'artiste avait voulu ne devoir son sujet. avec toutes leurs scintillantes réactions.

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été forcé d'opter. cadre des épisodes légendaires. un travail de copiste. plus cérébral. tous ceux qui furent entraînés à l'imi- tation littérale de Monet. et l'on nous sommes en présence d'une expression Nous devons négliger par là même mêmes du détail ne nie pas que dans ce cas. par exemple. unissaient une vérité scrupuleuse de détails et une couleur suffientre une impression samment équivalente à et la moyenne des perceptions de tous les spectateurs qui passent. les résumés de pour quoi Monet a reliefs Quand nous sommes en présence d'un aucun détail si tel un détail. Canaletto. sacrifices d'art supérieure. la masse de l'édifice. est un effet de soleil. on songe quelle prodigieuse sensibilité de perception s'exerçait sans se lasser jusqu'au bout d'un On cycle. soit par indigence d'invention. ne s'égarerait pas moins que sur fatigant. tel pourrait dire qu'à la rigueur ces jouissances de la couleur étaient forcément du plaisir plus rationnel. les nuances ne pourraient plus jouer avec cette souplesse. que les procédés actuels de photographie surpasseraient. pour article d'évangile. avec des reflets rose et or. Ces quelques exemples suffisent à rappeler harmonies. Mais parti adopté il est aisé de répondre que le par Rembrandt lorsqu'il se trouve amené à peindre un de ses mystérieux temples ou palais. et pour en surprendre et en traduire l'idée de l'extrême diversité des les subtils accords. et qui par suite prennent la vogue. .101 gris qui fait ressortir l'azur profond de la grande rose centrale. cette mobilité. et deviendraient un bariolage accidentel. ou bien la fois. Selon ce principe le jeu des ombres et des lumières est analogue à celui des tons et des reflets dans les Cathédrales de Monet. On peut objecter à cela que les peintres d'architectures d'autrefois. si notre — tous Monet devait donc les choisir harmonique de peintre et une épure d'architecture. repose sur un principe entièrement différent. Van der Heyden. donnaient ainsi des œuvres d'art de haut prix. ne peut s'attacher qu'à um seul à De Il synthèses y a plus. soit enfin pour essayer de surprendre la amateurs économes. pis encore. avec un reflet qui dore par en dessous la profondeur des archivoltes. du matin également. cette bonne foi des forme aiguë de la singerie. les exercent la même action sur nos sens et nos âmes. ou de ceux qui sont incapables d'apprécier la différence entre les créateurs et leurs singes. la quatrième. la troisième. de la forme étudiée en chaque linéaen chaque détail. ou bien nous n'en saisissons nous embrassons du regard toute esprit s'attache à les larges toutes les façons. d'un bleu matinal indiciblement délicat. ensemble. sur lequel d'ailleurs l'œil de forme. Mais on réfléchira que sur un minutieux relevé des statues et exclusives ment et des ornementations innombrables de cette architecture. soit par impuissance de se servir de moyens leur appartenant en propre. — et il autres disparaissent et se fondent.

temps l'Océan qui paraît si cares- enveloppé douillettement dans ses brumes légères. . où belle Cabane du douanier même. Monet vous pénètre de réalité On est réellement envahi et l'on domine en même et de rêverie. tableaux qu'il peint sur ce motif la simplicité railles. autres une aussi la célèbre Dans de les le revient se fixer à Giverny. l'espèce de sensation d'air salé qui vous vient aux organes en regardant ces tableaux. des volumes très simplifiés mais sant. . par le sentiment d'immensité. s'il n'avait pas été déterminé à la peindre par un de ses instinctifs et habituels contrastes. produit de arbres motifs prin- nombreux pay- reflétés. et il est infiniment plus conforme à l'idée que nous nous sommes faite de la marche de son esprit. Monet alla faire un tour en Norvège pourrait penser que cette circonstance fortuite est seule cause de la série Scandinave. r. norvégienne fut exposée chez Durand-Ruel. à cause de son génie pictural. Une grossière hutte de pier- perchée sur une croupe maigrement gazonnée qui surplombe la mer. le village plus pittoresque de Sandwicken. cathédrale et une sauvage et glaciale nature que La série Ici c'était le entre les délicatesses de la contraste résidait. voilà tout thème. un ou deux fjords calmes. Il affectionne (célèbre grâce à lui) sur la falaise de Varengeville. larges peu accidentés. évocateurs de vos propres souvenirs de promenade.^ Après avoir peint où se trouvait un de la cathédrale ses fils. l'originalité les il épisode. Le Mont Kolsas.TRANSITION DU POÈME DE L'EAU. sont et cipaux de cette série que nous considérons simplement En 1896 et 1897 entre sages. Avec le minimum de lignes. avec Inondation. ou qui se satine et miroite sous les soleils voilés. il comme un les si simple éclate particulièrement. On de Rouen. sorte de croupe pelée et noirâtre sous la neige. où lever de polémiques mais sans elle intéressa sans sou- non plus provoquer beaucoup d'enthousiasme. Mais nous avons vu qu'il ne se décide à choisir que par des raisons de peintre. et par la diversité des harmonies. de penser qu'il aurait pu aller en Norvège sans y donner un coup de pinceau.

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opinion un peu trop limitée. certaines vues de la mer en Provence ou sous l'immense voûte du ciel. Dieppe. tantôt dramatique à donner le frisson comme dans les Inondations et les Débâcles de glaçons. ne venaient pas rectifier cette l'eau. gracieux. subtil. aux- quels nous arrivons après avoir noté. il une atteint belle intensité de couleur. entre ses eaux alourdies et son ciel surchargé. La vitesse de deux trains qui se croisent y est hardiment indiquée par la direction de leurs panaches se déroulant dans cette étrange atmosphère de la Tamise. dans lequel il a décrit l'élément à peu près sous tous ses aspects. nous verrons trois cycles Monet lui-même la confirmer encore d'une importance capitale. Au dans son ensemble par deux ou surplus. au pays de Turner. tantôt courant. Monet revenait au séjour de ses heures d'angoisses. tantôt tumultueux comme dans les Belle-Isle. au point qu'il pourrait être considéré comme la note dominante de l'œuvre. Il faut. à l'occasion. divers Pourville. 1902. où le soleil n'apparaît que sous condition de couleur sombrement affolée.l 103 robustement modelés. les Cathédrales. si les Meules. comme sur la côte normande. pour être complets. . nous ferait penser qu'il n'y a jamais eu de naufrages ni de nuées chargées de foudre. revenant sans cesse avec une réussite nouvelle. Varengeuille. dans son indicible douceur. Giverny et Vétheuil exécutés entre 1896 et 1902. sans compter les anciennes vues de Paris. Ce poëme de nous l'avons vu se dérouler à travers une grande partie de l'oeuvre déjà parcourue. en possession d'une ardeur capable de tout oser et d'une palette capable de tout rendre. apaisée jusqu'à duo de couleur et dans l'infini de lumière qui. dans cette suite des Cabanes du douanier. la rattacher à cette sorte de poëme des eaux. l'un de ces Après trente ans. En nouveaux cycles de l'Eau s'amorce par une Vue du Pont de Charing-Cross.

Mais la robustesse extraordinaire de son tempérament triompha du mal qui n'avait pas pardonné au pauvre Watteau lorsqu'il avait fait le voyage en 1720. au Londres fourmillants confus. les choses que nous aurions pensé ne pas revoir.LES EAUX TRAGIQUES DE LONDRES. du moins la compléter. Mais ces eaux de Giverny. Monet eut le temps de peindre plus d'une toile et de rassembler de nombreux documents qu'il put remanier et refondre une fois de retour sain et sauf. la dans une aussi large mesure suppléer à Vimpression. forment une opposition avec le tragique courant de la Tamise. envahiront et s'imposeront à tout le reste. en son jardin qui certainement lui parut plus beau. fut attaqué par une fluxion de poitrine qui prit et plus ardent que jamais. un autre chant du poëme des eaux. où peintures. qui donnaient à l'exécution une des plus hardies. tristement solennels. Avant de partir. Le peintre des rives de la Seine et de ces moment où d'un il « le dut y penser terrassa lors de ce nouveau prés fleuris étudiait les aspects acres et grandioses des Ponts de » Il qu'elle arrose. plus délicat. devant les caresses infiniment suaves de la lumière de France sur son étang de Giverny émaillé de nymphœas. du Parlement et de West- trafic incessant et un caractère alarmant. et qui plus tard s'accentueront. et. A ce la à l'atelier de diverses la tentative demeure combinaison venait sinon moment le bruit en courut dans . il avait déjà esquissé. à cause aussi mémoire et la reprise un caractère plus corsé. rêvé plutôt. plus lumineux — comme font Le cycle de Londres. fut donc loin d'être infruc- mêmes où il fut accompli. et ceux. le terrible peut-être à cause des circonstances de certaines conditions du travail. que noter ici cette indication rapide. une symphonie ne font encore que ces thèmes qui dans se laisser deviner. Nous ne devons comme fuyante. plus d'une fois pendant la grave maladie qui le saisit et le voyage. Pour la première fois contretemps. malgré tueux. minster. Au reste. qui avaient en réserve tant de tendresse pour ])eintre.

W o H S eu .

105
les ateliers, et les

malveillances se hâtèrent de crier que Claude Monet avait prononcé

lui-même la condamnation de la pure doctrine impressionniste. Ils ne réfléchissaient
pas que Monet n'avait jamais été un chef de doctrine, un pontife, et qu'il n'avait pas
plus promulgué de théories qu'il n'en avait aboli. Ce nom même d'impressionniste, on
donné,

le lui avait

l'artiste avait,

et

même comme un

ou plutôt on ignorait que
produit maintes œuvres qui ne pou-

fruit d'une impression directe ?

lieu plutôt qu'en
Il

oubliait

Et que peut importer d'ailleurs qu'une œuvre

l'atelier.

commencée ou terminée en un

un

autre,

du moment

soit

qu'elle est le

vraiment beau de voir ceux qui avaient injurié

était

du temps au dehors, et à même le site, lui
coup de pinceau à l'atelier Pour un peu ils

qu'il avait peint la plupart

reprocher maintenant de donner un seul
lui

On

à côté de ses impressions en plein air,

vaient être exécutées qu'à

Monet parce

sarcasme.

!

auraient fait défense d'avoir un atelier

I

une conception plus nette de l'opération artistique, de se rendre compte que le prodigieux entraînement du peintre, sa
faculté exceptionnelle, accrue et fixée par des années de labeur, de capter, pour ainsi
Il

un

dire,

aurait été plus juste, et cela aurait dénoté

spectacle de nature, enfin sa sûreté d'analyse et sa subtile perception des rap-

rendent plus aisé qu'à tout autre

ports, lui

Que

si,

le travail

de mémoire.

après tout, aux temps héroïques de l'impressionnisme certains défen-

seurs de bonne volonté avaient formulé une espèce de dogme, décrétant je ne sais
quelles peintures à la course devant les motifs

jamais discoureur, n'avait pas prononcé des
et

il

n'était

et c'est la

harmonie avec tout

s'affirment absolument en

et la

ou achevés entre 1902

le reste

et

de son œuvre. La

dans cet irréel des fantastiques brumes londoniennes,
décision fulgurante de la touche, donnent les mêmes qualités à ces

recherche des accords,

vigueur

seule chose qui importe lorsqu'on les revoit

— ayant été exécutés,

à la distance, déjà de près de vingt ans,

la

éternels de conformité à ce code,

artiste créateur.

Les tableaux de Londres,

vœux

et

responsable ni des exagérations ni des naïvetés qui se prodiguent toujours

autour d'un

1904,

mêmes, Monet, toujours agissant

la vérité

peintures qu'aux plus franches d'Argenteuil, aux plus délicates d'Antibes, aux plus dra-

matiques de
les

Belle-Isle.

accords sur lesquels

sitent

un autre

Sans doute
il

gamme

la

d'une richesse plus sombre que ceux que néces-

est bâti, sont

eux-mêmes, et l'on
nous avoir donné une Tamise de fantaisie.
trait

yeux
ne peut certainement pas taxer Monet de

climat. Les effets sont plus mystérieux. Tels apparaissent à nos

les lieux et les édifices

Un

générale de ce cycle, ou plus exactement

de feu rouge

comme

le

sang traverse

les

nuées

vient se jouer en zigzags sur le flot perpétuellement clapotant

du

et les brouillards et

large fleuve

aux eaux

lourdes. Ce tison va fusant et s'éteignant dans le jour, le brouillard et l'onde, tous trois

d'un bleu aussi profond que celui de

rendent plus fantomatiques encore

la

la nuit.

Ces âpres fantaisies de l'atmosphère

haute tour

et le bloc

démesurément

vieux Parlement gothique, ou bien semblent suspendre, non pas entre

mais entre deux néants diaprés,

ou ceux,

sveltes et

minces

les

comme

large

du

le ciel et l'eau,

ponts massifs surchargés de piétons, de camions,

la

corde d'un acrobate, sur laquelle passent à toute

106
vitesse des express

empanachés d'une fumée qui

se teinte à son tour des reflets les

plus étranges.

Parfois le

London Bridge, avec

sa foule compacte, est violemment éclairé au beau

milieu par une lumière blafarde, tandis que

le ciel et le

même

ténébreux. Dans certains tableaux pris du

fleuve s'obstinent à

point, des usines, des docks, des

wharfs gigantesques apparaissent, et dans d'autres, on ne
d'autres ils ont disparu complètement.

Le

silence solennel qui enveloppe,

Ce

n'est

pas un médiocre

effet

du

talent de

dans un cadre de moyen format,
par

la force

de

Mais sous
y méprenez pas,
qui est le dessin

mer
du

les voit qu'à peine, et

au moins autant que

cependant un silence de mort. C'est

séculaire, n'est pas

le

Monet que d'avoir

et d'avoir

demeurer

le brouillard, le

silence

dans

Palais

du trop grand.

fait tenir cette

grandeur

rendu tout cela presque exclusivement

la couleur.

cette couleur qui
il

rend

bien l'impalpable et l'amorphe, ne vous

si

y a une construction, une architecture rigoureuse, un dessin caché

même

peintes sur la côte

de l'atmosphère. De

même

dans

les vastes et claires

normande ou provençale, sans autre

étendues de

contrepartie que retendue

y avait le dessin de cette insaisissable logique qui entraîne le monde dans
sur une route aussi sûre et aussi rigide que ce pont de fer sur lequel glissent

ciel, il

l'infini

les trains si

rapidement que

les détails

nous échappent

et

que seule

est perceptible la

direction.

Cette architecture sans lignes,

gement que jamais,

et

il

nous allons

n'est pas inexact

la

trouver bientôt réalisée plus

de penser que

les brouillards

lar-

de Londres

ont été la somptueuse et grave transition de l'architecture solide des Meules et des
Cathédrales à

phœas.

la

construction des reflets sur les eaux lumineuses du bassin aux

Nym-

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une extase de couleurs. au fond duquel est la maison d'habitation et les ateliers du : peintre. pour son De esprit ram- l'autre côté avec la route et la petite voie ferrée pour un per- exercice. se mêlent. Une grande allée centrale le divise d'étroits passages qui en deux rectangles principaux entrecoupés permettent à peine de circuler entre les massifs de fleurs. l'empire de . De ces masses alternées. Chacun de ces chœurs est touffu. laissées libres étalent des festons capricieux Ainsi. Le jardin de Giverny comprend deux mondes celui des fleurs et celui de l'eau. Elles forment véri- tablement des chœurs qui se répondent.I I L LE JARDIN ET LES EAUX CHATOYANTES DE GIVEEINY. de chaque côté la bordure continue. s'équilibrent dans un immense oratorio. par phalanges associées ou contrastées. touffue. pour son œil un permanent tour à tour une exaltation ou un repos. qu'accompagnent les cuivres ou les ors des tournesols et des soucis. jaillit une caresse suprême. calculées par un grand coloriste et centuplées par l'affolement du visiteur. L'allée couverte par la voûte verte et fleurie que forment des arceaux de rosiers. combinées. les plantes qui se pressent en chacun d'eux suffiraient à égayer à souhait de nombreux jardins plus spacieux. y Un et cependant bien rythmés. est réglée de telle sorte que l'enchantement commence avec le printemps médiane et est et Il ne se termine que lorsque cesse la clémence de l'automne. Elles sont plantées à profusion. nourri. s'étend celui de en largeur et descend en pente légère vers la route qui le sépare de l'eau. condensé de telle sorte que. large. cette polyphonie. frontière. des contraltos d'écarlate. Cette polychromie. pétuel guide et conseil. Celui des fleurs. des sopranos candides de blanc et de bleu pâle. le peintre a toujours tel jardin est pour lui un inépuisable répertoire. disjointes et convenablement espacées. lorsqu'il sort de sa maison ou même de sa riche sous les yeux le diapason lorsqu'il palette. comme ceux des voix y a des basses de pourpre obscure. est faite de capucines pantes qui. entre.

En contemplant un peu longuement ces prestiges. Encore mieux on s'explique comment deux éléments qui échangent leurs irréalités. Le premier était le monde des couleurs. d'iris. des de donne accès à pent des glycines et elles la villes. celui-ci des nuances. Elles s'étalent en groupes de disques au centre desquels surgissent les fleurs charnues. d'améthystes. rosissent le miroir avide Les plantes d'eau sont d'une autre nature que celles de et fidèle. moirent. d'Hiroshighé. avec leur grâce éplorée. devaient tenter tout d'abord Claude Monet. teintées de rose saumoné. Ici que un moment le ciel se reflète aussi à l'étrange union des illusions de l'éther et que et laissée la libre de s'épandre. et en tout dernier lieu le peintre nouveau à ce motif redoutable en l'amplifiant en exaspère les gemmes. Un pont bombé. la terre. de topazes. vers les fées perfides les ensorcelés. de la race aquatique ellemême. bleuissent. on comprend comment dans les légendes le fond des eaux participent de la peau grasse et attirait lisse. ont puissamment attiré et longuement retenu le peintre qui les avait toujours étudiés avec passion dans l'innombrable duo qu'ils poursuivent. ce rappel qu'accentuer la magie toujours changeante des nuances qui dorent. les pétrifications montantes du paysages les sol s'aiguisent vers celles qui dans dont la les grottes descendent de la voûte. Ces aigrettes de rubis. ou blanches et mates comme la cire. Les bouquets d'arbres encerclés par des allées sinueuses y donnent une ombre constante qui ne se déplace avec les heures que pour donner au calme du lieu le charme de l'imprévu. liquide ne fait que le surface la hasard des pas fasse rencontrer ou de quelque tronc de saule. Mais ces entrelacs et ces bocages ne sont eux-mêmes qu'un cadre. et il en fit le thème d'une nombreuse série. Les fleurs y sont moins nombreuses. union si profonde hauteur des nuages Entre ces deux profondeurs. On en voit des spécimens dans s'attaqua de où le soleil la collection Camondo entre autres. des rivages.108 un l'eau présente est le monde tout autre aspect. les plantes et celle aquatiques paraissent nager dans l'espace plutôt qu'être soutenues par liquide. celle qu'on voit des couches infinies de et qui se reflète. qui enserre le vaste et paisible miroir d'un étang alimenté par Le cadre est assez quand on le voit le cours de l'Epte dérivée spacieux pour que lève les yeux en l'air. l'on croit plonger aussi loin plaine. et en choisissant l'heure . et que le ciel qu'on ne voit pas est devenu la seule apparence de l'eau. puisque l'eau qu'on voit est le ciel. comme pointe vient à la rencontre de son image renversée dans l'Epte. recommencent parmi ces jeux des les accidents de la terre. Leurs feuilles aux couleurs métalliques. forme de ceux que ce séjour des mirages. l'on Aux retombent en grappes. ou plutôt comme la muqueuse calcaire de certains coquillages. en trouve dans balustrades de ce pont grim- stalactites multicolores. interrompent. vaste et aussi varié qu'on on n'a qu'à abaisser le regard pour assister des mensonges de l'eau. Que passe une nuée tendre ou l'image renversée de quelque touffe aux réalités du solide et du violente. gonflées.

.

.

reprises. il ne l'a pas au moment même où il prend l'offensive. Il eu autant raison d'y la certitude et la maîtrise aboutissent à depuis longtemps ses plus extrêmes années. l'avait fois cela dit. Suivant Octave Mirbeau..GIVERNY-VE3VISE.. ou. l'écrivain de développer un amusant paradoxe où les bana- qu'a engendrées Venise dans la romance. Mais ce n'est point là le phénomène qui se passa. sont exé- Mais ce qui cutées de la belle manière. la peinture et la poésie. Nous avons trop souvent suivi cet enchaînement pour ne pas comprendre se continuait. mais lui-même par une séduisante expérience en vue d'une œuvre considérable.. l'eut jamais. c'est même. se contrôlait . d'expliquer pourquoi Monet est allé à Venise tout de l'heure I où qu'il n'irait jamais... tourmenté. » Monet car jusqu'en fut inquiet. mais encore lui-même s'il en avait senti le besoin. conta — Venise. Aussi Octave Mirbeau ne l'expliqua-t-il point et se contenta-t-il d'affirmer qu'il avait que de déclarer une la certitude. Cette dernière explication était vague et peu satisfaisante. cette inquiétude. au moment où il attaque la toile et tant que dure ce corps à corps. qui lui a toujours per- mis de se renouveler. « la rendre à la nature». Notre explication est tout autre. doutant de lui-même comme aux jours de sa plus ardente jeunesse. Cependant. Monet aurait donc pu renouveler non seulement Venise. ne se renouvelait point. comme le dit le préfacier. qui écrivit pour l'exposition ouverte en Bernheim-Jeune une de ces vibrantes préfaces d'une galerie avait le secret. Seulement.. je n'irai Ce qui permet à lités dit jadis 1912 à la belle exagération dont il : pas à Venise. laissées à ce et il partit moment pour pouvoir les mieux reprendre au retour pour Venise. se renouant elle-même logiquement à celles qui l'avaient précédée. que Monet avait non. en 1908 il s'arracha à ces études longuement méditées. sans cesse remaniées. est plus difficile. quant à et il aller ajouta simplement que Monet «avait attendu de nouveaux pressentiments. ET RETOUR. il ne La maîtrise. à Venise. Monet. si l'on peut dire.

Mais il est probable qu'elle gagnera avec le temps toute sa valeur et. qui prend trop faci- plupart des peintres au piège. très peu contrastée. moindre de la moitié. Il est enfin à noter que les tableaux dont nous venons de parler. Les principaux motifs sont Saint Georges Majeur qui semble : flotter avec sa tour effilée en guise de mâture. De même. déjà entrepris. et passer des eaux franches d'Argenteuil aux eaux la transparentes et vaporeuses de la boucle de Giverny. résultat inévitable de la nature Monet et de tiques. l'art cha- roman- de cartes postales. où de les irisations l'étang. en tout cas. la domaine d'analogies toutes naturelles. le peintre a les moirures de la lagune pouvaient évoquer principalement choisi les motifs où la proportion d'eau est la plus grande par rapport aux édifices. une suite de maisons découpant sur le ciel une échancrure bizarre. mais de cette excursion il devait fatalement revenir à l'entreprise commencée. le Palais Dario. Nous avons vu Monet suivre le parcours de la Seine en acquérant à chaque étape des ressources nouvelles. en tous les cas. série fut elle conservera un intérêt capital. le peintre ne retrace que la portion inférieure. de son tempérament il avait inéluctablement été à passer à celle de la compte ou non. mais encore tenus dans le secret de l'atelier. sans montrer le faîte ni ment entre de la la par conséquent masse architecturale Salute qui le séduit par un le ciel. contient une proportion d'eau minime. doucement toyante. le Palais Contarini. ou bien encore le Palais Ducal. l'effet d'oppositions le disait Mirbeau. . et où elle n'est guère. et s'entraîner des batailles de vagues de Belle-Isle aux sinistres richesses du courant de la Tamise. pour une toutefois d'une bonne partie. pour ceux qui étudieront à fond avec nous l'œuvre de Monet. La couleur dans presque toute la série de Venise. avec leurs massifs d'orientales maçonneries et leurs sentiers de canaux. devinée. de lagune du premier plan s'étend Quand il comme un la plus et cas- grande largeur du devant lequel la portion tapis. dont il subissait déjà les conséquences sans en prévoir l'étendue. il est certain que comme travail de transition. par qu'il le voulût. et de telle façon que le dialogue est seule- son avant-plan mouvant. de balcons. C'est pour cela qu'à Venise. nymphœas à nappe de lagune où s'élève la floraison des palais bariolés. Cette extrême délicatesse fut cause que la moins comprise encore que certaines autres. telles que le Palais de la Mula. de l'étang des aller et retour. Seule la vue du Rio coin pittoresque de pont. était suave.110 immédiatement qu'il n'y avait qu'un pas. ou comme tentée lement la même de l'analyse qu'avait sa volonté d'éviter le trop pittoresque. qui est vue de l'autre côté de bras d'eau. supprimaient le ciel pour le mieux montrer reflété. plus brisée. pris à distance. ou bien l'entrée du grand canal. Ensuite de l'ar- meule chitecture de la cathédrale. s'en rendît et amené de son œuvre. à laquelle la force logique obéit toujours sans la discuter et il grande surface d'eau émaillée de nénuphars ne pouvait se prolonger qu'en les champs entiers de la lagune. quée du dôme de la Salute. plus scintillante que dans les premiers bassins des — nymphœas. Toutefois cela ne pouvait être qu'une excursion dans le sans s'analyser. façon plus accidentée. étudie les maisons vénitiennes.

> .

.

sur cet énergique. doute. soit se rapprochant aussi fidèlement que possible de la vision sombre et moyenne (1) Invenire. découvrir ce que les autres ne voyaient pas. quand on dépense une fois creuse. et d'ardeur. trouver.THÉORIE DES ÉQUIVALENTS ET DES DOMINANTES. en ces derniers temps. puis il même qu'il tient temps en doute encore. tout en passant alors le plus désa- n'est qu'après qu'il se gréable des quarts d'heure. Mais son énergie se répare. plus important l'entreprise le trans- et plus difficile que celui âprement disputées. un une valeur seul coup de pinceau même qui n'apporte à révélatrice. travail différent de celui de grouper des éléments qu'ils n'étaient pas à même de voir. soit claire et unie. homme qu'on a voulu considérer. porte et il commence un travail qui lui avait procuré des joies si couleur de nouveau la l'attire. parfois simplement d'attente. cet etîet. parfois de reprise. C'est cet jeunes écoles. Aucune technique. une oeuvre. ou a moins ou à peine produit. sur ce vaillant. que des écarts de temps parfois assez longs se produisent entre sionnément à Tel a la été. une transposition dans une gamme cette sorte d'invention (1). décide à la soumettre au jugement public. Il la périodes où Monet s'adonne pas- à l'accomplissement de certains de ses cycles. il de Il l'intensité extraordinaire qu'il même simplement d'un faut tenir compte. nouveau. en suivant chronologiquement cette étude. soit même rare. CHAQUE MAÎTRE TROUVE LES On aura pu remarquer. lui- et ce une nouvelle épreuve. la modifie. un « copiste » asservi à la nature. — alors qu'il n'est pas une seule de ses œuvres qui n'en soit une interprétation. V . d'un chagrin. le résultat analyse un les à diverses reprises. soit vibrante et analytique. l'épuisé (et s'épuise parfois en jusqu'à ce qu'il en soit à peu près satisfait. dans les comme un virtuose imperturbable. Certaines années même) SIENS. cuisinée. conquête en de foi artiste plein et tel artiste.

L'on n'a qu'à passer en revue tous ceux qui se sont trouvés mêlés à ce mou- vement et que des désirs communs de libre manifestation d'eux-mêmes avaient . des plus beaux équivalents. est un langage à part. puisqu'ils exploitent à la fois façon de regarder.112 de cent paires d'yeux humains prises au hasard. que ces apparences changent avec une continuité et une rapidité prodigieuses. aussi à part. rien expliquer de l'essence de cette œuvre même. entre beaucoup d'autres formes une meule. ne correspondaient à aucune entité. suite d'autant plus faciles à imiter qu'ils se distinguent de tous les les et pour cela que les critiques. rigoureuse. de discuter les tonalités et les les pre- modula- du moment que les relations sont harmonieusement combinées et à la fois évoquent et renouvellent nos sensations devant la nature. soit d'artiste isolé. tions adoptées. peu réfléchies et point fondées que certains ont adressé à l'œuvre de Monet. car elle réside uniquement dans la façon de la ressentir de celui qui l'exprime. Il ils est tout à fait oiseux. mais aussi les émotions qui les accompagnaient. rejoignant. se trompent de but et ne devraient s'appliquer qu'aux peintres qui ont trop facilement et trop docilement adopté la manière de notre peintre. La peinture. C'est ainsi qu'une étude telle que celle-ci et toutes les autres de même genre. préjugés d'académie ou d'atelier. pour frapper tout d'abord les esprits libres de est incontestable nantes assez fortes. en dehors des faits qui permettent de classer les étapes d'une œuvre. revanche. et qu'elles se sont ensuite imposées au point de demeurer gravées dans les mémoires. une cathédrale. et. pour d'autres motifs. Les raisons en sont que d'abord ces apparences ne sont pas perçues identiquement de même la manière par deux de ces paires d'yeux. et une une façon d'exprimer. qui Les et Il reste tout à fait est la sienne. Et cette beauté elle-même n'a rien de de codifiable. jugés assez beaux pour contribuer : la silhouette de Vétheuil. ne pourra et ne devra jamais être une copie exacte. Ces techniques ne peuvent donc (que tendre à établir les plus saisissantes domi- moyen nantes. de plus. l'incompré- hension de celles qui. eux. une façon de ressentir. les peupliers de l'Epte. cela est curieux à noter. miers au succès de l'œuvre. Quant aux équivalents. ne sauraient. dans une autre région. des apparences de la nature. qu'une invitation à En la ne peuvent être bien regarder. pouvant et devant nous parler sans aucun secours de paroles. lui barraient la route dans les années 70 à 80. quand des dominantes ont été isolées avec autant de les équivalents empruntent quand — par autres. mêmes remarques aident à comprendre pourquoi le terme d'impressionniste d'impressionnisme. alors triplement copistes. il que Claude Monet a trouvé dans la nature des domiassez captivantes. et pas seulement nos sensations. — ceux qui et sont. Or. C'est relief. aussi expressif et aussi complet en lui-même que celui des sons. trouvés par un artiste sont aussi déterminés. soit d'école en général. au fixe. ont été à notre avis. Exemples. ainsi considérée.

113

Aucun

réunis.

n'est

analogue à

l'autre.

Boudin, qui assiste aux premiers essais de

Monet, ne ressemble pas à Jongkind, qui contribue à l'affranchir de ce qui pourrait

demeurer mêlé d'influences de Corot

et

de Courbet à sa vision déjà vigoureuse

et à

son dessin déjà caractéristique. Manet, parti des maîtres, ne ressemble en aucune façon
à Courbet qui a pourtant

comme

de l'un

l'autre.

une éducation de musée. Puis, lorsque par
réaction, ce que Monet a apporté de clair dans la palette et de lumineux dans l'atmosphère, agit sur le même Manet, aucune comparaison ne peut s'établir entre VArgenteuil
et les Argenteuils

Renoir

de

est fraternel

lui

avec Monet, mais, malgré quelques échanges de recherches

au début, rien de plus dissemblable que leurs tempéraments,
de perception, chez l'un
Pissarro, chez qui

et

et l'extrême délicatesse

chez l'autre, aboutit à des résultats entièrement différents,

on a cru pouvoir relever des hantises successives, de

Millet,

de Monet,

de Seurat, n'a rien, ni comme sentiment, ni comme touche, ni comme matière, de tous
ces artistes pas plus que de ses deux ardents compagnons de la rue Laffitte. L'on pourra

un jour ou l'autre que toutes les œuvres de Pissarro, quelles que soient
ses recherches du moment sont du même tempérament, et portent toutes leur signature à distance. Il n'est jusqu'à Sisley, dans sa personnalité moins tranchée, moins
impérieuse que celle de ses camarades, qui ne se distingue par ses qualités à lui, un
abandon sans arrière-pensée, une certaine aimable négligence pleine de saveur, et une
gamme, soit de vert et de rose très fraîche, soit blonde et ambrée des plus caressantes.
On pourrait s'étonner que dans un livre où se trouve étudié Monet surtout en
lui-même, mais aussi quelque peu par rapport aux artistes de son temps, le nom de
Cézanne ne se soit pas trouvé une seule fois sur notre route.
Ce n'est point que Monet et lui, il s'en faut de beaucoup, fussent étrans'apercevoir

gers l'un à l'autre. Mais les affinités que nous avons trouvées, malgré la diversité

des tempéraments, entre Monet

de trouver une

commune mesure

et

Renoir, sont

entre

ici

totalement absentes. Impossible

un peintre qui s'évertue à priori à reconstituer
peinture, et un autre qui, par une admirable

un système de la nature et de la
méthode expérimentale pénètre les lois de l'équilibre de cette nature, et trouve, au fur
et à mesure de ses nécessités le langage approprié, parce qu'il est tiré de ces lois ellesmêmes. Aussi l'œuvre, la personnalité, les influences posthumes de Cézanne (influences
et conséquences qu'il n'aurait ni conçues ni approuvées) sont des phénomènes d'un
tout

ordre essentiellement différent de ceux que nous avons analysés dans ces pages.

Cézanne a vécu à

comme un
admiré,
les

il

l'écart, et, tout

peintre doué d'un « œil »

ne

l'a

en admirant Monet, ne se

l'est

représenté que

merveilleux. Ce qui revient à dire que

jamais regardé. Monet, au contraire, a regardé

a admirées, mais n'en a pas subi la moindre atteinte.

Ils

les

s'il

l'a

œuvres de Cézanne,

ont vécu dans des

mondes

Le monde où Cézanne a si laborieusement construit son grandiose monument
d'impuissance n'avait donc point à être examiné ici; il n'y avait ni prétexte, ni profit

distincts.

à un pareil rapprochement.

Au

reste,

plus cordiales.

pour rares qu'elles devinrent, les relations avec Monet furent des
En 1895, Cézanne vint à Giverny, s'y rencontra avec plusieurs artistes

114

ne connaissait point, parmi lesquels Rodin. Il trouva même que le statuaire avait
été bien aimable avec lui, et que c'était vraiment « gentil de la part d'un monsieur
décoré». Il alla jusqu'à se prosterner devant lui, pendant un tour de jardin. Très peu
qu'il

de jours après

il

retournait précipitamment en Provence.

Monet de cette retraite plus sûre, j'ai dû quitter Paris, abandonner momentanément l'étude que j'avais entreprise chez un écrivain dont il avait
commencé le portrait qui s'était mis si libéralement à ma disposition, et je suis un peu
confus du mince résultat que j'ai obtenu, surtout après tant de séances et des emballements et des découragements successifs.
« Me voilà donc retombé dans le Midi, d'où je n'aurais peut-être jamais dû
« J'ai dû, écrit-il à

m'éloigner pour m'élancer à la poursuite chimérique de
« ...Pour terminer, je
j'ai

vous dirai combien

rencontré auprès de vous,

et

me

qui

j'ai été

l'art.

heureux de l'appui moral que

sert de stimulant

pour

la peinture. »

Cézanne a tracé là, sans s'en douter, son portrait au complet. Il confirme aussi
tout ce que nous venons de dire de ses « rapports par contraste » avec Monet, et
explique pourquoi il ne s'est pas rencontré sur la route que nous avons parcourue.
Nous devions pourtant nommer, et nous l'avons fait, ceux qui s'étaient rapprochés pendant la période dite impressionniste. Dans une histoire complète de
xix* siècle,

l'art

au

faudrait encore trouver des analogies et des influences chez des peintres

il

qui tout en les présentant à notre regard, conservent des physionomies originales.
Artistes

que

l'on s'étonnera plus tard

de trouver oubliés ou négligés en ce temps-ci

:

l'exquis Victor Vignon, peintre sensitif et tendre, coloriste d'une rare finesse; Cordey,

vigoureux

et

franc jusqu'à la roideur; Norbert Gœneutte, qui, non seulement

graveur, mais aussi

comme

morceaux dans la tracommençait à Venise et à Anvers,

peintre, après avoir perpétré des

dition des anciens maîtres et point indignes d'eux,

à se rattacher brillamment aux tendances picturales de son temps.

notamment Delâtre

d'autres encore,

comme

et l'Ecole

Il

en

est

bien

de Rouen.

Est-ce à dire que les dominantes et les équivalents (on nous excusera de répéter
ces termes nécessaires) découverts par Claude Monet, ainsi

en propre à ses principaux compagnons de

lutte,

que ceux qui appartiennent
n'ont eu pour résultat que des imi-

tations stériles ?
Il

ou

y a deux points bien

tels artistes faciles

d'une école que
le profit

que

distincts

à influencer

et

dans

cette question

qui constituent

le

:

l'action exercée sur tels

gros de l'armée, l'ensemble

temps classe et parmi laquelle il fait cependant des choix;
puis
en général peut retirer d'une façon de voir particulière et l'influence

le

l'art

exercée sur des artistes

même

qui suivent des chemins absolument différents.

historiquement certain, maintenant, que sans se ressembler aucunement entre eux, Monet, Renoir, Pissarro, Sisley, ont contribué tous ensemble à ramener
Or,

il

est

un goût de couleur
ques d'où

claire et d'observation directe

s'étaient enfuis

jusque dans

justement parce que ce goût s'y

les ateliers

académi-

était perdu.
Monet, en particulier, a inventé, ou adapté d'une façon neuve et personnelle
qui équivaut à l'invention, une méthode d'analyse qui avait cela de remarquable qu'elle
ils

115

ne contrariait pas,
et précise

la

servant au contraire, sa vision synthétique de la nature. Délicate

dans sa complexité,

cette

méthode

se prétait à ses sentiments tendres

comme

à ses sentiments passionnés; elle lui permettait de traduire, en équivalents d'une qualité

d'art supérieure, les spectacles les plus subtils

donc non seulement

de

la

les plus

vigoureux.

Il

est

mais encore peu critique de le considérer comme un
dénué d'imagination. Il a possédé, au contraire, à un degré

injuste,

copiste imperturbable, et
inégalé,

comme

une des qualités

plus belles et les plus rares du peintre

les

:

l'imagination

couleur.
C'est

une des raisons pour lesquelles

ces arrêts de travail qui ont

donné

lieu

aux

se produisirent

de temps à autre, de

réflexions que nous terminons

ici,

et pen-

dant lesquels cette imagination se reposait anxieusement, puis se ravivait, puis
reprenait soudain tout entier.

le

MINUTE DE RECUEILLEMENT.

Après toutes

les réflexions

générales que nous ont suggérées chacune des phases

de cette admirable carrière, aurons-nous besoin de résumer, dans des conclusions en
règle, la portée
faits et les

est

de l'œuvre, l'enseignement du caractère

de

la vie ?

A

quoi bon

travaux parlent d'eux-mêmes. La vie de Monet, claire d'un bout à

une leçon

qu'il refuse

d'énergie, d'indépendance, de hautaine probité. L'on

?

n'y songe

il

même

l'autre,

ne peut pas dire

pas. C'est tout naturellement, et parce qu'il est

payé par des satisfactions plus certaines

et plus hautes, qu'il refuse,

sans affectation,

honneurs, généralement recherchés, qui viennent parfois à sa porte, plutôt en

liciteurs

qu'en protecteurs,

comme

il

est d'usage.

Comment

se tourmenterait-il

des sanctions aussi vaines, quand elles ont attendu, pour se proposer, que

de son effort

les ait

dépassées? Cet

effort, ainsi

que

la

le

sol-

pour

succès

doutes âpres et féconds qu'il

les

entraîne, constitue avec les deuils inévitables ressentis

cœur,

si

vivement par tout

homme

rançon de ce succès considérable, universel. Quant aux récompenses,

la réussite

Les

de faire des concessions aux préjugés, aux ambitions, aux goûts moyens

de son temps, car

les

et

même

de

c'est

des œuvres qui nous les révèle. Tels tableaux puissants et délicats, où

où l'eau et le ciel forment une si pénétrante harmonie, où la végétation luxuriante évoque les promesses, les caresses ou les bienfaits de la terre, nous
font, comme si nous nous trouvions à ses côtés, assister et participer aux bonheurs

l'air circule et colore,

qu'il eut

d'entendre et de traduire l'immense

Et

c'est

poëme

en cela que l'œuvre de Claude Monet,

continua en s'écartant profondément de

lui,

l'égale

dépasse l'apport d'un ordinaire paysagiste. Certes,
beau, de peindre d'imagination
vie

les actes

humaine, dans ses douleurs, dans ses

cours.

Ce

n'est

naturel.

il

comme

celle

pas nous, qui, dans notre

qu'il

aux grands maîtres français et
est beau, il demeurera toujours

des héros et des dieux, et
joies, et

de Corot,

jusque dans

admiration

la

même

la

simple

monotonie de son

pour Monet, renierons

les

1

avec profondeur. pour que cette image prenne rang à côté de celles qui les figurent. être éveillé humains. héroïques en nous par un nuage qui se reflète sur l'eau. et l'œuvre de Monet le prouve. que les dieux.117 croyances. et comme un chant. les caprices que nous vénérons. avec toute toute la joie que lui a donnée sa science. architecture de la meule. ou d'un champ qui porte. les héros et les hommes. soient présents dans une image. ou divins. Mais il et même qui ont inspiré les maîtres qui inspireront toujours ceux qui doivent un jour leur succéder. n'est pas nécessaire. les fictions. Tout mer qu'une l'eff^ort Il suffit qu'elle éveille des sentiments de l'humanité peut être évoqué dans une représentation de voile sillonne et brave. de sa palette. et qui jette sur sa toile. le grain qui atteste et répare le labeur. les conceptions. et la amassé en la massive Un sentiment divin parole liturgique la : « peut Cœli enarrant gloriam dei » pourrait être la devise du peintre qui ressent avec vivacité. les plus vivantes richesses . la science que lui a donnée sa joie.

et atelier. se donnaient la peine de le rassurer alors qu'il ne ressentait aucune crainte. Aux heures les plus sombres. sa grande « œuvre de guerre » entreprise qui ne pouvait durer m . Puis le temps lui lui dit : « Les Allemands n'oseront rien vous parut long. puisqu'elles ne font que mieux ressortir d'aussi beaux réveils d'action. comme il vit passer le long de ces routes de la Seine. tout poète. est à l'heure où nous sommes arrivés. sans la moindre de ces discussions avec soi-même que tout artiste. il faut que je fasse ce que je puis faire. dont nous ne devions pas dissimuler les périodes de doute et même de pessimisme. : Il sera beau dans l'avenir de se représenter cet commençant une homme de soixante-seize ans moins de quatre ou cinq années. » grand que La troisième année du drame commençait. Parfois des peintres s'arrêtèrent un instant chez lui. sans la moindre hésitation. l'exortant à la peu rassurés eux-mêmes. l'exode aussi la caravane lamentable des réfugiés errant en sens contraire. de milliers de Parisiens. mais parce qu'il était étreint par l'angoisse com- Pendant fois pour les mune. en passant. Monet pensait « Il y a des Français qui combattent. son parti étant bien pris de ne pas quitter sa maison et son fuite. résolu quoiqu'un peu timide. je ne peux que peindre. Alors il fit construire un atelier plus faire. et qu'il est déjà beau de voir résoudre par la mise au travail. Le jeune homme trapu. non plus cette mêmes causes esthétiques. Rien n'était fait pour donner confiance dans l'avenir. Mirbeau. une sorte de paladin moderne pour qui les mots qui servent à désigner la vieillesse sont déplacés et comme discordants. Ainsi se dessine avec un puissant relief ce caractère. A quatre-vingt ans. réfléchi quoique prêt à foncer comme un petit taureau.EN PLEIN ÉPANOUISSEMENT DU POËME DE deux premières années de la Grande Guerre. que nous avons vu ramassé sur lui-même dans le coin du tableau que Fantin peignait en 1870. engage à la veille d'un grand travail. » ceux qu'il possédait déjà. les le travail. Monet. cessa L'EAU.

J.ES NYMPHÉAS .

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se conservant met quelque peu de coquetterie. Lorsque le peintre le dit. si direct. tout cela montre que chez certains privilégiés du travail. sauf certaines du début. si aigu. Là-dessus. la grande palette chargée de neuf à la main. faire agencer des chevalets roulants pour au moins quarante à cinquante de ces toiles plus grandes. les lourds chevalets. Chaque œuvre non point comme action. et ses il attaqua ce dernier et nous avons vu se diriger peu à peu son effort et sa prédilection. que l'on est surpris de voir manœuvrer les grandes toiles. Ainsi. et toute épithète en affaiblirait le spectacle. et le fait même. ni qu'il se fatigue plus promptement que naguère. en pleine guerre. trois. le rendant un instrument non moins de comparaison que de perception. les mains petites. L'œil est si pénétrant. que toutes celles qu'il avait peintes en pleine force de l'âge. Faire construire. et cependant leur division a sa raison d'être. et chez Monet en particulier. aussi vif de regard. on penserait qu'il y Le teint vermeil. accordant d'un bout à l'autre. quatre grandes toiles polyptyques traditionnels. touchant presque terre). qui réside dans cette construction occulte dont nous ne signalerons jamais assez l'importance. les bras vigoureux. et en même temps si plein d'images accumulées. des phases diff'érentes (1). ni même ainsi les composée de deux. du peintre qui va couvrir de vastes surfaces. bien effacées. que l'on ne peut croire qu'il a failli être menacé. prêtes pour le mouvement rapide. (1) Trois seulement sont d'un seul panneau. singulièrement exténuant. toiles se il attaque un dip- continuant dans une autre symphonie encore. d'un même même motif. qui descend en nappe argentée sur le torse robuste.119 accomplie. d'une des aspects contrebalancés et rapprochés. vingt-trois de longueur et un quinze de hauteur. l'esprit prompt à la réplique. Les toiles de chacune de ces séries se continuent sans interruption. quatre candides. — — alerte de corps de pensée parmi ses fleurs et du poème de vaste cycle l'eau vers lequel œuvres. leur continuité est jus- apprécier d'étendue en rapport avec l'har- monie dominante. en rang ovale tout autour du grand atelier. ceci est important. ou contrastés. de six mèti-es sur deux. mais non oublié ni oublieux de Paris. et regarder sans peur. connu à l'âge mûr. que nous l'avons Les épaules sont larges. un triptyque dans un autre. agissantes. aidé de ses études multiples des reflets du ciel se jouant sur l'eau parmi les groupes étalés de nymphœas flamboyants ou tyque dans un ton. Claude Monet est aussi droit. le mot de vieillesse. contrastant avec la belle barbe blanche soignée. avec prestesse. de quatre mètres vingt-cinq et atelier de douze mètres de largeur sur commander des toiles sur châssis. partout à la fois. cette rangée de surfaces blanches. aussi décidé d'allure. formera. tel est le pro- — — logue. disposer ces grandes toiles à la suite les unes des autres (et. larges hautes de deux. sont absolument relatifs. tifiée par ce que l'œil peut supporter et En d'autres termes. le souvenir précis des années les plus lointaines et le jugement lucide du moment présent. demeurant éloigné. aussi net et bref et précis de parole. .

Une fois quelques-unes de ces suites terminées. moments les plus intenses de son travail. cette synthèse et subtile de tout ce est vrai. même. et parfois même. devaient venir les moments moments sombres que nous savons. pendant Si épopée picturale de quatre années et plus. la griserie qu'elle confié qu'à certains qu'il a senti. hauts points de ses enivrements lui-même énorme Il et par et beauté de cette aventure serait incomplète sans et les S'il cela. et sa main a. des toiles posées sur . jusqu'à ne pouvoir s'arrêter. bien entendu. et trois ou quatre à tel autre. s'illumine et fuit. dans une d'elles. une joie telle qu'il semble ne plus pouvoir s'arrêter. Sans doute. Ce seront d'eau qui viendront se dresser tout au bord. en descendant plus bas. par l'image renversée d'un arbre que l'on ne voit pas. parfois certaines de ces suites seront par exemple. à d'autres heures. plus tard. ce qui est la plus belle façon de fmir que nous puissions rêver. qui viennent accuser nettement la division en triptyque. deux puissants troncs de saules. avec (1) une force Ce qui s'explique physiologiquement par peine séparées du sol. Au la couleur. n'aura pu s'abandonner à son rêve avec une pareille liberté. les Cela était inévitable. n'avait pas atteint les plus plus poignantes épreuves de ses négations de de son œuvre. la nuit. ou en train pour une reprise ultérieure. de dire que le peintre était entraîné par son entreprise comportait. Ainsi c'est la couleur qui règne une œuvre cement picturale. Il nous son cerveau en effet. cette œuvre ne serait pas ce testament. et Monet serait. continuaient. Parfois la construction sera donnée par un nuage. Monet ne se l'est point formulé dans ces termes. Monet en recommence d'autres. la trop satisfait. puisqu'elle ne laisse rien perdre de ses nuances et de ses jeux et qu'au contraire elle les concentre et les avive. qu'il s'agit pas visible. parce que la combinaison harmonieuse sur laquelle il reposait gagnait à se limiter. cette véritable de doute. elle aurait surpris en plein bonheur le plus heureux des hommes. en désaccord avec Monet. retenu. peintre ou poète. elle vient au contraire les couper massives colonnes qui s'interposeraient entre nous et le comme de mirage nuancé. à étaler en rêve des couleurs sur les toiles. la disposition que nous venons de dire. par quelque considération que ce soit. à irrésistible (1). une catastrophe avait foudroyé ce chêne à certains de ces moments là. cependant que la encore des touffes d'iris chatoyante nappe s'étale. où donné le ciel n'est en maîtresse. Il y a dans cette exaltation de couleur. à la lettre.120 Ce principe. que nous pouvons ainsi énoncer après coup. ou au contraire devait s'éten- dre. et tenté. et jamais homme. ni de lui-même. et celui de surplus. Mais quoique nous soyons dans ce pur domaine de un rythme elle. Il ne se l'est même point formulé du tout. il y a cependant nous-mêmes par rapport à sont construites plus visiblement. toujours plus bas. sans être gêné. qui est celui de l'atmosphère. comme elle ne l'a jamais d'un motif qui paraît n'avoir ni mais est fait dans commen- cependant aussi présent que l'eau. les chevalets. mais suivis de nouvelles flambées. étant ni fm. ni des autres. Ce caché. C'est l'exquise délicatesse de son instinct de peintre qui l'a poussé à ne donner que deux panneaux à tel groupe. Cette division n'est pas correspondante au nombre des toiles elles-mêmes.

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elles s'harmonisent toujours entre il Le comme au spectateur. dire que la matière en est aussi précieuse que celle des œuvres de moindre format où l'analyse nécessitait les plus grandes délicatesses de touche. nous aurions donné une idée absolument fausse de ce grand cycle. demeurera donc dans l'histoire de moderne un fait l'art sans précédent. et qui ne saurait être renouvelé désormais. n'ont telle est l'unité que. modulations de nuances si et si soigneu- complexes. se trouvant qu'à quelque distance de lui. les passages et y la est si nature que d'y voir des ébauches. Celles qui sont de nature à pour une vaste Il Il est même de ne certain soit que devant des surfaces que rien d'analogue n'avait la tentative été en prohibe toute imitation. que possèdent bien peu d'hommes dans toute la force de l'âge. plusieurs n'auront pas satisfait entièrement Claude Monet. Toutefois ainsi. Toutefois. considère comme salles le satisfaire forment une d'exceptionnelles suite décorations en ovale. une certitude de la durée. et même milieu grâce à ce hardi et de la verticales se développant circulairement. Elle donne aux maîtres avancés en âge une rapidité qui. d'amples pochades. pourtant véridique du relief tête le ciel reflété. elle demandait déjà une résolution. leur conserve ce frémis- ou de la joie Régents les la et les douleur qui nous rend émouvantes si Régentes de Frans Hais. la couleur travaillée. malgré l'intérêt d'élan qu'elles offriront toujours. ni par . permet de mettre dans le travail d'une heure ce qui est pour d'autres le labeur de longues journées. et a l'illusion de la continuité et le regard se pose ou circule. ou plus exactement de quoi décorer plusieurs salle disposée de ce genre. de deux à cinq toiles chacune. le miroir d'eau tout incrusté des plantes grasses. Cette oeuvre pleine d'entrain était aussi une œuvre pleine de volonté. trois ou quatre se suivant ment combinés en vue d'aller ensemble. Sans doute l'exécution de ces grands panneaux était pleine de largeur et traitée par amples synmais ce thèses. Tout en se laissant aller aux mirages de la couleur. bien artifice. Monet exécuta à peu près douze à quatorze compositions. sans compter les études. Les groupes de deux. suivant la saisissante expression de Whistler. et que pas été expressé- elles. qui serait que partout où le plaisir du changement. Seu- lement l'expérience de toute une vie. de sa les inachevées.121 Cependant. risible. un coup d'œil sur l'ensemble et la fin même de l'entreprise. à cette convention singulière et suppression de l'horizon. La grande œuvre que Monet se commanda à lui-même pendant la guerre et à l'approche de sa quatre-vingtième année. Monet savait absolument où il allait. la les productions dernière Pieta de Titien. C'est en cela qu'est merveilleuse cette il campagne d'un homme entre soixante-seize et quatre-vingt ans. richement prodiguée. pouvait penser que. croit sentir au-dessus fuyant devant lui la particularité de ce grand travail de l'étang aux nymphœas. formant un total de près de cinquante. loin d'impri- mer à leur ouvrage sement même du grand âge de : un caractère d'imperturbable froideur. malgré si l'on la puissante exaltation qui le mena jusqu'au bout. dans leur diversité. ne fut pas réglé par une discipline non moins puissante. support des fleurs épanouies. que l'on peut sans exagération. sement absolument en méconnaître serait Au contraire. encore qu'il encore tenté.

pour tous les artistes. une magnifique invitation à faire autre chose que lui. lorsque le jour de l'armistice le peintre écrivait à du Conseil vie. d'essors enfin.122 lui. De toute façon. le poëme des nymphœas est également. mêlés d'anxiété et de nouveaux envols. ni par quelque autre. puis de puis de luttes. d'émotions. après tant de travaux. mais sur un jamais. Comme étudiée de la prime jeunesse tout l'ensemble de sa production que nous avons aux années d'affranchissement. recherches jamais ralenties. et cette dîme volontaire de son l'innombrable victoire française. et sur un des plus vibrants de ses hymnes à rière qu'il demandait à offrir terminer sa car- effort de plus vaste ses divinités Ainsi. qui avait toujours lutté pendant qu'il œuvrait toujours. il est beau de voir un maître comblé de jours. : envergure que couleur son ami et le lumière ! Président à son pays. pouvait-on considérer cette comme son bulletin de victoire accompli comme un des épisodes de lettre à lui. travail . créations incessantes et logiquement enchaînées. son grand diptyque bleu des Nymphœas. de succès. puis de recherches encore au milieu même du succès. et finalement en possession de tout ce que la gloire et la fortune peuvent apporter pour alléger l'inéluctable poids de la non sur un crépusculaire repos.

20 4. 40 42 M l'herbe. 7. 8. Une Terrasse au Havre. Port du Havre. et le — La 12 Chambre de Commerce 34 . Rue de Pont-Neuf. Les Quais 3. Camille. par Renoir (1875). Esquisse du grand tableau en partie détruit par l'artiste. 26 5. La Brodeuse. Claude Monet. 46 14. Madame 10. 12. 13. 36 36 38 Gaudibert (1868). . Saint-Germain-l'Auxerrois. Village en Normandie. et la Côte de Grâce. Le Phare de Honfleur 9. Le Port de Honfleur. Sainte-Adresse. Femmes 48 cueillant des fleurs. 2.123 TABLE DES GRAVURES 1. Portrait de 11. Le Déjeûner sur 30 (1866). 6.

Argenteuil. Vue de Hollande. 94 39. 56 20. L'Aiguille d'Etretat. Cathédrale de Rouen. 64 22. 41. Les Peupliers des Bords de l'Epte. 58 21. Vue de 74 29. (1869). 84 (Belle-Isle). La Tamise 19.124 15. 40. 68 26. Vue de Hollande. café. Route de Chailly (Forêt de Fontainebleau). 83 35. Les Falaises de Varengeville. 48 16. La Tasse de 70 27. La Barque de Claude Monet. La Seine à Bougival 50 18. Antibes. 88 38. 66 23. 80 33. 52 (1870). 86 Filets. Les Dindons. 66 24. 68 25. 78 32. Les Déchargeurs de charbon. 50 17. Le Quatorze 30. Les Régates à Argenteuil. Les Meules. Effet de neige (1874). Le Déjeûner. Les Peupliers. Les Fumées de 31. ' 96 97 100 . 82 34. la 76 Gare St-Lazare. 75 Juillet. 72 28. Vétheuil. Voilier à Argenteuil. Les Pyramides à Port-Coton 36. Bordighera. Les 37.

Le Parlement de Westminster. 108 . par P. 120 Allée prise de la rive droite. du Jardin de Giverny. Les Nymphéas. Une 46. Vue de Vernon 106 45. Claude Monet. Venise. 118 48. 104 44. 110 47. 102 43.125 42. Paulin. La Cabane du Douanier.

les 15 18 Des débuts difficiles. que maîtres de la lumière transmirent à Claude Monet. tableaux de personnages chez Monet. . Comment 32 d'un groupe obscur sortit une Des différences entre et les « école » 37 célèbre. 11 De l'héritage Du retour à la nature et des prédécesseurs immédiats de Monet. 50 Années d'Angleterre 53 et de Hollande. impressionnisme la couleur. Courbet Manet. et peint des vues de Paris. 40 Les premiers grands tableaux de figures. ». ne rencontre pas encore Manet. 24 l'amitié Débuts pénibles. 22 De opportune d'Eugène Boudin.12fi TABLE DES MATIÈRES Que tout grand artiste est Du terme Que d' « un continuateur. Années sombres. un ensemble 8 indéfinissable de miracles qui ont vertu d'absolu. rencontres heureuses. Les «Femmes cueillant des fleurs» nages. 26 Premières orientations. en peinture. et les dernières 43 peintures de person- 47 Peinture «grise». 30 Monet rencontre déjà Jongkind. est 5 cause d'erreurs.

123 Table des matières. vertu architecturale.J27 La période 58 hostile. Minute de recueillement. 64 Intermède de fleurs 69 et de fruits. 90 94 97 102 l'eau. point culminant de l'œuvre. 126 . 104 Le jardin 107 et les eaux chatoyantes de Giverny. Les eaux tragiques de Londres.Venise.. et Vétheuil. Des 82 Bordighera. 118 Table des gravures. Belle-lsle. l'exposition avec Rodin. Giverny. La Monet carrière de parallèle au cours de la Seine. avec Giverny pour 79 étape décisive. loi Les «Meules». Théorie des équivalents et 109 des dominantes. Etretat. Alternances : Que l'œuvre de Monet Autres alternances Deux événements : : est soumise à une 87 Vintimille. l'analyse lumineuse devient de plus en plus 74 aiguë. Les décisives transitions d'Argenteuil.. la Creuse. logique des « Meules ». En plein épanouissement du 111 116 poëme de l'eau. et retour. Pour rappeler simplement des Entre Argenteuil 71 batailles éteintes. Chaque maître trouve les siens. la souscription « Cathédrales » et Transition du 85 de contrastes. comme poëme de quoi elles sont et leur la suite pour l'a Olympia ».

DRUET & BERNHEIM-JEUNE % . RUE GANDON. A PARIS REPRODUCTIONS PAR DANIEL JACOMET CLICHES DURAND RUEL.ACHEVÉ D IMPRIMER LE TREUTE SEPTEMBRE 1 92 1 PAR LA MODERNE IMPRIMERIE 37.

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