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LE LIBRE JOURNAL le la Framce Courtoée ( 7 iS rs N AY Philippe Pétain en 1916 DE CADAIL RE QO En sus de ce portrait rare du vainqueur de Verdun, le “Libre Journal” de cette décade pro- pose les portraits d’un traitre : Pierre Cot, pére de son fils, de deux héros : Louis Pergaud et le colonel Driant et enfin du fort improbable crabe laineux tracé par ADG. ‘A propos de l'abonnement Depuis quelque temps, LE LIBRE JOURNAL a connu de graves difficul- tés d’acheminement. Cette situation est dou- blement préjudiciable parce qu’elle lasse les abonnés qui recoivent le journal d'une maniére irréguligre et parce qu’elle nous oblige a réexpédier au prix fort Jes exemplaires qui ne sont pas parvenus nor- malement, ce qui gréve lourdement notre bud- get affranchissements. Devant 1a difficulté d'établir avec certitude la source de ces inci- dents, nous avons résolu de reprendre totalement notre fichier dabonnés. Tous nos abonnés (meme les anciens) vont donc désormais recevoir Je journal. 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Ils m‘ont répondu qu’ils avaient eu mon nom par Vintermédiaire d’un fichier + loué a “Minute*.(je n‘y suis pas abonnée...) et j'ai eu } droit, en prime, a uit cours de morale sur le théme “Il faut savoir aller au bout de ses idées”, A quoi j'ai répondu que je vavais pas de legon a rece- voir de ces gensla. A.B. (Nantes) BOYCOTT DEPLACE Que se passe-til “Sous le Déret” ? Le genre littéraire “humour, variété, absurde” : i a subitement dérapé vers la polémique hargneuse et je pense qu’ll est regrettable de piétiner allégrement les plates-bandes propos d'un : sujet fort délicat oti les sus- ceptibilités sont fortes: } autant que les partis pris. It faut se défaire des générall- sations abusives et parler de } associatif revient a assimiler le WWF a I’ARC, en sous- entendant toutes les malver- sations possibles, ce qui est fort choquant. Il y a, certes, des chasseurs et des non } chasseurs et 'idéal serait de : coexister pacifiquement ; } ment, si les arguments sont ! la dérive morale du secteur ! j'ai regretté celles de Jean- encore faut-il rechercher quels sont les plus génants, Jes uns par rapport aux autres. Bornons-nous 4 quelques considérations : En fait, 1a chasse constitue en elleméme un lobby tres puissant ; le terme n’est pas aimable mais les faits sont parlants et fort significatifs et, par la méme, fort connus... et reconnus. Il s‘agit de simples constata- tions qu'il est inutile de pré- iser ici. Quant aux termes : “pléges 4 gogos”, “slogans alarmistes et mensongers”, ils sont trés excessifs et sur prenants dans un journal qui se réclame de la courtoe sie. Je suis donc le “gogo” de service. Malheureuse- parfois quelque peu alar- mistes, ils ne sont en aucune fagon mensongers, n’en déplaise aux “immenses mérites” du chasseur écolo dont il est question. Accuser le WWF) de mathonnéteté et de men- songe, c’est faire un proces ‘intention sans a moindre preuve, qui releve d'une par- faite mauvaise foi ; et 'appel au boycott est vraiment déplacé. Gardons la téte froide, s'il vous plait. Mais, a propos des chroniques, lais- sez moi vous dire combien Pierre Cohen. C’était un vrai régal. Bien a vous. Et sans ran- cune. Abonné depuis le début de Vaventure, abonné Je resterai. La fidélité n’a pas ‘de pri RP. (Pré-en-Pail) HEEB Ris ee JOURNAL sheers de ta France Courtatse ‘au capital de 2 000 franes 139, boulevard de Magenta - Principaux associés 75010 Paris Beketch, Fournier Tél. : (1) 42.80.0933, = Commission paritaire : Fax : (1) 4280.19.61. 74371 - Dépét legal a parution - Imprimerie G.C.Conseil 3, rue de Atlas, 75019 Paris =Directeur de publication : Daniéle de Beketch ISSN : 1244-2380 ‘Ce numéro contient un encart de ‘Sane taieeiavounee aris Abonnement 1 an 600 Frs, a SDB, 139 boulevard de Magenta 75010 Paris, 42.80.09.3 Editorial La France désarmée a victoire de Verdun, si cher payée, prépara notre défaite de I 1940. A premiére lecture, cette phrase de Suffert dans le « Figaro » est révoltante. A la réflexion, elle est juste. Il est vrai que la boucherie de Verdun a fait germer sur le terreau de Vhorreur les herbes folles du pacifisme. Cette tuerie avait été voulue par la cabale des canailles apatrides et des politiciens magons qui, en sabotant I’armée de tradition, en la déboussolant par l'immonde Affaire Dreyfus, en traquant les officiers catholiques, ont, au début de l’offensive, mis 4 la téte de l'armée des chefs incapables et dévoyés. Il est vrai que les mémes coteries ont organisé et entretenu les avilis- sements de I’entre-deux-guerres et que les voyous corrompus du Front populaire ont organisé, une fois encore, la défaite en désarmant le Pays. Il est vrai que les mémes cénacles, les mémes loges, les mémes tribus ont poursuivi cette ceuvre de destruction en humiliant la France par Yobligation de l'armistice, puis en envoyant I’élite du pays se faire tuer dans une Résistance aussit6t trahie avant de l’achever dans les mas- sacres de l’Epuration. Il est vrai que ce qui pouvait rester d’esprit de Tradition a été détruit, par trahison encore, et par les mémes encore, qui ont imposé a Yarmée, en Indochine puis en Algérie, ‘humiliation d’un choix borné a la rébellion et a la trahison. Aujourd’hui, les forces qui possédent ce peuple privé de son ame, sans courage et sans chef n‘ont aucun mal 4 lui imposer le constat de sa défaite morale et 4 lui en dicter les conclusions. Il est inutile, pour défendre un pays déja envahi, des « cohabitants » qui ne sont plus des compatriotes et des valeurs auxquelles personne ne croit plus, de faire les frais d'une armée qui, dés la premiére alerte, déposerait les armes. Le Golem de l'Elysée n‘a donc fait qu’entériner une évidence : la France est désarmée. Et, afin que nul ne se trompe sur les organisateurs de cette victoire de l'Adversaire, elle a été annoncée le jour anniversaire de la bataille de Verdun. srs ei et smn Thain te abe 08..." STALINIEN (BIS) Dans le “Nowvel Obs" : “Avant le concile Vatican I PRglse condamnait la démo cratic, les droits de Vhomme, les droit de la femme et pré- nit Vantisémitisme.” as ao RACISTE ? Dans ‘Jeune SE Afrique’, cette ‘appréciation des manifestations de dewil natio- nal aprés la mort de Miter rand : “Chagrin d hommes ‘lanes !” ‘COMPARAISONS Jean-Marie Le Pen ‘ayant parté de “har- lemisation” & pro- pos de la violence dans les eles, le député de quarter newyorkais de Harlem a enone le “racisme” de ce propos. Jupp ayant décrté que “es éoles, cst pas e Broms”, te déuté du quarter newyorkais du Brons: n'a pas bronché eee is ees- en = ans son allocution d’ouverture de la Journée nationale des enseignants socialistes a Clichy en 1980, Pierre Mau- roy déclara : “Les ensei- gnants sont des multiplica- teurs du socialisme’, Apres quinze ans de multi plication, on voit le produit de lopération... Et franchement, lorsqu’un enseignant multiplicateur se fait botter les fesses ou cla quer la figure par un ensei- .gné socialisé, on a du mal a ne pas penser qu'il I’ bien mérite, Infiltrés partout, détenant tous les leviers du pouvoir et de la propagande, les socialistes avoués ou mas- qués ont consacré l’essen- tiel de leur pouvoir syndical, économique, politique, intel- lectuel et médiatique a faire du peuple francais une cohorte de zombis crétini- sés et affolés, L’arme principale de ce génocide qui touche a pré- sent a Vexistence meme de notre nation par la promo: | | résultats des militants sovié- tion, dés ’école, du préser- vatif et de Vavortement a été Mnstruction publique, laique et obligatoire, abusive ment arée, par inversion, du titre ’Education nationale alors que cette organisation fait exactement le contraire. Elle dresse les enfants @ hair tout ce qui est national. La nomination, voila quelques années, d’un Geis- mar a la téte de I'Inspection académique réalisa le bou- clage de la boucle Yhomme qui avait conduit, en 1968, Ia liquidation des demiers vestiges de 'Educa- tion nationale porté a la tete de la Déséducation antina- tionale, quel symbole ! Nouvelles Faut-il détruire l’éducati Cependant, le passé de Fenseignement, tout peuplé de “Hussards noirs de la République” magnifique- ment convaincus de la hau- teur de leur mission et des obligations hautement morales qu’elle comportait commande de se poser la la franc-maconne- e atelle détruit Vécole par naiveté, par incompétence ou par calcul ? La réponse, comme sou- mon général I” La naiveté des uns, aggravée par l'incom- pétence des autres a laissé libre cours aux calculs des troisigmes. On a souvent comparé administration de I’ensei- gnement public a l’Armée rouge par le nombre de leurs agents. On pourrait dire Ia méme chose en se fondant sur les objectifs réels de ces deux forces destinées, l'une comme Vautre, a “faire du passé table rase". Aune réserve prés : les tiques de I'Education natio- nale sont trés nettement supérieurs en destruction a ceux des militaires sovié- tiques de l’Anmée rouge. Il est extraordinaire de constater a quel point Edu- cation nationale francaise reste soumise aux schémas staliniens. Deux exemples : Lionel Jospin, alors ministre de I'EN, prociamait la néces- sité de dénombrer 80 % de bacheliers. C’est, mot pour mot, le projet de Staline en 1928. De méme, quand Edith Cresson annonce I’émer- gence d'une “nouvelle élite” | | | recrutée dans les banlieues colonisées, c'est la reprise du méme plan. En juillet 1928, Staline ordonne de créer une “élite prolétarienne”, Par introduction de quotas, élimination des éléments bourgeois et “mobilisation des mille” décrétée par le plénum du Comité central, le nombre d’étudiants est multiplié par trois (par cing dans I'enseignement tech- nique et professionnel). La part d’étudiants d'origine ouvriére passe de 38 a 65 %. Cette politique se combine l'élimination physique des lites intellectuelles percues comme potentiellement dis- sidentes, donc dangereuses. Trés vite, par manque d’enseignants qualifies, cette politique provoque le chaos et I'effondrement des compétences et du niveau intellectue! et scientifique. L'URSS régresse dans tous les domaines : agriculture, recherche, enseignement. production industrielle. Les charlatans et les fous pren- nent le pouvoir : Lyssenko en biologie, Jdanov dans Yenseignement. Les Komsomols, cependant, persistent, jugeant !’éduca- tion soviétique encore trop “pourgeoise”, pronant une radicalisation dans le sens de V'intégrisme marxiste et annoncant “I'Homme socia- liste nouveau’, En dix ans, les Soviétiques ont si bien purge toute réfé- rence identitaire que les jeunes Russes ont totale- ment oublié qui ils sont. Ayant pour “patrie” le monde entier et pour com- patriotes les “proletaires de tous les pays’, ils ne sont du Marigot on (sic) dite Nationale ? enclins a défendre ni des ) plupart des innovations | pauvres n‘aient d’autre terres collectivisées, ni des | catastrophiques de I'ensei- | espérance que la Révolu- idées fumeuses, ni des | gnement aprés-guerre : | tion, d’autre moteur que le parents qu’on leur a appris | allongement de ta scolarité | désespoir. a hair et a mépriser. obligatoire a 18 ans, tronc | C’est ainsi que I'Education En 1941, 'Armée rouge ne | commun a trois cycles et | nationale est devenue une sera sauvée que par un | “formation des habitudes”. | fabrique de crétins révoltés, hiver providentiel, perdant | Fondé sur un mélange des | par crainte de élite et idola- tune part importante de son | travaux de Pavlov, des| «i Gu trou noir intellectuel territoire et cing millions de | délires de Lyssenko et des é prisonniers ("de traitres’, | divagations de Jdanov, | 0" @ voulu fabriquer, en dira Staline). “Tingénieur des ames", ce | Russie soviétique, bien st Le redressement ne sera | concept visait a faire renon- | mais aussi en France quin- possible qu’au prix d’une | cer l'enfant “aux satisfac- | torépublicaine et aux Etats- gigantesque campagne de | tions égoistes de la vanité | Unis “politically correct”, propagande ultra-nationa- | pour la joie des réussites | une “société sans classes”, liste et de terreur policiére | collectives’, avec une préfé- | Le véritable initiateur de qui fera préférer au soldat | rence pour “Vautodiscipline | cette idéologie fut le “peda “rouge” la mort sur le| et les républiques SCO-| gogue” A, S. Makarenkop sciasep Oe Pea RISEN | Here - (1888-1939), ancien res- sonnement en cas de| Il pénétra le systéme.par | sabe dune “colonie de retraite ou de défaite jection a petites doses, | PO” bea Crest le meme processus | avec la complicité des | “élinduants mineurs” que qui a fait de I’Instruction | ministres, de gauche ou de | !Ui avait confiée le GPU publique des hussards noirs | “droite” mais tous “libé- | Ukrainien (équivalent com- un tertitoire abandonné ala | raux" : Billéres en 1956, | muniste de la Gestapo a terreur des bandes eth-| Berthouin en 1958, Fouchet | laquelle il fournit d’ailleurs niques ensauvagées. en 1963, Faure en 1968, | aldes et conseils). Dans n‘importe quel pays | Haby en 1975. A chaque | Cette théorie a donné nais- civilisé, le systéme éducatif | fois, l’échec patent était | sance, dans nos sociétés a pour mission de trans- | suivi d'un renforcement de | capitalistes, a deux sys- mettre aux générations lle stratégie stali- montantes les bases de la civilisation établie par les | L’ancienne école, celle de | 100 .c) a ete impose, bar générations disparues. | Jules Ferry, fondée d’ailleurs | '©7 ees nt Bases sur lesquelles sera | sur des principes déja en | force: le métissage culture! construite la société leguée | vigueur sous I’Ancien | dont est née aujourd’hul la aux générations a venir. Régime, était élitiste, dans le | “Nouvelle Inquisition”, le Napoléon avait prévenu : | meilleur sens du terme. | mouvement Politically cor- “De toutes nos institutions, | C’estadire qu’elle recrutait | rect. la plus importante est celle | les meilleurs partout oii ils | En France, I'intégration. Le denstruction publique’. | pouvaient se trouver. Y | systéme éducatif actuel qui, Un siécle et demi plus tard, | compris chez les pires. Elle | sous prétexte d’égalité des les staliniens francais ont | donnait aux plus démunis | chances, impose la “discri- appliqué ce mot d’ordre en | des raisons de croire et | mination positive” et oblige mettant I'EN au service de | d’espérer. Mes cae a eerie é ‘ politiques a considérer leur idéologie fondée sur la | C’est pour cela qu’aux yeux | yecrec au systeme comme halne du passé, la crainte de | des marxistes ce systéme mae Vavenir et le fanatisme idéo- | devait étre détruit. decoaoctionsureyleibledu logique. Michelet voulait que les | CaPitalisme libéral, alors que Le plan Langevin et Wallon, | pauvres puissent atteindre | tout démontre qu’il est deux communistes places | “un degré supérieur d’ins- | avant tout la conséquence par De Gaulle a la tete de la | truction” ; les marxistes:éni- | d'un immigrationnisme délt- réforme, fut & Vorigine de la | nistes veulent que tes | rant. témes Aux USA, le “busing’, par EN LOGE Une demi-dousaine de poicer de haut grade et de journa- listes investigation auraient ricemment fond, au cours d'un djeuner privé dans un restaw rant parisien, un “groupe de salidarit et d'intervention” bap- tis, pour obscures raisons, la “Loge Cambouille — er ere sos 25: BALANCE Les Fries deta Cite redoutent que Boi tiaux ne se matted lable, Sex aveux pourraient ‘entrainer Vanstaion de som ancien boss, fe mazon Jean-Louis Pri, ui n'a as caché que, dans ce cas, it balancerait ses complies eo ~2oSs AZERO Jacques Toubom, gar- de des Scaus, rédla- sme une “remise des compleurs@ sbo dans les affaires de financement politique” ‘Mais ca n'a ren & voir. a eS Canine eee arenes Pees icp! ceux noun —. pte aioe MAFIA, Ifauéra donc encore iprobablement six mois pour que flies et jour nateux déconvrentce que le der- ier venue des “moccots” sat, perce que tot Toulon le dit Poulet-Dachary a dé tué par les hommes de main de la maya politicienne locate, parce qu'il, ‘allt révéler une énorme magouille “caritatiooimmobilé con en ee eases CHARITE BIEN ORDON- Apnis PARC du gros satin magonnique Crocemarie gui engrssit ses fs en tabir de cochon de la mafia socialise, fest une asocation d'aide a Uanfance malirctie qu est prise Iamain dans esac & pognon Erfance et Panage Si vous ave cai, ache: au moins ce quest devenu votre argent Li LInRE JOURNAL ete tex 2 ns France-Soir, june étude sur le iol ethnique. ‘Avec un semestre de retard sur le Libre Journal, le quotidien _hersantiste annonce une hausse de 23,23 % des viols dans la capitale et une montée en fléche des viols “faisant partie d’un rite d’initiation pour qu’un nouveau postu- lant puisse appartenir au groupe”. Prudent, le journaliste ne précise pas la nature du groupe en question. On reste donc dans le noir complet. A Colombes, en tout cas, c’est un “jeune” de 14 ans qui a violé et laissé pour morte une lycéenne de 18 ans. ‘A Montrouge, un Frangais a été dévalisé par un “groupe” dont les membres n’avaient pas non plus d’os dans le nez (mais des couteaux & la main). A la Gare du Nord, quatre FLICS TABARES, ARBITRED ROUPS PE COUPE. Autres Ramadan ou Ami Kharem, le jeune fait monter le cholestérol CRS, quatre bidasses et deux agents de sécurité ont dQ relacher une “jeune” ‘qui avait piqué un passager avec une seringue conta- minée par le virus du Sida, sous la menace dun “groupe” pas identifié (daltoniens, les gardiens de Ja Paix...). A Paris, quatre “jeunes”, “frangais” comme disent les télés qui ne reculent pas devant un bon coup de rigolade, ont été arrétés en possession d’un énorme arsenal destiné aux terro- ristes islamistes en Algé- rie, A Mulhouse, un kilo d’héroine saisi ; 4 Valen- ciennes, quatre et demi ; en banlieue, soixante-dix kilos de cannabis ; les tra- fiquants sont tunisiens et tures. Dans toute la France, les violences contre les ensei- ‘gnants continuent. Ce n’est pas faute de troupes : P’équivalent de quatre bri- gades d’infanterie sont déployées dans les lycées et colleges “sensibles”. Les hommes sont naturelle- ment sans armes, sans entrainement et sans consignes, sinon celle de ne rien faire qui puisse, de prés ou de loin, ressembler A. une provocation. On leur demande, selon le mot désormais fameux du procureur d’ Ajaccio, de faire preuve de “circons- ection”. Quant a la police, le rythme d’un suicide tous les neuf jours en dit long sur son état moral, aprés la campagne de haine déve- loppée autour du proces d'un policier accusé davoir tué Mako, “jeune” au casier judiciaire & ral- longe. La France finira par crever de cholestérol, maladie provoquée, comme on sait, par l'exeas de beur. H.deF. = LNOLIGNANTS PATIUS COMME PLATRE, LA WOLENCE FHT LA Nouvelles Le pére du député européen socialiste Jean-Pierre Cot était un traitre Stalinien vaient encore mani- | feu de la guerre qu’il avait | des hautes études. I e doute que pou- | des les premiers coups de | tion de I’Ecole pratique fester les gogos | pourtant appelée de ses |Dans le méme temps, nest plus de mise. veux. comme Thierry Wolton I’a Lhistorien Thierry Wolton | La, il fut pris en main | établi, Plerre Cot était, vient d’apporter la dernidre | directement par le résident | sous le nom de “Daeda- pierre A une formidable | & Washington du NKVD- | lus”, un des agents sovié- accumulation de preuves | KGB, Vassili Zoubiline. _| tiques les plus importants, tirées des archives sovié- | Grice 4 Cot, la gestapo sta- | les plus puissants et les tiques et américaines : | linienne contrdlait, selon | plus actifs en France. Pierre Cot était un espion | les propres dires de Zoubi- | Comme il I’avait été aux de Staline, line, “tous les Frangais de | Etats Unis. Notre ami Pierre Monier | Washington. Devenu un vieux rentier de dit, par ailleurs, ce qu’il | Parmi eux, une certaine | Ia politique politicienne, pense de cette «révéla- | “Bibi”, citoyenne frangaise | Cot continua son action & tion». trés connue, gaulliste hys- | travers les mouvements et Tl reste que les documents | térique et agent totalement | organisations “pour la retrouvés par Thierry Wol- | dévoué aux intéréts sovié- | paix” que la propagande ton confirment sans 1a | tique. soviétique utilisait pour moindre discussion pos- | Les Américains en tiennent | déstabiliser I’Occident. sible les accusations lan- | encore I’identité secréte | Son fils, Jean-Pierre Cot, c6es voila déja dix ans par | mais les «initiés» ont par- | mi stre de la Coopération le colonel du KGB Oleg | faitement reconnue... de Mitterrand, fut viré en Gordievski. Apres la guerre, Cot resta | raison de son comporte- Né A Grenoble en 1895, | un “compagnon de route” | ment plus que douteux. Pierre Cot fut professeur, | déclaré des communistes, | Reclassé au Parlement puis député radical-socia- | participant 4 toutes leurs | européen, il s’illustra en liste et ministre de I” Air | opérations de propagande | insultant grossigrement tout acquis a la cause des | classiquement déguisées | Boris Eltsine avant de se communistes espagnols. | en initiatives pacifistes. | prosterner devant lui. Ce belliciste proclamé prit | En dépit de quoi, De | Jean-Pierre Cot est un la fuite pour les Etats-Unis | Gaulle le porta & la direc- | agent de la Trilatérale, WIOLENCE ALORS QUEM REALITE CEST Lf NOTION MEME DRMTORTE QU! EST COMMENCE PAR... En 1993, sur 1.1 milion réclé, moins de cent mille francs ont été ffecsivement dépensés pour ies enfants maltrats Loraste a payé les voyages Madagascar d'un membre du gong e, par Uintermédiare ‘études bidons factures par une socité ran, de gras salaives ses deux prisidentes, Francoise Diy, dite France Gublin, et Martine Browse OLMEME Depuis, ces dewx dames dewore ont quits “Enfance Partage” pour monter dvs ‘autres pompes a frie: “La Voix de Venfance” el “Cost mon droit”. Laquele association es tune marque déposée par une SARL domicile dune bite aux Aetrset dont le gérant est ipows de Madame Didy- Gublin ‘Aw moins, on est sir que les enfants de ce couple de bienfai teurs ne sont pas malta CLAIR Dans une lettre au gar” la vieile ordurestalinienne Garnet expique pourquoi it {fait dans le réisionnisme, Crest poner ne pas que ls “pritendus” si millions de juifsfassent oublir ls dissept millions de communises morts dans la tutte contre Uhiterome, En some sans cel, it 'en four HYMNE, sa tard de iit tin de sini (é prcoc, quiet fils dune nymphomane “hrtenne” un views ui. Les eitiqus ont Aappelé aun “lyme au métissa- 0" Sans rire. METISSAGE Un institut oficiet SE vient de lancer un rogramme pour saw- ver les races bretonne, gasconne, rnormande et catalane que mena- ‘ent ls croisements,Priision: it Stagit des vaches bretonnes, des poles gasconnes, des moutons ‘normands et des chévres cata lanes ON ETOUFFE Une jeune Carpen- SE trasienne don es delarationsaoaient permis d'éliminer la pritendue “piste dextréme droite” dans Venguite sur la profanation du cimetire juif a porté lainte contre un gendarme pour “subornation de tomoin”, Elle accuse ce dernier d'avoirtenté de lui imposer le silence sur Pagfaire. De som cbt, le rocu- res Tissot, qui en septembre 1995, avait promis des “mises ‘en examen dans les prochaines semaines”, est events tolale- ‘ment meet HISTOIRE BELGE, ee ain ea Irma Laplasse la réclusion criminelle& perpituité pour collaboration. Detail: Irma Laplasse a été exécutie en 1945 Un ancien “risistant” a com- mente: “Paurais prfiré quelle soit de nowwea condamnée mont” Des déments, on voUs dit FAUX CULS ‘A propos de la vio. lence dans les écoles, le “Figaro” dénonce une dérive inquidtante” Dérive deta violence ? Non Derive des lecteurs qui exigent (qulon “rence che eux tes fa- teurs de troubles, casseurs, insulteurs, volewrs, violeurs et assassins” dont “personne nose indiquer Vorigine eth- nique” dans ce “pays qui don: ne gratuitement accis aux sau ages et dune sous-cultere du primitivisme’ My a cinquante ans, dij, le tervorisme des Résistants Gait considéré comme plus inquié- tant que la présence de UOccu- pant Autres Nouvelles Versailles : la haine contre le Credo amedi 27 janvier, En union de priére, des centaines de sauveteurs de tous ages étaient rassemblés devant V’hOpital André Mignot & Vappel de SOS-Tout Petits et de la Ligue pour la Vie. Cette manifestation on ne peut plus pacifique n’ était pas du goat de tout le monde, et les incidents qui s’y sont produits sont lourds de signification “On se croirait en Espagne en 1936 !” confiait un témoin. Que pouvaient-ils penser, les défenseurs de l’inno- cent quand les monstres ont chargé ? Car il faut étre un monstre pour atta- quer des gens en prigre qui ne veulent que défendre la vie. Un maigre cordon de CRS séparait la France de Vanti-France. Du cété des forces de la vie, le calme, 1a foi sspérance. Il fallait vrai ‘ment retrouver ce courage antique qui animait jadis les martyrs quand les lions 6taient lachés, pour subir les assauts dune meute de charognards. Trois générations étaient présentes : des personnes Ag6es, qui préférent consa- rer temps et argent & une noble cause plutot que d’aller frire aux Bahamas, par Henri de Fersan des familles, forces vives de la nation, éléments sains d’une génération morte, et les cadets, chaque fois plus nom- breux, montrant que la jeunesse de France rejette les assassins de I’avenir. Nous pouvons étre fiers d’eux, de Thibault, de Cécilia ou d’Aurélia, preuves vivantes de P’échee des pourrisseurs dame. Du cété des forces de la mort, un mauvais remake du seénario cauchemar- desque “République de Valence, 1936-1939” : vieilles momies féministes beuglant, hystériques, que leur corps leur appartient (qui d’autre en vou- drait ?...), délinquants de banlieue et “étudiants” dégénérés encadrés par des commissaires poli- tiques trotskystes ou anar- chistes, militants socia- listes révélant leur vrai visage, fossiles staliniens complétement marteaux... La presse a versé une larme sur les deux terro- ristes gauchistes cabossés mais n’a pas eu un mot pour les blessés du camp de la vie, qui ne pouvaient répliquer que par leurs priéres. Car des blessures, il y en ut, physiques et morales. Physiques, quand les cohortes de la haine, chauffées & blane par les slogans primaires diffusés ces derniers temps par la presse et la télé (France 2, Charlie-Hebdo, Le Pari- sien), ont lancé des boules de neige dissimulant bou- lons, lames de rasoir, ordures et cailloux ; morales, quand, espérant couvrir les cantiques, ils ont éructé I’Internationale, le chant des bourreaux, dont d’ailleurs ils ne savaient pas deux cou- plet Oui, vraiment, la situation est aussi explosive qu’elle Ie fut de l'autre c6té des Pyrénées. La gauche, confite dans sa haine, gueulant son Credo de mort, est dure avec les faibles, faible avec les durs, Comme toujours, c’est aux femmes, aux enfants, parfois méme aux morts qu’elle s’en prend. Socialistes, communistes, anarchistes, 1a méme tri- plette sanglante qu’a Madrid, les mémes chaneres proliférant sur le corps gangrené de la Gueuse. “Frente Popular, Frente Crapular”, c’est aussi vrai aujourd’hui qu’en 1936. Vu leur attitude ce samedi-1A, on pourrait méme ajouter : Frente Salopards ! Et c’est ainsi... umilieu des frimas, des bli zards, des avalanches et des congéres plus ou moins payées, il est bon de savoir qu’il existe des réves chantés : les abori- genes d’ Australie les appellent des “songlines” et ce sont ces psalmodies qui les aident & définir leur chemin, Teurs frontigres, par les itingraires que tracérent les Anciens. Pas de danger qu’un aborigéne en visite A Paris pour placer un lot de boomerangs (méfiez-vous den ache- ter: sit6t lancés, ils reviennent & leur propriétaire, la-bas & Bout-Boat Pass et vous voila tout enduit de décontfi- ture) se perde s*il connait le chant des rues. Ainsi, contrairement aux lecteurs qui, depuis deux.ans que je les entretiens de l’autobus n° 25 han- tant la rue de la Glaciére, ne se sont pas levés pour dénoncer mon impos- ture (c’est le 21 qui passe dans cette frigorifique venelle et la RATP n’a pas de ligne 25 !), il se retrouvera partout. I ira ainsi, déployant ses tongues jambes échassiéres, au 9/11 de la rue de Thorigny, dans le Ile arrondisse- ment, & la galerie Selmersheim and Co ob, du 22 février au 9 mars, le tres étrange Alain Trez, bien connu pour ses dessins politiques d’excel- lente pensée dans “France-Soir”, expose ses peintures et sculptures. La, l'homme du “walkabout” se reconnailtra parmi ces aeuvres. Gaité des couleurs, harmonie des formes, il ¥ passe comme des réves de Fourmi Amiel ou de Grand-Pere-Emeu qui feront que l'homme du désert de Nullarbor se sentira chez. lui, sous 1a protection des totems joyeux empi- 1és par l’ami Trez } I n’en perdra pas pour autant son Soe par ADG e Un songe en hiver L imposture de lautobus 25 - Les beaux totems -Potsson-grogneur, crabe laineux et rate Tez, pastenague (Grandeur consécutive du réve. ¢ propre réve, qui peut étre celui de la Carotte Sauvage ou de I’ Ornito- thynque Ailé (comment savoir ? L’homme ne doit pas livrer son réve) et qu’il perpétuera en marchant dans les rues du Marais oi il s’attendra & déchifirer la trace du Grand Alligator Percé. Ses boomerangs en bois de gommier-spectre sous le bras, il chantera le Kookaburra perché sur les sanisettes et le Lapin-Dingo qui court sans effleurer les tiges de la spinifex, Pherbe-pore-épic des maigres plaines qui pousse place des Vosges. Il croisera alors mon réve, mon songe en hiver, celui qui me réchauffe en pensant au grand récif calédonien : réve du poisson-gro- gneur et du perroquet-banane qui ists ogadt cise kee aeaienne ie & complotent avec le crabe laineux, réve de serpent tricot-rayé et de gra- cieuse raie pastenague. Un réve sous- marin, 18 00 est le Jolomm, le paradi canaque ott la chair du gras ethno- logue est donnée sans compter. Pour désigner ’homme blane, les abori- genes disent “viande” et c’est le mot qu’ils utilisent aussi pour le chéque des allocations tribales. Bruce Chat- win (in “Le Chant des pistes” - Gras- set) prétend que les Gitans disent de ‘méme, mais je le soupgonne d’inven- ter pour parfaire sa démonstration de la supériorité des civilisations nomades et pastorales. Mon réve est done limité & mes seuls poumons, Seule I’hyper-ventilation lui assure 1a durée qui me donne Vélégance de la raie, la fourrure du crabe laineux, la joie du poisson-gro- gneur. Quand Yves Berger écrit : “Chez Trez, les hommes sont les immobiles sujets, déformés ou en court de for- mation, d’un monde qui danse”, ne décrit-il pas un réve aborigéne, qui est aussi celui des Indiens Navajos, Jesquels exposent jusqu’a la fin mars, au pavillon Trusquets de la cité de la Villette, leurs étonnants dessins de sable ? Et pour compléter tous ces réves constructeurs (comme on dit du boa sculpté), ne manquez. pas de lire le dernier roman paru d’ Arthur Upfield en 10/18 “Grands détec- tives” : “Des Ailes au-dessus du Diamantina”, Vous aurez. du mal & oublier l'effrayant mur de sable et les magies du vieux gars chef Illa- walli. Et c’est ainsi que nos réves, ceux de Trez et celui du vendeur de boomerangs seront grands. aah Carnets par Pierre Monnier Dans notre démocratie (vénérée), Pune des indus- tries les plus florissantes est Venfoncage deportes ouvertes. On aujourd'hui que Pierre Cot €.ait un publicitaire sovié tique. Depuis 1936, tous ceux dont Veil était clair et la comprenette éveillée considéraient Pierre Cot comme un agent stalinien, I suffisait de Fentendre et de le regarder vivre. Ge n’est pas Vindignation des gens de Vétablissement et des intel- lectuels de ce temps-li qui y changer quelque chose... A ceux-la, il restait & découvrir Pévidence soixante ans plus tard. Quand on considére le poids et influence exer nombre de politi édioeres, on découvre avec 6tonnement une nouvelle loi physique : “Il est des moments oi le vide, ca pise Jourd” s par Présence du couple Le Pen au mariage Jirinovsky. Seandale, hhurlements des pros de la dés- information, présentation ten- dancieuse des fats. En réalité, il s’agit d'un événement majenr. Aprés soixante-dix ans d’athéisme officiel et de persécution religieuse, un homme politique élevé dans la haine de la religion se marie & Péglise, vingt-quatre ans ‘aprés son mariage civil. Le peuple l'acclame, le pope retrouve les gestes tradition nels et maintient la Couronne au-dessus des tétes des ‘mariés. En Russie, le retent sement ne peut étre que considérable, Ine s'est trouvé qu'un homme politique, Le Pen, pour comprendre Vimportance du geste. Les autres jappent, bavent et aboient, Stratégies par Henri de Fersan Chine-Taiwan : demain la guerre nce temps de Nou- vel Ordre mondial, fun conflit de type guerre froide est sur le point d’éclater en Extréme-Orient : d’un cété, la Chine marxiste, de autre, la Chine natio- naliste. Depuis 1994, Pékin multi- plie les provocations : le ler octobre, pour Ia fete nationale, le premier istre chinois Li Peng a déclaré que l’Armée populaire de libération whésiterait pas a env Taiwan (anciennement Formose) si celle-ci pro- clamait son indépendance (officiellement, Taiwan est territoire chinois sous controle nationaliste). Le 18 février dernier, pour le Nouvel An chinois, il réck diva en pronostiquant que les deux Chines seraient bientot réunies. Les manceuvres chinoises “Bast Sea n° 4”, qui se sont déroulées dans Ile de Dongshan, simulaient Vinvasion de Taiwan. Les autorités formosanes ont répliqué en effectuant, le 29 septembre 1994 a Tal- dong, les manceuvres “Han Guang n° 11”, utili sant des armes locales. Pékin souffle le chaud et le froid. Certes, le livre blanc sur la Défense, publié en novembre der- nier, assure que la Chine n’a aucune ambition hégémonique ; mais on sait que le budget officiel de la Défense est quatre fois inférieur & ce qu'il est réellement. De plus, en mars, Pékin a déployé dans le Fujian des mis- siles balistiques de classe M, jadis stationnés dans le Jiangsol : Taiwan est donc a portée... For: mose a répliqué par des manceuvres a Taichung, simulant une résistance & un débarquement. En octobre, le général Fu Quanyou, commandant la logistique, a replacé le général Zhang Wannian au poste de chef d’étatmajor des forces communiste: Ce dernier est vice-prési- dent de la Commission centrale militaire dont le chef, Jiang Zemin, passe pour étre le dauphin du vieux maréchal Deng Xiaopeng, donc le vrai maitre de la Chine puisque le vieillard est probablement — mort depuis longtemps... Une campagne de pol sation de larmée chinoise pourrait etre le signe d'une querre proche ; qui permettrait aux Mand- chous, peuple de guer- Hers et maitres de l'armée et du parti, d’éviter d’avoir a remettre leur pouvoir aux Chinois du Sud, com- mercants, ayant la res- ponsabilité de lessor éco- nomique du pays. En Chine nationaliste, le ministre de la Défense Chiang Chung-Ling et le chef d’état-major Liu Ho- Chien ont réclamé Ie vote d'un budget spécial de 60 jards de dollars, desti- nés a des achats massifs ’armes modernes, Pékin a amassé aux fron- tiéres des deux ilots de Taiwan sur le continent | | | quelque 450 000 hom- mes et la totalité de son aviation moderne (ses Sukhoi 27 ont été déployés a Nankin), pro- bablement en sus des forces de la région mili- taire de Nankin (trois groupes d’armée, soit deux divisions blindées, onze d’infanterie, une dattillerie et une aéropor- tée). La probabilité la plus réaliste serait une guerre limitée pour le contréle de Quesmoy et de Matsu, possessions talwanaises sur le continent défen- dues, respectivement, par cinquante-cing mille et dix-huit mille hommes. Les experts accordent & ces ilots fortifiés une capacité de résistance de deux jours. Preuve de linquiétude for- mosane, le succes litté- raire de 1994 fut un ouvrage de politique fic- tion, “Aoat 1995 : la Chine attaque Taiwan”, Sila Chine attaque For- mose, elle devra faire face une marine puissante, a un matériel modernisé (sauf les avions) et 4 un peuple déterminé. Mais Pékin se trouve dans un contexte favorable : Taiwan est isolé, son armée est en pleine restructuration et le ministre taiwanais des Affaires étrangeres, Frecle- ric Chien, ne cache pas sa conviction qu’en en cas dattaque des Rouges les Américains abandonne- raient son pays. Henri de FERSAN Le journal de Séraphin Grigneux «Homme de lettres» par Daniel Raffard de Brienne Le 5 fevrier 1996 Ce pauvre Chirac ne tient pas en place. D’autant moins que ses voyages lui sont offerts par les contribuables. Pour l'heure, il rentre d’Amérique oii il est allé faire une visite au mari d'Hillary Clinton. Ila profité de ce que la présidente des Etats- Unis se trouvait occupée par ses démélés judi. ciaires pour passer un Joyeux moment avec ce brave Bill. Vraiment un gai luron, ce Bill. On’a vu, ala télévision, s‘esclaffer devant ce far- ceur d'Bltsine qui jouait Vivrogne avec beaucoup de naturel. Quel talent que celui de Boris ! Le bon Bill, plié en deux et le visage cramoisi, se claquait les cuisses en | hurlant de rire. On m’a assuré, je ne sais pas si cest vrai, que les deux compéres —avaient ensuite échangé leurs valises @ déclencheurs de guerre atomique. | Pour se faire une bonne blague, ils auraient appuyé sur les boutons et cela aurait fait “pouét- pouét I” On ne leur confie que des systémes branchés sur des canards en caoutchouc. ‘Avec un pareil plaisantin, notre ami Chirac s’est d’autant moins ennuyé que les conversations n’ont pas dépassé le niveau intellectuel, plu- tot bas, des deux lous- tics. Je me représente leur rencontre comme une entrée de clowns, Chirac avec un grand nez rouge et Clinton soufflant dans un mi ton: = Bonn'jour, Mossié Djak, comment bon est le santé? - "Véri houel, Mistére Bill. My tailor is rich. Ayant ainsi épuisé le stock de leurs idées, les deux grands hommes d’Btat ont parlé littéra- ture. Tous deux sont inconditionnels de Mic- key et de Goldorack, mais Chirac, pour faire sentir la supériorité cul- turelle-de la France, s‘est risqué a une allusion & | l'ceuvre de Balzac en citant “Le compére Loriot”. Impressionné par tant d’érudition et désireux de prendre | vavantage au moins sur le plan culinaire, Clinton s’est lancé dans I’éloge | des “fastfoods”. | Toujours attentif, en bon | chef d’Etat, a accroitre | nos exportations, Chirac | a saisi la l'occasion de | proposer la fourniture | de ses fameuses moto- | crottes pour véhiculer | les “big-mags". | Finalement, aucun | accord économique n'a pu étre conclu, [eae f Mais il y a eu des “avan- cées significatives” en politique internationale. Chirac a promis de ne plus faire sauter ses bombes atomiques. En Lr URRE JOURNAL page 11 échange, Clinton aurait accepté qu’en Bosnie les soldats francais passe- raient avant les Améri- cains dans les champs de mines. Il confondait ailleurs la Bosnie avec le Bostwana, mais cela ne changeait rien au fond du débat. Bref, nos lascars ont utilement ceuvré pour la paix et pour leurs sondages. En écrivant ces lignes dans mon cahier intime, J/admirais combien est grand et noble le pro- cessus démocratique qui permet d’accéder au gouvernement — du monde a des Chirac, des Clinton ou des Elt- sine, qui, dans d’autres systémes, auraient végété dans de sombres bureaux ou au fond de boutiques minables. Et ce n’est pas nouveau, Déja, en 1945, a Yalta, un fou, une ganache et un ivrogne, dignes représentants des grandes démocraties, ont pu se partager la planéte sans grand inconvénient, puisque leurs handicaps se com- pensaient mutuelle- ment. Ce sont la les beautés du choix démo- cratique, alors que la succession héréditaire de nos anciens tyrans pouvait créer de redou- tables déséquilibres en donnant le pouvoir a des hommes dangereu- sement honnétes ou compétents. Sous mon éret par Joseph Grec Rebondissement Invité an mariage une filleule de Li Peng, le Capitaine Thon découvrait Pékin sous un ciel bien, 1 n’avait jamais songé que Ie ciel chinois piit érre de cette couleur, nique Pa aussi radieux apris tres, mastiquait des nis «himondelle avee délectation,ero- ‘quait la peau du eanard I sonpirant d'aise, aspirat & grand bruit Ia soupe aux vermicelles ques verres entre come dela sala devant rwmoncier Gere prése mé “Enek Le Détenteur du Gr il centit poindre en lu le dou Plootement quengendre Ia of Frit en haut de clone ver bral. Qu important eis dit retour, Tes sarcasmes de Fredo, les analyses du dacteur Maigre: Ir était I, seul face at monde junit, Ber glories ein gardens dt peuple Ix pede ‘iv monde occidental ? Soudain, Li Pen hui tapota sa priente Span. r Capitaine, j'ai beaicoup food parler de vous, T fat nid, le peuple ene, Tout pet avers Que fae 7 Mion respi de air pina gta te ane degustation mages de Larus ot la eration ttle dun Mux niger de dangeroux que les. lanes d'Europe. Finalement, i opta pour une solution simple et effi “Digne invtatour, la vig ext dane la ferdabilivation de I ede Maral, Utlsez ees ile lone de klométres de mur pour faire des frontons. Vos congénres joueront de part et dautre. Je vous vends balles et palas. Dans Favion de retour germa nouvelle idée de marehi, ~ Pilote, sil vous plaft, direction Jérusalem. Ioseph Gree Antoine Garapon est M eae e cour, bien intégré dans le systéme ; il est le char- mant, souriant secrétaire géné- ral de I’Institut des hautes études sur la justice. A l’occa- sion de la parution d’un livre dont il est l’auteur, il s’entre- tient avec Jean-Paul Mulot du « Figaro » (17/18 février 1996). Nous extrayons de ce dialogue : « J.-P, Mulot ; Pourquoi 1a société francaise semble-t-elle atteinte d’un excés de fievre judiciaire ? ‘A. Garapon : C’est une forme de réponse au vide idéologique, au vide de la démocratie. Il s’agit d’un phénoméne poli- tique profond qui affecte tous les secteurs de la société ... » Cet aveu stupéfiant est a rap- procher de celui, non moins étonnant, de Claude Imbert dans “Le Point” du 30 décembre 1995 qui écrivait : « La nuit est noire dans la caverne francaise parce que les croyances la désertent. Celles des religions de nos péres ; celles de la grande utopie socia- liste ... ; celles, enfin, que la tradition républicaine vouait au Progrés, celui des “Lu- miéres”... > Voici done deux éminents intel- lectuels, ayant I’un et l'autre pignon sur rue, qui en viennent a constater le vide idéologique de la société, la nétre, dont ils sont des observateurs privilé- gigs. La démocratie, c’est le vide... et il a fallu plus de deux paige Un juge parle siécles de guerres meurtrigres qui ont dépeuplé les cam- pagnes, le massacre de cing cent mille Vendéens, I’Europe ensanglantée jusqu’a Moscou, avec, de nos jours, la dispari- tion de la paysannerie et l’inva- sion de dix millions d’ Afri- cains, pour admettre que nos élites, celles qui fabriquent Vopinion et gouvernent la France, se sont trompées. La démocratie, c’est le vide... c’est admettre que la Répu- blique s’est fondée sur du sable mouvant, pire, sur le néant, que ce constat qui commence a se faire jour est plutdt inquiétant et dévoile la grande crise du monde moderne qui se résume en ceci : la trahison des élites. In’y a plus, en France et pro- bablement en Europe, d’élite traditionnelle mais seulement des personnes qui occupent les places aprés s’étre Aprement disputées pour les obtenir, employant trop souvent la ruse ou la méchanceté, faisant bonne figure pour tromper leur monde, caressant le peuple ou les haut placés dans le sens du poil, voi- lant leur rapacité derrigre des paroles de miel. In’y a plus d’élite mais des renards et leurs dupes, la société s’étant peu A peu dis- soute en une « dissociété » ot sévit déjd une sourde « guerre de tous contre tous », admira- blement illustrée par la jungle qui régne désormais dans cer- tains colleges, lycées et univer sités, jungle qui ne fait chaque jour que s’étendre au pays tout Traditions Spee ee ae entier pour en venir A établir deux conditions : celle de maitre ou d’esclave, celle de prédateur ou de victime, bref, celle du rapace ou de sa proie. Monsieur Michel Vincent, dans ses deux remarquables articles sur « La violence des adoles- cents » fait justement état de « la facilité, Ia démission, la chienlit » qui régnent dans maints établisse- ments scolaires, conséquence directe du vide doctrinal dans Vesprit des enseignants qui n’ont rien d’autre a offrir que des connaissances techniques bien dans l’esprit de I’Encyclopédie de Diderot : le tout matériel, s’étant substitué aI’ Esprit, au « Sens », a vidé en deux siécles la somme bimillénaire de la sainte Eglise catholique. C'est aujourd’hui le désastre. Que faire ? Bien évidemment, pour nous, traditionalistes, c’est Ie retour A la société séculaire qu’ont détruite les philosophes des prétendues « Lumiéres > par la Révolution et qui reposait sur trois piliers : - la sainte Eglise catholique ; - l’aristocratie militaire et monarchique ; - la paysannerie et l’artisanat. Est-ce possible actuellement ? Non. Et c’est bien 1a le drame, car les trois supports de la société traditionnelle n’existent plus, ce qui interdit toute res- tauration. Merci, Messieurs Garapon et Imbert, de nous avoir éclairé le chemin. Michel de I’Hyerre ase Articles définis La Décrue a cra ans le “Figaro” du 7 février 1996, un article inti- tulé : “Délinguance : Vannée de la décrue” signé T.0. Divinité ou rébus Théo /Dieu ? L’article peut sembler odieux au lecteur tenté de prendre au premier degré cette présentation des “statis- tiques officielles pour 1995”. Le chapeau prévient : “une baisse globale de 6,47 % des crimes et délits a été enregistrée pour la premiére fois depuis sept ans...En revanche, la violence est en hausse”. ., logique, a da faire rapidement le calcul : Si je présente les “statis- tiques officielles” avec ne serait-ce qu’un soupgon d’esprit critique, mon compte est bon ; Jouons serré ! C’est ainsi qu’il entame Particle par un lamento : “Pour la premiére fois depuis sept ans, les crimes et délits constatés en France régressent.” La méme nouvelle, constatée positivement, aurait donné ; “Pour la premiére fois depuis sept ans, la lutte contre le crime marque des points” .O. est pourtant relu par son chef. Mais ce fin ana- lyste, n’a rien trouvé redire a la formulation malheureuse, la suite de Particle le montrera. On apprend que “la Corse figure en téte du palmarés des régions touchées par une baisse des crimes et des délits.mais Aquitaine et Poitou-Charentes “enregistrent une hausse de leur délinquance. Avec satisfaction ? En tous cas, “ Claude Guéant, directeur général de la police nationale, et Bernard Prévost, directeur général de la gendarmerie nationale, jugent ces résultats sans triompha- lisme excessif...Ces résul- tats “ne nous satisfont pas et ne représentent pour nous qu’un encourage- ment A poursuivre I’effort pour obtenir de nouveaux reculs de la criminalité, estime Claude Guéant” Suit une énumération de dégringolades : “les vols, qui constituent la majorité des faits de délinquance, baissent de 6,7 %. Les vols & main armée chutent (sic) de 10, 7 % (...) “Les infractions économiques et financiéres sont en forte perte de vitesse avec 18,9 %. Quant aux ban- queroutes et autres abus de biens sociaux, ils tom- bent de 34 %”. “La vio- lence, en revanche, est en hausse”. Le “en revanche” indique Ia joie du journaliste qui LE UBRE JOURNAL ete fr Fraimen Courtotae tient, enfin, du positif. Pas un instant, le journa- liste ne s’étonne que le crime baisse alors que la violence monte Conclusion :la violence est décriminalisée. Done il y a du mieux dans le pire et c’est mieux que sil y avait du pire dans Le mieux . Autre motif de satisfac- tion : le nombre des étrangers parmi les délin- quants passe de 19,5 % a 19,28 %”. 0,12%, quelle finesse dans l’analyse ! Quelle joie d’étre enfin dans le globalement pos tif ! Les vols avec vio- lence ont augmenté de 3,7 %, les coups et bles- sures volontaires de 12 %, les viols de 12 % Et T.O fait deux décou- vertes majeures: “Cette montée parait liée & Vexplosion urbaine en banlicue” et “Les infrac- tions & la Iégislation sur les stupéfiants traduisent une hausse due principa- lement a l’accroissement du nombre des interpella- tions”. Le probléme du crime, nous le savions déja, tient la police Le faible taux d’élucid: tion des crimes et délits tempére ce bilan a priori flatteur”, conclut T.O. Nous n’aimons guére les a priori. TO. rit. Michel Blanzat Bé vues presse ABATIR, * Alain Madelin a patiem- ment bati sa pelote, en France, comme a I'étran: ger.» ‘Joseph Macé-Scarron, Cathe- rine Pégard, Le Point, 27 jan- vier, DOPE DOFE DOPE | On commence d’aperce- voir la silhouette que tente de se donner Jacques Chi- rac. Celle d'un Optimiste impavide, dopé par les deux talismans élyséens. Claude Imbert, Le Point, 27 janvier. LA GRANDE SAUCISSE VA ALA SOUFE. * Et voici maintenant qu’aprés la Somali et Sara- Jevo Kouchner, ardent méde- ‘cin duu monde, descend dans la modeste arene du cassou- let. Claude Imbert, Le Foint, 5 fevrier. TANT QUON A DES PAUVRES ON PEUT ‘SENRICHIR = "Nas réserves de croissance sont importantes. I existe des besoins dinvestisse- ‘ment et de consommation ‘satisfaire. » Jacques Chirac, Le Monde, Ter fevrler FIED DE LAME " Lactualé recente a mon- tré-qu’on faisalt aussi de Cette maniére des Alsfrance el des SNCT qui battent de Taite + ces sticcés ont des ids agile Gérard Dupuy, Libération, Steuer, (COUVERTURE DE BRONZE ‘Une couverture de Infor: ‘mation & la fois mondiale, flable et avec un autre son de cloche. » Gerard Dupuy, Libération, 5 fevrler. OISEAU CHOU Cest cet olseau chévre-t chou qui est censé voler dans les cyberspaces des années a venir. » Gérard Dupuy, Libération, 5 feévtier. (COMMENT DISCUTER ? Le gouvernement nous pro- pose un pacte, prenonse au ‘mot, construlsons un contre- projet. » Adil Jazouli, Libération, E fevrier, a nuit du 7 au 8 avril 1915 fut mauvaise sur le front de Verdun. Il pleuvait et l'obscurité était totale. Le général Bapst voulait a tout prix récupérer Marcheville, hameau d’une douzaine de feux resté aux mains de Allemand. Il occupait, disait-on, un emplacement stratégique dans le marais de la Woévre sur lequel I’état-major avait résolu de lancer une “attaque de grand style”. Ce devait étre le dernier sursaut de Voffensive générale que le général Dubail allait suspendre le jour méme, aprés qu’elle eut fait cinq mille morts en quatre jours. Un par minute... Le commandement donna Vordre au 166¢ régiment d'infanterie de régler Vaffaire. Les conditions étaient affreuses. La terre gorgée d’eau, le froid, la pluie incessante depuis le 3 avril, Vimpossibilité, a cause de la brume, de régler l’artillerie, tout annongait que la bataille de la Woévre se terminerait sur un échec tragique et sanglant pour Joffre qui en était Vordon-nateur. A Marcheville, au pied de la barre des Eparges, l’ordre dassaut fut donné. Les soldats s‘enfoncérent dans lobscurité et vinrent se prendre aux barbelés allemands. Mal réglé, le tir d’artillerie les avait laissés intacts. Au bruit des mouchards, les mitrailleuses _ ennemies crépitérent. Les hommes tombaient dans la boue. En quelques minutes, la compagnie d’assaut fut décimée. Les sections se débandaient, les hommes refluaient. CEcrivains Louis Pergaud, le Un soustieutenant se dressa. Il leva le bras et cria deux fois : “En avant |... En avant 1...” Puis il tomba. Ses hommes crurent qu’il était blessé aux jambes et qu’ils pourraient le ramener vers l'arriére dés que le feu serait calmé. Mais, quand ils revinrent, Yofficier avait disparu. “Fut-il englouti par le marécage ? Futil achevé par Vennemi pour avoir refusé de se rendre ? Nul ne devait plus le revoir. Son souvenir est resté sur la Terre qui n’est a personne.” Ainsi R. Christian-Frogé, qui fut son ami, raconte-t-il les derniers instants de Louis Pergaud, poéte et écrivain frangais, prix Goncourt 1910 pour le premier de ses quatre livres : De Goupil a Margot, qu’allaient suivre deux autres histoires de betes : La Revanche du corbeau et Le Roman de Miraut, chien de chasse, puis un “roman de ma douziéme année” oit il raconte sa vie de petit paysan farouche et tendre : La Guerre des boutons. Yves Robert en tirera, en 1961, un film charmant resté fameux pour la réplique de “P’tit Gibus” : “Si J'aurais su, j‘aurais pas venu". Louis Pergaud était né le 22 janvier 1882 a Belmont, un hameau dune cinquantaine d’habitants a une trentaine de kilometres a lest de Besancon. Fils instituteur de village, il suivit d’abord les traces paternelles et enseigna a Durne, puis a Lan-dresse, deux paroisses a une portée d’escopette de sa maison natale. Un demi-siécle avant sa nais- sance, La France pittoresque de A. Hugo signalait & propos de ce coin de Franche-Comté : “Les quadrupédes sauvages sont assez nombreux. Les plus multipliés sont le loup et le renard. L’ours y est trés rare, le sanglier plus commun. Le chat sauvage existe dans les bois de la plaine. Les li¢vres sont partout assez nombreux. Les autres animaux communs sont le blaireau, la martre, la loutre, la fouine, le putois, la belette et les divers rongeurs. La plupart des rivieres et des lacs sont trés poissonneux. On trouve des truites saumonées, de fort belles perches, de gros brochets, des tanches, des anguilles, des carpes. Les écrevisses sont extraordinai- rement abondantes’. Crest dans ce paysage de bois, de foréts, d’étangs, de marais, au coeur de ce monde palpitant de vie animale que Louis va recueillir la matiére Le UIE JOURNAL de ta France Gourtoise page 16 8) DU 28 FEvmER 1996 & de France vagabond disparu de son ceuvre. Enfant curieux et méditatif, il court la campagne et observe les animaux. Plus tard, il leur donnera les traits de caractére des hommes de son pays. Des paysans circonspects et réservés jusqu’a la froideur, fermes et tenaces, résistants et courageux au point d’avoir fourni leurs meilleures troupes aux armées de I’Empire, puis de la République. Des gens simples qui ménent une vie austére oti ’on mange plutot du lard que de la viande, ot Yon boit plus d’eau que de vin. Ces “figures”, on les retrouve dans les “histoires de betes” de Pergaud. Ce sont Guerriot Vécureuil, Goupil le renard, Fuseline la fouine, Pietors le lézard, Maledent la vipére rouge, Tiécelin I'ancétre, le vieux corbeau “qui connait tous les arbres et toutes les pierres de son canton”. Est-ce I'ambition de I’écrivain qui poussa Louis Pergaud a quitter ’enseignement ou bien est-ce l’ennui devant cette austérité de moeurs qui le conduisit sur la route de Paris ? En tout cas, le jeune homme démissionne de I'Instruction publique et gagne la capitale oi il se fait embaucher a la Compagnie des Eaux. Il connait la vie misérable du petit “rond-de-cuir’, logé dans un galetas, nourri de quignons et écrivant, le soir, des poémes dont il parvient a faire publier deux recueils, L’Aube et L'Herbe d’avril, qui ne lui rapporteront évidemment pas un sou, Epuisé, malade et surtout honteux de ne pouvoir assurer une vie décente a sa jeune femme qu'il adore, il retourne a Vécole et devient instituteur de banlieue a Arcueil-Cachan puis a Maisons-Alfort. C’est 1a, dans “la zone”, qu’empoigné par la nostalgie de ses vagabondages d’enfant il écrira ses premiers contes animaliers qui seront publiés par le Mercure de France. En méme temps, Louis Pergaud, a vingt-huit ans, fait une fois de plus I’école buissonniére. Oh, pas pour courir les bois et les champs ! Mais pour devenir “expédition- naire” a la préfecture de la Seine et s’installer avec sa jeune femme dans un petit ‘appartement de Montrouge. En 1910, son premier recueil de contes De Goupil a Margot est couronné par le prix Goncourt. On pourait croire que le jeune franc-comtois, épris de gloire littéraire, va se jeter dans le tourbillon des salons a la mode qui le réclament. Pas du tout. Il s’enferme, au contraire ; il se terre dans son logement, passant ses soirées a écrire pendant que Delphine, sa jeune femme, brode a coté de’ lui, le chat Linot sur ses genoux. Jusqu’a la guerre, Louis Pergaud va publier un livre par an, réunir un recueil de poésies de Léon Deuble, qu’il fera publier par son éditeur Mercure de France en hommage a son ami mort de misére, et mettre en chantier une Vie des bétes et un nouveau roman paysan, Lebrac, bacheron consacré a une figure du pays dont il avait esquissé le portrait. Ine pourra pas I’achever. Quand la guerre éclate, Pergaud pose sa plume et rejoint le 166e régiment d'infanterie comme sous- officier de réserve. Il est simple, humble méme ; il partage la vie de ses hommes. “Dans notre grange, écritil a sa femme, nous avons fait notre repas en causant et en plaisantant ... assis en rond sur un peu de paille, nous avons également partagé le singe et les fayots de l’ordinaire arrosés dun quart de “pif”. Demain, ce sera pareil et rien ne parait meilleur que ces repas frugaux pimentés de bonne humeur et de fatigue.” Christian-Frogé se souvient : “II fut vite adoré de ses hommes pour son courage et sa bonne humeur, Son ame, ouverte aux pitiés humaines, ne pardonnait pas leur agression aux barbares, pas plus qu’elle ne pardonnait leur veulerie a certaines gens de l'arriére.” Quelques semaines avant sa mort, Louis Pergaud écrivait a sa femme Delphine avec qui il, €changeait une correspondance quotidienne : “Plus tard, nous recommencerons notre douce existence de vieux époux déja et d’amoureux fervents, encore et toujours. Si je dois passer a la postérite un jour, je veux, ma chérie, que tu sois avec moi et que nos deux noms soient unis dans Ia gloire comme nos deux coeurs l’auront été dans la vie.” S‘il fallait une preuve du caractére attificiel de la mode écologique et de la bestiolatrie qui posséde nos contem- porains, on la trouverait dans Youbli stupide et injuste qui a frappé Louis Pergaud. Cet enfant de Franche Comté restera pourtant l'un des plus grands écrivains animaliers francais. Et certaines de ses pages égalent les meilleurs morceaux de son ainé, Rudyard Kipling. je de Beketch [Le UNKE JOURNAL DE LA PRANGE COURTOISE page 17 “#9 DU 28 Feveiee 1996 rk C’est a voir Heures sombres En janvier 1935, Allemagne comptait sept milllions de chomeurs. taoremercioipou | Le Chien le plus triste de l’univers diminution du chomage” Instaura la défscalsalon de l'automobile, des ie produ de substisition et par Michel Deflandre ‘Su batiment. Plus un programme d’autostrades, Togements, gares, ponts, canaux, digues, barrages, raffineries, batiments sadministratifs, etc. Fin 1957, le dernier ichomeur avait été place et Ta. demande de’ main- id'couvre depassait offre ‘de travail. coLtLECTION Dans le meme temps, la masse salariale avait éé multiplige par deux par Vaccroissement du nombre des travailleurs et augmentation des SEPT. 1950 - SEPT. 1951 Les revenus du peuple allemand étaient passés de 45,5 milliards de marks & 61,5 milliards de marks, dont 57 % imputables aux seuls revenus du travail Le commerce de détall avait progressé de six milliards de marks ; la consommation de biére de 25 9%, la consommation de tabac'de 20%. Le coat de la vie avait augmenté de 6 %, mais le Salaire réel avait progressé de 11%, En 1953, le chomage coutait trois milliards de marks a I’Etat et aux ‘communes. En 37, Etat et communes pouvaient consacrer cet argent a une ambitieuse politique de la famille. jenre d’informations, ‘on le trouve, parmi cent autres, dans le livre Heinrich Schultz, “La Politique sociale’ du Mle Reich” qui montre combien nous avons de la chance de ‘vivre en démocratie dans un pays fou Vemplol n'est pas réservé aux nationaux et ou, dvailleurs, l'on n'est pas oblige de travailler pour vivre. * La Politique sociale du Ille Reich «, par Heinrich Schultz, éditions “Libres Opinions”, librairie de L€nere (12, rue de la Sourdiére, 75001 Paris). Le Ui: JOUINAL te ta France Courtotve page 18 N*10 DU 28 FEM 1996 & ELLO, HAPPY régle d’ailleurs ses l’ombre d’un supposé littérature ou du (TAXPAYERS ! comptes avec les spectateur se projete cinéma qui se Cette formule qui, Studios Disney ou il a_ sur l’écran, le cheveux. succédent a perdre le traduite en francais, débuté en faisant du projectionniste se souffle. L’actualité des années quarante est présente, propagande oblige, Dans’Blitz Wolf”, tourné en 1942, le ballade sur l'image. Sans oublier bien sur, Yaverse de baignoires, de chevaux et autres pianos se deversant signifie “Salut, joyeux contribuables i” était le cri de ralliement de Droopy, le chien le plus triste de l’univers. assommer un lapin semblant sorti de Bambi. En dehors du graphisme, c’est le style Avery, qui fut Ce personnage, une révolution dans le sur le dogue rival de loup représente, bien comme tant d’autres, monde du dessin Droopy en plein entendu, Hitler. est di a l'imagination animé. désert. Alors, forcément, le de Tex Avery, le Loups lubriques, L’édition chrono- spectateur doté du créateur le plus inventif du cinéma d’animation. Autant le graphisme des réalisations des Studios. Disney est mollasson, autant celui des “cartoons” de Tex Avery est vivant, dynamique. Dans ‘un de ses dessins animés tourné en 1944, “Screwball Squirell” (“L’écureuil dingue”), Tex Avery Les « LES MEURTRES DE LA TAMISE » DE P. D. JAMES Le Livre de poche, 283 p. Soixante-seize ans avant Jack |’Eventreur, Londres fut le théatre de deux séries de meurtres particuliérement horribles. Secondée par Vhistorien T. A. Critley, la romanciére P. D. James relate ces divers et, a Vaide d’éléments non exploités a ’époque, donne la solution de 1’ Passionnant. nigme. « ARISTOTE DETECTIVE » DE MARGARET DOODY Editions 10/18, 349 p. Aprés le gallo-romain Marcus Aper, la collection Grands Détectives présente un nouvel enquéteur illustre en la personne du philosophe Aristote qui va enquéter sur vautours affamés mais gourmands toujours préts a s’entredévorer, Petit Chaperon Rouge devenue danseuse de music-hall, Avery est le pére de tous les iconoclastes du dessin animé. Chacun de ses films est une mine de gags dont certains quasi surréalistes. sortent de Ia pellicule, enchainés personnages classiques Vassassinat d’un Athénien. De l'art de découvrir la Gréce antique a travers les polars. « CABOTAGE » DE MARC TRILLARD Editions Phébus, 165 p., 99 F. Lauréat de I'Interallié en 1934 avec “Eldorado 51", Marc Trillard nous entraine cette fois au Cap-Vert sur les pas d’un écrivain maudit. Ce nouveau roman confirme, s‘il en était besoin, le talent de ce romancier amoureux de voyages et de chevaux. « BLACK SUNDAY » DE THOMAS HARRIS Presses Pocket, 332 p. Langley, ville de Virginie, a la particularité d’étre le siége de la CIA. Cet organisme ainsi que le FBI logique en vidéo- cassettes de l’ceuvre de Tex Avery, de 1942 a 1955, est un évé- nement pour tous les amateurs de non-sens. Si les enfants éclatent de rire devant les gags rythme littéralement infernal, les adultes cinéphiles jouent a traquer fébrilement les allusions aux sens de I’humour le plus élémentaire, ne manquera jamais, en éteignant son magnétoscope aprés un tel festival de conclure, comme Droopy, par l’indis- pensable formule : “V'm happy’. (Références : Collection Tex Avery. Dix cassettes de 60 minutes. Distribution : MGM/UA-Warner.) a oun de la et les services secrets vont étre mis a rude épreuve par un groupe _ terroriste palestinien qui a entrepris de tuer le président des USA durant la finale du Super Bowl, principale manifes- tation sportive américaine. Un livre tout simplement a couper le souffle. « SHAMROCK SONG » DE FRANZ Editions du Lombard, 62 p., 72 F. Les lecteurs d’Irish Melody en 1994 attendaient avec impatience la suite de cette ballade irlandaise. Le joug anglais est pesant dans la verte Erin du XIXe siécle et le jeune Lester, recueilli au haras de Ballymoss Stud, croisera des personages de toute sorte ; du philosophe Old Tim a Vexcentrique Miss Hanessy. Un hymne a I'Irlande et a ses habitants. Lr me Jom pera mance covnrors page 19 059») 26trm 1956 5 oila peu, FR3 a WY ceneaciea varmes israélienne un reportage intitulé “Tsahal”. Sans étre un inconditionnel de cette nation, je rends, au courage de son peuple, le méme hommage que Guy Mollet en un temps of il combattait de son coté, et trés courageusement lui aussi, le terrorisme FLN en Algérie. C’est donc en spectateur objectif et impartial que, malgré le caractére ouvert de propagande sioniste que lui a donné son auteur, M. Lanzmannm, j’ai pris le plus vif intérét aux images de ce reportage et aux propos des protagonistes, tous israéliens. J’ai appris que tous les Israéliens des deux sexes agés de 18 a 54 ans doivent a leur patrie un service militaire accompli en diverses périodes, de plus ou moins longue durée. Ils sont évidemment mobilisables dans l'instant en cas de menace de guerre. Non seulement, nul ne s‘y dérobe, mais encore tous accomplissent ce service avec ferveur et zéle. Deux officiers supérieurs de réserve ont ainsi , Faconté comment, lors de Ja guerre dite du Kippour, Le LIBRE JOURNAL ete tee Fe le premier étant en voyage d'affaires aux USA, le second en voyage de noces au Népal, ils se sont rués sur les moyens les plus rapides pour rejoindre leur poste sur les rives du Canal de Suez dont ils savaient pourtant, comme tout le monde, qu’elles avaient été submergées par les forces égyptiennes, et que les pertes israéliennes _— étaient énormes I A la méme époque, en France, les petits-fils De Gaulle, les fils Debré et le fils Chaban-Delmas se dispensaient de leurs obligations, a I’exemple de Charles Millon, devenu depuis... ministre de la Défense nationale de Chirac. J’ai également découvert qu’aujourd’hui encore, si Yarmement lourd collectif (artillerie, chars d’assaut, aviation) est gardé par Varmée dans ses casernes ou ses ___ entrepéts, Varmement léger individuel (fusils, pistolets- mitrailleurs, grenades, voire bazookas) est conservé par les Israéliens eux-mémes, chez eux ou dans leur lieu de travail. Il n’est pas rare de rencontrer un civil, fusil de guerre en bandouliére. Fideéle AH ! SI LES Voila plusieurs années, lors d'un voyage en Israél avec un groupe d’Anciens Combattants —frangais invité a visiter les champs de bataille du Kippour, il nous fut donné de voir, dans un grand hétel de Jérusalem, le vestiaire du personnel oi: les armes de guerre étaient accrochées aux portemanteaux, sous la seule et simple garde d'un préposé. Précaution utile en cette époque troublée : un matin, la direction nous informa, avec force excuses, que le personnel était absent pour cause de menaces aux frontiéres. C’était une fausse alerte et, pour le déjeuner de midi, tout le monde avait regagné son poste civil et les armes avaient retrouvé leur vestiaire. Il est d’ailleurs patent que ce pays, ot la qua: totalité de la population détient chez elle des armes de guerre, ne connait pas plus de crimes par coups de feu que d’autres. Preuve, s‘il en fallait, que, selon le mot de Reagan qui, ayant été revolverisé par un fou, refusa d’amender Ia constitution américaine en vue d'interdire le port d‘armes : “Ce ne sont pas au poste R.M. FRANCAIS |... les armes qui sont a redouter, mais ceux qui les détiennent”, Un patriotisme ardent peut seul expliquer une telle situation. Les motivations en ont été exposées par de jeunes étudiants des deux sexes, avec l’assurance tranquille de ceux qui sont sars de leurs convictions. L’exiguité du territoire national, la faiblesse de ses frontiéres naturelles et la menace permanente des voisins arabes — que la plupart des intervenants affirmaient “féroces et déterminés a détruire Israél par fanatisme religieux et racial” — en sont la cause matérielle. La cause spirituelle du patriotisme israélien telle qu’exposée par les interviewés réside dans Vhistoire du peuple juif. ‘Avec emphase et fierté, des jeunes gens expliquaient : “Vous comprenez, notre peuple, vieux de plus de trois mille ans, a été rayé du monde pendant prés de vingt siécles. Il a ressus dans la sueur et le sang de nos péres. Nous ne pouvons pas accepter de le voir disparaitre. Nous sommes résolus @ nous battre jusqu’a la mort pour lui éviter ce destin 1” Tout cela dit avec une assurance tranquille et sans soulever le moindre commentaire désobligeant de la part de I’'auteur du film dont on n‘ignore pourtant pas la sensibilité ultra- pacifiste et le regard trés critique en ce qui concerne son propre pays, la France.. L’on aimerait pourtant, méme tournées par un autre (pourquoi pas un réalisateur de la télévision israélienne ?), voir les méme images et entendre les mémes males paroles sur les levres de jeunes Frangais. Aprés tout, notre armée n‘a rien a envier Israél quant a Vancienneté de ses origines et a I'héroisme de ses états de service. Mais imagine-t-on le scandale ? Imagine-t-on Vémotion d'un Lanzmann ? Imagine-t-on les protestations si I'un de nos compatriotes se déclarait, devant les caméras de la télévision frangaise, prét a mourir pour épargner a la France le destin fatal que fait peser sur elle la menace de voisins, voire méme dhotes “féroces et déterminés 4 la détruire par fanatisme religieux et racial” ? Sans Portée Ah musette. Tout de suite aprés la guerre... Le samedi soir, dans cette petite vile de la vallée de la isle, les feunes et les plus views, tous pour ainsi dire, essayaient de retrouver une jote de vivre. Un bombardement effrayant avait ras la plupart des maison et, comme dhabitude, seules les églises, intactes ou presque, permettalent encore de situer la localité Bien dificile de se distraire dans les décombres et les rues jonchées de Thétérociite de raprésquerre. Pourtant, le cinéma “Les Archers’, je imren souviens, et le dancing “Le Clair de Lune” furent les premiers & reptendre vie, C'est toujours depuls la vile basse que remonte le moral. Autour d'un parquet parfaltement ‘lré, des chaises rarement Inoccupées et, dans un décor superbe de quartierinterlope da a la paite d'un touchesttout de génie (Wacques Angot, il s‘appelalt), <émergealt une estrade, Le bal museite et sa magie, Yorchestre & portée de la main, tout Je monde dansait ily en avait pour tous les gots, rumas, paso-dobles, valses, tangos, onessteps, javas, tout y passait, sous la baguette d'un type ui venait de Paris (vous pensez ), Castio Arenas ; veste rouge, pantaion blanc, leur & la boutonniére, il avait ce coté étranger des musiciens quand ils sont étrangers; état époque de Xavier Cugat, mais i ‘avait aussi un accent qui le situait hatif plus prés de Belleville que de Amérique du Sud. Toujours estl que son ensemble, “The Red Band’, état trés prisé, au point que rapidement on le retrouvat ;pour le ca?conc’ du lendemain aprésmidi et parfois aussi le ‘mercredi et, en tout cas, @ toutes les fetes votives ou non de la région.. ‘Quel succes 1 Je passais des soirées, prés de Trestrade, et recevais dans les yeux les étoiles dont la boule de verre ‘mulicolore qui tournait au plafond nous régalalt. Quand Iheure était un peu tardive, je me cachals et regardais ce bonhomme trés gal qui, tantot jouait du plano, tantot de la ‘basse’ cordes ou du violon, selon les besoins de la mélodie et je admirais ; je admirals pour tout ca et aussi parce que tal mon Lim Jou. oe na rnance coumrote page 2s 0028 Ravae 196 Oy « Seven » Jusqu’ici la critique est una- rime : c'est un bon film notr. Mais encore ? Crest un trés bon film noir. Et les commentateurs de cher- cher dans le travail du réalisateur les tics d’un ancien de ta publi- cité, car c'est de la que vient David Fincher. Se focaliser sur ce genre de detail, c'est spéculer sur la poin- ture de pied d’un viticulteur dont on a goité le vin. Cela ne sert a rien. Les critiques ne savent plus lire entre les lignes. Au-dela de I’aventure de ces deux flics a la recherche d'un tueur en série mystico-dingo, il est une autre histoire. Celle d’un monde sans vraie cha- rité, un monde hypocrite et laid, un monde oui ’on incinére les morts, oi l'on nourrit les affa- més de hamburgers trop rassis pour étre vendus, oi les assoif fés se désaltérent dans le cani veau. Un monde ott 'on se vet d’habits déchirés, ot les malades font peur, of l'on ne visite plus les prisonniers puisqu’ils ont la télé. Cet univers raconté par Fincher (aidé dans sa narration par Andrew Kevin Walker dont c'est le premier script) nest pas athée, bien au contraire. Tlnous agite sous le nez les sept ceuvres de miséricorde que nous avons travesties. II nous montre les sept péchés capitaux dans toute leur hideur. Ce film ne dénonce pas une société sans valeurs mais une société aux valeurs détournées ou, plus exactement, “twisted”, cest-a-dire tordues. Noir comme la monture du trot sigme cavalier de l’Apocalypse, “Seven” nous impose un mea culpa, il nous jette sur les pla- teaux de sa balance et nous force a étre nos propres juges. Les juges de cette famine morale a laquelle nous nous sommes abandonnés. Cyril de Beketch Balades L’hippodrome de Vincennes par Olmetta Il serait temps de redécouvrir les hip- podromes parisiens qui furent, au début du siécle, des lieux de prome- nade familiale. La télévision, la voi ture, le bowling, le tennis, etc., ont tué la balade du dimanche avec papa, maman, les enfants et, souvent, les grands-parents. Situé au beau milieu du Bois de Vin- cennes, I’hippodrome du méme nom offre tous les jours d’hiver I’exhibition des plus grandes “Stars” de la pro- duction équine frangaise : les trot- teurs. D’origine essentiellement gau- loise, ces chevaux donnent a chaque course une éblouissante démonstra- tion de l’élégance du trot, cette allure intermédiaire entre le pas et le galop que l’animal ne peut conserver qu’artificiellement... done avec l'aide de l'homme, Vous n’étes pas obligés de jouer... Encore que de nombreux quichets offrent des paris a 10 frs. Ce qui permet, sans sombrer dans le vice, d’étre intéressé a la competi tion... Le lieu est superbe... Immense paquebot fleuri, lumineux, I’hippo- drome offre sa verdure, son espace non pollué et, depuis ses tribunes, des vues imprenables. Une ludo- théque accueille les jeunes enfants lorsque les parents souhaitent un moment de téte-atéte. Le “niveau 1” de l'ensemble propose un espace de grand confort qui méne aux tribunes couvertes... Réseau vidéo, grand écran qui permet de suivre les opér tions comme si I’on était au coeur du peloton. Les autres niveaux présen- tent six restaurants totalement diffé- rents, avec une gamme de prix de 90 frs a 480 frs. Le stationnement est aisé en raison des nombreux espaces prévus a cet effet. D’autre part, le RER (station Joinville) permet un accés facile. A I’arrivée, entre cing et dix minutes a pied de la station au champ de courses, ou navette gra- tuite. Jours, heures de courses, tarifs et réservations restaurants : SECF Communication au 49 77 17 17. De mars a décembre, tous les mardis et vendredis, courses en nocturne. Superbe spectacle. A propos des Chorégies d‘Orange Malgré les “méchants’ élus du Front national et leurs vilaines manoeuvres, les célebres Chorégles proposent un prestigieux programme pour été de cette année, A l'issue de délicates négociations avec I'Association des Chorégies, le maire d’Orange, Jacques Bompard, a signé un accord par lequel le Theatre antique est mis la disposition de l'association préci- tée pour une durée de trois ans. Il faut préciser que, depuls un quart de siecle, ce festival mondialement reconnu engendre des recettes importantes pour la ville et ses alen- tours. En cas de gros pépins, Vaison- laRomaine était préte a heberger ces fameuses Chorégies. Pour vous allécher, voici ce que Ray- ‘mond Duffaut, le directeur artistique, propose pour 1996 ~ Les 6 et 9 juillet, le “Don Giovanni” de Mozart, pour la premiére fois a (range, dans une réalisation de Yan- nis Kokkos et sous la baguette de Jef- frey Tate, avec les Chaeurs de Radio- Trance et, au milieu d'une prestigieuse distribution, Ruggero Raimondi dans le réletitre... Zerline ‘sera chantée par Laura Polverell. On ‘en profitera pour projeter en ville le film-culte de Joseph Losey sur le sujet = Du 51 Juillet au 3 aott sera présen- tée “La Forza del destino” de Verdi, dans une mise en scéne d'un fidele des lieux : Jean-Claude Auvray. Orchestre du Capitole de Toulouse, les Choeurs de cette ville et ceux d’Avignon et de Marseille seront sous la baguette de Michel Plasson. Keith Olsen jouera Don Alvaro, Paolo Cont Don Carlo, Roberto Scandiuzzi Padre Guardino, Michéle Crider Donna Eleo- nora, etc. Un régal En compléments de programme seront donnés le Requiem de Mozart, avec les Cheeurs de RadioFrance, le 12 juillet, et ‘Carmina Burana” de Carl Orff, avec VOrchestre du Capi tole de Toulouse et Michel Plasson, le 16 juillet. La soprano Natalie Dessay sera entourée de cing cents exécu- tants. = Le 2 aolit, YOrchestre des jeunes de la Mediterranée se produira sous Ja baquette de Michel Tabachnik et les Choeurs de RadioTrance denne- ront un récital en T’église Saint-Flo- rent. D’autre part, la belle Cour Saint- Louis accueillera des récitals de musique de chambre avec les lau- réats de la Fondation d'entreprise duu Crédit national. ‘Tout va bien a Orange... Nous, nous n’étions pas Inquiets | Renseignements : dés maintenant au 16 90 34 24 24. Olmetta Rendez a ces Arts Un petit bestiaire XVIIIe Musée Gognacqrlay est désor- ‘mais sis en Fhétel de Donon, entié- frement restauré, Il abrite la splen- ide colleetion XVIlle sigele qu’avaient rassemblée les fondateurs de la Samari- taine I présente aujoure hui sa premiére exposition temporaire, dans “le grand comble” : L’Animal miroir de Uhomame. Petit bestiaire du XVIMe site. ‘A travers des peintures, des dessins, des terres cuites, des faiences... dexcellente facture, on comprend ce qu’était Panimal pour les salons du XVMle sidee :trés rarement naturel, Buffon, dont Pouvrage Gait fort répandu alors, avait ailleurs prévent : “Nous ne derons nous attacher quit la nature des animaux qui nous ressemblent le plus.” Ets l'on observe peut-étre davantage la nature, sion en recense les éléments dans un but encyclopédique, la représentation qu’on fait de Panimal, et -me du végétal, ne se départt jamais «un souci esthétique ; méme dans le Recueil oiseaux et de papillons <'Aubriet, on weut aussi faire joll. Une exception toutefois, 'étonnante étude fanatomiquue du cheval que réalisa Bouchardon avant de sculpter Panimal de ln statue de Louis XV. Lianimal sert au décor, ila fable, au symbole. Par exemple dans des seines ythologiques comme Enée allaité par tune tizresse, pax Olivier Lemay. I figure dans les tubleaux de pastorale, en une nature idéalisée, comme dans Berger gardant ses troupeaux de Huet, sur fond de ruines antiques. Et animal domestique est trés présent dans les its. Dailleurs, on fait méme le sien — c’est lun genre qui connut un réel succés — et Bachelier état le spécialiste & qui la Pompadour passait commande pour ses toutous. L’animal était déja recommandé pour ‘amuser les enfants et Fragonard peint Enfants jouant avec deux chiens. Et puis Raoux, Oudry, Watteau, Boucher... I1n'est pas nécessaire d'aimer les animaux pour apprécier Pexposition, Nathalie Manceaux 8, rue Elzévir, Paris Ile ; tous les jours ‘suf undi et jours friés, de 10 ha 1740 ; jusqu’au 12 mai. Un Jour 19 septembre1563 nti IV de Bourbon abjuea le protestantisme entre les mains de Vabbé de Juily le 9 aodit 1593 ; plus rien ne lui interdisait désormais de coiffer la Couronne des ws, et cest le 27 fvrier 1594 i Chartres, les Ligueurs Ce dimanche-Ia, ‘ocempe les rues, 4 multitude de tentures, de bannires, de la vieille Auteicum. I chante, i farandole et, lorsque Hen, que vét une robe de bel argent et une chemise de Irvits qu'oindea igneur Nicolas de Thou, 1’ dela ville — pénétre dans la eathédrale Notre-Dame, fusent des millers de nil, de los i, suivi de gentilsh illés ides eostumes moyeniigeux, it Pautel “de Ampoule, Sainte Ampoule qu'un sacristain de Pabbaye de Marmoutiers e haque tun pole de damas bane & monies blanche, sous ars dor sontenu par quatre religieux et faccompagné par quatre barons”, vient de rapporter du monastére. Puis Péveque confere au Roi les Gants, FAnnea le couvre de la Dalmatique, symbole du. le Sceptre, la Main de Justice, Bandeau royal Les orgues grondent, les cloches sonnent, les eaisses roulent, les trompettes soufile ceolombes sont Hichées, Henri IV de Bourbon est devenu incontestable Roi de France. La foule exulte et clame : *Vivat Rex in La dynastic des Bourh siteles et demi sur le Pré Carré, Elle a pour chef aujourd'hui un prince de des centaines de Anjou et de Bourbon, Louis XX de doit Jean SILVE de VENTAVON Coup de gueule Gloire, qu’ils disent ! ‘par Intérim gpuis es agressions contre Sauveteurs jusqu’é Vattaque de la‘ cérémonie de pose de la premitre pierre de Véglise traditionaliste de Noisy-le- Grand, la campagne de haine anticatholique prospin cee Cee nazis rouges attaquaient une synagogue ; mais contre les catholiques tout est permis, avec le soutien de la vérole médiatique. Anal Plus menant le combat de ordre avec ta complicit dn pouvoir politique et judiciaire. Teer inverts, obsédés sexuels, camés, vieillesleshiennes hystériques se batlent pour déverser, sur Fun- Radio, Sky-Rock ow autres, des torrents d’obscénités racistes. La moindre éant une chanson finement intitulée “Ts ont un balai dans lec...” qui, diffusée a jet continu, accuse nommément tes catholiques “sexistes, colonialistes, éitistes” d'avoir “dénoncé pendant UOccupation”. Un propos dont le caractere obsessionnel désigne les auteurs... Une telle haine serait effrayante si elle n'éait pas, au bout du compte, comique dans sa démesuire et son inversion fondamentale. Tn'est que de regarder Vimmondice qui anime une émission-égout sous le pseudonyme de “Supernana”. Cette poufiasse obése est tout simplement pathétique dans sa revendication onaniste de “disposer librement de son corps”. Hy a, dans une telle ‘accumulation. de mauvaise grasse de vulganté londasse de ideur blame de tise agressive, quelque chose de Hier Et Von ne s'étonne plus, devant ce spectacle émétique, d'entendre les avorteurs et leurs harems immondes gueuler devant les sauveteurs en priére “Gloire & Satan !” La Grande Guerre Verdun 22 février 1916 : la mort du colonel Driant € combat fut héroiquement conduit par les chefs comme par les troupes. Les bombardements de Vartllerie lourde allemande, du 21 février et de la nuit du 21 au 22, précédérent la ruée des divisions d’assaut ; nulle part encore, sur aucun front et dans aucune batallle, on n’en avait connus de pareils. Ils visaient & créer une “zone de mort”, dans laquelle aucune troupe ne pourrait se maintenir. Une trombe d’acier, de fonte, de shrapnels et de gaz toxiques s‘abattit sur nos bois, nos ravins, nos tranchées, nos abris, écrasant tout, transfor mant le secteur en un champ de carnage, empuantissant Vatmosphére, portant 'incen- die Jusqu’au coeur de la ville, s‘attaquant meme aux ponts et aux localités de la Meuse jusqu’a Genicourt et Troyon. De formidables explosions secouaient nos forts, les empa- nachaient de fumée. On ne saurait décrire une telle action, qui n’a sans doute jamais été égalée en violence et qui concentra, sur le triangle étroit com- pris entre Brabantsur-Meuse, Omes et Verdun, le feu dévastateur de plus de deux millions d’obus | Lorsque les troupes allemandes se portérent en avant, par petits élé- ments, le 21 aprés-midi, puls te 22 au matin — aprés une nuit oi artillerie avait repris sans interruption son “pilonnage” infernal — par colonnes se poussant les unes les autres, elles espéralent progresser I'arme a la bre- telle. Quelles ne furent pas leur stupéfac- tion et leur désillusion de voir que par- tout, sur leur chemin, des Francais surgissaient des décombres et, loqueteux, épuisés mais redou- tables quand meme, défendaient les ruines de tous leurs points F dappui! La résistance des chasseurs de Driant, le député-soldat, l’écrivain de la Guerre de demain et de la Guerre de forteresse, veut qu’on la rappelle. Par Philippe Pétain, Maréchal de France Dans le bois des Gaures veillaient les 56e et 59e bataillons de chasseurs, avec quelques éléments du 165¢ d'infanterie, en tout quelque douze cents hommes : six batteries de 75 et huit batteries lourdes les appuyaient. Is furent assaillis par les quatre régi- ments (80e, 91e, 87¢, 88e) de la 2le division, soit huit a dix mille hommes, que soutenaient sept batteries de 77 mm et environ quarante batteries lourdes. Le bombardement préparatoire les avait littéralement écrasés ; la plupart des abris s'étaient effondrés sous les explosions ; les pertes, avant la prise de contact avec I’assaillant, atte’ gnaient un chiffre trés élevé. Nos chas- seurs tinrent cependant a l'intérieur du bois, cernés et traqués de tous cotés, pendant prés de vingt-quatre heures. Voici dans quels termes émouvants le lieutenant-colonel Grasset, qui a étu Extrait de “La Bataille de Verdun”, par le maréchal Pétain (Payot é., 1929). dié en historien avis le détail de ces Journées, décrit la fin de ce magni- fique fait d’armes : « Le colonel Driant, avec le four- rier Leclére et le chasseur Papin, qui ne ont pas quitté, est dans un trou d’obus.. Papin est atteint d'une balle. Le colonel lui fait un pansement provisoire, lui serre la main, puis sort seul et vient vers une tranchée ot le chasseur Lefevre I’attend. Mais il y va tout droit, sous le feu des mitrailleuses, au lieu de prendre a gauche, a l’abri d'une petite créte, comme le faisait a ce moment le lieute- nant Simon. Il en était a métres : une balle l’atteint au front et il tombe sans pronon- cer une parole, Queiques minutes plus tard, le sergent Lauthez, qui franchis- sait la route & une centaine de métres plus au sud, apercut le colonel immobile a lendroit ott la mort avait pris. Pas plus que le chasseur Lefévre, sous la pluie des balles, il ne put aller jusqu’a lui. Tout prés de 1 pas- sait a ce moment le commandant Renouard qui se dirigeait droit au sud ; il disparut derriére une crete, et per- sonne ne le revit plus. Le magnifique groupe de Driant était mort # Descendirent seuls, ce soirla, du bots des Caures, en petites fractions qui se rassemblérent peu a peu a Vacherau- le = du 56¢ bataillon : le capitaine Vin- cent, atteint de deux blessures et réservé pour une mort glorieuse sur tun autre champ de bataille ; le capt: taine Hamel, le capitaine Berveiller, le lieutenant Raux et le sous-lieutenant Grasset, avec une soixantaine de chas- seurs ; = du 59¢ bataillon : le lieutenant ‘Simon, les soustieutenants Leroy et Malavault, avec 50 chasseurs. Crest tout ce qui restait de 1 200 combatants 1»