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L'APOCALYPSE RÉVÉLÉE

Dans 'il'1l1cllc sonl déroilés

LES ARCANES QUI Y SONT PRf.IJITS, f;T QUI JUSQO'A PRÉSENT

ONT ÉTÉ PllorONllblENT f."CHl~S.

l'.\n

EMMAN UEL SWEDENBOHG

1IlAO\;I r ou LATI~

l' A R J. - F. - E. LE no y S DES GUA y S


Sur "Édition princeps (Amsrerdalll, 11(6),

T n \1 F JI l\ Il \/1 Jo: n,
1'\'" 1--· 418.

SAINT-AMAND (CHER)
A L ALI B n A li\[ Jo: 0 ELA "0 Cl v E L 1, E J I~ J{ /.; ,~U [. 1:: 11,

Citez PORTE, Llbl·all·c.

PAlUS

"1. MINOT, RUE DU FOUR-S'-GERMAIN, 60,

TREUTTEL ET WURTZ. LIBRAIRES, nUE DE LlLl.E, 17.


LONDRES
SWEOE,XBORG SOCIETY, 36 llJ.OO~ISBURY S'fnEET, OH'OllO STHEI;']'.

1856.

L'APOCALYPSE RÉVÉLÉE

Dans [;lqucllll sont dévoilôs

LES ARCANES QUI Y SOt\T rnÉDITs, ET QUI JUSQU'A PnI;;SENT

O:-iT t:TI: PROr'O:-iohn:NT ~ACHt:S.

PAl\.

EMMANUEL SWEDENBORG

11\ ..\DUIT [lU 1.,\1'1\

l'An J. - lé. - E. L EB ü y s DES GUA y S

Sur \'f:ditîon princeps (Amsterdam, 1766).

TO~\E PI; EMIE\\.


;\•., '[-418.

SAINT-Af\lAND (CHEU)
A L.A. LlllHAllHE DE LA NOUVELLE J/inUS,ll.e.lI,

Cltcz PORTE, Llbl'all'c.

PAlUS
~r. MINOT, RUE DU FOUR-S'-GeRMAIN, 40,

TREUTTEL ET WURTZ, LlBllAIRES, RUE DE LILLE, 17.

LüNonES
5WETlENBOllG SOCIETY, 36 BI.OOMSBURY sTnEET, OJiFOIW STIIEwr.

l S ;) 6.
" --
o uy n AGE 5 DES W EDE N B 0 I~ G
Traduits lm Franrar.
Par J.-F.-E. Le !JoJ's des GU;lJ'S.
PUlX.

Arcanes Célestes, '16 1'01. gl'and in-Su, I~or ll)le

DoctrilJe de vic, in-S o • . , . 2 )1)1

- in-'IS.,.". 1
Dootrine SUI' rÉcl'ilUl'e Sainte, in-S o, 2 lJ ~
in-'IS 1 l"
Doctl'ine sur le Seig-neur, in-S o , \l
Doctrine SUI' la Foi, in-S o, j ;,U
Du Divin Amoul' (ouvrage posthume), in-S o , ':2 Hl'

Du Cheval blanc, de l'Apocalypse, in-S o , J lll)

Exposition sommail'e dusells inte1'lle(Pl'ophètes & Psaumes), in-S o , ;; HI)

DoUrine de la Charité (extr, des Al'c, Cél.), in-S o & in-;i2 , ' . '1 50
Doctrine de la Charité (ouI'Tag-e posthume), in-S o & in-:5\! . , , '1 nll
Des Diens de la Chal'ité ct du DI:ca\oguc, in-S o & in;-52 , , , , '1 50
Exposition sommaire de la Doctrine de la Noul'clle Eg-lise, in-8o . ~ 50
ilJ-'IS 50
De I~ Parole & de sa S'linteté, in-5\!. , )) 75
Du Commerce de l'Ame & du Corps, in-IS '1 Il))
Appendice il la Vraie Helig-ion CIII'élienne, in-IS 1 50
Du Jugement Derniel', in-'IS. 2 Il)1

Continuation sur le Jug-ement Del'nier, in-18 1 1) JI

DIJ Ciel ct lie l'Enfer, grand in-1S. , . . , 2 ))JJ

Des Tel'res dalJs rUnil'el's, in-18 , . . 2 JIll


Sag-esse Ang-élique sur le Divin Amoul', gram\ in-18. 5 »)
- sur la Divine Providence, grand in-'18. 5 Illl
La Vraie Heligion Chl'étienne, :5 1'01. gl'and in-lB. 15
La Doctrine Céleste, grand in-1S. . , li )IU

L'Apocalypse Expliquée, 1'01. 1 & Il, grand in-S· , 20 ))11

L'Amolli' Conjug-al, \! vol. grand Î11-'1S. S

Doctrine sur Dieu Triun, in-3\!. . , . , . 2

De la 'l'oule-Présence ct de la Toute-ScielJce de Dieu, ilJ-52 11 50


Neu f fluestiolls sur 1,\ Trinité, in-'18 . )1 ~5

Leltres il un Homme du Monde, pal' Le Doys des Guays, '\ J'C séri<',
in-·IS. , , , , . , , , ::if II il

L'Apocalypse dans son sens spiriluel, pal' le môme, gTand in-Bo ~ 50

LA NOUVELLE JÉ[WSALE~'I,
nevtw Rehgieuse et Sciellfi{iquo.
CollccLion dcs Sep/premières années a\'ce Labie nnulyLiqllc Cl alphabélique io la fin
du Vit vol.-Prix : 42 fr.-Lcs vol. VIII CL IX.-PriX : l'.) fI'.
On trouve ii la Librairio de ln NOUYEJ.LE JKRUS.\LS,'lI, chez PORTE, libraire ù Sainf"­
Amand (Cher), Lous lcs otl\'ragcs de Swedenborg, et. ceux- qui concernent directe­
ment ou indireclement. les doct.rines de ln Nouvelle Jérusalem.
NOTL\.Les autrcsounngcs de Swedenborg seront successivement publiés par le trndllct.
PRÉFACE DE L'AUTEUR

Il en est plusieurs qui ont pénihlement travaillé pour ex-


pliquer l'Apocalypse; mais comme le sens spirituel de la
Parole a été jusqu'a présent ignoré, ils n'onl pu voir les
Arcanes qui s'y trouvenl cachés, Cal' il n'y a que le sens
spirituel qui les dévoile; c'est pourquoi, ceux qui ont ex-
pliqué ce Livre onl formé diverses conjectures, et la plupart
en ont appliqué le contenu aux états des Empires, en y
mêlant aussi certaines choses concernant les malières ecclé-
siastiques. Mais l'Apocalypse, de même que toute la Parole,
ne traile nullement, dans son sens spirituel, des choses
Mondaines, mais elle traite des choses Célestes; par consé-
quent, nullement des Empires ni àes Royaumes, mais du
Ciel et de l'Église.
Il faut qu'on sache qu'après le Jugement dernier, qui a
été accompli dans le Monde spirituel en l'Année 1757, et
dont il a été spécialement traité dans un Opuscule publié a
Londres en 1758, il a été formé un nouveau Ciel de Chré-
tiens, mais de ceux-là seuls qui ont pu admettre que le
SeigneUl' est le Dieu du Ciel el de la Tene, selon ses pa-
roles dans Matthieu, - XXVIII. 18, - et qui en même
temps, dans le Munde, ont fait pénitence de leul's mauvaises
œuvres; de ce Ciel descend et continuera à descendre sur la
tene la Nouvelle Église, qui est la Nouvelle Jérusalem. Que
1. 1.
2 PI\É~'ACE.

celle Église reconnailra le Seigneur seul, cela est (\viùent


(laI' ces paroles dans l'A pocalypse : Il Il vint li moi un des
sept Anges, et il me parla, disant: Viens, je te mon­
trerai LA FIANCltE, DE L'AGNEAU L'ÉPOUSE; et il me
montra la Ville grande, la sainte Jérusalem, descen­
dant du Ciel de devers Dieu. 1) XXI. 9, 10. - Et
-

ailleUl's : «R(~'ouissons-nous et bondisson.~, car il est venu


le temps DES NOCES DE L'AGNEAU, et SON ÉPOUSE s'est
parée. 11 eureux ceux qui au Souper DES NOCES DE
L'AGNEAU ont été appelés. ) - XIX, 7, 9. - Qu'il doive
y avoir un Ciel nouveau, et que de ce Ciel doive descendre
la Nouvelle Église sur la terre, cela est évident pal' ces pa­
roles dans le même Livre: Il Je vis un Ciel nouveau et
une Terre nouvelle, et je vis la Ville sainte, Jérusalem
nouvelle, descendant de Dieu par le Ciel, parée comme
une Fiancée ornée pour son lYl ari. Et Celui qui était
assis sw' le trône dit: Voici, nouvelles toutes (hoses je
lais; et il me dit: i;cris, car ces paroles sont véritables
et certaines. )l - XXI. 1, 2, fi; - le nouveau Ciel est
un nouveau Ciel ùe Chrétiens; la nouvelle Jérusalem, c'est
sur terre une nouvelle Église qui fera un avec ce nouveau
Ciel; l'Agneau est le Seigneur quant au Divin Humain.
A ce qui précède il sera ajouté quelque chose pOUl' illus­
tration : Le Ciel Chrétien est au-dessous des Cieux an­
ciens; ùans ce Ciel, à partir du temps dn Seigneur quand il
était dans le Monde, ont été admis ceux qui ont adol'é un
Dieu sous trois Personnes, et n'ont point eu en même temp:,
l'idée de trois Dieux; et cela, par eelte raison qu'une Tri­
'}
PRÉFACE. ,)

nité de Personnes a été rel/ue dans tout le Monùe Chrétien;


mais ceux qui n'ollt entretenu de l'Humain du Seigneur
d'autre idée que comme de l'Humain d'un autre homme,
n'ollt pu recevoÏl' la foi de la Nouvelle Jérusalem, à savoir,
que le Seigneur eg_._. - Dieu '.en qui est la Trinité;
le seul ~ - ......­
ceux­
ci ont donc été séparés et renvoyés vel's les angles: il m'a
été dOllné de voÏl' les séparations et les rellvois après le J u­
gement Demiel'. En effet, SUI' la juste idée de Dieu est fondé
le Ciel entiel', et sur terre l't~glise entière, et en général toute
Religioll, cal' pal' cette idée il y a Conjonction, et par la
conjonction Lumièl'e, Sagesse ct Félicité étel'llelle.
Chacun peut rOuI' que l'Apocalypse ne peut nullement
être expliquée, sinon par le Seigneur seul; car chaqne mot
y contient des arcanes qui ne peuvellt jamais être connus
sans une illustration spéciale, et par conséquent sans une
révélation; c'est pourqnoi, il a plu au Seigneur de m'ouvrir
la vue de mon esprit, et de m'instruire. Qu'on ne croie donc
pas que, dans ce Traité, j'aie pris quelque chose de moi, ni
de quelque Ange; j'ai tout l'eçu du Seiglleur seul. Le Sei­
gneur a dit aussi par l'Ange à Jean:" Ne sce!!e point lcs
paroles de la prophétie de ce Livre. » - XXII. 10, ­
ce par quoi il est entendu qu'elles ùoivent être manifestées,
ABRÉGÉ
des

DOCTlUNAUX DE L'J~GLlSE ET DE LA RELlGiON


des

CATHO LIQU ES- nOM A 1NS

Puisque dans l'Apocalypse, Chap. XVII, XV lU, xrx, il est aussi


Il'ailé de la BAIlYLONIE, qui est la I\eligiosité Catholique-Romaine,
il convient, dès l'entrée, d'en mettre en évidence les Doctrinaux,
et de les placer dans cet ordre: SUI' le Baptême, sur l'Eucharistie
ou la Sainte Cène, sur les Messes, SUl' la Pénitence, SUI' la Justifi-
cation, SUI' le Purgatoire, sur les Sept Sacrements, sur les Saints,
ct sur le Pouvoir.
(1 r. SUR LE BAPTÊME. On y enseigne qu'Adam tout enlier, après
li l'olTense de sa prévarication, a été changé en pire quant au

li corps et quant à l'àme; que ce péché a été transfusé dans tout

li le genre humain; que ce péché originel n'est enlevé que par le

II mérite du Christ, et que le mérite du Christ est appliqué pal' le

li Sacrement du Baptême, et qu'ainsi toute l'inculpation du péché

II originel est enlevée p~r le Baplême; que néanmoins dans les

li Baptisés il l'este la convoHise comme aiguillon pom les péchés,

li mais non le péché; qu'ainsi ils se revêlent du Christ, devien-

n nent une nouvelle créature, et oi>tiennent la pleine et entière


II l'émission des péchés. Le Baptême est appelé le Bain de la ré-

li génération ct de la foi. Les Baptisés, quand ils sont devenus

n grands, doivent être interrogés sur les promesses faites pal'


n lems parrains, ce qui est LE SACRE~IENT DB CONFIR3IATION. A
n Cause des chutes après le Baptême, LE SACRIŒEi"T DE PÉ~I­
li TENCE est nécessaire.

n II. SUR L'EuCIIARISTIE OU LA SAINTE CÈNE. Aussitôt après la


n Consécration, le véritable Corps et le véritable Sang de Jésus-
li Christ sont contenus réellement et substantiellement avec son

n t'me et sa Divinité sous les espèces du l'ain et du Vin, le Corps


» sous l'espèce du Pain, et le Sang sous l'espèce du Vin, par la
1. t*.
6 ABRÉGÉ DE [,,\ RELIGION

II force des paroles; mais le Corps mênle sous l'espèce du Vin cL

)) le Sang sous l'espèce du Pain, eL l'Ame sous l'une cL l'aulre es­


)) pèce, par la force d'une connexion eL d'nne concomiLance na­
II turelles, d'après lesquelles les parlies du Seigneur ClirisL sonL

II unies enLre elles, et aussi la Divinité à canse de son admirable

II union hyposLatique avec le corps eL l'àme.; ainsi il est anlant

)) contenu sous une seule espèce que sons J'une eL l'autre; en un


}) mol, le ChrisL exisLe 10uL entier sous l'cspèce du Pain et sous
II chaque partie de ceLLe espèce, el loul enlier aussi sous l'espèce

II du Vin et sous les parties de ceLLe espèce; c'esL pour cela que

II les deux espèces son 1 séparées, el que le Pai n esL donné aux

Il Laïques, eL le Vin esL pour les PrèLrcs. Il fau Lmêler de l'eau au

)) vin dans le calice. Les Laïques doivent recevoir' des Prêlres la


II communion, el les Prêtres se communienl eux-mêmes. Le vé­

II ritable Corps et le vérilable Sang du CI1Tist, apl'ès la Consécra­

)) liou, esL dans les hosties dans les particules consacrées, eL c'est
)) pour cela que l'hostie doiL êLre adorée, quand on l'a mon Ire eL
., quand on la porle. Cet admirable et singulier changemenl de
)) toule la subsLance du Pain en Corps, eL de LouLe la subsLance
Il du Vin en Sang, esL appele TranssubsLanLiaLion. La comlllunion

)) sous j'une eL l'auLre espèce pcuL, sous cerLaines conditions, être


)) accordée 1k1r le Pape. EsL appelé Pain super'substantiel, et Pain
II des Anges, celui que ceux-ci mangent sans aucun voile; il est

II aussi appelé l'alimenL spirituel, eL l'antidoLe par lequel on est

)J déli l're des péches.


)) m. SUR I.ES ~IESSES. On dit Sacri,fice de la illesse, parce que
)) le sacrifiee, par lequel le Christ s'est olTert à Dicu le Père, y cst
)) représenLé sons les espèces du Pain et du Vin; par suite c'est
II un Sacriflce vruimenL propitiatoire, pur, et n'ayanL rien que de

)) saint. Si le peuple ne communie pas sacramcnLellement, mais


1) le i\JinisLre seul, alors le pcuple communic spirilllcJIlement, paree
)) que les iIIinistres ofTrcnt ce sacrifice non pour eux seulemelilt,
)) m,ais pour tous les fidèles qui apparLiennent nu corps du Christ.
)) Les Messes ne doiycnL pas être dites en langue vulgail'e, parce
)) qu'elles contiennenL la solennelle instruction du peuple fidèle,
)) mais les :\linislres cn cxpliquent quelque chosc les jlours de Di­
1) manche. li a été éUabli (lue certaincs paroles, qui sont ll1)'sli­
DES CATIlOLIQVES-ROjltlINS. 'i
» ques, sel'Uient prononcées il voix !.Jasse, et certaines autres il voix
» plus élevée; et que, pour donner de la majesté il un si grand sa­
» crifice qui est offert à Dieu, il y aurait des Lumières, des Encens,
» des Vêtements particuliers, et autres chos~s de ce genre. LI doit
Il être olfert pour les péchés des Vivants, pour leurs peines, leurs
» satisfactions et toutes leurs nécessités; et aussi pour les Morts.
Il Les ~Iesses en l'honneur des Saints sont des actions de grâces,
» parce qu'ils intercèdent quand ils sont implorés.
» IV. SUII LI\. PÉNITENCE. Outre le Baptême, il yale Sacrement
Il de la Pénitence, pal' lequel le !.Jénéfice de la mort et du mérite
» du Christ est appliqué il ceux qui sont tombés après le Baptême;
» aussi est-il appelé une sorte de Baptême laborieux. Les parties
Il de la Pénitence sont la Contrition, la Confession et la Salisfac­
» tion. La CONTRITION est un don de Dieu, et une impulsion de
Il l'Esprit Saint qui n'habile pas encore en l'homme, mais qui le
)) meut seulement; ainsi, c'est une disposition. La CONI'ESSION
» doit se faire de tous les péchés mortels, même les plus secrets,
» et des intentions: les péchés qui sont omis ne sont pas remis,
)) mais ceux qui, après examen, ne se sont point présentés, sont
)) compris dans la confession. Elle doit se faire au moi ns une fois
Il par an. Les péchés doivent être absous pal' les Ministres des
)) clefs, et ils sontl'emis, quand ceux-ci disent: J'ABSOUS; 1'1\bso­
Il lution est comme l'acte du juge, quand une sentence est pro­
» noncée. Les péchés graves doivent être absous pal' les t::vêques,
» et les plus graves pal' le Pape. La SATISfACTION se fail pal' les
» peines satisfactoires qui doivent Nre imposées par le Ministre, il
1) son gré, selon la mesure du dclil. Avec la Peine cternelle est re­
» mise aussi la Peine temporelle. Le pouvoir des lNDULGENCES a
» été laissé il l'Église pal' le Christ, et leur usage est extrêmement
1) salutaire.
Il V. SUR LA JUSTIFICATION. La translation de cet état, dans le-

I) quel l'homme naît fils d'Adam, il l'état de grâce par le second


» Aliam le Sauveur, ne se faiL pas sans le Bain de la régénération
)) et de la foi, ou Baptême. La seconde origine cie la Justification
1) vient lie la grâce prévenante, qui est appelée Vocation, avec la­
» quelle l'homme coopère en se convertissantlui-mê.me. La dis­
Il position se fait pal' la FOI, quallll l'homme cl'Oit que les ch.oses
8 ABnÉGÉ Dt; LA IŒl./GION

II qui ont été révélées sont vraies, foi vers laquelle il estlibremenl
» porté; puis, pal' l'EspÉRANCE, quand il croit que Dieu est pro­
l) pice il cause du Christ; et par la CHARITÉ, par laquelle il com­

l) mence à aimer le prochain, et il haïr le péché. La Justification,

l) qui en est la suite, est non-seulement la rémission des péches.


l) mais aussi la sanctification et la rénovation de l'homme inté­
l) rieur; alors on n'est point réputé juste, mais on est juste rece­
l) vant en soi la justice; et comme on accepte le mérite de la pas­
II sion du Christ, la Justification est ainsi insérée ]laI' la Foi, pal'
II l'Espérance et par la Charité. La Foi est le commencement du
II salut humain, le fondement et la racine de la Justification, el
II c'est là être justifié par la foi: et comme rien de ce qui précède
II la Justification, que ce soit la foi ou les œuvres, ne mérite la
II grâce de la Justification, c'est là être justifié gratuitement, car
)) il Y a grâce prévenante: et néanmoins l'homme est justifié
II pal' les œuvres, ct non par la foi seulement: les justes tombent
II dans des péchés légers et véniels, et néanmoins ils sont justes:
l) ct les justes pal' conséquent doivent, pal' des prières, des of­
l) frandes, des aümônes et des jeùnes, travailler continuellemenl
Il. à ne point tomber, parce qu'ils sont renés pour l'espérance de

II la gloire, et non pour la gloire. Les justes, s'ils perdaient la


1) grflce de la Justification, peuvent de nouveau être justifiés pal'

II le Sacrement de Pénitence: par tout péché mortel la gràce est


') perdue, mais non la foi; cependant par l'infidélité, qui est le re­
II noncement il la Religion, la foi aussi est perdue. Les OEuvres de
II l'homme justifié sont des mérites, et ceux qui ont été justifiés
II pal' les choses qu'ils font, au moyen de la gràce de Dieu et du
II mérite du Christ, méritent la vie éternelle. Le LrnRE AIIB/TRE,
») après le péché d'Adam, n'a été ni perdu ni éteint, ct l'homme

» coopère en donnant son assentiment il Dieu qui l'appelle; au­


l) trement il serait un corps inanimé. On établit la PnÉUES'flNA­

II TION, en disant que personne ne sait, il moins que ce ne soit


)l par une révélation spéciale, s'il est au nombre des prédestinés,

l) et parmi ceux que Dieu s'est choisis.

l)VL SUR LE PURGATOIRE. Toute faute soumise il une peine

l) temporelle n'est point efTacée par la Justificalion, c'est pourquoi

») tous viennent dans le Purgatoire pOUl' être IlLI6t](·s, avanl que


.....­

nES CA1ï!oLIQVES-nmL\INS. ()

)l l'enlrée dans le Ciel soil ouverle. Les ùmes, qui y sonl clClenues,
Il sonl sonlagées pal' l'aille ùes fidèles, èl principalemenl par le
)l sacrifice de la ;\'Jesse; el cela doil êlre soigneusemenl enseigné
Il el prêché.)l - Les tourmenls qu'on y souffre sonl décrils de di­
verses manières, mais ce sonl des inrenlions, el de pures fictions.
Il VIL 'SUR LES SEPT SACREMENTS. Il ya sept Sacremenls. Le

" Baptême, la Confirma lion , l'Eucharistie, la Pénilence, l'Ex­


., trême-Onction, l'Ordre el le Mariage: il n'y en a pas pIns, el il
., n'yen a pas moins: l'un est plus digne que l'aulre : ils con­
» tiennentlG grâce, et d'après l'œuvre opérée par eux la gràce est
» conférée: les Sacrements de l'Ancienne Loi étaient en même
» nombre..,-lI a élé trailé, ci-dessus, du Baptême, de la Confirma­
tion, de l'Eul;l1aristie et de la Pénilence.-"SUR LE SACI\E~IENT DE
» L'ExTl\Êm;,üNCTION. 11 esl fondé sur 1'l::plLre de Jacques, V. l.LJ,
» 15; il est donné aux malades vers la fin de la vie; de là il est
Il appelé Sacrement de ceux qui s'en vont: s'ils reviennent en

» sGnté, il peNt de nOUl'eau êlre appliqué: il esl administré avec


., de l'hu!le bénile pal' l'Evêque, el avec ces paroles: Que Dieu
l) te soil indulgenl pour loules les fautes que tu as commises pal'

)l dépravation des l'eux, ou des narines, ou du toucher. SUR LE


» S,\f.RE.\IENT DE L'OI~DRE. 11 y a dans le Ministère du Sacerdoce
» sept Ordres, qui diffèrenl en dignilé, ct ils sonl ensemble ap­
l) pelé.s la Iliérallchie Ecclésiastique, laquelle esl comme une ar­

., mée rallg(~e en bala1ille : les inaugurations dans le !\Jinistère se


., font pal' les onctions et pal' les transmissions de l'Esprit Saint
H en ceux qui sont inauglll'és. Pour les Ordinations des i::l'êqnes

H et des Prêlres, le poul'oir séculier, ou le consenlement ùu ~:a­

H gislrat ou son appel ou son- .wiorilé, ne sont pas requis; ccux

H qui montenl an minislère seulement pal' l'appel du pouvoir sé­

H cnlier ne sont point des ministres, mais ce sont des voleurs et

H cl-cs "liirrons, qui n'entrent point pal' la porle. SUR LE SACRE­

H ,'.lENT DU ~'IAnlAGE. La dispense des degrés el des divorces ap­

I) partienl à l'~:glise : les Ecclésiastiques ne conlractenl poinl de

)) mariage: ils peuvenl tous avoir le don de chastelp, et si l'un


)) d'eux dit qu'il ne peut pas l'avoi!', quand cependant il en a rail
1) le vœu, il est anathème, parce que Dieu ne refuse poinl ce don
)) il ceux qui le lui demandenl sincèremenl, et 11l' souffre point
10 A:BR~G~ DE LA RELIGION DES CATHOLIQUES-1l0~L\INS.

Il que quelqu'un puisse être tenté au-delà de ses forces. L'état de


Il virginité et de célibat doit être préfél'é à l'état conjugal: outre

n plusieurs autres choses.


1) VIII. SUR LES SAINTS. Les Saints, qui règnent conjointement

1) avec le Christ, offrent à Dieu leurs prières pour les hommes: le

Il Christ doit être adoré, et les Saints doivent être invoqués; l'in­

n vocation des Saints n'est point une idoJàtrie, et n'est point con­
n traire à l'honneur d'un seul Médiateur entre Dieu et les hommes;
n elle est appelée Latrie: les images du Christ, de Marie mère de
1/ Dieu, et des Saints, doivent être vénérées et honorées; il faut

1) croire, non pas qu'en elles il y ait la Divinité ni quelque vertu,

n mais que l'honneur qui leur est rendu est reporlé au~.proto­
)1 types qu'el\es représentent; et pal' les images que l'on baise, et

n devant lesquel\es on se prosterne et se découvre, on adore le


n Christ et l'on vénèt'e les Sainls. Les miracles de Dieu s'opèrenl
n pal' les Sain ts.
n IX. SUR LE POUVOIR. Le Pape Homain est le successeur de
n l'Apôtre Pierre, et le Vicaire de Jésus-Christ, le Clief de l'Église
n etl'l~vêque universel; il est au-dessus des Concil~s : il a les
n clefs pour ouvrir et fermer le Ciel, ainsi le pOUl'oil' de remettre
n et de retenir les péchés; à lui donc, comme Porte-Clef de la vie
n éternelle, appartiennenlles droits de l'empire terrestre en même
n temps que ceux de l'empire céleste: les l~vêques et les Prêtres
n tiennent aussi de lui un pareil pouvoir', parce qu'il a aussi été
n donné aux autres Apôtres, et c'est pour cela qu'ils sont appelés
n Ministres des clefs. C'est.à l'Église à juger du vrai sens et de
n l'interprétation de l'f:criture Sainte, et ceux qui contreviennenl
Il doivent être punis des peines établies d'après le droit: il ne )1

Il convient point aux Laïques de lire l'Üriture Sainte, pui~qu'il

Il n'y a que l'Église qui en connaissele~s. n - Par suite les Mi­


nistres de l'Église se van lent ùe le connaltre.
Ces Doctrinaux sonl tirés des Conciles ct des Bulles, princi­
palement du Concile de Tl'ente et de la Bulle papale qui l'a con­
firmé, où lous ceux qui pensent, croient et agissent contrc les
choses qui ont été décrétées, lesquelles sont en général celles ci­
dessus l'apportées, sont condamnés à l'anathème.
ABRÉGÉ
ùe;

DOCTlUNAllX DE L'ÉGLlSEET DE LA lŒLlGION


DES fi l~ F 0 IU'LÉ S

Puisque dans ['Apocalypse, dans son sens spiriluel, il eslbeau­


coup lrailé des fiMormés, il convient aussi, dès l'entrée des Expli­
calions, de meUre en c\vidence leurs Doctrinaux, cl de les placer
dans cet ordre: Sur Dieu, sur Chrislle :;eigneur, sur la Justifica­
tion pal' la foi et SUI' les bonnes œuvres, SUI' la Loi cl l'Evangile,
SUI' la Pénitence el la Confession, Sil l' le· Péché Originel, SUI' le
Bapt~me, sm la Sainle Cène, sur le Libre Arbitre, ct sur l'l::glise.
« I. SUR DIEU. On croil Sllr Dieu conl'ol'tnémenl il la foi sym­
1) bolique Alhanasienne, laquelle, élant dans les mains de cha­

Il cun, n'est poin t insérée ici: il est nololre aussi que l'on croit

Il en Dieu le Père comme Créateur et Conservaleur, en Dien le

1) Fils Gomme Sauvenr et llédempteur, et il l'Esprit Sainl comme

Il 1Il us tralelll' el Sanctificaleur.

Il II. SUR CHRIST u; SCIGNCUR. SUI' la Personne du Christ il

Il n'est pas enseigné la mème chose pal' tous les Héformés. Voici

Il ce qu'enseignent les LUTHÉRIENS: La Vierge Marie a non-scu­

Il lemenl conçu el engendré un vrai Homme, mais aussi le vrai

1) Fils de Dieu; c'est pourquoi elle esl avec raison appelée Mère
Il de Dieu, et elle l'est réellement: dans le Chrisl il y a deux na­

1) lures, la nature Divine cl la nature Humaine, la Divine de toute


il éternité, ct l'Humaine dans le temps; ces deux natures ont été

Il personnellement unies, de telle manière qu'elles ne sont nulle­

Il menl deux Christs, l'un Fils de Dien, l'autre Fils d'homme, mais

Il qu'elles sont un seul et même Fils de Dieu et Fils d'homme, non

Il pas que ces deux natures aienl été m{\lées en une seule sub­

Il slance, ni que l'une ait élé changée en l'aulre, mais l'une et

1) l'aulre nalure relient ses propriélés essentielles; il esl même


J) décrit quelles sonl ces propriélés : leur union esl hyposlalique,
i2 .~nllt:GÉ DE L,\ RELIGION

Il et cette union est une suprême communion, tellc qu'est cellû


Il cie l'âme el du corps; ainsi c'esl avec raison qu'il esl dit qne
Il dans le Chrisl Dieu esl lJomllle el l'llolllllie est Dieu. 11 a soul'­

Il l'erl pour nous non pas seulemenl comme homme nuement

li homme, mais comme un [Jomme dont la nalure IJumaine a avec

Il le Fils de Dieu une si élroite union el commnnion inefTaLJle,

li qu'elle est develll!9 une seule Personne avec lui: le Fils de

Il Dieu a vérilableÏnenl souffel'l pour nous, mais néanmoins selon

Il les propriélés de la nalure Humaine: le Fils de l'homme, pal'

Il lequel il esl enlendu le Chrisl quant il la nalnre llumaine, a été

li réellemenl élevé à la droite de Dieu, quand il a élé pris ell Dieu,

li ce qui a eu lieu dès que dans le sein cie ln mère il eul élé conçu

Il de l'Espril Saint: le Cllrist a toujours eu celle ~Iajeslé en raison

li de l'union pcrsonnelle, mais dans l'élal d'exinanilion il n'a

li exercé celle majeslé qu'aulant qu'il lui semblail eonvenable;

li toutefois, après la résurreetion, il a déposé pleinement cl abso­

1) lumenlla forme de serviteur, ct il a mis la nature ou l'essence

Il IJumaine dans la pleine possession de la ~Iajeslé Divine; el c'esl

Il de celle manière qu'il esl enlré dans la gloire; en un mol, le

li Chrisl est vrai Dieu et Ilomme en une Personne indivisible, cl

Il il l'est pour l'élernité; el vrai, loul-puissanl, el élernel Dieu,

li même présenl quanl il l'[]umain il la droite de Dieu, il gouverne

li toules choses dans les cieux el sur terre, el aussi il l'emplît

li loules choses, est avec nous, haLJite el opère en nous: il n'y a

li pas cie difTérence d'adoration, parce que pal' la nalnre qui esl

li vue on adore la Divinilé qui n'esl poinl vue: l'Essence Divine

li communique et procure ses propres excellences il la nalure Hu­

II maine,el perfeclioune ses Divines opéra lions pal' le corps comme

Il pal' son Organe; ainsi toute la plénitude ùe la Dhinilé habile

li cOl'porellelnenl dans le Chl'isl, selon Paul. L'incal'l1alion a élé

li faile pOllr nous réconcilier avec le Pèl'e, el aOn que le Chl'isl

Il devinl viclime pOllr les péchés de toulle monde, tanl originels

,. qu'acluels; il a élé incal'l1é de la substance de l'Esprit Saint, mais


li la nalul'e lIumaine, que, comllle Parole, il a prise, et a unie il soi,

li a élé produite pal' la Vierge ~larie : il sanclifie ceux qui r.roienl

') en lui, en envoyanl dans leur c.œlll' !"Espril Sain l, qni les dirige,
Il les console cl les vivifie, el qui les défend conll'c le diahle cl
DES nÉFOnMÉS. 13
" contl'e la l'iolence du péché. Le Cill'ist est descendu aux enfel's,
" et il a détl'uit l'enfel' pOUl' tous les croyan ts; mais comment ces
" choses ont été effectuées, il ne veut pas qu'on le scrute a'vëè
" cUl'iosité; la connaissance de ce sujet est l'ésel'vée à un autl'e
" siècle, quand non-seulement ce mystère, mais aussi beaucoup
" a'autl'es sel'ontl'évélés. Il-Ces Doctrinaux sonttil'és de Luthel',
de la Confession d'Augsboul'g, du Concile de l\icée, des Articles de
Smalkalde; 'voi7' FORMULE DE CONCORDE.
Ji Une partie des nf;Fonm:s, dont il est aussi parlé dans la For­
» mule de concorde, croient que le Chl'ist selon la natul'e IIumaine
" a reç.u, pal' exaltation seulement, des dons créés et une puis­
') sance finie, qu'ainsi il est homme comme un autl'<'. homme, re­
l) tenant les proprietes de la chail'; que pal' conséquent, quant il

J) la nature numaine, il n'est ni Tout-Présent, ni Tout-Sachant;


1) que néanmoins il gouverne alJsent comme un Hoi gouvel'l1e les
1) choses éloignées de lui: que, comme Oieu de toute étel'llilé, il

" est chez le Père, et que, comme Homme né dans le temps, il est
1) chez les Anges dans le Ciel; que la locution, dans le Chl'ist Dieu
» est Homme et l'Homme est Dieu, est une locution figl1l'ée; ou­
" tre plusieurs autl'es choses du même genl'e.
» ~Iais ce dissentiment est réglé pal' le symbole d'Athanase qui
») a été l'eçu pal' tous dans le Monde Chrétien, et dans lequ<'l il est
" dit: La vraie foi est qlle nous croyions et confessions, que notl'e
" Seigneur Jésns- Christ Fils de Dieu est Dieu et Homme, Dieu
1) d'après la sulilstance du l'ère, né avant le monùe, et Homme

" d'après la sulJstance de la mère, né dans le monde; Dieu parfait


» et Homme parfait: et, quoiqu'il soit Dieu et nomme, cependant
» ce sont non pas deux, mais un seul Christ; un, non par con ver­
" sion' de l'Essence Divine en un COl'pS, mais pal' assomption de
» son Humain en Dieu; un absolulllent, non pal' confusion de
» substance, mais pal' unité de ~)ersonn_e; puisque, de même que
" l'âme l'ationnelle et le corps sont un seul homme, de même Dieu
» et Homme est un seul Christ.
)l nI. SUR LA JUSTIFICATION PAil LA FOI ET SUil LES nONNES

li OEUVRES. La Foi justifiante et sauvante des Ecclésiastiques est

» celle-ci: Dieu le Père s'est détourné ùu Genre Humain il cause


» lIe ses iniquités, et ainsi d'après la justice il l'a condamné ilIa
1. 2.
Il! AIJR':G~ DE LA I\ELIGlOX

» mort éternelle, et c'est ponr cela qu'il a envoyé son Fils dans le
» monde, ponr expier el racheter, et pOlll' satisfaire et l'l'concilier ;
» et le Fils a rail cela en prenant sur Ini la condamnation de la
» loi, en se laissan t crucifier, el en l'emplissant ainsi et par ouéis­
" sance toute la justice de Dieu, au point qu'il est devenu Lui­
» Même la Justice; et Dieu le Père impute el applique cette jllstice
" comme mérile du Fils à ceux qui croient, et il leur envoie l'Es­
» prit Saint qui opère la charité, les bonnes œuvres, la pénitence,
» comme un bon arbre porte de bons fruits, et qui justifie, renou­
1) velle, régénère et sanctifie; et celte foi est l'unique moyen de sa­
» lut, et par elle seule les péchés sont remis à l'homme. [\s distin­
» guenl entre l'acte el l'état de Justification; par l'acte de justifi­
" cation ils entendent le commencement de la justification, qui se
» fait en un moment, quand l'homme par cette foi seule saisit avec
» confiance le mérite du Christ; pal' l'état de justification ils enten­
" dent le progrès de celte foi, lequel se fail pat' l'opération inte­
» rieurede l'Esprit Sain t, opération qui ne se manifeste que parcer­
» tains signes, au sujel desquels ils enseignent diverses choses; ils
» parlent aussi de bonnes œuvres manifestes, qui sont l'ailes pal'
» l'homme et par sa volonté, et qui suivent celte foi; mais ils ex­
» cluent de la justification ces bonnes œuvres, parce qu'en elles il
li yale propre et ainsi le mérite de l'homme: c'est là, en somme,

» la foi d'aujol1l'd'hui; mais les confirmations de celte foi, et les tra­


» ditions qui y ont l'apport, sont nombreuses et multipliées; quel­
» ques-unes vont aussi être rapportées, ce sont celles-ci: Les
» hommes ne peuvent pas être j1:lstifiés devant Dieu pal' leurs
1) propres forces, leurs propres mérites, leurs propl'es CCUVl'es,

') mais ils le sont gratuitement, à cause du Christ, par ln foi, selen
» laquelle ils croient qu'ils sont reçus en grâce, et que les péchés
» sont remis il cause du Christ qui pal' sa mort a satisfait pOUl'
» nOIlS, et que Dieu le Père impute celn aux croyants pOUF justice
" devant lui: celle foi est non-seulement une connaissnnce hislo­
» riliJ.l!le que le Christ a souffert et est morl pour nous, mais c'est
Il aussi un nssentiment de cœur, une confiance et une assurance

» que gratuitement il cause du Christ les péchés sont remis el


" qu'on est justifié; et nlors trois choses concourent, la Promesse
" gratuite, le Morite du Christ comme prix, et la Propitiation: la
LIES lIt:rOIlMt:S. 15
)) foi est la justice, par laquelle devant Dieu nous sommes réputés
)) justes à cause de la promesse; et être justir.é, c'est être absous
1) de ses péchés, et même on peut en quelque sorte dire que c'est
li être vivifié et régénéré: la foi nous est réputée à justice, non

') pas qu'elle sail une si bonne œuvre, mais parce qu'elle saisit le
)) mérite du Christ: le mérite du Christ est son Obéissance, sa
)) Passion, sa l\'tort et sa HésulTection : il est nécessaire qu'il yait
)) quelque chose par quoi Dieu puisse être approché; et ce quelque
)) chose n'est autt'e (lue la foi par laquelle se fait la réception. Dans
') l'acte de justification, la foi entre par la parole et par l'ouïe, et
)) ce n'est point l'acte de l'homme, mais c'est l'opération de l'Es­
)) prit Saint, et alors l'homme ne Coopèl'e pas plus qu'une statue
)) de sel, une souche ou une pielTe, ne faisant rien de lui-même,
)) ne sachant rien de cela; mais après l'acte il coopère, sans ce­
)) pendant aucune volonté propre dans les choses spirituelles; il
)) en est autrement dans les choses naturelles, civiles et morales;
)) toutefois, on peut alors s'avancer clans les choses spirituelles
)) jusqu'au point cie vouloir le bien, et d'y trouver des délices,
1) mais cela vient non de la volonté propre, mais de l'Esprit Saint,

Il et ainsi l'on coopère non par ses propres forces, mais par de

li nouvelles forces et de nouveaux dons, qlle l'Esprit Saint a com­

1) mencés dans la conversion; et dans la vérilable conversion le

" changement, la rénovation et le mouvement se font clans l'en­


)) tendement et dans le cœur de l'homme: la charité, les bonnes
)) œunes et la pénitence n'entrent point dans l'acte de justinca­
1) tion, mais elles sont nécessaires daus l'état de jnstification, snr­
)) tout à cause du commanùement de Dien, ct par elles on mérite
)) les récompenses corporelles de celle vie, mais non la rémission
li des péchés ni la gloire de la vie éternelle, parce que la foi seule

)) sans les œuvres de la loi justifie et sau\'e : la foi par l'acte jus­
li tifie l'homme, mais la foi par l'état le renouvelle: dans la ré­

li novation, à cause du commandement de Dieu, on doil néces­

1) sairement faire les œuvres honnêtes que prescrit le Décalogue,

li parce que Dieu veut que les cupidilés chamelles soient répri­

Il mées par la discipline civile; c'est pourquoi il a donné une

Il doctrine, ùes lois, des magistrats et des punitions: de lit résulte

» donc qu'il est faux que par les œuvres HallS méritions la rélllis­
16 AnIlÉG~ DE LA RELlGIO;-'

» sion des péchés et le salut, et que les œuvres fassent quelque


» chose pour conserv(>r la foi; et qu'il est faux aussi, que l'IlOmme
» soit répnté juste à cause de la justice de sa raison, et que la rai­
» son puisse par ses propres forces aimer Dieu pal' dessus toutes
» choses, et pratiquer la loi de Dieu: en un mot, la foi et le salut
1) sont conservés et retenus dans les hommes, non par les bonnes

» œuvres, mais seulement par l'Esprit de Dieu et pal' la Foi; mais


Il néanmoins les bonnes œuvres sont des témoignages que l'Es­

» prit Saint est présent, et habite en eux: est condamnée, comme


Il pernicieuse, celte manière de s'exprimer, que les bonnes œu­

1) l'l'es sont nnisibles au salut, parce qu'on doit entendre les œu­

Il l'l'es intérieures de l'Esprit Saint qui sont bonnes, et non les

» œuvres extérieures procédant de la propre volonté de l'homme,


» qui ne sont pas bonnes, mais sont mauvaises, parce qu'elles
1) sont méritoires. En outre, ils prétentent qne le Christ, au Juge­

» ment dernier, portera sentence sur les œuvres bonnes et SUI'


» les œuvres mauvaises comme eITets propres et non propres
" de la foi de l'homme. Cette foi aujourd'hui règne dans tout le
» l)lOnde Chrétien réformé chez le Clergé, mais non chez les La[­
» ques, si ce n'est chez un très-petit nombre; cal' par la foi les
» Laïques n'entendent autre chose que croire en Dieu le Père, le
l) Fils et l'Esprit Saint, et que celui qui vit bien et croit bien est

1) sallvé; et, au sujet dll Seigneur, qu'il est le Sauveur; en eITet, ils

» ignorent les mystères de justification de leurs prédicateul's, mys­


1) tères qui, quoique prêchés, entrent néanmoins chez les auditeurs
» laïques par une oreille et sortent par l'autre; bien plus, les doc­
\. » teurs eux-mêmes se regardent comme des érudits d'après la con­
) » naissance de ces mystères, et dans les Ecoles et les Universités,
l ils travaillent beaucoup pour les saisir; c'est pour cela qu'il a élé
1)

» dit ci-dessus qlle cette foi est la foi du Clergé. Mais néanmoins
1) les Docleurs enseignent de divers-cs maniè;:-es cette même foi
» dans les Hoyaumes où sont les Réformés; en ALLE~lAGNE, en
» SU~;DE et en DA;-'E3lAncK, ils disent que l'Esprit Saint opère pal'
l) cette foi, et qu'il justifie et sanctifie les ho III mes, et ensuite suc­
») cessivement les renoll\'elle et les régénère, mais sans les œuvres

» de la loi; qlle ceux qui sont dans cette foi cl'après l'assurance et
» la contiance sont dans la gn~ce auprès <le Dieu Je Père; cl (ju'alors
IH:S nÉFOnM~S, 17
l) Ics maux qu'ils font apparaisscnt, il cst l'l'ai, mais sont sans
Il cessc rcmis. En A"'GLETERRE, ils discnt que cellc foi opère la

» charité il l'insu de l'homme, cl que cela aussi eslle bien dc la


Il charité, quand l'homme senl intérieurcment l'Esprit Saint opé­

» l'Cl' chcz lui; et que, s'il ne le sent pas, el que néanmoins il


» fasse le bien pOUl' le salut, cela pcut êtrc appelé le bien, mais
» cependanllienl de l'homme d'êtrc en lui un mérite: puis aussi,
» que celle foi peut opérer ccla à la dernière heUl'e de la morl;
» toulefois, j'on ne sait pas commenl. En HOLL,INDE, ils disent
» que Dieu le Père, à cause du Fils, justifie et purifie l'homme
» intérieurcmcnt pal' l'Esprit Saint au moyen dc celle foi, mais
» néanmoins scIon la propre volon lé de l'homme, de laquellc il se
)l délourne sans y toucher; quelques-uns discnt qu'il la touch.e

\ » légèrem~nt, et qu'ainsi les maux de la volonté de l'homme


» n'apparaissent point devant Dicu : mais peu de Laïques ont

. Il connaissance de ces mystères du Clergé, eUes Ecclésiastiqucs

, » ~l..~ veulent pas les publier tels qu'ils sont, parce qu'ils savent
» q~'o_n n~ I~_~. goû.t.e.pginl.
Il IV. SUR LA LOI ET L'I~VANGILE. La Loi a été donnée par Dieu,

» pour qu'on sache ce que c'est que le péllhé, et ainsi pour qu'il
» soit chassé pal' la menace et par la crainte, et ensuite par la
» promesse el pal' l'annonce de la gràce; c'est pourquoi l'officc
» principal de la loi, c'cst que Je péché origincl et Lous ses fruits
Il soient révélés, cl qu'on sache de quellc manière hOl'l'ible la na­

)) ture de l'homme est tombée et a été enlièl'ement dépravée; pal'


Il ce moycn la loi eITraie, humilie, tel'l'asse l'homme, au point

Il qu'il désespère de lui-même, et désire avec anxiété du secours;

Il cct cITet de la Loi est appclé Contrition, cclle-ci n'est pas activc

» ou factice, mais elle est passil'e, elle tourment de fa conscicnce:


» mais l'tvangile est toulc la Doctrinc sur le Christ cl SUI' la foi,
» et ainsi SUI' la l'émission des péchés, pal' conséquenl une lrès­
l> joyeuse nouvclle qui n'accu sc ni n'epouvantc, mais qui con­

l> sole: par la Loi la colèrc de Dieu est révéléc SUI' toutc impiété,

Il et l'homme est condamné; elle fait donc que l'bommc portc ses

Il rcgal'd's vers le Chrisl, el vers l'~vangilc; la prédication doil

» porter SUI' la Loi et suL' n:;vallgile, parce qu'ils ont été conjoints:
» l'Évangile enseignc quc lc Christ a pris SUl' lui toulc la malédic­
,)*
1. - ,
:18 AnlU\C É ilE: LA REI.lC ION

" tion de la Loi, et a expié tous les péchés, cl que nons en oble­
" nons la rémission par la foi. L'Esprit Saint est donné et reçu et
1) le cœur de l'homme est renouvelé, non par la prédication de la

1) Loi, mais par celle de l'I~vangile; et l'Esprit ensuite se sert du

» ministère de la Loi pour enseigner et pour montrel' dans le De­


I) calogue quelle est la bonne et agréable volonté de Dieu; ainsi
1) l'Esprit mortifie et vivifie. li faut faire une dilférence entre les

1) œuvres de la Loi ct les œuvres de l'Esprit; c'est pourquoi les

" fidèles ne sont point sous la Loi, mais ils sont sous la grâce, à
» savoir, par celle même raison. La justice de la Loi ne justifie
1) pas, c'est-à-dire, ne réconcilie pas, ne régénère pas, et ne fait

» pas par elle-même qne les hommes sont acceptés par Dieu, mais
1) l'Esprit Saint étant donné, l'accomplissement de la Loi s'ensuit:

» les œuvres de la seconde table du Décalogue ne justifient pas,


1) parce que d'après cette seconde table nous agissons avec les

» hommes, et non proprement avec Dieu, et cependant dans la


1) justification il l'au t agir avec Dieu. Le Christ, parce que sans pé­

» ché il a subi la peine du péché, et qu'il a été fait victime pOUl'


1) nous, a enlevé ce droit de la Loi, afin qu'elle ne damne point

1) les croyants, parce que Lui-~Iême est une propitiation pour


» eux, en raison de laquelle ils sont réputés justes.
» V. SUR LA PÉNITENCE ET LA CONl"ESSION. La Pénitence con­
1) siste en deux parties, dont l'une est la conlrition ou la terreur

1) imprimée à la consr.ience il cause des pechés, et l'autre est la foi

)) qui est conçue d'après l'Évangile, et qui par la rémission des


1) péchés ·console la conscience et délivre des terreurs. Celui qui

» confesse que tout entier il n'est que péché, comprend tous les
1) péchés, n'en exclut aucun, et n'en oublie aucun; ainsi les pé­

» ehés sont purgés, l'homme est purifié, rectifié, sanctifié, parce


') que l'Esprit Sainl ne permet pas que le péché domillc, mais il
1) le réprime et le restreint. L'énumération des péchés doit être

)) libre, l'homme veut ou ne veut pas, et l'on doit faire grand cas
)) de la confession et de J'absolution privées; c'est pourquoi, si
» quelqu'un le veut, il peut confesser ses péchés et recevoir l'ab­
Il solutioll du confesseUl', et alors les péchés sont remis; Jes pa­

l) t'OIes que le ministre doit alors répondre, sont: Que Dieu te soit

1) propiceetqu'il confirme ta foij(ju'il te soiLfllit selon que tu crois;


m:s l\1~f0:1Mt:S. :1\)
1) et moi, d'après l'ordre du Seigneur, je te remets les péchés.
Il ~Iais d'autres disent: Je t'annonce la rémission des péchés.

Il Toujours est-il cependant que les pécItés ne sont pas plus remis

Il pal' la pénitence que pal' les œuvres, mais qu'ils le sont par la

1) foi. C'est pourquoi la pénitence des Ecclésiastiques est seule­


Il ment une confession devant Dieu qu'ils sont pécheurs, et une

Il prière afin qu'ils persévèrent dans la foi. Les expiations et les

1) satisfactions ne sont point nécessaires, parce que le Christ est


» l'Expiation et la Satisfaction.
1) VI. SUR LE PÉCHÉ ORIGINEL, voici ce qu'ils enseignent: Après

Il la chute d'Adam tous les hommes propagés selon la nature

Il naissent avec le péché, c'est-à-dire, sans crainte de Dieu et avec

1) les concupiscences; et c'est là ce qui damne, et cause mainte­

Il nant encore la mort éternelle à ceux qui ne renaissent pas par

» le baptême et pal' l'Esprit Saint: c'est la privation de la justice


1) originelle, et avec celle privation une disposition désordonnée

Il des parties de l'âme, et une constitution corrompue. 11 ya une

Il dilTérence entre la nature elle-même dans laquelle l'homme a

Il été créé, - laquelle même après la chute est et demeure créa­


Il tm'e de ,Dieu, - et le péché originel; ainsi il ya une dilTérence
Il entre la nature corrompue et la corrnption qui a été enfoncée

Il dans la nature, et par laquelle la nature est corrompue; per­

Il sonne autre que Dieu seul ne peut séparer de la nature même

Il la corruption de la nature; c'est ce qui s'opérera complétement

Il dans la résurrection bienheureuse, parce qu'alors la nature

» même, que l'homme porte autour de lui dans le monde, ressus­


Il citera sans le péché originel, et jouira de la félicité éternelle; la

Il dilTérence est comme entre l'œuvre de Dieu et l'œuvre du dia­

» ble; cc péché ne s'est pas emparé de la nature, comme si Satan


Il avait créé substantiellement quelque mal, ct l'avait mêle avec

Il la nature; mais la justice concreée et originelle a été perdue:

Il le péché originel est un accident; et l'homme par sa raison est

Il devant Dieu spirituellement comme mort. Ce mal est couvert et

Il pardonné pal' le Christ seul: la semence elle-même, uont

» l'homme est formé, a élé entachée de cc péché: c'est de là


Il aussi que l'homme reçoit de ses parents des inclinations dépra­

Il vées ct une impuretc interne du cœur.


20 AnR~GÉ DE LA REUGION

Il VU. SUR LB 13APTI~ME. Le Dnptême n'est pas simplement de

Il l'eau, mais c'est de l'cau prise pnr commandement Divin, ct


Il scellée nvec la Parole de Dieu, et pal' conséquent sanctifiée: la

» vertu, l'œuvre, le fmit et la fin du baptême sont que les hommes


Il soient sauvés, et adoptés pal' la cOlumunion chrétienne; pal' le

Il IJaptême la vicloire SUI' la mort et SUI' le diahle, la l'émission des

» péchés, la gràce de Dieu, le Christ nvec toutes ses œuvres, l'Es­


» prit Saint avec Lous ses dons, el ln béatituLle éternelle sont of­
» ferts il tous et il chacun de ceux qui croient: si pal' le baptême
» la foi est donnée aux enfants, c'est une question trop profonile
" pour qu'elle puisse être soigneusement examinée. L'imlllersion
» dans l'eau signifie la morlification du vieil homme, et la résur­
» rection du nouveau, c'est pourquoi celle immersion peut être
Il nppelée le bain de la régénération, el le vrai Bain dans la Pa­

» l'ole, puis aussi dans la mort et dans la sépullure du Chrisl : la


» vie du Chrétien est un lJaplême journalier une fois commencé
» de celle manière: l'eau n'opère point cela, mais c'est la Pnrole
» Lle Dieu qui est dans l'eau el avec l'eau, et la foi de la Parole de
» Dieu ajoutée à l'eau; il suit Lle là que l'action du baptême au
» Nom de Dieu est faite, il est l'l'ai, pnr des hommes; toutefois ce
» n'est point pal' eux, mais c'est pal' Dieu Lui-:\lême : le llaptême
» n'enlève pas le pécllé originel, la concupiscence dépravée élant
» éteinte, mais il enlève l'inculpation.
» r.lais d'aulres d'entre les H.éfol'lnés croient que le Baptême
» est un Bain externe d'enu, par lequel est signifiée l'ablution in­
» terne des péchés: qu'il ne confère ni la régénération, ni la foi,
>l ni ln gràcc de Dieu, ni le salut, U1nis seulement les signifie et

>l les scelle; cl qne ces choses sont conférées, non pas dans ni avec

» le llaptême, mais plus tnrd quand on avance en àge; qn'il n'y a


n que les élus qui acquièrent la gràce du Christ el le don de la
" foi: et que, comme le salut ne dépend point du baptême, c'est
» pour cela qU'à défaut d'un ministre ordinaire, le baplême peut
» être ndministré pal' une autre personne.
» Vlff. SUR LA SAINTE C.t:NE. Les Héformés, qui sont appelés
>l Luthériens, cnseignent que dnns la Sainte Cène, ou Sncrement

» de l'Antel, le Corps el le Snng du Chrisl sont véritablement et


Il substantiellcment préscnts, et qll'il~ sont véritablcment distri­
DES nl:FORàlÉS. 21
Il IJllés et reçus avec le pain et le vin; et qu'en conséquence le
1) vrai Corps et le vrai sang du Christ sont dans, avec, et sous le
Il Pain et le Vin, et sont donnés à manger et il boire aux Chré­
Il tiens; que par r.onséquent ils ne sont pas simplement du pain
1) et du vin, mais sont renfermés et attachés par la Parole de Dieu,
Il et que cela fait qu'ils sont le corps et le sang du Christ; car le
1) Sacrement se fait quand la Parole approche vers l'élément: que
1) cependant ce n'est point une transsuhtantiation, telle qu'est eelle
1) des Catholiques-Romains: que c'est un aliment de l'âme, nour­
1) l'issant et fortifiant le nouvel homme: que cela a été institué,
» afin que la foi répare el reprenne ses forces, qu'il y ait la rémis­
1) sion des péchés, el la nouvelle vie que le Christ nous a méritée:
1) qu'ainsi le corps elle sang du Christ sont pris non-seulement
1) spirituellemenl par la foi, mais aussi par la bouche, d'uue ma­
I) nière sUI'nalurelle, en raison de l'uuion Sacral11enlale avee le
Il Paiu et le Vin: que la dignité de r.elle Cène consisle dans la
1) seule obéissance, et dans le mérile du Christ, qui est appliqué
» par la vraie foi: que, en un mot, les Sacrements de la Sain le
Il Cène et du Baptême, sont les témoignages de la volonté et de
Il la grâce de Dieu envers les hommes; et que le Sacrement de la
)) Cène esl la promesse de la rémission des péchés au moyen de
)) la foi; qu'il porte les cœurs li croire; el que l'Esprit Sainl opère
)) par la Parole el par les Sacremenls : que la consécration du
» ministre ne produil pas ces effels, mais que cela doit être al­
1) tribué à la seule vertu toute-puissante du Seigneur: que non­
» seulement ceux qui sont dignes, mais aussi ceux qui sont indi­
» gnes reçoivent le vérilable Corps el le véritable Sang du Chrisl,
» tel qu'il a été suspendu à la croix, mais ceux qui sont dignes le
Il reçoivent pour le salul, et ceux qui sonl indignes, pour la con­
l> damnation; que ceux-là sonl dignes qui ont la foi; que personne
)) ne doit être conlraint il cette Cène, mais que chacun, quand il
)) est pressé par une faim spirituelle, doit s'en approcher.
Il Toutefois, d'autres Héformés enseignent que dans la Sainle

Il Cène le Corps et le Sang du Chrisl sonl seulemenl pris spirituel­


Il lement, el que le Pain et le Vin n'y sont que des signes, des
Il lypes, des symboles, des marques, des figures el des simili­
Il lulles; que le Chrisl est présent, non de corps, mais seulement
2:1 AnRI;CÉ DE LA RELIGION
Il par la vel'lu el l'opél'alion provenanl de sa Divine Essence; mais
Il quc dans le Ciel il y a conjonclion selon la communicalion des
Il propl'iélés : que la dignilé de celte Cène dépend non-seulement
Il de la foi, mais aussi de la préparalion : que seulemenl cellX qui
1) sont dignes reçoivent sa vertu, mais que ceux qui sonl indi­

1) gnes ne reçoivenl que le pain et le l'in. Quoiqu'il y ait ces dis­

l) senliments, Lous les ll.éformés cependanl s'accordenl en cela,


Il que ceux qui veulenl approcher dignemenl de celle Sainle Cène
Il doivent absolumenl faire Pénitence; les Lulhériens, en disant
.) qlle si ['on n'a pas fait pénitence de ses mauvaises œuvres, et
l) qu'on s'en approche, on esl damné pour l'éternité; el les An­

Il glais, en disanl qu'aulrement le diable entrera en eux cOlllmc


1) il esl enlré dans Judas: Il-cela esl évidenl d'après les Pl'ières

(lui sonl\ues avant la Communion.


Il IX. SUR LE LIJJRE ARBl'fUE. Ils fonl des dislinctions enlre
Il l'élal avanlla chule, après la chute, après la foi reçue el la ré­
Il novation, el après la résurrcclion. L'homme après la chule ne
Il peut, dans les choses spiriluelles el Divines, d'après ses propres
l) forccs, absolurnenlrien commcncer, ni penser, ni comprendre,

l) ni croire, ni vouloir, ni opérer et coopérer, ni s'appliquer ou

Il s'accommoder 11 la grâce, mais l'arbitre nalurel cst selJllement


Il pour les choses qui sonl contre Dieu el qui déplaisent 11 Dieu;
l) ainsi l'hommc dans les choses spirituelles esl comme une sou­

Il che, néanmoins il a unc capacité, non aclive mais passive, d'a­


l) près laquelle il peul ê,lre lourné vers le bien par la grâce de

1) Dieu; cependant après la chute il a élé laissé 11 l'homme le libre

l) arbitre de pouvoir el de ne pas pouvoir entendl'e la parole de

Il Dieu, et ainsi dans le cœur esl allumée une élincelJle de la foi,


l) qui embrasse lia rémission des péchés à cause du Chl'ist, et qui

l) console. Néanmoins la volonté humaine a la liberté pour efTec­

Il tuer la justice civile, el pOUl' choisir les choses soumises à la


Il raison.
Il X. SUR L'ÉGLISE. L'Église eslla congrégalion et la commu­
Il nion dcs sainls ; elle est l'épandue pal' tout l'Univers chez ceux
Il qui ont le même Chrisl, le même Espril Sainl, el les mêmcs Sa­
l) crcmenls, soit qu'ils aient des Iraditions semblables ou difTé­

» l'en les ; cl clle e:;1 [ll'jncipalemenl la Sociélé de la fui: cellc


IJLS Ia;~'OR,'IÉS. 23
» l~glise seule est le Corps du Christ; les bons sont de fait et de
» nom l'J.:glise, mais les méchants le sont de nom senlement : les
» méchants et les hypocrites, parce qu'ils y sont mêlés, sont melO­
li ures de l'I:;glise selon ses signes exlernes, pourvu qu'ils ne
») soient point excommuniés, mais ils ne sont point membres du
li Corps du Christ. l,es Rites Ecclésiastiques, qni sont appelés Cé­

» n\monies, sont indifTérents (adiap/wri), ct ne sont point le


») culte de Dieu, ni partie du culte de Dieu; c'est pourquoi, il est
Il dans la liberté de l'Église d'instituer, de changer ct d'auroger

li telles ou telles cérémonies, pal' exemple, les distinctions de vè­

li tements, de temps, de JOUI'S, d'aliments, et autres pratiques; et

Il c'est pourquoi nulle Église ne doit en condamner une autre

') pour des choses de celte nature. Il


Ce sont là, en abrégé, les Doctrinaux de l'Église et de la Reli­
gion des Héformés; mais ceux qu'enseignentlesSchwenckfeldiens,
les Pélagiens, les Manichéens, les Donatistes, les Anabaptistes,
les Arminiens, les Zwingliens, les Antétrinitaires, les Sociniens,
les Ariens, et aujourd'hui les Quakers et les llernutes, sont passés
sous silence, parce que ceux-Iii ont été l'éprouvés et rejetés comme
IJérétiques pal' l'Église des Héformés.
L'APOCALYPSE

CHAPITRE PIŒMIEH

1. Révélalion de JÉSUS-CHRIST, que lui a donnée DIEu,


pour déclarer à ses servileurs les choses qui doivenl êlre
faites bientOl, et (qu' )il a signifiées en (t' )envoyant pal' son
Ange à son servileur Jean;
2. Lequel a alleslé la Par'ole de DIEU et le Témoignage
de .JÉSUS-CHRIST, loules les choses qu'il a vues.
3. Hel1l'eux celui qui lit, et ceux qui écoutent les pa l'oies
de la Prophélie, et qui gardent les choses qui y sont écrites;
car le temps (est) proche.
!J. Jean aux sept Églises qui (sont) dans l'Asie: Grâce
à vous el paix pm' Celui Qui Est, et Qui Était, et Qui Vient;
et pal' les sept Esprits qui sont en regard de son TrOne;
5. Et pal' JÉSUS-CHRIST, Lui le Témoin fidèle, Lui le
Premier-né d'entre les morts, et Lui le Prince des ,'ois dt)
la terre, qui nous aime et nous lave de nos péchés dans son
sang.
6. Et il nous a faits rois et pl'êtres à son DIEU ET PtRE;
à Lui la gloire et la force aux siècles des siècles, Amen!
7. Voici, il vient avec les nuées, et Le vel'l'a tout œil,
.,
1. ,.J.
26 L'APOCALYPSE I\ÉI'~Llh;.

ceux aussi qui L'ont percé; et se lamenteront SUI' Lui toutes


les Tribus dc la terre; oui; Amen!
8. Moi, je suis ('Alpha et l'Oméga, Commencement et
Fin, dit le SEIGNEUII, Qui Est, et Qui .Était, ct Qui Vient,
Qui (est) Tout-Puissant.
P. Moi, Jean, qui (suis) ct votre ff'èl'c et (votre) com­
pagnon dans l'aOliction, et dans le royaume, et la patiente
attentc de JÉSUS-CHRIST, j'étais dans l'Ile nommée Patmos,
pour la Parole de DIEU ct pOUl' le Témoignage de JJ;SUS­
CHRIST.
10. Je devins cn esprit au jour du Dimanche, et j'enten­
dis del'l'ière moi une voix grande comme d'une tl'ompeUc,
H. Qui disait: Moi, je suis l'Alpha et l'Oméga, le Pre­
mier et le Dernier; ce que tu vois, écris-le dans un livre, et
envoie-le aux Églises, à celles (qui sont) dans l'Asie; il
Éphèse, et à Smyrne, et il Pergame, et à Thyatire, et à
'Sardes, et à Philadelphie, et à Laodicée.
12. Et je me retournai pOUl' \'oir la voix qui parlait avcc,
moi; et, m'étant retourné, je vis sept Chandeliers d'or.
13. Et dans le milieu des sept Chandeliers, un sem­
blable au FILS DE L'HOMME, revêtu d'une l'obe longue, et
ceint vers les mamelles d'une ceinture d'or.
1ft. Et sa Tête, et ses Cheveux, blancs comme de la
laine blanche, comme de la neige; et ses Yeux, comme unc
flamme de feu.
15. Et ses Pieds, semblables à de l'airain fin, comme
emhrasés dans une fournaise; et sa Voix, comme une voix
de beaucoup d'eaux.
16. Et ayant dans sa main droite sept Étoiles; et de sa
fI I~ '" Bouche un~jj~~i~ë_à_ deux tl'~l~~hants qui sortait; et sa
Face, de même que le Soleil luit dans sa puissance.
r.llAPITRF. PRnlIER. '27

'17. Et quand je Le vis, je lombai à ses pieds comme


mort; el il imposa sa main droite 'sur moi, cn me disant:
Ne crains poinl; Moi, je suis le Premiel' elle Dernier.
18. El Qui (suis) Vivanl, el j'ai élé morl; el voici, Vi­
vanl je suis aux siècles des siècles; Amen! El rai les clefs
de l'enfel' el de la mort.
19. Écris les choses que lu as vues, el celles qui sont,
el celles qui doivenl arrivel' ci-après.
20. Le mys'lète des sepl ]~toiles que tu as vues dans ma
(main) dl'Oite; elles sepl Chandeliers d'or: les sept Étoiles
sonl les Auges des sept Églises, el les sept Chandeliers que
tu as VLlS sonlles sepl Églises.

SENS SPIRITUEL

CONTENU DE TOUT LE CHAPITRE, Celle Révélalion vient


du Seigneur Seul, el elle est l'eçue par ceux qui doivent èlre
dans sa Nouvelle Église, laquelle est la Noul'elk .Jérusalem,
et qui reconnaissent le Seigneur pOUl' le Dieu du Ciel el de
la 'l'cne. Le Seigneur aussi esl décril quant à la Parole.
CONTEiH! DE CHAQUE YERSET, V. 1. 17évelation de Jésus-Christ,
signifie prédictions par le Seigneur sur Lui-il'Iême el sur son l~glise,
lelle qu'elle sera à sa fin, el lelle qu'elle doit être dans la suite:
que Lui a donnée Dieu, pow' déclarer iL ses se/'viteurs, signifie
pour ceux qui sont dans la foi d'apres la charité: les choses qui
doivent êlre l'ailes bientôt, signifie les choses qui doivent arriver
certainement, afin que l'f~glise ne pér'isse point: et (qll')il a si­
gnifiées en (l')envoyanl !Jal' son Ange ci son sel'vitew' Jean, si­
gnifie qui onl été révélées par le Seigneur, au moyen duCiel, à r.eux
qui sonl dans le ùien ùe la vic d'après la charité el la foi de la
28 L'APOCALYPSE nt:VI;LÉE.

chari lé ; V. 2. Lequel a allesle la Parole de Vieu el le Témoi-


gnage de Jesus-Chrisl, signifie qui de cœur, et ainsi dans la lu-
mière, rf>çoivent le Divin Vrai d'après la Parole, et reconnaissent
que l'Humain du Seigneur est Divin; iOules les cltoses qu'il a
vues, signifie leur illustration dans toutes les choses qui sont dans
ce lle révéla Lion : V. 3. IIeureux celui qui lil, el ceux qui écou-
lenl les pm'oles de la PropltCiie, el qui gm'denl les cltoses qui y
sonl éC1'Ïles, signifie avec les Anges du Ciel communion de ceux
qui vivent selon la doctrine de la Nouvelle Jérusalem: car le lemps
(est) pl'oche, signifie que l'état de l'Église est tel, qu'elle ne peut
pas persister plus longtemps, de manière il avoir conjonction avec
le Seigneur: V, 6, Jean au.'V sepl Eglises, signifie il tous ceux qui
sont dans le Monde Chrétien, où est la Parole et où par elle le
Seigneur est connu, et qui s'approchent de l't:glise : qui (sont)
dans l'Asie, signifie il ceux qui, d'après la Parole, sont dans la
lumière de la vérité: g1'âce Ct vous el paix, signifie la salutation
Divine: pm' Co/ui Qui ESI, el Qui Elail, el Qui Vienl, signifie
par le Seigneur qui e~t Üernel et Infini, et qui est Jéhovah: el
7)a1' les sept Espl'ils q1li sonl en regm'd de son Trône, signifie par
le Ciel entier, oü Je Seigneur est dans son Divin Vrai: V. 5. El '(lal'
Jesus-Ch1'isl, signifie le Divin Humain; Lui le Témoin {Idèle,
signifie qui est le Divin Vrai ;\1ême : Lui le Premier-ne d'enu'e
les morls, signifie et qui est\e Divin Bien Même: et Lui P,'incc
des rois de la lerre, signifie de qui procède tout vrai d'après le
bien da ns l'J~glise : qui nous aime el 110US lave de nos pecltes
clans son sang, signifie qui d'après l'Amour et la Miséricorde ré-
forme et régénère les hommes par ses Oil'ins Vrais d'après la Pa-
l'ole: V. 6. El il nous a {ails rois el pl'etres, signifie qui fait que
ceux qui sont nés de Lui, c'est-il-dire, qui ont été régénérés, sont
dans la sagesse d'après les Divins Vrais, et dans l'amour d'après
les Divins Biens: à son Dieu el Père, signifie par conséquent les
images de sa Diviue Sagesse et de son Divin Amour: il Lui la
gloire el la {oree aux sù?cles des siècles, signifie il qui seul est
ta Divine ~Iajesté et la Divine Toute-Puissance il étel'nilé : Amen,
signifie r,Ollfirmation Divine d'après la Vérilé, ainsi d'après Lui-
Même: V. 7. Voici, il vienl avec les nlleeS, signifie que le Sei-
gneur sc révélera dans le sens tic la lettre de la Parole, et en Oll-
Cll,\PITnE rRDJJEIl. 29
l'rira le sens spirituel à la fin de l'(.:glisc : ct Le ven'a tout ((fil,
signifie que tous ceux qui sont d'apri~s l'aITection dans l'entende­
ment du Divin Vrai Le reconnaîtront: ceux aussi qui L'ont 1Jel'cé,
signifie que ceux qui dans l'I~glise sont dans les faux Le verront
aussi: et .le lamenteront sur Lui toutes les Tribus de la terre,
signifie que cela arrivera quand il n'y aura plus aucun bien ni au­
Clln vrai dans l'f.:glise : oui; Amen, signifie la confirmation Divine
que cela doit arriver ainsi: V. 8. llloi, je suis l'Al1Jha ct l'Omega,
Commencement ct Fin, signifie qui est le Soi-l\lême ct l'Unique,
depuis les premiers jusqu'aux derniers, de Qui procèdent toutes
ehoses; par conséquent, Qui est l'Amour l\Jême ct Unique, la Sa­
gesse l\lême et Unique, et la Vie Même et Unique en Soi; ainsi,
Qui esl le Créateur, le Sauveur et l'Illustra leur i\!ême et Unique
par Soi, et par suite le tout dans toutes les choses du Ciel et de
l'J~glise : dit le Seigneur, Qui Est, ct Qui I~tait, ct Qui Vient,
'signifie qui est Éternel ct Infini, et qui est Jéhovah: Qui (est)
Tout-Puissant, siguifile qui est, vit et peut d'après Lui-i\lême, et
qui gouverne toutes choses d'après les premiers par les derniers:
V. 9. Moi, Jean, qui (suis) ct votre (1'(lre ct (votre) compagnon,
signifie ceux qui sont dans le bien de la charité et par suite dans
les vrais de la foi: dans l'affliction, ct dans le royaume, ct la
paticnte attente de Jésus-Chl'ist, signifie les choses qui, dans
l'I~glise, sont infesté(ls pal' les maux cl par les faux, mais que les
lllaux et les faux seront éloignes pal' le Seigneur, quand il vien­
dra : j'étais dans l'ile nommée Patmos, signifie l'étal et le licu.
dans lesquels i'l a pu être illustré: pOU1' la Parole de Dieu elpow'
le l'dnwignage de Jdsus~Christ, signine ann que de cœur el ainsi
dans la lumière le Divin Vrai d'aprils la Parole soit reçu, et que
1'1Iumain du SeigneUl' soit reconnu être Divin: V. 10. Je devins
en eS7Jrit au jour du Dimanche, signine l'élal spirituel alors d'a­
près le Divin influx: et j'entendis derrière moi une voix grU1Hle
comme d'une trompette, signifie une perception manifesle du
Divin Vrai révélé du Ciel: V. 11. Qui disait: Moi, je suis l'A 1­
pha ct l'Oméga, le Premier ct le Dernier, signifie Qui est le
Soi-Même el l'Unique, depuis les premiers jusqu'aux derniers, de
Qui procèdent toutes choses, elc., comme ci-dessus: cc que lU
vois, écris-le dalls UII livrl', signifie afin que ces choses soicnt
1. 3*.
:lO L'APOCALYPSE nt':rÉLÉE.
révélées il la postérité: et envoie-le aU.7J Églises, il celles (qui sont)
dans l'rI sie, signiOe pour ceux, dans le Monde Chrétien, qui sont
d'après la Parole dans la lumière de la Vérité: il èphese, et il
Smyrne, et il Pergame, et il Thyatire, et il Sardes, et il l'hila­
dellJhie, et il Laodicée, signiOe spécialement selon l'état de ré­
ception de chacun: V. 12. Et je me retournai pour voÏ1' la voix
qui parlait avec moi, signifie le renversement d'état de ceux qui
! sont dans le bien de la vie, quant à la perception du l'l'ai dans la
1 Parole, lorsqu'ils se tournent vers le Seigneur: et, m'étant re­
tourné, je vis sept Chandeliers d'or, slgniOe la Nouvelle ~:glise
qui sera dans l'illustration par le Seigneur d'après la Parole:
v. 13. Et dans le milieu des sept Chandeliers, un semblable
au Fils de l' flomme, signifie le Seigneur quant il la Parole, de
()ui procède celle tglise : revêtu d'une robe longue, signifie le
Divin, proeédant, qui est le Divin Vrai: et ceint vers les mamelles
d'une ceinture d'or, signifie le Divin procédant et en même (enirs
conjoignant, qui est le Divin Bien: V. 14. Et sa Tête, et ses Che­
veux, blancs comme de la laine blanche, comme de la neige,
signiOe le Divin Arnoul' de la Divine Sagesse dans les premiers et
dans les derniers: et ses Yeux, comme une flamme de (eu, signi­
fie la Divine Sagesse du Divin Arnoul' : V. 15. Et ses Pieds, sem­
blables il de l'airain (in, comme embmsés dans une fournaise,
signj(]e le Divin llien naturel: et sa Voix, comme la voix de
beaucoup d'eaux, signifie le Divin Vrai natureL V. 16. Et ayant
dans sa main droite sept Étoiles, signiOe toutes les connais­
sances du bien et du vrai dans la Parole d'après Lui: et de .la
Bouche une épee aigui! il deux trancilânts qui sortait, signiOe
la dispersion des faux pal' le Seignelll' au moyen de la Parole et
de la doctrine qui en procède: et sa Face, de même que le Soleil
luit dans sa puissance, signiOe le Divin Amour et la Divine Sa­
gesse, qui sont Lui, et qui procèdent de Lui: V.17. Et quand je Le
vis, je tombai ü ses pieds comme mort, signj(]e d'après une telle
présence du Seigneur la défaillance de la vie propre: et il im­
posa sa main dl'oite SUl' moi, signj(]e ~a vie inspirée alors pal' Lui:
en me disant: Ne crains point, signifIe le relèvement (l'esusci­
tatio), et alors l'adollation provenant d'urte extrême humiliation:
Moi, j(' suis le Premier ct le Del'nier, signiOc qu'il est l~ternel
N'l ClI.\ PITRE PRE.IllER. 3J
ct tnllai, pal' conséquent le Seul Dieu: V. 18. Et Qui (snis) Vi-
vant, signifie qui Seul esL la Vie, eL de qui Seul vient la Vie: ct
j'ai eté mort, signifie qu'il a éLé négligé dans l't::glise, cL que son
If Divin Humain n'a poinL éLé reconnu: ct voici, Vivant je suis au:v
siècles des siècles, signifie qu'il esL la Vie éternelle: Amen, signi-
fie la confil'lnalion Divine qne c'esL la vél'ilé : ct j'ai les clers de
l'enrer et de la nwr't, signifie que Senl il peuL sauver: V. 1.9. Écris
[cs choses que tu as vucs, et celles qui sont, et celles qui doivent
arriver ci-après, signifie que tauLes les choses qui sont llIainle-
nantl'évélées'sont pour la postérité; V. 20. Le mystèr'e des sept
Étoiles que tu as vues dans ma (main) droite; et les sept Chan-
ritliers d'or, signifie les arcanes clans les visions SUI' le nouveau
Ciel et SUI' la nouvelle Église: les sept fltoiles sont les sept Anges
des septltglises, signifie la nouvelle Église dans les Cieux, laquelle
est le nouveau Ciel; el les sept CharuLelier's que tu as vus sont les
sept Églises, signifie la nouvelle Église SUI' lene, laquelle esL la
Nouvelle Jérusalem descendant ùu Seigneur pal' le nouveau Ciel.

EXPLICATION

1.• Ce que c'est que le Sens Spiriluel, on l'a ignoré jusqu'à pré-
senL. Dans lia DOCTIUNE DE LA NOUVELLB JBllUSALEM son L'ÉCRI-
TOilE SAINTE, N'" 5 il 26, il a éLé monLré que ce sens esL dans
chacune des choses de la Parole, eL que sans lui la Parole dans
beaucoup ù'endl'OiLs Ile peut être comprise; ce Sens ne se 1110nll'e
pas dans le sens de la leLLl'e, cal' il y est comme l'lime est dans le
corps. JI est notoire qu'il y a un Spiriluel et un Naturel, et que le
Spiriluel influe dans le NaLurel, et se l'end visible et sensible dans
des l'o!'mes qui tombenL sous la vue et sous le Loncher, et que sans
ces formes le spirituel n'est perçu autrement que comme une af-
fecLion et nne pensée, ou comme un Amour et une Sagesse, qni
appal'liennenL au mental. Que l'affection et la pensée, on l'Amour
doullu propriété esL (l'êLre all'ecLé, el la Sagesse ùont lu propriéLé
est Ge pellser, soienL SpiriLuels, cela esi rcconnu; on saiL que ces
:.12 I:APOCALYl'SE Rt;vi:LÉE. N° L
deux facultés de \"'ùme se présentent dans le corps dans des formes
qui sont appelées organes des sens et organes du mouvement; puis
aussi, qu'elles font un, et tellement un, que tundis que le mental
pense, la bouche énonce il l'instant ce qui est pensé, ct que tandis
que le mental veut, le corps exécule il l'instant ce qui est voulu;
de là il est évident qu'il y a une parfaite union des spirituels ct
ùes naturels chez l'homme. 11 en est de même dans toules et dans
ehacune des choses du monde; là, il yale spirituel, qui estl'in­
time de la cause, ct il yale naturel, qui en est l'effet, et ces deux
font un; ct dans le Naturel ne se montre:point le Spirituel, parce
que ceiui-ci est dans celui-là comme l'âme dans le corps, et
comme l'intime de la cause dans l'effet, ainsi qu'il a été dit. JI en
est de même de la Parole; qu'elle soit spirituelle dans son sein,
parce qu'elle est Divine, c'est cc que personne ne peut nièi'; mais
comme le spirituC'1 ne se montre pas dans le sens de la lettre, qui
est naturel, c'est pour cela que le Sens SpiritlH~1 aélé ignÔÏ'é jus­
qu'à présent; et il n'a pu être connu avant que les vl'ais réels aient
cte rcvcles pal' Je Seigneur, cal' ce sens est dans ces l'l'ais. De Iii
l'ieut que jusqu'à pl'ésent l'Apocalypse n'a point ét(~ comprise.
~.Iais pour qu'il ne reste aucun doute que de telles choses y soient
contenues, chaque particularité l'a être expliquée et démontree
pal' des passages sembla1.Jles pris ailleurs dans la Parole. L'expli­
cation et la démonstration vont maintenant suivre.
2. Vers. 1. llevélation de Jesus-CI/l'ist, signifie pnJdictiolls
I)(U' le Seigneur SUl' Lui-Même et sw' son Eglise, telle qu'elle
S('1'(l li sa fin, et telle qu'elle doit êtl'e dans la suite, tant dans les
Cicll:rque SIIl' Terre. Par Rcvelationdc Jésus-Christ sontsignifiées
toutes les predictions, qui, parce qu'elles viennent du Seigneur,
sont uppelées l\evélalion de Jésus-Christ; qu'elles soient relaLives
au Seigneur et à son l~glise, c'est ce qui deviendra évident par les
Explications. Dans l'Apocalypse il ne s'agit pas des él.ats succes­
sirs de l'~:glise; ni, à plus forte raison, des états successirs des
iloyuullles, comme quelques-uns l'ont cru jusqu'à présent; lIIais,
depuis le cOlllmeneement jusqU'à la fin, il y est question du der­
nier état de ntglise dans les Cienx et sur Terre, et alors dn Ju­
gement ùernier, ct après cela de la Nou\'ellcl~glisc, qui est la
~onvclle Jel'usalelll : que celte Nouvelle l~glise soit la fin (l'ohjet)
Vers. 1. CIUPITRE PI\E;lIIER. sa
de cet ouvrabc, cela est évident; c'est pourquoi les choses qui sont
mentionnées auparavanttl~tent de l'état de l'É:glise, tel qu'iI_est
jmmédiatement avant ceb~e nouvelle i-:glise : mais dans quelle se­
rie iI en est traité, on peut le voit' par les Contenus de chaque
Chapitre, et plus distinctement encore par l'Explication de chaque
Verset.
3. Que Lui a donnee Dieu, pour declarel' ù ses sel'vilew's,
signifie pour ceux qui sont dans la foi d'après la charité, ou
dans les vrais de la sagesse d'après le bien de l'amour. Par
declarel' iI est signifié manifester, et par les serviteurs ici, ceux
qui sont dans la foi d'après la charité; ces choses leur sont mani­
festées, parce qu'iIs comprennent et reçoivent: par les Serviteurs,
dans le sens spirituel, sont entendus ceux qui sont dans les vrais;
et, comme les vrais procèdent du lJieu, par les serviteurs sont en­
tendus ceux qui sont dans les vrais d'après le Lien, par consé­
quent aussi ceux qui sont dans la sagesse d'après l'amour, pal'ee
que la sagesse appartient au vrai, et l'amolll' au bien; puis aussi,
ceux qui sont dans la foi d'après la charité, parce que la foi aussi
appartient au vrai, et Ia charHé au Lien; et comme le sens réel
spirituel est abstrai,t de la personne, c'est pour cela que dans ce
sens parles servi'teurs sont signifiés les '{rais: maintenant, pnls­
que les vrais sel'l'ent au lJien en l'enseignant, voilà polJl'quoi en
général et proprement par le seniteOl', dans la Parole, il est eu­
tendu servant, ou ce!Lli qui sert, 011 bien ce qui sert; dans cc
sens non-sculement les ProphNes étaient appelés serviteurs de
Dieu, mais même le Seigneur quant à son Humain: que les Pro­
phètes aient été appelés servi beurs de Dieu, on le voit pm' ces
passages: « J ellOvah a envoyé vel'S vous tous ses Serviteurs les
ProlJItNes. » - Jérém. XXV. li. - « Il a révélé son secret Ù ses
Servitell1's les Prophètes. Il - Amos. In. 7. - « Les lois qu'il a
mises devant nous par la main de ses Serviteurs les Prophètes.)l
- Dan. IX. iO : - et M'oïse est appelé Serviteur de Jéhovah,
- !\Ialach. !JI. 22; - lal raison de cela, c'est que, dans le sens
spirituel, pal' Prophète il est entendu le Vrai de la doctrine, dont il
sera padé plus l'oin. Et comme le Seigneur élaitle Divin Vrai mê­
me, qui aussi est la Parole, ct que Lui-?I'lême cl'après cela a été ap­
pelé Prophète, et comme il sen"ait dans le mondc, et scrt éternelle­
34 1.';\POC\LYrSE HÉVÉLÉE, N" 3.
l1lient il tous en enseignant, voil'il pourquoi il est Lui-Même çà et
ià appelé Senile ur de Jéhovah, comme clans les passages suivants:
(l Par le travail de son âme il v('rra, il sel'a rassasié; par .la

science mon Serviteur juste justifiera ]Jlusiell1's. »-I~saïe, LIlI.


11. - ( l Voici, pnldemment agira mon Serviteur; il sera élevé,
et il sera e.Talté, et il sera porté tl'ès-haut. » - Ésaïe, LII. 13.
- « Voici mon Serviteur, SUI' qui je m'appuie; mon Élu, en qui
mon âme a son bon ]Jlaisir; j'ai mis mon Espl'it sur Lui. » ­
Ésaïe. XLII. 1, 19; - ces passages concernent le Seigneur; il en
est cie même de David, lorsque par lui il est entendu le Seigneur,
comme dans ces passages: « Moi, JCllOvah, je le1/.1' serai pour
Dieu, et mon Serviteur David Prince au milieu d'eux. » ­
Ézéch. XXXIV. 2l1. - « Illon Serviteur David sera Roi sur enT,
afin qu'un seul Pasteur il y ait pour eux lOus.» -t~zéch. XXXVII.
2!1. - (( Je protége)'(lÎ cette ville pour la consel'ver, li cause de
Moi et de David mon Sel·viteur. » - Ésale, XXX VII. 35; pareil­
lement, l's, LXXVIlI. 70, 71, 72. l's. LXXX ex. Ii, 5, 21; - que
par David, dans ces passages, il soit entendu le Seigneur, on le
voit dans la DOCTHINE DE LA NOUVEI.LE JÉnusALE~I SUR LE SEI­
GNEUR, N'" lI3, M. Le Seigneur Lui-Même parle de Soi d'une sem­
blable manière: (l Quiconque voudra parmi vous devenir grand,
qu'il soit votre Servant, et quiconque voudra être le ]Jremier,
qu'il soit votre Serviteur; de '1Iu!me que le Fils de l'homme est
'Venu, non pour être servi, mais pour servir. ') - ~1alth. XX.
26 il 28; Marc, X. lI3 à li5; Luc, XXII. 27 : parei\lemcn t, Luc, Xlf.
37; - le Seigneur s'exprime ainsi, parce que par le serviteur el
par le servant il est entendu celui qui sert et administre en en­
seignant; et, abstraction faite de la personne, le Divin Vrai, qui
(~tait Lui-Même. Puis donc que pal' le serviteur il est entendu
celni qui enseigne le Divin Vrai, il est évident que pat' les servi­
teurs, daus ce passage de l'Apocalypse, il est entendu ceux qui sont
dans les Hais d'après le bien, ou dans la foi d'après la charité,
parce que ceux-ci peuvent enseigner d'après le Seigneur, c'est-à­
dire que le Seigneur peut enseigner et administrer par eux: c'est
dans ce sens qu'ils sont appelés serviteurs dans Mallhieu : « A la
consommation du siècle: Qui est le Serviteur fidèle et p1'lldent,
qlle son SeiynCllr a dtabli SW' ses gens ]Jour lell1' donner la
Vers 1. . CHAl'ITRE l'IIBIlEI1. 3()"
710117TituJ'e en son te1l!7Js? 1Jeureu:'C ce Servitew'-/ù que le Sei­
gneur tJ'ouvaa faisant ainsi! Il - XXIV. ll5, ll6 : - et dans
Luc: (( Heureux ces Serviteurs que le Seigneul', quand il vien­
dra, ti'OUVI!l'a veil/cmts! :En vel'ité, je vous dis qu'il se cein­
dra, et les (e7'a metl1'e ù table, et que s'approchant il les
se7'1Jira. )) - XII. 37. - Dans le Ciel sout appelés serviteurs du
Seigneur tous ceux qui sont dans son Hoyaullle spirituel, et ser­
vants tous ceux qui sont dans son lloyaume céleste; la raison de
cela, c'est que ceux qui sont dans son noyaume spirituel sont
dans la Sagesse d'après le Divin Vrai, et que ceux qui sont dans
son Hoyaume céleste sont dans l'Amour d'après le Divin Bien; 01',
le Bien administre, et le Vrai sert. Mais, dans le sens opposé, par
sel''''iteurs (serfs ou esclaves) sont entendus cellx qui servent le
Diable. Ceux-ci sont dans l'état même de servitllde, mais ceux
qui servent le Seigneur sont dans l'état de liberté; c'est aussi ce
qu'enseigne le Seigneur, - Jean, VIH. 32 à 36.
ll. Les choses qui doivent êt7'e (aites bientôt, signifie les c/wses
qui doivent arrivel' certainement, afin que l'Église ne 7JeJ'isse
point. l'al' devoir 1Jt7'e raites bientôt, il est entendu, non pas qne
les choses qui ont été prédites dans l'Apocalypse arriveront in­
continent ou bientôt, mais qu'elles arriveront certainement, ct
que si elles n'arrivaient pas l'Église périrait: dans l'idée Divine,
ct par suite dans le sens spirituel, il n'y a point de temps, mais
au lieu du temps il y a l'état; et comme bientôt appUl'tient au
temps, il signifie une chose certaine, et qui doit arriver avant SOli
temps; en effet, l'Apocalypse a été donnée dans le premier siècle,
et maintenant dix-sept siècles ont passé, d'où il est évident que
bientôt signifie ce qui correspond, c'est-à-dire, le certain. Des
choses semblables sont enveloppées dans ces paroles du Seignellr,
(( Si ces jours-lù n'avaient été abl'éges, aucune chail' ne serait
sauvée; 7lIais, Ù cause des élus, ces jours-là sel'ont abrcgés. 1)
- Matth. XXIV. 22, - par lesque!les allssi il est en~endu que si
l'Ég)ise ne finissait avant son temps, elle périrait entièrement;
dans ce Chapitre il s'agit de la Consommation du siècle et de l'A­
vénement du Seigneur, et par la Consommation du siècle est en­
tendu le dernier état de la vi('ille Église, et pal' l'Avenement du
Seignellr le premier état de la nouvelle ]::glise. 11 il été dit que
36 L'APOCALYPSE Rt:VÉLÉE. :\" 6.
dans l'idée Divine il n'y a point de temps, mais qu'il y a la pré­
sence de toules les choses qui ont élé ct qui seront; c'est pourquoi
il est dit dans David: « Mille ans à tes yeux sont comme le jow'
d'hie". Il - l's. XC. LJ; - et dans le i\lême : « J'annoncerai sw'
le statut: Jéhovah m'a dit : 1I10n Fils, Toi; aujourd'hui je T'ai
engend'·é. I l - Ps. II. 7;-aujourd'hui est la présence de l'avéne­
ment du seigneur. De lit vient aussi, qu'une période enLière dans
la Parole est appelée Jour, son premier élat Poin t du jour et i\Ia­
tin, et son del'llier élal Soir et "Nuil.
5. Et qu'il a signifiées en l'envoyant pm' son Ange à son
sel'vileur Jean, signifie qui ont été révélées par le Seigneur, au
moyen du Ciel, à ceux qui sont dans le bien de la vie d'après la
charité et la foi 4.e la cha1'Îlé. Pal' signifiées en l'envoyant par
son Ange, dans le sens spirituel, il est entendu qui ont été révélées
du Ciel, ou par le Seigneur au moyen du Ciel; car par l'Ange dans
la Parole, çit cl lit, il esl en lendu le Ciel angélique, et dans le sens
suprême le Seigneur Lui-i\lême; et cela, parce que jamais aucun
Ange ne parle séparé du Ciel avec l'homme, car il ya dans le Ciel
une telle conjonclion de chacun avec tous, que chacun parle d'a­
près la communion, quoique l'ange n'en ait pas conscience; en
erret, le Ciel en présence du Seigneur est comme un seul Homme,
dont l'Ame est le Seigneur Lui-Même; c'est pourquoi le Seiglleur
parle au moyen du Ciel avec l'homme, comme l'homme d'après
son âme parle au moyen du corps avec un autre homme, et cela
a lieu en conjonction avec toules et chacune des choses de son
men laI, au milieu desquelles sont celles qu'il prononce; mais cet
arcan'e ne peul être développé en peu de mols, il a été développé
en partie dans LA SAGESSE ANGÉLIQUE SUR LE DIVIN A~JOUR ET
sun LA Dn'INE SAGESSE: de lit, il est évident que par l',\nge il est
signifié le Ciel, et dans le sens suprême le Seigneur. Si le Seigneur
est entendu dans le sens suprême par l'Ange, c'est parce que le
Ciel est Ciel, non d'après les prop"cs des Anges, mais d'après le
Divin du Seigneur, d'ol! les Anges ont l'amour et la sagesse, et
même la vie; de lit vient que le Seigneur Lui-Même dans la Parole
est appelé Ange. D'après ces explications, il est évident que l'Ange
n'a point padé d'après lui-même avec :Jean, mais que c'est le Sei­
gneur qui a parlé par l'i\nge au moyen du Ciel. Si pal' ces parolrs
VeïS. 1. CIIAPl'iilE PHEMa:r.. 37
il est entendu que les choses ont été révélées Il r,eux qui sont dans
le bien de la vie d'al~rès la charilé et la foi de la charité, c'est
parce que ceux-ci sont entenùus pal' Jean; car pal' les douze Dis­
ciples du seigneur, ou Apôtres, il est entendu tous ceux de l'É­
glise qui sont dans les l'l'ais d'après le bien, et dans le sens abstrait
toutes les choses de l'Église, el pal' Pierre tous ceux qui sont dans
la foi, et abstractivement la foi elle-même, par .Jacques ceux qui
sont dans la charité, et abslractivement la charité elle-même, et
par Jean ceux qui sont dans le bien de la vie d'après la charité ct
la foi de la charité, el abstractivement le bien même ·de la vie qui
en dérive. Que ce soit là ce qui est entendu par Jean, pal' Jacques
et par Pierre, dans la Parole des Évangélistes, on le l'oit dans
l'Opuscule DE LA NOUVELLE JÉr.usALEn ET DE SA DOCTI\li'iE CÉ­
LESTE, publié à J,ondrcs en 1758, N" 122. Maintenant, comme le
Lien de la vie d'après la charité et la foi de la charité fait l'Église,
c'est pour cela que les arcancs sur l'étal de l'J~glise, qui sont con­
tenus dans les visions de Jean, ont été révélés par le moyen de
cet Apôtre. Que pal' tous les Noms de personnes et de lieux dans
la Parole il soit signifié des choses du Ciel et de l'Eglise, c'est ce
qui a été montré en bien des endroits dans les ARCANES CÉu:sn:s,
publiés aussi il Londres. D'après ces considérations, on peut voir
que par « qu'il a signifiées en l'envoyant pal' son Ange à son ser­
viteur Jean, » il est entendu, clans le sens spirituel, « qui ont étr.
révélées par le Seigneur au moyen du Ciel Il ceux qui sont clans
le hien de la vic d'après la charité et la foi de la charité; Il car ia
charité opère le bien par la foi, et la charilé ne l'opère pas pal'
elle-même, ni la foi non plus par elle-même.
6. Vers. 2. [,equel a alteste la Parole de Dieu ct le Temoignage
de Jésus-(;It1'Ïst, signifie qui de cœur, ct ainsi dans la IU11/.iim~,
1'eçoivent le Divin Vl'ai d'apl'Ils la Parole, ct reconnaissent que
tITumain. du Seignell1' est Divin. Il est dit cle Jean qu'il a attesté
la Parole de Dieu; mais comme pal' Jean sont entendus tous ceux
qui sonl dans le bien de la vie d'après la charité ct la foi de la
charité, ainsi qu'il vient (retre dil, N" 5, c'esl pour cela que dans
le sens spirilnel tous ccux-Iil sont entendus; les Anges, qui sont
dans le sens spirituel de la Parole, ne savent jamais aucun nom
de personne mentionné dans la Parole, mais ils savent seulement
1. L,.
:::8 L'APOC,\ L YPSt: nivÉl.~E. 1'\" 6.
cc que. la personne représente et par suile signifie, ct qu'an Iicu
de Jean, c'est le bien de la vie, ou le bien en acte, pal' conséquent
tous ceux généralement qui sont dans ce bien; ceux-ci attestent,
c'est-il-dire, voient, reconnaissent, reçoivent de cœur dans la lu­
mière, et confessent les vrais de la ramie, principalement cc vrai
que l'Humain du Seigneur est Divin, comme on peut le voir par
un grand nombre de passages de la Parole, rapportés dans la Doc­
TIlI:\'E Dt: LA NOUV};LLE .JiRUSALE~I SUR tE SEIGNEUR. Par Jesus­
Christ ct par l'Agneau, dans l'Apocalypse, il est entendu le Sei­
gneur fluant au nivin Humain, et par Dieu le Seignelll' quant atl
Divin i'lême a Quo (cie Qui lout procède). Quant il la signification
spirituelle ,d'attester, ce mot sc dit de la rérité, pal' la raison que
dans le ~lonC!e la vérité doit être attestée, et qu'elle est reconnue
quand ellc il été attestée; mais dans le Ciel la vérit~ même atteste
au sujet d'elle-même, parce qu'elle l'si la Lumière même du Ciel;
car dès que les 1\ nges entendent une Vérité, ils la connaissent et
la reconnaissent sur-le-champ; et comme le Seigneur est la Vérité
même, ainsi qn'il l'enseigne Lui:-Même dans Jean, - XIV. 6,­
il est dans le Ciel. le Témoignage de Lui-~lême; d'après cela, on
"oit ciail'ement cc qui est enlendu par le Témoignage de Jésus­
Christ; c'est pourquoi le Seigneur dit: « Vous, vous avez owoyl!
1:ers Jean, cl il a rendu témoignage li la vél'itil; Moi, Cl.'p{'1l­
dant,je ne J'eçoü point d'un homme le témoignage, )) - Jean,
V. 33. - Et ailleurs: « Jean vint en témoignage pOW' J'encire
témoignage de la Lumière; il n'était point, lui, la Lumière. La
Parole qui était chez Dieu et était Dieu, ct Chail' a été (aite,
c'était la LwnièJ'e véritabl(' qui éclaire tout flomme. Il - Jean,
1. i, 2, 7, 8, 14, 34, - Ailleurs: (1 Jésus dit : Moi, je 1'Cnds te­
moignage cie Moi-11'lême, et véJ'itable est mon Temoignage, parce
que je sais d'oit je suis venu, ct où je vais. )) - Jean, vur. :l.li.
- « Quand seJ'a venu le ConsolateUJ', l'EspJ'it de vérité, celui­
là. J'encira témoignage de Moi. Il - Jean, XV. 26; - par le Con­
solateUl', l'Esprit de vérité est entendue la Vérité même procédant
du Seigneur; c'est pourquoi il est dit de lui qu'il parlera non pas
cl'après lui-1l1ême mais d'après le Seigneur,-Jcan, XVI. 13, 14, 15.
7, 'l'oules Irs choses qu'il a vu('s, signifie leuJ' illastmtion
dam toutes les CIIO.I(,S qui sont dans œtle névi!lation. Par toutes
,"crs, 2. CIHPITRE Pln:311!:lI. 3D
les choses qu'il a vues, il est entendu, dans le sens spirituel, non
pas celles que Jean a vues, elles n'étaient que des Visions, mais
celles que "oient ceux qui sont entendus par Jean, c'est-à-dire,
cellx qui sont dans le \)ien de la vie d'après la charité ct la foi de
la charité, comme il a été dit ci-dessus; ceux-ci voient, dans les
Visions de Jean, des arcanes SUI' l'état de l'Église, non cependant
quand eux-mêmes les lisent, mais quand ils les voient révélés. En
outre, l'ail' signifie comprendre; c'est même pour cela que dans
le langage ordinaire on dit qu'on voit telle chose, ct qu'on voit
qu'elle est une vérité; car l'homme a une vue quant à son Esprit,
de même qu'il a une vue quant à son Corps; mais l'homme par
son Esprit voit les choses :;pirituelles parce qu'il les voit d'après
la lumière du Ciel, mais pal' le corps il voit les choses naturelles,
parce qu'il les voit d'après la lumière du monde; et les choses
spirituelles sont réellement des choses, mais les choses nalurelles
en sonl les formes; la vue de l'Esprit de l'homme est ce qui est
appelé Entendement. D'après cela, on voit clairement ce qui est
entendu dans le sens spirituel par « taules les choses qu'il a vues;»
pareillement dans ce qui suit, lorsqu'il est dit « je vis. »
8. Vers. 3. lll:ureuxcc!lli qui lit, el ccuxqui écoulenlles 7Xtroles
de la Pr07Jhélie, el qui gw'dent lcs choses qui ysonl écrites, si­
gnifie avec les Anges du Ciel communion de CCliX qui vivenl se­
lon la doclrine de la Nouvelle J él'usalem. Par heureux, il est
entendu ici celui qui est, quant à l'esprit, dans le Ciel; ainsi, ce­
lui qui, quand il vit dans le monde, est en communion avec les
Anges du Ciel, car celui-là, quant à l'esprit, est dans le Ciel; pa)'
les paroles de la Prophétie il n'est pas entendu aUlre chose que
la Doctrine de la Nouvelle Jérusalem; car par Je prophète, dans
le sens abstrait, il est signifié la Doctrine de n~glise d'après la Pa­
role; par conséquent ici la Doctrine de la Nouvelle Église, qui'est
la Nouvelle Jérusalem; pareillement par la prophéli~ : par lil'e,
écouler et garder les c/wses qui y sont éel'îles, il est signifie
vouloir la connaltre, faire attention aux choses qui y sont, elles
faire, en somme, vivre selon celle doctrine; que ceux-lit lie soient
pas heureux, qui seulement lisent, écoulent eL gal'dent ou re­
tiennent dans la mémoire les choses qui ont été vues par .Jean,
cela est éviùent j voir ci-dessous, ;\" 911!l. Si la Doctrine de l'l~-
.....,

lIO L'APOCUYrSE m'vü(:J::. 1\" 8.


glise d'après la Parole est signifiée pal' le Prophète, et pareille­
ment par la l'l'ophélie, c'est parce que la Parole a été écrite par les
Prophètes, et que dans le Ciel la personne est regardée d'après ce
qui appartient à son emploi' et à sa fOllction; c'est même en l'aison
de cela que tout homme, ou esprit, ou ange, s'y trouve nommé;
(;'est pourquoi, lorsqu'il est dit Prophète, comme la fonction de
Prophète était d'écrire et d'enseigner la Parole, il est entendu la
Parole quant il la Doctrine, ou la Doctrine d'après la Parole. De là
vient que le Seigneur, parce qu'il est la Parole elle-même, a été
dit Prophète,- Deutér. XVIlL 15 à 20. Matth. XIIJ. 57. XXI. 11.
Luc, XIlI. 33. - Afin qu'on sache que la Doctrine de l'Église d'a­
près la Parole est entendue par le Prophète, il sera l'apporté quel­
ques passages, d'après lesquels on peut le conclure; dans Mat­
thieu : " A la consommalion du siècle beaucoup de faux Pro­
phètes se Ii~veronl, el séduironl (Jeaucoup de gens. Il se lèvera
de {aux Cltl'ÏSlS el de (aux Prophèles, et ils induiront en er­
reur, s'il élail possible, ml?me les élus. )) - XXIV. 11, 24;­
la consommation du siècle est le dernier Iemps de \']~glise, le­
quel arrive alors qu'il y a, non pas de faux prophètes; mais des
faux de Doctrine. Dans le Même: " Qui J'eçOil un Prophl!le au
nom de P1'Ophèle, récompense de PTophèle 1"ecevra; el qui Te­
çoil un jusle au nom de jusle, J'écompense de jusle Tecevra. ))
- X. lli; - recevoir un prophète au nom de prophète, c'est r~
cevoir le vrai de la doctrine parce qu'il est le l'l'ai; et recevoir un
juste au nom de juste, c'est recevoir le Lien il cause du bien; et
recevoir une récompense, c'est êtl,e sauvé selon la réception;
qu'aucun homme ne reçoive une récompense ou ne soit sauvé,
parce qu'il reçoit un prophète et un juste en leur nom, cela est
évident: saus la connaissance de ce que c'est que le pl'Ophèle et
de ce que c'est que le juste, ces paroles ne peuvent être comprises
par personne, non plus que celles qui sont à la suite: (( Quicon­
que aura donné li boire il l'un de ces petits un verre (l'Nllt
{roide seule1Ju:nl uu nom de disciple, ne peJ'([ra pas sa récom­
pense; n pal' Discipl1e il est entendu la charité et en même temps
la foi d'après le Seigneur. Dans .Joël ; (( Je l'élJundmi mon esprit
sur loule chair, de sorle que vos (ils el vos filles prophélise­
ronl. n - 1'11. 1; - ccci a é!e dit de n;:glisc qui devait êll'e in­
Vers. 3. CHAPITRE PRE~IlEII. III
staUl'ée pal' le Seigneur, tIans laquelle 011 n'a poinl prophétise,
mais 011 a reçu la Doclrine, cc qui est prophéliser. Dans ~lallhieu:
« Jésus dit: Plusieurs Me diront en ce jour-là: Seigneur, Sei­
gneur, pal' ton Nom n'avons-nous pas P7'opltéti.sé? Mais 11101'.1
,"c' leur di/'ai ouvertement: Je ne vous connais point; retircz­

j;'JUS de Moi) ouvriers d'iniquité. " - VH. 22, 23; - qui est-ce
qui ne \'oit qu'ils d1iront, non pas qu'ils ont prophé.lisé, mais qu'ils
ont su la doctrine de l'I::glise et qu'ils l'ont enseignée. Dans l'i\pO­
calypse : « Il est venu le temps de juger les morts, et de donner
la 1'écompcnse aux Prophètes, li - Xl. 18; -et ailleurs: « Ré­
jouis-toi, Ciel, li cause d'elle, et vous, saints Apôtres et ProplLi'­
tes, parce que Dieu ajugé votre jugement sur elle. » - XVJII.
20; - il est évident que la récompense ne ùoil pas être donnée
seulement aux Prophètes, et que ce n'est pas seulement les Apô­
tres et les Pl'ophètes qui se réjouiront CIuand le jugement dernier
arrivera, mais que ce sont tous ceux qui ont reçl~ les vrais de la
doctrine, et qNi ont vécu selon ces vrais; ce sont donc ceux-ci q~li
sont entendus par les Apôtres et pal' les Prophètes. Dans Moïse:
« Jéhovah dit Ct Moise: Je t'ai constitué Dieu pOUl' Phamon,
et Altaron ton (l'ère sera ton PropltiJte. » - Exod. VII. 1.; ­
pal' Dieu est entendu le Divin Vrai quant il la réceplion, d'après
Je Seigneur, dans lequel sens aussi les i\nges sont appelés Dieux;
et par le prophète est entendu celui qui enseigne el prononce ce
\Tai; de là vient qu'Aharon ici est dill'rophète. La mème chose
est signifiée ailleurs pal' Prophète, com me dans ces passages:
« Point ne pe1'im la Loi de la part du l'l'être, ni la Parole de
la part du ]'rophèle. » - Jérém. XVIII. 18. - « DC's P7'ophètes
de Jérusalem est sortie l'hypocdsie pw' toute la terre:. li - Jé­
rém. XXIII. 15, 16. - « Les Pl'OphètC's deviendront du vent; et
la l'm'ole, point e:n eu,x. )) - Jérém. V. 13. - « Prêtre et Pl'O­
phète s'égarent pal' la cervoise, ils sont lÛlsorbés par le vin,
ils chancellent en jugement. » -I~saie, XXYW. 7. - « Le soleil
se conchera sur les Prophètes, et sur eU.T- 71Oil'cira le-joll7'. )) .­
Michée, ilL 6. - « Depuis le Prophète jusqu'au PrClI'e, clla­
Clm (ait le mensonge. » - ,lerél1l. VI!L 10; - dans ces passages,
pal' Prophètes et pal' Prètres il est entenùu, dans le sens spiri­
tuel, uon pas \cs l'rophctes ct les Prêtres, luais l'I::glise tout eu-
T. '1*.
b'l L'APOCALYPSE RI~vI:LÉE. )\" 8.
tière, par les Prophètes l'Église quant au vrai de la Doctrine, et
par les Prêtres l'Église quant au bien de la vie, vrai et bien qui
ont été perdus; ainsi sont entendus ces passages par les Anges
dans le Ciel, tandis qu'ils sont entendus selon le sells de la leLlre
par les hommes dans le Monde. Que les Prophètes aient repré­
senté l'état de l'f:glise quant à la Doctrine, et que le Seignenr ait
représenté l'Église quant ù la Parole elle-même, on le voit dans
la DOCTRINE DE LA NOUVELLE JÉRUSALEM SUR LE SEIGNEUR, NU' 15
à 17.
9. Carle lernps esl proclte,signi{ie que l'état de l'Église est tel,
qu'elle ne peut pas persister plus longtemps, de manière à avoir
conjonclion avec le Seigneur. TI y a deux Essentiels, par lesquels
se fait la conjonction avec le Seigneur, et par suite la salvaLion; LA
RECONNAISSANCE D'UN SEUl. DIEU, et LA PÉNITENCE DE LA VIE;
mais aujourd'hui, au lieu de la reconnaissance d'un seul Dieu il y
a la reconnaissance de trois dieux, et au lieu de la pénitence de la
vie il y a la pénitence de la bouche seule qu'on est pécheur, et par
ces deux choses il n'y a aucune conjonction; si donc il ne s'élève
pas une nouvelle Église qui recon naisse ces deux Essen tiels, et
qui y conforme sa vie, qui que ce soit ne peu t être sauvé; ù cause
de cc danger, le temps a été abrégé par le seigneur, selon ses pa­
roles dans ~Iallhieu :" Il Y aUTa alors une aflliction grande,
telle que lJoinl il n'yen eut depuis le commencement du monde
jusqu'à lJI'ésent, et point il n'yen aura; et 71uJme si ces jours­
là n'élaient abregés, aucune cltair ne serait conservée. » ­
XXlV. 2:1., 22. - Qu'il ne soit pas entendu prochainement ou
dans un temps proche, on le voit ci-dessous, N° 947.
10. Vers. 4. Jean aux sept Églises,signi{ie il Lous ceux qui sont
dans le illondeChrétien, où est laPa1'Ole et oil par elle le Seigneur
'est connu, et qui s'approchent de l'Église. Par les sept Églises
il est entendu, non pas sept Églises, mais tous ceux qui sont de
l'Église dans le ~Ionde Chrétien; car dans la Parole les nombres
signiEent des choses, et sept siguHie toutes choses et tous, et par
suite aussi le plein et le parfait, et se dit dans la Parole lorsqu'il
s'agit (['une chose sait"te, et dans le sens opposé, lorsqu'il s'agit
d'une chose profane; c'est pourquoi cc nombre enveloppe le Saint,
et dans le sens opposè le profane. Si les nombres signifient des
Vers. LI. CllAJ'lTHE PIl.E)!I[[l. li3
choses, om plutùt s'ils sont comme !l,ne sorte d'adjectifs il l'égard des
substantifs, apportanl quelque qualité aux c!~oses, c'est parce que
le nombre en lui-même est naturell, car les naturels sont déter­
minés pal' des nombres, mai,s les spirituels Je sont pal' des choses
et ]Dai[' les élats de ces ciloses ; c'est poul'quoi, celui qui ne sail pas
la signification des nombres dans la Parole, et principalement dal1s
l'Apocalypse, ne peut pas savoir les nombreux arcanes qui y sont
contemls. ~Iaintenant, puisq,ue par sept ilest signifié tOLltescllOses et
tous, il est évident qNe par les sept Églises il est entendu tous ceux
qui sont dans le ~Ionde Chrétien, où est la Parole, et où pal' clic le
Seignel1I' est connu; ceux-ci, s'ils vivent selon les préceptes du Sei­
gneur dans la Parol'e, constituent l'Église même. De Iii vient que le
sabbath a été institué le Septibne Jour, et que la Septième Annà'
a été nommée l'année sabbalilique, et la sept [ois Septième An­
née le Jubilé, par lesquels élait signifié tout Saint dans l'J~glise;
de là vient aussi, que la Semedne, dans Daniel et ailleurs, signifie
une pélciode entière depuis le commencement jusqu'à la fin, ct sc
dit de l'Église. De semblallles choses sont signifiées par Sept dans
les pass<iges suivants; ainsi, pal' les Sept Chandeliers d'or, dans
lc milieu desquels était le Fils de l'Iwmme. - Apoc. 1. 13; ­
pal~ les Sept l~toiles dans ,la main droite. - Apoc. 1. 16, 20; ­
par les SUpt Esp/'its de Dieu. - Apoc. 1. 4. IV. 5; - pal' les Sept
Lampes de (cu. - ApoC. IV. 5; - pal' les Sept Anges, auxquels
[uf'ent données Sept Trompettes. - Apoc. VIiI. 2; - pal' les
Sept .4.nges qui avaient les Sept dernièrcs plaies. - Apoc. XV.
1, 6; - pal' les Sept coupes pleines des Sept del'nÎl)l'es plaies.
- Apoc. XV. 7. XVr. L XXr. 9; - par les Sept sceau,x dont le
LiVl'e était scellé. - Apoc. V. 1. - Pareillement dans les pas­
sages sllil'ants : Les mains des prêtres étaient rem.plies pendant
SqJt jours. - Exod. XXIX. 35; - ils étaient sanctifiés pendant
Sept jours. - Exod. XXIX. 37; - quand ils étaient inaugurés,
ils marchaient pendant Sept jours, vêtus des habits de sainteté.
Exod. XXIX. 30; - pendant Sept jours ils ne sortaient pas de
la tente quand ils étaient inilids au sacCl'docc:. - LévH. VIlI.
33, 35; - il était fait expiation Sept [ois sur les cames de
l'autcl. - Lévil. XVl. 18, 19; - l'autel était sanctifié Sept [ois
par l'huile. - L(\vil. vm, 11; -le sang était aspergé Sept (ois
Mt ~APOCALYPSE niV~L~E. ~. 10.
vers le voile. - Lévil. LV. 16, 17; - ct aussi Sept (ois vers l'a­
dent. - LéviL. XVI. 12 à 15; -l'l'au de séparation était as­
pergee &7Jt (ois vers la tente. - Nomb. XIX. 4; - III Pâque
était cdiéurée pendant Se)Jt jOU1"S, ct pendant Se)Jt jours on
mangeait des azymes. - Exod. X H. 1, eL sui\". DeuLér. XVI. 4 à
7. - Pareillement, les Jui(s étaient punis au Septuple pOUl'
leurs péchés. - LéviL XX VI. 18, 21, 24, 28; - c'est pourquoi,
David dit : " llellds il nos voisins le Septuple dans leur sdn. Il
- ['s. LXXIX. 12;-le septuple, c'est pleinement. Puis dans
ces passages: " Les pm'oles de Jéhovah, paroles )Jltres, al'­
gent affine au cl'euset, )Jll1'ifid Sept (ois. » - Ps. XII. 7. ­
Il Les affamés ont cessé (de l'être), tellement que la stëdle en a

enfanté Sept, mais la (éconde a dé(ailli. » - 1 Sam. Il. 5; - la


stérile est l'Église des gentils qui n'avaient pas la Parole, la fé.:.
conde est l'Église des Juifs qui avaient la l'amie. " Elle languira,
celle qui en avait en(ante SC/Jt; elle rendra sOlllÎme. Il -Jérem.
XV. 9; - pareillement, "Les habitants des villes de Jé1'lISalem
inccndieront ct urûlerontles armes, et ils allumeront avec elles
un (cu pendant Sept ans. Ils ensevelil'ont Gog, et 'ils nettoieront
latm'I'e ):Jendant Sept mois. 1) -Ézéch. XXX LX. 9, 12. - « L'es­
1JI"it immonde pl'end1'il avec lui Sept autTes eS)JI'its plus mé­
chants que lui. Il - Mallil. XI.f. 45; - là est décrite la pl'ofana­
lion; et pal' les sept esprits, avec lesquels il reviendra, il est signifié
tous les faux du mal, ainsi la complète extinction du hien et du
vrai. Pm'les Sept têtes du dl'Clgon, ct )Jal' les Sept diadèmes sm'
ses têtes, -I\poc. XII. 3, - est signifiée la profanation de lont
bien eL de Lout vrai. D'apl'ès ce qui vient d'être dit, il est évident
que SepL enveloppe le saint ou le profane, et signifie LOllLes choses
et le plein. .
il. Qui sont dans l'A.5ie, signifie il ceux qui, d'apl'ès la l'a­
l'ole, salit dans la lumière de la verite. Puisque pal' Lous Il's
Noms de personnes et de lieux dans la Parole il est en tendu des
choses du Ciel N de l'Église, comme il a déjà été dit, il en est
aussi de même pal' l'Asie, el pareillement par les Noms des sepl
Églises qui y sont, ainsi qu'on le verra c1aircmenl dans cc qui
suiL. Si par l'Asie il est enLendu ceux qui sont dans la lumière
de la vériLé d'après la Parole, c'est parce que la Très-Ancicnne
Vers. !I. CH.\PI1':a~ P1U::\IlEP.. !:5
l~glise, et après elle l'Église Ancienne, et ensuite l'I:;glise Israélile,
ont été en Asie; puis aussi, parce que chez les habitants de l' I\sie
il y a eu l"allciel~ne Parole, et ensllite Ja Pal!ole Israéllile; c,1 c'est
de la Parole que vienttoutc Llllnière de la vérité. Que les f.:glises
ancienncs aient été dans le ~Iolllle Asiatique, ct qu'elles aicnt eu
une Pal'Ote qui ensuite a été perdue, et enfIn la Parole qui existe
aujollrd'ltui, on le voit dans la DOCTHINE DE LA ]';OOVELLE J(;[IU­
SALE~I sun L'ÉCnITURE SAINTE, W' 101 à 103. De lit l'i'ent donc
que pal' J'Asie ici il est signifié tous ceux qui, d'après la Parole,
sont dans la lumière de la vél'îté.
« Sur celle Parole Ancienne, qui était en Asie avant la Parole
1) Israélite, voici quelqlle chose de nouveau qui mérite d'ètre rap­

1) porté, c'est qu'elle y est encore consel'l'ée chiez des peuples qui

1) habitent la Grande Tartarie ; j'ai conversé avec des 8s~rits et

1) des Anges qui, dans le Monde spirituel, étaient de celle contrée;

1) ils m'ont dit qu'ils possèdent la Parole, ct qu'ils l'ont possétlée

1) dès les temps anciens; qu'ils célèbrent leur culte selon celle Pa­

l) l'ole Divine, et qu'eJ!e consiste en de purres correspondances: ils

1) m'ont dit que dans celle Parole il y a aussi le Livre de JASCIIAR,

1) dont il est parlé (]ans Josué, - X. 12, 13, - et dans le Livre II


1) de Samuel,-I.17, 18;:- pnis aussi, qu'il y a chez eux les Livres,

1) nommés GUEnP.t:s DE JÉHOVAH et PnoPHÉTIQUES, qui sont cités

1) pal' Moïse, - Nomb. XXI. 1!1, 15, et 27 il 30; - ct quand j'eus


1) lu devant eux les paroles que ~'Ioise en avait tirées, ils cherchè­

1) rent si elles y étaient et ils les tl'o",vèl'elll : pal' là il fllt évident

» pour moi que la Parole ancienne est encore chez ellX. Dans ma
» conversation avec eux, ils me dirent qu'ils adorent Jéhovah,
Il quelques-uns comme Dieu invisible, d'autres comme Dieu l'i­

l) sibfe, De pllus, ils me l'apportèrent qu'ils ne sOUilTrent pas que

» des étrangers entrent, chez eux, excepté les Chinois, avec qui ils

l) vivent en paix, parce que l'Empereul' de la Chine est de la Tar­


» tarie; ils me dirent aussi que leur population est si nOmbreQ1Se
» qu'ils ne croient pas qll'il y ail dans le monde enlier une Hégion
» plus populeuse; cela aussi est croyable d'après fa ~lUl'ailie d'un
» si grand llomhre de milles, que les Chinois avaient construite
1) pour leur défense contrc les invasions que faisaient autrefois les

l) Tartares. Informez-volis-en dans la Chilile, e~ [leut-être l'y tl'OU­


l) vercz-\'OUS ch~z les Tartares, l)
[IG I.'AI'OC,ILYI'SE I:ÉViLBE. ;;" 12.
12. Cnice à vous et pai.T, signifie la salutation Divine. Ce
qui est entendu spl'cialement pal' la grâce et par la pai.x sera dit
dans la suite. QlIe l'ai.x cl vous ait eté la salutation du Seigneur
aux disciples, pal' conséquent la salutation Divine, on le voit dans
Luc,-XXIV. 36, 37; Jean, XX. 19,20, 21;-et d'après le com­
mandement du Seigneur, c'était la salutation des Discipl1es à tous
ceux chez qui ils entrel'aient, - Mallh. X. 11 à 15.
13. Par Celui Qui Est, et Qui Était, ct Qui Vient, signifie
par le Sâgneur qui est Éternel et Infini, et qui est Jéhovah.
Que ce soit le seigneur, cela est bien évident d'après ce qui suit
dans cc Chapitre, Ol! il est dit que Jean entendit une voix venant
du Fils de l'homme, qui disait: (( Jlui, je suis l'Alpha ct l'Oméga,
le Premier et le Dernier. » - Vers. 11, 13; - et ensuite: (1 Moi,
je suis le Premier' ct le Dernier. » - Vers. 17; - et dans le
Chapitre sui van!, Verset 8, et ensuite, - XX 1. G. KXlI. 13;­
ct dans tsaïe: (( Ainsi a dit Jéhovah, le I1ui d'Israël, et son
Llédempteur Jéhovah SélJaoth : Moi le l'remier et Moi le Der­
nier, et excepté Moi point de Dieu. » - XLIV. 6; puis, KLVUr.
12; - et Celui qui est le Premier et le Dernier, est Celui Qui Est,
ct Qui etait, et Qui Vient. C'est aussi ce qui est entendu pal' Jé­
hovah; en eiTet, le nom de Jéhovah signifie il Est, et Celui qui Est,
ou qui estl'~tre même, est aussi celui qui Était et qui Vient; cal'
en Lui le passé ct le futur sont le présent; de là vient qu'il est
~:ternel sans temps, et Infini sans lieu: c'est aussi ce que confesse
1'1::glise d'après la DOCTHINE DE LA THINITB, qui est apllelée Atha­
nasienne, où sont ces mots: (( Le Père est Éte1'11Cl et Infini, le
Fils est Éternel et Infini, et l'Esprit Saint est Éternel et Infini;
mais cependant ils ne sunt point tl'ois i~ternels, ni trois Infinis,
mais Un Seul. Que ce seul Éternel ct Infini soit le Seigneur, c'est
ce qui-a été démonlré dans la DOCTRINE DE LA NOUVELLE JBRUSA­
LE~[ SUR LE S};IGNEUH.
14. Et par les sept Esprits qui sont en regard de son Trône,
signifie par le Ciel entier, où le Seigneur est dans son Divin Vrai,
et où son Divin Vrai est reçu. Pal' les sept Esprits il est enten­
du tous ceux qui sont dans le Divin Vrai, et dans le sens abstrait
le Divin Vrai même ou la Divine Vérité même; que pal' Sept, dans
la Parole, il soit enteudu tous cl tou!es choses, on le voit ci-des­
Vers. li, CHAPITRE PI\F.lIIF.R. f-!7
sus, NU 10; cl que pal' le Trône il soit enlendu le Ciel enlier, on le
verra bientôl; cie là pal' en 1'ega1'd du Trône, il esl enlendu oü
esl son Diviln Vrai; cal' le Ciel esl Ciel, non d'après les propres
des Anges, mais d'après le Divin du Seigneur, comme il a élé dé­
montré, en beaucoup d'endmils dans LA SAGESSE ANGÉLIQ(jE SUII
LA DIVINE PIIOVIDENCE, el dans LA SAGESSE !lNGÉf,IQUE SUR LE
DIVIN A~[QUR. Que le Trône du Seigneur signifie le Ciel, on le voil
clairemenl par les passages suivants:« Ainsi a dil Jéhovah: Les
Cieu::v (sonl) mon Trône. » -Ésale, LXVI. 1. -- (( Jéhovah dans
les Cieux a affermi son Trône. » - Ps. CI Il. 19. - « Celui qui
jure pa1' le Ciel jll7'e PaJ' le Trône de Dieu, cl 71(/1' Celui qui csl
assis dessus. »- Matlh. XXIIl. 22. - {( Au-dessus de l'Élendue,
qui (élait) sll1'la lêle des Chérubins, (il y avail) comme un aS/JeCI
de pierre de saphi1', une ressemblance de Trône, cl sw' celle
l'essemblance l'aspect d'un Homme. » - Ézéch. 1.26. X, 1; -par
n::lendue sur la Cèle des Chérubins il esl entendu le Ciel: el clans
l'Apocalypse: (( Celui qui vaincra, je lui donnerai de s'asseoil'
en mon Trône. » - III. 21; - en mon Trône, c'esl dans le Ciel;
spécialemenl, où règne le Divin Vrai du Seigneur; c'est aussi pOIJl'
cela que, lorsqu'il s'agil du Jugement, il esl clil que le Seigneur
sera assis SUI' un Ti'ône, car le Jugement est fait par les vrais.
15. Vers. 5. El par Jésus-Christ, signi{ie le Divin lIumain. Que
par Jésus-Christ et par l'Agneau, dans la Parole, il sail entendu
le seigneor quanl au Divin lIumain, on le voit ci-dessus, NU 6.
16. Lui le Témoin {idèle, signifie qui est le Divin Vrai Même.
Que le lémoin se dise de la vérité, et que la vérité rende témoi­
gnage d'elle-même, cl qu'ainsi le Seigneur, qui esl le nivin Vrai
même el la Parole, rende lémoignage de Lui-Même, on le "ail ci­
dessus, N° 6.
17. Lui le Premier-né d'en Ire les morts, signifie cl qui esl
le Divin Bien Même. Ce que c'est que le Pl'emiel'-né d'enll'e les
m01'ls, personne ne le sail encore, et les Anciens (Velel'es) élaienl
en contestation SUl' sa signification; ils savaient que par Je Pre­
mier-né esl signifié ce qui est le Premier et le Principal d'où pro­
vienlle toul de l'Église; el un grand nombre croyaienl que c'élait
le vrai en 'doctrine el en foi, mais il en élait peu qui crussent que
c'était le vrai en acte et en œuvre, lequel est le bien de la vic;
li8 L'APOCALYPSE n~:VÙ,~:E, j\" 17,
que ce bien sail ce qui eslle premier elle principal de l'Église, et
par suite ce qui, dans le sens propre, est enlendu par le Premier­
né, on va le voir: mais d'abord il sera parlé de l'opinion de ceux
qui ont cru que c'eslle vrai en doclrine el en foi qui esl le pre­
mier ct le principal, de l'J~glise, ainsi le premier-né; ils ont cru
cela, parce que c'est cc qui d'abord est appris, el parce que l'É­
glise devient '::glise par le vrai, mais toujours est-il qne ce n'est
pas avanl que le vrai devienne chose de la vie; avant cela, le vrai
est seulement dans la pensée de l'entendement et dans la mé­
moire, et non dans l'acle de la volonté; or, le vrai qui n'est pas
le vrai en acte ou en œuvre ne vit point, il est seulement comme
un arbre luxuriant de branches et de feuilles sans fruit; il est
aussi comme la scien€e sans une application 11 l'usage; il est encore
comme le fondement sur lequel on bâtilla maison olll'on doit habi­
ter; ces choses sonties premières par le temps, mais non les pre­
mières par la fin, el les premières par la fin sont les principales; car
le premier par la fin est l'habilation dans la maison, et le premier
par le lemps eslle fondemenl; le premier aussi par la fin esll'u­
sage, et le premier par le temps est la science; pareillement, le
premier par la fin, quand un arbre est plan lé, est le fruit, elle
premier par Je lemps, ce sont les branches et les feuilles. Il en
de mème de l"enlendement, qui d'abord est formé chez l'homme,
mais pour cette fin, que l'homme fasse ce qu'il voit par l'enten­
dement; autremenl, t'enlendemellt est comme un prédicateur qui
enseigne bien, mais qui vit mal. En outre, lout vrai est semé dans
l'homme fnlerne, et est enraciné dans l'homme Extel'lle; c'esl
pourquoi, il moins que le vrai selllé ne soit enraciné dans l'homme
Exlel'l1e, ce qui s'opère en agissant, il devient comme un arbre,
non planlé dans l'hnmus, mais placé dessus, qlli se dessèche aus­
sitôt que la challeur du soleil se fait senlir : l'homme qui a prati­
qué les vérités porte celle racine avec lui après la mort, mais non
l'homme qui par foi seule les a connues et reconnues. Or, comme
un grand nombre d'anciens (vclel'cs) oot fail premier par la fin,
c'est-à-dire principal, ce qui est premier par le lemps, c'est pour
cela qlll'ilis ont dit que Je Premier-né signifiait le vrai en doctrine
el en foi dans l'Église, ne sachanl pas que ce vrai eslle premiel'­
né en v]lrarence, mai, non flll actllalilé'. i'IIvis lou, CCliX qlli onl
Vers. 5. CilHITllC l'I1E:,;II-:1\. IID
l'aiL du vrai en docLrine eL en foi le principal ont éLé com~am­
nes, parce que dans ce vrai il n'l'arien du l'ail ou de rœuvre, ou
rien de la vic. C'esL pour cela que C<~ïn, qui fuL le Premier-né
d'Adam eL d'J~l'e, a eLé cOl1ldamné; que le l'rili en docLrine el en
foi soU signifié pal' Caïn, on le l'aiL dans la SAGESSE ANGÜ.IQUf;
sur. LA DII'!:XE PnOVlDf:NCf;, N" 2!J2. C'esl aussi ponr cela que Hu­
hen, qui élaille Premier-né ùe Jacol>, ful condamné pail son pt~re,
- Gell. XLIX. 3, li; - cl que le cirai! d'alnesse lni fnL ôLé, - 1.
Chrono V. 1; - quP le l'l'ai en doctrine et en foi soit enLendn par
nuben, on le l'erra dans la suite. Par les Premiers-nés cl'l::gypLe,
qui Lous furenL frappès, parce qu'ils al'aienL éLé condamllés, il
n'esL pns enlemlu dans le sens spirituel anLre cllOse que le Vrai
en doclrine et en foi 5épare du bien de la vie, Vrai qui en lui­
même esL morL. l'nI' les Doues, dans Daniel eL dans ~lalLllieu, il
n'en esl pas non plus enLendu d'autres que ceux qui sonL dans la
foi sépnrée de la YÎe; II en esL parlé dans '~A DOC!r<INF. DE LA Nou­
VELLE JÉrrusALE}1 SUlI LA FOI, N"' 61 il 68. Que ceux qui avaienL
éLé dans la foi sépnl'ée de la vie aipnt été rejeLés eL condamnés il
l'époque du JngemenL Demier, on le voiL dans l,A CONTINUATION
SUIl LE JUGEMENT DEl\NlElI, W' '16 et snil'œnLs. Pal' ce peu d'ex­
pl1icaLions, on peul voir que ce n'esL pas le l'l'ai en doclrine el en
foi qui esl le premier-né cie l'Eglise, mais que c'esl le l'rai en acte
ou en œuvre, lequel eslle bicn de la vie; cal'l'!:;glise n'esl poinl
chez l'homme avant que le l'rai devienne chose de la vie, el quand
le l',,'ai del'ienl chose de la vic, ce vrai est le hien; Cil effel, la
pensée de l'entendemenL el la mémoire n'in[]uenL pas dans la 1'0­
10nLé eL pal' la volonLé dans l'acLe, mais la volonté influe daills la
pensée de l'enlendement el dans la mémoire, el agit; eL ce qni
procède dc la volonté pal' l'enLendement procède de l'affecLion
qui apparlienl il l'amour par la pensée ql~i appal'lienl il l'entende­
Illent, cL loul cela esl appellé bi'en eL enLI'e dans la vie; c'esL pour­
qlwi le Seigneur dil que celui (lui (ait la Vél'ilé, ses Œum'es sonl
(aites en Dieu, - Jean, HI. 2:1. -Comme .Tean représentaiL le
Licn de la l're, el Pierre le l'l'ai de la Foi, voil' ci-dessus, NU 5,
c'esl pour cela que Jean 1'eposa sw· la lJoil1'ine du Sci(Jnr1l1',
fil suivi! Jf'sus, cc 'f1lcnr. fit pas ricl'l'c, ~Jean, XXI. 13 il 23;
- Ic Seignenr anssi a dil tic Jean, 'fll'il r/1!1JIelll'rmil jusqu'ù cc
1. 5.
50 l.'APOCALYPSE lIÉVÉLÜ. l\" 17,
qu'il vint, - Vcrs. 22, 23, - ainsi jusqn'an jonr présent, qui est
l'avc\nemenl du Seignenr; c'esl aussi pourquoi mainlenanl par III
Seigneur est enseigné le bien de la vie pOlir CCliX qui seronl clans
sa Nonvelle Église, qui esl la Nouvelle Jérusalem. En somme, le
Premier-né esl ce que prnduil d'abord le Vrai d'après Je Bien,
ainsi ce que produil c1'abord l'Enlendemenl d'après la Volon lé,
parce que le Vrai apparlîenl à ['Enlendemenl el le Bien à la Vo­
Ion té: cc Premier, parce qu'il esl COlllme la semence d'où procède
toulle l'l'sIe, eslle Principal. Quanl au Seigneur, il esl Lui-~Iême
le Premier-né d'enlre les morls, parce que Lui-:\Iême aussi, quanl
à son lIumain, est le Vrai Même uni au Divin Bien, dont vheul
tous les hOlllmes qui en eux-mêmes sonl morls. Semblable chose
esl enlendue dans David: « Je l'établirai 1'REMH:n-NÉ, élevé SUI'
les Rois de la terre, »-Ps. LXXXIX. 28;-cela esl dil de l'IIu­
main du Seigneur. De là vienl qu'Israël esl appelé P1'emiC1'-né,
- Exod. IV. 22, 23; - pal' Israël esl enlendu le vrai Cil acle el
pal' Jaco)) le vmi en doctrine, cl comllle pur celui-ci seul il n'y
a aucune Église, c'est pour cela que Jacob a dé nommé Ismël;
mais dans le sens suprême par fsmël esl enlendu le Seigneur. i\
cause de celle représenlalion du Premier-né, Lons les Premiel's­
nés <'tloules (cs Prémices étaienl sanctifiés il Jéhovah, - Exod.
xur. 2,12. XXII. 28,29. - A canse de celle J'eprésenlation les
Lévites élaien l pris pour Premiers-nés Il la place de Lous les Pre­
miers-nés dans l']::glise ISl'aélîle, el il esl dit qu'ainsi ils apparte­
naient Il Jéhovah, -NomlJ. nT. 12,13, Llo Il liG. XVIIf. 15 Ù 18;
- car pal' Lévi esl signifié le vl'ai en acle, qui esl le lJien de la
vie; et c'esl pOUl' cela que le sacerdoce a élé donné à sa poslérité,
comme on le verra dans la suile. Pour celle l'aison aussi une dou­
ble porlîon d'héritage était donnée au Premier-né, et il étail ap­
pelé Conllncncemenl de la force,- Deulér. XXI. 15 Il 17. - Si le
Premiel'-né signifie le Principal de l'I~glise, c'est parce que, dans
la Parole, pal' les naissances naturelles sont signifiées les nais­
sances spirilulelles, el alors ce qlJÎI d'alJord les fait chez l'homme
esl enlendu pal' son Premier-né; l'II l'aH, l'Église n'esl point chez
lui, avant que le Vrai de la doclrine conçu dans l'homme Inlerne
naisse dans l'homme Externe.
18. Et Uti l'rince dcs rois dr: la terre, signifie de Qui 1)1'0­
Vers. 5. CIIAPlTRl'; l'HEm m, 51
cèdt tout ~1'{ti d'ap1'l:s le Vien dans rÉglise. Cela est une suite
de ce qui précède; puisque pal' le Témoin Odèle est signiOé le Sei­
gneur quant au Divin Vrai, et pal' le Premier-né le Seigneur quant
au Divin Bien, pal' conséqul!nt pal' P/'incc de la lN'ft il est si­
gnifié que de Lui procède tout Vrai d'aprè,s le Bien dans l'Église;
que ce soillà ce qui est signiOé par l'I'ince des l'ois de la terre,
c'est parce que pal' les [lois dans le sens spirituel de la Parole il est
entendu ceux qui sont dans les l'rais d'après le bien, et abslrac­
livelnentles l'l'ais d'après le bien, et pal' la terre l'I~glise; que ces
vrais et l'[::glise soient signifiés pal' les rois et [laI' la terre, on le
voit ci-dessous, N° 20 et N° 285.
19. Qui nous aime el nous lave de nos pecltés dans son sang,
signifie qui d'apl"ès ['rl11wur el la miséricorde ré(01'1ne el n!gé­
nère les hommes pal" ses Divins Vr'ais d'aproi:s la T'm'ole. Que
nOlis laver de nos péches, ce soit nous purifier des maux, pal'
conséquent réformer et régénérer, cela est évident; cal' la régé­
nération est le bain spirituel: que pal' son sang, il soit entendu,
non pas la passion de la croix, comme beaue.oup de personnes le
croient, mais le Divin Vl'ai procédant du Seigneur, on peut le voir
par un grand nombre de passages de la Parole, qu'il serait trop
long de rapporter tous ici; ils seront l'apportés plus loin, N°' 379,
684 : voir pOUl' le moment ce qui a été dit et démontré sur la si­
gnification du Sang et de la Chail' du Seigneur dans la Sainte Cène,
dans LA NOUVELLE JÉRUSALEM ET SA DOCTRINE CÉU;STE, publiée
il Londres en 1758, W' 210 il 222; et SUI' le bain spirituel, qui est
la Régénération, dans ce même TI'aité, W' 202 il 209.
20. Vers. 6. El il nous a (ails l'ois el]Jrêll'eS, signifie qui (ait
que ceux qui sonll1L's de Lui, c'csl-ù-dil'e, (lui onl élé 1'égénél'és,
sont dans la sagesse d'ap1'ès les Divins Vrais, et dans l'arnoUl'
d'après les Divins niens. li esl notoire que le Seigneur dans la
Parole est appelé Hai et aussi .l'rêtre; il est appelé Boi d'après la
Divine Sagesse, et l'l'être d'après le Divin A.moul'; c'est pourquoi,
ceux qui sont pal' le Seigneur dans la sagesse sont appelés fils du
Hoî, et aussi liais, et ceux qui sont pal' Lui dans l'amour sont ap­
pelés ~'linistres ct l'l'êtres ; en efTet, la sagesse et l'amour r.hez eux
ne viennent point d'enx, ainsi ne leur appartiennent pas, mais
appartiennent au Seigneur; c'est tic Iii qu'ils sonl entendus pal' les
52 1;,lfGCAI.YI'SE H~:V(:I.Ù:. i'i" 20.
Hois eL pal' les l'rêLres dans la Parole, non pas qn'jls soient enx­
nlêlnes Hois et PréLres, mais parce qn'en eux le Seignenr esL Hoi
cL l'l'être, eL faiL qu'ils sonL ainsi nommés. Ils sonL uussi appel(~s
IH:S de Lui, filsdu royaume, Iils du l'ère et héritiers; Nés de Lui,
- Jean, J. 12, 13, - c'est-il-dire, nés de nouveau ou régénérés,
-.Jean, m. 3 eL suiv.; -Fils du l'Oyaume, -l\IaLLh. VUI. 12.
XIII. 38; -Fils du Pèl'e dans le Ciei,- MaLLh. V.115;-lléri­
tiers, - Ps. CXX VU. 3. 1Sam. II. 8. MuLLh. XXV. 3ft; - eL parce
qu'ils sonL diLs héritiers, fils lIu royaume, et nés du Seignour
comme Père, c'est pour cela qu'ils sonL appelés Hois eL L'réLI'os,
eL qu'cn ouLrc il esL dit qu'ils seronl assis avec le Seigneur en son
Trône, - l'. poco Ul. 21. - Il Ya deux lloyaumes, dans Icsq l1cls
LouL Je Ciel uéLé disLingué, le Royaumc SpiriLuel eL le lloyaumu
CélesLe; le HoyaulIle Spirituel esL ce qui esL appelé Boyauté du
Seignel1li, et comme tous ceux qui sonL dans ce P,oyuunle sOIlL
dans la sagesse d'après les vruis, c'esL pour cela qu'ils sonL en­
tendus par les nais, que le Seigneur fera lies hommes qui son L
pur j~ui duns la Sagesse; eL le noyunme CélesLe esL ce qui esL ap­
pelé Sacerdoce du Seigneur, et comme tous ceux qui sonL duns ce
Hoyaume sonL dans l'amour lI'après les biens, c'esL pour cela qn'ils
sonL enLendus pur les Prêtrl's, que le Seigneur feru des hommes
qui sonL p(\[' JJui dans l'amour; de même l'Église du Seigneur dans
les terres esL distinguée en deux Hoyuumes; SUI' ces deux Royau­
mes, voir duns le Truite DU CI!:I. ET DE L'ENI"JŒ, publié à Londres
en 1758, les NU' 24, 226. Celui qui ne connuÎt pus la signification
spirituelle des Hais eL des Prêtres, peuL se méprendre au sujeL de
!Jien des choses qui sonL rupporLées SUI' eux duns les ProphèLes
eL dans l'Apocalypse; par exemple, uu sujeL de celles-ci dans les
ProphèLes : (l Les fils de l'élranger beÎlil'ont les 1I1.undlles, ct
leUl's Bois sel'onl ci Ion sc/'vice. Tu succras le lail des nations,
clics mamelles des Bois lu suceras, afin que lu saches que Moi,
(je suis) Jehovah Lon Sauveu1' el Lon HédemplcU1'. Il - tsuïe,
LX. '10,16. - (l Des llois seront les 11OUrl'icicrs, cl leurs Prin­
cesscs les nourl'iccs. Il - l~suïe, XLIX. 23; eL uilleurs, comme
Cen. XLIX. 20. l's. II. 1.0. j::saïe, XIV. 9. XXIV. 21. LH. '15. Jérém.
Il.26. IV. 9. XLIX, 3. Lament. Il.6,9. j::zéch. Vil. 26,27. Uosch.
III. /1. Séph. l. 8; - dans ces passages, pal' les I\ois il est enLendu,
Vel's. G. CIL\PITRI'; Pr.E~I1Ell. 53
non des [lois, mais ceux qui saut pal' le Seigne\ll' dans les Divins
Vrais, et abstraclivement les Divins Vrais d'où procède la Sa-
gesse. Par le lIoi du midi ct le Hoi du SC1J/entl'ion qui firent la
guc7Te l'un cont7'e l'autre,- Dan. XL 1, eL suiv., - il n'est pas
non plus entendu des Hais, mais par le Hoi du midi il est enLendu
cellX qui sont dans les vrais, et par le fiai du septentrion ceux qui
sont dans les faux. Pareillement dans l'Apocalypse, ail les Rois
sont LanL de fois nommés, comme dans ces passages: (( Le si.1;ième
Ange versa sa coupe sw'le grand fleuve, l'Euphrate, ct {Ilt ta7"Ïe
son cau, afin que fût prépa7"l:! le chemin des llois de deve7's le
levant du soleil. Il-XVI. 12, - " Ilvec la grande lJ7'ostituce,
qui est assise sur la multitude des caux, ont commis scortalion
les llois de la ten'e. Il - XVrf. 2. - (( Du vin de la (w'ew' de
scortation de Bauylone ont bu toutes les nations, ct les Rois de
la terre avec elle ont commis scortation, Il - XVIII. 3. - « Et
je vis la bete, ct les Rois de la te7"!'e, et leurs années assemblees
pow' (aire la guerre il celui qui était monté SW' le Cheval
blanc, » - XIX. 19. - I C Et les nations, qui auront été sauvées,
dans sa lumière 77w7'clle7'ont, et les Rois de la terre alJporte-
1'ont leur gloi7'e et lew' !tonneur' dans la Nouvelle Jé7'usalem. Il
- XXI. 24; et ailleurs, comme X vr. 14. XVi[. 2, 9 à 14. XV m.
9,10. - Dans ces passages, par les Hais il est enLendu ceux qui
sont dans les vrais, et dans le sens opposé ceux qui sonL dans
les faux, et abstraclivemen Lles vrais ou les faux j par la scOt'laLion
de Babylone avec les Hais de la Lerre il esL entendu la falsificaLion
du vrai de l'I~glise; que Babylone, ou la femme assise sur la bêLe
écarlaLe, n'ait pas commis scortaLion avec les I\ois, mais qu'elle
ail falsifié les vrais de la Parole, cela esL évident. D'après ces ex-
plications, on l'aiL clairemenL que par les Hois que le Seigneur fera
de cellX qui par Lui deviennenL sages, il esL enLendu, non pas que
r.eux lit deviendront des Hois, mais qu'ils seront sages; qu'il en
sail ainsi, c'esL même ce que voit la raison illusLrée. J.I en esL de
même de cc qui suiL : (( Tu nous as faits i.t notre Dieu Rois cl
Prêtres, ct 1l0US règneTo1ls sur la terre. Il - fi poe. V. 10. -
Que le Seigneur pal' fiai aiL entendu la Vél'ité, on le voit claire-
ment pal' ses pal'oles it Pilale : (( Pilate lui dit: lÎs-tu donc Hoi,
Toi? Jésus 7'l!pondit : Toi, tu (le) dis, que /loi je suis, Moi.
1. 5*,
5[1 L'APOC.lJ.YrSÈ n{:l'üü:. W 20.

Moi, lJOUI' cela je suis né, cl lJOtl/' cela je mis venu dans le
Monde, afin que je rende témoignage ci la Vél'ité; quiconque
esl dt la Vél'ilé enlend ma voi.v. Pilale lui dil : Qu'esl-ce que
Vérilé? Il - Jean, XVlll. 37, a8; - rendre témoignage à la
Vérit~, c'est déclarer (lue Lui-~lème est la Vérité; et call1me d'a­
près clle il se nommaitl\oi, Pilate dit : Qu'est-c.e que Vérité 1
c'est-à-dire: Est-ce que la Vérité est un Hai? Que les l'l'êtres si­
gnifient ceux qui sont dans le bien de l'amour, el uiJslractivement
les biens de l'amour, on le vena dans la suile.
2'1. A son Dieu el PCfre, signifie ])(/1' conséquenl les images
de .la Divine Sagesse et (le son Divin Amour. l'al' Dieu el Pèl'e,
dans le sens spirituel, il n'est pas entendu deux Personnes, mais
par Dieu il est entendu le Divin qnant il la ~agesse, et par le Père
le Divin quant il l'Amour, car dans le Seigneur il y a les deux, la
Divine Sagesse et le Di\'in AmOLli', ou le Divin Vrai et le Divin
Dien; ces deux dans l'Ancien Testament sunt entendus par Dieu
ct .Jéhovah, ici par Dieu et Père. 01', comme le Seigneur enseigne
que Lui ct le Père sont un, et que Lui est dans le Père, et le Père
en Lui,-Jean, X, 30. XlV. 10, 11,- par Dieu et Père il est entendu
non pas deux Personnes, mais le Seigneur Seul; le Divin aussi
est un et indivisible, c'est pOllrquoi pal' « Jésus-Christ nons a faits
Hois ct Prêtres il son Dieu et ['ère, Il il est signifié pour que (levant
Lni ils se montrent images de sa Divine Sagesse et de son Divin
Amour; en ces deux aussi consiste l'image de Dien chez les
homllles el chez les anges. Que le Divin, qui en Lui-~lêllle est un,
soit désigné dans la Parole pal' divers noms, on le voit dans la
DOCTRliU~ DE LA NOUVELLE JÉr,USI\LE~1 SUR LE SEIGNEUR. Que le
Seigneur Lui-Même sail aussi le PèrE', cela est évident pal' ces
passages; dans Ésaïe: « Un Enfant nOlis est né, Wl Fils nous a elé
donné, donl le Nom saa rtl.11J{:lé Admirable, DIEU, lléros, PI~:ln;
D'l~TERNITÉ, PI'illce dl! pa-ix. 1) - IX. 5; - dans le Même: « Toi,
JdlwlJah, noll'e Père, nol1'e rH:DE~IPTEUR, dès lI! siècle (c'est) Ion
Nom. » - LXLU. 16. - Et dans Jean: « Si vous M'avez connu,
mon Père aussi VOltS avez connu, el dès ci présent VOliS L'avez
COnTill et VOliS J)avez 'Olt. Philippe dil : Seigneur, 11l0nl1'I!-1l0US
le Père. J éS/ts lui dit: Qui 11Fa vu, a 'Olt le Pèr'e; commenl donc,
loi, dis-lll : illonlre-nous le Père. Croyez-Moi, qUI! Moi (je suis)
Vcrs. G, CII.II'ITRE PI\i::.lIEr.., 55
daus le l'èl'e, el que lI' l'r)l'e (esL) en Moi. Il - Xl V. 7, 8, 9, H.
- Voil' plus lJas, N° 961.
22. A Lui la gloi/'e el la fm'CG' al/,1; sil)cles des sii:clts, signifie
li Qui Seul est la /)ü'ine Majeslé el la Vivine Toute-I'uissanCl: Ù
elernile. ])al~s la "arole, lorsqu'il s'agiL du Seigneur, la Gloire
signifie la Divine ~lajcslé eL se dit de sa Divine Sagesse, el la FOl'ce
signifie la Divine Tou le-Puissance el se dil dr, son Divin Amour,
el par les siècles des siècles il esl signifié il élel'lliLé. Que ces
choses soient signifiées pal' la gloire, la force cl les siècles des
siècles, IOh'Sqll'ii s'agil de Jéhovah ou du Seigneur, cela peut être
conlklllé par beaueoup de passages dans la l'arole.
23. Amen, signifie confil'U'Ullion /)ivine d'apl'ès la Vérilé,
ainsi d'apl'èS Lui-illiJnw. flmen signifie la vérité; eL eomme le
Seigneur éLait la Vérité même, c'est pour cela qu'il a dit tant de
fois: Amen, je vous dis, comme dans ~IatLh. V, 18,26. Vl. 16.
X, 23, 42. XVIJ. 20. XVIIL. 13,18. XXV. 12. XXVIII. 20. Jean,
HL. 11. V. 19,24,25. Vl. 26,32,47,53. VlfI. 34, 51, 58. X. 7,
2li. XIII. 16,20,21. XXI. 18,25; el ci-après dans l'Apocalypse:
« il dit ces choses, l'fi men, lI: Témoin fidèll: et vél'itaUle. Il ­
111. 14, - c'esl-il-dire, le Seigneur. Que le Seigneur soiL la Vérité
même, il l'enseigne L\li-~Jême dans Jean, - XLV. 6. XVU. 19.
24. Vers. 7. Voici, il vienl avec les nuees,signifie que le Scï­
gneu!' se J'évdlel'a dans le sens de la leltl'e de la Pw'ole, ct en Ol/­
V/'il'a le sens spil'ituel à la fin de l'Église. Celui qui ne connaît
rien du sens inlel'11e ou spiriLuel de la Parole, ne peul pas savoir ce
qui a élé enlendu pal' le Seigneur par cela qu'il devait vcnir dans
les Nuées du Ciel; cal' il répondiL au Grand-PrêLre qui l'adjurait de
dire s'il étaiL le Chris l, le Fils de Dien: « Toi, lU (l')as dit: Moi je
(le) sllis; el vous verl'ez le Fils ile l'ItOmme assis iL la dl'oite de
la ]Juissance, el venanl avec les Nuées du Cid. »- ~Iallh. XX Vr.
G3, Gli. ~Iarc, Xl\'. 61, 62; - cl lorsque le Seigneur parle de la
Consommation du siècle aux clisciples, il dil : « Elcdol's I.tppl.tral'­
11'a le signe du Fils de l'It011!'l/W, clan le ven 'a venir dam les
Nuées du Ciel avec puissance el gloù·e. 1) - MalliJ. XXIV. 30.
l\'Jarc, XlLl. 26;- parla Nuée du Ciel, dans laquelle il doil venir,
il n'csL pas enLellllu aulre chose que la Parole dans Ic scns de la
leLtre, eL pal' la Cloire, dans lafJuellc on le l'crra, il n'esl pas en­
56 L'Al'OC,' 1. lTSE li ÉVt:i.f:f:. N" 2{1.
tcndu autrc chose quc la Parole dans Ic sens spiriluel. Qu'il en
soit ainsi, c'est ce que peuvent difficilement cmire ceux qui ne
pensent pas au delà du sens de la leUre de la Parole; ponr cux,
une nuée est une nuée, et par suite ils cmient que le Seigneur
apparallra dans les Nuées· du Ciel à l'instant du Jugement Oer­
nier; mais cela tombe, lorsqu'on sail que la Nuéc est le Divin Vrai
dans les derniet's, pal' conséquent la Parole dans le sens de la
leUre. Dans le Monde spirHucl, il appara\[ dcs Nuées de m.ême
que dans le ~Ionde natul'el; mais les Nuées dans le Monde spiri­
tuel apparaissent au-dessous des Cieux chez ceux qui sont dans
le sens de la leUre de la Parole, plus obscures ou plus claires se­
lon l'entendement de la Parole et en même temps selon la récep­
lion; cela vient de ce que la Lumière du Ciel y est le Divin Vrai,
et que les Ténèbres y sont les faux; de là les Nuées claires sonl
le Divin Vrai voilé pal' des apparences du vrai, tell\) qu'est la Pa­
role dans la leUre chez ceux qui sont dans les vrais, et les Nuées
obscures sont le Divin Vrai enveloppé d'illusions confirmées pal'
des apparences, telle qn'est la Pamle dans la lellre chez ceux qui
sont dans les faux; j'ai vu souvent ces Nuées, et j'ai remarqué
clairement d'où elles viennent, et ce qu'elles sont. 01', comme le
Seigneur après la glorification de son Humain est devenu le Div~n
Vrai ou la l'amie, même d'ans les derniers, c'est pour cela qu'il
a dit au Grand-Prêtre que dès maintenant on ven'ait le Fils
de l'homme venant avec les Nuées du Ciel. Mais qnand il a dit
aux disciples que, il la Consommation du siècle le signe du Fils
de l'/tomme a7JpW'etill'ait, et qu'on le verrait venir dans les
Nuées du Ciel avec puissance et gloire, il annonçait qu'à la fin
de \'~gllise, quand arriverait le Jugement dernier, il apparaîtrait
dans la Parole, et en révélerait le sens s!)i!,.ituel, ce qui même a
été fail aujourd'hui, parce que maintenant c'est la fin de \'I;:glise,
et le Jugement dernier est terminé, comme on peut le voir par
les Opuscules del'tlièrement publiés: c'est donc cela qui est en­
tendu ici dans l'Apocalypse pal' « Voici, il vient avec les Nuées;»
puis dans la suite: « Je vis, et voici wu: Nuée blanche, ct SUl" la
Nuée quelqu'ùn assis semblaûle au Fils de l'Homme.» -Apoc.
XIV. 14;-c.omme allssi dans Daniel: (1 Voyant je {us en visions
demât, ct voici avec les Nuées COln/ue un Fils de lïlommequi ve­
Yers. 7. CILlPI'fIH: rnE)JIEJ\. 57
mât. Il-YU. 13; -que pal' Fils de l'llomme il soit enlenùulc Sei­
gneur quanl il la Parole, on le l'ail dans la OOCTIlINE DE LA Nou­
VELLE .Ji:nusALEM SUR I.E SEIGNEUR, NU' 19 il 28. Que pal' la Nuée
aussi ailleurs dans la 1'a:'ole il sail entendu le Divin Vrai dans les
ùerniers, el par conséqueul aussi la Parole dans la lellre, on peul
le voir par les pass..îges ai! on y lil le mol Nuces, camille clans
ceux-ci: Il Personne comme Dicu, ô Jesclw/'un, chevauchant
dans le Cicl~ cl daus .la l/I,C!(Jui{tceuce sur les Nuées. Il - Denlér.
XXXII[. 26. - « Chantez li Dieu, louez son No11/., exaltez Celui
Ifui chevauche su'/' les Nuées. Il - l's. LXVlIl. 5. - Il Jéhovah
chevauchant S1ll'uue Nuée lé(Jèl·c. l l - 1::sa[e, }, lX. 1; - (:hevau­
cher sllr les nuées signifie êlre clans la sagesse cie la Parole, cal' le
Che\'al signifie l'entendemenl de la Parole; qui esl-ce qui ne voil
pas Llue Dieu ne chevauche poinl snI' les nuées? Il Dieu c/wvau­
citait sur des Clu}l'ubins; et il posa sa tente, Nuées d(:s Gieu:v. Il
-l's. XVlIf. 11 à 13, - pareillemenl; tes Chél'llbillS aussi signi­
fienl!a Parole, ~'oÎ1' plus iJas, N'" 239, 672; la lenle signifie ha­
bilation. « Jdhovah lamb1'is.';e avec les eaux ses chamvres /UIll­
tes, il fuit d'une IV tlce son char. Il - l's. Cl V. 3; - les eaux si­
gnil1enlles vrais, les clwr:Jbl'es hal'lles les doclrinaux, elle chal'
la doclrine, lOl!lles choses qui sonl diles Nuées, parce qu'elles
SOllt d'après le sens de la lellre de la Parole. « Il lie les caux
dans ses Nades, et la Nuee ll'est point rompue sous elles~ ct il
dtend sur le trône .la Nude. n-Job, XXVI. 8,9,- pareillernenl.
« Dù:u liritl'esplendil" la lmniêl"c cie sa IVuà:. n - Job, XXXVII.
t5. - C' /Jonnez la (on'o li Dieu, sa force (esl) SUI' les Nuées. n
- l's. LX YHI. 35; - la 1Ulllière de la nliée sign-ifie le Divin Vrai
,. de la. Parole, el la [orce signifie la Divine puissance, là.\« Luci­
(el', lU as dit dans ton cœul' .' Je monterai Slll' les hauts lieux
) de la Nude, semblable je deviendrai au Très-fIaut. Il -Ésa~e,
XLV. 13, 1LJ. - Il Abandonnez Babel, parce qu'c:llc s'est dlovee
jusqu'aux Nucs.I)-.Jél'élll. LI. 9;-pal' Lucifer el par Babel sonl
) signifiés ceux qlli profanenlles biens ellcs vra~~~~_l'arolc; ce
sonl donc ces viens el ces \'I"ais qui sonl enlendus là par les Nnées.
« Jd/tovah dtcndit Ulle Nuce pow' couvcrtw'c. Il-T's. CV. 39.­
Il Jéhovah et créé S1/1' tout habitacle de Sion une Nuée 71Cudant

le jour; car sw' iOIllG' gloil"c, une couverture. 1) - !'~saïc, t l'. 5;


58 L'APOC,\I.Yt>St: I\~V~L1:;E. N" 2l1.
- ici aussi par la Nuée est enlendue la Parole dans le sens de la
lellre, sens qui, parce qu'il renferme et couvre le sens spirituel,
est appelé couverture SUl' la gloire; que le sens de la lelll'e de la
Parole suit une couverture, de peul' que son sens spirituel ne soit
blessé, on le voit dans la DOCTRINE DE LA NOUVELLE HRUS,\LEM
SUR L'ÉCRITURE SAINTE, N° 33; qu'il soit aussi une garde, on le
voit dans le même Traité, N° 97. Le Divin Vl'ai dans les derniers,
qui est la même chose que la Parole dans le sens de la lellre, éLai t
aussi représenté pal' la Nuée, dans laquelle Jéhovah descendit
sur la montagne de Sinaï, et promulgua la T.oi, - Exod. XIX.
9. XXXIV. 5; - puis aussi, pal' la Nuée qui couvrit Pierre, Jac­
ques et Jean, quand Jésus fut transfigUl'é; il est dit à ce sujeL :
" Comme Pierre 7Jarlait encore, voici, une Nuée les ombragea;
ct voici une voix, de la Nuée, disant: Celui-ci est mon Fils
bien-aimé, écoutez-Le. Il - i\lallh. XVII. 5..Marc, IX. 7. Luc,
IX. 3ft, 35; -le Seigneur dans celle TransfiguraLion se fit "oir
comme Parole, c'est pom'quoi une Nuée les ombragea, eL une voix
de la Nuée fut entendue disant, qu'il était le Fils de Dieu; une
voix de la Nuée, c'est de la Parole. Que par la Nuée, dans le sens
opposé, il soit entendu la Parole quant au sens de la lettre falsifié,
on le verra aillems.
25. Et Le verra tout œil, signifie que tous cel,X qui sont d'a­
près l'affection dans l'entendement du Divin Vrai Le 'recon­
nailTont. Pal' l'œil, dans le sens spirituel, c'est l'entendement et
non l'œil qui est entendu; c'esL pourquoi par tout œil Le verra,
il est signifié que tous ceux qui sont d'après l'afTecLion dans l'en­
tendement du Divin Vrai le reconnaitronl, puisqu'eux seuls com­
prennent et reconnaissent; les autres, il est vrai, voient eL aussi
comprennent, mais ne reconnaissent point: les premiers sont si­
gnifiés, parce qu'il est dit ensuilte, qne ceux aussi qui l'ont percé
le verront; par ceux-ci sont enLendns ceux qui sont dans les faux.
()ue l'œil signifie l'entendement, on le verra plus bas, N" liS,
26, Ceux aussi qui L'ont percé, signifie que ccux qui dans
n~glise sont dans les {au,v Le verront aussi. l'al' percer Jésus­
Christ, il n'e$t pas entendu autre chose que détruire son Divin
Vrai dans la Parole; cela aussi est entendu en ce que l'un des sol­
dats Lui perça le CÛlé, ct quïl en SOl'tit du sang et de l'eau, _.
Vers. 7, CIIAPITRL PI\t:mLR • 59
.Jean, xrx. 3tl; - le sang et l'eau sont le Divin V.'ai Spiritucl et
le Divin Vrai Naturel, ainsi la Parole dans le sens spirituel et dans
le sens naturel, et percer le côté du Seigneur, c'est détruire l'un et
l'autl'e pal' les faux, comme aussi cela a été fait pal' les Juif,; en
elfel, toutcs les particularités de la Passion du Seigneur représen­
taient l'élat de l'Église Juive quant 11 la Parole; voir SUI' ce sujet,
dans la DOCTRIlH DE LA NOU\'ELLE .J{;nUSALE~1 SUR LE SEIGNEUR,
les 1\"' 15 â 17. Que par Le 1)(!1'Cel' il soit signifié détruire la Pa­
l'ole par les faux, c'est parce que cela est dit de Jésus-Christ, qui
aussitôt est appelé Fils de l'Homme, et que par le Fils de l'lIomme
il est entendu le Seigneur quant 11 la Parole; percer le Fils de
Jïlomllle, r,'est donc détruire la Parole.
27. El se lalllenle7'Onl SUl' Lui Ioules les T7'ilus de la lelTe,
signi(U' que cela a/Tivem quand il n'y aura plus aucun bien ni
aucun vrai dans l'Église. Que les T1'Ïbus de la lerre signifient
les biens et les vrais de l'I::glise, on le verra dans l'Explication du
Chapitre VIl, où il s'agit des douze Tribus d'Israèl; se lamenlel'
signifie la doulelll' de ce que ces biens et ces vrais sont morts. 11
est entendu ki la même chose que par les Paroles du Seignenl'
dans Mallllien : {( A1J1'ès l'affliclion de C('S jou1'S-là, le soleil sera
obscurci, cl la lune ne donnel'a poinl sa lueur, cl les étoiles
lomberonl du ciel; el alol's appal'aflJ'a le signe du Fils de
flIon1nw, el alors SE LAMENTERONT rOUTES LES TRIDUS DE LA
TERRE. II - XXtV. 29,30; - ces choses ont été dilrs de la con­
sommation du siècle, qui est la fin de l't:glise; le soleil sera obs­
curci, signifie qu'il n'y aura plus ni amoul' ni charité; la lune ne
donnera plus sa lueur, signifie qu'il n'y aura plus ni intelligeuce
ni foi; les étoiles tomberont du ciel, signifie qu'il n'y aura plus
de connaissance du bien et du vrai; toutes les 1'l'ibus cie la terre
se lamenteront, signifie qu'il n'y aura plus ni biens ni vrais; l'af­
fliction signifie cet état de l'Église,
28. Oui; amen, signifie la con~l'rnalion Divine que cela doil
arrivel' ainsi. On le voit clairemen t d'après les explicaLions don­
nées ci-dessus, N" 23.
29. Vers. 8. Moi, je suis l'Alpha el l'Oméga, Conl1hence1llenl ct
Fin, signifie Qui eslle Soi-M ème et tUnique, dC)JIlis le.llJrl!11!ù:l'S
jusqu'aux demiel's, de Qui pl'oci~clcml IoUles choscs; pm' con­
GO L',\POCALrPSf: IlfvfLÜ:, y' 2D,

sir;1lI:nl, Qui esi l'A1Ilom' l\1ême cl Uniquc, la Sagcsse 1l1i'Illc cl


Unique, cl la Vic Mc:me ct Unique- en Soi; ainsi, Qui est /1.'
Cnialeul', le Sauveur cl tIUusll'alelll' Mé-me el Unique pal' Soi,
Cl )XII' mile le 10UI dans taules les choses du Ciel ct de l'Église.
Ce sonllà les choses, el plusieurs autres encore, qui sonl conle­
nues dans ces paroles par lesquelles est décrit le Seigneur; que
cela ail élé dit du Seigneur, et llll\me de son Humain, on le l'ail
clairenlenl, cal' il est dil ensuite, que Jean entene/il une VOi:ll qui
disail: Moi, je suis l'Alpha ell'Onu!ga, II' Jlremù-,l' el le DI'1'1zicl';
cl qu'il sc l'elolll'na pour voir la voix qui pa1'lll"il avec lui, ('(
qu'i! vil le F[LS DE L'[Jom[E dans le milieu des sepl c/tan­
delieJ's, - r. 10, H, :12, 13, - Lequel, peu après, dil aussi:
cc Moi, je Sllis le Premier et le Demier, el qui (suis) vivant, el
j'ai dé mari. » - Vers. 17, 18. Chap. II. 8. - l\Jais, que loules
ces choses, qui viennenl d'êtt'e dites, soi<'nt conlenues dans ces
paroles, c'esl ce qui ne peul pas être conflt'mé en peu de mols,
cal' les conf1rmer de manière il ce qu'elles soient saisies exigerail
plusieurs volumes; néanmoins elles onl élé confirmées en partie
dans LA SAGi>SSE ANGfLIQUE sun LE DIV[N A)!OUI\ f:T SUit [,A D[VI~I';
SAGESSE, publiée dernièrement à Amslerdam; voir cc Traité, Si
le Seigneur se dit l'Alpha el l'Oméga, Commencenwnl el Fin,
c'esl parce que l'Alpha el l'Oméga se réfèrent il son Divin Amour,
el que Commencemenl el Fin se réfèrenl à sa Divine Sagesse, car
dans chacune lies choses de la Parol'e il yale mariage de l'amour
et de la Sagesse, ou du bien ct du vrai; voir sur ce mariage la
IlOCTR[NE DE LA NOUVELl.E JJ\nUSAI.E)[ SUR L'I::cnITURE SAINTf.,
N°' 80 à 90. Le Seigneur esl appelé l'Alpha et l'Oméga, parce {lue
l'Alpha eslla première lellre, et l'Oméga la dernièt'e dans l'Al­
phabet grec, et que par suite ces deux lettres signifient loules
choses dans le complexe; la raison de œla, c'esl que chaque leUre
alphabéliqul', dans le Monde spiriluel, signifie une certaine chose,
et ql1'tme \'oyelle, parce qu'elle sert at! son, signifie quelque chose
de l'affection ou de l'amour; de celle origine dérive le langage
spi ri tuel et angélique, el aussi l'écrilure; mais cela esl un arcane
inconnu jusqu'à présenl; en errel, il y a une Langue universelle,
dans laquelle sa III tous les Anges etlollS les Esprits, ct ceLLe lan­
gue n'a rien de Commlln avec aucune langue des ho III III cs dans le
\'el's. 8, CHAPITIIE l'REM1EIL 61
Monde; tout homme après ln mort vient dans celle langue, car
elle est insitée par création ùans chaque homme, c'est pourquoi
dans tout le Monùe spirituel c!liIcun peut comprendre ce qu'un
autre dit; il m'a été donné très-soul'ent d'entendre parler cette
langue, et allssi de la parler, et je l'ai comparée avec les langues
du Monde, et me suis aperçu que, pas même en la moindre chose,
elle ne fait un avec aucune langue naturelle dans les terres; elle
en diffère par son point primitif, qui est que chaque lettre de
chaque mot signine quelque sens tant dans le langage que dans
l'écriture; c'est donc de là que le Seigneur se dit l'Alpha etl'O­
méga, ce quil signifie qu'il est le tout dans toutes les choses du
Ciel et de n~glise; et comme ce sont deux Voyelles, elles se rél'è­
['ent à l'Amour, comme il vient d'être dit. SUI' celte Langue ct SUI'
son Écriture, qui découlent de la pensée spirituelle des Anges,
voir aussi quelques explications dans LA SAGESSE ANGÉLIQUE sun
LE DIVIN A~IOUII ET SUR LA DIVINE SAGESSE, N" 295.
30. Dit le Seigneur Qui Est, el Qui Étail, et Qui Vient, si­
gni(ie qui est Élemel elln(ini, el qui esl Jéhovah. Voir ci-des­
sus, N° 13, où ceci a été expliqUé.
3:!. Qui esl Toul-Puissant, signifie qui eSI, vil et peut (l'a­
près Lui-l'\Jlt!l'IU:, et qui gouverne Ioules choses d'après les pre­
miers 71ar les derniers. Puisque taules choses viennent du Sei­
gneur, ct onl été creces d'après les premiers qui viennent rie Lui,
et qu'il n'y a rien qui ne tire de là SOIl existence, comme il a été
abondamment mon Ire dans LA SAGF.SSE ANGÉLIQUE SUR LE DIVIN
AlIIOUR ET SUR LA DIVINE SAGESSf:, il s'ensuit qu'il est Tout-Puis­
sant. Suppose un Un d'où dérivent toutes choses, est-ce que toutes
choses n'appartiendront pas ù cet Un, duquel elles dépendent dans
leur ordre, comme les anneaux d'une chaîne dépendent du pre­
mier anneau, ou comme les vaisseaux sanguins de tout le corps
dépendent du cœur, ou comme toutes les choses de l'univers en
général et en particulier dependent du Soleil? ainsi c'est [In Sei­
gneur, qui est le Soleil du l\londe spirituel dont proviennent toute
Essence, touteVie et toute Puissance, que dépendent toutes choses
chez ceux qui sont sous ce Soleil; en un mot, pal' Lui nous sommes,
nous vivons, ct nous nous mouvons, - Act. Apût. XViI. 28; ­
c'estlù la DivineToute-Puissancc, Que le seigneur goul'erne toul('s
~ a
---...

(j2 L'APOCALYPSE RI;VÉLÉE. 1\°31,


choses d'après les premiers par les derniers, c'est un arcane qui,
jusqu'à présent, n'avait pas été révélé, mais qui a été expliqué
dans la TlOCTRINE DE LA NOUVELLE JÉRUSALEM SUR LE SEIGNEUR,
et SUR I:f~CRITURE SAINTE, en beaucoup d'endroits; puis dans LA
~AGESSE ANGÉLIQUE SUR LA DIVINE PROVIDENCE, 1\0 1211; et sur
LE DIVIN lUroUR, N" 221. Il est bien connu que le Divin, parce
qu'il est Infini, ne tombe dans les idées de la pensée d'aucun
homme, ni d'aucun Ange, parce qu'elles sont finies, et que le fini
n'est point capable de pel~cevoir l'Infini; cependant, afin qu'il soit
perçu en quelque manière, H a plu au Seigneur de décrire son In-
finité par ces paroles: Moi, je suis l'Alpila ct l'Omega, Com-
mcncement et Fin; Qui Est, et Qui l~tait, ct Qui Vient, Qui est
Tout-Puissant,. c'est pourquoi ces paroles renferment taules les
choses que jamais ange et homme peuvent penser spirituellement
et nalllliellement sU\' le Divin; ce sont en général celles qui vien-
nent d'être nniversellement rapPol,'tées.
32. Vers. 9, Moi, .Jean, qui suis et votre {l'ère et votre compa-
gnon, signifie ccux qui sont dans le bien de la clwl'ite et par sui.te
dans les vrais de la roi. Que Jean l'Apôtre ait représenté cenx
cjui sont dans le bien de la charité, c'est ce qui a été dit ci-dessus,
N" 5; ct ceux qui son t dans le bien de la charité son t aussi dans
les vrais de la foi, puisque la charité est l'àme ct la vie de la foi;
de là vient que Jean se nomme frère et compagnon de ceux, dans
l'tglise, auxquels il écrit, car il a écrit am: sept I~glises; par frère,
dans le sens spirituel de la Parole, il est entendu celui qui est dans
le bien de la charité, et par compagnon, celui qui par sui,le est
dans les vrais de la foi; car tous sont comme des consanguins par
la charité, et comme des alliés pal' la foi; cn effet, la charité con-
joint, mais non de même la foi, à moins qu'elle ne vienne de la
charité; quand la foi vient de la charité, alors la charité conjoint
et la foi consocie; et comme elles font un, c'est pom cela que le
Seigneur a commandé que tous fussent frères, car il a dit: « Un
seul est votre Docteur, le Cill'ist,. nwis tous, vous, Frb'es vous
êtes. J l - ~latth. XXlll. 8; - le Seigneur aussi appelle frères ceux
qui sont dans le bien de la charité 011 dans le bien de la vie; il
dit: « Ma mi:l'e et mes {l'l'l'eS, cc sont ceux qui entendent la Pa-
role de Dieu et qui la (ont. » - Luc, VII!.. 21. ~latth. XIr. !l9.
Vers. \J. CHAPITIH~ PHEMlEI\. 6;3
Marc, lU. 33 à 35; - par la mère il est entendu l'Église, et par
les frères ceux qui sont ùans la charité: ct cOlllme Ir. bien de la
charité est le l'l'ère, c'est pOUl' cela que le Seignem appelle encore
frères ceux qui sont dans ce bien, - ~lalth. XXV. üO; - et aussi
disciples, - ~iallh. XXVlll. 10. Jean, XX. i 7; - mais on Ile lit
pas que les disciples aient appelé frèm le Seigneur, parce que le
frère cotie bien qui proeèùe du Seigneur; il en est de cela comme
d'un Hoi, d'un Prince et d'un iVlagnat, qui appellent frères leurs
consanguins et leurs alliés, mais ceux-ci néanmoins ne leur don-
nent pas ce nom; cal' le Seigneur dit: (( Un seul est votre Doc-
teur, le Chl'Îst; mais tous, vous, (l'ères vous êtes. »~!\lallh.
XXII!. 8; - puis: (( Vous, vous M'ap]Jc/l?Z Maitre ct Seigneur,
et bien vous clites, cal' je le suis. »- Jean, XIII. 13. - Les fils
d'Israël appelaient frères tous ceux qui descendaient de Jacob leur
père, et aussi, par une plus large extension, ceux qui descendaient
d'{~saü; mais ceux qui n'en descendaient pas, ils les appelaient
compagnons. J'lIais comme la Parole, dans le sens spirituel, traile
seulement de ceux qui sont ùans l'{~glise du Seigneur, c'est pOUl'
cela que dans cc sens pal' frères il est entendu ceux qui sont par
le Seigneur dans le bien de la charité, et pal' compagnons ceux
qui sont dans les vrais de la foi; de même dans les passages sui-
vants :(( Ainsi, vous dil'tz chacun li son COMPAGNON ct chacun li
son FRÈI\E : Qu'a n!pondu Jéhovah? » - Jérém. XXIII. 35. -
(1 Vous n'avez point proclamé la liberté, chacun li son FRÈRE,

ni chacun li; son CO~!I'AGNON. »-Jérém. XXXIV. 17. - li Que


~wrsonne ne ]JI 'esse son CO~IPAGNON ni son FRÈRE. " - Dentér.
XV. i, 2. -(( A cause cie mes FnÈREs et de mes CO~IPAG;,;oNsje
parlerai. Il - Ps. CXXU. 8. - (( Chacun aide son CO~IPAGNON,
ct dit il son FRÈRE: Fortifie-toi. Il-}:saïe, XLl. 6.- Et, dans le
sens opposé: (( Chacun de son CO~IPAGNON gardez-vous, ct il
;mcun FnÈRE ne vous fiez; tout fRÈIIE SU]Jpümte, et tout CO~I­
l'AGNON calomnie. »-.Jérém. rx. 3. - (( Je 1/tellrai aux lJ1'ises
l'Egypte avec l'ÉgY]Jte, de telle sorte que comballe c/tacan
contT'e son FHÈRE, et chacun contl'e son COMPAGNON. Il - I~saïp,
XIX. 2; - et ailleurs, Ces passages Ollt été l'apportés, afin qu'on
sache pourquoi Jean se dil Frère el Compagnon; et que pal' Frère,
dans la Parole, il est entendu celui qui est dans la eharité 0\1 dans
G'l l,',\POG,li.YPSE H;;yÜ~Ii. ;\" 32.
le biell, et par Compagnon celui quvest dans la foi on dans le vrai.
.ilais cOlilme c'est lie la charité que vient la foi, c'est pour cela
que le Seigneur n'emploie l'expression de cOlnpagnon à l'égard de
qni que ce soil, mais se sert des expressions frères ou prochain;
chacun aussi est le procllain selon la qnalité dn bien, - Luc, X.
36,37.
33. Dans l'affliction, et dans II: J'oyaume, et la patiente at­
tente de Jésus-Chl'ist, signifie choses qui, dans l'Église, ont été
infestées ))(tl' les maux et par les faux, mais que les maux et
les {aux seront daignes par le Seigneur, quand il viend1'Q. Par
l'affliction est entendu l'état de l'~glise, quand il n'y a p~us ancun
bien de la charité ni aucun vrai de la foi, mais qu'à lenr place il y
a des lllaux et des faux; par le royaume est entendue l'Eglise; et
par la patiente attente de JéSllS-ChTÎst est entendu l'avénement
Uu Seignellr; c'est pourquoi ces paroles," dans l'affiiction, et dans
le royaume, et la patiente attente de Jésus-Christ, Il réllnies en
un seul sens, signifient quand les biens et les vrais de l'Église ont
été ilufestés par les maux et pair les faux, mais que ces maux et ces
faux seront éloignés par le Seigneur, quand il viendra. Que par
l'AlJlidion il soit entendu l'état de l'f~glise, quand elle a été in­
feslée par les mallX et par les faux, on le voit clairement par ces
passages: " A la consommation du siècle ils vous livreront li
l'An'LlcTION, ct ils vous tueront. 11 y aura une AFFLICTION
grande, telle que lJoint il n'y en eut depuis le commencement
du monde, ct point il n'yen aUnl. Après l'AFFLICTION de ces
jours-là, le Soleil sera obscw'ci, lu Lune ne donnera lJoint sa
lueur, ct les Étoiles tomberont du Ciel. »-Matth. XXIV. 9,21,
29. i\larc, XllJ. 19, 2!1. - Que le Hoyaume signifie l'Église, on le
verra dans ce qui suit.
34. J'étais dans l'ilc nommée Patmas , signifie l'état et le
lieu, dans lesql~els il a lJll (}ll'e illustré. Si la névélation uété
l.faite
à Jean dans Palmos, c'est parce qne c'était une Ile dans la

'et que par les Iles sont signifiées des nations plus éloignées du
Grèce, non loin de la terre de Canaan, et enlre l'Asie etl'EUI:ope,

cnlte de Dieu, mais qui néanmoins doivent s'en approcher parce


qu'eHes peuvent être illustrées; pareillement pal' la ..QI]Ce; niàis
l'Église eHe-même est signifiée par la tcne de Canaan; ilflr l'Asie
Vers. 9. CHAPITJ1E l'nE~IIt:n. 65
sonL signifiés ceux de \'l::glise qui d'après la Parole son Ldans la
lumière cie la Vérilé, eL par l'Europe ccux auxquels la Parole doiL
\1 parvenir; de lit vienL que pal' l'He de Palmos il esL signifié l'él~L elle
\ WI dans lesq!!.els Jean a pli êLre illusLré. QlIe pal' les Iles, dans la
'at'ole, il soiL signifié des Nations plus éloigllées du culte cie Dieu,
.lUis qui néanmoins doivenL s'en approcher, on le voil clairemenL
par ces passages: Il Vans l'Ul'im /wltU/'e.;; JdllOcalt, dans les
ILES de la mer le Nom du Dieu d'Isl'llë1. 1) -l':saïe, XXIV. 15,
- - (l Il n'éteindra point, et il ne bl'ÜelYl point, jusqu'à ce qu'ii

établisse en la terre le jugement, et en sa Loi les ll,ES espél'e­


'/'ont. Chautez à Jéhovalt un cantique nouveau, ILES etlew's Ita­
bitants; ils donneront à J é/wvah gloire, et sa louange dans les
ILES ils annonceront. ») - Ésaïe, XLII. il, 10,12. - (l Écollle::­
Moi, ILES; et soycz allentil's, peuplcs de loin. » - Ésaïe, XLIX.
1. - (l En Moi les hES cspÙ'el'ont, I.'l Cil mon bras elles se con­
fieront. » - Ésaïe, LI. 5. - (1 A Moi les fl,ES sc con{leront, et les
navires d(' Tltal'scidslt. » - f:saïe, LX. 9. - (l Écoute:::: la l'a­
l'ole de Je/lOva/l, Nations! et annoncrz-la clans les Il,ES au
loin. 'l - Jérém. XXXI. iD. - ( l l1{ln qu'on adore Jt!hovalt, clta­
cun de son lieu; toutes les ILES des Iwtions. Il - Séph. fI. 11;
- ct ailleurs. Que par la Grèce il soit aussi signifié pareille chose,
ce n'esL pas évident de mê;;"e d'après la Parole, parce que la Grèce
y est seulement nommée dans ,Daniel~Vll L. 2:1.. X. 20. XL 2; eL
aussi' Jean, Xli. 20. Mal'c, NIl. 26. - Que pal' la Lerre de Canlian
il soiL enLendu l'Église du Seigneur, laquelle pal' suile est appelée
Terre Sainte el Canaan Célesle, on le voiL pal' un grand nombre
de passages dans la Parole: que par l'Asie il soiL enLendu ceux
qui, dans l'I:;glisc, sonL (l':lprès la Parole dans la lumière de la
vérilé, on le voit ci-dessus, N" il; el pal' l'ElIrqpe, ceux auxquels
laParole doit parvenit', cela esL évident. -.
35. POUT la Parole de Dieu et pow' le Témoignage de JéSllS­
Christ, signi{le a{ln que de cœur et ainsi dans la 11l1nièl'e le Di­
vin Vrai cl'apn:s la Parole soit j'eçu, et que l'ilumain du Sl'έ
gnew' soitl'econnu être Divin. Cela a éLé expliqué plus haut, 1\"6.
36, Vers. 10. Je devins en esprit aujow' du Dil1!(l/lc/w, si­
gnifie l'état spi1'ituel alors cl'après le Divin influx. Je devins en
esprit, signifie l'étal spit'ilucl dans ICfJuel il se lrouva quand il
1. 6*•
66 ~dPOCALrpSE R~vfLt~ ;\" 36.
était dans les visions, état ùont il va être parlé; au jouI' du Di­
manche, signifie pal' le Seigneur alors l'influx; cal' dans ce jour il
y a présence du Seigneur, parce que ce joUll' est saint: d'après
cela il est évident que Il je devins en esprit au jour du Dimanche, ))
signifie l'état spirituel alors d'après le Divin influx. Au sujet des
Prophètes, on lit qu'ils ont été en Esprit ou en Vision; puis
aussi, que la Parole leur était adressée pal' Jéhovah: quand Hs
étaient en Esprit ou en Vision, ils étaient non dans leUl' corps,
mais dans leur Esprit, état dans lequel ils voyaient des choses qui
sont dans le Ciel; lIlais quand la Parole leur était adressée, ils
étaient dans le Corps, et ils entendaient Jéhovah parler: ces deux
états des Prophètes doivent être distingués avec soin; dans l'état
de Vision les yeux de leur esprit étaient ouverts, et les yeux de
leur corps étaient fel'lIlés, et alors ils entendaient ce que les Anges
pr9nonçaient, ou ce que Jéhol'ah prononçait par les Anges, et ils
voyaient aussi les choses qui leur étaient représentées dans le
Ciel; et alors parfois il leur semblailt être transportés d'un lieu
dans' un autre, le corps restant à sa place: dans cet état était Jean
quand il écrivait \'!\po~alypse, et parfois aussi Ézéchiel, Zacharie
et Daniel, et alors il est dit qu'ils étaient en VISION ou en ESPH1T;
en effet, tzéchiel dit: Il L'ESP1'it m'enlew, et il me ramena en
Chaldée vers la captivite, en la VISION DE DIEU, en ESPRIT DE
DIEU; ainsi monta sw' moi la VISION que je vis. ))-xr. 1, 2ll;­
il dit aussi, que l'ESPClT l'el/leva, et qu'il entendit derriè1'e lui
un tremolenwnt de te1Te, et autres choses. - Ill. 12, 2lt; ­
puis aussi, que lEsPRIT l'enleva entre la te1'1'e et le ciel, l'em­
mena à. Jel'usalem dans les VISIONS DE DIEU, et qu'il vit des abo­
minations. - YHf. 3 et suiv. - 11 était pareillement en VISION
DE DIEU ou en ESPI\IT, quand il vit quatre Animaux, qui étaient
des Chérubins, - Chap. l, et Chap. X; - comme aussi quand il
vitla :'l'ouvelte Terre et le Nouveau Temple, et un Ange qui les
mesurait, - Chap. XL à XLVHI; - qu'il ait été dans les VISIONS
DE DIEU, il le dit, - XL. 2; - et que l'ESPRIT l'ait enl'evé, il le
dil, - XLI fI. 5. - La même chose arriva à Zacharie, en qui était
alors un Ange, quand il vit un IJomme it cll!Jval parmi des
lnYI'tes,- \. 8 el sniv.- Quand il vit quatre ConlCs, el ensuite
un l/ol1lJne, dalls la '//tain ctuquef etait un conleau de 11WSW'C.
Vers. 10. CllAPl'flIE PREMIER. ()7

-II. 1, 5 el suiv. - Quand il vit Joschua le Grand-Prêtre. ­


UI. 1 et suiv.- Quand il vil un Chandelier et deux Olivie7'S.­
IV. 1 et suiv. - Quand il vit un flouleau volant ct un Ephah.­
V. 1, 6. -, Et quand il vit quatre Chars SOl'Wnt d'entre deux
montagnes et des chevaux,-VI. 1 et slliv.- Dans un semblahle
élal étai! Daniel, quand il vil quatre Bêtes montant de la mer.­
Dan. V1. 1 el suiv.-El quand il vit les combats du Bélier ct du
Bouc. - VIII. 1 et suiv. - Qu'il les ail vus dans des VISIONS, i: le
dit lui-même, - VIf. 1,2,7, 13. VIII. 2. X. 1, 7, 8: - et que
l'Ange Gabriel lui ail apparu en VISION, il le dit, - IX. 21. - La
même chose arriva à Jean; par exemple, quand il vit le Fils de
l'flomme dans le milieu des sept Chandeliel's. - Apoc. 1. ­
Quand 'il vit un Trône dans le Ciel, et quelqu'un assis dessus,
et autour du Tl'ône quatre Animaux. - Chap. IV. - Quand il
vit un Livre scelle de sept sceaux. - Chap. V. - Quand il vit
quatre Chevaux SOI'tir du L'ivre ouval. - Chap. V1. - Quand
-il vit quat)'e Anges qui sc tenaient sur les quatre anglus de la
tel TC. - Chap. VllI. - Quand il vit des Sauterelles qui sor­
taient du puits de l'(tbime.- Chap. IX.- Quand il vit un Ange
tenant ù. la main un petit Livre qu'il lui donna ù. manger.­
Chap. X.-Quand il entendit les sept Anges sonner de la trom­
pclle. - Chap. XI. - Quand 'il ville Dragon, ct la Femme que
le dragon poursuivait; ct le combat du dragon avec Michel.­
Chap. XH; -el ensuite, deux Bêtes montant, l'une de la mer,
l'autre de la terre. - Chap. XIII. - Quand il vit les sept lin­
ges, ayant les sept derrdèl'cs plaies.-Chap. XV. XVI.- Quand
il vit la Prostituee assise sur une Bête écarlate. - Chap. XVl!.
3, 18 j - et ensuite, un Cheval blanc, et Quelqu'un monte dessus.
- Chap. XIX;- el enfin, le Nouveau Ciel ct la Nouvelle Terre,
ct a/ors la Nouvelle Jérusalem descendant du Ciel. - Chap.
XXL XXIL -Que .Jean ait vu ces choses en ESPRIT et en YisION,
il le ditlui-même,- Chap. L 10. IV. 2. IX. 17. XXI. 10; - c'est
là aussi ce qui esl entendu par « JE VIS» partout dans l'Apoca­
lypse. D'après cela il esl bien évidenl que, être en esprit, c'est
être dans la vision qui a lieu par l'ouverture de la vue de l'esprit
de l'homme; et, quand celle vue esl ouverle, les choses qui sont
dans le Monde spirituel apparaissent aussi clairement que devant
l38 ':'AI'OC.\LYI'SE Il.ÉVt::I.Ü:. N° 36.
la vue du corps celles qui sont dans le i\londe naturel. Que cela
soit ainsi, c'est ce 'Ille je puis attester par une expérience de
beaucoup d'années. Dans cet étaL éLaient les, Disciples quand
ils virent le Seigneur après la résurrection, c'est pourqllOi il est
dil que leurs yeux furent ouverLs. - Luc, XXIV. 30, 31. - Dans
un semblable état était Abraham, quand il viL trois Anges et parla
avec eux. PareillemenL Hagar, Guidéon, Josué, eL d'auLres, quand
ils virent les Anges de Jéhovah. PaJ,'eillel11entle sel'l'ileur d'l\lisée,
quanti il viL la i\Jontagne pleine de chariots ct de Cllel'alliX ignës
autour d'Élisée; cal' l~[isée pria, et dit : Jéhovah! OUVRE, je te
1)I'ie, ses yeux pour qu'il voie; et Jéhovah OUV1\lT les yeu:r: du
serviteur, et il vit.- Il Rois, YJ. 17.- i\lais quanL il ce qui con­
cerne la Parole, elle n'a point été révëlée en l'état d'Esprit ou en
Vision, mais elle a éLé dicLée de vive voix aux Prophètes par le
Seigneur; c'est pourquoi il n'est dit nulle part qu'ils l'ont pro­
lloncée d'après ~'Esprit Saint, mais il' est diL que c'esL d'après Jé­
hovah; voir la DOCTRINE DE LA NOUVELLE JÉnVSALt;M SUR LE
SEIGNEUR, N° 53.
37, Et j'entendis derriere moi une voix grande comme d'une
trompette, sign'ifie une peJ'ccption manifeste du Divin Vrai ré­
vélé du Ciel. Une voix grande, quand elle esL entendue du Ciel,
signifie Je Divin Vrai, cOlnme il va être montré; si elle a été en­
tendue comme d'une trompette, c'esL parce que, quand le Divin
Vrai descend du Ciel, il est parfois entendu ainsi pail' les Anges du
Dernier Ciel, eL alors il esL manifeslement perçu; de là vient que
pal' une voix comme d'une trompette, l) il est signifié une per­
(1

ception llianifesle : en ollLre, SUI' la signification de la trompette,


voir plus bas, l\O' 397, 519. Qu'une voix gl'allde, quand elle est
entelHtue du ciel, signifie le Divin Vrai, c'est ce qui esL évident
par c(,'s passages: « J.A VOIX DE JÉHOVAH sur les eaux; LA VOlX:
DE JIiIIOVAH dans la force; LA VOIX DE .JÉHOVAH avec honneur;
LA VOIX DE JÉHOVAH brisant les cèdres; 1,,\ VOIX DE .H:UOVAlI
tranchant comme une flamme de feu; LA VOlX DE JÉHOVAH (ait
tl'emblcr le désert; LA VOIX DE JÜIOVAH (ait mettre bas les bi­
ches. l) - l's. XXtX. 3 il 9. - « Boyawncs de la ten'c, chan­
tez au Seigneur; voici, -il donnera de sa VOIX, une VOIX de
(orce. Il - Ps. LXVLIL 33, 3!1. - (1Jéhovah a donné de sa VOlX
Vers. iD. CILIPlT1\E PIlE JIl E1\. 60
devant son fll'1nce, car innombrables sont ceux qui exceutent
sa Parole. Il - Joël, II. iL - « J éllOvalt de Jcrusalem donnCl'a
de sa VOIX. n-Joël, IV. 16. - Et comme la Voix signifie le Divin
Vrai d'après le Seigneur, c'est pour cela que le Seigneur a dit, "que
les Brebis entendent SA VOIX; qu'elles connaissent SA VOIX. J'ai
aussi d'autres Drebis qu'il faut que j'amène, ct ma VOIX elles
entendront; mes Brebis ma VOIX entendent, ct Moi je les con­
nais, et elles Me suivent. Il - Jean, X. 3, li, 16,27.- Et ailleurs:
« Une Itew'e vient, où les morts entendront la VOlX du Fils de
l'Homme, et ceux qui l'auront entendue vivront, Il - Jean, V.
25;- ici, la Voix est le Divin Vrai du Seigneur d'après sa Parole.
38. Vers. 11.. Qui disait: Moi, je suis l'Alpha ct l'Oméga, le
Premier et le Dernier, signifie Qui est le Soi-M ême et rUnique,
depuis les pl'emiersjusqu'auxderniers,deQui l)1'oci:dent toutes
choses; par conséquent, qui est l'Amour 111lime ct Unique, la
Sagesse Même et Unique, et la Vie Même et Unique en Soi;
ainsi, qui est le Createur, le Sauveur et l'Illustrateur Ml!me et
Unique par Soi, et par suite le tout dans toutes les choses du
Ciel et de l'Église; Qui Seul est Infini et Éternel, el Qui est
Jéhovah, et que Lui est le Seigneur. Que toutes ces clJüses, el
une infinité d'autres soient contenues dans ces mots, on le l'oit
ci-dessus, NO' 13, 29. Il a été di t que tou tes les syllal>es ou lettres
de l'Alphabet, dans le Monde spirituel, signifient des choses;
que de lit vienncn t Je langage et l'écriture de ceux qui y hal>i­
tent, et que c'est pour cela que le Seigneur décrit sa Divinité et
son Infinité par Alpha et Oméga, ce qui signifie qu'il est le tout
dans tou tes les choses du Ciel et de ['j::glisc. Comme chaque lettre
signifie une chose dans le Monde spirituel, et par suite dans la
Langue Angélique, c'est pour cela que David a écrit le Psaume
CXIX, en ordre, selon les lettres de l'Alphabet, en commençant
par Aleph et finissant par Thau, comme on peut le voir par les
commencements des Versets; quelque chose de seml>lal>le se voit
dans le Psaume CXI, mais non d'une manière si évidente. C'est
même pour cela qu'Abram a été appelé Abraham, et que Saraï a
été appelée Sarah, ce qui a été fait afin que dans le Ciel par Al>ra­
ham et par Sarah il fût entendu, non pas ces deux personnages,
mais le Divin, comme effectivelllent ces noms y sont compris, cal'
70 L'.\POf:ALYPSB H.t:VÉI.t:l':. \" :l8.
lu JeUrc Il envcloppe l'infinité, purce quc c'csl seulement une
aspiration: sur ce sujel, voir dc plus grands détails ci-dessus,
N° 29,
39. Ce que tu vois, éc1'Ïs-le dans un livre, signifie afin (lue
ces choses soient révélées il la poslérité. On le voil sans explica­
Lion.
M. Et envoie-le aux Églises, il celles qui sont dans l'Asie,
signifie pow' ceux, dans le Monde Chrétien, qui sont d'après
la Parole dans la lumière de la vérité. Que ceux-là soient en­
tendus par les Églises dans l'Asie, on le voit ci-dessus, NO> 10,11.
!lI. A Éphèse, ct il Smyrne, ct cl Pe1'ga11W, el il Thyatire, cl
il Sardes, ct il Philadelphie, ct il Laodicée, signifie spécialemenl
selon l'état de réception de chacun. Que tous les élals de récep­
tion du Seigneur et de son Eglise soienl signifiés pal' ces sepl
noms dans le sens spirituel, on le l'erra plus bas. En effel, Jean
était dans l'élat spiriluel quaIlld cel ordre lui liul donné, et dans
ccl élat rien n'esl appelé d'un nOIl1, sans que ce nom signifie une
cliose ou lin élal; c'est pourquoi les choses, qui ont élé écriles par
Jea1n, n'onl pas non plus élé envoyées dans ces lieux à aucunc
l::glisc, mais elles ont élé dites il leurs Anges, par lesquels sonl
entendus ceux qui reçoivenl. Que par Lous les noms de lieux el
de personnes, dans toute la ramie, il soit entendu des clloses spi­
rituelles, c'est ce qui a été montré en bea~lcoup d'endroits duns
les ARCANES CÜESTF.S, publiés il Londres; pat' exemple, ce qui
est entendu par Abraham, tsac et Jacob, puis par Israël et par les
Noms de ses douze !ils, puis aussi pal' les divers lie~lx de la terrc
de Canaan, et par les Ij·eux voisins de r:eUe Tene, comme l'Égypte,
la Syrie, l'Assyrie, et plusieurs autres. Il en esl dc même de ces
sept l\<OlllS. Mais que celui qui l'cul resler dans le sens de la JeUre
y l'este, puisque ce sens conjoint; seulemenl qu'il sache que pal'
ces Noms les Anges perçoi vent des choses et des etats de l'Église.
42. Vers. 12. El je me retournai pour voir la toix qui par­
lail avec moi, signifie le 1'envasement d'état de ccux qui sont
dans le bien de la vic, quanl cl la perception du vrai dans la
l'at'ole, lorsqu'ils se lOurnent vers le Seigneur. Jean dil qu'il
entendit une voix cler1'Ïèrc lui, Vers. 1.0; et maintenanl, qu'il
s'est retourné pOUl' voir la voix; et, de nouveau, que s'étant l'e­
Vers. :1.2. r.ILlI'ITRE rREllIEIl, 71
tOlo'né il vit sept Chandeliers; d'après cela, il est évident qu'il
enlcndit une voix pa:' derrière, et qu'il se retourna pour voir d'Ol!
elle vcnait; qu'il y ail dans ce fait un arcane, cela est évident;
l'arcane, c'est qu'avant que l'homme se tomne vers le Seignelll',
et le reconnaisse pour Dieu du Ciel et de la Terre, il ne peut voir
le Divin Vrai dans la Parole, et cela, parce que Dieu est Un ct en
Personne ct cn Essence, en Qui est la Trinité, et que ce Dieu est
le Seignellr; c'est pourquoi, ceux qui reconnaissent la Trinité des
Personnes portent leurs regards principalement vers le Pèrc, et
quelques-uns vers l'Esprit Saint, et rarement vers le Seigneur; et
s'ils les portent vers leScigneur, ils pensent de son Humain comme
d'un homme or(hnaire. Quand l'homme agit ainsi, il ne peut en
aur.une manière être illustré dans la Parole, car le Seignem est la
Parole, puisqu'elle vicnt de Lui et traite de Lui; ceux donc qui ne
s'adressent pas au Seigneur seul le regardent, Lui et sa Parole,
derrière eux et non devant eux, ou par de1'l'ière et non en face.
Tel cstl'arr.ane caché en cela, que Jean entendit une voix del'­
rib'c lui, el qu'il st rctournu pour voir la voix, et que, s'ctant
l'dow'né, il vit Sept Chandeliers d'or, ct dans le milieu des Chan­
delicrs le FILS DE L'HoM1lIF.; car la voix qu'il entenrlit venÛ'it du
FILS DE L'HOMME, qui est le Seigneur. QlIe le seigneur seul soit
le Dieu ùu Ciel et de la Terre, il l'enseigne maintenant d'une voix
manifcste, car il dit:" Jllùi, je suis l'Alpha ct l'Oméga, Conwzcn­
cement (-t Fin, dit le Seigneur, Qui Est, ct Qui Était, ct Qui
Vient. l l - Vers. 8; - ct ici: " Moi, jc suis l'Alpha ct l'Oméga,
le Pl'cmicT ct le Demier. II - Vers. 1:1.; - et ensuite: " Moi, je
suis le Premier ct le Dentier. l l - Vers. :1.7 el chap. TL 8.­
Que par la voix, quand elle vient du Seigneur, il sail entendu le
Divin Vrai, on lc voit ci-dessus, ~o 37; el que par Jean il soit en­
tendu eellx de l'Eglise qui sont dans le bien de la vie, on le voit
ci-dessus, N°' 5, G. D'après ces expliealions, on peul voir que par
ces paroles: « Et je me retournai pour voir la voix qui parlait avee
moi, » il esl signifié le renversement d'élat de ceux qui sont dans
lc bicn de ta vie, quanl à la perc.eption du vrai dans la Parole,
lorsqu'ilS' se lournent vers le Seigneur.
113. é,t, m'étant rctol/l'né, je vis scpt Chandeliers d'or, si­
ynifle la Nouvcllc Église qui sem dans l'illustmtion par le &i­
72 ~APOGALYPSE n~ViL~L r;" 43.
gneur d'après la Parole. Que les sept Chandeliers soien t les sept
Églises, c'est ce qui est dit dans le dernier Verset de ce Chapitre;
et que par les sept Églises il soit enlendu lous ceux qui sont
dans le Monde Chrétien et qui s'approchent de l'I~glise, on le voit
ci-dessus, N" :1 0, et en particulier selon l'état de réceplion de
chacun, N" 41. Si par les sepl Chandeliers il est enlendu la Nou­
velle Église, c'est parce qu'en elle el au milieu d'elle est le Sei­
gneur, car il esl dit que, dans le milieu des sepl chandeliers, Jean
vil un semblable au FILS DE L'lJo~mE, el pal' le Fils de l'flamme il
est enlendu le Seigneur quant à la Parole. Ces Chandeliers paru­
renl êlre d'or, parce que l'or signifie le bien, el que taule Église
esl Église d'après le bieu qui esl formé par les vrais; que l'or si­
gnifie le bien, on le verra dans la suile. Ces Chandeliers n'élaient
pas l'un près de l'autre, ou placés de manière Il se toucher, mais
ils étaien t Il distance forman t une sorte de cercle, comme il est
évident par ces paroles dans le Chapilre suivant: « Voici ce que
dit Cefuiqui marche dans le milieu des sept Chandefiel's d'or. Il
- Vers. 1. - Il n'est rien dit des Lampes de ces Chandeliers,
mais dans la suile il esl dit que la Sainte Jérusalem, c'esl-à­
dire, la NOllvelle ~:glise, n'a point besoin du Soleil, ni de la Lune,
parce que SA LAMPE (est) L'AGNEAU; et que les nations, qui au­
ront été sauvées, dans SA LUMIÈRE marcheront. I l - Apoc. XXI.
23, 211; - et ensuite: « Ils n'ont point besoin de LA~IPE, parce
que le Seigneur Dieu les dclaire. Il -XXH. 5; - en effet, ceux
qui seron t de la Nouvelle Église du Seigneur son b seuls les Chan­
deliers qoi brilleront d'après le Seigneur. Par le Chandelier d'or
dans le Tabernacle, il n'a pas été représenté aulre chose que l'I~­
glise quant Il l'illustration procédant du Seigneur; sur ce Chan­
delier, voir Exod. XXV. 31 Il 40. XXXVIII. 17 Il 20, 35. Lévit.
XXtV. 3, 4. Nomb. VIIl. 2, 3, 4; - que ce Chandelier ait repré­
senté l'Église du Seigneur quant au Jilivin amour s]ilirituel, qui est
l'amour à l'égard dn prochain, on le l'ail dans les ARCANES CÉ­
LESTES, publiés il Londres, N"' 9;')48, 955;,), 9558, 9561, 9572,
9783; puis ci-dessous, N" 1I93. Par le CIIandelier, dans Zocharie,
Chap. IV, esl aussi signiliée la Nouvelle l~glise qui doilt êlre ins­
taurée p[lr le sergneUil', pllisqn'iI signifi'e la Nouvelle Maison de
Dien ou le Nonveau' Temple', comme on le voit claire'ment par ce
Vers. 12. CHAPll'Rt: PRJ<:MU:r.. 7;;
qui suit dans ce Chapitre, et puisque par la Maison de Dieu ou le
Temple, il est signifié l'f:glise, et dans le sens suru'ème le Divin
IJumain du Seignelll', comme Lui-Même l'enseigne dans Jean,­
H. 19, 20, 21, et ailleul's. - Mais il va êtl'e dit ce qui est signifié,
en ordre, dans le Chapitre IV de Zachal'ie, lorsque le Chande­
lier fut vu par cc Prophète: « Par les choses qui sont contenues
Il du Vers, 1 au Vers. 7, est signifiée l'illustralion de la Nouvelle

» l~glise procédant du Seigneur, d'après le bien de l'amour par le


Il vrai; les oliviel's y siguiflent l'f:glise quant au bien de J'amonr:

Il par les choses contenues du Vers. 8 au Vers. 10, il est signiflé

» qne cette Église pl'ocède du Seigneur; Zéruhabel, qui doit bàtir


Il la Maison, pal' conséquent l'Église, y représente le Seigneur :

Il pal' les choses contenues du Vers. 11 au Vers. '1.4, il est signiflé

li que dans cette J~glise il y aura aussi des vrais d'origine céleste.

Il Cette explication de ce Chapitre m'a été donnée au moyen du

li Ciel par le Seigneur. Il

M. Vers. 13. Et dans le miUeu des sept Cltandeliers, un sem­


blable au FILS DE L'Uo~mE, signifie le Seignew' quant cl la
Parole, de Qui ]Jl'ocède cette IÉglise. D'après la Parole il est
connu que le Seigneur s'est appelé FILS DE DIEU, et aussi fILS
DE L'UomIE; que par Fils de Dieu il se soit désigné quant au
Divin Humain, et par Fils de l'Uomme, quant à la Pa l'ole, cela a
été pleinement démontré dans la DOCTRINE DE LA NOUVELLE JÉ­
RUSALJ<:~I SUR Lt; S!:IGNEUR, N°' 19 à 28; et comme cela y a été
pleinement confirmé d'après la Parole, il est inutile de le confir­
mer davantage ici. Maintenant, puisque le Seigneur s'est repré­
senté comme Parole devant Jean, c'est pour cela que, vu par lui,
il est appelé FILS DE L'HomIE. li s'est représenté comme Parole,
parce qu'il s'agit de la Nouvelle Église, qui est Église d'après la
Parole et selon l'entendement de la Parole; que l'Église procède
de la Parole, et qu'elle soit telle qu'est en elle l'entendement de
la Parole, on le voit dans la DOCTRINt~ DE LA NOUVELLE J~RUSALEM
SUR L'ÉCRITURE SAINTE, N'" 76 à 79. Comme l'Église est Église
d'après le Seigneur par la Parole, c'est pOUl' cela que le FILS DE
L'l-lOomE fut vu dHns le milieu c1es Chandeliers; dans le IIJilieu si­
gnifie dans l'intime, d'Olt les choses qui sont autour ou qui sont
au dehors tirent lem essence, ici leur lumière ou leur intelligence:
1. 7.
7'1 L'APOCAL YPSE RÉVÜÜ:. N"M.
que l'Intime saille tout dans les choses qui sont autour ou au de­
hors, cela a été montré en beaucoup d'end,'oits clans l,A SAGESSE
ANGÜIQUE SUR LE DIVIN AMOUR ET SUR LA DIVINE SJ\GESSE; c'est
comme la Lumière ~tla Flamme dans un milieu, d'où taules les
pél'iphéries sonl éclairées el échaulTées. Dans le milieu signilie la
même chose dans les passages suivanls de la Parole: (( [Jousse
des acclamations et ec/ate en jubilation, habitante de Sion,
car grand (est) au Milieu cie toi le Saint cI'ls1'Gël. » - t~saie,
XII. 6. - (( Dieu (est) 1110n liai, opd1'Gnt les saluts au Milieu
de la telTe. l l - Ps. LXX1V. 12. - Dien opère .la Misé1'Ïc01'de
ail jtilicu de son TelnlJle. - l's. XLVl1l. 10. - (( Dieu s'est
établi dans l'assemblee de Dieu, dans le Milieu des dieux il
jugera. l l - Ps. LXXXII. L - Sont appelés d(eux ceux qui sont
par le Seigneur dans les DÏ\'ins Vrais; et, pal' abstraction, les
Vrais eux-mêmes. (( Voici, j'envoie un Ange devant LOi; (Jm'cle­
toi de ses faces, lJG/'ce que mon Nain (est) au Milieu de Lui. II
- Exod. XXIII. 20,21; - le Nom de Jéhovah est tout Divin;
au ~iilieu, c'est dans nntime et par suite dans tout ce qni en
dépend. Le Milieu aussi signifie l'Intime, et par suite le Toni,
dans plusieurs autres passages de la Parole, m~.me lorsqu'il s'agit
des maux, comme dans J::saïe, XXIV. 13. Jérém. XXTII. 9. Ps. V.
iO. Ps. XXXVI. 2. Ps. LIV. 7. J's. LXII. fi. Ces passages ont été
cilés, afin qu'on sache que dans le Milieu des chandeliers signifie
dans l'Intime d'où procèdent l'l'\glise et le tout de l'J~glise, car
l'Église et le t<lut de l'Église procèdent c1u Seignellll' pal' la Parole.
Que les Chandeliers signifient la Nouvelle Église, on vient de le
voir ci-dessus, j\O M.
ilS. Revêtu d'une robe longue, signifie le Divin 1.J1'océdanl,
'lui est le Divin Vmi. Que la Robe longue signifie le Divin pro­
cédant, qui ('st le Divin Vrai, c'est parce que les Vêlements dans
la Parole signifient les vrais; par suite la l\obe longue (Talaris),
qui est un vêtement commun, signifie, quand il s'agit du Seigneur,
le Divin Vrai procédalit. Si les VNemenls signifient les vrais dans
la Parole, c'est parce que dans le Ciel )es anges sont vêtus selon
les vrais procédant de leur bien; t'oÎl' sm' ce sujet dans Je l'l'ailé
DU CIF.1. ET DE I:ENFEH, publié à Londres en 1758, les r\°'177 à
182. Dans ce qui suit on verra aussi que par les Vêlements dans
Vers. 13. CHAPITRE PIlE.IlIER. 7:)
la Parole il n'est pas entendu autre chose dans son sens spirituel,
ni pal' conséquent autre chose par les Vêtements du Seigneur qui
apparurent IJrillants comme la Lumière, quand il l'ut transfiguré,
- Matth. XYIL 1 à a. Marc, IX. 2 à 8. Luc, tX. 28 à 36 : - ni
autre chose pal' les Vêtements du Seigneur, que les soldats se par­
tagèreut, - Jean, XIX. 23, 2a. - Que des choses semblalJles
aient été représentées et par suite signifiées pal' les IlalJits d'Aha­
ron, on le voit dans les ARCANES C~LESTl(S, publiés à Londres,
W' 981a, '10068; et spécialement ce qui a été reprMenlé et signi­
fié pal' l'l~phod, W' 9!J77, 9824, 1.0005; par le ~Ianteau, N'" 9825,
10005; par la Tunique, N°' 9826,9942; et par le Turban, j\" 9827;
cal' Aharon représentait la fonction sacerdotale du Seignenr. Sur
la signification des Vêtements d'après la Parole, voir plus bas,
N"' 166, 328.
46. Et ceint vers léS mamelles d'une Ceinture d'or, signifie le
Divin procedant (:{ en même temps conjoignant, qui est le Divin
Hien. Si laCC'inlUre d'Ol' a cette signification, c'est parce que pal' la
poitrine du Seigneur, et spécialement par les mwnelles, est signi­
fié son DiI'in Amour; pal' suite la Ceinture d'or, dont il était ceillt,
signifie le Divin procédant et en même temps conjoignanl, qni est
le Divin Bien du Divin Amour; l'or aussi signifie le bien; voir
plus bas, N" 913. Et même la Ceinture dans la Parole signifie un
lien commun pal' lequel toutes choses sont contenues en ordre et
en connexion, comme dans Ésaïe: « Il sortil'a un rameau du
tronc d'Ischaï; la justice sera la ceinture de ses reins, et la
verite la ce"intUl'e de ses cuisses, )) ~ XT. 1, 5; - le rameau sor­
tant du tronc d'Ischaï est le Seigneur. Que la ceiuture de l'É­
phod, et le Baudriel' de la Tunique d'Ahnl'on, ail'nt signifié la
conjonction, on le voit dans les ArrCAi'ŒS CÜI:STES, publiés à
Londres, NO> 9837, 99M. COIllIlle la Ceinture signine le lien qui
onjoint les biens et les l'rais de rr:;glise, c'est poUl' cela que,
quand l'Église chez les fils d'Israël eut élé détruite, il fut ol'donné
à .Jél'émie le Prophète. de s'ac/u:ler une CeinlUl'e, el de la met­
11'(: SUl" ses reins, et ensuite de la cachel' dans un tl'OU du ro­
cher vers {Euphrate; et il la (in de plusieurs JOUI'S, lorsqu'il/a
Teprït, voici, elle était pou1'1"ie, et elle n'etait plus propre à
rien. - Jél'ém. XUr. 1 à 12; - pal' là il a été représenté que le
j() L'Al'OCALYPSE HBVBLiE. iV' 1I6.
bien de l'Église alors était nul, ct quc pal' suitc les vrais étaient
digsipés. Semblable chosc est signifiée par la Ceinture dans J~saïe :
(, A11 lieu de Ceinture, débraillement. » - JlI. 211; - et aussi
ailleurs. Que par les Mamelles ou le Sein il soit si'gnifié le Divin
!\moUI', on le voit eJairement par les passages de la Parole où elles
sont nommées, puis aussi par lelll' cOl'respondance avec l'amour.
47. Vers. ill. Et sa Têle, et ses Cheveux, blancs comme (Le la
laine IJlanche, comme de la neige, signifie le Divin AmOllI' de
la Divine Sagesse dans les préll1Ïel's et dans les derniers. Par
la Tète de l'homme est signifié le tOtlt de sa vie, et le tout cre la
vie de l'homme se réfère à l'Amour et Il la Sagesse, c'est pourquoi
par la Têle il est signifié la Sagesse et en même temps l'Amour;
mais comme il n'y a pas d'amol!lr sans sa sagesse, 11ÎI de sagesse
sans son amour, c'est donc l'amolli' de la sagesse qui est enlendu
par la Têle; et, quand il s'agil du ~eigneur, c'est le Divin Amour
de 1·(\ Divinc Sagesse: mais, sur la significalion de la Tête d'après
la Parole, voir pl'us bag, j\'" 538, 568. Puis donc que pal' la Tête
il est cntendu l'amour et en même temps la sagesse dans leurs
premiers, il s'ensuit que par les Cheveux il est enlendu l'amour et
la sagesse dans leurs derniers; el comme les Cheveux ici se disent
du Fils de l'flomme, qui eslle Seigneur quant il la Parole, pal' ses
ciieveux il esl signifié le Divin Bien qui appartient à l'amour, et le
Divin Vrai qui appUl'lient il la sagesse, dans les derniers de la Pa­
l'ole, et les derniers de la Parole sont les choses qui sant conte­
nues dans le sens de sa lettre: que la Parole dans ce sens soit
signifiée par les Cheveux du Fils de l'HoUlme ou du Seigneur, cela
parait être un paradoxe, mais néanmoins cela est vrai; on peut le
voir pal' les passages de la Parole l'appol'tés dans la DOCTRINE DE
LA NOUVELLE JÉRUSALEM sun L'ÉCRITURE SAli\''fE, N'" 35 et 49, Ol!
il a été montré que les Naziréens dans l't~glise tsraélile ont repré­
senté le Seigneul' quant à l'a Parole dans les derniers, qui est le
sens de la lettre; cal' Naziréen, d'ans la Langue IJél>raïque, signi­
fie Cheveu ou Chevelure; de là SimsOllJ, qui était Naziréen dès l'u­
térus, avait dans ses Cheveux la puissance; que le Divin Vrai dans
le sens de la lettre de la Parole soit pareillement dans la puis­
sance, on le voit dans la DOCTRINE sun L'l~CRlTURE SAINTE, déjà
citée, N'" 37 il [19 : c'est aussi pour cela qu'i! avait été sévèrement
Vers. 1il. CHAPITRt: PRE~llER. i7
défend u au Grand-Prêtre et à ses flIs de se raser la tête; et aussi
pour cela que quarante-deux enfants l'ment déchirés par deux
ours, parce qu'ils appelaient Élisée GHAUVE; J'ilis~e, de me.me
qu'Élie, représentait le Seigneur quant à Iii Parole; chauve signi­
fie la Parole sans son dernier, qui est, comme il a été dit, le sens
ùe la lettre, et les ours signifient ce sens de la Parole, séparé de
son sens interne; ceux qui le séparent apparaissent aussi dans le
~Jonde spirituel comme des Ours, mais de loin; par là on voit
pourquoi ces enfants ont étê trailés ainsi: c'est encore pour cela
que c'était un très-grand dêshonneur etnn très-grand deuil d'être
chanve. C'est pourquoi, lorsque la Nation Israélite eut perverti
tout le sens de la leltre de la l'arole, celte lamentation fut l'aile
sur elle; (( Éclatanls élaienl ses Nazi1'lJens plus que la nei(Jt·,
blancs ils elaienl plus que le lail; obscllI'e esl devenue pli,. (a
noirceur lellr (onne, ils ne sonl poinl connus dans les rues. 1 ) ­
Lament. 1V. 7, 8; - puis; « Taule Ule esl devenue clWlIl/e, el
Ioule épaule a Clé épilée. n - Ézéch. XXIX. 18. - (' Sur' {Olt/cs
les fàces con(usion, cl SlI1'lOllles leurs t(!les calvitie. n-Ézéch.
VJI. 18; -pareillement Ésaïe, X\'. 2, Jérém. XLV Ill. 37. Amos,
VI U. 1.0. - Comme les Fils d'Israèl avaient dispersé par les faux
tout le sens de la lettre de la Parole, c'est pour cela qu'il fut or­
donné all PJ'ophète Ézéchiel, afin qu'il représentàt cette disper­
sion, « de (aire 7)aSSel' un rasoir sur sa [(!le, el de bl'lîLer au (eu
une IToisieme partie de ses cheveux, de (rapper une lroisième
parlie avec L'épée, cl de dis7)el'S(!1' une /l'oisù~11le 7Jarlie au venl,
et d'en sen'el' dans les T/(lHS <le son manlcau un pelil Hombre,
qu'il jellerail aussi plus Lanl au (eu. »-Ezéch. V. 1 à ll.-C'est
encore pour cela qu'il est dit dans J\lichée : « A la calvitie l'éduis­
loi, et tondS-lOi il cause des fils de les deliees; élargis la cal­
vilie comme L'aigle, parce qu'ils onl éutigré (loin) de toi. »- 1..
16; -les fils des délices sont les vrais réels de l'tglise d'après la
J'arole. Et comme Néhuchadnessar roi de Babel a représenté la
falsification l\ilbélique de la Parole, et la destruction de tout vrai
là, il en résulta que son poil crÛI comme (les pllllDes) des aigle.l.
- Dan. IV. ;;0. - Comme les Cheveux signifiaient cette chose
sainle de la l'amIe, c'est ponr cela qu'il est dit des Naziréells,
qu'ils ne l'aseraienl 710inl la c/u:vefll1'e de lelll' lêle, 7Jlll'ee qu:elLe
J. 7*.
78 L'APOC.ILYPSf; RÉVÉLÉE. N" 1J7.
est le Nazin!at de Dieu sur' leur tète. - Nomb. VI. :1. à 21 ; - et
c'est pour cela qu'il avait été statué, que le Grand-Prêll'e et ses
fils ne raseraient point leur tête, de peur qu'ils ne mourussent
et que Jéhovah ne s'irritât contre toute la ma-ison (nsraël.­
Lévil. X. 6. - ~laintenant, connne les Cheveux signifient le Divin
Vrai dans les derniers, leclucl, dans l']\glise, est la Parolc dans la
lettre, c'est aussi pour cela qu'il est dit la même chose de l'Ancien
des jours dans Daniel:« Voyant je (us,ju"qu'ù ce que des tnjnes
turent renversés, et que l'/tllcien des jours s'assit; son vêle­
ment comme la neige (était) blanc, et la Clwvelw'e de sa tête
comme de la Laine d'une pure blancheur. ))-VII. 9;-que l'An­
cien des jours soit le Seigneur, on le voit clairement dans ~lichée:
" Toi, Bethléchem d'Éphratah, c'est lJeu que t1l sois d'entl'e les
milliers de Jehzulail, de toi Me sortira Celui qui doit être Do­
minateur en lsraël, et DOriT 1.l::S ISSUES (sont) D'Al'iCll::NNETÉ,
des jours d'éU:'mÏlé. » - V. 1; - et dans Esaïe, où il est appelé
PÈRE D'ETERN1TÉ, - IX. 5. - D'après ces passages, et plusieurs
autres, qui ne sont pas rapportés à cause dc leur grand nombre,
on peut voir que par la Tète et les Cheveux du Fils de l'homme,
qui étaient d'une pure blancheur comme la laine, comme la neige,
il est entendu le Dil'În de l'Amour et de la Sagesse dans les pre­
miers et dans les dernier's; el puisque par le Fils de l'homme il est
entendu le Seigneur quant à la Parole, il s'ensuit qu'il est en­
tendu aussi la Parole dans les premiel's et dans les derniers: au­
trement, pourquoi le Seigneur ici dans l'Apocalypse, et l'Ancien
des jolll's dans Daniel, anraient- ils été décrits même quant aux
Cheveux? Que par les Cheveux il soit signifié le sens de la lettre
de la Parole, on le voit très-clairement par ceux qni sont dans le
Monde spirituel: Ceux qui ont méprisé le sens de la lettre de la
l'al'ole y apparaissent Chauves; et, vice vas(î, ceux qui ont aimé le
sens de la lettre de la Parole y apparaissent avec l'Ine Chevelure dé­
cente. Il est dit comme de ta laine et comme de la neige, parce que
la laine signifie le bien dans les derniers, et la neige le l'l'ai dans
les delmiel's, comme aussi dans f:saïe, - r. 18; -cal' la Laine vient
des brebis par lesquC'lles est signifié le bien de la charité, et la
Mige l'ient des eaux pur lesquelles sont signifies les vrais de la foi.
{t~. Et ses l'ctl,t:, comme un:' flamme de (cu, signifie la Di­
Vers. 14. CHAPITRB PRE~llER. 7ll
vine Sagesse du Divin Amou/'. Pal' lrs Yeux, dans la Parole, il
est entendu l'Entendement, et par suite par la vue des yeux l'In­
telligence; c'est pourquoi, quand il s'agit du Seigneur, il est en­
tendu la Divine Sagesse; mais par la flamme de (eu il est signifié
l'Amour spirituel qui est la Charité, c'est pourquoi, quand il s'a­
git du Seigneur, il est entendu le Divin Amour; ainsi donc par
cela que ses yeux étaient comme une flamme de feu, il est signifié
la Divine Sagesse du Divin Amour. Si l'OEil signifie l'Entende­
ment, c'est parce que l'œil et l'entrndement correspondent, cal'
de même que l'œil voit d'après la lumière naturelle, de même
l'entendement voit d'après la lumière spirituelle; c'est pourquoi,
Voil' se dit de l'un et de l'autre, Que par rOEiI, dans la Parole, il
soit signifié l'entendement, cela est évident par les passages qui
suivent: « Fais venir le peuple aveu(Jle qui a des Yeux, et les
sourds qui ont des Oreilles. » ~ Ésaïe, XLIIl. 8. - « Alors en­
tendront en ce jour-lit les sow'ds les paroles du Lim'e, et (dé­
livrés) de l'obscurité les Yeu,x; des aveugles verront. » - l~saïe,
XXIX. 18. - «( Alors seront ouverts les Yeux des aveugles,
et les Oreilles des sourds. )l - Ésaïe, XXXV. 5, 6. - « Je te
donnerai lJOUr lumù)re des nutions, afin d'ouvrir les Yeux
a1Jeugles. » - Ésaïe, XLII. 7; - ces choses ont été dites du Sei­
gneur qui, lorsqu'il viendrait, ouvrirait l'entendement chez ceux
qui sont dans l'ignorance du vrai. Que ce soit là ce qui est en­
tendu par ouvrir les Yeux, on le l'oit clairement aussi par ces pas­
sages: « Engraisse le cœur de ce peuple, et ses Y eux enduis,
de peur que peut-être ils ne voient de leurs Yeux. » - Ésaïe,
VI. 9, 10. Jean, XU. M. - (( Jéhovah a répandu SUI' vous un
esprit d'assoupissement, et il a ferme vos Yeux, les P"ophètes
et vos Tlites les Voyants il a couvert. ))- Ésaïe, XXIX. 10. XXX.
10. -- « Qui terme ses Yeux, afin de ne point voir le mal. ) ­
Ésaïe, XXXIH. 15. - « Entendez ceci, Peuple insense; ils ont
des Yeu:c et ne voient point. » - Jérém. V. 21.. Ézéc,h. XII. 2.­
(1 Châtiment du Pasteur qui abandonne le troU1JeaU : épée SUI'

son OEil droit, et son OEil droit s'obscurcissant s'obscurcira. Il


- Zach. XL i 7. - « Plaie dont Jéfwvalt (rappera tous les lJeu­
ples qui combattront contre Jérusalem; leurs Yeux se séche­
/'ont dans leurs trous. » - Zach. XIV. 12. - « Je (rapperai
80 [:APOCALYPSE n~vhÉt:. N" 48.
tau! Cheval de stupeur, et tout Cheval des lJeuples je {rapperai
d'Aveuglement. Il - Zach. XLI. 4; - le cheval dans le sens spiri­
tuel est l'entendement de la Parole, N° 298. u Exauce-moi, Jého­
vah mon Dieu, IJclaire mes Yeu:c, de lJellr que je ne m'endorme
(du sOlllmeil) de la mort. Il - Ps. XIll. 4; - que ùans ces pas­
sages par les Yeux soit signifié l'entendement, chacun le voit. U'a­
près cela, on voit clairement ce qui est entendu par l'OEil dans ces
passages: u La lampe du corps est l'OEil; si ton OEil est simple,
tout ton corps sera éclairé; si ton OEil est mauvais, tout ton
COT7JS sera téndu1'eux; si d01U: la lumière qui est Cil toi est té­
nèbres, combien gmndes les ténèbres! )) - Malth. VI. 22, 23.
Luc, XI.. 34.-u Si ton OEil droit estlJour toi occasioll de chute,
arrache-le, et jette-le loin de toi; car bon est pour toi d'ent1'el'
borgne dans la vic, plutôt que, ayant deux Yeux, d'étre jeté
dans la gdhenlle du {eu. I l - ~lallh. V. 29. XVil 1. 9 ;-par l'OEil,
dans ces passages, il est entendu non pas l'OEil, mais l'entende­
ment du vrai. Puisque par l'OEil est signifié l'ent.endement du vrai,
c'est pOUl' cela que parmi les statuts chez les lils d' [sraèl, il yav'ait,
que « tl1011t11lC Aveuyle, ou li l'OEil tJ'ouble, de la semence d'A­
haron, ne s'lI1J1Jf'ocherail poillt ]Jour o//i'i1' le sacl'i/ice, ct n'en­
trerait lJoint au dedans du voile. 1l-IAvit. XXI. 18 il 23;- puis
aussi, « qne ce qui était Aveugle ne semil point o//C'I't ell sacri­
fice. )) - Lévi!. XXII. 22. lIlalach. 1. 8. - l'al' ces passages on
voit. clairement ce qui est entendu par l'OEil, quand il s'agit de
l'homme; d'où il suit Que, quand il s'agit du Seigneur, il est en­
fendu 8<1 Divine Sagesse, puis aussi sa TOlite-Science et sa PIo'ovi­
dence, comme dans ces passages: u Quv1'e, Jd/lOvah, tes }'cu:c,
ct vois. li - tsaïe, XXXVII. 1.7. - (' Je mettrai mon OEil SUl'
cu:r en u·ien, ct je les bâtirai. 1) - Jérém. XXIV. 6. - u Voici,
l'OEil de Jéhovah (est) SUI' ceu:J; qui le craigncnt. li-l'S. XXXlll.
18. - (' Jéhovah (est) dans le temple de sa sainteté; ses Y <:u;v
voient, rt ses Paupières sondent les fils de l'homme. Il-l'S, XI.
-Comme pal' les Chérubins il est Sigllifié la Garde et la Pro­
{J.
vidence du Seigneur afin que le sens spirituel de la Parole ne sail.
point. blessé, c'est pour cela qu'il est dit des quatre Animaux, qui
etaient desClJérubins, uqu'ils daient pleins d' Ye!/,;v devant et de/'­
·rù;re, ct {lite ]Jareillement leurs ailes etaient pleines d'Yeu.l:. Il
Vers il!. CliAPITIlE PIIEMIEH. 81
- Apoc. IV. 6, 8; - puis aussi, « que les 1'OlteS sur lesquelles
étaient parlés les Cluintvins étaient pleines d'Yeltx tOltt alt­
tow'. )) - ÉzécIJ. X. 12. - Que pal' la flamme de feu il soit en­
tendu le Divin Amour du Seigneur, on le verra clans ce qui suit,
où la flamme et le l'eu sont nommés; et puisqu'il est dit que ses
Yeux étaient comme une flamme de feu, il est signifié la Divine
Sagesse clu Divin Amour. Que dans le Seigneur il y ait le Divin
Amour de la Divine Sagesse et la Divine Sagesse du Divin Amour,
ainsi union réciproque de l'un et de l'autre, c'est un Arcane dé­
voilé clans LA S,\G~;SSE ANGÉLIQUE SUR LE DIVIN A~IOUlt ET SUR LA
DIVIi'Œ SAGESSE, NU' 3il à 39, et ailleurs.
l!9. Vers. 15. Et ses Pieds) sem/;laiJles ci de l'airain (in, comme
embrases dans une (ow')wise, signifie le Divin Bien llatm'el.
Les Pieds clu Seigneur signifient son Divin Naturel; le Feu ou
l'Embrase signifie le J3ien; et l'airain fin signifie le bien naturel
du vrai; c'est pourquoi, par les Pieds clu Fils de l'homme, sem­
ùlables à de l'airain fin, cOlllme embrasés dans une l'ournaise, il
est signifié le Divin 13ien naturel. Si les Pieds cln Seigneur ont celte
signification, c'est d'aprè,s la correspondanc0. Dans le Seigneur,
et par suite d'après le Seigneur, il yale DIVIN CÉLESTE, le DIVIN
SPIRITUEL, et le DIVIN NATUREL; le Divin Céleste est entenclu par
la Tête clu Fils cie l'Homme, le Divin :,pirituel par ses Yeux et par
sa Poitrine qui était ceinte d'une ceinture d'or, et le fJivin Naturel
pal' ses Pieds: comme ces 'l'l'ois sont dans le Seigneur, c'est pour
cela aussi que ces trois sont clans le Ciel Angélique; 'le Troisième
Ciel ou Ciel supréme est dans le Divin Céleste, le Second ou moyen
Ciel est dans le Divin Spirituel, et le Premier ou Dernier Ciel clans
le Divin Naturel; pareillementl'l~glise dans les terres: en effet, le
Ciel tout enlier devant le Seigneur est comme un Seul Homme,
dans lequel ceux qui sont dans le Divin Céleste du Seigneur font
la Tête, ceux qui sont dans le Divin SpiJ'itnel l'ont le Corps, et ceux
qui sont clans le Divin Naturel font les Piecls : cie là aussi clans
chaqne homme, pal'ce qu'il a été créé à l'image de Dieu, il y a ces
trois degrés, et selon qu'ils sont oUl'erts l'homme devient Ange ou
clu troisième Ciel, ou du second, ou du dernier: c'est aussi de là
que, dans la Parole, il y a trois sens, le Céleste, le Spiritnel et le
iiature\ : qu'i! en soit ainsi, on le voil dans LA SAGESSE ANGÉLI­
82 L',\l>OCALYPSI:: n'::v.t:r,ÉE. N" 49.
QUI:: SUI: u: DIVIN AMOUR ET sun LA DLVINE SAGESSE, spécialement
dans la Troisième Partie, où il a été traité de ces trois Degrés. Que
les Pieds, les Plantes et les Talons correspondent aux Naturels ehez
l'homme, et que de là dans la Parole ils signifient les Naturels, on
)e voit dans les ARCANES C~LESTES, publiés à Londres, N°' 2162,
4938 il li952. Le Divin Bien naturel est signifié aussi pal' les Pieds
dans les passages suivanls; dans Daniel: « .l'elevai mes yeux, elje
vis; ct voici, un /tomme vêlu de lin, el ses teins ceinls d'al' ICU­
]J/IIU; son C01ïJS comme de la l/w/'sc/âsc/t, et ses yeux comme
des flambeau:]; de (eu, ses bras et ses PIEDS comme la SPI,EN­
DEun DE L'AIRAIN POLI. 1) - X. 5,6. - [Jans l'Apocalypse: « Je
vis UII ;lnge descend(tI!t du Ciel, ses PIEDS comme des colonnes
de {ell. n - X. i. - Et dans l::zéchiel : « Les l'tt:DS des Chih'u­
/lins étaient brillants comme la SJ'(.ENOEUR OF. L'AIRAIN POf_l. n­
I. 7 ;-si les Anges et les Chérubins ont été l'US de cette manière,
e'est parce que le Divin du Seigneur était l'eprésenté en eux,
Comme l'Église du Seigneur est salis les Cieux, ainsi sous les pieds
du Seigneur, c'est pour cela qu'elle est appelée le ~Iarchepied
de ses pieds dans ces passages: « La gloire du Liban vers loi
viendra ]JOUI' dl!c01'el' le lieu de mon .wnclllaire,. le LIEU de
1I1es PI EDS je rendrai Itonorable, et ils se ]JrostenlCl'Onl vers les
PLANH;S DE l'ES f'mos... - i~saïe, LX. 1.3, 14. - (1 Le Ciel (est)
1I1un Trône, el la Terre le MAnCIŒl'lEO de 11/es l'JE os, n-I~saïe,
LXVI. 1. - « Dieu ne s'esl poinl sozwellll du ,\IAllCHEPIED de ses
PIEDS au jour tle sa colère. n - Lament. Il. 1. - « Adorez
.!Ii/lOvait vas le MARCHEPIED de ses PIEDS. n - Ps. xcrx. 5. ­
" Voici, nous avons enlendu (parler) de Dui dans Ep/tnlla/I
(13elilléehem); nous enlrerons dans ses havilacles, nous nous
]J/'oslel'nerons devant le ~IAnCHEPIED de ses l'IEDS. n - Ps.
CXXXU. 6, 7. - De là vient que, en ador'anl le Seignezw, on
tumbait ci ses Pieds. - MaLlh. XXVHI. 9. Marc, V. 22. Luc, VU!'.
liL Jean, XL 32; - et que l'on baisail ses Pieds, el on les es­
suyait avec les cheveu,J;. - Luc, VII. 37, 38, M, ll6, Jean, Xr. 2.
XLI. 3. - Comme le Naturel est signifié pal' les Pieds, c'est pOUl'
cela que le Seigneur dit à Pierre, quand il lui lava les Pieds:
« Celui qui est lavé n'a ]Jas besoin, si cc n'est quanl aux Pieds,
d't!lre lavé, et il est net {out enlie/'. .. - Jean, XII[. iO; -laver
Ver~. 15. CHAPITRf; PHEiIlIEH. S""
les pieds, c'est purifier l'homme naturel, et quand il a été purifié,
l'homme a été purifié aussi tout enlier, ainsi qu'il a été montré en
beaucoup d'endroits dans les ARCANES Ci:LESTES, et dans les no<.­
Tlllllf:S DE LA NOUVEI.I,E J!;RUSALEiIl; l'homme Naturel, qui aussi
est l'homme Externe, est purifié quand il fuit les maux, au sujet
desquels l'IJomme spirituel ou fntel'l1e l'oit que ce sont des maux
ct qu'on doit les fuir. ~Iaintellant, comme leNaLurel de l'homme est
entendu par les Pieds, et que ce naturel pervertît tout, s'il n'a pas
été lavé ou purifié, c'est pour ccla que le Seigneur dit : « Si TON
PmD esl]Joar loi occasion de chute, coupe-le; il l'est !Jan d'en­
trer !Joiteux dans la vic plutôt 'Ille, ayant les deu,x ]Jieds, d'être
jeté dans la géhenne, dans le (eu ine:rtinguible. » - Marc, IX.
45; - ici, il est entendu, non pas le Pied, mais l'homme NaLlII'el.
Semblable chose est entendue par (ouler aU,1; Pieds un !Jan pdtu­
rage, et par lrouDler avec les j'ieds les eau,];, - Ézéch. XXX 1L2,
XXXI\'. 18,19. Dan. VII. 7,19, et ailleurs.- Puisque pal' le Fils de
l'Homme il est entendu le Seignelll' quant à la Parole, il est évident
que par ses Pieds il est entendu aussi la Parole dans le sens naturel;
il en est beaucoup traité dans la DOCTRINE DE LA NOUVE[,LE JÉRU­
SALE~[ seR L'ÉCRITUlIF. SAINTF.; comme <lussi, que le SeigllPllI' est
venu dans le Monde pOlll' accomplir toutes les choses de la Parole,
et devenir pal' là la Parole aussi dans les derniers, NU' 98 Il 100;
mais ceci est un arcane pour cell:\: qui seront dans la Nouvelle,k­
rus,llem. Le Divin Naturel du Seigneur a aussi été signifié par le
Serpent d'airain que Moïse, par ordre, dressa dans le désert, et
par lequel étaient guéris, en le regardant, tous ceux qui al'aient
été mordus par des serpents, - Nomb. XXI. 6, 8, 9; - que ce
serpent ail signifié le Dil'in Naturel du Seigneur, et que ceux qui
portent leurs regards SllI' c,e Divin soient sauvés, c'est ce que le
Seigneur enseigne Lui-l\IClme dans Jean: « De même que Moïse
i!leva le 5'er'pent dan.s le déscl't, de m('rne iL (aut que sail t'levI;
le FILS OF. L'[-JomIE, afin quc quiconque croit en Lui lW 1Jdrissl:
1Jas, mais qu'il ait la vie âtr:melle. » - lIT. H, 15; - si ce ser­
pent a été fait d'airain, c'cst parce que l'airain, de même que l'ai­
rain fin, signiHe le Naturel quant ml bien, voir plus bas, N° 775,
50. Et sa Voix, cOlilme ww voi.x de beaucoup d'eau:x;, signifie
le T>ivin Vrai naturel, Que la Voi:r, quand elle vient du Seigne\ll',
8i1 \.',\POCALYPSE nÉvir,ÉE, 1'\" JO,
signifie le Divill Vrai, on le voit ci-dessus, N° 37; que les eau,'X si­
gnifientles l'rais, et spécialement les vrais naturels, qui sont les
connaissances ù'aprl3s la Parole, on le voit ù'après bien ùes pas­
sages de la Parole, dont seront seutement rapportés ceux qui sui­
vent: « Remplie sel'a la ((n'l'e de la science de Jéhovah, de m,Jllle
que les Eaux la mer couvrent. Il - Ésaïe, XI. 9. - « Alors vous
puiserez des Eaux avec allégresse des fontaines du salut. li ­

Ésaïe, XII. 3. - « Celui qui marche dans les justices ct pro­


nonce des droi/w'es, son Pain lui saa donué, ct son Eau (sera)
fidèle. 1) - Ésaïe, XXX[[I. 15,16. - « Les pauVl'es et les indi­
gents chm'chent de l'Eau, mais point; leu/' langue de soif Il de­
fuilli : j'ouvrirai sur les coteau.]: des torrents, et au milieu des
vallées des lontaines je me/uai, le désert en étangs d'Euu:v, Cl
la terre sèche en sou/'ces d'Bau,]:, afin qu'on voie, et qu'on re­
connaisse, el que l'on considè/'c, ct que l'on compre1tne.lI-l~s.
XLI. 17, 18,20. - « Je 1'I!1Jandrai des Eaux SUl' l'altéré, et des
ruisseau...'/; SUI' l'aride, je n:pandnzi mon espr'it. li - És. XLlV.
3. - « Alors se lèvera dans les ténèbres ta lumière, afin que
tu sois comme un jardin m'Tose, et comme une source d'Eau,'X,
dont les Eaux ne manqueront poiitl. l I - Ésaïe, LVm. 10, 11.­
« Deu:l' mau,']; a {ail mon peuple; ils M'ont abandonné, 111oi, la
Fontaine des Eaux vives, pow' sc Cl'euser des fosses qui ne re­
tiennent lJoint les Eaux. Il - Jérém. II. 13. - « Les principau:r
ont envo?Je les infél'ù!Il1'S pour de l'Eau; ils sont vcnus lJe/'s des
losses, et ils n'ont point trouvé d'Eaux; ils sont revenzls lew's
vases vides. li - Jérém. XIV. 3. - « Ils ont abandonné la (<'on­
taine des Eu1l.']; vives, Jéhovah. » - Jérém. XVII. 13. - « En
pleurs ils viendl'ont, et en lJleurs je les ami.:nerui, je les con­
duirai vers des fontaines d'Eaux pm' un chemin de d/'oitw'e. »
-Jérém. XXXI. 9.-« Je romprai le MIon du Pain, et les Eau,]:
lJar mesure el avec stupeur ils boiront, afin qu'ils soient lan­
guissants il cause de leurs iniquités. l I - Ézéch. IV. 16. 17. Xl[.
18, 19. r::snïe, LI. 14. - « Voici, les jow's vir.ndront, où j'en­
verrai une t'amine en la terre, non pas {amine pour le pain, et
non pas soit' pour les Eau,'X, mais pour entendre les 7J(l1'oles de
Jéhovah; ils en'01tt çà ct lil de lu mer il la mer, et 'ils COll1Tont
('à ('/ là 1iOIl1' ~'ntelldl'I' 10 pI/j'ole de N'IOVI/.!I, l't ils lU! la 11'011­
Vers. 15. CHAPITRE l'RF.mER. 85
veront point; en cc jour-là defaillil"Ont les vierges ct les jeunes
hommes par la sail: ll-Amos, VUl. il, 12, 13. -« En cc jour­
là sortiront des Eau:r vives de Jerusalem. II - Zach. XIV. 8.­
« Jehovah (est) mon Be)'ger, vers des Eaux de )'epos il me con­
duira. ll-PS. XXIII. 2.-« Ils n'auront point soi/~ des Eaux du
Rocher il (era coulel' ]Jour eu:r, ct il frappem le Rocher POU)'
que des Eaux en coulent. ll- Ps. LXXVIII. 16,20.·-« Dieu, dès
le matin je Tc cherche, mon âme a soif de Toi, je suis fatigué,
sans Eaux. II - Ps. LX HL 2. - « Jdhovah envoie sa Parole, il
fait soulflel' son vent, afin que coulent des Eaux. »-[>s. CXLVn.
18, 19. -« Louez Jehovah, Cieu:I; des cieux, et Eaux qui (êtes)
au-dessus des Cieux. II - Ps. CXLVln. 4. - « Jésus, assis vel's
la fontaine de Jacob, dit à la femme: Quiconrlue boit de ceUe
cau aura soif encol'e; mais qui all7'a bu de l'Eau, que 1Iloi je lui
donnerai, n'aura pas soifdzwantl'éternité; (.'{ l'Eau, que Moije
lui donnerai, deviendm en lui une fontaine d'Eau jaillissant en
vif! eternel/e. II - Jpan, lV. 7 à 15. - « Jesus dit: Si quelqu'un
a soif, qu'il vienne il Moi, ct qu'il boive; qui croit en Moi, comme
dit l'Écriture, de son ventre couleront des fleuves d'Eau vive. II
-.Tean, VIL :17, 38. -« A celui qui a soif, je donnerai de la
fontrtine de l'Eau de la vie gratuitement. II - Apoc. XXI. 6. ­
« Il me montra un fleuve d'Eau de la vic, sortant du t,'6ne de
Dieu cl de l'ftgneau. ll- Apoc. XXII. 1. -« L'esprit ct la fian­
cée disent, et que alui qui ecoute, dise: Viens; et que celui qui
a soif vienne, et que celui qui veut prenne de l'Eau vive g7'atui­
tement. II - Apor.. XXTl. 17; - dans cps passagps, par ll's Eaux
sont pntendus lps vrais, d'où il est bien évident que par une voix de
beaucoup d'eaux il est entendu le Divin Vrai du Seigneur dans la
Parole; pareillement dans ces passages: « Voici, la gloire du
Dieu d']smi'l venait par le chemin de l'Orient, ct sa voix comme
une VOIX DE BEAUCOUP D'EAUX, et la Terre {ut eclai)'ee de .sa
Gloire. II -l~zéch, XLIlI, 2. - (1 J'entendis une voi.x du Ciel,
comme une VOIX DE BEAUCOUP D'EAUX. ll- i\pOC. XIV. 2. - ( 1 La
voix de ]1l/lOvah SUI' les EAUX, Jehovalt SUl' BEAUCOUP D'EAUX. II
- Ps. XXIX. 3. - Quand on sait que dans la Parole pal' les Eaux
sont entpnrlns les vrais dans l'homme naturel, on pent yoir ce qui
a Hé signifié par les Ablutions dans l'(.:glise Israélite; et aussi ce
1. S.
86 I.'APOCALYPSE r.i:vÉLÜ:. ;\0 50.
qui est signifié pal' le Baptême; etencore parces paroles du Seigneur
dans .Jean : (1 Si un homme n'est engend7'é d'Eau et d'Esprit, il
ne peut entrer dans le Royaume de Dieu. » - II!. 5; - d'Eau
signilie pal' les Vrais, et d'Esprit signifie pal' la Vie selon les vrais.
Que les Eaux dans le sens opposé signifient les faux, on le verra
dans ce qui suit.
5'1. Vers. f6. Et ayant dans sa main droite sept Étoiles, si­
gnifie toutes les connaissances du bien et du vrai dans la
Parole, lesquelles par suite sont chez les Anges du G-iel et
chez les hommes de l'Église. Autour des Anges, quand ils sont
. au-dessous des Cieux, il apparail comme de petites étoiles en
grande quantité; pareillement autour des Esprits qui. lorsqu'ils
ont vécu dans le ~londe, se sont acquis d'après la Parole les con­
naissances du bien et du vl'ai, ou les vrais de la vie et de la doc­
trine; toutefois, ces petites étoiles apparaissent fixes chez ceux
qui son! d'après la Parole dans les vrais réels, mais errantes chez
ceux qui sont dans les vrais falsHlés. SUI' ces petites étoiles, et
aussi SUI' les étoiles qui apparaissent là dans l'l~tendue, je pourrais
rapporter des choses merveilleuses, mais ce n'est point le sujet de
cet Ouvrage: pal' là on voit clairement que les étoiles signifient
les connaissances du bien et du vrai d'après la Parole. Le FILS DE
L'Ho~IME les ayant dans sa main droite, cela signHle que ces con­
naissances viennent du Seigneur seul par la Parole: que SC]Jt si­
gnifie tous, ou le voit ci-dessus, N"fO. Que les connaissances du bien
et du vrai d'après la Parole soient signifiées par les Étoiles, on peut
aussi le voir pal' ces passages: (1 Je mettmi la terre en dévastation;
les J1toiles des cieux et leurs Astres ne bdlle1'Ont point de leur
lumil:re. Il - Ésaïe, XIII. 9, fO; - la terre, qui sera mise en dé­
vastation, c'est l'J~glise, laquelle étant dévastée, les connaissances
du bien ct du vrai n'apparaissent pas dans la Parole. « Je cou­
vrirai, lorsque je t'aurai éteint, les cieux, et je noircirai leurs
Étoiles; tous les Luminaires de lumù:re je noircimi sur toi, et
je mettrai des ténèbn:s sur' ta terre. ))- Ézéch. XXXII. 7, 8;­
des ténèhres sur la terre, ce sont des [aux dans l'Église. « Le So­
leil et la J,une ont été noircis, et les Étoiles ont retiTé lew'
splendeur. )l - Joël, Il. 10, H. IV. f5. - « A.pl'ès l'affliction de
ces jours, le Soleil S('1Yt obscw'ô, la T,une ne donnera 7Joint sa
Vers. 16. CHAPITRE PRE)Ul::R. 87
lueur, el les Étoiles tomue/'ont du ciel. » - àlallh. XXIV. 29.
l\larc, X [([. 2i1. - « Les Étoiles du ciel tombèrent sur la terre;
comme un {iguier jelle ses (igues vertes. Il - Apoe. V1. 13. ­
II Je vis ww Étoile qui du cïeitomba en la terre. J ) - Apoc.lX.1;

- pal' les étoiles qui tombent du ciel il est entendu, non pas des
étoiles, mais que les connaissances dl1 bien et du vrai doivent pé­
l'il': cela est encore évident en ce que « le Dragon entmina la
troisième partie des Étoiles du ciel. Il - Apoc. XII. li; - puis
aussi, en ce que « le Bouc de chèvres jeta ci telTe des ]ktoiles, et
les roula. li - Dan. vm. 8 à 11.; - c'est pourquoi, dans le Ver­
set suivant dans Daniel, il est dit allssi « qu'il jeta la Vérité il
terre. 1) - Vers. 12. - Les connaissances du bien et du vrai sont
signifiées aussi pal' les étoiles dans ces passages: « Jéhovah dé­
nombre les Étoiles, toutes par nom il les appelle. Il-PS. CXLVLf.
il. - II Louez Jéhovah, toutes les Etoiles de lU1llù:re, li - l's.
CXLVlJl. 3. - l l Les Etoiles ont combattu de leurs chemins. I l ­
Jug. V. 20. - D'après ces passages on voit clairement ce qui est
entendu pal' ces paroles dans Daniel: II Les intelligents 1'esplen­
diront comme la splendeur de l'étendue, et ceux qui en justi­
fient plusiew's, comme les Étoiles, jusqu'au:r siècles des sii:­
etes. Il - Xtl. 3; - les intelligents sont ceux qui sont dans les
vrais, et ceux qui justifient sont ceux qui sont dans les biens.
52, Et de sa Bouche une épée aiguë il deu,x tl'anc/umts qui
sm'tait, signifie la dispersion des faux par le Scigneul'au moyen
de la Parole et de la doctrine qui en ]J1'ocède. Dans la Parole il
est souvent parlé du glaive, du sabre et de l'épée, et par ces armes
il n'est pas signifié autre chose que le ,:!,aLqu5!:()wJ)at contre les
faux et les détruit, ni dans le sens opposé autre chose que le faux
qui combat contre les vrais; cal' pal' les Guerres dans la Parole
sont signifiées les Guerres spirituelles, qui sont celles du vrai
contre le faux, et du fall:'( contre le 'Tai; c'est pourquoi les Armes
de guel'l'e signifient les choses par lesquelles on com1.lat dans ces
guerres. Qu'il soit enlendu ici pal' 1'~;P!e la .ç!j~persi()!Ldes fa!!x
paL' Je Seigne.bIL', cela est évident, puisqu'elle a été vue sortant de
sa bouche, et que sortir de la 1.louche du Seigneur, c'est sortir de
la Parole, car c'est celle-ci que le Seignem a prononcèe de sa bou­
che; et comllJe il est entendu la Parole au moyen do la Doctrine
88 L'APOC,\LYPSE lIivù.it:. N° 52.

qui en procède, ceLte DocLrine aussi est signifiée: il est dit une
épée aiguë il deux tranchants, parce qu'elle pénètre le cœur et
l\\me. Pour qu'on sache qu'ici par l'Épée il est entendu la disper­
sion ùes faux par le Seigneur au moyen de la Parole, il sê;'â-râP­
porté quelques passages, ou l'Épée est nommée, et par lesquels on
peut le voir; ce sont ceux-ci: « Épée! contre Babel, St'S p1'Ïnces
et ses sages. Épée! contre les mentew's, afin qu'ils deviennent
insensés. Épée! contre les vaillants, afin qu'ils soient constel'­
nés. Epée! contre ses chevau:].' et ses chw's. Épée! contre ses
trésors, afin quïls soient pilles; séclteresse sur ses eaux, afin
qu'elles tarissent. )) - Jérém. L. 35 à 38; - ces choses ont éLé
dites contre Babel, par laquelle sont entendus ceux qui falsifient
et adulLèrenL la Parole; de là par les m~nL!lg]~,gui __c1.~~lendront
insensés, pal' les chevaux eL les chars contre lesquels sera l'épée,
et pm' les trésors qui seront pillés, sont signifiés les faux de leUl'
doctrine; que par les eaux SUI' lesquelles il y aura sécheresse, afin
qu'elles Larissent, il soit signiné les vrais, on vient de le voir ci­
dessus, N" 50. « Prophétise et dis: Une ÉPÉE a été aiguisée, et
même polie; pour {aire le carnage elle a été aiguisée; qu'on la
{asse redoubler l'ÉPÉE, pow'la troisième (ois, l'ÉpÉE des t1'ans­
7Jel'cés, l'ÉPÉE du grand cal'nage,qui pénètl'e dans les retraites,
pow' que soient multipliés les achoppements. » - Ézéch. XXr.
Hl il 20; - ici aussi, pal' l'Épée est enLendue la déva§taLion du
vrai dans l'Église. « Jêhovah contestera par son EpÉE avec toute
chair, ct seront multipliés les transpercés de Jéhovah.))-Ésaïe,
LXVI. 16; - ici, eL ailleurs dans la Parole, sont appelés transper­
cés de Jéhovah ceux qui périssent par les faux. « Sur toutes les
collines dans le désert sont venus des devastateurs; parce que
l'ÉPI1t: DE JÉHOVAH dévore depuis une cxtl'emité de la tcn'e jus­
qu'à l'e:rtl'emité de la telTe. )) - Jérém. X H. 12. - « Au péril
de nos âmes nous nous pl'ocurons notre pain il cause de l'ÉPÉE
du desel't, )) - Lament. V. 9. - « ilIalheur au pastew' de néant
qui abandonne le tl'ou71eau! j.:PÉE S1l1' son bl'as, et SW' SOll œil
droit. ll-Zach. XL 17;- I"Épée sor l'œil droiL du pasLeur, c'est
le faux de sonenJendemenL:-« L;; fiÙ-ië Flwmme sont e1!flam~
més, leurs langues (sont) une ÉPÉE aiguisee.))-Ps. LVII. 5.­
« Voici, ils l'endent des exltala'ÏSolls pal' leur bouche, des ÉPÉEs
Vers. 1G. CII'\I'111\1:: l'REMIEIl. 89
(sont) dans leurs lèvres. ))- Ps. UX. 8. -c( Ceux qui font lïni­
quité,qui aiguisent comme une ÉPÉE lew'langue.ll- Ps. LXIV. li;
-Semblables choses sont signifiées ailleurs pal' l'Épée, par exem­
ple, Ésaïe, XlfL 13,15. XXI. 1ll, 15. XXVIL 1. XXXI. 7,8. Jérém.
II. 30. V.12. XI. 22. XIV. 13 à 18. Ézéch. VtI. 15. XXXII. 10,
11, 12. - D'après cela on peut voir ce que le Seigneul' entendait
pal' l'Épée dans ces passages: (( Jésus dit: Je suü venu mettre,
non pas la paix sur la tCITe, mais l'ÉP~E. » -l\latth. X. 3l1. ­
le Jésus dit : Que celui qui n'a ni bow'se ni sac, vende ses vête­
ments, et achète une ÉPÉE. Les disciples dirent: Seigneur, voici
de.ux I~PÉES; et Lui leUl' dit: Cela suffit. Il ~ Luc;·XXIr.36,38.
- (( Tous ceux qui pTI:nnent l'}:PIlE, par l'ÉP~E plh·iront. )l ­
Matlh. XXVI. 51, 52. - Au sujet de la consommation du siècle
Jésus dit : (( Ils tombl51'ont pal' le tranchant de l'ÉPÉE, et seront
menés captifs pa1'1ui toutes les luttions, et enfin Jél'usalem sera
foulée. l) - Luc, XXl. 2l1; - la consommation du siècle est le
dernier temps de \'}:glise; l'Épée est le faux qui détruit le vrai;
les nations sont les maux; Jér~!l.alf;m qui seya fo~lée est l'l~glise.
Maintenant, d'après tout ce qui précède, il est évident que par
\'épéeaiguë, quisor.tait de la bouche du Fils d~ll1e, il est
signifié la dispersion desJitUX par le Seigneur au moyen de la Pa­
l'ole. Pareillement dans les passages qui suil'cnt dans l'Apocalypse:
(c Jl (ut donné une ÉPÉE grande il celui qui était monté SUl' le

Cheval roux. l) - V1. li. - « De la bal/che de celui qui était


monté SUI' le Cheval blanc sOl'tait une f:Pllto: aigu!!, pOUl' en
(l'appel' les nations. Le l'este (ut tué par d:l'tr; de celui qui
était monté SUl' le Cheval.))- XIX. 15,21;- pal' Celui qui était
monté sur le Cheval blanc est entendu le Scigneur quant à la Pa­
role, ce qni est dit là ouvertemcnt, Vers. 13,1.6. Scmblable chosc
est entenduc dans Dal'id :c( Ceins t01l1~P}:E Sll1' ta cuisse, ô Puis­
,wnt; clu:vauclte sur la ]Jal'ole de vérité, tes traits sont acérés.))
- Ps. XLV. li, 5, 6; - ces choses ont été (liles du Seigneur. Et
aillems : (( Ils bondiront de joie, les saints; et une 1~I'I\E A PLU­
SIEURS TRANCHANTS (sera) dans lell1' main. Il - J>s. CXLfX. 5, 6;
-ct dans I~saïe: (( J é!WL'alt a l'endu ma bouche comme une I~P~f;
ai(Jui;. )) - XLIX. 2.
53. Et sa Face, de même que le Soleil qui luit dans sa lJuis-
I. ,,*
() .
90 I:APOC,ILYPSE RÉVÜ~t:. j~" 53.
sance, signifie le Divin Amoul" ct la Divine Sayesse, qui sont Lui,
et qui procèdent de TAti. Que pal' la (ace de Jéhovah ou du Seigneur
il soit enlendu le Divin Même ùans son essence, qui est le Divin
Amour el la Divine Sagesse, ainsi Lui-Même, on le verra dans les
Explications ci-dessous, où la Face de Dieu est nommée: la même
chose est signifiée par le Soleil qui luit dans sa puissance. Que
le Seigneur soit vu comme Soleil dans le Ciel devant les anges, et
que son Divin Amour et en même temps sa Divine sagesse appa­
raissent ainsi, cela est expliqué dans le Traité DU CIEL ET DE
L'ENFER, publié à Londl'es en 1758, N'" 116 à 125; et dans LA SA­
GESSE ANGÉLIQUE SUR LE DIVIN AMOUR ET SUR LA DIVINE SAGESSE,
W' 83 à 172 : il l'este seulement ici à confi,'mer pal' la Parole que
le Soleil, quand il s'agit du Seigneur, est son Divin Arnoul' et en
même temps sa Divine Sagesse; cela peut être évident d'après les
passages qui suivent: Il En ce jour-là, la lumière de la Lune
sera comme la lumière du SOLEIL; el la lumière du SOLEIL sera
septuple, comme la lumière de sept jours. » - Ésaie, XXX. 26;
- ce jour-Iii est l'avénement du Seigneur, quand la vieille Église
a été détl'llile, et qu'une nouvelle f.:glise était à instaurer; la lu­
mière de la lune est la foi d'aprèS la charité, et la lumière du so­
leil est l'intelligence et la sagesse d'après l'amonr alors pal' le Sei­
gneur. « Il ne se couchera 1JlzlS, ton SOL];IL; et la Lune ne se l'e­
lil'era point, parce que Jéhovah te sera 1Jour lumière d'éter­
nite. »- Ésaïe. LX. 20; - Je soleil, qni ne se couchera point, est
l'amour et la sagesse par' le Seigneur. Il ,1vec moi il a 1Jarlé, le Ro­
chel' d'Israël: comme la lU11lièl'C d'un matin, quand se lève le
SOLEIL. ») - H Sam. XXfIr. 3, 4; - le flocher d'Israêl est le Sei­
gneur. « Son trône se j'a comme le SoLEIL. » - Ps. LXXXIX. 37,
38; - ceci est dit de David, mais là pal' David est enlendu le Sei­
gneur. li Ils Te craindront avec le SOLEIL; el fleuri1'a en ses
jours le jusle, el beaucoup de pai,x, jusque là que point de lune.
Devalllle SOLEIL le n01ll de Fils il aura, et seront bénies en Lui
toutes les nations. Il - Ps. LXXU. 5, 7, 1.7; - ces choses aussi
sont dites du Seigneur. Puisque le Seigneur' apparaît comme So­
leil dans le Ciel devant les anges, c'est pour cela que, lorsqu'il fut
transfiguré, li sa {ace j'esplcndil comme le SOLEIL, et ses vête­
ments daim"cnt comme la lumière. Il - Malth. XVII. 1,2;­
rers. 16, CIHPITRE PRE~IlER. 91
et qu'il est dit de l'Ange fort descendant du Ciel, qu'il était en­
touré d'une nuée, el que sa face était comme le SOLEIL.-Apoc.
X. 1; - et de la Femme, qu'elle était enveloppée du SOLEl/.. ­
Apoc. XII. 1; - là aussi, le Soleil est l'Amour et la Sagesse par
le Seigneur; la femme y est l'I~glise, qui est appelée la Nouvelle
Jérusalem. Le Seigneur quanl à l'Amour et à la Sagesse étant en­
tendu par le Soleil, on voil clairement ce qui est signifié pal' le
Soleil dans les passages suivants: le Voici, le jOll1' de Jéhovah
vient, cruel; obscw'ci sera le SOLEIL à son level', et la lune ne
fera point resplendù' ,la luclt1, ; je visiterai sur le glo/Ie la ma­
lice, et sur les impies leur iniquité. » - Ésaïe, Xlll. 9, 10, H.
-(Je couvri1'ai, lorsque je t'aurai éteint, les cieux, et je noi1'­
cirai leurs étoiles; le SOLEIL d'une nuée je couvrimi, et la lune
ne fel'a point luire sa lueur; et je repandrai des ténèbres sur ta
telTe. " - I~zéch. XXXH. 7, 8. - (( Il vient le jour de Jéhovah,
jour de ténèbres; le SOLEIL et la Lune ne (erOlIl pointlu.i1'e leur
lumière, et les étoiles ont l'etir'é leul' splendem'. » - Joël, 1r. 1,
10. - «( Le SOLEIL sera changé en ténèbres, et la Lune en sang,
avant que vienne le jour de Jéhovah, grand et telTible. 1) ­
Joël, III. 4. - le Pl'oche est le jour de Jehovah dans la vallée de
la décision; le SOLEIL et la Lune ont été noil'cis. » - Joël, IV.
14, 15. - « Le quatriërlle Ange sonna de la tl'ompelle, et fut
..... TOO (mppée l'!:JI!Ji.!.ièrl!J~.12!!!:tiedu SOLEIL, la troisième pal'lie des
étoiles, et le jour ne brillait pas dans sa troisième pm'tie. " ­
Apoc. VIII. 12, - (( Le SOLEIL devint noi1' comme un sac de
poil, et la Lune devint comme du sang. " - Apoc, VI. 12. ­
« Obscurci fut le SOI,EIL par la fumée de l'abtme. »-Apoc. IX. 2;
- dans ces passages, pal' le Soleil il est entendu, non le Soleil du
Monde, mais le Soleil du Ciel Angélique, qui eslle Divin Amour
el la Divine Sagesse du Seigneur; cet amour et celle sagesse sont
dits obscurcis, couverls de lénèbres, cachés, noircis, quand chez
l'homme il y a les faux et les maux: de là il est évident que sem­
blable chose est entendue par les paroles du Seignell1', lorsqu'il s'a­
git de la f.on~ommation du siècle, qui est le, dernier temps ùe \']:;­
glise : le Aussitfit après l'aflliëiion de ces jours-liï,i'ë SoLEiL.5ë';'a
obsCll1'ci, et la Dune ne donne1'a point sa lUCU1', et les Étoiles
tomberont du ciel. " - '1ullh. XXIV. 29. ~Iarc', XLI!. 2ft, 25;­
92 L'APOCALYPSE IIÉVÉL~E. N° 53.
pareillement pal' celles-ci: " Le SOLEIL sc couchera sur les Pro­
phètes, ct SUI' eux sc noircira le jour. " - Mir.hée, III. 5, 6. ­
« En ce jour-là je ferai coucher le SOLEIL il. midi, et je couvri­
rai de ténèbres la terre en jour de lumière. n- Amos, VIlI. 9.
- « Elle rendra l'cime, celle qui en avait enfanté sept; son So­
U:IL sc couchel'a, tandis qu'il sem mCOTe jour. n - Jéllém. XV.
9;- ceci a été dil de l'Église Juive, qui rendra l'âme, c'est-à-dire,
périra; le Soleil se couchera, c'est qu'il n'y aura plus d'amour ni
de charité. Ce qui esl dil dans Josué, que le SOLEIL s'est arrêté en
Gibéon, et la Lune dans la vallée d'A.jalon,- X. 12, 13,-appa­
rail COlllme Historique, mais est Prophélique, car cela est tiré du
Livre deJaschar, qui étail un Livre prophétique; en effel, Josué dit:
"Ce/a n'est-il pas écrit dans le Livre de Jaschar? n·-Vers. 13;
-ce même Livre comme prophétique est aussi nommé par David,
-JI Sam. 1. 17, 18; - semblable chose esl di te aussi dans I-Ja­
bakuk:" Ébranlées ont été les montagnes, le SOLEIL et la lune se
sont al'nUés en place. n-UJ.I0.-Dans r,:saïe: "Il ne sc couchera
plus, ton SOI,EIL, ct ta lune ne sc rel'il'e)'a point. n- LX. 20;­
car faire arrêter le Soleil et la Lune, ce serail délruire l'univers.
Comme le Seigneur quanl au Divin Amour el à la Divhtesagesse
est enlendu par le, Soleil, c'esl pour cela que les Anciens dans le
culte saint tournaienl la face l'ers l'Orient du Soleil, et aussi leurs
Temples, l'ile qui dUll'e encore. Que ce ne soil pas le Soleil du
monde qui e,sl enlendu par le Soleil dans ces passages, cela est
6l'idenl en ce qu'il élait profane et abominable d'adorer le Soleil
et la Lune du monde, voir Nomb. XXV. 1,2,3, /J. Deulél'. IV. 19.
XVU. 3,5. Jérém. V[[[. 1,2. XLIII. 10, 13. XLIV. 17,18,19,25.
l':zécb. VlIl. 16; car par le Soleil du monde il esl enlendu l'alnol\l'
( de soi el le fasle de la propre in lelligence; 01' l'amour de soi est
dimnélralement opposé au Divin Amour, el le faste de la propre
inlelligence est diamétralemenl opposé il Iii Diviue Sagesse; ado­
1 l'cr le Soleil du monde, c'est aussi reconnailre la Nalure comlne la

1 (;r~atrice ùe loules c1J(~§.es, el la propre prudence comme effec­


1 luant toules choses, ce qui enveloppe le reniement de Dieu el le

! reniement de la Divine Providence.


54. Vers. 1.7. Et quand je I.e vis,je tombai il ses 1Jieds comme
mort, signifie d'a/ll'és I1l1e telle présence dll8eigneU'l' la défiâl·­
Vers. 17. CllAP1TRE PllEmEll. 93
lance de la vie pl'07Jre. La vic propre de l'homme ne soutient pas
la présence du Seigneur, tel que le Seigneur est en soi, ni même
r tel qu'il est dans !es intimes de sa Parole; car son Divin A.mour est
I absolument comme l'ardeur du Soleil, que personne ne pourrait
\ soutenir, telle qu'elle est en elle-même, sans être consumé: c'est
ce qui est enteudu par« Nul ne ]H:Ul voir Dieu et vivre. »)-Exod.
XXXIll. 20. Jug. XIII. 22. - Cela étant ainsi, voilà pourquoi le
Seigneur apparait aux Anges dans le Ciel comme un Soleil distant
d'eux, de même que le soleil du monde est distant des hommes;
el cela, parce que dans ce Soleil le seigneur est en Soi. Mais le Sei­
gneur uéanmoins modère et tempère son Divin, de telle sorte que
l'homme peut en soutenir la présence; il le fait en se voilant; il
en a agi ainsi lorsqu'il s'est révélé à plusieurs dans la Parole; et
même c'est en se voilant qu'il est présent chez quiconque l'adore,
comme Lui-Même le dit dans Jean:« Quiconque fait mes précep­
tes, chez lui je ferai demeure. »- XIV. 21, 23. - « Lui sera en
eu.r, et eu.x en Lui. »- XV. 4, 5.- D'après cela, on l'oit claire­
ment pourqnoi Jean, quand il vit le Seigneur dans une telle gloire,
tomba à ses pieds comme mort; puis aussi, pourquoi les trois dis­
ciples, qnand ils virent le Seigneur dans sa gloire, fureut accablés
de sommeil, et pourquoi une nuée les voila,- Luc, IX. 32, 34.
55. Et il imposa sa main droite sU?' moi, signifie la vie in­
spirée alors pm' Lui. si lé Seigneur imposa sa main droite SUl'
Jean, c'est parce que la communication se fait pal' le toucher des
mains; et cela, pal' celle raison, que la vie du mental et pal' con­
séquent du corps se produit dans les bras, et pal' les bras dans les
mains; de là vient que le Seigneur a touché de la main ceux qu'il
a Lappelés àJa..~ie, et ceux qu'il a guéris, -Marc, I. 3J, Ü:YU.
32, 33. VlfI. 22 à 27. X. 13, 16. Luc, V. 12, 13. VII. :1.4. XVIU.
:1.5. XXII. 5:1.;- et qu'il a pareillement touché les Disciples, «après
qu'ils eurent vu Jésus transfiguré, et furent tombés slïr la filce.»
- \latlh. XVIL 6, 7. -L'origine même de cela, c'est que la pré­
sence du Seignenr chez l'homme est une adjonction, ainsi une
conjonction par contiguïté, ct que celle contiguïté devient plus
proche et plus pleine selon que l'homme aime le Seigneur, c'est­
à-dire, fait ses préceptes. D'après ces quelques explications on
pent voir que par imposer sa main droite sur Jean, il est signifié
lui inspir~·3a~~e.· " _.­
, -l r;­
"\
Ol! "- L'AI'OCALYPSJ; RÉ\'ÉLÜ. N° 56.
56. En me disa~'(ive cl'ains point~ signifie le l'elèvement
(t'esuscitatio), et alors halomtion 1)1'ovenant d'une e;[riiiïe-'llt­
l;:aïiatioii: Que ce soit le relèvement il la vie, c'est la conséquence
de ce qui vient d'être dit, N° 55; et que ce soit l'adoration prove­
nant d'une extrême humiliation, cela est évident; cal' Jean était
tombé aux pieds du Seigneur; et comme, lorsqu'il eut été relevé,
une sainte crainte s'était emparée de lui, le Seigneur lui dit :« Ne
crains point. » Une s,!!nle~r.!!inte, qui parfois est conjointe à u~
siliQl tl'emblem~J des intél'ielIl's appartenant au .mental, et par­
fois il une horripilation, survieut quand la vie pal' le Seigneur en­
tre il la place de la vie propre; la vie propre est de regardel' de
1· soi au 5eigneul', mais la vie pal' le Seigneur est dll..fllg!!l'derpal'
1 le Seigneur au Seigneur, et né~n~o~.1'!.~_~Q!Q!!!~par_.soi; quand
i l'homme est dans cette ,'ie-ci, il voit que lui-même n'est pas quel­
L que chose, mais_que le Seigneur se.!!.~t. Dans celle Sainte crainte
était aussi Daniel, quand il vit l'Homme vêtu de lin, dont les reins
étaient ceints d'or d'uphaz, le corps comme de la tharschisch, la
face comme un éclair, les yeux comme des flambeaux de feu, les
bras et les pieds comme la splendeur de l'airain poli; il celle vue
-'
Daniel aussi devi'l! comme mort, et une Main le Toucha, et il lui
-... ...
fut dit :~E CRAINS POINT, Daniel. ))- Dan. X. 5 à 12.- Pal'eille
chose arriva aüssl à Pierl'e, Jacques et Jean, quand le seigneur fut
transfignré, et qu'il fut vu quant il la face comme le Soleil, et quant
aux vêtements comme la Lumièl'e; eux aussi tombèl'en t SUI' la face
et furent saisis d'une grande crainte; et alQrs Jésus s'appr.Qçhan t
les .T.ol{cha, en disant (NE CRAIGN~Z pOINT~';- Mallh. XVI[. 6,7,
- Le Seigneul' dit aussi aux femmes qui le virent au sépulcre:
CNE CRAIGNEZ POINT) -l\lallh. XXYrIL 10. - Et aussi l'Ange,
aonlla face fut vue'comme un éclair, et le vêtement comme la
neige, dit à ces femmes (NE CRAIGNEZ pOI~"T, VOUS. - Matth.
XX VlII. 3,4,5.- Un Ange'ail àussi à Zacharie : NE CRAINS POINT.
- Lne, 1. 12, 13.- Pareillement un Ange dit à Marie: NE CRAINS
POINT. - Luc, r. 30, - Un Ange dit aussi aux bergers, autour de
qui la gloire cIu Seigneul' avait resplendi: NE CRAIGNEZ pOINT.­
i Luc, II. 0, 10. - Une sainte crainte semblable s'empara de Si­
r mon, lorsqu'il ent pris une multitude considél'a1.Jle de poissons;
l. c'est pourquoi il dit: " lletire-toi de moi, parce que /tomme pé­
Vers. 17. CHAPITRE PREMIER. 95
ch!!!l)' je suis, Seignell1'; mais Jésus lui dil': NE CRAINS POINT.»
- Luc, V. 8, 9, 10; - et en oliire ailleurs. C~ 'exemples ont élé
raPP.Qrtés, aOn qu'on sache polll'quoi le Seigneur a dit à Jean: ,Ne
ë"rains point; et que par lit il est entendu le relèvement, el alors
l'adoration provenant d'une extrême humiliation.
57. Moï, je suis le Premie)' elle Demie/", signifie que S~uU.l
e§! Éternel el Infini, par conséquenl Sc..~.Q.ieu. On peul Je voir
par ce qui vient d'être expliqué, N" 13, 29, 38.
58. Vers. 18. Et Qui suis Vivant, signifie qui Seul esl la Vje,
cl de qui Seul vient la Vie. Jél:oyah dans la P~rôïe(ië-l;An"~ien
Testamenl se nomme LE VIVANT, el CELUI QUI VIT, parce que Seul
il Vil; car il esl l'Amour Même el la Sagessl' Même, el ces deux
choses sonl la Vie: qu'il y ait une Vie Unique, qui est Dieu, el
( que les anges et les hommes soient des récipien ts de la vie pro­
, cédant de Dieu, c'est ce qui a été montré en beaucoup d'endroits
clans LA SAGESSE ANGÉLIQUE SOR LE DIVIN A~IOUP, ET SUR LA DI­
VINE SAGESSE. Jéhovah se nomme LE VIVANT, et CELUI QUI VIT,
- f:saïe, XXXV m. 18, 19. Jérém. V. 2. XII. 16. XVI. 111, 15.
xxm. 7, 8. XLVI. 18. tzéch. V. H. - Le Seignenr aussi, quant
au DiviQ. Illl.W.f\in, est la Vie, parce que le Père et Lui sont un,
c'est pourquoi il dit: « COMME LE P.t:RE A LA.YIE EN LUI-M.!:.!I1E,
PAREILLEMENT IL ADONNÉ AU FILS D'AVOIR LA VIE EN LUI-MÊME. »
- Jean, V. 26. - « JÉsus DIT: MOI, JE SUIS LA RÉSURRECTION ET
J.A \' lE. » - Jean, XI. 25. - « Jüus DIT: l'IOJ, JE SUIS LF. CUE­
MIN, LA "f:RlTf: ET LA VIE. » - Jean, XIV. 6. - (( Au COMMEN­
CEMENT ÉTAIT LA PAROLE, ET DIEU ELLE ÉTAIT, LA PAROLE 1 EN
ELLf; VIE IL Y AVAIT; ET LA PAROLE CUAIn AÉTf: FAIrE. »-Jean,
J. 1 à [1, Ill. - Comme le Seigneur est Seul la Vic, il s'ensuit qne
de Lui Seul vient la vie, c'est pourquoi il dit: « PARCE QUE MOI,
JE VIS, vous AUSSI vous VI\'HEZ. » - Jean, XIV. 19.
59. Elfai été mort, signi(w qu'il a été négligé dans l'Église,
cl que Si?!l DiJjr.!.llj.l1'Iwin n'a poinl élé )'econnu. Par j'ai él(!
mo)'l, il l'st entendu non pas qu'il a été cruciOé, et qu'ainsi il est
mort, mais qu'il a 0,lé négligé dans l'l::glise, et que son l)iViI~.J!U­
m.3!in n'a point été reconnu, car ainsi chez les hommes il est mort:
on reconnalt, il est vrai, son Divin de toute éternité, mais cc Di­
vin t'st Jôhovall i\lèllll', tandis iJu'oll-lliL!:.econlJ~lL. pas iJue son ~.I.!I­
fiG L'APOCA LYPSE d:I't:J.ü:. :.\°59,

m~in esl Di.\)n, quoique le Divin ell'Ilumain en Lui soienl comme


l'Ame el le Corps, el qu'ainsi ils soienl non pas deux mais un, et
même une seule Personne, selon la Doclrine reçue dans toul le
Monde Chrétien, el qui lienl son nom d'Alhanase; qU~nJLdonç on
'1 S~'pare son Divin de son f1nmain, en disanl que l'Humain n'esl
\ pa.Divin, mais qu'il esl semblable à l'Humain d'un aulre homme,
alol's chez les hommes Il esl morl; mais sur celle séparalion,
el ainsi SUI' cel élal de morl du Seigneur, on voiL pIns de détails
dans la DOCTR1NB DE LA NOUVELLE JÉRUSALE~I sun LE SEIGNEUn,
el dans L,\ SACESSE t\NGÉLIQI'E sur.. LA DIVINE PROVIDENCE,
N°' 262, 263.
60. Et voici, Vivant je suis au,'}; siècles des sir)cles, signifie
qu'il est la Vie éternelle. Puisque qui suis Vivant signifie que
Seul il eslla Vie, el que de Lui Seul \'ienlla Vie, ci-dessus,.lI\" 58,
il s'ensuil que, voici, Vivant je suis aux siècles des sù)cles, si­
gnine que ~fU! il esll<1 "YieLéle.1.J!ilé, el qu'ainsi de Lui seul
vienlla Vie élernelle, cal' la Vie élernelle esl en Lui, el pal' suile
\'ienl de Lui: les si,~cles des siècles signifienl l'élernel. Que du
Seigneur Seul vienne la Vie élel'!1elle, on le l'oit dans les passages
suivants: « Jésus dit: Quiconque croit en Moi ne périra pas,
mais il aura la Vie éternelle. » - Jean, III. 16. - « Qui croit
au Fils a la Vie éternelle; 01', qui ne croit point au Fils ne
verra point la Vie, mais la colère de Dil:u demeure sw' lui. »
-Jean, HI. 36. - « En vérité, je vous dis: Qui croit en Moi a
la Vie éternelle. Il - Jean, VI. 47. - Il Moi, jl: suis la Résu1'­
rection et la Vie; celui qui croit en IHoi, bien qu'il mew'e, vi­
vra : quiconqut croit en Moi ne mourra point durant l'éter­
nité. Il - Jean, Xl. 25, 26; el ailleurs. - De là vienl donc que le
Seigneur esl appelé aussi le Vivant au,'}; siècles des sii:cles, dans
la suile de l'Apocalypse, -IV. 9,10. v. 14. X. 6. Dan. IV. 3i.
61. Amen, signifie la con(innation Divine que c'est la vérite.
Qu'jlmen soilla Vérilé, qui esl le Seigneur, on le voil ci-dessus,
N° 23.
62. Et j'ai les clefs de l'enre1' et de la mort, signifie que Seul
il peut sauver. Par les clefs esl signifiée la puissance d'ouvrir el de
fermer, ici la puissance d'ouvrir l'enfer, afin qne l'homme en soiL
tiré, el de le f('rmer, ann que l'homme, lorsqu'il en a élé tiré, n'y
Vers. 18. CIJAPITIIE PRE~IlI:n. 97

l'entre point; en elfet, l'homme est né dans les lTIaux de tOlltgenre,


ainsi dans l'enfer, cal' les maux sont l'enfer; il en est tiré pal' le
Seigneur qui a la puissance de l'ouvrir. Si pal' avoir les clefs de
l'enfel' et de la mOl't, il est entendu, non pas la Jluissance de jeter
dans l'enfer, mais la Jluissance cie sauver, c'est parce que cela est
dit après ces mots: « Voici, je suis Vivant aux s'i~des des si~­
cles, Il par lesquels il est signifié que Seul il est la Vie éternelle,
N" 60; et parce que le Seigneur ne jette jamais qui que ce soit
dans l'enfel.", mais que IJ1,0111me Iui:-Illême s'y j~te, Les clefs si­
gnifient' aussi la puissance d'ouvrir et Ile 1'01'10('1', dans l'Apoca­
lypse, - 11 r. 7. IX. 1. XX. 1; puis, dans '::saïe, XXtr. 21, 22;
_ dans Matthieu, xvr. 19; et dans Luc, Xr. 52. - La puissanc~.!il!
Sgigneur est uon~seUletnellt sur le Ciel, m~~ aussi sur l'~nfer. car
l'Enfer est tenu en ordre et en connexion au moyen des 0PRQsi­
tions contre l~_ÇIel ; c'est pourquoi, celui qui gouverne l'un _doit

l nécessairement gouvern~r l'~utre; autrement, l'homme n'au'râit


, pas pu être sauvé; être sauvé, c'est être tiré de l'enfer,
63. Vers. 19. &;;r..is les choses que tu as vues, et celles qui
sont, et celles qui doivent a'rriver ci-apl'ès, signifie que toutes
les choses qui sont maintenant n!vélées sont PO!!:I'..l.ll pO.ilé.1'ité.
On le voit sans explication.
64. Vers. 20. Le mystè1Y! des sept Étoiles que tu as vues dans
ma main dl'oite, et les sept Chandeliel's d'm', signifie les m'­
canes dans les Visions sur le nouveau Ciel et su'}' la nouvelle
Église. QlIe par les sept Étoiles il soit signifié l't~glise dans les
Cieux, et pa'r les sept Chandelie7's l'Êglise dans les terres, on le
verra dans ce qui va suivre.
65. Les sc]Jt Étoiles sont les sept Anges des sept Églises, si­
gnifie la Nouvelle Église dans les Cieux, laquelle est le Nouveau
Ciel. Dans ~es Cieux il y a une f:glise de même que dans les terres,
cal' dans les Cieux il y a la Parole de même que dans les terres, el
des doctrines d'après la Parole, et aussi des prédications d'après
elle; voir SUI' cc suiet dans LA NOUVELLE JÉr.USALEM SUR L'&Rl­
TURE SAINTE, les W' 70 à 75, et 104 il 113. Celle tglise est le
Nouveau Ciel, dont il a été dit quelque chose dans la Préface, Si
l'Église dans les Cieux, ou le Nouveau Ciel, est entendue pal' les
$ept Étoi/cs, c'cst pal'cc qu'il est dit que les sept éloiles .1011/ les
J. 9,
98 L'APOCALYPSE nl1vül1E. 1\" 65.
Anges des sept Églises, et que par l'Ange est signil1ée une So­
ciété Céleste. li apparalt dans le Monde spil'ituel une Étendue
pleine d'étoiles comme dans le Monde naturel, et cela apparalt
d'après les Sociétés Angéliques dans le ciel, chaque Société y
brille cOlllme une Étoile devant ceux qui sont au-dessous; par là
on y sait dans quelle situation se trollventles Sociétés Angéliques.
1. Que_~~Il_~ signifie, non pas sepl, mais tQUS ceux"q,ui..Y-~!lnt de \'.1-:­
l gli~~, selon la réception de chacun, on le voit ci-dessus, NU' 10,
1li, li1; ainsi par les Anges des ~cp~ Églises il est en lend u !'I::glise
tout entière dans les Cieux, pal' conséquent leJ~ouveau Ciel dans
tout le Qo!np~~xe.
66. Et les sept Chandelifl's que tu as t'us sont les sept Égli­
ses, signi(U! la Nouvelle Église ,~ul' telTe, laquelle est la NOl/velle
Jérusalem descendant du Seignew' par le Nouveau Ciel. Que les
Chandelio's soien t l'I~g1ise, on le voit ci-dessus, N°li3; et comme
sept signifie tous, N° 10, pal' les sept Chandeliers il est entendu,
[ion' passëpt Églises, mais n::glise dans tout le complexe, qui en
! e\le-même est une, mais variée selon la réception; ces variétés
peuvent être comparées à des diadèmes vMiés dans la Couronne
1 d'un lIoi; et elles peUl'ent aussi être comparées aux Membres et
Organes variés dans un Corps parfait, qui néanmoins fon t un; la
perfection de chaque forme vient de choses variées, cOl1l'enalJle­
ment placées dans leur ordre; c'est de là que la Nouvelle Eglise
tout entière est décrite avec ses variétés dans ce qui va suivre pal'
les sept t:glises.

* * Ji.: * li:

(i7. LA FOI nu NOUVEAU CIEL ET DE LA NOUVELLE


}<~Gf.ISE DANS L'IDÉE UNIVEIISELLE est celle-ci: Que le Sei­
gneur de toute élerniLé (ab œterno), qui est Jjho~~, e~t
v~~_~~ns le Monde pOUl' suhjuguel' les Enfers et glorifiel'
son Humain; que sans cela aucun morlel n'aurait pu être
sauvé, et que ceux qui croient en Lui sont sauvés,
Il est dit: Dans l'idée univel'selle, cal' c'est là l'universel
NU 67, CHAPITRE PRDIU:n, 99
de la foi, et l'universel de la foi est ce qui doit êlre dans
toutes et dans chacune des choses de la foi, C'estnn uni-
versel de la foi, que Dieu est un en Personne et en Es-
sence, dans lequel est la Trinité, et que le Seigneur est ce
Dieu, C'est un univel'sel de la foi, que nul mortel n'aurait
pu être sauvé, si le Seigneur ne fflt \'enu dans te Monde.
C'est un universel de la foi, qu'il est venu dans le Monde,
pour éloigner de l'homme l'Enfer, et qu'il l'a éloigné par
des combats contre lui et pal' des victoires remportées sur
lui; ainsi il l'a slJ.bNg~, et l'a l'emis dans l'ordre et sous
son obéissance. C'est aussi un universel de la foi, qu'il est
venu dans le Monde pour glorifier l'Humain qu'il a pris dans
le Monde, c'est-à-dire, pour l'unir au Divin ri quo (dont il
( procédait); ainsi il lient à étel'llité dans l'ordre et SOIIS son
obéissance l'Enfer s~Jlj~gll.é pal' Lui. Comme l'un et l'autl'e
j n'a pu se faire que pal' les Tentations jusqu'à la dernièl'e de
Il toutes, et que cette dernière fut la Passion de la cl'oix, c'est
1 pour cela qu'il l'a subie. Ce sont là les universaux de la foi
en ce qui concerne le Seigneur.
De la part de l'homme, l'univel'sel de la foi chrétienne
est, qu'il croie au Seigneur, car pal' croire en Lui, il se fait
avec Lui une conjonction par laquelle il y a salvation : croire
en Lui, c'est avoir la conf]ance qu'il sauve; et comme nul
autre que ~I~.i_ qui vit bien ne peut avoir cette confiance,
(~'est pour cela que par croire en Lui il est entendu aussi
vivre dans le llien.
Il a été traiLé en particulier de ces deux Universaux de la
Foi chrélienne; du PREMIER, qui concerne le Seigneur, dans
la DOCTRINE DE LA NOUVELLE JÉRUSALEM SUR I.E SEIGNEUR;
et 'du SECOND, qui concerne l'homme, dans la DOCTRINE DE
100 L"APOCALYPSE RfvÉLÉE. N" 67
LA NOUVELLE JÉRUSALEM SUR U CHARITÉ, et SUR LA FOI;
et tians la DOCTRINE DE VIE POUR LA NOUVELLE JÉRUSA­
LEM: et maintenant il va 6tre lraité de l'un et de \'aull'c
dans les Explications sur l'Apocalypse.
L'I\POCALYPSE

CHAPITRE DEUXlf~ME

1. A l'Ange de n~glise d'Éphèse écris: Voici ce que dit


celui qui tient les sept étoiles dans sa droite, celui qui mar­
che dans le milieu des sept Chandeliers d'or:
2. Je connais tes œuvres, et ton travail, et ta patience,
et que tu ne peux supporter les méchants, et que tu as éprouvé
ceux qui se disent être Apôtres, el ne le sont point, et que
tu les as trouvés menteurs.
3. Et tu as soutenu, et tu as de la patience, et pour mon
Nom tu as travaillé, et tu ne t'es point lassé.
!J. Mais j'ai contre toi que ta charité première tu aies
abandonné.
5. Souviens-toi donc d'où tu es déchu, et viens à rési­
piscence, et fais les premières œuvres; sinon, je viendrai à
toi bientôt, et j'ôterai ton Chandelier de sa place, si tu ne
viens à résipiscence.
6. Mais ceci tu as, que tu hais les œuvl'es des Nicolaïtes,
lesquelles Moi aussi je hais.
ï. Qui a oreille entende ce que l'esprit dit aux Églises;
l. Q*
102 L'APOCALYPSE nÉvüü.
à celui qui vaincl'u, je lui donnerai à manger ùe l'urbl'e de
vie, qui (est) dans le milieu du Pa"~l? ùe Dieu.
8. Et à l'Ange de l'Église desCê.n~Yl'néens écris: Voici
ce que dit le Premier et le Dernier, qui a été' mort el qui vit:
9. Je connais tes œUVI'es, et (ton) affliction, et (ta) pau­
vreté, - mais riche tu es, - et le blasphème de ceux qui
r se disent être .J uifs, el ne le sont point, mais (sont) une
\ \ synagogue de satan.
t O. Ne crains rien des choses que tu dois souffrir; voici,
il arrivera que le diable en jettera d'entre vous en prison,
pour que vous soyez tentés; et vous aUl'ez une affliction de
dix jours: sois fidèle jusqu'à la mort, et je te donnerai la
couronne de la vie.
11. Qui a oreille elltende ce que l'esprit dit aux Églises;
celui qui vaincra ne recevra aUCI\Il dommage de la mort se­
conde. ..___ ~
12. Et il [' Ange de l'Eglise dans \Pergame\écris : Voici
!, /4 - ce que dit celui qui a l'ép~e aiEulLldeux tra~hants :
13. Je connais tes œUVl'es, et où lu habites, où (est) le
trône de satan; et tu tiens mon Nom, et tu n'as point nié
ma foi, même daIls ces jours d'Antipas mOIl martyr fidèle,
qui a été tué chez vous, où habite satan.
H. Mais j'ai contl'e toi quelque peu de chose, (c'est)
que tu en as là qui tiennent la doctrine de Balaam, lequel
enseignait à Balak à jeter une occasion de chute devant les
fils d'Israël pour manger des choses sacl'ifiées aux idoles et
commettre scortation.
15. Ainsi tu en as aussi, toi, qui tiennent la doctl'ine des
Nicolaïtes, ce que je hais.
t6. Viens il rés1piscence; sinon, je viendrai à toi bien­
tôt, et je combattrai contre eux avec l'é~~,_~~!1a bouche,
\

T, !{
CAHI'ITiIE DEUXIE~IE. 103
17. Qui a oreille entende ce que l'esp.'it dit aux Églises;
à celui qui vaincra, je lui donnerai à manger de la Manne
cachée; et je lui donnerai un caillou blanc, et SUl' le caillou
un nom nouveau écril, que personne ne connaît, sinon celui
qui le reçoit.
18. Et à l'Ange de l'Église dans Thyatil'c écris: Voici
ce que dit le Fils de Dieu, qui a ses yeux comme une flamme
de feu, el ses pieds semblables à de l'airain lin :
19, Je connais tes œuvres, et (ta) charité, et (ton) mi­
nistèl'e, et (ta) foi, et ta patience, et tes œuvres, et les der­
nières plus nombreuses que les premières.
20. Mais j'ai conlre toi quelque peu ùe chose, (c'est)
que tu pel'mels à la femme Jézahel, qui se dit pl'ophétesse,
d'enseigner et de séduire mes serviteurs pour qu'ils com­
mettent scortation et mangent des choses sacri liées aux idoles.
21. Et je lui ai donné du temps pOUl' qu'elle vînt à rési­
piscence de sa scortation, et elle Il'est pas venue à résipis­
cence.
22. Voici, Moi, je la réduis au lit, et cellx qui commet­
tent adultère avec elle, dans une affiiction grande, si elle ne
vient pas à résipiscence de ses œuvres.
23. Et ses fils je ferai péril' de mort, et toutes les Églises
connaîtront que Moi je suis celui qui sonde les ['eins et les
cœllrs; et je donnerai à chacun de vous selon ses œuvl'es.
2l!. Mais à vous je dis, et aux ault'es dans Thyalirc,
(autant il y en a qui n'ont pas cette doctl'ine, et qui n'ont
pas connu les pl'ofondeurs de salan, comme ils ùisent;) je
n'impose pas SUI' vous d'autre fardeau.
25. Cependant cc que vous avez, retenez-le jllsflll'ù ce
que je vienne.
:LOII .:.H'OCALrpSE IU::V~LÉlc.

:W. Et celui qui raincra et qui gardera jusqu'à la fin mes


œuvl'es, je lui lionnel'ai pouvoir SUl' les nations.
27. Et il les gouvernera avec une ver'ge de fel', comme
des vases d'ar'gile elles seront hrisées; comme aussi, Moi,
je l'ai reçu de mon Père.
28. Et je lui donnerai l'étoile du matin.

:W. Qui a oreille entende ce que l'esprit dit aux Églises.

SENS SPlRITUEL

68. CONTENU DE TOUT LE CHAPITRE. Aux Églises dans


le Monde Chrétien: A ceux, là, qui ('egal'dent principale­
ment les vrais de la doctl'ine, et non les biens de la vie; ils
sont entendus pal' l'Église d'Éphèse, N°' 73 à 90. A ceux,
là, qui sont dans les biens quant à la vie et dans les faux
quant à la doctrine; ils sont entendus pal' l'Eglise des
SmYl'lléens, N°' 91 il 106. A ceux, là, qui placent le tout
de l'Église dans les bonnes œuvres, et l'ien dans les vrais;
ils sont entendus pal' l'Église de Pel'game, N°' 107 à 123.
Et à ceux, là, qui sont dans la foi d'après la charité, comme
aussi à ceux qui sont dans la foi séparée d'avec la charité;
ils sont entendus par l'Église dans Thyatil'e, N°' 12li à 152.
Tous ceux-là sont appelés il la Nouvelle Église, qui est la
Nouvelle Jérusalem.
CONTENU DE CHAQUE VERSET. Vers. L A l'Ange de l'Église d'É­
phèse écris, signifie à ceux et sur ceux qui regardent principa­
lemenlles vrais de la doctrine, et non les biens de la vie: voici
Cf! que dit celui qui tient les sept étoiles dans sa droite, signifie
le Seigneur de Qui vienllent [laI' la Parole tous les vrais: celui qui
N° 68. CHAPITRE DEUXlbn:. lOS
marche dans le milieu des sept Chandeliers d'or, signifie ùe Qui
vient toute illustration il ceux qui sont de son Église: Vers. 2. Je
connais tes œuv/'es, signifie que Lui-~lêl1le voit tous les intérieurs
et tous les extérieurs de l'homme en même temps: et ton tl'avail,
et ta patience, signifie leur élude et leur patience: et que lu ne
peux supporter les méchants, signifie qu'ils ne sou{fren t pas que
les maux soient appelés biens, ni que les biens soient appelés
maux: et que tu as élJrouv!i ceux qui se disentl!tre Apôtres, et
ne le sont point, et que lU les as /l'ouvés menteu1'S, signifie qu'ils
scmtentles choses qui, dans l'f:glise, sont diles êlre des biens et
des vrais, lesquelles cependant sont des maux et des faux: Vers. 3.
Et tu as soutenu, et lU as eu de la patience, signifie la pa tience
avec eux: et pour mon Nom lU as travaillé, et tu ne t'es point
lassé, signifie l'étude et le soin pour s'acquérir les choses qui ap­
partiennent il la religion et il sa doctrine: Vers. 4. lllaisj'ai contre
toi que ta charité 7Jremière tu aies abandonné, signifie qu'il y
a contre eux, qu'ils ne tiennent pas en premier lieu les biens de
la vie: Vers. 5. Souviens-toi donc d'oit lU es déchu, signifie le
souvenir de l'égarement: t:t viens Ù résilJisCènCe, et fais les pl'e­
miè/'es œuvres, signifie qu'ils retoument l'état de leur vie: si­
1wn, je viendrai ù toi bientôt, et j'ôterai ton Cftandelier de sa
place, si lU ne viens à résipiscence, signifie qu'autrement il est
certain qne l'illustl'ation pOUl' voir les vrais ne leur sera plus don­
née: Vers. 6. Mais ceci as, que lU hais les œuvres des Nico­
lu
laïtes, lesquelles Moi aussi je hais, signifie qu'ils savent cela d'a­
près leurs vrais, el pal' suite ne veulent pas que les œuvres soient
méritoires: Vers. 7. Qui a oreille entende ce que l'esprit dit aux
Églises, signifie que celui qui comprend ces choses obéisse à ce
que le Divin Vrai de la Parole enseigne il ceux qui seront de la
Nouvelle Église, qui est la Nouvelle Jérusalem: ci celui qui vain­
cra, signifie il celui qui combat contre les maux et les faux, et est
réformé: je lui donnerai à manger de l'arbre de vie, signifie
l'appropriation du bien de l'amour et de la charilé venant du Sei­
gneur : qui (est) dans le 'Inilieu du Paradis de Dieu, signifie in­
térieurement dans les vrais de la sagesse et ùe la foi.
Vers. 8. Et il l'Ange de l'Église des SmYl'néens éais, signifie à '
ceux et sur ceux qui sonl dans les biens quant il la vie, mais dans
:L06 L'ArOCALypst; RÉvhtE. 1\;" 68.
les faux quant à la doctrine: voici ce que dit le Premier et le
Dernier, signifie le Seigneur, qu'il est Seul Dieu: qui a été 7/1ort
et qui vit, signifie que dans l'Église il a été négligé, et que son Hn­
lll~in n'a point été reconnu Divin, lorsque cepenùant quant à l'Ilu­
main il est Seul aussi la Vie, et que de Lui Seul vient la Vie étcr­
nelle : Vers. 9. Je connais tes œuvres, signifie que le Seigneur
voit tous leurs intérieurs et tous leurs extérieUl's en même temps:
cl (ton) affliction, et (ta) 7)(tuvreté, signifie qu'ils sont dans les
l'aux, et pal' suite Don dans les biens: et le blasphème de ceux
qui se disent etre Juifs, et ne le sont point, signifie la fausse
l1sser'lion que chez eux il y a les biens de l'amour, lorsque ce­
pendant ils n'y sont point: maü (sont) une synagogue de satan,
signifie parce qu'ils sont dans les faux quant à la doctrine:
Vers. 10. Ne crains 1'Ïen des cllOses que tu dois souffrir, signifie
ne tOlnbez point dans le désespoir, quand YOUS êtes infestés pal'
les maux, et que vous êtes aLLaqués par les faux : voici, il ar1'Ïvera
qlle le diable cn jettera d'entn: vous en 7Jrison, signifie que le
bien de leur vie sera infesté pal' les maux qui s'élèveront de l'en­
l'el': pow' que vous soyez tentés, signifie par les faux qui com­
ballent contre eux: et vous aurez une affliction de dix jOll1's,
siguifie que cela durera un temps plein: sois fidèle jusqu'à la
mort, signifie la réception des vérités jusqu'à ce quc les faux
aient été éloignés: et je te donnemi la couronne de la vie, si­
gnifie qu'alors ils auront la vic éternelle pOUl' prix de la victoire:
Vers. 11. Qui a oreille entende ce que l'esp1'Ït dit aux Églises,
signifie ici comme précédemment: celui qui vaincra, signifie ce­
lui qui combat contre les maux et les faux et est réformé: ne 1'e­
cevra aucun dommage de la l1Wl't seconde, signifie que dans la
suite ils ne succomberont pas aux maux et aux faux qui s'élèvcnt
de l'enfer.
Vers. 12. Et à l'Ange de l'Église dans Pergame écris, signifie
il ceux et sur ceux qui placent le tout de l'Église dans les bonnes
ŒUVlces, et l'ien dans les vrais de la doctrine: voici ce que dit ce­
lui qui a l'épée aiguë il deux tranchants, signifie le Seigneur
quant aux vrais de la doctrine d'après la Parole, par lesquels sont
dispersés les maux et les l'aux: Vers. 13. Je connais tes œuvres,
signifie ici comme précédelllment : cl oit llt habites, où (est) le
N" 68. CIl,\I'ITRE DEUXlblE. 107
tl'ône de satan, signifie leul' vie dans les ténèbres: et tu tiens
mon Nom, et tu n'as point nié ma foi, signifJe lor:;que cependant
ils üntune religion, et selon celle religion un culle : mlJme dans
ces jow's d'Anti7.1aS mon martYl' fidèle, qui a été tué chrz vous,
où !tabite satan, signifJe quand toute vél'ité a été éteinte pal' les
faux dans l'Église: Vers, 14. Ma-is j'ai contre toi quelque peu de
cho,le, signifie contre eux les choses qui suivent: (c'est) qne tu
en as là qui tiennent la doctl'ine de Balaam, lequel enseignait
ci nalal. ci jetel' une occasion de chute devant les fils d'Israël
pOll!' mangel' des c!toses .wcrifiées au,v idoles et commettl'e
scortation, signifie qne parmi eux il yen a qui font des œuvres
hypocrites, pal' lesquelles le cuILe de Dieu dans l'Église est souillé
et adulléré : Vers. 15. Ainsi tu en as aussi, toi, qui tiennent la
doctrine des Nicolaïtes, ce que je hais, signifte que parmi eux il y
en a aussi qui font les œuvres méritoires: Vers, 16. Viens ù ré­
sipiscenCC', signifie qu'ils se gardent de ces œuvl'es : sinon je
viendrai ci toi bientôt, et je comhatt7'ai contl'e eux avec l'épée
de ma bouche, signifie qu'autrement le Seigneur deballra avec
eux d'après la Pat'ole : Vers. 17. Qui a O1'cille entende ce que
l'espl'it dit aux Eglises, signifJe ici comme préc:édemment : ù ce­
lui qui vaincra, signifie ici comme précédemment: je lui donne­
l'ai il mangel' de la Manne cachée, signifte alors l'appropriation
du bien de l'amour céleste, et ainsi la conjonction du Seigneur avec
ceux qui opèrent: et je lui donnel'(ti un caillou blanc, signifie
des vrais qui son t favorables et son t unis au bien: et SUl' le caillou
un nom nouveau éait, signifie ainsi pour eux une qualité du bien
qui n'existait pas aupal'a\-ant : que l.1ersonne ne cannait, sinon
celui qui le l'eçoit, signifie qui ne se manifeste à personne, parce
qu'elle a été inscrite dans leur vie.
Vers. 18. Et ù l'Ange de l'Église dans T!tyatire lic/'is, signifie
à ceux et SUI' cellx qui sont dans la foi d'après la ~harité, et pal'
suite dans les bonnes ŒI1\'I'e.s; et aussi à ceux et sllr ceux qui sont
dans la foi séparée d'avec la c.harité, et pal' sllite dans les mau­
vaises œuvres: voici ce que dit le Fils de Dieu, qui a ses yeux
comme une flamme de feu, signiOe le Seigneur quant à la Divine
Sage.sse du Divin Amolll' : et ses pieds semblahles ù de l'airain
fin, signifie le Divin Rien nalurel: Vcrs.19,.Je connais tes Œuv)"rs,
108 J;APOCAI_YI'SE nÉvÉLÉE. 1.\" 68.
signifie ici comme préc,édemment : et (lU) chaTitl!, et (ton) mi­
nistère, signifie l'ulf~çJjQ!l_sJlirituelle, qui estuppelée charité, et
son opération: et (ta) foi, et ta iiëitience, signifie la vérité et l'é­
tude pour l'acquérir et l'enseigner: et tes œuvres, et les der­
nières plus nombreuses que les pl'entières, signifie leurs accrois­
sements d'après l'alfeclion spirituelle du vrai: Vers. 20. Mais j'ai
contre toi quelque 1Jeu de chose, signifie les choses qui suivent:
(c'est) que tu permets à la femme Jézabel, signifie que chez eux
dans l'Église il y en a qui séparent la foi d'avec la charité: qui se
dit prophétesse, signifie et qui font la foi seule la doctrine de l'I::­
glise : d'enseigner et de séduire mes sel'viteurs pour qu'ils com­
mettent scol·tation, signifie d'après laquelle il arrive que les vrais
de la Parole sont falsifiés: et mangent des cl/oses sacrifiées aux
idoles, signifie la corruption du culte et les profanations :Vers. 21­
Et je lui ai donne du temps pour qu'elle vEnt li résipiscence
de sa scortation, et elle n'est 1Jas venue il l'ési1Jisccnce, signifie
que ceux qui se sont confirmés dans celte doctrine ne s'en reti­
l'en t pas, quoiqu'ils voien t drs choses con traires dans la Parole:
Vers. 22. Voici, ilIoi,je la l'éduis au lit, et ceux qui commettent
adultèl'e avec elle, dans une aflliction grande, signifie qu'ainsi
ils seront abandonnés dans leur doctrine avec les falsifications, et
qu'ils sfront fortement infestés par les faux: si elle ne vient pas
Ct résipiscence de ses œUV1'es, signifie s'ils ne veulen t pas cesser
de séparer la foi d'avec la charité: Vers. 23. Et ses fils je fe1'ai
1Jéril' de mort, signifie que tous les vrais provenant de la Parole
seront changés en faux : et toutes les Eglises connaitl'ont que
Moi je suis celui qui sonde les reins et les cœw's, signifie afin
que l'tglise sache que le Seigneur voit quel est le vrai et quel est
le bien chez chacun: et je donne1'lli à chacun de vous selon ses
œuvres, signifie qu'il donne à chacun selon la charité et la foi de
la cha rité, qui son t dans les œuvres: Vers. 211. Mais il vous je dis,
et aux autres dans Thyatire, autant il y en a qui n'ont point
cette doctrine, signifie à ceux chez qui il y a la doctrine de la foi
séparée d'avec la chal'ité, et à ceux chez qui il y a la doctrine de
la foi conjointe à la charité: et qui n'ont point connu les 1J1'ol'on­
deurs de satan, signifie qui ne comprennent point leurs intérieurs
qlli sont absolument des faux: je n'impose pas sm' vous r['autre
CllAPITHE DEUXIÈME. 10H
fardeau, signiGe seulement qu'ils se gardent d'eux: Vers. 25. Ce­
pendant ce que vous avez, retenez-le jusqu'à ce que je vienne,
signifie qu'ils retiennent le pen qu'ils savent de la charité et de la
foi de la charité d'après la Parole, et qu'ils y conforment leur vie,
jusqu'à l'avénement du Seignenr: Vers. 26. Et celui qui vainc1'a et
qui gardera jusqu'à la fin mes œuvres, signifie ceux qui sont en
actualité dans la charité et par suite dans la foi, et qui y persistent
jusqu'à la fin de la vie: je lui donne1'!li pouvoir SUI' les nations,
signWe qu'ils vaincront chez eux les maux qui viennent de l'en­
fer: Vers, 27. Et il les gal/ventera avec une vel'ge de (cr, signifie
par les vrais d'après le sens de la lettre de la Parole, et en même
temps par les rationnels d'après la lueur naturelle: comme des
vases d'argile elles seront bl'üées, signifie comme peu de chose
ou rien: comme aussi, il-Ioi, je l'ai reçu de mon l'ère, signifie
que cela leur viendra du Seigneur, qui s'est acquis, lorsqu'il était
dans le i\londe, loute puissance SUI' les enfers, d'après son Divin
qui était en Lui: Vers. 28. Et je lui donnel'ai l'étoile du matin,
signifie l'intelligence et la sagesse alors: Vers. 29. Qui a oreille
entende ce que l'esprit dit aux Eglises, signifie ici comme pré­
cédemment.

EXPLICA TION

69. Dans ce Chàpitre et dans le suivant, il s'agit des sept Églises


pal' lesquelles sont décrits tous ceux qui sont dans \'f~glise Chré­
tienne, chez lesquels il ya de la neligion, et avec lesquels peut
être formée la i\ol1velle Église, qui est la Nouvelle Jérusalem; et
cette Église est formée par ceux qui S'ADRESSEè\'"T AU SEIGNEUR
SEUL, ET FONT EN Mt~fE TEMPS PÉNITEi'iCE DES MAU\'AISES OEUVRES;
tous les autres, qui ne s'adressent point au Seigneur seul, d'après
la négation confirmée que son Humain n'est pas Divin, et qui ne
font point pénitence des mauvaises œuvres, sont dans l'l~glise, il
est vrai, mais ils n'ont en eux rien de l'Église,
70. Puisque le Seigneur seul est reconnu pour le Dieu du Ciel
1. 10.
HO I:APOCALYPSE Rt1Vf.CÉE. N° 70.
et de la Terre par ceux qui sont de sa Nouvelle Église dans les
Cieux, et qu'HIe sera pal' ceux qui seront de sa Nouvelle Église
dans les Terres, c'est pour cela que, dans le Premier Chapitre de
l'Apocalypse, il s'agit du Seigneur Seul, et que, dans les deux
Chapitres suivants, c'est Lui Seul qui parle aux Églises, et Lui Seul
qui doit donner les félicités de la vie éternelle. Que ce soit Lui Seul
qui parle aux ~:g1ises, on le voit clairement par ces .passages : « A
l'Ange de l't:glise d't:phèse écri's : Voici ce que dit Celui qui tient
les sept Étoiles dans sa droite, Celui qui mm'che dans le milieu
des sept Charuleliel's d'o/'. Il - IL 1. - « A l'Ange de l'l~glise des
Smyrnéens écris: Voici ce que dit le Premü'l' et le Derniel'.I1­
U. 8. - « A l'Ange de l'f:glise dans Pergame écris: Voici ce que
dit Celui qui a Cepée aiguë à deux tranchants. 1) - II. 12. ­
" i\ l'Ange de l'Église dans Thyatire écris: Voici cc que dit le Fils
de Dieu, qiti a les yeux comme une flamme de feu, et les pieds
sem.blables il de Cail'ain fin. 1 ) - IL 18. - « A l'Ange de ['[::glise
ùans Sardes écris: Voici cc que dit Celui qui a les sept Esp7'its
de Dieu, et les se}Jll~toiles. 1) - (If. 1. - « A l'Ange de l't:glise
dans Philadelphie écris: Voici ce que dit le Saint, le Véritable,
Celui qui a la cle{ de David. 1) - nI. 7. - Et (( A l'Ange de l'É­
glise dans Laodicée écris: Voici cc que dit l'Amen, le Témoin
fidNe et vél'üable, le commencement de la cl'éalUl'e de Dieu. Il
- Hl. llJ. - Ces expressions ont été tirées dt'! Premier Chapitre,
dans lequel il s'agit du Seignel11' Senl, et où il est Lui-"Iême décrit
pal' toutes ces choses,
7:1.. Que le Seigneur Seul doive donner les félicités de la vie
éternelle il ceux (iui sont et qui seront de son Église, on le voit
clairement par ces passages: Le Seigneur a dit il l'Église d'Éphèse:
« A celui qui vaincra, je lui donnerui à manger de l'arbl'e de
vie, qui est dans le milieu du paradis de Dieu. Il - lI. 7. - A
l'Église des Smyrnr.ens : « Jete donne mi la couronne de la vie;
et celui qui vaincra ne recevra aucun dommage de la mOTt se­
conde. » - H. 10, H. - A l'Église dans Pergame: (( A celui qui
vaincra, je lui donnerai it manger de la Manne cachée; et je lui
donnerai un caillou blanc, et sur le caillou un nom nouveau
ecrit, que personne ne connait, sinon celui qui le l'eçoït. »-lI.
1.7. - A l'l::glisc dans Thyatil'e : (f Je lui rlonnl'1'Oi 11oulioÎr sur le.~
Vers. 1. CIHPITRt: DEUXLÈME. Hl
nations, et je lui donnerai l'étoile du matin. » - Il. 26, 28. ­
A l'Eglise dans Philadelphie: « Celui qui vaÏ/lcl'a, je t'end de lui
une colonne dans le Temple de mon Dieu; et j'écrimi sw' lui
le nom de mon Dieu, et le nom de la Nouvelle Jérusalem, et
1/Ion nom nouvwu. Il - [[1. 12. - A l'Itglise dans Laodicée:
« Celui qui vaincra, je lui donnel'ai de s'asseoir avec Moi en
mon trône. II - III. 2:1. - D'après ces passages il esl encore évi­
dent que le Seigneur Seul est reconnu dans la Nouvelle Église: de
là vient que cette Église est appelee L'tpOUSE DE L'AGNEAU, ­
Apoc. XIX. 7, 9. XXI. 9, 10.
7'2. Que la Nouvelle Eglise, qui esl la Nouvelle Jérusalem, soit
formée de ceux qui font pénitence des mauvaises œuvres, on le
voit aussi par ces paroles du Seigneur aux Églises: A l'Église d'É­
phèse : (l Je connais tes œuvres; j'ai contre toi que ta charité
première tu aies abandonne; (ais penitence, ct (ais les pre­
mières œuvres; sinon j'ôterai ton chandelie)' de .10 place, si tu
ne fais pas pénitence. » - II. 2, 4, 5. - A l'~~glise dans l'er~
game : (l Je connais tes œuvres, fais pénitence. » - H. 13, 16.
- Al'Église dans Thyatire : Il Je la l'cduis dans l'affliction, si
elle ne fait pas penitence de ses œuvres, Je donnerai li c/tocun ,.
de vous selon ses œuvres. Il - II. 19, 22, 2;). - A l'Église dall~
Sardes: (l Je n'oi point trouvé tes œllVl'es parfaites devant Dieu;
(ais pénitence. » - lU. 1, '2, 3, - A l'Église d(llls Laodicée:« Je
connais tes œUVI'es; agis avec zèle, et fais penitence, » - Ill.
i5, 19. - Suit mainlenanll'Explicalion même.
73. Vers. L A l'Ange de l'Église d'Éphèse écris, signifie li
ceux ct SUI' ceux qui regal'dent principalement les vrais de la
doctrine, et non les biens de la vie. Ci-dessus, NU 66, il a ele
monlré que par les Sepl ~~glises il esl enlendu, non pas sept Églises,
mais dans lout le complexe l'tglise, qui en elle-même est une,
mais variée selon la receplion; et que ces variétés peuvent èlrc
comparées aux membres el aux organes variés dans un corps
parfait, qui cependant fout lin; et que même elles peuvent être
comparées à des diadèmes variés d~ns la rouronne d'un roi; el
que c'est de là que la Nouvelle Église loul enlière elit décrite avec
ses variétés par les sept Églises dans ce qui va suivre. Que pat'
t'Église d'f:phèse soienl enlendus ceux, dans l'f:glise, qui re~at'-
'112 L',o\POC.ALYPSE IIÉvÉLÉIè. l'i" 73.
deut principalement les vrais de la doclrine, et non les biens de
la vie, cela est é\'ident par ce qui lui a été écrit, enlendu dans le
sens spiriluel. S'il est écrit il l'i\ nge de celle Église, c'est parce
flue par l'Ange il esl entendu la Sociélé Angélique qui COlTes­
pond à une Église composée de telles personnes, comme ci-des­
sus, N° 65.
7/J. Void ce que dit celui qui lient les sept étoile,~ dans sa
droite, signifie le Seigneur, de Qui viennent par la Parole tous
les vrais. Que celui qui tient les sept étoiles dans sa droite soit
le Seigneur, el que les sept éloiles dans sa main dl'oite soient
toutes les connaissances du bien et du vrai dans la Parole, qui sont
par suite d'après le Seigneur chez les Anges du Ciel et chez les
hommes de l'Église, on le voit ci-dessus, N" 51; les connaissances
du bien el du vrai d'après la rarole sonl les vrais.
75. Celui qui mm'che dans le milieu des sept Chandeliers
d'or, signifie de Qui vient toute illustration ci ceux qui sont de
son Église. Que les sept Chandeliel's, dans le milieu desquels élait
le Fils de l'Homme, signifient l'Église qui est dans l'i1luslration par
le SeigneUl', on le voit ci-dessus, N°'lt3 et 66. Il est dit ici celui
qui marche, parce que marcher signifie vivre, 1'\0 167; et dans
le milieu signifie dans l'intime et par suite ùans toutes choses,
W' M, 383.
76. Vers. 2. Je connais tes œuvres, signifie que 1.ui-ll1ême
voit tOllS les intérieurs et tous les extérir:urs de l'homme en
même temps. On lil lrès-souvent le mot œuvres dans l'Apoca­
lypse, mais peu de personnes savent ce qui est enlendu par les
œuvres; il est notoire, que dix hommes peuvent faire des œuvres
qui dans les externes se présenlent semblables, mais qui néan­
moins chez tous sont dissemblables, parce qu'elles procèdent
(1 d'!!!LlLa~llr~Jln et d'une autre cause, el que la.r~n etJa~ause [cml

que les œuvres sont ou bonnes ou mauvaises; cal' taule œuvre est

' l'œuvre du mèntaC pa~-;~il~'t~l-ést le m'entai, telleesll;œu'vre;

j) ) \ si le mental est charité, l'œuvre devient charilé; maiSSi le men­

, tal n'est point charité, l'œuvre ne devient point charité; l'une et


l'au Ire œuvre cependant peuvent se présenter semblables dans
les exlernes. Les œuvres se présentenl devant les hOI~dans
la fOfin~ ~xterne, mais dc\'antlcs Anges dans la forl)le interne, ct
Vers, ~. CllAPlTH~ D~UXJbIL 11;;
devant le Seigneur Lelles qu'elles sont depuis ks in limes jusqu'aux
extl'èmes : les œuvres dans la fonne extel'11e ne se présentent que
cOlllme les fruits à la superfl.cie, mais les œuvres dans la forme
interne se présentent comme les fruits en dedans de la superficie,
OÙ il y a d'innombrables parties mangea1Jies, et an milieu les se­
( mences dans lesquelles il y a encol'(~ d'innom1Jrables parties qui
1 sont loin d'être apel'çues par l'œil, et sont même bien au-deSSUi
\ de la sphère intellectuelle de l'homme: telles sont toutes les œu­
vres, que le Seigneur Seul voit telles qu'elles sont en dedans, et
que les anges perçoivent aussi d'après le Seigneur, quand Fil'omme
les l'ail. l\lais SUI' ce sujet, voÎ7' de plus grands développementi
dans LA SAGESSE ANGÉLIQUE sun LE DIVIN AMoun ET sun LA DI­
VINE SAGESSE, N"' 209 à 220, et W' 277 à 281; et aussi ci-après,
N'" 141, 641., 868. D'après ces considérations, on peul voir que
par « je connais tes œuvres, )) il est signifié que le Seigneur voiL
( tous les inlérieurs et tous les extérieurs de l'homme en mème
temps.
77. Et ton tmvail ct ta patience, signifie leu.,. etude cl leul'
patience. On le voiL sans explication,
78. Et que tu ne peux supporle7' les méchanls, signifie qu'iLs
ne souffrent pas quçjes maux soiçnl appeLés b.i!!.?tS, ni que.!es
biens soienl appelés maux, parce que cela est contre les vrais
de la doctrilîi' Qùëëe-soïlià ce qui est signifié par ces paroles,
on le voiL clairement par celles qni suivenl, par lesquelles il est
signifié qu'ils scrulentles choses qui, dans l'Église, sont dites être
des biens et des vrais, lorsque cependant ce sont des maux et des
faux, Savoir si les biens sont des biens ou des maux appartient à
la doclrine, et est au nombre de ses vrais, tandis que faire les
biens ou les maux appartient il la vie; voilà pourquoi cela est
dit de ceux qui regardent principalcmentles vrais de la doctrine,
ct non les biens de la vic, N° n. Pal' les méchants, dans le sens
spirituel, il est entendu non pas les méchants, mais les maux,
parce que ce sens fait abstraction des personnes,
7!J, El que tu as ép1'ouvé ceu,r; qui se disent él1'e ApûI7'es, tl
1Ie le sont point, et q!U: lU les as 17'ouvés mentew's, signifie
qu'ils SC1'utent les choses qui, dans l'Église, sonl (lites ~ll'~_!:!.es
biens et des vrais, l('s'Iuelles ce1l.endant sont des 'liil.wX el...!.les
- - - l, . .• 10""
H4 L'APOCALYPSE RhüÉE. N" 79.
l'au,l'. Que ce soit là ce qui est signifié, on ne peut le voir que pal'
Je sens spirituel, et qu'en sachant pal' suite ce qui, est entendu
pal' les Apôtres et pal' les menteurs; pal' Apôtres sont entendus,
non pas les Apôtres, mais lOI'}!> ceux qui enseignent les biens et les
vrais de l'Église, et dans un sens abstl'ait les biens mêmes et les
vrais mêmes de sa doctrine. Que pal' Apôtres il ne soit pas en­
tendu les Apôtres, on le voil clairement pal' ces paroles qui leur
Qut été adressées: t< Quand sera assis le Fils de l'Homme SUI' le
trône de sa gloù'e, vous sel'ez assis, vous aussi, SUI' douze trô­
nes, jugeant les douze T1'ibus d'Israël. Il - Mallh. xrx. ,28.
Luc, XXII. 30; - qui est-ce qui ne voit que les Apôtres ne doi­
vent pas et même ne peuvent pas juger quelqu'un, ni à plus forte
l'aison les douze Tribus d'/.sraêl; mais que le Seigneur seul jugera
selon les biens et les vrais de la doctrine de l'Église d'après la Pa­
role? Puis aussi, par ces paroles: t< La muraille de la ville de la
Nouvelle Jérusalem avait douze l'ondements, et SUT' eux les
1WmJ des douze Apôtres de l'Agneau. Il - Apoc. XXI. 14,­
puisque par la Nouvelle Jérusalem il est signifié la Nouvelle Église,
N°' 880, 881, et pal' ses fondements tous les biens et tous les vrais
de sa doctrine, N°' 902, et suiv. Et aussi pal' celles-ci: t< Béjouis­
toi, Ciel, et VallS, saints Apôtres et Prophètes. Il - Apoc. XVII r.
20; - qu'est-ce que la joie des Apôtres et des Prophètes, si par
eux ne sont point entendus tous ceux qui dans l'Église sont dans
les biens et dans les vrais de la doctriue? Par les disciples du
seigneur il est entendu ceux qui sont instruits par le Seigneur
dans les biens et dans les vrais de la doctrine, et par tes Apôtres
ceux qui, après avoir été instruits, les enseignent; cal' il est dit:
~ Jésus envoya ses douze DISCIPLES pnJcher le Royaume de
Dieu; Et, étant de retour, les ApÔTRES lui racontèrent toutes
les choses qu'ils avaient (ait es, 1) - Luc, IX. 1, 2, '10. Marc, VI.
7,30.- Que pal' les Menteurs soiènt entendus ceux qui sont dans
les faux, et abstl'acLivementles faux eux-mêmes, on peut le VOil'
par un très-grand nombre de passages, dans la Parole, où se trou­
vent les mots ~Ienteul's el i\lensonges; si on rapporlait ces pas­
sages, ils l'empfiraient des pages; les IIlensonges dans le sens spi­
rituel ne sont pas non plus autre chose que des faux. Maintenant,
d'après ces explications, on peut voir que part< tu as épromé ceux
Vers. 2. CHAPI'mle: DEUXIÈllt:. 'li5
qui se disenl êlre Apôtres, et ne le sonl point, ct lu les as trou\'és
menleurs, ) il l'sI signifié qu'ils scrutent les choses qui, dans l'lt­
glise, sonl diles être des biens et des vrais, lesquelles cependanl
sonl des maux el des faux.
80. Vers. 3. Et tu as soutenu, et tu as de la ]Jatitnce, signifie
la patience avec eux. On le voil sans explication.
81. Et pour 'l'itOn Nom tu as travaille, et tu ne t'es point
lassé, signifie L'étude et le soin pOUl' s'acquéril' et aussi pOUl'
enseignel' les choses qui appartiennent il la ,'eligion et il sa doc­
trine. Par le Nom de .Jéhovah ou du Seigneur dans la Parole, il est
enlendu non pas son Nom, mais loul ce par quoi il l'sI adoré; el
comme il esl adoré selon la doclrine dans l'Église, par.so.!) NO!TLil
est entendu le loul de la doctrine, et dans un sens universelle tout
de la Religion.ëè1<i esléntenct'u pal' le Nom de Jéhovah, parce que
(, dans le Ciel il n'y a pas d'autres_Noms que ceux qui enveloppent
1 la qu_alit~de la perso_llne, l'lia qualité de Dieu eslloul ce par quoi
\ il est adoré. Celui qui ne connaît pas cetle signiOcation du Nom
dans la Parole, ne peul entendre que le Nom, et dans iê noms~-ul
il n'y a rien du culte ni de la religion. Celui donc qui tienl son
idée dans cetle signification du NOM DE .JÉHOVAH dans la Parole,
lorsqu'il le lil, doil de lui-même comprendre ce qui est signifié
par ce Nom dans les passages suivanls : (( Vous direz en ce jour­
là : Confessez Jéhovah, invoquez son NOM. Il - ltsaïe, XII. 4.­
(( Jéhovah! nous t'avons attendu; à ton No)! le dt3sir de notre
lÎme,. par Toi nous n01ls rappeLLerons ton Nml. 1 ) - Ésaïe, XXV l­
8, 13. - (1 DC]Jltis le lever du soltil sera invoque mon NOM. ­
Ésaïe, XLI. 25. - « Depuis le lever du soleil jusqu'à son couchel'
grand (sera) mon NOM]Jarmi les nations,. et en tout Lieu parfum
(sera) offert il mon NOM, car' grand (sera) mon NO)! ]Jw'mi les
nations. Vous, vous profanez mon No)!, quand VOliS dites: La
table de Jéhovah a eté souillée,. certainement vous soufflez su/'
mon NOM, quand vous amenez ce qui est vold, boiteux ou ma­
lade. Il - i\1alach. f. 11, 12, 13. - (( Tous /t·s peuples marchent
au Jl\OM de leur Dieu,. et nous, nous marc/wrons au NOM de
Je/lOvait notre Dieu. Il - Miell. IV. 5. - (( Quiconque e.st appelé
de mon NOM, pour ma gloÏ1'e je L'ai créé, je L'ai f01'1né. n ­
l::saïc, XLlll. 7. - li Tu {w lJ01·tel'as poillt le :\O~l de lolt Dieu
116 L'APOCALYPSE l\~vüÉE. N" 81.
en vain; J é/lOvalt ne tiendra 1Joint pOUl' innocent celui qui aura
porté son NO~I en vain. Il - Deutér. V. H. - (IOn adorem Jé­
hovah en un seul lieu, où il aura placé son NO~I. Il - Deutér.
XII. 5, H, 13, 14, 18. XVI. 2, 6, 11, 15, 16; - et en outre dans
beaucoup d'autres passages; qui est-ce qui ne peut voir que dans
ces passages il n'est pas entendu seulement le Nom? De même
dans le Nouveau Testament par le Nom du Seigneur, comme dans
ces passages: « Jésus dit : Fous serez haïs de tous à cause de
'mon NOM. 1) - Mallh. X. 22. XXIV. 9,10. - (1 Où sont deux ou
trois assemblés en mon NOlI, là je suis au milieu d'euJ.'. » ­
Jllallh. xvnr. 20. - " Quiconque allra laissé maisons, ou fl'è­
l'es, ou sœw's, il cause de mon NO~I, recem'a le centuple, et la
vie éternelle. » - MatOI. XIX. 29. - « A tous ceux qui L'ont
reçu, il a donné pouvoir de devenir enfants de Dieu, à: ceux qui
croient en son NOM. Il - Jean,!. 1.2. - « Plusiew's crurent en
son NOM. Il - Jean, Il. 23. - Il Celui qui ne croit point a déjà.
été jugé, pm'ce qu'il n'a point cru au NOill de l'Unique-En­
gendré Fils de Dieu. Il-Jean, Ill. 1.7, 18. - l I Ceux qui cl'oient
auront la vie en son NOM. » - Jean, XX. 31. - « Béni (soil) ce­
lui qui vient au NOM du Seignew'. Il - Mallh. XXI. 9. XXII.1. 39.
Luc, XIII. 35. XIX,. 38. - Que le seigneur quant à l'Humain soit
le Nom du Père, on le voit dans ces passages: « Père, glorifie ton
No",. » - Jean, Xl[. 28. - " Soit sanctifié ton NOJII vienne ton
Royaume! » - Malth. VI. 9; puis aussi, Exod. XXIII. 20, 21.
Jérém. XXUI. 6. Mich. v. 3. - Que le Nom chez les autres soit
la qualité du culLe, on le voit dans ces passages: "Le Bel'ger des
breliis appelle ses propres brebis par Nom. » - Jean, X. 3. ­
« J'ai quelque peu de Noms dans Sardes. Il - Apœ. JlI. 4. ­
« J'ecrimi sur lui le Nom de mon Dieu, elle Nom de la cité de
mon Dieu, de la Nouvelle Jérusalem, et mon Nom nouveau. »
- Apoc. III. 12; - et ailleurs. Maintenant, d'après ces passages,
on pellt voir que« pOUl' mop NQ..lll tu as t.ra.va.iIIé, et tu. ne t'es point
) lassé, Il signifie l'@)de eLJ~~Qiru,!()_yr_§'acq.':l~!·Ïl· eU\us..si.l~r en­
I
1 s~gn~l' les choses_Uh!.L ~(lJlarti~~_~I!!.-Ha religion et à sa (~octrine.
82. Vers. Il. Mais j'ai contre toi que ta cltarité première lu
aies abandonné, signifie qu'il y a ceci ~ontre eux, qu'ils n'ont pas
en 1J1'cmicI' lieu le!-biens de Ir~ vic, comme cependant cela est
Vers. !J. CIlAPITRb: DEUXli:~IE. :117
arriv(! et an'ive au commencement de toute Église. Cela est dit
il \'l~glise, parce que par elle sont entendus ceux, dans l'Église,
qui regardent principalement ou en premier lieu les vrais de la
doctrine, et non les biens de la vie, NU 73, lorsque cependant les
biens de la vie doivent être regardés principalement, c'est-à-dire,
en premier lieu, cal' autant l'homme est dans les biens de la vie,
autant il est dans les vrais de la doctrine, mais non vice vel'sâ i la
raison de cela, c'est que les biens de la vie ouvrent les inlél'Îeurs
du mental, et ceux-ci étant ouverts les vrais apparaissent dans leur
lumière, d'après laquelle ils sont non-seulement compris, mais en­
core aimés; il en est autrement quand les doc.trinaux sont regar­
dés principalement ou en premier lieu, alors les vrais peuvent bien
être sus, mais non être vus intérieurement, ni être aimés d'affec­
tion spirituelle; mais ce point a été illustré, voir ci-dessus, N" 17.
Toute Église, lorsqu'elle commence, regarde en premier lieu les
biens de la vie, et en second lieu les vrais de la doctrine; mais il
mesure que l'}:glise décline, elle se met il l'egal'der les vrais de la
doctrine en premier lieu, et les biens de la vie en second lien; et
quand elle est il sa fin, elle regarde la foi seule, et alors non-seu­
lement elle sépare de la foi les biens de la charité, mais même elle
les omet. i\laintenant, d'après cela, on peut ,'oir que par « la cha­
rité première tu as abandonné, )) il est signifié qu'ils n'ont pas en
premier lieu les biens de la vie, comme cependant cela est arrivé
et arrive au commencement de toute Église.
83. Vers. 5. Souviens-toi donc d'oit tu es déchu, signifie Le
souvenir de L'égarement. Cela est évident d'après ce qui vient
d'être dit.
84. Et viens li 1'ésipiscence, et (ais Les premières œuvres, si­
gnifie qu'iLs retournent L'état de Leur vie. Tout homme en pre­
mier lieu regarde les vrais de la doctrine, mais tant qu'il agit ainsi,
il est comme un fruit non en maturité; au contraire, celui qui est
régénéré, après s'être imbu des vrais, regarde les biens de la vic
en premiel' lieu, et autant il agit ainsi, aulant il mûrit comme le
fruit; et autant il mûrit, autant la semence en lui devient proli­
fique : ces deux états m'ont été montrés chez des hommes alors
esprits; et dans le premier état ils apparaissaient tournés vers
les vallées qui sont au-dessus des enfers, et dans le second état
118 L',\POCALYPSlI: R~\'Jb,jh:. N' 8f1.
vers les paradis qui sont dans le ciel: ce changemenl d'état de la
vie est ce qui est entendu ici : que cela se fasse pal' la pénitence,
et après la pénitence, pal' le bien de la vie, c'esl cc qui est entendu
par « viens à résipiscence, et fais les premières œuvres. Il
85. Sinon, je viendrai il toi bientôt, ct j'ôteTai ton Chandelier
de sa place, si tu ne 'Giens pas il l'éSi7Jisccnce, signifie qu'autre­
ment il est certain qu'il ne leUT sem 7Jas donné d'illastmtion
pour voir encore les vrais. Pal' bientôt il est signifié le cerlain,
N'" 4, 947; et par le Chandeliel', l'Église quant à l'illustration,
NO< 43, 66; pal' suHe, par ôtel' de sa place il est signifié éloigner
l'illustration, pour qu'ils ne voient pas les vrais dans leur lumière,
et enfin pOUl' qu'ils ne les voient plus. Cela résulte de ce qui a été
dit ci-dessus, N° 82, à savoir, que si les vrais de la doctrine sont
regardés principalement ou en premier lieu, ils peuvent bien être
sus, mais non êlre vus intérieurement, ni èlre aimés d'affection
spirituelle, c'est pourquoi ils périssent successivement; car voir
les vrais d'après leur lumière, c'est d'après le mental intérieur de
l'homme, men laI qui est appelé spirituel, et ce mental est ou\'ert
pal' la charité, et quand il a été ouvert, la lumière etl'affeclîon de
comprendre les vrais influent du Seigneur par le Ciel, de là vient
l'lIlustralîon : l'homme qui est dans celle illustration reconnaît
les vrais, dès quïlles lit ou qu'il les enlend prononcer, mais non
cel'ui dont le mental spirituel n'a pas été ouvert, c'est-à-dire, qui
n'esl pas dans les biens de la charité, quoiqu'il soit dans les vrais
de la doctrine.
86. Vers. 6. Mais ceci tu as, que tu hais les œuvres des Ni­
colaïtes, lesquelles Moi aussi je hais, signifie qu'ils savent cela
d'après leUl's vrais, et pal' suite ne veulent pas que les œuvl'es
$Oient méritoires, pm'cc que c'est contre le mé1'Ïte et la justice
du Seignew', Que les œuvres des Nicolaïtes soient les œuvres
mériloires, il m'a élé donné de le savoir pal' révélation. S'il esl dit
qu'ilshaissent ces œuvres, c'est parce que l'l~glise, d'après les
vrais de sa doctrine, sail cela, et pal' suile ne le veut pas non plus,
c'est pourquoi il est dit: " Ceci lu as. 1) Mais toujours est-il que
1tous ceux-lit font des œuvres méritoires, qui placent en premier
1) lieu les vrais de la foi, et en second liem les biens de la charité;
mais non ceux qui placent en premier lieu les biens dë"fâ{~ha'rité;
Vers. 6. CUAPITr.t: DJ::uxIÈm:. 119
la raison de cela, c'est que la charité réelle ne veut point m~iter,
ca.r:elle aime faire le bien; èn eITet, elle est dans le bien et d'après
le bien elle agit; d'après le bien elle regarde le Seigneur, et d'a­
{ près les vrais elle voit que tout bien vient de Lui, c'est pourquoi
elle a en aversion Je mérite. Maintenant, comme ceux qui regal'- /\
{}.e~en preI~er lie~lles vrais de la foi ne pellvent pas faire d'autres 1
œuvres que des œuvres méritoires, et que cependant pal' leurs
vrais ils savent que ces œuvres doivent être haïes, c'est pour celle
raison qUEl cela l'ail suite il ce qui a été dit, que s'ils n'ont pas en
premier lieu la r.harité, ils font des œuvres qu'on doit avoir en
aversion. Il est dit que cela est contre le mérite et la justice du
Seigneur; en eITet, ceux qui placent le mérite dans les œuvres
s'allribuentla justice, cal' ils disent que la justice est de leur côté,
parce qu'ils ont mérité, tandis que cependant c'est une extrême
injustice, parce _gue le Seigne!!! Seul a mérit(~, et que Seul il a fait
le bien chez eux. Que le Seignel1l' Seul soit la Justice, cela est en­
seigné dans Jérémie: II Voici, les jou'''s viendront, que je suscite­
rai li David un ge1'l1w juste; et voici son Nom, dont on l'appel­
lera : JÉHOVAH NOTRt: JUSTICE. Il - XXIU. 5, 6. XXXlJ t. 1.5, 16.
87. Vers. 7. Qui a o/'eille entende ce que l'esprit dit aux Égli­
ses, signifie que celui qui C01nlJl'end ces choses obeisse il cc que
le Divin Vrai de la Pm'ole enseigne à ceux qui seront de la Nou­
velle Église, qui est la Nouvelle Jé1'ltsalem. Par entend/'e, il est
signifié et ,percevoir et obéir, parce qu'on fait allention pour per­
cevoir et pour obéir; que l'un et l'autre soit signifié pal' entendre,
on le voit clairement pal' le langage ordinaire, dans lequel on dit
entendre et écouter qU,clqlLun, pour signifier percevoir ce qu'il
dit;puis aussi, entendre et écouter quelqu'un, pour signifier obéir
à ses paroles. Si entendre a ces deux significations, c'est d'après
la correspondance; car, dans le Ciel, dans la province des oreilles
sont ceux qui sont dans la perception et en même temps dans l'o­
béissance. Comme l'un et l'autre sont signifiés pal' entendre, c'est
pour cela que le Seigneur a dit tant de fois: Qui a O1'eille pour
(l

entendre, qu'il entende. Il - Mallh. XI. 15. XIII. 43. Marc, IV.
9.23. VII. Hi. Luc, VUI. 8. XIV. 35; - et il est dit aussi la même
chose à toutes les Églises, comme on le voit par les Versets H,
1.7, 29 de ce Chapitre, et par les Versets 6, 13, 22 du Chapitre
120 I.'APOCAI.YPSE nf:\'ÉLÉE. 1\" 87.
suivant. i\lais par l'espl"il qui dil aux Églioles, il est signifié le Di­
vin Vrai de la Parole, et par les Églises, l'Église tout entière dans
le Monde Chrétien: que par msprit de Dieu, qui est aussi l'Esprit
Saint, il soit entendu la Divine Vérité procédant du Seigneur, on
le voit dans la DOC'fRlNE DE LA NOU\'ELLE HRusALE~r SUR LE SEr­
GNEUR, N" 51; et comme il est entendu l'Église tout entière, il est
dit non pas « ce que l'esprit dit à l'Église, )) mais « ce que l'esprit
dit aux Églises. ))
88. A celui qui vaincr'a, signifie celui qui comoal conlTe les
maux el les fau:x, el esl 7'(J{or'mé. Maintenant, comme dans les
paroles adressées aux sept t:glises est décrit l'élat de tous ceux
qui, dans l'Église Chrétienne, peuvent recevoir la doctrine de la
Nouvelle Jérusalem et vivre selon celle doctrine, pal' conséquent
qui peuvent être réformés pal' des combats contre les maux et les
faux, c'est pour cela qn'il est dit il chaque Église, « CELUI QUI
VAINCRA; comme ici à l'Église d'Éphèse: « A celui qui vaincr'a,
je lui donnerai ft manger de l'm'Ol'e de vie.)) Al'Église des Smyr­
néens : « Celui qui vainCTa ne l'ecevl'a aucun dommage de la
morl seconde. )) - Chap. Il. H. - A l'Église dans Pergame:« A
celui qui vaincra, je lui donnPl'ai à mang!'1' de la manne ca­
cllée. il - Chap. II. :17. - A l'Église dans Thyatire : « Celui qui
vainCTa el qui gantera jusqu'à la fin mes œuvres, je lui don­
ne1'lli ]JOlwoir S1l1' /('s nalions.il-Chap. II. 26. -A l'f~glise dans
Sardes: « Celui qui vainc1'll sel'a l'evi3lu de vlUemenls blancs. ))
- Chap. Ill. 5. - A l'J.:glise dans Philadelphie: « Celui qui vain­
cra, je ferai de lui une colonne dans le temple de mon Dieu. ))
- Chap. ur. :12. - Et à l't:glise dans Laodicée: « Celui qui vain­
cra, je lui donneTai de s'asseoir avec M.oi en mon trône. Il ­
Chap. III. 21 : - dans ces passages, r.e!ui qui vaincra signifie ce­
lui qui combat contre les maux et les faux, et ainsi est réformé.
89. Je lui donnerai il mal/gel' de l'Al'ore dl: vic, signifie Cap­
]J1'opriation du oien de l'amo1l1' cl de la cltal'ilé venant du Sei­
gneur. Pal' mangeT, dans la Parole, il est signifié approprier; et
pal' l'Al'Dl'e de vie, il est signifié le Seigneur quant au bicn de l'a­
mour; de là par manger de l'Arbre de vie il est signifié l'appro­
priation dt! bien de l'amour venant du Seigneur. Si manger signifie
approprier, c'est parce que, de m~me que l'aliment naturel, quand
Vers. 7. CHAPITRE DEUXIÈME. 121
on le mange, est approprié à la vie du corps de l'homme, de même
l'aliment spirituel, quand on le reçoil, est approprié à la vie de
son âme. Si l'Arbre de vie signifie le Seignelll' quant au bien de
l'amour, c'est parce qu'il n'est point signifié autre chose par l'AR­
nRE DE VIE dans le Jardin d'f:den; puis aussi, parce que l'homme
a la vie céleste el la "ie spirituelle d'après le bien de l'amour et
de la charité, qui est reçu du Seigneur. L'Arbre est nommé dans
un grand nombre d'endroits, et par lui il est entendu l'homme de
l'f.:glise, et dans un sens universel l'~:glise elle-même, et par son
fruit le bien de la vie; la raison de cela, c'est que le Seigneur est
l'AI'bre de vie, d'ol! provient tout bien chez l'homme de l'~:glise
et dans l'Église; mais il en sera traité en son lieu. Il est dit le
bien de l'amour et de la charité, parce que le bien de l'amOlli' est
le bien céleste, qui est le bien de l'amour envers le Seigneur, et
que le bien de la charilé est le bien spirituel, qui est le bien de
l'amour à l'égard du prochain; ce que c'est el quel est l'un et
l'autre bien, c'est ce qui sera dit dans la suile; voir quelques ex­
plications au sujet de ces biens dans le Traité DU CIEL ET DE
L'ENFER, N'" 13 il 19.
90. Qui est dans le milieu du paradis de Dieu, signifie inté­
rielt1'ement dans les vrais de la sagesse et de la toi. Dans le
milieu signifJe dans l'intime, N°S 44, 383, ici intérieurement; le
1Jr11'adis de Dieu signifie les vrais de la sagesse et de la foi; c'est
pourquoi, l'Arbre de vie, qui est dans le milieu du paradis de
Dieu, signifie le Seigneur avec le bien de l'amour ct de la charité
intérielll'ement dans les vrais de la sagesse et de la foi; le bien
aussi est en dedans des vrais, cal' le bien est l'êt!.e de la vie, et le
l'l'ai est 1'Q.~.Lslerde la vie qui en procède, corn;e il a été montré
en beaucoup d'endroits dans LA SAGESSE ANGÉLIQUE SUR LE DIVIN
A~IOUR ET SUR I.A DIVINE S,IGESSE. Que le Paradis de Dieu soit le
vrai de la sagesse et de la foi, on le voit clairement par la signifi­
cation du Jardin dans la Parole; le Jardin y signifie la sagesse et
l'intelligence, parce que les arbres signinent les hommes de l'I~­
glise, et lems fruits les biens de la l'ie; par le Jardin d'Eden il
n'est pas signifié autre chose, cal' la sagesse d'Adam est décrite
par ce jardin. La même chose est entendue pal' le Jardin de Dieu,
dans ~:zéchi('1 : « nal1S la saf!rssr: rt dans ton intrlliY(!11Cf' tu 1'(:­
1 . 1 1 .
-...

122 L'APOCALYPSE RÉVÜÜ. N' 90.


tais fait des richesses: en Éden, le Jardin de Dieu, lu as éu];
toute 1Jierre précieuse (était) ta couverlw'e. » - XXVTU. !J, 13;
- cela est dil de Tyr, pal' qui est signifiée l'Égliseql!anl.aux con­
nalssilllces du bien et du vrai, ainsi qu.!nLL!Jnte\lige_nce; c'est
pourquoi il est dil « dans ta sagesse et dans ton intelligence tu
t'étais fail des richesses; » par les pierres pré.cie.tls~§,. qui étaient
sa couverture, sont signifiés les.- \Tais,de J'intellige_nce. Dans le
Même: « Aschur (éLait) un cèdre dans le Liban; les cèdres ne
l'ont point cache dans le Jardin de Dieu; aucun arbre dans le
Jal'din de Diru ne lui fut 1Jar'eil en beauté: de lui etaient en­
vieux tous les arbres d'Éden, dans le Jardin de Dieu. -XXXI.
3, 8, 9; - cela est dit de l'ltgypte et d'i\schur, parce que par l'(~­
gypte est signifiée la science, et pal' Aschur la rationalilé d'oil
provient \'intelligence; pareillement pal' le cèdre. Mais comme
Aschur par sa rationalité est tombé dans le faste de la propre in­
telligence, c'est pour cela qu'il est dil de lui: « A qui as-lU été
(ait semblable ainsi en gloire et en graruleur parmi les al'br'es
d't~den? lorsque tu seras descendu avec les arbr'es d'Éden ver',~
la lelTe infe1'ieure, et qu'au milieu des incirconcis tu se­
ras couché. » - Vers. 18 de ce Chapilre; - les incirconcis sont
ceux qui n'ont pas le bien de la charité. Dans Ésaïe: cr Jéhovah
consolem Sion; il tl'ansformera son désert en Éden, el sa so­
litude en Jardin de Jéhovah. » - LI. 3; - là, Sion est l'Église,
le désert et la solîlLude 'sont le manque et l'ignorance du l'l'ai;
Éden et le ,Jardin de Die~l sont la sagesse etl'inlelligence. La sa­
gesse et l'intelligence sont signifiées aussi pal' le Jardin, - Ésaïe,
LVIIT.l1. LXI. 11. Jérém. XXXI. 1.2. Amos, IX. 1!J. Nomb. XXIV.
6. - L'homme de l'~:glise est aussi comme un jardi,n quant à l'in­
telligence, quand il est dans le biell de l'amour pal' le Seigneur,
./ parce q1'le la chaleur spirilllelle, q1'li le vivifie, e~.X~mo\ll', et la
lumière spiriluelïë-ëstFinLelligence
------ -
qui en procède: que pal' ces
deux choses, la chaleur et la lumière, les jardins fleurissent dans
le monde, cela est notoire; il e~>~st de même dans le Ciel; dans
le Ciel il apparall des Jardins paradisiaques avec des arbres char­
gés de fruits selon la s~gesse des anges d'après le bien de l'amour
procédant du Seigneur: mais autour de ceux qui sont dans l'intelli­
g~c::., el non dans Je hien de l'amour, ilE3!~;ïl;nTGlai;î; jm:cÏin,
Vers. 8. CI1AP11'RE DEOXlblE. 123
lI!.ais du gazon; et autour de ceux qui sont dans la foi séparée de
la charité, ifn'appara1t pas même de gazon, mais du sable.
91. Vers.s:- Et il l'Ange de l'Église des S;nY--;'n~ens écris, si­
gnifie il ceux et sur ceux qui sont dans les biens quant à la vie,
mais dans les (au:x; quant il la doctrine. Que ce soient ceux-IiI
qui sont entendus par l'Église des Smyrnéens, on le voit claire­
ment par les choses qui lui sont écrites, entendues dans le sens
spirituel.
92. Voici ce que dit le Premier et le Dernier, signifie le Sei­
gneur, qu'il est Seul Dieu. Le Seignelll' dit qu'il est le Premier et
le Dernier, le Commencement et la Fin, l'Alpha et l'Oméga, Celui
Qui Est et Qui Était et Qui Vient, 'Voir Chap. r. Vers. 4,8,11,17;
ce que cela signifie, on le voit ci-dessus, j\'" 13, 29,30,31,38,57,
où il est évident que pal' ces expressions il est entendu aussi qu'il
est le Seul Dieu.
93. Qui a été nID1't et qui vit, signifie que dans l'Église il a
été négligé, et que sml Humain n'a IJoint été reconnu Divin,
lorsque cependant quant il l'Humain il est Seul aussi la Vie, et
que de Lui Seut vient la Vie éternelle. Que ce soit là ce qui est
entendu par ces paroles, on le voit ci-dessus, N°' 58, 59, 60, où
elles ont été expliquées. Si ces choses et celles qui précèdent sont
dites, c'est parce que le principal faux de ceux qui sont décrits
par cette Église, c'est qu'ils ne-.I'econnaissent point le Divin)i,u­
maLn.du Seigne.p.r, et que par conséquent ils ne s'adressent point
à Lui.
94. Vers. 9. Je connais tes œuvres, signifie que le Seignew'
voit tous leurs intérieurs et tous leurs e:rtérieurs en même
temps. Cela est évident d'après ce qui a été expliqué ci-dessus,
N° 76; ici, il voit qu'ils sont dans les faux, quoique quant il la vie
ils soient dans des biens, qu'ils s'imaginent être des biens de la
vie, lorsque cependant ils n'en sont point.
95. Et ton affliction, et ton indigence, signifie qu'ils sont dans
les (au.r, et pCl1' suite non dans les biens. Connaître leur afflic­
tion, signifie voir qu'ils sont dans les faux, et connailre leur ù/­
digence, signifie voir qu'ils ne sont pas dans les biens; car dans
1.- la Parole l'ailliction se dit des faux, comme ci-dessus, N° 33, et
2 l'indigence
..
~- ._--- sé® des non-bié'us: l'indigence spirituelle n'est pas
.";
1211 1.' APOCAL YPSE RKVtLKE, N" 95.

non plus autre chose; très-souvent, dans la Parole, on lit (1 Pauvre


ct Indigent,)) et dans le sens spiriluel par pauvre il est entendu c~-
< luLqilln'ej)t P<LS dilnllJes..rruis, et par indigent cetujJl1!i.~:~_~.{l_as
dans les biens. Il est aussi ajouté ces paroles: Riche cependant tu
es:'j"nais en'tre parenthèses; et cela, parce qu'elles ont été omises
dans quelques manuscrits.
96. Et le blasphème de ceu,x qui se disent (Jtre Juifs, et ne le
sontpoint,signi(ie la fausse assertion que chez eu,x ilyalesbiens
de ['amow', lorsque cepfndant ils n'y sont point. Ici, le blas­
Il phème signifie la fausse assertion; par le.~Jllffs SO!1tggEiJjés .!!~n
}. les Juifs Jnaiscellx_.q~i_~Q.n..t ...dans le bien.9c lJl.!!!Qur, et abstrac­
tivementles biens de l'amour; de là par le blasphème de ceux qui
se disent être Juifs, et ne le sont point, il est signifié la fausse as­
sertion que chez eux il y a les biens de l'amour, lorsque cepen­
dant Us n'y sont point. Si par les Juifs il est entendu ceux qui sont
clans le bien de l'amolli', c'est parce que dans la Parole par .Jehu­
fi d.ah, dans le sens suprême, il est entendu le Seigneur quant au-rii­
vin Dien du Divin 1\mour, et par ISI~t~lle Seigneur quant au Divin
.;, Vrai de la Divine Sagesse; de là, par l~sJuifs~QL~ignifi~~._c..eux
li qui sont dans le bien de l'amour pat.te SeigE~ur, et par Israêl
ceu.:~ qui sont dans les Divins .\,@!§ii\r le Seigneur: que ceux-=-là
soient en tendus par les Juifs, on peut le voir pal' un grand nom­
l>re de passages de la Parole, qui seront l'apportés plus loin,
( N° 3.'50'; voÏ!' aussi quelques passages dans la DOCTRINE DE LA
('NOUVEI_Lt: JÉRUSALEM SUR LE SEIGNEUR, N° 51. Si par les Juifs
sont entendus abstracliv(,lllent les biens de l'amour, c'est parce
que le sens spirituel fait abstl'aclion des personnes; voir ci-dessus,

Il N" 78, 79. Celui qui ne sait pas que, dans la Parole, par l~ Jl!ifs
il est en.lenc!u ceux qui. sont de l'f;g!ise Céleste du Seigneur, c'est­
Il-clire, ceux qui sont dans l'amour ellvers Lui, peut tomber dans
un grand nombre d'hallucinalions en lisant la Parole dans les Pro­
phètes; mais voir plus loin~· 35}':
97. Mais sont une synagogue de satan, signifie parce qu'ils
,Wlltdans les {(lu..x quant il la doctrine. 11 est dit synagogue,
parce qu'il est fail mention des Juifs, et comme ils enseignaient
dans des synagogues, par synagQg\le il ~~gnifié la doclrine; et
lJaree que par satan il est enlendu l'enfer composé de ceux qui
\'ers. 9. CIlA PITRt:: DEUXIÈ~l.t::. -125
sont dans les faux, c'est pOUl' cela qu'il est dit synagogue de sa­
tan. L'Enfer est appelé Diable eL Satan; eL par l'Enfer, qui e.~Lap­
peJé-'p~ble, il esL entenclu ceux qui y sont clans les maux, pdnci­
paIement ceux qui sont clans l'amour cle soi; eL pal' l'Enfer, qui est
ap~lé Saytn, ceux qui y sont dans:)es faux, pl'incipalement ceux
qui sont clans le fasLe de la propre inLe\lligence : si ces Enfers sonL
appelés Diable et SaLan, c'est parce que tous ceux qui sont là sont
appelés diables et saLans. ~laintenant, cl'après cela, on peuL voir
que par « ils sonL une synagogue de salan, » il esL signifié qu'ils
sonL quant à la docLrine dans les faux. 01', comme il s'agiL ici de
ceux qui sont clans le bien quanL à la vie, mais clans les faux quant
il la doctdne, et que ceux-Iii. ne savenL auLre chose, sinon qu'ils
sont dans le bien, et que leurs faux sont des vrais, il va en être
dit quelque chose: TouL bie.n ducylte est formé pal' les vrais, eL
tout vrai est formé d'aprèsl.Ll)jen; c'est pourquoi le bien--;an~e;1
~:rai !~'.s>L pas le bien, etleyai sa.nsJ.!Lbien n'esL pas të::;'xai; à la 0
vérité, dans la forme exLerne, il semble qn'i1s le soienl, mais ce­
pendant ils ne le sont pas: la conjonction du bien et clu vrai est
appelée Mariage céleste; d'après ce mariage il y a l'EgliêE!... chez
l'homme, eL il yale Ciel chez lui: si donc il y a les faux au lieu
des vrais chez l'homme, alors il fait le bien du fa_ux, qui n'est poinL
le bien, cal' c'est un bien ou pharisaïque, ou méritoire, ou inné
naturel. ~Jais soienL cles exemples pour iIlusLration : Celui qui est
dans ce faux, de croire faire le bien pal' lui-même, parce qu'il a la
faculté de faire le bien, son bien n'est pas le bien, parce que c'est
lui qui est dans ce bien eL non le Seigneur. Celui qui est clans ce
faux, qu'il peut faire le bien qui est le bien, sans la connaissance
de ce que c'est que le mal chez lui, ainsi sans la péniLence, celui­
là, lorsqu'il fait le bien, ne l'aiL pas le bien, parce que sans la pé­
nitence il esL dans le mal. Celui qui est dans ce faux, que le bien
Je purifie des maux, eL qui ne saiL rien des maux dans lesquels il
es L, eelui-Ià ne l'ail pas un antre bien qu'un bien bâtard, qui en
ùedans a éLé souillé par ses maux. Celui qui est clans ce faux, qu'il
y a plusieurs dieux, et qui se confirme dans celte croyance; le
bien que celui-là fait est un bien divisé, eL le bien divisé n'est pas
le bien. Celui qui est clans ce faux, que le Divin n'esL pas dans
r Llumain du Seigneur comme l'àllle esL dans le corps, ne peut pas
I. 1l".
i26 L'APOCALYPSE nÉVt:LÜ, N" 97.
faire le bien d'al}l'ès le Seigneur, eL le bien qui ne vient pas du
Seigneur n'est pas le bien, car' il esL conLre ces paroles du Sei­
glleur : « Si quelqu'un ne dem~ltI~~loi et lUoi en lui, il ne
]Jeut (aire aucun fmil; cal' sans Moi vous ne pouvez l'ien faire;
si quelqu'un ne demeure pas en 1I1~i, il est jeté delLOl's comme le
sarment desséché, et que l'on jelle au feu, et il est bl'tilé. Il -Jean,
XV. 4, 5, 6: - pareillemenL dans beaucoup d'autres passages;
1) cal' le biCl).Jire sa qualilé,de~,YC,ais, eL les vl:ais lirenll~]JL~.\.!.'.e du
J. b~. Qui est-ce qui ne sail pas que l'Église n'est point Église sans
lla Doctrine? or la ,11Qc.tljQ.~ ,<Nil en,~.eignel' comment J'hommE), doit
- Ji) penser iliU.ujeLde Dieu eL d'après Dieu, et commenL il doil agir
2 ~~èS Dieu ~ avec Dieu; c'est poui'quoi la Doctrine doU être
composée de vrais; agir selon ces vrais, c'est ce _qul..est appelé Je
Q.j~n, d'où il suit qU'agirselonles1àïlx, ce n'esL point le bien. On
croit que dans le bien que l'homme fait, il n'y a rien des vrais ou
ùes faux, lorsque cependant la_qualil..é !lu bie.!!-l1e~,~nt"p..Q!nt
d'autre part, car ils sont cohérents comme l'amour et la sagesse,
elaussrcmnme l'amour et la folie; c'est l'amour du s(jge qui faiL
\ le bien, et c'est l'amour de l'i!l~nsé qui fail une chose semblable
r au bien ùans les exLel'l1es, mais Lout à fait différente dans les in­
" \ ternes; c'est pourquoi le bien du sage est comme de l'or pur, et
le bien de l'insensé CODlme de l'or qui enveloppe de la fiente.
98. Vers, 10. Ne cl'llins rien des choses que tu dois souffrir,
signifie ne tombez point dans le dése.spoil', lOl'sque vous (}tes
infestés par le{.1lli!:u.1J, et que vous !Jtes attaqués par l,e.:t[Cf..U:x,
puisque ceux qui sont dans les biens quant à la vie, et dans les
{aux quant à la doctrine, ne peuvent !Jtre autrement. Cela est
évident d'après ce qui va suivre.
99. Voici, il arrivera que le diable en jettera d'entre vous
en prison, signifie que le bien de {elll' vie sera infe§luar les
maux qui s'élèveront de l'enfer. Que cela soil signifié pal' être
jetéen prison ou dans un cacbot pal' le diable, c'esL parce que
par le dÙtble' il est entendu l'enfer où sont ceux qui sonl dans les
maux, et ainsi abstl'actïvement le mal qui est là et vient de là,
N" 97. Si être mis dans une prison ou dans .t!-n ,cacl1Q,t, c'esLtlre

l in!~té, c'est parce que ceux qui sonL-ln'festés pal' les maux de
l'cnfer sont COlllmc cnchaÎnés dans un cachot, cal' ils ne peuvent
Vers. 10. CII,\PITnE DEUXlhIE. 127
que penser le mal, quand cependant ils yeulent le bien; de là lin
combat ct une anxiété intériems, dont ils ne peuvent être déli­
vrés, à peine autrement que comme ceux qui sont dans les liens;
cela vient de ce que leur bien n'est point le bien, en tant qu'il est
col.!.~x..ent a\j~faux; et en tant qu'il est cohérent aux faux, il ya
en lui le mal; c'est donc ce bien qui est infesté. Toutefois, cette
infestation n'existe pas dans le Monde ll[lIUrel, mais elle a lieu
dans le ~Ionde spirituel, ainsi après la mort: il m'a été très-sou­
vent donné de voir lems infestati011s; ils se lamentent en disant,
qu'ils ont fait le hien et veulent fake le bien, et que cepen@ant ils
ne le peu\ent pas maintenant il cause des maux ql!li les entourent.
Mais tous néanmoins ne sont pas infestés pareillement; ils le sont
plus durement selon qu'ils se sont confirmés dans les faux, c'est
pour cela qu'il est di,t « le diable en jettera (('entre vous en pri­
son; Ilque la confirmation du faux soit dangereuse, on le voit dans
la DOCTRINE DE LA i\ouvELLE JÉnUSALEM sun L'I~CRITURE SAINTE,
N0' 9J il 97. Dans la Parole, par les ENCHAINÉS, il est signifié la
( même chose qu'ici par ceux qui sont jetés en prison; par exemple
dans ces passages: Il Je Te donnerai pOUl' alliance du 1)euple,
afin de tirer de la prison l'ENCllAINÉ, et de la alAlSON DE R}:CLU­
SION ceux qui sont assis dans les tdnèIJ1'es, Il - Ésaïe, XLH. 6,
7. XL LX. 8, 9, - « Jéhovah m'a envoyé pour annonCIJ1'_gyx
CAPTIFS la liberté, et aux ENCHA1NÉS. ll- Ésaïe, LXI. 1. - I l Pal'
le sang de ton llllùmee je tirerai tes ENCHA\NÉS de [a fosse. Il­
Zach. JX.H.-« Dieu délivre ceux qui étaiuntliés de chaines.ll­
Ps. LXVIH. 7. - « Duvant Toi viendra le gdmisseme'nt de l'EN­
CHA\NÉ. Il- Ps. LXXIX. 11. - « Pour entend/'u le gdmissement
de l'ENCHA\NÉ, pour ouvrir au.v fils de l1W/'t. 1) - Ps. CIL 21.
- (1 Jéhovah qui délie les ENCllAÎNt:S. )) - Ps. CXLVr. 7; - que
par les Encha\nés, dans ces passages, il soit entendu non pas des
Enchainés dans le monde, mais des EIl!:.hal~és par l'enfer, ainsi
paI'Je~.!!J..aJ!!..~Llill!:~_@~x, cela est évident. La même chose est
signifiée pal' ces paroles du Seignem : « En PRISON j'ai été, et vous
n'êtes pas venus vers Moi. ll-;\Jallh. XXV. 36.-Comme le Sei­
gneur tire de prison, ou délivre de l'infestation, ceux qui ont été
dans le bien quant il la vie, quoiqu'ils aient été dans les faux
!Juan\ à la doctrine, il dit: Il Ne nains rien des choses que tu dois
t2!l L',\POCALYPSI:: IU::l'liLf:L N° 99.
souITdr i n puis: " Sois fidèle, et je te donnerai Iii couronne de la
vie. n
100. Pour que VOliS soyez tentés, signi{le par les f(IUX qui
combattent contre eu;r. Que ce soit là ce qui est signifié, c'est
1 parce que toute Tentation spirituelle est un combaU!~~ble ~t
) 1 duSeigneur, il qui _p()ssédera l'homme; le diable ou l'enfer tire de
l'hûÏnme ses fmlX, et il les lui reproche et le condamne, lllilis le
Seigneur en Lire les vrais, et il le détourne des faux et l'en déli­
vre. C'est là le-.CQ!D,bat, qui semble à l'homme comme en lui,
parce qu'il est livl'Ui!r les mauvais_esprits qui sont chez lui, et
ce_ç-9.E]I)at est appelé tentation. Que la Tentation spirituelle ne
soit pas autre chose, je le sais par expérience, parce que dans mes
/
tenlaLions j'ai vu les esprits infernaux qui l'int[Q~lJLsaient, et j'ai
perçu l'i!!Jl\J~A.\L~ejg!,~~r qui ~éliYrail.
10L Et vous aurez une affliction de dix jours, signi{le que
cela durel'a un tem])s ])lein, c'est-à-dil'e, tant qu'ils veulent
persister dans les (au,x. L'affliction ici signifie l'infestation, dont
il a été parlé, N'" 33, 95, ainsi Iii tentation; et les dix jow's signi­
fient la durée de cet état jusqu'au plein; c'est pourquoi, aussitôt
après il est dit: Sois {Idèle jusqu'li la mort, ce qui signine lia récep­
tion et la reconnaissance des vérités jusqu'à ce que pal' elles les
faux aient été éloignés et pour ailnsi dire anéantis. Si dix jours si­
gnifient la durée de l'état jusqu'au plein, c'est parce que les jours
signifient cles états, et dix le plein; car dans la Parole les temps
signifient des états, N° 947, et les nombres ajoutent la qualité des
étals, N" 10. Puisque dix signifie le plein, il signifie ilussi beaucoup
et plusieurs, puis aussi tout et tous, comme on peut le voir pal' les
passages suivants:" Ces hommes qui ont vu ma gloire, ils M'ont
tenté Dix fois. Il - Nomb. XIV. 22. - " D'ignominie vous m'a­
vez couvert Di.x fois. n - Job, XIX. 3. - li Daniel (lit trouvé
Di;]; {'ois plus sage que les astl'ologues. n- Dan. 1. 20. - " Dü
femmes cuiront votre pain dans un seul f'oUl'. »-Lévil. XXVI.
26. - " Dix !tommes de toutes langues des nations saisiront le
]Jan de la J'obe d'un !tomme Jui(. n-Zach. VIII. 23.-Comme Dix
signifie beaucoup de choses, et aussi toutes choses, c'esl pour cela
que ce qui il été écrit par Jéhovilh sur les Tables du Décalogue a
été appel'é les DIX PAROLEs,-Deulél'. IV. 13. X. 4i-Ies Dix
Vers. 10. CHAPITRE DEUXlbu,:. 129
paroles salit tous les vrais, car elles les renfermentlous. El cOlllme
Dix signifie tous et toutes choses, voilà pourquoi le seigneur a
comparé le Hoyaume des Cieux à Dix Vierges,- Matth. XXV. 1;
- et pourquoi, dans une Parabole il dit d'un homme noble, qu'il
donna à ses serviteurs Di:x mines pour lrafiquer,- Luc, XIX. 12
il 28, - Beaucoup aussi est signifié par les Di:1; cornes de la bêle
qui maniait de la mer, - Dan. VIL 7; - par les Dix cornes, et
par les Dix diadèmes SUi' les cornes de la bête qui montait aussi
de la mer, - Apoc. XIII. 1; - puis par les Dix cornes du dra­
gon, -Apoc. XlI. 3; -et par les Dix cornes de la bêle écarlate,
sur laquelle la Femme était assise, -Apoc.XVH. 3, 7,12;- par
les Dix cornes il est signifioé beaucoup de puissance. D'après cette
significatien du nombre Dix, il savoir, le pleh1, beaucoup et tout,
on peut voir poul'quoi il a été institué que la Dixième partie de
tout produit serait donnée à Jéhovah, et par Jéhovah à Aharon et
aux Lévites, - Nomb. XVIII. 24,28. Deutér. XlV. 22; - puis
aussi, pourquoi Abram donna à Malcl'lisédeck la Dîme de toutes
choses, - Gen. XIV. 18. '19; - en elfet, pal' là il était signi,fié
qu'ainsi toutes leurs choses venaient de Jéhovah, et qu'e~les étaient
sanctifiées; voir Malach. IlI. '10. - D'après ces explications, on
peut voir maintenant que, par avoir une atIliction de d_~jQ~rs, il
est signifié que la Tentation doit durer u!1Jern{)~ein, c'est-à­
dire, tant qu'ils veulel~t p~.ter dans les faux; car jamais les
faux ne sont ôtés de l'homme contre son gré, mais Hs le sont
quand il consent.
102. Sois {idèle jusqu'il la mort, signifie la 1'(jception el la
1'(?Collnaissance des vérités jusqu'il ce que les {au! aientf!é
ël<!ig!1l!s, el pOUT' ainsi ~lil'e ar!.~(0tis. l'al' être fidèle jusqu'à la
mort, dans le sens natmrel, il est entendu que jusqu'à la fin de la
vie on nè doit pas s'écarter de la fidélité, mais dans le sens spiri­
tuel il est entendu qu'on doit recevoir et reconnaitre les vérités
jusqu'à ce que par cIres les faux aient été éloignés, et pour ainsi
dire anéantis; car ce sens est proprement pour ceux qui sont dans
le monde spirituel, pOUl' lesquels il n'y a point de mort, c'est POIll'­
quoi pal' la mort ici il est en tendu la nn de lem tentation. Il est
dit jusqu'à ce qll'ils aient été pour ainsi dire anéanlis, parce que
les faux et les maux chez l'homme ne sont pas anéantis, mais ils
130 L'APOCAI,YI'SE RÉVÜÜ. N· 102.
sO!1t éloign&§, et quand ils ont été éloignés il semble qu'ils sQient
ané~ntis, parce que les maux et les faux ayant été éloignés
l'homme est tenu par le Seigneur dans les biens et dans les vrais.
103. Et je te donnerai la couronne de la vie, signifie qu'alors
ils auront la vie eternelle pour lJrü; de la victoire. Comme il
s'agit des lentalions jusqu'à la mort, il est dit qu'il leur sera donné
une couronne de vie, telle que celle des martyrs qui furent fidèles
jusqu'à la mort: et comme les martyrs désiraient cet omement,
c'est pom cela qu'après la mort il leur était donné des couronnes,
ce qui signifiait le prix de la victoire: ils apparaissent encore dans
le ciel avec leurs couronnes; il m'a été donné de le voir.
10l!. Vers. 11. Qui a oreille entende ce que l'esprit dit aux
Églises, signifie que celui qui comprend ces choses obéisse ct ce
que le Divin Vnti de la Parole enseigne il ceux qui seront de
la Nouvelle Église, qui est la Nouvelle Jérusalem. On le voit
clairement d'après ce qui a été expliqué ci-dessus, NU 87, où sont
des paroles semblables.
105. Celui qui vaincra, signifie celui qui combat contre les
maux et les filUx, et est f·eformé. On le voit clairement par les
explications données, 1\. 88, où sont des paroles semblables.
106. Ne recevra aucun dommage de la mort seconde, signifie
que dans la suite ils ne succomberont pas aux maux et aux
f'aux qui s'élèvent de l'enfer. Par la mort première est entendue
la mort du corps, et par la mort seconde est entendue la mort de
l'âme, qui est la damnation, voir plus bas, N·· 853,873; et comme
par sois fidèle jusqu'à, la mort, il est signifié qu'ils doivent re­
connaitre les vérités jusqu'à ce que par elles les faux aient été
éloignés, N· 102, il s'ensuit que par « ne recevoir aucun dommage
de la mort seconde, » il est signifié que dans la suite ils ne suc­
comberont pas aux maux et aux faux qui s'élèvent de l'enfer, car
par lit ils sont délivrés de la dam nalion.
107. Vers. 12. Et il l'Ange de l'Eglise dans Pergame écris,
signifie il ceu.x ct sur ceux qui placent le tout de l'Eglise dans
les bonnes œuvres, et rien dans les vrais de la Doctrine. Que
ce soient ceux-là qui sont entendus par l'Église dans Pergame, on
le voit clairement pal' ce qui a été écrit il celle Église, compris
dans le sens spirituel. ~lais il faut d'abol'd dil'e quelque chose
Vers. 12. CHAPITRE DEUXlbIE. 131
d'eux, afin qu'on sache qui ils sont dans l'Église, et quels ils sont:
Il ya deux espèces d'hommes, donl se compose aujourd'hui 1'1::­
glise Chrétienne quanl à la plus grande partie; ceux qui sonl dans
les œnvres seules sans ~tre dans aucun vrai forlTlenll'nne des es­
pèc.es, el cenx qui sont dans le culte seul el non dans les œUITes
ni dans les vrais formenl l'autre; il s'agil ici de la première es­
pèce; il s'agira de la seconde dans cc qui a été écrit à l'l:;glise dans
Sardes, N"'154 el suiv. Ceux qui sont dans les œuvres seules sans
être dans aucun vrai sont comme ceux qui agissent sans com­
prendre, el les actions sans l'entendement sont inanimées; ils ap­
paraissent devant les anges comme des statues en bois, el ceux
qui onl placé le mérite dans les œuvres, comllle ces stalues nues
sans voile sur les parties honteuses; ils apparaissent aussi comme
des brebis sans laine, et ceux qui onl placé le mérite dans les
œuvres, comme ces brebis couvertes de fiente: en elfel, loules
les œU\Te~ sont failes d'après la volon lé pal' l'entendement, el
dans l'enlendement elles reçoivent la vie, el en même Lemps des
vêtements; c'est de là que ces œuvres, ainsi qu'il a été dit, appa­
raissenl devant les anges comme inanimées ct nues.
108. Voici CC' que dit celui qui a l'épée aiguë ù deux tmn­
cfwnts, signifie le Seignell1' quant aux vmis de la doctl'ine d'a­
JJ1'ès la ['w'ole, IJ(J)'lesquels sont dispersés les maux et les fimx,
Dans le Chapitre précédent, Oll est décrit le FILS DE L'HOMME, qui
eslle Seigneur quant à la Parole, il esl dit que de sa bouche une
épée aiguë il deux tranchants ful vue sortir, - Vers. 16; - que
par ces mots il sail signifié la dispersion des faux pal' le Seigneur
au moyen de la Parole el de la doGirine qui en provienl, on le
l'ail ci-dessus, N" 52. Cela est dit il ceux et sur ceux qui placent
le tout de l'Église dans les bonnes œuvres, et rien dans les vrais
de la doctrine; comme ceux-ci omellent o~ méprisenlles l'l'ais de
la doctrine, et que cependant ces vrais sonl nécessaires, illenr esl
dit dans ce qui suit: Viens il )'ésispisccucc; sinon, je viendrai ri
toi bientût, ct je COlll,battmi contl'e eux avec l'épée de ma bou­
clle, - Vers. 16 de ce Chapilre.
109. Vers. 13. Je connais tes œuvres, signifie que lE..§.eignl!J11·
voi{ tous le1t1's intérieurs et tous leurs exté1'Ïe!t1's en 111time
i;111PS, Comrne ci-rlrssu~, N° 76, oil crs parolrs ont été r,xpliqllée~;
132 L'APOCALYPSE r,';vÉLlh:. N" 109.
ici, le SeigneUl' voil qu'ils sont dans les œuvres seules, el non dans
les doctrinaux.
HO. Et où tu habites, où est le tl'ône de satan, signi{te leur
vic dans les ténèbrcs. Que par Salan sail entendu l'Enfer com­
posé de ceux qui sont dans les faux, on le voit ci·dessus, N" 97;
et être dans les faux, c'est être dans les ténèbres spiriluelles; les
ténèbres spil'ilnelles, une ombre de mort et l'obséul;ité, ne sont
autre chose que l'état de ceux qui, dans l'enfer, sont dans les faux
du mal; c'est pourquoi les faux sont décrits dans la Parole par ces
expressions; de lit on peut voir que par le trône de satan sont si­
gnifiées de pures ténèbres. ~lais ici par les ténèbres il est entendu
non pas qu'ils sont dans de pUl'S faux, mais qu'ils ne sont dans
aurun vrai de la doctrine; car les vrais de la doctrine, qui procè­
dent de la Parole, sont dans la lumière; par conséqllen t ne pas
être dans les vrais, c'est ne pas être dans la lumière, ainsi c'est
ëtl'e dans les ténèbres: que les vrais soient dans la lumière du
ciel, on le voit dans le Traité DU CIEL ET DE L'ENFEII, W' 126 il
1ftO; et dans la DOCTRINE DE LA NOUVELLE JbUSALEll SUR !.'É­
CRlTURE SAHnE, N°' 73, 10ft à 113. Dans la Parole, en beaucoup
d'endroits, il est queslion de eeux qui sont dans les ténèbres, dans
une ombre de mort, et dans l'obseuriLé, et il qui le Seigneur doi t
ouvrir les yeux; et par eux sont entendus les Gentils qui ont été
dans les bonnes œuvres, mais sans être dans aueun vrai, parce
qu'ils n'ont point connu le Seigneur et n'ont point eu la Parolle; il
eux sont entièrement semblables ceux qui, dans le ~londe Chré­
lien, sont dans les œuvres seules sans être dans aucun vrai de la
doctrine, aussi ne doivent-ils être nommés autrement que Gen­
tils; il la vérité, ils connaissent le Seigneur, mais néanmoins ils ne
s'adressent p~s il Lui; ils ont la Parole, mais néanmoins, ils n'y
recherchent pas les vrais. Pal' connaitre où tu habiles, il est si­
gnifié savaii' quel il est, puisque dans le Monde spirituel chacun
habite selon la qualité de son alfection. D'après ces explications
on peut voir que par (( tu habiles où est le trône de salan, 1) il pst
signifié lem vie du bien dans les ténèbres. Les esprits sataniques
ont aussi de la fOl'ce pal' ceux qui sont clans les œuvres seules;
mais sans eux ils n'en ont aucune dans le ~Jonde spirituel; en ef­
fel, ils se les adjoignent; pourvu que qnelqu'un d'eux c1i,(' : {( .J('
Vers, 1J. CnAI'l'f1lf: OEUXlbll'. 1;;;l

suis too prochain, el en conséquence il faut me rendre de boos


offices; »ceux-là, en enlendant ces paroles, s'approchent, porlent
secours et ne s'informenl pas qui il esl, ni quel il esl, parce que
les vrais ne sonl poinl en eux, el que ce n'esl que pat' les l'l'ais
qu'on dislingue l'un de l'autre: cela aussi esl signifié pal' (( tu ha-
biles où eslle lrône de salan. »
111. Et lu tiens mon Nom, ct lu n'as poinl nié 1IIa foi, si-
gnifie 100'sque cependant ils onl une religion, cl selon celte re-
ligion un Cltltc, cl aussi reconnaissenl quc la Parole est la Di-
vine Vérité. Que par le Nom de Jéhovah ou du Seigneur il soit
enlendu tout ce pal' quoi il esl adoré, ainsi le loul de la religion,
on le voil ci-dessus, N" 81; ici donc il esl enlendu qu'ils onl une
religion, el selon la religion un culLe : pal' la f'oi ki, il esl enlendu
non pas la foi comme celle d'aujourd'hui dans l'I:;glise, Illais la
Divine Vérilé, puisque la foi appartienl au vrai, el que le l'l'ai ap-
pat'lienl à la foi; iln'esl pas enlendu aulre chose pal' la foi dans
Je Ciel, ni pal' la foi de Dieu dans la Parole; c'est de là que la
foi el la vérilé dans la Langue Hébraïque sonl un même mol,el sont
appelées Amuna. Maintenanl, comme pal' la foi de Dieu il esl en-
tendu la Divine Vérité, el que la Parole esl le Divin Vrai même,
il esl évident que pal' (( tu n'as poinl nid ma {ai, » il esl entendu
qu'ils reconnaissent que la Parole eslla Divine Vérité.
11.2. 1l11!me dans ces jours d'Antipas, mon marlyr fidèle, qui
a eté tue chez vous, où /wuÏle salan, signifie quand Ioule vé-
"ilé a élé dtdnle par les faux clans L'Église. Pal' mm'ly" esl si-
gnifiée la confession de la vérilé, de même que pal' témoin, ci-
dessus, r-;0' 6, 16, parce que mat'lyr el lémoin dans la Langue
Grecque sont un même mot: s'il est nommé Anlipas, c'est d'après
la langue spiriluelle ou angélique. Puisque par Anlipas martyr il
esl signifié confesseur de la vérité, el abstraclivemenl la vérité
elle-même, il est évident que par « dans ces jours d'AnLipas, mou
martyr fidèle, qui a élé tué chez vous, où habile satan, » il esl si-
gnifié quand la vérilé a été éteinle pal' les faux dans l'Église. Que
par satan il soil enlendu l'Enfer, où sont et d'Olt viennent les
fau", on le voi l ci-dessus, N" 97.
113. Vers. 14. Mais j'ai contl'e loi quelquc peu de chose, si-
gni~e contre ('II,Y, Les choses qui suiIJCllt. On le voil sansexpliralion.
1. .l'l.
13ft L',\POCAl.YPSr. nÉvüü. N" Hlt.
HLL. (;'est que tu en as lit qui tiennent la doctrine de nalaam,
lequel enseignait it Balak il jeter une occasion de chute deL'ant
lr:s fils d' 1sraël P01t1' manger des choses sacrifiées au:!' idoles,
el commettre scO/'tation, signifie que parmi eux il y en a qui
tont des œuvres hypocrites, par lesquelles le culte de Dieu dans
l'Église est souillé et adulté1'é. Que pal' ces paroles soient enten­
dus ceux qui font des œuvres par lesquels le culte est souillé et
adtlitérc, on le voit clairement par les historiques de la Parole sur
Biléam et sllr Balak roi de Moab; en efT'et, Hiléum était un hypo­
crite et lin prestigialeur, cal' d'après Jéhovah il parlait en bien
des fils d'Israël, et cependant de CŒU1' il s'attachait il les perdre,
et même pal' le conseil donné à Balak il les perdit, d'où il est évi­
dent que ses œuvres étaient hypocrites: qu'il ait été prestigiateur,
on le lit dans - Nomb. XXII. 7. XXIV. 1. .los. XI[[. 22. - Qu'il
ait parlé en faveur des fils d'Isl'aël, en les bénissant, on le voit,­
Nomb. XXIU. 7 à 15, 18 il 24. XXIV. 5 à 9,16 à 19; - mais qu'il
ait parlé ainsi d'aprèS .Jéhovah, on le voit,- Nomb. XXIII. 5, 12,
16. XXIV. 13; - que de cœur il se soit attaché il les perdre, et
que même pal' le conseil donné il Balak il les ait perdus, on le voit,
-Nomb. XXXI. 16 ;-le conseil qu'il avait donné,-Nomb. XXV.
i, 9, 18, - fut l'occasion de chute qu'i! jeta devant les ms d'Is­
raël; il en est parlé ainsi: « A Schittim commença le peuple il.
commettre scortation avec les (illes de Moab; ct elles appelè­
rent le peuple aux sacrifices de leurs dieu,J:: ; le peuple mangea,
et il se prostcma devant leurs dieux; surtout il s'attacha àBaal­
péor, c'est pourquoi il (ut tue d'Israël vingt-quatre mille. Il ­
Nomb. XX V.l,2,3,9,18 ;- par les fils d'Israël est signifiée l'Église;
pal' manger de leurs sacrifices est signifiée l'appropriation du saint;
c'est pourquoi pal' manger des sacrifices de leurs dieux, ou des
chairs offertes aux idoles, il est signifié la souillure et la profana­
tion du saint; par commettre scOl'tation, il est signifié adultérer et
pervertir le culLe; que par Moab, et de là par son roi, et par ses
filles, il soit aussi signifié ceux qui souillent et adultèrent le culte,
on le voit dans les ARCANES CÉLESTES, N" 2468. l\Iaintenant, d'a­
près cela, il est évident que c'est là le sens spirituel de ces paroles.
115. Vers. :1.5. Ainsi tu en as aussi, loi, qui tiennent la doc­
Il'in(' rlf'S iVif'Olllïtes, Cf' qllf'.ir: hais, siyni(ie que ]XtnnÎ e!lX il 11
Vcrs. 15. CIIAPITRJ:; DEuxIJ,:m:. 135
en a aussi qui {ont les œuvres mel'Ïtoires. Que les œuvres dl:s
Nicolaïtes soient les œuvres méritoires, on le voit ci-dessus,
N° 86. Chez ceux qui placent le tout de l'Église et du salut dans
les bonnes œuvres, et rien dans les nais de la doctrine, lesquels
sont ceux qui sont entendus par l't:glise clans Pergame, il y en a
qui font des œuvres hypocrites, et il yen a aussi qui font des œu­
vres méritoires, mais non pas tous c~pendant; c'est pourquoi il
est dit: Tu en as là qui tiennent la doctrine de Balaam; puis:
Tu en as aussi, toi, qui tiennent la doctrine des IVicolaïtes; or,
toutes les œuvres du cu \le sont ou bonnes, ou méritoires, ou hy­
pocrites; c'est pourquoi il est parlé ici des œuvres méritoires et
des œuvres hypocrites, et après celles-là des œuvres bonnes dans
cc qui suit.
116. Vers. 16. Viens il résipiscence, signifie qu'ils .le gardent
de ces œuvres, et qu'ils fassent les œuvres qui sont bonnes. Que
ce soit là ce qui est signifié par venir à résilJiscence, c'est parce
qu'il vient d'être traité des biens méritoires et h}'pocrites, dont
doivent se garder ceux qui placent le tout de l'Église et du salut
dans les bonnes œuvres, et rien dans les vrais de la doctrine,
lorsque cependant les vrais de la doctrine enseignent comment il
faut et ce qu'il faut vouloir et penser, ou aimer et croire, pour
que les œuvres soient bonnes,
117. Sinon, je viendmi il toi bientôt, et je combattrai contre
eu:r avec l'clJee de ma bouche, signifie qu'autl'ement le Seigneur
débattra avec eux d'alJl'ès la Parole, et les convaincra quc
lew's œuvres sont mauvaises. Mais ces paroles ont été expli­
quées ci-dessus, voir N" 108.
118. Vers. 17. Qui a ol'ciUe entende ce que l'esprit dit au:rÉgb:­
ses, signifie que celui qui comprend ces choses obéisse ù ce que le
Divin Vrai de la Parole enseigne à ceu,']; qui seront de la Nou­
velle Eglïse,quiest la Nouvelle Jérusalem. Cela est évident d'aprè5
ce qui a été expliqué ci-dessus, N" 87, oi! sont les mêmes paroles.
119. A celui qui vaincm, signifie celui qui combat contre ses
maux et ses {au,'];, et est réforme. Cela est de même évident d'a­
près ce qui a été expliqué ci-dessus, NU 88.
120. Je lui donne mi ù manger de la manne cachée, signifie
la sagesse et alors l'a1J1JrolJrÎation du bien. (lq l'amD!l'1' !'!!!:!!!.!e
13G L'AI'OC,ILïPSE nÉVüü, ['i" 120,
dans les œuvres, et ainsi la conjonction du Seigneur avec ceU.I;
qlâ opl:i-ent-:-rar la manne cachée, qu'auront ceux qui sont dans

l les bonnes œuvres et adjoignent en même temps aux œUVl'es les


vrais de la doctrine, il est entendu la sagesse cachée, telle qu'elle
est chez ceux qui sont dans le Troisième Ciel; ceux-ci, en efTet,
parce que dans le l\londe ils ont été dans les ~OI!n.ç~~uvres et en

même temps dans les vraisde la doctrine, sont dans la sagesse

plus que les autres Anges, mais dans une sagesse cachée, cal' elle

est inscrite dans leur vie et non de mème dans la mémoire; c'est

f' pourquoi ils sont tels, qu'ils ne parlent pas des l'l'ais de la doc­

1 trine, mais qu'ils les font, et ils les fonl, parce qu'ils les savent et

\ allssi les voient, quand d'autres les énoncent. Que le bien de l'a-

I mour leur soit approprié, et que I~ seigneur .se ç~.9.-ne ~v.ec

l ceux qui adjoignent aux_bonn~ ~vres les vrais de la doclrine,

r et leur donne ainsi la sagesse dans leurs b!!lns, et que ce soillà

1 donner à manger de la manne cachée, on peut le voir par ces pa­

roles dn Seigneur: I,e Pain de Dieu est Celui qui du Ciel des­
(1

celld, el donne la vie au monde: Moi, je suis le Pain de vie:

Vos pères ont mangé la 111anne dans le désert, et ils sont morts.

(;'est ici le Pain qui du .Ciel d!!.scend, afin que celui qui en mange

ne meure point: Moi, je suis le Pain vivant, qui du Ciel suis

descendu; si quelqu'un mange de ce Pain, il viwa éternelle­


ment. )) - Jean, VI. 31 il 51; - d'après cela il est évident que l~

Seignfcllt.Llli-:\lè.me .eiUa Manne cachée, qui sera dans leurs œu­


1 - VI'(,S, s'ils s'adressent il Lui seul: soit qu'on dise l~ Sejgn~_l)r, Ou)~
- qu'on dise leJ31e_n_del"1I11Q!!.r-'<l~e_sle, puis la sagesse de cet amonr,
c'est la mème chose, Il'Iais cela est un arcane qui tombe difficile­
ment dans l'idée naturelle d'un homme, lant que celle idée est
voilée pal' la nuée qui pl'ovient des choses mondaines; mais cela y
tombe quand il y a pour lui sérénité el clarté, comme on peutie
voir clans le Traité de I.A SAGESSE ANGÉLIQUE sun LE DIVIN AMOUR
ET SUR LA DIVIN.; SAGESSE,depuis le commencementjllsqu'à la fin.
121. Et je lui donnerai un caillou blanc, signifie les vrais
qui sont favo1'ables et soni' unIs (tu-bien. Le caillait blanc
a celle signification, parce que d~ns les j~gemen_litJes. ?1!fTrages
él~tJecueillis par_ des cailloux, et par des cailloux blancs les
sufrrDgesc]~ confirmaient; que ce soient les vrais confil'malifs qui
"crs. '17. CIlAPI'fP-E DEUXIt:.\lf.. 137
sont signifiés, c'est parce que le blanc se dit des vrais, 1\"' 167,
379; dc là vient que p(lr~e caillou blanc s9nt signifiés Ics-yraiii
qui sont favorables au bien ;-qu'ils soient aussi unis au bien, c'esl
parëe que Ic 'bien'Ies àltire et se les unit; car tout bien aime le vrai
1 et se.conjoint un vrai qui lui convienne; principalelUëi1lle bien cie
l'amour céleste; celui·ci s'unit le vrai de telle manière qu'ils fOllt
absolumcnt un; de là vient que d'après le bien seul on voit les
1 vrais: ccux qui voient ainsi sont entendus par ceux qui ont la loi
inscrite dans leur cœur, et dont il est parlé dans Jérémie: « Je
mettrai ma loi en leur milieu, ct sur leUJ' cœur je l'écl'imi; et
'f ils n'(:nscigncr~!.! rJ1us, chacun son compagnon, ou chacun son
[
1 .
(l'ère, en disant: Connaissez Jéh01'ah; c4Ltous
\ trflttt, 1) -
- _.-.
1I1e connai­
XXXI.. 33, 34. ~ Tels sont tons ceux qUi sont dans le
---­

Troisième Ciel; ceux-là ne parlent pas des vrais pal' mémoire,


mais ils les voient clairement, lorsqu'ils entendent les autres
parler des vrais, surtout lorsqu'ils lisen t la Parole; et cela, parce
qu'ils sopt dans le 1!J5lri,a.ge 111!me du biell ~~~~rai : tels de­
viennent dans le Monde ceux qui sc sont adressés au Seigneur
seul, et qui ont fait les bonnes œuvres parce qu'elles sont selon
les vrais de la Parole: voir à leur sujet quelques détails dans le
Traité DU CIEL ET DE L'ENFER, N"' 25, 26, 270, 271.
122. Et sur le caillou u!l,!!2?n nonveau écrit, signifie ainsi
pour eux u!],e...!lualité du bien qui n'existait pas aupamvant.
Que le nom signifJe la qualilé de la chose, on le voil ci-dessus,
N" 81, ici donc la qualîlé du bien; toule qualité du bien vient des
vrais qui lui ont été unis; car sans les vrais le bien est comme le
pain et les autres aliments qui, sans le vin et sans l'eau, ne nour­
rissent point; et aussi, comme un fruit dans lequel il n'y a point
de suc; cela apparalt même comme un arbre dépouillé de feuilles,
auquel pendent quelques fruits desséchés qui ont été laissés à
l'automne: c'est anssi ce qui est enlendu par ces paroles du Sei­
gneur : « Chacun de (eu sera salé, ct tout sacrifice de sel sera
salé. Bon est le sel; mais si le sel devient insipide, avec quoi
l'assaisomwrez-vous? Ayez en vous-mêmes du seL. »-Marc, IX.
49, 50; - là, ~ sel est 1~~~i,I',p~l!.J~ l~ .rrai.
123. Que personne ne cannait, sinon celui qui le reçoit, si­
gnifie qui ne se manifeste il lJel'sonne, parce qu'clLe a été in~-
l, _ ,
t ')~
.....1

138 L'APOCALYPSE RgYÉLÉE. NU 123.


Cl'ih' duits leur vie. Que les Hais unis au bien soienl inscrits chez
eux, non dans leur mémoire, mais dal)§.!~_I!!'_ ..!ie, on vient de le
voÎlr ci-dessus, N'" 121, 122; el ce qui a été inscrit dans la vie
seule, et non dans la mémoire, n'apparall à pel'sonne, pas même
à eux, si ce n'est en ce qu'ils perçoivent si c'est le vrai, et ce que
c'est que le vrai, quand ils écoulent el quand ils lisenl; en effet,
les intérieurs de leur mental sont ol!v~r!~i!.li'.g\.un'.ers le Seigne_ur;
et comme le Seigneur est en eux, et que Lui-Même voittoUl, c'est
pour cela qu'il fait qu'ils voient comme par eux-mêmes; mais
néanmoins par leur sagesse ils savent qu'ils l'oient les vrais, non
par eux - mêmes, mais par le Seigneur. Mainlenanl, d'après
ces explications, on peut voir ce qui esl enlendu par toules ces
choses « je lui donnerai il manger de la manne cachee, et je lui
r donnerai lincaillou blanc, et sur le caillou un nom nouveau
ecrit, que personne ne cannait, sinon celui qui le reçoit, ,) par
lesquelles il esl signifié, sommairement, qu'i1s_dev~ndfQI)t des
anges du Troisième Ciel, s'ils lisen l la Parole, y puisen lIes vrais
de la doctrin~s;adressenl au Seigneur.
124. Vers. 18. Et il L'Ange de L'Église dans Thyatire éais,
signifie il ceux et SUI' ceux qui sont dans la foi d'après la cha­
l'ilé, et par suite dans les bonnes œuvres; et aussi, à ceux et
sw' ceux qui sont dans la (ai séparée d'avec la charité, et par
suite dans les mauvaises œuvres. Que les uns el les aulres soient
décrits par l'I~glise des Thyatiriens, on le yoit clairement par ce
qui est ér.rit à celle }:glise, compris dans le sens spirituel.
125. Voici ce que dit le Fils de Dieu, qui a les yeu:r; comme
ulIe flamme de feu, signifie le Seigneur quant il la Divine Sa­
gesse du Divin Amour. Que ce soit là ce qui est signifié, on le
voil expliqué ci-dessus, Nu 48.
'126. Et ses pieds semblables il de L'airain fin, signifie le Di­
vin Rien naturel. On le l'oit par ce qui a été expliqué précédem­
ment, N" 49.
127. Vers, 19. Je connais tes œlLVI'es, .lignifie que le Seigneur
voit tous leur $ intéricw's et tOU$ leurs extériell1'$ en même
temp$. Voir ci-dessus, N" 76, où ces paroles ont éte explliquées.
123. Et ta charité et ton ministèl'e, .lignifie l'affection spiri­
tueLLe, qui est al'pelde clwritl, et son op/,ration. Si la clwl'ité
Vers, 19, CHi\PITRt: DF.UXlbn:. 139
estl'alTection spirituelle, c'est parce que la chal'ité est l'amour à
l'égard du prochain, et que l'amour il l'égard du prochain est
celle alTection : si le ministèr'e en est l'opération, c'est parce
que dans la Parole sont appelés Ministres ceux qui font les œu­
vres qui appartiennent 11 la charité: l'homme qui rend un culle
à Dieu est appelé tantôt serviteur, tantôt ministre; est appelé
serviteur de Dieu celui qui est dans les vrais, et ministre de Dieu
celui qui est dans les biens; et cela, parce que le l'l'ai sert le
bien, et que le bien donne son ministère au vrai; que celui qui
est dans les vrais soit appelé serviteur, on le voit ci-dessus, N° 3;
et que celui qui est dans le bien soit appelé ministre, cela est évi­
dent par ces passages: « Vous, pTêtres de Jehovah vous seTez
appe/es, Ministr'es de notre Dieu, » - Ésaïe, LXI, 6, - « Mon
alliance ne deviendra pas vaine avec les Lévites mes 1I1inist/'es. »
- Jérélll. Xx.:xm. 21; - ils sont appelés ministres, parce que
les prêtres représentaient le Seigneur quant au Divin Bien. (( Bé­
nissez Jéhovah, (vous) toutes ses Années, Ministr'es qui (aites
sa volonté, » - Ps. cm. 21, 22. - « Jc!lwval! t'ait de ses Anges
des soumes, de ses lIlinistres un (eu flamboyant. » - Ps. cry.
4; - les anges souffies sont ceux qui sont dans les vrais, et
les anges ministres ceux qui sont dans les biens; le feu flam­
boyant signifie aussi le bien de l'amour. « Jésus dit : Quicon­
que voudm être gmnd doit êtr'e votre Ministre, et quiconque
voudra tltl'e /Jl'emier' doit êtr'e votre servite1l1', » - Malllt.
XX. 26, 27. XXIlT. 11, 1.2; - là, ministre se dit du bien, et ser­
viteur se dit du vrai. La même chose est signifiée par donner son
ministère et par le ministère dans Ésaie, LVI. 6. Jean, XH. 26.
Luc, XI[. 37, et ailleurs. D'après ces explications, il est évident
que par la charité et pal' le ministère, il est signifié l'alTection spi­
rituelle et son opération; car le bien appartient à la charité, et le
l'l'ai appartient à la foi.
129, Et ta (ai et ta patience, signifie fI'!: verj)e et l'etude pOUl'
l'acqu(h'ir et l'enseigner'. Que 1~1_ (o0i~!!!.ne la vérité, on le l'Oit
( ci-dessus(N°_!It; et qu'alors la patience signifie j'élude et le
travail pOUl'Tacquérir et l'enseigner, c'en est la conséquence.
130. Et les dernières plus nombr'euses que les premièTes, si­
gnifie leurs accroissements cta/n'ès l'an'ecti~n SlJü'itllelie du
:140 '.'APOCALYPSJ; R~VÉr.Ü:, N" 130,
Vl'ILi, laquelle appartient à la charité. Pal' les ~ll\'res, les der­
1 n~l'es plus nombreus.es que les PI.'emi.è.l'es, sontentend ues toules
! les choses de leul' charité et de leur foi, car ces choses sont les
. intérieurs d'où p~oëèd~ntles œuv;'~s:j~"' 76, 9il, 1'09; ces choses
/~ pl'ennent des accroissements, quand liléhal'it{eSt à la première
1. place, et la foi à la seconde, car la charité esLj'a~ction spil'iluelle
l'" ~~I'e I~en, et de celle affection procède l'affecJiQJ)iiiTritl!~lre
:.: g~_~1!YQiLl~ ..vl'ai, puisque le bien aime le vrai, comme l'aliment
aime la bOis-son, cal' il veut être noürri;"ë"lÎl e~tlLQ...u.rJUa.U~s
vrais; de là vient que pour ceux qui sont dans 1'LÇ_h_ari.té réelle, il
y a des accroissements continuel.!il!.l!.'1_ai ; c'est donc là ce qui est
i signifié par Il je connais tes œuvres, les del'l1ières plus nomiJreuses
que les pl'emièl'es, 1)
131. Vers. 20. Mais j'ai contl'e toi quelque peu de chose, si­
gnifie que les choses qui suivent peuvent &tTe pOUT eu,x un scan­
dale. En effet, il va êtl'e maintenant traité de la foi séparée d'uvee
la chal'îlé, ce qui peut être un scandale pour ceux qui sont daI!.s
lliQi d'apL~~'-a .charité.
e 132:'1 C'est que tu )JC'/'mets à la {emme Jézabel, signifie que
chëz eux dans l'Église il y en a qui séparent la {ai d'avec la
charité, et la {ont seule salvifique. Que la foi sépal'ée de la cha­
rité soit entendue par la {emme Jl!zabel, cela est évident par les
choses qui vont suiVl'e, lorsqu'elles sont développées en sél'ie pal'
le sens spil'ituel, et sont conférées avec celle foi: en effet, ces cho­
ses étaient les forfaits de JézaiJel, épouse d'AchaiJ; à savoil' : Elle
s'en alla et servit Baal, et elle lui dressa un autel il Samarie, et!ui
fil un bocage,- 1 Rois, XVI. 31,32,33; - elle tua les pl'ophètes
de Jéhovah, - 1 nois, XVUI. il, 13; - elle voulut tuel' Élie, ­
XIX. 1, 2; - elle enleva à Nabolh sa vigne par ruse, en pl'ésen­
tant de faux témoins, et elle le tua, - XXI. 6, 7, e\ suiv.; - pOUl'
ces forfaits il lui fut prédit pal' Élie que des chiens la dévol'eraient,
- XXI. 23; - ene fut jetée par la fenêtl'e, où elle se tenait far­
dée, ct il rejaillit de son sang SUl' la muraille ct sur les che.l'aux
qui la foulèrent aux pieds, - Il Rois, IX, 32, 33, 3il. - Puisqlle
tous les historiques de la Parole, de même que tous ses prophé­
tiques, signifient des spil'ituels de l'Église, ceux-ci en signifient
donc aussi; flu'i1s signifient la foi séparee (l'avec la chal'ité, c'est
\rers. 20. CHANTIIE DEUXILIIl:. lld
ce qu'on voit d'après le sens spirituel, et alors en les conférant:
en effet, par s'en aller et servir Baal, et par lui dresser un autel
et lui faire un bocage, il est signifié servir les cupidités de tout
genre, ou, ce qui est la même chose, servir le diable, en ne réflé­
ehissant sur aucune mauvaise cupidité, ni sur aucun péché,comme
font ceux chez qui il n'y a aucune doctrine de la charité et de la
vie, mais qui ont la doctrine de la foi seule; par tuer les pro­
phètes, il est signifié déLruire les vrais de la docLrine tirés de la
Parole; pal' vouloir tuer tlie, il est signifié vouloir détruire pa­
reillement la Parole elle-même; par enlever à Naboth sa vigne et
le tuer, il est signifié détruire l'Église elle-même, car la vigne est
l'Église; par les chiens qui la dévorèren Lsont signifiées les cupi­
diLés; Jézabel jetée par la fenêtre, son sang qui rejaillit sur la mu­
raille, et son corps foulé aux pieds par les chevaux, signifient leur
destruction, car chacune de ces particularités a aussi sa significa­
tion; la fenêtre signifie le vrai dans la lumière, le sang le faux, la
mUl'aille le vrai dans les derniers, le cheval l'entendement de la
Parole: de là on peut conclure que ces choses, conférées avec la
foi séparée de la charité, coïncident, comme on peut encore mieux
le voir par ce qui suit dans l'Apocalypse, où il esL question de
cette foi.
133. Qui se dit pr01Jhétesse, signifie et qui font la foi seule
la doctrine de l'Eglise, et fondent sur die toute la Theologie.
Que pal' prophète, dans la Parole, il soit signifié la doctrine de
l'Î-:glise, on le voit ci-dessus, N° 8; pareillement donc par prophé­
tesse. Que dans l'Église Chrétienne Réformée la foi seule ait été
acceptée pour unique moyen de salvation, et que par suite les
œuvres de la charité aient été séparées de la foi comme n'étant
pas salvifiques, cela esL notoire; de lit vient que touLe la Doctrine
de la salvation de l'homme, laquelle est appelée Théologie, est
aujourd'hui celte foi, par conséquent la femme Jézabel.
134. D'enseigner et de seduil'e_n!es~y_it0lrs pow,-qu'i!s
commettent scortation, signifie d'apl'ès laquelle il arrive que
lesv1'ais de la Pa;'Ole sont falsifies. Enseigner et séduire les ser­
viteurs du Seigneur, c'est enseigner et séduire ceux qui peuvent
et veulent être instruits dans les vrais d'après la Parole; que ceux
qui sont dans les vrais soient appelés serviteurs du Seigneur, on
1112 L'APOCALYPSE HtVÜi:E. i\ ° 134.

le voit ci-dessus, N°' 3, 128; commeUre sC01'talion, signilie adul­


térer et falsifier la Parole; si cela est signifié par commellre scor­
tation, c'est parce que dans chaque chose de la Parole il yale
mariage du bien et du vrai, el que ce mariage est rompu quand
le bien est séparé e·t éloigné du vrai: que dans chaque chose de
la Parole il y ait le mariage du Seigneur et de l'l~glise, et par suite
le mariage du bien et du \'l'ai, on le voit clans la DOCTRINE DE LA
l\OUVELLE JtRUSALEli SUR L'I::CRITUHE SAINTE, N'" 80 à 90; c'est
de là que pal' commellre scortatioll, il est signifié adultérer les
biens et falsifier les vrais de la Parole; et comme c'est là la scor­
tation spirituelle, c'est même pour cela que, quand ceux qui par
leur propre raison onl falsifié la Parole arrivent dans le !\londe
spirituel après la mari, ils deviennent des scortateurs; et, ce qui
est encore inconnu de tout le monde, c'est que ceux qui.~n..!..con­
firmé la foi seule jusqu'à exclure les œuvres de la charité, sont
dans-la passion de l'adultère du fils avec la mère; que ceux-là
soient dans une si abominable passion de l'adullère, c'est ëëëjili
a élé très-souvenl perçu dans le Monde spirituel; qu'on seTe l'ap-
I pelle, et qn'on s'en informe après la mort, et on en aul'a la con­
firmation; je n'ai osé jusqu'à présent révéler celle abomination,
parce qn'elle blesse les ol'eilles. Cet adullère est signifié par 1)­
dullèl'c de nnben avec Bilha, concubine de son père, - Gen.
XXXV. 22; - car pal' nuben est sjgn~fiée cette foi; c'est pourquoi
il tut maudit par Israël, son père, et plus tard le droit d'alnesse
lui fUl Olé. En erret, ISI'a~I, son père, prophétisant au sujet de ses
fils, a dit de Cluben : (C Duben, mon premier-né, loi ma vigueur,
et le commencement de ma (orce, léger comme l'eau, n'e,xcelle
point, car lu es monte sw' la couclle de ton pèr'e, alors tu l'as
pro/ltnee; sur mon lit il est monlé! li - Gen. XLIX. 3, li; -que
pour cela le (h'oil d'alnesse lui ail été ôlé, on le voit par ces pa­
l'ales: (C Ruben était le pTemier-ne d'Israël,' mais 1Jarce qu'il
avait souille la couche de son père, le dTOit cl'ainesse fut donne
aux fils de Joseph. ») - l Ch l'on. V. 1; -que par Buben ait été
représenté le vrai d'après le bien ou la foi d'après la charité, et
plus tard le -.:rai séparé du bi~~_E.!.!3 fQL~~P!u'ée Ml\1S~:.I:ité, 011
le verra dans l'Explication sur le Chap. VII. Vers. 5. Que par les
scorlations soient signifiées les adultérations cio bien et les i'âisl­
Vers. 20. cnAPITRE DEeXlblf:. 143
flcations du vrai dans la Parole, on peut le voir par ces passages:
« Qu~-;J.!ehoram vit .!ehu, il dit: Est-ce la paix, Ulm? C~lui­
ci dil : Qu'est-ce que la paix, tant que dureront les SCORTA­
'flONS d'Izabel ta mère, et ses enchantemenls nombreux?"­
II Bois, IX. 22; - par les scortations d'lzabel, il est entendu non
pas quelques scortations, mais les faits dont il a été parlé ci-des­
sW(N" 131'« Vos (ils seront paissant dans le désert quarante
ans, el ils porteront vos SCORTATIONS. )) - Nomb. XIV. 33. ­
« .!e retrancherai l'âme qui tourne ses regards vers les pythons
et vers les devins pour CO~lMETTRE SCORTATION après eux. )) ­
Lévit. XX. 5, 6. - « Tu ne traiteras point alliance avec les ha­
bitants de la telTe, a(in de ne point CO~DlETTRE SCORTATION
après leurs dieux. " - Exod. XXXIV. 15, 16. - « Jérusalem,
tu t'es con(iée en ta beauté, et tu as COMMIS SCORTATION à cause
de ta renommée, au point que tu as répandu tes SCORTATIONS
sur chaque passant. Tu as comns SCORTATION avec les fils de
L'ltgypte, tes voisins, grands de chair, el tu as multiplié ta
SCORTATION. Tu as comus SCORTATION avec les fils d'Aschur,
parce que pour toi point de satiété, même après avoir avec eux
COMMIS SCORTATION. Tu as multiplié ta SCORTATION jusque vel'S
la Chaldee. Femme ADULTt;RE ! qui sous son mari reçoit les
étrangers. Tous à leurs prostituees donnent un salaire; mais
toi, tu as donne des salaires à tous tes amanls, afin qu'ils vins­
sent vers toi d'alentour pour tes SCORTATIONS; c'est pourquoi,
PROSTITUÉt;! écoute la parole de Jehovah. " - Ezécb. XVI. 15,
16, 26, 28, 29, 32, 33, 35, et suiv. ; - là, Jérusalem est l'Église
Israélite et Juive; par ses scortations sont entendues les adultéra­
tions et les falsifications de la Parole; et comme dans la Parole par
l'Egypte il est signifié la science de l'homme naturel, par Aschur
le raisonnement qui en provient, par la Chaldée la profanation
du vrai, et par Babel la profanation du bien, c'est pour cela qu'il
est dit qu'elle a commis sCOl'tation avec eux. « Deux femmes,
{illes d'une mt!me mèl'e, ont COMMIS SCORTATION en Égypte;
dans leur adolescence elles ont r.OMMIS SCORTATION. L'une a
comns SCORTATION sous Moi, et elle a aimé ses amants les As­
syriens (ses) voisins; elle a mis ses SCORTATIOXS sur eux; toute­
fois, il ses SCORTATIONS d'è!lypte elle n'a point renonce, '''autre
....

ilJlJ L'APOC.\LYI'SE nüiLif:. NU 13li.


a corrompu son am(}UI' plu.s qu.e celle-lit, et ses SCORTATIONS
plus que les SconTA TIONS de sa sœur; elle a ajouté ù ses SCOR­
TATIONS, elle a aimé les Chaldéens; et sont venus vers elle les
fils de Babel AU LIT DES AMOURS, ct ils l'ont souillée par leur
SCORTATION. Il - Ézéch. XX!lf. 2,3,5,7,11,14,16,17, et sui v.;
- les deux femmes, fllles d'une même mère, sont aussi l'Église
1 Israélite et l'tglise Juive, dont les adultérations et lesraiSirië~­
1 tions de la Parole sont' décrites pal' des scortations ici comme ci­
l dessus. Pareillement dans ces passages: « Tu as ccnuns SCORTA­
TION avec beaucoup de compagnons; tu ('.1 pl'olemé la terre par
tes SCORTATIONS, ct par ta malice. As-tu vu cc qu'a (ait la per­
verse Israël? Elle s'en allait sur toute montagne élevée, et elle
comIETTAIT SCORTATION. La perfide Juda aussi s'en est allée,
et elle a comus SCORTATION, au point que 1Jar la voix de sa
SCORTATION elle a profané la terre; elle a COMMIS ADULTÈRE
avec la TJien'e et avec le bois. » - Jérém. III. 1, 2, 6, 8, 9. ­
Et ailleurs: « Courez par les rues de Jérusalem, ct cherchez si
voas trouverez un homme, s'il en est un qui {asse le jugement,
et qui cherche la vél'ité. Lorsque je les eus rassasiés, ils ont
comus SCOI\TATION, et it la maison de la PnOSTITuÉE ils sont
venus en {oule. Il - Jérém. V. 1, 7. - « Tes ADULTÈRES et tes
hennissements, l'in{amie de ta SCORTATION, sur les collines dans
le champ j'ai vu tes abominations; mal/wUI' it toi, Jérusalem!
ne seras-tu pas nettoyée? l l - Jérém. XIH. 27. ~« Vans les pro­
phètes de JéTusalemj'ai vu une ou.stination horrible ù comIET­
TRE ADULTÈRE et it marcher dans le mensonge. »-Jérérn. XXIII.
14.-« Ils ont fait une énormité en Ismël; ils ont COMMIS SCOR­
TATION, ct ils ont prononcé ma Parole en mon Nom en men­
tant. » - Jérém. XXIX. 23. - « Ils ont péché contre Moi; leUl'
gloire en ignominie je changerai; i/.s ont COMMIS SCORTATION,
parce que Jéhovah ils ont abandonné; la SCOI\TATION s'est em­
1Jllrée de leur cœur. Vos filles COMMETTENT SCOI\TATION, ct vos
brus COMilIETTE1\T ADULTÈRE•. » - Bosée, IV. 7, 10, 11, 13. ­
« Moi je connais ÉphTaïm; il a absolument cmUlIS SCORTATION,
et IS1'aël a été souillé. » - Bosée, V. 3. - « Dans la mai.son
d'israëlj'ai vu une chose ani'cuse; lit, Éphr.aïm a comus SCOR­
'J'ATlON, l'{ Ts!"!!P/ a l'I(! souillé. Il - Bosée, vr. 10; -lil, Israël
Vel's. 20. ClI.\PITRE oEUxrbn:. 1.'t5
estl'J::glise, et Éphraïm est l'entendement de la Parole, d'après
lequel et selon lequel est l'Église; c'est pourquoi il est dit qu'~­
pl!.@ïm a commis scortation, et qu'I~r~êl a été souillé. Parce que
l'Égl!se avait falsifié la Parole, il a été commandé au Prophète
(
~Iosée.~'de prendre pour épouse une prostituée, en ces termes:
1 - -
« Prends-toi une femme de SCORTATIONS et des enfants de SCOR­
1 TATIONS; car COmfETTANT SCORTATION elle a comIlS SCORTATION,
\ la lerre, en arriè1'i de Jehovah. )) - [Josée, 1. 2; - et de nou­
veau :« Aime une femme aimée d'un compagnon, el ADULTÈRE. Il
---f Hosé~ m. 1. - Parce que l'l~glise Juive a été telle, c'est pOUl'
ceiil que la Nation Juive a été nppeléeHAcE ADUI.T.t:RE, - Matth.
XII. 39. XVI. l!. Marc, VlU. 38; - et dansCÉsaïe, SEMENCE O'A­
DUI,TÈRI-:, - LVI. 3; - et dans~huÎ1]): « M~Uïëw' il la ville de
sangs, toule entière dans le mensonge; mullitnde de trmls1Jer­
cés, il cause de la multitude des SCORTATIONS DI-: LA DÉllAUCfiÉE,
qui vrnd les nalion5 pal' ses SCORTATlONS. Il - Ill. f, 3, l!. ­
Comme la Babylone, plus que tous les autres dans le Monde
Chrétien, adultère et falsifie la Pa l'ole, c'est pour cela qu'elle est
appelée la grande Prostituée, et qu'il est dit d'elle dans l'Apoca­
lypse : « Babylone, dlLvin.de fureur de s~_ SCORTA J:loN a abl'euvé
toutes les nations. 1) - XIV. 8. - « Babylone ciuvfll. de f!~I:Ç]t1'
de sa SCORTATlON a abreuvé toules les nations, el les l'ois de la
tei're avec-eu;; ont comIlS SCORTATION. »-XVllI. 3. -« L'Ange
dit: Je te montremi le jugement de la grande PROSTITUÉE,
avec laquelle ont COMMIS SCORTA'J'ION les l'ois de la telTe. Il ­
xvn. 1,2. -« Il a juge la grande PROSTITUÉE, qui a cor7'Ompu
la terre par sa SCOl\TATION. )) - XIX. 2. - Maintenant, d'après
ces passages, il est bien évident que commettre adultère et SCOI'­
talion, c'est adultérer et falsifier les biens et les vrais~e la Par~le.
135. Et mangent des choses sacrifiées aux idoles, signi{te III
COI'ruption du culte, et les profanations. Cela est évident d'a­
près les explications données ci-dessus, N" Hl!; car ceux qui adul­
tèrent les biens s'approprient des choses immondes, et pal' elles
ils corrompent et profanent le culte.
136. Vers. 21. El je lui ai donné du lemps pour qu'elle vEnl
li "ésipiscence de sa scortation, et elle n'est pas venue à n!si­
piscence, signifi·e que ceux qui se sont con{t1'rllés dans celle doc­
1. 13.
lLIG t.'APOc.lLYPSE H~VÉLt:t:. N" :1.36.

Il'ine ne s'en retirent lJilS, (@!!iqu'ils voient des clwses con­


(rail'cs clans la parole.I'ar se reUrer de la scortation, il est si-
gnifié ici s'abstenir de falsifier la Parole; qu'~s y vo~nt des choses

l contraires à leur doctrine, cela est évident par mille passages dans
la Parole, où il est dit qu'il faut fuir les maux et faire les biens;
que ceux qui font les biens vont dans le ciel, et que ceux qui
font les maux vont dans l'enfer; puis aussi, que lafoLsans les
~\Jvres est morte et diaboliqne. \\Jais on demande quelle ëhose
de la Parole ils ont falsifiée, ou en quels endroits ils ont spiri­
tuellement commis scortation avec la Parole; je réponds qu'ils
~ ont falsifié toute la Parole; en effet, toute la Parole n'est que la
Doctrine de l'amour envers le Seigneur et de l'amour à l'égard du
) prochain, car le Seigneur dit, que des commandements SUl' èes
cleu:); al1WW'S depcndent la Loi et les Prophètes, -Mallh. XXII.
38; - il Y a aussi, dans la Parole, la doctrine de la foi, non pas
d'une foi telle qu'est la leur, mais de la foi de l'amour.
137. Vers. 22. Voici, Moi, je la l'eduis au lit, et cel!:!LP,lÏ
commettent adultère avec elle, dans une affliction grande, si­
gnifie qu'ainsi ils seronl abandonnés dans leUl' doctl'ine avec les
{al,lIIications, (:( qu'ils seront fortement infestes par les faux.
Que pal' le Lit soit signifiee la doctrine, on va bientôt le voir; que
]Jal' cenx qni cOlll1nellcnl adtdière il soit signifié les falsifications
rlu vrai, on le voit ci,dessus, W' 134,136; et par l'affliction, l'in­
festation par les faux, j\"' 33, 95, :l01 ; ainsi, par une affiiction
grande, une rOl'te infestation. Si le Lit signifie la doctl'ine, c'est
d'après la correspondance, car de même que le corps couche dans
1 son lit, de même. le mental couche dans sa doctl'ine; mais par le
\ Lit e..§L§.!gnifi~~1 doctrine que chacun s'acqui.~rt, soit d'aprèsla
Pal'ole., soit d'après la pi'opre intelligence, car elLelle son Mental
~,e re~se el_.Q~;~nsi dire dort. Les Lits, dans lesq'uels 0E. èou­
1che dans le ~londe spirituel, n'ont point d'autre origine: là, pour
chacun il y a lin Lit, selon la qualité de sa science et de son intel­
ligence, lils magnifiques pour les sages, vils p'i)ùnes-Insensés, et
sales pOlir ceux qui parlent faussement. c'est là ce qui est signifie
par le Lit dans Luc; « Je t'DUS dis: En cette nuit-là, ils sel'Ont
deux d(ln.~ lin m{;me 1,1T; un sera accepte, l'autre sel'a laissé. "
-- \VII ..'35, :56; -cela est dit dl1 Jl1gement dernier; deux dans nn
Vers. 22. CIL\PITRIi DEC:,ubIL Hi
même Lit signifie deux dans une même doctrine, H1ais non dans
une vie semblahle. Dans Jean: "Jésus dit il l'infirme: Lève-toi,
eniPOi·te ton LIT et marche; et il emporta son LIT, el il mar­
cha. »- V. 8 à 12.-El dans Marc: ".Jésus dit au paralytique:
Fils, tes péchés te sont pardonnés; et il dit aux scribes: Qu'est­
ce qui est le plus (acile, de dire au paralytÏt/He : TéS péchés te
sont pardonnés; ou de dire: Emporte ton LIT, e/marche? Mors
il dit : Lève-toi, empaTte ton LIT et marche. El il emporta
son LIT, et il sortit devant tous. » - If. 5, 9, 11, 12; - qu'ici
pal' le Lit quelque chose soit signifié, cela est évident, puisque
Jésus a dit: " Qu'est-ce qui est le plus l'acile, de dire: Tes péché>:
le sont pardonnés; ou de dire: Emporteton lit, et ~le? II par 1
porler le lit et marcllel', il est signifié n~iter dans la doclrl!!e; 1
c'est ainsi que cela est entendu dans le Ciel. Pal' le Lit, il est aÎJssi
signifié la doctrine, dans Amos: " De même que le berger ar'j'a­
cite de la gueule 'du lion, de mfilne seront arrac/u:s les fils d'Is­
raël qui habitent dans Samade ([ans l'angle du LIT et dans
l'extrémité de la COUCHE. II - Ifl. 12; - dans l'angle du lit et
dans l'extrémilé de la couche, c'est !tlus éloigné des nais el des
biens de la doctrine. Pal' le Lit et la Couche, ct pal' l!..ClI.!.;i,nl-'~I~çJ
c~her, il est signiné la même chose dans d'antres endroits, par
exemple, - f:saïe, XXVHJ. 20. LVII. 2, i, 8. ]~zécll. xxrn. 111.
Amos, VL Q. /l'lich. LL 1. l's. LV. 4. l's. XXXVI. Q. l's. XLI. Q.
Job, VfL 13. Lévit. XV. Q, 5. - Comme dans les Prophétiques de
la Parole, pal' Jacob est signifiée l'i~glise quant à la do(:trine, ("est
pOl1l' cela qu'il est dit de lui, qu'il se vrostema SUI' la fêle (!1~
L...!.T. - Gen. XLVIJ. 31; - qlle, quand Joseph VÙlt vers ll1i, il
s'assit sur le~T. - Gen. XLVIII. 2; - qu'il J'etira ses 7.Jier/s
sur le.-.1.IT, et e.'LtJira. - Gen. XLIX. 33. - Comme par .Juroh
r est signifiéela_!loct!:.Ïne (~l'Église, c'est pour cela que, quelqne­
t l'ois, quand je pensais à Jacob, il m'apparaissait Cil liant, SUI' le
devant, un homme couché dans un lit.
138. Si elle ne vient 7)as ri Tésipiscence de ses œuv/'es, siguifie
s'ils ne veulent pas cesser de sêpft..l_~· la {oJ.....cl/avec la clw.l)lé.
et de falsifier la Parole. On peut le voir sans autre explication.
-139. Vers. 23. Et ses (ils je ferai périr de mort, signifie que tous
les vrais p/'ovenant de la Parole sont changés che::: eux en (au:);.
HIS L'APOCALYPSE I\~V~LÜ. N" 139.
Par les fils dans la Parole sont signifiés les vrais, et dans le sens
opposé les faux; c'est pourquoi, faiTe périr les fils signifie chan­
ger les vrais en faux, car ainsi les vrais perissent; par les tués et
les transpercés de Jéhovah, il n'est pas non plus entendu autre
chose; pal' faire périr de mort ses fils, il est aussi signi1fié con­
damner leurs faux. Si les fils signifient les vrais, et dans le sens
opposé les faux, c'est parce que dans le sens spirituel de la Parole
par les Générations il est entendu des Générations splri.tuelles,
pareillement par les Consanguinités et les Affinités, par conse­
quent par leurs noms, comme par Père, Mère, Fils, Filles, Frères,
Sœurs, Gendres, Brus, et autres noms; d'une Génération spiri­
tuelle il ne nalt pas non plus d'autres fils ni d'autres filles que des
vrais et des biens; voir ci-dessous, N'" 535; 5113.
140. Et toutes les Églises cannai/Tant que Moi je suis celui
qui sonde les reins et les cœurs, signifie afin que l'Eglisc sache
que le Seigneur voit quel est le vrai et quel est le bien chez
chacun. Par les sept Églises est signifiée l'Église tout entière,
comme précédemment; et par sonder les reins et les cœurs, il est
signifié voir toutes les choses que l'homme croit et qu'il aime,
ainsi quel est son vrai et quel est son bien; si cela est signifié par
sondcr les reins et les cœurs, c'est d'après la correspondance, car
la Parolc clans le sens de la lettre est composée de pures corres­
pondances; la correspondance consiste en ce que, de même que
les reins purifient le sang des choses impures, qui sont appelées
urineuses, et que le cœur pUl'Hie le sang des choses impures qui
sont appelées âcretés, de même le vrai de la foi purifie l'homme
de ses faux, et le bien de l'amour le purifie de ses maux. De là
vient que les Anciens ont placé dans le cœur l'amour et ses affec­
tions, et dans les reins l'intelligence et ses perceptions, comme OII
pcut le voir par ces passages dans la Parole:« Voici, la Vérité tu
désiJ'es dans les REINS, et dans le secret tu me (ais connaitre la
sagesse. » - l's. LI. 8. - « Toi, tu possedes mes REINS; caclté
ne T'a point été mon os, lOi'sque j'ai éte (ait dans le secret. »
- l's. CXXXIX. 13, 15. - « Aigri est mon CœUR, et en mes
J\EINS je m'aiguillonne; mais moi, insensé, je n'ai point de con­
naissance. »- Ps. LXXHI. 21, 22. -« 1110i, Jéltovah, qui sonde
III COEUR, et qui éprouve les REINS, même pour donner il cltacun
\'ers. 23. ClIAPITIlE DEeXIt:.IlL 1~9

selon ses chemins. l) - Jérém. XVll. 10. - « Til es ]JI 'ès, Toi,
dans leur bouche, ct loin de leurs REINS; Jlilwvah, tu me v~r­
ras, ct tu eprouveras mon COEUR. l ) - Jérém. XlI. 2, 3. - « Je­
Iwvah, Juge de justice, qui sondes les HEINS ct le COEUR. l ) ­
Jérém. XI. 20. XX.12.-" Affermis le juste; car (Toi) qui sondes
les COEURS et les HEINS, (tu es) le Dieu juste. l) - Ps. VIT. 10.­
« Éprouve-moi, JellOVah! et tente-moi; e:cplore mes HEINS ~t
mon COEUR. l ) - Ps. XXVI. 2; - dans ces passages, pal' les Heim.
il est signifié les vrais de l'intelligence et de la foi, et pal' le Coeur
le bien de l'amour et de la charité. Que le Coeur signifie l'amour
et les affections de l'amour, on le l'oit dans LA SAGESSE ANGÉLIQUJ::
SUR I.E DIVIN AàlOUR ET SUR LA DIVINE SAGESSE, N"' 371 à 393.
Hrl. Et je donnerai il chacun de vous selon ses œuvres, si­
gnifie qu'il donne à chacun selon la chm'ité et la (ai de la cha­
ritl.!, qui sont dans les œuvres. Que les oeuvres soient les conte­
nants de la charité et de la foi, et que la charité et la foi sans les
œnvres ne soient que comme des images aériennes qui, après
avoir apparu, s'évanouissent, on le l'oit ci-dessus ,N' 76.
1l12. Vers. 2ft. ilfais à vous je dis, et au,x: autres dans Tilya­
tire, autant il yen a qui n'ont pas cette doctrine, signifie il ceux
chez qui il y a la doctrine de la foi séparée de la charite, et il
ceux chez qui il y a la doctrine de la foi conjointe à la charite.
On le voit d'après ce qui Il été dit ci-dessus, ainsi sans explication.
143. Et qui n'ont point connu les profondeurs de satan,
comme ils disent, signifie qui ne comprennent point leurs in­
terieurs qui sont absolument des fàu:c. Que pal' satan il soit
entendn l'enfer composé de ceux qui sont dans les faux, et abs­
tractive ment les faux, on le voit ci-dessus, !\O 97; de là pal' les
pro(ondel~ de satan sont signifiés les intérieurs de la docti:ine
séparée de la charité, lesquels sont absolument des faux: les pro­
fondeurs et les intérielll's de cette doctrine sont les choses qui
sont émises dans leurs livres, dans les leçons des académies, et
pal' suite clans les prédieations; en quoi ces choses consistent, on 1..
l'oit dans ce qui précède le Cllapitre J, où leurs Doctrinaux ont été
l'apportés, spéeialement à l'Artiele DE lA .JUSTIFIr.ATION PAR LA
FOI ET DES nONNES OEUVRES, où il a été dit que les -,'1 em li l'es du
_ÇLerg~ seulement connaissent les Ilreanes tic celle Doctrine, mai!
I. t ;_~*.
-.....

150 L'APOCALYPSE RÉVÜÜ. 1'\°1113.


non les Laïques; ceux-ci donc sont principalement entendus pal'
ceux qui n'ont point connu les profondeurs de satan.
144. Je n'impose pas sur vous d'autre fardeau, signifie seu­
lement qu'ils se gardent d'eux. La raison de cela, c'est qu'ils
confirment leurs faux pal' des raisonnements d'après l'homme na­
turel, et pal' quelques passages de la Parole qu'ils falsifient; cal'
par ces moyens ils peuvent séduire; ils sont comme des serpents
qui, cachés dans l'herbe, morden t les passan ts, ou comme des
poisons cachés qui tuent ceux qui ne les connaissenl point.
145. Vers. 25. Cependant ce que vous avez, retenez-le jus­
qu'à ce que je vienne, signi{w qu'ils retiennent le peu qu'ils sa­
vent de la charite et de la foi de la charité d'après la Parole,
i et qu'ils y conforment leur v~e, jusqu'à ce que se ras~ent le
Nouveau Ciel et la Nouvelle Eglise, qui sont l'avénement du
Seigneur. En etl'et, ce sont cux, et non d'autres, qui reçoivent ce
qn'enseigne la Doctrine. de la Nouvelle Jérusalem sur le Seigneur
el sur la Charité. _.. _
146. Vers. 26. Et celui qui vaincrae.t qui gardera jusqu'à la
fin mes œuvres, signifie çeux qui combattent contl'e les 11UlUX et
les faux et sont l'e(Orme;, etqui sont en-actualité dans la charité
et par suite dans la foi, et y persistent jusqu'à la fin de la vic.
QW=LVaiJlcr!!.?~.e.~.9g~_omballre contre les maux elles faux, on le
voit ci-dessus, N° 88; el que les œuvres soient la charité el par
suite la foi en acte, on le voit N"' 76,141; que les ganler jusqu'à
la filt, ce sail être en elles, et y persister jusqu'à la fin de la vie,
cela est évident.
147. Je lui donnerai pouvoir sur les nations, signifie qu'ils
vaincront chez eux les maux qui viennent de l'enfer. Que par
les nalions, dans la Parole, il soit entendu ceux qui sont dans le
bien, et dans le sens opposé ceux qui sont dans le mal, ainsi abs­
tractivementles biens elles maux, on le voit ci-dessous, N° 483 :
ici donc pal' donner pouvoir sur les nations, il est signifié donner
de vaincre chez soi les maux qui vicnnent de l'enfer.
148. Vcrs. 27. Et il les gouvernera avec une verge de (er, si­
gnifie par les vrais d'apl'ès le sens de la leure de la Parole, et
en 11l~me temps par les l'ationnels d'après la lueur naturelle.
Que ce soillit ce qui est signifié pal' la verge ou le bàton de fer,
Vers. 27. CHAPITI\t; DEUXIÈm:. 151
c'est parce que par la verge ou le bàton, dans la Parole, il est si­
gnifié la puissance, et par le fer le vrai naturel, par conséquent le
sens naturel de la Parole et en même temps la lueur naturelle de
l'homme; en ces deux choses consiste la puissance du vrai. Que
Je Divin Vrai dans le sens naturel de la Parole, qui est le sens de
sa lettre, soit dans sa puissance, on le voit dans la DOCTI\INE DE
LA NOUVELLE JÉRUSALEM SUR L'EcRITURE SAINTE, N°' 37 à lI9;
et cela, parce que le sens de la leUre est la base, le contenant et
l'alTermissement de son sens spirituel, N'" 27 à :>6; et que toute
puissance soit dans les derniers, qui sont appelés les naturels,or;
le voit da-ns LA SAGESSE ANGÉLIQUE SUR LE DIVIN A~IOUR, W' 205
à 221; pal' conséquent elle est dans le sens natlll'ei de la lettre de
la Parole, et dans la lueur naturelle de l'homme; c'est donc là la
verge de fer, avec laquelle il gouvernera les nations, c'est-à-dire,
avec quoi il vaincra les maux qui viennent de J'enfer. Des choses
semblables sont signifiées pal' la verge de fer dan'tces passages:
« Tu écraseras les nations sous une VERGE DE HR; comme un
vase d'argile tu les briseras. Il - Ps. II. 9. - « La {el111ne en­
fanta un mûle qui do'it go!we/"ner toutes les nations avec une
VERGE DE FER. Il - Apoc. XII. 5. - ({ De la bouche de celui qui
était assis sur le Cheval blanc sortait une é7Jée tranchante, afin
qu''il en fra7J7Jât les nations; ct il les gouvr:rnem avec une
VERGE DE FER. Il - Apoc. XIX. 15. - (( Jéhovah frappera les
impies avec la V_ERGE de sa bouche. Il - Ésaïe, XL li.
1.L19. Comme des vases d'argile elles seront bl"isées, signifie
comme 7Jeu de chose et rien. Il est dit des vases d'm'gïle, parce
que par eux sont signifiées les choses qui appartiennent il la pro­
pre intelligence, lesquelles sont toutes des faux, et en elles-mêmes
l'ien : pareillement dans David: (( Tu écraseras les nations sous
une VERGE DE FER; comme un VASE D'ARGILJ:: tu les b1"Ïsr:ras. »
- Ps. IL 9.
150. Comme aussi, Moi, je l'ai reçu de mon Père, signifie
'fue cela leur vir:ndra du St'igneur, qui s'est acquis, lorsqu'il
était dans le monde, toute puissance sur les ente/os, d'après son
Divin qui étaU en Lui. Que Je Seigneur, quand il était dans le
monde, ait subjllgué les enfers et glorifié son Humain pal' les ten­
tations admises en Lui, et enfin par la dernière de ces tentations,
:152 l."APOCALYPSJo: Rtvhü. N" 150.
qui fut la Passion de la croix, on le voit dans la DOCTRINE DE LA
NOUVELLE JÉRUSALElI SUR LE SEIGNEUR, N°' 2\) à 36, et aussi ci­
dessus, N"67; pal' là il devient évident que« recevoir de son Père,»
c'est recevoir du Divin qui était en Lui, car il a dit que le Père est
en Lui et Lui dans le Père; que le Père et Lui sont un; puis aussi:
(( Le Père qui est en l\loi; 1) et plusieurs autres choses semblables.
15'1. Vers. 28. Et je lui donnerai l'étoile du matin, signifie
l'intelligence et la sagesse alors. Que par les éteiies soient si­
gnifiées les connaissances du bien et du vrai, on le voit ci-dessus,
N° 51; et COlllme par elles il ya l'intelligence et la sagesse, c'est
pour cela que celles-ci son t signifiées par l'Cloile du matin. s'il
est dill'étoile du matin, c'est parce que l'intelligence et la sagesse
leur seron t données par le Seigneur, quand il viendra pour ins­
taurer la Nouvelle Église, qui est la Nouvelle Jérusalem, car il dit:
Ce que vous avez, retenez-le jusqu'il ce que je vienne, - Vers.
25, - ce qui signifie, qu'Us retiennellit ce peu de Hais qu'ils sa­
vent sur la charité et sur la foi de la charité d'après la Pa l'ole, et
qu'ils vivent selon ces vrais, jusqu'à ce qu'il soit formé un Nou­
veau Ciel et une Nouvelle };glise, qui sont l'avènement du Seigneur,
N° 145. s'il est dit l'étoile du malin, c'est parce que pal' le ruat.in est
gnifié l'avénement du Seigneur, quand il y a une Nouvelle I~glise:
que cela soit entendu par le l'Ialin dans la Pal'ole, on le voit clai~
rement pal' les passages suivants: « Jusqu'au soir et au MATIN
deux mille trois cents; alors sera justifié le Saint. La vision du
Soir et du MATIN, c'est la vérité. » - Dan. VlU. 14, 26. - « A
moi l'on crie de Séir : Sentinelle! sentinelle! qu'y a-t-il tOlt­
citant la nuit? La sentinelle dit: T.e ~IA TIN est venu, et aussi la
nuit. » - Ésaïe, XXI. 11, 12; - pal' le soil' et pal' la nuit il est
signifié le (lernier temps de la vieille Église, et par le Malin le pl'e­
miel' lemJils de la Nouvelle Église. « La (in vient, le MATIN vient
sur toi, habitant de la terre; voici, le jouI' vient, le l'lATIN a
paru. » - tzéch. VU. 6,7,10. - « JéhOl;ah au MATIN, au MA­
TIN, son jugement produira ci la lumière; et il 11'11 manquera
point. » - Sépll. Ill. 5. - (( Dieu est au milieu d'elle; Dieu la
secourera quand il regarde le MATIN. »- l's. XLVI. 6. -« J'ai
attendu Jéhovah; mOll ûme attend If? Sei(Jllf?w' de la part de
ecu.Y qui guettent If? ~JATlN, qui gu!!Uenl lte ;\IATli\', pal'ce qu'a­
Vers. 28. CHAPITRE DEOXli;~IE. 15:)
vec Lui abondance de l'édemption, et Lui, il rachetera Israël. Il
- Ps. CXXX. 5 il 8; - et ailleurs; dans ces passages, par le Ma­
tin il est entendu l'avènement du Seigneur, quand Lui-Même est
venu dans le monde, et a instauré une nouvelle Î~glise; de même
maintenant: et comme le Seigneur seul donne l'intelligence et la
sagesse il ceux qui seront de sa Nouvelle Église, et que toutes les
choses que le Seigneur donne sont Lui-Même parce qu'elles sont
de Lui, c'est pour cela que le Seigneur dit qu'il est Lui-W~me l'É­
toile du malin: « Moi, je suis la racine ct le rejeton de David,
CETTE ~:TOILE BRILLANTE ET DU MATIN, » - Apoc. XXII. 16;­
il est aussi appelé le ~Iatin dans le Second Livre de Samuel: « Il
il dit, le Dieu d'Isj'aël; il moi il a parlé, le Bocher d'lsnlel :
Lui, comme la Lumièl'e d'un ~IATlN, d'un MATIN sans nuages.»
- XXIII. 3,!l.
152. Vers. 29. Qui a ol'eille entende ce que tespl'it dit au.'!:
f;glises, signifie que celui qui comprend ces choses obéisse il ce
que le ]Jivin Vrai de la Parole enseigne il ceux qui seront de
la Nouvelle Eglise, qui est la Nouvelle Jérusalem. Comme ci­
dessus, ~o 87.

.. *" * • *

153. A ce qui précède j'ajouterai quelque chose de 1I1ÉMonADLE


sur le sort resené, après la mort, il ceux qui, et par la doctrine
et par la vie, se sont confirmés dans la foi seule jusqu'il la justifi­
cation: r. Quand ils sont décédés, et qu'ils revivent quant à j'es­
prit, ce qui arrive communément le troisième jour après que le
cœur a cessé de battre, ils se voient dans un corps semblable il
celui qu'ils avaient dans le Monde, au point qu'ils ne savent autre
chose, sinon qu'ils vivent encore dans le l'Ionde précéden t, ce­
pendant non dans un corps matériel, mais dans un corps spiri­
tuel, lequel devant leurs sens, qui aussi sont spirituels, leur appa­
rail comme matériel, quoiqu'il ne le soit pas. II. Après quelques
jours ils voient qu'ils sont dans un l\'londe, où il y a ditTérentes
Sociélés établies, Monde qui est appelé MONDE DES ESPIUTS, et
qui tient le milieu entre le Ciel et l'Enfer; là, toules les Sociétés,
qui sont innomblables, ont été lllises en ordre d'une manière ad­
1511 L'A\'OCALYPSI: nÉVÉÜ:E. i\" 153.
mirable selon les affections naturelles, bonnes et manvaises; les
Sociétés mises en ordre selon les affections naturelles bonnes com­
muniquent avec le Ciel, et les Sociétés mises en ordre selon les
affections mauvaises communiquent avec l'Enfer. III. L'Esprit no­
vice, ou l'homme Spirituel, est conduit et transféré dans diverses
Sociétés, tant bonnes que mauvaises, et l'on examine s'il est af­
fecté des vrais, et comment; ou s'il est affecté des faux, et com­
ment. IV. S'il est affecté des vrais, il est détourné des Sociétés
mauvaises, et introduit dans des Sociétés bonnes, et aussi dans
diverses Sociétés, jusqU'à ce qu'il vienne dans la Société corres­
pondante il son affection naturelle, et là il jouit du bien corres­
pondant à cetl.e affection, et cela jusqu'à ce qu'il dépouille l'alTec­
tion naturelle et revête l'affection spirituelle, ct alors il est élevé
dans le Ciel; mais cela arrive à ceux qui dans le Monde ont vécu
la vie de la clJarité, et par conséquent aussi la vie de la foi,
qui consistent à croire au Seigneur, et il fuir les maux comme
péchés. V. Quant à ceux qui, par la doctrine et par la vie, se
sont confirmés dans la foi jusqu'à la justification pal' elle seule,
comme ils sont affectés, non pas par les l'l'ais, mais pal' les faux,
et comme ils ont rejeté hors des moyens de salut les biens de la
charité, qui sont les bonnes mU\Tes, ils sont détournés des So­
ciétés bonnes, et introduits dans des Sociétés mauvaises, et aussi
dans diverses Sociétés jusqu'à ce qu'ils vienncnt dans quelque so-
Ciété correspondante aux convoitises de leur amour; c~ui
( qui aime les faux ne peut faire autrement que d'âiiner les maux.
VI. Mais comme dans lc Monde ils avaient feint des affections
~~llles dans les cxternes, quoique dans lems internes il n'y eût
( que des affections mauvaises ou dcs convoitises, ils sont d'abord
parfois tenus dans les externes; et ceux qui, dans le ~Ionde,avaient
été Chefs de Corporations, sont mis çà et là dans le Monde des Es­
prits il la tête de Sociétés, soit d'une société enlière, soit d'une
partie de société, selon l'importance des fonctions dont ils avaient
été chargés: mais comme ils n'aiment point le l'rai, et n'aiment
point ~.l~e, et qu'ils ne peuvent être iIlust~squ'ü savoir ce
que c'est que le l'rai et le juste, quelques jours après ils sont des­
titués; j'ai vu de ces esprits transférés d'une Sociélë dans une
autre, et parlout placés comme cl!!is, mais partout lJeu de temps
N° 153. CIU PITRF. DEUXlt:m:. 155
après destitues. VII. Après de fl'equentes destitutions, quelques- ,
uns par déçoùt neveulentlllus hriguer des fonctions, d'autres pal' \
la _crainte cie perdre leur réputation ne l'osent plus; c'est pour- J
quoi ils se retirent, et denJ.<lllrent tristes, et alors ils sont entraî­
nés dans un lieu solitaire, où son t des chaumiètes dans lesquelles
ils entrent, et là il leur est donné quelque ouvrage à faire, et se­
lon qu'ils le font, ils reçoivent des aliments, et s'ils ne le font pas,
ils éprouvent la faim et ne reçoivent rien; la nécessité les force
donc à travailler. Lit, les aliments sont semblables aux aliments
dans notre Monde, mais ils sont cI'origine spirituelle, ct donnés
du Ciel par le Seigneur à tous selon les usages qu'ils font; aux oi­
sifs, il n'en est pas donné, parce qu'ils sont des êtres inuliles.
VUI. Quelque temps après, le travail leur devient fastidieux; et
alors ils sortent des chaumières; et s'ils ont été Prêtres, ils ve_u­
lent hâtir; et aussitôt apparaissent devant eux des amas de pierres
taillées, de briques, de chevrons, de planches, et des monceaux
de roseaux et de joncs, d'argile, de chaux et de bitume; à la vue
de ces matériaux, la fureur de bâtir s'empare d'eux, et ils com­
mencent il construire une maison, en prenant tantôt une pierre,
tantôt du hois, tantôt du roseau, tantôt du mortier, et ils posent
' l'un sUI' l"autre sans ordre, mais à leurs yeux dans un ordre régu­
{ lier; toutéfOis: cé qu'i1-s-ont éle\'(i dans le jOllr s'écroule dans la
nuit; elle lendemain ils ramassent leurs décombres, et bâtissent
de notll'eau, et cela se renouvelle jusqu'à ce qu'ils soient dégoûtés
d!Lhâtir; ceci lëur arrive d'après la correspondancê, p;n:e qi/ils
ont entassé cles fa.!lx pour confirmer la salvation par la foi seule, et
ces faux ne bâifssent pas l'I~glise autrement. IX. Ensuite, excédés
d'ennni ils s'en vont, ct ils s'asseyent solitaires et oisifs; etëc;n;~e
iëSôiSifs, ainsi qu'il vient d'être dit, ne reçoivent du Ciel aucun
alimen t, ils commencent il avoir faim, et à ne penser il autre c1~Qse
( qu'au rnoyensJ-e se procurer, de la, nourriture, et d'apaiser leur
faim. Quand ils sont dans cet état, vers eux viennent quelques es­
prits, auxquels ils demandent l'aumône, et qui leur disent: « Pour­
quoi restez-vous ainsi oisifs, venez avec nous dans nos maisons,
et nous vous donnerons des travaux il faire, et nous vous nourri­
l'ons; » et alors, raris cie joie, ils se lèvent et vont ~vec eux dans
lems, maisons, et Iii il cst donné il chacun sa tàche, et de la nolll'­
156 l.'Al'OCALYPSE I\ÉVÉI.ÉE. 1\" 153.
riture en raison de l'ouvrage qu'il fait: mais comme tous ceux qui
se sont confirmés dans les faux de 'la foi ne peuvent pas faire des
travaux d'un bon usage, mais qu'ils en font d'un mal'lvai's usage,
sans bOllne foi, et seulement pour sauver l'apparence à cause de
1 l'honneur et du gain, ils laissent leurs travaux et n'aiment qu'à
1 causer, parler, se promener et dormir; et parce qu'alors ils ne
peuvent plus être ramenés au travail par leurs mailres, ils sont
chassés comme inutiles. X. Quand ils ont été chassés, leurs yeux
s'ouvrent, et ils voient un chemin qui se dirige vers une Caverne;
lorsqu'ils y arrivent, la porte s'ouvre, et ils enll'ent, et Hs s'infor­
ment s'il y a là de la nourriture; et quand on répond qu'il y en a,
ils demandent qu'on leur permette d'y rester, et on leur dit qu'on
k.permet; et ils sont introduits, et la porte est fermée après eux;
et alors le Chef de cette Caverne vient etfeur dit: « Vous ne pou­
vez plus sortir; voyez vos Compagnons, tous travaillent; et selon
qu'ils travaillent, des vivres leur sont donnés du Ciel; je vous le
dis, afin que vous le sachiez; net leurs Compagnons aussi leur di­
sent: « Notre Chef sait à quel travail chacun est propre, et il en­
jOitlt chaqllé]our à chacun ce qu'il doit faire; si le travail est fait
dans le jour, il vous est donné de la nourriture, sinon, il n'est
. donné ni nourriture ni. v~tem~nt; et si quelqu'un fait du mal à un
aullre, il est jeté vers un coin de la caverne sur un !il de poussière
damnée, où il est llOlTiblement torluré, et cela jusqu'à ce__CE~e
~~f voie chez lui unJ>ig~ de repentir, et alors il est retiré de là,
et il lui est commandé de faire son travail; et il lui est dit aussi
qu'il est permis à chacun, après son travail, de se. pl:2.'-l!~lle!:01e
causer, et ensuite de dOl'mir; et il est conduit dans le fond d~a
caverne, où sont des Prostituées, parmi lesquelles chacun peut en
prendre une pour femme, et il est interdit, sous peine d'un châ­
timent, de se li,'rer pêle-mêle à la scorlation. L'Enfer tout en­
1)

tier consiste en de telles Cavernes, qui ne sont que d'éternels Da­


t gnes; il m'a été donn{d'entrer dans quelques-unes, et'dëï"ësv01r,
1 afin que je les fisse connailre, et tous cëux qui s'y troul"aientm'ont
l paru vils, et aucun d'eux ne savait qui il avait été, ni quel emploi
il avait eu dans le l\londe; mais un Ange, qui était avec moi, me
dit: « Celui-ci dans le l\lonrle était domestique, celui-là soldat,
celui-là prél'et, celui-Iii prêtre, celui-là dans des dignités, celui-là
N" 1.53. CHAPITRE DEUXlbn:. 157
dans l'opulence; et, cependant, tous croient avoir été esclaves et
de JIl~m~condition; et cela, parce qu'ils ont été semblables illlé­
rieurement, quoique dissemblables extérieurement, et parce que
dans le Monde Spirituel tous sont consociés p~.r les intérieurs. n
Tel est le sort de ceux qui ont rejeté la vie de la charité, et par
suite n'ont pas vécu cette vie dans le Monde.
Quant à ce qui concerne les Enfers en général, ils consistent en
des Cavernes et des Bagnes semblables, mais qui diffèrent là où
sont les Satans, et là où sont les Diables; sont appelés Satans ceux
qui ont été dans les faux et par suite dans les maux, et Diables
ceux qui ont élé dans les maux et par suite dans les faux. Dans
la lumière du Ciel, les Satans apparaissent comme des cadavres,
et quelques-uns noirs comme des momies; et les Diables, dans la
lumière du Ciel, apparaissent d'une couleur de feu sombre, et
quelques-uns noirs comme de la suie; mais tous monstrueux quant
à la face et au corps; néanmoins dans leur lumière, qui est comme
une lumière de charbons embrasés, ils apparaissent non comme
monstres, mais comme hommes; cela leur a été accordé, afin qu'ils
pussent être consociés.

1. H.
L'APOCALYPSE

CHAPITRE THOISIÈME

1. Et à l'Ange de l'Église dans Sardes écris; Voici ce


que dit celui qui a les sept Espl'its de Dieu et les sept Étoi­
les; Je connais tes œuvl'es, que lu as nom d'être vivant, ct
mort lu es.
2. Sois vigilant, el affermis les restes qui ,·onl mourir,
car je n'ai point trouvé les Œuvres pleines devant Dieu.
3. Souviens-toi ùonc comment tu as l'eçl1 el entendu, et
obsp.rve et viens à résipiscence; si donc tu ne veilles point,
je viendrai sur toi comme un voleur, et tu ne sauras [las à
quelle heure je viendrai sur toi.
h. Tu as quelque peu de noms aussi dans Sardes, qui
n'ont point souillé leurs vêtements; et ils marcIJeront avec
Moi en (vêtements) blancs, parce que dignes ils sont.
5. Celui qui vaincra, celui-là sera revêtu de vêtements
blancs, et je n'efface"ai point son nom du livre ùe vic, et
je confesserai son nom devant mon Père et devant ses An­
ges.
6. Qui a oreille entende ce que l'espl'Ît dit aux Églises.
7. Et à l'Ange de l'Église dans Philadelphie écris: Voici

C.HAI'ITIIE TROISIÈME. 159


ce que dit le Saint, le Véritable, celui qui a la clef de David,
celui qui ouvre et personne ne ferme, et qui ferme et per­
sonne n'ouvre:
8. Je connais tes œuvres; voici, j'ai tenu devant toi une
pOl'te ouverte, et personne ne peut la fermer, parce que tu
as un peu de puissance, et as obsel'vé ma parole, et n'as
point nié mon nom.
!:J. Voici, je donnerai de la Synagogue de Satan, de
ceux qui se disent étre Juifs, et ne le sont point, mais
mentent; voici, je ferai que ceux-là viendl'ont et adoreront
à tes pieds, et sauront que Moi je t'ai aimé.
tO. Parce que tu as gardé la parole de ma persévé­
rance, Moi aussi je te garderai de l'heure de la tentation,
qui doit venil' sur tout le globe éprouver ceux qui habitent
sur la terre.
H. Voici, je viens bienlût; retiens ce que tu as, ann que
personne ne prenne ta couronne.
12. Celui qui vaincra, je ferai de lui une colonne dans
le Temple de mon Dieu, et dehors il ne sortira plus; et j'é­
cri/'ai SUI' Illi le Nom de mon Dieu, et le nom de la cité de
mon Dieu, de la Nouvelle Jérusalem, qui descend du Ciel
d'auprès de mon Dieu, et mon Nom nouveau.
13. Qui a oreille entende ce que l'espl'it dit aux Églises.
H. Et à l'Ange de l'Église des Laodicéens écris: Voici
ce que dit j'Amen, Je Témoin fidèle et véritable, le com­
mencement de l'Ouvl'age de Dir,u :
15. Je connais les œUITes, que ni fl'oid tu n'es, ni chaud;
mieux vaudrait que froid tu fusses, ou chaud.
'16. C'est pOUl'quoi, parce que tiède tu es, et ni froid ni
chaud, il arrivera que je te vomirai de ma bonche.
1i. Parce que tu dis: Riche je suis et me suis enric,hi,
160 L'APOCALYPSE Il.Év.t':LÜ.

et de rien n'ai besoin; et tu ne sais pas que toi, tu es ruiné,


et misérable, et pauvre, et aveugle, et nu.
18. Je te conseille d'acheter de Moi fie 1'01' éprouvé au
feu, pOUl' que tu sois enrichi, et des vêtements blancs pOUl'
que tu (en) sois revêtu, afin que ne soit point manifestée la
honte de ta nudité; et de collyre oins tes yeux, afin que tu
,-oies.
19, Moi, ceux que j'aime, je (les) répl'imancle et châtie;
avec zèle agis donc, et viens à résipiscence.
20. Voici, je me tiens à la porte et je heurte; si quel­
qu'un entend ma voix et ouvre la porte, j'entrerai chez lui,
et je soupel'ai avec lui et lui avec Moi.
21. Celui qui vaincra, je lui donnel'ai de s'asseoil' avec
Moi en mon tI'<}ne, comme aussi Moi j'ai vaincu, et je suis
assis avec mon Père en son Trône.
22, Qui a oreille entende ce que l'esprit dit aux )~glises,

SENS SPIRITUEL

CONTENU DE TOUT LE CHAPITRE: Il s'agit de ceux qui,


dans le Monde Chrétien, sont dans un culle mort, qui est
sans la cha1'Ïté et sans [a foi; ils sont décrits par l'Église
dans Sardes, N°' 15ft à 171 : De ceux qui sont par le Sei­
gneul' dans les vrais d'après le hien; ils sont dêcrits pal'
l'Église dans Philadelphie, N°' i72 à 197 : De ceux qui
croient tanl0t d'après eux-mêmes, et tanLOt d'après la Pa­
role, et ainsi profanent les choses saintes; ils sont décrits
. pal' l'Église dans Laodicée, N°' 198 à 223. Les uns et les
autl'es sont appelés à la Nouvelle Église du Seigneur.
CHAPITRE TP.OISlbIE. 161
CONTENU DE CHAQUE VERSET. Vers. i. A l'Ange de l'Église
dans Sardes écris, signi[]e à ceux et sur ceux qui sont dans uu
culle mort, ou dans un culte sans les biens qui appartiennent à la
charité, et sans les vrais qui appartiennent il la foi: voici ce que
dit celui qui a les sept Esprits de Dieu et les sept Étoiles, si-
gnifie le seigneur, de qui procèdent toutes les vérités et toutes
les connaissances du bien et du vrai: je connais tes œuvres, si-
gnine que le Seigneur voit tous leurs intérieurs et tous leurs ex-
térieurs en même temps: que tu as nom d'être vivant, et mort
l!l es, signine qu'il leur semble à eux et à d'autres, et qu'ils croient
qu'ils sont spirituellement vivants, lorsque cependant ils sont spi-
rituellement morts: Vers. 2. Sois vigilant, signi[]e qu'ils soient
dans les vrais et dans la vie selon les vrais: et aflc1'1nis les restes
qui vont 1IIOU1'il', signine afin que les choses qui sont de leur culte
reçoivent la vie: car je n'ai point l1'ouvé tes œuvres pleines de-
vant Dieu, signifie que les intérieurs de lem culte n'ont point été
conjoints au Seigneur: Vers. 3. Svuviens-toi donc comment tu as
reçu et entendu, signi[]e qu'ils considèrent que tout culte dans le
commencement est naturel, et que plus tard par les vrais il devient
spirituel, outre plusieurs autres choses: ct observe et viens à ré-
sipiscence, signifie qu'ils fassent attention il ces choses, et qu'ils
vivifient leur culte mort: si donc tu ne veilles point, signifie ici
la même chose que ci-dessus: je viendl'ai SUl' toi comme un vo-
leur, et tu ne sau1'(lS pas cl quelle helwe je viendrai SUl' toi, si-
gnifie que !t:s choses qui appartiennent au culle seront enlevées,
et qu'on ne saura ni quand ni comment elles le seront: Vers, 4.
Tu as quelque peu de noms aussi dans Sardes, signine que parmi
eux il y en a aussi qui ont la vie dans leur culte: qui n'ont point
souillé leurs vêtements, signifie qui sont dans les vrais, et n'ont
point corrompu le culte par les maux de la vie et pal' les faux
qui en dérivent: et ils lIwrcltaont avec Moi en (vêtements)
blancs, puree que dignes ils sont, signifie qu'ils vivront uvec le
Seigneur, parce qu'ils sont pal' Lui dans les l'rais; Vers. 5, Celui
qui vaincra, celui-lit sera T'evNtI de vêtements Mallcs, signiOc
que celui qui est rél'ormé devient spil'itucl : et je n'eflilcenlÎ point
son nom du /ivl'e de vie, signifie qu'il sera sauvé: et je con-
fesserai son nom devant 'Illon Père et deIJant ses jnges, signifie
1. lil*,
162 L'APOC,\LYPSE lltlVtll.1::E.

que seronL reçus ceux qui sonL dans le Divin Bien eL dans les Di­
vins Vrais d'après le Seigneur: Vers, 6, Qui a ol'eille entende ca
que l'esprit dit aux É;glises, signifie ici comme précédemment.
Vers. 7. Et li l'Ange de l'Église dans Philadelpllie écris, si­
gnifie à ceux eL sur ceux qui sonL dans les l'l'ais d'apl'ès le bien
par le Seigneur: voici ce que dit le Saint, le Vril'itable, signifie
le Seigneur quanL au Divin Vrai: celui qui a la clef de David,
celui qui OU'Vl'e et personne ne (el 'me, et qui (el'me et personne
n'ouvre, signifie à Qui seul est la l'ouLe-Puissance de sauver:
Vers. 8. Je connais tes œuvres, signifie ici comme ci-dessus:
voici, j'ai tenu devant toi une 7Jorte ouverte, signifie qu'à ceux
qui sonL dans les vrais d'après le bien par le Seigneur le Ciel a éLé
ouverL : et personne ne peut la (erme1', signifie que l'enfer ne
prévaut point contre eux: parce que tu as un peu de puissance,
signifie parce qu'ils savenL qu'ils ne peuvent rien pal' eux-mêmes:
et as observé ?lia pm'ole, signifie parce qu'ils vivenL selon les
précepLes du Seigneur dans sa Parole: et n'as point nié mon Nom,
signifie qu'ils sonL dans le culle du Seigneur: Vers. 9. Voici, je
donnerai de la Synagogue de Satan, signifie ceux qui sont dans
les faux quanL à la doctrine: de Cl'UX qui sr: disent ètre Jui(s,
et ne le sont point, mais mentent, signifie qui disenL que chez
eux est l'Eglise, et cependanL elle n'l'est point: voici, je (emi
que ceux-là viendront et adore1'Ont li tes 7Jieds, signifie que
beaucoup qui sont dans les faux quanL il la doctrine recevront les
vrais de la Nouvelle Église: et saUTont que i1'Joije t'ai aime, si­
gnifie et verront que ceux qui sont dans les l'l'ais d'après le bien
sont aimés eL reçus dans le Ciel par le Seigneur: Vers. 1.0. Parce
que tu as gardé la parole de ma persévérance, signifie parce
qu'ils onL combalLu contre les maux: Moi allssi jl' te garderai de
l'heure de la tentation, qui doit venir sur tout le globe eprouvel'
ceux qui hahitent SUT la tel'Te, signifre qu'ils seront dél"endl1s et
conservés au jouI' du jugement dernier: Vers. H. Voici, je viens
bient6t, signifie l'avénement du Seigneur: l'etiens ce que lu as,
signifie qu'ils restent, en attendant, dans leurs \Tais et dans leurs
biens: afin que personne ne prenne ta CO!f1'onne, signifie de
peur que ne périsse la sagesse d'Olt procède la félicité étel'llellc :
"ers. 12. Celui qltÏ lJaincra, signifie ceux qui persisteronL clans
\

CHAPITRE THOISllolE. i63


les vrais d'après le bien: je femi de lui une colonne dans le Tem­
ple de mon Dieu, signifJe que les vrais d'après le bien par le Sei­
gneur, chez ceux en qui ils sont, soutiendront l'Église: et dehors
il ne sorlim plus, signifJe qu'ils y resteront éternellement: et j'é­
crirai sur lui le Nom de mon Dieu, signifie que dans leurs cœurs
sera inscrit le Divin Vrai: el le nom de la cité de mon Dieu, de
la Nouvelle Jerusalem, signifie que dans leurs cœurs sera ins­
crite la doctrine de la Nouvelle Église: qui descend du Ciel d'au­
près de mon Dieu, signifie qui procèdera du Divin Vrai du Sei­
gneur, tel qu'est ce vrai dans le Ciel: et mon Nom nouveau, si­
gnifie le culte du Seigneur Seul avec des choses nouvelles qui
n'ont point été dans l'Église précédente: Vers. i3. Qui a oreille
entende ce que l'esprit dit aU.7; Églises, signifie ici comme pré­
cédenllllent.
Vers. il!. Et à l'Ange de l'Église des Laodù:éens Gais, signifie
à ceux et sur ceux, dans l'Église, qui croien t tantôt d'après eux­
mêmes et tantôt d'après la Parole, et ainsi profanent les choses
saintes: voici ce que dit l'Amen, le Témoin ~dèle et vérilable,
signifie le Seigneur quant à la Parole, qui est le Divin Vrai procé­
dant de Lui: le commencement de l'Ouvrage de Dieu, signifie
la Parole: Vers. i5. Je connais les œuvres, signifie ici comme
précédemment: que ni froid tu n'es, ni chaud, signifie que ceux
qui sont tels, tantôt nient que la Parole soit Divine et Sainte, et
tantôt la reconnaissent Divine et Sainte: mieux vaudrait que
froid tu fusses, ou chaud, signifie qu'il vaut mieux ou nier de
cœur les cboses saintes de la Parole et de l'Église, ou les recon­
naître de cœur: Vers. 16. C'est pourquoi, parce que liède tu es,
et ni froid ni chaud, il arrivera que je te vomirai de ma bou­
che, signifie la profanation et la séparation d'avec le Seigneur:
Vers. i 7. Parce que tu dis: Riche je suis et me suis enrichi, si­
gnifie qu'ils croient posséder en toute abondance les connaissances
du bien et du vrai, qui appartiennent au Ciel ct à l'Église: el de
rien n'ai besoin, signifie qu'ils n'ont pas besoin de plus de sa­
gesse: et tu ne sais pas que loi lu es ruiné, signifJe que toutes
les choses qu'ils en savent ne sont en rien cohérentes: et miséra­
ble, et pauvre, signifie qu'ils sont sans vrais et sans biens: et
aveugle, et nu, signifie sans entendement du vrai, ct sans volonté
lB!! L'APOCALYPSE Rt:VÜÜ. N° 1.5U.
du bien: Vers. 1.8. Je te conseille d'acheter de Moi de l'or éprouvé
au {eu, lJow' que tu sois enrichi, signifie ('averlissement d'ac­
quérir pOUl' eux du Seigneur par la Parole le lJien de l'amour, afin
de devenir sages: et des vl?tements blancs pOUT que tu (en) sois
l'evêtu, signifie et d'acquél'jr pour eux les Hais réels de la sagesse:
afin que ne soit point mani(estee la honte de ta nudité, signifie
afin que le bien de j'amour céleste ne soit point profané ni adul­
téré : et de collYTe oins tes yeux, afin que tu voies, signifie afin
que l'entendement soit guéri: Vel'S. 19. Moi, tous ceux que j'ai­
me,je (les) Telwimande et châtie, signifie que, parce qu'alors ils
sont aimés, ils ne peuvent pas ne pas être mis en tentation: avec
zèle agis donc, et viens il résipiscence, signine afin que cela soit
fail d'après l'alfeclion du vrai: Vers. 20. Voici, je me tiens il la
porte et je hew'te, signifie que le Seigneur est présent pour cha­
cun dans la Parole, et y insiste pour être reçu, et y enseigne eom­
ment il doit être reçu : si quelqu'un entend ma voix et OUVl'e
la pOTte, signifie celui qui croit à la Parole et vit selon elle : j'en­
trerai chez llri, et je souperai avec lui et lui avec Moi, signifie
que le Seigneur se conjoint il eux et les conjoint il tui : Vers. 2'1.
Celui q!!i vaincm, signifie ceux qui sont en conjonction avec le
Seigneur pal' la vic selon ses préceptes dans la Parole : je lui
donnerai de s'asseoir avec 1I10i en mon l1'ûne, signifie qu'ils
auront conjonction avec le Seigneur dans le Ciel: comme aussi
illoij'ai vaincu, et je suis assis avec le Pere en son l1'rjne, si­
gnifie comme tui et le Père sont un et sont le Ciel: Vers. 22.
Qui a oreille entende Ce que l'esp7"it dit aux Églises, signifie iei
com me pl'écédem men t.

EXPLICATION

i5!!. Vers. 1. l~t il l'linge de l'Église dans Sm'des ceris, si­


gnifie à ceux et sw' ceux qui sonl dans un cllite r/lOTt, Olt dans
un culle sans les biens qui apparlirnnenl ci la charité, el sans
les vrais qui appartiennc71t il la foi. Que CCliX qui sont dans ee
culte soient entcnùlIs par J'~;gljse dans Sardes, on le voit c1aire­
Vers. 1. CHAI'ITlH; T1l0ISI~ME, 165
ment par ce qui a été écrit à celle Église, compris dans le sens
spirituel. Par le culte mort est entendu le culte seul, qui consiste
à fréquenter les temples, à entendre les prédications, à participer
à la Sainte Cène, il l'ire la Parole et des l'ivres de piété, à parler de
Dieu, du Ciel et de l'Enfer, de la vie après la mort, principalement
de piété, à prier matin et soir, sans néanmoins désirer savoir les
vrais de la foi, ni vouloir faire les biens de la charité, croyant que
par le culte seul on a le salut, lorsque cependant le culte S<1ns les
vrais, et sans la vie selon les vrais, est seulement un signe exteJ'l1e
de la charité et de la foi, en dedans duquel peuvent se cacher des
maux et des faux de tout genre, s'il n'y a pas en lui la charité et
la foi; en celles-ci consiste le culte réel; autrement le culte est
comme la peau ou la superficie d'un fruit, en dedans de laquelle
est cachée une pulpe pourrie et rongée pal' les vers; ce fruit est
mort. Que ce soit un tel culte qui règne aujourd'hui dans l'Église,
cela est notoire.
155. Voici ce que dit celui qui a les sept Esprits de Dieu et
les sept Étai/es, signifie /e Seigneur, de qui procèdent toutes les
vérités et toutes les connaissances du bien et du vrai. Qne pal'
les sept Esprits de Dieu il soit entendu le Divin Vrai procédant
du Seigneur, ou la Divine Vérité, on le voil ci-dessus, N" 14; et
par les sept Étoiles toutes les connaissances du bien et du vrai
d'après la Parole, N" 51, d'après lesquelles existe l'Église dans le
Ciel, N" 65. Ces choses sont dites maintenant par le Seigneur,
parce qu'il' s'agit du culte mort et dl'l culte vivant, et que le culte
vit d'après les vrais et d'après la vie selon les mJÏs,
156. Je connais tes œuvres, signifie que le Seigneul' voit
tous leurs intérieurs et tous leurs exterieurs en même temps.
Comme ci-dessus, N° 76.
157. Que tu as nom d'êt1'e vivant, et tu es mort, signifie qu'il
/eur semble il eux el' cl d'aut1'es, et qu'ils croient qu'ils sont spi­
rituellement vivants, lorsque cependant ils sont spirituellemmt
morts, Par avoir nom, il est signifié qu'il semble et que l'on croit
qu'ils sont tels, ici qu'ils sont vivants, lorsque cependant ils sont
morts; en elTe!, la vie spirituelle, qui est proprement la vie, ne
consiste pas dans le culte seul, mais elle est dans le dedans du
cuIte; et dans le dedans il faut qu'il y ait les Divins Vrais d'après
-
166 L'APOCALYPSE RJ::VÉLÜ. N° 157.
la Parole, et quand l'homme vit selon ces vrais, il y a vie dans le
culte; la raison de cela, c'est que l'externe tire sa qualité des in­
ternes, et que les internes du culte sont les vrais de la vie: ceux
dont il ('.st question ici sont entendus par ces paroles du Seigneur:
« Alors vous commencerez Ù VOltS lenir en dcltOrs, el ù Itturter
à la porte, en disanl : Seigneur, Ollvre-nous; mais, n!pondant,
il dira: Je ne sais d'oit VOltS êtes. El vous commencerez il dire:
Nous avons mangé devanl Toi, el nous aVOnS bu, et dans nos
7Jlaces lU as enseigné; mais je vous dirai: Je ne sais d'où vous
êles; relirez-vous de Moi, VallS tollS ollvriers d'iniquité. " ­
Luc. XIII. 25, 26, 27. - Il m'a aussi été donné d'en entendre
heaucoup, dans le Monde spirituel, qui disaient que très-souvent
ils avaient participé à la Sainte Communion, et avaient ainsi mangé
et bu ce qui est Saint, et qu'autant de fois ils avaient été absous
de leurs péchés; que chaque jour de sabbath ils avaient entendu
ceux qui enseignaient, ct que chez eux matin et soir ils avaient
prié dévotement, et fait plusieurs autres choses; mais quand les
intérieurs de leur culte étaient ouverts, ces intérieurs apparais­
saient pleins d'inliquités et infernaux, c'est pourquoi ceux-là étaient
rejetés: et quand ils en demandaient le motif, ils recevaient pour
réponse, qu'ils ne s'étaient nullement occupés des Divins Vrais;
et cependant la vie, qui n'est pas selon les Divins Vrais, n'est
point la vic telle qu'elle est pOUl' ceux qui sont dans le Ciel; et
ceux qlli ne sont pas dans la vie du Ciel, ne peuvent soutenir la
lumière du Ciel, qui est le Divin Vrai procédant dH SeigneurcoRl­
me Solleil spirituel, ni à plus forte raison la chaleur du Ciel, qui
est le Divin Amonr : cependanl, quoiqu'ils eussent entenclu ces
choses, et les eussent même comprises, toujours est-il que lors­
qu'ils élaient remis en eux-mêmes et dans leur culte, ils disaient:
Qu'est-il besoin de vrais, et qu'est-ce que les vrais? Mais comme
ils ne pouvaient plus recevoir les vrais, ils étaient abandonnés il
lenrs convoitises, qui étaient en dedans de leur culte, et celles-ci
rejetaient enfin loin d'eux tont leur culte de Dieu; cal' les inlé­
rieurs accommodent pour eux les extérieurs, et rejettent ceux qui
ne concol'Cleot pas avec eux: en effet, après la mort, les extérieurs
chez tous sont ramenés à être analogues aux intérieurs.
158. Vers. 2. Sois vigilant, signifie qu'ils soient dans les vmis
Vers. 2. CHAPITRE TROISlbtE. 167
et dans la vie selon les vrais. Dans la Parole, il n'est pas signifié
antre chose pal' ritl'e vigilant; en effet, celui qui s'instruit des \Tais,
et vit selon les vrais, est comme quelqu'un qui sort d'un profond
sommeil et reste éveillé; tandis que celui qui n'est pas dans les
vrais, mais sculement dans le culte, est comme quelqn'un qui dort
et est en songe: la vie naturelle, considérée en elle-même, ou sans
la vie spirituelle, n'est antre chose qu'un sommeil; mais la vie na­
lmelle, dans laqnelleil ya la vie spirituelle, est nne veille; ct celle­
ci ne peut s'acquérir qne pal' les vrais, qui sont dans lenr lumière
ct dans leur jour quand l'homme est tIans la vie selon ces mèmes
vrais. C'cst là ce qui est signifié pal' veiller dans ces passages:
« VEILLEZ, pm'ce que vous ne savez li quelle Izeure votTe Seï­
gneuT vimdra. ))- }Iatth. XX lV./12. -« [feureu.1J ces serviteurs
que le Scignew', quand il v1:end1'(l, trouvera VEILLAN'fS! Soyez
P1'lJts, parce qu'ù l'hellTe que vous ne pensez point, le Fils de
l'!tomme viendra. 1)-LuC, XH. 37,40.-« VEILLEZ, car VOliS ne
savez quand lc Seigneur de la maison vient/Ta, de pew' que, ve­
nant tout ri coup, il ne vous {j'ouve ENDORMIS; ce que je vous dis,
ri tous je le dis; VEILLEZ. ))-:'Ilarc, XIII. 35, 36, 37. -« Comme
le Firmce tardait, les vierges S'ASSOUPIlIENT ct S'ENDoRMmENT;
ct les cinq insensées vinrmt, en disant.' Seigncw', ouvrc-nous;
mai.\ le Seigneur l'cpondit .' Je ne VOliS connais point. VEILLEZ
donc, parer: que vous ne savez point le jour ni l"/cUl'e, où le
Fils de l'!tomme viendra. 1) - Alatlh. XXV. 1 à 13. - Comme
l'avènement du Seigneur est appelé le 1\IATlN, NU '151, et qu'alors
les l'l'ais sont ouverts, et que la lumière sc fait, c'est pour cela que
cc temps cst appelé LE COM~JENCEMENT DES VEILLES, - Lament.
II. 19, - ct que le Seigneur est appelé LE VIGILANT, - Dan. IV.
10; - ct qu'il est dit dans f:saie : « Ils vilTont, tes mor'ts; 111:­
VEILLEZ-VOUS, habitant.l de la poussière. I l - XXVI. 19. - ~Iais
que l'état de l'homme qui n'est pas dans lcs l'l'ais soit appelé As­
soupissement et Sommeil, on le voit dans Jérémie, LI. 39,57. Ps.
XIlI. 4. l's. LXXVI. 7. Mallh, XlU. 25, ct ailleurs.
159, Et a/!'ennis les rpstes qui vont mourir, signifie afin que
les choses qui sont de leu'!' culte reçoivpnt fa vic, ct ne s'etci­
gnent point. Il sera dit commcnt ccci doit être entendu: Le culle
mort est absolument semblable au cu Ile \<ivant dans la formc cx­
168 .:,\POCALYPSE Rt:vir.J1E. N' 159.
terne, car ceux qui sont dans les vrais font les mêmes choses;
en effet, ils écoutent les prédications, ils participent à la Sainte
Cène, ils prient à genoux matin et soir, outl'e plusieurs autres
choses communes et solennelles du culte; ceux donc qui sont dans
le culte mort n'ont besoin que de s'instruire des vérités et de vivre
selon les vérités; ainsi sont affermis les restes qui vont mourir.
160. Car je n'ai point trouve tes œuvres pleines devant Dieu,
signifie que les interieurs de leur culte n'ont point ete conjoints
au Seigneur. Que par les œuvres il soil entendu les intérieurs et
les extérieurs, et que par je connais tes œuvres il soit signifié que
le Seigneur voit en même temps tous les intérieurs et tous les ex­
térieurs de l'homme, on le voit ci-dessus, N' 76; ces œuvres sont
diles pleines devant Dieu, quand elles ont été conjointes au Sei­
gneur. Il faut qu'on sache que le culte mort, ou le culte seule­
ment externe, l'ail la présence du Seigneur, mais non la conjonc­
tion, tandis que le culte externe, dans lequel les intérieurs vivent,
fait et la présence et la conjonction; car la conjonction du Sei­
gneur est avec les choses qui, chez l'homme, viennent du Sei­
gneur, lesquelles sont les vrais d'après le bien; et si ces vrais ne
sont point dans le culte, les œuvres ne sont point pleines devant
Dien, mais elles sont vides; dans la Parole, le vide se dit de
l'homme dans lequel il n'y il que des faux et des maux, par exem­
ple, - Matlh. XII. M, et ailleurs; - par suite le plein se dit de
l'homme dans lequel il y a les vrais et les biens.
161. Vers. 3. Souviens-toi donc comment tu as reçu et en­
tendu, signifie qu'ils considèrent que tout culte dans son com­
mencement est naturel, et que plus tard par les vrais d'après
la Pm'ole erpar la vie selon ces vrais il devient spirituel, ou­
tl'e plusieurs autres choses. Ce sont là les choses qui sont en­
tendues par ces paroles; puis aussi, que d'après la Parole, d'après
la Doctrine de l'Église tirée de la Parole, et d'après les prédica­
tions, chacun sail qu'il faut s'instruire des vrais, et que par les
vrais l'homme a la foi, la charité et toutes les choses de l'}:glise;
qu'il en soit ainsi, c'est ce qui a été montré en beaucoup d'en­
droits dans les ARCANES CÉLESTES, publiés à Londres; par exem­
ple, que par les Vrais il y a la Foi, No> 4353, 4997, 708, 10367;
que par les Vrais il y a l'Amour il l'égard du prochain ou la Cha­
Vers. 3. CI1.\I'ITIII: 'ffi01SIi·:.11L iG!J
l'ité, N"' 4368,7623,7624, 803li; que pal' les Vrais il ya l'Amour
envers le Seignelll', N'" 10143,10153, '10310, '10578,10645; que
par les Vrais il y a l'Intelligence et la Sagesse, ;-;". 3182, 3190,
3387, 10064; que par les Vrais il y a la UègénériltiOIl, N°' 1555,
1901i, 20116, 2189, 9088, 995ll, 10028; que par les Vrais il y a la
Puissance contre les maux et les faux, et coutre l'Enfer, N'" 3091,
liOl5, iOl188; que par les Vrais il y a la Purification des maux et
des faux, N" 2799, 5954, 704b, 7918, 10229, 10237; que par les
Vrais il y a l'Êglîse, N'" 1798, 1799, 3963, M68, 4672; que pal'
les Vrais il yale Ciel, 1\0' 1900, 9832, 9931, 10303; que pal' les
Vrais il y a ]'[nnocence de la sagesse, N"' 3183, 349li, 601;); que
par les Vrais il y a la Conscience, N'" 1077, 2053, 9113: que pal'
les Vrais il y a l'Ordre, N'" 3316, 3417, 3570, 5iOli, 53;)9, 53li::!,
6028, '10303; que par les Vrais il y a la Beauté pour les Anges,
et aussi pom les hOlOmes qllant aux inlcrieul's qui appartiell­
fleut il leur esprit, N"' 553, 3080, 4985, 5199; que pal' les Vrais
l'homme est homme, W' 3175,3387,8;)70,10298; mais cepen­
dant il y a toutes ces choses pal' les Vrais d'après le Bien, et non
par les Vrais sans le bien, et le Ilien vient du Seigneur, N"' 243ft,
l1070, 4736, 5147. Que tOllt Bien vienne du Seigneur, on le voit,
N°' 16ill, 2016, 2901l, 4t51, 9981, 5147. ~lais quel est l'homme
qui pense il cela? N'est-cc pas aujourd'hui comme chose indilTé­
l'ente qu'on sache tels ou tels l'l'ais, pOlll'VU qu'on soit dans le
cnlte? et eomUle peu d'hommes scrutent la Parole dans le but de
s'instruire (!es l'l'ais et d'y conformer leur vie, c'est pour cela
qu'on ne sait rien au sujet du culte, s'il est mort ou vivant; ct ce­
pellliant selon la c]llalilé (lu culle l'homme lui-même est mort ou
Yivant; autrement, il quoi sel'viraientla Parole et la Doctrine qui
en est tiree? à quoi serviraient les sabbalhs et les prédications,
puis aussi les Livres dogmatiques? et mème il quoi serviraienl
\'I~glise ct la nclîgion? Que tont culle dans le commencement sail
naturel, et que plus tard par les Vrais d'après la Parole ct par la
vic selon ces l'l'ais il devienne spil'iluel, cela est notoire; en effet,
l'hOlllme naît naturel, mais il reçoit de l'instruction pour qu'il
devienne civil et moral, et ensnite spiritnel, car aiusi il renait.
Ces choses-ci et celles-là sont donc signifiees pal' SOUvie/lS-IOi
comment lU as ?'CPI el entendu.
L i~
liO L'APOCAI,l'PSt: nt:vüi:E. l'iv 162.
162, El ob.,cl've el viens il résipiscence, signifie qu'ils fassent
allenlion ù ces choses, ct qu'ils vivifient leUl' culle mOl·t, Qu'ob­
sel'ver, ce soit faire attention aux choses qui sont entendues par
If souviens-toi comment tu as reçu et enteudu, II cela est évident;

et que venir il ré.sipiscence, ce soit vivifier le culte mort pal' les


vrais d'après la Parole et pal' la vie selon ces l'l'ais, c'en est la con­
séquence,
163. Si donc tu ne veilles lJoint, .signifie s'il.s ne .sont poinl
tians les vrais ct dans la vie selon ces vrais. On le l'ail d'après
ce qui a été expliqué ci-dessus, NV 158.
164. Je viendrai sur toi comme un voleur, ct lU ne saw'as
pas à quelle heure je viendmi sur 101:, signifie que les choses
qui aplJarliennent au culte seront enlevées, cl qu'on ne saura
ni quand ni comment elles le sel'onl. 11 est dit que le Seigneur
viendra comme un voleur, parce que le bieu externe du culte est
enlevé il l'homme qui est dans un culte mort: eu efTet, dans le
culte mort il y a quelque chose du bien, parce qu'on y pense à
Dieu ct à la vic éternelle; mais toujours est-il que le bien sans ses
vrais n'est pas un bien, sinon un bien méritoire ou hypocrite,
mais les maux et les faux enlèvent ce bien comme un voleur; cela
a lieu successivement daus le monde, et pleinement après la mort,
et aussi sans que l'homme sache quand et commen.t rela al1'ive. II
est dit du Seigneur qu'il vielldra comme un voleur, mais dans le
sens spirituel il est enlendll que l'enfer l'enlèvera etle volera: il en
est de cela comme de ce qui est dit, dans la Parole, que Dieu fait
du mal il l'homme, qu'il le dévaste, qu'il se vpnge, se met en 110­
1ère, induit en tenbalion, lorsque cependant c'pst J'enfer' qui fait
ces choses; car il est dit ainsi d'après l'apparence devant l'homme.
Que le talent et la mine donnés à l'homme pour commercer lui
soient ôtés, s'il, n'pn lire pas du profit, on le voit dans Matthieu,­
XX V. 26 il 30. Luc, XIX. 2ft il 26; - commercer et tirer du profil
signifie acquérir pour soi des l'l'ais et des biens. Comme l'enlève­
ment du bien et du vrai il cellX qui sont dans un culte mort, est
l'ail cornIlle pal' un voleur dans les ténèbrps, voilà pourquoi cela
est parfois dans la Parole assimilé au voleur, comme dans les pas­
sages suivanls : " Void, je viens comme un Voleur; heureux
celw: qui p('ille ('1 [lul'dc scs t'I'/emen/", afin que nu il Ile ma1'­
Vers. 3. CHAPITRE TI\OISJÈML lil
che point. I l - Apor.. XV!. 15. - li Veillez donc, parce qae VO/l,S
ne savez à quelle hew'e volrl! Seigncu1' 'lJÎend1'll. Sacllez ceci,
que si le il'Iailre de maison samit li quelle /tell!'e le Voleul' vien­
dra, 'il veillerait certainement, et il ne laisserait pas pel'cel' sa
maison. Il -i\latth. XXIV. 42, 43. - li Si des Voleurs vienncnt
chez toi, si des brigands de nllit, combien ,seras-lU saccagtJ?
Ne volel'ont-ils pas lellr suffisance? 1l-0bad. Vers. 5. - l i Valls
la villc ils se répandront, sur la muraille ils cOU1'rOnl, dalls les
maisons ils monteront, par les (enêtres -ils entreronl comme
le Voleur. » - Joël, If. 9. - « Ils ont liât le mensonge, el le
Voleur est venu, et s'est 1'I!pawlue la l/'oupe au de/lOrs. Il ­
Basée, VH. 1. - « Amasscz des Ire,sors non SUl' la lerre, mais
dans le Ciel, où Voleurs ne vienncnt ni ne volenl. Il - i\latth.
VI. 19,20. - Si l'homme doit veillcr, et ne point savoir l'heure il
laquelle le Seigneur vient, c'est afin quc l'homme pensc cl agissc
comme par lui-même, ainsi dans le libre selon sa raison, et afin
que la crainte Il'introduise rien, cal' chacun aurait crainte s'il sa­
l'ait; et ce que l'homme fait de lui-m~me dans le libre reste éter­
nellement; mais ce qu'il fait pal' crainte ne l'este poinl.
165. Vers. 4. Tu as quelquc pcn de noms aussi dans Sardcs,
signifie que parmi eu:r; il y en a aussi qlli ont la vie daus lell1'
culte. Pal' 7Jeu de noms il est signifié quelques-uns qui sont tels
qu'il va être dit; le nom, en effet, signifie la qualité de quelqu'ull,
et cela, parce que chacun dans le Mancie spirituel est nommé se­
lon sa qualité, N° 81.; la qualité cie ceux dont il l'st parlé mainte­
nant, c'est qu'ils ont la vie dans leur culte,
166. Qui n'ont poinl souillé leurs v(:lelllenl.l, signifie qui
sont dans les vrais, ct n'ont 7Joint cOITompu le culte 7Jll1' les
maux de la vie et par les {aux qui en dCI'ivenl. l'al' les vête­
ments dans la Parole sont signifiés les Vrais qui revétent le Bien,
et dans le sens opposé les faux qui revêtent le lIIal; en effet,
l'homme est ou son bien ou son mal, pal' conséquent des vrais 011
des faux sont ses vêtements: tous les Anges et tous les Esprits ap­
paraissen t vêtus selon les vrais de leur bien, ou selon les faux de
leuI' mal, voir dans le Traité DU CIEL ET DE I:ENFER, publié à
Lonàres, N"' 177 à 182; d'après cela il est évident que pal' ne point
souiller ses vêtenu:nls, il est signifié être dans les vrais, et ne
li2 L',IPOCAI.YI'SE I\ÉVÉLÉr:. N° 166.
point corromJlre le cu \le par les maux de la vie et par les faux !lui
en dérivenl. Que les lêtements dans la Parole signifJentles l'l'ais,
et dans le sens opposé les faux, on le voit clairement d'aJll'ès ces
passages :lIlléœille-toi) n!veille-tvi, revêts-toi de ta {oree, Sion!
revêts-toi de tes llAnrrs O'ORNEMENT, Jérusalem! »-Ésaïe, LI!.
1. - « J(Jl'usalem, je te \' ÈTlS de broderie, et je te chaussai de
taissvll, je te ceignis de (m lin) et je t'omai d'onwTIlents; tu
(ilS couvate d'al' et d'argent) et tes VÈTE:lIENTS (étaient) fin lin,
soie et broderie; ]lar là belle tu devins e;c;trêmement. Mais ln
as pl'is de tes V};TEMENTS, et tu t'en es (ait des hauts lieux bi­
garnis) afin rie commettre sem'tation sur eux. Tu as p1'Ïs aussi
tes VÈTE~IENTS de l;roderie, et tu en as couvert des. images de
mâle, avec lesquelles tu as commis scol'talion. »- ÉZéch. XVI.
10 il 18; -Iii est décrite n::glise Juive en cela que les l'l'ais lui
ont été c\onnés puisqu'elle avait la Parole, mais que ces \'l'ais ont
été falsifies; commettre sCOI'lation, c'est falsifier, N" 131t. CI Toute
glorieuse, la {tlle de Roi, en dedans; de tissus d'vr (est) son
VhEm:"T; ('n vl'ode1'ies elle Sera amenée au Roi. »- Ps. XLV,
tlt, 15; - la Olle de Hoî est l'Église quant il l'alTecLion du l'l'ai.
« Filles d'Isi'ad, S1/1' Saül plr:urez, lui qui vous l'evêtait d'(!­
cm'fate rloubll?-teint avec délices, et qui mettait Ull Ol'1lement
d'or sur l'otre \'ÈTE~n:NT. » - Il Sam. l. 21t; - ces choses sonl
dites de Saül, parce que par lui, comme Hoi, esl signifié le Divin
rrai, N° 20. « Je l't'l'ai la visite SUl' les ]Jrinces et sur les fils de
liai, el sur t01lS ecu,v qui sont l'eV(!lus de VBTEMENTS d'étmn­
gcr. ,,- Seph, I. 8, - « (,cs ennemis te dépouilleront de tes
VÊTJlMt:NTS, et ils ]ll'endl'ont les vases de ton Ol"lIel1lCnt. » ­
~:z~ch. XX!lI. 2ü. -(1 Josefma était V(llll d'J-IABITs souillés, et il
se tenait ainsi devant l',tnge) qui dit: Otez les I],IBITS sou(l­
lés de dessus lui; l'l il le (tt l'evétir d'I1ADITS autr('s. » - Zach.
w. 3, il, 5. - Le Roi entra, et vit ceux qui etaient li table, d
il (/]Jej'çut un h01llme non VIJtu d'un lIAllIT DE NOCE, et il lui dit:
Ami, comment es-tu entl'é ici n'ayant point un lIABIT DE NOCE?»
- Mallh. XX Tl. H, 12,13; -l'habit de noce est le Divin Vrai
d'après la Parole. Gardez-volts des (au,x ]Jl'opftt)tes qui vien­
(1

nent li VOliS en HABITS de brebis. l) - Mallh. V11. 15. - (1 Per­


sonne ne 1Ill?t un lIwrcean d'HAllIT neu{ à 1111 HABIT vieux; (llt­
Vers. 4. CHAPITRE TlW\SlblE. ii3
lremenl le neuf déchin: le vieu;r" clau vieu.); ne convient /Joint
le morceau du neuf. li - Luc, V. 36; - comme le Vêtement si­
gnifie le vrai, c'est pOUl' cela que le Seigneur compare les vrais de
l'Église précédente, qui étaien t externes el rcprésentatifs des
spirituels, à un morceau d'un habil vieux, el les vrais de l'Église
llouvelle, qui étaicnt internes et spirituels, à Ull morceau d'un ha­
bit neuf. (1 SUI' les trônes vingt-quatre Anciens assis, revêtus
de VtTEMENTS blancs. Il - Apoc. IV. 4. - « Ceux qui deVllnt le
trône se tenaient en pre.lence de l'Agneau étaient vé/us de Ro­
BES blanches,. ils ont lave leurs RonEs, et ont blanchi leurs Ro­
nES dans le sang de l'Agneau. II - ApoC.. \'lI. 9, 13, 14. - u Il
fut donne des ROBES blanches ù ceux qui étaient sous l'Autel. •,
- Apoc. VI. 11. - u Les Armées de Celui qui était monté sttl'
le Cheval /;Lanc le suivaient Vf;TUES d'un fin lin blanc et net. li
- Apoc. XIX. 14. -Comme les Anges signifient les Divins Vrais,
c'est pour cela queules Anges, vus dans le sépulcre du Seigneur,
apparurent dans des V:f:TEMENTS blancs et resplendissants. l I ­
Matlh. XXVIll. 3. Luc, XXlV. 4. - Comme le Seigneur est le Di­
vin Bien et le Divin Vrai, et que les Vrais sont entendus par les
Vêtements, c'est pour cela que, quand il a été transfiguré, (1 sa
Face resplendit comme le Soleil, ct ses VÊTElIIENTS devinrent
comme la Lumière, .)- Mallll. XVII. 2; - et« d'une blancheur
éclatante, » - Luc, IX. 29; - et " eJ'CI!ssivellumt blancs comme
de la neige, tels qu'un (oulon SUI' la terre ne peut blanchir. l)
-l\larc, IX. 3.-De l'Ancien cles jours, qui est aussi le seigneur,
il est dit que" son VÈTEMENT (!tait blanc comme de la neige,»­
Dan. VII. 9. - Et outre cela il est dit du seigneur: " De myrrhe,
d'aloes et de casse il a oint tous tes VÈTEMENTS. li - l's. XLV.
9. - u Il lave dans le vin son Vf;TE~IE~T, ct dans le sang des
raisins son ~IANTEAU. li - Gen. XLlX. il. - (( Qui (est) celui-ci
qui vient d'Edom, les UAlllTS teints, de Basra? Celui-ci honora­
ble dans son VÈTEMENT. Pourquoi llouge quant li ton Vf:TEMENT'!
Tes VÊTE~IENTS comme ceu.x d'ull (ouleur au pl 'essoi/'. La vic­
toire a été répandue sur mes HABITS, el tout 1/t(f/l V f:TEMENT
j'ai souillé. » - Ésaïe, LXILI. 1, 2, 3; - Ges choses ont été dites
aussi du Seigneur; ses Vêtements y sont les vrais de la Parole.
« CelUi: qui était monl·é SUI' le Cheval lilanc etait )'!.'v,!lu d'ull
l. l_~)'i·.
--
lïlt I:APOCAJ,rPSE 1\ É\'ÉL Ü. N° 166.
VJ~n:MENT teint de sang, et s'appelle son Nom la ]Jc!1'ole de
Dieu. » - Apoc. XIX. 13, 'l6. - D'après la signification des Vê­
tements, on peut voir U pOUl'quoi les disciples du Seigneur po­
.1I?rent leurs VÈTDU:C-;TS sur l'ânesse et sur le poulain, quand
le Seigneur entm ci Jérusalem; et pOUl'quoi le peuple etendit
ses VÈTEm:TNS dans le chemin. »-Mallh.XXI. 7,8,9. Marc, xr.
7, 8. Luc, XI X. 35, 36; - et el' qui est signiOé en ce que u les sol­
dats ont divise: les Vf:TEMENTS du Seigneur en quatTe parts. »­
Jean, XIX. 23, 21t;- pal' conséquent el' qui est signifié pal' ces pa­
roles dans David; Il Ils ontpw'tagé mes llAlllTS entl'e eux, et sur
mon Vl-';TF.~IE;'iT ils ont jeté le SOTt. »- l's. XX Ir. 19.- Pal' cette
signification des Vêtements, on voit eneore clairement pourquoi
l'on déehirait ses vêtemenlsquand quelqu'un parlait contre le Divin
Vrai de la Parole, - f:saïe, XXXVII. 1, et ailleurs; - puis aussi
pourquoi on lavait ses vêtements afin d'être pUl'Îfié,- Exod. XIX.
lit. Lévil. XI. 25, ItO. XIV. 8,9. Nomb. XIX. 11, jusqu'à la fin;­
et pourquoi, il cause des prévaricatons contre les Divins Vrais, on
se dépouillait de ses vêtements, el on se couvrait d'un sac,-Ésaie,
XV. 3. XXII. 12. XXXVII. 1, 2. Jérém. IV. 8. VI. '26. XLVI[(. 37.
XLIX. 3. Lament. H. ,tO. ÉzéeIJ. XXVII. 3i. Amos, VIII. 10. Jan.
IH. 5, 6, 8. - Cclui qui sait ce que signifient les vêtements en
général et en particulicr, peut savoir ce qu'ont signiOé les habits
d'Aharon et de ses flIs, il savoir, l'I::phod, le Manteau, la Tunique
tissue, le Baur1rier, les Caleçons, le Turban. Comme la Lumière,
de même que le Vêtement, signifie le Divin Vrai, c'est pour cela
qu'il est dit dans David ;u Jéhovah se couvre de LumimE comme
d'un VÈ'rEm::\'!'. » - l's. CIV. 2.
167. Et ils 1IU/I'cheront avec Moi en vêtements blancs, parce
que dignes ils sont. signifie qu'ils vivront avec le Seigneur dans
son Royaume spirituel, parce qu'ils sont pm' Lui dans les vrais.
Qlle ce soit là le sens spirituel de ces paroles, c'est parce que
maJ'cher dans la Parole signifie l'ivre, et que marcher avec Dieu
signifie vine par Lui; et parce que en vêlements blancs signifie
dans les ITids: en efTet, le blanc dans la Parole se dit des \Tais,
parce qu'il tirc son origine de la lumière du soleil, et le l'ange se
dit des biens, paree qu'i! tire son origine du feu du solcil; et le
noir sc àit d('8 faux parce qll'il tire son origine des ténèbres de
Vers. li. CHAPITRE TilOISlbIE. 175
l'enfer: ceux quI sonl d,ans les vrais par le Seigneur, parce qu'ils
T"ui ont élé conjoinls, sont appelés dignes; car toute dignilé, dans
le Monde spirituel, vienl de la conjonction avec Je Seigneur. D'a­
près cela, il esl é"videnl que par « ils marcheronl aYec ~Ioi en Yê­
temenls blancs, parce que dignes ils sonl, » il esl signifié qu'ils
vivronl avec le Seigneur, parce qu'ils sonl par Lui dans les vrais.
JI est dil qu'ils vivronl avec le Seigneur ùans le Royaume Spiri­
tuel, parce que Loulle Ciel a élé distingué en deux Royaumes, le.
Célesle elle Spirituel, et que dans le Royaume Célesle sonl ceux
qui sonl dans le bien de l'amour par le Seigneur, et dans le Royau­
me Spirituel ceux qui sont dans les vrais de la sagesse par le Sei­
gneur, el ceux-ci sont dits marcher aYec le Seigneur en vêlements
blancs; ils sonl aussi revêlus de Yêlemenis blancs. Que marcher
signifie vivre, el marr,her avec Dieu vivre aYec Lui parce qu'on vit
par Lui, on le voit par les passages suivanls : « Dans la paix et
dans la droitu1'e il a marc/u: avec Moi. »-Malach. If. 6.- « Tu
as délivre mes pieds du choc, afin que je marche de'lXmt Dieu
dans la lumière des vivants. II -l's. LVI. lli. - « David, qui Cl
garde mes préceptes, et a marché après Moi de tout son cœur.»
- r Rois, XIV. 8. - « Jéhovah, souviens-toi que j'ai marché
devant Toi dans la vérité. » - Ésaïe, XXXVlIL 3. - « Si vous
marchez avec Moi en adversaire, et que vous n'obeissiez pas li
-ma voix, je marcherai anssi, Moi, avec vous en adversaire. »
- Lévi!. xxn. 23,24, '27.-« Ils n'ont pas voulu marcher dans
les chemins de Jéhovah. )) - I~saïe, XLII. 2lt. Deutér. XI. 22. X[X.
9. XXVI. 17. ~ « Tous les peuples marchent chacun au nom
de son Dieu; et nous, nous marcherons au Nom de Jehovah. ))
- i\lichée, IV. 5. - « Encore un pell la Lumière est avec vous,
marchez tandis que II! l.umif:re VOliS avez; croyez en la l.u­
mière. )) -. Jean, XII. 35, 36. vaf. 12. - « Les Scribes cleman­
dèrent : Pourquoi tes disciples ne marchent-ils pas selon la
tJ'aC/ition des Anciens? Il - ;\Iarr" VII. l, 5. - II esl dit aussi,
en parlanl de Jéhovah, qu'il marche parmi eux, c'est-à-dire, qu'il
vil en eux el avrc eux: « Je mettrai mon Hauitation au milieu
de VOliS, et je marcltel"C/Î au milieu de vous, dje vous serai 1)OU1'
Dieu. )) - LI~vit. XXVL H, 12. - D'après ces passages on voit
clairement cc qui est elltenrtu ci-dessus par" wici cc que dit Ce­
176 L'APOCALYPSE Rt:Vt:LÉIi. N" 167.
lui qui marche dans le milieu des sept Chandeliers d'QI'. •1 ­
Apoc. II. 1­
168. Vers. 5. CPlui qui vaincra, celui-là sera loevêtu de vête­
ments blancs, signifie que celui qui est reformé devient spiri­
tuel. Que celui qui vaincra signifie celui qui est réformé, on le
voit ci-dessus, J\'" 88; et qu'être revêtu de l)êtements blancs, si­
gnifie devenir spiriluel par les vrais, on le voit, N"' 166, 167 : Lous
ceux-là deviennent spiriluels, qui sont dans les vrais et dans la
vie selon les vrais.
169. Et je n'enacerai IJoint son nom du livre de vie, signifie
qu'il sel'a sauve, Il a élé dit précédemmenl ce que c'est que le
nom, et dans la suite il sera dit ce que c'est que le livre de vie.
Que ne point avoir son nom efface du /iV/oe de vie, ce soit êlre
sauvé, c'esl ce qui est évident pour chacun.
170. Et je confesserai son nom devant mon Père et devant
ses Anges, signifie que se1'Ont l'eçus ceux qui sont dans le Divin
Bien et dans les Divins Vrais d'après le Seigneur, ainsi ceux
qui ont en eux la vie du Ciel, Que confesser le nom, ce soit re­
connailre la qualilé de quelqu'un, ou qu'il est leI, on le voit par la
signification du nom, ci-dessus, N"' 81,122; par le Pèl'e il esl en­
tendu le Divin Bien, el par les Anges les Divins Vrais, procédant
tous du Seigneur. Dans la Parole des Évangélisles le Père esl lrès­
souvent nommé par le Seigneur, et parlout il est entendu Jéhovah
de Qui il procédait, el en Qui il élait, et Qui était en Lui, el ja­
mais un Divin séparé de Lui; qn'il en soit ainsi, c'est ce qui a été
monlré en plusieurs endroits dans la DOCTRINE DE LA NOUVELLE
,TÉRUSALUI SUR LE SEIGNEUR; et aussi dans LA SAGESSE ANGÉLI­
QUE SUR LA DIVINE PnOVIDI,NCE, N"' 262, 263 : que le Seigneur
Lui-Même soit le Père, on le voit, NO,' 21, 961. Le Seigneur a
nommé le Père, parce que par Le Père dans le sens spirituel esl
signifIé le bien, el par Dieu le Père le Divin Bien du Divin Amour;
les Anges n'entendent pas autre chose pat' le Père, quand ce mol
eslll1 dans la Parole, et ils ne peuvenl pas entendre autre cbose,
parce que dans les Cieux on ne cannai[ pour son père, de Qui on
esl dit né, et de Qui on est appelé fils el héritier, que le Seignellr;
cela esl entendu par les paroles du Seigneur, - Mallil. XXlIl. 9.
- D'après ces explicalions il esl évidenl que par «( confessel1 son
Vers. 5. CHAPITRE TROISIÈ11E. 177
nom devant le Père, ))il est signifié qu'ils seront reçus parmi ceux
qui sont dans le Divin Dien par Lui. Si pal' les Anges il est en­
tendu ceux qui sont dans les Divins Vrais par le Seigneur, et abs­
tractivement les Divins Vrais, c'est parce que les Anges sonlles
récipients du DiI'in Bien dans les Divins Vrais qui sonl chez eux
pal' le 5eigneul'.
171. Vers. 6. Qui li oreille entende ce que l'es]Jrit dit au,x
Églises, signifie que celui qui comprend ces choses obéisse il ce
que le Divin Vrai de la Parole enseigne il ceux qui seront de la
Nouvelle Église, qui est la Nouvelle Jérusalem, comme ci-des­
sus, NO> 87.
172. Vers. 7. Et il l'Ange de l'Église dans Philadel]Jhie écris,
signifie il ceux d sw' eeu;r; qui sont dans les vrais d'après le
bien ]Jll1' le Seigncw·. Que ceux-ci soien t en tendus pal' l'Église
dans Philadelphie, on le voit clairement pal' les choses écrites à
celle Eglise, entendues dans le sens spirituel.
173. Voici ce que dit le Saint, le Veritable, signifie le Sei­
gnell1' (fuant au Divin Vrai. Que ce soit le Seigneur, cela est évi­
dent; si le Saint, le Véritable, est le Seigneur quant au Divin
Vrai, c'est parce que le Seigneur est appelé Saint d'après son Di­
vin Vrai, et Juste d'après son Divin Dien; c'esl de là que son Di­
vin procedant, qui eslla Divine Vérité, est appelé Espl'il Saint; et
l'Esprit Saint ici est le Saint, le Véritable. Dans la Parole, il est
très-souvent dit Je Saint, et partout au sujet du vrai; et comme
tout l'l'ai, qui en soi est le vrai, vient du Bien et du Seigneur, c'est
ce vrai qui est appelé le Sainl, taudis que le Bien d'al! vient le
vrai est appelé le Juste; c'est de li! que les Anges, qui sont dans
les vrais de la sagesse et sont appelés spirituels, sont dits Saints,
ct que les Anges, qui sont dans le bien cie l'amour et sont appelés
célestes, sont dits Jus[es; il eo est de même des hommes dans
l'Église. c'est aussi de là que les Prophètes et les Apôtres sont
clits Saints, cal' pal' les Prophètes et par les l\pôtres sont signifiés
les vrais cie la Doctrine de l'Eglise. C'est encore cie là que la Pa­
role est dite Sainte, car la Parole est le Divin Vrai; puis aussi, que
la Loi clans l'Arche, dans le Tabernacle, a été clite le Saint cles
saints et aussi Sanctuaire. C'est encore de là que Jérusalem a élé
clite sainte, car par Jérusalem est signifiée l'Église qui est dans
178 1:,\I'OCALYI'SE Rt;VÉLt:r:. N" 173.
es Divins Vrais. c'est encore de lit que l'Autel, le Tùbernacle, les
Habits d'Aharon et de ses fils, étaient dits saints après qu'ils
avaient été oints d'huile, car l'huile signifie le lJien de l'amour, et
ce bien sanctifie, et tout ce qui est sanctifié sc réfère an vrai. Que
le seigneur soit Seul Saint, parce qn'il est le Divin Vrai Même,
cela est évident d'après ces passages: li Qui ne glori{!eraü ton
Nom, Seignew'? CAR TU ES SEUL SAINT. Il-Apoc. XV. Lt.-« Ton
RÉDDIPTEUR. le SAINT D'IsRAEL, Dieu de toute la terf'!! sera ap­
pelé. ll-Ésaïe, LlV. 5. - l i Ainsi a dit Jehovah, le I\EDEMPTEUR
d'Is1'lwl, son SAINT. 1) - Ésaïe, XLIX. 7. - « Quant à ltOtl'e 1\1:;­
DEMPTEUR, Jéhovah Sébaoth (est) son Nom, le SAINT D'IsRAEL. II
- Ésaïe, XLVrl. Lt. - li Ainsi a dit Jehovah voU'e HÉDEMPTF.UR,
le SAINT D'IsRAEL. Il - f:saïe, XLllT. 1Lt. - li En ce jow'-lù, ils
s'appuieront sur jéh01;ah, le SAINT D'ISRAEL, dans la Vé,'ité. 1)
- Ésaïe, x. 20; - et en outre ailleurs, pal' exemple, - r:;saïe, r.
Lt. V. 19. XII. 6. XVII. 7. XXIX. 19. XXX. 11,12. XLI. 16. XLIII.
H, 15. XLV. 11.. XLVnr. 17. LV. 5. LX. 9. Jérém. L. 29. Dan. IV.
10,20. Ps. LXX V ILL. Lt1..- Comme le Seigneur est le Saint Même,
c'est pour cela quc l'A nge a dit à l'Iade : « Ce qui naftra de toi,
Saint, sera appelé Fils de Dieu, » - Luc, 1. 35; - et que le
Seigneur a dit de Lui-j\lême, « Pèl'e, SANCTIf'II>-les dans la V<i­
l'Île,. ta Pw'ole est la V<i,'il/!,. pOUT' eux je Jll e S,\ NCT! FI E Moi­
Même, afin qu'eux aussi soient SANC'flFIJ\S dans la Vé,'itci. » ­
Jean, XVH. 17,19; - d'après cela, il esl l~l'jdent que la Vérité
qui vient du Seigneul' est la Sainteté même, parce que Lui-Même
est Seul Saint; le Seigneur en parle ainsi: « Quand il sel'a ve­
nu, L'ESPRIT Dr. VtRITt:, il VOltS conduiJ'a dans toute la Vf!rité,.
ct il ne parlera point ({'après lui-même,. du mien ilreccJ;1'a, ct
il vous l'annonccnt. II - Jean, XVr. 13, 14,. 15. - « Le Conso­
lateur, L'ESPRI'i' SAINT, lui, "VOus enseigne,'a toutes choses. II ­
Jean, XlV. 26; - que l'Esprit Saint soit la Vie de la sngesse du
Seigneur, par conséquent la Divine Vérité, on le voit dnns la floc­
TRINB DE LA NOUVELLE JÉnusALBM sun LE SElc,'u;on, N" 51. D'a­
près ces explicnlions, on peut voir que li le Saint, le Véritnble, )1
est le seigneur quant au Divin Vl'ai. Que Saint se dise du vrai, et
que Juste se dise du bien, cela est évident dans la Parole pal' les
passages où il est dit l'un et l'autre, pal' ex cm pIe, pal' ceux-ci:
Vers. 7. CHAPITRE TUOIStbn:. 179
« Que celui qui est JUSTE soit justifié encore, et que ce/ui qui
est SAINT soit sanctifié encore. )) - Apoc. XXII. H. - « JUSTES
et VÉUITABLF:S sont tes chemins, Roi des S,\[NTS. )) _ Apoc. XV.
3. - « J'our Le servil' en SAINTETÉ et en JUSTICE. ))- Luc, r.
75. - « Hérode cl'aignait Jean, sachant que c'était un homme
JUSTE et SAINT. )) - l\'Iarc, VI. 20. - (( Le {in lin, ce sont les Jus­
TICES DES SAINTS. Il - Apoc. XIX. 8.
174. Celui qui a la clef de David, celui qui ouvre et personne
ne ferme, et qui ferme et personne n'ouvl'e, signifie à Qui Seul
est la TG!lte-Puissance de sauver. Pal' David est entendu le Sei­
gneur quant au Divin Vrai; pal' la Clef est signifiée la Toute-Puis­
sance du Seigneur SUl' le Ciel et SUl' l'Enfer; et par ouvrir pour
que personne ne fermc, et fermer pom que personilC n'ouvre, il
est signifié lirer de l'enfer et intmduire dans le ciel, ainsi sauver,
de même que ci-dessus, N° 62, où cela a été expliqué. Que pal'
David il soit entenùu le Seigneur quant au Divin Vrai, on lc voit
dans la OOr.TRINE DE LA NOUVELLE JÉRUSALEM SUR LE SEIGNEUR,
N"' li3, Lili. Cc qui est signifié ici pal' la clef de David est signifié
ùe même pal' les clefs de Pierre, - Mallh. XVI. 15 il 19, - voil'
l'explication, ci·dessous, N° 798; puis aussi, pal' ces paroles à tous
les disciples: « Tout ce que vous lierez SUl' la terre sera lié
dans le Ciel, et tout ce que vous délierez SUI' la telTe sera délié
dans le Ciel. Il - Mattll. XVIII. 18; - cal' les douze Disciples rc­
présentaient toutes les choses ùe l'J~:glise quant il ses biens et il
ses vrais, et PielTc représentait l'Église quant au vrai, et l'homme
est sauvé pal' les vrais et pal' les biens, ainsi pal' le Seigneur Seul
dont ils procèdent. La même chose cst aussi entenduc pal' la clef
de David donnée à l~liakim, de qui il est parlé ainsi: (1 Je mettrai
ta domination en sa main, afin qu'il soit pour père cl l'haIJi­
tant de Jérusalem et à la maison de J ehudah,. et je mettrai la
clef de la maison de David sur son épaule, afin qu'il ouvre et
que personne ne ferme, et afin qu'il ferme et que personne
n'ouvre. Il - Ésaïe, XXII. 21, 22; - celui-là était établi sur la
maison ùu Hoi, et pal' la maison lIu Roi est signifiée l'Église quant
au Divin Vrai.
175. Vers. 8. Je connais tes œuvres, signifie que le Seigneur
voit ta Il.1 Leurs intérieurs et t01/S leurs e.rtériellrs en ml"mc
leml1s, commc ci-desslls, N" 76.
180 L',IPOr.ALYPSE Rt:VÉLÉ!:, i\" i 7ô.
176. Voici, j'ai tenu devant toi une pOl'te ouverte, signifie
qu'ù ceux qui sont rlans les vrais d'après le bien par le Sei­
gneur le Gid a été ouvert. Que par une povte ouverte il soit si­
gnifié ['adlnission, eela esl éviclent. S'il est dil qu'une porle a été
ouverle à ceux qui sont de l'{~g[ise dans Philadelphie, e'esl parce
que par celte ~:glise sont entenclus eellX qui sont dans les vrais
d'après le bien par le Seigneur, el qu'ô ceux-là le Seigneur ouvre
le Ciel. !\'lais sur ce sujet il sera dit quelque chose non connu précé­
demment : Le Seigneur Seul est le Dieu du Ciel et lie l<J. Terre,­
Malth. XXVIIL18;-cenx donc qui ne s'adressenl pasdireclementit
Lui ne voient point le chemin qui conduit au Ciel, et par conséquent
ne lronvent point la porl~, et s'il arrive qn'ils soient admis vers
elle, elle est fermée, et ne s'ouHe pas pour celui qui heurte. Dans
le i\londe Spiriluel il y a en actualill) des chemins qui conduiseut
au Ciel, et il y a çà et là des portes, et ceux qui sonl conduits vers
le Ciel par le Seigneur vont par des chemins qui y lendenl, el ils
entrent par les portes; que dans le Monde Spirituel il y ail des
Chemins, ou le voit dans le Traité DU CIEL ET DE L'ENl'l::n, N°' 479,
534,590; et qu'il y ail anssi des Parles, on le voit, NO> 429, !l30,
583, 58!! : en erret, toutes les choses qui sonl vues dans les Cieux
sont des cOlTespondances; par conséquent aussi les Chemins el
les Parles; cal' les Chemins correspondent aux vrais, el par suite
les signifienl, et les Parles eorresponclent il l'inlroduction, el pal'
suite la siguifieut. Puisque le Seigneur Seul conduit l'homule vers
le Ciel et ouvre la porte, c'est pour cela qu'il se nomme Lui-Même
le Chemin et aussi la Porte; le Chemin, daus Jean: (( Moi, je suis
le CHDIIN, la Ve'/'ite' ct la Vie. » - XIV. 6; -la Parle, dans le
Même: (( Moi, je suis la PORTE des bl'elJis; par Moi si quelqu'un
entre, il sera sauvé. » - X. 7, 9. - Puisqu'il y a el des Chemins
et des Portes dans le i\lourle Spirituel, cl que les Esprits Angéli­
ques vont en actualilé pal' des chemins, el enlrenl pal' des porles
lorsqu'ils parviennent au Ciel, c'est pOUl' cela que, dans la Pa­
role, il esl lrès-souvent parlé d'Entrées, de l'orles el de Baltants
de porte, et pal' ces mots est signifiée l'introduction; comllle dans
ces passages: (( élevez, PORTES, ras têtes; exhaussez-vous, EN­
TRÉES du monde, afin qu'il entre, le Roi de gloire. »- Ps. XX [~.
7, 9, - (( Ouvrez les PORTES, pOUl' qu'clic enl'J'e, la nation juste
Vers, 8. CILIPITHE TIW1Stt:~ll';. t8l
qui ganle les fidélités. l) - I~sa:ie, XX V!. 2. - I l [,es cinq vierges
prudenles enll'èl'ent aux lwces, et la l'ORTF. fut [ernuJe; et vin­
j'enlies cinq viCl'ges insensécs, el cllcs itf!1l1'lhent> mai:; il ne
lem' (ut point on vert. n-Mallb. XX V. 10,11,12. - I l Jésus dit:
ERol'ce::::-vous d'entrcr pal' la PORT]:; Iill'oite, car beaucoup
chercheront ù entrer, et ne le pourront point. l) - Luc, X1LJ.
24, 25; - et en outre ailleurs. Comme la l'orle signifie l'inll'o­
duction, et qne la Nouvelle Jérusalem signilie l'Église cOI;Jposéc
de ceux qui sont dans les l'rais d'après le bien pal' le Seigneur,
c'est pour cela qne la Nou l'clic Jérnsalem est décri le aussi quan t il
ses Portes, SUI' lesquelles sont des Anges, et qu'i! est dit qn' « elll's
ne seJ'ontpoint {eI'1Ilées. n - Apoc. XXI. 12, 13, 25.
177. Et pel'sonne ne peut la {amer, signijie que ["enlc,' JI/'
prévaut point contre eu,]:. En erret, le Seigneur seul uUlTe el
ferme les porles du Ciel, et la porle qu'i! ouvre est perpéluelle­
Illent ouverte il ceux qui sont dans les \Tais d'après le bien pal' le
Seigneur, et perpéluellement fermée il ceux qui sont dans les faux
d'après le mal; et parce que le Seigneur Seul ouvre ct ferme, il
s'ensuit que l'enfer ne prévaut point contre ceux-là; SUI' ce sujf\l,
voir de plus grands développements ci-dessus, l\0 ln.
178. Pm'cc que tu as un pcu de puissance, signifie pw'cc
qu''ils savent qu'ils ne peuvent rien par eux-nzèmes. Ceux qui
sont dans les vrais d'après le bien pal' le Seigneur savent qu'ils
n'ont pal' eux-mêmes aucune puissance contre les maux et les faux,
par conséquent con 1l'e l'enfer; ct ils savent aussi que d'eux-mêmes
ils ne peuvent pal' aucune puissance faire le bien, ni s'introduire
eux-mêmes clans le ciel, mais que toute puissance vient du Sei­
gneur, et est ainsi en eux par le Seigneur; et, qu'autant ils sont
dans les vrais d'après le bien, autant ils sont par le Seigneur dans
une puissance, qui néanmoins leur apparalt comme étant à eux;
c'est donc Iii ce- qui est entendu pal' « parce que tu as un peu de
7Juissance. »
179. Et as ouserve ma pm'ole, signifie paTce qu'ils vivent
selon les précqJtes du Seigneur dans sa Parole. Cela est évident
sans explication.
180. Et n'as point nié mon Nom, signifie qu'ils sont daus
le culte du Seigneur. QlIe le Nom de Jéhol'ah ou du Seigneur,
J. tG.
182 I:APOCALYPSE I\fvÜü. lX'.. 180.
dans la Parole, signifJc tout ce pal' quoi il est adoré, ainsi le tout
cie la doctrine de l'Église, el universellement le lout de la Poeli­
gion, on le voil ci-dessus, W 81; d'après cela on voit ce qui est
signifié ici par" tu n'as point nié mon Nom. »
181. Vers. D. Voici, je don.nerai de la Synagogue de Salau,
signifie ceux qui sont dans lcs {aux quant li la doctrine; 1.'oil·
ci-dessu s, ~o 97.
182. Qui se disent être Juifs, el ne [(: sont point, mais men­
(('111, signifie qni disent que clleZ C/I.<; c.st l'i:glise, cl cependant
t:fW2 ClI:1J il n'y a mlcuue Église. l'al' les Juifs, ici, sont entendus
ceux qui sont de l'Église, parce que l't~glise avait été instituée,
chez les Juifs; c'est même pOUl' cela que par lellr Jérusalem il est
entendu l'Église quant ilia Doctrine; mais par les Juifs il est spé­
cialement entendu ceux qui sont dans le bien de l'amour, comme
ci-dessus, N° 96, par conséquent aussi l'J~glise, cal' l'Jtglise exisle
,par le bien de l'amour: que cependant chez eux il n'y ait aucune
tglise. cela est signifié par « ct Ile le sont point, mais mrntent. »
18a, Voici, je ferai que ceu,x-lit lJiend1'Ont et adol'e/'ont il tr,~
)Jieds, siani(ie que ceux qui sont dans les faux quant li la doc­
trine, pOllJ'lilt qu'ils ne soient pas dans les (au,y- (['ap/'ès le mal,
n;ccv/'onl les omis de la Nouvelle Itglise et les /'econnaüront.
Ceci est cHl de ceux qui sont de la Synagogue de Satan, et qui
se disent être Juifs, et ne le sont point, mais mentent, pal' lesquels
sont entendus cellx qui sont dans les faux quanl il la doctrine, non
cependant dans les faux d'après le mal, mais dans les faux quant il
la doctrine el dans le bien l]uanl il la vie; cellx-ci et non les autres
reçoivent ell'econnaissenl les vrais quand ils les entendent pro­
noncer; et cela, parce que le bien aime le vrai, et que le vrai d'a­
près le bien l'ejelle le faux; recevoir et rpconnaill'e les vrais est
signifié par venir el adorer aux pieds, non aux pieds de ceux de
l'Église, mais aux pieds du Seigneur, par lequel ils ont les vrais
d'après le bien; c'est pOUl'quoi la même chose qu'ici est signifiée
par ces paroles dans David: « Adorez JéllOvalt notre Dieu, pro­
sternez-vous vas le l1tar'clwlJicd de ses pieds. »- Ps, XCIX, 5,
18!I, ~t sam'ont que lIoi je t'ai aimé, signi(ie qu'ils verront
que ceU.1: qlli sont clans les vrais d'apl'ès le I)I:en sont aimes el
reçus dans ft Cielpllr le Seign('ur : cela suit en série de ce qui
précède,
'1 ers. 10. CHAPITRE TnOfSlbn:. 18~1

185. Vers. 10. Parce que tu as gardd la parolI: de 7111< pers/!­


vérance, signifie parce qu'ils ont combattu contre les m.aux, el
ont alors l'ejete les {aux. Que par la parole de la pe/'sévél"ance
soit signiflé le combat spirituel, qui est appelé tentation, cela est
évident d'après ces paroles qui suivent immédiatement, « ~Joi aussi
je te garderai de l'heure de la tentation qui doil venir, "car celui
qui est tenté dans le IIi0nde n'est pas tenté après la mort. Le com­
bal spirituel, qui esl la tentation, esl dil « parole de persévérance
Oll de patience du Seigneur,)) parce que le Seigneur dans les ten­
tations combat pour l'homme, ct combat par les \'l'ais tirés de sa
J'arole.
'186. Moi aussi je le garderai de l'heure de la tentation, qui
doit venir sur tout le globe éprouver CI:UX qui habitent sur la
lel're, signifie qu'ils se1'ont de{endus et consavés au jour du
Jugement dernier. Que leur défense et leur consenalion au jOlll'
du Jugement dernier soient entendues par ces paroles, on peutie
VOil' par ce qui a été écrit et rapporté dans le Traité spéci<ll DU
JUGEMENT Dt:nNIER, et ensuite dans LA CONTINUATION sur le même
sujet, d'où il résulte que ceux qui ont suLi ce Jugement ont été
mis en tentation, et qu'il a été examiné quels ils étaient; que ceux
qui étaient intérieurement méchants furent rejetés, et que ceux
qui étaient intérieurement bons furent sauvés; et les iutérieure­
meut bons élaient ceux qui avaient été dans les vrais d'après le
bien pal' le seigneur.
187. Vers. H. Voici, je viens bientôt, signifie l'w)enemeilt du
Seigneur, et alors une nouvelle Église composee de ceux-là. Le
seigneur dit ici, « voici, je viens !Jientüt, Il parce que par les paroles
qui précédent il est entendu le Jugement dernier, et que le Juge­
ment dernier est appelé aussi l'Avènement du Seigneur, comme
dans Matthieu: « Les disciples dil'ent li Jésus: Quel (sera) le signé
de ton Avenement cl de la Consommai ion du siècle? I l - XXIV.
3; -la Consommation du siècle est le dernier temps de l'Église,
quand se fait le Jugement dernier. Que par ces paroles, voici, je
viens Uient61, il soit entendu aussi une Nouvelle Eglise, c'est parce
qu'après le Jugement dernier une Église est instaurée pal' le Sei­
gneur; celte Église maintenan t est la Nouvelle Jérusalem, dUlIs
laquelle viendront ceux qui sont dans les vrais d'après le Lien pa!'
le seigneur, et auxquels (:e discours est adressé.
HEl L',\P()C,\LYPSE nf:V':L1:1:. ~\ .. 11;8.
:l88. lleliens ce que lu as, signifie qu'ils reslelll, en atten­
dant, dans leUTS vrais et dans 11)1/1'S Viens. On le voit sans ex­
plicalion.
189. Afin que personne ne pl'enne la couronne, signifie de
peu'!' que ne périsse la sagesse d'où p'!'ocède la tëlicilé étel'­
neUe. La sagesse chez l'homme ne vient pas d'autre part que du
Lien par les vrais d'après le Seigneur; si l'homme a la sagesse par
les vrais, c'est parce que par eux le Seigneur se conjoint il l'homme
et conjoint l'homme à Lui, et que le Seigneur est la Sagesse l\lême;
c'est pourquoi la sagesse périt chez l'homme, qnand celni-ci cesse
de faire les vrais, c'est-à-dire, de vivre selon les vr,ds; alors il cesse
aussi d'aimer la sagesse, par conséquent le Seigneur. Pal' la sa­
gesse il est entendu la sagesse dans les choses spirituelles, de
celle-ci découle comllle d'une source la sagesse dans toutes les
autres choses, sagesse qui est appelée intelligence, et par celle-ci
la science qui consiste dans l'alfeclion de savoir les nais. Si la
Conronne signifie la sagesse, p"est paree que la sagesse tient la
place snprême chez l'homme, et ainsi le eouronne; la couronne
d'un roi ne signifie pas non plus autre chose, cal' le Roi dans le
sens spirituel est le Divin Vrai, N" 20, et du Divin Vrai procècle
toute sagesse. La sagesse est aussi signifiée par la couronne clans
les passages suivants: « Je ferai genne)' une corne il David, et
S1/1' lui fleuril'a sa COUHONNE. » - Ps. CXXXIL 17,18. - « Jé­
houah a mis des boucles il les oreilles, el une COURONNE d'orne­
ment sllr la t/Jle. »-]::zéch. XVI. 12;- ceci est dit de Jérusalem,
p<lr laquelle est signifiée \'(~glise quant à la doctrine; c'est pour­
quoi la couronne d'ornement est la sagesse procédant du Divin
Vrai on de la Parole. « En ce jOlll'-lil .Jéltovah Sébaollt sera pour
COURONNE d'ornement et ]Jour tiare d'honneur au,x: restes de
son peuple. »- Ésaïe, XXVIII. 5; - c'est du Seigneur qu'il s'a­
git ici, parce qu'il est dit « en ce jour-Iii; » la COl1l'onne d'orne­
menl, pour laquelle il sera, est la sagesse, ct la tiare d'honneur
est rintelligence; les l'estes du peuple sont ceux chez qui sera son
]~glise. Semblable chose est signifiée pal' la couronne el par la tiare
ùans tsaie, - LXII. 1, 3; - puis aussi, semblable chose pal' la
l'LAQUf; D'on sllr le Turban d'Ahal'on, - Exod. XXVIII. ;->6, 37,
-laquellr, était aussi appelée courollnemenl. De plus, dans ces
V('rs. H. CIIA PITRE 'fI\OISI biE. 185

passages: « Dis (lU Bai et il. la Souveraine: Abaissez-vous, as­


seyez-vous, cal' 'il est descendu, uotre ornement de tête, votre
COURONNE d'honneur. " -- Jérém. XIII. 18. - « Elle a cessé, la
.ioie de noUe cœur; elle est tombr!e, la COUI\ONNE de notre tête.'"
- Lament. V, 16, 17. - « Jill retin! de 1110i ma gloir!', l't il ri
ôte la COURONNE de ma tête. ,,- Jou, XIX. 9. - « Tu as abirné
.iusqu'à terre la COU1l0NN~: de ion Oint. ,,- Ps. LXXXIX, 40;­
dans ces passages par la Couronne est signillée la sagesse.
-190. Vers. 12, Celui qui vaincra, signifie ccu:c qui persiste­
ront dans les vmis d'après le bien pal' le Seigneur. On le voit
clairement d'après la série, ct ainsi sans explicaLion.
t 91. Je (erai de lui une colonne dans le Temple de mon Dieu.
signi{w que les vrais (l'après le bicnlJI!1' le Seigneur, cllez ceux
en qui ils sont, soutiendront l'Église du SeigneuT' dans le Ciel.
Pal' le 'femple est signifJée l'tglise, et par le temple de mon Dieu
l'I~glise cil! seigneui' dar.s le Ciel; de Iii il est évident que pal' la
Colonne est signifié ce qui soutient et affermit l'l::glise, et cela est
le Divin Vrai de la Parole. Dans le sens suprême pal' le Temple
est signifié le Seigneur quant au Divin Ilumain, spécialement
quant au Divin Vrai; mais dans le sens représentatif par le Temple
est signifiée l'f:glise du Seigneur dans le Ciel, puis aussi l'tglise.
du seigneur dans le i\londe, Que dans le sens suprême pal' le
Temple soil signifié le Seignel1l' quant au Divin Humain, cl spé­
cialement quant au Divin Vrai, on le voit clairement par c.es pas­
sages: « Jesus dit (lUX Jui(s : Détruisez ce Temple, ct l'H tHJis
jours .ie le reli:ver-ai; il pm'liât du Temple de son Corps. n -­
.lean, Il, 19, 21. -« De TemlJle je ne vis point dans la Nouvelle'
Jérusalem, car le Seigneur Dieu TOllt-Puissant en est le Tem­
ple, ct l'Agneau. n-Apc. XXI:. 22.-« Voici, incontinent vien­
dra vas son Temple le Seigneur, et l'Ange de l'allianCl: ql/e
vous cherchez, n - ~lalacll. III. 1. - « Je me lJrosternera! vers
le Temple de ta sainteté. n - l's. CXXXVIJL 2. - « Je conti­
l111eJ'ai à l'eganlel' vers le Temple de ta saintete; et est renuc
vers Toi mil prih'e, vel'S le Temple de la sainteté. n ~ .Ton~s\
II. 5, 8; - le Temple de la sainteté de Jéhov~h ou du seigncm
est son Divin Humain, cal' c'est vers le Divin Humain qu'on se
jlrosterne, qu'on porle ses regards et ses prières, et non l'crs I~
1. '1:*.
186 ':APOCALYPSE nÜt:LÜ. :';" lUI.
Temple seul, puisqu'en lui-même le Temple n'est pas saint; il est
appelé le Temple de sainteté, parce que la sainteté se dit du Divin
Yrai, l\" 173. Par(( le Temple qllisancti(ie 1'01', ,,-1\lalliJ. XXIl!.
16,17,-il n'est pas non plus entendu autre chose que le Divin lIu­
main du seigneur. Que pal' le Temple, dans le sens représentatif,
soit signifiée l'Église du Seigneur dans le Ciel, on le voit clairement
pal' ces passages: (( La voix de Jehovah (vient) da Temple. " ­
I::saïe, LXVI. 6. - Il sOl,tit une voix gmnde du Temple du
(l

Ciel. " - Apoc. XVI. 17. - (( Et {ut ouvert le 1'em/lle de Dieu


dans le Giel, et fltl vue l'AJ'che de SOli alliance dans son 1'erll­
pie, " - Apoc. Xl. 19. - (( Et fut ouvert le 'J'em/Jle du taber­
nacle du témoignage dans le Ciel; et sortil'ent du Temple les
sept Anges; et {ut J'empli le Temple de fumee pW' la gloire de
Dieu. " - Apoc. XV. 5, 6, 8. - (c J'ai ini'oque Jdlwi'ah, et ù
mon Dieu j'ai air! ; ü a entendu de son TeJJl)Jle nUI voi:L~. » ­
l's, X\'ll1. 7, - (( Je vis le Seigneur assis saI' un trône haut cl
dle~'é, et ses fi'aJI(Jes J'cmplissaient le Temple. "- Esaü', VI. '1..
- Que le Temple signifie l'I~glise dans le monde, cela est évident
par ces passages: Notre Maison de sainteté a cté 1'cduite en ÎJl­
(l

cendie. " - Esaïe, LXIV. 10. -- (( J'exciteJ'ai lOutes les nations


(/(In que je J'emplisse celte iIIaison de gloire; plus gJ'ande sera
la gloire de cette Maison lJOstéJ'iew'e que (celle) de l'anté­
J'ieure, » - Hagg. II. 7, 9. - L'Eglise qui devait être instaurée
pal' le Seigneur est décrile pal' le nouveau Temple, dans I~zéchiel,
XL il XLVHl; ct est entendue pal' " le Temple, que l'Ange me­
SUT'(lit,1) - J\poc. XI. 1.; - pareillement ailleurs, par exemple
dans Esaïe, XLIV. 28. Jérém. VIT. 2, 3, 4, 9, 10, 11. Zach. VlIJ.
!J. - " Les discilJles s'apPl'ocltiwent de Jésus lJOU1' lui montrer
les bâtiments du Temll1e; ct Jésus leur dit: Eil véT'ite, je vous
dis: JI ne seJ'a laisse IlÙJJ''1'6' sIn' pier"c, qui ne soit démolie. 1)

- ~Jalth, XXIV. 1, 2, Marc, XlII. :l il 5. Luc, XXI'. 6,6,7;­


l'al' le Temple ici est signifiée l':f:glise d'aujourd'hui; ct par sa des­
truction, an point qu'il n'y ail pieITe sur pierre, est signifiée la fin
de celle l~glise, en ce qu'il n'y restel'aitl'ien du vl'ai; cal' lorsque
les Disciples ont parlé du Temple au Seigneur, le Seigneur leur a
prédit les étals successifs de celle Église jusqu'à sa fin, ou de la
consol1llllalion uu siècle, el par la consolllillatiun du sil'cie est en ..
Yers, 1:2. r.lIAPITI~r: TnoIsli,:~IE, !!li
tendu le dernier temps de l'Église, qui maintenant est nrrivé; cela
élaitreprésenté en ce que ce Temple a été détruit ùe fond en com­
ble. Le Temple signifie ces trois, il saloir, Je Seigne\ll', l'Église
dans le Ciel, ct l'Église dans le Monde, parce que ces trois font
un, ne peuvent être séparés, et que par conséquent l'un ne peut
être entenùu sans l'autre; celui donc qui sépare de l'I~glise dans
le Ciel l'Égli3e dans le llonde, et du Seignenr l'une et l'autre
l::glise, n'est point dans la vérilé. Si pal' le Temple, ici, il est ell­
tendu l'l~glise dans le Ciel, c'est parce qu'il est parlé plus loin de
l'l::glise dans le Monde, N' 1%.
192. Et deho1's il ne sOl,tira plus, signifie qu'ils y Testeront
éte1'1lellement. On le voit sans explication.
193. Et j'rcTirai Slll' lui le Nom de mon Dieu, signifie que
dans leurs cœurs sent inscrit le Divin V1'ai. Écrire sur' quel­
qu'un, signifie inscrire pOUl' que ce soil en lui comme lui appar­
tenant; et le Nom de mon Dieu signifJe le Divin Vrai. Ici il sera dit
quelque chose SUI' ce que (( mon Dieu » est le Divin Vrai: Dans la
Parole de l'Ancien Testament, dans des passages innombrables, il
est dit JÉHOVAH DIEU, puis aussi séparément tantôt JJiHovAH,
tanlôt DIEU, et pal' JÉHOVAH il est enlendu le Seigneur quant au
Divin Bien, et pal' DIEU le Seigneur quant au Divin Vrai; ou, ce
qui est la même chose, par JÉnovAH le Seigneur quallt au Divin
Amour, et pal' DIEU le Seigneur quant il la Divine Sagesse; il est
dill'un et l'autre il C<111Se du Mariage Céleste dans chaque chose
de la Parole, Mariage qui est celui de l'Amour et de la Sagesse, Oll
du Bien et du Vrai; sur ce Mariage, voir dans la DOCTRIlΠilE LA
NOUVELLE JÉRUSALF.JI SUR L'tCl1ITURI:: SA INTE, N'" 80 à 90. Alais,
dans la Parole du Nouveau Testament, au lieu de Jéhovah Dieu il
est dit le Seignem Dieu, car le Seigneur, de même que Jéhol'ah,
signifie le Divin Bien ou le Divin AmOllI' : d'après cela on peut voir
que par le Nom de mon Dieu est signifié le Diviu Vrai du Seigneur,
Que le Nom, quand il s'agit dn Seigneur, soittont ce pal' quoi il est
adoré, on le voit ci-dessus, N" 81; et tout ce par quoi il est adoré
se réfère au Oil'in Bien et au Dil'in Vrai. Comllle on ne sait p3S ce
qui est entendn pal' ces paroles du Seigneur: « Père, glorifie ton
Nmr; el il SOl"lit une voix du Ciel: Et je L'ai glO1'iM, ct de 11OU­
!Jcauje Le g{o7'ifil'rai. J) - Jean, XI r. 2S; - cela pal' COLJ~é((lIenl
:1.~t5 L'APOCALYPSE nÉvi\LÉE. N" 193.
va être dit : Quand le Seigneur était dans le ~IOIllIc, il fit son lIu­
lwlin Divin Vrai, lequel est aussi la Parole, et quand il sortit clu
Moncle il unit pleineluentle Divin Vrai au Divin Bien, qui était en
Lui par conception, car le Seigneur a glorifié, c'est-à-clire, a fait
Divin son Humain, de même qu'il fait l'homme spirituel; en efTet,
il met cI'abord dans l'homme des l'l'ais d'après la Parole, et ensuite
Hies unit au bien, et pal' celle union l'homme devient spÏl'ilueJ.
194. Et le nom de la ville de mon Dieu, de la Nouvelle Je1'1l­
salem, signifie qlle dans leurs cœw's sel'a inscrite la doctrine
cie la Nouvelle Église. Pal' la Nouvelle Jel'usalem est signi­
fiée la Nou l'elle Église; et quand elle est appelée Vil/e, il est si­
gnifié la Nouvelle Eglise quant à la doctrine; c'est pourquoi par
" écrire SUl' lui le nom cie la ville de mon Dieu, cie la J'iouvelle Jé­
rusalem, » il est signifié que citez eux sera inscrite la doctrine de
la Nouvelle Eglise: que par Jérusalem il soit signili6 n::glise, et
par Jérusalem comme ville l'Eglise quant à la doclrine, on le l'oit
ci-dessous, N°' 880, 881. Si pal' la Ville est signifiée la doctrine,
c'est parce que par la Terre, et spécialement pal' la Terre de Ca­
naan, est signifiée l'Eglise clans tout le complexe, et que par le~
héritages, dans lesquels la Terre de Canaan avait été clivisée, il
a été signifié les diverses choses de l'Eglise, et pal' les Villes de
ces héritages les doctrinaux; de là vient que par les Villes, lors­
qu'elles sont nommées dans la Parole, il n'est pas entendu autre
chose pal' les Anges; c'est même ce qui m'a été prouvé par de
nombreuses expériences: il en est de cela COllJme de la significa­
tion cles montagnes, des collines, des vallées, des fontaines, des
lieu ves, qui tons signifient des choses qui appartien nent à l'J::­
glise. Que les villes signifienlles doctrinaux, on peut en quelque
sorte le l'air pal' les passages suivants: l( Videe sent la ttlTe,
confondue sel'a la tel'I'e, pl'o/anée sera la te1'1'('; fn'isée sera la
VILLE DE l'ANI Ti: ; le l'este dans la VILLE (sera) une solitude, et
jusqu'à dévastation sera l'mppée la porte. ))- Esaie, XXIV. 3,
4, 10 il 12. - ( 1 Un lion est monté de son l'oll1Té pOUl' 1'IJduire la
terre en vastatiol1, tes VILLES seront dét'l"uites; fai vu, Carmel
(cst) un désert, ct ses VILU:S ont été désolées; dans le deuil
sera la telTe, en (lâte scnt toute la VILLE, dest!'tc. II - ,lél'ém.
l\', 7,26 il 29; - ici, la lerre est l'l::glisc, cl la ville cn csl la do!;·­
Vers. 12, CIIAPI'l'IU:: TROISlÈME, lB!}
trine; ainsi est décrite la déyastation de l'f:glise pal' les faux de la
doctrine. « Le vastaleur viendra SU'" toute VILLE, a{ln qu'au­
cune VILLE n'échappe, et que périsse la l'allée, et que soit per­
due la plaine. II - Jérém. XLVIII. 8; ~ pareillement:« Voici,
je t'ai donné pOliT VILLE l'oTte contre toute le terre. ll-.Jérém.
1. 18; - ceci a été dit an Prophète, parce que pal' le prophète est
signiOée la doctrine de l'Église, N° 8. « Bn ce jour-là on chantera
dans la terre de Jehudah : Une VILLE {o/'te (est) il nous; pOUl'
salut il posera mUTailles El avant-mur. II - Ésaïe, XXVI. 1.
- "La \'nu~ gTande (ut divisée en Irais pm'lies, et lcs VILUS
des nations s'écroulèrent. II - t\poc. XVI, 19. - l( te Prophète
vit SUI' une Iwute montagne la stl'ueture d'une VILLE du c6te
du midi; el un Ange mesura la muraille, les portes, les cham­
b7'es, le pOl'tique de la porte; et le nom de la VILI.t:: (était) Jého­
vah-là. II - Ézéch. XL. 1 et suiv. - « Le fleu;;e, dont les ruis­
seau.7J réjouiront (a VIUE DE Dn:u. 1) - l's. XLVI. 5, G. - « Je
mettrai aux prises l'Égypte avec l'Égypte, de telle sorte que
combattent VILLE contre VILLE, et Royaume contre Royaume. ))
- Ésaïe, XIX. 2. - « Tout Royaume divisé contre lui-même est
dévasté, et toute VILLE divisée cont/'e elle-même ne subsistera
point. ll- ~·!atlh. XU. 25; - dans ces passages par les Villes dans
le sens spirill1el sont entendues des doctrines, comme aussi dans
l~saïe, VI. 1.1. Xl.V. 1.2, 17,21. XIX. 18,19. XXV. 1, 2,3. XXXIII.
8,9. LIV. 3. LXIV. 9. Jérém. VII. 17, 3a. XIIl. :l8, 19. XXXll.
a2,aa. XXXUr.1:-l. Séph. [11.6, Ps.XLVII. 2. Ps. XLVur. 9. l's.CVI!.
2, a, 5, 7. Mallb. V. iL~, 15; et ailleurs. D'après la signiOcation de
la Vi Ile, on peut voir ce qui est en tendu pal' les Villes dans cette
parabole du Seignclll' : " Un homme noble, s'en allant pour re­
cevoir pOll!' lui un Iloyau1Ile, donna li. ses serviteurs des mines
1JOll1' trafiquer; quand il (ut revenu, il {lt appeler ses servi­
teurs; le p/'emic/' s'approcha disant: Ta mine a produit dix mi­
nes; il lui dit: Bon serviteur, Tlt AunAS POUVOIR SUR DIX VILLES.
Bt le second vint, disant: Ta mine a pr'oduit cinq mines; il lui
dit: TOI, SOIS sIm CINQ VILLES. Il - Luc, XIX. 12 à 19; - ici
aussi pal' les Villes sont signifiés les doctrinaux ou les vrais de la
doctrine; et être sur les Villes, c'est être intelligent et sage; ainsi
donner pouvait' S\ll' dies, e'cst donner l'intelligence et la sagesse;
HlO J:AI'OCALYPSt; RÉvÉLi;t;. N° 194.
dix signifie beauconp, et cinq quelque chose; que pal' trafiquer et
produire, il soit entendu acquérir pOUl' soi en faisant usage de ses
facultés, cela est évident. Que la Ville, la sainte Jérusalem, signifie
la doctrine de la nouvelle Église, on le voit clairement par sa des­
cription, - Apuc. XXI; - cal' elle est décrite quant il ses dimen­
sions, puis aussi quant à ses portes, et quant il sa mUl'aiIle et il
ses fondements, lesqnels, puisque Jérusalem signifie l'}:glise, ne
peuvent pas signifier autre chose que ce qui apparlient à sa doc­
trine; l'Église n'est point Église autrement. Puisque pal' la Ville
de Jérusalem est entendue l'Église quant à la doclrine, c'est pour
cela qu'elle est appelée Ville de verite, - Zach. vm. 3, 4; - et
dans beaucoup d'endroits VILLE SAINTE; et cela, parce que le
saint se dit des vrais procedant du Seigneur, N° 17a.
195. Qui descend du Ciel d'aupl'ès de mon Dieu, signifie qui
]Jrocàlera du Divin Vrai du Seigneur, tel qu'est ce Vrai daus
le Ciel. Puisque pal' mon Dieu est signifié le Divin Vrai, N° 193,
il s'ensuit que pal' descendre du Ciel d'auprès de mon Dieu,
quan.d cela est dit du Seigneur, et de la doctrine de la nouvelle
f:glise, il est signif1é qui procédera du Divin Vrai du Seigneur, tel
qu'est ce Vrai dans le Ciel.
196. Et mon Nom nouveau, signifie le culte du Seigneur Seul
avec des choses nouvelles qui n'ont jJoint eté dans l'Église pre­
cedente. Que pal' le Nom du Seigneur soit signifié tout ce pal' quoi
le SeigneUl' est adoré, on le voit ci-dessus, N° 81. ; ici donc c'est le
culte du Seignem Seul, avec des dlOses nouvelles qui n'ont point
été dans l'Eglise précédente: que dans la Nouvelle t::glise il yait
le culte du Seigneur Seul, on le voit clairement d'après le Chap.
XXI. Vers. 8,9, où cette i~glise est appelée l'ÉPOUSE DE L'AGNEA U:
que dans celle l~glise il y ait des choses nouvelles, cela est évi­
dent par le chap. XXI. \'el's. 5, où il est dit: (l VOICI, TOUTES
cnOSES NOUVELLES JE FAIS. » C'est donc là ce qui est signifJé par
Illon Nom nouveau, qui sera écrit SUl' eux.
197. Vers. 1::l. Qui a oreille entende ce que l'espl'it dit a1l:l.;
Églises, signifie que celui qui com/J1'end oueisse il ce que le Di­
vin Vl'ai de la Pal'ole enseigne li cezw qui sel'ont de la Nouvelle
I~glise, qui est la Nouvelle Jérusalem, comme ci-dessus, N° 87.
198, Vers. 111. Et il l'flnge de l'Eglise des [.aodicrJens I!cris,
Vers. lu, CIIAl'lTI\E TI\OrSlb1l':. 191
si(Jlli/ie li ceu;r et SUI' ceu:/;, dans l'/~glise, qui croient tantût
d'après eux-mêmes et tantôt (fa7:1l'ès la Par'ole, et ainsi 7)/,0/<l­
nenlles choses saintes, Mais SUI' ceux-ci il sera L1it par Hvanœ
quelque chose: Il y en a dans l'I::glise qui croient ct ne croienl
pas; pal' exemple, ils croient qu'il ya un Dieu, qu'il y a llne Pa­
role sain le, qu'il y a une vie ètel'llelle, et plusieurs autres choses
qui appartiennent à l'Êglise et à sa doctrine, et né.anmoins ils ne
croient pas ces choses; ils les croient quand ils sont dans leur na­
turel sensuel, mais ils ne les croient pas quand ils sont dans leur
naturel rationnel; ainsi ils croient quand ils sonl dans les exter­
nes, pal' conséquent lorsqu'ils sont en société et en conversa lion
avec d'autres, mais ils ne croient pas quand ils sonl dans les in­
ternes, pal' conséquent lorsqu'ils ne sont pas en sociélé avec d'au­
tres, ct qu'ils conversent avec eux-mêmes; il est dil de ceux-là
qu'ils ne sont ni froids ni chauds, et qu'ils SCl'ont vonlis.
:1.99. Voici ce que dit l'Amen, le Témoin fldèle et veritable,
signifle le Seigneul' quant ci la Parole, qui est le Divin Vrai pro­
cédant de Lui. Que Amen soit une Divine Confirmalion d'après la
Vérité elle-même, qui est le Seigneur, ainsi d'après le seigneur, on
le voit ci-dessus, ,\ 023; el que le Témoin (ulèle et vé1'itable, quand
il s'agit du Seigneur, soit la Divine Vérité qui est pal' Lui dans la
Parole, on le voit, N" G, :l.G; soit qu'on dise que le Seigneur l'end
témoignage de Lui-Même, ou que la Parole rend témoignage de
Lui, c'est la même chose, puisque le FILS DE: L'HOMME qui parle
ici aux Êglises, est le Seigneur quant à la Parole, N°uu. Ce·s choses
sont mises en avanl pour èelle Êglise, parce qu'ici il s'agit de ceux,
dans l'Êglise, qui croien t el d'après eux-mêmes et d'après la Pa­
role; et ceux qui croient d'après la Parole croient d'après le Sei­
gneur.
200. Le commencement de l'Ouvmge tic Dieu, signi(w la Pa­
J'ole. Que la Parole soit le commencement de l'ouvrage de Dieu,
cela n'est pas encore connu dans l'Église, parce qu'on n'a pas
compris ces paroles, dans Jean: Au commencement était la Pa­
C(

role, el la Parole était chez Dieu, et Dieu elle était, la Parole!


Toutes choses 7.1a1' Elle ont été faites, et sans Elle n'a étli j'ait
j'ien de ce qui a été (ait. En Elle vi!: il y avait, et la vie était
la lumière de.~ bom'lll.(,s, Oans le monde Elle était, ('1 k monde
-

1.02 r:APOCM.YI'St: /a:l'f:Lf:,:. i\" :WU.


par Elle a été rait, mais le Monde ne I"a }Joint connue. Et la Pa­
role Chair a éte (aite, et elle a habité parmi nous; et nous avons
vu sa gloire, gloire comme de l'Unique-Engendré du Père. ))_
I. 1 à ill; - celui qui comprend ces pamles quant à leur sens
interne, el qui les confère en même Lemps avec ce qui a été écrit
dans la DOCTRINE .01' LA NOUVELLE JÉRUSALEM SUR L'ÉCRITURj,:
SAINTE, et aussi avec certaines choses qui ont été écrites dans la
DOCTRli'<E DE LA NOUVELLE .TtRUSALE~I SUR LE SEIGi'<EUR, peut
voir que le Dil'in Vrai même, dans la Parole qui avait d'abord été
dans ce monde, et dont il est parlé 1.\0 11, puis aussi dans la Pa­
role qui existe aujonrd'hui, esl enlendu par la Parole qui au
commencement <!tait chez Dieu, ct qui était Dieu, non pas ce­
pendant la Parole considéree dans les illois et les letlres des lan­
gues, mais considél'ée dans son essence et dans sa vie qui par
l'inlime esl dans les sens de ses mots et de ses Jellres; par celle
vie la Parole vivifie les affections de la volonté de l'homme qui la
lit saintement, et par la lumière de celte vie elle illuslre les pen­
sées de son entendement; c'est pourquoi dans Jean il est dit :
(( Dans la Parole vic il y avait, ct la vic était la lumière des
hommes, )) Vers. li; la Parole produil ces effets, parce que la Pa­
l'ole vienl du Seigneur, lraile du seigneur, el ainsi eslle Seigneur:
toute pensée, tout langage et toule écriture lire son essence et sa
vie de celui qui pense, parle et écrit, Iii est l'homme avec sa qua­
lité; mais dans la Parole il yale Seigneur Seul. Toutefois, per­
sonne ne sent et ne pr.rçoilla Divine Vie dans la Parole, si ce n'est
celui qui est dans l'affeclion spirituelle du l'l'ai quand il la lit, car
celui-là est dans la conjonction du Seigneur par la Parole; il ya
quelque chose, affectant inlimemenl!e. cœl1l' el l'esprit, qui influe
avec la lumière ùans l'entendement, el rend témoignage. Sembla­
hIe chose que dans Jean esl signifiée )laI' ces paroles dans le Pre­
mier Chapitre de la Genèse: « Au commencement Dieu créa le
Ciel et la Terre; et l'esprit de Dieu se mouvait sur les (aces
âcs eaux. Et dit Dieu,' Qu'i! y ait T~umièl'e; et il y eut Lu­
m.ière. )) - Vers. 1,2,3; -l'esprit de Dien est le Divin Vrai, il
en est de même de la Lumière; le Divin Vrai esl la Parole; c'est
pourquoi, l1uand le Seigneur se nomme la Parole, il se nomme
aussi la Lumièrt', - Jran, T. li, H, 9. -- Scmhlablr. c.hose est cn­
Vèrs. 14. CHAPITRE TI;QISlbn:. 193
tendue aussi pal' ecs paroles dans David: « Pw' la Parole de j(j­
flOvah les Cieux ont elé faits, ct par l'Espl'it de sa bouche toute
leUl" armee. }) - Ps. XXXIII. 6. - En somme, sans le Divin Vrai
de la Parole, qui dans son essence est le Divin Bien du Divin
Amour et le Divin Vrai de la Divine Sagesse du Seigneur, l'homme
ne peut pas avoir la vie; par la Parole il y a conjonction du Sei­
gneur avec l'homme et de l'homme avec le Seigneur, et par celle
conjonction il y a la vie; il faut que par l'homme il puisse êlre
reçu du seigneur quelque chose, par quoi il y ait conjonction,
et par suite vie éternelle. D'après ces explicationS" on peut voir
que par LE COilnlENGEMENT DE L'OUVRAGE DE DIEU, il est entendu
la Parole, et, si tu le veux croire, la i)arole telle qu'elle est dans le
sens de la lettre, car ce sens est le complexe de ses saintetés inté­
rieures, comme il a été montré en beaucoup d'endroits dans la
DOCTIUNE DE LA NOUVELLE JÉnrsALEi\I sun L'ÉCRITURE SAINTE.
Et, ce qui est admil'able, la Parole a été écrite de teHe sorte qu'elle
communique avec tout le Ciel, et en particulier avec chaque so­
ciété dn Ciel, ce qu'il m'a été donné de savoir pal' une vive expé­
rience, dont il sera parlé aillems. Que la Parole soit telle dans son
essence, on l/\ voit encore clairement par ces expressions du Sei­
gneur : « Les paroles que 1I10i je vous enonce sont esprit, et sont
vie. }) - .Jean VI. 63.
201. Vers. 15. .Je connais tes œuvres, signi~e qne le Seignew"
voit en mème temps /Ous leurs interieu1'S et tous leurs e.r;té­
1'ieurs,. comme ci-dessus, N" 76.
202, Que ni froid tu n'es, ni chaud, signifie que ceux qui sont
lels, tantôt nient que la Parole soit Divine et Sainte, et tantôt
la reconnaissent Divine et Sainte. Tanlôt nier chez soi et tantôt
reconnallre la Sainteté de la Parole, c'est n'être ni froid ni chaud,
car ceux-là sont confre la Parole el aussi pour la Parole: les mê­
mes aussi sont tels à l'égard de Dieu, tantôt ils le nient el tantôt ils
le reconnaissent; il en est de même pour toutes les choses de l'É­
glise; par conséquenl ils sont tantôt al'ec ceux qui sont dans l'en­
fer, tanlôt avec ceux qui sont dans le Ciel; ils volent comme entre
l'un et l'antre en haul ét en bas, el là où jls "oIent ils tournenl
lenr face. Tels deviennent ceux qui chez eux ont connrme qu'il y
,\1 un Dien, l'fu'il y a 1111 Ci/\I et lin enfer, et l'fn'il ya une l'ie élel'­
l, 17.
1% ,:,\POCALYPSE n~:vÉL~:E. [\" 202.
nelle, et ensuite rebroussent chemin; chez eux quand la précé­
dente confirmation revient, ils reconnaissent, mais quand elle ne
revient pas, ils nient: s'ils rebroussent chemin, c'est parce qu'en­
suite ils ne pensent qu'il eux-mêmes et au monde, ambitionnant
sans cesse de s'élever au-dessus des autres, et pal' là ils se plon­
gent dans leur propre; ainsi l'enfer les englouti!.
203. Mieux vaudrait que {raid tu {usses, ou chaud, signifie
qu'il vaut mieux ou nier de cœur les choses saintes de la Pa­
role et de l'Église, ou les reconnaftre de cœur. La raison en sera
donnée dans l'Article qui va suivre.
2011. Vers. 16. C'est pourquoi, parce que tiède tu es, et ni {raid
ni chaud, il arrivera que je te vomirai de ma bouche, signifie
la pro{anation, et par suite la separation d'avec le Seigneur. Par
êtl'e vomi de ma bouche, il est signifié être séparé du Seigneur;
et être ainsi séparé du Seigneur, c'est n'être ni dans le Ciel ni dans
1" l'Enfer, mais être dans un lieu séparé, priYés de la vic humaine,
1
où son t de pures fantaisies; et cela, parce qu'ils on t mêlé les vrais
avec les faux et les biens avec les maux, ainsi les choses saintes
avec les profanes, au point qu'elles ne peuvent être séparées; et
comme l'homme alors ne peut pas être préparé, afin qu'il soit on
dans le Ciel ou dans l'Enfer, le tout de sa vie rationnelle est dé­
trnit, et il ne lui reste que les derniers de la vie, lesquels, étant
séparés des intérieurs de la vie, sont de pures fantaisies. Sur leur
état et sur leur sort, voir de plus grands développements dans LA
SAGESSE ANGÜlQUE SUR LA DIVINE PROVIDENCE, N'" 226 il 228,23:1,
qui suffisent pour en donner connaissance. 11 est dit d'eux qu'ils
sont vomis, parce que le ~Ionde des esprits, qui tient le milieu entre
le Ciel et l'Enfer, et dans lequel tout homme vient d'abord après
la mort et y est préparé, correspond il l'estomac dans lequel tous
les aliments sont préparés, soit pOllr devenir sang et chair, soit
pom devenir excréments et mines, ceux-ci ont une correspon­
dance ,n'ec l'Enfer, et ceux-là avec le Ciel; mais les aliments qui
sont vomis de l'estomac, sont ceux qui n'ont pas subi de sépara­
tion et restent mélangés. A cause de cette correspondance il est
dit être vOllli et vonlissement dans les passages suivants: (( Bois
ct enivre-toi, afin que Ion ]J1'(!puce soit il decollvert; ri l'entoul'
iJ'a U'I'S loi la ('oupr (/r .Id/IOCIl/I, afin qll'un Vomissl'lIlcnl igno­
Vers. 16. GiLl l'l'fla: T/lolslhu:. 195
minieux :>oit :)/l/' ta gloire. Il - Habak. LI. 15, 16. - « Eniv/'u
Moav, afin qu'il s'etaie dllns son Vomis:>àlCllt, Il - Jérém.
XLVIII. 26. - « Toutes les tables sont pleines d'un Vomisse-
ment d'évacuation; il qui enseignera-t-il la science? Il-Ésaïe,
XXVII L 8, 9; - et en outre ailleurs, comme dr,ns Jérém. XXV.
27. Lévi!. XVlII. 2[1; 25, 28. - Si l'cau liMe excile le vomisse-
ment, c'esl aussi d'après la correspondance.
206. Vers. 17. Parce que tu dis: Riche je suis et me sui:> ell-
rie/d, signifie qu'ils croient possede)' en toute abondance les
connaissances du vrai et du bien, qui appartiennent au Ciel et
il l'Église. Êlre rielte el ètre enriclti ne signifie ici aulre chose
que savoir el comprendre pleinemenlles choses qui apparliennent
il l' ~:glise el au Ciel, el qui sont appelées les spirituels ct les théo-
logiques, parce qu'ici il en est question; les richesses ct l'abon-
dance spirituelles ne sont pas autre chose. Ceux qui croient d'après
eux-mèmes, et non d'après le Seigneur pal' la Parole, croient aussi
savoir el comprendre toutes choses; et cela, parce que jellr men-
tal spirituel a été fermé; et seulementleUl' mental naturel est ou-
vert, ct ce mental sans la lumière spirituelle ne voit pas autre-
ment. Que pal' les richesses et l'opulence, dans la Parole, il soit
signifié les richesses cl l'opulence spiriluelles, qui sont les con-
naissances du vrai et du bien, on le voil clairement par ces pas-
sages: « Dans ta sagesse et dans ton intelligence lu t'etllis (ait
des RICHESSES, ct tu avais amassé de l'or ct de ['m'gent dans
tes tresors; par la multiplication de ta sagesse lu ilS multi)Jlié
tes nICHESSES. Il - l::'l.éch. xxvn r. 4, 5; - ceci est dit de l'YI',
par qui est signifiée l'l~glise quant aux connaissances du vl'ai et du
bien: de même, « La fille de Tyr l'apportera Urt présent, la
fille de Roi; tes (aces ils supplieront, LES niCHES DU PEUPLE. Il
- T's. XLV. 13. - « Jéhovalt appauvrira Tyr, ill'envcrseJ'a
daus la mel' ses 1\1f:rH:SSES. » - Zach. IX. 4. - (( Tyr, ils p-illr.:-
l'ont tes I\ICHESSES. Il - Ezéch. XXVI. 12. - « ftsCItUJ' a dit .-
Dans la (orce de ma main j'ai agi, ct pm' ma sagesse, car in-
intelligent je suis; ct les TRÉsol\s de:> )Jeuplcs je pillerai; elle
t1'QttVeJ'1l, ma main, les HICIIESSES des peuples. »- Esaie, X. 13,
il! ;-- par Ascllur est signifié le lIulionnel, ici le rationnel qui per-
verlitlcs biens et les vrais de l'Église, lesquels ici sont les lrésor~
U)G J:,II'OCALYPSE RÉVÜÉE, .\" 20G.
ct l,es richesses des peuples qu'il pillera. « Je te dOTme7'lû les TRÉ­
SORSdes ténèbres, et les I\ICHESSES secrètes des lieux cachis. Il
- Ésaïe, XL\'. 3. - (l Hew'eux l'homme qui craint Jéhovah!
OPULENCE et RICHESSES dans sa maison, et sa justice demeure cl
perpetuité. ,) - Ps. CXU. 1,3. - (l Dieu a l'empli de biens les
aRamés; et les nICHES il a j'e1woye il vide. Il - Luc, I. 53. ­
« Malheur il vous, RICH!::S! car vous avez pr'is votre joie; mal­
heur Ct vous qui êtes r'assasù!s! parce que vous aurez faim. »
- Luc, VI. 24, 25; - par les niches ici sont entendus ceux qui
possédaient les connaissances du vrai et du hieu, parce qu'ils
avaien t la Parole; c'étaien t les Juifs; pareillement par ,c le Riche
qui était vêtu de pourpre et de {m lin. Il - Luc, XVI. 19. - De
même par les riches et les richesses ailleUrs, comme dans Esaïe,
XXX. 6. Jérém. xvn. 11. Mich. IV. 13, VI. 12. Zach. XII'. 14.
ilJallb. XII. 35. XIII. 44. Luc, XU. 21.
20ï. Et de rien n'ai besoin, signi{w qu'ils n'ont pas bes,Oin de
savoir et d'lUre sages davantage ni d'autre parI.. On le voil clai­
rement d'après ce qui vient d'être dit, parce que c'enestla con­
séquence.
208. Et tu ne sais pas que toi tu es 1'uiné, signifie qu'ils igll,O­
rent que toutes les choses qu'ils save,nt et pensent des vrais
et des biens de l'Église ne sont en rien cohé/'enles, et que CI'
son.l des murailles mal cimentées. Pal' la ruine est signifiée ici
la non-cohérence, ainsi par le 1'uiné celui qui sans cohérenr,e
pense aux choses de l'l::glise; et cela, parce que ceux dont il est
question, tantô.l nient Dieu, le Ciel, la vie éternelle, la sainteté de
la Parole, et tantôt les reconnaissent; c'est pourquoi ce que d'une
main ils Mlissent, de l'autre il le démolissent; ainsi, ils sO,nt
comme ceux qui construisent une maison, et peu après la détruj­
sent; ou comme ceux qui se vêtent d'habillements magnifiques,
et peu après les déchirent; c'est pourquoi leurs maisons sont des
décombres, et leurs vêtements sont des haillons: telles sont toutes
les choses qu'ils pensent concernant l'Église etlc Ciel, mais ils ne
le savent pas. Cela est aussi entendu PUf les l'uines dans les pas­
sages suivants: « Ta sagesse el ta science, cela. l'a séduite,
quand tu as dit dans ton cœur: Moi, et al)rès moi, plus;
.c'est pourquoi il tombera sm' (ai !tne '/'uinc. » - f:saïe, XLV/[.
Vers. 17. CllAPITIIE 'fIlOIS1ÈME. '197
1.0, 11.-« Ruine sur ruine il viendra; le l'ai sem dans le deuil,
et le prince sera revêtu de slttpeur. Il - I~zéch. VIL 26, 27; -'
le roi qui sera dans le deuil, et le prince qui sera revêtu de stu­
peur, ce sont ceux qui sont dans les vrais de 1'I::glise. « Dans leur
bouche rien de droit, au milieu d'eux la ruine. Il - Ps. V. 10.
- De semblables choses sont signitîées pal' les murailles mal ci­
mentées, -Jérém. XliX. 3. tzéch. XlII. 1'1,12. Bosch. Il. 6.
209. Et misérable, et pauvre, signifie qu'ils sont sans vmis
et sans biens. Par les misérables et les pauvres, dans le sens spi­
rituel de la Parole, sont entendus ceux qui sont sans les connais­
sances du vrai et du bien, cal' ils sont spirituellement misérabies
et pauvres; ceux-ci aussi sont entendus pal' eux dans les pas­
sages suivants: « Moi (je suis) Misémble et Pauvre, Seignl:Ur,
souviens-toi de moi. Il - Ps. XL. 18. l's. LXX. 6. - « Incline,
Jéhovah! ton oreille, et réponds, parce que M'iserable et Pau­
vre, moi. Il - Ps. LXXXVI. 1. - « Ils mettent il nu l'epie,
les i1n)Jies, et ils tendent leur arc, pour abattre le illisémvle
et le Pauvre. Il -l's. XXXVII. Ill. - « L'impie a pOUl'suivi
le MiséNlble et le PalLVJ'e, et celui dont le cœw' est alJattu,
pour le tuer. Il - Ps. CIX. 16. - (1 Dieu jugera les MiséralJles
du )Jeuple, il conservera les fils du Pauvre; il délivrera le
Pauvre qui crie et le 1llisémble. Il - Ps. LXXI!. ll, 12, 13. ­
« Jéhovah délivre le Misérable du plus f'ort que lui, et le Pau­
Vi'e de ceu:r; qui le depouillent. » - l's. XXXV. 10. - (1 L'impie
médite des crimes pour perdre les llliséravles par des paroles
de mensonge, lors mëme que le Palwre )Ja1'le (selon) le juge­
ment. » - Ésaïe, XXXH. 7. - « Les MiséralJles aw'ont en Je­
hovalt de la joie, et les Pauvres d'entre les hommes dans le
saint d'fsraël s'égaieront. » - tsaïe, XXIX. 19. - « lIeureuJ.;
les Pauvres en esprit, parce qu'à e:l,T est le Royaume des
Cieux. » - Mallh. V. 3; -et en outre ailleurs, pal' exemple,­
I~saïe, X. 2. ,Térém. XXIL 16. tzéch. XVI. ll9. XVIII. 12. XXU.
29. 1\mos, VIII. ll. Ps. IX. 19. Ps. LXIX. 33, 3ll. Ps. LXXIV..21.
Ps. CtX. 22. Ps. CXL, 13. Dentér. XY. IL XXtV. 1ll. Luc, XIV. 13,
21, 23. - l'al' les l\lisérables el. les Pauvres sont principalement
entenclus ceux qui ne sont point dans les connaissances du vrai et
dulJien, el cependant les désirent, puisflue pat' les riches sont en·
1. :1.7'''.
.l!J8 I:APOCALYPSIl 11 ~ViLl~E. N" 209.

tendus ceux qui possèdent les connaissances du vrai et du bien,


1"1" 206.
2'10. Et aveugle, ct nu, signifie sans entendement du V/'ai, et
sans volonU du bien. Pal' les Aveugles, dans la Parole, sont en­
tendus ceux qui sont sans les vl'ais, soit pal' le manque de vrais
dans l'Église, et ainsi pal' ignorance, soit pal' le non-entendement
des vrais; et par les Nus sont entendus ceux qui par suite sont
sans les biens; car toul bien spirituel s'acquiert par les vrais. Il
n'en est pas entendu d'autres pal' les Aveugles dans les passages
suivants: « Alors enlendmnt el! ce jour-là les sourds les pa­
mies du Livre, ct (délivrés) de l'obscurite les yeux des Aveu­
gles ven·ont. » - Ésaïe, XXIX. 18. - « Voici, voire Dieu vien­
dra, alors seronl ouverls les yeux des Aveugles. Il - Ésaïe,
XXXV. 4,5. -« Je Te donnemi pour lumière des nations pour
ouvrir les yeux Aveugles. Il - tsaïe, XLII. 6,7. - « Je condui­
1Yti les Aveugles dans un chemin qu'ils n'ont poinl connu, je
mel/rai les lenèbres devanl eux en lumièn:. Il - Ésaïe, XLII.
16. - « Pais sarl il' le peuple Aveugle qui a des yeux, el les
sourds qui ont des oreil/es. Il - I~saïe, XLIU. 8. - « Ses senli­
nclles sont Aveugles, taules; cl elles ne savenl point compren­
dre. Il - Ésaie, LVI. 10, U. - « 11 a aveuglé leurs yeux, el il
(l t'ndurci leur cœur, lie peul' qu'ils nt' voient des yeux, et Ill:

comp7'l.:nnenl du cœur. Il - Jean, XIT. llO. - « Jésus dit : POUl'


jugement, Moi, dans le monde je suis ve1lU, afin que ceux qui
ne voienl pas voient, ct que ceu;); qui voienl deviennent Aveu­
gles. Il - Jean, IX. 39, M, 41. - « Conducteurs Aveugles! in­
sensés ct Aveugles! »- Mallb. XXUr. 16, 17, 19, 24. - « Aveu­
gles, conductell1's d'aveugles. » -l\lallh. XV. 14. Lnc, V!. 39.
- A cause de la significalion de l'Aveugle et de la Cécité, il avait
élé défendu « d'offrir en sacrifice une bele Aveugle, Il - Lévi\.
XXI. 18. Deuter. XV. 21; - « de melt1'e un obstacle devant un
Aveugle, Il - Lévit. XIX. 14; - l( celui qui faisait égal'er un
Aveugle elail maudil. » - Deutér. XXVII. 18, - SUl' la signil1­
calion du Nu ct de la Nudité, voir ci-dessous, N° 213,
211. Vers. 18. Je le conseille d'acheter de Moi de l'OI'éprouve
(J.it (eu, pOll1' que l1t sois enrichi, ,lignifie l'avel'lÏ.5sem(!1tt d'oc­
(/uél'i/' pOUl' CU.t: du S'cigneur Wu' la T'ara le le bien de l'a11l0ur,
Vers. 18. CUAPITRB 'fJIOISIÈ.m:. 1.99
afin de del'enil' sages. En effet, achetel' signifie acquérir pour soi;
de Moi signifie du Seigneur par la Parole; l'or signifie le bien, et
1'01' éprouve au (eu, le bien de l'amour céleste; et par suite s'en­
1'ichir signifie comprendre et devenir sage. Si l'or signifie le bien,
c'est parce que les Metaux dans leur ordre signifient des choses
qui appartiennent au bien et au vrai, l'Or le bien céleste et le bien
spirituel, l'Argent le vrai de ces biens, l'Airain le bien naturel, et
le Fer le vrai naturel. C'est là ce que signifient les ~[étaux qui
composaient la statue deNébuchadness[U', dont la tète était d'or,
{l

la poitrine et les b1'lIS d'argent, le ventre et les cuisses d'ail'ain,


les jambes de (el', et les pieds en pw·tie de fer et en partie d'ar­
gile, l l - Dan. H. 32,33,- et qui représentaient les états succes­
sifs de l'Église quant au bien de l'amour ct au vrai de la sagesse.
Comme les étals de l'Église avaient ainsi succédé les UDS aux au­
tres, c'est pour cela que les Anciens ont donné aux Temps des
noms semblahles, en les appelant Siècles d'or, d'argent, d'airain
et de fer, et par le siècle d'or ils entendaient le premier temps,
quand le bien de l'amour céleste régnait; !'arnoUl' céleste est l'a­
mour envers le Seigneur d'après le Seigneur; par cet amour on
possédait alors la sagesse. Que 1'01' signifie le bien de l'amour, on
le voit ci-dessous, N" 9:13.
21.2. Et des vêtements blancs lJOll1' que tu en sois l'evtJllt, si­
gnifie et d'acqué7'iT pour eux les vl'ais réels de la .layesse. Que
les vêtements signifient les vrais qui revètent le bien, on le voit
ci-dessus, j\'0 1.66; et que le blanc se dise des vrais, on le voit,
N" 167; de là les vêtements blancs signifient les vrais réels de la
sagesse; et cela, parce que l'or éprouvé au j'cu signifie le bien de
l'amour céleste, et que les vl'ais de cet amour son t les vrais réels
de la sagesse.
213. Afin que ne soit ]Joint manifestée la honte de ta nuditiJ,
signifie afin que le bien de l'amou'/, céleste ne soit point pTofane
ni adultériJ. Personne ne peut savoir ce que signifie la honte de
la nudité, sinon celui qui sail qne dans l'un et l'autre sexe les
membres de la génération, qui sont aussi appelés parties génitales,
correspondent à l'amour céleste. Qu'il y ait Correspondance de
l'homme et de tous ses membres avec les Cieux, on le voit dans
le Tt'aité DU CIEL ET Dlè L'RNt"ER, publié il Londres en 1758, N'" 87
~OO L'APOCALYPSE nÉvÉLü. N° 213.
il i02; et que tes parties génitales cOlTcspondent il l'Amour Cé­
leste, on le voit dans les ARCAN~S CÉLESTES, pubJ,iés aussi à Lon­
dres, N°' 5050 à 5062. i\laintenant, puisque ces meml>res COI'I'es­
pondcnt à l'Amour céleste, qui est l'Amour du troisième Ciel ou
du Ciel intime, et que par ses pm'ents l'homme nalt dans les
amours opposés à cel amour, il est évident que si par le Seigneur
il n'acquierl pas pour soi le bien de l'amour et le vrai de la sa­
gesse, qui sont signifiés par 1'01' éprouvé au l'eu, et pal' les vête­
ments blancs, il apparaltra dans l'amour opposé, qoi en soi est
profane. Cela est signifié pal' décou l'l'il' sa nudité, el en meUre en
évidence la honte, dans les passages suivants: « flew'eux celui
qui veille et ganle ses vêtements, afin que Nu il ne marche point,
et qu'on ne voie point sa lIante. Il -Apoc. XVI. 15. - (( Fille de
Babd et de la Chaldée, assieds-toi il tel'J'e; decouv','e ta cheve­
lUTe, découvre ta cuisse, passe les fleuves; que sail découverte
ta Nudité, que mOrne on voie ton O!J1JrobTe. )l-I::saïe, XLV 11. 1,
2,3. -(( Malheur ù la ville de sangs, il cause de la multitude
de ses scortations! Je J'elèverai tes (ranges sw' tes faces, et je
montrerai aux nations ta Nudité, et al~X Royaumes ton Igno­
minie. Il - :'iahum. Ill. i, 4, 5. - « Plaidez contre votl'e mère,
de peur que ]Jeut-(!tre je ne la mette Nue. Il - Bosch. rT. 2, 3.
- « Quand je passai près de toi, je couvris ta Nudité, et je te
lawi, et je te vêtis; mais tu as commis scortation, lu ne t'es
pas souvenue de ta jeunesse, quand tu étais Nue et Dépou'illée;
c'est ]Jourquoi a eté découverte ta Nudité. Il-Ézéch. XVJ. 6 et
sui\'. - « De peché a ]Jéché Jérusalem; c'est poul'quoi, tous la
méprisent, ]JaJ'ce qu'ils ont vu sa Nudité. Il - Lamen t. 1. 8; ­
par Jérusalem, de qui ces choses onl été ditcs, il esl entendu
l'I~g1ise, et par commettre sCOl'lalion, il est signifié adultérer et
falsifier la Parole, N° 134. (( Maltww' cl celui qui {ait boire son
compagnon, en feniVl'ant, afin de J'egarder sa Nudité; bois
aussi, toi, afin que ton Prépuce soit cl déco/weJ't. Il - Uabakuk,
Il. 15,16. - Celui qui sail ce que signifie la Nudite, peut COlll­
Jlrendre ce qui est signifié pal' cela" que Noach, après s'dt/'c eni­
V/'Ii, se mil Nu dans le milieu de sa tente, et que Cham vit la
Nudüé dc son ]Jèl'c, ct en J'it; mais que Schem et Jap/u:th COlt­
"Ti/'enl sa Nuditl!, CH tOI/J'lUlJ1t/cs (aces en wTii:re, afin de 11<\'
Verti. f8. CIJAI'ITllJ-: 'CIl0ISIt:!U.t:, 201
la point wil'. ,,- Gen. tX. 2f, 22, 23. - Puis aussi, pourquoi il
l'ut ordonné (1 qu'Alwl'on ct ses fUs ne monteraient pas lJW' des
degres SUl' l'Autel, nfin que ne fût point decouverte leur Nu­
dité. li - Exod. XX. 23. - Et aussi,'" qu'on leur fel'ait des ca­
leçons de lin pow' couvrir la chaÎl' de Nudité, ct qu'ils seraient
sw' eux quand ils approche/'aient de l'autel, ct qU'autl'ement
ils lJo1'leraiCTIt l'iniquité et l1ww'l·aient. " - Exod. XXV lU. 42,
43; - dans ce$ passages par la Nudité sont signifiés les maux dans
lesquels l'hoLl1mc est né, qui, étant opposés au hien dc l'amour
céleste, sont en eux-mêmes profanes, et nc :::ont éloignés que par
les vrais et par la vie selon les vrais; le lin aussi signifie le vrai,
N" 671. Par la Nudité est cncore signifiée l'INNOCENCE, et aUSSi
l'IGNORANCE DU BH:N ET DU VRAI; l'Innocence, pal' ces paroles:
([ Ils etaient tous deux Nus, l'homme et son épouse, et ils
n'en avaient point liante. li - Gen. II. 25; - l'lgnorance du
bien et du vrai, par celles-ci: l( Le jeûne que j'ai choisi, c'est
de r'ompre avec l'aH'amé ton pain, et quand tu vois un Nu, de
le couvrir. li - Ésaïe, LVIII. 6, 7. - " QZle son pain fi l'affame
il donne, et que le Nil il couvre d'un vêtement. lI-~:zéch. XVlIJ.
7. - Il J'ai cu (aim, et vous M'avez donné iL mangel', j'etais
Nu, ct L'DUS M'avez vêtu, li - Malth, XXV. 35,36.
214. Et de collyre oins tes yeux, afin que tu voies, signi{le
a{ln que ['cntendement soit gUél'i, de pell!' que les vmis récl.~
de la sagesse ne soient profanés et falsifiéS. Que par les yellx il
soit signifié l'entendement, et par la vue des yeux l'intelligence et
la sagesse, on le voit, N° 48 i et puisque le collYL'e est un remède
pour la ,'ue, il s'ensuit que pal' (1 de collyre oins tes yeu,x, Il il est
signifié gueriL' l'entendcment, afin qu'ill'oic lcs l'L'ais ct devienne
sage; si cela n'a pas Iicu, les vrais réels dc la Parole sont profanés
et adultérés.
215. Vers. 19, Moi, tous ccu:!; qlle j'a'ime,je les ?'!ilJ1'imande et
châtie, signifie que ceU:IJ d'entl"e eux qui agisscnt ainsi sont ai­
mes du Seignew', et qu'alors ils ne peuvent pas ne pns !JtTe mis
en tentation afin de cOllllJatl1'e contl'e eu::r;-lllè'l1lCs. Qlle ce soillà
le sens de ces paroles, ccla est évident, cal' il est dit, « Moi, tous
ecu:!: qlle j'aime, II et pal' eux il est entendu ceux qui achètent du
Seigneur de l'or épl'ol1vC au l'cu, et qui dc collyre oignentlelll's ycnx
~O:l L'APOCALYPSE RÉVÉLÉt:. \" 215.
afIn de voir; if est dit (( je les l'éprimande et châtie, » pal' quoi
il est entendu la tentation quant aux faux el quant aux maux; par
réprimander, la tentation quant aux faux; et pal' chfLtier, la ten­
tation quant aux maux. Ceux dont il s'agÏil ici ne peuvent pas ne
pas être mis dans des tentations, puisque sans elles les négaUons
et les confirmations contre les Divins Vrais ne peuvent pas être
extirpées. Les Tentations sont des combats spirituels contre les'
faux et les maux clIez soi, ainsi contre soi: en outre, ce que c'est
que les Tentations, d'où elles viennent, et ce qu'elles procurent
de bien, on le voit dans le 'l'l'ailé DE LA NOUVELLE JÉRUSALE~I ET
DE SA DOCTRINE CÉLEsn:, publié il Londres en 1758, 1\'''' 187 111 20'1.
216. Avec zèle agis donc, el viens il résipisccnce, signi(le afin
que cela soit fait d'après l'aflection du VI'ai et l'aversion pour
le faux. Il est dit ici avec zèle agis, parce que ci-dessus, Vers. 15,
il a été dit (( mieux vaudrait que froi,d tu fusses, ou chaud, II ici,
qu'il soit chaud, car le zèle est une chaleur spirituelle, et la cha­
leur spirituelle est l'affection de l'amour, ici l'affection de l'amour
du vrai, et celui qui agit d'après ['affection de J'amour du vrai,
agit aussi d'après J'aversion pour le faux; c'est donc là ce qui est
signiüé par viens li résipiscence. Le zèle, dans la Parole, lorsqu'il
s'agit du Seigneur, signifie J'Amour et l'Emportement; l'Amour,
-Jean, 11.17. l's. LXIX. 10. Ésaïe, XXXVll. 32. LXIIf. 15. I~zéch.
XXXIX. 25. Zach. 1. 16. vu!. 2; - l'Emportement, - Deutér.
XXXII. 16,21. l's. LXXIX. 5, 6. l~zéch. Vil!. 3, 5. XVI. ü2. XXIII.
25. Séph. J. 18. Ill. 8: - mais chez le Seigneur le zèle n'est point
de J'emportement; il parait seMlement être de l'emportement dans
les externes, intérieurement il est de J'amour; si dans les externes
il parait être de l'emportement, c'est parce qu'il semble que le
Seigneur est enflammé de colère, quand il reprend l'homme, sur­
tout quand J'homme est puni pal' son mal, ce qui est permis pal'
J'Amour, afin que le mal de l'homme soit repoussé; c'est absolu­
ment comme un père qui, s'il aime ses enfants, permelun chàti­
ment arl\) de repoussel' leurs maux. Pal' là on voit clairement pour­
quoi Jéhovah se dit Jaloux (Zelotes),-Deutér. LV. 211. V. 9, 10.
VI. 1ft, '15.
217. Vers. 20. Voici, je me liens li la pOl'te et je heurte, si­
!fltifie (fue le Seigneur est ])/'ésent pOUl' chacun clans la l'arole,
Vel's. 20. CHAPITRE TROISI.f:ln:. ~00

et y insiste pOUl' ('tj'e l'ecu, et enseigne comment il doit être


j'e(u. Quelque chose de semblable à cela est dit pal' le Seigneul'
dans Luc: (( Vous, semblables vous serez ù des hommes qui at­
tendent leur seigneur, quand 'il reviendra des noces, afin quc
quand il viendra et heurtera, aussitôt ils lui OUVj·ent. Il - XIL
36.-Que la porte signifie l'admission et l'introduction, on le l'oit
ci-dessus, N° 176.
218. Si quelqu'un entend ma voi:r ct Ouvre la porte, signi{!e
celui qui c1'Oit à la Pm'ole et tit selon elle.-Entenclre la voi,T,
c'est croire il la Parole, car le Divin Vrai de la l'al'ole est la voix
de Jéhovah, N°' 37,50; et ouvrÎ1" la porte, c'est vivre selon la Pa­
role, car la porte n'est pas ouverte, et le Seigneur n'est pas reçu
par cela seul que la voix est entendue, mais par la vie selon cette
voix; en effet, le Seigneur dit: (( Qui a mes commandements ct
les {ait,. ù lui je lUe mani{estemi lU oi-Mt!me, ct vel'S lui je vien­
drai, et demeure clu:z lui je {ej·ai. Il - Jean, XIV. 21 à 24. ­
Que l'homme doive ouvrir la porte comme pal' lui-même, en fuyant
les Illaux comme péchés, et en faisant les biens, cela a été montré
dans la DOCTRINE DE VIE l'OUR LA NOUVELLE JÉRUSALElI; et qu'il
en sail ainsi, on le l'oit clairement aussi par les paroles du Sei­
gneur ici (( si quelqu'un OUVl'('" Il puis par ses paroles dans Luc,
XII. 36.
219. J'entrerai clwzlui, et je souperai avec lui et lui avec Moi,
signi{!e que le Seigneur sc conjoint ù eux et les conjoint ù Lui.
-Entrer' et soupe/' avec lui, signifie se conjoindre à lui,et comme
il faut le réciproque pour qu'il y ait conjonction, il est dit aussi ct
lui avec !lIai. Que par entrer et sonper il soit signifié être con­
joint, on le l'oit clairement par la Sainte Cène instituée par Ic Sei­
gncur, pal' laquelle se rait la présence du Seigneur chez ccux qui
entendent sa voix, c'est-ù-dire, qui croient il la Parole; mais la
conjonction se fait chez ceux qui vivent selon la Parole; l'ivre se­
lon la Parole, c'est faire pénitence et eroire ail Seigncur. JI est dit
Souper et le Souper du Seigneur, parcequele Souper (Cama) se fait
Ic soir, etque le Soir signifie le dernier temps de l'Église ; c'est pOl1l'­
quoi, quand le Seigneur quitta le monde, ct alors c'était le dernier
temps de l'Église, il Soupa avec les disciples, et il institua le Sacrc­
mcnt de la C(\nc : que le Soir signiOe le dernier temps dc la virill~
2011 r.'.\POCALYPSI·: H{:V~:LÜ:. ,'lU 219.
l::glise, et le ~Iatin le premier temps de la nouvelle l~glise, on le
voil ci-dessus, r,o 15L
220. Vers. 21. Celui qui vaincra, signi(te ceux qui sont CIL
cal/jonction avec le Seigneur pal' la vic selon ses préceptes dans
la PaI'ole. Cela est évident d'aprèS ce qni a été dit ci-dessus.
221. Je lui donnerai de s'asseoiJ' avec il/ai en mon trâne, si­
gni(te qu'ils auront conjonction avec le Seigneur dans le Ciel.
Que le tl'âne du Seigneur soit le ciel, On le voit ci-dessus, N° 14;
c'est pourquoi, s'asseoi/' avec le Seigneur en son trône, signifie la
conjonction avec Lui dans le Ciel.
222. Comme aussi Moi j'ai vaincu, ct je suis assis avec le
Père en son trône, signi(te comme Lui elle l'ère sont un, et sont
le Ciel. Que le Père et le seigneur soient un, cela a été pleinement
montré dans la DOCTRINE DE LA NOUVEl,LE JÉRUSALE)I SUR LE SEI­
GNEUr.; il a aussi été montré ailleurs que le Ciel est Ciel, hon d'a­
près les propres des anges, mais d'après le Divin du Seignenr, qui
est dans les anges etchez les anges; c'estpourqnoi, parceci, «comme
,ie .Iuis assis avec le Père en son tI'ône, » il est signifié comme Lui
et le PèTe sont un, et sont le Ciel; le Trône est le Ciel, N°' 1.4,
221 : (( comme Moi j'ai vaincu )l signifie que par les Tentalions
admises dans son Hnmain, et pat' la dernière de ces tentations,
qui a élé la Passion de la croix, et aussi par l'accomplissement de
IO<ltes les choses de la Pmiole, il a vaincu les enfers et glorifié son
Hum,\in, c'est-à-dire, qn'ill'a uni il son Divin, qni était cn Lui pal'
la conception et est appelé Jéhovah le l'ère; voir sUl' ce sujet dans
la DOCTRIN" Dl: LA NOUVELLt: JÉRUSALE3I SUR LJo: SEIGNEUR, les
NOl 8 à 11, 1.2 il 14, 29 à 36, et <.ussi ci-dessus, IV' 67. Si le Sei­
gneur dit: « A celui qui vaincra, je lui donnerai de s'asseoir avec
Moi en mon trône, comme aussi Moi fai vaincu, e~ je s\llis assis
avec le Père en SOIl trône, » c'est parce que l'union du Seignem
avec le Père, c'est-à-dire, avec son Divin en soi, a eu pour fin que
t'homme puisse ètrc conjoint au Divin qui est appelé l'ère dans le
~eigneur, parce qu'il est impossible que t'homme puisse être con­
joint au Divin clu Père immédiatement, mais il peut l'être média­
lernent par son Divin Humain, qui est le Divin Naturel; c'est
ponrquoi le Seigneur dit : « Dieu, personne lU? le vit jamais, l'U­
nirfllC-J\ngcnrlrc Fils, qui est rians le s('in du Pi'1'l"', Uri ','(/ e:!'­
Vers. 21. ClJAPlTlIE rI10rSlt;lIE. :20;,
l)osé. J) - Jean, l. 18; - et ailleurs: (, Moi, je suis le Chemin.,
la Vérilé et la Vie, personne ne vient au Père que ]Jw' Moi. J)
- Jean, X/.V. 6. - La conjonction du SeigneUl' al'ec l'homme se
fait par son Divin Vrai, et ce vrai dans l'homme apparlien t au Sei­
gneur, ainsi est le Seigneur, et n'apparlient en aucune manière il
l'homme, ainsi n'est point l'homme; l'homme, il la vérité, le sent
comme sien, mais tonjours est-il qu'il n'est point il lui, car il n'est
point nni il lui, mais il est adjoint; il en est autrement du Divin
du Père, ce Divin n'a point été adjoint, mais il a été Uni il l'Hu­
main du Seigneur comme l'àme est unie il son rorps. Celui qui
comprend ces choses, peut comprendre les paroles suivantes du
Seigneur: « Qui demeure en Moi, et Moi en lui, celui-là porte
beaucoup de (ruit; car, sans Moi, vous ne pouvez (aire rien. J)
-Jean, XV. a, 5. -« En ce jour-là, vous connmïrez, rous, que
.Moi (je suis) en mon Përe, et vous en Moi, et Moi en vous. J) _ .

;/ean, XIV, 20; - et celles-ci: « Sanctifie-les dans la vérité; la


Parole est la vérité. Pour eux, Moi, je Me sanctifie Moi-Même,
afin qu'eu:r: aussi soient sanctifiés dans la Vérité: afin que tous
soient ~m; comme Toi, Père, (tu es) en Moi, et Moi ell Toi"
qu'eux aussi en Nous soient un; lUoi en eux, ct Toi en Moi. li
- .Jean, XVU. 17, 1\:l, 21, 23.
223. Vcrs. 22. Qui a oreille entende ce que l'es]JI'i/ dit a.ux
l~glises, signifie que celui qui compl'end obéisse à ce que le Di­
vin Vrai de la Parole enseigne à ceux qui sel'ont de la Nouvelle
Eglise, qui rst fa Nouvelle .Jérltsalem. Comme ci-dessns, N° 87.

* * 10: ·ie ':;.:

22a. A ce qui précède j'ajouterai ce MÉMORABLE. Je vis une


Assemblée d'Esprits, tous il genoux, priant Dieu de leur envoyer
des Anges, avec qui ils pussent parler bouche il bouche, et ouvrir
les pensées de leur cœur: el, quand ils se relevèrent, trois Anges
vêtus de fin lin furent VllS debout en leur présence, et dirent:" Le
Seigneur Jésus-Christ a entendu vos prières, et nous a en consé­
quence envoyés vers vous; découvrez-nous les pensées de votre
cœur. » Et ils répondireut : " Les Prêtres nous ont dit que, dans
les matières Th('ologiques, c'est la l'oi qui a (le la l'oree, cl nou
J. t8.
---
206 ':AI'OC.,\I,I"PSf. n~:vi:IJ:,,:, i\" 22!(.
l'Entendement, el que la Foi Inlcllecluelle clans ces matières n'est
d'aucnil .wanlagc: parcll qu'cllc tirc sa sagessc de l'homme cl
non de Dieu. Nou" nou, sonllncs Anglais, el nous avons appris
de nos ~linislres consacrés plusieurs choses que nous avons crues,
mais ql1and nous ayons conversé avee d'au Ires qui sc disaient
aussi I\éformés, el avcc d'autres qui se disaient Calholiques-lIo­
mains, el en oulrc avec des seclaires, ils nous paraissaienl lous
savants, cl cependanl en bcaucoup cie choses ils ne s'acc01'­
daienl pas, néanmoins lous nous dirent: CI 'oyez-nous ; el quel­
qucs-nns : Nous sommes les ministres de Dicu, et nous pos­
sédons la science. ~.Iais comme nous savons quc les Divines Vé­
rités, qui sont appelées vérités (le la foi ct qui appartiennent il
l'I~glise, ne sont ehez aucune personne (l'apl'ès le sol nalal, ni
d'après l'héréditaire, mais viennenl de Dieu pal' le Ciel; el comme
ces vérilés monlrent le chemin qui conduil au Ciel, cl entrent
dans la vie a"cc le lJien de la cllarilé, el ainsi conduisenl il la vie
o:ilernelle, nous sommes devenus inquiets, <'l nous avons adressé
il genoux cles prières il Dien. II Alors les Anges répondiJ'enl : «Lisez
la Parole, el croyez au Seigncnr, et vous venez les Vérités qui de­
vronl appartenir il rolre foi el il voIre vie; lous dans le 1\londc
Chrélien puisentlellrs Doctrinaux clan:; la Parole comme dans la
f,Qlli'ce unique. II 'iais deux Esprits de l'Assemblée direnl:« Nous
avons ln, mais nons n'avons pas compris, Il Ellcs Anges répon­
dirent:« Vous ne vous êles poinl adressés au Seigneur; el en ou­
tre, vous vous étiez confirmés dans des faux. llElles Anges ajou­
lèrent : " Qu'est-ce que la foi sans la Inmière? el qu'eSI-Ci:UJ!le
penser sans comprendre? Cela n'esl pas Humain; les corbeaux el
les pies pem'cnl aussi apprendre il parler sans l'entendement;
nous pouvons vous assurer qne tonl homme, donll',lme en a le dé­
sir, peut voir les vérilés de la Parole clans la lumière; il n'y a pas
d'animal qui ne connaisse la nourriture qui convien 1 il sa vie,
qnaud il la ,'oil; et l'IIonllne est un Animal rationnels! ~)ir~uel,
il l'oit la nonrriture qui convienl il la vie, non pas de son corps,
mais de son iÎme, nourri'lure qni est le \'l'ai de la foi, s'il en esl
affamé et qu'il-la d()mande au Seigneur; loul ce qui n'est pas
reçu par l'entendement nc s'aUnche pas il la mémoire quanl il la
rhose, il s'y attache sClIlern('nl quant aux mots: c'est pourquoi.
" ---1.
' " <)-)/ CIIAI'ITIO: TIIOISlbn:, :107

quand du Ciel nous ~vons porté nos regards sur le Monde, nous
n'avons rien vu, mais seulement nous avons entendu des sons, la
plupart discordants. Mais nous allons exposer certaines choses, que
les Savants du Clergé ont éloignées de l'entendement, ne sachant
pas qu'il ya deux chemins qui conduisent il l'entendement, l'un
venant du monde, et l'autre du ciel, et que le Seigneur retire hors
(du monde l'entendement quand il l'éclaire ; mais si l'entendement
/ est fermé d'après la religion, le chemin qui vient du ciel lui est
1 fermé, et alors dans la Par'ole l'homme Ile voil pas plus qu'un
, aveugle; nous avons vu plusie1l1's de ceux-liltomlJer dans des fosses
dont ils ne sont point sorlis. Soient des exemples pour illustratio-n:
Ne pouvez-vous pas c'omprendre ce que c'est que la charité, et ce
que c'est que ia foi; que la charité est de bien agir avec le pro­
chain, et la foi de penser sainement au sujet de Dieu et des choses
essentielles de \'I~glise, et que par conséquent celui qui agit bien et
pense sainement, c'est-à-dire, qui vit bien et croit sain~Q1~nt, est
sauvé? Il t\ cela ils dirent: Nous le comprenons. Il Les Anges ajou­
(l

tèrent: « Ne pouvez-vous pas comprendre qu'il faut que l'homme


fasse pénitence de ses péchés pour qu'il soit sauvé; que si l'homme
ne fait pas pénitenr,e, il reste dans les péchés dans lesquels il est
né; et que faire pénitence, c'est ne point vouloir les maux parce
qu'il~ sont contre Dieu, et une fois ou deux par an s'examiner;voTr
ses maux, les confesser devant le Seigneur, implorer du secours,
renoncer aux péchés, et Commencer une noU\'elle vie, et qu'autant
il fait cela et croit au Seigneur, autant les péchés lui sont remis?"
Alors ceux de l'Assemblée dirent: (( Nous comprenons cela, et pal'
conséquent nons comprenons aussi ce que c'est que la l'émission
des péchés, " Et alors ils prièrent les Anges de les instruire en­
core davanl<ige, etlllême en ce moment SUI' Dieu, sur l'tmmorta­
lité de l'ùme, sur la l\égénération et SUI' le Baptême; à celle de­
mande les Anges répondirent: (( ~OIJS ne dirons aucune chose
qne l'OUS ne pnissiez comprenùre, au tremen t nos paroles tombe­
raient comme la pluie SUl' le sable et sur les semences qui y sont,
lesquelles, quoiqu'arrosées pal' Îes eaux ùu ciel, ùépérissent et
111eurent. "Et ils dirent il ['égard de Oieu: Il Tous ceux qui viennenl.
dans le Ciel y obtiennent une place, etllar suite une joie éternelle
selon l'idée qu'ils ont de Dieu, parce que celle idée règne nnil'cr­
:2Uo I:APOC.\LYPS~ IiÉYÉLt:t:. N" 2211.
sellement dans toutes les choses du culte; l'idée d'un Dieu invi­
sible n'est délerminée sur aucun Dieu, ni terminée en aucun, c'est
pourquoi elle cesse et périt; l'idée de Dieu comme Esprit, quand
on croit que l'esprit est COlllllle j'éther ou le yent, esl une idée
vaine; mais l'idée de Dieu comme Ilomme est une idée jt~e; c~.t'
Dieu est le Divin Amour el la Divine Sagesse uvec t0.!lle leur
qualité, et leur Sujet est 1I0mme, et non éther ou vent: T'idée
de Dieu dans le Ciel est l'idée du Seigneur; Lui-M ème est le Dieu
du Ciel "Ct de la Terre, comme il l'a enseigné; que votre idéëde
Dieu soit semblable· il la nôtre, et nous serons c.ousociès. » Pen­
dant qu'ils prononçaient ces paroles, leurs faces resplendissaient.
Sur l'IMMORTALITÉ ilE L'AME, ils dirent: (( L'homme vit éternelle­
ment, parce qu'il peut être conjoint il Dieu par l'amour et par la
foi; chacun le peut; que celle Possibilité fasse l'Immortalité de
l'ame, vous pouvez le comprendre pour peu que vous y pensiez
profondément. » SUl' la Rf:GÉNÉRATlON, ils dirent: (( Qui ne voit
que chaque homme a le libre de penser à Dieu, et de n'y pas pen­
ser, pourvu qu'il soit instruit qu'il y a un Dieu; qu'ainsi chacun
a le libl'e dans les choses spirituelles de même que dans les choses
civiles et morales? Le seigneur donne continuellement c~~e
\ il tous les hommes; aussi l'homme devient-il coupable, s'il n'y
pense pas; l'homme est homme parce qu'il peut penser à D·ieû, et
la bête est bête parce qu'elle ne le peut pas; c'est pOUl' cela que
l'homme se peut réformer et régénérer comme pal' lui-même,
pourvu qu'il reconnaisse de cœur que c'est par le Seigneur; tout
homme qui fait pénitence el croit au Seigneur est réfol'mé et ré­
généré; l'homme doit faire l'un et l'nuIre comme par lui-même,
t mais COMME PAR LUHIÊML, r.'est par le Seigneur. Il est vrai qNe

l'homme ne peut nullemenl y contribuer, pas même en ln moindre


chose; cependant vous n'ayez pas élé créés Slatues, mais vous
avez été créés Hommes, pour faire cela par le Seigneur COlllllle
1par vous; c'esllà l'unique réciproque de j'amour el de la foi que
le Seigneur veul absoltîment que l'homme accomplisse envers Lui;
en nn 11101, faitE's par vous-mêmes, et croyez que c'est par le Sei­
gneur, de r.eUe manièrp. vous fni!es COlllme par vous- mêmes. »
~.Iais alors les Anglais demandèrent si faire comme pal' soi­
même a été mis d'ans l'homme par création: un Ange répondit:
1\" 22[\. CUAI'ITI\J:: THOISli~.\IL 20'J
« Cela Il'a (Joint été mis, cal' faire pal' soi-même appartient il Dieu
seul, mais cela est donné continuellement, c'est-à-dire, est all­
joint continuellement; el alors en tant qne l'holllme fait le bien
et croille vrai conJ.:ne pal' lui-même, il est Illl Ange du ciel; mais

l en tant qu'il t'ait le mal et pal' suite croit le faux, ce qui aussi est
comme pal' lui-même, il est un Ange de l'enfer; que cc soit aussi
COmme pal' lui-même, vous en êtes étonnés, mais néanmoins vous
le voyez, quand en priant vous demandez il être préservés du dia­
ble, de peul' qu'il ne vous séduise, qu'il n'entre en \'ous comme
dans Juclas, qu'il ne l'OUS l'emplisse de toute iniquité, et qu'il ne
dctl'uise et votre {[me et voIre corros : mais quiconque croit qu'il
agit pal' soi-même, soit qu'il fasse le bien soit qu'il fasse le mal,
devient coupable, landis que celui qui croit qu'il agit comme pal'
soi-même ne devient pas coupable. " Sur le BAPTBm:, ils direllt :
« C'est une Ablution spil'ituclle, qui est la Itéfol'mation ct la l\é­
génét'ation, et l'enfant cst réformé et régénéré quand, devenu
aduILe, il fait ce que ses Parrains ont promis pOUl' lui, il savoir,
ces deux choses, la Pénitence et la Foi en Dieu, cal' ils promet­
tent : 1° qu'îlrenoncera au diable ct à toutes ses œuvres; 2° qu'il
croira en Dieu; tous les enfants dans le Ciel sont initiés dans ces
deux choses, mais pour eux !e dia hie est l'enfer, et Dieu cst le Sei­
gneur : de plus, le Baptême est un signe devant les Anges, que
l'homme est de l'Eglise. » Après avoir entcndu ces explications,
ceux de l'Assemblée dirent: « Nons comprenons cela. ,) Mais alors
une voix fut entendue sur le côté, criant: " Nous ne comprenons
pas. J) Et une autre voix: " .l\'O\lS ne voulons pas comprendre. » \
Et l'on rechercha de qui élaient ces l'oil(; et l'on découvrit qu'elles
venaient de ceux qui s'étaient confirmés dans)es ra.ux.dj) la foi, et
qui avaient voulu qu'on lcs crût comme des oracles, ct qu'ainsi
on les adorât. Les Anges dirent: « Ne vous en étonnez point; il y
en il beaucoup aujourd'hui qui leul' ressemblent; du Ciel ils nous
apparaissent comme des Statu cs failes avec un tel art, qu'elles \
peuvent remuer les lèvres, et produil'e des sons comme de véri­
tables organes; et ils ne savent pas si le souffie d'après lequel ils
produisent ccs sons vient de l'Enrer, ou s'il vient du ciel, parce
qu'ils ne savent pas si c'est le faux ou si c'est Îe V;:ai; ·i1s raison­
lient el raisonnent, puis ils confirment ct confirinent et il' 11
f. 1 Q*
210 t'APOCAI.YPSE Rt:viLÉE. !'\" 22~.
voient jamais si la chose est ou n'est pas. Mais sachez que Icgénie
humaill pent confirmer tout ce -<Ï~IT"eut, au point qu'il appa­
misse- que la chose est ainsi; c'est pomq uoi les hérétiques le peu­
yent, les impies le peuvent, et même les athées peuvent confirmer
qu'ilu'ya point de Dieu, et qu'il n'y a que la Nature.) Ensuite
celle Assemblée d'Anglais, brûlant du désir d'acquérir la sa­
gesse, dit aux Anges: (( On parle de la SAINTE-CÈNE de lant de
manières différentes, dites-nous la vérité sur ce sujet. nLes Anges
répondirent: (( La Vérité est que l'hom:ne qui por~~~g..':.~ds
r vers le Seigneur, et qui fait pénitence, est par celle chose très­
\ sainte conjoint au Seigneur et introduit daos le ciel. n Mais ëëûx
de l'Assemblée dirent: (( Ceci est url mystère. n Et les Anges ré­
ponclirent : u C'est un mystère, mais il est tel cependant, qu'il
peut être compris: Le Pain et le Vin ne font point ce mystère, il
n'y a rien de Saint en eux; mais le Pain matériel et le Pllin cé­
.\ leste se correspondent mntuellement, et aussrJe Vin I!!a~.t
1 le Vin céleste; et le Pain céleste est le ~int dilimour, et le Vin
l ' céleste est le Saint de la foi, procédant l'un et l'autre du seig~ur,
et élant l'un et l'autre le Seigneur; de là la conjonction du Sei­
. gneur avec l'homme, et de l'homme avec le Seigneur, non <lyec
Ie pain et le vin, mais avec l'amour el la foi de l'homme qui a l'ail
r pénitence; et la conjonction avec le Seignem' est aussi l'iniroduc­
tion dans le Ciel. nEt après que les Anges leur eurenl donné quel­
1ques instruciiôils sur la Correspondance et sur son_effet, ceuxae
l'Assemblée dirent:(( :\'laiOtèiialil'j)Our la première foTs nous com­
prenons. n Et comme ils disaient (( nous comprenons, n voici, une
flamme descendant du Ciel avec une grande lumière les consoClà
avec les Anges, et ils s'aimèrent mlltuellement.----­
L'APOCALYPSE

CHAPITRE QUATRIÈME

L Après cela je vis; et voici, une porte ouverte dans le


Ciel; et la première voix, que j'avais entendue, comme
d'une trompette qui parlait avec moi, disait: Monte ici, et
je te montrerai les choscs qui doivent arriver ci-après.
2. Et aussitOt je devins en esprit; et voici, un Trône
était placé dans le Ciel, et sur le Trône Quelqu'un assis.
3. Et CelDIi qui était assis était semblable d'aspect il une
piel'l'e de Jaspc et de Sal'daine; et un Arc-en-ciel autour du
Trônc, semblahle d'aspect il une Émeraude.
II. Et autour du Trône vingt-quatre trônes; et SUI' les
trMes je vis vingt-quatre Anciens assis, revêtus de vêlements
blancs, et ils avaient sur lems têtes des couronnes d'or.
5. Et du Trône sortaient des éclairs et des tonnerres et
des voix; et sept Lampes de feu ardentes devant le TrOnc,
qui sont les sept Espds de Dieu.
6. Et devant le Trône, une Mer de vcrre semblable a du
cristal. Et au milieu du Trône, et autour' du Trône, quatre
Animaux pleins d'yeux pal' devant et pal' derl'ière.
7. Et le premier Animal, semblable il un Lion; et le sc­
212 L'APOCALYPSt: RÉVÉLÉE.

cond Animal, semblahle à un Veau; et le troisième Animal,


ayant la face comme un Homme; et le quatrième Animal,
semblable à un Aigle qui vole.
S. Et les qUatl'e Animaux, chacun pal' lui-même, avaient
six ailes à l'entour; et au dedans elles étaient pleines d'yeux,
et de repos ils n'avaient ni jour ni nuit, disant: Saint, Saint,
Saillt, le Seigneur Dieu Tout-Puissant, Qui Était et Qui
Est et Qui Vient.
H. Et quand les Animaux donnaient gloire et honneur et
action de gt'âces à Celui qui était assis sur le 'l't'one, à Celui
qui vit aux siècles des siècles,
10. Les vingt-qnatre Anciens se prosternaient devant
Celui qui était assis SUI' le Trône, et ils adoraient Celui qui
vit aux siècles des siècles, et ils jetaient leurs touronnes
devant le T"ône, disant:
H. Digne tu es, Seigneur, de recevoil' la gloit'e et l'hon­
neur et le pouvoir, parce que Toi, tu as créé toutes choses,
et que par ta volonté elles sont, et elles ont été c"éées.

SJ~NS SPIRITUEL.

CONTENU DE TOUT LE CHAPlTRE. II s'agit de l'ordination


et de la préparation de toutes choses dans le Ciel pour le
Jugement, qui doit avoit' lieu d'après la Pa t'ole et selon la
Parole; puis aussi, de la reconnaissance que le Seigneur
est Seul Juge.
CONTt:NU DE CHAQUE VERSET. Vers. 1. A7Jn:s cela je vis; cl
voici, une porte ouverte dans le Ciel, signifie une manifestation
SUl' l'ordination des Cieux pour le Jogement Dernier par le Sei­
gneur, jugement qui doit être selon ses Divins Vrais dans la 1',1­
CHAPITlIE QUATI\IÈM.E. 21;]
l'ole:
el la ]Jremù:re voix, que j'avais entendue, comme d'une
trompelle qui parlait avec moi, disail : Monte ici, signifie l'in­
flux Divin, el par suile l'élévalion du men lai, el alors une percep­
lion manifesle : et je te montrerai les choses !fui doivent alTiver
ci-après, signifie les révélalions concel'Oanlles choses qui doivent
arriver avanl le Jugemenl Dernier, el pendanl ce Jugement, et
après: Vers. 2. Et aussitôt je devins en esprit, signifie CJu'il fut
mis dans l'élat spirituel, dans lequel apparaissent manifestement
les choses qui existenl ùans le Ciel: et voici, un Trône était placé
dans le Ciel, signifie le Jugement en forme représentative: et sur
le Trône Quelqu'un assis, signifie le Seigneur: Vers. 3. Et Celui
!fui élait assis était semblable d'aspect li une pierre de .Jaspe
et de Sm'doine, signifie l'apparence de la Divine Sagesse et du
Divin Amolli' du Seigneur dans les derniers: et un Al'c-en-ciel
autour du Trône, semblable d'aspect li une Éme1'ltlule, signifie
l'apparence de celle sagesse el de cel amour, aussi aulour du Sei­
gneur: Vers. 4. Et (lulour du Trône vingt-quatre trônes; et SUI'
les trônes je vis vingt-quatl'e flnciens assis, signifie l'ordination
de tontes choses dans Je Ciel pour le jngement : l'evètus de vt!te­
ments blancs, signifie d'après les Divins Vrais de la Parole: et ils
avaient sur lew's tètes des cow'onnes d'or, signifie qui appar­
tiennent il la sagesse d'après l'amoUl' : Vers. 5. Et du Trône SOI'­
taient des éclairs et des tonne1'1'es et des voix, signifie pal' le
Seigneur l'illustralion, la perceplion etl'instl'llclion : et sept Lam­
pes de feu ardentes devant le Trône, qui sont les sept ES]JJ'its
de Dieu, signifie de là une nouvelle Église dans le Ciel el SUI' la
terre par le Seigneur au moyen du Divin Vrai procédant de Lui:
Vers. 6, Et devant le Trône, une Iller de velTe semblable cl du
aistal, signifie un nouveau Ciel de chréliens, qui étaient dans les
vrais communs d'après le sens de la leltre de la Parole: et au
milieu du Trône, et aulOw' du '[rône, quatre Animaux) signifie
la Parole dn Seigneur des premiers dans les del'lliers, et ses gardes:
pleins d'yeux 7]a1' devant et par derrière, signifie la Divine Sa­
gesse là : Vcrs. 7, Et le ]Jremier flnimal, semblable cl un Lion,
signifie le Divin Vrai de la Parole qnanl il la puissance: et le se­
cond Animal, semblable li un Veau, signifie le Divin Vrai de la
Parole qnant il l'affection: ct le l1'oisième Animal, ayant la (ace
:H!J L'APOCALYPSE H~VÉLh.

comme un HOlllme, signifie le Divin Vrai de la Parole quant à la


Sagesse: et le lJuatrième Animal, semblable il un Aigle qui vole,
signifie le Divin Vrai de la Parole quant aux connaissances, et par
suite quant à l'entendement: Vers. 8. Et les quatre Animaux,
chawn pal' lui-mème, avaient six ailes il l'entour, signifie la
Parole quant à ses puissances, et quant à ses gardes: et au de­
dans el/cs éta'ient plcines d'yeux, signifie la Divine Sagesse dans
la Parole dans son sens naturel d'après son sens spirituel et son
sens celeste: et de repos ils n'avaient ni jOllj' ni nuit, disant:
Saint, Saint, Saint, le Seigneur Dieu Tout-Puissant, signiHe
que la Parole enseigne continuellelllent sUl'le Seigneur, et que Lui
Seul est Dieu, et que pal' suite Seul il doit êlre adoré: Qui Était
ct Qui Est ct Qui Vient, signifie le Seigne.ur : Vers. 9. Et quand
les Animaux donnaient gloù'e ct honneur cl action de grâces ci
Celui qui était assis SUl' le 'Crône, signifie que la Parole attribue
tout Vrai ellout Bien etloul Culte an Seigneur qui doit juger: il
Celui qui vit aux siècles des siècles, signifie que le seigneur Seul
est la vie, el que de Lui Seul vient la vie éternelle: Vers. 10. Les
vingt-quatre Anciens sc prostC1'naient devant Celui qui était
assis SUl' le Trône, et ils adoraient Cr.lui qui vit aux siècles des
siècles, signifie l'humiliation de tons dans le Ciel devant le sei­
gneur : et ils jetaient leurs cow'onnes devant le Trône, signil1e
la reconnaissance que leur Sagesse vient de Lui Seul: Vers. 1:1.
Disant: Digne lu es, Seigneul', de recevoir la gloire et l'/lon­
/leur et le pouvoir, signifie la Confession qu'au St'igneur appar­
tient le l10yaullle d'après le mérile el la justice, parce qu'il esl le
Divin Vrai et le Divin Bien: 1Jarce que Toi, tu as créé toutes
choses, et que 1Ja1' ta volonte el/es sont, et el/es Ollt été créées,
signiOe que toutes les choses du Ciel el de l'Église ont été failes
et formées, et que les hommes sont réformés et régénérés, d'a­
près le Divin Amour du Seigneur par sa Divine Sagesse, 011 d'a­
près le Divin Bien par le Divin Vrai.
Vers. 1. ClfAPITHE QVATnIt:ME. ~'1 ~,

EXPLiCATION

22.5. Vers. L AlJ7'ès cela je vis; ct voici, une )Jorte ouvel'te


dans le Ciel, signifie une manij'estation SUT l'ordination des
Cielo: pour le Jugement DC7'nie'f' par le Seigneur, jugement
qui doit ètTe selon ses Divins Vl'ais dans la Parole. Par une
pOTte ouverte, quand il s'agit du Cie.!, il est signifié l'admission,
comme ci-dessus, [\" 176; ici, il est même signifié la manifesta­
tion, parce qu'il est dit, je vis et voici; et comme alors furent
vues les choses qui sont rapportées dans ce Chapitre, lesquelles
concernent l'ordination des Cienx pour le :Jugement Dernier par
le Seigneur, jugement qui doit ètre selon ses Divins Vrais dans la
Parole, c'est pour cela que par « je vis; \'oici, une porte ouverte
dans le Ciel, Il il est signifié une manifestation sur ces choses.
226. Et la première voi:!:, que j'avais entendue, comme d'une
trompette qui parlait avec moi, disait: Monte ici, signifie l'in­
{lux Divin, et par suite l'Clévation du mental, ct alO1"S une per­
ception manifeste. Que la voix, quand elle est entendue du Ciel,
soit le Divin Vrai influant, on le voit ci-dessus, N"' 37, 50; ainsi,
c'est l'influx Divin; et que par la voi:v comme d'une trompette,
il soit signifJé une perception manifeste, on le voit aussi ci-dessus,
N" 37; et par monte ici, il est signifJé l'élévation du mental, car
dans le Monde spirituel plus quelqu'un monte haut, plus il vient
dans uue lumiè,re pure, par laquelle l'entendement s'ouvre par de­
grés, c'est-a-dire, par laquelle le mental s'élève; aussi est-il dit il la
suite, qu'alors il de,vint en esprit, par quoi il est entendu qu'il fu tmis
dans l'état spirituel, dans lequel apparaissent manifestement les
choses qui sont dans les Cieux. Si celle voix a été entendue comme
d'une trompette, c'est parce qu'il s'agit de l'ordination des Cieux
pour le Jugement Dernier, et que des voix comme d'une trompette
sont entendues dans le Ciel, quand il s'y fait des convocations et
des ordinations; c'est mème pour cela que chez les fJls d'Israël, chez
qui toutes choses étaient représentatives du Ciel et de l'l;glise, il
fut statue, « qu'on ferait des Trompettes d'arglrlt, ct que les
{ils d',lhaf'on rl1 sonncroÎrnt pOlO' les r0l1l'owli01l3. P01/)' /rs
~lG j.',IPOf.ALYPS,: la::V{:Li::L :\" 22ii.
départs, dal!s les jou!'s d'allégresse, dans les fiNes, au com­
mencement des mois, sur les sacrifices, pour mémorial, et POIl1'
la guerre. Il - Nomb. X. 1 il 11. - Quant aux Trompettes et au
son des trompettes il en sera parlé dans l'Explication du Chapi­
tre vm·, où il est question de sept Anges auxquels furent don­
nées sept trompettes.
227. Et je te montrerai les choses qui doivent m'river GÏ­
après, signifie les révélations concenwnt les choses qui doivenl
arriver avant le Jugement Dernier, et pendant ce Jugement,
ct après. C'est là ce qui est signifié, parce que, dans l'Apoca­
lypse, il ne s'agit d'autre chose que de l'état de l'Église à sa fin;
ainsi, il ne s'agit que des choses qui doivent aniver avant le .Ju­
gement Dernier, et pendant ee Jugement, el après, comllle il a
élé dit ci-dessus, N" 2.
228. Vers. 2. Et aussitôt je devins en esprit, signifie qu'il {ut
mis dans l'état spirituel, dans lequel alJparaissent mani{este­
ment les choses qui existent dans le Ciel. Que devenir en es­
ln'it, ce soit être mis dans l'élat spirituel d'après l'influx Divin,
on le voit ci-dessus, N" 36; on y voit aussi ce que c'est que l'état
spirituel, et qnel il est, et que dans cet état l'homme vaitles choses
qui sont dans le ~jonde spirituel anssi clairement qu'il voit, dans
l'Mat naturel du corps, les choses qui sont dans le :'l'lande naturel.
229. Et voici, un Trône était placé dans le Ciel, signifie le
Jugement en {orme représentative. Que le Trône signifie le Ciel,
on le voit, N" 14; que le Trône signifie le Jugement, cela est évi­
dent par ces passages:« Quand viendra le Fils de l'homme dans
.la gloÏl'e, et tous les saints Anges avec Lui, alors il s'assiém
sw' le n'âne de .la gloire. Il - i\lallh. XXV. 31 et suiv,; -là, il
s'agit du Jugement Dernier. « Jéhovah, tu as fait mon Jugement;
lU t'es assis sw' un Trône, Juge de justice. Jéhuvah 1J1'éparel'Cl
pOUl' le jugement son Tl'6ne. II - l's. IX. 6, 6, 8. - " Je vis,
quand l'Ancien des jOU1'S s'assit, son Trône I!lait comme des
flammes de {eu, millier de milliers Le sf'1'vaient, ct myriade
de my7'iades devant Lui .le tenaient; le jugement s'établit, et
des /ivres {Ul'ent ouverts. »- Dan. VIT. 9,10.- « Jérusalem Cl
dé Mtie; lit montf'nl les Tribus, et là .>ont établis des Trô/If's
{lOIII' JII!/1'11lcnl. Jl - P5. CXXrT. 3, li, fi. - « Je vis dcs Tl'ô1lf'."
\'ers. 2. CIL\PITfI E QLI rI: Ibn:. 217
et ils s'y assiJ'ent, ct Ir' ,fugement leul' rut donné. »-Apac. XX.
4. - Le Trône élcvé pal' ~alolllon,- 1 Uois, X. 18, 19, 20, - si­
gnifiait et la noyanté ct le Jugement, puisque les Hais, quand ils
prononçaient des jugements, étaient assis SUI' des Trônes. 11 est
dit que le 'J'rône signifie le Jugement cn forme représentative,
parce que les choscs qlTe Jean vit étaienL des Visions qui repré­
scntaient; elles ont été vues cOlllme il les a décrites, mais elles
étaient des formcs représentatil'es de choses futures, comme 011
peutIe l'ail' par ce qlli suit; par exemple, en ce quïlvit des Ani­
maux, le Dragon, les BêLes, le Temple, le Tabernacle, l'Arche, ct
plusieurs autl'es choses: semblables élaientles choses qui furent
l'nes par les Prophètcs, et dont il est parlé ci-dessus, N" 36.
230. Et SUl' le Tl'ône Quelqu'uil assis, signifie le Sdyneur.
On le l'oit clairement par ce qui suit, et par les passages, dans la
Parole, où il est dit que le. Scigncur fera le jugement; pal' cxemple,
dans Matth. XX\'. 32,33 et suiv. Jean, V. 22, 27, et ailleurs,
231. Vers. 3. Et Celui qui était assis était semDlable d'aspect
li une pierre de Jaspe et de Sai'doine, signifie l'apparence de III
Diuine Sagesse et du Divin Amour du Seigneur dans les der­
niel's. La pierre dans la Parole signifie le l'l'ai dans les derniers,
et la pierre précieuse le vrai brillant pal' le bien, No> 915. JI Ya,
dans Je ~Ionde spirituel, dcux eouleurs' fondamcntales de toutes
les autres, la couleur blanche et la couleur l'ouge; la couleur
blanche tire son origine de la Lumière du Soleil dans le Ciel, ainsi
de la Lumière spirituelle, qui est d'un blanc éclatant; et la couleur
rouge tire son origine du feu du Soleil dans le Ciel, ainsi de la Lu­
mière céleste, qui est enflammée; le3 Anges spirituels, paree qu'ils
sont par le Seigncur dans les vrais de la sagesse, sont tians celle
lumière d'un blanc éclatant, c'est pourquoi ils sont vêtus de blanc;
et les Anges célestes, parce qu'ils sont par le Seigneur dans les
biens de l'amour, sont dans celle Lumière enflammée, c'est pour­
quoi ils sont vêtus de rouge; pal' snite il y a aussi ces deux cou­
leurs dans les pierres précieuses dans Ic Ciel, où ces pierres sont
en grande quantité: de là vient que, clans la Parole, les pienes
précienses signifient des choses qui appartiennent, ou au Vrai de
la sagesse, ail au llien de l'amour, et que le Jaspe, parce qu'il l'st
d'un blanc éeiatant, signifie les choses qui appartiennent au \'rai
I. 19.
218 l',II'OCAL YPSE nÉvüü. S" 231.
ùe la sagesse, et la Sardoine, parce qu'elle est rouge, les choses
qui appartiennent au Bien de l'amour. Si ces PielTes signifient
l'apparence de la Divine Sagesse et du Divin Amonr dans les der­
niers, c'est parce que toutes les Pierres précieuses dans le Ciel
tirent lelIr origine des derniers de la Parole, et leur éclat du sens
spirituel des derniers, là; qu'il en soit àinsi, on le voit dans la
DOCTRINE DE LA NOUVELLE JÉRUSALEM SUR L't:CRITURE S'\lNTE,
N°' M, lI5; les demiers de la Parole sont les Vrais et les Biens du
sens de sa lettre. Que ce soit là l'origine des Pierres précieuses
dans le Ciel, c'est ce qu'on peut difficilement croire dans notre
~[onde, parce qu'on ne sait pas que toutes les choses qui existent
dans le ~Ionde spirituel sont des correspondances, et que de là
tirenllenr origine toutes celles qui existent dans le Monde naturel;
que telle soit l'origine des Pierres précieuses dans le Ciel, c'est ce
qu'il m'a été donné de savoir pal' conversation avec les anges, et
aussi de voir de mes yeux, mais leur formation vient du Seigneur
Senl. l\U contraire, les couleurs noires tirent leur origine de
J'Enfer; il yen a aussi deux, l'une opposée au blanc, ce noir est
chez celIX qui ont falsifié les vrais; 1'aull'e opposée au rouge, ce
noir est chez ceux qui ont adultéré les biens de la Parole; celui­
ci est diabolique, et celui-là sataniqne. Cc que signiflentle .Jaspe
et la Sardoine, on le l'oit avec plus de détails dans l'Explication
du Chapitre XXI. Vers. 11, 1.8, 19, 20.
232. El un arc-en-ciel autour du Trône, semulable d'aspect
ù une Émeraude, signifie l'apparence de cette sagesse et de cel
amour, aussi autour du Seigneur. Dans le ~Ionde spirituel il ap­
paraît cles Mcs-erl-Ciel de plusieurs genres; il en apparaît de di­
l'l'l'ses couleurs camille sur la tene, et il en apparaît d'une seule
couleur, ici d'une seule couleur, parce qu'il est dit, semblable ci
une c11le1'aude; celle apparence était aulour du Seigneur, parce
qu'il est dit, autour du Tr6ne; aulolll' du Seigneur, c'est aussi
dans le Ciel Angélique: la Sphère Divine, qui entoure le Seigneur
vient de son Divin Amour et en même temps de sa Divine Sagesse;
quand ellc est représentée dans les Cieux, elle apparaît, dans le
1I0yaume Célesle, d'un rouge comme celui du rubis; dans le
Hoyaull1e spirituel, d'un bleu camille celui clulapis-lazuli; ct dans
le l1oyaull1e naturel, d'un vert camille celui (le l'émeraude; par­
toul, u\'cc une splcnrlenr el un <'<'lat incfTablcs.
Yers, Q. CHAPITI\E (JUATRlbn:. 2t\l
233. Ver~, 4. Et ({utour du Trône vingt-quatrc tl'vlles; et SUI'
les frônesje vis vingt-quatl'e anciens assis, signifie l'ordination
de taUles choses dans le Ciel pOUl' le Jugement del'nim'. Celui
qui ne connaîl pas 1(' S<'IlS spirituel de la Parole, el qui ignore en
même temps les nais réels cie l''::glise, peul croire que, quand
viendra le Jugemenl dernier, le Seign<'ul' sera assis sur un Trône,
et qu'autour de Lui seronl aussi assis d'aulres juges ~ur des trônes;
mais celui qui connatlle sens spiriluel {le la Parole, et ell même
temps les l'rais réels de l'Église, sail qu'alors le Seignelll' ne sera
pas assis sur un Trône, et que ll'autres juges ne seront pas aulour'
de Lui, et même, que le Seigneur Ile jugera non plus pel'sonne
pour j'('nfer, mais <1 u'il fera que la Parole juge chacun, le Seigneur
élant modérateur aOn que loules choses soient l'ailes selon la jus­
tice; le seigneur dit, il est l'rai : « Lc Père ne juge pel'sonne, mai,ç
le jugement tout entiel' il a donné an Fils,. il lui a donné 1)Ou­
voi?' de faire jugement, parce que Fils de l'/tomme il est. " ­
Jean, V. 22, 27; - mais ailleurs il dil ; « Je suis venu non pour
.luge?' le monde, mais pOUl' sauvel' le monde; la Parole, que j'a i
l}1'ononcée, celle-là le jugera au derniel' jour. Il-Jean, X1r. 47,
48; - ces deux passages concordent, lorsqu'on sait que le Fils de
l'homme est le Seigneur quant à la Parole, voir ci-dessus, N° 4lJ;
c'est donc la Parole qui jugera, le Seigneur étant modérateur. Que
par les douze Tribus d'Israël, el pal' leurs Anciens, soienl signi­
fiés tous ceux qui sont de l'Église du Seigneur dans les Cieux el
dans les Terres, el abstraclivementtous les l'rais ellollS les biens
qui y sonl, on le l'oit, N°' 25t, 3110, 360,808; et de m~me pal' les
Apôlres, N°' 79, 790, 903 : d'après ces explications, on l'oit clai­
re.menl ce qui est signifié par ces paroles du seigneur; Il Jésus
<lit au:r; Disciples: Vous, qui M'avez suivi, quand sera assis le
Fils de l'homme su'/' le 'i'I'ûne de sa gloire, vous sel'ez assis,
vous aussi, SllI' douze trônes, jugeant les douze Tribus (/'1s­
l'lId. Il - Malth. XIX. 28. Luc, xxrr. 30; - douze signiOe toutes
choses, el se dit des l'rais el des biens du Ciel et de l'Église,
N° 348; de même vingl-quatre; c'est pourquoi les douze Apôtres,
elles vingt-quatre Anciens signifienl toutes les choses de l'Eglise;
et les douze trônes et aussi les vingt-quatre trônes signifient tout
jugement; qui esl-ce qui ne peul comprendre que ni les Apôtres
220 I:APOC.\L)'j>5t: Ht:',;":J.Ü:, r-.., 2:3::.
--
ni les Anciens ne jugeronl, el qu'ils ne le peuvenl? i)'nprès ces
considéra lions, on peul mainlenanl voir, poul'(JllOi il esl parlé de
Trônes el d'Anciens, lorsqu'il s'agil du Jugement, comme aussi
dans '::snïe : « Jéhovah en jl/genwnt viemlm avec les ,Inciens de
son ]Jeuple. » - 111. Iii; - dans David: « Jérusalem a t'té brîlie,
là montent les Tribus, et là sont établis les Trônes ]JOUI' le Ju­
gement, » - Ps, cxxrr. 3, II, 5; - el dans l'Apocalypse: « Je
vis des 'l'l'ônes, et ils s'y assirent, et le Jugement lew' tilt
donne. » - XX, Il.
231i. llev(!l1ls de vêtements blancs, signifie (Capl'ès 11'.1 Divins
Vrais de la Pal'ole. Que les Vi:tements blancs signiOenl les l'l'ais
réels de la Parole, on le voil ci-dessus, NU' 1(36, 212.
235. Et ils avaient SUI' leurs Têtes des C01l1'omws d'or) si­
gnifie qui a]J]](lj'liennent il la sagesse d'apri!s l'amour, Que la
couronne signifie la sagesse, on le l'oil ci-dessus, NU Itl9; el 1'01',
le bien de t'amour, NU' 211, 91:3; de lil, la couronne d'Ol' signifie
la sagesse d'après l'amolli'. Comme de celle sagesse procèclent
loules les choses du Ciel el cie n::glise, qui sonl signifiées par les
vingl-ql1alre Anciens, N" 233, c'esl pOUl' cela que des couronnes
d'or furenl vues sm' leUl's têtes. Il faul savoir que le sens spiriluel
l'ail abslraclion des personnes, r,omme ci-dessns, N°' 78, 79, l)6;
pal' conséquent aussi ici.
236. Vers 5. Et du Trône sortaient des eelairs et des tOll­
ller'1'es et des voi:v, signifie PU)' le Scignàl1' /'illuslmtioll, la
]Jerception, et l'instruction. Les !!clairs, d'après la flamme qui
frappe les yeux, signifielltl'illuslraLion; el les tonnerres, d'après
le bruit qui frappe les oreilles, signifienl la percepLion; el quand
les éclairs elles lonnerres signiftenll'iIluslralion el la perception,
alors les 'Voix signiflenl l'inslruclion. Ces choses furen 1 vues sor­
tanl du lrône, parce ([u'elles procédaienl du Fils de l'Uomme ou
du Seigneur quanl à la Parole, el que c'esl du Seigneur pal' la Pa­
role que viennenlloule iIluslralion, loule perception el Lou le ins­
tl'llclion. De semblables choses sonl signifiées par les éclail's, les
tonnerres el les voix, ailleurs dans la Parole; pal' exemple, dans
ces passages: « Tu as j'acheté par Ion bras ton peuple; de la Voix
ont donne les etfters, {a voix de Ion Tonnen'e dans le (j lobe,
des Ec/ah's ont i111l1nine le Globe, » - l's, LXXYlr. 1.6, 18, 'lD.
Vers. 5. 1.:UAl'lTRJ:: QUATRIÈME. 2:21
-~ Les Éclairs de Jéhovah illumineront le Globe. I l - Ps. XCVII.
S,Il. -(( Dans la déti'C.~se tu M'as invoqué, ct je t'ai délivTé; je
t'ai répondu dans le secret, comme Tonnen·e. I l - Ps. LXXXI. 8.
-«( J'entendis comme une voix de {oule nombreuse, comme une
voi:v de Tonnel'/'es violents, disant llllcluia! pan:e qu'il règne, le
Scigneurnotre Dieu Tout-Puissant. n-Apoc. XIX. 6.-Comme
pal' les éclairs, les tonnerres et les voix, il est signiflé l'illustration,
la perception et l'instruction, r,'est pour cela que, quand Jéhol'ah
descendit sur la montagne de Sinaï, et promulgua la Loi, il y eut
des Éclairs et des Voi:v. - Exod, XIX. 16;- et que, quand une
voi:!: {ut envoyée du Ciel vers leSeigneU1', elle {ut entendue comme
une voix de Tonne1Tc. - Jean, XII. 28,29. - El parce que Jac-
ques ct Jean représentaient la Charité ct les OEuvres de la charité,
et que par elles existe tOllte perceptioll dn l'rai et d.n bien, ils {u-
"ent appelés pal' le Seigneur Boane1'ges, c'est-à-dire, fils du Ton-
lICITe. - Marc, Ill. 17. - D'après cela il est él'ident qne de sem-
blables choses sont signifiées par les éclairs, les tonnerres et les
voix, dans les passages sUÎl'ants de l'Apocalypse :« J'entendis l'ult
des quatre Animaux qui disait comme d'une voix de Tonne/Tf'. Il
- VI. I. - (( J'entendis une voix du Ciel comme une voix d'un
grand Tonnerre. I l - XTV. 2, -(( Quand l'linge jeta son ence/l-
soir en la terre, il se fit rlf'S Tonne1'l'e8, des Voix ct des Eclairs, ,)
-VflI. 6. - (( Quand l'Ange eut crié, les sept Tonne1'1'es pro{c-
"b'entleurs voix. n - X. 3, Il. - ((Quand fut ouvert le Temple
de Dieu dans le Ciel, il se fit ries Éclairs, et des Voi.:z:: ct de.'
Tonne/Tes. » - XI. 19; - pareillement ailleurs.
237. Et sept lam]Jes de {eu m'dentes devant le Trône, qui
$ont les sept ES]J1'Ïts de Dieu, si(}nifie de Iii une nouvelle Eglise
clans le Ciel ct Sllr la Terre ]Jar le Seigneu1' allllloyen du Divin
Vrai procédant de Lui. Ici par les sept lampes il est signifié la
même chose que ci-dessus pal' les sept chandeliers, et aussi pal'
les sept étoiles: que pal' les sept chandeliers il soit entendu une.
Noul'elle Église dans les terres, qui sera dans l'illustration pal' le
Seigneur, on le l'oit ci-dessus, N° 1l3; et pal' les sept étoiles, une
I\'ouvelle Église dans les cieux, on le l'oit N" 65; et comme l'Église
est Église d'après le Dil'in qui procède du Seigneur, cl qui eslla
Divine Vérilé et est appelé Esprit Saint, c'est pour cela qu'il e~
1. .1 9*.
222 L'.\POCALYPSL nÉv(:L1h:. N° 237.
dit « qui sonl les sept esprits de Dieu; » que par les sept esprits
de Dieu sail signifié ce Divin procédant, on le voil (:i-dessus,
N'" t/i, i55.
238. Vers. G. t't devant le Tl'ône, une mc!' de vCl're sembla­
ble il dit aistal, signifie un llouveauCiel de cltrctiens, qui etaient
dans Ic.1 vulis communs d'après le sens de la lettre de la Pa­
role. Dans le Monde spil'ituel il apparaît des Atmosphères, et aussi
des Eaux, comme dans notre monde; des Atmosphères comme
éthérées, où sont les Anges du Ciel suprême; des Atmosphères
comme aériennes, oil sont les Anges du Ciel moyen; et des Atmos­
phères comme aqueuses, ail sont les Anges du dernier Ciel; et
celles-ci sont des Mers, qui apparaissent aux limiles du Ciel, et là
sont ceux qui sont dans les vrais communs d'après le sens de la
lettre de la Parole. Que les eaux siguifient les vrais, on le \'Oit ci­
dessus, N° 50; par suite la ~Ier, dans laquelle lcs eaux se rendent
et se rassemblent, signifJentle Divin Vrai à scs limites. Puis donc
que pal' Celui qui est assis SUI' le Trône, il est entendu le Sei­
gncur, NU 230, et que pal' les sept lampes, qui sont les sept esprits
de Dieu devant le Trône, il est entendu une nouvellc Église qui
scra par le Seigneur dans le Divin Vrai, N° 237, il est évident que
par la Mer de verre, qui était devant le Tl'ône, il est cntendu
l'Église chez ceux qui sont aux limites. JI m'a aussi été donné
de voir les Mers aux limiles des Cicux, et de convcrscr avec
ceux qui y étaient, et ainsi de connaître pal' expérience la véritc
de ce fait; ils ont été vus pal' moi comme dans une .Mer, mais ils
m'ont dit qu'ils étaicnt non dans tllle iller mais dans une A tmos­
phère, d'où il devint évident pour moi que la Mel' est l'apparence
du Divin Vrai procédant du Seigneur, il ses limites. Que dans
le 'Monde spiriluel il y ail des 1\'lers, c'est ce qui est bicn évident,
en ce qu'elles ont été très-souvent vues pal' Jean, Comme ici, puis
Chap. V. 13. VII. i, 2, 3, VII.I. 8, 9, X. 2, 8. XII. 18. XIlI. 1.
XlV. 7. XV. 2. XVI. 3. XVIII.i7, i9, 21. XX. '1.3. Ilestdit,«une
Mel' de vene semblable il du C1'istaL, llà cause de la transparence
du Divin Vrai procédant du Seigneur. Comme le Divin Vrai il ses
limites produit l'apparence d'une !\1er dans le i\Ionde spirituel,
c'est pour cela que par la i\lel' ailleurs dans la Parole il est signifJé
la même chose, comme dans ces passages: " En ce jOllr-là
Vers. 6, CIi.ll'l'JïU: QUA'fRlt:JIE. 1J~3

sortiront des eaux vives de Jé?'usalem, une pa1'tie vers la Mel'


orientale, ct une pw'tie vers la iller posté7'ieu1Y!. Il - Zach.
Xrv. 8; - les eaux' vives de Jérusalem sonl les Divins Vrais de
l'l~glise pal' le Seigncur'; pal' conséquenlla ~ler, c'esl Ol! ces l'l'ais
se tcrminent. « Jd/lOcalt! dans la Mer (t'st) ton chcmin, et ton
sentier dans la multitude des caua;. Il - L's. LXXVII. 20. ­
« ilinsi a dit JeJ/wvah, qui a donné dans la Mel' un chemin, ct
dans la multUude des eaux un sentiel" 1 1 - Ésaïe, XLJlI. 16.­
« Jéhovah SUi' les MCTS a fondi! le Globe, et SUl' les fleuues il ['a
établi, Il - Ps. XXIV. 2. - « Jé/lOvah a f'ondé la terre Sllj' ses
bases, cnsol'lequ'elle 11(: soit 7Joint i!IJj'anli!eùjanwis; de l';liJl'7'IIc
(ou de la ~Ier) comme d'un v/!lement tu l'as voilée. » - Ps. cry.
5, G;-que la lerrc ail élé fondée SUI' la Mer, c'esl que l'Église, quî
esl enlendue pal' la lene, l'a élé SUI' les \Tuis communs; cal' ils eu
sonl tcs bases elles fondements. « Moi, je desséchcrai la lIICl' de
Babel, et je tarirai sa SOll/'ce. SUl' Babel montel'a la Mer'; par
la multitude de ses flots elle sera couverte. Il - Jérém. LL 36,
42;- pal' dessécher la 'Mel' de DaLel, el fairc tarir sa sourcc, il est
signifié éleindl'e loul vrai de son I~glise depuis les premicrs jus·,
Cju'aux derniers. « Apj'('s Jéhovah ils iront, cl avec /lOnnew'
s'ap7)roche1'Ont des Fils (venus) de la Mer. » - !Iosée, XI. 10;
- des fils venus de la mer sonl ceux qui sonl dans les vrais com­
muns 011 dernicrs. ({ C'est Jéhovah qui bâtit dans lcs Cieux ses
degl'és, qui a7J7Jelle les eaux de la 111er, et les 1'i!7Hf1ul SUl' les fa­
ces de la tCj'I'e.n-AIlloS, IX. 6.-« Pa?" la Parole de Jt!lwvah les
Cieux ont {!té (aits:; il j'ass{;7/lble comme un monceau les eau:!:
dc la MCI', donnant dans des tTéso7's les AlJ1'mes. I l - Ps.XXXJJI.
G, 7. -« Pm' ma j'é7Jl'imande je laTis la Mel', je n:duis les fleu­
ves en désert. »- És. L. 2; - cl en oulre dans d'aulres passagrs.
Comme la ~ler signifie le Divin Vrai c.hez ccux qui sonl aux li­
miles du Ciel, c'est pOUl' cela que Tyr et Sidon, qui élaicnl près
de la mcr, significnl l'Église quant aux connaissances du bien et
du vrai; el c'est aussi pour cela que les îles de la mer signifient
ceux qui sonl dans un cu Ile Divin plus éloigné, t'i" 34; el c'esl en­
core pour cela que la Mel', (Ùns la Langue Hébraïque, signifie
l'Occident, c'esl-il-dire, oil la lumière du Soleil va il son soir, 011
bicn où Ic vrai YU d,ms l'obscur, Que b '!rl' sig'njfie ;.l!lssi le Na
2'211 L'APOCALYPSE RBvÉl.Be, ~" 238.
tUlel de l'hommc séparé ùu spirituel, parconséquent aussi l'Enfer,
on le verra ùans ce qui suil.
239. Et au milieu du Trône, et autoltr du Trône, quatre
j\nim.aux, signifie la Parole du Seigneur, des lJl'emiers dans
les derniers, et ses gardes. Jc sais qu'on trouvera étonnanl qu'il
sail dit que les quatre Animaux signifienl la Parole; que cependant
ils la signifienl, c'esl cc qu'on verra dans ce qui suit. Ces Animaux
sonl les mêmes que les Chérubins dans I~zéchiel; là aussi au Cha­
pitre le< Hs sont appelés Animaux, mais aN Chapitre X' ils sont
nommés Chérubins, el c'éLait comme ici un Lion, un Bœuf, un
1I0mmc cl un Aigl'e : dans la Langue Hébraïque, ils y sont nom­
més C/wjotlt, m.ot qui, il est vrai, signifie Animaux, mais qui est
dérivé de Chaja, qui esL la vic, ù'où mêmc l'épouse d'Adam a été
nommée Chaja, - Cen. m. 20; - l'animal au singulier est aussi
appelé Chaja, dans ~:zéchiel; c'est pourquoi ces t\nimaux peuvent
aussi être appelés Vivants. Ilien ne s'oppose à cc que la Parole
sail décri Le pal' ùes Animaux, quand le Seigneur, dans la Parole,
esL Lui-~1'êl11e çà cl là appelé Lion, et très-souvent Agneau, el que
ceux qui sonl pal' le Seigneur dans la charilé sonl appelés Brebis,
cl qu'aussi dans ce qui suil l'enlendement de la Parole est appelé
Cheval. Qlle la Parole sail signifiée par ces I\nimaux ou Chérubins,
ccla esL bien évidcnt en ce qu'ils furent vus au milieu dn Trône et
autolll' du Trône, ct qu'au milieu dl! Trône était le Seigneur; et,
comme l'e Seigneur est la Pm'olp, ils n'ont pas pu êlre vus ailleurs;
eL s'ils furent vus aussi aulour du Trône, c'est parce que c'était
dans le Ciel I\ngélique, al! est aussi la Parole. Que les Chérubins
signifient la Parole et sa garde, c'est ce qui a été montré dans la
DOCTRINE DE I.,\ NO[jVELLF. Ji:RUSALEM SUR l.'l::CRITURE SAINTE,
N° 97, où sont ccs expliessions : Le sens de la lettre de la Parole
(C

est une garde pour lc's vrais réels, qui sont cachés en dedans; el
ceLLe garde consiste en ce que ce sens pellt être tourné de tOlite
ma'nière, c'cst-il-dirc, Nre e:q)liqué selon qu'il est saisi, sans que
pOllr cela Ile sens interne de l'a Parole sail blessé et violé; cal' il
n'est pas préjudiciable que le sens de la lettre soit compris pal' l'un
autrement que pal' l'autre; mais ce'qui esl préjudiciable, c'est que
les Divins Vrais qui sont Înlé"Îeurement cacltés soien t pervertis, car
pal' là il est f3lil violence il lu Parole: le sens de la leLLre esl une
rcrs. G. CIlAl'ITr.t: QUA THibiE. 22~

garde pour emp(;cher que cela n'arrive; et il exerce celte garde


chez ccux qui sout dans des faux par religion, et qui ne confir­
ment pas ces l'aux; car ceux-ci ne font aucune l"iolence il la Pa­
role. Cetle garde est signifiée par les Chéruhins, et est aussi décrite
par eux dans la Parole: celte garde est signifiée par les Chérubins,
qui, après qU'Adam avec son (\pouse eut été chassé du jardin d'E­
den, furent placés à l'entrée de ce jardin, ct au sujet desque,ls on
lit ces paroles:" Lo/'sque Je!LOra!z Dieu eut C!WSSI! l'homme, il
fit ltalJitcr du côté de l'Orient) vers le jardin d'Eden, les C!uJru­
uins et la flamme d'éllée qui .le tow'ne de côté et d'autre, pOUl'
garde?' le chemin de l'AI'b"e de vie. Il - Gen, !.LL 23,24; - par
les Chérubins, est signifiée la garde; pal' le chemin de l'Arbre de
vie est signifiée l'entrée "ers le SeigneUl', laquelle a lieu pour les
hommes par la l'arolo; par la namme d'épée qui se tourne de côté
et d'autre est signitié le DiI'in Vrai dans les derniers, lequel esl
comme la Parole dans le sens littéral, sens qui, comme il a été dit,
peut être tourné ainsi. La même chose est signillce par les Chél'llbius
d'al' placés sw' les deu:lJ extrémités du Propitiatoire, qui était
SUl' l'Archc) dans le Tauenwcle, - Exact XXV. 18 à 21; - c'est
en raison de celle significalion que Jéhovah parlait entre des Ché­
rubins avec .\loÏse,-Exode, XXV. 22. XXXVI. 8. Nomb. VII. 89.
- 11 n'cst pas non plus signifié autre chose pal' I('s Cltél'llbins,
SUI' les Rideaux du Tabernacle et sur le Voile.- Exode, XXVI.
31; - cal' les Rideaux et les Voiles du Tabernacle représentaient
les derniers du Ciel et de l'Église, par conséquent aussi les del'­
niers de la Parole. JI n'a pas non plus été signifié autre cllOse pal'
les Chérubins dans le milieu du Temple de Jérusalem.-J nois,
VI. 22 à 28 : - et pal' les Chérubins sculptés sur les murailles
et su)' les portes du Temple. - r Hais, VI, 29, 32, 35; - pareil­
lement par les Ché,'uuins dans le Nouveau Temple. - Ezéch.
XLL 18, 19, 20. - Comme les Chérubins signifiel1tla garde pour
que le Seigneur, le Ciel, et le Divin Vrai, tel qu'il est dans l'inté­
rieur de la Parole, ne soient pas approchés immédiatemenl, mais
pour qu'ils le soient médiatement par les derniers, il est pOUl' cela
même parlé ainsi du Hoi de Tl'\' : (l Toi, qui scelles la l1lCS1l1'e,
plein de sagesse et )J(l1'!'ait en, ueauté, en Éden II! J al'din de
Dieu tu as été, toute pie1'1'e ])l'écieuse (a été) la couvatw'(';
226 L'APOCALYPSE nÉVÉLÉI:. j\" 230.
loi, Chérubin, expansion de qui protége. Je l'ai ridruil, Ché­
,'ubin proleclcul', du milieu des pierres de j'cu. » - l~zéchiel,
XXYlff. 12, 13, 14, 16; - par Tyr il est signifié l'l::glise quant
aux connaissances du vrai et du bien, et par suite par son Roi la
Parole où sonl ces connaissances, el d'où elles viennenl; qu'ici la
Parole dans son dernier, qui eslle sens ùe la lellre, sail signifiée
par ce Hoi, et la garde par le Chérubin, cela est éviùent, car il est
dil : « Toi, qui scelles la mesure, toute pierre précieuse a été ta
couverture, » et aussi: {( Toi, Chérubin, expansion de qui pro­
lège; » par les pierres précieuses, qui sont aussi nommées ici, sont
signifiés les vrais du sens de la leltrede la Parole, N° 231. Comme par
les C!ll'rubins il est signifié le Divin Vrai dans les derniers, el aussi
la garùc, c'est pour cela qu'il est dit dans David: {( Pasleul' d'Is­
raël, qui es assis SUl' les Chérubins, montre-loi avec éclal. ,)­
l's. LXXX. 2. - {( Jéhovah assis enlre les Chérubins. » - Ps.
XCIX. L - {( Jéhovah inclina les cieux, cl descendil, el il che­
vauchail Sll1' un Chérubin. )) - Ps. XVIII. 10, 11; - chevau­
cher sur les Chérubins, être assis sur eux, el être assis enlre eux,
c'est être sur le dernier set)s de la Parole. Le Divin Vrai dans la
Parole et sa qualité sont décrits par des Chél'l1bins dans Ézechiel,
Cbapitres l, IX et X : or, personne ne pouvalll savoir ce qui est si­
gnifié par chacune des choses de leur description, sinon celui pour
qui le sens spirituel a été ouvert, et ce sens m'ayant été décou­
vert, il va êlre dit ce qui est signifié sommairement par taules les
choses rapportées sUl' les quatre Animaux ou Chérubins dans le
Premier Chapitre d'[::zéchiel; voici ce Sommaire: « La DivineSphère
externe de la Parole est décrite, Vel'S. 4: celte sphère représen tée
comme homme, Vers. 6: conjointe aux spirituels ct aux célesles,
Vers. 6: le naturel de la Parole; quel il est, Vers. 7 : le spiritnel et
le céleste de la Parole conjoints au naturel; quels ils sont, Vers. 8,
9: le Divin amour du bren et dt! l'rai célestes, spiriluels et naturels,
NI, distinctement et ensemble, Vers. '10, H : ils tendenl il être un,
Vers. 12 : sphère de la Parole cl'après le Divin Bien elle Divin Vrai
du Seigneur, d'après lesquels la Parole vit, Vers. 13, 1li : doctrine
du bien cl du vrai dans la l'amIe et d'après la Parole, Vers. 16 il 21:
le Oivin dl! Seigneur an-dessns d'elle et en elle, Yers. 2~, 23 : et
d'après elle, Vers. 2li, 25: le Seigneur CRt au-dessus des cieux,
Vcrs. G. CHAPITRE QUATI\IÈm:. 227
Vers 26 : il Lui appartieunentle Divin Amoul' et la Divine Sagesse,
Vers. 27, 28. C'est là l'exposition sommaire de ce Chapilre.
240. Pleins d'yeux ]Jar devant ct par dCTrière, signifie la
Divine Sagesse lrl. Pal' IlO's yeux, quand il s'agit de l'homme, il
est signifié ['entendement, et qlland il s'agit du Seigneur, la Di­
vine Sagesse, N" 48, 125; pareillement quand il s'agit de la Pa­
role, comme ici, parce que la Parole vient du Seigueur et traite
du Seigneur, et ainsi est le Seigneur. Il est dit de même des Ché­
rubins dans tzéchiel, qu'ils étaient pleins d'yeux. - Chap. X.
12. - Par par devant i.!l pal' derrière, quand il s'agit de la Pa­
role procédant du Seigneur, il est signifié la Divine Sagesse elle
Divin Amour là.
2lt1. Vers. 7. Et le ]Jl'emü:r 11nimal, semMable il un Liou,
signifie le Divin Vmi de la Parole quant ci la puissance. Que le
Lion signifie le Vrai dans sa puissance, ici le Divin Vrai de la Pa­
role quant il la puissanclO', on peut le voir par la puissance du lion
sur tout animal de la terre; puis, d'après les lions dans Je Monde
spirituel, en ce qu'ils sont les images représentatives de la puis­
sance du Divin Vrai; et aussi d'après la Parole, olt ils signifient le
Divin Vrai dans sa puissance; quelle est la puissance du Divin Vrai
dans la Parole, on le \'oit dans la DOCTRINE DE LA NOUVELLE }f:­
RUS.ILJ::M SUR L'ÉCRITURE SAINTE, N° 49, et dans le Traité DU CIEL
ET DE I~'ENFER, N°' 228 il 233: de là vient que Jéhovah ou le Sei­
gneur est comparé à un Lion, et est appelé aussi Lion; pal' exem­
ple, dans les passages suivants: « Le Lion (l rugi, qui ne crain­
drait? le Seîgnell1' JéhoGih a partI!, qui ne lJI'0IJ/u}tiserait? n ­
Am os, Ill. 8. - (( Je ne l'etourneJ'Cli point pour détruire E1Jhrai"m;
après Jéhovah ils il'out, qui comme un Lion I·ugit. n-IJosée, XI.
9, 10.-(( De mc?me que rugit le Lion, et le Lionceau, ainsi des­
cendra Jéhovah pOll1' combattre SUl' la montagne de Sion. Il ­
Ésaïe, XXXI. 4. - « Voici, il a vaincu, le Lion qui est de la
Tri/nt de J ehudah, la J'Clcine de David. »- Apoc. V. 5. - (( Pe­
tit de Lion, Jehwlah; il s'est cOll/'bl!, il s'est couché comme un
vieux Lion; qui le l'era lever? »-Gcn. XLIX. 9;-dans ces pas­
sages, la puissance du Divin Vrai qui procède du Seigneur est dé­
crite pal' le lion; rugir signifie parler et agir arec puissance contre
les enfers qui veullO'nl enlever l'homme, ct auxquels le Seigneur
'228 r.'APOC,\LYl'SI; J:IL\·i:U:E. 1\" 2~1 j.

\'alTache, comme le lion une pl'oie; sc CO Il l'1.Jel', c'esL se meLlI'e eu


puissance; Jehudah, dans le sens snpl'ême, signifie le Sç)gneur,
N°' 96,266. « L'Ange cria d'une I)oi,v grande, ainsi q/L'un Lion
rugit. )) - Apoc. X. 3. - « Il sr: cOll1'be, il se coucfte comme 1In
Liait vieux; qui le {eralever? ll-Nomb. XXLV. 9.-«Voici, Ult
peuple comme un vieu,'C Lion .Ie l(fVe, et comme un Lion adulte
il s'r11lporte. » - Nomb. XXIII. 24;- ces choses sonL cliLes d'Is­
raël pal' qui esL signifiée l'I::glise, donL la puissance, qui esL clans
les Divins Vl'ais, esL ainsi décl'iLe; pal'eillemenL, « Les restes de
.facob seront au milieu des peuples comme un [,ion P(//'IIÛ lcs
!Jetes cle III forêt, comme un jrune {,ion ]Janni des troupeaux
de /n'ebis. » - t.lichée, V. 6, 7; - eL pn ouLl'e dans beauconp
d'auLl'es passages, pal' excillple, tsaïe, XI. 6. XXI. 6 Il 9. XXXV.
~. Jérém. TL 15. IV. 7. V. G. XII. 8. L. 17. LI. 38. I~zécll. XIX.
3,5,6. f1osép, XLII'. 7,8. Joël, L 6, 7. Nalllll11, fI. :12. l's. XVJr.
12. l's. XXII. ià. Ps. LVII, 5. l's. 1.\'IU. 7,8, l's. X.CI.. 13. l's.
CIV. 2i, 22. DeuLél'. XXXII!. 20.
2l12. III le second Animal, semblable li un Veau, signifie le
Divin l'l'ai cle la Pm 'ole quant li l'affi:ction. Pal' les bêLes de la
Lene sonL signifiées diO'él'enLes affecLions naLurelles, eL même les
bêL.es sonL ces afiecLions; eL pal' le Veau csL signifiée l'affeclion
de savoil'; ceLle afi'ecLion esL l'epl'éspnLée dans let.lonc!e spiriLuel
par le yean, c'esL ponrquoi elle esl signifiée aussi pal' le veau
dans la Parole; par exemple, dans 1I0sée : « NOllS donnc/'ons en
échange il Jéhovah les Veaux de 110S lèvrcs. ) - Xl\'. 2;­
les veaux des lè\Tes sont les confessions d'apl'ès l'afTecLion du
vl'ai. Dans \lalachie : « Il se lèvera pOUl' vous qui cl'aignez mon
Nom, le Solcil de justice; el la santé (sera) dans ses ailes, afin
que vou.~ aoissiez comme cles Veau.v il l'engnâs. n -lU. 20;
- la comparaison esL faite avec des veaux il l'engrais, parce que
par eux sonL signifiés ceux qui sonL remplis de connaissances du
Haî eL du bien d'après l'affection cie les savoir. Dans David: {( La
voix de J êllOmh {ait sautel' les cèdl'es du L.iban comme un
Veau. n-PS. XXIX. G;-pal' les cèdres du Liban sont signifiées
les connaissances du \Tai; de là il esL dit que la voix de Jéhovah
les fait sanlcr comme lin veall; la voix de .Jéhovah esL le Divin
Vrai, ici le Dhin ,"l'ai qni afTecle. Comme les l~gypLiens aimaient
,'t'l'S. 7. CIiAPITnt: QuATRI?:m:. 229
les sciences, c'esl rom cela qu'ils se firenl des \'eaux en signe
d'atfeclion pour elles; mais s'ctantillis plus lard il adorer les veaux
COl1lme des dieux, pal' ces VC.11IX dès lors sonl signifiées dans la
Parole Iles a!l'cctions de SUI'Oi!' des faux, comme dans Jérém. XLH.
20,21. Ps. LXVIiI. 31, cl ailleurs. La même ehosc esl donc si­
gnifiée pal' le Veau que les fils d'fsl'aël se firent dans Je désert, ­
Exod. XXX[[; - puis aussi par les Veam de Samal'ie, - 1 l\ois,
XU. 28 il 32. 1I0sée, Vfil. 11,5. X. 5; - c'esl po nrrlllOi il esl dil
dans JTosée: (( ris .le (ont une image de (onfe rie leuT (l1'or'l1l; en
sacrifiantl'liom11le, des VeaU.1; ils baisent. »-xm. 2;-sc faire
une image de fonte de leur al'gent signifie falsifier le vrai, sacrifier
l'homme signifie délruire la sagesse, et baiser les veanx signifie
reconnaitre les faux d'après l'alTeclion. nans Ésaïe:« Là ]Jaifra le
Veau; là il cOllc/un'(I, el COnSll11Wl'f! ses rameaux. Il-'XX VJ 1.10;
-la même chose est signifiée pal' le vean, Jérém. XXX l.v. 18,19,
20. COlllme loul culte Divin procède des alTeelions du vrai ct du
vien, el par conséquenl des connaissances du vrai el du bien, c'esl
pour cela que les sacrifices, dans lesqnels consistait principalement
le culle de l'I~glise chez les fils c1'Jsraè.l, se faisaient avec différentes
Bêles, comme agnenux, chè\'res, chevreaux, brebis, boncs, veaux,
hœnfs; avec drs veaux, parce qu'ils signifiaient l'alTeclion de sa­
voir les vrais elles biens, laquelle esl la première a!Teclion nalu­
l'elle: celle alTeclion élail signifiée par les sacrifices de Veaux,­
Exod. XX IX. 11, 12. Lévil.lV. 3, 13 el sui·... VI IL 15 el sui\'. rx.
2. XVr. 1'1. XXUl. 18. Nomb. VTIf. 8 cl sni\'. XV. 2lt. XXYlli.
H, 20. .Jug. VI. 25 à 29. l Sam. 1. 25. XVI. 2. l nois, XViiI. 23
il 26,33. - Le second Animal J'ul vu semblable il lln "eau, parce
que le Divin Vrai de la Parole, qui esl signifié pal' lui, alTrcle les
Illenlals (animi), cl ainsi instruil el avreuve.
243. Elle tl'oi.lif?me Animal, ayant/a (ace cOlJ!me un {(omme,
signifie le Divin Vmi de la Pal'ole qllant il la sagesse. Par
l'homme, dans la Parole, est signifiée la sagesse, parce que l'hom­
me esl né pour reeevoir du Seigueur la sagesse, cl del"enir ange;
par suile autant quelqu'un est sage, aulant H est homme; la sa­
gesse vraiment humnine esl de savoir avec gOll1 qu'il ya un !.lien,
ce que c'esl qlle nieu, el ce qlli appartienl il Oieu; c'esl 1;'1 cc
qu'enseigne le {)i\'in Vl'ai de la Paro!.!. ()IH' la s.1gesse soil signi-
J. 20.
230 L'APOCAI.YPSE nl;vl:Ll~E, 1'\" 2li3,
/liée par l'homme, cela est évident d'après ces passages: (( I1are
je relUb'ai l'flamme plus que l'or pUJ', ct l'flamme 1J/uS que
1'01' d'Optlil'. ))- Ésaïe, XliI. 12 ;-l'homllle (vir-liomo) nommé
en premier Iiell est l'intelligence, et l'homme (homo) nOlllmé en
second lieu est la sagesse. (( Consumés sel'ont les habilanls dc la
le/Te, et l'flamme sera lllis5é rare. ll-Ésaïe, XXIV. 6.-(( J'en-
semencerai la maison d'Israël el la maison de Jehlldail de sc-
mence d'flamme cl de semence de béle. )) - Jél'ém. XXXI. 27.
- (( Vous, mon trol/peau; l'/Jomme, vans; Moi, voire Dieu. ))
- Ézéch. XXXIV. 31. - (( Les villes dévaslées se/'ont pleincs
d'un Iro1l1Jeau d'Homme. II - . Ézéch. XXXVI. 38. - (( J'ai vu la
lelTC, ct voici, vague cl vide,. el vcrs les ciell:r, et point de lu-
mière en cux; j'ai vu, ct voici, point d'flamme. ll- Jerém. TV.
23, 25. ...:- (( Ils sacrïfienll'fIommc, des veau.'!.' ils baisent. " -
1I0sée, xur. 2. - (( II mesUl'a la muraille de la Sainte JéJ'usa-
lem, cent qlla7'll1!te-qllalJ'e coudees, mesure d'Homme, qui esl
(une mesure) d'Ange. ))- Apoc. XXI. 17; - et en outre l'Il heau-
coup d'autres endroits, dans lesquels par l'holllllle il est signifié le
sage, et dans le sens abstraitia sagesse.
2lJ[1. Et le quatri?ime Animal, semblable à un Aigle qui vole,
signifie le Divin Vrai de la Parole quant aux connaissances et
]Jar suite quant à l'entendement. Par les aigles sont signifiées
différentes choses, et par les aigles qui volent sont signifiées les
connaissances dans lesquelles consiste l'entendement, puisqne
quand ils volenh ills connaissent et voient; les aigles aussi ont des
yeux perçants pour distinguer clairement, et par les yeux est si-
gnifi.é l'entendement, ]'\'" 48, 21li : par voler il est signifié perce-
voir et instruilJ'e, et dans fe sens suprême, dans lequel il s'agit du
Seigneur, prévoir et pourvoir. Que les I\igles dans la ra l'ole aient
ces significations, cela est évident d'après ces passages: (( Ceu:r;
qui s'attendenl il Jéhovah sont renouvelés en (orce, ils mon-
tent de l'aile comme les Aigles. l) . - I~saïe, XL. 31; - Illonter
de l'aile C01~)me les aigl'es, c'est être élevé dans les connais-
sances du vrai et du bien et par suite dans l'intelligence. (( Esl-ce
]Jar ton intelligence, ct selon ta bouche, que s'élève {','ligle?
ct il cherche sa nOUl'J'iture, de loin ses yeu.x voient. )l - Job,
\XXIX. 29,30, 32; - la faculté de connaître, de comTwclHlre pl
Vers. 7. CllAPl'fr.~ QUATr.lbIE. 231
de pourvoir esl décl'Île ici par l'aigle, el il esl monlré que cela ne
vicnl pas de la propre inlelligence. « Jéhovah qui 1'assasie de
bien la bouche, afin que tu sois n!nouvelé comme l'Aigle en ta
jeun(;sse. » - Ps. CHI. 5; - rassasier la bouche de bien, c'esl
pal' les connaissances donner l'enlendcmenl; par suite la compa-
raison cst faite avcc l'aiglc. « L'/ligle gr'and, gmnd d'ailes, long
d'enverglll'e, est venu SUI' le Liban; ct il a 7J/'is le l'ameau du
c()(lrc, et il l'a posé dans un champ de semaille, ct il a pousse.
El il Y avait un autre .4igle gl'Clnd, vel'S lcquelle ccp ployait ses
racines. » - ~:zéch. XVU, i à 8; -Iii, pal' Ics deux aigles sont
décrites l'Église Juivc ct l'I'~glise tsraélite, l'une et l'autre quanl
aux connaissances du l'rai el par suile quanl Il l'inlelligence. i\lais,
dans le sens opposé, les aigles significntles connaissances du faux,
d'après lesquellcs il ya entendement perverti, comme dans Mallh.
XX1V. 28. Jél'ém. 1V. 1.3. IIabak. I. 8,0; el ailleurs.
245. Vers. 8. Et les quatl'e flnimau.T, chacun pal' lui-même,
avaient six ailes ci l'cnlOll1', signifie la Parole quant li ses puis-
sances, ct quant ci ses gardes. Que pal' les quatr'e Animaux soil
signifiée la Parole, cela a élé monlré ci-dessus; que par les ailes
soienl signifiées les puissances, on le l'erra plus bas: pal' six, il
est signifié tout quanl au l'l'ai el quant au bien, cal' six vient de
trois el de deux multipliés l'un pal' l'autre, et pal' trois il est si-
gnifié lout quant au vrai, N° 505, et par deux, tout quant au bien,
N" 762, Par les ailes sont signifiées les puissances, parce que par
elles les oiseaux s'élèvenl en haul, et que chez les oiseaux les ailes
tiennent la place des bras chez l'homme; 01', pal' les JJras sont si-
gnifiées les puissanccs. Puisque par les ailes sont signifiées les
puissances, et que chaque Auimal avait six ailes, on "oit clairc-
menl, d'après ce qui a élé dit ci-dessus, quelle est la puissancc
signifi~e pal' les ailes de chacun, Il savoir, pal' les ailes du Lion,
la puissance de cOlOuallre contre les maux el les faux pl'ovenanl
de l'enfer, puissance qui est celle du Divin Vrai de la Parole pal'
le Seigneur; pal' les ailes du Veau, la Jluissance d'affecter le men laI
(anilllus), cal' le Divin Vrai de la Parole a!recle le mental de ceux
qui la lisent saintement; pal'les six ailes de l'Homme, la puissance
de savoir avec goùt ce que c'esl que Dieu, et ce qui appartient à
Dieu, car J'homme a propremenl celle puissance en lisanlla Pa-
~32 '-'APOCALYPSE r.l~\ï~LJ~L \" 2115.
l'ol'e; et pal' les ailes de l'Aigle, la puissance de connaill'e le vrai et
le bien, et ainsi cie s'acquérir l'intelligence. Au sujet des ailes des
Chérnbins, on lit dans ":zéchiel, « que leurs ailes se baisaient
1Iwtuellement, et aussi qu'elles couvraient leurs corps, cl qu'il
y avai! sous elles une ressemblance de mains. »- I. 23, 211. fil.
13. X. 5, 21; - pal' se baise,' mutuellement, il est signifié agir
eonjointement et unanimement; pal' eouvrir les eorps, il est si­
gnifié garder a[]n que les vrais intérieurs, qui appartiennent au
sens spvritllel cle la Parole, ne soient point violés; et pal' les nlains
sous les ailes sont signifiées les puissances. JI est dit aussi des
SCi'apltins, qu' « ils avaient six Ailes; de deux ils sc couvraient
les {((ces, de deux lts pieds, ct de deux ils volaient. » - Ésaïe,
VI. 2; - pal' les Séraphins il est pareillement signifié la Parole,
particulièremenl la doctrine d'après la Parole; par les ailes dont
ils se eouvl,'aientles faees elles pieds, les gardes; ct par les ailes
clont ils volaient, les puissances, eomlflc ci-dessus: que pal' voler
il soit signifié percevoir et instruire, el dans le sens suprême pré­
voir et jlourvoir, on le l'ail aussi par ces passages: {( Dieu cltevau­
c!lait su)" un Clu!rubin, il volait, ct il était porté sur les ailes
du vent. ,)- Ps. XVIII. H. Il :'am. XXU. 11. -« Je vis un ,1nge
volant par le milieu du Ciel, ayant l'Évangile éUmel. ,)-Apoc.
Xl V. 6, - Que pal' les ailes soient signifiées les gardes, cela esl
évidenl pal' ces passages: li Jéhovah sous son aile le couvrinl. Il
- l's. xcr. Il. - li l~tre caché sous l'omln'(: des Ailes de Dieu. J)
- l's. XVII. 8. - " Se j'élugie/' sous l'ombl'e de ses Ai/es.»
- Ps. XXXVL 8. l's. LVIL 2. Ps. LX!I!. 8. - li J'étendis 11/on
Aile sur toi, et je coll/}}'is la nudité. » - }~zéch. XVI. 8. - « Il
y aura pOUl' vous sante dans .les Ailes. » - ~lalach. llI. 20. ­
li Comme un Aigle excite sa nichée, sur ses petits s'agile, étend

ses Ailes, les porte SUT son ilile, de même Jéhovah le conduit. ,)
- Deulér. XXXII. 10, 11, 12, -- "Jésus dit: Jérusalem! com­
l.ien de lois ai-je voulu l'assemblei' tes enfants, comme ll1te
/Joule ses poussins sous ses Ailes! J) - "'allll. XXI.IL 37, Luc,
XIII. 311.
2!16. J~ï au dalans elles étaient pleines d'yeu:r, signifie la Di­
vine Sagesse dans la Parole dans son sens Iwtw'el d'après son
sens sltiri/uel cl son sens celeste. Que pal' les Animaux pleins
Vers. 8. CllAl'lTHE QUATRÜ;jl L 233
cl'yeux pal' devant et pal' derrière soit signifiée la Divine Sagesse
dans la Parole, on le voit ci-dessus, N" 240; semblable chose est
signifiée ici en ce que les Ailes etaient pleines ({'ytUJ.; : et comme
la Divine Sagesse de la Parole dans le sens naturel vient du sens
spirituel et ùu seus célesle, qui sont cachés cn dedans, c'est pour
cela qu'il est dit qu'au dedans elles etaient pleincs ù'yeux. Sur
les sens spiritucl et céleste qui sont intc'rieurement dans chaque
chose de la l'arole, voir la OOCTRIi'iE DE LA l\OUVELLE HRUSALE~1
SUR L'/::CIUTURE SA 11'\TE, j\'" 5 il 26.
247. Et de repos ils n'avaient ni jour ni nuit, disant: Saint,
Saint, Saint, le Seigneur Dieu ToUl-Puissant, signifie que la
Parole enseigne conlimwllement SUi' le Seigneur, et que Lui
Seul est Dieu, et que pal' suite Seul il duit cltre adore. Les
Animaux qui n'avaient de repus ni jour ni nuit signifient que la
Parole enseigne continuellement ct sans intcrruption; et qu'elle
enseigne ce que les Animaux disent, à savoir, &ânl, Saint, Saint,
le Seigneur Dieu Tout-Puissant, c'est-à-dire que le Seigneur Seul
est Dieu, et que par suite Seul il doit être adoré; Saint rl'pélé trois
fois signifie cela, car la répétition triple euveloppe tout Saint dans
le Seigneur Seul. Que dans le Seigneur il y ail la Divine Trinité,
cela a été pleinement montré clans la DOCTRINE DE LA l\OUVELLE
JÉnUSALEM sun LE SEIGNEUI\; puis aussi, que la Parole traite du
Seigneul' Seul, et que c'est de là que vient sa sainteté. Que le Sei­
gneur Seul soit Saint, on le voit ci-dessus, N' 173.
2!l8. Qui Etait et Qui Est et Qui Vient, signifie le Seigneul'.
Que ce soit le Seigneur, on le l'ail clairement clans le Chapitre l're­
miel', Vers. li, 8, 11, 17, où il s'agit du Fils de l'nomme, qui est
le SeigneUl' quant il la Parole; et il y es,[ dit ouverlement qU'IL EST
L'ALPI[;\ ET I:O~If:GA, C03IMENCt;~IENT ET FIN, LE PRE~JlEn ET Ul
/lEBNIER, QUI EST ET QUll~TAIT ET QUI YIENT, ET TOUT-PUISS,INT;
ce qui est signifié par ces paroles a été expliqué, N'" 13, 29,30,
31,38,57; ici donc on l'oit que le Seigneur est entendu par" Sainl,
Saint, Saint, le Seigneur Dieu Tout-Puissant, Qui Était et Qui Est
et Qui Vient. II
2h9. Vers. 9. Et quand les flnimaux donnaient gloi1'e et /lon­
neur et action de grâces ci Celui qui était assis SUl' le Trône, si­
gnifie que la Parole al/l'Ume tout Vrai cl lout Bien el tu ut Culte
1, 20*,
---
~:.lÜ L Al'OCALYPSJ:: lIt:VÉLÙ·:. N' 249.
au Scignell7' qui doit juger. Les ;lninwu.'l; sont la Parole, comme
il a été monLré; la gloire etl'ltonneur, quand il s'agit du ~eigneur,
sont que tout vrai ettouL bien apparliennenL au Seigneur et vien­
nent de Lui; l'action de gl'lice, c'est tout culle; Ce/ui qui est assis
SUI' le Trone, c'est le Seigneur quanL au jugemenL, Comme ci­
dessus; de lit, il est évident que pal' « quand les Animaux don­
naient gloire ct honneur et aclion de gràce à Celui qui était assis
SUl' le Trône, » il est signifié que la Parole aLtribue Lout vrai et
lout bien et tout cu Ile au Seigneur qui doiL juger. Pal' donner au
Seigneur gloire et honneur, il n'est pas entendu dans la Parole
autre chose que reconnallre et confesser que Lout vrai etlout bien
vieunent de Lui, qu'ainsi il est le seul Dieu, car la Gloire est à Lui
d'après le Divin Vrai, et l'Honneur d'après le Divin Dien. C'est là
ce qui est signifié pal' gloire et honneur dans les passages sui­
vants : « Jéhovah a (ait les Cieu,'JJ, CLOIRE et LJONNEUH sont de­
vant Lui. » - Ps, XCVJ. 5, 6. - « Jéhowl! mon Dieu! Grand
lU es e,l;tl'ê11!emel~t; de CLOIRf. ct d'rIONNEUR lU t'es l'evêtu, »-'
[>s. Cl\'. 1. - « Grandes (sont) les Ol~uvres de Jr!l!ova/z; GLOIRE
l'l IJONNEUR (est) son nEll1:re. ,) - Ps, cxr. 2, 3. - « CLOIRE
et [JoNNEun lU l'épandras Sll1' Lui, bénédictions il éte1'nité. "
- Ps. xx r. 6, 7; - il s'agit du Seigueur. « Ceins ton epée SU1' la
cuisse, 6 Puissant en ta (;1.011:1:; et ton IJONNEUR; dans tOit /1on­
neur monte, elU/vauclIC su,. la Pm'ole de vddté. Il - l's. XLV.
!.J, 5. -(( Tu L'avais réduit un pell en compal'aison des lInges;
de GLOII~E et d'110N!'iEUR tu L'as couronné. Il - Ps. VU/. 6. ­
(( La GLOIRE du Liban lui a été donnée, l'HONNEUR du C(!rl1wl
et de Sclwl'on; eu,:c vC1'l'ontla GLOIRE de Jéhovah, etl'lIoNNEUR
de notre Vieu. » -l::saïe, XXX\'. 1,2; - toutes ces choses ont
été clites clu Seigneur; el en outre aille li l'S, pal' exemple, l's. G.'{LV.
a, 5, 12. Apoc. XX [, 24, 25. De plus, qllancl dans la Parole il 5;a­
gil du Divin Vrai, il est dit la Cloire,]\" 629; et quand il s'agit du
Divin Bien, il est dill'f1onnellr.
250. A Celui qui vit aux sù~cles des siècles, signifie (Ille le
Seigneur Seul est la vic, et que de Lui Seul vient la vie étel'­
nel/e. Voir ci-dessus, J'/"' 58, 60.
251. Vers, 10. Les vingt-quat1'e Anciens sc p)'oslernaïcnt de­
vaut Cc!ui qui (((lit assis sur le 1'nine, et adoraient Celui qui
Vel'S. 10'. CIL\l'rtllL QU,\'j'jUJ~,IlL :l3[,
vi! aux siècles des siècles, signifie l'humiliation de tous dans le
Ciel devunt le Seignellr. Que pal' les vinut-r/uatl'e Anciens soient
entendus lous ccux qui sont de l'I:;glise (lu Seigneul', on le voit cl·,
dessus, t," 2i)3; ici, tous CCLIX qui sont de son I~glise dans le Ciel;
les Anciens, conllne Chefs, les l'cprésentaient tous; que ce soit
l'llllLllilialion devant le :3eigncllr, et d'après l'humilialion l'adora­
tion, cela est évident sans explicalion.
252. Et ils jetaient leurs COl/l'onnes devallt lr: Trône> signifie
la )'ceonnaissancr: qae leur sagesse vient de UlÏ Selli. Que la
Couronne signifie la sagesse, on le voit ci-dessus, N'" :lSÜ, 235;
pal' suite, par jeter les eOUl'OllllCS devant le Trône, il est signifié
reconnaître que la sagesse apparlient non pas il eux, niais au Sei­
gnenr chez eux,
253. Vers. 11. Disant: Digne tu es, Seigneur, de recevoii' la
gloire ct l'honneur ct le po/woi)', signifie la eonression qu'au
Seigneur appal'tient le lloyauJite d'apn?s le mérite ct la jus­
tice, parce qu'il est le Divin Vrai ct le Divill Bien. La confession
est signifiée pal' dire; que c'est d'après le mérite ci la justice,
esl signilié par digne tu cs, Seigneur; que Lui-\lêll1e est le Di­
vin Vrai et le Divin Bien, est signiflé pal' la gloire ct l'honneur,
comme ci-dessus, N" 21t9; que le lIoyaume Lui appartient, est si­
gnifié par reccvoil' le pouvoir: ces choses réunies en un seul sens
signifient donc la conl'ession qu'an Seigneur appartienlleHoyaume
d'apl'cs le mél'ite et la juslice, parce qll'i1 est le Divin Vrai et le
Divin Bien.
251t. P(lTce que Toi, tu as cnié toutes choses, ct que pal" ta
Volonté elles sont, et elles ont été C1'eeeS, signifie que toutes les
choses da Ciel ct de l'èglise ont ete raites ct rOiïl/eeS, et qae les
hommes sont rérormés ct nigener!!s, d'apri;s le Divin r1mow'
du-Seigneur ]Jar sa Divine Sagesse, oa d'apri?s le Divin Bien
]Jal' le Divin Vrai> qui aussi est la l'arale. C'est lit le sens spi­
rituel de ces paroles, parce que par créer il esl signifié réformer
ct régénérer par le Divin Vrai, et que pal' la Volonte du Seigneur il
est signifié le Divin Bien: soit qu'on dise le Divin Bien et le Divin
Vrai, soil qu'on dise le Divin Amour et la Divine Sagesse, c'est la
mème chose, pat'ce que loul bien appartient il l'amour, el que lout
\Tai appartient it la sagesse. Que du Divin Amour el de la Divine
206 L'Al'OCAI,Yf>Sf: névüü:. t\' 25!l.
Sagesse procèdent Lou Les les choses du Ciel et de l'(.:glise, eL que
même par eux le Monde ait éLé créé, c'esL ce qui a été amplemenL
monLré dans LA SAGESSE ANGÜ.IQUf: SUR u; DIVIN AMOUI\ J::T sun
LA DIVINJ:: SAGESSE; puis aussi, que l'Amour eL le Bien appartien­
nent il la volon lé, eL que la Sagesse eL le Vrai appartiennenL à l'en­
lenùement; de là il est évidenL que pat· la VolonLé du Seigneur, il
esL enLendu son Divin Bien ou son Divin Amour. Que créer, ùans
la Parole, signifie réformer et régénérer, on le voiL clairemen Lpar
ces passages: « Un ~'œZl1' pur cnje en moi, ô Dieu! et un esprit
lerme innove au milieu de mol. » - l's. Lr. 12. - « Tu ouvres
ta main, elles sonl rassasiees de biens; III envoies ton esprit,
elles sont creees. » - Ps. CIV. 28,30. - « [,e peuple, qui sel'a
cree, louera Jalt. » - Ps. CU. 19. - « Voici, Moi, je cree un
Ciel nouveau ct une Terre nOl/velle; soyez dans l'allegresse à
elernite, à cal/SC des citascs que Moi je cree. Voici, illoi,je vais
creer Jérusalem bondissement.»- tsaïe, LXV. '17,18. -« Je­
Itovalt qui cree les cieux, qui dtend la terre, qui donne une âme
au peuple sur elle, et un esprit à ceux qui y marcltent. » ­
j::saïe, XLII. 5. XLV. 12,18. - « Ainsi a dit Je/lOvait ton Crea­
tCUl', ô Jacob! tonlm'matclU', ô Israël: Jc t'ai racltcte, je l'ai
appcle par ton nom; à Moi, toi; quiconque cst appele de mon
Nom, pour ma gloire je l'ai crée. » - Ésaïe, XLIII. 1,7. - (l Au
jour oit tu lus crée, elles ont éte preparées; parlait, toi, dans
tes voies au jour oit lu (us cl'éé, jusqu'à cc que fut trollvée ht
)Jerversilé en toi. » - I~zéch. XXVIll. 13, '15; - ces choses on t
éLé dites du TIoi de Tyr, par lequel sont signifiés ceux qui sonL
dans l'inLelligence par le Divin Vrai. « A/in qu'on voie, que l'on
connaisse, que l'on considère ct que l'on comprenne que la
main de JeholJalt a (ait ceci, cl que le Saint d'Israël l'a créé. »
- Ésaïe, XLI. 19, 20.

* * * * :;
255. A cc qui précède j'ajoulerai ce ~IÉMonAnLE. Afin que per­
sonne n'enLre Clans le sens spirituel de la Parole eL ne pervertisse
le vrai réel qui appartienL il ce sens, il a été placé par le Seigneur
des gardes, qui dans 1<1 Parole sont enienclllcs par les Chérubins,
1\" :2:>5. CILlPITIlE QU,\Tfilba:, 237
lesquels ici sont qualre AnÎrnGux : que des Gardes ,tient été po­
sées, c'est ce qui a éte reprc,senté devant moi de celle manière:
Il m'a été donné de voir de gl'alllies Bourses, qui apparaissaient
comme des sacs, ùans lesquelles al'ait été l'enfermé de l'argent en
granùe quanLité; ct comme elles avaient été oUI'ertes, il me sem­
IJlait que chacun pourrait s'emparer de l'argent qui s'y troulait
déposé, et même en [aire un pillage; mais auprès de ces l30urses
étaient assis deux Anges comme gardiens; le lieu ou elles avaient
été placées ressemblait à une crèche dans une étable; dans une
ChamIJre adjacente je vis des Vierges modestes alec une I::pouse
chasle; et près de cetle Chambre sc tenllient deux Enfants, cl il me
fut dit qu'alec eux il fallait non pas jouer cl'une manière' enfantine,
mais agir aler, sagesse; ensuite il appa!'llt une Femme débauchée,
puis un Cheval étendu mort. Après que j'eus vu ces choses, je fus
instl'Uit que par elles étllit représente le Sens de la lettre de la Pa­
role, dans lequel est le Sens spirituel; ces grandes Dourses pleines
d'argent signifiaient les connaissances du vrai et du bien en
grande abondance : si ces bourses avaient élé ouvertes, et ee­
pendant étaient gardées par des Anges, cela signifiait que chacun
( poulait en Lirer les connaissances du Hai, mais que des mesures
avaient été prises afiu que persoune ne falsifiàL le Sens spirituel,
dans lequc'I sont les vérités pures: la Crèche dans ['étable, où élaien t
pIncées les bourses, signifiait l'instruction spirituelle pour l'enten­
dement; la crèche il celle signification, et anssi la crèche dans la­
quelle a été coucllé le Seigneur Enfant, parce que le Cheval, qui
y mange, signifie l'entendement [h~ la t'Mole. Les Vierges mo­
destes, qui furent vues clans la Chambre adjacente, signifiaient les
, affecLions du vrai, et l'I~pousc chaste la conjonc Lion du bien et du
y~i; les Enfants signiflaient lïnnocence de la sagesse dans la Pa­
l'ole; c'étaient des Anges du troisième Ciel, qui tous apparaissent
cmmne des enfanls; la Femme dcbauchée al'ec le Chel'almort si­
gniflaiL]; falsification du l'rai PUI' IJILlSiel.1l'S nl.1;oLlrù'hui, falsifica­
tion par laquelle périt tout entendement de la t'al'Ole; ~lI1e
débau.fllée signifie la falsification, ct le cllevallI10rt l'entendement
du \Tai devenu nul.
II m'a été à0l1n6 de parler après leur morl al'ec plusicUl's
honllllCs, qui avaient cru qu'ils brilleraient dans le Ciel COlllme
238 L'APOCALYPSE llÉVÉLÉL i\" 255.
des Üoiles, parce que, selon ce qu'ils disaient, ils avaient consi­
déré la Parole comme sainte, l'avaient lue sOUl-ent, et en avaient
recueilli plusieurs passages, pal' lesquels ils avaient confirmé les
dogmes de leur foi, et pal' lit avaient passé dans le monde pour
Savants, d'où ils avaient cru qu'ils seraient des "Nlichels et des
I\aphaëls; mais plusieurs d'entre eux furent examinés SUI' l'a­
moll\' d'après lequel ils avaient étudié la Parole, et il fut re­
connu que quelques-uns avaient agi d'après l'amolll' de soi, afin
de paraître grands dans le Monde, et d'être Il.onorés cOlm;;-e
des Primats de l'~:glise, et d'autres d'après l'amoll\' du Nlonde,
afin cl'acquérir des richesses; lorsqu'ils furent examinésS'tifce
qu'ils savaient d'après la Parole, il fut découvel'l qu'ils ne sa-
Ivaient rien du vrai réel, mais qu'ils savaient seulement ce qui est
appelé vrai falsifié, qui en soi est le faux, et ce faux clans le Mon-de
spirituel infecte-les narines des Anges; et il lem fut dit que cela
leur venait de ce qu'ils avaient eu pour fins eux-mê_ltl~~le
l'lande, ou, ce qui est la même chose, leurs amours, et non le
Seigneur et le Ciel; et que, lorsqu'on a·pourOns soi-mê~e
monde, le Mental en lisant la Parole reste allaché il soi-même et
au monde, et pal' suite on pense continuellement d'ap;:èSSOn
--
propre, qui est dans l'obscurite quant it tout ce qui apparfient au
Ciel; dans cet état l'homme ne peut être retiré de sa lueur propre,
,1 et ainsi être élevé dans la lumière du Ciel, ni pal' è(ïn~ent-re­
CCI-ail' aucun inOux du Seigneur pal' le Ciel. J'ai vu aussi ceux-ci
admis dans le Ciër, et lorsqu'il rut découvert qu'ils n'avaient au­
cun vrai, ils furent dépouillés de leurs vêtements, et apparurent
dans une nudité honteuse; et ceux qui avaient falsifié les vrais
l'urent chassés, parce qu'ils sentaient mauvais, mais néan~()Tns
çhez eux l'estait l'orgueil et la croyance d'avoir mérité. 11 en fut
tout autrement de ceux qui avaient étudié la Parole d'après l'alfec­
tian de savoir le l'l'ai parce qu'il est le vrai, ct parce qu'il ser~~~
) \ usagcs de la vie spirituelle, non-seulement de la leur propre,
mais aussi de celle du prochain; je les ai vus ele~s dans le Ciel,
et aiusi dans la lumière où est lit le Divin Vrai, et alors en même
temps exaltés dans la Sagesse Angelique, et dans sa félicité, qui est
la vic étel'l1elle.
t'APOC1\L-YPSE

CHAPITRE CINQUlf~ME

1. Et je l'is clans la (mnin) droite de Celui qui élait as­


sis SUi' le TI'One un Line écrit en dedans et pal' derrière,
scellé de sept sceau x.
2. Et je l'is un Ange ]luissant qui criait il voix gl'ande :
Qui est digne d'ou l'l'il' le Lil'ee, et d'en rom pee les sceaux?
3. Et personne ne put dans le Cicl, ni SUI' la terre, ni
sous la lenc, ouvrir le Lil'rc, ni Ic regarder.
4. Et moi je pleurais heaucoup, de cc que personne Il'6­
lait troul'é digne d'oul'rir et ùe lirc le Livrc, ni dc le rc­
gaJ'fler.
5. Et l'un dcs Anciens me dit: Ne pleure point. Voici,
il a vaincu, le Lion qlli est de la tribu de Jehuclah, la racine
de David, pOUl' ollITir le lil're et en rompre les sept sceaux.
6. Et je l'is, et voici, au milieu du 'l'l'Olle, et des quatre
Animaux, et au milieu des Anciens, un Agncau qui gisait
comme tué, ayant sept cOl'nes et sept yeux, qui sont les sept
esprits de Dieu, enl'oyés pal' loute la terre.
7. Et il vint ct prit le lil're de la (maill) dr'oitc de Cclui
qui était assis sur le Trôllc.
S. El quand il Cllt pris le lil'rc, Irs qualre Anim:lux ct
2/jO ':APOC,If,Yl'SE Il i: V1:: d:J:. ,

les vingt-quatre Anciens se proslel'nèl'ent devant l'Agneau,


ayant ehacun des harpes, el des noies d'or plril1es cie par­
fums, qui sOlit les prières des sêlints.
0. Et ils chantaient un Cantique nouveau, dis:lnt : Digne
tu es de prendre le livre et i1'cn ouvrir les sceaux, paree que
tu as été tué ct nous as l'achetés à Dieu en ton sang, de IOLI~e
tribu et langue, et peuple et nation.
10. Et tu nous as l'ails à notre Dieu "ois el prètl'cs, el
noc!s règnerons SUI' la terre.
1'1. Et je VIS, el j'entendis une voix de beau(;oup d'Anges
autour du Trône ct des Animaux et des Anciens, et Icul'
noml)l'e était des myriades de myriades ct des milliers de
milliers.
12. Disant d'une l'oix grande: Digne esl l'Agneau, qni
a été lué, de recel'oil' le pou\'oil' et richesse el sagesse el
honneur et gloire et hénédiction.
13. Et loute chose créée, qui est dans le dei et SUI' la
terre et sous la terre, et dans la mel' celles qllÎ sont, et tontes
celles qui sont en elles, je les entendis, disant: A Celui qni
est assis sul' le Trône et à l'Agnean la bénédiction el l'1I0n­
neUl' et la gloire et la force aux siècles des siècles.
1ll. Et les quatre Animaux disaient: Amen. Et les vingt­
quatre Anciens se pl'ostel'Oèrent et adol'èrent Celni qui vi­
aux siècles des siècles.

SENS SP!HITUEL

CONTENU DE TOUT LE CHAPITllE. Le Seigneur dans SOIl


Divin Humain fera le Jugement d'après la Parole et selo!l
1.1LlPlTH E ClXQUIt:ln:, 2/1')
la Parole, parce que Lui-Même est la Parole; et cela est
reconnu de lous dans les tl'ois Cieux.
CONTENU DE CHAQUE VERSET. Vers. 1. Et je vis clans la (main)
droite de C<:/ui qui était assis sur le T7'6ne un '-'ivre écrit en
dedans et pm' delTière, signifie le Seigneur quant à son Divin
d'étel'l1ité, qui a la Toute-Pnissance et la Tonte-Science, et qui
est la Parole: scellé de sept sceaux, signifie ce Divin absolument
caché à l'Ange et à 1'!Jomme : Vers. 2. Et je vis un Ange puissant
qui criait il voix g1'ancle, signifie le Divin Vrai influant du Sei­
gneur profondément chez les Anges et chez les hommes: Qui est
digne d'ouvl'ir le [,ivl'e, et d'en l'ompre les sceaux, signifie qui
a la puissance de connallre les états de la vie de tous dans les
Cienx et dans les 'l'cnes, et de juger chacun selon le sien: Vers. 3.
./';t personne ne 7Jut dans le Ciel, ni sur la telTe, ni sous la
telTe, signifie qne nnl ne put dans les Cieux snpél'ienrs ni dans
les Cieux inférieurs: OUVril' le Livre, signifie connaître les états
de la vie de tous, ni juger chacun selon le sien: ni le regm'de r,
signifie pas en la moindre chose: Vers. 4. Et moi je pleurais
beaucoup, de ce que personne n'était trouvé digne d'Quv/'ü' et de
lire le Livre, ni de le regardf r, signifie la donleur de cœur, de
ce que, si personne ne le pouvait, tous périraient: Vers. 5. Et
l'un des Anciens me dit: Ne pleure point, signifie la c.onsola­
lion: voici, il a vaincu, le Uon qui est de la tribu de Jeltudalz,
la 1Ytcine de David, signifie le Seigneur, en ce que de sa propre
puissance il a subjugué les enfers, et a remis en ord"e toutes
choses, quand il était dans le, Monde, par le Divin Bien uni au
Divin Vrai dans son Humain: pour ouvrÏ1' le liv/'e et en l'omprc
les sept sceaux, signifie ici comme précédemment: Vers. 6. Et je
vis, et voici, au milieu du Trône, et cles quatl'e Animau x, et
au milieu des Anciens, signifie depuis les intimes, et par suite dans
toutes les choses dll Ciel, de la Parole et de l'tglise: un Agneau
qui gisait comme tué, signilJe le Seigneur quant il l'Humain non
reconnu pOUl' Divin dans n::glise: ayant sept cornes, signifle sa
'fouLe-Puissance: et sept yeux, signifie sa Toute-Science cL sa
Divine Sagesse: qui sont les sept esprits de Dieu, en/loy!!s pal'
loute/a telTe, signifie que d'après elle le flivinl'rai psL SUI' Il' globe
1. :H,
2/;2 L',IPOC,ILYPSE I\I~Vt:I.Éf:.

parlouL où il y il une religion: Vers. 7, Et il vint et prit le livre


de la (main) dl'oite de Celui qai était assis sur le 'J'I'6ne, signifie
que le Seigneur quanL il son Divin lIumain esL la Parole, qlle cela
lienL de son Divin en Lui, cL que c'esL pOlir cela que c\'a1près son
Divin 1I11lllain il fera le jngemenL : Vers. 8. Et quand il eut pris
le livre, signifie quand le Seigneur euL résolu de faire le juge­
menL, eL de remeLLre par cc jugemenL Lou Les choses en ordre
dans les Cieux eL dans les lerres: les quatre Animaux et les
vingt-quatre Anciens .le proste17lèl'ent devant l'Agneau, signifie
l'humiliation, el l'adoration du Seigneur par les Cieux SlIIpérieurs :
ayant chacun des Iwrrpes, signifie la confession du Divin Humain
du Seigneur d'après les vrais spirituels: et des {tales d'or pleines
tle par{ums, signifie la confession du Divin Humain du Seigneur
d'après les biens spiriLuels: qui sont les prièl'es des saints,
signifie les pensées appartenant à la foi d'après les affections
apparLenant à la charité, chez ceux qui adorent le Seigneur d'a­
près les biens eL les vrais spiriLuels: Vers. 9. El 'ils cllilntaienl
un Cantique nouveau, signifie la reconnaissance ct la glorifica­
Lion du Seigneur, de cc que seul il esL Juge, Rédempteur eL Sau­
yeu l', par conséquenL Dieu du ciel el de la Lerre: disant: Digne
tu es de prendre le livl'e el d'en ouvrir les sceaux, signifie ici
comme précédemmenL : pm'cc que III as été tué et nous as ra­
chetés il Dieu en Ion sang, signilie la délivrance de l'enfer, el la
salvaLion par la conjonction avec Lui: de loute Iribu et langue, el
peuple et nation, signifie que par le Seigneur onL éLé rachetés
ceux qui danB l'F:glise, ou dans une religion quelconque, sont
dans les l'rais quant à la doctrine eL dans les biens quan Lil la vie:
Vers. 10. Et lu nou.s as {aits li notre Dieu l'ois el Pl'Cll'CS, si­
gnifie que pal' le Seignelll' ils sont dans la sagesse d'après les
Divins Vrais eL dans l'amour c1'après les Divins biens: et nous l'(~­
gnerons sw' la telTe, signifie eL ils ser011L dans son Royaume,
Lui en eux cL eux en Lui: Vers. 11. El je vis, et j'entend'ÏS une
voix de i)('aucoup d'Anges aulour du Trône el des Animau.'/; cl
des Anciens, signifie la confession eL la glorHlcation c1u SeigncNr
par les Anges des Cieux inférieurs: el leur nombre élait des
mYl'iades rie m1jl'iade,~ cl des milliers de milliers, signifie Lous
dans les ITiiis el clans les biens: Vers. 12. lJis01l1 d'ulle voix
rcrs. 1. CHAPl'!'JlE ClNQUlba:, ~ü3

grande: Digne est l',lg1l.cau, qui li- eté lué, de recevoir le pou­
voir el J'icltesse el sagesse cl honneur el gloire, signifie la con­
fession de cœur, qu'au Seigneur quant au Divin Humain appar­
tiennent la Toute-Puissance, la Toute-Science, le Divin Bien et le
Divin Vrai: cl iJénediclion, signifie toutes ces choses en Lui, et
par Lui en eux, Vers. 13. El Ioule chose ci'éee, qui est dans le
ciel el sw' la ler!'e el sous la tel're, el dans la mer celles qui
sont, el Ioules celles qui sont CIL clics, .ie les entendis, disant:
signifie la confession et la glorification du Seigneur par les anges
des Cieux les plus bas: à Celui qui esl assis SUI' le Trône et à
l'Agneau la bénédiclion el l'IlOnncUJ' et la gloire cl la f'orce aux
sièC/('s des siècles, signifie que dans le Seigneur d'éternité, et par
suite dans son Divin Humain, est le tout du Ciel et de l'l::glise, le
Divin Bien et le Divin Vrai, ct la Divine Puissance, et par Lui en
eux: Vers. H. El les quatre Animaux disaient: Jlmen, signifie
la Divine confirmation d'après la Parole: el les vingl-qualn! An­
ciens se proslernèrenl ct adori?renl Celui qui vit aux siecles
des siècles, signifie l'humiliation devant le Seigneur par Qui et en
Qui est la vie éternelle, et d'apl'ès l'humiliation l'adoration du
Seigneur pal' tous les Cieux.

EXP Lie ATION


256. Vers. 1. BI je vis dans la main droile de Celui qui I!lail
assis sur le Trône un Livre ecrit cn dedans et par derrière,
signifie le Scignew' quant il son Divin d'éternité, qui ala Toute­
l'uissance cl la Toute-Science, ct qui esl la l'ar'ole, et qui de
Lui-même cannait les etats de la vie de tous dans les Cieux cl
dans les Terres ilans toul parliculiel' cl dans toul C011t17WI!.
l'al' Celui qui est assis sur le Trône est entendu le Seigneur
quant au Divin Même, dont procède son Humain, car on lit ell­
suite que l'Agneau prit le Livre de la main de Celui qui était assis
SUI' le Trône, Vers. 7, et par l'Agneau est entendu le Seigneur
quant au Divin I1umain; pal' nn Uvre ecrit en dedans et par der­
Tière, est enlendue la Parole dans tout particulier et dans tout
commun, par « en dedans Jl dans tout particulier, et par « par
:l!l!, L'APOC.ALYPSE lU: l'lL.ÉJ':. ,\" 2'>6.
derrière ùan. tout rOlrdnun; par cn dedans et par derrière il e~t
1)

aussi entendu le sens intél'ieur de la Parole, qui est spirituel, et


sou sens extérieur qui est naturel; par la main d/'oile est entendu
le Seigneur qUan~ il la Toute-Puissance et il la TOlite-Science,
parce quïl s'agit de l'exulJJeu ùe tous, dans les cieux et dans les
terres, SUI' qui il y aura Jugelnent dernil',r, et de leur separation. Si
le Scigncm, COllllue l'arole, sait par Lui-l\lême les états de la lie
ùe tous dans les cieux ct dans les terres, c'est parce qu'il est III
Divin "l'ai même, et que le DivÎu Vrai même conlnail par soi­
même tOllles choses; muis ceci esl lin arcane, qui u été dévoilé
dans LA SAGESSE At(GÉl.IQUE SUR U: DIVIN A~IOUH ET SUR LA
DI1'1l0: SAGESSE. Que le SC'ignellr quanl au Divin Même d'éteruité
ait été la Parole, c'est-il-dire, le Divin Vrai, cela est évident pur
ces paroles dans Jean: « Ilu commencemenl etait la l'm'ole, el la
Parule lilait chez Dieu, el Dieu elle etait, la Pw·ole!,,-1. 1;­
et que le 5ci3neur aussi quant Ill'Ilumain ait été fuit 1,1 Parole, on
le \ oil dans le ;\lême: « El la l'm'ole Cltail' Cl I!le liûle. )' - r.
1{:; - de là Oll peut l'ail' ce qui cst entendu eu ce que le Livre
etail dans la main droile de Celui qui êtait assis sur le Trône, et
que l'Agneau ensuile prit le Livre, Vers. 7. Comme le Seigneur
est la l'm'ole, et que la Parole esl le Divin Vrai, qui dans le conl­
Illun fait le Ciel el 1'1::glisc, el dans le parliculier l'Ange pour
qu'en lui il y ait le Ciel, et l'homme pour qu'en lui il yaitl'Église,
et comme la Parole ici est entendue par un Livre, d'après lequel
et selon lequel tous doivent être jugés, c'est pour cela qu'il est
dit ça et là être inscril dans le Line, êlre jugé d'après le Livre,
êlre effacé du Livre, quand il s'agit de l'élat de la vie éternelle de
quelqu'un, camille ùans ces passages: « L'Ancien (les jours pOU1'
le jugement s'assil, el des LIVRES furenl ouverts. .. - Dan. VIL
D,iD. - Delivre sem ton l}euTJle, quiconque sera trouvé éc1'it
dam le LIVRE. Il - Dan. XH. 1. - « CaclliJ ne t'a poinl élé mon
os; sur ton LIVRE onl elé ecrils tous mes jOUI'S, et pas un d'eux
n'y manque. ')- Ps. CXXXIX. 15, 16.-« JUoïse dit: Ei/ilce-moi,
je le l}rie, de Ion LIVRE que lu as ecrit; Je/lOvait (/il: Celui qui Il
péché conlre Jlloi, je l'effacel'ai du LIVRE. Il - Exod. XXXIl.
32, 33. - « Qu'ils soiml effacés du LIVRE de Vie, el qu'avec les
jusles ils ne soicllt J.loint illSuits. » - l's. LXIX, 2l>. - « Je vis
Vers. 1. CfLll'lTHE CI:iQUIÈME. 2fl,)
que des LIVllLS furent OUI/el'ls, !:l tUt autre LIVIa; fut ouvert,
qui est (le livre) de vie, ('{ (ui'ent jugés les morts d'apres les
choses qui citaient écrites dans les LIVRES, selon leiO's œuvres,. et
quiconrlue ne fut pas trouvé, dans le LIVIH: de Vie, ih'1'it, fut
jeté dans l'étang de (eu, » - Apoc, XX. 12,15. - « Il n'entrera
dans la Nouvelle-Jé'l'llsalem que ceu,x qui ont die cicrils dans le
LIVRE de vie de L~gneau. » - Apoc. XXI. - 27. - « lis adore­
"ont la IH!te, tous ceux-là dont n'ont point éte ecrits les noms
dans le livl'e de vie de l'Agneau, ., - Apoc. XI.U. 8. X VU. 8. ­
Que par le Livre soit entendue la Parole, on le l'oit dans David:
« Dans le IloULEAU DU LIVRE il a été écrit de moi.»- l's. XL. S;
- et dans I::zéchiel: « Je vis, et voici, une main (ut envoyee
vel'S moi, et en elle un I\OULEi\U DE LIVRE eail devant ct der­
l'iëre.» - 11. 9, 10. - « Le LIVH des paroles d'Ésaïe. » - Luc,
tif. 4. - « Le LIVRf; des Psaumes. » - Luc, XX. il2.
257. Scelle de sept sceau,x, signifie ce Divin entÙ:l'emen!
co,ché li L'ange et li l'/tomme. Que scellé d'un sceau signifie
caché, cela est évident; par suite scellé de sept sceaux; signifie
entièrement caché, cal' sept signifie tout, N° 10, par consequent
aussi entièrement; qu'il soit entièl'ernent caché à J'ange et il
l'homme, cela est dit peu après en ces termes: « Et personne lU:
put dans le Ciel, ni SUl' la terre, 11.1: S01/S /a terre, ouvrir le
Livre, ni le lire> ni le regarde l', Il - \' ers. 3, il; - telle est la
Parole pOUl' tous ceux auxquels l'Agneau, c'est-à-dire, le Seigneur,
ne l'ouvre point: ici, comme il s'agit de j'examen de tous avant
le Jugement dernier, ce sont les états de la vie de tous, dans le
commun et dans le parliculier, qui sont entièrement cachés.
258. Vers. 2. Et je vis un Ange puissant Ifui aiail d"une voix
g1'ilnde, signifie le Divin Vrai influant duSeignew'pro(ondemenl
dans la pensée des anges el des hommes, el la ,'echerc/w. Dans
le sens spirituel, par un Ange qui criait est entendu le Seigneur,
parce qu'un ange prêche et enseigne non pal' lui-même, mais
d'après le Seigneur, toutefois cependant comme par 'lui-même: il
est dit un Ange puissant, parce que c'est avec puissance, et ce
qui est prêché avec puissance influe profondement dans la pensée;
une voi;/; gmnc!e signifie le Divin Vrai influant du Seigneur ave,'
puissance ou force; si la recherche est aussi signifiée, c'est parce
L)1'f:
1. _1 ,
2Mi ,: A:'OCA LYPSE Rfv it.ÉE. N" 25ll.
que l'Ange fail celle demande: ,,('ui esl digne d'ouvrir le livre?»
comme il su il maintenanl.
259. Qui estrligne d'ouvrir/eliVl'e, et (l'en rompre les sceaux,
.signifie qui a la puissance de c01maitre les états de la vie de
tous clans les Cieux et dans les J'CITes, ct de jugel' chacun selon
II! sien. - Qui est digne, signifie qui peul ou qui esl en [Juis­
sance; ouvl'ir le livre ct en l'ompre les sceau;!;, signifie ici
connaîlre les élals de la vie dc lous dans les cicux el dans les
terres, et aussi jngcr chacun selon son élal; cal' lorsque le IiVl'c
esl ouvert, il y a recherche [JOUI' connallrc quels ils sont, cl
ensuile sentence ou jugement, comme lorsqu'un juge agit avec le
livre de la loi el d'a[Jrès ce livre: que [Jal' ouvrir le livre, il soit
signifiérec.hcrcher quel esll'éLat de la vic dans LouseLdans chacull,
on le voiL par le Chapilre suivanl, où esL décriL ce qui a éLé vu,
quand l'Ange ouvrit selon leur ordre les se[Jl sceaux du Livre.
260. "ers. 3. Et pe1"Sonne ne put dans le Ciel, ni SUI' la telTe,
ni sous la teiTe, signifle que nul ne Inti daus lesCieu:.c supérieurs
ui dans les Cieux il1(él'iel.t'l's. Pal' dans le cid, SUl' la ten'e, ct
sous la tare, il est entcndu dans les Cieux supérieurs eL dans les
Cieux inrérieurs, comme aussi plus !las, Vers. 13, où sonL ces [Ja­
l'oies :"Et toute chose e'l'éee, qui est dans le Ciel, et SUI' la terre,
et SOltS la terl'e, el celles qui sont dans la me/', je les entendis,
disant; Il comme il enlendil ceux-ci cL ceux-là disanl, il est élέ
denL que c'élaient des anges eL Iles esprils qui parlaicnl; Jean éLait
aussi cn espriL, COlllllle lui -llIêlllC le dit dans le Clia[Ji lre [\',
Vers. 2; dans cel élaL il ne lui apparuL pas d'auLre Terre qu'une
Terre du Monde spirituel; cal' Iii il Ya des Terres COlllille dans
le monde naturel, ainsi yu'on peuL le voir par la description de
ce ,\londe dans le 'l'l'aiLé DU Cn:l. ET Dt; L'ENFEH, et aussi dans la
COll'TI~UATlON SUH LE MONDE SPIRITUEl., NU' 32 à 38. Les Cieux
superieurs y ap[JaraissenL SUI' des ~jonlagnes eL des Collines, les
Cieux inférieurs SUI' des Terres plus bas, eL les derniers Cieux
Comme sous les lerres; car les Cienx sont des tLenùues, l'une au­
dessus de l'anlrc, el chaque ÉLendue esL comme une Terre sous
les pieds de ceux qui y sont; l'}:tendue la plus élevée esL comme
le sommet d\lIIc montagne; la seconde ÉLendue esL au-dessous,
Hlais se prolongeunl plus loin SUl' les côtés lOllt aulour, cl 1'1:;­
Vers. 3. Cli,\1"'lTR<: Cl;'QC\i:m;. ~!l"1

tendue la plus basse enCOl'e plus loin, et comme celle-ci est SOllS
la seconde, là sont ceux qui sont sous la ,erre. Les trois Cicux
aussi Hppanlissent ainsi aux anges qui sont dans les Cieux supé­
rieurs, parce que les deux autres Cieux leur apparaissent au­
dessous d'eux; Hs apparurent donc de même il Jean, car il était
monté l'ers eux, cornille il est évident par le Chapitre IV, Vers. 1,
olt il est dit; " ~;onte ici, et je le montrerai les cllOses qui doivent
arrirer dans la suite. Il Celui qui ne sait rien du j\ionde spirituel,
ni des terres qui y sont, ne peut nullement savoir ce qni est en­
tcndu par sous la terre, ni ce qui est eotendu par les lieu.x iu{e­
rieurs de la terre, dans la Parole; par exemple, dans Ésaïe;
" Chantez, Cieu:J;! (clatez cn juuila/Ïon, lieux inférieurs de la
terre! Retentissez Montagnes pw' le chaut! PUTeU que Jdhova/t
a rachet/J Jacou, » - XLIV. 23; - et ailleurs. Qui est-ce qui
ne loit que là il est entendu des Terres du !\Iondc spirituel, car
dans le Monde natul'el aucun homme n'habite sous les terres?
261. Ouvrù' le Livr(', signifie connait1'C les étals de la vic de
tVIls, et juger c/tacun selon le sien. Cela est évident par ce qui a
été expliqué ci-dessus, [\" 259.
262. Ni le J'egal'der, signifie pas en la moindl'e cl/Ose. Puisque
pal' ouvrir le livre, il est signifié connallre les états de la vie de
tOIlS, pal' le reg~rder il esl signifié voir quel est l'élal de la vie de
l'un el de l'autre; c'est pourquoi, pal' cela que personne ne pouvait
ouvrir le livre, Hi le J'egare/a il est signifié qu'on ne le pouvait
pas en la llloindre chose; en efTct, le Seigneur seul voit l'étal de
chacun depuis les intimes jusqu'aux extrêmes; puis, quel a élé
l'liomllle depuis l'enfance JUSqU'il la vieillesse, et quel il doit être
à élernité; puis aussi, quel lieu il aura pOUl' IOl dans Je Ciel
ou dans l'Enfer; et cela, le Seigneur le, voil il l'instant, et d'apl'b
Lili-Même, parce qu'il est le Divin Vrai Même ou la rarole; mais
les Anges et les hommes ne le voient pas ell la moindre chose,
parce qu'ils sont finis; elles finis ne voient que peu de clioses el
les externes; el celles-ci, ils ne les voienl pas même par eux-'
mêmes, mais d'après le Seigneur.
263. Vers. 4. Et moi je plell1'ais beaucoup, de cc que personne
n'était trouvé digne: d'ouvl'iJ' et de lire le liure, Hi de le J'e­
g((l'([cr, signifie la clou/cur de cœu'I', dl! ce {!1W, si lJ1'1'5mme lie'
-
2iJ8 L'APOCALYPSE IU:VI:LEE. [\" :26:3.
ie pouvait) tous périraient. Que pleurer beaucoup, cc soit res­
senlir une douleur cie cœur, cela est évident; celle clonleur de
cœur venail de ce que lous allaient périr, car si lOliles choses n'é­
taient pas remises en orcll e clans les Cieux cl dans les ',l'cnes,
i1nc ponvait pas en êlre autrellient: en eITet, dans l'Apocalypse il
s'agil du dernier état de l'J~glise, quand elle esl à sa fin, qni est
décri le telle qu'elle esl pal' le Seigneur en ces lermes: « 11 y aw'a
une affliction gmnde, telle que /Joint il n'yeu eut depuis le
C011l1lLencenwnt du Monde jusqu'ü présent, et 7Joint il n'y cn
l!UI'a; c'est 7JOul'quoi, si ces jours-Iü n'avaient été abrégés)
aucun clwil' ne sentit sauvée. » - Malth. XX [V. 21, 22; - ceci
a été dit du derniel' lemps de l'Église, quand se fait le juge­
ment. Que tel sail aujourcl'hui l'étal de l'Église, on peul le con­
naître par cela seul que, dans la plus gmnde partie du Monde
chrétien, il y en a qui ont lransféré en eux le pouvoir Divin du
Seigneur, et veulent ètre adorés COillllle des Dieux, el qui illl'o­
quent des hOlnmes morts, tandis qu'il en est il peine un qui y
adore le Seigneur; et que, quant aux aulres ql,li sonl de l'l\glise,
ils font ùe Dieu trois Dieux, el du Seigneur (Iellx Seigneurs, el
placenlla salvalion, non dans l'alllendemenl de la vie, mais dans
eerlaines paroles prononcées d'un ton dévot; ainsi, non dans la
pénilenc\\ mais dans la confiance qu'ils sont justifiés el sanctifiés,
pourvu qu'ils joignenl les mains, porlenlleurs regards en haut,
ct prienl selon la formule ordinaire.
26fl. Vers. 5. Et l'un des anciens me dit: Ne pleul'e point)
signifie la consolation. Cela esl évidenl.
265. Voici, il a vaincu, le Lion, signifie le $'eigneur, el! ce
que de sa propre paissance il a subjugué les en/ers, et a l'e­
mis en ordre toutes choses, quand il etait dans le moude. Olle
le '-iou signifie le Divin Vrai de la Parole quanl il la puissance, on
le \'oil ci-dessus, N" 2iJ:t; el comme le Seigncul' est le Divin Vrai
Même ou la Parole, c'esl pOlir cela qu'il esl uppelé Lion. Que le
seigneur, quand il élail dmls le ~Ionde, ail subjugué les 1\nrers cl
remis loutes choses en ordre dans les Cieux, el ai.l aussi glorifié
son Humuin, on le l'oit ci-dessus N" 67; voi,. aussi dans LA Doc­
TRINE DE l,A :\OVVELLI:: Jt:I\USAL1ΠSUR LE SE1GNEUI\, :tI". :12 il Hl,
conllnenl il a opéré ces choses. D'(Iprès cel,., on voil clairemenl cc
qui est enlendu pal' Il. A 1',\I;'<Cl:, [,E Lw[\'.
"cr::.. ~}. ClIAI'ITr.t:: CJriQUlbll:;. 249
266. Qui e~t de la ï'1'Îbu de Jehllllah, la racine de David, si­
gnifie ]Jal' le Uivin Bien uni au Divin Vrai dans son llumairt.
Pal' Jehuduh, dans la Parole, il esl entendu l'I~glise qui esl
dans le bien cie l'alllour envers le 5eigneUl', et dans le sens su­
prême le Seigneur quanl au Divin Bien du Divin Amour; el par
David il esl enlendu le Seigneur quanl au Divin "l'ai de la Divine
5agesse; que Ge soit ce Vrai qui esl entendu pal' David, on le
voil clans LA DOCTIIIL'H: Dt:: LA r\OUVELLE JÉllUS,\LB~1 sun u: 5BI­
GNEUH, N'" 43, M; el que ce soil ce Bien qui csl enlendu par Je­
1tudah, on le voil N'" 9&, 330 : d'après cela, il esl évidenl que
pal' (( voici, il a vaincu, le Lion qui esl cie la lribu de Jchudall,
la racine cie Davicl, II il esl signifie que le Seigneur a vaincu les
Enfers, el a remis loules choses en ordre, pal' le Divin Ilien uni
au Divin Vrai dans son lIumain. Qlle ce soil là le sens de ('es pa­
l'ales, on ne peul le I-oir dans le sens de la letlre; on y voit seule­
lIlenl que c'eslle Seigneur Lui-même qui, dans le ?londe, esl né
de la lribu de Jelludah el de la l'ace de David; mais loujours est-il
que ces mêlnes paroles contiennent en clics un sens spiriluel,
dans lequel par les lloms des personnes il esl entendu des choses,
comme il a élé souvenl dil ci-dessus, ainsi non pas par Jelludllh
Jehudah, ni par lJavid David, mais par .lehudah le Seigneur quant
au Divin Dien, el pal' David le Seigneur quanl au Divin Vrai, d'ail
il suil que ce sens résulle de Iii; si ce sens esl exposé ici, c'est
parce que l'Apocalypse est maintenant ouverle quant au sens spi­
rituel.
267. POUl' ouvrù' le Livre et en rompre les sept sceau,r;, s-i­
gnifie connaill'e les t'tat~ de la vie de tous dans les Cieu:v el
dans les TelTes, et juger chacun selon le sien. Comme cr-dessus
W' 258, 259.
268. Vers. G. Et je vi~, et 'Voici, au milieu du Trône, et des
quatre c1ninwu;r;, et au milieu des flnciens, signifie depuis les
intimes, et par suite dans toutes les choses du Ciel, de la l'a­
1'Oie et de l'Église. Ali milieu signifie dans les intimes, et pal' suite
dans toutes choses, N" M; le Trône signifie le Ciel, N" 14; les
qltaO'e Animaux 011 Chérubins signifienlla Parole, i\" 239; elles
vingl-quatre c1nciens signifienl l'Église quanl à lout ce qui lui
appartient, N'" 233, 251; d'oil il résulte que pa!' " au milieu du
250 I.'APOGALYPSE nÉVÉLÜ:. N" 2G8.
Trône, et des quatre Animaux, et au milieu ùes Anc:iens Il il est
signifié depuis les intimes dans tontes les choses du Ciel, de la
Parole et de l't:glise.
269. Uil Agneau qui gisait comme tué> signifie le Seiglll:U'l"
quant il l'Humain non l'econnu 1)ou)" Divin dans l'Église. Par l'A­
gneau clans l'Apocalypse il est entendu le Seigneur quant au Divin
lIumain, et pal' l'/lgneautué, il est ent('ndu que son lIumain dans
l'Église n'a pas été reconnu pour Divin; cie même que dans le
Chap. 1. Vers. 18, olt il est dit: li J'ai été mOl-t, et voici, vivant je
suis aux siecles des siècles, 1) ce qui signifie que le Seigneur il
été négligé dans l'l~glise, et que son Humain n'a pas été reconnu
pOlir Oil'in, N° 59; que cela soit ainsi, on le voit ci-ùessol1s N° 294.
l'llis donc que le, Seigneur quant au Divin Humain est entendu
jJar l'Agneau, et qu'il est dit de Lui qu'il prit le livre de la main
droile de Celui qui étail assis SUI' le Trône, et qu'ensuile il l'ouvrit
et en rompilles sept sceaux, et puisque aucun des mortels ne le
pouvait, et que c'est Dieu seul qui le peut, il s'ensuit que pal' l'A­
gneau il est entendu le Seigneur quant au Divin llumain, et que
par tué il est entendu qu'il n'a pas été reconnu pour Dieu quant
il son Humain.
270. 11yant sept cames, signi~e sa TOlite-Puissance. [)ans la
Parole, la COl'ne est très-souvent nommée, et pal' elle il est par­
tout signfié la pui8sance; c'est pOlll'quoi, lorsque la c:orne se dit
du Seigneur, il est signifié la Toute-Puissance: s'il est dit supt
eOl'lles, c'est parce que sept signifie tout, N' iO, ainsi la Toute­
Puissance. Que la corne signifie la puissance, et quand il s'agit du
Seigneur la Toute-Puissance, on peutie l'air par les passages sui­
vants: li Vous qui ave::; de l'allégresse pOUl' des choses de néant,
'lui dites: N'est-CI: pas PUI' notl'e (orU' que nous,avons pris pOUl'
nOlis des CORNES? ,)- Amos, VL 13. - l i J'ai dit au,x: impies: N'é­
levez point la CORN l,; n'élevG'z point Ci! haut votre COI\N~;. Toutes
les COni\'ES des impies je coupel'ai; de vées seront les C01I<'/l::S dll
juste. l) - l's. LXXV. 5, 6, 11. - {( Jéhovah Cl éluvlJ la COliN!:: de
tes ennemis. l)- Lament. II. 17. - l i Retranchéu a été la COI\<'/1':
de Moab, ct son Ul'as a étc ul'isé. l)-Jérém. XLVlll. 25. - l i Du
cOté cl de {'cpt/ute vous poussez, ct de vos COR~ ES vous (rappez
loutcs lcs brebis {'(liulcs.») - Ézéch. XXXIV, 2l. - « J/}hovah li
Vers. 6. r.U.IPJTRF. r.[N'QuIbu:. 251
l'leviJ la COI\NE de son peuple. »-j's. CXLVIIL 16.-« .Tr!llOvah
Dieu Sl!baolh, l'!wnnew' de noll'e (oree, a élevé nol1'e CORNE. »
- Ps. LXXXIX. 9, 1.8. - « La splendew' de Jéhovah Dieu sera
comme la lumiè1'r:, des COHNES de sa main li lui, el lit sera le se-
C1"(:t de Sei force. » - IJ(lbak. Hi. il. -« Mon bras (01'ti(iera Da-
vid, et en mon !.Vom serlt elevée sa CORNE. )) - Ps, LXXXIX. 21.,
22, 25, - « Jéholxût ma force, mon rocher, ma CORN}~, »-- l's.
xVln. 2,3. If Sam. xxrl. 3. - « Lève-toi, fille de Sion; cm' ta
CORNE, je la ferai de (ci', afin que lu fl'oisses plusieul's peuples.»
- 'Michée, lV. 1.3.-« J<!IlOooh a déll'uit dans son em}Jortemenl
les remparls de la fille de Jehzulah, et il a retranché toute CORNE
d'Isr·aël. »- Lament. Il.. 2, 3. - Les puissances aussi sont signi-
fiées par les COIIN}:S du dmgon, - Apoc. XII. 3; - pal' les COl\NES
de la bêle montant dc la mer, - Apoco XUl. i ; - par les ConN ES
de la iJéle iJcar/ale, SUi' laquelle la {elTtl1W étaililssise,-Apoc.
XV 1r. 3, 7, 12; - par les CORNES du vr!liel' el du bOllC, - Dan.
VHL 3 à 5, 7 à 12, 2'1, 25; - pal' les CORNES de la b(]te monlanl
de la me/', - Dan. VU. 3, 7, 8, 20, 21, 23, 2il; - par les
(luatTe CORNES qui dispersr;renl Je/tUdah el Israël, - Zach. If.
1, 2, 3, il; - par les CORNES des Autels de l'holocauste et du
)Jarfwn, - Exod. XXVII. 2. XXX. 2,3,10; - pal' celles-ci était
signifiée la puissance du Divin Vrai dans n::glise : el, vice ve1'sâ,
par les Cornes des Aulels dans Déthel, il était signifié que la puis-
sance devail périr, dans Amos: « Je ferai la visile des )Jn!vm'i-
calions d'Israël, je ferai la visite SUl' les AlIlels de BéLltel, afin
que soient l'elranclu!es les CORNES de l'Autet, et qu'elles tom-
henl ri lei TC. » - Ill. if!.
271. El sepl yeux, signifie sa Taule-Science el sa Divine Sa-
gesse. Que les yeu.x, quand il s'agit du Seignem, signifJent sa Di..
vine Sagesse, on le voil ci-dessus, N" 68,125, par conséqent aussi
la Taule-Science; et que sept signifie tOllt, et se dise d'une chose
sainte, on le voit, NQ 10; de là par les sept yeux de l'Agneau est
signifiée la Divine Sagesse du Seigneul', laquelle aussi est la Toute-
Sc.ience,
272, Qll'i sonl les sepl espl'its de Dieu, envoyés }Jal' loute la
tCl're, signifie que d'upri:s ellc le Divin V1'lli est SUI' le g/ohe
pm'tout oit il !l (! uue lIrli(/i01l. Lps SCIJ! esprits de !)fcu sont le
2:)2 L',IPOC.ILaSE r.f;Vl~:L':;t:. :.~'f 2ï2.
Divin Vrai procéùant du Seigneur, coml1w ci-dessus, N'" ill, 155:
qlW envoycs )Jar toute la terre, ce soit Sl1l' Je globe parlout où
il y a une religion, cela est évident; cal' partout où il y a une 1\e­
ligion, il est enseigné qu'il y a un Dieu, eL qu'il y a un Diable;
qne Dieu est le Bien \\Iême, et que de Lui vient le bien, et que le
niable est le~lal même, el que de Lui vient le mal; que comme ils
sonL opposés, on doit fuir le mal parce qu'il vient du diable, et faire
le bien parce qu'il vient de Dieu; que par conséquent alliant quel­
qu'un l'aiL le mal, autant il aime le diable, ct agit con Ire Dieu; un
tel Divin Vrai est partout SUI' le globe où il y a quelque Religion;
c.'est pourquoi il n'est plus besoin que de savoir ce que c'est que
le mal; c'est aussi ce que savent tous ceux qui ont une religion;
car les préceptes de toutes les Religions sont, comme ceux du Dé­
calogue, qu'il ne fallL point Lue.r, poinL commellre adultère, point
l'ole l', point rendre de faux témoignages; ce sont là, en général,
des Divins Vrais envoyés par le Seigneur SUI' toule la lerre, voir la
iJOCTRINE DE L.~ NOUVELLE JÉRUSALE~( SUR L'\::CRITURE SAINTE,
N°' 'L01 il 118 : c'est pourquoi, celui qui l'it
selon ces préceptes,
parce qu'ils sont des Divins Vrais, ou les précepLes de Dieu, et
pal' conséquent ùe la neligion, l'st sauvé; mais celui qui l'il selon
ces préceptes seulement parce qu'ils sont des vrais civils et mo­
l'aux, n'est point sauvé, CQl' celui qui nie Dieu peut aussi VLVl'l'
ainsi, mais non celui qui confesse Dieu,
273, Vers. 7. Et il vint et prit le Livre de ta main droite
de Celui qui ëtait assis SUl' le Trône, signifie que le Seigneur
quant li son Divin Humain est la Parole, que cela vient de son
Divin en Lui, et que c'est pour cela que d'a))}'ès son Divin Hu­
main il fera le Jugement. Ici, il esL bien évident que Celui qui
est assis sur le Trône et l'Agneau sont une seule Personne, et que
pal' Celui qui est assis sur le Trône il est entendu son Divin li quo
(de qui LouL procède), et pal' l'Agneau son Divin Humain; car,
dans le Verset précédcnt il est dit que Jean vil un Agneau debout
au milieu dn Trône, et maintenant il est dit qu'il prit le livre de
Celui qui étail assis SUl' le Trône. Que le SeigncuI' d'après son Di­
vin Humain l'Na le jugement, parce qu'il est la l'amIe, on le l'oit
par ees passages :«.41orsonverra le signe du FILS DE J:llomn:;
(/ on 'Ue/Ta le FILS OF. L'1I0~B\lo: venant sur lf's mules du Ciel
Vers. 7. CIlAPITnE CINQU1~:ME. 25:3
avec 1wissancc ct gloÏl'e. )l - MaUlt. XXI\'. 30. - « Quand sem
assis le FILS DE L'llomlE SUi' son lrône )Jour juger les douzc
Tribus d'Ismël. )l - ~Iatth. XIX. 28. - « Le FILS DE L'I-lomIE
viendra dans la gloire de son Père, ct alO1's il l'endra ri chacun
selon ce qu'il auralilit.))- Maltlt. XVI. 27. _. « Veillezdoitcen
tout lem)S, afin que vous soyez 11·OUV/J.1 dignes de vous telût'
devant le FILS DE L'lloMME. ,) - Luc, XXI. 36. - (( ,1 l'heure
que vous ne )JCnsez point le FILS DE L'IlomIE vient. " - ~Iâllh.
XXIV. M. -« Le ['ère ne juge )Jel'SVllftC, mais le jugement tout
entier il a donné au Fils, parce que FILS DE L'IIomIE IL EST. ))
- Jean, V. 22,27; - Le Fils de l'IJomme est le Seigneur quant
au Divin Humain, ct le DiYin Humain est la Parole, qui élait nieu,
('t Chair a été l'aile, - Jean, 1. 1, 14.
274. Vcrs. 8. Et quand il eut pris le livre, signifie quand le
Seigneur eut résolu de (aire le jugement, ct de remell1'e par
ce jugement lOutes choses en ordre dans lt:s cieux cl dans les
terres. l'al' pl'endre le livre et l'oUYI'il', il est signifié exanJÏner les
états de la vie de Ious, ct juger chacun selon le sien, commc ci­
dessus; ici dOliC pal' quand il cul pris le livre, il est signilié
quand il eut résolu de faim Je jugement dernier; et comme le ju­
gement dernier se fait afin que toules choses soient remises en
ordre dans les cieux, et par les cieux dans les terres, cela aussi
est signifié.
275. Les quatn' l1nimaux ct les vingt-quatre Anciens se
prosternèrent devant l'Agneau, signifie l'humiliation et d'a)n'ès
l'humiliation l'adoration du Seignew')J({7'les Cieux supérieurs.
J"'aintenant suit la glorification clu Seigneul' en raison cIe cela; cal',
ainsi qu'il a été dit ci-clessus, 1\" 263, si le Seigneur ne faisait alors
le jugement dernier, el pal' là ne remellail pas en ordl'e loutes
choses clans les cieux et clans les tcnes, tous périraienl. La Glo­
rification du Seigneur, qui suit maintenant, est cI'abord faite pal'
les Cieux supérieurs, ensui le pal' tes Cieux inférieurs, et enfin pal'
les Cieux les plus bas; la Glorification pal' les Cieux supérieurs,
Vers. 8, 9, iO; pal' les Cieux inférieurs, Vers. 11, 12; et pal' les
Cieux les plus bas, Vers. i3; et enfin la confirmation et l'adoralion
par les Cieux supérieurs, Vers. il!. Les Cieux supérieurs sont donc
signifiés pal' lcs quatre AnimaU,1; et pal' les dHut-quali'!' 1111­
1. 22.
-
25li 1_'APOCALrpSF. r.1~1'J::U:E. ]\°275.
ciens; car par les Chérubins, qui sont les quatre .I\nilllaux, au
milieu du Trône, est signifié le Seigneur quant il la Parole, mais
par les Chérubins, ou les quatre Animaux, autoul- du Tl'ÛIW, est
signifié 10 Ciel quant il la Parole; en elTel, il est dit qu'au milieu
du Trâne et autour du Trône fw'ent vus quatre Animaux,
lJleins d'yeu:J.; pm' devant et par del'l'ü?re, - Chap, IV, 6; ­
cal' les Cieux sont Cieux d'après la réception du Divin Vrai pro­
cédant du Seignelw par la Parole. Par les vingt-quatre Anciens
sont aussi signifiés les Anges dans les Cieux supérieurs, puisque
C0S Anciens étaient très-près autour du Trône,-Chap. IV. li.­
Que se lJrostel'lWI' deuml l'Agneau, ce soit l'humiliation et d'a­
près l'humiliation l'adoration, cela est évident.
276. Ayant chacun des harpes, signifie la confession du Di­
'Vin Humain du Seigneur d'après lfS vl'ais slJirituels, li est no­
toire que les confessions de Jéhovah dans le Telnple de Jérusalem
se faisaient par des Cantiques et en même temps par des Instru­
ments de musique qui correspondaient; tes Instruments étaient
principalement des Trompettes et des Tambol1rins, et aussi des
Nablions et des Harpes; aux Biens et aux Vrais célestes correspon­
daient!es Trompettes et les Tambourins, et aux Biens et aux Vrais
spirituels les !\ablions et les Harpes; les correspondances étaien t
avec les sons de ces instruments; ce que c'est que le Bien et le Vrai
célesles, et ce que c'est que le Bien et le Vl'ai spirituels, on le voit
dans le Traité DU CIEL liT DE L'ENFER, W'13 il 19, et20 il 28. Que
les Harpes signifient les confessions du Seigneur d'après les vrais
spirituels, on peul le voir pal' ces pass<1ges: « Confessez J d/lOvalt
SUI' la HARPE, SUI' le Nablion li dix cOl'des lJsalmodiez-lu'Ï. »
- PSt XXXIII. 2, 3. -« Je Te confessel'ai SUT la [JARrE, D'iCll,
mon Dieu! » - PSt XUII. 3, li. -« Je Te confessel'ai avec l'in­
.lt'l'll1nent du Nablion, je Te chante'l'cl"Î SUl' la HARPE, Saint d'1s­
l'ail/! ') - Ps. LXXL 22. - « Excite-moi, Nablion et [JARPElje
Te confesse l'ai panni les nations, Seigncul'!»- PSt LVlT. 8, 9,
10. PSt CVlTL 2, 3, li. - « ReilJOndez il Jei/lOvalt pal' la confes­
sion; psalmodiez li notr'e Dieu avec la HARPE. - Ps. CXXXV II.
7. - « (il est) Bon de confesse,. Jc!/wvalt SUl' le Nablion et SUI'
lfiggajon avec la lIARPE. » - Ps. XCII. 2 il li. - « Poussez des
ais ù Jdhova/l, lOutl.' la tel'I'(,; ('//alltez ù Jé/lOrah aurr la
Vers. 8. CHAPITRE CINQUlblf.. 2:i5
IJAHPE, avec HARPE ct voü de citant. » - Ps. XCVIIl. 4 il 6; ­
ct dans beaucoup d'autl'es endroits, comme Ps. XLItI. 4, 5.
l's. CXXXVHT. 1, 2. Job, XXX. 3'1. 1:;sa1e, XXIV. 7, 8, 9. XXX.
31,32. Apoc. XLV. 2. XVIII. 22. - Comme la Harpe correspon­
dait à la confession du Seigneur, et que les mauvais esprits ne la
supporlent pas, c'est pour cela que David pm' la l1arpe cltassait
de Saül le mauvais esprit, - l Sam. XVL 14, 15, 16, 23. ­
Que ce fussent, non pas des Harpes, mais des confessions du Sei­
gneur qui furent entendues comme des Harpes pal' Jean, on le
voit plus loin, N" 661..
277. El des (ioles d'or pleines de parfums, signi(l.e la con­
fession du Divin llumain du Seigneur d'apl'ès les biens spiri­
tuels. Si les parfums signil1ent le culte d'après les biens spiri­
tuels, mais ici la confession d'après ces biens, c'est parce que le
principal culte dans l'Église Juive et Israélite consistait en sacri­
fices et en parfums; c'est pourquoi il y avait deux Aulels, l'un
pour les sacl'illces, et l'autre pour les parfums; celui-ci élait dans
le Tabernacle, ct était appelé l'Autel d'or; mais celui-là était hors
du Tabernacle, et était appelé l'Autel de l'holocauste; la l'aison
de cela, c'est qu'il y a deux genres de biens, d'après lesqnels se
fait tout culte, le Bien céleste et le Dien spirituel; le Bien céleste
est le bien de l'amour envel's le Seigneur, et le Bien spirituel est
le bien de l'amour il l'égard du prochain; le Culte pal' les sacri­
fices était le culte d'après le Bien céleste, et le Culte par les par­
fums était le culle d'après le Bien spirituel. Soit qu'on dise le
culte, soit qu'on dise la confession, c'est la même chose, car tou t
culte est une confession. Cc qui est signil1é pal' les parfums est
pareillement signil1é par les fioles dans lesqnelles étaient les par­
fums, parce que le contenant et le contenu, de même que l'instru­
mentai et le principal font une seule cause. Le Culte d'après le
Bien spirituel est signil1é pal' les Parfums dans les passages sui­
vants : « Depuis le lever du Soleil jusqu'à son coucher, grand
sera mon Nom )xtrmi les nations, ct en tout lieu PARFU)I
(sera) Ofl'cl't à mon Norn. » - illalach. 1. 11. - « Ils enseigne­
ront tes jugements à Jacou; ils placeront le PARFUM pour ton
nez, et l'holocauste sur ton Autel. Il - Deutér. XXXIII. 10.-­
Il Des holocaustes de (bèles) grasses je T"ofl'I'Îmi avec le PAIl­
1&6 L"\I>OCALI'I'SJ:: IIÉVÉr.ÉE. 1\' 277.
FUc\!. 1) - l's. LXVI. 13,15. - « fls viendront des alentours de
Jehudah, appOl'tant holocauste, mine/wh et ENCENS. - Jérém.
xvn. 26. - « De Sc/u!ba ils viendront, or et ENCENS ils porte­
ront, ('t les louanges de Jéhovah ils annonceront. » - l~saïe,
LX. 6; - pal' l'Encens il esL signifié la même chose que par le
Parfum, parce que l'Encens élait le principal aromate dont sc
composait le parfum. Pareillement dans MaLLhieu : Il Des Sages
de 1'01'iwt ouv1'Îrent lell1's trésors, et ils présentèrent au Sei­
gneur nouvellement né de l'Or, de l'Encens et de la Myn'/w. »
- II. 11; - s'ils présenLèl'enL ces trois choses, c'esl parce q\lle
l'Or signifIaiL le Bien célesLe, l'Encens le Bien spilfÎluel, el la
IIlyrrhe le Bien naLurel, el que Lou LCuILe se faiL d'<lj1l'ès ces trois
Bieos.
278. Qui sont les ]JrièJ'fs des saints, signifie les pensées ap­
]Jartenant il la l'ai d'après les afl'cctivns appw'tenant il la cha­
rité, chez. ceux qui adorent le Seigneur d'après les biens et les
vrais spirituels. Par les pl'ùm,s son LenLendues les choses qui
apparLiennenL il la foi, eL en même temps celles qui appartiennent
à" la clwrilé, chez ceux qui fonL des prières, puisque sans ces
choses les prières son L, non des prières, mais des sons vides:
que les saints signifienL ceux qui sont dans les biens et les vrais
spirituels, on le voiL ci-dessus, N"l73. Si les parfums sont dits les
prières des SainLs, c'esL parce que les odeurs suaves correspondent
aux affecLions du bien eL du vrai; de là vienL que, dans la Pa­
role, il esL diL LanL de fois Odeur agl'éable, eL Odeur de repos li
Jéhovah; par exemple, Exod. XXIX. 18, 25, 41. LéviL. J. 9, 13,
17. II. 2,9,1.2. m. 5. IV. 31. VI. 8,14. VIII. 28. XXIlI. 13,1.8.
XXVI. 31. i\omb. XV. 3,7,10,24. XXVUI. 2, 6,8,13,24,27.
XXIX. 2, 6, 8, 1.3, 36. Ézéch. XX. 4t. Bos. XIV. 7. - De S('I\1­
blables choses sonL signifiées pal' les prières, qui sonL appelées
parfums, dans les passages suivanLs de l'Ilpocalypse : « Un Ange
vint et se tint vers l'A utel, ayant un encensoil' d'or, et il lui
rut donné beaucoup de PARFU)!S, afin qu'il (les) ]Jl'ésuntût avec
les PRIÈRES DE TOUS LBS SAINTS SW' l'Autel d'ol'; et monta la
rumée des PARPU)!S AVEC LES l'RltRES DES SAINTS, de la main de
l'Ange, devant Dieu. 1) - VIII. 3 il 5; - et dans David: « Prète
l'oreille il ma voi,E; acceptées soient m;s PRIÈRES, PARFU)I d~­
vallt Toi. » - l's. CXU. :1, 2.
Vel's. 9, CllAPITIlE cl~Qu[blE. 257
279. Vel's. 9. Et ils chantaient un Cantique nUl/veau, signifie
la reconnaissance el la glorification du Seigneur, dcce que
seul il est Juge, Redempteur el Sauveur, pal' conwjquent Dieu
du Ciel et de la Terre. Ces choses sont contenues dans le Can­
tique qu'ils chantaient, et les choses qui sont contenues sont aussi
signifiées: ainsi, la reconnaissance que le Seigneur est jlfge, dans
res paroles qui suivent maintenant: (( Digne tu cs de 7JI'endre le
livre, et d'en ouvrir les sceau.r; Il qu'il est Hédempteur, dans
celles-ci, (( 7Jarce que tu as elé lue et nous ft raclwtes ci Dieu
dans ton sang; Il qu'il est Sauveur, dans celles-ci, (( tu nous as
{ails il notre Dieu ./lois et Prêtres, et nou.! l'égnel'ons SUI' lil
telTe; Il qu'il est Dieu du ciel et de 1<\ terre, dans celles·ci, (( ils
se prosternèrent et adorèl'ent Celui qui vit au,r siècles des
siècles, » Vers. 'ill. - Comme pré<:Memment il n'y avait pas dans
l'Église cette reconnaissance que le Seigneur Seul est le Dieu dll
Ciel et de la Tene, et q·ue son t111main est Divin, ct qu'autrement
il ne peut être appelé l1édempteur et Sauveur, c'est pour cela
qu'il est dit un Cantique nouvcau. Que le Cantique aussi signifie
la glorification, qui est une confession d'après la joie du cœnr,
c'est parce que le chant exalte et fait que l'affection s'élance du
cœur dans le son, et se présente avec intensité dans sa vic. Les
Psaumes de David ne sont autre chose que des Cantiques, car ils
étaient psalmodiés et chantés, c'est même pour cela qu'en beau­
coup d'endroits ils sont appelés Cantiques, pal' exemple, Ps. XVUI.
1. Ps. XXXIII. 1, 3. Ps. XLV. 1. Ps. XLVI. 1. l's. XLVItl. 1. Ps.
LXV. 1. Ps. LXVI. 1. Ps. LXVII. L l's. LXVIII. L Ps. LXXV. L
l's. LXXXIfL 1. l's. LXXXVlf. 1. Ps. LXXXVIIf. L l's. XCII. 'l.
l's. XCVI. 1. l's. XCvnl.1. l's. cvm. L l's. exx. 1. l's. cxxr. L l's.
CXXII. 1. l's. eXXIIl. 1. l's. CXXIV. L l's. CXXV. 1. l's, CXXVI.
1. Ps. CXXVIL 1. l's. CXXVllI. 1. l's. CXXtÀ. L l's. CXXX. 1.
Ils. CXXXI. L l's. CXXXIIf. L l's. CXXXIV. 1. - Que les cantiques
aient été ponl' l'exaltation de la vie de l'amoul', et de la joie qui
en provient, cela est évident d'après ces passages: « Chantez il
Jéhovah un Cantique nouveau; POllSS!!Z des cris li Jéhovah,
toute la telTe! écriez-vous, (aites des acclamations de joie! »
l's. XCVIII. 1, il à 8, - Chantez il Jéhovah un Cantique nou­
veau,. qu'JsraN se l'ejouüse en Celui qui l'a filit; qu'ils Lui
1
__ 0 9~*
__ •
......

258 I:APOCALYPSE r.J~Vj\LÉE. N° 270.


lJsal'/ll.Oilient! - Ps. CXLfX. 1, 2, 3. - « Chantez il J éllOvah un
Cantique nouveau; qu'ils éli:ventla voix!» - ÉSClïe, XLI!. 10,
12. - « Chantez, Cieux! lJoussez des acclamations de joie,
liwx inlérieurs de la tel'l'e! Betentissez de Chants, monta­
gnes! » - ÉSClïe, XLIV. 23. XLIX. 13. - « Faites des acclama­
_ tians il Dieu notl'e force, applaudissez au Dieu de Jacob, élevez
le Chant. » - Ps. LXXXI. 2, 3, 4. - « Allégresse ct joie il sera
trouvé lm Sion, confession et voix de Chant. » - (.;saïe, LI. 3.
LU. 8, 9. -- « Chantez il Jéhovah; écrie-toi, et fais des accla­
mations, fille de Sion, parce que grand (est) au milieu de toi le
Saint d'Israël. » - Ésaïe, XH. 1 à 6. - « Prl!t est mon cœur,
je chantcmi et je psalmodiemi; excitl'-toi, ma gloire; je Te
confesserai pal'lni les nations, Seignew'; je Tc psalmodierai
parmi les peuples. » - Ps. LVIJ. 8, 9, 10; - et plusieurs fois
ailleul's.
280. Disant: Digne lU es de prendre le Livre ct d'en ouvrir
les sceaU.l', signifie que Seul il peut connai/l'e les états de la
vie de tous, ct jugcr chacun scion le sien, comme ci-dessus,
N'" 256, 259, 261, 267, 273.
281. Parce que tu as été lUe et nOllS a l'achetés cl Dieu en
ton sang, signifie la delivJ'llllCC de l'en/Cl', ct la salvation par
la conjonction avec Lui. Ce qui est signirié en pCll'ticulier par cha­
cune de ces choses, il n'est PCIS nécessClil'e de le développer par le
sens spidtuel; ainsi, ce qui est signifié par (:tl'e tué, nous racheter
cl Dieu, et ce qlli est signifié par son sang, cal' r,e sont, des arcanes
qui ne se montrent pas dans le sens de la lellre; il suffit que ce
soit la Hédemption, qui est ainsi décrite; et comme la Hédemplion
est la délivrance de l'enfer et la salvation pal' la conjonc!ion avec
le Seigneur, ce sont là les choses qui sont signifiées: ici il sera
selllement confirmé d'après ICI Parole, que Jéhovah Lui-i\lême est
venu dans le Monde, est né Homme et a été fait Hédempleur et
SaUI'elll' pOUl' lous ceux qui, par ICI vie de la charité et ]Jar sa foi,
son,t conjoints à son Divin Humain, et que Jéhovah est le Sei­
gneur d'éternilé, que pal' conséquent le Divin Humain du Sei­
gneur, avec lec}uei il y aura conjonction, est le Divin Hllmain de
Jéhovah Lui-Môme: ici donc seront ra'pportés les passages ql1li
!:onfinnenl (lue Jéhovah et le Seigneur sont un, el que, comme ils
Vers. \J. CIUPITRL G1NQUIÈiIll::. 259
sonl un cl non deux, le Seigneur d'éternité, qui est Jéhovah Lui­
1I1ême, par cela qu'il a pris l'llumain, eslle Rédempteur et le Sau­
venr; c'est ce qu'on voit clairemenl par ces passages:« Toi, Jé­
Mvah, notre Père, notre Ilt:oEiIlPTEuR, di:s le siècle (c'est) Ion
Nom. »-Esaïe, LXIII. 16. - l C Ainsi a dit le Roi d'Israiil, et son
nÉOE~IPTEUR JdtOvah SélJaolh : Moi le Premier et le Dernier,
el excepté Moi lJoint de Dieu. » -l~saïe, XLIV. 6. - « Ainsi a
(/il Jéltomh, Ion RÉDE~IPTEUR et ton Ponnaleur : Moi Jéhovah
qui lais loutes choses et SeullJar lIIoi-JlU}me. » - Esaïe, XLIV.
2ll. -(( Ainsi a dit Jéhovah, ton nÉDE~IPTEUI\, le Saint d'Israijf :
Mai (je suis) Jéhovah Ion Dieu. ») - Ésaïe, XLVlIl. 17. - ,c J ë­
hovah! mon llocher et mon HÉDEm'TEuR. » - Ps. XIX. 15. ­
(( Leur I\ÉoEMPTEun, (art, Jéhovah SélJaotlt (est) son Nom. »­
Jérém. L. 34. - « Jéhovah SélJaoth (esl) son Nom, <:1 Ion I\É­
OE~IPTEUI\, le Saint d'Israël, Dieu de Ioule la telTe sera ap­
pelé. » - Esaïe, LIV, 5. - « Afin que sache toute chair, que
Moi, (je suis) Je/tOvah ton SAUVEUR et Ion HÉoDIPTEun, le fort
de Jacob. » -I~saïe, XLIX. 26. LX. 16. - « Quant Ù Iwtre lIÉ­
DEiIlPTEUR, Jéhovah SélJaoth (est) son Nom. » - l:;saïe, XLVII.
ll. - « Avec une miséricol'de d'étenâté j'mn'ai compassion, a
dit ton HÉOEiIlPTEun Jéhovah. » -I~saïe, LlV. 8. - « Ainsi a dit
Jéhovah, votre Ht:DE~[Pn:UR, le Saint d'IsJ'aijl. »- Î<;saïe, XLIII.
1ft. - « f1insi a dil Jéhovah, le Saint d'Ismël, votre I\ÉOE~IP­
TEun. » - Ésaïe, XLIX. 7. - « Tu m'avais I\AGHETÉ, ô Jchovah
de vérité. » - P8. XXXI. 6. - « Qu'Israiil espère en Jehovah,
1Jarce qu'avec Lui lJeauCOulJ de RÉDEMPTION; Uti RACHÈTERA
Israël de tonies ses iniquités. »- Ps. exxx. 7, 8. -« Seigneu/',
lève-loi ù notre secours, et RACHÈTE-nous Ù cause de la misé­
ricorde. »- Ps. XLIV. 27. -« 11insi a dit Jr!hovah Dieu: De la
main de l'enter je les I\ACHÈTER.U, de la mort je les HAcnÈTE­
nAI. » -l-Ios. XIII. 4,14. -« Jéhovah! exauce ma 1'oi:1:; il IlA­
CIIÈTERA mon âme. » - P8. LV. 18,1.0; - puis aussi, l's. XLLX.
16. Ps. LXIX. 10. l's. LXXI. 23. l's. cm. 1,ft. Ps. CYl!. '2..Jél'ém.
XV. 20, 21; - que le Seignel1l' quant à son I!umain soil le lIé­
dempleur, on ne le nie poinl dans l'l~glise, parce que c'est con­
forme à r(~crill1l'e, el aussi à ces passages: « Qui (est) celui-ci
'lui vient (CÉdp11l, s'avan(uut dans la multiludc de sa lurce?
260 L'APOCALYPSE RÉVÉLÉE. N° 281.
T/année de mes TIACHETÉS est venue; Lui les a J'achetés. » ­
f.:saïe, LXIII. 1, fJ., 9. - « Dites il la fille de Sion: Voici, ton Sa­
lut vient; voici, sa récompense avec Lui. Et on les appellera,
le peuple de saintete, les TIACHETÉS DE HUOVAU. »- Ésaïe, LXII.
11, 12. - « Béni (soit) le Seigneur, le Dieu d'Ismël, de ce qu'il
a visité et HACHE TÉ son peuple. » - Luc, [, 68; - et en outre
ailleurs. Il y a encore beaucoup d'autres passages qui confirment
que le Seigneur d'éternité, qui est Jéhovah Lui-Même, est venu
dans le monde, et a pris l'llumain, pour racheter les hommes, voir
dans la DOCTRINE DE LA NOUVELLE JÉRUSALE~1 SUR LE SEIGNEUR,
N'" 37 il 46. Jéhovah est aussi appelé S,\UVEUR dans beaucoup de
passages, qui ne peuvent être Fapportés il cause de leur grand
nombre.
282. De toute tribu et langue, et peuple et nation, signifie
que pal' le Seignem' ont été rachetés ceux qui dans l'Église, ou
dans une religion quelconque, sont dans .les vrais quant il la
doctrine ct dans les biens quant il la vic. Pal' tribu il est signifié
l'Église quant à la religion; pal' langue, sa doclrine, ainsi qu'i'!
va être expliqué; par peuple, ceux qui sont dans les vrais de la
doclrine, el abslraclivement ces vrais, N° 1183; et pal' nation, ceux
qui sont dans les biens de la vie, et abstraclivement ces biens,
N° 1183; d'où il est évident que pal' « de toute tribu et langue, et
peuple et nation, » sont signifiées les choses qui ont été dites,
comme aussi, ]\0 627. Ici, mainten.ant, il sera confirmé que dans le
sens spiriluel pal' la Langue est signifiée la doctrine qui appar­
tient il l'Église, ou q,ui appartient à une religion quelconque;
cela est évident d'après ces passages:« Ma langue médite tajus­
tice, chaque jour ta louange. l l - l's. LXX]' 211. - « illors sau­
tera comme un cerf le boiteu.x;, et chantera la Langue du muet,
parce que dans le désert jailliront des eaux. II - Ésaïe, xxxv.
6. - « La Langue des bègues prompte sera il pai'ler. II ­
Ésaïe, XXXtl. fJ.; - il semble que là pal' la langue il soit entendu
le langage, mais dans le sens spirituel il est entendu ce qu'ils
prononcent, c'est-à-dire, le vrai de la doctrine, qui sera chez eux
pal' le Se·igneur. Pareillement: « J'ai juré que devant Moi flé­
chil'a tout genou et jw'el'a toute Langue. II - f.:saïe, XLV. 23.
- « Il viendra un temps pOUi' rassemlJler toutes les nations et
Vcrs. 9. CHAPl'rRE CINQU lBAlE. 261
les Langues, afin qu'el/es viennent et voient 1/W gloire. II ­
Ésaïe, LXVI. 18. - u lin ces JOU/'s-lit, dix IlOmmes de toutes
Langues des nations saisil'Ont le )Jan de la l'abc d'un /tomme
Juif, en disant: Nous irons avec vous, )Jal' ce que nous avons
entendu que Dieu est avec vous. l l - Zach. VIII. 23; - ccs choses
aussi sont dites dc la conversion des nations an l'l'ai de la doc­
trine par le Seigneur. Mais, dans lc sens opposé, pal' les Langues
sont signifiées les doclrines fausses, dans ces passages: u U/tomme
de Umgue ne subsistera 1J(/S sm' la terre. ll-l'S. CXL.1.2.-u Tu
les couvres dans la tente ILOI'S de la contestation des {.angues. II
- Ps. XXXI. 21. - u J'mni:/leJ'ai SUI' VOliS une nation, dont tu
ne connaft1'as )Joint III Langue. » - Jérém. V. 15, 1.6. - Il ttI'C
em'oye vers des )Jeuples g/'{lves de Umgll.e. II -Ezéch. III.
5, 6. - u Vers un peuple ba1'l)(lJ'e de Langue. II - Ésaïe,
XXXIII. 19. - Il faul (Ill'On sache que la Langue comme organe
signifie la doclrine, el que co III Ille langage elle signifie aussi la
rcligion. Celui qui sail que la Langue signifie la doclrinc pcut
comprendre ce qui esl signifié pal' les paroles du riche en enfcr à
Abraham, Il d'envoyer Ulzare, afin qn'il trem1Je d'cau le bout
de son doigt, et qu'ill'a(ntic/tisse sa Lallgue, pOUl' qu''i/ ne soit
)Jas tourmente dans la flamme. » - Luc, XVI. 21i; - J'eau si­
gnifie le vrai, el la Langue la doctrine, pal' les faux de laquelle il
élail loul'lnenlé, el non par la flamme; cal' dans l'enfer nul n'est
dans la flamme, mais la (Jamme y esll'apparence dc l'amour du
faux, elle l'cu l'apparence cle l'amOllI' du mal.
283. Vers. 10. Et tlt nous as {iLits il notl'e Dieu rois ct.
pl'êtl'es, signifie que p(l1' le Scïgneur' ils sont dans la sagessl!
t/'a1Jrès les Divins vrais ct dans l'amour' d'après les Divins
biens, et ainsi les images de sa Divine Sagesse ct de son Divin
Amour. Comme ci-dessus, N'" 20,21.
28!.l. Et nOllS regnerons sw'la teTl'e,signifie el ils seront dans
son Royaume, Lui en eux cl' eux en Uti.l'ar regnel' SUT la terre,
il n'esl pas entendu autre chose qU'être clans Ic Royaume du Sei­
gneur, el y êlre avec Lui, selon ces paroles du Seigneur: " ft{in
que' tous ceux qui CI'oient en Moi soient un; et qu'as soient un,
comme Toi, Père, (lu es) en Moi, et Moi en Toi, qu'eu,x aussi
en nous soient un. Moi, la gloiTe que tu M'as donnée, je la leur
262 L'APOCALYPSE IIÉVÉLlh:. N" 2811.
ai donnée, afin qu'ils soient un, comme nous, nous sommes un,
llfoi en eux et Toi en Moi, afin qu'où je suis, Moi, eu:r; aussi
soient avec Moi. » - Jean, XVII. 20 à 211: - puis donc qu'ainsi
ils sont un avec le Seigneur, et l'ont en même temps avec le Sei­
gneur un I\oyaume, qui est appelé le Hoyaume de Dieu, il est
évident que pal' régner il n'est pas signifié autre chose. Il est dit
régner, parce qu'auparavant il a été dit (( Tu nous a [aits Rois el
Pr'lill'cs, » et que par les [',ois sont signifiés ceux qui pal' le Sei­
gneur sont dans la sagesse d'après les Divins Vrais, et pal' les
Prêtres ceux qui pal' Lui sont dans l'amolli' d'après le Divin Bien,
N" 20 : de là vient que le Hoyaume du 5eigneUl' est appelé aussi
Royaume des saints, - Dan. VIL 18, 27; - et qu'il est dit des
Apôtres, qu'ils juge1'ont avec le Seigneur les douze Tribus (l'Is­
mël, - Mattll. XIX. 28, - quoique le Seigneur seul juge et
règne; cal' il juge et règne d'après le Divin Bien par le Divin Vrai,
qui est aussi par l,ui en eux; mais celui qui croit que ce q:ui est
du SeigneUl' en eux leur appartient, est rejeté du Hoyaume, c'est­
à-dire, du Ciel. La même chose est signifiée pal' Bègner dans les
passages suivants de l'Apocalypse: « Ils seront1Jrètres de Dieu
et du Christ, et ils régneront avec Lui mille ans. »- XX. li, fi:
- el il est dit de ceux qui viendront dans la Nonvelle Jérusalem,
« l'Agneau les illustrera, et ils régnaont aux siècles des siè­
cles. »- XXII. 5.
285. Il est dit qu'ils Régneront sur la te1Te, parce que pat' la
lerre, ici el aillem's, il esl enlendu l'Église du Seigneur dans les
Cieux et dans les Terres; l'Église, en quelqu'endroit qu'elle soit,
eslle royaume du Seigneur: aOn donc que personne ne croie que
lous ceux qui ont été rachetés par le Seigneur deviennnent Rois
et Prêtres, et qu'ils régneront sur la Terre, il importe qu'il soit
démolJh]'é d'apl/ès la Parole que la Terre signiOe l'Église; cela peut
être vu d'après les passages suivants: « Voici, Jéhovah va vider
la TERRE, el é1ntîser la TERRE, el il en bouleversera les [aces.
Vidée elle sera vidée, la TERRE. Ellc sem dans le Dcuil et elle
sel'a con[ondue, la TERRE habitable. La TERr,E sera profanée
sous ses habitants; c'est IJOUly/uoi la malédiction clévoraa la
TERRE, et se1'onturûlés les habitants de la TEI\RE, et sera laissé
l'homme en très-petit nomure. Il ?J aura au milieu de la TERRE
Vers. 10. CILIPITRE CINQUIÈJIE. 263
COIIl/ne la cueillette de l'olivier. Les cataracles d'en /taut ont
été ouvertes, et ébranlés ont été les fondements de la TERIIE.
En (roissant a été froissée la TERRE; en affitant a IUé agitée la
TERRE; en déplaçant a été déplacée la TERnE; en chancelant
chancelle la TEr.RE, comme un homme ivre. " -~saïe, XXIV.
i Il 23. - « Un lion est monté de son (ow'I'é pOll1' 1'éduire ta
TERRE en vastation. J'ai vu la TEPoRE, et voici, vague et ûde.
ilinsi a dit Jéhovah: Dévastation sel'a toute la TERRE; c'est
7JOw'quoi dans le deuil sem la TERRE. » - Jérém. IV. 7,23 Il
28. - « Jusques li quand sera-t-elle dans le deuil, la TERRE?
Désolée ('st toule la TERRE, parce que personne ne (la) met S1l1'
son cœur. » - Jérém. XU. !.J, 11 Il 13. - « Elle est dans le
deuil et l'Ile languit, la TERRE; il a éU confus, le Liban, el il
s'est flét1'i. » - Ésaïe, XXX m. 9. - « La TERRE sem en poi:x;
ll1'dente, et dévastée. » - Ésaïe, XXXIV. 9, 10. - « Consom­
mation et décision j'ai entendu de la part du S'Gif/neU1' sw'
toute la TERRE. » - Ésaïe, xxvm. 2, 22. - (( Voici, le jour de
Jéhovah viendra pour mettre la TERRE en dévastation, el sera
t!bmnlée la TERRE de sa place. » - l;:saïe, xur. 9 il 13. - « Se­
cout!e et l'ellwée a été la l'ERr.!,;, et les foudements des mon­
tagnes ont tremblé. ») - Ps. XVIlL 7,8. - « Nous ne crain­
drons point quand sera bouleversée la TERRE. Quand il donnera
de la voix, la TERRE se fondm. ») - l's. XLVL 3, !.J, 7,9. ­
« Ne comprenez-valls point les fondements de la TERRE. » ­
j::saïe, XL 21, 23. - « Dieu! tu nous as abandonnés; tu as (ait
tremlJler la TERRE; guéris ses fractures, 7Jarce qu'elle a été
él.l1'anlée. » - Ps. LX. 3, !.J. - « La TERRE se (and avec tous
ses habitants; Moi, j'afl'ermimi ses cololl1ws. » - l's. LXXV.
3, li. - l I 11'Ialheur à la TERRE ombragée quant aux ailes! i1llez,
ambassadeurs, vers la nation (oulée, dont les fleuves ont l'a­
vagé la TERRE. » -- Ésaïe, XVHI. 1, 2. - « Dans l'emporte­
ment de Jéhovah S'ébaoth a été obscurcie la TERRE. » - ':;saïe,
IX. '18. - « Vous serez, vous, la TERRE du bon plllisir. » ­
Malach. JIL 11, 12. - « Je t'ai donné pour alliance du peuple,
pOUl' rétablù' la TERnE; chantez, Cieux; bondis, TERRE. » ­
l~saïe, XLIX. 8, 13. - « Je ne Vfl'1'ai point Jalt dans la TERRY.
des vivants. »-tsaïe, XXXVUI. 11.-1< Qui ont !loilm' de la ter­
2Gll L'APOCt\LUSI; RÉVÉLÜ. j\" 285.
J'CUI' dans la TERRE des vivants. » - l~zéciJ. XXX lI. 23 à 27. ­
« Si je lU: croyais voir le bien dans la TERRE de vie. » - l's.
XXVII. 13. - « Heureux ceux /fui sont doux, pan:e qu'ils au­
J'ontenlléritage la TEIlIIE. »-~Iallh. V. 5.-« illoi,Jéhovall,
qui (ais toutes choses, dé7)loyant lrs Cieux Seul, et t'tendant la
TERIIE pal' Moi-Même. » - Ésaïe, XLIV. 23, 24. Zach. xa. L
Jérél1l. X. H, 12, 13. LI. 15. l's. CXXX VI. 6. - I l Que s'ouV1'e la
TERRE; qu'elle fructifie le salut. Ainsi a dit Jéhovah, qui crée
les Cieux, qui (orme la TERRE. » - r::saïe, XLV. 8, 12, 18, 19.
- « Voici, moi, je crée des Cieux nouveau,x et une TEIlRE nou­
velle. » - Ésaie, LXV. 17. LXVI. 22 : - et, en outre, clans
beaucoup d'autres passages, qui, s'ils étaient l'apportés, l'empli­
raient un volume. Si par la Terre il est signifié l'Église, c'est
parce que le plus souvent par la Terre il est entendu la Terre de
Canaan, et que dans celle tem', avait été l'Église; la Canaan cé­
leste n'est pas autre chose; puis aussi, parce que, quand la Terre
est nommée, les Anges, qui sont spirituels, ne pensent pas à la
TelTe, mais au Genre humain qui est sur elle, et il son éLat spiri­
tuel, ct que l'éta t spirituel est l'élat de n::glise. La 'l'cITe a aussi
le sens opposé, et dans ce sens elle signifie la damnation, puisque
quand l'Église est nulle chez l'homme, il y a damnation; la Terre
est nommée dans ce sens, dans i~saïe, XIV. 12. XXI. 9. XXVI.
19, 21. XXtX. 4. XLVII. 1. LXlll. 6. Lament. IL 2, 10. r::zéch.
XXYr. 20. XXXfI. 2[1. Nomb. XVI, 29 il 33. XX vr. 10; et ail/eurs.
286. Vcrs. 11. Et je vis, et j'entendis une voix de beaucoup
d'Anges autour du Trône et des Animaux et des Anciens, si­
gnifie la con{ession et la glorification du Seigneur 7Xlr les
Anges des Cieux in{erielll's. Que la confession et la glorification
du Seigneur ait élé faite pal' les Anges des trois Cieux, on le voit
ci-dessns, N° 275; elle a été faite par les Anges des Cieux supé­
l'Ïeurs, du Vers. 8 au Vers. 10; ct par suile elle est l'aile mainte­
nant, Vers. 11,12, par les Anges des Cieux inférieurs; c'est pour­
quoi, par la voia: des Anges autour du Trône, il est enlendu la
confession et la glorification du Seigneur pal' les Anges des Oieux
inférieurs. Si alors .Jean vil aussi les Ilnimaux ct les Anciens en­
semlJle avec des Anges, c'est parce que les !\ nimaux et les An­
ciens signifient les !\llges des Cieux supérieurs, N" 2i5, eL qne les
Vers. H. CHAPITRE CINQUlhIE. 265
Cieux inférieurs agissent conjointement avec les Cieux supérieurs
et jamais séparément d'avec eux; car le Seigneur influe immédia­
tement pal' Soi-:\Iême dans tous les Cieux, pal' conséquent aussi
dans les Cieux inférieurs, et en même temps il influe médiatement
])ar les Cieux supérieurs dans les Cieux inférieurs, C'est donc pom
-cela que ,Jean vit et entendit les Animaux et les Anciens d'abord
pal' eux-mêmes, et ensuite conjointement avec ces Anges.
287. El lem' nombre elail des my1'iades de myriades, cl des
milliers de millias, signifie Lous dans les vrais el dans les
biens. Pal' un nombre, dans le sens naturel, est entendu cc qui se
réfère il la mesure ou au poids; mais pal' un nomlJre, dans Je sens
spirituel, est entendu ce qui se réfère il la qualité; et ici leur qua­
lité est décrite en ce qu'ils étaient des myriades de rnYl'iades, cl
des milliel's de milliers; cal' la myriade sc dit des vrais, et Je mil­
lier se dit des biens. Si la myriade se dit des vrais, et le millier
des biens, c'est parce que la myriade est un nombre plus grand
et le millier un nombre moindre, et que les vrais sont multiples
tandis que les biens sont simples, et parce que dans la Parole
lorsqu'il s'agi! des vrais il s'agit aussi ùes biens, il cause du ma­
riage du vrai et du bien dans chaque chose:, de la Parole; sans cela
il amait pu être dit seulement des myriades de myriades. Comme
~es deux nombr('s ont ces signilications, c'est Ilour cela qn'ils
sont aussi employés ailleurs, pal' exemple, dans ces Ilassages :
« Les ehars de Dieu, doubles MYRIADES, ~!(LI,IERS d'Anges de
paix, le Seigneur en eux, Sinaï dans le Sancluaire. )) - l's.
LXVIII. 18. - {( Je vis, quand l'Ancien des jours s'assil; des
l\IILLIERS DE ~III.I.IERS Le servaienl, ct des i\1YlUADES DE MY­
RIADES devant Lui sc lenaient. )) - Dan. VU. 9, 10. - Moïse dit
de Joseph: « Cornes de licorne, ses cornes; avec elles les peu­
1Jles il (l'appera ensem/;/c aux bouts de la len'e; cl eu,v (son t)
les ~IYRIADF.S (Cftphraim ct les ~(II.LIERS de MenaSSc!I. )) ­
Deuté\'. XXXUI.. 17. - « Tu ne craindras pas pour loi devanl
la pesle qui dans l'obscu1'ité sc glisse, ni devanl la mari qui ù
midi dévasle; il en tombera à Ion c61é un MltLŒR ct une ;\!Y­
IlIADE il ta droite. Il - Ps. xcr. 5, 6, 7. - « Nos Iroupeaux
produisent pa)' MILLIERS, pal' l\)YRIADES dans nos 1Jlaces. " ­
Ps. CXLIV. 13. - « lÎst-ce que p]"(?1!dl'a plaisir Jé/lOval! il des
r. 23.
266 L'APOCHYPSE fiÉI'ÜÜ. '\'" 287.
de béliel's, il des l\[YnIADES de j'uisseall:c (l'imite. Il ­
l\!ILLIERS
Michée, vr. 7. - « Quand l'/l/'clte se reposait, ilIoïse disait:
Reviens, Jéhovah! MYGI.\\lf.S 1)],; 'IILLILfiS d'Israël. Il - NOlllb.
X. 36; - dans lous ces passages, les Myriades se disent des
vrais, et les i\'lilliers se disent des biens.
288. Vers. 12. Disant d'une voix grande: Digne esll'Agneau,
qui a été tue, de l'ecevoÎ1' le pouvoiJ' et richesses et sagesse et
honneur et gloire, signifie la confession de cœur, qn'au Sei­
gneur' quant aa Divin Humain (qJ]Jal'tiennent la Toute-Puis­
sance, la Toute-Science, le Divin Bien et le Divin Vrai.- Dire
d'une voix grande, signifie la confession de cccur; ta es digne,
signifie qu'en Lui sont les r.hoses qui suivent; l'Agneau signifie le
Seigneur quant au Divin Humain; le lJouvoil' signifie la Divine
puissance qui est la Toute-Puissance; les richesses et la sagesse
signifient la Divine Science et la Divine Sagesse, qui sont la Toule­
Science; l'honnew' et la gloÎ1'e signifient le Divin Bien ct le Divin
Vrai. Que les rjr,hesses signifient les connaissances du bien et
du vrai, et ainsi la science, on le voit ci-dessus, N" 206, pal' con­
séquent, lorsqu'il s'agil dn Seigneur, la Toule-Science; et que
l'honnel1l' et la gloire, .lorsqu'il s'agit du Seigneur, signifieut le
Divin Bien elle Divin Vrai, on le voit ci-dessus, N" 249.
289. Et bénédiction, signifie toutes ces choses en Lui, et pm'
Lui en eux. Pal' benédiction il est enlendu tout bien qui par le
Seigneur est il l'homme, comme la Puissance ell'üpulenr.e et tOlll
ce qui en dépend, mais principalemenlloul Bien spirituel, r.omme
l'amour et la sagesse, la charité et la foi, et pal' suite la joie et la
félicité, qui appartiennent à la vie éternelle; et comme Ioules ces
choses viennenl du Seignelll', il s'ensuit qu'elles sonl en Lui, car
si elles n'élaient pas en Lui, elles ne pourraient pas être daus les
autres pal' Lui: c'est de là que le Seigneur dans la Parole est ap­
pelé le BÉNI, et aussi DÉNÉDICTION, c'est-il-dire, la BÉNÉDICTION
ELLE-~If:.Ilf.. Que Jéhovah, c'est-à-dire, le Seigneur, soit appelé le
BÉlII, on le voit clairement dans ces passages: « Le Gl'aud-Pl·t1tl'e
intel'1'ogecl Jesus: Toi, es-tu le Chtist, le Fils du DÉNI? Il ­
Marc, XIV. 61. - «( Jésus (lit: Vous ne me 'Ve1'1'ez plus rléS01'­
mais, jusqu'ù ce que vous disiez: BÉNI celui qui vient au Nom
du SeigneUl', Il - :\Iailli. XXrll. 3D, Luc, XIl L 35, - " il/alclii­
VeI's. 12, CIJAPITHE CIl'iQUlblE. 267
séde/i uénit Almoll, et dit: BÉNI (soil) le Dieu 'tl'ès-llaut, qui
a liv1'l! tes ennemis en la main. II - Cen. XIV. 18, 19, 20. ­
(1 BÉNI (soit) Je/wvah JJieu de Schem. II - Gen. IX. 26, - (1 BÉNI
(soil) Jéhovah, qui a entendu ma voLT). II - l's. XXVJII. 6. ­
(( BÉNI (soit) Jéhovah, )Ja1'Ce qu'admil'able il a l'endu sa clé­
mence. II - l's. XXXI. 22. - « l3ÉNI (soil) Jéhovah de siècle en
sii:cle. l l - l's. XLI. 14;- pareillemenl, l's. LXVr. 20. l's. LXVII[.
20, 36. l's. LXXI[. 18, Hl. l's. LXXXIX. 53. Ps. CXIX, 12.
Ps. CXXIV. 6. l's. CXXX\'. 21. l's. CX!.IV. 1.. Luc, f. 68. De là
vient qu'ici il est dit Bénédiction, comme aussi Vers. 12; et Chap.
VII. 12; el dans David: « Gloire et /wmww' ta mets sw' Lui,
puisque tu le mets J3ÉNÉIlICTlON li )lel'11étuite. II - Ps. XXI. 6,
7; - ceci a élé dit du Seigneur. D'après cela on peul voir ce qui
esl enlendu dans la Parole pal' bénir Dieu, il savoir, que c'est lui
allribuer tonte Bénédiclion, cl aussi le priel' de bénir, et lui
l'encIre gl'ûce de ce qu'il a béni, comme il esl évident pal' les pas­
sages qui su iven l : « La bouche de Zach(tJ-ie fut ouverte, et il
parla BÉNISSANT Dieu. II - J,nc, r.·6i1, 68. - « Siméon )11'it
Jésus Enfant dans ses U1'aS, et il BÉNIT Dieu. II - Luc, II. 28.
30, 31. - « Je BÉNIRAI Jé/lOval!, qui m'a conseillé. II - Ps. XVJ..
7. - li BÉNISSEZ le Nom de Jéhovah, évangélisez de jour enjow'
son salut.. II - Ps. XCVI. 1, 2, 3. - « BÉNI (soit) le Seigne1t1' de
jour en jou?'; dans les congnigations BÉNISSEZ Dieu, le Sei­
gneur, (vous) de la fontaine d'Israël. l l - Ps, LXVUI. 20, 27.
290. Vers. 13. Et toate chose cniée, qui est dans le ciel et
su)' la -tenoe et sous la terl'e, et dans la mlJl' celles qui sont,
et toUles celles qui sont en elles, je les entendis, disant, signifie
la confession et la glorification du Seigne UT pal' lcs ,1nges des
Cieux les plus bas. Que ce soil la confession et la glorification du
Seigneur pal' les Anges des Cieux les plus bas, cela est évident
d'après la série, puisque les confessions el les glorifications ùu
Seigneur, qlli précèdent, ont été l'ailes pal' les Anges ùes Cieux su­
périeurs et des Ciellx inférieurs, N'" 275, el sui\'o , 286, el sui\'.;
car il ya trois Cieux, et dans chaque Ciel des Sociétés innombra­
bles, donlchacune est appelée Ciel. Que par toute chose créee, qui
est dans le ciel et sur la telTe ct sous la telTe, el dans la 1111:1',
il soit entendu des Anges, cela est évident, cal' il dil: Je les enten­
268 L'APOCALYPSE Rt:VÜÜ. N° 290.
dis, disant; et ils dirent: A celui qui est assis Sll7' le Tl'âne et il
l'Agneau la bénédiction et l'honneur ct la gloire ct la (orce aux
siècles des siècles. S'ils sont dits (( chose créée, » c'est suivant le
style de la Parole, dans lequel par toutes les choses créées, tant
celles qui sont du Règne Animal que celles qui sont du Règne
Végétal, sont signifiées différentes choses chez les hommes, en
général les choses qui appartiennent à la volonté ou à l'affection de
l'homme, et celles qui appartiennent à son entendement ou à sa
pensée; si ces choses signifient, c'est parce qu'elles correspon­
dent, et comme la Parole est écrite pal' de pures cOlTespondances,
c'est pOUl' cela que de semblables choses sont dites des Anges du
Ciel et des hommes de l'~:glise; pour le confirmer, quelques pas­
sages vont seulement être l'apportés; ce sont ceux-ci: (( Jésus dit
aux disci1)les: En allant 1)(1/' le monde entiez', prêchez la bonne
nouvelle ci toute Créatw'c. » - i\larc, XVI. 15, - « Inte/Toge,
je te prie, les bêtes, ct elles l'enseigneront; ct les oiseaux du
Ciel, ct ils te l'annonceront; ou les arb/'üseaux de la telTe, ct
ils l'enseigneront; ct il toi le mconteront les poissons de la
111er, Qui est-cc qzli ne sait d'entre eux tous, que la main de
Jéhovah a làit cela? Il - Job, XII. 7 à 10. - (1 Que les cieux
et la terre louent Jéhovah, les mers ct tout ce qui 1-ampe en
elles, parce que Dieu sauve1Y/ Sion. ») - l's. LXtX. 35, 36. ­
(( Louez .Jétwvah, de la telTe, Baleines et tous les abfmes. ») ­
l's. CXLVlII. 7. - (( Consumant je consumerai toutes choses de
dessus les (aces de la terre; je consumerai homme et bête, je
consumerai les oiseaux des cieux et les 1)oissons de la mCl'. »
- Séph. J. 2, 3; - pal'eillement, - Ésaïe, L. 2, 3. Ézéch.
XXXVIII. 19,20. Hos. tV. 2, 3. Apoe. Vllt. 7, 8,9. - Il Dans
l'allégresse sel-ont les cieax, ct dans la joie sera la terre, dans
l'agitation sera la mel' ct toute sa plénitude, de joie bondir'a le
champ ct tout ce qui est en lui, alors chanteront tous les ar/n-es
de la (orêt devant Jéhovah, parce qu'il vient, parce qu'i! vient
pOUl' juger la ten-e. » - l's, ÀCV r. 11, 12, 13; - et dans beau­
coup d'autres passages. 11 est dit Il toute chose créée, Il et par là
il est entendu toute chose réformée, ou tons ceux qui ont été ré­
formés; cal' créer signifie réformer et régénérer, NU 254. Quant il
ce qui est entendu par (( dans le ciel, sur la terre et sous la terre, >l
Vcrs. 13. CIIAPlTnE CINQUIbIE. 26\J
voir ci-dessus, N° 260; el ce qui est enlendu ]Jal' la mer, 1\°238:
de là on voit clairemenl ce qui esl signifié pal' les choses qui sont
dans la mer, ct tonIes celles qui sont en elles; ces choses sonl
celles qui, dans la Parole, sonl cntenducs pal' les poissons de 1....
mer, qui sonl les afTeclions sensuelles, lesquelles sont les (.[ec­
lions les pins basses de l'homme natlll'el, cal' dans le Monde
spirituel les afTeclions des hommes nalurels apparaissenl de loin
comme des Poissons, el comme dans une ~Ier, parce que l' l\lmo­
sphère, dans laquelle ils sonl, apparail comme aqueuse, el pal' suite
comme une i\oJer aux yeux de ceux qui sonl dans les Cieux, el lit
SUI' une lCITe; voiJ' ci-dessus, N" 238, et au sujel des Poissons,
N" 405.
291. A Celui qui est assis sur le Tronc ct à l',1gneau la bé­
nédiction ct l'lwnneU1" ct la alaire et la (Ol'ce au.'/; siècles des
sii:cles, signifie que dans le Sdgnew' d'étemité, el pal' suite
dans son Divin Humain, est le tout du Ciel ct de l'Église, le
Divin Bien et le Divin Vl'ai, el la Divine Puissance, et par' Lui
en ceux qui sont dans le Cid ct dans l'Église. Que le Seigneur
d'élel'llilé sail Jéhovah, qui dans le Lemps a pris 1'1Iumain pOUl'
l'acheter el sauver les hommes, on le voil ci-dessus, N° 281; c'esl
pourquoi, pal' Celui qui est assis sw' le Tl'ône, il esl enlendu le
Seigneur d'élernilé, qui èsl appelé le Père, el pal' l'Agneau le Sei­
gneur quanl au Divin Humain, qui esl le Fils; el comme le Père
esl dans le Fils, elle Fils dans le l'cre, el qu'ils sonl un, on l'ail
que pal' Celui qui esl assis SUI' le Trône el pal' l'Agneau il esl en­
lendn le Seigneur; el parce qu'ils sonlun, l'J\gneau esl dil aussi
au milieu du Trône, Vers. 6, puis Chap. VI/, 17. Que la Bénédic­
tion, lorsqu'il s'agit du Seigneur, soi'lle lout du Ciel el de l'I~glise
en Lui, cl pal' Lui en ceux qui sonl dans le Ciel ct dans l'l~glise, on
le voil ci-dessus, N"289; que l'[lonneu1' el la Gloire soienlle Divin
Bien ct le Divin Vrai, on le voil aussi ci-dessus, N° 2li9; el que la
Fol'ce, quand il s'agil du Seigneur, soit la Divine Puissance, cela
esl évidenl. Que loules ces choses soienl au Seigneur, on peul le
voir par ces passages, dans Daniel: (( Voici, avec les nuées ((es
Cieu,'/; comme un Fils rie l' fT omme qui venait, et il pal'L'Ïl1t jus­
qu'à L'Ancien des jours, et it Lui (ut donne domination ct
Uloi/'(; cl )'0'!J(lume; 1.'1 tvus les peuples, nations ('/ I(moues Le
J, ""*
-v •
270 L'APOCALYPSE RÉVÉLÉE. Nv 291.
serviront; et sa domination, domination éternelle, qui ne ]Jas­
sera ).Joint, et son royaume, (royaume) qui ne périra point.))­
Vfi. :1.3, :l.li; - que \' Ancien des joU\'s soit le Seigneur d'élernité,
cela est évident par ces paroles, dans ~Iiehée : (( Toi, Bethléhem
d'Éphrata, c'est peu que tu sois d'entre les milliers de Jehu­
dal!, de toi Me sortira celui qui doit être Dominateur en 1s-,
rad, et dont les issues (son t) d'Ancienneté, des joul's d'éter­
nité, Il - V. :1.; - ct aussi par celles-ci, tIans ~:saïe : (( Un enfant
nous est né, un Fils nous a été donné, sur son épaule ~sera) la
Principauté; son nom sel'a appelé Conseiller, Dieu, Héros,
PÈRE D'ÉTERNITÉ, Prince de ]Jaix. » - IX. 5.
292. Vers. :1. li. Et les quatre Animau.x: disaient: Amen, si­
gnifie la Divine confirmation d'apl'ès la Parole. Que les quatre
Animaux ou Cllél'u19ins signiflentla Parole, on le voit ci-dessus,
N° 239; voir aussi, que Amen signilie la Confirmation Divine d'a··
près la vérité même, N°' 23, 28, 61, ainsi d'après la Parole.
293. Et les 'l,'ülgt-quatre flnciens se prosternèrent ct ado­
rèrent Celui qui vit au.X: siècles des siècles, signifie l'humilia­
tion devant le Seignew' par qui et ~n qui est la vie éte1'1/Clle,
et d'après l'humiliation l'adoration du Seigneur ]Jar tous dans
les Cieux, camille ci-dessus, W 251, ct N"' 58, 60.

* :je' :Je lie :fi

29li. Acc qui précède j'ajouterai ce ~IÉMonADLE. Dans le Monde


naturel l'homme a un double langage, parce qu'iL a une double
pensée, la pensée Extérieure et ln pcnsée Intérieure; car l'homme
peut parlcr d'après la pensée intérieure et en même temps d'après
l'extérieure, ct il peut parler d'après la penséc cxtérieure et non
d'après l'intérieure, et même contre l'intérieurc; de là les .i!.SJi­
mulalions, les Oalleries et les hypocrisies: mais dans le Monde'
spirituel F'homme n'a point un double langage, son langage est
simple; il parle là comme il pense, autrement le son est strident
et blesse les oreilles; mais cependant il peut garder le silence, et'
ainsi ne pas divulguer ce que son mental pense; lors donc qU1!n
1 \ hypocrite vient parmi des sages, ou il se relire, ou il se place dans
nn angle 'de l'appartcmcnt, n~se fail p~~marquer et s'assied
N" 29ft. CHAPITRE CINQUlf:~lE. 27i
sans dire un mot. Un jour, dans le ;\londe des Esprits, plusieurs
étaient assemblés et parlaient entre eux SUI' ce sujet, disant, que
l!e ne pouvoir parler que comme...Q.n pense, cela est dur, dans la
compagnie des bons, ,iour ceux qui n'ont pas pensé juste SUI' Dieu
et sur le Seigneur. Au milieu des esprits l'assemblés se trouvaient
des Réformés et plusieurs d'entre le Clergé, et près d'eux des Ca­
tholiques-Homains avec des moines; et les uns et les autres dirent
d'abord que cela n'était pas dur: « Qu'est-il besoin de parler au­
trement qu'on ne pense? et si par aventure on ne pense pas juste,
ne peut-on pas serrer les lèvres et garder le silence?" Et un Ecclé­
siastique dit: « Qui est-ce qui ne pense pas juste SUI' Dieu et SUt'
le Seigneur? » Mais quelques-uns de ceux qui formaient l'assem­
blée dirent: « Faisons sur eux un essai; » et à ceux qui s'étaient
confirmés SUI' Dieu dans la Trinité des Personnes, surtout d'a­
près ces paroles dans la Doctrine Athanasienne, Une est la Pel'­
sonne du Père, aUire celle du Fils, et autre celle de l'Esprit
,1 Saint; el de mènw que le Père est Dieu, de même aussi le Fils
est Dieu, et l'Esprit Saint est Dieu, ils dirent: Prononcez UN
l SEUL DIEu; » mais ils ne purent pas, ils imprimèrent il leuÎ'siè­
vres plusieurs mouveme,nts violents et les plièrent de plusieurs
manières, sans pouvoir articuler un son en d'autres mots qui ne
fussent pas conformes aux idées de leur pensée, lesquelles étaient
pour trois Personnes et par suite pour trois Dieux, Ensuite il fut
dit il ceux qui avaient confirmé la Foi séparée d'avec la Charité,
( de prononcer Hsus, mais ils ne purent pas; cependant tous pu­
rent dire Christ, et aussi Dieu le Père: ils s'en étonnèrent, et ils
en cherchèrent la cause, et ils trouvèrent que c'était parce qu'en
priant ils s'étaient adressés à Dieu le l'ère pour qu'il eût égard à
eux à cause du Fils, et ne s'étaient pas adressés au Sauveur Lui­
Même, cal' JÉsus signifie Sauveur. De plus, il leur fut dit de pro­
noncel' DIVIN HUMAIN, d'après la pensée qu'ils avaient de l'Hu­
main dll-seigneur; mais personne d'entre les Ecclésiastiques qui
étaient présents ne le put; toutefois, quelques-uns des Laïques le
purent; c'est pourquoi ce sujet fut soumis il un sérieux examen;
et alors, 1. On lut devant eux ces passages dans les Évangélistes:
« Le Pl?re a donnê toutes choses en la main du Fils. » - Jean,
Ill. 35, - l( Le 1'èl'e a donné au Fils pouvoir (sur) toute chai'I',»
272 L'Al'OCAL YI'SE nÉv {:LÉE. NU 2911.
- Jean, XVll. 2. - (( Toutes choses M'ont été livrées 1JCu' le
Pi!l'e. »- ~Iallh. xr. 27. -(( Il111'a été donné tout pouvoir dans
le Cid et SUI' Terre. » - i\lallh. XXYUI, 18. - Et on lem dit:
« D'après ces passages, tenez dans votre pensée, Clue le CIH'ist,
non-seulement quant il SOli Divin mais encore quant il sQn~­
1
main, est le Dieu dll Ciel et de la Terre, et ainsi [1rononcez : DrVIN
I1UMAIN; » mais jamais ils ne le purent, et ils dirent qu'il la véMté
sur cela ils tenaient quelque chose de la pensée d'après ['entende­
ment, mais néanmoins rien de la reconnaissance, et que par con­
séqnent ils ne pouvaient [1as.-ii": Ensuileon lut devant eux, se­
lon Luc, - 1. 32, 3ll, 35, - que le Seigneur quant il l'Humain
était Fils de Jéhovah Dieu, et que là il est appelé Fils du Très-llàut,
et partout ailleurs Fils de Dieu et aussi unique:Eïi~n"'(ifé,èL on
leur demanda de tenir céfa dans la penséé; et aussi que le Fils
Unique-Engendré de Dieu né dans le ~Ionde ne peut pas ïï(pas
être Dieu comme le Père est Dieu, el de prononcer_Dl~IArN;
mais ils dirent: (( NOliS né pouvons pas, parce que notre pensée
spirituelle, qui est intérieure, n'admet pas dans la pensée la plus
proche du langage d'autres idees que celles qui sont semblables
aux siennes; » et ils ajou tèren t qne par là ils percevaient qUêiüain­
tenant il ne leur était pas permis de divisër leul's pensées, comme
dans le Monde naturel. tri. Puis on lut devant eux les paroles du
Seigneur il Philippe: (( Philippe dit: Seigne!!T, monl1'e-nous le
Père. Et le Scîgncw' dit : Qui Me voit, voit le PI!Te; ne crois-tu
pas que Moi (je suis) dans le Pè1'C, et que le Père (est) en Moi. »
- .1ean, XIV. 8 il 11; - et aussi ces autres passages, qlle le Père
et Lui sont un,-Jean, X. 30, et ailleurs;- et on leur dit de tenir
cela dans la pensée, et ainsi de pl'ononcer DIVIN llUMAIN; mais
comme celle pensée n'était point enracinée dans la reconnaissance
que le Seignem était Dieu aussi qnant il l'Humain, ils ne le purent
point; ils plièrent avec elTort les lèvres jusqu'à s'en indigner, et
voulurent contraindre leur bouche à prononcer et à arracher les
1I10ts, mais lems ell'orts furent inutiles; et cela, parce que les idées
de la pensée, qui découle de la reconnaissance, font un a~es
paroles de la langue chez ceux qui sont (lans le l'lande spil'illlel,
et que là où ces idées ne sont pas, les paroles manquent, Q~s
idées deviennent des paroles dans 1(' langage. IV. En oulre, on lu't
N" 294. CHAPITRE CINQUIÈ;\IE. 273
devant eux ces expressions tirées de la Dor.trine de ntglise, reçue
dans tontle MondeChrétien(( que le Divin et l'Ilumain dans leSei-\ 1 \
neu!' son~ non P.E:-s deux, mais un, et méme en une seule 1!.er- 1 \
sonne, unis absolument comme l'âme et le corps dans l'homme,» 1
ceci est extrait de la Foi symbolique d'Athanase; et on leur dit : '
« Pal' là vous poavez tout à fait avoir d'après la reconnaissance \
l'idée qlJ,!Ù'JJ.!!llLain du Seigneur est Divin, parce que son Ame~t 1
Divine, car cela est tiré. de la doctrine de votre Église, doctrineque
vous aviez reconnue dans le Monde; de plus, l'Ame est l'essence \
même de l'homme,ret le corps en est la forme;, et l'essence et la 1

forme font un comme l'être et l'exister, et comme la cause efficiente


d~ l'effet et l'~e-t I~i-mê_me; » ils retinrent celle idéë; etv~ulu- )
rent d'après elle prononcerDlVIN HUMAIN, mais ils ne purent point,
car l'idée intérieure SUl' l'Humain du Seigneur chassa et effaça
cette nouvelle idée empruntée, ainsi qu'ils la nommaient. V. On lut
encore devant eux, d'après Jean, ce passage: « La Parole était
chez Dieu, et Dieu elle était, la Pm'ole! et la Pm'ole Chair a été
faite. I l - I . 1, 14;-et d'après Paul celui-ci: (( En Jésus-Christ
habite cOl'porellement toute la plénitude de la Divinité. Il ­
Coloss. Il. 9; - et on leur dit : (( Pensez fermement que Die.\!.qui 1\

l:~er~
était la Parole a été fait Chair, et que tout Divin habite corporeïie­
en Luf; peut-être aiiisIPouvez-vous prononcer DIVIN HUMAIN;» \
mais néanmoins ils ne purent point, disant oUI'ertement qu'ils ne\,
pouvai~nt avoir l'idée du Divin Humain, parce que Dieu est Dieù .
et-~le l'ho~meest iWl~me, et ils ajoutaient: (( Dieu est Esprit, li
et nous Ïiepôii;ons pellser d'un Esprit que comme d'un Vent
ou d'un Éther. VI. Enfin on leur dit:(( Vous savez que le Seigneur
a dit : Demeurez en Moi, et Moi en vous; celui qui demeure
en Moi, et Moi en lui, celui-lit porte du fruit beaucoup, 1wrce
que sans Moi vous ne pouvez faire rien. - Jean, XV. 4, 5; - Il
et comme il y avait là quelques Ecclésiastiques Anglais, on lut \'
devant eux cet extrait d'une de leurs prières pour la Sainte Com- Il
ll1union : For, when we spiritually eat the flesh of Christ, and
drinclc the blood, then we dwell in Christ, and Christ in us (*);
(e si maintenant vous pensez que cela n'est pas possible, à moins

r) Car, lorsque nous mangeons spirituellement la Chair de Christ, ct que nous


buvons son sang, nous habitons CIl Christ, ct Cbrist en nous.
27!.J L'APOf.ALYPSE nÉvÉLt:E. N" 29[1.
que l'Ilumain du Seigneur ne soit Divin, prononcez donc DIVIN
l!UMAIN d'après la reconnaissance dans la pensée; » mais il ne le
purent jamais, cal' chez eux était profondément empreinte l'idée
que a~e était le Divin du seigneur, et ~~e était son Humain;
qll'ailisîson Divin était semblahle au Diliiiï-du Père, ct ~on IIu­
main semblable à l'humain d'un autre hO~llme; mais on leur dit:
« Comment pouvez-vous penser ainsi? est-ce qu'un Mental rali~n­
1 nel peut jamais penser que Dieu est trois et le Seigneur deux? »
YIl. Après cela, ceux qui adressaient les questions se tournèrent
vers les Luthériens, en disant, que la Confession d'Augsbourg
et Luther ont enseigné que le Fils de Dieu et le Fils de l'homme
sont dans le Christ une Seule Personne; que Lui-.Mêînê-aussi,
quant à la l';ature Humaine, est le Dieu Yéritable, Toùl-i~issant
et Éternel ; qu'il est présent, quant à celle nature, il la droite
de Dieu le Père, et gouverne tout dans les Cieux et sur Terre,
remplit tout, est avec nous, hahite et opère !:ln nous; qu'il n'y a
pas de dilTérence d'adoration, parce que pal' la Nature qui est vue,
la Divinité qui n'est pas vue est adorée; qu'ainsi dans le Christ
Dieu est Homme et l'Homme est Dien. Ayant entendu ces cita­
tions ils répondiren t : « Est-ce que céla est ainsi? » El ils regardè­
rent autour d'eux, et ensuite ils dirent: « Jamais auparavautllous
n'avons eu connaissance de cela, voilà pourquoi nous ne pouvons
pas prononcer DIVIN HUMAIN: Il cependant un ou deux dirent:
« Nous avons lu cela et nous l'avons écrit, mais néanmoins quand,
d'après nous, nous y pensions en nons-mêmes, cela ~~laiTquë-des
mots, dont nous n~avions pas d'idée intérieure. » VIII. Enfiîl,?'é­
tant tournés vers les Catholiques-Romains, ils leur dirent :"Vous,
sans doute, vous pouvez prononcer DIVIN HU~IAIN, parce que vous
croyez que dans votre Eucharistie le Christ est tout enlier dans le
Pain et le Yin, e~'l§ chaque parlie du Pain et du Vin, et qu'aussi
vous L'adorez comme Dieu, qnand vous mon Irez les hosties et qile
vous les portez en procession; el, en outre, comme voûs appelez
Marie Mère de Dieu, vous reconnaissez par conséquent qu'ellê il
engendré Dieu, c'est-à-dire, Je Divin Humain; » et alorsCëiïX-êi
voulurent le prononcer d'après ces idées des pensées SUI' le Sei­
gneur; mais ils ne le purent point, il cause de l'idée matérielle au
sujet de son Corps et de son Sang; et à cause de l'assèrti6n queTé
N" 2%. CHAPITRE CINQUlbIE. 275
pouvoir Humain a été transféré ùe Lui au Pape, et non le pouvoir
Divin. Et alors lin ~Ioine se leva, et dit qu'il pouvait penser le Divin
l/un1ain il l'égal'll de la Très-Sainte Vierge Marie, Mère de -Dieu,
et aussi il l'égard du Saint de son Monastère; et un autre Moine
s'approcha en disant: « Moi, d'après j'idée dc ma pensée, je puis
(ll'OnOnCCl' Divin Humain à l'égard du Très-Saint Pontife plutôt
qU'à l'égard du Christ; II mais alors cl'autres Moinrs le retirèrent
( en arrièrc et lui dirent: « N'as-tu pas de honte? l l - Après crIa on
vit le Ciel ouvcrt, et des Langues comme de pctites flammes qui
descendaient et influaient chez quclques-uns dcs assistants, et
ceux-ci alors célébraient le DIVIN HUMAIN DU SEIGNEUR, disant:
« Hejetez l'idée dc trois Dieux, et croyez que dans le Seigneul' ha­
bitc corporellement toute la plénitude de la Divinité; que le Pèl'e
et Lui sont un, comme l'àme et le corps sont un ; et que Dien
n'est pas un Vent ou un Éther, mais Cju'il est Homme, et alors vous
serez conjoints au Ciel, et p~ là d'apr(;,s 1!'Lsgigncur vous pQlll:r~7,
dire Ji:sus, et pron0l1.ccr DIVIN HUUAIN. II
l'APOCALYPSE

CHAPITRE SIXIÈME

1. Et je vis lorsqu'eut ouvert l'Agneau le premier des


sceaux, et j'elltendis l'un des quatl'e Allimaux, qui disait
comme d'une voix de t0nnel're : Viens et vois.
2. Et je vis, et voici, un Cheval blanc; ct celui qui était
monté dessus avait un al'C, et il lui fnt donné une COUl'onne,
et il sortit victol'ieux et pOUl' vaincre.
3. Et lorsqu'il eut ouvert le second sceau, j'entendis le
second Animal, qui disait: Viens et vois.
!J. Et il sortit un autl'e Cheval, l'OUX ; et à celui qui était
monté dessus il lui fut donné d'enlever la paix de dessus la
terre, en sorte qu'ils se tuassen t les uns les autres, et il lui
fut donné une épée grande.
5. Et IOl'squ'il eut ouvert le troisième sceau, j'entendis
le troisième Animal, qui disait: Viens et vois. Et je vis, et
voici, un Chcval noir; et celui qui était monté dessns avait
une balance en sa main,
6. Et j'entendis une voix au milieu des quatre Animaux,
qui disait: Un chénix de froment pour un denier, et tl'ois
chénix d'orge pOUl' un deniel'; et l'huile et lc vin ne gâte
point.
CfLlPITHE SIXlf:ME, 27i
7. Et lorsqu'il eut ouvert le quatrième sceau, j'entendis
la voix du quatrième Animal, qui disait: Viens et vois.
8. Et je vis, et voici, un Cheval pâle; et celui qui était
monté dessus avait nom la mort, et l'enfel' suivait après lui;
et il leur fut donné pouvoir ùe tuer SUl' la quatrième partie
de la terre pal' épée, et par famine, et par mort, et par les
bêtes de la ten'e.
9. Et lorsqu'il eut ouvert le cinquième sceau, je vis sous
l'Autel les âmes de ceux qui avaient été tués à cause de la
Parole de Dieu, et à cause du témoignage qu'ils avaient.
10. Et ils criaient d'une voix grande, disant: Jusques
à quand, Seigneur, qui (es) Saint et Vél'itallle, ne juges-tll
point, et ne venges-tu point notre sang de ceux qui habitent
SUI' la tene?
11. Et il fut dOllné à chacun des robes blanches, et il
leur fut dit qu'ils reposassent encore un peu de temps, jus­
qU'à ce que fussent au complet et leurs compagnons de ser­
vice et leurs frères, qui devaient être tués de même qu'eux.
12. Et je vis lorsqu'il eut ouvert le sixième sceau, et
voici, un grand tremblement de tene sc fit, et le soleil
devint noir comme un sac de poil, et la lune devint comme
ùu sang.
13. Et les étoiles du Ciel tombèrent Sll\' la terre, comme
un figuier jette ses figues vertes, par un grand,vent secoué.
'14. Et le Ciel se relira comme un livre roulé, et toute
montagne et (tolite) île furent remuées de leurs places.
15. Et les rois de la tene, et les grands, et les riches,
et les kiliarques, et les puissants, et tout esclave et tout li­
bre, se cachèl'ent dans les cavernes et dans les rochers des
montagnes.
16. Et ils disaient aux montagnes et aux rochers: Tom-
I. 2~,
-
'278 L'<\POCALYI'SE Ht:VÉLI::L

bez SUI' nous, et cachez-nous de la face de t:c1ui qui cst assis


SUl' le Trônc, el de la colèrc de l'Agncau.
17. Parce qu'il est venu le jour grand de sa culèrc, ct
qui peut se maintcni!'?

SENS SPllUTlJEL.

CONTENU DE TOUT LE CHAPITRE. Il s'agit de l'Examen


de ceux SUI' qui doit se fail'e le Jugement Demier; ct il fut
examiné quel avait été chez eux ['entendement de la Parole,
et pal' suite quel avait été l'état de leul' vie; ils se compo­
saient de ceux qui étaient dans les vrais d'après le hien,
Vers. 1, 2; de ceL1X qui étaicnt sans le bien, Vers. 3, a;
de ceux qui étaient dans le mépris du vrai, Vers. 5, ô; et
de ceux qui étaient entièl'ement dévastés quant au bien et
quant au vrai, Vers. 7, 8. De l'état de cellx qui étaient
gardés pal' le Seigneul' dans la terre inférieure, à cause des
méchants; ils devaient être délivrés au temps du Jugement
Demier, Vers. 0, 10, H. De l'état de ceux qui étaient
dans les maux et pal' suite dans les faux; qLlel il devait être
au joUI' du Jugement Dernier', Vers. 12 à 17.
CONTJ>NU DE CH,\QUE VERSET. Vers. 1. El je vis lorsqu'cuL OU­
verl l'Agnedu le IJ1'e7lliel' des sceaux, signifie par le Seigneur
l'examen de tous ceux SUl' qui doit se faire le Jngement Dernier,
qnant à l'entendement de 1(11 Parole, et pal' suite quant aux états
de tellr vie : el j'entendis l'un des quatre Animaux, qui disail
comme d'une voix de tonnel'1'e, signifie selon le Divin Vrai de la
rarole : viens ct vois, signifie la manifestation concernant les pre­
miers en ol'tlre: Vers. 2. Et je vis, el voici, un Cheval viane, si­
gnifie l'entendement du vrai et du bien d'après la Parole chez eux:
et celui qui etait manie dessus avait un m'e, signifie que d'après
GHAPITIIE SI XI t:,a;. 27~J

la Parole ils avaient la doctrine du vrai ct dn bien, d'après laquclle


ils avaient combattu contre les faux el les maux qui viennent de
l'enfer: et il lui {ut donne une couronne, signifie l'insigne de
leur combat: et il sortit victol'ir:ux ct )JOUl' vaincre, signifie la
victoire sur les maux elles l'aux il étel'llilé : Vers. 3. Et lorsqu'il
eut ouvert le second sceau, j'entendis le second Animal, qui
disait: Viens et vois, signifie ici la même chose que ci-dessus:
Vers. li. Et il sortit un autre Cheval, l'OUX, signifie l'enlende­
ment de la Parole entièrement détruit quant au bien, et par suite
quant il la vie chez ceux-ci: ct à celui qui etait monte dessus il
lui fut donné d'enlever la )Jai:v de dessus la terre, signifie la
destruction de la charité, de la sécnri té spirituelle el du repos in­
terne: en sOI'te qu'üs se tuassent les uns les autres, siguifie les
haines intestines, les infestations par les enfers, el les troubles
internes: ct il lzd fut donne une élJée yrande, signifie la des­
truction du vrai par les faux du lllai : Vers. 5. Et lorsqu'il eut
ouvert le troisième sceau, j'entendis le troisième Animal, qui
disait: Viens et rois, signifie ici la même chose que ci-dessus:
et je vis, et voici, un Cheval noir, signifie l'entendement de la
Parole entièrement détruit quant au vrai, ainsi quant il la doctrine'
chez ceux-ci: et celui qui etait monte dessus avait lIne bal.(lnce'
en sa main, signifie quelle elle était chez eux: Vers, 6. Et j'en­
tendis une voix au milieu des quatl'e Animaux, qui disait, si­
gnifie la Divine garde de la Parole par le Seigneur: un cheni:x; de
{l'oment pour un denier, ct tTois cheni,:z; d'orge pour un denicl',
signifie parce que l'estimation du bien ct du vrai est si petite,
qu'elle est Jlresque nulle: ct l'huile et le vin ne yâte ]Joint, si­
gnifie qu'il est pourvu pal' le Seigneur il ce que les s~inls biens et
les saints vrais, qui sont intérieurement cachés dans la Parole, ne
soient ni violés ni profanés; Vers. 7. El lO1'squ'il eut ouvert le
quatrù:rnc sceau, j'entendis la voix du quatrième Animal, qui
disait: Viens ct vois, signifie la même chose que ci-dessus:
Vers. 8. Et je vis, et voici, un Cheval pâle, signifie l'entendement
de la Parole entièrement détruit et qnant au bien et quant au vrai:
ct celui qui était monte dessus avait nom la mort, et l'enfer
suivait alJl'ès lui, signifie ['extinction de la vie spilitueJle ct pal'
suite la damnation: et il leur fut donné pouvoir de tuer Slll' la
280 L'Al'OCALYPSE RÉvÉLÉE.

IIIUltl'ii:me pal'tie de la telTe, signifie la destruction tic tout bien


de r I~glise : pal' e)Jee, et par {amine, et )Jar marI, et
))(l1' les bê­
leS de la terre, signifie par les faux de la doctrine, par les maux
de la vie, par l'amour du propre et par les convoitises: Vers. 9.
Et lorsqu'il eut Olwe)'t le cinquième sceau, signifie par le Sei­
gneur l'examen de l'état de la vie de ceux qui, au jour du Juge­
ment Dernier, devaient être sauvés, et qui, en attendant, étaient
réservés: je vis sous l'Aulel Les âmes de ceu:r: qui avaient dtd
Wes à cause de la Pa1'Oie de Dieu, et à cause du témoignage
qu'ils avaient, signifie que ceux qui avaitnt été rejetés par les
méchants il cause de la vie selon les vrais de la Parole, et il cause
de la reconnaissance du Divin Humain du Seigneur, étaient garùés
par le Seigueur afin qu'ils ne fussent pas séduils: Vers. 10. Et ils
criaient d'une L'oix gmne/e, signifie la douleur du cœur: disant:
Jusques il quand, Seigneur, qui (es) Saint et Vd1'Ïtaule, ne juges­
tu )Joint, et ne venges-tu point notre sang de ceux qui habitent
sur la terre? signifie sur ce que le Jugement Dernier est retardé,
el que ceux qui font violence il la Parole et au Divin du Seigneur
ne sont point éloignés: Vers. 11. Et il {ut donné à chacun des
1'0/;('S blanches, signifie leur communication et Jeur conjonction
avec les Anges qui sont dans les Divins Vrais: et il leur {ut dit
qu'ils reposassent encore un peu de tem)Js, jusqu'à ce que fus­
sent au complet et leurs compagnons de service et leurs frères,
qui devaient (1tre tues de même qu'eux, signifie que le Jugement
Dernier devait être encore un peu retardé, jusqu'à ce que fussent
rassemblés ccux qui avaient été pareillement rejetés par les mé­
chants: Vers. 12. El je vis lO1'Squ'il eut ouvert le sixième sceau,
signifie par le Seignem l'examen de l'état de la vie de ceux qui
étaienl intérieurement méchants, sUI' lesquels le jugement devait
se faire: et voici: Un gmnd lremblement de telTe se (it, signifie
l'état de l'Église chez eux entièrement changé, et la tcnem : et
le soleil devint noi'/' comme un sac de )Joil, et la lune devint
comme du sang, signifie chl"z eux tout bien de l'amol1l' adultéré,
et toutlTai de la foi falsiné: Vers. 13. Et les étoiles du Ciel tom­
bèrent SW' la terre, signifie toutes les connaissances du bien et
dn vrai dispersées: comme un figuier jette ses ligues vates, )J(/1'
un ÇJ1'Clnd vent secoué, signifie par les raisonncmcnts tle lïJOl1lme
CHAPITRE slxLiŒE. 281
naturel séparé de l'homme spiritnel : Vers. 16. Et le C/c/ .le re­
tira com11!'? un lirn'e roulé, signifie la séparation d'avec le Ciel el
la c0l1jonction avec l'Enfer: et toute montagne ct (loute) ile fu­
rent remur!es de leurs places, signifie que tout bien de l'amour
et tout vrai de la foi se reliri~renl : Vers. 15. fil les rois de la
terre, et les gl'llnds, ct les )'iclzes, ct les !."i/iarques, ct les puis­
sants, et tout e.sclave, et {Out /ibn, signifie ceux qui avanlla sé­
paration avaient été dans l'entendement du l'rai el dn bien, dans
la science des connaissances du vrai el. du bien, dans l'érndition
par les autres ou par eux-mêmes, el cepenclanl non dans la vie
selon ces choses: .le cachèrent dan.s les citvernes et dan.s les j'O­
cIters des montagnes, signifie eux mainlenant daus les maux et
dans les faux du mal: Vers. 16. Et ils di.saient aux montagne.s
et aux rochers: Tombez SUI' nous, et cachez-nous de la (ace
de Celui qui est assis .1111' le Trône, et de la coli:re de l'Agneau,
signifie les confirmations du mal par le faux el dn faux d'après le
mal, au point qu'ils ne reconnaissaienl aucun Divin du Seignelll':
Vers. 17. Parce qu'il est venu le jour grand de .la colère, et qui
peut .le maintenir, signifie qu'ils sonl d'eux-mêmes devenus tels
par la séparation d'avec les bons cl les fidèles il cause du .Juge­
men t Dernier, qu'au lremen t ils ne soutiendraient poin l.

EXPLICATION

295. Vers. L Et je vis lorsque eut ouvert l'Agneau le pre­


mier des .sceaux, signifie par le Seignelll' l'examen de tous
ceux sur qui doit .le faire le Jugement DerniCl', quant il l'en­
tendement de la Parole, et par suite quant au,); états de leul'
vie. C'est là ce qui esl signifié, parce que maintenant suil en ordre;
l'examen de tous cenx sur qui le .Jugemenl dernier doit êlre fait
quant aux étals de leur vie, el cela par le Seigneur selon la Parole:
c'est donc ce qui esl signifié pal' cela que )' ,'\gneau ouvrit les
sceilux du Livre: qu'ouvrir le Livre, et en rompre les sceaux, si­
gnifie connall.re les étals de la vie de tous, et juger chacun selon
le sien, on le \"oil ci-dessus, \l''' 259, 265 Il 267, 273, 274.
J. 26""
--
282 L'APOCALYPSE llÉVÜÉE. N° 206.
296. Et j'entendis l'un des quatre Animaux, qui disait comme
d'une voÏ;I: de tonnerre, signifie selon le Divin Vrai de la l'al'ol('.
Qne pal' les quatre flnimaux on Cl~érubins soit enlend\ile la Pa­
role, on le voil ci-dessus, N°S 239,275,286; et que par une voix de
lon.,{erre soit el~tendue la perception du Divin Vrai, on le voit
N" 236. Il est dit ici une voix de tonnerre, parce que par Ilet
Animal est entendu le Lion, par lequel est signifié le Divin Vrai
de la Parole quant à la puissance, N° 2111; c'esl de là qUle cet Ani­
mal est dit parler comme cl'une voix cie tonnel'l'e; en elTel, dans
la suite, il est dilt qne le second Animal parla, puis Je troisième et
le quatrième.
297. Viens el vois, signifie la manifeslation concernant les
premiers en ordre. Ci-dessus il! a été dit que, daos ce Chapitre,
est décrit l'examen de tous ceux sur qui doit se faire le jugement
quant aux états de leur vie, et cela par le Seilgnenr selon la Pa­
role, N° 295; ici clonc est décril l'examen snI' les premiers en
ordl'l', à savoir, quels ils sont quant il l'entendement cie la Parole,
et par suite quant aux états de leur vie. Que l'Église existe d'a­
près la Parole et soit telle qu'est en elle l'entendement de la Pa­
role, on le l'oit expliqnlJ clans la DOCTllIKI' Dt: LA NOUVELLE JÉRU­
SALE)I SUR L'j::CRlTOTIE SAINTE, N'" 76 il 79.
298. Vers. 2. Et je vis, et voici, un Cheval blanc, signifie l'en­
tendement du vrai et du bien .l'après la Parole CIU:2 eux. Par
le Cheval est signifié l'entendement de la Parole, et par le Cheval
blanc l'entendement clu l'rai d"après la Parole, car le blanc se dit
des l'rais, N" 167. Que le Cheval signiOe l'entendement cie la Pa­
role, cela a été montré dans un Opuscule particulier sur LE CIŒ­
VAL BLANC; mais comme il n'y a été rapporté que quelques pas­
sages, il en sera l'apporté ici plusieurs pour confirmation; cela est
bieu éviden t CIl ce que Jean vit des chevaux sortir du Livre que
l'Agneau ouvrit, et que les Animaux disaient: Viens et l'ois; car
par les Animaux est signifiée la Parole, N'" 239, 275, 286; par le
Livre, llareillellJent, N° 256; et par le Fils de l'{Jomme, qui ici est
l'Agneau, le Seigneur quant il la Parole, N° 4ll : pal' Iii il est d'a­
bord évident que pal' le Cheval il n'est pas entendu ici aulre
chose que l'etüendement de la Parole: on peutie \'oir plus mani­
fes.tellleut pur ces paroles plus loin dans l'Apocalypse: « Je vis le
Vers. 2. CHAPITRE SIXIÈ.IlE. 283
Ciel ouvert, et voici, zm CHEVAL BLANC; et celui qui était monté
dessus est appelé la PAROLE DE DIEU. Et il a sur son vêtement
et sur sa cuisse (ce) Nom écrit: Roi des Rois et Seigneur des
Seigneurs. Et ses armées dans les cieux Le suivaient sur des
Chevaux blar/cs. Il - XIX. H, 13, Hl, 16. --- Que le Cheval si­
gfli(]e l'entendement de la Parole, on peut encore le voir pal' les
passages suivanls : « Est-ce que conl1'e la mer est ton emporte­
ment, Jéhovah, que tu chevauches sm' tes Chevau,r? Tes Chars
(sont) le salut; tu as Ioulé la mer avec tes Cheval/,x:, le limon
des eaux. Il - nabak. If.!. 8, 15. - « Les sabots des Chevaux
de Jéhovah connue le l'OC sont réputés. » - I~saïe, V. 28. ­
« En ce jow'-Ili, je (l'(lppcrai tout Cheval de stupew', ct son
Cavalier de fareur,. et tout Chewl des ]Jeuples je (ra]Jperai
d'aveuglement. » - Zach. XII. 4. - « En cc joar-lit, il y aura
.11/1' les sonnettes du Cheval: Sainteté ù Jéhovah. Il - Zach.
XIV. 20. - « Parce que Dieu lui a lilit oaulier la Sagesse, et
ne lui a point départi l'intelligence, au temps où elle s'él(;ve en
haut,. elle se moque du Cheval ct de son Cavalier. Il - Job,
XXXIX. 20,21.-« Je retrancherai leCI,cvalllOr.1 deJérusalem;
ml contFaire, il par/cm de paix aux nations. Il - Zacil. IX. 10.
- « Devant ta réprimande, Jéhovah, sc sont endormis ct le
Chm' ct le C/zeval. Il - l's, LXX VI. 6, 7. - « .le re/we/'serai le
Trône des 1"OYllwnes, ct je renverserai le Chal' et ceux qui le
montent, ct descendront les Chevaux ct leurs Cavaliers. Il ­
Hag. H. 22. - « Je disperse1'ai pll1' Toi les royaumes, je dis­
perserai par Toi Ic CllCval ct son Cavalier. » - Jél'ém. LI. 20,
21. - « Bassemulez-vous d'alentour sur mon sacrifice,. vous
serez rassasiés sur ma table dc Cheval ct de ChaT''' ainsi je
donncmi ma gloire parmi les nations. » - tzéch. XXXIX. 17,
20, 21. - « Assemblez-vous pour le grand Souper de Dieu, ct
vous mangerez chairs de Chevaux et de ceu,y qui les montent. Il
- i\poc. XIX. 17,18. - (l Dan se/'a un aspic sur le sentier,
qui mord les talons du Cheval, et tombera son Cavalicr li la
"enverse. Ton salut j'attends, Jéhovah! » - Gen. XLIX. 17,18.
- « Ceins ton épée, flomme Puissant! monte, Chewuche sw'
la ['m'ole de vérité. » - l's. XLV. 5, 6