NOTE D’INTRODUCTION A LA CONFERENCE DE PRESSE DU 03

MARS 2015

Chers journalistes bonjour,
Soyez les bienvenus.

Je voudrais tout d’abord vous adresser mes chaleureux remerciements pour votre présence à
mes côtés en ce jour et vous dire aussi mes remerciements pour les actions permanentes et
courageuses que vous menez pour informer, tantôt pour tenir le peuple éveillé, tantôt pour le
former et l’éduquer, tantôt pour lui donner le courage d’espérer ou de persévérer dans les
épreuves difficiles des périodes que traversent notre pays.
Etant donné que c’est ma première rencontre avec la presse pour 2015 je profite de l’occasion
pour réitérer de vive voix mes vœux les meilleurs à tout le peuple centrafricain, à vous-même
représentants des medias nationaux et internationaux. Nous pouvons affirmer que notre
détermination et notre dévotion pour la cause de notre pays, chaque jour qui avance, ne fait
que se raffermir.
Lors de ma dernière conférence de presse en Avril 2014 pour ma sortie officielle à l’hôtel
Ledger, nous avions eu à échanger sur mon projet politique et la situation qui prévoyait dans
le pays en ce temps.
Pratiquement un an après je voudrais ensemble, avec vous, faire le point et échanger sur les
grands problèmes de l’heure qui doivent interpeller tous les centrafricains, vu que les
souffrances perdurent et l’espoir de caresser enfin la paix et la cohésion sociale tardent à
venir.
Je souhaiterais que cette rencontre s’inscrive dans la logique d’une collaboration plus
soutenue et plus régulière avec la presse afin de faciliter une meilleure diffusion de
l’information. Nous ne sommes pas encore en période de campagne, certes, mais les actualités
de notre pays sont si importantes et doivent faire l’objet d’une appréciation au quotidien pour
le leader de la vie politique nationale que je suis.
A mon entendement, cette conférence de presse s’articulera principalement autour de deux
points :

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Premier point : Les grandes actualités de l’heure
Deuxième point : Mon projet politique

Premier point : Les grandes actualités de l’heure
Nous pouvons aborder dans ce premier point les questions relatives à :

 La Réconciliation :
a. En ce moment on parle beaucoup de Consultation à la base en vue de la
préparation du Forum de Bangui, ce qui pour nous, après les accords de
Brazzaville, rentre parfaitement dans la dynamique de recherche de la paix et
de réconciliation entre toutes les communautés et tous les citoyens.
b. Aussi quel regard devons-nous porter sur les rencontres de Nairobi qui ont
suscité tant de commentaires aussi contradictoires les uns que les autres au
plan national et international, laissant les Centrafricains perplexes quant au
bien-fondé de cette rencontre qui s’est tenue en catimini, presque en secret,
sans l’implication réelle du peuple, la véritable victime des comportements
irresponsables et criminels des auteurs de ces crises ? D’autant plus que si ce
que l’on a appris est vrai, cette rencontre s’est tenue sans l’implication, des
dirigeants de la transition.

 La Sécurité :
a. En ce qui concerne la sécurité, la situation s’est dégradée avec l’apparition
dans le pays de nouvelles formes de violences inconnues en RCA jusqu’alors.
Je voudrais faire allusion aux prises d’otages, même de membre de
gouvernement, et aussi à des comportements dégradants de certaines
personnalités en province qui a nécessité l’ouverture d’une grande enquête
qui, nous l’espérons, fera toute la lumière sur ce cas tel que le peuple attend.
b. Le rétablissement de la sécurité reste pour nous le prérequis à tout ce qui doit
être fait pour le retour de la paix et le développement économique et social de
notre pays. Tout en reconnaissant la contribution inestimable que la
Communauté internationale nous a apportée depuis près de 2 ans dans tous les
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domaines et particulièrement celui de la sécurité, à Bangui et en province, ce
pour laquelle nous les remercions, il faut néanmoins admettre que la sécurité
n’est pas encore rétablie dans le pays.
Connaissant bien les questions de ce secteur nous avions, dès le début de nos
prises de positions publiques sur notre projet il y a un an déjà et ce de manière
constante, même au près des médias dont les coupures sont disponibles,
recommandé fortement le rétablissement rapide des Forces Armées
centrafricaine (FACA), leur équipement et la formation des hommes pour
permettre leur déploiement sur toute l’étendue du territoire.
Car elles seules, connaissent bien le terrain, et ce sont elles qui par le passé ont
déjà démontré ce qu’elles étaient capables de faire pour la défense de notre
territoire, quand les dirigeants leur faisaient confiance et les soutenaient
vraiment.
Hier nous prêchions presque dans le désert, n’entendant en écho qu’un seul
mot, « Résolutions des Nation Unies et Embargo».
Aujourd’hui nous sommes heureux de constater que le consensus naturel s’est
réalisé autour de cette idée, qu’il s’agisse des Autorités de la transition, de la
Communauté Internationale et de toutes les couches de la population.
La bonne lecture enfin de toutes ces résolutions, les différents débats organisés
par les médias et la situation sur le terrain y ont été pour beaucoup. Les
premières formations d’unité constituées et les premières interventions sur le
terrain montrent qu’enfin, l’espoir d’un désarmement rapide, la sécurisation de
tous les axes et toutes les régions du pays deviendront enfin réalité et
permettront d’aller a des élections plus sécurisées et apaisées ; si bien sûr
l’appui important de la Communauté Internationale est obtenu, ce pour lequel
nous devons tous appuyer les efforts en cours du gouvernement.

 Les Elections :
Pour ces élections nous restons préoccupés par les incertitudes diverses
(mobilisation des moyens financiers, matériels et techniques) retardant la
réalisation des opérations préliminaires telles que programmées par l’ANE.
L’insécurité dans de nombreuses zones, les tractations autour d’une nouvelle
Constitution , le Code électoral non finalisé, et la place des recommandations

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du Forum à venir dans les décision à prendre, la période climatique à
considérer renforcent cette préoccupation.
Cette période appelle à la vigilance de tous les acteurs politiques face à des
manœuvres subtiles qui peuvent être utilisées pour préparer le terrain et les
esprits à travers les nominations à certains postes de l’administration et des
communes, dans les conseils d’administration des sociétés d’Etats, ce qui peut
compromettre les chances de certains au bénéfice d’autres.
La concertation des candidats qui ont déclaré leur intention d’aller aux futures
élections présidentielles n’a eu pour fondement que ce désir de rester vigilants,
ensemble, et de proposer des solutions qui aideront à aller effectivement vers
les élections de manière transparente, apaisée et acceptable pour tous.
C’est en cela que nous saluons l’initiative de l’organe de l’Eglise Catholique
« Sant Egidio » de Rome dont nous connaissons le rôle efficace dans la
recherche de solutions aux crises qu’ont connu de nombreux pays dans le
monde, qu’il s’agisse des pays chrétiens ou non chrétiens.
Les critères de choix des personnalités conviées à cette rencontre qui n’ont pas
été communiqués à la population, peut créer certes des doutes dans les esprits.
Mais le texte de l’appel de Rome, s’il est réellement appliqué par ses acteurs
sera une contribution positive au futur forum de réconciliation nationale de
Bangui et même après, avec les élections et l’environnement politique,
particulièrement dans ses dispositions sur le respect des résultats des élections,
et le refus de participation à des projets impliquant l’utilisation de la force
pour accéder au pouvoir politique.

Deuxième point : Mon Projet Politique
Pour ce deuxième point il sera question d’échanger sur :
 L’évolution du projet politique depuis ses débuts par les annonces faites à Bangui le
26 Avril 2014 puis le 17 Mai 2014 à Paris
1. La Mise en place des organes à Bangui en province qui se déroule dans de
bonnes conditions avec l’accueil enthousiaste des différentes populations de
Bangui et de province, et que nous remercions déjà pour ces soutiens
spontanés et sincères.
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2. La participation active aux grandes rencontres et recherche de solution aux
problèmes du pays à Bangui, en province et à l’étranger, notamment à
Brazzaville et à Boda.
3. Les voyages à Libreville, Burundi, Cameroun, en France pour nous entourer
des expériences et des conseils dans ces divers pays.

 Pour les perspectives, nous tenons à
1. Maintenir les caps des principales rencontres.
2. Nous impliquer activement et positivement dans toutes concertations et
réflexions sur les grandes questions de l’heure touchant notre pays.
3. Apporter sa vision sur les grandes attentes du pays à travers ces échanges avec
les médias et les diverses communautés rencontrées lors des débats.

Cette liste n’est pas exhaustive. Vous pouvez toujours me poser des questions sur certains
points d’actualité qui sont d’un intérêt pour le peuple Centrafricain.

Je vous remercie.
Jean WILLYBIRO-SAKO
Ancien Ministre d’Etat
Ancien Ambassadeur
Ancien Contrôleur General de la Police
Magistrat Hors Hiérarchie à la retraite

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