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RAIDEURS POST TRAUMATIQUES DES DOIGTS.

RESUME
La raideur digitale est définie par la réduction du secteur de mobilité de la chaîne
articulaire qui constitue un doigt. C’est la complication la plus fréquente après un
traumatisme de la main par la conjonction de 3 facteurs néfastes : l’œdème, la douleur et
l’immobilisation en mauvaise position. Il est capital de comprendre qu’un seul doigt
enraidi ruine la fonction de toute la main.
Le traitement est avant tout préventif : la surélévation, l’immobilisation en position de
protection et la mobilisation précoce sont très efficaces et la survenue d’un
enraidissement est encore trop souvent iatrogène.
Le traitement est mené dans un centre dédié qui rassemble chirurgien, rééducateur
fonctionnel, orthésiste et ergothérapeute autour d’un patient motivé. La rééducation
fonctionnelle et le port d’orthèses permet de se passer de la chirurgie dans 63,9% des cas.
La chirurgie des raideurs est toujours encadrée par plusieurs mois de port d’orthèses. La
mauvaise réputation de cette chirurgie est bien connue, et il vaut mieux renoncer devant
un patient peu motivé .Par contre si tous les acteurs spécialisés sont réunis, des résultats
utiles sont attendus au prix de plusieurs mois de rééducation fonctionnelle.

MOTS-CLES : Raideur digitale, ténolyse, arthrolyse, orthèses,œdème,orthèses.
CONFLIT D’INTERET : AUCUN

INTRODUCTION

1

Il est essentiel de comprendre que la main est un organe complexe dont les parties
affectent la fonction globale : ainsi un seul doigt enraidi peut bouleverser la fonction de
toute la main et la carrière du patient. [1]
La prise met en jeu les 3 articulations de la chaîne articulaire digitale, mais le rôle de
chacune est bien différencié : la métacarpophalangienne (MP) positionne et démarre
l’enroulement, l’interphalangienne proximale (IPP) l’assure, l’interphalangienne distale
(IPD) le verrouille.
Dès 1956 Sterling Bunnell a pointé la menace permanente en chirurgie de la main que
représente sa tendance constante à s’enraidir…… et à s’enraidir en position non
fonctionnelle !! [2]C’est dire si la raideur représente la complication la plus fréquente
après un traumatisme ou une intervention de la main : point de départ d’un véritable
cercle vicieux qui met en jeu successivement : œdème-inflammation-mise sous tension des
tissus-douleur-immobilisation -adhérences-rétractions capsulo ligamentaires.[figure 1]
Cette évolution vers un handicap majeur est d’autant plus regrettable qu’elle est encore
trop souvent le résultat d’une erreur de prise en charge initiale.
En pratique deux situations bien différentes se présentent :
-La phase aigüe inflammatoire où le défi essentiel est de prévenir la raideur par la
surélévation de la main et si possible par une mobilisation précoce.
-La phase de raideur constituée où le traitement comporte de la rééducation et de
l’appareillage toujours et de la chirurgie parfois. Il n’est pas dévolu au seul chirurgien mais
à une équipe pluridisciplinaire réunie dans un centre spécialisé dédié à la chirurgie de la
main associant anesthésiste, chirurgien, rééducateur, orthésiste et ergothérapeute.

POINT FORT : Deux règles essentielles encadrent le traitement :
- le traitement TOUJOURS long et fastidieux ne doit être entrepris que sur un blessé averti
et motivé .
- la chirurgie est TOUJOURS encadrée par la rééducation fonctionnelle et l’appareillage.

PHYSIOPATHOLOGIE
1. La phase aigüe inflammatoire :
L’œdème est la réponse initiale à tout traumatisme de la main, ouvert comme fermé. Le
liquide d’œdème, riche en protéines, macrophages et substances algogènes, envahit les
structures anatomiques lésées .Très rapidement, il va diffuser dans les plans naturels de
glissement, les gaines synoviales, les cavités articulaires et les tissus intacts de voisinage,
les forçant à se mettre en situation de capacité maximale : c’est la posture caractéristique
de la main oedématiée favorisée par la position déclive de la main par rapport au niveau
du cœur. [photo n°1]
2

Ainsi la peau surtout dorsale se distend, réduisant à néant la réserve cutanée et l’élasticité
indispensables à la flexion du poignet et des doigts. Les articulations MP (métacarpo
phalangiennes) se mettent en extension : position où l’articulation est instable avec un
contact des surfaces articulaires réduit, une capsule articulaire lâche et des ligaments
latéraux détendus. L’extension des MP entraine une mise en flexion automatique des IPP
(inter phalangiennes proximales) et IPD (inter phalangiennes distales) par avantage
mécanique des fléchisseurs par rapport aux extenseurs. En effet, la capacité de l’IPP est
constante quelle que soit sa position. Enfin, le pouce se met en adduction avec fermeture
de la première commissure(C1). [3,1]
Il est capital de réaliser que cette position caractéristique de la main oedématiée est au
début réversible car le liquide d’œdème est fluide. Il va malheureusement
progressivement s’organiser pour former une véritable « colle biologique » capable de fixer
les tissus blessés et les tissus intacts de voisinage en un bloc cicatriciel. [4]
2. La phase secondaire de réparation et de remodelage :
Les fibres de collagène qui représentent 80% du poids sec des tendons, ligaments et
capsules articulaires baignent dans une matrice interstitielle constituée d’eau et de
macromolécules dont les glycoaminoglycanes.
Normalement les propriétés mécaniques des tendons, capsules articulaires et ligaments
dépendent de l’organisation architecturale des fibres de collagène et des tensions qui leur
sont appliquées. Ainsi les tendons et les ligaments ont des fibres parallèles alors que la
capsule articulaire présente une organisation « en maille ».
Une simple immobilisation entraine une désorganisation architecturale avec augmentation
des liaisons entre les fibres de collagène et leur fixation progressive. [5]A cette
sollicitation insuffisante, s’ajoute le processus de cicatrisation avec élimination des tissus
nécrosés progressivement remplacés par du tissu de granulation. Une production intense
de collagène forme en l’absence de traitement un « bloc cicatriciel » qui va fixer et
enraidir toutes les structures articulaires et péri articulaires.
Fait capital, un remodelage architectural est possible en fonction des tensions appliquées
durant cette période .C’est la base du traitement conservateur des raideurs articulaires.
[6,7]

POINT FORT : au début, l’œdème est fluide et rapidement accessible à la mobilisation et à
la surélévation au-dessus du niveau du cœur. Plus tard le bloc cicatriciel peut être
lentement remodeler par des orthèses.

RAPPEL ANATOMIQUE
Un bref rappel anatomique est nécessaire à la compréhension de l’examen clinique d’une
raideur comme de son traitement.
1. Anatomie de la MP
Au dos de la MP, une réserve cutanée de 1.5cm est nécessaire pour passer de la position
d’extension à 90°de flexion. [8,9]
3

Immédiatement sous la peau fine et mobile, on trouve en situation vulnérable le tendon du
long extenseur extrinsèque bien sanglé par les deux bandelettes sagittales qui le fixe à la
plaque palmaire en avant. C’est le seul extenseur de P1.
La MP est une articulation condylienne essentiellement mobile : flexion-extension,
abduction-adduction et circumduction permettent d’adapter les doigts aux différentes
prises. [3]
En extension la capsule et les ligaments latéraux relâchés permettent une mobilité
maximale et même une distraction.Au contraire la flexion par mise en tension des
ligaments épais (1,5-3mm) et larges (4-8mm) verrouille la MP dans une position de
stabilité.
En avant, la plaque palmaire (PP) est caractérisée par une disposition croisée de ses fibres
autorisant un mouvement d’ « accordéon » de 5mm d’amplitude lors des mouvements de
flexion- extension. Le récessus entre la PP et l’articulation est mince mais son comblement
cicatriciel entraine un bâillement de l’articulation lors de la mise en flexion. [10]
L’appareil fléchisseur  est à ce niveau constitué de 2 tendons fléchisseurs superficiel et
profond, leur gaine synoviale et la poulie de réflexion annulaire A1 .Ses rapports étroits
avec la MP expliquent la fréquence des lésions associées de ces deux structures, la
rétraction et les adhérences de l’appareil fléchisseur aggravant la raideur articulaire.
Le système musculaire intrinsèque est souvent négligé du fait de sa complexité. La
connaissance de son anatomie et de sa fonction sont cependant indispensables pour
comprendre sa place dans la genèse d’une raideur des doigts. De l’anatomie découlent les
tests cliniques admirablement décrits par les géants de la chirurgie de la main ainsi que les
traitements chirurgicaux. [1,3]
Trois interosseux palmaires (IOP) adducteurs et quatre interosseux dorsaux (IOD)
abducteurs prennent leur origine sur les métacarpiens et passent au dos du ligament
transverse inter métacarpien et sur les bandelettes sagittales. Le faisceau superficiel de
l’IOD se termine rapidement sur la base de P1 où il est abducteur .Le faisceau profond de
l’IOD forme la bande latérale, il est abducteur et fléchisseur de la MP (par ses fibres
transverses) mais aussi extenseur des IPP (par ses fibres obliques) et des IPD (par les
languettes latérales conjointes puis tendon terminal sur P3).
Les muscles lombricaux complètent ce système. Ils naissent du tendon fléchisseur profond
dans la paume de la main, leur tendon grêle passe sous le ligament transverse inter
métacarpien pour rejoindre le bande latérale .C’est un extenseur de l’IPP et de l’IPD et un
fléchisseur des MP.
POINT FORT : On constate que la MP est le carrefour de nombreuses structures
anatomiques fines indispensables au bon équilibre de la chaine poly articulaire que
constitue un doigt. (Extenseur extrinsèque, interosseux palmaires, interosseux dorsaux,
lombricaux, bandelette sagittale)

2. Anatomie de l’IPP
Au dos de l’IPP une réserve cutanée de 7 mm est nécessaire pour passer de 0 à 90° de
flexion. [8,9]
4

La terminaison de la bandelette médiane de l’appareil extenseur sur la marge postérieure
de P2 est le siège d’une métaplasie fibrocartilagineuse qui renforce la capsule dorsale et
la stabilité de l’IPP. Les deux bandelettes latérales extrinsèques vont rejoindre les deux
bandelettes latérales intrinsèques pour former les languettes latérales conjointes puis au
dos de P2 le tendon terminal auquel est dévolu l’extension de l’IPD.
Le ligament rétinaculaire transverse stabilise les bandelettes latérales conjointes. Le
ligament rétinaculaire oblique est tendu des bandelettes latérales conjointes à P1
palmaire par rapport à l’axe de rotation de l’IPP [11]
L’IPP est une trochléenne permettant 110° de flexion –extension .La congruence des
surfaces articulaires stabilise l’IPP latéralement et en rotation.
Les ligaments latéraux principal et accessoire épais de 2-3mm assurent une importante
stabilité latérale car à l’opposé de la MP ils restent en tension constante quel que soit le
degré de flexion de l’articulation.
La plaque palmaire de l’IPP est un fibrocartilage puissant qui forme le plancher de
l’articulation .Elle est suspendue latéralement aux ligaments latéraux (faisceau
accessoire), s’insère sur la base de P2, sa structure transversale fixe de 9 mm se termine
sur P1 par l’intermédiaire de deux freins en queue d’hirondelle très solides et
indépendants de la capsule articulaire. Cette disposition très différente de celle en
accordéon de la MP permet à la plaque de passer de 10 à 15 mm lors des mouvements par
l’intermédiaire d’un récessus important. [1]
Le point de rencontre entre les ligaments et la PP sur la marge palmaire de P2 représente
la clef de la stabilité exceptionnelle de l’IPP : c’est le fameux « ligament-box complex »
des auteurs anglo-saxons. [12]
L’appareil fléchisseur est ici représenté par la terminaison des bandelettes du fléchisseur
superficiel et par le tendon fléchisseur profond au niveau de la poulie A3, carrefour encore
densifié par les vincula brevis superficialis et longum profondus.
Comme au niveau de la MP, la concentration de nombreuses structures anatomiques
dans un encombrement minimum est remarquable .Mais le revers de la médaille comme
l’a montré Curtis est qu’un blocage cicatriciel à ce niveau additionne toutes les
difficultés car les causes d’enraidissement sont multiples et souvent associées :rétraction
cicatricielle cutanée ,adhérence ou rétraction de l’appareil extenseur, adhérence ou
rétraction des interosseux, adhérences de ligaments rétinaculaires aux ligaments latéraux,
adhérence ou rétraction des ligaments latéraux, adhérence ou rétraction de la plaque
palmaire, blocage articulaire ou osseux, adhérence ou rétraction des fléchisseurs dans la
canal digital ! [13]

POINT FORT : 1 concentration de nombreuses structures anatomiques dans un
encombrement minimum. 2. stabilité exceptionnelle.

3. Anatomie de l’IPD
L’articulation IPD est aussi une trochléenne stabilisée par des ligaments latéraux et une
plaque palmaire. Mais l’absence de freins au niveau de la plaque palmaire autorise l’hyper
5

extension de l’articulation malgré le renforcement par l’insertion du fléchisseur profond et
la poulie A5
Le tendon terminal de l’appareil extenseur renforce la capsule dorsale.
Le ligament rétinaculaire oblique nait au dos de l’IPD sur le tendon terminal et se dirige,
oblique sur P1 en position palmaire par rapport à l’IPP. [14]

ETIOLOGIES ET EXAMEN D’UNE RAIDEUR
Seules les raideurs provoquées par un traumatisme articulaire et péri articulaire seront
étudiées ici à l’exclusion des raideurs survenant dans le cadre d’une maladie de système
(polyarthrite rhumatoïde, sclérodermie, lupus…) atteintes congénitales (camptodactylie,
arthrogrypose,…) pathologie endocrinienne (diabète) atteintes paralytiques (tronculaires,
plexuelles, spasticité,…) maladie de Dupuytren.
1. En pratique deux cas de figure peuvent se présenter : [1,15]
-La période aigue inflammatoire :
Qui suit le traumatisme et/ou une intervention chirurgicale. C’est la période décisive du
traitement préventif pour laquelle une collaboration entre le blessé, le chirurgien et le
rééducateur est indispensable. Un traitement bien conduit lors des premiers jours qui
suivent le traumatisme permet dans la plupart des cas d’éviter l’évolution rapide vers une
raideur constituée.
-La période secondaire de raideur constituée :
Si la raideur est incomplète en extension ou en flexion : l’examen clinique basé sur
l’anatomie et la physiopathologie dévoile peu à peu les structures impliquées. A
l’extrême, si la raideur est fixée en rectitude ou en crochet invincible : le diagnostic
étiologique est impossible mais se dévoile progressivement au fur et à mesure que le
doigt s’assouplit. [tableau 1 : étiologies]
2. Anamnèse
-Les circonstances du traumatisme permettent souvent d’appréhender logiquement la
situation .Une raideur en flexion de l’IPP après entorse est vraisemblablement due à une
rétraction de la plaque palmaire, alors qu’un coup de scie circulaire oriente d'emblée vers
des adhérences associées de l’appareil fléchisseur dans le canal digital.
-Il faut évaluer le handicap fonctionnel réel pour le patient dans les gestes de la vie
courante, la vie professionnelle et les activités de loisir car la conservation d’un secteur de
mobilité « utile » est acceptable pour certains, insuffisante pour d’autres. [16]
-Les contre-indications à un traitement chirurgical sont systématiquement
recherchées .Certaines sont liées au traumatisme : les destructions articulaires, les doigts
multi-opérés, les antécédents infectieux sont de mauvais pronostic et opérer un doigt mal
vascularisé et/ou insensible est voué à l’échec. D’autres sont liées au patient et se
dévoileront au cours du traitement : tabagisme excessif, motivation insuffisante surtout
dans le cadre d’un accident du travail, seuil de tolérance à la douleur trop bas. [15] Juste
un mot sur le syndrome douloureux régional complexe de type 1 qui pour nous n’est pas
6

une contre-indication à un traitement chirurgical à la condition qu’il soit en phase
« froide » [17]
-Le délai par rapport au traumatisme est important pour 4 raisons :
Les possibilités de remodelage du collagène diminuent avec le temps et après un délai de
3 mois les possibilités de récupération des amplitudes articulaires diminuent de façon
significative. [6,7,15]
La destruction du cartilage articulaire par immobilisation prolongée est prouvée
expérimentalement et cliniquement. [5,18]
L’absence d’utilisation d’un doigt ou d’une main aboutit en quelques semaines à une
exclusion corticale. Leur réintégration dans le schéma corporel, toujours longue et
difficile, est parfois même impossible dans le cas d’un index exclu de la gestuelle en
présence d’un majeur intact. [19]
Une amyotrophie peut réduire à néant une intervention chirurgicale car la rééducation
active sera impossible. Un entretien par contraction passive ou stimulation électrique peut
être nécessaire [15]
-Les traitements déjà entrepris, le retentissement socio professionnel, le tabagisme, la
survenue d’un syndrome douloureux régional complexe de type 1 sont notés alors que
démarre l’examen clinique et radiologique.

POINT FORT : savoir renoncer à une intervention mobilisatrice devant une contreindication !

3. Examens complémentaires
-Une simple radiographie (face + profil) est incontournable et devance souvent l’examen
clinique pour diagnostiquer facilement un cal osseux, une exostose, un matériel
d’ostéosynthèse, une incongruence articulaire et une arthrose secondaire. Elle permet
d’éviter des séances de rééducations inutiles et douloureuses !
-Plus rarement, un scanner, une échographie, voire une IRM de plus en plus performantes
peuvent préciser l’atteinte cartilagineuse, tendineuse ou ligamentaire. [1,20]
4. Examen clinique
-L’examen clinique est primordial. Il consiste à analyser systématiquement chacun des
éléments anatomiques précédemment décrits et doit être répété tout au long du
traitement car la situation évolue durant la rééducation fonctionnelle et au cours de l’acte
chirurgical, la libération d’un élément pouvant dévoiler une autre cause.
-L’examen de la peau est essentiel : la recherche des cicatrices existantes, leur caractère
rétractile, des adhérences, un manque d’élasticité vont conditionner la voie d’abord.
Moins évidente à évaluer est l’absence de réserve cutanée qui ne se révèlera que lors de
l’intervention mobilisatrice rendant la fermeture cutanée et la rééducation postopératoire
impossible. Le test du pincement cutané de Littler est des plus utiles. [3] La réalisation
7

d’un lambeau fait partie intégrante du protocole opératoire et doit être prévue avant
l’intervention [21]
-La force de serrage : est mesurée à l’aide d’un dynamomètre. Répétée 3 fois et
alternativement des deux côtés, elle permet d’éliminer les patients à la recherche
d’avantages secondaires.
-La mobilité articulaire : On demande au patient de réaliser une ouverture et une
fermeture active globale avant de rechercher la mobilité passive. La mesure manuelle ou
informatisée des amplitudes articulaires est réalisée de façon analytique et consignée à
chaque consultation. Cette évaluation chiffrée permet de suivre la progression et de
motiver le patient qui ne perçoit pas toujours les progrès. Si la mobilité passive est
supérieure à la mobilité active, l’unité musculotendineuse est vraisemblablement en
cause. Si la mobilité active et la mobilité passive sont équivalentes un problème capsulaire
ou osseux est recherché. [1] Différents tests cliniques permettent de préciser les
structures responsables de la raideur. Ils se révèlent au fur et à mesure du traitement
conservateur et/ou au cours de l’intervention mobilisatrice.
-Le test extrinsèque de Kilgore est positif si des adhérences des tendons extenseurs au
dos des métacarpiens sont en cause : la mise en flexion du poignet et des MP empêche
alors la flexion de l’IPP. De façon symétrique la mise en extension du poignet et des MP
empêche l’extension des IPP en présence d’adhérence ou de rétraction des tendons
fléchisseurs. [1]
-Le test intrinsèque de Finochietto révèle une rétraction ou une adhérence des
interosseux : la flexion de l’IPP possible tant que la MP est fléchie devient impossible dès
qu’on étend la MP. [22] [photo 2 et 3]
-Le test lombrical de Colditz précise si la rétraction des intrinsèques touche les
lombricaux. Dans ce cas la flexion de l’IPD est également limitée par la mise en extension
de la MP. [1]
-Le test rétinaculaire de Haines révèle une rétraction du ligament rétinaculaire oblique :
la mise en extension de l’IPP empêche alors la flexion de l’IPD. [1]
-Le test de rétraction des ligaments latéraux est positif si la flexion des IPP est
impossible quel que soit la position de la MP avec une limitation des mouvements latéraux.
[10]
-Le test de comblement du récessus de la plaque palmaire est positif si on constate une
ouverture dorsale « en livre » de l’articulation. [10]
POINT FORT : l’examen clinique est primordial. Il est évolutif et doit être répété tout au
long du traitement et entre chaque temps opératoire.

TRAITEMENT PREVENTIF
1. Il est capital et ne se conçoit qu’à la phase aigüe inflammatoire.
Tout traumatisme ouvert ou fermé et tout acte chirurgical entraine un œdème et des
douleurs qui positionnent la main dans une position typique défavorable MP étendues , IP

8

fléchies et C1 fermée d’abord réversible puis rapidement fixée par rétraction
capsuloligamentaire et disparition des plans de glissements naturels.
Si après certains traumatismes complexes par écrasement l’évolution vers une raideur est
évidemment compréhensible, on la retrouve malheureusement trop souvent après un
traumatisme bénin comme une entorse IPP ou une intervention simple comme un syndrome
du canal carpien. La survenue d’une telle complication est d’autant plus intolérable
qu’elle est facile à éviter par la simple surélévation de la main associée à une mobilisation
précoce. Retrouver quelques jours après le traumatisme un patient abandonné à luimême, la main gonflée et douloureuse en position déclive, réalisant des mouvements de
faible amplitude est un faute thérapeutique. De La Caffiniere et Mansat ont montré que
cette origine iatrogène pouvait être incriminée dans 66% des cas ! [23]
2. La surélévation de la main au-dessus du niveau du cœur jour et nuit est indispensable
et facile à réaliser en mettant la main traumatisée dans une écharpe le jour et sur un
oreiller la nuit. Elle nécessite cependant une explication orale et écrite au patient et doit
être répétée lors des pansements et à chaque séance de rééducation. [3,24,25]
3. La mobilisation active précoce dès que possible n’est pas synonyme de mobilisation
permanente. En effet, elle doit être entrecoupée de périodes de repos afin de réduire
l’inflammation génératrice de fibroblastes, de collagène et de douleurs.[26] La manœuvre
de Moberg (ouvrir la main en écartant les doigts puis faire le poing) répétée 3X toutes les
heures est simple à comprendre et à réaliser par le patient. Là encore, elle doit être
expliquée en fin d’intervention et un dessin sera remis au patient. [27,28]Le rappel
téléphonique du lendemain en cas de chirurgie ambulatoire insistera sur la compréhension
et la bonne réalisation de la surélévation associée à la mobilisation.
4. Certains traumatismes sont incompatibles avec une mobilisation active précoce
durant la phase de cicatrisation. Dans ces cas on utilisera au mieux des techniques de
mobilisation active protégée ou des techniques de mobilisation passive par un rééducateur.
Exemple 1 : suture des tendons fléchisseurs en zone 2 mobilisée par la technique de
Kleinert et/ou Duran. [29,30]
Exemple 2 : suture microchirurgicale du nerf propre d’un doigt protégée par une orthèse
limitant l’extension mais permettant la flexion complète. [15,31]
Exemple 3 : fracture de P1 traitée par une orthèse immobilisant le poignet en extension et
les MP en flexion mais encourageant la mobilisation des IP sous couvert d’une syndactylie
avec les doigts voisins. [32]
5. Enfin certains traumatismes doivent être immobilisés durant la phase de
consolidation. (Par exemple : réimplantation d’un doigt) Il faut alors impérativement
immobiliser la main en position de protection ou intrinsèque plus : MP fléchies, IP
étendues, poignet en extension à 10°, première commissure écartée. En effet, une main
enraidie dans cette position de protection sera généralement récupérable avec un
traitement conservateur basé sur la rééducation fonctionnelle et l’appareillage sans avoir
recours à la chirurgie.

POINT FORT : la raideur est due à une faute thérapeutique dans 66% des cas !

9

POINT FORT : la position dans un plâtre est toujours surestimée par rapport à la position
réelle contrôlée par un examen radiologique.

TRAITEMENT CONSERVATEUR
1. Principes :
Souvent suffisant (63,9 % des cas), il encadre toujours un éventuel traitement chirurgical
et obéit aux 5 principes suivants : [15,33]
-1. Lutte contre œdème par la surélévation et les drainages manuels.
-2. Lutte contre la douleur par les antalgiques, les anti-inflammatoires non
stéroidiens(AINS) et la physiothérapie.
-3. Lutte contre l’inflammation  par des périodes de repos, les AINS et la
physiothérapie.
-4. Lutte contre la démotivation du patient qui doit être prévenu de la durée du
traitement, de son caractère pénible et de la nécessité éventuelle d’une intervention
chirurgicale elle-même suivie d’une période de rééducation. Un soutien psychologique est
parfois nécessaire pour passer un cap difficile
-5. Remodelage du collagène par sa mise en contrainte modérée mais prolongée.
Selon Van Wetter, « dans l’art de l’appareilleur » il n’y a « aucune place pour la violence. »
[34] Ce principe connu depuis plus de 50 ans s’oppose à la mobilisation brutale sous
anesthésie qui aboutit constamment à une réactivation de la phase inflammatoire et une
aggravation de la raideur. Ce remodelage est obtenu par la rééducation fonctionnelle
classique (périodes de mobilisation active et/ou passive) associée au port d’orthèses.
[6,7,8,9,35]
2. Les orthèses réalisées sur mesure à l’aide de matériaux thermo malléables et adaptées
à chaque séance sont de 4 types :
1. Orthèse statique continue : elle immobilise la main dans une position définie pour
permettre la cicatrisation d’un tendon ou la consolidation d’un os .Certaines peuvent
limiter le mouvement dans un secteur de mobilité limité.
2. Orthèse statique discontinue : amovible, elle sert à mettre la main au repos entre les
périodes de mobilisation .Elle est très utile durant la phase inflammatoire.
3. Orthèses statiques progressives sériées : utilisées lors de la phase non inflammatoire sur
une raideur constituée, elles appliquent une contrainte permanente et sont adaptées au
fur et à mesure de la progression.
4. Orthèse dynamique : elle applique dès à la fin de la période inflammatoire et durant
toute la période chronique une contrainte douce (< 2 newtons), longue (plusieurs heures/j
et pendant plusieurs semaines), appliquée perpendiculairement au segment distal de
l’articulation raide et dans une direction opposée à la raideur.
Ce sont les plus utilisées dans la pratique quotidienne. Elles peuvent être d’action globale
(extension ou enroulement longitudinal) ou sélective sur les articulations MP, IPP et IPD. On
10

débute habituellement par une orthèse globale puis on progresse de la MP vers l’IPP puis
l’IPD.
Si la durée totale de port de l’orthèse (4 à 6h /24h) est un facteur de succès important, il
faut cependant donner beaucoup de liberté au patient dans le rythme d’utilisation
journalier. En effet, au début du traitement, des douleurs, une ischémie ou une
hypoesthésie obligent à des séances courtes multiples entrecoupées par des périodes de
repos. Mais après quelques jours, des séances de 2 heures seront supportables pour aboutir
en fin de traitement au port nocturne prolongé [15]

POINT FORT : les orthèses doivent être portées tous les jours (2 à 6 heures) et longtemps
(2à4 mois)

3. Traitement conservateur d’une raideur en extension
On cherche toujours à récupérer la mobilité de proximal en distal .La première orthèse est
une orthèse dynamique d’enroulement longitudinal qui agit globalement sur toutes les
articulations. Dès que la MP peur être fléchie à 30°, une plaque MP de flexion sélective est
ajoutée à l’enroulement longitudinal. Lorsque la MP a récupéré il est temps de réaliser un
enroulement transversal qui agit sélectivement sur la flexion de l’IPP. Enfin, la flexion de
l’IPD sera travaillée par une orthèses d’enroulement sélectif IPD. [photo n° 4]
Associé à la mobilisation active, à l’étirement des interosseux et des ligaments
rétinaculaires obliques et à l’encouragement permanent à l’utilisation de la main pour des
activités légères, ce protocole est très efficace et permet dans 87% des cas de se passer de
la chirurgie. [35]Il s’étend sur une période de deux à quatre mois jusqu’à l’apparition d’un
plateau. Généralement, une flexion MP et IPP de 60°pour les doigts radiaux est suffisante
alors que 80° sont nécessaires pour le verrouillage de la prise par les doigts ulnaires. [16]
4. Traitement conservateur d’une raideur en flexion
Le traitement débute par une orthèse d’extension dynamique globale qui récupère
généralement l’extension de la MP.
Quelle que soit l’étiologie, la voie finale commune est la rétraction de la plaque palmaire
(PP) de l’IPP !On concentre alors tous les efforts sur l’extension de l’IPP par une orthèse
dynamique d’extension sélective IPP portée au moins une heure d’affilée plusieurs fois par
jour. Cette orthèse maintient la MP fléchie tandis que toute la force de la lame
d’extension est reportée exclusivement sur l’IPP. Il convient donc d’appliquer une force
d’extension douce et continue perpendiculaire à P2 ce qui suppose une adaptation
fréquente de l’orthèse. [15] Une orthèse statique nocturne permet de maintenir le gain
obtenu en journée. Mais dès que le patient est capable de la supporter, l’orthèse
d’extension sélective IPP sera portée aussi la nuit. [photo n° 5]
Ce protocole est poursuivi plusieurs semaines tant que les amplitudes progressent jusqu'à
un plateau. Souvent le patient est désespéré par une tendance au rappel élastique en
flexion dès qu’il enlève l’orthèse. Il doit être instruit à chaque contrôle de l’orthèse que
ce rappel élastique cède avec le temps et que sa persévérance finira par être
récompensée.
11

Ce protocole est suffisant pour 87% des patients étant entendu qu’une flexion de 70 à 80°
des IPP est suffisante. [16,35]
5. Le rôle des orthèses dans le traitement de 97 raideurs de la main a été étudié dans le
service SOS MAIN de Strasbourg : Dans 63,9% des cas le traitement conservateur a été
suffisant. [15,33]
1,65 orthèses ont été réalisées en moyenne par patient, mais chacune a été adaptée en
cours de traitement.60% ont été des orthèses de flexion, 40% d’extension.
L’observance du traitement a été bonne puisque les patients ont réellement porté leur
orthèse en moyenne 1h de moins que la recommandation. La durée moyenne du suivi a été
de 56j (min 10-max 200j) Une prescription de kinésithérapie a été associée dans 20% des
cas (20 séances en moyenne)
L’amélioration du déficit de flexion MP est de 78%, celui du déficit de flexion ou
d’extension IPP de 50% et le déficit de flexion IPD de 60%.Ces résultats concordent avec
ceux obtenus dans d’autres séries cliniques. [34, 35,36]
Le délai inférieur à deux mois semble significatif quant au résultat. Lorsque le traitement
est institué sans délai, 80% du résultat final sont obtenus dès la 4ème semaine, les 20%
restant à la 11ème semaine .Ainsi malgré les travaux de Madden en faveur d’un remodelage
du collagène pendant 12 mois, il semble que le résultat utile soit acquis dès le 3ème mois !
[6,7,15]L’âge a une incidence significative, un âge >60 ans étant péjoratif. L’efficacité du
traitement diminue du pouce vers l’auriculaire
6. Arrêt du traitement conservateur
Si un résultat utile est constaté après la séance de port de l’orthèse, on constate souvent
une perte des amplitudes par rappel élastique. Le patient doit être instruit que ce
phénomène est normal et que le port prolongé des orthèses aboutira à un résultat
consolidé. La date de l’arrêt du traitement sera décidée par le patient lui-même qui aura
réalisé un calque de ses amplitudes articulaires avant et après une période de test de
dépose de l’orthèse. [15]

TRAITEMENT CHIRURGICAL

Un traitement chirurgical ne se conçoit qu’après un échec de traitement conservateur
bien réalisé durant au moins 3 mois. Il est préjudiciable de s’acharner au-delà de ce délai
avec un traitement par orthèse inefficace, démoralisant et douloureux.
Encore faut-il s’assurer qu’il n’y a pas de contre-indication :
- les surfaces articulaires sont saines,
- les moteurs de l’articulation sont bons et surtout
-le patient est motivé , capable de comprendre et d’effectuer le programme
thérapeutique prévu.

12

Ce dernier point est capital : la période de traitement pré opératoire a permis d’évaluer le
patient et lui a permis le cas échéant d’arrêter de fumer. En ces périodes de
« judiciarisation »croissante, il est indispensable de faire signer un consentement éclairé
et de noter dans le dossier toutes les recommandations faites avant l’intervention.
Si ces conditions ne sont pas réunies, la récidive est constante et mieux vaut renoncer à
l’intervention. [1,15]
A la frontière entre le traitement conservateur et le traitement chirurgical, 3
techniques sont utilisées par certains :
-la mobilisation sous anesthésie est à proscrire car il est facile de rompre un tendon
extenseur ou de fracturer un os ostéoporotique .De plus, elle réactive le cycle infernal des
douleurs, de l’œdème et de la production de collagène. Seule une mobilisation douce pas
à pas au cours d’une arthrolyse chirurgicale sera autorisée.
-la distraction par fixateur externe a été proposée seule ou comme premier temps
opératoire avant une arthrolyse conventionnelle. Elle reste difficile à mettre en œuvre et
reste pour cette raison peu utilisée. [37,38]
-l’arthrolyse percutanée permet de désinsérer les ligaments collatéraux. Si le traumatisme
chirurgical est minime, cette technique ne permet pas d’agir sur toutes les autres
structures pouvant être mises en cause. On pourra cependant l’utiliser si l’on suspecte
uniquement les ligaments collatéraux. L’absence d’amélioration suffisante peropératoire
des amplitudes obligera à ouvrir l’articulation, ce dont le patient doit avoir été prévenu.
[39,40]

POINT FORT : le traitement chirurgical ne se conçoit qu’après échec d’ un traitement
conservateur bien mené et en l’absence de toute contre-indication :cartilage intact,
patient avertit et motivé, équipe multidisciplinaire disponible

RAIDEUR EN EXTENSION MP
1. La voie d’abord :
Le choix de la voie d’abord est capital. De nombreuses voies ont été décrites mais la
stratégie sera différente selon le nombre de rayons concernés ou une absence de réserve
cutanée.
Idéalement : elle doit tenir compte des cicatrices existantes, permettre une libération de
toutes les structures anatomiques en cause, permettre une fermeture cutanée en flexion
sans tension pour éviter la désunion et les douleurs lors de la mobilisation, assurer un
revêtement de bonne qualité capable de supporter les zones d’appui des orthèses et la
mobilisation précoce. Ce cahier des charges est difficile à réaliser et la réalisation d’un
lambeau local ou locorégional doit être programmée afin de ne pas tomber dans le piège
d’une ténoarthrolyse réduite à néant par une mobilisation active post opératoire
impossible ! [15]
-la voie palmaire n’est pas très utilisée car elle proscrit une ténolyse des tendons
extenseurs. [41,42]
13

-La voie longitudinale médiane dorsale est la plus simple mais peut évoluer en bride
rétractile. [1]
La voie arciforme dorsale se doit de préserver le retour veineux.
La voie intermétacarpienne longitudinale dorsale permet de traiter simultanément deux
articulations voisines. Cependant, il n’est pas toujours possible de profiter de la mobilité
de la peau dorsale lorsque celle-ci est fixée par les adhérences, le risque étant de libérer
l’articulation de façon asymétrique.
La voie en Y dorsal dite « Mercedes » offre un jour incomparable pour une libération uni
digitale et permet une avancée en VY en fin d’intervention. [43]
Le lambeau d’avancement – rotation de Smith est très utile, facile à réaliser et fiable. Il
est même possible de l’associer à un lambeau de recul en miroir pour obtenir un abord
encore plus grand. [44]
La voie transversale dorsale est la plus esthétique mais limite le jour nécessaire à cette
chirurgie. Elle peut cependant être étendue aux 4 MP des doigts longs et dans ce cas
utilement associée à un lambeau d’avancement bi-pédiculé.
Le lambeau d’avancement bi-pédiculé est réalisé en associant 2 grandes incisions
transversales, la première en regard des MP, la deuxième en regard de la base des
métacarpiens. Un décollement sous-cutané atraumatique permet de faire avancer le
lambeau de 1 à 3 cm tout en respectant les veines dorsales. Le site donneur est laissé en
cicatrisation dirigée et la séquelle à long terme reste tout à fait acceptable. [photos n°
6,7,8]
L’abord dorsal en créneau est utilisé si plusieurs MP sont gravement touchées .Il est
taillé sur P1 des doigts longs, respecte les unités fonctionnelles commissurales et complété
par 2 incisions latérales sur la main. L’abord complet des zones 4 à 6 est possible et la
fermeture en flexion des MP découvre une perte de substance de 1 cm sur P1 de chacun
des doigts. [15]
Les lambeaux locorégionaux sont utilisés dans les cas les plus graves. Selon la taille de la
perte de substance cutanée, on aura recours à un lambeau métacarpien, un lambeau en
îlot interosseux postérieur, un lambeau en îlot radial, un lambeau en îlot ulnaire ou un
lambeau libre. [44,45,46,47,48,49]
Les greffes de peau sont à proscrire car incompatibles avec la mobilisation précoce
indispensable en post-opératoire.
2. La ténoarthrolyse
Les 5 temps opératoires suivants sont successivement réalisés. Entre chaque temps, un
essai de mise en flexion douce et la réalisation des tests précédemment décrits permet de
libérer pas à pas les structures anatomiques responsables et uniquement celles-ci jusqu’à
la flexion passive complète sans rappel élastique.
-traversée de l’appareil extenseur :
Pour les cas simples, la meilleure solution pour aborder la MP est de récliner de chaque
côté la sangle de l’extenseur. .Cet abord est préférable à la voie trans-tendineuse médiane
[50] ou à la section de la sangle de l’extenseur [51] dont la suture en fin d’intervention
14

toujours sous tension rend la mobilisation difficile. Pour l’index et l’auriculaire, il est
facile de passer entre les tendons extenseur commun et extenseur propre. [15]
En présence d’adhérences de l’appareil extenseur à la peau et/ou au plan capsulopériosté, le premier temps opératoire est une ténolyse de l’appareil extenseur réalisée à
la spatule mousse et aux ciseaux .
Cas particuliers :
Si le tendon extenseur est intact mais rétracté, la technique du recul de Zancolli consiste à
sectionner l’extenseur en zone 4 en prenant soin de préserver les sangles latérales. Il est
alors facile de soulever le tendon pour réaliser l’arthrolyse .En fin d’intervention, le
tendon extenseur sera solidement réinséré directement sur la base de P1 à l’aide d’une
ancre intra -osseuse. [11]
Si le tendon extenseur est détruit en zone 6, il peut être excisé en amont des juncta
tendinorum, celles-ci sont suffisantes pour assurer une extension active et une
reconstruction complexe par greffe en 2 temps est inutile. [21]
Si les extenseurs sont détruits en zone 5 sur plusieurs rayons comme on peut le voir après
un coup de toupie ou une brûlure, les greffes classiques se luxent dans les vallées inter
métacarpiennes. Foucher a mis au point une technique qui règle la perte de substance
cutanée et de l’appareil extenseur en un temps opératoire. Un lambeau antébrachial
radial en îlot composite prélevant le tendon du brachioradialis et disposé transversalement
assure la stabilité de l’appareil extenseur. [21,52]
-capsulectomie dorsale : une incision simple est insuffisante et il convient d’exciser les
bandelettes sagittales et toute la capsule articulaire dorsale. [53]
-libération des ligaments latéraux : si la flexion par mobilisation douce reste impossible,
le décollement des ligaments latéraux des joues de la tête métacarpienne est réalisé à la
spatule mousse.
-section symétrique des 2 ligaments latéraux : réalisée au bistouri de 15 progressivement
et « à la demande » sur la partie dorsale des insertions métacarpiennes. Ce temps est
indiqué si la flexion MP reste impossible ou si elle se fait avec un ressaut ou un effet came
par accrochage des ligaments sur la partie saillante de la joue métacarpienne. Il faut
éviter une section trop importante, surtout sur le côté radial de l’index et ulnaire du
pouce qui aboutissent à une déviation du doigt. De même une section d’un seul ligament
entraine un déséquilibre avec hyperpression du coté non libéré. [15]
-décollement de la plaque palmaire : à l’aide d’une spatule mousse et courbe en prenant
soin de ne pas léser le cartilage. Il est indiqué devant un bâillement « en livre » dorsal de
la MP lors de la mise en flexion. [10]
-Libération des interosseux : par ténolyse ou par résection triangulaire distale de Littler
ou proximale tendineuse. Rarement utile, elle est indiquée en présence d’un test de
Finochietto positif.
-Le brochage en flexion ou l’arthrorise de la MP sont si possible évités : si les
circonstances y obligent, une broche de 1/10mm est suffisante pour la période la plus
courte possible. [photo n° 7]

15

-la fermeture cutanée : est toujours réalisée en flexion après avoir laissé avancer au
mieux un éventuel lambeau. [ photo n°6 ,7 et 8 ]
3. Le pansement et l’immobilisation
Un drain aspiratif est pour nous inadapté et nous utilisons un drainage très efficace par
capillarité selon Littler qui associe à des points séparés une seule couche de tulle puis des
compresses humides au contact de la plaie et des compresses sèches superficielles. Le
pansement sera légèrement compressif et associé à l’immobilisation du poignet à 10°
d’extension, MP en flexion de 80°, IP en rectitude. . Le tout sera gardé 3 jours avec une
prescription d’antalgiques, d’AINS. La surélévation de la main comme décrite dans le
chapitre prévention sera instituée. [3]
Lors de la réalisation du pansement, 3 fautes doivent être évitées, elles sont valables pour
tous les chapitres de technique opératoire suivants. Premièrement, si le pansement est fait
sous garrot, il faut se souvenir que l’exsanguination par bande d’Esmach réduit le volume
du bras de 20% et ce volume sera récupéré au lâcher de garrot. Deuxièmement, le
pansement doit être moins  serré  en proximal qu’en distal sans quoi il aura un « effet
garrot ». Troisièmement, la flexion des MP est toujours sous-estimée par rapport à la
réalité comme l’ont montré les contrôles radiologiques post opératoires.
4. La rééducation
-La mobilisation
Elle débute immédiatement après le premier pansement moins épais du 3ème jour
postopératoire, facilitée par une prise d’antalgiques. Des séances pluriquotidiennes de
mobilisation passive et active aidée douce sont entrecoupées par une mise au repos sur
une orthèse statique en extension du poignet, flexion des MP et extension des IP.
-Les orthèses
Vers le 12ème jour postopératoire, la cicatrisation cutanée est obtenue, la phase
inflammatoire postopératoire diminue d’intensité et on rajoute aux séances de
rééducation fonctionnelle deux orthèses : une orthèse dynamique d’extension MP alterne
avec une orthèse dynamique de flexion MP. Ce programme est maintenu durant toute la
durée du remodelage du collagène, c’est à dire au moins 4 mois, souvent beaucoup plus
longtemps car la tendance à la récidive tardive est si diabolique que certains auteurs
pensent que l’arthrolyse n’est jamais indiquée car vouée à l’échec. [54]
Si certains ont constaté une perte allant jusqu’à 60% au cours des 6 premiers mois
[1,23,55,56,57], d’autres ont démontré le maintien d’un gain de mobilité utile de 65° à
long terme, ce qui correspond à notre expérience. [15].
5. Les complications
La plupart sont dues à une faute technique, on peut citer :
-rééducation impossible par mise en tension cutanée qui signe une mauvaise évaluation de
la réserve cutanée
-déviation du doigt par section ligamentaire asymétrique,

16

-rupture ou luxation du tendon extenseur par défaut de ténolyse, défaut de résection ou
mise en flexion trop brutale
-récidive de la raideur par technique incomplète, la MP devant être fléchie sans effort à la
fin de l’intervention pour avoir une chance de bon résultat
-récidive de la raideur par abandon du patient qui signe une mauvaise sélection en
préopératoire
RAIDEUR EN FLEXION DE LA MP
Beaucoup moins fréquentes après un traumatisme que les raideurs en extension MP, elles
sont toute dues à une rétraction cutanée et / ou à une rétraction ischémique des muscles
interosseux. Lorsque ces deux structures sont traitées, on arrive habituellement à étendre
la MP car la flexion est la position de sécurité pour les ligaments et la plaque palmaire qui
sont en position de longueur maximale. [11]
Un test extrinsèque élimine des adhérences des tendons fléchisseurs et un test
intrinsèque confirme la rétraction des interosseux. Celle-ci est trop souvent méconnue en
urgence comme en secondaire et on doit à Finochietto , cité par Zancolli, la description et
l’examen du premier syndrome compartimental à la main. [22]
Prévention : Il faut suspecter un syndrome compartimental des interosseux surtout après
un écrasement de la main et réaliser en urgence une décompression chirurgicale de toutes
les loges interosseuses et des loges thénarienne et hypothénarienne.
1. La voie d’abord
Abord dorsal : En l’absence de rétraction cutanée, la libération des interosseux peut se
faire par voie dorsale intermétacapienne.
Abord palmaire : En présence d’une insuffisance de revêtement cutané (réel ou à
prévoir), un abord palmaire est préférable :
-l’abord transversal suivi de cicatrisation dirigée selon Mc Cash est rarement possible en
raison de l’exposition extensive des fléchisseurs.
-la greffe de peau est proscrite car elle nécessite une immobilisation de 12 jours, reste de
mauvaise qualité et se rétracte à long terme.
-un lambeau locorégional est utile sur un rayon : l. thénarien, l. métacarpien en îlot passé
dans l’espace inter métacarpien,
-pour les raideurs sur plusieurs rayons, les lambeaux à distance type interosseux
postérieur, radial ou ulnaires sont inadaptés car trop épais .La encore, le recours à un
lambeau « en créneau » symétrique de celui décrit pour les raideurs en extension des MP
est très utile. [15,21]
2. La ténoarthrolyse
-ténolyse des fléchisseurs : une ouverture de la gaine à la partie proximale de la poulie
A1 permet de réaliser une traction sur les tendons fléchisseurs afin de vérifier l’absence de
blocage .Le plus souvent, celles-ci se limitent à quelques adhérences lâches et une
ténolyse vraie reste exceptionnelle.
17

-libération des muscles interosseux : si l’interosseux est encore fonctionnel, une
désinsertion sous périostée des interosseux au niveau des métacarpiens permet leur
glissement. Le plus souvent l’interosseux est fibreux et une résection triangulaire distale
des interosseux est réalisée par une voie dorsale médiane sur P1. [58]
-arthrolyse : elle est rarement nécessaire, elle associe à la désinsertion proximale de la PP
une résection des faisceaux accessoires des ligaments collatéraux.
3. Le pansement
Avec drainage par capillarité il est complété par une immobilisation en extension de la MP
et des IP. Cette position est difficile à maintenir avec une seule orthèse statique et un
brochage de la MP en extension est habituellement nécessaire jusqu’au premier rendezvous entre le 3ème et le 4ème jour post opératoire.
4. Rééducation et appareillage
-L’immobilisation nocturne
A J+5, la réalisation d’un pansement moins volumineux permet de remplacer la broche
transarticulaire par une orthèse statique de repos en extension de la MP et de l’IPP. Cette
orthèse sera portée la nuit afin de conserver le gain acquis lors de l’intervention et pourra
servir à ménager des périodes de repos dans le programme de rééducation diurne.
-La mobilisation
La journée est consacrée à la rééducation qui associe mobilisation et orthèses dynamiques.
Elle débute immédiatement après le premier pansement moins épais du 5ème jour
postopératoire, facilitée par une prise d’antalgiques. Des séances pluriquotidiennes de
mobilisation passive et active aidée douce sont toujours réalisées la main surélevée.
-Les orthèses
Vers le 12ème jour postopératoire, la cicatrisation cutanée est obtenue, la phase
inflammatoire postopératoire diminue d’intensité et on rajoute aux séances de
rééducation fonctionnelle deux orthèses : une orthèse dynamique d’extension MP alterne
avec une orthèse dynamique de flexion MP. Ce programme est maintenu durant toute la
durée du remodelage du collagène, c’est à dire au moins 4 à 6 mois.
RAIDEUR EN FLEXION DES IPP
-Très fréquentes, la flexion des IPP étant la « voie finale commune » de la main
traumatisée. Une simple contusion, une entorse de l’IPP, une fracture, une plaie vasculonerveuse ou des tendons fléchisseurs peuvent aboutir à une raideur en flexion de l’IPP si
celle-ci est immobilisée en flexion. Nous insistons encore ici sur l’importance de la
prévention par immobilisation en position de protection associée à la surélévation de la
main traumatisée. [Photo n° 9]
-Etiologies particulières
Certaines étiologies particulières méritent d’être notées car elles modifient le traitement :
La boutonnière enraidie fait suite à une entorse ou à une luxation de l’IPP. En urgence elle
passe facilement inaperçue devant une IPP gonflée et douloureuse si elle n’est pas
18

systématiquement suspectée et recherchée. La libération antérieure ne suffit pas, il faut
impérativement traiter la rupture de la bandelette médiane de l’appareil extenseur soit
par une orthèse d’extension, soit chirurgicalement. {15]
La camptodactylie est un autre piège diagnostique car les patients n’en parlent pas
toujours spontanément.
La lésion de Mc Cue est découverte par un examen radiographique qui révèle une
calcification « en coulée » signant l’arrachement des freins de la PP dans les suites d’un
accident sportif. [59]
La raideur en flexion de l’IPP chez l’enfant dans les suites d’une brûlure n’est parfois due
qu’au manque de revêtement cutané et cède avec une plastie cutanée .Dans les cas les
plus anciens, la raideur touche toutes les parties molles et déforme parfois le squelette.
[60]
-Comme pour les raideurs MP, un traitement chirurgical ne se conçoit qu’après un
échec de traitement conservateur bien réalisé durant au moins 3 mois et en l’absence
de contre-indications.
Si ces conditions ne sont pas réunies, la récidive est constante et mieux vaut renoncer à
l’intervention. [1,15]
Cependant, la raideur en flexion de l’IPP est bien tolérée fonctionnellement si le déficit
est < 25°, reste le problème esthétique…mais il faudra prévenir le patient du risque
d’aggravation avec perte de l’enroulement.
POINT FORT : une raideur en flexion inférieure à 25° est souvent bien tolérée
fonctionnellement et ne nécessite pas de traitement chirurgical.

1. Voie d’abord
La voie dorsolatérale bilatérale permet de traiter les ligaments collatéraux et la plaque
palmaire, elle reste insuffisante si la raideur articulaire est associée à des adhérences des
tendons fléchisseurs dans le canal digital. Au moindre doute elle sera avantageusement
remplacée par un abord antérieur.
La voie brisée antérieure de Bruner [61] est la voie royale car elle permet de traiter
toutes les structures potentiellement en cause. Facilement agrandie en proximal comme
en distal, son association à des plasties en VY lors de la fermeture cutanée permet d’éviter
toute bride rétractile par médialisation de la pointe des lambeaux. La levée des lambeaux
doit être parfaitement atraumatique et la dissection des pédicules vasculo nerveux est
souvent rendue difficile par leur adhérence due à l’organisation de l’œdème.
Une plastie en Z ou un lambeau local ne sont nécessaires qu’en présence d’une bride ou
d’une perte de substance cutanée.
2. La ténolyse des tendons fléchisseurs
Ce premier temps n’est pas obligatoire, mais on retrouve souvent, associées à une
rétraction de la gaine des fléchisseurs, des adhérences entre le FS et le FP et entre les
fléchisseurs et le canal digital. Un lambeau de la gaine des fléchisseurs est levé entre les
19

poulies A2 et A4 qui sont impérativement conservées. Ce lambeau sera interposé en fin
d’intervention entre les fléchisseurs et la PP. A l’aide d’une spatule mousse, les
fléchisseurs sont progressivement libérés. Une traction douce à la partie proximale de la
poulie A1 confirme la bonne course des tendons. Parfois ce geste est suffisant, mais
habituellement la composante articulaire de la raideur limite encore l’extension passive.
3. L’arthrolyse :
Elle se fait par étapes successives entrecoupées d’un test d’extension passive per
opératoire jusqu’à obtention d’une extension complète.
Résection extra articulaire des « check reins » selon Watson [12]
Les tendons fléchisseurs sont écartés par un écarteur mousse à tendon. On peut alors
accéder aux freins épaissis et rétractés de la PP et les reséquer au bistouri. L’exiguïté du
champ opératoire, la nécessité de préserver les artères rétro tendineuses et de rester
extra articulaire rendent l’utilisation de loupes indispensable. Une manœuvre d’extension
prudente doit ouvrir le doigt facilement, sinon il faut passer aux étapes intra articulaires
suivantes de l’arthrolyse décrites par Curtis. [13]
Section de l’insertion des ligaments collatéraux accessoires sur la PP.
Décollement du récessus proximal de la PP
Décollement des ligaments principaux des condyles
Désinsertion des ligaments principaux sur P1
Résection de la PP
Le « brochage de l’IPP en rectitude limité à une semaine peut être utile en l’absence de
ténolyse associée des fléchisseurs. Deux dangers doivent être évités : l’ischémie digitale
par mise en tension des pédicules et la nécrose cartilagineuse par hyperpression.
4. Recherche de la « pseudo boutonnière »
Une raideur en flexion prolongée de l’IPP entraine une détente de la bandelette médiane
et une luxation latérale des bandelettes latérales. [13]Le test de ténodèse par mise en
flexion du poignet et de la MP n’entraine pas comme il le devrait l’extension complète de
L’IPP. Si pour une « pseudo boutonnière » modérée une orthèse dynamique d’extension
post opératoire est suffisante, dans les cas plus marqués, une ténotomie transverse de
l’extenseur au dos de P2 ou une suture des bandelettes latérales au dos de l’IPP sera
parfois nécessaire. [62]
5. Le pansement et l’immobilisation
Le pansement est classique comme pour les raideurs MP et l’immobilisation maintient le
poignet en extension de 10°, la MP en flexion à 80° et l’IPP en rectitude.
6. La rééducation
-la nuit : la main est mise au repos sur une orthèses statique le poignet en extension de
10°, la MP en flexion à 80° et l’IPP en rectitude.
-La mobilisation
20

Elle débute immédiatement après l’ablation de la broche entre le 5 et le 10ème jour postopératoire, facilitée par une prise d’antalgiques et d’AINS. Des séances pluriquotidiennes
de mobilisation passive et active aidée douce sont toujours réalisées la main surélevée.
-Les orthèses
Vers le 12ème jour postopératoire, la cicatrisation cutanée est obtenue, la phase
inflammatoire postopératoire diminue d’intensité et on rajoute aux séances de
rééducation fonctionnelle une orthèse dynamique d’extension sélective IPP.
A J+30, on rajoute une orthèse dynamique d’enroulement longitudinale puis au fur et à
mesure des progrès une orthèse dynamique d’enroulement transversale afin de concentrer
les efforts sur l’IPP.
-l’arrêt de la rééducation :
Ce programme est maintenu durant toute la durée du remodelage du collagène, c’est à
dire au moins 4 à 6 mois.
Un « test d’abstention » est régulièrement réalisé par le patient. Il consiste à dessiner le
calque de son doigt après mise en place de l’orthèse d’extension puis refaire ce calque
après 2, 4, 8 jours sans orthèse. Tant qu’un rappel élastique est présent, l’orthèse doit
être poursuivie, par contre si les amplitudes se maintiennent le traitement est terminé.
[15]
-cas particulier de la ténolyse des fléchisseurs associée :
La ténolyse des fléchisseurs complique le problème de la rééducation. En effet,
l’immobilisation nocturne en extension des IPP entraine des adhérences des fléchisseurs
impossibles à vaincre par des muscles fléchisseurs affaiblis .Le protocole doit être inversé
de la façon suivante : à la fin de la séance de rééducation, la patient réalise une flexion
active maximale, puis il est immobilisé dans cette position par une orthèse d’enroulement
douce .Les quelques adhérences lâches formées pendant la nuit seront facilement vaincues
le lendemain par une extension active aidée puis par une orthèse d’extension. Il faut se
souvenir qu’un tendon fléchisseur ténolysé est fragile et toute rééducation « en force » est
proscrite durant 3 mois. [63]
7. Les résultats
Les résultats sont traditionnellement mauvais avec un gain moyen des amplitudes
articulaires limité à 25°. [15,51,56]
Ils doivent être améliorés par une meilleure sélection des patients, une technique précise
et une rééducation sans faille
8. la  « TATA » ou ténoarthrolyse antérieure [64,65,66]
Elle s’adresse aux doigts « en crochet » avec une IPP et une IPD fixée en flexion. Toutes les
structures sont rétractées y compris la peau. La libération plan par plan associée à un
lambeau cutané est complexe et le plus souvent inefficace. C’est la raison pour laquelle
Saffar a préféré faire une libération « monobloc » de tous les tissus antérieurs.
Une incision dorso latérale sur toute la longueur du doigt et se terminant en « gueule de
requin » permet d’aller directement au contact de l’os au niveau de P1 et P2.
21

Le décollement sous- périosté est poursuivi au niveau articulaire en soulevant les plaques
palmaires de l’IPP et de l’IPD et se termine par la désinsertion du fléchisseur profond. La
désinsertion des ligaments collatéraux permet enfin d’étendre le doigt au prix d’un recul
en bloc de toute la partie décollée qui dénude P3.La couverture de P3 peut être laissée en
cicatrisation dirigée ou plutôt comblée par une arthrodèse raccourcissante de l’IPD. [66]
L’IPP est brochée en extension et la MP maintenue fléchie pendant 12 jours. Une orthèse
en position intrinsèque plus est gardée jour et nuit, uniquement enlevée lors des séances
de flexions actives réalisées durant la journée .A J30, une orthèse d’enroulement
dynamique complète le dispositif.
Les résultats à long terme, montrent l’utilité de cette TATA avec un gain d’extension
global de 86° et un gain d’extension IPP de 56°l’amélioration fonctionnelle se faisant par
un déplacement de l’arc de mobilité dans secteur plus utile. [66]
RAIDEUR EN EXTENSION DES IPP
Quoique moins fréquente que la raideur en flexion, elle est très gênante sur le plan
fonctionnel et doit être traitée.
La confection d’une orthèse est difficile voire impossible dans les raideurs en extension de
tout le doigt et un traitement chirurgical débloque la situation.
1. La voie d’abord
Le manque de réserve cutanée est constant, la peau est lisse et le pincement
impossible, toute incision simple ne pourra pas être mobilisée sans tension en fin
d’intervention, il est indispensable de prévoir un lambeau dès le dessin de l’abord.
Le lambeau de Smith [44] débute au niveau de l’IPD, oblique sur P2 puis latéral sur P1 et
se termine à la base du doigt transversalement au niveau d’une bague éventuelle. Il est
levé complètement par rapport au périmysium tendineux en sacrifiant les veines dorsales
du côté de l’incision et en les libérant du côté du pédicule .En fin d’intervention, la suture
pourra être effectuée en flexion grâce à un avancement du lambeau de 1 à2 cm.
Les lambeaux en miroir dans les cas extrêmes associent un avancement sur P1 à un recul
sur P2.
2. L’appareil extenseur :
-Il peut être traversé par une incision longitudinale entre une bandelette latérale et la
bandelette médiane surtout si une plaque d’ostéosynthèse doit être enlevée.
Il peut être soulevé après avoir sectionné le faisceau transverse du ligament
rétinaculaire .Une ténolyse à la spatule mousse est réalisée et un test intrinsèque de
Finochietto vérifie l’absence de rétraction des interosseux. S’il est positif, une résection
triangulaire distale de Littler est indispensable. [3] [photo n° 10]
3. L’arthrolyse dorsale IPP :
Elle comporte 5 temps successifs entrecoupés par un test de flexion passive douce per
opératoire
-Résection de la capsule articulaire et non pas simple section
22

-Décollement des ligaments collatéraux à la spatule
-Désinsertion des ligaments à l’aide d’un bistouri de 15 glissé entre la partie latérale des
condyles de P1 et tourné de 90°
-Libération des adhérences intra articulaires à la spatule mousse sans abimer les
cartilages
-Décollement de la PP à la spatule mouse jusqu’à la flexion totale facile sans effet came
et sans ouverture en livre sur une charnière
4. La traction sur les fléchisseurs
Lorsque la flexion passive est obtenue une incision de 2 cm palmaire dans le pli palmaire
distal permet de réaliser une traction sur les fléchisseurs afin de faire lâcher les
adhérences dans le canal digital.
5. Le pansement
Le maintien en flexion du doigt est réalisé par un pansement  « en boule » pendant 3
jours.
6. La rééducation :
Elle débute dès le premier pansement à J+3 avec la confection d’une orthèse dynamique
d’enroulement longitudinale et transversale combinée à une lame dynamique d’extension.
Les séances toutes les heures de flexion et d’extension active sont terminées par la mise
en place de l’orthèse d’enroulement longitudinale globale d’abord puis transversale
sélective IPP ensuite.
Une flexion active maximale est réalisée avant de se coucher et maintenue toute la nuit
par l’orthèse d’enroulement longitudinale douce.
7. Les résultats
Ils sont réputés mauvais avec un gain moyen de mobilité limité à 34°. [54]Ceci est
certainement dû à un défaut d’évaluation et de traitement de problème cutané associé .En
utilisant la technique décrite un gain de 75° peut raisonnablement être annoncé au
patient.[15]
8. Cas particulier du col de cygne enraidi en hyper extension
Une situation particulièrement difficile à traiter est celle de la déformation en col de
cygne enraidie. Il faut alors dans le même temps opératoire traiter la raideur d’une part et
le col de cygne d’autre part .La traversée de l’appareil extenseur sera faite par une ou
deux bandelettes latérales dont la partie externe sera isolée et laissée attachée en distal
et en proximal. Une fois l’arthrolyse terminée, cette bandelette sera transposée en avant
du centre de rotation de l’IPP et fixée dans une tranchée réalisée entre la PP et le
ligament accessoire. [3,11]
LES RAIDEURS COMBINEES
Il n’est pas rare de devoir traiter un doigt figé par des adhérences antérieures et
postérieures. Cette situation se retrouve par exemple après une réimplantation digitale ou
23

à la suite d’un syndrome douloureux régional complexe sévère. Deux stratégies peuvent
être utilisées : la libération en un temps ou la libération en deux temps.
1. La double ténoarthrolyse en un temps consiste à faire les libérations antérieure et
postérieure précédemment décrites en un seul temps opératoire .Elle cumule
toutes les difficultés à commencer par le choix de la voie d’abord et donne des
résultats inférieurs à une libération unique. [53]
2. La libération en deux temps débute toujours par la libération dorsale puis après
quelques semaines se poursuit par la libération palmaire. [15]

LES RAIDEURS DE LA TRAPEZO METACARPIENNE
A la suite d’un écrasement, d’une explosion de pétard, d’une fracture de Bennet, la voie
finale commune à redouter et à prévenir est la rétraction de la première commissure(C1).
1. Prévention :
Au moindre doute, les loges musculaires de C1 seront ouvertes et le maintien de
l’écartement de la première commissure doit être systématique. Plutôt qu’une orthèse
statique d’écartement de C1, on aura recours au brochage statique selon Iselin à l’aide de
2 broches de 1.2mm divergentes entre M1 et M2 ou à la technique de Littler avec une
corde à piano dynamique écartant M1 et M2. [3,67]
2. Libération de C1 :
Une plastie cutanée est toujours indiquée afin de récupérer l’amplitude des
mouvements. Au minimum, il s’agit d’une plastie en Z qui  creuse  la commissure ou d’une
plastie « papillon » qui  allonge  la commissure. Mais souvent un lambeau locorégional
inter osseux dorsal en îlot est nécessaire pour remplacer le tétraèdre de 12X4cm qui forme
C1, plus rarement un lambeau libre à distance type brachial externe ou para scapulaire.
[46] [photo n°11]
L’artère radiale est un danger permanent et doit être disséquée et mise sur un lac avant
de poursuivre par la résection des aponévroses musculaires.
La libération des muscles adducteurs, interosseux dorsal du premier espace et thénariens
est réalisée par leur désinsertion sur M2 et M3 tant qu’ils sont fonctionnels. Sinon ils
doivent être totalement excisés, laissant une commissure vide mais souple apte à recevoir
tous les transferts tendineux.
L’arthrolyse est délicate et nécessite parfois un abord séparé pour sectionner les
ligaments inter métacarpiens, dorsoradial et oblique postérieur.
Dans les cas extrêmes, seule une trapézectomie permet de récupérer C1 et se révèle une
excellente opération de sauvetage. [15]
LES RAIDEURS AVEC DESTRUCTION ARTICULAIRE

24

1. Elles sont à la limite du sujet puisque toute intervention mobilisatrice est vouée à
l’échec.
La destruction articulaire par traumatisme est un défi pour le chirurgien de la main et il
faut bien reconnaître qu’actuellement aucune technique de reconstruction n’approche
l’idéal que serait une nouvelle articulation indolore, stable, forte, durable, avec un arc de
mobilité complet.
Le problème est particulièrement marqué au niveau de l’articulation IPP, à qui est dévolu
80% de la fonction de la chaine articulaire digitale et bien souvent ,on sera déjà satisfait
si l’on obtient un arc de mobilité dit « utile » qui est de 61° pour la MP,60° pour l’IPP et
39° pour l’IPD. [3,16]

2. En présence d’une destruction articulaire étendue, de nombreuses techniques ont
été proposées :
-une amputation qui reste parfois la solution la plus sage surtout dans les traumatismes
complexes associant des lésions de plusieurs éléments nobles sur un seul doigt. A cet
égard, un index raide douloureux et insensible n’a aucune chance d’être réintégrer dans la
gestuelle quotidienne en présence d’un majeur indemne. (19]
-une arthrodèse apporte une articulation indolore, stable et durable au prix d’une perte
de la mobilité. [69]
- une arthroplastie par interposition de plaque palmaire (délicate) ou de périchondre
(complexe) reste de diffusion confidentielle. [70,71]
-une résection articulaire associée à une arthrodèse de voisinage permet de solidariser
deux rayons tout en reportant la mobilité sur un doigt voisin. Ce principe est utile en cas
de destruction de la MP [72] ou de la cinquième carpo-métacarpienne. [73]
-une arthroplastie d’interposition en silicone après résection articulaire selon le concept
de Swanson induit la formation d’une capsule fibreuse autour de l’implant permettant
théoriquement un certain degré de stabilité ainsi qu’une mobilité indolore .Malgré ses
imperfections et complications cette technique reste la plus utilisée depuis plus de 30 ans.
[74]
-les prothèses articulaires sont testées depuis 1940 afin de réaliser un véritable
remplacement articulaire comme cela a été fait avec succès pour la hanche, le genou ou
l’épaule. Différents matériaux(métal, polyéthylène, titane, pyrocarbone… ),type de
fixation ( press- fit, ciment, vissage, ostéointégration…) ,principe de prothèse(contrainte,
semi-contrainte, mobile…)ont vu le jour .La plupart ont déjà disparu et force est de
constater que la prothèse efficace et durable reste à découvrir !!
-les transferts articulaires non vascularisés sont tombés en désuétude à cause des
mauvais résultats par disparition constante du cartilage et de l’os sous chondral. [75]
-les transferts vascularisés libres ou en îlot maintiennent la vascularisation indispensable
à la survie de l’articulation transférée et à la production de liquide synovial. Le
développement des lambeaux et l’avènement de la microchirurgie ont permis toutes les
expérimentations de reconstruction articulaire à partir du pied ou de la main. La
conservation du cartilage articulaire et de la plaque de croissance fonctionnelle a suscité
25

beaucoup d’espoir. Malheureusement, les résultats fonctionnels médiocres associés à la
difficulté technique de ces interventions font qu’elles restent d’indications
exceptionnelles .Il n’en demeure pas moins que dans certains cas bien ciblés, les transferts
articulaires pédiculés au niveau des doigts peuvent transformer l’avenir fonctionnel du
patient. [75,76,77]
Si l’indication d’un transfert hétérodigital à partir d’un doigt banque est évidente, celle
d’un transfert homodigital, bien qu’ayant l’avantage d’un prélèvement sur le même doigt
reste rare .La complexité de cette reconstruction fait reculer certains patients et/ou
chirurgiens qui préfèrent la simplicité d’une arthrodèse voire d’une amputation. La
confidentialité dans laquelle elle est restée n’est cependant pas méritée si on la compare
aux autres techniques de sauvetage proposées. (76,77]
En effet, s’il on reste loin des 60° de l’arc de mobilité « utile », le transfert homodigital
IPD sur IPP permet d’obtenir un arc de 43° loin devant les « spacers » de Swanson (34°) et
les transferts vascularisés à partir d’un orteil (23°). Actuellement, aucune prothèse ne
permet d’assurer une mobilité suffisante et toutes ne présentent aucune garantie dans le
temps. [75,76,77]

CONCLUSION
La raideur est la complication la plus fréquente qui menace une main traumatisée par la
réunion de 3 évènements nocifs : l’œdème, la douleur et l’immobilisation en mauvaise
position. [15]
Il s’agit d’un véritable problème de santé publique car la raideur d’un seul doigt empêche
le bon fonctionnement de toute la main et peut ruiner la carrière du patient. Cependant,
leur retentissement social et économique peut être facilement diminué par la mise en
œuvre des règles de prévention élémentaires en urgence que sont : la surélévation de la
main et la mobilisation précoce ou sinon l’immobilisation en position de protection.
Lorsqu’elle est constituée, la raideur doit être prise en charge dans un centre spécialisé où
sera mise en œuvre une collaboration étroite entre le patient, le rééducateur et le
chirurgien. Le traitement sera toujours conservateur et parfois chirurgical, débuté par de
la rééducation fonctionnelle associée au port d’orthèses. Ce traitement conservateur sera
suffisant dans 63,9 % des cas. Si le résultat n’est pas acquis après un délai de 3 mois, la
libération chirurgicale peut être proposée chez un patient bien sélectionné et ayant
compris que l’intervention sera suivie d’une période de rééducation longue et difficile.
Cette chirurgie est un exercice technique délicat qui nécessite une bonne connaissance de
l’anatomie et de la physiologie de la chaine digitale. Suivie de 4 à 6 mois de rééducation,
elle permet de récupérer un secteur de mobilité utile.
______________________________________________________________________________
____
PLAN

INTRODUCTION
26

PHYSIOPATHOLOGIE
1. La phase aigüe inflammatoire 
2. La phase secondaire de réparation et de remodelage 
RAPPEL ANATOMIQUE
1. Anatomie de la MP
2. Anatomie de l’IPP
3. Anatomie de l’IPD
ETIOLOGIES ET EXAMEN D’UNE RAIDEUR
1. En pratique deux cas de figure peuvent se présenter 
2. Anamnèse
3. Examens complémentaires
4. Examen clinique
TRAITEMENT PREVENTIF
1. Il est capital et ne se conçoit qu’à la phase aigüe inflammatoire.
2. La surélévation de la main
3. La mobilisation active précoce
4. Certains traumatismes sont incompatibles avec une mobilisation
active précoce durant la phase de cicatrisation
5. Enfin certains traumatismes doivent être immobilisés durant la phase
de consolidation.
TRAITEMENT CONSERVATEUR
1. Principes :
2. Les orthèses
3. traitement conservateur d’une raideur en extension
4. Traitement conservateur d’une raideur en flexion
5. Le rôle des orthèses dans le traitement
6. Arrêt du traitement conservateur
TRAITEMENT CHIRURGICAL
RAIDEUR EN EXTENSION MP
1. La voie d’abord :

27

2.

La ténoarthrolyse

3.

Le pansement et l’immobilisation

4.

La rééducation

5.

Les complications

RAIDEUR EN FLEXION DE LA MP
1. La voie d’abord
2. La ténoarthrolyse
3. Le pansement
4. Rééducation et appareillage
RAIDEUR EN FLEXION DES IPP
1. Voie d’abord
2. La ténolyse des tendons fléchisseurs
3. L’arthrolyse :
4. Recherche de la « pseudo boutonnière »
5. Le pansement et l’immobilisation
6. La rééducation
7. Les résultats
8. la  « TATA » ou ténoarthrolyse antérieure

RAIDEUR EN EXTENSION DES IPP
2.

La voie d’abord

3. L’appareil extenseur :
4.

L’arthrolyse dorsale IPP :

5.

La traction sur les fléchisseurs

6.

Le pansement

7.

La rééducation :

7. Les résultats
8. Cas particulier du col de cygne enraidi en hyper extension

28

RAIDEUR S COMBINEES
RAIDEURS TRAPEZOMETACARPIENNE
RAIDEURS AVEC DESTRUCTION ARTICULAIRE

CONCLUSION
______________________________________________________________________________
____
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[77] Marin Braun F Les transferts articulaires pédiculés au niveau des doigts.in
Monographie de la Société Française de Chirurgie de la Main 2010 ;29 : S146-155.
TABLEAU 1 : ETIOLOGIES
RAIDEUR EN EXTENSION

RAIDEUR EN FLEXION

Rétraction cicatricielle cutanée dorsale

Rétraction cicatricielle cutanée palmaire

Tendons extenseurs adhérents/rétractés

Tendons fléchisseurs adhérents /rétractés

Interosseux adhérents

Interosseux adhérents /rétractés

Ligament rétinaculaire adhérent

Ligament rétinaculaire adhérent

Ligaments latéraux adhérents/rétractés

Ligaments latéraux adhérents/rétractés

Plaque palmaire adhérente

Plaque palmaire adhérente/rétractée

Bloc osseux / incongruence articulaire

Bloc osseux / incongruence articulaire

Association +++

Association +++

Figure 1 Le cercle vicieux aboutissant à la raideur

INFLAMMATION

RAIDEUR
34

OEDEME
EN MAUVAISE

IMMOBILISATION
POSITION

CARACTERISTIQUE

35