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Mythologie

I. Introduction & Sources


Bibliographie ;
l'Edda poétique, l'Edda en prose (Snorri Sturluson).
Ynglingasaga
Saxo Grammaticus, Gesta Danorum
Rudolf Simek, Dictionnary of Northern Mythology
John Lindow, Norse Mythology (Presse universitaire d'Oxford)

Mythe : définition qui change selon le contexte et selon


l'époque. Modalités de transmission différentes. Forme narrative,
fiction qui incarne cependant une certaine forme de réalité,
dans le domaine religieux. Fonction utilitaire du mythe :
expliquer le monde qui nous entoure, lien avec le sacré, la
religion. Prend place dans un espace narratif inconnu, une
temporalité des origines. Les institutions humaines y sont
transgressées (infanticides, meurtres, vols, parjures, viols,
incestes, désobéissance, zoophilie). Récits illogiques,
absurdes, grotesques. Imaginaire symbolique, esthétique.
Représentation collective, transmise.

La mythologie nordique demeure un socle idéologique et


culturel, même après le christianisme. Elle constitue un héritage du
passé. Les rites ont en revanche disparu, les pratiques païennes
ayant été sanctionnées. Rites et mythes allaient de paire.
Il reste néanmoins des témoins muets : toponymie et
archéologie ; mais aussi des sources écrites telles que les témoins
contemporains étrangers, la littérature médiévale (sagas, quand
bien même teintées de christianisme). Les influences chrétiennes
sont en effet indéniables, comme par exemple la représentation
donnée de Gimlé, très semblable à la vision chrétienne de l'Au-Delà.
Les lieux de culte restent une question. Les scandinaves
pratiquaient leur religion en plein air : rochers, bois, lacs (Tacite).
Dans la Saga de Snorri le Godi, un Temple de Thor est évoqué, de
même que Adam de Brême fait une description d'un temple à
Uppsala. Cependant l'archéologie n'a jamais amené la preuve de
l'existence de telles bâtisses ; mais la toponymie désigne des
sanctuaires : högr (pierre sacrificielle) dans Torshälla, Odins-Vé
(sanctuaire d'Odin) à Odense ou encore hof, présent dans de
nombreux toponymes islandais. Dans les sagas, les auteurs
s'appuient généralement sur les églises, comparaisons permanentes
et explicites.

Au XIIIe apparaît une véritable renaissance païenne en


Islande. Regain d'intérêt pour le passé. Écriture d'un volume
exceptionnel, tolérance exceptionnelle elle aussi du christianisme.
C'est le miracle islandais. Intérêt admiratif de beaucoup, même si
certains auteurs diabolisent les anciens dieux.
Les sagas sont des textes en prose souvent anonymes, écrits
du XIIe au XIVe. 1330, Snorri Sturluson rédige la Heimskringla, en 16
récits biographiques. La Ynglingasaga décrit l'arrivée en Scandinavie
d'Odin et le règne de ses successeurs, Njord et Freyr. Transposition
de la mythologie en histoire : évhémérisme (personnalités
anciennes divinisées par la tradition).
La poésie est celle des Scaldes. Harald à la Belle Chevelure,
roi de Norvège, a entretenu 6 ou 7 scaldes. On connaît les noms de
250 poètes du IVe au XVe, ce qui représente 40 000 vers, cités dans
les sagas. La vieille tradition de transmission orale représente des
risques d'altérations, voire de récits complètement apocryphes
inventés par les auteurs de sagas. Certaines spécificités permettent
néanmoins de confirmer l'authenticité de ces poèmes : utilisation
d'images métaphoriques puisées dans la mythologie. La mer est
ainsi appelée Ymis blód. L'Edda poétique, manuscrit découvert au
XVIIe, offert à Frederik III (Codex Regius), compilé vers 1280 mais
probablement copie d'un plus ancien ; et poèmes sans doute encore
plus anciens mais imprégnés d'altérations chrétiennes.
Gylfaginning, la fascination de Gylfi, roi suédois légendaire.
Aperçu assez complet de la mythologie nordique. Intrigue assez
simple : Gylfi, pendant la période mythique, va rencontrer les dieux.
Il veut connaître les Ases, se déguise en vieillard vagabond et prend
le pseudonyme de Gangleri (fatigué par la marche). Il rencontre trois
personnages le Haut, le Très-Haut et le Troisième.
> Dialogue entre Gangleri et ces trois dieux, émanations d'Odin.
Après avoir terminé son questionnement, le roi voit disparaître la
forteresse des Ases et il se retrouve dans une plaine : illusion.
Subterfuge pour le XIIIe, qui permet l'exposition de l'ancienne
religion, avec les connaissances de l'époque, malgré les influences
chrétiennes.

Représentations religieuses qui avaient court juste avant la


conversion (Xe). Vision d'un paganisme tardif, phase de décadence
et d'affaiblissement, à cause de la montée du christianisme.
Autre opinion qui veut que cette concurrence aurait suscité un
regain d'activité dans le paganisme, plus actif et agressif.
> Utilisation de la méthode comparative, qui indique que de
nombreux mythes nordiques sont anciens, avec ce que l'on sait des
autres peuples germaniques. Possibilité d'apparenter à d'autres
peuples indo-européens ; parenté linguistique, parfois parenté
mythologique ? Difficulté d'interpréter les vestiges archéologiques.

II. Les Pétroglyphes


Peintures pétroglyphes, hällristingar (Bohuslän, Norvège
méridionale, très peu au Danemark), faites à l'Âge de Bronze. Stèles
gravées dans des tombes. Ensemble iconographique cohérent et
homogène, nombre limité de motifs et de thèmes.
Expressions d'une religion, préoccupations rituelles ; en
remontant dans le temps, les premières manifestations artistiques
sont religieuses. Dizaines de milliers de gravures.
Gravures à peu près semblables dans les Alpes Maritimes.
Écriture pictographique ?
Scènes d'action, animaux, bateaux, de chasse.
Peintures rupestres de l'âge du Bronze (1800 - 500 avant JC).
Témoignage intéressant, difficultés d'interprétation. Les chercheurs
en histoire de la religion affirment qu'on est déjà dans une forme de
continuité, au moins thématique, de ces sources anciennes.

Époque préhistorique (avant l'apparition de l'écriture, an mil).


Dizaines de milliers de gravures, témoins muets. Aucune
interprétation certaine, mais d'une part on pense qu'il s'agit du
domaine religieux (figuration de mythes et/ou de rituels), et d'autre
part, que les peuples auteurs ne sont pas germaniques. Cette
population a possiblement été de culture pré germanique indo-
européenne. Possibilité de faire des rapprochements entre ces
témoignages et des sources médiévales.
Possibilité de répartir ces représentations dans des catégories
limitées, avec une trentaine de motifs et de thèmes, ce qui est
surprenant à cause de l'unité géographique.
Stèles de la tombe de Kivik, étonnante à cause du nombre
des représentations. Tumulus d'environ 75m de diamètres, chambre
mortuaire, mais site endommagé au milieu du XVIIIe (paysans qui
ont utilisé la tombe comme carrière, et ont pillé le mobilier
funéraire). Probablement 1200 av JC. Comparaison avec un
sarcophage crétois où on a retrouvé des motifs semblables (site
d'Hagia Triada) ; processions rituelles liées à la mort,
instruments de musique, sacrifice animal. Sur le motif
scandinave : Êtres stylisés (peut-être robes, masques d'oiseaux,
êtres hybrides ?) à proximité d'un autel/chaudron. Personnages qui
jouent du lur. Répétition d'un motif, 4 personnages peut-être mutilés
en face d'un oméga couché (tombe arrondie ? cuve ? chaudron ?
utérus ?), autres figurations énigmatiques ; animaux (poissons,
chevaux qui se combattent). Points communs entre mythologie
celtique et scandinave. Sur une autre stèle, conducteur de char
avec roues qui figurent peut-être le soleil. Lien possible entre les
différentes scènes. Le cheval est un animal important dans l'Europe
de l'âge du Bronze ; supériorité militaire d'avoir des guerriers à
cheval ; fort symbolisme religieux.
Dans l'Edda, chevaux importants. Sleippnir, cheval
d'Odin, à huit pattes. Jusqu'au début du XIe, il reste l'animal
sacrificiel par excellence. Au XIIIe, la consommation de viande de
cheval est interdite - pratique entachée de paganisme que
réprimandait le christianisme.
Représentations de cercles. Lien entre les roues des
chars et le disque solaire. Culte ou adoration du soleil possible.
On a retrouvé au Danemark des disques de petite taille conçus pour
être montés sur un petit manche, peut-être tenus en direction du
soleil, représentations attestées sur certaines stèles. Figure célèbre
d'un globe recouvert de feuille d'or + statuette de cheval, posé sur
un socle et des roues. Cheval finement décoré. En Scanie, on a
trouvé un autre chariot solaire tiré par deux chevaux (volé). Chariot
en terre cuite, retrouvé en Serbie, avec un petit personnage
amovible dans un chariot à trois roues, tiré par trois oiseaux
aquatiques. > Évocations de mythes répandus à l'Âge du Bronze :
soleil mis en relation avec un chariot ou un bateau. Représentation
de deux aspects d'un même mythe : le soleil et la course de celui-ci
dans le ciel ; croyances qui se sont perpétrées (Apollon et son char
solaire tiré par des cygnes ; existence aussi dans le domaine
nordique), suggestion d'une continuité entre les gravures et
les mythes attestés par la littérature médiévale.
Toujours dans la tombe de Kivik ; objets votifs offerts
à un dieu de la guerre, rapprochés des dépôts d'armes trouvées
dans les tourbières du Danemark. Armes qui n'ont jamais servi mais
conçues pour le sacrifice, parfois même cassées d'emblée pour
qu'elles ne servent pas. Représentations de haches impossibles à
manier : sacrifice votif ? Offrandes qui datent de l'âge de Fer :
continuité entre les époques. Hache et cercle solaire symboles
d'une divinité de la foudre, Þórr/Tor (>thunder),
traditionnellement représentation avec un marteau. Signe de
fertilité de la terre ? La pluie fécondatrice, le soleil au renouveau de
la nature. Union du dieu du ciel et de la déesse de la terre est
commune dans de nombreuses mythologies, surtout rurales. Le
lever de hache pourrait être un signe de consécration ; Thor brandit
son marteau pour sanctifier dans des récits postérieurs. Fonction
magique du marteau importante, tant et si bien qu'il se produira un
syncrétisme entre le marteau de Thor et la croix chrétienne.
Sexualité présente sur de nombreuses images :
personnages en érection, accouplements. Association avec des
animaux, rapport avec des rites de fécondité et de fertilité du bétail
et des champs. Épées qui apparaissent avec des disques. Symboles
solaires, boucliers, voire les deux. Épées liées également avec des
bateaux. Association entre l'épée et le porc, lien probable avec le
dieu Freyr (dieu de la sexualité et de la fertilité, symbole avec
l'épée (probablement phallique), avec un porc magique XD).
Les lances sont liées à des scènes de combat. Représentation d'un
dieu de la guerre, peut-être Odin, qui possédait une lance.
Odin lançait sa lance d'un côté ou d'un autre d'un champ de
bataille pour désigner le vainqueur.
> Triade divine ? Dieux à l'épée, à la lance et à la
hache ; Thor, Freyr et Odin. Peut-être représentés à plus grande
échelle.
Régis Boyer voit le dieu hache soleil, Týr, dieu
lance magie, Odin, dieu sexe glaive, Freyr. Mais analyse très
discutable, car interprétations à la lumière de récits beaucoup plus
postérieurs. Hasardeux.
Représentations d'acrobates au-dessus de bateaux ;
probablement des personnages en transe, vols des esprits. >
Shamanisme. (Ódinn ~ Ódr, fureur, allemand "wut"), lien avec les
berserkir ?
Le bateau, métaphoriquement transport vers l'au-
delà. Tumulus qui renferment des bateaux. Permet de passer d'un
monde à l'autre, lien que permet l'élément liquide. Épées rituelles,
où figurent des bateaux gravés, en bronze retrouvées au Danemark.
Animaux : cerfs, rennes (symbole de pouvoir), serpents,
chevaux, poissons.
Quelles que soient les croyances et les pratiques qui existent
derrière les gravures, ces gravures nous livrent une image
forcément trompeuse, car statique. Les croyances religieuses
au cours de l'Âge du bronze ont forcément évolué et changé dans le
temps.

III. L'Évolution Religieuse en Scandinavie


Âge du Fer celtique de 500 av JC jusqu'à l'an 0.
Âge du Fer romain, de 0 à 400.
Âge du Fer germanique de 400 à 800, prolongé par la période
Viking, jusqu'au XIe.
Période longue, mais période de transition : société tribale vers la
constitution progressive de monarchies relativement
centralisées et puissantes. Ébauche d'états unifiés ; influences
plus internationales. Culture orale vers la culture écrite (pour les
élites). Pratiques païennes vers la christianisation.

Période mieux documentée, période de la protohistoire selon


les archéologues évoquée dans des sources étrangères
contemporaines. Dialectes germaniques parlés dans le nord de
l'Europe (plus de doute comme à l'Âge du Bronze) ; identifiés
comme tels par le monde méditerranéen ; Pythéas de Marseille au
IVe nomme les Teutons, Gutons (Goths).
Pas de grandes invasions, changements progressifs avec
influences importantes de l'Europe centrale. Expansion de
l'Empire romain, dont les limites vont rapidement se trouver à la
frontière du monde germanique : différentes tribus germaniques
vont s'affronter avec l'empire romain qui va imploser au Ier siècle.
Conséquences politiques : naissance en Europe occidentale des
empires mérovingiens et carolingiens. Conséquences religieuses :
christianisme qui touche les chefs germaniques qui eux-
mêmes entreprendront des oeuvres missionnaires jusqu'en Europe
du Nord. En Scandinavie, l'onde de choc s'affaiblit au Nord,
l'isolation et la protection existent, malgré des relations
commerciales qui existent bel et bien.
Pratiques religieuses de l'aire scandinave ne sont pas
immédiatement touchées par le christianisme. L'archéologie
apporte des informations, vers le IIe, apparition de modifications
dans les moeurs liées à l'inhumation. Pratiques et croyances qui se
modifient. Mobilier funéraire : bijoux, ornements du mort.
Enrichissement des tombes, dont armes et outils, et autres
objets nécessaires au banquet, chars, chevaux (cf. vestiges au
Danemark). > Émergence d'une classe plus puissante. Tombes
monumentales avec chambres mortuaires en pierre ; provisions et
ustensiles caractéristiques. Complexité de la mythologie, continuité
assez remarquable avec les témoignages écrits retrouvés au Moyen
Âge, notamment au sujet des banquets où l'on procédait à des
sacrifices.
Objets insolites dans les marais et marécages. Site au
Danemark, 200 av JC, Hjortspring au Jutland, où l'on a retrouvé un
bateau de 8m qui pouvait embarquer 20 rameurs ; armes, épées,
lances, boucliers, cottes de mailles, le tout volontairement brisées.
> Offrande. Autres témoignages de ce genre au Danemark et en
Suède, régions marécageuses et de tourbes. Pratiques qui vont
durer pendant tout l'Âge du Fer. Par ex, bateau de Nydam, 20m,
mobilier riche dont armes.
Différentes interprétations : divinité des bateaux ? Odin peut-
être, Njörđr sinon qui habite le domaine de Nóa-týn.
César au Ier siècle avant JC parle de terres consacrées, avec dépôts
d'armes, chez les Gaulois.
Historien espagnol, Paul Orose, qui parle des Cimbres (probablement
Jutland) qui jettent dans l'eau le butin pris aux ennemis : or, argent,
armures détruites volontairement ; noient les chevaux de leurs
ennemis, et pendent ceux-ci.
Tacite, au témoignage déterminant, Ier siècle, passe en revue des
tribus germaniques dont deux : offrandes de bataille si victoire >
témoignage du sentiment religieux à cette époque, sacrifices,
craintes qu'inspiraient les dieux. Tacite se fonde sur des sources
écrites ou orales (militaires qui auraient fait des campagnes dans les
régions germaniques, commerçants, etc.). Germania. Les
germains honorent Mercure auquel ils offrent des sacrifices
humains ; correspondances relativement régulières, exprimées et
confirmées par les jours de la semaine. Sacrifices animaux à Mars
(Týr), et Hercule (Thor, qui incarne également la force).
Týr (Tiwaz) était peut-être alors un dieu céleste, lumineux
(deivos, indo-européen > deus > Zeus. Probablement dieu de la
guerre, aussi dieu de la loi et de l'assemblée des hommes libres
(Thing). Inscription célèbre en Angleterre : Mars Thingsus.
Confirmation par le mardi en allemand : Dienstag-Dingstag (Tisdag
en langues scandinaves).
Mercure correspond à Odin (Wodan). Dieu de la mort, qui plus
tard sera associé à la magie ; assimilé à une forme de
comportement extatique, de seconde vue.
> Idéologie guerrière à cause d'un contexte violent.
Point commun avec les Celtes, assez belliqueux. Autre point
commun avec les Celtes : divinités collectives féminines qui
secondaient le dieu de la mort, qui deviendront ensuite les
Valkyries. Évocations associées également au dieu Mars, bien
différenciées des déesses de la fécondité et à l'abondance.

IV. Les Tourbières (et autres découvertes


archéologiques)
Les marais et tourbières au Danemark ont permis la
conservation d'objets qui n'auraient pas pu être conservés
autrement. Découvertes de corps humains, processus de
momification naturelle. Ex de l'homme de Tollund. Trois autres
cadavres avec ossements de nouveau-né. Homme de Grauballe,
égorgé. Témoignages de textes anciens qui évoquent ces pratiques.
Les traîtres sont par exemple pendus, les infâmes sont noyés dans
la boue (!).
Tacite évoque également les Semnons, qui immolent en sacrifice.
Bois sacré dans lequel on doit entrer liés > Odin. Dieu du lien, au
sens magique du terme, mais aussi parce qu'il est le dieu des
pendus.
Analyse de l'estomac des hommes des marais. L'homme de Tollund
avait fait un bon repas avec des plantes, fruits et graines (sans
doute pour la prospérité d'exploitations agricoles). o blóta til árs ok
friđa

Cadavres momifiés des tourbières danoises ; plantes, fruits


et graines dans leurs estomac : nourriture rituelle pour s'attirer la
bienveillance d'un dieu lié à la fertilité et aux récoltes.
Un homme des marécages à la gorge tranchée : 66 plantes
différentes dans son estomac, dont aucun fruit d'été = sacrifice de
la mi-hiver ?
Nombreuses évocations de sacrifices humains dans les
sagas, jusqu'à la période chrétienne. Les sagas qui traitent des
périodes les plus anciennes, sagas légendaires, évoquent souvent
ce genre d'acte rituel. Dans la Ynglinga Saga, évocations
d'événements supposés avoir eu lieu entre le début de notre ère et
le VIIIe : rois mis à mort sacrifiés quand ils ne satisfaisaient pas leur
fonction, en principe la prospérité. Exemple du roi suédois Dómaldi,
sous le règne duquel il y eu de nombreuses famines et disettes ;
sacrifice de boeufs, puis d'un homme, puis du roi.
Toponymes qui évoquent une activité sacrificielle liée
aux marécages ; le plus souvent dérivé de blót keldur (marécage
sacrificiel). Fréquence probable de ces sacrifices humains, répandus
pendant des siècles.
Objets retrouvés, à fonction cultuelle : chaudrons décorés,
chars. Site de Dejbjerg. Chars peut-être de fabrication étrangère,
décoration suggère une facture celtique, ou au moins une influence
des objets celtiques ; de Gaule ou d'Europe danubienne.
Importance de la culture celtique sur la culture et la religion
scandinave ancienne. Découverts au XIXe, datant peut-être du Ie,
sans doute chars processionnels, car chars d'apparat, sertis de
plaque de bronze sur lesquels on trouve des motifs abstraits et
géométriques, et visages avec yeux écarquillés et cheveux ondulés.
Éléments du châssis décorés également. Transport de divinité ? De
représentation de divinité ? Usage attesté depuis l'âge de bronze,
apparition sur les pétroglyphes.
Confirmation au premier siècle de notre ère par Tacite, qui
évoque les Langobardi, les Angli et les Eudoses (> Jutland).
Évocation du culte de Nerthus (Njörðr, mais dieu mâle. Ceci dit,
ambivalence sexuelle, car père du couple Freyr et Freyja), d'un char
consacré couvert d'un voile, qui consiste en le sanctuaire de la
déesse que seul le prêtre peut toucher, tiré par des génisses ; temps
de paix.
Notion de terre mère, fertilité et fécondité (dieux
Vanes). Notion qui n'apparaît pas dans les textes médiévaux, mais
traces auprès d'autres déesses. Terra Matri adorées par de
nombreuses cultures, notamment chez les Celtes et les
Germaniques. Aux dieux Vanes sont associés la paix, l'élément
liquide, le bateau, les sacrifices humains et les chariots. Ces
rapprochements entre les documents archéologiques et les textes
attestent une certaine continuité du culte sur un millénaire.
Tombe de Oseberg, en Norvège, dans le Vestfold. Témoignage
intéressant car tombe princière, contiguë d'autres tombes
importantes, occupées par deux femmes. La première 50-60 ans et
l'autre 20-30 ans. Inhumation autour de 850. Matériel funéraire
important, pleine époque païenne, qui repose dans un bateau de 23
mètres de long. Série d'objets en bois bien conservés, dont char à 4
roues, riche en décor, sans doute lié au culte. Restes de tapisserie,
qu'on a restaurée, qui représentent des scènes cultuelles peut-être
liées aux circonstances de l'inhumation. Peut-être femmes de la
dynastie des Ynglingar. Nombreux personnages représentés, en
procession, avec trois chars tirés par des chevaux ; chars attestés
chez Saxo Grammaticus.
Frotho, roi, montre un certain nombre de points communs
avec Freyr. Transposition de mythes païens en événements
historiques très anciens. Ce roi était transporté régulièrement dans
des chars, y compris lors de son embaumement.
Texte du XIVe, islandais, þáttr, Gunnar Helming. Évocation
d'une statue de dieu installé sur un char processionnel ; procession
entre les différentes régions de Suède pour assurer par le simple
passage du dieu/déesse la fertilité des récoltes. Gunnar tirait la
carriole, et monte dans le chariot. Lutte avec Freyr sous sa forme
d'idole, avec promesse de conversion chrétienne si Gunnar vainc.
Diabolisation des dieux païens. Gunnar couche avec la femme de
Freyr et la met enceinte = manifestation de Freyr ? Usage du
chariot : porter le mort à la tombe. Élément de franchissement du
monde des vivants au monde des morts. Vestiges calcinés retrouvés
à Oseberg, avec les restes des animaux de traits et autres sacrifices
animaux.
Autres objets livrés par les marais, peut-être de fabrication
celtique ou influencé par la culture celte : chaudron de Brå, ou
Rynkeby. Décor de taureaux, ou personnage portant un torque.
Chaudron de Gundestrup, dans le Jutland, le plus complet. Motifs de
nature religieuse, évocation de scènes familières aux scandinaves :
présence de taureaux, cerfs, serpents...
Témoignage de l'historien et géographe grec Strabon.
Éléments sur la religion des celtes et des germains ; cite les
Cimbres, peuple germanique parmi les premiers attestés dans
l'histoire avec les Teutons. Les premiers à partir à l'attaque de
l'Empire Romain. Strabon nous décrit des prêtresses Cimbres aux
cheveux gris, vêtements de lin, ceinture en bronze. Elles vont
chercher les prisonniers après les batailles, les couronnent, et les
égorgent au-dessus des chaudrons. Recueillent le sang et prédisent
l'avenir. Scène évocatrice sur le chaudron de Gundestrup,
ressemblance frappante.
Objets de facture romaine et mérovingienne qui proviennent
du commerce et des butins de guerre. Objets plus abondants et plus
précieux, or et argent. Les sources écrites ne sont pas plus
nombreuses, mais autochtones. Inscriptions runiques, souvent
opaques, brèves et stéréotypées.
Époque pré Viking.
Offrandes. Armes, équipement, dans les marécages. Tendance
intéressante : ne plus offrir l'objet mais un objet qui le représente ;
jet de fourreau pour l'épée. Trésors en or, offrandes ? ou cachettes ?
Objets à valeur religieuse : colliers en or, dont les éléments
représentent des formes humaines (petites idoles, ou personnages
dansants) avec colliers, bracelets, et bracelets de cheville.
Tacite évoque les Chattes, qui portaient un anneau de fer
autour du cou, jusqu'à ce qu'ils tuent l'ennemi. Lien envers un dieu
de la bataille.
Les postures de danse rappellent peut-être les berserkir.
Cornes d'or de Gallehus, volées irrémédiablement puis
fondues. Paroi d'or massif, serti de cylindres ajustables, faits d'or et
d'argent, décorés de figures. Poissons et serpents : connexions
religieuses. Deux usages des cornes : instrument de son, libations.
Interprétation précise hasardeuse. Caractère grotesque et comique
des scènes, sorte de carnaval. Fêtes hautement rituelles et
religieuses, moments précis du calendrier.
Animaux anthropomorphisés. Personnage de centaure : influences
orientales de Grèce antique ? Thème des guerriers fauves,
berserkir, pris en transe et qui intègre une part d'animalité.
Abondance de scènes de guerriers, épéistes, archers. Interprétation
du type de carnaval : monde inversé - poissons et oiseaux mis les
uns à côtés des autres, personnage à 4 pattes sur un poisson...
Personnage à trois têtes. > Cérémonie cultuelle. Inscription runique
Ek Hlewagastir holtijar herna tawiðo
Lien avec le cycle des saisons : continuité dans le temps,
cérémonies attestées au cours de l'âge du bronze.
Deux personnages symétriques armés d'épée et de boucliers. Dieux
jumeaux ? Gémellité motif présent dans la mythologie scandinave
(aussi culture gréco-romaine, Castor & Pollux, les Dioscures ; Remus
et Romulus), attesté par Tacite qui évoque la tribu des Naharvales
qui vénère des équivalents de Castor & Pollux, les Alci, comme
frères.
Jumeaux masculins et féminins, puis androgynie (Ymir).
Force physique. Alci a été rapproché de alhs, mot germanique pour
le temple, et ealgiam en vieil anglais qui signifie protéger.
Rapprochement intéressant, car contexte martial, jumeaux guerriers
comme Romulus et Remus (fils de Mars).
Casques ornés à Gamla Uppsala, à Valsgärde ou Sutton Hoo.
Casques rituels, les sources écrites évoquent des personnages
semblables.
Début VIIIe, historien anglo-saxon, Bède le Vénérable, qui
mentionne le couple de frères Hengist & Horsa (cheval) fondateurs
de la dynastie royale anglo-saxonne.
Saxo Grammaticus donne un récit parallèle d'un couple de
frères eux aussi fondateurs d'une dynastie royale. Unité liée à la
guerre et à la protection des guerriers ; particulièrement lié au
cheval.
> Prototypes indo-européens.

Le cheval est un animal qui devient extrêmement présent


pour le symbole martial mais aussi dans un contexte sacrificiel qui
va se poursuivre jusqu'à l'époque viking. Parallèle dans le monde
indo-européen, en particulier en Inde où le cheval est associé à de
nombreux rites.
Sur l'île de Öland, traces de sacrifices de chevaux jusqu'au Ve.
Squelettes complets, découpages en quartiers. Sur une pierre
gravée en Uppland, deux chevaux se font face, avec
cornes/croissants de lune, gueule ouverte avec langue en spirale ;
avec homme qui brandit une arme.
Autres sites avec chevaux inhumés dans des sépultures. Époque
mérovingienne, tombe en Westphalie, reste de 26 chevaux. Tombe
de Childéric, père de Clovis qui contenait des chevaux.
En Norvège, tombes bateaux du Vestfold, au Danemark ; rangées de
chevaux parfois décapités. Association bateau cheval, déjà existante
sur les pétroglyphes de l'âge du bronze.
Rituels de course et de combats de chevaux expliqués dans un texte
arabe du Xe ; Ibn Fadlan. Description d'un enterrement de chef
viking ; deux chevaux qu'on oblige à galoper puis découpés et jetés
dans le bateau qui sert de bûcher funéraire.
Sacrifices de chevaux courants dans pays asiatiques. On le fait
galoper pour que sa vitalité soit maximale lors du sacrifice.
Mythologie complexe, connexion solaire, et avec le pouvoir. Sacrifice
en l'honneur de Hákon le Bon vers 950 d'un cheval.
Connexion avec la fécondité et fertilité, nette dans un récit islandais
d'après l'an mil, le Dit de Vólsi, culte à un phallus de cheval
embaumé. Animal psychopompe.
Cheval d'Odin, Sleippnir.
Bractéates, imitations de médaillons romains. Centaines en
Scandinavie, qui ont sûrement servi d'amulettes porte-bonheur,
avec inscriptions runiques. Image d'un homme à cheval, avec
oiseau, et svastika. = Odin ?

V. Les Ases
Ase, classe de dieux attestée depuis temps archaïques. A
Vimose, a[n]sau > ansuz. Ribe au Danemark, 61 signes runiques sur
un crâne. Ulfr ok Odin ok Hoj-Tyr ; peut-être Fenrir pour le loup.
Amulette ? Préserver de la maladie avec une formule magique.
Cailloux à Besançon, couvert de runes. Dialecte germanique
de l'ouest. Apparition du nom Wodan. Formule de malédiction.
Fibule trouvée Nordendorf, en Bavière. Wigiþonar = Thor, plus
notion de combat. Dieu combattant. Figure énigmatique de
Logaþore > Lóðurr (Loki) qui apparaît sous la forme Logeþer dans
des témoignages anglo-saxons. Textes runiques difficilement
compréhensibles. Importance de ces dieux païens, sur un territoire
très étendu et avant la période viking. Prééminence évidente du
dieu Odin, confirmation dans la littérature islandaise et chez Saxo
Grammaticus. Manuscrit du Xe, charmes et formules d'inspiration
païenne, dans l'une d'elle, il est question de Wodan, Balder, Frija et
les Idisi (Dises) qu’on peut rapprocher aux Valkyries.

Échange d'otages entre Vanes et Ases, après bataille sans victoire


décisive.
*Kvasir
Inglingasaga & Edda, de Snorri Sturluson.
Personnages ou émanation de rituels de négociations dans
lesquelles les dieux ont à tour de rôle craché dans un chaudron >
naissance du personnage de Kvasir. Kvasir désigne une boisson
fermentée (Kvas, fruits écrasés, jus de ces fruits). Le crachat peut
aussi signifier la réconciliation ; échanger des salives représente un
acte de paix. Forme d'alliance. Dans l'Edda, ressemble à un
sacrifice, car il va être tué par deux Nains qui recueillent son sang.
("étouffé dans son intelligence"). Son sang va servir à refaire un
autre breuvage, quiconque le boit devient scalde.

*Mimir.
Inglinga Saga. Donné pour l'un des Ases.
Autres sources. Géant (forme finale de son nom en -ir). Décapité par
les Vanes, probablement geste symbolique de tuer la tête/chef.
Odin l'embaume et le transforme en objet magique.
Motif des têtes coupées, fréquent chez les anciens Celtes.
Nombreux témoignages antiques et autochtones (Pays de Galles et
Irlande). Décapitation des ennemis et probable embaumement.
Rites shamaniques, références à Odin.
Mimir apparaît dans un autre mythe. Propriétaire et gardien d'une
source qui porte son nom Mímisbrunnr. Alföðr laisse son oeil (gage
de Valföðr) en gage dans cette source pour obtenir le savoir, en plus
d'une corne, Gjallahorn.
Deux variantes d'un même mythe ?
L'emplacement de la source de Mimir, sous la racine de l'arbre
cosmique.

Origine asiatique des dieux Ases. Guerre avec les Vanes


(possiblement autochtones). Explications historicisantes :
confrontation d'une population immigrée et d'une population
indigène.
L'historien des religions Georges Dumézil a démontré que
cette interprétation historicisante était totalement erronée. A
proposé sur la base de comparaisons avec des situations analogues
dans d'autres mythologies ; tripartition fonctionnelle (sacerdoce,
physique et fertilité) dans les cultures indo-européennes.
Les Ases représentent la première fonction (Odin, pouvoir &
magie ; Thor, force physique), les Vanes sont représentatifs
de la fécondité et de la fertilité.
L'épisode de la guerre peut être comparé avec le récit de la
fondation de Rome ???
Guerre puis communauté harmonieuse et complémentaire.
Les deux premières fonctions ont besoin de la troisième.
Les dieux fournissent le prototype de la guerre avec
cette première bataille.
Complémentarité fonctionnelle entre les Ases et les Vanes.

*Hoenir, qui a toutes les qualités pour être un chef. Il sera donné
pour chef des Vanes dès son arrivée.
Les Vanes sont subordonnés aux Ases.
díar, prêtres sacrificateurs, statut donné aux dieux Vanes
venus chez les Ases. Mais terme ambivalent.
Snorri évite de désigner les Ases comme des dieux et utilisent des
termes à connotations religieuses (drottinn).
Odin fit construire un temple ; Njord et Freyr sont les premiers
prêtres mentionnés qui reçoivent des charges et des domaines >
conversion des Vanes à la religion des Ases. Freyja fut la première a
enseigné aux Ases la sorcellerie que les Vanes pratiquaient
couramment le Sejðr, forme de magie noire. Sorcellerie souvent
opérée dans l'objectif d'avoir un effet rapide, souvent une forme de
nuisance à l'égard de celui qui en subissait les effets. Fréquemment
pratiquée par des finnois/finnoises (en fait Lapons). Odin va devenir
le principal pratiquant de ce Sejðr.
Pouvoir de rendre les ennemis aveugles, sourds, pris de
frayeur ; de métamorphose shamanique ; éteindre le feu ; calmer la
mer... etc. Effet d'effémination (ergi) (?). Les Vanes font partie des
Ases en abandonnant leurs habitudes incestueuses.
Aspect sexuel du Sejðr ; infâmant pour les hommes >
homosexualité ? Forme de magie condamnée au moment de la
christianisation ; peut-être même proscrite auparavant à cause des
perturbations sociales entraînées.
Sorcière Gullveig. Difficulté à neutraliser cette magie et la
personne qui la pratiquait ; brûlée trois fois et vit encore.
Historicisé : fonction sacerdotale d'Odin ; venue d'Asie et installé en
Suède. Meurt de maladie. Processus de divinisation. Population
crédule et païenne.
Njód succède à Odin. Origine des dynasties scandinaves ; alliance
Ases Vanes. Fjölnir dans la succession (mais donné comme autre
nom d'Odin). Rois de Suède et de Norvège bénéficieraient du double
héritage des Ases et des Vanes, en principe ils peuvent assurer la
prospérité de leur pays.

VI. Odin
Odin est présenté dans l'Edda comme le chef des dieux, mais aussi
le dieu primordial. C'est lui qui crée les institutions et règle le cours
des choses. Dieu démiurge. Odin est partout dans le récit de l'Edda.
Trinité royale d'Odin (Ház, Jafnhár, þriði)
Mendiant Gangleri.... autre nom d'Odin ?
Jusqu'à 170 noms pour désigner Odin. Tabou
linguistique ? Appréhension à nommer une divinité aussi
puissante, peu sympathique et fiable. Personnage rusé et
fourbe. Dieu qui n'inspire pas la confiance et qui peu
s'avérer assez terrifiant ; lié à la mort et à l'au-delà, dieu
magicien.
Odin n'entre pas dans la fabrication de noms, au contraire de Thor.

Nombreux noms d'Odin > complexité du dieu.


Nombreuses facettes. Dieu qui apparaît dans les sagas en tant que
personnage, notamment pendant la période de la christianisation.

Vieillard, grand manteau, chapeau à larges bords, borgne.


Parfois beau, parfois laid. De grande taille.
Dieu qui se promène beaucoup à travers le monde.
Traits terrifiants < Yggr (le Terrifiant).
Hárbarðr, barbe grise.
Fjölnir, le multiple.
Svipall, celui qui change d'aspect.
Gestr, l'autre. Propension à s'inviter chez les autres, pour les
conseiller, les tenter ou les mettre à l'épreuve.
La vieillesse est un caractère qui convient bien à son rôle de premier
dieu, de père de tous les dieux et tous les hommes. Forme de
paternalisme. > Alföðr. Mais surnom qui peut être teinté de
christianisme. Aldaföðr (père des temps/générations). Valföðr,
père des guerriers morts sur le champ de bataille. Herjaföðr, père
des armées. Chez Snorri, rhétorique un peu chrétienne pour décrire
l'obéissance des autres dieux, ou le fait qu'il règne sur le ciel et la
terre. (Edda).
Hliðskálf. Trône où Odin peut surveiller tout le monde et tout ce qui
se passe.
Tradition authentiquement païenne ; étymologie qui parle d'une tour
d'observation ou d'un poste au-dessus d'une porte. Nom attesté
dans la poésie eddique et scaldique. Désigne aussi la salle du trône,
voire le trône lui-même.
Corbeaux, Hrafnasuð, fonction martiale d'Odin. Corbeau, animal
charognard qui se repaît des cadavres des champs de bataille. Odin
a également deux corbeaux (Huginn et Munnin, pensée & mémoire),
incarnations volatiles de son omniscience. Caractère qui convient
bien à un dieu suprême, d'où l'appellation Fjölsviðr, celui qui sait
beaucoup de choses.

Dans les mythes où Odin apparaît, il n'est pas vraiment


responsable du monde. Heimdall a le rôle de surveiller le monde
contre les géants et les forces du mal. Il ne protège pas non plus le
monde, prérogative de Thor.
C'est lui qui parfois trouble l'ordre : côté terrible et terrifiant.

Chez Adam de Brème, Wodan dirige les guerres.


Description d'une idole auprès de Thor et Freyr. Les Suédois
sculptent Odin en armes, comme on le fait pour Mars.
Comparaison qui va à l'encontre de l'assimilation que font la plupart
des auteurs latins à Mercure. Exprimé pour la première fois par
Tacite et reprise pendant des siècles > suscite commentaires et
interrogations.
Mercure, dieu du commerce. Mais Odin n'a rien à voir avec le
commerce. Aucun patronage des activités des commerçants.
On pourrait s'attendre à une assimilation à Mars ou à Jupiter (figure
suprême et paternelle).
A l'époque de Tacite, Mercure/Hermès n'est cependant plus une
divinité secondaire seulement dévolue au commerce. A l'époque
impériale, dieu des voyageurs et vêtu d'un chapeau à larges bords.
Dieu vu comme ingénieux et inventeur (écriture ; Odin à l'origine
des runes), et magicien. En tant que voyageur, voyage sans arrêt
entre le monde des hommes et celui des dieux. Dieu également
psychopompe.

Odin, dieu de la guerre.


Chapitre II de la Ynglingasaga, Odin vu comme un grand
guerrier. Mais dieu qui ne se bat pas comme un guerrier. Remporte
la victoire grâce à son charisme (favorisé par la victoire, Sigrsall),
par la ruse et la magie. Chapitre VI, évocation de son don de
métamorphose, pouvait aussi rendre ses ennemis aveugles ou
sourds ou de rendre les armes de ses ennemis guère plus efficaces
que des bâtons.
Ne se bat directement qu'à deux reprises, dans * la Voluspá,
guerre Ases Vanes, dans lequel il lance... une lance XD. Geste rituel
au-dessus des hommes, pour décider d'attribuer la victoire à un
camp plutôt qu'à un autre.
Saga de Snorri le Goði, personnage qui lance son trait avant
que le combat ne s'engage pour avoir une bonne chance de
remporter la victoire, selon l'ancienne religion/coutume.
Dans une "saga miniature" (tháttr), Erik le Victorieux, roi de
Suède, s'offre au dieu afin de solliciter la victoire. Croise en sortant
du temple un grand individu en chapeau à larges bords qui lui tend
un roseau qu'il doit lancer au-dessus de l'armée, en disant "Odin
vous possède tous". Montagne qui s'écroule sur le camp ennemi.
Guerre pas présentée comme simple affrontement, mais
comme une sorte de gigantesque sacrifice, offert au dieu.
Chez Tacite, dans ses Annales, guerre entre deux tribus
germaniques. Les vainqueurs consacrent l'ennemi adverse à Mars et
à Mercure.
Seconde moitié du VIIIe, Paul Diacre qui vivait en Lombardie,
histoire des Lombards qui s'appelait autrefois les Winniles, menés
par deux frères et leur mère. Tribu qui se heurte à une autre, les
Vandales, qui veulent imposer un impôt. Bataille, avec petite fable
sur Freyja et Odin.
Thème étonnamment identique dans la Grímismál.
Concurrence entre Odin et Frigg, texte éloigné de plusieurs
siècles et dans l'espace ; mais structures identiques.
Odin se bat également * lors de la fin du monde, face à Fenrir.
Guerriers Einherjar, avec les Ases. Le loup engloutit Odin, et c'est
comme ça qu'il trouve la mort.

L'attribut d'Odin est une lance, Gungnir (celle qui oscille, qui
s'agite). Atteint toujours sa cible. Existence attestée dès l'époque
païenne, l'un des plus anciens poèmes scaldiques (IXe), Odin décrit
comme celui qui agite Gungnir, un autre poème l'appelle "le
seigneur de la lance". Dans l'iconographie ancienne, personnages
avec des corbeaux armés d'une lance...
Maître des Valkyries (Valkyrja). Poème du Xe, il est appelé
Valkjósandi, celui qui choisit. Dans le vieil anglais, autre mot
dévalorisé qui veut dire "vieille sorcière". Trentaine de noms de
Valkyries, tous liés à la guerre, mais appellations poétiques plus ou
moins récentes.
Existence de divinités féminines liées à la guerre très
ancienne.
Odin est le maître des Einherjar, les guerres morts qui se
retrouvent dans la Hall d'Odin et qui combattent éternellement.
Maître des Berserkir, féroce comme des chiens/loup/taureaux/ours.
Fonction guerrière qui est la seule qui ait donné lieu à un
véritable culte. Il n'est pas sûr qu'on l'ait invoqué pour autre
chose que pour obtenir la victoire.
Dieu de la mort, lié à la mort et à l'au-delà.
Caractéristique peut-être liée à la guerre. Mais Odin n'est pas le dieu
de tous les morts, il n'accueille que les guerriers tués sur le
champ de bataille, réservés pour la bataille finale du
Ragnarök qui jouissent de la Valhall. Sur le toit, une chèvre qui
broute les racines d'un arbre, elle donne de l'hydromel qui permet
de rassasier les Einherjar. Chaque jour, ces guerriers s'affrontent et
s'abattent les uns les autres. Mangent la chair d'un sanglier
magique qui renaît chaque soir, meilleure viande de cochon qu'il
soit.
Odin ne mange rien, la nourriture sur la table, il la donne à ses deux
loups, Gerri et Freki. Mais boit !
Odin, dieu de l'ivresse et de l'extase.
Les autres morts, maladie et vieillesse, font chez Hel (le lieu et la
déesse). On ne ressort pas de chez Hel, mais ce n'est pas un endroit
punitif (pas l'enfer des chrétiens). Lorsque Baldr est envoyé à Hel
lorsqu'il est abattu par son frère. Dans le poème eddique de création
récente (post-conversion) "Les rêves de Baldr", Odin se rend chez
Hel pour susciter l'âme d'une voyante qui confirme la mort
prochaine de Baldr, et qui le renvoie. Odin y est soumis comme tous
les autres à un destin inexorable, et ne peut rien y faire. Le poème
s'achève sur l'évocation du Ragnarök. Texte qui parmi d'autres
témoignages confirme que les Enfers sont gardés par un chien ;
même chien qui affrontera Tyr lors du Ragnarök, Garmr
(hurlement) ? La voyante invoquée est peut-être Hel elle-même.
Hel a été engendrée par Loki et une géante, elle a pour frères
Fenrir et le Serpent de Miðgarðr, portée maléfique. Le serpent est
jeté autour du monde des hommes, Fenrir est neutralisé, et Hel est
jetée dans les enfers où elle règne sur neuf mondes.

Odin, Dieu ancien du point de vue mythologique.


1ere génération de dieux : dieu primordial issu du géant
primordial Ymir.
Époux de Jord (la terre) > dieu du ciel (schéma qui réapparaît
régulièrement dans le phénomène indo-européen).
Alföðr.
Un des trois dieux impliqué dans la création du couple
humain.
Lié au monde des morts.
Comme Hel et Freyja. Cette dernière possède le Folkvang. Elle prend
la moitié des guerriers morts au combat, figure de la déesse à
cheval sur le champ de bataille qui la rapproche de la figure des
Valkyries. Pourtant déesse plutôt liée à la fécondité et à la
reproduction.

Selon Snorri, Odin en tant qu'homme serait mort de maladie


en Suède. Marqué d'une pointe de lance et récolterait tous les morts
par les armes par conséquent. Il aurait été divinisé à cause de la
crédulité des suédois.
Dieu de l'élite, de l'aristocratie.
A l'origine de nombreuses dynasties, intervient souvent dans le
monde des hommes. Dans la Grimismál, morts violentes de
nombreux rois (Gerröd, transpercé de sa propre épée, forme de
sacrifice ; Hákonarmál, récit écrit par le scalde Eyvindr avec la mort
d'Hákon le Bon).

Allers et retours incessants entre les mondes.

Pendaison, blessures par lance, noyades > morts odiniques.

Fureur : état de transe extatique. Dépasse les


possibilités/potentialités du monde des hommes.
Dieu de la magie, qui sous-tend toutes ses actions (cf. 138-139 de
l'Havamál, écrit au XIIe-XIIIe). Initiation magique, pendaison
rituelle à Yggdrasil (allusion à la potence), pour apprendre
neuf chants suprêmes, la poésie, les runes.
Dieu des pendus (Hangi, Hangaguð, Galvagaldr (seigneur
des potences)).
Charmes qu'il possède, peut ranimer les pendus pour leur parler.
Pratiques de magie noire réprouvées par les lois chrétiennes, disent
expressément qu'il est interdit de susciter les morts.
Magie noire maîtrisée par Odin.
Seijdr ou Galdr
18 charmes, souvent liés au combat. Peut se préserver des coups.

Dieu séducteur.

Invoqué comme aide dans les actes magiques, mais pas


dieu tutélaire qui intervient dans les protections, car inspire trop
de crainte. Dieu qui n'est pas bienveillant.
Pratiques shamaniques ?
Rites d'initiation avec épreuves violentes. Ordalie.
Désincarnation, entrer en transe.
Bateau magique + cheval Sleippnir.
Peuples subarctiques. Influences des Sames sur les
Germains ? Ou pratiques semblables dans les pratiques indo-
européennes ?

Dieu qui a recours à la magie.


Hangaguð ok Haptaguð
Dieu des liens. Liens magiques qui paralysent les
victimes.
« Höpt », les dieux lieurs.
// Varuna, Ouranos, Jupiter ou Ogmios.
Ogmios a la langue percée et un lien tient ses ennemis > métaphore
de l’éloquence. Oghma, chez les Irlandais, est ainsi l’inventeur de
l’écriture, ogham.
Liens utilisés pour neutraliser les enfants monstrueux de Loki.
Le Serpent du Midgard, forme un lien autour de la terre. Image
ancienne déjà existante dans la poésie scaldique.
Fenrir, neutralisé à l’aide d’un lien magique. Trois liens
différents, le dernier, Gleipnir, fabriqué à base d’éléments
improbables, par les Nains du pays des Elfes Noirs. Fin du monde
lorsque Fenrir se détache.
Destin représenté par des fils - les Nornes tissent la trame des
Destinées de chacun, hommes et dieux).

Dieu de la poésie et des Scaldes.


Strophe 140 de l’Hávamál. Initiation poétique quand Odin se pend à
Yggdrasil. Apprend neuf chants « hors normes » du fils de Bölþorn.
Boit de l’hydromel Oðrerir qui excite la fureur ou l’extase. Hydromel
de Mimir ?
// épisode de la mutilation pour boire à la source de Mimir.
Deux variantes d’un même mythe ou fragments complémentaires ?
Savoir occulte et magique.
Origine de l’art poétique ; chapitre 2 partie II de l’Edda. Récit
probablement authentique car farfelu. Non retravaillé par Snorri.

>> Dieu complexe et hétérogène.

VII. Thor
Mythe de la capture du Serpent de Midgard.
Très bien documenté, donc sans doute ancien et très répandu.
Présent dans la poésie scaldique, Edda, iconographie.

Centres d'intérêt liés