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archive.Digitized by the Internet Archive in 2009 with funding from University of Ottawa http://www.org/details/claudemonetOOalexuoft .

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Claude Monet .

Cent cinquante exemplaires sur papier d'Arches. numérotés de i à loo.Il a été imprimé de ce livre : Cent exemplaires sur Japon. numérotés de loi à 250. .

Arsène Alexandre Claude Monet PARIS LES EDITIONS BERNHEIM-JEUNE 25. Boulevard de la Madeleine 192 I .

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d'une longue trans- mission de pensées. une semence. il tombe aussitôt . il n'y a pas d'exemples du surgissement ou du développement d'un artiste original dans un isolement absolu. puisque. la vie intellectuelle n'offre de phéno- mènes de génération spontanée. dès que l'enfant. d'une infinie succession d'œuvres qui œuvre de son cerveau et de ses mains ses prédécesseurs ont légué plus ou moins d'eux-mêmes. Soit qu'il perfectionne. en attendant qu'elle devienne à son tour ou au peut. le sauvage. par réac- Cela ne change rien. procéder par continuation. soit qu'il abolisse. De toute façon. en bien qu'il comme en mal. La pensée. — peut coûter à se produisant au début de révélation soudaine. si originale qu'elle soit (et même plus elle est originale) ne peut être qu'une floraison. Pas plus que la vie animale ou végétale. Qualités ou faiblesses modifie à son tour suivant son tempérament. Elle contraire. pour la plupart du temps. la vie. d'une éblouissante intuition. L'individu sort d'une longue suite d'individus. L'œuvre A l'homme d'art. son éducation et son rêve. se révèle doué d'un instinct de dessin. Mais. ne peut recevoir l'héritage que sous bénéfice d'inventaire. Cette décision de eux-mêmes. les plus novateurs sortent d'un stage chez les maîtres les plus imbus de certaines traditions. d'un autre point de vue. plongé dans un milieu absolument réfractaire à l'art. le berger. tion. d'art. L'œuvre d'art. elle est le fruit Nous en verrons ici une d'une confir- éclatante.i L QUE TOUT GRAND ARTISTE EST UN CONTLNUATEUR. l'effet d'autres résistances. rompre avec ces principes traditionnels jadis. Ceux que l'on pourrait citer seraient simplement des cas mal expliqués ou insuffisamment observés et suivis. le jeune être quelconque. mation — qui parfois ont été l'artiste de longs efforts. plus nécessaire de le connaître pour C'est pour cela que le rejeter les artistes que pour considérés comme Il lui est le grand même artiste peut être l'accepter.

soit comme Mais rale. ses actions les plus surprenantes. aux obscures qualités que son père appliquait façon indissoluble. mêmes combattre les traditions. que l'opposition consciente à ces Pour sa nature. laissent en dehors tout un ordre d'idées encore différent. éclatantes ou délicates. humaines sont un étrange alambic. Dans l'immense parterre de l'art. c'est l'affirmation plus énergique. ou passe entre les mains d'un maître. dans notre jeunesse. Il vaut mieux de ces images que pas d'images du l'idée d'en faire à leur tour. une preuve d'originalité. il a fallu qu'il Sa valeur. Mais si . — Pourquoi cela tout. celles-ci. semblerait entraîner cette conclusion qu'il est impossible à un artiste d'être original de façon absolue. Le résultat de qu'il a risqué Les facultés le éprouvées par l'assimilation est plus souvent entièrement différent de ce qu'on aurait pu attendre des éléments assi- milés. boutade de Sisley elle-même. ou bien à ceux des Tout ce qui vient d'être dit artistes qui occupent le public. quand elle en tire des ressources neuves et des résultats inédits. ni pas plus. et à gâcher le mortier Un artiste en quelque sorte ou à conduire dont il alors charrue ? sera question au cours de ce livre. ou plutôt nous donna une leçon pleine sujet. corollaire. inattendues. et qu'il et. qui résume toutes les réflexions précédentes. se détache aussi en même temps. En effet. son oeuvre est un élément de l'harmonie génécomme une fleur splendide se mêle à toutes celles qui l'entourent. à un mouvement précédent. mille raisons nouvelles. se présentent à nos yeux. Ils se correspondent cependant d'une Qui peut dire à quel degré un homme d'humble extraction qui parvient aux plus hautes dignités de l'Etat ne doit pas son génie. il soit le vif cette vérité de notre que le sujet. ne s'élève au-dessus du courant com- un moment d'y demeurer plongé. Nous tournions en dérision certaines peintures de mauvais à un trop grand nombre d'exemplaires. Alfred Sisley. avec elles.8 sous les yeux d'un connaisseur. et se confond nous l'étudions isolément. de sens. Au contraire. lui-même continué par contrastes ou par analogies. n'en ressort que mieux mun que parce et l'artiste les essayât et il comme en pénétrât le contraires à fond même. ou bien aux travaux des artistes disparus. de cette originalité. la capable de fausser dangereusement les idées et la vision chez les jeunes gens qui auraient pu se sentir une vocation artistique. qu'il sera s'il se rattache. n'est pas moins. alors. un une remarque. ils par acceptation. Tout dépend de la façon dont auront comprises. n'est qu'au prix d'une analyse très subtile Ce qu'on peut rattacher le point d'arrivée d'un artiste à son point de départ. reproduites la popularité. nous jour. plus original des par réaction. parce que raisonnée. Nous en déplorions considérant fit comme goût. à ce la fatale. Dès lors il est forcé de comparer ses essais à ceux des autres commençants. les pour leur inspirer ? nous dit-il. Parole profonde. la docilité aux traditions. Mais et la Qu'il nous nous faut indiquer avant d'entrer dans soit permis de tenir pour acquise artistes se rattache.

Il elle. Selon le second de ces points de vue. Elles demeureront toujours suffisamment éloquentes par elles-mêmes. on rend quelque service aux autres hom- ration reconnaissante envers ceux qui se sont efforcés de tirer de leur avec la mes. même qui auraient la chance d'apporter quelques éclaircissements. On est en même temps l'interprète de et plus motivée ce qu'ils ne faisaient et le porteur des hommages informulés de la pensée de l'artiste vis-à-vis ce public vis-à-vis de l'artiste. et le point culminant de cette histoire. racontée la carrière d'un Alors tout disparaît. L'histoire qui réaliserait parfaitement ce dessein serait le plus édifiant des livres. malgré la multiplicité des qualités qu'il a héritées et qu'il a développées. Toutefois. son originalité apparaîtrait alors plus affirmée. parce qu'on a fait ressortir de façon plus précise que vaguement sentir. de se présenter comme une belle anomalie.Le parterre passe au second plan et drue et fleurie devient le principal personnage du poëme floral. sauf quable. Ainsi devrait être examinée l'oeuvre. du public. serait à la fois l'élément intégrant d'une histoire vaste et la belle plante artiste remar- complexe. Bien qu'ici nous ajoutions des pages à tant d'autres pages. . plus belle de la logique profonde de la vie et de il serait une preuve encore l'art. si le non pas à leur faire dire plus qu'elles ne disent. et ce livre aurait ainsi incontestable en matière d'écrits sur une raison beau et le plus d'être qui n'est pas toujours l'art. nous gardons cette conviction que les œuvres des grands artistes pourraient se passer de commentaires. mais lecteur la foi en la Beauté et en la Nature. et à provoquer l'admi- communication Nature une expression de Beauté. à raviver chez l'on réussit. ou à cause de cette multiplicité Au lieu même.

l'illustrer. qui est devenu commode parce qu'en usage depuis des années pour désigner certains artistes déterminés.DU TERME Tout ce qui vient école. 1)« IMPRESSIONNISME». ont affligé longtemps notre architecture uniquement à cause de ce baptême malencontreux. CAUSE D'ERREURS. en général. sont toutes mêlées étroitement à l'histoire artistique de plus d'un demi-siècle. les destructions les plus regrettables. ce vocable ne répondant presque jamais à la réalité des choses. Les plus graves malen- tendus. qu'ils acceptèrent pour fut la cause des plus complètes erreurs d'appréciation que jamais aient pu commettre. Il est toujours nuisible de se quereller sur un mot. ne définissait en aucune manière leur but. sur une étiquette. le public et Les ennemis des nouvelles tendances qui se manifestèrent particulièrement après la guerre de 1870. Le terme d'impressionniste. d'un nous en pourrons constater l'application à Claude Monet qui formèrent tout d'abord avec lui groupe devenu le si artiste ou d'une qu'aux peintres ainsi célèbre sous le nom d'Impressionnistes. Les « Impressionnistes » sont tirés à meilleur compte. Mais l'appellation même. Par contre les défenseurs de ces tentatives croyaient devoir faire un mérite à leurs auteurs de ce que les traditionnalistes s'imaginaient y relever de faux ou d'insuffisant. — l'art s'abaisser à ne rendre qu'une fugitive impression. d'abord dérisoire. ses luttes. ni la nature C'était mot une cause d'erreurs et même de leurs travaux. le sens de leurs efforts. l'autre. Sa formation. s'en : . mais l'art en général a souffert de cette conséquence nationale. de discussions à côté dans d'art gothique appliqué jadis à l'art français le même genre que le par excellence. d'être dit quant à l'originalité. ses influences et ses modifications. comme dans même les mieux dans un sens vis-à-vis d'artistes. s'indignaient de voir — ou de croire voir. qualifiés pour juger les questions d'art.

mobile effet sera et — tandis changeant. etc. ce qui n'était pas autrement fâcheux. il procédera surtout par simplifications et l'un ou l'autre parti. fugitif. en dernière analyse. en veau groupe par rapport d'un même verrons plus artiste. et à toutes les sortes d'exécution. relevait du premier système alors que d'autres peintures de Monet appartenaient au second. Or. immuable. définissait sans l'avoir précisément artistes qui nous occupent. les associations les plus saisissantes. d'en distinguer mesure du les et au contraire. et. de vibrations qui affectent son regard. il nements. Par l'une. rendre les grandes de lignes (nous verrons plus loin que ces termes d'usage sont cause de bien des malentendus) étaient avant tout des harmonistes. soleil levant. incomplet et inexact. l'artiste recherchera l'élément le plus expressif de tout l'ensemble de tons.. . mais encore en général. Whistler. d'impressionnistes. etc. devoir reprocher aux maîtres qui ne parvinrent à s'en disculper qu'après de longues luttes. que les artistes En somme que peut. d'autre part la notation de cet et matérielle. paysages. de tous les artistes bafoués avec le mot. par analyses et par complexités. des effets transitoires sur un fond permanent. Il apparaît donc absurde de donner opposées. Cependant. de presque toute Sisley. en vert voulu. et même nom qui était intitulé : l'épithète malveillante. en qualifiant ses (harmonie en bleu et or. Claude Monet. les le à deux formes d'art aussi non seulement chez les différents artistes du nouuns aux autres. et moins de artistes se proposaient. et une production cruellement méconnue. un autre aurait fallu pour cela chercher avec plus de clairvoyance. C'est cette dernière qui il deux tendances qui subsistera sous celle caractérisera l'œuvre d'art suivant que l'artiste sera porté vers l'une des Dans le dominante confondues. d'harmonies cherchant à saisir et à l'école à venir. dans le second. comme nous Impression. Le tableau qui occasionna loin.) non seulement des des principaux maîtres modernes. ses nocturnes. immobile. Un nom. dans la possible. Renoir. nom qu'il était plus difficile et de trouver. et qui l'étaient. la fois la premier cas. de décomposer tout ce faisceau de rayon- plus agissants. produit sur nos sens et sur notre esprit par même complexe. s'efforcera. ou en d'autres termes de tant de colorations simultanées Par l'autre. ainsi que l'œuvre le reste tendances de ses compagnons.de qualité inférieure se sont parés des défauts même que l'on croyait. mais tout les le de son œuvre exigeait un autre nom. à tort. en adopta un qui aurait parfaitement convenu à toutes les œuvres. cette notation peut s'effectuer de deux manières absolument différentes. mais encore dans les œuvres diverses effet. et d'en reproduire à son tour. de bon préjugés invétérés. Pour le celle-ci. de nuances. plus tard. la nature offrant à y aura toujours un peu de qui domine. parce qu'il vouloir. toutes les tendances. même du but que visiblement ces dans des œuvres relevant précisément de la méthode synthétique. signifier ce Tout d'abord une distinction apparaît aux yeux mot d'impression c'est : qu'une impression l'effet rapide. par synthèses. peintre pouvait donc être qualifié d'impressionniste. ? un est spectacle lui- que. tiré peintre. harmonies de couleurs et et argent.

. ses combinaisons multiples. n'avait puisé qu'avec qui encore aujourd'hui n'a livré qu'à peine Wagner une certaine commencement de réserve.10 Ce nom eût d'ailleurs. où l'art de la le réa- couleur. immense. et ses enchantements. correspondu aux tendances artistiques peut-être les plus typiques de leur temps. lisait dans le monde Ils cherchaient à etïectuer en peinture ce que des sons : la richesse source inépuisable.

sans distance.QUE LA COULEUR. reviennent seulement à Non. d'un phénomène lui-même instable et décevant ? Pourtant des milliers d'hommes. à nos esprits plus ou moins exercés. les opinions n'ont pas temps de se mettre d'accord qu'un changement presque insaisissable de lumière ou d'ombre a déjà transformé l'apparence pour en substituer une autre. du moins ils constatent objet est coloré d'une certaine manière. aussi difficile à nos imparfaites organisations de percevoir. au le même moment qu'un même cas d'une maladie de la vue. l'immobilité ou la vitesse plus ou moins grande imprimée aux objets. encore eu le suivie de cent autres encore. sont en jeu et se combinent en s'influençant réciproquement. Mais perceptions diffèrent. puisqu'elle est perpétuellement changeante changements sont à la fois imperceptibles et vertigineux. n'affirmera qu'un rouge est dès que les nuances commencent. suivant la qualité infiniment diverse de leurs organes. scientifiques dire qu'elle est. car si tous les hommes la perçoivent chacun à et que ses sa façon. une imagination. Est-elle un mensonge. le plus du mystère. et pas un ou un orangé un bleu. vouant leur esprit et leurs organes à fixer cet dra-t-on à s'accorder sur . la sécheresse dissiper le mystérieux. transforment complètement S'il est l'aspect jour. les les un vert. un souffle de vent. Dès que plusieurs nuances d'eux. Sauf dans ils ne pourront discuter sur tons francs. puisqu'elle n'est que personnelle. plus périlleux d'en reproduire artificiellement les effets ? Comment parvien- une interprétation forcément arbitraire. EST UN ENSEMBLE INDÉFINISSABLE DE MIRAGES QUI ONT VERTU D'ABSOLU. combien ne deviendra-t-il pas plus ardu. Est-elle une réalité ? la comprendre ? Toutes les ou poétiques. de concevoir la couleur. de définitions qu'on peut en donner. rien. Le plus ou moins de ou moins de ou l'humidité de l'atmosphère. par exemple. EN PEINTURE. La couleur ! Qui peut se flatter de la connaître. une illusion ? Pas davantage. moins encore.

nous superficiel. autrement éduqués que ne fût-ce que pour signification nous en siècles après est des soit à qu'une image colorée a les nôtres. suggérée. à la fois. car les couleurs. élite. du moment que les un principe. soit dans un même temps. des millions de spectateurs se sont contentés. ravis. donne . dire enfin ? par ce qui sans le — par noir et le la la — a pu être exprimée. n'a pas ces couleurs-là ». C'est cent. satisfaits. peuvent. Et le tout unies et d'une sombre. doivent. moyens mouvements les ont accepté. comme une considéré reproduction de la vérité ce qui n'était que le Ils ont mirage d'un mirage. Ainsi la convention équivaut provisoirement à des certitudes très suffisantes. proposée d'une façon aussi précise qu'un théo- à des mathématiciens. « autres. et ne se sont pas arrêtés sur le seuil d'un domaine si chimérique que le raisonnement seul l'aurait décrété impossible à exploiter. teintes plates pour rendre la coloration des surfaces ombres que leurs courbes comportent. comporter une les spectateurs ont la possibilité de reconnaître. plus exactement. Et d'autre part. qui y retrouvent les cou- leurs) l'absence de toute coloration ? C'est donc que la reproduction et la couleurs et des actions et réactions qui les convention en laquelle tous mise en œuvre de ces phénomènes des modifient. Que seule tenue. de ces efforts imparfaits pour traduire un idéal de perfection. à maintes divergences d'opinion. l'art. les ou simplement l'habitude. disent les c'est qu'elle est en elle- des deux visions opposées. nous venons de d'une part la proposition. même pour compte que blanc sont (en dehors des analyses scientifiques. plusieurs offerte à des regards. fût-elle soumise elle-même à maints revirements. c'est mille conventions. si l'on de compte. la couleur. en dernier ressort. qui obtiennent ainsi l'approbation « du plus grand nombre ou La nature. l'intention de l'artiste et leur propre conception. et ce qu'il même différente n'existent préférence exclusive d'une la y a de plus certain Pour moi. en fin ou. elle n'a pas celles-ci».12 ne se sont pas effrayés de ces difficultés. signes disposés sur une surface plane pour suggérer les profondeurs et les successions de plans à l'extrême limite de ce que l'œil rien qu'approximatifs lignes : en peut percevoir dans même y la nature. ou bien encore mélanges de nombreuses teintes par petits éléments rapprochés pour reconstituer sur notre rétine les nuances et les rapports de nuances qu'en général un examen rapide. Par exemple. disent les uns. même compris La lumière a fait comme exprimée par été lumière ne serait point concevoir visible. époques successives. souvent contradictoires. d'autre part la le voir. et l'incertain suggestions sont belles. tous ces Ils ou masses immobiles pour exprimer les plus complexes et les plus véhéments. bombées. à des esprits dons pour La rème la lire. qu'impliquent reconnaissance de ces images. été nous nous accor- la discuter. que parce que des yeux les perçoivent et que pas une paire d'yeux ne les perçoit de façon identique. pour moi. et même insaisissable. Et ce n'est pas seulement une convention. ce qui revient au suppression totale de la couleur proprement la nuit elle- dite. successives ou simultanées. l'éducation et l'accoutumance aidant peu à peu.

puisqu'il ne s'agit plus de des aspects.. comme que tout ce des tons se ramènera à la fameuse la simple constatation et explication de celles de l'opium dans Molière. pour ainsi dire le spectateur. mais du sentiment qui se dégage d'elle.) Il gammes notation en elle-même harmonies qui procurent une sen- est incontestable qu'il est des tons et des sation de froideur. Aucun ne pourrait expliquer de façon même. (Et ici. nous prouve que des signes aussi relatifs que ceux de la couleur nous suggèrent des émotions vives. en passant. tels les jaunes. des inimitiés irrémédiables. possédât-il choses des causes : le et plus sûr instinct des qu'elles sont ainsi. ou bien à pro- voquer une sensation exaltée jusqu'au rêve. des plaisirs complets. l'a fait et les plus subtils avec la nature environnante. tant que l'homme n'aura pas étudié plus profondément qu'il ne jusqu'ici le mécanisme de ses perceptions et leurs rapports les plus complexes Cela. soient aussi tranchés. mais encore les Qu'il nous suffise donc. sur des sensa- étaient y a des jours où ceux qui aiment le mieux la peinture sont insensibles aux séductions qui leur il avait cessé. non seulement l'ensemble merveilleux des fêtes de couleurs que la nature nous offre dans une profusion infinie. puisque équivalents par lesquels les hommes ont cherché à en fixer le souvenir. Pour- thermomètre tant le par n'est point influencé le voisinage de ces colorations. aux plus rouges couchers du grelotter.13 Ces suggestions demeurent elles-mêmes fort mystérieuses procure ne saurait lui-même. puisqu'il y a des en hiver. les rouges. les orangés. telles les la des bleus. Mais si le raisonnement. de jouir des plaisirs que nous procurent. du moins. plus sensé. Je charme comme l'improviste. des haines comparables à celles qu'engendrent les religions contraires ? Comment se querellera-t-on aussi ardemment et peut-être plus. comment se fait-il jugements. d'avouer. que l'on porte sur l'emploi de cette couleur par ou tard. L'explication serait trop puérile. les plus que les appréciations. aussi absolus ? reconnus. patiemment qu'à d'attendre le plus chères. de calme. et des résultats : qu'il les l'artiste effets. ou bien au contraire réchauffent. des verts. Ce n'est pas non plus seulement en vertu d'une association d'idées que se produisent ces flammes bleues. en toute humilité. Or. Dans ce cas le mieux est commence à opérer. remarquons que à une toute autre signification que celle que nous analysions tout à l'heure. l'on et que et l'on peut soleil. les les artistes remarquables. ou de mot d'impression correspondant joie. Il dans que simple est plus le reste. nous n'en savons pas plus que quiconque. etc. Pourquoi tôt vont-ils jusqu'à causer des exclusions féroces. pourquoi impression de voici le tels satisfaisante et allant jusqu'à l'essence tons ou telles combinaisons de tons divers nous donnent une tristesse. et quoiqu'intermittents (1). épeler l'alphabet de cette science. s'étant il n'en est même pas encore à toujours plus satisfait d'éprouver que de connaître. tout comme l'expérience. qui les dire autre connaît surtout expé- rimentalement. qu'en cela nous n'allons pas plus avant que peut dire des vertus des couleurs et effets. (1) Il .

tout en se détachant nettement par son œuvre. Ainsi constaterons-nous en (et non spontanées) et même temps le principe des générations enchaînées tirerons-nous le profit que nous nous proposions de l'examen des conditions dans lesquelles un grand artiste se rattache aux plus originaux des âges antérieurs par sa passion de recherches. ou des points d'appui pour développer leur personnalité dans un sens encore inconnu. et parfaitement déterminées. quand ceux-ci comment Enfin. le verrons réaliser certaines aspirations de son époque. Claude Monet parce que nous pouvons le rat- tacher logiquement à de belles origines. dont nous nous occuperons ici. ou même parfois la supposition. il n'est pas sans couleur à travers quelques époques et . la et la place conquise. et aussi parce que nous même. en particulier. au lieu de considérer leurs apports d'une longue et comme magnifique suite de trésors divers se faisant valoir la continuation même par leurs contrastes ? Nous admirerons. d'un emploi inédit des couleurs. par cela à ses successeurs. Pour mieux apprécier intérêt de retracer l'effort accompli rapidement l'évolution de quelques maîtres représentatifs. de nouvelles ressources à mettre en œuvre.14 que sur des idées ? Comment la réalisation. mais non moins fatal. ont-elles eu pour résultat à notre époque. préparant. de leurs moyens encore plus moins beaux que ceux-là ? louer dignement en les opposant à leurs plus n'étaient pas a-t-on cru les grands prédécesseurs. de faire tions un mérite aux que de leurs artistes buts.

que la peinture antique connaissait et pratiquait l'emploi des complémentaires. extrêmement voisin de la conception moderne. tel qu'il s'est effet et le les yeux ouverts sur ne pouvaient s'ingénier à Même et surtout dans les procédé même. Spinello Aretino. de supposer qu'on eût la seule notion d'une Il n'est même aucun les colorations les plus vives et les plus vibrantes. produisant un texte qui permette telle peinture. si nous entendons par là jusqu'au xiv° siècle. les traditions byzantines qui avaient succédé aux conceptions grecques et greco-romaines. avaient mosaïques. regards humains. pratiqué entre autres dans l'école napolitaine.. Il est évident. et de plus avait une prédilection pour les harmonies les plus vives et les plus claires tonalités. Les anciens. de ses petits carrés d'émail. etc. sans toutefois encore un grand emploi de l'ombre. les grands Siennois. jusqu'à ce qu'avec improprement les Primitifs. Toutefois. Les exemples ne manquent pas. on aurait la plus grande peine à citer un seul cas d'une pein- ture exécutée en tons sombres et suivant les principes du clair obscur.. déjà dès la fin du xv" siècle et le commencement du xvr avec Ghir- . puis avec Orcagna. peut-être. lorsqu'on étudie les peintures de Pompéï. les harmonies lumineuses dominent. au xiv° siècle. Gozzoli. Mais déjà. et ils regarder la nature à travers des traditions corrompues. tandis qu'au contraire. avec Giotto. vivant dans des régions ensoleillées. Au moyen-âge. tout en restant vouée à une cerest un refleurissement général. c'est-à-dire Fra Angelico. etc. font régner les grands partis sévères par à-plats de tons soutenus. par le scintillement analogue à celui des touches divisées. la peinture tend vers ceux qu'on a appelés ticelli. et assez peu éclatants. Bot- taine austérité. en dehors de la convention ornementale des vases grecs en rouge et noir.DE L HÉRITAGE QUE LES MAITRES DE LA LUMIÈRE TRANSMIRENT A CLAUDE MONET. connus les si elle révèle les plus grands éblouissements qu'aient jusqu'alors.

16 landajo. nous donnent la sensation d'une peinture en pierres précieuses. il (comme la plus grande d'ailleurs pour faut absolument se garder de les juger d'après Quand on que sont devenus certains ciels de Véronèse. Aussi ne peut-on établir Rubens est d'analogies entre sa technique et celle de son temps. les plus les Van Eyck. sans grand effort. Ses gigantesques compositions doivent leur diaphanéité somptueuse à l'emploi souverain des glacis sur grisailles de divers tons allant du brun au blanc en passant par le gris. Mais reconstitution logique de ces peintures qu'il de réaliser par diverses déductions prouve que ce grand entre autres. l'on se rend aisément compte qu'au sortir des mains de ces magiciens. presque d'une crudité. les plus étroites rela- fructueux échanges. Le Triomphe de Flore. dans le manuscrit des Grandes Chroniques notamment. La teinte sombre qu'ont revêtue les tableaux de Poussin n'est due qu'à l'action du temps aggravée par la façon de Il est préparer les est possible toiles en rouge. bon de rappeler que nos maîtres français du xvir siècle ne peignaient pas moins clair que tous ces merveilleux prédécesseurs. et plus une sombre avec magnificence. s'3^ d'ailleurs désespère. ombres la voie des harmonies plus atténuées semble que Léonard tard les Napolitains et les Espagnols s'y enlizeront. d'un éclat quasi aveuglant. et dans celui de VHistoire des Juifs. très vif éclat. la vivacité voit ce des étoffes. peignant par tons transparents sur des grisailles infiniment légères malgré leur extraordinaire précision. la tendre nacrure des carnations. Les grands Vénitiens parviennent à la triomphale alliance de richesse de tons avec les valeurs les plus soutenues. la artiste employait un des plus ravagés. Toutefois bien des maîtres cités précédemment). plus vif. nous offrent des paysages d'une clarté et d'une intensité. demeuré la clarté même du jour. d'une intensité de couleur. et notamment tions. les tableaux devaient être d'une somptueuse fraîcheur. d'après les fonds dans les célèbres miniatures de Foucquet. nos propres maîtres et ceux avec qui. certains feuillages de Titien ou de Tintoret (par exemple tout le fond de la Suzanne de ce dernier) et quand sous la patine on reconstitue. que ses grandes œuvres picturales malheureusement détruites. et de l'autre celle de Claude Monet. et que les qu'elles nous thèse. Les grands Flamands. dans ce résumé. incroyables. qui ont soutenu la peintures sublimes de Rembrandt n'avaient* nullement la teinte sombre offrent aujourd'hui pour la plupart. le modelé par se substituer au Michel Ange et et modelé en pleine de Raphaël nous serons déjà sur Il tend déjà à et clairs lorsque nous serons arrivés au temps de clarté. admirer répandue à flots dans l'œuvre de Monet. au xv" siècle. chez nos voisins. Nous ne saurions perdre de vue. tant de siècles plus tard. Signorelli. était. et des graves séductions du clair-obscur. divers autres maîtres. simple isolement par la jumelle le démontre. . d'une part. et le coloris le le un examen optique approfondi. L'on peut déduire logiquement. mais qu'elles étaient à l'origine d'un Il est des écrivains. qui font penser à la lumière que nous devions. Vaspect actuel de leurs œuvres. non des moins qualifiés. nous avons entretenu. Ces fonds. ne devaient pas le céder en vivacité et en richesse aux précédentes.

. à part quelques intermittentes exceptions. Le public en était arrivé à ne plus voir la nature qu'à travers la peinture telle que les années l'avaient obscurcie. littéralement tombés dans les brumes les plus opaques. réellement aveuglés par cette méprise de tradition. clartés dut être V Embarquement des mains du grand poète des ardentes mélancolies profonds sensiblement de son dieu. Ce que nous voulions démontrer. a quelque peine à se représenter cette opposition. Watteau. nous avons à nous arrêter avec un peu de détail sur ce curieux moment qui a précédé l'arrivée de Claude Monet et sur les obstacles qu'on lui opposa d'une façon si acharnée que notre temps. instinctivement en usage. Helst. et aussi. Ce qui nous frappera. de plein Van der soleil. nosité Quoique formé à l'école mélanges. véritable alchimiste de de Rubens. Aussi passons-nous beaucoup de périodes de noms. s'éloigne mettrait facilement ses successeurs sur le Il n'est pas besoin « histoire et de la les il au sortir ! de dire que nous ne nous proposons pas couleur à travers et substantiels. à travers la vision d'un grand nombre de peintres du moment. c'est que cette notion avait fini par être complètement abolie. Elle n'est pourtant rien moins que préhistorique. En tous les cas. et surtout le plus « moderne » de tous. grande maximum. au début de l'histoire de Monet et de son groupe. clarté et que dans la peinture. par ses riches la peinture. nous pouvons du moins rappeler que la soi disant Ronde de Nuit était une scène de plein jour et même Hais. avaient une lumi- que n'ont point cherché à hériter certains très bons peintres Hollandais modernes. nous arrivons à la limite que nous nous étions assignée.ï 17 Sans entrer dans cette dicussion qui nous éloigne trop de notre sujet. avec fait partie à des différences qui seront son apport personnel. Avec Delacroix et ses passionnantes recherches. cette que façon de voir l'on eût était il était naturel ou non trouvé même presque les c'est que pendant des de chercher la plus moyens de rendre la seule ce siècles. d'une longue série de maîtres qui ont tous cherché à traduire leurs conceptions dans la langue la plus claire et la plus vibrante. Vermeer. chemin des cuisinages trop Cependant quel ruissellement de chatoyantes et ici de refaire une âges». les peintures des grands Hollandais du xvii' siècle. Nous voulons surtout montrer comment Monet son tour. qui adopte maintenant toute tentative avec une Ici imperturbable avidité.

tendant à s'éloigner de plus en plus du grand jour de nature pour créer une convention de peinture. Il faudra que toute une révolution s'accomplisse pour qu'on retrouve et comprenne ce par quoi. obscur.DU RETOUR A LA NATURE ET DES PRÉDÉCESSEURS IMMÉDIATS DE MONET. n'exerce cepen- qui va se produire. ce sera précisément en éliminant tout ce qui chez lui jaillit du contact de sa personnalité propre avec la nature. ne l'avait assombrie. Toutefois il Il lui-même plus est trop aussi profonds que sont vastes ses artistes. dans son ensemble. C'est ainsi qu'ils reproduisent ses effets tragi- moins lumineux. il était révolutionnaire. ces principes on ne et Il académiques. que les cuisines (d'ailleurs si savoureuses) de Decamps et des peintres romantiques vont renforcer isolé.-P. analysera que plus tard. La réaction davidienne. Delacroix est également tout à fait à part. personnel pour être suivi. (1). s'enrichit temps qui suivront. Elle est. dix palettes. Mais il et d'un éclat extraordinaires. ment combattu. en général. dant aucune influence sur le mouvement J. précisément. pauvre avait plutôt éclairci la palette qu'elle Le grand maître du clair de l'ombre un moyen de confesser et claire. assoiffé de mystère. et Seurat retrouvèrent dans ses écrits les principes sur lesquels . d'une richesse dides. en tire qu'il n'enrichit la sans cesse des effets splen- peinture de son temps et des les domaine matériel des principes aussi féconds et incursions dans tous les domaines de la poésie. pour ainsi dire. ques les (1) ils C'est établissent le seulement vers 1883 que Signac « néo-impressionnisme ». trop complexe pour être a découvert dans Seulement. et c'est plutôt Géricault (bien encore. lui font de servîtes emprunts. demeure Il que ses tableaux aient été en outre noircis par le temps) qui commence à se servir de ces harmonies soutenues. Prud'hon. comme il Et même si. qui trouve dans les jeux de la lumière et son cœur perpétuellement ému. après l'avoir violem- arrive toujours. imité. et ils ne profiteront aux le que par répercussion les ateliers il possède une palette.

et bien que leurs restèrent asservis au diapason que le temps. L'on n'a qu'à voir au Louvre. Tous. encore. si intenses. ils ils le tenter pour eux-mêmes jusqu'au s'arrêtèrent à mi-chemin. de Fontainebleau. W. collectionneurs privés ou conservateurs de musées. que des peintres comme Watteau et Hubert Robert. continuant faiblement l'académisme de David. d'une conception personnelle. avait institué. leur clarté originelle.19 Après la période davidienne. van de Welde. ils peignaient dans une gamme très montée. d'autres la encore. Bonington. Ils choisirent un moyen terme. Quant aux très beaux poètes de nature de la Grande Bretagne. mais en vue d'un arrangement. tels que Théodore Rousseau. Ils avaient. mais ils s'en servaient de façon féroce. et ensoleillées et sans préjugés. l'individualité caresses vivifiantes de un pas de recommençaient à voir. Paul Huet. attentivement. comme ils allaient de nouveau honnir et accabler Monet. et Turner n'était pas ou était à peine connu au moment où Constable était apprécié et admiré. Certes les Hollandais avaient donné tout cela à profusion. allait ramener de nouveaux venus au sentiment de nature dépourvue de tout appareil factice. de Ville d'Avray et d'Auvers-sur-Oise. un important mouvement s'était produit qui allait ouvrir de nouvelles voies. sous l'influence même de leur climat. leurs succès. si expressives. artistes phénomène assez curieux. Degas. de de leur restituer par la pensée. les grands que nous venons de nommer n'osèrent pas bout. faisaient réellement reproduire. pourtant merveilleux observateurs de la nature. Quoiqu'il en soit de toutes ces actions et réactions. de van Goyen. et qui n'ont pris que beaucoup plus tard toute leur signifiaction et leur prix ? Il est digne de remarque. soupçonnait-on tous les corps-à-corps avec la nature. de ce dernier. de Ruysdaël. formaient au moment où nous arrivons. Ils l'air. petits-fils des arrangeurs du xviii' siècle. Wilson. plus que leurs grands devanciers eux-mêmes. l'accord ineffable des eaux et du ciel. de tout arrangement. une foule assez compacte et assez aveugle pour s'opposer à tout effort de retour à la vérité. à des arbres. toutes les géant. L'influence des anciens naturistes hollandais. suivant le mot de M. conteurs de sujets de genre ou peintres d'histoire faussement épiques. par exemple ses surprenantes études de ciels. Et encore. les quatre grands paysagistes de Barbizon. cette sorte d'éclaircissement mental. à Rousseau et à Daubigny. » Ils s'étaient montrés les plus hostiles à Corot. « déshonoré leurs maîtres en les imitant. Renoir et Sisley. et surtout Constable. avec l'appui d'un public que leur nombre. ne devaient engendrer que des peintres évoluant uniquement dans l'artificiel. œuvres soient sublimes. à aimer. Daubigny. Ils ne disposaient que de forces d'obstruction. Corot. avaient com- . partie comprenant principalement les paysagistes Old Crome. Les grands paysagistes. Cabat. et même simplement l'habitude de voir la vie à travers leurs tableaux. certaines pages merveilleusement spacieuses de Cuyp. Mais. qu'avaient voilée il est facile d'acharnées générations de vernisseurs. sinon guider la marche de ceux qui devaient ensuite s'y engager. ou ses plus modestes pochades. avaient déshabitué de toute observation directe. combinée avec celle d'une partie de l'école anglaise.

avaient. pose par cela même une question. son arc-en-ciel et la verdure qui ces peintres ont vraiment rouvert sur le le soi monde vrai la poëme de Printemps de l'espace et de Millet. Examinez au Louvre. dans une tout autre note l'altitude. préparé une base neuve sur laquelle une nouvelle école allait s'appuyer. en apportait encore d'analogues. était chez celui-ci faite autant d'habitude que de respect. sont hués comme extravagants. en les dénaturant. que toute innovation devait déranger dans leur tranquille autorité. de Corot un Français. ici Sans eux. mais à les comparer entre elles d'après les formules que le succès a imposées. Mais cette base devait fatalement être battue en Corot. L'on ne saurait éprouver cette attraction devant les ouvrages de ceux qui se sont crus plus forts parce qu'ils s'immobilisaient dans une tradition. Toute grande œuvre. mais encore ils et l'œuvre que nous étudions et spacieuses. Vous reconnaîtrez que une fenêtre longtemps obstruée par disant paysage historique. Un autre homme. la ravissante Route d'Arras de Corot. en les affadissant. brèche dès l'abord par les écoles académiques. avec une rare puissance. lumière. pour ainsi dire. les artistes de second ordre confisquent à leur profit les acquisitions des vrais inventeurs. qui osait se réclamer de Poussin. Leur masse compacte rend au tâche encore plus groupent autour de faux chefs d'école. et vous serez tentés de croire qu'ils avaient Mais sous rit le le le dernier mot dit le n'est dernier jamais mot en matière de dit en art. Courbet pour la vigueur dans la simplification. tous pour l'emploi dominant des valeurs. n'auraient pu se com- n'auraient eu de raisons de ne pas se produire. facilement les subissent et en arrivent non plus à comparer les œuvres avec leurs propres conceptions. la plus légère et pourtant si ferme.20 mencé une évolution considérable. difficile. Daubigny posaient ces questions neuves. au lieu de tâcher d'en tirer. la délicatesse dans les notations. Rousseau. noire nuée. les autres peintres que nous avons nommés pour la diversité. pour prendre des exemples. qui contient vos mains ouvertes tout ou bien encore. inspire une curiosité de chercher encore. instauré des principes d'observation et des efforts de transcription qui préparaient des voies absolument neuves non seulement le mouvement prendre. avec sa menace. Cette autorité acceptée par le public. C'est ainsi. des acquisitions nouvelles. dans la collection Thomy-Thierry. tandis que ceux qui admirent vraiment l'esprit et non l'allure même des maîtres. portant un caractère de beauté et d'originalité. des vertus singulières de suggestion. la plus claire. Millet. d'air et de couleur. ou bien encore la minuscule vue de comme dans un espace grand la Plaine des Pyrénées par Rousseau. leur succédant de près. et ils se . Les spectateurs. Nous avons nommé Courbet. dans les arts. avec leur vision naturelle. Il existe. de Delacroix un Benjamin-Constant. par exemple. que de Millet prétendra sortir un Jules Breton. ainsi que nous chercheur la le disions. de Courbet un Bastien-Lepage. Puis. découvre un horizon imprévu. capables d'éveiller de belles passions parmi les générations artistiques qui se préparaieiit à leur tour.

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Claude Monet devait les dates de dans ce labeur. Aussi. œuvres surtout prendront vie et les grands artistes sur lesquels la parole. et celui de l'indignation étonnée que soulevaient leurs propres efforts d'émancipation. du moins essentiellement. Par l'énergie de son caractère. Millet. tout d'abord. une grandeur s'y diriger. que celle de prépare. Les jeunes gens qui allaient essayer d'apporter leurs vues et leur expression en dehors des formules régnantes avaient donc double obstacle à franchir la : celui de défiance persistante envers les patrons qu'ils se choisissaient. la chaleureuse défense des vrais critiques. La peinture de Corot «n'était pas finie». âprement combattus. malgré l'admiration des bons juges. maintenant. maintenant que l'on sache le prix. pour ne pas dire bafoués. Courbet était un «grossier les réaliste » et l'on tournait les en ridicule sa personne. trente-cinq lorsque meurent Millet et Corot. de labeur incessant joie qui se maintient toujours égale les et dures à soutenir. pas yeux bientôt les les détri- créateurs. Qu'il suffise de se représenter nouveaux venus devaient tout d'abord prendre modèle étaient encore. les plus celles de ses recherches. La que qu'à laisser de côté les théories et les explications abstraites. que celle de Courbet s'annonce et s'affirme.21 Le public ment des hésite rarement. Entre la première but et connu toutes l'atteindre. Delacroix mourait en 1863. ayant tout de suite compris maîtres brevetés ne peuvent pas être leurs maîtres. à ne pas choisir les imitateurs que la tâche de Corot est accomplie. naissance de Monet et de ses compagnons de mort des grands peintres de la première partie du premiers atteignaient à peine l'âge des débuts. malgré leur gloire commençante. non point de donne. Corot en 1875. Par nature la même de son talent être celui qui prendrait la tête et l'objet du nouveau mouvement lèrent le plus vaillamment les courages. Nous n'avons plus. à travers la les et d'une plus rudes épreuves. c'est il . alors que au et les esprits même Manet se encore des débutants. on voit que les derniers s'éteignaient. alors que xix' siècle. vers les années 1860. auront tournés vers ces initiateurs. Courbet en 1877. Sa bout à l'autre comme un Si l'on de la rapproche qui par suite aurait les luttes il fut un de ceux qui stimu- longue carrière nous apparaîtra d'un surprenant exemple de ténacité. a eu la révélation de son mais de vivre pour pouvoir devenu de l'histoire. Cela lui dont il est bon que et la troisième les difficultés de ces dates. Claude Monet a donc vingt trois ans lorsque disparaît Delacroix. après avoir ainsi posé les principes généraux qui régissent les évolutions artistiques et les conditions particulières dans lesquelles celle-ci allait s'engager. des jeunes gens absolument obscurs. en caricature ses grands tableaux.

Le besoin de vivre agissait donc tout d'abord. en même temps que le besoin difficulté matérielle n'a . aucun genre de manqué. il était encore d'usage dans les familles bourgeoises de s'opposer à la vocation artistique que se sentaient ou croyaient se sentir les jeunes gens. en guise de viatique pour les années décisives de mise en route. Bien que forcent pas tous leur progéniture à se vouer aux arts. A la plupart des artistes remarquables qui seront nommés ici. mais sa famille exerçait le commerce au Havre. Ceux de cette sorte n'ont tenir par leurs seules forces aux jamais succombé dans commencent et devaient sou- décisifs débuts de la vie.DES DÉBUTS DIFFICILES. soit. comme pour Renoir (et avant lui pour Millet) de la naissance dans un milieu laborieux et dénué de ressources. A cette époque. Les enfants de la bourgeoisie qui ont maintenant tout loisible pour se payer artistique les luttes qu'ils demeurent dans la le luxe et la vanité d'une occupation médiocrité. quelque flatterie qui les entoure dans leur milieu. Claude Monet est né le 14 novembre 1840 à Paris. sous une forme ou sous une autre. voyons aujourd'hui régner un esprit contraire. vent se mesurer à ceux qui prennent Une était un pères et les mères ne font de leur mieux pour lui amour de l'art peuproduction par rapport au nombre de Les excellents résultats de ce contagieux la qualité le ils les Nous nom moyenne de la arrogent l'apparence. et infaillible palliatif) étaient même une formelle rupture laquelle le succès (à au contraire une excellente défense contre plication excessive des artistes inutiles et un puissant stimulant pour le la multi- développement des énergies chez ceux qui avaient une réelle valeur. en faire pousser l'idée. d'artistes et s'en certaine opposition. soit que la pauvreté provînt. comme pour Monet (et pour Corot avant lui) d'un dissentiment familial.

on n'a. Seulement.23 de vaincre. et arrivés simplement à aucune velléité d'art. si le témoignage même de ses yeux. nous étions Il fondés à présenter cette histoire sous un tout autre jour que celui qui l'éclairé aujourd'hui. non plus de la famille. le l'hostilité encouragements à il pensée. les fécondes épreuves de résisde dérision. jamais assez faite. la prospérité prématurée. . la devise résumé et la que peu de goût pour la souffrance. développer ses dons et exciter son enthousiasme. nous racontions l'histoire de ces artistes et examinions leur situation d'alors. le sarcasme demeurant mal désarmé. et nous-mêmes. que ad augusta per angusta est la seule dont les artistes devraient faire le règle de leur carrière et de leur vie. Au rebours. ils passèrent toujours bien loin après ceux de gagne-gloire. les succès immédiats et irréfléchis ont gâté beaucoup plus de belles natures qu'ils n'en ont encouragé. y a une trentaine d'années encore. de lésine. En aucun temps elle n'a accablé et vaincu. venant les unes et les autres. la critique et les Nous sommes ou l'indifférence de la multitude. et que que dont l'on fait la balance des déboires et des triomphes. Quoiqu'ils eussent été obligés de les accepter parfois. chacune à sa façon. le public. manque du côté des de quelque compagnon de l'appui jours de la part amateurs n'imposent plus à aucune mani- ne purent abattre son invincible confiance en sa puissance intérieure et enflammée par protecteurs naturels. ou simples témoins de rencontre soit-il. ceux de notre génération. les talents secondaires. malheureusement. lorsqu'on y regarde de près. Puis. à une époque où même festation. Mais celui-ci était de beaucoup le plus fort. devient le soutien. importait moins il ou aux même certaines natures supérieures mais incomplètes intérêts intellectuels de l'humanité que l'œuvre fût entravée ou interrompue. Nous verrons de même que l'opposition déchaînée. Nous allons voir rencontrer sa large part de cruautés matérielles et d'ardentes sympathies. les franchir. ces hommes se fussent enlizés dans les travaux de gagne-pain. qui se tournèrent enfin si profitables à la vaillance d'un tance. ni ces le l'esprit. ne put davantage les faire fléchir. Aussi lorsque nos aînés. il y avait lieu de s'indigner contre la lenteur opiniâtre de la fortune. mais de tout un public et de ses représentants réputés autorisés. mais il a pourtant sa nouveauté de présenter complet un tableau qui s'arrêtait alors à la peine. se rencontre tou- attirés par un début si obscur attractions fraternelles. car sans cela. renfort de qui le animé par des plus effectif contre obstacles. camarade de point de départ. Ainsi nous apparaît en chaque déboire d'autrefois la preuve. Ni ces ne manquèrent à Monet. Claude Monet. la timidité du succès définitif. aîné dans la carrière. des privations et des gains. Tous les détails possibles ont été donnés dans les livres qui ont précédé celuici.

il lui route « n'était pas semée de roses » et lui donnait de ces aperçus et de ces conseils qui ne font que déterminer plus rapidement le choix du plus dur parti. son aîné d'une quinzaine d'années. et cherchant à se dégager lui-même à travers les difficultés et les doutes. ménagent d'ordinaire aux débutants. en revenait au partait bout de trois ans. Boudin en a donné un aperçu qui ne sera point étranger au sujet qui nous occupe. bienveillant. surtout un nom. Claude Monet le trouva très opportunément dans la ville même de ses premiers essais. Ce fraternel appui que la sympathie. à l'huile ou au pastel. A force de tendre et d'encadrer des pastels pour les autres. pour Paris. Millet. et qui même éclaire les conditions dans lesquelles la vocation de Monet allait éclore. Le Poittevin et d'autres encore . dessins de fantaisie. l'idée lui était venue «d'en faire aussi». qui s'appelait Eugène Boudin. qui n'avait plus la pension. Boudin obtenait une pension du Havre.-F. Il lui fut donné par un homme simple. Prenant en intérêt cet aspirant montrait que la aux rudes épreuves de son métier. et qui était venu échouer au Havre pour chercher du travail. la communauté de recherches ou de luttes. nous autres écoliers ? pour la marine. avait jeté un regard sur les essais du fisante d'ailleurs papetier. Ce pauvre chemineau de l'art qui dans sa détresse aidait à l'éclosion d'un talent sincère et de qui l'exemple enflammait l'artisan bien payé à se faire aussi pauvre que lui. Gudin souffrir. s'appelait J. que n'aurions-nous pas à trônait. Dans une autobiographie pleine de bonhomie. — et la peinture. Un pauvre diable de peintre. sans autre ressource désormais que en revanche profondément perplexe sur la le hasard des travaux. portraits à trente francs pièce. mais route à suivre. Le moment est intéressant et curieux à noter. avait toutes les peines du monde à se faire La peinture grise n'était guère goûtée à ce moment-là. insuf- pour le faire vivre qu'il recevait de la ville de Cherbourg. avec un immense talent. Isabey renchérissait sur la couleur naturelle. «Si Corot. qui avait débuté assez tard dans après avoir fait le métier plus lucratif de papetier-encadreur. écrit-il (en 1887). hésitant entre Rousseau et Corot.DE L AMITIÉ OPPORTUNE D'EUGÈNE BOUDIN.

ni même l'empêcher de s'acheminer ultérieurement vers ses analyses de colorations plus vibrantes. ne m'en devront pas moins quelque reconnaissance. Elle ne s'efforçait que de rechercher et si gamme. à faire avaler entre les maîtres naturistes de 1830 et celui qui devait quelques années après devenir le protagoniste d'un des mouvements rendu compte à sa manière modeste « J'aurai peut-être la eu peinture vers l'étude de reproduction des effets du dans la voie. car entrevus. ces leur naturelle » qui tenaient plutôt de la encore c'était « le meilleur but en somme. un qui les effets poursuites de l'aîné ni avec les essais du plus jeune. Boudin d'un instinct juste et ingénu. comme la ma les plus éclatants de et fine dans des termes petite part d'influence dans grande lumière. préservé du factice. du plein air ciel. ce n'était guère l'occasion d'apporter On n'en voulait à aucun prix. fallut se retirer Il que je suis et c'est ainsi du gris I dans sa province en attendant des resté près de quinze années sans revenir à Paris. Le jour où Monet adoptera une autre méthode demeurera applicable naturels qu'il devait plus tard technies à la mode. Il allait s'en ren- devait lui aussi. » Par un beau phénomène de transmission de ses propres difficultés. rien ne l'empêche de se propager. comme j'en à ceux qui m'ont conseillé et m'ont offert des modèles à suivre. que peinture la renchérissements sur la cou- décoration de théâtre. « Il commençait un peu dure cachait un fruit excellent et des une peinture dont l'écorce plus savoureux. Si l'art plusieurs de ceux que j'ai moderne. en opposition avec ces fantaisies arbitraires. qui pût être proposé au tout jeune débutant. Quant à ce qu'il appelait la «peinture grise». contre lesquelles contre son intérêt immédiat. et voici comment Boudin en parle. ce au jeune Monet. Cela ne pouvait donc détourner ni maintenant. et tout naturellement dirigé vers la simplicité des maîtres. J'en profitai pour entrer aussi par la porte qu'il avait forcée. sont emportés plus loin par leur talent personnel. jouer quelque rôle dans le développement juvénile s'appelait Jongkind. mais vraiment important. n'était. tandis que commun Au surplus. Claude Monet de ses perceptions innées. n'avaient quand une de ces nouvelles vérités relatives sur lesquelles reposent l'air. en ne pouvait que donner les avis tout en cherchant sa propre voie. de ses lui faisait part recherches. avec les de Monet. malgré l'étincelle. car elle trouve soudain. lui donnait l'idée de ce qui préoccupait à Paris les milieux artistiques somme. modeste en apparence. Il les pyro- et de choses fausses. » Ainsi Boudin avait joué un rôle. le et mouvement de s'en est encore qu'il faut citer : qui porte la sincérité dans la eu l'honneur d'introduire Claude Monet.25 faisaient fureur en peignant de chic. s'intéressait à son tour brave garçon. d'impérieux propagateurs. ni plus tard. Rencontre heureuse. » ils Il ai dû moi-même . temps meilleurs. sur plusieurs points à la fois. rénovations artistiques est dans contrer la comme beaucoup pauvre Boudin réagissait par conviction rien de les bonne. séduisantes le extraordinairement approfondir. car ce juste.

Elle au danger d'être peintre. Les vieux soldats n'étaient pas tendres pour les conscrits. RENCONTRES HEUREUSES. convaincue seulement du bonheur qu'il y a. Au bout de deux ans des inquiétudes à la On de service sa santé s'altère au point de donner cette fois famille. ayant déjà. encore une profonde sensibilité la griserie un pay- avait exposé. éperdu de découvertes devant l'immense nature. — et tout cela brusquement arrêté La famille ne veut point le ! voir sous ce jour. Aussi. peut se demander si ce séjour au régiment a exercé une influence quel- .DÉBUTS PÉNIBLES. malgré ce que nous avons pu dire de l'utilité des débuts contrariés. à vivre la bonne vie sûre et confortable des affaires. enfin. Que l'on juge de la situation d'esprit d'un tout jeune homme. on ne peut pas se faire remplacer pour apprendre et cultiver la peinture mais elle croit — ! — impose seulement cette condition qu'il renoncera à son juvénile caprice. fait la connaissance d'un maître. Il part donc pour l'armée et est incorporé à un régiment en momen- Algérie. Monet préfère à la servitude perpétuelle du commerce. qui consent enfin à le laisser s'adonner à la peinture. Après ses propres tentatives et cette première initiation. l'entrée dans la carrière. énergique. une fois les chimères évanouies. débordant d'idées. ayant connu. Le métier militaire alors était fort dur. la discipline était rigoureuse. lorsqu'il atteint l'âge de tirer au sort. parti sur un rêve magnifique. cette servitude tanée qui est. se montra pour Monet assez cruelle. mais. elle est toute disposée à exonérer le jeune homme du service militaire on achetait alors un remplaçant. un acheminement vers la liberté. pensait Monet. à quinze ans. à Rouen. qu'exalte (c'est un trait de son caractère que nous aurons plus d'une fois à noter). à seize ans. les forces étaient soumises à de rudes travaux. d'un tempérament impétueux. qui est pourtant le seul vrai. malgré tout. — car dès 1856 Monet — un jeune homme. impatient de devenir un maître à son de montrer ses essais au public sage ! tour.

mais rapprochées. mais d'une façon moins éthérée été porté à et si indifférent. sa passion de vérité. la fantaisie. ne pouvaient s'accommoder de règles conventionnelles. Puis les conditions dans lesquelles il se trouvait en Algérie étaient absolument exclusives de et tout travail artistique suivi. les plus éclatants soleils. que peut-être aujourd'hui dix personnes seulement se rappellent. l'atelier Gleyre. «grises». d'un jeune artisan pour achever. Le jeune artiste ne connaissait encore que les gammes. l'auteur des Illusions perdues. et de toute jouissance des somptueuses vibrations de la nature. la plus irréductible émancipé comme Beethoven dans son On peut toujours changer les se produisait. longtemps et froide. claires sans doute. élève dans un atelier officiel. de cette région. à bon sens étrangement : Renoir ! Et. de Boudin et de tous les peintres novateurs d'alors. un camarade vraiment quelque génie » ! plus joyeuse encore. et qui devait avoir l'énergie de qui feront est porté à dire. en la ne pouvait être pour sa vision d'une utilité quelpas encore exercée comme elle le fut plus tard. moitié pour calmer les craintes de perdition qui comme pouvaient subsister dans sa famille. à qui Gleyre demandait C'est sans doute pour vous amuser ce que vous faites de la . bons élèves et tous stupéfaits. n'est pas Il que tristes et sombre par un de nous l'espoir aux heures de la jeunesse. le grâce et libéral. allégorie suave demeurée célèbre en Certes. son chevalet tout bonnement. règles pour cause de schœner Enfin. il beau baragouin mélangé de français artiste se sent manœuvres commune éclat le chef d'atelier indigné et les avec eux. sa fougue vitale avide de se rencontrer et de se mêler avec la vie elle-même. quand ces heures sont semble s'enfuir pour jamais. Frédéric Bazille. Moitié par acquit de conscience. s'éprenait des deux rebelles. merveilleuse luminosité. n'ait trouvé qu'il faisait bien qui. qui à distance lui-même.27 conque sur son talent naissant et si le ciel de l'Algérie Mais nous sommes convaincus pour notre part que effet. que le tempérament vif et bouillonnant du jeune homme. un autre impatient. un non sans Monet plantait « dédaigneusement : là — la fine et la sensibilité tendre exquises esprit émancipé malgré les talent s'annonçant original et ferme. de méthodes parfaitement C'est mécaniques. et d'ailleurs arbitraires. à la fois si autoritaire les perdre. ardent. dons de fortune. Corot tout le premier. Renoir. nous verrons que la révélation devait venir par une autre voie. faisait cause trois désertaient avec L'impétuosité et indépendance. si Monet avait jamais gnement académique. ne se trompe pas là-dessus). et la liberté Peut-être ces règles peuvent-elles servir à d'honnêtes correctement un chemin (et qu'il Mais dès qu'un officiel. n'a pas été et conque. et prétendant s'appuyer sur l'exemple des maîtres. la avivées par la plus farouche. en concevoir sur il l'ensei- ne devait pas tarder à moins allégorique que ne pouvait et le figurer son maître. niant tout juste la sève qui font leur force et leur grandeur. et d'allemand une circonstance un effet Claude Monet se rencontraient. mais aussi sur toute la période qui ironie. D'abord cette vision n'était ne pas révélé lui a la lumière. Monet entre l'atelier de Gleyre. et fait d'illusions. : « nous paraît plus belle et considérable non seulement sur Monet allié à allait bientôt s'ouvrir.

ou simple- ment consentant. la nôtre. Mais elles s'exerçaient toutes avec des consécrations analogues pour but. Cet antagonisme est tout à fait spécial à l'art du xix° siècle. . le deuxième quart du xix" siècle. Elle ne devait s'éveiller qu'un an d'une façon retentissante. un Thoré pour encourager un Théodore simplement fidèles. par d'innombrables évolutions. Il y avait. les pour soutenir et clairvoyants les comme chercheurs neufs il et de promesses en a existé de tout temps. Renoir et Bazille avaient la malechance d'être les trop tôt révoltés. elles trouvaient l'ensemble du public disposé à admirer. pour des raisons analogues de sym- pathies et d'aversions. les artistes originaux n'avaient pour ainsi dire pas besoin de défenseurs parce qu'on n'attachait pas d'importance à l'originalité. il se trouve. les rieurs les plus obtus. et sincères dans leur ingrate lutte. mais succès de sympathie auprès des quelques esprits sensibles créés à point Refusés accaparaient l'attention au trouvaient perdus dans le grâce à l'intolérance excessive recueillaient. avec des innovateurs. aurait fait scandale. sans doute. tous les mauvais fois. des rivalités d'artistes et de groupes. se mettent au premier rang des enthousiastes et crient beaucoup plus fort que les premiers admirateurs demeurés Peu importe. l'atelier Gleyre. se joignait à eux et préférait la forêt de Fon- tainebleau aux officines de formules. quelque degré que ces consécrations fussent obtenues. je n'en ferais pas » un autre camarade. il procédés semblent permis. Elle aurait été tels un évé- audacieux. aupa- ravant. Lorsque le ces efforts désintéressés. Mais. année du fameux Salon des Refusés. ou qui ne paraissent tels que parce qu'ils font revivre les traditions des grands artistes d'autre- devient nécessaire qu'une voix éloquente s'élève pour rétablir les qualités. La curiosité du public n'avait pas encore été épui- comme sée. des préférences de maîtres et de protecteurs. Enfin Monsieur. Alfred Sisley. mais seulement aux Mais dès talents. du moment que pour tenir tête à l'hostilité impitoyable des rivaux et à la routine du public. les mœurs artistiques étaient toutes différentes de ce que nous voyons aujourd'hui. cette manière de rompre pu attacher alors Si l'on avait même en visière avec un maître influent moyens de se faire connaître et nement capable de « lancer » de et la des recettes qui assuraient à tout apprenti docile les apprécier. un succès de risée masse respectueuse. triomphe arrive. En un mot. après ce départ de En En 1863. Pour les défenseurs même de que de triomphe à partager. qui miraculeusement convertis. dès le moment qu'il faut.28 peinture ? — et répondait » ne revenait « : — plus. Les rires sont sans pitié. ce sont généralement il y a plus de coups à recevoir les plus féroces négateurs. si cela ne m'amusait pas. A dans un sens à peu près identique. quoi que cela ne se soit passé qu'il y a seulement une soixantaine d'années. trois Ils se sans doute auprès de la nommé nombre de ceux qui des jurys officiels. et d'ailleurs 1862 Monet. depuis l'abus de pouvoir jusqu'à l'outrageante parodie. un Baudelaire pour soutenir un Delacroix. obscurs n'ayant et moindre importance à quatre jeunes hommes pas encore débuté devant le public. La bataille est âpre et longtemps indécise. dépens des «refusants».

comme nous venons de : cette veine est le dire. Leur succès final ne devait plus nuire qu'à leurs imitateurs. Ils étaient les juges les plus stricts de leur œuvre. dès la première heure. des Chesneau. devenues rencontrer de victimes que ceux qui se tiennent celui qui se les routes réclame des aînés sans les comprendre. prennent. enfm des Duranty. ils ne s'en connurent que mieux eux-mêmes. et les annoncent l'évolution jours actuels. pour arriver plus vite. comme Sisley. En soixante toutes les phases de ce chapitre de l'histoire artistique se sont accomplies. Il ne risque guère de se à l'écart entre deux académismes et celui : durement frayées. une foule. le baisser du . sinon les excès de l'admiration. de martyrs professionnels. Ainsi peut se résumer (les œuvres mises à part. Puis. un Théophile Silvestre pour discerner la juste place des Corot et des Millet. pour consoler Monet. et. artistes et leurs et défenseurs soutenir la lutte contre On les a vu d'abord les grands académiques oligarchies contre la lenteur du public. empêcher de perdre toute confiance. qui ne se préoccupent pas plus des discussions sur l'art que comprise entre l'année 1863. elles ont en revanche récompensé tardivement. s'ils ont eu à souffrir d'être méconnus. mais dignement les Monet et les Renoir. Puis. qui les nie sans les connaître. comme Manet. si la gloire et la fortune ont laissé qui. des Burty.29 Rousseau. Assez mauvais calcul du reste années. A ce moment. figure et tactique de persécutés. lorsque les formes jadis proscrites commencèrent d'être acceptées. et à ceux qui sans mériter les persécutions. et ce que l'on pourrait appeler les incompréhensions Sisley. des vilenies et des risées. et les en trop. des Duret. l'incertitude des efforts et l'indécision des spectateurs rideau en attendant un nouveau spectacle. ces artistes n'ont plus rien à redouter. ou un Zola pour batailler en faveur de Manet. d'innovateurs puérils. méritaient en route quelques uns de ceux de ne pas tomber avant l'heure. de révoltés calculateurs. maintenant épuisée. et même un Champfleury pour comprendre Courbet. où où les le arbres de la forme du gouvernement) Salon des Refusés fut l'ouverture. ont encombré trottoir banal. en attendant que d'autres générations relèvent de leur poste de combat ces protagonistes et achèvent la victoire. un torrent de soi disant audacieux. et la période est close. Renoir. Heureusement ils eurent la tête solide.

tels que Fantin-Latour et Legros. Boudin. encore incompris et combattu en 1863. un événement capital. . avait depuis longtemps ému ces jeunes artistes par la simplicité et l'harmonie. dans sa mesure. mais parce que cet enseignement répugnait nettement à leurs fraîches aspirations. et la franchise. Edouard Manet. du moins la confirmation de ce qu'ils espéraient pouvoir faire de puissant et de neuf avec une vision directe et une interprétation sincère comme l'avaient été celles des grands devanciers. la distinction chant sur les joliesses magistrale qui émanaient de ces œuvres. à qui l'on oserait à peine parler. / . notre transfuge et ses compagnons ne devaient guère tarder à choisir leurs vrais maîtres et modèles. leur donna la mesure de leurs forces résistantes (1). C'était pour eux sinon la révélation. non pas dans le dessein de faire un éclat. modèles dont on s'inspire en admirant leur esprit sans copier leur manière. Enfin. pensait continuer les maîtres qu'il avait admirés en Espagne et au Louvre. cette manifes- tation qui. Monet ne se proposait pas davantage de courir coûte que coûte à une originalité arti(1 1 De ce nombre étaient de purs classiques. les roman- tismes attardés et affaiblis. la force. loin de faire périr sous les huées certains artistes originaux. De même. était de nature à l'encourager à l'indépendance. les froideurs prétendues classiques.. avec la plus parfaite bonne foi. Corot. et sans prétendre eux-mêmes à rien changer ni bouleverser. ou du moins qui s'affirme plus décisif à distance qu'il n'apparaissait aux contemporains. Manet exposait quelques peintures à la galerie Martinet. produisaient sur Claude Monet et ses camarades une im- pression décisive. se produisait en cette même année. Monet ne Si prit point de part au Salon des Refusés en 1863. contredisait leurs sensations non oblitérées par une discipline d'atelier. pour avoir rompu avec l'enseignement routinier. n'était pas sans conserver une persuasion d'exemple. tran- conventionnelles. Maîtres que l'on n'a pas besoin d'approcher.PREMIÈRES ORIENTATIONS. et ne songeait nullement au puéril amusement de partir en guerre contre les soi-disant maîtres qui trônaient aux Salons.

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mais plus passeront peu à peu aux recherches les plus aiguës. nous avons affaire au contraire à un constructeur réfléchi dans la conception. procurent pourtant à nos yeux et à notre esprit une au début. joie de Il la est positiviste nature toute par la la foi d'un lyrique et tout le sang- perception directe. que ceux qui. il l'a tenu. pour toutes ces raisons. . Les ouvrages de sa première manière contiennent. il se libère et s'élargit. un un improvisateur hasardeux. mais sur la sienne propre. à un homme qui a méprisé les recettes et qui s'est appuyé. ce qu'il cherchait. Ce tout jeune démolisseur. très accusé. et lyrique par la la notation. la rapidité et la demeure à la fois cursif et solide. qui. nous est-il impossible de considérer Claude Monet autrement que comme un parfait classique. préjugés du jury. son effort. les la et que lui que nous connaissons jury accepte ou refuse. Ce il réalisé dès l'abord et l'a il qui ne se sont pas démenties un qu'il annonçait. aussi rythmée. Il n'était l'attention par cette simplicité cette et un insurgé. non sur l'expérience des autres. Ensuite sûreté. le médaille suivant les formules propitiatoires. il se fait sentir. enrichi et perfectionné avec une suite et force de la plantation. Aussi.31 ficiellement combinée. comme on le jugea dès qu'il attira elles-mêmes tranchant sur l'accu- justesse premières œuvres de aux Salons. et les plus justes et les plus appropriés. grand. avec un dessin souple et plus insaisissable. aussi qu'on pourrait appeler la la netteté et même fermement à la façon de voir établi. le dessin essentiel. même dans des effets de pure atmosphère et d'eau. mais nullement sec est ce une logique seul instant. Nous en voyons la preuve dès mulation du mais qui ne sont pour braver A les pour forcer faites ni l'a comme il le sentait. comme le public allait bientôt le croire. que loin d'être. dire comme voulait. quant à simple sa place par factice. bien que ne commençant ni ne finissant proprement nulle part. les et mêmes vertus de construction. et dans la dernière partie de l'œuvre. ni surchargé d'indications inutiles. aux analyses de couleur les plus subtiles. Puis encore. et particulièrement celles qu'il destine ni marquer tout artiste sincère. Mais sans anticiper sur cette progression. Il de bonne foi ce qu'il voyait. par les moyens pas. Ce dessin. Il allie la franchise. il s'incorpore pour ainsi dire à la lumière. comme nous le verrons. s'il est parfois impétueux dans l'exécution. homme de vingt-deux ans a devant froid d'un positiviste. qu'une architecture. Mais il notion d'équilibre aussi sûre. dans la maturité. partir de ce moment et jusqu'au bout de sa carrière l'œuvre de Claude Monet aura été d'une merveilleuse unité. que nous devions toutefois indiquer pour montrer dès le principe. renversant à plaisir les colonnes du temple.

Plus tard. une tandis qu'en avant remontent ces pastels datés.MONET RENCONTRE DÉ. Autre chose est de . les la nature même du contiennent en germe. Tou- diminuer en rien que de voir des analogies avec la façon de procéder par conséquent la trace des conseils de cet excellent moniteur. Monet y ajoutera de la complexité et du charme par la décomposition de la lumière et de la couleur qu'elle exalte. NE RENCONTRE PAS ENCORE MANET. un remarquable tableau daté de 1864 nous montre un thème auquel bonheur : les Falaises le ciel peintre reviendra plus d'une fois avec Une barque. ET PEINT DES VUES DE PARIS. par les simples. Nous pouvons citer un de une Vue d'Yport. que son spirituel et judicieux aîné. de Sainte-Adresse. pour celui qui les analyse avec attention. Divers pastels datés de 1862 nous donnent déjà une idée très heureuse et très complète d'un talent vigoureux. mais à y marcher désormais d'un pas encore plus ferme et plus sûr. grandeur de construction qui sera une des caractéristiques de l'artiste mûri. Comme type de la peinture de ces premières années. des terrains en pente abrupte. la grande intensité de la lumière sur la qu'elle réfléchit. Une rencontre opportune s'était produite. voyant juste. l'Océan prouve déjà à quel degré de sûreté moyens extrêmement le le très en valeur sur de peintre était parvenu à rendre. sinon à engager Monet dans cette voie puisqu'il la suivait déjà et cela depuis ses relations avec Boudin. représentant grande falaise au pied de laquelle se blottit le village.TÀ JONGKIND. Mais tefois ce n'est le de Boudin. déjà et protégé hardi voit le et rend moins menu. sachant mettre Ces dessins doivent certainement leur force expressive à commençant cette et ils choses à leur plan. à une harmonieuse synthèse. analyse tellement sûre et serrée qu'elle équi- vaudra. tout la clarté en conservant les mêmes mer et dans étonnantes qualités lumineuses. pour l'œil du spectateur. en 1862. plus fougueux. On a sans doute deviné qu'il s'agit de la rencontre de Jongkind. qui avait contribué.

» Présentation joyeuse. Liaison enfin. des tendances déjà décidément manifestées. voulait l'acceptation intégrale. Alors. Mais y a plutôt une sympathie agissante. Vous pourrez aussi. quelqu'un dit n'est pas mon femme. on peut le dire. Et Le grand balourd de Néerlandais c'est elle : « Ce repas.33 recevoir quelque influence d'une œuvre d'une simple théorie transmise par ouï-dire. sans rien changer ni intervertir dans l'ensemble du motif qu'il avait sous les yeux. allant beaucoup plus loin. les Tout cela ne pouvait que l'entretenir en haleine et en ardeur. autant par les analogies que par les différences. et il ne se gênait point pour composer entièrement le tableau. l'Anglais demande au peintre drôle de personnage Voulez-vous me s'il Jongkind. ou même de connaître l'homme même qui nous offerte et voir au travail. d'entendre sa voix. Monet. à partager l'hospitalité et la table familiales au Havre. à l'auberge où je suis. de discuter avec lui au besoin. en grande partie — — — — mais en y ajoutant des détails étrangers qui feraient bien. ses idées sur l'art. Jongkind. ou en intervertissant à sa guise. connaît un de ses la vache. conversation à perte de vue. » en causant. ainsi que ses lettres. que Claude Monet ne peut alors que trouver prolit à se rencontrer avec un précurseur maintenant en pleine période de combat comme aussi en pleine possession de ses moyens. qui m'a empêché d'être empoisonné par l'ordre de la : Mais Cour monographie de Jongkind par Moreau-Nélaton. en pleine clairvoyance de ses artiste déjà aussi volontaire Jongkind en 1862. avec le motif . près d'ici. « Je vous prie de et Tout en peignant confrères. dans » la belle vous pourrez facilement reconstituer rieurement entre Jongkind et les conversations qui eurent lieu alors et ulté- Monet. des sur certaines lubies de ce génial dérangé. ainsi qu'au peintre à la peinture. non seulement contre des adversaires déjà désignés. ou plutôt à la non-composition du tableau. à la fois un contrôle et un stimulant. en effet la robuste personnalité naissante ne peut plus être dirigée dans un sens déterminé par un maître aussi spontané. mais aussi contre des alliés admirés. détails et » le Voyez. tel qu'était que grand Hollandais. une confirmation enfin. aussi buts. vous représenter les entretiens et les discussions que Monet vers cette époque engageait non seulement avec Jongkind. instinctif le il La connaissance se fit d'une manière plaisante. Pendant « M"" Jongkind. sur la peinture qu'on aime et la contraire. on le devine. voulait qu'on ne se gênât point. puisqu'il avait maintenant à s'affirmer son plan de travail. réclamait pour le peintre la faculté de supprimer ou de modifier quelque peu des détails et des lignes. s'efforçait de peindre une vache. Amitié qui va jusqu'à l'invitation de Jongkind et de sa compagne par Monet. qui s'obstinait à ne pas vouloir garder la pose. « un et le permettre de tenir connaître nommé ? Il est tout Monet permet. par analogie. de Un le au regard par le hasard. était relative à la composition. Boudin. Un touriste anglais qui passait par là s'intéresse à la lutte. une sorte de contre-épreuve s'exerçant en toute liberté. Réponse enthousiaste de Monet. c'est un ange. Monet. La grande question qui en faisait le fonds. dans une cour de ferme normande. . mais aussi avec Eugène Boudin. de Hollande. préoccupe.

On et l'initiateur. découvre le Panthéon et. Ce n'est rattachable à fait. notre peintre résolut de signer toujours toutes ses œuvres. et il ne pouvait pas deviner qu'elle lui vaudrait encore pour plus tard un ami magnifiquement dévoué. après sa mort. et il : Claude Monet. très vivante. n'ajoutant rien au spectacle. maisons qui se pressent le long des quais. A présent les n'arrive à personne d'équivoquer là- dessus. l'histoire si de l'art n'était pas remplie de ces sortes de revirements. l'édifice est précédé plantée d'arbres. c'est le courant que montré. parce que les tinue. sans sujet déterminé. donnera à notre artiste une sûreté. Une autre Vue de Paris. Comme on lui demandait s'il avait vu les Marines. on le reconstitue par la logique bains. On le sent et on ne tains détails. C'est à la fois vu avec beaucoup d'esprit. un et élan nouveaux. mais l'exprimant tout entier. tel Manet que pour mais déjà la personnalité s'affirme et ne ressemble ni à Boudin. etc. l'heure définitive de la gloire. Cette ligne. la facture large et simplifiée. la comme au mouvement dont Manet divers paysages de Paris que Claude Monet exécuta pendant peut considérer se rattachant est le les chef années cette dernière datent entre autres trois très belles peintures prises de par conséquent. de fiacres. » Manet ne il répondit savait pas alors que déjà. et il y aurait lieu de s'étonner que plus tard le simple développement de ces belles promesses ait causé tant de scandales et de malentendus. peut-être plus belle encore. nous arriverons à commencée avec de Manet tisans) la période où ce contrôle volontaire de son œuvre presque consacrées (tout au moins auprès de leurs par- celles déjà de Courbet. Une ligne médiane d'un oblique peu prononcé est pour ainsi en 'avant. Elles étaient bien placées. mais un admirateur enthousiaste. comme par un acte de déférence tout autant que pour éviter à Manet à lui-même des confusions bonnes à exploiter par les malveillants. un bateau de quable de valeurs. ce mouvement de Paris que l'on n'avait pour ainsi dire jamais pris sur le quel. en 1863. Monet avait eu au Salon de 1865 deux Marines reçues.34 En 1866. ni à Jongkind. L'une a pour principal motif Saint-Germain-V Auxerrois. Elle a pour trait dominant une sorte d'affirmation sûre. rapide et pourtant complète. Une foule circule entre ces masses et le coin du jardin du Louvre que le spectateur est censé surplomber du haut de la colonnade. les arbres et les dire l'axe de toute la vue. De 1862 à 1866. appréciées du public et des artistes. comme nous le disons plus haut. où longent le cours de la Seine. sans arrangement. très remar- .. son œuvre. « Bah on les regarde parce qu'on croit qu'elles sont de moi. de tout de la place. sans abréviation deux noms sont devenus également illustres. et même du fleuve plus deviné détails accidentels des édifices s'interposent le voit pas. ouvrent une vaste échappée sur les colonnade du Louvre. très animée de passants. une résolution. lui. Il sera peut-être ! : qui devait hâter pour ^ D'ailleurs. de ces refus d'admettre ce que l'on avait d'abord encouragé. lui avait créé non pas un rival. amusant de conter que Manet fut légèrement piqué de cette entrée en scène d'un presqu'homonyme. extrêmement de façon con- même de cer- exact. édifices qui avoisinent et qui.

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ponctuée de kiosques. entre autres. les auraient sans doute été suivis de beaucoup d'œuvres de ce genre. C'est une Terrasse au Havre. et qui auraient dû valoir d'emblée de grands succès à l'artiste. C'est une page tout à fait magistrale. La manière de Monet n'évoque aucune ressemblance c'est plus net. avec son initiateur De la même période sont d'autres vues du Havre une belle vue de la Jetée. un portrait de grande importance. poursuivre l'étude de la première phase dans le développement paysagiste. Mais la période est ingrate. de voitures. De cette année nous voyons. ça et là. séduction d'une époque sans tomber Boudin avait également. Vers et la partie Ici la le milieu du tableau apparaît la du Pont-Neuf avec la statue d'Henri IV. même époque. encouragés. Très fortement agencée. outre paysages. est toujours prise du Louvre. une masse puissante et légère. comme De promeneurs animent la surface sablonneuse. Ces tableaux de figures vont être mentionnés bientôt. élégant sans afféterie. Nous ligne voulons parler. de la rive droite correspondante. qui tient de la marine. une très curieuse et très originale peinture. les modes reste le ton et même en la même temps. est . et les allures : : du Phare de l'Hospice. de ces mille riens qui donnent la physionomie de Paris. Elle vaut non seulement par la façon heureuse dont le peintre a saisi d'ensemble tout l'intérêt d'un décor et de la vie qui lui est propre. à l'horizon des bateaux se suivent en longue On Tout cela file. animent une autre. cette peinture est animée également de personnages. Des petits personnages y circulent sur la plage. moins menu. Un grand vapeur est arrêté à gauche. diverses vues de Sainte-Adresse. mais aussi par le don d'établir tous les pas de date. malgré sa jeunesse. de est encore plus étendue. Des groupes mondains s'y promènent ou s'y reposent. La carrière de Claude Monet s'en serait peut-être trouvée complètement changée. Deux pavillons flottent au bout de mâts qui s'élèvent en avant de ce jardin suspendu. En du 1866 Monet est admis au Salon. et tout ausi vivant. de grands tableaux de figures qui. et vers le milieu glisse une barque avec des rameurs. précisément. 1866 ou 1867 très probablement. afin de pouvoir définir déjà certaines de ses qualités caractéristiques. messieurs en tenues recherchées. Entre les intervalles des voiles et des vergues. du paysage et du tableau de genre. décisifs. bien les cette qu'il ne porte un Port de Honfleur d'une grande beauté. sur les plages. portion de fleuve distingue la pointe de la Cité. Un jardin surplombe la mer qui s'étend au loin. Une grande barque à voile vogue assez près du bord. sauf pour les réputations officielles et les talents qui flattent le goût de banalité qui caractérise alors non seulement la « bourgeoisie ». noté avec beaucoup mondaines d'alors. on aperçoit sur un quai toute une foule de marins et de femmes. mais nous préférons. des viflas s'étagent sur la falaise. tout en donnant à la nature environnante le principal rôle. Toutes les barques y forment à droite avec leurs voiles à demi-carguées. Une de ces dernières est remarquable de largeur et de force.35 La troisième vue. Au de finesse. l'eau. le quai des Grands-Augustins. un moment encore. mais le public tout entier. Cette année 1866 est remplie de travaux importants. est riant et solide ne peut mieux rendre dans l'affectation. avec. des voiles. dames avec ombrelles. On 1866. puis encore.

mais due surtout à cet emploi des valeurs. pas même les grands paysagistes de 1830. Claude l'équilibre même de la nature.86 plans. Personne à ce moment. de les agencer sans hésitation. Nous pouvons la définir en peu de mots dès Monet cherchant à ramener l'équilibre de sa peinture à s'affirme un grand. l'effet lumineux est d'une intensité peintures de cet ordre et de ce que nous citons extrême. L'exécution est aussi vigoureuse que simple. Or. ciel. . que nous pourrons ajouter à avec un peu de détails. Qualité à laquelle parmi les mieux doués. qu'une base. les plus pourrait se tenir. sur laquelle en fleuriront de plus subtiles et de plus complexes. pour ainsi dire. ne même de celui de Manet. qu'une assise. Dans les moment. de les graduer tout en les différenciant ferme- ment. cette essentielle de le classer analyse nous a permis de déterminer dès maintenant une qualité Claude Monet. : ses travaux de début. un exceptionnel metteur en place. par des moyens aussi peu donnent à le seul fait glisser la cette personnalité un avec qui l'on pourrait être tenu de voir des analogies. Mais nous verrons que cette qualité là n'est encore. celles ne résume et ne ramasse lumière sur l'eau compliqués et se les grandes lignes et les développer clairement l'immense et aussi sûrs. et qui suffirait à il capables de prendre la suite des grands paysagistes classiques. L'entrain et la décision caractère qui diffère grandes surfaces.

àlNTE-ADRESSE LE PHARE D'HONFLEUR .

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de par le tention. bien primitifs. joli Sisley. titre était même mal gré. et l'action. Le ni les plus frugale qu'on puisse imaginer. Monet. conçues. cela peut commencer de la façon la plus simple vouloir. ces de leur révolte ni à attirer bien que ces temps d'avant difficulté. Voilà tout. et particulièrement de Renoir. car tirer parti Monet. sans le monde. comme tout révolté professionnel doit le faire. beaux ces étranges révoltés. C'est l'histoire des débuts de ce qui bon gré. que cela obligeait fort. mais qui a bien fini par le subir grâce au bruit que ceux qui la constituaient ont fait. passion ter : « dans ne peut ne doutait jamais de les moments aller l'avenir. Une «école» qui n'a jamais eu de prétention à ce titre imposant. et dans même la devait être. et cela prend. ferme et vaillant. peut-être justement parce que Renoir. et de ses deniers. fallait tout Il de même. libéral souvent pour aller chez lui dans le Midi. bien novices. vigoureux. de rien moins que d'être des héros. et au bouleversement qu'ils ont causé. puisque la ne cessait alors de leur répé- ne nous décourageons pas. Quatre jeunes gens. s'absentait mettait alors son atelier de Paris à la dis- position de ses amis. Bazille. car Il il soutenait les autres par la conviction en sans des crises de doute. joli et gai garçon. grand. l'école impressionniste. Bazille ne se souciaient 1870 semblent d'autant plus lointains que mœurs les cette entraînante vie libre. encore bien loin pour la raison que les idées n'étaient ni formulées. L'on reconstitue encore sans trop de blement changées. Nous sommes dans le vrai. un recul des années même sont aujourd'hui irrémédiaétés passés ils de compagnie par ne songeaient nullement à l'attention sur eux.COMMENT D'UN GROUPE OBSCUR SORTIT UNE «ÉCOLE» CÉLÈBRE. d'anxiété. se réunissaient pour vivre le plus joyeusement possible tout en faisant en liberté une peinture qui les passionnait. lui. avec le accent intrépide. Nous n'avons plus . sans en avoir l'inécoles pour de bon. fugitifs des ateliers officiels ou officieux. quasi-héroïque.

devenant chez le marchand nouissait en boutades coupées de longs silences. Il combinait ainsi. Les ombres des objets frappés par Les vibrations de l'atmosphère sont sont-elles violettes ? infinies. la joie qu'une charmante nature. de plus. ses couleurs. rencontres. Mais ce n'est pas une raison pour que car cela est au fond de tout et. écoutait. non seulement leur vie. autre peintre. « idées dans l'air » que nous avons déjà notées. méthode qu'il devait modifier plus tard sans l'abandonner complètement. voir pour ses premières vues de Paris. passait par là. lorsqu'on revoit leurs lui la collection Caillebotte. si les d'abandon. vers lequel ses et camarades se sentaient beaucoup moins attirés. arrivé aux grands succès de fortune.38 de nous arrêter. Après cela supputez ce par quoi. travaillait. Gela lui permettait de ne peindre pour lui-même qu'avec des tons purs.était regroupe par dans la pensée. les acquis de la tradition et les ardeurs innovatrices. Comment les saisir ? rejaillissent. s'émiettent. Lui qui devait plus tard être camarades. cette lumière dorée Comment en inter- préter les résultats ? Les êtres se colorent à l'air et au soleil de reflets insaisissables. avait dit le grand Corot qu'ils admiraient tous sans le fréquenter lui. soit qu'on de se laisser la gaîté. grâce à sa complexe nature. en se heurtant. Dans ces conditions. vivre. de quelque façon exprime. plus âgé qu'eux. de considérer que chacun et tous. et assombri par des labeurs ingratement appréciés. Puisque vous êtes un pourtant : il vous voyez vert. les voyait occasionnellement. en gardant leur personnalité. Ses et un attrayant et délicat tempérament de peintre. Monet tout comme nous venons : le cela. on ne peut faire de bonne peinture sans groupe ne regimbait nullement là-contre. observait merveil- leusement l'application des valeurs. tendrement et gaîment. pleine de bonne humeur n'était alors On Alfred Sisley. travaillait beaucoup aussi à l'atelier. toiles et ses et. au musée. qui les lui prenaient. exécutait des paysages au bitume. Et Sisley aussi. il apparaît aujourd'hui bien puéril. s'intéressait aux essais. et l'on sente et Le vous n'avez pas besoin de faut avant tout étudier les valeurs. mais. le droit Renoir. et Renoir qui. de décider qui a été le véritable instigateur des théories et des formules de ce qui allait devenir r« Ecole impressionniste». s'épa- » pour payer son auberge. Il est plus juste. les valeurs. tout en peignant le plus souvent en plein air. d'excellents faux Rousseaux. avaient contribué aux acquisitions et découvertes communes. et que Monet avait même connu avant de connaître ses camarades de chez Gleyre. l'on conseils. goûtaient en œuvres. . même façon. moi vous ne travailliez pas que artiste. toujours été presque impossible à débrouiller du vivant même et fine d'ailleurs cela a du groupe auquel Monet a survécu. » premier. Nous ne voyons pas de Sauf la de le celui-ci. petit que je vois gris et blond. Comme Monet était l'autorité et la certitude. et leur répétait ce qu'à « Pissarro. leurs de Moreau-Nélaton ou de celles conversations et leurs discussions elles-mêmes. dont les sujets étaient perpétuellement sous leurs yeux. Un Les plus violentes oppositions de tons. pourrait imaginer ainsi dans soit Camondo. et plus conforme aux circonstances. et subrepticement allait passer beaucoup d'heures en tête-à-tête avec les maîtres anciens. engendrent finalement des harmonies dont il faut rendre la caresse. Diaz quelquefois. influences. jetait un mot d'encouragement. Les jeux incessants et subtils de la lumière.

I—< Q a. w o . o 2.

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rue de Furstenberg. Ses camarades et lui regardaient parfois par la fenêtre et voyaient le bras ils ne voyaient pas ce qu'il peignait. Manet. pouvaient les intéresser sans cependant les capter. Delacroix venait de mourir. il avait eu. symbolique. un atelier surplombant celui du maître. en 1863. mais . Monet se souvenait qu'à son arrivée à Paris. mais il n'était pour rien dans leur formation. Ils le vénéraient. Courbet. — du peintre aller et venir devant et ce petit trait est assez la toile. beaucoup Corot.39 Jongkind.

la touche maître. une certaine action sur lui exercée. c'est que si forte. et disons lorsqu'il s'agit d'une sympathie. les Demoiselles des bords de la Seine. de Manet. et enfin l'autre Déjeûner sur l'herbe. il se produit des analogies . du moins d'étu- ou d'influence réciproque dans les arts. Ce n'est point le de même cas lorsqu'il s'agit d'imitations voulues et de pastiches calculés. qui pu parfois produire des qui pouvaient tromper des yeux exercés. à défaut d'un voisinage immédiat. malgré son charme personnel. d'une communauté de tendances créée par l'époque. de Courbet. Mais ce qui rend cette action à peu près impossible à analyser par des mots et même par des constatations matérielles. mais de modèle. non d'émulé. malgré certaines différences de nature. les procédés de composition. ont qui sépare l'accent incisif de ne révèlent de qualités que lorsqu'ils pastiches. COURBET ET MANET Il est des rapprochements qui permettent sinon de définir. Si. on peut démontrer que peinture si le premier ne lui avait quelques artistes impersonnels et et tout ce le Mais second n'aurait pas pratiqué tel l'indi- genre de pas servi. par les deux aînés. elle se trouve modifiée d'autant plus que les personnalités sont. même du la matière. lorsque Lancret.DES DIFFÉRENCES ENTRE LES TABLEAUX DE PERSONNAGES CHEZ MONET. et même troisième si directe qu'elle soit. par des idées transmises et d'autres naissantes. Par exemple lorsque des élèves de Rembrandt imitent l'éclairage. celui que dier les rapports si délicats Claude Monet exécuta en 1867. cation diluée. se déguisent. on peut mesurer pour ainsi dire mécaniquement l'écart ou le rapprochement entre l'œuvre de seconde main et la création géniale. Enfin habiles. des faux. de il filiation vous est impossible de ne pas percevoir dans cette œuvre du plus jeune. part et d'autre. même le mot. accentuées. et spontanées en leur manifestation. Ou bien encore. vous examinez successivement et vous possédez complètement par la mémoire (qu'au besoin peuvent aider de bonnes photographies) trois tableaux tels que le Déjeûner sur l'herbe. se meut dans l'ombre de Watteau. malgré lui et à leur insu.

PORTRAIT DE MADAME GAUDIBERT .

.

sans enseignement qu'une routine. respecté mais peu étudié par Monet. Jongkind. Courbet ou Manet. les mot pour rendre une de ces la fois. Les idées généralement acceptées n'étaient que des lieux communs qui ne pouvaient inspirer des cerveaux neufs. vement au milieu duquel naissaient les artistes dont nous nous occupons. une que la fin du xix" siècle. par Boudin. une demande ment formulée par à laquelle répondait l'esprit public. déterminer gnement un véritable leurre en ce qui concerne l'art pouvait bien plus nettement. à un faux réalisme comme celui de Bastien Lepage. enfin après encore. dans l'art du passé. classer les oeuvres. Courbet et Manet. le mou- les prenait au dépourvu. et suivant la direction de leur personnel organisme. qui réagira contre certaines tendances et répondra à d'autres. et cela seul suffirait à expliquer pourquoi Cézanne n'a aucun rapport avec « l'impressionnisme ». des méthodes transmises presque sans variations. délicats). Tout en gardant leur physionomie particulière et en d'abord fortement. à l'impulsion donnée. tracer les descendances. verra succéderont côte à côte. dans la mesure de leur élan. par une fatigue. parce qu'il y avait un ensei- les ateliers et les écoles. Une sorte d'excitation réciproque imprime aux œuvres d'une même période le trait à la fois divers et commun qui leur donne leur date. mais échouera à suivre tradition l'imagination du grand Eugène Delacroix. s'entrecroisant suivant son humeur. . jusqu'à ce qu'elle fasse (1) Ceci concerne surtout et presque exclusivement Renoir. à que nous verrons Claude Monet et ses camarades tour à tour con- originalité innée. pour l'autre par Delacroix sième par Corot. l'offre. déjà pourtant très visible. involontaires ou conscients. comme chez Manet et Courbet. d'eux en inventera un nouveau encore pour son propre usage. Et même chacun d'eux ne subira pas influences (puisque nous n'avons pas d'autre mais toutes à cet ordre de faits si combinant. avoir été marqué tout frappantes. demeure dans l'esprit de ceux qui se sentent en communion avec de condensateurs. les procédés courants ne pouvaient satisfaire des yeux point gâtés par une habitude. des faiseurs d'images. Après avoir trouvé en commun pour l'un pour un troiun nouveau mode d'expression. Renoir copia même pour les amateurs certains Delacroix. Ce trait peut. d'un point de départ lui même un résultat qui deviendra signal d'un autre acheminement. également une quasi-tradition romantique qui avec Cézanne outrera la couleur et le dessin. au lieu d'une tra- série de brèves et partielles traditions qui se En même temps que celle cinq ans l'évolution qui a Manet et Courbet à sa que représente pendant vingt- tête. se développera une pseudo- académique qui passera du faux classique des descendants dégénérés d'Ingres. se Cela rend toute critique didactique On moderne. réglé. leur propre et mutuelle tradition. sa circonstances de sa production. Mais. ces disciples. On peut dire encore. le C'est ainsi former leur très rapproché. Ils étaient donc forcés d'être. nette- nettement comprise. chacun (1). vie. ces sortes Il obéissant à l'impétuosité même de leur propre création. si l'on veut. entre autres la Noce Juive. L'influence de Delacroix sur Cézanne a été plus considérable encore et décisive. son enthousiasme ou sa répulsion du moment. qui aima et étudia beaucoup Delacroix. dition et d'une innovation.41 mais non de strictes ressemblances. quoique commencé déjà avant eux par Corot. arrivent.

Du reste. que les Hommage grands tableaux de Fantin-Latour (V Lhermitte. C'est la tradition naturaliste figures sur la la et de Manet qui se répercute dans les que pendant un moment unique de sa carrière Claude Monet jeta hardiment toile. Manet de Courbet et tel il propos de remarquer encore que est à et de tableau de Courbet ayant frappé vivement l'imagination et les sens des jeunes artistes de l'époque. accusera encore bien plus son caractère L'on pourrait en tirer cette conclusion. écrivain isolé. ne dans avec recul le fait déjà. la soit un quart de siècle.42 place aux traditions encore plus morcelées. de La célèbre définition de Butfon cesserait d'être complète. Tout d'époque qu'il se produit dans cela. de tradition impressionniste que l'on attribue à Monet. être complétée en n'envisageant plus et l'on se convaincrait que le style un un artiste hommes. sarro. écrivain. de Cazin. de Whistler même. c'est les ou plutôt pourrait pris en lui-même. à l'appui des observations que nous venons de présenter sur marche à la fois insaisissable et réelle de cette évolution et sur son caractère en quelque sorte sporadique. . de Legros (l'Ex-Voto). on peut retrouver œuvres le Guitariste les marques de leur influence dans des chez des tempéraments aussi différents les uns des autres (éloignés parfois jusqu'à une antipathie qui disparaissait dans l'ardeur de la lutte commune). ou d'un temps. Sisley la sorte et Pis- mais qui doit être attribuée à leur succès sans qu'ils aient cherché eux-mêmes à formuler et à l'imposer. du temps. Renoir. et qui prime pendant une durée à peu près équivalente. le à Delacroix). météoriques et confuses des jours actuels. qu'un phénomène graphiques parallèle à celui que l'on constate sans discussion toujours en tenant compte de la qualité intrinsèque de chaque les arts la littérature.

i CAMILLE .

.

De celui-ci Monet et l'on doit n'a conservé qu'un grand frag- ment. et un dernier monsieur. La peinture de Manet était riche et soutenue. vêtu d'un veston clair et coiffé d'un chapeau rond. au-dessous de ce groupe est assise encore une autre déjeûneuse. sur laquelle se détache un tronc isolé. s'érigeant avec Le fond de la beaucoup de décision et de relief. : debout tout à fait à gauche. et toutes les vic- d'un assez plantureux repas sont habilement distribuées sur une spacieuse nappe. debout. leurs grandes jupes largement éployées. habillé d'un veston sombre. tuailles un chien complète l'expédition. Ce tableau. mais de façon moins forcée.4N1)S TARLEAUX DE FIGURES Le grand Déjeûner sur l'herbe de Claude Monet pouvait dans une certaine mesure rappeler celui qui avait été refusé à Manet en 1863. doit être tout d'abord décrit sommairement. auprès d'une jeune femme blonde. suivant les maîtres. C'était donc un ensemble. de bouleaux. Celle de Monet est plus claire recettes des anciens et moins corsée. avec l'équilibre spontané qu'improvise toujours la vie. d'ailleurs de grandeur encore considérable. qui s'agençait sans effort. et . puis vient un autre partenaire. dans un ample décor forestier. Mais les différences d'accent apparaissent immédiatement à une observation un peu attentive et dominant les parallélismes de tendances. A cet arbre s'adosse un homme assis à terre. un autre personnage suit (de la droite à la gauche) assis également. Vénitiens ou Espagnols. les jambes étendues dans toute leur longueur. d'onze figures de grandeur au moins de la demi-nature. à gauche enlin. plus vigoureux. parlant à une dame qui ajuste sa coiffure. très important. scène est un rideau d'arbres. moyenne dimension indiquer aussi que seule en demeure intégrale une esquisse de aussi poussée que le tableau même. en avant s'étale une vaste pelouse. se trouvent un homme et deux femmes assises à terre.LES PREMIERS GR. daté de 1866. qui tranche sur les attifements plutôt clairs des autres personnages.

Claude Monet entrevoyait déjà un nouveau langage pictural. différent de celui de ce Manet qu'il admirait. si la matière n'était pas absolument différente. que le faveur que cette = au contraire est à retenir. ce que celle de Manet est elle-même par rapport aux Vénitiens. » cette réponse fort belle et fort délicate. par exemple. quitte à se lier bientôt d'étroite amitié avec lui. Alors que Manet ne voyait encore en majeure partie qu'à - la qui. lumière des maîtres et dans le jour de l'atelier. habitué à ouvrir tout . avons-nous dit. Tout en admirant il ne sent point le l'essai de besoin de les répéter. et si d'ailleurs l'histoire de l'évolution impressionniste ne contredisait pas de façon formelle cette hypothèse si Japonisme « » n'influa opinion obtint -Ce il vraisemblable qu'on la juge. est que Claude Monet. C'est une analogie que l'on pourrait trouver avec les estampes japonaises. Mais soit de tact que cette considération tour d'esprit le dont ne s'embarrassaient «nu blâmé». Il aurait par Courbet dans son encore les risées Atelier. On peut établir qu'elle est. c'est que. comme le nôtre. Il choqué des vraisemblances d'une scène familière soit qui eût été tout à fait légitime. et ce qui n'aurait pas un caractère d'irrésistible nécessité.44 moins modelée en relief. Et même cette progression pourrait se noter déjà des Vénitiens à Velazquez. aurait paru soit c'est moins peu d'années de une inspiration un peu trop directe. ou bien aux Buveurs de Velazquez. Claude Monet. auxquelles il ! donnée lui-même à une personne qui lui posait un jour la question. des licences accordées de tout temps à avec nos préjugés sur est vrai que. mais intéressante l'a : répondit sans hésiter Nous trouvons « : Je n'ai jamais osé. tout d'abord. si naturellement donné de la présence du nu parmi le vêtu. Claude Monet fait éviter cet élément. comme de Velazquez à Manet. une bravade. est plus riche et plus modelée. malgré y a quelques années. Une remarque mais qui a cependant sa accessoire. L'artiste peut-être. La couleur de Manet. et jusqu'à l'affadissement. en même temps que parfaitement judicieuse. . par rapport à Manet. Mais imagine-t-on se serait alors exposé La véritable raison. à introduire un morceau de nu. point les vieux maîtres. soit. paru si déplacé au public oublieux des maîtres et même tout simplement d'été. distance. dans son tableau. comme celui qui avait. la en effet. elle procède par grands partis de valeurs tonales plutôt que de valeurs de clair-obscur. et qui le considérait comme un importun nouveau venu. dans le Déjeûner de Manet. ce pictural. c'est-à-dire qu'elles se présentent relativement les unes aux autres aussi dans une progression croissante de simplification. 'tres aux expositions Quand on quasi-farouche d'un jeune peintre Manet et par et plus tard que lui les pein- d'alors (pour ne pas parler de ceux d'à présent) prodiguaient sans on comprend admirablement raisons de beauté. et du l'art même à si du peintre qui lui avait pu encore suivre l'exemple. le plagiat. l'abstention qui est assez enthousiasmé par la qui à l'occasion l'animent. simple nature voit l'abus des figures nues pour les êtres VOlympia. que fort peu sur l'impressionnisme. signification. indiscrète pourquoi il n'avait jamais exécuté un seul nu. celle de Claude Monet plus claire et plus synthétique. n'a pas songé un seul instant. Le plus grand artiste est peut-être celui qui n'ose pas faire ce qu'il ne sentirait pas pouvoir parfaitement réussir. Il est avéré. ce mélange du nu.

w ca C/2 w 1-5 Q M .

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si fougueusement jetée sur toile. en pleine en pleine rue ses vues de falaise. différait. C'est il femme vue de dos. Suivant l'une la grande lumière D'après la seconde. où s'émiettent de façon éblouissante tous les tons éclatants du prisme. en pied. de Honfleur. Sainte-Adresse. de contradiction ? Non. exaspère les décompose en mille éléments vibrants et scintillants. la jolie tête pâle. dont Mais y a-t-il exécutée à même l'atelier la grande bien apparence d'après un modèle du Déjeûner d'après les notations et les souvenirs du grand air. Les artistes ont souvent une excellente influence sur leurs confrères par ce et qu'ils produisent pour leur compte. de cette beauté parisienne. la Voilà qui peut rendre l'étudiant des arts singulièrement sceptique sur la valeur des théories. et ce qui prouve bien que les contraires sont tous également dans la nature. toile. et celles .45 grands les yeux dès les années de plage sous regard bienveillant de Boudin. qui était venu le voir à l'atelier. et certaines études ou peintures en forêt de Fontainebleau avec les autres déserteurs de l'atelier Gleyre. par une contradiction d'ailleurs très légère. que presque au moment de posant à l'atelier. sera l'a dit. il bon de spécifier ici que refusé au Salon de 1866. de dire que la couleur avait été si généreusement prodiguée. En réalité. est celui les la même couleurs plutôt qu'elle ne un autre point de vue. et que lui-même. c'est que deux thèses opposées peuvent être de «mange» soutenues. robuste et magistral morceau de peinture qu'il était. Tout en émanant du un peu même tempérament de peintre qui venait de produire le Déjeûner. presque toujours très mauvaise par ce qu'ils disent de ce qu'on soumet à leur jugement. s'y avec plus parfaite logique. de le telle que Courbet l'avait pour cela que très peu de jours avant les derniers délais avait exécuté avec une furia et une vigueur superbe ce portrait. s'établisse comme on Déjeûner de Claude Monet ne fut pas. Pour ne qu'il pas de légendes. Claude Monet pensa appréciée. et finalement lui persuader que façon de dire ne doit la passionner que dans la mesure où le l'artiste sent la beauté et aspire à la rendre. ce qu'il y a de plus curieux. faisaient admira- blement valoir. sa vaste d'envoi au Salon. Camille se ramenait plutôt à la manière corsée scène. mais cela n'amusa guère le pauvre débutant qui rencontrait tant d'obstacles. comme lignes et comme tons. et le ayant déjà brossé en pleine campagne. c'est que l'un des systèmes peut parfaitement conduire à l'autre. Mais. appréciée à l'exposition par les rares connaisseurs. cette grande jupe de soie bruissante à rayures vertes. Et ce qui n'est pas moins singulier. avec qu'il intitulait Camille. et non plus de les exaspère. qui perception par vastes ensembles. de Saint-Germain-l'Auxerrois. dédaigneuse. le avait fait quelques obser- vations de détail qui avaient déconcerté le jeune peintre. Courbet. comme nous venons de le et voir. Claude Monet passa du premier au second couleurs. Il est amusant. Cette casaque bordée de fourrure. maintenant. la lumière considérée à de l'analyse. l'attitude souple. et qui fut comme ne pouvait envoyer qu'il la tête retournée de profil vers le spectateur. l'amener à admettre les procédés les plus contradictoires. était complètement fait et exercé aux harmonies claires. puisque cette figure non plus comme était modelée de Manet.

Il répara le il s'aperçut que son tableau menaçait de couler tout entier mal du mieux. Du plein ? Est-ce que les maîtres d'autrefois en faisaient. à son insu. et choses jouissent d'une providence spéciale. le jeu des actions et des réactions entre artistes dans de pareilles périodes de transition. au moment même où il niait le résultat obtenu. La force d'une les conviction acquise est en raison directe de l'énergie avec laquelle on s'appuyait aupa- ravant sur la conviction contraire. Cette moquerie indignée prouve à quel point Manet méconnaissaient il de demeuré une des — le ! tableau est le « glissantes » faut admettre que les belles Le Déjeûner. quoiqu'il n'eût pas. par suite de ces circonstances. L'on engagea vivement l'aller voir. loi qu'on observe dans les arts. . . La meilleure et la plus sûre condition pour se rallier fermement à une opinion est d'y être hostile tout d'abord. C'est une dans la religion et dans l'amour. Il fut exposé à la vitrine d'un marchand. le bénéfice scandale de la grande discussion publique au Salon. et les Manet à ' — l'art moderne. comme . Ah Est-ce du plein I voilà ce qu'on appelle que ça air ? . Manet. qu'il put. vers le sol. ne passa point cependant inaperçu des air moins il est curieux de les ennemis et les railleurs de ses aspirations et son talent parfaitement classiques. tout près d'éprouver une espèce de choc en retour. — artistes.46 lui faire quitter l'atelier. puisque productions ou les plus solides. était. et n'étant pas encore assez vieux pour y demeurer réfractaire. A son tour.: existe. Manet avait blement hanté Claude Monet et celui-ci tout pas de plus dans une région sur laquelle en subissant son influence avait visi- fait un yeux de son aîné ne s'étaient pas encore ouverts. le plein air du plein air! s'écriait-il ironiquement. Et surtout saisir là sur le fait la marche des influences.

LES «FEMMES CUEILLANT DES FLEURS»
ET LES DERNIÈRES PEINTURES DE PERSONNAGES

Monet fut admis au Salon de 1866 avec le portrait de Camille, il fut refusé
haut la main avec un autre tableau composé, où les figures sont de dimension un peu
moindre que dans le précédent, mais toutefois une de ces entreprises de grande
envergure que les artistes ne recommencent guère à moins d'être très encouragés dès
le début, ou bien d'être doués de ce tour d'esprit que l'on pourrait appeler monumental et qui pousse, par exemple, un Delacroix ou un Puvis de Chavannes à concevoir surtout par larges espaces et à faire comme malgré eux le siège, puis l'assaut
Si

et la

conquête des murailles.
Il

représentait des

Femmes

cueillant des fleurs

dans un parc, l'une assemblant

un bouquet, l'autre en respirant un, une troisième se dirigeant vers elles d'une vive
allure, une enfin assise sur l'herbe, le visage incliné vers le sol, et éclairé par le reflet
qui la pâlit d'une façon assez singulière. L'ensemble est gai, aisé d'exécution, et les

peu corsées, rappellent plutôt

tonalités claires,

tentatrices richesses

que permet

la

celles

peinture à

de

la

fresque par rapport aux

l'huile. Il est

évident que le peintre,

dominé par la volonté d'éclaircir la palette, d'en
rapprocher les gammes de celles même du dehors, et de l'écarter au contraire le plus
possible du diapason soutenu auquel l'avait montée le travail exclusivement d'atelier
et l'habitude du rembrunissement que le temps avait fait subir aux ouvrages des
dans ses recherches,

était

encore

maîtres recueillis dans les musées.

En somme,
japonaises et

s'il

si

Monet

n'avait prêté qu'accessoirement attention

aux estampes

n'avait pas été en Italie et n'avait pas l'idée, par conséquent, des

lumineux spectacles des fresques
unes et des autres.

florentines,

il

se

rapprochait instinctivement des

Les modes extravagantes, et séduisantes pourtant, de cette époque affolée de
1867, ajoutent aujourd'hui à ce tableau un charme bizarre. Les immenses jupes claires

.

48
à dessins soutachés, les casaques au contraire étriquées et les minuscules chapeaux,
étaient acceptés par l'artiste et atteignaient

malgré leur transitoire exagération,

le

du dessin. D'ailleurs tout cela s'harmonisait avec le
paysage plein de fraîcheur et donnant bien une impression de vraie nature, saisie,
non arrangée. Sans les préventions du moment qui commençaient à s'armer en
guerre contre les nouveaux venus réputés rebelles à toute beauté (à toute convention
de beauté plus exactement), les deux compositions de Monet que nous venons d'analyser auraient séduit le public par une réelle élégance, par une distinction presque un
peu féminine, au rebours de la brutalité qu'on leur supposait. Alors la carrière de
l'artiste en aurait peut-être suivi une toute autre orientation.
L'on peut beaucoup mieux se rendre compte de ces dijfférences entre la phase
style,

par

la

vigueur

et le jet

des tableaux de figures et celle des paysages qui allait bientôt et définitivement s'ouvrir,

aujourd'hui que l'Etat a fait l'acquisition des

Femmes

cueillant des fleurs et a placé

ce tableau au musée, en heureuse réparation des torts d'un jury depuis longtemps
disparu. Sans aller jusqu'à remercier ce jury d'avoir forcé Claude

Monet à chercher

d'autres voies que celles qui lui paraissaient obstinément fermées, et par suite à trouver

on peut lui accorder les circonstances
atténuantes pour n'avoir pas compris ce que Manet lui-même méconnaissait encore.
Les tableaux dont la figure humaine fait le thème dominant ne furent plus
que très peu nombreux dans l'œuvre et même cessèrent bientôt complètement de tenter
le peintre. Nous n'avons donc qu'à les énumérer brièvement, l'essentiel des réflexions
que cette catégorie pouvait suggérer venant d'être développé.
Pour être complet, il nous faudrait donner quelques indications sur des portraits que Monet exécuta au Havre dans sa première jeunesse. Mais il en a lui-même
la

veine qui

perdu

la

l'a

trace

rendu exceptionnel

et illustre,

malgré des recherches

qu'il

fit.

Peut-être des trouvailles sont-elles

réservées à d'heureux fureteurs.

Le dernier grand tableau comportant plusieurs figures est le grand Déjeûner
dans un intérieur. Une salle à manger bourgeoise, avec un jeune enfant attablé et une
mère présidant affectueusement à son repas, tandis que le père s'apprête à sortir et
,

que

la servante

diffère

„.

apporte un

plat. C'est

une

très belle peinture, robuste et saine, qui

moins que les deux autres de celles de Manet.
Monet ne devait que plus tard, en 1876, peindre une

figure de

même

importance,

une jeune femme blonde en robe japonaise très éclatante, campée avec une souplesse
mignarde, une grâce un peu affectée, devant une cloison décorée de quantité d'éventails
bariolés. C'était

un morceau

très brillant, très

dire de spécial à propos de ce

Occasionnellement,

il

savoureux

et

entraînant, mais

unique

«

on ne saurait rien

revenez-y »

brossa avec emportement quelques figures dans sa facture

un marin de Belle Isle; un pâtissier de Trouville et
la femme dudit; enfin, dans un âge avancé, un portrait de lui-même, simple ébauche
de tête d'une coloration vive et d'une expression riante. Mais ces divers morceaux
n'ont plus aucun lien avec les premières tentatives de figures, isolées ou groupées.
Cela a pu faire dire, bien à tort d'ailleurs, que la physionomie humaine ne l'intéressait
qualifiée d' « impressionniste »

:

.

.

.

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hom- compagnie des arbres. dans la les les eaux.49 pas particulièrement. Il est plus exact de déduire des recherches auxquelles allait il se livrer et de la production intense qui devait s'en suivre qu'il fut lancé dans autre voie sans pouvoir s'en distraire. et lorsque les figures figures féminines surtout. humaines. et «J'aime mieux un arbre qu'un avaient pu pour le renvoyer à les arbres donc. : sollicitait. La nature le jusqu'à dire. et presque exclusivement la parole. les claires et y apparurent. et les rives. se confondant avec sans qu'il la ait été peut-être homme». et . ces apparitions furent comme les floraisons une eurent douces fugitives. mes avaient comme Beethoven fait tout ce qu'ils Dorénavant. et les plaines. dévorante lumière.

PEINTURE «GRISE». différant selon la façon dont les frappe la lumière. mais encore d'en recréer par la composition. C'est à cette époque que Monet. vraiment magistral de ce point de départ dans le sens strictement vue d'une grandiose avenue en forêt qui fit partie de la collection Henri Rouart. Il lui fut donné non seulement de noter des spectacles poétiques. leurs troncs bruns. Seulement Corot plus tard que cela devait être entre le — et nous verrons révélateur et son admirateur inconnu. Rien dans la couleur n'indique encore un acheminement vers les tonalités si vives qui devaient plus tard sembler si révolutionnaires. Les tons généraux pictural de Corot est le Pavé de Chailly. suivant les saisons et les heures et non ombres par conséquent . en effet. il faut la que nous avons décrite et se sti- recherche de nouvelles ressources picturales. Mais cela demande à être expliqué et par des exemples. appeler d'une manière générale la période de Fon- et le tainebleau. ANNÉES SOMRRES. et avant d'entrer dans le détail des déplacements de Havre. cipalement réceptif. celle qui s'étend de 1862 à 1870. pour Monet entre Paris simplifier. Renoir. — Corot ne voulait pas se borner à ce rôle prinune cause de graves malentendus. ces tour à tour chaudes ou froides. Sisley et Bazille mènent en forêt cette vie fraternelle mulent réciproquement dans Cette recherche. et qui. sont ceux que la plupart des yeux sont habitués à croire ceux de la nature verts. devaient tout au moins « révolutionner » les ateliers. la sincère notation en présence directe de la nature. la terre d'un gris jaunâtre. alors que de plus en plus Claude Monet va se prouver lyrique dans cette marche illustrée Un spécimen le positivisme seul. leurs ombres noires. : les arbres — et ces reflets multiples. ici le redire. On peut. Monet. de tout ce qu'elle prodigue de féeries. part de l'exemple même recherches que précisément les connaisseurs d'alors blâmaient dans de Corot le et des peintre poëte : l'observation des effets les plus délicats.

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offrait cette paysage du Déjeûner sur l'herbe ou des vues de Chailly et certaines autres pauvre mais plus distinction capitale d'être plus mais transparents. et pour ne pas laisser derrière lui à l'abandon des toiles où il avait mis beaucoup de peines. et La vie. Une peinture qui fut reconnue un achetée une dizaine de francs par le neveu du marchand toiles sabrées et jour par Boudin la Monet était trop tard. Ne vendant point et devant vivre cependant. en 1867. Déjà. puis de l'impressionnisme. Comparée à la gamme d'un Decamps ou d'un Delacroix. et le peintre ne fera guère car la première et la plus était déjà. une rude mésaventure avait mis sa vaillance à une cruelle épreuve. par rapport à bien encore de Courbet. mais en 1869 et 1870. clarté dans la graduation des valeurs. parvenait encore à se tirer de ce pas à son camarade Sisley pour le charger de payer rapidement cable boucher. si sur tire le vibrant qui devait faire si — bleu ou sur l'orangé. Monet et quelques-uns de ses amis de ces difficile. celle de Monet. difficile. le matériel et les toiles Plus tard. et ses couleurs. cependant. impitoyablement refusé. assez forte.) Dans un mouvement de désespérance bien naturel. puis le succès. dans le Femmes cueillant des fleurs. Vienne étaient froids. que l'œil attentif que la seconde moitié du chemin. chez il avait abandonnant son dû toutefois se réfugier atelier et partageant son temps d'attente des heures meilleures. ou contraire. la vie était peu encourageante. et de ses amateurs retrouvèrent de ces œuvres brocantées. et.51 suivant que cette lumière analytique. celle de la commencement. la tradition Au complexe. pour rendre ces vibrations de la le claire. ces les tons ombres noirâtres purs seront employés couleur. ou par rapport à toute peinture de Manet. chose accomplie. (Nous avons noté quelques-unes des très belles œuvres qu'il exécuta alors. pour vivre et le couvert. dette entre autres. bientôt il il en avait lacéré bon nombre à coups de couteau. et payer ses toiles. ces premières toiles même de Fontainebleau paraissent encore aujourd'hui très sobres de couleur. Toutefois. entre le Havre et Honfleur. un paysage de Théodore Rousseau. car tous ces peintres prodiguaient les tons les plus riches. le un boucher. bien que ces sortes de détail n'aient plus qu'un intérêt secondaire puisque l'artiste a reçu les com- pensations les plus complètes aux épreuves du début. s'exerce vite à percevoir. admis au Salon en 1868. . en paraissant s'y rattacher discrètement. Il ce n'y avait déjà presque plus rien de commun entre le Fontainebleau de 1830 et celui de 1870. ces colorations de la lumière. moment où Ces gris. dont nous devons tenir compte dans cette dès le histoire. le enfin tout ce langage scandale. et il est inutile de dire que personne ne songeait à lui acheter. les plus dorés. les plus chauds. ou bien dans les du même moment et du même genre. toutes nuancées qu'elles étaient. Aucun subside auprès d'elle il une avait d'argent ne lui venant de sa famille. que Monet avait été jamais il ne ménagea. les peintures de Chailly pourraient être considérées comme que Boudin appelait «la peinture grise». Malheureusement avaient été vendus à il et écrivait alors créance de l'impla- de l'atelier vil prix. ou de Corot. Pourtant c'était déjà quelque chose de très différent de ces maîtres.

Ne cherchant plus rien. l'extrême de suite les succès de et les — subtilité dans ses analyses de en présence des magies de la couleur.52 de tableaux Martin. sauf du moins au pauvre Sisley. que mode s'ils avaient connu tout engouement prématurés. nous n'aurions rien trouvé. Nous nous serions. entre amis. et nous n'aurions plus fait le moindre effort. il avait été enfin classé comme un beau peintre. Bien que ces moments eussent été récemment Monet taires. c'est-à-dire d'une part. la conviction qu'ils leur avaient été plus salu- à Renoir. cru tout de suite du génie. disait-il. à et devait lui. et de de l'autre. atteindre Ce trait donne. un Chêne au Bas-Bréau. Il est certain que si. . fut pansée de ses blessures. entre bien d'autres. émettait. une valeur considérable. continuant dans le sens des œuvres que nous avons jusqu'ici étudiées. difficiles à passer. une idée de faits que nous ne voyons plus guère se répéter aujourd'hui. le la palpitation de lyrisme de ses impressions la terre. et l'air. il n'eût pas atteint ce qui l'a rendu un artiste passionné et passionnant.

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et tous deux. qui ne devait pourtant pas être la plus pénible. furent vivement frappés par les œuvres de Turner. par les Monet n'était était incité. Cet ensorcelant peintre. et que les riches dans une certaine mesure Corot lui-même. deux admirables naturistes dès cette rencontre.ANNÉES D'ANGLETERRE ET DE HOLLANDE. Turner put être pour eux ce qu'avaient été Constable et Bonington pour Théodore Rousseau. les autres naturelles. décisif toutefois. Ce ne fut pas une initiation. comme le furent au contraire Manet. Daubigny et mais non asservis. et les rencontres amenées par les conformes au développement logique des du tempérament même. Ces acquisitions capitales qui devaient suivre les débuts. mais lourdes triturations de pâtes de Courbet. . pour ne pas dire ne fut jamais un Fantin-Latour et une influence aussi grande qu'à la nature aussi ouverts aux sensations que Monet. Les unes accidentelles. mais un simple acheminement. La plus importante des circonstances qui amenèrent Monet à faire un retour sur lui-même et à chercher autre chose (bien entendu dans le sens de sa propre nature) fut le voyage à Londres auquel le contraignit la guerre de 1870. et la première série des épreuves. Cabat. furent dues à diverses causes. Même il s'est fréquemment abstenu. Là il rencontra Pissarro. Celui- la peinture sur des peintres aussi volontaires et ci anglais. premières tentatives comme les voyages. déplacements forcés. mais ce pas à celle de Turner qu'il devait aboutir. Il ne faut pas attribuer à homme des musées. Paul Huet. Courbet. lors d'une visite à la National Gallery. à chercher une palette plus vive. cherchant tour à tour l'irréel dans le réel et le réel dans ne pouvait manquer de l'irréel. les exciter à se mettre en peine d'une couleur plus vibrante que les harmonies délicatement nuancées dans le gris de Corot et de Boudin. à la fois visionnaire et naturaliste. préservé. Tous avaient été stimulés.

la clarté Au déjà acquise chez Monet surplus cet acheminement s'est opéré plus par incubation que par brusque changement. des dans sa maison qu'il a recueillis sont presque exclusivement des Cézanne. et montée jusqu'à la on s'explique sans peine que la vivacité dans la coloration. d'un motif simple. fit Il la a. Nous pouvons Park. et à cause au loin se devinant. et éprouver dans sa jeunesse pour Corot. même du traité. des Ingres. il ne réitéra pas la tentative. On au contraire exaltées par sait l'intensité d'une incroyable fraîcheur à que prend la le séjour de moins d'un an qu'il couleur dans l'atmosphère de l'île. à Londres. la Tamise. Ces facultés furent. Le climat même porte à la griserie. ceci est pour faire indirectement. Un peu en avant on entrevoit le Pont de Charing-Cross et à gauche. parce qu'il c'est d'une nature passionnément exclusive et l'acharnement à tification propres créations. d'une mouvante et fantasmagorique diaprure au milieu des intensités à toute minute dissipées ou accumulées des brouillards londoniens. Or on le très de ses parcs. fit en Angleterre. l'intéressèrent toujours davantage. et même. Il ne nous a été donné de voir que peu des peintures exécutées à Londres pen- dant cette période.54 de l'étude approfondie des devanciers. Les grands maîtres anciens eux-mêmes ne sont pas de sa part l'objet d'un culte. Tout naître. sur un plan encore plus rapproché une sorte sujet. et surtout. de ses suburbs En somme . campagne. qui d'ailleurs n'eurent pas de prise sur lui. la jus- passa la il au passé. qu'il a pu combattit. même chéri par nous. étant allé pour voir je ne sais quel Palais indispensable. acquérir des Greco. largement pillées. la ligne une Vue de dans citer les parcs ou les environs de Londres. Celles que l'on peut connaître se rapprochent assez de celles que firent à la même époque Pissarro et Sisley par exemple à Sydenham. élève toute sensation au paroxysme comme un se soit alcool. une et minime à très la poursuite de ses chronologie. à peindre. le un respect que nous avons pour maître. Bien que nous anticipions légèrement sur pouvons profit un citer trait assez curieux de ce détachement du présent. mais les aurait pu. masse du Parlement se profilant en hauteur vers le milieu du tableau. Irons-nous jusqu'à dire que chez lui une faiblesse? Non. avec la . comme lui en eut sur plusieurs d'entre eux. lui. visita peu plus grande partie de son temps cette curiosité insatiable qui nous enflamme à con- nous qui ne peignons pas. sen- timent d'admiration de fétudiant vis-à-vis du maître de son choix. dans que il se sait que mêle une donne que plus de saveur à l'attraction qu'il exerce sur nous. Il comme morceaux de peinture Degas. Puis. Les artistes de son temps immédiat. Lorsqu'en 1912 Monet les édifices et l'Académie des Beaux-Arts. même Une éducation bien autrement de Londres. des Renoir et des Berthe Morizot. Delacroix. Nous avons vu que le séjour de Monet en Algérie ne lui avait servi de rien quant au développement de ses qualités de couleur demeurées latentes durant ce trace d'antipathie qui ne séjour. et l'ayant trouvé fermé ce jour là. comme typiques une Vue dans Hyde avec des silhouettes de promeneurs épar- des maisons d'Oxford Street. nous du particulier si une campagne à Venise. qui. comprendre en quoi Turner il y a là éclaira Monet et ne lui servit vive et immédiate devait être la couleur un phénomène intellectuel analogue au sentiment comme nous le verrons.

sincère dans la vie comme il l'était devant la nature. quoi qu'il ait produit plus tard. jeune. Nous constaterons que plus le peintre avance en années et plus cette verve de développement. Il y avait rencontré Daubigny. Il s'était il Celui-ci eux-mêmes seulement. qui devait amplement de trente-cinq ans de distance. ou bien à une suite de motifs voisins les uns des autres dans la région momentament préférée. service de ses camarades jeunes y avait un apôtre et un apôtre sans fracas dans ce grand paysagiste. mettait beaucoup de chaleur et de dévouement au était de ceux qui plaisaient. opiniâtre des jeunes peintres qui « impressionnistes » lutte assez ardue. au verses. et cet homme excellent. prendront à la fois où tions de il la diversité et l'analogie considérer même le de l'ampleur. Ce tableau est particulièrement intéressant parce qu'il peut être considéré comme le germe. de qui les débuts ne lui étaient pas inconnus. La série des paysages qu'il exécuta au pays de Van Goyen et de Jongkind est d'une force. Mais l'obsession revient lentement. en 1870. cette griserie d'harmonies sur un sujet déterminé. d'une limpidité. il le jette sur la toile avec décision. Un thème le saisit. milieu même des anxiétés et des tra- jusqu'aux exclusives et une circonstance heureuse. car il passe à un autre motif. Sur sa recommandation le marchand acheta quelques toiles à Monet.55 d'estacade sur laquelle se tiennent des silhouettes de mariniers. Paris. puisque . d'un bonheur de franc coloris qui la rend très à part. n'avait pas tardé à comprendre la gêne et les inquiétudes du confrère plus reste. voici quelques exemples. fructifier à près la singulière et drama- un phénomène que nous verrons plus d'une fois se reproduire au cours de la carrière de Monet. de tique série des Ponts de Londres. comme pour en être quitte avec lui. Mais Daubigny et Durand-Ruel. ou vieux. et de qui les travaux présents l'intéressaient. de certains grands musiciens. puisque des opérations de l'esprit (et maître soi-disant impressionniste plutôt rapprocher cette marche de son œuvre de celles comme un grand harmoniste. tant pour satisfaire un désir antérieur que comme conséquence de ses entretiens avec Daubigny. On nous avons déjà été amenés par non pour «faire de la littérature») à pourrait. écrivit pas encore le vulgarisateur n'étaient pas encore les sitait une l'école de Fontainebleau. l'objet de beaucoup de résistances et de critiques. soudain elle s'épanouit en multiples variaC'est semble que sa joie ne doive jamais plus s'épuiser. ce qui déjà néces- un des défenseurs convaincus de Corot et de faut se rappeler que Corot était toujours. Il très précieuse En que le dans toute son œuvre. ce qui peintre vint faire au donne à supposer moins une ou deux rapides apparitions à des vues de Vétheuil et d'Argenteuil sont datées de 1872 également. et un jour. datés de 1872 et 1873. Les œuvres capitales de la dernière manière de Beethoven s'acheminent de plus en plus vers la forme variation. empêcha Monet de séjourner très longtemps à Londres. ses œuvres finales poussent le système de : composition par Au la variation même excessives conséquences. Daubigny n'était en faveur de Claude Monet à M. d'entreprendre un voyage en Hollande. constitué Il . Quant à Wagner. ce qui lui permit.

Une vue d'Amsterdam. l'eau s'étend en avant et à gauche. rien qu'une muraille. sur le bord d'un quai lui-même le plus uni et le moins remarquable du monde. tranquille. Il continue à procéder par synthèse. Une barque avec des rameurs glisse sur la surface de l'eau merveilleusement polie et claire à ce moment. avec un beffroi. une perception directe de la nature. devant lesquelles passe une barque. mais ridicule quand il s'agit d'une notation où aucune autre force n'a été déployée que celle d'une acceptation joyeuse et de la parfaite justesse dans un accord de tons simples. Le même moulin. à la clarté d'atelier. de tout ce qui en général fait verser tant d'encre et prépare tant de lieux . ni pour nous. Dans ce tableau. Mais ces synthèses tranchent déjà hardiment sur le goût. d'autres constructions encore sont aperçues dans l'éloignement. Monet communique à notre esprit cette satisfaction inexplicable. auquel les voiles donnent charmante peinture. Ce personnage s'élève du milieu d'une touffe de joncs au bord même et à droite d'un spacieux canal. qui nous saisit ainsi. sur le le même thème. si l'on nous permet un terme un peu elles décrassent la peinture. mais avec un accent de légèreté plan. si simple. ainsi qu'en avant et de joie un bouquet : d'arbres s'élève jusqu'au milieu d'un canal. un beau Moulin avec la base en bord d'un canal. — Elles sont exceptionnelles par l'emploi libre. porte. en a saisi et fixé demeure et tiendra en joie de longues générations. d'autres vues analogues sur petite corbeille. véritable tour de force si l'on peut employer cette expression consacrée. des valeurs de tons et d'éclairage. sûr et cordial. tandis que d'autres maisons se développent jusqu'à l'extrémité de droite. dont il plaît au soleil ou au reflet du ciel de faire pendant quelques secondes un objet précieux.56 Un Moulin comme tructions massives donnent on ne Zandaam nous à offre la plantureuse silhouette d'une de ces cons- des tours et légères sait quelle allure comme des clochers. Elles révèlent avec une autorité et un élan tout à fait partiliers. devant une vieille une bicoque. créant ainsi un contraste et un équilibre superbes. et même trivial Quant de ces vues de Hollande. à l'improviste. cette intitulée la un mouvement Maison bleue. des voiles se distinguent à l'arrière- du moulin. ni pour personne. mais avec une grande voile sombre et une grande voile claire au centre du tableau. fortuitement en accord avec une disposition bienveillante de notre esprit. Jamais ce médiocre prétexte ne retroumais ce que l'artiste vera. Une page robuste comme les deux précédentes. une pareille beauté. et ne semble pas encore entre- voir les analyses de couleur qui devaient bientôt distinguer son et et lui valoir des vexations prodiguées en proportion même œuvre entre toutes de leur nouveauté de leur charme. les habitudes de l'époque. et à ce bouquet succède une maison bourgeoise. et Courbet ne cherchera pas à s'en rapprocher. en dehors de toute considération d'école. parmi des maisonnettes. mais littéralement exact. toujours la même et toujours surprenante. en pleine lumière. auxquelles les ailes vivante et fantasque. Voilà quelques-uns des exemples des peintures que Monet exécuta en Hollande. Enfin petite construction absolument dépourvue de caractère. relevée d'un bow-window. Manet est encore très loin de ce sens particulier de la clarté.

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tout particulièrement Van Goyen par la décision des silhouettes. avec la fameuse Vue de Delft. qui du haut de son inaccessible perfection semble avoir versé un trait de sa lumière au peintre encore obscur. Van de Velde. va sans dire que tous les grands paysagistes Hollandais. Nous voulons simplement marquer la valeur d'un peintre moderne parti à la découverte. dont il voit le commencement en pleine assurance et connaissance de cause. et il n'y a guère (1) que Vermeer. mais dans l'art moderne tout entier. Monet semble rejaillir directement de certains grands maîtres du xvir siècle. on peut dire qu'elle caractérise un groupe d'œuvres qui demeure précieux non seulement dans l'évolution de l'art français. Van der Heyden ne sont ici ni discutés ni discutables. Ruysdaël.I 57 communs pour l'avenir. Personne n'a vu ni rendu la Hollande avec plus de simplicité et de justesse. (1) Il et tant d'autres . mais tout armé pour la lutte.

son petit chapeau rond. dans la demi-teinte. comme un jeune taureau. lui. Ces . que Zola s'assimile et se prépare à « tartiner » que Zacharie Astruc se carre dans son beau veston de velours. avec ce qu'apportait l'art de avaient à surmonter. les épaules sur la défensive. le fin bureaucrate. le héros même de la scène. qu'Edmond se pénètre. et pas celui d'un riche. ainsi que Maître. n'est certes ainsi dire. peintre allemand très oublié Scholderer. Il n'est pas sans utilité artistique entre 1870 et 1875 Monet de ses amis. comme on dit Renoir. foncer sur l'obstacle. en mettant à part. sa jolie et souffreteuse figure narquoise. tout à fait en arrière à l'extrémité gauche son costume. le regard perçant quoique dirigé un peu de côté pour se mieux tenir en garde.LA PERIODE HOSTILE. élégant et noble Paris. surtout nous ont toujours frappé dans le grave. celui de Renoir d'ailleurs. malgré sa modestie tient encore. ramassé sur lui-même. Il Il va n'y a pas d'orgueil dans cette phy- . comme on pourrait voir ici le peintre prédestiné de la femme ! Monet. que Bazille. l'Atelier à Batignolles. peu qu'on en est pour voit. aimable. sérieux. comme Mais au théâtre I ils sont éloquents ces deux « personnages muets » . est trapu. Quoi qu'il soit trop facile de tirer les horoscopes après coup. et si maintenant de se représenter d'ensemble l'on veut bien les difficultés qu'ils Deux personnages le mouvement comprendre. le une place assez en vue. avec sa pèlerine. pour non plus le du groupe. et Claude Monet. bien entendu. est à la fois ironique et tendre comme un amoureux philosophe de Watteau ou de Marivaux. puissant et véri- dique tableau de Fantin-Latour. Tandis Manet. au contraire Renoir au second plan s'estompe presque. comme un Athénien de deux plus effacés de l'assistance. dégagé deux personnages sont justement les que Manet parle et disserte.

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Seulement la souffrance ne les abat point. Zola. rire. mesure. Mais l'avait. Même Henri Rochefort. l'attitude. toiles rencontre un matin seignement. sollicitée par lui pourtant. entre autres paroles recueillies à Gagnes. et l'hostilité. moitié interrogatoire : « J'ai vu le placement. n'en prendra jamais livraison. modeste. manières de parfait homme du monde. songer que tout leur est hostile ou fermé à ce moment. seront les et fierté discrète. dire plus vifs chez Renoir. la l'on reconnaît à Manet. est tellement en achetant quelques peintre lui-même. qu'il qu'il cherche à se renseigner auprès du et lui adresse ce compliment moitié ren- l'autre jour Boldini. il énergique et que y a même plutôt une espèce de modestie cependant c'est un délicat. Si l'agent de change Moreau demeure en ce sens une magnifique exception. les lutteurs les plus solides soient » lui. et ne lui accordera jamais la deuxième séance. Il le peu confiant dans de Manet. Si une trentaine parmi lesquels au premier rang Monet. pas. une de pour lesquelles il est prudent de ne se compromettre qu'à moitié. presque per- que beaucoup ont pour et lui à la sympathie que lui — et grande lignée. les fait En somme. malgré sonne ne le même prend au sérieux. et que malgré cela les il de être momentanément épreuves. sans plus profonds chez Monet. Albert André lui a consacrée relate. cuté avec une si haute conscience par Fantin Le regard. qui m'a dit que vous . Le baryton Faure a fait parce qu'il ne faut rien laisser perdre.59 sionomie. prenant tout de même la chose telle qu'elle est. On peut. l'art même de Monet peut se retrouver dans ce portrait exéart d'observation et d'attaque directe. Le reste discute. Baudelaire. Renoir. pleine de force et de pensée. d'écrivains Fantin. Chesneau. maître de que la considération de ses mots spirituels ses d'amateurs d'artistes. il est vrai) devant la première et splendide ébauche de son visage. pire que malgré sera à vaincre la première. Burty. un C'est un émule de Lavater. commence la situation qu'il à tenir dans quelques milieux artistiques plus combattra avec beaucoup plus de violence qu'elle ne du peintre de VOlympia. Quoi qu'il : Toutefois. Le critique détestablement boulevardier Albert Wolff reculera d'horreur (il y a de quoi. les qualités l'a c'est faire large — le voient ce qu'il est. le chanteur Faure ne sera nullement satisfait de son portrait en Hamlet. les circonstances de l'époque. il nous remettant dans faut. puisqu'il ose acheter et garder précieusement le Déjeûner sur l'herbe. Peut-être tient-elle à la crainte gagnent forcément de demeure. La très louable notice que M. le mouvement le disent sans ambiguïté. un ou éclate même pour ceux qui ne seraient pas éloignés de le goûter. Il ces célébrités et mordants. les chagrins. de qui Manet fera un peu plus tard la superbe effigie. ne m'avait pas remonté d'un coup d'épaule. ces deux jeunes gens. lutteur. c'est-à-dire hésite. L'indifférence. celleci : «J'aurais plusieurs fois lâché la partie tempérament de pas croire que mon si vieux Monet qui. là est toute la différence entre eux et ceux qui ne luttent en soit. qui n'épargne guère Monet. il ce ne faut dispensés de souffrir. mais supportera plus robustement. Les collectionneurs même qui se hasarderont à lui acheter ou à lui commander des œuvres ne seront pas toujours très sûrs de ne s'être pas trompés. l'hostilité. libres et plus éclairés. Renoir lui-même en a porté un affectueux témoignage.

lui refuser les gistes de la la lourdeur pouvait seule égaler l'orgueil. (2) Les légendes ont la vie dure. Manet. de qui Corot était. se sentent tenus à l'admiration Tout au moins on seulement pour les Tour à tour deux gle choses laborieusement informes. : « Il était mot de la toujours entouré d'une cour trouver pris là-dedans. que son tendre rêve virgilien ne lui permet pas de comprendre. les imitateurs. et les paysa- nouvelle génération. plus l'autre. plus profondes avec celles de l'évocateur d'Eurydice blessée. arrivaient à une époque où l'académisme pseudo-classique reprenait le dessus sur le romantisme qui finissait assez obscurément. est obligatoire il de rire. donne des airs de connaisseurs en affectant le mépris. Castagnary a prouvé dans une Courbet était absolument étranger à cette opération. dès après 1871. et aussi en partie leur émancipateur. et. mais remarquable par son absence de voix. en cependant. futable brochure que était irré- . faute de sensibilité per- celui et se au courant. et par conséquent le peintre grossier. de ce ridicule Déjeuner sur l'herbe. d'ordinaire si bienveillant. aux Salons. encore au Luxembourg. a des affinités bien est. Ils ressentent un réel chagrin de se voir niés par lui. pour qui une peinture de Corot « n'était pas était resté finie..60 ne saviez pas peindre ?. transforment les et que ceux-ci qualités pu que très difficilement faire admettre. mais il en après 1870. ses premiers travaux avaient exaspéré le bonhomme.. de même qu'aujourd'hui. même leurs Renoir. Beaucoup en étaient demeurés à la légende du fameux « cheval rose » du tableau des Croisés. ayant exposé dans sa vitrine un tableau important que Monet s'était vu refuser au Salon. sont toujours en retard de l'un sur les artistes. Courbet était. Manet est l'auteur tableaux de qui. » Les largement le temps de venir. Latouche. Renoir. Ceux-ci au contraire. » A quoi Manet réplique aussitôt a : Hier rencontré Berthelier qui m'a affirmé que vous ne saviez pas chanter Pour devant le reste du public. Monet. car l'éducation qu'il s'est faite est plus de musée que celle de Monet et sa nature même. de ne pas se tenir parmi Comment en la vogue : autrement serait-il ? celui de la règle aveu- de l'irrégularité forcée. le banni. pris entre les veille. comme académistes de la le comme regardant leur modèle. » Pour Monet. je l'aimais de loin. de son côté. brutalement n'avaient réaliste. les petits-fils de ceux qui s'esclaffaient devant VOlympia réputée mal faite. qui du groupe. Un marchand de tableaux assez en vue alors. sortes d'académismes se disputent sonnelle. Ceux qui craignent. animal presque aussi déplacé que la dame nue dans le Déjeûner sur l'herbe. Corot entra dans (1) Berthelier était un chanteur comique des Variétés. irait un jour au Louvre. est reçu. qui avait beaucoup de verve bouffonne. Renoir dit le question dans ses confidences à Albert André d'imbéciles et je ne voulais pas « imbéciles » avaient eu. qui devaient bientôt médailles supérieures qu'ils avaient le privilège de dispenser. quand les il justement j'ai I ! » (1). si tendrement voluptueuse. le plus près de lui. l'exilé. en raison directe de leur fausseté. de peur de commettre une erreur analogue. nombreux toujours que ceux qui apportent en défauts gardent leur note personnelle. Delacroix était encore fort peu accepté. ne réussissent pas à gagner sa sympathie et essais l'offusquent. Il aurait été téméraire de penser que la Barque du Dante. même me effet. le maudit qui avait «déboulonné» la Colonne (2).

opinion. Diaz. il ami. que ses puérils Il n'est jusqu'à certaines études. aux paysages poussés très loin dans le détail. au lieu de s'obstiner à m'imiter pas si Tout cela indique l'incertitude qui régnait dans les esprits. des tableaux char- et précieux. peu connues. « peinture. bien entendu. Autant que j'aime disait-il. et qui les avait plusieurs fois visités à Fontainebleau. mants ridicule. le sarcasme envers ceux qui ont différé de lui. d'anecdote. ne aux regards des passants. tandis que celles qui. les personnalités peu différentes. Des portraits d'un beau style maintiendront la réputation picturale de Cabanel. demeuraient dans une sorte de compromis entre certitude qu'avaient créée les l'acceptation et la gloire. alla jusqu'à donner sa démission de juré au Du moment. et qui ne nous donneraient pas la les siècles matière d'un La hommage pareil. Fromentin. Fromentin partageait les mêmes sentiments. critique n'était guère plus assurée au début. avaient fini par triompher des « imbéciles » eux-mêmes. alors que sa réputation officielle ne saura plus s'expliquer. à Sisley. Le public suivait. c'était débutant enthousiaste dément par son affection sans bornes pour son grand parfaitement indifférent à Monet. d'un détestable exemple. être influencé I et si émotif sous son enveloppe énergique. aux portraits flatteurs.61 la boutique demanda avec indignation ^ue et cette peinture. me dire que je ne connais mon métier. et sa sympathie. Bien que Puvis de Chavannes fût tourné en dérision. qui pourront préserver même Gérôme des outrages qu'il prodigua à Monet. en parlant de son fils Karl mon Chariot pouvait travailler avec vous. cette ou plutôt : ! « Ah ! » la fausse œuvres et les situations officielles des peintres en possession des formules moyennes qui conduisent aux récompenses et aux commandes. et même sans loyauté. se montrait également d'une fidélité absolue à ses jeunes confrères. moins connues joujoux anecdotiques. sermonna Latouche dans le sens opposé. s'intéressait aux tableaux d'histoire. que nous avons vu si serviable à Monet lors de son difficile séjour à Londres. que l'on affaiblirait presque en la qualifiant ce beau trait de courage et de solidarité artistique Salon. En revanche. à Renoir. tout ne sera pas certainement à mettre au grenier dans certaines productions des peintres d'histoire qui le combattirent. chose plus surprenante. et le gros des exposants était le nombre. en profon- fut peiné. Ceux-ci étaient la force. à Pissarro. que ce temps là ait été négatif Les temps à venir retrouveront d'excellents morceaux. les tenir nous donner ce admiration pour Claude Monet ne conçus tout à fait en opposition avec les tendances qui devaient plus tard en échec. comme Corot. et notre saurait (bien au contraire) pour l'art. Thoré était resté surtout attaché . qui s'était pris de vif intérêt pour les nouveaux peintres. Daubigny. parce qu'on avait refusé Claude Monet. » Il répétait lui-même à Monet. Les temps passent et ne connaissent plus les étiquettes et les discussions d'écoles. mais Corot et Daumier Le est vrai. fût plus offerte et pouvant. Daumier pensait et parla identiquement comme Corot. Notre hommage à la grandeur de l'œuvre de Monet et à la noblesse de sa vie ne sera pas fondé sur. je n'admets pas qu'on récuse mon : de clairvoyance. Ce n'est pas à dire. Les recettes étaient à peu près uniformes.

dans de telles art consacré. Castagnary était surtout le protagoniste de Courbet. et particulièrement à Rousseau. Comment ne comprendrait-on pas que trouble. Il n'y a que la Méditerranée : » I . : rapidement croquées d'après ce qu'il y a de plus inconstant. et enfin Mirbeau pour entonner le Pœan. Je n'exagère rien. Burty. malgré les formules mystérieuses dans lesquelles il enveloppait pression. plus tard encore Gustave Geffroy. Champfleury. et qui aurait certainement compris Claude Monet. ces critiques d'attaques l'hostilité ! ont préparé pour nos jours l'engouement à l'égard des plus arbitraires fantaisies. étourdi. Zola devait se spécialiser exclusivement en Manet. » Restaient. ne pouvaient encore être préparés à attendre de la peinture Ces études. outre les clartés qu'elles le peintre d'Honfleur apportaient. à la première heure.. écrits en marge. se spécialisait un peu dans amusant plutôt que la curiosité littéraire et bibelotière. à des colorations et à des for- absolument dérouté. Chesneau. d'un poteau indicateur empressé de se s'était il Pour Manet. même Et Ayant avec Manet écrit à la fin devait finir par douter tant soit peu et par se refroidir. que de charges point toujours drôles. qui avait pleinement mesuré la valeur de Manet. une tête puissamment organisée comme celle de Baudelaire. comme défenseurs vraiment lucides constants. Il un regard calme et ardent. c'est de et ses plaidoyers.. malgré justifier : » . lignes voyait nettement l'intérêt de ce que Boudin appelait sa peinture grise. d'après des vagues « et si et si fidèlement des nuages. Duranty. pour la défendre et la consacrer. portent toujours. de plus insaisissable dans sa forme et dans sa couleur. ait un le public. Les il que le sont à citer plus génial des critiques modernes avait écrites sur ici. Mais en regard de cela. en plein été « Comment vous peignez l'eau bleue. Cézanne n'était pour lui surtout qu'un camarade d'enfance sur la avait eu son beau temps. la date. et ne plus rien comprendre ultérieurement au mouvement de l'art. plus tard Duret. par la vivacité et la simplicité de la nouvelle peinture ? aurait fallu. ainsi. il mais l'impressionnisme déroutait sa fantaisie. en somme. mais toujours insoucieuses de justesse en brèche ! En vérité. vent de Nord-Ouest. midi. l'heure et le vent. aveuglé été conditions de (1). sur celle de tous autres. l'heure et le vent. fin. il d'un feuilleton « : jouera jamais dans la peinture que ayant amèrement reproché. « C'est et Manet il ne le lui une faute d'im- Monet qu'il s'agissait. les artistes eux-mêmes. qui voyait les choses par le côté par le côté intense. par ! Que Que de déplorations du grand Art battu acharnée à une œuvre de sincérité. le rôle toutes ses qualités. car. que de plaisanteries. comme peinture de qui. A la : (1) une vue de Des gens à qui la qui soit bleue.62 à l'école de 1830. J'ai vu. elles auront aussi cette opportunité de nous dispenser d'entrer dans de plus longues dissertations techniques sur ce que le public. il devait écrire des pages étrangement à côté dans l'Œuvre. car dès 1859. tous les questions d'art n'étaient cependant pas étrangères demandaient à Renoir. la par main. puis et Huysmans avec des réserves. » La légende cachée avec vous devineriez la saison. peignant Seine à Argenteuil. exemple « 8 octobre. habitué depuis des années à mules de dessin admises.

toutes ces splendeurs me montèrent au cerveau comme une boisson capiteuse.. Mais il était même de Monet. » ces nuages En vérité celui qui sentait ainsi. on comprend également qu'ayant été très dédaigné aux heures décisives. ces firmaments de satin noir ou violet. suspendues et ajoutées les unes aux autres. ces horizons en deuil ou ruisselants de métal fondu. devinait. . ces immensités vertes et roses. roulé ou déchiré. fripé. appelait Fart peut-être imposé plus vite.63 aux formes fantastiques et lumineuses. ces fournaises.. Quant à Monet. il ait à son tour dédaigné beaucoup de choses et de gens. toutes ces profondeurs. Il l'aurait mort.

pour ainsi dire pas à pas. Une Vue d'Argenteuil. même. l'encrassement et le dessèchement par les usines. de Sainte-Adresse mer le ! et analogues. elles-mêmes disparues presque complètement de la surface de la France. ou bien alors penserait que l'inspiration. jusqu'à ce Havre de sa jeunesse. il différent de Sisley quant C'est aux procédés. la Il semble qu'après les vues de Honfleur. le courant n'y avait pas perdu sa limpidité. dramatique. La verdure y Il y avait d'heureux restait fraîche. coins. les étangs de Ville-d'Avray étaient à son époque. de 1871. où fleuve se confond avec cet autre stimulant de ses énergies picturales. De même pour Corot. et plus à plaindre qu'à peindre. le lac pas indiqué. aussi volontiers hantés par les Majeur ou le lac d'Albano Si cela n'était teuil la — toutes proportions gardées. aussi vaporeux. depuis les pre- miers tableaux de Saint-Germain-l'Auxerrois. que y a un moment intermédiaire. la souillure des eaux ont rendu peu à peu misérable. cependant cet Argenteuil qui allait aiguiser les perceptions de comme le point de départ de sa plus décisive évolution.LES DÉCISIVES TRANSITIONS D'ARGENTEUIL. d'un lieu ingrat infirmerait tout ce que l'on a écrit de . et les affreuses nécessités de l'industrie. Monet de bonne heure abandonne la forêt de Fontainebleau et se trouve attiré vers ce cours de la Seine qu'il aura peint. celui qui s'égarerait aujourd'hui sur la rive d'Argen- ne comprendrait pas que Monet matière nymphes que la « ait pu y trouver matière première » de ses cette transcription séduisante ou simplement paysages. et se trouver voisinage de plus en plus rapproché des débordements de Paris. aussi mystérieux. assez court. A ce moment Argenteuil n'était pas encore la banlieue que le l'artiste. des cabarets qui étaient comme des rappels des vieilles et acceptables auberges. est un bon spécimen. le ternissement du ciel. avec une voile entrant dans le chenal et deux pêcheurs à la ligne sur le bord. montre encore nous avons Monet peu définies. dont une Vue de Trouville datée de 1870.

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devant les voisinages. Lui nos yeux. voiles déployées. un point de passage sont. C'est étonnant ce que pour un grand artiste un petit jardin peut contenir pour un œil variés attentif et subtil de choses. d'ailleurs. Monet. sera. une belle Vue de Vétheuil. se recomposant en buisson — exécutions qui se retrouoù circulent l'air et le frisson de la vie végétale. et cela choses sous leur vrai jour. les causes déterminantes de l'évolution et de la transformation de Monet. formant de près monieux et un tissu riche. plus loin. — car ne vont pas tarder à venir. veront fréquemment chez Monet et seront sinon la plus heureuse de ses manières. beaucoup plus que élément et les capital. les entretiens plus animés et les plus entraînants entre camarades. tard la série d' Argenteuil contenait même des Ponts de Londres) commenceront à surgir et le en devenir (comme le tableau de Londres féerique jardin de Giverny. et jardinet si un celui-là est sujet d'observations inépuisables. du moins une des plus originales. sous lequel l'eau clapote gaîment et scintille au grand soleil. et jusqu'à du sable pour que les enfants de la maison puissent faire des pâtés. ou comme le pont du chemin de fer. où dix ans plus à se multiplier dans une progression presque fantas- tique les plus grands éblouissements de couleur. de la péniche au quai. ou plutôt à ils revenir. Le jardin de 1870. bords de comme la Seine les théories les plus judicieuses. pousse très rapi- le y a des motifs simples et attrayants comme les barques des canotiers. et des reflets délicats pour les robes claires des amies qui viendront visiter pendant l'été l'ami de Sisley. Enfin ce jardin fournira des fleurs pour les boufrais quets à peindre entre les expéditions de paysages. accuse déjà une toute autre manière. habilement Il saisi. quoique choisissant Argenteuil pour séjour ordinaire. Car bien leur importance. bien qu'ils aient été des moyens de que ces entretiens aient eu contrôle. Il même en temps. Ainsi de 1872. mais il il tel que bien vu et si ! et il lui-même passa- est pour que ses massifs s'interposent aux détours cela permet de l'imaginer très grand. har- embrouillé. dans un rythme y a le jardin entoure une fort modeste mais avenante maisonnette. un dictionnaire aux heures de travail. gauche la et un premier plan d'eau. Il y a des Lilas au soleil (1873). qui prêteront déjà à de ces fines décompositions de lumière. ne se refuse pas quelques excursions. quoique de la vie quotidienne. Et puis blement humble. sur la Seine. Ce jardin d' Argenteuil. et de Renoir. un conseiller aux heures de" réflexion. de découverte et . cette fois plus cruels qu'à l'époque privilégiée de la vingtième année. hachées. et des motifs typiques la et bizarres. de Manet. très avec deux grands peupliers sur détaillée. Il comme les Déchargeurs de charbon.65 V impressionnisme. mais lorsqu'on se recule légèrement. nous le considérons comme un dans l'œuvre du peintre. à ces exécutions en touches pressées. et qui poursuite des effets lumineux. Mais dement à c'est Argenteuil qui l'absorbe principalement. Au surplus un est assez touffu des allées. un consolateur aux jours de détresse. passant sur leurs étroites planches. des échantillonnages de tons aussi que toute une forêt. à les décisif. Mais remet les le peintre était jeune et le lieu n'était pas décrépit.

et Nous venons d'écrire les s'explique tout seul. dire de cette nouvelle sorties et définitive adoption du parti analytique. dans les Vues de Paris. mais que ne connaissaient point les maîtres des écoles anciennes. dans la manière précédente. n'accuseraient pour ainsi dire pas de différence appréciable pour notre esprit et pour notre vision elle-même. jusqu'à l'âge le plus avancé avec il fermeté qu'en cette décisive trente-troisième année. Doré- navant. loin de le con- de l'esprit. fortement accusées. et et qui repose sur sur les qualités de mais non de vibrations de la peinture qui pourtant tranche déjà si nettement sur l'ensemble de l'école à cette époque. De cette même année 1873. Il s'agit. de transformation. peut-être fait pressentir la nature de ce changement matériel technique employée principalement jusqu'ici. tandis que des de l'eau étaient des lages. du jardin et des rives d'Argenteuil. ce ne furent jamais que des paroles. dans les Chailly. techniquement. en vola- possédera avec tant de certitude et s'en servira avec tant de joie que. ils ne sont pas encore complexes. il ne fera qu'en enrichir tiliser l'expression. en quelque lieu qu'il se transporte. mais ce langage sera si et du rêve. Un faits. C'est un des cas les plus curieux que l'on puisse trouver dans l'art moderne de la personnalité dominant ces avatars de métier. l'emploi des valeurs largement étalées. Nous aurons plus d'une occasion d'étudier les innombrables manifestations réel. et demeure parfaitement au développement naturel trarier. heureux ici dans leurs résultats. des eaux ou des édifices. la peinture de Monet était sans aucun doute harmonieuse. Le fait le plus beau et le plus rare de ce passage d'un art synthétique à un art d'analyse aussi loin poussée. Nous avons déjà en insistant sur la et intense logique. et il même le parlera avec une intensité croissante. il le la même de son en assouplir. non pas d'une de ces transon en a vu malheureusement chez certains artistes peu sûrs d'eux- qui soudain se renient. tout en aidant. et que ces œuvres matériellement. et en entreprendra jusqu'aux confins de langage. en paraissant raffiner sur les mots. les Sainte-Adresse. à n'en pas douter. il tient le principe le tour. Les effets de Monet. Mais nous tenions à marquer qu'elle date. la nature les termes. nous rencontrons deux peintures qui prouvent bien . le moindre accent de sa personnalité. On pourrait. quelque tentative qu'il entreprenne. c'est mots d'évolution et on l'emploie assez souvent dans un feuil- acte. A ce point que l'on pourrait placer (comme nous l'avons vu d'ailleurs à son atelier) un de ses tableaux anciens les plus simples de facture à côté de ceux où les effets atmosphériques ou bien les réactions colorées des arbres. des fleurs. d'autant plus qu'il lui semblera en contradiction avec tout ce comme formations mêmes et que nous avons dit jusqu'ici. jardin.66 d'encouragement mutuel. mais clarté. et pourtant en énonçant phénomène un que. Mais le second sera sans doute contesté par le lecteur. fut que l'artiste ne perdit point le moindre trait. si différentes. Chez Monet la transformation dont nous parlons est d'ordre matériel. sont décomposés par la touche et recomposés dans nos yeux de la façon la plus aiguë. Le premier les écrits sur l'art. mais qu'elle n'était pas encore harmonisée. sont exclusivement lumineux. en varier bien à lui. les Hollande.

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Mais nous remarquons surtout que les est traversée recherches dans l'œuvre de Monet mencent ici et à le préoccuper. A gauche s'élève le . ce soin vigoureux qui ne diffèrent du genre de Manet que par l'accent personnel que Claude Monet dans le dû à un groupe de bateaux dont largement éployées. même un si infiniment variées des caractères dominants. ce public. et l'artiste était de ceux que véhément comme la résistance rend plus ardents à la lutte et dont elle stimule l'énergie productrice. L'expression du sentiment morne et accablant de cette banlieue est déjà très saisissante. Un admirable Pont d'Argenteuil est encore de cette année. un succès forcé l'artiste moyen par quelque L'un demment extravagant. Malheureusement. très agréable effet est n'y a rien là qui puisse soulever d'autres critiques que celles que Il pouvaient inspirer alors les préjugés sur le fini dans un tableau. d'atmosphère qui devaient être qui en sont De 1874. comme un faisceau de drapeaux. une Vue du Boulevard des Capucines prise d'un étage élevé. Il nous avant de parler de ces incidents. sont supposées à peu près au niveau du spectateur et donnent l'éloignement de la foule qui circule en bas Mais d'autre voici sur les trottoirs un étonnant grouillement de touches serrées. qui est se rattache aux manières que nous avons précé- étudiées. docile à l'habitude. sous lesquels circulent des promeneurs. com- une Plaine plantée d'arbres en quinconces. dont et le au spectateur. à examiner encore quelques œu- reste. Il n'y avait là rien que de très naturel. l'avait payée vingt francs.67 que ne se souciait nullement de rechercher un succès bruyant. cachent à demi les choix de ses motifs. sain. Les artistes. vres typiques de cette époque. deux figures placées en haut. II faut ajouter qu'au lendemain de la guerre de 1870 les esprits étaient assez peu portés à examiner sérieusement un celui de Claude Monet. abréviatif. routinier. qui au moment d'une des ventes désastreuses dont nous allons bientôt parler. et de son côté art libre. le quai. Ici c'est pressées. population dans une grande rendue à merveille. Ainsi c'étaient les sujets eux-mêmes qui dictaient à un artiste absolument sincère le langage qui convenait le mieux suivant l'occasion. et celui qu'il voulait faire partager de très louable. le sentiment éprouvé. nous citerons surtout diverses autres vues d'Argenteuil. véridique. plupart n'éprouvaient pas le besoin de renouveler leur technique parti académique était nombreux. Le la était alors rebelle à la liberté. un Port du Havre. figure aujour- d'hui avec avantage dans la collection de M. d'une tonalité verte assez soutenue. et d'une honnêteté qui n'allait pas sans quelque indigence d'esprit. les voiles édifices Un met du quai. Les maisons. ville est et remarquons-le avec des moyens parfaitement appropriés de couleur vibrante et de dessin remuant. à droite du tableau. Une toile : les de givre. la part. Durand-Ruel. La plaine Environs d'Argenteuil (1873) nous montre un des premiers effets au milieu par une grande route qui file vers l'horizon entre de rares maisons et de maigres bouquets d'arbres. L'impression (ici le mot est bien de mise) du mouvement de et la chaussée. fourmillantes. fort. sont rendus avec cette netteté. pour ni leur vision. public ne dût être reconnaissant à celui qui lui apportait des éléments de plaisir nouveaux.

nous font assister à des travaux de couture lecture de femmes en robes de massifs. de Monet. les arbres étalent leur feuillage au fond. en claires. avant de reprendre l'analyse et la chronologie de l'œuvre. même à des ébats enfantins dans temps que robuste et nature et de famille révélant des côtés affectueux chez de l'opposition qu'on devait si longtemps lui faire. nous en voyons encore dans ces tableaux d'Argenteuil qui jouent heureusement leur rôle. se tiennent en ont vraiment l'éloquence d'êtres vivants. De beaux bateaux blancs. Diverses intimités du Jardin dont nous avons parlé. si de plus en plus les personnages tendent à disparaître des paysages de Monet. par suite devenir un rude jouteur. les allées bordées épanoui. La Seine occupe deux les tiers de la surface du tableau. Tout cela est. pour le moment. - . toute animée des reflets d'arches et d'arbres qui scintillent dans le clapotis avant et du courant. les voiles repliées. de nous rappeler que nous avons atteint la phase décisive dans l'évolution Il suffit. D'ailleurs.68 pont. et qui sont pour ou de la plupart aujourd'hui à New-York. d'un sentiment de l'artiste qui allait.

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expression d'une certaine gratitude envers les biens de la vie. et le Déjeûner sur l'herbe. la vie familiale. ture. de les raisins et le saveur. seront Que Monet de ici cordialement vivants de expansifs. C'est une comparaison qu'on si dignes en peut établir sans crainte. valent les meilleurs Chardin. somptueuse de si pommes même la collection la même collection ce soit la Hœntschel. réconfortants. Aussi bien. morceaux que dans . un litre et excite les papilles. qu'il à leur place dans s'abandonna le tableau. Tasse de thé si précieuse et superbe Corbeille de de pêches avec Même éclat.INTERMÈDE DE FLEURS ET DE FRUITS. Sous ce dernier aspect. d'y inter- mention de toute une série de travaux qui forment comme un intermède dans ample vue d'ensemble sur la nature qu'est la production de Claude Monet. cette énergique figure. ou encore au retour de la chasse. ou bien Durand-Ruel. plus avec un verre et une miche. pu exécuter avec une verve entraînante et forte quelques morceaux de ce genre. sans interrompre leur enchaînement. si somme de nos peines. C'est caler la cet de certaines peintures de décoration de certaines natures mortes et qu'il est question. nous et ceux que nous aimons. cela ne saurait surprendre ceux qui ont remarqué les détails des tableaux à personnages que nous avons étudiés plus haut le Déjeûner dans un intérieur. tout cela vraiment réjouit y a plus de philosophie de Que la la Pyramide gros melon entamé. la vie dans ces vigoureux le regard et riches frugalement. qui montrent les côtés affectueux. puisqu'ils nous maintiennent en santé. Nous qu'il allons bientôt nous trouver entraînés par tant d'événements et d'œuvres nous deviendrait difficile alors. ou. et des traits comme c'est qu'elles sont à la fois d'admirables expériences de pein- de sentiment. Mais ce que les natures-mortes isolées ont de partiait : culièrement intéressant. ou les études de perdreaux et de faisans jetés en rang sur la table Il franchise. on peut dire que ces œuvres. les accessoires même quelquefois à peindre joyeusement. puisque nous venons de parler de ces quelques échappées d'intimité à Argenteuil.

puis des marguerites jaunes. un tel dessus de porte. et une pelouse avec des dindons blancs. . C'est ainsi que les même premières natures-mortes. donne un intérêt particulier à ces intermèdes. de plus en plus chatoyantes. est. et Dans cet jusqu'au plus intense lyrisme de nature. Mais ce qui. de la sveltesse des tulipes et des glaïeuls. fruits.. ou au melon. d'ailleurs en de la nombre restreint. Une autre porte. Des chrysanthèmes s'ébouriffent près d'opulents tournesols ou de délicates azalées blanches. complexes de couleur et et panneaux de de facture. celle à la tasse de thé. non séparés de leurs feuilles luisantes. des citrons. successivement éblouiront du rouge des azalées. deux magnifiques analyses de couleur qui semblèrent pendant de longues années demeurer ses premiers et ses derniers essais décoratifs. et arrivent à l'intense vibration que nous trouverons dans les dernières grandes séries de paysages. Claude Monet avait également entrepris une décoration dont deux grands pan- neaux furent achevés : une allée de forêt en automne. D'autres portes encore. avec des chasseurs. des renoncules. Un des plus remarquables ensembles de ces sortes de tableaux est la décoration d'un salon chez une MM. tel des des raisins écroulés près des beaux coings d'or. c'est que l'on y suit l'évolution technique que nous avons étudiée tout à l'heure.70 bien des tableaux réalistes comme on en a vu pulluler déclamer dans et expo- les sitions. sous le rapport simplement pictural. Là chaque panneau diversité surprenante. et ce sont des dalhias. des tons vifs et tendres pourtant dès pavots rouges l'épanouissement du jardin plifier unique poëme floral se trouve en devenir de l'œuvre féerique que nous verrons finalement s'am- et roses.. études de gibier à plume. Une autre portera des pavots rouges et roses. des oranges. Durand-Ruel. dans véritable chant de joie en l'honneur des fleurs et des Tel panneau représente des lys du Japon. sont traitées dans la note large et synthétique. se font que peu à peu. les autres. puis des blanches. et fleurs. Car rien alors ne faisait prévoir la grande surprise qui devait illuminer la dernière partie de sa carrière. et roses de Noël et et tel des pêches vermeilles.

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ni récriminer contre les erreurs de jugement qui ont occasionné alors de si vives polémiques. Depuis années où ils les tableaux de Renoir. car le point de vue s'est singulièrement déplacé depuis ce qu'on a pu appeler les temps héroïques de l'impressionnisme. que de la sincérité. merveilles qui sans doute les contemporains de ou les faire rire. est daté de 1874). mais qui allaient ne reconnaîtraient pas transposées sur Nous ne pouvons passer sous par attiré les indigner la toile. de Claude Monet. toutes les heures. Ils ne passionnent guère le lecteur actuel. l'autre. Les œuvres des la et.POUR RAPPELER SIMPLEMENT DES BATAILLES ÉTEINTES. Il les où n'y a maintenant plus d'héroïsme possible en matière d'art pictural. Monet pourra retourner encore de temps en temps à manière synthétique de la beau Port de mer. avec que des l'art efforts pour attirer l'attention aucun rapport. mais qu'il n'y avait. (par quai très animé il est surtout et exemple un très bordé de maisons maintenant voudra noter les plus subtils. un bassin avec voiles. mais les effets les plus intenses en vivement et le plus en plein jour et même temps que ses débuts. Il justement possible ces jeux de lumière. de par des grimaces d'originalité qui n'ont artistes que nous étudions ici ont obtenu de . on s'est connu les aperçu dithyrambes de qu'il n'y avait plus d'audaces en peinture. de Manet. d'une part. ces fêtes de couleur saisons. et qu'ils l'artiste tout comme le la plus nature que nous donnent toutes dans la les nature charmaient alors lui-même. dans l'ancienne manière. canots. Il suffira de rappeler des événements qui sont devenus tout au plus une petite curiosité de l'histoire artistique. ont atteint des prix élevés et ont critique qui leur avait prodigué ses sarcasmes. Mais nous ne sau- rions aujourd'hui insister longuement sur eux. de Sisley. silence ces épisodes bruyants. ces féeries de en plein soleil. après celles étaient bafoués. et leur détail paraîtra tout à fait dénué d'importance au lecteur futur. Arrivé à une phase décisive dans son évolution.

en faveur des impressionnistes. et même plus tard de Mirbeau et des écrivains qui. (C'était le moindre des ter- adoptés. soleil levant. et de spéculations qui n'ont pas encore atteint leur maximum. Les auteurs de tant de les collections publiques et privées. à fois centuplé la Héroïques avaient souvent à soutenir dans leurs familles de rudes assauts pour apporter au foyer de pareilles « horreurs » mes elles. qu'il y aurait quelque ridicule à continuer de déplorer leurs anciens tels déboires. mais qui alors passionnaient la critique et divisaient le public. craignent avant tout de paraître ne pas s'y connaître. de Chesneau. Cette étiquette d'im- ils de gloire ou une injure. ainsi que ceux de Duret. leurs défenseurs d'autrefois ne s'applique plus à leurs œuvres. Parmi les amateurs. et unis par les idées plus que par la façon dont pressionniste devint. Rouart.72 triomphes. qui aujourd'hui ont plusieurs la n'était «nouvelle école». de valeur. ainsi que Daubigny qui . Des tableaux atteignirent en moyenne de soixante-quinze à cent francs. parvenaient difficilement à vendre ces toiles deux ou trois cents francs à un petit nombre d'amal'objet teurs (1) qui certainement alors ne songeaient guère à spéculer sur aussi ces acheteurs. de devenir l'étiquette même sous laquelle on de rue Laffite la la rue la plus batailleuse de Paris. mais dans titre de rente. il y a encore vingt-cinq à trente ans. véritables rixes entre certains amateurs chaleureux et certains défenseurs art et de la et morale publique. elle n'était un titre certainement pas un aujourd'hui en place d'honneur dans toiles les traitaient. car il n'y a plus de méconnus depuis de méconnu est devenue fructueuse et que les connaisseurs. que la carrière Il y aurait quelque ridicule à reprendre les arguments expressions de et les Zola à l'égard de Manet. et il le y eut à dédain que l'on la salle traitait des ventes de du grand encore mal effacés. Le moment d'ailleurs est curieux à faire revivre où les discussions prirent presque l'allure d'une petite reprise de guerre la L'exposition de 1874 civile. Gaillebotte. eut leurs œuvres. Tout cela est bien loin. suivant les camps. de Burty. avertis par l'erreur de leurs devanciers aux temps de l'impressionnisme. C'était aussi par pas seulement par la colère. et peu de gens peuvent aujourd'hui comprendre les singulières assimilations Mais lorsque nous rappelons ces événements. Le langage de et ne convient pas à celles de leurs successeurs. Les souvenirs de ceux qu'exaspéraient un ennemi de les levers de soleil la Commune étaient de Monet n'étaient pas loin de voir en lui " l'ordre. Duret sont à citer. Le tableau de Claude Monet intitulé l'honneur. MM. devaient vaincre les derniers préjugés académiques. montraient ingénument Impression. menus pour nous. On fit aux portes des salles où les nouveaux peintres subitement mis en lumière. nous politiques auxquelles (1) il donnait lieu. H. c'était alors le désastre dans toute sa désolation. avait acheté à Bellio. très inattendu pour l'artiste. se chamaillait : rangeait des ouvrages et des peintres aussi peu semblables entre eux que possible.) Mais lorsque les impressionnistes affrontaient le hasard des enchères. le premier cas. de Duranty. car ils . Le malentendu ne passionne guère les générations présentes. Mais ce vente de 1875. de Monet une vue de Hollande.

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désormais sans inter- se déroulent avec l'ampleur et la joyeuse sérénité . C'est pour que nous reprenons. entre 1874 et 1885.73 éprouvons quelque regret. vu leur ter- Ainsi va la vie. peut-être une sorte de jalousie à constater que de pareilles luttes semblent devenues impossibles. nous apparaissent en 1920. Claude Monet. le verrons. succédant aux dénis de justice dans les Salons antérieurs. Toutes de les les idées et toutes les manquer peuvent ne pouvait penser alors que était la condition la résistance de son succès. et qui sait. ni d'avortements qui parviennent à provoquer une réaction temps opère immédiate. avait confiance dans l'avenir. puisqu'il n'y a plus de tendances. que nous en bornons ruption. comme nous lui indiquait aller. Celle que le longues pour que goûts ne se heurtent pas et que les amateurs se désintéressent les et opérera est à évolution et à échéances assez de l'opinion de leurs successeurs. l'examen de ses là l'histoire et œuvres qui des beaux phénomènes de la nature. et même toutes les façons se produire maintenant avec succès. 1870. Les épreuves et les déboires de minaison. —à Monet après la condition de vaincre. il jusqu'où cette confiance . ni d'essais. pouvait traiter. cela comme des circonstances heureuses. même façons de les Ou si aucun signe ne acharnée que rencontrait son effort du moins. ni de réussites.

« Je ne peux pas peindre à Paris parce que les ciels y sont sérieusement. qui disait. et tous de ces environs de Paris (ce qui sur- le ciel est plus beau quand on court le regarder très loin). » Cet honnête manœuvre n'aurait pas davantage compris le dessin des les plus : ciels d'Argenteuil. tous somptueux azurs. Je ne puis m'empêcher de rappeler à ce propos le mot saugrenu d'un vieux peintre de paysages. C'est le ciel prendrait fort les gens qui alors croient que de ses reflets. la C'est la Seine qui lui devient de plus en plus familière cette fréquentation incessante.ENTRE ARGENTEUIL ET VÉTHEUIL. les par I pour cause. les paysages de cette série. devine sans peine que ce n'étaient pas lui fournissaient les moyens de qui. où apparaît ce qu'on pourrait appeler sa manière touffue : ces inextri- cables embrouillements de branchages à travers lesquels l'ombre et sa pourpre pro- fonde se jouent et font ressortir toutes les pés par la lumière. à un ami mal dessinés. L'ANALYSE LUMINEUSE DEVIENT DE PLUS EN PLUS AIGUË. très bel Parfois Monet étudie les vergers sous poindre encore un des motifs où s'exercera En même temps élément de large le plus aigu de son se rencontrent certains coins de jardin (l'un est peint à Montgeron). L'année 1875 trouve On l'artiste encore principalement à Argenteuil. très moutonné. qui lui offre toutes les plus riches combinaisons de nuages. sans compter pour découverte de soi-même les et le peintre la Mais que de belles découvertes découverte de ses ressources. Les Bateaux de plaisance constituent d'être aussi un et ferme dessin dans la neige. et l'on voit analyse. Il en est un. encore à Argenteuil. ventes dont nous venons de parler qui faire de longs voyages. émeraudes des feuillages diversement frap- . médaillé régulièrement aux Salons d'il y a trente ans. lui déroule tous les trésors frémissements de son courant. qui donne beaucoup de mouvement et de charme à une des vues datées de 1875.

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pourtant exclu- caractère de caprice. infiniment plus variée. du mouvement des eaux. la aériennes des journées qui l'entraîneront avec de et bien avidité semblable. Et encore. les engageant à mener jusqu'au bout la tâche qu'ils se seront assignée. alors qu'il semblerait que cette complexité la dût ralentir et refroidir. De plus en plus brillants et lumineux. rendent désormais des effets d'atmosphère. mais encore aller en s'exaltant. fait le motif principal. quoique nous ayons considéré à l'instant les difficultés de vivre comme des cirjoie constances enviables pour l'avenir. par pas. par l'opiniâtreté sion. une beauté blonde. les tons composés des éléments les plus divers.75 La Et. Nous devons donc penser qu'il aura été amené la dernière figure . rendre Mais en la touche. mais boutade d'une richesse et d'une beauté de matière qui méritent de nous arrêter Ce sera la — un instant. pas à même et temps sa couleur plus complexe et son exécution plus prompte plus sûre. que l'œuvre de Monet. enveloppée de cette ample et bizarre broderie dont trueux qui amusent dominante rouge de les cet pacotille qui tapissent la sivement réaliste. le succession des saisons. de contexture des terrains et de la végétation. C'est en cela que ce caractère demeurera pour les artistes un réconfortant exemple. on s'étonne de voir qu'un homme que presque aucun appui matériel ne vient soutenir. du moins la dernière figure de dimensions que Monet exécutera. Même les grands paysagistes de Ville-d'Avray. La importantes — ces nains éclatante. de boutade picturale. De 1876 date grande peinture de la Femme en robe japonaise. Ce n'est cependant que de Bar- une commence- le mot marche ce que notre peintre osera entreprendre. et Constable lui-même. ondulante. que rarement entrevus. par C'est du labeur. en une aussi puissante allégresse de voir et de traduire. par l'infatigable perfectionnement des resdans la joie d'enrichir et d'assouplir ses moyens d'expres- la continuité sources. On le voit. Les éventails de cette page. parce qu'il a une fois commencé les rendre. ment de surtout dans les aspects fugitifs. Quelles qu'aient pu être les heures de doute même de découragement qu'ait traversées Monet (et il en a traversé aux temps des plus grands succès. capricieuse. la forte simplicité du motif. un Nippons. qu'il y serait aussi indiscret qu'inutile de et chercher à connaître). étudiée ainsi d'ensemble. nous devons mentionner une assez étrange exception dans l'œuvre. semble non seulement ne pas se tarir. extrêmement muraille achèvent de donner à accoutrement est et un de monsassez exceptionnel. d'Auvers une bizon. même les paysagistes avaient jusqu'ici de les poursuivre et de elles. les phases lumineuses et les apparences la nature. puisse se maintenir en un pareil entrain. se montre grande. Au risque d'interrompre la progression dont nous venons d'indiquer le départ. « osera » n'est pas de Il vaudrait mieux dire que c'est la les observer. jamais nuance de découragement ni de doute n'est venue effleurer son œuvre. d'éclairage. ses tableaux ne rappellent plus ceux de la première manière que par l'ampleur du dessin. avec telle variété. Cette progression se constate dès 1878 où nous voyons apparaître les premières vues de Vétheuil. n'avaient pas poursuivi correspondant exactement à son évolution.

ses toits rouges. est plus et mieux qu'un simple organe. capable de satisfaire avec bien plus de diversité qu'Argenteuil à toutes les curiosités du peintre. il ne fera plus intervenir l'être humain (mais principalement la femme. Il s'élève harmonieux. De chaque saison. gaze à travers laquelle la masse des habitations semblera une apparition de rêve. d'été. exécutaient alors. sera le miroir du le réservoir ciel. qui participe mieux et s'imprègne plus finement de l'atmosphère) que très accidentellement dans le poëme de nature qui désormais vaste s'em- parera de toute sa vigueur et de toute son ardeur. douloureuses dans la village de l'Ile-de-France sera sable répertoire de spectacles naturels. le point le plus significatif en même temps que le plus rare. ou alors c'est un organe non point seulement sensitif. série des Vétheuil est trop nombreuse pour que nous l'examinions dans le . C'est une constatation qui n'explique rien. apparences successives de ce que nos habitudes et nos regards paresseux sont portés à considérer comme monotone. par même. plutôt que par la que d'une part Manet. un inépui- même de Vétheuil sont vraiment poignantes à contempler. une sations agréables. de l'autre Renoir. On a un peu trop légèrement que la principale valeur de son œuvre était due à la finesse de son œil. Il ne fait pas que subir et retenir. y a de notes C'est que cette le raconter. enfin le chemin que suivra pendant un simple Ainsi les et de tout ce qu'elles vapeurs dorées des soirs de printemps. que de s'apercevoir que cet œil possède une extraordinaire délicatesse. de chaque heure typique. avec ses maisons claires. dit mais sensible La et pensant. après des détours droit et large. des brumes. et que pour un peu on lui reprocherait. nous renfrogne titres — car — les glaces et les débâcles que ce village s'évanouisse et soit fait de Monet à déjà parcourir tout la qualité façon de noter et de collectionner dans un amour du peintre vaste clavier de ce qu'il la nature. et plus vigoureux que le second. de montrant à la les tonalités. soit qu'il s'éveille frais et soit qu'il grelotte et se à l'observer et à pendant un temps. et Revenant à Vétheuil. les res- sources picturales qu'il a acquises depuis la Camille de 1866. fique premier plan qui. Monet fois plus souple que le premier. ce Ce superbe caprice une fois satisfait. appliquées à la figuration humaine. agenda des saisons. rudes hivers et d'apporteur de neuf.76 à vouloir se rendre compte de ce que. C'est un morceau différent. les caravane débandée des glaçons. peuvent y ajouter de brillant et matière s'y de somptueux. devant lui. les bouquets et les rideaux d'arbres qui l'escortent ou le rehaussent. Le village s'étale et s'étage sur une colline. un fantastique et enivrant peuvent provoquer chez l'homme de sen- un drame. il a désormais inventé un nouvel art de regarder. l'infatigable et d'accords et d'aspects surnaturels un des idylle. nous y trouvons un thème plus étendu et plus séduisant. de grand peintre les candide aux matins l'hiver. mélancoliques. il choisit aussi. A partir du moment où il développe ici les moyens nouveaux qu'il avait commencé à expérimenter à Argenteuil. coule donnant ainsi quand on regarde Vétheuil de l'autre rive. tour à tour. un magni- ainsi sur les bords de la Seine qui. C'est en cela que l'œil merveilleux qu'on lui accorde. il sait discerner le moment.

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coins ou ensembles du proche village de Lavacourt. contraire. un « motif dominant » se rappelle. Monet s'est bien gardé de ce danger. mais très typiques. amplifiée. tourbillonnant au-dessus des machines. dans modernes auxquelles nous avons pu comparer les ensembles de Monet. En même temps particulier. Et surtout. Qu'il suffise d'avoir signalé sa multiplicité beau cycle. viennent compléter encore ce détail. toute la somptuosité de palette. Mais ce serait une grande erreur que de croire que la rapidité. Par contre une série semblant la amorcée. Une toile de 1881 l'ouvre de façon heu- l'acuité d'analyse . ne fournira plus tard que des éléments pour une nous croyons que série différente. Comme nous l'avons vu. Lorsque Monet. chaque variation du même thème devenant un nouveau sujet en lui-même. s'est à la fois exercé ce fantastique de plein jour. doivent amener pour le les un système peintre partitions d'abréviations. toute que nous l'avons vu pas à pas conquérir. en 1887. entre les hautes falaises de maisons qui entourent et dominent le perpétuellement trépidant embarcadère. il ne se départira d'une largeur et d'une fermeté de dessin. de négligences expressives. revient. Plus brutal à la fois et plus insaisissable que les spectacles de nature qu'il avait peints jusqu'ici. modifiée. de sous-entendus qui ressemblent assez facilement au néant. après travaux d'Argenteuil cette mer et les années de 1875 à 1881 consacrées principalement à ces de Vétheuil que nous venons de résumer. l'entraînement croissant. reprise en 1903. ces fantômes de vapeur irisée. cet aspect de grande ville conserve dans l'œuvre de Monet une valeur d'intermède. par un accord. même par une simple note. accusent encore une recherche de notation toujours plus rapide et plus subtile. transposée. Claude Monet plexe des effets colorés En et ces toiles de plus en plus variée amusé à noter : la et com- gare Saint-Lazare. Cette magnifique suite des vues de Pourville et de Varengeville commencée en 1881 est accomplie en 1882 avec luxuriance. détours de la Seine. retrouve touje la puissance des anciennes vues de Sainte-Adresse. à aucun moment Au temps complexes. d'une solidité de construction sur laquelle ne s'en joueront que mieux les caprices et les caresses les plus volatiles de l'atmosphère. après de nombreuses et différentes scènes. plus les effets qu'il rendra seront fugitifs et en même plus son exécution sera riche et nourrie. d'un tableau de 1871. comme celle des gares. souvent à distance de devait l'être celles des vues Tamise. planant. une idée se reproduit en comme quelques années. Les environs. Quoiqu'il en soit. Ainsi les fumées de la Rue de Rome peuvent être retrouvées dans les panaches qui se colorent de toutes les étranges opalisations des brouillards londoniens en s'échappant des locomotives sur le Pont de Charing Cross.77 de sujets. De même. et aussi d'expérience. comme ses amours de jeunesse. ces Fumées marquent encore une étape. à et à ces falaises qui furent en peinture. mais en temps il apporte dans les il même nouvelles œuvres. l'année 1878 voyait naître quelques tableaux d'un genre assez mais qui se ralliaient à l'étude analytique nous voulons parler des Fumées de peu nombreuses. de lui.

tandis que de grands arbres tourmentés par ches sur humble le groupe de maisons reliquaire. la mer s'étend au loin. des rocs. Tout de Pourville. et leur conservant leurs couleurs. une promenade presque vertigineuse sur suite après. des grise et plus tendre. champs salins. promènent sur gazon vert. après les quarante années qui ont passé sur ces peintures. femmes et le sol se élastique et rude. perchés qui parfois surgissent comme brusquement à nos yeux. les émeraudes et les roses rubis de l'Océan. ou au soleil couchant. et du village et de l'église. l'originale silhouette la brise. ou à droite. et Il semble que perpétuellement se possède d'une façon surprenante. à cause de sur la côte.78 reuse : massive. c'est ou dessous. ou en plein soleil. ou la falaise de ou près. nous en foulons petites figures de dessous d'elles. les améthystes. bien en de nous qui regardons cette masse surplombante et l'immense plaine azurée. ou à gauche. Ou bien encore lorsqu'un imperceptible voile passe devant les saphirs. ni Il feux. ainsi les airs et étendent leurs bran- qu'un dais naturel au-dessus d'un . impressions devant les tableaux de Varengeville qui forment une série parallèle. atténue leurs Monet soit en même temps partout. rien flottant dans son dessin. se divisant en deux lobes énormes. Le motif est d'ailleurs différent et d'un pittoresque un peu plus accentué. est pour ainsi dire sous la falaise nos pieds. ou au loin. ou un jour gai et mélancolique. Tout est précieux dans sa matière et cependant. car. comme On peut offrent tiède encore la débordante vie ressentir les mêmes que l'artiste elles y dépensait. ou un autre jour plus soleil. tant apparaît infatigable ardente son exaltation de peindre. s'élèvent dans et le clocher. deux élégantes le la crête. n'est négligé dans sa facture.

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il devait entre- prendre encore. d'une courbe noble. et dominées par des collines qui sans être très élevées ne manquent pas de fierté. et viennent Aux les brouillards détours les perspecdes demi-saisons. les silhouettes boisées des fuyants rivages apparaîtront vaporeuses. d'une limpidité que font encore valoir de petits tives sont îlots joliment ébouriffés d'arbustes. les échappées suffisamment vastes au milieu des champs. tandis que la fraîcheur de la Normandie. elles forment ainsi autour de Giverny un spacieux amphithéâtre. au milieu de plaines abondamment plantées de bouquets de bois et de vergers. séjour d'élection. son port d'attache. Le fleuve campagne annonce déjà la luxuriance et la forme là une magnifique boucle. sinon pour les peindre. l'on dirait presque. trouva le les rives de la nouveau depuis Seine pendant vingt-cinq ans. qu'infatigable explorateur des régions et des couleurs. en un seul coin de terre seront réunies quelques-unes des plus enveloppantes séductions de nature le miroitement nonchalant du cours de l'eau. élyséennes. depuis les quais du Louvre jusqu'à l'estuaire.LA CARRIÈRE DE MONET PARALLÈLE AU COURS DE LA SEINE. Puis. les et par suite une immensité de ciel pouvant satisfaire les esprits et les yeux plus avides de lumière. tout à coup. et de Monet. la Ce fut Givern5^ Le village s'étend en longueur sur une belle route parallèle à la rive droite de Seine. du moins pour les dominer. d'une charmante élégance. le rythme Ainsi. : des grandes ondulations des coteaux. Plus hautes du côté de Vernon. un peu avant l'agréable ville de Vernon qui vient se mirer sur la rive gau- che. presque majestueuse. Ville et village ont plutôt le caractère de ceux de l'Ile-de-France. en songeant aux déplacements. AVEC GIVERNY POUR ÉTAPE DÉaSIVE Après avoir ainsi côtoyé le Havre jusqu'à Paris. se remplir les poumons d'air pur et s'impressionner la rétine de couleurs vierges. Le cours de la Seine est là d'une assez grande largeur et d'un calme. on .

tout ce simple et infmi répertoire à la profondeur duquel nous ne songeons presque jamais. La demeure. en enthousiasme. qui lui donnera les façons d'un un lac dans une maison rustique. en retraçant ces lignes. régulière. séparée de l'autre par un grand jardin en pente par son exposition ensoleillée. à peu près résumé. ses rideaux d'arbustes et de haies. la culture des légumes et des blés. une certaine petite demoiselle de compagnie Seine souveraine. plus tard étendue que Monet vint s'élevait s'établir en bordure de l'une les floraisons. et enrichie en 1883. ces deux éléments n'étant l'un sans l'autre qu'une poussée aveugle ou une activité sans objet. il deviendra. de roseaux. l'on parcourt les prés.80 dominer peut. constructions qui semblent aussi et logiques. favorable à toutes l'autre côté de cette principale route et d'un servant aux communications vicinales. l'atelier et la bibliothèque de Claude Monet . la maturité des moissons. accomplit avec beaucoup d'entrain la et de conscience son rôle de cours d'eau rapide. peut pendant des années sans nombre pourvoir de sujets un artiste qui. pour transformer effort fester côte à côte. — Enfin la vie trop moderne ne viennent — ou ne venaient encore désharmoniser. en étudiant ces forces. le étendues les et voir s'agencer puissant entrelacement des lignes générales. entre deux routes parallèles. de l'épi. y songe. vient mettre aux ordres de celui qui possède quelque domaine sur ses bords. Tel était. Alors. et de l'homme lui-même. d'iris aquatiques phars qui pouvaient s'aristocratiser en variétés plus rares et La vel- de ces larges nénuacquérir noblesse de et nymphœas. De et était léité lacustre de en confortable et. bienfaisance en splendeur. le long de la même de Giverny. aussi naturelles que de celle l'arbre. C'est villa. permettant tous les tracés moins se dilatant par fantaisie en de Genève en miniature. Elle serre de très près le village. L'abri rivières. et le culte des fleurs. en modelant ces masses. les labours. qu'au- cun rappel trop brutal de jusqu'ici. en grimpant sans peine sur les plateaux. la massive architecture des meules qui témoignent de hommes l'effort fructueux des des maternelles constances de la terre. activeur fertilité. ainsi que la modération du climat. douce. qu'aucune hideur industrielle. plus touffue chemin de fer-joujou et d'une configuration terre favorisée des coquetteries de l'Epte. par la ferveur de sa sensation et et l'entretenir par l'expansion de son sentiment. cet homo additus naturœ. lui. si si l'on s'arrête dans quelque village voisin. Car. Il suffira de quelque La bonté du terrain. et jusqu'à tel caprice d'élargis- sement. ses et petits bouillons. fluette mais vive. ou plutôt de les faire se mani- que donnent les hauteurs. une sorte de créateur. la naissance des printemps. les plantations. la vie rustique. la fraîcheur que maintiennent les y contribuent encore. Rhône minuscule une autre pièce de celle-ci se parait s'étalait. car il sera alors cet homme ajouté à la nature. en analysant ces magnificences et ces subtibilités de la création. dans ce coin de France (comme en maints autres d'ailleurs qu'un pinceau passionné n'a point consacrés) permet. le séjour. babillard à de donneur de pittoresques intermèdes. en art. l'Epte. touffes de joncs.

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enfin qui. donne d'encouragements à Monet choisissait le les œuvres. des amateurs. villes. sortir interprété mains. . et se porte en avant pour mesurer tout ce qui devait encore passer devant de de le faire sourire tels yeux. l'esprit s'arrête un instant sur ces coïncidences. si on vous prend plus de temps de travail et vous le courtise. fuit plus qu'il lui.81 pour les années où il demeurait chez et stériles discussions tout ce qui. parti d'un laborieux. ne vous qu'il travailler. ne peut prévaloir contre cas. mais qui se borne généralement à la suivre. veut conserver intactes homme et qui. ne vous écoute. d'un sage. entre- croissantes ses énergies. des confrères. on ne peut s'empêcher de penser que cette terre de Giverny avait assez d'importance sur la carte historique de description. que et cette date de l'art français moderne pour justifier un peu de 1883 n'est pas dépourvue de toute solennité. des oiseuses en général de et. qui peut faire l'opinion. ce qui aurait pu télégramme ne Lorsque lui avait telles — si un pas apporté la nouvelle de la mort de Manet. Il en 1883. jour de l'ouverture du Salon. et d'un voyant une grande tâche à poursuivre. monde en tous loin du tumulte creux des des théoriciens. déjeûna pour le la première fois avec sa famille dans sa propriété de Giverny.

Tout en faisant là son séjour préféré. moulins à eau. ou bien un choc qui semble fortuit. ou emmitouflés de légères. presque dans l'ancien goût. Grâce à elles. des vues de Vernon paresseusement assise parmi ses verdures. qu'ils sont sans auxquels doute il ne résistera pas. les pensées oubliées qui étaient demeurées une amorce. le résultat — auxquels d'un travail latent de il l'esprit. de l'autre côté de la Seine.. suave.' i > . en art. quelques beaux tableaux : des effets de neige. un appel à résistera d'autant moins la construction. eux-mêmes aux lois des associations d'idées.•.. cette sorte de demi-Orient. d'un il acceptera diverses occasions d'absence. Ce seront une invitation au départ. Soudainement. BELLE-ISLE. village voisin. qui a trouvé des facilités de voyage dans le Midi et qui peut en faire profiter ses amis. ou subira l'attraction de plus ciel lointain. jetant aux yeux et aux sens. des vues de Limetz. un plaisir d'imprévu plus qu'un penchant impérieux de nature.. derrière une dentelle de soit ses gentils brumes feuillages. soit ses paisibles rues paysannes. cependant que beaucoup plus tard que n'est le peintre doit se confiner uniquement dans son Giverny. ETRETAT. Les créateurs... tout en y revenant sans cesse pour y découvrir quelque nouveau motif ou pour y accomplir. d'un objet capable de diversifier sa verve. caressant. ils retrouvent par une simple rencontre. y revoir même et y combiner quelques-unes de ses plus importantes suites sur un thème donné. une parole. . ALTERNANCES Ce : BORDIGHERA. Mais en même belle peinture de la temps une excursion à Etretat sera commémorée par quelque plage. sont soumis Giverny fournit donc. à échantillonner ces harmonies toutes nouvelles. les désirs insoupçonnés qui redeviennent une résolution. pendant l'année 1883.. une conversation avec Renoir./: ^. Il éprouve un vif plaisir.. avec les barques échouées au pied des rocs et la frange d'écume venant s'effilocher sur la grève. le fait partir avec lui pour Bordighera et Vintimille.

< H a: H Q W O < .

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83 toutes sortes de séductions insinuantes. tulipes l'appellent. de plus dramatiques accents. Ce sont alors les roches sombres. quasi-négligente. d'une plus grande intensité lumineuse et même d'un dessin plus large et plus emporté. dans la ainsi fixée l'a mer la falaise. Tantôt dans la clarté l'arche se voit au loin. . bien que toutes ces choses aimables. c'est que ces impressions plus septentrionales bénéficieront d'une palette encore plus affinée et vibrante. est ces suites de variations sur une de la Falaise de Monet qui nous masse pesante de la la hantise. séculaire et rude accourt. ne fût-ce que par un seul exemple. revenir à le vo5'ons. en Hollande. n'était pas encore suffisamment assouvi. l'entraîne à Sassenheim. sombre sauvagerie. tout cela exprimé d'une touche légère. Et c'est sans doute une escapade qui ses où les vermillons incendiaires d'un champ de fouetté par un souvenir. ce besoin du peintre de faire pour ainsi dire. ramassés sur eux-mêmes duel dans lequel jamais les adversaires ne succombent ni se lassent. tourbillonne. le tour de tous et thèmes et de toutes ses idées. torturées. d'atmosphère chatoyante. qui font qu'on ne sait trop fums ou l'on respire des couleurs. végétations d'aloës et d'orangers. non plus à la gauche du spectateur. Entre deux voyages il ne négligera pas de brosser une claire vue de Vernon. une joie d'une plus en 1886. qui recompose tout dans son apparent embrouillement. Ville perchée sur la diagonale d'une haute colline. crache son écume aux blocs même La vague rugueux. Cette sensation si si on peint des par- envahissante se discerne très bien dans les peintures de Bordighera et de Vintimille. au milieu d'arabesques un peu folles de pins parasols. si fait. ou bien d'accords plus virils. La seule dif- férence avec naguère. qui l'avait après les énervantes douceurs du Midi et l'avaient attiré à Etretat. tantôt même rude architecture. Toutefois. nous sommes presque au-dessous de sa le peintre l'a décrite encore à quelque distance). Une ou deux fois au plus. d'oppositions fortes. tantôt nous l'approchons de façon à en distinguer les assises rocheuses et la trace des morsures acharnées du flot. dussent encore une le solliciter on ne peut pas dire fois. opposant leur opiniâtreté à l'acharnement du flot perpétuellement en furie. si le à la fin de cette même besoin de choses véhémentes et année 1886. assez éloignée. l'autre qui l'a qui s'ouvre sur le vide et ne déjà un de ces thèmes générateurs qui inaugure même donnée que nous verrons se développer bientôt dans une progression de plus en plus ample. embrouillée. poudroiement de tons tendres. Mais comme saisi comme le voici. n'est-ce pas connue jusqu'à les peintures cette porte ogivale qui a se confond avec laisse passer un de que des ses linteaux flots rageurs. qu'elles répondaient à la véritable nature de Claude Monet. en arrière d'une vaste prairie. installé à Belle-Isle-en-Mer. c'est-à-dire l'ouverture de la falaise de l'autre côté (et placée à la droite. mais d'une négligence pleine d'art. à son besoin de lignes franches. dans — mais l'esprit ? — creusée. Aussi ne sommes-nous point surpris lorsque nous Etretat avec une sorte d'âpreté. De la sorte se remarque encore. mer bleue entrevue entre des broussailles. exécutées en 1884. de plans moins efféminés. souvent féeriques flatteuses. La au silhouette. porte percée qui d' Etretat.

à une ronde bouillonnante. Flot rochers sont non seulement invincibles.84 comme des gnomes monstrueux et têtus. Les rochers. la sombre plaine bleue. captivé lui par l'éternelle tragédie. . qui émerge comme le dos bombé d'un monstre. ou se trouve contrainte à une danse éperdue. semblent mouvements comme animés par palpitation intérieure. en lutte pour drame le d' améthystes tirant sur mouvement. le grenat. ou bien forment une cri- un cirque au milieu desquels la vague s'abandonne. pour arracher son secret de formes et de couleurs. vu d'en dessus. La profonds. Elles s'entremêlent inextrica- blement du et semblent se mouvoir. de bronze. en suivant cette manœuvre opposée et superposée qui se retire et de celui qui s'avance. suivant la distance et l'angle semblent éparpillés. des saphirs. Ainsi. des lapis concentrés. plus intenses cent fois que les claires teintes de la Méditerranée. dans cette série. hérissée de mille frissons. Les Rochers de piliers étroits s'élevant sur les houles ruines de palais fabuleux) vus d'observatoires plus ou moins rapprochés. Parfois. inexorables mer a des azurs. : ils et sont encore splendides. rageant et se lamentant. entraîné à entrer en lutte lui-même. La Et lutte les deux donne le et le ton le pinceau de Monet s'est laissé emporter. que Il résulte de l'immobilité de ces roches et de de cette mer qui annihile son les mouvement par tant de tableaux de Monet. ennemis. le grand premier rôle est donné à un énorme bloc. comme les les s'est-il contenté d'un petit Pyramides de Port-Coton (sorte de nombre de motifs. le ton. que. Claude Monet Goulphar. Les touches sont à la fois pesantes et agiles. Les nains rocailleux pren- nent des couleurs de pourpre. plus soutenus. l'agitation vaine contraires. Parfois. et dont elle modifie à peine la forme au bout de centaines d'années. Jamais encore sa facture n'a été plus flot complexe sur un dessin plus simple. sont en accord pour donne l'harmonie. Pour peindre cette harmonie dramatique. dont elle ne réussit qu'à agiter le pelage d'algues. contre cette monotone et magnifique furie. au contraire. lui suffisent pour créer des spectacles pleins d'unité et pourtant de changement. est seule.

1—4 « O H O O < W O (/2 w .

.

et dont sans doute lui-même ne s'est jamais rendu compte. cet enthousiasme fécond fut presque constamment coupé par des accès de doute. On même même tête l'a jugé exclusivement tenace. n'est pas donne à l'ensemble de comme le flux et le reflux. en révélant que si Claude Monet eut dans l'ensemble de son œuvre un élan de lyrisme et d'ivresses de nature plus intense que la plupart des peintres modernes. dans moins avide qu'on ne le croit. rapprocher ces contrastes artistique. tendre. des anxiétés allant presque jusqu'au désespoir. et d'autant plus inexacts que leur simplicité les rend vraisemblables. les plus heureux de son travail. des périodes de découragement. et. mais de un beau rythme. et régulier non plus de ses per- même. Mais il est en temps extrêmement sensible. Il y a d'autant moins d'inconvénients à le dire ce qu'il a de pensant et de noble. fonçant sur l'obstacle. est que il cette œuvre échappe depuis longtemps se trouve pourtant pour nous. trait En revanche de caractère. Mais il croira voir ce qui manque à celui-là. on dirait on l'osait. émotif. sans entrer de s'étudier sa production et de se raisonner. énergique. à part la brutalité. ou plutôt d'organisation humaine et artistique. et quant à ceux-ci. dans ce à l'appréciation de son auteur. Nous ne commettrons pas de ceptions et de son labeur. devant les résultats les plus beaux.QUE L'ŒUVRE DE MONET EST SOUMISE A UNE LOI DE CONTRASTES. Il peut attaquer l'ouvrage et tenir aux gens sans en démordre. mais de sa sensibilité continus de ceux qui régnent jusque sur sa vie ces intrusions trop coutumières à l'information contemporaine. un double intérêt qui aide à notre compréhension de l'œuvre et nous empêche de porter sur l'homme un de ces jugements tout faits. Et en effet. si l'ardeur calmée. et dont le public. ample avec indiscrétion dans l'intimité. une fois brutal. Un besoin de contrastes et d'alternances qui n'a peut-être pas été jusqu'à pré- sent assez étudié dans l'œuvre de Monet. alors qu'il les aimera. On pourrait. il n'aura pas de plus grande . car son caractère vivre et d'agir. il est tout cela.

parmi tant de tableaux mâles. elle n'est pas moins aisée à admettre que le perpétuel combat qui captivait Monet à Belle-Isle entre l'élément fluide sans cesse agité. Elle est la réfutation de l'opinion. Ainsi Monet ne doit plus être pris. sans nuances. marche de la positifs. Elle permet de comprendre pourquoi dans l'œuvre. posément (quoique toujours avec une ardeur alors contenue) à quelque cycle où la construction l'emporte encore même sur la subtibilité de l'harmonie. Sui- sentiments qui dominent sa vie mettra ainsi de produire les contraire. D'ailleurs ses affections seront choisies et raisonnées. nous dirons simplement que Monet se consacra avec une ardeur infatigable à l'organisation d'Une vente artistique au profit de la famille que Sisley laissait sans fortune. court. pour ceux qui voudront bien adopter notre manière de voir qui n'est pas venue sans réflexion. le Ces indications jetteront. non pas de pures impressions. à la fois préjugé. si nous nous en tenons aux exemples qu'on peut donner. dans fut. épanouie. s'élève. on en rencontre souvent d'une délicatesse criptif et « presque féminine. Nous n'avons plus affaire à un de ces caractères massifs. pour le sira des copiste entièrement passif de la nature. Mais telle claire ne pourrait croire en considérant son œuvre d'ensemble. qu'ils conduisent. et. légende. qui ne trouvent à apprécier que blement doué d'un admirable ouvrier. avait pour devise comme : nulla dies sine linea. semblables aux bœufs lettres. Au thèmes en rapport ou en relation avec Les tableaux deviennent ainsi. se ranime jusqu'à l'embrasement. comme l'ont fait les théoriciens des jeunes écoles qui ont réagi contre l'impressionnisme. ou bien enfin de se laisser aller avec une confiance légère. mais bien d'involontaires prenait Jean. en tant qu'écrivain des- promeneur solitaire » Quant à la dualité de cette énergie visible et de ce trouble le plus souvent caché. d'ailleurs intermittent. de sa vie. production artistique. et surtout contre sa suite immédiate. . chez Monet. en effet. il sera demeuré — d'assez longues périodes sans toucher un pinceau. ce qui peut donner à ceux qui n'en sont pas l'objet. et erreur de jugement physionomique. et l'a œil» admira- ne voient que l'instrument sans sentir l'esprit qui l'anime. confessions au sens où le contraire la diversité il y discernera même et y choi- de ses émotions. un Emile Zola. une tombe. un de ces laboureurs robustes. ou bien de travailler lentement. à aussi parfois — ce qu'on caresse de l'air et de la terre. et l'infrangible masse calcaire qui lui résiste et le domine.. (1) Sans entrer dans les détails de cette histoire. cette forte comme la il y a un trouble secret. ou du moins prétexte à le dire. Celui-ci pour ne considérer que suivant les spectacles qu'il aura été et pourtant fine organisation lui per- par rafales.Jacques Rousseau. l'idée satisfaction qu'il n'est pas sensible. toutes les journées comme poussé par ces sentiments à préférer. sous l'empire d'idées plus sombres. flamme qui tour à tour vant les par exemple. une lumière particulière plus vraie sur et l'œuvre et sur son enfantement. Au il l'observa. 86 que de se dépenser pour eux comme il fit pour Manet et pour Sisley (1). et sans exception. tout d'une pièce.

V2 Ui C/3 .

.

cette toile est et une hauteur d'une au-dessous de laquelle et couronné de son Municipe à allure de donjon féodal. entre mer le Cap d'Antibes. puisque timille sont de 1884 coupe heureuse avec et les la les Antibes sont de 1888. Cette succession de contrastes qui caractérise et domine une notable partie de de Monet commence à s'acccentuer au cours des années que nous venons la carrière d'étudier. eux-mêmes encore moins âpres que les sauvageries de la mer à Belle-Isle en 1886 et 1887. LA CREUSE. On voit que. production la les alternances sont trop constantes du hasard. ce seront les ardeurs de palette. en attendant que les d'Etretat ravins abrupts de la Creuse. les buissons la ville même. sans être simplement qui incendieront sa pour cela suivre une régularité mathématique. Les Pins parasols qui viennent dresser au bord tiges sveltes et contournées et le au-delà desquels se voit dans même de la nappe azurée leurs fantasque couronnement de leurs ombelles. Quoiqu'il en grande arche au premier plan. les parfums et les douceurs d'une seconde saison sur la Méditerranée. A rappel familier et apaisant des printemps dans l'Eure en 1890. puisque nous voyons alterner les effets souriants de Giverny en 1883. en 1888. de Monet se conforme à un rythme très pour l'été l'effet dont net.AUTRES ALTERNANCES : VINTIMILLE. un éloignement de rêve nonchalante. les harmonies plus sobres et les contours plus accusés en 1886. tandis qu'en 1891. Les silhouettes sont en général plus découpées. et hauteurs. fassent entendre cette période succédera à son tour le un appel plus véhéments. dans sa coquetterie. perché sur Bordighera et les Vin- soit. derrière s'aperçoit le village très à l'italienne. en 1889. La seconde saison méditerranéenne est plus corsée que la première. C'est sans doute par l'erreur d'une signature ajoutée après coup qu'une vue de Dolce acqua près de Vintimille est datée de 1886. les rochers et le miroir des . les suavités de Bordighera en 1884. les colorations plus chaudes. moins exclusivement caressée. auxquelles vont de nouveau s'opposer.

sentent l'arôme résineux des pins. nid pittoresque. d'océans. Nous pourrions nous reprocher. nous découvre la Un sans mouvement sous le ciel sans nuages. d'en être arrivé à ce moment de notre étude sans avoir assez dit que Claude Monet est. eaux de fleuves. la mer des tableaux d'Antibes. entre autres aspects sous lesquels on peut le considérer. tels sont les principaux motifs de cet aimable cycle. comme dans la série des Pourville se rencontre l'exclusive représentation des deux grandes immensités uni- quement en présence. . la palpitation. C'est l'eau mirages et sa flore. la richesse de ces tons et la On se plaît à voir dans ces toiles l'opposition entre fermeté rébarbative des terrains escarpés. vers lequel grimpe péniblement un sentier qui part du fond du ravin et du frisson même de l'eau. qui. où le pourpre domine. sillonnées de barques ou parées de grasses floraisons. un peintre essentiel des eaux dans toutes leurs apparences. la séduction ou la colère de l'élément. thèse que nous avons présentée. si l'occasion ne nous était pas fournie par ce rapprochement. bien que déshérité. voilà les deux tableaux les plus saisissants. chatoyantes. Aucun peintre de paysages n'a rendu avec une pareille sûreté et une égale variété la fluidité. d'une saison. Les Eaux trem- Roche perché jusqu'en haut d'une côte et détachant sur le ciel sa silhouette pauvre et fière. Nous enfin. miroir du ciel ou champ de bataille des vents. mais amenée par la logique des contrastes. mais avec des colorations différentes. Ces ravins sont tapissés de bruyères et de maintes végétations basses. mais qui devait finir tragiquement. mer seule. avait pensé qu'il y avait là pour le peintre matière à une énergique manifestation. de lacs. le sujet par M. blantes à Fresseline. ses le verrons ne pas se borner à tant d'effets déjà collectionnés. qui seront le années prendra son plus grand La Creuse fut le labeur de ses dernières prodigieux épanouissement. la transparence. des deux jouteurs de Belle-Isle. non sans une certaine audace. retiré à Fresseline dans une solitude qui n'était pas sans fruits poétiques. qui sont presque tous en Amérique. demeurée unique. si différents quaient à nos sens les senteurs de l'oranger. et thème sur lequel ami du poëte qu'il Rollinat. le Village de la . il l'a saisi et exprimé.88 dans leur égale quiétude. si l'on nous passe cette similitude. Toutefois. tandis que ceux de Bordighera et de Vintimille évoeaux. tout ce qu'elle peut faire ruisseler de prestiges et de gammmes. Gustave Geffroy Celui-ci. — sont surtout bâtis sur le motif des ravins au fond desquels coulent des eaux étroitement encaissées et bouillonnant clairement sur leur lit de pierres inégales. de cette suite. Claude Monet y avait été emmené avait rencontré à Belle-Isle et avec qui il s'était lié d'amitié. comme aussi une toile de Belle-Isle montre seulement la mer agitée sous un ciel moins clément. en 1889. de canaux. Tout ce que l'eau peut capter de lumière. — le fait s'explique Américains venaient justement de s'aviser du succès commençant à venir largement pour Monet. : Les tableaux de par ceci que les la Creuse. d'étangs. si l'on adopte on pensera avec nous que Monet avait accepté la cette suggestion surtout parce qu'elle se trouvait concorder avec son besoin de se détacher des flatteries méditerranéennes. courantes ou immobiles.

C/3 .

.

jouer dans l'œuvre dont elle inattendu. singulier. que leur rurale architecture allait marquait le point culminant. Ce sont de tendres effets de printemps. rappellent ce motif. au toit rond. une année pendant laquelle fort peu des tableaux de Givern}datés de 1890. presque entièrement consacrée à l'expressive ingratitude Fait curieux (mais qui ne de la Creuse. et qui ne figurent que d'une façon subordonnée à l'ensemble. en avant du rideau d'arbres que l'on retrouve souvent dans l'œuvre.89 nous surprendra plus puisque nous avons constaté chez Monet le principe des thèmes générateurs et de leur incubation plus ou moins longue) de cette année 1889. se passe. superbe. au beau milieu plaine de Giverny. . de la date une peinture représentant une Meule. puis encore la plaine et le rideau d'arbres qui la termine. des glaçons Puis. charriés sur la Seine. L'on ne peut guère compter comme paysage en contenant deux du cycle des Meules proprement dit un vues à une certaine distance (collection Durand- faisant partie petites. sans remplir le rôle prépondérant. Ruel).

DEUX ÉVÉNEMENTS

:

L'EXPOSITION AVEC RODIN,

LA SOUSCRIPTION POUR

L'«

OLYMPIA

».

dans l'œuvre de Monet, nous
trouvons, en guise d'intermède, pendant qu'elle prélude par les effets de printemps à
Giverny, deux événements, de nature différente, qui n'ont pas laissé de tenir une

Avant d'aborder

cette nouvelle et décisive évolution

certaine place dans sa vie. Ils ont lieu tous deux en 1889.

L'une

est l'exposition

que Georges

Petit

prit

l'initiative

d'organiser

simulta-

nément des œuvres de Monet avec celles de Rodin. Les deux artistes étaient encore
discutés avec beaucoup d'acharnement. Cette accession à une galerie très recherchée,
ouverte aux réputations consacrées, ou réputée les consacrant définitivement, eut
quelque influence heureuse sur le profit matériel que Monet pouvait enfin commencer à retirer de ses tableaux. Rodin exposait entre autres les Bourgeois de Calais.
Monet avait des types des principales époques que nous avons jusqu'ici passées en
revue. Nous nous rappelons avoir assisté, le jour de l'ouverture, à la rencontre de
Rodin et du critique alors redouté Albert Wolff, de qui le temps n'a pas respecté tous
les enthousiasmes ni toutes les condamnations. Pour Rodin, toutefois, il sembla faire
preuve ce jour-là d'une grande clairvoyance.

«

Ah

!

c'est

vous M. Rodin,

lui

entendîmes-

nous dire de sa petite voix blanche. Eh bien, vous avez beaucoup de talent. » Rodin
s'inclina cérémonieusement. Pour Monet il lui fut plus difficile de revenir sans transition sur les articles où il comparait les impressionnistes aux pensionnaires des
maisons d'aliénés, mais il sembla admettre que le peintre et lui avaient fait tous deux
des progrès. Nous n'insisterons pas sur cette exposition; nous devions surtout signaler
sa date

comme

celle

sinon du premier, du moins d'un important revirement dans

du public.
Le deuxiêîne événement nous

l'opinion d'une partie

Monet,

ne

fait

les facultés

intéresse bien plus en ce sens qu'il

montre chez

d'enthousiasme, le dévouement à une idée ou à une amitié, ce qui

qu'un dans son esprit aussi ferme dans ses sympathies que dans ses adver-

91
sions. C'est la souscription organisée

par

en vue de l'achat de l'Olympia,

lui

et la

campagne infatigable menée pour faire accepter l'œuvre de Manet par l'Etat pour les
musées nationaux.
La souscription dans l'ensemble fut brillante. Elle faillit un moment devenir
dramatique; et elle ménagea à Monet, relativement à certaines des personnes sollicitées,

quelques surprises.

Les

furent pour la plupart, empressées, vibrantes, touchantes

lettres qu'il reçut

parfois. Les

noms

les

plus divers se rencontraient de ceux qui tenaient à honneur

un peu d'Olympia » comme disait Toulouse-Lautrec dans sa réponse, Puvis
de Chavannes se rencontrait avec Degas, Duez et Gervez avec Mallarmé. On comptait
« d'acheter

encore parmi

Armand

empressés Duret, Moreau-Nélaton, Raffaëlli,

les souscripteurs

Dayot, Robert de Montesquiou, Lerolle, Flameng, Chéret, Lhermitte, Jeanniot, Guillemet,

Carolus-Duran, Pissarro, Roll, Frantz Jourdain, Ribot, Chabrier, Ary Renan,

Besnard(l), Boldini, Fantin-Latour, beaucoup d'autres.

Ce qui nous porterait à croire que
temps héroïques,

c'est

que certaines

lettres,

l'on

encore (en 1889

vivait

on peut aujourd'hui

!)

dans des

non seulement

le dire

sans indiscrétion, mais encore avec la certitude de valoir à leurs auteurs plus d'affection et d'estime, traduisaient à la fois le

bon

vouloir, et la difficulté de le prouver.

Dalou avouait sans détours que sa pauvreté l'empêchait de dépasser un
modeste. Rodin
petite

somme

« traversait

une

crise d'argent »

qui ne

le laissait

équivalente. Jean Carriès se trouvait logé à la

fut peut-être encore le plus

émouvant

d'entre eux. «

Mon

l'espère,

vous

longtemps sans

te prévenir.

Manet

Mais

ques francs de

:

11 janvier 1890,

côté, et

plus modique, avec
a dû avoir

le

envoie cette

il

un mot où

il

plaint

enseigne. Renoir

cher Monet, écrivait-il

mais

ira

je

(le

ne puis pas

au Louvre sans moi,

mais je ne puis faire autre chose que des vœux pour

tentez. »

disposer que d'une

même

11 août 1889), impossible de trouver de l'argent. Je suis désolé,
te faire attendre plus

chiffre

la réussite

je

de ce que

pu mettre quelsomme d'autant plus émouvante qu'elle est
affectueusement son ami pour les tracas qu'il
au bout de cinq mois,

il

a

« ...Si c'est fini. »

Aux beaux

élans de cet

hommage

collectif des

principaux artistes et amateurs

quelques refus assez inattendus se produisirent. Alfred
y eut une contre-partie
Stevens et James Tissot se récusèrent pour des motifs de simple amour-propre. On
s'expliquait plus difficilement que le chanteur Faure donnât pour raison de son absil

:

tention sa certitude

«que

la

manifestation n'atteindrait pas

aurait été encore plus difficile

si

but proposé», ce qui

tous avaient donné cette réponse.

Mais plus surprenante que toutes
et

le

les autres fut l'attitude

d'Emile Zola, l'ancien

hardi défenseur de Manet. Sa réponse bourrue, maussade, illogique, sera reproduite

non pour exprimer une opinion défavorable sur le caractère du célèbre écrivain,
mais pour montrer comment, même chez un homme d'une haute intelligence, même
chez un ancien compagnon de luttes, les nerfs parfois parlent plus fort que la raison
ici,

:

(1)

Besnard en envoyant sa souscription, ajoutait

:

«

Mais

le

tableau n'ira pas au Louvre certainement.

»

92
«

Mon

cher Monet,

souscription dont vous

de peinture

même

chagrin, mais je ne puis m'inscrire à la

écrivait-il, j'en suis très

me

pour

parlez. C'est chez

moi un

le Louvre... J'ai assez

parti-pris absolu

défendu Manet par

la

de ne pas acheter

plume pour

crain-

pour ne pas craindre] aujourd'hui lei reproche
de lui marchander la gloire. Manet ira au Louvre. Mais il faut que ce soit de luimême (!) en pleine connaissance de son talent (?) et non sous une forme détournée
du cadeau, qui sentira quand même la coterie et la réclame. »
dre [évidemment Zola veut dire

ici

:

Cela n'était qu'une erreur de jugement, une bouderie, dont les motifs, au reste,

nous importent peu aujourd'hui. Ce qui fut plus grave, et qui causa un incident assez
pénible, ce fut non plus un simple refus de souscrire, mais une véritable opposition
à la souscription. Et de

la part

de qui

?

De

non sans

l'ancien ministre qui avait

dif-

non sans courage fait donner à Manet la croix de la Légion d'honneur. Il
est trop humain de blâmer ce dont nous n'avons pas eu l'idée pour que l'on s'étonne ici
de l'attitude d'Antonin Proust et qu'on lui en fasse même un très vif grief; mais l'avenficulté et

ture est curieuse à rappeler.

Commençant par
écrivait tout d'abord

dire

que

les

pour quelles raisons artistiques

œuvres de Manet

il

désapprouvait

musée

plus dignes du

les

l'idée,

étaient « celles

qui témoignaient de l'impression que lui avaient causé les maîtres de l'école espagnole
et celles «
la

beaucoup plus intéressantes qui ont déterminé

lumière de convention de

l'atelier. »

Il

ajoutait

:

«

pas

Déjeûner sur

le

d'excellentes raisons

qui est du

l'herbe,

L'Olympia, avec ses très grandes

même

pour ne pas accepter l'Olympia

»

les artistes à réagir contre

qualités, n'a pas la signification des toiles auxquelles je fais allusion. Elle

même

il

et

ment public ne donne pas gain de cause à ceux qui

Le Louvre trouvera

temps...
il

ne vaut

craindre que

est à

l'auront offerte. »

le senti-

novem-

(14

bre 1889).

Monet supportait impatiemment que

les

motifs

précisément fournis par ceux qui auraient dû
s'était

voué avec tant de passion.

Il

le

et les prétextes d'insuccès

seconder dans

s'affligeait et s'inquiétait

fussent

la tâche à laquelle

il

de voir qu'une pure mani-

festation d'art menaçait de tourner à l'a

événement parisien», presqu'au scandale. Et
publiée par le Figaro donnait, de la bouche

sur ces entrefaites une « interview

»

d'Antonin Proust, à

pour l'Olympia

à la veuve de

la souscription

l'artiste.

Les amis de

celle-ci et

le

caractère d'un secours déguisé

ceux du disparu en furent vivement

offusqués et chagrinés. Antonin Proust désavoua vaguement

Monet un envoi de témoins.
achevé de rendre désastreuse

Il

mais annonça à

n'y eut heureusement pas de rencontre, ce qui eût

l'histoire

très explicite et des plus dignes,

prendre un

l'article,

de l'Olympia,

et l'incident fut clos

par une

où Monet, déplorant que certains eussent

lettre

feint de

beau témoignage d'admiration envers une œuvre et un maître pour une
aumône clandestine, et surtout que les détracteurs de Manet pussent trouver là un
si

excellent prétexte à manifester contre lui plus vivement

amis

don de ce tableau,
c'est parce que nous l'avons jugé un des plus beaux
l'œuvre du maître. »
et

moi,

écrivit-il,

avons

fait

que jamais.

«

Lorsque mes

et

eu

et

des plus caractéristiques dans

l'idée

de cette souscription,

93

Ce ne fut pas sans de grandes difficultés que Monet finit par faire accepter à
l'Etat l'œuvre qui aurait dû être donnée sans discussions et accueillie avec empressement. Comme disait le bon Renoir « il ne s'amusa pas beaucoup avec cette affairelà. » Aujourd'hui il est bon que le public se souvienne que c'est à l'ardeur et l'opiniâtreté

de Claude Monet qu'il doit de comparer VOlympia et les œuvres des maîtres

anciens que Manet avait continués. Après de
1890,

un décret

qu'il

demeurerait au Luxembourg ni
Il

fallut

était

rendu, attribuant

ne

illustre des

pas attendre

fit

heures.

On ne

musées,
la

du

Conseil,

les délais

le 7

novembre

tableau aux musées nationaux sans garantie

qu'il irait

que quelques années plus

étant devenu enfin président

au plus

le

nombreux atermoiements,

tard,

au Louvre.

M. Clemenceau, de chef de l'opposition

Monet

allât lui

demander pour Manet

l'entrée

L'homme

réglementaires étant accomplis.

d'Etat

réponse, ni la solution, ni l'exécution, plus de vingt-quatre

à ses ordres.Le transfert fut opéré

résistait point

demande, en dehors de toutes

les

même

jour

le

de

la

coutumes administratives.

Ainsi se termina ce petit chapitre d'histoire contemporaine, que nous avons

un peu en guise de

relaté
le

divertissement, et plus encore pour éclairer le lecteur sur

caractère de Monet.
S'il

était nécessaire

sort de notre sujet,

de

!

sur l'humanité en général

— nous ajouterions que M.

Depuis que je suis

Clemenceau, lorsque

prompte et de sa
au pouvoir, vous êtes

remercier de son intervention

vous

l'éclairer aussi

demander autre chose qu'un

si

service personnel. »

le

décision, répondit
le seul

homme

:

mais cela

peintre alla le
«

Que

voulez-

qui soit venu

me

entre mille sujets rustiques dans l'immensité des champs et parmi le travail du paysan. encore une fois. seul. L'idée art. De notre temps. dans deux ou trois magnifiques dessins. toutes les forces accumulées d'un amour du métier ne transcrire. les plus beaux Même aux temps où régnèrent les représentations les plus allégoriques. comme un monument. ont suggéré la divinité. POINT CULMINANT DE L'ŒUVRE.LES «MEULES». la gravité. nature nourrice. Millet a compris et exprimé. tout en rendre la masse. le les disettes. ont été figurées neuve en poésie eux-mêmes. soigneusement recouvertes. le caractère. l'attitude sous poids des saisons. Millet avait retracé avec grandeur la . Leur exposition à la galerie Durand- Ruel fut un événement artistique retentissant. la solennité des gerbes régulièrement amoncelées. Gérés. d'appliquer à du laboureur. bienfaits de la terre. enfin de ne montrer rien autre que cet objet familier et de ne voir. n'est pas et noblement tendre. sur la terre qui le supporte. Seul. Elle est noms du blé. Démêter. c'est ce dont personne ne s'était avisé jusqu'alors. pour traverser les sons dures et rassurer l'homme contre mûrit Mais de prendre ce presque le comme un de la paille blonde sur laquelle ^ grain sacré. C'est de 1891 que sont datées les Meules. ET LEUR VERTU ARCHITECTURALE. (dans un des quatre tableaux des Saisons) pour faire du grand champ de blé tout un personnage plus important à nos yeux (et aux siens même). sai- même édifice être. évocatrice même vieille divers d'une suprême des comme même l'art et la de façon majestueuse vers. toutes les perceptions d'un œil délicat. que Ruth et Booz qui — se rencontrent parmi les épis. et d'un amour de la nature. Cybèle. les apparences sous les jeux de la lumière déterminés par la baguette magique des heures. de formidable. il se trouve un Virgile un Poussin pour tirer des seuls enfantements du sol la poésie la plus profonde.

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i .

qui rachète par tant de si maternité ses rigueurs. vous le voyez aboutir. l'asso- comprendre combien ce motif le retint d'une façon en quelque sorte nécessaire. Mais. des fêtes encore plus aiguës. les coloraient de tout un fantastique mystère. inévitable. l'enchaînement. qui se trouve entraîné par la suite. vous pouvez plus nettement que lui-même. les belles lignes les gestes simples de la Meule. Monet croit donc que ce fut seulement une abondance d'effets qui l'induisit à multiplier les variations sur les Meules. puis une autre. il demandait une des vite toiles blanches apportées. Déjà cette raison justifierait l'opinion. amplifiait son dessin. Ainsi. seule notre instinctive gratitude témoignage de et interroge ce l'effort qui ponctue la solitude et Monet. silhouette. Dans tableaux de Meules de Monet. c'était non pas l'étude projetée tout d'abord. il était venu avec sa belle-fille. le soleil Il revenait son analyse. montre à quel point l'idée même d'isoler se serait pas douté sur le l'instinct du peintre associé à et moment la force expansive du souvenir. toujours avec plus de variété et de largeur. les effets de coloration se succédant rapidement. de sa force expressive par rapport à la plus grande simplicité concevable du sujet et des lignes tables sur lesquelles il est construit. Il raconte qu'un jour. perfectionnait Puis l'été ne couchant à plein affolement de rayons. mais tout un cycle. sur et sous la neige. lumière donnait aux meules lui suffisait pas. seule sa vie les est attestée. Nous avons donc dit. c'est ici que . une autre encore. Cela non pas seulement à cause du caractère complet de ce cycle. le relief. d'autant plus conforme à la direction de ciation de ses travaux. qui sont vives et heureuses ici avec nous fait rejeton et fructifie. séduit par l'opulence d'une belle meule dans la plaine de Giverny. la et à leurs alen- communiquait une émotion à travers lesquelles on devinait leur tours. qui vont aller se développant. fixant le plus rapidement possible l'essentiel des ombres. Cela est d'autant plus causé par une loi de son esprit. toute pétillante sous l'intense soleil d'été. Mais le soir s'approchant. tout un poëme des peut-être plus dramatique. Mais vous qui avez observé la progression suivant laquelle que chez lui une idée latente d'autres. pour en faire une étude. Vous l'avez vu annoncé. quand Monet ne de ses conséquences. en connaissance de cause. l'avait mis en présence d'un des objets décisifs. des chatoiements jetés par les jours suivants. M"° Hoschedé. mais encore était-ce pour noter de ses constructeurs. a pensé que son mélangée d'un peu d'anxiété. L'hiver. d'un des véri- sommets de sa carrière. que les Meules marquent le point culminant de l'œuvre. en simple état de «devenir». la voie où ses facultés et ses attractions l'ont engagé. brumes enfin. ou bien pour faire reposer dans son ombre une paysanne endormie. trop passionné à analyser même. corsait sa pâte. au bout de l'année. sans nul dessein de multiplier ses obsercycle des Meules était vations sur ce thème. Les phases de cette terre qui nous fait payer cher sa clémence. des lumières. D'ailleurs d'étudier en ne suffit-il pas de faire remarquer que soi-même une meule. contemple la nature pour avoir la contredit le loisir à la fois. tandis ne se reproduisent plus. que nous avons déjà à plusieurs reprises noté certains de ^es thèmes.95 forme. son élève et sa confidente. de s'analyser lui- dû à une circonstance fortuite. l'homme est absent.

96 la couleur chez Claude Monet atteint pour produire la plus haut degré de sa pénétration analytique plus grande richesse et la plus grande puissance d'effet qu'il ait obtenues jusqu'alors. complet. de tout ce qu'il a conquis sur nature a éveillé. de toute son étude. et même est généreuse. de se compléter encore. de toute son expérience. solide. embrasé en lui. Cette matière avec le temps prendra est le résultat la solidité et la profondeur d'un bel émail. et cependant susceptible en s'appliquant à d'autres sujets. De la sorte. autant que presque impossible à analyser parce qu'elle d'une analyse poussée à l'extrême. somptueuse. La matière la le couleur est complexe. la nature et de tout ce que la . le peintre est parvenu à un résultat définitif.

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i .

la série n'est point il cette et année 1894 pouvant allait voir naître être considéré à la fois un nouveau comme sa consé- son aboutissement. des Vernon matinaux très lumineux complètent ce même moment de détente. ainsi trois qu'à se livrer aux hasards heureux des promenades dans la région de Giverny. ans se passent encore à revenir sur ces différents sujets. cycle. digne d'être mis en parallèle avec celui des Meules. ombre projetée en zig-zags par le soleil à Port-Villers. mais que la réussite plaisir. mais d'une qu'il édifiait ce paracheva quelques belles variations charmante élégance décorative : la ligne souplement incurvée suivant laquelle se déta- une rangée de Peupliers sur chait sur le ciel les bords de l'Epte. Claude Monet n'avait pas peint un jeu littéraire des architectures de paille. de d'un rapport.DES « CATHEDRALES » ET COMME QUOI ELLES SONT LA SUITE LOGIQUE DES «MEULES» En même temps monumental cycle des Meules. Claude Monet sur un thème de moindre portée. c'est l'ombre portée sur toute la surface tiges sveltes. Une des vues est légère qui fait de deux fait admettre avec même laisse demeurer à l'état d'exception. Des vues cet intermezzo. Dans une entrevoir comme à travers un voile argenté les grêles silhouettes que son caractère et brume par d'une observation curieuse. trait du gazon. attire l'artiste tiges. la prairie imprévu de de Giverny semble s'éveiller gaîment. Monet avait n'aurait pas peint les Cathédrales. Mais le curieux. ayant avec quence et lui plus Meules. d'autres levant qu'on devine. d'une importance capitale. ou de transition. C'est ainsi qu'en 1894. arabesque originale à Deux ou la trouvaille de laquelle Hiroshighé aurait applaudi. d'un charme inattendu et un peu paradoxal. Riant et séduisant prétexte à étudier la coloration des frondaisons et des troncs selon les diverses heures du jour. Ce n'est pas simplement que de rapprocher ces architectures de pierre les . C'est Il cependant que de la Cathédrale de Rouen paradoxal de penser que si qu'il s'agit. la la tendresse grande plaine fraîche que nous connaissons déjà de ses verdures de printemps.

Sur des motifs aussi simples. autant que nécessaire. où marche depuis les prene manque pas. n'atteignait pourtant et ne devait attein- dre qu'une première étape de la nouvelle route que Monet avait devinée par son instinct et préparée par la logique lui. des conquêtes de toute mais aussi pleins sa carrière. puis celles où la couleur s'éclaircit modelé perd un peu de son relief. il était inévitable au même. sur un thème aussi simple que celui de la Meule de pareils résultats. en raison de leur isolement dans l'atmosphère. modelé étroitement liés et concouleur donne le modelé et que le modelé Cette magnifique réussite d'une couleur et d'un fondus l'un dans l'autre. en l'intérêt art. lucide et raisonnée possession de soi-même. cette analyse et qui de la maintenant s'ouvrait devant couleur faisant corps avec cette puissance synthétique de construction donnait. l'audace : parfaits de l'on appelle. Le croire serait méconnaître tout ce que nous avons tenu à faire ressortir de toute son œuvre. Ce que aussi imposée à Monet. ni la vivacité de maint ton pur juxtaposé. cette démonstration mais bientôt donnait à que l'avait ples d'une idée juste. que le succès ne lui était plus outrageusement refusé. ce qu'on pourrait appeler l'air et la Nous avons mières œuvres sous l'influence de Corot. forme. Du moment que de son labeur. parce que justement ce n'est ni l'éclat. ni le bariolage. jusqu'aux années de Vétheuil et de Giverny. de telle façon que la appelle la couleur et ne peut se passer d'elle. ce qui revient en cette maturité d'âge qui permet encore . autant de confirmations des convictions. objet quelconque. leur masse. la palpitation le des solides plongés dans la nature. s'était passionné justement à cause de la tentative. qu'il se sentait dans la vérité de ses recherches et de leur réussite. des recherches. les que même cette simplicité tours de force. tout d'abord à son propre insu. se présentant à sa vue dans le champ de Giverny. parce que la lumière et la couleur s'y concentraient plus fortement que sur n'importe quel volume. leurs lignes. de les appliquer à des données plus fécondes encore. ces meules étaient pour Monet autant de problèmes à résoudre. qu'avait jamais cherché Monet. pour les raisons que nous avons dites. dira-t-on. « les longs que Monet appliquât ses nouvelles ses facultés renouvelées) à un thème à la fois . n'est autre chose logique du savoir réalisant rigoureusement les conséquences multi- l'irrésistible de l'audace. c'est-à-dire de la couleur. modelé atmosphérique de lumière. mais où la cou- suivi cette le relief leur ne comporte pas encore l'acuité analytique. ne les touche pas. arbre. Par ce que leur nature même. Son jardin aurait été. Le choix de ces objets n'avait pas été déterminé par le hasard. Puisqu'il était en pleine force et en pleine ardeur. un prétexte plus éclatant à prodiguer tous les jeux les plus éblouissants. il était beau à tenter. les plus bariolés Non. surface. où modelé et couleur se complètent mutuellement dans un équilibre qui tandis que le atteignait sa perfection avec la série des Meules. la chaude intensité de leurs ombres.98 amené à peindre été les Meules. enfin puisqu'il était espoirs et les vastes pensées » facultés (ou. plus colorées que celles de n'importe quel autre objet en pleine nature. et Le public et les amateurs superficiels admirent ce qui leur paraît qui est quelque chose de beaucoup plus beau et plus difficile que et ce la pleine. leur vertu de concentration de tous les rayons lumineux. sûre et claire.

qui. et n'opèrent seuls. rapprochement de destinées. le Havre quelques excursions. à part de ses charmes de sa source jusqu'aux de Monet se trouve analogue à un des plus fleuves de France. ou diversions plutôt. et l'on doit reconnaître maintenant qu'elle fut mal comprise. uns sans les autres.99 ample pour que la grande ligne et la puissante forme pussent encore s'affirmer davantage. cette Seine qui depuis Paris jusqu'au Honfleur a précisément engendré. des plus lumineux. les la Seine. sinon dans la construction même. Ce fut une assez grande surprise que cette série nouvelle. plus tard. c'est que l'ins- y a une part égale à tinct celle de que jamais la volonté. et pour Une des critiques les plus curieuses à cet égard fut celle qui consistait à dire que ces tableaux ne sauraient avoir de Même mais para- cette signification et d'intérêt les opinion se faisait jour jusque dans les éloges. tracions ici seule. d'entraînant. on est forcé de répéter ce mot à chaque instant. et assez complexe pour permettre à la couleur de se faire encore plus richement diverse. comme une vibrante . ce thème. plus surprenante tout en restant vraie. arbitraires. Si il on qu'elle lui avait déjà fournies. cherchées. qui naturellement avaient été choisies par le peintre parmi les plus rares. qu'il put se dégager à son tour du monumental. Les les détails autres. Les uns auraient voulu une plus grande précision dans sculpturaux. que parvenu au degré pression. Et l'œuvre un des plus beaux même aisés. ne pouvait plus le trouver dans la campagne un tableau. et construire uniquement dans complètement la couleur en sous-entendant ou même en supprimant le relief. alliant l'amabilité et la force constante. après l'expérience décisive des Meules. comme plus important et beau. — si rare. par un concours de circonsdéjà traité un grand tances et de recherches fort singulier. devient très saisissant de cons- il moyen plus haut de son enthousiasme et de son Monet trouve à point nommé. inclinaient à ne voir là que des variations. une sorte de schéma des combinaisons de lignes Mais. La progression. déconcertés par la diversité des harmonies. semble maintenant l'appeler de tout l'élan de ses lignes et de toutes les pierreries de ses reflets. il ne pouvait en repartir que pour le monumental. exceptionnelles à dessein. serait surpris d'être nous de volumes et amené à conclure qu'il avait nombre de celles qui peuvent s'offrir au paysagiste. dans la carrière et dans l'œuvre de Monet est d'une extraordinaire logique. les le cours : thèmes permanents de cette Cathédrale le cette et à œuvre. plus magique sans cesser assez d'être naturelle. même de ceux qui commençaient à apprécier l'œuvre de Monet. Arrivé au monumental avec les Meules. le plus plus enivrant entre les deux points extrêmes de son par- de Rouen. Nous verrons même que ce fut. ils Au contraire perpétuellement celle-ci guide et celui-là excite. Ce qu'il y a de merveilleux. Ce cours est semblable à celui d'un beau fleuve qui malgré rives suit sa pente et son accroissement depuis les grandeurs de son estuaire. pour qui médite cette marche. d'où revenait toujours à il Lorsqu'on tater fait ce elle. sans doute brillantes. si — que tout ouvrage y a pour ainsi dire son point de départ et son point d'arrivée inévitables. les caprices d'ex- sujet adéquat et nécessaire. un peu. doxales.

et qui ne perd rien de son intérêt et de sa Monet étaient des œuvres dignes de lui. toute grise. dans un album. ou bien les Trente-six vues de la même montagne sacrée. la de la ciel. la transmutation en les argents du matin. pour la plupart. l'expérience est faite maintenant. classique en parmi eux les Cent vues du Fuji-Yama d'Hok'saï. ces compositions prennent pour l'esprit un intérêt. comme de foule. Les seconde. chacune d'elles ciateurs d'alors par l'analogie avec — : — demeure une œuvre isolée. pied et même dans de exactement à cette portion de l'édifice. la sensation d'art n'est pas plus diminuée dans le premier cas qu'exaltée dans le second. limitées exclusivement à la hauteur entre la façade. millionnaire intelligent le et cette rafle splendide. le milieu des tours et la largeur entre les par passant la plus riche transcription colorée morne ou indifférent ne voit façade comprise dans le sommet du deux portaux latéraux. contrastes d'édifices voisins. tous les passages de reflets les uns dans les autres. A distance. parmi les autres peintures modernes. le richis- cadre se plus somptueux de pierre que mais dont l'œil le du grand aux minutes décisives. comme au musée du Luxembourg. a ajouté du pré- cieux à l'harmonie. c'est-à-dire toujours plus fortes et plus raffinées que les précédentes. ou moins. les la reliefs en gris rosé. d'un . ou effets même élévation et sveltesse des flèches. comme dans la collection Camondo. presque sans sol et sans orfroi. il ne pouvait se faire qu'elles perdissent ces qualités par la dispersion. sûr. on commence à croire que ce fut leur étonnante réunion qui influença l'opinion. ainsi que leurs éthérisations fantomatiques lorsque les brumes s'abattent sur l'édifice. et l'enveloppent avec suavité. Si donc les Cathédrales de à recevoir d'un seul coup une révélation aussi éclatante. Celles des collections que nous avons citées sont assez différentes entre elles et assez typiques pour donner une idée complète de tout Celle Camondo du Luxembourg sont : est le reste. L'artiste avait voulu ne devoir son sujet. et les ors empourprés du soir. qu'à la cathédrale seule. Ces Façades sont nombreuses. encore mal préparée beauté. même seulement un amusement par leurs rapprochements et leurs contrastes. elles ne doivent pas être moins d'une quarantaine. et plus le sime gable central.100 page qu'écrivit M. Mais il convient de réfléchir que si à coup couleurs. ou plus. sans aucune des contingences qui auraient pu facilement opérer la séduction par surprise. apaisée sans l'éteindre. dans telle ou telle galerie privilégiée. avec toutes leurs scintillantes réactions. et sans diminuer l'intensité l'a con- du modelé. à cause de la solennité un peu triste et âpre de ces motifs. d'art accomplie. son appui. la maîtrise. solidée. à la cathédrale intégrale. d'un ton fauve avec l'une blanche avec des ombres bleues. au contraire. Par exception. Que l'on rencontre une cathédrale. Au surplus. Clemenceau dans inconnu à faire appelant l'A urorc. Peut-être cette thèse venait elle inconsciemment à l'idée des meilleures appré- une œuvre qui commençait à être célèbre. grande que blanche ou par le joaillerie grise. Le temps a exercé son action sur la matière colorée. ou que l'on en considère quatre. Monet exécuta quelques vues de la Tour d'Albane et de la Tour peintre de saisit. Ainsi trouvait complètement rempli. Les mises en toile étaient.

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de la forme étudiée en chaque linéaen chaque détail. pour article d'évangile. . plus cérébral. donnaient ainsi des œuvres d'art de haut prix. ou de ceux qui sont incapables d'apprécier la différence entre les créateurs et leurs singes. cette mobilité. la troisième. ne peut s'attacher qu'à um seul à De Il synthèses y a plus. un travail de copiste. si notre — tous Monet devait donc les choisir harmonique de peintre et une épure d'architecture. avec des reflets rose et or. — et il autres disparaissent et se fondent. tous ceux qui furent entraînés à l'imi- tation littérale de Monet. et l'on nous sommes en présence d'une expression Nous devons négliger par là même mêmes du détail ne nie pas que dans ce cas. par exemple. été forcé d'opter. avec un reflet qui dore par en dessous la profondeur des archivoltes. et pour en surprendre et en traduire l'idée de l'extrême diversité des les subtils accords. d'un bleu matinal indiciblement délicat. Mais parti adopté il est aisé de répondre que le par Rembrandt lorsqu'il se trouve amené à peindre un de ses mystérieux temples ou palais. la masse de l'édifice. soit par indigence d'invention. ou bien nous n'en saisissons nous embrassons du regard toute esprit s'attache à les larges toutes les façons. pis encore. les résumés de pour quoi Monet a reliefs Quand nous sommes en présence d'un aucun détail si tel un détail. On peut objecter à cela que les peintres d'architectures d'autrefois. que les procédés actuels de photographie surpasseraient. soit par impuissance de se servir de moyens leur appartenant en propre. on songe quelle prodigieuse sensibilité de perception s'exerçait sans se lasser jusqu'au bout d'un On cycle. Ces quelques exemples suffisent à rappeler harmonies. cette bonne foi des forme aiguë de la singerie. la quatrième. cadre des épisodes légendaires. Selon ce principe le jeu des ombres et des lumières est analogue à celui des tons et des reflets dans les Cathédrales de Monet. repose sur un principe entièrement différent. ne s'égarerait pas moins que sur fatigant. Mais on réfléchira que sur un minutieux relevé des statues et exclusives ment et des ornementations innombrables de cette architecture. soit enfin pour essayer de surprendre la amateurs économes. du matin également. les nuances ne pourraient plus jouer avec cette souplesse.101 gris qui fait ressortir l'azur profond de la grande rose centrale. Canaletto. unissaient une vérité scrupuleuse de détails et une couleur suffientre une impression samment équivalente à et la moyenne des perceptions de tous les spectateurs qui passent. sur lequel d'ailleurs l'œil de forme. ensemble. et deviendraient un bariolage accidentel. ou bien la fois. tel pourrait dire qu'à la rigueur ces jouissances de la couleur étaient forcément du plaisir plus rationnel. Van der Heyden. est un effet de soleil. et qui par suite prennent la vogue. sacrifices d'art supérieure. les exercent la même action sur nos sens et nos âmes.

évocateurs de vos propres souvenirs de promenade. un ou deux fjords calmes. Avec le minimum de lignes. sont et cipaux de cette série que nous considérons simplement En 1896 et 1897 entre sages. où belle Cabane du douanier même. l'espèce de sensation d'air salé qui vous vient aux organes en regardant ces tableaux. ou qui se satine et miroite sous les soleils voilés. s'il n'avait pas été déterminé à la peindre par un de ses instinctifs et habituels contrastes. Mais nous avons vu qu'il ne se décide à choisir que par des raisons de peintre. autres une aussi la célèbre Dans de les le revient se fixer à Giverny. par le sentiment d'immensité. On de Rouen. . et il est infiniment plus conforme à l'idée que nous nous sommes faite de la marche de son esprit.TRANSITION DU POÈME DE L'EAU. Monet vous pénètre de réalité On est réellement envahi et l'on domine en même et de rêverie. temps l'Océan qui paraît si cares- enveloppé douillettement dans ses brumes légères. à cause de son génie pictural. avec Inondation. des volumes très simplifiés mais sant. cathédrale et une sauvage et glaciale nature que La série Ici c'était le entre les délicatesses de la contraste résidait. larges peu accidentés.^ Après avoir peint où se trouvait un de la cathédrale ses fils. Monet alla faire un tour en Norvège pourrait penser que cette circonstance fortuite est seule cause de la série Scandinave. . r. norvégienne fut exposée chez Durand-Ruel. et par la diversité des harmonies. voilà tout thème. le village plus pittoresque de Sandwicken. produit de arbres motifs prin- nombreux pay- reflétés. où lever de polémiques mais sans elle intéressa sans sou- non plus provoquer beaucoup d'enthousiasme. tableaux qu'il peint sur ce motif la simplicité railles. l'originalité les il épisode. il comme un les si simple éclate particulièrement. sorte de croupe pelée et noirâtre sous la neige. Le Mont Kolsas. Une grossière hutte de pier- perchée sur une croupe maigrement gazonnée qui surplombe la mer. Il affectionne (célèbre grâce à lui) sur la falaise de Varengeville. de penser qu'il aurait pu aller en Norvège sans y donner un coup de pinceau.

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dans son indicible douceur. en possession d'une ardeur capable de tout oser et d'une palette capable de tout rendre. pour être complets. nous ferait penser qu'il n'y a jamais eu de naufrages ni de nuées chargées de foudre. tantôt dramatique à donner le frisson comme dans les Inondations et les Débâcles de glaçons. à l'occasion. ne venaient pas rectifier cette l'eau. la rattacher à cette sorte de poëme des eaux. apaisée jusqu'à duo de couleur et dans l'infini de lumière qui. si les Meules. au pays de Turner. Monet revenait au séjour de ses heures d'angoisses. l'un de ces Après trente ans. nous verrons trois cycles Monet lui-même la confirmer encore d'une importance capitale. revenant sans cesse avec une réussite nouvelle. dans lequel il a décrit l'élément à peu près sous tous ses aspects. entre ses eaux alourdies et son ciel surchargé. gracieux.l 103 robustement modelés. En nouveaux cycles de l'Eau s'amorce par une Vue du Pont de Charing-Cross. tantôt tumultueux comme dans les Belle-Isle. Giverny et Vétheuil exécutés entre 1896 et 1902. tantôt courant. au point qu'il pourrait être considéré comme la note dominante de l'œuvre. opinion un peu trop limitée. 1902. certaines vues de la mer en Provence ou sous l'immense voûte du ciel. les Cathédrales. Il faut. La vitesse de deux trains qui se croisent y est hardiment indiquée par la direction de leurs panaches se déroulant dans cette étrange atmosphère de la Tamise. Varengeuille. aux- quels nous arrivons après avoir noté. Au dans son ensemble par deux ou surplus. subtil. il une atteint belle intensité de couleur. divers Pourville. sans compter les anciennes vues de Paris. où le soleil n'apparaît que sous condition de couleur sombrement affolée. Ce poëme de nous l'avons vu se dérouler à travers une grande partie de l'oeuvre déjà parcourue. . comme sur la côte normande. Dieppe. dans cette suite des Cabanes du douanier.

une symphonie ne font encore que ces thèmes qui dans se laisser deviner. le terrible peut-être à cause des circonstances de certaines conditions du travail. malgré tueux. minster. Nous ne devons comme fuyante. qui avaient en réserve tant de tendresse pour ])eintre. plus lumineux — comme font Le cycle de Londres. du Parlement et de West- trafic incessant et un caractère alarmant. Le peintre des rives de la Seine et de ces moment où d'un il « le dut y penser terrassa lors de ce nouveau prés fleuris étudiait les aspects acres et grandioses des Ponts de » Il qu'elle arrose. Avant de partir. Mais la robustesse extraordinaire de son tempérament triompha du mal qui n'avait pas pardonné au pauvre Watteau lorsqu'il avait fait le voyage en 1720. au Londres fourmillants confus. qui donnaient à l'exécution une des plus hardies. il avait déjà esquissé. les choses que nous aurions pensé ne pas revoir.LES EAUX TRAGIQUES DE LONDRES. Pour la première fois contretemps. Mais ces eaux de Giverny. fut attaqué par une fluxion de poitrine qui prit et plus ardent que jamais. rêvé plutôt. fut donc loin d'être infruc- mêmes où il fut accompli. en son jardin qui certainement lui parut plus beau. à cause aussi mémoire et la reprise un caractère plus corsé. où peintures. Monet eut le temps de peindre plus d'une toile et de rassembler de nombreux documents qu'il put remanier et refondre une fois de retour sain et sauf. plus d'une fois pendant la grave maladie qui le saisit et le voyage. envahiront et s'imposeront à tout le reste. la dans une aussi large mesure suppléer à Vimpression. et ceux. plus délicat. forment une opposition avec le tragique courant de la Tamise. du moins la compléter. et qui plus tard s'accentueront. Au reste. A ce la à l'atelier de diverses la tentative demeure combinaison venait sinon moment le bruit en courut dans . un autre chant du poëme des eaux. que noter ici cette indication rapide. et. devant les caresses infiniment suaves de la lumière de France sur son étang de Giverny émaillé de nymphœas. tristement solennels.

W o H S eu .

105
les ateliers, et les

malveillances se hâtèrent de crier que Claude Monet avait prononcé

lui-même la condamnation de la pure doctrine impressionniste. Ils ne réfléchissaient
pas que Monet n'avait jamais été un chef de doctrine, un pontife, et qu'il n'avait pas
plus promulgué de théories qu'il n'en avait aboli. Ce nom même d'impressionniste, on
donné,

le lui avait

l'artiste avait,

et

même comme un

ou plutôt on ignorait que
produit maintes œuvres qui ne pou-

fruit d'une impression directe ?

lieu plutôt qu'en
Il

oubliait

Et que peut importer d'ailleurs qu'une œuvre

l'atelier.

commencée ou terminée en un

un

autre,

du moment

soit

qu'elle est le

vraiment beau de voir ceux qui avaient injurié

était

du temps au dehors, et à même le site, lui
coup de pinceau à l'atelier Pour un peu ils

qu'il avait peint la plupart

reprocher maintenant de donner un seul
lui

On

à côté de ses impressions en plein air,

vaient être exécutées qu'à

Monet parce

sarcasme.

!

auraient fait défense d'avoir un atelier

I

une conception plus nette de l'opération artistique, de se rendre compte que le prodigieux entraînement du peintre, sa
faculté exceptionnelle, accrue et fixée par des années de labeur, de capter, pour ainsi
Il

un

dire,

aurait été plus juste, et cela aurait dénoté

spectacle de nature, enfin sa sûreté d'analyse et sa subtile perception des rap-

rendent plus aisé qu'à tout autre

ports, lui

Que

si,

le travail

de mémoire.

après tout, aux temps héroïques de l'impressionnisme certains défen-

seurs de bonne volonté avaient formulé une espèce de dogme, décrétant je ne sais
quelles peintures à la course devant les motifs

jamais discoureur, n'avait pas prononcé des
et

il

n'était

et c'est la

harmonie avec tout

s'affirment absolument en

et la

ou achevés entre 1902

le reste

et

de son œuvre. La

dans cet irréel des fantastiques brumes londoniennes,
décision fulgurante de la touche, donnent les mêmes qualités à ces

recherche des accords,

vigueur

seule chose qui importe lorsqu'on les revoit

— ayant été exécutés,

à la distance, déjà de près de vingt ans,

la

éternels de conformité à ce code,

artiste créateur.

Les tableaux de Londres,

vœux

et

responsable ni des exagérations ni des naïvetés qui se prodiguent toujours

autour d'un

1904,

mêmes, Monet, toujours agissant

la vérité

peintures qu'aux plus franches d'Argenteuil, aux plus délicates d'Antibes, aux plus dra-

matiques de
les

Belle-Isle.

accords sur lesquels

sitent

un autre

Sans doute
il

gamme

la

d'une richesse plus sombre que ceux que néces-

est bâti, sont

eux-mêmes, et l'on
nous avoir donné une Tamise de fantaisie.
trait

yeux
ne peut certainement pas taxer Monet de

climat. Les effets sont plus mystérieux. Tels apparaissent à nos

les lieux et les édifices

Un

générale de ce cycle, ou plus exactement

de feu rouge

comme

le

sang traverse

les

nuées

vient se jouer en zigzags sur le flot perpétuellement clapotant

du

et les brouillards et

large fleuve

aux eaux

lourdes. Ce tison va fusant et s'éteignant dans le jour, le brouillard et l'onde, tous trois

d'un bleu aussi profond que celui de

rendent plus fantomatiques encore

la

la nuit.

Ces âpres fantaisies de l'atmosphère

haute tour

et le bloc

démesurément

vieux Parlement gothique, ou bien semblent suspendre, non pas entre

mais entre deux néants diaprés,

ou ceux,

sveltes et

minces

les

comme

large

du

le ciel et l'eau,

ponts massifs surchargés de piétons, de camions,

la

corde d'un acrobate, sur laquelle passent à toute

106
vitesse des express

empanachés d'une fumée qui

se teinte à son tour des reflets les

plus étranges.

Parfois le

London Bridge, avec

sa foule compacte, est violemment éclairé au beau

milieu par une lumière blafarde, tandis que

le ciel et le

même

ténébreux. Dans certains tableaux pris du

fleuve s'obstinent à

point, des usines, des docks, des

wharfs gigantesques apparaissent, et dans d'autres, on ne
d'autres ils ont disparu complètement.

Le

silence solennel qui enveloppe,

Ce

n'est

pas un médiocre

effet

du

talent de

dans un cadre de moyen format,
par

la force

de

Mais sous
y méprenez pas,
qui est le dessin

mer
du

les voit qu'à peine, et

au moins autant que

cependant un silence de mort. C'est

séculaire, n'est pas

le

Monet que d'avoir

et d'avoir

demeurer

le brouillard, le

silence

dans

Palais

du trop grand.

fait tenir cette

grandeur

rendu tout cela presque exclusivement

la couleur.

cette couleur qui
il

rend

bien l'impalpable et l'amorphe, ne vous

si

y a une construction, une architecture rigoureuse, un dessin caché

même

peintes sur la côte

de l'atmosphère. De

même

dans

les vastes et claires

normande ou provençale, sans autre

étendues de

contrepartie que retendue

y avait le dessin de cette insaisissable logique qui entraîne le monde dans
sur une route aussi sûre et aussi rigide que ce pont de fer sur lequel glissent

ciel, il

l'infini

les trains si

rapidement que

les détails

nous échappent

et

que seule

est perceptible la

direction.

Cette architecture sans lignes,

gement que jamais,

et

il

nous allons

n'est pas inexact

la

trouver bientôt réalisée plus

de penser que

les brouillards

lar-

de Londres

ont été la somptueuse et grave transition de l'architecture solide des Meules et des
Cathédrales à

phœas.

la

construction des reflets sur les eaux lumineuses du bassin aux

Nym-

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comme ceux des voix y a des basses de pourpre obscure. De ces masses alternées. pour son De esprit ram- l'autre côté avec la route et la petite voie ferrée pour un per- exercice. y Un et cependant bien rythmés. Chacun de ces chœurs est touffu. pétuel guide et conseil. s'équilibrent dans un immense oratorio. Elles sont plantées à profusion. touffue. jaillit une caresse suprême. Le jardin de Giverny comprend deux mondes celui des fleurs et celui de l'eau. large. Elles forment véri- tablement des chœurs qui se répondent. laissées libres étalent des festons capricieux Ainsi. s'étend celui de en largeur et descend en pente légère vers la route qui le sépare de l'eau. nourri. par phalanges associées ou contrastées. l'empire de . des contraltos d'écarlate. de chaque côté la bordure continue. se mêlent. frontière. des sopranos candides de blanc et de bleu pâle. pour son œil un permanent tour à tour une exaltation ou un repos. entre. combinées. les plantes qui se pressent en chacun d'eux suffiraient à égayer à souhait de nombreux jardins plus spacieux. le peintre a toujours tel jardin est pour lui un inépuisable répertoire. condensé de telle sorte que. au fond duquel est la maison d'habitation et les ateliers du : peintre. L'allée couverte par la voûte verte et fleurie que forment des arceaux de rosiers. qu'accompagnent les cuivres ou les ors des tournesols et des soucis. Cette polychromie. calculées par un grand coloriste et centuplées par l'affolement du visiteur. Une grande allée centrale le divise d'étroits passages qui en deux rectangles principaux entrecoupés permettent à peine de circuler entre les massifs de fleurs. lorsqu'il sort de sa maison ou même de sa riche sous les yeux le diapason lorsqu'il palette. une extase de couleurs. cette polyphonie. est faite de capucines pantes qui. Celui des fleurs. disjointes et convenablement espacées. est réglée de telle sorte que l'enchantement commence avec le printemps médiane et est et Il ne se termine que lorsque cesse la clémence de l'automne.I I L LE JARDIN ET LES EAUX CHATOYANTES DE GIVEEINY.

comme pointe vient à la rencontre de son image renversée dans l'Epte. l'on croit plonger aussi loin plaine. ont puissamment attiré et longuement retenu le peintre qui les avait toujours étudiés avec passion dans l'innombrable duo qu'ils poursuivent. celui-ci des nuances. Leurs feuilles aux couleurs métalliques. Elles s'étalent en groupes de disques au centre desquels surgissent les fleurs charnues. d'iris. Encore mieux on s'explique comment deux éléments qui échangent leurs irréalités. Que passe une nuée tendre ou l'image renversée de quelque touffe aux réalités du solide et du violente. ou blanches et mates comme la cire. ce rappel qu'accentuer la magie toujours changeante des nuances qui dorent. et en choisissant l'heure . de topazes. d'améthystes. recommencent parmi ces jeux des les accidents de la terre. rosissent le miroir avide Les plantes d'eau sont d'une autre nature que celles de et fidèle. interrompent. vaste et aussi varié qu'on on n'a qu'à abaisser le regard pour assister des mensonges de l'eau. des rivages.108 un l'eau présente est le monde tout autre aspect. Mais ces entrelacs et ces bocages ne sont eux-mêmes qu'un cadre. des de donne accès à pent des glycines et elles la villes. et il en fit le thème d'une nombreuse série. Un pont bombé. d'Hiroshighé. vers les fées perfides les ensorcelés. les plantes et celle aquatiques paraissent nager dans l'espace plutôt qu'être soutenues par liquide. On en voit des spécimens dans s'attaqua de où le soleil la collection Camondo entre autres. en trouve dans balustrades de ce pont grim- stalactites multicolores. bleuissent. puisque l'eau qu'on voit est le ciel. Ces aigrettes de rubis. gonflées. et en tout dernier lieu le peintre nouveau à ce motif redoutable en l'amplifiant en exaspère les gemmes. et que le ciel qu'on ne voit pas est devenu la seule apparence de l'eau. les pétrifications montantes du paysages les sol s'aiguisent vers celles qui dans dont la les grottes descendent de la voûte. moirent. Les fleurs y sont moins nombreuses. union si profonde hauteur des nuages Entre ces deux profondeurs. l'on Aux retombent en grappes. teintées de rose saumoné. avec leur grâce éplorée. Les bouquets d'arbres encerclés par des allées sinueuses y donnent une ombre constante qui ne se déplace avec les heures que pour donner au calme du lieu le charme de l'imprévu. qui enserre le vaste et paisible miroir d'un étang alimenté par Le cadre est assez quand on le voit le cours de l'Epte dérivée spacieux pour que lève les yeux en l'air. Ici que un moment le ciel se reflète aussi à l'étrange union des illusions de l'éther et que et laissée la libre de s'épandre. on comprend comment dans les légendes le fond des eaux participent de la peau grasse et attirait lisse. devaient tenter tout d'abord Claude Monet. ou plutôt comme la muqueuse calcaire de certains coquillages. la terre. celle qu'on voit des couches infinies de et qui se reflète. liquide ne fait que le surface la hasard des pas fasse rencontrer ou de quelque tronc de saule. de la race aquatique ellemême. En contemplant un peu longuement ces prestiges. forme de ceux que ce séjour des mirages. Le premier était le monde des couleurs.

.

.

qui écrivit pour l'exposition ouverte en Bernheim-Jeune une de ces vibrantes préfaces d'une galerie avait le secret.GIVERNY-VE3VISE. » Monet car jusqu'en fut inquiet. il ne l'a pas au moment même où il prend l'offensive. d'expliquer pourquoi Monet est allé à Venise tout de l'heure I où qu'il n'irait jamais. Seulement.. se renouant elle-même logiquement à celles qui l'avaient précédée. il ne La maîtrise. qui lui a toujours per- mis de se renouveler. Aussi Octave Mirbeau ne l'expliqua-t-il point et se contenta-t-il d'affirmer qu'il avait que de déclarer une la certitude.. Monet. reprises. je n'irai Ce qui permet à lités dit jadis 1912 à la belle exagération dont il : pas à Venise. « la rendre à la nature».. tourmenté. Suivant Octave Mirbeau. mais lui-même par une séduisante expérience en vue d'une œuvre considérable. Cependant. que Monet avait non. Mais ce n'est point là le phénomène qui se passa. la peinture et la poésie. doutant de lui-même comme aux jours de sa plus ardente jeunesse. Cette dernière explication était vague et peu satisfaisante. est plus difficile. c'est même. Monet aurait donc pu renouveler non seulement Venise. si l'on peut dire. l'eut jamais. l'avait fois cela dit.. ou. mais encore lui-même s'il en avait senti le besoin. cette inquiétude. quant à et il aller ajouta simplement que Monet «avait attendu de nouveaux pressentiments. Notre explication est tout autre. Il eu autant raison d'y la certitude et la maîtrise aboutissent à depuis longtemps ses plus extrêmes années. comme le dit le préfacier. ne se renouvelait point. Nous avons trop souvent suivi cet enchaînement pour ne pas comprendre se continuait. l'écrivain de développer un amusant paradoxe où les bana- qu'a engendrées Venise dans la romance. sont exé- Mais ce qui cutées de la belle manière. sans cesse remaniées. au moment où il attaque la toile et tant que dure ce corps à corps. se contrôlait . laissées à ce et il partit moment pour pouvoir les mieux reprendre au retour pour Venise. à Venise. conta — Venise.. ET RETOUR.. en 1908 il s'arracha à ces études longuement méditées.

ou comme tentée lement la même de l'analyse qu'avait sa volonté d'éviter le trop pittoresque. où de les irisations l'étang. le peintre a les moirures de la lagune pouvaient évoquer principalement choisi les motifs où la proportion d'eau est la plus grande par rapport aux édifices. façon plus accidentée. Seule la vue du Rio coin pittoresque de pont. contient une proportion d'eau minime. quée du dôme de la Salute. par qu'il le voulût. dont il subissait déjà les conséquences sans en prévoir l'étendue. pour ceux qui étudieront à fond avec nous l'œuvre de Monet. de balcons. ou bien encore le Palais Ducal. sans montrer le faîte ni ment entre de la la par conséquent masse architecturale Salute qui le séduit par un le ciel. résultat inévitable de la nature Monet et de tiques. telles que le Palais de la Mula. . une suite de maisons découpant sur le ciel une échancrure bizarre. étudie les maisons vénitiennes. plus brisée. l'effet d'oppositions le disait Mirbeau. qui est vue de l'autre côté de bras d'eau. il est certain que comme travail de transition. pris à distance. le Palais Dario. Nous avons vu Monet suivre le parcours de la Seine en acquérant à chaque étape des ressources nouvelles. de l'étang des aller et retour. Ensuite de l'ar- meule chitecture de la cathédrale. avec leurs massifs d'orientales maçonneries et leurs sentiers de canaux. et s'entraîner des batailles de vagues de Belle-Isle aux sinistres richesses du courant de la Tamise. et où elle n'est guère. moindre de la moitié.110 immédiatement qu'il n'y avait qu'un pas. déjà entrepris. La couleur dans presque toute la série de Venise. l'art cha- roman- de cartes postales. très peu contrastée. devinée. pour une toutefois d'une bonne partie. le peintre ne retrace que la portion inférieure. de lagune du premier plan s'étend Quand il comme un la plus et cas- grande largeur du devant lequel la portion tapis. doucement toyante. à laquelle la force logique obéit toujours sans la discuter et il grande surface d'eau émaillée de nénuphars ne pouvait se prolonger qu'en les champs entiers de la lagune. la domaine d'analogies toutes naturelles. Toutefois cela ne pouvait être qu'une excursion dans le sans s'analyser. De même. série fut elle conservera un intérêt capital. Cette extrême délicatesse fut cause que la moins comprise encore que certaines autres. Les principaux motifs sont Saint Georges Majeur qui semble : flotter avec sa tour effilée en guise de mâture. était suave. en tout cas. de son tempérament il avait inéluctablement été à passer à celle de la compte ou non. nymphœas à nappe de lagune où s'élève la floraison des palais bariolés. qui prend trop faci- plupart des peintres au piège. ou bien l'entrée du grand canal. plus scintillante que dans les premiers bassins des — nymphœas. Il est enfin à noter que les tableaux dont nous venons de parler. C'est pour cela qu'à Venise. mais encore tenus dans le secret de l'atelier. Mais il est probable qu'elle gagnera avec le temps toute sa valeur et. et passer des eaux franches d'Argenteuil aux eaux la transparentes et vaporeuses de la boucle de Giverny. s'en rendît et amené de son œuvre. en tous les cas. le Palais Contarini. mais de cette excursion il devait fatalement revenir à l'entreprise commencée. supprimaient le ciel pour le mieux montrer reflété. et de telle façon que le dialogue est seule- son avant-plan mouvant.

> .

.

trouver. le résultat analyse un les à diverses reprises. il de Il l'intensité extraordinaire qu'il même simplement d'un faut tenir compte. Certaines années même) SIENS. tout en passant alors le plus désa- n'est qu'après qu'il se gréable des quarts d'heure. en ces derniers temps. soit claire et unie. — alors qu'il n'est pas une seule de ses œuvres qui n'en soit une interprétation. homme qu'on a voulu considérer. C'est cet jeunes écoles. ou a moins ou à peine produit. V . soit se rapprochant aussi fidèlement que possible de la vision sombre et moyenne (1) Invenire. dans les comme un virtuose imperturbable. Il la périodes où Monet s'adonne pas- à l'accomplissement de certains de ses cycles. Mais son énergie se répare.THÉORIE DES ÉQUIVALENTS ET DES DOMINANTES. d'un chagrin. nouveau. que des écarts de temps parfois assez longs se produisent entre sionnément à Tel a la été. Aucune technique. en suivant chronologiquement cette étude. un « copiste » asservi à la nature. une transposition dans une gamme cette sorte d'invention (1). cuisinée. et d'ardeur. décide à la soumettre au jugement public. l'épuisé (et s'épuise parfois en jusqu'à ce qu'il en soit à peu près satisfait. parfois de reprise. plus important l'entreprise le trans- et plus difficile que celui âprement disputées. parfois simplement d'attente. sur ce vaillant. CHAQUE MAÎTRE TROUVE LES On aura pu remarquer. la modifie. doute. soit vibrante et analytique. conquête en de foi artiste plein et tel artiste. quand on dépense une fois creuse. sur cet énergique. découvrir ce que les autres ne voyaient pas. travail différent de celui de grouper des éléments qu'ils n'étaient pas à même de voir. puis il même qu'il tient temps en doute encore. une oeuvre. soit même rare. un une valeur seul coup de pinceau même qui n'apporte à révélatrice. lui- et ce une nouvelle épreuve. cet etîet. porte et il commence un travail qui lui avait procuré des joies si couleur de nouveau la l'attire.

il que Claude Monet a trouvé dans la nature des domiassez captivantes. jugés assez beaux pour contribuer : la silhouette de Vétheuil. soit d'école en général. est un langage à part. alors triplement copistes. car elle réside uniquement dans la façon de la ressentir de celui qui l'exprime. ainsi considérée. se trompent de but et ne devraient s'appliquer qu'aux peintres qui ont trop facilement et trop docilement adopté la manière de notre peintre. aussi à part. rien expliquer de l'essence de cette œuvre même. revanche. Les raisons en sont que d'abord ces apparences ne sont pas perçues identiquement de même la manière par deux de ces paires d'yeux. Or.112 de cent paires d'yeux humains prises au hasard. au fixe. cela est curieux à noter. que ces apparences changent avec une continuité et une rapidité prodigieuses. qui Les et Il reste tout à fait est la sienne. puisqu'ils exploitent à la fois façon de regarder. des apparences de la nature. pour d'autres motifs. — ceux qui et sont. peu réfléchies et point fondées que certains ont adressé à l'œuvre de Monet. et. L'on n'a qu'à passer en revue tous ceux qui se sont trouvés mêlés à ce mou- vement et que des désirs communs de libre manifestation d'eux-mêmes avaient . mêmes remarques aident à comprendre pourquoi le terme d'impressionniste d'impressionnisme. rigoureuse. Et cette beauté elle-même n'a rien de de codifiable. Ces techniques ne peuvent donc (que tendre à établir les plus saisissantes domi- moyen nantes. l'incompré- hension de celles qui. pouvant et devant nous parler sans aucun secours de paroles. de plus. lui barraient la route dans les années 70 à 80. ne sauraient. préjugés d'académie ou d'atelier. dans une autre région. C'est relief. des plus beaux équivalents. suite d'autant plus faciles à imiter qu'ils se distinguent de tous les les et pour cela que les critiques. mais aussi les émotions qui les accompagnaient. pour frapper tout d'abord les esprits libres de est incontestable nantes assez fortes. La peinture. C'est ainsi qu'une étude telle que celle-ci et toutes les autres de même genre. tions adoptées. et une une façon d'exprimer. miers au succès de l'œuvre. Exemples. Il ils est tout à fait oiseux. une façon de ressentir. rejoignant. et qu'elles se sont ensuite imposées au point de demeurer gravées dans les mémoires. de discuter les tonalités et les les pre- modula- du moment que les relations sont harmonieusement combinées et à la fois évoquent et renouvellent nos sensations devant la nature. ont été à notre avis. ne correspondaient à aucune entité. aussi expressif et aussi complet en lui-même que celui des sons. entre beaucoup d'autres formes une meule. eux. trouvés par un artiste sont aussi déterminés. et pas seulement nos sensations. ne pourra et ne devra jamais être une copie exacte. quand des dominantes ont été isolées avec autant de les équivalents empruntent quand — par autres. les peupliers de l'Epte. une cathédrale. qu'une invitation à En la ne peuvent être bien regarder. en dehors des faits qui permettent de classer les étapes d'une œuvre. Quant aux équivalents. soit d'artiste isolé.

113

Aucun

réunis.

n'est

analogue à

l'autre.

Boudin, qui assiste aux premiers essais de

Monet, ne ressemble pas à Jongkind, qui contribue à l'affranchir de ce qui pourrait

demeurer mêlé d'influences de Corot

et

de Courbet à sa vision déjà vigoureuse

et à

son dessin déjà caractéristique. Manet, parti des maîtres, ne ressemble en aucune façon
à Courbet qui a pourtant

comme

de l'un

l'autre.

une éducation de musée. Puis, lorsque par
réaction, ce que Monet a apporté de clair dans la palette et de lumineux dans l'atmosphère, agit sur le même Manet, aucune comparaison ne peut s'établir entre VArgenteuil
et les Argenteuils

Renoir

de

est fraternel

lui

avec Monet, mais, malgré quelques échanges de recherches

au début, rien de plus dissemblable que leurs tempéraments,
de perception, chez l'un
Pissarro, chez qui

et

et l'extrême délicatesse

chez l'autre, aboutit à des résultats entièrement différents,

on a cru pouvoir relever des hantises successives, de

Millet,

de Monet,

de Seurat, n'a rien, ni comme sentiment, ni comme touche, ni comme matière, de tous
ces artistes pas plus que de ses deux ardents compagnons de la rue Laffitte. L'on pourra

un jour ou l'autre que toutes les œuvres de Pissarro, quelles que soient
ses recherches du moment sont du même tempérament, et portent toutes leur signature à distance. Il n'est jusqu'à Sisley, dans sa personnalité moins tranchée, moins
impérieuse que celle de ses camarades, qui ne se distingue par ses qualités à lui, un
abandon sans arrière-pensée, une certaine aimable négligence pleine de saveur, et une
gamme, soit de vert et de rose très fraîche, soit blonde et ambrée des plus caressantes.
On pourrait s'étonner que dans un livre où se trouve étudié Monet surtout en
lui-même, mais aussi quelque peu par rapport aux artistes de son temps, le nom de
Cézanne ne se soit pas trouvé une seule fois sur notre route.
Ce n'est point que Monet et lui, il s'en faut de beaucoup, fussent étrans'apercevoir

gers l'un à l'autre. Mais les affinités que nous avons trouvées, malgré la diversité

des tempéraments, entre Monet

de trouver une

commune mesure

et

Renoir, sont

entre

ici

totalement absentes. Impossible

un peintre qui s'évertue à priori à reconstituer
peinture, et un autre qui, par une admirable

un système de la nature et de la
méthode expérimentale pénètre les lois de l'équilibre de cette nature, et trouve, au fur
et à mesure de ses nécessités le langage approprié, parce qu'il est tiré de ces lois ellesmêmes. Aussi l'œuvre, la personnalité, les influences posthumes de Cézanne (influences
et conséquences qu'il n'aurait ni conçues ni approuvées) sont des phénomènes d'un
tout

ordre essentiellement différent de ceux que nous avons analysés dans ces pages.

Cézanne a vécu à

comme un
admiré,
les

il

l'écart, et, tout

peintre doué d'un « œil »

ne

l'a

en admirant Monet, ne se

l'est

représenté que

merveilleux. Ce qui revient à dire que

jamais regardé. Monet, au contraire, a regardé

a admirées, mais n'en a pas subi la moindre atteinte.

Ils

les

s'il

l'a

œuvres de Cézanne,

ont vécu dans des

mondes

Le monde où Cézanne a si laborieusement construit son grandiose monument
d'impuissance n'avait donc point à être examiné ici; il n'y avait ni prétexte, ni profit

distincts.

à un pareil rapprochement.

Au

reste,

plus cordiales.

pour rares qu'elles devinrent, les relations avec Monet furent des
En 1895, Cézanne vint à Giverny, s'y rencontra avec plusieurs artistes

114

ne connaissait point, parmi lesquels Rodin. Il trouva même que le statuaire avait
été bien aimable avec lui, et que c'était vraiment « gentil de la part d'un monsieur
décoré». Il alla jusqu'à se prosterner devant lui, pendant un tour de jardin. Très peu
qu'il

de jours après

il

retournait précipitamment en Provence.

Monet de cette retraite plus sûre, j'ai dû quitter Paris, abandonner momentanément l'étude que j'avais entreprise chez un écrivain dont il avait
commencé le portrait qui s'était mis si libéralement à ma disposition, et je suis un peu
confus du mince résultat que j'ai obtenu, surtout après tant de séances et des emballements et des découragements successifs.
« Me voilà donc retombé dans le Midi, d'où je n'aurais peut-être jamais dû
« J'ai dû, écrit-il à

m'éloigner pour m'élancer à la poursuite chimérique de
« ...Pour terminer, je
j'ai

vous dirai combien

rencontré auprès de vous,

et

me

qui

j'ai été

l'art.

heureux de l'appui moral que

sert de stimulant

pour

la peinture. »

Cézanne a tracé là, sans s'en douter, son portrait au complet. Il confirme aussi
tout ce que nous venons de dire de ses « rapports par contraste » avec Monet, et
explique pourquoi il ne s'est pas rencontré sur la route que nous avons parcourue.
Nous devions pourtant nommer, et nous l'avons fait, ceux qui s'étaient rapprochés pendant la période dite impressionniste. Dans une histoire complète de
xix* siècle,

l'art

au

faudrait encore trouver des analogies et des influences chez des peintres

il

qui tout en les présentant à notre regard, conservent des physionomies originales.
Artistes

que

l'on s'étonnera plus tard

de trouver oubliés ou négligés en ce temps-ci

:

l'exquis Victor Vignon, peintre sensitif et tendre, coloriste d'une rare finesse; Cordey,

vigoureux

et

franc jusqu'à la roideur; Norbert Gœneutte, qui, non seulement

graveur, mais aussi

comme

morceaux dans la tracommençait à Venise et à Anvers,

peintre, après avoir perpétré des

dition des anciens maîtres et point indignes d'eux,

à se rattacher brillamment aux tendances picturales de son temps.

notamment Delâtre

d'autres encore,

comme

et l'Ecole

Il

en

est

bien

de Rouen.

Est-ce à dire que les dominantes et les équivalents (on nous excusera de répéter
ces termes nécessaires) découverts par Claude Monet, ainsi

en propre à ses principaux compagnons de

lutte,

que ceux qui appartiennent
n'ont eu pour résultat que des imi-

tations stériles ?
Il

ou

y a deux points bien

tels artistes faciles

d'une école que
le profit

que

distincts

à influencer

et

dans

cette question

qui constituent

le

:

l'action exercée sur tels

gros de l'armée, l'ensemble

temps classe et parmi laquelle il fait cependant des choix;
puis
en général peut retirer d'une façon de voir particulière et l'influence

le

l'art

exercée sur des artistes

même

qui suivent des chemins absolument différents.

historiquement certain, maintenant, que sans se ressembler aucunement entre eux, Monet, Renoir, Pissarro, Sisley, ont contribué tous ensemble à ramener
Or,

il

est

un goût de couleur
ques d'où

claire et d'observation directe

s'étaient enfuis

jusque dans

justement parce que ce goût s'y

les ateliers

académi-

était perdu.
Monet, en particulier, a inventé, ou adapté d'une façon neuve et personnelle
qui équivaut à l'invention, une méthode d'analyse qui avait cela de remarquable qu'elle
ils

115

ne contrariait pas,
et précise

la

servant au contraire, sa vision synthétique de la nature. Délicate

dans sa complexité,

cette

méthode

se prétait à ses sentiments tendres

comme

à ses sentiments passionnés; elle lui permettait de traduire, en équivalents d'une qualité

d'art supérieure, les spectacles les plus subtils

donc non seulement

de

la

les plus

vigoureux.

Il

est

mais encore peu critique de le considérer comme un
dénué d'imagination. Il a possédé, au contraire, à un degré

injuste,

copiste imperturbable, et
inégalé,

comme

une des qualités

plus belles et les plus rares du peintre

les

:

l'imagination

couleur.
C'est

une des raisons pour lesquelles

ces arrêts de travail qui ont

donné

lieu

aux

se produisirent

de temps à autre, de

réflexions que nous terminons

ici,

et pen-

dant lesquels cette imagination se reposait anxieusement, puis se ravivait, puis
reprenait soudain tout entier.

le

MINUTE DE RECUEILLEMENT.

Après toutes

les réflexions

générales que nous ont suggérées chacune des phases

de cette admirable carrière, aurons-nous besoin de résumer, dans des conclusions en
règle, la portée
faits et les

est

de l'œuvre, l'enseignement du caractère

de

la vie ?

A

quoi bon

travaux parlent d'eux-mêmes. La vie de Monet, claire d'un bout à

une leçon

qu'il refuse

d'énergie, d'indépendance, de hautaine probité. L'on

?

n'y songe

il

même

l'autre,

ne peut pas dire

pas. C'est tout naturellement, et parce qu'il est

payé par des satisfactions plus certaines

et plus hautes, qu'il refuse,

sans affectation,

honneurs, généralement recherchés, qui viennent parfois à sa porte, plutôt en

liciteurs

qu'en protecteurs,

comme

il

est d'usage.

Comment

se tourmenterait-il

des sanctions aussi vaines, quand elles ont attendu, pour se proposer, que

de son effort

les ait

dépassées? Cet

effort, ainsi

que

la

le

sol-

pour

succès

doutes âpres et féconds qu'il

les

entraîne, constitue avec les deuils inévitables ressentis

cœur,

si

vivement par tout

homme

rançon de ce succès considérable, universel. Quant aux récompenses,

la réussite

Les

de faire des concessions aux préjugés, aux ambitions, aux goûts moyens

de son temps, car

les

et

même

de

c'est

des œuvres qui nous les révèle. Tels tableaux puissants et délicats, où

où l'eau et le ciel forment une si pénétrante harmonie, où la végétation luxuriante évoque les promesses, les caresses ou les bienfaits de la terre, nous
font, comme si nous nous trouvions à ses côtés, assister et participer aux bonheurs

l'air circule et colore,

qu'il eut

d'entendre et de traduire l'immense

Et

c'est

poëme

en cela que l'œuvre de Claude Monet,

continua en s'écartant profondément de

lui,

l'égale

dépasse l'apport d'un ordinaire paysagiste. Certes,
beau, de peindre d'imagination
vie

les actes

humaine, dans ses douleurs, dans ses

cours.

Ce

n'est

naturel.

il

comme

celle

pas nous, qui, dans notre

qu'il

aux grands maîtres français et
est beau, il demeurera toujours

des héros et des dieux, et
joies, et

de Corot,

jusque dans

admiration

la

même

la

simple

monotonie de son

pour Monet, renierons

les

1

de sa palette. les caprices que nous vénérons. architecture de la meule. héroïques en nous par un nuage qui se reflète sur l'eau. que les dieux. ou d'un champ qui porte. les fictions. et comme un chant. n'est pas nécessaire. avec profondeur. le grain qui atteste et répare le labeur. les conceptions. Tout mer qu'une l'eff^ort Il suffit qu'elle éveille des sentiments de l'humanité peut être évoqué dans une représentation de voile sillonne et brave. les plus vivantes richesses . et qui jette sur sa toile. pour que cette image prenne rang à côté de celles qui les figurent. les héros et les hommes. et la amassé en la massive Un sentiment divin parole liturgique la : « peut Cœli enarrant gloriam dei » pourrait être la devise du peintre qui ressent avec vivacité. soient présents dans une image. ou divins. et l'œuvre de Monet le prouve. Mais il et même qui ont inspiré les maîtres qui inspireront toujours ceux qui doivent un jour leur succéder. avec toute toute la joie que lui a donnée sa science. la science que lui a donnée sa joie.117 croyances. être éveillé humains.

et qu'il est déjà beau de voir résoudre par la mise au travail. résolu quoiqu'un peu timide.EN PLEIN ÉPANOUISSEMENT DU POËME DE deux premières années de la Grande Guerre. non plus cette mêmes causes esthétiques. Monet pensait « Il y a des Français qui combattent. » grand que La troisième année du drame commençait. je ne peux que peindre. est à l'heure où nous sommes arrivés. Puis le temps lui lui dit : « Les Allemands n'oseront rien vous parut long. Ainsi se dessine avec un puissant relief ce caractère. Rien n'était fait pour donner confiance dans l'avenir. sans la moindre de ces discussions avec soi-même que tout artiste. Mirbeau. engage à la veille d'un grand travail. : Il sera beau dans l'avenir de se représenter cet commençant une homme de soixante-seize ans moins de quatre ou cinq années. l'exortant à la peu rassurés eux-mêmes. que nous avons vu ramassé sur lui-même dans le coin du tableau que Fantin peignait en 1870. A quatre-vingt ans. Aux heures les plus sombres. et atelier. cessa L'EAU. l'exode aussi la caravane lamentable des réfugiés errant en sens contraire. comme il vit passer le long de ces routes de la Seine. mais parce qu'il était étreint par l'angoisse com- Pendant fois pour les mune. se donnaient la peine de le rassurer alors qu'il ne ressentait aucune crainte. réfléchi quoique prêt à foncer comme un petit taureau. » ceux qu'il possédait déjà. Alors il fit construire un atelier plus faire. sa grande « œuvre de guerre » entreprise qui ne pouvait durer m . Monet. en passant. son parti étant bien pris de ne pas quitter sa maison et son fuite. Parfois des peintres s'arrêtèrent un instant chez lui. puisqu'elles ne font que mieux ressortir d'aussi beaux réveils d'action. il faut que je fasse ce que je puis faire. sans la moindre hésitation. dont nous ne devions pas dissimuler les périodes de doute et même de pessimisme. de milliers de Parisiens. tout poète. une sorte de paladin moderne pour qui les mots qui servent à désigner la vieillesse sont déplacés et comme discordants. les le travail. Le jeune homme trapu.

J.ES NYMPHÉAS .

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de quatre mètres vingt-cinq et atelier de douze mètres de largeur sur commander des toiles sur châssis. aidé de ses études multiples des reflets du ciel se jouant sur l'eau parmi les groupes étalés de nymphœas flamboyants ou tyque dans un ton. et le fait même. demeurant éloigné. que nous l'avons Les épaules sont larges. — — alerte de corps de pensée parmi ses fleurs et du poème de vaste cycle l'eau vers lequel œuvres. Les toiles de chacune de ces séries se continuent sans interruption. ceci est important. que l'on ne peut croire qu'il a failli être menacé. Chaque œuvre non point comme action. . mais non oublié ni oublieux de Paris. d'un même même motif. leur continuité est jus- apprécier d'étendue en rapport avec l'har- monie dominante. partout à la fois. le mot de vieillesse. connu à l'âge mûr. avec prestesse. Lorsque le peintre le dit. et regarder sans peur. si direct. et cependant leur division a sa raison d'être. les bras vigoureux. contrastant avec la belle barbe blanche soignée. trois. toiles se il attaque un dip- continuant dans une autre symphonie encore. agissantes. que l'on est surpris de voir manœuvrer les grandes toiles. cette rangée de surfaces blanches. tout cela montre que chez certains privilégiés du travail. en rang ovale tout autour du grand atelier. Là-dessus. si aigu. les mains petites. aussi vif de regard. tifiée par ce que l'œil peut supporter et En d'autres termes. (1) Trois seulement sont d'un seul panneau. les lourds chevalets. aussi net et bref et précis de parole. quatre candides. ni même ainsi les composée de deux. accordant d'un bout à l'autre. L'œil est si pénétrant. un triptyque dans un autre. Ainsi. sont absolument relatifs. Faire construire. la grande palette chargée de neuf à la main. qui réside dans cette construction occulte dont nous ne signalerons jamais assez l'importance. et toute épithète en affaiblirait le spectacle. ni qu'il se fatigue plus promptement que naguère.119 accomplie. et chez Monet en particulier. larges hautes de deux. se conservant met quelque peu de coquetterie. en pleine guerre. ou contrastés. Claude Monet est aussi droit. prêtes pour le mouvement rapide. faire agencer des chevalets roulants pour au moins quarante à cinquante de ces toiles plus grandes. touchant presque terre). disposer ces grandes toiles à la suite les unes des autres (et. le souvenir précis des années les plus lointaines et le jugement lucide du moment présent. que toutes celles qu'il avait peintes en pleine force de l'âge. formera. vingt-trois de longueur et un quinze de hauteur. bien effacées. du peintre qui va couvrir de vastes surfaces. et en même temps si plein d'images accumulées. l'esprit prompt à la réplique. des phases diff'érentes (1). d'une des aspects contrebalancés et rapprochés. quatre grandes toiles polyptyques traditionnels. le rendant un instrument non moins de comparaison que de perception. aussi décidé d'allure. de six mèti-es sur deux. qui descend en nappe argentée sur le torse robuste. tel est le pro- — — logue. et ses il attaqua ce dernier et nous avons vu se diriger peu à peu son effort et sa prédilection. sauf certaines du début. on penserait qu'il y Le teint vermeil. singulièrement exténuant.

la griserie qu'elle confié qu'à certains qu'il a senti. cependant que la encore des touffes d'iris chatoyante nappe s'étale. la trop satisfait. à irrésistible (1). peintre ou poète. pendant Si épopée picturale de quatre années et plus. par l'image renversée d'un arbre que l'on ne voit pas. Ce seront d'eau qui viendront se dresser tout au bord. ce qui est la plus belle façon de fmir que nous puissions rêver. les chevalets. la nuit. sans être gêné. une joie telle qu'il semble ne plus pouvoir s'arrêter. continuaient. elle vient au contraire les couper massives colonnes qui s'interposeraient entre nous et le comme de mirage nuancé. Monet ne se l'est point formulé dans ces termes. étant ni fm. retenu. moments les plus intenses de son travail. où donné le ciel n'est en maîtresse. puisqu'elle ne laisse rien perdre de ses nuances et de ses jeux et qu'au contraire elle les concentre et les avive. cette synthèse et subtile de tout ce est vrai. Il y a dans cette exaltation de couleur. s'illumine et fuit. qu'il s'agit pas visible. cette œuvre ne serait pas ce testament. Monet en recommence d'autres.120 Ce principe. Cette division n'est pas correspondante au nombre des toiles elles-mêmes. avec (1) une force Ce qui s'explique physiologiquement par peine séparées du sol. Parfois la construction sera donnée par un nuage. Il ne se l'est même point formulé du tout. n'aura pu s'abandonner à son rêve avec une pareille liberté. et Monet serait. par quelque considération que ce soit. Ainsi c'est la couleur qui règne une œuvre cement picturale. plus tard. n'avait pas atteint les plus plus poignantes épreuves de ses négations de de son œuvre. même. à la lettre. mais suivis de nouvelles flambées. il y a cependant nous-mêmes par rapport à sont construites plus visiblement. devaient venir les moments moments sombres que nous savons. en désaccord avec Monet. à étaler en rêve des couleurs sur les toiles. hauts points de ses enivrements lui-même énorme Il et par et beauté de cette aventure serait incomplète sans et les S'il cela. Il nous son cerveau en effet. Mais quoique nous soyons dans ce pur domaine de un rythme elle. des toiles posées sur . une catastrophe avait foudroyé ce chêne à certains de ces moments là. et trois ou quatre à tel autre. Une fois quelques-unes de ces suites terminées. Sans doute. elle aurait surpris en plein bonheur le plus heureux des hommes. à d'autres heures. et sa main a. jusqu'à ne pouvoir s'arrêter. ni de lui-même. Ce caché. qui viennent accuser nettement la division en triptyque. cette véritable de doute. ou au contraire devait s'éten- dre. ou en train pour une reprise ultérieure. les Cela était inévitable. qui est celui de l'atmosphère. et jamais homme. et parfois même. dans une d'elles. deux puissants troncs de saules. C'est l'exquise délicatesse de son instinct de peintre qui l'a poussé à ne donner que deux panneaux à tel groupe. en descendant plus bas. toujours plus bas. parce que la combinaison harmonieuse sur laquelle il reposait gagnait à se limiter. comme elle ne l'a jamais d'un motif qui paraît n'avoir ni mais est fait dans commen- cependant aussi présent que l'eau. Au la couleur. que nous pouvons ainsi énoncer après coup. et celui de surplus. la disposition que nous venons de dire. de dire que le peintre était entraîné par son entreprise comportait. ni des autres. parfois certaines de ces suites seront par exemple. et tenté. bien entendu.

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se trouvant qu'à quelque distance de lui.121 Cependant. que possèdent bien peu d'hommes dans toute la force de l'âge. ni par . dans leur diversité. permet de mettre dans le travail d'une heure ce qui est pour d'autres le labeur de longues journées. Monet savait absolument où il allait. richement prodiguée. et même milieu grâce à ce hardi et de la verticales se développant circulairement. n'ont telle est l'unité que. formant un total de près de cinquante. Elle donne aux maîtres avancés en âge une rapidité qui. et qui ne saurait être renouvelé désormais. plusieurs n'auront pas satisfait entièrement Claude Monet. Tout en se laissant aller aux mirages de la couleur. ou plus exactement de quoi décorer plusieurs salle disposée de ce genre. pouvait penser que. encore qu'il encore tenté. modulations de nuances si et si soigneu- complexes. loin d'impri- mer à leur ouvrage sement même du grand âge de : un caractère d'imperturbable froideur. Celles qui sont de nature à pour une vaste Il Il est même de ne certain soit que devant des surfaces que rien d'analogue n'avait la tentative été en prohibe toute imitation. croit sentir au-dessus fuyant devant lui la particularité de ce grand travail de l'étang aux nymphœas. sans compter les études. de sa les inachevées. que l'on peut sans exagération. un coup d'œil sur l'ensemble et la fin même de l'entreprise. Toutefois. considère comme salles le satisfaire forment une d'exceptionnelles suite décorations en ovale. Monet exécuta à peu près douze à quatorze compositions. Seu- lement l'expérience de toute une vie. risible. Sans doute l'exécution de ces grands panneaux était pleine de largeur et traitée par amples synmais ce thèses. nous aurions donné une idée absolument fausse de ce grand cycle. La grande œuvre que Monet se commanda à lui-même pendant la guerre et à l'approche de sa quatre-vingtième année. la couleur travaillée. les passages et y la est si nature que d'y voir des ébauches. suivant la saisissante expression de Whistler. Les groupes de deux. et que pas été expressé- elles. ne fut pas réglé par une discipline non moins puissante. support des fleurs épanouies. malgré si l'on la puissante exaltation qui le mena jusqu'au bout. Toutefois ainsi. d'amples pochades. qui serait que partout où le plaisir du changement. demeurera donc dans l'histoire de moderne un fait l'art sans précédent. sement absolument en méconnaître serait Au contraire. pourtant véridique du relief tête le ciel reflété. dire que la matière en est aussi précieuse que celle des œuvres de moindre format où l'analyse nécessitait les plus grandes délicatesses de touche. elles s'harmonisent toujours entre il Le comme au spectateur. la les productions dernière Pieta de Titien. de deux à cinq toiles chacune. bien artifice. une certitude de la durée. Cette oeuvre pleine d'entrain était aussi une œuvre pleine de volonté. malgré l'intérêt d'élan qu'elles offriront toujours. elle demandait déjà une résolution. C'est en cela qu'est merveilleuse cette il campagne d'un homme entre soixante-seize et quatre-vingt ans. et a l'illusion de la continuité et le regard se pose ou circule. trois ou quatre se suivant ment combinés en vue d'aller ensemble. à cette convention singulière et suppression de l'horizon. leur conserve ce frémis- ou de la joie Régents les la et les douleur qui nous rend émouvantes si Régentes de Frans Hais. le miroir d'eau tout incrusté des plantes grasses.

puis de puis de luttes. qui avait toujours lutté pendant qu'il œuvrait toujours. créations incessantes et logiquement enchaînées. mêlés d'anxiété et de nouveaux envols. : envergure que couleur son ami et le lumière ! Président à son pays. de succès. ni par quelque autre. il est beau de voir un maître comblé de jours. travail . lorsque le jour de l'armistice le peintre écrivait à du Conseil vie. et finalement en possession de tout ce que la gloire et la fortune peuvent apporter pour alléger l'inéluctable poids de la non sur un crépusculaire repos.122 lui. son grand diptyque bleu des Nymphœas. mais sur un jamais. après tant de travaux. Comme étudiée de la prime jeunesse tout l'ensemble de sa production que nous avons aux années d'affranchissement. une magnifique invitation à faire autre chose que lui. et cette dîme volontaire de son l'innombrable victoire française. De toute façon. et sur un des plus vibrants de ses hymnes à rière qu'il demandait à offrir terminer sa car- effort de plus vaste ses divinités Ainsi. d'émotions. recherches jamais ralenties. pouvait-on considérer cette comme son bulletin de victoire accompli comme un des épisodes de lettre à lui. le poëme des nymphœas est également. puis de recherches encore au milieu même du succès. d'essors enfin. pour tous les artistes.

La Brodeuse. 6. 13. Madame 10. 40 42 M l'herbe. . Village en Normandie. Le Déjeûner sur 30 (1866). Une Terrasse au Havre. 12. par Renoir (1875). Port du Havre.123 TABLE DES GRAVURES 1. Le Phare de Honfleur 9. et le — La 12 Chambre de Commerce 34 . Le Port de Honfleur. 20 4. 2. Portrait de 11. Camille. et la Côte de Grâce. Esquisse du grand tableau en partie détruit par l'artiste. 26 5. 36 36 38 Gaudibert (1868). Sainte-Adresse. Saint-Germain-l'Auxerrois. 7. Claude Monet. Femmes 48 cueillant des fleurs. Rue de Pont-Neuf. Les Quais 3. 8. 46 14.

66 23. 75 Juillet. Vétheuil. Les Dindons. café. Argenteuil. 66 24. Les Meules. Le Déjeûner. 94 39. 72 28. 58 21. Effet de neige (1874). Vue de Hollande. Bordighera. ' 96 97 100 . Les Falaises de Varengeville.124 15. 83 35. Vue de Hollande. La Barque de Claude Monet. (1869). 64 22. Les Peupliers des Bords de l'Epte. 50 17. Les Fumées de 31. 68 25. Les Pyramides à Port-Coton 36. La Tamise 19. 41. Le Quatorze 30. L'Aiguille d'Etretat. 78 32. Route de Chailly (Forêt de Fontainebleau). 68 26. 84 (Belle-Isle). 40. Les Régates à Argenteuil. Les Peupliers. 86 Filets. La Seine à Bougival 50 18. 52 (1870). 82 34. Cathédrale de Rouen. la 76 Gare St-Lazare. 80 33. Voilier à Argenteuil. Antibes. 56 20. Les Déchargeurs de charbon. Les 37. 48 16. 88 38. La Tasse de 70 27. Vue de 74 29.

Le Parlement de Westminster. 120 Allée prise de la rive droite. 108 . Une 46. 102 43. du Jardin de Giverny. par P. La Cabane du Douanier. Vue de Vernon 106 45.125 42. Venise. 110 47. Les Nymphéas. 118 48. Paulin. Claude Monet. 104 44.

un ensemble 8 indéfinissable de miracles qui ont vertu d'absolu. Courbet Manet. Comment 32 d'un groupe obscur sortit une Des différences entre et les « école » 37 célèbre. 22 De opportune d'Eugène Boudin. ne rencontre pas encore Manet. 26 Premières orientations. Années sombres. et peint des vues de Paris. les 15 18 Des débuts difficiles. . 30 Monet rencontre déjà Jongkind. ». Les «Femmes cueillant des fleurs» nages. est 5 cause d'erreurs. et les dernières 43 peintures de person- 47 Peinture «grise». en peinture. rencontres heureuses. 50 Années d'Angleterre 53 et de Hollande. impressionnisme la couleur. 24 l'amitié Débuts pénibles. 40 Les premiers grands tableaux de figures.12fi TABLE DES MATIÈRES Que tout grand artiste est Du terme Que d' « un continuateur. 11 De l'héritage Du retour à la nature et des prédécesseurs immédiats de Monet. tableaux de personnages chez Monet. que maîtres de la lumière transmirent à Claude Monet.

104 Le jardin 107 et les eaux chatoyantes de Giverny. la Creuse. point culminant de l'œuvre. 126 . logique des « Meules ». et retour. Des 82 Bordighera. Minute de recueillement. l'exposition avec Rodin. En plein épanouissement du 111 116 poëme de l'eau. 90 94 97 102 l'eau. l'analyse lumineuse devient de plus en plus 74 aiguë. Giverny. Théorie des équivalents et 109 des dominantes. Pour rappeler simplement des Entre Argenteuil 71 batailles éteintes. loi Les «Meules».J27 La période 58 hostile. vertu architecturale. avec Giverny pour 79 étape décisive. Les décisives transitions d'Argenteuil. 118 Table des gravures. comme poëme de quoi elles sont et leur la suite pour l'a Olympia ». Chaque maître trouve les siens. 64 Intermède de fleurs 69 et de fruits. et Vétheuil. Alternances : Que l'œuvre de Monet Autres alternances Deux événements : : est soumise à une 87 Vintimille. 123 Table des matières.Venise. Etretat.. la souscription « Cathédrales » et Transition du 85 de contrastes.. Belle-lsle. Les eaux tragiques de Londres. La Monet carrière de parallèle au cours de la Seine.

DRUET & BERNHEIM-JEUNE % .ACHEVÉ D IMPRIMER LE TREUTE SEPTEMBRE 1 92 1 PAR LA MODERNE IMPRIMERIE 37. RUE GANDON. A PARIS REPRODUCTIONS PAR DANIEL JACOMET CLICHES DURAND RUEL.

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