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LESANNONCES DELASEINE

Jeudi 22 avril 2010 - Numéro 20 - 1,15 Euro - 91 e année

D.R.
D.R.

VIE DU DROIT

Cour de cassation

Les personnes vulnérables par Xavier Lagarde

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Coup de théâtre à la Cour d’Appel de Paris

Jean-Claude Magendie tire sa révérence

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ILE-DE-FRANCE

Préfecture de Seine-Saint-Denis

Christian Lambert succède à Nacer Meddah

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AU FIL DES PAGES

Archives constitutionnelles de la V ème République

12

CHRONIQUE

Du contrat de jeu

par Hachim Fadili

13

VIE DES CABINETS DAVOCATS

Responsabilité sociétale des entreprises

15

DÉCORATION

Christian Derambure

Chevalier de la Légion d’Honneur

16

ANNONCES LEGALES

17

DIRECT

Direction des Affaires Civiles et du Sceau

16

Ordre des Avocats au Conseil d’Etat et à la Cour de cassation

31

Ecole de Formation Professionnelle des Barreaux de la Cour d’Appel de Paris

31

Cour de cassation

Rapport annuel 2009 - 15 avril 2010

L e 15 avril 2010 sous la présidence de Monsieur Vincent Lamanda son Premier président, de Monsieur Jean-Louis Nadal son Procureur général, a été présenté à la Presse le rapport annuel 2009 de

la Cour de cassation. Ce dernier, comme ceux des années précédentes, est le témoignage par sa richesse, du sérieux du travail accompli par cette Haute juridiction. La célérité, qu'elle apporte au traitement d'affaires de plus en plus complexes, qui doit prendre en compte les incidences du droit communautaire et de la jurisprudence de la Cour européenne, en atteste. Cette année, le thème choisi était "Les personnes vulnéra- bles dans la jurisprudence de la Cour de cassation", sujet d'actualité qui fut présenté par le professeur Xavier Lagarde ; il en a fait une analyse exhaustive et a savamment com- menté la jurisprudence de la Cour suprême en la matière. Comme chaque année, la Cour, soucieuse d'améliorer le droit français, suggère au législateur des modifications au regard des difficultés rencontrées pouvant résulter de l'ap- plication des règles du droit ; l'année suivante elle en com- munique les réponses rarement positives. On ne peut que le déplorer. La quatrième partie du rapport est un panorama par chambre des arrêts les plus significatifs rendus par la Cour ;

c'est un guide précieux que le juriste ne peut ignorer. En annexe du rapport, la Cour attire l'attention, par cham- bre, sur les arrêts les plus novateurs. La cinquième partie publie les statistiques de l'activité de la Cour en 2009. On constate une légère augmentation du nombre d'affaires au civil comme au pénal (au civil, en par- ticulier en raison du contentieux prud'homal, au pénal, en raison du contentieux des juridictions correctionnelles). Les statistiques sont suivies des avis de la Cour qui a été sai- sie au cours de l'année 2009 de deux demandes d'avis en matière civile et de deux demandes en matière pénale. Les dernières communications du rapport 2009 sont complé- tées par la commission de réexamen et d'un arrêt de la Cour européenne des droits de l'homme. La Cour de cassation depuis des années s'ouvre sur l'Europe et le monde. Un chapitre est réservé aux relations interna- tionales, aux manifestations organisées par la Cour de cas- sation, toujours plus nombreuses. Ce rapport de près de 600 pages, complété d'une table d'at- tributions des chambres civiles et d’une table des matières est riche en informations, c’est un outil indispensable pour les juristes qui veulent actualiser leurs connaissances.

Jean-René Tancrède

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des affaires juridiques, Groupe Essilor International 2009 Publicité : Légale et judiciaire : Didier

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des affaires juridiques, Groupe Essilor International 2009 Publicité : Légale et judiciaire : Didier Chotard

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avec suppléments culturels

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de respecter le rapport entre les blancs et le corps choisi. Vie du droit Xavier Lagarde

Vie du droit

le rapport entre les blancs et le corps choisi. Vie du droit Xavier Lagarde Photo ©
le rapport entre les blancs et le corps choisi. Vie du droit Xavier Lagarde Photo ©
Xavier Lagarde Photo © Jean-René Tancrède - Téléphone : 01.42.60.36.35
Xavier Lagarde
Photo © Jean-René Tancrède - Téléphone : 01.42.60.36.35

Les personnes vulnérables

par Xavier Lagarde*

Actualité

I l n’est guère besoin de longs discours pour mettre en évidence l’actualité du sujet. La crise frappe durement des populations déjà fragilisées. Après s’être approché du

seuil de 7% de la population active, le taux de chômage pourrait d’ici quelque temps repasser au-dessus de la barre des 10%. Dans le même temps, le nombre des ménages surendettés s’accroît. Dans les années d’avant la crise, les dossiers de surendettement déposés à la Banque de France étaient au nombre de 180 000 par an en moyenne. Aujourd’hui, le chiffre de 200 000 est dépassé. Rien ne permet de prévoir une baisse. Il faut également mesurer l’importance du thème de réflexion choisi cette année par la Cour de cassation dans une perspective de plus long terme. C’est une bonne nouvelle, notre espérance de vie croît (84,5 ans pour les femmes, 77,8 ans pour les hommes). C’est une moins bonne nouvelle, les phénomènes de dépendance sont en augmentation. L’INSEE prévoit qu’en 2040, les personnes âgées dépendantes seront au nombre de 1 200 000, contre 800 000 aujourd’hui, chiffre qui, soit dit en passant, n’est d’ores et déjà pas négligeable. Tout un chacun comprend que ces quelques données chiffrées intéressent de près ou de loin

le thème de la vulnérabilité et qu’en

conséquence, il est justifié d’analyser la

jurisprudence de la Haute juridiction à cet égard.

Simplicité

La Cour de cassation interprète en faveur des personnes vulnérables les règles destinées à les protéger. S’il faut sacrifier aux impératifs d’une communication simple et sans nuance, tel peut être le message à faire passer. Pour banal qu’il puisse paraître, il faut mesurer la rupture dont il est porteur. Ripert, dont la pensée a eu une incidence considérable sur les schémas de pensée - le logiciel, dirait-on aujourd’hui - des juristes, nous

enseignait que le droit moderne, imprégné de l’esprit démocratique, cède à la pression du plus grand nombre et accorde sans cesse toujours plus de protections. Si des raisons électorales conduisent le législateur à une générosité continûment renouvelée, les jurisconsultes, qui selon la formule de l’éminent auteur, sont par principe des conservateurs, ont ainsi pour devoir de maintenir la cohérence du droit. Dans cette perspective, l’œuvre prétorienne, construite en dialogue avec la doctrine, est censée tempérer les audaces législatives. Cette façon de voir est révolue. Parce que les droits fondamentaux constituent désormais la boussole de nos systèmes juridiques, le législateur et le juge travaillent de concert à ce que les droits des individus ne demeurent à l’état de prérogatives théoriques. Selon le terme aujourd’hui consacré, ils veillent à l’effectivité des droits. La vulnérabilité ne saurait justifier que ceux-ci restent lettre morte. Au juge, il revient de donner un effet utile aux règles protectrices des personnes en situation de faiblesse. En forçant le trait, il est même permis de s’interroger sur une interversion des rôles entre le législateur et le juge. Le premier était progressiste et le second plus tempéré, sinon conservateur. L’un a peut-être pris la place de l’autre. Témoin, par exemple, l’épisode du contrat nouvelles embauches dont se fait l’écho la contribution de la chambre sociale ("Contrat de travail et précarité"). Dans des conditions politiques mal préparées, une ordonnance du

2 août 2005 avait consacré un contrat de travail

dont les conditions de rupture étaient simplifiées, en contrepartie d’une meilleure indemnisation du salarié licencié. Les pouvoirs publics tentaient ainsi une adaptation des règles protectrices des salariés aux contraintes d’une économie mondialisée. Adaptation qui, de fait, se traduisait par un recul des garanties traditionnelles. La jurisprudence, avec in fine l’approbation de la Cour de cassation (Soc.,

1 er juillet 2008, Bull. 2008, V, n°146, pourvoi n°07- 44.124), a invalidé le dispositif motif pris de sa contrariété avec les dispositions de la Convention n°158 de l’Organisation internationale du travail. C’est bien le juge qui

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Vie du droit

Vie du droit
Vie du droit
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Vie du droit qui sait distinguer. Il ne peut laisser en l’état une liste à l’intérieur

qui sait distinguer. Il ne peut laisser en l’état une liste à l’intérieur de laquelle tout ne peut être mis au même rang.

1.2. Ce que la vulnérabilité n’est pas

D’autant qu’une conception globale de la

vulnérabilité, qui conduirait à considérer celle-

ci sous le seul angle d’une exposition à un risque,

présenterait un triple défaut. D’un point de vue technique, elle prive la notion de son caractère opératoire. Tout un chacun est en permanence exposé à quelque risque. Tous, nous supportons des zones de vulnérabilité. Afin que la notion soit exploitable, il importe d’en cerner le particularisme, ce qui oblige, au minimum, à restreindre le champ des maux dont la crainte irrigue le thème de la

vulnérabilité. Il faut à tout le moins s’en tenir à des risques d’une particulière gravité. Sans doute est-il nécessaire de faire la part entre le normal

et le pathologique.

D’un point de vue plus théorique, une conception intuitive de la vulnérabilité est le signe d’une démission doctrinale, juridiquement peu recommandable. Irréductible aux autres modes de régulation sociale, le droit se singularise par une temporalité qui lui est propre. Il absorbe les éléments extérieurs, qu’ils viennent du souverain ou de la société civile, pour les inscrire dans un ensemble à peu près cohérent qui leur préexiste et leur survivra. Pour accomplir cet office, il doit en conséquence disposer de ses propres outils. Car s’il n’est que recopiage, il suit les évolutions de ses modèles, sans jamais leur donner sens. Or, affirmer que

la vulnérabilité n’est jamais qu’une fragilité, une

exposition à quelques maux, revient à se satisfaire d’intuitions communes. Il faut donc aller plus loin pour donner consistance à une conception juridique de la vulnérabilité. Enfin, d’un point de vue politique, il serait paradoxal d’associer sans nuance risque et vul-

s’est porté au secours du salarié. Ce faisant, il s’est vraisemblablement plus senti dans la peau d’un résistant que dans celle d’un conservateur.

Complexité

Au-delà des premières observations, marquées du sceau de la simplicité, l’examen du sort que la jurisprudence réserve aux personnes vulnérables conduit l’interprète à faire le constat d’une certaine complexité. A l’exception de quelques textes de portée répressive, analysés avec précision dans la contribution de la chambre criminelle ("Les personnes vulnérables dans la jurisprudence de la chambre criminelle"), il est rare que le législateur fasse expressément de la vulnérabilité la condition de son intervention. La protection des personnes vulnérables inspire assurément de nombreuses règles mais ces dernières désignent rarement comme telles les personnes dont elles assurent la protection. L’œuvre prétorienne ne porte donc pas seulement sur l’application des dispositifs protecteurs des personnes vulnérables. Préalablement, elle remplit une fonction de reconnaissance de ces derniers. Ce qui suppose de prendre parti sur la notion de vulnérabilité. Les divergences d’appréciation sont concevables et il n’est pas certain que toutes les chambres raisonnent avec le même jeton. C’est là un premier point qu’il y a lieu d’approfondir. Lorsque la Cour de cassation interprète les règles prises en faveur des personnes vulnérables, il est certain que, dans l’ensemble, elle fait preuve de volontarisme, privilégiant, comme il est relevé dans la contribution de la deuxième chambre civile ("La protection des particuliers surendettés"), l’interprétation téléologique sur l’interprétation littérale.

jurisprudence relative aux majeurs protégés ("Les majeurs protégés"), ni à la chambre commerciale lorsqu’elle s’inquiète de la protection des investisseurs qui, alertés des risques encourus, doivent malgré tout conserver leur liberté d’action ("La vulnérabilité de l’investisseur"). L’apparente simplicité d’une réflexion sur la protection des personnes vulnérables ne doit pas faire oublier la complexité de la matière, qu’il s’agisse d’aborder la reconnaissance des personnes vulnérables (1.) ou la protection des personnes vulnérables (2.).

I. La reconnaissance des personnes vulnérables

1.1. Homogénéité ?

Qui est vulnérable ? Les contributions des différentes chambres laissent augurer que la réponse ne va pas de soi. Y sont en effet recensés : les enfants, les étrangers placés en zone de rétention, les majeurs protégés, les emprunteurs adhérents à une assurance de groupe, toutes les personnes prises en qualité d’assurés sociaux, les bénéficiaires de l’aide juridictionnelle, les particuliers surendettés, partie des locataires de leur logement principal, les investisseurs, les emprunteurs et les cautions profanes, les professionnels en situation de dépendance économique, les personnes âgées ou celles dont la santé est altérée, les salariés précaires, les salariés protégés, les stagiaires, les personnes physiquement et psychologiquement faibles, les "nouveaux esclaves".

Dans une société moderne, les individus sont autonomes. Ils sont donc normalement les seuls gestionnaires de leurs intérêts et de leurs aspirations. Dans une société, parfois qualifiée de post- moderne, l’autonomie de l’individu requiert un peu plus que la capacité juridique, c’est-à-dire, au fond, l’aptitude à se mouvoir librement dans les cadres du droit civil. Xavier Lagarde

L’effectivité de la protection voulue par le législateur vaut mieux que le strict respect de la lettre des textes. En même temps, la Haute juridiction ne peut échapper à certains arbitrages. Elle ne peut céder aux facilités d’une "jurisprudence à l’émotion". La vulnérabilité procure des droits, elle ne donne pas tous les droits. Comme le rappelle opportunément la troisième chambre civile ("Les personnes vulnérables et le droit des baux d’habitation"), elle n’affranchit pas la personne protégée de ses obligations. Il faut identifier la bonne mesure, d’autant que toute protection, aussi généreuse soit-elle, comporte toujours un côté obscur. Le soutien que l’on apporte, c’est aussi de la liberté que l’on retire. Cela n’échappe pas à la première chambre civile, chargée d’unifier la

La liste n’est sans doute pas complète. Cependant, le rapport n’a pas vocation à constituer un traité de la vulnérabilité. A travers l’étude de plusieurs situations pertinentes, il est destiné à éclairer les lecteurs sur une éventuelle politique jurisprudentielle en la matière. Dans cette perspective, l’exhaustivité n’est pas une nécessité. La vraie question porte sur l’homogénéité de cette liste. Peut-on considérer de la même manière l’incapable majeur et l’investisseur profane, le salarié protégé et le travailleur "sans papiers" ? Certes, est vulnérable, celui que sa fragilité expose à un désagrément, sinon un mal. Et toutes les personnes précitées semblent au premier abord ainsi exposées. Mais, comme le rappelle G. Rouhette, le juriste est un homme

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Vie du droit

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nérabilité. Cette dernière appelle la protection et des mécanismes de solidarité. Il s’agit tou- jours d’éviter aux autres ce que, raisonnable- ment, personne ne peut souhaiter pour lui- même. Il y aurait alors peu à ce que la prise de risque, par exemple celle de l’investisseur, soit tenue pour un mal qu’il faut prévenir. Ce serait une forme de malthusianisme social auquel nul ne peut se résoudre, quelle que soit sa sen- sibilité. On peut se sentir plus à l’aise dans le monde des affaires que dans les lieux de soli- darité, ou inversement. On ne peut raisonna- blement souhaiter que seul l’un ou les autres subsistent.

1.3. Ce qu’est la vulnérabilité

Dans une société moderne, les individus sont autonomes. Ils sont donc normalement les seuls gestionnaires de leurs intérêts et de leurs aspirations. Le sujet de droit est ainsi une personne capable, capacité qui, nous rappelle l’article 1123 du Code civil, reste le principe. Il est libre de ses actes, il répond de ses faits. Sans doute est-il l’objet de multiples déterminations, sans doute évolue-t-il dans un univers incertain, de telle sorte que son libre arbitre ne saurait exister, en quelque sorte, à l’état chimiquement pur. Cependant l’homme moyen, le "bon père de famille", n’est pas contraint ou ignorant au point qu’il faille nier sa liberté. Celle-ci est relative, elle n’est pas sans consistance. Dans une société, parfois qualifiée de post- moderne, l’autonomie de l’individu requiert un peu plus que la capacité juridique, c’est-à-dire, au fond, l’aptitude à se mouvoir librement dans les cadres du droit civil. Pour qu’advienne l’individu, il importe de lui reconnaître des droits, abstraction faite des relations qu’il est à même de nouer dans l’exercice de sa capacité :

droit d’agir en justice, droits sociaux (logement, emploi…), par exemple. Ces droits sont généralement reconnus par des textes de portée supralégislative. Il en est ainsi parce qu’ils sont l’expression de la dignité de l’homme. Ils accèdent au rang de droits fondamentaux. Encore ne faut-il pas exagérer les différences entre ces deux points de vue sur l’autonomie. Pour partie d’entre eux, les droits sociaux visent à "libérer l’homme du besoin", selon la formule de Beveridge, que rappelle opportunément la deuxième chambre civile ("Vulnérabilité et droit de la sécurité sociale"). Par induction, il n’est pas interdit de se demander si les droits fondamentaux n’ont pas pour principale vertu d’offrir à chacun les conditions d’une effective liberté. Avoir un emploi correctement rémunéré, un logement décent, un accès à la justice, n’y a-t-il pas là les prérequis d’une entrée en société ? Pour être capable de nouer des relations équilibrées, il est au préalable nécessaire de disposer de droits fondamentaux. Quoiqu’il en soit des liens entre ces différentes facettes de la personnalité juridique, l’explicitation de cette dernière permet de construire une conception rigoureuse de la vulnérabilité. On comprend en effet que, sous l’angle du droit, la personne vulnérable est celle

qui n’est pas en mesure d’exercer les attributs de

la personnalité juridique. Empêtrée dans une

situation pathologique, elle reste en deçà du

standard du bon père de famille. Droits et liberté

ne sont pour elle que des mots. En pratique, elle

ne sait pas ce que c’est. Sont ainsi des personnes vulnérables celles qui, dans une situation pathologique ou hors norme, ne sont de fait pas en mesure d’exercer correctement leurs droits et libertés. Entrent ainsi dans cette catégorie : les incapables majeurs qui, affectés d’un déficit intellectuel ou mental ne peuvent contracter au mieux de leurs intérêts ; les adultes malades ou vieillis-

sant, que les entreprises se pressent rarement d’accueillir, et pour qui la liberté du travail et le droit à l’emploi ont bien peu de consistance ("Les personnes âgées, ou dont la santé est altérée, et l’emploi") ; les personnes dont les ressources sont insuffisantes au point qu’elles ne peuvent accéder à la justice ("L’accès à la justice des personnes aux ressources insuffi- santes")… Aussi compréhensive soit la notion, elle ne s’étend pas sans limites. Ainsi, les consommateurs et les salariés ne peuvent-ils être par principe assimilés à des personnes vulnérables. Ils ont traditionnellement rang de partie faible et méritent assurément des pro- tections. Mais leur situation est normale. Consommer et travailler constituent l’ordi- naire du plus grand nombre. Et pour le juriste,

la vulnérabilité n’est pas le trait commun de

l’humanité.

A

partir de cette définition, deux variantes de

la

vulnérabilité peuvent être distinguées. A titre

principal, il en existe une conception personnelle. Marginalement, on peut en discerner une "conception réelle".

1.4. La conception personnelle de la vulnérabilité

Est personnelle la vulnérabilité dont la cause est liée à la personne ou à son patrimoine et dont les conséquences affectent de manière générale les droits et libertés de l’intéressé. L’incapacité, telle qu’elle est appréhendée par le Code civil, répond à l’évidence à cette définition. De manière plus générale, c’est à cette conception que répondent les situations que l’on associe naturellement à l’idée de vulnérabilité. Cependant, l’introduction de cette dernière dans l’analyse du droit est le signe d’une extension et d’une diversification considérables des dispositifs de protection autrefois cantonnés dans le droit des incapacités.

1.4.1. L’incapacité donnait le modèle. Certains sont incapables de plein droit : ce sont les enfants que l’on juge trop vulnérables pour accomplir seuls les actes de la vie civile. Mais, dans son principe, la reconnaissance de leur vulnérabilité ne pose pas de difficulté particulière. De fait, elle prend nécessairement fin. Elle est en revanche plus problématique pour les adultes qui deviennent incapables. Frappés d’une altération de leurs facultés mentales ou corporelles, il n’est plus raisonnable de penser qu’ils pourront seuls veiller à la

protection de leurs intérêts. Il faut donc prévoir une protection continue, dont les termes ont été profondément réformés, on le sait, par l’importante loi du 5 mars 2007. Le régime protecteur est lourd, contraignant pour l’incapable. Il faut donc être vigilant avant de reconnaître la vulnérabilité de ce dernier. La première chambre civile en est parfaitement consciente et rappelle avec constance aux juges du fond qu’ils ne peuvent se contenter d’une approche impressionniste de l’état de vulnérabilité justifiant le placement sous un régime d’incapacité. Il leur revient de vérifier avec précision, d’une part, l’altération des facultés de la personne concernée, d’autre part, la nécessité de mettre en place de manière continue des mesures de protection ("Les majeurs protégés"). De manière plus générale,

la jurisprudence de la première chambre civile

constituée sous l’empire des anciens textes mettait largement en œuvre les principes de nécessité, de subsidiarité, de proportionnalité et d’individualisation des mesures de protection aujourd’hui expressément consacrés par la loi du 5 mars 2007 (nouvel article 428 du Code civil). L’état de vulnérabilité peut être plus aisément reconnu lorsque sa prise en considération entraîne l’application de règles protectrices qui n’entravent pas substantiellement la liberté d’action de leur bénéficiaire. Sans vérification particulièrement approfondie, un âge avancé, une santé altérée peuvent être ainsi tenues pour des causes de vulnérabilité. Ainsi font-ils l’objet de dispositifs protecteurs spécifiques en matière d’emploi ("Les personnes âgées, ou dont la santé est altérée, et l’emploi"). L’âge ou le handicap du locataire peuvent aussi lui donner à certaines conditions le droit de se maintenir dans les lieux ou de prétendre à une offre de relogement ("Les personnes vulnérables et le droit des baux d’habitation"). De manière plus générale, lorsqu’un état de faiblesse est caractérisé, les contrats conclus peuvent être remis en cause

s’il est établi que l’une des parties a abusé de cette situation pour se faire consentir des avantages injustifiés. Le contrat est alors entaché du vice de violence (article 1112 du Code civil). Quant

à l’auteur de celle-ci, et dans le respect du

principe de légalité, il peut être pénalement sanctionné ("Les personnes vulnérables dans la jurisprudence de la chambre criminelle").

1.4.2. La vulnérabilité se détache ainsi progressivement de l’incapacité. A cet égard, l’évolution la plus significative est dans la

diversification des causes. Parce que le droit civil

a peu à peu admis le principe de sa coexistence

avec un droit social, l’appréciation d’une situation de faiblesse a porté, non plus seulement sur les caractéristiques personnelles

de l’individu, mais également sur les conditions économiques de son existence. On protégeait l’incapable, on a aussi protégé le surendetté.

Il ne faut pas exagérer les ruptures que marque

cette évolution. Le libéralisme juridique qui inspire nos institutions a partie liée avec la philosophie des Lumières. Or, ceux qui se sont prévalus de cette philosophie n’ont jamais

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Jean-Louis Nadal Photo © Jean-René Tancrède - Téléphone : 01.42.60.36.35
Jean-Louis Nadal
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totalement mésestimé les conditions matérielles de la liberté. Si le suffrage fut un temps censitaire, c’est parce que, pensait-on, la qualité de propriétaire conditionnait celle d’homme libre. Siéyès dit les choses en termes particulièrement crus : "Parmi les malheureux voués aux travaux pénibles, producteurs de la jouissance d’autrui et recevant à peine de quoi sustenter leur corps souffrant et plein de besoins, dans cette foule immense d’instruments bipèdes, sans liberté, sans moralité, ne possédant que des mains peu gagnantes et une âme absorbée, est- ce là ce que vous appelez des hommes ? Y en a-t-il un seul qui fût capable d’entrer en société ?". C’est bien pourquoi, à défaut d’offrir la propriété à tous les citoyens, les pouvoirs publics ont lentement œuvré à la constitution de garanties semblables à celles censées s’attacher à la qualité de propriétaire. Le droit social et spécialement le droit de la protection sociale s’inscrivent dans cette perspective. Il faut donner à chacun les moyens de la liberté et, de la sorte, lui éviter les situations qui le rendent à proprement parler vulnérable, c’est-à-dire incapable d’exercer les libertés que lui donne sa qualité de sujet de droit. C’est avec raison qu’il est écrit qu’en matière de sécurité sociale "c’est la règle de droit dans son principe même qui constitue la réponse à la vulnérabilité face aux risques et aléas de l’existence des personnes auxquelles elle s’applique" ("Vulnérabilité et droit de la sécurité sociale"). La vulnérabilité est moins dans le risque et l’aléa, que dans les conséquences qui en résultent. Dans le cours normal des choses, il faut compter sur le hasard. Cependant, pour inévitables que soient les malheurs de l’existence, il est à tout le moins possible d’en contenir les suites économiques. La sécurité sociale permet ainsi de préserver les conditions matérielles de ceux qui, notamment parce qu’ils sont atteints physiquement, sont exposés à perdre leurs ressources. Et comme le rappelle la deuxième chambre civile ("Vulnérabilité et droit de la

sécurité sociale"), cette considération d’ordre général a pesé sur l’évolution du régime de la faute inexcusable de l’employeur en matière de maladies professionnelles. En un mot, il faut éviter qu’à la souffrance s’ajoute la vulnérabilité. Et cela explique l’attention que porte la chambre sociale aux facteurs de précarité dans la relation de travail ("Contrats de travail et précarité"). Un contrat précaire, c’est en effet un contrat qui ne garantit aucune pérennité des ressources du salarié concerné, d’autant qu’en temps de crise, ce dernier est le premier à pâtir des réductions d’effectifs. On peut d’ailleurs comprendre que la chambre sociale apparente le temps partiel à la précarité, car, de fait, il donne peu de ressources et fragilise ainsi la situation du travailleur. A noter toutefois que le propos

vulnérabilité, qui associe celle-ci à une insuffisance de ressources, se manifeste dans bien d’autres branches du droit. Cette insuffisance n’est pas apparentée à une incapacité de telle sorte que la constater, abstraction faite d’autres circonstances, ne suffit pas pour identifier une cause d’annulation d’un contrat ou un abus de faiblesse ("Les personnes vulnérables dans la jurisprudence de la chambre criminelle"). Elle est considérée comme une atteinte de fait à l’exercice de droits fondamentaux, que ce soit l’accès au logement ("Les personnes vulnérables et le droit des baux d’habitation"), ou encore à la justice ("L’accès à la justice des personnes aux ressources insuffisantes"). L’exercice de ces droits a nécessairement un coût de telle sorte que, mécaniquement, l’impossibilité de faire face à la dépense caractérise une situation de vulnérabilité. Abstraction faite de l’exercice d’un droit en particulier, le surendettement des particuliers donne également lieu à une telle situation. Il relègue les individus aux marges de la société et les place dans une situation d’indignité ("La protection des particuliers surendettés"), ce qui, à proprement parler, signifie qu’ils ne sont plus en mesure d’exercer leurs droits les plus essentiels.

1.4.3. Plus récemment, le législateur a semble- t-il pris conscience de ce que le droit lui-même puisse susciter de la vulnérabilité. Si l’on accepte l’idée que la condition d’un individu puisse être dégradée par des circonstances autres que personnelles, il n’y a pas de raison impérieuse, parmi celles-ci, de s’en tenir uniquement à leurs aspects économiques. La condition juridique peut être source de vulnérabilité. C’est peu discutable pour l’étranger en situation irrégulière qui, ainsi fragilisé, est alors exposé à une exploitation abusive du fait d’employeurs ou de propriétaires peu scrupuleux. Faisant

Par rapport, au standard du bon père de famille, il importe de caractériser des circonstances qui grèvent sensiblement l’aptitude de l’individu à exercer librement ses droits. Il faut donc établir une situation inhabituelle d’ignorance ou de contrainte. Xavier Lagarde

mérite ici la nuance. Comme le relève la chambre sociale, la précarité de la relation de travail est aussi l’un des outils des politiques de l’emploi. Les contrats aidés peuvent ainsi servir de marchepied à un emploi durable. Au rebours des principes traditionnels, la jurisprudence admet alors qu’ils peuvent permettre de pourvoir un poste lié à l’activité normale et permanente de l’entreprise. Le droit social, entendu au sens large, ne peut pas tout. Un salarié peut être surendetté ou encore pauvre au point de ne pouvoir se loger. Dès lors, la conception économique de la

application des articles 225-13 et 225-14 du Code pénal, la chambre criminelle n’hésite pas

à déduire la dépendance, caractéristique d’une

vulnérabilité, de la seule situation irrégulière de

l’étranger abusé ("Les personnes vulnérables dans la jurisprudence de la chambre criminelle"). Avec raison, la chambre criminelle invite cependant à certaine prudence dans le maniement de cette notion de vulnérabilité juridique. Les besoins de la procédure pénale et de la répression peuvent conduire la justice

à placer les citoyens dans un "état d’infériorité" que d’aucuns seraient tentés d’assimiler à une

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situation de vulnérabilité. En même temps, donner suite à cette idée reviendrait à condamner ce qui apparaît comme une nécessité. Ce serait considérer la norme pénale comme l’expression d’une pathologie. Ce qui est logiquement douteux, quoique l’on pense des conditions dans lesquelles s’exerce la répression. Il faut donc retenir que la vulnérabilité juridique ne se constate qu’à l’occasion de situations marginales et non lorsqu’une autorité publique exerce les pouvoirs qu’elle tient de la loi. Ce qui n’interdit pas de reconnaître une vulnérabilité lorsque ces pouvoirs s’exercent dans des conditions atypiques. De ce point de vue, le classement par la première chambre civile des étrangers en rétention administrative dans la catégorie des personnes vulnérables se justifie ("Le maintien en rétention des étrangers"). En effet, alors que le juge judiciaire est garant de la liberté individuelle, "un étranger en situation irrégulière en France, auquel une mesure d’éloignement est notifiée, peut faire l’objet d’une décision de maintien en rétention dans un local ne relevant pas de l’administration pénitentiaire ou en zone d’attente, qui émane d’une autorité administrative et dont l’appréciation échappe à la compétence du juge judiciaire pour relever de celle du juge administratif." ("Le maintien en rétention des étrangers"). Il y a là une configuration anormale, propre à fragiliser les individus concernés et justifiant une réaction appropriée du législateur et du juge. Ultimement, il est d’ailleurs permis de se demander si l’exercice d’un droit ou d’une liberté, fussent-ils constitutionnellement garantis, n’est pas à même de rendre vulnérable celui-là même qui l’exerce. Tel peut être le cas lorsque l’accomplissement d’une fonction, comme celle de délégué syndical, est intrinsèquement porteur d’un antagonisme, ce dernier émanant d’une personne (l’employeur) dotée d’un pouvoir propre à lui donner l’avantage dans le rapport de force ainsi constitué. Encore qu’en pareille hypothèse, il paraisse plus approprié d’évoquer une conception réelle de la vulnérabilité.

1.5. La conception réelle de la vulnérabilité

Il est des hypothèses où certaines chambres de la Cour de cassation reconnaissent une personne vulnérable là où un individu exerce des droits ou des fonctions dans un contexte que ne caractérise aucune anormalité. Ainsi la deuxième chambre civile évoque-t-elle dans l’une de ses contributions le cas de l’emprunteur adhérent à une assurance de groupe pour couvrir les risques décès, invalidité et chômage ("L’obligation de l’établissement de crédit prêteur d’éclairer son client auquel il propose d’adhérer à une assurance de groupe pour couvrir les risques de décès, invalidité et chômage"). La chambre commerciale consacre également de longs développements aux investisseurs, emprunteurs et caution ("La vulnérabilité en droit commercial") ainsi qu’aux professionnels en situation de dépendance économique ("La

Vincent Lamanda Photo © Jean-René Tancrède - Téléphone : 01.42.60.36.35
Vincent Lamanda
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notion de dépendance économique en droit de la concurrence"). La chambre sociale considère pour sa part que les salariés protégés, représentants élus du personnel et représentants syndicaux, méritent d’être protégés à raison de leur vulnérabilité ("Les salariés protégés") ; pareillement pour les stagiaires en entreprise ("Brève réflexion sur les contours de la vulnérabilité du stagiaire en entreprise"). Dans toutes ces hypothèses, les individus se bornent à exercer leur capacité juridique, qui pour investir, qui pour s’endetter et généralement s’assurer. Ou alors, ils agissent dans le cadre de droits et libertés constitutionnellement garantis, liberté syndicale et droit à la participation. Nous sommes en

pleine normalité. S’endetter n’est pas sans risque, s’engager comme syndicaliste non plus. Le risque ne suffit cependant pas à caractériser la vulnérabilité (cf. n° 1.2.). Celle-ci se révèle à la lecture des contributions précitées :

- A propos de l’adhérent à une assurance de

groupe, il est relevé que "le choix des emprun-

teurs est contraint", que ceux-ci "ne peuvent discuter les garanties stipulées au contrat", qu’au surplus les clauses de ces assurances "sont souvent obscures quant aux garanties offertes", qu’enfin, le domaine concerné est aussi "sensible humainement [qu’]économique- ment" ;

- La chambre commerciale relève de son côté

que, "en droit commercial, la personne […] vulnérable protégée sera […] celle qui se trouve

anormalement exposée à prendre des risques inconsidérés", l’anormalité de l’exposition tenant au "défaut d’information", à la "situation économique [de] la personne" (par exemple un petit épargnant) ou encore à "la nécessité de l’opération" (par exemple la caution) ;

- concernant les salariés protégés, la chambre

sociale estime qu’ils "sont particulièrement vulnérables aux discriminations de la part d’employeurs qui peuvent être tentés de les évincer en usant de leur pouvoir disciplinaire ou de leur pouvoir de direction" ; elle ajoute que "la tentation

peut être forte, dans les entreprises où le fait représentatif est mal accepté, de se débarrasser d’un salarié, jugé trop revendicatif, en mettant fin à son contrat de travail pour une cause apparemment objective" ; - concernant le stagiaire, il est fait état d’une "situation de précarité et d’insécurité juridique" ; avec plus de précision, il est relevé que “le stagiaire ne peut pas refuser d’accomplir tout ou partie des "tâches" qui lui auront été confiées par l’entreprise d’accueil même si celles-ci ne relèvent pas, à l’évidence, d’une mise en pratique de ses connaissances spécifiques et ce d’autant plus que le stagiaire dépend de l’entreprise, non par un lien de subordination au sens classique du droit du travail, mais en raison de la notation qui lui sera remise à son départ.” Une synthèse peut être tentée en soulignant qu’à côté de la vulnérabilité personnelle, il est en quelque sorte, une vulnérabilité du fait des choses ; d’où le terme de conception réelle. La vulnérabilité ne résulte pas d’une faiblesse personnelle qui empêche a priori l’individu d’exercer convenablement l’ensemble des attributs de la personnalité juridique. Elle se constate lors de la conclusion d’un acte ou de l’exercice d’un droit à l’occasion desquels les circonstances rendent la personne vulnérable. La vulnérabilité est toujours celle d’une personne et se caractérise toujours par une faiblesse particulière du sujet de droit, mais elle s’observe ponctuellement et à raison des circonstances. Cette conception de la vulnérabilité n’est pas toujours admise. Par exemple, lorsque la chambre criminelle a eu à se prononcer sur la qualification d’abus de faiblesse dans le droit de la consommation, elle a refusé l’idée que "la vulnérabilité [soit] révélée par les circonstances de la cause". Elle a au contraire jugé que "le délit d’abus de faiblesse […] suppose pour être caractérisé, l’existence d’un état de faiblesse ou d’ignorance de la victime, préalable à la sollicitation et indépendant des circonstances dans lesquelles elle a été placée pour souscrire l’engagement". Cette rigueur est justifiée. Elle s’explique sans doute par la nécessité de

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respecter le principe d’interprétation stricte de la loi pénale. Son bien fondé a cependant une portée plus générale. L’admission sans nuance d’une conception réelle de la vulnérabilité conduirait à identifier celle-ci en toute occurrence. En effet, dans la multiplicité de leurs relations, les individus sont rarement dans un

parfait rapport d’égalité. On est toujours le faible d’un autre de sorte qu’à systématiquement tenir compte ponctuellement des circonstances, on serait souvent tenu d’admettre une situation de vulnérabilité. Forte en extension, la notion deviendrait faible en compréhension. A force d’être partout, elle ne serait nulle part. Afin d’éviter les pièges d’une casuistique sans périmètre, deux bornes peuvent servir de point d’ancrage à une conception réelle de la vulnérabilité :

- par rapport, au standard du bon père de

famille, il importe de caractériser des circonstances qui grèvent sensiblement l’aptitude de l’individu à exercer librement ses

droits. Il faut donc établir une situation

inhabituelle d’ignorance ou de contrainte. De fait, celle-ci se constate dans les différentes situations visées ci-dessus ;

- il paraît également souhaitable de montrer que

la vulnérabilité réelle est susceptible de dégénérer en vulnérabilité personnelle ; ainsi de l’emprunteur menacé de surendettement si son adhésion à une assurance de groupe se révèle sans effet en cas de sinistre ; ainsi du petit investisseur ayant mobilisé toute son épargne dans des produits risqués dont il ne maîtrisait pas le devenir ; ainsi du professionnel en situation de dépendance économique menacé par la déconfiture au cas où la dépendance vient à disparaître ; ainsi du salarié protégé menacé de licenciement, du stagiaire exposé à un préjudice de carrière… En un mot, la conception réelle de la vulnérabilité est aussi une conception spéciale.

2. La protection des personnes vulnérables

2.1. Les raisons d’une protection

La protection des personnes vulnérables est d’abord le fait du législateur. Selon la formule de l’article 4 du Code civil, c’est essentiellement, le silence, l’obscurité ou l’insuffisance de la loi qui justifient l’œuvre prétorienne. Ainsi qu’il a été dit, celle-ci se signale plutôt par son volontarisme, précision étant faite que la complexité de la matière interdit une interprétation à sens unique. Pour saisir les repères qui permettent à la jurisprudence de réaliser les nécessaires arbitrages, il convient au préalable d’identifier les raisons des règles protectrices des personnes vulnérables. Il en est une essentiellement. Dès lors que la vulnérabilité est une atteinte à la personnalité juridique, elle fait peser une menace sur la dignité des individus. Celle-ci s’entend parfois de "l’humanité de l’homme",

c’est-à-dire du fait que l’homme est irréductible

à toute autre entité distincte du genre humain,

et qui s’exprime à travers la reconnaissance d’une série de droits, qualifiés de fondamentaux et en principe reconnus par un texte de portée supralégislative. D’où d’ailleurs l’audace de la jurisprudence qui, lorsqu’il s’agit de protéger les personnes vulnérables, n’hésite guère devant l’application d’une norme internationale disqualifiant une règle interne. On l’a vu à propos du contrat nouvelle embauche. On le voit également à propos de la Convention de New York relative aux droits de l’enfant dont la Cour de cassation, après des hésitations critiquées en doctrine, a fini par reconnaître l’application directe en droit interne ("L’application directe de la Convention de New York relative aux droits de l’enfant"). La référence à la dignité de l’homme peut entraîner un certain jusqu’auboutisme et favoriser le syndrome de la "haine de soi", pour reprendre un mot de Montherlant : puisque

c’est la dignité qu’il s’agit de protéger, on n’en fait jamais assez et, en tout cas, toujours moins que ce qu’exigent nos engagements internationaux. La contribution de la première chambre civile sur la Convention de New York montre bien qu’il ne faut céder à aucune de ces deux tentations. Tout d’abord, et pour commencer par celle évoquée en second, les règles du droit interne ne sont pas si souvent en contradiction avec les textes supranationaux qui engagent la France. Et de ce point de vue, l’application directe de la Convention de New York n’a pas considérablement changé le sort des enfants français. Ensuite, le respect des droits nécessite des arbitrages dès lors que leur exercice est susceptible de heurter soit d’autres droits, soit encore d’impérieux principes. Ainsi, l’intérêt de l’enfant justifie sans doute que l’on favorise l’adoption des mineurs abandonnés mais cette faveur, au moins en matière internationale, doit s’accommoder d’un principe de coopération entre les Etats, ce qui suppose de tenir compte de la loi nationale du mineur concerné. Et si celle-ci interdit l’adoption, il n’est pas illégitime d’hésiter avant de l’autoriser en France. Tout arbitrage est un compromis de sorte que, le plus souvent, par nécessité, les droits nationaux sont toujours en deçà des déclarations de droits. Pour autant, ce n’est pas qu’il faille toujours les amender. Au bénéfice de ces observations préalables, il y

a lieu d’examiner plus concrètement comment

la Cour de cassation met en œuvre les dispositifs

de protection des personnes vulnérables, qu’il s’agisse de prévenir les situations de vulnérabilité, de les traiter, ou encore de sanctionner ceux qui les exploitent.

2.2. Prévenir les situations de vulnérabilité

Toutes les situations de vulnérabilité ne peuvent être évitées. L’âge, le handicap, de manière plus générale, l’altération des forces mentales ou physiques, sont des choses avec lesquelles il faut compter. La prévention se conçoit mieux à propos de la vulnérabilité économique. En ce

qu’il empêche que les accidents de la vie et plus largement les difficultés de l’existence ne se traduisent, de surcroît, par une dégradation de la condition matérielle des individus, le droit de la sécurité sociale est le dispositif central aux fins de prévenir les situations de vulnérabilité. Ainsi qu’il a été dit, la Cour de cassation est volontariste. Les principes directeurs de la jurisprudence sont les suivants :

- Une interprétation extensive des règles du droit de la protection sociale, qu’elles aient pour objet l’assujettissement aux différents régimes de sécurité sociale, la définition des bénéficiaires des prestations, le régime juridique des prestations sociales, ou encore qu’elles portent sur les couvertures complémentaires de prévoyance et de retraite ; - Une atténuation du déséquilibre "qui caractérise, par la force des choses, les relations entre les organismes de sécurité sociale et de mutualité sociale agricole et leurs usagers". On sait aussi que la refonte du régime de la faute inexcusable de l’employeur a permis d’améliorer considérablement le régime de réparation du risque professionnel. La situation de victime reste douloureuse. Elle n’est plus synonyme de vulnérabilité. Dans cette perspective, il faut aussi faire état de la jurisprudence de la chambre sociale autour du thème de la précarité dans la relation de travail. Il est sans conteste que cette précarité fragilise les individus et les expose à une dégradation de leur condition. C’est la raison pour laquelle, interprétant généreusement les textes du Code du travail, qu’ils portent sur des contrats de travail à durée déterminée ou indéterminée, la jurisprudence s’efforce d’"atténuer ou de neutraliser les facteurs de précarité". Contrôle approfondi des justifications de la précarité, application sans nuance des contraintes formelles, tels sont les principaux leviers. Les situations de vulnérabilité, dite réelle (cf. 1.5.), appellent des correctifs qui peuvent être perçus comme autant de dispositifs de prévention d’une vulnérabilité personnelle. Les règles protectrices de l’emprunteur, de l’assuré, de l’investisseur et de la caution sont en effet destinées à éviter leur déconfiture. En cette matière, la jurisprudence a une part considérable. Elle n’a pas hésité à exiger des banquiers et des assureurs qu’ils aillent au-delà de leurs seules obligations légales (cf. les contributions de la deuxième chambre civile et de la chambre commerciale). Le banquier ne peut se contenter de délivrer les informations qui figurent sur l’offre de crédit. Il doit mettre en garde l’emprunteur non averti, compte tenu de ses capacités financières, sur les risques de l’endettement nés de l’octroi de prêts. Lorsqu’il est souscripteur d’une assurance de groupe qu’il soumet à l’adhésion de ses clients, il ne peut s’en tenir à la simple délivrance de la notice prévue par l’article L. 141-4 du Code des assurances. Il doit désormais éclairer l’emprunteur sur l’adéquation des risques couverts à la situation personnelle de ce dernier. L’intermédiaire financier, au moins lorsqu’il est confronté à un investisseur non averti désireux de s’aventurer

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sur les marchés à terme, doit informer ce dernier des risques encourus, au-delà des informations réglementaires que requiert la circulation de tout produit financier. Il faut d’ores et déjà pointer toute la subtilité de l’œuvre prétorienne, tenue d’arbitrer entre des considérations contradictoires. Qu’il s’agisse de protéger l’emprunteur, la caution, l’adhérent à une police d’assurance de groupe, l’investisseur, la protection passe pratiquement toujours par un banquier, qu’il prenne la qualité de prêteur, de souscripteur d’un contrat de groupe ou encore d’intermédiaire financier. Or, il est un principe dit de non ingérence ou de non immixtion du banquier dans les affaires de son client qui invite à modérer l’intervention du premier dans l’assistance du second. Ce principe peut se comprendre comme un cantonnement des obligations du banquier, en droit de demander que celles-ci demeurent centrées sur son cœur de métier qui, faut-il le rappeler, consiste dans le commerce de l’argent (encore est-ce moins vrai pour les banques d’affaires). Il peut aussi s’interpréter comme une règle protectrice de la liberté du client, étant précisé que celui qui détient l’argent, donc le nerf de la guerre, est exposé à la tentation d’utiliser ce levier pour exercer une illégitime emprise sur les affaires de son client. Dès lors, si le banquier peut informer, il ne peut conseiller. Et si l’on veut qu’il fasse plus qu’informer, alors il y a lieu de trouver un intermédiaire entre l’information et le conseil, ce à quoi s’est employée la Cour de cassation à travers la notion de mise en garde. Il est incidemment permis de s’interroger sur la portée de cette évolution, d’autant qu’abs- traction faite de la protection de l’emprunteur adhérent à une assurance de groupe, la pré- vention du risque de déconfiture lié à des opé- rations financières (emprunt, cautionnement, investissement) est réservée à des profanes. Sans doute la mise en garde de ces derniers leur laisse-t-elle toute liberté d’action. Aussi bien peut-on s’arrêter à l’idée qu’elle permet de faire mieux qu’informer et moins que conseil- ler. Cependant, il est aussi permis de penser qu’une mise en garde réussie est celle qui conduit le profane à renoncer à l’opération projetée. L’objectif est de lui faire comprendre qu’il n’a pas les capacités pour conclure le contrat qu’il envisage. Ce d’autant plus qu’en qualité de profane, et donc généralement de consommateur, il s’aventure dans un domaine qui n’est pas le sien. Il fait de la finance sans être financier. Il investit là où l’on attendrait qu’il consomme. En conséquence, mieux vaut qu’il s’abstienne si les risques sont trop impor- tants. Ce faisant, il s’opère peut-être un glissement de sens. Traditionnellement, la protection des parties faibles s’inscrivait dans une logique néolibérale. On croyait encore à l’autonomie de la volonté. Cependant, compte tenu des asymétries d’information, on jugeait opportun de la rendre effective. Les règles protectrices avaient alors pour objet de conforter le consentement des individus. Il fallait faire mieux que la théorie des vices du consentement pour s’assurer que ce dernier, via l’information et le

conseil, soit réellement libre et éclairé. Lorsqu’il est question de mettre en garde, il s’agit plutôt de donner un développement économique aux règles de capacité. Ainsi, lorsque la protection des parties faibles traduit la volonté de prévenir les situations de vulnérabilité, il se peut que l’on passe d’une obligation d’information et de conseil destinée à consolider le consentement

à un devoir de mise en garde, vecteur d’un contrôle de capacité.

2.3. Traiter les situations de vulnérabilité

S’il y a des situations de vulnérabilité, il ne saurait

y avoir de traitement uniforme. En même

temps, au-delà de la diversité (2.3.2.), il y a des constantes (2.3.1.).

2.3.1. Au titre des constantes, retenons une certaine prudence de la Haute juridiction à l’égard des aspects moraux de la question. Comme le relève la deuxième chambre civile dans sa contribution consacrée à l’accès à la justice, "la Cour de cassation refuse de priver le demandeur à l’aide juridictionnelle, alors même qu’il serait de mauvaise foi, du bénéfice de l’assistance d’un avocat". Cette même formation doit tenir compte de la mauvaise foi des débiteurs pour leur refuser l’accès aux procédures de traitement des situations de surendettement. Elle ne peut faire autrement puisque la bonne foi est légalement une condition pour obtenir le bénéfice de ces procédures. En même temps, la deuxième chambre civile donne à cette condition une portée minimum. Sauf dérogation légale expresse, le juge s’interdit de relever d’office la mauvaise foi du débiteur. S’il la constate un jour, il n’exclut pas que le lendemain, la bonne foi soit admise. S’il la sanctionne, c’est uniquement parce qu’elle est en rapport direct avec le surendettement. Ainsi la Cour de cassation a- t-elle jugé, comme le relève le rapport la deuxième chambre, que "la faute intentionnelle d’un salarié ayant entraîné son licenciement, lequel était à l’origine de difficultés financières, ayant d’abord conduit l’intéressé à emprunter puis à ne plus pouvoir faire face aux remboursements, est sans rapport avec la situation de surendettement et ne caractérise donc pas sa mauvaise foi au sens du droit du surendettement". D’aucuns jugeront que le libéralisme de la jurisprudence confine à la complaisance. En même temps, au regard de l’impératif de dignité qui justifie la protection des personnes vulnérables, ces solutions sont assurément cohérentes. Lorsque c’est une conception de l’humanité que l’on défend, il est douteux de s’arrêter aux causes de la vulnérabilité pour refuser d’en traiter les conséquences. Ainsi la Cour de cassation ne se fait-elle pas disciple de La Fontaine et il y a plutôt lieu de s’en réjouir. Ayant à traiter de questions sociétales de première importance, il lui revient de faire preuve d’une hauteur de vue supérieure à celle d’une fourmi. D’autant que la vulnérabilité est bien souvent

l’occasion d’une double peine. Non seulement elle empêche les individus de jouir du plein exercice de leur personnalité juridique, mais encore, elle les marque au point le plus souvent de leur attirer des nuisances supplémentaires.

Comme si la proximité des personnes vulnérables faisait craindre un effet de contagion, il n’est pas rare qu’on s’efforce de les maintenir dans leur isolement. A travers l’incrimination du délaissement, la chambre criminelle sanctionne cette attitude. Mais l’incrimination est rarement constituée. Le plus souvent, l’isolement n’engendre aucune culpabilité. Ainsi la chambre sociale rappelle-t- elle que, pour la tranche d’âge allant de 15 à 64 ans, le taux d’activité des personnes handicapées est de 44% alors que pour celles qui ne le sont pas, il atteint 71%. Souffrant de leur vulnérabilité, ils sont au surplus victimes de discrimination. Lorsque le handicap, et plus généralement l’état physique et moral d’une personne, ne l’empêchent pas d’exercer une activité, il importe en conséquence de lutter contre la discrimination qui s’exerce au détriment des personnes vulnérables. La Cour de cassation considère qu’aujourd’hui, la HALDE est sans doute mieux armée que le juge pour mener ce combat. Ce qui n’entame en rien

sa vigilance, notamment lorsqu’il lui revient, à

travers sa chambre sociale, d’appliquer les règles propres à garantir l’accès à l’emploi et le maintien dans l’emploi des personnes âgées ou dont la santé est altérée. Même observation lorsque la même chambre veille au respect des salariés protégés.

A noter toutefois qu’ayant accédé à une situation

juridique qui leur était préalablement refusée, les personnes vulnérables ne sauraient alors échapper aux obligations qui s’y attachent. Comme le rappelle la troisième chambre civile

à propos du logement, "le locataire vulnérable

n’est pas moins tenu qu’un autre de remplir toutes les obligations pesant sur le preneur", qu’il s’agisse du "paiement d’un loyer fortement revalorisé" ou de "l’obligation d’user paisiblement des lieux loués". Sujet de droit, la personne vulnérable n’a cependant pas tous les droits. Ces règles sont également la marque d’une troisième constante dans le traitement des situations de vulnérabilité. Autant qu’il est possible, il importe de sortir les individus de ces situations. C’est dans cette perspective que se situent les procédures de surendettement, spécialement depuis la loi du 29 juillet 1998 relative à la lutte contre les exclusions, qui a permis l’effacement des dettes après un moratoire de trois ans, et depuis la loi du

1 er août 2003 sur la ville et la rénovation urbaine ayant introduit dans notre droit la procédure dite de rétablissement personnelle, laquelle s’apparente à une sorte de liquidation judiciaire avec clôture pour insuffisance d’actifs. La deuxième chambre civile indique bien que si le but est "de sauvegarder les particuliers de la misère et de l’exclusion sociale", il est également

"de leur garantir l’espoir d’une situation meilleure". Confronté à des textes d’inspiration différente

et

donc à de sérieuses difficultés d’interprétation,

la

deuxième chambre les a parfois sollicités afin,

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dit-elle, de "favorise[r] de façon efficace le désendettement". Selon ses propres mots, il faut

désormais l’admettre, "le droit du surendettement des particuliers sacrifie à l’objectif de désendetter les débiteurs les plus obérés l’impératif juridique cardinal d’honorer ses obligations". En un mot, une personne vulnérable mérite protection, quelles que soient les causes de sa vulnérabilité. Au minimum, tout doit être fait pour qu’elle ne pâtisse pas de celle-ci et qu’elle en sorte au plus vite. 2.3.2. Mais là ne s’arrêtent pas les dispositifs de protection des personnes vulnérables. Si celles-

ci ne sont pas en mesure d’exercer les attributs

de leur personnalité juridique, il importe précisément de leur en donner les moyens. Autant que faire se peut, il s’agit d’effacer les conséquences de la vulnérabilité, à tout le moins compenser les désavantages qui s’y attachent. Les méthodes varient selon les sources de la vulnérabilité. Lorsque la vulnérabilité a une cause juridique

(cf. 1.4.3.), il convient essentiellement de garantir les droits les plus essentiels de la personne concernée. La situation des étrangers maintenus en rétention administrative est à cet égard emblématique. La jurisprudence veille ainsi au respect du principe de loyauté lors de l’interpellation de l’individu ; ainsi la première chambre civile rappelle qu’est irrégulière l’interpellation d’un étranger par des services de police qui, pour y procéder, ont utilisé sa convocation dans les locaux du service pour un examen de son dossier de mariage nécessitant sa présence personnelle. Elle rappelle que l’étranger maintenu en rétention a le droit de communiquer avec un tiers, le droit d’être assisté d’un avocat, le droit de rencontrer un médecin,

le droit de ne pas être éloigné de ses enfants. A

ce dernier égard, la Haute juridiction a refusé de juger dans l’abstrait que la présence des enfants dans un centre de rétention constitue par elle-même un traitement inhumain et dégradant. Lorsque la vulnérabilité a une cause socio- économique, son traitement passe essentiellement par l’octroi de moyens. C’est flagrant lorsqu’il s’agit de donner aux plus démunis l’aide juridictionnelle leur permettant d’accéder à la justice. La deuxième chambre civile pointe à cet égard “l’attention de plus en plus soutenue que porte la Cour de cassation à la nécessité de permettre aux plus démunis de se voir reconnaître un droit "concret et effectif" d’accès au juge”. L’aide matérielle peut être plus discrète. Ainsi lorsque cette même chambre dispense un débiteur surendetté de vendre son logement principal compte tenu du fait qu’à l’aide de ses ressources il serait dans l’incapacité de se reloger. Dans ce cas, l’aide est indirecte. Le débiteur conserve son logement, et plus encore la propriété de ce dernier, par, en quelque sorte, une aide en moins prenant, en fait une dispense d’avoir à payer ses créanciers. La troisième chambre civile donne également des exemples de jurisprudences "dans lesquelles la notion de vulnérabilité n’est pas totalement étrangère". Ainsi d’un arrêt dans lequel il est jugé qu’un médecin ne saurait répondre des dégradations commises

par certains de ses patients dans les parties communes. Ledit médecin opérait dans un quartier sensible et traitait de nombreux toxicomanes. Le rendre responsable du fait des

agissements de ces derniers l’eût incité à déménager ce qui, en pratique, eût nui au droit

à la santé des habitants de ce quartier. La même

chambre fait cependant observer que le plus souvent les aides matérielles apportées aux personnes vulnérables sont décidées et quantifiées par le législateur ou le pouvoir réglementaire. En la matière, l’influence de la jurisprudence est nécessairement limitée. La vulnérabilité peut être telle que, même en disposant d’une aide matérielle, la personne concernée n’est pas ou plus en mesure d’exercer correctement ses droits. Tel est le cas de celui dont les facultés mentales ou physiques sont altérées au point qu’il est nécessaire de le placer sous un régime d’incapacité. Dans ce cas, rien ne sert de rechercher l’effectivité des droits de la personne. Cette dernière se trouve de fait en

retrait de la vie juridique et, malheureusement, rien n’y fait. L’objectif est alors de faire en sorte que nul ne profite de cette inaptitude pour léser les intérêts de la personne concernée. Il faut alors faire écran entre cette dernière et le reste de la société, ce que permettent, dans des mesures variables, les régimes de protection. Ainsi qu’il a été dit, cette façon de traiter la vulnérabilité est celle qui requiert le plus de précaution dès lors qu’elle se traduit par une perte d’autonomie de la personne protégée. La première chambre civile rappelle à cet égard et

à propos de l’abrogation de la curatelle pour

prodigalité, les termes de la circulaire d’application de la réforme des tutelles : “lors de l’examen par le Parlement du projet de loi de réforme, les rapporteurs des commissions des lois ont souligné que la curatelle "pour prodigalité, intempérance et oisiveté" présentait le risque d’entraîner les personnes qui rencontrent des difficultés économiques, sociales ou financières vers un régime de protection juridique emportant une privation de leurs droits disproportionnée et constituant un frein à leur autonomie”. La première chambre civile insiste sur la jurisprudence par laquelle elle a facilité l’exercice des recours à l’encontre des décisions qui ouvrent les tutelles et les curatelles. De telles mesures sont au traitement juridique de la vulnérabilité ce que les soins palliatifs sont à la

médecine. Elles sont d’une absolue nécessité, elles ne peuvent être qu’un dernier recours.

2.4. Sanctionner l’exploitation de la vulnérabilité

L’exploitation de la vulnérabilité est une atteinte

à la dignité des individus. Il est normal qu’elle soit pénalement sanctionnée. La chambre criminelle nous rappelle à cet égard la multiplicité des incriminations qui permettent la poursuite et la sanction de ces abus :

- L’abus frauduleux de l’état d’ignorance ou de

la situation de faiblesse soit d’un mineur, soit d’une personne particulièrement vulnérable (article 223-15-2 du Code pénal) ;

- L’abus de faiblesse ou de l’ignorance d’une

personne à l’occasion d’un démarchage à domicile (article L. 122-8 du Code de la consommation) ; - L’abus de personnes vulnérables ou dépendantes pour obtenir la fourniture de services non rétribués ou en échange d’une rétribution manifestement sans rapport avec l’importance du travail accompli, ou pour les soumettre à des conditions de travail ou d’hébergement incompatibles avec la dignité humaine (articles 225-13 et 225-14 du Code pénal). L’interdiction pénalement sanctionnée du démarchage à l’occasion d’obsèques peut également se comprendre comme la volonté de sanctionner un abus de vulnérabilité résultant de circonstances personnelles douloureuses. La chambre criminelle fait application de ces textes dans le strict respect du principe de la légalité. Mais ceux qui, par exemple, emploient des jeunes filles mineures et étrangères, sans les scolariser, sans les rémunérer et sans leur laisser leurs papiers, doivent savoir qu’ils ne pourront échapper aux termes d’une indiscutable prévention. Les sanctions pénales ne sont pas exclusives de sanctions civiles. On ne parle pas des dom- mages et intérêts qui seront assurément dus à la victime d’un abus au titre de la responsabi- lité civile de son auteur. Il s’agit plutôt de sanc- tions qui, déconnectées du préjudice réelle- ment subi par la victime mais lui profitant malgré tout, s’apparentent à ce qu’il est aujourd’hui convenu d’appeler des peines pri- vées. A propos des sanctions qui s’attachent à la méconnaissance des règles protectrices des salariés protégés, réintégration et indemnités, notamment, en cas de licenciement, la cham- bre sociale rappelle que l’objectif est de "dis- suader l’employeur de mettre fin [au] contrat de travail" et que les indemnités visent "à sanc- tionner autant qu’à réparer". De manière plus générale, lorsque la chambre sociale procède à des requalifications, comme elle le fait à pro- pos de contrats à durée déterminée ou de conventions de stage, la conséquence en est que le salarié, le plus souvent définitivement évincé lorsque la requalification intervient, profite mécaniquement d’un régime indemni- taire sans lien avec le préjudice subi. Là comme ailleurs, l’objectif est bien de sanction- ner autant que de réparer. Aussi bien peut-on sérieusement conclure que la Cour de cassation est particulièrement sensible à la protection des personnes vulnérables. Elle identifie ces dernières avec discernement, elle les protège sans états d’âme.

* Xavier Lagarde est agrégé des facultés de droit et professeur à l’université de Paris Ouest Nanterre La Défense.

Source : L'intégralité du rapport est consultable sur le site de la Cour de cassation : www.courdecassation.fr

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Les Annonces de la Seine - jeudi 22 avril 2010 - numéro 20

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Préfecture de Seine-Saint-Denis

Christian Lambert succède à Nacer Meddah - Bobigny, 20 avril 2010

Mardi dernier, le Président de la République a “installé” Christian Lambert dans ses nouvelles fonctions de Préfet de Seine- Saint-Denis. Nicolas Sarkozy a choisi un homme de confiance et de poigne pour “harceler les délinquants” afin de restaurer la sécurité dans un des départements les plus sensibles de France qui a subi les conséquences de plusieurs décennies de renoncement

et de laxisme.

Jean-René Tancrède

Michel Gaudin, Nicolas Sarkozy, Brice Hortefeux et Christian Lambert Photo © Jean-René Tancrède - Téléphone
Michel Gaudin, Nicolas Sarkozy,
Brice Hortefeux et Christian Lambert
Photo © Jean-René Tancrède - Téléphone : 01.42.60.36.35

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L’ordre républicain

par Nicolas Sarkozy

J 'ai tenu à venir en Seine-Saint-Denis, à la Préfecture de Bobigny, à l'occasion de la prise de fonction du nouveau préfet de votre département, Christian Lambert.

Son prédécesseur, Nacer Meddah a accompli

un travail remarquable auquel je tiens à rendre hommage. Il a été nommé préfet de région, préfet de la région Franche-Comté, ce qui récompense son action en Seine-Saint-Denis. L'arrivée de Christian Lambert a une signification particulière à mes yeux. Je le connais depuis de nombreuses années. Christian Lambert a dirigé le RAID, unité d'élite

de la police nationale. Il a occupé le poste de directeur de Cabinet du préfet de police, Michel Gaudin, l'un des plus complexes et des plus sensibles de la République française. Et il a participé à la mise en place de la police d'agglomération de la région parisienne, à ce titre, il connaît bien la Seine-Saint-Denis. Christian Lambert s'est illustré à plusieurs reprises par son efficacité, son sens de l'action et son sens du concret. Il incarne une certaine idée de l'Etat, solide, efficace, proche du terrain. La nomination de Christian Lambert, c'est une preuve de grande confiance du ministre de l'Intérieur, comme de moi-même à son endroit. Je demande à Christian Lambert d'affirmer en Seine-Saint-Denis l'autorité de l'Etat. (…)

Qu'est-ce qui justifie que des voyous lancent des pierres, utilisent des frondes, incendient les bus, terrorisent les passagers ? Cela arrange les affaires de qui ? Cela fait progresser quelle cause ? Qu'est-ce qui justifie cela ? Rien, absolument rien. Les agressions quotidiennes contre les forces de l'ordre, les policiers, femmes et hommes sont insupportables. Ce sont des travailleurs, des fonctionnaires, ce sont des citoyens dont la mission est de protéger les plus faibles. Qu'est-ce qui justifie que des voyous, que des délinquants, que des trafiquants, les injurient, les blessent, les frappent ? Si notre société accepte cela, alors elle accepte aussi que la personne qui est au guichet soit insultée ; que la personne qui est au service social soit injuriée ;

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que le professeur à l'école soit frappé parce qu'il

a mis une mauvaise note. C'est injustifiable.

La nomination de Christian Lambert à la tête de ce département a une signification claire: je souhaite que grâce à son action la sécurité, premier des droits républicains, soit partout garantie en Seine Saint-Denis, de jour comme de nuit. Sans la sécurité, il n'y a pas de développement. Sans la sécurité, il n'y a pas de progrès social. La Seine-Saint-Denis a perdu 300 médecins en dix ans. Pourquoi des médecins, des femmes et des hommes qui soignent sont- ils agressés et ont-ils peur ? Comment peut-on

l'accepter ? La sécurité n'est pas tout mais sans

la sécurité, il n'y a rien : pas de développement,

pas de progrès social, pas de progrès économique. Rien. Les habitants de la Seine- Saint-Denis ont le droit d'étudier, de travailler, de sortir de chez eux, de vivre dans les mêmes conditions de sécurité et de tranquillité que partout ailleurs. Et bien sûr, l'immense majorité des habitants de la Seine-Saint-Denis sont des gens honnêtes, travailleurs, qui ne demandent

qu'une seule chose, c'est d'avoir un avenir pour leur famille. Mais si on ne s'en occupe pas au prétexte qu'il ne faut pas stigmatiser, alors c'est

la loi du silence. Cela, c'est inacceptable. Je pense

que cela dépasse de beaucoup les clivages entre la gauche et la droite, entre l'opposition et la majorité. C'est un intérêt national que l'ordre républicain soit garanti dans ce département. Aucune commune, aucun quartier, aucun hall d'immeuble de Seine Saint Denis n'échappera à l'autorité de la loi. Les forces de police interviendront sans restriction, aussi souvent que nécessaire dans tous les halls d'immeubles des cités touchées par la délinquance. Le processus commencera dès aujourd'hui. (…) J'ai demandé au préfet de police et au nouveau

répandre un climat de haine et de terreur. Quand vous pensez que sur le sol de la République française, dans ce département, il existe des immeubles où des voyous cagoulés contrôlent l'entrée des immeubles pour y interdire l'accès à des gens qui ne sont pas membres. Personne de bonne foi ne peut accepter cette situation. Personne. La République ne peut pas se laisser intimider par des lâches et par des voyous. Nous ne pouvons pas céder au chantage et aux violences urbaines. Cela fait bien longtemps je pense que nous subissons les conséquences de plusieurs décennies de renoncement et de laxisme, je pense notamment aux mineurs délinquants. Ce temps est révolu. Nous devons harceler les délinquants, qu'ils soient grands caïds ou petits dealers. Nous mettrons les moyens nécessaires. Nous allons éradiquer les trafics mafieux qui gangrènent une partie de la société française. Par ailleurs, nous allons prendre des mesures nécessaires pour protéger les établissements scolaires de la violence. Désormais, la décision de suspendre les allocations familiales en cas d'absentéisme scolaire injustifié et répétitif d'un élève aura un caractère systématique. Eric Ciotti déposera une proposition de loi à l'Assemblée nationale dès la semaine prochaine. Il y a des parents qui sont dépassés par des enfants devenus majeurs ou par des mineurs d'un certain âge. Ces parents, nous devons les aider. Mais il y a des mineurs très jeunes qui ne vont pas à l'école sans même que les parents le signalent. Dans ce cas-là, les allocations familiales seront suspendues. Que font ces mineurs la nuit dans les rues ? Que font ces mineurs à être utilisés par des trafiquants pour

Aucune commune, aucun quartier, aucun hall d'immeuble de Seine Saint Denis n'échappera à l'autorité de la loi. Nicolas Sarkozy

préfet de Seine-Saint-Denis de mettre tous les moyens en œuvre pour restaurer l'ordre et traquer, jusqu'à ce qu'ils disparaissent, les criminels mafieux aussi bien que les petits trafiquants. La réponse pénale doit être rapide, ferme, dissuasive pour mettre hors d'état de nuire les voyous et rassurer les victimes. D'ailleurs, les violences auxquelles nous assistons aujourd'hui ne doivent rien au hasard. Elles montrent le désarroi de truands qui amassent des fortunes sur le malheur des autres. Et ces truands se vengent en agressant les policiers, les chauffeurs d'autobus, les sapeurs- pompiers. Ces truands se défoulent en insultant et en lynchant ceux qui ont le malheur de tomber dans leurs mains, qu'ils soient enfants, personnes âgées ou handicapés. Ils essayent de

faire les guetteurs ou pour lancer des pierres sur les bus ? Les familles ont aussi une responsabilité, c'est trop facile de déresponsabiliser les gens. Quand une famille n'arrive pas à faire face, alors nous l'aiderons :

inspecteurs d'académie, chefs d'établissement, services sociaux, nous les aiderons. Mais quand des familles ne se préoccupent pas de savoir si leurs enfants vont à l'école, il est normal que la société réagisse. (…) La délinquance en milieu scolaire est un phénomène dramatique qui compromet l'égalité des chances. De nombreux jeunes collégiens ou lycéens de Seine-Saint-Denis sont victimes de cette forme insupportable de l'insécurité. Enfin, la lutte contre les bandes violentes est un enjeu décisif dans votre département. La loi

est un enjeu décisif dans votre département. La loi Christian Lambert anti-bande entrée en vigueur le
Christian Lambert
Christian Lambert

anti-bande entrée en vigueur le 2 mars dernier, merci Eric Ciotti, va permettre de sanctionner d'un an de prison le seul fait d'appartenir à une bande violente et de trois ans en cas de circonstance aggravante comme le port d'arme ou la dissimulation du visage. (…) Mais au-delà de cette question de la sécurité, je veux ici redire ma confiance dans l'avenir de la Seine-Saint-Denis. Grand département, limitrophe de la capitale, première porte d'entrée de l'Europe avec Roissy Charles de Gaulle, la Seine-Saint-Denis évoque, jusque dans son nom, la mémoire de notre pays. La basilique de Saint Denis n'est-elle pas le tombeau des rois qui ont forgé l'unité de la France ? La Seine-Saint-Denis mérite infiniment mieux que l'image qui en est donnée. (…) J'ai la conviction que le devenir de la Seine-Saint- Denis constitue un enjeu absolument capital pour la France de demain. 40% des jeunes de Seine-Saint-Denis ont au moins un parent d'origine immigrée. Cette diversité est source de jeunesse et de dynamisme. Elle est sans équivalent sur le territoire national. Il faut voir cette diversité comme une chance et comme un atout. Cependant, nous le savons tous : l'immigration ne peut réussir que si les nouveaux arrivants disposent des ressources d'un travail légal et d'un logement adapté à leur famille. Sinon, on aggrave l'exclusion, on aggrave les ghettos, on aggrave la misère. Aujourd'hui, il me semble évident que la Seine- Saint-Denis, à l'image de la France, n'a pas les moyens d'accueillir tous ceux qui, partout dans le monde, rêvent d'un Eldorado. J'attends de Christian Lambert une fermeté absolue dans la lutte contre l'immigration clandestine. Tout migrant en situation irrégulière a vocation à être reconduit dans son pays. Il n'existe pas de solution alternative. Toute autre politique, notamment celle d'une régularisation globale, conduirait au désastre, à

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Je souhaite que l'avenir de la Seine-Saint-Denis s'impose comme une priorité nationale. Nous allons faire de la Seine-Saint- Denis un pôle de croissance, de modernité, de paix, de développement harmonieux. Nicolas Sarkozy

un choc dévastateur pour le pacte républicain. Rien ne sera possible pour l'avenir de ce département sans une coopération confiante entre l'Etat et les collectivités territoriales. Quand c'est l'avenir même d'une population qui est menacé, les clivages idéologiques doivent s'effacer, l'union entre l'ensemble des autorités

publiques doit prévaloir. La solidarité nationale doit s'imposer comme unique repère. (…) Alors je souhaite que l'avenir de la Seine-Saint- Denis s'impose comme une priorité nationale. Nous allons faire de la Seine-Saint-Denis un pôle de croissance, de modernité, de paix, de développement harmonieux. La Seine-Saint-Denis se transforme, plus qu'aucun autre département français même si nos compatriotes l'ignorent.

A Bobigny, deux nouveaux projets immobiliers

en centre-ville sont aujourd'hui accessibles à la propriété.

A Aubervilliers, d'ici 2012, le campus Condorcet

accueillera trois universités, six grandes écoles

et

16 000 étudiants.

A

Montreuil, le projet "Cœur de Ville" prévoit

la

création de 140 logements, d'un cinéma, et

d'une crèche.

A Bondy vient d'ouvrir une antenne de l'Ecole

supérieure de journalisme.

A Noisy-le-Grand, une nouvelle station

d'épuration pilote couvrira les besoins de 350 000 habitants de ce département et de Seine-et-Marne.

A Pantin, le quartier des Grands Moulins

accueille depuis novembre dernier 3 000 salariés

de BNP Paribas, la première banque d'Europe.

A

Bagnolet, un parc paysager exceptionnel, sur

A

Romainville, la Caisse des dépôts vient d'entrer

la

couverture de l'autoroute A 3, vient d'être

dans le capital du pôle Biocitech, préparant

ouvert au public.

l'accueil de nouvelles entreprises et de logements.

J'ai annoncé dans le cadre du Grand Paris, deux objectifs, notamment pour la Plaine Seine Saint- Denis au Nord dédiée à la création autour des métiers de l'image, aux formations techniques de haut niveau. C'est un projet fantastique pour la Seine-Saint-Denis. Nous allons le mettre en œuvre et permettre une ouverture sur les métiers de demain. Par ailleurs, Le Bourget, premier aéroport d'affaires européen sera spécialisé dans l'aviation, le tourisme d'affaires et la formation professionnelle dans ces métiers. Autour de Roissy et Villepinte, va émerger un pôle dédié aux échanges internationaux et au développement industriel de la logistique. La Seine-Saint-Denis bouge, elle déborde de projets. La Seine-Saint-Denis est en quelque sorte la jeunesse de la France. On va investir massivement, mais tout ceci ne pourra pas voir le jour si les trafiquants, les voyous, la drogue, les casseurs tiennent le haut du pavé. Voilà la réalité telle qu'elle est. Il ne faut pas opposer ceux qui sont pour le développement économique, le développement social et ceux qui sont pour le rétablissement de l'ordre républicain, c'est la même chose. Sans l'ordre républicain, il n'y aura pas de développement économique et social. (…) 2010-178

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et social. (…) 2 0 1 0 - 1 7 8 Au fil des pages Archives
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Archives constitutionnelles de la V ème République Volume 3

8 janvier 1959 - 27 avril 1959 : c'est la période couverte par ce 3 ème volume de la collection "Archives constitutionnelles de la V ème République" qui rassemble des documents - pour l'essentiel inédits - concernant la mise en place concrète des institutions issues de la Constitution du 4 octobre 1958. Il fait suite aux deux premiers volumes parus en septembre 2008, à l'occasion du cinquantième anniversaire

de la Constitution.

Ce troisième tome commence le 8 janvier 1959, avec la cérémonie d'installation du général de

Gaulle à la présidence de la République. Il s'achève le 27 avril 1959, veille de l'ouverture de

la première session ordinaire du nouveau

Parlement. Il s'inscrit dans la continuité des deux

tomes précédents qui couvraient la période allant du 4 octobre 1958 (promulgation de la Constitution) au 7 janvier 1959 (dernière journée de la présidence de René Coty). Ce volume regroupe 95 dossiers présentés dans l'ordre chronologique : les travaux prépa- ratoires des dernières ordonnances sur la mise

en place des institutions et ceux des

premiers décrets d'application; des documents concernant l'élaboration

des règlements des assemblées parle-

mentaires (Assemblée nationale, élue

en décembre 1958, et Sénat, qui était

encore l'ancien Conseil de la République) ; la mise en place effective du Conseil constitu- tionnel et du Conseil économique et social ;

les premières directives du travail gouverne-

mental.

A l'instar des deux premiers volumes, les

documents publiés sont variés : projets et textes définitifs, comptes rendus de séances des commissions parlementaires, notes, débats et

avis du Conseil d'Etat, circulaires, échanges de

lettres, plans de table, communiqués. Ils témoignent de façon vivante de l'intense activité

constitutionnelle, et donc politique, qui a existé

au début de l'application de la nouvelle

Constitution. Pour l'essentiel inédits, ils proviennent de multiples fonds d'archives, tant publiques que privées.

Des titres rédac- tionnels, des notes de bas de page, des index (par noms, par articles de la Constitution, thé- matique), une table des documents ainsi que le texte de la Constitution permettent de retrouver aisément les documents publiés et les sujets abordés. Ces documents sont rassemblés et publiés sous l'autorité de la Commission des archives constitutionnelles de la V ème République, créée le 25 avril 2002 pour recenser et assurer la publication des archives publiques et privées intéressant l'application de la Constitution. Un quatrième volume (28 avril 1959 - 31 juillet 1959) paraîtra à l'été 2010.

928 pages - 70 € La documentation Française 29-31, quai Voltaire - 75344 PARIS CEDEX 07 Téléphone : 01 40 15 70 00 - www.ladocumentationfrancaise.fr

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Les Annonces de la Seine - jeudi 22 avril 2010 - numéro 20

Chronique

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Du contrat de jeu

par Hachim Fadili*

Hachim Fadili
Hachim Fadili
Du contrat de jeu par Hachim Fadili* Hachim Fadili 1. En ces temps précaires, un domaine

1. En ces temps précaires, un domaine connaît une croissance insolente : le jeu d’argent Phénomène mondialement médiatisé, l’en- gouement pour la pratique du poker en est un exemple patent.

A ce titre, une illustration fera l’économie d’un

commentaire : le site pokerstars.fr, qui peut rassembler en ligne plus de 100 000 joueurs, stipule dans sa rubrique modalités relative au contrat de licence que "Le Contrat et toute matière s’y rapportant seront soumis aux lois de l’Île de Man, et interprété conformément à ces dernières. Chaque partie accepte irrévocablement que les tribunaux compétents de l’Île de Man seront compétents à titre exclusif quant à toute demande, tout litige ou tout différent relatif à ce Contrat et à toute matière qui en découle." (1)

Lors d’une séance parlementaire portant discussion d’un projet de loi relatif à l’ouverture à la concurrence des jeux d’argent en ligne, en date du mercredi 7 octobre 2009, le ministre du Budget, des Comptes publics, de la Fonction publique et de la Réforme de l’Etat, Monsieur Eric Woerth, annonçait que "les jeux sur internet explosent. La demande des joueurs français, le montant des mises, le nombre de sites en langue française, tout cela progresse avec des taux à deux chiffres. Chaque jour, 25 000 sites proposent des jeux dans tous les domaines, avec un montant de mises qui, en France, oscillent entre 3 et 4 milliards d’euros. "(2) Curieusement, le jeu est traité de manière ellip- tique dans le Code civil en ses trois articles 1965 à 1967 (3) créés par la loi n° 1804-03-10 pro- mulguée le 20 mars 1804, dont l’anachronisme

et la désuétude ne sont pas à discuter malgré

l’intitulé pontifiant du Chapitre : "Du jeu et du pari".

Plus pragmatique, le Code général des impôts traite du jeu dans toute sa dimension fiscale en une quinzaine d’articles. En tout état de cause, le jeu n’est pas défini par le législateur dans sa dimension contractuelle, et la doctrine se montrerait étrangement discrète à ce sujet (4) . D’où la présente démarche sur la tentative d’essai de définition du contrat de jeu entre deux personnes - minimum requis, qui se veut animée par une modeste volonté d’esquisser un régime juridique que seul le juris dictio pourra fixer en l’absence d’imperium.

I. Définition

2. Le jeu est une convention entre deux

personnes - dites joueurs - par laquelle celle qui sera la perdante, remettra une certaine somme

à l’autre qui sera la gagnante.

Ainsi, le jeu est un contrat au sens de l’article 1101 du Code civil. Plus précisément, le jeu est un contrat synallagmatique, aléatoire et à titre onéreux respectivement au sens des articles 1102, 1104 et 1107 du Code civil. Concernant les deux dernières catégories, il est

à préciser en effet qu’à supposer que le gagnant

reçoive la somme convenue sans rien remettre en contrepartie, il ne la reçoit pas gratuitement, mais comme le prix du risque couru de remettre pareille somme à l’autre, si ce dernier eut été le gagnant, ce qui est la caractéristique des contrats aléatoires et onéreux. Au regard de l’aléa, le jeu se distingue du contrat d’assurance - contrat aléatoire par principe, dans la mesure où chacune des parties se charge réciproquement d’un risque, qui est le prix de celui dont l’autre se charge. En d’autres termes, chacun des joueurs court le risque de remettre à l’autre la somme convenue, si c’est l’autre qui gagne la partie ; ce risque que court l’un est le prix de celui que l’autre joueur court de son côté de lui remettre autant, si c’est lui qui la gagne.

II. Conditions de la validité

3. Trois conditions sont essentielles pour la

validité du jeu :

- Que chacun des joueurs apporte au contrat que renferme le jeu un consentement parfait.

- Que chacun des joueurs ait le droit de disposer de la somme qu’il joue.

- Qu’il y ait égalité dans la partie.

1°) Sur le principe de libre consentement

4. Fondé sur les articles 1109 et suivants du Code

civil, le consentement est de l’essence même des obligations.

Il est donc nécessaire à l’égard du contrat que

renferme le jeu, de même qu’à l’égard de toutes les conventions, pour qu’il soit valable, que chacun des joueurs y ait apporté un parfait consentement, a minima éclairé.

5. Le constat de la députée de la Gironde, Madame Michèle Delaunay (5) , amène naturel- lement l’interrogation suivante : quid lorsqu’un joueur est dans un état d’ivresse ? Dans cette hypothèse, n’est naturellement aucunement visée l’ivresse qui priverait entièrement la personne de l’usage de sa raison, car il est d’évidence que dans cet état, celle-ci serait incapable de contracter et par voie de conséquence, de jouer. Est plutôt ici évoquée l’ivresse qui, sans rendre la personne incapable de consentement, peut rendre imparfait son consentement, en l’empêchant d’avoir

et/ou de faire des réflexions qu’elle aurait pu avoir et/ou faire, si elle eut été sobre et lucide. Cette hypothèse se pose quand bien même celui qui aurait joué contre l’ivrogne, n’aurait eu au jeu aucun avantage sur lui, soit car il était lui-même aussi ivre, soit car le jeu étant de pur hasard, et par conséquent pour lequel il ne faut aucune réflexion, et dans lequel celui qui est capable d’en avoir et/ou d’en faire et qui a l’usage entier de sa raison, n’a aucun avantage sur celui qui n’en a pas. Ce qui rendrait le contrat nul n’est alors pas le défaut d’égalité entre les parties, mais l’imperfection du consentement du joueur ivre qui n’aurait peut-être pas engagé la somme jouée,

si l’ivresse ne l’eût empêché d’avoir et/ou de faire

les réflexions qui l’en auraient détourné.

6. Se pose alors la conséquence suivante : en

considération de ce qui vient d’être développé,

s’il est constant que celui qui a joué contre l’ivrogne a gagné, il ne pourrait en aucune manière en recevoir le prix du jeu. S’il l’a reçu, il

y a obligation de restitution.

Dans le cas inverse, une difficulté se dresse lorsque c’est le joueur ivre qui gagne celui qui jouissait de toute sa raison ; le prix du jeu est-il dû au joueur ivre ? Toujours sur la base des deux caractéristiques du jeu - aléatoire et onéreux, il est de la nature du contrat que renferme le jeu, que le gagnant reçoive du perdant le prix du risque que le gagnant a couru de remettre pareille somme au perdant dans le cas où ce dernier aurait gagné. Cependant, le joueur ivre n’a couru aucun risque de remettre une quelconque somme à l’autre joueur, car il est posé que si l’ivrogne eût perdu,

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Chronique

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il n’en eût néanmoins pas été obligé à l’égard de

l’autre joueur. Par conséquent, lorsque le joueur ivre gagne, ne devant pas recevoir le prix d’un risque qu’il n’a pas couru, il ne devrait rien recevoir de l’autre.

7. "Il n'y a point de consentement valable si le

consentement (…) a été extorqué par violence (…)"

- article 1109 du Code civil

Le parfait consentement de chacun des joueurs

étant nécessaire pour la validité du contrat que renferme le jeu, il s’ensuit que si l’un des joueurs

a contraint l’autre à jouer, la convention n’est pas valable, le consentement extorqué par contrainte ou violence étant vicié.

Il est à préciser que la liberté de jouer ou non n’est pas regardée uniquement à l’égard de la première partie.

Il en est de même des autres parties où chacun

des joueurs doit avoir la liberté de se retirer du jeu quand bon lui semble, sauf convention contraire dès le commencement du jeu (à titre d’exemple, que celui qui gagnerait la première partie donnerait à l’autre la revanche). Dans tous les cas, celui qui contraint l’autre à jouer, soit une première partie, soit une revanche, ne

pourrait, s’il gagne, recevoir licitement le prix du jeu ; s’il l’a reçu, il est dans l’obligation de le restituer. Cependant, dans le cas inverse, une nouvelle difficulté se dresse : s’il est entendu que le contrat n’est pas valable au regard de l’imperfection du consentement de celui qui a été contraint de jouer malgré lui, l’est-il de la part de celui qui a contraint ? Au surplus, si le joueur contraint gagne la partie, peut-il recevoir de l’auteur de la contrainte le prix du jeu ? Dans cette hypothèse, "on doit dans les conventions rechercher quelle a été la commune intention des parties contractantes, plutôt que de s'arrêter au sens littéral des termes" - article 1156 du Code civil. Aussi, le joueur contraint qui pourrait être néanmoins dans la disposition de volonté de payer le prix du jeu à l’auteur de la contrainte, dans le cas où ce dernier serait le gagnant, ayant couru le risque de lui remettre le prix du jeu si le premier eut perdu, s’il eut gagné, il pourrait licitement recevoir du second le prix du jeu.

8. Une donnée peut s’adjoindre à la précédente :

qu’en est-il si le joueur contraint, tout en jouant sur sa bonne parole, ait été dans la disposition de volonté de ne pas payer le prix du jeu, dans le cas

où celui qui a contraint serait le gagnant et de se défendre de le payer au motif de la contrainte ? Dans ce cas, n’ayant couru aucun risque de perdre, si celui qui a contraint gagne, puisque le contraint ne l’aurait pas payé, il ne pourrait non plus licitement recevoir de l’auteur de la contrainte la somme jouée. La somme ne pouvant être due qu’autant qu’elle serait le prix du risque que le contraint aurait également couru de la remettre à l’auteur de la contrainte, n’est pas due lorsque le joueur contraint n’a couru aucun risque.

9. En l’absence de contrainte, peut être envisagé

le fait que l’un des joueurs jouant sur sa bonne parole, le fasse avec la volonté secrète de ne pas payer dans le cas où il perdrait, et de néanmoins

recevoir le prix du jeu dans le cas contraire où il serait le gagnant. D’évidence, celui qui a joué avec cette disposition de volonté ne peut pas licitement recevoir le prix du jeu s’il serait le gagnant et s’il le reçoit, il serait dans l’obligation de le restituer. Les raisons sont d’une part, que le contrat de jeu est dans cette hypothèse nul par défaut de consentement du joueur qui, n’ayant pas eu la volonté de payer dans le cas où il perdrait, n’a pas consenti à la convention, mais y a seulement feint, d’autre part, que n’ayant pas couru le risque de perdre, le prix du jeu ne peut lui être dû, car ne l’étant que pour et à la place du risque que le gagnant a couru de perdre. Cependant, si celui qui a joué avec une intention secrète de ne pas payer, a perdu la partie, il est néanmoins obligé de payer le prix du jeu sans valablement arguer de la nullité de la convention pour défaut de consentement. En effet, peuvent être mis en avant d’une part, la théorie de l’apparence dans la feinte du consentement au contrat et de la promesse extérieure de payer, d’autre part, le célèbre adage selon lequel "nul ne peut se prévaloir de sa propre turpitude" (6) . Enfin, toujours sur le fondement du risque, peut être avancé que celui qui a feint a fait courir le risque du joueur dupé de lui verser la somme convenue s’il aurait été le gagnant ; il est donc tenu de payer pareille somme lorsque c’est le second qui est le gagnant et qui est censé lui en avoir payé le prix par le risque que le premier lui a fait courir de lui en donner autant.

2°) Sur le principe de disposition

10. Ce principe touche à l’essence même du jeu

comme précisé - aléatoire et onéreux. En effet, lorsqu’un joueur joue une somme contre un autre qui n’avait pas le droit de disposer de la somme jouée, quoique le premier eut le droit de disposer de celle jouée, il ne l’a pas joué plus valablement que le second a joué la sienne (7) .

Ce pourquoi, si c’est la seconde personne qui gagne, la somme jouée par la première contre elle ne lui serait pas due, car le jeu n’est pas un contrat de bienfaisance au sens de l’article 1105 du Code civil, mais un contrat onéreux (8) .

11. Par ailleurs, dans la mesure où le jeu est en

sus un contrat aléatoire, il doit y avoir de part et

d’autre une égalité des risques, ou à tout le moins égalité sur le principe du risque. Aussi, le premier joueur ne peut devoir au gagnant la somme jouée, qu’autant que ce dernier ait couru le risque de lui remettre pareille somme dans l’hypothèse où le premier aurait été le gagnant. La somme jouée par le premier joueur ne peut être due au second que comme le prix du risque qu’il aurait couru. Or, le second joueur n’a pu courir le risque de remettre au premier la somme jouée dans le cas où celui-ci aurait été gagnant, puisque c’était une somme dont il n’avait pas le droit de disposer. Par conséquent, lorsque c’est le second joueur qui gagne, la somme jouée contre lui ne lui serait pas due : le contrat est alors frappé de nullité.

3°) Sur le principe d’égalité

12. Dans tous les contrats intéressés de part et

d’autre, chacune des parties contractantes n’ayant pas l’intention de donner à l’autre, et ayant au contraire intention de recevoir de l’autre l’équivalent de ce qu’elle lui donnerait, il est donc nécessaire que ce que l’une des parties contractantes verse ou s’oblige de verser à l’autre soit d’égale - ou à peu près - valeur à ce que l’autre partie verse ou s’oblige de son côté à verser. Application faite de ce principe au contrat de jeu, qui est de la classe des contrats intéressés de part et d’autre, lorsqu’une personne joue contre une autre, pour que le contrat soit valable, il faut que le risque couru par la première de verser la somme convenue au cas où la seconde serait le gagnant, soit égal au risque que la dernière a couru de son côté de verser à la première la même somme dans l’hypothèse où elle serait le gagnant. La valeur de ces risques s’estime alors par les degrés de probabilité ; lorsqu’il n’y a pas plus de probabilité que la première personne gagnera la partie, qu’il n’y en a que la seconde la gagnera, le risque couru par les deux est d’égale valeur et le contrat de jeu est équitable. Il est à noter que cette égalité de valeur dans les risques se trouve toujours dans les jeux de pur hasard, tel le jeu de dés. L’hypothèse des jeux de pur adresse, tel les échecs, ne fera pas l’objet d’un développement.

13. Sera en revanche évoquée l’axiome relatif aux

jeux mixtes, tel le poker Dans ce cas, adresse et hasard s’entremêlent, le second favorisant même parfois le joueur ignorant, lui donnant ainsi le gain de la partie. Ce pourquoi, dans ce jeu, le bon joueur, quelque

fort soit-il, n’a pas la certitude du gain de la partie ; il n’a qu’une plus grande probabilité. Ne jouant pas à coup sûr, il court un risque, quoique moins grand que celui que court le joueur ignorant contre lui. Au regard des principes du consentement d’une part, et du risque d’autre part, le degré de probabilité du second est intrinsèquement lié à la connaissance de son cocontractant, à savoir son partenaire de jeu. Si les deux joueurs se connaissent, le consentement est libre et prévaudrait sur le principe d’égalité. Quid, si les deux joueurs ne se connaissent point et qu’au surplus, les deux joueurs soient de forces inégales ? Deux théories pourraient alors s’affronter :

- Les joueurs ne se connaissant ni l’un ni l’autre,

si l’un a couru le risque de trouver en son adversaire un joueur plus fort que lui, l’autre a également couru le risque de trouver en son rival

qu’il ne connaissait pas, un joueur plus fort que lui ; il y aurait une égalité des risques qui rendrait le contrat équitable, et la somme gagnée, licitement recevable.

- Le risque que chacun des joueurs a couru de

trouver en son adversaire un joueur plus fort que lui, est un risque étranger ne formant pas la substance du contrat. Au surplus, il n’y aurait pas égalité entre les joueurs, même à l’égard de cette

Les Annonces de la Seine - jeudi 22 avril 2010 - numéro 20

Chronique

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Photo © Jean-René Tancrède

espèce de risque, car en tout état de cause, le risque que le bon joueur a couru de trouver en son adversaire qu’il ne connaissait pas, un joueur plus fort que lui, serait moindre que celui que courait le joueur ignorant.

III. Conclusion

14. L’esquisse étant ébauchée, une réflexion en guise de conclusion mérite un croquis relatif à la finalité du contrat jeu - à considérer naturellement que nous sommes dans une

démarche lucrative. Dans les jeux intéressés, c’est-à-dire lorsque l’on joue une somme d’argent, ou une chose dont la perte causerait au perdant une incommodité, nonobstant toute considération contraire, la seule fin qui puisse porter à ce jeu est un désir

de gagner, en tout état de cause de s’enrichir de

la dépouille d’autrui.

Il pourrait être avancé que la finalité est plutôt une forme de récréation et/ou de délassement dont l’esprit aurait besoin.

Cependant, il ne semble pas nécessaire pour ce,

de miser une somme, un objet ou bien.

Il appert que le jeu exciterait chez les joueurs un

violent désir de gain et une violente crainte de

la perte, provoquant quelques passions dont

certaines alertent par leurs dégâts (9) .

A cela, les partisans du jeu pourraient répon-

dre, que sans mise, le jeu serait insipide et ne

pourrait par conséquent procurer la récréa- tion recherchée. Pour écluser ce débat virtuel, il pourrait être cacheté que le jeu serait un désir déréglé du gain, car conduit non pas par la raison mais par la passion : la première ferait aisément apercevoir que l’espérance du gain étant dans le jeu contrebalancée par un risque de s’appauvrir, souvent plus grand que l’espérance du profit, le jeu n’est pas le moyen pour la fin qu’il se propose, y ayant infiniment beaucoup plus d’exemples de personnes ruinées au jeu, qu’enrichies. En marge de tout contrat commutatif, où le service réciproque est la règle, le contrat de jeu se distinguerait par le fait que l’une des parties ne peut trouver l’avantage qu’elle y recherche, qu’en dépouillant l’autre ; chacun des joueurs ne chercherait qu’à appauvrir celui contre lequel il joue, à la manière de deux duellistes cherchant réciproquement à s’ôter la vie.

15. Platon prophétisait : "On peut en savoir plus sur quelqu’un en une heure de jeu qu’en une année de conversation." Un tel oracle ne peut que recevoir de multiples adeptes animés par une philosophie que seuls d’infinis partisans saisissent dans une dimension extérieure à tout imperium et à toute juris dictio. Que la discrétion de la doctrine à ce sujet soit alors saluée, et que la présente ébauche excusée.

Notes :

1 - L'Ile de Man, située en mer d’Irlande, n’appartenant ni au Royaume- Uni, ni à l’Union européenne, relève directement de la propriété du

souverain britannique en la personne actuelle d’Elisabeth II, fait pudiquement partie selon le Fonds Monétaire International (FMI) des “Offshore Financial Centers”.

2 - Assemblée nationale - XIII ème législature - Session ordinaire de 2009- 2010 - Compte rendu intégral. Première séance du mercredi 7 octobre 2009.

3 - Article 1965 : “La loi n'accorde aucune action pour une dette du jeu ou pour le paiement d'un pari.” Article 1966 : “Les jeux propres à exercer au fait des armes, les courses à pied ou à cheval, les courses de chariot, le jeu de paume et autres jeux de même nature qui tiennent à l'adresse et à l'exercice du corps, sont exceptés de la disposition précédente. Néanmoins, le tribunal peut rejeter la demande quand la somme lui paraît excessive.” Article 1967 : “Dans aucun cas le perdant ne peut répéter ce qu'il a volontairement payé, à moins qu'il n'y ait eu, de la part du gagnant, dol, supercherie ou escroquerie.

4 - A citer M. d’Haultfoeuille, “Casinos sur Internet : un jeu à risques”,

Les Echos, 13 mars 2000 ; N. Lamoureux, “Le double jeu des cyberloteries”, Le point, 13 février 2001, p. 30 ; C. Pecnard, D. Delesalle, “Casinos et loteries sur internet”, Legicom n° 21-22, 149 ; R. Routier, “Les jeux gratuits en ligne”, Dr.21, 2001, ER 032, traitant spécifiquement du jeu en ligne ce qui n’est pas l’objet plus général de la présente étude.

5 - “Les chiffres sont éloquents : 50 % des joueurs sont des buveurs excessifs” Op. cit. note 2.

6 - Nemo auditur propriam turpitudinem allegans.

7 - Excluant l’hypothèse de la monnaie fiduciaire car fongible, la situation se poserait pour tout corps certain de type meuble ou carte bancaire

permettant des débits du seul fait des nom et prénom de son vrai titulaire, numéro de carte à seize chiffres et cryptogramme à trois chiffres, ainsi que de la date d’expiration.

8 - S’appliqueraient les articles 1235, 1376 à 1381 du Code civil et la

théorie de la répétition de l’indu, des quasi contrats, de la restitution.

9 - Un rapport de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) de 2008 renseigne sur la dimension addictive du jeu en évoquant le jeu problématique ou pathologique, conséquence d’un déséquilibre neurobiologique entraînant une perte du contrôle des impulsions, et facteur de risque et de vulnérabilité.

* Hachim Fadili est avocat à la Cour d’appel de Paris, ancien secrétaire de la Conférence du stage des avocats au Conseil d’Etat et à la Cour de

cassation.

2010-180

Vie des cabinets d’avocats

la Cour de cassation. 2010-180 Vie des cabinets d’avocats Responsabilité sociétale des entreprises * Démarche RSE*
la Cour de cassation. 2010-180 Vie des cabinets d’avocats Responsabilité sociétale des entreprises * Démarche RSE*
la Cour de cassation. 2010-180 Vie des cabinets d’avocats Responsabilité sociétale des entreprises * Démarche RSE*

Responsabilité sociétale des entreprises *

Démarche RSE* du Cabinet d’avocats BVK à Versailles : exposition de François Demonfaucon 25 mars 2010

: exposition de François Demonfaucon 25 mars 2010 Renaud Vercken de Vreuschmen, Patrick Huon de Kermadec,
Renaud Vercken de Vreuschmen, Patrick Huon de Kermadec, Renaud Lemaistre, Aliénor de Broissia, Adrien Jélic,
Renaud Vercken de Vreuschmen, Patrick Huon de Kermadec, Renaud Lemaistre,
Aliénor de Broissia, Adrien Jélic, Michèle de Kerckhove et Pierre-Jean Blard

Nous adressons nos félicitations à l'artiste et saluons l'initiative du Cabinet BVK dont les compétences des avocats et collaborateurs sont reconnues notamment en droit des

affaires, de la propriété industrielle, de l'immo- bilier et en droit social mais aussi dans la médiation.

Jean-René Tancrède

2010-181

L eCabinetd'avocatsBVK,quiarécemment déménagé au 20 avenue de l'Europe à Versailles, a décidé d'apporter son soutien à l’artiste-peintre François Demonfaucon.

C'est dans ce contexte que le 25 mars dernier,

le Bâtonnier Pierre-Jean Blard et ses associés du

Cabinet BVK ont organisé un vernissage ; jusqu’en juillet prochain certaines œuvres de l’artiste

seront accrochées dans la salle d’attente du Cabinet. Les peintures de François Demonfaucon rencontrent un vif succès depuis leur exposition, l'année dernière, du 26 octobre au 8 novembre 2009 à l'Espace "Carré à la Farine" à Versailles. Cet artiste maîtrise parfaitement l'acrylique qui

se marie intimement à la transparence : le jeu

d'aplats de couleurs et de superpositions incite

le regard à dialoguer avec le peintre qui s’est

inspiré de la technique de la bande dessinée.

Les Annonces de la Seine - jeudi 22 avril 2010 - numéro 20

15

Décoration

Décoration

Décoration
Décoration
Décoration

Photo © Jean-René Tancrède - Téléphone : 01.42.60.36.35

Christian Derambure, Chevalier de la Légion d'Honneur

Paris - 14 avril 2010

Christian Derambure
Christian Derambure
d'Honneur Paris - 14 avril 2010 Christian Derambure C hristian Derambure, conseil en propriété industrielle,

C

hristian

Derambure,

conseil

en

propriété industrielle, président de la Compagnie Nationale des Conseils en Propriété Industrielle, a été décoré

ce 14 avril 2010 des insignes de Chevalier dans l'Ordre National de la Légion d'Honneur par Philippe Tuffreau, avocat à la cour d'Angers, ancien Bâtonnier, ancien Vice-Président du Conseil National des Barreaux. D'éminentes personnalités se sont rassem- blées au Westin Hôtel, rue de Castiglione à Paris pour féliciter le récipiendaire apprécié dans son entourage professionnel pour sa rigueur et sa loyauté.

Ce juriste est animé par le seul souci de l'inté- rêt général, il conjugue connaissance et com- pétence technique voire scientifique. Il exerce avec éclat sa profession qui est orien- tée vers la protection des inventions et de la culture juridique. Ce parcours reflète l'image d'un très grand professionnel qui instruit avec pragmatisme les dossiers dont il assure la défense. L'Officiant a cité dans son éloquent discours André Gide : "Le bonheur de l'homme n'est pas dans la liberté, mais dans l'acceptation d'un devoir…" et résumé avec exhaustivité la per- sonnalité de Christian Derambure :

"Tu cultives le sens du devoir :

- devoir de tout bien faire, mais aussi…

- devoir d'être heureux et gai en toutes circonstances,

- devoir de s'assumer et de ne pas subir,

- devoir de s'engager et notamment au service de

la profession dont tu assumes depuis trois mandats la présidence." Nous adressons nos chaleureuses félicitations à l'homme courageux dont les nombreux talents ont été légitimement mis en lumière par la République.

Jean-René Tancrède

2010-182

Philippe Tuffreau et Christian Derambure Photo © Jean-René Tancrède - Téléphone : 01.42.60.36.35
Philippe Tuffreau et Christian Derambure
Photo © Jean-René Tancrède - Téléphone : 01.42.60.36.35
Photo © Jean-René Tancrède - Téléphone : 01.42.60.36.35 Direct Direction des Affaires Civiles et du Sceau

Direct

Jean-René Tancrède - Téléphone : 01.42.60.36.35 Direct Direction des Affaires Civiles et du Sceau Paris -
Jean-René Tancrède - Téléphone : 01.42.60.36.35 Direct Direction des Affaires Civiles et du Sceau Paris -

Direction des Affaires Civiles et du Sceau

Paris - 21 avril 2010

16

L

e

Conseil des Ministres sur proposition

de la Ministre d’Etat, Garde des Sceaux,

Ministre de le Justice et de les Libertés,

a

nommé le 21 avril 2010 Laurent

Vallée, Maître des requêtes au Conseil d’Etat en qualité de Directeur des Affaires Civiles et du Sceau en remplacement de Pascale Fombeur. Nous félicitons celle qui a su nouer un dialogue

constructif entre tous les professionnels du droit dans le respect de l’intérêt général et souhaitons pleine réussite à son successeur. Jean-René Tancrède

2010-183

Les Annonces de la Seine - jeudi 22 avril 2010 - numéro 20

Annonces judiciaires et légales

Annonces judiciaires et légales
Annonces judiciaires et légales
Annonces judiciaires et légales
Annonces judiciaires et légales
 

PARIS

COMMERCES CONSEIL

 

Société par Actions Simplifiée au capital de 1 000 Euros Siège social :

 
 

CONSTITUTION

 

30, rue Monsieur le Prince 75006 PARIS

 

Aux termes d’un acte sous seing privé, en date à Paris du 15 avril 2010, il a été constitué une société présen- tant les caractéristiques suivantes :

Aux termes d’un acte sous seing privé en date à Paris du 13 avril 2010, enregis- tré au Service des Impôts des Entreprises 6 ème Odéon Pôle Enregistrement Paris le 14 avril 2010, bordereau 2010/380, case

Dénomination sociale :

 
 

TESS 2 HELP

20,

Sigle :

il a été constitué une Société par Actions Simplifiée présentant les caractéristiques suivantes :

T2H

Dénomination sociale :

 
 

COMMERCES CONSEIL

Siège social :

   

183, avenue de Choisy

75013

PARIS

Forme : Société à Responsabilité Limitée. Capital social : 1 000 Euros. Objet : services à la personne. Durée : 30 ans. Gérance : Madame Kaoutar CHARTON demeurant 19, avenue de Paris 94389 BONNEUIL SUR MARNE.

Immatriculation : au Registre du Commerce et des Sociétés de Paris.

Siège social :

30, rue Monsieur le Prince

75006

PARIS

Capital social : 1 000 Euros divisé en 100 actions de 10 Euros chacune souscrites en numéraire et libérées en totalité.

Objet : tant en France qu’à l’Etranger :

étude et réalisation sous toutes ses formes, auprès de toutes entreprises de projets se rapportant aux activités de con- seil sous toutes ses formes et notamment le conseil en matière commerciale et marketing. Durée : 99 années à compter de son im- matriculation au Registre du Commerce et des Sociétés sauf dissolution anticipée ou prorogation. Présidence : Monsieur Gilles FRIOT, né le 9 avril 1961 à LABARDE (Gironde) de nationalité française, demeurant 30, rue Monsieur le Prince

01932

Pour avis

 

BRC

Société par Actions Simplifiée au capital de 5 000 Euros Siège social :

 

12, rue Montalivet 75008 PARIS

Aux termes d’un acte sous seing privé en date à Paris du 20 avril 2010, il a été constitué une société présen- tant les caractéristiques suivantes :

Dénomination sociale :

75006

PARIS, a été désignée en qualité

de Président pour une durée illimitée aux termes de l’article 33 des statuts. Agrément : les actions de la société, librement cessibles entre actionnaires, en cas de succession en ligne directe et de cession à un descendant ne peuvent être

cédées, quel que soit le bénéficiaire de la cession et notamment en cas de liquida- tion de communauté de biens entre époux, de cession à un conjoint ou à un ascendant, qu’après agrément donné par décision collective prise dans les conditions de l’article 27 des statuts. Immatriculation : la société sera imma- triculée au Registre du Commerce et des Sociétés de Paris.

Pour avis

01791

 

BRC

Siège social :

 

12, rue Montalivet

75008

PARIS

Forme : Société par Actions Simplifiée. Capital social : 5 000 Euros. Objet : bureau d’études et de conseils aux entreprises et collectivités. Durée : 99 ans à compter de son imma- triculation au Registre du Commerce et

des Sociétés sauf dissolution anticipée ou prorogation. Président : Monsieur Dominique PASQUIER demeurant 12, rue Montalivet 75008 PARIS. Admission aux Assemblées :

Aux termes d’un acte sous seing privé, en date à Paris du 15 avril 2010, il a été constitué une société présen- tant les caractéristiques suivantes :

Dénomination sociale :

Chaque Associé a le droit de participer aux décisions collectives par lui-même ou par son mandataire. Exercice du droit de vote :

 

INES CHUPIN EURL

Chaque action donne droit à une voix. Le droit de vote attaché aux actions

Siège social :

4, rue des Ternes

 

75017

PARIS

est proportionnel au capital qu’elles représentent. Transmission des actions :

Les actions ne peuvent être transférées

entre Associés qu’avec l’agrément préala- ble du Président de la société, lequel doit apprécier si le transfert envisagé est con- forme à l’intérêt social. Les actions ne peuvent être transférées à des tiers étrangers à la société qu’avec l’agrément préalable de la collectivité des Associés statuant dans les conditions prévues aux statuts. Immatriculation : la société sera imma- triculée au Registre du Commerce et des Sociétés de Paris.

Pour avis

01893

Forme : Société à Responsabilité Limitée de type E.U.R.L.

Capital social : 500 Euros. Objet : conseil, consulting, expertise Web. Durée : 99 ans. Gérance : Mademoiselle Inès CHUPIN demeurant 4, rue des Ternes

75017

PARIS.

Immatriculation : au Registre du

Commerce et des Sociétés de Paris.

01829

Pour avis

 
 
 

HLD

Société en Commandite par Actions au capital de 450 000 Euros Siège social :

41-43, rue Saint-Dominique 75007 PARIS

Aux termes d’un acte sous seing privé en date à Paris du 16 avril 2010, il a été constitué une société présentant les carac- téristiques suivantes :

Dénomination sociale :

HLD

Siège social :

41-43, rue Saint-Dominique 75007 PARIS Forme : Société en Commandite par Actions. Capital : 450 000 Euros. Objet : la société a pour objet en

France et dans tous pays :

- la prise de participations dans toutes

entreprises commerciales, industrielles, financières ou autres, Françaises ou

Etrangères, créées ou à créer, par tout moyen, notamment par voie de création, d’apport, de souscription, d’achat d’actions ou de parts sociales, de fusion, de société en participation ou de groupement ou autrement,

- la prestation de services de gestion

financière, administrative et comptable

ou autres pour le compte de sociétés du groupe,

- la gestion de son patrimoine

immobilier et mobilier,

- toutes opérations commerciales ou

financières, mobilières ou immobilières pouvant se rattacher directement ou

indirectement aux objets ci-dessus ou susceptibles d’en favoriser la réalisation. Durée : 99 ans à compter de son imma- triculation au Registre du Commerce et des Sociétés. Gérant, Associé Commandité et Actionnaire Commanditaire : la société HLD ASSOCIES, Société par Actions Simplifiée au capital de 1 200 006 Euros dont le siège social est situé 34, rue de Montpensier 75001 PARIS, immatricu- lée au Registre du Commerce et des Sociétés de Paris sous le numéro 521 418 335, représentée :

.par son Président, Monsieur Jean-Bernard LAFONTA, de nationalité française, né le 30 décembre 1961 à Neuilly-Sur-Seine (Hauts de Seine) demeurant 5, Place du Président Mithouard 75007 PARIS, . par son Directeur Général, Monsieur Jean-Philippe HECKETSWEILER demeurant 1, rue de Lille 75007 PARIS. Membres du Conseil de Surveillance & Actionnaires Commanditaires :

- la société PROXCHANGE

LIMITED société de droit anglais, dont

le siège est à Russell Bedford House, City Forum, 250 City Road EC1V 2QQ LONDRES (99132 GRANDE BRETAGNE) immatriculée au Registre du Commerce et des Sociétés sous le numéro 03930318, représentée par Monsieur Jean-Philippe HECKETSWEILER.

- la COMPAGNIE DE L’AUDON,

Société par Actions Simplifiée, dont le siège est 34, boulevard des Italiens 75009 PARIS, immatriculée au Registre du commerce et des sociétés de Paris sous le numéro 479 273 278, représentée

par Monsieur Jean-Bernard LAFONTA.

- la société MONTE CINTO

INDUSTRIES, société de droit belge, dont le siège est fixé au : Esplanade Hey- sel 1, boîte postale 94, 1020 BRUXELLES (99131 BELGIQUE) immatriculée sous le numéro 0823 129 528, représentée par Monsieur Philippe DONNET. Président du Conseil de Surveillance (tel que désigné par le Conseil de Surveil- lance du 16 avril 2010 dont copie du pro- cès-verbal est annexée aux statuts consti- tutifs) :

- la société PROXCHANGE

LIMITED, société de droit anglais, dont le siège est à Russell Bedford House, City Forum, 250 City Road EC1V 2QQ LONDRES (99132 GRANDE BRETAGNE) immatriculée au Registre du commerce et des sociétés sous le numéro 03930318, représentée par Monsieur Jean-Philippe HECKETSWEILER. Admission aux Assemblées d’action- naires commanditaires : tout Associé a le droit de participer aux Assemblées Générales ou de s’y faire représenter, quel que soit le nombre de ses actions. Droit de vote aux Assemblées d’action- naires commanditaires : le droit de vote

est proportionnel à la quotité du capital possédée. Chaque action donne droit à une voix. Transmission des actions : il existe une clause d’agrément : l’organe habilité

à statuer sur les demandes est l’Associé

Commandité ; Commissaire aux Comptes Titulaire :

la société GRANT THORNTON domiciliée 100, rue de Courcelles 75017 PARIS. Commissaire aux Comptes Suppléant :

la société INSTITUT DE GESTION ET D’EXPERTISE COMPTABLE IGEC

domiciliée 3, rue Léon Jost 75017

PARIS. Immatriculation : la société sera imma- triculée au Registre du Commerce et des

Sociétés de Paris.

01833 Pour avis

Aux termes d’un acte sous seing privé, en date à Paris du 18 novembre 2009, il a été constitué une société présen- tant les caractéristiques suivantes :

Dénomination sociale :

EINSTEIN SOPHIA

Siège social :

6, rue Saint Paul 75004 PARIS Forme : Société à Responsabilité Limitée à capital variable. Capital social d’origine : 16 272 Euros divisé en 8 136 parts de 2 Euros chacune. Capital minimum : 5 000 Euros. Capital maximum : 18 384 Euros. Objet : la société a pour objet l’exploitation, l’administration et la gestion de résidences hôtelières et/ou étudiantes meublées, et location en meublé professionnel ou non, limité à la résidence en copropriété EINSTEIN VALLEY sise 140, avenue Albert

Einstein 06560 VALBONNE.

Durée : 99 ans à compter de son immatriculation au Registre du Commerce et des Sociétés. Gérance : par acte séparé en date du 18 novembre 2009, ont été nommés en qualité de Co-Gérants pour une durée indéterminée :

- Monsieur Jean-Pierre DEBOEUF

demeurant 6, rue Saint Paul 75004

PARIS,

- Monsieur Guy JACQUINOD

demeurant 26, allée Pièce de Terre 91190 GIF SUR YVETTE,

- Monsieur Hervé LEBOYER

demeurant 7, avenue José Maria de

Hérédia 76240 BONSECOURS.

Immatriculation : la société sera imma- triculée au Registre du Commerce et des

Sociétés de Paris.

01806 Pour avis

du Commerce et des Sociétés de Paris. 01806 Pour avis Les Annonces de la Seine -

Les Annonces de la Seine - jeudi 22 avril 2010 - numéro 20

17

Annonces judiciaires et légales

Annonces judiciaires et légales

Annonces judiciaires et légales
Annonces judiciaires et légales
Annonces judiciaires et légales

Aux termes d’un acte sous seing privé, en date à Paris du 20 février 2010, il a été constitué une société présen- tant les caractéristiques suivantes :

Dénomination sociale :

SESAME by JV

Siège social :

9, rue Lantiez

75017 PARIS

Forme : Société à Responsabilité Limitée de type E.U.R.L. Capital social : 500 Euros. Objet : conseil en affaires. Durée : 99 ans.

Gérance : Monsieur Johann VITREY demeurant 9, rue Lantiez 75017 PARIS. Immatriculation : au Registre du Commerce et des Sociétés de Paris.

01835 Pour avis

il a été formé le 19 mars 2010 entre les Avocats suivants du Barreau de Paris :

- Monsieur Guillaume ANQUETIL

demeurant 7, villa Méridienne 75014 PARIS,

- Monsieur Arthur–Brice ANQUETIL

demeurant 38, rue Friant 75014 PARIS,

une Association d’Avocats à Responsabilité Professionnelle Individuelle (A.A.R.P.I.) dénommée :

ANQUETIL ASSOCIES

dont le siège social est :

96, rue de Rivoli

75004 PARIS

conformément aux dispositions des

articles 124 et 125 du décret 91-1197 du 27 novembre 1991.

01871 Pour avis

Aux termes d’un acte sous seing privé, en date à Paris du 15 avril 2010, il a été constitué une société présen- tant les caractéristiques suivantes :

Dénomination sociale :

HOME CONCEPT

AMENAGEMENT

Sigle :

HCA

Siège social :

73, rue des Cévennes

75015 PARIS

Forme : Société à Responsabilité

Limitée.

Capital social : 20 000 Euros. Objet : activité d’aménagement et de décoration de locaux commerciaux, bureaux et d’habitations sans modifica- tion de structures porteuses verticales et/ou horizontales. Durée : 99 ans. Gérance : Monsieur Aurélien HARREL demeurant 212, rue Saint Maur 75010 PARIS. Immatriculation : au Registre du Commerce et des Sociétés de Paris.

01808 Pour avis

Aux termes d’un acte sous seing privé, en date à Paris du 19 avril 2010, il a été constitué une société présen- tant les caractéristiques suivantes :

Dénomination sociale :

FONCIERE DU MISTRAL

Siège social :

8, rue Caulaincourt

75018 PARIS

Forme : Société Civile Immobilière. Capital social : 4 400 Euros. Objet : la propriété, l’administration

de tous immeubles bâtis ou non bâtis. Durée : 99 ans . Gérance : Monsieur Christophe MARCHAND demeurant 8, rue Caulaincourt 75018 PARIS. Clauses d’agrément pour les cessions de parts :

Les parts sociales sont librement cessibles au profit d’un Associé. Immatriculation : au Registre du

Commerce et des Sociétés de Paris.

01869 Pour avis

Suivant acte sous seing privé en date à Paris du 16 avril 2010, il a été constitué une Société Civile Immobilière, ayant les caractéristiques suivantes :

Dénomination sociale :

SCI YO

Siège social :

3-5, rue Mail

75002 PARIS

Capital social : 3 000 Euros. Apports en numéraire : 3 000 Euros.

Objet : l’acquisition, l’administration

et la gestion par location ou autrement de tous immeubles et biens immobiliers. Durée : 99 années à compter de l’immatriculation de la société au Registre du Commerce et des Sociétés. Gérant : Monsieur Johann POURCHERESSE demeurant 3-5, rue

du Mail 75002 PARIS. Cessions de parts sociales :

L’agrément des Associés est donné dans la forme d’une décision collective

des associés représentant plus des trois quarts des parts sociales émises par la société. Immatriculation : la société sera imma- triculée au Registre du Commerce et des Sociétés de Paris.

01897 Pour avis

Aux termes d’un acte sous seing privé, en date à Paris du 15 avril 2010, il a été constitué une société présen- tant les caractéristiques suivantes :

Dénomination sociale :

CAPITAL GESTION

PATRIMOINE

Sigle :

CGP

Siège social :

73, rue des Cevennes

75015 PARIS

Forme : Société à Responsabilité Limitée.

Capital social : 1 000 Euros. Objet : activité d’intermédiaire en gestion et location de biens immobiliers, fonciers et commerciaux, opérations patrimoniales. Durée : 99 ans . Gérance : Monsieur Aurélien HARREL demeurant 212, rue Saint Maur 75010 PARIS. Immatriculation : au Registre du Commerce et des Sociétés de Paris.

01809 Pour avis

Addtitif à l’insetion 1786 du 15 avril 2010 pour EXPLORER WATCH, lire,

objet :

précieux.

01818 Pour avis

vente

de bijoux en métaux

: précieux. 01818 Pour avis vente de bijoux en métaux SCI FAUVERNEY Société Civile au capital

SCI FAUVERNEY

Société Civile au capital de 1 000 Euros Siège social :

39, avenue d’Iéna

75116 PARIS

Aux termes d’un acte sous seing privé en date à Paris du 1 er avril 2010, il a été constitué une société présentant les

caractéristiques suivantes :

Dénomination sociale :

SCI FAUVERNEY

Siège social :

39, avenue d’Iéna

75116 PARIS

Forme sociale : Société Civile. Capital social : 1 000 Euros, constitué uniquement d’apports en numéraire. Objet social : l’acquisition d’un terrain, l’exploitation et la mise en valeur de ce terrain par l’édification d’un immeuble et l’exploitation par bail ou autrement de cette construction qui restera la propriété de la société. Durée : 99 ans à compter de la date de l’immatriculation de la société au Registre du Commerce et des Sociétés. Gérance : la société COFORA 2, Société par Actions Simplifiée au capital de 38 112 Euros, dont le siège social est 39 avenue d’Iéna 75116 PARIS, immatri- culée au Registre du Commerce et des Sociétés de Paris sous le numéro 403 106 727, représentée par Monsieur Pierre GUENANT, son Président, domicilié 39, avenue d’Iéna 75116 PARIS. Clauses relatives aux cessions de parts :

- dispense d’agrément pour cessions à Associés, conjoints d’Associés,

ascendants ou descendants du cédant,

- agrément des associés représentant

au moins les trois quarts des parts sociales. Immatriculation : la société sera imma- triculée au Registre du commerce et des sociétés de Paris. Pour avis

01872 La Gérance

MOOD COUTURES

Société par Actions Simplifiée au capital de 10 000 Euros Siège social :

21, rue de Turbigo

75002

PARIS

Aux termes d’un acte sous seing privé en date à Paris du 12 avril 2010, il a été constitué une société présentant les caractéristiques suivantes :

Dénomination sociale :

MOOD COUTURES

Siège social :

21, rue de Turbigo

75002

PARIS

Forme : Société par Actions Simplifiée. Capital social : 10 000 Euros divisé en 1 000 actions de 10 Euros. Objet : fabrication et commercialisa- tion de vêtements de haute couture, ville casual et sportswear, distribution en Europe de produits sous licence CHRISTIAN AUDIGIER VELOURS. Durée : 99 ans à compter de son immatriculation au Registre du Commerce et des Sociétés sauf dissolution anticipée ou prorogation. Président : Madame Rhita PEREZ, née le 24 septembre 1967 à Casablanca (99350 MAROC) de nationalité française, demeurant 23, rue Pierret 92200 NEUILLY SUR SEINE Admission aux Assemblées et droit de vote :

Tout Associé peut participer aux Assemblées sur justification de son iden-

dité et de l’inscription en compte de ses actions. Le droit de vote attaché aux actions est proportionnel à la quotité du capital qu’elles représentent. Chaque action donne droit a une voix au moins.

Agrément :

Les actions ne peuvent être cédées y compris entre Associés qu’avec l’agrément préalable de la collectivité des Associés statuant à la majorité des voix des associés disposant du droit de vote. Immatriculation : la société sera immatriculée au Registre du Commerce et des Sociétés de Paris.

01819 Pour avis

LE BAS VENITIEN

Société Coopérative d’Intérêt Collectif

de type Société à Responsabilité Limitée à capital variable au capital de 2 650 Euros Siège social :

6, rue Léontine

75015 PARIS

Aux termes d’un acte sous seing privé en date à Paris du 23 mars 2010, il a été constitué une société présen- tant les caractéristiques suivantes :

Dénomination sociale :

LE BAS VENITIEN Siège social :

6, rue Léontine

75015 PARIS

Forme : Société Coopérative d’Intérêt Collectif de type Société à Responsabilité Limitée à capital variable.

Capital social initial : 2 650 Euros. Capital minimum : 2 000 Euros.

Capital maximum : 1 000 000 Euros.

Objet : édition littéraire et conseil éditorial. Durée : 99 ans. Gérant : Monsieur Dominique GREUSARD demeurant 6, rue Léontine 75015 PARIS. Immatriculation : au Registre du

Commerce et des Sociétés de Paris.

01910 Pour avis

CHAKOS

Société à Responsabilité Limitée au capital de 3 000 Euros Siège social :

26, rue Damrémont

75018 PARIS

Aux termes d’un acte sous seing privé en date à Paris du 14 avril 2010, il a été constitué une société présen- tant les caractéristiques suivantes :

Dénomination sociale :

CHAKOS

Siège social :

26, rue Damrémont

75018 PARIS

Forme : Société à Responsabilité Limitée. Capital social : 3 000 Euros. Objet : épicerie fine, exotique et bio, restauration, restauration rapide. Durée : 99 ans à compter de son imma- triculation au Registre du Commerce et des Sociétés sauf dissolution anticipée ou prorogation. Gérant : Monsieur Houssam BOUHAMDAN demeurant 35, rue Marx Dormoy 75018 PARIS assure la Gérance. Immatriculation : la société sera imma- triculée au Registre du Commerce et des Sociétés de Paris.

01928 Pour avis

18

Les Annonces de la Seine - jeudi 22 avril 2010 - numéro 20

Annonces judiciaires et légales

Annonces judiciaires et légales
Annonces judiciaires et légales
Annonces judiciaires et légales
Annonces judiciaires et légales

Rectificatif à l’insertion 1696 du 15 avril 2010 pour BUSINESS MANAGEMENT INFORMATIQUE,

conception, développement et exploitation de sites internet. Durée : 99 ans. Gérance : Monsieur Nicolas SIMON demeurant 11, rue de Thionville 75019 PARIS. Immatriculation : au Registre du Com- merce et des Sociétés de Paris.

Pour avis

01908

lire, capital social : 4 000 Euros (et non, 10 000 Euros).

01862

Pour avis

 

C.A.E.P.L

Société par Actions Simplifiée Unipersonnelle au capital de 10 000 Euros Siège social :

Rectificatif à l’insertion 1681 du 15 avril 2010 pour GAIA CONSULTING PARTNER, lire, capital : 10 000 Euros (et non, 7 500 Euros).

 

39, rue Saint Lazare 75009 PARIS

01816

Pour avis

Aux termes d’un acte sous seings privés en date à Paris du 12 avril 2010, il a été constitué une société présentant les caractéristiques suivantes :

Par acte sous seing privé en date à Paris des 7 et 14 avril 2010, il a été établi les statuts d’une société présentant les caractéristiques suivantes :

Dénomination sociale :

Dénomination :

 

C.A.E.P.L

Siège social :

 

39, rue Saint Lazare

COMMOSUPPLY FRANCE

75009

PARIS

Forme : Société par Actions Simplifiée Unipersonnelle. Capital : 10 000 Euros. Objet : conseil en organisation financière au profit d’une clientèle privée et institutionnelle. Durée : 99 ans à compter de son imma- triculation au Registre du Commerce et des Sociétés. Président :

Monsieur Ludovic WOLFF demeurant 11, rue Copernic 1180 BRUXELLES (99131 BELGIQUE). Transmission des actions : la cession des actions de l’Associé Unique est libre. Immatriculation : la société sera imma- triculée au Registre du Commerce et des Sociétés de Paris. Pour avis

Siège social :

 

2 bis, rue du Bouloi

75001

PARIS

Forme : Société à Responsabilité Limitée de type E.U.R.L. Capital : 20 000 Euros en numéraire, divisé en 200 parts sociales d’un montant de 100 Euros chacune, entièrement souscrites et libérées en totalité. Objet social : la société a pour objet l’étude, l’analyse, la projection de données économiques et conjoncturelles notamment en matière de négoce interna- tional, le suivi desdites opérations. Ces activités pouvant être exercées directe- ment ou indirectement et notamment par voie de création de nouveaux établisse- ments, d’apports, de prise en location- gérance, et plus généralement, toutes opérations commerciales, financières, mobilières ou immobilières, pouvant se rattacher à l’objet social ou à tous objets connexes et susceptibles d’en faciliter le développement ou la réalisation. Gérance : a été nommé premier Gérant de la société, pour une durée illimitée, Monsieur Patrick MEUNIER, demeurant à PONTPIERRE (LUXEMBOURG 4394) 5, rue de l’Ecole (99137 LUXEMBOURG). Durée : 99 ans à compter de l’immatri- culation au Registre du Commerce et des Sociétés. Immatriculation : la société sera imma- triculée au Registre du Commerce et des Sociétés de Paris. Pour avis

la Gérance

01798

01803

Le Président

Aux termes d’un acte sous seing privé, en date à à Paris du 9 avril 2010, il a été constitué une société présen- tant les caractéristiques suivantes :

Dénomination sociale :

 

MAPE CONSEIL

Nom commercial :

 

MAPE CONSEIL

Siège social :

67, boulevard Blanqui

75013

Forme : Société à Responsabilité

PARIS

Limitée. Capital social : 7 500 Euros. Objet : conseil en organisation, gestion et management auprès des Très Petites Entreprises (TPE). Médiation,

assitance aux Très Petites Entreprises. Portage salarial. Durée : 99 ans. Gérance : Madame Catherine PONS demeurant 67, boulevard Blanqui 75013 PARIS. Immatriculation : au Registre du Commerce et des Sociétés de Paris.

Pour avis

01870

Aux termes d’un acte sous seing privé, en date à Paris du 19 avril 2010, il a été constitué une société présen- tant les caractéristiques suivantes :

Dénomination sociale :

SOCIETE CIVILE IMMOBILIERE DU BONHEUR

Siège social :

12, rue Jouffroy d’Abbans

 
 

75017

PARIS

Forme : Société Civile Immobilière.

Aux termes d’un acte sous seing privé, en date à Paris du 30 mars 2010, il a été constitué une société présen- tant les caractéristiques suivantes :

Dénomination sociale :

KEO

Capital social : 11 300 Euros. Objet : l’acquisition, l’administration, l’exploitation, la location de biens immobiliers. Durée : 99 ans. Co-Gérance :

-

Monsieur François MICHAUT

Siège social :

11, rue de Thionville

demeurant 12, rue Jouffroy d’Abbans

75017

PARIS.

75019

PARIS

-

Monsieur Olivier METZENTHIN

Forme : Société à Responsabilité Limitée. Capital social : 100 Euros. Objet : conseil webmarketing,

demeurant 11, rue de l’Arc de Triomphe

75017

PARIS.

 

Clauses d’agrément pour les cessions de parts :

Les parts sociales sont librement cessibles au profit d’un Associé.

Immatriculation : la société sera imma- triculée au Registre du Commerce et des Sociétés de Paris.

01867 Pour avis

MODIFICATION

SCI ARMADILLO

Société Civile Immobilière au capital de 1 000 Euros Siège social :

54, rue de la Tourelle 92100 BOULOGNE BILLANCOURT 444 285 464 R.C.S. NANTERRE Aux termes d’une Assemblée

Générale Extraordinaire en date du

15 décembre 2009, il a été décidé de

transférer le siège social du :

54, rue de la Tourelle 92100 BOULOGNE BILLANCOURT au :

12, rue Emile Allez

75017 PARIS

à compter du 31 décembre 2009.

Suite à ce transfert, il est rappelé les caractéristiques suivantes :

Objet : gestion de biens immobiliers. Durée : 99 ans. Gérance : Monsieur Matthieu LEBEURRE demeurant 12, rue Emile Allez 75017 PARIS. La société sera immatriculée au Registre du Commerce et des Sociétés de Paris désormais compétent à son égard et radiée du Registre du Commerce et des Sociétés de Nanterre.

01797 Pour avis

HOTEL METROPOLITAIN

Société par Actions Simplifiée au capital de 224 862 Euros Siège social :

20 rue du Sentier

75002 PARIS

562 099 036 R.C.S. PARIS

Il résulte du Procès-Verbal des décisions du Président en date du 25 mars 2010 :

- qu’il sera mis fin aux fonctions de

Directeur Général de Monsieur Gioele CAMARLINGHI à compter du 11 avril

2010.

- qu’il a été désigné pour le

remplacer aux fonctions de Directeur Général, depuis le 12 avril 2010 et jusqu’à la prochaine Assemblée

Générale Ordinaire annuelle approuvant

les comptes de l’exercice clos le

31 décembre 2009, Monsieur Georges

ROLL, né le 3 juin 1959 à Santiago du Chili (99417 CHILI) de nationalité française, demeurant 25, rue Marbeuf 75008 PARIS. Mention en sera faite au Registre du Commerce et des Sociétés de Paris.

01881 Pour avis

SCI MIM 1

Société Civile Immobilière

au capital de 1 137 260 Euros

Siège social :

34, avenue des Champs Elysées

75008 PARIS

503 159 923 R.C.S. PARIS

Par décision en date du 26 février 2010, l’Assemblée Générale a décidé de

nommer pour une durée illimitée la

société l’ETOILE PROPERTIES SERVICES, Société par Actions Simplifiée au capital de 40 000 Euros,

ayant son siège social 109, rue de Faubourg Saint Honoré 75008 PARIS, immatriculée au Registre du Commerce

et des Sociétés de Paris sous le numéro

417 824 075, représentée par Monsieur

Didier UNGLIK demeurant 10, rue du Colisée 75008 PARIS, en remplacement de la société MILESTONE INCOME

MIDCAP SARL, sous la condition suspensive de l’accord de la société BANK OF SCOTLAND Plc., étant précisé que cette condition suspensive a été réalisée le 5 mars 2010. Mention en sera faite au Registre du Commerce et des Sociétés de Paris.

01855 Pour avis

HOTEL DE SAXE

Société par Actions Simplifiée au capital de 7 312 932 Euros Siège social :

20 rue du Sentier

75002 PARIS

501 528 202 R.C.S. PARIS

Il résulte du Procès-Verbal des

décisions du Président en date du

25 mars 2010 :

- qu’il sera mis fin aux fonctions de

Directeur Général de Monsieur Gioele

CAMARLINGHI à compter du 11 avril

2010.

- qu’il a été désigné pour le

remplacer aux fonctions de Directeur

Général, depuis le 12 avril 2010 et jusqu’à la prochaine Assemblée

Générale Ordinaire annuelle approuvant les comptes de l’exercice clos le

31 décembre 2009, Monsieur Georges

ROLL, né le 3 juin 1959 à Santiago du Chili (99417 CHILI) de nationalité française, demeurant 25, rue Marbeuf

75008 PARIS.

Mention en sera faite au Registre du Commerce et des Sociétés de Paris.

01885 Pour avis

CADSTAR FRANCE

Société par Actions Simplifiée au capital de 4 699 332 Euros Siège social :

20 rue du Sentier

75002 PARIS

413 674 300 R.C.S. PARIS

Il résulte du Procès-Verbal des

décisions du Président en date du

25 mars 2010 :

- qu’il sera mis fin aux fonctions de

Directeur Général de Monsieur Gioele

CAMARLINGHI à compter du 11 avril

2010.

- qu’il a été désigné pour le

remplacer aux fonctions de Directeur

Général, depuis le 12 avril 2010 et jusqu’à la prochaine Assemblée Générale Ordinaire annuelle approuvant les comptes de l’exercice clos le

31 décembre 2009, Monsieur Georges

ROLL, né le 3 juin 1959 à Santiago du Chili (99417 CHILI) de nationalité française, demeurant 25, rue Marbeuf

75008 PARIS.

Mention en sera faite au Registre du

Commerce et des Sociétés de Paris.

01880 Pour avis

ITM DEVELOPPEMENT INTERNATIONAL

Société Anonyme

au capital de 450 000 Euros Siège social :

24, rue Auguste Chabrières

75015 PARIS

323 347 880 R.C.S. PARIS

Aux termes d’une délibération en date du 7 avril 2010, l’Assemblée Générale Extraordinaire a décidé de changer la dénomination sociale de la société, à compter du même jour. En conséquence, l’article 3 des statuts a été modifié comme suit :

Ancienne mention :

Article 3 - dénomination sociale :

La dénomination de la société est :

Les Annonces de la Seine - jeudi 22 avril 2010 - numéro 20

19

Annonces judiciaires et légales

Annonces judiciaires et légales

Annonces judiciaires et légales
Annonces judiciaires et légales
Annonces judiciaires et légales

ITM DEVELOPPEMENT INTERNATIONAL

Nouvelle mention :

Article 3 - dénomination sociale :

La dénomination de la société est :

IMMO MOUSQUETAIRES

Mention en sera faite au Registre du Commerce et des Sociétés de Paris.

01836 Pour avis

LA BRUYERE INVEST

Société à Responsabilité Limitée au capital de 7 500 Euros Siège social :

44, rue Vivienne

75002 PARIS

452 053 374 R.C.S. PARIS

Aux termes des délibérations d’une Assemblée Générale Extraordinaire en

date du 11 mars 2010, la collectivité des Associés a :

- pris acte de la démission de

Monsieur Jean ELGUER de ses fonctions de Gérant à compter du même

jour et décidé de nommer en qualité de nouveau Gérant, Monsieur Jean MONIN demeurant Chemin de Comporté 77640 JOUARRE à compter du même jour et ce pour une durée illimitée.

-

décidé de transférer le siège social

du :

44, rue Vivienne 75002 PARIS au :

33, rue Marbeuf 75008 PARIS à compter du même jour.

Les articles 4 et 14 des statuts ont été modifiés en conséquence. Mention en sera faite au Registre du Commerce et des Sociétés de Paris.

01846 Pour avis

HOTEL ALEXANDER

Société par Actions Simplifiée au capital de 425 790 Euros Siège social :

20 rue du Sentier

75002 PARIS

417 738 994 R.C.S. PARIS

Il résulte du Procès-Verbal des décisions du Président en date du 25 mars 2010 :

- qu’il sera mis fin aux fonctions de

Directeur Général de Monsieur Gioele

CAMARLINGHI à compter du 11 avril

2010.

- qu’il a été désigné pour le

remplacer aux fonctions de Directeur Général, depuis le 12 avril 2010 et jusqu’à la prochaine Assemblée

Générale Ordinaire annuelle approuvant les comptes de l’exercice clos le 31 décembre 2009, Monsieur Georges ROLL, né le 3 juin 1959 à Santiago du Chili (99417 CHILI) de nationalité française, demeurant 25, rue Marbeuf 75008 PARIS. Mention en sera faite au Registre du Commerce et des Sociétés de Paris.

01874 Pour avis

THE CURIOUS GROUP

Société à Responsabilité Limitée au capital de 957 820 Euros Siège social :

13, rue des Beaux Arts

75006

PARIS

483 013 413 R.C.S. PARIS

Aux termes du procès verbal des délibérations de l’Assemblée Générale Extraordinaire en date du 31 mars 2010, il résulte que :

- le capital social a été augmenté de

2 877 287 Euros par apports en numéraire pour être porté à 3 835 107 Euros par création de 2 877 287 parts nouvelles d’un Euro, puis immédiate-

ment réduit par suite de pertes de

2 776 376 Euros, pour être ramené à

1 058 731 Euros.

Les articles 6 et 7 des statuts ont été modifiés en conséquence. Mention en sera faite au Registre du Commerce et des Sociétés de Paris.

01900 Pour avis

ITTAKA

Société par Actions Simplifiée au capital de 150 000 Euros Siège social :

22, rue Saint Augustin

75002 PARIS

484 352 364 R.C.S. PARIS

Par délibération du Président en date

du 15 avril 2010, il a été décidé de transférer le siège social du :

22, rue Saint Augustin 75002 PARIS au :

8, rue de la Victoire

75009 PARIS

à compter du 1 er avril 2010. L’article 4 des statuts a été modifié en conséquence. Mention en sera faite au Registre du Commerce et des Sociétés de Paris.

01876 Pour avis

HOTEL BLANCHE FONTAINE

Société par Actions Simplifiée au capital de 6 457 182 Euros Siège social :

20 rue du Sentier

75002

PARIS

501 529 937 R.C.S. PARIS

Il résulte du Procès-Verbal des

décisions du Président en date du

25 mars 2010 :

- qu’il sera mis fin aux fonctions de

Directeur Général de Monsieur Gioele

CAMARLINGHI à compter du 11 avril

2010.

- qu’il a été désigné pour le

remplacer aux fonctions de Directeur

Général, depuis le 12 avril 2010 et

jusqu’à la prochaine Assemblée

Générale Ordinaire annuelle approuvant

les comptes de l’exercice clos le

31 décembre 2009, Monsieur Georges

ROLL, né le 3 juin 1959 à Santiago du

Chili (99417 CHILI) de nationalité

française, demeurant 25, rue Marbeuf

75008 PARIS.

Mention en sera faite au Registre du

Commerce et des Sociétés de Paris.

01865 Pour avis

HOTEL FRANCOIS

Société par Actions Simplifiée

au capital de 11 839 488 Euros Siège social :

20 rue du Sentier

75002 PARIS

501