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GARDAREM LOU FRAU !

Dossier préparé par le collectif APSMB, Richard, Rémi, Gisèle, Jean-Jacques, François, Merzouk et Dominique. Collaboration d'Anne.

« La Terre n’appartient pas aux hommes, mais c’est l’homme qui appartient à la Terre ».
Avant que nos enfants nous accusent de n’avoir rien fait ou d’avoir laissé faire...
À l’heure où la nature se rebelle, commençant à nous faire payer les premières factures de la dégradation de la planète, nous venons dans
ce dossier révéler un désastre écologique et humain de grande ampleur, soigneusement caché au cœur de l’espace naturel sensible du FRAU.
Ce site remarquable subit depuis 15 ans le pillage de son sous-sol par la société DENAIN-ANZIN MINÉRAUX, depuis rachetée en 2005
par la société minière multinationale IMÉRYS.
L’Association de Préservation des Sites Menacés en Bouriane (APSMB)
lutte âprement depuis 1997 et appelle tous les citoyens à considérer
ce territoire comme une zone à défendre.
La ZAD de Notre Dame des Landes du FRAU !

LES ENJEUX
L

e galet de quartz constitué de silice est
contenu dans le sous-sol bourian dans
de fortes proportions et sur des surfaces
conséquentes car ce sont 6 000 hectares
de gisement qui sont convoités dont 3 000
dénués de toute protection. Cette silice est
ensuite transformée, selon un processus industriel, en silicium utilisé comme durcisseur
dans l’industrie métallurgique.
Cette convoitise industrielle est attisée par
le fait que la France a recentré l’exploitation
d’un maximum de ressources minières sur
son sol et que cette zone, par sa faible densité de population, son isolement et son faible
développement, présente de réels avantages
pour les industriels et l’administration afin de
dissimuler une telle exploitation à l’opinion
publique et ainsi alimenter une filière industrielle en toute quiétude.
Démontrer à grand renfort de communication démagogique qu’il est possible de réaliser une telle exploitation minière dans une
zone quasiment vierge, à fort enjeu écologique, où la biodiversité représente un atout
majeur, sans la dénaturer.
Opposer à l’économie locale la création
d’emplois que génère une telle activité en
éludant la sous-traitance, le recours systématique aux intérimaires, en un mot à la précarité.
Démontrer que la vie sociale des habitants

de la zone peut être soutenue financièrement par la société minière en distribuant
des subventions aux associations de proximité avec la caution des élus locaux. Un procédé tout à fait assimilable aux pratiques coloniales ancestrales.
Ouvrir son site industriel ponctuellement,
lors de journées portes ouvertes, pour des visites scolaires ou pour rencontrer les élus et
les associatifs, afin de promouvoir les idées
sur l’intérêt économique d’une telle exploitation, de vanter les mérites des réhabilitations
et de leurs prétendues préoccupations écologiques.
EN QUELQUES MOTS, AVANCER MASQUÉ, EN SE POSANT EN ACTEUR MAJEUR,
INCONTOURNABLE ET INDISPENSABLE À LA
VIE LOCALE, POUR EN RÉALITÉ, CAUSER UN
DÉSASTRE ÉCOLOGIQUE MAJEUR EN TOUTE
IMPUNITÉ.

LES ACTEURS
- IMERYS l’exploitant minier qui tient dans
sa main un grand nombre d’élus locaux
grâce à son lobbying participatif.
- Une administration ne remplissant pas son
rôle d’arbitre subissant constamment la tutelle du ministère de l’industrie qui agit systématiquement en faveur de l’exploitant. Certains riverains aveuglés par la puissance
industrielle et guidés par des intérêts particuliers qui subissent en espérant, au final, en
tirer profit.
- Des riverains réfractaires à l’exploitation
mais qui préfèrent se taire pour ne pas se
mettre en opposition avec leurs concitoyens.
- Les opposants à cette mine qui sont les
irréductibles, regroupés en association, qui
se sont battus hier contre l’implantation et
se battent aujourd’hui contre les extensions
et pour la fermeture du site, que l’on tente
de marginaliser en les isolant au maximum
du reste de la population et en salissant leur
combat.

PROPOSITIONS
Tout ce que nous vivons aujourd’hui n’est
que la conséquence de la pensée unique du
libéralisme qui nie la notion d’intérêt général pour privilégier la somme des intérêts
particuliers. Autrefois, les marchands se réunissaient aux portes de la ville, aujourd’hui
les marchés sont mondiaux, contrôlés par
des multinationales telles qu’IMERYS et plus
aucun mur d’enceinte ne les arrête. Donc
les compromis de gestion public/privé sont
dominés par les prétendus impératifs de
marché au profit des intérêts privés, sans
aucune considération pour la population
contrainte à vivre dans un monde libéral
présenté comme la seule alternative.
Les populations doivent se ressaisir et sortir de cette pensée unique dans laquelle on
les a enfermées sous peine de le regretter
un jour amèrement lorsqu’elles seront totalement inféodées, contre leur gré, à ce pouvoir économique. Il faut donc continuer la
lutte, continuer d’informer et de mettre en
garde, mais pas seulement. Il faut structurer un mouvement de résistance active qui
oblige les médias à s’intéresser à notre cause
et les élus à changer de comportement en
se rappelant que chaque député, sénateur,
élu local, national ou européen, possède sa
part de pouvoir et de responsabilité dont il
est comptable devant ses électeurs.
Notre Bouriane a sa propre identité, ses
propres atouts qui ont été déjà inventoriés
avec la notion de pays bourian. Une dynamique économique et sociale avait été im-

Le quartz du Frau est de qualité métallurgique utilisé pour la production du silicium
métal - composant des alliages, joints d'étanchéité, peintures, etc. Il se classe dans la catégorie inférieure des quartzs industriels selon le "European Minerais Year Book" (1996/97)
préparé par le BRGM pour la Commission Européenne.

pulsée avant que les élus du département,
lors de la création des Communautés de
Communes, ne viennent tout remettre en
cause pour nous vendre au lobby industriel
minier.
La Bouriane n’est pas à vendre, c’est un
territoire rural qui n’a pas besoin des multinationales pour exister, elle possède en son
sein ses propres atouts et voies de développement économique et social.
Les élus qui nous gouvernent ont totalement perdu de vue l’aspect identitaire des
territoires. Ils ont la folie des grandeurs et
répètent à l’infini des schémas expérimentés par d’autres en pensant qu’un copiercoller est suffisant pour entraîner une nouvelle dynamique. L’argent public est gaspillé,
les projets simples raisonnés à l’échelle du
territoire sont enterrés, les entreprises locales sont sacrifiées au profit d’entreprises
extérieures beaucoup plus importantes et il
n’existe plus aucune cohérence dans le développement économique.
Il faut retrouver cette cohérence qui nous
fait cruellement défaut, que ceux qui
prennent une initiative, investissent sur le
territoire soient certains de n’être plus abandonnés ou vendus à des intérêts supérieurs,
mais confortés dans leur entreprise. Que
nos jeunes qui désirent rester vivre et travailler au pays, sachent qu’un avenir leur est offert, autre que celui d’aller trier ou laver des
galets chez IMERYS pour un SMIC.
Reprenons-nous, le monde est devenu fou,
remettons les pieds sur terre, sortons de
cette spirale qui dessert l’intérêt général et
cause notre perte. 
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LE LOT EN ACTION n° 80 - vendredi 21 mars 2104

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LE FRAU
HISTORIQUE D’UNE LUTTE

L

e combat pour préserver le FRAU du désastre écologique et environnemental
dure depuis 17 ans !
L’APSMB a vu le jour en 1997 pour préserver
cet îlot de nature sauvage et si particulier à
bien des égards.
Pour preuve tous les documents émanant du
Conseil Général du Lot ne tarissent pas d’éloges
pour cet espace exceptionnel et unique !

Le FRAU est constitué essentiellement de sable,
de galets et d’argile qui lui confèrent toute sa
biodiversité et ce biotope si particulier au milieu
de l’océan de calcaire du Lot. De fait, le sol ainsi
constitué agit comme un filtre et alimente à longueur d’année de son eau d’une pureté incomparable le réseau aquifère de la Bouriane. L’engagement pour la protection de la ressource en eau
était une évidence et reste une préoccupation majeure.
Pour son plus grand malheur la caractéristique
de ce lieu extraordinaire : le quartz, contenu dans
ses galets, fait l’objet des convoitises de la Société minière internationale DENAIN ANZIN MINÉRAUX qui dépose sa 1ère demande d’exploitation
en 1997.

Une première enquête publique en 1998 débouche sur un avis défavorable aux motifs des
risques perçus pour l’aquifère et en raison d’une
circulation de camions inadaptée au réseau routier. Qu’à cela ne tienne ! La procédure est stoppée net et une deuxième demande est posée dans
la foulée !
Bataille d’experts, nos experts : deux anciens hydrogéologues du BRGM ! contre ceux nommés
par le Préfet de l’époque... Que croyez-vous qu’il
arriva ? C’est le Préfet qui gagna !!!
Deuxième enquête publique ! Non plus un commissaire enquêteur, mais trois ! Malgré quelque
11 317 signataires de pétitions dont 5520 Lotois
défavorables au projet opposés aux 287 favorables, sachant que 66 % des élus des huit communes concernées appelés à se prononcer ont

CONVOITISES, OUTRAGES ET IMPUNITÉ
Par Richard Truchot

I

MÉRYS est une multinationale dotée d’une
force de communication exceptionnelle. Le discours est précis et clinquant. Pour exemple : Philippe d’Agier, directeur de la mine, a une admiration sans borne pour le terme « Optimiser ».
Rentré dans la place en pratiquant la stratégie de
la division. Chose aisée sachant que l’implantation
de la mine est à cheval sur 3 communes (Lavercantière, Peyrilles et Thédirac), se servant des faiblesses de la nature humaine. Comme le diable
tente les hommes pour mieux les asservir, il joue
la division de la population locale en faisant croire
que la terre sur laquelle on est assis vaut de l’or !
La cupidité fait son chemin et arrivent les divisions
entre ceux qui pensent que la terre est notre trésor et ceux qui ne voient dans cette terre qu’une
source de profit immédiat sans la moindre considération pour la communauté des hommes.
Champion de l’environnement, respectueux
de la nature, IMÉRYS va même jusqu’à publier
une plaquette publicitaire luxueuse... À l’usage
du public ?... ou bien des élus et administratifs à
convaincre, ou des actionnaires et financiers à rassurer ? Que la machine à billets tourne à plein régime ! On y voit un pauvre bassin de 20m² transformé en lac majestueux, un bouquet de fleurs des
champs en forêt luxuriante... pourquoi pas une citrouille en carrosse? Mais le FRAU n’est pas un dé-

cor de théâtre et on ne cache pas la misère à coups
de baguette magique.
Mais, du papier glacé en quadrichromie à la réalité il y a un gouffre !
Suite à la dernière autorisation préfectorale d’exploitation, les maigres droits qui avaient été accordés ont totalement disparu. L’autorisation du trafic
routier qui était interdit jusqu’alors pour cause de
routes inadaptées, a provoqué la destruction progressive de la D25 et de la D50 exposant ainsi la
sécurité des usagers. Dans la mesure où le rail est
intégré dans la mine, pourquoi ne pas faire preuve
de respect pour les habitants du secteur ? Ensuite
une portion du fossé du diable, vestige médiéval
protégé, a glissé dans la carrière. La distance entre
le fossé et le bord de l’excavation est passée de
100m à 15m ! Une plainte a été déposée au tribunal pénal de Cahors le 4 juillet 2011... Silence radio
total depuis ! Selon le même arrêté, le Préfet du Lot
doit convoquer une réunion de concertation et de
suivi au moins une fois par an entre les différents
acteurs locaux et administratifs et les représentants
de la mine. Ces réunions ne sont plus tenues depuis 2010. Des pollutions répétées du ruisseau du
Dégagnazès ont été signalées par des riverains et
par les associations de défense de l’environnement
auprès du GADEL et de la préfecture... impunité
totale ! Des sondages ont été effectués sans au-

clairement dit non : la commission d’enquête a
donné un avis favorable, entériné en décembre
par la commission des Carrières malgré un avis
défavorable de la DIREN et les inquiétudes du ministère de l’Agriculture. Inquiétude motivée par les
Vergers à Graines de l’État, uniques en France qui
surplombent le site de la mine.
S’en sont suivis plus de 10 ans de bataille juridique
et de jeu de cache-cache entre la société minière,
les associations de défense de l’environnement, le
Conseil général et les élus locaux. Résultat : le loup
est dans la bergerie, au diable l’EAU ! Au diable le
FRAU ! Au diable la BOURIANE ! Maigre consolation : pas de transport routier mais uniquement
par voie ferrée, protection de 100m du fossé du
diable (le fossé de franchise du Dégagnazès qui
est un vestige médiéval), des réunions de concertation et de suivi une fois par an à l’initiative du
Préfet, des mesures du bruit, des poussières et des
piézomètres.
DENAIN-ANZIN MINÉRAUX est racheté par la multinationale IMÉRYS CERAMICS France en 2005.

En 2007 l’Arrêté Préfectoral de 2000 autorisant
la mine est annulé par jugement de la Cour Administrative d’appel de Bordeaux. Mais la victoire est
de courte durée !
IMÉRYS revient en force.Une troisième enquête
publique aboutit à l’autorisation des transports
routiers et à la diminution à 15 mètres de la distance de protection pour le fossé du diable ! Aucune de réunion de concertation n’a eu lieu depuis 4 ans !
Décembre 2007 - Présentation et approbation de
Dany Grégoire comme Président et François Wencelius comme Vice-Président de l’APSMB.
Décembre 2012 Merzouk Sider est élu Président,
François Wencélius et Jacques Jay Co-Vice-Présidents.
Suite à notre échec au TA de Toulouse, le CA a
pris la décision de ne pas faire appel de la décision.
Un virage est opéré dans la manière d’aborder la
lutte. La nouvelle équipe commence à prendre ses
marques. Les Galets sont très en colère !... Adishatz ! 

torisation en 2011 sur les terrains communaux du
village de Lavercantière. Gilles Vilard, Maire de la
commune a demandé des explications à la préfecture... lettre morte, pas de réponse ! Des riverains
se plaignent des bruits et des poussières... Comment a-t-on accès aux résultats des instruments
de mesure mis en place sur le site si les réunions
de concertation et de suivi n’existent plus ? Des
membres de l’APSMB sont intervenus récemment
sur la route du mas blanc laissée sans signalisation,
une ouverture béante dans le merlon bordant la
carrière ouverte sur une marche de 40m de hau-

teur ! Inconscience ou même pas peur ? D’autant
que le niveau de l’eau à fond de fouille est en train
de monter dangereusement, des pans entiers de
paroi s’effondrent dans le lac qui s’est formé... Estce une nouvelle menace pour le fossé du diable
ou une rébellion géologique ? Nous trouvons des
camions de 40 tonnes circulant hors circuits, mettant en danger les riverains sur des routes inadaptées, sans parler des menaces sur le bien commun
que sont les vergers de l’État qui bordent la mine...
etc... etc... La liste est longue ! La belle image !
IMÉRYS se targue d’un engagement constant en
matière d’environnement, de concertation et de
communication, permettant de concilier la vie économique et le strict respect de l’environnement !...
Voyage de Quartz et de Vie... quel titre tapageur
pour une vulgaire plaquette de pub aux clichés
racoleurs ! Pourquoi les administratifs nous ont-ils
abandonnés ?... Aveugles chroniques.
Et les élus qui se sont jetés dans leurs bras... aiment-ils cette terre comme elle le mérite et ontils bien mesuré leurs actes en servant le FRAU au
diable de la légende ?
On vous fait croire que c’est le Progrès... mais au
final ce n’est que du Profit !
Des êtres humains vivent sur cette terre et aiment y vivre, ils ne voient pas sous les arbres et les
paysages enchanteurs du FRAU bénéfices et dividendes!
Nous nous battrons pour préserver cette terre !
À jamais ! 

LES VERGERS À GRAINES DE L’ÉTAT SUR LA COMMUNE DE LAVERCANTIÉRE

L

’État depuis 40 ans a dépensé des sommes
considérables pour la mise en place sur des
terres domaniales et communales 290 ha vergers à graines, dont 120 ha sur la commune de
Lavercantière (Pin Laricio, Douglas, Sylvestre, Mélèze,...). Cette opération longue et sophistiquée
autour des différents intervenants (ONF, IRSTEA,
Vilmorin, ministère de l’Agriculture...) a permis,
depuis 1970, de récolter 10 tonnes de graines
améliorées correspondant à 150.000 ha de plantations en 30 ans. Les vergers à graines sont également une base de recherche et développement et un laboratoire sur site de premier plan.
Ainsi, dans ce conservatoire de génotypes de très
grande valeur, le pin sylvestre d’Haguenau disparu
en Alsace par exemple se trouve à Lavercantière.
Un verger à graines est une plantation de clones
ou de descendants d'arbres « plus », sélectionnés
dans des peuplements naturels. Il doit être instal-

lé de façon à éviter la pollinisation par des arbres
situés à l'extérieur du verger. Les arbres du verger
fournissent ainsi des graines, dont la qualité génétique est améliorée, en quantité abondante et
facilement récoltables.
Le long processus d’installation et de suivi scientifique de ces vergers à graines forestiers a été délégué à l’IRSTEA, appuyé depuis le début par l’INRA.
L’entretien et la gestion courante des vergers sont
confiés à l’ONF. Les entretiens sont financés par
l’État (ministère en charge des Forêts). Une fois
les vergers entrés en production, l’exploitation est
confiée au GIE Semences forestières améliorées
(SFA), qui regroupe les deux principaux semenciers français, Vilmorin et le service « Graines et
Plants » de l’ONF.
Les vergers à graines de Lavercantière ont trois
fonctions essentielles :

La commune de Nuzéjouls est la seule commune du Lot à avoir interdit toute exploitation de carrière sur l’ensemble de son territoire. Nuzéjouls fut le fief de Gérard MIQUEL.

P 16

LE LOT EN ACTION n° 80 - vendredi 21 mars 2104

- La première est la production de graines forestières améliorées. Ces vergers ont commencé à
produire au milieu des années 1980. Les récoltes
effectuées depuis leur entrée en production
s’élèvent à 9,6 tonnes de graines. La part de marché prise par ces graines est devenue remarquable
au cours des 10 dernières années.
- La seconde est la conservation de génotypes forestiers remarquables, dont la valeur patrimoniale
est inestimable pour le pays.
- La troisième est de contribuer aux efforts de Recherche et Développement dans le domaine forestier.
Les vergers à graines de l’État représentent,
l’aboutissement de plusieurs dizaines d’années de
travaux des organismes de recherche et de développement forestiers français, impliqués dans la

sélection et la multiplication de matériel génétique forestier de qualité. Résultat d’un investissement public majeur de plusieurs dizaines de millions d’euros consenti 40 ans durant. 
Lisez l'intégralité de cet article sur le site du LEA :
http://goo.gl/TaJ5IK

Le projet initial portait sur une demande de 13,5ha + 5ha (installations annexes) en
15 ans. Le périmètre d’autorisation actuel sur 54ha 93a 59ca dont 30ha 05a 03ca exploitables.

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES SUR LE CONTEXTE
HYDROGÉOLOGIQUE DU SECTEUR DU FRAU

L

e FRAU est une réserve massive naturelle
d’eau pure en Quercy.

L’assise du FRAU constitue dans son ensemble
un immense château d’eau : l’aquifère tertiaire.
Les sables et graviers filtrent les eaux pluviales et
les laissent s’écouler lentement dans les fissures
et cavités des calcaires sous-jacents.
Ces eaux s’emmagasinent sur un lit de marnes
imperméable et constituent à ce niveau l’aqui-

fère du Thitonien. Cet aquifère d’eau pure est du
plus grand intérêt pour l’alimentation en eau potable de cette région.
Divers ruisseaux et leurs affluents (Céou, Masse,
Vert) sont tributaires de cette réserve naturelle.
Dans le FRAU les importants travaux de terrassement engendrés par la mine ont pour effet
d’altérer la qualité de l’eau des sources environnantes, tout en détruisant peu à peu les caractéristiques hydrogéologiques du site. 

Après avoir extrait les galets et le sable, IMÉRYS comble majoritairement la fouille avec les argiles précipitées par du floculant détruisant ainsi progressivement le « château d’eau » naturel...

« ...La question de l’innocuité du floculant émerge peu à peu comme une problématique environnementale... En raison de l’acrylamide qu’il contient en quantité résiduelle... Cette substance est
classée cancérigène de niveau 2, mutagène de niveau 2 et toxique pour la reproduction de niveau
3... » Projet AQUAPOL (site de l’Agence Nationale de la Recherche).

GARDAREM LOU FRAU
Historique épique et poétique

D

u paléolithique à nos jours, des hommes et
des femmes ont marqué la Terre du FRAU de
leur empreinte. Ils ont fabriqué des outils d’une
grande beauté avec les mêmes galets, aujourd’hui
convoités par l’industrie minière. Puis est venu le
temps de l’argile avec les artisans tuiliers et potiers
à l’époque gallo-romaine laissant de nombreuses
traces sur les circuits de randonnée.
Au cœur du Frau, dans son écrin de verdure, on
découvre le hameau du Dégagnazès et son ruisseau limpide, commune indépendante jusqu’à
la révolution française, aujourd’hui section de la
commune de Peyrilles, la légende raconte que le
monastère y fut fondé par Charlemagne pour servir de lieu de retraite à une de ses sœurs qui désirait se retirer du monde pour vivre dans la piété
avec quelques compagnes. Comme le Frau, le Dé-

IMÉRYS utilise les floculants incriminés pour précipiter l’argile. Cette argile est ensuite remise dans la carrière.

GÉOLOGIE ET INSTABILITÉ
DES TERRAINS DU FRAU

O

n peut définir le FRAU comme une éponge.
Cette éponge est constituée de galets, sables
et graviers assis sur des couches d’argile d’épaisseurs irrégulières.
L’écoulement des eaux ayant traversé cette

éponge alimente l’aquifère. Par forte pluviosité, les masses sablonneuses sursaturées d’eau
peuvent s’écouler vers le vide créé par l’excavation de la carrière, entraînant les terrains sous-jacents et ce malgré les obstacles artificiels destinés
à endiguer leur progression.
Cette analyse de Gabriel MAURY datant du 22
septembre 1999 trouve tout son sens dans deux
évènements qui se sont produits récemment :
• Le glissement d’un pan de colline en limite de
carrière a entraîné une partie du fossé de franchise du Dégagnazès, abîmant irrémédiablement
ce vestige médiéval en 2010.
• Glissement de terrain au Mas Blanc, toujours à
flanc de carrière sous la déviation créée par IMÉRYS, laissé en l’état plus de 6 mois et qui aurait pu
avoir des conséquences dramatiques (2013). 

LÉGENDE DU FOSSÉ DU DIABLE

L

e diable se promenait un soir dans le FRAU et, rencontrant les moines, paria aux maîtres de céans,
d'entourer, durant la nuit, tout le DESGANHAZES d'un large et profond fossé et de terminer le cercle
avant le premier chant du coq. La possession du lieu et des habitants devait être, s'il l'achevait, la récompense de son œuvre.
Là-dessus, moines de jurer ; diable de répliquer, moines de se piquer ; diable de se moquer : le pacte
est conclu.
Mais, hélas ! Qui fut bien attrapé et fort perplexe... de voir s'avancer sur le FRAU des légions d'êtres
noirs, avec des pioches, des chariots, avec des ricanements et des jurons... piochant et hurlant ?
La terre vole, les arbres s'arrachent, les diables redoublent d'efforts ; le fossé se dessine, déjà il s'allonge, s'allonge encore...
Bientôt, les deux bouts s'aperçoivent, en un rien ils vont se toucher. Encore cinq cents pas, encore trois
cents, encore deux cents, encore cent... encore vingt pas !
Et vous pensez si nos moines ont de la peine et comme ils ne rient plus ; ils s'effrayent et s'affolent
jusqu'à oublier de prier !... Autant les moines pleurent, autant les diables rient et regardent triomphalement la nuit qui doit durer encore...
Quand tout à coup (serait-il possible ? ) un petit et mince cri, se fait entendre : KI-KI-RI-KI ! Murmure
une faible voix. Mais est-ce le chant du coq, ce petit et mince cri, qui recommence et s'obstine ?

« Non ! rugit le diable, un instant interdit, ce n'est pas le chant du coq »... Mais voici qu'en réponse à
cet appel, le poulailler du couvent enfin s'est réveillé, surpris et étirant ses ailes, le coq entonne un retentissant et triomphal : COCORICO !
Tandis que chacun perdait la tête, le petit pâtre du couvent avait eu l'ingénieuse idée, avec son petit
sifflet de frêne, de réveiller la basse-cour. Il était temps. Le diable était battu : avec un bruit d'enfer, il dut
rentrer ses pioches, et le fossé resta inachevé...
Il l'est encore, et le nom de fossé du diable lui est resté : « lou vallat del diablé ». 
Extraits du livre de l’abbé LACAVALERIE « Dégagnazès en Quercy – 1934

En 2002, DAM, pour justifier l'attribution d'une autorisation, a surévalué par un facteur
de 2,7 la ressource en quartz : c'est-à-dire qu’on est passé de 634.000 tonnes de galets à
1.700.000 tonnes... soit 62 % de moins !

gagnazès est une terre de légende où les forces du
bien l’ont toujours emporté sur les forces du mal.
L’ordre de Grandmont façonnera le prieuré du Dégagnazès au 12e siècle. La grande renommée du
Dégagnazès, c’est sa foire antique qui se tenait
tous les 9 septembre et c’étaient surtout ses gigantesques pèlerinages aussi fréquentés que ceux de
Roc Amadour. En ce lieu où existe le « Terrible fossé
du diable » (Lou vallat del diablé ! ), Notre Dame
de la Compassion veille et surveille les landes du
Frau et ses cèpes de réputation mondiale... Cette
Femme céleste, c’est vraiment Notre-Dame-desLandes du Frau et des guérisons miraculeuses ont
eu lieu au Dégagnazès à toutes les époques.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, de 1943 à
44 il y a eu d’importants parachutages des alliés
dans le Grand Frau de Lavercantière pour apporter
la logistique nécessaire aux maquisards.
Le FRAU, cette terre de résistance et de haute lutte
a été célébrée. Arrivèrent de l’Oklahoma (USA),
Paul Bemore (Osage), Joe Hall (Osage), Monica
Moran (Osage) et Kevin Mustus (Dakota). Merci
à Lavercantière et à l’association OK’OC, basée à
Montauban. L’après-midi du 22 septembre 2012,
dont de terre du Frau fut « fée » par la commune
de Lavercantière à la nation Osage ; une épinette
blanche, symbole de l’état du Dakota du Sud fut
plantée et bénie par l’eau de l’église du Dégagnazès.
Qui peut se vanter d’avoir une histoire aussi riche
de sens, sinon notre très cher FRAU ?
VIVE le FRAU LIBRE ! 
René PAUC – Les tuiliers gallo-romains du Quercy - 1982

LE LOBBY DES CARRIERS
S’INVITE AUX MUNICIPALES

P

artant du principe que toute commune est
maîtresse chez elle, que son territoire est inviolable dans la mesure où ses élus et ses habitants
ne veulent pas collectivement d’un site industriel,
le ministère de l’Industrie et l’administration ne
prennent jamais le risque de le leur imposer.
Donc il importe que lors des prochaines élections
municipales les conseillers qui seront élus soient
résolument opposés aux carrières. À ce titre, dans
toutes les communes concernées par l’emprise de
ces exploitations, nous constatons que le lobby
des carriers place des candidats sur les listes électorales. Leur but est de diviser pour mieux régner !
Notre but est au contraire de renforcer l’unité
dans les communes autour de l’intérêt général.
Les élus que nous mettrons en place ne doivent
pas être corrompus par le clientélisme savamment orchestré par les industriels (Je te procure
un emploi... Tu deviens garant de mes intérêts sur
ta commune où j’achète tes terrains et en contrepartie tu soutiens notre exploitation, etc.).
Les élus doivent avoir une position claire et un
langage sans ambiguïté. Ils ont suffisamment
joué aux apprentis sorciers, en acceptant leur ins-

tallation pour mieux les maîtriser ensuite. Qu’en
est-il aujourd’hui ? Le Conseil Général du Lot ne
contrôle plus la situation (son Président préconise même l’exil aux habitants des sites concernés ! ), l’administration est aux abonnés absents
et les élus municipaux qui ont été entraînés dans
ce bourbier, face au mécontentement grandissant
dû aux volontés d’extensions, doivent se positionner. Certains, comme à Lavercantière se positionnent clairement « contre » et d’autres comme
à Uzech sont totalement dépassés par les évènements et louvoient entre les pros et les anti-carrières.
Notre vote, le 23 mars, sera un vote militant garant de l’intégrité des élus et de la prise en compte
de l’intérêt général. 

PHRASES CULTES

A

u cours des nombreuses années de lutte à côtoyer la fine fleur du microcosme lotois nous
avons compilé un florilège de bons mots (historiques bien entendu ! )
« ...Pas de problème ! Nous avons réparé le fossé
du Diable » ! Philippe d’Agier (directeur de la mine
– le 11/10/2014 lors d’une rencontre avec l’APSMB).
« ...Nous soulignons que nous n’avons pas enregistré de remarque négative de nos administrés
concernant le passage des camions ». Stéphane
Magot (maire de Peyrilles) et Claudine Mazeau
(mairesse de Thédirac) - Le 22/03/2010 lors de la
réunion locale de la commission de concertation et
de suivi.
« Les notes de Monsieur BRESSON contiennent
au plan hydrogéologique de nombreuses inexactitudes qu’il ne nous appartient pas de relever... »
MM. Bardot et Mongereau - Experts désignés par la

préfecture du Lot (1999) à propos du rapport de M.
BRESSON, hydrogéologue défavorable à l’exploitation de la mine.
« ...Euh... » Danièle DEVIERS (mairesse d’Uzech) à
maintes reprises de 1997 à 2014.
« ...Il vous faut bien vivre un peu d’enfer pour apprécier le Paradis!!! » Philippe d’Agier (directeur de
la mine) venu constater le niveau de bruit chez un
riverain (2005).
« Nous ne savions pas encore que tout s’oublie et
se perd au cours rapide des heures, que toutes nos
actions coulent comme l’eau des fleurs entre les
rivages sans mémoire. Faisons en sorte que notre
environnement ne s’y perde pas ». Danièle Deviers,
Vice-Présidente du Conseil Général du Lot Chargée
de l’Environnement à l’occasion des vœux de nouvel an 1999 du Conseil Général.
Tant qu’on peut en rire... c’est qu’on est vivant ! 

En 2010 un glissement de terrain, provoqué par l’exploitation d’IMÉRYS, a entraîné une
partie du fossé de franchise dans le trou de la carrière ...
Une plainte a été déposée par le GADEL en juillet 2011 au tribunal de grande instance de
Cahors... Le jugement n’a toujours pas eu lieu.
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LE LOT EN ACTION n° 80 - vendredi 21 mars 2104

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ÉLOGE DE LA NATURE
ou SCHIZOPHRÉNIE AVANCÉE

«

 La fragilité d’un milieu n’est pas forcément
perceptible par tout le monde... » peut-on
lire sur le site du Conseil général du Lot. Quelle
belle prise de conscience ! Nous sommes touchés
de savoir que nos Conseillers Généraux sont dotés d’une telle sensibilité. La réalité est très différente en fait : d’un côté, la volonté délibérée de
livrer le FRAU à la destruction et d’un autre côté,
l’admiration béate devant les richesses de la diversité naturelle des landes du FRAU. Le 20 juin
2013, l’Espace Naturel des Landes du FRAU a été
inauguré en grande pompe en présence du Souspréfet de Gourdon Jean-Luc Brouillou, de Gérard
Miquel, Sénateur et président du Conseil général,
et de nombreux élus. Madame Deviers, la conseillère générale du canton et présidente de la Communauté de Communes Quercy-Bouriane a eu le
privilège de couper le ruban.
Le FRAU : héros du jour! Le FRAU château d’eau :
source de vie !... Riche de son passé historique
avec le Prieuré du Dégagnazès. Sa faune et flore
d’exception, abritant des espèces rares comme
l’Agrion de Mercure (libellule) ou le Cuivré des
Marais (papillon), la Bondrée Apicole (rapace), le
Bec-croisé des sapins (oiseau) ou la Lobélie Brûlante (plante)*. Sans oublier le patrimoine légendaire : le fossé du Diable... Faut-il y voir un signe
prémonitoire envoyé par nos lointains ancêtres
afin que ce lieu d’exception soit préservé de la

folie des hommes ? Bref ! Après moult discours,
poignées de main et congratulations, tout ce
beau monde a partagé le verre de l’amitié !
Quelle belle initiative pleine de bon sens ! Le trésor est là, devant nos yeux et on voudrait nous
faire croire qu’il est sous nos pieds sous forme de
silicium-métal et de capitalisation boursière ! M.
Gérard MIQUEL aura oublié demain le héros qu’il
célèbre aujourd’hui et qu’il avait déjà hier décidé
de sacrifier aux financiers !... Évidemment sans
consulter les populations qui y vivent. Belle leçon
de démocratie !
Mais à quoi sert ce bel élan naturaliste si les lieux
sont envahis par les camions, les pelles mécaniques et bulldozers à mille lieues du développement durable. Armes de destruction massive de
paysages et de biotope, de cadre de vie et du milieu vivant. Au diable, bondrée, lobélie, bruyère et
ruisseaux purs ! Au diable, légendes, ancêtres et
landes ! Au diable, êtres humains !
Si nous ne réagissons pas aujourd’hui, cet espace
naturel si sensible fera office de « Dessert » une
fois que les 6 000 ha du Grand FRAU auront été
dévorés par IMÉRYS et son appétit insatiable.
Beaucoup de bruit pour Rien... 
* NB : bien entendu, les espèces citées ici n’apparaissent
plus dans l’inventaire faunistique et floristique étalé abondamment dans la plaquette promotionnelle éditée par
IMÉRYS. http://goo.gl/q2GXoY

HALTE AUX PILLAGES INDUSTRIELS
SUR NOTRE SOL !
Par Rémi DE BOUTEILLER

A

 près 17 ans passés en Région Parisienne,
nous sommes revenus nous installer dans le
Lot. Sur l’air de « vivre et travailler au pays », nous
pensions avoir trouvé notre « eldorado », mais celui-ci s’est vite transformé en enfer.
Alors, le Pays Bourian était plein d’avenir et se
proposait d’accueillir de nouvelles familles avec
de nombreux projets, les écoles se maintenaient
avec des groupements scolaires dynamiques, le
tourisme voyait son économie progresser, le tissu
associatif était dense. En bref, il faisait bon vivre
en Bouriane. Et puis Gérard Miquel est arrivé aux
commandes du département et avec sa troupe de
malfaisants du Conseil général, il a condamné la
Bouriane à être le terrain de l’exploitation industrielle minière. Le minerai de quartz devait avoir
priorité sur tout et nous sur plus rien du tout. Les
indigènes du pays bourian devaient disparaître ou
devenir transparents, parqués dans des zones non
ou peu minéralisées. Les quelques autochtones
réfractaires à la pensée unique de monsieur Miquel et résistants regroupés en association étaient
systématiquement diabolisés et marginalisés. La
notion de droit privé devait s’imposer à tous, supplantant de fait, celle de l’intérêt général. Cette
notion concrète qui repose sur des droits et des
libertés publiques qui délimitent le champ de l’entreprise individuelle, avait disparu comme par enchantement. Nous nous trouvions en prise directe
avec un lobbying local, doublé d’un lobbying participatif, les entreprises industrielles entretenant
des contacts étroits avec les politiques, sous couvert de les assister dans leur tâche décisionnelle. Ils
ont proposé aux politiques des plans à long terme
conformes à leurs propres intérêts. Les politiques
ont toujours gardé le pouvoir de décider, mais sur
des dossiers qu’on leur avait déjà préparés sur mesure. Combien de fois nous a-t-on servi la soupe
des prétendus impératifs de marché au profit des
intérêts privés, sans aucune considération pour la
population contrainte à vivre dans ce monde libé-

ral présenté comme seule alternative ?
Aux carriers locaux de Saint-Denis-Catus, s’est
ajoutée en 2002, une nouvelle exploitation minière
Denain Anzin Minéraux, multinationale suisse, rachetée quelques années après par le groupe Imerys. À partir de ce moment, nous avons eu à faire
face, à une intensification de l’extraction de minerai avec la mise en œuvre de plates-formes de
stockage, conjointement à la déforestation massive par des coopératives forestières et à la forte
dégradation du réseau routier.
Dans ces conditions, le projet touristique que
nous avions mis en œuvre, bâti sur le concept
d’une immersion dans une nature authentique
devenait caduc. Ce projet avait pourtant été approuvé et soutenu par les politiques locaux. De ce
fait, nous y avions investi toute notre capacité financière. Notre contribution en matière fiscale est
devenue conséquente. Eh bien, du jour au lendemain, quoi qu’on dise ou quoi qu’on fasse, seule
l’exploitation minière comptait. Pour en arriver à
de tels revirements, de la part des politiques, le
lobbyisme ne peut pas à lui seul tout expliquer,
je reste persuadé que seule la corruption le peut.
Je n’ai qu’un regret, c’est que des zones géologiques à fort potentiel industriel comme la nôtre,
avec un faible taux de densité de population au
km2, ne puissent pas mobiliser plus largement
pour faire obstacle à la destruction engendrée par
le lobby industriel. Là où la corruption des politiques fait le lit du lobby industriel, la mobilisation
et la solidarité nationale des peuples devraient
permettre la conservation des territoires menacés.
Nous sommes tous concernés, à tous les niveaux,
et pas seulement par ce qui se passe devant notre
porte.
Quelque part, être contraint d’abandonner son
lieu de vie à une exploitation industrielle contre
son gré et sans niveau légitime d’indemnisation,
tout simplement parce que les conditions de vie
sont devenues insupportables, est vécu personnellement comme un viol.
N’y aurait-il pas une quelconque légitimité à rentrer dans la clandestinité
et dans l’illégalité pour résister à toute
cette injustice et ce désastre écologique ?
La Bouriane n’est pas « Notre-DameDes-Landes » mais elle le vaut bien,
pas pour le gaspillage d’argent public,
mais largement au niveau du désastre
écologique. Dommage qu’elle ne récolte que l’indifférence générale ! 

ASSOCIATION DE DÉVELOPPEMENT DE LA BOURIANE
CONTRAT DE DÉVELOPPEMENT DE TERROIR

C

Au mois de décembre 2012, vandalisme gratuit (ou pas ? ), l’Arbre de Paix a été arraché.
Le panneau des Guerriers de l’Arc-en-ciel aussi... Cet acte stupide ne portera certes pas
bonheur à son auteur.
Cet arbre sera replanté et le panneau qui va avec... et nos souvenirs resteront à jamais
dans les Landes du FRAU.

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LE LOT EN ACTION n° 80 - vendredi 21 mars 2104

ela ne vous rappelle-t-il pas quelque chose ?
Recherchez dans votre mémoire, en 1997,
qui était aux commandes de ce bel outil et de
cette grande idée ? Vous donnez votre langue au
chat ?
Monsieur Gérard Miquel en était le président,
il trouvait alors toutes les qualités à la Bouriane
qui fut désignée comme un des 13 pays tests fin
1998. À partir de ce moment, ils ont élaboré une
charte et un plan de développement portant sur
10 ans. Par la suite, un programme d’actions sera
constitué pour réaliser les orientations contenues
dans la charte dans le cadre de l’enveloppe financière fixée. Toutes les communes du pays Bourian
ont validé cette charte, le Préfet de Région l’a approuvée, puis la DATAR l’a autorisée.
Le diagnostic de l’époque soulignait que la Bouriane était un territoire rural profond, composé
de 6 cantons au nord-ouest du Lot : Catus, Cazals, Gourdon, Payrac, Saint-Germain-du-Bel-Air
et Salviac, avec 61 communes regroupant 20 407
habitants sur une superficie de 890 km2 (densité
moyenne 22 habitants/km2).
La Bouriane constituait alors un cadre d’accueil
attractif avec un solde migratoire positif. Le déve-

loppement de l’emploi, sous des formes adaptées
au tissu économique local, était qualifié de vital
pour l’avenir du territoire.
En conclusion, il ressortait que la diversité de ses
activités qui était perçue comme une faiblesse
était en réalité un atout qui lui avait permis de
mieux résister à certaines crises passées et de préserver un environnement de qualité et équilibré.
Les points forts de la Bouriane étaient hérités
du passé, mais constituaient aussi un potentiel
d’avenir :
• Les paysages
• L’architecture
• Les productions agricoles et artisanales
• L’accueil touristique
Alors, pourquoi nous ont-ils vendu subitement au
lobby industriel minier en faisant fi de tous leurs
engagements passés ?
Pourquoi n’avaient-ils plus les yeux de Chimène
pour cette Bouriane dont ils avaient tant vanté les
mérites ?
La poule aux œufs d’or, comme tant d’autres,
était morte, plus de pognon à prendre, donc il
fallait gratter ailleurs...
C’est la morale de notre histoire ! 