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LES ANNONCES DE LA SEINE

Jeudi 29 janvier 2015 - Numéro 4 - 1,15 Euro - 96 e année

Éric Négron et Pierre Valleix Photo © Jean-René Tancrède - Téléphone : 01.42.60.36.35
Éric Négron et Pierre Valleix
Photo © Jean-René Tancrède - Téléphone : 01.42.60.36.35
AUDIENCE SOLENNELLE Installation du 29 septembre 2014 l - Parquet général : responsabilité et transparence par
AUDIENCE SOLENNELLE
Installation du 29 septembre 2014
l
-
Parquet général : responsabilité et transparence par Pierre Valleix
...
2
-
L’étoile du droit par Éric Négron
.......................................................
3
Rentrée du 9 janvier 2015
l
-
Protéger la liberté par Pierre Valleix
..................................................
6
-
Maintenir une justice accessible et
de qualité dans l’esprit J21
par Éric Négron
....................................
6
Tribunal de Grande Instance de Saumur
l
-
Saumur : une juridiction au cœur de la cité par Estelle Lamotte-Genet
...
30
-
Lutter contre la récidive par Carine
Halley.....................................
31
VŒUX
Président de la République
l
-
aux Corps constitués et aux bureaux des Assemblées
.................
8
-
aux acteurs de l’entreprise et de l’emploi
..................................
11
-
au monde éducatif
......................................................................
13
Conseil constitutionnel
l
-
au Président de la République
.....................................................
16
Ministre de la Culture et de la Communication
l
-
à la Presse
.....................................................................................
17
Chambre Nationale des Huissiers de Justice
l
-
aux personnalités
.........................................................................
18
Ministre de l’Écologie,
l
du Développement durable et de l’Énergie
-
à la Presse
.....................................................................................
19
Cour Nationale du Droit d’Asile (CNDA)
l
-
aux personnalités
.........................................................................
21
Conseil National des Greffi ers des Tribunaux de Commerce
l
-
aux personnalités et à la profession
............................................
22
Ministre de la Justice
l
-
aux personnalités
........................................................................
23
Barreau de Paris
l
-
à la Presse
....................................................................................
23
ANNONCES LÉGALES
..................................................
24

Cour d’appel de Montpellier

Audiences solennelles d’Installation et de Rentrée

29 septembre 2014 et 9 janvier 2015

P our la première fois en qualité de Chefs de la

Cour d’appel de Montpellier, Éric Négron et Pierre Valleix ont présidé l’Audience solennelle de

Rentrée judiciaire ce 9 janvier dernier ; ce matin-là

les terroristes de Charlie Hebdo étaient toujours en liberté,

et c’est donc dans un contexte de grande émotion et de

révolte, que le Premier Président et le Procureur général ont

dressé le bilan de l’activité 2014 et fi xé les perspectives 2015

de la 7 ème Cour d’appel de France.

Ils succèdent respectivement à Didier Marshall et

Bernard Legras et ont été installés dans leurs nouvelles

fonctions le 29 septembre 2014.

Dès leur arrivée, ils ont décidé d’engager un audit

de la Cour pour présenter « un projet de juridiction

concerté afin que la justice soit à la hauteur des

attentes des justiciables ». Lutter contre toutes les

violences, les trafics de stupéfiants, l’économie

souterraine, la délinquance économique, la corruption et le renforcement des moyens dédiés aux victimes sont les principales priorités fixées par le nouveau

Procureur général Pierre Valleix (ancien conseiller justice des Présidents Jean-Pierre Bel et François Hollande). La notion de « valeur » était au cœur de son propos début janvier : il a rappelé les principes fondamentaux qui sont « la raison d’être et le socle du Ministère Public : unité, indivisibilité et impartialité » estimant que « c’est bien aujourd’hui autour de la notion de valeur que les uns et les autres nous pouvons nous retrouver pour mieux affronter l’avenir ». Le Premier Président Éric Négron, ancien Président du

Tribunal de Grande Instance de Lille (2011 /2014), face à une baisse sensible des eff ectifs depuis plusieurs années et à une augmentation du stock des aff aires à traiter, a mis en lumière les axes de travail qui permettront de surmonter les diffi cultés structurelles et qui « s’inscriront naturellement dans les sillons du projet J21 » : meilleure communication, recherche de cohérence dans la jurisprudence des Cours et Tribunaux, adaptation de l’organisation et du fonctionnement de la Cour d’appel aux évolutions des contentieux afi n de « maintenir une justice languedocienne proche, accessible et de qualité. » Jean-René Tancrède

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2014

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Le journal « Les Annonces de la Seine » a été désigné comme publicateur offi ciel pour la période du 1 er janvier au 31 décembre 2015, par arrêtés de Messieurs les Préfets de Paris du 30 décembre 2014, des Yvelines du 16 décembre 2014, des Hauts- de-Seine du 16 décembre 2014, de la Seine-Saint-Denis du 16 décembre 2014 et du Val-de-Marne du 22 décembre 2014, de toutes annonces judiciaires et légales prescrites par le Code Civil, les Codes de Procédure Civile et de Procédure Pénale et de Commerce et les Lois spéciales pour la publicité et la validité des actes de procédure ou des contrats et des décisions de Justice pour les départements de Paris, des Yvelines, des Hauts-de-Seine, de la Seine-Saint-Denis et du Val-de-Marne.

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Légales :

Paris : 5,49 Seine-Saint-Denis : 5,49

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Avis divers : 9,76

C)

Avis fi nanciers : 10,86

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Avis relatifs aux personnes :

Paris : 3,83 Hauts-de-Seine : 3,83

Seine-Saint Denis : 3,83 Yvelines : 5,23

Val-de-Marne : 3,83

Vente au numéro : 1,15

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Abonnement annuel : 15 simple

-

35

avec suppléments culturels

95

avec suppléments judiciaires et culturels

COMPOSITION DES ANNONCES LÉGALES NORMES TYPOGRAPHIQUES

Surfaces consacrées aux titres, sous-titres, fi lets, paragraphes, alinéas Titres : chacune des lignes constituant le titre principal de lʼannonce sera composée en capitales (ou

majuscules grasses) ; elle sera lʼéquivalent de deux lignes de corps 6 points Didot, soit arrondi à 4,5 mm. Les blancs dʼinterlignes séparant les lignes de titres nʼexcéderont pas lʼéquivalent dʼune ligne de corps

6 points Didot, soit 2,256 mm.

Sous-titres : chacune des lignes constituant le sous-titre de lʼannonce sera composée en bas-de-casse (minuscules grasses) ; elle sera lʼéquivalent dʼune ligne de corps 9 points Didot soit arrondi à 3,40 mm. Les blancs dʼinterlignes séparant les différentes lignes du sous-titre seront équivalents à 4 points soit 1,50 mm.

Filets : chaque annonce est séparée de la précédente et de la suivante par un fi let 1/4 gras. Lʼespace blanc compris entre le fi let et le début de lʼannonce sera lʼéquivalent dʼune ligne de corps 6 points Didot soit 2,256 mm. Le même principe régira le blanc situé entre la dernière ligne de lʼannonce et le fi let séparatif. Lʼensemble du sous-titre est séparé du titre et du corps de lʼannonce par des fi lets maigres centrés. Le blanc placé avant et après le fi let sera égal à une ligne de corps 6 points Didot, soit 2,256 mm.

Paragraphes et Alinéas : le blanc séparatif nécessaire afi n de marquer le début dʼun paragraphe où dʼun alinéa sera lʼéquivalent dʼune ligne de corps 6 points Didot, soit 2,256 mm. Ces défi nitions typographiques ont été calculées pour une composition effectuée en corps 6 points Didot. Dans lʼéventualité où lʼéditeur

retiendrait un corps supérieur, il conviendrait de respecter le rapport entre les blancs et le corps choisi.

L ES A NNONCES D E L A S EINE Siège social : 12, rue Notre-Dame

Audience solennelle

Pierre Valleix D.R.
Pierre Valleix
D.R.

Installation du 29 septembre 2014

Parquet général :

responsabilité et transparence

par Pierre Valleix

I. LES ATTENTES

  • M ( ) ... onsieur le Premier Président, nous savons l’un et l’autre, d’expérience que les lampions de la fête s’éteignent

à la rencontre des Magistrats et des fonctionnaires

sur leur lieu de travail.

Après avoir visité Perpignan et Montpellier, nous

irons dans les autres juridictions dans les jours à venir.

J’ai, au cours de ces visites, pu mesurer combien les

Magistrats et les fonctionnaires étaient mobilisés

pour que la justice soit à la hauteur des attentes des

justiciables.

Cet engagement de tous est d’autant plus

remarquable que les doutes ou les interrogations

sont fortes sur l’avenir : quelle sera la place du Juge

dans une société où l’autorité est questionnée ? quel

sera le rôle du greffi er dans des relations judiciaires

dématérialisées ? dans quelle organisation judiciaire

allons nous évoluer demain ? quel avenir pour le

  • vite pour faire place à l’ombre des diffi cultés . Les attentes des Magistrats et des fonctionnaires sont nombreuses : remplacement des postes

vacants, renforcement des effectifs, moyens

Ministère public ?

budgétaires décents, amélioration des conditions

Ces questions sont présentes au quotidien mais

de travail. etc. etc.

 

elles ne doivent pas nous empêcher d’avancer, de

Le cardinal de Richelieu résumait cela d’une courte

proposer et de construire ensemble la justice de

phrase :

il

est plus facile de dénoncer les maux de la

demain ( )

...

Justice que d’en prescrire les remèdes

...

»

Les acteurs de justice ont d’ailleurs tous participé

Les perspectives pour la Justice de demain qui

ont été exposées récemment par Madame la

Garde des Sceaux en Conseil des Ministres nous

activement aux travaux qui ont été réalisés

par les 4 commissions mises en place par la

Garde des Sceaux courant 2013.

Parmi ces commissions, celle présidée par le

Procureur général honoraire de la Cour de

cassation, Jean-Louis Nadal, relative à l’avenir

du Ministère public a non seulement permis

de « libérer la parole », mais elle a surtout donné

du sens à la loi du 25 juillet 2013 qui a précisé les

rapports entre les acteurs du Ministère public :

l leurs rôles sont désormais mieux définis :

le Gouvernement définit la politique pénale, la

Garde des Sceaux fixe les orientations générales

de cette politique pénale, les Procureurs généraux

mettent en œuvre ces orientations en les adaptant aux

spécificités de leur cour et ils en évaluent l’efficacité, les

procureurs conduisent l’action publique.

l leurs rapports ont été clarifi és : la subordination

hiérarchique demeure, mais elle s’exerce en toute

transparence dans le cadre de la mise en œuvre de

la seule politique pénale et aucune instruction du

Garde des Sceaux ne peut être donnée dans les

dossiers individuels .

Les rapports au sein du Ministère public

obéissent désormais aux deux principes suivants :

responsabilité et transparence.

  • incitent à adopter des politiques résolument dynamiques pour cette cour. Je n’oublie pas à cette occasion, que parmi les nombreuses propositions qui viennent d’être énoncées, beaucoup sont le fruit du remarquable travail accompli par la commission sur « les juridictions du XXI ème siècle » que le Premier Président Didier Marshall dirigeait. Je tiens, à cette occasion, à saluer et remercier ce Grand Magistrat qui, par sa compétence, sa

culture et ses qualités personnelles, a profondément

marqué notre institution.

Notre devoir est donc de mesurer exactement

les besoins de notre cour et de nos juridictions

pour être mieux à même de convaincre nos

interlocuteurs parisiens mais aussi toulousains de

la pertinence de nos demandes.

C’est pour cela que nous avons décidé d’engager

dès aujourd’hui un audit de la cour qui permettra

au début de l’année 2015 d’élaborer et de présenter

un projet de juridiction concerté qui nous engagera.

Mais sans attendre les résultats de ce travail de fond,

nous avons souhaité, dès notre arrivée le 1/09, aller

Audience solennelle

Audience solennelle Il appartient alors à tous les acteurs du Ministère public de «s’emparer et de

Il appartient alors à tous les acteurs du Ministère

public de «s’emparer et de s’approprier» ce texte

et de construire un Ministère public moderne,

effi cace, reconnu.

La commission Nadal nous a livré ses propositions

pour « refonder le Ministère public »:

Nous avons donc une loi et nous avons aussi des

propositions ...

n’attendons pas, notre devoir est

d’avancer résolument tourné vers l’avenir.

Les Magistrats du Ministère public doivent

reprendre confi ance en eux et ils doivent surtout

assumer avec fi erté le choix qu’ils ont fait d’exercer

judiciaire, même si celui ci est toujours perfectible.

Je voudrais rappeler à ceux qui en doutent

que l’Europe -si prompte à remettre en cause

le Ministère public à la française - est assez

curieusement en train de se doter d’un Parquet

européen inspiré du modèle français ...

Nous avons donc aujourd’hui tous les atouts en

main pour réussir, pour assurer notre avenir.

Nous devons donc avancer avec détermination,

sans arrogance, en proposant, en expliquant à

toutes celles et ceux qui participent avec nous à

l’œuvre de justice notre rôle, nos objectifs, notre

Je m’eff orcerai de favoriser et de renforcer cette

concertation.

Celles et ceux que j’ai rencontrés au cours de ces

dernières semaines m’ont déjà donné des éléments

précis sur les priorités de politique pénale et

d’action publique qu’il faut soutenir et sur lesquelles

les moyens judiciaires doivent être renforcés.

Deux priorités me semblent d’ores et déjà s’imposer:

l la première, c’est la mobilisation des Parquets

autour d’axes clairs, il s’agit de :

la lutte contre les violences, contre toutes les

violences, et je pense notamment aux violences

ces fonctions exigeantes, astreignantes qui imposent

conception de la place du Ministère public.

intra-familiales

au quotidien des sacrifi ces, un engagement sans faille

A tous :

la lutte contre l’économie souterraine et les trafi cs

et un sens aigu de l’intérêt général.

  • l en premier lieu à nos collègues du Siège, Magistrats

de

stupéfi ants,

Les Magistrats du Ministère public n’ont pas à

rougir d’avoir pour mission de garantir à tous de

vivre paisiblement dans un état de droit ils n’ont pas

non plus à redouter d’être les «sentinelles avancées

de la justice» chargées de faire respecter en tous

lieux et en tous points du territoire les droits et les

libertés individuelles.

Ces missions essentielles, le Ministère public les

portent fi èrement depuis des siècles.

Le Ministère public a su surmonter toutes les

grandes évolutions de notre société sans s’enfermer

dans le mirage d’un « âge d’or » disparu, ni renoncer

à ses valeurs essentielles.

Nous devons tous avoir en mémoire les grandes

crises du passé -pas si lointaines que cela -lorsque

la société toute entière reprochait à la justice

son laxisme et son ignorance de la réalité de la

comme nous, auxquels nous devons expliquer les

politiques pénales que nous mettons en œuvre.

Expliquer, mais aussi dialoguer.

Sachons, dans le respect de nos attributions

respectives, accepter les observations voir même

les critiques de nos collègues qui sont riches d’une

expérience dont nous devons profi ter

  • l les avocats bien sur. Nous avons la chance ici,

dans cette cour de Montpellier, d’évoluer dans

des lieux marqués par l’influence du droit où

les échanges avec les avocats sont nombreux,

fructueux et toujours empreints de respect et

d’estime réciproques.

  • l la police et la gendarmerie, le Ministère public

dirige les enquêtes et les rapports avec les Offi ciers

de Police Judiciaire (OPJ) ont profondément évolué

depuis 20 ans parce que la procédure a évolué et

la lutte contre la délinquance économique et

fi nancière et la corruption.

Dans ces 3 domaines, j’examinerai avec les

procureurs les moyens supplémentaires qui

peuvent être mobilisés pour parvenir à plus

d’effi cacité.

Ces trois axes ne sont évidemment pas limitatifs,

mes consultations et mes visites sur le terrain

au cours des semaines à venir me permettront

prochainement d’être plus exhaustif.

l la seconde priorité concerne le renforcement

des moyens dédiés aux victimes: il est essentiel que

les victimes sachent que les sanctions prononcées

contre les auteurs sont eff ectivement exécutées,

dans des délais rapides.

Je ferai dresser un état des condamnations à

exécuter pour renforcer et accélérer leur mise à

délinquance nous étions au début des années 1980 !

...

..

qu’elle s’est complexifi ée.

exécution. Les bureaux d’exécution des peines

Le salut est il venu de la loi ? le salut est il venu de la

Je tiens à ce moment de mon propos à saluer leur

seront consolidés et les bureaux d’aide aux

providence ? Non, il est venu du Ministère public

engagement et leur professionnalisme et leur dire

victimes fonctionneront dans chaque juridiction.

lui même ...

toute ma confi ance.

2015 sera encore pour la justice une année de

Ce sont des procureurs - nos aînés qui ont forgés

les procédures - qui nous sont aujourd’hui si

familières et si indispensables, je pense aux

alternatives aux poursuites-le rappel à la loi, la

médiation pénale, les délégués du procureur, le

traitement en temps réel,

Ces procédures totalement prétoriennes ont

sorti la justice de l’ornière, elles ont rendu son

effi cacité à la justice et sa fi erté au Ministère

public.

Nous devons avoir confi ance dans notre système

II. LES PRIORITÉS

Le Ministère public doit conduire les politiques

pénales en fi xant des priorités, ces priorités ne se

décrètent pas, elles doivent être le refl et, le fruit

de l’indispensable concertation avec les services

de l’État, avec les services d’enquêtes, avec les élus.

Je sais que cette concertation existe dans cette cour

et j’avais, il y a encore peu, pu observer, qu’on savait

ici faire preuve d’engagement pour faire vivre ce

travail partenarial.

profonde mutation: la justice du XXl ème siècle

livrera ses premières mesures, la loi sur la

prévention de la récidive sera mise en œuvre ...

des efforts seront donc encore demandés à

tous: aux Magistrats du Siège et du Parquet, aux

fonctionnaires de justice mais aussi et surtout aux

fonctionnaires de l’administration pénitentiaire

dont l’engagement professionnel quotidien

mérite le respect.

Dans cet eff ort collectif, le Parquet général sera

pleinement engagé, c’est son devoir, c’est sa place.

L’étoile du droit

par Éric Négron

S ( ) ...

eptième Cour d’appel de France par son

activité, la Cour d’appel de Montpellier est

une juridiction prestigieuse par la richesse

de sa jurisprudence et par les initiatives heureuses

qui y sont menées.

J’ai travaillé souvent avec mon prédécesseur

Didier Marshall avec qui nous avons œuvré à la

formation des chefs de juridiction et des directeurs

de greffe aux arcanes de la vie administrative

et aux contraintes liées à la mise en œuvre au

1 er janvier 2006 de la Loi Organique relative aux

Lois de Finances, la fameuse LOLF. Moderne,

tourné vers le monde et les autres, Didier Marshall

laissera la trace d’un Juge humaniste, progressiste et

volontariste. Digne héritier d’Hubert Dalle auteur

d’un rapport sur la qualité de la justice en 2000 à

la demande d’Elisabeth Guigou Garde des Sceaux,

Didier Marshall a transformé la gestion des

Éric Négron D.R.
Éric Négron
D.R.
Audience solennelle juridictions avec son travail unique sur la charge de travail des Magistrats qu’il a

Audience solennelle

juridictions avec son travail unique sur la charge

de travail des Magistrats qu’il a mené alors qu’il

était Président du Tribunal de Grande Instance

de Créteil. Son investissement et son aura l’ont

naturellement porté à être désigné par Madame

Christiane Taubira pour mener à son terme une

étude considérable sur la Justice du 21 ème siècle.

Si les Entretiens de Vendôme initiés en 2000

par Madame Lebranchu avait mis un focus sur

l’impérieuse nécessité d’améliorer le dialogue

social dans les juridictions, le rapport remis par

Didier Marshall au mois de décembre 2013 avait

comme juste ambition d’adapter notre système

judiciaire aux enjeux d’un environnement juridique

dominé désormais par la jurisprudence de Cours

supra nationales dans un contexte économique

contraint et dans une société profondément

transformée par les nouvelles technologies de

l’information.

Les riches débats en juridiction et les journées

enthousiasmantes de l’Unesco les 9 et 10 janvier

2014 illustrent la qualité et la pérennité du travail

mené par Didier Marshall à qui je rends un

hommage appuyé et amical.

Les décisions récentes prises pour la mise en œuvre

de cette Justice du 21 ème siècle peuvent apparaître

décevantes comparées aux ambitions affi chées par

les conclusions du rapport Marshall.

Elles sont le reflet du conservatisme régressif

de la société française qui connaît une paralysie

réformiste qui pourrait malheureusement à terme

lui être fatale. A force d’ignorer les évolutions

sociétales, de nier nos obligations internationales et

de préserver les archaïsmes de groupes de pression,

la France n’est plus un exemple pour les autres

pays européens qui s’interrogent sur le futur de la

Grande Nation qui s’isole de plus en plus.

Ces bouleversements d’organisation et de

fonctionnement nous seront imposés et il serait

opportun d’aller visiter nos voisins étrangers qui

font preuve de nettement moins de pusillanimité

comme nos amis belges qui ont révisé le

1 er avril 2013 leur carte judiciaire en passant

de 27 à 12 Tribunaux de première instance,

cette suppression obligeant les 15 Présidents et

procureurs du Roi dont les postes avaient été

supprimés à trouver d’autres fonctions.

Nous partageons l’analyse du professeur

d’histoire de l’économie à la Sorbonne Jacques

Marseille qui considère que plus que la réforme,

« la rupture est consubstantielle à notre histoire »

et qui Juge que « la France se pense l’héritière de

la Révolution et affi rme au monde qu’elle est le

modèle à suivre en matière de démocratie alors

qu’elle ne l’est pas réellement ».

Mes ancêtres étant originaires du département

de la Lozère qui ne faisait pas partie du Royaume

Wisigoth de la Septimanie, j’ai durant mon enfance

souvent entendu évoquer la ville de Montpellier

qui pour les rares bacheliers de la Margeride étaient

une destination rêvée pour leurs études de droit

ou de médecine. Dotée d’une faculté de droit

prestigieuse, la Cour de Montpellier était une Cour

rayonnante, une étoile du droit éclairant la région

Languedoc-Roussillon.

J’ai eu la chance de faire partie dès 2006 du

groupe de travail présidé par Bernard Legras

notre ancien Procureur général sur l’utilisation

des nouvelles technologies de l’information dans

le monde judiciaire. Bernard Legras me faisait part

régulièrement de sa tristesse de ne pas bénéfi cier

à Montpellier d’une Juridiction Inter-Régionale

Spécialisée (JIRS) pour lutter contre la grande

criminalité. Débordée par les aff aires corses et

marseillaises, la JIRS de Marseille n’est d’aucune

utilité pour le traitement de la délinquance

dans notre région. On oublie également trop

souvent que cette spécialisation concerne aussi le

domaine civil, le TGI de Marseille et donc la Cour

d’Aix-en-Provence étant compétente pour traiter

des contentieux très technique à fort enjeux

économiques comme les dossiers de propriété

littéraire, artistique et industrielle.

Cet évitement systématique de la ville de

Montpellier pourtant Siège de la région Languedoc-

Roussillon, a continué avec la création à Toulouse

de la plate-forme inter-régionale du Ministère de

la Justice, service délocalisé du Secrétariat Général

du Ministère compétent dans les domaines

de l’exécution budgétaire et comptable, de

l’informatique et des télécommunications, des

ressources humaines et de l’action sociale, de

l’immobilier et de la coordination des achats publics.

Le coup de grâce a été porté malgré l’opposition

farouche de nos prédécesseurs Didier Marshall et

Bernard Legras avec le positionnement à la Cour

d’appel de Toulouse du Budget Opérationnel

de Programme des programmes 166 (Justice

Judiciaire) et 101 (Accès au Droit et aide

juridictionnelle), la Cour d’appel de Montpellier

pourtant plus importante que celle de Toulouse

étant reléguée au rang d’Unité Opérationnelle, avec

le retrait de compétences fondamentales comme la

capacité d’établir des marchés publics.

Ce constat désolant a été accentué par la réception

de deux courriers qui m’ont été envoyés les

22 et 29 août 2014 respectivement par le Maire de

Toulouse Président de Toulouse Métropole Jean-

Luc Moudenc et par la Députée de Haute-Garonne

Adjointe au Maire de Toulouse Laurence Arribagé.

Ces deux élus m’ont adressé copie de la lettre et

de la question écrite posée à Madame Christiane

Taubira Ministre de la Justice au sujet de la

nécessité de créer une JIRS à Toulouse. Se fondant

sur le probable rapprochement des régions Midi-

Pyrénées et Languedoc-Roussillon, ces deux élus

dont nous partageons l’analyse, estiment que ce

Palais de Justice de Montpellier Photo © Jean-René Tancrède - Téléphone : 01.42.60.36.35
Palais de Justice de Montpellier
Photo © Jean-René Tancrède - Téléphone : 01.42.60.36.35

Audience solennelle

Audience solennelle nouvel ensemble exige la création d’une JIRS qui ne manière consensuelle des pistes d’amélioration

nouvel ensemble exige la création d’une JIRS qui ne

manière consensuelle des pistes d’amélioration

rue Foch à Montpellier. Reste en suspens la cité

soit ni Marseille ni Bordeaux et que sa localisation

du fonctionnement actuel

judiciaire de Perpignan et les silences assourdissants

à Toulouse se justifierait en particulier par la

l la troisième et dernière phase sera l’élaboration

de la Chancellerie sur son avenir. En accord avec

réactivité et l’efficacité du Barreau de cette ville.

d’un projet de juridiction pour les années 2015-

Monsieur le Procureur général et compte tenu des

Si l’on peut se réjouir de l’implication positive

2016, projet de juridiction qui sera débattu lors des

conditions de travail difficiles pour le personnel, il

d’élus de la Nation quant à l’avenir de l’institution

assemblées générales du mois de juin 2015.

a été décidé de rénover les locaux actuels et en

judiciaire, nous souhaitons que la voix des

Cette mise à niveau administrative sera

particulier la salle d’assises.

juridictions languedociennes soit également

accompagnée par la rédaction d’un rapport de

Les Chefs de Cour sont également ordonnateurs des

entendue et nous sollicitons les élus de notre

l’activité 2014, rapport qui sera diffusé à tous les

dépenses d’accès au droit et d’aide juridictionnelle

région et les six Bâtonniers du ressort de notre Cour

Magistrats et fonctionnaires de la Cour et qui sera

qui ne sont pas réglées par les CARPA.

pour qu’ils expriment leur point de vue quant aux

communiqué au directeur des services judiciaires

On peut se féliciter de la priorité donnée par

propositions faîtes par les élus toulousains.( ) ...

ainsi qu’à l’inspection générale des services judiciaires.

Madame le Garde des Sceaux à ces politiques ainsi

Comme l’écrivait Albert Camus, « Ce que l’homme

qu’à celles de l’aide aux victimes et de la médiation

supporte le plus difficilement, c’est d’être jugé ».

2. Un Premier Président est également avec le

familiale.

Notre légitimité de juge, nous la tenons par notre

Procureur général l’ordonnateur des dépenses

J’ai pu noter le dynamisme de nos quatre Conseils

nomination par le Président de la République.

des juridictions du ressort de notre Cour, ainsi

Départementaux de l’Accès au Droit avec

Notre légitimité de juge, nous la tenons de nos

que la personne adjudicatrice des marchés

comme évènement marquant récent la création

compétences juridiques et de notre capacité à

publics. Pour assurer cette mission, les Chefs de

d’un point d’accès au droit à Espalion qui avait

rendre une justice raisonnable dans des délais

Cour dispose d’un service spécialisé, le Service

perdu son Tribunal d’Instance. Le même souci

raisonnés.

Administratif Régional (SAR) composé par des

de rapprocher la Justice de nos concitoyens a

Notre légitimité de juge, nous la tenons de notre

fonctionnaires des services judiciaires formés à

milité pour l’ouverture en janvier 2015 à Millau

indépendance et de notre impartialité qui justifient

l’administration à l’égal de leurs homologues des

de la Chambre détachée du Tribunal de Grande

la confiance de nos concitoyens dans la Justice de

autres administrations de l’État.

Instance de Rodez.

la République.

Notre SAR composé de 46 fonctionnaires sera

En qualité de Premier Président de la Cour d’appel

donc notre bras armé pour mettre en œuvre notre

3. la troisième fonction d’un Premier Président

de Montpellier, je serai un Juge à l’égal de mes

politique administrative.

consiste à identifier, élaborer et mettre en

collègues de la Cour et des 6 Tribunaux de Grande

Après un mois de présence dans la Cour, il apparaît

œuvre des politiques judiciaires en liaison avec

Instance de notre ressort.

à l’évidence que nos comptes ne sont pas florissants.

les Présidents de juridiction, mais aussi avec les

Mais j’aurai un rôle particulier étant l’évaluateur-

S’agissant des frais de justice, il est iconoclaste de

partenaires de l’institution judiciaire.

notateur de tous les Magistrats du Siège et le

voir un Premier Président et un Procureur général

Trop souvent ces dernières années, les juridictions

garant du respect par les Juges des obligations

assignés en justice devant le Tribunal administratif

se sont vues imposées des choix politiques

déontologiques qui ont été rassemblées en un

pour non paiement de leurs factures, sans compter

extérieurs non conformes aux intérêts des

recueil en 2010 par le Conseil Supérieur de la

les multiples lettres recommandées que nous

justiciables comme l’abandon par la protection

Magistrature. J’invite tous mes collègues à s’y référer

recevons de la part de créanciers à juste titre

judiciaire de la jeunesse de l’assistance éducative

mais aussi tous les autres Juges non professionnels,

courroucés par nos arriérés d’impayés.

au profit exclusif de la prise en charge des mineurs

Juges consulaires, conseillers prud’homaux, Juges

Pour faire face à cette situation intolérable pour

délinquants, cet abandon s’étendant au suivi des

assesseurs du Tribunal pour enfants, du Tribunal

nos créanciers et pour assurer la continuité

jeunes majeurs.

des affaires de sécurité Sociale ou encore du

du fonctionnement des juridictions qui au

Pour retrouver notre place au sein de ces politiques

Tribunal paritaire des baux ruraux.

quotidien font appel à des interprètes ou

partenariales, j’appelle de mes vœux l’élaboration

Ce strict respect de nos obligations déontologiques

à des experts en psychiatrie, nous avons

dans les pôles famille, dans les services de l’application

doit s’accompagner d’une veille déontologique en

adressé le 17 septembre 2014 au directeur des

des peines et dans les Tribunaux pour enfants

fonction des évolutions des comportements et des

services judiciaires une demande de crédits

de projets de service fixant de façon claire et

mentalités.

complémentaires de plus de 6 millions d’euros, étant

concertée nos politiques judiciaires, afin de définir

Munis de notre «boussole déontologique» à l’instar

précisé que nos impayés de 2013 représentaient

contradictoirement la feuille de route des directions

de Jean-Louis Nadal ancien Procureur général près la

plus de 90 % de notre dotation de 2014.

de l’administration pénitentiaire et de la protection

Cour de Cassation, nous devons nous interroger par

Ayant été choisie par la Chancellerie pour mettre

judiciaire de la jeunesse en charge de l’exécution des

exemple sur notre présence sur les réseaux sociaux,

en place le 1 er janvier 2015 la plate-forme Chorus

décisions de justice.

la discrétion devant à mon sens être de mise pour un

formulaires qui permettra à nos créanciers de saisir

La définition de ces politiques judiciaires doit se

Juge sur des réseaux tels Facebook ou Twitter.

directement leurs mémoires de factures sur une

faire en concertation avec nos partenaires au sein

Référent pour toutes ces questions déontologiques,

plate-forme Internet sécurisé, nous estimons que la

des cellules départementales Justice ville qui traitent

je serai toujours disponible pour les collègues et

réussite de cette innovation positive exige un faible

des questions relatives à l’enfance en danger avec

les Juges non professionnels afin de trouver une

montant de charges à payer et donc le respect de

l’inspection académique et l’aide sociale à l’enfance,

réponse idoine aux nouvelles questions posées

nos engagements envers nos fournisseurs.

mais aussi lors des conférences semestrielles de

par une société de plus en plus soucieuse de

La situation des crédits de fonctionnement des

l’application des peines au niveau de la Cour et des

l’impartialité objective de ses juges.

juridictions n’est guère meilleure et nous avons

commissions de l’exécution des peines au niveau

adressé ces derniers jours une demande de crédits

des Tribunaux de Grande Instance.

Au-delà de ces questions de principe, un

complémentaires à hauteur de 2 100 000 euros pour

Il est évident que ces politiques partenariales

Premier Président a une triple fonction :

finir notre année budgétaire. Les perspectives 2015

doivent associer les avocats qui sont nos

1. il est d’abord chef d’une juridiction composée

étant encore à la baisse, nous avons décidé de

interlocuteurs au quotidien. ( ) ...

de 46 Magistrats du Siège et de 87 fonctionnaires.

mettre en œuvre un nouveau plan d’économies

Pour conclure mon propos, je citerai le regretté

Nous avons décidé avec Monsieur le Procureur

avec comme principales mesures la massification

Pierre Drai ancien Premier Président de la Cour

général de procéder à un audit de la Cour en

du courrier afin de réduire nos dépenses

de cassation qui disait à ses Juges « Rien de ce

utilisant le référentiel de juillet 2014 de l’Inspection

d’affranchissement, la réduction des horaires de

qui fait la vie de notre société ne doit vous être

Générale des Services Judiciaires pour le contrôle

gardiennage des juridictions et la renégociation

étranger » et qui définissait ainsi un Juge : « un

de fonctionnement des cours d’appel. Cet audit

des marchés de nettoyage.

homme ou une femme qui écoute avec patience

qui concernera également le Service Administratif

En dépit de cette crise budgétaire et grâce à un

et clairvoyance, qui médite et forge une solution

Régional se déroulera en trois phases :

effort soutenu de la direction des services judiciaires

où l’imagination créatrice a une place de choix,

l la première au dernier trimestre 2014 sera une

sur ses crédits d’investissement, nous pouvons

qui tranche et qui impose une décision conforme

description du fonctionnement actuel de la Cour

nous réjouir de l’avancée des projets immobiliers

au droit sans omettre l’équité, supplément d’âme

l la deuxième phase au premier trimestre 2015

de notre Cour avec la livraison en 2016 du nouveau

et d’humanité. C’est un juge ».

consistera en des réunions de service associant

Palais de Justice de Béziers, le ravalement des

Résolument optimiste quant à l’avenir de

les Magistrats du Siège et du Parquet, ainsi que les

façades et la mise en sûreté du Palais de Justice

l’institution judiciaire, nous ferons nôtre la vision de

fonctionnaires du greffe.

de Carcassonne, ou encore la restructuration

Robert Badinter : « la Justice de 2030 sera féminisée

Cette phase aura pour objectif de dégager de

et la rénovation de notre Palais de Justice de la

et numérisée ». ( ) ...

2015-042

Audience solennelle Rentrée du 9 janvier 2015 Protéger la liberté par Pierre Valleix C ( )

Audience solennelle

Rentrée du 9 janvier 2015

Protéger la liberté

par Pierre Valleix

  • C ( ) ... ette Audience solennelle se tient aujourd’hui, 9 janvier 2015, dans un contexte marqué par l’émotion,

l’affl iction mais aussi la colère et la révolte.

L’événement exceptionnellement grave et tragique

qui s’est déroulé à Paris mercredi matin nous

touche tous profondément. Il y a d’abord les victimes,

12 tués et 10 blessés : journalistes et fonctionnaires de

police - auxquelles nous dédions cette audience et il

y a leurs familles de ces victimes vers lesquelles nous

tournons nos pensées. Il y a ce que représentent

ces victimes: journalistes, dessinateurs victimes de

leur conscience, de leur liberté de conscience, de

la liberté d’expression qu’elles incarnent, il y a les

fonctionnaires de police : victimes du devoir .

La liberté, le devoir, ce sont des grandes valeurs

républicaines qui ont été visées.

L’émotion et la douleur que nous éprouvons tous

ne doit pas masquer la profonde détermination des

femmes et des hommes de ce pays à défendre ces

valeurs républicaines et démocratiques, au premier

rang desquelles se trouvent la liberté et la justice.

Compte tenu des circonstances exceptionnelles

dans lesquelles se déroule cette audience,je limiterai

mon propos à quelques observations sur l’activité

pénale de la Cour d’appel. ( ) ...

Je sais les eff orts qui sont demandés aux Parquets

et je veux à cet instant, relever l’exceptionnelle

mobilisation des Magistrats des Parquets pour faire

face à l’augmentation de leurs tâches.

Les six Parquets du ressort de la Cour d’appel de

Montpellier : Béziers, Carcassonne, Montpellier,

Narbonne, Rodez et Perpignan ont accompli des

prouesses pour répondre en temps et en heure aux

multiples défis qui leurs ont été lancés au cours de

l’année 2014 :

  • l pour être présents 24h/24, jour et nuit, pour

donner des instructions et orienter les procédures,

se déplacer sur les scènes de crime,

  • l pour suivre les dossiers de bout en bout,

  • l pour requérir dans toutes les audiences où

la présence du Ministère publique est utile et

nécessaire : audiences pénales, mais aussi civiles,

commerciales voir prud’hommales

Pierre Valleix Photo © Jean-René Tancrède - Téléphone : 01.42.60.36.35
Pierre Valleix
Photo © Jean-René Tancrède - Téléphone : 01.42.60.36.35

l pour organiser et animer l’action publique des

services de police et de gendarmerie

Cela ne représente que le quotidien, il faut aussi

ajouter la nécessité, je devrai dire la capacité des

Magistrats du Parquets d’ingérer, de digérer et de

mettre en œuvre un nombre impressionnant de

normes - textes ou jurisprudences - d’application

souvent immédiate.

Nul n’ignore les difficultés que le Ministère

public rencontre au quotidien pour faire face aux

nombreuses missions qui sont les siennes.

Nous pouvons néanmoins espérer que nous

obtiendrons en 2015 - plus encore que l’année

précédente- des moyens pour le Ministère public.

Les engagements qui ont été pris par le directeur des

services judiciaires à la fin de l’année 2014 semblent

aller dans ce sens.

Au delà des moyens, il m’apparaît tout aussi

important que le Ministère public soit toujours

animé par les principes fondamentaux qui sont sa

raison d’être et le socle de son organisation, je veux

parler de l’unité, de l’indivisibilité et de l’impartialité.

Ces valeurs essentielles du Ministère public - sans

cesse réaffi rmées, et encore récemment en 2010,

y compris par la Cour Européenne des Droits de

l’Homme (CEDH), ce qui est notable - doivent être

vécues et portées avec constance et fi erté par les

Magistrats du Parquet.

C’est bien aujourd’hui autour de la notion de

valeur que les uns et les autres nous pouvons nous

retrouver pour mieux affronter l’avenir.

Ce sont précisément des valeurs communes que

partagent celles et ceux qui participent à l’œuvre de la

Justice : les magistrats, les avocats pour ne citer qu’eux.

Ces valeurs ce sont : le principe du contradictoire,

l’égalité des armes, la loyauté des débats mais aussi

et surtout la liberté d’expression sans laquelle rien

n’est jamais possible.

Les événements tragiques de mercredi sont là pour

nous rappeler que rien n’est jamais acquis et que

nous sommes tous responsables de la protection

de cette liberté qui nous est si chère.

« Gloire aux pays où l’on parle Honte aux pays où

l’on se tait ». George Clemenceau

Maintenir une justice accessible et de qualité dans l’esprit J21

par Éric Négron

A (

)
)

L’audience de rentrée est l’occasion

prévue par le Code de l’organisation

judiciaire de faire le bilan de l’année 2014.

La Cour de Montpellier a vu ses dernières années

ses effectifs de Magistrats en forte diminution

passant de 51 en 2010, à 49 en 2013 et à 44 au

31 décembre 2014. Toutes les Cours se sont vus

appliquer ce régime drastique qui conduit à une

forte détérioration de leurs résultats au sens des

indicateurs de performance lolfi ens prévus dans le

programme numéro 166 Justice Judiciaire. Même

si notre Cour a rendu plus d’arrêts en matière civile

en 2014 qu’en 2013, son taux de couverture est

encore resté largement en-deçà des 100 % avec

un stock d’aff aires à traiter qui augmente chaque

année, surtout dans le contentieux social. Conscient

de ces diffi cultés structurelles des Cours d’appel, la

Direction des Services Judiciaires s’est engagée lors

des dialogues de gestion pour l’année 2015 à prioriser

les Cours d’appel pour combler leurs postes vacants,

mais aussi pour leur créer des emplois nouveaux qui

pourraient à court terme être pourvus compte tenu

de la dynamique des recrutements de Magistrats par

notre Ministère qui est une des rares administrations

à bénéfi cier encore de création d’emplois soit pour

le budget 2015 94 emplois de Magistrats et greffi ers.

L’année 2014 nous a permis de lancer l’audit des

services de la Cour : 18 groupes de travail ont été

constitués et ont eff ectué par service un constat de

l’existant et une analyse des dysfonctionnements

avec des amorces de solution. Ce travail considérable

aidé par le statisticien de la Cour recruté au mois

d’août 2014, a été porté à la connaissance de

l’Inspection Générale des Services Judiciaires

fi n décembre. Ayant réuni à Paris le 22 octobre 2014

tous les Chefs de Cour, l’Inspecteur Général des

Services Judiciaires a mis en exergue ce travail

prospectif avec la Cour d’appel de Montpellier.

Courant du premier trimestre 2015, nous allons

échanger avec les services de l’inspection afin

d’élaborer notre projet de Cour. Nous pouvons

d’ores et déjà mettre en lumière plusieurs axes de

travail qui porteront ce projet de juridiction :

Audience solennelle

Audience solennelle l l’absolue nécessité d’instaurer une communication interne et externe rénovée et dynamisée avec le
  • l l’absolue nécessité d’instaurer une communication

interne et externe rénovée et dynamisée avec le

souhait de réunions de services, d’échanges entre

Présidents de chambre, de réunions de concertation

avec le Barreau et l’établissement d’un véritable plan

de communication s’appuyant sur les sites Intranet

et Internet de la Cour, mais aussi sur la défi nition

d’un nouvel accueil au sein de notre Palais de Justice

  • l un pilotage réel de l’activité de la Cour avec à titre

d’exemple un suivi précis des dossiers d’appel en

attente de transmission à la Cour dans les juridictions

du ressort

  • l une priorité donnée aux questions d’hygiène,

de sécurité et de sûreté avec la nomination le

5janvier 2015 de Madame Barthalay greffier en

chef en qualité d’assistant de prévention de la Cour

en charge de l’élaboration du document unique

d’évaluation des risques professionnels

  • l l’adaptation de notre organisation et de notre

fonctionnement aux évolutions de contentieux

avec comme illustration l’augmentation constante

et tendancielle du nombre de dossiers traités par la

Chambre de l’application des peines.

Toujours dans le cadre de notre politique d’audit

et de transparence, un rapport d’activité 2014 de la

Cour sera élaboré et diff usé à tous les Magistrats et

fonctionnaires. Nous avons demandé aux Présidents

des 6 Tribunaux de Grande Instance d’établir

pour la fi n mars 2015 un tel rapport d’activité qui

concernera également les Tribunaux d’Instance et

les juridictions de proximité.

Ces diff érents rapports seront communiqués aux

instances de concertation ainsi qu’à la Direction des

Services Judiciaires.

Cette politique de la Cour de Montpellier s’inscrit

naturellement dans les sillons du projet J 21 Justice

du 21 ème siècle, projet qui comportent 15 actions

qui seront déclinées dans nos juridictions

languedociennes.

Les principales innovations de ce projet J 21 sont les

suivantes :

  • l un dialogue interne accru avec la création d’une

commission permanente d’études de service

déconcentré placée auprès de chaque Premier

Président de Cour d’appel qui associe pour la

première fois des organisations syndicales de

Magistrats et de fonctionnaires, le comité technique

de proximité qui ne compte dans ses membres que

les syndicats de fonctionnaires étant maintenu,

même si à la Cour d’appel de Montpellier avec

l’accord de tous ses membres les syndicats de

Magistrats étaient invités en qualité d’experts

l une recherche de cohérence de la jurisprudence

des Cours et Tribunaux avec la possibilité pour le

Premier Président de la Cour d’appel ou le Président

d’un Tribunal de Grand Instance de faire juger une

affaire par une formation de chambres réunies

en cas de particulière complexité de l’aff aire ou si

cette dernière est susceptible de recevoir devant

les chambres des solutions divergentes. Dans ce

souci de renforcer la lisibilité de la justice et afi n

de permettre aux citoyens de mieux évaluer les

possibilités de succès de leurs actions en justice, les

juridictions sont invitées à engager un partenariat

avec les universités afi n d’analyser leur jurisprudence.

A Montpellier, ce partenariat existe de longue

date avec la création en 1997 de la « Revue de

Jurisprudence Régionale », le centre d’études et de

traitement de l’information juridique de la faculté

de droit de Montpellier présidé par le professeur

Serge-Charles Bories analysant chaque année les

jurisprudences des Cours d’appel de Montpellier

et de Nîmes. Ce travail est complété par le

panorama de la jurisprudence de la Cour d’appel

de Montpellier qui sous la coordination scientifi que

du professeur Christophe Albiges, est publié dans

la revue « La Gazette du Palais ». Dans le cadre

d’une expérimentation d’un partenariat avec les

universités, la Direction des services judiciaires a

retenu la Cour d’appel de Montpellier comme

site pilote. En conséquence, la Cour d’appel de

Montpellier propose aux doyens de nos deux

facultés de droit, Marie-Elisabeth André pour

Montpellier et Yves Picod pour Perpignan de

mettre en œuvre ce partenariat dans les prochaines

semaines en y associant dans un premier temps deux

juridictions du ressort de la Cour, les Tribunaux de

Grande Instance de Montpellier et de Perpignan.

l La Justice du 21 ème siècle a aussi pour ambition

d’ouvrir la Justice à la société par la création de

conseils de juridiction. Ce Conseil de juridiction qui

a pour vocation d’expliquer le fonctionnement de la

justice, ses contraintes et ses priorités, comprendra

en son sein des représentants locaux de l’État, des

professions du droit, des collectivités locales et des

représentants associatifs. Il ne doit pas interférer

Éric Négron Photo © Jean-René Tancrède - Téléphone : 01.42.60.36.35
Éric Négron
Photo © Jean-René Tancrède - Téléphone : 01.42.60.36.35

sur le domaine d’intervention des instances

de concertation existantes comme le Conseil

départemental de l’accès au droit ou le Conseil local

de prévention de la délinquance. Avec notre accord,

les Tribunaux de Grande Instance de Narbonne et

de Perpignan ont été désignés par la Chancellerie

comme site expérimental pour l’année 2015.

Tous ces projets estampillés J 21 sont porteurs

d’espoir pour nos juridictions et leurs personnels.

Il nous faut néanmoins constaté que l’année 2014

a connu deux mouvements de contestations d’une

ampleur exceptionnelle :

1. La grève des greff es des Cours et Tribunaux avec

comme point d’orgue la journée nationale d’action

du 29 avril 2014. Les fonctionnaires de justice se

sont mobilisés contre leurs conditions de travail

et pour demander une revalorisation statutaire et

indemnitaire. Ces revendications étaient complétées

par des inquiétudes découlant des conclusions

du débat national sur la Justice du 21 ème siècle

avec l’émergence d’un greffi er juridictionnel et la

création du Tribunal de première instance, fusion

de trois juridictions : le Tribunal de Grand Instance,

le Tribunal d’Instance et la juridiction de proximité.

Au mois de juillet 2014, Madame la Garde

des Sceaux a annoncé la signature par la majorité

des organisations syndicales représentatives d’un

protocole d’accord sur le statut des personnels des

greff es avec comme principales mesures :

l la disparition du corps des greffi ers en chef qui

devient le corps des directeurs de greff e et la création

d’un statut d’emploi de directeur fonctionnel,

l la revalorisation de la grille indiciaire du corps de

greffi ers et la création d’un statut d’emploi pour des

emplois à plus forte responsabilité comme Chef de

greff e ou greffi er juridictionnel

Dans un contexte budgétaire contraint, on peut se

féliciter de ces mesures qui créent des perspectives

de carrière pour les catégories A et B des services

judiciaires avec une responsabilisation des fonctions

qui devraient permettre d’anticiper les évolutions

nécessaires des métiers de greff e.

2. Le deuxième événement marquant est la

protestation des professions judiciaires et juridiques

face aux évolutions envisagées de leurs professions.

Nous partageons la conviction de Madame Taubira

Garde des Sceaux, Ministre de la justice qui estime

que le « droit n’est pas une marchandise comme

une autre » et que notre modèle de professions

réglementées du droit constitue un maillon

essentiel du droit continental au service des citoyens

(Le Monde, le 10 décembre 2014). Si réforme des

professions réglementées juridiques il doit y avoir, il

est souhaitable que ces professions juridiques restent

gérés par le Ministre de la Justice afi n d’assurer une

qualité et un contrôle du service rendu aux citoyens

qui doivent continuer à bénéfi cier d’une sécurité

juridique maximale.

On peut aussi comprendre l’émoi provoqué dans

les Barreaux par le projet de loi pour la croissance

et l’activité. On peut aussi admettre l’efficacité

de la politique menée par la Garde des Sceaux

qui a obtenu une augmentation conséquente du

budget de l’aide juridictionnelle. Cette progression

de 34 millions en 2015 permettra d’étendre

l’intervention de l’avocat dans le cadre d’une audition

libre, mais également au profit des personnes

déférées devant le procureur de la République, lors

de l’homologation d’une transaction pénale et lors de

la comparution d’une personne condamnée devant

la commission de l’application des peines.

Le livre blanc du Conseil National des Barreaux

paru en février 2014 et les 44 propositions qui y

sont formulées illustre l’adhésion des Barreaux à

  • Audience solennelle une évolution importante de la profession d’avocat pour une justice simplifiée et accessible à tous. Acteur incontournable de l’activité des Palais de justice et de la vie juridique de nos concitoyens, les avocats seront amenés à travailler diff éremment dans les années à venir et à s’adapter à tout moment à des évolutions sociétales non préparées et parfois impromptues. Cette mouvance des structures judiciaires et juridiques a désormais un caractère permanent : le Journal Officiel du 30 décembre 2014 nous a appris ainsi que la loi de finances pour 2015 par son article 98 avait reporté de deux ans la réforme de la collégialité de l’instruction prévue par la loi du 5 mars 2007 et par son article 99 le report de deux ans de la suppression de la juridiction de proximité prévue par la loi du 13 décembre 2011. La procrastination juridique se multiplie, mais elle n’est pas absolue : ainsi, l’ordonnance du 6 novembre 2014 relative à la partie législative du code de l’expropriation pour cause d’utilité publique a réformé la composition de la formation d’appel qui ne comprendra plus deux assesseurs Juge de l’expropriation. Dans son avis en date du

16 décembre 2014, la troisième Chambre civile

de la Cour de cassation a précisé que ces nouvelles

dispositions ne s’appliquaient que pour les appels

interjetés à compter du 1 er janvier 2015, d’où la

nécessité de faire cohabiter pendant plusieurs

années deux formations de jugement distinctes au

niveau de la Cour qui appliqueront des règles de

procédures diff érentes.

Il est aussi tout à fait légitime que les Juges

consulaires et prud’homaux s’inquiètent quant

à l’avenir de leur juridiction et à leur périmètre

d’intervention. Ces inquiétudes sont partagées

par les Magistrats professionnels avec le projet de

loi sur les nouvelles répartitions de compétence

entre les Tribunaux d’Instance et les Tribunaux de

Grande Instance. Pour apaiser ces inquiétudes, une

information régulière sur les projets de réforme, leur

étude d’impact et leurs mesures d’accompagnement

sera la bienvenue. Quelque soit les textes pris par

le législatif, le Juge professionnel et le Juge non

professionnel devront les appliquer loyalement dans

le respect dû aux justiciables.

L’année 2015 est déjà marquée par trois

événements :

l la dématérialisation des mémoires de frais de

justice avec la mise en place d’un portail Internet

à l’attention des prestataires qui saisiront en ligne

l’ensemble de leurs mémoires. Nous invitons tous

nos prestataires à une journée d’information à

la Cour le mardi 3 février 2015. A cette occasion,

nous félicitons pour son élection Monsieur Semène

nouveau Président de la compagnie des experts

judiciaires de la Cour d’appel de Montpellier et

nous remercions son prédécesseur Monsieur Huc

pour son action énergique en faveur de l’expertise

judiciaire. Ce sont ainsi 102 nouveaux experts

judiciaires qui prêteront serment devant la Cour

le 13 janvier prochain et nous avons l’intention

commune de développer la dématérialisation des

échanges avec les avocats et les experts judiciaires.

l l’ouverture depuis le 1 er janvier 2015 de la Chambre

détachée de Millau qui permet un rapprochement

de la Justice des citoyens millavois. Je salue pour cette

réalisation le travail eff ectué par Florence Peybernès

Présidente du Tribunal de Grand Instance de Rodez

qui a été remplacée depuis le début de l’année par

Monsieur Bramat. Madame Peybernès a rejoint le

Nord de la France en prenant la tête du Tribunal

de Grand Instance de Valenciennes : nous lui

souhaitons pleine réussite dans ses nouvelles

fonctions. A compter de janvier 2015, sera tenue à

Millau une audience d’aff aires familiales par mois et

il en sera de même en matière pénale à compter du

mois d’avril. Nous remercions tous les acteurs locaux

et les services de la Chancellerie qui ont permis dans

les délais prévus la réimplantation de services de

Grande Instance à Millau

l la fusion des régions Languedoc et Midi-Pyrénées

qui sera eff ective au 1 er janvier 2016. Nous avons

déjà évoqué le départ de contentieux vers d’autres

juridictions que celle du Languedoc. Après le pôle

fi nancier de Montpellier parti le 1 er février 2014 à la

JIRS de Marseille, deux contentieux nous ont quitté

à compter du 1 er janvier 2015:

  • - le décret du 3 décembre 2014 a attribué au Tribunal

de Grand Instance de Toulouse la compétence

pour connaître des infractions en matière militaire

et de sûreté de l’État commises sur le ressort de

la Cour d’appel de Montpellier.

  • - la réforme des Tribunaux maritime a été actée par

le décret du 23 décembre 2014 avec la compétence

du Tribunal maritime de Marseille pour le ressort

de la Cour d’appel de Montpellier.

Pourtant le développement des agglomérations

et l’idée émergente d’un pôle métropolitain de

Nîmes à Perpignan illustrent les spécifi cités de

notre région Languedoc-Roussillon. Notre vœu

pour cette année 2015 et les années futures sera

donc de maintenir une justice languedocienne

proche, accessible et de qualité dans l’esprit du

projet J 21. (

...

)

2015-043

  • Vœux

Président de la République

Vœux aux Corps constitués et aux bureaux des Assemblées Palais de l’Élysée, 20 janvier 2015

Transparence démocratique et exemplarité républicaine

par François Hollande

  • C ( ) ... ompte tenu des circonstances, il a été décidé de vous rassembler et de ne faire qu’une seule cérémonie,

parce que 10 jours après les attaques terroristes,

je voulais m’adresser à vous tous – Présidents

des assemblées, membres du Gouvernement,

parlementaires, représentants des différents

corps de l’État – pour vous dire d’abord notre

reconnaissance pour l’unité de notre pays dans

le cadre de nos institutions. Pour dire aussi ma

gratitude à l’égard des fonctionnaires qui ont, par

leur comportement exemplaire, montré une fois

encore la force de la République.

La Nation a été mise à l’épreuve, elle a même été

frappée au cœur, c’est-à-dire dans ses principes

fondamentaux : la liberté d’expression et la

François Hollande Photo © Jean-René Tancrède - Téléphone : 01.42.60.36.35
François Hollande
Photo © Jean-René Tancrède - Téléphone : 01.42.60.36.35

Vœux

Vœux liberté de conscience. Elle a été frappée dans ses institutions : la police a été

liberté de conscience. Elle a été frappée dans

ses institutions : la police a été visée en tant

que telle. Elle a été frappée dans sa chair par le

meurtre de 17 citoyennes et citoyens français.

Face à cette agression, notre peuple a montré

sa vitalité. Il a exprimé aussi sa fierté dans les

valeurs de la République. L’esprit du 11 janvier

doit désormais inspirer notre action dans la

durée. C’est exceptionnel que des millions de

Français descendent dans la rue, non pas pour

protester, non pas pour contester, mais pour

affirmer leur attachement à ce qui nous unit tous :

la République. Ceci exige de nous placer désormais

à la hauteur des événements, de repousser les

vaines querelles et les polémiques inutiles, de

nous unir autour des réformes indispensables,

c’est-à-dire de celles qui dépassent les intérêts

catégoriels - par ailleurs légitimes, ou les intérêts

partisans - par ailleurs nécessaires.

Nos principes républicains ont été maintes

fois éprouvés dans l’histoire. Nous pouvions

avoir des doutes sur la capacité de notre pays à

pouvoir résister face à ce qui était une attaque

contre son identité même. Une fois encore nos

institutions, nos principes ont montré leur

robustesse et leur solidité.

Les déclinistes, les fatalistes, les défaitistes croyaient

que les ressorts de la France étaient brisés. Elle

s’est mise debout, d’un bond, avec la plus grande

vigueur. A nous maintenant, élus et fonctionnaires,

de préserver cet état d’esprit, de garantir le

rassemblement qui ne fera pas disparaitre les

différences et les clivages, mais qui permettra d’aller

à l’essentiel.

L’essentiel, c’est d’abord de protéger nos

concitoyens dans le respect du droit.

Les lois du 21 décembre 2012 et du 13 novembre

2014 ont déjà étendues les moyens juridiques

dont nous disposons pour surveiller et punir

ceux qui fomentent ou envisagent de participer

à des entreprises terroristes. Mais des mesures

supplémentaires doivent être prises.

Le Premier Ministre y travaille et les présentera

demain, pour contrôler les déplacements des

djihadistes, pour renforcer notre système de

renseignement, pour empêcher la propagation

de l’islamisme radical dans nos prisons et pour

mieux surveiller et empêcher les agissements de

cette mouvance sur Internet.

Nous devrons prendre ces mesures, dans le

respect des libertés, parce que c’est ce que

la France a voulu aussi signifier. Ce serait

finalement servir les terroristes que d’entamer

nos principes, que de mettre en cause les bases

même qui fondent nos institutions.

En même temps, nous devons assurer la sécurité,

et faire en sorte, aussi, que chaque citoyen puisse

être pleinement dans la République et que nul ne

soit tenté de s’en détourner. La solution, on le sait,

est globale.

Elle passe par la mobilisation de toutes nos

institutions : l’éducation, la justice, la police,

avec tous les outils de l’intégration, ceux que les

Gouvernements successifs ont voulu mettre en

place et qu’il nous convient de faire vivre.

Je veux faire deux propositions. D’abord, pour

les jeunes, je veux développer massivement, je l’ai

déjà annoncé, le service civique. Tous les jeunes

volontaires doivent pouvoir se voir offrir cette

possibilité. Ils sont à peine 40 000 aujourd’hui et

il y a quatre demandes sur cinq qui restent sans

réponse. J’ai donc décidé que tous les volontaires

pour le service civique pourront être accueillis à

l’horizon 2017. Ce qui représente entre 150 000

et 170 000 personnes.( ) ...

Je souhaite que ces deux autorités puissent me

faire des propositions qui s’appuieront sur les

travaux de leur assemblée respective et sur

une large consultation des citoyens ; et qu’ils

puissent, au plus tard à la fin du mois de mars,

remettre leurs propositions.

Le deuxième impératif, c’est de restaurer

la confiance dans nos institutions. Pour

y répondre, la transparence démocratique

doit s’ajouter à l’exemplarité républicaine.

L’exemplarité passe d’abord par une évidence :

la probité de ceux qui représentent la puissance

publique à tous les niveaux. Trop longtemps notre

pays s’est contenté d’affirmer les grands principes,

sans se donner les moyens de leur respect. La

France s’est dotée d’une nouvelle législation sur la

transparence de la vie publique. En 2014, la Haute

autorité pour la transparence a largement fait la

preuve de son utilité et de son efficacité.

En à peine un an d’existence, 20 000 déclarations

9 000 responsables publics ont été amenés à

donner l’état de leur patrimoine, élus comme

hauts fonctionnaires – et plusieurs centaines ont

été rendus publiques.

Fort de ce bilan, Jean-Louis NadaL, le Président

de la Haute autorité pour la transparence de

la vie publique, a fait des propositions pour

améliorer encore notre réglementation. J’en

retiens plusieurs.

l Tout d’abord, pour éviter que des manquements

ne soient connus, postérieurement à l’entrée en

fonction des intéressés, il devra être procédé à

des vérifications avant toutes les nominations les

plus importantes. Je sais aussi que les assemblées

travaillent sur des propositions par rapport aux

candidatures aux élections.

l Ensuite, les nouvelles règles déontologiques

seront étendues à tous les acteurs publics,

fonctionnaires comme magistrats. Des projets de

loi sont déposés au Parlement et seront bientôt

inscrits à l’ordre du jour.

l Enfin, pour rendre encore plus claire la

confection des lois et des règlements, il faudra un

meilleur encadrement des groupes de pression.

C’est un chantier qui sera ouvert cette année.

Les citoyens sauront qui est intervenu, à quel

niveau, auprès des décideurs publics, pour

améliorer, corriger, modifier une réforme, et quels

ont été les arguments utilisés.

Pour aller aussi loin que possible dans cette

exemplarité et dans cette transparence, le Premier

Ministre a demandé à Michel Sapin de préparer

un projet de loi pour évoquer aussi la transparence

dans la vie économique.

L’exemplarité suppose aussi une justice

indépendante. Depuis 2012, j’ai toujours veillé

à ce que jamais l’exécutif n’interfère dans les

dossiers de la justice, pas plus que dans son

fonctionnement, notamment à travers les

nominations de procureurs.

C’est la garantie d’une relation confiante et

apaisée entre l’exécutif et l’autorité judiciaire.

J’exprime de nouveau le souhait que la

Garde des Sceaux puisse reprendre le projet de

loi constitutionnelle pour donner de nouveaux

pouvoirs au Conseil Supérieur de la Magistrature,

pour la nomination des Magistrats du Parquet.

C’est un texte qui devrait réunir une large majorité

de parlementaires. Il nous mettrait à l’abri de

certaines décisions, venant de la Cour européenne

des droits de l’Homme, parce que notre Parquet

ne serait pas indépendant. Il s’agit aussi de donner

une base juridique solide à des pratiques qui

sont déjà les nôtres. Le Ministère public en sera

renforcé et le statut de tous les Magistrats clarifié.

  • l Une justice exemplaire, c’est une justice

accessible à tous. C’est le sens du projet

pour la justice du 21 ème siècle que porte la

Garde des Sceaux.

La justice du quotidien, c’est le fonctionnement

simple et rapide des Prud’hommes, des Tribunaux

de commerce, des contentieux civils, mais aussi

économiques et sociaux.

C’est tout ce qui touche à la vie des entreprises

et des particuliers. Cette réforme se déploiera à

travers plusieurs textes, dont le premier est déjà

en discussion, puisque le projet de loi « croissance

et activité » assouplit les conditions d’accès

aux professions du droit et réforme la justice

prud’homale.

L’idée, c’est aussi que les juridictions civiles de

première instance puissent voir leurs procédures

et leur organisation simplifiées, à travers le

regroupement dans un pôle social unifié du

contentieux de l’aide sociale, du handicap, de la

Sécurité sociale. La justice commerciale devra

également être réformée. Nous devrons, partout

où c’est possible, développer les procédures

de conciliation, de médiation, pour permettre

des issues plus rapides et plus lisibles pour nos

concitoyens.

  • l L’exemplarité, c’est enfin des lois bien écrites

et rapidement mises en œuvre. Je pense que

c’est là une responsabilité collective.

C’est pourquoi il était utile de vous rassembler

tous. Non seulement les lois sont longues, mais

elles sont complexes et elles ne sont pas appliquées

dans le délai qui convient. Les parlementaires

peuvent passer des nuits et des jours entiers à les

voter, avec des procédures pour accélérer encore

les délibérations, mais si les décrets d’application

ne sont pas pris en temps et en heure, à quoi sert

cette célérité ?

En 2014, à peine 60 % des textes d’application des

lois ont été publiés, notamment dans le domaine

essentiel du logement. Le Premier Ministre a donc

demandé aux membres du Gouvernement de

procéder à la revue de tous les décrets restant à

sortir dans leur propre département ministériel,

et de veiller à leur publication rapide.

  • l Mieux légiférer, c’est aussi mieux préparer les

projets de loi. C’est la raison pour laquelle j’ai

décidé de rompre avec une tradition séculaire

des secrets qui entourent les avis du Conseil

d’État. Le Conseil d’État est le conseil juridique du

Gouvernement. Son avis est d’intérêt public et son

expertise sera donc rendue publique. Le Conseil

d’État, par ses avis, informera donc les citoyens,

mais il éclairera aussi les débats parlementaires.

  • l Mieux légiférer, c’est mieux travailler avec le

Parlement, en l’associant plus en amont, pour

pouvoir accélérer, si nécessaire, la procédure.

Il faut faire en sorte que les études d’impact

puissent évaluer la réforme au moment du

débat (et non à la suite) et il faut associer les

parlementaires à la mise en œuvre des textes qu’ils

auront (ou pas) votés.

  • l Le dernier impératif, c’est de redonner

confiance dans l’avenir. Le Gouvernement doit

– dans cette période à tous égards exceptionnelle,

parce que les Français l’ont voulu ainsi – poursuivre

avec ardeur et audace sa tâche réformatrice pour

Vœux moderniser le pays et notamment les services publics. Il ne s’agit pas de réformer pour

Vœux

moderniser le pays et notamment les services

publics. Il ne s’agit pas de réformer pour réformer,

ou de réformer pour déplaire. Cela peut arriver !

Il ne s’agit pas non plus de réformer pour défaire.

Il s’agit de réformer la France, pour que notre pays

puisse être plus productif, puisse continuer à tenir

son rang et accroître son influence dans le monde.

Ces réformes requièrent de la constance dans la

préparation d’abord, dans l’explication ensuite,

dans l’exécution enfin. Car les résultats mettent

toujours du temps avant d’apparaître.

C’est précisément là que le hiatus se crée, parce

que nos concitoyens n’ont plus de temps, n’ont

pas de temps. Pour eux, l’urgence, c’est tous les

jours. Comment comprendre que nous ayons,

nous, nos procédures, nos délais, et, si je puis

dire, nos précautions ? Comment comprendre

que nous vivions à l’échelle d’un mandat, que ce

soit un quinquennat ou que ce soit un mandat

plus long pour les élus des collectivités, quand les

Français ont une seule actualité, celle du jour ?

Nous devons donner de la profondeur aux

réformes que nous engageons, ne pas nous

laisser emporter par l’immédiateté, donner un

sens à ce que nous faisons – alors même que tout

est fait pour ramener le récit à un quotidien. ( ) ...

C’est parce que nous avons cette haute idée de

nous-mêmes que nous pouvons être confiants

dans notre avenir. C’est quand le pays doute,

quand le pays s’inquiète, qu’il rompt avec son

destin. Le premier devoir qui doit être le nôtre,

quel que soit notre niveau de responsabilité,

quelles que soient nos oppositions, qui peuvent

être légitimes, c’est de faire en sorte que le pays

soit uni sur l’essentiel.

  • l Nous devons aussi réformer notre

organisation territoriale. Aujourd’hui, nous

sommes en train de le faire. Déjà des régions

moins nombreuses ont été dessinées, leurs

compétences seront renforcées en matière

économique, d’aménagement du territoire.

Les départements, finalement maintenus pour

un temps, seront recentrés sur l’ambition de

solidarité. Les intercommunalités seront capables

de garantir, avec un niveau de population qui peut

varier selon les territoires, l’accès aux services

publics, pour que les communes n’agissent plus

seules quand elles n’en n’ont plus les moyens. ( ) ...

  • l L’État doit concentrer son action sur les

fonctions régaliennes (elles sont essentielles),

mais aussi sur les missions de cohésion sociale,

de lutte contre les inégalités et de projection dans

le long terme.

  • l L’État doit être plus déconcentré, plus proche,

plus rapide, plus confiant, aussi, dans ses relations

avec les acteurs de la société. Cela suppose aussi

que l’État gère mieux ses ressources humaines.

  • l L’État a tendance à faire la leçon à tous, et

notamment aux entreprises.

Pourtant, il y a encore beaucoup à faire à

l’intérieur de l’État. Il y a eu, heureusement, des

négociations tenues en 2013 avec un accord

unanime sur l’égalité professionnelle femmes/

hommes. En 2015, l’accord-cadre sur la qualité

de la vie au travail, qui a été négocié, doit être

rapidement validé.

Il prévoira un droit d’expression direct des agents

sur l’organisation du travail, des règles de bon

usage du télétravail, des mesures de conciliation

entre vie professionnelle et vie personnelle,

et des dispositions de prévention des risques

psychosociaux. Je souhaite qu’il y ait aussi une

vraie négociation sur l’avenir de la fonction

publique. La Ministre en est chargée. Il ne s’agit

pas de fragiliser le statut, mais de moderniser nos

textes pour ouvrir les carrières et encourager

une véritable mobilité entre les trois fonctions

publiques. Elles ne peuvent pas être des organes

séparés les uns des autres.

  • l Redonner confiance dans l’avenir, c’est

aussi, pour l’administration, aller pleinement

vers la révolution numérique. L’administration

française, que l’on brocarde souvent pour ses

traditions et pour son organisation, a néanmoins

considérablement développé l’usage du

numérique. Ainsi, un tiers des contribuables

déclarent déjà leurs revenus en ligne. Beaucoup de

procédures ont maintenant été dématérialisées.

L’ONU a classé la France première en Europe,

quatrième dans le monde pour les services

numériques.

Ce classement, d’une certaine façon, nous

oblige à aller plus loin. 2015 verra donc deux

chantiers majeurs s’ouvrir. D’abord, 100 % des

démarches qui ne nécessitent pas la présence

obligatoire à un guichet pourront être élaborées

en ligne.

Ensuite, il y aura un identifiant unique qui

permettra à chaque citoyen de n’avoir plus

à le donner qu’une seule fois, à une seule

administration. Une fois que ces données auront

été ainsi livrées, les autres administrations

pourront utiliser directement ces informations

sur un compte personnel sécurisé, sans que

l’intéressé n’ait tout à renseigner une seconde

fois, et je l’espère, avec le soutien de la CNIL. ( ) ...

  • l Le numérique peut aussi être un moyen

d’améliorer la qualité du débat public, de

revivifier la démocratie, et notamment en

ouvrant largement les données publiques.

Elles sont devenues un nouveau bien public.

Ce capital servira donc à inventer de nouveaux

services et à mieux répondre aux besoins sociaux.

Lors de la conférence environnementale, j’ai

annoncé la création d’une base publique

rassemblant toutes les études d’impact, tous

les dossiers, toutes les évaluations de projet et

d’investissement public dans notre pays, de

manière à ce que le citoyen puisse accéder à toutes

ces informations, pour les utiliser, autant qu’il sera

possible, dans le débat public. ( ) ...

  • l Nous devons également introduire de

nouveaux outils de démocratie participative.

C’est déjà le cas dans la politique de la ville, avec

les conseils citoyens et les maisons de projets.

Mais il doit y avoir d’autres procédures, d’autres

méthodes, sur de grands sujets. Les jurys citoyens,

les états-généraux, les conférences de consensus

doivent nous permettre sur des sujets importants

d’aboutir à une forme de conclusion, qui peut (ou

pas) engager ensuite les acteurs. C’est ainsi que

nous avons procédé pour la réforme pénale ou le

débat sur la fin de vie. Ces méthodes devront être

davantage utilisées.

La France accueillera – je ne vous apprends

rien – la 21 ème conférence des parties sur le

changement climatique, la COP 21. C’est un

enjeu tout à fait décisif. Nous devons nous y

préparer, dans les négociations qui sont en cours

(c’est le rôle des diplomates), mais aussi dans

notre pays, pour être une référence, pour être

un exemple. La Commission nationale du débat

public sera donc chargée de préparer ce rendez-

vous avec une idée simple : dans cent pays du

monde, cent citoyens ou citoyennes seront

réunis pour donner leur avis sur les grands axes

de la négociation. Une forme de consultation

citoyenne à l’échelle du monde !

Je me réjouis que le Président de l’Assemblée

nationale ait été l’un des premiers à s’associer à

cette démarche. Je souhaite que le Parlement

puisse être dans son ensemble partie prenante

du débat sur la conférence environnementale

et sur la COP 21. Pour parvenir à un accord en

décembre, il faudra convaincre tous les pays. Nous

devrons, là aussi, leur montrer que nous avons,

nous, pays d’accueil, fait les étapes essentielles.

La transition énergétique n’est pas simplement

un projet de loi aujourd’hui en débat au Sénat ;

il doit déjà nous engager.

l Un plan pour une administration exemplaire en

matière de transition énergétique sera présenté

par la Ministre de l’Écologie, début février.

Le Gouvernement aura à s’en emparer.

Les dispositifs seront plus lisibles pour les

fonctionnaires et pour les citoyens. Il y aura des

projets ambitieux en termes de mobilité propre,

de consommation d’énergie et de traitement des

déchets dans toutes nos administrations.

Le Conseil É conomique, Social et

Environnemental a un rôle particulier à jouer

dans cette période, puisqu’il peut rassembler

toutes les parties prenantes à l’échelle de notre

pays. Il peut être un lieu de dialogue, un lieu de

débat, un lieu de concertation, et même un rendez-

vous international. Son renouvellement à la fin de

l’année, moment qui correspondra également à la

conférence sur le climat, sera l’occasion de faire

de cette assemblée nécessaire à notre pays un lieu

encore plus représentatif de toute notre société.

Dans les circonstances que nous vivons,

dans les épreuves que nous avons traversées,

face aux menaces qui n’ont pas disparues et

que nous devons regarder en face, nous avons

plus que jamais besoin de la République et de

l’État. Vers qui les Français se sont-ils tournés

quand les valeurs fondamentales ont été

mises en cause ? Vers la République ! Face aux

menaces terroristes, face à la haine, vers qui les

Français se sont-ils tournés pour les protéger ?

Vers l’État ! L’hommage populaire dans les

cortèges du 11 janvier aux forces de l’ordre en

était le plus grand témoignage.

Vers qui se tourne-t-on lorsqu’il y a des

condamnations à faire, des punitions à

prévoir ? Vers la justice ! Que demande-t-on

lorsqu’il y a une crise comme celle qui vient de

se produire, car c’est une crise, et qui touche au

cœur de notre République ? Plus d’encadrement,

plus de pédagogie, plus d’instruction, c’est-à-dire,

vers l’école et vers les enseignants.

Conclusion

La République est encore une espérance. Vous

êtes ici ses représentants, vous incarnez son autorité

et ses valeurs. Aujourd’hui, au-delà de vous et à

travers vous, c’est à tous les fonctionnaires, à tous

les magistrats, à tous les agents qui sont le visage de

l’État et des collectivités, que je m’adresse.

A chaque instant, en chaque point du territoire,

ce sont eux qui décident, protègent, éduquent,

soignent, aident, régulent, jugent et contrôlent.

En un mot : ils servent l’intérêt général.

Je m’adresse aussi à tous les élus qui font face, eux

aussi, chaque jour, à des difficultés sans nom. Je ne

parle pas simplement des contraintes financières,

je parle aussi de l’état de notre société, des attentes

Vœux

Vœux considérables qui sont portées, des impatiences, des inquiétudes, des peurs. S’il n’y avait pas d’élus

considérables qui sont portées, des impatiences,

des inquiétudes, des peurs.

S’il n’y avait pas d’élus dans la République capables

d’être là, comme ils l’ont été aussi dans ces derniers

jours, il n’y aurait pas de République ainsi attendue,

ainsi espérée.

En un mot, vous servez tous l’intérêt général. C’est

un choix de devoir qui vous honore, et qui vous

place, Mesdames et Messieurs, en première ligne

dans les combats que nous avons à mener

ensemble.

Vive la République et vive la France ! 2015-044

Vœux aux acteurs de l’entreprise et de l’emploi - Palais de l’Élysée, 19 janvier 2015

La nouvelle France industrielle

par François Hollande

N (

)
)

ous avons quatre ambitions (si je reviens

à ce qu’est la vie économique de notre

pays) : la compétitivité, l’innovation,

l’attractivité et la transition énergétique.

Il y a un an, j’annonçais le pacte de responsabilité

et de solidarité. Il y a eu des discussions, d’abord

entre les forces sociales et économiques, ensuite

au Parlement et dans le pays. Mais, aujourd’hui, le

pacte est une réalité. L’État y consacre 40 milliards

à l’horizon de 2017. 40 milliards, c’est une somme

considérable au regard de la situation de nos finances

publiques. Nous aurions pu hésiter, nous aurions pu

fléchir, nous avons tenu bon. Ce sont deux points

de la richesse nationale qui vont être ainsi transférés.

2015 sera la première année de versement du

Crédit Impôt Compétitivité Emploi à taux plein,

c’est-à-dire 6 %, avec un taux d’ailleurs plus élevé

Outre-Mer. 2015 est aussi la première année où

les cotisations sociales vont être allégées, avec un

dispositif zéro charge au niveau du SMIC. 2015 est

aussi l’année où l’impôt sur le revenu des ménages

de catégories moyenne et modeste va être allégé.

9 millions de Français sont concernés.

Quel est l’objectif ? C’est l’emploi avec comme leviers

la nécessaire restauration des marges des entreprises

pour relancer l’investissement, la hausse du pouvoir

d’achat, afin de soutenir la consommation et la

négociation collective dans les branches pour favoriser

les embauches. La priorité de 2015, y compris et

surtout après ce que nous avons vécu, est d’assurer

la sécurité de nos concitoyens. Mais c’est aussi et

toujours l’emploi, parce que notre pays compte plus

de 3 400 000 chômeurs, parmi lesquels un jeune de

moins de 25 ans sur cinq est dans cette situation. Le

chômage est une menace pour la cohésion de notre

pays : alors il convient que chacun y prenne sa part. ( ) ...

L’enjeu, c’est aussi et surtout la reprise de la

croissance. ( ) ...

Quel est l’environnement que nous connaissons ?

Il a changé ces dernières semaines. Le prix du baril

de pétrole a baissé de 60 % en six mois. ( ) ...

Les taux d’intérêt. Ils ont atteint des niveaux

historiquement bas. ( ) ...

Nous ne devons donc, en aucune façon, réduire

nos efforts pour moderniser notre économie,

réformer nos modes de production, réorganiser

le travail dans notre pays. D’abord, nous devons

faire en sorte que tout soit préservé pour l’insertion

des chômeurs de longue durée et des jeunes.

C’est une question très importante pour la cohésion

nationale, alors les emplois aidés continueront

à mobiliser notre attention malgré les difficultés

budgétaires. 380 000 personnes les plus éloignées

du marché du travail seront concernées en 2015.

Le contrat de génération a mis du temps pour se

déployer. Il a déjà donné lieu à 2 500 accords. ( ) ...

Il y a également les « emplois d’avenir ».

95 000 nouveaux jeunes ont été embauchés

en 2014, 100 000 l’avaient été en 2013. Ils seront

65 000 à être embauchés en 2015. ( ) ...

Et puis, il y a une valeur qui est sortie plus forte encore

de ces derniers jours : l’engagement. L’engagement

vaut pour tous, mais l’engagement doit aussi

permettre à des jeunes d’être utiles, de servir les

autres. Cela s’appelle le service civique. Notre

objectif, c’est d’atteindre 100 000 volontaires,

le plus vite possible, et 150 000 à l’horizon 2017

avec un principe simple : tous les jeunes qui en

feront la demande pourront bénéficier d’un

service civique. Quand je dis « bénéficier » je me

trompe de mot : « faire bénéficier » les autres de

ce service civique. ( ) ...

l L’année 2014 avait été marquée par une

avancée sociale majeure (toujours dans cette

perspective d’emploi) avec le compte personnel

de formation. Depuis le 1 er janvier 2015, la

portabilité des droits à formation est effective.

Elle donne à tous les salariés un outil d’évaluation

pour mesurer leurs compétences professionnelles

tout au long de leur vie et des possibilités de

se requalifier, de se remettre sur le marché du

travail, lorsqu’ils en ont été écartés. Ces droits

appartiennent au salarié. Le salarié pourra toujours

les garder, avec les évolutions liées au changement

d’emploi, comme un capital qu’il pourra l’utiliser.

l En 2014, j’avais lancé l’opération « formations

prioritaires pour l’emploi » : faire que les offres

d’emplois non pourvues puissent l’être avec une

formation apportée à des demandeurs d’emploi.

80 000 demandeurs d’emploi ont été concernés

en 2014. C’est un quasi triplement par rapport à

ce qui existait en 2013 et je salue tous ceux qui ont

permis cette mobilisation. Il y en aura 100 000 de

ces demandeurs d’emploi qui seront formés pour

aller vers les offres d’emploi des entreprises qui ne

sont pas pourvues.

l En 2015, il y aura également une mobilisation

nationale pour l’apprentissage. Cela avait été

l’objet d’une concertation. Unanimement, forces

économiques et forces sociales avaient considéré que

l’apprentissage devait être une voie d’excellence pour

beaucoup de jeunes. Les aides ont été doublées pour

les TPE, puisque cela peut représenter maintenant

2 000 euros par apprenti. Une simplification

est intervenue pour l’accueil des apprentis dans

l’entreprise et pour leur travail. Une campagne de

communication nationale va être lancée.

Elle a déjà eu quelques effets : l’État, lui aussi, a

été amené à montrer l’exemple ! Il montrait

le mauvais. A lui de montrer le bon, puisqu’il

n’accueillait que 700 jeunes en apprentissage

jusqu’à présent. Il y en aura 10 000. Les collectivités

locales seront également associées à ce processus.

1. Mais je veux revenir sur le dialogue social, parce

que c’est la méthode que j’ai choisie pour réformer

notre pays. Il peut y en avoir d’autres.

Il peut être décidé de légiférer en toutes circonstances,

sans concertation. Il y en a même qui propose qu’il

puisse être réformé par ordonnance. Autrefois,

c’était par décret que cela pouvait s’imaginer.

Moi, j’ai considéré que le dialogue social était la

bonne méthode, que ce n’était pas une perte de

temps. C’était même le respect que l’on devait à

l’ensemble des acteurs de la vie économique et

sociale, dès lors qu’ils prenaient leur responsabilité.

Le dialogue social n’est pas un accord général sur

tous les sujets. Le dialogue social respecte la volonté

de ceux qui signent comme la position de ceux qui

ne signent pas. Le dialogue social, ce n’est pas non

plus, pour les partenaires sociaux, décider sans le

Parlement, puisqu’il est à chaque fois saisi pour

validation, dès lors que les mesures concernées

entrent dans le champ législatif.( ) ...

Le Gouvernement a tenu aussi à les consulter de

manière approfondie sur la réforme des retraites.

C’est ainsi qu’a été dégagé le dossier de la pénibilité.

Aujourd’hui, les choses sont claires, les droits sont

ouverts pour les salariés dès le 1 er janvier de cette

année, avec une mise en œuvre simple pour les

entreprises et en particulier pour les plus petites.

En 2015, pour quatre critères, en 2016 pour les autres.

Ce doit être simple, parce que si ce n’est pas simple,

cela ne se mettra pas en œuvre, tout simplement. Les

droits sont ouverts et les mécanismes seront, autant

qu’il sera possible, simplifiés.

Je suis néanmoins conscient que les formes du

dialogue social doivent évoluer. ( ) ...

Le sujet est difficile, il touche à des traditions,

des représentations. Il est néanmoins majeur.

C’est légitime que les discussions soient ardues et

longues, plus longues que prévu. ( ) ...

J’ai évoqué l’épargne salariale parce qu’elle est

venue dans la discussion au Parlement. Une façon

d’assurer que les salariés et les employeurs bénéficient

ensemble, je dis bien ensemble de la réussite, c’est

aussi la participation et l’intéressement.

Le forfait social sera donc modulé à la baisse, pour

créer plus d’épargne salariale et investir davantage

dans les entreprises.

Le deuxième objectif pour la modernisation de

notre économie, c’est l’attractivité. ( ) ...

Le régime fiscal, de ce qu’on appelle les

« impatriés », a été amélioré pour qu’il y ait de

nouveaux talents qui viennent en France, sans

qu’il y ait besoin que des talents français partent à

l’étranger, même si cela fait aussi partie de la loi du

monde. Des engagements précis ont été pris pour

assurer la sécurité des investissements en France,

en proscrivant la rétroactivité fiscale, c’est-à-dire en

donnant de la clarté, sans remettre en cause nos

règles et nos systèmes de prélèvement.

Voilà ce que nous avons fait pour que notre

économie soit attractive et puisse créer davantage

d’emplois. Mais il y a une règle simple que nous

partageons tous, au-delà de nos différences : une

économie n’est attractive que si elle est innovante,

que si elle est meilleure en termes de savoir-faire,

en termes de technologie, en termes d’inventions,

en termes aussi de formation de ses salariés.

L’innovation, c’est la clef de tout. Ici, sont présentes

86 entreprises qui ont figuré cette année dans le

classement des 500 start-up en plus forte croissance

au monde. Je dis bien au monde ! Pour la troisième

année consécutive, c’est une entreprise française

qui est en tête de ce classement international.

Il y a une fierté à la réussite de nos entreprises. Il y

a une fierté, que nous avons ressentie tous, sur les

valeurs de la République.

Vœux Il y a une fi erté à être le pays de la liberté, même si

Vœux

Il y a une fi erté à être le pays de la liberté, même si

cela a des conséquences graves, même si ce n’est

pas toujours compris.

C’est une fierté que de pouvoir avoir les plus

grands talents sur le plan culturel, d’avoir les

équipements qui correspondent à notre ambition

d’être un pays de rayonnement international.

C’est une fi erté d’avoir une langue française parlée

par près de 300 millions de personnes dans le

monde. C’est une fierté d’avoir une politique

internationale respectée, d’avoir une armée qui

nous assure aussi notre sécurité.

C’est une fierté d’avoir des fonctionnaires qui

assurent les services publics les plus essentiels. C’est

une fi erté d’avoir des entreprises qui réussissent,

d’avoir des entreprises qui exportent, qui innovent,

et qui sont reconnues au plan international.

La France est créative. Depuis deux ans, la « nouvelle

France industrielle », celle qui apparaît à travers les

34 projets que nous avons mis en place, permet

d’anticiper sur ce que sera l’industrie de demain.

Il y a le projet « Usine du futur ».

Je sais qu’il tient à cœur de beaucoup d’entre vous.

Il rassemble les fédérations de la mécanique, de

l’électronique, de la robotique, du numérique.

Il rassemble des entreprises de toutes tailles, PME

comme ETI, et il va permettre à l’industrie française

de faire son tournant du numérique.

En 2015, des projets phares vont de nouveau

être présentés : le véhicule autonome sera

la première expérimentation sur route au

1 er septembre prochain. L’avion électrique volera

au-dessus de la Manche au printemps.

Les objets connectés vont être mis en place dès cette

année. Nous avons aussi lancé un grand concours,

en 2013, avec la Commission Lauvergeon pour

l’innovation. Il y a déjà plus de 200 projets retenus. Il

y aura une deuxième vague lancée au mois de mars.

En juin, je réunirai les nouvelles Assises de

entrepreneuriat consacrées à la création, à

l’innovation et au financement. Parallèlement,

250 mesures de simplifi cation ont été prises.

Ce n’est pas encore assez. Chaque jour, j’ai des

témoignages de la complexité pour beaucoup

d’entreprises, non par rapport au droit social, non par

rapport au droit environnemental, mais simplement

par rapport à ce que demande l’administration… Nous

avons donc décidé d’aller loin, aussi loin que possible.

La mission Poitrinal-Grandguillaume est en place, un

secrétaire d’État a été dédié à cette responsabilité. Il

y aura encore, dans les jours qui viennent, plusieurs

mesures prises. Dans la loi Macron, il y en a aussi qui

seront appliquées dès à présent.

Le numérique est aussi une condition de cette

modernisation. Le numérique va bouleverser

toute notre société dans les années qui viennent :

le rapport au travail, les modes de consommation,

de production, l’environnement… Tout cela

est à l’œuvre. La protection des libertés et des

données personnelles doit également être assurée.

Le numérique va être aussi la priorité de l’Europe.

En Europe, ce sont 28 pays, 28 autorités de

régulation, quand aux États-Unis, il n’y en a

qu’une… Cela facilite les choses ! 28 autorités de

régulation, cela empêche d’avoir un grand marché

et cela permet à d’autres, à des opérateurs venant

notamment des États-Unis, d’être présents sur

notre économie, en tirant tous les profi ts, sans en

payer la contribution en termes d’impôts.

La grande affaire du monde en décembre 2015,

ce sera la conférence sur le climat. Notre pays doit

Palais de l’Élysée Photo © Jean-René Tancrède - Téléphone : 01.42.60.36.35
Palais de l’Élysée
Photo © Jean-René Tancrède - Téléphone : 01.42.60.36.35

montrer l’exemple, il doit faire émerger une économie

plus sobre, plus propre, moins dépendante du carbone

et des énergies fossiles. Je vous le dis franchement,

c’est une opportunité pour nos entreprises, pour

nos ingénieurs, pour nos inventeurs, parce que nous

sommes meilleurs, dans beaucoup de domaines, dans

beaucoup de secteurs, notamment les technologies

(j’ai évoqué la fi lière bois, mais il y en a bien d’autres)

des technologies parmi les meilleures du monde.

L’agriculture française va être, par la transition

énergétique, soutenue davantage, notamment sur

le plan européen. Voilà les grands enjeux qui vont

mobiliser les forces vives de la Nation et l’ensemble

des pouvoirs publics.

de l’environnement, mais également les transports, la

construction, l’agriculture, la filière bois. Nous sommes

meilleurs que beaucoup de pays qui pensent être en

pointe sur ces questions.

Nous devons donc faire que nos objectifs soient

atteints lors de la conférence sur le climat pour

préparer l’économie de demain. La loi sur la

transition énergétique va donner des moyens

nouveaux, va permettre que des filières puissent

s’organiser, notamment dans le renouvelable.

Nous allons garder aussi, sur le plan du nucléaire,

une perspective qui permette de moderniser nos

centrales et de réduire la part du nucléaire dans la

production d’électricité.

Nous allons aussi faire en sorte qu’il puisse y avoir

Conclusion

Vous représentez la diversité de nos forces

économiques et de notre représentation sociale.

Vous êtes des travailleurs, des patrons, des

Français. Il y a ici des étrangers aussi. Il y a des

PME, il y a des entreprises de taille intermédiaire

(la chance de la France), il y a des multinationales,

des grands groupes qui sont aussi des leaders dans

le monde…

Vous êtes toute la diversité de notre économie :

l’économie marchande, l’économie solidaire,

l’économie sociale qui occupe 10 % de nos

emplois dans notre pays. Il y a ici, de l’agriculture

aux transports, des services à l’industrie, tout ce

qui fait la richesse,