Vous êtes sur la page 1sur 32

LESANNONCESDELASEINE

Jeudi 5 mai 2011 - Numéro 26 - 1,15 Euro - 92 e année

Cour Européenne des Droits de l’Homme Rapport annuel 2010
Cour Européenne des Droits de l’Homme
Rapport annuel 2010
D.R.
D.R.

EUROPE

Cour Européenne des Droits de l’Homme

Brève analyse des principaux arrêts et décisions rendus en 2010 .....2

VIE DU DROIT

Conférence des Bâtonniers

Assemblée Générale du 29 avril 2011 .................................................9

La participation des citoyens au fonctionnement de la justice pénale et le jugement des mineurs

Rapport de Frank Natali et Philippe Joyeux .....................................11

PALMARÈS

Prix 2011 du Cercle Montesquieu ........................................14 XI ème Journée Nationale du Réserviste .................................15

ECONOMIE

Investissements d’avenir.........................................................16

SOCIÉTÉ

Salon de la mort.........................................................................16

DIRECT

Mobilisation des avocats .........................................................17

ILE-DE-FRANCE

Coopération intercommunale des Yvelines ......................18

JURISPRUDENCE..................................................................19

ANNONCES LEGALES ...................................................21

DÉCORATION

Jean-Pierre Duport, Commandeur de la Légion d’Honneur .32

  • L ’année 2010 du soixantième anniversaire de la Convention Européenne des Droits de l’Homme fut importante pour la Cour de Strasbourg. Le Protocole n° 14, adopté dès 2004 par le Comité des Ministres du

Conseil de l’Europe, a été enfin ratifié le 18 février 2010 lors de la Conférence d’Interlaken organisée dans le cadre de la présidence suisse du Comité des Ministres du Conseil de l’Europe. Son entrée en vigueur le 1 er juin 2010, a permis de mettre en œuvre une réforme indispensable pour tenter de résorber l’engorgement de la Cour.

Le succès de la juridiction européenne ne s’est pas démenti en

  • 2010. Avec 61 300 nouvelles requêtes reçues en 2010, elle a

enregistré une augmentation de presque 7 % par rapport à

  • 2009. Selon son rapport annuel d’activité, elle a traité 41 183

requêtes, et rendu 1 499 arrêts. La Turquie est le pays ayant été l’objet du plus grand nombre d’arrêts constatant au moins une violation (228), suivie par la Russie (204), la Roumanie (135), l’Ukraine (107) et la Pologne (87). Le droit à être jugé dans un délai raisonnable puis le droit à un procès équitable protégés par l’article 6 de la Convention ont donné lieu au plus grand nombre de violations. Viennent ensuite le droit à la liberté et à la sûreté (article 5) et l’interdiction de la torture et des peines ou traitements inhumains ou dégradants (article 3). Cet important contentieux de la Cour de Strasbourg se caractérise par l’irrecevabilité de plus de 90 % des requêtes qui donnent lieu à une décision. Par ailleurs, plus de la moitié des arrêts sont rendus dans des « affaires répétitives » faisant l’objet d’une jurisprudence bien établie. Dans ce contexte, le protocole n° 14 vise « à garantir l’efficacité à long terme de la Cour en optimisant le filtrage et le traitement des requêtes » grâce à l’introduction d’un nouveau critère de recevabilité (l’existence d’un « préjudice important ») et la création d’une nouvelle formation judiciaire - le juge unique - pour les affaires irrecevables.

Entre son entrée en vigueur et la fin de l’année 2010, la Cour a rendu plus de 19 000 décisions de juges uniques, et 149 requêtes se seront terminées par un arrêt de comité de trois juges en vertu de la nouvelle procédure. Pour le Président de la Cour Européenne des Droits de l’Homme Jean-Paul Costa, « un des défis des prochaines années sera de voir si le Protocole n° 14 nous permet d’augmenter encore la productivité de la Cour. » La Conférence d’Izmir qui vient de se tenir, les 26 et 27 avril 2011, dans le cadre de la présidence turque du Comité des Ministres du Conseil de l’Europe, a permis de procéder à un

début d’évaluation. La ''Déclaration d'Izmir'' sur l'avenir de la Cour Européenne des Droits de l’Homme a ainsi pris note « du

fait que les dispositions introduites par le Protocole n° 14 ne permettront pas, à elle seules, d’établir un équilibre entre les requêtes introduites et celles conclues de manière à assurer un traitement efficace du nombre des requêtes en progression continue, et souligne en conséquence l’urgence d’adopter des mesures supplémentaires ». Quant à la question de l’adhésion de l’Union Européenne à la Convention Européenne des Droits de l’Homme, qui constitue un « pas important pour la protection des droits de l’homme sur l’ensemble du continent européen, au profit de tous ses citoyens, et de façon harmonisée », les négociations qui ont bien progressé en 2010, devraient aboutir en juin prochain. « Qu’il s’agisse du suivi de la Conférence d’Interlaken ou de l’adhésion de l’Union européenne à la Convention Européenne des Droits de l’Homme, on mesure les défis qui s’offrent à nous pour les années qui viennent. Ils peuvent paraître insurmontables et il est vrai que le combat pour la protection des droits de l’homme est un éternel recommencement. L’image du rocher roulé inlassablement par Sisyphe s’impose », a ainsi conclu le Président Jean-Paul Costa dans son avant- propos du rapport annuel 2010. Jean-René Tancrède

JOURNAL OFFICIEL D’ANNONCES LÉGALES - INFORMATIONS GÉNÉRALES, JUDICIAIRES ET TECHNIQUES

bi-hebdomadaire habilité pour les départements de Paris, Yvelines, Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis et Val de Marne

12, rue Notre-Dame des Victoires - 75002 PARIS - Téléphone : 01 42 60 36 35 - Télécopie : 01 47 03 92 15 Internet : www.annoncesdelaseine.fr - E-mail : as@annoncesdelaseine.fr

FONDATEUR EN 1919 : RENÉ TANCRÈDE

-

DIRECTEUR : JEAN-RENÉ TANCRÈDE

LESANNONCESDELASEINE

Siège social :

12, rue Notre-Dame des Victoires - 75002 PARIS R.C.S. PARIS B 572 142 677 - (1957 B 14267) Téléphone : 01.42.60.36.35 - Télécopie : 01.47.03.92.15 Internet : www.annonces-de-la-seine.com e-mail : as@annonces-de-la-seine.com / as@annonces-de-la-seine.fr

Etablissements secondaires :

  • l 4, rue de la Masse, 78910 BEHOUST Téléphone : 01.34.87.33.15

  • l 1, place Paul-Verlaine, 92100 BOULOGNE Téléphone : 01.42.60.84.40

  • l 7, place du 11 Novembre 1918, 93000 BOBIGNY Téléphone : 01.42.60.84.41

  • l 1, place Charlemagne, 94290 VILLENEUVE-LE-ROI Téléphone : 01.45.97.42.05

Directeur de la publication et de la rédaction :

Jean-René Tancrède

Comité de rédaction :

Thierry Bernard, Avocat à la Cour, Cabinet Bernards François-Henri Briard, Avocat au Conseil d’Etat Antoine Bullier, Professeur à l’Université Paris I Panthéon Sorbonne Marie-Jeanne Campana, Professeur agrégé des Universités de droit André Damien, Membre de l’Institut Philippe Delebecque, Professeur de droit à l’Université Paris I Panthéon Sorbonne Bertrand Favreau, Président de l’Institut des Droits de l’Homme des Avocats Européens, ancien Bâtonnier de Bordeaux Dominique de La Garanderie, Avocate à la Cour, ancien Bâtonnier de Paris Brigitte Gizardin, Substitut général à la Cour d’appel Régis de Gouttes, Premier avocat général honoraire à la Cour de cassation Serge Guinchard, Professeur de Droit à l’Université Paris II Panthéon-Assas Françoise Kamara, Conseiller à la première chambre de la Cour de cassation Maurice-Antoine Lafortune, Avocat général honoraire à la Cour de cassation Bernard Lagarde, Avocat à la Cour, Maître de conférence à H.E.C. - Entrepreneurs Jean Lamarque, Professeur de droit à l’Université Paris II Panthéon-Assas Noëlle Lenoir, Avocate à la Cour, ancienne Ministre Philippe Malaurie, Professeur émérite à l’Université Paris II Panthéon-Assas Pierre Masquart, Avocat à la Cour Jean-François Pestureau, Expert-Comptable, Commissaire aux comptes Gérard Pluyette, Conseiller doyen à la première chambre civile de la Cour de cassation Jacqueline Socquet-Clerc Lafont, Avocate à la Cour, Présidente d’honneur de l’UNAPL Yves Repiquet, Avocat à la Cour, ancien Bâtonnier de Paris René Ricol, Ancien Président de l’IFAC Francis Teitgen, Avocat à la Cour, ancien Bâtonnier de Paris Carol Xueref, Directrice des affaires juridiques, Groupe Essilor International

Publicité :

Légale et judiciaire :

Didier Chotard

Commerciale :

Frédéric Bonaventura

Commission paritaire : n° 0713 I 83461 I.S.S.N. : 0994-3587 Tirage : 13 135 exemplaires Périodicité : bi-hebdomadaire Impression : M.I.P. 3, rue de l’Atlas - 75019 PARIS

Copyright 2011

L ES A NNONCES D E L A S EINE Siège social : 12, rue Notre-Dame

Les manuscrits non insérés ne sont pas rendus. Sauf dans les cas où elle est autorisée expressément par la loi et les conventions internationales, toute reproduction, totale ou partielle du présent numéro est interdite et constituerait une contrefaçon sanctionnée par les articles 425 et suivants du Code Pénal.

Le journal “Les Annonces de la Seine” a été désigné comme publicateur officiel pour la période du 1 er janvier au 31 décembre 2011, par arrêtés de Messieurs les Préfets :

de Paris, du 23 décembre 2010 ; des Yvelines, du 16 décembre 2010 ; des Hauts-de- Seine, du 22 décembre 2010 ; de la Seine-Saint-Denis, du 21 décembre 2010 ; du Val-de-Marne, du 31 décembre 2010 ; de toutes annonces judiciaires et légales prescrites par le Code Civil, les Codes de Procédure Civile et de Procédure Pénale et de Commerce et les Lois spéciales pour la publicité et la validité des actes de procédure ou des contrats et des décisions de justice pour les départements de Paris, des Yvelines, de la Seine- Saint-Denis, du Val-de-Marne ; et des Hauts-de-Seine.

N.B. : L’administration décline toute responsabilité quant à la teneur des annonces légales.

Tarifs hors taxes des publicités à la ligne

-

A)

Légales :

Paris : 5,34 Yvelines : 5,09 Val-de-Marne : 5,27

Seine-Saint-Denis : 5,29 Hauts-de-Seine : 5,34

B)

Avis divers : 9,75

C)

Avis financiers : 10,85

D)

Avis relatifs aux personnes :

Paris : 3,74 Seine-Saint Denis : 3,74 Val-de-Marne : 3,74

Hauts-de-Seine : 3,72 Yvelines : 5,09

Vente au numéro :

-

1,15

Abonnement annuel :

-

15 simple

  • 35 avec suppléments culturels

  • 95 avec suppléments judiciaires et culturels

COMPOSITION DES ANNONCES LÉGALES NORMES TYPOGRAPHIQUES

Surfaces consacrées aux titres, sous-titres, filets, paragraphes, alinéas

Titres : chacune des lignes constituant le titre principal de l’annonce sera composée en capitales (ou majuscules grasses) ; elle sera l’équivalent de deux lignes de corps 6 points Didot, soit arrondi à 4,5 mm. Les blancs d’interlignes séparant les lignes de titres n’excéderont pas l’équivalent d’une ligne de corps 6 points Didot, soit 2,256 mm. Sous-titres : chacune des lignes constituant le sous-titre de l’annonce sera composée en bas-de-casse (minuscules grasses) ; elle sera l’équivalent d’une ligne de corps 9 points Didot soit arrondi à 3,40 mm. Les blancs d’interlignes séparant les différentes lignes du sous-titre seront équivalents à 4 points soit 1,50 mm.

Filets : chaque annonce est séparée de la précédente et de la suivante par un filet 1/4 gras. L’espace blanc compris entre le filet et le début de l’annonce sera l’équivalent d’une ligne de corps 6 points Didot soit 2,256 mm. Le même principe régira le blanc situé entre la dernière ligne de l’annonce et le filet séparatif. L’ensemble du sous-titre est séparé du titre et du corps de l’annonce par des filets maigres centrés. Le blanc placé avant et après le filet sera égal à une ligne de corps 6 points Didot, soit 2,256 mm.

Paragraphes et Alinéas : le blanc séparatif nécessaire afin de marquer le début d’un paragraphe où d’un alinéa sera l’équivalent d’une ligne de corps 6 points Didot, soit 2,256 mm. Ces définitions typographiques ont été calculées pour une composition effectuée en corps 6 points Didot. Dans l’éventualité où l’éditeur retiendrait un corps supérieur, il conviendrait de respecter le rapport entre les blancs et le corps choisi.

L ES A NNONCES D E L A S EINE Siège social : 12, rue Notre-Dame

Europe

L ES A NNONCES D E L A S EINE Siège social : 12, rue Notre-Dame

Brève analyse des principaux arrêts et décisions rendus par la cour en 2010 (1)

E n 2010, la Cour a rendu 1 499 arrêts au total (2) , un nombre en légère baisse par rapport aux 1 625 arrêts rendus en 2009.

Par rapport à l’année précédente, le

obligations des autorités nationales, y compris au regard du droit international, pour ce qui est du traitement en garde à vue d’une personne sourde-muette.

Interdiction de la torture et des traitements inhumains ou dégradants (article 3)

Traitant du sujet sensible de menaces de violences par la police sur le suspect d’un enlèvement d’enfant, l’arrêt Gäfgen c. Allemagne (5) précise que l’interdiction des mauvais traitements vaut indé-pendamment des agissements de la victime ou de la motivation des autorités, et ne souffre aucune exception, pas même en cas de danger menaçant la vie d’un individu. Le retrait des lunettes à un détenu myope ne

pouvant ni lire ni écrire normalement sans elles,

a fait l’objet pour la première fois d’un constat

de violation. C’est la longue privation de ses

lunettes, lui ayant causé un sentiment

d’insécurité et d’impuissance pendant plusieurs

mois et imputable essen-tiellement aux autorités, qui est qualifiée de traitement dégradant dans l’affaire Slyusarev c. Russie (6) . L’arrêt Al-Saadoon et Mufdhi (précité) porte sur le risque d’être condamné à mort et exécuté en Irak. La Cour a constaté que les actions et l’inaction des autorités internes avaient fait subir aux requérants, détenus remis aux autorités irakiennes au mépris d’une mesure provisoire, une souffrance psychique causée par la crainte d’une exécution, constitutive d’un traitement inhumain au sens de l’article 3.

Interdiction de l’esclavage et du travail forcé (article 4)

Dans l’arrêt Rantsev c. Chypre et Russie (7) , la Cour développe la jurisprudence relative à l’article 4. En particulier, elle décide que le trafic d’êtres humains est interdit par cet article. Elle détaille les obligations positives à la charge des Etats pour prévenir la traite des êtres humains, en protéger les victimes réelles et éventuelles, et poursuivre et réprimer les responsables. En outre, relevant que ce trafic a pour particularité dans bien des cas de ne pas se limiter au territoire d’un seul Etat, la Cour souligne le devoir des Etats de coopérer effectivement entre eux. La Cour établit des critères quant à la notion de travail forcé ou obligatoire dans la décision Steindel c. Allemagne (8) . Un médecin exerçant à titre libéral se plaignait de l’obligation de participer au service médical d’urgence impliquant six jours de garde par période de trois mois. La Cour conclut à l’absence de travail forcé ou obligatoire dès lors que le service requis, rémunéré, ne sort pas du cadre des activités professionnelles d’un médecin, n’exige pas d’être disponible en dehors des heures de consultation et d’assurer des gardes la nuit et le week-end, et

laisse amplement le temps de s’occuper des patients du cabinet.

Droit à la liberté et à la sûreté (article 5)

Privation de liberté et voies légales

L’arrêt Medvedyev et autres (précité) concerne la lutte internationale contre le trafic de stupéfiants en haute mer. L’arraisonnement par des militaires d’un cargo étranger soupçonné de transporter de la drogue, son déroutement et la consignation à bord de l’équipage ont constitué dans cette affaire une privation de liberté, qui ne pouvait passer pour prévisible au sens de l’article 5 § 1. La Grande Chambre est

  • 2010 nombre de requêtes jugées par un arrêt est en augmentation de 9%. Dix-huit arrêts, une décision sur la recevabilité et un avis consultatif ont été adoptés en formation de Grande Chambre. Une grande part des arrêts concernait des affaires dites « répétitives » : le nombre des arrêts ayant un niveau d’importance (3) 1 ou 2 dans la base de données de la jurisprudence de la Cour (HUDOC) représente 32,5% du total des arrêts prononcés en 2010. La disposition de la Convention ayant donné lieu au plus grand nombre de violations est l’article 6, d’abord en ce qui concerne le droit à être jugé dans un délai raisonnable, puis en ce

  • qui concerne le droit à un procès équitable. Viennent ensuite l’article 5 (droit à la liberté et à la sûreté) et l’article 3 (interdiction de la torture et des peines ou traitements inhumains ou dégradants) de la Convention. La Turquie est le pays ayant été l’objet du plus grand nombre d’arrêts constatant au moins une violation (228) ; viennent ensuite la Russie (204), la Roumanie (135), l’Ukraine (107) et la Pologne (87). (…)

Droits « cardinaux »

Droit à la vie (article 2)

L’intérêt de l’arrêt Al-Saadoon et Mufdhi (précité) tient en particulier à ce que la Cour récapitule et précise sa jurisprudence relative à la peine capitale, notamment à la lumière du Protocole n°13, et au conflit entre obligations internationales (voir aussi l’article 3). Les personnes en garde à vue sont vulnérables et les autorités doivent les protéger. L’arrêt Jasinskis c. Lettonie (4) (non définitif ) précise les

Europe

Europe d’avis qu’une évolution du droit international public avec une consécration de la compétence de tous

d’avis qu’une évolution du droit international public avec une consécration de la compétence de tous les Etats quel que soit l’Etat du pavillon, à l’instar de ce qui existe déjà pour la piraterie, constituerait une avancée significative dans la lutte contre cette activité illicite, compte tenu de la gravité et de l’ampleur mondiale du problème.

Détention pour insoumission à une ordonnance rendue par un tribunal ou en vue de garantir l’exécution d’une obligation prescrite par la loi Dans l’arrêt Gatt c. Malte (9) , la Cour examine pour la première fois sous l’angle de l’article 5 § 1 b) un système largement répandu en Europe de détention pour insoumission à une ordonnance judiciaire ou non-exécution d’une obligation. Faute pour une personne poursuivie pour trafic de stupéfiants d’avoir respecté les horaires de sortie de son domicile et d’avoir pu verser la somme due à titre de garantie (23 300 EUR), cette somme fut convertie en une peine d’emprisonnement de 2 000 jours. La Cour souligne l’importance de la proportionnalité de la mesure. Les autorités doivent prendre en considération des circonstances telles que le but de l’ordonnance, la possibilité concrète de se conformer à celle- ci et la durée de la détention.

« Education surveillée » d’un mineur (article 5 § 1 d))

Dans l’affaire Ichin et autres c. Ukraine (10) (arrêt non définitif ), la Cour examine, au regard de l’article 5 § 1 de la Convention, la régularité du placement en détention d’adolescents n’ayant pas atteint l’âge de la responsabilité pénale.

Aussitôt traduit devant un juge ou autre magistrat habilité par la loi à exercer des fonctions judiciaires

Dans l’arrêt Medvedyev et autres (précité), la Grande chambre rappelle l’importance des garanties de l’article 5 § 3 pour la personne arrêtée. De plus, si la Cour a déjà admis que les infractions terroristes placent les autorités devant des problèmes particuliers, cela ne signifie pas qu’elles aient carte blanche, au regard

de l’article 5, pour placer des suspects en garde à vue en dehors de tout contrôle effectif. Il en va de même pour la lutte contre le trafic de stupéfiants en haute mer.

Libéré pendant la procédure - Garantie assurant la comparution à l’audience

Si la mise en liberté peut être subordonnée à une garantie assurant la comparution à l’au- dience, les autorités doivent consacrer autant de soin à fixer un cautionnement approprié qu’à décider si le maintien en détention demeure ou non indispensable. Dans l’interpré- tation des exigences de l’article 5 § 3 en matière de détention provisoire, l’arrêt Mangouras c. Espagne (11) ajoute qu’il convient de prendre en compte la préoccupation croissante à l’égard des délits contre l’environnement. Ainsi, le montant de la caution exigée pour la libération du capitaine d’un navire de produits pétrochi- miques ayant causé une catastrophe écolo- gique a pu être fixé, aussi, au vu de la gravité des infractions en cause et de l’ampleur du préju- dice imputé à l’intéressé. Plus généralement, la Grande chambre indique que si le montant de la caution doit être apprécié principalement

national quant à l’établissement d’un préjudice moral et susceptible d’exclure l’octroi d’une réparation pécuniaire dans un très large nombre de cas où la détention irrégulière est de courte durée et où celle-ci ne s’accompagne pas d’une détérioration objectivement perceptible de l’état physique ou psychique du détenu. Par ailleurs, souligne la Cour, les effets néfastes d’une détention irrégulière sur l’état psychologique d’un individu peuvent perdurer même après sa libération.

Droits procéduraux

Droit à un procès équitable (article 6)

Applicabilité Dans l’arrêt Oršuš et autres c. Croatie (13) , la Grande chambre réaffirme que le droit à l’instruction est un droit de caractère civil. L’arrêt Vera Fernández-Huidobro c. Espagne (14) concerne l’applicabilité de l’article 6 § 1 aux procédures d’instruction. Dans la mesure où les actes accomplis par le juge d’ins- truction influent directement et inéluctable-

Un des défis des prochaines années sera de voir si le Protocole n°14 nous permet d’augmenter encore la « productivité » de la Cour.

par rapport à l’intéressé et à ses ressources, il n’est pas déraisonnable, dans certaines circons- tances, de prendre également en compte l’am- pleur du préjudice imputé.

Réparation

L’arrêt Danev c. Bulgarie (12) concerne le refus d’une juridiction d’appel d’accorder une réparation à la victime d’une détention provisoire reconnue irrégulière, faute pour la victime de prouver l’existence d’un préjudice moral. La Cour rejette, sous l’angle de l’article 5 § 5, l’approche formaliste adoptée par le juge

ment sur la conduite et, dès lors, sur l’équité de la procédure ultérieure, y compris le procès proprement dit, la Cour estime que, même si certaines des garanties procédurales envisa- gées par l’article 6 § 1 peuvent ne pas s’appli- quer au stade de l’instruction, les exigences du droit à un procès équitable au sens large impli- quent nécessairement que le juge d’instruc- tion soit impartial. En matière d’exécution des peines de prison, l’affaire Boulois c. Luxembourg (15) (arrêt non définitif ) porte sur le rejet de demandes d’autorisation de sortie d’un détenu, pour un

D.R.
D.R.

Les Annonces de la Seine - jeudi 5 mai 2011 - numéro 26

3

Europe congé d’une journée, basées sur un projet de réinsertion professionnelle et sociale. La Cour estime

Europe

Europe congé d’une journée, basées sur un projet de réinsertion professionnelle et sociale. La Cour estime

congé d’une journée, basées sur un projet de réinsertion professionnelle et sociale. La Cour estime que la restriction en cause relève des droits de la personne, eu égard à l’importance de l’intérêt du détenu à retrouver une place dans la société. Elle ajoute qu’une resocialisation est capitale pour la protection du droit du détenu de mener une vie privée sociale et de développer son identité sociale. Elle conclut à l’applicabilité de l’article 6 § 1 sous son volet civil.

Equité

La Cour a établi dans sa jurisprudence que l’utilisation au procès des preuves matérielles rassemblées au moyen de méthodes contraires à l’article 3 soulève de graves questions quant à l’équité de la procédure. Dans l’arrêt Gäfgen (précité), la Grande chambre décide que la protection effective des individus contre de telles méthodes et l’équité d’un procès pénal ne se trouvent toutefois en jeu que s’il est démontré que la violation de l’article 3 de la Convention a influé sur l’issue de la procédure dirigée contre l’accusé, autrement dit a eu un impact sur le verdict de culpabilité ou la peine. L’arrêt Taxquet c. Belgique (16) concerne les Etats qui connaissent l’institution du jury populaire. Celle-ci procède de la volonté légi- time d’associer les citoyens à l’action de justice, notamment à l’égard des infractions les plus graves. Devant les cours d’assises avec partici- pation d’un jury populaire, la Cour note que le plus souvent, les jurés ne sont pas tenus de - ou ne peuvent pas - motiver leur conviction. Dans ces conditions, l’article 6 exige de vérifier que l’accusé a pu bénéficier de garanties suffi- santes de nature à écarter tout risque d’arbi-

traire et à lui permettre de comprendre les rai- sons de sa condamnation. Ces garanties pro- cédurales peuvent consister par exemple en des instructions ou des éclaircissements don- nés par le président de la cour d’assises aux jurés quant aux problèmes juridiques posés ou aux éléments de preuve produits, et en des questions précises, non équivoques soumises au jury par ce magistrat, de nature à former une trame apte à servir de fondement au ver- dict ou à compenser adéquatement l’absence de motivation des réponses du jury. Dans cette affaire, qui visait plus d’un accusé, la Cour précise que les questions devaient être individualisées autant que possible. Enfin, doit être prise en compte, lorsqu’elle existe, la pos- sibilité pour l’accusé d’exercer des voies de

Tribunal établi par la loi

L’arrêt DMD Group, a.s., c. Slovaquie (18) concerne un manque de transparence dans la répartition des affaires au sein d’une juridic- tion. Le président d’un tribunal avait décidé, agissant en vertu de pouvoirs administratifs, de s’attribuer une affaire en cours et l’avait tran- chée le même jour. Outre l’absence de règles suffisantes, la réattribution de l’affaire résultait d’une décision individuelle et non d’une mesure générale ; la décision était insuscepti- ble de recours et une récusation était impossi- ble. La Cour insiste sur l’importance de veiller à garantir l’indépendance judiciaire et l’impar- tialité. C’est ainsi que, lorsque le fonctionne- ment d’une juridiction implique la réalisation d’actes présentant à la fois un aspect adminis-

Si la Cour a déjà admis que les infractions terroristes placent les autorités devant des problèmes particuliers, cela ne signifie pas qu’elles aient carte blanche, au regard de l’article 5, pour placer des suspects en garde à vue en dehors de tout contrôle effectif.

recours. L’affaire Aleksandr Zaichenko c. Russie (17) est intéressante en ce qu’elle porte sur l’exercice, en dehors des locaux de garde à vue - en l’occurrence au bord d’une route -, du droit de ne pas contribuer à sa propre incrimination et du droit de se taire.

Impartialité

L’arrêt Vera Fernández-Huidobro (précité) vaut aussi d’être noté en ce que la Cour relève que les défauts d’une instruction, tenant à un manque d’impartialité objective du juge, ont pu être corrigés par une nouvelle instruction conduite par un autre juge, d’une juridiction différente.

tratif et un aspect juridictionnel, les règles qui les encadrent doivent être particulièrement claires et des garanties doivent être mises en place pour empêcher les abus. En l’espèce, il y a eu violation du droit à un procès par un tri- bunal établi par la loi.

Présomption d’innocence

L’arrêt Kouzmin (précité) souligne qu’il est particulièrement important déjà à un stade précoce, soit avant même la mise en accusation dans le cadre de la procédure pénale, de ne pas formuler d’allégations publiques pouvant être interprétées comme confirmant que certains hauts responsables considèrent la personne visée comme coupable.

REPERES Le mot du Président Jean-Paul Costa * A nnée du 60 ème anniversaire de la
REPERES
Le mot du Président Jean-Paul Costa *
A nnée du 60 ème anniversaire de
la Convention européenne
des droits de l’homme, 2010
aura été une année importante
pour la Cour européenne des
droits de l’homme.
Depuis plusieurs années, en
effet, l’absence d’entrée en
vigueur du Protocole n° 14
bloquait un processus de
réforme indispensable pour le
futur de notre Cour. Le
mécanisme juridictionnel de
Strasbourg, fragilisé par son
attrait et la confiance que les
citoyens européens lui
accordent, avait impérativement
besoin d’un second souffle, que
seule l’entrée en vigueur de ce
traité pouvait lui apporter. A la
fin de l’année 2009, des signes
encourageants en provenance
de Moscou laissaient entrevoir
une ratification par la Fédération
de Russie. Les espoirs auront été
tenus, puisque le Protocole
n° 14 a été ratifié, le 18 février
2010, et qu’il est donc entré en
vigueur le 1 er juin 2010.
Cette ratification est intervenue
à l’occasion de la Conférence
d’Interlaken, qui s’est tenue les
18 et 19 février 2010, à
l’invitation des autorités de la
Suisse, dans le cadre de leur
présidence du Comité des
ministres du Conseil de
l’Europe. Cette conférence
constitue pour notre Cour l’autre
événement majeur de l’année.
En répondant positivement à
l’appel à l’organisation d’une
grande conférence politique sur
l’avenir de la Cour, que j’avais
lancé lors de la rentrée
solennelle de 2009, la Suisse a
permis que soit tracée la voie
indispensable à la survie du
système européen de protection
des droits de l’homme. Il y aura
désormais un avant et un après
Interlaken.
L’idée de la conférence avait été
lancée dans un climat quelque
peu morose, notamment pour
les raisons évoquées ci-dessus.
Pourtant, Interlaken aura tenu
ses promesses. D’abord, et
c’était son premier objectif, la
conférence a permis aux Etats
de réaffirmer leur engagement
en faveur des droits de l’homme
et de la Cour. La très forte
participation à niveau ministériel
en témoigne. Ensuite, et surtout,
les efforts de tous ont porté
leurs fruits et permis d’aboutir
d’une part à une déclaration
politique adoptée par
acclamation dans laquelle les
Etats s’engagent à assurer la
protection des droits de
l’homme, et d’autre part à un
plan d’action qui constitue le
socle des réformes futures.
La déclaration et le plan d’action
s’adressent bien sûr aux Etats,
mais également à la Cour et, dès
la fin de la conférence, des
décisions ont été prises pour
qu’elle puisse prendre toute sa
part dans leur mise en œuvre.
Les pistes tracées sont
nombreuses : simplification de
la procédure d’amendement de
la Convention européenne des
droits de l’homme avec la
création d’un Statut de la Cour
approuvé et modifié par
résolution du Comité des
ministres ; renforcement du
principe de subsidiarité qui
suppose une responsabilité
partagée entre les Etats et la
Cour ; renforcement de la clarté
et de la cohérence de la
jurisprudence, qui doit être aussi
pédagogique que possible.
Une des autres conséquences de
la Conférence d’Interlaken aura
été la création d’un panel
Photo © Jean-René Tancrède

Europe

Europe QUELQUES CHIFFR ES A rr êts ren dus par la C our er D epuis

QUELQUES CHIFFRES

Arrêts rendus par la Cour au 1 er janvier 2011

D epuis la réforme du système de la Convention le

1 er novembre 1998, la Cour connaît une augmentation considérable de sa charge de travail. A peine dix ans après cette réforme, la Cour a rendu son 10 000 e arrêt. Sa productivité est telle que plus de 93 % des arrêts rendus par la Cour

depuis sa création en 1959 l’ont été entre 1998 et 2010. Ces dernières années, la Cour s’est consacrée à l’examen d’affaires complexes et a décidé de joindre certaines requêtes posant des problèmes juridiques similaires afin de les examiner conjointement. Ainsi, bien que le nombre d’arrêts

ait ralenti sa progression, la Cour a terminé l’examen d’un plus grand nombre de requêtes. En 2010, la Cour a rendu

  • 1 499 arrêts qui concernaient

  • 2 607 requêtes. Au total, ce sont

41 183 requêtes dont la Cour a

terminé l’examen en 2010.

Source : www.echr.coe.int

QUELQUES CHIFFR ES A rr êts ren dus par la C our er D epuis la

Droits de la défense

L’importance attachée aux droits de la défense est telle que le droit à l’assistance effective d’un défenseur doit être respecté en toute circonstance. Dans l’arrêt Sakhnovski (précité), l’accusé, détenu à plus de 3 000 km du lieu de son procès, a pu communiquer avec sa nouvelle avocate commise d’office pendant quinze minutes, tout juste avant l’ouverture de l’audience et ce, par vidéoconférence ; il lui a fallu soit

accepter l’avocate qui venait de lui être présentée, soit poursuivre la procédure sans défenseur. La Cour a examiné si, compte tenu de l’obstacle géographique, l’Etat avait pris des mesures qui avaient suffisamment compensé les restrictions apportées aux droits de l’intéressé. Elle a conclu que les dispositions prises n’étaient pas suffisantes et n’avaient pas assuré au requérant une assistance effective par un défenseur. S’agissant de la question de la renonciation au droit à l’assistance d’un défenseur, la Grande

chambre a observé que l’on ne pouvait escompter d’un profane sans aucune formation juridique, de prendre des mesures procédurales exigeant normalement certaines connaissances et compétences juridiques. Des affaires sont venues préciser les droits garantis sous l’angle de l’article 6 § 3 c) et e) de la Convention, s’agissant des premières phases des poursuites pénales : à la différence des

situations déjà abordées, l’affaire Aleksandr

Zaichenko (précitée) concernait la prise en compte par la justice des déclarations faites, sans être formellement arrêté ou interrogé dans les locaux de police, lors d’un contrôle routier avec fouille du véhicule. La décision Diallo c. Suède (19) portait sur la condamnation d’une étrangère sans que l’intéressée ait bénéficié de l’assistance d’un interprète agréé lors de son premier interrogatoire. La Cour indique que la phase de l’enquête a une importance cruciale pour la préparation de la procédure pénale, car les éléments de preuve obtenus déterminent le cadre dans lequel l’infraction reprochée sera examinée. La Cour applique aux interprètes le principe qu’elle a dégagé pour les avocats dans l’arrêt Salduz c. Turquie (20) (assistance à fournir à la personne placée en garde à vue dès le premier interrogatoire) : l’assistance d’un interprète doit être assurée au stade de l’enquête, sauf existence avérée de raisons impérieuses pour restreindre ce droit.

Droits civils et politiques

Droit au respect de la vie privée et familiale, et du domicile (article 8)

Applicabilité

Pour ce qui est de l’étendue de la notion de vie privée, la Cour s’est exprimée sur des mesures policières touchant l’individu alors qu’il évolue dans un lieu public. Dans son arrêt Gillan et Quinton c. Royaume-

Uni (21) , la Cour aborde le sujet sensible du pouvoir conféré à la police d’arrêter et de fouiller

d’experts relatif aux nominations des juges à la Cour européenne des droits de l’homme. Ce panel, que j’avais appelé de mes vœux et dont la composition a été décidée par le Comité des ministres, contribuera certainement, par les avis qu’il donnera aux Etats, à doter la Cour de juges disposant de toutes les compétences requises. C’est d’autant plus important que l’autorité de la Cour dépend en grande partie de la qualité des juges qui la composent. Or un grand nombre de renouvellements vont intervenir au cours des deux prochaines années, en particulier parce que désormais le mandat, devenu de neuf ans, n’est plus renouvelable. C’est dire le rôle crucial que le panel sera amené à jouer. Un aspect important du plan d’action concerne le rôle de la Cour dans l’information qu’elle apporte aux requérants sur la Convention et sur la jurisprudence. Celle-ci est indispensable à la mise en

œuvre de la Convention au niveau interne. La Cour s’est donc attelée à une amélioration de la base de données HUDOC. Elle devrait être facilitée par des contributions volontaires de plusieurs Etats. Des fiches thématiques ont également été lancées, qui sont régulièrement mises à jour et complétées par d’autres fiches. Elles figurent sur le site de la Cour. Le premier accueil qui leur a été réservé est très positif. Enfin, un manuel sur la recevabilité est désormais accessible à tous. Il s’adresse en particulier aux professionnels et notamment aux ONG et aux Barreaux, et leur permettra de s’orienter dans la procédure devant la Cour. Cette information du public est d’autant plus importante que le volume d’affaires portées devant la Cour n’a cessé d’augmenter. En effet, alors que tous ces changements interviennent, l’activité juridictionnelle de la Cour ne s’est pas réduite. A la fin de l’année 2010, nous aurons reçu

61 300 nouvelles requêtes. Cela représente une augmentation de presque 7% par rapport à 2009.

Pour ce qui est de la production, la Cour aura terminé le traitement de plus de 41 000 requêtes, soit une augmentation de 16%. Le nombre de requêtes terminées par un arrêt sera supérieur à 2 600. Nous aurons ainsi une augmentation de 9% de ce nombre. Par ailleurs, le nombre de communications aux Gouvernements va augmenter de 8% et atteindre presque

  • 6 700. Le problème majeur est

que notre arriéré continue lui aussi de croître. A la fin de l’année, il aura atteint environ 140 000 requêtes, soit une augmentation de 17%. Cela représente un déficit de plus de

  • 1 600 requêtes chaque mois.

Un des défis des prochaines années sera de voir si le Protocole n°14 nous permet d’augmenter encore la « productivité » de la Cour. Entre son entrée en vigueur et la fin de l’année 2010, la Cour aura rendu plus de 19 000 décisions

de juges uniques, et 149 requêtes se seront terminées par un arrêt de comité de trois juges en vertu de la nouvelle procédure. Le chiffre des décisions rendues par les juges uniques est impressionnant, mais un bilan sérieux de l’application du Protocole n°14 ne pourra être fait avant la fin de l’année 2011. La conférence qui sera organisée à Izmir les 26 et 27 avril 2011, dans le cadre de la présidence turque du Comité des ministres

du Conseil de l’Europe, nous permettra déjà de procéder à un début d’évaluation. Ce tour d’horizon ne serait pas complet sans évoquer la question de l’adhésion de l’Union européenne à la

Convention européenne des droits de l’homme. Les négociations sur l’adhésion qui ont progressé en 2010 devraient se terminer en juin 2011. La Cour, qui y est représentée, les suit activement et avec le plus grand intérêt. Il s’agit d’un pas important pour la protection des

droits de l’homme sur l’ensemble du continent européen, au profit de tous ses citoyens, et de façon harmonisée. Qu’il s’agisse du suivi de la Conférence d’Interlaken ou de l’adhésion de l’Union européenne à la Convention européenne des droits de l’homme, on mesure les défis qui s’offrent à nous pour les années qui viennent. Ils peuvent paraître insurmontables et il est vrai que le combat pour la

protection des droits de l’homme est un éternel recommencement. L’image du rocher roulé inlassablement par Sisyphe s’impose. Pourtant, lorsque vient l’heure des bilans, on est impressionné par le

travail accompli. La réussite d’Interlaken en est un bon exemple. C’est aussi ce qui rend notre tâche à la fois si ardue et si exaltante.

* Jean-Paul Costa est président de la Cour européenne des droits de l’homme

Les Annonces de la Seine - jeudi 5 mai 2011 - numéro 26

5

Europe en public des personnes sans raisons plausibles de les soupçonner d’avoir commis une infraction. Autoriser

Europe

en public des personnes sans raisons plausibles de les soupçonner d’avoir commis une infraction. Autoriser l’interpellation de toute personne n’importe où et n’importe quand, sans avertissement préalable et sans lui laisser le choix de se soumettre ou non à la fouille, entraîne une ingérence dans le droit au respect de la vie privée. D’ailleurs, le caractère public de la fouille, impliquant la gêne occasionnée par le fait d’avoir des informations personnelles exposée à la vue d’autrui, peut même dans certains cas aggraver l’ingérence en y ajoutant un élément d’humiliation et d’embarras. Dans l’arrêt Uzun c. Allemagne (22) , la question de l’existence d’une ingérence dans la vie privée en raison de la surveillance des déplacements en public via un système de géolocalisation par satellite (GPS) installé dans une voiture par la police est examinée pour la première fois. Par ailleurs, la décision Köpke c. Allemagne (23) a conclu que l’article 8 était applicable, s’agissant de la surveillance à la demande de l’employeur, dans un lieu ouvert au public et par des détectives privés, d’une caissière de supermarché sur son lieu de travail et à son insu, suivie de l’utilisation de la vidéo dans une procédure publique. La Cour a déjà posé le principe en vertu duquel l’existence ou l’absence d’une vie familiale est d’abord une question de fait, qui dépend de l’existence de liens personnels étroits. La décision Gas et Dubois c. France (24) s’inscrit dans le cadre du principe susdit pour en tirer les conséquences quant à l’applicabilité de l’article 8 à un couple d’homosexuelles élevant un enfant conçu par insémination artificielle avec donneur anonyme. Dans l’arrêt Moretti et Benedetti c. Italie (25) , la Cour reconnaît pour la première fois l’existence d’une vie familiale entre une famille d’accueil et

l’inscription dans le fichier du système d’information Schengen et ses conséquences sur les plans privé et professionnel. Ce signalement interdit l’accès non pas au territoire d’un seul Etat, mais à celui de l’ensemble des pays appliquant les dispositions de l’accord de Schengen. L’intéressé n’avait pu contester le motif précis de cette inscription, lequel relevait de la sécurité nationale. S’agissant de l’entrée sur un territoire, la Cour reconnaît aux Etats une marge d’appréciation importante quant aux modalités visant à assurer les garanties contre l’arbitraire, distinguant cette affaire des précédentes qui visaient des expulsions. Pour la première fois, la Cour traite, d’une part, de la surveillance de suspects par la police via un satellite et, d’autre part, de la surveillance par vidéo d’un employé sur son lieu de travail. Au sujet de la surveillance par GPS (système de géolocalisation par satellite), la Cour estime que le recours à cette forme de surveillance dans le cadre d’une enquête pénale se distingue, de par sa nature, d’autres méthodes de surveillance par des moyens visuels ou acoustiques, et porte moins atteinte à la vie privée. Ainsi, elle n’estime pas nécessaire d’appliquer les mêmes garanties strictes contre les abus qu’elle a établies en matière de surveillance de télécommunications (arrêt Uzun, précité). La question nouvelle de la surveillance vidéo d’un salarié à la demande de son employeur qui le soupçonnait de vol est examinée dans l’affaire Köpke (décision précitée). Rappelant les obligations positives de l’Etat en matière de respect de la vie privée, la Cour établit des sauvegardes, à savoir l’existence préalable de soupçons avérés que le salarié a commis une infraction et la proportionnalité de la surveillance par rapport au but de l’enquête relative à ladite infraction. En l’occurrence, tel

La Cour consacre la notion de patrimoine littéraire européen, énonçant à cet égard divers critères : réputation mondiale de l’auteur ; ancienneté de la première parution ; grand nombre de pays et de langues dans lesquels la publication a eu lieu ; publication sur papier et sur Internet ; entrée dans une collection prestigieuse du pays de l’auteur.

l’enfant placé. La détermination du caractère familial de relations de fait doit tenir compte d’un certain nombre d’éléments, comme le temps vécu ensemble, la qualité des relations et le rôle assumé par l’adulte envers l’enfant. Constatant qu’au cours de la dernière décennie l’attitude de la société à l’égard des couples de même sexe a évolué rapidement dans bien des pays membres dont un nombre considérable leur ont accordé une reconnaissance légale, la Cour a conclu qu’un couple d’homosexuels vivant une liaison stable relève de la notion de vie familiale, au même titre que la relation d’un couple de sexe opposé dans la même situation (arrêt Schalk et Kopf c. Autriche (26) ).

Vie privée La décision Dalea c. France (27) consacre des développements, pour la première fois, à

a été le cas : la surveillance a été limitée dans le temps et l’espace et a fourni des données traitées par un nombre restreint de personnes. L’arrêt Özpınar c. Turquie (28) (non définitif ) traite pour la première fois de la vie privée d’un magistrat. Il s’agissait d’une décision de révocation de la magistrature, au terme d’une enquête disciplinaire, pour des comportements tenus en partie sur le lieu de travail et en partie dans la vie privée. La Cour admet que les devoirs déontologiques d’un magistrat peuvent empiéter sur sa vie privée lorsque, par son comportement - fût-il privé -, le magistrat porte atteinte à l’image ou à la réputation de l’institution judiciaire. L’article 8 exige toutefois que tout magistrat qui fait l’objet d’une mesure de révocation basée sur des motifs ayant trait aux manifestations de sa vie privée et familiale doit avoir des garanties contre l’arbitraire.

L’arrêt Hajduová c. Slovaquie (29) (non définitif ) est un arrêt important en matière de violences domestiques. Pour la première fois, la Cour constate un manquement à l’obligation positive de l’Etat au regard de l’article 8, en l’absence d’actes concrets de violence physique. Compte tenu du passé violent et menaçant d’un ex-mari condamné, ses nouvelles menaces de violences physiques contre son ex-épouse ont suffi pour affecter l’intégrité et le bien-être psychologiques de celle-ci. L’absence de mesures suffisantes des autorités en réponse aux craintes fondées de passage à l’acte éprouvées par l’ex-épouse a porté atteinte au droit de celle-ci au respect de la vie privée. Dans une affaire concernant les conditions d’accès à l’interruption de grossesse, la Cour examine le but légitime tenant à la protection de la morale (arrêt A, B et C c. Irlande (30) ). Elle vérifie si les éléments allégués par les requérantes au soutien d’une évolution de la teneur des exigences de la morale du pays font suffisamment apparaître un changement d’opinion du peuple en la matière pour invalider le point de vue soumis par l’Etat. S’agissant d’un choix fondamental fait par un Etat sur une question morale ou éthique délicate, basé sur des idées morales profondes de son peuple, la Grande chambre précise la jurisprudence sur le rôle d’un consensus européen dans l’interprétation de la Convention et sur la marge d’appréciation des Etats.

Vie familiale

La Cour traite d’une question nouvelle, celle de la séparation d’enfants à la suite du divorce de leurs parents, dans l’arrêt Mustafa et Armağan Akın c. Turquie (31) . Il s’agissait des modalités de garde fixées par le juge national empêchant un frère et une soeur de se voir et donc de passer du temps ensemble, ce qui privait aussi leur père de la compagnie simultanée de ses deux enfants. La Cour souligne l’obligation pour les autorités d’agir en vue de maintenir et de développer la vie familiale. Elle ajoute que le maintien des liens entre les enfants est trop important pour être laissé au bon vouloir des parents.

Domicile et vie privée

La Cour examine pour la première fois les nuisances causées par la circulation automobile dans l’arrêt Deés c. Hongrie (32) (non définitif ). Elle reconnaît la complexité de la tâche des autorités nationales pour traiter des questions d’infrastructures. Néanmoins, malgré les efforts déployés par les autorités hongroises, les mesures prises se sont révélées insuffisantes, laissant le riverain exposé à des nuisances graves et directes pendant une longue période. Dès lors, l’Etat a manqué à son obligation de garantir le respect du droit au domicile et à la vie privée.

Liberté de conscience et de religion (article 9)

L’arrêt Sinan Işık c. Turquie (33) concerne l’as- pect négatif de la liberté de religion et de conscience, à savoir le droit pour l’individu de ne pas être obligé de manifester ses convic- tions. L’intéressé se plaignait notamment de la mention de la religion sur la carte d’identité, document public d’usage fréquent dans la vie quotidienne. L’arrêt apporte une contribution importante sur la notion de convictions. Selon la Cour, lorsque les cartes d’identité compor- tent une case consacrée à la religion, le fait de

  • 6 Les Annonces de la Seine - jeudi 5 mai 2011 - numéro 26

Europe

Europe QUELQUES CHIFFR ES Obj et des arr êts d e vi olat i on ren

QUELQUES CHIFFRES

Objet des arrêts de violation rendus par la Cour Année 2010

P lus d’un tiers des arrêts de violation rendus en 2010, la Cour

a conclu à la violation de l’article 6 de la Convention, qu’il s’agisse d’équité ou de durée de procédure. Par ailleurs, 52 % des violations

constatées par la Cour concernaient l’article 6 et l’article 5 (droit à la liberté et à la sûreté). Enfin, dans près de 20 % des cas, la Cour a conclu à une violation grave de la Convention concernant

le droit à la vie ou l’interdiction de la torture et des traitements inhumains ou dégradants (articles 2 et 3 de la Convention).

Source : www.echr.coe.int

QUELQUES CHIFFR ES Obj et des arr êts d e vi olat i on ren dus

laisser celle-ci vide a inévitablement une connotation spécifique. Les titulaires d’une carte d’identité sans information concernant la religion se distingueraient, contre leur gré et en vertu d’une ingérence des autorités publiques, de ceux qui ont une carte d’identité sur laquelle figurent leurs convictions reli- gieuses. L’attitude consistant à demander qu’aucune mention ne figure sur les cartes d’identité a un lien étroit avec les convictions les plus profondes de l’individu. Dès lors, la divulgation d’un des aspects les plus intimes de l’individu est toujours en jeu. La manifestation par le citoyen de ses croyances sur la voie publique, à travers le port d’une tenue vestimentaire spécifique, est au centre de l’affaire Ahmet Arslan et autres c. Turquie (34) . Celle-ci se distingue d’affaires déjà examinées par la Cour, qui visaient la règlementation du port de symboles religieux dans des établissements publics, dans lesquels le respect de la neutralité à l’égard de croyances peut primer sur le libre exercice du droit de manifester sa religion. L’arrêt Jakóbski c. Pologne (35) (non définitif ) développe la jurisprudence sur le régime alimentaire en prison motivé par des croyances religieuses. Il s’agit d’une affaire concernant le refus des autorités pénitentiaires d’assurer un régime végétarien à un bouddhiste, en dépit des règles diététiques prescrites par sa religion.

Liberté d’expression (article 10)

Dans l’affaire Sanoma Uitgevers B.V. c. Pays- Bas (36) , la Cour précise les garanties procédu- rales qui sont requises dans le cas d’une injonction faite à des journalistes de remettre des matériaux renfermant des informations propres à permettre d’identifier leurs sources.

Comment concilier la protection des sources journalistiques et les nécessités d’une enquête pénale ? Il convient d’assurer une appréciation indépendante du point de savoir si l’intérêt d’une enquête pénale en cours devrait l’em- porter sur l’intérêt public à la protection des sources des journalistes. Ainsi, la mesure ne doit émaner que d’un juge ou d’un autre organe décisionnel indépendant et impartial ; celui-ci doit avoir la faculté de refuser de déli- vrer une injonction de divulgation ou d’en émettre une de portée plus limitée ou plus encadrée. La Grande Chambre détaille égale- ment les exigences en cas d’urgence, et indique celles des interventions judiciaires incompatibles avec l’état de droit. L’arrêt Akdaş c. Turquie (37) enrichit la jurisprudence relative à la conciliation entre la liberté d’expression et la protection de la morale. La Cour consacre la notion de patrimoine littéraire européen, énonçant à cet égard divers critères : réputation mondiale de l’auteur ; ancienneté de la première parution ; grand nombre de pays et de langues dans lesquels la publication a eu lieu ; publication sur papier et sur Internet ; entrée dans une collection prestigieuse du pays de l’auteur. Elle considère que l’on ne saurait empêcher l’accès du public d’une langue donnée à une œuvre figurant dans un tel patrimoine.

Liberté de réunion et d’association (article 11)

L’affaire Vörður Ólafsson c. Islande (38) concer- nait l’obligation imposée par la loi à un entre- preneur en bâtiment de payer une contribu- tion à la fédération nationale des industries, une organisation de droit privé, bien qu’il n’en soit pas membre (pas plus que son association

professionnelle) ni ne soit obligé d’y adhérer, et bien qu’il estime contraires à ses opinions politiques et à ses intérêts les positions défen- dues par elle. L’absence d’obligation d’adhésion distingue cette affaire des précédentes. La Cour y traite pour la première fois de la liberté d’association négative des employeurs et consacre une telle liberté. Elle examine si un juste équilibre a été ménagé entre le droit de l’employeur à ne pas adhérer à une association et l’intérêt général tenant à la promotion et au développement de l’industrie nationale visés par la loi critiquée.

Droit au mariage (article 12)

La Cour observe que si l’Etat peut réglementer le mariage civil, conformément à l’article 12, il ne saurait pour autant obliger les personnes relevant de sa juridiction à se marier civilement (arrêt Şerife Yiğit c. Turquie (39) ). La Grande chambre précise que les Etats jouissent d’une certaine marge d’appréciation quand ils prévoient un traitement différent selon qu’un couple est marié ou non, notamment dans des domaines qui relèvent de la politique sociale et fiscale, par exemple en matière d’imposition, de pension et de sécurité sociale (arrêt Şerife Yiğit, précité). Dans l’arrêt Schalk et Kopf (précité), la Cour se prononce pour la première fois sur la question du mariage de personnes de même sexe, en concluant que l’article 12 n’impose pas à l’Etat de permettre à ces personnes de se marier. La Cour a rendu son premier arrêt sur des mesures étatiques visant à empêcher la pratique des mariages blancs utilisée pour contourner les règles en matière d’immigration (arrêt O’Donoghue et autres c. Royaume-Uni (40) , non définitif ). La Cour proscrit toute interdiction générale de mariage qui frappe tous les membres d’une catégorie particulière de la population et/ou qui n’est pas fondée sur une évaluation de la sincérité du mariage.

Interdiction de discrimination (article 14)

S’agissant de l’expression toute autre situation employée par l’article 14, la Cour a apporté des précisions : dans l’arrêt Carson et autres c. Royaume-Uni (41) , elle considère que le lieu de résidence d’une personne s’analyse en un aspect de sa situation personnelle et constitue donc un motif de discrimination prohibé par cet article. Selon l’arrêt Şerife Yiğit (précité) l’absence de lien conjugal entre deux parents fait partie des situations personnelles susceptibles d’être à l’origine d’une discrimination prohibée par l’article 14. Dans cette affaire, l’intéressée qui n’était pas mariée légalement, mais avait contracté un mariage religieux, se plaignait d’avoir été discriminée par rapport à une femme mariée en vertu du code civil.

Droit à l’instruction (article 2 du Protocole n°1)

L’arrêt Oršuš et autres (précité) concerne le placement d’enfants roms dans des classes composées uniquement de Roms en raison de leur maîtrise prétendument insuffisante de la langue nationale. Lorsqu’une telle mesure touche les membres d’un groupe ethnique spécifique de manière disproportionnée voire, comme en l’occurrence, exclusive, il faut que des garanties adaptées soient mises en place. Ces garanties doivent assurer que, dans l’exercice de sa marge d’appréciation dans le domaine de

Les Annonces de la Seine - jeudi 5 mai 2011 - numéro 26

7

Europe l’éducation, l’Etat tienne suffisamment compte des besoins spéciaux des enfants en tant que membres d’un

Europe

l’éducation, l’Etat tienne suffisamment compte des besoins spéciaux des enfants en tant que membres d’un groupe défavorisé.

Droit à des élections libres (article 3 du Protocole n°1)

La Cour souligne le rôle essentiel joué par les députés dans le maintien du pluralisme et le bon fonctionnement de la démocratie. Celui des députés de l’opposition notamment est de représenter les électeurs en garantissant l’obligation pour le gouvernement en place de rendre des comptes et en évaluant les politiques de ce dernier. L’arrêt Tănase c. Moldova (42) ajoute que la loyauté envers l’Etat que l’on exige des députés ne saurait saper leur capacité à représenter les opinions de leurs électeurs, notamment des groupes minoritaires. C’est avec un soin tout particulier que la Cour examine les restrictions au droit de voter ou de se porter candidat qui sont introduites peu avant la tenue d’un scrutin. A la différence de la grande majorité des arrêts rendus jusqu’à présent sur le droit à des élections libres, lesquels visaient les conditions d’éligibilité, c’est plus particulièrement l’attribution d’un mandat de député, soit une question cruciale de droit postélectoral, qui est traitée par l’arrêt Grosaru c. Roumanie (43) . L’affaire concernait un Etat ne disposant pas d’un système prévoyant un contrôle juridictionnel postélectoral. La Cour conclut pour la première fois à une violation de l’article 13 de la Convention combiné avec l’article 3 du Protocole n°1. Plus généralement, l’arrêt aborde le sujet de la représentation politique des minorités nationales. La Cour examine pour la première fois, sur le terrain du droit de vote, la situation de personnes souffrant d’un handicap mental qui nécessite une mesure de protection juridique. La privation automatique du droit de vote d’une personne au seul motif de son place- ment sous curatelle est à l’origine de l’arrêt Alajos Kiss c. Hongrie (44) . La Cour juge discu- table la pratique consistant à traiter comme un groupe homogène l’ensemble des per- sonnes souffrant de troubles mentaux ou intellectuels. Les éventuelles restrictions ainsi apportées aux droits de ces personnes doivent faire l’objet d’un contrôle strict. Bref, le retrait automatique du droit de vote, en l’absence d’évaluation judiciaire individualisée de la situation des intéressés et sur le seul fonde- ment d’un handicap mental nécessitant un placement sous curatelle, ne peut être consi- déré comme une mesure de restriction du droit de vote fondée sur des motifs légitimes. Plus généralement, les Etats doivent avoir des raisons très puissantes pour imposer une res- triction des droits fondamentaux à un groupe particulièrement vulnérable de la société, qui a souffert d’une discrimination considérable par le passé, tel que les personnes mentale- ment handicapées. La Cour prend en considé- ration le cas de ces groupes ayant fait l’objet par le passé de traitements défavorables aux conséquences durables, qui ont abouti à leur exclusion de la société.

Protection de la propriété (article 1 du Protocole n°1)

Applicabilité L’arrêt Depalle c. France (45) concernait l’ordre de démolition d’une maison édifiée sur le domaine public maritime insusceptible d’appropriation privée. La maison avait fait l’objet d’autorisations

d’occupation pendant une très longue durée. Même si les lois internes d’un Etat ne reconnaissent pas un intérêt particulier comme droit, voire comme droit de propriété, la Cour peut estimer qu’il existe un intérêt patrimonial suffisamment reconnu et important lequel constitue un bien au sens de la Convention. En l’occurrence, le temps écoulé avait fait naître l’existence d’un intérêt patrimonial du requérant à jouir de sa maison. La Grande chambre a confirmé que l’obligation de payer des frais de justice, et la réglementation y relative, relève du deuxième alinéa de l’article 1 du Protocole no 1, ces frais étant des contributions (arrêt Perdigão c. Portugal (46) ).

Respect des biens

L’arrêt Depalle (précité) s’intéresse à la ques- tion de la protection du bord de mer. Tenant compte de l’attrait des côtes et des convoitises qu’elles suscitent, la Cour indique que la recherche d’une urbanisation contrôlée et du libre accès de tous aux côtes implique une politique plus ferme de gestion de cette partie du territoire, ce qui vaut pour l’ensemble des zones littorales européennes. La protection de l’environnement est au centre de l’affaire Consorts Richet et Le Ber c. France (55) (arrêt non définitif ). La Cour examine dans quelle mesure un Etat, soucieux de protéger l’environnement et de préserver une île, a pour autant rompu le juste équilibre à ménager entre la protection de la propriété et les exigences de l’intérêt général. Selon elle, les Etats ne sauraient s’exonérer de leurs obligations contractuelles au seul motif que les règles qu’ils adoptent ont changé. L’arrêt Carson et autres (précité) s’exprime notamment sur la conclusion d’accords bilaté- raux en matière de sécurité sociale, technique la plus couramment utilisée par les Etats membres du Conseil de l’Europe pour garan- tir la réciprocité des prestations sociales. Dans l’affaire Perdigão (précitée), l’indemnité d’expropriation allouée aux anciens propriétaires avait été totalement absorbée par les frais de justice, d’un montant supérieur. Au final, non seulement les propriétaires dépossédés n’avaient rien perçu, mais en plus, ils avaient dû verser un solde à l’Etat. La Cour souligne l’importance du résultat visé par l’article 1 du Protocole no 1 en termes de juste équilibre entre les moyens employés et le but visé, ce qui n’a pas été atteint ici. Il peut sembler paradoxal que l’Etat reprenne d’une main - au moyen des frais de justice - plus que ce qu’il a accordé de l’autre. Dans une telle situation, de l’avis de la Cour, la différence de nature juridique entre l’obligation pour l’Etat de verser une indemnité d’expropriation et l’obligation pour le justiciable d’acquitter des frais de justice ne fait pas obstacle à un examen global de la proportionnalité de l’atteinte dénoncée au regard de l’article 1 du Protocole n°1 La Cour développe la jurisprudence relative aux limitations apportées aux droits des propriétaires de résilier des contrats de bail (arrêt Almeida Ferreira et Melo Ferreira c.

Portugal (48) , non définitif ). L’affaire concernait le choix d’un Etat d’accorder une protection plus large aux intérêts d’une certaine catégorie de locataires, comme ceux bénéficiant de contrats de location plus longs et stables.

Droit d’indemnisation en cas d’erreur judiciaire (article 3 du Protocole n°7)

Saisie d’une question nouvelle dans la décision Bachowski c. Pologne (49) , la Cour précise le champ d’application de l’article 3 de ce Protocole. La requête visait une procédure d’indemnisation pour une détention subie avant la chute du communisme, la condamnation pénale ayant été annulée au motif qu’elle reposait sur une motivation politique. La Cour déclare l’article 3 du Protocole n°7 inapplicable à la procédure dont il s’agit, en adoptant une interprétation littérale de la disposition et en s’appuyant sur les travaux préparatoires de cette dernière. Autrement dit, un changement de régime politique ne peut passer pour un fait nouveau ou nouvellement révélé. (…)

Notes :

  • 1 - Il s’agit d’une sélection d’arrêts et de décisions qui traitent d’une question nouvelle ou d’un sujet important d’intérêts général, ou encore

qui posent de nouveaux principes de jurisprudence, développent ou clarifient la jurisprudence.

  • 2 - Un arrêt peut concerner plusieurs requêtes et ce chiffre inclut les 116 arrêts adoptés par un comité de trois juges.

  • 3 - Niveau 1 = Importance élevée - arrêts dont la Cour juge qu’ils apportent une quelconque contribution à l’évolution, à la clarification ou à la modification de sa jurisprudence, soit de manière générale, soit pour un Etat donné. Niveau 2 = Importance moyenne - arrêts qui n’apportent pas une contribution significative à la jurisprudence mais ne se bornent malgré tout pas à appliquer la jurisprudence existante. Niveau 3 = Faible importance - arrêts n’ayant qu’un faible intérêt juridique, c’est-à-dire ceux appliquant la jurisprudence existante, les règlements amiables et les radiations du rôle (sauf s’ils présentent un intérêt particulier).

  • 4 - N°45744/08, 21 décembre 2010.

  • 5 - [GC], n°22978/05, à paraître dans CEDH 2010.

  • 6 - N°60333/00, à paraître dans CEDH 2010.

  • 7 - N°25965/04, à paraître dans CEDH 2010 (extraits).

  • 8 - (déc.), n°29878/07, 14 septembre 2010.

  • 9 - N°28221/08, à paraître dans CEDH 2010.

    • 10 - N°s 28189/04 et 28192/04, 21 décembre 2010.

11- [GC], n°12050/04, à paraître dans CEDH 2010.

  • 12 - N°9411/05, 2 septembre 2010.

  • 13 - [GC], n°15766/03, à paraître dans CEDH 2010.

  • 14 - N°74181/01, à paraître dans CEDH 2010.

  • 15 - N°37575/04, 14 décembre 2010.

  • 16 - [GC], n°926/05, 16 novembre 2010.

  • 17 - N°39660/02, 18 février 2010.

  • 18 - N°19334/03, 5 octobre 2010.

  • 19 - (déc.), n°13205/07, 5 janvier 2010.

  • 20 - [GC], n°36391/02, à paraître dans CEDH 2008.

  • 21 - N°4158/05, à paraître dans CEDH 2010 (extraits).

  • 22 - N°35623/05, à paraître dans CEDH 2010 (extraits).

  • 23 - (déc.), n°420/07, 5 octobre 2010.

  • 24 - (déc.), n°25951/07, 31 août 2010.

  • 25 - N°16318/07, à paraître dans CEDH 2010 (extraits).

  • 26 - N°30141/04, à paraître dans CEDH 2010.

  • 27 - (déc.), n°964/07, à paraître dans CEDH 2010.

  • 28 - N°20999/04, 19 octobre 2010.

  • 29 - N°2660/03, 30 novembre 2010.

  • 30 - [GC], n°25579/05, 16 décembre 2010.

  • 31 - N°4694/03, 6 avril 2010.

  • 32 - N°2345/06, 9 novembre 2010.

  • 33 - N°21924/05, à paraître dans CEDH 2010.

  • 34 - N°41135/98, à paraître dans CEDH 2010.

  • 35 - N°18429/06, 7 décembre 2010.

  • 36 - [GC], n°38224/03, à paraître dans CEDH 2010.

  • 37 - N°41056/04, 16 février 2010.

  • 38 - N°20161/06, à paraître dans CEDH 2010.

  • 39 - [GC], n°3976/05, à paraître dans CEDH 2010.

  • 40 - N°34848/07, 14 décembre 2010.

  • 41 - [GC], n°42184/05, à paraître dans CEDH 2010.

  • 42 - [GC], n°7/08, à paraître dans CEDH 2010.

  • 43 - N°78039/01, à paraître dans CEDH 2010.

  • 44 - N°38832/06, à paraître dans CEDH 2010.

  • 45 - [GC], n°34044/02, à paraître dans CEDH 2010.

  • 46 - [GC], n°24768/06, 16 novembre 2010.

  • 47 - N°s 18990/07 et 23905/07, 18 novembre 2010.

  • 48 - N°41696/07, 21 décembre 2010.

  • 49 - (déc.), n°32463/06, 2 novembre 2010.

2011-205

  • 8 Les Annonces de la Seine - jeudi 5 mai 2011 - numéro 26

Conférence des Bâtonniers

Assemblée générale, Paris - 29 avril 2011

Vie du droit

Conférence des Bâtonniers Assemblée générale, Paris - 29 avril 2011 Vie du droit L’Assemblée Générale de

L’Assemblée Générale de la Conférence des Bâtonniers, présidée par Monsieur Alain Pouchelon, du 29 avril 2011 s’inscrit dans le prolongement de celle du 25 mars 2011 (1) , en particulier sur deux sujets : la garde à vue et le projet de loi sur la participation des citoyens au fonctionnement de la justice.

  • L e Président Pouchelon ouvrit l’Assemblée, en faisant un exposé de l’évolution de l’actualité depuis le 25 mars : publication de la loi sur la

garde à vue le 14 avril 2011, arrêts de l’assem- blée plénière de la Cour de cassation du même jour (2) . Il a rappelé les diligences de la Conférence des Bâtonniers, de concert avec le Conseil National des Barreaux et le Barreau de Paris auprès de Monsieur le Garde des Sceaux, dans la recherche d’une « indemnisa- tion » équitable des gardes à vue. Son introduction des débats fut suivie d’un rapport des Bâtonniers Philippe Joyeux et Frank Natali, ancien président de la Conférence des Bâtonniers sur le projet de loi de « participation des citoyens au fonctionnement de la justice ». Ce projet est d’une importance exceptionnelle. Nous en avons publié l’essentiel à l’occasion de la précédente assemblée (3) . Les rapporteurs ont

actualisé leur communication en raison de l’avancement des travaux parlementaires. Ils ont été reçus par la Commission des Lois de l’Assemblée Nationale. En l’état, ils persistent dans leurs critiques. Elle est liberticide de notre organisation judiciaire, de nos cours d’assises. C’est un projet d’inspiration électorale, sans qu’il soit sûr qu’elle soit souhaitée par l’opinion publique. Le Bâtonnier de Beauvais Jean-René Caté affirme, après un sondage d’opinion, que dans son entourage on le pense.

REPÈRES

Ordre du jour de l’Assemblée rale du 29 avril 2011

  • - Projet de loi sur la participation des citoyens au fonctionnement de la justice pénale et le jugement des mineurs

  • - Proposition de loi relative à la création d’un dispositif de suspension de détention provisoire pour motif d’ordre

médical

  • - Journées Prisons : 1 er juillet 2011

  • - Fichiers de police et de gendarmerie

  • - Procédure collective – Liquidation judiciaire Omission

Arrêt de la Cour de cassation du 5 avril 2011

  • - Gouvernance et modification des statuts de la Conférence des bâtonniers

  • - Garde à vue, indemnisation des avocats, guide pratique de la garde à vue

Préparation de la manifestation du 4 mai 2011

Sa mise en œuvre contribuerait à aggraver le temps judiciaire. En effet, le tribunal devra expliquer aux jurés populaires préjudiciellement chaque affaire. Nos audiences correctionnelles qui se prolongent au moins en région parisienne au délà de minuit, s’achèveront à la levée du jour. Le choix des jurés est bien éloigné de notre tradition judiciaire. Cette réforme sera en outre très coûteuse (4) à l’heure où la justice manque des moyens les plus élémentaires :

- postes vacants de magistrats non affectés, - greffiers : heures supplémentaires en souffrance de paiement, d’où le projet du rétablissement de fait des frais de justice, par une taxe de 35 €uros imposée à tout plaideur engageant une action en justice. Madame Nathalie Barbier, spécialiste en droit pénal, est intervenue sur le jury populaire :

« Dans le cadre des procédures d’aménage- ment des peines (véritable alternative à l’em- prisonnement), il y a le risque que ces non professionnels du droit soient influencés par le fait divers. Ils n’ont pas le recul nécessaire. Ils ne prendront pas le risque d’accorder une semi-liberté ou une libération conditionnelle, alors que c’est par ces aménagements des peines que la récidive diminue. L’application des peines est une matière très spécifique, très technique, puisqu’il ne s’agit pas de juger et qui est réservée à des professionnels du droit. » Madame le Bâtonnier Christine Visier-Philippe, en charge depuis dix ans de la Journée Prison, à l’initiative du Bâtonnier Chambel, a dressé un bilan positif de celle-ci. Cette journée a fait prendre conscience de ce problème qui déshonore la patrie des droits de l’homme. Elle a abouti à la loi du 30 octobre 2007, à la désignation d’un Contrôleur-général des lieux de privation de liberté Jean-Marie Delarue, auquel elle a rendu un hommage partagé de tous ceux qui connaissent de ce problème. Si des avancées ont abouti à des améliorations des conditions de détention, tout reste encore à faire, en présence d’une population carcérale

en augmentation.

La situation dans nos prisons demeure incom- patible avec le respect de la dignité des per-

sonnes. Le rapport de Madame Visier- Philippe est à consulter sur le site de la

2011 a analysé et commenté le projet de loi relatif à la suspension de la détention provisoire pour raisons médicales. Un projet de loi difficile, qu’il expose avec art et conviction (5) . Madame le Bâtonnier Nathalie Barbier, en praticienne, est intervenue sur ce sujet :

« A l’heure actuelle, les textes prévoient, dans le cadre d’un contrôle judiciaire, la pos- sibilité de placer la personne avec un brace- let électronique. Or, les juges des libertés et de la détention n’appliquent pas ce texte au motif que l’enquête de faisabilité n’a pas été faite (vérification existence ligne télépho- nique) car entretemps « le temps du dépôt d’une demande de mise en liberté motivée sur le placement sous le bracelet électro- nique, le juge d’instruction ou le juge de la détention a la possibilité de vérifier l’exis- tence de la ligne ». » Le rapport du Bâtonnier Claude Duvernoy qui suivit est inquiétant quant au respect de la vie privée. Le sujet exposé : « Amélioration et contrôle de l’organisation des fichiers de police et de gendarmerie », fait peur. Le grou- pement de contrôle est composé majoritaire- ment de policiers et gendarmes, et seulement de quelques membres de la société civile comme le Bâtonnier Claude Duvernoy. Le nombre de personnes fichées est en progres- sion vertigineuse. La matinée fut clôturée par le rapport du premier Vice-Président de la Conférence des Bâtonniers, Jean-Luc Forget, sur la gouvernance et la modification des statuts de la Conférence des Bâtonniers promise il y a six mois dont la dernière remonte à 1995. Il en sera débattu à l’Assemblée générale du 1 er juillet 2011.

I. Garde à vue

Le Président Pouchelon avait réservé l’après- midi à ce débat sur :

  • - la garde à vue : l’application de la loi, la période transitoire, et l’après 1 er juin.

  • - l’indemnisation et le guide pratique de

celle-ci.

Conférence des Bâtonniers. Elle nous invite à

  • - L’organisation de la manifestation du 4 mai.

participer à la Journée Prison du 1 er juillet

Pour souligner l’unité du Barreau, de sa

  • 2011. représentation, par le Conseil National des Barreaux, son organe officiel, mais également de celle de la Conférence des Bâtonniers, il avait invité le Président Thierry Wickers et le Bâtonnier Jean Castelain. Ils ont répondu à son invitation.

Maître Etienne Noël du Barreau de Rouen, un

pionnier qui, par son audace, sa science du droit,

a abouti à la condamnation de l’Etat par les

juridictions administratives, en raison des conditions indignes de détention, le 29 avril

Les Annonces de la Seine - jeudi 5 mai 2011 - numéro 26

9

Vie du droit Pour la clarté de ce compte rendu et en raison du nombre d’interventions,

Vie du droit

Pour la clarté de ce compte rendu et en raison du nombre d’interventions, nous analyseront

successivement :

Les règles de droit applicable à la garde à vue suite à :

  • - la loi du 14 avril 2011

  • - la jurisprudence de la Cour de cassation

statuant en assemblée plénière le même jour par quatre arrêts,

  • - la période transitoire jusqu’au 1er juin,

  • - l’après 1er juin et les interrogations que la loi pose au vu de l’arrêt du Conseil constitutionnel,

de la jurisprudence de la Cour Européenne des Droits de l’Homme, visés par les arrêts de l’assemblée plénière du 14 avril 2011.

II. Sa mise en œuvre

Sa mise en œuvre devant les petits Barreaux et leurs difficultés, la manifestation du 4 mai, le but recherché et l’après 4 mai.

La loi du 14 avril 2011 en ses dispositions « relatives » à la garde à vue et à son encadrement :

Depuis l’Assemblée Générale de la Conférence des Bâtonniers du 25 mars 2011, le texte adopté suscite les mêmes observations que celles formulées par la profession au cours de celle- ci. Le Bâtonnier Jean-François Mortelette, dont les travaux sont une référence, en a rappelé les avancées, mais également les dispositions critiquables, pour certaines inacceptables. Sur ce point rien de nouveau. Ceci étant la loi est là. Elle doit être appliquée. Dans la période transitoire, celle avant le 1 er juin, elle est régie par les dispositions antérieures. Mais, et ce mais est d’importance. Le jour même de la promulgation de la loi, la Cour de cassation, en quatre arrêts rendus en assemblée plénière, au vu de la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme, condamne celle-ci. C’est cette jurisprudence qui, pour la période transitoire, est la règle de droit applicable. Le Président Pouchelon en une lettre adressée le 20 avril en a tiré les conclusions :

« A l’appui de la jurisprudence de la Cour Européenne des Droits de l’Homme, qui est désormais celle la Cour de cassation, il faut inviter nos confrères à exiger :

  • - le libre accès au dossier avec la possibilité de prendre des notes,

  • - la garantie de la confidentialité des entretiens dans des locaux adaptés,

  • - le droit de s’entretenir librement avec le gardé à vue,

  • - assister aux auditions et confrontations, mais également lors des perquisitions,

  • - poser des questions,

  • - présenter des observations écrites dans

lesquelles il peut consigner les questions refusées, et dans ce cas adresser copie au

Procureur de la République. »

Postérieurement au 1 er juin, c’est la loi du 14 avril 2011 qui est applicable. Au vu de l’arrêt du Conseil constitutionnel, des arrêts de la Cour Européenne des Droits de l’Homme, et de ceux de la Cour de cassation, il s’en suivra inévitablement en raison notamment des dispositions des articles 63-4-2, 63-4-3 de la loi mais également de l’article 16, en ses

dispositions relatives à l’article 706 du Code de procédure pénale, se posera la question de leur compatibilité avec les arrêts précités, et de l’arrêt du Conseil constitutionnel. En présence de cette probabilité, le Président Wickers au cours d’une

de ses interventions, ne l’ignorant pas a invité

les avocats qui entendent formuler un tel recours, à se rapprocher de leurs instances représentatives quant à la rédaction des moyens

articulés.

III. La mise en œuvre

Si la lecture de la presse reconnait que les

avocats ont su, dès la promulgation de la loi, répondre à leurs obligations et qu’il n’y a eu

aucun incident notable dans les rapports

officiels de police judiciaire ; en revanche, sa mise en œuvre dans les petits Barreaux est difficile. Les Bâtonniers de l’Aveyron ont donc saisi le Président de la Conférence des Bâtonniers. A l’Assemblée Générale nous avons entendu la Bâtonnière du Barreau d’Auxerre. Le projet d’un regroupement des pôles de garde à vue ayant été rejeté à la quasi-unanimité, des élus de droite et de gauche, quelle solution ? Elle est à l’examen, mais le 29 avril, pas de réponse.

IV. L’indemnisation

Sur son montant, les protestations, l’indignation, sont unanimes. Les promesses n’ont pas été tenues dans le passé et celles proposées pour l’avenir au titre de la loi nouvelle, du rôle, de sa durée, ont suscité une vive protestation. Le rapport de Madame le Bâtonnier Martine Gout rendant compte de la réunion au Conseil National des Barreaux de l’accès au droit n’était pas de nature à apaiser les esprits. Celle-ci s’est tenue dans la semaine. Il a été soumis à leurs représentants un projet de décret, quant au montant des indemnités, il est inacceptable, disent-ils. Bien que les professionnels fussent minoritaires, celui-ci a été écarté, au moins provisoirement, mais l’Etat est à la recherche d’un financement qu’il ne veut

ou ne peut assurer, et se propose de créer à la charge des justiciables une taxe de 35% pour

toute action en justice (matière civile). C’est le retour aux frais de justice abrogés par Monsieur

le Ministre Alain Peyrefitte sur une proposition d’un membre de son cabinet, inspecteur des

finances en 1978 Pierre Meyer. Parmi les interventions, nous citerons celles du

Bâtonnier en exercice du Barreau de Bobigny

Jean-Claude Benhamou et de son ancien Bâtonnier Yves Tamet. Il est le bâtonnier d’un Barreau de 500 avocats qui assument plus de 10 000 gardes à vue, c’est le taux de référence le plus élevé. Il est la première juridiction des mineurs par son importance et est une juridiction correctionnelle à quasi-égalité avec celle de Paris. Il va de soi que la charge pour ce Barreau est lourde, conduit à sa paupérisation, au salariat d’avocats par l’Ordre. Le Bâtonnier Benhamou, dont le Barreau est le plus concerné, a développé minutieusement les raisons de sa protestation, de son indignation, et justifie la

grève de son Barreau depuis le 7 avril 2011. A l’origine, il était hostile mais un référendum a confirmé la volonté de son Barreau. A cela s’ajoute, comme l’a fait observer son prédécesseur Yves Tamet, la disparition du protocole de 1991 d’où une perte de 100 000 à 140 000 €uros. Ancien Bâtonnier de ce Barreau, Brigitte Marsigny, responsable de l’accès au droit au Conseil National des Barreaux, organisatrice en son temps des journées d’aide légale, a, en spécialiste, dit pourquoi elle s’élève contre le

montant de l’indemnisation. S’il y a unanimité sur cette revendication, pour

y aboutir, il y a quelques différences sur les

moyens. A l’opposé du Bâtonnier Benhamou, Frank Natali, le Président Thierry Wickers, le Bâtonnier de Paris Jean Castelain, pensent que nous devons d’abord aux yeux de l’opinion, des médias, faire preuve que nous assumons pleinement, en dépit du coût qu’en supporte nos cabinets, que nous assistons les plus démunis, pour une indemnisation dérisoire. Nous pourrons, ayant fait la preuve de notre compétence au vu d’un bilan dressé après quelques mois d’exercice de décider de l’action la plus appropriée pour agir et nous faire entendre. Cette argumentation a été développée par le Président Wickers et par le Bâtonnier de Paris Jean Castelain. Reçu le jour même avec son Conseil de l’Ordre pendant 1 heure 30 à l’Elysée par le Chef de l’Etat. Jean Castelain nous

invite à faire preuve de réalisme, de prendre en considération la dette publique de la France :

  • 1 500 milliards d’€uros. Une dette proche de

celle de l’Irlande et du Portugal. Si l’on appliquait,

dit-il, en France comme conséquence de l’accroissement de la dette publique des mesures aussi drastiques qu’en Irlande, on en imagine

les conséquences. En un mot, il y a peu à espérer du financement équitable par l’Etat de l’aide juridictionnelle et des gardes à vue. Le recours à la protection juridique comme source de son financement, semble avoir échoué. En l’état, nous devons d’abord prouver notre compétence pour assurer les gardes à vue. Le Barreau de Paris mobilise 100 avocats à la disposition des mis en cause et des victimes. Nous avons prouvé que nous étions, dit le Bâtonnier, capables de les assurer. L’ayant prouvé, en septembre, nous ferons le bilan ; c’est le temps nécessaire pour faire les constatations qui s’imposeront. Au regard de celui-ci, nous pourrons formuler des revendications avant de décider d’une action de grève, de suspension des audiences ou de tous autres moyens. Cependant pour démontrer notre détermina- tion dans l’unité, nous organisons une mani- festation nationale des Barreaux de France le

  • 4 mai à Paris. Le cortège partira de la Cour de Mai du Palais de Justice pour se rendre à l’Opéra, la Place Vendôme ayant été interdite.

Notes :

A. Coriolis

  • 1 - Les Annonces de la Seine du 11 avril 2011, page 10.

  • 2 - Cour de cassation, assemblée plénière, 15 avril 2011, arrêts nos 589

- 590 - 591 et 592, Les Annonces de la Seine du 24 avril 2011, page 10.

  • 3 - Les Annonces de la Seine du 11 avril 2011, page 10.

  • 4 - Voir le rapport des Bâtonniers Joyeux et Natali publié ci-après.

  • 5 - Voir son rapport sur le site de la Conférence des Bâtonniers :

www.conferencedesbatonniers.com

2011-206

  • 10 Les Annonces de la Seine - jeudi 5 mai 2011 - numéro 26

Vie du droit

Vie du droit La participation des citoyens au fonctionnement de la justice pénale et le jugement

La participation des citoyens au fonctionnement de la justice pénale et le jugement des mineurs

Rapport de Frank Natali* et Philippe Joyeux** sur le projet de loi Paris - 28 avril 2011

  • L e garde des Sceaux a présenté un projet de réforme concernant la Justice pénale au Conseil des ministres du 13 avril dernier qui vise à une profonde

réorganisation de celle-ci. Il concerne en effet les tribunaux correctionnels, la Cour d'assises, le Tribunal de l'application des peines, et le jugement des mineurs. Nous avions eu l'occasion de commenter l'annonce de ce projet lors de l'Assemblée générale de la Conférence des bâtonniers en date du 25 mars dernier, et il convient de se reporter aux termes de ce rapport dont l'intitulé « la place des jurés populaires dans le fonctionnement de la justice pénale : projet de réforme, avancée ou recul ? » reste d'actualité lorsque l'on prend connaissance du contenu précis de celui-ci. Il convient d'examiner les principaux aspects du texte proposé et de l'étude d'impact pour formuler un certain nombre d'observations.

I. Le projet

Il comporte quatre grandes propositions :

  • - la participation de deux citoyens assesseurs

au Tribunal Correctionnel « pour le jugement

des délits qui portent quotidiennement atteinte à la sécurité et à la tranquillité de nos citoyens, » aux côtés des trois juges professionnels, ainsi qu'en appel ;

  • - le jugement en premier ressort des crimes

punis d'une peine maximale de 15 ou 20 ans de

réclusion criminelle, à l'exception des crimes commis en récidive légale, par une Cour d'assises où les neuf jurés pourront être remplacés par deux citoyens assesseurs. L'accusé ou le Ministère public auraient la faculté de s'y opposer. Les délais d'audiencement et de détention provisoire seront alors diminués

de moitié. Il s'agit de lutter contre la pratique de la correctionnalisation.

  • - La participation des citoyens assesseurs au

Tribunal de l'Application des Peines pour statuer

sur les demandes de libérations conditionnelles des personnes condamnées à des peines privatives

de liberté de 5 ans ou plus, ainsi qu'en appel,

  • - Enfin, la création d'un « Tribunal correctionnel

pour mineurs » pour le jugement des mineurs de plus de 16 ans en récidive. Il s'agit donc d'une réforme d'ampleur qui est proposée au débat parlementaire pour lequel

le Gouvernement a demandé la procédure d'urgence pour le vote au Parlement.

Le texte sera ainsi examiné au Sénat le 4 mai prochain en Commission des lois et en séance publique le 17 mai. Les principales dispositions de ce projet seront évoquées ci-après, d'une manière cependant non- exhaustive. Il est recommandé de se reporter aux termes du projet et de l'étude d'impact.

1. La participation de citoyens assesseurs au fonctionnement du Tribunal correctionnel :

Le choix a été arrêté de proposer deux citoyens assesseurs pour compléter le tribunal correc- tionnel, aux côtés des trois magistrats profes- sionnels, pour les délits constituant des faits de violences commis contre les personnes, c'est-à- dire toutes les atteintes aux personnes relevant du tribunal correctionnel collégial. Il existe déjà des « assesseurs citoyens » en Nouvelle-Calédonie qui participent au tribunal correctionnel. Il s'agit de confier à cette formation le jugement d'infractions qualifiées de « sensibles » :

  • - homicide involontaire commis par les chauffards de la route,

  • - agressions et atteintes sexuelles,

  • - violences conjugales habituelles,

  • - violences aux personnes avec ITT de plus de

huit jours avec deux ou trois circonstances aggravantes,

  • - violences urbaines,

  • - menaces de mort aggravées,

  • - atteintes aux biens aggravées.

Il s'agit d'infractions décrites comme celles « qui

portent une atteinte particulièrement grave à la cohésion sociale du pays » mais pas les délits dont l'examen « revêt un caractère complexe, comme les délits liés au trafic de stupéfiants ou en matière économique et financière ». Il est exposé que 36 500 affaires rentrent dans le champ d'application de la réforme sur 600 000 dossiers jugés actuellement en correction- nelle, pour un total de 40 800 dossiers jugés en première et en appel. Les citoyens assesseurs sont choisis sur la liste

des personnes tirées annuellement pour figurer sur la liste des jurés. Ils doivent présenter des garanties d'impartialité et de moralité et ne pas être inaptes à l'exercice de ces fonctions.

C'est la commission départementale prévue par l'article 262 du Code de procédure pénale qui les désignera (cinq magistrats, le bâtonnier, cinq élus), au vu notamment d'un questionnaire qui sera adressé aux personnes qui auront été tirées au sort pour siéger soit comme jurés soit comme citoyens assesseurs.

Ils participeront à huit journées d'audience, devront prêter serment. Le président du Tribunal de grande instance fera la répartition selon les audiences. Il s'agit d'un « devoir civique », une amende de 1 500 € est prévue si l'on s'y soustrait. Il s'agit donc d'un système mixte, tirage au sort et désignation, mais ce ne sont pas des jurés comme aux Assises. Le recours à ce « Tribunal correctionnel com- portant des citoyens assesseurs » peut interve- nir en comparution immédiate et dans ce cas une détention provisoire spécifique d'un maximum d'un mois est prévue pour compa- raître devant celui-ci. Par ailleurs, le président du tribunal doit s'assurer que ces citoyens assesseurs « sont en mesure de participer de façon éclairée au jugement des affaires » et des adaptations procédurales sont ainsi prévues. Le Président devra en début d'audience faire « dans un rapport oral introductif, un exposé

synthétique du dossier, en précisant les éléments à charge et à décharge et sans manifester son

opinion sur la culpabilité du prévenu ».

Seules les décisions « sur la qualification des

faits, la culpabilité du prévenu et la peine seront prises par les magistrat et les citoyens assesseurs ».

Les autres décisions, comme aux Assises, sont

prises par les magistrats professionnels.

2. Le Fonctionnement de la Cour d'assises :

Deux dispositions nouvelles sont proposées pour le fonctionnement de toutes les Cours d'assises :

a) L'existence d'un rapport du président sur les éléments à charge et à décharge du dossier d'instruction, à la place de la lecture actuelle par le greffier de la décision de renvoi (Art. 327 du C.P.P.). Il s'agit d'un rapport identique à celui précité pour le Tribunal correctionnel comportant des citoyens assesseurs, et il s'agit d'exposer les éléments de l'affaire « tels qu'ils résultent de la décision de renvoi » et de donner connaissance, en cas d'appel « du sens de la décision rendue en premier ressort et le cas échéant de la condamnation prononcée. » b) La motivation des arrêts criminels, en ajoutant à la feuille de questions actuelles, une feuille de motivation, qui énonce les principales raisons, pour chacun des faits, qui ont convaincu la Cour d'assises « telles qu'elles ont été exposées au cours des délibérations menées avant le vote ».

Vie du droit Cette motivation est rédigée par l'un des magistrats professionnels. Une Cour d'Assises simplifiée

Vie du droit

Cette motivation est rédigée par l'un des magistrats professionnels. Une Cour d'Assises simplifiée est instituée pour le jugement des crimes pour lesquels est prévue une « peine maximale de 15 ou 20 de réclusion criminelle, à l'exception des crimes commis en l'état de récidive légale ». Il s'agit notamment des affaires de vols aggravés et de viols simples ou aggravés, c'est-à-dire un nombre très considérable des affaires qui sont actuellement soumises aux Cours d'assises. Le chiffre de 1 395 affaires est avancé à ce propos sur 3 000 affaires jugées aux Assises par an actuellement. Dans cette hypothèse, le jury peut être remplacé par deux citoyens assesseurs si l'accusé ou le Procureur ne s'y opposent pas en fin d'instruction. Le délai pour être jugé est réduit de un an à six mois (art. 181 du C.P.P.) et le mécanisme des sessions d'Assises est modifié pour prévoir un audiencement quasi permanent. Les règles prévues pour la Cour d'assises sans jury s'appliquent à cette nouvelle Cour d'assises dont celle des votes sur la culpabilité et la peine à la majorité des voix. Les crimes « les plus graves » ou ceux en récidive, restent jugés par la Cour d'assises actuelle. La Cour d'assises avec un jury, composé de douze jurés, reste seule compétente en appel.

3) Le fonctionnement en matière d'application des peines :

Il s'agit de prévoir la présence de deux citoyens assesseurs au Tribunal d'application des peines, pour les libérations conditionnelles concernant des peines privatives de liberté supérieures ou égales à cinq ans, ou pour le relèvement de périodes de sûreté. La chambre de la Cour d'appel comportera de la même manière deux citoyens assesseurs quand elle statuera sur l'examen des jugements de l'application des peines. Les échevins qui participent actuellement aux décisions d'appel (représentants d'associations de victimes et d'associations de réinsertion des détenus) disparaissent donc dans ce dispositif.

4) La création du Tribunal correctionnel pour mineurs :

De nombreuses dispositions sont prises en matière de justice des mineurs anticipant une réforme annoncée en la matière qui a fait l'objet de nombreux rapports. Il s'agit de « réduire les délais de jugement » ainsi que « d'adapter la réponse pénale à l'évolution de la délinquance des mineurs » et de mieux connaître la personnalité du mineur. Parmi d'autres mesures, est ainsi créé « un dossier unique de personnalité » qui regroupe l'ensemble des renseignements recueillis au cours des différentes enquêtes concernant le mineur. Le placement sous contrôle judiciaire et en Centre Educatif Fermé (CEF) est élargi. Enfin, il est créé un tribunal correctionnel pour mineurs composé de trois juges professionnels dont un juge pour enfants afin « de faire comprendre aux intéressés la nécessité de sortir de l'engrenage de la délinquance ». Un ordre de comparaître pourra être délivré aux parents défaillants. Ce tribunal statuera pour le jugement des mineurs de plus de seize ans lorsqu'ils sont

poursuivis pour un ou plusieurs délits punis de trois ans d'emprisonnement commis en état de récidive légale. Cette nouvelle formation ne comportera plus les échevins spécialisés qui composent actuellement le tribunal pour enfants aux côtés du juge pour enfants.

II. Analyse de l’étude d’impact du projet

Cette étude d'impact comporte un certain nombre de considérations générales sur le fonctionnement actuel des juridictions et en matière de droit comparé. Elle propose en outre une présentation du dispositif proposé et d'en mesurer l'impact sur le fonctionnement des juridictions et en terme de coût budgétaire. Il conviendra d'examiner plus particulièrement l'impact global de la réforme et sur le fonctionnement des services de l'Etat.

  • 1. L'impact de la réforme :

Une période d'expérimentation devrait se dérouler du 1 er janvier 2012 au 1 er janvier 2014, date d'entrée en vigueur de la loi. Les projections anticipent la participation de 9 000 citoyens assesseurs au nouveau fonctionnement de la justice proposé. La charge de travail des greffes et des juridictions sera accrue et des audiences nouvelles devront être mises en place, en sus des charges actuelles de fonctionnement. En matière de justice des mineurs, il est ainsi notamment envisagé de créer vingt centres éducatifs fermés supplémentaires. C'est donc une réforme d'ampleur sur le fonctionnement quotidien de la justice qui est proposé. En matière correctionnelle, partant de l'hypothèse de trois dossiers par audience et d'une durée nécessairement plus longue de celle-ci, on peut anticiper une surcharge collective pour l'ensemble des intervenants, dont les avocats, en terme de disponibilité et de temps passé. L'aspect relatif au fonctionnement de l'aide juridictionnelle et son coût, devrait ainsi être pris en compte alors qu'il est indiqué dans le rapport « qu'il n'est pas envisagé de prévoir une unité de valeur spécifique pour les affaires passant devant les nouvelles formations de jugement ».

  • 2. L'impact sur les services de l'Etat :

Devant la « cour d'assises simplifiée » devrait passer la grande majorité des dossiers concernés par la réforme soit 1 246 affaires, compte tenu notamment de l'incitation à un jugement plus rapide. Le projet escompte en effet que seul 10% des 1 395 dossiers concernés resteraient jugés par la Cour d'assises avec neuf jurés. Cependant 1 000 à 1 900 dossiers actuellement correctionnalisés devraient être jugées par cette nouvelle formation. En matière correctionnelle, avec trois dossiers par audience du tribunal correctionnel avec citoyens assesseurs, il est prévu de créer 6 800 audiences supplémentaires, 1 225 en appel et 1 200 au tribunal de l'application des peines.

Il est prévu de consacrer 155 emplois temps plein de magistrats et 108 emplois temps plein de greffiers. Le coût global de mise en œuvre à compter de 2014 est de 32,7 M€ en investissement (immobilier, création de postes de travail) et de 8,4 M€ en fonctionnement (indemnités citoyens assesseurs et entretien) outre les

emplois précités. Il s'agit donc d'un investissement très important.

III. Observations générales sur le projet

  • 1. Le fonctionnement du Tribunal correctionnel avec

citoyens assesseurs :

Les citoyens assesseurs ne sont ni des jurés ni des échevins, ce sont des juges occasionnels siégeant huit fois par an aux côtés de trois magistrats professionnels. L'attrait de la fonction et son intérêt semblent limités dans la mesure où ils ne sont pas véri-

tablement insérés au fonctionnement de la juridiction. On peut craindre qu'ils aient ainsi un statut d'observateurs et que la mise en place de ce dispositif ne soit pas bien vécue par les juges professionnels, ce qui peut avoir des répercussions défavorables sur le fonc- tionnement des juridictions. Le fonctionnement du tribunal correctionnel va être très largement complexifié puisque désormais il fonctionnera, à juge unique, en formation collégiale avec magistrats profes- sionnels, en formation collégiale avec citoyens assesseurs. Le souci de simplification ne paraît pas évident, et il existe une inégalité devant la loi entre les différents justiciables.

Les audiences risquent d'être plus longues devant la nouvelle formation et la détention provisoire augmentée en cas de comparution immédiate. Dans ces conditions, l'efficacité du dispositif proposé apparaît tout à fait contestable et l'apparence d'une justice plus « populaire » semble primer sur l'efficacité du dispositif proposé. L'énergie et les moyens dépensés au fonction- nement du nouveau système pourraient être utiles à un meilleur fonctionnement des juri- dictions existant actuellement.

  • 2. Les modifications pour toutes les Cours d'assises :

Le rapport du président risque d'être contesté et source de difficultés procédurales. Il convient de rappeler que l'ordonnance de mise en accusation est le fruit d'un débat contradictoire à l'instruction notamment depuis les réformes instituées par la loi du 5 mars 2007 et que commenter celle-ci est un exercice périlleux. Il s'agit donc d'une fausse « bonne idée ». Quant à la motivation, elle n'est pas exigée pour les affaires avec jury populaire par la Cour européenne des droits de l'homme à partir du moment où des débats complets ont lieu devant la Cour d'assises et que le détail des questions permet de vérifier que les jurés ont pris leur décision en toute connaissance de cause (arrêt Taxquet c. Belgique du 16 novembre 2010),

Vie du droit

évitant ainsi le risque d'arbitraire et permettant à l'accusé de comprendre les raisons de sa condamnation. Le Conseil constitutionnel par sa décision en date du 1 er avril 2011 s'est prononcé dans le même sens, estimant que l'ensemble des garanties relatives aux débats devant la cour d'assises et aux modalités de sa délibération assurait un fonctionnement de cette juridiction conforme à la Constitution. Dans ces conditions, cette motivation qui sera rédigée par les magistrats professionnels consacre surtout l'abandon de la majorité décisionnelle des jurés au profit des juges professionnels pour la cour d'assises simplifiée et une prise de pouvoir de ceux-ci aux dépens du jury pour la cour d'assises normalement constituée.

3. La création de la Cour d'assises avec citoyens assesseurs :

Cette « cour d'assises simplifiée », composée de trois juges professionnels et de deux citoyens assesseurs n'est en réalité plus une Cour d'assises. Il s'agit en fait de mettre en place le Tribunal criminel départemental qui a été proposé en avril 2010 par Monsieur Garaud, député, et évoqué par la Chancellerie dès juin 2010 (voir le rapport présenté à l'assemblée générale du 25 mars 2011). Au motif de lutter contre la correctionnalisation, on généralise celle-ci sous une appellation erronée puisque les règles de vote des délibérations de la cour d'assises impliquent une décision majoritaire du jury. Il a été parfois envisagé une cour d'assises réduite à cinq jurés en première instance, mais ceux-ci avaient encore la majorité par rapport aux trois juges professionnels. Ce ne sera plus le cas si le projet est mis en place. Il va donc y avoir désormais un tribunal criminel département siégeant pour la moitié des affaires actuellement jugées aux assises. Il est choquant de considérer qu'il y aura désormais deux types de juridictions pour le même type d'affaires. Le principe d'égalité devant la loi est là encore mis à mal, d'autant que des délais plus rapprochés pour être jugés seront institués si l'on choisit la formule « simplifiée ». Il s'agit de l'abandon de la Cour d'assises pour un nombre très important de dossiers et l'on ne peut pas considérer que cette réforme contribue

à rapprocher les citoyens du fonctionnement de la justice comme l'énonce le projet de loi. Il y aura donc moins de juges populaires pour juger les affaires criminelles.

  • 4. Le Tribunal de l'application des peines avec

citoyens assesseurs :

Cette matière est particulièrement complexe et l'on peut s'interroger sur les modalités de l'intervention des citoyens assesseurs dans ces audiences. On disposait des échevins spécialisés et compétents qui vont être écartés au profit de ces juges occasionnels. La matière est particulièrement sensible : s'agit- t-il d'une défiance par rapport aux juridictions actuellement composées ? On aurait pu comprendre que le système des échevins soit élargi au tribunal de l'application des peines, on comprend moins qu'ils soient écartés au profit de juges sans formation spécialisée.

  • 4. Le Tribunal correctionnel pour enfants :

Une observation du même type que celle qui vient d'être formulée peut être faîte pour cette nouvelle juridiction. On constate la disparition des échevins du tribunal pour enfants au profit du recours aux juges professionnels uniquement. Or, la spécificité de la justice des mineurs rendait la présence de ces assesseurs spécialisés très importante. Il est d'ailleurs inexact de prétendre que la justice des mineurs ne savait pas allier la sévérité avec la pédagogie, étant précisé que les juridictions d'appel sont actuellement composées de magistrats professionnels. Dans ces conditions, la logique de ce projet est de calquer la justice des mineurs sur celle des majeurs, et d'anticiper une répression plus sévère des mineurs poursuivis.

IV. Pour une réflexion approfondie sur la participation des citoyens à la justice

  • 1. La place du jury en France et la nécessité de son

maintien :

La Cour d'assises est emblématique dans notre système pénal.

Les affaires qui vont lui échapper demain sont des affaires lourdes qui méritent des débats approfondis et qui vont désormais se dérouler sur une seule journée. Cette juridiction mérite mieux que cette

disparition programmée en catimini. Nos concitoyens approuveront-ils ce dispositif quand ils en seront informés ? Si l'on veut la réformer, prenons le temps d'une vraie réflexion au lieu de réfléchir à court terme.

  • 2. La place de l'échevinage :

Curieusement le projet remet en cause l'échevinage là où il existe (tribunal de l'application des peines, tribunal pour enfants). Il ne se fonde pas sur un bilan de l'existant, par exemple en ce qui concerne les juges de proximité. Le recours à des citoyens assesseurs renoue avec le système des notables qui existait avant 1978 et qui avait été abandonné, car insuffisamment démocratique. Dans ces conditions, c'est l'un des paradoxes de

ce projet que de le proposer à nouveau. Il semble qu'une réflexion approfondie sur les dispositifs existants et sur l'échevinage soit nécessaire avant d'envisager un nouveau système.

  • 3. Conclusion provisoire :

Projet de circonstance, le texte soumis à notre réflexion et demain au débat parlementaire est lourd de conséquence. Il remet en cause des règles anciennes de fonctionnement des juridictions qui ont leurs justifications profondes (cours d'assises, justice des mineurs) et risque de perturber le fonctionnement des juridictions (notamment le tribunal correctionnel). La sagesse serait de le différer et d'engager une vraie réflexion sur la place des citoyens dans le fonctionnement de notre justice et les moyens

de l'améliorer.

* Frank Natali, ancien Bâtonnier de l’Essonne, ancien Président de la

Conférence des Bâtonniers, membre du Conseil National des Barreaux. ** Philippe Joyeux, ancien bâtonnier de Nantes, membre du Bureau de

la Conférence des Bâtonniers.

2011-207

Agenda

Groupe des Anciens Combattants du Palais

Commémoration de la Victoire du 8 mai 1945

Mardi 10 mai 2011 11 heures 45 - Conseil de l’Ordre de Paris

Sont invités à y participer tous nos sympathisants, spécialement les Anciens Combattants d’Algérie et les Opex. A 17 heures 30 s’ouvrira un débat consacré à l’évolution du droit de la guerre (jus ad bellum et jus in bello) vers la juridiciarisation des conflits. Avec la participation de plusieurs auteurs, militaires, magistrats, avocats, qui feront connaître leurs analyses dans la revue « Inflexions ». Y participeront également Maîtres Xavier Delcros, Hubert Lafont, Hugues Letellier, Philippe Monnot, etc.

Contact : Bertrand Hohl, Président du Groupe des Anciens Combattants du Palais 181, avenue Victor Hugo - 75116 PARIS - 06 86 97 96 07 - hohlbertrand@orange.fr

2011-208

Les Annonces de la Seine - jeudi 5 mai 2011 - numéro 26

13

Palmarès Prix 2011 du Cercle Montesquieu Paris - 2 mai 2011 Denis Musson, Antoine Burin des

Palmarès

Prix 2011 du Cercle Montesquieu

Paris - 2 mai 2011

Denis Musson, Antoine Burin des Roziers, Yannick Chalmé, Renaud Mortier, Michel Prada, Sidonie Doireau et François-Xavier
Denis Musson, Antoine Burin des Roziers, Yannick Chalmé, Renaud Mortier, Michel Prada, Sidonie Doireau et François-Xavier Testu
Photo © Jean-René Tancrède - Téléphone : 01.42.60.36.35

S ous les présidences de M. Michel Prada, Président du Conseil de Normalisation des Comptes Publics, et de M. Yannick Chalmé, Président du

Cercle Montesquieu, le Prix du Cercle Montesquieu 2011 a été remis le 2 mai 2011 dans les salons de l’Automobile Club de France à Renaud Mortier pour son ouvrage « Opérations sur capital social ». Les ouvrages « Les conventions sociétaires » par Pierre Mousseron, L.G.D.J. Lextenso éditions, et « Contrats d’affaires » par François-Xavier Testu, Editions Dalloz, ont aussi été primés. Nous adressons nos chaleureuses félicitations aux lauréats. Jean-René Tancrède

Membres du Comité de Lecture

Antoine Burin des Roziers, administrateur du Cercle, membre des Commissions Finance & Bourse et Economie numérique & Internet Stéphane Collinet, administrateur et vice-prési- dent du Cercle, membre des Commissions Gouvernance & Ethique, Management des Directions Juridiques et Distribution Conso- mmation, European Legal Counsel Southem Europe CIT Group Inc. Brigitte des Abbayes, administrateur et vice- président du Cercle, membre de la Commission Management des Directions juridiques, directeur juridique Oracle Stéphane Lefer, administrateur du Cercle, membre de la Commission Management des Directions juridiques, directeur juridique et

éthique & compliance officer Sogeti Christiane Michel, administrateur du Cercle, membre de la Commission Gouvernance & Ethique Jérôme Perlemuter, administrateur du Cercle, responsable juridique LFP

Carol Xueref, administrateur du Cercle, membre des Commissions Gouvernance & Ethique et Finance & Bourse, membre de l’Autorité de la concurrence, directeur des affaires juridiques et du développement groupe Essilor

2011-209

AU FIL DES PAGES

Opérations sur capital social

Fiche de lecture par Antoine Burin des Roziers

  • L ’ouvrage du Professeur Mortier, très complet, traite sous les angles

juridique et fiscal toutes les opérations sur le capital et ce dans toutes les sociétés, commerciales ou civiles, générales ou spéciales, cotées ou non, à capital variable ou à capital fixe. Après avoir étudié les augmentations de capital par apports puis sans apports, l’auteur traite les réductions de capital en distinguant selon qu’elles sont ou non motivées par des pertes. Direct, précis, clair, cet ouvrage qui incite aussi à la réflexion sur la nécessité du capital social, est un outil précieux pour le directeur juridique de société cotée ou non. Eu égard à sa qualité pédagogique, à la diversité et à l’exhaustivité des opérations traitées, à l’ampleur de sa

cible potentielle parmi les membres de notre Cercle, je recommande au comité de lecture de le sélectionner, voire de le primer.

578 pages - 59 € LexisNexis SA 141, rue de Javel 75015 PARIS www.lexisnexis.fr

Palmarès Prix 2011 du Cercle Montesquieu Paris - 2 mai 2011 Denis Musson, Antoine Burin des
Palmarès Prix 2011 du Cercle Montesquieu Paris - 2 mai 2011 Denis Musson, Antoine Burin des
  • 14 Les Annonces de la Seine - jeudi 5 mai 2011 - numéro 26

Palmarès

Palmarès Ministère de la Défense et des Anciens Combattants XI Journée Nationale du Réserviste - Hôtel

Ministère de la Défense et des Anciens Combattants

XI ème Journée Nationale du Réserviste - Hôtel de Brienne, Paris - 4 mai 2011

Hier, le Ministre de la Défense et des Anciens Combattants Gérard Longuet a remis le Trophée 2011 aux deux lauréats du concours de la « Réserve Militaire » : la société Total représentée par Monsieur François Viaud Directeur des Ressources Humaines et le Cabinet Delaporte, Briard et Trichet représenté par François-Henri Briard avocat au Conseil d’Etat et à la Cour de Cassation. Trois conventions ont été signées au cours de cette cérémonie, elles ont pour objet de matérialiser l’adhésion des sociétés EADS représentée par Frédéric Agenet, GDF Suez représentée par Yves de Gaulle et MBDA représentée par Antoine Bouvier, à l’octroi à leurs réservistes de facilités allant au-delà des exigences légales lorsque les réservistes s’absentent de leurs postes de travail (salaire, protection sociale et prévoyance). Le Ministère de la Défense et des Anciens Combattants reconnaît ainsi la contribution de ces entreprises au développement de l’esprit de défense et leur réel soutien à la politique de la réserve militaire.

François-Henri Briard et Gérard Longuet François Viaud et Gérard Longuet Photos © Jean-René Tancrède
François-Henri Briard
et Gérard Longuet
François Viaud
et Gérard Longuet
Photos © Jean-René Tancrède

P remier cabinet d’avocats au Conseil d’Etat et à la Cour de cassation à avoir reçu la qualité de partenaire de la Défense nationale, le cabinet Delaporte,

Briard & Trichet s’efforce depuis plusieurs années de renforcer le lien entre la Nation et les forces armées, en assurant la promotion de l’esprit de défense au sein du monde judiciaire, en France et aux Etats-Unis. En récompense de ces efforts, et à l’occasion de la 11ème Journée nationale du réserviste, Maître François-Henri Briard a reçu de Monsieur Gérard Longuet, ministre de la Défense, le prix de la réserve militaire lors d’une cérémonie organisée à l’Hôtel de Brienne. Ce prix, qui était décerné pour la première fois, traduit la volonté du ministère d'encourager les entreprises Partenaires de la Défense qui s'impliquent pour l'exercice par leurs salariés

réservistes de missions dans les forces armées, apportant ainsi leur soutien concret à la politique de la réserve militaire prévu par la convention qu'elles ont signé. Auditeur de l’IHEDN, Maître François-Henri Briard participe assidument aux sessions de l’Institut. Il est également depuis cette année membre du jury d’admission à l’Ecole de Guerre. Cet engagement est aussi celui des équipes du cabinet Delaporte, Briard & Trichet, dont les collaborateurs réservistes s’investissent tant dans leurs missions auprès du ministère de la Défense, que dans le monde associatif du Barreau de Paris. Ainsi, le référant défense du cabinet, Maître Stéphane Colmant, a été nommé secrétaire général adjoint de l’association des réservistes du Palais, et collabore depuis plusieurs années avec l’Etat- major des armées au titre de la réserve

opérationnelle et en qualité d’officier juridique. Mais l’engagement du cabinet Delaporte, Briard & Trichet dans le cadre du partenariat défense se manifeste également dans son attachement à promouvoir le rapprochement franco- américain par son travail avec l’Institut Vergennes, présidé par Maître François-Henri Briard. Dans ce cadre, en novembre 2010, Maître François-Henri Briard a permis à une délégation française composée notamment de membres de la Cour de Cassation et du Conseil d’Etat, de

professeurs de Droit, de magistrats, et d’avocats

d’être reçus officiellement au sein de la

prestigieuse académie militaire de West Point.

Devant 4 700 cadets, François-Henri Briard a pu évoquer l’importance de son engagement, en France, auprès du monde de la Défense. Le partenariat Entreprises/Défense constitua d’ailleurs un élément d’échange, comme cela avait déjà le cas, lors d’un précédent voyage, en novembre 2008, au cours duquel une délégation de l’Institut Vergennes avait pu assister à une cérémonie au cimetière français du champ de bataille de Yorktown, et être reçue au Pentagone. A cette occasion, Monsieur Robert M. Gates avait souhaité que leur soit remise la médaille du Pentagone. Nous félicitons les lauréats ainsi que les entreprises Total (2005), EADS (2011), MBDA (2011) et GDF Suez (2011) qui, par la signature de conventions de soutien à la politique de la réserve militaire, renforcent le lien entre la Nation et les armées. 2011-210 Jean-René Tancrède

Frédéric Agenet, Antoine Bouvier, Gérard Longuet et Yves de Gaulle Photo © Jean-René Tancrède - Téléphone
Frédéric Agenet, Antoine Bouvier, Gérard Longuet et Yves de Gaulle
Photo © Jean-René Tancrède - Téléphone : 01.42.60.36.35

Les Annonces de la Seine - jeudi 5 mai 2011 - numéro 26

15

Photo © Jean-René Tancrède - Téléphone : 01.42.60.36.35

  • Economie Investissements d’avenir Paris - 28 avril 2011

Florent Massou, Michael Reynier, René Ricol et Pascal Werner
Florent Massou, Michael Reynier, René Ricol et Pascal Werner
  • L e 28 avril 2011, René Ricol, Commissaire Général à l’Investis- sement, a tenu une conférence de presse pour expliquer comment le

« Grand Emprunt » contribuera au dévelop- pement des PME. Les investissements d’avenir sont une des prio- rités du Gouvernement et de nombreux appels à projets ont été lancés depuis juin 2010 ; depuis le 25 mars 2011, parmi les 1.200 dossiers reçus, 281 ont été sélectionnés. D’ici à la fin de l’année 1 500 entreprises seront soutenues et 15 à 20 milliards d’euros seront engagés. Dans un récent communiqué du 3 mai 2011, Valérie Pécresse, Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, et René Ricol ont annoncé l’affectation de 900 millions d’euros pour l’innovation dans le cadre du programme « Investissements d’avenir » ; l’objectif étant de renforcer l’efficacité du dispositif d’innovation et la compétitivité de l’industrie française notamment par la création de sociétés d’accélération du transfert de technologies

(SATT). 2011-211 Jean-René Tancrède
(SATT). 2011-211
Jean-René Tancrède
  • Société

Salon de la mort !

Vivre & mourir - Paris, 8 / 10 avril 2011

S’est tenu à Paris au Carrousel du Louvre les 8, 9 et 10 avril 2011 la première édition du salon de la mort ! « Quelle drôle d’initiative », se sont dit grand nombre d’entre nous ? D’autres, comme Rémy Robinet-Duffo (pionnier en 1954 avec La Garantie Obsèques) ont pensé « enfin ce salon, il était temps ! »

  • L a mort, un sujet qui nous concerne tous mais qui conserve pourtant tous ses tabous. Jessie Westenholtz et Jean-Pierre Jouët,

spécialistes de l’organisation de salons, tels que le salon du livre, le salon nautique et bien d’autres, ont eu l’audace de faire entrer la mort au Carrousel du Louvre. Une soixantaine d’exposants ont ainsi répondu présents. En outre, les classiques comme les entreprises de pompes funèbres et les assurances, nous avons croisé des associations spécialisées dans la fin de vie, le don d’organes ou la dépendance, grand sujet d’actualité. Nous pouvions aussi rencontrer des entreprises très innovantes telle que Hommages expressions de vies, premier funeral planner , sa fondatrice Anne Géron offre la possibilité à toute personne qui le désire de « scénariser ses funérailles de son vivant, d’en être le créateur et même l’acteur ». On peut désormais, exprimer ses volontés d’émotions, de mémoire, de témoignage, funéraires et de legs dans un « livret de vœux », véritable « feuille de route » que le conjoint et les enfants pourront suivre afin d’être au plus près des souhaits émis

Louis Hauser, Rémy Robinet-Duffo et Bernard Lyonnet Photo © Jean-René Tancrède
Louis Hauser, Rémy Robinet-Duffo et Bernard Lyonnet
Photo © Jean-René Tancrède

par leur proche. Nous avons également été séduits par l’entreprise Extra-Céleste de Sandra Piat qui propose des urnes très originales, véritables œuvres d’art, réalisées avec des matériaux haut de gamme et qui répondent à une large demande due à l’essor considérable de la crémation en France. Enfin, nous avons pu assister à différentes conférences animées notamment pas Marie de

Hennezel psychologue spécialiste de la fin de vie. Durant ces trois jours un peu plus de 15 000 visiteurs ont errés dans les allées du salon de la mort ! ce qui a convaincu les organisateurs de renouveler l’expérience au printemps 2012.

Jean-René Tancrède

2011-212

  • 16 Les Annonces de la Seine - jeudi 5 mai 2011 - numéro 26

Direct

Direct Mobilisation des avocats de France Paris - 4 mai 2011 Photo © Jean-René Tancrède -

Mobilisation des avocats de France

Paris - 4 mai 2011

Photo © Jean-René Tancrède - Téléphone : 01.42.60.36.35
Photo © Jean-René Tancrède - Téléphone : 01.42.60.36.35

H ier après-midi les avocats de France ont défilé à Paris du Palais de Justice à l’Opéra, l’accès à la Place Vendôme leur ayant été interdit. Ils sont venus

nombreux de tous les Barreaux de France pour manifester au Gouvernement leur profond mécontentement face à la réforme de la garde-

à-vue adoptée le 11 avril 2011 : pour les grévistes la Chancellerie n’a pas tenu compte des revendications des avocats qui demandent de nouveaux moyens tant au plan matériel que financier pour la mise en place de la réforme qui permet à tout citoyen en garde-à-vue d’être assisté par un avocat tout au long de la procédure.

Faute de nouveaux moyens financiers, la nouvelle loi, qui constitue pourtant un progrès

considérable pour les droits de l’homme en France, finira-t-elle par pénaliser les justiciables, les policiers et les avocats ?

Jean-René Tancrède

2011-213

Photo © Jean-René Tancrède - Téléphone : 01.42.60.36.35
Photo © Jean-René Tancrède - Téléphone : 01.42.60.36.35
Ile-de-France Projet de schéma départemental de coopération intercommunale des Yvelines Versailles - 28 avril 2011 La

Ile-de-France

Projet de schéma départemental de coopération intercommunale des Yvelines

Versailles - 28 avril 2011

La réforme territoriale, tracée par la loi du 16 décembre 2010 sur la réforme des collectivités locales, a connu une étape importante ce 28 avril dans les Yvelines : Michel Jau, Préfet des Yvelines, a installé, à la préfecture de Versailles, la nouvelle commission départementale de coopération intercommunale (C DCI), afin de présenter à ses élus le projet de schéma départemental de coopération intercommunale.

Guy Pélissier et Michel Jau Photo © Jean-René Tancrède - Téléphone : 01.42.60.36.35
Guy Pélissier et Michel Jau
Photo © Jean-René Tancrède - Téléphone : 01.42.60.36.35
  • L ’intercommunalité répond aux exi- gences d’efficacité et de proximité des communes. C’est un instrument qui optimise la dépense publique, qui

apporte aux communes une aide et un sou- tien au développement économique et qui permet de développer ainsi un nouveau mode de « mieux vivre ensemble ». Le préfet a rappelé que ce projet prend en compte tant les impératifs fixés par la loi que les spécificités du département :

- couverture intégrale du territoire par des intercommunalités à fiscalité propre ;

  • - suppression des enclaves et discontinuités

territoriales ;

  • - accroissement de la solidarité financière ;

  • - réduction du nombre de syndicats de com-

munes et de syndicats mixtes. Ce projet a été élaboré grâce à un dialogue intense conduit depuis plusieurs mois, avec tous les parlementaires du département et les élus, maires et présidents d’intercommunalités en tête. Il se veut concret et pragmatique. Ainsi, partant de 11 communautés de com- munes et de 4 communautés d’agglomération existantes dans le département, le schéma

intègre dans les intercommunalités existantes ou dans de nouvelles structures les 115 com- munes encore isolées du département, qui ne compte actuellement que 56% de communes regroupées. Le projet propose ainsi de couvrir le départe- ment de 20 structures intercommunales à fis- calité propre, soit 5 supplémentaires seule- ment malgré l’importance du seuil à franchir. Les élus de la commission ont unanimement salué la qualité de l’écoute et du dialogue préa- lables, permettant ainsi d’établir une proposi- tion de schéma largement consensuelle. Plusieurs remarques ont suggéré des évolu- tions possibles, soit à court terme, soit dans un avenir plus lointain. Le préfet a souligné que le dialogue reste ouvert, puisque nous ne sommes qu’au début du processus. C’est le point de départ d’un travail qui va s’enrichir,

grâce aux propositions qui vont émerger. Les communes et intercommunalités dispo-

sent désormais d’un délai de trois mois, qui

s’achèvera fin juillet, pour émettre un avis sur le projet de schéma. Puis la commission elle- même, dans un délai maximum de quatre mois, se prononcera à son tour sur le projet. Elle aura, si elle le souhaite, la possibilité de proposer des alternatives susceptibles d’être retenues par un vote à la majorité des deux tiers de ses membres.

Source : Communiqué du Préfet des Yvelines du 28 avril 2011.

2011-214

Recevez deux fois par semaine

LESANNONCESDELASEINE

Recevez deux fois par semaine L ES A NNONCES D E L A S EINE 3

3 formules

  • 95 uros : Abonnement (bi-hebdomadaire)

avec suppléments juridiques et judiciaires (hebdomadaire) et suppléments culturels (mensuel)

  • 35 uros : Abonnement (bi-hebdomadaire)

avec suppléments culturels (mensuel) 15 uros : Abonnement (bi-hebdomadaire)

Abonnez-vous par téléphone (*) en composant le 01.42.60.36.35.

(*) Règlement à la réception de la facture

Oui, je désire m’abonner et recevoir le journal à l’adresse suivante :

Me, M. Mme, Mlle : ............................................................. Société : ................................................................................ Rue : .....................................................................................

Code postal :

............................

Ville : ................................

Téléphone :

.............................

Télécopie : ........................

E-mail : .................................................................................

o

Formule à 95 uros

o

Chèque ci-joint

o

Formule à 35 uros

o

Mémoire administratif

o

Formule à 15 uros

Ci-joint mon règlement à l’ordre de

LES ANNONCES DE LA SEINE 12, rue Notre-Dame des Victoires - 75002 PARIS Internet : http//:www.annonces-de-la-seine.com E-mail : as@annonces-de-la-seine.com

  • 18 Les Annonces de la Seine - jeudi 5 mai 2011 - numéro 26

Jurisprudence

Jurisprudence Campements illicites de Roms Conseil d’Etat - section du contentieux, 5 et 4 sous-sections réunies

Campements illicites de Roms

Conseil d’Etat - section du contentieux, 5 ème et 4 ème sous-sections réunies 7 avril 2011 - décision n°343387 - Association SOS Racisme - Touche pas à mon pote

Saisi par l’association « S.O.S. Racisme - Touche pas à mon pote » d’un recours en excès de pouvoir, le Conseil d’Etat a annulé une circulaire du ministre de l’Intérieur, de l’Outre-mer et des Collectivités territoriales relative à l’évacuation des campements illicites.

Le Conseil d’Etat,

Après avoir entendu en séance publique :

  • - le rapport de M. Xavier de Lesquen, Maître des Requêtes,

  • - les observations de la SCP Monod, Colin, avocat de l'Association SOS Racisme - Touche pas à mon poste,

  • - les conclusions de Mme Sophie-Justine Lieber, rapporteur public ;

La parole ayant été à nouveau donnée à la SCP Monod, Colin, avocat de l'Association SOS Racisme - Touche pas à mon pote ; Considérant que l'Association SOS Racisme - Touche pas à mon pote demande l’annulation des circulaires du ministre de l'intérieur, de l'outre- mer et des collectivités territoriales en date du 5 août et du 13 septembre 2010, adressées aux préfets, au préfet de police, au directeur général de la police nationale et à celui de la gendarmerie nationale, ayant pour objet l'évacuation des campements illicites ; que la circulaire du 5 août 2010, après avoir rappelé que « le président de la République a fixé l’objectif précis, le 28 juillet dernier, pour l’évacuation de 300 campements ou implantations illicites d’ici 3 mois, en priorité ceux des Roms », prescrit aux préfets « d’engager, sur la base de l’état de situation des 21 et 23 juillet, une démarche systématique de démantèlement des camps illicites, en priorité ceux de Roms » et de « déterminer sans délai les mesures juridiques et opérationnelles pour parvenir à l’objectif recherché site par site » ; que la circulaire, qui sollicite « une mobilisation de tous les services, en priorité à l’encontre des campements illicites de Roms », enjoint à ses destinataires d’entreprendre une démarche opérationnelle comprenant notamment « une préparation approfondie associant l’ensemble des services concernés, notamment ceux de la police aux frontières et de l’office français de l’immigration et de l’intégration pour les campements de Roms, les évacuations des campements illicites et la reconduite immédiate des étrangers en situation irrégulière » ; qu’elle fixe l’objectif de réaliser au minimum une opération importante par semaine « concernant prioritairement les Roms » ; que la circulaire du 13 septembre 2010 « remplace les instructions et circulaires antérieures sur le même sujet, confirme la circulaire du 24 juin 2010 Intérieur - Immigration, et rappelle l’obligation d’évacuer les campements illicites » ; qu’après avoir relevé que 441 campements illicites ont été évacués depuis le 28 juillet, elle indique notamment que « Cette action doit se poursuivre » ;

Sur la recevabilité de la requête :

Considérant, en premier lieu, qu’en vertu des articles R. 432-1 et R. 432-2 du Code de justice administrative, les avocats au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation ont qualité, devant le Conseil d’Etat statuant en premier ressort, pour représenter les parties et signer en leur nom les requêtes et les mémoires, sans avoir à justifier du mandat par lequel ils ont été saisis par leur client ; que, par suite, la fin de non-recevoir tirée de ce que le signataire de la requête ne serait pas régulièrement mandaté doit être écartée ; Considérant, en second lieu, qu’il ressort des pièces du dossier que la circulaire du 5 août 2010, alors même qu’elle a été remplacée par celle du 13 septembre 2010, a reçu application avant son abrogation ; que, par suite, le ministre n’est pas fondé à soutenir que les conclusions de la requête dirigées contre la circulaire du 5 août 2010, enregistrées le 20 septembre 2010 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, seraient irrecevables faute d’objet ;

Sur la légalité des circulaires attaquées :

En ce qui concerne la circulaire du 5 août 2010 :

Considérant qu'aux termes de l'article 1 er de la Constitution : « La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de

race ou de religion (

)

» ;

... Considérant qu’il résulte de ses termes mêmes que la circulaire du 5 août 2010 vise, par des dispositions impératives à caractère général, à faire évacuer de manière prioritaire les campements illicites de Roms ; que si le ministre soutient qu’elle a été édictée dans le but d’assurer le respect du droit de propriété et de prévenir les atteintes à la salubrité, la sécurité et la tranquillité publiques, cette circonstance ne l’autorisait pas à mettre en œuvre, en méconnaissance du principe d’égalité devant la loi, une politique d’évacuation des campements illicites désignant spécialement certains de leurs occupants en raison de leur l'origine ethnique ; que la circulaire du 5 août 2010 doit, par suite, et sans qu’il soit besoin de procéder aux mesures d’instruction demandées par l’association requérante, être annulée ;

En ce qui concerne la circulaire du 13 septembre 2010 :

Considérant que si la circulaire du 13 septembre 2010 indique que la politique d’évacuation des campements illicites doit se poursuivre, elle rappelle le cadre légal dans lequel de telles opérations doivent être conduites et indique que celles-ci doivent concerner, « toute installation illégale, quels qu’en soient les occupants » ; que cette circulaire ne peut ainsi être regardée comme réitérant les dispositions illégales de la circulaire du 5 août 2010 ; qu’elle n’édicte aucune règle et ne comporte par elle- même aucune disposition qui serait entachée d’une méconnaissance de

NOTE L e Conseil d’Etat annule une circulaire du ministre de l’Intérieur relative à l’évacuation des
NOTE
L e Conseil d’Etat
annule une circulaire
du ministre de l’Intérieur
relative à l’évacuation
des campements illicites.
Le Conseil d’Etat était
saisi par l’association
« S.O.S. Racisme -
Touche pas à mon pote »
d’un recours en excès de
pouvoir dirigé contre
deux circulaires du 5
août 2010 et du 13
septembre 2010 prises
par le ministre de
l'Intérieur, de l'Outre-
mer et des Collectivités
territoriales et relatives à
l'évacuation des
campements illicites.
Par la première de ces
deux circulaires, le
ministre donnait
instruction à ses services
de faire évacuer de
manière prioritaire les
campements illicites de
Roms. Le Conseil d’Etat a
annulé ce texte, en se
fondant sur l’article 1er
de la Constitution, qui
pose le principe d’égalité
devant la loi. Il a jugé
que l’objectif, invoqué
par le ministre, de
protection du droit de
propriété et de
prévention des atteintes
à la salubrité, la sécurité
et la tranquillité
publiques, ne l’autorisait
pas à mettre en œuvre,
en méconnaissance du
principe d’égalité devant
la loi, une politique
d’évacuation des
campements illicites
désignant spécialement
certains de leurs
occupants en raison de
leur origine ethnique.
En revanche, le Conseil
d’Etat a rejeté les
conclusions de la
requête dirigées contre
la seconde circulaire, du
13 septembre 2010. Pour
ce faire, il a notamment
relevé que si cette
circulaire prescrit la
poursuite de la politique
d’évacuation des
campements illicites, elle
rappelle le cadre légal
dans lequel de telles
opérations doivent être
conduites, et indique que
celles-ci doivent
concerner toute
installation illégale,
quels qu’en soient les
occupants, sans réitérer
les dispositions illégales
de la circulaire
précédente.

Les Annonces de la Seine - jeudi 5 mai 2011 - numéro 26

19

Jurisprudence

l’article 6 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, de l’article 1 er de la Constitution, des articles 20 et 21 de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne, des principes généraux du droit relatifs à la non-discrimination et au principe d’égalité ni, en tout état de cause, des articles 1 er et 7 de la Déclaration universelle des droits de l’homme du 10 décembre 1948 ; Considérant que cette circulaire n’a pas pour objet et ne saurait avoir légalement pour effet de permettre l’éloignement d’étrangers sans qu’il soit procédé à un examen de la situation individuelle de chacun d’entre eux ; que, par suite, le moyen tiré de ce qu’elle comporterait des dispositions qui méconnaissent l’article 4 du protocole additionnel n°4 à la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales, relatif à l’interdiction des expulsions collectives d’étrangers, ne peut qu’être écarté ; Considérant qu’il résulte de ce qui précède que, sans qu’il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir tirée de son défaut d’intérêt à agir, l’association requérante n’est pas fondée à demander l’annulation de la circulaire du 13 septembre 2010 ;

Sur l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du Code de justice administrative :

Considérant qu'il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l’Etat le versement à l'Association SOS Racisme - Touche pas à mon pote de la somme de 3 000 euros en application de ces dispositions ;

Décide :

Article 1 er : La circulaire du ministre de l'intérieur, de l'outre-mer et des collectivités territoriales en date du 5 août 2010 est annulée. Article 2 : L’Etat versera à l'Association SOS Racisme - Touche pas à mon pote une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du Code de justice administrative. Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté. Article 4 : La présente décision sera notifiée à l'Association SOS Racisme - Touche pas à mon pote et au ministre de l'Intérieur, de l'Outre-mer, des Collectivités territoriales et de l'Immigration.

2011-215
2011-215

Au fil des pages

Jurisprudence l’article 6 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, de

120 avocats

assassinés, emprisonnés, persécutés dans le monde

Rapport 2011 de l’Observatoire mondial IDHAE des violations des droits de la défense et des droits des avocats dans le monde - Avant-propos par Bertrand Favreau (Extraits)

T raditionnellement, c’est la Chine, Cuba ou l’Iran qui monopolisaient le commentaire. En filigrane, la Tunisie, la Syrie ou la Colombie étaient

toujours bien présentes. Exceptionnellement, notait-on, telle année, le Népal, la Birmanie, le Mexique, la Russie, le Vietnam ou le Zimbabwe. Cette année encore l’Iran et la Syrie figurent tristement en tête. Mais on retrouve aussi le Vietnam, le Pakistan, le Kirghizstan, l’Inde, le Guatemala ou le Honduras. Sans doute, n’est- ce pas dans ces pays que les avocats sont physiquement les plus en péril. Un avocat court peut-être moins le risque de mourir pour la défense des droits de l’homme en Chine, en Iran ou en Syrie, qu’en Colombie, où l’indice du nombre d’homicide par habitants est le plus élevé de la planète, et cela depuis 1960, voire au Guatemala, au Honduras, ou au Mexique. Mais il y est sûrement moins libre qu’ailleurs. Au demeurant, l’Amérique Latine n’est pas le continent le plus dangereux puisque les avocats sont en termes de morts plus nombreux au Pakistan. Si l’on n’y tombe pas sous les balles des escadrons suscités ou tolérés, l’Etat y laisse mourir les avocats les plus exposés sans leur accorder le minimum de protection, quand il ne les désigne pas comme des cibles permanentes. La Colombie est ainsi le pays des menaces en série, mais aussi des annonces accomplies.

Aux âmes les plus sélectives, sinon partisanes, que dire encore ? Faudrait-il ne pas parler de la Syrie parce qu’il y a la Chine ? Oublier Cuba parce qu’il y a l’Iran ? Nier le Mexique parce qu’il y a le Vietnam ? Certes, la Chine figure encore en bonne place d’une triste éphéméride, avec son lot de condamnations toujours aussi insupportables en nombre sinon en proportion, et son cortège de persécutions toujours plus subtiles ou d’en- traves sournoises : renouvellement des licences des avocats refusé, différé, ou accordé sous condition de ne jamais accepter certain types d’affaires, de ne pas accorder d’interviews, etc. Avec en tête, la figure emblématique et le sort énigmatique de Guo Zhisheng, qui demeure le plus célèbres des disparus-réapparus, depuis maintenant plusieurs années. Pour lui, il n’y a pas de prison désignée, pas de centre de réédu- cation localisé, mais une restructuration psitta- cique selon la méthode ressassée du « lavage de cerveau ». Désormais, il ne paraît plus mais on le fait comparaître, militant lobotomisé, comme une ombre de ce qu’il fut, pour le temps d’une récitation obligée devant des jour- nalistes, avant de le dissimuler aussitôt que semble poindre une lucidité retrouvée, ou per- cer la résurgence d’une revendication étouffée. Pourtant, et sans céder à la provocation, en encore moins à un semblant de réhabilitation,

faut-il encore concéder que ce n’est pas en Chine que les avocats semblent avoir été, pro- portionnellement parlant, les plus persécutés. Si le Mexique, le Honduras ou le Guatemala sont leur tombeau, c’est ailleurs que s’illustre la négation de leur existence. Car, en cette année - encore - des pays comme l’Iran et la Syrie sont sans doute allés plus loin dans l’avocaticide. Certes, on le savait. On ne peut pas se parer du titre d’avocat et en user en Iran, si l’on entend accomplir librement sa mission de défenseur. Le tribut déjà payé par les avocats au cours des ans représenterait à lui seul plusieurs décennies de prison cumulées. (…)

144 pages - 12 € Institut des Droits de l’Homme des Avocats Européens - IDHAE 4/6, rue de la Boucherie - L 2014 Luxembourg www.idhae.org - www.idhae.eu

2011-216

  • 20 Les Annonces de la Seine - jeudi 5 mai 2011 - numéro 26

PARIS
PARIS
CONSTITUTION
CONSTITUTION

AL.MA SASU

Société par Actions Simplifiée Unipersonnelle

au capital d’un Euro Siège social :

1/3, rue d’Enghien 75010 PARIS

Aux termes d’un acte sous seing privé en date à Paris du 14 mars 2011, il a été constitué une société présentant les caractéristiques suivantes :

Dénomination sociale :

AL.MA SASU

Siège social :

1/3, rue d’Enghien

75010

PARIS

Forme : Société par Actions Simplifiée Unipersonnelle. Capital : un Euro, divisé en une action

d’un Euro. Objet social : import, export, courtage de tous produits et d’une façon plus générale toutes démarches, acqusitions immobilières, financières permettant de réaliser l’objet social. Président : Monsieur Massimiliano ATZORI demeurant Via Luigi Einaudi, 6, 09170 ORISTANO (99127 ITALIE) nommé pour une durée indéterminée. Directeur Général : Monsieur Christian DUBOC demeurant 12, rue de l’Hâte aux Moines 89600 GERMIGNY. Durée : 99 ans. Admission aux Assemblées :

Chaque Associé a le droit de participer aux décisions collectives par lui-même ou par son mandataire. Exercice du droit de vote :

Chaque action donne droit à une voix. Le droit de vote attaché aux actions est proportionnel au capital qu’elles représentent. Transmission des actions : les actions

ne peuvent être transférées entre Associés qu’avec l’agrément préalable du Président de la société, lequel doit apprécier si le transfert envisagé est conforme à l’intérêt social. Immatriculation : au Registre du Commerce et des Sociétés de Paris.

2476

Pour avis

Aux termes d’un acte sous seing privé, en date à Paris du 31 mars 2011, il a été constitué une société présen- tant les caractéristiques suivantes :

Dénomination sociale :

 
 

WAVECATCH

Siège social :

 

14, rue Gérando

75009

PARIS

Forme : Société à Responsabilité Limitée à capital variable. Capital social d’origine : 100 Euros. Capital minimum : 40 Euros. Capital maximum : 1 000 Euros. Objet : conseils en finance de marchés. Durée : 99 ans. Gérance : Monsieur Tahar MHAMDI demeurant 14, rue Gérando 75009 PARIS.

Immatriculation : au Registre du Commerce et des Sociétés de Paris.

2477

Pour avis

PARIS CONSTITUTION AL.MA SASU Société par Actions Simplifiée Unipersonnelle au capital d’un Euro Siège social :

Annonces judiciaires et légales

PARIS CONSTITUTION AL.MA SASU Société par Actions Simplifiée Unipersonnelle au capital d’un Euro Siège social :

Aux termes d’un acte sous seing privé en date à Paris du 4 avril 2011,

avis est donné de la constitution de la

Société Civile régie par les dispositions du Code Civil présentant les caractéristi-

ques suivantes :

Dénomination :

HAF 1

Siège social :

3, rue Pierre Haret

  • 75009 PARIS

Capital social : 1 000 Euros. Objet social : l’acquisition et la gestion d’un bien immobilier sis à LOME (TOGO) quartier Ablogamé

numéro 1, formant les lots numéros 407, 408, 409A et 410 A, à extraire du titre foncier numéro 12864 de la République Togolaise, volume LXV folio 118. Durée : 99 ans. Gérance : Monsieur Yao, Henri, James ASSILA, demeurant 3, rue Pierre Haret 75009 PARIS.

Agrément : les parts sociales sont

librement cessibles entre Associés ainsi qu’au profit du conjoint, d’un ascendant ou d’un descendant du cédant. Elles ne peuvent être cédées à d’autres personnes qu’avec le consentement d’un ou plusieurs Associés représentant les trois quarts du capital social. Immatriculation : au Registre du Commerce et des Sociétés de Paris.

  • 2486 Pour avis

Aux termes d’un acte sous seing privé en date à Paris des 31 mars et 12 avril

2011,

avis est donné de la constitution de la Société à Responsabilité Limitée, dénommée :

TAUPIN & ROUZET HSE

Siège social :

15, rue Tiquetonne

  • 75002 PARIS

Capital social : 10 000 Euros. Objet social : la commercialisation par tous moyens de prestations de conseils aux professionnels et aux entreprises dans les domaines de la préservation de l’environnement, de la prévention des risques naturels, industriels, professionnels, de l’hygiène et de la sécurité ou encore de la démarche

Qualité en tous domaines.

Durée : 99 ans. Co-Gérance : aux termes d’un procès verbal de l’Assemblée Générale Ordinaire en date du 12 avril 2011, Monsieur Vianney ROUZET demeurant

15, rue Tiquetonne 75002 PARIS et Monsieur Jérémie TAUPIN demeurant 32, rue de Turin 75008 PARIS ont été nommés en qualité de Co-Gérants de la société pour une durée illimitée. Immatriculation : au Registre du

Commerce et des Sociétés de Paris.

  • 2496 Pour avis

SAS 10 PARADIS

Société par Actions Simplifiée

au capital de 40 000 Euros Siège social :

2, rue d’Ankara 75016 PARIS

Aux termes d’un acte sous seing privé en date à Paris du 27 avril 2011, avis est donné de la constitution de la

Société par Actions Simplifiée,

dénommée :

SAS 10 PARADIS

Siège social :

2, rue d’Ankara

  • 75016 PARIS

Capital social : 40 000 Euros. Objet social : l’acquisition, la rénova- tion et la revente de lots de copropriété

d’un immeuble à usage d’habitation et de

commerce sis 10, rue de Paradis 75010 PARIS, figurant au cadastre sous les références section AP, numéro 61, lieudit 10 rue de Paradis. L’exploitation, la gestion, la location et la revente des appartements et/ou des lots qui compo- sent cet ensemble immobilier et plus généralement l’activité de marchand de bien sur cet ensemble immobilier. Durée : 99 ans. Président : Monsieur Alain BOURGNON de LAYRE demeurant

38, rue de Silly 92100 BOULOGNE BILLANCOURT. Agrément : toute cession d’actions en pleine propriété, en nue-propriété ou en usufruit à un tiers, entre associés, au con- joint, à un ascendant ou à un descendant, ainsi que celles résultant d’une donation ou d’une dévolution successorale, sans que cette liste soit exhaustive, est soumise à l’agrément préalable de la société. Immatriculation : au Registre du Commerce et des Sociétés de Paris.

2520

Pour avis

Aux termes d’un acte sous seing privé, en date à Paris du 10 avril 2011, il a été constitué une société présen- tant les caractéristiques suivantes :

Dénomination sociale :

 
 

ART’ VOYAGES

ET EVENEMENTS

Siège social :

 

77, rue Lepic

75018

PARIS

Forme : Société à Responsabilité Limitée. Capital social : 100 Euros. Objet : organisation d’évènements, d’animations culturelles et d’expositions d’arts ainsi que différents services aux artistes. Durée : 99 ans. Gérance : Monsieur Joël BONNEMAIN demeurant 6, rue Hélène

Boucher 92700 COLOMBES. Immatriculation : au Registre du

Commerce et des Sociétés de Paris.

2469

Pour avis

Aux termes d’un acte sous seing privé en date à Paris du 19 avril 2011, avis est donné de la constitution de la Société à Responsabilité Limitée Unipersonnelle, dénommée :

 

LA PLATEFORME

DE L’ASSURANCE

Enseignes :

 

LPA - LPA CONSEIL

Siège social :

 

13, rue Béranger

75003

PARIS

Capital social : 2 000 Euros.

 

Objet social : une activité de conseil

en stratégie, en organisation, en communication aux entreprises et aux

personnes physiques ou morales dans tous les domaines de leurs activités ; une activité de communication, d’événementiel notamment culturel et sportif, d’organisation de spectacles, et de conférences. Une activité de promotion et d’intermédiaire ; une activité de formation. Durée : 99 ans. Gérance : Monsieur Naguib BOUDJELLAL demeurant 11, allée Diane de Poitiers 75019 PARIS. Immatriculation : au Registre du Commerce et des Sociétés de Paris.

2534

Pour avis

Aux termes d’un acte sous seing privé en date à Paris du 7 avril 2011, avis est donné de la constitution de la Société à Responsabilité Limitée, dénommée :

LE WAX

Siège social :

15/17, rue Daval

75011

PARIS

Capital : 5 000 Euros. Objet social : l’acquisition, la vente, l’exploitation directe ou indirecte de tout fonds de commerce de débit de boissons, bar, brasserie, restaurant sous toutes ses formes, salon de thé, vente à emporter. Durée : 99 ans. Gérance : aux termes d’un procès verbal de l’Assemblée Générale Ordinaire en date du 7 avril 2011, Monsieur Alain BOUDOU demeurant

21, rue Martel 75010 PARIS a été nommé en qualité de Gérant de la société

pour une durée indéterminée.

Immatriculation : au Registre du

Commerce et des Sociétés de Paris.

2480

Pour avis

Aux termes d’un acte sous seing privé, en date à Paris du 13 avril 2011, il a été constitué une société présen- tant les caractéristiques suivantes :

Dénomination sociale :

 

ITHAKE

Siège social :

108, rue de Rennes

75006

PARIS

Forme : Société à Responsabilité Limitée. Capital social : 666 Euros. Objet : coaching et préparation mentale, conseils en gestion de carrières. Durée : 99 ans. Gérance : Monsieur Vincent LEGROS demeurant 108, rue de Rennes 75006 PARIS. Immatriculation : au Registre du

Commerce et des Sociétés de Paris.

2549

Pour avis

 

DOCLAND YARD

Société par Actions Simplifiée au capital de 5 000 Euros Siège social :

 

155, rue de Charonne 75011 PARIS

Aux termes d’un acte sous seing privé en date à Paris du 19 avril 2011, il a été constitué une Société par Actions Simplifiée présentant les caractéristiques suivantes :

Dénomination sociale :

 

DOCLAND YARD

Siège social :

155, rue de Charonne

75011

PARIS

Capital : 5 000 Euros divisé en 5 000 actions d’un Euro chacune.

Objet : en France et à l’Etranger :

  • - a) la fourniture à tous médias, notamment aux journaux, périodiques et médias audiovisuels, d’articles, informa- tions, reportages, photographies et tous autres éléments de rédaction, sur tout

type de support, destinés à être intégrés à tout type de produits finis ;

  • - b) l’acquisition, la souscription, la

détention, la gestion et la cession, sous toute forme, de toutes parts sociales et de toutes valeurs mobilières dans toutes

sociétés ou entités juridiques, créées ou à créer, françaises ou étrangères, se ratta-

chant directement ou indirectement à cet objet ou pouvant être utiles à cet objet ou

de nature à en faciliter la réalisation,

ainsi que l’exercice de tous les droits attachés à ces participations ;

  • - c) et, généralement, toutes

opérations mobilières ou immobilières,

industrielles, commerciales ou

Annonces judiciaires et légales financières, se rattachant directement ou indirectement à cet objet ou pouvant être

Annonces judiciaires et légales

financières, se rattachant directement ou indirectement à cet objet ou pouvant être

utiles à cet objet ou de nature à en faciliter la réalisation,

-

étant précisé qu’en tout état de cause,

la société ne peut avoir pour objet la

réalisation de toute opération de publicité ou de relations publiques. Durée : 99 ans à compter de son imma- triculation au Registre du Commerce et des Sociétés, sauf dissolution anticipée ou prorogation. Président :

Monsieur Stéphane MILLIERE demeurant 17, rue du Faubourg du Temple 75010 PARIS. Commissaires aux Comptes :

-

Titulaire : société CINE –

 

CONTROLE – INTERNATIONAL, Société à Responsabilité Limitée au

capital de 16 000 Euros, siège social 10, boulevard Malesherbes 75008 PARIS, numéro unique d’identifi- cation 350 014 015 R.C.S. PARIS.

-

Suppléant : Monsieur Gilles

 

DESSERTENNE domicilié 9, rue de Groslay 95160 MONTMORENCY. Admission aux Assemblées et droit de vote :

Le droit de vote attaché aux actions est proportionnel au capital qu’elles représentent. Chaque action donne droit à une voix.

Agrément cession d’actions :

 

En cas de pluralité d’Associés, les cessions d’actions à des tiers doivent être agréées par la collectivité des Associés. Immatriculation : la société sera imma- triculée au Registre du Commerce et des Sociétés Paris.

2581

Pour avis

Aux termes d’un acte sous seing privé, en date à Paris du 27 avril 2011, il a été constitué une société présen- tant les caractéristiques suivantes :

Dénomination sociale :

 
 

LES VIEUX LIVRES DU PONT NEUF

Siège social :

9, rue Germain Pilon

 

75018

PARIS

 

Forme : Société à Responsabilité Limitée.

Capital social : 15 000 Euros. Objet : vente de livres anciens et d’occasion et toutes opérations s’y rapportant ou à tous objets similaires ou connexes. Durée : 99 ans. Co-Gérance :

-

Monsieur Gilles MORINEAUX

demeurant 167, avenue Charles de

Gaulle 92200 NEUILLY SUR SEINE.

-

Monsieur Thierry BLANCHET

demeurant 9, rue Germain Pilon 75018 PARIS. Immatriculation : au Registre du

Commerce et des Sociétés de Paris.

2475

Pour avis

Aux termes d’un acte sous seing privé, en date à Paris du 1 er avril 2011, il a été constitué une société présen- tant les caractéristiques suivantes :

Dénomination sociale :

 
 

COMPAGNONS DE L’IMMOBILIER FRANCILIEN

Sigle :

 

C.I.F.

 

Siège social :

6, cité Joly

 

75011

PARIS

Forme : Société à Responsabilité Limitée. Capital social : 10 000 Euros. Objet : tous travaux de maçonnerie et de rénovation dans le bâtiment.

Durée : 99 ans. Gérance : Monsieur Artur GARCIA

PEREIRA demeurant 6, rue Jean Jaurès 94800 VILLEJUIF. Immatriculation : au Registre du Commerce et des Sociétés de Paris.

2557

Pour avis

Rectificatif à l’insertion 2446 du 28 avril 2011 pour GOLD’N CARS SERVICES, lire, durée : 98 ans (et non, 99 ans).

2479

Pour avis

C. KOYA DEVELOPMENT

Société par Actions Simplifiée

 

Unipersonnelle

au capital de 1 000 Euros

Siège social :

95, avenue Henri Martin 75116 PARIS

Aux termes d’un acte sous seing privé en date à Paris du 22 avril 2011, enregistré au Service des Impôts des

Entreprises de Paris 16 ème , le 2 mai

2011, bordereau 2011/433, case 4, extrait

3747,

il a été constitué une société présen- tant les caractéristiques suivantes :

Dénomination sociale :

 

C. KOYA DEVELOPMENT

Siège social :

 

95, avenue Henri Martin

75116

PARIS

Forme : Société par Actions Simplifiée Unipersonnelle. Capital social : 1 000 Euros, divisé en 100 actions de 10 Euros chacune. Objet : la société a pour objet, en

France et dans tous pays :

 

- toutes prestations de conseils et de

services en toute matière, notamment en management, organisation et réalisation de projets, - toutes activités liées au secteur d’activité de l’hôtellerie et de la restauration. Durée : 99 ans à compter de son imma- triculation au Registre du Commerce et des Sociétés sauf dissolution anticipée

ou prorogation. Président : Monsieur Christophe ALDUNATE demeurant 95, avenue Henri Martin 75116 PARIS.

Admission aux Assemblées :

Chaque Associé a le droit de participer aux décisions collectives par lui-même ou par son mandataire. Exercice du droit de vote :

Chaque action donne droit à une voix. Le droit de vote attaché aux actions est proportionnel au capital qu’elles représentent.

Transmission des actions :

 

Les actions ne peuvent être transférées entre Associés qu’avec l’agrément préala-

ble du Président de la société, lequel doit

apprécier si le transfert envisagé est con- forme à l’intérêt social. Les actions ne peuvent être transférées

à des tiers étrangers à la société qu’avec

l’agrément préalable de la collectivité

des Associés statuant dans les conditions

prévues aux statuts. Immatriculation : la société sera imma- triculée au Registre du Commerce et des Sociétés de Paris.

2519

Pour avis

Aux termes d’un acte sous seing privé, en date à Paris du 28 avril 2011, enregistré au Service des Impôts des Entreprises de Paris 16 ème , le 3 mai 2011, bordereau 2011/436, case 26, extrait 3818, il a été constitué une société présen- tant les caractéristiques suivantes :

Dénomination sociale :

 
 

EZIFIN

Siège social :

 

47, rue de Chaillot

75116

PARIS

Forme : Société à Responsabilité Limitée de type E.U.R.L. Capital social : 5 000 Euros divisé en

5 000 parts d’un Euro. Objet : la société a pour objet, en France et dans tous pays :

- le conseil en stratégie, en gestion et

en organisation, en développement, en

rapprochement d’entreprises et en ingénierie financière ainsi que l’intermédiation en rapprochement, levées de fonds, acquisitions et cessions d’entreprises tant en France qu’au plan

International,

Durée : 99 ans à compter de son immatriculation au Registre du Commerce et des Sociétés sauf dissolution anticipée ou prorogation. Gérance : Monsieur Hervé HATT demeurant 48, rue Rémi Dumoncel

  • 75014 PARIS, a été nommé statutaire-

ment en qualité de Gérant pour une

durée indéterminée. Immatriculation : la société sera

immatriculée au Registre du Commerce et des Sociétés de Paris.

  • 2585 Pour avis

Aux termes d’un acte sous seing privé, en date à Paris du 28 avril 2011, il a été constitué une société présen- tant les caractéristiques suivantes :

Dénomination sociale :

INFLUENCE SOIE

ET CACHEMIRE

Siège social :

31, rue du Four

75006

PARIS

Forme : Société à Responsabilité Limitée. Capital social : 250 000 Euros.

Objet : création, conceptualisation, transformation, importation, exportation et commercialisation d’articles liés à l’industrie du textile, de l’habillement, du prêt-à-porter et de la mode, fabrication de cuir et articles de soie, tant en France qu’à l’International. Durée : 99 ans à compter de son immatriculation au Registre du Commerce et des Sociétés sauf dissolution anticipée ou prorogation. Gérance : Monsieur Mario ERGINBAS demeurant 17, rue d’Iéna

59000

LILLE.

 

Immatriculation : la société sera imma-

triculée au Registre du Commerce et des Sociétés de Paris.

2493

Pour avis

Aux termes d’un acte sous seing privé en date à Paris du 28 avril 2011 il a été constitué une société présentant les caractéristiques suivantes :

Dénomination sociale :

 
 

FRENCH FLAIR

ENTERTAINMENT

Siège social :

 

35, rue Brochant

75017

PARIS

Forme : Société à Responsabilité

Limitée.

Capital social : 5 000 Euros.

Objet social : édition musicale, conseil et gestion de carrières artistiques, production phonographique, gestion de droit à l’image. Durée : 99 ans à compter de son imma- triculation au Registre du Commerce et des Sociétés sauf dissolution anticipée ou prorogation. Gérance : Monsieur Charles-Henri de LAPORTE demeurant 35, rue Brochant

  • 75017 PARIS.

Immatriculation : la société sera imma-

triculée au Registre du Commerce et des Sociétés de Paris.

  • 2510 Pour avis

Aux termes d’un acte sous seing privé, en date à Paris du 27 avril 2011, il a été constitué une société présen- tant les caractéristiques suivantes :

Dénomination sociale :

1K2RP

Siège social :

24, rue Santerre

75012

PARIS

Forme : Société à Responsabilité Limitée. Capital social : 500 Euros. Objet : conseils en communication et relations publiques. Durée : 99 ans.

Gérance : Madame Catherine DEGREEF demeurant 24, rue Santerre

75012 PARIS. Immatriculation : au Registre du Commerce et des Sociétés de Paris.

2504

Pour avis

Aux termes d’un acte sous seing privé