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LESANNONCES DELASEINE

Lundi 31 mai 2010 - Numéro 26 - 1,15 Euro - 91 e année

D.R.
D.R.

INSTALLATION

Tribunal de Grande Instance de Paris

Vision volontariste par Emmanuel Binoche

2

Priorités prioritaires par Jean-Claude Marin

5

Cohérence dans l’action par Chantal Arens

6

JURISPRUDENCE

Associations familiales : représentation des familles auprès des pouvoirs publics

Conseil constitutionnel - 28 mai 2010 - décision n° 2010-3 QPC

8

“Cristallisation des pensions” : Régime spécial des pensions applicable aux ressortissants algériens

Conseil constitutionnel - 28 mai 2010 - décision 2010-1 QPC

10

VIE DU DROIT

Association Française d’Arbitrage - Centre de Médiation

et d’Arbitrage de Paris L’arbitrage en questions

17 ème Colloque de la Saint-Yves

11

“Le corps humain est-il objet de commerce ?” L’homme dans son intégrité par Simone Graïc

12

Conférence du stage des avocats au Conseil d’Etat et à la Cour de cassation Secrétaires 2010-2011

13

BILAN

14

ANNONCES LEGALES

17

DÉCORATION

Elizabeth Ménesguen Chevalier de la Légion d’Honneur

24

Tribunal de Grande

Instance de Paris

Installation - 27 mai 2010

L e tribunal de grande instance de Paris a accueilli sa nou-

velle présidente, Chantal Arens lors d’une audience

solennelle qui s’est tenue le jeudi 27 mai 2010 en présence

de nombreuses personnalités au premier rang desquelles

Vincent Lamanda, Premier Président de la cour de Cassation, Jean-Louis Nadal, Procureur Général près cette cour, Jean Castelain et Yves Le Borgne, bâtonnier et vice-bâtonnier de Paris. Chantal Arens est ainsi devenue le 33 ème président de la plus importante juridiction d'Europe et de France depuis le 4 germinal an VIII, soit le 25 mars 1800, et la troisième femme à occuper ces prestigieuses fonctions, après Jacqueline Cochard et Simone Rozès. Elle succède à Jacques Degrandi qui vient de rejoindre la pre- mière présidence de la cour d’appel de Paris le 18 mai dernier (Les Annonces de la Seine, n° 24 du 20 mai 2010). Comme l’a rappelé le premier vice-président Emmanuel Binoche, il a mis, trente trois mois durant, “tous ses talents d'administra- teur et d'homme de terrain” pour renforcer la crédibilité de la juridiction parisienne. Le parcours professionnel de Chantal Arens est varié : au siège, à la présidence du Tribunal de Grande Instance d’Evreux et de

Nanterre, au Parquet ou encore à l’Inspection des Services Judiciaires, ce qui pour le Procureur de la République Jean- Claude Marin est le “reflet d’une personnalité engagée dans un monde ouvert et plural dans lequel le magistrat cloîtré dans l’horizon étroit de son palais n’a plus de place”. Symbole d’une justice confrontée aux “problématiques les plus fortes de notre temps” le tribunal de grande instance de Paris connaît une difficile situation budgétaire. Le Procureur de la République a rappelé que la dyarchie parisienne aura la mission d’“assumer la pénurie dans l’équité et la définition non pas de priorités mais de priorités prioritaires…”. Pour la nouvelle présidente “toute la difficulté dans la période actuelle consiste à parvenir à un point d'équilibre toujours délicat à maintenir entre une justice conçue à la fois comme une valeur et une institution, et une conception plus managé- riale d'une organisation au service du justiciable dont les attentes sont particulièrement fortes”. Elle a conclu en formant un vœu pour son tribunal “lieu d'ou- verture et d'échanges” : que “chacun ait le sentiment d'un des- tin commun sous tendu par l'idée de justice”. Jean-René Tancrède

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des affaires juridiques, Groupe Essilor International 2009 Publicité : Légale et judiciaire : Didier

2009

des affaires juridiques, Groupe Essilor International 2009 Publicité : Légale et judiciaire : Didier Chotard

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Légale et judiciaire :

Didier Chotard

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Commission paritaire : n° 0713 I 83461 I.S.S.N. : 0994-3587 Tirage : 13 098 exemplaires Périodicité : bi-hebdomadaire Impression : M.I.P. 3, rue de l’Atlas - 75019 PARIS

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Le journal “Les Annonces de la Seine” a été désigné comme publicateur officiel pour la période du 1 er janvier au 31 décembre 2010, par arrêtés de Messieurs les Préfets : de Paris, du 29 décembre 2009 ; des Yvelines, du 16 décembre 2009 ; des Hauts-de-Seine, du 23 décembre 2009 ; de la Seine-Saint-Denis, du 22 décembre 2009 ; du Val-de-Marne, du 18 décembre 2009 ; de toutes annonces judiciaires et légales prescrites par le Code Civil, les Codes de Procédure Civile et de Procédure Pénale et de Commerce et les Lois spéciales pour la publicité et la validité des actes de procédure ou des contrats et des décisions de justice pour les départements de Paris, des Yvelines, de la Seine-Saint-Denis, du Val-de- Marne ; et des Hauts-de-Seine. N.B. : L’administration décline toute responsabilité quant à la teneur des annonces légales.

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35

avec suppléments culturels

95

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COMPOSITION DESANNONCES LÉGALES NORMES TYPOGRAPHIQUES

Surfaces consacrées aux titres, sous-titres, filets, paragraphes, alinéas

Titres : chacune des lignes constituant le titre principal de l’annonce sera composée en capitales (ou majuscules grasses) ; elle sera l’équivalent de deux lignes de corps 6 points Didot, soit arrondi à 4,5 mm. Les blancs d’interlignes séparant les lignes de titres n’excéderont pas l’équivalent d’une ligne de corps 6 points Didot, soit 2,256 mm. Sous-titres : chacune des lignes constituant le sous-titre de l’annonce sera composée en bas-de-casse (minuscules grasses) ; elle sera l’équivalent d’une ligne de corps 9 points Didot soit arrondi à 3,40 mm. Les blancs d’interlignes séparant les différentes lignes du sous-titre seront équivalents à 4 points soit 1,50 mm. Filets : chaque annonce est séparée de la précédente et de la suivante par un filet 1/4 gras. L’espace blanc compris entre le filet et le début de l’annonce sera l’équivalent d’une ligne de corps 6 points Didot soit 2,256 mm. Le même principe régira le blanc situé entre la dernière ligne de l’annonce et le filet séparatif. L’ensemble du sous-titre est séparé du titre et du corps de l’annonce par des filets maigres centrés. Le blanc placé avant et après le filet sera égal à une ligne de corps 6 points Didot, soit 2,256 mm. Paragraphes et Alinéas : le blanc séparatif nécessaire afin de marquer le début d’un paragraphe où d’un alinéa sera l’équivalent d’une ligne de corps 6 points Didot, soit 2,256 mm. Ces définitions typographiques ont été calculées pour une composition effectuée en corps 6 points Didot. Dans l’éventualité où l’éditeur retiendrait un corps supérieur, il conviendrait de respecter le rapport entre les blancs et le corps choisi.

de respecter le rapport entre les blancs et le corps choisi. Installation Emmanuel Binoche D.R. Vision

Installation

Emmanuel Binoche D.R.
Emmanuel Binoche
D.R.

Vision volontariste

par Emmanuel Binoche

(…)

C 'est pour la troisième fois que le tribunal accueille solennellement une présidente ; Victor Hugo (1) affirmait déjà la nécessité, suivant son

expression, de faire rentrer "la moitié de l'espèce

humaine dans l'égalité", combat de toute sa vie. Jacqueline Cochard, qui nous a hélas quittés, vous a précédé à ce haut poste, et certains parmi nous se souviennent de sa bienveillante autorité ; antérieurement Simone Rozès, que nous saluons, avait marqué nombre de magistrats par sa forte personnalité, et ses éminentes qualités de juriste comme sa hauteur de vue, qui lui avaient valu d'accéder au poste le plus élevé de la magistrature. Vous prenez ainsi la tête de la plus importante juridiction d'Europe et de France, alors que l'Union européenne, et la France en particulier, sont entrées dans une période critique au plan financier, économique et social, aux conséquences desquelles l'institution judiciaire, pour ce qui la concerne, doit faire face avec lucidité : ainsi l'année 2010 se trouve déjà marquée par des restrictions très sérieuses

affectant le budget de la juridiction. Celle-ci emploie près de 1 500 personnes, dont en gros un tiers de magistrats, deux tiers de fonctionnaires, complétés par 53 juges de proximité, et quelque 44 conciliateurs ; la situation au moment où vous prenez les rênes de la présidence se trouve globalement améliorée pour les magistrats ; elle s'est trouvée malheureusement aggravée pour les fonctionnaires, aussi bien au siège qu'au parquet :

en diminution constante depuis plusieurs années, l'effectif réel, malgré une légère amélioration récente, reste à un niveau bien préoccupant

Ce n'est pourtant pas faute pour Jacques Degrandi d'avoir mené une action inlassable pour obtenir une meilleure prise en compte de la réalité des besoins de la juridiction, avec l'investissement en ce sens sans faille de Chantal Chapron, directrice de greffe qu'il convient aussi de saluer. Mais il faut souligner que le tribunal dispose d'un personnel de greffe non seulement très compétent, mais aussi particulièrement investi dans ses diverses fonctions. Jacques Degrandi, pour l'administration de la juridiction, a par ailleurs entretenu immédia- tement avec Jean-Claude Marin, procureur de la République, les relations confiantes qu'ap- pelle le bon fonctionnement de la dyarchie. Enfin, pour faire face au handicap que repré- sente pour son organisation la très grande dimension de la structure, alors que celle-ci est marquée par une très importante rotation du personnel - 50 à 70 départs de magistrats chaque année, environ 120 pour les fonction- naires - la pratique de réunions transverses, associant magistrats et fonctionnaires est dés- ormais un fait acquis et permet de bénéficier de la contribution de chacun à la solution des questions complexes. La bonne administration de la justice est, rap- pelons-le, un objectif à valeur constitution- nelle. Jacques Degrandi a mis tous ses talents d'administrateur et d'homme de terrain au service d'un crédit renouvelé de chacun des services, au civil comme au pénal, entreprenant, après avoir ciblé les besoins qu'il était le plus urgent de satisfaire, de renforcer autant qu'il se pouvait les moyens matériels et humains disponibles. Détailler l'ensemble de ses actions prendrait trop de temps ; j'évoquerai donc d'abord le moins spectaculaire. En ces temps si difficiles pour nombre de nos concitoyens, frappés par la perte de leur emploi

ou la précarité, il faut d'abord évoquer sa préoccupation constante d'un accès effectif au droit, au regard de la nécessaire intelligibilité de la loi, autre objectif majeur ; celle-ci l'a conduit à fluidifier les circuits de fonctionnement du Bureau d'Aide Juridictionnelle, avec la création d'une antenne décentralisée au tribunal administratif, objet d'une convention signée avec le chef de cette juridiction, ici présent, et le bâtonnier ; un Relais d'Accès au Droit, géré par une association en partenariat avec le barreau, a été mis en place, pour faciliter les démarches engagées auprès de ce bureau par les justiciables les plus défavorisés. Les conditions matérielles de fonctionnement des trois Maisons de Justice et du Droit de l'Arrondissement ont été améliorées, et son action au sein du Conseil Départemental d'Accès au Droit a été récemment saluée, comme doivent l'être ses efforts pour un meilleur accueil des victimes d'infractions. Le tribunal a aussi activement participé aux efforts engagés en septembre 2008 par la cour d'appel pour l'amélioration de l'accueil et l'orientation du public au site de l'île de la Cité du palais de justice. S'agissant des vingt tribunaux d'instance, un groupe de travail a été constitué dès 2008 pour

envisager leur réorganisation, afin d'en améliorer les conditions de fonctionnement et le mode de traitement du contentieux de la tutelle des majeurs ; la mise en service de l'intranet en janvier 2008 a permis à ces tribunaux comme aux autres services excentrés du tribunal de grande instance de bénéficier de cet outil essentiel de communication et de les rapprocher des centres de décision ; plus largement, la présidence a pu grâce à cet outil, avec l'utilisation systématique de la messagerie électronique, améliorer la communication interne en dématérialisant l'information, et à cette occasion limiter très significativement la consommation du support papier. L'action opiniâtre de votre prédécesseur a permis la réinstallation du tribunal d'instance du 19 ème arrondissement dans des locaux plus adaptés, et le regroupement en juin de l'année dernière sur un même site du Pôle de la Nationalité française de Paris et du Service de la Nationalité des Français établis hors de France. Le site principal de l’île de la Cité accueille la plupart des chambres et services du tribunal de grande instance lui-même, soit 154 formations de jugement correspondant à 31 chambres ; du fait de sa configuration devenue inadaptée, une

Installation

de sa configuration devenue inadaptée, une Installation très grande part des magistrats du siège réalisent leur

très grande part des magistrats du siège réalisent leur travail juridictionnel à domicile, ne disposant pas personnellement d’un cabinet sur place ; cette situation accentue encore la tendance centrifuge résultant de l'installation d'autres services en huit sites différents. Cette centralisation d’activités dépendant d’une même très grande juridiction, alors qu’il est impossible de les réunir en un seul lieu géographique, pose par conséquent des problèmes spécifiques de gestion.

A cela s'ajoute une compétence juridictionnelle

exclusive de ce tribunal de la Ville-Capitale, qui a encore, au fil de l'histoire judiciaire récente,

rehaussé le niveau des exigences de son administration : le tribunal se voit en effet périodiquement confier de nouvelles compétences nationales ; après la lutte contre le terrorisme depuis 1986, la création prochaine

d'un Pôle compétent en matière de génocides et de crimes contre l'humanité est annoncée ; en matière civile, après s'être vue confier compétence exclusive en matière de marques communautaires

et de brevets d'invention, c'est tout récemment le

contentieux en matière de dessins et modèles communautaires qui est venu compléter ce dispositif, nécessitant de renforcer les moyens matériels et humains de la 3 ème chambre

La complexité de contentieux foisonnants, et l'importance des enjeux socio-économiques qu'ils sous-tendent, rendent incontournable la spécialisation des magistrats et des services, ce qui rend nécessaire de déployer des efforts continus en faveur de la coordination et de la cohésion dans l'objectif de la sécurité juridique la plus grande. Emmanuel Binoche

D.R.
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Les Annonces de la Seine - lundi 31 mai 2010 - numéro 26

3

Installation Une rigueur sans faille dans la gestion des ressources humaines s'impose donc, et justifie

Installation

Une rigueur sans faille dans la gestion des ressources humaines s'impose donc, et justifie l'attention des Services judiciaires - dont je salue la présence de l'actuelle directrice et de son prédécesseur -, alertés régulièrement sur l'impact de ces nouvelles compétences en termes de ressources matérielles et humaines, et à plus forte raison sur les conséquences de la moindre vacance de poste. La complexité de contentieux foisonnants, et l'importance des enjeux socio-économiques qu'ils sous-tendent, rendent incontournable la spécialisation des magistrats et des services, ce qui rend nécessaire de déployer des efforts continus en faveur de la coordination et de la cohésion dans l'objectif de la sécurité juridique la plus grande. Jacques Degrandi était particulièrement conscient de l'importance déterminante de la juridiction de première instance pour la plupart des justiciables qui n'ont pas les moyens, ou pas le goût ou l'énergie d'un recours ; l'exigence de l'excellence l'a conduit à faire procéder à la mise en ligne, pour une plus grande cohésion de l'activité des chambres et services et une meilleure lisibilité de leurs décisions, de différents modèles et fiches méthodologiques élaborés par contentieux (presse, propriété intellectuelle, responsabilité, construction, exécution, surendettement, rétention des étrangers) : cette documentation est accessible à tous les utilisateurs du Réseau Privé Virtuel Justice, c'est-à-dire à tous les magistrats et fonctionnaires des différentes juridictions de France. Mais le constat de l'action entreprise ne serait pas complet s’il n’évoquait le rôle des indispensables partenaires de la justice de haute qualité que cette juridiction réclame ; Jean- Claude Magendie évoquait en mars 2000, lors de son installation à la tête de ce tribunal, la nécessaire communauté de travail des magistrats et des avocats : elle s'impose avec un barreau de Paris fort de ses 21 000 membres, représentant la moitié de l'ensemble des avocats de France, atypique de ce fait. Poursuivant et prolongeant les dispositions mises en place par Jean-Marie Coulon puis Jean- Claude Magendie pour une procédure civile moderne et pleinement efficiente, Jacques Degrandi a signé avec les bâtonniers de l'Ordre successifs, Christian Charrière-Bournazel et Jean Castelain, le cas échéant avec le procureur de la république, de nombreux protocoles ou conventions dont il ne sera pas fait l'inventaire ici ; cette méthode qui s'inscrit dans une tradition prétorienne très ancienne de ce tribunal, a permis au bénéfice d'un partenariat dynamique, de faire entrer dans la réalité quotidienne de l'ensemble des services les bonnes pratiques éprouvées, et de briser l'isolement résultant de la nécessaire division des tâches et de la dispersion géographique des services. Il faut citer à cet égard le protocole de procédure civile du 3 juin 2008 tendant à la limitation du nombre d'écritures, à l'instauration d'un calendrier de procédure et à l'organisation d'audiences plus interactives. Le développement des modes alternatifs de règlement des litiges, qui tend à faire diminuer la demande contentieuse, avait conduit à la mise en place dès janvier 2007 d'une permanence de médiation familiale, et l'extension de

l'expérimentation à l'ensemble des chambres et services s'est traduite par la signature en fin d'année 2009 d'un protocole de médiation civile. Alors qu'une convention a aussi été signée la même année avec le barreau pour créer les conditions de bonnes pratiques de l'audition de l'enfant, un groupe de travail prépare la constitution d'un Pôle Enfance et Famille, des liens fonctionnels entre chambres et services traitant de problématiques communes étant d'ores et déjà créés. Le partenariat de la Chambre des Affaires Familiales avec le notariat a été également renforcé. Jacques Degrandi a également œuvré pour améliorer l'audiencement des affaires pénales, en particulier dans les chambres traitant de procédures de comparution immédiate, pour assurer une tenue des audiences dans des conditions convenables. Le développement de la numérisation des procédures pénales et des nouvelles technologies en général a également mobilisé de manière permanente l'équipe de la présidence en étroite liaison avec le secrétariat général du procureur pour adapter les dispositifs aux contraintes de la juridiction. Ainsi, en recentrant les services et en concentrant les efforts, Jacques Degrandi a engagé avec succès une dynamique de la confiance : il a ainsi mis en application les intentions annoncées lors de son installation, d'"améliorer le service rendu au justiciable", d'"accentuer les effets d'une démarche de qualité" et de mettre en place "une organisation et un fonctionnement les plus performants possibles". Attachant enfin un prix tout particulier à l'image que le juge peut donner de lui-même, il a œuvré pour faire partager cette vision à l'extérieur, en intervenant par exemple au cours de ces trois dernières années auprès de diverses commissions mises en place par le garde des Sceaux ou par le Sénat, et lors de divers colloques, sur le sujet en particulier des bonnes pratiques. Tous ceux, qui, partageant cette vision volontariste, ont pu l'accompagner dans son action et ont toujours pu compter sur son soutien, lui sont reconnaissants d'avoir contribué à renforcer la crédibilité de notre juridiction. Mais il est plus que temps de vous présenter. Votre parcours n'est pas sans aspects comparables avec celui de votre prédécesseur, puisque vous avez connu au cours de votre carrière aussi bien le service pénal que les affaires civiles, en passant par l'Inspection des Services judiciaires du ministère. Au plan technique, vous disposez d'atouts particulièrement solides ; vos connaissances juridiques sont en effet non seulement étendues, mais fort diversifiées, puisque vous avez connu successivement des diverses fonctions de l'instance et de la grande instance ; vous trouviez le temps de préparer lors de votre affectation au tribunal de grande instance de Chartres un diplôme d'études approfondies de droit communautaire, et assuriez alors au début des années 1990 avec bonheur en détachement la responsabilité du bureau du droit communautaire au ministère des Postes, Télécommunications et de l'Espace. Vous avez exercé ensuite diverses fonctions de responsabilité au Parquet de Paris : vous n'avez pas été étrangère à la création du Pôle financier, alors que vous vous trouviez à la tête de ce qui s'appelait alors la 5 ème section.

Puis vous avez eu l'occasion de prendre du champ à l'Inspection des services judiciaires, en y remplissant les missions qui lui sont confiées, plus diverses que certains ne le croient : Monsieur l'Inspecteur général ne me contredirait pas à ce sujet. Vous vous trouviez alors indéniablement

préparée aux différentes présidences que vous avez ensuite assurées, d'abord à compter de novembre 2002 à Evreux. Ensuite ce fût la présidence du tribunal de grande instance de Nanterre, deuxième tribunal

de France par sa dimension, à compter de

janvier 2008 ; vous y avez entrepris un travail

de

communication interne, réussissant, en dépit

de

conditions matérielles difficiles, à maintenir

et

développer la nécessaire cohésion entre les

différents services. Nous vous savons en effet très attachée à une organisation de la juridiction permettant

d'utiliser au mieux les compétences de chacun

dans le cadre d'un travail en équipe, et à veiller

à la bonne intégration de tous en son sein.

Au plan de la communication externe, vous vous étiez intéressée dès 2004 comme présidente à Evreux à la version pilote d'e- barreau expérimentée ici, qui s'appelait e-greffe ;

à Nanterre, vous avez donc développé

l'application e-barreau, et des contacts fructueux ont été entretenus avec ce tribunal pour l'échange de leurs expériences respectives. Au

total, votre grande compétence d'administrateur

été appréciée, et cette réputation vous a précédé ici.

a

Le

mot "talent", avant le 17 ème siècle, avait le sens

de

"volonté" (2) ; ainsi Jacques Brel pouvait dire :

"Le talent, c'est d'avoir envie de faire quelque chose" ; le Conseil supérieur de la magistrature,

en vous nommant à ce poste éminent, l'a manifestement reconnu.

Vous trouverez ici des magistrats et des fonc- tionnaires sur la compétence, l'investissement

et la loyauté desquels vous pourrez compter ;

ceux-ci se trouvent légitimement fiers d'avoir maintenu ce tribunal au niveau d'excellence exigé de lui, et contribué toujours davantage à son renom pour les innovations qu'il a su ini- tier, pour nombre d'entre elles passées dans le droit positif.

Voulant ignorer le dénigrement dont l'institution est trop souvent l'objet, tout en étant attentifs aux justes critiques, et le mot renoncement étant exclu de leur vocabulaire,

ils entendent, conscients du fait que la Justice

doit en permanence adapter ses règles et son fonctionnement aux évolutions sociétales, maintenir malgré les difficultés présentes leur engagement à vos côtés pour une justice toujours plus efficace et de qualité, et dont

l'organisation ici se doit de préfigurer celle qui sera retenue sur le futur site des Batignolles.

A titre personnel et au nom de tous les

magistrats rassemblés en votre honneur, qui savent pouvoir compter sur votre écoute et votre soutien, je vous souhaite la bienvenue et vous adresse nos vœux chaleureux de réussite.

Notes :

1 - V. Hugo, lettre du 31 mars 1875, dans Le droit et la loi et autres textes citoyens, 10/18.

2 - Dictionnaire Littré, édition 1874.

Installation

Jean-Claude Marin D.R.
Jean-Claude Marin
D.R.

Priorités prioritaires

par Jean-Claude Marin

(…)

Q uand on aime la vie, on aime le passé, parce que c'est le présent tel qu'il a survécu dans la mémoire humaine", nous propose Marguerite Yourcenar dans “Les

Yeux ouverts”. Et comme j’aime la vie, j’aimerais vous parler un peu de ce passé tout frais dans nos mémoires, passé fait de ces trente trois mois de la présidence de Jacques Degrandi, qui est désormais à la tête de la cour d’appel de Paris, première cour d’appel de France. Pendant ces presque 3 années, j’ai, avec lui, assumé la co-direction de cette superbe juridiction. Je sais qu’il est de tradition de parer ceux qui partent, de la toge de toutes les vertus. Mais je ne céderais pas à cette hypocrisie en vous parlant de Jacques Degrandi car ce n’est, pour moi, ni un exercice académique, ni une obligation contingente. Jacques Degrandi nous parlait souvent des expériences qu’il avait vécues à Avignon puis à Nanterre - je sais que sur ce dernier point la tradition demeurera avec la nouvelle titulaire du poste - parce qu’au fil du temps sa vision d’une justice investie dans la modernité s’était affirmée et structurée à l’épreuve de ces fonctions. Jacques Degrandi est avant tout un magistrat au sens le plus noble de ce terme et le plus fort de ce magnifique métier. Homme d’honneur, de rigueur et de courage, il a su, dans ce tribunal exceptionnel et complexe, exercer une présidence fondée sur la

compétence, la clarté et la détermination. L’exercice, côte à côte, de la dyarchie a été l’occasion d’un parcours enrichissant, exigeant et loyal et cette codirection, rendue si difficile par un environnement fait de ressources humaines insuffisantes, s’agissant surtout des effectifs de fonctionnaires, et de moyens budgétaires comptés au trébuchet, a été facilitée par une approche commune, responsable, respectueuse de l’intérêt commun et attentive aux femmes et aux hommes qui œuvrent au sein de cette maison dans des conditions parfois difficiles.

J’y ajoute encore le témoignage de ma fierté de magistrat et de la chance qui m’a été donnée de côtoyer un des grand président de ce tribunal.

"Les sots parlent beaucoup du passé, les sages du présent et les fous de l'avenir", s’amusait la marquise du Deffand dans ses salons de la rue Saint-Dominique. En me tournant maintenant vers vous, Madame le Président je vais m’essayer à l’alchimie difficile de la sagesse et de la folie pour vous parler du présent et de l’avenir. Bienvenue, tout d’abord, dans ce tribunal que vous connaissez déjà mais qui peut-être va vous sembler bien différent de celui que vous avez connu hier. La liturgie judiciaire veut que l’on consacre un peu de temps à votre carrière : elle est de celle qui construit des magistrats aiguisés aux enjeux fondamentaux de notre société et de notre justice. Cette carrière, en effet, est faite de fonctions du siège et du parquet, de postes en juridiction et à l’Inspection des Services judiciaires, d’exercice au sein du monde judiciaire et d’expérience hors de ce dernier, d’expertises en droit national et de passion pour le droit communautaire. Cette carrière est le reflet d’une personnalité engagée dans un monde ouvert et plural dans lequel le magistrat cloîtré dans l’horizon étroit de son palais n’a plus de place. Je ne peux que me féliciter, avec beaucoup d’autres, de ce choix éminemment judicieux qu’a fait le Conseil supérieur de la magistrature en vous nommant à la présidence de ce tribunal. Monsieur le Premier vice-président doyen vient de nous le rappeler à l’instant, vous êtes donc, depuis le 4 germinal an VIII, c'est-à-dire depuis le 25 mars 1800, le 33 ème président du tribunal de Paris, autrefois appelé tribunal de la Seine. Vous êtes également la 3 ème femme à occuper ce poste prestigieux ainsi que l’a également souligné Monsieur Emmanuel Binoche. Vous le savez, le chiffre 3 est un chiffre très particulier dans notre patrimoine littéraire, philosophique et religieux et de nombreuses

L’une des conséquences essentielles de l’éclatement de la juridiction, faute de place sur l’Ile de la Cité, est l’entrave majeure que cette situation crée en terme de rationalisation des services et de communication entre les hommes et les femmes ainsi répartis sur le territoire parisien. Jean-Claude Marin

Je ne doute pas un seul instant que Jacques Degrandi sera un très grand Premier président de la cour d’appel de Paris. De ce siège du Ministère public, je lui adresse, au nom du Parquet de Paris tout entier, des voeux confiants de pleine réussite. J’y ajoute, de manière plus personnelle, la confiance amicale en ses capacités de grand décideur judiciaire pour œuvrer avec succès dans sa nouvelle mission.

légendes païennes ou de nombreux écrits sacrés rattachent aux trilogies ou aux rythmes ternaires une symbolique forte dans notre civilisation. Aussi, pour sacrifier à mon tour à l’éloge de ce chiffre 3, je dirai qu’il sera donné au 67 ème procureur de la République de Paris que je suis, de poursuivre sa mission aux côtés du 3 ème président de ce tribunal depuis ma prise de fonctions, fait unique, je crois, depuis le 4 même germinal an VIII ; c’est ma modeste contribution

Les Annonces de la Seine - lundi 31 mai 2010 - numéro 26

le 4 même germinal an VIII ; c’est ma modeste contribution Les Annonces de la Seine

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Installation à l’équilibre des listes respectives des chefs de juridiction qui est le symbole d’une

Installation

à

l’équilibre des listes respectives des chefs de

juridiction qui est le symbole d’une justice engagée dans les problématiques les plus fortes de notre temps, cette juridiction offerte au regard et à l’expertise de bien des visiteurs, qu’ils soient français ou étrangers, notre maison, souffre cependant de quelques maux qui rendent son quotidien bien difficile. Sans vouloir rendre cette cérémonie moins radieuse, je voudrais simplement rappeler l’intitulé de quelques chapitres du rapport d’information établi sur le tribunal de grande Instance de Paris par Monsieur le sénateur Roland du Luart, au nom de la Commission des Finances du Sénat et publié le 14 octobre 2009. Les formules du sénateur du Luart sont en effet sans équivoque, je cite : "une justice à l’étroit", "une organisation du travail pénalisée par le manque de place", "un tribunal de grande instance, 7 sites". En effet, l’une des conséquences essentielles de l’éclatement de la juridiction, faute de place sur l’Ile de la Cité, est l’entrave majeure que cette situation crée en terme de rationalisation des services et de communication entre les hommes et les femmes ainsi répartis sur le territoire parisien. C’est pourquoi, le projet, qui semble enfin proche de la réalité, de construction d’un nouveau tribunal à Paris avec un bâtiment correspondant aux besoins de la Justice dans notre capitale ne peut que rassembler toutes les énergies et les compétences et impliquer totalement les chefs de juridiction désormais membres de droit du Conseil d’administration de l’Etablissement public du Palais de Justice de Paris présidé par M. André Gariazzo, Premier avocat général à la Cour de cassation.

réussite par l’équipe de l’Agence Pour l’Immobilier de la Justice et notamment par son directeur général, M. Jean-Pierre Weiss, et son adjoint, M. Alain Prache. La dyarchie que nous allons exercer ensemble, Madame le Président, me réjouit et m’inquiète tout à la fois. Elle me réjouit car je sais qu’avec vous, elle sera faite de respect mutuel, de volonté commune du service de la Justice et de professionnalisme dans l’examen des nombreux sujets qui la nourriront. Inquiétude aussi, car cette dyarchie aura à gérer une situation budgétaire de la juridiction dont chacun sait qu’elle ne dispose pas des moyens propres à payer, ne serait-ce que les dépenses obligatoires. Point pour nous d’illusions d’un budget d’investissement permettant d’engager la modernisation de certains équipements ou bien encore l’organisation meilleure de services en difficulté. Nous aurons donc à assumer la pénurie dans l’équité et la définition non pas de priorités mais de priorités prioritaires… Nous aurons aussi, malgré tout, à faire avancer notre juridiction dans le XXI ème siècle afin de mieux répondre à l’attente de la société et de nos concitoyens. J’aime à rappeler ces mots de Bernanos "l’avenir est quelque chose qui se surmonte. On ne subit pas l’avenir, on le fait". Nous surmonterons, j’en suis sûr, les difficultés qui nous attendent et qui attendent la société tout entière, et la solidité de notre collégialité est un gage du passage de ce mauvais cap. Mais le moment n’est-il pas venu, avec tous ceux qui sont là pour cela, de vous écouter au lieu de

cette juridiction, Vous connaissez donc bien votre nouvelle maison,

je l’ai déjà dit, elle est celle de tous les superlatifs.

En

effet, si le tribunal de Paris est celui dont le

ressort géographique naturel est le plus petit de tous les tribunaux de grande instance de France avec 105 kilomètres carrés, il est aussi cette juridiction unique en Europe réunissant, dans une seule entité, des compétences limitées dans l’espace, et des attributions qui le conduisent aux limites du territoire national, de Clipperton

à

Saint-Pierre-et-Miquelon, de Papeete à

Cayenne, voire au-delà, tant les matières particulières confiées à notre juridiction et sa

compétence résiduelle l’amènent fréquemment

se saisir, en matière pénale, de faits commis bien au-delà de nos frontières.

à

Cette particularité se traduit aussi par l’importance de sa famille judiciaire composée d’un nombre inégalé de magistrats, de fonctionnaires, d’avocats, de fonctionnaires de police et d’auxiliaires de la justice.

A

cet instant précis, je voudrais saluer le

bâtonnier Jean Castelain et le vice-bâtonnier Jean-Yves Le Borgne. Ils savent l’estime et la

considération que je leur porte et que portent

à

cet immense barreau tous les magistrats du

Ministère public parisien qui savent qu’il n’est pas de vraie justice sans vraie défense. Vous le savez aussi, Madame le Président, l’étendue de nos domaines d’activité, notam- ment dans le domaine pénal, nous offre au quotidien, la démonstration de la compétence

et

du professionnalisme de services d’investi-

gations, parisiens ou nationaux, que je me plais à saluer aujourd’hui.

Ce

tribunal qui porte au plus haut les valeurs

de

compétence et de professionnalisme, cette

Cette cérémonie m’est aussi l’occasion de dire tout le travail fait pour que ce projet soit une

peindre des nuages bien gris au ciel de cette belle audience.

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Cohérence dans l’action

par Chantal Arens

(…)

J 'en viens au premier aspect de mon propos portant sur l'interaction de l'indépendance juridictionnelle et du service de qualité que l'institution est tenue de rendre. L’indépendance juridictionnelle, solen-

nellement énoncée par la Constitution, rappe- lée dans tous les textes européens et interna- tionaux, conçue comme un droit du citoyen

et sans laquelle il n'y aurait pas d'Etat de droit,

est une garantie d’accès à un juge impartial. Dans l'intérêt de la prééminence du droit, le juge doit pouvoir exercer ses fonctions juridic- tionnelles à l’abri de toute pression politique, sociale, médiatique ou autre. La décision de justice constitue le cœur de l'indépendance juridictionnelle et, sauf exceptions strictement définies par la loi et mises en œuvre par le Conseil supérieur de la magistrature et le Conseil d'Etat, elle ne peut être contestée que par les voies de recours.

Il est du devoir d'un président de veiller à ce que

soient pas mis en cause les grands principes qui gouvernent la fonction de juger dont l'indépendance juridictionnelle avec son corollaire l'impartialité.

ne

La

longue culture professionnelle des magistrats

ne

les a pas conduit pendant de très nombreuses

années en France et en Europe vers une prise en compte de la gestion, alors que l’institution judiciaire est caractérisée par une interdépendance forte entre plusieurs paramètres tenant à la décision juridictionnelle, à l'organisation de l'institution en tant que système, à son efficacité, son efficience, ainsi qu'à la demande du corps social. La mise en œuvre en 2006 de la loi organique relative aux lois de finances et de la révision générale des politiques publiques a induit des évolutions fortes en termes de rationalisation et d'efficience de la dépense, dans un cadre budgétaire contraint. Il s'agit d'un phénomène non spécifique à la France, mais commun à de très nombreux pays dans le monde et en particulier en Europe. Ainsi, dans un contexte de crise de confiance envers la justice, l'on a soudainement pris conscience des limites d’une approche purement juridique et judiciaire de l’institution. Avec la naissance d'une conception managériale, on s’intéresse aussi à la façon dont la justice est rendue en terme de délais, de coûts, de qualité du service rendu et d'attentes du citoyen et justiciable. L'accent est mis plus sur le "process" que le procès et sur l’efficacité du système pour le citoyen. Dans ce contexte d'évolutions majeures et de profondes transformations de l'organisation judiciaire, il m'apparait qu'une conciliation subtile est à réaliser entre une justice indépendante, impartiale et des méthodes d’administration et d’évaluation des systèmes

de justice, mais sans faire aucune concession au plein respect des principes fondamentaux consacrés au plan national et par la Convention européenne des droits de l'homme. Je serai très attentive au juste équilibre à trouver entre indépendance juridictionnelle, garantie d’une bonne justice et d'accès à un juge impartial, et une justice vue sous l'angle d'un service exigeant, de qualité rendu aux justiciables et susceptible d’être évalué. Ainsi, toute la difficulté dans la période actuelle consiste à parvenir à un point d'équilibre toujours délicat à maintenir entre une justice conçue à la fois comme une valeur et une institution, et une conception plus managériale d'une organisation au service du justiciable dont les attentes sont particulièrement fortes. Ce qui fait la force d'une organisation, ce sont les femmes et les hommes qui la composent, leur richesse, leur expérience et les valeurs qu'ils défendent. Dans une société de plus en plus fragmentée comme l'a relevé le Médiateur de la République dans son dernier rapport annuel, on attend ainsi du juge justesse, sagacité, vigilance, lucidité, attention à autrui et un engagement individuel et collectif. On attend d'un chef de juridiction qu'il donne l'exemple, du courage et de la fierté au nom de la communauté de magistrats et de fonctionnaires qu'il représente. Si l'on se place du côté du justiciable, la réponse à ses attentes se traduit aussi en terme

Les Annonces de la Seine - lundi 31 mai 2010 - numéro 26

Installation

Chantal Arens D.R.
Chantal Arens
D.R.

concertation et un dialogue social nourri. Dans un contexte de mutations fortes et de projets de réforme, la communication interne et le dialogue social paraissent tout à fait essentiels dès lors qu'ils maintiennent le lien social, donnent un sens à l'œuvre de justice et favorisent le développement des relations humaines dans la perspective de solutions concertées ou du moins d'une compréhension réciproque de points de vue qui peuvent être divergents. Une attention particulière sera également portée à l'ouverture vers l'extérieur compte tenu du rayonnement du tribunal de grande instance de Paris, juridiction phare, très vivante, pleine de projets, riche d'une culture d'échanges et toujours en mouvement. Au quotidien, au sein de l'arrondissement judiciaire, je m'appuierai sur les services fédérés par des premiers vice-présidents et des chefs de service dont le rôle est essentiel en termes d'échanges d'information et de cohésion interne. Les pratiques riches et innovantes sont depuis de très nombreuses années l'une des caractéristiques de cette juridiction Les éminents rapports sur la justice civile de mes illustres prédécesseurs, portant en particulier sur la procédure civile ou la médiation, ont d'ailleurs profondément marqué l'institution. En vue de voir émerger de telles pratiques, les réunions de service et les groupes de travail composés de magistrats et de fonctionnaires seront favorisés.

d’organisation et de fonctionnement des ser- vices. Il peut s'agir par exemple de la qualité de l'accueil du justiciable ou du traitement per- formant des demandes d'aide juridictionnelle. Il peut s'agir également de l'organisation des audiences qui évitent les attentes trop longues et les débats nocturnes, ou de l'attention parti- culière portée à la gestion des flux, notam- ment aux délais de convocation en matière familiale ou relevant du juge de l'exécution. La réponse à ces attentes trouve aussi sa concrétisation dans la signature de protocoles en matière civile et pénale. En ce domaine, grâce à une implication particulièrement forte du Barreau de Paris et à ses différents bâtonniers, le tribunal de grande instance de Paris a toujours joué un rôle tout à fait moteur dans le domaine notamment de la communication électronique civile ou pénale. Cette tradition d'excellence sera poursuivie en concertation étroite avec vous, Monsieur le Bâtonnier. J'en viens au deuxième aspect de mon propos. Le positionnement hiérarchique ne crée pas de lui-même la fonction d'autorité. La réussite n'est possible que grâce à la mobilisation des énergies autour de valeurs partagées et d’objectifs clairement définis. Cette fédération des énergies passe par une communication vivace. Dans la gouvernance actuelle de toute communauté de femmes et d'hommes, la capacité d'information partagée et d'échange permanent paraît en effet devoir prévaloir sur une appréhension très pyramidale du fonctionnement de la structure, même si à un moment donné, il peut s'avérer nécessaire de trancher à défaut de trouver des solutions partagées. Certains principes forts guideront mon action. Je saurai aussi les adapter à la réalité avec pragmatisme, mon objectif étant que la justice rendue soit conforme aux exigences des

Certains principes forts guideront mon action. Je saurai aussi les adapter à la réalité avec pragmatisme, mon objectif étant que la justice rendue soit conforme aux exigences des standards nationaux et européens, tels l'impartialité, l'équilibre du procès, le respect de la personne humaine. Chantal Arens

standards nationaux et européens, tels

l'impartialité, l'équilibre du procès, le respect de la personne humaine. Une grande considération sera toujours portée à chacun dans son travail et sa diversité au sein de ce tribunal. Ainsi, pour que chacun comprenne, de l'intérieur comme de l'extérieur, la direction prise, la cohérence dans l'action me paraît essentielle. Une telle cohérence a vocation à trouver sa traduction dans l'organisation des services, la gestion des ressources et la mise en place de procédures et circuits d'information. Une action ainsi cohérente doit être de nature

à permettre à ce tribunal de répondre aux

enjeux auxquels il est confronté, de continuer

à jouer le rôle juridictionnel éminent qui est le

sien et de poursuivre dans le temps sa tradition d'excellence.

Dans une juridiction de la taille de celle de Paris, caractérisée par sa forte dispersion géographique, la recherche de la cohésion interne apparaît tout

à fait fondamentale. Au-delà de leur sphère

d'activité, magistrats et fonctionnaires de justice pourront ainsi œuvrer dans l'intérêt des citoyens et en vue d'une justice toujours meilleure. La recherche d'une telle cohésion passera par un esprit de dialogue se traduisant par une large

Par rapport aux juridictions, notamment de la région parisienne, déjà numériquement importantes en moyens humains, le tribunal de grande instance de Paris est d'une taille hors norme, soit une structure de 1 500 personnes pour les services du siège et du parquet ou de 1 000 personnes pour ceux du siège. Même s'il me faudra deux à trois fois plus de temps que dans mes fonctions précédentes, je m'attacherai à rencontrer à relativement bref délai chacun d'entre vous, magistrats, fonctionnaires de justice et partenaires institutionnels. Ces rencontres me permettront d'appréhender pleinement la diversité des fonctions, les spécificités des contentieux traités et la richesse professionnelle et humaine de chacun. Je forme le vœu pour cette juridiction, lieu d'ouverture et d'échanges, que chacun ait le sentiment d'un destin commun sous tendu par l'idée de justice. Quoi de plus beau en effet que l'idée de justice prégnante dans toute communauté humaine et défendue par le prix Nobel d'économie, Amartya Sen comme pouvant rendre le monde un peu meilleur et faire non pas que ce qui est fort soit juste mais que ce qui est juste soit fort.

2010-240

Les Annonces de la Seine - lundi 31 mai 2010 - numéro 26

fort soit juste mais que ce qui est juste soit fort. 2010-240 Les Annonces de la

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Jurisprudence “Cristallisation des pensions” : Régime spécial des pensions applicable aux ressortissants algériens

Jurisprudence

“Cristallisation des pensions” :

Régime spécial des pensions applicable aux ressortissants algériens

Conseil constitutionnel - 28 mai 2010 - décision 2010-1 QPC - Consorts L

L'article 26 de la loi du 3 août 1981 et l'article 68 de la loi du 30 décembre 2002 garantissaient aux titulaires de pensions civiles ou militaires de retraite, selon leur lieu de résidence à l'étranger au moment de l'ouverture de leurs droits, des condi- tions de vie en rapport avec la dignité des fonctions exercées au service de l'Etat. Or ces dispositions prévoyaient des condi- tions de revalorisation différentes de celles prévues par le Code des pensions civiles et militaires de retraite. Il existait ainsi une différence de traitement avec les ressortissants français résidant dans le même pays étranger. Le Conseil a donc censuré, comme contraires au principe d'égalité, les articles 26 de la loi du 3 août 1981 et 68 de la loi du 30 décembre 2002, et par voie de conséquence l'article 100 de la loi de finances pour 2007.

8

Le Conseil constitutionnel, 1. Considérant qu'aux termes de l'article 26 de la loi n°81-734 du 3 août

1981 de finances rectificative pour 1981 : "Les pensions, rentes ou allocations viagères attribuées aux ressortissants de l'Algérie sur le budget de l'Etat ou d'établissements publics de l'Etat et garanties en application de l'article 15 de la déclaration de principe du 19 mars 1962 relative à la coopération économique et financière entre la France et l'Algérie ne sont pas révisables à compter du 3 juillet 1962 et continuent à être payées sur

la base des tarifs en vigueur à cette même date.

"Elles pourront faire l'objet de revalorisations dans des conditions et suivant des taux fixés par décret. "Les dispositions prévues aux alinéas ci-dessus sont applicables aux prestations de même nature, également imputées sur le budget de l'Etat ou d'établissements publics de l'Etat, qui ont été attribuées aux ressortissants de l'Algérie après le 3 juillet 1962 en vertu des dispositions du droit commun

ou au titre de dispositions législatives ou réglementaires particulières et notamment en application du décret n°62-319 du 20 mars 1962. "La retraite du combattant pourra être accordée, au tarif tel qu'il est défini ci-dessus, aux anciens combattants qui remplissent les conditions requises postérieurement à la date d'effet de cet article ;" 2. Considérant qu'aux termes de l'article 68 de la loi n° 2002-1576 du 30 décembre 2002 de finances rectificative pour 2002 : "I. Les prestations servies en application des articles 170 de l'ordonnance n°58-1374 du 30 décembre 1958 portant loi de finances pour 1959, 71 de la loi de finances pour 1960 (n°59-1454 du 26 décembre 1959) et 26 de la loi de finances rectificative pour 1981 (n°81-734 du 3 août 1981) sont calculées

dans les conditions prévues aux paragraphes suivants. "II. Lorsque, lors de la liquidation initiale des droits directs ou à réversion, le titulaire n'a pas sa résidence effective en France, la valeur du point de base de sa prestation, telle qu'elle serait servie en France, est affectée d'un coefficient proportionnel au rapport des parités de pouvoir d'achat dans le pays de résidence et des parités de pouvoir d'achat de la France. Les parités de pouvoir d'achat du pays de résidence sont réputées être au plus égales à celles de la France. La résidence est établie au vu des frontières internationalement reconnues à la date de la publication de la présente loi. "Les parités de pouvoir d'achat sont celles publiées annuellement par l'Organisation des Nations unies ou, à défaut, sont calculées à partir des données économiques existantes. "III. Le coefficient dont la valeur du point de pension est affectée reste constant jusqu'au 31 décembre de l'année suivant celle au cours de laquelle

a eu lieu la liquidation des droits effectuée en application de la présente

loi. Ce coefficient, correspondant au pays de résidence du titulaire lors de la liquidation initiale des droits, est ensuite réévalué annuellement. "Le dispositif spécifique de revalorisation mentionné au II et au premier alinéa du présent III est exclusif du bénéfice de toutes les mesures catégorielles de revalorisation d'indices survenues depuis les dates d'application des textes visés au I ou à intervenir. "Le montant des prestations qui résulterait de l'application des coefficients ne peut être inférieur à celui que le titulaire d'une indemnité a perçu en vertu des dispositions mentionnées au I, majoré de 20 %.

"IV. Sous les réserves mentionnées au deuxième alinéa du présent IV et sans préjudice des prescriptions prévues aux articles L. 108 du Code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de la guerre, L. 74 du Code des pensions civiles et militaires de retraite, dans sa rédaction issue de la loi n°48-1450 du 20 septembre 1948 portant réforme du régime des pensions civiles et militaires et ouverture de crédits pour la mise en application de cette réforme, et L. 53 du même code, dans sa rédaction issue de la loi n°64-1339 du 26 décembre 1964 portant réforme du Code des pensions civiles et militaires de retraite (partie Législative), les dispositions des II et III sont applicables à compter du 1 er janvier 1999. "Ce dispositif spécifique s'applique sous réserve des décisions de justice passées en force de chose jugée et des contentieux contestant le caractère discriminatoire des textes visés au I, présentés devant les tribunaux avant le 1 er novembre 2002. "V. Les pensions d'invalidité peuvent être révisées, sur la demande des titulaires présentée postérieurement à l'entrée en vigueur du présent texte, pour aggravation des infirmités indemnisées ou pour prise en compte des infirmités nouvelles en relation avec celles déjà indemnisées. "Les demandes d'indemnisation des infirmités non rémunérées sont recevables à compter du 1er janvier 2007 dans les conditions du Code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de la guerre. "VI. Les prestations servies en application des textes visés au I peuvent

faire l'objet, à compter du 1 er janvier 2002 et sur demande, d'une réversion. L'application du droit des pensions aux intéressés et la situation de famille sont appréciées à la date d'effet des dispositions visées au I pour chaque

Etat concerné.

"VIII. Les bénéficiaires des prestations mentionnées au I peuvent, sur demande, en renonçant à toutes autres prétentions, y substituer une indemnité globale et forfaitaire en fonction de l'âge des intéressés et de leur situation familiale. Le droit aux soins médicaux gratuits et à l'appareillage afférent à la prestation faisant l'objet d'une indemnité globale et forfaitaire est conservé. "IX. Un décret en Conseil d'Etat fixe les modalités d'application du II, précise les conditions dans lesquelles l'octroi des prestations mentionnées au V peut être adapté à des situations particulières et détermine les conditions d'application du VIII" ; 3. Considérant qu'aux termes de l'article 100 de la loi n°2006-1666 du 21 décembre 2006 de finances pour 2007 : "I. Les pensions militaires d'invalidité et les retraites du combattant servies aux ressortissants des pays ou territoires ayant appartenu à l'Union française ou à la Communauté ou ayant été placés sous le protectorat ou sous la tutelle de la France en application des articles 170 de l'ordonnance n°58-1374 du 30 décembre 1958 portant loi de finances pour 1959, 71 de la loi de finances pour 1960 (n°59-1454 du 26 décembre 1959), 26 de la loi de finances rectificative pour 1981 (n°81-734 du 3 août 1981) et 68 de la loi de finances rectificative pour 2002 (n°2002-1576 du 30 décembre 2002) sont calculées dans les conditions prévues aux paragraphes suivants. "II. A compter du 1 er janvier 2007, la valeur du point de base des retraites du combattant et des pensions militaires d'invalidité visées au I est égale à la valeur du point de base retenue pour les retraites du combattant et les pensions

.)

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Jurisprudence

militaires d'invalidité servies en France telle qu'elle est définie par l'article L. 8 bis du Code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de la guerre. "III. A compter du 1 er janvier 2007, les indices servant au calcul des pensions militaires d'invalidité des invalides visés au I du présent article sont égaux aux indices des pensions militaires des invalides servies en France, tels qu'ils sont définis à l'article L. 9 du Code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de la guerre. "Les pensions en paiement visées au précédent alinéa seront révisées, sans ouvrir droit à intérêts de retard, à compter du 1 er janvier 2007 sur la demande des intéressés déposée postérieurement à l'entrée en vigueur du présent article auprès de l'administration qui a instruit leurs droits à pension. "IV. A compter du 1 er janvier 2007, les indices servant au calcul des pensions servies aux conjoints survivants et aux orphelins des pensionnés militaires d'invalidité visés au I du présent article sont égaux aux indices des pensions des conjoints survivants et des orphelins servies en France, tels qu'ils sont définis aux articles L. 49, L. 50, L. 51 (troisième à huitième alinéas), L. 51-1, L. 52, L. 52-2 et L. 54 (cinquième à septième alinéas) du Code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de la guerre. "Les pensions en paiement visées au précédent alinéa seront révisées, sans ouvrir droit à intérêts de retard, à compter du 1 er janvier 2007 sur la demande des intéressés déposée postérieurement à l'entrée en vigueur du présent article auprès de l'administration qui a instruit leurs droits à pension. "Le bénéfice des articles L. 51 (premier et deuxième alinéas) et L. 54 (premier à quatrième et huitième alinéas) du même code n'est ouvert qu'aux personnes visées au premier alinéa du présent IV résidant de façon stable et régulière en France métropolitaine et dans les départements d'outre-mer, dans les conditions prévues aux articles L. 380-1, L. 512-1 et L. 815-1 du Code de la sécurité sociale. "Le VIII de l'article 170 de l'ordonnance portant loi de finances pour 1959 précitée, le IV de l'article 71 de la loi de finances pour 1960 précitée, le dernier alinéa de l'article 26 de la loi de finances rectificative pour 1981 précitée, l'article 132 de la loi de finances pour 2002 (n° 2001-1275 du

28 décembre 2001) et le VI de l'article 68 de la loi de finances rectificative

pour 2002 précitée ne sont plus applicables à compter du 1 er janvier 2007

en ce qu'ils concernent les pensions servies aux conjoints survivants des pensionnés militaires d'invalidité. A compter de cette date, les pensions

à concéder aux conjoints survivants des pensionnés militaires d'invalidité sont établies dans les conditions du Code des pensions militaires

d'invalidité et des victimes de la guerre et de l'alinéa précédent. (

4. Considérant, en premier lieu, que, selon les requérants, le Conseil

constitutionnel doit, au-delà des dispositions législatives qui font l'objet de la

question, se prononcer sur la conformité aux droits et libertés que la

Constitution garantit de l'ensemble des dispositions législatives relatives à la "cristallisation" des pensions, et notamment sur celle de l'article 71 de la loi du

26 décembre 1959 susvisée ; que, selon le Premier ministre, c'est à tort que

l'article 100 de la loi du 21 décembre 2006, qui ne serait pas applicable au litige,

a été inclus dans la question prioritaire de constitutionnalité renvoyée ;

5. Considérant, en second lieu, que, selon les requérants, les dispositions

législatives précitées seraient contraires au principe d'égalité ; que le

premier alinéa du paragraphe IV de l'article 68 de la loi du 30 décembre 2002 donnerait aux dispositions de cet article un caractère rétroactif ;

)" ;

- Sur la procédure :

6. Considérant qu'il n'appartient pas au Conseil constitutionnel, saisi

d'une question prioritaire de constitutionnalité, de remettre en cause la décision par laquelle le Conseil d'Etat ou la Cour de cassation a jugé, en application de l'article 23-5 de l'ordonnance du 7 novembre 1958 susvisée, qu'une disposition était ou non applicable au litige ou à la procédure ou constituait ou non le fondement des poursuites ;

7. Considérant que, par suite, doivent être rejetées les conclusions des

requérants tendant à ce que le Conseil constitutionnel se prononce sur la conformité à la Constitution de l'article 71 de la loi du 26 décembre 1959 susvisée et des autres dispositions législatives relatives à la "cristallisation" des pensions, dès lors que ces dispositions ne figurent pas dans la question renvoyée par le Conseil d'Etat au Conseil constitutionnel ; qu'il en va de même des conclusions du Premier ministre tendant à ce que le Conseil constitutionnel ne se prononce pas sur la conformité à la Constitution de l'article 100 de la loi du 21 décembre 2006, dès lors que cette disposition est au nombre de celles incluses dans la question renvoyée par le Conseil d'Etat au Conseil constitutionnel ;

- Sur la constitutionnalité des dispositions contestées :

8. Considérant que l'article 6 de la Déclaration des droits de l'homme et

du citoyen de 1789 dispose que la loi "doit être la même pour tous, soit

qu'elle protège, soit qu'elle punisse" ; que le principe d'égalité ne s'oppose ni à ce que le législateur règle de façon différente des situations différentes, ni à ce qu'il déroge à l'égalité pour des raisons d'intérêt général, pourvu que, dans l'un et l'autre cas, la différence de traitement qui en résulte soit en rapport direct avec l'objet de la loi qui l'établit ;

- En ce qui concerne l'article 26 de la loi du 3 août 1981 et l'article 68 de

la loi du 30 décembre 2002 :

9. Considérant que les dispositions combinées de l'article 26 de la loi du 3 août 1981 et de l'article 68 de la loi du 30 décembre 2002 ont pour objet de garantir aux titulaires de pensions civiles ou militaires de retraite, selon leur lieu de résidence à l'étranger au moment de l'ouverture de leurs droits, des conditions de vie en rapport avec la dignité des fonctions exercées au service de l'Etat ; qu'en prévoyant des conditions de revalorisation différentes de celles prévues par le Code des pensions civiles et militaires de retraite, elles laissent subsister une différence de traitement avec les ressortissants français résidant dans le même pays étranger ; que, si le législateur pouvait fonder une différence de traitement sur le lieu de résidence en tenant compte des différences de pouvoir d'achat, il ne pouvait établir, au regard de l'objet de la loi, de différence selon la

nationalité entre titulaires d'une pension civile ou militaire de retraite payée sur le budget de l'Etat ou d'établissements publics de l'Etat et résidant dans un même pays étranger ; que, dans cette mesure, lesdites dispositions législatives sont contraires au principe d'égalité ;

- En ce qui concerne l'article 100 de la loi du 21 décembre 2006 :

10. Considérant que l'abrogation de l'article 26 de la loi du 3 août 1981 et

de l'article 68 de la loi du 30 décembre 2002 a pour effet d'exclure les ressortissants algériens du champ des dispositions de l'article 100 de la loi du 21 décembre 2006 ; qu'il en résulte une différence de traitement fondée sur la nationalité entre les titulaires de pensions militaires d'invalidité et des retraites du combattant selon qu'ils sont ressortissants algériens ou ressortissants des autres pays ou territoires ayant appartenu à l'Union française ou à la Communauté ou ayant été placés sous le protectorat ou sous la tutelle de la France ; que cette différence est injustifiée au regard

de l'objet de la loi qui vise à rétablir l'égalité entre les prestations versées aux anciens combattants qu'ils soient français ou étrangers ; que, par voie de conséquence, l'article 100 de la loi du 21 décembre 2006 doit également être déclaré contraire au principe d'égalité ;

11. Considérant que, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres griefs,

les dispositions législatives contestées doivent être déclarées contraires à la Constitution ;

- Sur les effets de la déclaration d'inconstitutionnalité :

12. Considérant que l'abrogation de l'article 26 de la loi du 3 août 1981,

de l'article 68 de la loi du 30 décembre 2002 et de l'article 100 de la loi du 21 décembre 2006 a pour effet de replacer l'ensemble des titulaires étrangers, autres qu'algériens, de pensions militaires ou de retraite dans la situation d'inégalité à raison de leur nationalité résultant des disposi- tions antérieures à l'entrée en vigueur de l'article 68 de la loi du 30 décembre 2002 ; qu'afin de permettre au législateur de remédier à l'inconstitutionnalité constatée, l'abrogation des dispositions précitées

prendra effet à compter du 1 er janvier 2011 ; qu'afin de préserver l'effet utile de la présente décision à la solution des instances actuellement en cours, il appartient, d'une part, aux juridictions de surseoir à statuer jusqu'au 1 er janvier 2011 dans les instances dont l'issue dépend de l'ap- plication des dispositions déclarées inconstitutionnelles et, d'autre part, au législateur de prévoir une application des nouvelles dispositions à ces instances en cours à la date de la présente décision,

Décide :

Article premier.- Sont déclarés contraires à la Constitution :

- l'article 26 de la loi n° 81-734 du 3 août 1981 de finances rectificative pour 1981 ;

- l'article 68 de la loi n° 2002-1576 du 30 décembre 2002 de finances rectificative pour 2002, à l'exception du paragraphe VII ;

- l'article 100 de la loi n° 2006-1666 du 21 décembre 2006 de finances

pour 2007, à l'exception du paragraphe V. Article 2.- La déclaration d'inconstitutionnalité de l'article premier prend

effet à compter du 1 er janvier 2011 dans les conditions fixées au considérant 12 de la présente décision. Article 3.- La présente décision sera publiée au Journal officiel de la République française et notifiée dans les conditions prévues à l'article 23 11 de l'ordonnance du 7 novembre 1958 susvisée.

Jean-Louis Debré, président, Jacques Barrot, Guy Canivet, Michel Charasse, Jacques Chirac, Renaud Denoix de Saint Marc, Jacqueline de Guillenchmidt, Hubert Haenel, Jean-Louis Pezant et Pierre Steinmetz.

2010-241

Les Annonces de la Seine - lundi 31 mai 2010 - numéro 26

Hubert Haenel, Jean-Louis Pezant et Pierre Steinmetz. 2010-241 Les Annonces de la Seine - lundi 31

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Jurisprudence Associations familiales : représentation des familles auprès des pouvoirs publics Conseil constitutionnel

Jurisprudence

Associations familiales : représentation des familles auprès des pouvoirs publics

Conseil constitutionnel - 28 mai 2010 - décision n°2010-3 QPC Union des familles en Europe

Le Conseil constitutionnel a jugé que le troisième alinéa de l'article L. 211-3 du Code de l'action sociale et des familles qui habilite l'Union nationale des associations familiales (UNAF) et les unions départementales des associations familiales (UDAF) à représenter les familles auprès des pouvoirs publics n’est pas contraire au principe d’égalité, à la liberté d’expres- sion des associations familiales et au pluralisme des courants de pensées et d'opinions et à la liberté d’association, garantis par la Constitution.

10

Le Conseil constitutionnel,

1. Considérant qu'aux termes du troisième alinéa de l'article L. 211-3 du Code

de l'action sociale et des familles, l'Union nationale et les unions départementales des associations familiales sont habilitées à "représenter officiellement auprès des pouvoirs publics l'ensemble des familles et notamment désigner ou proposer les délégués des familles aux divers conseils, assemblées ou autres organismes institués par l'Etat, la région, le département, la commune" ;

2. Considérant que, selon la requérante, le "monopole absolu" dont

bénéficierait l'Union nationale des associations familiales pour représenter l'ensemble des familles auprès des pouvoirs publics méconnaîtrait le principe d'égalité entre les associations familiales et l'Union nationale des associations familiales ; qu'il porterait également atteinte, d'une part, à la liberté d'expression des associations familiales et au pluralisme des courants de pensées et d'opinions et, d'autre part, à la liberté d'association ;

- Sur le principe d'égalité :

3. Considérant que l'article 6 de la Déclaration des droits de l'homme et

du citoyen de 1789 dispose que la loi "doit être la même pour tous, soit qu'elle protège, soit qu'elle punisse" ; que le principe d'égalité ne s'oppose

ni à ce que le législateur règle de façon différente des situations différentes, ni à ce qu'il déroge à l'égalité pour des raisons d'intérêt général, pourvu que, dans l'un et l'autre cas, la différence de traitement qui en résulte soit en rapport direct avec l'objet de la loi qui l'établit ;

4. Considérant que le chapitre I er du titre I er du livre II du Code de l'action

sociale et des familles est relatif aux "associations familiales" ; que, d'une part, l'article L. 211-1 de ce code définit les associations familiales comme celles ayant "pour but essentiel la défense de l'ensemble des intérêts matériels et moraux, soit de toutes les familles, soit de certaines catégories d'entre elles" ; que ces associations se forment librement conformément

au titre I er de la loi du 1 er juillet 1901 susvisée ; que, d'autre part, les articles L. 211-2 à L. 211-12 du même code régissent les unions départementales et l'Union nationale des associations familiales ; qu'ils disposent que ces fédérations, instituées dans un but d'utilité publique, sont constituées, aux niveaux départemental et national, par les associations familiales qui souhaitent y adhérer ; qu'ils déterminent leur objet, leurs règles de composition et certains principes relatifs à leur administration ; qu'ils prévoient également que leur statut et leur règlement intérieur sont soumis à une procédure d'agrément ;

5. Considérant que, compte tenu de leurs règles de formation, de

fonctionnement et de composition ainsi que des missions qui leur sont imparties par la loi, l'union nationale et les unions départementales des associations familiales ne se trouvent pas dans une situation identique à celle des associations familiales qui peuvent y adhérer ; qu'au demeurant, en reconnaissant la représentativité de l'union nationale et des unions départementales, le législateur a entendu assurer auprès des pouvoirs publics une représentation officielle des familles au travers d'une association instituée par la loi regroupant toutes les associations familiales souhaitant y adhérer ; qu'il a, par là même, poursuivi un but d'intérêt général ; que, dès lors, le grief tiré de la méconnaissance du principe d'égalité doit être écarté ;

- Sur la liberté d'expression et l'objectif de valeur constitutionnelle du pluralisme des courants de pensées et d'opinions :

6. Considérant, en premier lieu, qu'aux termes de l'article 11 de la

Déclaration de 1789 : "La libre communication des pensées et des opinions

est un des droits les plus précieux de l'homme : tout citoyen peut donc

parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l'abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi" ; que la liberté d'expression et de communication est d'autant plus précieuse que son exercice est une condition de la démocratie et l'une des garanties du respect des autres droits et libertés ; que les atteintes portées à l'exercice de cette liberté doivent être nécessaires, adaptées et proportionnées à l'objectif poursuivi ;

7. Considérant qu'aux termes du dernier alinéa de l'article L. 211-3 du

même code : "Chaque association familiale ou fédération d'associations familiales, dans la limite de ses statuts, conserve le droit de représenter auprès des pouvoirs publics les intérêts dont elle a assumé la charge" ; qu'il en résulte que, si le troisième alinéa de cet article impose la reconnaissance, par les pouvoirs publics, de la représentativité de l'union nationale et des unions départementales des associations familiales, les pouvoirs publics peuvent prendre en compte les intérêts et les positions défendues par les associations familiales relevant de l'article L. 211-1 du même code ; que la disposition contestée ne porte aucune atteinte à la liberté de ces associations

de faire connaître les positions qu'elles défendent ; que, dès lors, le grief tiré de l'atteinte à la liberté d'expression de ces associations n'est pas fondé ;

8. Considérant, en second lieu, que la disposition législative contestée n'est

relative ni à la vie politique ni aux médias ; que, par suite, le grief tiré de la méconnaissance de l'objectif de valeur constitutionnelle du pluralisme des courants de pensées et d'opinions est, en tout état de cause, inopérant ;

- Sur la liberté d'association :

9. Considérant que la liberté d'association est au nombre des principes

fondamentaux reconnus par les lois de la République et solennellement réaffirmés par le Préambule de la Constitution ; qu'en vertu de ce principe les associations se constituent librement et peuvent être rendues publiques sous la seule réserve du dépôt d'une déclaration préalable ; qu'ainsi, à l'exception des mesures susceptibles d'être prises à l'égard de catégories particulières d'associations, la constitution d'associations, alors même qu'elles paraîtraient entachées de nullité ou auraient un objet illicite, ne peut être soumise pour sa validité à l'intervention préalable de l'autorité administrative ou même de l'autorité judiciaire ; 10. Considérant que les associations familiales prévues par l'article L. 211-1 du Code de l'action sociale et des familles peuvent librement se constituer en vertu de la loi du 1 er juillet 1901 susvisée ; qu'elles sont libres d'adhérer ou non à l'union nationale ou aux unions départementales des associations familiales dans les conditions fixées par les articles L. 211-4 et L. 211-5 du même code ; qu'en outre, elles peuvent librement se regrouper selon les modalités qu'elles définissent ; que, dès lors, la disposition contestée ne porte aucune atteinte à la liberté d'association ; 11. Considérant que la disposition contestée n'est contraire à aucun autre droit ou liberté que la Constitution garantit,

Décide :

Article premier.- Le troisième alinéa de l'article L. 211-3 du Code de l'action sociale et des familles est conforme à la Constitution. Article 2.- La présente décision sera publiée au Journal officiel de la République française et notifiée dans les conditions prévues à l'article 23 11 de l'ordonnance du 7 novembre 1958 susvisée.

Jean-Louis Debré, président, Guy Canivet, Michel Charasse, Jacques Chirac, Renaud Denoix de Saint Marc,

2010-242

Jacqueline de Guillenchmidt,. Hubert Haenel, Jean-Louis Pezant et Pierre Steinmetz.

Les Annonces de la Seine - lundi 31 mai 2010 - numéro 26

L’Arbitrage en questions

Paris - 18 mai 2010

Vie du droit

Michel Armand-Prévost Photo © Jean-René Tancrède - Téléphone : 01.42.60.36.35
Michel Armand-Prévost
Photo © Jean-René Tancrède - Téléphone : 01.42.60.36.35

L e colloque qui s’est tenu le 18 mai 2010 dans les locaux de la Chambre de commerce et d’industrie de Paris, CCIP, était organisé conjointement par

l’Association Française d’Arbitrage, AFA, et le Centre de médiation et d’arbitrage de Paris, CMAP. Le thème était les questions que se posent les utilisateurs de l’arbitrage et les réponses que peuvent apporter deux institutions d’arbitrage. Monsieur Pierre Simon, président de la CCIP et du CMAP, et Madame Geneviève Augendre, président de l’AFA ont introduit cette manifestation, conçue sous forme de deux tables rondes. La première, animée par Monsieur Jean-Pierre Grandjean, avocat, a permis d’appréhender les attentes des entreprises en matière d’arbitrage. S’y sont successivement exprimés Messieurs Pierre Charreton, directeur juridique d’Areva, et Alain Gauvin, directeur juridique France du Groupe Carrefour, Madame Anne-Marie Guillerme, directrice grands contentieux à la Direction juridique de Total SA, et Monsieur David Nogré, directeur juridique et fiscal du Groupe Legris Entreprises. Dans ces entreprises, l’arbitrage est utilisé de manière constante dans les litiges nés de contrats internationaux et beaucoup moins pour les contentieux internes, sauf dans la grande distribution. Les critiques portent le plus souvent sur la durée et le coût des procédures arbitrales, tout en reconnaissant les avantages de l’arbitrage : un travail approfondi des arbitres et leur compétence à appréhender les litiges techniques. Le "club" d’arbitres, en matière internationale surtout a aussi été mentionné pour le regretter.

La seconde table ronde était animée par Madame Anne Outin-Adam, directeur du Pôle politique législative et juridique de la CCIP, et regroupait Messieurs Jean-Pierre Ancel, président de chambre honoraire à la Cour de cassation, Thomas Clay, doyen de la faculté de droit et de science politique de l’Université de Versailles, Louis Degos, avocat, Laurent Jaeger, avocat, et les secrétaires généraux du CMAP et

de l’AFA, Madame Sophie Henry et Monsieur Michel Armand-Prevost. Cette table ronde a permis d’entendre les réponses aux questions posées lors de la première table ronde, tant sur l’estrade que dans la salle contenant une nombreuse assistance. Elle a aussi été l’occasion d’indiquer les réponses de l’AFA et du CMAP, sur la composition du tribunal arbitral, plus particulièrement sur le respect de la volonté et du choix des parties, ce qui leur laisse toute liberté pour élargir le "club" d’arbitres, sur le suivi sans ingérence de chaque procédure arbitrale par l’institution, sur le coût maîtrisé et connu par le barème et, plus généralement, par le support d’un règlement d’arbitrage. Après de nouveaux échanges, riches et nombreux avec la salle, la synthèse de cette matinée a été présentée par Monsieur Michel Armand-Prevost. La conclusion de ces travaux est que les entreprises attendent un arbitrage dynamique, efficace et raisonnable, mené par des arbitres impartiaux, compétents et disponibles. A ces attentes légitimes, des institutions d’arbitrage, comme l’AFA et le CMAP apportent, à travers leurs règlements et la mise en œuvre de ceux-ci, des réponses qui méritent d’être entendues et retenues.

2010-243

Sophie Henry, Didier Kling, Michel Armand-Prévost, Anne Outin-Adam et Geneviève Augendre Photo © Jean-René Tancrède
Sophie Henry, Didier Kling, Michel Armand-Prévost,
Anne Outin-Adam et Geneviève Augendre
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Photo © Jean-René Tancrède - Téléphone : 01.42.60.36.35 Les Annonces de la Seine - lundi 31
Vie du droit 17 è m e Colloque de la Saint-Yves Le corps humain est-il

Vie du droit

17 ème Colloque de la Saint-Yves

Le corps humain est-il objet de commerce ? Tréguier - 15 mai 2010

D.R.
D.R.

L e 17 ème colloque de la Saint-Yves dont le premier s’est tenu en 1993 (1) , s'est déroulé le samedi 15 mai 2010 (2) sous la présidence de Monsieur le Bâtonnier

Pascal Eydoux, Président honoraire de la Conférence Nationale des Bâtonniers (2008- 2010). Organisé depuis l’origine par le Barreau de Saint-Brieuc en partenariat avec le Barreau de Guingamp, il avait cette année pour thème :

"Le corps humain est-il un objet de commerce". Ces colloques connaissent un succès jamais démenti : la salle du théâtre de l'Arche était comble avec environ 500 participants. Le mérite en revient à l'intelligence, l'imagination des bâtonniers et des organisateurs dans le choix des thèmes et des intervenants. Ils sont présidés par d'anciens bâtonniers de Paris, du Conseil National des Barreaux ou de la Conférences des Bâtonniers (3) .

Si l'article 1128 du Code civil, les articles 6 - 17 -

16 - IV du même code posent comme règle

d'ordre public que le corps humain ne peut être

l'objet d'un commerce.

Qu'en est-il dans la réalité au vu de la loi du

29 juillet 1994 sur la bioéthique, du Code de la

santé publique ? Le commerce d’organe est contraire à notre législation mais on n'écartera pas dans ce domaine comme ailleurs les effets de la mondialisation. Cette manifestation fut ouverte par Madame le Bâtonnier du Barreau de Saint-Brieuc Simone Graïc, après avoir prononcé les paroles d'accueil d'usage, en un bref et pertinent exposé, elle en a fait la présentation. Le corps humain est-il un objet de commerce ? L'article 1128 C répond non. Ce sujet fut à la fois juridique, moral et philosophique :

(…) "Le corps humain est-il objet de commerce ?" C'est la problématique sur laquelle nous vous

proposons de réfléchir tout à long de cette journée. De prime abord le problème paraît simple. L'article 1128 du Code civil qui date de 1804 dispose : "Il n'y a que les choses qui sont dans le commerce qui puissent être l'objet de conventions". A contrario, on peut légitimement déduire de ce texte que certaines choses sont hors du commerce. Depuis l'abolition de l'esclavage la personne humaine est hors du commerce. Cela signifie que les contrats ou conventions qui auraient pour objet le corps humain seraient nuls. Plus récemment, les articles 16 à 16-9 du Code civil issus de la loi du 30 juillet 1994 précisent notamment que :

"Les conventions ayant pour effet de conférer une valeur patrimoniale au corps humain, à ses éléments ou ses produits sont nulles". "Aucune rémunération ne peut être allouée à celui qui se prête à une expérimentation sur sa personne, au prélèvement d'éléments de son corps ou à la collecte de produits". Vous me direz le problème est réglé, par des dispositions qui sont d'ordre public. "Chacun a droit au respect de son corps. Le corps humain est inviolable. Le corps humain ses éléments et ses produits ne peuvent faire l'objet d'un droit patrimonial". Cela semble répondre à la question. Cependant, les choses ne sont pas si simples. Elles sont au contraire infiniment plus complexes, parce qu'elles touchent à l'être humain, à l'homme

dans son intégrité,

Le législateur est venu tempérer les principes. En cas de nécessité médicale pour la personne elle-même et, à titre exceptionnel pour autrui, il peut être porté atteinte à l'intégrité du corps humain.

dans sa souffrance aussi.

Les progrès de la recherche médicale, le développement des techniques médicales et chirurgicales, permettent aujourd'hui d'apporter des réponses, possibles, à des problèmes humains douloureux qui autrefois étaient sans aucune solution. Le diagnostic prénatal, Le don d'organes, La possibilité d'utiliser les cellules souches pour soigner, guérir peut être, Les techniques de procréation médicalement assistées, La gestation pour autrui, Quoi de plus compréhensible pour une femme que de vouloir devenir mère ? Si la nature ne le lui permet pas peut-on lui interdire de vouloir recourir à des techniques médicales, voire de penser confier à autrui le soin, la responsabilité, de concevoir son enfant ? Si la gestation pour autrui est interdite en France elle est permise dans d'autres pays. Dans ce cas quels seront les termes du contrat ? Quid de la filiation de l'enfant né ? Quid de la rémunération de la mère porteuse ? Quel recours lorsque la mère porteuse revendique pleinement la maternité de l'enfant né ? La Loi bioéthique en France définit le cadre juridique dans lequel le recours à ces nouvelles techniques est autorisé. Elle doit être révisée prochainement. Le sujet de notre colloque n'est donc pas si simple. Au cours de cette journée, nous aurons la chance d'entendre les points de vue de juristes, de médecins, et de religieux sur ces importantes questions de société.

Notes :

1 - Le fondateur est le Bâtonnier Morin du Barreau de Saint-Brieuc.

2 - Voir programme publié dans Les Annonces de la Seine du 29 avril 2010.

3 - Nous citerons au hasard des précédents colloques : Guy Danet (1998), Francis Teitgen (1999), avec le concours du Premier président Truche, de Monsieur le procureur Courroye alors substitut général à Lyon, de Jean-Gaston Moore, du Bâtonnier Stasi (Les droits de l'homme), du Bâtonnier Christol, de Michel Bénichou (Quelles familles), de Jean-Marc Varaut (La déontologie des avocats européens)… 2010-244

Simone Graïc D.R.
Simone
Graïc
D.R.

Photo © Jean-René Tancrède - Téléphone : 01.42.60.36.35

Vie du droit

Tancrède - Téléphone : 01.42.60.36.35 Vie du droit Conférence du stage des avocats au Conseil d’Etat

Conférence du stage des avocats au Conseil d’Etat et à la Cour de cassation

Paris, 25 mai 2010 - Secrétaires de la Conférence 2010-2011

Ingrid Loran, Hern de Quélen, Raphaël Dokhan, Manuel Delamare, Isabelle Zribi, Clémence Hourdeaux, Laurent Goldman
Ingrid Loran, Hern de Quélen, Raphaël Dokhan, Manuel Delamare, Isabelle Zribi,
Clémence Hourdeaux, Laurent Goldman et Frédéric Descorps-Declère et Didier Le Prado
Goldman et Frédéric Descorps-Declère et Didier Le Prado L e mardi 25 mai 2010, La Conférence

L e mardi 25 mai 2010, La Conférence du stage des avocats aux Conseils, s’est réunie sous la présidence de Didier Le Prado , président de l’Ordre des avocats

au Conseil d’Etat et à la Cour de cassation, assisté des membres du Conseil de l’Ordre et des secrétaires de la Conférence ; la question à débattre était la suivante :

“Réserver le droit de mener des négociations collectives aux syndicats ayant rempli des critères d’audience électorale est-il conforme aux règles européennes et internationales protégeant la liberté syndicale ?”

Laurent Goldman, premier demandeur, a répondu par l’affirmative ; Ingrid Loran, premier défendeur, a répondu par la négative ; Louis- Jérôme Palloux, premier ministère public a répondu par l’affirmative ; Isabelle Zribi, second demandeur, a répondu par l’affirmative ; Delphine Dendievel, second défendeur, a répondu par la négative et Raphaêl Dokhan, second ministère public, a répondu par l’affirmative. A l’issue du troisième tour, ont été désignés secrétaires de la Conférence pour l’année 2010/2011 :

- Raphaël Dokhan

- Ingrid Loran

- Isabelle Zribi -Laurent Goldman Le jury, Présidé par Didier Le Prado, était composé de Jean-Marie Defrénois, Bernard Hémery, Olivier de Nervo, Frédéric Ancel, Yves Capron, Jean-François Boutet, Frédéric Thiriez, Jean- Pierre Ghestin, Jean-Christophe Balat, François Bertrand, Yves Richard, Hern de Quélen, Clémence Hourdeaux, Manuel Delamare et Frédéric Descorps-Declere. Nous adressons nos chaleureuses félicitations aux jeunes orateurs talentueux. Jean-René Tancrède

2010-245

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Les Annonces de la Seine - lundi 31 mai 2010 - numéro 26

13

Annonces judiciaires et légales PARIS BILAN BANQUETHEMIS Société Anonyme au capital de 24 000 000

Annonces judiciaires et légales

PARIS

BILAN

BANQUETHEMIS

Société Anonyme au capital de 24 000 000 Euros 302 077 458 R.C.S. PARIS Siège social : 20, rue Treilhard 75008 PARIS

Fait générateur des produits et charges Les opérations sont comptabilisées selon le principe de la spécialisation des exercices, à l’ex- ception de certains produits et de certaines charges qui sont enregistrés lors de leur paiement, et notamment la majeure partie des commissions. Les agios relatifs aux créances douteuses sont enregistrés au compte de résultat et donnent lieu à constitution d’une provision intégrale portée en diminution du produit net bancaire.

Conversion des opérations libellées en devises Les créances, dettes et engagements hors bilan sont évalués aux taux de change en vigueur à la clôture de l’exercice.

Comptes annuels 31 décembre 2009 (en milliers d’euros) approuvés par l’Assemblée Générale Ordianire du 26 avril 2010

Crédits à la clientèle et provisionnement du risque de contrepartie Les crédits à la clientèle comprennent les créances commerciales, les crédits à court, moyen et long terme ainsi que les comptes débiteurs de la clientèle. Ils sont inscrits au bilan à leur

valeur nominale.

Les engagements par signature constituant le hors bilan comprennent les engagements irré- vocables de financement et de garantie n’ayant pas donné lieu à des mouvements de fonds.

Les créances sur la clientèle sont classées en « créances douteuses » dès la réalisation d’une

action contentieuse et, en tout état de cause, lorsqu’elles comprennent des échéances impayées depuis plus de trois mois (six mois en matière de crédit immobilier et jusqu’à neuf mois pour les créances sur les collectivités locales).

Dès lors que le paiement des échéances contractuelles a repris de manière régulière, les

créances douteuses peuvent être reclassées en créances saines. Les créances douteuses sont classées en « créances douteuses compromises » en prin- cipe dans l’année, en tout état de cause, dès la réalisation d’une action contentieuse. Les intérêts ne sont plus comptabilisés après le transfert en encours douteux compro-

mis.

Les créances douteuses comptabilisées au bilan font l’objet d’une provision pour déprécia- tion enregistrée en diminution de l’actif, destinée à couvrir la perte probable. Le règlement

n° 2002-03 sur l’application de la méthode de calcul des provisions par actualisation des flux

prévisionnels n’a pas d’impact sur les comptes.

Les engagements hors bilan dont la mise en jeu apparaît comme probable font l’objet d’une

provision inscrite au passif du bilan au poste « provisions pour risques et charges ».

I. BILAN

A)

Actif

2009

2008

Caisse, banques, CCP Créances sur les établissements de crédit (note 2) Opérations avec la clientèle (note 3) Opérations sur titres côtés (note 6) Immobilisations incorporelles (note 7) Immobilisations corporelles (note 7) Autres actifs (note 8) Comptes de régularisation (note 9) Total de l’Actif

4

207

1

379

217

921

172

391

77

068

101

485

24

25

402

714

999

1

304

2

710

3

156

1

318

1

005

304

649

281

459

B)

Passif

2009

2008

Dettes envers les établissements de crédit (note 10) . Opérations avec la clientèle (note11) Dettes représentées par un titre Autres passifs (note 8) Comptes de Régularisation (note 9) Provisions pour Risques et Charges Capitaux Propres hors FRBG (note 12) Capital souscrit réserves Provisions réglementées et subventions d’investissement Report à nouveau (+ /-) Résultat de l’exercice (+ /-) Total du Passif

3

924

2

352

248

529

224

582

2

905

2

848

7

227

7

647

7

135

9

412

34

929

34

618

24

000

24

000

3

039

2

810

3

230

230

4

660

578

304

649

281

459

C)

Hors bilan

2009

2008

Engagements donnés Engagements de financement Engagements de garantie Engagements reçus Engagement de garantie

4

953

961

35

242

37

240

4

886

15

890

Portefeuille Titres Les dispositions réglementaires regroupent sous la dénomination de titres :

.

.

3 les valeurs mobilières à revenu fixe (taux fixe ou taux variable lié à un taux de référence 4 constaté sur un marché) ou variable (notamment actions) ; les bons du Trésor et autres titres de créances négociables ainsi que les instruments du mar-

ché interbancaire et, « d’une manière générale, toutes les créances représentées par un titre négociable sur un marché ».

. le classement des titres en six catégories (titres de transaction, titres de placement, titres de l’activité de portefeuille, titres d’investissement, titres de participation et autres titres déte-

nus à long terme) et leur méthode d’évaluation et de comptabilisation sont fonction de la combinaison de deux critères : nature fixe ou variable du revenu attaché au titre et durée attendue de détention exprimée à l’achat. Les titres de placement sont réévalués chaque fin d’année selon les normes françaises, et font l’objet d’une dépréciation en cas de moins values latentes.

II. COMPTE DE RÉSULTAT

 

2009

2008

+ intérêts et produits assimilés (note 19)

9

296

12

781

- intérêts et charges assimilées (note 19)

-338

-1 618

+ revenus des titres à revenu variables (note 19)

 

0

 

66

+ commissions (produits) (note 20)

12

360

9

454

- commissions (charges) (note 20)

-899

-854

+/- gains ou pertes sur opérations de portefeuilles de négociation. +/- gains ou pertes sur opérations de portefeuilles de placements et assimilés

 

302

 

133

+ autres produits d’exploitation bancaire

172

89

- autres charges d’exploitation bancaire

-50

-41

Produits net bancaire

20

842

20

010

-

charges générales d’exploitation

-11 993

-11 744

dotations aux amortissements et aux provisions sur immobilisations Résultat brut d’exploitation

-

-784

-809

8

065

7

457

+/- coût du risque (note 22) Résultat d’exploitation

-988

-437

7

077

7

020

+/- gains ou pertes sur actifs immobilisés Résultat courant avant impôt

 

-4

 

-60

7

073

6

960

+/- résultat exceptionnel

 

7

 

impôt sur les bénéfices (note 23) Résultat net

-

-2 421

-2 382

4

660

4

578

III. AFFECTATION DU RESULTAT L’exercice clos le 31 décembre 2009 fait apparaître un bénéfice net de 4 659 764,44 Euros

auquel il convient d’ajouter le report à nouveau au 31 décembre 2009 de 3 229 720,69 Euros formant un total disponible de 7 889 485,13 Euros. Le Conseil d’Administration a proposé à l’Assemblée Générale de répartir le résultat de la manière suivante :

.

à la réserve légale à hauteur de 5% du bénéfice distribuable : 232 988,22 Euros.

.

au versement par dividendes du solde disponible : 4 426 776,22 Euros.

La réserve légale a été ainsi portée à 2 270 611,19 Euros. Et le report à nouveau à 3 229 720,69 Euros.

Instruments de taux d’intérêt à terme

La Banque THEMIS intervient directement auprès de CREDIT LYONNAIS SA essentielle- ment dans le cadre d’opérations destinées à la couverture globale de son risque de taux d’in-

térêts. Les méthodes comptables retenues pour l’évaluation et la comptabilisation des résul-

tats sur les instruments financiers à terme correspondent aux dispositions réglementaires dont les principes sont rappelés ci-après :

. les engagements résultant de tous types d’opérations sur les marchés financiers sont recen-

sés en compte de hors bilan non publiés (voir toutefois note 18 pour la valeur nominale des

contrats des instruments financiers sous-jacents) ;

. les opérations de couverture du risque global de taux, réalisées par la mise en place

de swaps de taux d’intérêts sont évaluées selon les normes françaises correspondant au réescompte du différentiel d’intérêt entre la jambe fixe et la jambe variable du swap. En conséquence, les résultats de ces opérations sont enregistrés au prorata tem-

poris.

Immobilisations

Les immobilisations sont comptabilisées pour leur valeur d’acquisition nette de T.V.A. récu-

pérable.

La Banque THEMIS applique à compter du 1 er janvier 2005 le règlement du CRC 2002-10 du 12 décembre 2002 relatif à l’amortissement et à la dépréciation des actifs.

Par conséquent, les éléments d’une immobilisation pour lesquels une durée d’utilisation dif- férente est constatée sont immobilisés de façon distincte. Dans ce cas, la méthode de comp- tabilisation des actifs par composants s’applique. D’une manière générale, les amortissements des immobilisations corporelles sont calculés selon la méthode linéaire sur les durées maximales suivantes :

Foncier Gros œuvre des immeubles Second œuvre Installations techniques Agencements Machines, matériels Mobiliers et autres Logiciels neufs, achetés ou développés en interne Immobilisations incorporelles autres que logiciels

Non amortissable 60 ans 30 ans 10 à 20 ans 10 à 15 ans 3 à 5 ans 5 à 10 ans 3 à 5 ans Non amortissable

IV. NOTES ANNEXES

Note 1 - Principes comptables Les comptes annuels présentés conformément aux principes retenus par le Conseil National de la Comptabilité, aux règlements du Conseil de la Réglementation Bancaire et aux instruc- tions de la Commission Bancaire. Par ailleurs, en application du règlement CRC N° 2005-04 du 3 novembre 2005, et afin d’as- surer la comparaison avec les états financiers 2008, les termes « provisions pour déprécia- tions » et « provisions pour risques et charges » utilisés dans les présents états financiers cor- respondent respectivement aux termes « dépréciations » et « provisions » tels que prévus dans le règlement susvisé.

Note 2 – Créances sur les établissements de crédit

   

2009

2008

A vue

A terme

Total

A vue

A terme

total

Comptes ordinaires débiteurs Comptes et prêts Sous total

125 688

 

125 688

102 018

102 018

90 950

90 950

69 540

69 540

125

688

90 950

216 638

102 018

69 540

171 558

Créances rattachées

24

1 259

1 283

175

658

833

Total

125

712

92 209

217 921

102 193

70 198

172 391

Note 3 – Créances sur la clientèle

Annonces judiciaires et légales

Note 7 – Mouvements sur l’actif immobilisé

et légales Note 7 – Mouvements sur l’actif immobilisé     2009     2008  
   

2009

   

2008

 

Immobilisations

2008

Acqui

 

Cessions

Autres

 

Montant

Montant

Provisions

Montant

Montant

Provisions

Montant

sitions

variations

 

brut

brut

net

   

brut

net

 

2009

Créances

commerciales

59

339

 

59

339

 

64

592

 

64

592

Immobilisations

incorporelles

522

2 -10

142

       

2 654

Comptes ordinaires débiteurs Autres concours à la clientèle Crédits à l’exportation Crédits de trésorerie Crédits à l’équipement Crédits à l’habitat Autres crédits à la clientèle Valeurs non imputées Créances rattachées Total des concours à la clientèle

4

735

4

735

17

666

17

666

Immobilisations corporelles

3 23

679

     

-23

3 679

9

448

9

448

13

626

13

626

Terrains

81

     

81

5

583

404

5

583

404

11

272

494

Constructions Installations Matériel Véhicules 1 Crédit-bail – Éléments corporels 1 Total brut

11

272

494

68

294

498

345

558

1 462

 

5

 

-10

   

558

1 457

161

161

   

68

 

1 565

23

-18

1 570

120

120

294

13

     

13

3

180

3

180

 

1 498

0

0

1

688

1

688

1 345

6

201

 

170

 

-38

 

0

   

6

333

79

79

 

68

 

68

75

289

 

75

289

 

97

297

 

97

297

Amortissements

Amortis

 

Dota

Reprises

Autres

   

Amortis

Créances douteuses Total des opérations avec la clientèle

19

884

(18 105)

1

779

 

21

871

(17 683)

4

188

sement et

tions de

 

de

variations

sements et

95

173

(18 105)

77

068

119

168

(17 683)

101

485

provisions

l’exercice

l’exercice

provisions

Répartition des risques Encours douteux Encours douteux compromis Total des créances douteuses

           

2008

 

2009

1

633

(1 003)

 

630

   

4

478

(1 462)

3 016

Immobilisations

incorporelles

1

808

 

454

 

-10

     

2

252

18

251

(17 102)

1

149

17

393

(16 221)

1 Immobilisations corporelles

172

2

375

330

-25

0

 

2

680

19

884

(18 105)

1 779

 

21

871

(17 683)

4 188

Terrains constructions installations Matériel Véhicules Crédit-bail – Éléments corporels Total des amortissements et provisions

       

Il n’y a pas d’encours restructurés à des conditions hors marché.

 

353

 

12

 

365

 

827

134

961

Note 4 – Couverture des créances douteuses de la clientèle

 

1

185

181

 

-25

 

1

341

 

10

3

   

13

   

2009

   

2008

0

 

0

Montant des concours bruts à la clientèle Montant des créances douteuses Montant des provisions sur créances douteuses Taux de créances douteuses dans les concours clientèle bruts Taux de couverture des créances douteuses par les provisions sur créances douteuses Taux de couverture des créances douteuses par les provisions sur créances douteuses et les provisions générales

 

95

173

 

119 168

 

4

183

 

784

 

-35

 

0

   

4

932

19

884

 

21 871

Valeur nette des immobilisations incorporelles. Valeur nette des immobilisations corporelles Total

714

-312

   

0

0

 

402

(18 105)

(17 683)

 

1

304

-307

2

0

999

   

2

018

-619

   

2

0

   

1

401

 

20,9%

   

18,4%

91,1%

80,9%

Note 8 – Ventilation des postes autres actifs et autres passifs

 
     

Actif

     

Passif

 
 

95,3%

   

84,7%

2009

2008

   

2009

   

2008

Note 5 – Analyse des encours bruts (opérations avec la clientèle)

 

Comptes de règlement relatifs aux opérations sur titres Débiteurs ou créditeurs divers Total

       

88

 

88

 

2 710

3 156

 

2

817

 

2

760

Analyse des encours par agent économique.

Encours

 

Dont

   

Dont

 

Provisions

Provisions

2

710

3

156

   

2

905

 

2

848

bruts

encours

encours

surencours

surencours

douteux

douteux

douteux

douteux

Note 9 – Ventilation par catégories d’opérations des comptes de régularisation

 

compromis

compromis

Sociétés et quasi sociétés non financières Entrepreneurs individuels particuliers Administrations privées Autres agents économiques et non ventilés . Total

88

068

1 630

   

14

792

1 003

13

778

 

Actif

     

Passif

 

3

598

 

3

1

322

1 319

2009

2008

   

2009

   

2008

3

333

 

2

137

005

2 Comptes

d’encaissement

1

 

6

     

174

   

Comptes d’ajustement devises Produits à recevoir et charges à payer

12

7

819

658

 

3

454

 

4

166

95

173

1

633

   

18

251

1

003

17

102

Charges et produits constatés d’avance Autres comptes de régularisation Total

240

179

266

 

506

 

246

155

3

507

 

2

975

Analyse des encours par zone géographiques d’activités

 

1

318

1

005

   

7

227

 

7

647

 

Ile de France (y compris gestion centralisée des plans de continuation) Est-Nord-Est Sud-Ouest Ouest Rhône Alpes-Auvergne Centre Normandie Nord PACA Total

47

309

 

5

   

11

973

 

10

994

Note 10 – Dettes envers les établissements de crédit

 

13

370

851

2

486

 

284

2

382

2009

 

2008

 

3

844

2

362

   

362

Avue

Aterme Total

 

Avue Aterme

 

Total

2

650

504

98

 

502

97

Comptes ordinaires créditeurs

84

84

212

 

212

10