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org/details/claudemonetOOalexuoft .archive.Digitized by the Internet Archive in 2009 with funding from University of Ottawa http://www.

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Claude Monet .

numérotés de loi à 250. Cent cinquante exemplaires sur papier d'Arches.Il a été imprimé de ce livre : Cent exemplaires sur Japon. . numérotés de i à loo.

Arsène Alexandre Claude Monet PARIS LES EDITIONS BERNHEIM-JEUNE 25. Boulevard de la Madeleine 192 I .

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une semence. pour la plupart du temps. il n'y a pas d'exemples du surgissement ou du développement d'un artiste original dans un isolement absolu. ne peut recevoir l'héritage que sous bénéfice d'inventaire. son éducation et son rêve. le berger. la vie. il tombe aussitôt . Qualités ou faiblesses modifie à son tour suivant son tempérament. la vie intellectuelle n'offre de phéno- mènes de génération spontanée. d'un autre point de vue. L'individu sort d'une longue suite d'individus. dès que l'enfant. le jeune être quelconque. les plus novateurs sortent d'un stage chez les maîtres les plus imbus de certaines traditions. Elle contraire. d'une éblouissante intuition. soit qu'il abolisse. d'une infinie succession d'œuvres qui œuvre de son cerveau et de ses mains ses prédécesseurs ont légué plus ou moins d'eux-mêmes. Ceux que l'on pourrait citer seraient simplement des cas mal expliqués ou insuffisamment observés et suivis. puisque. si originale qu'elle soit (et même plus elle est originale) ne peut être qu'une floraison. l'effet d'autres résistances. d'art.i L QUE TOUT GRAND ARTISTE EST UN CONTLNUATEUR. par réac- Cela ne change rien. La pensée. plus nécessaire de le connaître pour C'est pour cela que le rejeter les artistes que pour considérés comme Il lui est le grand même artiste peut être l'accepter. mation — qui parfois ont été l'artiste de longs efforts. tion. en bien qu'il comme en mal. Soit qu'il perfectionne. — peut coûter à se produisant au début de révélation soudaine. en attendant qu'elle devienne à son tour ou au peut. De toute façon. L'œuvre A l'homme d'art. elle est le fruit Nous en verrons ici une d'une confir- éclatante. se révèle doué d'un instinct de dessin. Pas plus que la vie animale ou végétale. procéder par continuation. Cette décision de eux-mêmes. Mais. L'œuvre d'art. rompre avec ces principes traditionnels jadis. le sauvage. plongé dans un milieu absolument réfractaire à l'art. d'une longue trans- mission de pensées.

qu'il sera s'il se rattache. Dès lors il est forcé de comparer ses essais à ceux des autres commençants. la capable de fausser dangereusement les idées et la vision chez les jeunes gens qui auraient pu se sentir une vocation artistique. ne s'élève au-dessus du courant com- un moment d'y demeurer plongé. En effet. ou plutôt nous donna une leçon pleine sujet. Il vaut mieux de ces images que pas d'images du l'idée d'en faire à leur tour. il soit le vif cette vérité de notre que le sujet. se présentent à nos yeux. soit comme Mais rale. une preuve d'originalité. celles-ci. quand elle en tire des ressources neuves et des résultats inédits. Mais si . corollaire. lui-même continué par contrastes ou par analogies. reproduites la popularité. éclatantes ou délicates. Alfred Sisley. et à gâcher le mortier Un artiste en quelque sorte ou à conduire dont il alors charrue ? sera question au cours de ce livre. son oeuvre est un élément de l'harmonie génécomme une fleur splendide se mêle à toutes celles qui l'entourent. n'est qu'au prix d'une analyse très subtile Ce qu'on peut rattacher le point d'arrivée d'un artiste à son point de départ. humaines sont un étrange alambic. parce que raisonnée. ils par acceptation. n'est pas moins. n'en ressort que mieux mun que parce et l'artiste les essayât et il comme en pénétrât le contraires à fond même. laissent en dehors tout un ordre d'idées encore différent. ou passe entre les mains d'un maître.8 sous les yeux d'un connaisseur. Dans l'immense parterre de l'art. dans notre jeunesse. ou bien aux travaux des artistes disparus. avec elles. de sens. boutade de Sisley elle-même. aux obscures qualités que son père appliquait façon indissoluble. Le résultat de qu'il a risqué Les facultés le éprouvées par l'assimilation est plus souvent entièrement différent de ce qu'on aurait pu attendre des éléments assi- milés. c'est l'affirmation plus énergique. à ce la fatale. de cette originalité. les pour leur inspirer ? nous dit-il. et se confond nous l'étudions isolément. ni pas plus. mêmes combattre les traditions. un une remarque. mille raisons nouvelles. nous jour. plus original des par réaction. ses actions les plus surprenantes. — Pourquoi cela tout. alors. et qu'il et. Nous tournions en dérision certaines peintures de mauvais à un trop grand nombre d'exemplaires. que l'opposition consciente à ces Pour sa nature. la docilité aux traditions. il a fallu qu'il Sa valeur. Mais et la Qu'il nous nous faut indiquer avant d'entrer dans soit permis de tenir pour acquise artistes se rattache. Au contraire. à un mouvement précédent. se détache aussi en même temps. semblerait entraîner cette conclusion qu'il est impossible à un artiste d'être original de façon absolue. ou bien à ceux des Tout ce qui vient d'être dit artistes qui occupent le public. Ils se correspondent cependant d'une Qui peut dire à quel degré un homme d'humble extraction qui parvient aux plus hautes dignités de l'Etat ne doit pas son génie. Nous en déplorions considérant fit comme goût. Parole profonde. qui résume toutes les réflexions précédentes. Tout dépend de la façon dont auront comprises. inattendues.

nous gardons cette conviction que les œuvres des grands artistes pourraient se passer de commentaires. Ainsi devrait être examinée l'oeuvre. Bien qu'ici nous ajoutions des pages à tant d'autres pages. mais lecteur la foi en la Beauté et en la Nature. à raviver chez l'on réussit. Elles demeureront toujours suffisamment éloquentes par elles-mêmes. . serait à la fois l'élément intégrant d'une histoire vaste et la belle plante artiste remar- complexe. et à provoquer l'admi- communication Nature une expression de Beauté. et ce livre aurait ainsi incontestable en matière d'écrits sur une raison beau et le plus d'être qui n'est pas toujours l'art. plus belle de la logique profonde de la vie et de il serait une preuve encore l'art. de se présenter comme une belle anomalie. si le non pas à leur faire dire plus qu'elles ne disent. du public. ou à cause de cette multiplicité Au lieu même. son originalité apparaîtrait alors plus affirmée. Selon le second de ces points de vue. racontée la carrière d'un Alors tout disparaît. Il elle. malgré la multiplicité des qualités qu'il a héritées et qu'il a développées. On est en même temps l'interprète de et plus motivée ce qu'ils ne faisaient et le porteur des hommages informulés de la pensée de l'artiste vis-à-vis ce public vis-à-vis de l'artiste. Toutefois. et le point culminant de cette histoire. parce qu'on a fait ressortir de façon plus précise que vaguement sentir. on rend quelque service aux autres hom- ration reconnaissante envers ceux qui se sont efforcés de tirer de leur avec la mes. même qui auraient la chance d'apporter quelques éclaircissements. L'histoire qui réaliserait parfaitement ce dessein serait le plus édifiant des livres. sauf quable.Le parterre passe au second plan et drue et fleurie devient le principal personnage du poëme floral.

Par contre les défenseurs de ces tentatives croyaient devoir faire un mérite à leurs auteurs de ce que les traditionnalistes s'imaginaient y relever de faux ou d'insuffisant. ses luttes. CAUSE D'ERREURS. sur une étiquette.DU TERME Tout ce qui vient école. sont toutes mêlées étroitement à l'histoire artistique de plus d'un demi-siècle. Les plus graves malen- tendus. ni la nature C'était mot une cause d'erreurs et même de leurs travaux. l'illustrer. qui est devenu commode parce qu'en usage depuis des années pour désigner certains artistes déterminés. qualifiés pour juger les questions d'art. d'abord dérisoire. ce vocable ne répondant presque jamais à la réalité des choses. de discussions à côté dans d'art gothique appliqué jadis à l'art français le même genre que le par excellence. les destructions les plus regrettables. en général. le sens de leurs efforts. d'un nous en pourrons constater l'application à Claude Monet qui formèrent tout d'abord avec lui groupe devenu le si artiste ou d'une qu'aux peintres ainsi célèbre sous le nom d'Impressionnistes. Les « Impressionnistes » sont tirés à meilleur compte. s'en : . d'être dit quant à l'originalité. ont affligé longtemps notre architecture uniquement à cause de ce baptême malencontreux. mais l'art en général a souffert de cette conséquence nationale. l'autre. Il est toujours nuisible de se quereller sur un mot. le public et Les ennemis des nouvelles tendances qui se manifestèrent particulièrement après la guerre de 1870. Mais l'appellation même. — l'art s'abaisser à ne rendre qu'une fugitive impression. s'indignaient de voir — ou de croire voir. Le terme d'impressionniste. ses influences et ses modifications. Sa formation. ne définissait en aucune manière leur but. qu'ils acceptèrent pour fut la cause des plus complètes erreurs d'appréciation que jamais aient pu commettre. comme dans même les mieux dans un sens vis-à-vis d'artistes. 1)« IMPRESSIONNISME».

les le à deux formes d'art aussi non seulement chez les différents artistes du nouuns aux autres. signifier ce Tout d'abord une distinction apparaît aux yeux mot d'impression c'est : qu'une impression l'effet rapide. rendre les grandes de lignes (nous verrons plus loin que ces termes d'usage sont cause de bien des malentendus) étaient avant tout des harmonistes. Le tableau qui occasionna loin. comme nous Impression. et moins de artistes se proposaient. mais encore en général. l'artiste recherchera l'élément le plus expressif de tout l'ensemble de tons.de qualité inférieure se sont parés des défauts même que l'on croyait. tiré peintre. un autre aurait fallu pour cela chercher avec plus de clairvoyance. en adopta un qui aurait parfaitement convenu à toutes les œuvres. Il apparaît donc absurde de donner opposées. incomplet et inexact. ou en d'autres termes de tant de colorations simultanées Par l'autre.) non seulement des des principaux maîtres modernes. et à toutes les sortes d'exécution. et qui l'étaient. . de bon préjugés invétérés. et. parce qu'il vouloir. à tort. la fois la premier cas. Or. dans la possible. il nements. même du but que visiblement ces dans des œuvres relevant précisément de la méthode synthétique. d'en distinguer mesure du les et au contraire. de nuances. ce qui n'était pas autrement fâcheux. mais encore dans les œuvres diverses effet. et une production cruellement méconnue. harmonies de couleurs et et argent. par synthèses. les associations les plus saisissantes. d'autre part la notation de cet et matérielle. produit sur nos sens et sur notre esprit par même complexe. paysages. que les artistes En somme que peut. en veau groupe par rapport d'un même verrons plus artiste. Cependant. Renoir. peintre pouvait donc être qualifié d'impressionniste. de vibrations qui affectent son regard. soleil levant. fugitif. des effets transitoires sur un fond permanent.. d'impressionnistes. il procédera surtout par simplifications et l'un ou l'autre parti. devoir reprocher aux maîtres qui ne parvinrent à s'en disculper qu'après de longues luttes. Un nom. etc. en vert voulu. s'efforcera. cette notation peut s'effectuer de deux manières absolument différentes. de presque toute Sisley. Par l'une. Pour le celle-ci. et d'en reproduire à son tour. relevait du premier système alors que d'autres peintures de Monet appartenaient au second. Claude Monet. ainsi que l'œuvre le reste tendances de ses compagnons. immobile. plus tard. et même nom qui était intitulé : l'épithète malveillante. de décomposer tout ce faisceau de rayon- plus agissants. mais tout les le de son œuvre exigeait un autre nom. toutes les tendances. dans le second. en dernière analyse. par analyses et par complexités. nom qu'il était plus difficile et de trouver. immuable. Whistler. définissait sans l'avoir précisément artistes qui nous occupent. C'est cette dernière qui il deux tendances qui subsistera sous celle caractérisera l'œuvre d'art suivant que l'artiste sera porté vers l'une des Dans le dominante confondues. d'harmonies cherchant à saisir et à l'école à venir. mobile effet sera et — tandis changeant. etc. ? un est spectacle lui- que. en qualifiant ses (harmonie en bleu et or. de tous les artistes bafoués avec le mot. la nature offrant à y aura toujours un peu de qui domine. ses nocturnes.

ses combinaisons multiples. immense. . où l'art de la le réa- couleur. lisait dans le monde Ils cherchaient à etïectuer en peinture ce que des sons : la richesse source inépuisable.10 Ce nom eût d'ailleurs. n'avait puisé qu'avec qui encore aujourd'hui n'a livré qu'à peine Wagner une certaine commencement de réserve. et ses enchantements. correspondu aux tendances artistiques peut-être les plus typiques de leur temps.

la sécheresse dissiper le mystérieux. moins encore. à nos esprits plus ou moins exercés. Le plus ou moins de ou moins de ou l'humidité de l'atmosphère. aussi difficile à nos imparfaites organisations de percevoir. puisqu'elle n'est que personnelle. car si tous les hommes la perçoivent chacun à et que ses sa façon. une illusion ? Pas davantage. Est-elle une réalité ? la comprendre ? Toutes les ou poétiques. puisqu'elle est perpétuellement changeante changements sont à la fois imperceptibles et vertigineux. reviennent seulement à Non. et pas un ou un orangé un bleu. Sauf dans ils ne pourront discuter sur tons francs. EN PEINTURE. Dès que plusieurs nuances d'eux. EST UN ENSEMBLE INDÉFINISSABLE DE MIRAGES QUI ONT VERTU D'ABSOLU. vouant leur esprit et leurs organes à fixer cet dra-t-on à s'accorder sur . l'immobilité ou la vitesse plus ou moins grande imprimée aux objets. scientifiques dire qu'elle est. combien ne deviendra-t-il pas plus ardu. suivant la qualité infiniment diverse de leurs organes. La couleur ! Qui peut se flatter de la connaître. les opinions n'ont pas temps de se mettre d'accord qu'un changement presque insaisissable de lumière ou d'ombre a déjà transformé l'apparence pour en substituer une autre. rien. le plus du mystère. transforment complètement S'il est l'aspect jour. plus périlleux d'en reproduire artificiellement les effets ? Comment parvien- une interprétation forcément arbitraire. par exemple. encore eu le suivie de cent autres encore. Est-elle un mensonge. de définitions qu'on peut en donner.QUE LA COULEUR. n'affirmera qu'un rouge est dès que les nuances commencent. au le même moment qu'un même cas d'une maladie de la vue. sans distance. une imagination. Mais perceptions diffèrent. sont en jeu et se combinent en s'influençant réciproquement. un souffle de vent. de concevoir la couleur. du moins ils constatent objet est coloré d'une certaine manière. d'un phénomène lui-même instable et décevant ? Pourtant des milliers d'hommes. les les un vert.

en dernier ressort. satisfaits. plus exactement. à maintes divergences d'opinion. « autres. qui y retrouvent les cou- leurs) l'absence de toute coloration ? C'est donc que la reproduction et la couleurs et des actions et réactions qui les convention en laquelle tous mise en œuvre de ces phénomènes des modifient. époques successives. l'art. ravis. pour moi. disent les c'est qu'elle est en elle- des deux visions opposées. même compris La lumière a fait comme exprimée par été lumière ne serait point concevoir visible. c'est mille conventions. à des esprits dons pour La rème la lire. et même insaisissable. si l'on de compte. Par exemple. l'intention de l'artiste et leur propre conception. moyens mouvements les ont accepté. plusieurs offerte à des regards. fût-elle soumise elle-même à maints revirements. Et d'autre part. été nous nous accor- la discuter. elle n'a pas celles-ci». et ne se sont pas arrêtés sur le seuil d'un domaine si chimérique que le raisonnement seul l'aurait décrété impossible à exploiter. C'est cent. bombées. ce qui revient au suppression totale de la couleur proprement la nuit elle- dite. nous venons de d'une part la proposition. la couleur. l'éducation et l'accoutumance aidant peu à peu. nous superficiel. peuvent. ou bien encore mélanges de nombreuses teintes par petits éléments rapprochés pour reconstituer sur notre rétine les nuances et les rapports de nuances qu'en général un examen rapide. suggérée. de ces efforts imparfaits pour traduire un idéal de perfection. autrement éduqués que ne fût-ce que pour signification nous en siècles après est des soit à qu'une image colorée a les nôtres. successives ou simultanées. élite. teintes plates pour rendre la coloration des surfaces ombres que leurs courbes comportent. souvent contradictoires. et l'incertain suggestions sont belles. donne . proposée d'une façon aussi précise qu'un théo- à des mathématiciens. même pour compte que blanc sont (en dehors des analyses scientifiques. que parce que des yeux les perçoivent et que pas une paire d'yeux ne les perçoit de façon identique. qu'impliquent reconnaissance de ces images. et ce qu'il même différente n'existent préférence exclusive d'une la y a de plus certain Pour moi. comme une considéré reproduction de la vérité ce qui n'était que le Ils ont mirage d'un mirage. les ou simplement l'habitude.12 ne se sont pas effrayés de ces difficultés. doivent. comporter une les spectateurs ont la possibilité de reconnaître. tous ces Ils ou masses immobiles pour exprimer les plus complexes et les plus véhéments. n'a pas ces couleurs-là ». car les couleurs. soit dans un même temps. qui obtiennent ainsi l'approbation « du plus grand nombre ou La nature. Ainsi la convention équivaut provisoirement à des certitudes très suffisantes. à la fois. dire enfin ? par ce qui sans le — par noir et le la la — a pu être exprimée. disent les uns. du moment que les un principe. signes disposés sur une surface plane pour suggérer les profondeurs et les successions de plans à l'extrême limite de ce que l'œil rien qu'approximatifs lignes : en peut percevoir dans même y la nature. des millions de spectateurs se sont contentés. Que seule tenue. Et le tout unies et d'une sombre. d'autre part la le voir. en fin ou. Et ce n'est pas seulement une convention.

soient aussi tranchés. telles les la des bleus. Dans ce cas le mieux est commence à opérer. ou de mot d'impression correspondant joie. les rouges. que l'on porte sur l'emploi de cette couleur par ou tard. les plus que les appréciations. patiemment qu'à d'attendre le plus chères. comment se fait-il jugements. Je charme comme l'improviste. ou bien à pro- voquer une sensation exaltée jusqu'au rêve. (1) Il . L'explication serait trop puérile. des inimitiés irrémédiables. Or. s'étant il n'en est même pas encore à toujours plus satisfait d'éprouver que de connaître. comme que tout ce des tons se ramènera à la fameuse la simple constatation et explication de celles de l'opium dans Molière. Mais si le raisonnement. Pour- thermomètre tant le par n'est point influencé le voisinage de ces colorations. en toute humilité. sur des sensa- étaient y a des jours où ceux qui aiment le mieux la peinture sont insensibles aux séductions qui leur il avait cessé. et des résultats : qu'il les l'artiste effets. aussi absolus ? reconnus. de jouir des plaisirs que nous procurent. possédât-il choses des causes : le et plus sûr instinct des qu'elles sont ainsi. Aucun ne pourrait expliquer de façon même. tels les jaunes. etc. plus sensé. mais encore les Qu'il nous suffise donc. nous n'en savons pas plus que quiconque. du moins. des verts. les les artistes remarquables. d'avouer. des haines comparables à celles qu'engendrent les religions contraires ? Comment se querellera-t-on aussi ardemment et peut-être plus.13 Ces suggestions demeurent elles-mêmes fort mystérieuses procure ne saurait lui-même. puisque équivalents par lesquels les hommes ont cherché à en fixer le souvenir. Pourquoi tôt vont-ils jusqu'à causer des exclusions féroces. des plaisirs complets. tout comme l'expérience. mais du sentiment qui se dégage d'elle. l'a fait et les plus subtils avec la nature environnante. remarquons que à une toute autre signification que celle que nous analysions tout à l'heure. en passant. tant que l'homme n'aura pas étudié plus profondément qu'il ne jusqu'ici le mécanisme de ses perceptions et leurs rapports les plus complexes Cela. pour ainsi dire le spectateur. aux plus rouges couchers du grelotter. nous prouve que des signes aussi relatifs que ceux de la couleur nous suggèrent des émotions vives. ou bien au contraire réchauffent. Il dans que simple est plus le reste. Ce n'est pas non plus seulement en vertu d'une association d'idées que se produisent ces flammes bleues. les orangés. puisqu'il y a des en hiver. non seulement l'ensemble merveilleux des fêtes de couleurs que la nature nous offre dans une profusion infinie.) Il gammes notation en elle-même harmonies qui procurent une sen- est incontestable qu'il est des tons et des sation de froideur. qu'en cela nous n'allons pas plus avant que peut dire des vertus des couleurs et effets. et quoiqu'intermittents (1). qui les dire autre connaît surtout expé- rimentalement. de calme. (Et ici. pourquoi impression de voici le tels satisfaisante et allant jusqu'à l'essence tons ou telles combinaisons de tons divers nous donnent une tristesse. l'on et que et l'on peut soleil. puisqu'il ne s'agit plus de des aspects. épeler l'alphabet de cette science..

ont-elles eu pour résultat à notre époque. il n'est pas sans couleur à travers quelques époques et . par cela à ses successeurs.14 que sur des idées ? Comment la réalisation. dont nous nous occuperons ici. d'un emploi inédit des couleurs. tout en se détachant nettement par son œuvre. le verrons réaliser certaines aspirations de son époque. de leurs moyens encore plus moins beaux que ceux-là ? louer dignement en les opposant à leurs plus n'étaient pas a-t-on cru les grands prédécesseurs. et aussi parce que nous même. et parfaitement déterminées. en particulier. Ainsi constaterons-nous en (et non spontanées) et même temps le principe des générations enchaînées tirerons-nous le profit que nous nous proposions de l'examen des conditions dans lesquelles un grand artiste se rattache aux plus originaux des âges antérieurs par sa passion de recherches. Pour mieux apprécier intérêt de retracer l'effort accompli rapidement l'évolution de quelques maîtres représentatifs. de faire tions un mérite aux que de leurs artistes buts. la et la place conquise. ou des points d'appui pour développer leur personnalité dans un sens encore inconnu. quand ceux-ci comment Enfin. mais non moins fatal. au lieu de considérer leurs apports d'une longue et comme magnifique suite de trésors divers se faisant valoir la continuation même par leurs contrastes ? Nous admirerons. de nouvelles ressources à mettre en œuvre. ou même parfois la supposition. Claude Monet parce que nous pouvons le rat- tacher logiquement à de belles origines. préparant.

et ils regarder la nature à travers des traditions corrompues. lorsqu'on étudie les peintures de Pompéï. de ses petits carrés d'émail. pratiqué entre autres dans l'école napolitaine. c'est-à-dire Fra Angelico. tandis qu'au contraire. on aurait la plus grande peine à citer un seul cas d'une pein- ture exécutée en tons sombres et suivant les principes du clair obscur. avaient mosaïques. les traditions byzantines qui avaient succédé aux conceptions grecques et greco-romaines. que la peinture antique connaissait et pratiquait l'emploi des complémentaires. les harmonies lumineuses dominent. en dehors de la convention ornementale des vases grecs en rouge et noir.. la peinture tend vers ceux qu'on a appelés ticelli. Les anciens. sans toutefois encore un grand emploi de l'ombre. avec Giotto. Les exemples ne manquent pas. Mais déjà. Gozzoli. et assez peu éclatants.. Bot- taine austérité. par le scintillement analogue à celui des touches divisées. connus les si elle révèle les plus grands éblouissements qu'aient jusqu'alors. regards humains. produisant un texte qui permette telle peinture. tel qu'il s'est effet et le les yeux ouverts sur ne pouvaient s'ingénier à Même et surtout dans les procédé même. extrêmement voisin de la conception moderne. au xiv° siècle. Il est évident. Spinello Aretino. etc. jusqu'à ce qu'avec improprement les Primitifs.DE L HÉRITAGE QUE LES MAITRES DE LA LUMIÈRE TRANSMIRENT A CLAUDE MONET. de supposer qu'on eût la seule notion d'une Il n'est même aucun les colorations les plus vives et les plus vibrantes. les grands Siennois. et de plus avait une prédilection pour les harmonies les plus vives et les plus claires tonalités. peut-être. font régner les grands partis sévères par à-plats de tons soutenus. vivant dans des régions ensoleillées. si nous entendons par là jusqu'au xiv° siècle. Au moyen-âge. Toutefois. déjà dès la fin du xv" siècle et le commencement du xvr avec Ghir- . tout en restant vouée à une cerest un refleurissement général. etc. puis avec Orcagna.

Vaspect actuel de leurs œuvres. Mais reconstitution logique de ces peintures qu'il de réaliser par diverses déductions prouve que ce grand entre autres. Nous ne saurions perdre de vue. non des moins qualifiés. d'après les fonds dans les célèbres miniatures de Foucquet. Aussi ne peut-on établir Rubens est d'analogies entre sa technique et celle de son temps. admirer répandue à flots dans l'œuvre de Monet. s'3^ d'ailleurs désespère. était. bon de rappeler que nos maîtres français du xvir siècle ne peignaient pas moins clair que tous ces merveilleux prédécesseurs. nous offrent des paysages d'une clarté et d'une intensité. Ces fonds. et de l'autre celle de Claude Monet. simple isolement par la jumelle le démontre. Toutefois bien des maîtres cités précédemment).16 landajo. l'on se rend aisément compte qu'au sortir des mains de ces magiciens. peignant par tons transparents sur des grisailles infiniment légères malgré leur extraordinaire précision. plus vif. Le Triomphe de Flore. et des graves séductions du clair-obscur. les plus les Van Eyck. chez nos voisins. et que les qu'elles nous thèse. tant de siècles plus tard. Ses gigantesques compositions doivent leur diaphanéité somptueuse à l'emploi souverain des glacis sur grisailles de divers tons allant du brun au blanc en passant par le gris. d'une part. qui font penser à la lumière que nous devions. les tableaux devaient être d'une somptueuse fraîcheur. que ses grandes œuvres picturales malheureusement détruites. la vivacité voit ce des étoffes. le modelé par se substituer au Michel Ange et et modelé en pleine de Raphaël nous serons déjà sur Il tend déjà à et clairs lorsque nous serons arrivés au temps de clarté. Les grands Flamands. ombres la voie des harmonies plus atténuées semble que Léonard tard les Napolitains et les Espagnols s'y enlizeront. dans ce résumé. au xv" siècle. la tendre nacrure des carnations. mais qu'elles étaient à l'origine d'un Il est des écrivains. presque d'une crudité. L'on peut déduire logiquement. La teinte sombre qu'ont revêtue les tableaux de Poussin n'est due qu'à l'action du temps aggravée par la façon de Il est préparer les est possible toiles en rouge. la artiste employait un des plus ravagés. et le coloris le le un examen optique approfondi. et dans celui de VHistoire des Juifs. nous donnent la sensation d'une peinture en pierres précieuses. . et notamment tions. incroyables. les plus étroites rela- fructueux échanges. très vif éclat. d'une intensité de couleur. il (comme la plus grande d'ailleurs pour faut absolument se garder de les juger d'après Quand on que sont devenus certains ciels de Véronèse. nous avons entretenu. qui ont soutenu la peintures sublimes de Rembrandt n'avaient* nullement la teinte sombre offrent aujourd'hui pour la plupart. Les grands Vénitiens parviennent à la triomphale alliance de richesse de tons avec les valeurs les plus soutenues. nos propres maîtres et ceux avec qui. d'un éclat quasi aveuglant. demeuré la clarté même du jour. dans le manuscrit des Grandes Chroniques notamment. ne devaient pas le céder en vivacité et en richesse aux précédentes. divers autres maîtres. sans grand effort. Signorelli. certains feuillages de Titien ou de Tintoret (par exemple tout le fond de la Suzanne de ce dernier) et quand sous la patine on reconstitue. et plus une sombre avec magnificence.

chemin des cuisinages trop Cependant quel ruissellement de chatoyantes et ici de refaire une âges». et surtout le plus « moderne » de tous. avec fait partie à des différences qui seront son apport personnel. Watteau. cette que façon de voir l'on eût était il était naturel ou non trouvé même presque les c'est que pendant des de chercher la plus moyens de rendre la seule ce siècles. avaient une lumi- que n'ont point cherché à hériter certains très bons peintres Hollandais modernes. nous avons à nous arrêter avec un peu de détail sur ce curieux moment qui a précédé l'arrivée de Claude Monet et sur les obstacles qu'on lui opposa d'une façon si acharnée que notre temps. nosité Quoique formé à l'école mélanges. nous arrivons à la limite que nous nous étions assignée. s'éloigne mettrait facilement ses successeurs sur le Il n'est pas besoin « histoire et de la les il au sortir ! de dire que nous ne nous proposons pas couleur à travers et substantiels. En tous les cas. les peintures des grands Hollandais du xvii' siècle. Helst. réellement aveuglés par cette méprise de tradition. Aussi passons-nous beaucoup de périodes de noms. véritable alchimiste de de Rubens. Avec Delacroix et ses passionnantes recherches. Le public en était arrivé à ne plus voir la nature qu'à travers la peinture telle que les années l'avaient obscurcie. d'une longue série de maîtres qui ont tous cherché à traduire leurs conceptions dans la langue la plus claire et la plus vibrante. à travers la vision d'un grand nombre de peintres du moment. c'est que cette notion avait fini par être complètement abolie. Nous voulons surtout montrer comment Monet son tour. Elle n'est pourtant rien moins que préhistorique. nous pouvons du moins rappeler que la soi disant Ronde de Nuit était une scène de plein jour et même Hais. Vermeer. par ses riches la peinture. au début de l'histoire de Monet et de son groupe. Ce que nous voulions démontrer. grande maximum. littéralement tombés dans les brumes les plus opaques. instinctivement en usage. clarté et que dans la peinture. a quelque peine à se représenter cette opposition. de plein Van der soleil. et aussi. clartés dut être V Embarquement des mains du grand poète des ardentes mélancolies profonds sensiblement de son dieu. à part quelques intermittentes exceptions.ï 17 Sans entrer dans cette dicussion qui nous éloigne trop de notre sujet. qui adopte maintenant toute tentative avec une Ici imperturbable avidité. Ce qui nous frappera. .

pauvre avait plutôt éclairci la palette qu'elle Le grand maître du clair de l'ombre un moyen de confesser et claire. Toutefois il Il lui-même plus est trop aussi profonds que sont vastes ses artistes. trop complexe pour être a découvert dans Seulement. lui font de servîtes emprunts. précisément. et c'est plutôt Géricault (bien encore. obscur. ques les (1) ils C'est établissent le seulement vers 1883 que Signac « néo-impressionnisme ». ment combattu. Il faudra que toute une révolution s'accomplisse pour qu'on retrouve et comprenne ce par quoi. assoiffé de mystère. Delacroix est également tout à fait à part. dans son ensemble. après l'avoir violem- arrive toujours.-P. pour ainsi dire. (1). ne l'avait assombrie. dix palettes. ces principes on ne et Il académiques. en tire qu'il n'enrichit la sans cesse des effets splen- peinture de son temps et des les domaine matériel des principes aussi féconds et incursions dans tous les domaines de la poésie. comme il Et même si. personnel pour être suivi. et Seurat retrouvèrent dans ses écrits les principes sur lesquels . analysera que plus tard. ce sera précisément en éliminant tout ce qui chez lui jaillit du contact de sa personnalité propre avec la nature. C'est ainsi qu'ils reproduisent ses effets tragi- moins lumineux. et ils ne profiteront aux le que par répercussion les ateliers il possède une palette. imité. il était révolutionnaire. en général. que les cuisines (d'ailleurs si savoureuses) de Decamps et des peintres romantiques vont renforcer isolé.DU RETOUR A LA NATURE ET DES PRÉDÉCESSEURS IMMÉDIATS DE MONET. n'exerce cepen- qui va se produire. s'enrichit temps qui suivront. tendant à s'éloigner de plus en plus du grand jour de nature pour créer une convention de peinture. La réaction davidienne. Prud'hon. qui trouve dans les jeux de la lumière et son cœur perpétuellement ému. d'une richesse dides. dant aucune influence sur le mouvement J. Mais il et d'un éclat extraordinaires. Elle est. demeure Il que ses tableaux aient été en outre noircis par le temps) qui commence à se servir de ces harmonies soutenues.

» Ils s'étaient montrés les plus hostiles à Corot. Et encore. avaient com- . un important mouvement s'était produit qui allait ouvrir de nouvelles voies.19 Après la période davidienne. van de Welde. Corot. Daubigny. qu'avaient voilée il est facile d'acharnées générations de vernisseurs. Quoiqu'il en soit de toutes ces actions et réactions. si expressives. Tous. avec l'appui d'un public que leur nombre. avaient déshabitué de toute observation directe. cette sorte d'éclaircissement mental. mais en vue d'un arrangement. Paul Huet. sous l'influence même de leur climat. leur clarté originelle. attentivement. de de leur restituer par la pensée. partie comprenant principalement les paysagistes Old Crome. Quant aux très beaux poètes de nature de la Grande Bretagne. toutes les géant. par exemple ses surprenantes études de ciels. une foule assez compacte et assez aveugle pour s'opposer à tout effort de retour à la vérité. Wilson. d'une conception personnelle. mais ils s'en servaient de façon féroce. « déshonoré leurs maîtres en les imitant. de Ruysdaël. et qui n'ont pris que beaucoup plus tard toute leur signifiaction et leur prix ? Il est digne de remarque. les quatre grands paysagistes de Barbizon. Renoir et Sisley. formaient au moment où nous arrivons. W. de van Goyen. l'individualité caresses vivifiantes de un pas de recommençaient à voir. de Ville d'Avray et d'Auvers-sur-Oise. Ils ne disposaient que de forces d'obstruction. collectionneurs privés ou conservateurs de musées. et bien que leurs restèrent asservis au diapason que le temps. faisaient réellement reproduire. à Rousseau et à Daubigny. et ensoleillées et sans préjugés. petits-fils des arrangeurs du xviii' siècle. de tout arrangement. Certes les Hollandais avaient donné tout cela à profusion. à aimer. de ce dernier. Mais. œuvres soient sublimes. d'autres la encore. à des arbres. continuant faiblement l'académisme de David. sinon guider la marche de ceux qui devaient ensuite s'y engager. de Fontainebleau. Les grands paysagistes. tels que Théodore Rousseau. Degas. ils peignaient dans une gamme très montée. L'influence des anciens naturistes hollandais. Ils choisirent un moyen terme. Bonington. soupçonnait-on tous les corps-à-corps avec la nature. Ils l'air. l'accord ineffable des eaux et du ciel. plus que leurs grands devanciers eux-mêmes. et surtout Constable. que des peintres comme Watteau et Hubert Robert. comme ils allaient de nouveau honnir et accabler Monet. allait ramener de nouveaux venus au sentiment de nature dépourvue de tout appareil factice. ou ses plus modestes pochades. encore. avait institué. certaines pages merveilleusement spacieuses de Cuyp. Ils avaient. artistes phénomène assez curieux. suivant le mot de M. et Turner n'était pas ou était à peine connu au moment où Constable était apprécié et admiré. leurs succès. et même simplement l'habitude de voir la vie à travers leurs tableaux. si intenses. Cabat. ils ils le tenter pour eux-mêmes jusqu'au s'arrêtèrent à mi-chemin. les grands que nous venons de nommer n'osèrent pas bout. ne devaient engendrer que des peintres évoluant uniquement dans l'artificiel. conteurs de sujets de genre ou peintres d'histoire faussement épiques. L'on n'a qu'à voir au Louvre. pourtant merveilleux observateurs de la nature. combinée avec celle d'une partie de l'école anglaise.

son arc-en-ciel et la verdure qui ces peintres ont vraiment rouvert sur le le soi monde vrai la poëme de Printemps de l'espace et de Millet. découvre un horizon imprévu. sont hués comme extravagants. Toute grande œuvre. était chez celui-ci faite autant d'habitude que de respect. Daubigny posaient ces questions neuves. les artistes de second ordre confisquent à leur profit les acquisitions des vrais inventeurs. C'est ainsi. de Courbet un Bastien-Lepage. qui contient vos mains ouvertes tout ou bien encore. pour ainsi dire. avec une rare puissance. des acquisitions nouvelles. la plus claire. mais à les comparer entre elles d'après les formules que le succès a imposées. tous pour l'emploi dominant des valeurs. préparé une base neuve sur laquelle une nouvelle école allait s'appuyer. inspire une curiosité de chercher encore. leur succédant de près. Il existe. capables d'éveiller de belles passions parmi les générations artistiques qui se préparaieiit à leur tour. lumière. Puis. en les dénaturant. Examinez au Louvre. brèche dès l'abord par les écoles académiques. mais encore ils et l'œuvre que nous étudions et spacieuses. Mais cette base devait fatalement être battue en Corot. par exemple. la ravissante Route d'Arras de Corot. ainsi que nous chercheur la le disions. portant un caractère de beauté et d'originalité. Vous reconnaîtrez que une fenêtre longtemps obstruée par disant paysage historique.20 mencé une évolution considérable. de Corot un Français. facilement les subissent et en arrivent non plus à comparer les œuvres avec leurs propres conceptions. ou bien encore la minuscule vue de comme dans un espace grand la Plaine des Pyrénées par Rousseau. d'air et de couleur. avaient. en les affadissant. L'on ne saurait éprouver cette attraction devant les ouvrages de ceux qui se sont crus plus forts parce qu'ils s'immobilisaient dans une tradition. Courbet pour la vigueur dans la simplification. pose par cela même une question. de Delacroix un Benjamin-Constant. ici Sans eux. difficile. Les spectateurs. Millet. instauré des principes d'observation et des efforts de transcription qui préparaient des voies absolument neuves non seulement le mouvement prendre. Un autre homme. que de Millet prétendra sortir un Jules Breton. dans une tout autre note l'altitude. des vertus singulières de suggestion. dans les arts. que toute innovation devait déranger dans leur tranquille autorité. en apportait encore d'analogues. et ils se . Leur masse compacte rend au tâche encore plus groupent autour de faux chefs d'école. la plus légère et pourtant si ferme. les autres peintres que nous avons nommés pour la diversité. noire nuée. qui osait se réclamer de Poussin. avec leur vision naturelle. Nous avons nommé Courbet. dans la collection Thomy-Thierry. tandis que ceux qui admirent vraiment l'esprit et non l'allure même des maîtres. au lieu de tâcher d'en tirer. n'auraient pu se com- n'auraient eu de raisons de ne pas se produire. Cette autorité acceptée par le public. et vous serez tentés de croire qu'ils avaient Mais sous rit le le le dernier mot dit le n'est dernier jamais mot en matière de dit en art. pour prendre des exemples. Rousseau. la délicatesse dans les notations. avec sa menace.

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tout d'abord. Millet. La peinture de Corot «n'était pas finie». Claude Monet a donc vingt trois ans lorsque disparaît Delacroix. Corot en 1875. c'est il . que celle de prépare. alors que xix' siècle. Nous n'avons plus. Courbet était un «grossier les réaliste » et l'on tournait les en ridicule sa personne. Entre la première but et connu toutes l'atteindre. du moins essentiellement. à ne pas choisir les imitateurs que la tâche de Corot est accomplie. Courbet en 1877. œuvres surtout prendront vie et les grands artistes sur lesquels la parole. auront tournés vers ces initiateurs. Qu'il suffise de se représenter nouveaux venus devaient tout d'abord prendre modèle étaient encore. la chaleureuse défense des vrais critiques. pas yeux bientôt les les détri- créateurs. après avoir ainsi posé les principes généraux qui régissent les évolutions artistiques et les conditions particulières dans lesquelles celle-ci allait s'engager. trente-cinq lorsque meurent Millet et Corot. Delacroix mourait en 1863. non point de donne. maintenant que l'on sache le prix. Par nature la même de son talent être celui qui prendrait la tête et l'objet du nouveau mouvement lèrent le plus vaillamment les courages. Les jeunes gens qui allaient essayer d'apporter leurs vues et leur expression en dehors des formules régnantes avaient donc double obstacle à franchir la : celui de défiance persistante envers les patrons qu'ils se choisissaient. pour ne pas dire bafoués. Par l'énergie de son caractère. alors que au et les esprits même Manet se encore des débutants. on voit que les derniers s'éteignaient. maintenant. âprement combattus. que celle de Courbet s'annonce et s'affirme. en caricature ses grands tableaux. des jeunes gens absolument obscurs. vers les années 1860. La que qu'à laisser de côté les théories et les explications abstraites. a eu la révélation de son mais de vivre pour pouvoir devenu de l'histoire. naissance de Monet et de ses compagnons de mort des grands peintres de la première partie du premiers atteignaient à peine l'âge des débuts. malgré l'admiration des bons juges. Claude Monet devait les dates de dans ce labeur. malgré leur gloire commençante. ayant tout de suite compris maîtres brevetés ne peuvent pas être leurs maîtres.21 Le public ment des hésite rarement. une grandeur s'y diriger. Cela lui dont il est bon que et la troisième les difficultés de ces dates. à travers la les et d'une plus rudes épreuves. Sa bout à l'autre comme un Si l'on de la rapproche qui par suite aurait les luttes il fut un de ceux qui stimu- longue carrière nous apparaîtra d'un surprenant exemple de ténacité. les plus celles de ses recherches. et celui de l'indignation étonnée que soulevaient leurs propres efforts d'émancipation. de labeur incessant joie qui se maintient toujours égale les et dures à soutenir. Aussi.

mais sa famille exerçait le commerce au Havre. Les enfants de la bourgeoisie qui ont maintenant tout loisible pour se payer artistique les luttes qu'ils demeurent dans la le luxe et la vanité d'une occupation médiocrité. comme pour Renoir (et avant lui pour Millet) de la naissance dans un milieu laborieux et dénué de ressources. sous une forme ou sous une autre. en même temps que le besoin difficulté matérielle n'a . vent se mesurer à ceux qui prennent Une était un pères et les mères ne font de leur mieux pour lui amour de l'art peuproduction par rapport au nombre de Les excellents résultats de ce contagieux la qualité le ils les Nous nom moyenne de la arrogent l'apparence. en guise de viatique pour les années décisives de mise en route. Claude Monet est né le 14 novembre 1840 à Paris. d'artistes et s'en certaine opposition. A la plupart des artistes remarquables qui seront nommés ici. soit que la pauvreté provînt. A cette époque. et infaillible palliatif) étaient même une formelle rupture laquelle le succès (à au contraire une excellente défense contre plication excessive des artistes inutiles et un puissant stimulant pour le la multi- développement des énergies chez ceux qui avaient une réelle valeur. aucun genre de manqué. soit. quelque flatterie qui les entoure dans leur milieu.DES DÉBUTS DIFFICILES. Le besoin de vivre agissait donc tout d'abord. Bien que forcent pas tous leur progéniture à se vouer aux arts. voyons aujourd'hui régner un esprit contraire. comme pour Monet (et pour Corot avant lui) d'un dissentiment familial. il était encore d'usage dans les familles bourgeoises de s'opposer à la vocation artistique que se sentaient ou croyaient se sentir les jeunes gens. Ceux de cette sorte n'ont tenir par leurs seules forces aux jamais succombé dans commencent et devaient sou- décisifs débuts de la vie. en faire pousser l'idée.

venant les unes et les autres. le sarcasme demeurant mal désarmé. Seulement. camarade de point de départ. la devise résumé et la que peu de goût pour la souffrance. En aucun temps elle n'a accablé et vaincu.23 de vaincre. renfort de qui le animé par des plus effectif contre obstacles. mais de tout un public et de ses représentants réputés autorisés. les fécondes épreuves de résisde dérision. ni ces le l'esprit. jamais assez faite. malheureusement. les talents secondaires. Claude Monet. les succès immédiats et irréfléchis ont gâté beaucoup plus de belles natures qu'ils n'en ont encouragé. Nous verrons de même que l'opposition déchaînée. Tous les détails possibles ont été donnés dans les livres qui ont précédé celuici. ceux de notre génération. qui se tournèrent enfin si profitables à la vaillance d'un tance. car sans cela. Puis. aîné dans la carrière. chacune à sa façon. . la prospérité prématurée. Aussi lorsque nos aînés. ne put davantage les faire fléchir. Quoiqu'ils eussent été obligés de les accepter parfois. ils passèrent toujours bien loin après ceux de gagne-gloire. les franchir. le l'hostilité encouragements à il pensée. Ni ces ne manquèrent à Monet. et arrivés simplement à aucune velléité d'art. si le témoignage même de ses yeux. ces hommes se fussent enlizés dans les travaux de gagne-pain. de lésine. Nous allons voir rencontrer sa large part de cruautés matérielles et d'ardentes sympathies. il y avait lieu de s'indigner contre la lenteur opiniâtre de la fortune. se rencontre tou- attirés par un début si obscur attractions fraternelles. Au rebours. des privations et des gains. Ainsi nous apparaît en chaque déboire d'autrefois la preuve. à une époque où même festation. que ad augusta per angusta est la seule dont les artistes devraient faire le règle de leur carrière et de leur vie. la critique et les Nous sommes ou l'indifférence de la multitude. et que que dont l'on fait la balance des déboires et des triomphes. non plus de la famille. importait moins il ou aux même certaines natures supérieures mais incomplètes intérêts intellectuels de l'humanité que l'œuvre fût entravée ou interrompue. on n'a. ou simples témoins de rencontre soit-il. le public. mais il a pourtant sa nouveauté de présenter complet un tableau qui s'arrêtait alors à la peine. la timidité du succès définitif. développer ses dons et exciter son enthousiasme. devient le soutien. y a une trentaine d'années encore. nous étions Il fondés à présenter cette histoire sous un tout autre jour que celui qui l'éclairé aujourd'hui. manque du côté des de quelque compagnon de l'appui jours de la part amateurs n'imposent plus à aucune mani- ne purent abattre son invincible confiance en sa puissance intérieure et enflammée par protecteurs naturels. et nous-mêmes. Mais celui-ci était de beaucoup le plus fort. lorsqu'on y regarde de près. nous racontions l'histoire de ces artistes et examinions leur situation d'alors.

et qui était venu échouer au Havre pour chercher du travail. Claude Monet le trouva très opportunément dans la ville même de ses premiers essais. et cherchant à se dégager lui-même à travers les difficultés et les doutes. avait toutes les peines du monde à se faire La peinture grise n'était guère goûtée à ce moment-là. Gudin souffrir. Millet. Ce pauvre chemineau de l'art qui dans sa détresse aidait à l'éclosion d'un talent sincère et de qui l'exemple enflammait l'artisan bien payé à se faire aussi pauvre que lui. pour Paris. Boudin obtenait une pension du Havre. s'appelait J. qui n'avait plus la pension. — et la peinture. Isabey renchérissait sur la couleur naturelle. que n'aurions-nous pas à trônait. Ce fraternel appui que la sympathie. l'idée lui était venue «d'en faire aussi». Il lui fut donné par un homme simple. avait jeté un regard sur les essais du fisante d'ailleurs papetier. il lui route « n'était pas semée de roses » et lui donnait de ces aperçus et de ces conseils qui ne font que déterminer plus rapidement le choix du plus dur parti. écrit-il (en 1887). Le Poittevin et d'autres encore . et qui même éclaire les conditions dans lesquelles la vocation de Monet allait éclore. avec un immense talent. «Si Corot. Dans une autobiographie pleine de bonhomie. qui s'appelait Eugène Boudin. Prenant en intérêt cet aspirant montrait que la aux rudes épreuves de son métier. qui avait débuté assez tard dans après avoir fait le métier plus lucratif de papetier-encadreur. portraits à trente francs pièce.-F. son aîné d'une quinzaine d'années. ménagent d'ordinaire aux débutants. la communauté de recherches ou de luttes. mais route à suivre. Un pauvre diable de peintre. surtout un nom. dessins de fantaisie. bienveillant. nous autres écoliers ? pour la marine. A force de tendre et d'encadrer des pastels pour les autres. en revenait au partait bout de trois ans.DE L AMITIÉ OPPORTUNE D'EUGÈNE BOUDIN. hésitant entre Rousseau et Corot. à l'huile ou au pastel. insuf- pour le faire vivre qu'il recevait de la ville de Cherbourg. Boudin en a donné un aperçu qui ne sera point étranger au sujet qui nous occupe. Le moment est intéressant et curieux à noter. sans autre ressource désormais que en revanche profondément perplexe sur la le hasard des travaux.

« Il commençait un peu dure cachait un fruit excellent et des une peinture dont l'écorce plus savoureux. lui donnait l'idée de ce qui préoccupait à Paris les milieux artistiques somme. J'en profitai pour entrer aussi par la porte qu'il avait forcée. ces leur naturelle » qui tenaient plutôt de la encore c'était « le meilleur but en somme. Il les pyro- et de choses fausses. Boudin d'un instinct juste et ingénu. tandis que commun Au surplus. d'impérieux propagateurs. ne m'en devront pas moins quelque reconnaissance. car ce juste. ce au jeune Monet. sont emportés plus loin par leur talent personnel. en ne pouvait que donner les avis tout en cherchant sa propre voie. rien ne l'empêche de se propager. Cela ne pouvait donc détourner ni maintenant. de ses lui faisait part recherches. avec les de Monet. contre lesquelles contre son intérêt immédiat. » ils Il ai dû moi-même . Elle ne s'efforçait que de rechercher et si gamme. car entrevus. s'intéressait à son tour brave garçon. et tout naturellement dirigé vers la simplicité des maîtres. ce n'était guère l'occasion d'apporter On n'en voulait à aucun prix. » Ainsi Boudin avait joué un rôle. comme la ma les plus éclatants de et fine dans des termes petite part d'influence dans grande lumière. n'était. sur plusieurs points à la fois. n'avaient quand une de ces nouvelles vérités relatives sur lesquelles reposent l'air. fallut se retirer Il que je suis et c'est ainsi du gris I dans sa province en attendant des resté près de quinze années sans revenir à Paris. que peinture la renchérissements sur la cou- décoration de théâtre. rénovations artistiques est dans contrer la comme beaucoup pauvre Boudin réagissait par conviction rien de les bonne. le et mouvement de s'en est encore qu'il faut citer : qui porte la sincérité dans la eu l'honneur d'introduire Claude Monet. mais vraiment important. » Par un beau phénomène de transmission de ses propres difficultés. malgré l'étincelle. Si l'art plusieurs de ceux que j'ai moderne. temps meilleurs. un qui les effets poursuites de l'aîné ni avec les essais du plus jeune. Il allait s'en ren- devait lui aussi. du plein air ciel. Quant à ce qu'il appelait la «peinture grise».25 faisaient fureur en peignant de chic. car elle trouve soudain. Claude Monet de ses perceptions innées. Le jour où Monet adoptera une autre méthode demeurera applicable naturels qu'il devait plus tard technies à la mode. à faire avaler entre les maîtres naturistes de 1830 et celui qui devait quelques années après devenir le protagoniste d'un des mouvements rendu compte à sa manière modeste « J'aurai peut-être la eu peinture vers l'étude de reproduction des effets du dans la voie. ni plus tard. en opposition avec ces fantaisies arbitraires. qui pût être proposé au tout jeune débutant. comme j'en à ceux qui m'ont conseillé et m'ont offert des modèles à suivre. et voici comment Boudin en parle. Rencontre heureuse. séduisantes le extraordinairement approfondir. jouer quelque rôle dans le développement juvénile s'appelait Jongkind. ni même l'empêcher de s'acheminer ultérieurement vers ses analyses de colorations plus vibrantes. modeste en apparence. préservé du factice.

qui consent enfin à le laisser s'adonner à la peinture. Aussi. lorsqu'il atteint l'âge de tirer au sort. Elle au danger d'être peintre. l'entrée dans la carrière. à quinze ans.DÉBUTS PÉNIBLES. qu'exalte (c'est un trait de son caractère que nous aurons plus d'une fois à noter). à seize ans. ayant déjà. Le métier militaire alors était fort dur. — et tout cela brusquement arrêté La famille ne veut point le ! voir sous ce jour. Les vieux soldats n'étaient pas tendres pour les conscrits. malgré ce que nous avons pu dire de l'utilité des débuts contrariés. enfin. à vivre la bonne vie sûre et confortable des affaires. énergique. pensait Monet. ayant connu. Que l'on juge de la situation d'esprit d'un tout jeune homme. impatient de devenir un maître à son de montrer ses essais au public sage ! tour. malgré tout. Monet préfère à la servitude perpétuelle du commerce. convaincue seulement du bonheur qu'il y a. Il part donc pour l'armée et est incorporé à un régiment en momen- Algérie. à Rouen. se montra pour Monet assez cruelle. parti sur un rêve magnifique. cette servitude tanée qui est. une fois les chimères évanouies. Après ses propres tentatives et cette première initiation. débordant d'idées. RENCONTRES HEUREUSES. Au bout de deux ans des inquiétudes à la On de service sa santé s'altère au point de donner cette fois famille. fait la connaissance d'un maître. qui est pourtant le seul vrai. d'un tempérament impétueux. la discipline était rigoureuse. mais. — car dès 1856 Monet — un jeune homme. éperdu de découvertes devant l'immense nature. elle est toute disposée à exonérer le jeune homme du service militaire on achetait alors un remplaçant. on ne peut pas se faire remplacer pour apprendre et cultiver la peinture mais elle croit — ! — impose seulement cette condition qu'il renoncera à son juvénile caprice. peut se demander si ce séjour au régiment a exercé une influence quel- . encore une profonde sensibilité la griserie un pay- avait exposé. les forces étaient soumises à de rudes travaux. un acheminement vers la liberté.

d'un jeune artisan pour achever. Renoir. l'auteur des Illusions perdues. à bon sens étrangement : Renoir ! Et. un autre impatient. claires sans doute. quand ces heures sont semble s'enfuir pour jamais. de Boudin et de tous les peintres novateurs d'alors. sa passion de vérité. à qui Gleyre demandait C'est sans doute pour vous amuser ce que vous faites de la . la plus irréductible émancipé comme Beethoven dans son On peut toujours changer les se produisait. ardent. son chevalet tout bonnement. : « nous paraît plus belle et considérable non seulement sur Monet allié à allait bientôt s'ouvrir. «grises». qui à distance lui-même. règles pour cause de schœner Enfin. Le jeune artiste ne connaissait encore que les gammes. un camarade vraiment quelque génie » ! plus joyeuse encore. que le tempérament vif et bouillonnant du jeune homme. un non sans Monet plantait « dédaigneusement : là — la fine et la sensibilité tendre exquises esprit émancipé malgré les talent s'annonçant original et ferme. élève dans un atelier officiel. sa fougue vitale avide de se rencontrer et de se mêler avec la vie elle-même. si Monet avait jamais gnement académique. de méthodes parfaitement C'est mécaniques. et la liberté Peut-être ces règles peuvent-elles servir à d'honnêtes correctement un chemin (et qu'il Mais dès qu'un officiel. il beau baragouin mélangé de français artiste se sent manœuvres commune éclat le chef d'atelier indigné et les avec eux. niant tout juste la sève qui font leur force et leur grandeur. à la fois si autoritaire les perdre. Frédéric Bazille. Moitié par acquit de conscience. la avivées par la plus farouche. en concevoir sur il l'ensei- ne devait pas tarder à moins allégorique que ne pouvait et le figurer son maître. en la ne pouvait être pour sa vision d'une utilité quelpas encore exercée comme elle le fut plus tard. et prétendant s'appuyer sur l'exemple des maîtres. l'atelier Gleyre. de cette région. nous verrons que la révélation devait venir par une autre voie.27 conque sur son talent naissant et si le ciel de l'Algérie Mais nous sommes convaincus pour notre part que effet. s'éprenait des deux rebelles. ne se trompe pas là-dessus). Monet entre l'atelier de Gleyre. la fantaisie. et d'allemand une circonstance un effet Claude Monet se rencontraient. et qui devait avoir l'énergie de qui feront est porté à dire. D'abord cette vision n'était ne pas révélé lui a la lumière. n'est pas Il que tristes et sombre par un de nous l'espoir aux heures de la jeunesse. ne pouvaient s'accommoder de règles conventionnelles. bons élèves et tous stupéfaits. et de toute jouissance des somptueuses vibrations de la nature. Puis les conditions dans lesquelles il se trouvait en Algérie étaient absolument exclusives de et tout travail artistique suivi. que peut-être aujourd'hui dix personnes seulement se rappellent. faisait cause trois désertaient avec L'impétuosité et indépendance. dons de fortune. et d'ailleurs arbitraires. Corot tout le premier. n'a pas été et conque. moitié pour calmer les craintes de perdition qui comme pouvaient subsister dans sa famille. mais aussi sur toute la période qui ironie. n'ait trouvé qu'il faisait bien qui. mais d'une façon moins éthérée été porté à et si indifférent. longtemps et froide. merveilleuse luminosité. et fait d'illusions. les plus éclatants soleils. mais rapprochées. le grâce et libéral. allégorie suave demeurée célèbre en Certes.

triomphe arrive. mais seulement aux Mais dès talents. un Baudelaire pour soutenir un Delacroix. Cet antagonisme est tout à fait spécial à l'art du xix° siècle. Lorsque le ces efforts désintéressés. Elle ne devait s'éveiller qu'un an d'une façon retentissante. avec des innovateurs. Pour les défenseurs même de que de triomphe à partager. Mais. A dans un sens à peu près identique. Il y avait. Renoir et Bazille avaient la malechance d'être les trop tôt révoltés. se mettent au premier rang des enthousiastes et crient beaucoup plus fort que les premiers admirateurs demeurés Peu importe. Enfin Monsieur. du moment que pour tenir tête à l'hostilité impitoyable des rivaux et à la routine du public. Elle aurait été tels un évé- audacieux. quoi que cela ne se soit passé qu'il y a seulement une soixantaine d'années. et d'ailleurs 1862 Monet. tous les mauvais fois. la nôtre. les artistes originaux n'avaient pour ainsi dire pas besoin de défenseurs parce qu'on n'attachait pas d'importance à l'originalité. Les rires sont sans pitié. La bataille est âpre et longtemps indécise. et sincères dans leur ingrate lutte. je n'en ferais pas » un autre camarade. depuis l'abus de pouvoir jusqu'à l'outrageante parodie. par d'innombrables évolutions. La curiosité du public n'avait pas encore été épui- comme sée. se joignait à eux et préférait la forêt de Fon- tainebleau aux officines de formules. année du fameux Salon des Refusés. sans doute. le deuxième quart du xix" siècle. il se trouve. cette manière de rompre pu attacher alors Si l'on avait même en visière avec un maître influent moyens de se faire connaître et nement capable de « lancer » de et la des recettes qui assuraient à tout apprenti docile les apprécier. des rivalités d'artistes et de groupes. des préférences de maîtres et de protecteurs. les pour soutenir et clairvoyants les comme chercheurs neufs il et de promesses en a existé de tout temps. qui miraculeusement convertis. aupa- ravant. ou qui ne paraissent tels que parce qu'ils font revivre les traditions des grands artistes d'autre- devient nécessaire qu'une voix éloquente s'élève pour rétablir les qualités. si cela ne m'amusait pas. quelque degré que ces consécrations fussent obtenues. ce sont généralement il y a plus de coups à recevoir les plus féroces négateurs. les rieurs les plus obtus. trois Ils se sans doute auprès de la nommé nombre de ceux qui des jurys officiels. Mais elles s'exerçaient toutes avec des consécrations analogues pour but. En un mot. dépens des «refusants». l'atelier Gleyre. après ce départ de En En 1863. ou simple- ment consentant. il procédés semblent permis. un Thoré pour encourager un Théodore simplement fidèles.28 peinture ? — et répondait » ne revenait « : — plus. Alfred Sisley. . elles trouvaient l'ensemble du public disposé à admirer. dès le moment qu'il faut. pour des raisons analogues de sym- pathies et d'aversions. aurait fait scandale. mais succès de sympathie auprès des quelques esprits sensibles créés à point Refusés accaparaient l'attention au trouvaient perdus dans le grâce à l'intolérance excessive recueillaient. un succès de risée masse respectueuse. les mœurs artistiques étaient toutes différentes de ce que nous voyons aujourd'hui. obscurs n'ayant et moindre importance à quatre jeunes hommes pas encore débuté devant le public.

s'ils ont eu à souffrir d'être méconnus. ont encombré trottoir banal. maintenant épuisée. Assez mauvais calcul du reste années. un Théophile Silvestre pour discerner la juste place des Corot et des Millet. pour arriver plus vite. devenues rencontrer de victimes que ceux qui se tiennent celui qui se les routes réclame des aînés sans les comprendre. Puis. sinon les excès de l'admiration. un torrent de soi disant audacieux. Puis. et à ceux qui sans mériter les persécutions. de martyrs professionnels. des Chesneau. et même un Champfleury pour comprendre Courbet. Il ne risque guère de se à l'écart entre deux académismes et celui : durement frayées. l'incertitude des efforts et l'indécision des spectateurs rideau en attendant un nouveau spectacle. et ce que l'on pourrait appeler les incompréhensions Sisley. et la période est close. où où les le arbres de la forme du gouvernement) Salon des Refusés fut l'ouverture. comme Manet. mais dignement les Monet et les Renoir. Ils étaient les juges les plus stricts de leur œuvre. Ainsi peut se résumer (les œuvres mises à part. des Burty. En soixante toutes les phases de ce chapitre de l'histoire artistique se sont accomplies.29 Rousseau. prennent. ces artistes n'ont plus rien à redouter. qui ne se préoccupent pas plus des discussions sur l'art que comprise entre l'année 1863. des Duret. ou un Zola pour batailler en faveur de Manet. artistes et leurs et défenseurs soutenir la lutte contre On les a vu d'abord les grands académiques oligarchies contre la lenteur du public. méritaient en route quelques uns de ceux de ne pas tomber avant l'heure. et. comme Sisley. et les en trop. Leur succès final ne devait plus nuire qu'à leurs imitateurs. comme nous venons de : cette veine est le dire. et les annoncent l'évolution jours actuels. une foule. en attendant que d'autres générations relèvent de leur poste de combat ces protagonistes et achèvent la victoire. qui les nie sans les connaître. des vilenies et des risées. dès la première heure. d'innovateurs puérils. figure et tactique de persécutés. lorsque les formes jadis proscrites commencèrent d'être acceptées. de révoltés calculateurs. Heureusement ils eurent la tête solide. empêcher de perdre toute confiance. ils ne s'en connurent que mieux eux-mêmes. A ce moment. enfm des Duranty. pour consoler Monet. si la gloire et la fortune ont laissé qui. elles ont en revanche récompensé tardivement. Renoir. le baisser du .

PREMIÈRES ORIENTATIONS. C'était pour eux sinon la révélation. et sans prétendre eux-mêmes à rien changer ni bouleverser. tran- conventionnelles. contredisait leurs sensations non oblitérées par une discipline d'atelier. les roman- tismes attardés et affaiblis. Edouard Manet. les froideurs prétendues classiques. Boudin. produisaient sur Claude Monet et ses camarades une im- pression décisive. et la franchise. dans sa mesure. loin de faire périr sous les huées certains artistes originaux. avait depuis longtemps ému ces jeunes artistes par la simplicité et l'harmonie. Corot. pour avoir rompu avec l'enseignement routinier. encore incompris et combattu en 1863. Enfin. Manet exposait quelques peintures à la galerie Martinet. modèles dont on s'inspire en admirant leur esprit sans copier leur manière. était de nature à l'encourager à l'indépendance. se produisait en cette même année. / . non pas dans le dessein de faire un éclat. pensait continuer les maîtres qu'il avait admirés en Espagne et au Louvre. leur donna la mesure de leurs forces résistantes (1). . à qui l'on oserait à peine parler. du moins la confirmation de ce qu'ils espéraient pouvoir faire de puissant et de neuf avec une vision directe et une interprétation sincère comme l'avaient été celles des grands devanciers. Monet ne se proposait pas davantage de courir coûte que coûte à une originalité arti(1 1 De ce nombre étaient de purs classiques. De même. avec la plus parfaite bonne foi. ou du moins qui s'affirme plus décisif à distance qu'il n'apparaissait aux contemporains. la force. la distinction chant sur les joliesses magistrale qui émanaient de ces œuvres. un événement capital. Monet ne Si prit point de part au Salon des Refusés en 1863. n'était pas sans conserver une persuasion d'exemple. tels que Fantin-Latour et Legros. Maîtres que l'on n'a pas besoin d'approcher.. notre transfuge et ses compagnons ne devaient guère tarder à choisir leurs vrais maîtres et modèles. et ne songeait nullement au puéril amusement de partir en guerre contre les soi-disant maîtres qui trônaient aux Salons. cette manifes- tation qui. mais parce que cet enseignement répugnait nettement à leurs fraîches aspirations.

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comme on le jugea dès qu'il attira elles-mêmes tranchant sur l'accu- justesse premières œuvres de aux Salons. que nous devions toutefois indiquer pour montrer dès le principe. ce qu'il cherchait. mais plus passeront peu à peu aux recherches les plus aiguës. Il n'était l'attention par cette simplicité cette et un insurgé. Ce tout jeune démolisseur. dire comme voulait. et dans la dernière partie de l'œuvre. préjugés du jury. homme de vingt-deux ans a devant froid d'un positiviste. Il allie la franchise. ni surchargé d'indications inutiles. il se fait sentir. un un improvisateur hasardeux. Les ouvrages de sa première manière contiennent.31 ficiellement combinée. et lyrique par la la notation. non sur l'expérience des autres. le dessin essentiel. renversant à plaisir les colonnes du temple. avec un dessin souple et plus insaisissable. aussi qu'on pourrait appeler la la netteté et même fermement à la façon de voir établi. quant à simple sa place par factice. Mais sans anticiper sur cette progression. Nous en voyons la preuve dès mulation du mais qui ne sont pour braver A les pour forcer faites ni l'a comme il le sentait. Mais il notion d'équilibre aussi sûre. que ceux qui. bien que ne commençant ni ne finissant proprement nulle part. Ce dessin. les la et que lui que nous connaissons jury accepte ou refuse. à un homme qui a méprisé les recettes et qui s'est appuyé. grand. comme nous le verrons. et les plus justes et les plus appropriés. Puis encore. il s'incorpore pour ainsi dire à la lumière. enrichi et perfectionné avec une suite et force de la plantation. pour toutes ces raisons. le médaille suivant les formules propitiatoires. il se libère et s'élargit. joie de Il la est positiviste nature toute par la la foi d'un lyrique et tout le sang- perception directe. Il de bonne foi ce qu'il voyait. comme le public allait bientôt le croire. les et mêmes vertus de construction. Aussi. Ce il réalisé dès l'abord et l'a il qui ne se sont pas démenties un qu'il annonçait. mais sur la sienne propre. mais nullement sec est ce une logique seul instant. son effort. Ensuite sûreté. qu'une architecture. qui. par les moyens pas. . même dans des effets de pure atmosphère et d'eau. que loin d'être. procurent pourtant à nos yeux et à notre esprit une au début. aux analyses de couleur les plus subtiles. et particulièrement celles qu'il destine ni marquer tout artiste sincère. nous est-il impossible de considérer Claude Monet autrement que comme un parfait classique. dans la maturité. il l'a tenu. partir de ce moment et jusqu'au bout de sa carrière l'œuvre de Claude Monet aura été d'une merveilleuse unité. la rapidité et la demeure à la fois cursif et solide. aussi rythmée. nous avons affaire au contraire à un constructeur réfléchi dans la conception. s'il est parfois impétueux dans l'exécution. très accusé.

sachant mettre Ces dessins doivent certainement leur force expressive à commençant cette et ils choses à leur plan. NE RENCONTRE PAS ENCORE MANET. sinon à engager Monet dans cette voie puisqu'il la suivait déjà et cela depuis ses relations avec Boudin. qui avait contribué. voyant juste. que son spirituel et judicieux aîné. de Sainte-Adresse. représentant grande falaise au pied de laquelle se blottit le village. On a sans doute deviné qu'il s'agit de la rencontre de Jongkind. Tou- diminuer en rien que de voir des analogies avec la façon de procéder par conséquent la trace des conseils de cet excellent moniteur. Monet y ajoutera de la complexité et du charme par la décomposition de la lumière et de la couleur qu'elle exalte. l'Océan prouve déjà à quel degré de sûreté moyens extrêmement le le très en valeur sur de peintre était parvenu à rendre. Comme type de la peinture de ces premières années. pour l'œil du spectateur. mais à y marcher désormais d'un pas encore plus ferme et plus sûr. en 1862. Une rencontre opportune s'était produite. Mais tefois ce n'est le de Boudin. grandeur de construction qui sera une des caractéristiques de l'artiste mûri. plus fougueux. Divers pastels datés de 1862 nous donnent déjà une idée très heureuse et très complète d'un talent vigoureux. un remarquable tableau daté de 1864 nous montre un thème auquel bonheur : les Falaises le ciel peintre reviendra plus d'une fois avec Une barque. une tandis qu'en avant remontent ces pastels datés. analyse tellement sûre et serrée qu'elle équi- vaudra.TÀ JONGKIND. Plus tard. à une harmonieuse synthèse. les la nature même du contiennent en germe. Autre chose est de . tout la clarté en conservant les mêmes mer et dans étonnantes qualités lumineuses. Nous pouvons citer un de une Vue d'Yport. pour celui qui les analyse avec attention.MONET RENCONTRE DÉ. par les simples. ET PEINT DES VUES DE PARIS. déjà et protégé hardi voit le et rend moins menu. des terrains en pente abrupte. la grande intensité de la lumière sur la qu'elle réfléchit.

non seulement contre des adversaires déjà désignés. mais aussi avec Eugène Boudin. qui s'obstinait à ne pas vouloir garder la pose. en effet la robuste personnalité naissante ne peut plus être dirigée dans un sens déterminé par un maître aussi spontané. en pleine clairvoyance de ses artiste déjà aussi volontaire Jongkind en 1862. à la fois un contrôle et un stimulant. c'est un ange. de Hollande. autant par les analogies que par les différences. et il ne se gênait point pour composer entièrement le tableau. des tendances déjà décidément manifestées. » en causant. Pendant « M"" Jongkind. à partager l'hospitalité et la table familiales au Havre. par analogie. voulait l'acceptation intégrale. « Je vous prie de et Tout en peignant confrères. sur la peinture qu'on aime et la contraire. Vous pourrez aussi. » Présentation joyeuse. on le devine. de discuter avec lui au besoin. aussi buts. l'Anglais demande au peintre drôle de personnage Voulez-vous me s'il Jongkind. Réponse enthousiaste de Monet. détails et » le Voyez. vous représenter les entretiens et les discussions que Monet vers cette époque engageait non seulement avec Jongkind. mais aussi contre des alliés admirés. d'entendre sa voix. instinctif le il La connaissance se fit d'une manière plaisante. Monet. ainsi que ses lettres. connaît un de ses la vache. les Tout cela ne pouvait que l'entretenir en haleine et en ardeur. ou en intervertissant à sa guise. de Un le au regard par le hasard. ses idées sur l'art. avec le motif . s'efforçait de peindre une vache. près d'ici. Jongkind. Amitié qui va jusqu'à l'invitation de Jongkind et de sa compagne par Monet. Liaison enfin. Alors. voulait qu'on ne se gênât point. était relative à la composition. dans » la belle vous pourrez facilement reconstituer rieurement entre Jongkind et les conversations qui eurent lieu alors et ulté- Monet. allant beaucoup plus loin. à l'auberge où je suis. tel qu'était que grand Hollandais. Boudin. « un et le permettre de tenir connaître nommé ? Il est tout Monet permet. sans rien changer ni intervertir dans l'ensemble du motif qu'il avait sous les yeux. réclamait pour le peintre la faculté de supprimer ou de modifier quelque peu des détails et des lignes. en grande partie — — — — mais en y ajoutant des détails étrangers qui feraient bien. Et Le grand balourd de Néerlandais c'est elle : « Ce repas. ainsi qu'au peintre à la peinture. des sur certaines lubies de ce génial dérangé. dans une cour de ferme normande. . qui m'a empêché d'être empoisonné par l'ordre de la : Mais Cour monographie de Jongkind par Moreau-Nélaton. on peut le dire.33 recevoir quelque influence d'une œuvre d'une simple théorie transmise par ouï-dire. La grande question qui en faisait le fonds. une confirmation enfin. puisqu'il avait maintenant à s'affirmer son plan de travail. préoccupe. ou même de connaître l'homme même qui nous offerte et voir au travail. conversation à perte de vue. une sorte de contre-épreuve s'exerçant en toute liberté. Un touriste anglais qui passait par là s'intéresse à la lutte. Mais y a plutôt une sympathie agissante. quelqu'un dit n'est pas mon femme. ou plutôt à la non-composition du tableau. que Claude Monet ne peut alors que trouver prolit à se rencontrer avec un précurseur maintenant en pleine période de combat comme aussi en pleine possession de ses moyens. Monet.

notre peintre résolut de signer toujours toutes ses œuvres. Elle a pour trait dominant une sorte d'affirmation sûre. un bateau de quable de valeurs. Une foule circule entre ces masses et le coin du jardin du Louvre que le spectateur est censé surplomber du haut de la colonnade. maisons qui se pressent le long des quais. ce mouvement de Paris que l'on n'avait pour ainsi dire jamais pris sur le quel. comme nous le disons plus haut. ouvrent une vaste échappée sur les colonnade du Louvre. sans sujet déterminé. On et l'initiateur. l'édifice est précédé plantée d'arbres. et il y aurait lieu de s'étonner que plus tard le simple développement de ces belles promesses ait causé tant de scandales et de malentendus. l'histoire si de l'art n'était pas remplie de ces sortes de revirements. sans arrangement. la facture large et simplifiée. nous arriverons à commencée avec de Manet tisans) la période où ce contrôle volontaire de son œuvre presque consacrées (tout au moins auprès de leurs par- celles déjà de Courbet.. tel Manet que pour mais déjà la personnalité s'affirme et ne ressemble ni à Boudin. de fiacres. mais l'exprimant tout entier. lui avait créé non pas un rival. n'ajoutant rien au spectacle. A présent les n'arrive à personne d'équivoquer là- dessus. « Bah on les regarde parce qu'on croit qu'elles sont de moi. rapide et pourtant complète. édifices qui avoisinent et qui. de ces refus d'admettre ce que l'on avait d'abord encouragé. où longent le cours de la Seine. c'est le courant que montré. » Manet ne il répondit savait pas alors que déjà. et même du fleuve plus deviné détails accidentels des édifices s'interposent le voit pas. les arbres et les dire l'axe de toute la vue. Une autre Vue de Paris. L'une a pour principal motif Saint-Germain-V Auxerrois. lui. mais un admirateur enthousiaste. etc. de tout de la place. amusant de conter que Manet fut légèrement piqué de cette entrée en scène d'un presqu'homonyme. Ce n'est rattachable à fait.34 En 1866. un et élan nouveaux. après sa mort. Comme on lui demandait s'il avait vu les Marines. C'est à la fois vu avec beaucoup d'esprit. Elles étaient bien placées. on le reconstitue par la logique bains. Il sera peut-être ! : qui devait hâter pour ^ D'ailleurs. et il : Claude Monet. ni à Jongkind. découvre le Panthéon et. appréciées du public et des artistes. très remar- . sans abréviation deux noms sont devenus également illustres. très animée de passants. parce que les tinue. l'heure définitive de la gloire. en 1863. une résolution. Une ligne médiane d'un oblique peu prononcé est pour ainsi en 'avant. et il ne pouvait pas deviner qu'elle lui vaudrait encore pour plus tard un ami magnifiquement dévoué. Monet avait eu au Salon de 1865 deux Marines reçues. On le sent et on ne tains détails. son œuvre. De 1862 à 1866. Cette ligne. comme par un acte de déférence tout autant que pour éviter à Manet à lui-même des confusions bonnes à exploiter par les malveillants. donnera à notre artiste une sûreté. la comme au mouvement dont Manet divers paysages de Paris que Claude Monet exécuta pendant peut considérer se rattachant est le les chef années cette dernière datent entre autres trois très belles peintures prises de par conséquent. peut-être plus belle encore. très vivante. extrêmement de façon con- même de cer- exact.

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dames avec ombrelles. des viflas s'étagent sur la falaise. afin de pouvoir définir déjà certaines de ses qualités caractéristiques. Entre les intervalles des voiles et des vergues. diverses vues de Sainte-Adresse. on aperçoit sur un quai toute une foule de marins et de femmes. mais aussi par le don d'établir tous les pas de date. avec. mais nous préférons. C'est une Terrasse au Havre. Cette année 1866 est remplie de travaux importants. du paysage et du tableau de genre. malgré sa jeunesse. l'eau. décisifs. Une de ces dernières est remarquable de largeur et de force. un moment encore. Mais la période est ingrate. sauf pour les réputations officielles et les talents qui flattent le goût de banalité qui caractérise alors non seulement la « bourgeoisie ». Au de finesse. et tout ausi vivant. précisément. poursuivre l'étude de la première phase dans le développement paysagiste. de voitures. et qui auraient dû valoir d'emblée de grands succès à l'artiste. La carrière de Claude Monet s'en serait peut-être trouvée complètement changée. cette peinture est animée également de personnages. des voiles. et vers le milieu glisse une barque avec des rameurs. est toujours prise du Louvre. qui tient de la marine. une très curieuse et très originale peinture. Elle vaut non seulement par la façon heureuse dont le peintre a saisi d'ensemble tout l'intérêt d'un décor et de la vie qui lui est propre. un portrait de grande importance. une masse puissante et légère. animent une autre. 1866 ou 1867 très probablement. Une grande barque à voile vogue assez près du bord.35 La troisième vue. et les allures : : du Phare de l'Hospice. mais le public tout entier. En du 1866 Monet est admis au Salon. On 1866. Deux pavillons flottent au bout de mâts qui s'élèvent en avant de ce jardin suspendu. sur les plages. bien les cette qu'il ne porte un Port de Honfleur d'une grande beauté. ça et là. élégant sans afféterie. est riant et solide ne peut mieux rendre dans l'affectation. messieurs en tenues recherchées. Des petits personnages y circulent sur la plage. C'est une page tout à fait magistrale. Nous ligne voulons parler. de est encore plus étendue. de la rive droite correspondante. Un grand vapeur est arrêté à gauche. Toutes les barques y forment à droite avec leurs voiles à demi-carguées. les modes reste le ton et même en la même temps. entre autres. De cette année nous voyons. avec son initiateur De la même période sont d'autres vues du Havre une belle vue de la Jetée. le quai des Grands-Augustins. Vers et la partie Ici la le milieu du tableau apparaît la du Pont-Neuf avec la statue d'Henri IV. est . Très fortement agencée. Des groupes mondains s'y promènent ou s'y reposent. encouragés. Ces tableaux de figures vont être mentionnés bientôt. outre paysages. les auraient sans doute été suivis de beaucoup d'œuvres de ce genre. de ces mille riens qui donnent la physionomie de Paris. Un jardin surplombe la mer qui s'étend au loin. séduction d'une époque sans tomber Boudin avait également. de grands tableaux de figures qui. puis encore. portion de fleuve distingue la pointe de la Cité. même époque. comme De promeneurs animent la surface sablonneuse. à l'horizon des bateaux se suivent en longue On Tout cela file. noté avec beaucoup mondaines d'alors. ponctuée de kiosques. moins menu. La manière de Monet n'évoque aucune ressemblance c'est plus net. tout en donnant à la nature environnante le principal rôle.

86 plans. L'entrain et la décision caractère qui diffère grandes surfaces. cette essentielle de le classer analyse nous a permis de déterminer dès maintenant une qualité Claude Monet. Claude l'équilibre même de la nature. qu'une base. un exceptionnel metteur en place. les plus pourrait se tenir. qu'une assise. : ses travaux de début. Personne à ce moment. pas même les grands paysagistes de 1830. Mais nous verrons que cette qualité là n'est encore. de les graduer tout en les différenciant ferme- ment. de les agencer sans hésitation. et qui suffirait à il capables de prendre la suite des grands paysagistes classiques. que nous pourrons ajouter à avec un peu de détails. Nous pouvons la définir en peu de mots dès Monet cherchant à ramener l'équilibre de sa peinture à s'affirme un grand. celles ne résume et ne ramasse lumière sur l'eau compliqués et se les grandes lignes et les développer clairement l'immense et aussi sûrs. l'effet lumineux est d'une intensité peintures de cet ordre et de ce que nous citons extrême. Or. mais due surtout à cet emploi des valeurs. Dans les moment. ne même de celui de Manet. sur laquelle en fleuriront de plus subtiles et de plus complexes. par des moyens aussi peu donnent à le seul fait glisser la cette personnalité un avec qui l'on pourrait être tenu de voir des analogies. ciel. pour ainsi dire. L'exécution est aussi vigoureuse que simple. . Qualité à laquelle parmi les mieux doués.

àlNTE-ADRESSE LE PHARE D'HONFLEUR .

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d'anxiété. ces de leur révolte ni à attirer bien que ces temps d'avant difficulté. encore bien loin pour la raison que les idées n'étaient ni formulées. C'est l'histoire des débuts de ce qui bon gré. fallait tout Il de même. et l'action. vigoureux. Quatre jeunes gens. bien primitifs. comme tout révolté professionnel doit le faire. titre était même mal gré. peut-être justement parce que Renoir. de rien moins que d'être des héros. Nous n'avons plus . Monet. Bazille. se réunissaient pour vivre le plus joyeusement possible tout en faisant en liberté une peinture qui les passionnait. L'on reconstitue encore sans trop de blement changées. Voilà tout. et cela prend. un recul des années même sont aujourd'hui irrémédiaétés passés ils de compagnie par ne songeaient nullement à l'attention sur eux. Nous sommes dans le vrai. ferme et vaillant. passion ter : « dans ne peut ne doutait jamais de les moments aller l'avenir. car tirer parti Monet. puisque la ne cessait alors de leur répé- ne nous décourageons pas. conçues. sans en avoir l'inécoles pour de bon. grand. et particulièrement de Renoir.COMMENT D'UN GROUPE OBSCUR SORTIT UNE «ÉCOLE» CÉLÈBRE. beaux ces étranges révoltés. que cela obligeait fort. l'école impressionniste. cela peut commencer de la façon la plus simple vouloir. et dans même la devait être. Le ni les plus frugale qu'on puisse imaginer. quasi-héroïque. lui. s'absentait mettait alors son atelier de Paris à la dis- position de ses amis. avec le accent intrépide. et au bouleversement qu'ils ont causé. fugitifs des ateliers officiels ou officieux. joli Sisley. car Il il soutenait les autres par la conviction en sans des crises de doute. joli et gai garçon. de par le tention. Bazille ne se souciaient 1870 semblent d'autant plus lointains que mœurs les cette entraînante vie libre. sans le monde. et de ses deniers. libéral souvent pour aller chez lui dans le Midi. mais qui a bien fini par le subir grâce au bruit que ceux qui la constituaient ont fait. bien novices. Une «école» qui n'a jamais eu de prétention à ce titre imposant.

Un Les plus violentes oppositions de tons. et subrepticement allait passer beaucoup d'heures en tête-à-tête avec les maîtres anciens. même façon. de considérer que chacun et tous. il apparaît aujourd'hui bien puéril. qui les lui prenaient. Les ombres des objets frappés par Les vibrations de l'atmosphère sont sont-elles violettes ? infinies. autre peintre. Il est plus juste. d'excellents faux Rousseaux. le droit Renoir. s'épa- » pour payer son auberge. Diaz quelquefois. dont les sujets étaient perpétuellement sous leurs yeux. vers lequel ses et camarades se sentaient beaucoup moins attirés. en gardant leur personnalité. Il combinait ainsi. » premier. écoutait. goûtaient en œuvres. Les jeux incessants et subtils de la lumière. les acquis de la tradition et les ardeurs innovatrices. au musée. Nous ne voyons pas de Sauf la de le celui-ci. Comment les saisir ? rejaillissent. mais. passait par là. les valeurs. pourrait imaginer ainsi dans soit Camondo. Et Sisley aussi. voir pour ses premières vues de Paris. cette lumière dorée Comment en inter- préter les résultats ? Les êtres se colorent à l'air et au soleil de reflets insaisissables. les voyait occasionnellement. méthode qu'il devait modifier plus tard sans l'abandonner complètement. rencontres. exécutait des paysages au bitume. Gela lui permettait de ne peindre pour lui-même qu'avec des tons purs. toujours été presque impossible à débrouiller du vivant même et fine d'ailleurs cela a du groupe auquel Monet a survécu. toiles et ses et. Comme Monet était l'autorité et la certitude. moi vous ne travailliez pas que artiste. s'intéressait aux essais. tout en peignant le plus souvent en plein air. Lui qui devait plus tard être camarades. soit qu'on de se laisser la gaîté. non seulement leur vie.était regroupe par dans la pensée. influences. si les d'abandon. . la joie qu'une charmante nature. Ses et un attrayant et délicat tempérament de peintre. Après cela supputez ce par quoi. grâce à sa complexe nature. tendrement et gaîment. travaillait. arrivé aux grands succès de fortune. devenant chez le marchand nouissait en boutades coupées de longs silences. jetait un mot d'encouragement. s'émiettent. Monet tout comme nous venons : le cela. et que Monet avait même connu avant de connaître ses camarades de chez Gleyre. et l'on sente et Le vous n'avez pas besoin de faut avant tout étudier les valeurs. de décider qui a été le véritable instigateur des théories et des formules de ce qui allait devenir r« Ecole impressionniste». plus âgé qu'eux. vivre. Puisque vous êtes un pourtant : il vous voyez vert. leurs de Moreau-Nélaton ou de celles conversations et leurs discussions elles-mêmes. de quelque façon exprime. et assombri par des labeurs ingratement appréciés. on ne peut faire de bonne peinture sans groupe ne regimbait nullement là-contre. de plus. travaillait beaucoup aussi à l'atelier. observait merveil- leusement l'application des valeurs. en se heurtant. et plus conforme aux circonstances. avait dit le grand Corot qu'ils admiraient tous sans le fréquenter lui. Dans ces conditions. et Renoir qui. avaient contribué aux acquisitions et découvertes communes. lorsqu'on revoit leurs lui la collection Caillebotte. petit que je vois gris et blond. l'on conseils. engendrent finalement des harmonies dont il faut rendre la caresse. Mais ce n'est pas une raison pour que car cela est au fond de tout et.38 de nous arrêter. ses couleurs. pleine de bonne humeur n'était alors On Alfred Sisley. et leur répétait ce qu'à « Pissarro. « idées dans l'air » que nous avons déjà notées.

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en 1863. beaucoup Corot. un atelier surplombant celui du maître. mais . pouvaient les intéresser sans cependant les capter. Manet. mais il n'était pour rien dans leur formation. Courbet. Delacroix venait de mourir. rue de Furstenberg.39 Jongkind. — du peintre aller et venir devant et ce petit trait est assez la toile. Ses camarades et lui regardaient parfois par la fenêtre et voyaient le bras ils ne voyaient pas ce qu'il peignait. symbolique. Ils le vénéraient. il avait eu. Monet se souvenait qu'à son arrivée à Paris.

et spontanées en leur manifestation. Si. on peut démontrer que peinture si le premier ne lui avait quelques artistes impersonnels et et tout ce le Mais second n'aurait pas pratiqué tel l'indi- genre de pas servi. d'une communauté de tendances créée par l'époque. même du la matière. et même troisième si directe qu'elle soit. les Demoiselles des bords de la Seine.DES DIFFÉRENCES ENTRE LES TABLEAUX DE PERSONNAGES CHEZ MONET. se déguisent. elle se trouve modifiée d'autant plus que les personnalités sont. malgré son charme personnel. par les deux aînés. ont qui sépare l'accent incisif de ne révèlent de qualités que lorsqu'ils pastiches. et disons lorsqu'il s'agit d'une sympathie. mais de modèle. il se produit des analogies . des faux. malgré certaines différences de nature. par des idées transmises et d'autres naissantes. de Courbet. à défaut d'un voisinage immédiat. c'est que si forte. même le mot. du moins d'étu- ou d'influence réciproque dans les arts. Mais ce qui rend cette action à peu près impossible à analyser par des mots et même par des constatations matérielles. se meut dans l'ombre de Watteau. on peut mesurer pour ainsi dire mécaniquement l'écart ou le rapprochement entre l'œuvre de seconde main et la création géniale. la touche maître. Par exemple lorsque des élèves de Rembrandt imitent l'éclairage. les procédés de composition. non d'émulé. malgré lui et à leur insu. une certaine action sur lui exercée. qui pu parfois produire des qui pouvaient tromper des yeux exercés. Ou bien encore. accentuées. celui que dier les rapports si délicats Claude Monet exécuta en 1867. Ce n'est point le de même cas lorsqu'il s'agit d'imitations voulues et de pastiches calculés. cation diluée. COURBET ET MANET Il est des rapprochements qui permettent sinon de définir. vous examinez successivement et vous possédez complètement par la mémoire (qu'au besoin peuvent aider de bonnes photographies) trois tableaux tels que le Déjeûner sur l'herbe. part et d'autre. de il filiation vous est impossible de ne pas percevoir dans cette œuvre du plus jeune. Enfin habiles. lorsque Lancret. et enfin l'autre Déjeûner sur l'herbe. de Manet.

PORTRAIT DE MADAME GAUDIBERT .

.

comme chez Manet et Courbet. Les idées généralement acceptées n'étaient que des lieux communs qui ne pouvaient inspirer des cerveaux neufs. Ce trait peut. . d'un point de départ lui même un résultat qui deviendra signal d'un autre acheminement. par Boudin. Après avoir trouvé en commun pour l'un pour un troiun nouveau mode d'expression. vie. chacun (1). vement au milieu duquel naissaient les artistes dont nous nous occupons. sa circonstances de sa production. jusqu'à ce qu'elle fasse (1) Ceci concerne surtout et presque exclusivement Renoir. Courbet ou Manet. une que la fin du xix" siècle. à l'impulsion donnée. dans l'art du passé. par une fatigue. le C'est ainsi former leur très rapproché. également une quasi-tradition romantique qui avec Cézanne outrera la couleur et le dessin. des faiseurs d'images. On peut dire encore. verra succéderont côte à côte. à que nous verrons Claude Monet et ses camarades tour à tour con- originalité innée. dition et d'une innovation. délicats). si l'on veut.41 mais non de strictes ressemblances. pour l'autre par Delacroix sième par Corot. se développera une pseudo- académique qui passera du faux classique des descendants dégénérés d'Ingres. tracer les descendances. Tout en gardant leur physionomie particulière et en d'abord fortement. classer les oeuvres. dans la mesure de leur élan. involontaires ou conscients. nette- nettement comprise. se Cela rend toute critique didactique On moderne. les mot pour rendre une de ces la fois. déjà pourtant très visible. Mais. mais échouera à suivre tradition l'imagination du grand Eugène Delacroix. sans enseignement qu'une routine. parce qu'il y avait un ensei- les ateliers et les écoles. ces sortes Il obéissant à l'impétuosité même de leur propre création. s'entrecroisant suivant son humeur. et suivant la direction de leur personnel organisme. Et même chacun d'eux ne subira pas influences (puisque nous n'avons pas d'autre mais toutes à cet ordre de faits si combinant. Ils étaient donc forcés d'être. Renoir copia même pour les amateurs certains Delacroix. qui réagira contre certaines tendances et répondra à d'autres. arrivent. demeure dans l'esprit de ceux qui se sentent en communion avec de condensateurs. au lieu d'une tra- série de brèves et partielles traditions qui se En même temps que celle cinq ans l'évolution qui a Manet et Courbet à sa que représente pendant vingt- tête. déterminer gnement un véritable leurre en ce qui concerne l'art pouvait bien plus nettement. Courbet et Manet. L'influence de Delacroix sur Cézanne a été plus considérable encore et décisive. des méthodes transmises presque sans variations. réglé. leur propre et mutuelle tradition. qui aima et étudia beaucoup Delacroix. le mou- les prenait au dépourvu. son enthousiasme ou sa répulsion du moment. respecté mais peu étudié par Monet. Une sorte d'excitation réciproque imprime aux œuvres d'une même période le trait à la fois divers et commun qui leur donne leur date. avoir été marqué tout frappantes. Jongkind. quoique commencé déjà avant eux par Corot. et cela seul suffirait à expliquer pourquoi Cézanne n'a aucun rapport avec « l'impressionnisme ». les procédés courants ne pouvaient satisfaire des yeux point gâtés par une habitude. l'offre. ces disciples. entre autres la Noce Juive. une demande ment formulée par à laquelle répondait l'esprit public. enfin après encore. d'eux en inventera un nouveau encore pour son propre usage. à un faux réalisme comme celui de Bastien Lepage.

que les Hommage grands tableaux de Fantin-Latour (V Lhermitte. accusera encore bien plus son caractère L'on pourrait en tirer cette conclusion. c'est les ou plutôt pourrait pris en lui-même. de La célèbre définition de Butfon cesserait d'être complète. Sisley la sorte et Pis- mais qui doit être attribuée à leur succès sans qu'ils aient cherché eux-mêmes à formuler et à l'imposer. . Renoir. et qui prime pendant une durée à peu près équivalente. météoriques et confuses des jours actuels. Tout d'époque qu'il se produit dans cela. ne dans avec recul le fait déjà. écrivain isolé. sarro. C'est la tradition naturaliste figures sur la la et de Manet qui se répercute dans les que pendant un moment unique de sa carrière Claude Monet jeta hardiment toile. écrivain. le à Delacroix). être complétée en n'envisageant plus et l'on se convaincrait que le style un un artiste hommes. de Cazin. ou d'un temps. de Whistler même. de tradition impressionniste que l'on attribue à Monet. la soit un quart de siècle.42 place aux traditions encore plus morcelées. de Legros (l'Ex-Voto). Manet de Courbet et tel il propos de remarquer encore que est à et de tableau de Courbet ayant frappé vivement l'imagination et les sens des jeunes artistes de l'époque. Du reste. à l'appui des observations que nous venons de présenter sur marche à la fois insaisissable et réelle de cette évolution et sur son caractère en quelque sorte sporadique. du temps. qu'un phénomène graphiques parallèle à celui que l'on constate sans discussion toujours en tenant compte de la qualité intrinsèque de chaque les arts la littérature. on peut retrouver œuvres le Guitariste les marques de leur influence dans des chez des tempéraments aussi différents les uns des autres (éloignés parfois jusqu'à une antipathie qui disparaissait dans l'ardeur de la lutte commune).

i CAMILLE .

.

A cet arbre s'adosse un homme assis à terre. auprès d'une jeune femme blonde. en avant s'étale une vaste pelouse. La peinture de Manet était riche et soutenue. et un dernier monsieur. debout. les jambes étendues dans toute leur longueur. s'érigeant avec Le fond de la beaucoup de décision et de relief. et toutes les vic- d'un assez plantureux repas sont habilement distribuées sur une spacieuse nappe. à gauche enlin. suivant les maîtres. qui tranche sur les attifements plutôt clairs des autres personnages. au-dessous de ce groupe est assise encore une autre déjeûneuse. et . mais de façon moins forcée. de bouleaux. qui s'agençait sans effort. tuailles un chien complète l'expédition. Mais les différences d'accent apparaissent immédiatement à une observation un peu attentive et dominant les parallélismes de tendances. doit être tout d'abord décrit sommairement. avec l'équilibre spontané qu'improvise toujours la vie. leurs grandes jupes largement éployées. Ce tableau. très important. scène est un rideau d'arbres. d'ailleurs de grandeur encore considérable. habillé d'un veston sombre. un autre personnage suit (de la droite à la gauche) assis également. Celle de Monet est plus claire recettes des anciens et moins corsée. moyenne dimension indiquer aussi que seule en demeure intégrale une esquisse de aussi poussée que le tableau même. d'onze figures de grandeur au moins de la demi-nature.4N1)S TARLEAUX DE FIGURES Le grand Déjeûner sur l'herbe de Claude Monet pouvait dans une certaine mesure rappeler celui qui avait été refusé à Manet en 1863. dans un ample décor forestier. C'était donc un ensemble. Vénitiens ou Espagnols. daté de 1866. puis vient un autre partenaire. se trouvent un homme et deux femmes assises à terre. plus vigoureux. sur laquelle se détache un tronc isolé. : debout tout à fait à gauche. vêtu d'un veston clair et coiffé d'un chapeau rond. parlant à une dame qui ajuste sa coiffure. De celui-ci Monet et l'on doit n'a conservé qu'un grand frag- ment.LES PREMIERS GR.

dans son tableau. si naturellement donné de la présence du nu parmi le vêtu. habitué à ouvrir tout . C'est une analogie que l'on pourrait trouver avec les estampes japonaises. celle de Claude Monet plus claire et plus synthétique. La couleur de Manet. Alors que Manet ne voyait encore en majeure partie qu'à - la qui. c'est que. quitte à se lier bientôt d'étroite amitié avec lui. Mais soit de tact que cette considération tour d'esprit le dont ne s'embarrassaient «nu blâmé». elle procède par grands partis de valeurs tonales plutôt que de valeurs de clair-obscur. et si d'ailleurs l'histoire de l'évolution impressionniste ne contredisait pas de façon formelle cette hypothèse si Japonisme « » n'influa opinion obtint -Ce il vraisemblable qu'on la juge. par rapport à Manet. est que Claude Monet. Tout en admirant il ne sent point le l'essai de besoin de les répéter. malgré y a quelques années. à introduire un morceau de nu. n'a pas songé un seul instant. mais intéressante l'a : répondit sans hésiter Nous trouvons « : Je n'ai jamais osé. tout d'abord. ce mélange du nu. et jusqu'à l'affadissement. ou bien aux Buveurs de Velazquez. Mais imagine-t-on se serait alors exposé La véritable raison. dans le Déjeûner de Manet. ce pictural. que le faveur que cette = au contraire est à retenir. comme de Velazquez à Manet. L'artiste peut-être. simple nature voit l'abus des figures nues pour les êtres VOlympia. point les vieux maîtres. comme le nôtre. et qui le considérait comme un importun nouveau venu. une bravade. et du l'art même à si du peintre qui lui avait pu encore suivre l'exemple. Il choqué des vraisemblances d'une scène familière soit qui eût été tout à fait légitime. le plagiat. différent de celui de ce Manet qu'il admirait. signification. l'abstention qui est assez enthousiasmé par la qui à l'occasion l'animent. paru si déplacé au public oublieux des maîtres et même tout simplement d'été. distance. indiscrète pourquoi il n'avait jamais exécuté un seul nu. Claude Monet.44 moins modelée en relief. que fort peu sur l'impressionnisme. » cette réponse fort belle et fort délicate. c'est-à-dire qu'elles se présentent relativement les unes aux autres aussi dans une progression croissante de simplification. est plus riche et plus modelée. lumière des maîtres et dans le jour de l'atelier. Une remarque mais qui a cependant sa accessoire. Il aurait par Courbet dans son encore les risées Atelier. auxquelles il ! donnée lui-même à une personne qui lui posait un jour la question. par exemple. avons-nous dit. ce que celle de Manet est elle-même par rapport aux Vénitiens. Le plus grand artiste est peut-être celui qui n'ose pas faire ce qu'il ne sentirait pas pouvoir parfaitement réussir. Claude Monet entrevoyait déjà un nouveau langage pictural. 'tres aux expositions Quand on quasi-farouche d'un jeune peintre Manet et par et plus tard que lui les pein- d'alors (pour ne pas parler de ceux d'à présent) prodiguaient sans on comprend admirablement raisons de beauté. Claude Monet fait éviter cet élément. en même temps que parfaitement judicieuse. si la matière n'était pas absolument différente. On peut établir qu'elle est. . et ce qui n'aurait pas un caractère d'irrésistible nécessité. Et même cette progression pourrait se noter déjà des Vénitiens à Velazquez. Il est avéré. la en effet. soit. comme celui qui avait. aurait paru soit c'est moins peu d'années de une inspiration un peu trop directe. des licences accordées de tout temps à avec nos préjugés sur est vrai que.

w ca C/2 w 1-5 Q M .

.

c'est que deux thèses opposées peuvent être de «mange» soutenues. de dire que la couleur avait été si généreusement prodiguée. comme nous venons de le et voir. mais cela n'amusa guère le pauvre débutant qui rencontrait tant d'obstacles. C'est il femme vue de dos. s'y avec plus parfaite logique. l'amener à admettre les procédés les plus contradictoires. En réalité. en pleine en pleine rue ses vues de falaise. il bon de spécifier ici que refusé au Salon de 1866. dédaigneuse. Les artistes ont souvent une excellente influence sur leurs confrères par ce et qu'ils produisent pour leur compte. et qui fut comme ne pouvait envoyer qu'il la tête retournée de profil vers le spectateur. qui perception par vastes ensembles. Mais. de contradiction ? Non. de cette beauté parisienne. l'attitude souple. la jolie tête pâle. que presque au moment de posant à l'atelier. de Saint-Germain-l'Auxerrois. la lumière considérée à de l'analyse. robuste et magistral morceau de peinture qu'il était. le avait fait quelques obser- vations de détail qui avaient déconcerté le jeune peintre. appréciée à l'exposition par les rares connaisseurs. par une contradiction d'ailleurs très légère. Pour ne qu'il pas de légendes. qui était venu le voir à l'atelier. faisaient admira- blement valoir. Claude Monet pensa appréciée. Et ce qui n'est pas moins singulier. Camille se ramenait plutôt à la manière corsée scène. dont Mais y a-t-il exécutée à même l'atelier la grande bien apparence d'après un modèle du Déjeûner d'après les notations et les souvenirs du grand air. s'établisse comme on Déjeûner de Claude Monet ne fut pas. et finalement lui persuader que façon de dire ne doit la passionner que dans la mesure où le l'artiste sent la beauté et aspire à la rendre. la Voilà qui peut rendre l'étudiant des arts singulièrement sceptique sur la valeur des théories. Cette casaque bordée de fourrure. Sainte-Adresse. et le ayant déjà brossé en pleine campagne. ce qu'il y a de plus curieux. différait. était complètement fait et exercé aux harmonies claires. et certaines études ou peintures en forêt de Fontainebleau avec les autres déserteurs de l'atelier Gleyre. maintenant. Claude Monet passa du premier au second couleurs. de le telle que Courbet l'avait pour cela que très peu de jours avant les derniers délais avait exécuté avec une furia et une vigueur superbe ce portrait. cette grande jupe de soie bruissante à rayures vertes. et que lui-même. puisque cette figure non plus comme était modelée de Manet. comme lignes et comme tons. et ce qui prouve bien que les contraires sont tous également dans la nature. où s'émiettent de façon éblouissante tous les tons éclatants du prisme. exaspère les décompose en mille éléments vibrants et scintillants. presque toujours très mauvaise par ce qu'ils disent de ce qu'on soumet à leur jugement. Il est amusant. de Honfleur. sera l'a dit. Tout en émanant du un peu même tempérament de peintre qui venait de produire le Déjeûner. avec qu'il intitulait Camille. sa vaste d'envoi au Salon. et celles . et non plus de les exaspère. c'est que l'un des systèmes peut parfaitement conduire à l'autre. Courbet. toile. est celui les la même couleurs plutôt qu'elle ne un autre point de vue.45 grands les yeux dès les années de plage sous regard bienveillant de Boudin. Suivant l'une la grande lumière D'après la seconde. si fougueusement jetée sur toile. en pied.

Et surtout saisir là sur le fait la marche des influences.: existe. et choses jouissent d'une providence spéciale. C'est une dans la religion et dans l'amour. était.46 lui faire quitter l'atelier. à son insu. Cette moquerie indignée prouve à quel point Manet méconnaissaient il de demeuré une des — le ! tableau est le « glissantes » faut admettre que les belles Le Déjeûner. Du plein ? Est-ce que les maîtres d'autrefois en faisaient. Manet. ne passa point cependant inaperçu des air moins il est curieux de les ennemis et les railleurs de ses aspirations et son talent parfaitement classiques. La force d'une les conviction acquise est en raison directe de l'énergie avec laquelle on s'appuyait aupa- ravant sur la conviction contraire. et les Manet à ' — l'art moderne. Il répara le il s'aperçut que son tableau menaçait de couler tout entier mal du mieux. par suite de ces circonstances. le jeu des actions et des réactions entre artistes dans de pareilles périodes de transition. A son tour. Manet avait blement hanté Claude Monet et celui-ci tout pas de plus dans une région sur laquelle en subissant son influence avait visi- fait un yeux de son aîné ne s'étaient pas encore ouverts. . . L'on engagea vivement l'aller voir. vers le sol. qu'il put. Ah Est-ce du plein I voilà ce qu'on appelle que ça air ? . loi qu'on observe dans les arts. Il fut exposé à la vitrine d'un marchand. — artistes. puisque productions ou les plus solides. quoiqu'il n'eût pas. tout près d'éprouver une espèce de choc en retour. La meilleure et la plus sûre condition pour se rallier fermement à une opinion est d'y être hostile tout d'abord. au moment même où il niait le résultat obtenu. le bénéfice scandale de la grande discussion publique au Salon. comme . le plein air du plein air! s'écriait-il ironiquement. et n'étant pas encore assez vieux pour y demeurer réfractaire.

LES «FEMMES CUEILLANT DES FLEURS»
ET LES DERNIÈRES PEINTURES DE PERSONNAGES

Monet fut admis au Salon de 1866 avec le portrait de Camille, il fut refusé
haut la main avec un autre tableau composé, où les figures sont de dimension un peu
moindre que dans le précédent, mais toutefois une de ces entreprises de grande
envergure que les artistes ne recommencent guère à moins d'être très encouragés dès
le début, ou bien d'être doués de ce tour d'esprit que l'on pourrait appeler monumental et qui pousse, par exemple, un Delacroix ou un Puvis de Chavannes à concevoir surtout par larges espaces et à faire comme malgré eux le siège, puis l'assaut
Si

et la

conquête des murailles.
Il

représentait des

Femmes

cueillant des fleurs

dans un parc, l'une assemblant

un bouquet, l'autre en respirant un, une troisième se dirigeant vers elles d'une vive
allure, une enfin assise sur l'herbe, le visage incliné vers le sol, et éclairé par le reflet
qui la pâlit d'une façon assez singulière. L'ensemble est gai, aisé d'exécution, et les

peu corsées, rappellent plutôt

tonalités claires,

tentatrices richesses

que permet

la

celles

peinture à

de

la

fresque par rapport aux

l'huile. Il est

évident que le peintre,

dominé par la volonté d'éclaircir la palette, d'en
rapprocher les gammes de celles même du dehors, et de l'écarter au contraire le plus
possible du diapason soutenu auquel l'avait montée le travail exclusivement d'atelier
et l'habitude du rembrunissement que le temps avait fait subir aux ouvrages des
dans ses recherches,

était

encore

maîtres recueillis dans les musées.

En somme,
japonaises et

s'il

si

Monet

n'avait prêté qu'accessoirement attention

aux estampes

n'avait pas été en Italie et n'avait pas l'idée, par conséquent, des

lumineux spectacles des fresques
unes et des autres.

florentines,

il

se

rapprochait instinctivement des

Les modes extravagantes, et séduisantes pourtant, de cette époque affolée de
1867, ajoutent aujourd'hui à ce tableau un charme bizarre. Les immenses jupes claires

.

48
à dessins soutachés, les casaques au contraire étriquées et les minuscules chapeaux,
étaient acceptés par l'artiste et atteignaient

malgré leur transitoire exagération,

le

du dessin. D'ailleurs tout cela s'harmonisait avec le
paysage plein de fraîcheur et donnant bien une impression de vraie nature, saisie,
non arrangée. Sans les préventions du moment qui commençaient à s'armer en
guerre contre les nouveaux venus réputés rebelles à toute beauté (à toute convention
de beauté plus exactement), les deux compositions de Monet que nous venons d'analyser auraient séduit le public par une réelle élégance, par une distinction presque un
peu féminine, au rebours de la brutalité qu'on leur supposait. Alors la carrière de
l'artiste en aurait peut-être suivi une toute autre orientation.
L'on peut beaucoup mieux se rendre compte de ces dijfférences entre la phase
style,

par

la

vigueur

et le jet

des tableaux de figures et celle des paysages qui allait bientôt et définitivement s'ouvrir,

aujourd'hui que l'Etat a fait l'acquisition des

Femmes

cueillant des fleurs et a placé

ce tableau au musée, en heureuse réparation des torts d'un jury depuis longtemps
disparu. Sans aller jusqu'à remercier ce jury d'avoir forcé Claude

Monet à chercher

d'autres voies que celles qui lui paraissaient obstinément fermées, et par suite à trouver

on peut lui accorder les circonstances
atténuantes pour n'avoir pas compris ce que Manet lui-même méconnaissait encore.
Les tableaux dont la figure humaine fait le thème dominant ne furent plus
que très peu nombreux dans l'œuvre et même cessèrent bientôt complètement de tenter
le peintre. Nous n'avons donc qu'à les énumérer brièvement, l'essentiel des réflexions
que cette catégorie pouvait suggérer venant d'être développé.
Pour être complet, il nous faudrait donner quelques indications sur des portraits que Monet exécuta au Havre dans sa première jeunesse. Mais il en a lui-même
la

veine qui

perdu

la

l'a

trace

rendu exceptionnel

et illustre,

malgré des recherches

qu'il

fit.

Peut-être des trouvailles sont-elles

réservées à d'heureux fureteurs.

Le dernier grand tableau comportant plusieurs figures est le grand Déjeûner
dans un intérieur. Une salle à manger bourgeoise, avec un jeune enfant attablé et une
mère présidant affectueusement à son repas, tandis que le père s'apprête à sortir et
,

que

la servante

diffère

„.

apporte un

plat. C'est

une

très belle peinture, robuste et saine, qui

moins que les deux autres de celles de Manet.
Monet ne devait que plus tard, en 1876, peindre une

figure de

même

importance,

une jeune femme blonde en robe japonaise très éclatante, campée avec une souplesse
mignarde, une grâce un peu affectée, devant une cloison décorée de quantité d'éventails
bariolés. C'était

un morceau

très brillant, très

dire de spécial à propos de ce

Occasionnellement,

il

savoureux

et

entraînant, mais

unique

«

on ne saurait rien

revenez-y »

brossa avec emportement quelques figures dans sa facture

un marin de Belle Isle; un pâtissier de Trouville et
la femme dudit; enfin, dans un âge avancé, un portrait de lui-même, simple ébauche
de tête d'une coloration vive et d'une expression riante. Mais ces divers morceaux
n'ont plus aucun lien avec les premières tentatives de figures, isolées ou groupées.
Cela a pu faire dire, bien à tort d'ailleurs, que la physionomie humaine ne l'intéressait
qualifiée d' « impressionniste »

:

.

.

.

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dans la les les eaux. Il est plus exact de déduire des recherches auxquelles allait il se livrer et de la production intense qui devait s'en suivre qu'il fut lancé dans autre voie sans pouvoir s'en distraire. les claires et y apparurent. ces apparitions furent comme les floraisons une eurent douces fugitives.49 pas particulièrement. se confondant avec sans qu'il la ait été peut-être homme». et . et les plaines. mes avaient comme Beethoven fait tout ce qu'ils Dorénavant. et «J'aime mieux un arbre qu'un avaient pu pour le renvoyer à les arbres donc. et les rives. et presque exclusivement la parole. et lorsque les figures figures féminines surtout. La nature le jusqu'à dire. humaines. hom- compagnie des arbres. : sollicitait. dévorante lumière.

ces tour à tour chaudes ou froides. sont ceux que la plupart des yeux sont habitués à croire ceux de la nature verts. C'est à cette époque que Monet. Il lui fut donné non seulement de noter des spectacles poétiques. Seulement Corot plus tard que cela devait être entre le — et nous verrons révélateur et son admirateur inconnu. il faut la que nous avons décrite et se sti- recherche de nouvelles ressources picturales. de tout ce qu'elle prodigue de féeries. vraiment magistral de ce point de départ dans le sens strictement vue d'une grandiose avenue en forêt qui fit partie de la collection Henri Rouart. : les arbres — et ces reflets multiples. Renoir. Mais cela demande à être expliqué et par des exemples. cipalement réceptif. mais encore d'en recréer par la composition. ici le redire. devaient tout au moins « révolutionner » les ateliers. suivant les saisons et les heures et non ombres par conséquent . Sisley et Bazille mènent en forêt cette vie fraternelle mulent réciproquement dans Cette recherche. la terre d'un gris jaunâtre. Les tons généraux pictural de Corot est le Pavé de Chailly. et qui. ANNÉES SOMRRES.PEINTURE «GRISE». appeler d'une manière générale la période de Fon- et le tainebleau. en effet. leurs ombres noires. la sincère notation en présence directe de la nature. — Corot ne voulait pas se borner à ce rôle prinune cause de graves malentendus. leurs troncs bruns. celle qui s'étend de 1862 à 1870. et avant d'entrer dans le détail des déplacements de Havre. différant selon la façon dont les frappe la lumière. part de l'exemple même recherches que précisément les connaisseurs d'alors blâmaient dans de Corot le et des peintre poëte : l'observation des effets les plus délicats. On peut. Monet. Rien dans la couleur n'indique encore un acheminement vers les tonalités si vives qui devaient plus tard sembler si révolutionnaires. pour Monet entre Paris simplifier. alors que de plus en plus Claude Monet va se prouver lyrique dans cette marche illustrée Un spécimen le positivisme seul.

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en paraissant s'y rattacher discrètement. moment où Ces gris. pour rendre ces vibrations de la le claire. Aucun subside auprès d'elle il une avait d'argent ne lui venant de sa famille. si sur tire le vibrant qui devait faire si — bleu ou sur l'orangé. que l'œil attentif que la seconde moitié du chemin. chez il avait abandonnant son dû toutefois se réfugier atelier et partageant son temps d'attente des heures meilleures. ou de Corot. et. Une peinture qui fut reconnue un achetée une dizaine de francs par le neveu du marchand toiles sabrées et jour par Boudin la Monet était trop tard. ces les tons ombres noirâtres purs seront employés couleur. . (Nous avons noté quelques-unes des très belles œuvres qu'il exécuta alors. admis au Salon en 1868. Vienne étaient froids. chose accomplie. celle de la commencement. la tradition Au complexe. Ne vendant point et devant vivre cependant. car tous ces peintres prodiguaient les tons les plus riches. bientôt il il en avait lacéré bon nombre à coups de couteau. par rapport à bien encore de Courbet. Il ce n'y avait déjà presque plus rien de commun entre le Fontainebleau de 1830 et celui de 1870. difficile. puis le succès. dont nous devons tenir compte dans cette dès le histoire. parvenait encore à se tirer de ce pas à son camarade Sisley pour le charger de payer rapidement cable boucher. dans le Femmes cueillant des fleurs. et La vie. Monet et quelques-uns de ses amis de ces difficile. clarté dans la graduation des valeurs. et il est inutile de dire que personne ne songeait à lui acheter. ou bien dans les du même moment et du même genre. dette entre autres. bien que ces sortes de détail n'aient plus qu'un intérêt secondaire puisque l'artiste a reçu les com- pensations les plus complètes aux épreuves du début. ou par rapport à toute peinture de Manet. ou contraire. le un boucher. le enfin tout ce langage scandale.) Dans un mouvement de désespérance bien naturel. les plus chauds. Malheureusement avaient été vendus à il et écrivait alors créance de l'impla- de l'atelier vil prix. un paysage de Théodore Rousseau. ces premières toiles même de Fontainebleau paraissent encore aujourd'hui très sobres de couleur. les peintures de Chailly pourraient être considérées comme que Boudin appelait «la peinture grise». assez forte. et payer ses toiles. celle de Monet. et ses couleurs. et pour ne pas laisser derrière lui à l'abandon des toiles où il avait mis beaucoup de peines. Toutefois. cependant. Déjà. toutes nuancées qu'elles étaient. impitoyablement refusé. offrait cette paysage du Déjeûner sur l'herbe ou des vues de Chailly et certaines autres pauvre mais plus distinction capitale d'être plus mais transparents. et de ses amateurs retrouvèrent de ces œuvres brocantées. ces colorations de la lumière. Pourtant c'était déjà quelque chose de très différent de ces maîtres. les plus dorés. le matériel et les toiles Plus tard. que Monet avait été jamais il ne ménagea. s'exerce vite à percevoir. entre le Havre et Honfleur. et le peintre ne fera guère car la première et la plus était déjà. la vie était peu encourageante. une rude mésaventure avait mis sa vaillance à une cruelle épreuve. puis de l'impressionnisme. pour vivre et le couvert. Comparée à la gamme d'un Decamps ou d'un Delacroix. mais en 1869 et 1870. en 1867.51 suivant que cette lumière analytique.

et l'air. il n'eût pas atteint ce qui l'a rendu un artiste passionné et passionnant. que mode s'ils avaient connu tout engouement prématurés.52 de tableaux Martin. la conviction qu'ils leur avaient été plus salu- à Renoir. sauf du moins au pauvre Sisley. cru tout de suite du génie. c'est-à-dire d'une part. et de de l'autre. un Chêne au Bas-Bréau. le la palpitation de lyrisme de ses impressions la terre. Bien que ces moments eussent été récemment Monet taires. difficiles à passer. atteindre Ce trait donne. nous n'aurions rien trouvé. à et devait lui. . émettait. disait-il. et nous n'aurions plus fait le moindre effort. une idée de faits que nous ne voyons plus guère se répéter aujourd'hui. une valeur considérable. Il est certain que si. l'extrême de suite les succès de et les — subtilité dans ses analyses de en présence des magies de la couleur. entre bien d'autres. il avait été enfin classé comme un beau peintre. Nous nous serions. fut pansée de ses blessures. Ne cherchant plus rien. entre amis. continuant dans le sens des œuvres que nous avons jusqu'ici étudiées.

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et la première série des épreuves. comme le furent au contraire Manet. cherchant tour à tour l'irréel dans le réel et le réel dans ne pouvait manquer de l'irréel. Daubigny et mais non asservis. Ces acquisitions capitales qui devaient suivre les débuts. les autres naturelles. par les Monet n'était était incité. premières tentatives comme les voyages. qui ne devait pourtant pas être la plus pénible. Cet ensorcelant peintre. La plus importante des circonstances qui amenèrent Monet à faire un retour sur lui-même et à chercher autre chose (bien entendu dans le sens de sa propre nature) fut le voyage à Londres auquel le contraignit la guerre de 1870. Là il rencontra Pissarro. à la fois visionnaire et naturaliste. Même il s'est fréquemment abstenu. décisif toutefois. déplacements forcés. à chercher une palette plus vive. mais ce pas à celle de Turner qu'il devait aboutir. Celui- la peinture sur des peintres aussi volontaires et ci anglais. Tous avaient été stimulés. Les unes accidentelles. Cabat. les exciter à se mettre en peine d'une couleur plus vibrante que les harmonies délicatement nuancées dans le gris de Corot et de Boudin. préservé. mais lourdes triturations de pâtes de Courbet. Paul Huet. lors d'une visite à la National Gallery. Courbet. Turner put être pour eux ce qu'avaient été Constable et Bonington pour Théodore Rousseau. et tous deux.ANNÉES D'ANGLETERRE ET DE HOLLANDE. furent vivement frappés par les œuvres de Turner. et que les riches dans une certaine mesure Corot lui-même. . mais un simple acheminement. deux admirables naturistes dès cette rencontre. Ce ne fut pas une initiation. pour ne pas dire ne fut jamais un Fantin-Latour et une influence aussi grande qu'à la nature aussi ouverts aux sensations que Monet. Il ne faut pas attribuer à homme des musées. furent dues à diverses causes. et les rencontres amenées par les conformes au développement logique des du tempérament même.

fit Il la a. une et minime à très la poursuite de ses chronologie. même chéri par nous. Nous pouvons Park. masse du Parlement se profilant en hauteur vers le milieu du tableau. d'un motif simple. mais les aurait pu. Nous avons vu que le séjour de Monet en Algérie ne lui avait servi de rien quant au développement de ses qualités de couleur demeurées latentes durant ce trace d'antipathie qui ne séjour. il ne réitéra pas la tentative. et à cause au loin se devinant. des dans sa maison qu'il a recueillis sont presque exclusivement des Cézanne. Les grands maîtres anciens eux-mêmes ne sont pas de sa part l'objet d'un culte. des Renoir et des Berthe Morizot. Celles que l'on peut connaître se rapprochent assez de celles que firent à la même époque Pissarro et Sisley par exemple à Sydenham. le un respect que nous avons pour maître. d'une mouvante et fantasmagorique diaprure au milieu des intensités à toute minute dissipées ou accumulées des brouillards londoniens. étant allé pour voir je ne sais quel Palais indispensable. comprendre en quoi Turner il y a là éclaira Monet et ne lui servit vive et immédiate devait être la couleur un phénomène intellectuel analogue au sentiment comme nous le verrons. Bien que nous anticipions légèrement sur pouvons profit un citer trait assez curieux de ce détachement du présent. et l'ayant trouvé fermé ce jour là. largement pillées. acquérir des Greco. qui. qui d'ailleurs n'eurent pas de prise sur lui. la ligne une Vue de dans citer les parcs ou les environs de Londres. même Une éducation bien autrement de Londres. à Londres. sur un plan encore plus rapproché une sorte sujet. avec la . Delacroix. On au contraire exaltées par sait l'intensité d'une incroyable fraîcheur à que prend la le séjour de moins d'un an qu'il couleur dans l'atmosphère de l'île. des Ingres. lui. la Tamise. qu'il a pu combattit. dans que il se sait que mêle une donne que plus de saveur à l'attraction qu'il exerce sur nous. parce qu'il c'est d'une nature passionnément exclusive et l'acharnement à tification propres créations. Tout naître. comme lui en eut sur plusieurs d'entre eux. fit en Angleterre. Il comme morceaux de peinture Degas. Il ne nous a été donné de voir que peu des peintures exécutées à Londres pen- dant cette période. Puis. ceci est pour faire indirectement. la clarté Au déjà acquise chez Monet surplus cet acheminement s'est opéré plus par incubation que par brusque changement. sen- timent d'admiration de fétudiant vis-à-vis du maître de son choix. Irons-nous jusqu'à dire que chez lui une faiblesse? Non. et éprouver dans sa jeunesse pour Corot. et surtout. campagne. comme typiques une Vue dans Hyde avec des silhouettes de promeneurs épar- des maisons d'Oxford Street. Le climat même porte à la griserie. et montée jusqu'à la on s'explique sans peine que la vivacité dans la coloration. et même. Or on le très de ses parcs. nous du particulier si une campagne à Venise. à peindre.54 de l'étude approfondie des devanciers. visita peu plus grande partie de son temps cette curiosité insatiable qui nous enflamme à con- nous qui ne peignons pas. de ses suburbs En somme . Ces facultés furent. élève toute sensation au paroxysme comme un se soit alcool. Les artistes de son temps immédiat. Lorsqu'en 1912 Monet les édifices et l'Académie des Beaux-Arts. même du traité. Un peu en avant on entrevoit le Pont de Charing-Cross et à gauche. l'intéressèrent toujours davantage. la jus- passa la il au passé.

Paris. ou vieux. Il y avait rencontré Daubigny. service de ses camarades jeunes y avait un apôtre et un apôtre sans fracas dans ce grand paysagiste. écrivit pas encore le vulgarisateur n'étaient pas encore les sitait une l'école de Fontainebleau. La série des paysages qu'il exécuta au pays de Van Goyen et de Jongkind est d'une force. ce qui déjà néces- un des défenseurs convaincus de Corot et de faut se rappeler que Corot était toujours. Mais Daubigny et Durand-Ruel. l'objet de beaucoup de résistances et de critiques. ses œuvres finales poussent le système de : composition par Au la variation même excessives conséquences. n'avait pas tardé à comprendre la gêne et les inquiétudes du confrère plus reste. Mais l'obsession revient lentement. et de qui les travaux présents l'intéressaient. d'entreprendre un voyage en Hollande. il le jette sur la toile avec décision. de tique série des Ponts de Londres. ce qui peintre vint faire au donne à supposer moins une ou deux rapides apparitions à des vues de Vétheuil et d'Argenteuil sont datées de 1872 également. fructifier à près la singulière et drama- un phénomène que nous verrons plus d'une fois se reproduire au cours de la carrière de Monet. milieu même des anxiétés et des tra- jusqu'aux exclusives et une circonstance heureuse. en 1870. voici quelques exemples. cette griserie d'harmonies sur un sujet déterminé. puisque . et cet homme excellent. Il très précieuse En que le dans toute son œuvre. ce qui lui permit. Sur sa recommandation le marchand acheta quelques toiles à Monet. mettait beaucoup de chaleur et de dévouement au était de ceux qui plaisaient. ou bien à une suite de motifs voisins les uns des autres dans la région momentament préférée. On nous avons déjà été amenés par non pour «faire de la littérature») à pourrait. puisque des opérations de l'esprit (et maître soi-disant impressionniste plutôt rapprocher cette marche de son œuvre de celles comme un grand harmoniste. Nous constaterons que plus le peintre avance en années et plus cette verve de développement. tant pour satisfaire un désir antérieur que comme conséquence de ses entretiens avec Daubigny.55 d'estacade sur laquelle se tiennent des silhouettes de mariniers. qui devait amplement de trente-cinq ans de distance. constitué Il . empêcha Monet de séjourner très longtemps à Londres. datés de 1872 et 1873. de qui les débuts ne lui étaient pas inconnus. quoi qu'il ait produit plus tard. sincère dans la vie comme il l'était devant la nature. car il passe à un autre motif. et un jour. au verses. Ce tableau est particulièrement intéressant parce qu'il peut être considéré comme le germe. d'un bonheur de franc coloris qui la rend très à part. Quant à Wagner. Un thème le saisit. jeune. comme pour en être quitte avec lui. Les œuvres capitales de la dernière manière de Beethoven s'acheminent de plus en plus vers la forme variation. opiniâtre des jeunes peintres qui « impressionnistes » lutte assez ardue. Daubigny n'était en faveur de Claude Monet à M. de certains grands musiciens. prendront à la fois où tions de il la diversité et l'analogie considérer même le de l'ampleur. d'une limpidité. Il s'était il Celui-ci eux-mêmes seulement. soudain elle s'épanouit en multiples variaC'est semble que sa joie ne doive jamais plus s'épuiser.

ni pour nous.56 Un Moulin comme tructions massives donnent on ne Zandaam nous à offre la plantureuse silhouette d'une de ces cons- des tours et légères sait quelle allure comme des clochers. dont il plaît au soleil ou au reflet du ciel de faire pendant quelques secondes un objet précieux. tandis que d'autres maisons se développent jusqu'à l'extrémité de droite. relevée d'un bow-window. Le même moulin. Enfin petite construction absolument dépourvue de caractère. et à ce bouquet succède une maison bourgeoise. d'autres vues analogues sur petite corbeille. véritable tour de force si l'on peut employer cette expression consacrée. Manet est encore très loin de ce sens particulier de la clarté. Une vue d'Amsterdam. rien qu'une muraille. ainsi qu'en avant et de joie un bouquet : d'arbres s'élève jusqu'au milieu d'un canal. sûr et cordial. et même trivial Quant de ces vues de Hollande. devant une vieille une bicoque. et Courbet ne cherchera pas à s'en rapprocher. si simple. Une page robuste comme les deux précédentes. Ce personnage s'élève du milieu d'une touffe de joncs au bord même et à droite d'un spacieux canal. l'eau s'étend en avant et à gauche. à la clarté d'atelier. avec un beffroi. parmi des maisonnettes. tranquille. qui nous saisit ainsi. de tout ce qui en général fait verser tant d'encre et prépare tant de lieux . et ne semble pas encore entre- voir les analyses de couleur qui devaient bientôt distinguer son et et lui valoir des vexations prodiguées en proportion même œuvre entre toutes de leur nouveauté de leur charme. en pleine lumière. une pareille beauté. Jamais ce médiocre prétexte ne retroumais ce que l'artiste vera. ni pour personne. cette intitulée la un mouvement Maison bleue. Il continue à procéder par synthèse. sur le le même thème. en a saisi et fixé demeure et tiendra en joie de longues générations. mais avec une grande voile sombre et une grande voile claire au centre du tableau. auquel les voiles donnent charmante peinture. une perception directe de la nature. si l'on nous permet un terme un peu elles décrassent la peinture. en dehors de toute considération d'école. Dans ce tableau. Mais ces synthèses tranchent déjà hardiment sur le goût. à l'improviste. fortuitement en accord avec une disposition bienveillante de notre esprit. des voiles se distinguent à l'arrière- du moulin. un beau Moulin avec la base en bord d'un canal. Monet communique à notre esprit cette satisfaction inexplicable. Elles révèlent avec une autorité et un élan tout à fait partiliers. d'autres constructions encore sont aperçues dans l'éloignement. Une barque avec des rameurs glisse sur la surface de l'eau merveilleusement polie et claire à ce moment. toujours la même et toujours surprenante. mais ridicule quand il s'agit d'une notation où aucune autre force n'a été déployée que celle d'une acceptation joyeuse et de la parfaite justesse dans un accord de tons simples. Voilà quelques-uns des exemples des peintures que Monet exécuta en Hollande. sur le bord d'un quai lui-même le plus uni et le moins remarquable du monde. auxquelles les ailes vivante et fantasque. devant lesquelles passe une barque. mais avec un accent de légèreté plan. porte. créant ainsi un contraste et un équilibre superbes. des valeurs de tons et d'éclairage. mais littéralement exact. les habitudes de l'époque. — Elles sont exceptionnelles par l'emploi libre.

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mais tout armé pour la lutte. dont il voit le commencement en pleine assurance et connaissance de cause. tout particulièrement Van Goyen par la décision des silhouettes. avec la fameuse Vue de Delft. qui du haut de son inaccessible perfection semble avoir versé un trait de sa lumière au peintre encore obscur. (1) Il et tant d'autres . on peut dire qu'elle caractérise un groupe d'œuvres qui demeure précieux non seulement dans l'évolution de l'art français. mais dans l'art moderne tout entier. Ruysdaël. Personne n'a vu ni rendu la Hollande avec plus de simplicité et de justesse. Van de Velde. Monet semble rejaillir directement de certains grands maîtres du xvir siècle. et il n'y a guère (1) que Vermeer. Van der Heyden ne sont ici ni discutés ni discutables. Nous voulons simplement marquer la valeur d'un peintre moderne parti à la découverte.I 57 communs pour l'avenir. va sans dire que tous les grands paysagistes Hollandais.

Tandis Manet. l'Atelier à Batignolles. pour non plus le du groupe. dégagé deux personnages sont justement les que Manet parle et disserte. comme un Athénien de deux plus effacés de l'assistance. bien entendu. élégant et noble Paris. le fin bureaucrate. est à la fois ironique et tendre comme un amoureux philosophe de Watteau ou de Marivaux. comme on dit Renoir. le une place assez en vue. avec ce qu'apportait l'art de avaient à surmonter. comme un jeune taureau. comme on pourrait voir ici le peintre prédestiné de la femme ! Monet. son petit chapeau rond. et Claude Monet. Ces . puissant et véri- dique tableau de Fantin-Latour. avec sa pèlerine. le regard perçant quoique dirigé un peu de côté pour se mieux tenir en garde. ramassé sur lui-même. qu'Edmond se pénètre.LA PERIODE HOSTILE. sa jolie et souffreteuse figure narquoise. sérieux. et si maintenant de se représenter d'ensemble l'on veut bien les difficultés qu'ils Deux personnages le mouvement comprendre. lui. foncer sur l'obstacle. que Bazille. malgré sa modestie tient encore. dans la demi-teinte. est trapu. peintre allemand très oublié Scholderer. surtout nous ont toujours frappé dans le grave. Il Il va n'y a pas d'orgueil dans cette phy- . ainsi que Maître. les épaules sur la défensive. tout à fait en arrière à l'extrémité gauche son costume. aimable. que Zola s'assimile et se prépare à « tartiner » que Zacharie Astruc se carre dans son beau veston de velours. au contraire Renoir au second plan s'estompe presque. n'est certes ainsi dire. Il n'est pas sans utilité artistique entre 1870 et 1875 Monet de ses amis. en mettant à part. peu qu'on en est pour voit. le héros même de la scène. celui de Renoir d'ailleurs. comme Mais au théâtre I ils sont éloquents ces deux « personnages muets » . et pas celui d'un riche. Quoi qu'il soit trop facile de tirer les horoscopes après coup.

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l'hostilité. Mais l'avait. Il le peu confiant dans de Manet. pas. Baudelaire. libres et plus éclairés. là est toute la différence entre eux et ceux qui ne luttent en soit. songer que tout leur est hostile ou fermé à ce moment. les circonstances de l'époque. d'écrivains Fantin. et ne lui accordera jamais la deuxième séance. rire. seront les et fierté discrète. Albert André lui a consacrée relate. entre autres paroles recueillies à Gagnes. Chesneau. n'en prendra jamais livraison. lutteur. pleine de force et de pensée. qui m'a dit que vous . Zola. les qualités l'a c'est faire large — le voient ce qu'il est. Si une trentaine parmi lesquels au premier rang Monet. Il ces célébrités et mordants. qui n'épargne guère Monet. Quoi qu'il : Toutefois. commence la situation qu'il à tenir dans quelques milieux artistiques plus combattra avec beaucoup plus de violence qu'elle ne du peintre de VOlympia. malgré sonne ne le même prend au sérieux. Renoir. ne m'avait pas remonté d'un coup d'épaule. le mouvement le disent sans ambiguïté. maître de que la considération de ses mots spirituels ses d'amateurs d'artistes. puisqu'il ose acheter et garder précieusement le Déjeûner sur l'herbe. les lutteurs les plus solides soient » lui. l'art même de Monet peut se retrouver dans ce portrait exéart d'observation et d'attaque directe. Le critique détestablement boulevardier Albert Wolff reculera d'horreur (il y a de quoi. un ou éclate même pour ceux qui ne seraient pas éloignés de le goûter. La très louable notice que M. il ce ne faut dispensés de souffrir. manières de parfait homme du monde. un C'est un émule de Lavater. qu'il qu'il cherche à se renseigner auprès du et lui adresse ce compliment moitié ren- l'autre jour Boldini. modeste. le chanteur Faure ne sera nullement satisfait de son portrait en Hamlet. l'attitude. cuté avec une si haute conscience par Fantin Le regard. il nous remettant dans faut. sollicitée par lui pourtant. Seulement la souffrance ne les abat point. Même Henri Rochefort. Le baryton Faure a fait parce qu'il ne faut rien laisser perdre. Si l'agent de change Moreau demeure en ce sens une magnifique exception. On peut. prenant tout de même la chose telle qu'elle est. Renoir lui-même en a porté un affectueux témoignage. une de pour lesquelles il est prudent de ne se compromettre qu'à moitié. Peut-être tient-elle à la crainte gagnent forcément de demeure. Le reste discute. et que malgré cela les il de être momentanément épreuves. mesure.59 sionomie. et l'hostilité. les chagrins. mais supportera plus robustement. les fait En somme. pire que malgré sera à vaincre la première. L'indifférence. sans plus profonds chez Monet. il énergique et que y a même plutôt une espèce de modestie cependant c'est un délicat. moitié interrogatoire : « J'ai vu le placement. il est vrai) devant la première et splendide ébauche de son visage. de qui Manet fera un peu plus tard la superbe effigie. celleci : «J'aurais plusieurs fois lâché la partie tempérament de pas croire que mon si vieux Monet qui. c'est-à-dire hésite. est tellement en achetant quelques peintre lui-même. dire plus vifs chez Renoir. toiles rencontre un matin seignement. presque per- que beaucoup ont pour et lui à la sympathie que lui — et grande lignée. la l'on reconnaît à Manet. Burty. ces deux jeunes gens. Les collectionneurs même qui se hasarderont à lui acheter ou à lui commander des œuvres ne seront pas toujours très sûrs de ne s'être pas trompés.

de son côté. sont toujours en retard de l'un sur les artistes. Il aurait été téméraire de penser que la Barque du Dante. Ceux-ci au contraire. même me effet. et. : « Il était mot de la toujours entouré d'une cour trouver pris là-dedans. en cependant. de qui Corot était. le maudit qui avait «déboulonné» la Colonne (2). je l'aimais de loin. le plus près de lui. irait un jour au Louvre. car l'éducation qu'il s'est faite est plus de musée que celle de Monet et sa nature même. que son tendre rêve virgilien ne lui permet pas de comprendre. » A quoi Manet réplique aussitôt a : Hier rencontré Berthelier qui m'a affirmé que vous ne saviez pas chanter Pour devant le reste du public.. l'exilé. de ce ridicule Déjeuner sur l'herbe. et aussi en partie leur émancipateur. plus l'autre. Un marchand de tableaux assez en vue alors. se sentent tenus à l'admiration Tout au moins on seulement pour les Tour à tour deux gle choses laborieusement informes. de peur de commettre une erreur analogue. qui avait beaucoup de verve bouffonne. le banni. donne des airs de connaisseurs en affectant le mépris. Manet. comme académistes de la le comme regardant leur modèle. dès après 1871. lui refuser les gistes de la la lourdeur pouvait seule égaler l'orgueil. brutalement n'avaient réaliste. Corot entra dans (1) Berthelier était un chanteur comique des Variétés. les imitateurs. ses premiers travaux avaient exaspéré le bonhomme. quand les il justement j'ai I ! » (1). Latouche. Ils ressentent un réel chagrin de se voir niés par lui. Courbet était. animal presque aussi déplacé que la dame nue dans le Déjeûner sur l'herbe. a des affinités bien est. Ceux qui craignent. plus profondes avec celles de l'évocateur d'Eurydice blessée. Monet. ne réussissent pas à gagner sa sympathie et essais l'offusquent. en raison directe de leur fausseté. mais remarquable par son absence de voix. est obligatoire il de rire. les petits-fils de ceux qui s'esclaffaient devant VOlympia réputée mal faite.60 ne saviez pas peindre ?. aux Salons. de ne pas se tenir parmi Comment en la vogue : autrement serait-il ? celui de la règle aveu- de l'irrégularité forcée. Renoir dit le question dans ses confidences à Albert André d'imbéciles et je ne voulais pas « imbéciles » avaient eu. sortes d'académismes se disputent sonnelle. Delacroix était encore fort peu accepté. d'ordinaire si bienveillant. Beaucoup en étaient demeurés à la légende du fameux « cheval rose » du tableau des Croisés. nombreux toujours que ceux qui apportent en défauts gardent leur note personnelle. si tendrement voluptueuse.. Castagnary a prouvé dans une Courbet était absolument étranger à cette opération. même leurs Renoir. pour qui une peinture de Corot « n'était pas était resté finie. (2) Les légendes ont la vie dure. » Pour Monet. ayant exposé dans sa vitrine un tableau important que Monet s'était vu refuser au Salon. mais il en après 1870. et par conséquent le peintre grossier. est reçu. Renoir. qui devaient bientôt médailles supérieures qu'ils avaient le privilège de dispenser. faute de sensibilité per- celui et se au courant. » Les largement le temps de venir. qui du groupe. et les paysa- nouvelle génération. encore au Luxembourg. de même qu'aujourd'hui. transforment les et que ceux-ci qualités pu que très difficilement faire admettre. Manet est l'auteur tableaux de qui. pris entre les veille. arrivaient à une époque où l'académisme pseudo-classique reprenait le dessus sur le romantisme qui finissait assez obscurément. futable brochure que était irré- .

Fromentin partageait les mêmes sentiments. opinion. Daubigny. avaient fini par triompher des « imbéciles » eux-mêmes. peu connues. mants ridicule. parce qu'on avait refusé Claude Monet.61 la boutique demanda avec indignation ^ue et cette peinture. Fromentin. les personnalités peu différentes. Bien que Puvis de Chavannes fût tourné en dérision. à Renoir. cette ou plutôt : ! « Ah ! » la fausse œuvres et les situations officielles des peintres en possession des formules moyennes qui conduisent aux récompenses et aux commandes. et même sans loyauté. à Sisley. au lieu de s'obstiner à m'imiter pas si Tout cela indique l'incertitude qui régnait dans les esprits. et qui les avait plusieurs fois visités à Fontainebleau. demeuraient dans une sorte de compromis entre certitude qu'avaient créée les l'acceptation et la gloire. Ce n'est pas à dire. aux portraits flatteurs. alla jusqu'à donner sa démission de juré au Du moment. En revanche. Des portraits d'un beau style maintiendront la réputation picturale de Cabanel. tout ne sera pas certainement à mettre au grenier dans certaines productions des peintres d'histoire qui le combattirent. que l'on affaiblirait presque en la qualifiant ce beau trait de courage et de solidarité artistique Salon. bien entendu. critique n'était guère plus assurée au début. en profon- fut peiné. que ce temps là ait été négatif Les temps à venir retrouveront d'excellents morceaux. que ses puérils Il n'est jusqu'à certaines études. il ami. je n'admets pas qu'on récuse mon : de clairvoyance. Les temps passent et ne connaissent plus les étiquettes et les discussions d'écoles. mais Corot et Daumier Le est vrai. c'était débutant enthousiaste dément par son affection sans bornes pour son grand parfaitement indifférent à Monet. sermonna Latouche dans le sens opposé. Autant que j'aime disait-il. Diaz. » Il répétait lui-même à Monet. « peinture. d'un détestable exemple. et le gros des exposants était le nombre. aux paysages poussés très loin dans le détail. qui pourront préserver même Gérôme des outrages qu'il prodigua à Monet. chose plus surprenante. me dire que je ne connais mon métier. que nous avons vu si serviable à Monet lors de son difficile séjour à Londres. Ceux-ci étaient la force. Le public suivait. à Pissarro. et qui ne nous donneraient pas la les siècles matière d'un La hommage pareil. fût plus offerte et pouvant. alors que sa réputation officielle ne saura plus s'expliquer. se montrait également d'une fidélité absolue à ses jeunes confrères. tandis que celles qui. Daumier pensait et parla identiquement comme Corot. Notre hommage à la grandeur de l'œuvre de Monet et à la noblesse de sa vie ne sera pas fondé sur. comme Corot. Thoré était resté surtout attaché . en parlant de son fils Karl mon Chariot pouvait travailler avec vous. des tableaux char- et précieux. être influencé I et si émotif sous son enveloppe énergique. moins connues joujoux anecdotiques. s'intéressait aux tableaux d'histoire. et notre saurait (bien au contraire) pour l'art. les tenir nous donner ce admiration pour Claude Monet ne conçus tout à fait en opposition avec les tendances qui devaient plus tard en échec. qui s'était pris de vif intérêt pour les nouveaux peintres. d'anecdote. le sarcasme envers ceux qui ont différé de lui. ne aux regards des passants. Les recettes étaient à peu près uniformes. et sa sympathie.

comme peinture de qui. vent de Nord-Ouest.62 à l'école de 1830. ces critiques d'attaques l'hostilité ! ont préparé pour nos jours l'engouement à l'égard des plus arbitraires fantaisies. aveuglé été conditions de (1). en plein été « Comment vous peignez l'eau bleue. écrits en marge. Zola devait se spécialiser exclusivement en Manet. Burty. il devait écrire des pages étrangement à côté dans l'Œuvre. en somme.. les artistes eux-mêmes. J'ai vu. se spécialisait un peu dans amusant plutôt que la curiosité littéraire et bibelotière. plus tard Duret. Je n'exagère rien. il mais l'impressionnisme déroutait sa fantaisie. lignes voyait nettement l'intérêt de ce que Boudin appelait sa peinture grise. qui avait pleinement mesuré la valeur de Manet. dans de telles art consacré. ait un le public. malgré les formules mystérieuses dans lesquelles il enveloppait pression. ainsi. sur celle de tous autres. même Et Ayant avec Manet écrit à la fin devait finir par douter tant soit peu et par se refroidir. puis et Huysmans avec des réserves. Mais en regard de cela. par ! Que Que de déplorations du grand Art battu acharnée à une œuvre de sincérité. l'heure et le vent. et particulièrement à Rousseau. qui voyait les choses par le côté par le côté intense. c'est de et ses plaidoyers. portent toujours. fin.. car. l'heure et le vent. à la première heure. » La légende cachée avec vous devineriez la saison. Les il que le sont à citer plus génial des critiques modernes avait écrites sur ici. ne pouvaient encore être préparés à attendre de la peinture Ces études. plus tard encore Gustave Geffroy. que de charges point toujours drôles. et qui aurait certainement compris Claude Monet. Cézanne n'était pour lui surtout qu'un camarade d'enfance sur la avait eu son beau temps. Champfleury. que de plaisanteries. étourdi. habitué depuis des années à mules de dessin admises. tous les questions d'art n'étaient cependant pas étrangères demandaient à Renoir. « C'est et Manet il ne le lui une faute d'im- Monet qu'il s'agissait. midi. par la vivacité et la simplicité de la nouvelle peinture ? aurait fallu. de plus insaisissable dans sa forme et dans sa couleur. exemple « 8 octobre. peignant Seine à Argenteuil. » Restaient. A la : (1) une vue de Des gens à qui la qui soit bleue. à des colorations et à des for- absolument dérouté. Castagnary était surtout le protagoniste de Courbet. il d'un feuilleton « : jouera jamais dans la peinture que ayant amèrement reproché. la date. comme défenseurs vraiment lucides constants. la par main. Comment ne comprendrait-on pas que trouble. pour la défendre et la consacrer. car dès 1859. le rôle toutes ses qualités. outre les clartés qu'elles le peintre d'Honfleur apportaient. Chesneau. Il un regard calme et ardent. elles auront aussi cette opportunité de nous dispenser d'entrer dans de plus longues dissertations techniques sur ce que le public. et ne plus rien comprendre ultérieurement au mouvement de l'art. d'un poteau indicateur empressé de se s'était il Pour Manet. malgré justifier : » . une tête puissamment organisée comme celle de Baudelaire. Il n'y a que la Méditerranée : » I . d'après des vagues « et si et si fidèlement des nuages. : rapidement croquées d'après ce qu'il y a de plus inconstant. Duranty. et enfin Mirbeau pour entonner le Pœan. mais toujours insoucieuses de justesse en brèche ! En vérité.

Il l'aurait mort. fripé. ces fournaises. roulé ou déchiré.. Quant à Monet.. ces horizons en deuil ou ruisselants de métal fondu. toutes ces profondeurs. il ait à son tour dédaigné beaucoup de choses et de gens. ces firmaments de satin noir ou violet. devinait. on comprend également qu'ayant été très dédaigné aux heures décisives.63 aux formes fantastiques et lumineuses. » ces nuages En vérité celui qui sentait ainsi. suspendues et ajoutées les unes aux autres. Mais il était même de Monet. appelait Fart peut-être imposé plus vite. ces immensités vertes et roses. . toutes ces splendeurs me montèrent au cerveau comme une boisson capiteuse.

Une Vue d'Argenteuil. A ce moment Argenteuil n'était pas encore la banlieue que le l'artiste. l'encrassement et le dessèchement par les usines. coins. montre encore nous avons Monet peu définies. celui qui s'égarerait aujourd'hui sur la rive d'Argen- ne comprendrait pas que Monet matière nymphes que la « ait pu y trouver matière première » de ses cette transcription séduisante ou simplement paysages. où fleuve se confond avec cet autre stimulant de ses énergies picturales. d'un lieu ingrat infirmerait tout ce que l'on a écrit de . il différent de Sisley quant C'est aux procédés. elles-mêmes disparues presque complètement de la surface de la France. dramatique. le lac pas indiqué.LES DÉCISIVES TRANSITIONS D'ARGENTEUIL. et se trouver voisinage de plus en plus rapproché des débordements de Paris. pour ainsi dire pas à pas. ou bien alors penserait que l'inspiration. aussi vaporeux. et plus à plaindre qu'à peindre. même. aussi volontiers hantés par les Majeur ou le lac d'Albano Si cela n'était teuil la — toutes proportions gardées. depuis les pre- miers tableaux de Saint-Germain-l'Auxerrois. la Il semble qu'après les vues de Honfleur. De même pour Corot. les étangs de Ville-d'Avray étaient à son époque. de 1871. jusqu'à ce Havre de sa jeunesse. dont une Vue de Trouville datée de 1870. le courant n'y avait pas perdu sa limpidité. aussi mystérieux. la souillure des eaux ont rendu peu à peu misérable. est un bon spécimen. assez court. et les affreuses nécessités de l'industrie. La verdure y Il y avait d'heureux restait fraîche. de Sainte-Adresse mer le ! et analogues. Monet de bonne heure abandonne la forêt de Fontainebleau et se trouve attiré vers ce cours de la Seine qu'il aura peint. le ternissement du ciel. que y a un moment intermédiaire. des cabarets qui étaient comme des rappels des vieilles et acceptables auberges. cependant cet Argenteuil qui allait aiguiser les perceptions de comme le point de départ de sa plus décisive évolution. avec une voile entrant dans le chenal et deux pêcheurs à la ligne sur le bord.

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65 V impressionnisme. et qui poursuite des effets lumineux. Lui nos yeux. beaucoup plus que élément et les capital. pousse très rapi- le y a des motifs simples et attrayants comme les barques des canotiers. de découverte et . passant sur leurs étroites planches. quoique choisissant Argenteuil pour séjour ordinaire. bords de comme la Seine les théories les plus judicieuses. — car ne vont pas tarder à venir. Au surplus un est assez touffu des allées. et des reflets délicats pour les robes claires des amies qui viendront visiter pendant l'été l'ami de Sisley. sous lequel l'eau clapote gaîment et scintille au grand soleil. à ces exécutions en touches pressées. tard la série d' Argenteuil contenait même des Ponts de Londres) commenceront à surgir et le en devenir (comme le tableau de Londres féerique jardin de Giverny. où dix ans plus à se multiplier dans une progression presque fantas- tique les plus grands éblouissements de couleur. sera. sur la Seine. dans un rythme y a le jardin entoure une fort modeste mais avenante maisonnette. formant de près monieux et un tissu riche. très avec deux grands peupliers sur détaillée. mais il il tel que bien vu et si ! et il lui-même passa- est pour que ses massifs s'interposent aux détours cela permet de l'imaginer très grand. ou comme le pont du chemin de fer. et cela choses sous leur vrai jour. Mais dement à c'est Argenteuil qui l'absorbe principalement. ne se refuse pas quelques excursions. et jusqu'à du sable pour que les enfants de la maison puissent faire des pâtés. du moins une des plus originales. bien qu'ils aient été des moyens de que ces entretiens aient eu contrôle. ou plutôt à ils revenir. se recomposant en buisson — exécutions qui se retrouoù circulent l'air et le frisson de la vie végétale. qui prêteront déjà à de ces fines décompositions de lumière. un conseiller aux heures de" réflexion. de la péniche au quai. une belle Vue de Vétheuil. nous le considérons comme un dans l'œuvre du peintre. har- embrouillé. un dictionnaire aux heures de travail. cette fois plus cruels qu'à l'époque privilégiée de la vingtième année. voiles déployées. mais lorsqu'on se recule légèrement. les causes déterminantes de l'évolution et de la transformation de Monet. les entretiens plus animés et les plus entraînants entre camarades. C'est étonnant ce que pour un grand artiste un petit jardin peut contenir pour un œil variés attentif et subtil de choses. un consolateur aux jours de détresse. gauche la et un premier plan d'eau. à les décisif. des échantillonnages de tons aussi que toute une forêt. Mais remet les le peintre était jeune et le lieu n'était pas décrépit. Ainsi de 1872. Enfin ce jardin fournira des fleurs pour les boufrais quets à peindre entre les expéditions de paysages. Il y a des Lilas au soleil (1873). devant les voisinages. hachées. et jardinet si un celui-là est sujet d'observations inépuisables. plus loin. veront fréquemment chez Monet et seront sinon la plus heureuse de ses manières. un point de passage sont. de Manet. Il comme les Déchargeurs de charbon. quoique de la vie quotidienne. Le jardin de 1870. d'ailleurs. et des motifs typiques la et bizarres. Il même en temps. Monet. et de Renoir. Et puis blement humble. Ce jardin d' Argenteuil. habilement Il saisi. Car bien leur importance. accuse déjà une toute autre manière.

il ne fera qu'en enrichir tiliser l'expression. quelque tentative qu'il entreprenne. tandis que des de l'eau étaient des lages. Doré- navant. Les effets de Monet. et pourtant en énonçant phénomène un que. la peinture de Monet était sans aucun doute harmonieuse. mais ce langage sera si et du rêve. la nature les termes. C'est un des cas les plus curieux que l'on puisse trouver dans l'art moderne de la personnalité dominant ces avatars de métier. les Hollande. Un faits. Nous avons déjà en insistant sur la et intense logique. De cette même année 1873. nous rencontrons deux peintures qui prouvent bien . dire de cette nouvelle sorties et définitive adoption du parti analytique. et et qui repose sur sur les qualités de mais non de vibrations de la peinture qui pourtant tranche déjà si nettement sur l'ensemble de l'école à cette époque. mais clarté. et en entreprendra jusqu'aux confins de langage. l'emploi des valeurs largement étalées. ce ne furent jamais que des paroles. peut-être fait pressentir la nature de ce changement matériel technique employée principalement jusqu'ici. et demeure parfaitement au développement naturel trarier. dans les Vues de Paris. il tient le principe le tour. sont exclusivement lumineux. n'accuseraient pour ainsi dire pas de différence appréciable pour notre esprit et pour notre vision elle-même. en paraissant raffiner sur les mots. il le la même de son en assouplir. à n'en pas douter. fortement accusées. Le fait le plus beau et le plus rare de ce passage d'un art synthétique à un art d'analyse aussi loin poussée. ils ne sont pas encore complexes.66 d'encouragement mutuel. dans les Chailly. en vola- possédera avec tant de certitude et s'en servira avec tant de joie que. le moindre accent de sa personnalité. des eaux ou des édifices. et que ces œuvres matériellement. du jardin et des rives d'Argenteuil. mais qu'elle n'était pas encore harmonisée. des fleurs. On pourrait. Chez Monet la transformation dont nous parlons est d'ordre matériel. Mais nous tenions à marquer qu'elle date. d'autant plus qu'il lui semblera en contradiction avec tout ce comme formations mêmes et que nous avons dit jusqu'ici. et Nous venons d'écrire les s'explique tout seul. loin de le con- de l'esprit. si différentes. techniquement. jardin. non pas d'une de ces transon en a vu malheureusement chez certains artistes peu sûrs d'eux- qui soudain se renient. les Sainte-Adresse. dans la manière précédente. c'est mots d'évolution et on l'emploie assez souvent dans un feuil- acte. mais que ne connaissaient point les maîtres des écoles anciennes. jusqu'à l'âge le plus avancé avec il fermeté qu'en cette décisive trente-troisième année. A ce point que l'on pourrait placer (comme nous l'avons vu d'ailleurs à son atelier) un de ses tableaux anciens les plus simples de facture à côté de ceux où les effets atmosphériques ou bien les réactions colorées des arbres. Il s'agit. sont décomposés par la touche et recomposés dans nos yeux de la façon la plus aiguë. heureux ici dans leurs résultats. tout en aidant. Mais le second sera sans doute contesté par le lecteur. fut que l'artiste ne perdit point le moindre trait. et il même le parlera avec une intensité croissante. en quelque lieu qu'il se transporte. Nous aurons plus d'une occasion d'étudier les innombrables manifestations réel. Le premier les écrits sur l'art. en varier bien à lui. de transformation.

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Une toile : les de givre. Les maisons. cachent à demi les choix de ses motifs. Le la était alors rebelle à la liberté. Il n'y avait là rien que de très naturel. d'atmosphère qui devaient être qui en sont De 1874. fort. II faut ajouter qu'au lendemain de la guerre de 1870 les esprits étaient assez peu portés à examiner sérieusement un celui de Claude Monet. deux figures placées en haut. le quai. sain. à droite du tableau. même un si infiniment variées des caractères dominants. pour ni leur vision. population dans une grande rendue à merveille. qui au moment d'une des ventes désastreuses dont nous allons bientôt parler. très agréable effet est n'y a rien là qui puisse soulever d'autres critiques que celles que Il pouvaient inspirer alors les préjugés sur le fini dans un tableau. qui est se rattache aux manières que nous avons précé- étudiées. véridique. docile à l'habitude. une Vue du Boulevard des Capucines prise d'un étage élevé. Mais nous remarquons surtout que les est traversée recherches dans l'œuvre de Monet mencent ici et à le préoccuper. un Port du Havre. Les artistes. comme un faisceau de drapeaux. plupart n'éprouvaient pas le besoin de renouveler leur technique parti académique était nombreux. Malheureusement. com- une Plaine plantée d'arbres en quinconces. vres typiques de cette époque. L'impression (ici le mot est bien de mise) du mouvement de et la chaussée. sont supposées à peu près au niveau du spectateur et donnent l'éloignement de la foule qui circule en bas Mais d'autre voici sur les trottoirs un étonnant grouillement de touches serrées. Durand-Ruel. et de son côté art libre. routinier. Ici c'est pressées. abréviatif. le sentiment éprouvé. fourmillantes. dont et le au spectateur. l'avait payée vingt francs. ville est et remarquons-le avec des moyens parfaitement appropriés de couleur vibrante et de dessin remuant. ce public. d'une tonalité verte assez soutenue. un succès forcé l'artiste moyen par quelque L'un demment extravagant. Un admirable Pont d'Argenteuil est encore de cette année. et l'artiste était de ceux que véhément comme la résistance rend plus ardents à la lutte et dont elle stimule l'énergie productrice. sous lesquels circulent des promeneurs. L'expression du sentiment morne et accablant de cette banlieue est déjà très saisissante. La plaine Environs d'Argenteuil (1873) nous montre un des premiers effets au milieu par une grande route qui file vers l'horizon entre de rares maisons et de maigres bouquets d'arbres. à examiner encore quelques œu- reste. public ne dût être reconnaissant à celui qui lui apportait des éléments de plaisir nouveaux. nous citerons surtout diverses autres vues d'Argenteuil. figure aujour- d'hui avec avantage dans la collection de M. et d'une honnêteté qui n'allait pas sans quelque indigence d'esprit. Il nous avant de parler de ces incidents. Ainsi c'étaient les sujets eux-mêmes qui dictaient à un artiste absolument sincère le langage qui convenait le mieux suivant l'occasion. la part. A gauche s'élève le . sont rendus avec cette netteté. ce soin vigoureux qui ne diffèrent du genre de Manet que par l'accent personnel que Claude Monet dans le dû à un groupe de bateaux dont largement éployées. et celui qu'il voulait faire partager de très louable. les voiles édifices Un met du quai.67 que ne se souciait nullement de rechercher un succès bruyant.

La Seine occupe deux les tiers de la surface du tableau. les voiles repliées. si de plus en plus les personnages tendent à disparaître des paysages de Monet. par suite devenir un rude jouteur. en claires. Diverses intimités du Jardin dont nous avons parlé. avant de reprendre l'analyse et la chronologie de l'œuvre. et qui sont pour ou de la plupart aujourd'hui à New-York. - . de nous rappeler que nous avons atteint la phase décisive dans l'évolution Il suffit. les arbres étalent leur feuillage au fond. se tiennent en ont vraiment l'éloquence d'êtres vivants. nous font assister à des travaux de couture lecture de femmes en robes de massifs. toute animée des reflets d'arches et d'arbres qui scintillent dans le clapotis avant et du courant. même à des ébats enfantins dans temps que robuste et nature et de famille révélant des côtés affectueux chez de l'opposition qu'on devait si longtemps lui faire. de Monet. D'ailleurs.68 pont. pour le moment. les allées bordées épanoui. Tout cela est. De beaux bateaux blancs. nous en voyons encore dans ces tableaux d'Argenteuil qui jouent heureusement leur rôle. d'un sentiment de l'artiste qui allait.

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seront Que Monet de ici cordialement vivants de expansifs. sans interrompre leur enchaînement. de les raisins et le saveur. pu exécuter avec une verve entraînante et forte quelques morceaux de ce genre. qu'il à leur place dans s'abandonna le tableau. et le Déjeûner sur l'herbe. plus avec un verre et une miche. expression d'une certaine gratitude envers les biens de la vie. ou bien Durand-Ruel. ture. la vie dans ces vigoureux le regard et riches frugalement. C'est caler la cet de certaines peintures de décoration de certaines natures mortes et qu'il est question. morceaux que dans . ou les études de perdreaux et de faisans jetés en rang sur la table Il franchise. tout cela vraiment réjouit y a plus de philosophie de Que la la Pyramide gros melon entamé. qui montrent les côtés affectueux. d'y inter- mention de toute une série de travaux qui forment comme un intermède dans ample vue d'ensemble sur la nature qu'est la production de Claude Monet. et des traits comme c'est qu'elles sont à la fois d'admirables expériences de pein- de sentiment. somptueuse de si pommes même la collection la même collection ce soit la Hœntschel. ou. on peut dire que ces œuvres. un litre et excite les papilles. ou encore au retour de la chasse. Aussi bien. cette énergique figure. Sous ce dernier aspect. cela ne saurait surprendre ceux qui ont remarqué les détails des tableaux à personnages que nous avons étudiés plus haut le Déjeûner dans un intérieur. Nous qu'il allons bientôt nous trouver entraînés par tant d'événements et d'œuvres nous deviendrait difficile alors. puisqu'ils nous maintiennent en santé.INTERMÈDE DE FLEURS ET DE FRUITS. Tasse de thé si précieuse et superbe Corbeille de de pêches avec Même éclat. Mais ce que les natures-mortes isolées ont de partiait : culièrement intéressant. C'est une comparaison qu'on si dignes en peut établir sans crainte. les accessoires même quelquefois à peindre joyeusement. valent les meilleurs Chardin. nous et ceux que nous aimons. puisque nous venons de parler de ces quelques échappées d'intimité à Argenteuil. la vie familiale. réconfortants. si somme de nos peines.

d'ailleurs en de la nombre restreint. Un des plus remarquables ensembles de ces sortes de tableaux est la décoration d'un salon chez une MM. ou au melon. Mais ce qui. des renoncules. donne un intérêt particulier à ces intermèdes. celle à la tasse de thé. tel des des raisins écroulés près des beaux coings d'or. est. de plus en plus chatoyantes. non séparés de leurs feuilles luisantes. de la sveltesse des tulipes et des glaïeuls. un tel dessus de porte. et roses de Noël et et tel des pêches vermeilles. C'est ainsi que les même premières natures-mortes. successivement éblouiront du rouge des azalées. fruits. et ce sont des dalhias. les autres. puis des marguerites jaunes. et Dans cet jusqu'au plus intense lyrisme de nature. deux magnifiques analyses de couleur qui semblèrent pendant de longues années demeurer ses premiers et ses derniers essais décoratifs..70 bien des tableaux réalistes comme on en a vu pulluler déclamer dans et expo- les sitions. Claude Monet avait également entrepris une décoration dont deux grands pan- neaux furent achevés : une allée de forêt en automne. puis des blanches. c'est que l'on y suit l'évolution technique que nous avons étudiée tout à l'heure. se font que peu à peu. dans véritable chant de joie en l'honneur des fleurs et des Tel panneau représente des lys du Japon. . Durand-Ruel.. des tons vifs et tendres pourtant dès pavots rouges l'épanouissement du jardin plifier unique poëme floral se trouve en devenir de l'œuvre féerique que nous verrons finalement s'am- et roses. des oranges. et arrivent à l'intense vibration que nous trouverons dans les dernières grandes séries de paysages. Car rien alors ne faisait prévoir la grande surprise qui devait illuminer la dernière partie de sa carrière. études de gibier à plume. Une autre portera des pavots rouges et roses. sont traitées dans la note large et synthétique. des citrons. D'autres portes encore. et une pelouse avec des dindons blancs. Une autre porte. et fleurs. sous le rapport simplement pictural. avec des chasseurs. Là chaque panneau diversité surprenante. Des chrysanthèmes s'ébouriffent près d'opulents tournesols ou de délicates azalées blanches. complexes de couleur et et panneaux de de facture.

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toutes les heures. Monet pourra retourner encore de temps en temps à manière synthétique de la beau Port de mer. un bassin avec voiles. avec que des l'art efforts pour attirer l'attention aucun rapport. mais les effets les plus intenses en vivement et le plus en plein jour et même temps que ses débuts. ni récriminer contre les erreurs de jugement qui ont occasionné alors de si vives polémiques. de Claude Monet. Ils ne passionnent guère le lecteur actuel. Mais nous ne sau- rions aujourd'hui insister longuement sur eux. est daté de 1874). que de la sincérité. d'une part. car le point de vue s'est singulièrement déplacé depuis ce qu'on a pu appeler les temps héroïques de l'impressionnisme. ces féeries de en plein soleil. on s'est connu les aperçu dithyrambes de qu'il n'y avait plus d'audaces en peinture. après celles étaient bafoués. de Manet. ces fêtes de couleur saisons. de Sisley. silence ces épisodes bruyants. et leur détail paraîtra tout à fait dénué d'importance au lecteur futur. Il les où n'y a maintenant plus d'héroïsme possible en matière d'art pictural. l'autre.POUR RAPPELER SIMPLEMENT DES BATAILLES ÉTEINTES. dans l'ancienne manière. de par des grimaces d'originalité qui n'ont artistes que nous étudions ici ont obtenu de . Les œuvres des la et. Il justement possible ces jeux de lumière. merveilles qui sans doute les contemporains de ou les faire rire. Depuis années où ils les tableaux de Renoir. mais qui allaient ne reconnaîtraient pas transposées sur Nous ne pouvons passer sous par attiré les indigner la toile. (par quai très animé il est surtout et exemple un très bordé de maisons maintenant voudra noter les plus subtils. Arrivé à une phase décisive dans son évolution. canots. et qu'ils l'artiste tout comme le la plus nature que nous donnent toutes dans la les nature charmaient alors lui-même. Il suffira de rappeler des événements qui sont devenus tout au plus une petite curiosité de l'histoire artistique. mais qu'il n'y avait. ont atteint des prix élevés et ont critique qui leur avait prodigué ses sarcasmes.

Gaillebotte. Des tableaux atteignirent en moyenne de soixante-quinze à cent francs.) Mais lorsque les impressionnistes affrontaient le hasard des enchères. car ils . leurs défenseurs d'autrefois ne s'applique plus à leurs œuvres. Rouart. ainsi que ceux de Duret. et unis par les idées plus que par la façon dont pressionniste devint. de Chesneau. mais qui alors passionnaient la critique et divisaient le public. et de spéculations qui n'ont pas encore atteint leur maximum. qui aujourd'hui ont plusieurs la n'était «nouvelle école». de valeur. Cette étiquette d'im- ils de gloire ou une injure. il y a encore vingt-cinq à trente ans. MM. Le langage de et ne convient pas à celles de leurs successeurs. Tout cela est bien loin. eut leurs œuvres. et peu de gens peuvent aujourd'hui comprendre les singulières assimilations Mais lorsque nous rappelons ces événements. que la carrière Il y aurait quelque ridicule à reprendre les arguments expressions de et les Zola à l'égard de Manet. qu'il y aurait quelque ridicule à continuer de déplorer leurs anciens tels déboires. devaient vaincre les derniers préjugés académiques. mais dans titre de rente. de Monet une vue de Hollande. Le malentendu ne passionne guère les générations présentes. H. Duret sont à citer. parvenaient difficilement à vendre ces toiles deux ou trois cents francs à un petit nombre d'amal'objet teurs (1) qui certainement alors ne songeaient guère à spéculer sur aussi ces acheteurs. suivant les camps. nous politiques auxquelles (1) il donnait lieu. à fois centuplé la Héroïques avaient souvent à soutenir dans leurs familles de rudes assauts pour apporter au foyer de pareilles « horreurs » mes elles. Le tableau de Claude Monet intitulé l'honneur. C'était aussi par pas seulement par la colère. On fit aux portes des salles où les nouveaux peintres subitement mis en lumière. véritables rixes entre certains amateurs chaleureux et certains défenseurs art et de la et morale publique. le premier cas. Les auteurs de tant de les collections publiques et privées. de Duranty.72 triomphes. Le moment d'ailleurs est curieux à faire revivre où les discussions prirent presque l'allure d'une petite reprise de guerre la L'exposition de 1874 civile. soleil levant. c'était alors le désastre dans toute sa désolation. car il n'y a plus de méconnus depuis de méconnu est devenue fructueuse et que les connaisseurs. montraient ingénument Impression. Mais ce vente de 1875. très inattendu pour l'artiste. menus pour nous. craignent avant tout de paraître ne pas s'y connaître. Parmi les amateurs. avait acheté à Bellio. (C'était le moindre des ter- adoptés. de Burty. elle n'était un titre certainement pas un aujourd'hui en place d'honneur dans toiles les traitaient. en faveur des impressionnistes. Les souvenirs de ceux qu'exaspéraient un ennemi de les levers de soleil la Commune étaient de Monet n'étaient pas loin de voir en lui " l'ordre. et il le y eut à dédain que l'on la salle traitait des ventes de du grand encore mal effacés. et même plus tard de Mirbeau et des écrivains qui. avertis par l'erreur de leurs devanciers aux temps de l'impressionnisme. de devenir l'étiquette même sous laquelle on de rue Laffite la la rue la plus batailleuse de Paris. ainsi que Daubigny qui . se chamaillait : rangeait des ouvrages et des peintres aussi peu semblables entre eux que possible.

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73 éprouvons quelque regret. entre 1874 et 1885. le verrons. puisqu'il n'y a plus de tendances. que nous en bornons ruption. et qui sait. comme nous lui indiquait aller. ni d'essais. ni de réussites. désormais sans inter- se déroulent avec l'ampleur et la joyeuse sérénité . l'examen de ses là l'histoire et œuvres qui des beaux phénomènes de la nature. Toutes de les les idées et toutes les manquer peuvent ne pouvait penser alors que était la condition la résistance de son succès. avait confiance dans l'avenir. C'est pour que nous reprenons. pouvait traiter. ni d'avortements qui parviennent à provoquer une réaction temps opère immédiate. —à Monet après la condition de vaincre. succédant aux dénis de justice dans les Salons antérieurs. même façons de les Ou si aucun signe ne acharnée que rencontrait son effort du moins. peut-être une sorte de jalousie à constater que de pareilles luttes semblent devenues impossibles. il jusqu'où cette confiance . cela comme des circonstances heureuses. 1870. vu leur ter- Ainsi va la vie. Celle que le longues pour que goûts ne se heurtent pas et que les amateurs se désintéressent les et opérera est à évolution et à échéances assez de l'opinion de leurs successeurs. nous apparaissent en 1920. Claude Monet. Les épreuves et les déboires de minaison. et même toutes les façons se produire maintenant avec succès.

tous somptueux azurs. Je ne puis m'empêcher de rappeler à ce propos le mot saugrenu d'un vieux peintre de paysages. devine sans peine que ce n'étaient pas lui fournissaient les moyens de qui. » Cet honnête manœuvre n'aurait pas davantage compris le dessin des les plus : ciels d'Argenteuil. et l'on voit analyse. très bel Parfois Monet étudie les vergers sous poindre encore un des motifs où s'exercera En même temps élément de large le plus aigu de son se rencontrent certains coins de jardin (l'un est peint à Montgeron). encore à Argenteuil. les par I pour cause. médaillé régulièrement aux Salons d'il y a trente ans.ENTRE ARGENTEUIL ET VÉTHEUIL. la C'est la Seine qui lui devient de plus en plus familière cette fréquentation incessante. Les Bateaux de plaisance constituent d'être aussi un et ferme dessin dans la neige. les paysages de cette série. lui déroule tous les trésors frémissements de son courant. « Je ne peux pas peindre à Paris parce que les ciels y sont sérieusement. Il en est un. et tous de ces environs de Paris (ce qui sur- le ciel est plus beau quand on court le regarder très loin). à un ami mal dessinés. émeraudes des feuillages diversement frap- . ventes dont nous venons de parler qui faire de longs voyages. L'année 1875 trouve On l'artiste encore principalement à Argenteuil. sans compter pour découverte de soi-même les et le peintre la Mais que de belles découvertes découverte de ses ressources. qui donne beaucoup de mouvement et de charme à une des vues datées de 1875. qui lui offre toutes les plus riches combinaisons de nuages. très moutonné. C'est le ciel prendrait fort les gens qui alors croient que de ses reflets. où apparaît ce qu'on pourrait appeler sa manière touffue : ces inextri- cables embrouillements de branchages à travers lesquels l'ombre et sa pourpre pro- fonde se jouent et font ressortir toutes les pés par la lumière. qui disait. L'ANALYSE LUMINEUSE DEVIENT DE PLUS EN PLUS AIGUË.

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la aériennes des journées qui l'entraîneront avec de et bien avidité semblable. par l'infatigable perfectionnement des resdans la joie d'enrichir et d'assouplir ses moyens d'expres- la continuité sources. quoique nous ayons considéré à l'instant les difficultés de vivre comme des cirjoie constances enviables pour l'avenir. et Constable lui-même. une beauté blonde. Les éventails de cette page. de boutade picturale. que rarement entrevus. qu'il y serait aussi indiscret qu'inutile de et chercher à connaître). Au risque d'interrompre la progression dont nous venons d'indiquer le départ. ondulante. les engageant à mener jusqu'au bout la tâche qu'ils se seront assignée. nous devons mentionner une assez étrange exception dans l'œuvre. C'est en cela que ce caractère demeurera pour les artistes un réconfortant exemple. ses tableaux ne rappellent plus ceux de la première manière que par l'ampleur du dessin. du mouvement des eaux. étudiée ainsi d'ensemble. Et encore. de contexture des terrains et de la végétation. mais boutade d'une richesse et d'une beauté de matière qui méritent de nous arrêter Ce sera la — un instant. semble non seulement ne pas se tarir. La importantes — ces nains éclatante. d'Auvers une bizon. mais encore aller en s'exaltant. que l'œuvre de Monet. par pas. enveloppée de cette ample et bizarre broderie dont trueux qui amusent dominante rouge de les cet pacotille qui tapissent la sivement réaliste. même les paysagistes avaient jusqu'ici de les poursuivre et de elles. les tons composés des éléments les plus divers. rendre Mais en la touche. par C'est du labeur. pas à même et temps sa couleur plus complexe et son exécution plus prompte plus sûre. un Nippons. par l'opiniâtreté sion. d'éclairage. Ce n'est cependant que de Bar- une commence- le mot marche ce que notre peintre osera entreprendre. alors qu'il semblerait que cette complexité la dût ralentir et refroidir.75 La Et. Nous devons donc penser qu'il aura été amené la dernière figure . fait le motif principal. se montre grande. en une aussi puissante allégresse de voir et de traduire. Quelles qu'aient pu être les heures de doute même de découragement qu'ait traversées Monet (et il en a traversé aux temps des plus grands succès. le succession des saisons. De 1876 date grande peinture de la Femme en robe japonaise. avec telle variété. De plus en plus brillants et lumineux. parce qu'il a une fois commencé les rendre. ment de surtout dans les aspects fugitifs. capricieuse. on s'étonne de voir qu'un homme que presque aucun appui matériel ne vient soutenir. n'avaient pas poursuivi correspondant exactement à son évolution. du moins la dernière figure de dimensions que Monet exécutera. les phases lumineuses et les apparences la nature. infiniment plus variée. Cette progression se constate dès 1878 où nous voyons apparaître les premières vues de Vétheuil. jamais nuance de découragement ni de doute n'est venue effleurer son œuvre. Même les grands paysagistes de Ville-d'Avray. extrêmement muraille achèvent de donner à accoutrement est et un de monsassez exceptionnel. rendent désormais des effets d'atmosphère. On le voit. puisse se maintenir en un pareil entrain. la forte simplicité du motif. pourtant exclu- caractère de caprice. « osera » n'est pas de Il vaudrait mieux dire que c'est la les observer.

tour à tour. plutôt que par la que d'une part Manet. gaze à travers laquelle la masse des habitations semblera une apparition de rêve. nous renfrogne titres — car — les glaces et les débâcles que ce village s'évanouisse et soit fait de Monet à déjà parcourir tout la qualité façon de noter et de collectionner dans un amour du peintre vaste clavier de ce qu'il la nature. les caravane débandée des glaçons. capable de satisfaire avec bien plus de diversité qu'Argenteuil à toutes les curiosités du peintre. ou alors c'est un organe non point seulement sensitif. il ne fera plus intervenir l'être humain (mais principalement la femme. douloureuses dans la village de l'Ile-de-France sera sable répertoire de spectacles naturels. agenda des saisons. des brumes. il a désormais inventé un nouvel art de regarder. et plus vigoureux que le second. un inépui- même de Vétheuil sont vraiment poignantes à contempler. de l'autre Renoir. coule donnant ainsi quand on regarde Vétheuil de l'autre rive. par même. ses toits rouges. ce Ce superbe caprice une fois satisfait. il choisit aussi. apparences successives de ce que nos habitudes et nos regards paresseux sont portés à considérer comme monotone. il sait discerner le moment. l'infatigable et d'accords et d'aspects surnaturels un des idylle. que de s'apercevoir que cet œil possède une extraordinaire délicatesse. Monet fois plus souple que le premier. série des Vétheuil est trop nombreuse pour que nous l'examinions dans le . avec ses maisons claires. et que pour un peu on lui reprocherait. les res- sources picturales qu'il a acquises depuis la Camille de 1866. le point le plus significatif en même temps que le plus rare. mélancoliques. sera le miroir du le réservoir ciel. une sations agréables. nous y trouvons un thème plus étendu et plus séduisant. A partir du moment où il développe ici les moyens nouveaux qu'il avait commencé à expérimenter à Argenteuil. et Revenant à Vétheuil. de chaque heure typique. qui participe mieux et s'imprègne plus finement de l'atmosphère) que très accidentellement dans le poëme de nature qui désormais vaste s'em- parera de toute sa vigueur et de toute son ardeur. Il ne fait pas que subir et retenir.76 à vouloir se rendre compte de ce que. est plus et mieux qu'un simple organe. rudes hivers et d'apporteur de neuf. C'est une constatation qui n'explique rien. De chaque saison. après des détours droit et large. C'est en cela que l'œil merveilleux qu'on lui accorde. un fantastique et enivrant peuvent provoquer chez l'homme de sen- un drame. de grand peintre les candide aux matins l'hiver. d'été. soit qu'il s'éveille frais et soit qu'il grelotte et se à l'observer et à pendant un temps. y a de notes C'est que cette le raconter. On a un peu trop légèrement que la principale valeur de son œuvre était due à la finesse de son œil. exécutaient alors. C'est un morceau différent. les bouquets et les rideaux d'arbres qui l'escortent ou le rehaussent. appliquées à la figuration humaine. dit mais sensible La et pensant. devant lui. enfin le chemin que suivra pendant un simple Ainsi les et de tout ce qu'elles vapeurs dorées des soirs de printemps. fique premier plan qui. un magni- ainsi sur les bords de la Seine qui. de montrant à la les tonalités. Il s'élève harmonieux. peuvent y ajouter de brillant et matière s'y de somptueux. Le village s'étale et s'étage sur une colline.

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accusent encore une recherche de notation toujours plus rapide et plus subtile. entre les hautes falaises de maisons qui entourent et dominent le perpétuellement trépidant embarcadère. Par contre une série semblant la amorcée. contraire. amplifiée. l'année 1878 voyait naître quelques tableaux d'un genre assez mais qui se ralliaient à l'étude analytique nous voulons parler des Fumées de peu nombreuses. Monet s'est bien gardé de ce danger. toute la somptuosité de palette. détours de la Seine. en 1887. d'un tableau de 1871. transposée. de lui. modifiée. Plus brutal à la fois et plus insaisissable que les spectacles de nature qu'il avait peints jusqu'ici. une idée se reproduit en comme quelques années. ne fournira plus tard que des éléments pour une nous croyons que série différente. et aussi d'expérience. d'une solidité de construction sur laquelle ne s'en joueront que mieux les caprices et les caresses les plus volatiles de l'atmosphère. doivent amener pour le les un système peintre partitions d'abréviations. viennent compléter encore ce détail. revient. s'est à la fois exercé ce fantastique de plein jour. de sous-entendus qui ressemblent assez facilement au néant. comme ses amours de jeunesse. après travaux d'Argenteuil cette mer et les années de 1875 à 1881 consacrées principalement à ces de Vétheuil que nous venons de résumer. toute que nous l'avons vu pas à pas conquérir. dans modernes auxquelles nous avons pu comparer les ensembles de Monet. chaque variation du même thème devenant un nouveau sujet en lui-même. à aucun moment Au temps complexes. Mais ce serait une grande erreur que de croire que la rapidité. Ainsi les fumées de la Rue de Rome peuvent être retrouvées dans les panaches qui se colorent de toutes les étranges opalisations des brouillards londoniens en s'échappant des locomotives sur le Pont de Charing Cross. Quoiqu'il en soit. Claude Monet plexe des effets colorés En et ces toiles de plus en plus variée amusé à noter : la et com- gare Saint-Lazare.77 de sujets. de négligences expressives. même par une simple note. En même temps particulier. un « motif dominant » se rappelle. retrouve touje la puissance des anciennes vues de Sainte-Adresse. tourbillonnant au-dessus des machines. comme celle des gares. Comme nous l'avons vu. Une toile de 1881 l'ouvre de façon heu- l'acuité d'analyse . De même. il ne se départira d'une largeur et d'une fermeté de dessin. plus les effets qu'il rendra seront fugitifs et en même plus son exécution sera riche et nourrie. après de nombreuses et différentes scènes. mais très typiques. souvent à distance de devait l'être celles des vues Tamise. Lorsque Monet. Les environs. mais en temps il apporte dans les il même nouvelles œuvres. ces fantômes de vapeur irisée. Et surtout. l'entraînement croissant. ces Fumées marquent encore une étape. à et à ces falaises qui furent en peinture. reprise en 1903. planant. Cette magnifique suite des vues de Pourville et de Varengeville commencée en 1881 est accomplie en 1882 avec luxuriance. cet aspect de grande ville conserve dans l'œuvre de Monet une valeur d'intermède. Qu'il suffise d'avoir signalé sa multiplicité beau cycle. coins ou ensembles du proche village de Lavacourt. par un accord.

perchés qui parfois surgissent comme brusquement à nos yeux. promènent sur gazon vert. ou à droite. bien en de nous qui regardons cette masse surplombante et l'immense plaine azurée. nous en foulons petites figures de dessous d'elles. tandis que de grands arbres tourmentés par ches sur humble le groupe de maisons reliquaire. ou au loin. Tout est précieux dans sa matière et cependant. c'est ou dessous. ou un jour gai et mélancolique. ou au soleil couchant. les émeraudes et les roses rubis de l'Océan. s'élèvent dans et le clocher. ni Il feux.78 reuse : massive. ou à gauche. est pour ainsi dire sous la falaise nos pieds. et Il semble que perpétuellement se possède d'une façon surprenante. les améthystes. champs salins. Ou bien encore lorsqu'un imperceptible voile passe devant les saphirs. atténue leurs Monet soit en même temps partout. ou en plein soleil. après les quarante années qui ont passé sur ces peintures. Tout de Pourville. des grise et plus tendre. se divisant en deux lobes énormes. l'originale silhouette la brise. des rocs. rien flottant dans son dessin. ainsi les airs et étendent leurs bran- qu'un dais naturel au-dessus d'un . ou un autre jour plus soleil. la mer s'étend au loin. impressions devant les tableaux de Varengeville qui forment une série parallèle. comme On peut offrent tiède encore la débordante vie ressentir les mêmes que l'artiste elles y dépensait. n'est négligé dans sa facture. et du village et de l'église. à cause de sur la côte. et leur conservant leurs couleurs. ou la falaise de ou près. car. femmes et le sol se élastique et rude. deux élégantes le la crête. Le motif est d'ailleurs différent et d'un pittoresque un peu plus accentué. une promenade presque vertigineuse sur suite après. tant apparaît infatigable ardente son exaltation de peindre.

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il devait entre- prendre encore. le rythme Ainsi. Le fleuve campagne annonce déjà la luxuriance et la forme là une magnifique boucle. Puis. elles forment ainsi autour de Giverny un spacieux amphithéâtre. tandis que la fraîcheur de la Normandie. Ville et village ont plutôt le caractère de ceux de l'Ile-de-France. en songeant aux déplacements. tout à coup. les et par suite une immensité de ciel pouvant satisfaire les esprits et les yeux plus avides de lumière. du moins pour les dominer. trouva le les rives de la nouveau depuis Seine pendant vingt-cinq ans. son port d'attache. l'on dirait presque. la Ce fut Givern5^ Le village s'étend en longueur sur une belle route parallèle à la rive droite de Seine. on . et dominées par des collines qui sans être très élevées ne manquent pas de fierté.LA CARRIÈRE DE MONET PARALLÈLE AU COURS DE LA SEINE. d'une courbe noble. d'une limpidité que font encore valoir de petits tives sont îlots joliment ébouriffés d'arbustes. en un seul coin de terre seront réunies quelques-unes des plus enveloppantes séductions de nature le miroitement nonchalant du cours de l'eau. presque majestueuse. et viennent Aux les brouillards détours les perspecdes demi-saisons. les silhouettes boisées des fuyants rivages apparaîtront vaporeuses. élyséennes. Plus hautes du côté de Vernon. Le cours de la Seine est là d'une assez grande largeur et d'un calme. séjour d'élection. au milieu de plaines abondamment plantées de bouquets de bois et de vergers. : des grandes ondulations des coteaux. les échappées suffisamment vastes au milieu des champs. un peu avant l'agréable ville de Vernon qui vient se mirer sur la rive gau- che. se remplir les poumons d'air pur et s'impressionner la rétine de couleurs vierges. d'une charmante élégance. et de Monet. sinon pour les peindre. AVEC GIVERNY POUR ÉTAPE DÉaSIVE Après avoir ainsi côtoyé le Havre jusqu'à Paris. qu'infatigable explorateur des régions et des couleurs. depuis les quais du Louvre jusqu'à l'estuaire.

tout ce simple et infmi répertoire à la profondeur duquel nous ne songeons presque jamais. en enthousiasme. touffes de joncs. par la ferveur de sa sensation et et l'entretenir par l'expansion de son sentiment. d'iris aquatiques phars qui pouvaient s'aristocratiser en variétés plus rares et La vel- de ces larges nénuacquérir noblesse de et nymphœas. peut pendant des années sans nombre pourvoir de sujets un artiste qui. si si l'on s'arrête dans quelque village voisin. constructions qui semblent aussi et logiques. y songe. accomplit avec beaucoup d'entrain la et de conscience son rôle de cours d'eau rapide. en art. douce. Tel était. régulière. de l'épi. qui lui donnera les façons d'un un lac dans une maison rustique. une sorte de créateur. la fraîcheur que maintiennent les y contribuent encore. lui. babillard à de donneur de pittoresques intermèdes. De et était léité lacustre de en confortable et. C'est villa. bienfaisance en splendeur. qu'au- cun rappel trop brutal de jusqu'ici. le séjour. permettant tous les tracés moins se dilatant par fantaisie en de Genève en miniature. ces deux éléments n'étant l'un sans l'autre qu'une poussée aveugle ou une activité sans objet. et de l'homme lui-même. fluette mais vive. Il suffira de quelque La bonté du terrain. plus touffue chemin de fer-joujou et d'une configuration terre favorisée des coquetteries de l'Epte. — Enfin la vie trop moderne ne viennent — ou ne venaient encore désharmoniser. Alors. en analysant ces magnificences et ces subtibilités de la création. Elle serre de très près le village. Rhône minuscule une autre pièce de celle-ci se parait s'étalait. la vie rustique. les plantations. séparée de l'autre par un grand jardin en pente par son exposition ensoleillée. ou plutôt de les faire se mani- que donnent les hauteurs. ainsi que la modération du climat. et le culte des fleurs. de roseaux. aussi naturelles que de celle l'arbre. Car. l'atelier et la bibliothèque de Claude Monet . et enrichie en 1883. en grimpant sans peine sur les plateaux. en modelant ces masses. la naissance des printemps. ses rideaux d'arbustes et de haies.80 dominer peut. L'abri rivières. pour transformer effort fester côte à côte. car il sera alors cet homme ajouté à la nature. les labours. qu'aucune hideur industrielle. la massive architecture des meules qui témoignent de hommes l'effort fructueux des des maternelles constances de la terre. la culture des légumes et des blés. et jusqu'à tel caprice d'élargis- sement. en étudiant ces forces. la maturité des moissons. ses et petits bouillons. La demeure. à peu près résumé. une certaine petite demoiselle de compagnie Seine souveraine. vient mettre aux ordres de celui qui possède quelque domaine sur ses bords. dans ce coin de France (comme en maints autres d'ailleurs qu'un pinceau passionné n'a point consacrés) permet. le étendues les et voir s'agencer puissant entrelacement des lignes générales. l'Epte. favorable à toutes l'autre côté de cette principale route et d'un servant aux communications vicinales. plus tard étendue que Monet vint s'élevait s'établir en bordure de l'une les floraisons. le long de la même de Giverny. cet homo additus naturœ. en retraçant ces lignes. entre deux routes parallèles. il deviendra. l'on parcourt les prés. activeur fertilité.

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ne vous qu'il travailler. si on vous prend plus de temps de travail et vous le courtise. ce qui aurait pu télégramme ne Lorsque lui avait telles — si un pas apporté la nouvelle de la mort de Manet. sortir interprété mains. et se porte en avant pour mesurer tout ce qui devait encore passer devant de de le faire sourire tels yeux. entre- croissantes ses énergies. monde en tous loin du tumulte creux des des théoriciens. . que et cette date de l'art français moderne pour justifier un peu de 1883 n'est pas dépourvue de toute solennité. jour de l'ouverture du Salon. veut conserver intactes homme et qui.81 pour les années où il demeurait chez et stériles discussions tout ce qui. l'esprit s'arrête un instant sur ces coïncidences. villes. donne d'encouragements à Monet choisissait le les œuvres. enfin qui. qui peut faire l'opinion. ne peut prévaloir contre cas. et d'un voyant une grande tâche à poursuivre. Il en 1883. déjeûna pour le la première fois avec sa famille dans sa propriété de Giverny. des oiseuses en général de et. parti d'un laborieux. fuit plus qu'il lui. des amateurs. on ne peut s'empêcher de penser que cette terre de Giverny avait assez d'importance sur la carte historique de description. d'un sage. des confrères. ne vous écoute. mais qui se borne généralement à la suivre.

ou bien un choc qui semble fortuit. Ce seront une invitation au départ. quelques beaux tableaux : des effets de neige... Il éprouve un vif plaisir. une conversation avec Renoir. tout en y revenant sans cesse pour y découvrir quelque nouveau motif ou pour y accomplir. sont soumis Giverny fournit donc. d'un il acceptera diverses occasions d'absence. avec les barques échouées au pied des rocs et la frange d'écume venant s'effilocher sur la grève. ils retrouvent par une simple rencontre. un plaisir d'imprévu plus qu'un penchant impérieux de nature. village voisin. en art. derrière une dentelle de soit ses gentils brumes feuillages. . y revoir même et y combiner quelques-unes de ses plus importantes suites sur un thème donné. à échantillonner ces harmonies toutes nouvelles. cependant que beaucoup plus tard que n'est le peintre doit se confiner uniquement dans son Giverny. Les créateurs../: ^. le fait partir avec lui pour Bordighera et Vintimille. soit ses paisibles rues paysannes. ETRETAT. moulins à eau. les désirs insoupçonnés qui redeviennent une résolution. qui a trouvé des facilités de voyage dans le Midi et qui peut en faire profiter ses amis.' i > . les pensées oubliées qui étaient demeurées une amorce.. jetant aux yeux et aux sens.. Soudainement..•. presque dans l'ancien goût. Mais en même belle peinture de la temps une excursion à Etretat sera commémorée par quelque plage. une parole. ou subira l'attraction de plus ciel lointain. ou emmitouflés de légères. Grâce à elles. un appel à résistera d'autant moins la construction. caressant. d'un objet capable de diversifier sa verve. de l'autre côté de la Seine. eux-mêmes aux lois des associations d'idées. des vues de Limetz. suave. des vues de Vernon paresseusement assise parmi ses verdures. ALTERNANCES Ce : BORDIGHERA. pendant l'année 1883.. qu'ils sont sans auxquels doute il ne résistera pas. BELLE-ISLE. cette sorte de demi-Orient. le résultat — auxquels d'un travail latent de il l'esprit. Tout en faisant là son séjour préféré.

< H a: H Q W O < .

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qui recompose tout dans son apparent embrouillement. Une ou deux fois au plus. ce besoin du peintre de faire pour ainsi dire. tout cela exprimé d'une touche légère. d'atmosphère chatoyante. Entre deux voyages il ne négligera pas de brosser une claire vue de Vernon. assez éloignée. torturées. embrouillée. tantôt même rude architecture. c'est que ces impressions plus septentrionales bénéficieront d'une palette encore plus affinée et vibrante. tourbillonne. La seule dif- férence avec naguère. installé à Belle-Isle-en-Mer. d'une plus grande intensité lumineuse et même d'un dessin plus large et plus emporté. Aussi ne sommes-nous point surpris lorsque nous Etretat avec une sorte d'âpreté. de plans moins efféminés. à son besoin de lignes franches. de plus dramatiques accents. . Et c'est sans doute une escapade qui ses où les vermillons incendiaires d'un champ de fouetté par un souvenir. qu'elles répondaient à la véritable nature de Claude Monet. exécutées en 1884. De la sorte se remarque encore. porte percée qui d' Etretat. sombre sauvagerie. souvent féeriques flatteuses. Ce sont alors les roches sombres. qui font qu'on ne sait trop fums ou l'on respire des couleurs. dussent encore une le solliciter on ne peut pas dire fois. bien que toutes ces choses aimables. n'était pas encore suffisamment assouvi. Toutefois. crache son écume aux blocs même La vague rugueux. mais d'une négligence pleine d'art. dans — mais l'esprit ? — creusée. Tantôt dans la clarté l'arche se voit au loin. d'oppositions fortes. quasi-négligente.83 toutes sortes de séductions insinuantes. ne fût-ce que par un seul exemple. tantôt nous l'approchons de façon à en distinguer les assises rocheuses et la trace des morsures acharnées du flot. qui l'avait après les énervantes douceurs du Midi et l'avaient attiré à Etretat. mer bleue entrevue entre des broussailles. au milieu d'arabesques un peu folles de pins parasols. Mais comme saisi comme le voici. en Hollande. n'est-ce pas connue jusqu'à les peintures cette porte ogivale qui a se confond avec laisse passer un de que des ses linteaux flots rageurs. Ville perchée sur la diagonale d'une haute colline. poudroiement de tons tendres. dans la ainsi fixée l'a mer la falaise. le tour de tous et thèmes et de toutes ses idées. est ces suites de variations sur une de la Falaise de Monet qui nous masse pesante de la la hantise. tulipes l'appellent. non plus à la gauche du spectateur. c'est-à-dire l'ouverture de la falaise de l'autre côté (et placée à la droite. revenir à le vo5'ons. une joie d'une plus en 1886. si fait. nous sommes presque au-dessous de sa le peintre l'a décrite encore à quelque distance). opposant leur opiniâtreté à l'acharnement du flot perpétuellement en furie. l'autre qui l'a qui s'ouvre sur le vide et ne déjà un de ces thèmes générateurs qui inaugure même donnée que nous verrons se développer bientôt dans une progression de plus en plus ample. ou bien d'accords plus virils. végétations d'aloës et d'orangers. La au silhouette. en arrière d'une vaste prairie. si le à la fin de cette même besoin de choses véhémentes et année 1886. ramassés sur eux-mêmes duel dans lequel jamais les adversaires ne succombent ni se lassent. l'entraîne à Sassenheim. Cette sensation si si on peint des par- envahissante se discerne très bien dans les peintures de Bordighera et de Vintimille. séculaire et rude accourt.

est seule. contre cette monotone et magnifique furie. en lutte pour drame le d' améthystes tirant sur mouvement. ennemis. La profonds. plus intenses cent fois que les claires teintes de la Méditerranée. suivant la distance et l'angle semblent éparpillés. captivé lui par l'éternelle tragédie. pour arracher son secret de formes et de couleurs. ou se trouve contrainte à une danse éperdue. vu d'en dessus. hérissée de mille frissons. dans cette série. la sombre plaine bleue. des saphirs. entraîné à entrer en lutte lui-même. des lapis concentrés. Claude Monet Goulphar. le grand premier rôle est donné à un énorme bloc. qui émerge comme le dos bombé d'un monstre. Elles s'entremêlent inextrica- blement du et semblent se mouvoir. Les Rochers de piliers étroits s'élevant sur les houles ruines de palais fabuleux) vus d'observatoires plus ou moins rapprochés. Les nains rocailleux pren- nent des couleurs de pourpre. dont elle ne réussit qu'à agiter le pelage d'algues. Les rochers. La Et lutte les deux donne le et le ton le pinceau de Monet s'est laissé emporter.84 comme des gnomes monstrueux et têtus. Flot rochers sont non seulement invincibles. à une ronde bouillonnante. que Il résulte de l'immobilité de ces roches et de de cette mer qui annihile son les mouvement par tant de tableaux de Monet. Les touches sont à la fois pesantes et agiles. le ton. Jamais encore sa facture n'a été plus flot complexe sur un dessin plus simple. ou bien forment une cri- un cirque au milieu desquels la vague s'abandonne. sont en accord pour donne l'harmonie. : ils et sont encore splendides. en suivant cette manœuvre opposée et superposée qui se retire et de celui qui s'avance. inexorables mer a des azurs. . au contraire. l'agitation vaine contraires. lui suffisent pour créer des spectacles pleins d'unité et pourtant de changement. de bronze. que. et dont elle modifie à peine la forme au bout de centaines d'années. Parfois. Pour peindre cette harmonie dramatique. plus soutenus. Parfois. Ainsi. comme les les s'est-il contenté d'un petit Pyramides de Port-Coton (sorte de nombre de motifs. semblent mouvements comme animés par palpitation intérieure. le grenat. rageant et se lamentant.

1—4 « O H O O < W O (/2 w .

.

rapprocher ces contrastes artistique. cet enthousiasme fécond fut presque constamment coupé par des accès de doute. il n'aura pas de plus grande . et régulier non plus de ses per- même. les plus heureux de son travail. émotif. et dont le public. on dirait on l'osait. mais de un beau rythme. énergique. et dont sans doute lui-même ne s'est jamais rendu compte. est que il cette œuvre échappe depuis longtemps se trouve pourtant pour nous. Il peut attaquer l'ouvrage et tenir aux gens sans en démordre. un double intérêt qui aide à notre compréhension de l'œuvre et nous empêche de porter sur l'homme un de ces jugements tout faits. et d'autant plus inexacts que leur simplicité les rend vraisemblables. ou plutôt d'organisation humaine et artistique. et quant à ceux-ci. en révélant que si Claude Monet eut dans l'ensemble de son œuvre un élan de lyrisme et d'ivresses de nature plus intense que la plupart des peintres modernes. trait En revanche de caractère. On même même tête l'a jugé exclusivement tenace. à part la brutalité. des anxiétés allant presque jusqu'au désespoir. Il y a d'autant moins d'inconvénients à le dire ce qu'il a de pensant et de noble. il est tout cela. Mais il est en temps extrêmement sensible. et. fonçant sur l'obstacle. si l'ardeur calmée. tendre. dans moins avide qu'on ne le croit. une fois brutal. mais de sa sensibilité continus de ceux qui régnent jusque sur sa vie ces intrusions trop coutumières à l'information contemporaine. Et en effet. Mais il croira voir ce qui manque à celui-là. dans ce à l'appréciation de son auteur. n'est pas donne à l'ensemble de comme le flux et le reflux. des périodes de découragement.QUE L'ŒUVRE DE MONET EST SOUMISE A UNE LOI DE CONTRASTES. devant les résultats les plus beaux. Un besoin de contrastes et d'alternances qui n'a peut-être pas été jusqu'à pré- sent assez étudié dans l'œuvre de Monet. On pourrait. Nous ne commettrons pas de ceptions et de son labeur. car son caractère vivre et d'agir. sans entrer de s'étudier sa production et de se raisonner. alors qu'il les aimera. ample avec indiscrétion dans l'intimité.

dans fut. marche de la positifs. en effet. Elle permet de comprendre pourquoi dans l'œuvre. elle n'est pas moins aisée à admettre que le perpétuel combat qui captivait Monet à Belle-Isle entre l'élément fluide sans cesse agité. 86 que de se dépenser pour eux comme il fit pour Manet et pour Sisley (1). Au thèmes en rapport ou en relation avec Les tableaux deviennent ainsi. pour ceux qui voudront bien adopter notre manière de voir qui n'est pas venue sans réflexion. de sa vie. tout d'une pièce. flamme qui tour à tour vant les par exemple. Nous n'avons plus affaire à un de ces caractères massifs. comme l'ont fait les théoriciens des jeunes écoles qui ont réagi contre l'impressionnisme. non pas de pures impressions. nous dirons simplement que Monet se consacra avec une ardeur infatigable à l'organisation d'Une vente artistique au profit de la famille que Sisley laissait sans fortune. s'élève. posément (quoique toujours avec une ardeur alors contenue) à quelque cycle où la construction l'emporte encore même sur la subtibilité de l'harmonie. ou bien de travailler lentement. une tombe. sans nuances. Sui- sentiments qui dominent sa vie mettra ainsi de produire les contraire. et. l'idée satisfaction qu'il n'est pas sensible. une lumière particulière plus vraie sur et l'œuvre et sur son enfantement. court. épanouie. ce qui peut donner à ceux qui n'en sont pas l'objet. qui ne trouvent à apprécier que blement doué d'un admirable ouvrier. un de ces laboureurs robustes. toutes les journées comme poussé par ces sentiments à préférer.. mais bien d'involontaires prenait Jean. qu'ils conduisent. avait pour devise comme : nulla dies sine linea. et erreur de jugement physionomique. pour le sira des copiste entièrement passif de la nature. à la fois préjugé. sous l'empire d'idées plus sombres. ou du moins prétexte à le dire. si nous nous en tenons aux exemples qu'on peut donner. à aussi parfois — ce qu'on caresse de l'air et de la terre. . D'ailleurs ses affections seront choisies et raisonnées. se ranime jusqu'à l'embrasement. production artistique. et sans exception. et l'infrangible masse calcaire qui lui résiste et le domine.Jacques Rousseau. le Ces indications jetteront. (1) Sans entrer dans les détails de cette histoire. ou bien enfin de se laisser aller avec une confiance légère. Elle est la réfutation de l'opinion. il sera demeuré — d'assez longues périodes sans toucher un pinceau. Celui-ci pour ne considérer que suivant les spectacles qu'il aura été et pourtant fine organisation lui per- par rafales. semblables aux bœufs lettres. confessions au sens où le contraire la diversité il y discernera même et y choi- de ses émotions. Mais telle claire ne pourrait croire en considérant son œuvre d'ensemble. cette forte comme la il y a un trouble secret. et l'a œil» admira- ne voient que l'instrument sans sentir l'esprit qui l'anime. d'ailleurs intermittent. parmi tant de tableaux mâles. chez Monet. et surtout contre sa suite immédiate. un Emile Zola. en tant qu'écrivain des- promeneur solitaire » Quant à la dualité de cette énergie visible et de ce trouble le plus souvent caché. on en rencontre souvent d'une délicatesse criptif et « presque féminine. Ainsi Monet ne doit plus être pris. Au il l'observa. légende.

V2 Ui C/3 .

.

C'est sans doute par l'erreur d'une signature ajoutée après coup qu'une vue de Dolce acqua près de Vintimille est datée de 1886. cette toile est et une hauteur d'une au-dessous de laquelle et couronné de son Municipe à allure de donjon féodal. Les Pins parasols qui viennent dresser au bord tiges sveltes et contournées et le au-delà desquels se voit dans même de la nappe azurée leurs fantasque couronnement de leurs ombelles. en 1889. moins exclusivement caressée. en attendant que les d'Etretat ravins abrupts de la Creuse. production la les alternances sont trop constantes du hasard. La seconde saison méditerranéenne est plus corsée que la première. On voit que. entre mer le Cap d'Antibes. un éloignement de rêve nonchalante. les parfums et les douceurs d'une seconde saison sur la Méditerranée. dans sa coquetterie. les buissons la ville même. derrière s'aperçoit le village très à l'italienne. A rappel familier et apaisant des printemps dans l'Eure en 1890. auxquelles vont de nouveau s'opposer. Quoiqu'il en grande arche au premier plan. les harmonies plus sobres et les contours plus accusés en 1886. perché sur Bordighera et les Vin- soit. tandis qu'en 1891. ce seront les ardeurs de palette. en 1888. puisque nous voyons alterner les effets souriants de Giverny en 1883. et hauteurs. les rochers et le miroir des . eux-mêmes encore moins âpres que les sauvageries de la mer à Belle-Isle en 1886 et 1887. fassent entendre cette période succédera à son tour le un appel plus véhéments. sans être simplement qui incendieront sa pour cela suivre une régularité mathématique. Cette succession de contrastes qui caractérise et domine une notable partie de de Monet commence à s'acccentuer au cours des années que nous venons la carrière d'étudier. les colorations plus chaudes.AUTRES ALTERNANCES : VINTIMILLE. de Monet se conforme à un rythme très pour l'été l'effet dont net. Les silhouettes sont en général plus découpées. LA CREUSE. les suavités de Bordighera en 1884. puisque timille sont de 1884 coupe heureuse avec et les la les Antibes sont de 1888.

d'en être arrivé à ce moment de notre étude sans avoir assez dit que Claude Monet est. retiré à Fresseline dans une solitude qui n'était pas sans fruits poétiques. blantes à Fresseline. nous découvre la Un sans mouvement sous le ciel sans nuages. tout ce qu'elle peut faire ruisseler de prestiges et de gammmes. de lacs. il l'a saisi et exprimé. la richesse de ces tons et la On se plaît à voir dans ces toiles l'opposition entre fermeté rébarbative des terrains escarpés. . nid pittoresque. si l'on adopte on pensera avec nous que Monet avait accepté la cette suggestion surtout parce qu'elle se trouvait concorder avec son besoin de se détacher des flatteries méditerranéennes. : Les tableaux de par ceci que les la Creuse. et thème sur lequel ami du poëte qu'il Rollinat. la séduction ou la colère de l'élément. Ces ravins sont tapissés de bruyères et de maintes végétations basses. tandis que ceux de Bordighera et de Vintimille évoeaux. demeurée unique. avait pensé qu'il y avait là pour le peintre matière à une énergique manifestation. ses le verrons ne pas se borner à tant d'effets déjà collectionnés. sentent l'arôme résineux des pins. mais avec des colorations différentes. le sujet par M. mais qui devait finir tragiquement. bien que déshérité. qui. un peintre essentiel des eaux dans toutes leurs apparences. le Village de la . — le fait s'explique Américains venaient justement de s'aviser du succès commençant à venir largement pour Monet. où le pourpre domine. la palpitation. Tout ce que l'eau peut capter de lumière. de cette suite. tels sont les principaux motifs de cet aimable cycle. chatoyantes. si l'occasion ne nous était pas fournie par ce rapprochement. la transparence. mais amenée par la logique des contrastes. Claude Monet y avait été emmené avait rencontré à Belle-Isle et avec qui il s'était lié d'amitié. eaux de fleuves. comme aussi une toile de Belle-Isle montre seulement la mer agitée sous un ciel moins clément.88 dans leur égale quiétude. qui seront le années prendra son plus grand La Creuse fut le labeur de ses dernières prodigieux épanouissement. si l'on nous passe cette similitude. en 1889. Toutefois. Gustave Geffroy Celui-ci. C'est l'eau mirages et sa flore. Nous enfin. courantes ou immobiles. thèse que nous avons présentée. Les Eaux trem- Roche perché jusqu'en haut d'une côte et détachant sur le ciel sa silhouette pauvre et fière. voilà les deux tableaux les plus saisissants. qui sont presque tous en Amérique. des deux jouteurs de Belle-Isle. mer seule. si différents quaient à nos sens les senteurs de l'oranger. d'étangs. d'océans. vers lequel grimpe péniblement un sentier qui part du fond du ravin et du frisson même de l'eau. comme dans la série des Pourville se rencontre l'exclusive représentation des deux grandes immensités uni- quement en présence. — sont surtout bâtis sur le motif des ravins au fond desquels coulent des eaux étroitement encaissées et bouillonnant clairement sur leur lit de pierres inégales. miroir du ciel ou champ de bataille des vents. entre autres aspects sous lesquels on peut le considérer. d'une saison. Nous pourrions nous reprocher. de canaux. Aucun peintre de paysages n'a rendu avec une pareille sûreté et une égale variété la fluidité. la mer des tableaux d'Antibes. sillonnées de barques ou parées de grasses floraisons. non sans une certaine audace.

C/3 .

.

presque entièrement consacrée à l'expressive ingratitude Fait curieux (mais qui ne de la Creuse. au beau milieu plaine de Giverny. de la date une peinture représentant une Meule. Ruel). puis encore la plaine et le rideau d'arbres qui la termine. L'on ne peut guère compter comme paysage en contenant deux du cycle des Meules proprement dit un vues à une certaine distance (collection Durand- faisant partie petites. jouer dans l'œuvre dont elle inattendu. singulier. superbe. sans remplir le rôle prépondérant.89 nous surprendra plus puisque nous avons constaté chez Monet le principe des thèmes générateurs et de leur incubation plus ou moins longue) de cette année 1889. se passe. une année pendant laquelle fort peu des tableaux de Givern}datés de 1890. des glaçons Puis. charriés sur la Seine. et qui ne figurent que d'une façon subordonnée à l'ensemble. au toit rond. Ce sont de tendres effets de printemps. que leur rurale architecture allait marquait le point culminant. en avant du rideau d'arbres que l'on retrouve souvent dans l'œuvre. rappellent ce motif. .

DEUX ÉVÉNEMENTS

:

L'EXPOSITION AVEC RODIN,

LA SOUSCRIPTION POUR

L'«

OLYMPIA

».

dans l'œuvre de Monet, nous
trouvons, en guise d'intermède, pendant qu'elle prélude par les effets de printemps à
Giverny, deux événements, de nature différente, qui n'ont pas laissé de tenir une

Avant d'aborder

cette nouvelle et décisive évolution

certaine place dans sa vie. Ils ont lieu tous deux en 1889.

L'une

est l'exposition

que Georges

Petit

prit

l'initiative

d'organiser

simulta-

nément des œuvres de Monet avec celles de Rodin. Les deux artistes étaient encore
discutés avec beaucoup d'acharnement. Cette accession à une galerie très recherchée,
ouverte aux réputations consacrées, ou réputée les consacrant définitivement, eut
quelque influence heureuse sur le profit matériel que Monet pouvait enfin commencer à retirer de ses tableaux. Rodin exposait entre autres les Bourgeois de Calais.
Monet avait des types des principales époques que nous avons jusqu'ici passées en
revue. Nous nous rappelons avoir assisté, le jour de l'ouverture, à la rencontre de
Rodin et du critique alors redouté Albert Wolff, de qui le temps n'a pas respecté tous
les enthousiasmes ni toutes les condamnations. Pour Rodin, toutefois, il sembla faire
preuve ce jour-là d'une grande clairvoyance.

«

Ah

!

c'est

vous M. Rodin,

lui

entendîmes-

nous dire de sa petite voix blanche. Eh bien, vous avez beaucoup de talent. » Rodin
s'inclina cérémonieusement. Pour Monet il lui fut plus difficile de revenir sans transition sur les articles où il comparait les impressionnistes aux pensionnaires des
maisons d'aliénés, mais il sembla admettre que le peintre et lui avaient fait tous deux
des progrès. Nous n'insisterons pas sur cette exposition; nous devions surtout signaler
sa date

comme

celle

sinon du premier, du moins d'un important revirement dans

du public.
Le deuxiêîne événement nous

l'opinion d'une partie

Monet,

ne

fait

les facultés

intéresse bien plus en ce sens qu'il

montre chez

d'enthousiasme, le dévouement à une idée ou à une amitié, ce qui

qu'un dans son esprit aussi ferme dans ses sympathies que dans ses adver-

91
sions. C'est la souscription organisée

par

en vue de l'achat de l'Olympia,

lui

et la

campagne infatigable menée pour faire accepter l'œuvre de Manet par l'Etat pour les
musées nationaux.
La souscription dans l'ensemble fut brillante. Elle faillit un moment devenir
dramatique; et elle ménagea à Monet, relativement à certaines des personnes sollicitées,

quelques surprises.

Les

furent pour la plupart, empressées, vibrantes, touchantes

lettres qu'il reçut

parfois. Les

noms

les

plus divers se rencontraient de ceux qui tenaient à honneur

un peu d'Olympia » comme disait Toulouse-Lautrec dans sa réponse, Puvis
de Chavannes se rencontrait avec Degas, Duez et Gervez avec Mallarmé. On comptait
« d'acheter

encore parmi

Armand

empressés Duret, Moreau-Nélaton, Raffaëlli,

les souscripteurs

Dayot, Robert de Montesquiou, Lerolle, Flameng, Chéret, Lhermitte, Jeanniot, Guillemet,

Carolus-Duran, Pissarro, Roll, Frantz Jourdain, Ribot, Chabrier, Ary Renan,

Besnard(l), Boldini, Fantin-Latour, beaucoup d'autres.

Ce qui nous porterait à croire que
temps héroïques,

c'est

que certaines

lettres,

l'on

encore (en 1889

vivait

on peut aujourd'hui

!)

dans des

non seulement

le dire

sans indiscrétion, mais encore avec la certitude de valoir à leurs auteurs plus d'affection et d'estime, traduisaient à la fois le

bon

vouloir, et la difficulté de le prouver.

Dalou avouait sans détours que sa pauvreté l'empêchait de dépasser un
modeste. Rodin
petite

somme

« traversait

une

crise d'argent »

qui ne

le laissait

équivalente. Jean Carriès se trouvait logé à la

fut peut-être encore le plus

émouvant

d'entre eux. «

Mon

l'espère,

vous

longtemps sans

te prévenir.

Manet

Mais

ques francs de

:

11 janvier 1890,

côté, et

plus modique, avec
a dû avoir

le

envoie cette

il

un mot où

il

plaint

enseigne. Renoir

cher Monet, écrivait-il

mais

ira

je

(le

ne puis pas

au Louvre sans moi,

mais je ne puis faire autre chose que des vœux pour

tentez. »

disposer que d'une

même

11 août 1889), impossible de trouver de l'argent. Je suis désolé,
te faire attendre plus

chiffre

la réussite

je

de ce que

pu mettre quelsomme d'autant plus émouvante qu'elle est
affectueusement son ami pour les tracas qu'il
au bout de cinq mois,

il

a

« ...Si c'est fini. »

Aux beaux

élans de cet

hommage

collectif des

principaux artistes et amateurs

quelques refus assez inattendus se produisirent. Alfred
y eut une contre-partie
Stevens et James Tissot se récusèrent pour des motifs de simple amour-propre. On
s'expliquait plus difficilement que le chanteur Faure donnât pour raison de son absil

:

tention sa certitude

«que

la

manifestation n'atteindrait pas

aurait été encore plus difficile

si

but proposé», ce qui

tous avaient donné cette réponse.

Mais plus surprenante que toutes
et

le

les autres fut l'attitude

d'Emile Zola, l'ancien

hardi défenseur de Manet. Sa réponse bourrue, maussade, illogique, sera reproduite

non pour exprimer une opinion défavorable sur le caractère du célèbre écrivain,
mais pour montrer comment, même chez un homme d'une haute intelligence, même
chez un ancien compagnon de luttes, les nerfs parfois parlent plus fort que la raison
ici,

:

(1)

Besnard en envoyant sa souscription, ajoutait

:

«

Mais

le

tableau n'ira pas au Louvre certainement.

»

92
«

Mon

cher Monet,

souscription dont vous

de peinture

même

chagrin, mais je ne puis m'inscrire à la

écrivait-il, j'en suis très

me

pour

parlez. C'est chez

moi un

le Louvre... J'ai assez

parti-pris absolu

défendu Manet par

la

de ne pas acheter

plume pour

crain-

pour ne pas craindre] aujourd'hui lei reproche
de lui marchander la gloire. Manet ira au Louvre. Mais il faut que ce soit de luimême (!) en pleine connaissance de son talent (?) et non sous une forme détournée
du cadeau, qui sentira quand même la coterie et la réclame. »
dre [évidemment Zola veut dire

ici

:

Cela n'était qu'une erreur de jugement, une bouderie, dont les motifs, au reste,

nous importent peu aujourd'hui. Ce qui fut plus grave, et qui causa un incident assez
pénible, ce fut non plus un simple refus de souscrire, mais une véritable opposition
à la souscription. Et de

la part

de qui

?

De

non sans

l'ancien ministre qui avait

dif-

non sans courage fait donner à Manet la croix de la Légion d'honneur. Il
est trop humain de blâmer ce dont nous n'avons pas eu l'idée pour que l'on s'étonne ici
de l'attitude d'Antonin Proust et qu'on lui en fasse même un très vif grief; mais l'avenficulté et

ture est curieuse à rappeler.

Commençant par
écrivait tout d'abord

dire

que

les

pour quelles raisons artistiques

œuvres de Manet

il

désapprouvait

musée

plus dignes du

les

l'idée,

étaient « celles

qui témoignaient de l'impression que lui avaient causé les maîtres de l'école espagnole
et celles «
la

beaucoup plus intéressantes qui ont déterminé

lumière de convention de

l'atelier. »

Il

ajoutait

:

«

pas

Déjeûner sur

le

d'excellentes raisons

qui est du

l'herbe,

L'Olympia, avec ses très grandes

même

pour ne pas accepter l'Olympia

»

les artistes à réagir contre

qualités, n'a pas la signification des toiles auxquelles je fais allusion. Elle

même

il

et

ment public ne donne pas gain de cause à ceux qui

Le Louvre trouvera

temps...
il

ne vaut

craindre que

est à

l'auront offerte. »

le senti-

novem-

(14

bre 1889).

Monet supportait impatiemment que

les

motifs

précisément fournis par ceux qui auraient dû
s'était

voué avec tant de passion.

Il

le

et les prétextes d'insuccès

seconder dans

s'affligeait et s'inquiétait

fussent

la tâche à laquelle

il

de voir qu'une pure mani-

festation d'art menaçait de tourner à l'a

événement parisien», presqu'au scandale. Et
publiée par le Figaro donnait, de la bouche

sur ces entrefaites une « interview

»

d'Antonin Proust, à

pour l'Olympia

à la veuve de

la souscription

l'artiste.

Les amis de

celle-ci et

le

caractère d'un secours déguisé

ceux du disparu en furent vivement

offusqués et chagrinés. Antonin Proust désavoua vaguement

Monet un envoi de témoins.
achevé de rendre désastreuse

Il

mais annonça à

n'y eut heureusement pas de rencontre, ce qui eût

l'histoire

très explicite et des plus dignes,

prendre un

l'article,

de l'Olympia,

et l'incident fut clos

par une

où Monet, déplorant que certains eussent

lettre

feint de

beau témoignage d'admiration envers une œuvre et un maître pour une
aumône clandestine, et surtout que les détracteurs de Manet pussent trouver là un
si

excellent prétexte à manifester contre lui plus vivement

amis

don de ce tableau,
c'est parce que nous l'avons jugé un des plus beaux
l'œuvre du maître. »
et

moi,

écrivit-il,

avons

fait

que jamais.

«

Lorsque mes

et

eu

et

des plus caractéristiques dans

l'idée

de cette souscription,

93

Ce ne fut pas sans de grandes difficultés que Monet finit par faire accepter à
l'Etat l'œuvre qui aurait dû être donnée sans discussions et accueillie avec empressement. Comme disait le bon Renoir « il ne s'amusa pas beaucoup avec cette affairelà. » Aujourd'hui il est bon que le public se souvienne que c'est à l'ardeur et l'opiniâtreté

de Claude Monet qu'il doit de comparer VOlympia et les œuvres des maîtres

anciens que Manet avait continués. Après de
1890,

un décret

qu'il

demeurerait au Luxembourg ni
Il

fallut

était

rendu, attribuant

ne

illustre des

pas attendre

fit

heures.

On ne

musées,
la

du

Conseil,

les délais

le 7

novembre

tableau aux musées nationaux sans garantie

qu'il irait

que quelques années plus

étant devenu enfin président

au plus

le

nombreux atermoiements,

tard,

au Louvre.

M. Clemenceau, de chef de l'opposition

Monet

allât lui

demander pour Manet

l'entrée

L'homme

réglementaires étant accomplis.

d'Etat

réponse, ni la solution, ni l'exécution, plus de vingt-quatre

à ses ordres.Le transfert fut opéré

résistait point

demande, en dehors de toutes

les

même

jour

le

de

la

coutumes administratives.

Ainsi se termina ce petit chapitre d'histoire contemporaine, que nous avons

un peu en guise de

relaté
le

divertissement, et plus encore pour éclairer le lecteur sur

caractère de Monet.
S'il

était nécessaire

sort de notre sujet,

de

!

sur l'humanité en général

— nous ajouterions que M.

Depuis que je suis

Clemenceau, lorsque

prompte et de sa
au pouvoir, vous êtes

remercier de son intervention

vous

l'éclairer aussi

demander autre chose qu'un

si

service personnel. »

le

décision, répondit
le seul

homme

:

mais cela

peintre alla le
«

Que

voulez-

qui soit venu

me

LES «MEULES». de formidable. Elle est noms du blé. l'attitude sous poids des saisons. il se trouve un Virgile un Poussin pour tirer des seuls enfantements du sol la poésie la plus profonde. Seul. les apparences sous les jeux de la lumière déterminés par la baguette magique des heures. soigneusement recouvertes. évocatrice même vieille divers d'une suprême des comme même l'art et la de façon majestueuse vers. nature nourrice. sur la terre qui le supporte. Millet avait retracé avec grandeur la . Démêter. seul. tout en rendre la masse. toutes les forces accumulées d'un amour du métier ne transcrire. le caractère. Leur exposition à la galerie Durand- Ruel fut un événement artistique retentissant. POINT CULMINANT DE L'ŒUVRE. L'idée art. Cybèle. De notre temps. pour traverser les sons dures et rassurer l'homme contre mûrit Mais de prendre ce presque le comme un de la paille blonde sur laquelle ^ grain sacré. Gérés. enfin de ne montrer rien autre que cet objet familier et de ne voir. ont été figurées neuve en poésie eux-mêmes. entre mille sujets rustiques dans l'immensité des champs et parmi le travail du paysan. sai- même édifice être. n'est pas et noblement tendre. bienfaits de la terre. c'est ce dont personne ne s'était avisé jusqu'alors. dans deux ou trois magnifiques dessins. la gravité. Millet a compris et exprimé. comme un monument. le les disettes. (dans un des quatre tableaux des Saisons) pour faire du grand champ de blé tout un personnage plus important à nos yeux (et aux siens même). ont suggéré la divinité. la solennité des gerbes régulièrement amoncelées. encore une fois. C'est de 1891 que sont datées les Meules. que Ruth et Booz qui — se rencontrent parmi les épis. toutes les perceptions d'un œil délicat. d'appliquer à du laboureur. ET LEUR VERTU ARCHITECTURALE. les plus beaux Même aux temps où régnèrent les représentations les plus allégoriques. et d'un amour de la nature.

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i .

pour en faire une étude. les effets de coloration se succédant rapidement. toujours avec plus de variété et de largeur. que les Meules marquent le point culminant de l'œuvre. tout un poëme des peut-être plus dramatique. les coloraient de tout un fantastique mystère. toute pétillante sous l'intense soleil d'été. fixant le plus rapidement possible l'essentiel des ombres. vous le voyez aboutir. Mais le soir s'approchant. puis une autre. d'autant plus conforme à la direction de ciation de ses travaux. une autre encore. des chatoiements jetés par les jours suivants. l'asso- comprendre combien ce motif le retint d'une façon en quelque sorte nécessaire. de s'analyser lui- dû à une circonstance fortuite. mais tout un cycle. Ainsi. tandis ne se reproduisent plus. son élève et sa confidente. Mais vous qui avez observé la progression suivant laquelle que chez lui une idée latente d'autres. qui vont aller se développant. la voie où ses facultés et ses attractions l'ont engagé. inévitable. la et à leurs alen- communiquait une émotion à travers lesquelles on devinait leur tours. au bout de l'année. le relief.95 forme. c'est ici que . Vous l'avez vu annoncé. l'homme est absent. ou bien pour faire reposer dans son ombre une paysanne endormie. mais encore était-ce pour noter de ses constructeurs. L'hiver. qui se trouve entraîné par la suite. l'avait mis en présence d'un des objets décisifs. le soleil Il revenait son analyse. Monet croit donc que ce fut seulement une abondance d'effets qui l'induisit à multiplier les variations sur les Meules. seule notre instinctive gratitude témoignage de et interroge ce l'effort qui ponctue la solitude et Monet. d'un des véri- sommets de sa carrière. D'ailleurs d'étudier en ne suffit-il pas de faire remarquer que soi-même une meule. il était venu avec sa belle-fille. quand Monet ne de ses conséquences. Les phases de cette terre qui nous fait payer cher sa clémence. qui sont vives et heureuses ici avec nous fait rejeton et fructifie. Il raconte qu'un jour. Déjà cette raison justifierait l'opinion. M"° Hoschedé. sur et sous la neige. Dans tableaux de Meules de Monet. trop passionné à analyser même. perfectionnait Puis l'été ne couchant à plein affolement de rayons. de sa force expressive par rapport à la plus grande simplicité concevable du sujet et des lignes tables sur lesquelles il est construit. silhouette. Cela non pas seulement à cause du caractère complet de ce cycle. Nous avons donc dit. les belles lignes les gestes simples de la Meule. séduit par l'opulence d'une belle meule dans la plaine de Giverny. qui rachète par tant de si maternité ses rigueurs. contemple la nature pour avoir la contredit le loisir à la fois. que nous avons déjà à plusieurs reprises noté certains de ^es thèmes. Cela est d'autant plus causé par une loi de son esprit. lumière donnait aux meules lui suffisait pas. c'était non pas l'étude projetée tout d'abord. vous pouvez plus nettement que lui-même. des lumières. l'enchaînement. amplifiait son dessin. des fêtes encore plus aiguës. il demandait une des vite toiles blanches apportées. sans nul dessein de multiplier ses obsercycle des Meules était vations sur ce thème. en simple état de «devenir». seule sa vie les est attestée. corsait sa pâte. a pensé que son mélangée d'un peu d'anxiété. montre à quel point l'idée même d'isoler se serait pas douté sur le l'instinct du peintre associé à et moment la force expansive du souvenir. brumes enfin. Mais. en connaissance de cause.

le peintre est parvenu à un résultat définitif. de toute son expérience. somptueuse. et cependant susceptible en s'appliquant à d'autres sujets. Cette matière avec le temps prendra est le résultat la solidité et la profondeur d'un bel émail. de tout ce qu'il a conquis sur nature a éveillé. solide. De la sorte. embrasé en lui. autant que presque impossible à analyser parce qu'elle d'une analyse poussée à l'extrême. complet. La matière la le couleur est complexe. de se compléter encore. la nature et de tout ce que la . de toute son étude. et même est généreuse.96 la couleur chez Claude Monet atteint pour produire la plus haut degré de sa pénétration analytique plus grande richesse et la plus grande puissance d'effet qu'il ait obtenues jusqu'alors.

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i .

de d'un rapport. Une des vues est légère qui fait de deux fait admettre avec même laisse demeurer à l'état d'exception. Monet avait n'aurait pas peint les Cathédrales. Claude Monet sur un thème de moindre portée. trait du gazon. d'autres levant qu'on devine. Ce n'est pas simplement que de rapprocher ces architectures de pierre les . d'un charme inattendu et un peu paradoxal. la la tendresse grande plaine fraîche que nous connaissons déjà de ses verdures de printemps. des Vernon matinaux très lumineux complètent ce même moment de détente. d'une importance capitale. arabesque originale à Deux ou la trouvaille de laquelle Hiroshighé aurait applaudi. C'est ainsi qu'en 1894. ainsi trois qu'à se livrer aux hasards heureux des promenades dans la région de Giverny. Riant et séduisant prétexte à étudier la coloration des frondaisons et des troncs selon les diverses heures du jour. mais que la réussite plaisir. cycle. ou de transition. ans se passent encore à revenir sur ces différents sujets. ombre projetée en zig-zags par le soleil à Port-Villers. Dans une entrevoir comme à travers un voile argenté les grêles silhouettes que son caractère et brume par d'une observation curieuse. Claude Monet n'avait pas peint un jeu littéraire des architectures de paille. la prairie imprévu de de Giverny semble s'éveiller gaîment. c'est l'ombre portée sur toute la surface tiges sveltes. ayant avec quence et lui plus Meules. C'est Il cependant que de la Cathédrale de Rouen paradoxal de penser que si qu'il s'agit. attire l'artiste tiges. digne d'être mis en parallèle avec celui des Meules.DES « CATHEDRALES » ET COMME QUOI ELLES SONT LA SUITE LOGIQUE DES «MEULES» En même temps monumental cycle des Meules. Des vues cet intermezzo. Mais le curieux. mais d'une qu'il édifiait ce paracheva quelques belles variations charmante élégance décorative : la ligne souplement incurvée suivant laquelle se déta- une rangée de Peupliers sur chait sur le ciel les bords de l'Epte. la série n'est point il cette et année 1894 pouvant allait voir naître être considéré à la fois un nouveau comme sa consé- son aboutissement.

lucide et raisonnée possession de soi-même. l'audace : parfaits de l'on appelle. de les appliquer à des données plus fécondes encore. objet quelconque. sûre et claire. un prétexte plus éclatant à prodiguer tous les jeux les plus éblouissants. en raison de leur isolement dans l'atmosphère. en l'intérêt art. plus colorées que celles de n'importe quel autre objet en pleine nature. que le succès ne lui était plus outrageusement refusé. Sur des motifs aussi simples.98 amené à peindre été les Meules. et Le public et les amateurs superficiels admirent ce qui leur paraît qui est quelque chose de beaucoup plus beau et plus difficile que et ce la pleine. des conquêtes de toute mais aussi pleins sa carrière. Puisqu'il était en pleine force et en pleine ardeur. jusqu'aux années de Vétheuil et de Giverny. n'atteignait pourtant et ne devait attein- dre qu'une première étape de la nouvelle route que Monet avait devinée par son instinct et préparée par la logique lui. les que même cette simplicité tours de force. c'est-à-dire de la couleur. surface. il était beau à tenter. des recherches. dira-t-on. ni le bariolage. parce que la lumière et la couleur s'y concentraient plus fortement que sur n'importe quel volume. leurs lignes. arbre. modelé atmosphérique de lumière. sur un thème aussi simple que celui de la Meule de pareils résultats. Le choix de ces objets n'avait pas été déterminé par le hasard. ne les touche pas. cette démonstration mais bientôt donnait à que l'avait ples d'une idée juste. il était inévitable au même. Le croire serait méconnaître tout ce que nous avons tenu à faire ressortir de toute son œuvre. les plus bariolés Non. parce que justement ce n'est ni l'éclat. ni la vivacité de maint ton pur juxtaposé. qu'avait jamais cherché Monet. de telle façon que la appelle la couleur et ne peut se passer d'elle. Son jardin aurait été. modelé étroitement liés et concouleur donne le modelé et que le modelé Cette magnifique réussite d'une couleur et d'un fondus l'un dans l'autre. ce qu'on pourrait appeler l'air et la Nous avons mières œuvres sous l'influence de Corot. leur vertu de concentration de tous les rayons lumineux. pour les raisons que nous avons dites. ces meules étaient pour Monet autant de problèmes à résoudre. s'était passionné justement à cause de la tentative. tout d'abord à son propre insu. la chaude intensité de leurs ombres. mais où la cou- suivi cette le relief leur ne comporte pas encore l'acuité analytique. où modelé et couleur se complètent mutuellement dans un équilibre qui tandis que le atteignait sa perfection avec la série des Meules. la palpitation le des solides plongés dans la nature. qu'il se sentait dans la vérité de ses recherches et de leur réussite. Par ce que leur nature même. puis celles où la couleur s'éclaircit modelé perd un peu de son relief. forme. où marche depuis les prene manque pas. Ce que aussi imposée à Monet. se présentant à sa vue dans le champ de Giverny. n'est autre chose logique du savoir réalisant rigoureusement les conséquences multi- l'irrésistible de l'audace. « les longs que Monet appliquât ses nouvelles ses facultés renouvelées) à un thème à la fois . leur masse. autant que nécessaire. ce qui revient en cette maturité d'âge qui permet encore . autant de confirmations des convictions. cette analyse et qui de la maintenant s'ouvrait devant couleur faisant corps avec cette puissance synthétique de construction donnait. Du moment que de son labeur. enfin puisqu'il était espoirs et les vastes pensées » facultés (ou.

plus tard. d'où revenait toujours à il Lorsqu'on tater fait ce elle. les la Seine. tracions ici seule. alliant l'amabilité et la force constante. un peu. on est forcé de répéter ce mot à chaque instant. devient très saisissant de cons- il moyen plus haut de son enthousiasme et de son Monet trouve à point nommé. et n'opèrent seuls. Ce qu'il y a de merveilleux. inclinaient à ne voir là que des variations. dans la carrière et dans l'œuvre de Monet est d'une extraordinaire logique. même de ceux qui commençaient à apprécier l'œuvre de Monet. qui naturellement avaient été choisies par le peintre parmi les plus rares. arbitraires. déconcertés par la diversité des harmonies. des plus lumineux. uns sans les autres. c'est que l'ins- y a une part égale à tinct celle de que jamais la volonté. exceptionnelles à dessein. Nous verrons même que ce fut. Ce fut une assez grande surprise que cette série nouvelle. Arrivé au monumental avec les Meules. que parvenu au degré pression. à part de ses charmes de sa source jusqu'aux de Monet se trouve analogue à un des plus fleuves de France. et construire uniquement dans complètement la couleur en sous-entendant ou même en supprimant le relief. il ne pouvait en repartir que pour le monumental. Si il on qu'elle lui avait déjà fournies. Les les détails autres. et l'on doit reconnaître maintenant qu'elle fut mal comprise. les le cours : thèmes permanents de cette Cathédrale le cette et à œuvre. ne pouvait plus le trouver dans la campagne un tableau. rapprochement de destinées. sans doute brillantes. plus magique sans cesser assez d'être naturelle. d'entraînant. Ce cours est semblable à celui d'un beau fleuve qui malgré rives suit sa pente et son accroissement depuis les grandeurs de son estuaire. semble maintenant l'appeler de tout l'élan de ses lignes et de toutes les pierreries de ses reflets. comme une vibrante . et assez complexe pour permettre à la couleur de se faire encore plus richement diverse. après l'expérience décisive des Meules. cherchées.99 ample pour que la grande ligne et la puissante forme pussent encore s'affirmer davantage. une sorte de schéma des combinaisons de lignes Mais. pour qui médite cette marche. comme plus important et beau. les caprices d'ex- sujet adéquat et nécessaire. par un concours de circonsdéjà traité un grand tances et de recherches fort singulier. qu'il put se dégager à son tour du monumental. ou diversions plutôt. si — que tout ouvrage y a pour ainsi dire son point de départ et son point d'arrivée inévitables. cette Seine qui depuis Paris jusqu'au Honfleur a précisément engendré. La progression. — si rare. ils Au contraire perpétuellement celle-ci guide et celui-là excite. sinon dans la construction même. ce thème. serait surpris d'être nous de volumes et amené à conclure qu'il avait nombre de celles qui peuvent s'offrir au paysagiste. plus surprenante tout en restant vraie. doxales. et pour Une des critiques les plus curieuses à cet égard fut celle qui consistait à dire que ces tableaux ne sauraient avoir de Même mais para- cette signification et d'intérêt les opinion se faisait jour jusque dans les éloges. le Havre quelques excursions. Et l'œuvre un des plus beaux même aisés. qui. Les uns auraient voulu une plus grande précision dans sculpturaux. le plus plus enivrant entre les deux points extrêmes de son par- de Rouen.

L'artiste avait voulu ne devoir son sujet. le richis- cadre se plus somptueux de pierre que mais dont l'œil le du grand aux minutes décisives. tous les passages de reflets les uns dans les autres. Celles des collections que nous avons citées sont assez différentes entre elles et assez typiques pour donner une idée complète de tout Celle Camondo du Luxembourg sont : est le reste. Si donc les Cathédrales de à recevoir d'un seul coup une révélation aussi éclatante. limitées exclusivement à la hauteur entre la façade. ainsi que leurs éthérisations fantomatiques lorsque les brumes s'abattent sur l'édifice. A distance. Au surplus. l'expérience est faite maintenant. d'art accomplie. Clemenceau dans inconnu à faire appelant l'A urorc. ou moins. solidée. Par exception. millionnaire intelligent le et cette rafle splendide. sans aucune des contingences qui auraient pu facilement opérer la séduction par surprise. la maîtrise. comme dans la collection Camondo. avec toutes leurs scintillantes réactions. dans telle ou telle galerie privilégiée. même seulement un amusement par leurs rapprochements et leurs contrastes. la transmutation en les argents du matin. les la reliefs en gris rosé. et qui ne perd rien de son intérêt et de sa Monet étaient des œuvres dignes de lui. et sans diminuer l'intensité l'a con- du modelé. Que l'on rencontre une cathédrale. Les seconde. ou que l'on en considère quatre. Les mises en toile étaient.100 page qu'écrivit M. pied et même dans de exactement à cette portion de l'édifice. et plus le sime gable central. comme au musée du Luxembourg. parmi les autres peintures modernes. Mais il convient de réfléchir que si à coup couleurs. d'un ton fauve avec l'une blanche avec des ombres bleues. ou bien les Trente-six vues de la même montagne sacrée. la sensation d'art n'est pas plus diminuée dans le premier cas qu'exaltée dans le second. il ne pouvait se faire qu'elles perdissent ces qualités par la dispersion. Monet exécuta quelques vues de la Tour d'Albane et de la Tour peintre de saisit. grande que blanche ou par le joaillerie grise. la de la ciel. qu'à la cathédrale seule. apaisée sans l'éteindre. elles ne doivent pas être moins d'une quarantaine. contrastes d'édifices voisins. classique en parmi eux les Cent vues du Fuji-Yama d'Hok'saï. le milieu des tours et la largeur entre les par passant la plus riche transcription colorée morne ou indifférent ne voit façade comprise dans le sommet du deux portaux latéraux. dans un album. ou plus. ou effets même élévation et sveltesse des flèches. pour la plupart. toute grise. Ces Façades sont nombreuses. encore mal préparée beauté. son appui. et l'enveloppent avec suavité. a ajouté du pré- cieux à l'harmonie. on commence à croire que ce fut leur étonnante réunion qui influença l'opinion. Ainsi trouvait complètement rempli. Peut-être cette thèse venait elle inconsciemment à l'idée des meilleures appré- une œuvre qui commençait à être célèbre. à cause de la solennité un peu triste et âpre de ces motifs. c'est-à-dire toujours plus fortes et plus raffinées que les précédentes. d'un . chacune d'elles ciateurs d'alors par l'analogie avec — : — demeure une œuvre isolée. comme de foule. à la cathédrale intégrale. sûr. et les ors empourprés du soir. ces compositions prennent pour l'esprit un intérêt. presque sans sol et sans orfroi. Le temps a exercé son action sur la matière colorée. au contraire.

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ou bien nous n'en saisissons nous embrassons du regard toute esprit s'attache à les larges toutes les façons. ensemble. et pour en surprendre et en traduire l'idée de l'extrême diversité des les subtils accords. avec un reflet qui dore par en dessous la profondeur des archivoltes. repose sur un principe entièrement différent. la quatrième. pour article d'évangile. de la forme étudiée en chaque linéaen chaque détail. ou de ceux qui sont incapables d'apprécier la différence entre les créateurs et leurs singes. un travail de copiste. été forcé d'opter. cadre des épisodes légendaires. d'un bleu matinal indiciblement délicat. ou bien la fois. ne peut s'attacher qu'à um seul à De Il synthèses y a plus. la masse de l'édifice. soit par indigence d'invention. . Ces quelques exemples suffisent à rappeler harmonies. Mais on réfléchira que sur un minutieux relevé des statues et exclusives ment et des ornementations innombrables de cette architecture. et deviendraient un bariolage accidentel. que les procédés actuels de photographie surpasseraient. les résumés de pour quoi Monet a reliefs Quand nous sommes en présence d'un aucun détail si tel un détail. les nuances ne pourraient plus jouer avec cette souplesse. les exercent la même action sur nos sens et nos âmes. On peut objecter à cela que les peintres d'architectures d'autrefois. par exemple. cette bonne foi des forme aiguë de la singerie. Van der Heyden. avec des reflets rose et or. on songe quelle prodigieuse sensibilité de perception s'exerçait sans se lasser jusqu'au bout d'un On cycle. tous ceux qui furent entraînés à l'imi- tation littérale de Monet. soit enfin pour essayer de surprendre la amateurs économes. et l'on nous sommes en présence d'une expression Nous devons négliger par là même mêmes du détail ne nie pas que dans ce cas. unissaient une vérité scrupuleuse de détails et une couleur suffientre une impression samment équivalente à et la moyenne des perceptions de tous les spectateurs qui passent. sur lequel d'ailleurs l'œil de forme. si notre — tous Monet devait donc les choisir harmonique de peintre et une épure d'architecture. ne s'égarerait pas moins que sur fatigant. et qui par suite prennent la vogue. plus cérébral.101 gris qui fait ressortir l'azur profond de la grande rose centrale. est un effet de soleil. cette mobilité. Selon ce principe le jeu des ombres et des lumières est analogue à celui des tons et des reflets dans les Cathédrales de Monet. — et il autres disparaissent et se fondent. donnaient ainsi des œuvres d'art de haut prix. du matin également. tel pourrait dire qu'à la rigueur ces jouissances de la couleur étaient forcément du plaisir plus rationnel. la troisième. Mais parti adopté il est aisé de répondre que le par Rembrandt lorsqu'il se trouve amené à peindre un de ses mystérieux temples ou palais. sacrifices d'art supérieure. Canaletto. soit par impuissance de se servir de moyens leur appartenant en propre. pis encore.

où lever de polémiques mais sans elle intéressa sans sou- non plus provoquer beaucoup d'enthousiasme. ou qui se satine et miroite sous les soleils voilés. norvégienne fut exposée chez Durand-Ruel. par le sentiment d'immensité. un ou deux fjords calmes. temps l'Océan qui paraît si cares- enveloppé douillettement dans ses brumes légères. voilà tout thème. . à cause de son génie pictural. le village plus pittoresque de Sandwicken. l'originalité les il épisode. Monet alla faire un tour en Norvège pourrait penser que cette circonstance fortuite est seule cause de la série Scandinave. produit de arbres motifs prin- nombreux pay- reflétés. Une grossière hutte de pier- perchée sur une croupe maigrement gazonnée qui surplombe la mer. où belle Cabane du douanier même. On de Rouen. et par la diversité des harmonies. Il affectionne (célèbre grâce à lui) sur la falaise de Varengeville. tableaux qu'il peint sur ce motif la simplicité railles. autres une aussi la célèbre Dans de les le revient se fixer à Giverny. Mais nous avons vu qu'il ne se décide à choisir que par des raisons de peintre. il comme un les si simple éclate particulièrement. sorte de croupe pelée et noirâtre sous la neige. et il est infiniment plus conforme à l'idée que nous nous sommes faite de la marche de son esprit. sont et cipaux de cette série que nous considérons simplement En 1896 et 1897 entre sages. cathédrale et une sauvage et glaciale nature que La série Ici c'était le entre les délicatesses de la contraste résidait. Monet vous pénètre de réalité On est réellement envahi et l'on domine en même et de rêverie. larges peu accidentés. r. avec Inondation. l'espèce de sensation d'air salé qui vous vient aux organes en regardant ces tableaux. évocateurs de vos propres souvenirs de promenade. Le Mont Kolsas. Avec le minimum de lignes. de penser qu'il aurait pu aller en Norvège sans y donner un coup de pinceau.^ Après avoir peint où se trouvait un de la cathédrale ses fils.TRANSITION DU POÈME DE L'EAU. s'il n'avait pas été déterminé à la peindre par un de ses instinctifs et habituels contrastes. . des volumes très simplifiés mais sant.

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.

Au dans son ensemble par deux ou surplus. ne venaient pas rectifier cette l'eau. Giverny et Vétheuil exécutés entre 1896 et 1902. tantôt dramatique à donner le frisson comme dans les Inondations et les Débâcles de glaçons. opinion un peu trop limitée. Ce poëme de nous l'avons vu se dérouler à travers une grande partie de l'oeuvre déjà parcourue. où le soleil n'apparaît que sous condition de couleur sombrement affolée. divers Pourville. la rattacher à cette sorte de poëme des eaux. au pays de Turner. apaisée jusqu'à duo de couleur et dans l'infini de lumière qui. aux- quels nous arrivons après avoir noté. dans son indicible douceur. il une atteint belle intensité de couleur. l'un de ces Après trente ans. comme sur la côte normande. si les Meules. En nouveaux cycles de l'Eau s'amorce par une Vue du Pont de Charing-Cross. 1902. Monet revenait au séjour de ses heures d'angoisses. les Cathédrales. nous verrons trois cycles Monet lui-même la confirmer encore d'une importance capitale. gracieux. La vitesse de deux trains qui se croisent y est hardiment indiquée par la direction de leurs panaches se déroulant dans cette étrange atmosphère de la Tamise. en possession d'une ardeur capable de tout oser et d'une palette capable de tout rendre. à l'occasion. dans lequel il a décrit l'élément à peu près sous tous ses aspects. revenant sans cesse avec une réussite nouvelle. sans compter les anciennes vues de Paris. subtil. au point qu'il pourrait être considéré comme la note dominante de l'œuvre. tantôt courant. certaines vues de la mer en Provence ou sous l'immense voûte du ciel. . tantôt tumultueux comme dans les Belle-Isle. dans cette suite des Cabanes du douanier. pour être complets. Il faut. nous ferait penser qu'il n'y a jamais eu de naufrages ni de nuées chargées de foudre. entre ses eaux alourdies et son ciel surchargé. Varengeuille.l 103 robustement modelés. Dieppe.

devant les caresses infiniment suaves de la lumière de France sur son étang de Giverny émaillé de nymphœas. Avant de partir. que noter ici cette indication rapide. en son jardin qui certainement lui parut plus beau. plus délicat. A ce la à l'atelier de diverses la tentative demeure combinaison venait sinon moment le bruit en courut dans . à cause aussi mémoire et la reprise un caractère plus corsé. du moins la compléter. forment une opposition avec le tragique courant de la Tamise. plus d'une fois pendant la grave maladie qui le saisit et le voyage. Nous ne devons comme fuyante. fut attaqué par une fluxion de poitrine qui prit et plus ardent que jamais. où peintures. au Londres fourmillants confus. Mais ces eaux de Giverny. il avait déjà esquissé. et. un autre chant du poëme des eaux. et qui plus tard s'accentueront. Pour la première fois contretemps. plus lumineux — comme font Le cycle de Londres. tristement solennels. Au reste. qui avaient en réserve tant de tendresse pour ])eintre.LES EAUX TRAGIQUES DE LONDRES. le terrible peut-être à cause des circonstances de certaines conditions du travail. Mais la robustesse extraordinaire de son tempérament triompha du mal qui n'avait pas pardonné au pauvre Watteau lorsqu'il avait fait le voyage en 1720. du Parlement et de West- trafic incessant et un caractère alarmant. envahiront et s'imposeront à tout le reste. rêvé plutôt. et ceux. minster. une symphonie ne font encore que ces thèmes qui dans se laisser deviner. qui donnaient à l'exécution une des plus hardies. fut donc loin d'être infruc- mêmes où il fut accompli. malgré tueux. Le peintre des rives de la Seine et de ces moment où d'un il « le dut y penser terrassa lors de ce nouveau prés fleuris étudiait les aspects acres et grandioses des Ponts de » Il qu'elle arrose. Monet eut le temps de peindre plus d'une toile et de rassembler de nombreux documents qu'il put remanier et refondre une fois de retour sain et sauf. les choses que nous aurions pensé ne pas revoir. la dans une aussi large mesure suppléer à Vimpression.

W o H S eu .

105
les ateliers, et les

malveillances se hâtèrent de crier que Claude Monet avait prononcé

lui-même la condamnation de la pure doctrine impressionniste. Ils ne réfléchissaient
pas que Monet n'avait jamais été un chef de doctrine, un pontife, et qu'il n'avait pas
plus promulgué de théories qu'il n'en avait aboli. Ce nom même d'impressionniste, on
donné,

le lui avait

l'artiste avait,

et

même comme un

ou plutôt on ignorait que
produit maintes œuvres qui ne pou-

fruit d'une impression directe ?

lieu plutôt qu'en
Il

oubliait

Et que peut importer d'ailleurs qu'une œuvre

l'atelier.

commencée ou terminée en un

un

autre,

du moment

soit

qu'elle est le

vraiment beau de voir ceux qui avaient injurié

était

du temps au dehors, et à même le site, lui
coup de pinceau à l'atelier Pour un peu ils

qu'il avait peint la plupart

reprocher maintenant de donner un seul
lui

On

à côté de ses impressions en plein air,

vaient être exécutées qu'à

Monet parce

sarcasme.

!

auraient fait défense d'avoir un atelier

I

une conception plus nette de l'opération artistique, de se rendre compte que le prodigieux entraînement du peintre, sa
faculté exceptionnelle, accrue et fixée par des années de labeur, de capter, pour ainsi
Il

un

dire,

aurait été plus juste, et cela aurait dénoté

spectacle de nature, enfin sa sûreté d'analyse et sa subtile perception des rap-

rendent plus aisé qu'à tout autre

ports, lui

Que

si,

le travail

de mémoire.

après tout, aux temps héroïques de l'impressionnisme certains défen-

seurs de bonne volonté avaient formulé une espèce de dogme, décrétant je ne sais
quelles peintures à la course devant les motifs

jamais discoureur, n'avait pas prononcé des
et

il

n'était

et c'est la

harmonie avec tout

s'affirment absolument en

et la

ou achevés entre 1902

le reste

et

de son œuvre. La

dans cet irréel des fantastiques brumes londoniennes,
décision fulgurante de la touche, donnent les mêmes qualités à ces

recherche des accords,

vigueur

seule chose qui importe lorsqu'on les revoit

— ayant été exécutés,

à la distance, déjà de près de vingt ans,

la

éternels de conformité à ce code,

artiste créateur.

Les tableaux de Londres,

vœux

et

responsable ni des exagérations ni des naïvetés qui se prodiguent toujours

autour d'un

1904,

mêmes, Monet, toujours agissant

la vérité

peintures qu'aux plus franches d'Argenteuil, aux plus délicates d'Antibes, aux plus dra-

matiques de
les

Belle-Isle.

accords sur lesquels

sitent

un autre

Sans doute
il

gamme

la

d'une richesse plus sombre que ceux que néces-

est bâti, sont

eux-mêmes, et l'on
nous avoir donné une Tamise de fantaisie.
trait

yeux
ne peut certainement pas taxer Monet de

climat. Les effets sont plus mystérieux. Tels apparaissent à nos

les lieux et les édifices

Un

générale de ce cycle, ou plus exactement

de feu rouge

comme

le

sang traverse

les

nuées

vient se jouer en zigzags sur le flot perpétuellement clapotant

du

et les brouillards et

large fleuve

aux eaux

lourdes. Ce tison va fusant et s'éteignant dans le jour, le brouillard et l'onde, tous trois

d'un bleu aussi profond que celui de

rendent plus fantomatiques encore

la

la nuit.

Ces âpres fantaisies de l'atmosphère

haute tour

et le bloc

démesurément

vieux Parlement gothique, ou bien semblent suspendre, non pas entre

mais entre deux néants diaprés,

ou ceux,

sveltes et

minces

les

comme

large

du

le ciel et l'eau,

ponts massifs surchargés de piétons, de camions,

la

corde d'un acrobate, sur laquelle passent à toute

106
vitesse des express

empanachés d'une fumée qui

se teinte à son tour des reflets les

plus étranges.

Parfois le

London Bridge, avec

sa foule compacte, est violemment éclairé au beau

milieu par une lumière blafarde, tandis que

le ciel et le

même

ténébreux. Dans certains tableaux pris du

fleuve s'obstinent à

point, des usines, des docks, des

wharfs gigantesques apparaissent, et dans d'autres, on ne
d'autres ils ont disparu complètement.

Le

silence solennel qui enveloppe,

Ce

n'est

pas un médiocre

effet

du

talent de

dans un cadre de moyen format,
par

la force

de

Mais sous
y méprenez pas,
qui est le dessin

mer
du

les voit qu'à peine, et

au moins autant que

cependant un silence de mort. C'est

séculaire, n'est pas

le

Monet que d'avoir

et d'avoir

demeurer

le brouillard, le

silence

dans

Palais

du trop grand.

fait tenir cette

grandeur

rendu tout cela presque exclusivement

la couleur.

cette couleur qui
il

rend

bien l'impalpable et l'amorphe, ne vous

si

y a une construction, une architecture rigoureuse, un dessin caché

même

peintes sur la côte

de l'atmosphère. De

même

dans

les vastes et claires

normande ou provençale, sans autre

étendues de

contrepartie que retendue

y avait le dessin de cette insaisissable logique qui entraîne le monde dans
sur une route aussi sûre et aussi rigide que ce pont de fer sur lequel glissent

ciel, il

l'infini

les trains si

rapidement que

les détails

nous échappent

et

que seule

est perceptible la

direction.

Cette architecture sans lignes,

gement que jamais,

et

il

nous allons

n'est pas inexact

la

trouver bientôt réalisée plus

de penser que

les brouillards

lar-

de Londres

ont été la somptueuse et grave transition de l'architecture solide des Meules et des
Cathédrales à

phœas.

la

construction des reflets sur les eaux lumineuses du bassin aux

Nym-

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qu'accompagnent les cuivres ou les ors des tournesols et des soucis. Une grande allée centrale le divise d'étroits passages qui en deux rectangles principaux entrecoupés permettent à peine de circuler entre les massifs de fleurs. est réglée de telle sorte que l'enchantement commence avec le printemps médiane et est et Il ne se termine que lorsque cesse la clémence de l'automne. Cette polychromie. pour son De esprit ram- l'autre côté avec la route et la petite voie ferrée pour un per- exercice. par phalanges associées ou contrastées. au fond duquel est la maison d'habitation et les ateliers du : peintre. cette polyphonie. comme ceux des voix y a des basses de pourpre obscure. le peintre a toujours tel jardin est pour lui un inépuisable répertoire. des contraltos d'écarlate. laissées libres étalent des festons capricieux Ainsi. L'allée couverte par la voûte verte et fleurie que forment des arceaux de rosiers. touffue. nourri. est faite de capucines pantes qui. une extase de couleurs. pour son œil un permanent tour à tour une exaltation ou un repos. Celui des fleurs. calculées par un grand coloriste et centuplées par l'affolement du visiteur. De ces masses alternées. combinées. de chaque côté la bordure continue. se mêlent. large. jaillit une caresse suprême. Elles sont plantées à profusion. Le jardin de Giverny comprend deux mondes celui des fleurs et celui de l'eau. disjointes et convenablement espacées. frontière. les plantes qui se pressent en chacun d'eux suffiraient à égayer à souhait de nombreux jardins plus spacieux. condensé de telle sorte que. s'équilibrent dans un immense oratorio. Elles forment véri- tablement des chœurs qui se répondent.I I L LE JARDIN ET LES EAUX CHATOYANTES DE GIVEEINY. Chacun de ces chœurs est touffu. des sopranos candides de blanc et de bleu pâle. y Un et cependant bien rythmés. entre. lorsqu'il sort de sa maison ou même de sa riche sous les yeux le diapason lorsqu'il palette. s'étend celui de en largeur et descend en pente légère vers la route qui le sépare de l'eau. pétuel guide et conseil. l'empire de .

liquide ne fait que le surface la hasard des pas fasse rencontrer ou de quelque tronc de saule. celle qu'on voit des couches infinies de et qui se reflète. en trouve dans balustrades de ce pont grim- stalactites multicolores. gonflées. comme pointe vient à la rencontre de son image renversée dans l'Epte. En contemplant un peu longuement ces prestiges. d'iris. Encore mieux on s'explique comment deux éléments qui échangent leurs irréalités. Les fleurs y sont moins nombreuses. Que passe une nuée tendre ou l'image renversée de quelque touffe aux réalités du solide et du violente. ou plutôt comme la muqueuse calcaire de certains coquillages. Un pont bombé. On en voit des spécimens dans s'attaqua de où le soleil la collection Camondo entre autres. des de donne accès à pent des glycines et elles la villes. vaste et aussi varié qu'on on n'a qu'à abaisser le regard pour assister des mensonges de l'eau. bleuissent. Elles s'étalent en groupes de disques au centre desquels surgissent les fleurs charnues. et en tout dernier lieu le peintre nouveau à ce motif redoutable en l'amplifiant en exaspère les gemmes. de la race aquatique ellemême. forme de ceux que ce séjour des mirages. Les bouquets d'arbres encerclés par des allées sinueuses y donnent une ombre constante qui ne se déplace avec les heures que pour donner au calme du lieu le charme de l'imprévu. recommencent parmi ces jeux des les accidents de la terre. les plantes et celle aquatiques paraissent nager dans l'espace plutôt qu'être soutenues par liquide. celui-ci des nuances. les pétrifications montantes du paysages les sol s'aiguisent vers celles qui dans dont la les grottes descendent de la voûte. des rivages. l'on Aux retombent en grappes. d'améthystes. la terre. ce rappel qu'accentuer la magie toujours changeante des nuances qui dorent. Ici que un moment le ciel se reflète aussi à l'étrange union des illusions de l'éther et que et laissée la libre de s'épandre. Le premier était le monde des couleurs. interrompent. avec leur grâce éplorée. d'Hiroshighé. teintées de rose saumoné. ont puissamment attiré et longuement retenu le peintre qui les avait toujours étudiés avec passion dans l'innombrable duo qu'ils poursuivent. union si profonde hauteur des nuages Entre ces deux profondeurs. et il en fit le thème d'une nombreuse série. ou blanches et mates comme la cire. rosissent le miroir avide Les plantes d'eau sont d'une autre nature que celles de et fidèle. Leurs feuilles aux couleurs métalliques. Mais ces entrelacs et ces bocages ne sont eux-mêmes qu'un cadre. devaient tenter tout d'abord Claude Monet.108 un l'eau présente est le monde tout autre aspect. puisque l'eau qu'on voit est le ciel. vers les fées perfides les ensorcelés. qui enserre le vaste et paisible miroir d'un étang alimenté par Le cadre est assez quand on le voit le cours de l'Epte dérivée spacieux pour que lève les yeux en l'air. moirent. Ces aigrettes de rubis. et que le ciel qu'on ne voit pas est devenu la seule apparence de l'eau. et en choisissant l'heure . de topazes. l'on croit plonger aussi loin plaine. on comprend comment dans les légendes le fond des eaux participent de la peau grasse et attirait lisse.

.

.

» Monet car jusqu'en fut inquiet. Monet aurait donc pu renouveler non seulement Venise. conta — Venise. il ne La maîtrise. sans cesse remaniées.. l'avait fois cela dit. c'est même. si l'on peut dire. ne se renouvelait point. que Monet avait non. se contrôlait . Notre explication est tout autre. Seulement. la peinture et la poésie. se renouant elle-même logiquement à celles qui l'avaient précédée. tourmenté. ou. laissées à ce et il partit moment pour pouvoir les mieux reprendre au retour pour Venise. en 1908 il s'arracha à ces études longuement méditées. doutant de lui-même comme aux jours de sa plus ardente jeunesse. est plus difficile.GIVERNY-VE3VISE. l'eut jamais. il ne l'a pas au moment même où il prend l'offensive. Aussi Octave Mirbeau ne l'expliqua-t-il point et se contenta-t-il d'affirmer qu'il avait que de déclarer une la certitude. cette inquiétude. Nous avons trop souvent suivi cet enchaînement pour ne pas comprendre se continuait.. Cependant. au moment où il attaque la toile et tant que dure ce corps à corps. comme le dit le préfacier. Cette dernière explication était vague et peu satisfaisante. Il eu autant raison d'y la certitude et la maîtrise aboutissent à depuis longtemps ses plus extrêmes années. sont exé- Mais ce qui cutées de la belle manière. qui écrivit pour l'exposition ouverte en Bernheim-Jeune une de ces vibrantes préfaces d'une galerie avait le secret. « la rendre à la nature». Monet.. quant à et il aller ajouta simplement que Monet «avait attendu de nouveaux pressentiments.. mais encore lui-même s'il en avait senti le besoin. d'expliquer pourquoi Monet est allé à Venise tout de l'heure I où qu'il n'irait jamais.. à Venise. mais lui-même par une séduisante expérience en vue d'une œuvre considérable. reprises.. ET RETOUR. je n'irai Ce qui permet à lités dit jadis 1912 à la belle exagération dont il : pas à Venise. qui lui a toujours per- mis de se renouveler. Suivant Octave Mirbeau. l'écrivain de développer un amusant paradoxe où les bana- qu'a engendrées Venise dans la romance. Mais ce n'est point là le phénomène qui se passa.

l'effet d'oppositions le disait Mirbeau. ou bien encore le Palais Ducal. . Mais il est probable qu'elle gagnera avec le temps toute sa valeur et. était suave. Cette extrême délicatesse fut cause que la moins comprise encore que certaines autres. et où elle n'est guère. et s'entraîner des batailles de vagues de Belle-Isle aux sinistres richesses du courant de la Tamise. le Palais Contarini. le peintre a les moirures de la lagune pouvaient évoquer principalement choisi les motifs où la proportion d'eau est la plus grande par rapport aux édifices. et de telle façon que le dialogue est seule- son avant-plan mouvant. C'est pour cela qu'à Venise. devinée. moindre de la moitié. où de les irisations l'étang. étudie les maisons vénitiennes. plus scintillante que dans les premiers bassins des — nymphœas. pris à distance. de son tempérament il avait inéluctablement été à passer à celle de la compte ou non. de balcons. très peu contrastée. pour ceux qui étudieront à fond avec nous l'œuvre de Monet. série fut elle conservera un intérêt capital. en tous les cas. supprimaient le ciel pour le mieux montrer reflété. mais de cette excursion il devait fatalement revenir à l'entreprise commencée. de l'étang des aller et retour. la domaine d'analogies toutes naturelles. ou comme tentée lement la même de l'analyse qu'avait sa volonté d'éviter le trop pittoresque. plus brisée. nymphœas à nappe de lagune où s'élève la floraison des palais bariolés. l'art cha- roman- de cartes postales. et passer des eaux franches d'Argenteuil aux eaux la transparentes et vaporeuses de la boucle de Giverny. en tout cas. par qu'il le voulût. il est certain que comme travail de transition.110 immédiatement qu'il n'y avait qu'un pas. avec leurs massifs d'orientales maçonneries et leurs sentiers de canaux. résultat inévitable de la nature Monet et de tiques. Les principaux motifs sont Saint Georges Majeur qui semble : flotter avec sa tour effilée en guise de mâture. doucement toyante. pour une toutefois d'une bonne partie. à laquelle la force logique obéit toujours sans la discuter et il grande surface d'eau émaillée de nénuphars ne pouvait se prolonger qu'en les champs entiers de la lagune. mais encore tenus dans le secret de l'atelier. qui prend trop faci- plupart des peintres au piège. qui est vue de l'autre côté de bras d'eau. le Palais Dario. telles que le Palais de la Mula. déjà entrepris. le peintre ne retrace que la portion inférieure. une suite de maisons découpant sur le ciel une échancrure bizarre. ou bien l'entrée du grand canal. contient une proportion d'eau minime. Toutefois cela ne pouvait être qu'une excursion dans le sans s'analyser. dont il subissait déjà les conséquences sans en prévoir l'étendue. Seule la vue du Rio coin pittoresque de pont. sans montrer le faîte ni ment entre de la la par conséquent masse architecturale Salute qui le séduit par un le ciel. De même. Ensuite de l'ar- meule chitecture de la cathédrale. quée du dôme de la Salute. La couleur dans presque toute la série de Venise. de lagune du premier plan s'étend Quand il comme un la plus et cas- grande largeur du devant lequel la portion tapis. s'en rendît et amené de son œuvre. Nous avons vu Monet suivre le parcours de la Seine en acquérant à chaque étape des ressources nouvelles. façon plus accidentée. Il est enfin à noter que les tableaux dont nous venons de parler.

> .

.

il de Il l'intensité extraordinaire qu'il même simplement d'un faut tenir compte. Certaines années même) SIENS. quand on dépense une fois creuse. C'est cet jeunes écoles. dans les comme un virtuose imperturbable. que des écarts de temps parfois assez longs se produisent entre sionnément à Tel a la été. parfois simplement d'attente. travail différent de celui de grouper des éléments qu'ils n'étaient pas à même de voir. le résultat analyse un les à diverses reprises. soit vibrante et analytique. sur ce vaillant. soit se rapprochant aussi fidèlement que possible de la vision sombre et moyenne (1) Invenire. un une valeur seul coup de pinceau même qui n'apporte à révélatrice. décide à la soumettre au jugement public. trouver. soit même rare. V . la modifie. cuisinée. d'un chagrin. Il la périodes où Monet s'adonne pas- à l'accomplissement de certains de ses cycles. une transposition dans une gamme cette sorte d'invention (1). lui- et ce une nouvelle épreuve. un « copiste » asservi à la nature. doute.THÉORIE DES ÉQUIVALENTS ET DES DOMINANTES. nouveau. — alors qu'il n'est pas une seule de ses œuvres qui n'en soit une interprétation. tout en passant alors le plus désa- n'est qu'après qu'il se gréable des quarts d'heure. CHAQUE MAÎTRE TROUVE LES On aura pu remarquer. parfois de reprise. plus important l'entreprise le trans- et plus difficile que celui âprement disputées. une oeuvre. en ces derniers temps. porte et il commence un travail qui lui avait procuré des joies si couleur de nouveau la l'attire. découvrir ce que les autres ne voyaient pas. Aucune technique. Mais son énergie se répare. l'épuisé (et s'épuise parfois en jusqu'à ce qu'il en soit à peu près satisfait. et d'ardeur. en suivant chronologiquement cette étude. puis il même qu'il tient temps en doute encore. soit claire et unie. homme qu'on a voulu considérer. conquête en de foi artiste plein et tel artiste. cet etîet. ou a moins ou à peine produit. sur cet énergique.

Et cette beauté elle-même n'a rien de de codifiable. rejoignant. ne pourra et ne devra jamais être une copie exacte. aussi expressif et aussi complet en lui-même que celui des sons. rien expliquer de l'essence de cette œuvre même. tions adoptées. des plus beaux équivalents. entre beaucoup d'autres formes une meule. pour d'autres motifs. car elle réside uniquement dans la façon de la ressentir de celui qui l'exprime. ont été à notre avis. les peupliers de l'Epte.112 de cent paires d'yeux humains prises au hasard. et. ne sauraient. au fixe. cela est curieux à noter. — ceux qui et sont. C'est relief. préjugés d'académie ou d'atelier. eux. dans une autre région. que ces apparences changent avec une continuité et une rapidité prodigieuses. des apparences de la nature. Or. pour frapper tout d'abord les esprits libres de est incontestable nantes assez fortes. une façon de ressentir. Ces techniques ne peuvent donc (que tendre à établir les plus saisissantes domi- moyen nantes. l'incompré- hension de celles qui. de discuter les tonalités et les les pre- modula- du moment que les relations sont harmonieusement combinées et à la fois évoquent et renouvellent nos sensations devant la nature. ne correspondaient à aucune entité. qu'une invitation à En la ne peuvent être bien regarder. miers au succès de l'œuvre. aussi à part. mais aussi les émotions qui les accompagnaient. L'on n'a qu'à passer en revue tous ceux qui se sont trouvés mêlés à ce mou- vement et que des désirs communs de libre manifestation d'eux-mêmes avaient . une cathédrale. soit d'école en général. Quant aux équivalents. et qu'elles se sont ensuite imposées au point de demeurer gravées dans les mémoires. suite d'autant plus faciles à imiter qu'ils se distinguent de tous les les et pour cela que les critiques. puisqu'ils exploitent à la fois façon de regarder. et une une façon d'exprimer. ainsi considérée. se trompent de but et ne devraient s'appliquer qu'aux peintres qui ont trop facilement et trop docilement adopté la manière de notre peintre. revanche. mêmes remarques aident à comprendre pourquoi le terme d'impressionniste d'impressionnisme. Les raisons en sont que d'abord ces apparences ne sont pas perçues identiquement de même la manière par deux de ces paires d'yeux. de plus. rigoureuse. qui Les et Il reste tout à fait est la sienne. peu réfléchies et point fondées que certains ont adressé à l'œuvre de Monet. Il ils est tout à fait oiseux. il que Claude Monet a trouvé dans la nature des domiassez captivantes. alors triplement copistes. quand des dominantes ont été isolées avec autant de les équivalents empruntent quand — par autres. Exemples. en dehors des faits qui permettent de classer les étapes d'une œuvre. trouvés par un artiste sont aussi déterminés. et pas seulement nos sensations. La peinture. lui barraient la route dans les années 70 à 80. jugés assez beaux pour contribuer : la silhouette de Vétheuil. est un langage à part. soit d'artiste isolé. pouvant et devant nous parler sans aucun secours de paroles. C'est ainsi qu'une étude telle que celle-ci et toutes les autres de même genre.

113

Aucun

réunis.

n'est

analogue à

l'autre.

Boudin, qui assiste aux premiers essais de

Monet, ne ressemble pas à Jongkind, qui contribue à l'affranchir de ce qui pourrait

demeurer mêlé d'influences de Corot

et

de Courbet à sa vision déjà vigoureuse

et à

son dessin déjà caractéristique. Manet, parti des maîtres, ne ressemble en aucune façon
à Courbet qui a pourtant

comme

de l'un

l'autre.

une éducation de musée. Puis, lorsque par
réaction, ce que Monet a apporté de clair dans la palette et de lumineux dans l'atmosphère, agit sur le même Manet, aucune comparaison ne peut s'établir entre VArgenteuil
et les Argenteuils

Renoir

de

est fraternel

lui

avec Monet, mais, malgré quelques échanges de recherches

au début, rien de plus dissemblable que leurs tempéraments,
de perception, chez l'un
Pissarro, chez qui

et

et l'extrême délicatesse

chez l'autre, aboutit à des résultats entièrement différents,

on a cru pouvoir relever des hantises successives, de

Millet,

de Monet,

de Seurat, n'a rien, ni comme sentiment, ni comme touche, ni comme matière, de tous
ces artistes pas plus que de ses deux ardents compagnons de la rue Laffitte. L'on pourra

un jour ou l'autre que toutes les œuvres de Pissarro, quelles que soient
ses recherches du moment sont du même tempérament, et portent toutes leur signature à distance. Il n'est jusqu'à Sisley, dans sa personnalité moins tranchée, moins
impérieuse que celle de ses camarades, qui ne se distingue par ses qualités à lui, un
abandon sans arrière-pensée, une certaine aimable négligence pleine de saveur, et une
gamme, soit de vert et de rose très fraîche, soit blonde et ambrée des plus caressantes.
On pourrait s'étonner que dans un livre où se trouve étudié Monet surtout en
lui-même, mais aussi quelque peu par rapport aux artistes de son temps, le nom de
Cézanne ne se soit pas trouvé une seule fois sur notre route.
Ce n'est point que Monet et lui, il s'en faut de beaucoup, fussent étrans'apercevoir

gers l'un à l'autre. Mais les affinités que nous avons trouvées, malgré la diversité

des tempéraments, entre Monet

de trouver une

commune mesure

et

Renoir, sont

entre

ici

totalement absentes. Impossible

un peintre qui s'évertue à priori à reconstituer
peinture, et un autre qui, par une admirable

un système de la nature et de la
méthode expérimentale pénètre les lois de l'équilibre de cette nature, et trouve, au fur
et à mesure de ses nécessités le langage approprié, parce qu'il est tiré de ces lois ellesmêmes. Aussi l'œuvre, la personnalité, les influences posthumes de Cézanne (influences
et conséquences qu'il n'aurait ni conçues ni approuvées) sont des phénomènes d'un
tout

ordre essentiellement différent de ceux que nous avons analysés dans ces pages.

Cézanne a vécu à

comme un
admiré,
les

il

l'écart, et, tout

peintre doué d'un « œil »

ne

l'a

en admirant Monet, ne se

l'est

représenté que

merveilleux. Ce qui revient à dire que

jamais regardé. Monet, au contraire, a regardé

a admirées, mais n'en a pas subi la moindre atteinte.

Ils

les

s'il

l'a

œuvres de Cézanne,

ont vécu dans des

mondes

Le monde où Cézanne a si laborieusement construit son grandiose monument
d'impuissance n'avait donc point à être examiné ici; il n'y avait ni prétexte, ni profit

distincts.

à un pareil rapprochement.

Au

reste,

plus cordiales.

pour rares qu'elles devinrent, les relations avec Monet furent des
En 1895, Cézanne vint à Giverny, s'y rencontra avec plusieurs artistes

114

ne connaissait point, parmi lesquels Rodin. Il trouva même que le statuaire avait
été bien aimable avec lui, et que c'était vraiment « gentil de la part d'un monsieur
décoré». Il alla jusqu'à se prosterner devant lui, pendant un tour de jardin. Très peu
qu'il

de jours après

il

retournait précipitamment en Provence.

Monet de cette retraite plus sûre, j'ai dû quitter Paris, abandonner momentanément l'étude que j'avais entreprise chez un écrivain dont il avait
commencé le portrait qui s'était mis si libéralement à ma disposition, et je suis un peu
confus du mince résultat que j'ai obtenu, surtout après tant de séances et des emballements et des découragements successifs.
« Me voilà donc retombé dans le Midi, d'où je n'aurais peut-être jamais dû
« J'ai dû, écrit-il à

m'éloigner pour m'élancer à la poursuite chimérique de
« ...Pour terminer, je
j'ai

vous dirai combien

rencontré auprès de vous,

et

me

qui

j'ai été

l'art.

heureux de l'appui moral que

sert de stimulant

pour

la peinture. »

Cézanne a tracé là, sans s'en douter, son portrait au complet. Il confirme aussi
tout ce que nous venons de dire de ses « rapports par contraste » avec Monet, et
explique pourquoi il ne s'est pas rencontré sur la route que nous avons parcourue.
Nous devions pourtant nommer, et nous l'avons fait, ceux qui s'étaient rapprochés pendant la période dite impressionniste. Dans une histoire complète de
xix* siècle,

l'art

au

faudrait encore trouver des analogies et des influences chez des peintres

il

qui tout en les présentant à notre regard, conservent des physionomies originales.
Artistes

que

l'on s'étonnera plus tard

de trouver oubliés ou négligés en ce temps-ci

:

l'exquis Victor Vignon, peintre sensitif et tendre, coloriste d'une rare finesse; Cordey,

vigoureux

et

franc jusqu'à la roideur; Norbert Gœneutte, qui, non seulement

graveur, mais aussi

comme

morceaux dans la tracommençait à Venise et à Anvers,

peintre, après avoir perpétré des

dition des anciens maîtres et point indignes d'eux,

à se rattacher brillamment aux tendances picturales de son temps.

notamment Delâtre

d'autres encore,

comme

et l'Ecole

Il

en

est

bien

de Rouen.

Est-ce à dire que les dominantes et les équivalents (on nous excusera de répéter
ces termes nécessaires) découverts par Claude Monet, ainsi

en propre à ses principaux compagnons de

lutte,

que ceux qui appartiennent
n'ont eu pour résultat que des imi-

tations stériles ?
Il

ou

y a deux points bien

tels artistes faciles

d'une école que
le profit

que

distincts

à influencer

et

dans

cette question

qui constituent

le

:

l'action exercée sur tels

gros de l'armée, l'ensemble

temps classe et parmi laquelle il fait cependant des choix;
puis
en général peut retirer d'une façon de voir particulière et l'influence

le

l'art

exercée sur des artistes

même

qui suivent des chemins absolument différents.

historiquement certain, maintenant, que sans se ressembler aucunement entre eux, Monet, Renoir, Pissarro, Sisley, ont contribué tous ensemble à ramener
Or,

il

est

un goût de couleur
ques d'où

claire et d'observation directe

s'étaient enfuis

jusque dans

justement parce que ce goût s'y

les ateliers

académi-

était perdu.
Monet, en particulier, a inventé, ou adapté d'une façon neuve et personnelle
qui équivaut à l'invention, une méthode d'analyse qui avait cela de remarquable qu'elle
ils

115

ne contrariait pas,
et précise

la

servant au contraire, sa vision synthétique de la nature. Délicate

dans sa complexité,

cette

méthode

se prétait à ses sentiments tendres

comme

à ses sentiments passionnés; elle lui permettait de traduire, en équivalents d'une qualité

d'art supérieure, les spectacles les plus subtils

donc non seulement

de

la

les plus

vigoureux.

Il

est

mais encore peu critique de le considérer comme un
dénué d'imagination. Il a possédé, au contraire, à un degré

injuste,

copiste imperturbable, et
inégalé,

comme

une des qualités

plus belles et les plus rares du peintre

les

:

l'imagination

couleur.
C'est

une des raisons pour lesquelles

ces arrêts de travail qui ont

donné

lieu

aux

se produisirent

de temps à autre, de

réflexions que nous terminons

ici,

et pen-

dant lesquels cette imagination se reposait anxieusement, puis se ravivait, puis
reprenait soudain tout entier.

le

MINUTE DE RECUEILLEMENT.

Après toutes

les réflexions

générales que nous ont suggérées chacune des phases

de cette admirable carrière, aurons-nous besoin de résumer, dans des conclusions en
règle, la portée
faits et les

est

de l'œuvre, l'enseignement du caractère

de

la vie ?

A

quoi bon

travaux parlent d'eux-mêmes. La vie de Monet, claire d'un bout à

une leçon

qu'il refuse

d'énergie, d'indépendance, de hautaine probité. L'on

?

n'y songe

il

même

l'autre,

ne peut pas dire

pas. C'est tout naturellement, et parce qu'il est

payé par des satisfactions plus certaines

et plus hautes, qu'il refuse,

sans affectation,

honneurs, généralement recherchés, qui viennent parfois à sa porte, plutôt en

liciteurs

qu'en protecteurs,

comme

il

est d'usage.

Comment

se tourmenterait-il

des sanctions aussi vaines, quand elles ont attendu, pour se proposer, que

de son effort

les ait

dépassées? Cet

effort, ainsi

que

la

le

sol-

pour

succès

doutes âpres et féconds qu'il

les

entraîne, constitue avec les deuils inévitables ressentis

cœur,

si

vivement par tout

homme

rançon de ce succès considérable, universel. Quant aux récompenses,

la réussite

Les

de faire des concessions aux préjugés, aux ambitions, aux goûts moyens

de son temps, car

les

et

même

de

c'est

des œuvres qui nous les révèle. Tels tableaux puissants et délicats, où

où l'eau et le ciel forment une si pénétrante harmonie, où la végétation luxuriante évoque les promesses, les caresses ou les bienfaits de la terre, nous
font, comme si nous nous trouvions à ses côtés, assister et participer aux bonheurs

l'air circule et colore,

qu'il eut

d'entendre et de traduire l'immense

Et

c'est

poëme

en cela que l'œuvre de Claude Monet,

continua en s'écartant profondément de

lui,

l'égale

dépasse l'apport d'un ordinaire paysagiste. Certes,
beau, de peindre d'imagination
vie

les actes

humaine, dans ses douleurs, dans ses

cours.

Ce

n'est

naturel.

il

comme

celle

pas nous, qui, dans notre

qu'il

aux grands maîtres français et
est beau, il demeurera toujours

des héros et des dieux, et
joies, et

de Corot,

jusque dans

admiration

la

même

la

simple

monotonie de son

pour Monet, renierons

les

1

pour que cette image prenne rang à côté de celles qui les figurent. Tout mer qu'une l'eff^ort Il suffit qu'elle éveille des sentiments de l'humanité peut être évoqué dans une représentation de voile sillonne et brave. et comme un chant. et qui jette sur sa toile. de sa palette. les plus vivantes richesses . le grain qui atteste et répare le labeur. ou d'un champ qui porte. les héros et les hommes. architecture de la meule. et la amassé en la massive Un sentiment divin parole liturgique la : « peut Cœli enarrant gloriam dei » pourrait être la devise du peintre qui ressent avec vivacité. que les dieux. héroïques en nous par un nuage qui se reflète sur l'eau. n'est pas nécessaire. ou divins. les conceptions. avec profondeur. et l'œuvre de Monet le prouve.117 croyances. Mais il et même qui ont inspiré les maîtres qui inspireront toujours ceux qui doivent un jour leur succéder. avec toute toute la joie que lui a donnée sa science. être éveillé humains. les fictions. soient présents dans une image. les caprices que nous vénérons. la science que lui a donnée sa joie.

Aux heures les plus sombres. est à l'heure où nous sommes arrivés. » grand que La troisième année du drame commençait. je ne peux que peindre. non plus cette mêmes causes esthétiques. mais parce qu'il était étreint par l'angoisse com- Pendant fois pour les mune. les le travail. résolu quoiqu'un peu timide. Parfois des peintres s'arrêtèrent un instant chez lui. Ainsi se dessine avec un puissant relief ce caractère. se donnaient la peine de le rassurer alors qu'il ne ressentait aucune crainte. puisqu'elles ne font que mieux ressortir d'aussi beaux réveils d'action. Monet. de milliers de Parisiens. Alors il fit construire un atelier plus faire. Mirbeau. sans la moindre de ces discussions avec soi-même que tout artiste. l'exode aussi la caravane lamentable des réfugiés errant en sens contraire. dont nous ne devions pas dissimuler les périodes de doute et même de pessimisme. que nous avons vu ramassé sur lui-même dans le coin du tableau que Fantin peignait en 1870. tout poète. engage à la veille d'un grand travail. sa grande « œuvre de guerre » entreprise qui ne pouvait durer m . A quatre-vingt ans. Le jeune homme trapu. en passant. son parti étant bien pris de ne pas quitter sa maison et son fuite.EN PLEIN ÉPANOUISSEMENT DU POËME DE deux premières années de la Grande Guerre. Monet pensait « Il y a des Français qui combattent. une sorte de paladin moderne pour qui les mots qui servent à désigner la vieillesse sont déplacés et comme discordants. il faut que je fasse ce que je puis faire. comme il vit passer le long de ces routes de la Seine. Rien n'était fait pour donner confiance dans l'avenir. l'exortant à la peu rassurés eux-mêmes. Puis le temps lui lui dit : « Les Allemands n'oseront rien vous parut long. réfléchi quoique prêt à foncer comme un petit taureau. : Il sera beau dans l'avenir de se représenter cet commençant une homme de soixante-seize ans moins de quatre ou cinq années. et qu'il est déjà beau de voir résoudre par la mise au travail. cessa L'EAU. sans la moindre hésitation. et atelier. » ceux qu'il possédait déjà.

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sauf certaines du début. quatre candides. Chaque œuvre non point comme action. sont absolument relatifs. prêtes pour le mouvement rapide. un triptyque dans un autre. le rendant un instrument non moins de comparaison que de perception. on penserait qu'il y Le teint vermeil. bien effacées. trois. aussi décidé d'allure. Là-dessus.119 accomplie. de quatre mètres vingt-cinq et atelier de douze mètres de largeur sur commander des toiles sur châssis. que nous l'avons Les épaules sont larges. qui descend en nappe argentée sur le torse robuste. connu à l'âge mûr. se conservant met quelque peu de coquetterie. tel est le pro- — — logue. leur continuité est jus- apprécier d'étendue en rapport avec l'har- monie dominante. en pleine guerre. en rang ovale tout autour du grand atelier. Ainsi. vingt-trois de longueur et un quinze de hauteur. d'un même même motif. le mot de vieillesse. tifiée par ce que l'œil peut supporter et En d'autres termes. ceci est important. L'œil est si pénétrant. Lorsque le peintre le dit. disposer ces grandes toiles à la suite les unes des autres (et. ni qu'il se fatigue plus promptement que naguère. et ses il attaqua ce dernier et nous avons vu se diriger peu à peu son effort et sa prédilection. avec prestesse. si direct. et regarder sans peur. mais non oublié ni oublieux de Paris. le souvenir précis des années les plus lointaines et le jugement lucide du moment présent. contrastant avec la belle barbe blanche soignée. et en même temps si plein d'images accumulées. l'esprit prompt à la réplique. les lourds chevalets. aussi net et bref et précis de parole. touchant presque terre). partout à la fois. de six mèti-es sur deux. que l'on ne peut croire qu'il a failli être menacé. toiles se il attaque un dip- continuant dans une autre symphonie encore. ou contrastés. (1) Trois seulement sont d'un seul panneau. que l'on est surpris de voir manœuvrer les grandes toiles. formera. que toutes celles qu'il avait peintes en pleine force de l'âge. si aigu. . les bras vigoureux. et le fait même. larges hautes de deux. quatre grandes toiles polyptyques traditionnels. singulièrement exténuant. ni même ainsi les composée de deux. agissantes. aidé de ses études multiples des reflets du ciel se jouant sur l'eau parmi les groupes étalés de nymphœas flamboyants ou tyque dans un ton. qui réside dans cette construction occulte dont nous ne signalerons jamais assez l'importance. Les toiles de chacune de ces séries se continuent sans interruption. faire agencer des chevalets roulants pour au moins quarante à cinquante de ces toiles plus grandes. la grande palette chargée de neuf à la main. du peintre qui va couvrir de vastes surfaces. les mains petites. et chez Monet en particulier. — — alerte de corps de pensée parmi ses fleurs et du poème de vaste cycle l'eau vers lequel œuvres. et cependant leur division a sa raison d'être. tout cela montre que chez certains privilégiés du travail. demeurant éloigné. aussi vif de regard. des phases diff'érentes (1). Claude Monet est aussi droit. accordant d'un bout à l'autre. cette rangée de surfaces blanches. d'une des aspects contrebalancés et rapprochés. Faire construire. et toute épithète en affaiblirait le spectacle.

Mais quoique nous soyons dans ce pur domaine de un rythme elle. Monet en recommence d'autres. peintre ou poète. avec (1) une force Ce qui s'explique physiologiquement par peine séparées du sol. à étaler en rêve des couleurs sur les toiles. cette synthèse et subtile de tout ce est vrai. où donné le ciel n'est en maîtresse. moments les plus intenses de son travail. une joie telle qu'il semble ne plus pouvoir s'arrêter. n'avait pas atteint les plus plus poignantes épreuves de ses négations de de son œuvre. qu'il s'agit pas visible. parfois certaines de ces suites seront par exemple. de dire que le peintre était entraîné par son entreprise comportait. en descendant plus bas. comme elle ne l'a jamais d'un motif qui paraît n'avoir ni mais est fait dans commen- cependant aussi présent que l'eau. la trop satisfait. cette œuvre ne serait pas ce testament. et sa main a. elle aurait surpris en plein bonheur le plus heureux des hommes. ni des autres. pendant Si épopée picturale de quatre années et plus. qui est celui de l'atmosphère. des toiles posées sur . Monet ne se l'est point formulé dans ces termes. et jamais homme. sans être gêné. par l'image renversée d'un arbre que l'on ne voit pas. qui viennent accuser nettement la division en triptyque. à d'autres heures. ou au contraire devait s'éten- dre. parce que la combinaison harmonieuse sur laquelle il reposait gagnait à se limiter. Une fois quelques-unes de ces suites terminées. Parfois la construction sera donnée par un nuage. la disposition que nous venons de dire. Il y a dans cette exaltation de couleur. Au la couleur. toujours plus bas. en désaccord avec Monet. continuaient. Cette division n'est pas correspondante au nombre des toiles elles-mêmes. hauts points de ses enivrements lui-même énorme Il et par et beauté de cette aventure serait incomplète sans et les S'il cela. cependant que la encore des touffes d'iris chatoyante nappe s'étale. Ce seront d'eau qui viendront se dresser tout au bord. retenu. les Cela était inévitable. Ainsi c'est la couleur qui règne une œuvre cement picturale. à la lettre. même. elle vient au contraire les couper massives colonnes qui s'interposeraient entre nous et le comme de mirage nuancé. mais suivis de nouvelles flambées. et celui de surplus. plus tard. et Monet serait. Sans doute. deux puissants troncs de saules. une catastrophe avait foudroyé ce chêne à certains de ces moments là. étant ni fm. Il nous son cerveau en effet. et trois ou quatre à tel autre. jusqu'à ne pouvoir s'arrêter. bien entendu. s'illumine et fuit. n'aura pu s'abandonner à son rêve avec une pareille liberté. la griserie qu'elle confié qu'à certains qu'il a senti. à irrésistible (1). Il ne se l'est même point formulé du tout. ni de lui-même. et parfois même. et tenté. par quelque considération que ce soit. cette véritable de doute. ou en train pour une reprise ultérieure. devaient venir les moments moments sombres que nous savons. les chevalets.120 Ce principe. il y a cependant nous-mêmes par rapport à sont construites plus visiblement. que nous pouvons ainsi énoncer après coup. ce qui est la plus belle façon de fmir que nous puissions rêver. Ce caché. la nuit. puisqu'elle ne laisse rien perdre de ses nuances et de ses jeux et qu'au contraire elle les concentre et les avive. dans une d'elles. C'est l'exquise délicatesse de son instinct de peintre qui l'a poussé à ne donner que deux panneaux à tel groupe.

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considère comme salles le satisfaire forment une d'exceptionnelles suite décorations en ovale. malgré si l'on la puissante exaltation qui le mena jusqu'au bout. Elle donne aux maîtres avancés en âge une rapidité qui. Toutefois. formant un total de près de cinquante. ou plus exactement de quoi décorer plusieurs salle disposée de ce genre. se trouvant qu'à quelque distance de lui. et a l'illusion de la continuité et le regard se pose ou circule. trois ou quatre se suivant ment combinés en vue d'aller ensemble. Sans doute l'exécution de ces grands panneaux était pleine de largeur et traitée par amples synmais ce thèses. leur conserve ce frémis- ou de la joie Régents les la et les douleur qui nous rend émouvantes si Régentes de Frans Hais. Cette oeuvre pleine d'entrain était aussi une œuvre pleine de volonté. pouvait penser que. dans leur diversité. encore qu'il encore tenté. plusieurs n'auront pas satisfait entièrement Claude Monet. croit sentir au-dessus fuyant devant lui la particularité de ce grand travail de l'étang aux nymphœas. C'est en cela qu'est merveilleuse cette il campagne d'un homme entre soixante-seize et quatre-vingt ans. Monet savait absolument où il allait.121 Cependant. Toutefois ainsi. un coup d'œil sur l'ensemble et la fin même de l'entreprise. Les groupes de deux. Monet exécuta à peu près douze à quatorze compositions. modulations de nuances si et si soigneu- complexes. et que pas été expressé- elles. la les productions dernière Pieta de Titien. Seu- lement l'expérience de toute une vie. qui serait que partout où le plaisir du changement. nous aurions donné une idée absolument fausse de ce grand cycle. La grande œuvre que Monet se commanda à lui-même pendant la guerre et à l'approche de sa quatre-vingtième année. elles s'harmonisent toujours entre il Le comme au spectateur. permet de mettre dans le travail d'une heure ce qui est pour d'autres le labeur de longues journées. la couleur travaillée. et qui ne saurait être renouvelé désormais. à cette convention singulière et suppression de l'horizon. d'amples pochades. support des fleurs épanouies. les passages et y la est si nature que d'y voir des ébauches. risible. demeurera donc dans l'histoire de moderne un fait l'art sans précédent. de sa les inachevées. que possèdent bien peu d'hommes dans toute la force de l'âge. ne fut pas réglé par une discipline non moins puissante. elle demandait déjà une résolution. suivant la saisissante expression de Whistler. sans compter les études. loin d'impri- mer à leur ouvrage sement même du grand âge de : un caractère d'imperturbable froideur. pourtant véridique du relief tête le ciel reflété. Tout en se laissant aller aux mirages de la couleur. dire que la matière en est aussi précieuse que celle des œuvres de moindre format où l'analyse nécessitait les plus grandes délicatesses de touche. le miroir d'eau tout incrusté des plantes grasses. malgré l'intérêt d'élan qu'elles offriront toujours. de deux à cinq toiles chacune. que l'on peut sans exagération. une certitude de la durée. bien artifice. sement absolument en méconnaître serait Au contraire. Celles qui sont de nature à pour une vaste Il Il est même de ne certain soit que devant des surfaces que rien d'analogue n'avait la tentative été en prohibe toute imitation. ni par . n'ont telle est l'unité que. et même milieu grâce à ce hardi et de la verticales se développant circulairement. richement prodiguée.

son grand diptyque bleu des Nymphœas. créations incessantes et logiquement enchaînées. travail . et sur un des plus vibrants de ses hymnes à rière qu'il demandait à offrir terminer sa car- effort de plus vaste ses divinités Ainsi. d'essors enfin. et finalement en possession de tout ce que la gloire et la fortune peuvent apporter pour alléger l'inéluctable poids de la non sur un crépusculaire repos. lorsque le jour de l'armistice le peintre écrivait à du Conseil vie. après tant de travaux. le poëme des nymphœas est également. il est beau de voir un maître comblé de jours. une magnifique invitation à faire autre chose que lui. d'émotions. recherches jamais ralenties. pouvait-on considérer cette comme son bulletin de victoire accompli comme un des épisodes de lettre à lui. ni par quelque autre. : envergure que couleur son ami et le lumière ! Président à son pays.122 lui. de succès. puis de recherches encore au milieu même du succès. Comme étudiée de la prime jeunesse tout l'ensemble de sa production que nous avons aux années d'affranchissement. mêlés d'anxiété et de nouveaux envols. qui avait toujours lutté pendant qu'il œuvrait toujours. puis de puis de luttes. mais sur un jamais. pour tous les artistes. De toute façon. et cette dîme volontaire de son l'innombrable victoire française.

8. 26 5. . Port du Havre. 13. Village en Normandie. 36 36 38 Gaudibert (1868). Madame 10. Esquisse du grand tableau en partie détruit par l'artiste. 20 4. 12. Le Déjeûner sur 30 (1866). Les Quais 3. par Renoir (1875). 2. Le Phare de Honfleur 9. Une Terrasse au Havre. Sainte-Adresse. Camille. Le Port de Honfleur. Saint-Germain-l'Auxerrois. 40 42 M l'herbe. 6. Claude Monet. Rue de Pont-Neuf.123 TABLE DES GRAVURES 1. Portrait de 11. Femmes 48 cueillant des fleurs. et le — La 12 Chambre de Commerce 34 . 7. 46 14. La Brodeuse. et la Côte de Grâce.

75 Juillet. 48 16. Les Régates à Argenteuil. 68 25. Les Peupliers. Les Meules. 78 32. 66 24. Vue de 74 29. Argenteuil. La Seine à Bougival 50 18. Voilier à Argenteuil. 66 23. Cathédrale de Rouen. Les Falaises de Varengeville. Effet de neige (1874). La Barque de Claude Monet. 52 (1870). (1869). 82 34. 68 26. 86 Filets. 56 20. Le Déjeûner. 94 39. Route de Chailly (Forêt de Fontainebleau). 83 35. 84 (Belle-Isle). ' 96 97 100 . Les 37. Bordighera. café. 50 17. Les Dindons. la 76 Gare St-Lazare. 40. Les Pyramides à Port-Coton 36. La Tasse de 70 27. Antibes. Les Déchargeurs de charbon. Vue de Hollande. Le Quatorze 30.124 15. 64 22. 72 28. 41. Les Peupliers des Bords de l'Epte. Vétheuil. 88 38. L'Aiguille d'Etretat. 80 33. 58 21. La Tamise 19. Les Fumées de 31. Vue de Hollande.

Les Nymphéas. 110 47. La Cabane du Douanier. 102 43. Une 46. 108 . du Jardin de Giverny. Vue de Vernon 106 45. Claude Monet. par P. 104 44. Paulin. 120 Allée prise de la rive droite. 118 48.125 42. Venise. Le Parlement de Westminster.

11 De l'héritage Du retour à la nature et des prédécesseurs immédiats de Monet. ». 22 De opportune d'Eugène Boudin. et les dernières 43 peintures de person- 47 Peinture «grise». est 5 cause d'erreurs. Années sombres. impressionnisme la couleur. 30 Monet rencontre déjà Jongkind. 40 Les premiers grands tableaux de figures. Les «Femmes cueillant des fleurs» nages. les 15 18 Des débuts difficiles. Courbet Manet. que maîtres de la lumière transmirent à Claude Monet. en peinture.12fi TABLE DES MATIÈRES Que tout grand artiste est Du terme Que d' « un continuateur. rencontres heureuses. un ensemble 8 indéfinissable de miracles qui ont vertu d'absolu. 50 Années d'Angleterre 53 et de Hollande. ne rencontre pas encore Manet. . Comment 32 d'un groupe obscur sortit une Des différences entre et les « école » 37 célèbre. et peint des vues de Paris. 24 l'amitié Débuts pénibles. tableaux de personnages chez Monet. 26 Premières orientations.

126 . Les décisives transitions d'Argenteuil. logique des « Meules ». la souscription « Cathédrales » et Transition du 85 de contrastes. Des 82 Bordighera. l'analyse lumineuse devient de plus en plus 74 aiguë.Venise. la Creuse. Etretat. loi Les «Meules». Pour rappeler simplement des Entre Argenteuil 71 batailles éteintes. 123 Table des matières. Giverny. Belle-lsle. avec Giverny pour 79 étape décisive. point culminant de l'œuvre. Théorie des équivalents et 109 des dominantes. et Vétheuil. Chaque maître trouve les siens.. 64 Intermède de fleurs 69 et de fruits. 104 Le jardin 107 et les eaux chatoyantes de Giverny. comme poëme de quoi elles sont et leur la suite pour l'a Olympia ». Les eaux tragiques de Londres. 118 Table des gravures.J27 La période 58 hostile.. Minute de recueillement. En plein épanouissement du 111 116 poëme de l'eau. 90 94 97 102 l'eau. vertu architecturale. et retour. La Monet carrière de parallèle au cours de la Seine. Alternances : Que l'œuvre de Monet Autres alternances Deux événements : : est soumise à une 87 Vintimille. l'exposition avec Rodin.

RUE GANDON. DRUET & BERNHEIM-JEUNE % . A PARIS REPRODUCTIONS PAR DANIEL JACOMET CLICHES DURAND RUEL.ACHEVÉ D IMPRIMER LE TREUTE SEPTEMBRE 1 92 1 PAR LA MODERNE IMPRIMERIE 37.

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comme on le jugea dès qu'il attira elles-mêmes tranchant sur l'accu- justesse premières œuvres de aux Salons. que nous devions toutefois indiquer pour montrer dès le principe. ce qu'il cherchait. mais plus passeront peu à peu aux recherches les plus aiguës. Il n'était l'attention par cette simplicité cette et un insurgé. Ce tout jeune démolisseur. dire comme voulait. et dans la dernière partie de l'œuvre. préjugés du jury. homme de vingt-deux ans a devant froid d'un positiviste. Il allie la franchise. ni surchargé d'indications inutiles. il se fait sentir. un un improvisateur hasardeux. Les ouvrages de sa première manière contiennent.31 ficiellement combinée. et lyrique par la la notation. non sur l'expérience des autres. le dessin essentiel. renversant à plaisir les colonnes du temple. avec un dessin souple et plus insaisissable. aussi qu'on pourrait appeler la la netteté et même fermement à la façon de voir établi. quant à simple sa place par factice. Mais sans anticiper sur cette progression. Nous en voyons la preuve dès mulation du mais qui ne sont pour braver A les pour forcer faites ni l'a comme il le sentait. Mais il notion d'équilibre aussi sûre. que ceux qui. bien que ne commençant ni ne finissant proprement nulle part. Ce dessin. les la et que lui que nous connaissons jury accepte ou refuse. à un homme qui a méprisé les recettes et qui s'est appuyé. grand. comme nous le verrons. et les plus justes et les plus appropriés. Puis encore. il s'incorpore pour ainsi dire à la lumière. enrichi et perfectionné avec une suite et force de la plantation. pour toutes ces raisons. le médaille suivant les formules propitiatoires. il se libère et s'élargit. joie de Il la est positiviste nature toute par la la foi d'un lyrique et tout le sang- perception directe. Il de bonne foi ce qu'il voyait. comme le public allait bientôt le croire. les et mêmes vertus de construction. Aussi. Ce il réalisé dès l'abord et l'a il qui ne se sont pas démenties un qu'il annonçait. mais sur la sienne propre. mais nullement sec est ce une logique seul instant. son effort. Ensuite sûreté. qu'une architecture. qui. par les moyens pas. . même dans des effets de pure atmosphère et d'eau. que loin d'être. procurent pourtant à nos yeux et à notre esprit une au début. aux analyses de couleur les plus subtiles. et particulièrement celles qu'il destine ni marquer tout artiste sincère. nous est-il impossible de considérer Claude Monet autrement que comme un parfait classique. dans la maturité. il l'a tenu. partir de ce moment et jusqu'au bout de sa carrière l'œuvre de Claude Monet aura été d'une merveilleuse unité. la rapidité et la demeure à la fois cursif et solide. aussi rythmée. nous avons affaire au contraire à un constructeur réfléchi dans la conception. s'il est parfois impétueux dans l'exécution. très accusé.

sachant mettre Ces dessins doivent certainement leur force expressive à commençant cette et ils choses à leur plan. NE RENCONTRE PAS ENCORE MANET. sinon à engager Monet dans cette voie puisqu'il la suivait déjà et cela depuis ses relations avec Boudin. qui avait contribué. voyant juste. que son spirituel et judicieux aîné. de Sainte-Adresse. représentant grande falaise au pied de laquelle se blottit le village. On a sans doute deviné qu'il s'agit de la rencontre de Jongkind. Tou- diminuer en rien que de voir des analogies avec la façon de procéder par conséquent la trace des conseils de cet excellent moniteur. Monet y ajoutera de la complexité et du charme par la décomposition de la lumière et de la couleur qu'elle exalte. l'Océan prouve déjà à quel degré de sûreté moyens extrêmement le le très en valeur sur de peintre était parvenu à rendre. Comme type de la peinture de ces premières années. pour l'œil du spectateur. mais à y marcher désormais d'un pas encore plus ferme et plus sûr. en 1862. Une rencontre opportune s'était produite. Mais tefois ce n'est le de Boudin. grandeur de construction qui sera une des caractéristiques de l'artiste mûri. plus fougueux. Divers pastels datés de 1862 nous donnent déjà une idée très heureuse et très complète d'un talent vigoureux. un remarquable tableau daté de 1864 nous montre un thème auquel bonheur : les Falaises le ciel peintre reviendra plus d'une fois avec Une barque. une tandis qu'en avant remontent ces pastels datés. analyse tellement sûre et serrée qu'elle équi- vaudra.TÀ JONGKIND. Plus tard. à une harmonieuse synthèse. les la nature même du contiennent en germe. Autre chose est de . tout la clarté en conservant les mêmes mer et dans étonnantes qualités lumineuses. Nous pouvons citer un de une Vue d'Yport. pour celui qui les analyse avec attention.MONET RENCONTRE DÉ. par les simples. ET PEINT DES VUES DE PARIS. déjà et protégé hardi voit le et rend moins menu. des terrains en pente abrupte. la grande intensité de la lumière sur la qu'elle réfléchit.

non seulement contre des adversaires déjà désignés. mais aussi avec Eugène Boudin. qui s'obstinait à ne pas vouloir garder la pose. en effet la robuste personnalité naissante ne peut plus être dirigée dans un sens déterminé par un maître aussi spontané. en pleine clairvoyance de ses artiste déjà aussi volontaire Jongkind en 1862. à la fois un contrôle et un stimulant. c'est un ange. de Hollande. autant par les analogies que par les différences. et il ne se gênait point pour composer entièrement le tableau. des tendances déjà décidément manifestées. » en causant. Pendant « M"" Jongkind. à partager l'hospitalité et la table familiales au Havre. par analogie. voulait l'acceptation intégrale. « Je vous prie de et Tout en peignant confrères. sur la peinture qu'on aime et la contraire. Vous pourrez aussi. » Présentation joyeuse. on le devine. de discuter avec lui au besoin. aussi buts. l'Anglais demande au peintre drôle de personnage Voulez-vous me s'il Jongkind. Réponse enthousiaste de Monet. détails et » le Voyez. vous représenter les entretiens et les discussions que Monet vers cette époque engageait non seulement avec Jongkind. mais aussi contre des alliés admirés. d'entendre sa voix. instinctif le il La connaissance se fit d'une manière plaisante. Monet. ainsi que ses lettres. connaît un de ses la vache. les Tout cela ne pouvait que l'entretenir en haleine et en ardeur. ou en intervertissant à sa guise. de Un le au regard par le hasard. ses idées sur l'art. avec le motif . s'efforçait de peindre une vache. près d'ici. Jongkind. Amitié qui va jusqu'à l'invitation de Jongkind et de sa compagne par Monet. Liaison enfin. Alors. voulait qu'on ne se gênât point. était relative à la composition. dans » la belle vous pourrez facilement reconstituer rieurement entre Jongkind et les conversations qui eurent lieu alors et ulté- Monet. allant beaucoup plus loin. à l'auberge où je suis. tel qu'était que grand Hollandais. Boudin. « un et le permettre de tenir connaître nommé ? Il est tout Monet permet. sans rien changer ni intervertir dans l'ensemble du motif qu'il avait sous les yeux. réclamait pour le peintre la faculté de supprimer ou de modifier quelque peu des détails et des lignes. en grande partie — — — — mais en y ajoutant des détails étrangers qui feraient bien. Et Le grand balourd de Néerlandais c'est elle : « Ce repas. ainsi qu'au peintre à la peinture. des sur certaines lubies de ce génial dérangé. dans une cour de ferme normande. . qui m'a empêché d'être empoisonné par l'ordre de la : Mais Cour monographie de Jongkind par Moreau-Nélaton. on peut le dire.33 recevoir quelque influence d'une œuvre d'une simple théorie transmise par ouï-dire. La grande question qui en faisait le fonds. une confirmation enfin. puisqu'il avait maintenant à s'affirmer son plan de travail. préoccupe. ou même de connaître l'homme même qui nous offerte et voir au travail. conversation à perte de vue. une sorte de contre-épreuve s'exerçant en toute liberté. Un touriste anglais qui passait par là s'intéresse à la lutte. Mais y a plutôt une sympathie agissante. quelqu'un dit n'est pas mon femme. ou plutôt à la non-composition du tableau. que Claude Monet ne peut alors que trouver prolit à se rencontrer avec un précurseur maintenant en pleine période de combat comme aussi en pleine possession de ses moyens. Monet.

notre peintre résolut de signer toujours toutes ses œuvres. Elle a pour trait dominant une sorte d'affirmation sûre. un bateau de quable de valeurs. Une foule circule entre ces masses et le coin du jardin du Louvre que le spectateur est censé surplomber du haut de la colonnade. maisons qui se pressent le long des quais. ce mouvement de Paris que l'on n'avait pour ainsi dire jamais pris sur le quel. comme nous le disons plus haut. ouvrent une vaste échappée sur les colonnade du Louvre. sans sujet déterminé. On et l'initiateur. l'édifice est précédé plantée d'arbres. et il y aurait lieu de s'étonner que plus tard le simple développement de ces belles promesses ait causé tant de scandales et de malentendus. l'histoire si de l'art n'était pas remplie de ces sortes de revirements. sans arrangement. la facture large et simplifiée. nous arriverons à commencée avec de Manet tisans) la période où ce contrôle volontaire de son œuvre presque consacrées (tout au moins auprès de leurs par- celles déjà de Courbet.. tel Manet que pour mais déjà la personnalité s'affirme et ne ressemble ni à Boudin. de fiacres. mais l'exprimant tout entier. lui avait créé non pas un rival. n'ajoutant rien au spectacle. A présent les n'arrive à personne d'équivoquer là- dessus. « Bah on les regarde parce qu'on croit qu'elles sont de moi. rapide et pourtant complète. édifices qui avoisinent et qui. de ces refus d'admettre ce que l'on avait d'abord encouragé. où longent le cours de la Seine. c'est le courant que montré. » Manet ne il répondit savait pas alors que déjà. et même du fleuve plus deviné détails accidentels des édifices s'interposent le voit pas. les arbres et les dire l'axe de toute la vue. Une autre Vue de Paris. L'une a pour principal motif Saint-Germain-V Auxerrois. lui. mais un admirateur enthousiaste. etc. de tout de la place. amusant de conter que Manet fut légèrement piqué de cette entrée en scène d'un presqu'homonyme. Ce n'est rattachable à fait.34 En 1866. un et élan nouveaux. après sa mort. Comme on lui demandait s'il avait vu les Marines. C'est à la fois vu avec beaucoup d'esprit. Elles étaient bien placées. on le reconstitue par la logique bains. Il sera peut-être ! : qui devait hâter pour ^ D'ailleurs. et il : Claude Monet. ni à Jongkind. découvre le Panthéon et. appréciées du public et des artistes. très remar- . sans abréviation deux noms sont devenus également illustres. très animée de passants. parce que les tinue. l'heure définitive de la gloire. en 1863. une résolution. Une ligne médiane d'un oblique peu prononcé est pour ainsi en 'avant. et il ne pouvait pas deviner qu'elle lui vaudrait encore pour plus tard un ami magnifiquement dévoué. Monet avait eu au Salon de 1865 deux Marines reçues. On le sent et on ne tains détails. son œuvre. De 1862 à 1866. Cette ligne. comme par un acte de déférence tout autant que pour éviter à Manet à lui-même des confusions bonnes à exploiter par les malveillants. donnera à notre artiste une sûreté. la comme au mouvement dont Manet divers paysages de Paris que Claude Monet exécuta pendant peut considérer se rattachant est le les chef années cette dernière datent entre autres trois très belles peintures prises de par conséquent. peut-être plus belle encore. très vivante. extrêmement de façon con- même de cer- exact.

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dames avec ombrelles. des viflas s'étagent sur la falaise. afin de pouvoir définir déjà certaines de ses qualités caractéristiques. Entre les intervalles des voiles et des vergues. diverses vues de Sainte-Adresse. on aperçoit sur un quai toute une foule de marins et de femmes. mais aussi par le don d'établir tous les pas de date. avec. mais nous préférons. C'est une Terrasse au Havre. Cette année 1866 est remplie de travaux importants. du paysage et du tableau de genre. malgré sa jeunesse. l'eau. décisifs. Une de ces dernières est remarquable de largeur et de force. un moment encore. Mais la période est ingrate. sauf pour les réputations officielles et les talents qui flattent le goût de banalité qui caractérise alors non seulement la « bourgeoisie ». Au de finesse. et tout ausi vivant. précisément. poursuivre l'étude de la première phase dans le développement paysagiste. de voitures. et qui auraient dû valoir d'emblée de grands succès à l'artiste. La carrière de Claude Monet s'en serait peut-être trouvée complètement changée. cette peinture est animée également de personnages. des voiles. et vers le milieu glisse une barque avec des rameurs. est toujours prise du Louvre. qui tient de la marine. une très curieuse et très originale peinture. Elle vaut non seulement par la façon heureuse dont le peintre a saisi d'ensemble tout l'intérêt d'un décor et de la vie qui lui est propre. un portrait de grande importance. une masse puissante et légère. animent une autre. 1866 ou 1867 très probablement. Une grande barque à voile vogue assez près du bord.35 La troisième vue. et les allures : : du Phare de l'Hospice. mais le public tout entier. En du 1866 Monet est admis au Salon. On 1866. Deux pavillons flottent au bout de mâts qui s'élèvent en avant de ce jardin suspendu. sur les plages. bien les cette qu'il ne porte un Port de Honfleur d'une grande beauté. ça et là. élégant sans afféterie. est riant et solide ne peut mieux rendre dans l'affectation. messieurs en tenues recherchées. Des petits personnages y circulent sur la plage. C'est une page tout à fait magistrale. Nous ligne voulons parler. de est encore plus étendue. de la rive droite correspondante. Un grand vapeur est arrêté à gauche. Toutes les barques y forment à droite avec leurs voiles à demi-carguées. les modes reste le ton et même en la même temps. entre autres. De cette année nous voyons. avec son initiateur De la même période sont d'autres vues du Havre une belle vue de la Jetée. le quai des Grands-Augustins. Vers et la partie Ici la le milieu du tableau apparaît la du Pont-Neuf avec la statue d'Henri IV. est . Très fortement agencée. Des groupes mondains s'y promènent ou s'y reposent. encouragés. Ces tableaux de figures vont être mentionnés bientôt. outre paysages. les auraient sans doute été suivis de beaucoup d'œuvres de ce genre. de ces mille riens qui donnent la physionomie de Paris. Un jardin surplombe la mer qui s'étend au loin. séduction d'une époque sans tomber Boudin avait également. de grands tableaux de figures qui. puis encore. portion de fleuve distingue la pointe de la Cité. même époque. comme De promeneurs animent la surface sablonneuse. à l'horizon des bateaux se suivent en longue On Tout cela file. noté avec beaucoup mondaines d'alors. ponctuée de kiosques. moins menu. La manière de Monet n'évoque aucune ressemblance c'est plus net. tout en donnant à la nature environnante le principal rôle.

86 plans. L'entrain et la décision caractère qui diffère grandes surfaces. cette essentielle de le classer analyse nous a permis de déterminer dès maintenant une qualité Claude Monet. Claude l'équilibre même de la nature. qu'une base. un exceptionnel metteur en place. les plus pourrait se tenir. qu'une assise. : ses travaux de début. Personne à ce moment. pas même les grands paysagistes de 1830. Mais nous verrons que cette qualité là n'est encore. de les graduer tout en les différenciant ferme- ment. de les agencer sans hésitation. et qui suffirait à il capables de prendre la suite des grands paysagistes classiques. que nous pourrons ajouter à avec un peu de détails. Nous pouvons la définir en peu de mots dès Monet cherchant à ramener l'équilibre de sa peinture à s'affirme un grand. celles ne résume et ne ramasse lumière sur l'eau compliqués et se les grandes lignes et les développer clairement l'immense et aussi sûrs. l'effet lumineux est d'une intensité peintures de cet ordre et de ce que nous citons extrême. Or. mais due surtout à cet emploi des valeurs. Dans les moment. ne même de celui de Manet. sur laquelle en fleuriront de plus subtiles et de plus complexes. par des moyens aussi peu donnent à le seul fait glisser la cette personnalité un avec qui l'on pourrait être tenu de voir des analogies. ciel. pour ainsi dire. L'exécution est aussi vigoureuse que simple. . Qualité à laquelle parmi les mieux doués.

àlNTE-ADRESSE LE PHARE D'HONFLEUR .

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d'anxiété. ces de leur révolte ni à attirer bien que ces temps d'avant difficulté. encore bien loin pour la raison que les idées n'étaient ni formulées. C'est l'histoire des débuts de ce qui bon gré. fallait tout Il de même. et l'action. vigoureux. Quatre jeunes gens. bien primitifs. comme tout révolté professionnel doit le faire. titre était même mal gré. peut-être justement parce que Renoir. de rien moins que d'être des héros. Nous n'avons plus . Monet. Bazille. se réunissaient pour vivre le plus joyeusement possible tout en faisant en liberté une peinture qui les passionnait. L'on reconstitue encore sans trop de blement changées. Voilà tout. et cela prend. un recul des années même sont aujourd'hui irrémédiaétés passés ils de compagnie par ne songeaient nullement à l'attention sur eux. Nous sommes dans le vrai. ferme et vaillant. passion ter : « dans ne peut ne doutait jamais de les moments aller l'avenir. car tirer parti Monet. puisque la ne cessait alors de leur répé- ne nous décourageons pas. conçues. sans en avoir l'inécoles pour de bon. grand. et particulièrement de Renoir.COMMENT D'UN GROUPE OBSCUR SORTIT UNE «ÉCOLE» CÉLÈBRE. beaux ces étranges révoltés. que cela obligeait fort. l'école impressionniste. cela peut commencer de la façon la plus simple vouloir. et dans même la devait être. Le ni les plus frugale qu'on puisse imaginer. quasi-héroïque. lui. s'absentait mettait alors son atelier de Paris à la dis- position de ses amis. avec le accent intrépide. et au bouleversement qu'ils ont causé. fugitifs des ateliers officiels ou officieux. joli Sisley. car Il il soutenait les autres par la conviction en sans des crises de doute. joli et gai garçon. de par le tention. Bazille ne se souciaient 1870 semblent d'autant plus lointains que mœurs les cette entraînante vie libre. sans le monde. et de ses deniers. libéral souvent pour aller chez lui dans le Midi. mais qui a bien fini par le subir grâce au bruit que ceux qui la constituaient ont fait. bien novices. Une «école» qui n'a jamais eu de prétention à ce titre imposant.

Un Les plus violentes oppositions de tons. et subrepticement allait passer beaucoup d'heures en tête-à-tête avec les maîtres anciens. même façon. de considérer que chacun et tous. il apparaît aujourd'hui bien puéril. qui les lui prenaient. Les ombres des objets frappés par Les vibrations de l'atmosphère sont sont-elles violettes ? infinies. autre peintre. Il est plus juste. d'excellents faux Rousseaux. le droit Renoir. s'épa- » pour payer son auberge. Diaz quelquefois. dont les sujets étaient perpétuellement sous leurs yeux. vers lequel ses et camarades se sentaient beaucoup moins attirés. en gardant leur personnalité. Il combinait ainsi. » premier. écoutait. goûtaient en œuvres. Les jeux incessants et subtils de la lumière. les acquis de la tradition et les ardeurs innovatrices. au musée. Nous ne voyons pas de Sauf la de le celui-ci. Comment les saisir ? rejaillissent. mais. passait par là. les valeurs. pourrait imaginer ainsi dans soit Camondo. Et Sisley aussi. voir pour ses premières vues de Paris. cette lumière dorée Comment en inter- préter les résultats ? Les êtres se colorent à l'air et au soleil de reflets insaisissables. les voyait occasionnellement. méthode qu'il devait modifier plus tard sans l'abandonner complètement. rencontres. exécutait des paysages au bitume. Gela lui permettait de ne peindre pour lui-même qu'avec des tons purs. toujours été presque impossible à débrouiller du vivant même et fine d'ailleurs cela a du groupe auquel Monet a survécu. toiles et ses et. Comme Monet était l'autorité et la certitude. moi vous ne travailliez pas que artiste. s'intéressait aux essais. tout en peignant le plus souvent en plein air. Lui qui devait plus tard être camarades. soit qu'on de se laisser la gaîté. non seulement leur vie.était regroupe par dans la pensée. influences. si les d'abandon. . la joie qu'une charmante nature. Ses et un attrayant et délicat tempérament de peintre. Après cela supputez ce par quoi. grâce à sa complexe nature. tendrement et gaîment. travaillait. arrivé aux grands succès de fortune. devenant chez le marchand nouissait en boutades coupées de longs silences. jetait un mot d'encouragement. s'émiettent. Monet tout comme nous venons : le cela. et que Monet avait même connu avant de connaître ses camarades de chez Gleyre. et l'on sente et Le vous n'avez pas besoin de faut avant tout étudier les valeurs. de décider qui a été le véritable instigateur des théories et des formules de ce qui allait devenir r« Ecole impressionniste». plus âgé qu'eux. vivre. Puisque vous êtes un pourtant : il vous voyez vert. leurs de Moreau-Nélaton ou de celles conversations et leurs discussions elles-mêmes. de quelque façon exprime. et assombri par des labeurs ingratement appréciés. on ne peut faire de bonne peinture sans groupe ne regimbait nullement là-contre. de plus. travaillait beaucoup aussi à l'atelier. observait merveil- leusement l'application des valeurs. en se heurtant. et plus conforme aux circonstances. avait dit le grand Corot qu'ils admiraient tous sans le fréquenter lui. Dans ces conditions. et Renoir qui. avaient contribué aux acquisitions et découvertes communes. lorsqu'on revoit leurs lui la collection Caillebotte. petit que je vois gris et blond. l'on conseils. engendrent finalement des harmonies dont il faut rendre la caresse. Mais ce n'est pas une raison pour que car cela est au fond de tout et.38 de nous arrêter. ses couleurs. pleine de bonne humeur n'était alors On Alfred Sisley. et leur répétait ce qu'à « Pissarro. « idées dans l'air » que nous avons déjà notées.

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en 1863. beaucoup Corot. un atelier surplombant celui du maître. mais . pouvaient les intéresser sans cependant les capter. Manet. mais il n'était pour rien dans leur formation. Courbet. Delacroix venait de mourir. rue de Furstenberg.39 Jongkind. — du peintre aller et venir devant et ce petit trait est assez la toile. Ses camarades et lui regardaient parfois par la fenêtre et voyaient le bras ils ne voyaient pas ce qu'il peignait. symbolique. Ils le vénéraient. il avait eu. Monet se souvenait qu'à son arrivée à Paris.

et spontanées en leur manifestation. Si. on peut démontrer que peinture si le premier ne lui avait quelques artistes impersonnels et et tout ce le Mais second n'aurait pas pratiqué tel l'indi- genre de pas servi. d'une communauté de tendances créée par l'époque. même du la matière. et même troisième si directe qu'elle soit. les Demoiselles des bords de la Seine.DES DIFFÉRENCES ENTRE LES TABLEAUX DE PERSONNAGES CHEZ MONET. se déguisent. elle se trouve modifiée d'autant plus que les personnalités sont. malgré son charme personnel. par les deux aînés. ont qui sépare l'accent incisif de ne révèlent de qualités que lorsqu'ils pastiches. et disons lorsqu'il s'agit d'une sympathie. mais de modèle. il se produit des analogies . des faux. malgré certaines différences de nature. par des idées transmises et d'autres naissantes. de Courbet. à défaut d'un voisinage immédiat. c'est que si forte. même le mot. du moins d'étu- ou d'influence réciproque dans les arts. Mais ce qui rend cette action à peu près impossible à analyser par des mots et même par des constatations matérielles. se meut dans l'ombre de Watteau. on peut mesurer pour ainsi dire mécaniquement l'écart ou le rapprochement entre l'œuvre de seconde main et la création géniale. la touche maître. Par exemple lorsque des élèves de Rembrandt imitent l'éclairage. les procédés de composition. non d'émulé. malgré lui et à leur insu. une certaine action sur lui exercée. qui pu parfois produire des qui pouvaient tromper des yeux exercés. Ou bien encore. accentuées. celui que dier les rapports si délicats Claude Monet exécuta en 1867. Ce n'est point le de même cas lorsqu'il s'agit d'imitations voulues et de pastiches calculés. cation diluée. COURBET ET MANET Il est des rapprochements qui permettent sinon de définir. vous examinez successivement et vous possédez complètement par la mémoire (qu'au besoin peuvent aider de bonnes photographies) trois tableaux tels que le Déjeûner sur l'herbe. part et d'autre. de il filiation vous est impossible de ne pas percevoir dans cette œuvre du plus jeune. Enfin habiles. lorsque Lancret. et enfin l'autre Déjeûner sur l'herbe. de Manet.

PORTRAIT DE MADAME GAUDIBERT .

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comme chez Manet et Courbet. Les idées généralement acceptées n'étaient que des lieux communs qui ne pouvaient inspirer des cerveaux neufs. Ce trait peut. . d'un point de départ lui même un résultat qui deviendra signal d'un autre acheminement. par Boudin. Après avoir trouvé en commun pour l'un pour un troiun nouveau mode d'expression. vie. chacun (1). vement au milieu duquel naissaient les artistes dont nous nous occupons. sa circonstances de sa production. jusqu'à ce qu'elle fasse (1) Ceci concerne surtout et presque exclusivement Renoir. Courbet ou Manet. une que la fin du xix" siècle. à l'impulsion donnée. dans l'art du passé. par une fatigue. le C'est ainsi former leur très rapproché. également une quasi-tradition romantique qui avec Cézanne outrera la couleur et le dessin. des faiseurs d'images. On peut dire encore. verra succéderont côte à côte. à que nous verrons Claude Monet et ses camarades tour à tour con- originalité innée. dition et d'une innovation. délicats). si l'on veut.41 mais non de strictes ressemblances. pour l'autre par Delacroix sième par Corot. se développera une pseudo- académique qui passera du faux classique des descendants dégénérés d'Ingres. tracer les descendances. Tout en gardant leur physionomie particulière et en d'abord fortement. classer les oeuvres. dans la mesure de leur élan. involontaires ou conscients. nette- nettement comprise. se Cela rend toute critique didactique On moderne. les mot pour rendre une de ces la fois. déjà pourtant très visible. Mais. mais échouera à suivre tradition l'imagination du grand Eugène Delacroix. sans enseignement qu'une routine. parce qu'il y avait un ensei- les ateliers et les écoles. ces sortes Il obéissant à l'impétuosité même de leur propre création. s'entrecroisant suivant son humeur. et suivant la direction de leur personnel organisme. Et même chacun d'eux ne subira pas influences (puisque nous n'avons pas d'autre mais toutes à cet ordre de faits si combinant. Ils étaient donc forcés d'être. Renoir copia même pour les amateurs certains Delacroix. qui réagira contre certaines tendances et répondra à d'autres. arrivent. demeure dans l'esprit de ceux qui se sentent en communion avec de condensateurs. au lieu d'une tra- série de brèves et partielles traditions qui se En même temps que celle cinq ans l'évolution qui a Manet et Courbet à sa que représente pendant vingt- tête. déterminer gnement un véritable leurre en ce qui concerne l'art pouvait bien plus nettement. Courbet et Manet. L'influence de Delacroix sur Cézanne a été plus considérable encore et décisive. des méthodes transmises presque sans variations. réglé. leur propre et mutuelle tradition. qui aima et étudia beaucoup Delacroix. le mou- les prenait au dépourvu. son enthousiasme ou sa répulsion du moment. respecté mais peu étudié par Monet. Une sorte d'excitation réciproque imprime aux œuvres d'une même période le trait à la fois divers et commun qui leur donne leur date. avoir été marqué tout frappantes. Jongkind. quoique commencé déjà avant eux par Corot. et cela seul suffirait à expliquer pourquoi Cézanne n'a aucun rapport avec « l'impressionnisme ». les procédés courants ne pouvaient satisfaire des yeux point gâtés par une habitude. l'offre. ces disciples. entre autres la Noce Juive. une demande ment formulée par à laquelle répondait l'esprit public. enfin après encore. d'eux en inventera un nouveau encore pour son propre usage. à un faux réalisme comme celui de Bastien Lepage.

que les Hommage grands tableaux de Fantin-Latour (V Lhermitte. accusera encore bien plus son caractère L'on pourrait en tirer cette conclusion. c'est les ou plutôt pourrait pris en lui-même. de La célèbre définition de Butfon cesserait d'être complète. Sisley la sorte et Pis- mais qui doit être attribuée à leur succès sans qu'ils aient cherché eux-mêmes à formuler et à l'imposer. . Renoir. et qui prime pendant une durée à peu près équivalente. météoriques et confuses des jours actuels. Tout d'époque qu'il se produit dans cela. ne dans avec recul le fait déjà. écrivain isolé. sarro. C'est la tradition naturaliste figures sur la la et de Manet qui se répercute dans les que pendant un moment unique de sa carrière Claude Monet jeta hardiment toile. écrivain. le à Delacroix). être complétée en n'envisageant plus et l'on se convaincrait que le style un un artiste hommes. de Cazin. ou d'un temps. de Whistler même. de tradition impressionniste que l'on attribue à Monet. la soit un quart de siècle.42 place aux traditions encore plus morcelées. de Legros (l'Ex-Voto). Manet de Courbet et tel il propos de remarquer encore que est à et de tableau de Courbet ayant frappé vivement l'imagination et les sens des jeunes artistes de l'époque. Du reste. à l'appui des observations que nous venons de présenter sur marche à la fois insaisissable et réelle de cette évolution et sur son caractère en quelque sorte sporadique. du temps. qu'un phénomène graphiques parallèle à celui que l'on constate sans discussion toujours en tenant compte de la qualité intrinsèque de chaque les arts la littérature. on peut retrouver œuvres le Guitariste les marques de leur influence dans des chez des tempéraments aussi différents les uns des autres (éloignés parfois jusqu'à une antipathie qui disparaissait dans l'ardeur de la lutte commune).

i CAMILLE .

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A cet arbre s'adosse un homme assis à terre. auprès d'une jeune femme blonde. en avant s'étale une vaste pelouse. La peinture de Manet était riche et soutenue. et un dernier monsieur. debout. les jambes étendues dans toute leur longueur. s'érigeant avec Le fond de la beaucoup de décision et de relief. et toutes les vic- d'un assez plantureux repas sont habilement distribuées sur une spacieuse nappe. à gauche enlin. suivant les maîtres. qui tranche sur les attifements plutôt clairs des autres personnages. au-dessous de ce groupe est assise encore une autre déjeûneuse. et . mais de façon moins forcée. de bouleaux. qui s'agençait sans effort. tuailles un chien complète l'expédition. Mais les différences d'accent apparaissent immédiatement à une observation un peu attentive et dominant les parallélismes de tendances. doit être tout d'abord décrit sommairement. avec l'équilibre spontané qu'improvise toujours la vie. leurs grandes jupes largement éployées. Ce tableau. très important. scène est un rideau d'arbres. d'ailleurs de grandeur encore considérable. habillé d'un veston sombre. un autre personnage suit (de la droite à la gauche) assis également. Celle de Monet est plus claire recettes des anciens et moins corsée. moyenne dimension indiquer aussi que seule en demeure intégrale une esquisse de aussi poussée que le tableau même. d'onze figures de grandeur au moins de la demi-nature.4N1)S TARLEAUX DE FIGURES Le grand Déjeûner sur l'herbe de Claude Monet pouvait dans une certaine mesure rappeler celui qui avait été refusé à Manet en 1863. dans un ample décor forestier. C'était donc un ensemble. Vénitiens ou Espagnols. daté de 1866. puis vient un autre partenaire. se trouvent un homme et deux femmes assises à terre. plus vigoureux. sur laquelle se détache un tronc isolé. : debout tout à fait à gauche. vêtu d'un veston clair et coiffé d'un chapeau rond. parlant à une dame qui ajuste sa coiffure. De celui-ci Monet et l'on doit n'a conservé qu'un grand frag- ment.LES PREMIERS GR.

dans son tableau. si naturellement donné de la présence du nu parmi le vêtu. habitué à ouvrir tout . C'est une analogie que l'on pourrait trouver avec les estampes japonaises. celle de Claude Monet plus claire et plus synthétique. La couleur de Manet. Alors que Manet ne voyait encore en majeure partie qu'à - la qui. c'est que. quitte à se lier bientôt d'étroite amitié avec lui. Mais soit de tact que cette considération tour d'esprit le dont ne s'embarrassaient «nu blâmé». elle procède par grands partis de valeurs tonales plutôt que de valeurs de clair-obscur. et si d'ailleurs l'histoire de l'évolution impressionniste ne contredisait pas de façon formelle cette hypothèse si Japonisme « » n'influa opinion obtint -Ce il vraisemblable qu'on la juge. par rapport à Manet. est que Claude Monet. Tout en admirant il ne sent point le l'essai de besoin de les répéter. malgré y a quelques années. à introduire un morceau de nu. n'a pas songé un seul instant. mais intéressante l'a : répondit sans hésiter Nous trouvons « : Je n'ai jamais osé. tout d'abord. ce mélange du nu. et jusqu'à l'affadissement. ou bien aux Buveurs de Velazquez. Mais imagine-t-on se serait alors exposé La véritable raison. dans le Déjeûner de Manet. ce pictural. que le faveur que cette = au contraire est à retenir. comme de Velazquez à Manet. L'artiste peut-être. simple nature voit l'abus des figures nues pour les êtres VOlympia. point les vieux maîtres. comme le nôtre. et qui le considérait comme un importun nouveau venu. une bravade. et du l'art même à si du peintre qui lui avait pu encore suivre l'exemple. Il choqué des vraisemblances d'une scène familière soit qui eût été tout à fait légitime. le plagiat. différent de celui de ce Manet qu'il admirait. signification. l'abstention qui est assez enthousiasmé par la qui à l'occasion l'animent. paru si déplacé au public oublieux des maîtres et même tout simplement d'été. distance. indiscrète pourquoi il n'avait jamais exécuté un seul nu. Claude Monet.44 moins modelée en relief. que fort peu sur l'impressionnisme. » cette réponse fort belle et fort délicate. c'est-à-dire qu'elles se présentent relativement les unes aux autres aussi dans une progression croissante de simplification. est plus riche et plus modelée. lumière des maîtres et dans le jour de l'atelier. Une remarque mais qui a cependant sa accessoire. Il aurait par Courbet dans son encore les risées Atelier. auxquelles il ! donnée lui-même à une personne qui lui posait un jour la question. par exemple. avons-nous dit. ce que celle de Manet est elle-même par rapport aux Vénitiens. Le plus grand artiste est peut-être celui qui n'ose pas faire ce qu'il ne sentirait pas pouvoir parfaitement réussir. Claude Monet entrevoyait déjà un nouveau langage pictural. 'tres aux expositions Quand on quasi-farouche d'un jeune peintre Manet et par et plus tard que lui les pein- d'alors (pour ne pas parler de ceux d'à présent) prodiguaient sans on comprend admirablement raisons de beauté. Claude Monet fait éviter cet élément. en même temps que parfaitement judicieuse. si la matière n'était pas absolument différente. On peut établir qu'elle est. . et ce qui n'aurait pas un caractère d'irrésistible nécessité. Et même cette progression pourrait se noter déjà des Vénitiens à Velazquez. Il est avéré. la en effet. soit. comme celui qui avait. aurait paru soit c'est moins peu d'années de une inspiration un peu trop directe. des licences accordées de tout temps à avec nos préjugés sur est vrai que.

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c'est que deux thèses opposées peuvent être de «mange» soutenues. de dire que la couleur avait été si généreusement prodiguée. comme nous venons de le et voir. mais cela n'amusa guère le pauvre débutant qui rencontrait tant d'obstacles. C'est il femme vue de dos. s'y avec plus parfaite logique. l'amener à admettre les procédés les plus contradictoires. En réalité. en pleine en pleine rue ses vues de falaise. il bon de spécifier ici que refusé au Salon de 1866. dédaigneuse. Les artistes ont souvent une excellente influence sur leurs confrères par ce et qu'ils produisent pour leur compte. et qui fut comme ne pouvait envoyer qu'il la tête retournée de profil vers le spectateur. qui perception par vastes ensembles. Mais. de contradiction ? Non. de cette beauté parisienne. l'attitude souple. la jolie tête pâle. que presque au moment de posant à l'atelier. de Saint-Germain-l'Auxerrois. la lumière considérée à de l'analyse. robuste et magistral morceau de peinture qu'il était. le avait fait quelques obser- vations de détail qui avaient déconcerté le jeune peintre. appréciée à l'exposition par les rares connaisseurs. par une contradiction d'ailleurs très légère. Pour ne qu'il pas de légendes. qui était venu le voir à l'atelier. faisaient admira- blement valoir. Claude Monet pensa appréciée. Et ce qui n'est pas moins singulier. Camille se ramenait plutôt à la manière corsée scène. dont Mais y a-t-il exécutée à même l'atelier la grande bien apparence d'après un modèle du Déjeûner d'après les notations et les souvenirs du grand air. s'établisse comme on Déjeûner de Claude Monet ne fut pas. et finalement lui persuader que façon de dire ne doit la passionner que dans la mesure où le l'artiste sent la beauté et aspire à la rendre. la Voilà qui peut rendre l'étudiant des arts singulièrement sceptique sur la valeur des théories. Cette casaque bordée de fourrure. Sainte-Adresse. et le ayant déjà brossé en pleine campagne. ce qu'il y a de plus curieux. différait. était complètement fait et exercé aux harmonies claires. et certaines études ou peintures en forêt de Fontainebleau avec les autres déserteurs de l'atelier Gleyre. maintenant. Claude Monet passa du premier au second couleurs. de le telle que Courbet l'avait pour cela que très peu de jours avant les derniers délais avait exécuté avec une furia et une vigueur superbe ce portrait. cette grande jupe de soie bruissante à rayures vertes. et que lui-même. puisque cette figure non plus comme était modelée de Manet. comme lignes et comme tons. et ce qui prouve bien que les contraires sont tous également dans la nature. où s'émiettent de façon éblouissante tous les tons éclatants du prisme. exaspère les décompose en mille éléments vibrants et scintillants. presque toujours très mauvaise par ce qu'ils disent de ce qu'on soumet à leur jugement. Il est amusant. de Honfleur. sera l'a dit. Tout en émanant du un peu même tempérament de peintre qui venait de produire le Déjeûner. avec qu'il intitulait Camille. sa vaste d'envoi au Salon. et celles . et non plus de les exaspère. c'est que l'un des systèmes peut parfaitement conduire à l'autre. Courbet. toile. est celui les la même couleurs plutôt qu'elle ne un autre point de vue.45 grands les yeux dès les années de plage sous regard bienveillant de Boudin. Suivant l'une la grande lumière D'après la seconde. si fougueusement jetée sur toile. en pied.

Et surtout saisir là sur le fait la marche des influences.: existe. et choses jouissent d'une providence spéciale. C'est une dans la religion et dans l'amour. était.46 lui faire quitter l'atelier. à son insu. Cette moquerie indignée prouve à quel point Manet méconnaissaient il de demeuré une des — le ! tableau est le « glissantes » faut admettre que les belles Le Déjeûner. Du plein ? Est-ce que les maîtres d'autrefois en faisaient. Manet. ne passa point cependant inaperçu des air moins il est curieux de les ennemis et les railleurs de ses aspirations et son talent parfaitement classiques. La force d'une les conviction acquise est en raison directe de l'énergie avec laquelle on s'appuyait aupa- ravant sur la conviction contraire. et les Manet à ' — l'art moderne. Il répara le il s'aperçut que son tableau menaçait de couler tout entier mal du mieux. par suite de ces circonstances. le jeu des actions et des réactions entre artistes dans de pareilles périodes de transition. A son tour. Manet avait blement hanté Claude Monet et celui-ci tout pas de plus dans une région sur laquelle en subissant son influence avait visi- fait un yeux de son aîné ne s'étaient pas encore ouverts. . . L'on engagea vivement l'aller voir. vers le sol. qu'il put. Ah Est-ce du plein I voilà ce qu'on appelle que ça air ? . loi qu'on observe dans les arts. Il fut exposé à la vitrine d'un marchand. — artistes. puisque productions ou les plus solides. quoiqu'il n'eût pas. tout près d'éprouver une espèce de choc en retour. La meilleure et la plus sûre condition pour se rallier fermement à une opinion est d'y être hostile tout d'abord. au moment même où il niait le résultat obtenu. le bénéfice scandale de la grande discussion publique au Salon. comme . le plein air du plein air! s'écriait-il ironiquement. et n'étant pas encore assez vieux pour y demeurer réfractaire.

LES «FEMMES CUEILLANT DES FLEURS»
ET LES DERNIÈRES PEINTURES DE PERSONNAGES

Monet fut admis au Salon de 1866 avec le portrait de Camille, il fut refusé
haut la main avec un autre tableau composé, où les figures sont de dimension un peu
moindre que dans le précédent, mais toutefois une de ces entreprises de grande
envergure que les artistes ne recommencent guère à moins d'être très encouragés dès
le début, ou bien d'être doués de ce tour d'esprit que l'on pourrait appeler monumental et qui pousse, par exemple, un Delacroix ou un Puvis de Chavannes à concevoir surtout par larges espaces et à faire comme malgré eux le siège, puis l'assaut
Si

et la

conquête des murailles.
Il

représentait des

Femmes

cueillant des fleurs

dans un parc, l'une assemblant

un bouquet, l'autre en respirant un, une troisième se dirigeant vers elles d'une vive
allure, une enfin assise sur l'herbe, le visage incliné vers le sol, et éclairé par le reflet
qui la pâlit d'une façon assez singulière. L'ensemble est gai, aisé d'exécution, et les

peu corsées, rappellent plutôt

tonalités claires,

tentatrices richesses

que permet

la

celles

peinture à

de

la

fresque par rapport aux

l'huile. Il est

évident que le peintre,

dominé par la volonté d'éclaircir la palette, d'en
rapprocher les gammes de celles même du dehors, et de l'écarter au contraire le plus
possible du diapason soutenu auquel l'avait montée le travail exclusivement d'atelier
et l'habitude du rembrunissement que le temps avait fait subir aux ouvrages des
dans ses recherches,

était

encore

maîtres recueillis dans les musées.

En somme,
japonaises et

s'il

si

Monet

n'avait prêté qu'accessoirement attention

aux estampes

n'avait pas été en Italie et n'avait pas l'idée, par conséquent, des

lumineux spectacles des fresques
unes et des autres.

florentines,

il

se

rapprochait instinctivement des

Les modes extravagantes, et séduisantes pourtant, de cette époque affolée de
1867, ajoutent aujourd'hui à ce tableau un charme bizarre. Les immenses jupes claires

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48
à dessins soutachés, les casaques au contraire étriquées et les minuscules chapeaux,
étaient acceptés par l'artiste et atteignaient

malgré leur transitoire exagération,

le

du dessin. D'ailleurs tout cela s'harmonisait avec le
paysage plein de fraîcheur et donnant bien une impression de vraie nature, saisie,
non arrangée. Sans les préventions du moment qui commençaient à s'armer en
guerre contre les nouveaux venus réputés rebelles à toute beauté (à toute convention
de beauté plus exactement), les deux compositions de Monet que nous venons d'analyser auraient séduit le public par une réelle élégance, par une distinction presque un
peu féminine, au rebours de la brutalité qu'on leur supposait. Alors la carrière de
l'artiste en aurait peut-être suivi une toute autre orientation.
L'on peut beaucoup mieux se rendre compte de ces dijfférences entre la phase
style,

par

la

vigueur

et le jet

des tableaux de figures et celle des paysages qui allait bientôt et définitivement s'ouvrir,

aujourd'hui que l'Etat a fait l'acquisition des

Femmes

cueillant des fleurs et a placé

ce tableau au musée, en heureuse réparation des torts d'un jury depuis longtemps
disparu. Sans aller jusqu'à remercier ce jury d'avoir forcé Claude

Monet à chercher

d'autres voies que celles qui lui paraissaient obstinément fermées, et par suite à trouver

on peut lui accorder les circonstances
atténuantes pour n'avoir pas compris ce que Manet lui-même méconnaissait encore.
Les tableaux dont la figure humaine fait le thème dominant ne furent plus
que très peu nombreux dans l'œuvre et même cessèrent bientôt complètement de tenter
le peintre. Nous n'avons donc qu'à les énumérer brièvement, l'essentiel des réflexions
que cette catégorie pouvait suggérer venant d'être développé.
Pour être complet, il nous faudrait donner quelques indications sur des portraits que Monet exécuta au Havre dans sa première jeunesse. Mais il en a lui-même
la

veine qui

perdu

la

l'a

trace

rendu exceptionnel

et illustre,

malgré des recherches

qu'il

fit.

Peut-être des trouvailles sont-elles

réservées à d'heureux fureteurs.

Le dernier grand tableau comportant plusieurs figures est le grand Déjeûner
dans un intérieur. Une salle à manger bourgeoise, avec un jeune enfant attablé et une
mère présidant affectueusement à son repas, tandis que le père s'apprête à sortir et
,

que

la servante

diffère

„.

apporte un

plat. C'est

une

très belle peinture, robuste et saine, qui

moins que les deux autres de celles de Manet.
Monet ne devait que plus tard, en 1876, peindre une

figure de

même

importance,

une jeune femme blonde en robe japonaise très éclatante, campée avec une souplesse
mignarde, une grâce un peu affectée, devant une cloison décorée de quantité d'éventails
bariolés. C'était

un morceau

très brillant, très

dire de spécial à propos de ce

Occasionnellement,

il

savoureux

et

entraînant, mais

unique

«

on ne saurait rien

revenez-y »

brossa avec emportement quelques figures dans sa facture

un marin de Belle Isle; un pâtissier de Trouville et
la femme dudit; enfin, dans un âge avancé, un portrait de lui-même, simple ébauche
de tête d'une coloration vive et d'une expression riante. Mais ces divers morceaux
n'ont plus aucun lien avec les premières tentatives de figures, isolées ou groupées.
Cela a pu faire dire, bien à tort d'ailleurs, que la physionomie humaine ne l'intéressait
qualifiée d' « impressionniste »

:

.

.

.

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dans la les les eaux. Il est plus exact de déduire des recherches auxquelles allait il se livrer et de la production intense qui devait s'en suivre qu'il fut lancé dans autre voie sans pouvoir s'en distraire. les claires et y apparurent. ces apparitions furent comme les floraisons une eurent douces fugitives.49 pas particulièrement. se confondant avec sans qu'il la ait été peut-être homme». et . et les plaines. mes avaient comme Beethoven fait tout ce qu'ils Dorénavant. et «J'aime mieux un arbre qu'un avaient pu pour le renvoyer à les arbres donc. et les rives. et presque exclusivement la parole. et lorsque les figures figures féminines surtout. La nature le jusqu'à dire. humaines. hom- compagnie des arbres. : sollicitait. dévorante lumière.

ces tour à tour chaudes ou froides. sont ceux que la plupart des yeux sont habitués à croire ceux de la nature verts. C'est à cette époque que Monet. Il lui fut donné non seulement de noter des spectacles poétiques. Seulement Corot plus tard que cela devait être entre le — et nous verrons révélateur et son admirateur inconnu. il faut la que nous avons décrite et se sti- recherche de nouvelles ressources picturales. de tout ce qu'elle prodigue de féeries. vraiment magistral de ce point de départ dans le sens strictement vue d'une grandiose avenue en forêt qui fit partie de la collection Henri Rouart. : les arbres — et ces reflets multiples. Renoir. Mais cela demande à être expliqué et par des exemples. cipalement réceptif. mais encore d'en recréer par la composition. ici le redire. devaient tout au moins « révolutionner » les ateliers. suivant les saisons et les heures et non ombres par conséquent . Sisley et Bazille mènent en forêt cette vie fraternelle mulent réciproquement dans Cette recherche. la terre d'un gris jaunâtre. Les tons généraux pictural de Corot est le Pavé de Chailly. et qui. ANNÉES SOMRRES.PEINTURE «GRISE». appeler d'une manière générale la période de Fon- et le tainebleau. en effet. leurs ombres noires. la sincère notation en présence directe de la nature. — Corot ne voulait pas se borner à ce rôle prinune cause de graves malentendus. leurs troncs bruns. celle qui s'étend de 1862 à 1870. et avant d'entrer dans le détail des déplacements de Havre. différant selon la façon dont les frappe la lumière. part de l'exemple même recherches que précisément les connaisseurs d'alors blâmaient dans de Corot le et des peintre poëte : l'observation des effets les plus délicats. On peut. Monet. Rien dans la couleur n'indique encore un acheminement vers les tonalités si vives qui devaient plus tard sembler si révolutionnaires. pour Monet entre Paris simplifier. alors que de plus en plus Claude Monet va se prouver lyrique dans cette marche illustrée Un spécimen le positivisme seul.

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en paraissant s'y rattacher discrètement. moment où Ces gris. pour rendre ces vibrations de la le claire. Aucun subside auprès d'elle il une avait d'argent ne lui venant de sa famille. si sur tire le vibrant qui devait faire si — bleu ou sur l'orangé. que l'œil attentif que la seconde moitié du chemin. chez il avait abandonnant son dû toutefois se réfugier atelier et partageant son temps d'attente des heures meilleures. ou de Corot. et. Une peinture qui fut reconnue un achetée une dizaine de francs par le neveu du marchand toiles sabrées et jour par Boudin la Monet était trop tard. ces les tons ombres noirâtres purs seront employés couleur. . (Nous avons noté quelques-unes des très belles œuvres qu'il exécuta alors. admis au Salon en 1868. Vienne étaient froids. chose accomplie. celle de la commencement. la tradition Au complexe. Ne vendant point et devant vivre cependant. car tous ces peintres prodiguaient les tons les plus riches. bientôt il il en avait lacéré bon nombre à coups de couteau. par rapport à bien encore de Courbet. Il ce n'y avait déjà presque plus rien de commun entre le Fontainebleau de 1830 et celui de 1870. difficile. puis le succès. dont nous devons tenir compte dans cette dès le histoire. parvenait encore à se tirer de ce pas à son camarade Sisley pour le charger de payer rapidement cable boucher. dans le Femmes cueillant des fleurs. et La vie. Monet et quelques-uns de ses amis de ces difficile. clarté dans la graduation des valeurs. et il est inutile de dire que personne ne songeait à lui acheter. ou bien dans les du même moment et du même genre. dette entre autres. bien que ces sortes de détail n'aient plus qu'un intérêt secondaire puisque l'artiste a reçu les com- pensations les plus complètes aux épreuves du début. ou par rapport à toute peinture de Manet. ou contraire. le un boucher. le enfin tout ce langage scandale.) Dans un mouvement de désespérance bien naturel. les plus chauds. Malheureusement avaient été vendus à il et écrivait alors créance de l'impla- de l'atelier vil prix. un paysage de Théodore Rousseau. ces premières toiles même de Fontainebleau paraissent encore aujourd'hui très sobres de couleur. les peintures de Chailly pourraient être considérées comme que Boudin appelait «la peinture grise». assez forte. et payer ses toiles. celle de Monet. et ses couleurs. et pour ne pas laisser derrière lui à l'abandon des toiles où il avait mis beaucoup de peines. Toutefois. cependant. Déjà. toutes nuancées qu'elles étaient. impitoyablement refusé. offrait cette paysage du Déjeûner sur l'herbe ou des vues de Chailly et certaines autres pauvre mais plus distinction capitale d'être plus mais transparents. et de ses amateurs retrouvèrent de ces œuvres brocantées. ces colorations de la lumière. Pourtant c'était déjà quelque chose de très différent de ces maîtres. les plus dorés. le matériel et les toiles Plus tard. que Monet avait été jamais il ne ménagea. s'exerce vite à percevoir. entre le Havre et Honfleur. et le peintre ne fera guère car la première et la plus était déjà. la vie était peu encourageante. une rude mésaventure avait mis sa vaillance à une cruelle épreuve. puis de l'impressionnisme. pour vivre et le couvert. Comparée à la gamme d'un Decamps ou d'un Delacroix. mais en 1869 et 1870. en 1867.51 suivant que cette lumière analytique.

et l'air. il n'eût pas atteint ce qui l'a rendu un artiste passionné et passionnant. que mode s'ils avaient connu tout engouement prématurés.52 de tableaux Martin. la conviction qu'ils leur avaient été plus salu- à Renoir. sauf du moins au pauvre Sisley. cru tout de suite du génie. c'est-à-dire d'une part. et de de l'autre. un Chêne au Bas-Bréau. le la palpitation de lyrisme de ses impressions la terre. Bien que ces moments eussent été récemment Monet taires. difficiles à passer. atteindre Ce trait donne. nous n'aurions rien trouvé. à et devait lui. . émettait. disait-il. et nous n'aurions plus fait le moindre effort. une idée de faits que nous ne voyons plus guère se répéter aujourd'hui. une valeur considérable. Il est certain que si. l'extrême de suite les succès de et les — subtilité dans ses analyses de en présence des magies de la couleur. entre bien d'autres. il avait été enfin classé comme un beau peintre. Nous nous serions. fut pansée de ses blessures. Ne cherchant plus rien. entre amis. continuant dans le sens des œuvres que nous avons jusqu'ici étudiées.

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et la première série des épreuves. comme le furent au contraire Manet. cherchant tour à tour l'irréel dans le réel et le réel dans ne pouvait manquer de l'irréel. Daubigny et mais non asservis. Ces acquisitions capitales qui devaient suivre les débuts. les autres naturelles. par les Monet n'était était incité. premières tentatives comme les voyages. qui ne devait pourtant pas être la plus pénible. Cet ensorcelant peintre. La plus importante des circonstances qui amenèrent Monet à faire un retour sur lui-même et à chercher autre chose (bien entendu dans le sens de sa propre nature) fut le voyage à Londres auquel le contraignit la guerre de 1870. Là il rencontra Pissarro. à la fois visionnaire et naturaliste. Même il s'est fréquemment abstenu. décisif toutefois. déplacements forcés. à chercher une palette plus vive. mais ce pas à celle de Turner qu'il devait aboutir. Celui- la peinture sur des peintres aussi volontaires et ci anglais. Tous avaient été stimulés. Les unes accidentelles. Cabat. les exciter à se mettre en peine d'une couleur plus vibrante que les harmonies délicatement nuancées dans le gris de Corot et de Boudin. préservé. mais lourdes triturations de pâtes de Courbet. Paul Huet. lors d'une visite à la National Gallery. Courbet. Turner put être pour eux ce qu'avaient été Constable et Bonington pour Théodore Rousseau. et tous deux.ANNÉES D'ANGLETERRE ET DE HOLLANDE. furent vivement frappés par les œuvres de Turner. et que les riches dans une certaine mesure Corot lui-même. . mais un simple acheminement. deux admirables naturistes dès cette rencontre. Ce ne fut pas une initiation. pour ne pas dire ne fut jamais un Fantin-Latour et une influence aussi grande qu'à la nature aussi ouverts aux sensations que Monet. Il ne faut pas attribuer à homme des musées. furent dues à diverses causes. et les rencontres amenées par les conformes au développement logique des du tempérament même.

fit Il la a. une et minime à très la poursuite de ses chronologie. même chéri par nous. Nous pouvons Park. masse du Parlement se profilant en hauteur vers le milieu du tableau. d'un motif simple. mais les aurait pu. Nous avons vu que le séjour de Monet en Algérie ne lui avait servi de rien quant au développement de ses qualités de couleur demeurées latentes durant ce trace d'antipathie qui ne séjour. il ne réitéra pas la tentative. et à cause au loin se devinant. des dans sa maison qu'il a recueillis sont presque exclusivement des Cézanne. Les grands maîtres anciens eux-mêmes ne sont pas de sa part l'objet d'un culte. des Renoir et des Berthe Morizot. Celles que l'on peut connaître se rapprochent assez de celles que firent à la même époque Pissarro et Sisley par exemple à Sydenham. le un respect que nous avons pour maître. d'une mouvante et fantasmagorique diaprure au milieu des intensités à toute minute dissipées ou accumulées des brouillards londoniens. étant allé pour voir je ne sais quel Palais indispensable. comprendre en quoi Turner il y a là éclaira Monet et ne lui servit vive et immédiate devait être la couleur un phénomène intellectuel analogue au sentiment comme nous le verrons. Bien que nous anticipions légèrement sur pouvons profit un citer trait assez curieux de ce détachement du présent. et l'ayant trouvé fermé ce jour là. largement pillées. acquérir des Greco. qui. qui d'ailleurs n'eurent pas de prise sur lui. la ligne une Vue de dans citer les parcs ou les environs de Londres. même Une éducation bien autrement de Londres. à Londres. sur un plan encore plus rapproché une sorte sujet. avec la . Delacroix. On au contraire exaltées par sait l'intensité d'une incroyable fraîcheur à que prend la le séjour de moins d'un an qu'il couleur dans l'atmosphère de l'île. des Ingres. lui. la Tamise. qu'il a pu combattit. dans que il se sait que mêle une donne que plus de saveur à l'attraction qu'il exerce sur nous. parce qu'il c'est d'une nature passionnément exclusive et l'acharnement à tification propres créations. Tout naître. comme lui en eut sur plusieurs d'entre eux. fit en Angleterre. Il comme morceaux de peinture Degas. Il ne nous a été donné de voir que peu des peintures exécutées à Londres pen- dant cette période. Puis. ceci est pour faire indirectement. la clarté Au déjà acquise chez Monet surplus cet acheminement s'est opéré plus par incubation que par brusque changement. sen- timent d'admiration de fétudiant vis-à-vis du maître de son choix. Irons-nous jusqu'à dire que chez lui une faiblesse? Non. et éprouver dans sa jeunesse pour Corot. et surtout. campagne. comme typiques une Vue dans Hyde avec des silhouettes de promeneurs épar- des maisons d'Oxford Street. Le climat même porte à la griserie. et montée jusqu'à la on s'explique sans peine que la vivacité dans la coloration. et même. Or on le très de ses parcs. nous du particulier si une campagne à Venise. à peindre.54 de l'étude approfondie des devanciers. visita peu plus grande partie de son temps cette curiosité insatiable qui nous enflamme à con- nous qui ne peignons pas. de ses suburbs En somme . Ces facultés furent. élève toute sensation au paroxysme comme un se soit alcool. Les artistes de son temps immédiat. Lorsqu'en 1912 Monet les édifices et l'Académie des Beaux-Arts. même du traité. Un peu en avant on entrevoit le Pont de Charing-Cross et à gauche. l'intéressèrent toujours davantage. la jus- passa la il au passé.

Paris. ou vieux. Il y avait rencontré Daubigny. service de ses camarades jeunes y avait un apôtre et un apôtre sans fracas dans ce grand paysagiste. écrivit pas encore le vulgarisateur n'étaient pas encore les sitait une l'école de Fontainebleau. La série des paysages qu'il exécuta au pays de Van Goyen et de Jongkind est d'une force. ce qui déjà néces- un des défenseurs convaincus de Corot et de faut se rappeler que Corot était toujours. Mais Daubigny et Durand-Ruel. l'objet de beaucoup de résistances et de critiques. ses œuvres finales poussent le système de : composition par Au la variation même excessives conséquences. n'avait pas tardé à comprendre la gêne et les inquiétudes du confrère plus reste. Mais l'obsession revient lentement. et de qui les travaux présents l'intéressaient. d'entreprendre un voyage en Hollande. il le jette sur la toile avec décision. de tique série des Ponts de Londres. ce qui peintre vint faire au donne à supposer moins une ou deux rapides apparitions à des vues de Vétheuil et d'Argenteuil sont datées de 1872 également. fructifier à près la singulière et drama- un phénomène que nous verrons plus d'une fois se reproduire au cours de la carrière de Monet. milieu même des anxiétés et des tra- jusqu'aux exclusives et une circonstance heureuse. en 1870. voici quelques exemples. cette griserie d'harmonies sur un sujet déterminé. puisque . et cet homme excellent. Il très précieuse En que le dans toute son œuvre. ce qui lui permit. Sur sa recommandation le marchand acheta quelques toiles à Monet. mettait beaucoup de chaleur et de dévouement au était de ceux qui plaisaient. ou bien à une suite de motifs voisins les uns des autres dans la région momentament préférée. On nous avons déjà été amenés par non pour «faire de la littérature») à pourrait. puisque des opérations de l'esprit (et maître soi-disant impressionniste plutôt rapprocher cette marche de son œuvre de celles comme un grand harmoniste. Nous constaterons que plus le peintre avance en années et plus cette verve de développement. tant pour satisfaire un désir antérieur que comme conséquence de ses entretiens avec Daubigny.55 d'estacade sur laquelle se tiennent des silhouettes de mariniers. qui devait amplement de trente-cinq ans de distance. constitué Il . empêcha Monet de séjourner très longtemps à Londres. datés de 1872 et 1873. de qui les débuts ne lui étaient pas inconnus. quoi qu'il ait produit plus tard. sincère dans la vie comme il l'était devant la nature. car il passe à un autre motif. et un jour. au verses. Ce tableau est particulièrement intéressant parce qu'il peut être considéré comme le germe. d'un bonheur de franc coloris qui la rend très à part. Quant à Wagner. Un thème le saisit. jeune. comme pour en être quitte avec lui. Les œuvres capitales de la dernière manière de Beethoven s'acheminent de plus en plus vers la forme variation. opiniâtre des jeunes peintres qui « impressionnistes » lutte assez ardue. Daubigny n'était en faveur de Claude Monet à M. de certains grands musiciens. prendront à la fois où tions de il la diversité et l'analogie considérer même le de l'ampleur. d'une limpidité. Il s'était il Celui-ci eux-mêmes seulement. soudain elle s'épanouit en multiples variaC'est semble que sa joie ne doive jamais plus s'épuiser.

ni pour nous.56 Un Moulin comme tructions massives donnent on ne Zandaam nous à offre la plantureuse silhouette d'une de ces cons- des tours et légères sait quelle allure comme des clochers. dont il plaît au soleil ou au reflet du ciel de faire pendant quelques secondes un objet précieux. tandis que d'autres maisons se développent jusqu'à l'extrémité de droite. relevée d'un bow-window. Le même moulin. Enfin petite construction absolument dépourvue de caractère. et à ce bouquet succède une maison bourgeoise. d'autres vues analogues sur petite corbeille. véritable tour de force si l'on peut employer cette expression consacrée. Manet est encore très loin de ce sens particulier de la clarté. Une vue d'Amsterdam. rien qu'une muraille. ainsi qu'en avant et de joie un bouquet : d'arbres s'élève jusqu'au milieu d'un canal. sûr et cordial. et même trivial Quant de ces vues de Hollande. devant une vieille une bicoque. et Courbet ne cherchera pas à s'en rapprocher. si simple. Une page robuste comme les deux précédentes. Ce personnage s'élève du milieu d'une touffe de joncs au bord même et à droite d'un spacieux canal. l'eau s'étend en avant et à gauche. à la clarté d'atelier. avec un beffroi. parmi des maisonnettes. tranquille. qui nous saisit ainsi. de tout ce qui en général fait verser tant d'encre et prépare tant de lieux . et ne semble pas encore entre- voir les analyses de couleur qui devaient bientôt distinguer son et et lui valoir des vexations prodiguées en proportion même œuvre entre toutes de leur nouveauté de leur charme. en pleine lumière. une pareille beauté. Jamais ce médiocre prétexte ne retroumais ce que l'artiste vera. ni pour personne. cette intitulée la un mouvement Maison bleue. Il continue à procéder par synthèse. sur le le même thème. en a saisi et fixé demeure et tiendra en joie de longues générations. mais avec une grande voile sombre et une grande voile claire au centre du tableau. auquel les voiles donnent charmante peinture. une perception directe de la nature. si l'on nous permet un terme un peu elles décrassent la peinture. en dehors de toute considération d'école. Dans ce tableau. Mais ces synthèses tranchent déjà hardiment sur le goût. à l'improviste. fortuitement en accord avec une disposition bienveillante de notre esprit. des voiles se distinguent à l'arrière- du moulin. un beau Moulin avec la base en bord d'un canal. Monet communique à notre esprit cette satisfaction inexplicable. Elles révèlent avec une autorité et un élan tout à fait partiliers. d'autres constructions encore sont aperçues dans l'éloignement. Une barque avec des rameurs glisse sur la surface de l'eau merveilleusement polie et claire à ce moment. toujours la même et toujours surprenante. mais ridicule quand il s'agit d'une notation où aucune autre force n'a été déployée que celle d'une acceptation joyeuse et de la parfaite justesse dans un accord de tons simples. Voilà quelques-uns des exemples des peintures que Monet exécuta en Hollande. sur le bord d'un quai lui-même le plus uni et le moins remarquable du monde. auxquelles les ailes vivante et fantasque. devant lesquelles passe une barque. mais avec un accent de légèreté plan. porte. créant ainsi un contraste et un équilibre superbes. des valeurs de tons et d'éclairage. mais littéralement exact. les habitudes de l'époque. — Elles sont exceptionnelles par l'emploi libre.

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mais tout armé pour la lutte. dont il voit le commencement en pleine assurance et connaissance de cause. tout particulièrement Van Goyen par la décision des silhouettes. avec la fameuse Vue de Delft. qui du haut de son inaccessible perfection semble avoir versé un trait de sa lumière au peintre encore obscur. (1) Il et tant d'autres . on peut dire qu'elle caractérise un groupe d'œuvres qui demeure précieux non seulement dans l'évolution de l'art français. mais dans l'art moderne tout entier. Ruysdaël. Personne n'a vu ni rendu la Hollande avec plus de simplicité et de justesse. Van de Velde. Monet semble rejaillir directement de certains grands maîtres du xvir siècle. et il n'y a guère (1) que Vermeer. Van der Heyden ne sont ici ni discutés ni discutables. Nous voulons simplement marquer la valeur d'un peintre moderne parti à la découverte.I 57 communs pour l'avenir. va sans dire que tous les grands paysagistes Hollandais.

Tandis Manet. l'Atelier à Batignolles. pour non plus le du groupe. dégagé deux personnages sont justement les que Manet parle et disserte. comme un Athénien de deux plus effacés de l'assistance. bien entendu. élégant et noble Paris. le fin bureaucrate. est à la fois ironique et tendre comme un amoureux philosophe de Watteau ou de Marivaux. comme on dit Renoir. le une place assez en vue. avec ce qu'apportait l'art de avaient à surmonter. comme un jeune taureau. comme on pourrait voir ici le peintre prédestiné de la femme ! Monet. son petit chapeau rond. et Claude Monet. Ces . puissant et véri- dique tableau de Fantin-Latour. avec sa pèlerine. le regard perçant quoique dirigé un peu de côté pour se mieux tenir en garde. ramassé sur lui-même. qu'Edmond se pénètre.LA PERIODE HOSTILE. sa jolie et souffreteuse figure narquoise. sérieux. et si maintenant de se représenter d'ensemble l'on veut bien les difficultés qu'ils Deux personnages le mouvement comprendre. lui. foncer sur l'obstacle. que Bazille. malgré sa modestie tient encore. dans la demi-teinte. est trapu. peintre allemand très oublié Scholderer. surtout nous ont toujours frappé dans le grave. Il Il va n'y a pas d'orgueil dans cette phy- . ainsi que Maître. les épaules sur la défensive. tout à fait en arrière à l'extrémité gauche son costume. aimable. que Zola s'assimile et se prépare à « tartiner » que Zacharie Astruc se carre dans son beau veston de velours. au contraire Renoir au second plan s'estompe presque. n'est certes ainsi dire. Il n'est pas sans utilité artistique entre 1870 et 1875 Monet de ses amis. en mettant à part. peu qu'on en est pour voit. le héros même de la scène. celui de Renoir d'ailleurs. comme Mais au théâtre I ils sont éloquents ces deux « personnages muets » . et pas celui d'un riche. Quoi qu'il soit trop facile de tirer les horoscopes après coup.

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l'hostilité. Mais l'avait. Il le peu confiant dans de Manet. pas. Baudelaire. libres et plus éclairés. là est toute la différence entre eux et ceux qui ne luttent en soit. songer que tout leur est hostile ou fermé à ce moment. les circonstances de l'époque. d'écrivains Fantin. et ne lui accordera jamais la deuxième séance. rire. seront les et fierté discrète. Albert André lui a consacrée relate. entre autres paroles recueillies à Gagnes. Chesneau. n'en prendra jamais livraison. lutteur. pleine de force et de pensée. qui m'a dit que vous . Zola. les qualités l'a c'est faire large — le voient ce qu'il est. Si une trentaine parmi lesquels au premier rang Monet. Il ces célébrités et mordants. qui n'épargne guère Monet. Quoi qu'il : Toutefois. commence la situation qu'il à tenir dans quelques milieux artistiques plus combattra avec beaucoup plus de violence qu'elle ne du peintre de VOlympia. malgré sonne ne le même prend au sérieux. Renoir. ne m'avait pas remonté d'un coup d'épaule. le mouvement le disent sans ambiguïté. maître de que la considération de ses mots spirituels ses d'amateurs d'artistes. puisqu'il ose acheter et garder précieusement le Déjeûner sur l'herbe. les lutteurs les plus solides soient » lui. l'art même de Monet peut se retrouver dans ce portrait exéart d'observation et d'attaque directe. Le critique détestablement boulevardier Albert Wolff reculera d'horreur (il y a de quoi. un ou éclate même pour ceux qui ne seraient pas éloignés de le goûter. La très louable notice que M. il ce ne faut dispensés de souffrir. manières de parfait homme du monde. un C'est un émule de Lavater. qu'il qu'il cherche à se renseigner auprès du et lui adresse ce compliment moitié ren- l'autre jour Boldini. modeste. le chanteur Faure ne sera nullement satisfait de son portrait en Hamlet. l'attitude. cuté avec une si haute conscience par Fantin Le regard. il nous remettant dans faut. sollicitée par lui pourtant. Seulement la souffrance ne les abat point. Même Henri Rochefort. Le baryton Faure a fait parce qu'il ne faut rien laisser perdre. Si l'agent de change Moreau demeure en ce sens une magnifique exception. On peut. prenant tout de même la chose telle qu'elle est. Renoir lui-même en a porté un affectueux témoignage. une de pour lesquelles il est prudent de ne se compromettre qu'à moitié. Peut-être tient-elle à la crainte gagnent forcément de demeure. Le reste discute. et que malgré cela les il de être momentanément épreuves. mesure.59 sionomie. et l'hostilité. les chagrins. mais supportera plus robustement. les fait En somme. pire que malgré sera à vaincre la première. L'indifférence. sans plus profonds chez Monet. il énergique et que y a même plutôt une espèce de modestie cependant c'est un délicat. moitié interrogatoire : « J'ai vu le placement. il est vrai) devant la première et splendide ébauche de son visage. de qui Manet fera un peu plus tard la superbe effigie. celleci : «J'aurais plusieurs fois lâché la partie tempérament de pas croire que mon si vieux Monet qui. c'est-à-dire hésite. est tellement en achetant quelques peintre lui-même. dire plus vifs chez Renoir. toiles rencontre un matin seignement. presque per- que beaucoup ont pour et lui à la sympathie que lui — et grande lignée. la l'on reconnaît à Manet. Burty. ces deux jeunes gens. Les collectionneurs même qui se hasarderont à lui acheter ou à lui commander des œuvres ne seront pas toujours très sûrs de ne s'être pas trompés.

de son côté. sont toujours en retard de l'un sur les artistes. Il aurait été téméraire de penser que la Barque du Dante. Ceux-ci au contraire. même me effet. et. : « Il était mot de la toujours entouré d'une cour trouver pris là-dedans. en cependant. de qui Corot était. le maudit qui avait «déboulonné» la Colonne (2). je l'aimais de loin. le plus près de lui. irait un jour au Louvre. car l'éducation qu'il s'est faite est plus de musée que celle de Monet et sa nature même. que son tendre rêve virgilien ne lui permet pas de comprendre. » A quoi Manet réplique aussitôt a : Hier rencontré Berthelier qui m'a affirmé que vous ne saviez pas chanter Pour devant le reste du public.. l'exilé. de ce ridicule Déjeuner sur l'herbe. et aussi en partie leur émancipateur. plus l'autre. Un marchand de tableaux assez en vue alors. se sentent tenus à l'admiration Tout au moins on seulement pour les Tour à tour deux gle choses laborieusement informes. de peur de commettre une erreur analogue. qui avait beaucoup de verve bouffonne. le banni. donne des airs de connaisseurs en affectant le mépris. Manet. comme académistes de la le comme regardant leur modèle. dès après 1871. lui refuser les gistes de la la lourdeur pouvait seule égaler l'orgueil. brutalement n'avaient réaliste. Corot entra dans (1) Berthelier était un chanteur comique des Variétés. les imitateurs. ses premiers travaux avaient exaspéré le bonhomme. quand les il justement j'ai I ! » (1). Latouche. Ils ressentent un réel chagrin de se voir niés par lui. Courbet était. animal presque aussi déplacé que la dame nue dans le Déjeûner sur l'herbe. a des affinités bien est. Ceux qui craignent. plus profondes avec celles de l'évocateur d'Eurydice blessée. Monet. ne réussissent pas à gagner sa sympathie et essais l'offusquent. en raison directe de leur fausseté. mais remarquable par son absence de voix. est obligatoire il de rire. les petits-fils de ceux qui s'esclaffaient devant VOlympia réputée mal faite.60 ne saviez pas peindre ?. aux Salons. de ne pas se tenir parmi Comment en la vogue : autrement serait-il ? celui de la règle aveu- de l'irrégularité forcée. Renoir dit le question dans ses confidences à Albert André d'imbéciles et je ne voulais pas « imbéciles » avaient eu. sortes d'académismes se disputent sonnelle. Delacroix était encore fort peu accepté. d'ordinaire si bienveillant. Beaucoup en étaient demeurés à la légende du fameux « cheval rose » du tableau des Croisés. nombreux toujours que ceux qui apportent en défauts gardent leur note personnelle. si tendrement voluptueuse.. Castagnary a prouvé dans une Courbet était absolument étranger à cette opération. même leurs Renoir. pour qui une peinture de Corot « n'était pas était resté finie. (2) Les légendes ont la vie dure. » Pour Monet. ayant exposé dans sa vitrine un tableau important que Monet s'était vu refuser au Salon. mais il en après 1870. et par conséquent le peintre grossier. est reçu. Renoir. qui devaient bientôt médailles supérieures qu'ils avaient le privilège de dispenser. faute de sensibilité per- celui et se au courant. » Les largement le temps de venir. qui du groupe. et les paysa- nouvelle génération. encore au Luxembourg. de même qu'aujourd'hui. transforment les et que ceux-ci qualités pu que très difficilement faire admettre. Manet est l'auteur tableaux de qui. pris entre les veille. arrivaient à une époque où l'académisme pseudo-classique reprenait le dessus sur le romantisme qui finissait assez obscurément. futable brochure que était irré- .

Fromentin partageait les mêmes sentiments. opinion. Daubigny. avaient fini par triompher des « imbéciles » eux-mêmes. peu connues. mants ridicule. parce qu'on avait refusé Claude Monet.61 la boutique demanda avec indignation ^ue et cette peinture. Fromentin. les personnalités peu différentes. Bien que Puvis de Chavannes fût tourné en dérision. à Renoir. cette ou plutôt : ! « Ah ! » la fausse œuvres et les situations officielles des peintres en possession des formules moyennes qui conduisent aux récompenses et aux commandes. et même sans loyauté. à Sisley. au lieu de s'obstiner à m'imiter pas si Tout cela indique l'incertitude qui régnait dans les esprits. et qui les avait plusieurs fois visités à Fontainebleau. demeuraient dans une sorte de compromis entre certitude qu'avaient créée les l'acceptation et la gloire. Ce n'est pas à dire. aux portraits flatteurs. alla jusqu'à donner sa démission de juré au Du moment. En revanche. Des portraits d'un beau style maintiendront la réputation picturale de Cabanel. tout ne sera pas certainement à mettre au grenier dans certaines productions des peintres d'histoire qui le combattirent. que l'on affaiblirait presque en la qualifiant ce beau trait de courage et de solidarité artistique Salon. bien entendu. critique n'était guère plus assurée au début. en profon- fut peiné. que ce temps là ait été négatif Les temps à venir retrouveront d'excellents morceaux. que ses puérils Il n'est jusqu'à certaines études. il ami. je n'admets pas qu'on récuse mon : de clairvoyance. Les temps passent et ne connaissent plus les étiquettes et les discussions d'écoles. mais Corot et Daumier Le est vrai. c'était débutant enthousiaste dément par son affection sans bornes pour son grand parfaitement indifférent à Monet. sermonna Latouche dans le sens opposé. Autant que j'aime disait-il. Diaz. » Il répétait lui-même à Monet. « peinture. d'un détestable exemple. et le gros des exposants était le nombre. aux paysages poussés très loin dans le détail. qui pourront préserver même Gérôme des outrages qu'il prodigua à Monet. chose plus surprenante. me dire que je ne connais mon métier. que nous avons vu si serviable à Monet lors de son difficile séjour à Londres. Ceux-ci étaient la force. Le public suivait. à Pissarro. et qui ne nous donneraient pas la les siècles matière d'un La hommage pareil. fût plus offerte et pouvant. alors que sa réputation officielle ne saura plus s'expliquer. se montrait également d'une fidélité absolue à ses jeunes confrères. tandis que celles qui. Daumier pensait et parla identiquement comme Corot. Notre hommage à la grandeur de l'œuvre de Monet et à la noblesse de sa vie ne sera pas fondé sur. comme Corot. Thoré était resté surtout attaché . en parlant de son fils Karl mon Chariot pouvait travailler avec vous. des tableaux char- et précieux. être influencé I et si émotif sous son enveloppe énergique. moins connues joujoux anecdotiques. s'intéressait aux tableaux d'histoire. et notre saurait (bien au contraire) pour l'art. les tenir nous donner ce admiration pour Claude Monet ne conçus tout à fait en opposition avec les tendances qui devaient plus tard en échec. qui s'était pris de vif intérêt pour les nouveaux peintres. d'anecdote. le sarcasme envers ceux qui ont différé de lui. ne aux regards des passants. Les recettes étaient à peu près uniformes. et sa sympathie.

comme peinture de qui. vent de Nord-Ouest.62 à l'école de 1830. ces critiques d'attaques l'hostilité ! ont préparé pour nos jours l'engouement à l'égard des plus arbitraires fantaisies. aveuglé été conditions de (1). en plein été « Comment vous peignez l'eau bleue. écrits en marge. Zola devait se spécialiser exclusivement en Manet. Burty. il devait écrire des pages étrangement à côté dans l'Œuvre. en somme.. les artistes eux-mêmes. J'ai vu. se spécialisait un peu dans amusant plutôt que la curiosité littéraire et bibelotière. plus tard Duret. Je n'exagère rien. il mais l'impressionnisme déroutait sa fantaisie. lignes voyait nettement l'intérêt de ce que Boudin appelait sa peinture grise. qui avait pleinement mesuré la valeur de Manet. dans de telles art consacré. ait un le public. malgré les formules mystérieuses dans lesquelles il enveloppait pression. ainsi. sur celle de tous autres. même Et Ayant avec Manet écrit à la fin devait finir par douter tant soit peu et par se refroidir. puis et Huysmans avec des réserves. Mais en regard de cela. par ! Que Que de déplorations du grand Art battu acharnée à une œuvre de sincérité. l'heure et le vent. et particulièrement à Rousseau. qui voyait les choses par le côté par le côté intense. c'est de et ses plaidoyers. portent toujours. fin.. car. l'heure et le vent. à la première heure. » La légende cachée avec vous devineriez la saison. Les il que le sont à citer plus génial des critiques modernes avait écrites sur ici. ne pouvaient encore être préparés à attendre de la peinture Ces études. plus tard encore Gustave Geffroy. que de charges point toujours drôles. et qui aurait certainement compris Claude Monet. Cézanne n'était pour lui surtout qu'un camarade d'enfance sur la avait eu son beau temps. Champfleury. que de plaisanteries. étourdi. habitué depuis des années à mules de dessin admises. tous les questions d'art n'étaient cependant pas étrangères demandaient à Renoir. « C'est et Manet il ne le lui une faute d'im- Monet qu'il s'agissait. midi. par la vivacité et la simplicité de la nouvelle peinture ? aurait fallu. de plus insaisissable dans sa forme et dans sa couleur. exemple « 8 octobre. peignant Seine à Argenteuil. » Restaient. A la : (1) une vue de Des gens à qui la qui soit bleue. à des colorations et à des for- absolument dérouté. Castagnary était surtout le protagoniste de Courbet. il d'un feuilleton « : jouera jamais dans la peinture que ayant amèrement reproché. la date. comme défenseurs vraiment lucides constants. la par main. Comment ne comprendrait-on pas que trouble. pour la défendre et la consacrer. car dès 1859. le rôle toutes ses qualités. outre les clartés qu'elles le peintre d'Honfleur apportaient. Chesneau. Il un regard calme et ardent. elles auront aussi cette opportunité de nous dispenser d'entrer dans de plus longues dissertations techniques sur ce que le public. et ne plus rien comprendre ultérieurement au mouvement de l'art. d'un poteau indicateur empressé de se s'était il Pour Manet. malgré justifier : » . une tête puissamment organisée comme celle de Baudelaire. Il n'y a que la Méditerranée : » I . d'après des vagues « et si et si fidèlement des nuages. : rapidement croquées d'après ce qu'il y a de plus inconstant. Duranty. et enfin Mirbeau pour entonner le Pœan. mais toujours insoucieuses de justesse en brèche ! En vérité.

Il l'aurait mort. fripé. ces fournaises. roulé ou déchiré.. Quant à Monet.. ces horizons en deuil ou ruisselants de métal fondu. toutes ces profondeurs. il ait à son tour dédaigné beaucoup de choses et de gens. ces firmaments de satin noir ou violet. devinait. on comprend également qu'ayant été très dédaigné aux heures décisives.63 aux formes fantastiques et lumineuses. » ces nuages En vérité celui qui sentait ainsi. suspendues et ajoutées les unes aux autres. Mais il était même de Monet. appelait Fart peut-être imposé plus vite. ces immensités vertes et roses. . toutes ces splendeurs me montèrent au cerveau comme une boisson capiteuse.

Une Vue d'Argenteuil. A ce moment Argenteuil n'était pas encore la banlieue que le l'artiste. l'encrassement et le dessèchement par les usines. coins. montre encore nous avons Monet peu définies. celui qui s'égarerait aujourd'hui sur la rive d'Argen- ne comprendrait pas que Monet matière nymphes que la « ait pu y trouver matière première » de ses cette transcription séduisante ou simplement paysages. où fleuve se confond avec cet autre stimulant de ses énergies picturales. d'un lieu ingrat infirmerait tout ce que l'on a écrit de . il différent de Sisley quant C'est aux procédés. elles-mêmes disparues presque complètement de la surface de la France. dramatique. le lac pas indiqué.LES DÉCISIVES TRANSITIONS D'ARGENTEUIL. et se trouver voisinage de plus en plus rapproché des débordements de Paris. pour ainsi dire pas à pas. ou bien alors penserait que l'inspiration. aussi vaporeux. et plus à plaindre qu'à peindre. même. aussi volontiers hantés par les Majeur ou le lac d'Albano Si cela n'était teuil la — toutes proportions gardées. depuis les pre- miers tableaux de Saint-Germain-l'Auxerrois. la Il semble qu'après les vues de Honfleur. De même pour Corot. les étangs de Ville-d'Avray étaient à son époque. de 1871. jusqu'à ce Havre de sa jeunesse. dont une Vue de Trouville datée de 1870. le courant n'y avait pas perdu sa limpidité. aussi mystérieux. la souillure des eaux ont rendu peu à peu misérable. est un bon spécimen. assez court. et les affreuses nécessités de l'industrie. La verdure y Il y avait d'heureux restait fraîche. de Sainte-Adresse mer le ! et analogues. Monet de bonne heure abandonne la forêt de Fontainebleau et se trouve attiré vers ce cours de la Seine qu'il aura peint. le ternissement du ciel. que y a un moment intermédiaire. des cabarets qui étaient comme des rappels des vieilles et acceptables auberges. cependant cet Argenteuil qui allait aiguiser les perceptions de comme le point de départ de sa plus décisive évolution. avec une voile entrant dans le chenal et deux pêcheurs à la ligne sur le bord.

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65 V impressionnisme. et qui poursuite des effets lumineux. Lui nos yeux. beaucoup plus que élément et les capital. pousse très rapi- le y a des motifs simples et attrayants comme les barques des canotiers. de découverte et . passant sur leurs étroites planches. quoique choisissant Argenteuil pour séjour ordinaire. bords de comme la Seine les théories les plus judicieuses. — car ne vont pas tarder à venir. Au surplus un est assez touffu des allées. et des reflets délicats pour les robes claires des amies qui viendront visiter pendant l'été l'ami de Sisley. sous lequel l'eau clapote gaîment et scintille au grand soleil. à ces exécutions en touches pressées. tard la série d' Argenteuil contenait même des Ponts de Londres) commenceront à surgir et le en devenir (comme le tableau de Londres féerique jardin de Giverny. où dix ans plus à se multiplier dans une progression presque fantas- tique les plus grands éblouissements de couleur. sera. sur la Seine. dans un rythme y a le jardin entoure une fort modeste mais avenante maisonnette. formant de près monieux et un tissu riche. très avec deux grands peupliers sur détaillée. mais il il tel que bien vu et si ! et il lui-même passa- est pour que ses massifs s'interposent aux détours cela permet de l'imaginer très grand. ou comme le pont du chemin de fer. et cela choses sous leur vrai jour. Mais dement à c'est Argenteuil qui l'absorbe principalement. ne se refuse pas quelques excursions. et jusqu'à du sable pour que les enfants de la maison puissent faire des pâtés. du moins une des plus originales. bien qu'ils aient été des moyens de que ces entretiens aient eu contrôle. ou plutôt à ils revenir. se recomposant en buisson — exécutions qui se retrouoù circulent l'air et le frisson de la vie végétale. qui prêteront déjà à de ces fines décompositions de lumière. un conseiller aux heures de" réflexion. de la péniche au quai. une belle Vue de Vétheuil. nous le considérons comme un dans l'œuvre du peintre. har- embrouillé. un dictionnaire aux heures de travail. cette fois plus cruels qu'à l'époque privilégiée de la vingtième année. voiles déployées. mais lorsqu'on se recule légèrement. les causes déterminantes de l'évolution et de la transformation de Monet. les entretiens plus animés et les plus entraînants entre camarades. C'est étonnant ce que pour un grand artiste un petit jardin peut contenir pour un œil variés attentif et subtil de choses. un consolateur aux jours de détresse. gauche la et un premier plan d'eau. à les décisif. des échantillonnages de tons aussi que toute une forêt. Mais remet les le peintre était jeune et le lieu n'était pas décrépit. Ainsi de 1872. Enfin ce jardin fournira des fleurs pour les boufrais quets à peindre entre les expéditions de paysages. Il y a des Lilas au soleil (1873). devant les voisinages. hachées. et jardinet si un celui-là est sujet d'observations inépuisables. plus loin. veront fréquemment chez Monet et seront sinon la plus heureuse de ses manières. un point de passage sont. de Manet. Il comme les Déchargeurs de charbon. quoique de la vie quotidienne. Le jardin de 1870. d'ailleurs. et des motifs typiques la et bizarres. Il même en temps. Monet. et de Renoir. Et puis blement humble. Ce jardin d' Argenteuil. habilement Il saisi. Car bien leur importance. accuse déjà une toute autre manière.

il ne fera qu'en enrichir tiliser l'expression. quelque tentative qu'il entreprenne. tandis que des de l'eau étaient des lages. Doré- navant. Les effets de Monet. et pourtant en énonçant phénomène un que. la peinture de Monet était sans aucun doute harmonieuse. mais ce langage sera si et du rêve. la nature les termes. C'est un des cas les plus curieux que l'on puisse trouver dans l'art moderne de la personnalité dominant ces avatars de métier. les Hollande. Un faits. Nous avons déjà en insistant sur la et intense logique. De cette même année 1873. nous rencontrons deux peintures qui prouvent bien . dire de cette nouvelle sorties et définitive adoption du parti analytique. et et qui repose sur sur les qualités de mais non de vibrations de la peinture qui pourtant tranche déjà si nettement sur l'ensemble de l'école à cette époque. mais clarté. et en entreprendra jusqu'aux confins de langage. l'emploi des valeurs largement étalées. ce ne furent jamais que des paroles. peut-être fait pressentir la nature de ce changement matériel technique employée principalement jusqu'ici. et demeure parfaitement au développement naturel trarier. dans les Vues de Paris. il tient le principe le tour. sont exclusivement lumineux. n'accuseraient pour ainsi dire pas de différence appréciable pour notre esprit et pour notre vision elle-même. en paraissant raffiner sur les mots. il le la même de son en assouplir. à n'en pas douter. fortement accusées. Le fait le plus beau et le plus rare de ce passage d'un art synthétique à un art d'analyse aussi loin poussée. ils ne sont pas encore complexes.66 d'encouragement mutuel. dans les Chailly. en vola- possédera avec tant de certitude et s'en servira avec tant de joie que. le moindre accent de sa personnalité. des eaux ou des édifices. et que ces œuvres matériellement. du jardin et des rives d'Argenteuil. mais qu'elle n'était pas encore harmonisée. des fleurs. On pourrait. Chez Monet la transformation dont nous parlons est d'ordre matériel. Mais nous tenions à marquer qu'elle date. d'autant plus qu'il lui semblera en contradiction avec tout ce comme formations mêmes et que nous avons dit jusqu'ici. et Nous venons d'écrire les s'explique tout seul. loin de le con- de l'esprit. si différentes. techniquement. jardin. non pas d'une de ces transon en a vu malheureusement chez certains artistes peu sûrs d'eux- qui soudain se renient. les Sainte-Adresse. dans la manière précédente. c'est mots d'évolution et on l'emploie assez souvent dans un feuil- acte. mais que ne connaissaient point les maîtres des écoles anciennes. jusqu'à l'âge le plus avancé avec il fermeté qu'en cette décisive trente-troisième année. A ce point que l'on pourrait placer (comme nous l'avons vu d'ailleurs à son atelier) un de ses tableaux anciens les plus simples de facture à côté de ceux où les effets atmosphériques ou bien les réactions colorées des arbres. Il s'agit. sont décomposés par la touche et recomposés dans nos yeux de la façon la plus aiguë. heureux ici dans leurs résultats. tout en aidant. Mais le second sera sans doute contesté par le lecteur. fut que l'artiste ne perdit point le moindre trait. et il même le parlera avec une intensité croissante. en quelque lieu qu'il se transporte. Nous aurons plus d'une occasion d'étudier les innombrables manifestations réel. Le premier les écrits sur l'art. en varier bien à lui. de transformation.

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Une toile : les de givre. Les maisons. cachent à demi les choix de ses motifs. Le la était alors rebelle à la liberté. Il n'y avait là rien que de très naturel. d'atmosphère qui devaient être qui en sont De 1874. fort. II faut ajouter qu'au lendemain de la guerre de 1870 les esprits étaient assez peu portés à examiner sérieusement un celui de Claude Monet. deux figures placées en haut. le quai. sain. à droite du tableau. même un si infiniment variées des caractères dominants. pour ni leur vision. population dans une grande rendue à merveille. qui au moment d'une des ventes désastreuses dont nous allons bientôt parler. très agréable effet est n'y a rien là qui puisse soulever d'autres critiques que celles que Il pouvaient inspirer alors les préjugés sur le fini dans un tableau. qui est se rattache aux manières que nous avons précé- étudiées. véridique. docile à l'habitude. une Vue du Boulevard des Capucines prise d'un étage élevé. Mais nous remarquons surtout que les est traversée recherches dans l'œuvre de Monet mencent ici et à le préoccuper. un Port du Havre. Les artistes. comme un faisceau de drapeaux. plupart n'éprouvaient pas le besoin de renouveler leur technique parti académique était nombreux. Malheureusement. com- une Plaine plantée d'arbres en quinconces. vres typiques de cette époque. L'impression (ici le mot est bien de mise) du mouvement de et la chaussée. sont supposées à peu près au niveau du spectateur et donnent l'éloignement de la foule qui circule en bas Mais d'autre voici sur les trottoirs un étonnant grouillement de touches serrées. Durand-Ruel. et de son côté art libre. routinier. Ici c'est pressées. abréviatif. le sentiment éprouvé. fourmillantes. dont et le au spectateur. l'avait payée vingt francs. ville est et remarquons-le avec des moyens parfaitement appropriés de couleur vibrante et de dessin remuant. ce public. d'une tonalité verte assez soutenue. un succès forcé l'artiste moyen par quelque L'un demment extravagant. Un admirable Pont d'Argenteuil est encore de cette année. et l'artiste était de ceux que véhément comme la résistance rend plus ardents à la lutte et dont elle stimule l'énergie productrice. sous lesquels circulent des promeneurs. L'expression du sentiment morne et accablant de cette banlieue est déjà très saisissante. La plaine Environs d'Argenteuil (1873) nous montre un des premiers effets au milieu par une grande route qui file vers l'horizon entre de rares maisons et de maigres bouquets d'arbres. à examiner encore quelques œu- reste. public ne dût être reconnaissant à celui qui lui apportait des éléments de plaisir nouveaux. nous citerons surtout diverses autres vues d'Argenteuil. figure aujour- d'hui avec avantage dans la collection de M. et d'une honnêteté qui n'allait pas sans quelque indigence d'esprit. Il nous avant de parler de ces incidents. Ainsi c'étaient les sujets eux-mêmes qui dictaient à un artiste absolument sincère le langage qui convenait le mieux suivant l'occasion. la part. A gauche s'élève le . sont rendus avec cette netteté. ce soin vigoureux qui ne diffèrent du genre de Manet que par l'accent personnel que Claude Monet dans le dû à un groupe de bateaux dont largement éployées. et celui qu'il voulait faire partager de très louable. les voiles édifices Un met du quai.67 que ne se souciait nullement de rechercher un succès bruyant.

La Seine occupe deux les tiers de la surface du tableau. les voiles repliées. si de plus en plus les personnages tendent à disparaître des paysages de Monet. par suite devenir un rude jouteur. en claires. Diverses intimités du Jardin dont nous avons parlé. avant de reprendre l'analyse et la chronologie de l'œuvre. et qui sont pour ou de la plupart aujourd'hui à New-York. - . de nous rappeler que nous avons atteint la phase décisive dans l'évolution Il suffit. les arbres étalent leur feuillage au fond. se tiennent en ont vraiment l'éloquence d'êtres vivants. nous font assister à des travaux de couture lecture de femmes en robes de massifs. toute animée des reflets d'arches et d'arbres qui scintillent dans le clapotis avant et du courant. même à des ébats enfantins dans temps que robuste et nature et de famille révélant des côtés affectueux chez de l'opposition qu'on devait si longtemps lui faire. de Monet. D'ailleurs.68 pont. pour le moment. les allées bordées épanoui. Tout cela est. De beaux bateaux blancs. nous en voyons encore dans ces tableaux d'Argenteuil qui jouent heureusement leur rôle. d'un sentiment de l'artiste qui allait.

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seront Que Monet de ici cordialement vivants de expansifs. sans interrompre leur enchaînement. de les raisins et le saveur. pu exécuter avec une verve entraînante et forte quelques morceaux de ce genre. qu'il à leur place dans s'abandonna le tableau. et le Déjeûner sur l'herbe. plus avec un verre et une miche. expression d'une certaine gratitude envers les biens de la vie. ou bien Durand-Ruel. ture. la vie dans ces vigoureux le regard et riches frugalement. C'est caler la cet de certaines peintures de décoration de certaines natures mortes et qu'il est question. morceaux que dans . ou les études de perdreaux et de faisans jetés en rang sur la table Il franchise. tout cela vraiment réjouit y a plus de philosophie de Que la la Pyramide gros melon entamé. qui montrent les côtés affectueux. d'y inter- mention de toute une série de travaux qui forment comme un intermède dans ample vue d'ensemble sur la nature qu'est la production de Claude Monet. et des traits comme c'est qu'elles sont à la fois d'admirables expériences de pein- de sentiment. somptueuse de si pommes même la collection la même collection ce soit la Hœntschel. ou. on peut dire que ces œuvres. un litre et excite les papilles. ou encore au retour de la chasse. Aussi bien. cette énergique figure. Sous ce dernier aspect. cela ne saurait surprendre ceux qui ont remarqué les détails des tableaux à personnages que nous avons étudiés plus haut le Déjeûner dans un intérieur. Nous qu'il allons bientôt nous trouver entraînés par tant d'événements et d'œuvres nous deviendrait difficile alors. puisqu'ils nous maintiennent en santé.INTERMÈDE DE FLEURS ET DE FRUITS. Tasse de thé si précieuse et superbe Corbeille de de pêches avec Même éclat. Mais ce que les natures-mortes isolées ont de partiait : culièrement intéressant. C'est une comparaison qu'on si dignes en peut établir sans crainte. les accessoires même quelquefois à peindre joyeusement. valent les meilleurs Chardin. nous et ceux que nous aimons. puisque nous venons de parler de ces quelques échappées d'intimité à Argenteuil. la vie familiale. réconfortants. si somme de nos peines.

d'ailleurs en de la nombre restreint. Un des plus remarquables ensembles de ces sortes de tableaux est la décoration d'un salon chez une MM. ou au melon. Mais ce qui. des renoncules. donne un intérêt particulier à ces intermèdes. celle à la tasse de thé. tel des des raisins écroulés près des beaux coings d'or. est. de plus en plus chatoyantes. non séparés de leurs feuilles luisantes. de la sveltesse des tulipes et des glaïeuls. un tel dessus de porte. et roses de Noël et et tel des pêches vermeilles. C'est ainsi que les même premières natures-mortes. successivement éblouiront du rouge des azalées. fruits. et ce sont des dalhias. les autres. puis des marguerites jaunes. et Dans cet jusqu'au plus intense lyrisme de nature. deux magnifiques analyses de couleur qui semblèrent pendant de longues années demeurer ses premiers et ses derniers essais décoratifs..70 bien des tableaux réalistes comme on en a vu pulluler déclamer dans et expo- les sitions. Claude Monet avait également entrepris une décoration dont deux grands pan- neaux furent achevés : une allée de forêt en automne. puis des blanches. c'est que l'on y suit l'évolution technique que nous avons étudiée tout à l'heure. se font que peu à peu. dans véritable chant de joie en l'honneur des fleurs et des Tel panneau représente des lys du Japon. . Durand-Ruel.. des tons vifs et tendres pourtant dès pavots rouges l'épanouissement du jardin plifier unique poëme floral se trouve en devenir de l'œuvre féerique que nous verrons finalement s'am- et roses. des oranges. et arrivent à l'intense vibration que nous trouverons dans les dernières grandes séries de paysages. Car rien alors ne faisait prévoir la grande surprise qui devait illuminer la dernière partie de sa carrière. études de gibier à plume. Une autre portera des pavots rouges et roses. sont traitées dans la note large et synthétique. des citrons. D'autres portes encore. et une pelouse avec des dindons blancs. Une autre porte. et fleurs. sous le rapport simplement pictural. avec des chasseurs. Là chaque panneau diversité surprenante. Des chrysanthèmes s'ébouriffent près d'opulents tournesols ou de délicates azalées blanches. complexes de couleur et et panneaux de de facture.

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toutes les heures. Monet pourra retourner encore de temps en temps à manière synthétique de la beau Port de mer. un bassin avec voiles. avec que des l'art efforts pour attirer l'attention aucun rapport. mais les effets les plus intenses en vivement et le plus en plein jour et même temps que ses débuts. ni récriminer contre les erreurs de jugement qui ont occasionné alors de si vives polémiques. de Claude Monet. Ils ne passionnent guère le lecteur actuel. Mais nous ne sau- rions aujourd'hui insister longuement sur eux. est daté de 1874). que de la sincérité. d'une part. car le point de vue s'est singulièrement déplacé depuis ce qu'on a pu appeler les temps héroïques de l'impressionnisme. ces féeries de en plein soleil. on s'est connu les aperçu dithyrambes de qu'il n'y avait plus d'audaces en peinture. après celles étaient bafoués. de Manet. ces fêtes de couleur saisons. de Sisley. silence ces épisodes bruyants. et leur détail paraîtra tout à fait dénué d'importance au lecteur futur. Il les où n'y a maintenant plus d'héroïsme possible en matière d'art pictural. l'autre.POUR RAPPELER SIMPLEMENT DES BATAILLES ÉTEINTES. dans l'ancienne manière. de par des grimaces d'originalité qui n'ont artistes que nous étudions ici ont obtenu de . Les œuvres des la et. Il justement possible ces jeux de lumière. merveilles qui sans doute les contemporains de ou les faire rire. Depuis années où ils les tableaux de Renoir. mais qui allaient ne reconnaîtraient pas transposées sur Nous ne pouvons passer sous par attiré les indigner la toile. (par quai très animé il est surtout et exemple un très bordé de maisons maintenant voudra noter les plus subtils. Arrivé à une phase décisive dans son évolution. canots. et qu'ils l'artiste tout comme le la plus nature que nous donnent toutes dans la les nature charmaient alors lui-même. Il suffira de rappeler des événements qui sont devenus tout au plus une petite curiosité de l'histoire artistique. mais qu'il n'y avait. ont atteint des prix élevés et ont critique qui leur avait prodigué ses sarcasmes.

Gaillebotte. Des tableaux atteignirent en moyenne de soixante-quinze à cent francs.) Mais lorsque les impressionnistes affrontaient le hasard des enchères. car ils . leurs défenseurs d'autrefois ne s'applique plus à leurs œuvres. Rouart. ainsi que ceux de Duret. et unis par les idées plus que par la façon dont pressionniste devint. de Chesneau. mais qui alors passionnaient la critique et divisaient le public. et de spéculations qui n'ont pas encore atteint leur maximum. qui aujourd'hui ont plusieurs la n'était «nouvelle école». de valeur. Cette étiquette d'im- ils de gloire ou une injure. il y a encore vingt-cinq à trente ans. MM. Le langage de et ne convient pas à celles de leurs successeurs. Tout cela est bien loin. eut leurs œuvres. et peu de gens peuvent aujourd'hui comprendre les singulières assimilations Mais lorsque nous rappelons ces événements. que la carrière Il y aurait quelque ridicule à reprendre les arguments expressions de et les Zola à l'égard de Manet. qu'il y aurait quelque ridicule à continuer de déplorer leurs anciens tels déboires. devaient vaincre les derniers préjugés académiques. mais dans titre de rente. de Monet une vue de Hollande. Le malentendu ne passionne guère les générations présentes. H. Duret sont à citer. parvenaient difficilement à vendre ces toiles deux ou trois cents francs à un petit nombre d'amal'objet teurs (1) qui certainement alors ne songeaient guère à spéculer sur aussi ces acheteurs. suivant les camps. nous politiques auxquelles (1) il donnait lieu. à fois centuplé la Héroïques avaient souvent à soutenir dans leurs familles de rudes assauts pour apporter au foyer de pareilles « horreurs » mes elles. Le tableau de Claude Monet intitulé l'honneur. C'était aussi par pas seulement par la colère. On fit aux portes des salles où les nouveaux peintres subitement mis en lumière. véritables rixes entre certains amateurs chaleureux et certains défenseurs art et de la et morale publique. le premier cas. Les auteurs de tant de les collections publiques et privées. de Duranty.72 triomphes. Le moment d'ailleurs est curieux à faire revivre où les discussions prirent presque l'allure d'une petite reprise de guerre la L'exposition de 1874 civile. soleil levant. c'était alors le désastre dans toute sa désolation. car il n'y a plus de méconnus depuis de méconnu est devenue fructueuse et que les connaisseurs. montraient ingénument Impression. Mais ce vente de 1875. très inattendu pour l'artiste. menus pour nous. craignent avant tout de paraître ne pas s'y connaître. Parmi les amateurs. avait acheté à Bellio. (C'était le moindre des ter- adoptés. de Burty. elle n'était un titre certainement pas un aujourd'hui en place d'honneur dans toiles les traitaient. en faveur des impressionnistes. Les souvenirs de ceux qu'exaspéraient un ennemi de les levers de soleil la Commune étaient de Monet n'étaient pas loin de voir en lui " l'ordre. et il le y eut à dédain que l'on la salle traitait des ventes de du grand encore mal effacés. et même plus tard de Mirbeau et des écrivains qui. avertis par l'erreur de leurs devanciers aux temps de l'impressionnisme. de devenir l'étiquette même sous laquelle on de rue Laffite la la rue la plus batailleuse de Paris. ainsi que Daubigny qui . se chamaillait : rangeait des ouvrages et des peintres aussi peu semblables entre eux que possible.

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73 éprouvons quelque regret. entre 1874 et 1885. le verrons. puisqu'il n'y a plus de tendances. que nous en bornons ruption. et qui sait. comme nous lui indiquait aller. ni d'essais. ni de réussites. désormais sans inter- se déroulent avec l'ampleur et la joyeuse sérénité . l'examen de ses là l'histoire et œuvres qui des beaux phénomènes de la nature. Toutes de les les idées et toutes les manquer peuvent ne pouvait penser alors que était la condition la résistance de son succès. avait confiance dans l'avenir. C'est pour que nous reprenons. pouvait traiter. ni d'avortements qui parviennent à provoquer une réaction temps opère immédiate. —à Monet après la condition de vaincre. succédant aux dénis de justice dans les Salons antérieurs. même façons de les Ou si aucun signe ne acharnée que rencontrait son effort du moins. peut-être une sorte de jalousie à constater que de pareilles luttes semblent devenues impossibles. il jusqu'où cette confiance . cela comme des circonstances heureuses. 1870. vu leur ter- Ainsi va la vie. Celle que le longues pour que goûts ne se heurtent pas et que les amateurs se désintéressent les et opérera est à évolution et à échéances assez de l'opinion de leurs successeurs. nous apparaissent en 1920. Claude Monet. Les épreuves et les déboires de minaison. et même toutes les façons se produire maintenant avec succès.

tous somptueux azurs. Je ne puis m'empêcher de rappeler à ce propos le mot saugrenu d'un vieux peintre de paysages. devine sans peine que ce n'étaient pas lui fournissaient les moyens de qui. » Cet honnête manœuvre n'aurait pas davantage compris le dessin des les plus : ciels d'Argenteuil. et l'on voit analyse. très bel Parfois Monet étudie les vergers sous poindre encore un des motifs où s'exercera En même temps élément de large le plus aigu de son se rencontrent certains coins de jardin (l'un est peint à Montgeron). encore à Argenteuil. les par I pour cause. médaillé régulièrement aux Salons d'il y a trente ans.ENTRE ARGENTEUIL ET VÉTHEUIL. la C'est la Seine qui lui devient de plus en plus familière cette fréquentation incessante. Les Bateaux de plaisance constituent d'être aussi un et ferme dessin dans la neige. les paysages de cette série. lui déroule tous les trésors frémissements de son courant. « Je ne peux pas peindre à Paris parce que les ciels y sont sérieusement. Il en est un. et tous de ces environs de Paris (ce qui sur- le ciel est plus beau quand on court le regarder très loin). à un ami mal dessinés. émeraudes des feuillages diversement frap- . ventes dont nous venons de parler qui faire de longs voyages. L'année 1875 trouve On l'artiste encore principalement à Argenteuil. sans compter pour découverte de soi-même les et le peintre la Mais que de belles découvertes découverte de ses ressources. qui donne beaucoup de mouvement et de charme à une des vues datées de 1875. qui lui offre toutes les plus riches combinaisons de nuages. très moutonné. C'est le ciel prendrait fort les gens qui alors croient que de ses reflets. où apparaît ce qu'on pourrait appeler sa manière touffue : ces inextri- cables embrouillements de branchages à travers lesquels l'ombre et sa pourpre pro- fonde se jouent et font ressortir toutes les pés par la lumière. qui disait. L'ANALYSE LUMINEUSE DEVIENT DE PLUS EN PLUS AIGUË.

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la aériennes des journées qui l'entraîneront avec de et bien avidité semblable. par l'infatigable perfectionnement des resdans la joie d'enrichir et d'assouplir ses moyens d'expres- la continuité sources. quoique nous ayons considéré à l'instant les difficultés de vivre comme des cirjoie constances enviables pour l'avenir. et Constable lui-même. une beauté blonde. Les éventails de cette page. de boutade picturale. que rarement entrevus. qu'il y serait aussi indiscret qu'inutile de et chercher à connaître). Au risque d'interrompre la progression dont nous venons d'indiquer le départ. ondulante. les engageant à mener jusqu'au bout la tâche qu'ils se seront assignée. nous devons mentionner une assez étrange exception dans l'œuvre. C'est en cela que ce caractère demeurera pour les artistes un réconfortant exemple. ses tableaux ne rappellent plus ceux de la première manière que par l'ampleur du dessin. du mouvement des eaux. étudiée ainsi d'ensemble. Et encore. de contexture des terrains et de la végétation. mais boutade d'une richesse et d'une beauté de matière qui méritent de nous arrêter Ce sera la — un instant. semble non seulement ne pas se tarir. La importantes — ces nains éclatante. d'Auvers une bizon. mais encore aller en s'exaltant. que l'œuvre de Monet. par pas. enveloppée de cette ample et bizarre broderie dont trueux qui amusent dominante rouge de les cet pacotille qui tapissent la sivement réaliste. même les paysagistes avaient jusqu'ici de les poursuivre et de elles. les tons composés des éléments les plus divers. rendre Mais en la touche. par C'est du labeur. pas à même et temps sa couleur plus complexe et son exécution plus prompte plus sûre. un Nippons. par l'opiniâtreté sion. d'éclairage. Ce n'est cependant que de Bar- une commence- le mot marche ce que notre peintre osera entreprendre. alors qu'il semblerait que cette complexité la dût ralentir et refroidir.75 La Et. Nous devons donc penser qu'il aura été amené la dernière figure . fait le motif principal. se montre grande. en une aussi puissante allégresse de voir et de traduire. Quelles qu'aient pu être les heures de doute même de découragement qu'ait traversées Monet (et il en a traversé aux temps des plus grands succès. le succession des saisons. De 1876 date grande peinture de la Femme en robe japonaise. avec telle variété. De plus en plus brillants et lumineux. parce qu'il a une fois commencé les rendre. ment de surtout dans les aspects fugitifs. capricieuse. on s'étonne de voir qu'un homme que presque aucun appui matériel ne vient soutenir. n'avaient pas poursuivi correspondant exactement à son évolution. du moins la dernière figure de dimensions que Monet exécutera. les phases lumineuses et les apparences la nature. infiniment plus variée. Cette progression se constate dès 1878 où nous voyons apparaître les premières vues de Vétheuil. jamais nuance de découragement ni de doute n'est venue effleurer son œuvre. Même les grands paysagistes de Ville-d'Avray. extrêmement muraille achèvent de donner à accoutrement est et un de monsassez exceptionnel. rendent désormais des effets d'atmosphère. On le voit. puisse se maintenir en un pareil entrain. la forte simplicité du motif. pourtant exclu- caractère de caprice. « osera » n'est pas de Il vaudrait mieux dire que c'est la les observer.

tour à tour. plutôt que par la que d'une part Manet. gaze à travers laquelle la masse des habitations semblera une apparition de rêve. nous renfrogne titres — car — les glaces et les débâcles que ce village s'évanouisse et soit fait de Monet à déjà parcourir tout la qualité façon de noter et de collectionner dans un amour du peintre vaste clavier de ce qu'il la nature. les caravane débandée des glaçons. capable de satisfaire avec bien plus de diversité qu'Argenteuil à toutes les curiosités du peintre. ou alors c'est un organe non point seulement sensitif. il ne fera plus intervenir l'être humain (mais principalement la femme. douloureuses dans la village de l'Ile-de-France sera sable répertoire de spectacles naturels. agenda des saisons. des brumes. il a désormais inventé un nouvel art de regarder. et plus vigoureux que le second. un inépui- même de Vétheuil sont vraiment poignantes à contempler. de l'autre Renoir. coule donnant ainsi quand on regarde Vétheuil de l'autre rive. par même. ses toits rouges. ce Ce superbe caprice une fois satisfait. il choisit aussi. apparences successives de ce que nos habitudes et nos regards paresseux sont portés à considérer comme monotone. il sait discerner le moment. l'infatigable et d'accords et d'aspects surnaturels un des idylle. que de s'apercevoir que cet œil possède une extraordinaire délicatesse. Monet fois plus souple que le premier. série des Vétheuil est trop nombreuse pour que nous l'examinions dans le . avec ses maisons claires. et que pour un peu on lui reprocherait. les res- sources picturales qu'il a acquises depuis la Camille de 1866. le point le plus significatif en même temps que le plus rare. mélancoliques. sera le miroir du le réservoir ciel. une sations agréables. nous y trouvons un thème plus étendu et plus séduisant. A partir du moment où il développe ici les moyens nouveaux qu'il avait commencé à expérimenter à Argenteuil. et Revenant à Vétheuil. de chaque heure typique. qui participe mieux et s'imprègne plus finement de l'atmosphère) que très accidentellement dans le poëme de nature qui désormais vaste s'em- parera de toute sa vigueur et de toute son ardeur. Il ne fait pas que subir et retenir.76 à vouloir se rendre compte de ce que. est plus et mieux qu'un simple organe. rudes hivers et d'apporteur de neuf. C'est une constatation qui n'explique rien. De chaque saison. après des détours droit et large. C'est en cela que l'œil merveilleux qu'on lui accorde. un fantastique et enivrant peuvent provoquer chez l'homme de sen- un drame. de grand peintre les candide aux matins l'hiver. d'été. soit qu'il s'éveille frais et soit qu'il grelotte et se à l'observer et à pendant un temps. y a de notes C'est que cette le raconter. On a un peu trop légèrement que la principale valeur de son œuvre était due à la finesse de son œil. exécutaient alors. C'est un morceau différent. les bouquets et les rideaux d'arbres qui l'escortent ou le rehaussent. appliquées à la figuration humaine. dit mais sensible La et pensant. devant lui. enfin le chemin que suivra pendant un simple Ainsi les et de tout ce qu'elles vapeurs dorées des soirs de printemps. fique premier plan qui. un magni- ainsi sur les bords de la Seine qui. de montrant à la les tonalités. Il s'élève harmonieux. peuvent y ajouter de brillant et matière s'y de somptueux. Le village s'étale et s'étage sur une colline.

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accusent encore une recherche de notation toujours plus rapide et plus subtile. entre les hautes falaises de maisons qui entourent et dominent le perpétuellement trépidant embarcadère. Par contre une série semblant la amorcée. contraire. amplifiée. l'année 1878 voyait naître quelques tableaux d'un genre assez mais qui se ralliaient à l'étude analytique nous voulons parler des Fumées de peu nombreuses. Monet s'est bien gardé de ce danger. toute la somptuosité de palette. détours de la Seine. en 1887. d'un tableau de 1871. transposée. de lui. modifiée. Plus brutal à la fois et plus insaisissable que les spectacles de nature qu'il avait peints jusqu'ici. une idée se reproduit en comme quelques années. ne fournira plus tard que des éléments pour une nous croyons que série différente. et aussi d'expérience. d'une solidité de construction sur laquelle ne s'en joueront que mieux les caprices et les caresses les plus volatiles de l'atmosphère. doivent amener pour le les un système peintre partitions d'abréviations. viennent compléter encore ce détail. revient. s'est à la fois exercé ce fantastique de plein jour. de sous-entendus qui ressemblent assez facilement au néant. comme ses amours de jeunesse. après travaux d'Argenteuil cette mer et les années de 1875 à 1881 consacrées principalement à ces de Vétheuil que nous venons de résumer. toute que nous l'avons vu pas à pas conquérir. dans modernes auxquelles nous avons pu comparer les ensembles de Monet. chaque variation du même thème devenant un nouveau sujet en lui-même. à aucun moment Au temps complexes. Mais ce serait une grande erreur que de croire que la rapidité. Ainsi les fumées de la Rue de Rome peuvent être retrouvées dans les panaches qui se colorent de toutes les étranges opalisations des brouillards londoniens en s'échappant des locomotives sur le Pont de Charing Cross. Quoiqu'il en soit. Claude Monet plexe des effets colorés En et ces toiles de plus en plus variée amusé à noter : la et com- gare Saint-Lazare.77 de sujets. de négligences expressives. même par une simple note. En même temps particulier. un « motif dominant » se rappelle. retrouve touje la puissance des anciennes vues de Sainte-Adresse. tourbillonnant au-dessus des machines. comme celle des gares. Comme nous l'avons vu. Une toile de 1881 l'ouvre de façon heu- l'acuité d'analyse . De même. il ne se départira d'une largeur et d'une fermeté de dessin. plus les effets qu'il rendra seront fugitifs et en même plus son exécution sera riche et nourrie. après de nombreuses et différentes scènes. mais très typiques. souvent à distance de devait l'être celles des vues Tamise. Lorsque Monet. Les environs. mais en temps il apporte dans les il même nouvelles œuvres. ces fantômes de vapeur irisée. Et surtout. l'entraînement croissant. ces Fumées marquent encore une étape. à et à ces falaises qui furent en peinture. reprise en 1903. planant. Cette magnifique suite des vues de Pourville et de Varengeville commencée en 1881 est accomplie en 1882 avec luxuriance. cet aspect de grande ville conserve dans l'œuvre de Monet une valeur d'intermède. Qu'il suffise d'avoir signalé sa multiplicité beau cycle. coins ou ensembles du proche village de Lavacourt. par un accord.

perchés qui parfois surgissent comme brusquement à nos yeux. promènent sur gazon vert. ou à droite. bien en de nous qui regardons cette masse surplombante et l'immense plaine azurée. nous en foulons petites figures de dessous d'elles. tandis que de grands arbres tourmentés par ches sur humble le groupe de maisons reliquaire. ou au loin. Tout est précieux dans sa matière et cependant. c'est ou dessous. ou un jour gai et mélancolique. ou au soleil couchant. les émeraudes et les roses rubis de l'Océan. s'élèvent dans et le clocher. ni Il feux.78 reuse : massive. ou à gauche. est pour ainsi dire sous la falaise nos pieds. et Il semble que perpétuellement se possède d'une façon surprenante. les améthystes. champs salins. Ou bien encore lorsqu'un imperceptible voile passe devant les saphirs. atténue leurs Monet soit en même temps partout. ou en plein soleil. après les quarante années qui ont passé sur ces peintures. Tout de Pourville. des grise et plus tendre. se divisant en deux lobes énormes. l'originale silhouette la brise. des rocs. rien flottant dans son dessin. ainsi les airs et étendent leurs bran- qu'un dais naturel au-dessus d'un . ou un autre jour plus soleil. la mer s'étend au loin. impressions devant les tableaux de Varengeville qui forment une série parallèle. comme On peut offrent tiède encore la débordante vie ressentir les mêmes que l'artiste elles y dépensait. n'est négligé dans sa facture. et du village et de l'église. à cause de sur la côte. et leur conservant leurs couleurs. ou la falaise de ou près. car. femmes et le sol se élastique et rude. deux élégantes le la crête. Le motif est d'ailleurs différent et d'un pittoresque un peu plus accentué. une promenade presque vertigineuse sur suite après. tant apparaît infatigable ardente son exaltation de peindre.

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il devait entre- prendre encore. le rythme Ainsi. Le fleuve campagne annonce déjà la luxuriance et la forme là une magnifique boucle. Puis. elles forment ainsi autour de Giverny un spacieux amphithéâtre. tandis que la fraîcheur de la Normandie. Ville et village ont plutôt le caractère de ceux de l'Ile-de-France. en songeant aux déplacements. tout à coup. les et par suite une immensité de ciel pouvant satisfaire les esprits et les yeux plus avides de lumière. du moins pour les dominer. trouva le les rives de la nouveau depuis Seine pendant vingt-cinq ans. son port d'attache. l'on dirait presque. la Ce fut Givern5^ Le village s'étend en longueur sur une belle route parallèle à la rive droite de Seine. on . et dominées par des collines qui sans être très élevées ne manquent pas de fierté.LA CARRIÈRE DE MONET PARALLÈLE AU COURS DE LA SEINE. d'une courbe noble. d'une limpidité que font encore valoir de petits tives sont îlots joliment ébouriffés d'arbustes. en un seul coin de terre seront réunies quelques-unes des plus enveloppantes séductions de nature le miroitement nonchalant du cours de l'eau. presque majestueuse. et viennent Aux les brouillards détours les perspecdes demi-saisons. les silhouettes boisées des fuyants rivages apparaîtront vaporeuses. élyséennes. Plus hautes du côté de Vernon. Le cours de la Seine est là d'une assez grande largeur et d'un calme. séjour d'élection. au milieu de plaines abondamment plantées de bouquets de bois et de vergers. : des grandes ondulations des coteaux. les échappées suffisamment vastes au milieu des champs. un peu avant l'agréable ville de Vernon qui vient se mirer sur la rive gau- che. se remplir les poumons d'air pur et s'impressionner la rétine de couleurs vierges. d'une charmante élégance. et de Monet. sinon pour les peindre. AVEC GIVERNY POUR ÉTAPE DÉaSIVE Après avoir ainsi côtoyé le Havre jusqu'à Paris. qu'infatigable explorateur des régions et des couleurs. depuis les quais du Louvre jusqu'à l'estuaire.

tout ce simple et infmi répertoire à la profondeur duquel nous ne songeons presque jamais. en enthousiasme. touffes de joncs. par la ferveur de sa sensation et et l'entretenir par l'expansion de son sentiment. d'iris aquatiques phars qui pouvaient s'aristocratiser en variétés plus rares et La vel- de ces larges nénuacquérir noblesse de et nymphœas. peut pendant des années sans nombre pourvoir de sujets un artiste qui. si si l'on s'arrête dans quelque village voisin. constructions qui semblent aussi et logiques. y songe. accomplit avec beaucoup d'entrain la et de conscience son rôle de cours d'eau rapide. en art. douce. Tel était. régulière. de l'épi. qui lui donnera les façons d'un un lac dans une maison rustique. une sorte de créateur. la fraîcheur que maintiennent les y contribuent encore. lui. babillard à de donneur de pittoresques intermèdes. De et était léité lacustre de en confortable et. C'est villa. bienfaisance en splendeur. qu'au- cun rappel trop brutal de jusqu'ici. le séjour. permettant tous les tracés moins se dilatant par fantaisie en de Genève en miniature. ces deux éléments n'étant l'un sans l'autre qu'une poussée aveugle ou une activité sans objet. et de l'homme lui-même. fluette mais vive. Il suffira de quelque La bonté du terrain. plus touffue chemin de fer-joujou et d'une configuration terre favorisée des coquetteries de l'Epte. — Enfin la vie trop moderne ne viennent — ou ne venaient encore désharmoniser. Alors. en analysant ces magnificences et ces subtibilités de la création. Elle serre de très près le village. Rhône minuscule une autre pièce de celle-ci se parait s'étalait. la vie rustique. les plantations. séparée de l'autre par un grand jardin en pente par son exposition ensoleillée. ou plutôt de les faire se mani- que donnent les hauteurs. ainsi que la modération du climat. et le culte des fleurs. de roseaux. aussi naturelles que de celle l'arbre. Car. l'atelier et la bibliothèque de Claude Monet . et enrichie en 1883. en grimpant sans peine sur les plateaux. en modelant ces masses. la naissance des printemps. ses rideaux d'arbustes et de haies.80 dominer peut. L'abri rivières. pour transformer effort fester côte à côte. car il sera alors cet homme ajouté à la nature. les labours. qu'aucune hideur industrielle. la massive architecture des meules qui témoignent de hommes l'effort fructueux des des maternelles constances de la terre. la culture des légumes et des blés. et jusqu'à tel caprice d'élargis- sement. en étudiant ces forces. la maturité des moissons. ses et petits bouillons. La demeure. à peu près résumé. une certaine petite demoiselle de compagnie Seine souveraine. vient mettre aux ordres de celui qui possède quelque domaine sur ses bords. dans ce coin de France (comme en maints autres d'ailleurs qu'un pinceau passionné n'a point consacrés) permet. le étendues les et voir s'agencer puissant entrelacement des lignes générales. l'Epte. favorable à toutes l'autre côté de cette principale route et d'un servant aux communications vicinales. plus tard étendue que Monet vint s'élevait s'établir en bordure de l'une les floraisons. le long de la même de Giverny. cet homo additus naturœ. en retraçant ces lignes. entre deux routes parallèles. il deviendra. l'on parcourt les prés. activeur fertilité.

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ne vous qu'il travailler. si on vous prend plus de temps de travail et vous le courtise. ce qui aurait pu télégramme ne Lorsque lui avait telles — si un pas apporté la nouvelle de la mort de Manet. sortir interprété mains. et se porte en avant pour mesurer tout ce qui devait encore passer devant de de le faire sourire tels yeux. entre- croissantes ses énergies. monde en tous loin du tumulte creux des des théoriciens. . que et cette date de l'art français moderne pour justifier un peu de 1883 n'est pas dépourvue de toute solennité. jour de l'ouverture du Salon. veut conserver intactes homme et qui.81 pour les années où il demeurait chez et stériles discussions tout ce qui. l'esprit s'arrête un instant sur ces coïncidences. villes. donne d'encouragements à Monet choisissait le les œuvres. enfin qui. qui peut faire l'opinion. ne peut prévaloir contre cas. et d'un voyant une grande tâche à poursuivre. Il en 1883. déjeûna pour le la première fois avec sa famille dans sa propriété de Giverny. des oiseuses en général de et. parti d'un laborieux. fuit plus qu'il lui. des amateurs. on ne peut s'empêcher de penser que cette terre de Giverny avait assez d'importance sur la carte historique de description. d'un sage. des confrères. ne vous écoute. mais qui se borne généralement à la suivre.

ou bien un choc qui semble fortuit. Ce seront une invitation au départ. quelques beaux tableaux : des effets de neige... Il éprouve un vif plaisir. une conversation avec Renoir. tout en y revenant sans cesse pour y découvrir quelque nouveau motif ou pour y accomplir. sont soumis Giverny fournit donc. d'un il acceptera diverses occasions d'absence. avec les barques échouées au pied des rocs et la frange d'écume venant s'effilocher sur la grève. ils retrouvent par une simple rencontre. un plaisir d'imprévu plus qu'un penchant impérieux de nature. village voisin. en art. derrière une dentelle de soit ses gentils brumes feuillages. . y revoir même et y combiner quelques-unes de ses plus importantes suites sur un thème donné. à échantillonner ces harmonies toutes nouvelles. cependant que beaucoup plus tard que n'est le peintre doit se confiner uniquement dans son Giverny. Les créateurs../: ^. le fait partir avec lui pour Bordighera et Vintimille. soit ses paisibles rues paysannes. ETRETAT. moulins à eau. les désirs insoupçonnés qui redeviennent une résolution. qui a trouvé des facilités de voyage dans le Midi et qui peut en faire profiter ses amis.' i > . les pensées oubliées qui étaient demeurées une amorce.. jetant aux yeux et aux sens.. Soudainement..•. presque dans l'ancien goût. Mais en même belle peinture de la temps une excursion à Etretat sera commémorée par quelque plage. une parole. ou subira l'attraction de plus ciel lointain. ou emmitouflés de légères. Grâce à elles. un appel à résistera d'autant moins la construction. caressant. d'un objet capable de diversifier sa verve. de l'autre côté de la Seine. eux-mêmes aux lois des associations d'idées. des vues de Limetz. suave. des vues de Vernon paresseusement assise parmi ses verdures. ALTERNANCES Ce : BORDIGHERA. pendant l'année 1883.. qu'ils sont sans auxquels doute il ne résistera pas. BELLE-ISLE. cette sorte de demi-Orient. le résultat — auxquels d'un travail latent de il l'esprit. Tout en faisant là son séjour préféré.

< H a: H Q W O < .

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qui recompose tout dans son apparent embrouillement. Une ou deux fois au plus. ce besoin du peintre de faire pour ainsi dire. tout cela exprimé d'une touche légère. d'atmosphère chatoyante. Entre deux voyages il ne négligera pas de brosser une claire vue de Vernon. assez éloignée. torturées. embrouillée. tantôt même rude architecture. c'est que ces impressions plus septentrionales bénéficieront d'une palette encore plus affinée et vibrante. tourbillonne. La seule dif- férence avec naguère. installé à Belle-Isle-en-Mer. d'une plus grande intensité lumineuse et même d'un dessin plus large et plus emporté. Aussi ne sommes-nous point surpris lorsque nous Etretat avec une sorte d'âpreté. de plans moins efféminés. à son besoin de lignes franches. de plus dramatiques accents. . Et c'est sans doute une escapade qui ses où les vermillons incendiaires d'un champ de fouetté par un souvenir. qu'elles répondaient à la véritable nature de Claude Monet. exécutées en 1884. De la sorte se remarque encore. porte percée qui d' Etretat. sombre sauvagerie. souvent féeriques flatteuses. Ce sont alors les roches sombres. qui font qu'on ne sait trop fums ou l'on respire des couleurs. dussent encore une le solliciter on ne peut pas dire fois. bien que toutes ces choses aimables. n'était pas encore suffisamment assouvi. Toutefois. crache son écume aux blocs même La vague rugueux. mais d'une négligence pleine d'art. dans — mais l'esprit ? — creusée. Tantôt dans la clarté l'arche se voit au loin. d'oppositions fortes. quasi-négligente.83 toutes sortes de séductions insinuantes. ne fût-ce que par un seul exemple. tantôt nous l'approchons de façon à en distinguer les assises rocheuses et la trace des morsures acharnées du flot. qui l'avait après les énervantes douceurs du Midi et l'avaient attiré à Etretat. mer bleue entrevue entre des broussailles. au milieu d'arabesques un peu folles de pins parasols. Mais comme saisi comme le voici. en Hollande. n'est-ce pas connue jusqu'à les peintures cette porte ogivale qui a se confond avec laisse passer un de que des ses linteaux flots rageurs. Ville perchée sur la diagonale d'une haute colline. poudroiement de tons tendres. dans la ainsi fixée l'a mer la falaise. le tour de tous et thèmes et de toutes ses idées. est ces suites de variations sur une de la Falaise de Monet qui nous masse pesante de la la hantise. tulipes l'appellent. non plus à la gauche du spectateur. c'est-à-dire l'ouverture de la falaise de l'autre côté (et placée à la droite. revenir à le vo5'ons. une joie d'une plus en 1886. si fait. nous sommes presque au-dessous de sa le peintre l'a décrite encore à quelque distance). opposant leur opiniâtreté à l'acharnement du flot perpétuellement en furie. l'autre qui l'a qui s'ouvre sur le vide et ne déjà un de ces thèmes générateurs qui inaugure même donnée que nous verrons se développer bientôt dans une progression de plus en plus ample. ou bien d'accords plus virils. végétations d'aloës et d'orangers. La au silhouette. en arrière d'une vaste prairie. si le à la fin de cette même besoin de choses véhémentes et année 1886. ramassés sur eux-mêmes duel dans lequel jamais les adversaires ne succombent ni se lassent. l'entraîne à Sassenheim. Cette sensation si si on peint des par- envahissante se discerne très bien dans les peintures de Bordighera et de Vintimille. séculaire et rude accourt.

est seule. contre cette monotone et magnifique furie. en lutte pour drame le d' améthystes tirant sur mouvement. ennemis. La profonds. plus intenses cent fois que les claires teintes de la Méditerranée. suivant la distance et l'angle semblent éparpillés. captivé lui par l'éternelle tragédie. pour arracher son secret de formes et de couleurs. ou se trouve contrainte à une danse éperdue. vu d'en dessus. hérissée de mille frissons. dans cette série. la sombre plaine bleue. des saphirs. entraîné à entrer en lutte lui-même. des lapis concentrés. Claude Monet Goulphar. le grand premier rôle est donné à un énorme bloc. qui émerge comme le dos bombé d'un monstre. Elles s'entremêlent inextrica- blement du et semblent se mouvoir. Les Rochers de piliers étroits s'élevant sur les houles ruines de palais fabuleux) vus d'observatoires plus ou moins rapprochés. Les nains rocailleux pren- nent des couleurs de pourpre. dont elle ne réussit qu'à agiter le pelage d'algues. Les rochers. La Et lutte les deux donne le et le ton le pinceau de Monet s'est laissé emporter.84 comme des gnomes monstrueux et têtus. Flot rochers sont non seulement invincibles. à une ronde bouillonnante. que Il résulte de l'immobilité de ces roches et de de cette mer qui annihile son les mouvement par tant de tableaux de Monet. Les touches sont à la fois pesantes et agiles. le ton. Jamais encore sa facture n'a été plus flot complexe sur un dessin plus simple. ou bien forment une cri- un cirque au milieu desquels la vague s'abandonne. sont en accord pour donne l'harmonie. : ils et sont encore splendides. en suivant cette manœuvre opposée et superposée qui se retire et de celui qui s'avance. inexorables mer a des azurs. . au contraire. l'agitation vaine contraires. lui suffisent pour créer des spectacles pleins d'unité et pourtant de changement. de bronze. que. et dont elle modifie à peine la forme au bout de centaines d'années. Parfois. Pour peindre cette harmonie dramatique. plus soutenus. Parfois. Ainsi. comme les les s'est-il contenté d'un petit Pyramides de Port-Coton (sorte de nombre de motifs. semblent mouvements comme animés par palpitation intérieure. le grenat. rageant et se lamentant.

1—4 « O H O O < W O (/2 w .

.

rapprocher ces contrastes artistique. cet enthousiasme fécond fut presque constamment coupé par des accès de doute. il n'aura pas de plus grande . et régulier non plus de ses per- même. les plus heureux de son travail. émotif. et dont le public. on dirait on l'osait. mais de un beau rythme. énergique. et dont sans doute lui-même ne s'est jamais rendu compte. est que il cette œuvre échappe depuis longtemps se trouve pourtant pour nous. Il peut attaquer l'ouvrage et tenir aux gens sans en démordre. un double intérêt qui aide à notre compréhension de l'œuvre et nous empêche de porter sur l'homme un de ces jugements tout faits. et d'autant plus inexacts que leur simplicité les rend vraisemblables. ou plutôt d'organisation humaine et artistique. et quant à ceux-ci. en révélant que si Claude Monet eut dans l'ensemble de son œuvre un élan de lyrisme et d'ivresses de nature plus intense que la plupart des peintres modernes. trait En revanche de caractère. On même même tête l'a jugé exclusivement tenace. à part la brutalité. des anxiétés allant presque jusqu'au désespoir. Il y a d'autant moins d'inconvénients à le dire ce qu'il a de pensant et de noble. il est tout cela. Mais il est en temps extrêmement sensible. et. fonçant sur l'obstacle. si l'ardeur calmée. tendre. dans moins avide qu'on ne le croit. une fois brutal. mais de sa sensibilité continus de ceux qui régnent jusque sur sa vie ces intrusions trop coutumières à l'information contemporaine. Et en effet. Mais il croira voir ce qui manque à celui-là. dans ce à l'appréciation de son auteur. n'est pas donne à l'ensemble de comme le flux et le reflux. des périodes de découragement.QUE L'ŒUVRE DE MONET EST SOUMISE A UNE LOI DE CONTRASTES. devant les résultats les plus beaux. Un besoin de contrastes et d'alternances qui n'a peut-être pas été jusqu'à pré- sent assez étudié dans l'œuvre de Monet. On pourrait. Nous ne commettrons pas de ceptions et de son labeur. car son caractère vivre et d'agir. sans entrer de s'étudier sa production et de se raisonner. alors qu'il les aimera. ample avec indiscrétion dans l'intimité.

dans fut. marche de la positifs. en effet. Elle permet de comprendre pourquoi dans l'œuvre. elle n'est pas moins aisée à admettre que le perpétuel combat qui captivait Monet à Belle-Isle entre l'élément fluide sans cesse agité. 86 que de se dépenser pour eux comme il fit pour Manet et pour Sisley (1). Au thèmes en rapport ou en relation avec Les tableaux deviennent ainsi. pour ceux qui voudront bien adopter notre manière de voir qui n'est pas venue sans réflexion. de sa vie. tout d'une pièce. flamme qui tour à tour vant les par exemple. Nous n'avons plus affaire à un de ces caractères massifs. comme l'ont fait les théoriciens des jeunes écoles qui ont réagi contre l'impressionnisme. non pas de pures impressions. nous dirons simplement que Monet se consacra avec une ardeur infatigable à l'organisation d'Une vente artistique au profit de la famille que Sisley laissait sans fortune. s'élève. posément (quoique toujours avec une ardeur alors contenue) à quelque cycle où la construction l'emporte encore même sur la subtibilité de l'harmonie. ou bien de travailler lentement. une tombe. sans nuances. Sui- sentiments qui dominent sa vie mettra ainsi de produire les contraire. et. l'idée satisfaction qu'il n'est pas sensible. une lumière particulière plus vraie sur et l'œuvre et sur son enfantement. court. épanouie. ce qui peut donner à ceux qui n'en sont pas l'objet. qui ne trouvent à apprécier que blement doué d'un admirable ouvrier. un de ces laboureurs robustes. toutes les journées comme poussé par ces sentiments à préférer.. mais bien d'involontaires prenait Jean. qu'ils conduisent. avait pour devise comme : nulla dies sine linea. et erreur de jugement physionomique. pour le sira des copiste entièrement passif de la nature. à la fois préjugé. sous l'empire d'idées plus sombres. ou du moins prétexte à le dire. si nous nous en tenons aux exemples qu'on peut donner. à aussi parfois — ce qu'on caresse de l'air et de la terre. . D'ailleurs ses affections seront choisies et raisonnées. se ranime jusqu'à l'embrasement. production artistique. et sans exception. et l'infrangible masse calcaire qui lui résiste et le domine.Jacques Rousseau. le Ces indications jetteront. (1) Sans entrer dans les détails de cette histoire. ou bien enfin de se laisser aller avec une confiance légère. Elle est la réfutation de l'opinion. il sera demeuré — d'assez longues périodes sans toucher un pinceau. Celui-ci pour ne considérer que suivant les spectacles qu'il aura été et pourtant fine organisation lui per- par rafales. semblables aux bœufs lettres. confessions au sens où le contraire la diversité il y discernera même et y choi- de ses émotions. Mais telle claire ne pourrait croire en considérant son œuvre d'ensemble. cette forte comme la il y a un trouble secret. et l'a œil» admira- ne voient que l'instrument sans sentir l'esprit qui l'anime. d'ailleurs intermittent. parmi tant de tableaux mâles. chez Monet. et surtout contre sa suite immédiate. un Emile Zola. en tant qu'écrivain des- promeneur solitaire » Quant à la dualité de cette énergie visible et de ce trouble le plus souvent caché. on en rencontre souvent d'une délicatesse criptif et « presque féminine. Ainsi Monet ne doit plus être pris. Au il l'observa. légende.

V2 Ui C/3 .

.

C'est sans doute par l'erreur d'une signature ajoutée après coup qu'une vue de Dolce acqua près de Vintimille est datée de 1886. cette toile est et une hauteur d'une au-dessous de laquelle et couronné de son Municipe à allure de donjon féodal. Les Pins parasols qui viennent dresser au bord tiges sveltes et contournées et le au-delà desquels se voit dans même de la nappe azurée leurs fantasque couronnement de leurs ombelles. en 1889. moins exclusivement caressée. en attendant que les d'Etretat ravins abrupts de la Creuse. production la les alternances sont trop constantes du hasard. La seconde saison méditerranéenne est plus corsée que la première. On voit que. entre mer le Cap d'Antibes. un éloignement de rêve nonchalante. les parfums et les douceurs d'une seconde saison sur la Méditerranée. dans sa coquetterie. les buissons la ville même. derrière s'aperçoit le village très à l'italienne. A rappel familier et apaisant des printemps dans l'Eure en 1890. auxquelles vont de nouveau s'opposer. Quoiqu'il en grande arche au premier plan. les harmonies plus sobres et les contours plus accusés en 1886. perché sur Bordighera et les Vin- soit. tandis qu'en 1891. ce seront les ardeurs de palette. en 1888. puisque nous voyons alterner les effets souriants de Giverny en 1883. et hauteurs. les rochers et le miroir des . eux-mêmes encore moins âpres que les sauvageries de la mer à Belle-Isle en 1886 et 1887. fassent entendre cette période succédera à son tour le un appel plus véhéments. sans être simplement qui incendieront sa pour cela suivre une régularité mathématique. Cette succession de contrastes qui caractérise et domine une notable partie de de Monet commence à s'acccentuer au cours des années que nous venons la carrière d'étudier. les colorations plus chaudes.AUTRES ALTERNANCES : VINTIMILLE. de Monet se conforme à un rythme très pour l'été l'effet dont net. Les silhouettes sont en général plus découpées. LA CREUSE. les suavités de Bordighera en 1884. puisque timille sont de 1884 coupe heureuse avec et les la les Antibes sont de 1888.

d'en être arrivé à ce moment de notre étude sans avoir assez dit que Claude Monet est. retiré à Fresseline dans une solitude qui n'était pas sans fruits poétiques. blantes à Fresseline. nous découvre la Un sans mouvement sous le ciel sans nuages. tout ce qu'elle peut faire ruisseler de prestiges et de gammmes. de lacs. il l'a saisi et exprimé. la richesse de ces tons et la On se plaît à voir dans ces toiles l'opposition entre fermeté rébarbative des terrains escarpés. . nid pittoresque. si l'on adopte on pensera avec nous que Monet avait accepté la cette suggestion surtout parce qu'elle se trouvait concorder avec son besoin de se détacher des flatteries méditerranéennes. : Les tableaux de par ceci que les la Creuse. et thème sur lequel ami du poëte qu'il Rollinat. la séduction ou la colère de l'élément. Ces ravins sont tapissés de bruyères et de maintes végétations basses. tandis que ceux de Bordighera et de Vintimille évoeaux. demeurée unique. avait pensé qu'il y avait là pour le peintre matière à une énergique manifestation. ses le verrons ne pas se borner à tant d'effets déjà collectionnés. sentent l'arôme résineux des pins. mais avec des colorations différentes. le sujet par M. mais qui devait finir tragiquement. bien que déshérité. qui. un peintre essentiel des eaux dans toutes leurs apparences. le Village de la . — le fait s'explique Américains venaient justement de s'aviser du succès commençant à venir largement pour Monet. où le pourpre domine. la palpitation. Tout ce que l'eau peut capter de lumière. de cette suite. tels sont les principaux motifs de cet aimable cycle. chatoyantes. si l'occasion ne nous était pas fournie par ce rapprochement. la transparence. mais amenée par la logique des contrastes. Claude Monet y avait été emmené avait rencontré à Belle-Isle et avec qui il s'était lié d'amitié. eaux de fleuves. comme aussi une toile de Belle-Isle montre seulement la mer agitée sous un ciel moins clément.88 dans leur égale quiétude. qui seront le années prendra son plus grand La Creuse fut le labeur de ses dernières prodigieux épanouissement. si l'on nous passe cette similitude. en 1889. Toutefois. Gustave Geffroy Celui-ci. C'est l'eau mirages et sa flore. Nous enfin. courantes ou immobiles. thèse que nous avons présentée. Les Eaux trem- Roche perché jusqu'en haut d'une côte et détachant sur le ciel sa silhouette pauvre et fière. voilà les deux tableaux les plus saisissants. qui sont presque tous en Amérique. des deux jouteurs de Belle-Isle. mer seule. si différents quaient à nos sens les senteurs de l'oranger. d'étangs. d'océans. vers lequel grimpe péniblement un sentier qui part du fond du ravin et du frisson même de l'eau. comme dans la série des Pourville se rencontre l'exclusive représentation des deux grandes immensités uni- quement en présence. — sont surtout bâtis sur le motif des ravins au fond desquels coulent des eaux étroitement encaissées et bouillonnant clairement sur leur lit de pierres inégales. miroir du ciel ou champ de bataille des vents. entre autres aspects sous lesquels on peut le considérer. d'une saison. Nous pourrions nous reprocher. de canaux. Aucun peintre de paysages n'a rendu avec une pareille sûreté et une égale variété la fluidité. la mer des tableaux d'Antibes. sillonnées de barques ou parées de grasses floraisons. non sans une certaine audace.

C/3 .

.

presque entièrement consacrée à l'expressive ingratitude Fait curieux (mais qui ne de la Creuse. au beau milieu plaine de Giverny. de la date une peinture représentant une Meule. Ruel). puis encore la plaine et le rideau d'arbres qui la termine. L'on ne peut guère compter comme paysage en contenant deux du cycle des Meules proprement dit un vues à une certaine distance (collection Durand- faisant partie petites. jouer dans l'œuvre dont elle inattendu. singulier. superbe. sans remplir le rôle prépondérant.89 nous surprendra plus puisque nous avons constaté chez Monet le principe des thèmes générateurs et de leur incubation plus ou moins longue) de cette année 1889. se passe. une année pendant laquelle fort peu des tableaux de Givern}datés de 1890. des glaçons Puis. charriés sur la Seine. et qui ne figurent que d'une façon subordonnée à l'ensemble. au toit rond. Ce sont de tendres effets de printemps. que leur rurale architecture allait marquait le point culminant. en avant du rideau d'arbres que l'on retrouve souvent dans l'œuvre. rappellent ce motif. .

DEUX ÉVÉNEMENTS

:

L'EXPOSITION AVEC RODIN,

LA SOUSCRIPTION POUR

L'«

OLYMPIA

».

dans l'œuvre de Monet, nous
trouvons, en guise d'intermède, pendant qu'elle prélude par les effets de printemps à
Giverny, deux événements, de nature différente, qui n'ont pas laissé de tenir une

Avant d'aborder

cette nouvelle et décisive évolution

certaine place dans sa vie. Ils ont lieu tous deux en 1889.

L'une

est l'exposition

que Georges

Petit

prit

l'initiative

d'organiser

simulta-

nément des œuvres de Monet avec celles de Rodin. Les deux artistes étaient encore
discutés avec beaucoup d'acharnement. Cette accession à une galerie très recherchée,
ouverte aux réputations consacrées, ou réputée les consacrant définitivement, eut
quelque influence heureuse sur le profit matériel que Monet pouvait enfin commencer à retirer de ses tableaux. Rodin exposait entre autres les Bourgeois de Calais.
Monet avait des types des principales époques que nous avons jusqu'ici passées en
revue. Nous nous rappelons avoir assisté, le jour de l'ouverture, à la rencontre de
Rodin et du critique alors redouté Albert Wolff, de qui le temps n'a pas respecté tous
les enthousiasmes ni toutes les condamnations. Pour Rodin, toutefois, il sembla faire
preuve ce jour-là d'une grande clairvoyance.

«

Ah

!

c'est

vous M. Rodin,

lui

entendîmes-

nous dire de sa petite voix blanche. Eh bien, vous avez beaucoup de talent. » Rodin
s'inclina cérémonieusement. Pour Monet il lui fut plus difficile de revenir sans transition sur les articles où il comparait les impressionnistes aux pensionnaires des
maisons d'aliénés, mais il sembla admettre que le peintre et lui avaient fait tous deux
des progrès. Nous n'insisterons pas sur cette exposition; nous devions surtout signaler
sa date

comme

celle

sinon du premier, du moins d'un important revirement dans

du public.
Le deuxiêîne événement nous

l'opinion d'une partie

Monet,

ne

fait

les facultés

intéresse bien plus en ce sens qu'il

montre chez

d'enthousiasme, le dévouement à une idée ou à une amitié, ce qui

qu'un dans son esprit aussi ferme dans ses sympathies que dans ses adver-

91
sions. C'est la souscription organisée

par

en vue de l'achat de l'Olympia,

lui

et la

campagne infatigable menée pour faire accepter l'œuvre de Manet par l'Etat pour les
musées nationaux.
La souscription dans l'ensemble fut brillante. Elle faillit un moment devenir
dramatique; et elle ménagea à Monet, relativement à certaines des personnes sollicitées,

quelques surprises.

Les

furent pour la plupart, empressées, vibrantes, touchantes

lettres qu'il reçut

parfois. Les

noms

les

plus divers se rencontraient de ceux qui tenaient à honneur

un peu d'Olympia » comme disait Toulouse-Lautrec dans sa réponse, Puvis
de Chavannes se rencontrait avec Degas, Duez et Gervez avec Mallarmé. On comptait
« d'acheter

encore parmi

Armand

empressés Duret, Moreau-Nélaton, Raffaëlli,

les souscripteurs

Dayot, Robert de Montesquiou, Lerolle, Flameng, Chéret, Lhermitte, Jeanniot, Guillemet,

Carolus-Duran, Pissarro, Roll, Frantz Jourdain, Ribot, Chabrier, Ary Renan,

Besnard(l), Boldini, Fantin-Latour, beaucoup d'autres.

Ce qui nous porterait à croire que
temps héroïques,

c'est

que certaines

lettres,

l'on

encore (en 1889

vivait

on peut aujourd'hui

!)

dans des

non seulement

le dire

sans indiscrétion, mais encore avec la certitude de valoir à leurs auteurs plus d'affection et d'estime, traduisaient à la fois le

bon

vouloir, et la difficulté de le prouver.

Dalou avouait sans détours que sa pauvreté l'empêchait de dépasser un
modeste. Rodin
petite

somme

« traversait

une

crise d'argent »

qui ne

le laissait

équivalente. Jean Carriès se trouvait logé à la

fut peut-être encore le plus

émouvant

d'entre eux. «

Mon

l'espère,

vous

longtemps sans

te prévenir.

Manet

Mais

ques francs de

:

11 janvier 1890,

côté, et

plus modique, avec
a dû avoir

le

envoie cette

il

un mot où

il

plaint

enseigne. Renoir

cher Monet, écrivait-il

mais

ira

je

(le

ne puis pas

au Louvre sans moi,

mais je ne puis faire autre chose que des vœux pour

tentez. »

disposer que d'une

même

11 août 1889), impossible de trouver de l'argent. Je suis désolé,
te faire attendre plus

chiffre

la réussite

je

de ce que

pu mettre quelsomme d'autant plus émouvante qu'elle est
affectueusement son ami pour les tracas qu'il
au bout de cinq mois,

il

a

« ...Si c'est fini. »

Aux beaux

élans de cet

hommage

collectif des

principaux artistes et amateurs

quelques refus assez inattendus se produisirent. Alfred
y eut une contre-partie
Stevens et James Tissot se récusèrent pour des motifs de simple amour-propre. On
s'expliquait plus difficilement que le chanteur Faure donnât pour raison de son absil

:

tention sa certitude

«que

la

manifestation n'atteindrait pas

aurait été encore plus difficile

si

but proposé», ce qui

tous avaient donné cette réponse.

Mais plus surprenante que toutes
et

le

les autres fut l'attitude

d'Emile Zola, l'ancien

hardi défenseur de Manet. Sa réponse bourrue, maussade, illogique, sera reproduite

non pour exprimer une opinion défavorable sur le caractère du célèbre écrivain,
mais pour montrer comment, même chez un homme d'une haute intelligence, même
chez un ancien compagnon de luttes, les nerfs parfois parlent plus fort que la raison
ici,

:

(1)

Besnard en envoyant sa souscription, ajoutait

:

«

Mais

le

tableau n'ira pas au Louvre certainement.

»

92
«

Mon

cher Monet,

souscription dont vous

de peinture

même

chagrin, mais je ne puis m'inscrire à la

écrivait-il, j'en suis très

me

pour

parlez. C'est chez

moi un

le Louvre... J'ai assez

parti-pris absolu

défendu Manet par

la

de ne pas acheter

plume pour

crain-

pour ne pas craindre] aujourd'hui lei reproche
de lui marchander la gloire. Manet ira au Louvre. Mais il faut que ce soit de luimême (!) en pleine connaissance de son talent (?) et non sous une forme détournée
du cadeau, qui sentira quand même la coterie et la réclame. »
dre [évidemment Zola veut dire

ici

:

Cela n'était qu'une erreur de jugement, une bouderie, dont les motifs, au reste,

nous importent peu aujourd'hui. Ce qui fut plus grave, et qui causa un incident assez
pénible, ce fut non plus un simple refus de souscrire, mais une véritable opposition
à la souscription. Et de

la part

de qui

?

De

non sans

l'ancien ministre qui avait

dif-

non sans courage fait donner à Manet la croix de la Légion d'honneur. Il
est trop humain de blâmer ce dont nous n'avons pas eu l'idée pour que l'on s'étonne ici
de l'attitude d'Antonin Proust et qu'on lui en fasse même un très vif grief; mais l'avenficulté et

ture est curieuse à rappeler.

Commençant par
écrivait tout d'abord

dire

que

les

pour quelles raisons artistiques

œuvres de Manet

il

désapprouvait

musée

plus dignes du

les

l'idée,

étaient « celles

qui témoignaient de l'impression que lui avaient causé les maîtres de l'école espagnole
et celles «
la

beaucoup plus intéressantes qui ont déterminé

lumière de convention de

l'atelier. »

Il

ajoutait

:

«

pas

Déjeûner sur

le

d'excellentes raisons

qui est du

l'herbe,

L'Olympia, avec ses très grandes

même

pour ne pas accepter l'Olympia

»

les artistes à réagir contre

qualités, n'a pas la signification des toiles auxquelles je fais allusion. Elle

même

il

et

ment public ne donne pas gain de cause à ceux qui

Le Louvre trouvera

temps...
il

ne vaut

craindre que

est à

l'auront offerte. »

le senti-

novem-

(14

bre 1889).

Monet supportait impatiemment que

les

motifs

précisément fournis par ceux qui auraient dû
s'était

voué avec tant de passion.

Il

le

et les prétextes d'insuccès

seconder dans

s'affligeait et s'inquiétait

fussent

la tâche à laquelle

il

de voir qu'une pure mani-

festation d'art menaçait de tourner à l'a

événement parisien», presqu'au scandale. Et
publiée par le Figaro donnait, de la bouche

sur ces entrefaites une « interview

»

d'Antonin Proust, à

pour l'Olympia

à la veuve de

la souscription

l'artiste.

Les amis de

celle-ci et

le

caractère d'un secours déguisé

ceux du disparu en furent vivement

offusqués et chagrinés. Antonin Proust désavoua vaguement

Monet un envoi de témoins.
achevé de rendre désastreuse

Il

mais annonça à

n'y eut heureusement pas de rencontre, ce qui eût

l'histoire

très explicite et des plus dignes,

prendre un

l'article,

de l'Olympia,

et l'incident fut clos

par une

où Monet, déplorant que certains eussent

lettre

feint de

beau témoignage d'admiration envers une œuvre et un maître pour une
aumône clandestine, et surtout que les détracteurs de Manet pussent trouver là un
si

excellent prétexte à manifester contre lui plus vivement

amis

don de ce tableau,
c'est parce que nous l'avons jugé un des plus beaux
l'œuvre du maître. »
et

moi,

écrivit-il,

avons

fait

que jamais.

«

Lorsque mes

et

eu

et

des plus caractéristiques dans

l'idée

de cette souscription,

93

Ce ne fut pas sans de grandes difficultés que Monet finit par faire accepter à
l'Etat l'œuvre qui aurait dû être donnée sans discussions et accueillie avec empressement. Comme disait le bon Renoir « il ne s'amusa pas beaucoup avec cette affairelà. » Aujourd'hui il est bon que le public se souvienne que c'est à l'ardeur et l'opiniâtreté

de Claude Monet qu'il doit de comparer VOlympia et les œuvres des maîtres

anciens que Manet avait continués. Après de
1890,

un décret

qu'il

demeurerait au Luxembourg ni
Il

fallut

était

rendu, attribuant

ne

illustre des

pas attendre

fit

heures.

On ne

musées,
la

du

Conseil,

les délais

le 7

novembre

tableau aux musées nationaux sans garantie

qu'il irait

que quelques années plus

étant devenu enfin président

au plus

le

nombreux atermoiements,

tard,

au Louvre.

M. Clemenceau, de chef de l'opposition

Monet

allât lui

demander pour Manet

l'entrée

L'homme

réglementaires étant accomplis.

d'Etat

réponse, ni la solution, ni l'exécution, plus de vingt-quatre

à ses ordres.Le transfert fut opéré

résistait point

demande, en dehors de toutes

les

même

jour

le

de

la

coutumes administratives.

Ainsi se termina ce petit chapitre d'histoire contemporaine, que nous avons

un peu en guise de

relaté
le

divertissement, et plus encore pour éclairer le lecteur sur

caractère de Monet.
S'il

était nécessaire

sort de notre sujet,

de

!

sur l'humanité en général

— nous ajouterions que M.

Depuis que je suis

Clemenceau, lorsque

prompte et de sa
au pouvoir, vous êtes

remercier de son intervention

vous

l'éclairer aussi

demander autre chose qu'un

si

service personnel. »

le

décision, répondit
le seul

homme

:

mais cela

peintre alla le
«

Que

voulez-

qui soit venu

me

LES «MEULES». de formidable. Elle est noms du blé. l'attitude sous poids des saisons. il se trouve un Virgile un Poussin pour tirer des seuls enfantements du sol la poésie la plus profonde. Seul. les apparences sous les jeux de la lumière déterminés par la baguette magique des heures. soigneusement recouvertes. évocatrice même vieille divers d'une suprême des comme même l'art et la de façon majestueuse vers. nature nourrice. sur la terre qui le supporte. Millet avait retracé avec grandeur la . Démêter. seul. tout en rendre la masse. toutes les forces accumulées d'un amour du métier ne transcrire. le caractère. Leur exposition à la galerie Durand- Ruel fut un événement artistique retentissant. POINT CULMINANT DE L'ŒUVRE. L'idée art. Cybèle. De notre temps. pour traverser les sons dures et rassurer l'homme contre mûrit Mais de prendre ce presque le comme un de la paille blonde sur laquelle ^ grain sacré. Gérés. enfin de ne montrer rien autre que cet objet familier et de ne voir. ont été figurées neuve en poésie eux-mêmes. entre mille sujets rustiques dans l'immensité des champs et parmi le travail du paysan. sai- même édifice être. n'est pas et noblement tendre. bienfaits de la terre. c'est ce dont personne ne s'était avisé jusqu'alors. dans deux ou trois magnifiques dessins. la gravité. Millet a compris et exprimé. comme un monument. le les disettes. (dans un des quatre tableaux des Saisons) pour faire du grand champ de blé tout un personnage plus important à nos yeux (et aux siens même). ont suggéré la divinité. la solennité des gerbes régulièrement amoncelées. encore une fois. C'est de 1891 que sont datées les Meules. que Ruth et Booz qui — se rencontrent parmi les épis. toutes les perceptions d'un œil délicat. d'appliquer à du laboureur. ET LEUR VERTU ARCHITECTURALE. les plus beaux Même aux temps où régnèrent les représentations les plus allégoriques. et d'un amour de la nature.

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i .

pour en faire une étude. les effets de coloration se succédant rapidement. toujours avec plus de variété et de largeur. que les Meules marquent le point culminant de l'œuvre. tout un poëme des peut-être plus dramatique. les coloraient de tout un fantastique mystère. toute pétillante sous l'intense soleil d'été. fixant le plus rapidement possible l'essentiel des ombres. vous le voyez aboutir. Mais le soir s'approchant. puis une autre. d'autant plus conforme à la direction de ciation de ses travaux. une autre encore. des chatoiements jetés par les jours suivants. l'asso- comprendre combien ce motif le retint d'une façon en quelque sorte nécessaire. de s'analyser lui- dû à une circonstance fortuite. mais tout un cycle. Ainsi. tandis ne se reproduisent plus. son élève et sa confidente. Mais vous qui avez observé la progression suivant laquelle que chez lui une idée latente d'autres. qui vont aller se développant. la voie où ses facultés et ses attractions l'ont engagé. inévitable. la et à leurs alen- communiquait une émotion à travers lesquelles on devinait leur tours. au bout de l'année. le relief.95 forme. c'est ici que . Vous l'avez vu annoncé. l'homme est absent. ou bien pour faire reposer dans son ombre une paysanne endormie. mais encore était-ce pour noter de ses constructeurs. L'hiver. qui se trouve entraîné par la suite. l'avait mis en présence d'un des objets décisifs. le soleil Il revenait son analyse. Monet croit donc que ce fut seulement une abondance d'effets qui l'induisit à multiplier les variations sur les Meules. seule notre instinctive gratitude témoignage de et interroge ce l'effort qui ponctue la solitude et Monet. d'un des véri- sommets de sa carrière. D'ailleurs d'étudier en ne suffit-il pas de faire remarquer que soi-même une meule. il était venu avec sa belle-fille. quand Monet ne de ses conséquences. Les phases de cette terre qui nous fait payer cher sa clémence. qui sont vives et heureuses ici avec nous fait rejeton et fructifie. Il raconte qu'un jour. Déjà cette raison justifierait l'opinion. M"° Hoschedé. sur et sous la neige. Dans tableaux de Meules de Monet. trop passionné à analyser même. perfectionnait Puis l'été ne couchant à plein affolement de rayons. de sa force expressive par rapport à la plus grande simplicité concevable du sujet et des lignes tables sur lesquelles il est construit. silhouette. Cela non pas seulement à cause du caractère complet de ce cycle. Nous avons donc dit. les belles lignes les gestes simples de la Meule. séduit par l'opulence d'une belle meule dans la plaine de Giverny. qui rachète par tant de si maternité ses rigueurs. contemple la nature pour avoir la contredit le loisir à la fois. que nous avons déjà à plusieurs reprises noté certains de ^es thèmes. Cela est d'autant plus causé par une loi de son esprit. lumière donnait aux meules lui suffisait pas. c'était non pas l'étude projetée tout d'abord. vous pouvez plus nettement que lui-même. des lumières. l'enchaînement. amplifiait son dessin. des fêtes encore plus aiguës. il demandait une des vite toiles blanches apportées. sans nul dessein de multiplier ses obsercycle des Meules était vations sur ce thème. en simple état de «devenir». seule sa vie les est attestée. corsait sa pâte. a pensé que son mélangée d'un peu d'anxiété. montre à quel point l'idée même d'isoler se serait pas douté sur le l'instinct du peintre associé à et moment la force expansive du souvenir. brumes enfin. Mais. en connaissance de cause.

le peintre est parvenu à un résultat définitif. de toute son expérience. somptueuse. et cependant susceptible en s'appliquant à d'autres sujets. Cette matière avec le temps prendra est le résultat la solidité et la profondeur d'un bel émail. de tout ce qu'il a conquis sur nature a éveillé. solide. De la sorte. embrasé en lui. autant que presque impossible à analyser parce qu'elle d'une analyse poussée à l'extrême. complet. La matière la le couleur est complexe. de se compléter encore. la nature et de tout ce que la . de toute son étude. et même est généreuse.96 la couleur chez Claude Monet atteint pour produire la plus haut degré de sa pénétration analytique plus grande richesse et la plus grande puissance d'effet qu'il ait obtenues jusqu'alors.

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i .

de d'un rapport. Une des vues est légère qui fait de deux fait admettre avec même laisse demeurer à l'état d'exception. Monet avait n'aurait pas peint les Cathédrales. Claude Monet sur un thème de moindre portée. trait du gazon. d'autres levant qu'on devine. Ce n'est pas simplement que de rapprocher ces architectures de pierre les . d'un charme inattendu et un peu paradoxal. la la tendresse grande plaine fraîche que nous connaissons déjà de ses verdures de printemps. des Vernon matinaux très lumineux complètent ce même moment de détente. d'une importance capitale. arabesque originale à Deux ou la trouvaille de laquelle Hiroshighé aurait applaudi. C'est ainsi qu'en 1894. ainsi trois qu'à se livrer aux hasards heureux des promenades dans la région de Giverny. Riant et séduisant prétexte à étudier la coloration des frondaisons et des troncs selon les diverses heures du jour. mais que la réussite plaisir. cycle. ou de transition. ans se passent encore à revenir sur ces différents sujets. ombre projetée en zig-zags par le soleil à Port-Villers. Dans une entrevoir comme à travers un voile argenté les grêles silhouettes que son caractère et brume par d'une observation curieuse. Claude Monet n'avait pas peint un jeu littéraire des architectures de paille. la prairie imprévu de de Giverny semble s'éveiller gaîment. c'est l'ombre portée sur toute la surface tiges sveltes. ayant avec quence et lui plus Meules. C'est Il cependant que de la Cathédrale de Rouen paradoxal de penser que si qu'il s'agit. attire l'artiste tiges. digne d'être mis en parallèle avec celui des Meules.DES « CATHEDRALES » ET COMME QUOI ELLES SONT LA SUITE LOGIQUE DES «MEULES» En même temps monumental cycle des Meules. Des vues cet intermezzo. Mais le curieux. mais d'une qu'il édifiait ce paracheva quelques belles variations charmante élégance décorative : la ligne souplement incurvée suivant laquelle se déta- une rangée de Peupliers sur chait sur le ciel les bords de l'Epte. la série n'est point il cette et année 1894 pouvant allait voir naître être considéré à la fois un nouveau comme sa consé- son aboutissement.

lucide et raisonnée possession de soi-même. l'audace : parfaits de l'on appelle. de les appliquer à des données plus fécondes encore. objet quelconque. sûre et claire. un prétexte plus éclatant à prodiguer tous les jeux les plus éblouissants. en raison de leur isolement dans l'atmosphère. en l'intérêt art. plus colorées que celles de n'importe quel autre objet en pleine nature. que le succès ne lui était plus outrageusement refusé. Sur des motifs aussi simples.98 amené à peindre été les Meules. et Le public et les amateurs superficiels admirent ce qui leur paraît qui est quelque chose de beaucoup plus beau et plus difficile que et ce la pleine. des conquêtes de toute mais aussi pleins sa carrière. Puisqu'il était en pleine force et en pleine ardeur. jusqu'aux années de Vétheuil et de Giverny. n'atteignait pourtant et ne devait attein- dre qu'une première étape de la nouvelle route que Monet avait devinée par son instinct et préparée par la logique lui. les que même cette simplicité tours de force. c'est-à-dire de la couleur. surface. il était beau à tenter. des recherches. dira-t-on. ni le bariolage. parce que la lumière et la couleur s'y concentraient plus fortement que sur n'importe quel volume. leurs lignes. arbre. modelé atmosphérique de lumière. sur un thème aussi simple que celui de la Meule de pareils résultats. Le choix de ces objets n'avait pas été déterminé par le hasard. ne les touche pas. cette démonstration mais bientôt donnait à que l'avait ples d'une idée juste. il était inévitable au même. Le croire serait méconnaître tout ce que nous avons tenu à faire ressortir de toute son œuvre. les plus bariolés Non. parce que justement ce n'est ni l'éclat. ni la vivacité de maint ton pur juxtaposé. qu'avait jamais cherché Monet. de telle façon que la appelle la couleur et ne peut se passer d'elle. Son jardin aurait été. modelé étroitement liés et concouleur donne le modelé et que le modelé Cette magnifique réussite d'une couleur et d'un fondus l'un dans l'autre. ce qu'on pourrait appeler l'air et la Nous avons mières œuvres sous l'influence de Corot. leur vertu de concentration de tous les rayons lumineux. pour les raisons que nous avons dites. ces meules étaient pour Monet autant de problèmes à résoudre. s'était passionné justement à cause de la tentative. tout d'abord à son propre insu. la chaude intensité de leurs ombres. mais où la cou- suivi cette le relief leur ne comporte pas encore l'acuité analytique. où modelé et couleur se complètent mutuellement dans un équilibre qui tandis que le atteignait sa perfection avec la série des Meules. la palpitation le des solides plongés dans la nature. qu'il se sentait dans la vérité de ses recherches et de leur réussite. Par ce que leur nature même. puis celles où la couleur s'éclaircit modelé perd un peu de son relief. forme. où marche depuis les prene manque pas. Ce que aussi imposée à Monet. se présentant à sa vue dans le champ de Giverny. n'est autre chose logique du savoir réalisant rigoureusement les conséquences multi- l'irrésistible de l'audace. « les longs que Monet appliquât ses nouvelles ses facultés renouvelées) à un thème à la fois . leur masse. autant que nécessaire. ce qui revient en cette maturité d'âge qui permet encore . autant de confirmations des convictions. cette analyse et qui de la maintenant s'ouvrait devant couleur faisant corps avec cette puissance synthétique de construction donnait. Du moment que de son labeur. enfin puisqu'il était espoirs et les vastes pensées » facultés (ou.

plus tard. d'où revenait toujours à il Lorsqu'on tater fait ce elle. les la Seine. tracions ici seule. alliant l'amabilité et la force constante. un peu. on est forcé de répéter ce mot à chaque instant. devient très saisissant de cons- il moyen plus haut de son enthousiasme et de son Monet trouve à point nommé. et n'opèrent seuls. Ce qu'il y a de merveilleux. inclinaient à ne voir là que des variations. dans la carrière et dans l'œuvre de Monet est d'une extraordinaire logique. même de ceux qui commençaient à apprécier l'œuvre de Monet. qui naturellement avaient été choisies par le peintre parmi les plus rares. arbitraires. déconcertés par la diversité des harmonies. des plus lumineux. uns sans les autres. c'est que l'ins- y a une part égale à tinct celle de que jamais la volonté. exceptionnelles à dessein. Nous verrons même que ce fut. Ce fut une assez grande surprise que cette série nouvelle. Arrivé au monumental avec les Meules. que parvenu au degré pression. à part de ses charmes de sa source jusqu'aux de Monet se trouve analogue à un des plus fleuves de France. et construire uniquement dans complètement la couleur en sous-entendant ou même en supprimant le relief. il ne pouvait en repartir que pour le monumental. Si il on qu'elle lui avait déjà fournies. Les les détails autres. et l'on doit reconnaître maintenant qu'elle fut mal comprise. les le cours : thèmes permanents de cette Cathédrale le cette et à œuvre. ne pouvait plus le trouver dans la campagne un tableau. rapprochement de destinées. sans doute brillantes. plus magique sans cesser assez d'être naturelle. d'entraînant. Ce cours est semblable à celui d'un beau fleuve qui malgré rives suit sa pente et son accroissement depuis les grandeurs de son estuaire. semble maintenant l'appeler de tout l'élan de ses lignes et de toutes les pierreries de ses reflets. comme une vibrante . et assez complexe pour permettre à la couleur de se faire encore plus richement diverse. après l'expérience décisive des Meules. cherchées.99 ample pour que la grande ligne et la puissante forme pussent encore s'affirmer davantage. une sorte de schéma des combinaisons de lignes Mais. pour qui médite cette marche. comme plus important et beau. les caprices d'ex- sujet adéquat et nécessaire. par un concours de circonsdéjà traité un grand tances et de recherches fort singulier. qu'il put se dégager à son tour du monumental. ou diversions plutôt. si — que tout ouvrage y a pour ainsi dire son point de départ et son point d'arrivée inévitables. cette Seine qui depuis Paris jusqu'au Honfleur a précisément engendré. La progression. — si rare. ils Au contraire perpétuellement celle-ci guide et celui-là excite. sinon dans la construction même. ce thème. serait surpris d'être nous de volumes et amené à conclure qu'il avait nombre de celles qui peuvent s'offrir au paysagiste. plus surprenante tout en restant vraie. doxales. et pour Une des critiques les plus curieuses à cet égard fut celle qui consistait à dire que ces tableaux ne sauraient avoir de Même mais para- cette signification et d'intérêt les opinion se faisait jour jusque dans les éloges. le Havre quelques excursions. Et l'œuvre un des plus beaux même aisés. qui. Les uns auraient voulu une plus grande précision dans sculpturaux. le plus plus enivrant entre les deux points extrêmes de son par- de Rouen.

L'artiste avait voulu ne devoir son sujet. le richis- cadre se plus somptueux de pierre que mais dont l'œil le du grand aux minutes décisives. tous les passages de reflets les uns dans les autres. Celles des collections que nous avons citées sont assez différentes entre elles et assez typiques pour donner une idée complète de tout Celle Camondo du Luxembourg sont : est le reste. Si donc les Cathédrales de à recevoir d'un seul coup une révélation aussi éclatante. limitées exclusivement à la hauteur entre la façade. ainsi que leurs éthérisations fantomatiques lorsque les brumes s'abattent sur l'édifice. A distance. Au surplus. l'expérience est faite maintenant. d'art accomplie. Clemenceau dans inconnu à faire appelant l'A urorc. ou moins. solidée. Par exception. millionnaire intelligent le et cette rafle splendide. sans aucune des contingences qui auraient pu facilement opérer la séduction par surprise. la maîtrise. comme dans la collection Camondo. avec toutes leurs scintillantes réactions. dans telle ou telle galerie privilégiée. même seulement un amusement par leurs rapprochements et leurs contrastes. la transmutation en les argents du matin. les la reliefs en gris rosé. et qui ne perd rien de son intérêt et de sa Monet étaient des œuvres dignes de lui. et sans diminuer l'intensité l'a con- du modelé. Que l'on rencontre une cathédrale. Les seconde. ou que l'on en considère quatre. Les mises en toile étaient.100 page qu'écrivit M. pied et même dans de exactement à cette portion de l'édifice. et plus le sime gable central. comme au musée du Luxembourg. parmi les autres peintures modernes. Mais il convient de réfléchir que si à coup couleurs. d'un ton fauve avec l'une blanche avec des ombres bleues. ou bien les Trente-six vues de la même montagne sacrée. la sensation d'art n'est pas plus diminuée dans le premier cas qu'exaltée dans le second. il ne pouvait se faire qu'elles perdissent ces qualités par la dispersion. Monet exécuta quelques vues de la Tour d'Albane et de la Tour peintre de saisit. grande que blanche ou par le joaillerie grise. la de la ciel. qu'à la cathédrale seule. apaisée sans l'éteindre. elles ne doivent pas être moins d'une quarantaine. contrastes d'édifices voisins. classique en parmi eux les Cent vues du Fuji-Yama d'Hok'saï. le milieu des tours et la largeur entre les par passant la plus riche transcription colorée morne ou indifférent ne voit façade comprise dans le sommet du deux portaux latéraux. dans un album. ou plus. ou effets même élévation et sveltesse des flèches. pour la plupart. toute grise. Ces Façades sont nombreuses. encore mal préparée beauté. son appui. et l'enveloppent avec suavité. a ajouté du pré- cieux à l'harmonie. on commence à croire que ce fut leur étonnante réunion qui influença l'opinion. Ainsi trouvait complètement rempli. Peut-être cette thèse venait elle inconsciemment à l'idée des meilleures appré- une œuvre qui commençait à être célèbre. à cause de la solennité un peu triste et âpre de ces motifs. c'est-à-dire toujours plus fortes et plus raffinées que les précédentes. d'un . chacune d'elles ciateurs d'alors par l'analogie avec — : — demeure une œuvre isolée. comme de foule. à la cathédrale intégrale. sûr. et les ors empourprés du soir. ces compositions prennent pour l'esprit un intérêt. presque sans sol et sans orfroi. Le temps a exercé son action sur la matière colorée. au contraire.

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ou bien nous n'en saisissons nous embrassons du regard toute esprit s'attache à les larges toutes les façons. ensemble. et pour en surprendre et en traduire l'idée de l'extrême diversité des les subtils accords. avec un reflet qui dore par en dessous la profondeur des archivoltes. repose sur un principe entièrement différent. la quatrième. pour article d'évangile. de la forme étudiée en chaque linéaen chaque détail. ou de ceux qui sont incapables d'apprécier la différence entre les créateurs et leurs singes. un travail de copiste. été forcé d'opter. cadre des épisodes légendaires. d'un bleu matinal indiciblement délicat. ou bien la fois. ne peut s'attacher qu'à um seul à De Il synthèses y a plus. la masse de l'édifice. soit par indigence d'invention. . Ces quelques exemples suffisent à rappeler harmonies. Mais on réfléchira que sur un minutieux relevé des statues et exclusives ment et des ornementations innombrables de cette architecture. et deviendraient un bariolage accidentel. que les procédés actuels de photographie surpasseraient. les résumés de pour quoi Monet a reliefs Quand nous sommes en présence d'un aucun détail si tel un détail. les nuances ne pourraient plus jouer avec cette souplesse. les exercent la même action sur nos sens et nos âmes. On peut objecter à cela que les peintres d'architectures d'autrefois. par exemple. cette bonne foi des forme aiguë de la singerie. Van der Heyden. avec des reflets rose et or. on songe quelle prodigieuse sensibilité de perception s'exerçait sans se lasser jusqu'au bout d'un On cycle. tous ceux qui furent entraînés à l'imi- tation littérale de Monet. soit enfin pour essayer de surprendre la amateurs économes. et l'on nous sommes en présence d'une expression Nous devons négliger par là même mêmes du détail ne nie pas que dans ce cas. unissaient une vérité scrupuleuse de détails et une couleur suffientre une impression samment équivalente à et la moyenne des perceptions de tous les spectateurs qui passent. sur lequel d'ailleurs l'œil de forme. si notre — tous Monet devait donc les choisir harmonique de peintre et une épure d'architecture. ne s'égarerait pas moins que sur fatigant. et qui par suite prennent la vogue. plus cérébral.101 gris qui fait ressortir l'azur profond de la grande rose centrale. est un effet de soleil. cette mobilité. Selon ce principe le jeu des ombres et des lumières est analogue à celui des tons et des reflets dans les Cathédrales de Monet. — et il autres disparaissent et se fondent. donnaient ainsi des œuvres d'art de haut prix. du matin également. tel pourrait dire qu'à la rigueur ces jouissances de la couleur étaient forcément du plaisir plus rationnel. la troisième. Mais parti adopté il est aisé de répondre que le par Rembrandt lorsqu'il se trouve amené à peindre un de ses mystérieux temples ou palais. sacrifices d'art supérieure. Canaletto. soit par impuissance de se servir de moyens leur appartenant en propre. pis encore.

où lever de polémiques mais sans elle intéressa sans sou- non plus provoquer beaucoup d'enthousiasme. ou qui se satine et miroite sous les soleils voilés. norvégienne fut exposée chez Durand-Ruel. par le sentiment d'immensité. un ou deux fjords calmes. temps l'Océan qui paraît si cares- enveloppé douillettement dans ses brumes légères. voilà tout thème. . à cause de son génie pictural. le village plus pittoresque de Sandwicken. l'originalité les il épisode. Monet alla faire un tour en Norvège pourrait penser que cette circonstance fortuite est seule cause de la série Scandinave. produit de arbres motifs prin- nombreux pay- reflétés. Une grossière hutte de pier- perchée sur une croupe maigrement gazonnée qui surplombe la mer. où belle Cabane du douanier même. On de Rouen. et par la diversité des harmonies. Il affectionne (célèbre grâce à lui) sur la falaise de Varengeville. tableaux qu'il peint sur ce motif la simplicité railles. autres une aussi la célèbre Dans de les le revient se fixer à Giverny. Mais nous avons vu qu'il ne se décide à choisir que par des raisons de peintre. il comme un les si simple éclate particulièrement. sorte de croupe pelée et noirâtre sous la neige. et il est infiniment plus conforme à l'idée que nous nous sommes faite de la marche de son esprit. sont et cipaux de cette série que nous considérons simplement En 1896 et 1897 entre sages. cathédrale et une sauvage et glaciale nature que La série Ici c'était le entre les délicatesses de la contraste résidait. Monet vous pénètre de réalité On est réellement envahi et l'on domine en même et de rêverie. larges peu accidentés. r. avec Inondation. l'espèce de sensation d'air salé qui vous vient aux organes en regardant ces tableaux. évocateurs de vos propres souvenirs de promenade. Le Mont Kolsas. Avec le minimum de lignes. de penser qu'il aurait pu aller en Norvège sans y donner un coup de pinceau.^ Après avoir peint où se trouvait un de la cathédrale ses fils.TRANSITION DU POÈME DE L'EAU. s'il n'avait pas été déterminé à la peindre par un de ses instinctifs et habituels contrastes. . des volumes très simplifiés mais sant.

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.

Au dans son ensemble par deux ou surplus. ne venaient pas rectifier cette l'eau. Giverny et Vétheuil exécutés entre 1896 et 1902. tantôt dramatique à donner le frisson comme dans les Inondations et les Débâcles de glaçons. opinion un peu trop limitée. Ce poëme de nous l'avons vu se dérouler à travers une grande partie de l'oeuvre déjà parcourue. où le soleil n'apparaît que sous condition de couleur sombrement affolée. divers Pourville. la rattacher à cette sorte de poëme des eaux. au pays de Turner. apaisée jusqu'à duo de couleur et dans l'infini de lumière qui. aux- quels nous arrivons après avoir noté. dans son indicible douceur. il une atteint belle intensité de couleur. l'un de ces Après trente ans. comme sur la côte normande. si les Meules. En nouveaux cycles de l'Eau s'amorce par une Vue du Pont de Charing-Cross. 1902. Monet revenait au séjour de ses heures d'angoisses. les Cathédrales. nous verrons trois cycles Monet lui-même la confirmer encore d'une importance capitale. gracieux. La vitesse de deux trains qui se croisent y est hardiment indiquée par la direction de leurs panaches se déroulant dans cette étrange atmosphère de la Tamise. en possession d'une ardeur capable de tout oser et d'une palette capable de tout rendre. à l'occasion. dans lequel il a décrit l'élément à peu près sous tous ses aspects. revenant sans cesse avec une réussite nouvelle. sans compter les anciennes vues de Paris. subtil. au point qu'il pourrait être considéré comme la note dominante de l'œuvre. tantôt courant. certaines vues de la mer en Provence ou sous l'immense voûte du ciel. . tantôt tumultueux comme dans les Belle-Isle. dans cette suite des Cabanes du douanier. pour être complets. Il faut. nous ferait penser qu'il n'y a jamais eu de naufrages ni de nuées chargées de foudre. entre ses eaux alourdies et son ciel surchargé. Varengeuille.l 103 robustement modelés. Dieppe.

devant les caresses infiniment suaves de la lumière de France sur son étang de Giverny émaillé de nymphœas. Avant de partir. que noter ici cette indication rapide. en son jardin qui certainement lui parut plus beau. plus délicat. A ce la à l'atelier de diverses la tentative demeure combinaison venait sinon moment le bruit en courut dans . à cause aussi mémoire et la reprise un caractère plus corsé. du moins la compléter. forment une opposition avec le tragique courant de la Tamise. plus d'une fois pendant la grave maladie qui le saisit et le voyage. Nous ne devons comme fuyante. fut attaqué par une fluxion de poitrine qui prit et plus ardent que jamais. où peintures. au Londres fourmillants confus. Mais ces eaux de Giverny. il avait déjà esquissé. et. un autre chant du poëme des eaux. et qui plus tard s'accentueront. Pour la première fois contretemps. plus lumineux — comme font Le cycle de Londres. tristement solennels. Au reste. qui avaient en réserve tant de tendresse pour ])eintre.LES EAUX TRAGIQUES DE LONDRES. le terrible peut-être à cause des circonstances de certaines conditions du travail. Mais la robustesse extraordinaire de son tempérament triompha du mal qui n'avait pas pardonné au pauvre Watteau lorsqu'il avait fait le voyage en 1720. du Parlement et de West- trafic incessant et un caractère alarmant. envahiront et s'imposeront à tout le reste. rêvé plutôt. et ceux. minster. une symphonie ne font encore que ces thèmes qui dans se laisser deviner. qui donnaient à l'exécution une des plus hardies. fut donc loin d'être infruc- mêmes où il fut accompli. malgré tueux. Le peintre des rives de la Seine et de ces moment où d'un il « le dut y penser terrassa lors de ce nouveau prés fleuris étudiait les aspects acres et grandioses des Ponts de » Il qu'elle arrose. Monet eut le temps de peindre plus d'une toile et de rassembler de nombreux documents qu'il put remanier et refondre une fois de retour sain et sauf. les choses que nous aurions pensé ne pas revoir. la dans une aussi large mesure suppléer à Vimpression.

W o H S eu .

105
les ateliers, et les

malveillances se hâtèrent de crier que Claude Monet avait prononcé

lui-même la condamnation de la pure doctrine impressionniste. Ils ne réfléchissaient
pas que Monet n'avait jamais été un chef de doctrine, un pontife, et qu'il n'avait pas
plus promulgué de théories qu'il n'en avait aboli. Ce nom même d'impressionniste, on
donné,

le lui avait

l'artiste avait,

et

même comme un

ou plutôt on ignorait que
produit maintes œuvres qui ne pou-

fruit d'une impression directe ?

lieu plutôt qu'en
Il

oubliait

Et que peut importer d'ailleurs qu'une œuvre

l'atelier.

commencée ou terminée en un

un

autre,

du moment

soit

qu'elle est le

vraiment beau de voir ceux qui avaient injurié

était

du temps au dehors, et à même le site, lui
coup de pinceau à l'atelier Pour un peu ils

qu'il avait peint la plupart

reprocher maintenant de donner un seul
lui

On

à côté de ses impressions en plein air,

vaient être exécutées qu'à

Monet parce

sarcasme.

!

auraient fait défense d'avoir un atelier

I

une conception plus nette de l'opération artistique, de se rendre compte que le prodigieux entraînement du peintre, sa
faculté exceptionnelle, accrue et fixée par des années de labeur, de capter, pour ainsi
Il

un

dire,

aurait été plus juste, et cela aurait dénoté

spectacle de nature, enfin sa sûreté d'analyse et sa subtile perception des rap-

rendent plus aisé qu'à tout autre

ports, lui

Que

si,

le travail

de mémoire.

après tout, aux temps héroïques de l'impressionnisme certains défen-

seurs de bonne volonté avaient formulé une espèce de dogme, décrétant je ne sais
quelles peintures à la course devant les motifs

jamais discoureur, n'avait pas prononcé des
et

il

n'était

et c'est la

harmonie avec tout

s'affirment absolument en

et la

ou achevés entre 1902

le reste

et

de son œuvre. La

dans cet irréel des fantastiques brumes londoniennes,
décision fulgurante de la touche, donnent les mêmes qualités à ces

recherche des accords,

vigueur

seule chose qui importe lorsqu'on les revoit

— ayant été exécutés,

à la distance, déjà de près de vingt ans,

la

éternels de conformité à ce code,

artiste créateur.

Les tableaux de Londres,

vœux

et

responsable ni des exagérations ni des naïvetés qui se prodiguent toujours

autour d'un

1904,

mêmes, Monet, toujours agissant

la vérité

peintures qu'aux plus franches d'Argenteuil, aux plus délicates d'Antibes, aux plus dra-

matiques de
les

Belle-Isle.

accords sur lesquels

sitent

un autre

Sans doute
il

gamme

la

d'une richesse plus sombre que ceux que néces-

est bâti, sont

eux-mêmes, et l'on
nous avoir donné une Tamise de fantaisie.
trait

yeux
ne peut certainement pas taxer Monet de

climat. Les effets sont plus mystérieux. Tels apparaissent à nos

les lieux et les édifices

Un

générale de ce cycle, ou plus exactement

de feu rouge

comme

le

sang traverse

les

nuées

vient se jouer en zigzags sur le flot perpétuellement clapotant

du

et les brouillards et

large fleuve

aux eaux

lourdes. Ce tison va fusant et s'éteignant dans le jour, le brouillard et l'onde, tous trois

d'un bleu aussi profond que celui de

rendent plus fantomatiques encore

la

la nuit.

Ces âpres fantaisies de l'atmosphère

haute tour

et le bloc

démesurément

vieux Parlement gothique, ou bien semblent suspendre, non pas entre

mais entre deux néants diaprés,

ou ceux,

sveltes et

minces

les

comme

large

du

le ciel et l'eau,

ponts massifs surchargés de piétons, de camions,

la

corde d'un acrobate, sur laquelle passent à toute

106
vitesse des express

empanachés d'une fumée qui

se teinte à son tour des reflets les

plus étranges.

Parfois le

London Bridge, avec

sa foule compacte, est violemment éclairé au beau

milieu par une lumière blafarde, tandis que

le ciel et le

même

ténébreux. Dans certains tableaux pris du

fleuve s'obstinent à

point, des usines, des docks, des

wharfs gigantesques apparaissent, et dans d'autres, on ne
d'autres ils ont disparu complètement.

Le

silence solennel qui enveloppe,

Ce

n'est

pas un médiocre

effet

du

talent de

dans un cadre de moyen format,
par

la force

de

Mais sous
y méprenez pas,
qui est le dessin

mer
du

les voit qu'à peine, et

au moins autant que

cependant un silence de mort. C'est

séculaire, n'est pas

le

Monet que d'avoir

et d'avoir

demeurer

le brouillard, le

silence

dans

Palais

du trop grand.

fait tenir cette

grandeur

rendu tout cela presque exclusivement

la couleur.

cette couleur qui
il

rend

bien l'impalpable et l'amorphe, ne vous

si

y a une construction, une architecture rigoureuse, un dessin caché

même

peintes sur la côte

de l'atmosphère. De

même

dans

les vastes et claires

normande ou provençale, sans autre

étendues de

contrepartie que retendue

y avait le dessin de cette insaisissable logique qui entraîne le monde dans
sur une route aussi sûre et aussi rigide que ce pont de fer sur lequel glissent

ciel, il

l'infini

les trains si

rapidement que

les détails

nous échappent

et

que seule

est perceptible la

direction.

Cette architecture sans lignes,

gement que jamais,

et

il

nous allons

n'est pas inexact

la

trouver bientôt réalisée plus

de penser que

les brouillards

lar-

de Londres

ont été la somptueuse et grave transition de l'architecture solide des Meules et des
Cathédrales à

phœas.

la

construction des reflets sur les eaux lumineuses du bassin aux

Nym-

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qu'accompagnent les cuivres ou les ors des tournesols et des soucis. Une grande allée centrale le divise d'étroits passages qui en deux rectangles principaux entrecoupés permettent à peine de circuler entre les massifs de fleurs. est réglée de telle sorte que l'enchantement commence avec le printemps médiane et est et Il ne se termine que lorsque cesse la clémence de l'automne. Cette polychromie. pour son De esprit ram- l'autre côté avec la route et la petite voie ferrée pour un per- exercice. par phalanges associées ou contrastées. au fond duquel est la maison d'habitation et les ateliers du : peintre. cette polyphonie. comme ceux des voix y a des basses de pourpre obscure. le peintre a toujours tel jardin est pour lui un inépuisable répertoire. des contraltos d'écarlate. laissées libres étalent des festons capricieux Ainsi. L'allée couverte par la voûte verte et fleurie que forment des arceaux de rosiers. touffue. nourri. est faite de capucines pantes qui. une extase de couleurs. pour son œil un permanent tour à tour une exaltation ou un repos. Celui des fleurs. calculées par un grand coloriste et centuplées par l'affolement du visiteur. De ces masses alternées. combinées. de chaque côté la bordure continue. se mêlent. large. jaillit une caresse suprême. Elles sont plantées à profusion. Le jardin de Giverny comprend deux mondes celui des fleurs et celui de l'eau. disjointes et convenablement espacées. frontière. les plantes qui se pressent en chacun d'eux suffiraient à égayer à souhait de nombreux jardins plus spacieux. condensé de telle sorte que. s'équilibrent dans un immense oratorio. Elles forment véri- tablement des chœurs qui se répondent.I I L LE JARDIN ET LES EAUX CHATOYANTES DE GIVEEINY. Chacun de ces chœurs est touffu. des sopranos candides de blanc et de bleu pâle. y Un et cependant bien rythmés. entre. lorsqu'il sort de sa maison ou même de sa riche sous les yeux le diapason lorsqu'il palette. s'étend celui de en largeur et descend en pente légère vers la route qui le sépare de l'eau. pétuel guide et conseil. l'empire de .

liquide ne fait que le surface la hasard des pas fasse rencontrer ou de quelque tronc de saule. celle qu'on voit des couches infinies de et qui se reflète. en trouve dans balustrades de ce pont grim- stalactites multicolores. gonflées. comme pointe vient à la rencontre de son image renversée dans l'Epte. En contemplant un peu longuement ces prestiges. d'iris. Encore mieux on s'explique comment deux éléments qui échangent leurs irréalités. Les fleurs y sont moins nombreuses. Que passe une nuée tendre ou l'image renversée de quelque touffe aux réalités du solide et du violente. ou plutôt comme la muqueuse calcaire de certains coquillages. Un pont bombé. On en voit des spécimens dans s'attaqua de où le soleil la collection Camondo entre autres. des de donne accès à pent des glycines et elles la villes. vaste et aussi varié qu'on on n'a qu'à abaisser le regard pour assister des mensonges de l'eau. bleuissent. Elles s'étalent en groupes de disques au centre desquels surgissent les fleurs charnues. et en tout dernier lieu le peintre nouveau à ce motif redoutable en l'amplifiant en exaspère les gemmes. de la race aquatique ellemême. forme de ceux que ce séjour des mirages. Les bouquets d'arbres encerclés par des allées sinueuses y donnent une ombre constante qui ne se déplace avec les heures que pour donner au calme du lieu le charme de l'imprévu. recommencent parmi ces jeux des les accidents de la terre. les plantes et celle aquatiques paraissent nager dans l'espace plutôt qu'être soutenues par liquide. celui-ci des nuances. les pétrifications montantes du paysages les sol s'aiguisent vers celles qui dans dont la les grottes descendent de la voûte. des rivages. l'on Aux retombent en grappes. d'améthystes. la terre. ce rappel qu'accentuer la magie toujours changeante des nuances qui dorent. Ici que un moment le ciel se reflète aussi à l'étrange union des illusions de l'éther et que et laissée la libre de s'épandre. Le premier était le monde des couleurs. interrompent. avec leur grâce éplorée. d'Hiroshighé. teintées de rose saumoné. ont puissamment attiré et longuement retenu le peintre qui les avait toujours étudiés avec passion dans l'innombrable duo qu'ils poursuivent. union si profonde hauteur des nuages Entre ces deux profondeurs. et il en fit le thème d'une nombreuse série. ou blanches et mates comme la cire. rosissent le miroir avide Les plantes d'eau sont d'une autre nature que celles de et fidèle. Leurs feuilles aux couleurs métalliques. Mais ces entrelacs et ces bocages ne sont eux-mêmes qu'un cadre. devaient tenter tout d'abord Claude Monet.108 un l'eau présente est le monde tout autre aspect. puisque l'eau qu'on voit est le ciel. vers les fées perfides les ensorcelés. qui enserre le vaste et paisible miroir d'un étang alimenté par Le cadre est assez quand on le voit le cours de l'Epte dérivée spacieux pour que lève les yeux en l'air. moirent. Ces aigrettes de rubis. et que le ciel qu'on ne voit pas est devenu la seule apparence de l'eau. et en choisissant l'heure . de topazes. l'on croit plonger aussi loin plaine. on comprend comment dans les légendes le fond des eaux participent de la peau grasse et attirait lisse.

.

.

» Monet car jusqu'en fut inquiet. Monet aurait donc pu renouveler non seulement Venise. conta — Venise. il ne La maîtrise. sans cesse remaniées.. l'avait fois cela dit. c'est même. si l'on peut dire. ne se renouvelait point. que Monet avait non. se contrôlait . Notre explication est tout autre. Seulement. la peinture et la poésie. se renouant elle-même logiquement à celles qui l'avaient précédée. tourmenté. ou. laissées à ce et il partit moment pour pouvoir les mieux reprendre au retour pour Venise. en 1908 il s'arracha à ces études longuement méditées. doutant de lui-même comme aux jours de sa plus ardente jeunesse. est plus difficile.GIVERNY-VE3VISE. l'eut jamais. il ne l'a pas au moment même où il prend l'offensive. Aussi Octave Mirbeau ne l'expliqua-t-il point et se contenta-t-il d'affirmer qu'il avait que de déclarer une la certitude. cette inquiétude. Nous avons trop souvent suivi cet enchaînement pour ne pas comprendre se continuait.. Cependant. au moment où il attaque la toile et tant que dure ce corps à corps. comme le dit le préfacier. Cette dernière explication était vague et peu satisfaisante. Il eu autant raison d'y la certitude et la maîtrise aboutissent à depuis longtemps ses plus extrêmes années. sont exé- Mais ce qui cutées de la belle manière. qui écrivit pour l'exposition ouverte en Bernheim-Jeune une de ces vibrantes préfaces d'une galerie avait le secret. « la rendre à la nature». Monet.. quant à et il aller ajouta simplement que Monet «avait attendu de nouveaux pressentiments.. mais encore lui-même s'il en avait senti le besoin. d'expliquer pourquoi Monet est allé à Venise tout de l'heure I où qu'il n'irait jamais.. à Venise. mais lui-même par une séduisante expérience en vue d'une œuvre considérable. reprises.. ET RETOUR. je n'irai Ce qui permet à lités dit jadis 1912 à la belle exagération dont il : pas à Venise. qui lui a toujours per- mis de se renouveler. Suivant Octave Mirbeau. l'écrivain de développer un amusant paradoxe où les bana- qu'a engendrées Venise dans la romance. Mais ce n'est point là le phénomène qui se passa.

l'effet d'oppositions le disait Mirbeau. ou bien encore le Palais Ducal. . Mais il est probable qu'elle gagnera avec le temps toute sa valeur et. était suave. Cette extrême délicatesse fut cause que la moins comprise encore que certaines autres. et où elle n'est guère. et s'entraîner des batailles de vagues de Belle-Isle aux sinistres richesses du courant de la Tamise. le Palais Contarini. le peintre a les moirures de la lagune pouvaient évoquer principalement choisi les motifs où la proportion d'eau est la plus grande par rapport aux édifices. et de telle façon que le dialogue est seule- son avant-plan mouvant. C'est pour cela qu'à Venise. devinée. moindre de la moitié. où de les irisations l'étang. étudie les maisons vénitiennes. plus scintillante que dans les premiers bassins des — nymphœas. pris à distance. de son tempérament il avait inéluctablement été à passer à celle de la compte ou non. de balcons. très peu contrastée. pour ceux qui étudieront à fond avec nous l'œuvre de Monet. série fut elle conservera un intérêt capital. en tous les cas. supprimaient le ciel pour le mieux montrer reflété. mais de cette excursion il devait fatalement revenir à l'entreprise commencée. de l'étang des aller et retour. la domaine d'analogies toutes naturelles. ou comme tentée lement la même de l'analyse qu'avait sa volonté d'éviter le trop pittoresque. plus brisée. nymphœas à nappe de lagune où s'élève la floraison des palais bariolés. l'art cha- roman- de cartes postales. et passer des eaux franches d'Argenteuil aux eaux la transparentes et vaporeuses de la boucle de Giverny. en tout cas. par qu'il le voulût. il est certain que comme travail de transition.110 immédiatement qu'il n'y avait qu'un pas. avec leurs massifs d'orientales maçonneries et leurs sentiers de canaux. résultat inévitable de la nature Monet et de tiques. Les principaux motifs sont Saint Georges Majeur qui semble : flotter avec sa tour effilée en guise de mâture. doucement toyante. pour une toutefois d'une bonne partie. à laquelle la force logique obéit toujours sans la discuter et il grande surface d'eau émaillée de nénuphars ne pouvait se prolonger qu'en les champs entiers de la lagune. mais encore tenus dans le secret de l'atelier. qui prend trop faci- plupart des peintres au piège. qui est vue de l'autre côté de bras d'eau. le Palais Dario. telles que le Palais de la Mula. déjà entrepris. le peintre ne retrace que la portion inférieure. une suite de maisons découpant sur le ciel une échancrure bizarre. ou bien l'entrée du grand canal. contient une proportion d'eau minime. Toutefois cela ne pouvait être qu'une excursion dans le sans s'analyser. dont il subissait déjà les conséquences sans en prévoir l'étendue. Seule la vue du Rio coin pittoresque de pont. sans montrer le faîte ni ment entre de la la par conséquent masse architecturale Salute qui le séduit par un le ciel. De même. Ensuite de l'ar- meule chitecture de la cathédrale. quée du dôme de la Salute. La couleur dans presque toute la série de Venise. de lagune du premier plan s'étend Quand il comme un la plus et cas- grande largeur du devant lequel la portion tapis. s'en rendît et amené de son œuvre. Nous avons vu Monet suivre le parcours de la Seine en acquérant à chaque étape des ressources nouvelles. façon plus accidentée. Il est enfin à noter que les tableaux dont nous venons de parler.

> .

.

il de Il l'intensité extraordinaire qu'il même simplement d'un faut tenir compte. Certaines années même) SIENS. quand on dépense une fois creuse. C'est cet jeunes écoles. dans les comme un virtuose imperturbable. que des écarts de temps parfois assez longs se produisent entre sionnément à Tel a la été. parfois simplement d'attente. travail différent de celui de grouper des éléments qu'ils n'étaient pas à même de voir. le résultat analyse un les à diverses reprises. soit vibrante et analytique. sur ce vaillant. soit se rapprochant aussi fidèlement que possible de la vision sombre et moyenne (1) Invenire. un une valeur seul coup de pinceau même qui n'apporte à révélatrice. décide à la soumettre au jugement public. trouver. soit même rare. V . la modifie. cuisinée. d'un chagrin. Il la périodes où Monet s'adonne pas- à l'accomplissement de certains de ses cycles. une transposition dans une gamme cette sorte d'invention (1). lui- et ce une nouvelle épreuve. un « copiste » asservi à la nature. doute.THÉORIE DES ÉQUIVALENTS ET DES DOMINANTES. nouveau. — alors qu'il n'est pas une seule de ses œuvres qui n'en soit une interprétation. tout en passant alors le plus désa- n'est qu'après qu'il se gréable des quarts d'heure. CHAQUE MAÎTRE TROUVE LES On aura pu remarquer. parfois de reprise. plus important l'entreprise le trans- et plus difficile que celui âprement disputées. une oeuvre. en ces derniers temps. porte et il commence un travail qui lui avait procuré des joies si couleur de nouveau la l'attire. découvrir ce que les autres ne voyaient pas. Aucune technique. Mais son énergie se répare. l'épuisé (et s'épuise parfois en jusqu'à ce qu'il en soit à peu près satisfait. et d'ardeur. en suivant chronologiquement cette étude. puis il même qu'il tient temps en doute encore. soit claire et unie. homme qu'on a voulu considérer. conquête en de foi artiste plein et tel artiste. cet etîet. ou a moins ou à peine produit. sur cet énergique.

Et cette beauté elle-même n'a rien de de codifiable. rejoignant. ne pourra et ne devra jamais être une copie exacte. aussi expressif et aussi complet en lui-même que celui des sons. rien expliquer de l'essence de cette œuvre même. tions adoptées. des plus beaux équivalents. entre beaucoup d'autres formes une meule. pour d'autres motifs. car elle réside uniquement dans la façon de la ressentir de celui qui l'exprime. ont été à notre avis. les peupliers de l'Epte.112 de cent paires d'yeux humains prises au hasard. et. ne sauraient. au fixe. cela est curieux à noter. — ceux qui et sont. C'est relief. préjugés d'académie ou d'atelier. eux. dans une autre région. que ces apparences changent avec une continuité et une rapidité prodigieuses. des apparences de la nature. Or. pour frapper tout d'abord les esprits libres de est incontestable nantes assez fortes. une façon de ressentir. Ces techniques ne peuvent donc (que tendre à établir les plus saisissantes domi- moyen nantes. l'incompré- hension de celles qui. de discuter les tonalités et les les pre- modula- du moment que les relations sont harmonieusement combinées et à la fois évoquent et renouvellent nos sensations devant la nature. ne correspondaient à aucune entité. qu'une invitation à En la ne peuvent être bien regarder. miers au succès de l'œuvre. aussi à part. mais aussi les émotions qui les accompagnaient. L'on n'a qu'à passer en revue tous ceux qui se sont trouvés mêlés à ce mou- vement et que des désirs communs de libre manifestation d'eux-mêmes avaient . une cathédrale. soit d'école en général. Quant aux équivalents. et qu'elles se sont ensuite imposées au point de demeurer gravées dans les mémoires. suite d'autant plus faciles à imiter qu'ils se distinguent de tous les les et pour cela que les critiques. puisqu'ils exploitent à la fois façon de regarder. et une une façon d'exprimer. ainsi considérée. se trompent de but et ne devraient s'appliquer qu'aux peintres qui ont trop facilement et trop docilement adopté la manière de notre peintre. revanche. mêmes remarques aident à comprendre pourquoi le terme d'impressionniste d'impressionnisme. Les raisons en sont que d'abord ces apparences ne sont pas perçues identiquement de même la manière par deux de ces paires d'yeux. de plus. rigoureuse. qui Les et Il reste tout à fait est la sienne. peu réfléchies et point fondées que certains ont adressé à l'œuvre de Monet. Il ils est tout à fait oiseux. il que Claude Monet a trouvé dans la nature des domiassez captivantes. alors triplement copistes. quand des dominantes ont été isolées avec autant de les équivalents empruntent quand — par autres. Exemples. en dehors des faits qui permettent de classer les étapes d'une œuvre. trouvés par un artiste sont aussi déterminés. et pas seulement nos sensations. La peinture. lui barraient la route dans les années 70 à 80. jugés assez beaux pour contribuer : la silhouette de Vétheuil. est un langage à part. soit d'artiste isolé. pouvant et devant nous parler sans aucun secours de paroles. C'est ainsi qu'une étude telle que celle-ci et toutes les autres de même genre.

113

Aucun

réunis.

n'est

analogue à

l'autre.

Boudin, qui assiste aux premiers essais de

Monet, ne ressemble pas à Jongkind, qui contribue à l'affranchir de ce qui pourrait

demeurer mêlé d'influences de Corot

et

de Courbet à sa vision déjà vigoureuse

et à

son dessin déjà caractéristique. Manet, parti des maîtres, ne ressemble en aucune façon
à Courbet qui a pourtant

comme

de l'un

l'autre.

une éducation de musée. Puis, lorsque par
réaction, ce que Monet a apporté de clair dans la palette et de lumineux dans l'atmosphère, agit sur le même Manet, aucune comparaison ne peut s'établir entre VArgenteuil
et les Argenteuils

Renoir

de

est fraternel

lui

avec Monet, mais, malgré quelques échanges de recherches

au début, rien de plus dissemblable que leurs tempéraments,
de perception, chez l'un
Pissarro, chez qui

et

et l'extrême délicatesse

chez l'autre, aboutit à des résultats entièrement différents,

on a cru pouvoir relever des hantises successives, de

Millet,

de Monet,

de Seurat, n'a rien, ni comme sentiment, ni comme touche, ni comme matière, de tous
ces artistes pas plus que de ses deux ardents compagnons de la rue Laffitte. L'on pourra

un jour ou l'autre que toutes les œuvres de Pissarro, quelles que soient
ses recherches du moment sont du même tempérament, et portent toutes leur signature à distance. Il n'est jusqu'à Sisley, dans sa personnalité moins tranchée, moins
impérieuse que celle de ses camarades, qui ne se distingue par ses qualités à lui, un
abandon sans arrière-pensée, une certaine aimable négligence pleine de saveur, et une
gamme, soit de vert et de rose très fraîche, soit blonde et ambrée des plus caressantes.
On pourrait s'étonner que dans un livre où se trouve étudié Monet surtout en
lui-même, mais aussi quelque peu par rapport aux artistes de son temps, le nom de
Cézanne ne se soit pas trouvé une seule fois sur notre route.
Ce n'est point que Monet et lui, il s'en faut de beaucoup, fussent étrans'apercevoir

gers l'un à l'autre. Mais les affinités que nous avons trouvées, malgré la diversité

des tempéraments, entre Monet

de trouver une

commune mesure

et

Renoir, sont

entre

ici

totalement absentes. Impossible

un peintre qui s'évertue à priori à reconstituer
peinture, et un autre qui, par une admirable

un système de la nature et de la
méthode expérimentale pénètre les lois de l'équilibre de cette nature, et trouve, au fur
et à mesure de ses nécessités le langage approprié, parce qu'il est tiré de ces lois ellesmêmes. Aussi l'œuvre, la personnalité, les influences posthumes de Cézanne (influences
et conséquences qu'il n'aurait ni conçues ni approuvées) sont des phénomènes d'un
tout

ordre essentiellement différent de ceux que nous avons analysés dans ces pages.

Cézanne a vécu à

comme un
admiré,
les

il

l'écart, et, tout

peintre doué d'un « œil »

ne

l'a

en admirant Monet, ne se

l'est

représenté que

merveilleux. Ce qui revient à dire que

jamais regardé. Monet, au contraire, a regardé

a admirées, mais n'en a pas subi la moindre atteinte.

Ils

les

s'il

l'a

œuvres de Cézanne,

ont vécu dans des

mondes

Le monde où Cézanne a si laborieusement construit son grandiose monument
d'impuissance n'avait donc point à être examiné ici; il n'y avait ni prétexte, ni profit

distincts.

à un pareil rapprochement.

Au

reste,

plus cordiales.

pour rares qu'elles devinrent, les relations avec Monet furent des
En 1895, Cézanne vint à Giverny, s'y rencontra avec plusieurs artistes

114

ne connaissait point, parmi lesquels Rodin. Il trouva même que le statuaire avait
été bien aimable avec lui, et que c'était vraiment « gentil de la part d'un monsieur
décoré». Il alla jusqu'à se prosterner devant lui, pendant un tour de jardin. Très peu
qu'il

de jours après

il

retournait précipitamment en Provence.

Monet de cette retraite plus sûre, j'ai dû quitter Paris, abandonner momentanément l'étude que j'avais entreprise chez un écrivain dont il avait
commencé le portrait qui s'était mis si libéralement à ma disposition, et je suis un peu
confus du mince résultat que j'ai obtenu, surtout après tant de séances et des emballements et des découragements successifs.
« Me voilà donc retombé dans le Midi, d'où je n'aurais peut-être jamais dû
« J'ai dû, écrit-il à

m'éloigner pour m'élancer à la poursuite chimérique de
« ...Pour terminer, je
j'ai

vous dirai combien

rencontré auprès de vous,

et

me

qui

j'ai été

l'art.

heureux de l'appui moral que

sert de stimulant

pour

la peinture. »

Cézanne a tracé là, sans s'en douter, son portrait au complet. Il confirme aussi
tout ce que nous venons de dire de ses « rapports par contraste » avec Monet, et
explique pourquoi il ne s'est pas rencontré sur la route que nous avons parcourue.
Nous devions pourtant nommer, et nous l'avons fait, ceux qui s'étaient rapprochés pendant la période dite impressionniste. Dans une histoire complète de
xix* siècle,

l'art

au

faudrait encore trouver des analogies et des influences chez des peintres

il

qui tout en les présentant à notre regard, conservent des physionomies originales.
Artistes

que

l'on s'étonnera plus tard

de trouver oubliés ou négligés en ce temps-ci

:

l'exquis Victor Vignon, peintre sensitif et tendre, coloriste d'une rare finesse; Cordey,

vigoureux

et

franc jusqu'à la roideur; Norbert Gœneutte, qui, non seulement

graveur, mais aussi

comme

morceaux dans la tracommençait à Venise et à Anvers,

peintre, après avoir perpétré des

dition des anciens maîtres et point indignes d'eux,

à se rattacher brillamment aux tendances picturales de son temps.

notamment Delâtre

d'autres encore,

comme

et l'Ecole

Il

en

est

bien

de Rouen.

Est-ce à dire que les dominantes et les équivalents (on nous excusera de répéter
ces termes nécessaires) découverts par Claude Monet, ainsi

en propre à ses principaux compagnons de

lutte,

que ceux qui appartiennent
n'ont eu pour résultat que des imi-

tations stériles ?
Il

ou

y a deux points bien

tels artistes faciles

d'une école que
le profit

que

distincts

à influencer

et

dans

cette question

qui constituent

le

:

l'action exercée sur tels

gros de l'armée, l'ensemble

temps classe et parmi laquelle il fait cependant des choix;
puis
en général peut retirer d'une façon de voir particulière et l'influence

le

l'art

exercée sur des artistes

même

qui suivent des chemins absolument différents.

historiquement certain, maintenant, que sans se ressembler aucunement entre eux, Monet, Renoir, Pissarro, Sisley, ont contribué tous ensemble à ramener
Or,

il

est

un goût de couleur
ques d'où

claire et d'observation directe

s'étaient enfuis

jusque dans

justement parce que ce goût s'y

les ateliers

académi-

était perdu.
Monet, en particulier, a inventé, ou adapté d'une façon neuve et personnelle
qui équivaut à l'invention, une méthode d'analyse qui avait cela de remarquable qu'elle
ils

115

ne contrariait pas,
et précise

la

servant au contraire, sa vision synthétique de la nature. Délicate

dans sa complexité,

cette

méthode

se prétait à ses sentiments tendres

comme

à ses sentiments passionnés; elle lui permettait de traduire, en équivalents d'une qualité

d'art supérieure, les spectacles les plus subtils

donc non seulement

de

la

les plus

vigoureux.

Il

est

mais encore peu critique de le considérer comme un
dénué d'imagination. Il a possédé, au contraire, à un degré

injuste,

copiste imperturbable, et
inégalé,

comme

une des qualités

plus belles et les plus rares du peintre

les

:

l'imagination

couleur.
C'est

une des raisons pour lesquelles

ces arrêts de travail qui ont

donné

lieu

aux

se produisirent

de temps à autre, de

réflexions que nous terminons

ici,

et pen-

dant lesquels cette imagination se reposait anxieusement, puis se ravivait, puis
reprenait soudain tout entier.

le

MINUTE DE RECUEILLEMENT.

Après toutes

les réflexions

générales que nous ont suggérées chacune des phases

de cette admirable carrière, aurons-nous besoin de résumer, dans des conclusions en
règle, la portée
faits et les

est

de l'œuvre, l'enseignement du caractère

de

la vie ?

A

quoi bon

travaux parlent d'eux-mêmes. La vie de Monet, claire d'un bout à

une leçon

qu'il refuse

d'énergie, d'indépendance, de hautaine probité. L'on

?

n'y songe

il

même

l'autre,

ne peut pas dire

pas. C'est tout naturellement, et parce qu'il est

payé par des satisfactions plus certaines

et plus hautes, qu'il refuse,

sans affectation,

honneurs, généralement recherchés, qui viennent parfois à sa porte, plutôt en

liciteurs

qu'en protecteurs,

comme

il

est d'usage.

Comment

se tourmenterait-il

des sanctions aussi vaines, quand elles ont attendu, pour se proposer, que

de son effort

les ait

dépassées? Cet

effort, ainsi

que

la

le

sol-

pour

succès

doutes âpres et féconds qu'il

les

entraîne, constitue avec les deuils inévitables ressentis

cœur,

si

vivement par tout

homme

rançon de ce succès considérable, universel. Quant aux récompenses,

la réussite

Les

de faire des concessions aux préjugés, aux ambitions, aux goûts moyens

de son temps, car

les

et

même

de

c'est

des œuvres qui nous les révèle. Tels tableaux puissants et délicats, où

où l'eau et le ciel forment une si pénétrante harmonie, où la végétation luxuriante évoque les promesses, les caresses ou les bienfaits de la terre, nous
font, comme si nous nous trouvions à ses côtés, assister et participer aux bonheurs

l'air circule et colore,

qu'il eut

d'entendre et de traduire l'immense

Et

c'est

poëme

en cela que l'œuvre de Claude Monet,

continua en s'écartant profondément de

lui,

l'égale

dépasse l'apport d'un ordinaire paysagiste. Certes,
beau, de peindre d'imagination
vie

les actes

humaine, dans ses douleurs, dans ses

cours.

Ce

n'est

naturel.

il

comme

celle

pas nous, qui, dans notre

qu'il

aux grands maîtres français et
est beau, il demeurera toujours

des héros et des dieux, et
joies, et

de Corot,

jusque dans

admiration

la

même

la

simple

monotonie de son

pour Monet, renierons

les

1

pour que cette image prenne rang à côté de celles qui les figurent. Tout mer qu'une l'eff^ort Il suffit qu'elle éveille des sentiments de l'humanité peut être évoqué dans une représentation de voile sillonne et brave. et comme un chant. et qui jette sur sa toile. de sa palette. les plus vivantes richesses . le grain qui atteste et répare le labeur. ou d'un champ qui porte. les héros et les hommes. architecture de la meule. et la amassé en la massive Un sentiment divin parole liturgique la : « peut Cœli enarrant gloriam dei » pourrait être la devise du peintre qui ressent avec vivacité. que les dieux. héroïques en nous par un nuage qui se reflète sur l'eau. n'est pas nécessaire. ou divins. les conceptions. avec profondeur. et l'œuvre de Monet le prouve.117 croyances. Mais il et même qui ont inspiré les maîtres qui inspireront toujours ceux qui doivent un jour leur succéder. avec toute toute la joie que lui a donnée sa science. être éveillé humains. les fictions. soient présents dans une image. les caprices que nous vénérons. la science que lui a donnée sa joie.

Aux heures les plus sombres. est à l'heure où nous sommes arrivés. » grand que La troisième année du drame commençait. je ne peux que peindre. non plus cette mêmes causes esthétiques. mais parce qu'il était étreint par l'angoisse com- Pendant fois pour les mune. les le travail. résolu quoiqu'un peu timide. Parfois des peintres s'arrêtèrent un instant chez lui. Ainsi se dessine avec un puissant relief ce caractère. se donnaient la peine de le rassurer alors qu'il ne ressentait aucune crainte. puisqu'elles ne font que mieux ressortir d'aussi beaux réveils d'action. Monet. de milliers de Parisiens. Alors il fit construire un atelier plus faire. Mirbeau. sans la moindre de ces discussions avec soi-même que tout artiste. l'exode aussi la caravane lamentable des réfugiés errant en sens contraire. dont nous ne devions pas dissimuler les périodes de doute et même de pessimisme. que nous avons vu ramassé sur lui-même dans le coin du tableau que Fantin peignait en 1870. tout poète. engage à la veille d'un grand travail. sa grande « œuvre de guerre » entreprise qui ne pouvait durer m . A quatre-vingt ans. Le jeune homme trapu. en passant. son parti étant bien pris de ne pas quitter sa maison et son fuite.EN PLEIN ÉPANOUISSEMENT DU POËME DE deux premières années de la Grande Guerre. Monet pensait « Il y a des Français qui combattent. une sorte de paladin moderne pour qui les mots qui servent à désigner la vieillesse sont déplacés et comme discordants. il faut que je fasse ce que je puis faire. comme il vit passer le long de ces routes de la Seine. Rien n'était fait pour donner confiance dans l'avenir. l'exortant à la peu rassurés eux-mêmes. Puis le temps lui lui dit : « Les Allemands n'oseront rien vous parut long. réfléchi quoique prêt à foncer comme un petit taureau. : Il sera beau dans l'avenir de se représenter cet commençant une homme de soixante-seize ans moins de quatre ou cinq années. et qu'il est déjà beau de voir résoudre par la mise au travail. cessa L'EAU. sans la moindre hésitation. et atelier. » ceux qu'il possédait déjà.

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sauf certaines du début. quatre candides. Chaque œuvre non point comme action. sont absolument relatifs. prêtes pour le mouvement rapide. un triptyque dans un autre. le rendant un instrument non moins de comparaison que de perception. on penserait qu'il y Le teint vermeil. bien effacées. trois. aussi décidé d'allure. Là-dessus.119 accomplie. de quatre mètres vingt-cinq et atelier de douze mètres de largeur sur commander des toiles sur châssis. que nous l'avons Les épaules sont larges. qui descend en nappe argentée sur le torse robuste. connu à l'âge mûr. se conservant met quelque peu de coquetterie. tel est le pro- — — logue. leur continuité est jus- apprécier d'étendue en rapport avec l'har- monie dominante. en pleine guerre. en rang ovale tout autour du grand atelier. Ainsi. vingt-trois de longueur et un quinze de hauteur. d'un même même motif. le mot de vieillesse. tifiée par ce que l'œil peut supporter et En d'autres termes. ceci est important. L'œil est si pénétrant. Lorsque le peintre le dit. disposer ces grandes toiles à la suite les unes des autres (et. ni qu'il se fatigue plus promptement que naguère. et ses il attaqua ce dernier et nous avons vu se diriger peu à peu son effort et sa prédilection. avec prestesse. si direct. et regarder sans peur. mais non oublié ni oublieux de Paris. le souvenir précis des années les plus lointaines et le jugement lucide du moment présent. contrastant avec la belle barbe blanche soignée. et en même temps si plein d'images accumulées. l'esprit prompt à la réplique. les lourds chevalets. aussi net et bref et précis de parole. touchant presque terre). partout à la fois. de six mèti-es sur deux. que l'on ne peut croire qu'il a failli être menacé. toiles se il attaque un dip- continuant dans une autre symphonie encore. ou contrastés. (1) Trois seulement sont d'un seul panneau. que l'on est surpris de voir manœuvrer les grandes toiles. formera. que toutes celles qu'il avait peintes en pleine force de l'âge. si aigu. . les bras vigoureux. et le fait même. larges hautes de deux. quatre grandes toiles polyptyques traditionnels. singulièrement exténuant. ni même ainsi les composée de deux. agissantes. aidé de ses études multiples des reflets du ciel se jouant sur l'eau parmi les groupes étalés de nymphœas flamboyants ou tyque dans un ton. qui réside dans cette construction occulte dont nous ne signalerons jamais assez l'importance. Les toiles de chacune de ces séries se continuent sans interruption. faire agencer des chevalets roulants pour au moins quarante à cinquante de ces toiles plus grandes. la grande palette chargée de neuf à la main. du peintre qui va couvrir de vastes surfaces. les mains petites. et chez Monet en particulier. — — alerte de corps de pensée parmi ses fleurs et du poème de vaste cycle l'eau vers lequel œuvres. et cependant leur division a sa raison d'être. tout cela montre que chez certains privilégiés du travail. demeurant éloigné. aussi vif de regard. des phases diff'érentes (1). Claude Monet est aussi droit. accordant d'un bout à l'autre. cette rangée de surfaces blanches. d'une des aspects contrebalancés et rapprochés. Faire construire. et toute épithète en affaiblirait le spectacle.

Mais quoique nous soyons dans ce pur domaine de un rythme elle. Monet en recommence d'autres. peintre ou poète. avec (1) une force Ce qui s'explique physiologiquement par peine séparées du sol. à étaler en rêve des couleurs sur les toiles. cette synthèse et subtile de tout ce est vrai. où donné le ciel n'est en maîtresse. moments les plus intenses de son travail. une joie telle qu'il semble ne plus pouvoir s'arrêter. n'avait pas atteint les plus plus poignantes épreuves de ses négations de de son œuvre. qu'il s'agit pas visible. parfois certaines de ces suites seront par exemple. de dire que le peintre était entraîné par son entreprise comportait. en descendant plus bas. comme elle ne l'a jamais d'un motif qui paraît n'avoir ni mais est fait dans commen- cependant aussi présent que l'eau. la trop satisfait. cette œuvre ne serait pas ce testament. et sa main a. elle aurait surpris en plein bonheur le plus heureux des hommes. ni des autres. pendant Si épopée picturale de quatre années et plus. qui est celui de l'atmosphère. des toiles posées sur . Monet ne se l'est point formulé dans ces termes. et jamais homme. sans être gêné. par l'image renversée d'un arbre que l'on ne voit pas. qui viennent accuser nettement la division en triptyque. à d'autres heures. ou au contraire devait s'éten- dre. parce que la combinaison harmonieuse sur laquelle il reposait gagnait à se limiter. Une fois quelques-unes de ces suites terminées. Parfois la construction sera donnée par un nuage. la disposition que nous venons de dire. Il y a dans cette exaltation de couleur. Au la couleur. toujours plus bas. en désaccord avec Monet. continuaient. Cette division n'est pas correspondante au nombre des toiles elles-mêmes. hauts points de ses enivrements lui-même énorme Il et par et beauté de cette aventure serait incomplète sans et les S'il cela. cependant que la encore des touffes d'iris chatoyante nappe s'étale. Ce seront d'eau qui viendront se dresser tout au bord. retenu. les Cela était inévitable. Ainsi c'est la couleur qui règne une œuvre cement picturale. à la lettre. même. elle vient au contraire les couper massives colonnes qui s'interposeraient entre nous et le comme de mirage nuancé. mais suivis de nouvelles flambées. et celui de surplus. plus tard. et Monet serait. Sans doute. deux puissants troncs de saules. une catastrophe avait foudroyé ce chêne à certains de ces moments là. étant ni fm. Il nous son cerveau en effet. et trois ou quatre à tel autre. jusqu'à ne pouvoir s'arrêter. bien entendu. s'illumine et fuit. n'aura pu s'abandonner à son rêve avec une pareille liberté. la griserie qu'elle confié qu'à certains qu'il a senti. à irrésistible (1). Il ne se l'est même point formulé du tout. ni de lui-même. et parfois même. et tenté. par quelque considération que ce soit. cette véritable de doute. ou en train pour une reprise ultérieure. devaient venir les moments moments sombres que nous savons. les chevalets.120 Ce principe. il y a cependant nous-mêmes par rapport à sont construites plus visiblement. que nous pouvons ainsi énoncer après coup. ce qui est la plus belle façon de fmir que nous puissions rêver. Ce caché. la nuit. puisqu'elle ne laisse rien perdre de ses nuances et de ses jeux et qu'au contraire elle les concentre et les avive. dans une d'elles. C'est l'exquise délicatesse de son instinct de peintre qui l'a poussé à ne donner que deux panneaux à tel groupe.

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considère comme salles le satisfaire forment une d'exceptionnelles suite décorations en ovale. malgré si l'on la puissante exaltation qui le mena jusqu'au bout. Elle donne aux maîtres avancés en âge une rapidité qui. Toutefois. formant un total de près de cinquante. ou plus exactement de quoi décorer plusieurs salle disposée de ce genre. se trouvant qu'à quelque distance de lui. et a l'illusion de la continuité et le regard se pose ou circule. trois ou quatre se suivant ment combinés en vue d'aller ensemble. Sans doute l'exécution de ces grands panneaux était pleine de largeur et traitée par amples synmais ce thèses. leur conserve ce frémis- ou de la joie Régents les la et les douleur qui nous rend émouvantes si Régentes de Frans Hais. Cette oeuvre pleine d'entrain était aussi une œuvre pleine de volonté. pouvait penser que. dans leur diversité. encore qu'il encore tenté. plusieurs n'auront pas satisfait entièrement Claude Monet. croit sentir au-dessus fuyant devant lui la particularité de ce grand travail de l'étang aux nymphœas. C'est en cela qu'est merveilleuse cette il campagne d'un homme entre soixante-seize et quatre-vingt ans. Monet savait absolument où il allait.121 Cependant. Toutefois ainsi. un coup d'œil sur l'ensemble et la fin même de l'entreprise. Les groupes de deux. Monet exécuta à peu près douze à quatorze compositions. modulations de nuances si et si soigneu- complexes. et que pas été expressé- elles. la les productions dernière Pieta de Titien. Seu- lement l'expérience de toute une vie. qui serait que partout où le plaisir du changement. nous aurions donné une idée absolument fausse de ce grand cycle. La grande œuvre que Monet se commanda à lui-même pendant la guerre et à l'approche de sa quatre-vingtième année. elles s'harmonisent toujours entre il Le comme au spectateur. permet de mettre dans le travail d'une heure ce qui est pour d'autres le labeur de longues journées. la couleur travaillée. et qui ne saurait être renouvelé désormais. à cette convention singulière et suppression de l'horizon. d'amples pochades. support des fleurs épanouies. les passages et y la est si nature que d'y voir des ébauches. risible. demeurera donc dans l'histoire de moderne un fait l'art sans précédent. de sa les inachevées. que possèdent bien peu d'hommes dans toute la force de l'âge. ne fut pas réglé par une discipline non moins puissante. elle demandait déjà une résolution. suivant la saisissante expression de Whistler. sans compter les études. loin d'impri- mer à leur ouvrage sement même du grand âge de : un caractère d'imperturbable froideur. pourtant véridique du relief tête le ciel reflété. Tout en se laissant aller aux mirages de la couleur. dire que la matière en est aussi précieuse que celle des œuvres de moindre format où l'analyse nécessitait les plus grandes délicatesses de touche. le miroir d'eau tout incrusté des plantes grasses. malgré l'intérêt d'élan qu'elles offriront toujours. de deux à cinq toiles chacune. que l'on peut sans exagération. une certitude de la durée. bien artifice. sement absolument en méconnaître serait Au contraire. Celles qui sont de nature à pour une vaste Il Il est même de ne certain soit que devant des surfaces que rien d'analogue n'avait la tentative été en prohibe toute imitation. ni par . n'ont telle est l'unité que. et même milieu grâce à ce hardi et de la verticales se développant circulairement. richement prodiguée.

son grand diptyque bleu des Nymphœas. créations incessantes et logiquement enchaînées. travail . et sur un des plus vibrants de ses hymnes à rière qu'il demandait à offrir terminer sa car- effort de plus vaste ses divinités Ainsi. d'essors enfin. et finalement en possession de tout ce que la gloire et la fortune peuvent apporter pour alléger l'inéluctable poids de la non sur un crépusculaire repos. lorsque le jour de l'armistice le peintre écrivait à du Conseil vie. après tant de travaux. le poëme des nymphœas est également. il est beau de voir un maître comblé de jours. une magnifique invitation à faire autre chose que lui. d'émotions. recherches jamais ralenties. pouvait-on considérer cette comme son bulletin de victoire accompli comme un des épisodes de lettre à lui. ni par quelque autre. : envergure que couleur son ami et le lumière ! Président à son pays.122 lui. de succès. puis de recherches encore au milieu même du succès. Comme étudiée de la prime jeunesse tout l'ensemble de sa production que nous avons aux années d'affranchissement. mêlés d'anxiété et de nouveaux envols. qui avait toujours lutté pendant qu'il œuvrait toujours. puis de puis de luttes. mais sur un jamais. pour tous les artistes. De toute façon. et cette dîme volontaire de son l'innombrable victoire française.

8. 26 5. . Port du Havre. 13. Village en Normandie. 36 36 38 Gaudibert (1868). Madame 10. Esquisse du grand tableau en partie détruit par l'artiste. 20 4. 12. Le Déjeûner sur 30 (1866). Les Quais 3. par Renoir (1875). 2. Le Phare de Honfleur 9. Une Terrasse au Havre. Sainte-Adresse. Camille. Le Port de Honfleur. Saint-Germain-l'Auxerrois. 40 42 M l'herbe. 6. Claude Monet. Rue de Pont-Neuf.123 TABLE DES GRAVURES 1. Portrait de 11. Femmes 48 cueillant des fleurs. et le — La 12 Chambre de Commerce 34 . 7. 46 14. La Brodeuse. et la Côte de Grâce.

75 Juillet. 48 16. Les Régates à Argenteuil. 68 25. Les Peupliers. Les Meules. 78 32. 66 24. Vue de 74 29. Argenteuil. La Seine à Bougival 50 18. Voilier à Argenteuil. 66 23. Cathédrale de Rouen. Les Falaises de Varengeville. Effet de neige (1874). La Barque de Claude Monet. 52 (1870). (1869). 82 34. 68 26. 86 Filets. 56 20. Le Déjeûner. 94 39. Route de Chailly (Forêt de Fontainebleau). 83 35. 84 (Belle-Isle). ' 96 97 100 . Les 37. Bordighera. café. 50 17. Les Dindons. la 76 Gare St-Lazare. 40. Les Pyramides à Port-Coton 36. La Tasse de 70 27. Antibes. Les Déchargeurs de charbon. Vue de Hollande. Le Quatorze 30.124 15. 64 22. 72 28. 41. Les Peupliers des Bords de l'Epte. Vétheuil. 88 38. L'Aiguille d'Etretat. 80 33. 58 21. La Tamise 19. Les Fumées de 31. Vue de Hollande.

Les Nymphéas. 110 47. La Cabane du Douanier. 102 43. Une 46. 108 . du Jardin de Giverny. Vue de Vernon 106 45. Claude Monet. par P. 104 44. Paulin. 120 Allée prise de la rive droite. 118 48.125 42. Venise. Le Parlement de Westminster.

11 De l'héritage Du retour à la nature et des prédécesseurs immédiats de Monet. ». 22 De opportune d'Eugène Boudin. et les dernières 43 peintures de person- 47 Peinture «grise». est 5 cause d'erreurs. Années sombres. impressionnisme la couleur. 30 Monet rencontre déjà Jongkind. 40 Les premiers grands tableaux de figures. Les «Femmes cueillant des fleurs» nages. les 15 18 Des débuts difficiles. Courbet Manet. que maîtres de la lumière transmirent à Claude Monet. en peinture.12fi TABLE DES MATIÈRES Que tout grand artiste est Du terme Que d' « un continuateur. rencontres heureuses. un ensemble 8 indéfinissable de miracles qui ont vertu d'absolu. 50 Années d'Angleterre 53 et de Hollande. ne rencontre pas encore Manet. . Comment 32 d'un groupe obscur sortit une Des différences entre et les « école » 37 célèbre. et peint des vues de Paris. 24 l'amitié Débuts pénibles. tableaux de personnages chez Monet. 26 Premières orientations.

126 . Les décisives transitions d'Argenteuil. logique des « Meules ». la souscription « Cathédrales » et Transition du 85 de contrastes. Des 82 Bordighera. l'analyse lumineuse devient de plus en plus 74 aiguë.Venise. la Creuse. Etretat. loi Les «Meules». Pour rappeler simplement des Entre Argenteuil 71 batailles éteintes. 123 Table des matières. Giverny. Belle-lsle. avec Giverny pour 79 étape décisive. point culminant de l'œuvre. Théorie des équivalents et 109 des dominantes. et Vétheuil. Chaque maître trouve les siens.. 64 Intermède de fleurs 69 et de fruits. 104 Le jardin 107 et les eaux chatoyantes de Giverny. comme poëme de quoi elles sont et leur la suite pour l'a Olympia ». Les eaux tragiques de Londres. 118 Table des gravures.J27 La période 58 hostile.. Minute de recueillement. En plein épanouissement du 111 116 poëme de l'eau. 90 94 97 102 l'eau. vertu architecturale. et retour. La Monet carrière de parallèle au cours de la Seine. Alternances : Que l'œuvre de Monet Autres alternances Deux événements : : est soumise à une 87 Vintimille. l'exposition avec Rodin.

RUE GANDON. DRUET & BERNHEIM-JEUNE % . A PARIS REPRODUCTIONS PAR DANIEL JACOMET CLICHES DURAND RUEL.ACHEVÉ D IMPRIMER LE TREUTE SEPTEMBRE 1 92 1 PAR LA MODERNE IMPRIMERIE 37.

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