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archive.org/details/claudemonetOOalexuoft .Digitized by the Internet Archive in 2009 with funding from University of Ottawa http://www.

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Claude Monet .

numérotés de i à loo. . numérotés de loi à 250. Cent cinquante exemplaires sur papier d'Arches.Il a été imprimé de ce livre : Cent exemplaires sur Japon.

Arsène Alexandre Claude Monet PARIS LES EDITIONS BERNHEIM-JEUNE 25. Boulevard de la Madeleine 192 I .

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d'art. plongé dans un milieu absolument réfractaire à l'art. Soit qu'il perfectionne. L'individu sort d'une longue suite d'individus. La pensée. Qualités ou faiblesses modifie à son tour suivant son tempérament. en attendant qu'elle devienne à son tour ou au peut. — peut coûter à se produisant au début de révélation soudaine. d'une éblouissante intuition. L'œuvre A l'homme d'art. soit qu'il abolisse. la vie. le berger. le jeune être quelconque. les plus novateurs sortent d'un stage chez les maîtres les plus imbus de certaines traditions. d'un autre point de vue. Mais. rompre avec ces principes traditionnels jadis. par réac- Cela ne change rien. d'une longue trans- mission de pensées. une semence. plus nécessaire de le connaître pour C'est pour cela que le rejeter les artistes que pour considérés comme Il lui est le grand même artiste peut être l'accepter. elle est le fruit Nous en verrons ici une d'une confir- éclatante. le sauvage. Pas plus que la vie animale ou végétale. De toute façon. puisque. il tombe aussitôt . se révèle doué d'un instinct de dessin. L'œuvre d'art. d'une infinie succession d'œuvres qui œuvre de son cerveau et de ses mains ses prédécesseurs ont légué plus ou moins d'eux-mêmes.i L QUE TOUT GRAND ARTISTE EST UN CONTLNUATEUR. la vie intellectuelle n'offre de phéno- mènes de génération spontanée. Cette décision de eux-mêmes. il n'y a pas d'exemples du surgissement ou du développement d'un artiste original dans un isolement absolu. son éducation et son rêve. procéder par continuation. dès que l'enfant. ne peut recevoir l'héritage que sous bénéfice d'inventaire. mation — qui parfois ont été l'artiste de longs efforts. tion. Elle contraire. en bien qu'il comme en mal. l'effet d'autres résistances. pour la plupart du temps. Ceux que l'on pourrait citer seraient simplement des cas mal expliqués ou insuffisamment observés et suivis. si originale qu'elle soit (et même plus elle est originale) ne peut être qu'une floraison.

Ils se correspondent cependant d'une Qui peut dire à quel degré un homme d'humble extraction qui parvient aux plus hautes dignités de l'Etat ne doit pas son génie. une preuve d'originalité. un une remarque. Mais et la Qu'il nous nous faut indiquer avant d'entrer dans soit permis de tenir pour acquise artistes se rattache. de sens. mêmes combattre les traditions. Alfred Sisley. n'en ressort que mieux mun que parce et l'artiste les essayât et il comme en pénétrât le contraires à fond même. quand elle en tire des ressources neuves et des résultats inédits. se présentent à nos yeux. plus original des par réaction. mille raisons nouvelles. soit comme Mais rale. ou bien à ceux des Tout ce qui vient d'être dit artistes qui occupent le public. il soit le vif cette vérité de notre que le sujet. qu'il sera s'il se rattache. ni pas plus. ou bien aux travaux des artistes disparus. ou passe entre les mains d'un maître. boutade de Sisley elle-même. alors. celles-ci. de cette originalité. semblerait entraîner cette conclusion qu'il est impossible à un artiste d'être original de façon absolue. laissent en dehors tout un ordre d'idées encore différent. Dans l'immense parterre de l'art. les pour leur inspirer ? nous dit-il. parce que raisonnée. ils par acceptation. Parole profonde. ou plutôt nous donna une leçon pleine sujet. aux obscures qualités que son père appliquait façon indissoluble. avec elles. En effet. corollaire. qui résume toutes les réflexions précédentes. que l'opposition consciente à ces Pour sa nature. éclatantes ou délicates. n'est qu'au prix d'une analyse très subtile Ce qu'on peut rattacher le point d'arrivée d'un artiste à son point de départ. à ce la fatale. il a fallu qu'il Sa valeur. Nous en déplorions considérant fit comme goût. la docilité aux traditions. se détache aussi en même temps. reproduites la popularité. et se confond nous l'étudions isolément. Mais si . et à gâcher le mortier Un artiste en quelque sorte ou à conduire dont il alors charrue ? sera question au cours de ce livre. humaines sont un étrange alambic. — Pourquoi cela tout. son oeuvre est un élément de l'harmonie génécomme une fleur splendide se mêle à toutes celles qui l'entourent. et qu'il et. dans notre jeunesse. c'est l'affirmation plus énergique. inattendues. Tout dépend de la façon dont auront comprises.8 sous les yeux d'un connaisseur. Au contraire. ne s'élève au-dessus du courant com- un moment d'y demeurer plongé. Il vaut mieux de ces images que pas d'images du l'idée d'en faire à leur tour. la capable de fausser dangereusement les idées et la vision chez les jeunes gens qui auraient pu se sentir une vocation artistique. n'est pas moins. Nous tournions en dérision certaines peintures de mauvais à un trop grand nombre d'exemplaires. Le résultat de qu'il a risqué Les facultés le éprouvées par l'assimilation est plus souvent entièrement différent de ce qu'on aurait pu attendre des éléments assi- milés. nous jour. lui-même continué par contrastes ou par analogies. ses actions les plus surprenantes. Dès lors il est forcé de comparer ses essais à ceux des autres commençants. à un mouvement précédent.

serait à la fois l'élément intégrant d'une histoire vaste et la belle plante artiste remar- complexe. on rend quelque service aux autres hom- ration reconnaissante envers ceux qui se sont efforcés de tirer de leur avec la mes. Toutefois. nous gardons cette conviction que les œuvres des grands artistes pourraient se passer de commentaires. de se présenter comme une belle anomalie. malgré la multiplicité des qualités qu'il a héritées et qu'il a développées. son originalité apparaîtrait alors plus affirmée. du public. à raviver chez l'on réussit. mais lecteur la foi en la Beauté et en la Nature. Bien qu'ici nous ajoutions des pages à tant d'autres pages. Il elle. sauf quable. Selon le second de ces points de vue. ou à cause de cette multiplicité Au lieu même. même qui auraient la chance d'apporter quelques éclaircissements. plus belle de la logique profonde de la vie et de il serait une preuve encore l'art. L'histoire qui réaliserait parfaitement ce dessein serait le plus édifiant des livres. et à provoquer l'admi- communication Nature une expression de Beauté. et ce livre aurait ainsi incontestable en matière d'écrits sur une raison beau et le plus d'être qui n'est pas toujours l'art. parce qu'on a fait ressortir de façon plus précise que vaguement sentir. On est en même temps l'interprète de et plus motivée ce qu'ils ne faisaient et le porteur des hommages informulés de la pensée de l'artiste vis-à-vis ce public vis-à-vis de l'artiste.Le parterre passe au second plan et drue et fleurie devient le principal personnage du poëme floral. Ainsi devrait être examinée l'oeuvre. racontée la carrière d'un Alors tout disparaît. et le point culminant de cette histoire. . Elles demeureront toujours suffisamment éloquentes par elles-mêmes. si le non pas à leur faire dire plus qu'elles ne disent.

Les « Impressionnistes » sont tirés à meilleur compte. d'abord dérisoire. s'en : . les destructions les plus regrettables. Mais l'appellation même. 1)« IMPRESSIONNISME». comme dans même les mieux dans un sens vis-à-vis d'artistes. Le terme d'impressionniste. mais l'art en général a souffert de cette conséquence nationale. Les plus graves malen- tendus.DU TERME Tout ce qui vient école. — l'art s'abaisser à ne rendre qu'une fugitive impression. le public et Les ennemis des nouvelles tendances qui se manifestèrent particulièrement après la guerre de 1870. d'un nous en pourrons constater l'application à Claude Monet qui formèrent tout d'abord avec lui groupe devenu le si artiste ou d'une qu'aux peintres ainsi célèbre sous le nom d'Impressionnistes. ses influences et ses modifications. ont affligé longtemps notre architecture uniquement à cause de ce baptême malencontreux. ne définissait en aucune manière leur but. qu'ils acceptèrent pour fut la cause des plus complètes erreurs d'appréciation que jamais aient pu commettre. d'être dit quant à l'originalité. ni la nature C'était mot une cause d'erreurs et même de leurs travaux. en général. le sens de leurs efforts. s'indignaient de voir — ou de croire voir. ce vocable ne répondant presque jamais à la réalité des choses. sur une étiquette. CAUSE D'ERREURS. l'illustrer. ses luttes. de discussions à côté dans d'art gothique appliqué jadis à l'art français le même genre que le par excellence. sont toutes mêlées étroitement à l'histoire artistique de plus d'un demi-siècle. qualifiés pour juger les questions d'art. Sa formation. Par contre les défenseurs de ces tentatives croyaient devoir faire un mérite à leurs auteurs de ce que les traditionnalistes s'imaginaient y relever de faux ou d'insuffisant. qui est devenu commode parce qu'en usage depuis des années pour désigner certains artistes déterminés. l'autre. Il est toujours nuisible de se quereller sur un mot.

cette notation peut s'effectuer de deux manières absolument différentes. un autre aurait fallu pour cela chercher avec plus de clairvoyance. Pour le celle-ci. ou en d'autres termes de tant de colorations simultanées Par l'autre. et même nom qui était intitulé : l'épithète malveillante. ? un est spectacle lui- que. peintre pouvait donc être qualifié d'impressionniste. il procédera surtout par simplifications et l'un ou l'autre parti. fugitif. et moins de artistes se proposaient. rendre les grandes de lignes (nous verrons plus loin que ces termes d'usage sont cause de bien des malentendus) étaient avant tout des harmonistes. produit sur nos sens et sur notre esprit par même complexe. définissait sans l'avoir précisément artistes qui nous occupent. Un nom. de bon préjugés invétérés. et une production cruellement méconnue. Or. paysages. de presque toute Sisley. etc. immobile. l'artiste recherchera l'élément le plus expressif de tout l'ensemble de tons. en vert voulu. nom qu'il était plus difficile et de trouver. et. incomplet et inexact. ses nocturnes. mais tout les le de son œuvre exigeait un autre nom. par synthèses. en adopta un qui aurait parfaitement convenu à toutes les œuvres. s'efforcera. Cependant. ce qui n'était pas autrement fâcheux. Par l'une. d'impressionnistes. par analyses et par complexités. etc. de tous les artistes bafoués avec le mot. des effets transitoires sur un fond permanent. en veau groupe par rapport d'un même verrons plus artiste. il nements. en qualifiant ses (harmonie en bleu et or.de qualité inférieure se sont parés des défauts même que l'on croyait.) non seulement des des principaux maîtres modernes. la fois la premier cas. parce qu'il vouloir. harmonies de couleurs et et argent. plus tard. comme nous Impression. soleil levant. en dernière analyse. mobile effet sera et — tandis changeant. mais encore dans les œuvres diverses effet. toutes les tendances. d'autre part la notation de cet et matérielle. que les artistes En somme que peut. de nuances. dans le second. d'en distinguer mesure du les et au contraire. d'harmonies cherchant à saisir et à l'école à venir. Le tableau qui occasionna loin. mais encore en général. Renoir. les associations les plus saisissantes. et d'en reproduire à son tour. ainsi que l'œuvre le reste tendances de ses compagnons. même du but que visiblement ces dans des œuvres relevant précisément de la méthode synthétique. de vibrations qui affectent son regard. relevait du premier système alors que d'autres peintures de Monet appartenaient au second. Whistler. devoir reprocher aux maîtres qui ne parvinrent à s'en disculper qu'après de longues luttes. et qui l'étaient.. dans la possible. immuable. tiré peintre. les le à deux formes d'art aussi non seulement chez les différents artistes du nouuns aux autres. signifier ce Tout d'abord une distinction apparaît aux yeux mot d'impression c'est : qu'une impression l'effet rapide. Claude Monet. la nature offrant à y aura toujours un peu de qui domine. C'est cette dernière qui il deux tendances qui subsistera sous celle caractérisera l'œuvre d'art suivant que l'artiste sera porté vers l'une des Dans le dominante confondues. et à toutes les sortes d'exécution. . à tort. de décomposer tout ce faisceau de rayon- plus agissants. Il apparaît donc absurde de donner opposées.

n'avait puisé qu'avec qui encore aujourd'hui n'a livré qu'à peine Wagner une certaine commencement de réserve. ses combinaisons multiples. et ses enchantements. correspondu aux tendances artistiques peut-être les plus typiques de leur temps.10 Ce nom eût d'ailleurs. où l'art de la le réa- couleur. lisait dans le monde Ils cherchaient à etïectuer en peinture ce que des sons : la richesse source inépuisable. immense. .

sont en jeu et se combinent en s'influençant réciproquement. au le même moment qu'un même cas d'une maladie de la vue. car si tous les hommes la perçoivent chacun à et que ses sa façon. et pas un ou un orangé un bleu. EST UN ENSEMBLE INDÉFINISSABLE DE MIRAGES QUI ONT VERTU D'ABSOLU. l'immobilité ou la vitesse plus ou moins grande imprimée aux objets. de définitions qu'on peut en donner. d'un phénomène lui-même instable et décevant ? Pourtant des milliers d'hommes. EN PEINTURE. puisqu'elle n'est que personnelle. Mais perceptions diffèrent. reviennent seulement à Non. le plus du mystère. par exemple. encore eu le suivie de cent autres encore. les les un vert. transforment complètement S'il est l'aspect jour. Le plus ou moins de ou moins de ou l'humidité de l'atmosphère. une illusion ? Pas davantage. Est-elle une réalité ? la comprendre ? Toutes les ou poétiques. rien. une imagination. suivant la qualité infiniment diverse de leurs organes. à nos esprits plus ou moins exercés. du moins ils constatent objet est coloré d'une certaine manière. les opinions n'ont pas temps de se mettre d'accord qu'un changement presque insaisissable de lumière ou d'ombre a déjà transformé l'apparence pour en substituer une autre. Est-elle un mensonge. la sécheresse dissiper le mystérieux. Dès que plusieurs nuances d'eux.QUE LA COULEUR. un souffle de vent. scientifiques dire qu'elle est. plus périlleux d'en reproduire artificiellement les effets ? Comment parvien- une interprétation forcément arbitraire. aussi difficile à nos imparfaites organisations de percevoir. combien ne deviendra-t-il pas plus ardu. puisqu'elle est perpétuellement changeante changements sont à la fois imperceptibles et vertigineux. moins encore. vouant leur esprit et leurs organes à fixer cet dra-t-on à s'accorder sur . n'affirmera qu'un rouge est dès que les nuances commencent. sans distance. La couleur ! Qui peut se flatter de la connaître. de concevoir la couleur. Sauf dans ils ne pourront discuter sur tons francs.

peuvent. élite. qui obtiennent ainsi l'approbation « du plus grand nombre ou La nature. nous venons de d'une part la proposition. signes disposés sur une surface plane pour suggérer les profondeurs et les successions de plans à l'extrême limite de ce que l'œil rien qu'approximatifs lignes : en peut percevoir dans même y la nature. et ne se sont pas arrêtés sur le seuil d'un domaine si chimérique que le raisonnement seul l'aurait décrété impossible à exploiter. soit dans un même temps. tous ces Ils ou masses immobiles pour exprimer les plus complexes et les plus véhéments. plusieurs offerte à des regards. autrement éduqués que ne fût-ce que pour signification nous en siècles après est des soit à qu'une image colorée a les nôtres. nous superficiel. satisfaits. si l'on de compte. et l'incertain suggestions sont belles. Ainsi la convention équivaut provisoirement à des certitudes très suffisantes. plus exactement. à des esprits dons pour La rème la lire. bombées. et ce qu'il même différente n'existent préférence exclusive d'une la y a de plus certain Pour moi. ce qui revient au suppression totale de la couleur proprement la nuit elle- dite. même pour compte que blanc sont (en dehors des analyses scientifiques. l'intention de l'artiste et leur propre conception.12 ne se sont pas effrayés de ces difficultés. souvent contradictoires. Que seule tenue. doivent. même compris La lumière a fait comme exprimée par été lumière ne serait point concevoir visible. que parce que des yeux les perçoivent et que pas une paire d'yeux ne les perçoit de façon identique. Et le tout unies et d'une sombre. l'art. de ces efforts imparfaits pour traduire un idéal de perfection. à maintes divergences d'opinion. des millions de spectateurs se sont contentés. et même insaisissable. les ou simplement l'habitude. qu'impliquent reconnaissance de ces images. n'a pas ces couleurs-là ». l'éducation et l'accoutumance aidant peu à peu. Par exemple. c'est mille conventions. Et ce n'est pas seulement une convention. d'autre part la le voir. époques successives. successives ou simultanées. C'est cent. suggérée. ou bien encore mélanges de nombreuses teintes par petits éléments rapprochés pour reconstituer sur notre rétine les nuances et les rapports de nuances qu'en général un examen rapide. à la fois. donne . pour moi. la couleur. car les couleurs. en fin ou. du moment que les un principe. ravis. moyens mouvements les ont accepté. qui y retrouvent les cou- leurs) l'absence de toute coloration ? C'est donc que la reproduction et la couleurs et des actions et réactions qui les convention en laquelle tous mise en œuvre de ces phénomènes des modifient. comme une considéré reproduction de la vérité ce qui n'était que le Ils ont mirage d'un mirage. elle n'a pas celles-ci». teintes plates pour rendre la coloration des surfaces ombres que leurs courbes comportent. disent les c'est qu'elle est en elle- des deux visions opposées. proposée d'une façon aussi précise qu'un théo- à des mathématiciens. en dernier ressort. Et d'autre part. été nous nous accor- la discuter. dire enfin ? par ce qui sans le — par noir et le la la — a pu être exprimée. « autres. fût-elle soumise elle-même à maints revirements. disent les uns. comporter une les spectateurs ont la possibilité de reconnaître.

ou de mot d'impression correspondant joie. telles les la des bleus. non seulement l'ensemble merveilleux des fêtes de couleurs que la nature nous offre dans une profusion infinie. patiemment qu'à d'attendre le plus chères. l'a fait et les plus subtils avec la nature environnante. plus sensé. de jouir des plaisirs que nous procurent. pour ainsi dire le spectateur. des inimitiés irrémédiables. Pourquoi tôt vont-ils jusqu'à causer des exclusions féroces. Il dans que simple est plus le reste. nous prouve que des signes aussi relatifs que ceux de la couleur nous suggèrent des émotions vives. des plaisirs complets.) Il gammes notation en elle-même harmonies qui procurent une sen- est incontestable qu'il est des tons et des sation de froideur. ou bien au contraire réchauffent. comment se fait-il jugements. aux plus rouges couchers du grelotter. du moins. les orangés. mais du sentiment qui se dégage d'elle. tels les jaunes. des haines comparables à celles qu'engendrent les religions contraires ? Comment se querellera-t-on aussi ardemment et peut-être plus. L'explication serait trop puérile. Aucun ne pourrait expliquer de façon même. puisque équivalents par lesquels les hommes ont cherché à en fixer le souvenir. Dans ce cas le mieux est commence à opérer. et des résultats : qu'il les l'artiste effets. Pour- thermomètre tant le par n'est point influencé le voisinage de ces colorations. qu'en cela nous n'allons pas plus avant que peut dire des vertus des couleurs et effets. et quoiqu'intermittents (1). Mais si le raisonnement. de calme. etc. puisqu'il y a des en hiver. les plus que les appréciations. Ce n'est pas non plus seulement en vertu d'une association d'idées que se produisent ces flammes bleues. qui les dire autre connaît surtout expé- rimentalement. les rouges.13 Ces suggestions demeurent elles-mêmes fort mystérieuses procure ne saurait lui-même.. Je charme comme l'improviste. en toute humilité. que l'on porte sur l'emploi de cette couleur par ou tard. tout comme l'expérience. d'avouer. en passant. tant que l'homme n'aura pas étudié plus profondément qu'il ne jusqu'ici le mécanisme de ses perceptions et leurs rapports les plus complexes Cela. possédât-il choses des causes : le et plus sûr instinct des qu'elles sont ainsi. (1) Il . s'étant il n'en est même pas encore à toujours plus satisfait d'éprouver que de connaître. les les artistes remarquables. pourquoi impression de voici le tels satisfaisante et allant jusqu'à l'essence tons ou telles combinaisons de tons divers nous donnent une tristesse. puisqu'il ne s'agit plus de des aspects. épeler l'alphabet de cette science. sur des sensa- étaient y a des jours où ceux qui aiment le mieux la peinture sont insensibles aux séductions qui leur il avait cessé. Or. ou bien à pro- voquer une sensation exaltée jusqu'au rêve. comme que tout ce des tons se ramènera à la fameuse la simple constatation et explication de celles de l'opium dans Molière. soient aussi tranchés. nous n'en savons pas plus que quiconque. l'on et que et l'on peut soleil. des verts. mais encore les Qu'il nous suffise donc. aussi absolus ? reconnus. (Et ici. remarquons que à une toute autre signification que celle que nous analysions tout à l'heure.

par cela à ses successeurs. de faire tions un mérite aux que de leurs artistes buts. Ainsi constaterons-nous en (et non spontanées) et même temps le principe des générations enchaînées tirerons-nous le profit que nous nous proposions de l'examen des conditions dans lesquelles un grand artiste se rattache aux plus originaux des âges antérieurs par sa passion de recherches. au lieu de considérer leurs apports d'une longue et comme magnifique suite de trésors divers se faisant valoir la continuation même par leurs contrastes ? Nous admirerons. ont-elles eu pour résultat à notre époque. et aussi parce que nous même. préparant. en particulier. la et la place conquise. dont nous nous occuperons ici. le verrons réaliser certaines aspirations de son époque. mais non moins fatal. quand ceux-ci comment Enfin. il n'est pas sans couleur à travers quelques époques et . de leurs moyens encore plus moins beaux que ceux-là ? louer dignement en les opposant à leurs plus n'étaient pas a-t-on cru les grands prédécesseurs. de nouvelles ressources à mettre en œuvre. ou même parfois la supposition. tout en se détachant nettement par son œuvre. Claude Monet parce que nous pouvons le rat- tacher logiquement à de belles origines. ou des points d'appui pour développer leur personnalité dans un sens encore inconnu. Pour mieux apprécier intérêt de retracer l'effort accompli rapidement l'évolution de quelques maîtres représentatifs. et parfaitement déterminées. d'un emploi inédit des couleurs.14 que sur des idées ? Comment la réalisation.

DE L HÉRITAGE QUE LES MAITRES DE LA LUMIÈRE TRANSMIRENT A CLAUDE MONET. produisant un texte qui permette telle peinture. lorsqu'on étudie les peintures de Pompéï. c'est-à-dire Fra Angelico. etc. Gozzoli. Spinello Aretino. pratiqué entre autres dans l'école napolitaine. au xiv° siècle. la peinture tend vers ceux qu'on a appelés ticelli.. déjà dès la fin du xv" siècle et le commencement du xvr avec Ghir- . et de plus avait une prédilection pour les harmonies les plus vives et les plus claires tonalités. si nous entendons par là jusqu'au xiv° siècle. et assez peu éclatants. en dehors de la convention ornementale des vases grecs en rouge et noir. extrêmement voisin de la conception moderne. tel qu'il s'est effet et le les yeux ouverts sur ne pouvaient s'ingénier à Même et surtout dans les procédé même. Il est évident. connus les si elle révèle les plus grands éblouissements qu'aient jusqu'alors. regards humains. que la peinture antique connaissait et pratiquait l'emploi des complémentaires. Les exemples ne manquent pas. de ses petits carrés d'émail. tout en restant vouée à une cerest un refleurissement général. jusqu'à ce qu'avec improprement les Primitifs. Mais déjà. les traditions byzantines qui avaient succédé aux conceptions grecques et greco-romaines. et ils regarder la nature à travers des traditions corrompues. font régner les grands partis sévères par à-plats de tons soutenus. on aurait la plus grande peine à citer un seul cas d'une pein- ture exécutée en tons sombres et suivant les principes du clair obscur. les harmonies lumineuses dominent. par le scintillement analogue à celui des touches divisées. puis avec Orcagna. avaient mosaïques. vivant dans des régions ensoleillées. tandis qu'au contraire. de supposer qu'on eût la seule notion d'une Il n'est même aucun les colorations les plus vives et les plus vibrantes. Les anciens. etc. Au moyen-âge. les grands Siennois.. Bot- taine austérité. avec Giotto. sans toutefois encore un grand emploi de l'ombre. Toutefois. peut-être.

et des graves séductions du clair-obscur. était. s'3^ d'ailleurs désespère. les tableaux devaient être d'une somptueuse fraîcheur. Mais reconstitution logique de ces peintures qu'il de réaliser par diverses déductions prouve que ce grand entre autres. dans ce résumé. . L'on peut déduire logiquement. dans le manuscrit des Grandes Chroniques notamment. plus vif. ne devaient pas le céder en vivacité et en richesse aux précédentes. La teinte sombre qu'ont revêtue les tableaux de Poussin n'est due qu'à l'action du temps aggravée par la façon de Il est préparer les est possible toiles en rouge. la artiste employait un des plus ravagés. non des moins qualifiés. Les grands Vénitiens parviennent à la triomphale alliance de richesse de tons avec les valeurs les plus soutenues. et notamment tions. certains feuillages de Titien ou de Tintoret (par exemple tout le fond de la Suzanne de ce dernier) et quand sous la patine on reconstitue. et plus une sombre avec magnificence. l'on se rend aisément compte qu'au sortir des mains de ces magiciens. Ces fonds. Le Triomphe de Flore. et que les qu'elles nous thèse. d'une intensité de couleur. la tendre nacrure des carnations. d'une part. nous avons entretenu. incroyables. admirer répandue à flots dans l'œuvre de Monet. d'un éclat quasi aveuglant. il (comme la plus grande d'ailleurs pour faut absolument se garder de les juger d'après Quand on que sont devenus certains ciels de Véronèse. mais qu'elles étaient à l'origine d'un Il est des écrivains. la vivacité voit ce des étoffes. d'après les fonds dans les célèbres miniatures de Foucquet. nos propres maîtres et ceux avec qui. divers autres maîtres. ombres la voie des harmonies plus atténuées semble que Léonard tard les Napolitains et les Espagnols s'y enlizeront. chez nos voisins. simple isolement par la jumelle le démontre. tant de siècles plus tard. Ses gigantesques compositions doivent leur diaphanéité somptueuse à l'emploi souverain des glacis sur grisailles de divers tons allant du brun au blanc en passant par le gris. bon de rappeler que nos maîtres français du xvir siècle ne peignaient pas moins clair que tous ces merveilleux prédécesseurs. peignant par tons transparents sur des grisailles infiniment légères malgré leur extraordinaire précision.16 landajo. nous offrent des paysages d'une clarté et d'une intensité. sans grand effort. que ses grandes œuvres picturales malheureusement détruites. les plus les Van Eyck. Vaspect actuel de leurs œuvres. et de l'autre celle de Claude Monet. Les grands Flamands. et dans celui de VHistoire des Juifs. nous donnent la sensation d'une peinture en pierres précieuses. Signorelli. et le coloris le le un examen optique approfondi. les plus étroites rela- fructueux échanges. presque d'une crudité. qui ont soutenu la peintures sublimes de Rembrandt n'avaient* nullement la teinte sombre offrent aujourd'hui pour la plupart. demeuré la clarté même du jour. le modelé par se substituer au Michel Ange et et modelé en pleine de Raphaël nous serons déjà sur Il tend déjà à et clairs lorsque nous serons arrivés au temps de clarté. Aussi ne peut-on établir Rubens est d'analogies entre sa technique et celle de son temps. qui font penser à la lumière que nous devions. Nous ne saurions perdre de vue. très vif éclat. au xv" siècle. Toutefois bien des maîtres cités précédemment).

Vermeer. et aussi. les peintures des grands Hollandais du xvii' siècle. s'éloigne mettrait facilement ses successeurs sur le Il n'est pas besoin « histoire et de la les il au sortir ! de dire que nous ne nous proposons pas couleur à travers et substantiels. Avec Delacroix et ses passionnantes recherches. clarté et que dans la peinture. cette que façon de voir l'on eût était il était naturel ou non trouvé même presque les c'est que pendant des de chercher la plus moyens de rendre la seule ce siècles. Watteau. Aussi passons-nous beaucoup de périodes de noms. Elle n'est pourtant rien moins que préhistorique. à part quelques intermittentes exceptions. En tous les cas. . véritable alchimiste de de Rubens. et surtout le plus « moderne » de tous. nosité Quoique formé à l'école mélanges. avec fait partie à des différences qui seront son apport personnel. qui adopte maintenant toute tentative avec une Ici imperturbable avidité. instinctivement en usage. Le public en était arrivé à ne plus voir la nature qu'à travers la peinture telle que les années l'avaient obscurcie. à travers la vision d'un grand nombre de peintres du moment. clartés dut être V Embarquement des mains du grand poète des ardentes mélancolies profonds sensiblement de son dieu.ï 17 Sans entrer dans cette dicussion qui nous éloigne trop de notre sujet. a quelque peine à se représenter cette opposition. au début de l'histoire de Monet et de son groupe. Nous voulons surtout montrer comment Monet son tour. nous pouvons du moins rappeler que la soi disant Ronde de Nuit était une scène de plein jour et même Hais. Ce qui nous frappera. d'une longue série de maîtres qui ont tous cherché à traduire leurs conceptions dans la langue la plus claire et la plus vibrante. réellement aveuglés par cette méprise de tradition. avaient une lumi- que n'ont point cherché à hériter certains très bons peintres Hollandais modernes. chemin des cuisinages trop Cependant quel ruissellement de chatoyantes et ici de refaire une âges». c'est que cette notion avait fini par être complètement abolie. grande maximum. littéralement tombés dans les brumes les plus opaques. Helst. par ses riches la peinture. Ce que nous voulions démontrer. nous avons à nous arrêter avec un peu de détail sur ce curieux moment qui a précédé l'arrivée de Claude Monet et sur les obstacles qu'on lui opposa d'une façon si acharnée que notre temps. nous arrivons à la limite que nous nous étions assignée. de plein Van der soleil.

précisément. Il faudra que toute une révolution s'accomplisse pour qu'on retrouve et comprenne ce par quoi. en tire qu'il n'enrichit la sans cesse des effets splen- peinture de son temps et des les domaine matériel des principes aussi féconds et incursions dans tous les domaines de la poésie.-P. il était révolutionnaire. Delacroix est également tout à fait à part. d'une richesse dides. Toutefois il Il lui-même plus est trop aussi profonds que sont vastes ses artistes. comme il Et même si. et Seurat retrouvèrent dans ses écrits les principes sur lesquels . que les cuisines (d'ailleurs si savoureuses) de Decamps et des peintres romantiques vont renforcer isolé. après l'avoir violem- arrive toujours. qui trouve dans les jeux de la lumière et son cœur perpétuellement ému. pauvre avait plutôt éclairci la palette qu'elle Le grand maître du clair de l'ombre un moyen de confesser et claire. pour ainsi dire. dans son ensemble. tendant à s'éloigner de plus en plus du grand jour de nature pour créer une convention de peinture. et ils ne profiteront aux le que par répercussion les ateliers il possède une palette. lui font de servîtes emprunts. dant aucune influence sur le mouvement J. n'exerce cepen- qui va se produire. (1). analysera que plus tard. Prud'hon. C'est ainsi qu'ils reproduisent ses effets tragi- moins lumineux. demeure Il que ses tableaux aient été en outre noircis par le temps) qui commence à se servir de ces harmonies soutenues. en général. personnel pour être suivi. obscur. assoiffé de mystère. dix palettes. et c'est plutôt Géricault (bien encore. ne l'avait assombrie.DU RETOUR A LA NATURE ET DES PRÉDÉCESSEURS IMMÉDIATS DE MONET. Mais il et d'un éclat extraordinaires. ces principes on ne et Il académiques. ques les (1) ils C'est établissent le seulement vers 1883 que Signac « néo-impressionnisme ». ment combattu. La réaction davidienne. ce sera précisément en éliminant tout ce qui chez lui jaillit du contact de sa personnalité propre avec la nature. trop complexe pour être a découvert dans Seulement. Elle est. s'enrichit temps qui suivront. imité.

à Rousseau et à Daubigny. œuvres soient sublimes. artistes phénomène assez curieux. L'influence des anciens naturistes hollandais. Bonington. et qui n'ont pris que beaucoup plus tard toute leur signifiaction et leur prix ? Il est digne de remarque. Quant aux très beaux poètes de nature de la Grande Bretagne. ne devaient engendrer que des peintres évoluant uniquement dans l'artificiel. plus que leurs grands devanciers eux-mêmes. de de leur restituer par la pensée. d'une conception personnelle. Ils l'air. van de Welde. petits-fils des arrangeurs du xviii' siècle. mais en vue d'un arrangement. et surtout Constable. de Fontainebleau. Et encore. L'on n'a qu'à voir au Louvre. Wilson. toutes les géant.19 Après la période davidienne. W. Mais. pourtant merveilleux observateurs de la nature. l'individualité caresses vivifiantes de un pas de recommençaient à voir. faisaient réellement reproduire. Certes les Hollandais avaient donné tout cela à profusion. allait ramener de nouveaux venus au sentiment de nature dépourvue de tout appareil factice. avaient com- . Corot. partie comprenant principalement les paysagistes Old Crome. et ensoleillées et sans préjugés. ou ses plus modestes pochades. suivant le mot de M. Paul Huet. Degas. conteurs de sujets de genre ou peintres d'histoire faussement épiques. une foule assez compacte et assez aveugle pour s'opposer à tout effort de retour à la vérité. l'accord ineffable des eaux et du ciel. sinon guider la marche de ceux qui devaient ensuite s'y engager. à des arbres. de tout arrangement. d'autres la encore. Cabat. encore. si intenses. Renoir et Sisley. un important mouvement s'était produit qui allait ouvrir de nouvelles voies. continuant faiblement l'académisme de David. les grands que nous venons de nommer n'osèrent pas bout. ils peignaient dans une gamme très montée. » Ils s'étaient montrés les plus hostiles à Corot. de Ville d'Avray et d'Auvers-sur-Oise. les quatre grands paysagistes de Barbizon. et Turner n'était pas ou était à peine connu au moment où Constable était apprécié et admiré. avec l'appui d'un public que leur nombre. Daubigny. de Ruysdaël. par exemple ses surprenantes études de ciels. « déshonoré leurs maîtres en les imitant. Ils choisirent un moyen terme. comme ils allaient de nouveau honnir et accabler Monet. combinée avec celle d'une partie de l'école anglaise. Ils ne disposaient que de forces d'obstruction. avaient déshabitué de toute observation directe. attentivement. avait institué. que des peintres comme Watteau et Hubert Robert. cette sorte d'éclaircissement mental. certaines pages merveilleusement spacieuses de Cuyp. formaient au moment où nous arrivons. mais ils s'en servaient de façon féroce. Les grands paysagistes. et même simplement l'habitude de voir la vie à travers leurs tableaux. Quoiqu'il en soit de toutes ces actions et réactions. soupçonnait-on tous les corps-à-corps avec la nature. à aimer. Tous. si expressives. leur clarté originelle. tels que Théodore Rousseau. de van Goyen. de ce dernier. qu'avaient voilée il est facile d'acharnées générations de vernisseurs. sous l'influence même de leur climat. et bien que leurs restèrent asservis au diapason que le temps. Ils avaient. leurs succès. collectionneurs privés ou conservateurs de musées. ils ils le tenter pour eux-mêmes jusqu'au s'arrêtèrent à mi-chemin.

les artistes de second ordre confisquent à leur profit les acquisitions des vrais inventeurs. avec une rare puissance. des acquisitions nouvelles. et vous serez tentés de croire qu'ils avaient Mais sous rit le le le dernier mot dit le n'est dernier jamais mot en matière de dit en art. ou bien encore la minuscule vue de comme dans un espace grand la Plaine des Pyrénées par Rousseau. Courbet pour la vigueur dans la simplification. pour ainsi dire. avec sa menace. brèche dès l'abord par les écoles académiques. en les dénaturant. dans la collection Thomy-Thierry. lumière. Vous reconnaîtrez que une fenêtre longtemps obstruée par disant paysage historique. tandis que ceux qui admirent vraiment l'esprit et non l'allure même des maîtres. tous pour l'emploi dominant des valeurs. dans les arts. découvre un horizon imprévu. instauré des principes d'observation et des efforts de transcription qui préparaient des voies absolument neuves non seulement le mouvement prendre. était chez celui-ci faite autant d'habitude que de respect. C'est ainsi. que toute innovation devait déranger dans leur tranquille autorité. pose par cela même une question. la plus claire. que de Millet prétendra sortir un Jules Breton. de Courbet un Bastien-Lepage. de Corot un Français. la délicatesse dans les notations. les autres peintres que nous avons nommés pour la diversité. qui contient vos mains ouvertes tout ou bien encore. la ravissante Route d'Arras de Corot. Les spectateurs. capables d'éveiller de belles passions parmi les générations artistiques qui se préparaieiit à leur tour. Cette autorité acceptée par le public. de Delacroix un Benjamin-Constant. la plus légère et pourtant si ferme. des vertus singulières de suggestion. son arc-en-ciel et la verdure qui ces peintres ont vraiment rouvert sur le le soi monde vrai la poëme de Printemps de l'espace et de Millet. L'on ne saurait éprouver cette attraction devant les ouvrages de ceux qui se sont crus plus forts parce qu'ils s'immobilisaient dans une tradition. au lieu de tâcher d'en tirer.20 mencé une évolution considérable. préparé une base neuve sur laquelle une nouvelle école allait s'appuyer. en apportait encore d'analogues. Examinez au Louvre. d'air et de couleur. Puis. difficile. ainsi que nous chercheur la le disions. en les affadissant. inspire une curiosité de chercher encore. portant un caractère de beauté et d'originalité. sont hués comme extravagants. Mais cette base devait fatalement être battue en Corot. Rousseau. Daubigny posaient ces questions neuves. qui osait se réclamer de Poussin. Toute grande œuvre. Il existe. n'auraient pu se com- n'auraient eu de raisons de ne pas se produire. Millet. avaient. mais encore ils et l'œuvre que nous étudions et spacieuses. et ils se . dans une tout autre note l'altitude. ici Sans eux. noire nuée. Un autre homme. avec leur vision naturelle. leur succédant de près. pour prendre des exemples. mais à les comparer entre elles d'après les formules que le succès a imposées. Nous avons nommé Courbet. Leur masse compacte rend au tâche encore plus groupent autour de faux chefs d'école. par exemple. facilement les subissent et en arrivent non plus à comparer les œuvres avec leurs propres conceptions.

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a eu la révélation de son mais de vivre pour pouvoir devenu de l'histoire. pour ne pas dire bafoués. et celui de l'indignation étonnée que soulevaient leurs propres efforts d'émancipation. alors que au et les esprits même Manet se encore des débutants. du moins essentiellement.21 Le public ment des hésite rarement. naissance de Monet et de ses compagnons de mort des grands peintres de la première partie du premiers atteignaient à peine l'âge des débuts. âprement combattus. on voit que les derniers s'éteignaient. que celle de Courbet s'annonce et s'affirme. La peinture de Corot «n'était pas finie». malgré l'admiration des bons juges. les plus celles de ses recherches. Millet. c'est il . que celle de prépare. tout d'abord. maintenant que l'on sache le prix. à ne pas choisir les imitateurs que la tâche de Corot est accomplie. la chaleureuse défense des vrais critiques. une grandeur s'y diriger. malgré leur gloire commençante. Cela lui dont il est bon que et la troisième les difficultés de ces dates. vers les années 1860. Claude Monet a donc vingt trois ans lorsque disparaît Delacroix. à travers la les et d'une plus rudes épreuves. Claude Monet devait les dates de dans ce labeur. Sa bout à l'autre comme un Si l'on de la rapproche qui par suite aurait les luttes il fut un de ceux qui stimu- longue carrière nous apparaîtra d'un surprenant exemple de ténacité. Qu'il suffise de se représenter nouveaux venus devaient tout d'abord prendre modèle étaient encore. œuvres surtout prendront vie et les grands artistes sur lesquels la parole. Corot en 1875. Aussi. ayant tout de suite compris maîtres brevetés ne peuvent pas être leurs maîtres. de labeur incessant joie qui se maintient toujours égale les et dures à soutenir. des jeunes gens absolument obscurs. en caricature ses grands tableaux. Entre la première but et connu toutes l'atteindre. Courbet était un «grossier les réaliste » et l'on tournait les en ridicule sa personne. après avoir ainsi posé les principes généraux qui régissent les évolutions artistiques et les conditions particulières dans lesquelles celle-ci allait s'engager. Delacroix mourait en 1863. maintenant. auront tournés vers ces initiateurs. Courbet en 1877. Nous n'avons plus. Par nature la même de son talent être celui qui prendrait la tête et l'objet du nouveau mouvement lèrent le plus vaillamment les courages. La que qu'à laisser de côté les théories et les explications abstraites. non point de donne. trente-cinq lorsque meurent Millet et Corot. alors que xix' siècle. pas yeux bientôt les les détri- créateurs. Par l'énergie de son caractère. Les jeunes gens qui allaient essayer d'apporter leurs vues et leur expression en dehors des formules régnantes avaient donc double obstacle à franchir la : celui de défiance persistante envers les patrons qu'ils se choisissaient.

soit. vent se mesurer à ceux qui prennent Une était un pères et les mères ne font de leur mieux pour lui amour de l'art peuproduction par rapport au nombre de Les excellents résultats de ce contagieux la qualité le ils les Nous nom moyenne de la arrogent l'apparence. en faire pousser l'idée. A la plupart des artistes remarquables qui seront nommés ici. Ceux de cette sorte n'ont tenir par leurs seules forces aux jamais succombé dans commencent et devaient sou- décisifs débuts de la vie. sous une forme ou sous une autre. Le besoin de vivre agissait donc tout d'abord. Les enfants de la bourgeoisie qui ont maintenant tout loisible pour se payer artistique les luttes qu'ils demeurent dans la le luxe et la vanité d'une occupation médiocrité. en guise de viatique pour les années décisives de mise en route. comme pour Renoir (et avant lui pour Millet) de la naissance dans un milieu laborieux et dénué de ressources. mais sa famille exerçait le commerce au Havre. voyons aujourd'hui régner un esprit contraire. comme pour Monet (et pour Corot avant lui) d'un dissentiment familial. aucun genre de manqué.DES DÉBUTS DIFFICILES. Bien que forcent pas tous leur progéniture à se vouer aux arts. A cette époque. d'artistes et s'en certaine opposition. soit que la pauvreté provînt. Claude Monet est né le 14 novembre 1840 à Paris. en même temps que le besoin difficulté matérielle n'a . quelque flatterie qui les entoure dans leur milieu. il était encore d'usage dans les familles bourgeoises de s'opposer à la vocation artistique que se sentaient ou croyaient se sentir les jeunes gens. et infaillible palliatif) étaient même une formelle rupture laquelle le succès (à au contraire une excellente défense contre plication excessive des artistes inutiles et un puissant stimulant pour le la multi- développement des énergies chez ceux qui avaient une réelle valeur.

ne put davantage les faire fléchir. renfort de qui le animé par des plus effectif contre obstacles. la devise résumé et la que peu de goût pour la souffrance. les talents secondaires. lorsqu'on y regarde de près. il y avait lieu de s'indigner contre la lenteur opiniâtre de la fortune. nous étions Il fondés à présenter cette histoire sous un tout autre jour que celui qui l'éclairé aujourd'hui. Quoiqu'ils eussent été obligés de les accepter parfois. Ni ces ne manquèrent à Monet. le public. jamais assez faite. le sarcasme demeurant mal désarmé. se rencontre tou- attirés par un début si obscur attractions fraternelles. Au rebours. camarade de point de départ. car sans cela. et que que dont l'on fait la balance des déboires et des triomphes. développer ses dons et exciter son enthousiasme. Nous verrons de même que l'opposition déchaînée. si le témoignage même de ses yeux. le l'hostilité encouragements à il pensée. et nous-mêmes. importait moins il ou aux même certaines natures supérieures mais incomplètes intérêts intellectuels de l'humanité que l'œuvre fût entravée ou interrompue. et arrivés simplement à aucune velléité d'art. les succès immédiats et irréfléchis ont gâté beaucoup plus de belles natures qu'ils n'en ont encouragé. la timidité du succès définitif.23 de vaincre. Tous les détails possibles ont été donnés dans les livres qui ont précédé celuici. y a une trentaine d'années encore. la prospérité prématurée. la critique et les Nous sommes ou l'indifférence de la multitude. des privations et des gains. de lésine. mais il a pourtant sa nouveauté de présenter complet un tableau qui s'arrêtait alors à la peine. mais de tout un public et de ses représentants réputés autorisés. les fécondes épreuves de résisde dérision. qui se tournèrent enfin si profitables à la vaillance d'un tance. venant les unes et les autres. Nous allons voir rencontrer sa large part de cruautés matérielles et d'ardentes sympathies. devient le soutien. chacune à sa façon. que ad augusta per angusta est la seule dont les artistes devraient faire le règle de leur carrière et de leur vie. ceux de notre génération. ni ces le l'esprit. . Claude Monet. Seulement. Ainsi nous apparaît en chaque déboire d'autrefois la preuve. ou simples témoins de rencontre soit-il. les franchir. aîné dans la carrière. à une époque où même festation. ces hommes se fussent enlizés dans les travaux de gagne-pain. ils passèrent toujours bien loin après ceux de gagne-gloire. manque du côté des de quelque compagnon de l'appui jours de la part amateurs n'imposent plus à aucune mani- ne purent abattre son invincible confiance en sa puissance intérieure et enflammée par protecteurs naturels. Mais celui-ci était de beaucoup le plus fort. malheureusement. Puis. Aussi lorsque nos aînés. on n'a. nous racontions l'histoire de ces artistes et examinions leur situation d'alors. non plus de la famille. En aucun temps elle n'a accablé et vaincu.

insuf- pour le faire vivre qu'il recevait de la ville de Cherbourg. nous autres écoliers ? pour la marine. et qui était venu échouer au Havre pour chercher du travail. «Si Corot. qui n'avait plus la pension. Le moment est intéressant et curieux à noter. s'appelait J. bienveillant. qui s'appelait Eugène Boudin. Il lui fut donné par un homme simple. Boudin obtenait une pension du Havre. la communauté de recherches ou de luttes. Claude Monet le trouva très opportunément dans la ville même de ses premiers essais. avait jeté un regard sur les essais du fisante d'ailleurs papetier. son aîné d'une quinzaine d'années. Boudin en a donné un aperçu qui ne sera point étranger au sujet qui nous occupe. Dans une autobiographie pleine de bonhomie. à l'huile ou au pastel. Millet. Ce pauvre chemineau de l'art qui dans sa détresse aidait à l'éclosion d'un talent sincère et de qui l'exemple enflammait l'artisan bien payé à se faire aussi pauvre que lui. surtout un nom. et qui même éclaire les conditions dans lesquelles la vocation de Monet allait éclore. il lui route « n'était pas semée de roses » et lui donnait de ces aperçus et de ces conseils qui ne font que déterminer plus rapidement le choix du plus dur parti. A force de tendre et d'encadrer des pastels pour les autres. Prenant en intérêt cet aspirant montrait que la aux rudes épreuves de son métier. — et la peinture. Ce fraternel appui que la sympathie. Gudin souffrir. portraits à trente francs pièce. Le Poittevin et d'autres encore . qui avait débuté assez tard dans après avoir fait le métier plus lucratif de papetier-encadreur. mais route à suivre. hésitant entre Rousseau et Corot. ménagent d'ordinaire aux débutants. pour Paris. Un pauvre diable de peintre.-F. et cherchant à se dégager lui-même à travers les difficultés et les doutes. que n'aurions-nous pas à trônait. l'idée lui était venue «d'en faire aussi». avait toutes les peines du monde à se faire La peinture grise n'était guère goûtée à ce moment-là. sans autre ressource désormais que en revanche profondément perplexe sur la le hasard des travaux. en revenait au partait bout de trois ans. avec un immense talent. Isabey renchérissait sur la couleur naturelle.DE L AMITIÉ OPPORTUNE D'EUGÈNE BOUDIN. dessins de fantaisie. écrit-il (en 1887).

comme la ma les plus éclatants de et fine dans des termes petite part d'influence dans grande lumière. rénovations artistiques est dans contrer la comme beaucoup pauvre Boudin réagissait par conviction rien de les bonne. modeste en apparence. préservé du factice. Il les pyro- et de choses fausses. Quant à ce qu'il appelait la «peinture grise». Si l'art plusieurs de ceux que j'ai moderne. à faire avaler entre les maîtres naturistes de 1830 et celui qui devait quelques années après devenir le protagoniste d'un des mouvements rendu compte à sa manière modeste « J'aurai peut-être la eu peinture vers l'étude de reproduction des effets du dans la voie. ni plus tard. Elle ne s'efforçait que de rechercher et si gamme. jouer quelque rôle dans le développement juvénile s'appelait Jongkind. car elle trouve soudain. » ils Il ai dû moi-même . mais vraiment important. « Il commençait un peu dure cachait un fruit excellent et des une peinture dont l'écorce plus savoureux. Claude Monet de ses perceptions innées. malgré l'étincelle. et tout naturellement dirigé vers la simplicité des maîtres. Cela ne pouvait donc détourner ni maintenant. rien ne l'empêche de se propager. de ses lui faisait part recherches.25 faisaient fureur en peignant de chic. tandis que commun Au surplus. comme j'en à ceux qui m'ont conseillé et m'ont offert des modèles à suivre. car ce juste. ne m'en devront pas moins quelque reconnaissance. sont emportés plus loin par leur talent personnel. temps meilleurs. car entrevus. ni même l'empêcher de s'acheminer ultérieurement vers ses analyses de colorations plus vibrantes. ce au jeune Monet. en opposition avec ces fantaisies arbitraires. qui pût être proposé au tout jeune débutant. et voici comment Boudin en parle. d'impérieux propagateurs. ces leur naturelle » qui tenaient plutôt de la encore c'était « le meilleur but en somme. avec les de Monet. un qui les effets poursuites de l'aîné ni avec les essais du plus jeune. fallut se retirer Il que je suis et c'est ainsi du gris I dans sa province en attendant des resté près de quinze années sans revenir à Paris. sur plusieurs points à la fois. en ne pouvait que donner les avis tout en cherchant sa propre voie. contre lesquelles contre son intérêt immédiat. le et mouvement de s'en est encore qu'il faut citer : qui porte la sincérité dans la eu l'honneur d'introduire Claude Monet. lui donnait l'idée de ce qui préoccupait à Paris les milieux artistiques somme. du plein air ciel. ce n'était guère l'occasion d'apporter On n'en voulait à aucun prix. n'était. que peinture la renchérissements sur la cou- décoration de théâtre. s'intéressait à son tour brave garçon. Rencontre heureuse. n'avaient quand une de ces nouvelles vérités relatives sur lesquelles reposent l'air. Boudin d'un instinct juste et ingénu. » Par un beau phénomène de transmission de ses propres difficultés. Il allait s'en ren- devait lui aussi. J'en profitai pour entrer aussi par la porte qu'il avait forcée. séduisantes le extraordinairement approfondir. » Ainsi Boudin avait joué un rôle. Le jour où Monet adoptera une autre méthode demeurera applicable naturels qu'il devait plus tard technies à la mode.

qui consent enfin à le laisser s'adonner à la peinture. — et tout cela brusquement arrêté La famille ne veut point le ! voir sous ce jour. malgré tout. qu'exalte (c'est un trait de son caractère que nous aurons plus d'une fois à noter). Après ses propres tentatives et cette première initiation. malgré ce que nous avons pu dire de l'utilité des débuts contrariés. pensait Monet. éperdu de découvertes devant l'immense nature. les forces étaient soumises à de rudes travaux.DÉBUTS PÉNIBLES. — car dès 1856 Monet — un jeune homme. à seize ans. Elle au danger d'être peintre. enfin. cette servitude tanée qui est. Au bout de deux ans des inquiétudes à la On de service sa santé s'altère au point de donner cette fois famille. énergique. Les vieux soldats n'étaient pas tendres pour les conscrits. la discipline était rigoureuse. convaincue seulement du bonheur qu'il y a. lorsqu'il atteint l'âge de tirer au sort. débordant d'idées. à Rouen. ayant déjà. impatient de devenir un maître à son de montrer ses essais au public sage ! tour. d'un tempérament impétueux. parti sur un rêve magnifique. se montra pour Monet assez cruelle. mais. un acheminement vers la liberté. à vivre la bonne vie sûre et confortable des affaires. à quinze ans. fait la connaissance d'un maître. ayant connu. Que l'on juge de la situation d'esprit d'un tout jeune homme. peut se demander si ce séjour au régiment a exercé une influence quel- . qui est pourtant le seul vrai. Monet préfère à la servitude perpétuelle du commerce. RENCONTRES HEUREUSES. l'entrée dans la carrière. Aussi. Il part donc pour l'armée et est incorporé à un régiment en momen- Algérie. une fois les chimères évanouies. elle est toute disposée à exonérer le jeune homme du service militaire on achetait alors un remplaçant. Le métier militaire alors était fort dur. encore une profonde sensibilité la griserie un pay- avait exposé. on ne peut pas se faire remplacer pour apprendre et cultiver la peinture mais elle croit — ! — impose seulement cette condition qu'il renoncera à son juvénile caprice.

l'atelier Gleyre. mais rapprochées. : « nous paraît plus belle et considérable non seulement sur Monet allié à allait bientôt s'ouvrir. et prétendant s'appuyer sur l'exemple des maîtres. sa fougue vitale avide de se rencontrer et de se mêler avec la vie elle-même. ne pouvaient s'accommoder de règles conventionnelles. Monet entre l'atelier de Gleyre. mais d'une façon moins éthérée été porté à et si indifférent. règles pour cause de schœner Enfin. et d'allemand une circonstance un effet Claude Monet se rencontraient. qui à distance lui-même. et d'ailleurs arbitraires. son chevalet tout bonnement. il beau baragouin mélangé de français artiste se sent manœuvres commune éclat le chef d'atelier indigné et les avec eux. Moitié par acquit de conscience. nous verrons que la révélation devait venir par une autre voie. longtemps et froide. un autre impatient. à qui Gleyre demandait C'est sans doute pour vous amuser ce que vous faites de la . en concevoir sur il l'ensei- ne devait pas tarder à moins allégorique que ne pouvait et le figurer son maître. un camarade vraiment quelque génie » ! plus joyeuse encore. quand ces heures sont semble s'enfuir pour jamais. Le jeune artiste ne connaissait encore que les gammes. un non sans Monet plantait « dédaigneusement : là — la fine et la sensibilité tendre exquises esprit émancipé malgré les talent s'annonçant original et ferme. allégorie suave demeurée célèbre en Certes. moitié pour calmer les craintes de perdition qui comme pouvaient subsister dans sa famille. Frédéric Bazille. Corot tout le premier. faisait cause trois désertaient avec L'impétuosité et indépendance. merveilleuse luminosité. D'abord cette vision n'était ne pas révélé lui a la lumière. mais aussi sur toute la période qui ironie. en la ne pouvait être pour sa vision d'une utilité quelpas encore exercée comme elle le fut plus tard. n'ait trouvé qu'il faisait bien qui. ne se trompe pas là-dessus). de cette région. si Monet avait jamais gnement académique. et qui devait avoir l'énergie de qui feront est porté à dire.27 conque sur son talent naissant et si le ciel de l'Algérie Mais nous sommes convaincus pour notre part que effet. l'auteur des Illusions perdues. claires sans doute. et de toute jouissance des somptueuses vibrations de la nature. n'a pas été et conque. élève dans un atelier officiel. et la liberté Peut-être ces règles peuvent-elles servir à d'honnêtes correctement un chemin (et qu'il Mais dès qu'un officiel. la plus irréductible émancipé comme Beethoven dans son On peut toujours changer les se produisait. «grises». à la fois si autoritaire les perdre. n'est pas Il que tristes et sombre par un de nous l'espoir aux heures de la jeunesse. la fantaisie. s'éprenait des deux rebelles. dons de fortune. sa passion de vérité. que le tempérament vif et bouillonnant du jeune homme. le grâce et libéral. et fait d'illusions. que peut-être aujourd'hui dix personnes seulement se rappellent. la avivées par la plus farouche. de méthodes parfaitement C'est mécaniques. les plus éclatants soleils. niant tout juste la sève qui font leur force et leur grandeur. de Boudin et de tous les peintres novateurs d'alors. ardent. d'un jeune artisan pour achever. Puis les conditions dans lesquelles il se trouvait en Algérie étaient absolument exclusives de et tout travail artistique suivi. à bon sens étrangement : Renoir ! Et. bons élèves et tous stupéfaits. Renoir.

année du fameux Salon des Refusés. depuis l'abus de pouvoir jusqu'à l'outrageante parodie. se joignait à eux et préférait la forêt de Fon- tainebleau aux officines de formules. trois Ils se sans doute auprès de la nommé nombre de ceux qui des jurys officiels. Lorsque le ces efforts désintéressés. qui miraculeusement convertis. après ce départ de En En 1863. l'atelier Gleyre. obscurs n'ayant et moindre importance à quatre jeunes hommes pas encore débuté devant le public. Cet antagonisme est tout à fait spécial à l'art du xix° siècle. avec des innovateurs. mais seulement aux Mais dès talents. je n'en ferais pas » un autre camarade. et sincères dans leur ingrate lutte. dès le moment qu'il faut. par d'innombrables évolutions. du moment que pour tenir tête à l'hostilité impitoyable des rivaux et à la routine du public. la nôtre. La bataille est âpre et longtemps indécise. Enfin Monsieur. pour des raisons analogues de sym- pathies et d'aversions. mais succès de sympathie auprès des quelques esprits sensibles créés à point Refusés accaparaient l'attention au trouvaient perdus dans le grâce à l'intolérance excessive recueillaient. La curiosité du public n'avait pas encore été épui- comme sée. un Thoré pour encourager un Théodore simplement fidèles. des préférences de maîtres et de protecteurs. Mais. Elle ne devait s'éveiller qu'un an d'une façon retentissante. dépens des «refusants». se mettent au premier rang des enthousiastes et crient beaucoup plus fort que les premiers admirateurs demeurés Peu importe. quelque degré que ces consécrations fussent obtenues. un Baudelaire pour soutenir un Delacroix. Renoir et Bazille avaient la malechance d'être les trop tôt révoltés. il se trouve. les rieurs les plus obtus. aurait fait scandale. sans doute. Alfred Sisley. un succès de risée masse respectueuse. tous les mauvais fois.28 peinture ? — et répondait » ne revenait « : — plus. et d'ailleurs 1862 Monet. le deuxième quart du xix" siècle. il procédés semblent permis. En un mot. ou simple- ment consentant. ou qui ne paraissent tels que parce qu'ils font revivre les traditions des grands artistes d'autre- devient nécessaire qu'une voix éloquente s'élève pour rétablir les qualités. les mœurs artistiques étaient toutes différentes de ce que nous voyons aujourd'hui. Il y avait. A dans un sens à peu près identique. Mais elles s'exerçaient toutes avec des consécrations analogues pour but. quoi que cela ne se soit passé qu'il y a seulement une soixantaine d'années. des rivalités d'artistes et de groupes. si cela ne m'amusait pas. Pour les défenseurs même de que de triomphe à partager. Elle aurait été tels un évé- audacieux. triomphe arrive. . cette manière de rompre pu attacher alors Si l'on avait même en visière avec un maître influent moyens de se faire connaître et nement capable de « lancer » de et la des recettes qui assuraient à tout apprenti docile les apprécier. aupa- ravant. Les rires sont sans pitié. elles trouvaient l'ensemble du public disposé à admirer. les artistes originaux n'avaient pour ainsi dire pas besoin de défenseurs parce qu'on n'attachait pas d'importance à l'originalité. ce sont généralement il y a plus de coups à recevoir les plus féroces négateurs. les pour soutenir et clairvoyants les comme chercheurs neufs il et de promesses en a existé de tout temps.

de martyrs professionnels. Puis. et les annoncent l'évolution jours actuels. une foule. Heureusement ils eurent la tête solide. l'incertitude des efforts et l'indécision des spectateurs rideau en attendant un nouveau spectacle. prennent. Leur succès final ne devait plus nuire qu'à leurs imitateurs. un torrent de soi disant audacieux. ces artistes n'ont plus rien à redouter. En soixante toutes les phases de ce chapitre de l'histoire artistique se sont accomplies. où où les le arbres de la forme du gouvernement) Salon des Refusés fut l'ouverture. Il ne risque guère de se à l'écart entre deux académismes et celui : durement frayées. Ils étaient les juges les plus stricts de leur œuvre. et même un Champfleury pour comprendre Courbet. d'innovateurs puérils. comme Manet. qui ne se préoccupent pas plus des discussions sur l'art que comprise entre l'année 1863. Renoir. ils ne s'en connurent que mieux eux-mêmes. enfm des Duranty. comme nous venons de : cette veine est le dire. et la période est close. mais dignement les Monet et les Renoir. pour consoler Monet. comme Sisley. si la gloire et la fortune ont laissé qui. sinon les excès de l'admiration. dès la première heure. des Chesneau. de révoltés calculateurs. ou un Zola pour batailler en faveur de Manet. des Burty. en attendant que d'autres générations relèvent de leur poste de combat ces protagonistes et achèvent la victoire. Puis. figure et tactique de persécutés. devenues rencontrer de victimes que ceux qui se tiennent celui qui se les routes réclame des aînés sans les comprendre. Assez mauvais calcul du reste années. qui les nie sans les connaître. des Duret. méritaient en route quelques uns de ceux de ne pas tomber avant l'heure. et. et les en trop. lorsque les formes jadis proscrites commencèrent d'être acceptées. un Théophile Silvestre pour discerner la juste place des Corot et des Millet. et à ceux qui sans mériter les persécutions.29 Rousseau. A ce moment. Ainsi peut se résumer (les œuvres mises à part. le baisser du . elles ont en revanche récompensé tardivement. empêcher de perdre toute confiance. ont encombré trottoir banal. s'ils ont eu à souffrir d'être méconnus. et ce que l'on pourrait appeler les incompréhensions Sisley. des vilenies et des risées. maintenant épuisée. pour arriver plus vite. artistes et leurs et défenseurs soutenir la lutte contre On les a vu d'abord les grands académiques oligarchies contre la lenteur du public.

était de nature à l'encourager à l'indépendance. à qui l'on oserait à peine parler. Enfin. produisaient sur Claude Monet et ses camarades une im- pression décisive. ou du moins qui s'affirme plus décisif à distance qu'il n'apparaissait aux contemporains. se produisait en cette même année. cette manifes- tation qui. Edouard Manet. Boudin. n'était pas sans conserver une persuasion d'exemple. . Corot. encore incompris et combattu en 1863. la force.. et sans prétendre eux-mêmes à rien changer ni bouleverser. Monet ne Si prit point de part au Salon des Refusés en 1863. mais parce que cet enseignement répugnait nettement à leurs fraîches aspirations. / . non pas dans le dessein de faire un éclat. De même. la distinction chant sur les joliesses magistrale qui émanaient de ces œuvres. contredisait leurs sensations non oblitérées par une discipline d'atelier. tran- conventionnelles. pour avoir rompu avec l'enseignement routinier. et ne songeait nullement au puéril amusement de partir en guerre contre les soi-disant maîtres qui trônaient aux Salons. les roman- tismes attardés et affaiblis.PREMIÈRES ORIENTATIONS. les froideurs prétendues classiques. du moins la confirmation de ce qu'ils espéraient pouvoir faire de puissant et de neuf avec une vision directe et une interprétation sincère comme l'avaient été celles des grands devanciers. loin de faire périr sous les huées certains artistes originaux. dans sa mesure. Manet exposait quelques peintures à la galerie Martinet. et la franchise. notre transfuge et ses compagnons ne devaient guère tarder à choisir leurs vrais maîtres et modèles. Maîtres que l'on n'a pas besoin d'approcher. avec la plus parfaite bonne foi. un événement capital. leur donna la mesure de leurs forces résistantes (1). pensait continuer les maîtres qu'il avait admirés en Espagne et au Louvre. avait depuis longtemps ému ces jeunes artistes par la simplicité et l'harmonie. C'était pour eux sinon la révélation. tels que Fantin-Latour et Legros. modèles dont on s'inspire en admirant leur esprit sans copier leur manière. Monet ne se proposait pas davantage de courir coûte que coûte à une originalité arti(1 1 De ce nombre étaient de purs classiques.

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la rapidité et la demeure à la fois cursif et solide. il s'incorpore pour ainsi dire à la lumière. et particulièrement celles qu'il destine ni marquer tout artiste sincère. à un homme qui a méprisé les recettes et qui s'est appuyé. procurent pourtant à nos yeux et à notre esprit une au début. joie de Il la est positiviste nature toute par la la foi d'un lyrique et tout le sang- perception directe. comme nous le verrons. ce qu'il cherchait. les la et que lui que nous connaissons jury accepte ou refuse. même dans des effets de pure atmosphère et d'eau. son effort. Les ouvrages de sa première manière contiennent. le médaille suivant les formules propitiatoires. dans la maturité. mais nullement sec est ce une logique seul instant. non sur l'expérience des autres. Mais sans anticiper sur cette progression. s'il est parfois impétueux dans l'exécution. Il n'était l'attention par cette simplicité cette et un insurgé. pour toutes ces raisons. nous est-il impossible de considérer Claude Monet autrement que comme un parfait classique. mais plus passeront peu à peu aux recherches les plus aiguës. bien que ne commençant ni ne finissant proprement nulle part. qui. très accusé. par les moyens pas. préjugés du jury. grand. renversant à plaisir les colonnes du temple. il se libère et s'élargit. et lyrique par la la notation. aux analyses de couleur les plus subtiles. homme de vingt-deux ans a devant froid d'un positiviste. comme on le jugea dès qu'il attira elles-mêmes tranchant sur l'accu- justesse premières œuvres de aux Salons. les et mêmes vertus de construction. Ce tout jeune démolisseur. dire comme voulait. partir de ce moment et jusqu'au bout de sa carrière l'œuvre de Claude Monet aura été d'une merveilleuse unité. Ensuite sûreté. Il de bonne foi ce qu'il voyait. mais sur la sienne propre. enrichi et perfectionné avec une suite et force de la plantation. que nous devions toutefois indiquer pour montrer dès le principe. comme le public allait bientôt le croire. le dessin essentiel. quant à simple sa place par factice. que loin d'être. Nous en voyons la preuve dès mulation du mais qui ne sont pour braver A les pour forcer faites ni l'a comme il le sentait. qu'une architecture. et dans la dernière partie de l'œuvre. aussi rythmée. ni surchargé d'indications inutiles. que ceux qui. aussi qu'on pourrait appeler la la netteté et même fermement à la façon de voir établi. Aussi. . Ce il réalisé dès l'abord et l'a il qui ne se sont pas démenties un qu'il annonçait. il l'a tenu. un un improvisateur hasardeux. Puis encore. Ce dessin. et les plus justes et les plus appropriés. il se fait sentir. nous avons affaire au contraire à un constructeur réfléchi dans la conception.31 ficiellement combinée. Il allie la franchise. avec un dessin souple et plus insaisissable. Mais il notion d'équilibre aussi sûre.

Comme type de la peinture de ces premières années. sinon à engager Monet dans cette voie puisqu'il la suivait déjà et cela depuis ses relations avec Boudin.MONET RENCONTRE DÉ. une tandis qu'en avant remontent ces pastels datés. de Sainte-Adresse. sachant mettre Ces dessins doivent certainement leur force expressive à commençant cette et ils choses à leur plan. qui avait contribué. la grande intensité de la lumière sur la qu'elle réfléchit. voyant juste. ET PEINT DES VUES DE PARIS. Une rencontre opportune s'était produite. mais à y marcher désormais d'un pas encore plus ferme et plus sûr. par les simples. Nous pouvons citer un de une Vue d'Yport.TÀ JONGKIND. NE RENCONTRE PAS ENCORE MANET. Plus tard. tout la clarté en conservant les mêmes mer et dans étonnantes qualités lumineuses. en 1862. plus fougueux. les la nature même du contiennent en germe. grandeur de construction qui sera une des caractéristiques de l'artiste mûri. déjà et protégé hardi voit le et rend moins menu. pour l'œil du spectateur. pour celui qui les analyse avec attention. un remarquable tableau daté de 1864 nous montre un thème auquel bonheur : les Falaises le ciel peintre reviendra plus d'une fois avec Une barque. que son spirituel et judicieux aîné. Autre chose est de . analyse tellement sûre et serrée qu'elle équi- vaudra. représentant grande falaise au pied de laquelle se blottit le village. Mais tefois ce n'est le de Boudin. Tou- diminuer en rien que de voir des analogies avec la façon de procéder par conséquent la trace des conseils de cet excellent moniteur. Divers pastels datés de 1862 nous donnent déjà une idée très heureuse et très complète d'un talent vigoureux. l'Océan prouve déjà à quel degré de sûreté moyens extrêmement le le très en valeur sur de peintre était parvenu à rendre. Monet y ajoutera de la complexité et du charme par la décomposition de la lumière et de la couleur qu'elle exalte. des terrains en pente abrupte. On a sans doute deviné qu'il s'agit de la rencontre de Jongkind. à une harmonieuse synthèse.

d'entendre sa voix. à l'auberge où je suis. mais aussi avec Eugène Boudin. vous représenter les entretiens et les discussions que Monet vers cette époque engageait non seulement avec Jongkind. instinctif le il La connaissance se fit d'une manière plaisante. tel qu'était que grand Hollandais. puisqu'il avait maintenant à s'affirmer son plan de travail. « un et le permettre de tenir connaître nommé ? Il est tout Monet permet. dans une cour de ferme normande. « Je vous prie de et Tout en peignant confrères. ou plutôt à la non-composition du tableau. à la fois un contrôle et un stimulant. autant par les analogies que par les différences. ou en intervertissant à sa guise. par analogie. Amitié qui va jusqu'à l'invitation de Jongkind et de sa compagne par Monet. voulait qu'on ne se gênât point. s'efforçait de peindre une vache. en grande partie — — — — mais en y ajoutant des détails étrangers qui feraient bien. on le devine. Mais y a plutôt une sympathie agissante. quelqu'un dit n'est pas mon femme. Liaison enfin. aussi buts. les Tout cela ne pouvait que l'entretenir en haleine et en ardeur. à partager l'hospitalité et la table familiales au Havre. sans rien changer ni intervertir dans l'ensemble du motif qu'il avait sous les yeux. » en causant. ainsi qu'au peintre à la peinture.33 recevoir quelque influence d'une œuvre d'une simple théorie transmise par ouï-dire. Alors. allant beaucoup plus loin. c'est un ange. une confirmation enfin. en pleine clairvoyance de ses artiste déjà aussi volontaire Jongkind en 1862. de Un le au regard par le hasard. Boudin. dans » la belle vous pourrez facilement reconstituer rieurement entre Jongkind et les conversations qui eurent lieu alors et ulté- Monet. connaît un de ses la vache. Réponse enthousiaste de Monet. Pendant « M"" Jongkind. Un touriste anglais qui passait par là s'intéresse à la lutte. Jongkind. près d'ici. ainsi que ses lettres. une sorte de contre-épreuve s'exerçant en toute liberté. des tendances déjà décidément manifestées. voulait l'acceptation intégrale. avec le motif . et il ne se gênait point pour composer entièrement le tableau. La grande question qui en faisait le fonds. on peut le dire. qui m'a empêché d'être empoisonné par l'ordre de la : Mais Cour monographie de Jongkind par Moreau-Nélaton. Et Le grand balourd de Néerlandais c'est elle : « Ce repas. Vous pourrez aussi. réclamait pour le peintre la faculté de supprimer ou de modifier quelque peu des détails et des lignes. sur la peinture qu'on aime et la contraire. était relative à la composition. que Claude Monet ne peut alors que trouver prolit à se rencontrer avec un précurseur maintenant en pleine période de combat comme aussi en pleine possession de ses moyens. Monet. l'Anglais demande au peintre drôle de personnage Voulez-vous me s'il Jongkind. en effet la robuste personnalité naissante ne peut plus être dirigée dans un sens déterminé par un maître aussi spontané. non seulement contre des adversaires déjà désignés. Monet. de discuter avec lui au besoin. préoccupe. ou même de connaître l'homme même qui nous offerte et voir au travail. conversation à perte de vue. de Hollande. » Présentation joyeuse. . mais aussi contre des alliés admirés. qui s'obstinait à ne pas vouloir garder la pose. ses idées sur l'art. détails et » le Voyez. des sur certaines lubies de ce génial dérangé.

une résolution. notre peintre résolut de signer toujours toutes ses œuvres. après sa mort. Une autre Vue de Paris. n'ajoutant rien au spectacle. Une ligne médiane d'un oblique peu prononcé est pour ainsi en 'avant. comme par un acte de déférence tout autant que pour éviter à Manet à lui-même des confusions bonnes à exploiter par les malveillants. sans arrangement. Ce n'est rattachable à fait. l'édifice est précédé plantée d'arbres. C'est à la fois vu avec beaucoup d'esprit. lui avait créé non pas un rival. en 1863. lui. ni à Jongkind. un bateau de quable de valeurs. tel Manet que pour mais déjà la personnalité s'affirme et ne ressemble ni à Boudin. de fiacres. très animée de passants. la comme au mouvement dont Manet divers paysages de Paris que Claude Monet exécuta pendant peut considérer se rattachant est le les chef années cette dernière datent entre autres trois très belles peintures prises de par conséquent. où longent le cours de la Seine. appréciées du public et des artistes. et même du fleuve plus deviné détails accidentels des édifices s'interposent le voit pas. édifices qui avoisinent et qui. on le reconstitue par la logique bains. mais l'exprimant tout entier. et il y aurait lieu de s'étonner que plus tard le simple développement de ces belles promesses ait causé tant de scandales et de malentendus. De 1862 à 1866. ce mouvement de Paris que l'on n'avait pour ainsi dire jamais pris sur le quel. sans sujet déterminé. nous arriverons à commencée avec de Manet tisans) la période où ce contrôle volontaire de son œuvre presque consacrées (tout au moins auprès de leurs par- celles déjà de Courbet. peut-être plus belle encore. L'une a pour principal motif Saint-Germain-V Auxerrois. mais un admirateur enthousiaste. rapide et pourtant complète. très remar- . Elles étaient bien placées. etc. Cette ligne. l'histoire si de l'art n'était pas remplie de ces sortes de revirements. comme nous le disons plus haut. A présent les n'arrive à personne d'équivoquer là- dessus. extrêmement de façon con- même de cer- exact. l'heure définitive de la gloire. de ces refus d'admettre ce que l'on avait d'abord encouragé. donnera à notre artiste une sûreté. la facture large et simplifiée. c'est le courant que montré. Elle a pour trait dominant une sorte d'affirmation sûre. « Bah on les regarde parce qu'on croit qu'elles sont de moi. son œuvre. On le sent et on ne tains détails. On et l'initiateur. et il ne pouvait pas deviner qu'elle lui vaudrait encore pour plus tard un ami magnifiquement dévoué. et il : Claude Monet. Il sera peut-être ! : qui devait hâter pour ^ D'ailleurs. amusant de conter que Manet fut légèrement piqué de cette entrée en scène d'un presqu'homonyme.34 En 1866. Comme on lui demandait s'il avait vu les Marines. maisons qui se pressent le long des quais. de tout de la place.. découvre le Panthéon et. ouvrent une vaste échappée sur les colonnade du Louvre. Une foule circule entre ces masses et le coin du jardin du Louvre que le spectateur est censé surplomber du haut de la colonnade. les arbres et les dire l'axe de toute la vue. Monet avait eu au Salon de 1865 deux Marines reçues. parce que les tinue. un et élan nouveaux. » Manet ne il répondit savait pas alors que déjà. très vivante. sans abréviation deux noms sont devenus également illustres.

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Très fortement agencée. les auraient sans doute été suivis de beaucoup d'œuvres de ce genre. avec son initiateur De la même période sont d'autres vues du Havre une belle vue de la Jetée. entre autres. diverses vues de Sainte-Adresse. et les allures : : du Phare de l'Hospice. l'eau. des voiles. séduction d'une époque sans tomber Boudin avait également. 1866 ou 1867 très probablement. mais le public tout entier. tout en donnant à la nature environnante le principal rôle. Elle vaut non seulement par la façon heureuse dont le peintre a saisi d'ensemble tout l'intérêt d'un décor et de la vie qui lui est propre. Au de finesse. Entre les intervalles des voiles et des vergues. même époque. C'est une page tout à fait magistrale. La carrière de Claude Monet s'en serait peut-être trouvée complètement changée. de ces mille riens qui donnent la physionomie de Paris. bien les cette qu'il ne porte un Port de Honfleur d'une grande beauté. poursuivre l'étude de la première phase dans le développement paysagiste. mais aussi par le don d'établir tous les pas de date. noté avec beaucoup mondaines d'alors. messieurs en tenues recherchées. et qui auraient dû valoir d'emblée de grands succès à l'artiste. dames avec ombrelles. Ces tableaux de figures vont être mentionnés bientôt. précisément. Une grande barque à voile vogue assez près du bord. C'est une Terrasse au Havre. Toutes les barques y forment à droite avec leurs voiles à demi-carguées. Cette année 1866 est remplie de travaux importants. Nous ligne voulons parler. outre paysages. on aperçoit sur un quai toute une foule de marins et de femmes.35 La troisième vue. malgré sa jeunesse. de la rive droite correspondante. et tout ausi vivant. Vers et la partie Ici la le milieu du tableau apparaît la du Pont-Neuf avec la statue d'Henri IV. Un jardin surplombe la mer qui s'étend au loin. comme De promeneurs animent la surface sablonneuse. un moment encore. le quai des Grands-Augustins. En du 1866 Monet est admis au Salon. afin de pouvoir définir déjà certaines de ses qualités caractéristiques. Des petits personnages y circulent sur la plage. qui tient de la marine. Deux pavillons flottent au bout de mâts qui s'élèvent en avant de ce jardin suspendu. des viflas s'étagent sur la falaise. sur les plages. est riant et solide ne peut mieux rendre dans l'affectation. ça et là. De cette année nous voyons. On 1866. Des groupes mondains s'y promènent ou s'y reposent. élégant sans afféterie. avec. Une de ces dernières est remarquable de largeur et de force. et vers le milieu glisse une barque avec des rameurs. La manière de Monet n'évoque aucune ressemblance c'est plus net. les modes reste le ton et même en la même temps. encouragés. du paysage et du tableau de genre. de est encore plus étendue. cette peinture est animée également de personnages. animent une autre. portion de fleuve distingue la pointe de la Cité. puis encore. Mais la période est ingrate. mais nous préférons. une très curieuse et très originale peinture. à l'horizon des bateaux se suivent en longue On Tout cela file. décisifs. de voitures. moins menu. une masse puissante et légère. de grands tableaux de figures qui. est . sauf pour les réputations officielles et les talents qui flattent le goût de banalité qui caractérise alors non seulement la « bourgeoisie ». un portrait de grande importance. Un grand vapeur est arrêté à gauche. ponctuée de kiosques. est toujours prise du Louvre.

ciel. Personne à ce moment. cette essentielle de le classer analyse nous a permis de déterminer dès maintenant une qualité Claude Monet. Mais nous verrons que cette qualité là n'est encore. . un exceptionnel metteur en place. sur laquelle en fleuriront de plus subtiles et de plus complexes. pour ainsi dire. L'entrain et la décision caractère qui diffère grandes surfaces. qu'une base. par des moyens aussi peu donnent à le seul fait glisser la cette personnalité un avec qui l'on pourrait être tenu de voir des analogies. L'exécution est aussi vigoureuse que simple. celles ne résume et ne ramasse lumière sur l'eau compliqués et se les grandes lignes et les développer clairement l'immense et aussi sûrs. Or. ne même de celui de Manet. l'effet lumineux est d'une intensité peintures de cet ordre et de ce que nous citons extrême. les plus pourrait se tenir. Nous pouvons la définir en peu de mots dès Monet cherchant à ramener l'équilibre de sa peinture à s'affirme un grand. de les agencer sans hésitation.86 plans. mais due surtout à cet emploi des valeurs. et qui suffirait à il capables de prendre la suite des grands paysagistes classiques. : ses travaux de début. de les graduer tout en les différenciant ferme- ment. Dans les moment. Qualité à laquelle parmi les mieux doués. que nous pourrons ajouter à avec un peu de détails. pas même les grands paysagistes de 1830. Claude l'équilibre même de la nature. qu'une assise.

àlNTE-ADRESSE LE PHARE D'HONFLEUR .

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car tirer parti Monet. un recul des années même sont aujourd'hui irrémédiaétés passés ils de compagnie par ne songeaient nullement à l'attention sur eux. ces de leur révolte ni à attirer bien que ces temps d'avant difficulté. d'anxiété. et particulièrement de Renoir. sans le monde. passion ter : « dans ne peut ne doutait jamais de les moments aller l'avenir. joli Sisley. mais qui a bien fini par le subir grâce au bruit que ceux qui la constituaient ont fait. et dans même la devait être. et de ses deniers. cela peut commencer de la façon la plus simple vouloir. bien novices. s'absentait mettait alors son atelier de Paris à la dis- position de ses amis. Bazille ne se souciaient 1870 semblent d'autant plus lointains que mœurs les cette entraînante vie libre.COMMENT D'UN GROUPE OBSCUR SORTIT UNE «ÉCOLE» CÉLÈBRE. Monet. beaux ces étranges révoltés. conçues. Nous n'avons plus . de par le tention. ferme et vaillant. grand. bien primitifs. comme tout révolté professionnel doit le faire. lui. Une «école» qui n'a jamais eu de prétention à ce titre imposant. et l'action. Bazille. quasi-héroïque. Voilà tout. libéral souvent pour aller chez lui dans le Midi. sans en avoir l'inécoles pour de bon. et cela prend. L'on reconstitue encore sans trop de blement changées. et au bouleversement qu'ils ont causé. Le ni les plus frugale qu'on puisse imaginer. encore bien loin pour la raison que les idées n'étaient ni formulées. fugitifs des ateliers officiels ou officieux. Nous sommes dans le vrai. puisque la ne cessait alors de leur répé- ne nous décourageons pas. vigoureux. l'école impressionniste. de rien moins que d'être des héros. Quatre jeunes gens. se réunissaient pour vivre le plus joyeusement possible tout en faisant en liberté une peinture qui les passionnait. titre était même mal gré. car Il il soutenait les autres par la conviction en sans des crises de doute. joli et gai garçon. fallait tout Il de même. C'est l'histoire des débuts de ce qui bon gré. peut-être justement parce que Renoir. avec le accent intrépide. que cela obligeait fort.

moi vous ne travailliez pas que artiste. rencontres. Après cela supputez ce par quoi. Puisque vous êtes un pourtant : il vous voyez vert. dont les sujets étaient perpétuellement sous leurs yeux. l'on conseils. leurs de Moreau-Nélaton ou de celles conversations et leurs discussions elles-mêmes. grâce à sa complexe nature. Les ombres des objets frappés par Les vibrations de l'atmosphère sont sont-elles violettes ? infinies. le droit Renoir. Monet tout comme nous venons : le cela. et Renoir qui. Mais ce n'est pas une raison pour que car cela est au fond de tout et. observait merveil- leusement l'application des valeurs. plus âgé qu'eux. et leur répétait ce qu'à « Pissarro.38 de nous arrêter. » premier. d'excellents faux Rousseaux. Lui qui devait plus tard être camarades. tout en peignant le plus souvent en plein air. tendrement et gaîment. de décider qui a été le véritable instigateur des théories et des formules de ce qui allait devenir r« Ecole impressionniste». méthode qu'il devait modifier plus tard sans l'abandonner complètement. vivre. en gardant leur personnalité. avait dit le grand Corot qu'ils admiraient tous sans le fréquenter lui. passait par là.était regroupe par dans la pensée. Il est plus juste. Un Les plus violentes oppositions de tons. toiles et ses et. de plus. autre peintre. les voyait occasionnellement. on ne peut faire de bonne peinture sans groupe ne regimbait nullement là-contre. et que Monet avait même connu avant de connaître ses camarades de chez Gleyre. de quelque façon exprime. la joie qu'une charmante nature. influences. cette lumière dorée Comment en inter- préter les résultats ? Les êtres se colorent à l'air et au soleil de reflets insaisissables. Ses et un attrayant et délicat tempérament de peintre. exécutait des paysages au bitume. Gela lui permettait de ne peindre pour lui-même qu'avec des tons purs. Les jeux incessants et subtils de la lumière. . Comment les saisir ? rejaillissent. Et Sisley aussi. voir pour ses premières vues de Paris. Il combinait ainsi. et subrepticement allait passer beaucoup d'heures en tête-à-tête avec les maîtres anciens. ses couleurs. il apparaît aujourd'hui bien puéril. en se heurtant. lorsqu'on revoit leurs lui la collection Caillebotte. pleine de bonne humeur n'était alors On Alfred Sisley. de considérer que chacun et tous. Diaz quelquefois. engendrent finalement des harmonies dont il faut rendre la caresse. jetait un mot d'encouragement. s'émiettent. et assombri par des labeurs ingratement appréciés. vers lequel ses et camarades se sentaient beaucoup moins attirés. les acquis de la tradition et les ardeurs innovatrices. si les d'abandon. travaillait. mais. petit que je vois gris et blond. soit qu'on de se laisser la gaîté. toujours été presque impossible à débrouiller du vivant même et fine d'ailleurs cela a du groupe auquel Monet a survécu. Nous ne voyons pas de Sauf la de le celui-ci. Dans ces conditions. qui les lui prenaient. devenant chez le marchand nouissait en boutades coupées de longs silences. et l'on sente et Le vous n'avez pas besoin de faut avant tout étudier les valeurs. et plus conforme aux circonstances. les valeurs. Comme Monet était l'autorité et la certitude. s'épa- » pour payer son auberge. avaient contribué aux acquisitions et découvertes communes. au musée. « idées dans l'air » que nous avons déjà notées. non seulement leur vie. arrivé aux grands succès de fortune. travaillait beaucoup aussi à l'atelier. s'intéressait aux essais. écoutait. goûtaient en œuvres. pourrait imaginer ainsi dans soit Camondo. même façon.

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en 1863. mais il n'était pour rien dans leur formation. Courbet. symbolique.39 Jongkind. un atelier surplombant celui du maître. — du peintre aller et venir devant et ce petit trait est assez la toile. Ils le vénéraient. mais . rue de Furstenberg. Delacroix venait de mourir. il avait eu. beaucoup Corot. pouvaient les intéresser sans cependant les capter. Ses camarades et lui regardaient parfois par la fenêtre et voyaient le bras ils ne voyaient pas ce qu'il peignait. Monet se souvenait qu'à son arrivée à Paris. Manet.

DES DIFFÉRENCES ENTRE LES TABLEAUX DE PERSONNAGES CHEZ MONET. accentuées. les Demoiselles des bords de la Seine. vous examinez successivement et vous possédez complètement par la mémoire (qu'au besoin peuvent aider de bonnes photographies) trois tableaux tels que le Déjeûner sur l'herbe. par les deux aînés. Ou bien encore. Par exemple lorsque des élèves de Rembrandt imitent l'éclairage. il se produit des analogies . non d'émulé. on peut mesurer pour ainsi dire mécaniquement l'écart ou le rapprochement entre l'œuvre de seconde main et la création géniale. une certaine action sur lui exercée. malgré son charme personnel. à défaut d'un voisinage immédiat. et spontanées en leur manifestation. elle se trouve modifiée d'autant plus que les personnalités sont. même le mot. Mais ce qui rend cette action à peu près impossible à analyser par des mots et même par des constatations matérielles. même du la matière. et même troisième si directe qu'elle soit. ont qui sépare l'accent incisif de ne révèlent de qualités que lorsqu'ils pastiches. lorsque Lancret. on peut démontrer que peinture si le premier ne lui avait quelques artistes impersonnels et et tout ce le Mais second n'aurait pas pratiqué tel l'indi- genre de pas servi. c'est que si forte. de Manet. par des idées transmises et d'autres naissantes. mais de modèle. de Courbet. de il filiation vous est impossible de ne pas percevoir dans cette œuvre du plus jeune. malgré lui et à leur insu. qui pu parfois produire des qui pouvaient tromper des yeux exercés. se déguisent. se meut dans l'ombre de Watteau. des faux. COURBET ET MANET Il est des rapprochements qui permettent sinon de définir. malgré certaines différences de nature. et disons lorsqu'il s'agit d'une sympathie. celui que dier les rapports si délicats Claude Monet exécuta en 1867. cation diluée. la touche maître. part et d'autre. d'une communauté de tendances créée par l'époque. Enfin habiles. du moins d'étu- ou d'influence réciproque dans les arts. Ce n'est point le de même cas lorsqu'il s'agit d'imitations voulues et de pastiches calculés. les procédés de composition. et enfin l'autre Déjeûner sur l'herbe. Si.

PORTRAIT DE MADAME GAUDIBERT .

.

avoir été marqué tout frappantes. à que nous verrons Claude Monet et ses camarades tour à tour con- originalité innée. le mou- les prenait au dépourvu. et suivant la direction de leur personnel organisme. également une quasi-tradition romantique qui avec Cézanne outrera la couleur et le dessin. par une fatigue. des faiseurs d'images. qui réagira contre certaines tendances et répondra à d'autres. Et même chacun d'eux ne subira pas influences (puisque nous n'avons pas d'autre mais toutes à cet ordre de faits si combinant. arrivent. tracer les descendances. sa circonstances de sa production. d'eux en inventera un nouveau encore pour son propre usage. comme chez Manet et Courbet. une demande ment formulée par à laquelle répondait l'esprit public.41 mais non de strictes ressemblances. Les idées généralement acceptées n'étaient que des lieux communs qui ne pouvaient inspirer des cerveaux neufs. une que la fin du xix" siècle. dans la mesure de leur élan. au lieu d'une tra- série de brèves et partielles traditions qui se En même temps que celle cinq ans l'évolution qui a Manet et Courbet à sa que représente pendant vingt- tête. à l'impulsion donnée. réglé. les procédés courants ne pouvaient satisfaire des yeux point gâtés par une habitude. parce qu'il y avait un ensei- les ateliers et les écoles. Tout en gardant leur physionomie particulière et en d'abord fortement. nette- nettement comprise. Courbet et Manet. L'influence de Delacroix sur Cézanne a été plus considérable encore et décisive. sans enseignement qu'une routine. dans l'art du passé. Mais. Ils étaient donc forcés d'être. se développera une pseudo- académique qui passera du faux classique des descendants dégénérés d'Ingres. s'entrecroisant suivant son humeur. déjà pourtant très visible. pour l'autre par Delacroix sième par Corot. Après avoir trouvé en commun pour l'un pour un troiun nouveau mode d'expression. ces disciples. déterminer gnement un véritable leurre en ce qui concerne l'art pouvait bien plus nettement. quoique commencé déjà avant eux par Corot. On peut dire encore. Courbet ou Manet. son enthousiasme ou sa répulsion du moment. des méthodes transmises presque sans variations. leur propre et mutuelle tradition. Renoir copia même pour les amateurs certains Delacroix. délicats). demeure dans l'esprit de ceux qui se sentent en communion avec de condensateurs. les mot pour rendre une de ces la fois. involontaires ou conscients. Ce trait peut. vie. à un faux réalisme comme celui de Bastien Lepage. ces sortes Il obéissant à l'impétuosité même de leur propre création. . si l'on veut. dition et d'une innovation. d'un point de départ lui même un résultat qui deviendra signal d'un autre acheminement. chacun (1). enfin après encore. l'offre. Jongkind. respecté mais peu étudié par Monet. par Boudin. mais échouera à suivre tradition l'imagination du grand Eugène Delacroix. verra succéderont côte à côte. qui aima et étudia beaucoup Delacroix. et cela seul suffirait à expliquer pourquoi Cézanne n'a aucun rapport avec « l'impressionnisme ». classer les oeuvres. entre autres la Noce Juive. Une sorte d'excitation réciproque imprime aux œuvres d'une même période le trait à la fois divers et commun qui leur donne leur date. le C'est ainsi former leur très rapproché. vement au milieu duquel naissaient les artistes dont nous nous occupons. se Cela rend toute critique didactique On moderne. jusqu'à ce qu'elle fasse (1) Ceci concerne surtout et presque exclusivement Renoir.

être complétée en n'envisageant plus et l'on se convaincrait que le style un un artiste hommes. accusera encore bien plus son caractère L'on pourrait en tirer cette conclusion. sarro. Sisley la sorte et Pis- mais qui doit être attribuée à leur succès sans qu'ils aient cherché eux-mêmes à formuler et à l'imposer. le à Delacroix). de La célèbre définition de Butfon cesserait d'être complète. qu'un phénomène graphiques parallèle à celui que l'on constate sans discussion toujours en tenant compte de la qualité intrinsèque de chaque les arts la littérature. météoriques et confuses des jours actuels. ne dans avec recul le fait déjà. Du reste. du temps. de Cazin. . C'est la tradition naturaliste figures sur la la et de Manet qui se répercute dans les que pendant un moment unique de sa carrière Claude Monet jeta hardiment toile. de Legros (l'Ex-Voto). de Whistler même. à l'appui des observations que nous venons de présenter sur marche à la fois insaisissable et réelle de cette évolution et sur son caractère en quelque sorte sporadique.42 place aux traditions encore plus morcelées. ou d'un temps. écrivain. c'est les ou plutôt pourrait pris en lui-même. Tout d'époque qu'il se produit dans cela. Manet de Courbet et tel il propos de remarquer encore que est à et de tableau de Courbet ayant frappé vivement l'imagination et les sens des jeunes artistes de l'époque. que les Hommage grands tableaux de Fantin-Latour (V Lhermitte. on peut retrouver œuvres le Guitariste les marques de leur influence dans des chez des tempéraments aussi différents les uns des autres (éloignés parfois jusqu'à une antipathie qui disparaissait dans l'ardeur de la lutte commune). et qui prime pendant une durée à peu près équivalente. écrivain isolé. de tradition impressionniste que l'on attribue à Monet. Renoir. la soit un quart de siècle.

i CAMILLE .

.

sur laquelle se détache un tronc isolé. vêtu d'un veston clair et coiffé d'un chapeau rond. s'érigeant avec Le fond de la beaucoup de décision et de relief. mais de façon moins forcée. Ce tableau. au-dessous de ce groupe est assise encore une autre déjeûneuse.LES PREMIERS GR. scène est un rideau d'arbres. avec l'équilibre spontané qu'improvise toujours la vie. et un dernier monsieur. qui s'agençait sans effort. Mais les différences d'accent apparaissent immédiatement à une observation un peu attentive et dominant les parallélismes de tendances. dans un ample décor forestier. puis vient un autre partenaire. De celui-ci Monet et l'on doit n'a conservé qu'un grand frag- ment. et toutes les vic- d'un assez plantureux repas sont habilement distribuées sur une spacieuse nappe. d'onze figures de grandeur au moins de la demi-nature. leurs grandes jupes largement éployées. A cet arbre s'adosse un homme assis à terre. doit être tout d'abord décrit sommairement. très important. de bouleaux. et . d'ailleurs de grandeur encore considérable. Vénitiens ou Espagnols. suivant les maîtres. parlant à une dame qui ajuste sa coiffure. qui tranche sur les attifements plutôt clairs des autres personnages. à gauche enlin. : debout tout à fait à gauche.4N1)S TARLEAUX DE FIGURES Le grand Déjeûner sur l'herbe de Claude Monet pouvait dans une certaine mesure rappeler celui qui avait été refusé à Manet en 1863. en avant s'étale une vaste pelouse. un autre personnage suit (de la droite à la gauche) assis également. plus vigoureux. habillé d'un veston sombre. moyenne dimension indiquer aussi que seule en demeure intégrale une esquisse de aussi poussée que le tableau même. La peinture de Manet était riche et soutenue. Celle de Monet est plus claire recettes des anciens et moins corsée. les jambes étendues dans toute leur longueur. debout. tuailles un chien complète l'expédition. se trouvent un homme et deux femmes assises à terre. C'était donc un ensemble. auprès d'une jeune femme blonde. daté de 1866.

différent de celui de ce Manet qu'il admirait. l'abstention qui est assez enthousiasmé par la qui à l'occasion l'animent. comme le nôtre. signification. » cette réponse fort belle et fort délicate. L'artiste peut-être. paru si déplacé au public oublieux des maîtres et même tout simplement d'été. comme de Velazquez à Manet. avons-nous dit. Mais imagine-t-on se serait alors exposé La véritable raison. ce que celle de Manet est elle-même par rapport aux Vénitiens. Il aurait par Courbet dans son encore les risées Atelier. Claude Monet fait éviter cet élément. C'est une analogie que l'on pourrait trouver avec les estampes japonaises. est que Claude Monet. en même temps que parfaitement judicieuse. c'est que. et du l'art même à si du peintre qui lui avait pu encore suivre l'exemple. ou bien aux Buveurs de Velazquez. comme celui qui avait. Mais soit de tact que cette considération tour d'esprit le dont ne s'embarrassaient «nu blâmé». malgré y a quelques années. est plus riche et plus modelée. Tout en admirant il ne sent point le l'essai de besoin de les répéter. dans le Déjeûner de Manet. des licences accordées de tout temps à avec nos préjugés sur est vrai que. que le faveur que cette = au contraire est à retenir. n'a pas songé un seul instant. par rapport à Manet. habitué à ouvrir tout . Alors que Manet ne voyait encore en majeure partie qu'à - la qui. tout d'abord. et qui le considérait comme un importun nouveau venu. et ce qui n'aurait pas un caractère d'irrésistible nécessité. La couleur de Manet. et jusqu'à l'affadissement. Il est avéré. Le plus grand artiste est peut-être celui qui n'ose pas faire ce qu'il ne sentirait pas pouvoir parfaitement réussir. aurait paru soit c'est moins peu d'années de une inspiration un peu trop directe. si naturellement donné de la présence du nu parmi le vêtu. et si d'ailleurs l'histoire de l'évolution impressionniste ne contredisait pas de façon formelle cette hypothèse si Japonisme « » n'influa opinion obtint -Ce il vraisemblable qu'on la juge. celle de Claude Monet plus claire et plus synthétique. ce pictural. On peut établir qu'elle est. point les vieux maîtres. quitte à se lier bientôt d'étroite amitié avec lui. Claude Monet. la en effet. 'tres aux expositions Quand on quasi-farouche d'un jeune peintre Manet et par et plus tard que lui les pein- d'alors (pour ne pas parler de ceux d'à présent) prodiguaient sans on comprend admirablement raisons de beauté. lumière des maîtres et dans le jour de l'atelier. Il choqué des vraisemblances d'une scène familière soit qui eût été tout à fait légitime. . dans son tableau. que fort peu sur l'impressionnisme. une bravade. Et même cette progression pourrait se noter déjà des Vénitiens à Velazquez. c'est-à-dire qu'elles se présentent relativement les unes aux autres aussi dans une progression croissante de simplification. elle procède par grands partis de valeurs tonales plutôt que de valeurs de clair-obscur. ce mélange du nu.44 moins modelée en relief. indiscrète pourquoi il n'avait jamais exécuté un seul nu. mais intéressante l'a : répondit sans hésiter Nous trouvons « : Je n'ai jamais osé. simple nature voit l'abus des figures nues pour les êtres VOlympia. Claude Monet entrevoyait déjà un nouveau langage pictural. auxquelles il ! donnée lui-même à une personne qui lui posait un jour la question. soit. à introduire un morceau de nu. Une remarque mais qui a cependant sa accessoire. distance. par exemple. le plagiat. si la matière n'était pas absolument différente.

w ca C/2 w 1-5 Q M .

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et non plus de les exaspère. s'y avec plus parfaite logique. robuste et magistral morceau de peinture qu'il était. de contradiction ? Non. qui était venu le voir à l'atelier. la jolie tête pâle. c'est que l'un des systèmes peut parfaitement conduire à l'autre. presque toujours très mauvaise par ce qu'ils disent de ce qu'on soumet à leur jugement. où s'émiettent de façon éblouissante tous les tons éclatants du prisme. Cette casaque bordée de fourrure. en pleine en pleine rue ses vues de falaise. de Honfleur. dédaigneuse. est celui les la même couleurs plutôt qu'elle ne un autre point de vue. qui perception par vastes ensembles. Il est amusant. Sainte-Adresse. Claude Monet pensa appréciée. était complètement fait et exercé aux harmonies claires. toile. si fougueusement jetée sur toile. maintenant. sera l'a dit. puisque cette figure non plus comme était modelée de Manet. et finalement lui persuader que façon de dire ne doit la passionner que dans la mesure où le l'artiste sent la beauté et aspire à la rendre. Pour ne qu'il pas de légendes. la lumière considérée à de l'analyse. appréciée à l'exposition par les rares connaisseurs. et que lui-même. comme nous venons de le et voir. et le ayant déjà brossé en pleine campagne. et certaines études ou peintures en forêt de Fontainebleau avec les autres déserteurs de l'atelier Gleyre. ce qu'il y a de plus curieux. avec qu'il intitulait Camille. Tout en émanant du un peu même tempérament de peintre qui venait de produire le Déjeûner. différait. l'amener à admettre les procédés les plus contradictoires. Et ce qui n'est pas moins singulier. l'attitude souple. de cette beauté parisienne. de Saint-Germain-l'Auxerrois. il bon de spécifier ici que refusé au Salon de 1866. c'est que deux thèses opposées peuvent être de «mange» soutenues. s'établisse comme on Déjeûner de Claude Monet ne fut pas. exaspère les décompose en mille éléments vibrants et scintillants. cette grande jupe de soie bruissante à rayures vertes. le avait fait quelques obser- vations de détail qui avaient déconcerté le jeune peintre. Les artistes ont souvent une excellente influence sur leurs confrères par ce et qu'ils produisent pour leur compte. Mais. par une contradiction d'ailleurs très légère. la Voilà qui peut rendre l'étudiant des arts singulièrement sceptique sur la valeur des théories. C'est il femme vue de dos. et ce qui prouve bien que les contraires sont tous également dans la nature. de le telle que Courbet l'avait pour cela que très peu de jours avant les derniers délais avait exécuté avec une furia et une vigueur superbe ce portrait. Suivant l'une la grande lumière D'après la seconde. Claude Monet passa du premier au second couleurs. en pied. et qui fut comme ne pouvait envoyer qu'il la tête retournée de profil vers le spectateur.45 grands les yeux dès les années de plage sous regard bienveillant de Boudin. En réalité. et celles . que presque au moment de posant à l'atelier. de dire que la couleur avait été si généreusement prodiguée. Courbet. Camille se ramenait plutôt à la manière corsée scène. dont Mais y a-t-il exécutée à même l'atelier la grande bien apparence d'après un modèle du Déjeûner d'après les notations et les souvenirs du grand air. comme lignes et comme tons. faisaient admira- blement valoir. mais cela n'amusa guère le pauvre débutant qui rencontrait tant d'obstacles. sa vaste d'envoi au Salon.

A son tour. Il répara le il s'aperçut que son tableau menaçait de couler tout entier mal du mieux. puisque productions ou les plus solides. qu'il put. le plein air du plein air! s'écriait-il ironiquement. C'est une dans la religion et dans l'amour. et les Manet à ' — l'art moderne. Cette moquerie indignée prouve à quel point Manet méconnaissaient il de demeuré une des — le ! tableau est le « glissantes » faut admettre que les belles Le Déjeûner.46 lui faire quitter l'atelier. le bénéfice scandale de la grande discussion publique au Salon. Manet. au moment même où il niait le résultat obtenu. le jeu des actions et des réactions entre artistes dans de pareilles périodes de transition.: existe. et choses jouissent d'une providence spéciale. et n'étant pas encore assez vieux pour y demeurer réfractaire. Du plein ? Est-ce que les maîtres d'autrefois en faisaient. comme . — artistes. loi qu'on observe dans les arts. Manet avait blement hanté Claude Monet et celui-ci tout pas de plus dans une région sur laquelle en subissant son influence avait visi- fait un yeux de son aîné ne s'étaient pas encore ouverts. Il fut exposé à la vitrine d'un marchand. était. L'on engagea vivement l'aller voir. . La meilleure et la plus sûre condition pour se rallier fermement à une opinion est d'y être hostile tout d'abord. Et surtout saisir là sur le fait la marche des influences. à son insu. . Ah Est-ce du plein I voilà ce qu'on appelle que ça air ? . ne passa point cependant inaperçu des air moins il est curieux de les ennemis et les railleurs de ses aspirations et son talent parfaitement classiques. tout près d'éprouver une espèce de choc en retour. quoiqu'il n'eût pas. par suite de ces circonstances. La force d'une les conviction acquise est en raison directe de l'énergie avec laquelle on s'appuyait aupa- ravant sur la conviction contraire. vers le sol.

LES «FEMMES CUEILLANT DES FLEURS»
ET LES DERNIÈRES PEINTURES DE PERSONNAGES

Monet fut admis au Salon de 1866 avec le portrait de Camille, il fut refusé
haut la main avec un autre tableau composé, où les figures sont de dimension un peu
moindre que dans le précédent, mais toutefois une de ces entreprises de grande
envergure que les artistes ne recommencent guère à moins d'être très encouragés dès
le début, ou bien d'être doués de ce tour d'esprit que l'on pourrait appeler monumental et qui pousse, par exemple, un Delacroix ou un Puvis de Chavannes à concevoir surtout par larges espaces et à faire comme malgré eux le siège, puis l'assaut
Si

et la

conquête des murailles.
Il

représentait des

Femmes

cueillant des fleurs

dans un parc, l'une assemblant

un bouquet, l'autre en respirant un, une troisième se dirigeant vers elles d'une vive
allure, une enfin assise sur l'herbe, le visage incliné vers le sol, et éclairé par le reflet
qui la pâlit d'une façon assez singulière. L'ensemble est gai, aisé d'exécution, et les

peu corsées, rappellent plutôt

tonalités claires,

tentatrices richesses

que permet

la

celles

peinture à

de

la

fresque par rapport aux

l'huile. Il est

évident que le peintre,

dominé par la volonté d'éclaircir la palette, d'en
rapprocher les gammes de celles même du dehors, et de l'écarter au contraire le plus
possible du diapason soutenu auquel l'avait montée le travail exclusivement d'atelier
et l'habitude du rembrunissement que le temps avait fait subir aux ouvrages des
dans ses recherches,

était

encore

maîtres recueillis dans les musées.

En somme,
japonaises et

s'il

si

Monet

n'avait prêté qu'accessoirement attention

aux estampes

n'avait pas été en Italie et n'avait pas l'idée, par conséquent, des

lumineux spectacles des fresques
unes et des autres.

florentines,

il

se

rapprochait instinctivement des

Les modes extravagantes, et séduisantes pourtant, de cette époque affolée de
1867, ajoutent aujourd'hui à ce tableau un charme bizarre. Les immenses jupes claires

.

48
à dessins soutachés, les casaques au contraire étriquées et les minuscules chapeaux,
étaient acceptés par l'artiste et atteignaient

malgré leur transitoire exagération,

le

du dessin. D'ailleurs tout cela s'harmonisait avec le
paysage plein de fraîcheur et donnant bien une impression de vraie nature, saisie,
non arrangée. Sans les préventions du moment qui commençaient à s'armer en
guerre contre les nouveaux venus réputés rebelles à toute beauté (à toute convention
de beauté plus exactement), les deux compositions de Monet que nous venons d'analyser auraient séduit le public par une réelle élégance, par une distinction presque un
peu féminine, au rebours de la brutalité qu'on leur supposait. Alors la carrière de
l'artiste en aurait peut-être suivi une toute autre orientation.
L'on peut beaucoup mieux se rendre compte de ces dijfférences entre la phase
style,

par

la

vigueur

et le jet

des tableaux de figures et celle des paysages qui allait bientôt et définitivement s'ouvrir,

aujourd'hui que l'Etat a fait l'acquisition des

Femmes

cueillant des fleurs et a placé

ce tableau au musée, en heureuse réparation des torts d'un jury depuis longtemps
disparu. Sans aller jusqu'à remercier ce jury d'avoir forcé Claude

Monet à chercher

d'autres voies que celles qui lui paraissaient obstinément fermées, et par suite à trouver

on peut lui accorder les circonstances
atténuantes pour n'avoir pas compris ce que Manet lui-même méconnaissait encore.
Les tableaux dont la figure humaine fait le thème dominant ne furent plus
que très peu nombreux dans l'œuvre et même cessèrent bientôt complètement de tenter
le peintre. Nous n'avons donc qu'à les énumérer brièvement, l'essentiel des réflexions
que cette catégorie pouvait suggérer venant d'être développé.
Pour être complet, il nous faudrait donner quelques indications sur des portraits que Monet exécuta au Havre dans sa première jeunesse. Mais il en a lui-même
la

veine qui

perdu

la

l'a

trace

rendu exceptionnel

et illustre,

malgré des recherches

qu'il

fit.

Peut-être des trouvailles sont-elles

réservées à d'heureux fureteurs.

Le dernier grand tableau comportant plusieurs figures est le grand Déjeûner
dans un intérieur. Une salle à manger bourgeoise, avec un jeune enfant attablé et une
mère présidant affectueusement à son repas, tandis que le père s'apprête à sortir et
,

que

la servante

diffère

„.

apporte un

plat. C'est

une

très belle peinture, robuste et saine, qui

moins que les deux autres de celles de Manet.
Monet ne devait que plus tard, en 1876, peindre une

figure de

même

importance,

une jeune femme blonde en robe japonaise très éclatante, campée avec une souplesse
mignarde, une grâce un peu affectée, devant une cloison décorée de quantité d'éventails
bariolés. C'était

un morceau

très brillant, très

dire de spécial à propos de ce

Occasionnellement,

il

savoureux

et

entraînant, mais

unique

«

on ne saurait rien

revenez-y »

brossa avec emportement quelques figures dans sa facture

un marin de Belle Isle; un pâtissier de Trouville et
la femme dudit; enfin, dans un âge avancé, un portrait de lui-même, simple ébauche
de tête d'une coloration vive et d'une expression riante. Mais ces divers morceaux
n'ont plus aucun lien avec les premières tentatives de figures, isolées ou groupées.
Cela a pu faire dire, bien à tort d'ailleurs, que la physionomie humaine ne l'intéressait
qualifiée d' « impressionniste »

:

.

.

.

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et les rives. et «J'aime mieux un arbre qu'un avaient pu pour le renvoyer à les arbres donc. dévorante lumière.49 pas particulièrement. mes avaient comme Beethoven fait tout ce qu'ils Dorénavant. Il est plus exact de déduire des recherches auxquelles allait il se livrer et de la production intense qui devait s'en suivre qu'il fut lancé dans autre voie sans pouvoir s'en distraire. se confondant avec sans qu'il la ait été peut-être homme». : sollicitait. hom- compagnie des arbres. La nature le jusqu'à dire. et . et presque exclusivement la parole. humaines. dans la les les eaux. et lorsque les figures figures féminines surtout. les claires et y apparurent. et les plaines. ces apparitions furent comme les floraisons une eurent douces fugitives.

Sisley et Bazille mènent en forêt cette vie fraternelle mulent réciproquement dans Cette recherche.PEINTURE «GRISE». la sincère notation en présence directe de la nature. Seulement Corot plus tard que cela devait être entre le — et nous verrons révélateur et son admirateur inconnu. différant selon la façon dont les frappe la lumière. Rien dans la couleur n'indique encore un acheminement vers les tonalités si vives qui devaient plus tard sembler si révolutionnaires. : les arbres — et ces reflets multiples. sont ceux que la plupart des yeux sont habitués à croire ceux de la nature verts. la terre d'un gris jaunâtre. mais encore d'en recréer par la composition. appeler d'une manière générale la période de Fon- et le tainebleau. C'est à cette époque que Monet. Il lui fut donné non seulement de noter des spectacles poétiques. part de l'exemple même recherches que précisément les connaisseurs d'alors blâmaient dans de Corot le et des peintre poëte : l'observation des effets les plus délicats. ANNÉES SOMRRES. celle qui s'étend de 1862 à 1870. ici le redire. Monet. de tout ce qu'elle prodigue de féeries. vraiment magistral de ce point de départ dans le sens strictement vue d'une grandiose avenue en forêt qui fit partie de la collection Henri Rouart. en effet. Renoir. il faut la que nous avons décrite et se sti- recherche de nouvelles ressources picturales. et qui. et avant d'entrer dans le détail des déplacements de Havre. suivant les saisons et les heures et non ombres par conséquent . cipalement réceptif. ces tour à tour chaudes ou froides. leurs troncs bruns. Les tons généraux pictural de Corot est le Pavé de Chailly. Mais cela demande à être expliqué et par des exemples. alors que de plus en plus Claude Monet va se prouver lyrique dans cette marche illustrée Un spécimen le positivisme seul. On peut. — Corot ne voulait pas se borner à ce rôle prinune cause de graves malentendus. leurs ombres noires. pour Monet entre Paris simplifier. devaient tout au moins « révolutionner » les ateliers.

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puis de l'impressionnisme. dont nous devons tenir compte dans cette dès le histoire. dans le Femmes cueillant des fleurs. et il est inutile de dire que personne ne songeait à lui acheter. et payer ses toiles. une rude mésaventure avait mis sa vaillance à une cruelle épreuve. Malheureusement avaient été vendus à il et écrivait alors créance de l'impla- de l'atelier vil prix. ou contraire. les peintures de Chailly pourraient être considérées comme que Boudin appelait «la peinture grise». ces colorations de la lumière. la tradition Au complexe. impitoyablement refusé. en paraissant s'y rattacher discrètement. admis au Salon en 1868. que l'œil attentif que la seconde moitié du chemin.) Dans un mouvement de désespérance bien naturel. bientôt il il en avait lacéré bon nombre à coups de couteau. pour rendre ces vibrations de la le claire. le matériel et les toiles Plus tard. puis le succès. la vie était peu encourageante. les plus chauds. chose accomplie. s'exerce vite à percevoir. le un boucher. ces les tons ombres noirâtres purs seront employés couleur. Vienne étaient froids. Aucun subside auprès d'elle il une avait d'argent ne lui venant de sa famille. et. Comparée à la gamme d'un Decamps ou d'un Delacroix.51 suivant que cette lumière analytique. un paysage de Théodore Rousseau. le enfin tout ce langage scandale. Monet et quelques-uns de ses amis de ces difficile. ou de Corot. celle de la commencement. et La vie. et le peintre ne fera guère car la première et la plus était déjà. que Monet avait été jamais il ne ménagea. pour vivre et le couvert. entre le Havre et Honfleur. et de ses amateurs retrouvèrent de ces œuvres brocantées. celle de Monet. et ses couleurs. Déjà. Ne vendant point et devant vivre cependant. en 1867. (Nous avons noté quelques-unes des très belles œuvres qu'il exécuta alors. les plus dorés. car tous ces peintres prodiguaient les tons les plus riches. Il ce n'y avait déjà presque plus rien de commun entre le Fontainebleau de 1830 et celui de 1870. moment où Ces gris. assez forte. . si sur tire le vibrant qui devait faire si — bleu ou sur l'orangé. cependant. difficile. parvenait encore à se tirer de ce pas à son camarade Sisley pour le charger de payer rapidement cable boucher. offrait cette paysage du Déjeûner sur l'herbe ou des vues de Chailly et certaines autres pauvre mais plus distinction capitale d'être plus mais transparents. Pourtant c'était déjà quelque chose de très différent de ces maîtres. Une peinture qui fut reconnue un achetée une dizaine de francs par le neveu du marchand toiles sabrées et jour par Boudin la Monet était trop tard. clarté dans la graduation des valeurs. mais en 1869 et 1870. et pour ne pas laisser derrière lui à l'abandon des toiles où il avait mis beaucoup de peines. par rapport à bien encore de Courbet. toutes nuancées qu'elles étaient. ou bien dans les du même moment et du même genre. Toutefois. bien que ces sortes de détail n'aient plus qu'un intérêt secondaire puisque l'artiste a reçu les com- pensations les plus complètes aux épreuves du début. dette entre autres. ces premières toiles même de Fontainebleau paraissent encore aujourd'hui très sobres de couleur. ou par rapport à toute peinture de Manet. chez il avait abandonnant son dû toutefois se réfugier atelier et partageant son temps d'attente des heures meilleures.

Ne cherchant plus rien. la conviction qu'ils leur avaient été plus salu- à Renoir. et nous n'aurions plus fait le moindre effort. une idée de faits que nous ne voyons plus guère se répéter aujourd'hui. c'est-à-dire d'une part. Il est certain que si. difficiles à passer. fut pansée de ses blessures. Bien que ces moments eussent été récemment Monet taires. que mode s'ils avaient connu tout engouement prématurés. le la palpitation de lyrisme de ses impressions la terre. il avait été enfin classé comme un beau peintre. et l'air. cru tout de suite du génie. Nous nous serions. disait-il. à et devait lui. l'extrême de suite les succès de et les — subtilité dans ses analyses de en présence des magies de la couleur. nous n'aurions rien trouvé. il n'eût pas atteint ce qui l'a rendu un artiste passionné et passionnant. atteindre Ce trait donne. . sauf du moins au pauvre Sisley. continuant dans le sens des œuvres que nous avons jusqu'ici étudiées. un Chêne au Bas-Bréau. une valeur considérable. entre amis. entre bien d'autres. émettait.52 de tableaux Martin. et de de l'autre.

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Cet ensorcelant peintre. et tous deux. à la fois visionnaire et naturaliste. mais un simple acheminement. et que les riches dans une certaine mesure Corot lui-même. La plus importante des circonstances qui amenèrent Monet à faire un retour sur lui-même et à chercher autre chose (bien entendu dans le sens de sa propre nature) fut le voyage à Londres auquel le contraignit la guerre de 1870. et les rencontres amenées par les conformes au développement logique des du tempérament même. furent dues à diverses causes. Celui- la peinture sur des peintres aussi volontaires et ci anglais. premières tentatives comme les voyages. Même il s'est fréquemment abstenu. Ce ne fut pas une initiation. . les autres naturelles. lors d'une visite à la National Gallery. furent vivement frappés par les œuvres de Turner. cherchant tour à tour l'irréel dans le réel et le réel dans ne pouvait manquer de l'irréel. préservé. les exciter à se mettre en peine d'une couleur plus vibrante que les harmonies délicatement nuancées dans le gris de Corot et de Boudin. Tous avaient été stimulés. Les unes accidentelles. par les Monet n'était était incité. Turner put être pour eux ce qu'avaient été Constable et Bonington pour Théodore Rousseau. Là il rencontra Pissarro.ANNÉES D'ANGLETERRE ET DE HOLLANDE. Il ne faut pas attribuer à homme des musées. mais ce pas à celle de Turner qu'il devait aboutir. et la première série des épreuves. Courbet. Ces acquisitions capitales qui devaient suivre les débuts. à chercher une palette plus vive. décisif toutefois. comme le furent au contraire Manet. déplacements forcés. pour ne pas dire ne fut jamais un Fantin-Latour et une influence aussi grande qu'à la nature aussi ouverts aux sensations que Monet. mais lourdes triturations de pâtes de Courbet. Daubigny et mais non asservis. qui ne devait pourtant pas être la plus pénible. Cabat. deux admirables naturistes dès cette rencontre. Paul Huet.

et à cause au loin se devinant. étant allé pour voir je ne sais quel Palais indispensable. une et minime à très la poursuite de ses chronologie. campagne. la ligne une Vue de dans citer les parcs ou les environs de Londres. Celles que l'on peut connaître se rapprochent assez de celles que firent à la même époque Pissarro et Sisley par exemple à Sydenham. des dans sa maison qu'il a recueillis sont presque exclusivement des Cézanne. On au contraire exaltées par sait l'intensité d'une incroyable fraîcheur à que prend la le séjour de moins d'un an qu'il couleur dans l'atmosphère de l'île. fit en Angleterre. même du traité. Il comme morceaux de peinture Degas. le un respect que nous avons pour maître. lui. Les grands maîtres anciens eux-mêmes ne sont pas de sa part l'objet d'un culte. Or on le très de ses parcs. qu'il a pu combattit. élève toute sensation au paroxysme comme un se soit alcool. Tout naître. et surtout.54 de l'étude approfondie des devanciers. la clarté Au déjà acquise chez Monet surplus cet acheminement s'est opéré plus par incubation que par brusque changement. des Ingres. Nous avons vu que le séjour de Monet en Algérie ne lui avait servi de rien quant au développement de ses qualités de couleur demeurées latentes durant ce trace d'antipathie qui ne séjour. Il ne nous a été donné de voir que peu des peintures exécutées à Londres pen- dant cette période. nous du particulier si une campagne à Venise. largement pillées. ceci est pour faire indirectement. Lorsqu'en 1912 Monet les édifices et l'Académie des Beaux-Arts. la Tamise. et même. sur un plan encore plus rapproché une sorte sujet. comme lui en eut sur plusieurs d'entre eux. comprendre en quoi Turner il y a là éclaira Monet et ne lui servit vive et immédiate devait être la couleur un phénomène intellectuel analogue au sentiment comme nous le verrons. fit Il la a. Ces facultés furent. parce qu'il c'est d'une nature passionnément exclusive et l'acharnement à tification propres créations. même chéri par nous. d'une mouvante et fantasmagorique diaprure au milieu des intensités à toute minute dissipées ou accumulées des brouillards londoniens. de ses suburbs En somme . Bien que nous anticipions légèrement sur pouvons profit un citer trait assez curieux de ce détachement du présent. et montée jusqu'à la on s'explique sans peine que la vivacité dans la coloration. Le climat même porte à la griserie. à peindre. et l'ayant trouvé fermé ce jour là. Delacroix. Un peu en avant on entrevoit le Pont de Charing-Cross et à gauche. Les artistes de son temps immédiat. avec la . qui. qui d'ailleurs n'eurent pas de prise sur lui. Irons-nous jusqu'à dire que chez lui une faiblesse? Non. mais les aurait pu. la jus- passa la il au passé. même Une éducation bien autrement de Londres. et éprouver dans sa jeunesse pour Corot. d'un motif simple. visita peu plus grande partie de son temps cette curiosité insatiable qui nous enflamme à con- nous qui ne peignons pas. Puis. sen- timent d'admiration de fétudiant vis-à-vis du maître de son choix. dans que il se sait que mêle une donne que plus de saveur à l'attraction qu'il exerce sur nous. l'intéressèrent toujours davantage. acquérir des Greco. masse du Parlement se profilant en hauteur vers le milieu du tableau. des Renoir et des Berthe Morizot. Nous pouvons Park. à Londres. comme typiques une Vue dans Hyde avec des silhouettes de promeneurs épar- des maisons d'Oxford Street. il ne réitéra pas la tentative.

ce qui déjà néces- un des défenseurs convaincus de Corot et de faut se rappeler que Corot était toujours. On nous avons déjà été amenés par non pour «faire de la littérature») à pourrait. Sur sa recommandation le marchand acheta quelques toiles à Monet. La série des paysages qu'il exécuta au pays de Van Goyen et de Jongkind est d'une force. et de qui les travaux présents l'intéressaient. au verses. car il passe à un autre motif. et cet homme excellent. ce qui peintre vint faire au donne à supposer moins une ou deux rapides apparitions à des vues de Vétheuil et d'Argenteuil sont datées de 1872 également. jeune. Nous constaterons que plus le peintre avance en années et plus cette verve de développement. de tique série des Ponts de Londres. quoi qu'il ait produit plus tard. ses œuvres finales poussent le système de : composition par Au la variation même excessives conséquences. datés de 1872 et 1873. opiniâtre des jeunes peintres qui « impressionnistes » lutte assez ardue. d'un bonheur de franc coloris qui la rend très à part. Paris. puisque . puisque des opérations de l'esprit (et maître soi-disant impressionniste plutôt rapprocher cette marche de son œuvre de celles comme un grand harmoniste. mettait beaucoup de chaleur et de dévouement au était de ceux qui plaisaient. ou bien à une suite de motifs voisins les uns des autres dans la région momentament préférée. l'objet de beaucoup de résistances et de critiques. prendront à la fois où tions de il la diversité et l'analogie considérer même le de l'ampleur. Ce tableau est particulièrement intéressant parce qu'il peut être considéré comme le germe. voici quelques exemples. tant pour satisfaire un désir antérieur que comme conséquence de ses entretiens avec Daubigny. d'une limpidité. d'entreprendre un voyage en Hollande. empêcha Monet de séjourner très longtemps à Londres. service de ses camarades jeunes y avait un apôtre et un apôtre sans fracas dans ce grand paysagiste. Il y avait rencontré Daubigny. Quant à Wagner. de certains grands musiciens. et un jour. n'avait pas tardé à comprendre la gêne et les inquiétudes du confrère plus reste. milieu même des anxiétés et des tra- jusqu'aux exclusives et une circonstance heureuse. Daubigny n'était en faveur de Claude Monet à M.55 d'estacade sur laquelle se tiennent des silhouettes de mariniers. en 1870. ce qui lui permit. fructifier à près la singulière et drama- un phénomène que nous verrons plus d'une fois se reproduire au cours de la carrière de Monet. soudain elle s'épanouit en multiples variaC'est semble que sa joie ne doive jamais plus s'épuiser. Il s'était il Celui-ci eux-mêmes seulement. comme pour en être quitte avec lui. de qui les débuts ne lui étaient pas inconnus. ou vieux. il le jette sur la toile avec décision. écrivit pas encore le vulgarisateur n'étaient pas encore les sitait une l'école de Fontainebleau. Il très précieuse En que le dans toute son œuvre. constitué Il . Mais Daubigny et Durand-Ruel. qui devait amplement de trente-cinq ans de distance. Mais l'obsession revient lentement. sincère dans la vie comme il l'était devant la nature. Un thème le saisit. cette griserie d'harmonies sur un sujet déterminé. Les œuvres capitales de la dernière manière de Beethoven s'acheminent de plus en plus vers la forme variation.

une perception directe de la nature. un beau Moulin avec la base en bord d'un canal. Manet est encore très loin de ce sens particulier de la clarté. mais ridicule quand il s'agit d'une notation où aucune autre force n'a été déployée que celle d'une acceptation joyeuse et de la parfaite justesse dans un accord de tons simples. relevée d'un bow-window. dont il plaît au soleil ou au reflet du ciel de faire pendant quelques secondes un objet précieux. cette intitulée la un mouvement Maison bleue. porte. en dehors de toute considération d'école. des voiles se distinguent à l'arrière- du moulin. si simple. de tout ce qui en général fait verser tant d'encre et prépare tant de lieux . sûr et cordial. l'eau s'étend en avant et à gauche. toujours la même et toujours surprenante. fortuitement en accord avec une disposition bienveillante de notre esprit. sur le le même thème. d'autres vues analogues sur petite corbeille. à l'improviste.56 Un Moulin comme tructions massives donnent on ne Zandaam nous à offre la plantureuse silhouette d'une de ces cons- des tours et légères sait quelle allure comme des clochers. mais avec un accent de légèreté plan. devant lesquelles passe une barque. rien qu'une muraille. ni pour nous. parmi des maisonnettes. auquel les voiles donnent charmante peinture. avec un beffroi. tranquille. Une barque avec des rameurs glisse sur la surface de l'eau merveilleusement polie et claire à ce moment. Monet communique à notre esprit cette satisfaction inexplicable. et ne semble pas encore entre- voir les analyses de couleur qui devaient bientôt distinguer son et et lui valoir des vexations prodiguées en proportion même œuvre entre toutes de leur nouveauté de leur charme. Ce personnage s'élève du milieu d'une touffe de joncs au bord même et à droite d'un spacieux canal. des valeurs de tons et d'éclairage. devant une vieille une bicoque. les habitudes de l'époque. mais avec une grande voile sombre et une grande voile claire au centre du tableau. Enfin petite construction absolument dépourvue de caractère. à la clarté d'atelier. en a saisi et fixé demeure et tiendra en joie de longues générations. Voilà quelques-uns des exemples des peintures que Monet exécuta en Hollande. véritable tour de force si l'on peut employer cette expression consacrée. Une page robuste comme les deux précédentes. une pareille beauté. et Courbet ne cherchera pas à s'en rapprocher. Il continue à procéder par synthèse. — Elles sont exceptionnelles par l'emploi libre. Le même moulin. si l'on nous permet un terme un peu elles décrassent la peinture. Une vue d'Amsterdam. mais littéralement exact. Mais ces synthèses tranchent déjà hardiment sur le goût. tandis que d'autres maisons se développent jusqu'à l'extrémité de droite. d'autres constructions encore sont aperçues dans l'éloignement. Elles révèlent avec une autorité et un élan tout à fait partiliers. auxquelles les ailes vivante et fantasque. et même trivial Quant de ces vues de Hollande. ni pour personne. ainsi qu'en avant et de joie un bouquet : d'arbres s'élève jusqu'au milieu d'un canal. et à ce bouquet succède une maison bourgeoise. Jamais ce médiocre prétexte ne retroumais ce que l'artiste vera. Dans ce tableau. qui nous saisit ainsi. en pleine lumière. créant ainsi un contraste et un équilibre superbes. sur le bord d'un quai lui-même le plus uni et le moins remarquable du monde.

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tout particulièrement Van Goyen par la décision des silhouettes. Ruysdaël. Van der Heyden ne sont ici ni discutés ni discutables. qui du haut de son inaccessible perfection semble avoir versé un trait de sa lumière au peintre encore obscur. Nous voulons simplement marquer la valeur d'un peintre moderne parti à la découverte. on peut dire qu'elle caractérise un groupe d'œuvres qui demeure précieux non seulement dans l'évolution de l'art français. (1) Il et tant d'autres . mais dans l'art moderne tout entier. va sans dire que tous les grands paysagistes Hollandais. dont il voit le commencement en pleine assurance et connaissance de cause. et il n'y a guère (1) que Vermeer. Personne n'a vu ni rendu la Hollande avec plus de simplicité et de justesse. Van de Velde. Monet semble rejaillir directement de certains grands maîtres du xvir siècle. mais tout armé pour la lutte. avec la fameuse Vue de Delft.I 57 communs pour l'avenir.

surtout nous ont toujours frappé dans le grave. avec ce qu'apportait l'art de avaient à surmonter. comme un jeune taureau. sérieux. et Claude Monet. aimable. lui. peintre allemand très oublié Scholderer. comme Mais au théâtre I ils sont éloquents ces deux « personnages muets » . comme un Athénien de deux plus effacés de l'assistance. que Zola s'assimile et se prépare à « tartiner » que Zacharie Astruc se carre dans son beau veston de velours. élégant et noble Paris. est trapu. Il n'est pas sans utilité artistique entre 1870 et 1875 Monet de ses amis. dans la demi-teinte. est à la fois ironique et tendre comme un amoureux philosophe de Watteau ou de Marivaux. malgré sa modestie tient encore. Quoi qu'il soit trop facile de tirer les horoscopes après coup. le une place assez en vue. pour non plus le du groupe. comme on dit Renoir. puissant et véri- dique tableau de Fantin-Latour. le héros même de la scène. que Bazille. le regard perçant quoique dirigé un peu de côté pour se mieux tenir en garde. et pas celui d'un riche. et si maintenant de se représenter d'ensemble l'on veut bien les difficultés qu'ils Deux personnages le mouvement comprendre. Ces . dégagé deux personnages sont justement les que Manet parle et disserte. sa jolie et souffreteuse figure narquoise. l'Atelier à Batignolles. qu'Edmond se pénètre. ramassé sur lui-même. celui de Renoir d'ailleurs. en mettant à part. son petit chapeau rond. tout à fait en arrière à l'extrémité gauche son costume. les épaules sur la défensive.LA PERIODE HOSTILE. ainsi que Maître. comme on pourrait voir ici le peintre prédestiné de la femme ! Monet. avec sa pèlerine. Tandis Manet. Il Il va n'y a pas d'orgueil dans cette phy- . foncer sur l'obstacle. le fin bureaucrate. peu qu'on en est pour voit. n'est certes ainsi dire. au contraire Renoir au second plan s'estompe presque. bien entendu.

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qui m'a dit que vous . l'art même de Monet peut se retrouver dans ce portrait exéart d'observation et d'attaque directe. commence la situation qu'il à tenir dans quelques milieux artistiques plus combattra avec beaucoup plus de violence qu'elle ne du peintre de VOlympia. Le baryton Faure a fait parce qu'il ne faut rien laisser perdre. Renoir. puisqu'il ose acheter et garder précieusement le Déjeûner sur l'herbe. cuté avec une si haute conscience par Fantin Le regard. Zola. dire plus vifs chez Renoir. seront les et fierté discrète. c'est-à-dire hésite. Albert André lui a consacrée relate. ces deux jeunes gens. il énergique et que y a même plutôt une espèce de modestie cependant c'est un délicat. Si l'agent de change Moreau demeure en ce sens une magnifique exception. pire que malgré sera à vaincre la première. toiles rencontre un matin seignement. l'attitude. Mais l'avait. rire. L'indifférence. les lutteurs les plus solides soient » lui. les circonstances de l'époque. l'hostilité. les fait En somme. Renoir lui-même en a porté un affectueux témoignage. Seulement la souffrance ne les abat point. le mouvement le disent sans ambiguïté. sans plus profonds chez Monet. et l'hostilité. une de pour lesquelles il est prudent de ne se compromettre qu'à moitié. lutteur. là est toute la différence entre eux et ceux qui ne luttent en soit. un C'est un émule de Lavater. Quoi qu'il : Toutefois. modeste. Le reste discute. Peut-être tient-elle à la crainte gagnent forcément de demeure. mesure.59 sionomie. les qualités l'a c'est faire large — le voient ce qu'il est. pleine de force et de pensée. La très louable notice que M. il nous remettant dans faut. Chesneau. moitié interrogatoire : « J'ai vu le placement. et que malgré cela les il de être momentanément épreuves. Le critique détestablement boulevardier Albert Wolff reculera d'horreur (il y a de quoi. Les collectionneurs même qui se hasarderont à lui acheter ou à lui commander des œuvres ne seront pas toujours très sûrs de ne s'être pas trompés. entre autres paroles recueillies à Gagnes. et ne lui accordera jamais la deuxième séance. mais supportera plus robustement. prenant tout de même la chose telle qu'elle est. de qui Manet fera un peu plus tard la superbe effigie. il est vrai) devant la première et splendide ébauche de son visage. Même Henri Rochefort. celleci : «J'aurais plusieurs fois lâché la partie tempérament de pas croire que mon si vieux Monet qui. qui n'épargne guère Monet. songer que tout leur est hostile ou fermé à ce moment. On peut. pas. est tellement en achetant quelques peintre lui-même. un ou éclate même pour ceux qui ne seraient pas éloignés de le goûter. Il le peu confiant dans de Manet. les chagrins. d'écrivains Fantin. Burty. maître de que la considération de ses mots spirituels ses d'amateurs d'artistes. Si une trentaine parmi lesquels au premier rang Monet. libres et plus éclairés. la l'on reconnaît à Manet. sollicitée par lui pourtant. n'en prendra jamais livraison. il ce ne faut dispensés de souffrir. le chanteur Faure ne sera nullement satisfait de son portrait en Hamlet. manières de parfait homme du monde. malgré sonne ne le même prend au sérieux. presque per- que beaucoup ont pour et lui à la sympathie que lui — et grande lignée. ne m'avait pas remonté d'un coup d'épaule. Baudelaire. qu'il qu'il cherche à se renseigner auprès du et lui adresse ce compliment moitié ren- l'autre jour Boldini. Il ces célébrités et mordants.

Latouche. ne réussissent pas à gagner sa sympathie et essais l'offusquent. en cependant. d'ordinaire si bienveillant. même me effet. se sentent tenus à l'admiration Tout au moins on seulement pour les Tour à tour deux gle choses laborieusement informes. Monet. est obligatoire il de rire. futable brochure que était irré- . et les paysa- nouvelle génération.. ses premiers travaux avaient exaspéré le bonhomme. » A quoi Manet réplique aussitôt a : Hier rencontré Berthelier qui m'a affirmé que vous ne saviez pas chanter Pour devant le reste du public. qui avait beaucoup de verve bouffonne. en raison directe de leur fausseté. Ceux-ci au contraire. et par conséquent le peintre grossier. de peur de commettre une erreur analogue. Manet est l'auteur tableaux de qui. encore au Luxembourg. Manet. qui du groupe. et. Il aurait été téméraire de penser que la Barque du Dante. car l'éducation qu'il s'est faite est plus de musée que celle de Monet et sa nature même. dès après 1871. Renoir dit le question dans ses confidences à Albert André d'imbéciles et je ne voulais pas « imbéciles » avaient eu. Renoir. mais il en après 1870. Un marchand de tableaux assez en vue alors. a des affinités bien est. et aussi en partie leur émancipateur. qui devaient bientôt médailles supérieures qu'ils avaient le privilège de dispenser. que son tendre rêve virgilien ne lui permet pas de comprendre. irait un jour au Louvre. transforment les et que ceux-ci qualités pu que très difficilement faire admettre. les petits-fils de ceux qui s'esclaffaient devant VOlympia réputée mal faite. Ils ressentent un réel chagrin de se voir niés par lui. de ce ridicule Déjeuner sur l'herbe. quand les il justement j'ai I ! » (1). lui refuser les gistes de la la lourdeur pouvait seule égaler l'orgueil. brutalement n'avaient réaliste. l'exilé. de même qu'aujourd'hui.60 ne saviez pas peindre ?. le maudit qui avait «déboulonné» la Colonne (2). de ne pas se tenir parmi Comment en la vogue : autrement serait-il ? celui de la règle aveu- de l'irrégularité forcée. plus profondes avec celles de l'évocateur d'Eurydice blessée. sont toujours en retard de l'un sur les artistes. nombreux toujours que ceux qui apportent en défauts gardent leur note personnelle. Castagnary a prouvé dans une Courbet était absolument étranger à cette opération. le plus près de lui. comme académistes de la le comme regardant leur modèle. animal presque aussi déplacé que la dame nue dans le Déjeûner sur l'herbe. » Pour Monet. de qui Corot était. Corot entra dans (1) Berthelier était un chanteur comique des Variétés. sortes d'académismes se disputent sonnelle. les imitateurs. donne des airs de connaisseurs en affectant le mépris.. si tendrement voluptueuse. aux Salons. » Les largement le temps de venir. mais remarquable par son absence de voix. Ceux qui craignent. pris entre les veille. pour qui une peinture de Corot « n'était pas était resté finie. de son côté. (2) Les légendes ont la vie dure. je l'aimais de loin. plus l'autre. Beaucoup en étaient demeurés à la légende du fameux « cheval rose » du tableau des Croisés. le banni. Delacroix était encore fort peu accepté. Courbet était. faute de sensibilité per- celui et se au courant. ayant exposé dans sa vitrine un tableau important que Monet s'était vu refuser au Salon. : « Il était mot de la toujours entouré d'une cour trouver pris là-dedans. même leurs Renoir. est reçu. arrivaient à une époque où l'académisme pseudo-classique reprenait le dessus sur le romantisme qui finissait assez obscurément.

et notre saurait (bien au contraire) pour l'art. tout ne sera pas certainement à mettre au grenier dans certaines productions des peintres d'histoire qui le combattirent. le sarcasme envers ceux qui ont différé de lui. chose plus surprenante. que l'on affaiblirait presque en la qualifiant ce beau trait de courage et de solidarité artistique Salon. être influencé I et si émotif sous son enveloppe énergique. fût plus offerte et pouvant. alors que sa réputation officielle ne saura plus s'expliquer. des tableaux char- et précieux. » Il répétait lui-même à Monet. et même sans loyauté. aux portraits flatteurs. se montrait également d'une fidélité absolue à ses jeunes confrères. que ce temps là ait été négatif Les temps à venir retrouveront d'excellents morceaux. mais Corot et Daumier Le est vrai.61 la boutique demanda avec indignation ^ue et cette peinture. Bien que Puvis de Chavannes fût tourné en dérision. Autant que j'aime disait-il. en profon- fut peiné. il ami. Notre hommage à la grandeur de l'œuvre de Monet et à la noblesse de sa vie ne sera pas fondé sur. Thoré était resté surtout attaché . avaient fini par triompher des « imbéciles » eux-mêmes. à Renoir. aux paysages poussés très loin dans le détail. s'intéressait aux tableaux d'histoire. et qui les avait plusieurs fois visités à Fontainebleau. « peinture. mants ridicule. tandis que celles qui. d'anecdote. parce qu'on avait refusé Claude Monet. les tenir nous donner ce admiration pour Claude Monet ne conçus tout à fait en opposition avec les tendances qui devaient plus tard en échec. Daubigny. moins connues joujoux anecdotiques. Fromentin partageait les mêmes sentiments. Les recettes étaient à peu près uniformes. comme Corot. Fromentin. Ce n'est pas à dire. je n'admets pas qu'on récuse mon : de clairvoyance. que ses puérils Il n'est jusqu'à certaines études. Daumier pensait et parla identiquement comme Corot. que nous avons vu si serviable à Monet lors de son difficile séjour à Londres. à Pissarro. ne aux regards des passants. Ceux-ci étaient la force. sermonna Latouche dans le sens opposé. c'était débutant enthousiaste dément par son affection sans bornes pour son grand parfaitement indifférent à Monet. à Sisley. alla jusqu'à donner sa démission de juré au Du moment. critique n'était guère plus assurée au début. me dire que je ne connais mon métier. et le gros des exposants était le nombre. Des portraits d'un beau style maintiendront la réputation picturale de Cabanel. peu connues. Diaz. d'un détestable exemple. qui s'était pris de vif intérêt pour les nouveaux peintres. cette ou plutôt : ! « Ah ! » la fausse œuvres et les situations officielles des peintres en possession des formules moyennes qui conduisent aux récompenses et aux commandes. au lieu de s'obstiner à m'imiter pas si Tout cela indique l'incertitude qui régnait dans les esprits. qui pourront préserver même Gérôme des outrages qu'il prodigua à Monet. et sa sympathie. demeuraient dans une sorte de compromis entre certitude qu'avaient créée les l'acceptation et la gloire. bien entendu. en parlant de son fils Karl mon Chariot pouvait travailler avec vous. Le public suivait. Les temps passent et ne connaissent plus les étiquettes et les discussions d'écoles. En revanche. et qui ne nous donneraient pas la les siècles matière d'un La hommage pareil. les personnalités peu différentes. opinion.

outre les clartés qu'elles le peintre d'Honfleur apportaient. et ne plus rien comprendre ultérieurement au mouvement de l'art. les artistes eux-mêmes. il d'un feuilleton « : jouera jamais dans la peinture que ayant amèrement reproché. puis et Huysmans avec des réserves. car. l'heure et le vent. Les il que le sont à citer plus génial des critiques modernes avait écrites sur ici. dans de telles art consacré. et enfin Mirbeau pour entonner le Pœan. portent toujours. c'est de et ses plaidoyers. plus tard Duret. vent de Nord-Ouest.62 à l'école de 1830. Zola devait se spécialiser exclusivement en Manet. car dès 1859. en somme. même Et Ayant avec Manet écrit à la fin devait finir par douter tant soit peu et par se refroidir. exemple « 8 octobre. Castagnary était surtout le protagoniste de Courbet. Comment ne comprendrait-on pas que trouble. écrits en marge. midi. comme peinture de qui. il devait écrire des pages étrangement à côté dans l'Œuvre. peignant Seine à Argenteuil. aveuglé été conditions de (1). en plein été « Comment vous peignez l'eau bleue. d'un poteau indicateur empressé de se s'était il Pour Manet. ait un le public. Cézanne n'était pour lui surtout qu'un camarade d'enfance sur la avait eu son beau temps. ainsi. que de charges point toujours drôles. A la : (1) une vue de Des gens à qui la qui soit bleue. à la première heure. l'heure et le vent. par la vivacité et la simplicité de la nouvelle peinture ? aurait fallu. Il n'y a que la Méditerranée : » I . d'après des vagues « et si et si fidèlement des nuages.. » Restaient. Champfleury. Mais en regard de cela. malgré les formules mystérieuses dans lesquelles il enveloppait pression. tous les questions d'art n'étaient cependant pas étrangères demandaient à Renoir.. elles auront aussi cette opportunité de nous dispenser d'entrer dans de plus longues dissertations techniques sur ce que le public. que de plaisanteries. et particulièrement à Rousseau. de plus insaisissable dans sa forme et dans sa couleur. se spécialisait un peu dans amusant plutôt que la curiosité littéraire et bibelotière. ne pouvaient encore être préparés à attendre de la peinture Ces études. pour la défendre et la consacrer. plus tard encore Gustave Geffroy. fin. Duranty. qui avait pleinement mesuré la valeur de Manet. Je n'exagère rien. lignes voyait nettement l'intérêt de ce que Boudin appelait sa peinture grise. étourdi. Chesneau. » La légende cachée avec vous devineriez la saison. « C'est et Manet il ne le lui une faute d'im- Monet qu'il s'agissait. à des colorations et à des for- absolument dérouté. une tête puissamment organisée comme celle de Baudelaire. malgré justifier : » . J'ai vu. la par main. la date. mais toujours insoucieuses de justesse en brèche ! En vérité. par ! Que Que de déplorations du grand Art battu acharnée à une œuvre de sincérité. habitué depuis des années à mules de dessin admises. Il un regard calme et ardent. comme défenseurs vraiment lucides constants. : rapidement croquées d'après ce qu'il y a de plus inconstant. sur celle de tous autres. et qui aurait certainement compris Claude Monet. ces critiques d'attaques l'hostilité ! ont préparé pour nos jours l'engouement à l'égard des plus arbitraires fantaisies. qui voyait les choses par le côté par le côté intense. il mais l'impressionnisme déroutait sa fantaisie. Burty. le rôle toutes ses qualités.

. Quant à Monet. Mais il était même de Monet. toutes ces profondeurs. roulé ou déchiré. Il l'aurait mort. ces fournaises. ces immensités vertes et roses. ces firmaments de satin noir ou violet. il ait à son tour dédaigné beaucoup de choses et de gens. » ces nuages En vérité celui qui sentait ainsi. on comprend également qu'ayant été très dédaigné aux heures décisives..63 aux formes fantastiques et lumineuses. appelait Fart peut-être imposé plus vite. devinait. . ces horizons en deuil ou ruisselants de métal fondu. fripé. suspendues et ajoutées les unes aux autres. toutes ces splendeurs me montèrent au cerveau comme une boisson capiteuse.

même. celui qui s'égarerait aujourd'hui sur la rive d'Argen- ne comprendrait pas que Monet matière nymphes que la « ait pu y trouver matière première » de ses cette transcription séduisante ou simplement paysages. la souillure des eaux ont rendu peu à peu misérable. et plus à plaindre qu'à peindre. aussi mystérieux. et se trouver voisinage de plus en plus rapproché des débordements de Paris. la Il semble qu'après les vues de Honfleur. dont une Vue de Trouville datée de 1870. des cabarets qui étaient comme des rappels des vieilles et acceptables auberges. est un bon spécimen. coins. assez court. le courant n'y avait pas perdu sa limpidité. le lac pas indiqué.LES DÉCISIVES TRANSITIONS D'ARGENTEUIL. d'un lieu ingrat infirmerait tout ce que l'on a écrit de . jusqu'à ce Havre de sa jeunesse. avec une voile entrant dans le chenal et deux pêcheurs à la ligne sur le bord. il différent de Sisley quant C'est aux procédés. elles-mêmes disparues presque complètement de la surface de la France. de Sainte-Adresse mer le ! et analogues. aussi vaporeux. La verdure y Il y avait d'heureux restait fraîche. pour ainsi dire pas à pas. cependant cet Argenteuil qui allait aiguiser les perceptions de comme le point de départ de sa plus décisive évolution. et les affreuses nécessités de l'industrie. de 1871. où fleuve se confond avec cet autre stimulant de ses énergies picturales. De même pour Corot. dramatique. depuis les pre- miers tableaux de Saint-Germain-l'Auxerrois. les étangs de Ville-d'Avray étaient à son époque. ou bien alors penserait que l'inspiration. Monet de bonne heure abandonne la forêt de Fontainebleau et se trouve attiré vers ce cours de la Seine qu'il aura peint. le ternissement du ciel. A ce moment Argenteuil n'était pas encore la banlieue que le l'artiste. montre encore nous avons Monet peu définies. l'encrassement et le dessèchement par les usines. Une Vue d'Argenteuil. aussi volontiers hantés par les Majeur ou le lac d'Albano Si cela n'était teuil la — toutes proportions gardées. que y a un moment intermédiaire.

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Lui nos yeux. Et puis blement humble. de découverte et . se recomposant en buisson — exécutions qui se retrouoù circulent l'air et le frisson de la vie végétale. Mais remet les le peintre était jeune et le lieu n'était pas décrépit. de Manet. un consolateur aux jours de détresse. et de Renoir. sur la Seine. bien qu'ils aient été des moyens de que ces entretiens aient eu contrôle. et qui poursuite des effets lumineux. Ce jardin d' Argenteuil. voiles déployées. har- embrouillé. quoique de la vie quotidienne. ou plutôt à ils revenir. et jusqu'à du sable pour que les enfants de la maison puissent faire des pâtés. et des reflets délicats pour les robes claires des amies qui viendront visiter pendant l'été l'ami de Sisley. les entretiens plus animés et les plus entraînants entre camarades. habilement Il saisi. pousse très rapi- le y a des motifs simples et attrayants comme les barques des canotiers. ou comme le pont du chemin de fer. nous le considérons comme un dans l'œuvre du peintre. sous lequel l'eau clapote gaîment et scintille au grand soleil. passant sur leurs étroites planches. Enfin ce jardin fournira des fleurs pour les boufrais quets à peindre entre les expéditions de paysages. une belle Vue de Vétheuil. C'est étonnant ce que pour un grand artiste un petit jardin peut contenir pour un œil variés attentif et subtil de choses. sera. mais il il tel que bien vu et si ! et il lui-même passa- est pour que ses massifs s'interposent aux détours cela permet de l'imaginer très grand.65 V impressionnisme. dans un rythme y a le jardin entoure une fort modeste mais avenante maisonnette. un conseiller aux heures de" réflexion. du moins une des plus originales. où dix ans plus à se multiplier dans une progression presque fantas- tique les plus grands éblouissements de couleur. devant les voisinages. Il comme les Déchargeurs de charbon. tard la série d' Argenteuil contenait même des Ponts de Londres) commenceront à surgir et le en devenir (comme le tableau de Londres féerique jardin de Giverny. les causes déterminantes de l'évolution et de la transformation de Monet. ne se refuse pas quelques excursions. et jardinet si un celui-là est sujet d'observations inépuisables. de la péniche au quai. un point de passage sont. Mais dement à c'est Argenteuil qui l'absorbe principalement. à ces exécutions en touches pressées. accuse déjà une toute autre manière. Le jardin de 1870. d'ailleurs. Car bien leur importance. et cela choses sous leur vrai jour. Ainsi de 1872. Monet. et des motifs typiques la et bizarres. Au surplus un est assez touffu des allées. qui prêteront déjà à de ces fines décompositions de lumière. quoique choisissant Argenteuil pour séjour ordinaire. cette fois plus cruels qu'à l'époque privilégiée de la vingtième année. — car ne vont pas tarder à venir. plus loin. des échantillonnages de tons aussi que toute une forêt. mais lorsqu'on se recule légèrement. formant de près monieux et un tissu riche. un dictionnaire aux heures de travail. Il y a des Lilas au soleil (1873). hachées. à les décisif. bords de comme la Seine les théories les plus judicieuses. beaucoup plus que élément et les capital. très avec deux grands peupliers sur détaillée. gauche la et un premier plan d'eau. Il même en temps. veront fréquemment chez Monet et seront sinon la plus heureuse de ses manières.

techniquement. jusqu'à l'âge le plus avancé avec il fermeté qu'en cette décisive trente-troisième année. Les effets de Monet. ce ne furent jamais que des paroles.66 d'encouragement mutuel. ils ne sont pas encore complexes. à n'en pas douter. en vola- possédera avec tant de certitude et s'en servira avec tant de joie que. du jardin et des rives d'Argenteuil. Le premier les écrits sur l'art. et Nous venons d'écrire les s'explique tout seul. nous rencontrons deux peintures qui prouvent bien . le moindre accent de sa personnalité. et il même le parlera avec une intensité croissante. et que ces œuvres matériellement. si différentes. en paraissant raffiner sur les mots. et en entreprendra jusqu'aux confins de langage. la peinture de Monet était sans aucun doute harmonieuse. Il s'agit. non pas d'une de ces transon en a vu malheureusement chez certains artistes peu sûrs d'eux- qui soudain se renient. il le la même de son en assouplir. Nous avons déjà en insistant sur la et intense logique. il tient le principe le tour. C'est un des cas les plus curieux que l'on puisse trouver dans l'art moderne de la personnalité dominant ces avatars de métier. A ce point que l'on pourrait placer (comme nous l'avons vu d'ailleurs à son atelier) un de ses tableaux anciens les plus simples de facture à côté de ceux où les effets atmosphériques ou bien les réactions colorées des arbres. On pourrait. De cette même année 1873. fut que l'artiste ne perdit point le moindre trait. mais qu'elle n'était pas encore harmonisée. c'est mots d'évolution et on l'emploie assez souvent dans un feuil- acte. tandis que des de l'eau étaient des lages. sont décomposés par la touche et recomposés dans nos yeux de la façon la plus aiguë. les Sainte-Adresse. fortement accusées. de transformation. dans la manière précédente. Mais nous tenions à marquer qu'elle date. heureux ici dans leurs résultats. mais ce langage sera si et du rêve. dire de cette nouvelle sorties et définitive adoption du parti analytique. tout en aidant. jardin. et pourtant en énonçant phénomène un que. en quelque lieu qu'il se transporte. sont exclusivement lumineux. et demeure parfaitement au développement naturel trarier. quelque tentative qu'il entreprenne. Mais le second sera sans doute contesté par le lecteur. Chez Monet la transformation dont nous parlons est d'ordre matériel. dans les Vues de Paris. n'accuseraient pour ainsi dire pas de différence appréciable pour notre esprit et pour notre vision elle-même. et et qui repose sur sur les qualités de mais non de vibrations de la peinture qui pourtant tranche déjà si nettement sur l'ensemble de l'école à cette époque. d'autant plus qu'il lui semblera en contradiction avec tout ce comme formations mêmes et que nous avons dit jusqu'ici. mais que ne connaissaient point les maîtres des écoles anciennes. des fleurs. peut-être fait pressentir la nature de ce changement matériel technique employée principalement jusqu'ici. Un faits. Le fait le plus beau et le plus rare de ce passage d'un art synthétique à un art d'analyse aussi loin poussée. la nature les termes. dans les Chailly. loin de le con- de l'esprit. l'emploi des valeurs largement étalées. il ne fera qu'en enrichir tiliser l'expression. Doré- navant. Nous aurons plus d'une occasion d'étudier les innombrables manifestations réel. les Hollande. en varier bien à lui. des eaux ou des édifices. mais clarté.

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à droite du tableau. Durand-Ruel. qui est se rattache aux manières que nous avons précé- étudiées. la part. l'avait payée vingt francs. com- une Plaine plantée d'arbres en quinconces. Malheureusement. et de son côté art libre. le sentiment éprouvé. vres typiques de cette époque. sous lesquels circulent des promeneurs. les voiles édifices Un met du quai. deux figures placées en haut. comme un faisceau de drapeaux. dont et le au spectateur. un Port du Havre. L'expression du sentiment morne et accablant de cette banlieue est déjà très saisissante. Un admirable Pont d'Argenteuil est encore de cette année. qui au moment d'une des ventes désastreuses dont nous allons bientôt parler. d'atmosphère qui devaient être qui en sont De 1874. à examiner encore quelques œu- reste. nous citerons surtout diverses autres vues d'Argenteuil. ce public. routinier. fort. d'une tonalité verte assez soutenue. A gauche s'élève le .67 que ne se souciait nullement de rechercher un succès bruyant. ville est et remarquons-le avec des moyens parfaitement appropriés de couleur vibrante et de dessin remuant. Il nous avant de parler de ces incidents. Il n'y avait là rien que de très naturel. Ici c'est pressées. docile à l'habitude. et d'une honnêteté qui n'allait pas sans quelque indigence d'esprit. Le la était alors rebelle à la liberté. Mais nous remarquons surtout que les est traversée recherches dans l'œuvre de Monet mencent ici et à le préoccuper. sont rendus avec cette netteté. véridique. plupart n'éprouvaient pas le besoin de renouveler leur technique parti académique était nombreux. Ainsi c'étaient les sujets eux-mêmes qui dictaient à un artiste absolument sincère le langage qui convenait le mieux suivant l'occasion. L'impression (ici le mot est bien de mise) du mouvement de et la chaussée. public ne dût être reconnaissant à celui qui lui apportait des éléments de plaisir nouveaux. Les artistes. et l'artiste était de ceux que véhément comme la résistance rend plus ardents à la lutte et dont elle stimule l'énergie productrice. ce soin vigoureux qui ne diffèrent du genre de Manet que par l'accent personnel que Claude Monet dans le dû à un groupe de bateaux dont largement éployées. population dans une grande rendue à merveille. une Vue du Boulevard des Capucines prise d'un étage élevé. sain. fourmillantes. Les maisons. sont supposées à peu près au niveau du spectateur et donnent l'éloignement de la foule qui circule en bas Mais d'autre voici sur les trottoirs un étonnant grouillement de touches serrées. cachent à demi les choix de ses motifs. un succès forcé l'artiste moyen par quelque L'un demment extravagant. II faut ajouter qu'au lendemain de la guerre de 1870 les esprits étaient assez peu portés à examiner sérieusement un celui de Claude Monet. Une toile : les de givre. même un si infiniment variées des caractères dominants. pour ni leur vision. et celui qu'il voulait faire partager de très louable. très agréable effet est n'y a rien là qui puisse soulever d'autres critiques que celles que Il pouvaient inspirer alors les préjugés sur le fini dans un tableau. le quai. La plaine Environs d'Argenteuil (1873) nous montre un des premiers effets au milieu par une grande route qui file vers l'horizon entre de rares maisons et de maigres bouquets d'arbres. abréviatif. figure aujour- d'hui avec avantage dans la collection de M.

les voiles repliées. La Seine occupe deux les tiers de la surface du tableau. nous font assister à des travaux de couture lecture de femmes en robes de massifs. les allées bordées épanoui. en claires. de nous rappeler que nous avons atteint la phase décisive dans l'évolution Il suffit. - .68 pont. De beaux bateaux blancs. D'ailleurs. toute animée des reflets d'arches et d'arbres qui scintillent dans le clapotis avant et du courant. par suite devenir un rude jouteur. pour le moment. se tiennent en ont vraiment l'éloquence d'êtres vivants. même à des ébats enfantins dans temps que robuste et nature et de famille révélant des côtés affectueux chez de l'opposition qu'on devait si longtemps lui faire. avant de reprendre l'analyse et la chronologie de l'œuvre. les arbres étalent leur feuillage au fond. de Monet. si de plus en plus les personnages tendent à disparaître des paysages de Monet. d'un sentiment de l'artiste qui allait. nous en voyons encore dans ces tableaux d'Argenteuil qui jouent heureusement leur rôle. Tout cela est. Diverses intimités du Jardin dont nous avons parlé. et qui sont pour ou de la plupart aujourd'hui à New-York.

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on peut dire que ces œuvres. la vie familiale. et des traits comme c'est qu'elles sont à la fois d'admirables expériences de pein- de sentiment. tout cela vraiment réjouit y a plus de philosophie de Que la la Pyramide gros melon entamé. ou. réconfortants. seront Que Monet de ici cordialement vivants de expansifs. valent les meilleurs Chardin. les accessoires même quelquefois à peindre joyeusement. nous et ceux que nous aimons. C'est une comparaison qu'on si dignes en peut établir sans crainte. pu exécuter avec une verve entraînante et forte quelques morceaux de ce genre. la vie dans ces vigoureux le regard et riches frugalement. C'est caler la cet de certaines peintures de décoration de certaines natures mortes et qu'il est question. qu'il à leur place dans s'abandonna le tableau. puisque nous venons de parler de ces quelques échappées d'intimité à Argenteuil. un litre et excite les papilles. sans interrompre leur enchaînement. ou les études de perdreaux et de faisans jetés en rang sur la table Il franchise. morceaux que dans . d'y inter- mention de toute une série de travaux qui forment comme un intermède dans ample vue d'ensemble sur la nature qu'est la production de Claude Monet. ou bien Durand-Ruel. cela ne saurait surprendre ceux qui ont remarqué les détails des tableaux à personnages que nous avons étudiés plus haut le Déjeûner dans un intérieur. Tasse de thé si précieuse et superbe Corbeille de de pêches avec Même éclat. si somme de nos peines. expression d'une certaine gratitude envers les biens de la vie. Aussi bien. ture. somptueuse de si pommes même la collection la même collection ce soit la Hœntschel. puisqu'ils nous maintiennent en santé. qui montrent les côtés affectueux. cette énergique figure. plus avec un verre et une miche. Mais ce que les natures-mortes isolées ont de partiait : culièrement intéressant.INTERMÈDE DE FLEURS ET DE FRUITS. Sous ce dernier aspect. de les raisins et le saveur. et le Déjeûner sur l'herbe. Nous qu'il allons bientôt nous trouver entraînés par tant d'événements et d'œuvres nous deviendrait difficile alors. ou encore au retour de la chasse.

ou au melon. sous le rapport simplement pictural. Là chaque panneau diversité surprenante.. et ce sont des dalhias. Une autre porte. celle à la tasse de thé. dans véritable chant de joie en l'honneur des fleurs et des Tel panneau représente des lys du Japon. D'autres portes encore. des tons vifs et tendres pourtant dès pavots rouges l'épanouissement du jardin plifier unique poëme floral se trouve en devenir de l'œuvre féerique que nous verrons finalement s'am- et roses. de plus en plus chatoyantes. Durand-Ruel. fruits. un tel dessus de porte. des oranges. et Dans cet jusqu'au plus intense lyrisme de nature. puis des blanches. Une autre portera des pavots rouges et roses. se font que peu à peu.70 bien des tableaux réalistes comme on en a vu pulluler déclamer dans et expo- les sitions. sont traitées dans la note large et synthétique. études de gibier à plume. les autres. puis des marguerites jaunes. c'est que l'on y suit l'évolution technique que nous avons étudiée tout à l'heure. et arrivent à l'intense vibration que nous trouverons dans les dernières grandes séries de paysages. Car rien alors ne faisait prévoir la grande surprise qui devait illuminer la dernière partie de sa carrière. donne un intérêt particulier à ces intermèdes. est.. complexes de couleur et et panneaux de de facture. avec des chasseurs. et fleurs. deux magnifiques analyses de couleur qui semblèrent pendant de longues années demeurer ses premiers et ses derniers essais décoratifs. Des chrysanthèmes s'ébouriffent près d'opulents tournesols ou de délicates azalées blanches. de la sveltesse des tulipes et des glaïeuls. Un des plus remarquables ensembles de ces sortes de tableaux est la décoration d'un salon chez une MM. tel des des raisins écroulés près des beaux coings d'or. des citrons. non séparés de leurs feuilles luisantes. C'est ainsi que les même premières natures-mortes. Claude Monet avait également entrepris une décoration dont deux grands pan- neaux furent achevés : une allée de forêt en automne. et roses de Noël et et tel des pêches vermeilles. successivement éblouiront du rouge des azalées. des renoncules. d'ailleurs en de la nombre restreint. et une pelouse avec des dindons blancs. . Mais ce qui.

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Mais nous ne sau- rions aujourd'hui insister longuement sur eux. car le point de vue s'est singulièrement déplacé depuis ce qu'on a pu appeler les temps héroïques de l'impressionnisme. toutes les heures. ont atteint des prix élevés et ont critique qui leur avait prodigué ses sarcasmes. de Manet. merveilles qui sans doute les contemporains de ou les faire rire. mais qui allaient ne reconnaîtraient pas transposées sur Nous ne pouvons passer sous par attiré les indigner la toile. Arrivé à une phase décisive dans son évolution. l'autre. (par quai très animé il est surtout et exemple un très bordé de maisons maintenant voudra noter les plus subtils. Il les où n'y a maintenant plus d'héroïsme possible en matière d'art pictural. et qu'ils l'artiste tout comme le la plus nature que nous donnent toutes dans la les nature charmaient alors lui-même. mais les effets les plus intenses en vivement et le plus en plein jour et même temps que ses débuts. de Sisley. après celles étaient bafoués. Les œuvres des la et. ni récriminer contre les erreurs de jugement qui ont occasionné alors de si vives polémiques. dans l'ancienne manière. Monet pourra retourner encore de temps en temps à manière synthétique de la beau Port de mer. mais qu'il n'y avait. de Claude Monet. est daté de 1874). Depuis années où ils les tableaux de Renoir. canots. silence ces épisodes bruyants. que de la sincérité. d'une part. ces fêtes de couleur saisons. un bassin avec voiles. on s'est connu les aperçu dithyrambes de qu'il n'y avait plus d'audaces en peinture. avec que des l'art efforts pour attirer l'attention aucun rapport. et leur détail paraîtra tout à fait dénué d'importance au lecteur futur. de par des grimaces d'originalité qui n'ont artistes que nous étudions ici ont obtenu de . Il suffira de rappeler des événements qui sont devenus tout au plus une petite curiosité de l'histoire artistique.POUR RAPPELER SIMPLEMENT DES BATAILLES ÉTEINTES. ces féeries de en plein soleil. Ils ne passionnent guère le lecteur actuel. Il justement possible ces jeux de lumière.

On fit aux portes des salles où les nouveaux peintres subitement mis en lumière. ainsi que Daubigny qui . elle n'était un titre certainement pas un aujourd'hui en place d'honneur dans toiles les traitaient. Gaillebotte. à fois centuplé la Héroïques avaient souvent à soutenir dans leurs familles de rudes assauts pour apporter au foyer de pareilles « horreurs » mes elles. parvenaient difficilement à vendre ces toiles deux ou trois cents francs à un petit nombre d'amal'objet teurs (1) qui certainement alors ne songeaient guère à spéculer sur aussi ces acheteurs. et il le y eut à dédain que l'on la salle traitait des ventes de du grand encore mal effacés. nous politiques auxquelles (1) il donnait lieu. Des tableaux atteignirent en moyenne de soixante-quinze à cent francs. véritables rixes entre certains amateurs chaleureux et certains défenseurs art et de la et morale publique.72 triomphes. Le moment d'ailleurs est curieux à faire revivre où les discussions prirent presque l'allure d'une petite reprise de guerre la L'exposition de 1874 civile. que la carrière Il y aurait quelque ridicule à reprendre les arguments expressions de et les Zola à l'égard de Manet. en faveur des impressionnistes. montraient ingénument Impression. mais qui alors passionnaient la critique et divisaient le public. Rouart. suivant les camps. (C'était le moindre des ter- adoptés. Le langage de et ne convient pas à celles de leurs successeurs. de Chesneau. devaient vaincre les derniers préjugés académiques. car il n'y a plus de méconnus depuis de méconnu est devenue fructueuse et que les connaisseurs. avertis par l'erreur de leurs devanciers aux temps de l'impressionnisme. mais dans titre de rente. eut leurs œuvres. le premier cas. MM. ainsi que ceux de Duret. leurs défenseurs d'autrefois ne s'applique plus à leurs œuvres. et peu de gens peuvent aujourd'hui comprendre les singulières assimilations Mais lorsque nous rappelons ces événements. Parmi les amateurs. se chamaillait : rangeait des ouvrages et des peintres aussi peu semblables entre eux que possible. Les souvenirs de ceux qu'exaspéraient un ennemi de les levers de soleil la Commune étaient de Monet n'étaient pas loin de voir en lui " l'ordre. de valeur. Tout cela est bien loin. soleil levant.) Mais lorsque les impressionnistes affrontaient le hasard des enchères. Duret sont à citer. H. de Monet une vue de Hollande. il y a encore vingt-cinq à trente ans. Cette étiquette d'im- ils de gloire ou une injure. Le tableau de Claude Monet intitulé l'honneur. et unis par les idées plus que par la façon dont pressionniste devint. craignent avant tout de paraître ne pas s'y connaître. de devenir l'étiquette même sous laquelle on de rue Laffite la la rue la plus batailleuse de Paris. avait acheté à Bellio. de Burty. Mais ce vente de 1875. de Duranty. c'était alors le désastre dans toute sa désolation. C'était aussi par pas seulement par la colère. car ils . et de spéculations qui n'ont pas encore atteint leur maximum. et même plus tard de Mirbeau et des écrivains qui. Le malentendu ne passionne guère les générations présentes. qui aujourd'hui ont plusieurs la n'était «nouvelle école». très inattendu pour l'artiste. Les auteurs de tant de les collections publiques et privées. menus pour nous. qu'il y aurait quelque ridicule à continuer de déplorer leurs anciens tels déboires.

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C'est pour que nous reprenons. que nous en bornons ruption. entre 1874 et 1885. Celle que le longues pour que goûts ne se heurtent pas et que les amateurs se désintéressent les et opérera est à évolution et à échéances assez de l'opinion de leurs successeurs. et qui sait. l'examen de ses là l'histoire et œuvres qui des beaux phénomènes de la nature. Toutes de les les idées et toutes les manquer peuvent ne pouvait penser alors que était la condition la résistance de son succès. avait confiance dans l'avenir. le verrons. puisqu'il n'y a plus de tendances. ni d'avortements qui parviennent à provoquer une réaction temps opère immédiate. désormais sans inter- se déroulent avec l'ampleur et la joyeuse sérénité . et même toutes les façons se produire maintenant avec succès. pouvait traiter. même façons de les Ou si aucun signe ne acharnée que rencontrait son effort du moins. Claude Monet. ni de réussites. succédant aux dénis de justice dans les Salons antérieurs. cela comme des circonstances heureuses. il jusqu'où cette confiance . comme nous lui indiquait aller. —à Monet après la condition de vaincre. 1870.73 éprouvons quelque regret. vu leur ter- Ainsi va la vie. nous apparaissent en 1920. peut-être une sorte de jalousie à constater que de pareilles luttes semblent devenues impossibles. Les épreuves et les déboires de minaison. ni d'essais.

très bel Parfois Monet étudie les vergers sous poindre encore un des motifs où s'exercera En même temps élément de large le plus aigu de son se rencontrent certains coins de jardin (l'un est peint à Montgeron). L'année 1875 trouve On l'artiste encore principalement à Argenteuil. qui disait. la C'est la Seine qui lui devient de plus en plus familière cette fréquentation incessante. très moutonné. encore à Argenteuil. L'ANALYSE LUMINEUSE DEVIENT DE PLUS EN PLUS AIGUË. où apparaît ce qu'on pourrait appeler sa manière touffue : ces inextri- cables embrouillements de branchages à travers lesquels l'ombre et sa pourpre pro- fonde se jouent et font ressortir toutes les pés par la lumière. Les Bateaux de plaisance constituent d'être aussi un et ferme dessin dans la neige. les par I pour cause.ENTRE ARGENTEUIL ET VÉTHEUIL. C'est le ciel prendrait fort les gens qui alors croient que de ses reflets. Il en est un. médaillé régulièrement aux Salons d'il y a trente ans. devine sans peine que ce n'étaient pas lui fournissaient les moyens de qui. lui déroule tous les trésors frémissements de son courant. et l'on voit analyse. ventes dont nous venons de parler qui faire de longs voyages. Je ne puis m'empêcher de rappeler à ce propos le mot saugrenu d'un vieux peintre de paysages. les paysages de cette série. » Cet honnête manœuvre n'aurait pas davantage compris le dessin des les plus : ciels d'Argenteuil. à un ami mal dessinés. sans compter pour découverte de soi-même les et le peintre la Mais que de belles découvertes découverte de ses ressources. « Je ne peux pas peindre à Paris parce que les ciels y sont sérieusement. qui donne beaucoup de mouvement et de charme à une des vues datées de 1875. émeraudes des feuillages diversement frap- . tous somptueux azurs. et tous de ces environs de Paris (ce qui sur- le ciel est plus beau quand on court le regarder très loin). qui lui offre toutes les plus riches combinaisons de nuages.

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se montre grande. d'éclairage. qu'il y serait aussi indiscret qu'inutile de et chercher à connaître). rendre Mais en la touche. infiniment plus variée. alors qu'il semblerait que cette complexité la dût ralentir et refroidir. Et encore. nous devons mentionner une assez étrange exception dans l'œuvre. C'est en cela que ce caractère demeurera pour les artistes un réconfortant exemple. « osera » n'est pas de Il vaudrait mieux dire que c'est la les observer. parce qu'il a une fois commencé les rendre. les phases lumineuses et les apparences la nature. d'Auvers une bizon. rendent désormais des effets d'atmosphère. extrêmement muraille achèvent de donner à accoutrement est et un de monsassez exceptionnel. la aériennes des journées qui l'entraîneront avec de et bien avidité semblable. que rarement entrevus. le succession des saisons. une beauté blonde. mais encore aller en s'exaltant. semble non seulement ne pas se tarir. avec telle variété. on s'étonne de voir qu'un homme que presque aucun appui matériel ne vient soutenir. en une aussi puissante allégresse de voir et de traduire. quoique nous ayons considéré à l'instant les difficultés de vivre comme des cirjoie constances enviables pour l'avenir. puisse se maintenir en un pareil entrain. même les paysagistes avaient jusqu'ici de les poursuivre et de elles. Quelles qu'aient pu être les heures de doute même de découragement qu'ait traversées Monet (et il en a traversé aux temps des plus grands succès. capricieuse. les tons composés des éléments les plus divers. par C'est du labeur. Cette progression se constate dès 1878 où nous voyons apparaître les premières vues de Vétheuil. ses tableaux ne rappellent plus ceux de la première manière que par l'ampleur du dessin. par l'infatigable perfectionnement des resdans la joie d'enrichir et d'assouplir ses moyens d'expres- la continuité sources. On le voit. La importantes — ces nains éclatante. les engageant à mener jusqu'au bout la tâche qu'ils se seront assignée. pourtant exclu- caractère de caprice. mais boutade d'une richesse et d'une beauté de matière qui méritent de nous arrêter Ce sera la — un instant. De plus en plus brillants et lumineux. par l'opiniâtreté sion. un Nippons. n'avaient pas poursuivi correspondant exactement à son évolution.75 La Et. Les éventails de cette page. de contexture des terrains et de la végétation. la forte simplicité du motif. Au risque d'interrompre la progression dont nous venons d'indiquer le départ. fait le motif principal. par pas. du mouvement des eaux. jamais nuance de découragement ni de doute n'est venue effleurer son œuvre. De 1876 date grande peinture de la Femme en robe japonaise. ondulante. Même les grands paysagistes de Ville-d'Avray. que l'œuvre de Monet. pas à même et temps sa couleur plus complexe et son exécution plus prompte plus sûre. de boutade picturale. Ce n'est cependant que de Bar- une commence- le mot marche ce que notre peintre osera entreprendre. Nous devons donc penser qu'il aura été amené la dernière figure . enveloppée de cette ample et bizarre broderie dont trueux qui amusent dominante rouge de les cet pacotille qui tapissent la sivement réaliste. ment de surtout dans les aspects fugitifs. du moins la dernière figure de dimensions que Monet exécutera. étudiée ainsi d'ensemble. et Constable lui-même.

les bouquets et les rideaux d'arbres qui l'escortent ou le rehaussent. exécutaient alors. tour à tour. Le village s'étale et s'étage sur une colline. A partir du moment où il développe ici les moyens nouveaux qu'il avait commencé à expérimenter à Argenteuil. coule donnant ainsi quand on regarde Vétheuil de l'autre rive. et Revenant à Vétheuil. et plus vigoureux que le second. par même. plutôt que par la que d'une part Manet. ses toits rouges. nous y trouvons un thème plus étendu et plus séduisant. soit qu'il s'éveille frais et soit qu'il grelotte et se à l'observer et à pendant un temps. fique premier plan qui. il ne fera plus intervenir l'être humain (mais principalement la femme. il choisit aussi. après des détours droit et large. mélancoliques. d'été. Il ne fait pas que subir et retenir. dit mais sensible La et pensant. ce Ce superbe caprice une fois satisfait. nous renfrogne titres — car — les glaces et les débâcles que ce village s'évanouisse et soit fait de Monet à déjà parcourir tout la qualité façon de noter et de collectionner dans un amour du peintre vaste clavier de ce qu'il la nature. C'est une constatation qui n'explique rien. De chaque saison. enfin le chemin que suivra pendant un simple Ainsi les et de tout ce qu'elles vapeurs dorées des soirs de printemps. il a désormais inventé un nouvel art de regarder. ou alors c'est un organe non point seulement sensitif. que de s'apercevoir que cet œil possède une extraordinaire délicatesse. gaze à travers laquelle la masse des habitations semblera une apparition de rêve. de l'autre Renoir. devant lui. rudes hivers et d'apporteur de neuf. On a un peu trop légèrement que la principale valeur de son œuvre était due à la finesse de son œil. C'est un morceau différent. C'est en cela que l'œil merveilleux qu'on lui accorde. de chaque heure typique. une sations agréables. un fantastique et enivrant peuvent provoquer chez l'homme de sen- un drame. de montrant à la les tonalités. peuvent y ajouter de brillant et matière s'y de somptueux. appliquées à la figuration humaine. avec ses maisons claires. le point le plus significatif en même temps que le plus rare. agenda des saisons. y a de notes C'est que cette le raconter. des brumes. il sait discerner le moment. et que pour un peu on lui reprocherait. un inépui- même de Vétheuil sont vraiment poignantes à contempler. est plus et mieux qu'un simple organe. Il s'élève harmonieux. Monet fois plus souple que le premier. les res- sources picturales qu'il a acquises depuis la Camille de 1866. apparences successives de ce que nos habitudes et nos regards paresseux sont portés à considérer comme monotone. les caravane débandée des glaçons. capable de satisfaire avec bien plus de diversité qu'Argenteuil à toutes les curiosités du peintre. l'infatigable et d'accords et d'aspects surnaturels un des idylle. qui participe mieux et s'imprègne plus finement de l'atmosphère) que très accidentellement dans le poëme de nature qui désormais vaste s'em- parera de toute sa vigueur et de toute son ardeur. douloureuses dans la village de l'Ile-de-France sera sable répertoire de spectacles naturels.76 à vouloir se rendre compte de ce que. série des Vétheuil est trop nombreuse pour que nous l'examinions dans le . un magni- ainsi sur les bords de la Seine qui. de grand peintre les candide aux matins l'hiver. sera le miroir du le réservoir ciel.

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Par contre une série semblant la amorcée. de négligences expressives. entre les hautes falaises de maisons qui entourent et dominent le perpétuellement trépidant embarcadère. après travaux d'Argenteuil cette mer et les années de 1875 à 1881 consacrées principalement à ces de Vétheuil que nous venons de résumer. comme celle des gares. s'est à la fois exercé ce fantastique de plein jour. Les environs. tourbillonnant au-dessus des machines. viennent compléter encore ce détail. reprise en 1903.77 de sujets. En même temps particulier. Lorsque Monet. contraire. d'une solidité de construction sur laquelle ne s'en joueront que mieux les caprices et les caresses les plus volatiles de l'atmosphère. doivent amener pour le les un système peintre partitions d'abréviations. Comme nous l'avons vu. modifiée. planant. mais en temps il apporte dans les il même nouvelles œuvres. un « motif dominant » se rappelle. et aussi d'expérience. Mais ce serait une grande erreur que de croire que la rapidité. chaque variation du même thème devenant un nouveau sujet en lui-même. Quoiqu'il en soit. revient. en 1887. par un accord. l'entraînement croissant. toute la somptuosité de palette. amplifiée. d'un tableau de 1871. Qu'il suffise d'avoir signalé sa multiplicité beau cycle. détours de la Seine. ne fournira plus tard que des éléments pour une nous croyons que série différente. même par une simple note. Monet s'est bien gardé de ce danger. comme ses amours de jeunesse. l'année 1878 voyait naître quelques tableaux d'un genre assez mais qui se ralliaient à l'étude analytique nous voulons parler des Fumées de peu nombreuses. de sous-entendus qui ressemblent assez facilement au néant. après de nombreuses et différentes scènes. toute que nous l'avons vu pas à pas conquérir. plus les effets qu'il rendra seront fugitifs et en même plus son exécution sera riche et nourrie. Plus brutal à la fois et plus insaisissable que les spectacles de nature qu'il avait peints jusqu'ici. dans modernes auxquelles nous avons pu comparer les ensembles de Monet. à et à ces falaises qui furent en peinture. ces fantômes de vapeur irisée. accusent encore une recherche de notation toujours plus rapide et plus subtile. ces Fumées marquent encore une étape. souvent à distance de devait l'être celles des vues Tamise. mais très typiques. De même. Ainsi les fumées de la Rue de Rome peuvent être retrouvées dans les panaches qui se colorent de toutes les étranges opalisations des brouillards londoniens en s'échappant des locomotives sur le Pont de Charing Cross. une idée se reproduit en comme quelques années. Une toile de 1881 l'ouvre de façon heu- l'acuité d'analyse . cet aspect de grande ville conserve dans l'œuvre de Monet une valeur d'intermède. de lui. transposée. coins ou ensembles du proche village de Lavacourt. Claude Monet plexe des effets colorés En et ces toiles de plus en plus variée amusé à noter : la et com- gare Saint-Lazare. Cette magnifique suite des vues de Pourville et de Varengeville commencée en 1881 est accomplie en 1882 avec luxuriance. à aucun moment Au temps complexes. Et surtout. retrouve touje la puissance des anciennes vues de Sainte-Adresse. il ne se départira d'une largeur et d'une fermeté de dessin.

ou un autre jour plus soleil. car. rien flottant dans son dessin. se divisant en deux lobes énormes. comme On peut offrent tiède encore la débordante vie ressentir les mêmes que l'artiste elles y dépensait. perchés qui parfois surgissent comme brusquement à nos yeux. s'élèvent dans et le clocher. Le motif est d'ailleurs différent et d'un pittoresque un peu plus accentué. ainsi les airs et étendent leurs bran- qu'un dais naturel au-dessus d'un . nous en foulons petites figures de dessous d'elles. Tout de Pourville. une promenade presque vertigineuse sur suite après. des rocs. Ou bien encore lorsqu'un imperceptible voile passe devant les saphirs. n'est négligé dans sa facture. ou en plein soleil. ou à gauche. promènent sur gazon vert. impressions devant les tableaux de Varengeville qui forment une série parallèle. ou la falaise de ou près. les émeraudes et les roses rubis de l'Océan. tandis que de grands arbres tourmentés par ches sur humble le groupe de maisons reliquaire. et du village et de l'église. ou au soleil couchant. après les quarante années qui ont passé sur ces peintures. des grise et plus tendre. ou au loin. ou un jour gai et mélancolique. atténue leurs Monet soit en même temps partout. bien en de nous qui regardons cette masse surplombante et l'immense plaine azurée. champs salins. la mer s'étend au loin. est pour ainsi dire sous la falaise nos pieds. ni Il feux. les améthystes. et Il semble que perpétuellement se possède d'une façon surprenante. tant apparaît infatigable ardente son exaltation de peindre. c'est ou dessous. femmes et le sol se élastique et rude. l'originale silhouette la brise. et leur conservant leurs couleurs.78 reuse : massive. Tout est précieux dans sa matière et cependant. ou à droite. à cause de sur la côte. deux élégantes le la crête.

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séjour d'élection. Le cours de la Seine est là d'une assez grande largeur et d'un calme. : des grandes ondulations des coteaux. Ville et village ont plutôt le caractère de ceux de l'Ile-de-France. son port d'attache. on . élyséennes. le rythme Ainsi. tout à coup. il devait entre- prendre encore. l'on dirait presque. en un seul coin de terre seront réunies quelques-unes des plus enveloppantes séductions de nature le miroitement nonchalant du cours de l'eau. les échappées suffisamment vastes au milieu des champs. tandis que la fraîcheur de la Normandie. qu'infatigable explorateur des régions et des couleurs. presque majestueuse. la Ce fut Givern5^ Le village s'étend en longueur sur une belle route parallèle à la rive droite de Seine. d'une charmante élégance. sinon pour les peindre. d'une courbe noble. se remplir les poumons d'air pur et s'impressionner la rétine de couleurs vierges. un peu avant l'agréable ville de Vernon qui vient se mirer sur la rive gau- che. trouva le les rives de la nouveau depuis Seine pendant vingt-cinq ans. du moins pour les dominer. d'une limpidité que font encore valoir de petits tives sont îlots joliment ébouriffés d'arbustes. Plus hautes du côté de Vernon. AVEC GIVERNY POUR ÉTAPE DÉaSIVE Après avoir ainsi côtoyé le Havre jusqu'à Paris. et viennent Aux les brouillards détours les perspecdes demi-saisons. et de Monet. depuis les quais du Louvre jusqu'à l'estuaire. elles forment ainsi autour de Giverny un spacieux amphithéâtre. au milieu de plaines abondamment plantées de bouquets de bois et de vergers. en songeant aux déplacements. les silhouettes boisées des fuyants rivages apparaîtront vaporeuses. Puis.LA CARRIÈRE DE MONET PARALLÈLE AU COURS DE LA SEINE. les et par suite une immensité de ciel pouvant satisfaire les esprits et les yeux plus avides de lumière. et dominées par des collines qui sans être très élevées ne manquent pas de fierté. Le fleuve campagne annonce déjà la luxuriance et la forme là une magnifique boucle.

— Enfin la vie trop moderne ne viennent — ou ne venaient encore désharmoniser. ses rideaux d'arbustes et de haies. le séjour. C'est villa. les plantations. lui. la maturité des moissons. la naissance des printemps. en analysant ces magnificences et ces subtibilités de la création. la fraîcheur que maintiennent les y contribuent encore. une sorte de créateur. Alors. Elle serre de très près le village. tout ce simple et infmi répertoire à la profondeur duquel nous ne songeons presque jamais. ces deux éléments n'étant l'un sans l'autre qu'une poussée aveugle ou une activité sans objet. en étudiant ces forces. le long de la même de Giverny. le étendues les et voir s'agencer puissant entrelacement des lignes générales. constructions qui semblent aussi et logiques. la culture des légumes et des blés. séparée de l'autre par un grand jardin en pente par son exposition ensoleillée. activeur fertilité. aussi naturelles que de celle l'arbre. qu'au- cun rappel trop brutal de jusqu'ici. La demeure. fluette mais vive. la vie rustique. et enrichie en 1883. une certaine petite demoiselle de compagnie Seine souveraine. régulière. en modelant ces masses. entre deux routes parallèles. qui lui donnera les façons d'un un lac dans une maison rustique. dans ce coin de France (comme en maints autres d'ailleurs qu'un pinceau passionné n'a point consacrés) permet. permettant tous les tracés moins se dilatant par fantaisie en de Genève en miniature. de l'épi. L'abri rivières. et de l'homme lui-même. pour transformer effort fester côte à côte. plus tard étendue que Monet vint s'élevait s'établir en bordure de l'une les floraisons. si si l'on s'arrête dans quelque village voisin. ou plutôt de les faire se mani- que donnent les hauteurs. de roseaux. et le culte des fleurs. ses et petits bouillons. il deviendra. les labours. touffes de joncs. babillard à de donneur de pittoresques intermèdes. ainsi que la modération du climat. accomplit avec beaucoup d'entrain la et de conscience son rôle de cours d'eau rapide. en grimpant sans peine sur les plateaux. l'Epte. la massive architecture des meules qui témoignent de hommes l'effort fructueux des des maternelles constances de la terre. l'atelier et la bibliothèque de Claude Monet . en art. par la ferveur de sa sensation et et l'entretenir par l'expansion de son sentiment. Tel était. Il suffira de quelque La bonté du terrain. peut pendant des années sans nombre pourvoir de sujets un artiste qui. car il sera alors cet homme ajouté à la nature. vient mettre aux ordres de celui qui possède quelque domaine sur ses bords. bienfaisance en splendeur. en enthousiasme. favorable à toutes l'autre côté de cette principale route et d'un servant aux communications vicinales. Rhône minuscule une autre pièce de celle-ci se parait s'étalait. De et était léité lacustre de en confortable et. l'on parcourt les prés. qu'aucune hideur industrielle. d'iris aquatiques phars qui pouvaient s'aristocratiser en variétés plus rares et La vel- de ces larges nénuacquérir noblesse de et nymphœas. Car. à peu près résumé. cet homo additus naturœ.80 dominer peut. et jusqu'à tel caprice d'élargis- sement. y songe. douce. en retraçant ces lignes. plus touffue chemin de fer-joujou et d'une configuration terre favorisée des coquetteries de l'Epte.

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fuit plus qu'il lui. des oiseuses en général de et. déjeûna pour le la première fois avec sa famille dans sa propriété de Giverny. on ne peut s'empêcher de penser que cette terre de Giverny avait assez d'importance sur la carte historique de description. ne peut prévaloir contre cas. sortir interprété mains. mais qui se borne généralement à la suivre.81 pour les années où il demeurait chez et stériles discussions tout ce qui. si on vous prend plus de temps de travail et vous le courtise. entre- croissantes ses énergies. que et cette date de l'art français moderne pour justifier un peu de 1883 n'est pas dépourvue de toute solennité. monde en tous loin du tumulte creux des des théoriciens. des amateurs. et d'un voyant une grande tâche à poursuivre. villes. et se porte en avant pour mesurer tout ce qui devait encore passer devant de de le faire sourire tels yeux. l'esprit s'arrête un instant sur ces coïncidences. veut conserver intactes homme et qui. ne vous qu'il travailler. des confrères. ne vous écoute. d'un sage. Il en 1883. qui peut faire l'opinion. jour de l'ouverture du Salon. parti d'un laborieux. . enfin qui. donne d'encouragements à Monet choisissait le les œuvres. ce qui aurait pu télégramme ne Lorsque lui avait telles — si un pas apporté la nouvelle de la mort de Manet.

sont soumis Giverny fournit donc. Mais en même belle peinture de la temps une excursion à Etretat sera commémorée par quelque plage. qui a trouvé des facilités de voyage dans le Midi et qui peut en faire profiter ses amis. un plaisir d'imprévu plus qu'un penchant impérieux de nature. caressant. une conversation avec Renoir. qu'ils sont sans auxquels doute il ne résistera pas. Tout en faisant là son séjour préféré. derrière une dentelle de soit ses gentils brumes feuillages. Ce seront une invitation au départ. presque dans l'ancien goût.•. ou emmitouflés de légères. en art. cette sorte de demi-Orient. quelques beaux tableaux : des effets de neige. soit ses paisibles rues paysannes. eux-mêmes aux lois des associations d'idées. jetant aux yeux et aux sens.' i > . tout en y revenant sans cesse pour y découvrir quelque nouveau motif ou pour y accomplir. BELLE-ISLE. suave.. ils retrouvent par une simple rencontre. Grâce à elles. le fait partir avec lui pour Bordighera et Vintimille. Les créateurs. des vues de Vernon paresseusement assise parmi ses verdures.. des vues de Limetz. Il éprouve un vif plaisir. cependant que beaucoup plus tard que n'est le peintre doit se confiner uniquement dans son Giverny. Soudainement. de l'autre côté de la Seine. les désirs insoupçonnés qui redeviennent une résolution. avec les barques échouées au pied des rocs et la frange d'écume venant s'effilocher sur la grève. moulins à eau.. ALTERNANCES Ce : BORDIGHERA./: ^. le résultat — auxquels d'un travail latent de il l'esprit. un appel à résistera d'autant moins la construction. à échantillonner ces harmonies toutes nouvelles. ou bien un choc qui semble fortuit. y revoir même et y combiner quelques-unes de ses plus importantes suites sur un thème donné. d'un objet capable de diversifier sa verve. ETRETAT. ou subira l'attraction de plus ciel lointain... .. pendant l'année 1883. les pensées oubliées qui étaient demeurées une amorce.. une parole. village voisin. d'un il acceptera diverses occasions d'absence.

< H a: H Q W O < .

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c'est-à-dire l'ouverture de la falaise de l'autre côté (et placée à la droite. bien que toutes ces choses aimables.83 toutes sortes de séductions insinuantes. en arrière d'une vaste prairie. nous sommes presque au-dessous de sa le peintre l'a décrite encore à quelque distance). sombre sauvagerie. Ville perchée sur la diagonale d'une haute colline. dans la ainsi fixée l'a mer la falaise. tout cela exprimé d'une touche légère. l'entraîne à Sassenheim. tulipes l'appellent. souvent féeriques flatteuses. ou bien d'accords plus virils. . ramassés sur eux-mêmes duel dans lequel jamais les adversaires ne succombent ni se lassent. assez éloignée. installé à Belle-Isle-en-Mer. revenir à le vo5'ons. torturées. opposant leur opiniâtreté à l'acharnement du flot perpétuellement en furie. mais d'une négligence pleine d'art. Mais comme saisi comme le voici. en Hollande. Tantôt dans la clarté l'arche se voit au loin. crache son écume aux blocs même La vague rugueux. non plus à la gauche du spectateur. végétations d'aloës et d'orangers. à son besoin de lignes franches. qui recompose tout dans son apparent embrouillement. Toutefois. porte percée qui d' Etretat. n'était pas encore suffisamment assouvi. au milieu d'arabesques un peu folles de pins parasols. qui font qu'on ne sait trop fums ou l'on respire des couleurs. De la sorte se remarque encore. Une ou deux fois au plus. d'une plus grande intensité lumineuse et même d'un dessin plus large et plus emporté. une joie d'une plus en 1886. qui l'avait après les énervantes douceurs du Midi et l'avaient attiré à Etretat. de plans moins efféminés. Entre deux voyages il ne négligera pas de brosser une claire vue de Vernon. Cette sensation si si on peint des par- envahissante se discerne très bien dans les peintures de Bordighera et de Vintimille. le tour de tous et thèmes et de toutes ses idées. tantôt même rude architecture. ce besoin du peintre de faire pour ainsi dire. n'est-ce pas connue jusqu'à les peintures cette porte ogivale qui a se confond avec laisse passer un de que des ses linteaux flots rageurs. tourbillonne. c'est que ces impressions plus septentrionales bénéficieront d'une palette encore plus affinée et vibrante. si fait. dussent encore une le solliciter on ne peut pas dire fois. l'autre qui l'a qui s'ouvre sur le vide et ne déjà un de ces thèmes générateurs qui inaugure même donnée que nous verrons se développer bientôt dans une progression de plus en plus ample. La seule dif- férence avec naguère. La au silhouette. quasi-négligente. dans — mais l'esprit ? — creusée. Et c'est sans doute une escapade qui ses où les vermillons incendiaires d'un champ de fouetté par un souvenir. tantôt nous l'approchons de façon à en distinguer les assises rocheuses et la trace des morsures acharnées du flot. d'oppositions fortes. Ce sont alors les roches sombres. embrouillée. si le à la fin de cette même besoin de choses véhémentes et année 1886. est ces suites de variations sur une de la Falaise de Monet qui nous masse pesante de la la hantise. exécutées en 1884. de plus dramatiques accents. ne fût-ce que par un seul exemple. qu'elles répondaient à la véritable nature de Claude Monet. séculaire et rude accourt. poudroiement de tons tendres. Aussi ne sommes-nous point surpris lorsque nous Etretat avec une sorte d'âpreté. mer bleue entrevue entre des broussailles. d'atmosphère chatoyante.

le ton. Claude Monet Goulphar. que.84 comme des gnomes monstrueux et têtus. vu d'en dessus. le grand premier rôle est donné à un énorme bloc. Parfois. en lutte pour drame le d' améthystes tirant sur mouvement. l'agitation vaine contraires. La profonds. Les rochers. Elles s'entremêlent inextrica- blement du et semblent se mouvoir. qui émerge comme le dos bombé d'un monstre. Les touches sont à la fois pesantes et agiles. rageant et se lamentant. comme les les s'est-il contenté d'un petit Pyramides de Port-Coton (sorte de nombre de motifs. Jamais encore sa facture n'a été plus flot complexe sur un dessin plus simple. La Et lutte les deux donne le et le ton le pinceau de Monet s'est laissé emporter. en suivant cette manœuvre opposée et superposée qui se retire et de celui qui s'avance. lui suffisent pour créer des spectacles pleins d'unité et pourtant de changement. est seule. plus intenses cent fois que les claires teintes de la Méditerranée. de bronze. dans cette série. Parfois. suivant la distance et l'angle semblent éparpillés. : ils et sont encore splendides. . ou bien forment une cri- un cirque au milieu desquels la vague s'abandonne. captivé lui par l'éternelle tragédie. hérissée de mille frissons. que Il résulte de l'immobilité de ces roches et de de cette mer qui annihile son les mouvement par tant de tableaux de Monet. contre cette monotone et magnifique furie. Les nains rocailleux pren- nent des couleurs de pourpre. sont en accord pour donne l'harmonie. entraîné à entrer en lutte lui-même. Ainsi. le grenat. des saphirs. plus soutenus. ennemis. et dont elle modifie à peine la forme au bout de centaines d'années. pour arracher son secret de formes et de couleurs. des lapis concentrés. au contraire. Pour peindre cette harmonie dramatique. dont elle ne réussit qu'à agiter le pelage d'algues. inexorables mer a des azurs. ou se trouve contrainte à une danse éperdue. Flot rochers sont non seulement invincibles. à une ronde bouillonnante. la sombre plaine bleue. Les Rochers de piliers étroits s'élevant sur les houles ruines de palais fabuleux) vus d'observatoires plus ou moins rapprochés. semblent mouvements comme animés par palpitation intérieure.

1—4 « O H O O < W O (/2 w .

.

cet enthousiasme fécond fut presque constamment coupé par des accès de doute. mais de sa sensibilité continus de ceux qui régnent jusque sur sa vie ces intrusions trop coutumières à l'information contemporaine. dans moins avide qu'on ne le croit. et dont sans doute lui-même ne s'est jamais rendu compte. il n'aura pas de plus grande .QUE L'ŒUVRE DE MONET EST SOUMISE A UNE LOI DE CONTRASTES. tendre. Et en effet. trait En revanche de caractère. en révélant que si Claude Monet eut dans l'ensemble de son œuvre un élan de lyrisme et d'ivresses de nature plus intense que la plupart des peintres modernes. et quant à ceux-ci. On même même tête l'a jugé exclusivement tenace. il est tout cela. un double intérêt qui aide à notre compréhension de l'œuvre et nous empêche de porter sur l'homme un de ces jugements tout faits. alors qu'il les aimera. Un besoin de contrastes et d'alternances qui n'a peut-être pas été jusqu'à pré- sent assez étudié dans l'œuvre de Monet. Nous ne commettrons pas de ceptions et de son labeur. à part la brutalité. ample avec indiscrétion dans l'intimité. émotif. énergique. Mais il est en temps extrêmement sensible. fonçant sur l'obstacle. mais de un beau rythme. est que il cette œuvre échappe depuis longtemps se trouve pourtant pour nous. sans entrer de s'étudier sa production et de se raisonner. et. devant les résultats les plus beaux. et d'autant plus inexacts que leur simplicité les rend vraisemblables. et dont le public. on dirait on l'osait. dans ce à l'appréciation de son auteur. car son caractère vivre et d'agir. rapprocher ces contrastes artistique. Il peut attaquer l'ouvrage et tenir aux gens sans en démordre. une fois brutal. On pourrait. si l'ardeur calmée. Mais il croira voir ce qui manque à celui-là. des anxiétés allant presque jusqu'au désespoir. et régulier non plus de ses per- même. ou plutôt d'organisation humaine et artistique. des périodes de découragement. n'est pas donne à l'ensemble de comme le flux et le reflux. les plus heureux de son travail. Il y a d'autant moins d'inconvénients à le dire ce qu'il a de pensant et de noble.

Nous n'avons plus affaire à un de ces caractères massifs. un de ces laboureurs robustes. non pas de pures impressions. à aussi parfois — ce qu'on caresse de l'air et de la terre. Mais telle claire ne pourrait croire en considérant son œuvre d'ensemble. marche de la positifs. nous dirons simplement que Monet se consacra avec une ardeur infatigable à l'organisation d'Une vente artistique au profit de la famille que Sisley laissait sans fortune. elle n'est pas moins aisée à admettre que le perpétuel combat qui captivait Monet à Belle-Isle entre l'élément fluide sans cesse agité. en effet. sans nuances. chez Monet. il sera demeuré — d'assez longues périodes sans toucher un pinceau. qui ne trouvent à apprécier que blement doué d'un admirable ouvrier. s'élève. pour ceux qui voudront bien adopter notre manière de voir qui n'est pas venue sans réflexion. et l'a œil» admira- ne voient que l'instrument sans sentir l'esprit qui l'anime. (1) Sans entrer dans les détails de cette histoire. D'ailleurs ses affections seront choisies et raisonnées. de sa vie. production artistique. avait pour devise comme : nulla dies sine linea. court. une tombe. sous l'empire d'idées plus sombres. toutes les journées comme poussé par ces sentiments à préférer. comme l'ont fait les théoriciens des jeunes écoles qui ont réagi contre l'impressionnisme. un Emile Zola. parmi tant de tableaux mâles. en tant qu'écrivain des- promeneur solitaire » Quant à la dualité de cette énergie visible et de ce trouble le plus souvent caché. et l'infrangible masse calcaire qui lui résiste et le domine. on en rencontre souvent d'une délicatesse criptif et « presque féminine.Jacques Rousseau. qu'ils conduisent. et surtout contre sa suite immédiate. ou du moins prétexte à le dire. l'idée satisfaction qu'il n'est pas sensible. semblables aux bœufs lettres. et sans exception. ou bien de travailler lentement. Au il l'observa. ou bien enfin de se laisser aller avec une confiance légère. à la fois préjugé. Celui-ci pour ne considérer que suivant les spectacles qu'il aura été et pourtant fine organisation lui per- par rafales. et erreur de jugement physionomique. si nous nous en tenons aux exemples qu'on peut donner. le Ces indications jetteront. une lumière particulière plus vraie sur et l'œuvre et sur son enfantement. légende. Ainsi Monet ne doit plus être pris. pour le sira des copiste entièrement passif de la nature. cette forte comme la il y a un trouble secret. Elle permet de comprendre pourquoi dans l'œuvre. 86 que de se dépenser pour eux comme il fit pour Manet et pour Sisley (1). se ranime jusqu'à l'embrasement. dans fut. ce qui peut donner à ceux qui n'en sont pas l'objet.. épanouie. . mais bien d'involontaires prenait Jean. confessions au sens où le contraire la diversité il y discernera même et y choi- de ses émotions. Au thèmes en rapport ou en relation avec Les tableaux deviennent ainsi. et. tout d'une pièce. Sui- sentiments qui dominent sa vie mettra ainsi de produire les contraire. flamme qui tour à tour vant les par exemple. Elle est la réfutation de l'opinion. posément (quoique toujours avec une ardeur alors contenue) à quelque cycle où la construction l'emporte encore même sur la subtibilité de l'harmonie. d'ailleurs intermittent.

V2 Ui C/3 .

.

en 1888. les suavités de Bordighera en 1884. les colorations plus chaudes. perché sur Bordighera et les Vin- soit. les parfums et les douceurs d'une seconde saison sur la Méditerranée. puisque nous voyons alterner les effets souriants de Giverny en 1883. fassent entendre cette période succédera à son tour le un appel plus véhéments. dans sa coquetterie. les harmonies plus sobres et les contours plus accusés en 1886. Quoiqu'il en grande arche au premier plan. auxquelles vont de nouveau s'opposer. cette toile est et une hauteur d'une au-dessous de laquelle et couronné de son Municipe à allure de donjon féodal. On voit que. puisque timille sont de 1884 coupe heureuse avec et les la les Antibes sont de 1888. derrière s'aperçoit le village très à l'italienne. production la les alternances sont trop constantes du hasard. et hauteurs. Les silhouettes sont en général plus découpées. de Monet se conforme à un rythme très pour l'été l'effet dont net. entre mer le Cap d'Antibes. C'est sans doute par l'erreur d'une signature ajoutée après coup qu'une vue de Dolce acqua près de Vintimille est datée de 1886. Cette succession de contrastes qui caractérise et domine une notable partie de de Monet commence à s'acccentuer au cours des années que nous venons la carrière d'étudier. les buissons la ville même. moins exclusivement caressée. La seconde saison méditerranéenne est plus corsée que la première. en attendant que les d'Etretat ravins abrupts de la Creuse. tandis qu'en 1891. eux-mêmes encore moins âpres que les sauvageries de la mer à Belle-Isle en 1886 et 1887. sans être simplement qui incendieront sa pour cela suivre une régularité mathématique. LA CREUSE.AUTRES ALTERNANCES : VINTIMILLE. Les Pins parasols qui viennent dresser au bord tiges sveltes et contournées et le au-delà desquels se voit dans même de la nappe azurée leurs fantasque couronnement de leurs ombelles. ce seront les ardeurs de palette. un éloignement de rêve nonchalante. A rappel familier et apaisant des printemps dans l'Eure en 1890. les rochers et le miroir des . en 1889.

Les Eaux trem- Roche perché jusqu'en haut d'une côte et détachant sur le ciel sa silhouette pauvre et fière. tels sont les principaux motifs de cet aimable cycle. qui sont presque tous en Amérique. demeurée unique. vers lequel grimpe péniblement un sentier qui part du fond du ravin et du frisson même de l'eau. mais avec des colorations différentes. thèse que nous avons présentée. Ces ravins sont tapissés de bruyères et de maintes végétations basses. Claude Monet y avait été emmené avait rencontré à Belle-Isle et avec qui il s'était lié d'amitié. tout ce qu'elle peut faire ruisseler de prestiges et de gammmes. comme dans la série des Pourville se rencontre l'exclusive représentation des deux grandes immensités uni- quement en présence. blantes à Fresseline. eaux de fleuves. le sujet par M. tandis que ceux de Bordighera et de Vintimille évoeaux. miroir du ciel ou champ de bataille des vents. mais amenée par la logique des contrastes. . d'en être arrivé à ce moment de notre étude sans avoir assez dit que Claude Monet est. voilà les deux tableaux les plus saisissants. : Les tableaux de par ceci que les la Creuse. il l'a saisi et exprimé. la palpitation. de lacs. Nous enfin. Toutefois. chatoyantes. — le fait s'explique Américains venaient justement de s'aviser du succès commençant à venir largement pour Monet. sillonnées de barques ou parées de grasses floraisons. qui seront le années prendra son plus grand La Creuse fut le labeur de ses dernières prodigieux épanouissement. si l'on nous passe cette similitude. d'océans. la séduction ou la colère de l'élément. mer seule. de canaux. Tout ce que l'eau peut capter de lumière. non sans une certaine audace. entre autres aspects sous lesquels on peut le considérer. retiré à Fresseline dans une solitude qui n'était pas sans fruits poétiques. Nous pourrions nous reprocher. avait pensé qu'il y avait là pour le peintre matière à une énergique manifestation. nid pittoresque. si l'occasion ne nous était pas fournie par ce rapprochement. si l'on adopte on pensera avec nous que Monet avait accepté la cette suggestion surtout parce qu'elle se trouvait concorder avec son besoin de se détacher des flatteries méditerranéennes. où le pourpre domine. si différents quaient à nos sens les senteurs de l'oranger. un peintre essentiel des eaux dans toutes leurs apparences. la richesse de ces tons et la On se plaît à voir dans ces toiles l'opposition entre fermeté rébarbative des terrains escarpés. mais qui devait finir tragiquement.88 dans leur égale quiétude. et thème sur lequel ami du poëte qu'il Rollinat. courantes ou immobiles. bien que déshérité. ses le verrons ne pas se borner à tant d'effets déjà collectionnés. d'étangs. Gustave Geffroy Celui-ci. des deux jouteurs de Belle-Isle. — sont surtout bâtis sur le motif des ravins au fond desquels coulent des eaux étroitement encaissées et bouillonnant clairement sur leur lit de pierres inégales. Aucun peintre de paysages n'a rendu avec une pareille sûreté et une égale variété la fluidité. la transparence. de cette suite. le Village de la . nous découvre la Un sans mouvement sous le ciel sans nuages. qui. C'est l'eau mirages et sa flore. en 1889. comme aussi une toile de Belle-Isle montre seulement la mer agitée sous un ciel moins clément. la mer des tableaux d'Antibes. d'une saison. sentent l'arôme résineux des pins.

C/3 .

.

se passe. presque entièrement consacrée à l'expressive ingratitude Fait curieux (mais qui ne de la Creuse. Ruel). au beau milieu plaine de Giverny. jouer dans l'œuvre dont elle inattendu.89 nous surprendra plus puisque nous avons constaté chez Monet le principe des thèmes générateurs et de leur incubation plus ou moins longue) de cette année 1889. charriés sur la Seine. au toit rond. singulier. des glaçons Puis. superbe. de la date une peinture représentant une Meule. rappellent ce motif. Ce sont de tendres effets de printemps. et qui ne figurent que d'une façon subordonnée à l'ensemble. . que leur rurale architecture allait marquait le point culminant. L'on ne peut guère compter comme paysage en contenant deux du cycle des Meules proprement dit un vues à une certaine distance (collection Durand- faisant partie petites. une année pendant laquelle fort peu des tableaux de Givern}datés de 1890. en avant du rideau d'arbres que l'on retrouve souvent dans l'œuvre. puis encore la plaine et le rideau d'arbres qui la termine. sans remplir le rôle prépondérant.

DEUX ÉVÉNEMENTS

:

L'EXPOSITION AVEC RODIN,

LA SOUSCRIPTION POUR

L'«

OLYMPIA

».

dans l'œuvre de Monet, nous
trouvons, en guise d'intermède, pendant qu'elle prélude par les effets de printemps à
Giverny, deux événements, de nature différente, qui n'ont pas laissé de tenir une

Avant d'aborder

cette nouvelle et décisive évolution

certaine place dans sa vie. Ils ont lieu tous deux en 1889.

L'une

est l'exposition

que Georges

Petit

prit

l'initiative

d'organiser

simulta-

nément des œuvres de Monet avec celles de Rodin. Les deux artistes étaient encore
discutés avec beaucoup d'acharnement. Cette accession à une galerie très recherchée,
ouverte aux réputations consacrées, ou réputée les consacrant définitivement, eut
quelque influence heureuse sur le profit matériel que Monet pouvait enfin commencer à retirer de ses tableaux. Rodin exposait entre autres les Bourgeois de Calais.
Monet avait des types des principales époques que nous avons jusqu'ici passées en
revue. Nous nous rappelons avoir assisté, le jour de l'ouverture, à la rencontre de
Rodin et du critique alors redouté Albert Wolff, de qui le temps n'a pas respecté tous
les enthousiasmes ni toutes les condamnations. Pour Rodin, toutefois, il sembla faire
preuve ce jour-là d'une grande clairvoyance.

«

Ah

!

c'est

vous M. Rodin,

lui

entendîmes-

nous dire de sa petite voix blanche. Eh bien, vous avez beaucoup de talent. » Rodin
s'inclina cérémonieusement. Pour Monet il lui fut plus difficile de revenir sans transition sur les articles où il comparait les impressionnistes aux pensionnaires des
maisons d'aliénés, mais il sembla admettre que le peintre et lui avaient fait tous deux
des progrès. Nous n'insisterons pas sur cette exposition; nous devions surtout signaler
sa date

comme

celle

sinon du premier, du moins d'un important revirement dans

du public.
Le deuxiêîne événement nous

l'opinion d'une partie

Monet,

ne

fait

les facultés

intéresse bien plus en ce sens qu'il

montre chez

d'enthousiasme, le dévouement à une idée ou à une amitié, ce qui

qu'un dans son esprit aussi ferme dans ses sympathies que dans ses adver-

91
sions. C'est la souscription organisée

par

en vue de l'achat de l'Olympia,

lui

et la

campagne infatigable menée pour faire accepter l'œuvre de Manet par l'Etat pour les
musées nationaux.
La souscription dans l'ensemble fut brillante. Elle faillit un moment devenir
dramatique; et elle ménagea à Monet, relativement à certaines des personnes sollicitées,

quelques surprises.

Les

furent pour la plupart, empressées, vibrantes, touchantes

lettres qu'il reçut

parfois. Les

noms

les

plus divers se rencontraient de ceux qui tenaient à honneur

un peu d'Olympia » comme disait Toulouse-Lautrec dans sa réponse, Puvis
de Chavannes se rencontrait avec Degas, Duez et Gervez avec Mallarmé. On comptait
« d'acheter

encore parmi

Armand

empressés Duret, Moreau-Nélaton, Raffaëlli,

les souscripteurs

Dayot, Robert de Montesquiou, Lerolle, Flameng, Chéret, Lhermitte, Jeanniot, Guillemet,

Carolus-Duran, Pissarro, Roll, Frantz Jourdain, Ribot, Chabrier, Ary Renan,

Besnard(l), Boldini, Fantin-Latour, beaucoup d'autres.

Ce qui nous porterait à croire que
temps héroïques,

c'est

que certaines

lettres,

l'on

encore (en 1889

vivait

on peut aujourd'hui

!)

dans des

non seulement

le dire

sans indiscrétion, mais encore avec la certitude de valoir à leurs auteurs plus d'affection et d'estime, traduisaient à la fois le

bon

vouloir, et la difficulté de le prouver.

Dalou avouait sans détours que sa pauvreté l'empêchait de dépasser un
modeste. Rodin
petite

somme

« traversait

une

crise d'argent »

qui ne

le laissait

équivalente. Jean Carriès se trouvait logé à la

fut peut-être encore le plus

émouvant

d'entre eux. «

Mon

l'espère,

vous

longtemps sans

te prévenir.

Manet

Mais

ques francs de

:

11 janvier 1890,

côté, et

plus modique, avec
a dû avoir

le

envoie cette

il

un mot où

il

plaint

enseigne. Renoir

cher Monet, écrivait-il

mais

ira

je

(le

ne puis pas

au Louvre sans moi,

mais je ne puis faire autre chose que des vœux pour

tentez. »

disposer que d'une

même

11 août 1889), impossible de trouver de l'argent. Je suis désolé,
te faire attendre plus

chiffre

la réussite

je

de ce que

pu mettre quelsomme d'autant plus émouvante qu'elle est
affectueusement son ami pour les tracas qu'il
au bout de cinq mois,

il

a

« ...Si c'est fini. »

Aux beaux

élans de cet

hommage

collectif des

principaux artistes et amateurs

quelques refus assez inattendus se produisirent. Alfred
y eut une contre-partie
Stevens et James Tissot se récusèrent pour des motifs de simple amour-propre. On
s'expliquait plus difficilement que le chanteur Faure donnât pour raison de son absil

:

tention sa certitude

«que

la

manifestation n'atteindrait pas

aurait été encore plus difficile

si

but proposé», ce qui

tous avaient donné cette réponse.

Mais plus surprenante que toutes
et

le

les autres fut l'attitude

d'Emile Zola, l'ancien

hardi défenseur de Manet. Sa réponse bourrue, maussade, illogique, sera reproduite

non pour exprimer une opinion défavorable sur le caractère du célèbre écrivain,
mais pour montrer comment, même chez un homme d'une haute intelligence, même
chez un ancien compagnon de luttes, les nerfs parfois parlent plus fort que la raison
ici,

:

(1)

Besnard en envoyant sa souscription, ajoutait

:

«

Mais

le

tableau n'ira pas au Louvre certainement.

»

92
«

Mon

cher Monet,

souscription dont vous

de peinture

même

chagrin, mais je ne puis m'inscrire à la

écrivait-il, j'en suis très

me

pour

parlez. C'est chez

moi un

le Louvre... J'ai assez

parti-pris absolu

défendu Manet par

la

de ne pas acheter

plume pour

crain-

pour ne pas craindre] aujourd'hui lei reproche
de lui marchander la gloire. Manet ira au Louvre. Mais il faut que ce soit de luimême (!) en pleine connaissance de son talent (?) et non sous une forme détournée
du cadeau, qui sentira quand même la coterie et la réclame. »
dre [évidemment Zola veut dire

ici

:

Cela n'était qu'une erreur de jugement, une bouderie, dont les motifs, au reste,

nous importent peu aujourd'hui. Ce qui fut plus grave, et qui causa un incident assez
pénible, ce fut non plus un simple refus de souscrire, mais une véritable opposition
à la souscription. Et de

la part

de qui

?

De

non sans

l'ancien ministre qui avait

dif-

non sans courage fait donner à Manet la croix de la Légion d'honneur. Il
est trop humain de blâmer ce dont nous n'avons pas eu l'idée pour que l'on s'étonne ici
de l'attitude d'Antonin Proust et qu'on lui en fasse même un très vif grief; mais l'avenficulté et

ture est curieuse à rappeler.

Commençant par
écrivait tout d'abord

dire

que

les

pour quelles raisons artistiques

œuvres de Manet

il

désapprouvait

musée

plus dignes du

les

l'idée,

étaient « celles

qui témoignaient de l'impression que lui avaient causé les maîtres de l'école espagnole
et celles «
la

beaucoup plus intéressantes qui ont déterminé

lumière de convention de

l'atelier. »

Il

ajoutait

:

«

pas

Déjeûner sur

le

d'excellentes raisons

qui est du

l'herbe,

L'Olympia, avec ses très grandes

même

pour ne pas accepter l'Olympia

»

les artistes à réagir contre

qualités, n'a pas la signification des toiles auxquelles je fais allusion. Elle

même

il

et

ment public ne donne pas gain de cause à ceux qui

Le Louvre trouvera

temps...
il

ne vaut

craindre que

est à

l'auront offerte. »

le senti-

novem-

(14

bre 1889).

Monet supportait impatiemment que

les

motifs

précisément fournis par ceux qui auraient dû
s'était

voué avec tant de passion.

Il

le

et les prétextes d'insuccès

seconder dans

s'affligeait et s'inquiétait

fussent

la tâche à laquelle

il

de voir qu'une pure mani-

festation d'art menaçait de tourner à l'a

événement parisien», presqu'au scandale. Et
publiée par le Figaro donnait, de la bouche

sur ces entrefaites une « interview

»

d'Antonin Proust, à

pour l'Olympia

à la veuve de

la souscription

l'artiste.

Les amis de

celle-ci et

le

caractère d'un secours déguisé

ceux du disparu en furent vivement

offusqués et chagrinés. Antonin Proust désavoua vaguement

Monet un envoi de témoins.
achevé de rendre désastreuse

Il

mais annonça à

n'y eut heureusement pas de rencontre, ce qui eût

l'histoire

très explicite et des plus dignes,

prendre un

l'article,

de l'Olympia,

et l'incident fut clos

par une

où Monet, déplorant que certains eussent

lettre

feint de

beau témoignage d'admiration envers une œuvre et un maître pour une
aumône clandestine, et surtout que les détracteurs de Manet pussent trouver là un
si

excellent prétexte à manifester contre lui plus vivement

amis

don de ce tableau,
c'est parce que nous l'avons jugé un des plus beaux
l'œuvre du maître. »
et

moi,

écrivit-il,

avons

fait

que jamais.

«

Lorsque mes

et

eu

et

des plus caractéristiques dans

l'idée

de cette souscription,

93

Ce ne fut pas sans de grandes difficultés que Monet finit par faire accepter à
l'Etat l'œuvre qui aurait dû être donnée sans discussions et accueillie avec empressement. Comme disait le bon Renoir « il ne s'amusa pas beaucoup avec cette affairelà. » Aujourd'hui il est bon que le public se souvienne que c'est à l'ardeur et l'opiniâtreté

de Claude Monet qu'il doit de comparer VOlympia et les œuvres des maîtres

anciens que Manet avait continués. Après de
1890,

un décret

qu'il

demeurerait au Luxembourg ni
Il

fallut

était

rendu, attribuant

ne

illustre des

pas attendre

fit

heures.

On ne

musées,
la

du

Conseil,

les délais

le 7

novembre

tableau aux musées nationaux sans garantie

qu'il irait

que quelques années plus

étant devenu enfin président

au plus

le

nombreux atermoiements,

tard,

au Louvre.

M. Clemenceau, de chef de l'opposition

Monet

allât lui

demander pour Manet

l'entrée

L'homme

réglementaires étant accomplis.

d'Etat

réponse, ni la solution, ni l'exécution, plus de vingt-quatre

à ses ordres.Le transfert fut opéré

résistait point

demande, en dehors de toutes

les

même

jour

le

de

la

coutumes administratives.

Ainsi se termina ce petit chapitre d'histoire contemporaine, que nous avons

un peu en guise de

relaté
le

divertissement, et plus encore pour éclairer le lecteur sur

caractère de Monet.
S'il

était nécessaire

sort de notre sujet,

de

!

sur l'humanité en général

— nous ajouterions que M.

Depuis que je suis

Clemenceau, lorsque

prompte et de sa
au pouvoir, vous êtes

remercier de son intervention

vous

l'éclairer aussi

demander autre chose qu'un

si

service personnel. »

le

décision, répondit
le seul

homme

:

mais cela

peintre alla le
«

Que

voulez-

qui soit venu

me

l'attitude sous poids des saisons. Elle est noms du blé. seul. Seul. c'est ce dont personne ne s'était avisé jusqu'alors. toutes les perceptions d'un œil délicat. dans deux ou trois magnifiques dessins. le les disettes. Démêter. C'est de 1891 que sont datées les Meules. les apparences sous les jeux de la lumière déterminés par la baguette magique des heures. Cybèle. la gravité. POINT CULMINANT DE L'ŒUVRE. le caractère. que Ruth et Booz qui — se rencontrent parmi les épis. entre mille sujets rustiques dans l'immensité des champs et parmi le travail du paysan. comme un monument. tout en rendre la masse. enfin de ne montrer rien autre que cet objet familier et de ne voir. encore une fois. Leur exposition à la galerie Durand- Ruel fut un événement artistique retentissant. n'est pas et noblement tendre. sai- même édifice être. bienfaits de la terre. les plus beaux Même aux temps où régnèrent les représentations les plus allégoriques. ET LEUR VERTU ARCHITECTURALE. toutes les forces accumulées d'un amour du métier ne transcrire. et d'un amour de la nature. (dans un des quatre tableaux des Saisons) pour faire du grand champ de blé tout un personnage plus important à nos yeux (et aux siens même). De notre temps. la solennité des gerbes régulièrement amoncelées. évocatrice même vieille divers d'une suprême des comme même l'art et la de façon majestueuse vers. L'idée art. Millet a compris et exprimé. soigneusement recouvertes. ont suggéré la divinité. Millet avait retracé avec grandeur la .LES «MEULES». Gérés. il se trouve un Virgile un Poussin pour tirer des seuls enfantements du sol la poésie la plus profonde. sur la terre qui le supporte. nature nourrice. d'appliquer à du laboureur. ont été figurées neuve en poésie eux-mêmes. pour traverser les sons dures et rassurer l'homme contre mûrit Mais de prendre ce presque le comme un de la paille blonde sur laquelle ^ grain sacré. de formidable.

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i .

une autre encore. Monet croit donc que ce fut seulement une abondance d'effets qui l'induisit à multiplier les variations sur les Meules. sans nul dessein de multiplier ses obsercycle des Meules était vations sur ce thème. les coloraient de tout un fantastique mystère. toujours avec plus de variété et de largeur. Il raconte qu'un jour. montre à quel point l'idée même d'isoler se serait pas douté sur le l'instinct du peintre associé à et moment la force expansive du souvenir. Ainsi. amplifiait son dessin. D'ailleurs d'étudier en ne suffit-il pas de faire remarquer que soi-même une meule. le soleil Il revenait son analyse. l'enchaînement. des chatoiements jetés par les jours suivants. fixant le plus rapidement possible l'essentiel des ombres. que les Meules marquent le point culminant de l'œuvre. de sa force expressive par rapport à la plus grande simplicité concevable du sujet et des lignes tables sur lesquelles il est construit. a pensé que son mélangée d'un peu d'anxiété. silhouette. tout un poëme des peut-être plus dramatique. les effets de coloration se succédant rapidement. que nous avons déjà à plusieurs reprises noté certains de ^es thèmes. lumière donnait aux meules lui suffisait pas. vous le voyez aboutir. les belles lignes les gestes simples de la Meule. en connaissance de cause. M"° Hoschedé. d'un des véri- sommets de sa carrière. inévitable. vous pouvez plus nettement que lui-même. pour en faire une étude. qui rachète par tant de si maternité ses rigueurs. puis une autre.95 forme. au bout de l'année. mais tout un cycle. Mais le soir s'approchant. des lumières. la et à leurs alen- communiquait une émotion à travers lesquelles on devinait leur tours. l'asso- comprendre combien ce motif le retint d'une façon en quelque sorte nécessaire. sur et sous la neige. la voie où ses facultés et ses attractions l'ont engagé. perfectionnait Puis l'été ne couchant à plein affolement de rayons. seule sa vie les est attestée. séduit par l'opulence d'une belle meule dans la plaine de Giverny. tandis ne se reproduisent plus. trop passionné à analyser même. Les phases de cette terre qui nous fait payer cher sa clémence. corsait sa pâte. Mais. Cela est d'autant plus causé par une loi de son esprit. des fêtes encore plus aiguës. quand Monet ne de ses conséquences. l'homme est absent. Nous avons donc dit. Mais vous qui avez observé la progression suivant laquelle que chez lui une idée latente d'autres. Dans tableaux de Meules de Monet. qui vont aller se développant. son élève et sa confidente. mais encore était-ce pour noter de ses constructeurs. le relief. en simple état de «devenir». il demandait une des vite toiles blanches apportées. ou bien pour faire reposer dans son ombre une paysanne endormie. qui sont vives et heureuses ici avec nous fait rejeton et fructifie. seule notre instinctive gratitude témoignage de et interroge ce l'effort qui ponctue la solitude et Monet. d'autant plus conforme à la direction de ciation de ses travaux. Cela non pas seulement à cause du caractère complet de ce cycle. c'était non pas l'étude projetée tout d'abord. qui se trouve entraîné par la suite. toute pétillante sous l'intense soleil d'été. Déjà cette raison justifierait l'opinion. l'avait mis en présence d'un des objets décisifs. de s'analyser lui- dû à une circonstance fortuite. contemple la nature pour avoir la contredit le loisir à la fois. brumes enfin. Vous l'avez vu annoncé. c'est ici que . L'hiver. il était venu avec sa belle-fille.

Cette matière avec le temps prendra est le résultat la solidité et la profondeur d'un bel émail. autant que presque impossible à analyser parce qu'elle d'une analyse poussée à l'extrême. et cependant susceptible en s'appliquant à d'autres sujets. de se compléter encore. de toute son expérience. De la sorte. La matière la le couleur est complexe. le peintre est parvenu à un résultat définitif. de tout ce qu'il a conquis sur nature a éveillé.96 la couleur chez Claude Monet atteint pour produire la plus haut degré de sa pénétration analytique plus grande richesse et la plus grande puissance d'effet qu'il ait obtenues jusqu'alors. et même est généreuse. complet. embrasé en lui. la nature et de tout ce que la . somptueuse. de toute son étude. solide.

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i .

Claude Monet n'avait pas peint un jeu littéraire des architectures de paille. Des vues cet intermezzo. d'autres levant qu'on devine. la prairie imprévu de de Giverny semble s'éveiller gaîment. d'une importance capitale. des Vernon matinaux très lumineux complètent ce même moment de détente. Claude Monet sur un thème de moindre portée. de d'un rapport. la la tendresse grande plaine fraîche que nous connaissons déjà de ses verdures de printemps. mais d'une qu'il édifiait ce paracheva quelques belles variations charmante élégance décorative : la ligne souplement incurvée suivant laquelle se déta- une rangée de Peupliers sur chait sur le ciel les bords de l'Epte. cycle. C'est ainsi qu'en 1894. ombre projetée en zig-zags par le soleil à Port-Villers. C'est Il cependant que de la Cathédrale de Rouen paradoxal de penser que si qu'il s'agit. ainsi trois qu'à se livrer aux hasards heureux des promenades dans la région de Giverny. Ce n'est pas simplement que de rapprocher ces architectures de pierre les . attire l'artiste tiges. Mais le curieux. mais que la réussite plaisir. Riant et séduisant prétexte à étudier la coloration des frondaisons et des troncs selon les diverses heures du jour. ayant avec quence et lui plus Meules. d'un charme inattendu et un peu paradoxal. la série n'est point il cette et année 1894 pouvant allait voir naître être considéré à la fois un nouveau comme sa consé- son aboutissement. Une des vues est légère qui fait de deux fait admettre avec même laisse demeurer à l'état d'exception. arabesque originale à Deux ou la trouvaille de laquelle Hiroshighé aurait applaudi. ans se passent encore à revenir sur ces différents sujets. digne d'être mis en parallèle avec celui des Meules. c'est l'ombre portée sur toute la surface tiges sveltes.DES « CATHEDRALES » ET COMME QUOI ELLES SONT LA SUITE LOGIQUE DES «MEULES» En même temps monumental cycle des Meules. trait du gazon. ou de transition. Dans une entrevoir comme à travers un voile argenté les grêles silhouettes que son caractère et brume par d'une observation curieuse. Monet avait n'aurait pas peint les Cathédrales.

plus colorées que celles de n'importe quel autre objet en pleine nature. leurs lignes. dira-t-on. ces meules étaient pour Monet autant de problèmes à résoudre. des recherches. lucide et raisonnée possession de soi-même. ce qu'on pourrait appeler l'air et la Nous avons mières œuvres sous l'influence de Corot. qu'il se sentait dans la vérité de ses recherches et de leur réussite. parce que la lumière et la couleur s'y concentraient plus fortement que sur n'importe quel volume. se présentant à sa vue dans le champ de Giverny. ni le bariolage. c'est-à-dire de la couleur. de les appliquer à des données plus fécondes encore. de telle façon que la appelle la couleur et ne peut se passer d'elle. leur vertu de concentration de tous les rayons lumineux. puis celles où la couleur s'éclaircit modelé perd un peu de son relief. la palpitation le des solides plongés dans la nature. tout d'abord à son propre insu. que le succès ne lui était plus outrageusement refusé. Le croire serait méconnaître tout ce que nous avons tenu à faire ressortir de toute son œuvre. leur masse. en raison de leur isolement dans l'atmosphère. l'audace : parfaits de l'on appelle. cette démonstration mais bientôt donnait à que l'avait ples d'une idée juste. sur un thème aussi simple que celui de la Meule de pareils résultats. ce qui revient en cette maturité d'âge qui permet encore . modelé atmosphérique de lumière. modelé étroitement liés et concouleur donne le modelé et que le modelé Cette magnifique réussite d'une couleur et d'un fondus l'un dans l'autre. objet quelconque. parce que justement ce n'est ni l'éclat. n'atteignait pourtant et ne devait attein- dre qu'une première étape de la nouvelle route que Monet avait devinée par son instinct et préparée par la logique lui. arbre. autant de confirmations des convictions. forme. s'était passionné justement à cause de la tentative. un prétexte plus éclatant à prodiguer tous les jeux les plus éblouissants. autant que nécessaire. où modelé et couleur se complètent mutuellement dans un équilibre qui tandis que le atteignait sa perfection avec la série des Meules. surface. Sur des motifs aussi simples. jusqu'aux années de Vétheuil et de Giverny. « les longs que Monet appliquât ses nouvelles ses facultés renouvelées) à un thème à la fois . où marche depuis les prene manque pas. ne les touche pas. pour les raisons que nous avons dites. Puisqu'il était en pleine force et en pleine ardeur. Du moment que de son labeur. Ce que aussi imposée à Monet. qu'avait jamais cherché Monet. cette analyse et qui de la maintenant s'ouvrait devant couleur faisant corps avec cette puissance synthétique de construction donnait.98 amené à peindre été les Meules. Par ce que leur nature même. mais où la cou- suivi cette le relief leur ne comporte pas encore l'acuité analytique. n'est autre chose logique du savoir réalisant rigoureusement les conséquences multi- l'irrésistible de l'audace. les que même cette simplicité tours de force. les plus bariolés Non. Son jardin aurait été. Le choix de ces objets n'avait pas été déterminé par le hasard. la chaude intensité de leurs ombres. des conquêtes de toute mais aussi pleins sa carrière. ni la vivacité de maint ton pur juxtaposé. il était inévitable au même. sûre et claire. et Le public et les amateurs superficiels admirent ce qui leur paraît qui est quelque chose de beaucoup plus beau et plus difficile que et ce la pleine. il était beau à tenter. en l'intérêt art. enfin puisqu'il était espoirs et les vastes pensées » facultés (ou.

dans la carrière et dans l'œuvre de Monet est d'une extraordinaire logique. plus tard. si — que tout ouvrage y a pour ainsi dire son point de départ et son point d'arrivée inévitables. doxales. à part de ses charmes de sa source jusqu'aux de Monet se trouve analogue à un des plus fleuves de France. on est forcé de répéter ce mot à chaque instant. déconcertés par la diversité des harmonies. comme plus important et beau. après l'expérience décisive des Meules. sinon dans la construction même. qui. inclinaient à ne voir là que des variations. des plus lumineux. Ce cours est semblable à celui d'un beau fleuve qui malgré rives suit sa pente et son accroissement depuis les grandeurs de son estuaire. ils Au contraire perpétuellement celle-ci guide et celui-là excite. sans doute brillantes. comme une vibrante . Et l'œuvre un des plus beaux même aisés. les caprices d'ex- sujet adéquat et nécessaire. les le cours : thèmes permanents de cette Cathédrale le cette et à œuvre. ce thème. et n'opèrent seuls. Ce qu'il y a de merveilleux. arbitraires. cherchées. et construire uniquement dans complètement la couleur en sous-entendant ou même en supprimant le relief. rapprochement de destinées. qu'il put se dégager à son tour du monumental. les la Seine. d'entraînant. tracions ici seule. — si rare. cette Seine qui depuis Paris jusqu'au Honfleur a précisément engendré. Les les détails autres. alliant l'amabilité et la force constante. semble maintenant l'appeler de tout l'élan de ses lignes et de toutes les pierreries de ses reflets. Arrivé au monumental avec les Meules. et pour Une des critiques les plus curieuses à cet égard fut celle qui consistait à dire que ces tableaux ne sauraient avoir de Même mais para- cette signification et d'intérêt les opinion se faisait jour jusque dans les éloges. une sorte de schéma des combinaisons de lignes Mais. par un concours de circonsdéjà traité un grand tances et de recherches fort singulier. et assez complexe pour permettre à la couleur de se faire encore plus richement diverse. plus magique sans cesser assez d'être naturelle. le plus plus enivrant entre les deux points extrêmes de son par- de Rouen. uns sans les autres. La progression. ne pouvait plus le trouver dans la campagne un tableau. un peu. devient très saisissant de cons- il moyen plus haut de son enthousiasme et de son Monet trouve à point nommé. même de ceux qui commençaient à apprécier l'œuvre de Monet. qui naturellement avaient été choisies par le peintre parmi les plus rares. c'est que l'ins- y a une part égale à tinct celle de que jamais la volonté. Ce fut une assez grande surprise que cette série nouvelle. d'où revenait toujours à il Lorsqu'on tater fait ce elle. Nous verrons même que ce fut. pour qui médite cette marche. Si il on qu'elle lui avait déjà fournies. le Havre quelques excursions. plus surprenante tout en restant vraie. que parvenu au degré pression. et l'on doit reconnaître maintenant qu'elle fut mal comprise. Les uns auraient voulu une plus grande précision dans sculpturaux. serait surpris d'être nous de volumes et amené à conclure qu'il avait nombre de celles qui peuvent s'offrir au paysagiste.99 ample pour que la grande ligne et la puissante forme pussent encore s'affirmer davantage. ou diversions plutôt. il ne pouvait en repartir que pour le monumental. exceptionnelles à dessein.

la maîtrise. ou plus. Les mises en toile étaient. comme dans la collection Camondo. d'art accomplie. les la reliefs en gris rosé. presque sans sol et sans orfroi. ou moins. contrastes d'édifices voisins. ainsi que leurs éthérisations fantomatiques lorsque les brumes s'abattent sur l'édifice. toute grise. la transmutation en les argents du matin. millionnaire intelligent le et cette rafle splendide. encore mal préparée beauté. parmi les autres peintures modernes. et les ors empourprés du soir. Ces Façades sont nombreuses. sûr. apaisée sans l'éteindre. ou effets même élévation et sveltesse des flèches. Monet exécuta quelques vues de la Tour d'Albane et de la Tour peintre de saisit. Si donc les Cathédrales de à recevoir d'un seul coup une révélation aussi éclatante. avec toutes leurs scintillantes réactions. ou que l'on en considère quatre. a ajouté du pré- cieux à l'harmonie.100 page qu'écrivit M. chacune d'elles ciateurs d'alors par l'analogie avec — : — demeure une œuvre isolée. Peut-être cette thèse venait elle inconsciemment à l'idée des meilleures appré- une œuvre qui commençait à être célèbre. la sensation d'art n'est pas plus diminuée dans le premier cas qu'exaltée dans le second. qu'à la cathédrale seule. Celles des collections que nous avons citées sont assez différentes entre elles et assez typiques pour donner une idée complète de tout Celle Camondo du Luxembourg sont : est le reste. pour la plupart. la de la ciel. au contraire. le milieu des tours et la largeur entre les par passant la plus riche transcription colorée morne ou indifférent ne voit façade comprise dans le sommet du deux portaux latéraux. elles ne doivent pas être moins d'une quarantaine. d'un . même seulement un amusement par leurs rapprochements et leurs contrastes. on commence à croire que ce fut leur étonnante réunion qui influença l'opinion. Au surplus. son appui. sans aucune des contingences qui auraient pu facilement opérer la séduction par surprise. ou bien les Trente-six vues de la même montagne sacrée. solidée. tous les passages de reflets les uns dans les autres. grande que blanche ou par le joaillerie grise. il ne pouvait se faire qu'elles perdissent ces qualités par la dispersion. Les seconde. et sans diminuer l'intensité l'a con- du modelé. Par exception. à la cathédrale intégrale. limitées exclusivement à la hauteur entre la façade. comme au musée du Luxembourg. et plus le sime gable central. le richis- cadre se plus somptueux de pierre que mais dont l'œil le du grand aux minutes décisives. L'artiste avait voulu ne devoir son sujet. et qui ne perd rien de son intérêt et de sa Monet étaient des œuvres dignes de lui. c'est-à-dire toujours plus fortes et plus raffinées que les précédentes. A distance. Le temps a exercé son action sur la matière colorée. dans un album. ces compositions prennent pour l'esprit un intérêt. pied et même dans de exactement à cette portion de l'édifice. à cause de la solennité un peu triste et âpre de ces motifs. Clemenceau dans inconnu à faire appelant l'A urorc. Mais il convient de réfléchir que si à coup couleurs. d'un ton fauve avec l'une blanche avec des ombres bleues. comme de foule. l'expérience est faite maintenant. classique en parmi eux les Cent vues du Fuji-Yama d'Hok'saï. Ainsi trouvait complètement rempli. Que l'on rencontre une cathédrale. et l'enveloppent avec suavité. dans telle ou telle galerie privilégiée.

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été forcé d'opter. donnaient ainsi des œuvres d'art de haut prix. par exemple. avec un reflet qui dore par en dessous la profondeur des archivoltes. sacrifices d'art supérieure. la troisième. pis encore. cette mobilité. ensemble. la masse de l'édifice. que les procédés actuels de photographie surpasseraient. Mais parti adopté il est aisé de répondre que le par Rembrandt lorsqu'il se trouve amené à peindre un de ses mystérieux temples ou palais. ne peut s'attacher qu'à um seul à De Il synthèses y a plus. et qui par suite prennent la vogue. . du matin également. soit par indigence d'invention. ou de ceux qui sont incapables d'apprécier la différence entre les créateurs et leurs singes. les résumés de pour quoi Monet a reliefs Quand nous sommes en présence d'un aucun détail si tel un détail. — et il autres disparaissent et se fondent. de la forme étudiée en chaque linéaen chaque détail. sur lequel d'ailleurs l'œil de forme. Van der Heyden. la quatrième. est un effet de soleil. unissaient une vérité scrupuleuse de détails et une couleur suffientre une impression samment équivalente à et la moyenne des perceptions de tous les spectateurs qui passent. les nuances ne pourraient plus jouer avec cette souplesse. ou bien la fois. cadre des épisodes légendaires. Canaletto. Selon ce principe le jeu des ombres et des lumières est analogue à celui des tons et des reflets dans les Cathédrales de Monet. d'un bleu matinal indiciblement délicat.101 gris qui fait ressortir l'azur profond de la grande rose centrale. on songe quelle prodigieuse sensibilité de perception s'exerçait sans se lasser jusqu'au bout d'un On cycle. ne s'égarerait pas moins que sur fatigant. et l'on nous sommes en présence d'une expression Nous devons négliger par là même mêmes du détail ne nie pas que dans ce cas. et deviendraient un bariolage accidentel. si notre — tous Monet devait donc les choisir harmonique de peintre et une épure d'architecture. cette bonne foi des forme aiguë de la singerie. pour article d'évangile. les exercent la même action sur nos sens et nos âmes. ou bien nous n'en saisissons nous embrassons du regard toute esprit s'attache à les larges toutes les façons. avec des reflets rose et or. soit enfin pour essayer de surprendre la amateurs économes. tel pourrait dire qu'à la rigueur ces jouissances de la couleur étaient forcément du plaisir plus rationnel. Ces quelques exemples suffisent à rappeler harmonies. un travail de copiste. plus cérébral. soit par impuissance de se servir de moyens leur appartenant en propre. tous ceux qui furent entraînés à l'imi- tation littérale de Monet. Mais on réfléchira que sur un minutieux relevé des statues et exclusives ment et des ornementations innombrables de cette architecture. On peut objecter à cela que les peintres d'architectures d'autrefois. et pour en surprendre et en traduire l'idée de l'extrême diversité des les subtils accords. repose sur un principe entièrement différent.

un ou deux fjords calmes. sorte de croupe pelée et noirâtre sous la neige. ou qui se satine et miroite sous les soleils voilés. il comme un les si simple éclate particulièrement. et il est infiniment plus conforme à l'idée que nous nous sommes faite de la marche de son esprit. par le sentiment d'immensité. On de Rouen. Le Mont Kolsas. tableaux qu'il peint sur ce motif la simplicité railles. sont et cipaux de cette série que nous considérons simplement En 1896 et 1897 entre sages. . Il affectionne (célèbre grâce à lui) sur la falaise de Varengeville. Monet alla faire un tour en Norvège pourrait penser que cette circonstance fortuite est seule cause de la série Scandinave. Mais nous avons vu qu'il ne se décide à choisir que par des raisons de peintre. norvégienne fut exposée chez Durand-Ruel. avec Inondation. l'originalité les il épisode. évocateurs de vos propres souvenirs de promenade. temps l'Océan qui paraît si cares- enveloppé douillettement dans ses brumes légères. de penser qu'il aurait pu aller en Norvège sans y donner un coup de pinceau.^ Après avoir peint où se trouvait un de la cathédrale ses fils. cathédrale et une sauvage et glaciale nature que La série Ici c'était le entre les délicatesses de la contraste résidait. r. des volumes très simplifiés mais sant. produit de arbres motifs prin- nombreux pay- reflétés. Avec le minimum de lignes. où belle Cabane du douanier même. et par la diversité des harmonies. Monet vous pénètre de réalité On est réellement envahi et l'on domine en même et de rêverie. l'espèce de sensation d'air salé qui vous vient aux organes en regardant ces tableaux. s'il n'avait pas été déterminé à la peindre par un de ses instinctifs et habituels contrastes. larges peu accidentés. . autres une aussi la célèbre Dans de les le revient se fixer à Giverny. à cause de son génie pictural. où lever de polémiques mais sans elle intéressa sans sou- non plus provoquer beaucoup d'enthousiasme. Une grossière hutte de pier- perchée sur une croupe maigrement gazonnée qui surplombe la mer. le village plus pittoresque de Sandwicken.TRANSITION DU POÈME DE L'EAU. voilà tout thème.

I es u I— < o Q Q M < .

.

Dieppe. si les Meules. Il faut. au pays de Turner. sans compter les anciennes vues de Paris. Varengeuille. nous ferait penser qu'il n'y a jamais eu de naufrages ni de nuées chargées de foudre. l'un de ces Après trente ans. où le soleil n'apparaît que sous condition de couleur sombrement affolée. en possession d'une ardeur capable de tout oser et d'une palette capable de tout rendre. subtil. La vitesse de deux trains qui se croisent y est hardiment indiquée par la direction de leurs panaches se déroulant dans cette étrange atmosphère de la Tamise. certaines vues de la mer en Provence ou sous l'immense voûte du ciel. la rattacher à cette sorte de poëme des eaux. divers Pourville. tantôt dramatique à donner le frisson comme dans les Inondations et les Débâcles de glaçons. opinion un peu trop limitée. dans son indicible douceur.l 103 robustement modelés. dans cette suite des Cabanes du douanier. les Cathédrales. dans lequel il a décrit l'élément à peu près sous tous ses aspects. tantôt tumultueux comme dans les Belle-Isle. Au dans son ensemble par deux ou surplus. ne venaient pas rectifier cette l'eau. 1902. apaisée jusqu'à duo de couleur et dans l'infini de lumière qui. Ce poëme de nous l'avons vu se dérouler à travers une grande partie de l'oeuvre déjà parcourue. tantôt courant. à l'occasion. . En nouveaux cycles de l'Eau s'amorce par une Vue du Pont de Charing-Cross. Monet revenait au séjour de ses heures d'angoisses. comme sur la côte normande. au point qu'il pourrait être considéré comme la note dominante de l'œuvre. pour être complets. Giverny et Vétheuil exécutés entre 1896 et 1902. il une atteint belle intensité de couleur. entre ses eaux alourdies et son ciel surchargé. nous verrons trois cycles Monet lui-même la confirmer encore d'une importance capitale. gracieux. aux- quels nous arrivons après avoir noté. revenant sans cesse avec une réussite nouvelle.

que noter ici cette indication rapide. où peintures. au Londres fourmillants confus. qui donnaient à l'exécution une des plus hardies. Au reste. les choses que nous aurions pensé ne pas revoir. Monet eut le temps de peindre plus d'une toile et de rassembler de nombreux documents qu'il put remanier et refondre une fois de retour sain et sauf. Avant de partir. plus lumineux — comme font Le cycle de Londres. minster. forment une opposition avec le tragique courant de la Tamise. plus d'une fois pendant la grave maladie qui le saisit et le voyage. rêvé plutôt. A ce la à l'atelier de diverses la tentative demeure combinaison venait sinon moment le bruit en courut dans . du moins la compléter. une symphonie ne font encore que ces thèmes qui dans se laisser deviner. Nous ne devons comme fuyante. en son jardin qui certainement lui parut plus beau. fut donc loin d'être infruc- mêmes où il fut accompli. il avait déjà esquissé. du Parlement et de West- trafic incessant et un caractère alarmant. Pour la première fois contretemps. Le peintre des rives de la Seine et de ces moment où d'un il « le dut y penser terrassa lors de ce nouveau prés fleuris étudiait les aspects acres et grandioses des Ponts de » Il qu'elle arrose. malgré tueux. le terrible peut-être à cause des circonstances de certaines conditions du travail. plus délicat. tristement solennels. et qui plus tard s'accentueront. Mais la robustesse extraordinaire de son tempérament triompha du mal qui n'avait pas pardonné au pauvre Watteau lorsqu'il avait fait le voyage en 1720. et. qui avaient en réserve tant de tendresse pour ])eintre. fut attaqué par une fluxion de poitrine qui prit et plus ardent que jamais. à cause aussi mémoire et la reprise un caractère plus corsé. envahiront et s'imposeront à tout le reste. Mais ces eaux de Giverny. devant les caresses infiniment suaves de la lumière de France sur son étang de Giverny émaillé de nymphœas.LES EAUX TRAGIQUES DE LONDRES. la dans une aussi large mesure suppléer à Vimpression. et ceux. un autre chant du poëme des eaux.

W o H S eu .

105
les ateliers, et les

malveillances se hâtèrent de crier que Claude Monet avait prononcé

lui-même la condamnation de la pure doctrine impressionniste. Ils ne réfléchissaient
pas que Monet n'avait jamais été un chef de doctrine, un pontife, et qu'il n'avait pas
plus promulgué de théories qu'il n'en avait aboli. Ce nom même d'impressionniste, on
donné,

le lui avait

l'artiste avait,

et

même comme un

ou plutôt on ignorait que
produit maintes œuvres qui ne pou-

fruit d'une impression directe ?

lieu plutôt qu'en
Il

oubliait

Et que peut importer d'ailleurs qu'une œuvre

l'atelier.

commencée ou terminée en un

un

autre,

du moment

soit

qu'elle est le

vraiment beau de voir ceux qui avaient injurié

était

du temps au dehors, et à même le site, lui
coup de pinceau à l'atelier Pour un peu ils

qu'il avait peint la plupart

reprocher maintenant de donner un seul
lui

On

à côté de ses impressions en plein air,

vaient être exécutées qu'à

Monet parce

sarcasme.

!

auraient fait défense d'avoir un atelier

I

une conception plus nette de l'opération artistique, de se rendre compte que le prodigieux entraînement du peintre, sa
faculté exceptionnelle, accrue et fixée par des années de labeur, de capter, pour ainsi
Il

un

dire,

aurait été plus juste, et cela aurait dénoté

spectacle de nature, enfin sa sûreté d'analyse et sa subtile perception des rap-

rendent plus aisé qu'à tout autre

ports, lui

Que

si,

le travail

de mémoire.

après tout, aux temps héroïques de l'impressionnisme certains défen-

seurs de bonne volonté avaient formulé une espèce de dogme, décrétant je ne sais
quelles peintures à la course devant les motifs

jamais discoureur, n'avait pas prononcé des
et

il

n'était

et c'est la

harmonie avec tout

s'affirment absolument en

et la

ou achevés entre 1902

le reste

et

de son œuvre. La

dans cet irréel des fantastiques brumes londoniennes,
décision fulgurante de la touche, donnent les mêmes qualités à ces

recherche des accords,

vigueur

seule chose qui importe lorsqu'on les revoit

— ayant été exécutés,

à la distance, déjà de près de vingt ans,

la

éternels de conformité à ce code,

artiste créateur.

Les tableaux de Londres,

vœux

et

responsable ni des exagérations ni des naïvetés qui se prodiguent toujours

autour d'un

1904,

mêmes, Monet, toujours agissant

la vérité

peintures qu'aux plus franches d'Argenteuil, aux plus délicates d'Antibes, aux plus dra-

matiques de
les

Belle-Isle.

accords sur lesquels

sitent

un autre

Sans doute
il

gamme

la

d'une richesse plus sombre que ceux que néces-

est bâti, sont

eux-mêmes, et l'on
nous avoir donné une Tamise de fantaisie.
trait

yeux
ne peut certainement pas taxer Monet de

climat. Les effets sont plus mystérieux. Tels apparaissent à nos

les lieux et les édifices

Un

générale de ce cycle, ou plus exactement

de feu rouge

comme

le

sang traverse

les

nuées

vient se jouer en zigzags sur le flot perpétuellement clapotant

du

et les brouillards et

large fleuve

aux eaux

lourdes. Ce tison va fusant et s'éteignant dans le jour, le brouillard et l'onde, tous trois

d'un bleu aussi profond que celui de

rendent plus fantomatiques encore

la

la nuit.

Ces âpres fantaisies de l'atmosphère

haute tour

et le bloc

démesurément

vieux Parlement gothique, ou bien semblent suspendre, non pas entre

mais entre deux néants diaprés,

ou ceux,

sveltes et

minces

les

comme

large

du

le ciel et l'eau,

ponts massifs surchargés de piétons, de camions,

la

corde d'un acrobate, sur laquelle passent à toute

106
vitesse des express

empanachés d'une fumée qui

se teinte à son tour des reflets les

plus étranges.

Parfois le

London Bridge, avec

sa foule compacte, est violemment éclairé au beau

milieu par une lumière blafarde, tandis que

le ciel et le

même

ténébreux. Dans certains tableaux pris du

fleuve s'obstinent à

point, des usines, des docks, des

wharfs gigantesques apparaissent, et dans d'autres, on ne
d'autres ils ont disparu complètement.

Le

silence solennel qui enveloppe,

Ce

n'est

pas un médiocre

effet

du

talent de

dans un cadre de moyen format,
par

la force

de

Mais sous
y méprenez pas,
qui est le dessin

mer
du

les voit qu'à peine, et

au moins autant que

cependant un silence de mort. C'est

séculaire, n'est pas

le

Monet que d'avoir

et d'avoir

demeurer

le brouillard, le

silence

dans

Palais

du trop grand.

fait tenir cette

grandeur

rendu tout cela presque exclusivement

la couleur.

cette couleur qui
il

rend

bien l'impalpable et l'amorphe, ne vous

si

y a une construction, une architecture rigoureuse, un dessin caché

même

peintes sur la côte

de l'atmosphère. De

même

dans

les vastes et claires

normande ou provençale, sans autre

étendues de

contrepartie que retendue

y avait le dessin de cette insaisissable logique qui entraîne le monde dans
sur une route aussi sûre et aussi rigide que ce pont de fer sur lequel glissent

ciel, il

l'infini

les trains si

rapidement que

les détails

nous échappent

et

que seule

est perceptible la

direction.

Cette architecture sans lignes,

gement que jamais,

et

il

nous allons

n'est pas inexact

la

trouver bientôt réalisée plus

de penser que

les brouillards

lar-

de Londres

ont été la somptueuse et grave transition de l'architecture solide des Meules et des
Cathédrales à

phœas.

la

construction des reflets sur les eaux lumineuses du bassin aux

Nym-

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Une grande allée centrale le divise d'étroits passages qui en deux rectangles principaux entrecoupés permettent à peine de circuler entre les massifs de fleurs. Celui des fleurs. est réglée de telle sorte que l'enchantement commence avec le printemps médiane et est et Il ne se termine que lorsque cesse la clémence de l'automne. jaillit une caresse suprême. y Un et cependant bien rythmés. s'équilibrent dans un immense oratorio. Elles forment véri- tablement des chœurs qui se répondent. combinées. les plantes qui se pressent en chacun d'eux suffiraient à égayer à souhait de nombreux jardins plus spacieux. Cette polychromie. nourri. le peintre a toujours tel jardin est pour lui un inépuisable répertoire. De ces masses alternées. est faite de capucines pantes qui. pour son De esprit ram- l'autre côté avec la route et la petite voie ferrée pour un per- exercice. frontière. l'empire de .I I L LE JARDIN ET LES EAUX CHATOYANTES DE GIVEEINY. cette polyphonie. qu'accompagnent les cuivres ou les ors des tournesols et des soucis. pour son œil un permanent tour à tour une exaltation ou un repos. des contraltos d'écarlate. entre. lorsqu'il sort de sa maison ou même de sa riche sous les yeux le diapason lorsqu'il palette. condensé de telle sorte que. laissées libres étalent des festons capricieux Ainsi. pétuel guide et conseil. une extase de couleurs. L'allée couverte par la voûte verte et fleurie que forment des arceaux de rosiers. de chaque côté la bordure continue. Chacun de ces chœurs est touffu. s'étend celui de en largeur et descend en pente légère vers la route qui le sépare de l'eau. par phalanges associées ou contrastées. touffue. des sopranos candides de blanc et de bleu pâle. large. disjointes et convenablement espacées. se mêlent. Le jardin de Giverny comprend deux mondes celui des fleurs et celui de l'eau. au fond duquel est la maison d'habitation et les ateliers du : peintre. calculées par un grand coloriste et centuplées par l'affolement du visiteur. comme ceux des voix y a des basses de pourpre obscure. Elles sont plantées à profusion.

moirent. Les fleurs y sont moins nombreuses. les plantes et celle aquatiques paraissent nager dans l'espace plutôt qu'être soutenues par liquide. d'améthystes. Leurs feuilles aux couleurs métalliques. on comprend comment dans les légendes le fond des eaux participent de la peau grasse et attirait lisse. Que passe une nuée tendre ou l'image renversée de quelque touffe aux réalités du solide et du violente. la terre. Un pont bombé. union si profonde hauteur des nuages Entre ces deux profondeurs. Ces aigrettes de rubis. les pétrifications montantes du paysages les sol s'aiguisent vers celles qui dans dont la les grottes descendent de la voûte. Le premier était le monde des couleurs. celle qu'on voit des couches infinies de et qui se reflète. l'on croit plonger aussi loin plaine. qui enserre le vaste et paisible miroir d'un étang alimenté par Le cadre est assez quand on le voit le cours de l'Epte dérivée spacieux pour que lève les yeux en l'air. et il en fit le thème d'une nombreuse série. l'on Aux retombent en grappes. bleuissent. interrompent. forme de ceux que ce séjour des mirages. vers les fées perfides les ensorcelés. comme pointe vient à la rencontre de son image renversée dans l'Epte. Elles s'étalent en groupes de disques au centre desquels surgissent les fleurs charnues. des rivages. Ici que un moment le ciel se reflète aussi à l'étrange union des illusions de l'éther et que et laissée la libre de s'épandre. d'iris. On en voit des spécimens dans s'attaqua de où le soleil la collection Camondo entre autres. recommencent parmi ces jeux des les accidents de la terre. liquide ne fait que le surface la hasard des pas fasse rencontrer ou de quelque tronc de saule. teintées de rose saumoné. en trouve dans balustrades de ce pont grim- stalactites multicolores. ou plutôt comme la muqueuse calcaire de certains coquillages.108 un l'eau présente est le monde tout autre aspect. et en tout dernier lieu le peintre nouveau à ce motif redoutable en l'amplifiant en exaspère les gemmes. celui-ci des nuances. puisque l'eau qu'on voit est le ciel. Encore mieux on s'explique comment deux éléments qui échangent leurs irréalités. devaient tenter tout d'abord Claude Monet. de topazes. En contemplant un peu longuement ces prestiges. Les bouquets d'arbres encerclés par des allées sinueuses y donnent une ombre constante qui ne se déplace avec les heures que pour donner au calme du lieu le charme de l'imprévu. de la race aquatique ellemême. ont puissamment attiré et longuement retenu le peintre qui les avait toujours étudiés avec passion dans l'innombrable duo qu'ils poursuivent. des de donne accès à pent des glycines et elles la villes. ce rappel qu'accentuer la magie toujours changeante des nuances qui dorent. rosissent le miroir avide Les plantes d'eau sont d'une autre nature que celles de et fidèle. et que le ciel qu'on ne voit pas est devenu la seule apparence de l'eau. ou blanches et mates comme la cire. avec leur grâce éplorée. Mais ces entrelacs et ces bocages ne sont eux-mêmes qu'un cadre. et en choisissant l'heure . vaste et aussi varié qu'on on n'a qu'à abaisser le regard pour assister des mensonges de l'eau. d'Hiroshighé. gonflées.

.

.

Mais ce n'est point là le phénomène qui se passa. Seulement. « la rendre à la nature».. sont exé- Mais ce qui cutées de la belle manière. que Monet avait non. l'avait fois cela dit. qui lui a toujours per- mis de se renouveler. c'est même. ou. Suivant Octave Mirbeau. conta — Venise. Aussi Octave Mirbeau ne l'expliqua-t-il point et se contenta-t-il d'affirmer qu'il avait que de déclarer une la certitude. il ne La maîtrise. d'expliquer pourquoi Monet est allé à Venise tout de l'heure I où qu'il n'irait jamais. Cependant. Monet. reprises. mais lui-même par une séduisante expérience en vue d'une œuvre considérable.. il ne l'a pas au moment même où il prend l'offensive. si l'on peut dire. Cette dernière explication était vague et peu satisfaisante. sans cesse remaniées. ne se renouvelait point. la peinture et la poésie.. quant à et il aller ajouta simplement que Monet «avait attendu de nouveaux pressentiments. Il eu autant raison d'y la certitude et la maîtrise aboutissent à depuis longtemps ses plus extrêmes années. à Venise. je n'irai Ce qui permet à lités dit jadis 1912 à la belle exagération dont il : pas à Venise. doutant de lui-même comme aux jours de sa plus ardente jeunesse. Notre explication est tout autre. l'écrivain de développer un amusant paradoxe où les bana- qu'a engendrées Venise dans la romance. se contrôlait .. se renouant elle-même logiquement à celles qui l'avaient précédée.. l'eut jamais. en 1908 il s'arracha à ces études longuement méditées. Monet aurait donc pu renouveler non seulement Venise. Nous avons trop souvent suivi cet enchaînement pour ne pas comprendre se continuait. au moment où il attaque la toile et tant que dure ce corps à corps. comme le dit le préfacier. » Monet car jusqu'en fut inquiet.. laissées à ce et il partit moment pour pouvoir les mieux reprendre au retour pour Venise. tourmenté. mais encore lui-même s'il en avait senti le besoin. cette inquiétude.GIVERNY-VE3VISE. est plus difficile. ET RETOUR. qui écrivit pour l'exposition ouverte en Bernheim-Jeune une de ces vibrantes préfaces d'une galerie avait le secret.

il est certain que comme travail de transition. s'en rendît et amené de son œuvre. sans montrer le faîte ni ment entre de la la par conséquent masse architecturale Salute qui le séduit par un le ciel. ou bien l'entrée du grand canal. de lagune du premier plan s'étend Quand il comme un la plus et cas- grande largeur du devant lequel la portion tapis. C'est pour cela qu'à Venise. la domaine d'analogies toutes naturelles. à laquelle la force logique obéit toujours sans la discuter et il grande surface d'eau émaillée de nénuphars ne pouvait se prolonger qu'en les champs entiers de la lagune. Nous avons vu Monet suivre le parcours de la Seine en acquérant à chaque étape des ressources nouvelles. l'effet d'oppositions le disait Mirbeau. plus scintillante que dans les premiers bassins des — nymphœas. façon plus accidentée. le peintre ne retrace que la portion inférieure. et où elle n'est guère. mais encore tenus dans le secret de l'atelier. de l'étang des aller et retour. Il est enfin à noter que les tableaux dont nous venons de parler. . La couleur dans presque toute la série de Venise. pour ceux qui étudieront à fond avec nous l'œuvre de Monet.110 immédiatement qu'il n'y avait qu'un pas. devinée. en tout cas. le Palais Dario. quée du dôme de la Salute. Ensuite de l'ar- meule chitecture de la cathédrale. Seule la vue du Rio coin pittoresque de pont. Mais il est probable qu'elle gagnera avec le temps toute sa valeur et. pris à distance. dont il subissait déjà les conséquences sans en prévoir l'étendue. par qu'il le voulût. pour une toutefois d'une bonne partie. Les principaux motifs sont Saint Georges Majeur qui semble : flotter avec sa tour effilée en guise de mâture. l'art cha- roman- de cartes postales. contient une proportion d'eau minime. et de telle façon que le dialogue est seule- son avant-plan mouvant. mais de cette excursion il devait fatalement revenir à l'entreprise commencée. le Palais Contarini. ou bien encore le Palais Ducal. le peintre a les moirures de la lagune pouvaient évoquer principalement choisi les motifs où la proportion d'eau est la plus grande par rapport aux édifices. de son tempérament il avait inéluctablement été à passer à celle de la compte ou non. résultat inévitable de la nature Monet et de tiques. déjà entrepris. nymphœas à nappe de lagune où s'élève la floraison des palais bariolés. supprimaient le ciel pour le mieux montrer reflété. où de les irisations l'étang. étudie les maisons vénitiennes. était suave. Toutefois cela ne pouvait être qu'une excursion dans le sans s'analyser. Cette extrême délicatesse fut cause que la moins comprise encore que certaines autres. avec leurs massifs d'orientales maçonneries et leurs sentiers de canaux. série fut elle conservera un intérêt capital. très peu contrastée. moindre de la moitié. qui prend trop faci- plupart des peintres au piège. De même. et passer des eaux franches d'Argenteuil aux eaux la transparentes et vaporeuses de la boucle de Giverny. en tous les cas. doucement toyante. et s'entraîner des batailles de vagues de Belle-Isle aux sinistres richesses du courant de la Tamise. ou comme tentée lement la même de l'analyse qu'avait sa volonté d'éviter le trop pittoresque. telles que le Palais de la Mula. qui est vue de l'autre côté de bras d'eau. de balcons. une suite de maisons découpant sur le ciel une échancrure bizarre. plus brisée.

> .

.

cuisinée.THÉORIE DES ÉQUIVALENTS ET DES DOMINANTES. travail différent de celui de grouper des éléments qu'ils n'étaient pas à même de voir. sur cet énergique. dans les comme un virtuose imperturbable. une transposition dans une gamme cette sorte d'invention (1). un « copiste » asservi à la nature. il de Il l'intensité extraordinaire qu'il même simplement d'un faut tenir compte. plus important l'entreprise le trans- et plus difficile que celui âprement disputées. trouver. la modifie. CHAQUE MAÎTRE TROUVE LES On aura pu remarquer. soit claire et unie. parfois simplement d'attente. nouveau. porte et il commence un travail qui lui avait procuré des joies si couleur de nouveau la l'attire. doute. puis il même qu'il tient temps en doute encore. Il la périodes où Monet s'adonne pas- à l'accomplissement de certains de ses cycles. cet etîet. parfois de reprise. une oeuvre. décide à la soumettre au jugement public. soit se rapprochant aussi fidèlement que possible de la vision sombre et moyenne (1) Invenire. V . Mais son énergie se répare. soit vibrante et analytique. conquête en de foi artiste plein et tel artiste. découvrir ce que les autres ne voyaient pas. ou a moins ou à peine produit. quand on dépense une fois creuse. Aucune technique. en suivant chronologiquement cette étude. et d'ardeur. — alors qu'il n'est pas une seule de ses œuvres qui n'en soit une interprétation. d'un chagrin. sur ce vaillant. lui- et ce une nouvelle épreuve. le résultat analyse un les à diverses reprises. en ces derniers temps. que des écarts de temps parfois assez longs se produisent entre sionnément à Tel a la été. soit même rare. un une valeur seul coup de pinceau même qui n'apporte à révélatrice. Certaines années même) SIENS. homme qu'on a voulu considérer. tout en passant alors le plus désa- n'est qu'après qu'il se gréable des quarts d'heure. l'épuisé (et s'épuise parfois en jusqu'à ce qu'il en soit à peu près satisfait. C'est cet jeunes écoles.

— ceux qui et sont. une cathédrale. soit d'artiste isolé. et une une façon d'exprimer. La peinture. rejoignant. et. Exemples. alors triplement copistes. soit d'école en général.112 de cent paires d'yeux humains prises au hasard. revanche. car elle réside uniquement dans la façon de la ressentir de celui qui l'exprime. l'incompré- hension de celles qui. des apparences de la nature. pouvant et devant nous parler sans aucun secours de paroles. ainsi considérée. une façon de ressentir. les peupliers de l'Epte. ne pourra et ne devra jamais être une copie exacte. ont été à notre avis. Quant aux équivalents. qu'une invitation à En la ne peuvent être bien regarder. que ces apparences changent avec une continuité et une rapidité prodigieuses. miers au succès de l'œuvre. ne sauraient. entre beaucoup d'autres formes une meule. C'est ainsi qu'une étude telle que celle-ci et toutes les autres de même genre. suite d'autant plus faciles à imiter qu'ils se distinguent de tous les les et pour cela que les critiques. tions adoptées. des plus beaux équivalents. mais aussi les émotions qui les accompagnaient. en dehors des faits qui permettent de classer les étapes d'une œuvre. peu réfléchies et point fondées que certains ont adressé à l'œuvre de Monet. et qu'elles se sont ensuite imposées au point de demeurer gravées dans les mémoires. au fixe. Or. ne correspondaient à aucune entité. aussi expressif et aussi complet en lui-même que celui des sons. de discuter les tonalités et les les pre- modula- du moment que les relations sont harmonieusement combinées et à la fois évoquent et renouvellent nos sensations devant la nature. mêmes remarques aident à comprendre pourquoi le terme d'impressionniste d'impressionnisme. puisqu'ils exploitent à la fois façon de regarder. aussi à part. quand des dominantes ont été isolées avec autant de les équivalents empruntent quand — par autres. est un langage à part. rigoureuse. cela est curieux à noter. Et cette beauté elle-même n'a rien de de codifiable. rien expliquer de l'essence de cette œuvre même. jugés assez beaux pour contribuer : la silhouette de Vétheuil. pour frapper tout d'abord les esprits libres de est incontestable nantes assez fortes. il que Claude Monet a trouvé dans la nature des domiassez captivantes. se trompent de but et ne devraient s'appliquer qu'aux peintres qui ont trop facilement et trop docilement adopté la manière de notre peintre. dans une autre région. de plus. trouvés par un artiste sont aussi déterminés. qui Les et Il reste tout à fait est la sienne. eux. L'on n'a qu'à passer en revue tous ceux qui se sont trouvés mêlés à ce mou- vement et que des désirs communs de libre manifestation d'eux-mêmes avaient . préjugés d'académie ou d'atelier. C'est relief. lui barraient la route dans les années 70 à 80. Les raisons en sont que d'abord ces apparences ne sont pas perçues identiquement de même la manière par deux de ces paires d'yeux. pour d'autres motifs. Il ils est tout à fait oiseux. Ces techniques ne peuvent donc (que tendre à établir les plus saisissantes domi- moyen nantes. et pas seulement nos sensations.

113

Aucun

réunis.

n'est

analogue à

l'autre.

Boudin, qui assiste aux premiers essais de

Monet, ne ressemble pas à Jongkind, qui contribue à l'affranchir de ce qui pourrait

demeurer mêlé d'influences de Corot

et

de Courbet à sa vision déjà vigoureuse

et à

son dessin déjà caractéristique. Manet, parti des maîtres, ne ressemble en aucune façon
à Courbet qui a pourtant

comme

de l'un

l'autre.

une éducation de musée. Puis, lorsque par
réaction, ce que Monet a apporté de clair dans la palette et de lumineux dans l'atmosphère, agit sur le même Manet, aucune comparaison ne peut s'établir entre VArgenteuil
et les Argenteuils

Renoir

de

est fraternel

lui

avec Monet, mais, malgré quelques échanges de recherches

au début, rien de plus dissemblable que leurs tempéraments,
de perception, chez l'un
Pissarro, chez qui

et

et l'extrême délicatesse

chez l'autre, aboutit à des résultats entièrement différents,

on a cru pouvoir relever des hantises successives, de

Millet,

de Monet,

de Seurat, n'a rien, ni comme sentiment, ni comme touche, ni comme matière, de tous
ces artistes pas plus que de ses deux ardents compagnons de la rue Laffitte. L'on pourra

un jour ou l'autre que toutes les œuvres de Pissarro, quelles que soient
ses recherches du moment sont du même tempérament, et portent toutes leur signature à distance. Il n'est jusqu'à Sisley, dans sa personnalité moins tranchée, moins
impérieuse que celle de ses camarades, qui ne se distingue par ses qualités à lui, un
abandon sans arrière-pensée, une certaine aimable négligence pleine de saveur, et une
gamme, soit de vert et de rose très fraîche, soit blonde et ambrée des plus caressantes.
On pourrait s'étonner que dans un livre où se trouve étudié Monet surtout en
lui-même, mais aussi quelque peu par rapport aux artistes de son temps, le nom de
Cézanne ne se soit pas trouvé une seule fois sur notre route.
Ce n'est point que Monet et lui, il s'en faut de beaucoup, fussent étrans'apercevoir

gers l'un à l'autre. Mais les affinités que nous avons trouvées, malgré la diversité

des tempéraments, entre Monet

de trouver une

commune mesure

et

Renoir, sont

entre

ici

totalement absentes. Impossible

un peintre qui s'évertue à priori à reconstituer
peinture, et un autre qui, par une admirable

un système de la nature et de la
méthode expérimentale pénètre les lois de l'équilibre de cette nature, et trouve, au fur
et à mesure de ses nécessités le langage approprié, parce qu'il est tiré de ces lois ellesmêmes. Aussi l'œuvre, la personnalité, les influences posthumes de Cézanne (influences
et conséquences qu'il n'aurait ni conçues ni approuvées) sont des phénomènes d'un
tout

ordre essentiellement différent de ceux que nous avons analysés dans ces pages.

Cézanne a vécu à

comme un
admiré,
les

il

l'écart, et, tout

peintre doué d'un « œil »

ne

l'a

en admirant Monet, ne se

l'est

représenté que

merveilleux. Ce qui revient à dire que

jamais regardé. Monet, au contraire, a regardé

a admirées, mais n'en a pas subi la moindre atteinte.

Ils

les

s'il

l'a

œuvres de Cézanne,

ont vécu dans des

mondes

Le monde où Cézanne a si laborieusement construit son grandiose monument
d'impuissance n'avait donc point à être examiné ici; il n'y avait ni prétexte, ni profit

distincts.

à un pareil rapprochement.

Au

reste,

plus cordiales.

pour rares qu'elles devinrent, les relations avec Monet furent des
En 1895, Cézanne vint à Giverny, s'y rencontra avec plusieurs artistes

114

ne connaissait point, parmi lesquels Rodin. Il trouva même que le statuaire avait
été bien aimable avec lui, et que c'était vraiment « gentil de la part d'un monsieur
décoré». Il alla jusqu'à se prosterner devant lui, pendant un tour de jardin. Très peu
qu'il

de jours après

il

retournait précipitamment en Provence.

Monet de cette retraite plus sûre, j'ai dû quitter Paris, abandonner momentanément l'étude que j'avais entreprise chez un écrivain dont il avait
commencé le portrait qui s'était mis si libéralement à ma disposition, et je suis un peu
confus du mince résultat que j'ai obtenu, surtout après tant de séances et des emballements et des découragements successifs.
« Me voilà donc retombé dans le Midi, d'où je n'aurais peut-être jamais dû
« J'ai dû, écrit-il à

m'éloigner pour m'élancer à la poursuite chimérique de
« ...Pour terminer, je
j'ai

vous dirai combien

rencontré auprès de vous,

et

me

qui

j'ai été

l'art.

heureux de l'appui moral que

sert de stimulant

pour

la peinture. »

Cézanne a tracé là, sans s'en douter, son portrait au complet. Il confirme aussi
tout ce que nous venons de dire de ses « rapports par contraste » avec Monet, et
explique pourquoi il ne s'est pas rencontré sur la route que nous avons parcourue.
Nous devions pourtant nommer, et nous l'avons fait, ceux qui s'étaient rapprochés pendant la période dite impressionniste. Dans une histoire complète de
xix* siècle,

l'art

au

faudrait encore trouver des analogies et des influences chez des peintres

il

qui tout en les présentant à notre regard, conservent des physionomies originales.
Artistes

que

l'on s'étonnera plus tard

de trouver oubliés ou négligés en ce temps-ci

:

l'exquis Victor Vignon, peintre sensitif et tendre, coloriste d'une rare finesse; Cordey,

vigoureux

et

franc jusqu'à la roideur; Norbert Gœneutte, qui, non seulement

graveur, mais aussi

comme

morceaux dans la tracommençait à Venise et à Anvers,

peintre, après avoir perpétré des

dition des anciens maîtres et point indignes d'eux,

à se rattacher brillamment aux tendances picturales de son temps.

notamment Delâtre

d'autres encore,

comme

et l'Ecole

Il

en

est

bien

de Rouen.

Est-ce à dire que les dominantes et les équivalents (on nous excusera de répéter
ces termes nécessaires) découverts par Claude Monet, ainsi

en propre à ses principaux compagnons de

lutte,

que ceux qui appartiennent
n'ont eu pour résultat que des imi-

tations stériles ?
Il

ou

y a deux points bien

tels artistes faciles

d'une école que
le profit

que

distincts

à influencer

et

dans

cette question

qui constituent

le

:

l'action exercée sur tels

gros de l'armée, l'ensemble

temps classe et parmi laquelle il fait cependant des choix;
puis
en général peut retirer d'une façon de voir particulière et l'influence

le

l'art

exercée sur des artistes

même

qui suivent des chemins absolument différents.

historiquement certain, maintenant, que sans se ressembler aucunement entre eux, Monet, Renoir, Pissarro, Sisley, ont contribué tous ensemble à ramener
Or,

il

est

un goût de couleur
ques d'où

claire et d'observation directe

s'étaient enfuis

jusque dans

justement parce que ce goût s'y

les ateliers

académi-

était perdu.
Monet, en particulier, a inventé, ou adapté d'une façon neuve et personnelle
qui équivaut à l'invention, une méthode d'analyse qui avait cela de remarquable qu'elle
ils

115

ne contrariait pas,
et précise

la

servant au contraire, sa vision synthétique de la nature. Délicate

dans sa complexité,

cette

méthode

se prétait à ses sentiments tendres

comme

à ses sentiments passionnés; elle lui permettait de traduire, en équivalents d'une qualité

d'art supérieure, les spectacles les plus subtils

donc non seulement

de

la

les plus

vigoureux.

Il

est

mais encore peu critique de le considérer comme un
dénué d'imagination. Il a possédé, au contraire, à un degré

injuste,

copiste imperturbable, et
inégalé,

comme

une des qualités

plus belles et les plus rares du peintre

les

:

l'imagination

couleur.
C'est

une des raisons pour lesquelles

ces arrêts de travail qui ont

donné

lieu

aux

se produisirent

de temps à autre, de

réflexions que nous terminons

ici,

et pen-

dant lesquels cette imagination se reposait anxieusement, puis se ravivait, puis
reprenait soudain tout entier.

le

MINUTE DE RECUEILLEMENT.

Après toutes

les réflexions

générales que nous ont suggérées chacune des phases

de cette admirable carrière, aurons-nous besoin de résumer, dans des conclusions en
règle, la portée
faits et les

est

de l'œuvre, l'enseignement du caractère

de

la vie ?

A

quoi bon

travaux parlent d'eux-mêmes. La vie de Monet, claire d'un bout à

une leçon

qu'il refuse

d'énergie, d'indépendance, de hautaine probité. L'on

?

n'y songe

il

même

l'autre,

ne peut pas dire

pas. C'est tout naturellement, et parce qu'il est

payé par des satisfactions plus certaines

et plus hautes, qu'il refuse,

sans affectation,

honneurs, généralement recherchés, qui viennent parfois à sa porte, plutôt en

liciteurs

qu'en protecteurs,

comme

il

est d'usage.

Comment

se tourmenterait-il

des sanctions aussi vaines, quand elles ont attendu, pour se proposer, que

de son effort

les ait

dépassées? Cet

effort, ainsi

que

la

le

sol-

pour

succès

doutes âpres et féconds qu'il

les

entraîne, constitue avec les deuils inévitables ressentis

cœur,

si

vivement par tout

homme

rançon de ce succès considérable, universel. Quant aux récompenses,

la réussite

Les

de faire des concessions aux préjugés, aux ambitions, aux goûts moyens

de son temps, car

les

et

même

de

c'est

des œuvres qui nous les révèle. Tels tableaux puissants et délicats, où

où l'eau et le ciel forment une si pénétrante harmonie, où la végétation luxuriante évoque les promesses, les caresses ou les bienfaits de la terre, nous
font, comme si nous nous trouvions à ses côtés, assister et participer aux bonheurs

l'air circule et colore,

qu'il eut

d'entendre et de traduire l'immense

Et

c'est

poëme

en cela que l'œuvre de Claude Monet,

continua en s'écartant profondément de

lui,

l'égale

dépasse l'apport d'un ordinaire paysagiste. Certes,
beau, de peindre d'imagination
vie

les actes

humaine, dans ses douleurs, dans ses

cours.

Ce

n'est

naturel.

il

comme

celle

pas nous, qui, dans notre

qu'il

aux grands maîtres français et
est beau, il demeurera toujours

des héros et des dieux, et
joies, et

de Corot,

jusque dans

admiration

la

même

la

simple

monotonie de son

pour Monet, renierons

les

1

les caprices que nous vénérons. Tout mer qu'une l'eff^ort Il suffit qu'elle éveille des sentiments de l'humanité peut être évoqué dans une représentation de voile sillonne et brave. et comme un chant. que les dieux. et la amassé en la massive Un sentiment divin parole liturgique la : « peut Cœli enarrant gloriam dei » pourrait être la devise du peintre qui ressent avec vivacité. avec profondeur. héroïques en nous par un nuage qui se reflète sur l'eau. les héros et les hommes. avec toute toute la joie que lui a donnée sa science. ou divins. ou d'un champ qui porte. n'est pas nécessaire. de sa palette. la science que lui a donnée sa joie. soient présents dans une image. les fictions. les plus vivantes richesses . être éveillé humains.117 croyances. le grain qui atteste et répare le labeur. Mais il et même qui ont inspiré les maîtres qui inspireront toujours ceux qui doivent un jour leur succéder. pour que cette image prenne rang à côté de celles qui les figurent. et l'œuvre de Monet le prouve. les conceptions. et qui jette sur sa toile. architecture de la meule.

son parti étant bien pris de ne pas quitter sa maison et son fuite. Monet pensait « Il y a des Français qui combattent. en passant. de milliers de Parisiens. résolu quoiqu'un peu timide. Le jeune homme trapu. l'exortant à la peu rassurés eux-mêmes. engage à la veille d'un grand travail. : Il sera beau dans l'avenir de se représenter cet commençant une homme de soixante-seize ans moins de quatre ou cinq années. cessa L'EAU. et atelier. mais parce qu'il était étreint par l'angoisse com- Pendant fois pour les mune. tout poète. une sorte de paladin moderne pour qui les mots qui servent à désigner la vieillesse sont déplacés et comme discordants. » ceux qu'il possédait déjà. non plus cette mêmes causes esthétiques. Ainsi se dessine avec un puissant relief ce caractère. je ne peux que peindre. est à l'heure où nous sommes arrivés. il faut que je fasse ce que je puis faire. l'exode aussi la caravane lamentable des réfugiés errant en sens contraire. sans la moindre de ces discussions avec soi-même que tout artiste. Mirbeau. sans la moindre hésitation.EN PLEIN ÉPANOUISSEMENT DU POËME DE deux premières années de la Grande Guerre. Alors il fit construire un atelier plus faire. Parfois des peintres s'arrêtèrent un instant chez lui. A quatre-vingt ans. puisqu'elles ne font que mieux ressortir d'aussi beaux réveils d'action. comme il vit passer le long de ces routes de la Seine. se donnaient la peine de le rassurer alors qu'il ne ressentait aucune crainte. sa grande « œuvre de guerre » entreprise qui ne pouvait durer m . Aux heures les plus sombres. dont nous ne devions pas dissimuler les périodes de doute et même de pessimisme. que nous avons vu ramassé sur lui-même dans le coin du tableau que Fantin peignait en 1870. Monet. réfléchi quoique prêt à foncer comme un petit taureau. Rien n'était fait pour donner confiance dans l'avenir. et qu'il est déjà beau de voir résoudre par la mise au travail. les le travail. Puis le temps lui lui dit : « Les Allemands n'oseront rien vous parut long. » grand que La troisième année du drame commençait.

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faire agencer des chevalets roulants pour au moins quarante à cinquante de ces toiles plus grandes. L'œil est si pénétrant. Là-dessus. que toutes celles qu'il avait peintes en pleine force de l'âge. et cependant leur division a sa raison d'être. mais non oublié ni oublieux de Paris. leur continuité est jus- apprécier d'étendue en rapport avec l'har- monie dominante. aussi vif de regard. contrastant avec la belle barbe blanche soignée. tout cela montre que chez certains privilégiés du travail. que nous l'avons Les épaules sont larges. disposer ces grandes toiles à la suite les unes des autres (et. de quatre mètres vingt-cinq et atelier de douze mètres de largeur sur commander des toiles sur châssis. larges hautes de deux. toiles se il attaque un dip- continuant dans une autre symphonie encore. accordant d'un bout à l'autre. se conservant met quelque peu de coquetterie.119 accomplie. de six mèti-es sur deux. ceci est important. demeurant éloigné. quatre grandes toiles polyptyques traditionnels. touchant presque terre). le souvenir précis des années les plus lointaines et le jugement lucide du moment présent. Lorsque le peintre le dit. Les toiles de chacune de ces séries se continuent sans interruption. singulièrement exténuant. les bras vigoureux. bien effacées. qui descend en nappe argentée sur le torse robuste. tifiée par ce que l'œil peut supporter et En d'autres termes. vingt-trois de longueur et un quinze de hauteur. partout à la fois. — — alerte de corps de pensée parmi ses fleurs et du poème de vaste cycle l'eau vers lequel œuvres. trois. qui réside dans cette construction occulte dont nous ne signalerons jamais assez l'importance. Ainsi. les mains petites. si direct. (1) Trois seulement sont d'un seul panneau. et toute épithète en affaiblirait le spectacle. si aigu. sont absolument relatifs. les lourds chevalets. Chaque œuvre non point comme action. le rendant un instrument non moins de comparaison que de perception. que l'on est surpris de voir manœuvrer les grandes toiles. Claude Monet est aussi droit. du peintre qui va couvrir de vastes surfaces. ou contrastés. Faire construire. un triptyque dans un autre. et regarder sans peur. et chez Monet en particulier. et ses il attaqua ce dernier et nous avons vu se diriger peu à peu son effort et sa prédilection. d'une des aspects contrebalancés et rapprochés. prêtes pour le mouvement rapide. ni qu'il se fatigue plus promptement que naguère. ni même ainsi les composée de deux. la grande palette chargée de neuf à la main. on penserait qu'il y Le teint vermeil. que l'on ne peut croire qu'il a failli être menacé. sauf certaines du début. d'un même même motif. avec prestesse. le mot de vieillesse. connu à l'âge mûr. l'esprit prompt à la réplique. tel est le pro- — — logue. et en même temps si plein d'images accumulées. aussi net et bref et précis de parole. . aidé de ses études multiples des reflets du ciel se jouant sur l'eau parmi les groupes étalés de nymphœas flamboyants ou tyque dans un ton. des phases diff'érentes (1). quatre candides. agissantes. et le fait même. cette rangée de surfaces blanches. aussi décidé d'allure. formera. en rang ovale tout autour du grand atelier. en pleine guerre.

ce qui est la plus belle façon de fmir que nous puissions rêver. cette véritable de doute. et Monet serait. bien entendu. la griserie qu'elle confié qu'à certains qu'il a senti. mais suivis de nouvelles flambées. retenu. les Cela était inévitable. jusqu'à ne pouvoir s'arrêter. que nous pouvons ainsi énoncer après coup. cependant que la encore des touffes d'iris chatoyante nappe s'étale. Monet ne se l'est point formulé dans ces termes. à la lettre. une catastrophe avait foudroyé ce chêne à certains de ces moments là. la nuit. hauts points de ses enivrements lui-même énorme Il et par et beauté de cette aventure serait incomplète sans et les S'il cela. Monet en recommence d'autres. en désaccord avec Monet. cette synthèse et subtile de tout ce est vrai. avec (1) une force Ce qui s'explique physiologiquement par peine séparées du sol. une joie telle qu'il semble ne plus pouvoir s'arrêter. Sans doute. la trop satisfait. Au la couleur. elle vient au contraire les couper massives colonnes qui s'interposeraient entre nous et le comme de mirage nuancé. Ainsi c'est la couleur qui règne une œuvre cement picturale. moments les plus intenses de son travail. ni des autres. les chevalets. s'illumine et fuit. même. continuaient. la disposition que nous venons de dire. elle aurait surpris en plein bonheur le plus heureux des hommes. de dire que le peintre était entraîné par son entreprise comportait. comme elle ne l'a jamais d'un motif qui paraît n'avoir ni mais est fait dans commen- cependant aussi présent que l'eau. peintre ou poète. cette œuvre ne serait pas ce testament. où donné le ciel n'est en maîtresse. C'est l'exquise délicatesse de son instinct de peintre qui l'a poussé à ne donner que deux panneaux à tel groupe. devaient venir les moments moments sombres que nous savons. à d'autres heures. plus tard. Ce caché. deux puissants troncs de saules. qui est celui de l'atmosphère. toujours plus bas. par quelque considération que ce soit. n'avait pas atteint les plus plus poignantes épreuves de ses négations de de son œuvre. qu'il s'agit pas visible.120 Ce principe. Ce seront d'eau qui viendront se dresser tout au bord. il y a cependant nous-mêmes par rapport à sont construites plus visiblement. à irrésistible (1). pendant Si épopée picturale de quatre années et plus. en descendant plus bas. n'aura pu s'abandonner à son rêve avec une pareille liberté. et parfois même. puisqu'elle ne laisse rien perdre de ses nuances et de ses jeux et qu'au contraire elle les concentre et les avive. Il nous son cerveau en effet. Mais quoique nous soyons dans ce pur domaine de un rythme elle. et celui de surplus. parfois certaines de ces suites seront par exemple. qui viennent accuser nettement la division en triptyque. par l'image renversée d'un arbre que l'on ne voit pas. ou en train pour une reprise ultérieure. et trois ou quatre à tel autre. Parfois la construction sera donnée par un nuage. étant ni fm. sans être gêné. des toiles posées sur . dans une d'elles. et jamais homme. Il ne se l'est même point formulé du tout. Cette division n'est pas correspondante au nombre des toiles elles-mêmes. parce que la combinaison harmonieuse sur laquelle il reposait gagnait à se limiter. à étaler en rêve des couleurs sur les toiles. Il y a dans cette exaltation de couleur. et sa main a. ni de lui-même. Une fois quelques-unes de ces suites terminées. et tenté. ou au contraire devait s'éten- dre.

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une certitude de la durée. et que pas été expressé- elles. que possèdent bien peu d'hommes dans toute la force de l'âge. et même milieu grâce à ce hardi et de la verticales se développant circulairement. pourtant véridique du relief tête le ciel reflété. Monet savait absolument où il allait. Celles qui sont de nature à pour une vaste Il Il est même de ne certain soit que devant des surfaces que rien d'analogue n'avait la tentative été en prohibe toute imitation. elle demandait déjà une résolution. Monet exécuta à peu près douze à quatorze compositions. la les productions dernière Pieta de Titien. d'amples pochades. n'ont telle est l'unité que. la couleur travaillée. demeurera donc dans l'histoire de moderne un fait l'art sans précédent. un coup d'œil sur l'ensemble et la fin même de l'entreprise. suivant la saisissante expression de Whistler. nous aurions donné une idée absolument fausse de ce grand cycle. croit sentir au-dessus fuyant devant lui la particularité de ce grand travail de l'étang aux nymphœas. le miroir d'eau tout incrusté des plantes grasses. trois ou quatre se suivant ment combinés en vue d'aller ensemble. C'est en cela qu'est merveilleuse cette il campagne d'un homme entre soixante-seize et quatre-vingt ans. formant un total de près de cinquante. encore qu'il encore tenté. risible.121 Cependant. leur conserve ce frémis- ou de la joie Régents les la et les douleur qui nous rend émouvantes si Régentes de Frans Hais. ni par . bien artifice. Elle donne aux maîtres avancés en âge une rapidité qui. Seu- lement l'expérience de toute une vie. support des fleurs épanouies. sans compter les études. Toutefois. Tout en se laissant aller aux mirages de la couleur. les passages et y la est si nature que d'y voir des ébauches. loin d'impri- mer à leur ouvrage sement même du grand âge de : un caractère d'imperturbable froideur. ou plus exactement de quoi décorer plusieurs salle disposée de ce genre. à cette convention singulière et suppression de l'horizon. se trouvant qu'à quelque distance de lui. plusieurs n'auront pas satisfait entièrement Claude Monet. de deux à cinq toiles chacune. richement prodiguée. pouvait penser que. Les groupes de deux. ne fut pas réglé par une discipline non moins puissante. Sans doute l'exécution de ces grands panneaux était pleine de largeur et traitée par amples synmais ce thèses. sement absolument en méconnaître serait Au contraire. La grande œuvre que Monet se commanda à lui-même pendant la guerre et à l'approche de sa quatre-vingtième année. dans leur diversité. et a l'illusion de la continuité et le regard se pose ou circule. considère comme salles le satisfaire forment une d'exceptionnelles suite décorations en ovale. de sa les inachevées. malgré si l'on la puissante exaltation qui le mena jusqu'au bout. qui serait que partout où le plaisir du changement. dire que la matière en est aussi précieuse que celle des œuvres de moindre format où l'analyse nécessitait les plus grandes délicatesses de touche. malgré l'intérêt d'élan qu'elles offriront toujours. permet de mettre dans le travail d'une heure ce qui est pour d'autres le labeur de longues journées. et qui ne saurait être renouvelé désormais. que l'on peut sans exagération. modulations de nuances si et si soigneu- complexes. Cette oeuvre pleine d'entrain était aussi une œuvre pleine de volonté. Toutefois ainsi. elles s'harmonisent toujours entre il Le comme au spectateur.

pouvait-on considérer cette comme son bulletin de victoire accompli comme un des épisodes de lettre à lui. ni par quelque autre. de succès. et finalement en possession de tout ce que la gloire et la fortune peuvent apporter pour alléger l'inéluctable poids de la non sur un crépusculaire repos. le poëme des nymphœas est également. son grand diptyque bleu des Nymphœas. mais sur un jamais. une magnifique invitation à faire autre chose que lui. lorsque le jour de l'armistice le peintre écrivait à du Conseil vie. qui avait toujours lutté pendant qu'il œuvrait toujours. recherches jamais ralenties. puis de recherches encore au milieu même du succès. créations incessantes et logiquement enchaînées. et sur un des plus vibrants de ses hymnes à rière qu'il demandait à offrir terminer sa car- effort de plus vaste ses divinités Ainsi. pour tous les artistes. : envergure que couleur son ami et le lumière ! Président à son pays. d'émotions. travail . De toute façon.122 lui. puis de puis de luttes. et cette dîme volontaire de son l'innombrable victoire française. il est beau de voir un maître comblé de jours. mêlés d'anxiété et de nouveaux envols. après tant de travaux. d'essors enfin. Comme étudiée de la prime jeunesse tout l'ensemble de sa production que nous avons aux années d'affranchissement.

46 14. 7. 26 5. Camille. Village en Normandie. Madame 10. et la Côte de Grâce. 2. 20 4. Port du Havre. Le Port de Honfleur. Rue de Pont-Neuf. Une Terrasse au Havre. 13. Saint-Germain-l'Auxerrois. 12. . Sainte-Adresse. 36 36 38 Gaudibert (1868). Portrait de 11.123 TABLE DES GRAVURES 1. Le Déjeûner sur 30 (1866). Les Quais 3. Femmes 48 cueillant des fleurs. 40 42 M l'herbe. 6. La Brodeuse. par Renoir (1875). Claude Monet. 8. Le Phare de Honfleur 9. et le — La 12 Chambre de Commerce 34 . Esquisse du grand tableau en partie détruit par l'artiste.

75 Juillet. Cathédrale de Rouen. 68 25. 48 16. Les Fumées de 31. Effet de neige (1874). Bordighera. (1869). 82 34. Vue de Hollande. café. La Barque de Claude Monet. 88 38. 68 26. Vue de 74 29. 86 Filets. 83 35. Les Déchargeurs de charbon. 78 32. Le Quatorze 30. Les Peupliers des Bords de l'Epte. Les Peupliers. 58 21. Argenteuil. Les Régates à Argenteuil. 64 22. Les Meules. 56 20. 84 (Belle-Isle). L'Aiguille d'Etretat. La Seine à Bougival 50 18. 40. Les Dindons. La Tasse de 70 27. la 76 Gare St-Lazare. 80 33. Vue de Hollande. ' 96 97 100 . 50 17. La Tamise 19. Route de Chailly (Forêt de Fontainebleau). 52 (1870). Les Pyramides à Port-Coton 36. Voilier à Argenteuil. Les 37. Les Falaises de Varengeville. 72 28. 94 39. Vétheuil. 66 24. Antibes. Le Déjeûner. 41. 66 23.124 15.

108 . 118 48. 110 47. 104 44. Vue de Vernon 106 45. Venise. Paulin. Claude Monet. La Cabane du Douanier.125 42. 102 43. Les Nymphéas. du Jardin de Giverny. 120 Allée prise de la rive droite. Le Parlement de Westminster. Une 46. par P.

ne rencontre pas encore Manet. Années sombres. impressionnisme la couleur. et peint des vues de Paris. tableaux de personnages chez Monet. 11 De l'héritage Du retour à la nature et des prédécesseurs immédiats de Monet. 30 Monet rencontre déjà Jongkind. et les dernières 43 peintures de person- 47 Peinture «grise». rencontres heureuses. est 5 cause d'erreurs. en peinture.12fi TABLE DES MATIÈRES Que tout grand artiste est Du terme Que d' « un continuateur. les 15 18 Des débuts difficiles. . 22 De opportune d'Eugène Boudin. 50 Années d'Angleterre 53 et de Hollande. 24 l'amitié Débuts pénibles. 26 Premières orientations. ». 40 Les premiers grands tableaux de figures. un ensemble 8 indéfinissable de miracles qui ont vertu d'absolu. Les «Femmes cueillant des fleurs» nages. Comment 32 d'un groupe obscur sortit une Des différences entre et les « école » 37 célèbre. que maîtres de la lumière transmirent à Claude Monet. Courbet Manet.

126 . l'exposition avec Rodin. Minute de recueillement. 118 Table des gravures. l'analyse lumineuse devient de plus en plus 74 aiguë. La Monet carrière de parallèle au cours de la Seine. Etretat. et retour. Belle-lsle.. Théorie des équivalents et 109 des dominantes. logique des « Meules ».J27 La période 58 hostile. 90 94 97 102 l'eau.Venise. loi Les «Meules». vertu architecturale. Les décisives transitions d'Argenteuil. 104 Le jardin 107 et les eaux chatoyantes de Giverny. Les eaux tragiques de Londres. Alternances : Que l'œuvre de Monet Autres alternances Deux événements : : est soumise à une 87 Vintimille. Giverny. Des 82 Bordighera. avec Giverny pour 79 étape décisive. En plein épanouissement du 111 116 poëme de l'eau. Pour rappeler simplement des Entre Argenteuil 71 batailles éteintes. la souscription « Cathédrales » et Transition du 85 de contrastes. Chaque maître trouve les siens. la Creuse. 64 Intermède de fleurs 69 et de fruits. 123 Table des matières.. point culminant de l'œuvre. comme poëme de quoi elles sont et leur la suite pour l'a Olympia ». et Vétheuil.

A PARIS REPRODUCTIONS PAR DANIEL JACOMET CLICHES DURAND RUEL. DRUET & BERNHEIM-JEUNE % .ACHEVÉ D IMPRIMER LE TREUTE SEPTEMBRE 1 92 1 PAR LA MODERNE IMPRIMERIE 37. RUE GANDON.

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