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LESANNONCES DELASEINE

Lundi 23 janvier 2012 - Numéro 6 - 1,15 Euro - 93 e année

Cour d’Appel de Lyon Rentrée solennelle et installation 13 janvier 2012 Jacques Beaume Photo ©
Cour d’Appel de Lyon
Rentrée solennelle
et installation
13 janvier 2012
Jacques Beaume
Photo © Jean-René Tancrède - Téléphone : 01.42.60.36.35
Photo © Jean-René Tancrède - Téléphone : 01.42.60.36.35 R ENTRÉE SOLENNELLE Cour d’Appel de Lyon Une

RENTRÉE SOLENNELLE

Cour d’Appel de Lyon

Une nouvelle architecture budgétaire par Jean Trotel Un Procureur éclairé par Christian Roussel

2

6

Le héraut de la loi par Jacques Beaume

7

AGENDA VIE DU DROIT

5

Régime matrimonial franco-allemand :

prémices d’un code civil européen ?

Cercle des Juristes Alsaciens et Lorrains

13

VIE DES ASSOCIATIONS

Cercle de Harlay

Diner-débat à la Maison du Barreau

Invité d’honneur : Jean-Paul Delevoye

14

ANNONCES LÉGALES

15

AVIS DENQUÊTE

19

ADJUDICATIONS

21

CULTURE

Groupe Panhard Développement et Fondation du Domaine de Chantilly

Signature d’une convention de mécénat

23

DIRECT

Le Conseil constitutionnel et l’élection présidentielle

24

e

sa

le

L 13 janvier 2012, la Cour d’Appel de Lyon a tenu

Palais de Justice historique des vingt-quatre

colonnes faisant l’objet depuis quatre ans d’une

restauration et d’une restructuration complète jusqu’en

juin prochain. Au cours de cette audience, il a également été procédé à

l’installation de Jacques Beaume en qualité de Procureur Général en présence de Michel Mercier, Garde des Sceaux, Ministre de la Justice et des Libertés, d’André Gariazzo, Secrétaire Général du ministère, et de nombreuses personnalités parmi lesquelles Pierre Truche, Premier Président honoraire de la Cour de cassation. Il succède à Jean-Olivier Viout qui a fortement marqué de son empreinte l’histoire judiciaire de la cour lyonnaise au sein de laquelle il a passé vingt-trois ans : avant de diriger le Parquet Général pendant les sept dernières années, il a précédemment occupé les fonctions de Substitut Général puis d’Avocat Général. Il siège désormais au Conseil Supérieur de la Magistrature en qualité de représentant des Procureurs Généraux. Après avoir dressé le traditionnel bilan d’activité juridictionnelle de l’année écoulée, le Premier Président Jean Trotel a évoqué les nombreuses réformes adoptées, appelant de ses vœux une « action volontariste de réduction de l’inflation législative et réglementaire, génératrice d’incertitude juridique pour les professionnels du droit ». Il a ainsi souligné que les réformes en cours doivent préserver les spécificités de la mission confiée à l’institution judiciaire, qui « ne peut être réduite à des ratios ou des indicateurs de performance. » Il a ainsi évoqué la nouvelle architecture budgétaire entrée en vigueur le 1er janvier 2012 aux

rentrée solennelle au nouveau Palais de Justice,

termes de laquelle dix Cours d’Appel seront désormais

le siège d’un Budget Opérationnel de Programme,

dénommé BOP interrégional. Celui du Centre Est est placé sous la responsabilité des Chefs de Cour de Lyon, et s’étend aux ressorts limitrophes de Chambéry, Grenoble et Riom. Magistrat fidèle au Parquet ayant exercé à Aix-en Provence, Bordeaux ou encore Marseille avant d’être nommé en 2007 Procureur Général à Colmar, le nouveau chef de la Cour lyonnaise Jacques Baume préside en outre la Conférence Nationale des Procureurs Généraux. Il est un « Procureur éclairé » qui reste « prudent face à un automatisme de la loi lorsqu’il peut conduire à une injustice » et « qui ne cache pas qu’il a des idées sur le statut des parquetiers » selon les termes de Christian Roussel, Avocat Général Doyen. Jacques Baume a ainsi livré sa conception du statut du Parquet, insistant sur son « ambivalence », « à la fois rattaché et indépendant, à la fois hiérarchisé et protégé », qui en fait « un intercesseur irremplaçable entre les deux principes contraires d’une justice démocratique :

l’in-négociable indépendance de la décision du juge, mais l’assurance d’un traitement égal des citoyens par la justice. » La réponse à la délinquance quotidienne, la protection des mineurs en danger et des victimes, ou encore l’exécution effective des peines prononcées, dont dépendent le crédit de la justice et la prévention de la récidive, comptent parmi les orientations de la politique pénale du nouveau Procureur Général qui souhaite inscrire son action dans les pas de son prédécesseur et « fortifier le travail efficace déjà accompli ». Jean-René Tancrède

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des affaires juridiques, Groupe Essilor International 2011 Publicité : Légale et judiciaire : Didier

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des affaires juridiques, Groupe Essilor International 2011 Publicité : Légale et judiciaire : Didier Chotard

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Le journal “Les Annonces de la Seine” a été désigné comme publicateur officiel pour la période du 1 er janvier au 31 décembre 2012, par arrêtés de Messieurs les Préfets :

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35

avec suppléments culturels

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COMPOSITION DESANNONCES LÉGALES NORMES TYPOGRAPHIQUES

Surfaces consacrées aux titres, sous-titres, filets, paragraphes, alinéas

Titres : chacune des lignes constituant le titre principal de l’annonce sera composée en capitales (ou majuscules grasses) ; elle sera l’équivalent de deux lignes de corps 6 points Didot, soit arrondi à 4,5 mm. Les blancs d’interlignes séparant les lignes de titres n’excéderont pas l’équivalent d’une ligne de corps 6 points Didot, soit 2,256 mm. Sous-titres : chacune des lignes constituant le sous-titre de l’annonce sera composée en bas-de-casse (minuscules grasses) ; elle sera l’équivalent d’une ligne de corps 9 points Didot soit arrondi à 3,40 mm. Les blancs d’interlignes séparant les différentes lignes du sous-titre seront équivalents à 4 points soit 1,50 mm. Filets : chaque annonce est séparée de la précédente et de la suivante par un filet 1/4 gras. L’espace blanc compris entre le filet et le début de l’annonce sera l’équivalent d’une ligne de corps 6 points Didot soit 2,256 mm. Le même principe régira le blanc situé entre la dernière ligne de l’annonce et le filet séparatif. L’ensemble du sous-titre est séparé du titre et du corps de l’annonce par des filets maigres centrés. Le blanc placé avant et après le filet sera égal à une ligne de corps 6 points Didot, soit 2,256 mm. Paragraphes et Alinéas : le blanc séparatif nécessaire afin de marquer le début d’un paragraphe où d’un alinéa sera l’équivalent d’une ligne de corps 6 points Didot, soit 2,256 mm. Ces définitions typographiques ont été calculées pour une composition effectuée en corps 6 points Didot. Dans l’éventualité où l’éditeur retiendrait un corps supérieur, il conviendrait de respecter le rapport entre les blancs et le corps choisi.

de respecter le rapport entre les blancs et le corps choisi. Rentrée solennelle Une nouvelle architecture

Rentrée solennelle

Une nouvelle architecture budgétaire

par Jean Trotel

[…]

M onsieur le ministre, je sais que la question récurrente des moyens est une préoccupation majeure que vous partagez avec les acteurs

du terrain. En 2010, votre ministère a initié un important plan de recrutement de greffiers et de redéploiement des effectifs de magistrats, des cours vers les tribunaux. A titre d’exemple, la cour d’appel de Lyon a payé son tribut dès lors que l’effectif de ses magistrats a été réduit de quatre en application de la circulaire de localisation des emplois de mars 2011. S’agissant des greffes, les sorties de trois promotions de greffiers de l’Ecole des greffes de Dijon, représentant près de 900 greffiers, vont irriguer les juridictions au cours de l’année 2012, la première promotion se trouvant actuellement en stage de pré-affectation. Les effets pour la cour d’appel de Lyon, prise en tant que juridiction, sont d’ores et déjà perceptibles dès lors qu’entre la fin de l’année 2011 et le mois de mars 2012 le déficit devrait être réduit à deux emplois sur un effectif de 90 fonctionnaires et greffiers, ce qui contraste avec les 10 à 12% d’emplois qui manquaient courant 2010 et début 2011, partiellement compensés il est vrai par des vacataires. Ce motif de satisfaction est toutefois tempéré pour notre cour par le constat qu’outre la suppression de deux emplois de conseillers l’effectif des conseillers assurant la tenue des audiences se trouve diminué depuis plusieurs mois de quatre autres magistrats, soit 12% des effectifs, ensuite de postes vacants ou de congés longue maladie, ce qui se traduit, pour être concret, par une perte d’audiences collégiales supérieure à 10 audiences par mois, soit en année pleine, plus d’une centaine, ou encore, par une perte de capacité de production de 350 à 400 arrêts civils par an. Indépendamment de la situation de la cour, celle des juridictions du ressort demeure contrastée, notamment à Lyon et Saint-Etienne. Les perspectives de sortie d’école devraient néanmoins, ainsi que précisé il y a un instant, permettre une amélioration de la situation des greffes au cours de l’année 2012. Ceci étant les magistrats de cette cour connaissent les contraintes budgétaires qui s’imposent à tous. Ils savent que la réponse à leurs problématiques n’est pas à rechercher exclusivement dans les créations d’emplois.

D’autres pistes doivent être exploitées ou expérimentées. Je pense en particulier au nécessaire redéploiement des effectifs entre les cours et tribunaux, en fonction des besoins et charges de travail respectifs, mais cela sera insuffisant, les potentialités en ce domaine étant limitées. De même doit se poursuivre la mise en œuvre des préconisations émises par la commission présidée par le recteur Guinchard, particuliè- rement celles tendant à la « déjudiciarisation » de certaines procédures. De même conviendrait-il que le législateur et l’exécutif s’engagent dans une action volonta-

riste de réduction de l’inflation législative et réglementaire, génératrice d’incertitude juri- dique pour les professionnels du droit (il suffit, pour s’en convaincre, de se référer à la multi- tude et à la longueur des circulaires subsé- quentes diffusées par les différentes directions de notre ministère). Le Président de la République, lors de son intervention à la Cour de cassation le 7 janvier 2010, ne rappelait-il pas un adage selon lequel : « Il n’est de bons juges qu’avec de bonnes lois ». Plus concrètement encore, le 3 novembre 2008, lors de la célébration du cinquantenaire du Conseil constitutionnel, à propos de l’une des trois mesures phares de la réforme constitutionnelle du 23 juillet 2008 portant modernisation des institutions de la V ème République, ayant imposé la réalisation d’études d’impact préalables au dépôt des projets de loi, le Président de la République lui-même soulignait l’importance de cette disposition, précisant que « cette nouvelle procédure est un élément de réponse au problème croissant de la prolifération des normes et de la dégradation de leur qualité ». Après avoir déploré durant plusieurs décennies l’absence d’études d’impact suffisamment précises et préalables à l’adoption des réformes, les magistrats ont espéré que cette nouvelle disposition allait leur permettre d’exercer leurs responsabilités dans de meilleures conditions, à la faveur de textes plus aboutis et, si besoin, avec des moyens humains et techniques appropriés, en rapport avec le volume des procédures et du contentieux créés. Force est de constater qu’à ce jour, seules les réformes touchant à la question prioritaire de constitutionnalité et à la saisine du Conseil supérieur de la magistrature par un justiciable ont connu un développement significatif dont les médias ont largement rendu compte. L’avenir étant porteur d’espoir, continuons d’espérer afin d’éviter le constat que faisait Tacite, historien et sénateur romain, né en 58 après Jésus-Christ, à propos des travaux du Sénat : « De même qu’autrefois des scandales, nous souffrons maintenant de nos lois ». Mais nous savons qu’il nous faudra trouver aussi en interne les ressources nécessaires. Rénover certes, en les modernisant, nos méthodes de travail mais plus encore revisiter nos propres pratiques professionnelles est devenu une impérieuse nécessité. Nous y sommes prêts. A rebours des apho- rismes et autres idées convenues qui prêtent aux magistrats une image de conservatisme à toute épreuve, les magistrats et fonctionnaires de la cour d’appel de Lyon n’ont pas craint, en 2011, de s’aventurer sur d’autres chemins, en provenance directe du monde de l’entreprise, que d’autres administrations de l’Etat, notam- ment en préfecture, ont aussi empruntés. Dans le cadre du programme « Lean » services judi- ciaires, les chambres sociales et de la famille ont entrepris durant plusieurs mois, avec le concours de consultants extérieurs, une importante démarche d’analyse et d’optimisa- tion de leurs méthodes de travail. Basée sur l’observation du cheminement d’un dossier depuis l’enregistrement de la déclaration d’ap- pel jusqu’à la notification de la décision rendue, la démarche a tendu aux objectifs suivants :

- simplifier et rationaliser le travail afin de réduire les délais,

- optimiser les processus en identifiant et

supprimant les tâches inutiles ou redondantes,

- améliorer la qualité et la sécurité des circuits,

- améliorer les conditions de travail, notamment en fluidifiant les interfaces entre services,

- rechercher enfin des marges de manœuvre

afin de se concentrer sur son cœur de métier.

La démarche n’a certes pas été conduite sans

Ce début d’année 2011 a été assurément marqué par la survenance à Pornic d’un dramatique fait divers qui a bouleversé l’opinion publique et généré à l’égard de la famille de la victime une vague de compassion à la hauteur de l’horreur du crime commis. Dans ce contexte humainement déstabilisant et insupportable, survenant dans une société

Rénover certes, en les modernisant, nos méthodes de travail mais plus encore revisiter nos propres pratiques professionnelles est devenu une impérieuse nécessité. Jean Trotel

difficultés ni parfois certaines crispations mais elle a été accomplie dans un cadre hautement participatif auquel magistrats et greffiers ont contribué, à l’occasion notamment d’ateliers en commun, préfigurant ce que peuvent être des relations modernes et responsables au sein des

juridictions. Tournée vers les justiciables, elle a été étendue à leurs représentants, les avocats des cinq barreaux du ressort qui ont accepté de participer à ces ateliers. Objet d’un véritable intérêt, la démarche « Lean » a même fait l’objet à Lyon, courant décembre dernier, d’une formation déconcentrée à laquelle une trentaine de magistrats et greffiers en chef issus de l’ensemble des juridictions du ressort

- un record au niveau national - ont participé durant près d’une semaine.

L’année judiciaire 2011, à l’image des années précédentes, à rebours des espérances évo- quées à l’instant, a été particulièrement riche en réformes, parfois ensuite d’évènements dramatiques.

exigeant désormais en toute circonstance des acteurs publics une obligation de résultat, les personnels de justice ont été hâtivement cloués au pilori. Les investigations que vous avez initiées, Monsieur le ministre, ont permis de clarifier les éléments et le contexte de ce drame et révélé des lacunes de nature réglementaire et organisationnelle que recelaient les dispositifs en vigueur au sein des services concernés ainsi qu’une insuffisance de moyens humains. Partageant avec tous l’horreur et les interroga- tions légitimes suscitées par ce crime, conscients de leurs responsabilités, les person- nels et auxiliaires de justice ont, massivement, par d’importants mouvements de protesta- tion, souhaité en cette circonstance, sensibili- ser les citoyens et les médias à la grande com- plexité de leurs missions en matière pénale et au juste calibrage des moyens nécessaires à la satisfaction de celles-ci. Depuis lors, à votre initiative, Monsieur le garde des Sceaux, des moyens nouveaux ont été

Rentrée solennelle

mobilisés et de nouveaux textes publiés, en dernier lieu le décret du 28 décembre 2011 relatif à la convocation des personnes sous suivi socio-judiciaire, dont l’une des mesures essentielles tend, d’une part, à prévenir toute discontinuité de prise en charge du condamné après sa libération, en empêchant que ce dernier ne soit pas suivi pendant une trop longue période et, d’autre part, à compléter et sécuriser la connaissance par les services de police et de gendarmerie de la situation pénale des personnes sous-main de justice.

de la situation pénale des personnes sous-main de justice. L’année 2011 a été aussi l’année de

L’année 2011 a été aussi l’année de la montée en puissance spectaculaire de la réforme constitutionnelle, entrée en vigueur le 1 er mars 2010, dite de la question prioritaire de constitutionnalité, plus connue sous l’acronyme de QPC. Des pans entiers de notre droit et de notre procédure n’y ont pas résisté :

- la garde à vue bien-sûr,

- la composition du tribunal pour enfants dont

on sait qu’il ne pourra plus être présidé à compter du 1 er janvier 2013 par le juges des enfants ayant renvoyé le mineur à comparaître devant cette juridiction, - mais aussi et surtout le contentieux des hospitalisations psychiatriques. En suite de la décision du Conseil constitution- nel du 26 novembre 2010, ayant déclaré contraires à la Constitution les dispositions de l’article L. 337 du Code de la santé publique, au motif qu’en prévoyant qu’une hospitalisation sous contrainte pouvait être maintenue au- delà de quinze jours sans intervention d’une juridiction de l’ordre judiciaire elles mécon- naissaient les exigences de l’article 66, la loi du 5 juillet 2011 relative aux droits et à la protec- tion des personnes faisant l’objet de soins psy- chiatriques et aux modalités de leur prise en charge, est entrée en vigueur le 1 er août 2011,

date de prise d’effet de la déclaration d’incons- titutionnalité fixée par le Conseil. Le cadre de cette audience ne permettant pas d’évoquer les multiples avancées de ce texte au regard des droits et libertés des personnes

Jacques Beaume, Michel Mercier et Jean Trotel Photo © Jean-René Tancrède - Téléphone : 01.42.60.36.35
Jacques Beaume, Michel Mercier et Jean Trotel
Photo © Jean-René Tancrède - Téléphone : 01.42.60.36.35

Les Annonces de la Seine - lundi 23 janvier 2012 - numéro 6

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Rentrée solennelle Jean Trotel Photo © Jean-René Tancrède - Téléphone : 01.42.60.36.35 protégées, il convient

Rentrée solennelle

Rentrée solennelle Jean Trotel Photo © Jean-René Tancrède - Téléphone : 01.42.60.36.35 protégées, il convient
Jean Trotel Photo © Jean-René Tancrède - Téléphone : 01.42.60.36.35
Jean Trotel
Photo © Jean-René Tancrède - Téléphone : 01.42.60.36.35

protégées, il convient toutefois de retenir, hors

le cas des recours facultatifs que, désormais, le

juge des libertés et de la détention doit procéder

systématiquement à l’audition de toute personne hospitalisée sans son consentement

dans les 15 jours de cette hospitalisation, puis avant l’expiration de chaque échéance de six mois.

A moyens constants ont été organisées par

l’ensemble des juridictions du ressort de la cour d’appel des audiences qui se déroulent, non au sein des tribunaux, mais dans une salle spécialement aménagée sur l’emprise de chacun des établissements hospitaliers spécialisés,

garantissant tout à la fois la sécurité, la sérénité

et la publicité des débats.

L’option ainsi retenue - à notre connaissance la cour d’appel de Lyon est l’une des seules à

avoir généralisé ce système - évite aux patients

et aux personnels soignants des déplacements

perturbateurs à bien des égards au tribunal. Dans le département du Rhône ces nouvelles dispositions ont nécessité l’organisation de plusieurs audiences par semaine : trois au Vinatier, deux à Saint-Cyr au Mont d’Or, une à l’Hôtel Dieu. Elles mobilisent chaque jour un magistrat et un greffier, outre l’intervention des avocats et du parquet. Pour le seul tribunal de Lyon, les juges des libertés et de la détention en charge de ce contentieux ont rendu 1 101 décisions entre le

1 er août et le 31 décembre dernier, la plupart ayant ordonné le maintien de la mesure d’hospitalisation, moins d’une cinquantaine ayant ordonné sa mainlevée. Dans une moindre mesure mais de façon aussi significative, les magistrats de Bourg-en-Bresse ont tenu, durant la même période, 58 audiences en milieu hospitalier où ils ont procédé à l’audition de 283 patients. Leurs collègues de Saint-Etienne ont tenu dans le même temps 167 débats contradictoires en milieu hospitalier.

Cette mobilisation exemplaire des personnels de justice et de leurs partenaires, avocats et personnels hospitaliers, leur implication et leur aptitude à mettre en place cette réforme, en plein été, doivent être soulignées et portées à leur crédit.

Onze jours seulement après, était publiée la loi du 10 août 2011 sur la participation des citoyens au fonctionnement de la justice pénale et le jugement des mineurs. Aux termes de cette loi, les citoyens, outre leur participation à la cour d’assises, pourront désormais être appelés comme citoyens assesseurs à compléter le tribunal correctionnel et la chambre des appels correctionnels dans le jugement de certains délits (violences aux personnes, vols avec violences, destructions, dégradations et détériorations dangereuses pour les personnes), ainsi que le tribunal de l’application des peines et la chambre de l’application des peines de la cour d’appel. Ces dispositions font l’objet depuis le 1 er jan- vier 2012 d’une expérimentation conduite dans les cours d’appel de Dijon et Toulouse, laquelle expérimentation sera étendue avant le 1 er janvier 2014 à plus d’une dizaine de cours d’appel au nombre desquelles figurera, ainsi que vous venez de nous l’annoncer Monsieur le ministre, la cour d’appel de Lyon. D’autres dispositions sont entrées en vigueur dès le 1 er janvier dernier sur l’ensemble du territoire national. Elles concernent les cours d’assises. Au nombre de ces modifications, il y a lieu de noter :

- le remplacement de la lecture de la décision de renvoi par un rapport introductif du président qui lui permettra de présenter de façon concise les faits reprochés à l’accusé, en faisant ressortir les éléments à charge et à décharge ;

- la réduction du nombre des jurés de neuf à six

lorsque la cour statue en premier ressort et de douze à neuf lorsqu’elle statue en appel ;

- enfin l’instauration de la motivation des arrêts

criminels, consistant dans l’énoncé des principaux éléments à charge qui, pour chacun des faits reprochés à l’accusé, ont convaincu la cour d’assises. Autant de dispositions qui vont modifier

significativement le déroulement des procès d’assises.

L’année 2012 sera aussi l’année des avancées technologiques. Le 9 janvier dernier, la cour d’appel de Lyon et l’ensemble des bâtonniers du ressort représen- tant près de 3 000 avocats ont en effet signé, parmi les premiers au plan national, un proto- cole tendant à la généralisation de la commu- nication électronique entre les avocats et les chambres civiles de la cour, marquant ainsi l’aboutissement de près de deux années de travaux préparatoires menés en partenariat entre magistrats, greffiers, avoués et avocats. La détermination qui a présidé à ces travaux s’est nourrie du constat que la mise en état des procédures civiles avec représentation obligatoire devant la cour d’appel se trouverait

en effet en ce début d’année à la croisée de trois réformes majeures :

- une réforme procédurale : par l’effet du

décret modifié du 9 décembre 2009 relatif à la

procédure d’appel avec représentation obligatoire ayant institué des délais butoirs sévèrement sanctionnés ;

- une réforme technologique : par l’effet de la

montée en puissance de la communication par voie électronique déjà engagée depuis quelques

mois entre les études d’avoué et la juridiction ;

- enfin une réforme des professions : par l’effet

de la fusion intervenue le 1 er janvier 2012 des professions d’avocat et d’avoué qui place potentiellement chaque conseiller de la mise en état en prise directe avec près de 3 000 avocats en lieu et place de moins d’une vingtaine d’avoués antérieurement à la fusion. Alors que la communication électronique n’est jusqu’à ce jour imposée par voie réglementaire que dans un sens (de l’auxiliaire de justice vers la cour d’appel) et ne concerne que certains actes (les déclarations d’appel et les constitu- tions d’intimé) alors que la transmission déma- térialisée des autres actes de procédure ne sera rendue obligatoire qu’à compter d’une date à fixer par arrêté au plus tard le 1 er janvier 2013, la cour d’appel et les barreaux du ressort, ani- més par un objectif partagé de simplification et de modernisation de la justice, sont convenus d’anticiper cette réforme et de généraliser sans attendre ce mode de communication. Convaincues que pareille mise en œuvre ne pouvait se faire à organisation constante, les parties signataires se sont aussi employées à repenser le circuit de mise en état des affaires afin de permettre à chacun de ses acteurs d’exploiter le maximum des potentialités offertes par le nouvel outil, d’en retirer les gains attendus et d’harmoniser les pratiques entre les différentes chambres. Ainsi, elles sont convenues d’échanger l’ensemble de leurs actes, y compris les conclusions, exclusivement sur support électronique et de supprimer, dès à compter du 1 er janvier 2012, les audiences dites « physiques »

Rentrée solennelle

Rentrée solennelle de mise en état pour les remplacer par des audiences dites « virtuelles ».

de mise en état pour les remplacer par des audiences dites « virtuelles ». (…)

Ainsi donc la justice se réforme, se modernise.

A l’instar des autres ministères, après la mise en

œuvre de la LOLF, la réforme générale des politiques publiques impacte significativement les modes de gouvernance et de gestion des juridictions, dans une recherche toujours plus exigeante d’une rationalisation optimum de nos moyens et d’amélioration des performances. En ces temps de rigueur budgétaire, nul ne peut contester la légitimité de ces objectifs. Toutefois la mission de l’institution judiciaire ne peut être réduite à des ratios ou des indicateurs de performance. Quotidiennement les juges sont en charge de la protection des libertés, de l’honneur ou du patrimoine de leurs concitoyens ainsi que de la régularité des conventions qu’ils passent et de l’effectivité de leur exécution. Aussi les réformes en cours doivent préserver les spécificités des missions qui leurs sont confiées, constitutionnellement définies et protégées, non pour leur confort ou leur prestige, mais dans l’intérêt même du justiciable. Alors qu’étaient envisagées au sein de notre ministère des plateformes interrégionales et inter- directionnelles afin de satisfaire à des économies d’échelles substantielles et garantir une plus grande professionnalisation des personnels de gestion, en concertation avec votre secrétaire

général et la direction des services judiciaires, les bureaux des conférences des premiers présidents

et des procureurs généraux, sous votre arbitrage

Monsieur le ministre, une nouvelle architecture des budgets opérationnels de programme a finalement été élaborée. Celle-ci est entrée en vigueur dès le 1 er janvier.

Désormais, en métropole, seules dix cours d’appel, parmi lesquelles la cour d’appel de Lyon, sont siège d’un budget opérationnel de programme, dénommé BOP interrégional qui, s’agissant du BOP Centre Est placé sous la responsabilité des chefs de cour de Lyon, s’étendra aux ressorts limitrophes de Chambéry, Grenoble et Riom. La mise en place au niveau interrégional de deux instances de concertation - un comité de pilotage stratégique composé des chefs des quatre cours d’appel et un comité de pilotage opérationnel - devra permettre la prise en compte des besoins et des spécificités de chacun des ressorts. Cette nouvelle chaîne de responsabilité préserve l’autonomie et les spécificités des actions des services judiciaires par rapport aux autres administrations du ministère de la Justice (administration pénitentiaire et protection judiciaire de la jeunesse) mais seulement dans les domaines particulièrement stratégiques que sont les ressources humaines, les budgets de fonctionnement courant des juridictions et les frais de justice. Le surplus des budgets, à savoir celui de l’immobilier, de l’informatique et de la formation, a bel et bien déjà rejoint les plateformes inter-directionnelles. Monsieur le secrétaire général du ministère de

la Justice, alors que vous venez de prendre vos

fonctions depuis quelques jours seulement, vous avez bien voulu réserver votre première visite à l’extérieur du ministère, à notre cour d’appel. La cour est particulièrement sensible à cette marque d’estime et d’intérêt et vous en remercie vivement. La mise en œuvre de cette architecture, comme toute nouveauté, suscite d’abord des

inquiétudes, tenant pour l’essentiel à la décli- naison concrète de ses effets sur les modes de gouvernance des cours d’appel, sur le cali- brage des effectifs des services administratifs régionaux et les redéploiements qu’elle impose. Les prochaines semaines seront importantes à cet égard. Au-delà des acteurs concernés, les magistrats, greffiers et fonctionnaires porteront un regard attentif et critique sur les conditions de déploiement de cette nouvelle architecture. Nous attendons de vos services, Monsieur le secrétaire général, et de ceux de la direction des services judiciaires, une attention et une écoute constructives, à la faveur desquelles les arbitrages qui seront opérés prendront en compte nos besoins et les spécificités de nos missions, au besoin en sachant résister à la pression de Bercy. Nos vœux et notre soutien vous accompagnent en ce sens. Ainsi donc, l’année 2012 s’annonce aussi riche que celle qui vient de s’achever en réformes et défis à relever par l’institution judiciaire. En ce début d’année d’élection, temps fort de l’expression démocratique de notre République, porteuse d’inquiétudes d’ordre social et économique, ne cédons pas à la morosité ou au découragement. Par un optimisme raisonnable, évitons de nous laisser enfermer dans des peurs irraisonnées à propos desquelles Sénèque affirmait que « l’angoisse de l’avenir est une calamité pour l’esprit ».

Monsieur le procureur général Jacques Beaume, l’installation d’un nouveau chef de cour traduit symboliquement un passage pour la juridiction à l’occasion duquel se mêlent tradition, continuité, changement et innovation. Ne peuvent en effet être ignorés ceux qui l’ont précédé, les actions entreprises et les résultats obtenus. Il ne peut d’avantage être ignoré qu’il est, comme ses prédécesseurs, un maillon dans l’histoire de la juridiction qui l’accueille, en charge du présent dont la réalité est le fruit d’actions passées. Il en devient un membre éminent, catalyseur et garant de l’efficacité de la somme des actions individuelles initiées par tous les acteurs de la juridiction. De même n’ignore-t-il pas que l’appartenance à la juridiction ne résultera pas du seul acte de nomination mais aussi de la manifestation de talents personnels et professionnels qui seuls confèrent dans la durée légitimité et recon- naissance à l’égard de ses pairs et des parte- naires de l’institution judiciaire. Monsieur le procureur général, votre riche expérience professionnelle, les responsabilités diversifiées que vous avez exercées, vous ont rendu familier de ces exigences dont l’évocation n’a d’autre intérêt que de souligner les défis et les enjeux humains et managériaux qu’il faut relever en sus évidemment de l’exercice des attributions propres de la fonction. La joie et le plaisir de vous accueillir atténuent le regret d’avoir vu partir il y a quelques semaines votre prédécesseur Jean-Olivier Viout, lequel a présidé magistralement pendant sept ans aux destinées du parquet général de Lyon au sein duquel il avait précédemment exercé en qualité de substitut général puis d’avocat général, soit un total de vingt-trois années d’activité professionnelle au service de la cour et de ses justiciables. […]

Agenda

Agenda 8 È M E ÉDITION Etats Généraux du Droit de la Famille 26 et 27

8 ÈME ÉDITION

Etats Généraux du Droit de la Famille

26 et 27 janvier 2012 Maison de la Chimie - Paris 2 ème

Renseignements :

http://evenements.cnb.avocat.fr/EGDF2012/

SÉMINAIRE UIA

2012-057

Gouvernance d’entreprise, regulation et litiges connexes

du 26 février au 2 mars 2012 Whisltler Mountain - Canada

Renseignements : 01 44 88 55 66 www.uianet.org

2012-058

39 ÈME CONGRÈS JURIDIQUE SKILEX INTERNATIONAL

Skilex Maribor 2012

du 29 janvier au 5 février 2012 Maribor (Slovénie)

Renseignements : www.skilex.eu

2012-059

SALON DES ENTREPRENEURS

Paris 2012

1 er et 2 février 2012 Palais des Congrès - Paris

Renseignements :

www.salondesentrepreneurs.com

2012-060

SÉMINAIRE UIA

Football : contrats joueurs - partage des droits et valeur économique

9 et 10 mars 2012 Buenos Aires - Argentine

Renseignements : 01 44 88 55 66 uiacentre@uianet.org - www.uianet.org

2012-061

Les Annonces de la Seine - lundi 23 janvier 2012 - numéro 6

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Rentrée solennelle Christian Roussel Photo © Jean-René Tancrède - Téléphone : 01.42.60.36.35 Un Procureur éclairé

Rentrée solennelle

Rentrée solennelle Christian Roussel Photo © Jean-René Tancrède - Téléphone : 01.42.60.36.35 Un Procureur éclairé
Christian Roussel Photo © Jean-René Tancrède - Téléphone : 01.42.60.36.35
Christian Roussel
Photo © Jean-René Tancrède - Téléphone : 01.42.60.36.35

Un Procureur éclairé

par Christian Roussel

M onsieur le Procureur général, D’abord doyen grâce à la réforme du statut, aujourd’hui par l’an- cienneté, surnommé affectueu-

sement le Poher du parquet général, il me revient de vous présenter à cette assemblée et de dresser un aperçu de notre cour. Vous êtes, ici, mon troisième procureur général, après François Falletti, l’Européen, le législateur, tourné vers l’internationale des procureurs, et Jean-Olivier Viout, l’homme de terrain, amoureux des prétoires et de sa région. Vous apparaissez comme ayant sillonné la France judiciaire (sauf Nord) et parfaitement armé administrativement à l’heure des B.O.P, U.O., R.G.P.P., P.F.I., acronymes barbares tous attachés au nerf de la guerre : notre dotation budgétaire. Comme vos prédécesseurs, vous êtes resté fidèle au Parquet. En 1974, à 25 ans, vous voilà substitut à Lyon où vous avez fait vos études. Puis vous rejoindrez en 1986 le parquet général près la cour d’appel d’Aix-en-Provence, considéré par beaucoup comme un refuge temporaire avant de regagner Lyon. Mais vous échapperez à ce destin. Début 1991, Paris, Ah Paris !, inspecteur des services judiciaire puis sous-directeur de la magistrature, vous allez découvrir les arcanes de notre administration avant de faire un brillant retour en juridiction comme procureur d’Aix- en-Provence en 1994 puis de Bordeaux en 1999. Vous allez revenir dans le Sud, cette fois à Marseille, toujours comme procureur, cumulant ces fonctions avec celles de membre du Conseil supérieur de la magistrature, de 2002 à 2007. Tant de postes difficiles justifient amplement votre nomination comme procureur général à Colmar en 2007. Procureur éclairé, vous restez prudent face à un automatisme de la loi lorsqu’il peut conduire à une injustice.

Reconnu par vos pairs, vous êtes actuellement le président de Ia Conférence nationale des procureurs généraux, un président qui ne cache pas qu’il a des idées sur le statut des parquetiers. Votre prédécesseur immédiat, Jean-Olivier Viout, actuellement membre du Conseil supérieur de la magistrature, aura marqué l’histoire judiciaire lyonnaise. Sans ce protecteur acharné du patrimoine judi- ciaire, que seraient devenues les 24 colonnes, nom du palais de justice historique ? Aujourd’hui, ce chantier d’ampleur, qui doit tant au Conseil général, arrive à son terme sans, à ce jour, aucun retard ni dépassement de budget. 2012 sera l’année du retour dans un lieu enfin

digne du Iabel « patrimoine de l’humanité ». Aux Lyonnais de redécouvrir, restauré dans l’esprit de Baltard, ce bâtiment en pierre de Villebois possédant encore des toiles de Blanchet et Cretet vestiges du Palais de Roanne. Sans cet archétype du procureur, infatigable soutien de l’accusation, d’une puissance de travail surhumaine, quel sort aurait été réservé à certains dossiers d’assises dans lesquels il continuait, malgré sa charge, à tenir le siège du Ministère public ? Sans ses conseils pertinents, que serait-il advenu de certaines orientations législatives récentes ? Sans ce connaisseur avisé du ressort qui a, avec le Premier président Vittaz d’abord, puis avec vous, Monsieur le Premier président Trotel,

participé à la modernisation de la carte judiciaire, la transformation de notre cour d’appel aurait-elle été réalisée ? Car notre cour a bien changé. Allégée dans ses structures géographiques, elle s’est alourdie dans ses prérogatives juridiques. Avec cinq tribunaux de grande instance au lieu de sept, notre organisation tend vers un idéal départemental voire régional ou même zonal encore en réflexion. Pourtant, ce dernier terme est déjà une réalité. Car vous êtes le procureur général de la zone de défense sud-est. Vous êtes aussi le procureur général de la juridiction interrégionale spécialisée. Et vous serez le procureur général du nouveau budget opérationnel de programme avec le problème immobilier lié à la nouvelle cartographie judicaire des SAR qui va en résulter. Mais ce ne sont pas les seuls changements qui affectent la cour d’appel, car la volonté du législateur de diversifier l’origine géographique des magistrats et favoriser leur mobilité a commencé à porter ses fruits. Gageons que votre périple judiciaire vous permettra de participer à ce renouveau. Vous serez également un procureur général en mouvement :

La coopération transfrontalière avec la Suisse s’est accentuée avec le centre de coopération policière et douanière de Genève. Les « go-fast » remontant la vallée du Rhône et les mafieux en repos ou en activité dans la région nous ont amené à renforcer nos liens directs avec nos collègues espagnols, italiens ou des pays de l’Est. La brièveté de mon propos ne m’empêche pas ici d’assurer de notre soutien toutes les forces de police et gendarmerie et les services extérieurs de notre ministère. Pour toutes ces tâches, votre prédécesseur a bien œuvré et c’est un parquet général de

Au 1 er janvier 2011, nous étions procureurs et magistrats. Eh bien, en ce vendredi 13 janvier 2012, malgré les craintes exprimées en cette salle l’an passé, nous sommes encore procureurs et magistrats. Espérons que nous le serons toujours au 1 er janvier

2013. Christian Roussel

17 membres qui est le vôtre, une belle équipe. Même si on peut déplorer une réelle pénurie de fonctionnaires. Tous, magistrats et fonctionnaires, vous attendent avec la loyauté qui sied mais aussi impatience car, même à deux, un intérim de 4 mois est bien long. 2011 est fini, vive 2012 ! Au 1 er janvier 2011, nous étions procureurs et magistrats. Eh bien, en ce vendredi 13 janvier 2012, malgré les craintes exprimées en cette salle l’an passé, nous sommes encore procureurs et magistrats. Espérons que nous le serons toujours au 1 er janvier 2013. Mais qu’ai-je donc retenu de l’année 2011 et perçu de l’année 2012 ?

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Les Annonces de la Seine - lundi 23 janvier 2012 - numéro 6

Photo © Jean-René Tancrède - Téléphone : 01.42.60.36.35

Rentrée solennelle

Et 2012, depuis le 1 er janvier, la loi modifiant la Cour d’assises est entrée en application. Cette nouvelle loi :

- réduit le jury (qui passe de 9 à 6 jurés),

- remplace la lecture de l’ordonnance de renvoi

par une synthèse du président pour résumer le dossier,

- impose l’obligation de motiver les décisions rendues. Voilà une évolution à vivre et faire vivre.

Un mot d’immobilier enfin : le choix de l’architecte pour le nouveau tribunal de grande instance de Bourg-en-Bresse a été réalisé fin

2011.

Nous aurons, lorsque les travaux de cette

juridiction seront terminés vers 2015, un ensemble de juridictions modernes ou modernisées. […]

Bien sûr, nous avons requis auprès des cham- bres correctionnelles qui, toutes formations confondues, ont rendu 2 812 arrêts contre 2 742 en 2011. Bien sûr, nous avons tenu le siège du Ministère public auprès des cours d’assises du ressort, durant 169 jours en ce qui concerne la Cour d’assises du Rhône, sans oublier les marathons judiciaires de Bourg-en-Bresse et Saint-Etienne ayant conduit au jugement de 151 accusés. Le rôle de 2012 bruisse déjà des clameurs grenobloises liées aux suites judiciaires des règlements de comptes ayant ébranlé la ville de Fontaine. Bien sûr, chez nous aussi, la réforme de la pro- cédure de la garde à vue a entrainé une dimi- nution du nombre des placements. De manière générale l’organisation des services enquêteurs et des barreaux a permis de s’adapter sans incident notable aux exigences du législateur.

Reste la question, dans certains ressorts, de la

durée des transfèrements. Quant à une analyse des incidences de cette réforme sur le travail des enquêteurs elle ne pourra être instructive que vers la fin de l’année 2012. Mais nous avons aussi participé à la mise en place de la loi du 5 juillet 2011 s’assurant de la protection des personnes placées en régime de soins psychiatriques sans leur consentement.

57 dossiers ont, depuis le 1 er août, été soumis à

nos réquisitions. Je ferai sur ce point deux remarques :

- D’une part, j’ai appris le désarroi voire l’inquiétude de certains fonctionnaires devant cette nouvelle mission. Il me semble utile de réfléchir à ce problème. - D’autre part, il nous revient de contribuer à l’élaboration d’une jurisprudence lisible autant pour les placés que pour les institutions hospitalières et les citoyens. A nous d’écouter tous les partenaires.

et les citoyens. A nous d’écouter tous les partenaires. Jacques Beaume Le héraut de la loi
et les citoyens. A nous d’écouter tous les partenaires. Jacques Beaume Le héraut de la loi
Jacques Beaume
Jacques Beaume

Le héraut de la loi

par Jacques Beaume

A printemps de l’année 1974, se

tenait à Lyon, il y a donc 38 ans, dans la salle des Assises aujourd’hui

u

en

merveilleuse restauration, le pro-

cès dit, à l’époque « des fausses factures ». La salle d’audience correctionnelle du palais his- torique était déjà trop petite pour les grandes occasions judiciaires. Face à des dizaines de tomes, au moins autant d’inculpés et d’avo- cats, dans un domaine d’action publique en pleine construction, l’accusation était tenue, seul, par Pierre Truche. Je ne suis même pas sûr qu’il puisse se souvenir qu’il avait bénéficié du soutien de deux petites mains débutantes, qui lui passaient maladroitement les docu- ments dont ses réquisitions se nourrissaient, deux assistants de justice à peine arrivés en stage juridictionnel, qui endossaient presque pour la première fois leur robe décorée de la fameuse ceinture bleue pâle, mon ami Jacques Fayen, qui vient de quitter ses fonctions de procureur général à Nîmes, et moi-même. C’est vous dire, l’intensité du sentiment, une sorte de « cercle de la vie » qui m’étreint à cet instant où je prends publiquement mes

fonctions de procureur général près la Cour d’appel de Lyon. (…)

Mesdames et Messieurs, en plein cœur du 16 ème siècle, le magistrat Montaigne s’est livré

avec d’autres à d’acerbes critiques de l’institution judiciaire, en laquelle il voyait, outre la dureté excessive à l’égard des faibles, trois défauts majeurs : « Le désordre de la justice, dit-il, vient de ce que les choses sont vénales, du nombre des officiers qu’on y met, mais surtout du mauvais ordre qu’on a de les choisir ». La vénalité des offices - mais plus encore « la farouche coutume que les jugements soient payés à purs deniers comptant » - ne sont plus d’actualité. Heureusement aujourd’hui, le coût de la justice et de l’accès au droit pour le justi- ciable et pour la collectivité, pourtant d’actua- lité, se pose en d’autres termes, moins litté- raires, assortis d’acronymes plus « techno- crates » : La LOLF, la RGPP, le BOP, les UO ou les ETPT… Sur le second point, bien que précédemment en charge, dans mes diverses fonctions, d’équipes à qui on attribue non sans vanité le

qualificatif de « grand(s) parquet(s) », j’avoue être aujourd’hui intimidé, par le « nombre des officiers » affectés aux divers ministères publics de cette cour d’appel, qui approche les

80 magistrats. Je ne connais pas encore, vous

m’en ferez état en détail, Mme et MM. les procureurs, la situation exacte des effectifs du

Ministère public de notre ressort. Et je verrai le moment venu, Monsieur le Ministre, avec la Direction des services judiciaires, l’opportunité de nous satisfaire (ou non) du nombre des

« officiers » qu’on a mis dans les parquets de la

Cour d’appel de Lyon. Enfin, sur le troisième point, à savoir « le mau- vais ordre » qu’on aurait eu de me désigner comme nouveau procureur général de Lyon, je voudrais quand même, sans méconnaître

mes limites, tenter de vous convaincre, très provisoirement et sous bénéfice d’inventaire futur, qu’il n’y aura « ni désordre ni injustice » à la désignation que les plus hautes autorités de l’Etat ont bien voulu faire. M. le Ministre, à cet égard, je sais que je n’étais sans doute pas votre

« premier choix », je parle évidemment en

terme chronologique…, mais justement, je

vous sais d’autant plus gré d’avoir pu considé- rer, en me proposant au Conseil supérieur de la magistrature et à M. le Président de la République, que je puisse dignement soutenir la comparaison avec celui ou ceux auxquels vous aviez premièrement pensé. (…) Certains commentateurs journalistiques, me prêtant une inclination, voire une inclinaison politique que je n’ai jamais publiquement invoquée, encore moins manifestée, je veux vous dire, M. le Ministre, ainsi qu’à tous nos concitoyens lyonnais que l’exercice indépendant de la justice, par le procureur comme par le juge, ne peut s’accommoder de l’affichage d’une appartenance ni même d’une proximité idéologique ou partisane. C’est en ce sens que j’ai récemment souligné que « je n’étais ni ne serai inféodé à personne ». Je ne suis, ou en tout cas, je m’efforce et m’efforcerai jusqu’au bout de mon activité professionnelle de n’afficher aucune autre appartenance que celle « de la République », qui suffit à me remplir d’émotion et de responsabilité. (…)

Malgré le dicton péremptoire qui veut qu’on succède toujours à un incompétent - et qu’on

précède toujours un ingrat -, il y a en réalité deux types de successions, je les ai connues l’une et l’autre : la difficile, celle qui vous lègue la direction d’une institution compromise ou chancelante. Elle vous oblige à commettre des mensonges, pour vanter, dans votre discours d’installation, au milieu des sourires indulgents ou narquois, les qualités de votre prédécesseur. Il est loin le temps où un président de tribunal, je l’ai entendu de mes oreilles, saluait ainsi son prédécesseur à son audience d’installation :

« M. X est parti en emportant tous nos regrets,

il n’en a laissé aucun ». Ce type de succession

vous facilite la vie : même si vous êtes attendu au virage de l’amélioration, vous avez devant vous une large marge de progression… Celle, à l’inverse, terrible, en forme de

« challenge », pour faire moderne : succéder,

comme on dit chez nous, « à un très bon ». Car, en prenant à l’instant ces fonctions de procureur général de Lyon, je mesure la perte que constitue le départ de Jean-Olivier Viout pour l’institution judiciaire lyonnaise. C’est pourquoi, je le confesse, je suis intimidé par la taille de l’enjeu

Les Annonces de la Seine - lundi 23 janvier 2012 - numéro 6

le confesse, je suis intimidé par la taille de l’enjeu Les Annonces de la Seine -

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Rentrée solennelle qui s’impose à moi. D’ailleurs, tous ceux que j’ai pu rencontrer n’ont pas

Rentrée solennelle

qui s’impose à moi. D’ailleurs, tous ceux que j’ai pu rencontrer n’ont pas manqué de me « mettre la pression » sur un ton mélangeant subtilement exclamation et interrogation : « Ah ! C’est vous qui succédez à Jean-Olivier !? ». On ne décrit pas Jean-Olivier Viout. Parler de sa culture encyclopédique, en particulier intarissable sur la mémoire, belle ou terrible, du Lyonnais et des Savoies, évoquer sa science juridique éclatante, souligner sa connaissance intime de l’histoire et de la pratique du ministère public, rappeler son rôle éminent, aux côtés de Pierre Truche, dans les plus nobles moments de notre histoire judiciaire, mettre en avant son caractère chaleureux, humain, attentif aux humbles, équilibré, invoquer sa rigueur technique et son élévation morale et éthique ne pourront jamais suffire à décrire Jean-Olivier Viout. Mais, je m’arrêterai là, sa modestie me ferait reproche de mon insistance. Chacun sait ou doit savoir la grande proximité que j’ai avec lui, ou plus exactement le respect qu’il m’inspire. Je suis ému de lui succéder et fier que notre confrérie de procureurs généraux ait élu un magistrat de cette stature pour siéger en son nom au Conseil supérieur de la magistrature. Dès lors, qui s’étonnera que Jean-Olivier Viout me transmette, tant à la cour que dans les tribunaux de grande instance, un ministère public efficace, organisé, motivé, engagé aussi bien dans une action pénale de haut niveau que dans des politiques judiciaires inventives et modernes de sécurité et de prévention de la délinquance ? Alors, rassurez-vous, mes chers collègues du parquet général et des parquets, mais aussi du siège, après cet hommage, vous aurez compris que mon principe directeur ne sera en aucun cas « de faire du passé table rase », mais bien au contraire, avec les inévitables ajustements de fond et de style, de fortifier le travail efficace déjà accompli. Je sais pouvoir compter, votre premier accueil m’en convainc aisément, sur votre appui pour m’aider à améliorer encore, car c’est toujours possible, la qualité de l’action judiciaire dans notre région.

En cette séquence-émotion, permettez-moi de me rassurer encore en me rattachant avec un profond respect et une intense émotion à quelques maîtres qui m’ont précédé à cette estrade. Le progrès est pour moi dans l’héritage assumé et amélioré bien plus que dans la rupture,

encore moins dans l’ingratitude de l’oubli. J’ai cité Pierre Truche, dont j’ai modestement suivi trois fois les pas (à la direction de la Section économique et financière du parquet de Lyon,

à la tête du parquet de Marseille, et aujourd’hui),

référent de l’histoire judiciaire et de l’histoire tout court de Lyon. Qu’il soit remercié de sa présence

à cette audience ; Jean Reygrobellet, qui nous a

quittés récemment, qui fut mon maître de stage d’auditeur, arborant la même élégance dans le débat intellectuel et judiciaire que sur les skis ; Jean-Louis Nadal, au verbe puissant et imagé et aux idées toujours décoiffantes et inventives ; François Falletti, dont on sait les hautes fonctions

qui sont les siennes aujourd’hui. J’y ajouterai, qui fut « mon » procureur à Lyon, puis « mon » procureur général ailleurs, Claude Salavagione, une référence parquetière. Pardonnez-moi de n’en pas citer d’autres, tant la cohorte lyonnaise des « grands magistrats » se presse dans notre souvenir. Mesdames et Messieurs, mes chers collègues, On attend toujours d’un nouveau chef de cour installé qu’il s’exprime sur l’action qu’il entend mener. Un « programme », que l’actualité nous réclame. Exercice impossible s’il en est. Soit l’arrivant déçoit par son silence ou simplement sa modestie, soit il agace par son assurance. Au demeurant, même si je ne cache pas le plaisir que j’ai à retrouver quelques marques de mon ancien passage au tribunal de Lyon, je dois m’en défier aussitôt, tant le temps

à fait son œuvre depuis mon départ.

Quelles entreprises, donc, serai-je légitime à annoncer, quand j’ai à nouveau tout à apprendre du ressort que la collectivité nationale m’a confié ? La solennité de cette cérémonie suffirait-elle, par magie, à me conférer la science infuse : « Moi je… » ?

Avant de m’y risquer du bout des lèvres, je préfère faire devant vous quelques commen- taires sur l’exercice du métier de parquetier de la République, soulignant d'abord une circons- tance nouvelle qui rend chaque jour plus diffi- cile le métier de procureur, puis évoquant quelques principes que j’essaie de défendre dans l’exercice de mon métier, et ce que je ten- terai d’en faire au parquet général de Lyon. D’abord, une circonstance nouvelle de l’exercice du ministère public. Je ne veux pas parler, à cet instant, M. le Ministre, car ce ne serait justement pas une circonstance nouvelle, des moyens de la justice, qui souffrent encore de la comparaison européenne. Je sais les efforts inlassables que vous déployez pour les améliorer malgré cette période budgétaire qu’on appelle pudiquement, « contrainte ». Nous vous en remercions. A cet égard, nous essaierons, en 2012, malgré les réserves que la Conférence des procureurs généraux que j’ai l’honneur de présider, vous a manifestées, d’installer avec loyauté et diplomatie, mais aussi efficacité, la nouvelle organisation financière qui fait de la cour d’appel de Lyon l’animateur d’une politique budgétaire régionale. Non, je veux ici évoquer, devant les responsables de notre République et devant nos concitoyens, une très forte préoccupation du ministère public : l’instabilité du droit. Le procureur est le représentant de la loi, le héraut de la loi. Quand nous étions dans un système très cartésien, la fixité de la loi faisait parallèlement du procureur une référence légale. Tout usager du droit, pénal et de procédure pénale, justiciable, policier, gendarme, voire avocat ou juge, pouvait attendre raisonnablement du procureur une réponse fiable et sûre. Trois facteurs sont venus, avec une accélération récente, déstabiliser le parquetier dans sa mission de garant de la loi :

- D’abord, dans le cadre de l’activité législative nationale, l’extrême volatilité de la loi, qui, renonçant trop souvent à définir les valeurs et principes fondamentaux de notre vie collective,

Photo © Jean-René Tancrède - Téléphone : 01.42.60.36.35
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Les Annonces de la Seine - lundi 23 janvier 2012 - numéro 6

devient un outil de conjoncture, de réaction, oserai-je dire, parfois de mode, assorti d’une

écriture maniaque et, par le jeu des renvois ou des modifications, souvent intrinsèquement

illisible.

Chacun connaît l’adage du 18 ème siècle, plus vrai

que jamais : « Trop de droit tue le droit ». Outre les grandes difficultés intellectuelles rencontrées, pour le magistrat du parquet, à être

à peu près assuré de simplement connaître la

dernière version d’un texte, parfois d’application différée, parfois modifiée ou même abrogée

avant d’entrer en vigueur, l’instabilité de nos lois induit trois conséquences :

. Chez le citoyen, d’abord, la loi n’est plus inté- grée comme une référence, structurant le comportement et la vie sociale de chacun, elle devient une indication d’un moment, sans pérennité ni constance, dont on a bien raison d’attendre la nouvelle version avant de se plier à la présente… Affadissement, donc, des repères sociaux.

. Chez ceux, ensuite, qui sont en charge de son

application et de son respect : administration, policier, gendarme, et, bien évidemment, ministère public, cette instabilité de la loi affecte gravement leur rôle et leur mission. Car, sur quelle légitimité le parquetier peut-il s’appuyer, lorsqu’il requiert l’application d’une loi dont le justiciable est déjà convaincu de son caractère artificiel et temporaire ?

. Enfin, disons-le clairement, notamment pour

le ministère public, membre de l’autorité judi- ciaire, comme tel soumis à une obligation de neutralité et d’indépendance, une loi présen- tée de plus en plus souvent à l’opinion publique comme le résultat d’une opportunité politique, assortie parfois d’instructions d’ap- plication un peu trop claironnées, implique, dans l’esprit du justiciable, la soumission de celui qui en poursuit l’application, non pas aux principes de la République, mais aux souhaits des autorités politiques. Le paradoxe en est que le ministère public perd de son autorité avec son indépendance.

- Le second facteur d’instabilité résulte de l’arrivée dans notre espace juridique de la question prioritaire de constitutionnalité, indéniable progrès démocratique, mais qui, lorsque l’inconstitutionnalité d’un texte est reconnue, présente l’inconvénient technique de mettre en péril pour l’avenir des procédures légalement dressées dans le passé. Car, pour prendre l’exemple de la garde à vue, qui nous a tant préoccupés au cours de cette année, comment admettre - et faire comprendre - qu’une procédure conduite sans écart, conformément au droit positif en vigueur en 2008, devienne tout à coup irrégulière et annulée par l’effet d’une inconstitutionnalité reconnue en 2012 ? Le Conseil constitutionnel, attentif à une telle

insécurité juridique, avait admis une application différée de cette inconstitutionnalité, pour maintenir la validité des procédures passées et donner le temps d’une régularisation législative. La Cour de cassation a très fermement décidé l’inverse. On comprendra qu’il n’appartient pas

à un procureur général de choisir entre deux

juges suprêmes. Mais, je veux souligner ici l’extrême préoccu- pation, mais surtout la difficulté de nos par- quets - et du reste de nos juges - pour conseil-

ler et diriger utilement leurs officiers de police judiciaire, alors même qu’ils interviennent dans le très fragile domaine de la liberté indi- viduelle. Car, vous l’aurez compris, il est totale- ment différent d’appliquer une loi écrite et structurée, et de mettre en œuvre une juris- prudence, en l'occurrence contradictoire, sou- mise à interprétation personnelle et potentiel- lement révocable - un revirement n’étant jamais exclu - surtout dans notre système juri- dique latin où la jurisprudence n’est qu’une source indicative et supplétive du droit.

- Enfin, troisième facteur, l’entrée en scène des jurisprudences européennes, celle de la Cour européenne des droits de l’homme de Strasbourg, dans le domaine de la procédure et des organes pénaux, mais aussi celle de la Cour de justice des communautés euro- péennes de Luxembourg, dans le droit écono- mique ou celui de la circulation des personnes (droit des étrangers). Loin de moi l’idée de jouer les « franchouillards-béret-baguette » pour m’insurger contre ces jurisprudences prises en vertu de traités que nous avons libre- ment conclus dans le cadre d’un socle démo- cratique commun, mais, je voudrais à nou-

Rentrée solennelle

Mesdames et Messieurs, à un moment où la justice est rendue bien plus sous l’œil média- tique de l’opinion qu’au nom du peuple fran- çais, je voudrais ici vous faire mesurer la dis- torsion entre, d’une part, le travail quotidien des magistrats, qui mobilisent totalement leur énergie et leur intelligence pour gérer en temps réel une multitude de procédures, pour apporter les réponses pénales les plus perti- nentes à assurer la paix publique, pour proté- ger les plus fragiles de nos concitoyens, pour mener des enquêtes de plus en plus tech- niques, pour prévenir la récidive avec une exi- gence, au demeurant impossible, de « zéro faute », pour veiller à exécuter dans les meil-

leurs délais des milliers de décisions pénales

- et ils le font, je vous le dis, de belle manière - et, d’autre part, le caractère flexible, mouvant et aléatoire des références juridiques qui

« encadrent », si je puis dire, cette action, et,

qui, désormais, loin de les conforter, les fragili-

sent. Situation des procureurs, passionnante, mais inquiétante, que nul ne devra oublier au jour de la révélation, évidemment scanda- leuse, d’une erreur juridique ou judiciaire. Comment dès lors, M. le Ministre, ne pas entendre cette crainte manifestée récemment

Administration, policier, gendarme, et, bien évidemment, ministère public, cette instabilité de la loi affecte gravement leur rôle et leur mission. Car, sur quelle légitimité le parquetier peut- il s’appuyer, lorsqu’il requiert l’application d’une loi dont le justiciable est déjà convaincu de son caractère artificiel et

temporaire ? Jacques Beaume

veau en marquer les conséquences en terme d’insécurité juridique et institutionnelle. Outre que le recours à ces juridictions euro- péennes est trop souvent présenté, notam- ment par le Barreau, comme une voie de recours supplémentaire, ce qui contribue évi- demment, dans l’esprit mal informé du justi- ciable, à dévaloriser l’action de la justice natio- nale, il faut souligner que, même s’il appartient au juge français d’apprécier l’inconventionna- lité d’un texte national, l’interprétation des décisions européennes reste d’un aléa consi- dérable, d’abord en raison de décisions appli- cables à des pays (Turquie, Angleterre, Tchéquie, Russie… ou autres) dont l’exégète est loin de connaître précisément le système juridique, ensuite en raison d’une motivation faite d’un raisonnement et d’une argumenta- tion, parfois assortis d’avis divergents, et de concepts suffisamment généraux pour pré- tendre à une universalité difficilement trans- posable dans le droit national. M. le Ministre, il suffit de constater les divergences d’interpré- tation sur le statut du parquet français à la suite des jurisprudences Medvedyev et autres, selon qu’elles émanent de notre Chancellerie ou d’autres commentateurs, pour se convain- cre de l’extrême difficulté où sont plongés nos parquetiers pour confronter notre loi natio- nale à cette nouvelle source de droit.

par les Conférences nationales, des procureurs généraux et des procureurs de la République, devant le risque que cette situation leur fait encourir, à eux, mais surtout à nos concitoyens ? Mesdames et MM., j’évoquais plus avant la jurisprudence européenne, et sa possible influence sur nos organes et nos pratiques judiciaires françaises, notamment, la mission et le statut du parquet français. Parmi les premières interrogations adressées à un nouveau procureur général, figure tou- jours, de manière abrupte ou subliminale, celle-ci : « Etes-vous un procureur général “indépendant” ? ». Question piège : « Oui », et sous couvert de quelque affinité politique qu’on vous prête sans vous consulter, je l’ai déjà dit, vous êtes potentiellement rebelle.

« Non » : Vous voilà bien un magistrat soumis.

L’ancien sous-directeur de la magistrature, l’ancien élu des procureurs au Conseil supérieur de la magistrature et l’actuel président de la Conférence

nationale des procureurs généraux, que je suis, vous doit à cet égard une explication sur ce qu’est, pour lui, l’indépendance d’un magistrat.

- Dans une démocratie, l’acte de juger et, dans

une mesure différente, l’acte de poursuivre, doivent bénéficier d’une protection totale contre les attaques, pressions ou tentations, d’où qu’elles puissent venir. Mais l’indépendance n’est

pas une prérogative personnelle du magistrat,

Les Annonces de la Seine - lundi 23 janvier 2012 - numéro 6

n’est pas une prérogative personnelle du magistrat, Les Annonces de la Seine - lundi 23 janvier

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Rentrée solennelle Photo © Jean-René Tancrède - Téléphone : 01.42.60.36.35 encore moins sa propriété. La

Rentrée solennelle

Photo © Jean-René Tancrède - Téléphone : 01.42.60.36.35
Photo © Jean-René Tancrède - Téléphone : 01.42.60.36.35

encore moins sa propriété. La protection dont est assorti l’acte de poursuivre et de juger, a pour seule finalité de garantir la décision impartiale que mérite le citoyen. C’est pour assurer une telle impartialité que le magistrat doit bénéficier d’un statut particulièrement protecteur, mais inversement, cette indépendance constitue pour le magistrat une obligation de compétence, de diligence, de neutralité, de probité et d'impartialité, non un confort. - Le magistrat, dans notre tradition juridique, qui ne revêt pas la nature quasi-religieuse du juge anglo-saxon, n’a pas de légitimité intrinsèque. Il la tient « du peuple français », ce qui induit deux précisions :

. Malgré son statut d’indépendance, le juge reste

donc dans l’Etat, expression juridique du peuple français. Cette appartenance, que certains

nation ne sont que la bouche qui prononce les paroles de la loi ». Le magistrat est donc le contraire d’un justicier, rédempteur ou contempteur, qui serait, selon sa seule « conscience », c’est-à-dire au sens latin, ses passions, l’auteur de ses propres limites, qui pourrait se saisir de tout, qui pourrait afficher ses avis sur tout, enfin qui pourrait, succom- bant aux objurgations de la société contempo- raine, se muer en « réformateur civique collec- tif », distribuant blâmes et compliments. La société doit savoir que nous ne sommes que des magistrats appliquant la loi, pas des redresseurs de torts, ni des moralistes publics, encore moins les porteurs de je ne sais quel soin psychanalytique. - Pour autant, l’indépendance ne saurait résulter du « splendide isolement » voltairien. Aucune

Le statut d’indépendance du magistrat a donc à coup sûr pour objet de le protéger contre les possibles empiètements du pouvoir exécutif (comment cacher qu’il y en ait eu ?) mais aussi contre la nouvelle tyrannie de l’opinion publique, mais encore contre ses propres tentations, ambitions ou croyances. Jacques Beaume

pensent, à ma grande surprise, péjorative, est

en réalité une double protection, de ses décisions, d’une part, à qui la force publique doit exécution, de sa personne, d’autre part : ainsi, le magistrat a droit à ce que, face aux attaques dont il peut être l’objet (attaques que je différencie des légitimes exigences de transparence et d’explication), l’Etat lui accorde sa protection, car, à travers le magistrat blessé, c’est sa propre autorité qui est atteinte. A plus forte raison, l’Etat se ruinerait-il lui-même à laisser complaisamment se répandre le discrédit sur la justice.

. Mais procureur et juge sont dépendants de la

loi. Montesquieu disait que « les juges de la

bonne décision n’est rendue au fond des bunkers d’une « ligne Maginot » judiciaire. La décision juridictionnelle se nourrit de la rencontre des autres, de leur débat, de la connaissance des situations, des personnes ou des institutions, pas de leur ignorance. C’est pourquoi, le magistrat, pour être vraiment indépendant, doit, dans sa vie personnelle et professionnelle, trouver avec subtilité la juste mesure entre la fréquentation des autres et un nécessaire retrait. Le statut d’indépendance du magistrat a donc à coup sûr pour objet de le protéger contre les possibles empiètements du pouvoir exécutif (comment cacher qu’il y en ait eu ?) mais aussi contre la nouvelle tyrannie de l’opinion

publique, mais encore contre ses propres tentations, ambitions ou croyances. Selon Montesquieu encore : « Il faut des tribunaux de judicature de sang-froid et de sens froid, à qui toutes les affaires soient, en quelque façon indifférentes ». Et le parquet, me direz-vous ? Il est bien évidemment redevable de tous les principes que je viens d’énoncer. Mais s’y ajoute cette spécificité des parquetiers, qui les intègre à une organisation hiérarchique, « placés qu’ils sont, selon l’article 5 du statut de la magistrature, sous la direction et le contrôle de leurs chefs hiérarchiques et sous l’autorité du garde des Sceaux ». Malgré la réduction, pour des raisons tech- niques, du titre de procureur général, dépourvu de son attribut « de la République », on écartera aussitôt l’idée qu’un procureur général ne fût pas serviteur « de la République ». Or, quel meilleur rattachement à la République, le magistrat du parquet peut-t-il trouver que le cadre d’action que constituent les instructions générales de politique pénale, traduction de la volonté de la nation ? Quand il requiert pour la loi, il s’exprime librement, selon sa conscience, mais évidemment pas en son nom personnel : quel que soit son crédit personnel ou sa puissance oratoire, sa parole et son action n’ont d’intérêt et de légitimité qu’au- tant qu’ils sont « de la République » ? Seriez- vous venus tous ce matin écouter Jacques Beaume, s’il n’était procureur général ? En ce sens seulement, je suis donc effectivement un magistrat « soumis »… Mais à l’inverse, avec l’avènement de la « troisième voie », au contenu si proche de certaines sanctions appartenant au juge, avec la médiatisation de l’action judiciaire (on sait les dégâts considérables, souvent irréversibles, d’une action publique lancée sans discernement, ou pire, sous pression…), avec une meilleure direction de la police judiciaire au travers du traitement en temps réel, le ministère public est devenu quasiment « un juge de la poursuite ». C’est pourquoi, tout en promouvant un meil- leur équilibre procédural avec la défense dans le débat judiciaire, à quoi la jurisprudence européenne nous conduit doucement, il doit appartenir au corps unique de la magistrature et partager certains des attributs des juges du siège. C’est la seule garantie par laquelle le jus- ticiable a l’assurance que l’action publique sera exercée à son encontre avec loyauté et impar- tialité, en un mot, en toute indépendance. Je dois donc être aussi un magistrat « indépen- dant ». Cette ambivalence, peu cartésienne, je l’ad- mets, du ministère public français, à la fois rat- taché et indépendant, à la fois hiérarchisé et protégé, en fait sa richesse, mais induit aussi l'incompréhension des autres systèmes juri- diques. Pourtant, c’est ce qui fait de lui, por- teur de la loi et de l’intérêt général, un interces- seur irremplaçable entre les deux principes contraires d’une justice démocratique : l’in- négociable indépendance de la décision du juge, mais l’assurance d’un traitement égal des citoyens par la justice.

[C’est pourquoi, le meilleur équilibre du par- quet entre rattachement démocratique et indépendance juridictionnelle, défendu publi- quement par la Conférence nationale des pro-

10

Les Annonces de la Seine - lundi 23 janvier 2012 - numéro 6

REPÈRES

Présentation du Ressort

POPULATION 3 078 579 Habitants au 1 er janvier 2008 (recensement de la population)
POPULATION
3 078 579 Habitants
au 1 er janvier 2008
(recensement de la population)

JURIDICTIONS

1 tribunal de police Lyon (69)

11 juridictions de proximité

1

cour d'appel à Lyon

 

5

tribunaux des affaires

3

cours d'assises

de Sécurité sociale

Bourg-en-Bresse (01)

 

Bourg-en-Bresse (01)

Saint-Etienne (42)

Lyon (69)

Lyon (69)

Roanne (42) Saint-Etienne (42)

5 tribunaux de grande instance Bourg-en-Bresse (01) Roanne (42) Saint-Etienne (42) Lyon (69) Villefranche-sur-Saône (69)

10 tribunaux d'instance Belley (01) Bourg-en-Bresse (01) Nantua (01) Trévoux (01) Montbrison (42) Roanne (42) Saint-Etienne (42) Lyon (69) Villeurbanne (69) Villefranche-sur-Saône (69)

Villefranche-sur-Saône (69)

5 tribunaux de commerce

Bourg-en-Bresse (01) Lyon (69) Roanne (42) Saint-Etienne (42) Villefranche-sur-Saône (69)

8 conseils de prud'hommes

Belley (01) Bourg-en-Bresse (01) Oyonnax (01) Montbrison (42) Roanne (42) Saint-Etienne (42) Lyon (69) Villefranche-sur-Saône (69)

cureurs généraux, réside dans un statut rénové du parquet que, en toute hypothèse politique, nous pensons à court terme inévita- ble : car mieux vaudrait accompagner cette rénovation de manière raisonnée, dans le res- pect de notre histoire, que de le subir finale- ment sous la pression de jurisprudences natio- nale et/ou européenne. Maintenir au garde des Sceaux le pouvoir de proposition de nomination des magistrats du ministère public, mais inscrire dans la loi - et non pas seulement y consentir, car toute vertu person- nelle, celle, M. le Ministre, dont nous vous

sommes reconnaissants que vous la pratiquiez aujourd’hui, est fragile et révocable - inscrire donc dans la loi une nomination de tous les magistrats du parquet sur le seul avis conforme du Conseil supérieur de la magis- trature, enfin conserver, évidemment, les démocratiques instructions générales de poli- tique pénale. Pour ma part personnelle, j’ajou- terai : évincer les instructions individuelles, même exceptionnelles, transparentes et écrites, même complétées de la liberté de parole à l’audience.] (Ce paragraphe n'a pas été prononcé à l'audience. Il a été remplacé par une

Rentrée solennelle

improvisation dans laquelle le Procureur géné- ral se félicitait de l'annonce faite le matin même par M. le Président de la République d'une réforme constitutionnelle prévoyant la nomina- tion des magistrats du parquet sur avis conforme du Conseil supérieur de la magistra- ture).

avis conforme du Conseil supérieur de la magistra- ture). Mesdames et MM., après ce rappel des

Mesdames et MM., après ce rappel des circonstances et principes qui gouvernent notre métier, permettez-moi de m’adresser plus particulièrement à « mes » procureurs de la République. Vous pourriez vous estimer chanceux d’avoir un procureur général qui, ayant été presque quinze années à votre place, pourra donc plus facilement vous « comprendre », à une époque où l’empathie est plus à la mode que la lucidité. Ce sera vrai sur le registre auquel je prétends, celui d’une honnête connaissance de la réalité concrète des parquets, des techniques qu’ils pratiquent, de la situation de leurs greffes, des partenariats qu’ils entretiennent, des politiques pénales qu’ils mènent, mais aussi du stress du traitement en temps réel, de l’exigence parfois excessive des partenaires, de la surexposition aux médias, de la responsabilité des décisions prises dans l’urgence, du contrôle hiérarchique, de l’avalanche des circulaires et des demandes statistiques… Tout cela, je l’ai suffisamment connu ou subi pour être capable de l’entendre. Mais, sachez-le, je n’en aurai pas moins d’exigences, tout en essayant de les mesurer du mieux possible aux réalités de vos juridictions. Vous vous direz aussi très vite, je le crains, la malchance de recevoir comme procureur général un procureur qui a pratiqué, avec jubilation, la politique quotidienne d’action publique, et à qui elle persiste à manquer chaque jour …Au-delà de vos pouvoirs propres, que j’ai trop jalousement cultivés pour ne pas vous les préserver, il faudra que j’admette que c’est vous les procureurs, et que le procureur général est « ailleurs ». Mais, je le crains, j’aurai ici ou là les rechutes du vieux fumeur. Alors quel procureur général ? La question pourra tous vous surprendre. Comment, on nous envoie un procureur qui ne sait pas le rôle d’un procureur général ? Je pourrai vous infliger, en forme de catalogue, les missions d’action publique déclinées dans l’article 35 du Code procédure pénale :

l’animation et la coordination de l’action des procureurs, auxquelles il conviendrait d’ajouter le contrôle de l’exécution et l’évaluation des actions, enfin désormais, l’appréciation du soin apporté à l’organisation, à la modernisation et à la gestion de la juridiction. En un mot, j’exercerai, tant dans le suivi des affaires individuelles que sur le plan des politiques pénales et de gestion des parquets, mon contrôle hiérarchique. J’aurai à cœur aussi, M. le garde des Sceaux, parfois au risque de déplaire, de vous informer des besoins ou des difficultés de nos parquets, tant la vraie loyauté commande d’informer encore plus sur ce qui pèche que sur ce qui marche. Pour autant, dans le droit fil des instruments européens, notamment de la Recommandation (2000)19 adoptée par le Comité des ministres du Conseil de l’Europe le 20 octobre 2000, j'essaierai de pratiquer une « hiérarchie intelligente », de nature à éviter « les structures bureaucratiques, inefficaces et paralysantes ».

Rentrée solennelle Mme et MM. les procureurs, je me fixerai deux règles : - Une

Rentrée solennelle

Mme et MM. les procureurs, je me fixerai deux règles :

- Une pratique hiérarchique, non pas de commandement, « de chef », à laquelle je ne crois pas et qui conduit à la déresponsabilisation, mais de liberté totale de proposition et d’élaboration concertée de la décision, laquelle, une fois prise, devra recevoir application, sous contrôle du parquet général.

- En second lieu, une intervention du parquet

général qui devra, le plus souvent possible, comporter une plus-value : analyse de texte,

déclinaison d’un contenu de circulaire, aide à la prise de décision, recensement des besoins, fourniture de moyens, évaluation de la mise en œuvre… S’agissant, pour finir, des orientations de notre politique pénale, je répète que je m’inscrirai résolument dans les pas de Jean-Olivier Viout, autour de quelques principes :

- Le soutien à l’action de la police judiciaire

et son contrôle : je sais les conditions difficiles

- sur les plans juridique et opérationnel - du

travail de nos enquêteurs. Je sais aussi le traumatisme qu’une institution subit de la faillite de l’un des siens, emblématique. Aucune institution n'y échappe, mais sa santé se mesure, certes à l’aune de ses réussites, et police et gendarmerie lyonnaises peuvent légitimement en être fières, mais au moins autant à sa vigueur

éthique, qui comporte la capacité de se séparer de ses brebis galeuses et à repartir d’un pied sûr. Que les gendarmes et les policiers reçoivent ici le remerciement pour les tâches accomplies et la réaffirmation, s’il en était besoin, de toute la confiance du procureur général et plus généralement de l’institution judiciaire lyonnaise.

- L’exercice de l’action publique, sur trois fronts conjoints :

. La lutte contre le crime organisé, que la JIRS lyonnaise, dont j’ai connu l’âpre mais amicale concurrence avec celle de Marseille, conduit

avec efficacité. Le développement résolu de la

politique de saisie des avoirs criminels en sera un pilier, tant il est vrai que frapper l’argent du crime frappe encore plus efficacement le crime lui-même ;

. La réponse à la délinquance quotidienne, dans

toute la gamme qui va de l’extrême et diligente fermeté, notamment contre les atteintes à la personne, aux mesures d’éducation, de restauration et de citoyenneté, sans jamais oublier ni la réparation due à la victime, ni les actions de prévention de la délinquance. A cet égard, sachant l’excellence des rapports des

parquets avec les associations et les collectivités locales, je leur adresse à toutes l’assurance de mon entier soutien à cette politique partenariale et concertée ;

. La politique des mineurs, conjointement axée

sur la protection des plus faibles (mineurs en danger et victimes), et la sanction des délinquants. Comment la justice pourrait-elle légitimement punir des enfants et des jeunes à qui elle ne saurait garantir en même temps sa protection ? J’assure les divers services relevant de la Protection judiciaire de la jeunesse et du secteur associatif de mon total engagement à leur côté pour la mise en œuvre de ces principes. - L’exécution effective et diligente des peines prononcées. Il y va à la fois du crédit de la justice, et de la prévention de la récidive, donc de la protection de nos concitoyens. C’est un sujet qui m’importe depuis de nom- breuses années, exactement depuis mon départ en 1984 du tribunal de Lyon, ayant été affecté à Aix-en-Provence, sous la houlette d’un autre de mes maîtres, M. le Procureur général Beljean, trop tôt décédé, au service de l’exécution des peines et de la politique péni- tentiaire. Je serai très attentif au contrat d’ob- jectif lyonnais, mais aussi à la situation des ser- vices d’exécution et d’application des peines des autres juridictions, qu’on m’a dit porteuses d’une politique dynamique d’aménagement

des sanctions. J’adresse un salut fraternel à tous les fonctionnaires pénitentiaires, du milieu ouvert et du milieu fermé, qui exercent un métier techniquement et humainement exigeant, mais qui sont engagés dans une modernisation sans précédent de leur institu- tion. - Enfin, je veillerai à la qualité de l’action civile et commerciale de nos parquets, méconnues l’une et l’autre, alors que le ministère public y joue un rôle chaque jour plus important : un récent travail universitaire vient de relever plus d’un millier de dispositions éparses accordant une mission non pénale à nos parquets. La loi relative à l’hospitalisation sous contrainte en fournit un dernier exemple. Les juges de nos juridictions civiles, de nos tribunaux de commerce et les professionnels de la prévention des difficultés ou du redressement des entreprises trouveront toujours chez moi un interlocuteur attentif. Mais, Monsieur le Premier président, le rôle que je m’assigne dans le domaine de l’action publique, ne doit pas vous faire craindre un manque de disponibilité pour la gestion commune de l’ensemble du ressort. Vous aurez toujours avec vous un « cothurne » disponible, encore plus depuis la fameuse création des « 10 BOP », pour le montage des budgets, la répartition des ressources, la gestion des personnels, l’informatique et toutes les actions de modernisation, l’immobilier, grande œuvre lyonnaise à la beauté déjà éclatante, le tout avec l’appui de notre service administratif régional, dont la réputation de compétence et de performance m’était parvenue jusqu’à Colmar, enfin, si vous le souhaitez, pour une politique de communication de notre cour, en lien avec la presse locale, que je salue chaleureusement. (…)

2012-056

Jacques Beaume, Michel Mercier et Jean Trotel Photo © Jean-René Tancrède - Téléphone : 01.42.60.36.35
Jacques Beaume, Michel Mercier et Jean Trotel
Photo © Jean-René Tancrède - Téléphone : 01.42.60.36.35

Vie du droit

Vie du droit Régime matrimonial franco-allemand : prémices d’un code civil européen ? Dîner - débat

Régime matrimonial franco-allemand :

prémices d’un code civil européen ?

Dîner - débat du Cercle des Juristes Alsaciens et Lorrains - Paris, 23 novembre 2011

Christian Roth, Achim Burkart et Catherine Saint-Geniest Photo © Jean-René Tancrède - Téléphone : 01.42.60.36.35
Christian Roth, Achim Burkart et Catherine Saint-Geniest
Photo © Jean-René Tancrède - Téléphone : 01.42.60.36.35

D

epuis

sa

fondation,

l’Union

initialement

Communauté

Economique Européenne (CEE) s’est

donnée pour objectif d’unifier les législations disparates des différentes pays membres de l’Union. Basée sur l’idée qu’il convenait de réaliser une union économique pour qu’une union politique s’établisse ensuite automatiquement, elle s’est surtout intéressée

à l’unification des législations commerciales.

Pour y procéder, elle a décidé de faire voter par le Parlement Européen des directives préparées par la Commission Européenne obligeant les

parlements nationaux de chacun des Etats membres à voter les lois adaptant les législations nationales à ces directives. C’est une démarche novatrice en la matière qui

a été présentée le mercredi 23 novembre dernier

par Monsieur Achim Burkart, Premier Conseiller et Consul à L’Ambassade d’Allemagne à Paris, lors du dîner-débat semestriel du Cercle des Juristes Alsaciens et Lorrains, présidé par Maître Christian Roth. En effet, dans un excellent français, il a décrit la genèse d’un projet franco-allemand de mise au point d’une formule commune de contrat de mariage. Ce projet a le double intérêt novateur,

d’une part, de s’intéresser au droit civil et non plus au droit commercial et, d’autre part, d’avoir été mis au point par un processus autre que celui traditionnel des directives précédemment évoquées. En effet, le projet a été élaboré en commun par une équipe de juristes français et de juristes allemands et il a prévu en son article 21 qu’il pourra être adopté par tout pays membre de l’Union Européenne qui le souhaitera.

Européenne,

dénommée

En France, le régime légal, c’est-à-dire le régime applicable aux jeunes mariés qui n’ont pas demandé à un Notaire de leur établir un contrat de mariage adapté à leur situation, est un régime de communauté réduite aux acquêts. D’après ce régime, les époux conservent en propre les biens qu’ils possédaient avant leur mariage et mettent en commun tous les biens qu’ils acquièrent après leur mariage. Il existe, également, d’autres types de régime qui peuvent être établis par un Notaire, tels des régimes de séparation des biens et des régimes de communauté, le régime de communauté le plus abouti étant celui de la communauté universelle. Ces différents types de régimes existant aussi en Allemagne où le régime légal est celui de la participation aux acquêts. Ce régime est essentiellement un régime de partage dans lequel les époux doivent inscrire expressément les biens qui leur appartiennent en propre. En France, les fruits produits par les biens appartiennent à celui qui est propriétaire des biens concernés tandis qu’en Allemagne, les fruits sont considérés comme des acquêts, quel que soit celui des époux qui est propriétaire du bien dont proviennent ces fruits. Le nouveau régime légal commun envisagé est un régime de participation aux acquêts dans lequel tous les biens des époux sont communs pendant la durée du mariage et les acquêts ne sont divisés qu’en cas de divorce et au moment du divorce. En ce cas, chacun des ex-époux récupère la moitié des biens concernés, déduction faite préalablement des dettes par lesquelles ils sont obérés.

Il est prévu que le nouveau régime sera applicable en fonction des principes généraux du droit international privé, c’est-à-dire à titre optimal aux époux franco-allemands ainsi qu’aux époux français et allemands. En effet, le droit international privé exige que pour qu’une loi soit applicable à une personne, celle-ci ait un élément de rattachement national à cette loi, ce qui interdit à un couple dont aucun des conjoints n’a ni la nationalité française, ni la nationalité allemande de se réclamer de l’application de ce nouveau régime légal. Le projet de loi nécessaire à l’entrée en application de ce nouveau régime a été déposé le 24 mars 2011 à la fois au Sénat français et au Bundestag allemand. Ce nouveau régime ne pouvant entrer en application avant d’avoir été voté définitivement par chacune des deux chambres de chacun des deux parlements, il doit en France être aussi soumis et adopté par l’Assemblée Nationale et en Allemagne soumis et adopté par le Bundesrat, c’est-à-dire la chambre des Länder. En outre, il a été prévu que le nouveau régime entrera en vigueur le premier jour du mois suivant sa date de ratification par le Chef d’Etat de chacun des deux pays. D’autres projets sont envisagés, notamment dans le domaine des droits de succession et du droit des contrats. Il est envisagé, également, dans le domaine du droit commercial, la mise au point de procédures collectives communes applicables aux groupes de sociétés. L’avenir dira si ce processus est plus efficace que celui des directives.

2012-062

Les Annonces de la Seine - lundi 23 janvier 2012 - numéro 6

13

Vie des associations Cercle de Harlay Diner-débat à la Maison du Barreau - Paris, 15

Vie des associations

Cercle de Harlay

Diner-débat à la Maison du Barreau - Paris, 15 décembre 2011

Invité d’honneur : Jean-Paul Delevoye

Jean Castelain, Danielle Monteaux et Jean-Paul Delevoye Photo © Jean-René Tancrède - Téléphone : 01.42.60.36.35
Jean Castelain, Danielle Monteaux et Jean-Paul Delevoye
Photo © Jean-René Tancrède - Téléphone : 01.42.60.36.35

L e Cercle de Harlay, premier club de réflexion créé à l’initiative du Bâtonnier Jean Castelain, se veut un lieu ouvert sur le Barreau et sur le monde. Ce

« Think Tank » est une plate-forme d’échange d’idées et de débats, croisement de personnalités issues du monde économique, culturel, social sous l’égide du Barreau de Paris. Chaque mois, le Cercle de Harlay reçoit un invité d’honneur lors d’un dîner-discussion :

personnalité en vue lié au monde économique, politique, financier, médiatique, scientifique, religieux ou artistique. Situé dans la Maison du Barreau, place Dauphine, et limité à 70 personnes pour chaque dîner-discussion, le Cercle de Harlay, animé par un journaliste, permet ainsi au monde juridique et judiciaire de créer un pont entre différentes formes de connaissance, en réunissant des personnalités de tout bord. Jean-Paul Delevoye, était l’invité du Cercle de Harlay le 15 décembre 2011. Ce fut l’occasion pour le Président du Conseil économique, social et environnemental d’évoquer le rapport sur l'état de la France en 2011 qui avait été adopté la veille en séance plénière. Ce document rend compte chaque année de l'évolution de notre pays dans les champs économique, social et environnemental en s'appuyant notamment sur

les indicateurs de développement durable.

A ses traditionnelles propositions, le CESE a

ajouté cette année une focalisation sur l’état moral des Français qui apparaissent plus inquiets que la moyenne des citoyens du monde sur l’avenir de leur pays. En effet, selon un constat, réalisé sur la base de nombreuses enquêtes, les Français manquent d’optimisme

et sont peu confiants dans l’avenir collectif à un

moment où des évolutions géopolitiques, économiques et sociétales majeures modifient le monde et engagent une ère nouvelle. Jean-Paul Delevoye a ainsi souligné que les responsables politiques doivent relancer l’envie chez les Français, restaurer la confiance dans nos atouts, dans l’action publique, ou encore dans l’entreprise. Jean-René Tancrède

2012-063

REPÈRES

Invités d’honneur du Cercle de Harlay

2010

2011

Alain Bauer

Henri Guaino

Yves Thibault

Général Georgelin

Président du Conseil

Conseiller spécial du

de Silguy

Grand chancelier de la

supérieur de la formation

Président de la

Vice-président de Vinci

Légion d’honneur

et de la recherche

République

(9 novembre)

(20 janvier)

stratégique (28 avril)

(9 novembre)

Jacques Barrot

Henri de Castries

Kong Quan

Baudouin Prot

Membre du Conseil

Président directeur

Ambassadeur de Chine en

Administrateur directeur

constitutionnel

général d’Axa

France

général de BNP Paribas

(8 décembre)

(10 mars)

(23 juin)

(17 novembre)

Xavier Fontanet

Mercedes Erra

François Chérèque

Président d’Essilor

Présidente de

Secrétaire général

(15 décembre)

BETC Euro RSCG (6 avril)

de la CFDT (13 octobre)

Annonces judiciaires et légales

Annonces judiciaires et légales Les Annonces de la Seine - lundi 23 janvier 2012 - numéro
Annonces judiciaires et légales Les Annonces de la Seine - lundi 23 janvier 2012 - numéro

Les Annonces de la Seine - lundi 23 janvier 2012 - numéro 6

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Annonces judiciaires et légales

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Annonces

Annonces Culture

Culture

légales

Annonces Culture légales Groupe Panhard Développement et Fondation du Domaine de Chantilly Signature d’une
Groupe Panhard Développement et Fondation du Domaine de Chantilly Signature d’une convention de mécénat -
Groupe Panhard Développement
et Fondation du Domaine de Chantilly
Signature d’une convention de mécénat - 2 novembre 2011
REPÈRES
A
propos de la
Fondation
pour la Sauvegarde
et le Développement
du Domaine de
Chantilly
C rée en 2005 par
Son Altesse
JRT
SERVICES
Domiciliations
l’Aga Khan, la
Fondation pour la
sauvegarde et le
développement du
Domaine de
Chantilly a été
mandatée par
l’Institut de France,
propriétaire des
lieux à la suite de
la donation du duc
d’Aumale. La
Fondation a
engagé depuis lors
de nombreux
travaux de
préservation des
sites, de
rénovation et de
restauration du
patrimoine bâti,
des jardins ou des
collections
d’œuvres d’art,
d’amélioration des
conditions
d’accueil et de
visite, qui ont
d’ores et déjà
rendu sa splendeur
et son attrait à la
résidence des
Princes.
Ces premières
réalisations,
attirant un public
nombreux,
contribuent en
outre à asseoir son
développement et
la viabilité de son
modèle
économique
mariant avec un
succès exemplaire
gestion
d’excellence et
exigence culturelle.
La Fondation
constitue par
ailleurs l’un des
nombreux maillons
de l’action du
Réseau Aga Khan
de
Développement,
actif dans le
monde entier,
notamment dans
le domaine du
patrimoine. Dirigée
depuis le 1 er janvier
2011 par Bruno
Ory-Lavollée, la
Fondation propose
un modèle
exemplaire de
gestion d’un
équipement
culturel d’ampleur
avec pour objectifs
stabilité et
autonomie
économiques.
commerciales
A lain Panhard, président
Fondateur du Groupe
Panhard Développement et
François Belfort, directeur
A
propos du
Groupe Panhard
Développement
général adjoint de la Fondation pour la
sauvegarde et le développement du
Domaine de Chantilly ont signé ce
mercredi 2 novembre une convention
de mécénat entre le Groupe Panhard
Développement et la Fondation du
Domaine de Chantilly dans les locaux
de l’ADI, Paris 8 ème .
L e Groupe
Panhard
Avec près de
800
000 m 2 de
réalisations à son
actif, le groupe
01 42 60 36 35
jr.tancrede@jrtservices.fr
12, rue Notre-Dame des Victoires
75002 PARIS
En effet, le Groupe Panhard
Développement soutient la restaura-
tion de la Petite Singerie, située au
rez-de-chaussée du Château du
Domaine de Chantilly. Cette restau-
ration permettra à ce splendide bou-
doir de retrouver sa richesse et sa
beauté extraordinaire. Composée de
six panneaux peints par Christophe
Huet, la Petite Singerie décrit le quo-
tidien des Princesses de Condé. Elle
sera présentée au public après restau-
ration, en juin 2012.
Le budget engagé pour cette opéra-
tion de mécénat par le groupe
Panhard Développe-ment, est de
90 000 €.
Développement a
été fondé en 1995
par son président
Alain Panhard.
Il conçoit et réalise
des ensembles
immobiliers : parcs
logistiques et
d’activités,
laboratoires,
bureaux, sièges
sociaux…
Panhard
Développement
occupe la première
place en France
dans le secteur de
la logistique pour
l’année 2010 avec
200
000 m² livrés
et 150 millions de
chiffre d’affaires.
2012-064
D.R.

Les Annonces de la Seine - lundi 23 janvier 2012 - numéro 6

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Direct Le Conseil constitutionnel et l’élection présidentielle L ’article 58 de la Constitution confie au

Direct

Le Conseil constitutionnel et l’élection présidentielle

L ’article 58 de la Constitution confie au Conseil constitutionnel la mission de veiller à la régularité de l'élection du Président de la République, d'examiner

les réclamations et de proclamer les résultats du scrutin. C'est la loi n° 62-1292 du 16 novembre 1962 relative à l'élection du Président de la République au suffrage universel qui précise l'étendue de cette mission s'agissant de la préparation, du déroulement du scrutin, de la proclamation des résultats et des recours formés par les candidats contre les décisions de la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques. Ainsi, le Conseil constitutionnel est appelé à intervenir à toutes les étapes de l'élection présidentielle :

Avant l'élection, le Conseil constitutionnel doit être consulté sur tous les actes prépara- toires, adoptés, en vue d'organiser le scrutin, par le Gouvernement ou par les instances administratives concernées. Le Conseil constitutionnel établit et rend

publique la liste des candidats à l'élection prési- dentielle. À cette fin, il est rendu destinataire des présentations (« parrainages »)

signées par les élus en faveur des différents candidats. Lors des deux dernières élections, ce sont plus de 16 000 parrainages qui sont parvenus au Conseil et qui ont été vérifiés. Le contrôle du Conseil constitutionnel consiste à vérifier que les condi- tions légales encadrant la candi- dature sont réunies, notam- ment que chaque candidat a fait l'objet d'au moins cinq cents « parrainages » émanant d'élus habilités d'au moins 30 départe- ments ou collectivités territo-

AU FIL DES PAGES

Les Nouveaux Cahiers du Conseil constitutionnel

Numéro 34

L e numéro 34 des Nouveaux Cahiers du Conseil

constitutionnel rassemble des études d'experts et d'universitaires sur la question des parrainages, de la régulation audiovisuelle, des sondages et du financement de la campagne des candidats à l'élection présidentielle.

Il comporte également un article de droit comparé intitulé « les cours constitutionnelles et suprêmes étrangères et l'élection présidentielle ».

Disponible au 0820 800 017 (0,12 TTC/mn) au prix exceptionnel de 39 € TTC

riales ou entités géographiques assimilées à un

département pour l'application de cette législa- tion. Le jour du scrutin, le Conseil constitutionnel suit le bon déroulement des opérations élec- torales dans les 65 000 bureaux de votes. Pour ce faire, il désigne des délégués (environ 1400 magistrats) qui procèdent à ce contrôle sur l'ensemble du territoire natio- nal. Au lendemain de chaque tour de scrutin, le Conseil constitu- tionnel procède au recense- ment des votes, il examine les réclamations et les rapports de ses délégués, il statue sur la vali- dité des votes contestés et pro- clame l'élection du Président de

contestés et pro- clame l'élection du Président de Enfin, le Conseil constitutionnel est juge des éventuels

Enfin, le Conseil constitutionnel est juge des éventuels recours formés par les candidats contestant les décisions rendues sur leurs comptes de campagne par la Commission natio- nale des comptes de campagne et des finance- ments politiques (CNCCFP). Dans le cadre de ses missions, afin de contri- buer activement au bon déroulement de l'élec- tion présidentielle ainsi qu'à la bonne informa- tion des candidats, des élus et des citoyens sur le processus de l'élection présidentielle, le Conseil constitutionnel ouvre sur son site internet une rubrique d'information sur l'élec- tion présidentielle. Elle comporte notamment une foire aux questions (FAQ) qui traite de l'ensemble des questions relative à l'organisa- tion et au déroulement de l'élection présiden- tielle, les textes applicables à l'élection prési- dentielle et l'ensemble des liens utiles vers les autorités qui interviennent dans ce processus.

2012-065

Jean-Louis Debré © Jean-René Tancrède
Jean-Louis
Debré
© Jean-René Tancrède

la République.

REPÈRES

Parrainages et candidatures

E n application du II de l’article 3 de la loi n° 62-1292 du

6 novembre 1962, peut être candidate à l'élection présidentielle toute personne qui, à la date du premier tour de scrutin, remplit les conditions pour être électeur. La qualité d'électeur est définie par l'article L. 2 du code électoral. Ainsi peut être candidat tout Français ou Française, âgé(e) de 18 ans, jouissant de ses droits civils et politiques et n'étant pas dans un cas d'incapacité prévu par la loi.

En application du I de ce même article, la condition essentielle est de rassembler sur son nom au moins 500 formulaires de présentation, lesquels doivent parvenir au Conseil constitutionnel, à partir de la date de publication du décret de convocation des électeurs et jusqu'au sixième vendredi (à 18 heures) précédant le premier tour de scrutin. Une candidature ne peut être retenue que si, parmi les signataires de la présentation, figurent des élus d'au moins

30 départements ou collectivités d'outre-mer différents, sans que plus de 50 (un dixième de 500) d'entre eux puissent être les élus d'un même département, d'une même collectivité d'outre-mer ou d'un des deux « départements virtuels » que constituent, d'une part, les sénateurs représentant les Français établis hors de France et les membres élus de l'Assemblée des Français de l'étranger et, d'autre part, les ressortissants français membres du Parlement européen élus en France.

La publicité des noms des élus habilités à présenter un candidat à l'élection présidentielle n'est donc prévue que dans la limite de 500 élus. Dès 1981, il a été décidé que le choix de ces 500 personnes résulterait d'un tirage au sort. La forme de publicité retenue est la publication au Journal officiel. Le Conseil constitutionnel doit s'assurer par ailleurs du consentement des candidats :

on ne peut donc pas être candidat sans faire acte de

candidature, même si cet acte n'est pas public. Enfin, le candidat doit remettre au Conseil constitutionnel, « à peine de nullité » de sa candidature, deux documents établis à cet effet :

une déclaration patrimoniale rédigée conformément aux dispositions de l'article L.O. 135- 1 du code électoral, qui sera publiée s'il est élu ; l'engagement de faire publier une déclaration patrimoniale de même nature en fin de mandat s'il est élu.