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Cours PC Brizeux

Ch. E3 Régimes stationnaires

21

CHAPITRE E3

RÉGIMES STATIONNAIRES
1.

LE CADRE DES REGIMES STATIONNAIRES

Dans tout ce chapitre, nous nous plaçons dans le cadre des régimes stationnaires, c’est-à-dire
indépendants du temps. Aucune des grandeurs considérées ici ne peut donc dépendre du temps, toute
"
dérivée du type
est donc identiquement nulle.
"t
"#
En particulier les distributions de charges seront telles que
= 0. En ce qui concerne l’étude du
"t
champ électrique, le cadre des régimes stationnaires contient bien évidemment celui des régimes
! associés à des charges immobiles dans le référentiel d’étude. Il est cependant plus large
statiques
puisqu’on peut imaginer des distributions mobiles mais satisfaisant à la condition énoncée plus haut :
! uniformément et se déplaçant parallèlement à
imaginons par exemple le cas d’un cylindre infini chargé
son axe.
L’équation de conservation de la charge implique qu’en régime stationnaire, une distribution de
courants est nécessairement telle que divj = 0 . Ceci revient à dire que le flux de j est le même à
travers toute section d’un tube de courant : en régime stationnaire, pour des circuits filiformes,
l’intensité est la même en tout point du circuit. Elle est de plus évidemment indépendante du temps
(on parle souvent de courant continu).
!
!
!
Rq. La loi des noeuds est une autre conséquence de div j = 0. Sur la figure ci-dessous, un courant I
se répartit dans deux branches en I1 et I2. Si l’on écrit que le flux de j est nul à travers la surface fermée
Σ, on obtient, compte tenu des changements d’orientation de surface au passage
surface ouverte - surface fermée :
!

!
S1
I1
n
n

I2
S2

""
#

j dS = 0 =

""

j dS +

S

""
S1

j dS +

""
S2

d’où la loi des nœuds :

I = I1 + I2.

- 21
!

j dS = $I + I1 + I 2

n

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Ch. E3 Régimes stationnaires

2.

CHAMP ELECTRIQUE STATIONNAIRE

2.1.

Rappel de la loi de Coulomb

22

Considérons une distribution volumique de charges ρ(P) à l’intérieur d’un volume τ. Le champ E
stationnaire créé en tout point M de l’espace est donné par :
E(M) =

'''

1 $(P)u
d&
4"#0 r 2

!

P%&

P

Cette expression est applicable pour toute
distribution, même d'extension infinie. Elle est
!connue sous le nom de loi de Coulomb.

!

Pour des distributions d’extension finie, le
potentiel V associé est calculable par :
V(M) =

∫∫∫τ

u

M

r

d"

!

1 ρ(P)

4πε 0 r

Rq.1 Ces expressions s'étendent aux distributions limites surfaciques, linéiques et ponctuelles en
remplaçant l'intégrale volumique en intégrale surfacique, curviligne ou simple somme.
Rq.2 L’expression du potentiel montre notamment qu’il tend vers 0 quand on s'éloigne à l'infini
de la distribution. C'est un choix qui rend unique la solution prise pour le potentiel.

2.2.

Propriétés fondamentales
2.2.1. Flux et divergence : Théorème de Gauss

Comme nous l’avons remarqué au chapitre précédent, l’équation de Maxwell-Gauss est la même
dans tout type de régime. Les propriétés associées s’appliquent donc au champ électrique stationnaire.
Rappelons que cette équation s’écrit :
"
div E =
#0
Ainsi le flux de E à travers toute surface fermée s’écrit :
!
!
le flux de E à travers toute surface fermée est égal au quotient
par ε 0 de la charge
!
totale contenue dans le volume délimité par cette surface :

##

!

E.dS =

S

- 22
!

Q int
"0

de façon un peu imagée.dr = V1 – V2 1 C La circulation d’un champ électrique stationnaire le long de tout contour allant d’un point 1 à un point 2 est égale à la différence de potentiel entre le premier et le deuxième point. l’équation de Maxwell-Faraday s’écrit : rot E = 0 Tout champ vectoriel à rotationnel identiquement nul dérive d’un gradient. le champ à l’extérieur de la distribution est le même que si la charge était rassemblée en son centre.2. par un choix de surfaces judicieux.2. L’usage veut qu’on ait en fait posé : E = " grad V ! On retrouve bien évidemment la forme particulière de la relation r liant en général le champ " A ! ! électrique aux potentiels V et A en régime stationnaire où le terme est identiquement nul… "t En outre. qui ne peuvent se refermer. le théorème de Stokes transforme ces propriétés locales en propriétés intégrales : ainsi. nous pouvons dire.2.Cours PC Brizeux Ch. pour des distributions à symétrie sphérique. Plus concrètement. tout champ électrique stationnaire est à circulation conservative : sa circulation le long d'un contour ! fermé est toujours nulle. ! D’un point de vue topographique. ! défini à une constante additive près. 2.3. dl = 0 : tout champ E stationnaire est à circulation conservative C De même ! !: ! ! "C # 2 r E. ! Ainsi. E3 Régimes stationnaires 23 Le théorème de Gauss permet par exemple. C’est pourquoi nous pouvons associer au champ E un scalaire ! ! V. que le champ électrique stationnaire ne « tourne » pas.grad V.23 ! " =0 #0 . Circulation et Rotationnel : potentiel V En régime stationnaire.grad V) = ε0 => ! ! ! ! ΔV + . les lignes de champ. dans des problèmes à forte symétrie où la direction du champ est connue à priori. Équation de Poisson ρ Combinons enfin div E = ε0 et E = . de calculer E plus facilement que par la loi de Coulomb. ! " E . Nous obtenons : ρ div (. 2. sont orthogonales aux surfaces équipotentielles et dirigées vers les potentiels décroissants.

C’est l’intégration de cette équation sur une distribution de charges d’extension finie. avec le choix d’un potentiel nul à l’infini.3. m2 F1"2 r ! m1 ur q1q 2 ur . appelée équation de Poisson. µ(P) représente la masse volumique au point P.m2.3. Champ gravitationnel On peut donc considérer que la masse m1 crée dans tout l’espace un champ gravitationnel que peut m ressentir toute masse m2 placée en son voisinage : G = "G 21 u r . équation qui le relie à ses sources. ! Cette expression est analogue à celle de l’interaction électrostatique : F1"2 = 2.3.2.kg-2. qui aboutit à la loi de Coulomb du potentiel : V(M) = ### " 1 $(P) dτ 4"#0 r ☞ Remarquons enfin que les deux équations de Maxwell relatives à E permettent de « construire » totalement le champ électrique stationnaire et contiennent notamment la loi de ! ! Coulomb qui en est une conséquence . 4#$0r 2 Les différences fondamentales entre ces deux forces proviennent d’une part du fait que l’interaction gravitationnelle est forcément attractive alors que l’interaction électrostatique peut être répulsive. r µ(P)u Pour une distribution volumique de masse.1.Cours PC Brizeux Ch. ! . même d'extension infinie.10-11N. et d’autre part du fait que la gravitation joue un rôle négligeable à l’échelle atomique face à l’interaction ! électrostatique alors que c’est le contraire à l’échelle macroscopique (la matière est globalement neutre). r force qu’exerce la masse m1 sur la masses m2 où G représente la constante de gravitation universelle ! G = 6. ! 2. Analogie champ électrostatique – champ gravitationnel 2. Force d’interaction gravitationnelle La force d’interaction gravitationnelle qui s’exerce entre deux masses ponctuelles m1 et mm m2 a pour expression : F1"2 = #G 1 2 2 u r . E3 Régimes stationnaires 24 Cette équation. constitue en fait une équation locale relative au potentiel V.67.24 . nous aurons donc : G(M) = "G 2 d$ r P#$ ! %%% Cette expression est applicable pour toute distribution.

E3 Régimes stationnaires 25 2.Cours PC Brizeux Ch.dS = #4$GM int S qui permet de déterminer le champ gravitationnel G crée par une distribution de masse. Mint représente la masse comprise dans le volume délimité par la surface fermée S.4. Dans cette expression.3.les distributions dipolaires 2. Théorème de Gauss pour les champs gravitationnels L’analogie entre formelle entre ces deux types d’interaction dites Newtonienne est la suivante : Electrostatique q 1 4"#0 M Gravitation m -G ! Le théorème de Gauss de l’interaction gravitationnel est donc : ! "" u P r d" ! G.3.σ sur leurs faces en regard : E+ C+ € € E E+ € € . distants de e. et portant des densités superficielles uniformes σ et .25 .4.le condensateur plan idéal .1. ! Nous allons à présent étudier plus particulièrement deux exemples de distributions de charges et les ! champs et potentiels correspondants : . Champ et potentiel Nous modélisons un condensateur plan idéal par deux plans conducteurs infinis parallèles. Le condensateur plan idéal 2.

E est la somme des champs créés par chacun des plans : " " Le plan σ crée le champ E + = e z pour z < e. ! . Pour le condensateur plan : ! q = CU C capacité d’un condensateur S condensateur plan C = ε 0 e . un condensateur réel. e dz e ! Nous pouvons enfin calculer le champ en fonction de σ. la charge portée par la plaque chargée U σ est q = σS (l’autre plaque porte alors la charge . et e z pour z > e (il suffit d’appliquer Gauss à 2#0 2#0 un cylindre ! du type C+ ).= + De même le plan e z pour z < 0. L’équation de Poisson entre les plaques devient ΔV = 0.σ crée ! ! 2#0 2#0 ! ! " Le champ E est ! donc nul à l’extérieur des plaques et vaut e z entre les plans. ! En appelant enfin!U la différence de potentiel entre les plaques. La symétrie du système montre que le champ E est de la forme E = E(z) e z . D’où V = az + b. et donc vide de charges. Cependant. interne au condensateur. dont les plaques ont une surface S. ! ! #0 ! ! Rq. égale à .Cours PC Brizeux Ch. le condensateur se rapproche du modèle idéal.2. Nous retrouvons la discontinuité de la composante normale du champ E à la traversée d’une ! ! " ! surface chargée σ.q). le potentiel ne dépend que de z (les surfaces équipotentielles sont des plans d 2V horizontaux). D’où q = ε0 ES = ε0 S. " " E. Capacité ! d’un condensateur plan Pour un condensateur réel. est caractérisé par des effets de bord qui le différencient du modèle idéal.4. dz 2 U dV U Soit encore V = z + b et enfin E = . E3 Régimes stationnaires 26 En réalité. ! nous obtenons. conséquence conjointe des équations de Maxwell et du modèle #0 surfacique. En appliquant le théorème de Gauss à un cylindre d’axe z. en faisant circuler le champ d’une plaque à l’autre : U = Ee. ! 2.26 ! . et e z pour z > 0. de taille finie. Cette charge est donc e proportionnelle à la différence de potentiel entre les plaques : le facteur de proportionnalité est la capacité du condensateur. ! ! ! ! ! ! ! Par superposition.grad V = ez = ez . Tout condensateur possède une capacité C telle q = CU. ce qui justifie son intérêt. on voit que E est uniforme. Nous aurions pu aussi calculer directement le potentiel entre les plaques à partir de l’équation de ! Poisson : par symétrie. quand les dimensions des faces du condensateur sont grandes devant l’épaisseur e. soit = 0. grandeur positive exprimée en farads.

à priori dans tout l’espace. la distance OM = r est grande devant les dimensions de la distribution elle-même. 2 Nous verrons dans le prochain chapitre que ce résultat est tout à fait général : ! A toute distribution de charges créant.27 ! ! ! ! ! ! " ! "(P) 1 o( )dτ 4#$0 r 3 .Cours PC Brizeux Ch. Aspect énergétique Nous savons qu’un condensateur possédant une charge q a également une énergie qui s’exprime par 1 q2 EE = 2 C Nous pouvons exprimer différemment cette énergie en faisant intervenir le champ E créé entre les plaques du condensateur. ! 2. les distributions dipolaires constituent un groupe particulièrement intéressant : considérons en effet une distribution volumique caractérisée par ρ en tout point d'un volume fini τ et déterminons le potentiel créé à grande distance par cette distribution. un champ E . 1 avec la densité volumique wE = ε 0E2 2 ! Cette énergie représente en fait l’énergie nécessaire pour constituer la distribution de charges (charges qui sont en interaction) et par la même pour établir le champ E . Potentiel créé à grande distance par une distribution de charges quelconque Parmi toutes les distributions de charges. si on a choisi une origine quelconque O au voisinage de la distribution. ! Distribution dipolaire 2. D'où PM2 = ( PO + OM )2 = r2 + OP2 .5. PM ! r!) r2 ! ! Le potentiel en M se développe alors en : V(M) = 1 4"#0r ### ! ! dτ + ρ(P) " ### " "(P) OP. au premier ordre : 1 1 ( OP.2 OP . est associée une énergie répartie également dans tout l’espace.5. Soit.OM " 1 %+ = = *1+ + o$ 3 '# r &.3. Il s'agit en fait de calculer V en M tel que. En raisonnant sur l’exemple du condensateur plan : !! 1 q 2 1 " 2S2e 1 1 EE = = = ε0E2 Se = ε0E2 τ 2 C 2 #0S 2 2 ! Cette dernière expression fait apparaître l’énergie comme distribuée dans le volume τ =Se du 1 ! ! volumique !! ! condensateur avec la densité d’énergie (ici!uniforme) wE = ε0E2. E3 Régimes stationnaires 27 2. OM .OM dτ + 4#$0 r 3 ### .4.1.

avec les expressions : ! ### ! " ### ρ+(P) dτ = − " ### ### ρ−(P) dτ = q " ρ+(P) OP dτ = q OA+ ! et ρ−(P) OP dτ = . Champ créé ! : topographie On retiendra donc les expressions classiques du potentiel et du champ pour un dipôle électrostatique : E 1 P.28 ! " P ! ! er " ! . 3 Le vecteur P est appelé moment dipolaire électrique de la distribution.r 4"# 0 r 3 1 % 2Pcos$ Psin$ ( e + e$ * E (M) = ' r ) 4"# 0 & r 3 r3 V(M) = e !" r " . on doit est non nul !) : le potentiel créé à!grande distance r r2 calculer ! le terme suivant du développement.q et q. Si P est nul. de barycentre A-. Distribution!dipolaire : moment dipolaire Par contre.q OA" " D'où P = q OA+ . 3 + o( 3 )! V(M) =! 4"# r !0 r ! ! ρ(P) OP dτ. ! ! est nulle. au premier ordre en . si cette charge totale est nulle. caractéristique de la distribution. placées en A. et charges négatives ρ-. montre en !outre que P est indépendant du choix de l'origine O.r 1 . ! 2. le potentiel créé en M est celui d'une charge ponctuelle .Cours PC Brizeux Ch. " ! ! " 1 P. la distribution devenant au moins quadrupolaire. c'est une grandeur !Ce résultat ! ! intrinsèque.5.5. soit en posant P = ### ρ(P) OP dτ ... qui n'a d'intérêt que si la charge totale ! ! décomposer cette dernière en charges positives ρ+ de barycentre A+. elle-même dipolaire (si P ! n'est plus en 1 mais en 1 . On peut alors Revenons sur l'expression de P . la r distribution est dite alors monopolaire. on doit s'intéresser au deuxième terme qu'on peut écrire : 1 4"#0 [ ### ] rr . E3 Régimes stationnaires 28 La première intégrale représente simplement la charge totale de la distribution : on retrouve qu'à 1 grande distance.q OA" = q A" A+ ! ! ! ! ! On retrouve l'équivalence de la distribution à deux charges ponctuelles .2.et A+.3. 2.

E3 Régimes stationnaires 29 La topographie du champ est indiquée sur la figure ci-dessous : les lignes de champ .29 ! . nous allons dégager un aspect énergétique du dipôle. Cependant il ne s’agira pas d’une énergie propre du dipôle mais d’une énergie d’interaction avec un champ extérieur E : c'est en quelque sorte l'énergie des deux charges +q et -q du dipôle dans le champ créé E . à l’ensemble D1 + D2 2 2 1 ! qui crée par superposition le champ E 1 + E 2.5. ! . ! contrairement aux champs. ouvertes. ! ! C’est cette énergie mutuelle que nous nous proposons de calculer dans l’exemple du dipôle et d’un champ extérieur. Dipôle et champ extérieur : aspect énergétique De même que pour le condensateur plan.Cours PC Brizeux Ch. nous devons associer la densité w = ε0( E 1 + E 2)2. E 2 qui correspond aux interactions entre les charges de D1 et celles de D2. Rappelons que l’énergie potentielle d’interaction d’une charge ponctuelle q et d’un champ extérieur E (non nécessairement uniforme) s’écrit : Emut = qV où V est le potentiel associé à E au point où se trouve q. et à une distribution D2 la densité wE2 = ε0E22. divergent à partir des charges positives et convergent vers les charges négatives : -q P +q ! 2. Comment définir cette énergie ? ! Si nous ! admettons qu’à une distribution de charges D1 créant le champ E 1 nous associons la 1 1 densité d’énergie wE1= ε0E12. 2 ! dès à présent que w ≠ w + w : les énergies. ne sont Remarquons E1 E2 ! d’énergie ! pas additives. La densité ! totale!d’énergie de la distribution comprend un terme mutuelle ! ε 0 E 1.4.

E ) F el = grad ( p . A" A+ car le champ est quasi uniforme sur la petite distance A" A+ des charges.5. C = p ∧ !E : moment subi!par un ! !! ! ! ! ! 3.5.q E + OA+ ∧ q E = q ( A" A+ ∧ E ). Il suffit en effet d’écrire que l’énergie potentille ! ! ! ! ! ! ! ! d’interaction entre le dipôle et le champ extérieur est justement relié à la force subie par le dipôle suivant la relation F el = . un dipôle subit une force résultante nulle F = 0 ( F = q E + (-q) E = 0 ) .1. d’extension finie ou non. Actions subies !! ! Rappelons que dans un champ extérieur uniforme. énergie d'un dipôle dans un champ extérieur. un champ magnétique B donné par la loi de Biot et Savart : M ! B= µ0 4" P $$$ j (P) ∧ PM dτ PM 3 ! P"# ! ! ! ! ! ! . E ) : force subie par un dipôle dans un champ extérieur.p .E .Cours PC Brizeux Ch. en régime stationnaire.grad Emut = grad ( p .1. Loi de Biot et Savart Toute distribution de courants. ! L’expression précédente de l’énergie d’un dipôle dans un champ extérieur nous permet de calculer la ! ! ! force subie !dans un! champ non uniforme.VA. Il y subit un couple C = p ∧ E ( C = OA" ∧ . D'où : !! ! E Emut = .1. ! ! !dipôle dans un champ extérieur. p· = q A" A+ moment dipolaire. ! ext 2.= . E3 Régimes stationnaires 30 Dans le cas du dipôle. par définition. CHAMP MAGNETIQUE STATIONNAIRE 3.30 d" u r . Emut = qVA+ + (-q)VAMais VA+ . Enfin. crée. Rappel de la loi de Biot et Savart 3.

! ! " ! ! dl ∧ OM = ( C " ! dl ∧ PO =! ! C ! !2 µ I 2"a D'où B = 0 uz 4" PM 3 ! " dl)∧ OM = 0 C !a dl u != 2πa2 u z z C ! dl a " qu'on met sous la forme : ! ! P ! B ! O M " B= µ 0I 3 sin θ uz 2a La spire "enserre" donc les lignes de champ. E3 Régimes stationnaires 31 Pour des circuits filiformes.4 .1. Ce solénoïde canalise encore plus qu'il a une grande longueur. ! Enfin. A la limite. Nous examinerons ce système au paragraphe 3. s'il est infiniment long. comme le montre l'allure des lignes de champ relevées expérimentalement.2. il "empêche" les lignes de champ de sortir et le champ est identiquement nul à l'extérieur (noter le parallèle avec le condensateur plan infini ). comme un anneau. . B= " µ0 4" I dl ∧ C I PM PM 3 Or PM = cste = (z2 + a2)1/2 ! ! ! ! et PM = PO + OM ! ! " !En outre. la loi de Biot et Savart prend la forme simplifiée : B= µ0 4" " I dl ∧ C PM PM 3 ! d’une spire 3.Cours PC Brizeux Ch. seul l'axe de la spire est une ligne de champ simple (on pouvait d'ailleurs le prévoir par symétrie). et ceci d'autant circulaire. Application!: champ sur l’axe ! ! ! Le problème admet l'axe de la spire comme axe de révolution mais. On se contentera donc du calcul du champ sur cet axe par la loi de Biot et Savart. Si on considère le système de ! par le même!courant dans le même sens.31 . on obtient un solénoïde plusieurs spires coaxiales parcourues ! plus les lignes de champ dans son intérieur.

donc de la convention d'orientation de surface. elle-même dépendante de la convention d'orientation du contour.2. E3 Régimes stationnaires 32 Propriétés fondamentales 3. ! " B . d’où : !! ! !! !! ! ! ! B . l’équation de Maxwell-Ampère s’écrit : rot B = µ 0 j Cette propriété locale de B montre bien que ce champ « tourne » autour de ses sources : les courants.Cours PC Brizeux 3. Rq. Le signe du courant dépend de celui du produit scalaire j . 3. Ch. !! D’un point de vue pratique. "a Tout plan ! vertical contenant le fil est plan de symétrie : le champ est donc orthogonal à un tel plan. Le problème admet l'axe du fil comme axe de révolution et le module du champ ne dépend que de la distance r à cet axe. Ce fait est expérimentalement vérifié sur toutes les cartes!de ! champ magnétique stationnaire. Le résultat global est par contre évidemment indépendant de ces conventions. dS = j . Les lignes de champ sont des cercles horizontaux centrés sur l'axe du fil.2. dS . dl = µ 0 Ienlacé C ☞ Il importe de remarquer que!ce!théorème n’est pas valable en régime variable où l’équation de Maxwell-Ampère s’écrit ! différemment.2.. ! ! Calculons le champ B créé par un fil infini vertical de rayon a parcouru par un courant d'intensité I I réparti uniformément dans le fil avec la densité j = 2 . ! ! ! . ! L’application du théorème de Stokes nous donne alors la propriété intégrale correspondante relative à la circulation : ! B . il est donc orthoradial (noter la différence avec E ). En résumé le champ est de ! r la forme B = B(r) e" . Exemple d’application du théorème d’Ampère : champ magnétique crée par un fil infini. Circulation et rotationnel : Théorème d’Ampère En régime stationnaire.32 . dl = µ0Ienlacé " C La circulation de B le long d'un contour ! ! fermé quelconque est égale au produit par µ 0 du courant ! algébrique enlacé par ce contour.. le théorème d’ampère permet un calcul rapide du champ B pour des distributions de courants à forte symétrie : il « ressemble » en cela au théorème de Gauss pour E .2. dS " C "" "" S S Cette dernière intégrale représente le courant enlacé par le contour C. dl = rot B .1.

Par contre ces lignes de champ peuvent fort bien se refermer. il oriente implicitement le fil et la logique veut qu'on choisisse le sens de parcours correspondant sur le cercle. il ressort notamment que : . On a alors ! sur ce cercle : " B . identique dans tous les régimes s’écrit : div B = 0 Tout champ magnétique B est donc à flux conservatif : son flux à travers toute surface fermée est nul.2. le sens réel du champ étant indépendant de la convention choisie). ce qui donnera évidemment un champ positif (mais on aurait pu faire l'inverse. C'est une propriété tout ! à fait générale d’un champ magnétique. ! ! De la propriété de conservation du flux. B étant à divergence nulle. E3 Régimes stationnaires 33 L'utilisation du théorème d'Ampère est donc ici évidente : on va faire circuler B sur une ligne de champ.Cours PC Brizeux Ch. Flux et divergence La première équation de Maxwell. dS = 0 S Rq.33 . dr = 2 πr B(r). ! le flux de B à travers toute surface fermée est nul : ! "" B . - ! le flux de B est le même à travers toute surface s’appuyant sur un même contour. C Deux cas se présentent suivant qu'on est à !! l'intérieur ou l'extérieur du fil : ! r > a : I enlacé = I => B(r) = que pour un fil "mince") µ0 " (même résultat 2#r uz u" ur ! ! A B ! ! r < a : I enlacé = j πr2 = I ( r 2 ) => B(r) = µ 0I r2 .3. ! . Le sens du courant étant connu.le flux de B est le même à travers toute section d’un tube de champ magnétique : à un resserrement des lignes de champ magnétique correspond donc forcément une intensification de ce champ. a 2" a ! ! ! ! 3. ses ! lignes ne peuvent diverger à partir de points source : ! de champ ! il n'existe pas de "charge magnétique".

formule que nous ! ! donnons ici pour indication : A (M) = $$$ µ 0 j (P) dτ 4" r P"# On notera les analogies ! fortes entre cette formule et celle reliant le potentiel V à une distribution de ! charges ρ.3. un solénoïde circulaire idéal est formé d’une infinité de spires circulaires de même axe. il se rapprochera d’autant plus du cas idéal que le rayon R des spires sera faible devant la longueur L du solénoïde. Prenant une surface S quelconque et exprimant le flux!de B!à travers cette surface. on réalise un enroulement hélicoïdal de pas très faible (spires jointives). Champ et potentiel-vecteur Idéalement. de même rayon. Néanmoins.1.3. ! ☞ Les deux équations locales relatives à B permettent de « construire » totalement le champ magnétique stationnaire : elles contiennent notamment la loi de Biot et Savart qui peut en est une conséquence . dl C en utilisant la formule de Stokes le flux de B!à travers toute surface est égal à la circulation de A !: ! ! le long du contour fermé associé.Cours PC Brizeux Ch. la relation liant B à A est également intéressante sous forme intégrale. ! ! Nous admettrons enfin sans démonstration la formule donnant l’expression du potentiel vecteur créé en un point M de l’espace par une répartition de courants confinée dans un volume τ . dS = S " A . parcourues par le même courant et réparties régulièrement à raison de n spires par unité de longueur du solénoïde .Le dipôle magnétique 3. Le solénoïde a en outre une longueur finie et donc des effets de bord. . E3 Régimes stationnaires 34 r Nous retrouvons enfin le lien entre B et le potentiel vecteur A sous la forme : B = rot A ! ! Enfin.34 . Le solénoïde circulaire 3.Le solénoïde circulaire infini . En pratique. il vient : ! ! ! ! "" B . ! Nous allons à présent étudier plus particulièrement deux exemples de distributions de courants et les champs et potentiels correspondants : .

B orthogonal à ce plan est donc colinéaire à l'axe des cylindres : B = B(r) e" r er ! r e" ! C1 r ez ! ! ! ! C2 ! ! C3 r ez On peut à nouveau utiliser le théorème d'Ampère en prenant des contours rectangulaires comme l'indique la figure ci-dessus. On peut orienter ces contours de sorte que leur normale positive soit de ! considère : les courants même sens que le courant d’intensité I dans le demi-espace où on les éventuellement enlacés seront alors positifs.. En utilisant le contour C2. il vient : ! ! B ext .0) = µ0 n l I => B = µ0nI .. il est!identiquement nul : on peut dire que les courants canalisent et emprisonnent le champ à l'intérieur. Pour les raisons invoquées plus haut. on a : l B ..B(r2)) = 0 puisqu’aucun courant n’est enlacé.Cours PC Brizeux . En outre tout plan orthogonal à cet axe est plan de r symétrie.35 . Sur un contour tel que C1. La circulation du champ n'est non nulle que sur les côtés horizontaux du contour. de longueur l l. ! En résumé : ! r B int = µ 0nI e z B ext ! =0 On retrouve la discontinuité de B à la traversée de la nappe surfacique de courant que représentent ! affecte ! la composante ! les spires : cette discontinuité tangentielle de B et si l’on note js = nI le courant ! surfacique équivalent aux spires. il apparaît que B est également uniforme à l'intérieur des cylindres. Solénoide idéal I Solénoide réel Le problème admet l'axe des cylindres comme axe de révolution et les modules de B et A ne peuvent dépendre que de la distance r à cet axe. ! ! En utilisant le contour C3.B int = µ 0 js e" # e r = µ!0 js # e r ! ! .. Ch. il vient : l (B(r1) . E3 Régimes stationnaires 35 I . B est donc uniforme à l'extérieur des cylindres..

il ne peut être qu'orthoradial. le nombre total de spires N et la longueur l du ! solénoïde permettent de calculer le flux à travers la totalité des spires : N N2 2 2 Φ = Nφ = Nµ0 I πa = µ0 πa I = LI l l . son module ne dépendant que de r (symétrie cylindrique et extension infinie suivant z) : ! ! r A = A(r) e" ! En faisant circuler A le long de cercles centrés sur er r l'axe. on l'obtient en utilisant l'égalité de cette circulation ! ! et du flux de B . à l’intérieur du solénoïde. nous obtenons : φ = Bπa2 = µ0nI πa2 Notons que ce flux est bien du signe de I : si I est positif.2. connu.36 ! ! . ! € € r ez r eθ ! On retrouve les 2 cas : r<a: r>a: µ 0nIr 2 µ nIa 2 2πr A(r) = πa2µ0nI => A(r) = 0 2r 2πr A(r) = πr2µ0nI => A(r) = € ! ! Notons la continuité de A à la traversée des spires. le potentiel– vecteur est tel que : 1 1 A = µ0nI e z " re r = B" r 2 2 ! Il est facile de montrer que ce résultat est généralisable à tout champ magnétique uniforme dans un ! problème à symétrie cylindrique. ! ! A un champ magnétique uniforme en symétrie cylindrique. sa direction est encore donnée par des considérations de symétrie : A est un vecteur polaire et tout plan contenant l'axe des cylindres est un plan d'antisymétrie. E3 Régimes stationnaires 36 En ce qui concerne A. Pour un solénoïde réel proche du solénoïde idéal. En outre. on peut associer le potentiel vecteur r 1 A = B∧ r 2 ! ! ! 3. le champ B a le même sens que l’axe z qui est aussi la normale positive aux spires.3.Généralisation ! Nous pouvons calculer le flux du champ magnétique créé par le solénoïde à travers la surface d’une spire : comme ce champ est uniforme et normal à la surface des spires. Inductance propre .Cours PC Brizeux Ch. à travers la surface correspondante. A doit donc être orthogonal à un tel plan.

Ce flux. ! C Si on choisit d'orienter le circuit de sorte que I soit ! positif. positif. E3 Régimes stationnaires 37 Ce flux est donc proportionnel à l’intensité du courant circulant dans les spires : le facteur de proportionnalité. à priori dans tout l’espace. solénoïde avec la densité volumique 2 µ0 Nous verrons dans le prochain chapitre que ce résultat est tout à fait général : !! A toute distribution de courants créant. On voit l'analogie entre L et la capacité propre C d'un condensateur.Cours PC Brizeux Ch.3. B I ! ! En résumé : Φ =LI avec L > 0 en Henry. Rq. un champ B . appelé flux propre du circuit. 3. par l'intermédiaire de B . est lui-même proportionnel à I : on appelle inductance propre L du circuit filiforme la constante!de proportionnalité qui ne dépend que de la géométrie du circuit. B et dS sont partout de même sens et le flux dS également positif : L est donc nécessairement positive.3. Retenons pour le solénoïde : N2 2 L = µ0 πa l Ce résultat est en fait général : tout circuit filiforme C. 1 B2 avec la densité volumique wB = 2 µ0 ! .37 ! . parcouru par un courant I crée dans tout l'espace un champ magnétique B (M) proportionnel à l'intensité I (cf. Aspect énergétique Nous savons qu’une bobine d’inductance L parcourue par une intensité I possède l’énergie : EB = 1 2 LI 2 Si nous reprenons le cas du solénoïde. Biot et Savart).1 à 1 H. est appelé inductance propre (ou coefficient d’inductance propre). du solénoïde. nous pouvons écrire : ! 1 1 B2 N2 EB = µ0 πa2 I2 = lπa2 2 2 µ0 l Cette dernière expression fait apparaître l’énergie comme distribuée dans le volume τ = l πa2 du 2 ! ! d’énergie!(ici ! uniforme) wB = 1 B . On peut définir ! le flux de B à travers la surface même du circuit. ! L'unité légale de L est le Henry (H) et l'ordre de ! grandeur usuel des inductances disponibles en laboratoire est de 0. est associée une énergie répartie également dans tout l’espace.

en coordonnées polaires : r eθ ! r er € Br = µ 0 2mcos# µ 0 msin# Bθ = 3 4" r 4" r 3 avec symétrie de révolution autour de l'axe du dipôle. Moment magnétique d’un circuit filiforme A tout circuit filiforme nous associons un vecteur moment magnétique défini par : m =Ι S dont l'unité légale est le T. nous allons le voir. Il est réductible à la donnée de son moment magnétique m . Elle prend alors. Champ créé : topographie A grande distance. l’expérience montre que la topographie du champ magnétique crée par le circuit est analogue à celle du champ électrique crée par une distribution de charges dipolaire. La notion de moment magnétique est "analogue" à celle de moment dipolaire électrique.4.4.38 € € . une distribution de courants est au minimum dipolaire : il n’y a pas de monopôle magnétique.m2. r B L’analogie des cartes de champ évoquée précédemment nous permet d’admettre une expression identique à celle du champ électrique d'un dipôle électrique soit. c’est à dire à des distances grandes devant les dimensions propres d’un circuit filiforme. 3.2.4.1. Ceci revient à dire également que toute de courants d'extension finie se comporte à grande distance "de la même façon". On admettra également l’expression du potentiel ! ! vecteur : A= ! µ 0 m # r µ 0 msin$ = e% 4" r 3 4" r 2 . Cours PC Brizeux 3. Le circuit filiforme prend alors le nom de dipôle magnétique. alors que le moment magnétique est une caractéristique de toute distribution de courants d'extension finie. le nom de dipôle magnétique. En effet.Ch. ! ! Rq. E3 Régimes stationnaires 38 Cette énergie représente en fait l’énergie nécessaire pour établir le courant dans le circuit et par la même pour établir le champ B . Le dipôle magnétique ! 3. mais son intérêt est plus grand car le moment dipolaire électrique d'une distribution n'a de sens que si sa charge totale est nulle.

Tout circuit fermé placé dans un champ extérieur uniforme subit une force qui est la résultante des forces élémentaires de Laplace s'exerçant sur les éléments de circuit : ! F= # C $ & Idr " B =& & % # C ' ) Idr ) " B = 0 ) ( Tout circuit filiforme placé dans un champ extérieur B uniforme subit de la part de celui-ci une résultante des forces de Laplace nulle.4. Au contraire les lignes de champ de B tournent autour de la boucle de courant! : elles sont fermées. Quand le champ B est stationnaire.B 3. il est possible d’associer une énergie potentielle d’interaction à ce travail.3. Cette énergie ! « ressemble » fortement à celle du dipôle électrique dans E extérieur puisqu’elle s’écrit : EPmut = ! m . Dipôle et champ extérieur : aspect énergétique ! Quand nous déplaçons un circuit filiforme parcouru par un courant dans un champ extérieur B . on l'a vu. Cours PC Brizeux Ch. donc la même topographie.39 Rq.39 . Il faut bien comprendre que l'équation des lignes de champ des deux types de dipôle ne sont valables que loin de ceux-ci. E3 Régimes stationnaires ! -q +q p m ! 3. Actions subies ! ! résultat valable pour tout circuit filiforme placé dans un Nous allons tout d'abord établir un champ extérieur B uniforme. E et B n'ont pas les mêmes propriétés . ! Nous admettrons sans démonstration son expression pour un dipôle magnétique. les forces de Laplace subies par ce circuit travaillent. on bien que les lignes de champ de E divergent ! constate ! à partir du barycentre des charges positives et convergent vers le barycentre des charges négatives : elles sont ouvertes. En fait quand on se rapproche des dipôles.4. ! Nous admettrons que le moment de ces forces de Laplace vaut : ! C = m "B ! . Ceci peut paraître surprenant puisque.4.

C = m " B : moment subi par un dipôle magnétique dans un champ extérieur ! ! ! ! . le champ varie peu sur des distances de l'ordre de ces dimensions et nous garderons l'expression du moment des forces de Laplace trouvé précédemment même en cas de champ non uniforme. Cours PC Brizeux Pour un circuit quelconque placé dans un champ non uniforme. En revanche la résultante des forces de Laplace. peut être obtenue à partir de l’expression de l’énergie donnée précédemment .B ) : force subie par un dipôle magnétique dans un champ extérieur. E3 Régimes stationnaires 40 De même que pour la résultante. cette expression représente donc le couple subi par tout circuit filiforme placé dans un champ extérieur uniforme .grad Epmut = grad ( m.40 . non nulle. les dimensions d'un dipôle magnétique étant petites par rapport à l'échelle d'étude. comme pour le dipôle électrostatique : FL = . Il suffit en effet d’écrire.Ch.B ) Nous donnons donc pour indication : ! ! ! ! FL = grad ( m.