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ROYAUME DU MAROC AGENCE DU BASSIN HYDRAULIQUE DU SEBOU Tarification de l’eau et recouvrement des
ROYAUME DU MAROC AGENCE DU BASSIN HYDRAULIQUE DU SEBOU Tarification de l’eau et recouvrement des

ROYAUME DU MAROC

ROYAUME DU MAROC AGENCE DU BASSIN HYDRAULIQUE DU SEBOU Tarification de l’eau et recouvrement des coûts

AGENCE DU BASSIN HYDRAULIQUE DU SEBOU

ROYAUME DU MAROC AGENCE DU BASSIN HYDRAULIQUE DU SEBOU Tarification de l’eau et recouvrement des coûts

Tarification de l’eau et recouvrement des coûts dans le Bassin du Sebou

l’eau et recouvrement des coûts dans le Bassin du Sebou Rapport final du projet Ec’Eau Sebou

Rapport final du projet Ec’Eau Sebou

Avril 2008

du Sebou Rapport final du projet Ec’Eau Sebou Avril 2008 Ec’Eau Sebou – Avril 2008 Tarification

Ec’Eau Sebou – Avril 2008 Tarification de l’eau et recouvrement des coûts dans le bassin du Sebou

ACTeon

Innovation, policy, environment

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Note au lecteur

Ce rapport a été préparé dans le cadre du projet Ec’Eau Sebou de collaboration entre l’Agence du Bassin Hydraulique du Sebou et le programme méditerranéen du WWF. Financé par l’Union Européenne, ce projet s’attache à tester les méthodes et outils d’analyse économique proposés par la Directive Cadre sur l’Eau Européenne dans le bassin du Sebou, dans le but d’évaluer la pertinence de telles approches dans le contexte de la gestion de l’eau au Maroc et d’identifier les conditions nécessaires à leur application.

Les résultats présentés dans ce rapport ont été obtenus grâce aux informations et données rendues disponibles par les différentes administrations marocaines et projets de recherche en gestion des ressources en eau. Les partenaires Ec’Eau Sebou gardent cependant l’entière responsabilité des résultats présentés dans ce rapport dont l’objectif principal est d’illustrer l’application de méthodes et approches dans le contexte particulier du bassin du Sebou.

Ce rapport a été préparé par :

Anne Chohin-Kuper, ACTeon, anne.chohin-kuper@menara.ma

En collaboration avec :

Moustapha Sahili, ABHS, mousahi@yahoo.fr Aziz Bouignane, ABHS, Azingat@yahoo.fr Leila Mizane, ABHS, lailamis@yahoo.fr Pierre Strosser, ACTeon, pierre.strosser@wanadoo.fr Meriem El Madani, WWF, melmadani@wwfmedpo.org

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Ec’Eau Sebou – Avril 2008 Tarification de l’eau et recouvrement des coûts dans le bassin du Sebou

Sommaire

 

Introduction

8

1. Le cadre législatif et institutionnel de la tarification de l’eau

9

1.1.

Le cadre législatif et réglementaire

9

1.1.1. Code des investissements agricoles (1969)

9

1.1.2. Dispositif d’incitation à l’économie des ressources en eau

10

1.1.3. Loi sur l’eau 10-95

10

1.1.4. Loi 06-99 sur la liberté des prix et concurrence

12

1.1.5. Cadre réglementaire pour la délégation de service de l’AEP

12

1.2.

Le cadre institutionnel

12

1.2.1. Les institutions d’orientation, concertation, consultation

12

1.2.2. Les institutions de planification, gestion sectorielle

13

1.2.3. Commission interministérielle des prix

15

2. Quels services et usages de l’eau ?

16

2.1.

Les services de l’eau

16

2.1.1. Services de l’alimentation en eau potable et industrielle

16

2.1.2. Assainissement

17

2.1.3. Service de l’eau d’irrigation

17

2.2.

Les usages de l’eau dans le bassin du Sebou

19

3. La tarification de l’eau dans le bassin du Sebou

22

3.1.

Eau potable et industrielle (AEPI)

22

3.1.1. Gestionnaires du service

22

3.1.2. Structures tarifaires

22

3.1.3. Révision des prix

26

3.1.4. Recouvrement des coûts

27

3.2.

Assainissement

31

3.2.1. Structures tarifaires

31

3.2.2. Recouvrement des coûts

31

3.3.

Irrigation en Grande Hydraulique : ORMVAG

32

3.3.1. Structure tarifaire

32

3.3.2. Révision des tarifs

33

3.3.3. Recouvrement des coûts du service

34

3.4.

PMH Moyen Sebou Inaouen aval

36

3.4.1. Gestion du service de l’eau

36

3.4.2. Structure tarifaire

37

3.4.3. Recouvrement des coûts

38

3.5. PMH traditionnelle

38

3.6. Irrigation privée

38

3.7. Redevances ABHS

39

3.7.1. Modalités

39

3.7.2. Mise en œuvre et recouvrement

40

4. Flux financiers du secteur de l’eau dans le bassin du Sebou

42

4.1.

Qui paie quoi ?

42

4.1.1. Flux financiers eau potable

43

4.1.2. Flux financiers Irrigation

43

4.1.3. Flux financiers assainissement

43

3

Ec’Eau Sebou – Avril 2008 Tarification de l’eau et recouvrement des coûts dans le bassin du Sebou

4.2.

Subventions et transferts

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4.3.

Incitations à la préservation de la ressource

45

4.3.1. Eau potable et industrielle

45

4.3.2. Eau d’irrigation

47

5.

Conclusions et pistes de réflexion

48

Références

 

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Ec’Eau Sebou – Avril 2008 Tarification de l’eau et recouvrement des coûts dans le bassin du Sebou

Liste des figures

Figure 1 : Cadre institutionnel de la gestion de l’eau au Maroc

14

Figure 2 : importance relative de la production et distribution d’eau dans les régies

17

Figure 3 : Usages de l’eau dans le bassin du Sebou

20

Figure 4 : Répartition des usages de l’eau potable et industrielle

20

Figure 5 : Usages de l’eau potable dans le Bassin du Sebou

21

Figure 6 : Répartition des charges polluantes par usage

21

Figure 7 : Répartition des volumes eau potable par type d’usager

24

Figure 8 : Volumes et montants eau potable par tranche de consommation et usager, Fès

24

Figure 9 : Volumes et montants eau potable par tranche de consommations et usager, centres ONEP Figure 10 : Prix moyen du m 3 d’eau potable en fonction de la consommation Figure 11 : Montant de la facture eau potable en fonction de la consommation Figure 12 : Evolution du prix de l’eau potable dans le bassin du Sebou Figure 13 : Calcul du coût du service eau potable Figure 14 : Recouvrement des coûts de l’AEP Figure 15 : Tarif de l’assainissement liquide dans les centres ONEP Figure 16 : Recouvrement des coûts de l’assainissement liquide, Fès Figure 17 : Evolution du tarif de l’eau d’irrigation à l’ORMVAG Figure 18 : Taux d’irrigation à l’ORMVAG Figure 19 : Calcul du coût durable Figure 20 : Gestion de l’irrigation dans le périmètre du Moyen Sebou Inaouen aval Figure 21 : Redevance prélèvement dans le Bassin du Sebou Figure 22 : Taux de recouvrement de la redevance prélèvement ORMVAG Figure 23 : Répartition des contributions financières par usage et service dans le bassin du Sebou Figure 24 : Contributions financières des usagers des centres ONEP et de la régie de Fès Figure 25 : Montants de l’assainissement et charges polluantes par usage

Figure 26 : Part du Bassin du Sebou dans les superficies en irrigation localisée ou complément

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41

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Figure 27 : Poids budgétaire de la facture eau en fonction de la consommation et des ménages

 

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Liste des tableaux

Tableau 1 : Modalités de financement des infrastructures d’irrigation (CIA)

9

Tableau 2 : Les Cas de redevance forfaitaire

12

Tableau 3 : Les grandes dates de la gestion de l’eau au Maroc

19

Tableau 4 : Tarification de l’eau potable et industrielle, 2006

23

Tableau 5 : Evolution des prix de l’eau potable, ONEP, Régies

27

Tableau 6 : taux de recouvrement des coûts de l’eau potable

29

Tableau 7 : taux de recouvrement des coûts de l’assainissement

32

Tableau 8 : Taux de recouvrement du coût durable

35

Tableau 9 : PMH Moyen Sebou, tarifs de l’eau et recouvrement

38

Tableau 10 : Taux de redevance 2006

39

Tableau 11 : Superficies réalisées et nombre puits et forages avec techniques économes en eau

 

44

Tableau 12 : Subventions irrigation, techniques économes en eau et primes

45

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Ec’Eau Sebou – Avril 2008 Tarification de l’eau et recouvrement des coûts dans le bassin du Sebou

Tableau 13 : Poids budgétaire de la facture eau et assainissement en fonction des types de ménages

Tableau 14 : Application des principes de la DCE : cas des principaux services liés à l’usage

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de l’eau dans le Bassin du Sebou, au Maroc

50

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Ec’Eau Sebou – Avril 2008 Tarification de l’eau et recouvrement des coûts dans le bassin du Sebou

Liste des acronymes

ABHS Agence du Bassin Hydraulique du Sebou

AUEA Associations d’Usagers de l’Eau Agricole AUEP Associations d’Usagers de l’Eau Potable CSEC Conseil Supérieur de l’Eau et du Climat DCE Directive Cadre sur l’Eau

DDGI

Direction du Développement et de la Gestion de l’Irrigation

DEPP

Direction des Entreprises Publiques et de la Privatisation

DPH Domaine Public Hydraulique DRSC Direction des Régies et des Services Concédés

MADRPM Ministère de l’Agriculture, du Développement Rural et des Pêches Maritimes MATEE Ministère de l’Aménagement du Territoire et de l’Environnement ONE Office National de l’Electricité ONEP Office National de l’Eau Potable

ORMVAG

RADEEF Régie Autonome intercommunale de Distribution d’Eau et d’Electricité Fès PAGER Programme d’Alimentation Groupée en Eau Potable Rurale PAGI Projet d’Amélioration de la Grande Irrigation PDAIRE Programme de Développement et d’Aménagement Intégré des Ressources en Eau

PMH

Office Régional de Mise en Valeur Agricole du Gharb

Petite et Moyenne Hydraulique

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Ec’Eau Sebou – Avril 2008 Tarification de l’eau et recouvrement des coûts dans le bassin du Sebou

Introduction

L’objectif principal du projet Ec’Eau Sebou est de tester les méthodes et outils d’analyse économiques de la Directive Cadre sur l’Eau (DCE) Européenne dans un environnement institutionnel, socio-économique et politique caractéristique du bassin méditerranéen, i.e. le bassin du Sebou au Maroc. Ce test devrait permettre d'identifier les difficultés d’application des analyses économiques de la DCE dans un contexte marocain et d’identifier la pertinence de ces analyses pour répondre aux grands enjeux de gestion de l’eau du Maroc. Une des composantes clés du projet Ec’Eau Sebou, en accord avec le texte de la DCE européenne, est l’analyse des instruments économiques appliqués à la gestion de l’eau, tarification ou redevances, cette analyse étant particulièrement pertinente dans le contexte de la gestion des ressources en eau au Maroc. La directive cadre sur l’eau s’intéresse en particulier à deux dimensions des instruments économiques : (1) la capacité de ces instruments à recouvrer le coût des services de l’eau et (2) la dimension incitative de ces instruments pour influencer les prélèvements et pollutions des acteurs et contribuer à une gestion plus durable des ressources en eau. Ce rapport présente les premiers résultats des analyses de la tarification de l’eau et du recouvrement des coûts des services dans le bassin du Sebou effectuées dans le cadre du projet Ec’Eau Sebou. Les résultats permettent de discuter l’application des 3 principes de la DCE:

(1) la prise en compte du principe de recouvrement des coûts des services liés à l’utilisation de l’eau y compris les coûts pour l’environnement et la ressource, sur la base d’une analyse économique et du principe pollueur-payeur ; (2) la contribution appropriée des différents secteurs économiques –désagrégés au moins en industrie, ménages et agriculture- aux coûts des services de l’eau ; (3) le caractère incitatif des politiques de tarification en termes d’utilisation efficace de l’eau. L’analyse permet aussi de mettre en évidence la prise en compte éventuelle d‘effets sociaux, environnementaux ou économiques ainsi que les conditions géographiques et climatiques spécifiques dans les politiques tarifaires. Le cadre institutionnel et législatif de la tarification de l’eau au Maroc est décrit dans la première partie. La tarification de l’eau dans le bassin du Sebou est ensuite analysée et discutée en détail pour les usages et services concernés. Le service de l’assainissement n’est que partiellement documenté dans ce rapport. Une synthèse présente ensuite les résultats préliminaires sur les principaux flux financiers et transferts entre acteurs. En conclusion quelques pistes de réflexion et analyses complémentaires qui pourraient être réalisées sont présentées et discutées.

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Ec’Eau Sebou – Avril 2008 Tarification de l’eau et recouvrement des coûts dans le bassin du Sebou

1. Le cadre législatif et institutionnel de la tarification de l’eau

1.1. Le cadre législatif et réglementaire

1.1.1.Code des investissements agricoles (1969)

Le cadre légal d’intervention de l’Etat pour le développement de l’irrigation est défini par le Code des investissements agricoles de 1969.

Financement des investissements

Le code prévoit que l’Etat finance les investissements à hauteur de 60% et les bénéficiaires à hauteur de 40%. Les bénéficiaires participent aussi au financement du service à travers la redevance pour l’utilisation de l’eau d’irrigation. Des dispositions spécifiques (exonérations) sont possibles pour des raisons sociales (Tableau 1).

Tableau 1 : Modalités de financement des infrastructures d’irrigation (CIA)

1969

Participation des usagers : 1500 Dh/ha équipé, Exonérations pour les exploitations de moins de 5ha et les 5 premiers ha des exploitations de moins de 20ha Possibilités de crédits bonifiés (4%)

1984

Participation des usagers : 30% du coût moyen pondéré des équipements d’irrigation

1997

Participation des usagers : 40% du coût moyen pondéré des équipements d’irrigation Hausse des taux des crédits bonifiés à 6% Fin des exonérations Participation des usagers à l’amélioration du service de l’eau

Source : El Yacoubi et Belghiti, 2002

Redevance pour l’usage de l’eau d’irrigation

Pour les périmètres de Grande Hydraulique, le CIA fixe les principes de la tarification de l’eau d’irrigation. Dans le cas des périmètres non délimités comme la PMH traditionnelle, « l’utilisation de l’eau d’irrigation est soumise à une redevance fixée jusqu’en 1995 par arrêté 1 et à partir de 1995 par la loi sur l’eau, qui a généralisé le principe « préleveur-payeur» à l’ensemble des utilisateurs du domaine hydraulique » (El Yacoubi et Belghiti, 2002).

Les principes de la tarification de l’eau agricole sont les suivants:

- Le Service de l’eau est payant,

- L’usager participe au financement des investissements à hauteur de 40%,

- La tarification assure la durabilité financière des infrastructures: couverture des coûts de fonctionnement, de maintenance et amortissements des infrastructures; des révisions tarifaires sont prévues en fonction de l’inflation,

- Equité : droit d’accès de l’eau à tous, exonération des petits agriculteurs,

- Efficacité économique : tarification volumétrique, avec un objectif d’efficience d’utilisation de l’eau. La modification de la tarification du CIA en 1996 prévoyait une

1 Arrêté viziriel de 1926 tel que modifié en 1949 et en 1952

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Ec’Eau Sebou – Avril 2008 Tarification de l’eau et recouvrement des coûts dans le bassin du Sebou

tarification différenciée par tranches de consommation (décret 2-96-297 du 30 juin 1996) pour encourager l’utilisation efficiente de l’eau mais les contraintes techniques (système de comptage et d’information) rendent difficiles l’application de ce principe (El Yacoubi et Belghiti, 2002).

Le tarif est fixé par arrêté conjoint des ministères de l’Agriculture, de l’Eau et des Finances. Ils sont révisés en fonction de l’évolution des prix et des salaires sur la base d’une formule d’indexation fixée depuis 1983 par arrêté ministériel conjoint des ministères précédents et de l’Intérieur. Le prix peut être modifié si l’augmentation dépasse 5% (Chaouni, 2005).

1.1.2. Dispositif d’incitation à l’économie des ressources en eau

Dans un objectif de préservation de la ressource en eau, un programme d’incitation au développement de techniques d’irrigation économes en eau a été mis en place. Il encourage la conversion de l’irrigation gravitaire à l’irrigation localisée 2 . Dans ce cadre, certains irrigants bénéficient de primes et subventions pour l’investissement selon les deux dispositifs suivants.

- Un dispositif de subventions à l’équipement en irrigation localisée et par aspersion et prime à l’investissement pour les projets d’irrigation localisée 3 (DDGI 2004),

- Un nouveau dispositif de subvention en 2002 4 spécifiquement pour les projets d’irrigation localisée ou de complément qui doivent être approuvés par les services extérieurs du MADRPM (DDGI, 2004).

Irrigation localisée : Taux de subvention de 30 à 40% avec un plafond de 12000Dh/ha et 23000 Dh/ha dans le cas d’aménagement de bassin (Gueddari, 2004 ; Belghiti, 2005). Ce taux est passé à 60% en 2006. Irrigation de complément : Taux de subvention de 30% avec plafond de 10000Dh/ha et 20000 Dh/ha avec aménagement de bassin.

Concernant le bassin du Sebou la superficie à équiper est dans le Gharb (Beht) et concerne 4000 ha pour un coût de 420 MDH (Guedarri, 2004).

1.1.3.Loi sur l’eau 10-95

Principe de la domanialité des ressources en eau

L’eau est un bien public sous réserve des exceptions définies par la loi.

« L'eau est un bien public et ne peut faire l'objet d'appropriation privée sous réserve des dispositions du chapitre II » Loi 10-95, chapitre 1 article 1.

Principe de la gestion intégrée et décentralisée

La gestion intégrée et décentralisée des ressources en eau au niveau des bassins hydraulique doit être mise en œuvre par la création des agences hydrauliques de bassin.

Article 20 : définition des missions des agences : élaboration des plans de gestion intégrée des ressources en eau

Les Agences de Bassin doivent en outre permettre une gestion participative.

Principe des autorisations

2 Objectif : 114000 ha d’irrigation localisée et 30000 ha d’irrigation d’appoint au cours de la période 2002-2006

3 Arrêtés n°1305-83 du 01/02/1985 tel que modifié et complété en 1996 et arrêté n° 684-99 du 29 avril 1999

4 Arrêtés 1994-01 (irrigation localisée) du 17-01-02 et arrêté 1995-01 du 17-01-02 pour l’irrigation d’appoint

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Ec’Eau Sebou – Avril 2008 Tarification de l’eau et recouvrement des coûts dans le bassin du Sebou

Le principe des autorisations et concessions du domaine public hydraulique est défini par les articles 21 et 22. Ce principe est précisé dans les articles 36 à 48, dont les modalités d’application sont fixées par le décret n°2-97-487 du 4 février 1998 (Belkkali, 2007). Pour les concessions d’utilisation du Domaine Public Hydraulique (DPH), un avis préalable du conseil d’administration de l’agence est nécessaire. Pour les zones urbaines, l’autorisation du directeur de l’agence après avis de la collectivité locale concernée est suffisante. Les différentes autorisations sont définies dans les articles suivants :

- Autorisation de déversement art 53,

- Autorisation d’extraction : art 15 à 19,

- Autorisation d’utilisation des eaux usées : art 57 et décret n°2-97-875 du 04/02/1998 accordée par les agences sur avis d’une commission des départements de l’eau, de la santé, et de celui dont relèvent les secteurs usagers des eaux usées.

Les autorisations pour occupations temporaires du DPH (travaux, loisirs…) donnent lieu à la perception de redevances.

Principe préleveur payeur

Toute personne utilisant les ressources en eau est soumise au paiement d’une redevance selon l’article 37 de la loi 10-95 5 . Les modalités de fixation des redevances sont définies par le décret n°2-97-414 du 4 février 1998 6 . Le montant de la redevance pour l’utilisation de l’eau prélevée du Domaine Public Hydraulique est calculé en fonction du volume d’eau prélevé selon l’article 1 sauf exceptions mentionnées à l’article 4 pour lesquelles la redevance est forfaitaire (Tableau 2). Le montant de la redevance forfaitaire ne peut excéder 250 DH par point de prélèvement ; le taux ne peut excéder 1/10 du taux ordinaire. Le taux de la redevance et les modalités de révision (formule de révision) sont fixés par arrêté conjoint des Autorités gouvernementales chargées des Finances et des Equipements et du Ministère dont relève le secteur usager. Le taux de redevance est affecté d’un coefficient de régulation en fonction de l’origine superficielle ou souterraine de l’eau. Le volume d’eau prélevé doit être déterminé par un compteur volumétrique ou à défaut sur la base du débit autorisé. L’utilisateur est tenu de déclarer ce volume à l’agence. La loi ne donne cependant pas de précision sur l’affectation du produit des redevances sauf pour la redevance déversement qui doit être allouée aux actions de dépollution. Il existe ainsi une confusion sur son rôle : équilibre budgétaire de l’agence versus préservation de la ressource.

5 Loi 10-95, ARTICLE 37 – « Toute personne physique ou morale utilisant les eaux du domaine public hydraulique est soumise au paiement d'une redevance pour utilisation de l'eau, dans les conditions fixées dans la présente loi. » 6 Décret N°2-97-414 du 6 choual 1418 (4 février 1998) relatif aux modalités de fixation et de recouvrement de la redevance pour utilisation de l’eau du Domaine public hydraulique publié au B.O. n° 4558 du 7 chaoual 1418 (5 février 1998)

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Ec’Eau Sebou – Avril 2008 Tarification de l’eau et recouvrement des coûts dans le bassin du Sebou

Tableau 2 : Les Cas de redevance forfaitaire

Ressource en eau directement prélevée dans le milieu naturel, à usage domestique de volume inférieur à 10 m3/jour Ressource en eau directement prélevée dans le milieu naturel, desservant des populations rurales groupées pour leur alimentation en eau potable, dont le volume est inférieur à 200 m3/jour. Pour les puissances installées des ouvrages hydroélectriques inférieures à 300 kW Pour les eaux d’exhaure des mines

Source : Décret n°2-97-414

1.1.4. Loi 06-99 sur la liberté des prix et concurrence

La loi 06-99 sur la liberté des prix et de la concurrence définit les modalités de réglementation des prix pour certains biens, produits ou services pouvant faire l’objet de « situations de monopole de droit ou de fait » selon l’article 3. Les prix de l’eau potable et de l’assainissement, lorsqu’ils sont gérés par des services délégués, sont ainsi réglementés par l’administration après consultation du Conseil de la Concurrence. Les modalités de réglementation sont définies par le décret n°2-00-584 du 17 septembre 2001. L’homologation par l’administration était prévue jusqu’à 2006 ; les prix pouvant ensuite être fixés par les conseils d’administration des régies (Banque Mondiale 2004). Cette disposition n’a pas encore été mise en oeuvre. Dans le cas des concessions, les modalités d’ajustement des tarifs son fixées dans les contrats de concession.

1.1.5. Cadre réglementaire pour la délégation de service de l’AEP

Les Lois 39-89 et 34-98 définissent les conditions générales de délégation de service par les conseils communaux mais le cadre juridique ne spécifie pas les procédures spécifiques (Banque mondiale, 2004). La Loi 69-00 fixe les conditions du contrôle financier des établissements publics, concessions (Bulletin Officiel 5170, 2003).

1.2. Le cadre institutionnel

1.2.1.Les institutions d’orientation, concertation, consultation

La Commission Interministérielle de l’Eau

La commission interministérielle de l’eau créée en 2001 et présidée par le Premier Ministre a un rôle d’orientation et de coordination de l’action gouvernementale dans le secteur de l’eau. Elle a pour fonction notamment de suivre les recommandations du Conseil Supérieur de l’Eau et du Climat et de permettre la mise en œuvre des mesures du Programme d’Ajustement Structurel du Secteur de l’Eau (FAS Eau) ou encore de la loi sur l’eau. Des comités techniques spécialisés sont chargés de soumettre les programmes nationaux à la commission, notamment en ce qui concerne la tarification de l’eau. Chaque comité est piloté par le Ministère ad hoc. Dans le domaine de la tarification de l’eau, le comité est piloté par le Ministère chargé des Affaires Economiques et Générales et de la Mise à Niveau de l’Economie (MATEE, 2004).

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Ec’Eau Sebou – Avril 2008 Tarification de l’eau et recouvrement des coûts dans le bassin du Sebou

Conseil Supérieur de l’Eau et du Climat

Forum de concertation, le conseil supérieur de l’eau et du climat (CSEC) « est chargé de formuler les orientations générales de la politique nationale de l’eau et du climat » (Ministère des travaux publics). Il est composé à parité de :

- représentants de l’Etat et des établissements publics intervenant dans le secteur de l’eau potable, irrigation et hydro-électricité,

- représentants de usagers, des assemblées préfectorales ou provinciales et de professionnels (enseignement, recherche, ingénierie, associations professionnelles).

Commissions préfectorales et provinciales de l’eau

Instituées par la loi 10-95 sur l’eau ces commissions sont constituées de représentants de l’Etat et des établissements publics du secteur de l’eau et de représentants des élus. Elles ont notamment pour rôle d’assister à l’élaboration des Programmes de Développement et d’Aménagement Intégré des Ressources en Eau (PDAIRE), d’encourager les actions des communes en faveur de l’économie et de conservation des ressources en eau, de sensibiliser le public à la problématique de la protection et la préservation des ressources en eau (Banque Mondiale 2004). Leur rôle est cependant limité.

Conseil de la concurrence

Le Conseil de la Concurrence est consulté par l’administration pour la réglementation des prix de l’eau potable selon les dispositions de la loi 06-99 sur la liberté des prix et de la concurrence. Le conseil est composé7 de :

- 6 membres de l’administration représentants des Ministres charges de la Justice, de l’Intérieur, des Finances, des Affaires générales du gouvernement, du Plan, et d’un représentant du Secrétaire général du Gouvernement,

- 3 membres reconnus pour leur « compétence en matière juridique, économique, de concurrence ou de consommation »,

- 3 membres ayant une expérience des secteurs de la production, de la distribution ou des services.

1.2.2.Les institutions de planification, gestion sectorielle

Politique sectorielle

Les Ministères (Figure 1) ont en charge la définition de la politique du secteur de l’eau et des sous-secteurs. La politique de l’eau relève d’au moins quatre ministères principaux :

- Ministère Finances –Direction des entreprises publiques et de la privatisation (DEPP) et des finances (contrôles des marchés passés par l’Office National d’Eau Potable (ONEP), contrôle des régies),

7 Décret n°2-00-854 du 17 septembre 2001 et décret n° 2-02-1 du 20 décembre 2001 (nomination des membres)

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Ec’Eau Sebou – Avril 2008 Tarification de l’eau et recouvrement des coûts dans le bassin du Sebou

- Ministère de l’Intérieur (MI) ,

- Ministère de l’Agriculture et du Développement Rural et des Pêches Maritimes (MADRPM),

- Ministère de l’Environnement dont dépend désormais la Direction de l’Hydraulique (Ministère des travaux publics auparavant).

La Direction Générale de l’Hydraulique (ex Ministère des Travaux Publics) avait pratiquement toute la responsabilité de la gestion de l’eau au niveau National (World Bank, 1995). La DGH est responsable de la construction et la maintenance des infrastructures d’irrigation des grands et moyens systèmes irrigués. Elle met l’au à disposition au niveau des bassins de drainage.

Cadre insitutionnel de la gestion de l'eau au Maroc

Coordination, Conseil Supérieur de l'Eau et du Climat Commision interministérielle de l'eau Premier Ministre
Coordination,
Conseil Supérieur de l'Eau et
du Climat
Commision interministérielle
de l'eau Premier Ministre
Commissions préfectorales et
provinciales
concertation,
orientation
Politique
Commission interministérielle des prix
tarification
Aménagement
Agriculture,
Affaires
Ministères
Intérieur
territoire, eau,
développement rural,
Industrie
Finances
générales
Poliique
environnement
pêches maritimes
sectorielle
Secrétariat
d'Etat
chargé de
l'Eau
Direction des
Direction des
Direction des
régies et
Direction
entreprises
Gestion du
Collectivités
services
Générale de
Administration du
publiques et
secteur
Locales
concédés
l'Hydraulique
Génie Rural
privatisation
Agences de
Bassin
gestion de la
ressource
Production,
distribution,
Associations
Office National de
l'Eau Potable
(ONEP)
Associations
usagers eau
Concessions
Offices régionaux de
mise en valeur
agricole (ORMVA)
assainissement,
usagers eau
Municipalités
potable (AUEP)
Régies
privées
agricole (AUEA)
gestion service
Usagers :
Usagers agricoles
Domestiques
Utilisation,
Industriels
consommation
Autres
Alimentation Eau Potable et Industrielle
Irrigation

tutelle, relation contractuelle ventes eau, services (AEP, Irrigation, assainissement) flux financiersAutres Alimentation Eau Potable et Industrielle Irrigation Figure 1 : Cadre institutionnel de la gestion de

Figure 1 : Cadre institutionnel de la gestion de l’eau au Maroc

Gestion des sous-secteurs

Les directions des ministères impliquées dans la gestion du secteur :

- La Direction des Collectivités Locales dont dépendent les municipalités pour l’AEP et l’assainissement,

- La Direction des régies et des services concédés qui assure la tutelle des régies pour l’AEP et l’assainissement,

- La Direction Générale Hydraulique dont dépendent les agences notamment

- L’Administration du Génie Rural (AGR) a la responsabilité du secteur de l’irrigation

D’autres ministères tels que le Ministère de la santé publique (MSP) et le Ministère de

l’Industrie interviennent pour les aspects liés à leur secteur.

14

Ec’Eau Sebou – Avril 2008 Tarification de l’eau et recouvrement des coûts dans le bassin du Sebou

Gestion de la ressource, planification

Agences de bassin hydraulique : établissements publics dotés de la personnalité morale et de l’autonomie financière. Elles ont comme rôle d’évaluer, planifier et gérer les ressources en eau. Les agences perçoivent les redevances sur les prélèvements et les rejets d’eaux usées. Les redevances d’utilisation du domaine public hydraulique constituent la principale source de financement des agences outre les subventions, dons, avances ou emprunts. La facturation et le recouvrement des redevances sont réalisés par l’Agence de l’eau ou délégués aux services eau qui sont sous tutelle de la direction générale l’hydraulique. Dans le cas du bassin du Sebou, 10 services de l’eau au niveau des directions régionales de l’équipement assurent le recouvrement pour le compte de l’agence dans les villes de : Kénitra, Khemisset, Boulmane, Taza, Taounate, Fès, Sefrou, Meknès, Ifrane, Sidi Kacem, Chefchaouen. Le recouvrement est délégué aux services de l’eau (contrats de délégation de services pour émettre des ordres de recettes) pour extraction matériaux, demande autorisation puits, frais de dossiers. Le recouvrement de la redevance pour les usages principaux (AEP, ONE, Irrigation) demeure du ressort de l’agence.

1.2.3. Commission interministérielle des prix

La commission interministérielle des prix est composée des représentants des ministères de :

- Intérieur

- Finances

- Agriculture

- Industrie

- Economie sociale

- Emploi

- Plan

Ainsi que du ministère dont relève le secteur d’activités concerné par les travaux de la commission. La commission a une fonction de régulation (Banque mondiale, 2004). Procédures de révision des tarifs : AEP, évaluation des demandes d’ajustement tarifaire de l’ONEP et des régies.

15

Ec’Eau Sebou – Avril 2008 Tarification de l’eau et recouvrement des coûts dans le bassin du Sebou

2. Quels services et usages de l’eau ?

2.1. Les services de l’eau

2.1.1. Services de l’alimentation en eau potable et industrielle

Les collectivités locales : municipalités et communes

La gestion de l’eau potable et de l’assainissement relève de la responsabilité des municipalités et communes 8 qui peuvent en déléguer le service à plusieurs selon le mode de gestion choisi – régie directe ou autonome, concession, ou autre forme de gestion déléguée. Pour les communes urbaines, les services d’AEPI des municipalités et communes sont gérés par :

- ONEP – accord avec les municipalités de type « contrat de gestion avec répercussion des coûts » (Banque mondiale, 2004)

- Régies autonomes : dans le Bassin du Sebou, 4 régies assurent l’alimentation en eau potable pour les villes de Fès, Meknès, Kénitra et Taza.

- Concessionnaires privés : aucune concession n’intervient dans le Bassin du Sebou

Pour les communes urbaines de petite taille et les communes rurales, la gestion peut être déléguée à :

- ONEP

- Associations d’usagers de l’eau potable

Dans le cas des bornes fontaines, un contrat tripartite est établi entre la commune, l’ONEP, et le gardien gérant de la borne fontaine à qui l’ONEP facture l’eau. Le contrat fixe le prix auquel le gardien facture l’eau au consommateur et les responsabilités du gardien gérant notamment en matière d’entretien.

L’Office National d’Eau Potable (ONEP)

L’ONEP (sous tutelle du MATEE) est un établissement public autonome à caractère commercial. Il dispose d’un contrat programme avec l’Etat (Banque mondiale, 2004) et son Conseil d’administration est présidé par le MATEE. L’ONEP assure notamment la production, la vente d’eau brute aux régies ou concessionnaires privés, la distribution d’eau potable, et l’assainissement en milieu urbain ou rural. L’ONEP a été désigné pour piloter le programme d’AEP rurale depuis 2004, en particulier le Programme d’Alimentation Groupée en Eau Potable Rurale (PAGER) (ONEP, 2007).

Les régies autonomes de distribution

Les 16 Régies, sous tutelle du Ministère de Intérieur, assurent une partie de la production et de la distribution de l’eau en milieu urbain. Pour le bassin du Sebou, la régie de Kénitra

8 L’article 39 de la loi 78-00 relative à la charte communale attribue aux conseils communaux la responsabilité du choix du mode de gestion (Banque mondiale, 2004)

16

Ec’Eau Sebou – Avril 2008 Tarification de l’eau et recouvrement des coûts dans le bassin du Sebou

produit environ 70% des volumes contre moins de 30% pour la régie de Fès (Figure 2). L’eau produite par l’ONEP et distribuée par les régies est facturée par l’ONEP.

Volumes en millions m3 et pourcentages d'eau produite et achetée par régie, 2005

100% 90% 2 7 80% 14 70% 51 60% 50% 40% 8 17 23 30%
100%
90%
2
7
80%
14
70%
51
60%
50%
40%
8
17
23
30%
20%
18
10%
0%
Fès
Meknès
Kénitra
Taza
Sources : régies
Volume acheté Volume produit
Volume acheté
Volume produit

Figure 2 : importance relative de la production et distribution d’eau dans les régies

Les concessionnaires privés

Les concessionnaires privés (4) gèrent l’AEPI selon un contrat de délégation de service établi avec la municipalité. Ils interviennent dans les grandes villes (Casablanca, Rabat, Tanger, Tétouan) mais sont absents dans le bassin du Sebou.

2.1.2. Assainissement

Dans les municipalités et communes urbaines, la gestion de l’assainissement peut être déléguée à l’ONEP, aux régies ou aux concessionnaires privés comme pour l’AEP. Dans le Bassin du Sebou, seules 3 régies interviennent pour l’assainissement. La régie de Taza n’est en charge que de l’eau potable, l’assainissement étant géré directement par la commune. Dans le bassin, l’ONEP gère l’assainissement pour quatre centres urbains –Ain Taoujdate, Khemisset, Dar El Guedari et Tiflet. Pour les communes rurales, l’ONEP a seul la responsabilité de la gestion déléguée de l’assainissement depuis la modification du Dahir de création de l’ONEP (ONEP, 2007). La DGH était en charge d’une partie de ce service auparavant.

2.1.3. Service de l’eau d’irrigation

Les Offices Régionaux de Mise en Valeur Agricole (ORMVA)

Les Offices Régionaux de Mise en Valeur Agricole (ORMVA), créés en 1965 (Tableau 3), sont des établissements publics à caractère administratif dotés d’une autonomie financière, sous la tutelle du Ministère de l’Agriculture. Ils sont « affectataires des ressources en eau du domaine public hydraulique dans leur zone d’action » et sont chargés par délégation de la gestion du service de l’eau à usage agricole et des réseaux d’irrigation dans les périmètres de grande hydraulique (El Yacoubi et Belghiti, 2002).

17

Ec’Eau Sebou – Avril 2008 Tarification de l’eau et recouvrement des coûts dans le bassin du Sebou

Ils perçoivent la redevance irrigation payée par les usagers agricoles et des subventions de l’Etat soit pour les investissements, soit pour l’équilibre du budget de fonctionnement. Dans le cas de la grande hydraulique l’Etat intervient pour l’aménagement, le fonctionnement et la mise en valeur. Le bassin du Sebou comprend l’ORMVA du Gharb (ORMVAG). Les Offices sont d’autre part chargés de la facturation et du recouvrement de la redevance prélèvement pour l’eau d’irrigation pour le compte de l’agence selon une convention établie entre l’agence et l’Office du Gharb dans le cas du Bassin du Sebou 9 : D’après la convention, sont concernés les prélèvements en tête d’exploitations agricoles situées dans le périmètre. L’Office établit des rôles des redevances selon son propre cycle de facturation de la redevance irrigation, émet les avis de recouvrement et assure le recouvrement des redevances. Le recouvrement est trimestriel et doit faire l’objet d’une comptabilité, d’une situation trimestrielle et être archivé, procédures qui ne sont pas sans poser quelques difficultés de mise en œuvre (Bekkali, 2007). L’ORMVAG est rémunéré pour la prestation rendue à l’ABHS selon les conditions fixées :

- première tranche de 5% du montant total des rôles mis en recouvrement, - deuxième tranche de 10% du montant effectivement recouvré y compris les frais de poursuite et intérêts de retard. Ces rémunérations sont prélevées à la source par l’ORMVAG.

Les Associations d’Usagers de l’Eau Agricole (AUEA)

Les Associations d’Usagers de l’Eau Agricole (AUEA) interviennent dans le cas de la Petite et Moyenne Hydraulique (PMH) pour la gestion du service et le recouvrement auprès de leurs membres des éventuelles taxes et redevances pour le compte de l’Etat (El Yacoubi et Belghiti, 2002). La loi 02-84 10 a permis de définir les conditions de la mise en œuvre de la gestion participative de l’irrigation (Kadiri, 2007). La redevance prélèvement pour l’eau d’irrigation n’est cependant pas encore mise en œuvre pour la PMH. Les modalités de gestion diffèrent selon le type de PMH -PMH type moderne versus PMH traditionnelle-. En particulier, dans le cas de la PMH moderne, un système de tarification et de recouvrement des coûts peut être mis en place, comme dans le cas de la PMH du Moyen Sebou Inaouen Aval (voir tarification de l’eau ci-dessous). Contrairement à la grande hydraulique (GH), dans la Petite et Moyenne Hydraulique (PMH) le rôle de l’Etat se limite aux aménagements -réhabilitations des infrastructures voire aménagements de périmètres modernes de PMH (Belghiti, 2005).

Les services « propres » de l’irrigation privée

Dans le cas de l’irrigation privée, l’intervention de l’Etat se résume aux subventions prévues dans le CIA, en particulier aux systèmes d’irrigation localisés. Le reste des coûts est pris en charge par les irrigants. Il s’agit dans ce cas de « services propres » puisque le service de l’eau est assuré par l’irrigant lui-même.

9 Convention du 17/12/2003 entre ABHS et ORMVAG pour recouvrement des redevances irrigation. ORMVAG (Bekkali, 2007) 10 Loi n° 02-84 relative aux associations d'usagers des eaux agricoles, dahir n° 1-87-12 du 21 décembre 1990

18

Ec’Eau Sebou – Avril 2008 Tarification de l’eau et recouvrement des coûts dans le bassin du Sebou

Tableau 3 : Les grandes dates de la gestion de l’eau au Maroc

1960

Création de l’Office National de l’Irrigation (ONI)

1965-66

Suppression de l’ONI et décentralisation avec la création des ORMVA

1969

Code des Investissements Agricoles : modalités de participation financière des agriculteurs au financement du secteur

1981

Conseil Supérieur de l’Eau et du Climat, première session

1995

Loi sur l’eau : organisation et contrôle de l’utilisation des ressources en eau, protection et conservation. Création des agences de Bassin, principe de la gestion par bassin sur la base de Plan de développement intégré des ressources en eau (PDAIRE)

1996

Révision tarification Code Investissements Agricoles

2000

Création de l’Agence du Bassin Hydraulique du Sebou

2001

Commission Interministérielle de l’Eau

2.2. Les usages de l’eau dans le bassin du Sebou

Quels usages ?

Les principaux usages de l’eau pris en compte dans l’analyse sont, pour l’eau potable et industrielle 11 :

- Usages domestiques correspondant aux ménages urbains et ruraux

- Usages domestiques préférentiels correspondant aux bornes fontaines et bains maures. Les hôtels étaient aussi comptabilisés dans les usages domestiques jusqu’à 2005

- Usages correspondant à la consommation en eau des administrations

- Usages industriels, y compris industries isolées

Concernant l’eau agricole les usages distinguent les types d’irrigation :

- Irrigation de grande hydraulique avec principalement les périmètres irrigués de l’ORMVAG 12

- Pompage privé de la grande hydraulique à partir de ressources en eau régularisées

- Irrigation en Petite et Moyenne Hydraulique (PMH)

- Irrigation privée : irrigation individuelle par pompage à partir d’oueds ou de nappes ou services propres

L’importance des usages est analysée sur la base des volumes distribués aux usagers ou mobilisés par les usagers et non des volumes prélevés par les gestionnaires des services. Les usages de l’eau dans le bassin du Sebou sont largement dominés par l’agriculture qui représente près de 90% des volumes distribués pour les usages considérés (Figure 3). Le volume des consommations en eau potable et industrielle avoisine les 160 millions de m 3 avec une prédominance de l’usage des ménages 13 .

11 Les services propres –ménages ou industries isolés- ne sont pas pris en compte pour l’analyse des coûts mais leurs volumes sont comptabilisés dans les bilans

12 Une part limitée des périmètres de l’ORMVA du Loukkos est comprise dans le basin du Sebou, ils ne sont pas pris en compte dans l’analyse

13 Y compris les industries isolées disposant de leur propre source d’alimentation en eau dont les volumes sont estimés à 30 Millions de m 3 dans le scénario tendanciel, et les ménages isolés.

19

Ec’Eau Sebou – Avril 2008 Tarification de l’eau et recouvrement des coûts dans le bassin du Sebou

Uages de l'eau dans le Bassin du Sebou Volumes consommés en millions de m 3 et pourcentages

Irrigation privée

611 Mm3

36%

Eau potable et industrielle

163 Mm 3 9% ORMVAG 370 Mm3 22% ORMVAG, Pompage privé; 84 Mm3 5% PMH
163
Mm 3
9%
ORMVAG
370 Mm3
22%
ORMVAG,
Pompage privé;
84 Mm3
5%
PMH

484 Mm3

28%

Source : élaboré à partir de ORMVAG, ONEP, Régies, Pdaire

Figure 3 : Usages de l’eau dans le bassin du Sebou

Globalement, la part des usages domestiques s’élève à près de 70% des volumes d’eau potable consommés contre 22% pour les industries et hôtels (Figure 4).

Importance des usages de l'eau potable et industrielle

Administrations

9% Industries et hôtels 22% Domestique préférentiel Domestique (BF) 67% 2%
9%
Industries et
hôtels
22%
Domestique
préférentiel
Domestique
(BF)
67%
2%

Source : élaboré à partir de ONEP, PDAIRE

Figure 4 : Répartition des usages de l’eau potable et industrielle

Concernant les volumes distribués, l’eau potable destinée aux ménages individuels représente 78% des consommations contre 13% et 6% pour les industries pour ONEP et régies et la régie de Fès respectivement (Figure 5). La part des industries est faible en raison de l’importance

20

Ec’Eau Sebou – Avril 2008 Tarification de l’eau et recouvrement des coûts dans le bassin du Sebou

relative des volumes prélevés par les industries isolées estimés à environ 30 millions de m 3 dans le scénario tendanciel (Er-rabbani, 2008) qui ne sont pas pris en compte dans les volumes distribués par l’ONEP ou les Régies.

Usages de l'eau potable Bassin du Sebou, 2004 Administrations 120 Industries et hôtels 100 13%
Usages de l'eau potable
Bassin du Sebou, 2004
Administrations
120
Industries et hôtels
100
13%
Domestique
préférentiel (BF)
80
Domestique
60
78%
40
20
78%
0
ONEP+ Régies
Régie Fès
AEP Rurale
Isolés
Volumes millions m3

Source : élaboration à partir de ONEP, Régies, Pdaire

Figure 5 : Usages de l’eau potable dans le Bassin du Sebou

Charges polluantes par usage

Les ménages et industries sont les sources de rejet et de pollution les plus importantes en termes d’unités de charges polluante calculées à partir des indicateurs de matières organiques, matières en suspension et métaux lourds rejetés. En revanche la pollution agricole concerne surtout les pesticides.

Charge polluante par usage dans le bassin du Sebou

Décharges Industrie Domestique 0 10 20 30 40 50
Décharges
Industrie
Domestique
0
10
20
30
40
50

Unités de charge polluante en millions Source : élaboré à partir de Grandmougin, 2007

Figure 6 : Répartition des charges polluantes par usage

21

Ec’Eau Sebou – Avril 2008 Tarification de l’eau et recouvrement des coûts dans le bassin du Sebou

3.

La tarification de l’eau dans le bassin du Sebou

3.1. Eau potable et industrielle (AEPI)

3.1.1.Gestionnaires du service

La facturation et le recouvrement du tarif de l’eau potable dans le bassin du Sebou sont assurés par le gestionnaire du service :

- ONEP

- 4 Régies : 4 régies assurent l’alimentation en eau potable pour les villes de Fès, Meknès, Kénitra et Taza

- Communes, Associations d’usagers d’Eau Potable

Aucun concessionnaire privé n’intervient dans le Bassin du Sebou pour le service de l’AEP. Pour les abonnés raccordés, le recouvrement est assuré directement par le service gestionnaire ou par la commune. Dans le cas des bornes fontaines, le recouvrement des coûts auprès des usagers est réalisé par le gardien gérant de la borne. Les communes rurales n’ayant pas délégué leur service peuvent recouvrir directement une partie du coût du service auprès des usagers.

3.1.2.Structures tarifaires

Tarification du service de l’eau

Les structures tarifaires sont définies en fonctions des différents types d’usagers. Quatre types d’usagers sont pris en compte :

- Usagers domestiques : ménages individuels, administrations, collectivités locales et organismes publics

- Usagers préférentiels : bornes fontaines et bains maures

- Industries

- Hôtels 14

Pour les ménages individuels, la tarification de l’eau potable domestique par les régies du bassin du Sebou et les Centres ONEP est une tarification binôme avec une redevance fixe mensuelle et une redevance volumétrique fonction du volume consommé. La tarification est progressive par paliers : le prix du m3 augmente en fonction de la tranche de consommation avec 4 tranches de consommation actuellement (Tableau 4). Pour les usages préférentiels –bornes fontaines, bains maures- la tarification est binôme volumétrique de même que pour les industries et hôtels. Pour ces trois types d’usagers, les niveaux de tarifs diffèrent avec le niveau de prix le plus élevé pour les hôtels dans le cas des régies. Pour les centres ONEP ce sont les usages préférentiels qui paient le prix le plus élevé (Tableau 4).

14 Les hôtels entraient dans la catégorie usage domestique avant de se voir appliquer ne tarification spécifique à partir de 2005-06

22

Ec’Eau Sebou – Avril 2008 Tarification de l’eau et recouvrement des coûts dans le bassin du Sebou

Tableau 4 : Tarification de l’eau potable et industrielle, 2006

 

Tarifs

Tarifs à la distribution (hors TVA)

   

Production

 

Tarifs

LOCALITES

yc surtaxes

 

Usage domestique

 

Autres usages

 

moyens

et hors

 

6-20

20-40

sup à 40

     

TVA

0-6 m3/mois

m3/mois

m3/mois

m3/mois

Préférentiel

Industriel

Hôtels

Fès

3,05

1,95

7,07

8,79

8,84

5,61

5,32

7,63

5,76

Meknès

2,41

1,30

3,88

4,45

4,51

2,18

2,23

3,71

3,18

Kénitra

4,14

2,32

5,25

6,59

6,64

4,88

4,46

5,82

4,77

Taza

3,07

2,15

6,00

8,92

8,97

5,85

6,07

7,63

5,55

Moyenne

                 

Régies

3,22

2,33

6,57

8,37

8,57

5,29

5,59

7,95

5,71

Centres

                 

ONEP

2,37

7,39

10,98

11,03

7,20

6,68

6,68

6,14

Notes : redevance fixe 72 Dh/mois (usage domestique), 120 Dh/mois (préférentiel) Source : ONEP, BO n°5400 du 2 Mars 2006

Niveaux des prix moyens

Les prix moyens diffèrent fortement selon les régies en fonction des coûts puisque les régies sont gérées de façon autonome sans péréquation entre elles contrairement à l’ONEP qui gère l’Eau Potable à l’échelle nationale avec des péréquations entre régions. Ainsi la régie de Meknès avec les coûts de mobilisation de la ressource les plus faibles pratique les prix les plus bas du Maroc. Globalement les prix moyens de l’ONEP sont supérieurs à ceux pratiqués par les régies, en raison notamment des coûts plus élevés de distribution de l’eau dans des villes de plus petite taille que celles desservies par les régies.

Equité de la tarification

La tranche sociale supposée permettre un accès à l’eau potable aux populations défavorisées est une mesure peu ciblée sur ces populations pour plusieurs raisons. D’une part, elle profite à l’ensemble des usagers quel que soit leur niveau de vie. D’autre part, elle ne bénéficie pas aux branchements domestiques collectifs. Enfin, elle bénéficie indûment aux administrations auxquelles le tarif domestique est appliqué (Banque mondiale, 2004) même si celles-ci représentent une part faible de la consommation totale. Pour la régie de Fès, la consommation en eau des administrations représente 13% de l’eau dite domestique et 12% du total (Figure 7). Le volume de la première tranche des administrations ne dépasse pas 1% de la consommation totale des centres ONEP.

23

Ec’Eau Sebou – Avril 2008 Tarification de l’eau et recouvrement des coûts dans le bassin du Sebou

Répartition des volumes d'Eau potable distribués par la régie de Fès, 2005

Bornes

fontaine Bains maures 3% 2% Industriels 3% Administrations 12% Ménages
fontaine
Bains maures
3%
2%
Industriels
3%
Administrations
12%
Ménages

Source : Radeef

80%

Figure 7 : Répartition des volumes eau potable par type d’usager

Les volumes de la première tranche –ménages et administrations- représentent ainsi une part importante des consommations. Ils atteignent près de 40% des volumes distribués dans la ville de Fès (Figure 8) ainsi que dans les centres ONEP (Figure 9) alors que leur part dans les montants facturés 15 ne représente que 14% du montant total.

Volumes distribués par usager et tranche Régie de Fès, 2005 Préférentiel 5% Industriels 3% 1ère
Volumes distribués par usager et tranche
Régie de Fès, 2005
Préférentiel
5%
Industriels
3%
1ère
4ème
tranche
tranche
39%
18%
3ème
tranche
10%
2ème
tranche
25%
Source : Radeef

Contribution finacière par usager et tranche Régie de Fès, 2005

1ère Préférentiel Industriels tranche 5% 3% 14% 4ème tranche 29% 2ème tranche 33%
1ère
Préférentiel
Industriels
tranche
5%
3%
14%
4ème
tranche
29%
2ème
tranche
33%

Source : Radeef

3ème

tranche

16%

Figure 8 : Volumes et montants eau potable par tranche de consommation et usager, Fès

15 Hors partie fixe de la tarification

24

Ec’Eau Sebou – Avril 2008 Tarification de l’eau et recouvrement des coûts dans le bassin du Sebou

Consommations par usager et tranche, Centres ONEP, 2005

Industriel Préférentiel 3% 4% 4ème tranche 1ère 14% tranche 38% 3ème tranche 10%
Industriel
Préférentiel
3%
4%
4ème
tranche
1ère
14%
tranche
38%
3ème
tranche
10%

Source : ONEP

2ème

tranche

31%

Contribution financière par usager et tranche Centres ONEP 2005

Préférentiel 1ère Industriel 5% tranche 3% 14% 4ème tranche 25% 2ème tranche 36% 3ème
Préférentiel
1ère
Industriel
5%
tranche
3%
14%
4ème
tranche
25%
2ème
tranche
36%
3ème

tranche

17%

Source : ONEP

Figure 9 : Volumes et montants eau potable par tranche de consommations et usager, centres ONEP

Efficience et incitation à l’économie d’eau

La progressivité des tarifs et le niveau de prix sont deux éléments susceptibles d’influer sur la demande en eau des ménages. Le niveau de prix augmente fortement entre la première et la deuxième tranche, en particulier à Fès, Taza et dans les centres ONEP, où le prix est multiplié par plus de 3. La forte hausse à Meknès est modérée par un niveau de prix beaucoup plus faible (Figure 10). La progressivité est en revanche moins forte pour les tranches de consommation supérieures. Le tarif de la quatrième tranche n’augmente que de 0.5 à 1.3% par rapport à la tranche précédente.

25

Ec’Eau Sebou – Avril 2008 Tarification de l’eau et recouvrement des coûts dans le bassin du Sebou

Une comparaison du montant de la facture eau (Figure 11) avec les dépenses des ménages pourrait permettre d’évaluer l’importance de la facture eau en fonction des catégories de ménages et donner des indications sur leur capacité à payer.

Prix moyen de l'eau potable domestique en fonction de la consommation mensuelle Régies et Centres ONEP urbains - 2006

10,0 9,0 8,0 7,0 6,0 5,0 4,0 3,0 2,0 1,0 0,0 Tranche 1 Tranche 2
10,0
9,0
8,0
7,0
6,0
5,0
4,0
3,0
2,0
1,0
0,0
Tranche 1
Tranche 2
Tranche 3
Tranche 4
1
6
20
40
Prix moyen Dh/m3

Consommation mensuelle m3

Source : ONEP

CentresOnep Fès Taza Kénitra Meknès

Onep

Fès

TazaCentres Onep Fès Kénitra Meknès

KénitraCentres Onep Fès Taza Meknès

MeknèsCentres Onep Fès Taza Kénitra

Figure 10 : Prix moyen du m 3 d’eau potable en fonction de la consommation

Montant de la facture d'eau potable domestique (horsTVA) en fonction de la consommation mensuelle Régies
Montant de la facture d'eau potable domestique (horsTVA) en fonction de la consommation mensuelle
Régies et Centres ONEP urbains - 2006
500
450
400
Centres
Onep
350
Fès
300
Taza
250
200
Kénitra
150
Meknès
100
50
0
Tranche 1
Tranche 2
Tranche 3
Tranche 4
1
6
20
Montant Dh/mois
40

Consommation mensuelle m3

Source : ONEP

Figure 11 : Montant de la facture eau potable en fonction de la consommation

3.1.3.Révision des prix

La Direction des régies et des services concédés (DRSC) du Ministère de l’Intérieur en tant que tutelle des régies est chargée notamment de transmettre les demandes d’ajustement tarifaires à la commission interministérielle des prix.

26

Ec’Eau Sebou – Avril 2008 Tarification de l’eau et recouvrement des coûts dans le bassin du Sebou

Les prix sont fixés par la Commission interministérielle des prix sur proposition de la DRSC pour les régies et de l’ONEP. Pour les concessions les prix sont négociés dans le cadre du contrat liant les concessions aux communes. Les régies disposent ainsi d’une autonomie limitée en termes de plans de financement, et ont peu de visibilité sur les recettes de l’eau. De plus les ajustements tarifaires sont irréguliers (Banque Mondiale, 2004). La structure tarifaire a connu plusieurs modifications avec globalement un accroissement du nombre de tranches, une baisse du niveau de la première tranche et une hausse des redevances fixes récente (Tableau 5). Le prix moyen de l’eau potable a évolué de façon contrastée entre 2000 et 2006. Alors que le prix moyen a légèrement baissé dans les centres ONEP, le prix s’est accru de 30% à Meknès et beaucoup plus fortement à Taza. Le prix de l’eau -le plus faible de toutes les régies en 2000- a connu un rattrapage rapide avec une hausse de près de 130% pour cette régie (Figure 12).

Tableau 5 : Evolution des prix de l’eau potable, ONEP, Régies

1977

Deux tranches de consommation, première tranche de 0 à 10 m 3 /mois

1982

Introduction 3 ème tranche

2000

Ajout 4 ème tranche

2006

Modification de la limite de la première tranche : baisse de 8 à 6 m 3

1977-

Peu d’évolution de la partie fixe comprise entre 30 et 35 Dh/an pour l’usage domestique et 74-84

2002

Dh/an pour les usages préférentiels et industriels

2006

Redevance fixes de 72 Dh/an pour usage domestique et 120 Dh/an pour le préférentiel

Sources : Banque mondiale, 2004 ; ONEP

Evolution du prix moyen de l'eau potable

8,00 7,00 6,00 5,00 4,00 3,00 2,00 1,00 0,00 2000 2001 2002 2003 2004 2005
8,00
7,00
6,00
5,00
4,00
3,00
2,00
1,00
0,00
2000
2001
2002
2003
2004
2005
2006
Prix en Dh/m 3

Source : ONEP

CentresOnep Fes Kénitra Meknès Taza

Onep

FesCentres Onep Kénitra Meknès Taza

Kénitra

MeknèsCentres Onep Fes Kénitra Taza

TazaCentres Onep Fes Kénitra Meknès

Figure 12 : Evolution du prix de l’eau potable dans le bassin du Sebou

3.1.4.Recouvrement des coûts

Investissements

27

Ec’Eau Sebou – Avril 2008 Tarification de l’eau et recouvrement des coûts dans le bassin du Sebou

Le principe de participation des bénéficiaires au coût des investissements est variable selon les sous-secteurs. Le système de péréquation entre les distributeurs d’eau et l’ONEP via les surtaxes de solidarité et du Programme d’Alimentation Groupée en Eau Potable Rurale (PAGER) a en partie remplacé les subventions budgétaires à l’ONEP (Banque mondiale, 2004) au moins en ce qui concerne l’AEP urbaine. Les services de l’AEP rurale reçoivent encore un appui financier substantiel de l’Etat et des bailleurs de fond. Pour l’AEP rurale, la contribution nationale de l’Etat au financement du PAGER atteint 250 Millions de Dh/an et la contribution des bailleurs sous forme de dons et prêts 400 millions de Dh environ par an pour la période 1995-2001 (Ministère des travaux publics) 16 . Dans le cadre du programme PAGER, les communes rurales sont censées participer à hauteur de 15% des coûts d’investissement et les usagers à hauteur de 5% seulement. Pour l’AEP urbaine distribuée par l’ONEP, les investissements sont pris en charge à 70% par ONEP à partir de prêts extérieurs et à 30% par les communes ou usagers.

Quels coûts ?

La méthode de calcul des coûts retenue pour l’AEP prend en compte les coûts d’exploitation (Figure 14) correspondant ici aux coûts de fonctionnement, administratifs et de maintenance (Figure 13) sachant que les coûts de maintenance sont sous-estimés en raison de niveaux de maintenance insuffisants comme le montrent les faibles rendements des réseaux. Le coût financier hors capital prend en compte en plus des coûts précédents le montant des amortissements. Enfin le coût d’opportunité du capital estimé à partir du montant des amortissements 17 est ajouté pour calculer le coût financier total.

1 7 est ajouté pour calculer le coût financier total. Coûts exploitation 1 6 Le montant

Coûts

exploitation

16 Le montant concernant le Bassin du Sebou reste à déterminer

17 Le coût d’opportunité du capital est estimé à 1,5 fois le montant des amortissements selon la méthode d’estimation retenue par la banque mondiale (Banque Mondiale, 2004)

28

Ec’Eau Sebou – Avril 2008 Tarification de l’eau et recouvrement des coûts dans le bassin du Sebou

Figure 13 : Calcul du coût du service eau potable

Dh/m3

Recouvrement des coûts de l'eau potable, Régie de et centres ONEP Centres ONEP distribution Coût
Recouvrement des coûts de l'eau potable, Régie de et centres ONEP
Centres ONEP
distribution
Coût financier avec capital
Radeeta
Cout financier hors capital
Coût exploitation moyen Dh/m3
Prix moyen vente Dh/m3
Radeef
0
5
10
15

Source : élaboration à partir de Radeef, 2005 ; données ONEP et DRSC

Figure 14 : Recouvrement des coûts de l’AEP

Tableau 6 : taux de recouvrement des coûts de l’eau potable

Coût

Coût financier hors

Coût financier avec

exploitation

capital

rémunération capital

Régie Fès

86%

69%

53%

Régie de Taza

96%

82%

67%

Distribution

ONEP

77%

53%

36%

Production

ONEP

212%

128%

81%

Global ONEP

140%

93%

62%

Régie de Meknès

60%

Notes : 2005 sauf pour ONEP année 2004 et Radeem 2002

Source : élaboration à partir données ONEP et DRSC ; Radeef, 2005 ; Banque Mondiale,

2004

ONEP

Depuis 1995, le coût du service pour l’AEP urbaine est censé être entièrement couvert par le tarif. Cependant, l’ONEP est en déficit d’exploitation pour la distribution de l’eau dans le Bassin du Sebou (Tableau 6). Le déficit est compensé par un excédent d’exploitation pour la production d’eau potable et par les surtaxes. Globalement, le coût du service est couvert à 93% hors rémunération du capital et à environ 60% pour le coût financer complet soit un niveau dans la fourchette des taux de recouvrements des régies.

Systèmes de péréquation

29

Ec’Eau Sebou – Avril 2008 Tarification de l’eau et recouvrement des coûts dans le bassin du Sebou

Le système de péréquation entre distributeurs d’eau potable et ONEP a été mis en place en 1985 à travers la surtaxe de solidarité nationale. Elle a pour objectif de compenser le déficit d’exploitation des petits centres gérés par l’ONEP. La taxe est appliquée sur le prix de ventes en gros. Le montant de la surtaxe est passé de 0,05 Dh en 1985 à 0,74 Dh/m 3 en 2002 (Banque Mondiale, 2004). La surtaxe est de 0,75 Dh/m 3 en 2007 (données ONEP). En 2002, le montant total s’élevait à 447 millions de Dh. Pour le bassin du Sebou le montant de la surtaxe de solidarité transféré des régies à l’ONEP avoisine les 46 millions de Dh. La surtaxe PAGER instaurée en 1998 a pour objectif d’aider au financement des investissements en eau potable dans le milieu rural. Elle est fixée à 5% du tarif à la production d’eau de l’ONEP. En 2002, la surtaxe était de 0,12 Dh/m3 et a permis un transfert au niveau national d’environ 71 Millions de Dh des distributeurs vers l’ONEP (Banque Mondiale, 2004). La surtaxe PAGER pour le Bassin du Sebou atteint 7 millions de Dh. Les surtaxes représentent ainsi 27% du montant des ventes d’eau en gros de l’ONEP et environ 15% des recettes de l’ONEP (ventes eau en gros et recettes distribution) pour le bassin du Sebou.

Régies

La participation des usagers au coût du service de l’eau potable des régies ne permet qu’un recouvrement partiel du coût du service de distribution de l’eau potable assuré par les régies (Figure 14). Les taux de recouvrement des coûts d’exploitation avoisinent les 90% mais si l’on prend en compte les amortissements les taux baissent à 70 à 80% selon les régies. En prenant en compte le coût d’opportunité du capital, le recouvrement des coûts chute dans une fourchette comprise entre 53 et 60%.

Un niveau de sous-maintenance Les marges d’autofinancement sont faibles voire négatives en raison de la faible performance du réseau et des ajustements tarifaires irréguliers. Elles ne permettent pas dans la plupart des cas un renouvellement suffisant des installations ni un investissement pour améliorer la performance (Banque Mondiale, 2004). Les coûts de maintenance pris en compte dans le calcul des coûts sont donc inférieurs au coût de maintenance préventive qui devrait garantir un maintien de la qualité de service.

Des coûts supérieurs aux tarifs La structure tarifaire ne correspond plus à la réalité des coûts : la partie fixe ne couvre pas les coûts d’entretien des branchements et des compteurs. Pour la partie variable, la tranche sociale ne couvre pas le coût d’achat à l’ONEP alors que le volume de la tranche sociale s’accroît. Il s’élèverait à environ 30% des volumes vendus au niveau national (Banque Mondiale, 2004). Pour la régie de Fès, le volume de la tranche sociale atteint 39% des volumes distribués en 2005 et 42% si l’on ne considère que les volumes d’eau à usage domestique (Figure 8).

Des rendements de distribution médiocres Malgré l’amélioration des rendements, le rendement moyen de distribution demeure médiocre -environ 60% - obligeant les régies à facturer le mètre cube presque deux fois son prix dans certains cas.

Péréquations électricité – eau

30

Ec’Eau Sebou – Avril 2008 Tarification de l’eau et recouvrement des coûts dans le bassin du Sebou

Pour les régies distribuant à la fois l’eau et l’électricité, une péréquation entre le service de distribution de l’électricité excédentaire permet de compenser en partie le déficit du service eau potable (Banque mondiale, 2004).

Communes rurales

Par principe, les communes rurales ne mettent en œuvre qu’un recouvrement partiel des coûts du service. Les données sur les communes rurales manquent cependant pour analyser en détail la couverture des coûts et les flux financiers.

3.2. Assainissement

3.2.1. Structures tarifaires

La tarification de l’assainissement, comme pour l’eau potable, est définie pour les différents types d’usagers dans les quatre centres du bassin du Sebou ayant délégué leur gestion à l’ONEP et les trois régies ayant la gestion de l’assainissement –Fès, Kénitra et Meknès. La tarification est binôme progressive par paliers pour les usagers particuliers et binôme pour les administrations et collectivités locales ainsi que pour les autres usagers –industries, bains maures (Annexes). Dans le cas de l’ONEP qui gère l’assainissement de 4 centres dans le bassin d Sebou, le tarif est fixé en fonctions de groupes (Figure 15).

Prix moyen de l'assainissement domestique en fonction de la consommation mensuelle Centres ONEP - 2006

4,0 3,5 3,0 Groupe III (Khemisset, Tiflet) et IV 2,5 Groupe II (Dar El 2,0
4,0
3,5
3,0
Groupe III
(Khemisset,
Tiflet) et IV
2,5
Groupe II
(Dar El
2,0
Guedari)
Groupe I
1,5
(Ain
Taoujdata)
1,0
0,5
0,0
Tranche 1
Tranche 2
Tranche 3
1
6
20
Prix moyen Dh/m3

Source : ONEP

Consommation mensuelle m3

Figure 15 : Tarif de l’assainissement liquide dans les centres ONEP

3.2.2. Recouvrement des coûts

Le niveau de recouvrement des coûts est plus élevé pour l’assainissement que pour l’AEP. Le tarif moyen recouvre le coût financier hors rémunération du capital mais les taux sont voisins des taux de recouvrement si le coût d’opportunité du capital est pris en compte en raison du

31

Ec’Eau Sebou – Avril 2008 Tarification de l’eau et recouvrement des coûts dans le bassin du Sebou

montant relativement élevé des amortissements. Le taux de recouvrement est aussi à relativiser en raison du niveau d’investissement dans l’assainissement liquide qui demeure insuffisant (Banque Mondiale, 2004).

Tableau 7 : taux de recouvrement des coûts de l’assainissement

 

Coût

Coût financier

Coût financier avec

exploitation

hors capital

rémunération capital

Radeef

217%

115%

68%

Source : élaboration à partir de données Radeef

0 1 Source : Radeef 2 Dh/m3 3 4 Coût financier avec capital Cout financier
0 1 Source : Radeef 2 Dh/m3 3 4 Coût financier avec capital Cout financier

0

1

Source : Radeef

2

Dh/m3

3

4

0 1 Source : Radeef 2 Dh/m3 3 4 Coût financier avec capital Cout financier hors

Coût financier avec capitalCout financier hors capital Coût exploitation moyen Dh/m3 Prix moyen vente Dh/m3

Cout financier hors capitalCoût financier avec capital Coût exploitation moyen Dh/m3 Prix moyen vente Dh/m3

Coût exploitation moyenCoût financier avec capital Cout financier hors capital Dh/m3 Prix moyen vente Dh/m3

Dh/m3

Prix moyen vente Dh/m3Coût financier avec capital Cout financier hors capital Coût exploitation moyen Dh/m3

Coût exploitation moyen Dh/m3 Prix moyen vente Dh/m3 Recouvrement des coûts de l'assainissement, Régie de

Recouvrement des coûts de l'assainissement, Régie de Fès

Figure 16 : Recouvrement des coûts de l’assainissement liquide, Fès

3.3. Irrigation en Grande Hydraulique : ORMVAG

3.3.1.Structure tarifaire

Le système tarifaire est défini en fonction des zones et des systèmes d’irrigation afin de tenir compte des différences de coût du service. Pour les périmètres en aspersion, une taxe de pompage supplémentaire est ajoutée pour prendre en compte le coût additionnel de mise sous pression. Dans les périmètres en gravitaire nécessitant un relevage, une taxe de relevage 18 est calculée. Le prix de l’eau 19 en aspersion est ainsi le double du prix en gravitaire (Figure 17). En fonction des zones, la tarification de l’eau est forfaitaire ou volumétrique. Une tarification spécifique est appliquée pour le pompage privé à partir d’eaux superficielles régularisées. Elle est basée sur une formule forfaitaire en considérant une consommation en eau de 6500 m3/ha et en appliquant un coefficient de 0.3 au prix de l’eau en gravitaire selon la formule suivante.

Montant facture eau= Superficie*6500*prix unitaire du m 3 *0.3

Le tarif est ainsi équivalent à un prix de 0,08 Dh/m 3 avec un prix unitaire de 0.26 Dh/m 3

18 Promulguée par arrêté n°2935-97 du 26/11/1997 et au décret n°02-96-297 du 30/06/96 modifiant le décret 02- 69-37 du 25/07/69 19 Tarif de l’eau=taux d’équilibre+taxe relevage+ taxe pompage

32

Ec’Eau Sebou – Avril 2008 Tarification de l’eau et recouvrement des coûts dans le bassin du Sebou

Enfin, la facturation d’un minimum de consommation, sur la base de 3000 m 3 /ha, permet de recouvrir une partie du coût du service pour les superficies insuffisamment mises en valeur.

3.3.2.Révision des tarifs

Les tarifs appliqués dans la grande hydraulique ont connu trois grandes phases d’évolution (Belghiti, 2002) :

- 1969-1979 : mise en place de la tarification, sous-tarification, faible taux de recouvrement

- 1980-1997 : Programme d’ajustement structurel : Projet d’Amélioration de la Grande Irrigation (PAGI), définition d’une formule de révision des tarifs, redevance supplémentaire, doublement des redevances eau en 1980, révision automatique des redevances, amélioration du recouvrement

- Depuis 1997 : Rattrapage tarifaire, amélioration de la durabilité financière (baisse des coûts, amélioration de la maintenance) Le réajustement tarifaire est basé sur le principe de la couverture progressive des coûts récurrents du service de l’eau mais avec prise en compte de la capacité à payer des exploitants agricoles (Gueddari, 2004). Le prix de l’eau uniforme dans tout le périmètre du Gharb n’avait pas été modifié depuis 1969. Il double en 1980 dans les périmètres en gravitaire et est multiplié par plus de 3 dans les périmètres en aspersion. De 1980 à 1985, les prix augmentent régulièrement dans les périmètres gravitaires (+90%) et plus fortement dans les périmètres en aspersion (+187%). Ils suivent ensuite une hausse progressive de 2 à 5% en moyenne par an entre 1985 et 2005 (Figure 17). Depuis 1997, cinq tranches tarifaires ont été définies pour les ORMVA avec des augmentations de 11 à 60% selon le contexte des périmètres (Gueddari, 2004). Les tarifs sur indexés sur l’inflation. Globalement ils ont subi une hausse de 9% en moyenne entre 1969 et 2001 (Belghiti, 2002).

1969 1980 1985 1988 1991 1995 1997 1999 2001 2003 2005

Evolution du tarif de l'eau d'irrigation dans le Gharb

0,6 0,5 0,4 0,3 0,2 PTI et STI aspersion Beht sans relevage Beht avec relevage
0,6
0,5
0,4
0,3
0,2
PTI et STI aspersion
Beht sans relevage
Beht avec relevage
PTI et STI gravitaire
0,1
0
Prix Dh/m3

année

Source : AGR, ORMVAG

Figure 17 : Evolution du tarif de l’eau d’irrigation à l’ORMVAG

33

Ec’Eau Sebou – Avril 2008 Tarification de l’eau et recouvrement des coûts dans le bassin du Sebou

3.3.3.Recouvrement des coûts du service

Investissements

En théorie, l’usager doit prendre en charge 40% de l’investissement initial. Dans la pratique la contribution des usagers est inégale. Les agriculteurs ont contribué au financement de l’investissement pour les périmètres gravitaires – bien qu’il soit difficile d’estimer le niveau de participation effectif- , mais dans les derniers périmètres aménagés en aspersion, la contribution des usagers n’a pas été mise en œuvre dans les délais définis.

Coûts de fonctionnement

Les coûts de l’énergie ne sont que partiellement couverts par le montant des taxes de relevage ou de mise en pression. Pour l’année 2006, le taux de couverture théorique 20 des coûts en énergie par les taxes est de 75%. Il existe des transferts entre les secteurs d’irrigation en gravitaire en excédent qui compensent en partie pour les secteurs aspersifs déficitaires. Le faible taux d’irrigation rend difficile le recouvrement des coûts du service malgré la facturation du minimum de consommation pour les superficies non mises en valeur. Le taux d’irrigation avoisine les 32% en 2006 avec un taux allant de 24% en aspersif à 33% en gravitaire (Figure 18).

Importance des superficies équipées et irriguées ORMVAG, 2006

120000 100000 80000 Autres Taux irrigation Aspersion 60000 32% Gravitaire 40000 20000 0 Equipées Irriguées
120000
100000
80000
Autres
Taux irrigation
Aspersion
60000
32%
Gravitaire
40000
20000
0
Equipées
Irriguées
Superficies en ha

Source : ORMVAG

Figure 18 : Taux d’irrigation à l’ORMVAG

Calcul du coût durable

Dans le cadre de l’étude de rattrapage tarifaire (DDGI, 2007), la méthode de calcul du coût est basé sur la notion de coût durable prenant en compte les coûts de fonctionnement, les coûts administratifs et surtout les coûts de maintenance préventive mais sans comptabiliser le coût du premier investissement (Figure 19). Les coûts de maintenance préventive sont déterminés afin de garantir le bon fonctionnement des investissements. Le coût durable tel qu’il est

20 Le taux théorique fait référence aux montants facturés et non recouvrés

34

Ec’Eau Sebou – Avril 2008 Tarification de l’eau et recouvrement des coûts dans le bassin du Sebou

Coût durable

calculé ne permet donc pas de financer de nouveaux investissements mais permet d’assurer la durabilité du système

Calcul du coût durable de l’eau dans les périmètres de grande hydraulique : ORMVAG

Coûts

environnementaux

Coût de la ressource =coût d’opportunité

Coût du capital

Coûts administratifs

Coût de

Maintenance

préventive

Coût de

fonctionnement

nonMaintenance préventive Coût de fonctionnement En partie : redevance prélèvement Partiellement Oui Oui

En partie : redevance prélèvementpréventive Coût de fonctionnement non Partiellement Oui Oui maintenance préventive en % de la

Partiellementfonctionnement non En partie : redevance prélèvement Oui Oui maintenance préventive en % de la valeur

Ouinon En partie : redevance prélèvement Partiellement Oui maintenance préventive en % de la valeur actuelle

Oui maintenance préventive en % de la valeur actuelle ou de remplacementnon En partie : redevance prélèvement Partiellement Oui Oui : Fixes : Salaires, fonctionnement, charges indirectes

Oui :

Fixes : Salaires, fonctionnement, charges indirectes (administration) Variables : énergieen % de la valeur actuelle ou de remplacement Oui : Figure 19 : Calcul du

Figure 19 : Calcul du coût durable

Le coût moyen atteint 0.46 Dh/m 3 pour l’eau du réseau de l’ORMVAG et 0,39 Dh/m 3 en incluant les pompages privés. Les tarifs 2005 ne couvrent en théorie que 72% du coût durable. Le taux de recouvrement réel reste à préciser mais il est plus faible en raison de défaut de recouvrement des redevances eau et des superficies non mises en valeur qui influent sur les recettes de l’ORMVAG.

Tableau 8 : Taux de recouvrement du coût durable

 

Coût

durable

Tarif

2005

Taux couverture coût théorique*

Zone Tarifaire

Dh/m3

Dh/m3

Beht sans relevage

0,67

0,26

39%

Beht avec relevage

0,62

0,31

50%

Plaine gravitaire

0,36

0,3

83%

Est1 Basse pression

0,5

0,42

84%

Plaine aspersion

0,78

0,5

64%

Moyenne pondérée sans pompage privé

0,46

0,33

72%

Pompage privé

0,11

0,07

64%

Moyenne pondérée avec pompage privé

0,39

0,28

72%

Notes : * Taux couverture du coût hors défaut de recouvrement de la redevance eau Source : Données ORMVAG et calculs DDGI cité par DDGI (2007)

35

Ec’Eau Sebou – Avril 2008 Tarification de l’eau et recouvrement des coûts dans le bassin du Sebou

3.4. PMH Moyen Sebou Inaouen aval

3.4.1.Gestion du service de l’eau

La PMH moderne concerne les périmètres irrigués aménagés selon un modèle proche de la grande hydraulique à partir de ressources en eau régularisées, mais sur des superficies inférieures. Dans le cas du Bassin du Sebou, la PMH moderne concerne le seul périmètre du Moyen Sebou Inaouen Aval dont les secteurs II et III sont actuellement aménagés, soit 6500 ha aménagés sur un potentiel de 15000 ha. La gestion de l’irrigation relève des associations d’irrigants (AUEA). Dans le Périmètre du Moyen Sebou Inaouen aval 12 AUEA regroupées en fédérations – Fédération Sebou et Fédération Al Wahda- interviennent dans la gestion de l’eau. Une convention entre l’administration et les fédérations définit les modalités de gestion

Administration

Convention générale de gestion et de maintenance des ouvrages : dispositions financières

Fédérations

des ouvrages : dispositions financières Fédérations Facturation redevances 80% 20% Convention d’exploitation :

Facturation redevances

80%

20%

Convention d’exploitation : procédure facturation et recouvrement

Associations d’Usagers de l’Eau Agricole (AUEA)

Associations d’Usagers de l’Eau Agricole (AUEA) Recouvrement redevance Contrat de vente d’eau Agriculteurs

Recouvrement redevance

Contrat de vente d’eau

(AUEA) Recouvrement redevance Contrat de vente d’eau Agriculteurs Paiement redevance Source : Kadiri, 2007 (

Agriculteurs

Paiement redevance

Source : Kadiri, 2007

(

Figure 20). Les fédérations sont chargées de la gestion, en particulier de la gestion comptable

et de la facturation aux AUEA qui assurent le recouvrement du tarif (Kadiri, 2007).

36

Ec’Eau Sebou – Avril 2008 Tarification de l’eau et recouvrement des coûts dans le bassin du Sebou

Administration

Convention générale de gestion et de maintenance des ouvrages : dispositions financières

Fédérations

des ouvrages : dispositions financières Fédérations Facturation redevances 80% 20% Convention d’exploitation :

Facturation redevances

80%

20%

Convention d’exploitation : procédure facturation

et recouvrement

d’exploitation : procédure facturation et recouvrement Associations d’Usagers de l’Eau Agricole (AUEA)

Associations d’Usagers de l’Eau Agricole (AUEA)

Recouvrement redevance

Contrat de vente d’eau

(AUEA) Recouvrement redevance Contrat de vente d’eau Agriculteurs Paiement redevance Source : Kadiri, 2007 Figure

Agriculteurs

Paiement redevance

Source : Kadiri, 2007

Figure 20 : Gestion de l’irrigation dans le périmètre du Moyen Sebou Inaouen aval

3.4.2.Structure tarifaire

Principes de la tarification :

- La couverture des coûts du service de l’eau par les usagers : exploitation, maintenance et énergie,

- L’unicité du tarif de l’eau au niveau de chaque fédération,

- La simplicité du tarif et facilité de compréhension par les usagers.

La tarification est binôme avec une partie fixe correspondant à la participation des usagers aux charges fixes et une partie variable basée sur le volume consommé. La partie fixe a fait l’objet de négociations avec les usagers et a été revue drastiquement à la baisse puisque un montant initial de 1600 Dh/ha/an était envisagé afin de couvrir les charges de maintenance, et fonctionnement (Kadiri, 2007). La méthode de détermination des coûts n’est pas suffisamment explicite pour déterminer quels coûts sont pris en compte.

37

Ec’Eau Sebou – Avril 2008 Tarification de l’eau et recouvrement des coûts dans le bassin du Sebou

Tableau 9 : PMH Moyen Sebou, tarifs de l’eau et recouvrement

 

Partie fixe

Partie variable (Dh/m 3 )

Taux

Taux

(Dh/ha/an)

recouvrement

recouvrement

Partie fixe

partie variable

Secteur II

300

0,25

0,8%

91%

Secteur III

100

0.30

0%

non disponible

3.4.3.Recouvrement des coûts

Source : Kadiri, 2007

Les AUEA rencontrent des difficultés de recouvrement de la partie fixe pour différentes raisons invoquées par les agriculteurs :

- Prix élevé de l’eau,

- Acceptabilité/compréhension : redevance fixe perçue comme devant couvrir l’investissement et mal acceptée lorsqu’il existe des déficiences de nivellement des parcelles,

- Redevance fixe perçue comme un « Crédit »

Le niveau de recouvrement de la redevance fixe ne dépasse pas 1% (Tableau 9). Pour la partie variable, la bonne acceptabilité, malgré les retards de paiement, contribue au niveau élevé de recouvrement. Le taux de recouvrement de la part variable est de 91% dans le Secteur II et il serait aussi élevé dans le secteur III (Kadiri, 2007). Le niveau de participation des usagers à la couverture des coûts d’investissement demeure difficile à estimer.

3.5. PMH traditionnelle

Ces petits périmètres utilisent le plus souvent des ressources en eau non régularisées gérées par des associations d’irrigants sur la base de tours d’eau sans tarification spécifique dans la plupart des cas.

3.6. Irrigation privée

Les coûts de fonctionnement du pompage et des investissements sont à la charge des irrigants exceptés la part des investissements faisant l’objet de subventions ou primes dans le cadre des dispositifs d’encouragement aux techniques économes en eau (voir supra).

Dans le cadre des mesures incitatives à l’économie d’eau, le taux de subvention pour les investissements atteint 60%. La connaissance de l’importance des investissements concernés par rapport aux investissements réalisés hors dispositif pourrait permettre de préciser le niveau de participation respectifs des irrigants et de l’Etat a coût d’investissement de ces services propres.

La participation des usagers aux coûts des services a été estimée sur la base des superficies et des types de ressources. Le coût de pompage, en ne considérant que le coût de fonctionnement hors investissement ou coût du capital, est estimé à 0.5 Dh/m 3 pour les eaux souterraines et 0,15 Dh/m 3 pour les eaux superficielles.

38

Ec’Eau Sebou – Avril 2008 Tarification de l’eau et recouvrement des coûts dans le bassin du Sebou

3.7. Redevances ABHS

3.7.1.Modalités

Les Agences de bassin perçoivent quatre types de redevances concernant l’utilisation du domaine public hydraulique:

- redevances sur les prélèvements d'eau calculées en fonction des volumes d'eau prélevés pour l’irrigation, l’eau potable et les industries ou en fonction de la production d’énergie

- redevances déversements sur les rejets d'eaux usées d'origines domestique ou industrielle définies sur la base des unités de pollution déversées.

- redevances pour les autres utilisations du domaine public hydraulique

- redevance pour prestations de service de l’agence

Redevance prélèvement irrigation

Le montant de la redevance prélèvement est calculé sur la base du volume prélevé, du taux de redevance et du coefficient de régulation selon la formule fixée par l’arrêté n°548-98

(21/08/1998).

R=t*V*c

Avec :

R

: Montant de la redevance

T

: le taux de redevance

V

: volume prélevé en tête d’exploitation agricole, ou autorisé en cas d’absence de

compteur

C : le coefficient de régulation

En cas de refoulement ou pour les eaux souterraines un coefficient de rabattement (K) fonction de la hauteur de refoulement est appliqué afin de calculer la redevance (Rr). Rr=R*K Mise en œuvre : en raison des difficultés de quantification notamment, les redevances irrigation ne sont effectives que pour la grande hydraulique (ORMVAG dans le cas du bassin du Sebou). L’arrêté prévoit une application progressive de 1998/99 à 2001/02, puis un paiement de 100% de la redevance dans le Cas du périmètre du Gharb. Pour la PMH et l’irrigation privée, les redevances ne pourront être mises en place qu’à moyen terme.

Tableau 10 : Taux de redevance 2006

 

Taux

redevance

(t)

en

Coefficient de régulation (c)

Dh/m3

Eau potable

0,04

0,5

(nappes,

eaux

non

régularisées)

 

Irrigation

0,02

0,8

(nappes,

eaux

non

régularisées)

1

(nappes

surexploitées,

 

eaux

régularisées)

 

Industrie

0,02

 

Hydroélectricité

0,02

 

39

Ec’Eau Sebou – Avril 2008 Tarification de l’eau et recouvrement des coûts dans le bassin du Sebou

Redevance déversement

Les modalités de fixation de la redevance déversement ont été fixées part l’arrêté 1180-06 du 12-06-2006 mais la mise en œuvre des dispositions du décret et de l’arrêté d’application n’est pas encore effective.

Redevance AEP

Concernant l’AEP relevant des directions régionales de l’ONEP 21 , les assiettes des redevances sont définies d’un commun accord entre agence et ONEP. Les Directions régionales de l’ONEP déclarent les prélèvements semestriellement. Les données sont contrôlées par la division développement et gestion des ressources en eau, notamment par recoupement des différentes sources d’information (Données des conseils d’administration de ONEP dont agence est membre par exemple). Un récapitulatif semestriel est adressé à l’agence et à la Direction Générale de ONEP à Rabat. La situation est validée sur la base des déclarations de ONEP et les ordres de recette sont émis par l’agence. Bien que les compteurs existent aux différents points de prélèvement, les relevés des compteurs ne sont pas utilisés pour la déclaration des volumes (Bekkali, 2004) Pour les Régies, le processus est similaire à celui de l’ONEP. Le contrôle par l’agence demeure limité, d’autant plus qu’il n’existe pas toujours de compteurs. Les prélèvements sont demandés semestriellement par agence. Sur la base des déclarations de prélèvement, l’agence émet les ordres de recettes et encaisse le montant des redevances.

Redevances hydroélectricité

L’assiette des redevances de l’ONE est définie sur la base des volumes turbinés faisant l’objet d’une déclaration journalière auprès de l’agence. Un contrôle physique est effectué par la division gestion des ressources en eau.

3.7.2.Mise en œuvre et recouvrement

La mise en œuvre des redevances est loin d’atteindre le potentiel estimé à 60 millions de Dh pour 2005 alors que le montant des recettes en 2005 atteint à peine 10 millions de Dh (Figure 21). Le potentiel de redevances est particulièrement important concernant l’irrigation privée et la PMH ainsi que le déversement dans le domaine public hydraulique. Pour l’instant, seule la grande hydraulique est soumise au paiement de la redevance prélèvement pour l’usage agricole.

21 4 directions régionales dans le bassin du Sebou : Cote Atlantique Rabat, Nord Ouest Kenitra, Fès, Centre Sud Meknès,

40

Ec’Eau Sebou – Avril 2008 Tarification de l’eau et recouvrement des coûts dans le bassin du Sebou

Montant en millions Dh

Recouvrement des redevances par secteur

Bassin du Sebou, 2005

70

 

60

50

40

30

20

10

1 2,9
1
2,9
3,7
3,7
4
4

0

a. Redevance recouvertes

Source : ABHS, PDAIRE

1 2,9 5,9 4
1
2,9
5,9
4

b. Redevance émises

11,0

2

8,2

14,0

10,6

10,3

5,3

Déversementautres Hydroélectrcité (ONE) Irrigation privée PMH ORMVAG AEP

autresDéversement Hydroélectrcité (ONE) Irrigation privée PMH ORMVAG AEP

Hydroélectrcité (ONE)Déversement autres Irrigation privée PMH ORMVAG AEP

Irrigation privéeDéversement autres Hydroélectrcité (ONE) PMH ORMVAG AEP

PMHDéversement autres Hydroélectrcité (ONE) Irrigation privée ORMVAG AEP

ORMVAGDéversement autres Hydroélectrcité (ONE) Irrigation privée PMH AEP

AEPDéversement autres Hydroélectrcité (ONE) Irrigation privée PMH ORMVAG

c. Redevance potentielle

2005

Figure 21 : Redevance prélèvement dans le Bassin du Sebou

Malgré l’assujettissement au paiement de la redevance prélèvement, le taux de recouvrement auprès de l’OMVAG est faible. Il est de seulement 36% globalement pour les trois dernières campagnes avec des retards de paiement importants (Figure 22). En revanche il atteint 100% dans le cas de la redevances eau potable –ONEP et Régies- ou encore de l‘hydroélectricité malgré des retards de paiement.

Taux recouvrement des redevances irrigation auprès de l'ORMVAG

70% 63% 60% 45% 50% 36% 40% 30% 20% 10% 0% 0% 2003-04 2004-05 2005-06
70%
63%
60%
45%
50%
36%
40%
30%
20%
10%
0%
0%
2003-04
2004-05
2005-06
Ensemble
Source : ABHS

Figure 22 : Taux de recouvrement de la redevance prélèvement ORMVAG

41

Ec’Eau Sebou – Avril 2008 Tarification de l’eau et recouvrement des coûts dans le bassin du Sebou

4. Flux financiers du secteur de l’eau dans le bassin du Sebou

4.1. Qui paie quoi ?

Les données agrégées permettent d’avoir une idée de l’importance des flux financiers par service et usage lorsque les données sont disponibles.

L’eau potable est de loin le secteur qui contribue le plus financièrement avec une facture globale de plus de 500 millions de Dh, devant le secteur de l’irrigation. L’assainissement représente une faible part des flux en raison notamment des volumes limités concernés. L’assainissement pour les centres ONEP ne représente que 4% des volumes d’eau distribués

sans compter les ménages ou industries isolées utilisant leurs propres ressources en eau et ne

contribuant pas à l’assainissement pour ces volumes prélevés

Globalement les flux financiers

de l’assainissement liquide représentent moins du tiers du montant des flux financiers de l’AEP (Figure 23). Le montant de la TVA, équivalent à 7% du montant des ventes d’eau et de l’assainissement, avoisine 50 millions de Dh.

Montants des flux financiers

TVA Redevances ABHS Assainissement Facture AEP IP + PMH Moderne Facture eau irrigation GH 0
TVA
Redevances ABHS
Assainissement
Facture AEP
IP + PMH Moderne
Facture eau irrigation GH
0
100
200
300
400
500
600

Millions de Dh

Sources : ONEP, Régies, ORMVAG, ABHS

Figure 23 : Répartition des contributions financières par usage et service dans le bassin du Sebou

42

Ec’Eau Sebou – Avril 2008 Tarification de l’eau et recouvrement des coûts dans le bassin du Sebou

4.1.1.Flux financiers eau potable

Les ménages sont les premiers à contribuer au financement du service de distribution de l’eau potable même s’ils contribuent en proportion moins grande que les industries et hôtels. Pour les centres ONEP, les ménages représentent près de 70% de la facture globale eau potable ( Figure 24). Pour la régie de Fès, les usages domestiques –ménages et administrations- contribuent à 90% des flux financiers de l’AEP de la régie contre 80% pour les centres ONEP.

Contributions fnancières eau potable par usager Centres ONEP 2005 Usagers Industries, Ménages domestiques hôtels
Contributions fnancières eau potable par usager
Centres ONEP 2005
Usagers
Industries,
Ménages
domestiques
hôtels
69%
92%
3%
Usagers
Admnistrations
préférentiels
23%
5%
Source : ONEP

Contributions financières eau potable par usager Régie de Fès, 2005

Usagers

préférentiels

5%

Source : Radeef

Industries

3% Usagers domestiques 92%
3%
Usagers
domestiques
92%

Figure 24 : Contributions financières des usagers des centres ONEP et de la régie de Fès

4.1.2.Flux financiers Irrigation

L’estimation des flux financiers est réalisée sur la base des coûts de pompage pour l’irrigation privée hors coûts des investissements et la tarification de l’eau dans les périmètres de grande hydraulique et de PMH moderne du Moyen Sebou. Les flux financiers du secteur de la PMH moderne et de l’irrigation privée dépassent ceux de la grande hydraulique.

4.1.3.Flux financiers assainissement

Les contributions financières pour l’assainissement montrent de fortes disparités selon les usages si l’on rapporte les montants payés pour l’assainissement liquide aux charges polluantes produites. L’usage domestique contribue en moyenne à hauteur de 3DH par unité de charge polluante contre seulement 0,15 DH pour l’usage industriel. Le tarif de l’assainissement étant basé sur les volumes d’eau rejetés et peu sur les pollutions, en l’absence de redevance déversement, les contributions financières sont déconnectées des niveaux de pollution. Les instruments mis en œuvre apparaissent ainsi en décalage par rapport à l’application du principe pollueur payeur.

43

Ec’Eau Sebou – Avril 2008 Tarification de l’eau et recouvrement des coûts dans le bassin du Sebou

Pollution et contributions financières assainissement par usage Administrations charge polluante (millions unités
Pollution et contributions financières assainissement
par usage
Administrations
charge polluante (millions
unités charge polluante)
Industries
Montant assainissement
(millions de Dh)
Domestique
0
20
40
60
80
100
120
140

Figure 25 : Montants de l’assainissement et charges polluantes par usage

4.2. Subventions et transferts

Subventions irrigation

Les subventions concernent notamment les subventions directes aux agriculteurs via les aides financières pour l’adoption des techniques modernes d’irrigation. Au niveau national : 1666,2 millions de Dh d’aides financières ont été accordées de 1986 à 2002 (Gueddari, 2004). Pour la période 2002-2003, les montants décaissés au titre des subventions et primes à l’investissement sont de l’ordre de 135 millions de Dh. Le niveau de subventions et primes pour les techniques modernes d’irrigation se situe donc en moyenne à environ 100 millions de Dh par an au niveau national. Pour la période 2002-2003, les superficies en irrigation localisée et en irrigation de complément ou aspersion dans le Bassin du Sebou ont concerné environ 19% des superficies nationales (Tableau 11, Figure 26). Sur cette base, le montant des subventions pour le bassin du Sebou avoisinerait les 19 millions de Dh par an. Sur la période 2005-2006, le montant des subventions serait de 8,7 Millions de Dh (Tableau 12).

Tableau 11 : Superficies réalisées et nombre puits et forages avec techniques économes en eau

 

National

National

-

ORMVA

Sebou

%

(1986-

2002-2003)

Gharb

(2002-

Sebou

2002)

(2002-

2003)

2003)

Superficies irrigation localisée

72

900 ha

20

200 ha

990 ha

3770

ha

19%

Superficie irrigation aspersion

30

250 ha

190 ha

 

12 ha

84 ha

44%

Total superficies

103 150 ha

20

390 ha

1002 ha

3854

ha

19%

Creusement puits et forages

74000

Nd

nd

Nd

 

Source : Gueddari, 2004 pour National 2002 ; DDGI 2004 pour 2002-2003, Gharb et Sebou

44

Ec’Eau Sebou – Avril 2008 Tarification de l’eau et recouvrement des coûts dans le bassin du Sebou

Tableau 12 : Subventions irrigation, techniques économes en eau et primes

 

Montant 10 6 Dh

Total Sebou 2005-2006

8,7

ORMVAG

2,7

Zone DPA

6

Source : DDGI, ORMVAG

Répartition des superficies réalisées en irrigation localisée (2002-2003)

ORMVA

Gharb

DPA Sebou 5% 14% DPA autres 20% ORMVA autres 61% Source : MADRPM, DDGI
DPA Sebou
5%
14%
DPA autres
20%
ORMVA
autres
61%
Source : MADRPM, DDGI

Répartition des superficies réalisées en irrigation de complément et aspersion (2002-2003)

ORMVA Gharb

6% ORMVA Autres DPA Sebou 22% 39%
6%
ORMVA
Autres
DPA Sebou
22%
39%

DPA autres

33%

Figure 26 : Part du Bassin du Sebou dans les superficies en irrigation localisée ou complément

Autres transferts

D’autres transferts financiers n’ont pas pu être quantifiés à l’échelle du Bassin du Sebou mais on peut néanmoins en lister certains :

- Subventions de Etat pour l’équilibre de l’ORMVAG

- Financement AEP rurale et assainissement par l’Etat et les bailleurs.

4.3. Incitations à la préservation de la ressource

4.3.1. Eau potable et industrielle

Outre l’objectif de recouvrement des coûts du service et d’équilibre budgétaire, la tarification de l’eau et les instruments économiques permettent-ils d’inciter à la préservation de la ressource en termes quantitatif et qualitatif ?

Le caractère incitatif de la tarification est analysé en termes d’importance des dépenses en eau potable des ménages par rapport à leurs dépenses globales. L’estimation du poids budgétaire que représente la facture d’eau montre de fortes disparités selon les ménages, classés en fonction des niveaux de dépenses annuelles moyennes. Pour les ménages « pauvres » le poids budgétaire eau avec une hypothèse de consommation de 90l/personne/jour atteint plus de 6 % des dépenses totales et plus de 7% si l’on ajoute l’assainissement contre moins de 2% pour les

45

Ec’Eau Sebou – Avril 2008 Tarification de l’eau et recouvrement des coûts dans le bassin du Sebou

ménages aisés consommant 150l/personne/jour (Tableau 13). Pour une consommation équivalent à la dotation retenue pour le milieu rural de 40 l/personne/jour, la part de la facture eau baisse à 2,5% pour les ménages « pauvres ». Le budget des ménages « pauvres » contraint ainsi la consommation en eau de ces ménages pour lesquels une hausse de la consommation se traduit par un accroissement significatif du poids budgétaire qui dépasse 5% au-delà de 60l/personne/jour (Figure 27). L’importance des dépenses d’alimentation en eau potable sont même supérieures si le coût de branchement est pris en compte – il représenterait près de 2% des dépenses pour les ménages pauvres (Banque mondiale, 2004). En revanche, pour les ménages aisés l’importance de la facture eau demeure inférieure à 5% même avec une consommation moyenne de plus de 150 l par jour. Dans ce contexte, la tarification de l’eau présente un caractère incitatif essentiellement pour les ménages « pauvres » pour lesquels la facture eau représente déjà plus de 5% des dépenses. Les dépenses en eau étant négligeables pour les ménages aisés, le niveau de prix de l’eau peut difficilement permettre d’inciter à une économie de la ressource.

Tableau 13 : Poids budgétaire de la facture eau et assainissement en fonction des types de ménages

 

Régies Sebou, 2006

 

Centres ONEP, 2006

 

Ménage

Ménage

Ménage

Ménage

Ménage

Ménage

pauvre

médian

aisé

pauvre

médian

aisé

Nombre personnes Hypothèse consommation (l/jour/personne) Consommation mensuelle en m 3 Tarif tranche 1 (0-6m3) Tarif tranche 2 (6-20m3) Tarif tranche 3 (20-40m3) Tarif partie fixe en DH

7

6

4

7

6

4

90

110

150

90

110

150

18,9

19,8

18

18,9

19,8

18

2,33

2,33

2,33

2,37

2,37

2,37

6,57

6,57

6,57

7,39

7,39

7,39

8,37

8,37

8,37

10,98

10,98

10,98

6

6

6

6

6

6

Facture distribution eau mensuelle en Dh

104,7

111

99

115,6

122

109

Assinissement mensuel en m 3 Tarif tranche 1 (0-6m3) Tarif tranche 2 (6-20m3) Tarif partie fixe

15

16

14

15

16

14

0,65

0,65

0,65

0,65

0,65

0,65

1,6

1,6

1,6

1,6

1,6

1,6

3

3

3

3

3

3

Facture assinissement mensuelle

18

20

17

18

20

17

Total facture eau

123

130

116

134

142

126

Dépense annuelle moyenne par personne Dh/ Dépense mensuelle par ménage en Dh

2977

6662

22031

2977

6662

22031

1737

3331

7344

1737

3331

7344

Poids budgétaire distribution "eau" en %

6,0%

3,3%

1,3%

6,7%

3,7%

1,5%

Poids budgétaire "assainissement" en %

1,1%

0,6%

0,2%

1,1%

0,6%

0,2%

Poids budgétaire "eau" en %

7,1%

3,9%

1,6%

7,7%

4,3%

1,7%

Notes : Tarif AEP moyen des régies du bassin du Sebou ; Tarif assainissement=tarif médian du groupe II des centres ONEP Dépense annuelle moyene par personne ajustée à partir des données ENDCM 2001 et Indice Coût de la Vie Hypothèses de consommationde érude Banque mondiale (2004)

Source : élaboré à partir données ENDCM, ONEP

46

Ec’Eau Sebou – Avril 2008 Tarification de l’eau et recouvrement des coûts dans le bassin du Sebou

Poids budgétaire "eau" en % des dépenses moyennes annuelles des ménages

18% 16% Ménage pauvre 14% Ménage médian 12% Ménage aisé 10% 8% 6% 4% 2%
18%
16%
Ménage pauvre
14%
Ménage médian
12%
Ménage aisé
10%
8%
6%
4%
2%
0%
0
10
20
30
40
50
60
70
80
90
100
110 120 130 140 150 160
Poids budgétaire en %

Consommation l/jour/personne

Source : élaboraiton à partir données ONEP, ENDCM, 2001

Figure 27 : Poids budgétaire de la facture eau en fonction de la consommation et des ménages

La redevance prélèvement censée être utilisée par les agences pour la préservation de la ressource est quant à elle relativement faible et laisse peu de marges de manœuvre à l’agence pour des actions de préservation.

Concernant la préservation qualitative de la ressource, en l’absence de redevance déversement ou d’autres instruments, les usagers ne sont pas incités à diminuer leurs rejets polluants dans le milieu naturel en particulier les industries polluantes.

4.3.2. Eau d’irrigation

Plusieurs instruments interviennent concernant l’usage de l’eau pour l’irrigation : la tarification de l’eau dans les périmètres de grande hydraulique vire a PMH moderne ; les redevances prélèvement ; les subventions et primes pour les systèmes d’irrigation économes en eau.

Plusieurs facteurs interviennent dans la sensibilité des usagers au prix de l’eau et l’incitation à économiser la ressource :

- La tarification de l’eau dans l’eau doit être fonction du volume consommé – tarification volumétrique- comme le cas de ORMVAG et du périmètre de PMH du moyen Sebou ;

- la part du prix de l’eau par rapport aux coûts ou aux marges est suffisamment élevée pour inciter à l’économie : l’importance des coûts de l’eau diffère fortement en fonction des spéculations entre les cultures à forte valeur ajoutée valorisant bien la ressource en eau comme la fraise ou des spéculations peu compétitives comme les céréales.

- Les possibilités d’économiser la ressource en eau existantes : adoption de techniques plus économes en eau ou de pratiques culturales, productions alternatives – changements de variétés, de spéculations-

47

Ec’Eau Sebou – Avril 2008 Tarification de l’eau et recouvrement des coûts dans le bassin du Sebou

Les subventions et primes existantes pour inciter à la mise en place de techniques d’irrigation économes en eau –irrigation localisée et subventions- ont pour objectif spécifique de favoriser l’adoption de ces techniques. Cependant, les effets se situent à deux niveaux :

l’introduction de ces techniques si elles sont mises en œuvre correctement peut permettre des économies d’eau à la parcelle et une meilleure valorisation de la ressource. En revanche, si cette adoption se traduit globalement par une intensification ou une extension des superficies irriguées, l’impact global peut être un accroissement des prélèvements, notamment dans les nappes.

5. Conclusions et pistes de réflexion

L’analyse de la tarification de l’eau et du niveau de recouvrement des coûts des services de l’eau au Maroc permet de discuter l’application des 3 principes de la Directive Européenne sur l’Eau (Tableau 14) :

(1) la prise en compte du principe de recouvrement des coûts des services liés à l’utilisation de l’eau y compris les coûts pour l’environnement et la ressource, sur la base d’une analyse économique et du principe pollueur-payeur ; (2) la contribution appropriée des différents secteurs économiques –au moins industrie, ménages et agriculture- aux coûts du service ; (3) des politiques de tarification incitatives en termes d’utilisation efficace de l’eau.

L’analyse permet aussi de mettre en évidence la prise en compte éventuelle d‘effets sociaux, environnementaux ou économiques ainsi que les conditions géographiques et climatiques spécifiques dans les politiques tarifaires.

La tarification de l’eau vise tout d’abord au recouvrement des coûts avec des taux de recouvrement et des modes de calcul des coûts hétérogènes selon les services. Le calcul des coûts n’est pas basé sur l’approche économique telle que conseillée par la DCE. Il suit des approches différentes selon les services et les méthodes sont souvent peu explicitées. L’application partielle de la redevance prélèvement -eau potable et grande hydraulique- et son faible niveau laissent peu de marge de manœuvre à l’agence de bassin pour qu’elle soit un instrument de préservation de la ressource. Dans ce contexte le système tarifaire est peu incitatif à l’économie de la ressource sauf pour les ménages au budget très contraint.

La mise en œuvre du principe pollueur payeur rencontre encore plus de difficultés avec des montants payés pour l’assainissement déconnectés des niveaux de pollution dans le cas notamment des industries et l’attente de la mise en œuvre de redevance déversement.

Les aspects sociaux et géographiques justifient l’existence du système de péréquations entre AEP urbaine et rurale par exemple ou encore les subventions l’irrigation directes ou indirectes.

Certaines difficultés ont été rencontrées pour l’application de la DCE dans le Bassin du Sebou, en particulier concernant le calcul de recouvrement des coûts et l’estimation de certains flux financiers.

Recouvrement des coûts

48

Ec’Eau Sebou – Avril 2008 Tarification de l’eau et recouvrement des coûts dans le bassin du Sebou

- Difficultés d’ordre méthodologique pour le calcul des coûts de l’investissement : en raison du nombre très élevé d’investissements parfois à buts multiples, étalés sur une longue période, les données détaillées sont difficilement disponibles que ce soit sur les investissements réalisés et futurs ou sur les coûts de remplacement nécessaires au calcul du coût actualisé des investissements ;

- Taux de recouvrement des coûts difficilement comparables en raison du manque de transparence sur les modes de calcul des coûts du service, en particulier coûts de maintenance

- Lacunes pour les données de certains services : services AEP et assainissement gérés par les communes (taux recouvrement, coûts du service) ; services propres (irrigation, industrie) ; données sur la PMH

Flux financiers

- Données sur les subventions directes et croisées difficilement disponibles à l’échelle du bassin

- Manque de données sur certains usages ou services : AEP rurale, assainissement, PMH, services propres (eau industrielle, irrigation)

49

Ec’Eau Sebou – Avril 2008 Tarification de l’eau et recouvrement des coûts dans le bassin du Sebou

Tableau 14 : Application des principes de la DCE : cas des principaux services liés à l’usage de l’eau dans le Bassin du Sebou, au Maroc

 

Irrigation

Eau potable et industrielle

Assainissement

Principe de recouvrement des coûts du service

Code Investissements Agricoles (1969)

Participation des usagers aux coûts de branchement et au coût du service (au moins fonctionnement) avec prise en compte des aspects sociaux

Participation des usagers au coût du service (au moins fonctionnement) pour les usagers connectés

Prise en compte du coût de la ressource : loi

10-95,

Grande hydraulique redevance prélèvement

AEP domestique et industrielle distribuée par ONEP et régies

Na

Redevance non appliquée en Irrigation par pompage privé et PMH

Pas d’application de la redevance pour industries ou ménages isolés utilisant des puits ou forages

redevances

Calcul

Grande hydraulique : coût durable (maintenance préventive) Pas de coût environnemental Coût opportunité du capital ?

ONEP : coût financier moyen – méthode de calcul non spécifiée

Coût financier, mode de calcul non spécifié

économique ?

Régies : coût financier moyen – coûts de maintenance inférieurs aux coûts de maintenance préventive- mode de calcul non spécifié

 
 

Pas de prise en compte des coûts environnementaux

Principe

Redevance déversement non appliquée

Redevance déversement non appliquée

Redevance déversement non appliquée

pollueur

payeur : loi

10-

     

95

Tarification

Tarification volumétrique et forfaitaire (Grande hydraulique, PMH moderne)

Pas de tarification PMH traditionnelle

Tarification volumétrique progressive par paliers

Tarification volumétrique progressive par paliers pour usagers connectés

incitative

 

Aspects

Exonération des petites exploitations

Tranche sociale peu ciblée sur les populations à faible revenu

Tranche sociale pour les usagers domestiques

économiques et

sociaux,

     

géographiques

Péréquations entre zones tarifaires (ORMVAG)

Participation réduite aux branchements pour les populations défavorisées.

Subventions Etat

Niveau de tarif fonction de la capacité à payer des irrigants (rattrapage tarifaire progressif) Subventions directes (Techniques économes en eau) et indirectes

(Subvention équilibre des Offices)

Péréquations nationales entre grandes villes et villes secondaires, transferts entre secteurs (électricité vers l’eau)

Subventions Etat et bailleurs de fonds pour AEP rurale

Pris en charge des coûts d’investissement par Etat et bailleurs

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Les résultats présentés explorent cependant insuffisamment certains aspects notamment les coûts des investissements, caractère incitatif de la tarification de l’eau et capacité à payer des usagers, assainissement notamment- La réflexion pourrait être approfondie sur la base d’analyses complémentaires :

1. Evaluer les coûts annualisés d’investissement subventionnés dans le passé et payés par personne aujourd’hui : c’est sans doute le cas des grands barrages. Ce type d’analyse nécessite les données sur les investissements totaux, la date de construction, l’inflation et un taux d’amortissement qui permettent de calculer l’équivalent annualisé des coûts de ces grandes infrastructures

2. Evaluer les coûts environnementaux : coûts de dégradation de l’environnement tels que la pollution d’une nappe ou la disparition d’une zone humide

3. Evaluer la capacité à payer/contribuer des secteurs :

- comparer la facture d’eau (par ménage par an) avec les revenus des ménages, - comparer la facture d’eau d’irrigation avec des valeurs ajoutées du secteur agricole Ces comparaisons permettent de poser la question des évolutions possibles des outils économiques par rapport à la capacité à payer des différents usagers de l’eau. Des valeurs moyennes, mais également des valeurs pour différentes villes peuvent être calculées pour souligner la diversité des situations.

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Références

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222p.

DDGI, 2007. Etude du coût de l’eau dans les périmètres de grande hydraulique. Mission III :

détermination des tarifs de l’eau et actualisation des plans de rattrapage. ORMVA du Gharb. DDGI, SCET Maroc, Agroconcept, Projet de rapport définitif, Février 2007. El Gueddari A.B.S., 2004. Economie d’eau d’irrigation au Maroc. Séminaire Wademed. La modernisation de l’agriculture irriguée, Rabat Maroc, 19-21 avril 2004. www.wademed.net El Yacoubi Z., Belghiti M., 2002. La valeur économique de l’eau, Cas du Maroc. La tarification de l’eau d’irrigation au Maroc. Forum sur la gestion de la demande en eau. Liban, Beyrouth, Juin 2002. Er-rabbani M., 2008. Etablissement d’un scénario tendanciel pour le Bassin du Sebou. Rapport du projet Ec’Eau Sebou. Kadiri, Z., 2007. Gestion de l’eau d’irrigation et action collective. Cas du périmètre du Moyen Sebou-Inaouen aval. Institut Agronomique et Méditerranéen de Montpellier, Mémoire de Master of science, août 2007. MADRPM, SCET-BDPA, non daté. Eude de faisabilité du projet d’aménagement hydro- agricole de la seconde tranche du Moyen Sebou –Inaouen Aval. Phase I : étude accueil de l’irrigation et de la faisabilité du projet. Présentation ppt. MADRPM, DDGI, 2004. Programme de développement des techniques d'irrigation économes en eau, Bilan étape à fin 2003, Rabat, juin 2004. MATEE, 2004. Commission Interministérielle de l’Eau. Bilan des réalisations. Ministère de l’Aménagement du territoire de l’Eau et de l’Environnement, Avril 2004. ONEP, 2006. Prévision des besoins en eau potable en milieu urbain. ONEP, Direction Planification et stratégie. ONEP, 2007. Le droit à l’eau pour tous. Partenariat ONEP-Collectivités Locales au service du développement des secteurs de l’eau potable et de l’assainissement. Janvier 2007 RADEEF, 2005. Rapport annuel de gestion, comptes 2005. Royaume du Maroc, Ministère de l’Intérieur, Wilaya de la Région de Fès Boulmane, Régie autonome intercommunale de distribution d’Eau et d’Electricité Fès.

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Textes officiels

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(15/01/2004)

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