LES ANNONCES DE LA SEINE

Jeudi 4 avril 2013 - Numéro 22 - 1,15 Euro - 94e année

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Philippe Ingall-Montagnier, Yves Jannier, Renaud Le Breton de Vannoise et Gilles Priéto

Tribunal de Grande Instance de Pontoise
Audience Solennelle de Rentrée - 21 janvier 2013
RENTRÉE SOLENNELLE
Tribunal de Grande Instance de Pontoise
Les grands axes de la politique pénale
par Yves Jannier ...................................................................................
L’institution judiciaire, pilier de l’Etat de droit
par Renaud Le Breton de Vannoise .....................................................

2

4
AGENDA ......................................................................................5
SOCIÉTÉ
Modernisation de l’action publique par Jean-Marc Ayrault ...8
Simplification administrative pour les entreprises
« Encore un effort Monsieur Ayrault, on étouffe »
par Thibault Lanxade............................................................................

9

Généralisation de l'assurance complémentaire santé
Avis du 29 mars 2013 de l’Autorité de la concurrence
Lettre ouverte de Charles Robinet-Duffo à François Hollande ........

10

IN MEMORIAM

Olivier Metzner par Xavier Chiloux.............................................11
Henri Caillavet par A. Coriolis....................................................23

ANNONCES LEGALES ...................................................12
DÉCORATION
Nathalie Roret
Chevalier de la Légion d’Honneur....................................................

23

enaud Le Breton de Vannoise et Yves Jannier,
respectivement Président et Procureur de la
République près le Tribunal de Grande
Instance de Pontoise, accueillaient leurs
invités, ce 21 janvier 2013, pour l’Audience Solennelle
de Rentrée placée sous le signe de la lutte contre la
récidive, de l’organisation du fonctionnement des
services de la juridiction pontoisienne et des actions
de politique pénale.
Le Procureur de la République, Yves Jannier, a rendu
compte de l’activité de l’année 2012, qui a notamment
connu la mise en place de l’application CASSIOPEE
(enregistrement des procédures). Evoquant les
« chantiers 2013 » il a fixé pour action prioritaire à son
Parquet sa participation effective à la mise en place des
zones de sécurité prioritaires à Argenteuil, Sarcelles,
Fosses et Louvres afin de « traiter en priorité certains
types de délinquance dans des zones géographiques
délimitées » et de « mettre en œuvre un suivi
particulièrement attentif aux infractions commises ».
Après avoir commenté, à son tour, l’activité judiciaire
2012, fortement marquée par les nouvelles compétences
du juge des libertés et de la détention en matière
d’hospitalisation sous contrainte et une activité civile
soutenue, le Président Renaud Le Breton de Vannoise a

R

souhaité contribuer à la réflexion soumise à la Conférence
Nationale de Consensus en posant cinq questions :
- Le dispositif sur l’application des peines, face à la masse
des dossiers, ne relève-t-il pas actuellement davantage
d’un mode de gestion des flux que de mesures de lutte
contre la récidive ?
- Dans le système actuel, le condamné est-il placé au
cœur du processus de l’individualisation de sa peine en
tant qu’acteur préoccupé de sa réinsertion ?
- Par touches législatives successives, notre procédure
pénale n’est-elle pas profondément heurtée dans sa
cohérence initiale ?
- Comment les magistrats peuvent-ils concilier dans
leurs différentes responsabilités juridictionnelles le
message de fermeté délivré par la loi du 10 août 2007
dite loi sur les peines planchers ?
- Comment résorber l’abîme qui sépare l’opinion
publique des principes qui gouvernent dans notre droit
la lutte contre la récidive ?
Il a conclu sa brillante intervention en exhortant ses
collègues à être ambitieux face aux immenses enjeux
de la Conférence Nationale de Consensus qui ne seront
relevés qu’au prix d’une stabilité de la loi, de la cohérence
du système pénal et de l’adhésion du plus grand nombre.
Jean-René Tancrède

J OURNAL O FFICIEL D ’A NNONCES L ÉGALES - I NFORMATIONS G ÉNÉRALES , J UDICIAIRES ET T ECHNIQUES
bi-hebdomadaire habilité pour les départements de Paris, Yvelines, Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis et Val de Marne

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Rentrée solennelle

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Yves Jannier

Directeur de la publication et de la rédaction :
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Jean-François Pestureau, Expert-Comptable, Commissaire aux comptes
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Commission paritaire : n° 0713 I 83461
I.S.S.N. : 0994-3587
Tirage : 12 789 exemplaires
Périodicité : bi-hebdomadaire
Impression : M.I.P.
3, rue de l’Atlas - 75019 PARIS

2012

par Yves Jannier
(...)
'audience solennelle est un moment
particulier qui permet à la juridiction
d'accueillir les élus et l'ensemble des
autorités de ce département afin de
rendre compte de l'activité de la juridiction au
cours de l'année écoulée et de faire part des
objectifs retenus pour l'année à venir.

L

L’activité de 2012

Copyright 2013
Les manuscrits non insérés ne sont pas rendus. Sauf dans les cas où elle est autorisée
expressément par la loi et les conventions internationales, toute reproduction, totale ou
partielle du présent numéro est interdite et constituerait une contrefaçon sanctionnée
par les articles 425 et suivants du Code Pénal.
Le journal “Les Annonces de la Seine” a été désigné comme publicateur officiel pour
la période du 1er janvier au 31 décembre 2013, par arrêtés de Messieurs les Préfets :
de Paris, du 27 décembre 2012 ; des Yvelines, du 31 décembre 2012 ; des Hauts-deSeine, du 31 décembre 2012 ; de la Seine-Saint-Denis, du 27 décembre 2012 ; du
Val-de-Marne, du 27 décembre 2012 ; de toutes annonces judiciaires et légales prescrites
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B) Avis divers : 9,75 €
C) Avis financiers : 10,85 €
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Yvelines : 5,23 €
Val-de-Marne : 3,82 €
- Vente au numéro :
1,15 €
- Abonnement annuel :
15 € simple
35 € avec suppléments culturels
95 € avec suppléments judiciaires et culturels
COMPOSITION DES ANNONCES LÉGALES
NORMES TYPOGRAPHIQUES
Surfaces consacrées aux titres, sous-titres, filets, paragraphes, alinéas

Titres : chacune des lignes constituant le titre principal de l’annonce sera composée en capitales (ou
majuscules grasses) ; elle sera l’équivalent de deux lignes de corps 6 points Didot, soit arrondi à 4,5 mm.
Les blancs d’interlignes séparant les lignes de titres n’excéderont pas l’équivalent d’une ligne de corps
6 points Didot, soit 2,256 mm.
Sous-titres : chacune des lignes constituant le sous-titre de l’annonce sera composée en bas-de-casse
(minuscules grasses) ; elle sera l’équivalent d’une ligne de corps 9 points Didot soit arrondi à 3,40 mm. Les
blancs d’interlignes séparant les différentes lignes du sous-titre seront équivalents à 4 points soit 1,50 mm.
Filets : chaque annonce est séparée de la précédente et de la suivante par un filet 1/4 gras. L’espace blanc
compris entre le filet et le début de l’annonce sera l’équivalent d’une ligne de corps 6 points Didot soit
2,256 mm. Le même principe régira le blanc situé entre la dernière ligne de l’annonce et le filet séparatif.
L’ensemble du sous-titre est séparé du titre et du corps de l’annonce par des filets maigres centrés. Le
blanc placé avant et après le filet sera égal à une ligne de corps 6 points Didot, soit 2,256 mm.
Paragraphes et Alinéas : le blanc séparatif nécessaire afin de marquer le début d’un paragraphe où d’un
alinéa sera l’équivalent d’une ligne de corps 6 points Didot, soit 2,256 mm. Ces définitions typographiques
ont été calculées pour une composition effectuée en corps 6 points Didot. Dans l’éventualité où l’éditeur
retiendrait un corps supérieur, il conviendrait de respecter le rapport entre les blancs et le corps choisi.

2

Les grands axes
de la politique pénale

Au cours de cette année le parquet a dû
s'organiser afin de faire face à une activité
soutenue avec des effectifs réduits en raison de
postes non pourvus, deux ce jour, et d'absences
liées à des congés de maternité, un en cours
actuellement.
C'est donc avec un effectif de 25 magistrats sur
les 28 localisés que nous devons faire face à la
tâche qui nous incombe. Ce n'est que grâce à
l'aide attentive du Parquet général et aux
magistrats placés auprès du Parquet de Pontoise
par le Procureur général que nous avons pu
remplir, au mieux, la mission qui est la nôtre.
Cette année 2012 a connu la mise en place de
l'application Cassiopée au sein de notre
juridiction. Si les progrès de ce nouveau système
permettent un traitement et un suivi améliorés
de toutes les procédures, même au niveau
national, force est de constater que la phase de
déploiement que nous connaissons entraîne
quelques aberrations dans les domaines
statistiques ce qui ne nous permet pas de
disposer cette année de chiffres fiables.
A titre d'exemple, les affaires poursuivables dont
le nombre est de l'ordre de 30 000, ne seraient
plus, si l'on en croit l'Info Centre Cassiopée que
de 20 000 soient une baisse d'un tiers. De telles
constatations ont été faites, au niveau
statistiques, dans les plus grandes juridictions
qui ont connu l'implantation Cassiopée. Ainsi
Marseille ou Lyon ont vu leur activité

prétendument diminuée de moitié par les
chiffres Cassiopée.
Il est toutefois possible de rendre compte de
l'activité pénale en s'appuyant sur les chiffres
des services de police et de gendarmerie ainsi
que sur les chiffres réels c'est-à-dire comptés
manuellement de l'activité des différents
services de la juridiction.
(...)
Avant de terminer sur le bilan je voudrais
évoquer l'amélioration du recours systématique
par le parquet, aux prolongations de garde à vue
par visioconférence.
Cette nouvelle pratique mise en oeuvre à la fin
du mois de septembre 2012 a permis un gain
appréciable pour les services de police et de
gendarmerie qui ne sont plus contraints de venir
systématiquement présenter les gardés à vue au
Tribunal de grande instance.
Je voudrais à cet instant adresser à l'ensemble
des services de police et de gendarmerie
oeuvrant dans ce ressort mes félicitations pour
la qualité de leur travail, leur disponibilité et leur
engagement dans les missions délicates et très
souvent dangereuses qui leur sont confiées.
Qu'ils sachent que la confiance du Parquet leur
est acquise.

Les perspectives pour 2013
Ce début d'année a été marqué, le 7 janvier, par
le transfert des charges incombant aux services
de police et de gendarmerie pour les
transfèrements à l'administration pénitentiaire.
Cette nouvelle organisation a été précédée de
plusieurs réunions de concertation qui ont
permis un démarrage sans difficulté notable
grâce aux efforts conjugués de tous ceux qui
contribuent à la mise en oeuvre de ces
translations judiciaires .
J’adresse aux fonctionnaires de l'administration
pénitentiaire mes remerciements pour le travail
ainsi accompli.
Les chantiers de l'année 2013 seront sans doute
plus nombreux que ceux que l'on peut retenir en
ce début d'année mais il est des axes sur lesquels
on peut déjà indiquer les actions envisagées.
Ils concernent l'organisation du fonctionnement

Les Annonces de la Seine - jeudi 4 avril 2013 - numéro 22

Rentrée solennelle
des services de la juridiction ainsi que des axes
de politique pénale.
Concernant l'organisation du fonctionnement
des services de la juridiction, trois d'entre eux
ont particulièrement retenus notre attention
dans le cadre de notre gestion commune de la
juridiction.
1 - Le bureau d'ordre, on devrait plutôt dire les
bureaux d'ordre, la juridiction des mineurs, les
services de l'application des peines et de
l'exécution des peines
Je l'ai déjà évoqué, la recherche d'une exécution
rapide de l'ensemble des décisions rendues par
la juridiction nous a conduit à confier un audit
aux responsables du service de l'application des
peines et du service de l'exécution des peines.
Le retour au plein effectif du service de
l'application des peines, l'analyse des points de
blocage, la réorganisation par Cabinet de ce
service tant au niveau des magistrats que du
greffe, les avis rapides donnés aux Juges de
l'application des peines, la mise en place de
tableaux de suivi des 723-15 (article du Code
de procédure pénale relatif à l’aménagement de
peine) sont autant de mesures envisagées qui
devraient à terme améliorer la capacité de
traitement des procédures par la « filière »
application des peines, exécution des peines. Ici
encore nous nous trouvons dans une approche
et une réflexion de politique de juridiction.
Une réflexion devrait se mettre en place avec
le barreau sur la mise en place des procédures
de comparution sur reconnaissance préalable
de culpabilité (CRPC). La mise en place de ces
procédures rapides dans le cadre d'une véritable
politique de la juridiction allégerait la charge
des audiences correctionnelles ainsi que celle
du service de l'application des peines.

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Concernant la juridiction des mineurs, il
conviendra de mettre en oeuvre les
préconisations retenues lors des réunions de
travail entre le Siège et le Parquet afin de
permettre une diminution des stocks et
accélérer le jugement des affaires mettant en
cause des mineurs. La rapidité d'intervention
de l'autorité judiciaire et le prononcé d'une

mesure adaptée sont autant de facteurs de
diminution des risques de récidive.
Le retour à effectif complet de ce service devrait
conduire à des améliorations significatives
rapides.
J'évoquais au début de mon discours la mise en
place de l'application Cassiopée, cette nouvelle
approche de l'enregistrement des procédures
doit conduire à repenser l'organisation du
bureau d'ordre. Une action d'envergure de
renforcement et de réorganisation de ce service
est déjà entreprise.
Le nombre important des procédures à traiter
quotidiennement, la précision requise dans
l'enregistrement des données, la rapidité de
l'enregistrement afin de disposer d'un outil
statistique fiable en temps réel sont autant de
nécessités.
La transmission de procédures dématérialisées
par les services de gendarmerie puis ceux de la
police nationale devraient permettre un
enregistrement plus rapide. Il est nécessaire de
disposer d’un outil statistique fiable
indispensable au pilotage de la juridiction, la
maîtrise du flux des procédures passe
obligatoirement par la connaissance de leur
volume et de leur nature.
Au-delà de ces aspects touchant à l'organisation,
il nous faudra en 2013 poursuivre ou développer
nos actions de politique pénale dans un certain
nombre de contentieux. Les deux aspects sont
liés et une meilleure organisation permet un
meilleur traitement des procédures j'en veux
pour exemple les évolutions entreprises
concernant la juridiction des mineurs.
2 - Notre action concernant la délinquance des
mineurs fait partie des priorités.
Il est dans ce domaine plus qu'ailleurs impératif
de lutter contre la délinquance d'habitude et la
récidive.
Nous continuerons à lutter contre toutes les
formes d'atteinte aux membres des services de
sécurité et des services publics, confrontés de
plus en plus fréquemment aux comportements
agressifs ou violents. Les auteurs de tels actes
contre des policiers, des gendarmes ou le

personnel de l'administration pénitentiaire
continueront à faire l'objet de défèrements
systématiques. Il convient de rester vigilant à la
protection de ceux qui œuvrent au service, pour
l'aide ou la protection de nos concitoyens.
Nous poursuivrons notre action concernant les
atteintes aux personnes les plus vulnérables,
qu'il s'agisse des mineurs en danger, des
personnes âgées victimes des violences ou de
la cupidité d'auteur sans scrupules mais aussi
comme nous l'avons développé au cours des
mois écoulés pour la protection des femmes
victimes de violences conjugales.
La réorganisation des services du Parquet, des
instructions de poursuites très fermes à l'égard
des conjoints violents, le développement des
mesures d'éloignement ou, sans attendre le
jugement sur le fond, la mise en place de
procédures de requêtes afin d'obtenir des
ordonnances de protection du juge aux affaires
familiales, enfin le développement avec
discernement de la mise à disposition de
téléphone grand danger permettant aux
femmes d'obtenir une aide d'urgence sont autant
d'actions à développer en 2013 pour l'accueil et
la prise en charge des victimes mais aussi
l'identification rapide et la répression des auteurs
de ces violences.
Notre action ne saurait faiblir concernant les
violences d'appropriation, les vols de bijoux dont
l'augmentation rend nécessaire le renforcement
des enquêtes relatives aux filières d'écoulement.
La mobilisation des services de police et une
réponse adaptée devront être poursuivies en ce
qui concerne les cambriolages dont le nombre
a augmenté de façon significative.
L'identification des véritables groupes de
malfaiteurs et les filières d'écoulement des
objets dérobés devront être intensifiées, le
recours
systématique
aux
travaux
d'identification de police technique et
scientifique envisagé.
3 - Enfin j'évoquerai une dernière action
prioritaire de notre Parquet, celle de notre
participation effective à la mise en place puis
aux actions à mener dans le cadre des Zones
de sécurité prioritaire dites Z.S.P.
J'ai immédiatement accepté la proposition qui
m'a été faite dans le courant de l'été par
Monsieur le Préfet de co-diriger avec lui la
cellule opérationnelle mise en place dans ce
cadre et je me suis investi dans la préparation
et les propositions de Zones de sécurité
prioritaires susceptibles d'être retenues dans
notre département.
Trois Zones de sécurité prioritaire ont été
retenues : Argenteuil ; Sarcelles ; Fosses et
Louvres.
Le parquet s'impliquera pleinement dans la
mise en œuvre de ces nouveaux dispositifs
tendant à traiter en priorité certains types de
délinquance dans des zones géographiques
délimitées.
Il conviendra de mettre en oeuvre un suivi tout
particulièrement attentif aux infractions
commises dans ces zones, de veiller à apporter
aux auteurs des infractions graves une réponse
judiciaire rapide.
Un suivi attentif des enquêtes les plus
complexes qui seront diligentées par des
services spécialisés à l'occasion des trafics où
des faits de délinquance organisée ou
d'économie souterraine seront mis en oeuvre.
Des référents ont été désignés, il s'agit des

Les Annonces de la Seine - jeudi 4 avril 2013 - numéro 22

3

Rentrée solennelle
procureurs
adjoints,
je
me
suis
personnellement impliqué dans le
fonctionnement de la cellule opérationnelle et
le suivi du traitement de la délinquance sur la
Z.S.P. d'Argenteuil.
Ainsi au travers de ces structures nous
contribuerons à la mise en commun de toutes
les capacités de prévention et de traitement
de la délinquance sous ses aspects ciblés que
sont la délinquance des mineurs, les trafics de
stupéfiants et l'économie souterraine qui
gangrène certains quartiers et rendent la vie
de nos concitoyens parfois si difficile.
Je souhaite poursuivre les contacts
indispensables engagés avec les élus et
particulièrement les maires.
J'ai pu rencontrer nombre d'entre eux dans leur
commune et certains sont venus au Tribunal.
Ces rencontres nous ont permis d'échanger
sur la situation de leur commune et les

problèmes locaux relevant de mes attributions.
Ces échanges fructueux ont permis la mise en
oeuvre d'un certain nombre d'actions que je
ne souhaite pas évoquer en détail afin de
préserver l'efficacité des enquête en cours.
Concernant la commune de Cergy, la création
d'un Groupe Local de Traitement de la
Délinquance est actuellement envisagé. (…)
Le programme est vaste, il n'est pas ambitieux
mais conditionné par des situations qu’il nous
revient de traiter.

Conclusion
Je voudrais rendre hommage à tous ceux qui
participent et participeront au cours de cette
année à l'œuvre de Justice : au personnel de
l'administration
pénitentiaire,
aux
fonctionnaires de la protection judiciaire de la
jeunesse, des services d'insertion et de

Un seul chiffre, non pour se plaindre, mais pour
expliquer les choix auxquels nous sommes
confrontés en permanence pour faire face à
l’ensemble des tâches que la loi nous confie. Le
logiciel Outigref de décompte des emplois de
fonctionnaires de greffe nécessaires pour faire
face à l’activité de la juridiction, tel qu’il vient
d’être remis à jour, évalue ces emplois, pour le
Tribunal de grande instance de Pontoise, à 217,
soit près d’une cinquantaine de fonctionnaires
de plus que ceux effectivement présents à ce
jour dans la juridiction.

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Renaud Le Breton de Vannoise

Il n’est pas utile de discourir davantage sur les
difficultés du quotidien pour traiter les affaires
à tous les stades des procédures.

Quatre commentaires sur
l’activité judiciaire 2012

L’institution judiciaire,
pilier de l’Etat de droit
par Renaud Le Breton de Vannoise

ette rencontre annuelle, qui parfois
brave les intempéries, entre les
autorités, les grands élus, les différents
acteurs de ce département, et les
membres de l’institution judiciaire dans le cadre
solennel de l’audience de rentrée, ne doit pas
être regardée comme une austère formalité
imposée par le Code de l’organisation judiciaire.
Bien au contraire, elle est l’occasion, pour notre
Tribunal de grande instance et les Tribunaux
d’instance du ressort, de rendre compte de leur
activité et ainsi non seulement d’honorer une
obligation légale, voire constitutionnelle, mais
aussi de s’arrêter pendant quelques dizaines de
minutes sur le fonctionnement d’une institution
essentielle à la régulation sociale et pilier de
notre Etat de droit.

C

4

probation, aux magistrats consulaires aux
représentants des conseils de prud'hommes
mais aussi aux officiers ministériels, Notaires,
Huissiers de justice, conciliateur, expert, délégué
des Procureurs, responsables des personnels du
secteur associatif et de l'aide aux victimes.
Je voudrais aussi adresser mes remerciements,
mes encouragements, et mes félicitations pour
la qualité du travail accompli à mes collègues
du Parquet qui avec compétence, disponibilité,
loyauté, animés d'un sens élevé de leur mission
assurent, de jour comme de nuit sous ma
direction les multiples tâches qui incombent au
Parquet, de l'exercice de l'action publique à la
participation aux politiques partenariales.
L'année 2013 est déjà engagée mais il n'est pas
trop tard pour vous adresser des voeux de
bonheur et de réussite dans vos activités.
La tâche est importante, elle n'est pas facile alors
je vous propose mes chers collègues de faire
nôtre la devise de Guynemer « faire face ».(...)

C’est dire l’importance, comme nous le
réaffirmons chaque année avec le sentiment
heureux d’être compris, de votre présence à
cette audience, donnant du sens à ce que nous
faisons, magistrats et fonctionnaires de cette
juridiction. Soyez en très sincèrement remerciés.
(...)

Les grandes tendances de
l’année 2012
Pour ne pas alourdir cette audience, comme à
l’habitude, un dépliant a été distribué pour
présenter le résultat de l’activité 2012, ce qui
nous permettra, à Monsieur le Procureur et à
moi-même, de nous en tenir à quelques
commentaires.
Cette juridiction est un véritable paquebot, dont
nous essayons de maintenir la barre, Monsieur
le Procureur et moi-même, en dépit des
éléments hostiles et des récifs qui ne manquent
pas d’endommager régulièrement la coque et
de secouer ses passagers.

Premier commentaire : (...) l’année 2012 aura
été fortement marquée par le déploiement de
l’application CASSIOPEE au sein de notre
juridiction. Je tiens à mon tour à remercier, à
travers vous Monsieur le Directeur de greffe,
les fonctionnaires de cette juridiction dont font
partie -c’est l’occasion de le rappeler- les
fonctionnaires des Maisons de Justice et du
droit, pour avoir su négocier ce tournant majeur
dans notre organisation. Il reste que l’adoption
de cet application par notre juridiction n’est pas
encore une adoption plénière et que nous allons
continuer à nous employer en 2013 à
développer cette culture de chaine unissant les
services du Parquet et les services du Siège et à
rechercher un meilleur fonctionnement
d’ensemble. Nous attendons aussi beaucoup des
évolutions annoncées de cet application,
notamment dans le domaine de l’instruction.
Elles devaient arriver en 2012. Nous formons
le vœu qu’elles arrivent effectivement en 2013.
Le deuxième commentaire porte sur l’activité
pénale : cette année 2012 aura aussi été marquée
par une action vigoureuse visant à désengorger
l’audiencement des affaires pénales lourdes qui
se sont accumulées à l’époque du jugement de
l’affaire du crash du Concorde. Il convient de

Les Annonces de la Seine - jeudi 4 avril 2013 - numéro 22

Rentrée solennelle
rappeler que le Tribunal de grande instance de
Pontoise est la juridiction qui connaît le plus
grand volume de saisines du Tribunal
correctionnel au sein du ressort de la Cour
d’appel de Versailles. Cette action de
désengorgement s’est traduite par, comme cela
vient d’être souligné, une politique très ferme,
concertée avec notre Barreau et assumée à l’égard
de tous les autres de lutte contre les renvois, qui
sont un véritable gaspillage de moyens en matière
pénale, mais aussi par la création d’un nombre
important d’audiences pénales spéciales,
organisées en plus des audiences correctionnelles
habituelles quotidiennes dont l’audiencement
est déjà saturé pour de nombreux mois. Ces
audiences spéciales, qui, sont créées non
seulement pour juger des affaires concernant des
détenus soumises à des délais légaux aussi brefs
qu’impératifs, mais aussi pour juger d’affaires
lourdes nécessitant un temps d’audience d’une
demi-journée à trois jours bien que
statistiquement, chacune des affaires ainsi jugée
ne compte pour une unité.
Cet effort, qui a mobilisé au-delà des magistrats
habituellement affectés aux fonctions pénales
et qui s’ajoute à une contribution permanente
de deux magistrats du siège aux formations de
la Cour d’assises, laquelle a siégé quasiment sans
discontinuer en 2012 dans notre juridiction, ne
pourra pas être maintenu à ce niveau en 2013.
J’ai bien senti que la limite du raisonnable en
terme de charge avait été atteinte, voire dépassée
au cours de certaines périodes, tant pour les
magistrats que pour les fonctionnaires de greffe.
En 2012, les greffiers du service correctionnel
ont accumulés 2273 heures supplémentaires,
malgré le volume encore croissant des
jugements dont la rédaction n’est pas finalisée.
Dès lors, il a été décidé, sous réserve des affaires
déjà audiencées pour les mois qui viennent, de
réserver des plages sur les audiences habituelles
pour recevoir ces dossiers. Ceci annonce, toute
chose égale par ailleurs notamment en termes
d’effectif, une baisse vraisemblable du nombre
d’affaires jugées en correctionnelle en 2013. D’où
notre souci commun, avec Monsieur le
Procureur ainsi qu’il l’a expliqué d’articuler au
mieux la politique pénale du Parquet et la
capacité de traitement des magistrats du Siège
et des effectifs de greffe et d’utiliser toutes les
voies procédurales existantes pour maintenir
au plus élevé, compte tenu des moyens
disponibles, le traitement des affaires pénales.
S’agissant du nombre d’informations judiciaires,
celui-ci est en hausse en 2012, cette tendance
nous conduisant à envisager de réactiver le 8ème
poste de Juge d’instruction, mis en sommeil
dans la perspective abandonnée de la
suppression du Juge d’instruction.
Le troisième commentaire porte sur les services
qui ont souffert. L’activité civile est demeurée
soutenue, le nombre de décisions rendues en
matière d’affaires familiales étant très supérieur
à ce qu’il a été au cours des années précédentes,
tandis que le nombre de décisions rendues par
les Chambres civiles est demeuré stable, malgré
la désorganisation de la deuxième Chambre
civile au cours du dernier trimestre consécutive
au départ de deux magistrats.
Mais deux services ont particulièrement
souffert, celui de l’application des peines,
marqué par des vacances et des maladies, et
surtout celui des mineurs, dont trois des huit

magistrats étaient, au cours de l’année 2012, en
congé maternité, parfois suivis de congés
parentaux. Autant dire que l’année a été
particulièrement difficile pour ce service, affecté
qui plus est par l’agression physique d’un des
juges en pleine audience.
Cette situation de pénurie nous a conduits à
définir des priorités, et à privilégier l’assistance
éducative - qui concerne rappelons-le les
mineurs en danger -, sur l’activité pénale,
expliquant la baisse de cette dernière. Un plan
d’action articulé entre le Siège et le Parquet, a
d’ores et déjà été défini pour remédier aux
retards pris en matière pénale et retrouver, à
terme, un fonctionnement normal du service,
sauf nouvel imprévu affectant les effectifs.
Sans le concours de magistrats placés, la
situation eût été plus difficile encore. C’est
l’occasion de vous remercier, Monsieur le
Premier Président, de l’attention que vous
portez à notre juridiction et de votre appui, que
nous savons bien entendu devoir partager avec
les autres juridictions du ressort, connaissant
elles-mêmes des difficultés de même nature.
Un quatrième et dernier commentaire sur
l’activité 2012 pour évoquer la nouvelle
compétence du Juge des libertés et de la
détention en matière d’hospitalisation sous
contrainte. Il convient de rappeler que toute
hospitalisation complète sous ce régime doit
faire l’objet d’un contrôle systématique du Juge
à 15 jours, puis à 6 mois de l’admission, ce Juge
pouvant être par ailleurs saisi à tout moment.
Depuis le 1er janvier 2013, le Juge judiciaire est
devenu compétent, au lieu et place du Juge
administratif, pour statuer dans le domaine des
hospitalisations sans consentement, sur la
légalité des décisions administratives et sur la
réparation des irrégularités. 1426 décisions ont
été rendues par ce Juge au cours de l’année 2012,
soit plus de 100 par mois. Cette fonction est
exercée in situ dans les établissements
hospitaliers, choix guidé par le souci de ne pas
ajouter à leur trouble en les faisant comparaître
au sein du Tribunal, les personnes atteintes
momentanément ou durablement d’une
maladie mentale nécessitant une restriction de
leurs libertés. Pour faire face quotidiennement
à cette mission, celle-ci a été intégrée à notre
pôle de l’urgence et des libertés, dont la charge
s’accroît, ce qui démontre combien, au-delà de
l’activité strictement pénale, l’intervention du
Juge judiciaire, garant de la liberté individuelle,
se fait de plus en plus dans l’action, et partant,
dans l’urgence.

Les perspectives 2013

Agenda

RENCONTRE BANQUE & DROIT

Restructurations et faillites :
les enjeux du droit des entreprises
en difficulté pour notre économie
Rencontre le 9 avril 2013
Amphithéâtre Thomson Reuters Transactive
6/8 boulevard Haussmann
75009 PARIS
Renseignements : Magali Marchal
01 48 00 54 04
marchal@revue-banque.fr

2013-256

LES 17ÈMES ASSISES DES MAIRES
D’ILE DE FRANCE

Débats sur les enjeux
incontournables des collectivités
Les 9, 10 et 11 avril 2013
Au Parc Floral de Paris
Esplanade du Château de Vincennes
Avenue du Château
94300 VINCENNES
Renseignements : Eugénie Dautel
01 47 64 19 80 – 06 60 10 86 30
eugenie@openspace.fr

2013-257

TRIBUNAL DE GRANDE INSTANCE
DE BOBIGNY

Les états généraux
des droits des victimes
le 12 avril 2013
Palais de Justice
Salle de la Cour d’Assises numéro 1
173, avenue Paul Vaillant Couturier
93000 BOBIGNY
Renseignements : 01 41 60 80 80
avocats@avocats-bobigny.com

2013-258

CHAMBRE DES NOTAIRES DE PARIS

La famille dans tous ses états
Colloque le 17 avril 2013
Ecole du Notariat
Amphithéâtre Claude Thibierge
10, rue Traversière
75012 PARIS
Renseignements : Elise Erout 01 44 82 24 32
2013-259
elise.erout@paris.notaires.fr

UNION INTERNATIONALE DES AVOCATS

Les perspectives 2013, au-delà des thèmes déjà
évoqués fournissent de belles occasions de
mobilisation.
Les unes s’inscrivent dans le fonctionnement
interne de la juridiction :
- chaque service a ses objectifs propres tenant
compte des enjeux du moment et des moyens
du service, certains ayant déjà été évoqués à
l’instant en conclusion des résultats de l’activité
2012 ; ces objectifs passent souvent par des
réorganisations et visent une plus grande
fluidité du traitement judiciaire. Ce sera

4ème Forum Droits des affaires
Gouvernance d’entreprise :
le rôle des dirigeants
dans un nouvel environnement
Séminaire les 12 et 13 avril 2013
Maison du Barreau
2, rue de Harlay
75001 PARIS
Renseignements : 01 44 88 55 66
uiacentre@uianet.org
www.uianet.org

Les Annonces de la Seine - jeudi 4 avril 2013 - numéro 22

2013-260

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Photo © Jean-René Tancrède - Téléphone : 01.42.60.36.35

Rentrée solennelle
Cette démarche, dont les magistrats ne peuvent
que souhaiter le succès, invite toutes les
composantes de la société et, bien entendu les
professionnels de la justice, à nourrir dans la
sérénité, la réflexion sur un sujet aussi essentiel
à la concorde sociale.
C’est ce que nous voudrions aborder.
Certaines données légales doivent être d’abord
rappelées.
Le juge correctionnel, dans l’état actuel de la
législation, est tenu de ne prononcer des peines
d’emprisonnement ferme « qu'en dernier
recours » sauf condamnation en récidive.
Si néanmoins une peine d’emprisonnement est
prononcée, c’est au stade de l’aménagement des
peines que des alternatives à la détention pure
et simple doivent être recherchées.
particulièrement le cas, cela a été souligné, pour
ce qui concerne la chaine pénale.
- Des difficultés nous sont déjà annoncées. Je
pense à la réduction des juges de proximité en
fonction ; alors que onze postes de Juges de
proximité nous sont ouverts, il n’en restera plus
que 5 en fonction à l’heure alors que nous est
annoncé le report de la réforme visant à la
suppression de la juridiction de proximité,
réforme dont la perspective n’a évidemment
pas suscité un élan particulièrement
enthousiaste de candidatures nouvelles de
personnes répondant exactement au profil. Le
Tribunal d’instance de Pontoise devra
notamment assurer la continuité de la
juridiction de proximité, sans Juge de proximité.
- chaque service continuera de contribuer,
comme en 2012, sous une forme ou sous autre,
à la sécurisation du fonctionnement d’ensemble
de la juridiction, aucun contentieux ne pouvant
demeurer en souffrance au prétexte d’une
insuffisance de moyens, même si l’on doit se
résoudre à accepter ici ou là un mode de
fonctionnement provisoirement dégradé. C’est
ainsi qu’un Cabinet vacant du service de
l’application des peines et qu’un poste de Juge
au Tribunal d’instance de Pontoise pour soutenir
le pôle départemental du surendettement créé
au siège de cette juridiction sont tenus
provisoirement par des magistrats du service
général du Tribunal de grande instance et
qu’inversement, chaque magistrat du Siège
contribue aux formations de jugement en
matière pénale, tant en correctionnelle qu’aux
assises. C’est cette forme de solidarité des
services qui, à mon sens, fait la force de la
juridiction dans les difficultés traversées.
D’autres perspectives intéressent le partenariat
entre la juridiction et certains de ses
interlocuteurs.
Ainsi, l’année 2013 est celle du transfert de la
mission des translations judiciaires des
personnes sous écrou pour assister aux
audiences et actes de procédure, jusque-là
assurés par les services de police, par
l’administration pénitentiaire. Les premiers
retours de cette réforme localement très bien
préparée avec l’administration pénitentiaire et
facilitée dans notre ressort par la proximité de
l’établissement pénitentiaire principalement
utilisé, sont positifs. Nous tenions à saluer nos
interlocuteurs de l’administration pénitentiaire
pour leur engagement.
L’année 2013 sera aussi celle d’un partenariat
développé avec les associations qui œuvrent dans

6

le domaine de la médiation, ce mode alternatif
de résolution des litiges faisant l’objet d’une action
spécifique tant à la première Chambre civile
qu’au service des affaires familiales.
L’année 2013 sera enfin celle de la généralisation
de la communication électronique dans le cadre
de la mise en état des dossiers en matière civile,
domaine dans lequel notre ressort a pris un
important retard malgré la signature d’une
convention entre le Tribunal et le Barreau en
juillet 2010. La réticence opposée aux nouvelles
technologies, si elle a pu être justifiée à un
moment donné par de compréhensibles
inquiétudes, ne peut plus être de mise
aujourd’hui. Elle singulariserait notre ressort de
façon peu flatteuse.

La mise en œuvre
de la circulaire de
Madame la Garde des Sceaux
Il est d’usage, lors des audiences solennelles de
rentrée, d’aborder des thèmes d’actualité
judiciaire. Nous nous sommes mis d’accord,
Monsieur le Procureur et moi-même, afin de
ne pas alourdir nos audiences, d’alterner, chaque
année, nos interventions tant que nous serons
l’un et l’autre, chefs de cette juridiction.
Nous avons convenus que, cette année, le siège
ouvrirait le ban.
Par circulaire en date du 19 septembre 2012,
Madame la Garde des sceaux a fait connaître
sa politique pénale dont un volet, et non des
moindres, porte sur l’aménagement et
l’exécution des peines. Y est notamment rappelé
le principe directeur de l’exécution des peines
posé par l’article 707 du Code de procédure
pénale qui est de favoriser, dans le respect des
intérêts de la société et des droits des victimes,
l’insertion ou la réinsertion des condamnés ainsi
que la prévention de la récidive.
Dans le même temps, Madame la Garde des
sceaux a décidé la mise en place d’une
conférence de consensus sur la prévention de
la récidive. Celle-ci a pour objectif d’établir un
état des lieux des connaissances et des
expériences en la matière, tant en France qu’à
l’étranger, de rechercher ensuite les méthodes
et pratiques professionnelles susceptibles de
faire évoluer la situation dans notre pays,
d’objectiver les termes du débat et de les mettre
à la disposition du grand public.

Le dispositif législatif de l’application des
peines, créé en 1958 dans un souci
d'individualisation de la peine, n’a cessé depuis
de se développer. Parallèlement, les peines
alternatives à l’emprisonnement, apparues en
1975, se sont multipliées avec notamment, la
création de la peine de travail d’intérêt général
en 1983.
Deux étapes importantes ont marqué en ces
matières les dernières années :
- la première est celle issue de la loi du 9 mars
2004 qui a créé l’article 723-15 du code de
procédure pénale généralisant l’intervention du
juge de l’application des peines au bénéfice de
tout condamné, non incarcéré, à une peine
inférieure ou égale à un an d’emprisonnement
ou dont le reliquat de peine, déduction faite de
la détention provisoire, est inférieure à ce seuil
afin de déterminer les modalités de l’exécution
de la peine en considération de sa situation
personnelle ;
- la seconde est celle issue de la loi pénitentiaire
de novembre 2009 qui a ouvert le champ
d’intervention ab initio du juge de l’application
des peines aux condamnations ou aux reliquats
de condamnation inférieurs ou égaux non plus
à un an d’emprisonnement, ce critère ne
demeurant que pour les condamnations en
récidive, mais à deux ans d’emprisonnement.
Ce texte a créé, sans le dire, une forme de droit
pour tout condamné remplissant les conditions,
à voir sa peine aménagée, c'est-à-dire voir sa
peine fractionnée, suspendue, ou exécutée en
semi-liberté, en placement à l'extérieur, en
placement sous surveillance électronique ou en
libération conditionnelle ab initio ou davantage
encore, en voyant sa peine purement et
simplement convertie en une peine alternative,
par exemple, en une peine de jours-amendes.
Cette construction légale relative à l’application
de la peine en milieu ouvert ajoutée à celle,
relative au milieu fermé, portant sur la libération
conditionnelle et l’ensemble des mécanismes
d’anticipation de la libération du détenu
condamné, sont justifiés par l’idée que toute
personne entrant en prison en ressortira et que
le but social visé par la peine est avant toute
chose qu’au terme de celle-ci, le condamné soit
moins, voire ne soit plus exposé au risque de
réitération de faits délictueux.
Les fonctions expiatoires, de neutralisation
momentanée et d’intimidation de la peine
cèdent le pas, dans la conception de la loi
actuelle, à la conviction que c’est par sa
réinsertion sociale que le condamné a le plus

Les Annonces de la Seine - jeudi 4 avril 2013 - numéro 22

Rentrée solennelle
de chance d’emprunter la voie de ce que l’on
appelle la désistance, c'est-à-dire le processus
de changement de la personne qui conduit à
l’abandon de la délinquance. Pour les
spécialistes, cette conception n’est pas sans
rappeler le courant de la défense sociale
nouvelle reposant sur le manifeste de Marc
Ancel publié en 1954.
Cela étant rappelé, nous souhaiterions
contribuer à la réflexion soumise à la conférence
nationale en posant 5 questions, suggérant peutêtre parfois leur réponses, mais comme le disait
Kafka, et vous comprendrez rapidement que le
choix de citer cet auteur ne doit que peu au
hasard : « les questions qui ne se donnent pas de
réponse elles-mêmes en naissant n’obtiennent
jamais de réponse ».

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Première question : Le dispositif sur l’application
des peines, face à la masse des dossiers, ne
relève-t-il pas actuellement davantage d’un
mode de gestion des flux que de mesures de
lutte contre la récidive ?
Chacun le sait, les prisons sont surpeuplées.
Selon un rapport de la commission des lois du
Sénat et de la commission pour le contrôle de
l’application des lois, déposé en juillet 2012, le
nombre de personnes détenues est passé de
61656 au 1er juin 2010 à 66 915 au 1er juin 2012.
Le parc pénitentiaire était de 57 236 places au
1er janvier 2012. En 2013, il atteindra 61200
places à l’achèvement du programme de
création de « 13 200 places ».
Entre le 1er septembre 2001 et le 1er septembre
2009, toujours selon ce rapport, le nombre de
personnes détenues en Allemagne diminuait
de près de 7% passant de 96 pour 100 000 à 89
pour 100 000 tandis qu’il augmentait de 31% en
France, passant de 77 pour 100 000 à 96 pour
100 000. Les faits de violence entre détenus
croissent à mesure qu’augmente la population
carcérale, et avec elle, dans une moindre mesure
toutefois, les agressions à l’égard du personnel
pénitentiaire.
Dès lors, une question se pose : contrairement
au reproche qui leur est habituellement fait, les
juges français incarcèrent-ils trop ? Et que serait
l’état des prisons françaises sans le dispositif
législatif de l’application des peines ?
Mais un problème, hélas, ne se résout pas en le
déplaçant.
Le flux massif et inexorable des dossiers de
personnes condamnées se déversent sur les
magistrats en charge de l’application des peines

et les agents des services pénitentiaires
d’insertion et de probation.
Dans un tribunal comme Pontoise, le service
de l’application des peines est composé de
5 magistrats du Siège appelé JAP, de
9 fonctionnaires de justice. Il mobilise bien
entendu des magistrats du Parquet. Ce service
travaille en liaison avec un service pénitentiaire
d’insertion et de probation dont les capacités
de traitement ne peuvent pas non plus être
ignorées.
A réception de la circulaire de politique pénale
de Madame la Garde des sceaux, nous avons
décidé, Monsieur le Procureur et moi-même,
en lien avec les magistrats en charge de
l’application des peines, de procéder à un audit
de notre chaîne pénale en partant du service
correctionnel afin de mesurer notre capacité à
appliquer la politique voulue.
Il est prématuré de tirer précisément les
conclusions de cet audit pratiqué en interne. Ce
que nous savons d’ores et déjà, c’est que
1 600 dossiers relevant de la procédure de
l’article 723-15 prévoyant rappelons-le
l’intervention systématique des juges de
l’application des peines pour tout condamné
non incarcéré à une peine inférieure ou égale à
deux ans d’emprisonnement, ou un an en cas
de récidive, sont en attente d’une décision du
juge de l’application des peines, répartis dans
les différentes piles constituées à chaque étape
du circuit. Or, la loi ne donne que 4 mois au Juge
de l’application des peines pour statuer alors
qu’il nous en faut en moyenne plus de douze.
De plus, cette masse ne permet pas aux
magistrats de consacrer à chaque cas tout le
temps qui serait nécessaire, tant au stade du
choix de la mesure qu’à celui de son suivi, même
si le législateur, conscient de la difficulté, a prévu
que certains pouvoirs du Juge peuvent être
délégués au directeur du service pénitentiaire
d’insertion et de probation, dont l’équipe est
elle-même très chargée, au point que ce service,
par une mesure nationale, a été déchargée des
investigations pré-sentencielles pourtant
essentielles à la connaissance de la personne
présentée à la justice et au choix d’une peine
adéquate.
Deuxième question, découlant de la première,
dans le système actuel, le condamné est-il placé
au cœur du processus de l’individualisation de
sa peine en tant qu’acteur préoccupé de sa
réinsertion ?

On l’a dit, le juge de l’application des peines est
automatiquement saisi ab initio de la quasitotalité des condamnations correctionnelles à de
l’emprisonnement ferme. Le Juge, dans le souci
d’éviter l’échec de l’exécution des mesures qu’il
ordonne, s’efforce d’obtenir l’adhésion du
condamné. Dans certains cas, la loi l’y oblige.
Mais le condamné, jouissant d’une forme de droit
à voir sa peine exécutée selon les modalités les
mieux adaptées à sa personnalité et à sa situation
matérielle, familiale et sociale, n’est-il pas en
situation de se conduire davantage comme le
bénéficiaire d’une prestation de la société qu’en
personne contrainte devant payer sa dette ?
Il a parfois même le temps pour lui. S’il n’a pas
donné suite à une première tentative
d’aménagement de sa peine, le condamné peut,
au moment où celle-ci est mise à exécution,
solliciter le bénéfice d’une deuxième tentative
d’aménagement, et reprendre rang dans la pile
des dossiers en attente, ce que les techniciens
appellent le « rejapage », terme qui devrait
trouver place, c’est certain, dans une prochaine
édition du Larousse.
Troisième question : par touches législatives
successives, notre procédure pénale n’est-elle
pas profondément heurtée dans sa cohérence
initiale ?
Le fait est que le juge de l’application des peines
porte un nom qui ne correspond plus à la réalité
de ses attributions. D’application des peines, on
est passé à aménagement, et d’aménagement à
conversion. Si Napoléon décrivait aujourd’hui
notre procédure pénale, quel juge qualifieraitil de plus puissant de France ? Dès lors, quelle
est la logique d’un système ou un Juge unique
est légalement invité, sinon tenu de défaire dès
le lendemain ce qu’une formation souvent
collégiale de jugement a décidé la veille.
Et c’est ce qui conduit à la quatrième question :
Comment les magistrats peuvent-ils concilier
dans leurs différentes responsabilités
juridictionnelles le message de fermeté délivré
par la loi du 10 aout 2007, dite loi sur les peines
planchers instaurant l’obligation pour le juge de
prononcer des peines d’emprisonnement ferme
comportant un quantum minimum appliqué
aux prévenus poursuivis en récidive et la loi
pénitentiaire du 24 novembre 2009 qui invite les
juges à ne pas incarcérer les personnes
condamnées à de l’emprisonnement ferme ou à
libérer les détenus avant le terme de leur peine ?

Eric Maurel, Henri Genin et Yves Jannier
Les Annonces de la Seine - jeudi 4 avril 2013 - numéro 22

7

Rentrée solennelle
Prenons l’exemple d’un vol simple en récidive.
Le juge correctionnel doit prononcer une peine
d’un an d’emprisonnement ferme en application
de la loi de 2007. Sitôt cette peine effectivement
prononcée, le dossier sera avant exécution, en
application de la loi de 2009, soumis au juge de
l’application des peines pour aménagement. De
la même façon, comment concilier l’esprit de
cette loi de 2009 généralisant le principe
d’aménagement des peines avec celui de la loi
du 10 août 2011 aggravant les conditions de la
libération conditionnelle, créant, dans un souci
de sévérité, les citoyens assesseurs au Tribunal
correctionnel comme à l’application des peines
et instituant le Tribunal correctionnel pour
mineur. Comment faire comprendre aux
justiciables l’intelligence d’un tel système que
souvent le magistrat a lui-même les plus grandes
difficultés à saisir ?
Cette question de l’emprisonnement ferme à
titre de peine rappelle les vicissitudes des textes
successifs sur la détention provisoire. Ainsi, un
magistrat qui a pris ses fonctions au début des
années 1990 a dû réapprendre très exactement
10 fois l’article 144 du Code de procédure pénale
qui définit les conditions auxquelles est soumis
le placement en détention provisoire,
spécialement au regard de la notion de trouble
à l’ordre public , la dernière version datant du
26 novembre 2009. Trois de ces versions ont
été en vigueur moins de 2 ans, dont l’une moins
de 5 mois, les magistrats étant regardés tantôt
comme incarcérant trop, tantôt comme

n’incarcérant pas assez, la mesure étant réalisée
à l’aide d’un instrument pour le moins instable :
le fait divers ultramédiatisé.
Ce qui conduit de nouveau à la question
suivante, la cinquième et dernière pour cet
exposé : comment résorber l’abîme qui sépare
l’opinion publique des principes qui gouvernent
dans notre droit la lutte contre la récidive.
Pour l’opinion publique, la peine est en quelque
sorte un arbitrage entre le dommage subi par
la victime et la liberté du condamné. Dans cette
conception, plus la peine est clémente, moins
la victime est entendue. D’où le courant
d’opinion qui veut donner à la victime un rôle
plus important encore dans le procès pénal et
lui faire occuper une place jusque-là reconnue
au seul Ministère public.
Une autre idée est très ancrée : la lutte contre
la récidive passe par la dissuasion liée à la
certitude de se voir infliger une peine sévère.
Dans cette conception, toute peine regardée
comme clémente est plus qu’une preuve de
faiblesse, elle est un encouragement à la récidive.
Dès lors, il n’est plus que de conclure : la récidive
caractérise la faute d’une justice qui, soit ne s’est
pas prononcée assez sévèrement, soit a élargi
prématurément le condamné. Cette idée simple
trouve parmi les relais d’opinion des défenseurs
opiniâtres. Or si l’opinion ne comprend pas,
voire ne soutient pas le dispositif légal relatif à
l’aménagement ou la conversion des peines, la
responsabilité des faits de récidive, à l’occasion
de chaque fait divers suscitant un vif émoi, sera

imputée au législateur, ou plus sûrement, la loi
sur les peines planchers étant plus connue du
grand public que la loi pénitentiaire, aux
magistrats qui se trouvent dès lors pris entre les
injonctions par trop contradictoires de la loi et
du peuple. De surcroît, c’est avec le soutien
courageux d’élus et d’associations engagées
qu’est rendu possible l’accueil des condamnés
exécutant un travail d’intérêt général ou une
peine en placement extérieur. Ce type de
mesure, essentielle à la réinsertion, c’est une
évidence, ne peut se développer sans une large
adhésion de la population.
Voilà pour les questions.
Chacun le comprend. L’enjeu de la conférence
de consensus sur la lutte contre la récidive est
immense. Il est triple : la stabilité de la loi, la
cohérence de notre système pénal et l’adhésion
du plus grand nombre.
Si l’ambition est élevée, voire démesurée, c’est
bien pourtant vers cela qu’il faut tendre. Cela
vaut bien que l’on emprunte au théologien
protestant Danois Kierkegaard quitte à la sortir
de son contexte, cette réflexion qui trouve, en
matière de lutte contre la récidive, une bien
pertinente signification : « Ce n’est pas le chemin
qui est difficile, c’est le difficile qui est le
chemin ». Mais n’abandonnons pas la fin de ce
propos à l’auteur du traité sur le désespoir.
(...)
2013-249

Société

Modernisation de l’action publique
Paris, Hôtel de Matignon - 2 avril 2013

Photo © Jean-René Tancrède - Téléphone : 01.42.60.36.35

J

8

ean-Marc Ayrault, Premier ministre, a réuni
le 2 avril le deuxième Comité
Interministériel pour la Modernisation de
l’Action Publique (CIMAP), en présence de
l’ensemble des membres du Gouvernement.
La modernisation de l’action publique est un
élément clé de la stratégie de redressement
conduite par le Gouvernement. Le Premier
ministre a ainsi rappelé que : « Le contexte des
finances publiques est difficile et les efforts à
consentir importants, mais la méthode de la
modernisation de l’action publique est une
réponse pour redonner des marges de manoeuvre
au politique, redonner de la compétitivité à notre
économie, réaffirmer la solidarité qu’incarnent
nos services publics ».

Jean-Marc Ayrault

Cette méthode repose sur une approche globale
de l’action publique, qui ne se concentre pas
seulement sur les administrations de l’Etat, mais
intègre l’action de la sécurité sociale et des
collectivités territoriales pour les politiques
qu’elles conduisent conjointement avec l’Etat.
Elle fait de l’association de l’ensemble des
acteurs, agents publics, partenaires et
bénéficiaires des politiques, une force de
propositions et de changement.

Les ministres sont pleinement responsables des
évaluations des politiques publiques et de la
modernisation de leurs administrations. Le
CIMAP a, à ce titre, permis de constater
l’engagement de l’ensemble des membres du
Gouvernement en faveur de la modernisation
et de la simplification de nos services publics.
En établissant un bilan des travaux engagés
depuis le séminaire de modernisation de l’action
publique du 1er octobre et le CIMAP du
18 décembre dernier, le CIMAP a permis de
constater les premiers résultats concrets déjà
obtenus.
1. Tous les ministères ont élaboré leur
programme ministériel de modernisation et
simplification destiné à améliorer l’action
publique au service des usagers et, par la
réorganisation des missions et des services, à
assurer le respect de la trajectoire des finances
publiques. Une quinzaine d’agences vont d’ores
et déjà être regroupées ou supprimées et la
création de nouvelles agences est désormais
encadrée. 100 commissions administratives ont
été supprimées conformément aux décisions
prises en décembre. La rationalisation des
achats permettra à l’Etat d’é conomiser

Les Annonces de la Seine - jeudi 4 avril 2013 - numéro 22

Société
2 milliards d’euros et 900 millions à l’hôpital. La
mise à disposition des citoyens de nouveaux
jeux de données publiques dans des domaines
stratégiques de l’action publique (sécurité, santé,
vie économique, recherche…) a également été
l’occasion, pour le Premier ministre, de rappeler
l’engagement du Gouvernement en faveur de
l’ouverture des données publiques, exigence
démocratique pour nos concitoyens, mais aussi
véritable enjeu économique.
2. Une démarche sans précédent de réexamen
de l’efficacité des politiques publiques est en
cours. Lors du CIMAP du 18 décembre dernier,
le Gouvernement avait établi un programme
ambitieux d’évaluations de politiques publiques
associant les parties prenantes. Ces politiques
représentent déjà 250 Mds€, soit 20 % de la
dépense publique (1 120 Mds€), et couvrent
tous les champs de l’action publique. Des
diagnostics ont déjà été produits pour 8
évaluations sur les 27 en cours. 13 nouvelles
évaluations sont engagées à compter du mois
d’avril et 9 nouvelles évaluations sont planifiées
pour le second semestre. Sur la durée du
quinquennat, toutes les politiques publiques
seront réexaminées.
3. Le CIMAP a également engagé le « choc de
simplification » souhaité par le Président de la
République pour lever les contraintes qui pèsent
sur la croissance et la compétitivité de notre

économie. Un ensemble de mesures a ainsi été
décidé pour accélérer la simplification des
normes et des procédures pour les entreprises
et les particuliers :
- pour mettre un terme à l’inflation normative,
le Premier ministre a décidé l’application d’un
moratoire général sur les normes. Dorénavant,
aucune proposition de texte réglementaire
nouveau ne sera acceptée si elle ne s’accompagne
pas d’une simplification équivalente.
- dans le domaine de l’urbanisme et de la
construction, dès la fin du mois, huit mesures
immédiates de simplification feront l’objet d’une
adoption accélérée par ordonnance.
- le Gouvernement retient d’ores et déjà
plusieurs propositions préconisées par le
rapport de Messieurs Alain Lambert et JeanClaude Boulard sur l’inflation normative. Ainsi,
conformément à leurs recommandations, pour
alléger immédiatement les contraintes pesant
sur les projets publics et privés, les ministres
seront incités à privilégier systématiquement
une interprétation facilitatrice du droit existant.
Le Premier ministre a signé le 2 avril 2013 une
circulaire aux ministres et aux préfets en ce sens,
qui reprend la proposition figurant dans ce
rapport dont les autres propositions, ainsi que
celles de Thierry Mandon sur les normes
applicables aux entreprises, sont en cours
d’expertise et donneront lieu à des décisions
d’abrogation ou d’allègement de normes avant
la fin du mois d’avril. Le Gouvernement appuie

également la proposition de loi déposée au
Sénat par Jean-Pierre Sueur et Jacqueline
Gourault pour contrôler les normes applicables
aux collectivités locales.
Le Premier ministre a annoncé sa volonté de
mobiliser l’ensemble des agents publics au
service de la simplification. A cet effet, il réunira
avant la fin du mois d’avril les directeurs
d’administration centrale. Toutes les
propositions de simplification des agents
publics, fondées sur leur expérience de terrain,
sont prises en compte dans le cadre de la
démarche en cours « innover et simplifier avec
les
agents
publics
»
(www.innover.modernisation.gouv.fr).
Enfin, dans le cadre des déplacements « portesparolat décentralisés », la porte-parole du
Gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem,
organisera régulièrement, en liaison avec la
ministre chargée de la réforme de l’Etat,
Marylise Lebranchu, des points de rendez-vous
consacrés à la modernisation de l’action
publique permettant d’évoquer les mesures de
simplification décidées par le Gouvernement
et de recueillir les attentes des Français.

Source : Communiqué du 2 avril 2012
2013-251

Simplification administrative
pour les entreprises
« Encore un effort Monsieur Ayrault, on étouffe »

uite aux annonces de Matignon
concernant la simplification des
démarches administratives, Thibault
Lanxade, Président Directeur Général
d’Aqoba, candidat à la présidence du Medef
déclare :

D.R.

S

Thibault Lanxade

« Les entrepreneurs se réjouissent d’avoir été
entendus par le Gouvernement. Mais rappelons
que nous devons répondre aux objectifs du Traité
de Lisbonne de réduire de 20 % les charges
administratives dans les entreprises. Depuis des
décennies, pragmatisme et volonté politique
auraient dû suffire.
Aussi, j’appelle le Gouvernement à accélérer et à
renforcer cette initiative hors coût. Après avoir
ajouté plusieurs couches de paperasses avec les
nouveaux contrats et les nouveaux dispositifs
fiscaux depuis 8 mois, il doit redoubler d’efforts
pour alléger sa machine bureaucratique.

Il faut permettre aux entrepreneurs de libérer du
temps et des fonds pour créer de la richesse. On
ne peut pas courir un marathon dans la glaise
administrative alors que nos voisins trottent sur
des pistes olympiques.
Par ailleurs, je regrette aussi qu’il faille
attendre 2017 pour envisager que l’Etat cesse
d’être un mauvais payeur en passant à des délais
de paiement à 20 jours.
Enfin, je note une avancée vers un meilleur accès
des PME à la commande publique. Cette avancée
va dans le bon sens, pourtant elle manque
d’annonces concrètes.
En tant que promoteur du Small Busines Act au
sein du MEDEF, je m’en félicite mais j’appelle à
la vigilance : il est temps de passer aux actes ».
Source : Communiqué du 3 avril 2012
Agence Press et Vous

Les Annonces de la Seine - jeudi 4 avril 2013 - numéro 22

2013-250

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Société

Autorité de la concurrence
Généralisation de l'assurance complémentaire santé - 29 mars 2013

Le projet de loi présenté en Conseil des Ministres le 6 mars 2013, est actuellement en cours d’e xamen à l’Assemblée Nationale,
il vise à retranscrire les engagements pris par les partenaires sociaux dans le cadre de l’Accord national interprofessionnel
(A.N.I.) conclu le 11 janvier 2013 prévoyant que l’ensemble des salariés bénéficient d’une assurance complémentaire santé.
Nous publions ci-dessous :
- l’avis de l’Autorité de la Concurrence du 29 mars 2013, saisie le 1er février 2013 par l’Association pour la Promotion de
l’Assurance Collective (A.P.A.C.), imposant une mise en concurrence des organismes susceptibles d’être recommandés ou
désignés,
- la lettre ouverte adressée à Monsieur le Président de la République François Hollande par Charles Robinet-Duffo, Président
du Groupe Henner, aux termes de laquelle il lui demande de rétablir la « liberté de choix » afin que les entreprises et les
salariés choisissent librement leur assurance complémentaire santé.
Jean-René Tancrède
A
' utorité de la concurrence recommande
que chaque entreprise garde toute liberté
dans le choix de son organisme
d'assurance complémentaire santé.
Le 1er février 2013, l'Association pour la
promotion de l'assurance collective (APAC) a
saisi l'Autorité de la concurrence d'une demande
d'avis portant sur les effets au plan de l'exercice
de la concurrence de la généralisation de la
couverture complémentaire santé obligatoire

L

prévue par l'accord national interprofessionnel
signé entre des organisations patronales et
syndicales le 11 janvier dernier, que s'apprête à
transposer le projet de loi sur la sécurisation de
l'emploi. Dans son avis rendu aujourd'hui,
l'Autorité de la concurrence émet plusieurs
préconisations afin qu'une concurrence
effective entre les différents acteurs du secteur
de la protection complémentaire collective des
frais de santé puisse être instaurée.

L'accord signé entre les organisations patronales
et syndicales prévoit que l'ensemble des salariés
bénéficient d'une assurance complémentaire
santé.
L'Accord national interprofessionnel (ANI) sur
la sécurisation de l'emploi et la compétitivité des
entreprises, conclu le 11 janvier dernier entre
l'ensemble des organisations patronales et trois
syndicats de salariés sur cinq, prévoit, entre
autres, que des négociations de branche devront
s'ouvrir avant le 1er avril 2013 en vue de
permettre aux salariés qui ne bénéficient pas
encore d'une couverture collective obligatoire en
matière de remboursements complémentaires
de frais de santé, d'accéder à une telle couverture.
Si l'accord prévoit que des négociations seront
menées au niveau de chaque branche
professionnelle par les partenaires sociaux,
il précise que les entreprises restent libres de
retenir le ou les organismes de leur choix.
Le projet de loi du 6 mars 2013, dont l'examen
est prévu par l'Assemblée nationale à compter
du 2 avril prochain, vise à retranscrire les
engagements pris par les partenaires sociaux
dans le cadre de l'ANI. Mais dans son état actuel,
il restreint toutefois la liberté de choix de
l'organisme assureur à certaines situations :
absence d'accord de branche ou accords
prévoyant expressément cette possibilité.
L'employeur pourrait ainsi être contraint, dans
le cas d'un accord de branche comportant une
clause de désignation, de contracter avec
l'organisme ou l'un des organismes assureur
désigné(s) par la branche.
Si les clauses de désignation ne sont pas
contraires, en elles-mêmes, aux règles de la
concurrence, leur mise en œuvre doit être
encadrée pour maintenir la concurrence sur
le marché de l'assurance complémentaire
santé.
Les clauses de désignation, par lesquelles une
branche professionnelle désigne un ou des
organismes assureurs uniques, obligent les
entreprises de la branche à adhérer à l'un des
organismes retenus par les partenaires sociaux,
excluant ainsi le libre choix de l'employeur.
La jurisprudence nationale et européenne ne
les considère pas comme contraires, en elles-

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Les Annonces de la Seine - jeudi 4 avril 2013 - numéro 22

Société
mêmes, aux règles de la concurrence.
Toutefois, les clauses de désignation, surtout
lorsqu'elles s'accompagnent de clauses dites de
« migration », produisent des effets qui sont
susceptibles de restreindre significativement le
libre jeu de la concurrence. En effet, ces clauses
contraignent les entreprises disposant déjà d'un
contrat d'assurance collective à souscrire à
l'organisme désigné par l'accord de branche,
emportent la contrainte, pour les salariés d'une
branche, de cotiser pour une couverture
complémentaire alors qu'ils n'en éprouvent pas
nécessairement le besoin : ils peuvent déjà être
couverts par un contrat individuel ou par un
conjoint et bénéficier de conditions tarifaires
plus avantageuses. Les employeurs, quant à eux,
perdent toute marge de manœuvre pour choisir
un régime de protection complémentaire
adapté à leur entreprise.
Par ailleurs, ces clauses de désignation donnent
aux organismes choisis un avantage compétitif
par rapport à leurs concurrents. Ils peuvent en
effet s'appuyer sur cette position pour proposer
à l'ensemble des salariés de la branche d'autres
produits d'assurances (assurance vie, assurance
retraite...).
Enfin, en l'état actuel du droit, il est difficile voire
impossible, pour un organisme qui ne serait pas
approché par les partenaires sociaux d'être informé
de l'existence d'une négociation, et de pouvoir ainsi
offrir ses services. Cette situation est de nature à
avantager les institutions de prévoyance – gérées
paritairement par les partenaires sociaux euxmêmes – qui représentent déjà 90 % des
désignations au détriment des mutuelles et des
sociétés d'assurance.

collectifs, l'Autorité de la concurrence est
soucieuse qu'un tel basculement s'accompagne
d'une vraie dynamique concurrentielle au
bénéfice des entreprises et des salariés et émet
quatre recommandations.
1. Garantir l'égalité entre les différentes
catégories d'organismes d'assurance collective
Les différents types d'organismes d'assurances
(institutions de prévoyance, mutuelles, sociétés
d'assurance) peuvent être soumis à des
obligations légales et statutaires différentes qui
peuvent restreindre leur capacité à répondre à
certaines dispositions du cahier des charges des
partenaires sociaux, alors qu'ils sont par ailleurs
en mesure de répondre à toutes les autres
exigences. Il est donc nécessaire de prévoir une
harmonisation des régimes applicables aux
différents types d'organismes, notamment sur
la possibilité de financer l'action sociale et la
constitution de droits non contributifs
(versement des prestations alors même que
l'entreprise ne serait pas à jour dans le paiement
de ses cotisations) qui peut être demandée, dans
un but de solidarité, par les partenaires sociaux.
2. Faire primer la liberté de l'employeur dans le
choix de l'organisme d'assurance collective
Ce principe est en effet le mieux à même de
permettre une concurrence effective et non
faussée entre les différents organismes
d'assurance. Il doit, à ce titre, être privilégié.

Les préconisations de l'Autorité de la
concurrence :

3. Les clauses de recommandation ou,
lorsqu'elles sont justifiées, de désignation
doivent nécessairement proposer plusieurs
organismes

Au moment où la réforme va conduire au
transfert de 35,5 milliards d'euros de cotisations
des contrats individuels vers les contrats

La mutualisation des risques par les partenaires
sociaux, si elle peut présenter des risques pour
la concurrence, présente aussi un certain

nombre d'avantages pour les entreprises et doit
donc être rendue possible. Mais l'Autorité
considère que la possibilité pour les partenaires
sociaux de recommander ou de désigner des
organismes doit nécessairement porter sur
plusieurs opérateurs (au moins deux) choisis
après une mise en concurrence effective. Les
employeurs seraient, alors, libres de choisir entre
les offres proposées par les opérateurs
sélectionnés.
4. Imposer une mise en concurrence des
organismes susceptibles d'être recommandés
ou désignés
L'Autorité préconise enfin que la loi impose la
mise en concurrence effective des organismes
d'assurance susceptibles d'être désignés ou
recommandés. La procédure de mise en
concurrence devra être organisée et contrôlée
par un organe ad hoc composé en partie de
personnalités indépendantes, depuis la
définition du cahier des charges jusqu'à la
sélection des mieux-disants. Des règles strictes
d'impartialité et de prévention des conflits
d'intérêts devront être prévues. Cette mise en
concurrence doit concerner la mise en œuvre
de ces clauses ainsi que leur réexamen.
L'Autorité recommande aussi de ramener la
périodicité maximale des clauses de désignation
comme des clauses de recommandation à trois
ans au lieu de cinq ans. Cette disposition devra
également s'appliquer aux conventions en cours.
Pour plus de détails, consulter l'intégralité du
texte de l'avis 13-A-11 du 29 mars 2013 relatif
aux effets sur la concurrence de la généralisation
de la couverture complémentaire collective des
salariés en matière de prévoyance.
Communiqué de presse du 29 mars 2013
2013-252

In Memoriam

Olivier Metzner 22 novembre 1949 - 17 mars 2013
ous êtes parti il y a quelques jours
maintenant et, la pression médiatique
étant retombée, je souhaitais vous
dire deux ou trois mots et surtout,
vous souhaiter bon voyage.

V

Je vous connaissais peu, mais peut-être
beaucoup, à lire tout ce qui a été écrit sur vous.
Jamais, nous ne nous sommes croisés dans
l'exercice professionnel mais je vous ai rencontré
à deux reprises sur le Golfe du Morbihan.
Izenah - l'île aux Moines, festival de la voile, un
bel été, et nous voici tous deux devisant du vent,
de la mer et des bateaux.
Vous étiez particulièrement fier et à juste titre
de votre navire, un code zéro, puissant, élégant
et novateur.
Puis ce fut dans le bourg d'Arradon, une
exposition de tirage de photos du Golfe du
Morbihan datant du début du XXème siècle,
reprises à partir de plaques de verre.

Je vous connaissais peu Monsieur Olivier
Metzner, ou peut-être beaucoup.
Boedic, étymologiquement l’île en friche, que
vous avez si bien rénovée, aménagée, choyée et
préservée.
Boedic, mirage à la sortie de la rivière de Vannes
auprès de laquelle vous avez souhaité demeurer
pour des raisons dont vous garderez le secret
pour toujours. Affres de confrères que parfois,
trop, nous ne soupçonnons pas.

âme de marin, au travers des îles du Golfe, vers
le large, afin d'y rejoindre les grands disparus dont
Éric Tabarly avec lequel vous avez navigué.
À gauche, après votre île, c'est Boed, la grande
sœur, puis on laisse à droite Lern, on navigue entre
Arz et Illur, puis en laissant à gauche, Illuric et
Godec on se glisse entre Stibiden et Govihan.
On laisse Penhap à droite, dans l’autre sens c’eût été
Bois d’amour, on passe dans le courant de la Jument,
Lamor Baden au loin à droite, Er Lannic à gauche.
Une des dernières îles sera Gavrinis et son
tumulus éternel, avant de sortir majestueusement
du Golfe entre Port Navalo et Locmariaquer.
Devant, Meaban, au loin Hoedic, Houat et
Belle-Ile, puis, enfin…l’Océan.

Je vous connaissais peu Monsieur Olivier
Metzner, ou peut-être beaucoup.
Alors, parce que dans chaque Breton il y a un
croyant et parce que dorénavant l'éternité vous
appartient laissez-moi imaginer le voyage de votre

Je vous connaissais peu Monsieur Olivier
Metzner, ou peut-être beaucoup.
Je voulais simplement vous souhaiter, à vous,
homme libre qui chérissiez la Mer… Bon vent.
2013-253
Xavier Chiloux

Un travail émouvant et magnifique dont vous
avez bien naturellement acquis plusieurs
exemplaires qui doivent aujourd'hui trôner dans
la chapelle ou la maison de votre île de Boedic.

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Annonces légales

In Memoriam

Henri Caillavet nous a quittés
13 février 1914 - 27 février 2013

Q

uelques semaines avant la
disparition d’Henri Caillavet,
à l’âge de 99 ans, est paru
sous la plume de JeanFrançois Marchi, avocat au Barreau de
Paris, son ouvrage « La République
d’Henri Caillavet ». En une plume
alerte, l’auteur nous retrace la vie, la
carrière d’un homme politique, d’un
avocat, celle d’une grande figure du
Barreau, d’un homme engagé aux
convictions profondes.
Laïc, républicain, il a occupé des
fonctions ministérielles au plus haut
niveau : Secrétaire d'État à la France
d'Outre-mer du gouvernement René
Mayer (du 10 janvier 1953 au 21 mai
1953), Secrétaire d'État à l'Intérieur du
gouvernement Pierre Mendès France
(du 20 au 25 janvier 1955).
Ayant voté contre les pleins pouvoirs
du Général de Gaulle en 1958, il revient
aux affaires en qualité de législateur :
loi sur le divorce par consentement
mutuel, loi sur la procréation
médicalement assistée, rapporteur de
la loi Veil sur l’avortement. Il fit adopté
sa proposition de loi sur les
greffes
d’organes,
loi
qui

d’ailleurs porte son nom :
« La Loi Caillavet ».
En dépit de l’âge, toujours
actif, il se consacra à
l’Association pour le droit de
mourir dans la dignité
(ADMD) dont il fut plusieurs
fois président.
A. Coriolis
Henri Caillavet faisait
profession du futur. Il mâchait
la prospective comme Victor
Hugo l'alexandrin.
Les
mères
porteuses,
l'euthanasie, le divorce par
contrat notarié dont nous
reparlâmes par la suite : le
quotidien du citoyen était,
par ses interventions,
remodelé sans qu'il s'en
doutât le moins du monde,
et nous étions les témoins du
fourmillement d'idées dont cet homme
avait la passion d'irriguer le travail de
ses collègues du Sénat.
Nous avons assisté pendant des années
à la gésine des bouleversements moraux
et sociaux de l'après-gaullisme.

100 pages - 14,00 €
Edition du Journal de la Corse

2013-254

Décoration

Nathalie Roret
Chevalier de la Légion d’Honneur

R. TANCRÈDE S.A.
Toutes formalités légales
et démarches administratives

01 42 60 36 35
12, rue Notre-Dame des Victoires
75002 PARIS

Rectificatif au numéro 21 du 28 mars 2013,
article 2013-248, page 24. Il faut lire « ce
jeudi 28 février 2013 » et non « ce jeudi 28
février 2012 », à la cinquième ligne du
premier paragraphe.

Photo © Jean-René Tancrède - Téléphone : 01.42.60.36.35

Paris - 26 mars 2013
ans salle des conférences de
la bibliothèque de l’Ordre
des Avocats de Paris, amis et
hautes
personnalités
s’empressaient, ce 26 mars 2013, autour
de Nathalie Roret pour la féliciter de sa
distinction dans le plus grand ordre
national républicain. C’est son confrère
et associé Jean-René Farthouat, ancien
Bâtonnier de Paris et ancien Président
du Conseil National des Barreaux, qui
officiait pour cette émouvante
cérémonie au cours de laquelle il lui a
remis les insignes de Chevalier de la
Légion d’Honneur ; il s’est notamment
exprimé en ces termes :

D

Nathalie Roret

« Chère Nathalie,
Puis-je dire, ma fille,
Je rassure mes propres filles ici présentes,
ce n’est pas une révélation, un coming-

Les Annonces de la Seine - jeudi 4 avril 2013 - numéro 22

out comme il est de bon ton de dire
aujourd’hui. Juste une image.
Une image que je m’autorise pour deux
raisons.
La première est que lorsque l’on travaille
ensemble, quotidiennement depuis vingt
ans et que vous séparent quelques
dizaines d’années – je n’ai pas dit deux
dizaines, ni un tas de dizaines, juste
quelques dizaines, c’e st un indice qui
pourra servir tout-à-l ‘heure – il se crée
des liens qui, pour ne pas être ceux du
sang, s’y apparentent.
La seconde est que vous m’avez dit un
jour où nous discutions de
l’argumentation à développer dans un
dossier – discutions est un doux
euphémisme – « Arrêtez de me regarder
comme cela, je crois voir mon père
lorsque je l’e xcède et qu’il est sur le point
d’éclater ».

23

Décoration

Photo © Jean-René Tancrède - Téléphone : 01.42.60.36.35

Jean-René Farthouat et Nathalie Roret

J’avais déjà beaucoup d’estime et d’amitié pour
Guy Roret, votre père. J’ai ressenti, pour lui, ce
jour-là, une immense sympathie. (...)
Vous serez une étudiante en droit brillante et vous
arriverez au concours d’entrée, à ce que l’on
appelle alors, le « Centre de Formation
Professionnelle des avocats », la première,
recevrez une lettre de félicitations du Professeur
Roger Perrot, qui n’en est pas prodigue et
obtiendrez un poste de chargée de travaux dirigés
à Assas en droit commercial.
Vous êtes rue de Charenton en même temps
qu’Antoine Chatain et Jacques-Antoine Robert
que les hasards de l’e xistence vous feront croiser,
pour l’un dans le cabinet que j’ai fondé avec Mario
Stasi, pour l’autre au Conseil de l’Ordre.
Vous prêtez serment en décembre 1989 et vous
aurez la chance d’être accueillie au cabinet du
Bâtonnier Bernard Baudelot qui a
magistralement dirigé l’Ordre lors de la fusion
de 1971 en affirmant le principe, trop souvent
méconnu, qu’il faut faire simplement des choses
simples.
Vous resterez à ses côtés pendant deux ans, avant
de vous lancer dans un périple américain qui
durera dix-huit mois et dont vous reviendrez avec
plus d’e xpérience que de diplôme.
C’e st sur les conseils de Bernard Baudelot que
vous rejoignez l’avenue Bosquet où nous sommes
avec Mario, installés.
Sans doute n’avons-nous pas pris garde que le
massif central et ses marches étaient en train de
nous envahir.
Je ne m’en plains pas. Loin de là. Mais Vincent
Asselineau et la Creuse, Jean-Christophe
Maymat et le Puy-de-Dôme et enfin l’Allier que
vous représentez constituent une trilogie
redoutable.
Votre tropisme pour les cabinets de Bâtonnier
me porte chance puisque je suis, après Mario, à
mon tour, élu à la tête de l’Ordre.
Vous allez, pendant vingt ans, à mes côtés, aux
côtés de Vincent et puis, très vite, toute seule,
mener des combats passionnants pour défendre
la liberté et l’honneur de ceux qu’on poursuit,
même si nos efforts ne connaissent pas toujours
le succès qu’ils mériteraient !
Mais notre métier est, par essence, un métier où
il ne faut pas craindre l’échec : c’est le droit pénal
et, particulièrement, le droit pénal de la santé et

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de l’environnement qui est votre domaine de
prédilection.
Il ne faut pas voir, dans le choix que vous avez
fait de partager la vie de Didier Rebut, professeur
de droit pénal à Assas, une conséquence de votre
dilection pour cette matière.
C’est bien l’homme que vous aimez et vous avez,
avec vos deux filles, Ariane qui a, je crois, dix ans
et Elvire qui doit en avoir six, vos deux bellesfilles, Diane et Laure, tous les atouts d’une vie
heureuse.
Chaque nouveau dossier est pour vous, non
seulement un challenge qui mobilise votre énergie,
mais aussi l’occasion de nouvelles rencontres.
La capacité d’empathie qui est la vôtre, vous
permet, souvent, de nouer avec ceux que vous
conseillez ou défendez, des liens dont certains
sont durables.
Vous, dont la patience n’est pas la vertu première,
êtes capable de consacrer le temps nécessaire pour
mettre vos interlocuteurs en mesure de vous
expliquer, plus que je ne le crois, pour ma part,
parfois, nécessaire, leur souci et de gagner leur
confiance.
Vous assimilez les données techniques les plus
compliquées et travaillez vos dossiers jusqu’à ce
que vous en connaissiez tous les éléments. (...)
Tout pour être heureuse et, pourtant, vous n’êtes
pas totalement satisfaite.
Vous avez le sentiment qu’il manque à votre vie
une dimension.
Il vous faut dépasser les petits bonheurs et les
satisfactions d’amour propre, en un mot, il est
temps pour vous, de vous mettre aussi au service
des autres. (...)
Vous êtes candidate aux élections au Conseil de
l’Ordre en 2010.
Vous êtes bien sûr élue.
Et vous allez, pendant trois ans, donner à l’ordre
le meilleur de vous-même. (...)
Je crois que rares ont dû être les membres du
conseil qui, comme vous, s’inquiètent de l’ordre
du jour pour pouvoir, si l’un des sujets évoqués
vous est étranger, vous documenter et vous forger
une opinion avant la séance.
Vous allez, sous le bâtonnat de Jean Castelain
puis, pour votre dernière année, sous le vôtre,
Madame le Bâtonnier, participer aux travaux
de multiples commissions et quand je dis,
participer, c’est réellement prendre part.

Je témoigne qu’un jour où je vous ai suggéré, avec
prudence, que votre présence à un rendez-vous
avec un client du cabinet me paraissait
indispensable, et que vous pourriez renoncer à
assister à je ne sais quelle commission, m’être fait,
très sèchement, rétorquer que vous aviez pris des
engagements vis-à-vis de vos électeurs et que vous
entendiez les tenir.
Mais, c’est dans le cadre de la « Commission de
développement durable « « RSE », je précise pour
les non-initiés Responsabilité Sociétale des
Entreprises que vous êtes chargée d’animer aux
côtés d’Yvon Martinet, vice-Bâtonnier que vous
allez donner votre pleine mesure.
Le développement durable et la responsabilité
sociétale des entreprises, c’est un sujet avec lequel
il vaut mieux ne pas plaisanter devant Nathalie
Roret. (...)
Je suis pleinement convaincu que la
Responsabilité Sociale des Entreprises n’est pas
comme le relève, justement, le guide du Conseil
consultatif des Barreaux Européens, une nouvelle
tendance à la mode mais fait partie intégrante
des affaires dans le monde.
Le rapport établi, sous la responsabilité d’Yvon
Martinet, d’Alexandre Moustardier et de vousmême, intitulé « Un ordre partenaire responsable
et durable » montre, clairement et de la manière
la plus convaincante, que le RSE n’e st pas
seulement un problème d’organisation
permettant de se voir attribuer des normes et
d’afficher un bilan carbone honorable mais qu’il
irrigue la totalité de l’activité de l’ordre et que le
bus de la solidarité, Initia Droit, la défense des
droits fondamentaux, la promotion de l’état de
droit, la dématérialisation des échanges et bien
d’autres choses encore illustrent l’engagement
sociétal de notre ordre.
Ce serait mal vous connaitre que d’imaginer que
votre mandat à l’Ordre, terminé, vous alliez vous
repliez sur vos activités professionnelles et votre
vie de famille. (...)
Vous restez membre de la commission de
déontologie plénière, de la commission des conflits
d’intérêts, de la commission culture, de la
commission des omissions financières, d’une
formation disciplinaire et, bien sûr, de la
commission du développement durable,
responsabilité sociétale des entreprises.
Une activité professionnelle accomplie et un
engagement enthousiaste au service de la
collectivité justifiaient que la République vous
décerne cette décoration (...) ».
La volonté de cette avocate spécialiste en droit
pénal de la santé et de l’environnement reflète
ses qualités intrinsèques et la richesse de son
expérience professionnelle.
Reconnue par ses pairs, Nathalie Roret est une
femme courageuse et fidèle dont l’exigence
d’absolu n’a pour rivale que sa constante
recherche de la qualité.
Appréciée pour ses nombreux talents mis au
service des autres avec humanisme et efficacité,
distinguée et élégante, elle sait conseiller et
écouter.
Nous présentons nos chaleureuses et amicales
félicitations à la récipiendaire dont les
compétences et la loyauté sont à l’image de ses
principes moraux qui commandent son
comportement d’éminente juriste vivant une
passion pour le droit.
Jean-René Tancrède

Les Annonces de la Seine - jeudi 4 avril 2013 - numéro 22

2013-255

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