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ELIAS ET LE ROMANTISME ÉDUCATIF SUR LES TENSIONS DANS L'ÉDUCATION CONTEMPORAINE Author(s): Francois de Singly

ELIAS ET LE ROMANTISME ÉDUCATIF SUR LES TENSIONS DANS L'ÉDUCATION CONTEMPORAINE Author(s): Francois de Singly Source: Cahiers Internationaux de Sociologie, NOUVELLE SÉRIE, Vol. 99, NORBERT ELIAS : UNE LECTURE PLURIELLE (Juillet-Décembre 1995), pp. 279-291

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ELIAS ET LE ROMANTISME ÉDUCATIF SUR LES TENSIONS DANS L'ÉDUCATION CONTEMPORAINE

parFrançois de Singly

RÉSUMÉ

PourNorbert Elias, à certaines périodes,lorsque les contraintescivilisatrices (qui s'expriment dans l'autocontrôlé)augmentent, naissentdes mouvementsde refus. Les

rêventd'une natureaccueillanteau seinde laquelle les individus peu-

« romantiques »

ventéviterles tropfortes contraintes.On se demandesi l'existencedes écolesnou- velles, soucieusesde l'épanouissement de l'enfant, ne peutpas êtreconsidéréecomme

unedes formes de ce romantisme, en réactioncontreles excèsde la concurrencescolaire

dans les établissementsd'excellence.Une

enfantsfréquentent ces deux types d'écoles permetd'approcherl'arbitrageque

parentspartisans desécolesnouvelles font entre exigence de la réussitescolaireet idéal

de

font choisirce type d'établissementconduisentà approfondir les conditions contempo-

enquête menée auprès de parents dontles

les

l'épanouissement. L'éducation qu'ils

NorbertElias.

donnentà leurs enfants et les raisons qui leur

pers-

raines d'apparition de cette forme de romantisme - permettant ainsi d'enrichirla

pective ouverte par

Motsclés: Elias,Famille, Éducation.

SUMMARY

during certain periods when

« romantics»

dream of a friendly naturewhereindividualscan avoidexcessiveconstraints.Can the

newschoolsconcernedaboutchildren's personaldevelopment be takentobe a formof

thisromanticism - in reactionto

excellence» ? A

of

weenan emphasis on theirchildren'sacademicsuccessand theidea

lopment. The educationthese parentsgive

sing this typeof

emergenceof this formof romanticismin today's developedby NorbertElias.

establishment provide clues forunderstanding theconditions for the

totheirchildrenand theirreasons for choo-

ofpersonal deve-

schoolssheds light on thedistinctionthat parents in favourof newschoolsmakebet-

survey conducted amongparentsof children attending thesetwo types

According toNorbert Lhas, movements oj dentalarise

civilizing constraints (manifestedthroughself-control) increase.The

theintense competitionprevailing in « schools of

world - this

deepens the perspective

Key words: Elias,Family, Education.

Cahiersinternationauxde Sociologie, Vol. 99 [279-291], 1995

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François de Singly

Pourun sociologue soucieuxde comprendre la famillecontem-

poraine, les perspectives ouvertes par

(elles

une

Durkheimnotamment - aux

interdépendances humaines: « Les sociologues

considérerlesliensentreleshommesdu point de vue du « ils»

on ne rend

Ton se borneaux

interdépendancesperson-

nelles, etsurtoutlesliaisonsémotionnellesdeshommescommefac-

teurde liaisonsociale» digme en Francen'ont

sociaux et

publiquel'emportent aisémentsurle domestique, lesrelationsdansla

sphèreprivée. En

Carol

sphère

NorbertElias sont

précieuses

stimulentsansenfermerdansun système). Cet auteurdonne

place plusimportanteque la sociologieclassique

-

songeons à

relations d'interpénétration et aux

ont coutume de

Or

pasjustice

au

problème des interdépendances socialessi

interdépendances relativement impersonnelles. Il

les

faut intégrer à la théorie sociologique

sociologiques : la politique,

(1981,p. 166-167). Les changements de para-

pas suffià déstabiliserla hiérarchiedes objets

les relationsdansla

d'autres termes, etdansune

dénonceaussice

perspectiveféministe,

Gilligan(1986)

primat de la sphèrepublique,

ils ») comme

du point de vueabstrait (la hauteurde vue

unedesformesde la dominationmasculine.Et elletentede réhabili-

terun point de vue particulariste,plus féminin, plus sensibleauxfac-

teurs, commela personnalité etlescirconstancesavantde

» etle « tu» constituentdes élémentsaussidécisifs

propre aux «

porter un

jugement. Le «je

que mentd'une société.

généralisé etautrui significatifpropose unethéorie quipeut

lue danscette perspective selon

rov,1995)

nelles, notammentle

titutivedeshumainsles pousse à nouerdesliensde

le « ils », le « nous» etle « on »

pourappréhender le fonctionne-

en différenciantautrui

êtreaussi

George H. Mead (1963)

laquelle

« la vie commune» (Todo-

résultetoutautantdu travailsurlesrelations interperson-

care, que

desinstitutions. L'incomplétude cons-

dépendance.

La dualitéde Vindividualisme contemporain

Une tellevisiondu monde discours sur l'individualisme

contemporainqui hommesetles femmes, lesadultesetles jeunes renfermésdansleur

égoïsme,

exclusivementcentréssurla

recherchede l'excellence.Il s'agit d'un des versantsde l'individua-

lisme, le secondesttrèsdifférent.Les individusveulentdémontrer

leurhumanitéen affichantleur capacité à établirdes liens

nels et désintéressés (de

rismeet anti-utilitarismesontsouvent absurdes, elles

point commun, celuide prôner une

des relationshumaines.Or c'est celui-ci

social permet de rompre avec les rendraitles

à la poursuite de leursseulessatisfactions narcissiques, ou

des meilleures places, à la

conquête

person-

Singly,1990).

Les discordesentreutilita-

partagent un

conception unidimensionnelle

qui

est contestable: les

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relationssontà la foisutilitaireset désintéressées, le don coexiste

avec l'intérêt, sans l'autreaxe (ce

que nièreinstancetout comportement selonla

deux dimensions participent à l'accumulationdes ressources, à la

constructiondes identités personnelles et sociales, à la formation desliensde coopération et de concurrencedansle cadred'une cer- taine spécialisation des sphères, fixantdes dominantesà chacune:

plutôt l'intérêt pour la sphèrepublique, plutôt le don pour la

sphèreprivée1.L'importanceque

privée,

l'affection permettent

pour

la naissancede l'amour

civilisation.Mais ils constituentaussile

sage des liens d'interdépendance aussibien dansles rapports entre

générationsque

qu'aucun des deux ne puisse êtrerabattusur

PierreBourdieu (1994) réaliseen codanten der-

logique de l'intérêt). Ces

les individusaccordentà leurvie

formentl'envers

propos

de

aux contraintesde

supportpour l'apprentis-

«le

replidomestique»(Kaufmann,1988)

L'amour,

de la luttede tous contretous.

une part, commele laisseentendreNorbertElias à

dansles

Les sociétés

conjugal,d'échapper

rapports entre genres.

leursmembresutili-

plus fréquemment, des logiques argumentairesqui font

contemporainesexigentque

sent, le

référenceà l'individu.Derrièrece terme

vientde l'esquisser, deux formesde l'individualité: cellede l'indi-

son travailet sestalents ; celle

vidu qui s'estfait par son mérite,par

de l'individu qui estlui-même grâce aux

proches,grâce à l'amourou l'affection qu'il reçoit et qu'il donne.

Le modèlenormatifde l'éducation qui a étéintérioriséen Franceà

partir des années 60, avec d'une part l'extensiond'une

larisationà tousles milieuxsociaux

diffusiondes idées

la phase

après

fantet surla critique de l'éducationtraditionnelle (avec

unique se cachent, on

liens qu'il

noue avec des

longue

sco-

filles) et d'autre part la

psychologiques surle développement de l'en-

(et aux

1968 de

épanoui

».

l'éducation anti-autoritaire), fournitaux parents

Schématiquement, ces deux principes renvoientà

la concurrenceet la

autrui opposées -

êtrele meilleur,

la référence

deux injonctions : « Votreenfantdoitréussir », « votreenfantdoit

être

-

coopération -, à des justificationsdivergentes

êtreheureux -, à des

soità l'extérioritédu savoiret des

l'intérioritéd'une natureaimable qui ne demande qu'à êtrerévélée.

Il y a donc dualitédes attentessocialesvis-à-visde l'enfance, ren-

voyant à la complexité de la définitionde l'individu contempo-

des formesde relationavec

types de régulation différents -

compétences mesurables, soità

1. La démarchede Fortuneet infortune dela

femme mariée (1987) n'a pas toujours

fonc-

été

tionde leur intérêt, il s'agissait de voir jusqu'où la logique de l'intérêt permettait

de rendre compte du fonctionnementde la vie

comprise. Il ne s'agissaitpas d'affirmer que les conjointsn'agissaientqu'en

conjugale.

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rain.Et cettedualitétraversela famille qui n'a

unique

personnel, cettefamilledoitaussi

concurrencescolaireafind'êtrele mieuxdotésen capital scolaire.

Les parents ont consciencede cettedouble attente.Ainsi les hommesetlesfemmes qui ontun enfantde troisà dix-huitanshié-

rarchisentleurs prioritéspour lui : 62 % classenten

premier le fait

bienà l'école »

question suivantesurce

parents inversentl'ordre ;

sisseà l'école (48 %). Les pères etlesmèresvoudraientuneéducation

selon

terles

utiliseles deux registres. Ecoutonsune

bénévoledansdes

son fils, Paulo : « II est

marche

est bordélique,

et

dimension scolaire, maisà la question suivantesurce qui lui faitle

plusplaisirparrapport à son enfant, la place

« C'est de le voir heureux, de le voirbiendanssa

trainde rire, toujours en trainde plaisanter. Pour nous c'est très

important.Qu'il

un plus,

sa peau Obéir à des dieux dontles demandesne coïncident pas oblige

les jeunes

tions.Les premiers, avec l'aide des seconds, doiventhonorerla

l'enfantdoitdevenirlui-mêmetoutensachant respec-

«

pas pour

fonction

d'assurerun cadre

permettant le meilleur épanouissement

préparer les jeunes

à

supporter la

qu'il

soitbiendanssa

»,

36 % retiennentle

peau

fait qu'il

« réussisse

A la

(sondage csa/Famille magazine,septembre1995).

qu'il

leurferaitle

plus

de

ils répondent d'abord que

plaisir, lesmêmes

leurenfantréus-

laquelle

obligations scolaires. Lorsqu'une

mèredécritson enfant, elle femme (étudessupérieures,

banquier)qui parle

équilibré. Il

de

associations, mariéeà un

sympa.Je

le trouveassez

bienà l'école, je n'ai pas

mais je trouve que ce

qu'il

ne soit

à le tanner pour le travail.Il

n'est pasgrave.Jepréfèrequ'il

travailleà l'école

pas

ordonné.» Elle citevitedansla miseen scènela

travaillebienà l'école

de l'école

rétrograde :

peau. Toujours

en

aussi, je

suiscontente.C'est

mais je trouve que le plusimportant, c'est qu'il soitbiendans

etbiendanssatête.»

et leurs parents à résoudreen

permanence des contradic-

y parviennentplus

l'histoire personnelle de chacun, la

quotidien.

de fonction-

Tant de facteursintervien-

sa miseen œuvre que

projetéducatif, de

peut

avoir l'impression de disposer de la libertéde culte.

familles privilégient la

exclure

dimension personnelle(sans

pôle).

qu'en

Et leurschoix s'inscriventdans des

des écoles

publiques - celles

meilleures garanties de réussite (la demandeest

dépit des positions initialesdéfavorablesdu ministèrede

dorten eux touten acceptant de se sou-

nature psychologiquequi

mettreà la culturescolaire.Ils

les capitaux dont dispose la famille, les stratégiesque

en œuvre,

logique

nementdes interactionsau

nentdansla formationdu

chacun

Cela n'exclut pas certaines régularités dansla construction d'équi-

libreentreles deux principes éducatifs.Des

dimension scolaire, d'autresla

institutions, les

l'autre

celle-cimet

ou moinsselon

premièresrepèrent au seinde l'espace

qui proposent les

telle

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l'Éducation nationale, ce dernier publie désormaisles résultatsdes

lycées afin de répondre à la

d'école) -, les secondesont participé à la créationdes écoles nou-

retiennentl'une

ou

nentl'école du

éducatives, on a réaliséune enquêteparquestionnaireauprès d'un

supérieur dont les

échantillonde parents de milieux

enfantssontsoitdansdes

point

de vue de la réussite scolaire, soitdansdes écolesdites« nou-

velles» dontla ligne officielleest l'épanouissement de l'enfant1.

considéréscommeexcellentsdu

velles.Afinde connaîtreles

demande des consommateurs

pren-

profils des parentsqui

que

l'autre option(sans

oublier

bon nombred'entreeux

quartier, même

collèges

ordinaire), leursmanièresde faire

moyen

ou

Deux résolutionsde la tension

Les parentsqui

ont toutfait pour mettreleur enfantdans un

dépendaitpas de leur secteur) sont

plusgrande ambition: près

premiers ont déjà prévul'étape

suivanteen

les parents d'écolesnouvellesrefu-

collège d'excellence (qui ne

cohérentsavec leurchoix. Ils ont une

d'un quart visentles grandes écoles, contre6 % pour les parents

d'écolesnouvelles! Les

sélectionnantle

sent plusd'indiquer le

place

« selonson

contrela moitié pour l'autre groupe de parents), alors que la moi-

tiédes

loin possible. Autonomieet

parents d'écoles nouvellesont une

fance ;

pas êtreforcé.Rien ne sertde courir.Sansdoute est-ce

raison que l'âge

un tiersdes enfantsde ce collèges d'excellenceont

sur d'éventuellesressourcesen sommeil, la

contraintesde

vailinsuffisant.Les

citéétantsurtoututiledansla

logique

Lycée alors que

niveau

souhaité, ilsne veulent pasprendre la

filleira

veut» (dans trois quarts des cas,

de leur

enfant.Ils répondentque leur filsou leur

il

rythme et jusqu'où

parents des

pour

collèges d'excellenceveulent que cela soitle plus

réussite qualifient les deux pôles.

conceptiondivergente de

Les

l'en-

eux, le dévoilementde la naturede l'enfantne peut

pour

cette

de maîtrisede la lectureestnettement plus tardif:

des enfantsdes

groupe et un cinquième

appris à

lire après sixans.Et à la question

justificationpar

les

l'âge

estavancée plus souvent que la raisondu tra-

primeurs ne sont pas

aussi

appréciées, la préco-

de la concurrencescolaire.

Prolongeant le clivage réussite/autonomie, un second point dis-

éducatives: l'une insistesurla régulation

tingue les deux options

1. Les presents résultatssont tiresd une

données.

enquête par questionnaire menee

régionpari-

auprès de 512 mères qui ontun enfantde douze ans soitdansun collège considéré

socialementcomme d'excellence, soit dans une école nouvellede la

sienne.Cette enquête a été réaliséeen 1992, avec Philippe Cibois, dansle cadrede

l'enseignement surles méthodes quantitatives à

Oiry a participé à l'exploitation des

l'Universitéde ParisV. Christelle

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François de Singly

interneetsurl'autonomieet l'autresurla régulation externeet sur

l'obéissance.Trois fois

d'excellence que de mèresen faveurdesécolesnouvellesretiennent

dansune listede

l'autonomie.La valeur«

ambiguë,renvoyant aussibien au respect de l'autorité qu'au

pect de soi, ou desautres.Commentfonctionnele couple « réussite

etobéissance» ? La secondevaleurn'est-elle qu'une conditionde la

première, ou sert-elleaussi de révélateurd'un rapport strictaux institutionset donc aux contraintesexternes? Ce qui est certain

c'estleurrenforcement réciproque. Les

la réussiteintroduisentdansleurdiscourséducatifla nécessité pour

l'enfant d'apprendre aussià vivreavec les contraintes.Ils

ventle monde,

que l'enfantdoit s'ypréparer. Le rapport à l'enfanceestdonc objet

simultanémentde consensuset de dissensus.Pourles uns, l'enfance

estun

vrir, avecl'aide des proches, et dansdesconditions spécifiques à cet

âge. Pour les autres, au contraire, l'enfantdoit se préparer à être

adultele

compatibles avec la demande sociale. La concurrence scolaire,

même tempérée, estvécue surun mode

rantdoublementà

scolaireet par le respect d'un jeu sous contraintes.Il n'y a pas de

temps

doute est-ce pour cela

alors

les autresmèreschoisissent

plus de mères qui ont choisi les collèges

qualités la politesse ;

respect » fait,elle, consensus, car elle est

res-

parents les plus

sensiblesà

perçoi-

la société« commeun mondedifficile» et estiment

l'enfanta

pour

missionde se décou-

tempspendantlequel

plus

tôt

possible, en apprenant à développer lesressources

négatif, ou positif,prépa-

Tage adulte par la formationd'un bon capital

d'excellence. Sans

à perdrepour les parents de collèges

que pour

possiblependant

qu'ils préfèrent TrivialPursuità Pictionnary

les parents d'écoles nouvelles, c'est l'inverse.Les

les loisirs

d'apprendrequelque chose,

S'il

les mêmes raisons, les

échecssont préférés au jeu de dames, pour

premiers fonttravailler davantagel'intelligence et la logique.

est

mieux.Se détendre, rire ensemble, sontdes activitésinutiles.Ces

parents sontmoinsnombreuxà déclarer que leurenfant« aime ne

rienfaire». Le

nirobsessionnel.

souci du développement de l'enfant pourrait deve-

c'est

Le rêve d'une

adéquationparfaite entretalentsde l'enfantet

y a peu de différenceentreles profils des

un peu plus d'aide intellectuelle

qualificatif « fermeté»

les

plus

souvent

par

ceux des écolesnouvelles

exigencessociales,scolaires,familiales, caractériseles parents de collèges d'excellence.Il se réfractedansla manièredontcesderniers

définissentleurrôle. Il

mèresselonle

d'un côté, et de compréhension, de complicité de l'autre.En

revanche, l'image du père diffère.Le

comme attitude paternelle est cité deux fois

parents des collèges d'excellence que par

(41 % et 22 %).

typed'écoles,juste

Cetteattitude qui obtientle meilleurscoredansle

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Elias etle romantisme éducatif

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premiergroupe complicité, l'aide intellectuelle, la

Les parents des écolesnouvelles rejettent un terme trop connotéà

la manifestationde l'autorité, de la

toireavec l'autonomiede l'enfant.Les

maternellesontassezsimilaireschezles

commes'il

valeursféminines.Le costumede

de surveillerl'ordreet la

discipline autresvaleurstraditionnellesde la

verbe« Qui aime bien, châtiebien» est

davantagepar ces parentsque par les autres.Le père et la mère,

moinsdifférenciés sexuellement, peuvent

de

Cela est

conditions sont, selonleurs

opinionspolitiques, voire

mêmedes problèmes sentimentauxde leur

centrationsur la communicationfamilialecomme

dévoilementde la natureenfantine implique une modificationdes

règles de la conversation (plus d'ailleurs qu'un changement d'in-

tensité, les conversationsentre parent et enfantne sont

quentes dansce groupe).

pouvoirs'exprimer, aussibien les petitsque

cela soit

degré d'obéissance que de son ouverture d'esprit et de sa capacité d'ex-

pression.

tée. L'enfantsera alors estiméen fonctionmoins de son

n'est classée dans le second

groupe qu'après la

compréhension, la protection.

règleexterne,trop

contradic-

représentationspaternelle et

partisans d'écoles nouvelles,

y

avaitun

certain alignement des deux parents surles

gendarme - de personnechargée

-

est

rangé au placard(avec le

les

pro-

générationprécédente :

jugé

« démodé et faux»

devenirdes partenaires

l'enfant,principecomplémentaire de « l'enfant partenaire ».

perceptiblepar

le fait que les enfantsélevésdansde telles

parents,plus au courantde la vie pro-

des

père,

de leurmère.La

procédé

de

pasplus

fré-

chacundoit

chacundoit

parole,

grands. Pour que

fessionnelle, des problèmes de santé,

Chacun doitavoirla

les

possible,

une tropgrande dénivellationde statutest reje-

Les partisans du romantisme éducatif

Trois facteursinterviennentdans le choix de l'une ou l'autre

dominante: le système de valeursdes

son passé scolaire.Le niveau scolairedu constitue pas un élémentdiscriminant.On

parents les mieux dotés scolairementsoient plus favorablesaux

les

ou de la mère ne

parents, le sexe de l'enfant,

père aurait pu penserque

proportion de pères

dans

positionprofessionnellesont,

est

identique

écolesdites d'excellence, ce n'est pas le cas. La

ayant été dansles

les

elles

En revanche, les références politiquesdivergent. Les

femmesde droiteou du centresont

simple au double)

cellence.Les parents d'élèvesdes écolesnouvellesse recrutent plus

grandes écoles, par exemple, Les différencesde

deux groupes.

aussi,peu

sensiblesau seindes

classes moyennes et supérieures.

hommeset

nombreux (du

d'ex-

collèges

beaucoup plus chez les parents d'élèvesdansles

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François de Singly

à gauche

logique. Ce qui domine parmi

c'estune visiondu mondeoù les humainset la naturese rencon-

trent, où les premiersrespectent aussibien leur natureintérieure

que

l'école

n'étant pas celui

la génération suivanteune plusgrande attentionaux désirsde leur

enfantsoit développée. Elles sont beaucoup

vouloirdonnerune éducationdifférentede celle

de leurs parents. Le souhaitdes parents d'écoles nouvelles peut être

rapproché

plus contrainte.» Selon NorbertElias (1974), la naissanceou la renais- sancede telsrêvesrenvoieà une augmentation descontraintescivi-

lisatrices, c'est-à-direde l'autocontrôlé, et à une positionspécifique

dans les rapports sociaux, celle des « couches à deux fronts»

du désir d'Urfé dans VAstrée: « Vivre

et surtoutdansles rangs des personnes de sensibilitééco-

les partisans des écoles nouvelles

natureextérieure.Les femmes qui ont mis leur enfantà nouvelle ressententleur métiercomme

qu'elles

imposé, auraientvoulu faire.Elles souhaitent qu'à

comme

plus nombreusesà

qu'elles ont reçue

doucementet sans

la

(ni

supérieure-supérieure, ni populaire).

débarrasserdes contraintesautoritaireset civilisatrices qui leur

pèsent, tout en maintenantcelles

marque

d'Urfé

tion sociale». C'est ainsi

« veulent échapper aux contraintesde

la coursans

rent, du faitde leurcivilité d'aristocrates, des gens « non civilisés»

sentantle moutonet la chèvre, des vrais paysans et des vraisber-

gers

veulentéviterles

lycées d'excellencesans pour

viventdansdes écolesordinaires.Les

enfants, la musique par exemple,

d'un projet culturelfort.L'inventiond'une institutionsociale qui

respecte

plussimple ». En ne

fréquentant ni

réussite, niles jeunespas

« retraitedansdes enclavesoù la vie socialeest

mieux la nature de l'enfantconstitueune formede

Ces couches « aimeraientse

considèrentcomme la

qu'elles

distinctivede

leur appartenance à une élite, de leur posi-

que

dans

L'Astrée, les bergers

la société aristocratique et de

les

sépa-

perdre les privilèges etles traits distinguésqui

» (Elias,p. 301). Les

trop

parents favorablesaux écoles nouvelles

fortescontraintesde la concurrencedes

autantsouhaiter que leurs enfants

loisirs qu'ilsproposent à leurs démontrentaussi le maintien

les élèves trop centréssurla

assez « cultivés », en restantentre soi, ce repli scolaireélimineles

contradictionssocialeset scolaires.

Romantisme éducatif et résistancesaux contraintesextérieures

Par rapport au schéma de Norbert Elias, deux élémentsdu

romantismeéducatif posentquestion. Premièrement, le fait que les

parentsromantiques ne refusent pas

traintescivilisatrices». Us soutiennent, au contraire, complètement

l'accroissementdes « autocon-

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Elias etle romantisme éducatif

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de la psychologisation de l'enfance et des relations

le

sociales.Ce qu'ils refusent, c'estun

liance, qui

contraintesextérieuresde la réussite.Ils aimeraientcroire

capital relationnel, nécessaire pour

nairesde milieuxmoins favorisés, a détrônéle capital scolaire.Les

parentsqui mettentleur enfantà l'abri relatifde la concurrence

scolaire, qui

d'excellence, trop autoritaires, croient davantageque leur enfant

parviendra à devenirlui-mêmesansl'inculcationà hautedose des

savoirsaussitôtoubliésune

ciplinequi

sifsà écouter

on l'a déjà souligné,

déployéepar

nage central),avant-garde d'un

traintecivilisatrice.A ce niveau, le romantismeéducatifdevrait

êtreconsidérécomme une espèce à part de romantisme, selon la définitiond'Elias.

psychologues(Françoise Dolto a été un person-

projet

autre type de contrainte: l'al-

leur paraît contre nature, entreces autocontraintesetles

le

que distinguer des enfants origi-

les

se méfientdes écoles ordinaires, inutilesou des écoles

fois appris, sans l'imposition d'une dis-

contraintlesélèvesà resterassis pendant des heures, pas-

magistraux. Mais comme

logique argumentairerepose sur celle

(plus

les

ou moins) des cours

leur

mode de

régulationpar

autocon-

Mais peut-être

faut-ilreconsidérerla thèse de cet auteur.

type de relationsl'ont

des

d'intérêt, et donc à une impositionpar

de la formationdes

groupesconjugaux.

Pour

important de l'amour, l'histoire

Ainsi, pour prendre le cas très

nous apprendque les promoteurs de ce

opposé au mariage

autoritésextérieures (l'intérêt des lignées familiales, de la commu-

nauté

marquer cette rupture, l'amourse rapproche de la nature, ce n'est

pas des villes, que l'on songe aux amoursde Tristanet Yseult, ou de

se sont alliés très

progressivement à partir

social ne s'est pas installé pour autant.Le choix du conjoint s'est

effectuéet continuede s'effectuerselon les indicationsnon

dérivantdirectementdes contraintes parentales, maisfournies par les autocontraintescivilisatricesvécues sous le besoin du senti-

mentd'êtrereconnuen tant que personne. Il faudraitétudier sys-

tématiquement les figures du

tancessocialessuscitantde telsmouvementsne

davantage d'une

d'une valorisationdes autocontraintes qui prennent dansla cons-

cience les

le sens du romantismeserait

davantage

ment qui combatcertainesdimensionsdu monde social, ce qui

peut semblerexcès de contraintes - notammentavec l'accroisse-

villageoise)

un hasardsi les romansd'amour se déroulentsouventhors

Paul et Virginie.Lorsque amour et mariage

du milieu du xvme siècle, le désordre

plus

romantisme pour savoirsi les résis-

proviennentpas perception d'un excès de contraintesexterneset

séduisantes, de l'exaltation

apparences,beaucoup plus

du moi. Ainsi revu et une forme

corrigé, d'avant-garde réactionnaire, un mouve-

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François de Singly

mentdes pressions du marchédu travailet du marchéscolaire -, au nom de la défensedes droitsde l'individu.

Deuxièmement, les parents des écolesnouvellesse caractérisent

peu par une positionoriginale dans l'espace

pas un groupe à part.

Bien des hommeset des femmes qui

sensiblesà

social.Ils ne for-

ment

ontmisun enfantdansune école nouvelleen ontun autredansle

circuit« normal» de la scolarité.Ilssontsansdoute

plus l'arbitraire, voireaux injustices des effetsde la concurrencescolaire et sociale (des récitsde vie seraientnécessaires pour détecterles

accidentsde

assez

trajectoire des parents ou de leurs propresparents,

pour difficilement perceptibles dans

d'autant

famillesdes deux

caractéristiquesgénérales

du groupe (position et diplôme des parents). Le repli scolaire

affecte plus les filles que les

nouvelleset 50 % de ceux des collèges d'excellencesontdes filles),

plus les collégiensqui ont eu un passé

(un tiersdes élèvesdes écoles nouvelleset un quart des élèvesdes

collèges d'excellenceonteu des difficultés scolaires). Ces deux élé-

ments

enfants.Pour les filles, cela traduitune

la réussite professionnelle. Elles peuvent,

avoirune

priorité.

Ellesn'ont

fils.Les unes aurontà mettreen œuvredansla vie

fessionnelledes relationsde

les autresserontsoumisaux relationsde concurrenceet devront

fairela

parents des écoles nouvelles (les mèresétant

aussidansle secteur médico-social)pensentque

douées

pour principes éducatifsdiffèreselonles sexesdansla mesureoù l'un et

l'autre principes ontdes proximitésinégales aux définitionssociales des genres. Les garçons doiventse bagarrer dansla classeet surla

cour

scolaireontdes points communs: 41 % des élèves

les collèges d'excellenceet 16% de ceux

nouvelles pratiquent la compétitionsportive !

nouvellesest

qui

l'intelligence et la curio-

sité? Le mondedes vivants, des personness'oppose au mondedes

surla sensibilité, les autresmisant plus sur

connaîtrelesfondementsculturelsde cette sensibilité, facteurs

plus

l'analysequantitative). Et ils y conjoncture familiale s'y prête.

sont

Les

enclins

que

la

groupes se distinguentplutôtdavantage selonles

% des élèves des écoles

traitsdes enfantsconcernés que selondes

garçons(60

difficile que les bons élèves

de l'avenir des

expriment

une

anticipationspécifique

moindre préoccupation de

voire même doivent,

celle-cisoitla

activité professionnelle sans que

pas

à

développer des compétencesidentiques à cellesdes

privée ou pro-

coopération et des qualitésd'attention,

de leurs capacités intellectuelleset scientifiques. Les

peut-êtredavantage leursfillessont plus

preuve

le soinetl'attentionà autrui.La tensionentrelesdeux

êtreles

premiers.Compétitionsportive et compétition

qui

qui fréquentent

sontdansdes écoles

L'universdes écoles

davantage «

féminin»

que

« masculin». Les

parents

pour

mettentleursenfantsdansce type d'école n'insistent-ils pasplus

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Elias etle romantisme éducatif

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choses, le cœurà la raison.On ne

oppositions

parents des écoles nouvellesdéclarentavoirchoisicet environne-

ment

valeurn'est pas historiquement associéeau groupe des femmes, ce

sontleshommes qui ontbénéficiéles premiers de l'autonomie per-

sonnelledansla vie ciationselon le

ordre, mêmesi cela aboutità une décision identique. Pourles filles, il s'agit de constituerune structurede capital différentede celledes

garçons, avec un poidsplusgrand du capital relationnel, de la per-

sonnalité.Pour les moinsbons

rattrapage, avec l'espoirqu'après

le circuitordinaire reprendre sa vraie

garçons),parceque

parents estiment qu'il

per si possible d'autres types de richesses, ou qu'ils pensentque

l'enfant, à défautd'êtrele meilleur, serale plus heureux possible.

peutpas réduire pour

autantces

à la

reproduction des genres

traditionnels, car les

parce qu'il

favorise l'apprentissage de l'autonomie. Cette

privée et dans l'espacepublic. Pourla différen-

passé scolaire, ce n'est pas un clivage du même

les

élèves, il s'agit d'une stratégie de

une

étape,

l'enfantreviendradans

place (notammentpour les

vautmieux dévelop-

Romantisme éducatif et dominationdu capital scolaire

Le clivage entreécolesd'excellenceet écolesnouvellesrenvoie

opposition entreclasses qu'à

une différenciationselon

moyennes

capital de

et

supérieures. Ce phénomène traduit, nous

rapportssociaux, eu égard à ceux

développement de la

référence changent lesformesdesluttesde classe.

de chancesde

logique propre.

Elle ne

garantitpas

à tousles

supérieurs de devenir cadres supérieurs, ces

parents contrô-

reproductionstatistique »

(1989), la relationentrel'ori-

destinée, globalementforte, tolérantdes exceptions. L'in-

les enfants qui auraienteu des ennuisà l'école dans

les fillesdans la mesure où, si

premières années? Ou pour

genre. Dans cette optique, le

moinsà une

le sexeet selonle degré de réussitede l'enfantà l'intérieurdes cou-

ches

semble-t-il, une modificationdes

décrits par NorbertElias dansson œuvre.Le

scolarisation, le passage du capitaléconomique au capital scolaire

comme

toujoursplus gagner, ellesdoiventnéanmoinsse soumettreà l'instancecentrale

de certification qu'est l'école. Or celle-cicontribueà la reproduc-

Si les famillesles mieux dotées ont

tionsocialedanssa enfantsde cadres

enfantsdoiventdémontrerleurvaleurscolaire.Les

lentmoinsle processus de désignation des héritiersou des ayants

droit. Cette incertitude croissante, Pierre Bourdieu la nomme

« mode de etla

gine

térêt pour les écolesnouvellesne viendrait-il pas d'une solutionde

rechangepour

leurs

l'école estdevenueun bien commun, elle conservenéanmoinsun

sensdifférentselon les destinéesde

romantismescolairerésulteraitde stratégies misesen place, moins

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François de Singly

des groupes dominés (et anciennement dominants, comme

pour Fauteurde L'Astrée)que par

des

catégoriessupé-

protéger a priori ou

catégories rencontrantaussi l'intérêtde

les théoriessont

psychologiques.

capital relationnel, faiblement

qu'un enfant pourvu

par

c'étaitle cas

rieurescherchantà

des risques de l'école,

groupes professionnels dont

Mieux vautun enfantbien doté de

au mieuxde capital

social, d'autant que le capital relationnel occupe une place impor-

tante, même si elle est secondairedans la structuredes capitaux

danslessociétés contemporaines. Le rêvede « vivredoucementetsanscontrainte» à l'école a sur-

tout

doté de capital scolaire,

a posteriori certainsdesleurs

pour

fonctionla

créationde ce filetde protectionpour les

pour

margeparcequ'ellesaccep-

compétition scolaire (de

lesmoinstentés par de tellesrivalités

secondaire

certainsentrants (lesjeunes filles).

moinsbons élémentsou

Les écoles nouvellessonttoléréesà la

tentles individusles moinsarmés pour la

nombreuxessaisde pédagogie antiautoritaireétaientdestinésaux

élèvesen

au seindescouches

au seindes circuits complexes de l'école révèlecombienla division

du travailentreles institutionstolèreassez

les

enfants, autantl'école est chargée de diffuserdes savoirset de hié-

rarchiserles élèves.La

de

ment l'acceptation de cette

montreaussinette-

familleest

grandedifficulté) ou

chargée

moyennes et supérieures. Leur place

peu avanttout de rendreheureuxet

les écarts: autantla

épanouis

critiqueque les parentsd'aujourd'hui font

pas

l'expérience de Summerhill (Neill, 1970)1

en

répartition des tâches.L'école n'a

de

à

l'épanouissementpersonnel et la

jouer

priorité la carte

pas

famillene doit

le

vie des

formeextrême - celle unissantfamilleet école dansle mêmerêve

d'échapper aux contraintes -

surtoutde révélateurde l'existencede contradictions, non résolues,

entreles deux

contrainteset les autocontraintes.

devenirune annexede l'école

(notammentpar

respectparental de zonesde liberté, non scolarisées, au seinde

lycéens ;

la

Dubet, 1991). Le romantismeéducatifsous sa

a, semble-t-il, peu d'avenir, servant

principes normatifs, et plusprofondément entreles

Professeur de

Universitéde Paris V

Í2, rue Cujas, 75230 ParisCedex 05.

sociologie, Facultéde Sciencessocialeset humaines,

- Sorbonne,

1. C'étaitune des

questionsposées

au coursdes entretiens auprès de mèresde

par les étudiantsde Deug de

collégiens, centréssurl'éducationfamilialeetsurles jugementsportéspar ces mères

sur leur filsou leur fille.Le corpus a été recueilli l'Universitéde ParisV (année 1992).

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Elias et le romantisme éducatif

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